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Full text of "Dictionnaire"

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DICTIONNAIRE 


DE 


L  ACADÉMIE  FRANÇAISE. 


TOME  PREMIER. 
A==K 


TAniS,  Ull>RlMF,r.IF,  DE  l'Al'I.  1)1  PONT  F. T  (. 

l'.iii'  J.-  (,iriirll'-Sji.it.|l,iMiii,-,   ".'; 


DICTIONNAIRE 


DE 


L'ACADÉMIE  FRANÇAISE, 

a  7 

KEYL,  CORRIGE  ET  AUGMENTÉ 
PAK    L'ACADÉMIE    ELLE-MÊME. 


TOME   PREMIER. 
A  =  K 


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A  PARIS, 


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CHEZ  PAUL  m  POINT  ET  C  % 

njP.ECTl-UR  DK  LA  LIHKA1J11.I-:  NORMALE  DÉDUC  \TJ  ()\  , 

ni    F     I)F.    G  RP.Ki;LLi;-SAIÎVT-n().\onf:  ,    N°     5;"). 


i835. 


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DISCOURS  PRÉLIMINAIRE. 


La  Revolutit^n  Françoise,  qui  dans  sa  marche,  devoit  rencontrer  tous  les  obstacles, 
devolt  aussi  donner  dans  tous  les  excès.  Les  excès  dont  on  doit  le  plus  gémir  et 
rougir,  ont  été  des  actes  :  mais  ceux-là  ont  toujours  été  précédés  par  des  excès  dans 
les  0{)ini()ns. 

Durant  plusieurs  années,  tout  ce  qui  n'est  pas  entré  dans  la  Révolution  comme 
instrument  et  comme  acteur,  a  été  regardé  et  traité  comme  contre- révolutionaire. 

Il  y  avoit  trois  Académies  en  France,  l'une  consacrée  aux  Sciences;  l'autre,  aux 
reclierches  sur  l'Antiquité  ;  la  troisième,  a  la  Langue  Françoise  et  au  Goût.  Toutes  les 
trois  ont  été  accusées  d'aristocratie,  et  détruites  comme  des  institutions  royales, 
nécessairement  dévouées  à  la  puissance  de  leurs  fondateurs. 

Il  (alloit,  ']c  le  crois,  les  détruire  pour  les  recréer  sous  d'autres  formes  :  il  falloit 
que  la  République  eût  son  Institut  des  Arts  et  des  Sciences,  né  avec  sa  Constitu- 
tion, destiné,  par  son  origine  même,  à  décorer  la  Liberté,  à  la  fortifier,  a  la  propager 
dans  le  monde  comme  la  lumière.  Mais  il  falloit  surtout  être  juste  et  vrai;  et  la  vérité 
et  la  justice  ordonnoient  de  compter  les  trois  Académies,  leurs  travaux,  leurs  ouvrages, 
leurs  influences,  parmi  les  causes  qui  ont  le  plus  contribué  a  préparer  la  Révolution, 
à  donner  à  la  France  le  génie  qui  devoit  la  conduire  à  la  République. 

L'Académie  des  Sciences,  toujours  occupée  de  la  nature  et  de  ses  lois,  devoit 
nécessairement  découvrir,  dans  les  mêmes  recherches,  la  nature  de  l'homme,  ses 
droits  et  les  lois  de  l'ordre  social.  L'exactitude  rigoureuse  de  la  Langue  des  Mathé- 
matiques, devenoit,  pour  toutes  les  Langues  et  pour  toutes  les  connoissances  humaines, 
nn  modèle  qui  apprenoit  à  éloigner  de  nous  les  erreurs,  à  rapprocher  les  ventes. 

L'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  fouillant  toujours  dans  les  rumes 
de  l'Antiquité,  devoit  y  trouver,  partout,  les  monumens,  les  pensées,  les  lois,  les 
sentimens  de  ces  Républiques  de  la  Grèce  et  de  Rome  ,  dont  l'Histoire  a  été  la  plus 
éloquente  protestation  du  genre  humain  contre  toutes  les  espèces  de  tyrans  et  de 
tyrannies. 

L'Académie  Françoise  ne  sembloit  appelée  ni  a  de  si  grands  objets,  ni  à  de  si  hautes 
destinées  :  instituée,  jirotégée  par  des  Ministres,  par  des  Rois,  dont  les  éloges  reve- 
noient  incessamment  dans  tous  ses  discours,  on  eût  dit  que  l'unique  et  servile  objet 
de  sa  fondation  étoit  l'art  de  cacher  la  bassesse  de  la  flatterie  sous  les  vains  agrémens 
de  la  parole. 

Entre  les  trois  Académies,  l'Académie  Françoise,  cependant, est  celle  qui  a  le  plus 
contribué  au  changement  de  l'esprit  monarchique  en  esprit  républicain  :  en  caressant 
les  Rois,  c'est  elle  qui  a  le  plus  ébranlé  le  trône;  ce  n'étoit  pas  le  but  qu'on  lui  avoU 
loine  I.  « 


Vj  DISCOURS 

marqua,  ni  celui  qu'elle  avoit;  c'est  celui  qu'elle  a  rempli;  et  cette  influence  a  ëte' 
l'eflet  nécessaire,  quoique  très-imprévu,  de  plusieurs  circonstances  de  son  institution. 
Par  un  statut  ou  par  un  usage,  l'Académie  Françoise  éloit  composée  d'Hommes- 
de-Lettres,  et  de  ce  qu'on  api)eloit  grands  Seigneurs.  Ses  Membres,  égaux  comme 
Académiciens,  se  regardèrent  bientôt  égaux  comme  hommes  :  les  futiles  illustrations 
de  la  naissance,  de  la  flivcur,  des  décorations,  s'évanouirent  dans  cette  égalité  acadé- 
mique* l'illustration  réelle  du  talent  sortit  avec  plus  d'éclat  et  de  solennité. 

Cette  espèce  de  démocratie  littéraire  étoit  donc;  déjà,  eu  petit,  un  exemple  de  la 
grande  démocratie  politique. 

L'Académie  Françoise,  plus  que  les  deux  autres  encore,  donna  un  autre  exemple 
très-contraire  au  régime  monarchique,  et  qui  devoit  lui  être  très-fatal. 

Les  éloges  publics  prodigués  aux  Rois,  n'étoient  accordés  qu'à  eux: on  eût  dit  que 
la  louange,  cette  dette  de  la  foiblesse ,  de  l'admiration  et  de  la  reconnoissance,  ne 
devoit  jamais  être  payée  par  les  Peuples  qu'à  la  divinité  et  à  la  royauté.  L'Académie 
Françoise,  à  leur  réception  et  a  leur  mort,  loua  pidjliquement  et  solennellement  ses 
Membres  de  tout  ce  qu'ils  avoient  écrit  de  vrai,  de  tout  ce  qu'ils  avoient  fait  de  bien  ; 
on  entendit  dans  les  mêmes  pages  ,  et  souvent  dans  les  mêmes  lignes,  l'éloge  de 
Fénclon  et  de  Racine  à  côté  de  celui  de  Louis  xiv  :  les  talens  et  les  vertus  loués  comme 
la  puissance  ,  commencèrent  donc  à  être  regardés  comme  des  grandeurs  :  en  rappro- 
chant les  titres  on  les  comparoit;  en  les  comparant,  il  étoit  aisé  de  voir  quels  étoient 
les  plus  légitimes  et  les  plus  beaux. 

L'Académie  Françoise,  dont  les  panégyristes  ont  été  les  sujets  de  tant  de  plaisan- 
teries ,  ne  les  borna  pas  toujours  à  ses  Fondateurs  et  à  ses  jVIend-)res  ;  elle  appela  tout 
ce  qu'il  y  avoit  d'iiommes  éloqucns  dans  la  Nation  à  célébrer  ses  grands  Hommes  :  le 
Magistrat  qui  avoit  rendu  la  justice  plus  pure,  les  lois  plus  impartiales  entre  le  puis- 
sant et  le  foibh^  ;  le  Guerrier  qui  avoit  perfectionné  l'art  de  rendre  la  victoire  plus 
éclatante  en  la  rendant  moins  sanglante  ,  l'art  de  triompher  par  le  génie  plus  que  par 
la  force  ;  le  Ministi'e  qui,  à  côté  du  trône  ,  avoit  travaillé  pour  la  Nation,  comme  s'il 
avoit  reçu  sa  mission  d'elle;  Je-  Poète  qui,  au  milieu  des  puissantes  et  douces  émotions 
de  la  Scène,  avoit  fait  servir  les  jouissances  d'un  grand  Peuple  aux  progrès  de  sa 
raison  et  de  sa  morale  ;  h;  Philosophe  ,  dont  le  génie  avoit  cherclu'  les  lois  de  l'Uni- 
vers, et  trouvé  quelques-unes  des  m<'illeures  règles  que  l'esprit  humain  peut  suivnî 
dans  ses  recherches  :  tous  ceux  qui,  dans  tous  les  états  et  dans  tous  les  genres,  avoient 
servi  avec  éclat,  avoient  illustré  et  éclairé  la  Nation,  reçurent  ses  hommages  dans  les 
séances  publiques  de  l'Académie  Françoise;  ce  qui  n'eut  d'abord  l'air  que  d'un  con- 
cours d'éloquence  ,  devint  un  établissement  vraiment  politique  et  national  :  dans  ces 
discours,  dont  plusieurs  offriront  éternellement  des  modèles  à  fc'loquonee  du  patrio- 
tisme, tout  prit  le  ton  simple  et  auguste  de  la  Langue;  ré[)ubliraiue  ;  là,  le  nom  de 
Roi  étoit  rarement  prononcé;  le  nom  odieux  de  Sujet  ne  l'étoit  jamais.  Placés  par  les 
objets  au  milieu  des  plus  grands  intérêts  de  la  Nation ,  les  Orateurs  ne  voyoieui 


PRELIMINAIRE.  îif 

qu'elle  ,  ne  parloient  qu'à  elle  ;  et  comme  si  ,  par  un  don  de  prophétie  accordé  aux 
su])liines  inspirations  des  talcns  ,  ils  voyoient  déjà  la  République  ,  en  adressant  la 
[)arole  aux  l'raiicois  ,  déjà  ils  les  apjieloient  Cltoyeiis. 

Ces  formes  rcîpublieaines  valunMit  à  l'homas  plus  d'une  persécution  ;  mais  elles 
naissoient ,  comme;  toute  son  éloquence  ,  de  l'élévation  de  son  âme  :  et  s'il  étoit  pos- 
sible de  le  faire  taire ,  il  ne;  l'étoit  pas  de  le  faire  parler  autrement  qu'en  homme 
libre ,  qu'en  Citoyen  de  ce  Peuple  si  fécond  en  talens  ,  et  que  tous  les  talens  appe- 
loient  à  la  jouissance  de  ses  droits  ,  à  l'iîxercice  de  sa  souveraineté. 

Riclielieu  ,  le  vrai  Fondateur  de  l'Académie  Françoise,  ne  vouloit  pas  de  maître 
pour  lui-même  ;  pour  n'en  pas  avoir  ,  il  le  devint  de  son  Roi.  Il  (.ut  la  fierté  de  l'or- 
gueil; il  ne  pouvoit  pas  avoir  celle  de  l'égalité  et  de  la  vertu.  S'il  avoit  pu  assister  à 
l'une  de  ces  soltumités  àv.  l'Académie  Françoise,  sans  doute  il  eût  frémi  de  voir  son 
ouvrage  a  ce  point  éloigné  du  but  pour  lequel  il  l'a  voit  créé  :  son  but,  cela  est  très- 
probable  ,  n'avoit  rien  de  politique  ;  il  n'étoit  que  littéraire. 

Richelieu  avoit  la  prétention  de  bien  parler  et  de  bien  écrire:  il  institua  l'Académie 
Françoise  pour  veiller  à  la  pureté  de  la  Langue  ,  pour  en  faire  le  Dictionnaire  : 
Richelieu  ne  songeoit  à  faire  ni  des  Monarchistes  ,  ni  des  Républicains  ;  il  song(.'oit  à 
faire  des  Puristes  ;  et  cela  jirouve  qu'il  ne  connoissoit  pas  plus  ce  que  doit  être  un 
Dictionnaire,  qu'il  ne  savoit  ce  qu'est  une  Nation. 

Pour  savoir  ce  que  doit  être  un  Dictionnaire ,  il  eût  fallu  savoir  ce  que  sont  les 
Langues  ;  et  au  siècle  de  Richelieu,  parmi  les  Philosophes  même  de  toute  l'Europe, 
il  n'y  en  avoit  peut-être  pas  deux  qui  le  soupçonnassent.  Hobbes  est  celui  qui  paroit 
avoir  le  mieux  connu ,  a  cette  époque, ,  la  nature  des  Langues  et  leurs  rapports  avec 
la  nature  de  l'esprit  humain. 

A  la  naissance  de  l'Académie  Françoise  ,  on  ne  croyoit ,  en  général ,  un  Diction- 
naire destiné  et  utile  qu'à  deux  choses  :  quand  on  veut  apprendre  une  Langue 
ancienne  ou  étrangère  ,  à  vous  faire  trouver  ,  a  côté  l'un  de  l'autre  ,  les  mots  équiva- 
lens  ou  correspoudans  de  la  Langue  qu'on  sait,  et  de  la  Langue  qu'on  étudie;  et 
quand  on  veut  acquérir  la  certitude  déparier  et  d'écrii'e  sa  propre  Langue  avec  pureté 
et  élégance  ,  à  mettre  sous  vos  yeux  tous  les  mots  de  votre  Langue  en  ordre  alphabé- 
tique ,  avec  la  délinition  de  leur  valeur ,  de  leur  seTiSj  avec  des  exemples  de  l'usage 
qu'(m  en  fait  dans  les  bons  Livres  et  dans  le  beau  monde. 

Ce  sont  deux  espèces  de  Dictiounaires. 

La  première  espèce  étoit  à  l'usage  des  Enfans  et  des  Savans  ;  la  seconde  servoit  sur- 
tout aux  Gens  de  Province  ,  qui  avoient  l'ambition  d'écrire  et  de  parler  comme  à 
Paris,  et  aux  Puristes  de  tous  les  pays,  pour  terminer,  par  une  autorité,  leurs  scru- 
pules et  leurs  disputes  sur  l'usage  des  mots  et  des  phrases  de  la  Langue. 

Depuis,  les  liangucs  ont  été  considérées  sous  des  points  de  vue  plus  philosophi- 
ques ;  tt  les  bons  Dictionnaires,  qui  sont  les  archives  des  Langues,  sont  devenus  des 
ouvrages  plus  dilliciles  et  plus  importans. 

a. 


vi  DISCOURS 

On  a  vu,  (]('piiis,  que  les  mots  ne  nous  servoicnt  pas  seulement,  comme  on  le 
croyoit  ,  a  nous  communiquer  nos  pensées,  mais  qu'ils  nous  etoient  nécessaires  pour 
penser;  on  en  a  conclu  qu'il  ne  falloit  pas  s'occuper  seulement  des  usages  très-divers 
(ju'on  en  faisoit ,  mais  de  l'usage  constant  qu'on  en  devoit  faire  :  on  en  a  conclu  qu'il 
jie  làlloit  pas  consulter  le  beau  Icmgage  du  beau  monde,  comme  une  auloriië  qui 
décide  ou  tranche  tout  ;  parce  que  le  beau  monde  pense  et  parle  souvent  très-mal; 
parce  qu'il  laisse  périr  les  etymologies  et  les  analogies;  parce  qu'il  fenue  les  yeux  aux 
sillons  de  lumière  que  tracent  les  mots  dans  l(>ur  passage  du  sens  propre  au  sens 
figure;  parce  qu'enfin  la  difFerence  est  extrême  entre  le  beau  langage  formé  des  fan- 
taisies du  heau  monde,  qui  sont  très-bizarres,  et  le  bon  langage,  composé  des  vrais 
rapports  des  mots  et  des  idées,  qui  ne  sont  jamais  arbitraires  :  on  on  a  conclu  encore 
que  la  vraie  Langue  d'un  peuple  éclairé  n'existe  rc'cllemcnt  que  dans  la  bouche  et 
dans  les  écrits  de  ce  petit  nombre  de  personnes  qui  pensent  et  parlent  avec  justesse; 
qui  attachent  constamment  les 'mêmes  idées  aux  mêmes  mots;  qui,  guidés  par  un 
sentiment  exquis ,  plus  que  par  une  érudition  pénible,  éclairent  tous  leurs  discours 
de  toute  la  lumière  des  etymologies  ,  des  analogies,  et  de  ces  figures  du  langage, 
de  CCS  tropes  ,  qui  font  sortir  avec  éclat  tous  les  traits  et  tous  les  contours  de  la 
pensée. 

En  puisant  dans  ces  sources,  les  Auteurs  d'un  Dictionnaire  ne  sont  pas  seulement 
utiles  à  ceux  qui  n'ont  d'autre  ])rétention  que  de  parler  et  d'écrire  purement  et  cor- 
rectement une  Langue;  ils  le  sont  à  la  Langue  elle-même;  ils  le  sont  au  bon  sens  et  à 
la  raison  de  tout  un  peuple. 

Ces  deux  assertions  pourront  surprendre,  la  dernière  surtout.  Elles  sont  pourtant 
d'une  vérité  assez  simple,  pour  être  rendues  facilement  évidentes,  et  en  peu  de  mots. 
Une  Langue,  comme  l'esprit  du  Peuple  qui  la  parle,  est  dans  une  mobilité  conti  - 
nuclle  :  dans  ce  mouvement,  qui  ne  peut  jamais  s'arrêter,  elle  perd  des  mois ,  elle  en 
acquiert.  Queîc^uefois  ses  pertes  l'enrichissent,  et  ses  acquisitions  la  défigurent  .-quel- 
quefois ses  pertes  sont  réi-llcmc-nt  des  pertes ,  et  ce  qu'elle  acquiert  n'est  pas  une 
richesse  :  quelquefois  elle  se  jierfectionne  également  par  les  mots  qu'elle  ado])te  ,  et 
par  les  mots  qu'elle  rejette.  Dans  le  premier  cas,  le  bien  et  le  mal  se  compensent;  dans 
le  second,  il  n'y  a  que  du  mal;  dans  le  troisième  ,  il  n'y  a  que  du  bien.  C'est  cette 
troisième  din'ction  qu'il  faut  donner  aux  changcmcns  d'une  Langue  ,  pour  que  tous 
ses  cliangcmens  soifnit  ou  des  ])rogrès  ,  ou  des  perfection nemens;  et  celte  direction 
constante, elle  ne  peut  la  recevoir  que  d'un  Dictionnaire,  fait  suivant  les  vues  et  dans 
le  plan. dont  nous  avons  parlé. 

Un  tel  Dictionnaire,  en  effet,  en  même  temps  qu'il  devient  un  d(']M)t  de  tous  les 
mots  de  la  Langtu^,  en  fait  la  revm\  En  déierminant  les  acceptions  que  l'usage  h;  pf.is 
général  leur  a  données  il  prononce  ou  il  indique  le  jugement  qu'il  faut  porter  de  cet 
usage  :  il  appreiid  à  distinguer  les  cas  où  l'usage  a  eu  raison,  et  les  cas  oii  il  a  eu  tort. 
De  tan,t  de  cas  parliculiers  ,  où  l'on  voit  la  marclie  de  l'usage,  on  ne  Urde  i»as  à 


PRELIMINAIRE.  v 

remonter  aux  causes  les  plus  générales  qui  tantôt  ont  égare  l'usage,  et  tantôt  l'ont 
bien  guide.  L'usage,  qu'on  a  si  souvent  donné  comme  la  seule  loi  des  Langues,  verra 
donc  lui-même  les  lois  qui  doivent  le  gouverner;  il  ne  pourra  pas  les  voir  si  distinc- 
tement sans  les  suivre;  et  tout  un  Peuple  apprendra,  dans  un  tel  Dictionnaire,  à 
lixer  sa  Langue  sans  la  borner;  à  la  fixer,  dis-je,  non  dans  des  limites  qu'on  ne  peut 
pas  plus  donner  à  la  Langue  d'un  Peuple  qu'à  sa  raison  et  à  ses  connoîssances,  mais 
dans  les  routes  où  elle  pourra  toujours  s'avancer,  en  acquérant  toujours  de  nouvelles 
richesses  sans  en  perdre  jamais  aucune. 

L'influence ,  bien  ])lus  im])ortante ,  d'un  bon  Dictionnaire  sur  la  raison  d'un 
Peuple,  est,  peut-être,  ]ilus  facile  encore  à  démontrer. 

C'est  une  vérité  luiiverscîllement  reconnue  aujourd'hui;  la  cause  la  plus  générale  et 
la  plus  dangereuse  de  nos  erreurs,  de  nos  mauvais  raisonnemens ,  est  dans  l'abus 
continuel  que  nous  faisons  des  mots. 

Cet  abus  lui  même  a  sa  cause,  et  cette  cause  n'est  pas  simple  ;.  il  y  en  a  deux  :  la 
première  est  dans  l'indétermination  où  chacun  de  nous  laisse  les  mots  en  parlant  et 
en  écrivant  ;  nous  les  prenons  et  nous  les  donnons  tantôt  dans  un  sens  ,  tantôt  dans 
un  autre  ;  la  seconde  est  dans  le  défaut  d'une  détermination  luiiverseliement  conve- 
nue et  connue.  Chaque  homme  qui  ])arle  et  qui  écrit,  ])eut  remédier  à  la  première, 
et  les  grands  Ecrivains  n'y  manquent  guère;  ils  se  font  une  Langue  qui  est  à  eux  • 
elle  est  exacte  et  claire  dans  les  ouvrages  philosophiques  ;  elle  est  exacte,  claire  et 
belle  dans  les  ouvrages  d'imagination  :  ils  parlent  toujours  cette  même  Langue  qu'ils 
se  sont  faite  :  c'est  pour  cela  qu'ils  sont  de  grands  Ecrivains.  Mais  ])ar  la  raison,  pré- 
cisément, que  chacun  d'eux  se  fait  une  Langue,  les  Langues  que  tous  se  font  sont 
difl'érentos;  et  c'est  a  cette  diflcrence  qu'il  làut  attril)uer,  très-souvent,  celle  des  opi- 
nions qui  les  divisent  :  ils  se  croient  séparés  par  des  mondes  ;  ils  ne  le  sont  souvent 
que  par  un  mot  dont  ils  ne  font  pas  le  même  emploi. 

Quand  tous  les  grands  Ecrivains,  par  une  espèce  de  traité  secret  et  d'alliance  très- 
naturelle  entre  le  génie  et  le  génie,  s'accorderoient  dans  le  même  enq)loi  des  mots,  ils 
sont  en  trop  petit  nombre;  et  leur  convention  ,  très-propre  à  en  préparer  de  plus 
étendues,  seroit  bien  loin  encore  d'être  une  convention  nationale.  C'est  pourtant  cet 
accord,  c'est  cette  convention  de  tous  avec  tous,  qui  est  indispensable,  pour  qu'un 
Peuple  s'entende  toujours  dans  la  circulation  de  ses  mots  et  de  S3S  idées;  pour  que  ce 
commerce  de  tous  les  esju'its  serve  aux  progrès  et  a  la  richesse  de  tous.  Il  làut  que 
chaque  mot  d'une  Langue,  en  quelque  sorte,  soit  frappé  d'une  empreinte  particu- 
lière, «[ni  marque  son  titre  et  sa  valeur,  comme  chaque  pièce  de  la  monnoie  d'un 
P(U])le  :  il  làut  qu'en  donnant  ou  en  recevant  un  mot,  on  sache  ce  qu'on  reçoit  et  ce 
qu'on  donne,  comme  en  donnant  un  écu  ou  un  louis. 

Qu'est-ce  qui  ])eut  donner  a  tous  les  mots  d'une  Langue  cette  empreinte,  qui  ni 
fixe  et  qui  en  constate  la  valeur,  non  pour  cpu'lques  Écrivains  seulement,  mais  pour 
tous  ceux  qui  parlent  et  qui  écrivent  dans  celte  Langue?  Qui  dé.llnira  les  mois  pour 


vj  DISCOURS 

toute  une  Nation,  de  manière  que  cette  Nation  sanctionne  ces  définitions  en  les  adop- 
tant ,  et  ne  s'en  écarte  point  dans  l'usage  des  mots? 

Je  reponds  qu'un  bon  Dictionnaire  peut ,  seul ,  donner  à  ime  Nation  ces  lois  de  la 
parole  ,  plus  inqiortantes,  peut-être,  que  les  lois  même  de  l'organisation  sociale  ;  et 
qu'un  Dictionnaire  ,  pour  exercer  cette  espèce  d'autorité  législative  ,  doit  être  lait 
par  des  hommes  qui  auront,  à  la  fois  l'autorité  des  lumières  auprès  des  esprits  éclai- 
rés ,  et  l'autorité  de  certaines  distinctions  littéraires  auprès  de  la  Nation  entière. 

Ces  distinctions,  les  Membres  de  l'Académie  Françoise  les  avoient  reçues  avec  le 
titre  même  d'Académicien  :  et  s'il  falloit  chercher  des  preuves  de  l'espèce  de  puissance 
littéraire  que  l'Académie  Françoise  a  exercée  sur  la  France,  on  en  trouveroit  dans  les 
efforts  même  qu'on  a  toujoin's  faits  pour  contester  celte  puissance,  pour  la  nier  ou 
pour  la  nniverser  :  il  faut  être  très-puissant  pour  faire  le  mal  dont  on  l'a  accusée , 
comme  pour  faire  le  bien  dont  on  l'a  louée. 

Mais,  cette  autre  autorité,  l'autorité  plus  légitime  des  lumières,  étoit-elle  dans 
l'Académie  et  dans  ses  Membres  ? 

Une  réponse  absolue  est  ici  impossible  :  il  faut  distinguer  les  temps;  et  cette  dis- 
tinction, au  lieu  d'une  réponse,  qui  n'eut  été  qu'a  demi  vraie,  nous  donnera  deux 
réponses,  entièrement  vraies  toutes  les  deux. 

A  sa  naissance  et  long-temps  après,  l'Académie  Françoise  fut  composée  de  trois 
espèces  d'hommes,  qui  avoient  assez  peu  de  rapports  les  uns  avec  les  autres,  et  qui, 
tous  ensemble ,  n'en  avoient  pas  beaucoup  avec  le  travail  d'un  Dictionnaire. 

C'étoient,  en  très-grand  nombre,  de  beaux-esprits,  connue  Cotin,  qui,  n'aj^ant 
point  dépensées,  cherchoient  des  tours ,  et  en  trouvoient  de  ridicules;  et  un  grand 
nombre  d'Amateurs  des  Lettres  plutôt  que  de  Littérateurs  ,  qui ,  n'écrivant  point 
eux-mêmes  ,  se  constituoicnt  lecteurs  et  juges  de  tout  ce  cpi'on  écrivoit ,  comme 
Conrard  ;  et  cinq  a  six  hommes  supérieurs  ,  de  ces  génies  éminens  qui  créent,  pour 
leur  Langue  et  pour  leur  Nation,  les  modèles  de  la  Poésie  et  de  l'Éloquence;  comme 
les  Corneille  et  les  Bossuet. 

De  ces  trois  espèces  d'Académiciens  ,  les  derniers  ,  ces  esprits  créateurs,  ont  été, 
peut-être,  ceux  qui  ont  le  moins  travaillé  au  Dictionnaire,  et  qui  y  étoient  les  moins 

propres. 

Dans  leur  sublime  eswr,  occupés  a  enricliir  les  mots  de  nouvelles  acceptions,  ils  ne 
povivoientraljaisscr  leur  génie  à  la  recherche  et  a  la  définition  des  acceptions  connues. 
Ils  étoient  trop  doués  de  ces  facultés  exquises  de  l'imagination  qui  analise  par  le  sen- 
timent et  par  le  goût;  et  ils  ne  possédoient  pas  assez  cette  analise  de  l'entendement 
qui  veut  remonter  jusqu'aux  principes  même  du  sentiment,  qui  impatiente  quelque- 
lois  le  goût,  alors  même  qu'elle  l'éclairé. 

Les  bj-aux-esprits,  ces  singes  inaladroits  du  talent  et  du  génie,  aussi  dépourvus  du 
don  de  sentir  que  de  l'art  de  définir,  étoient  trop  occujjés  à  défigurer  et  à  gâter 
la  Langue  dans  leurs  sonnets  et  dans  leurs  sermons,  pour  travailler  beaucoup  à  la 


PRÉLIMINAIRE.  vij 

fixer  dans  un  Dictionnaire.  Us  s'en  mèloient  \>hXf  et  c'est  ce  qu'ils  faisoient  de  mieux 
poiu-  cet  ouvrage. 

Tout  le  travail  du  Dictionnaire  ctoit  donc  prcsqu'cutièrement  abandonne  à  ces 
Amateurs  de  Lettres  qui  n'écrivoient  rien,  et  qui  prononcoient  sur  tous  les  écrits; 
qui,  tout  fiers  d'être  Académiciens,  ne  mauquoient  pas  une  séance  et  une  discussion, 
se  faisoient  tour  à  tour  entre  eux  Directeurs  et  Secrétaires  de  l'Académie,  et  croyoient 
diriger  et  faire  la  Langue  comme  ils  faisoient  et  dirigeoicnt  le  Dictionnaire. 

On  voit  qu'à  cette  époque,  le  Dictionnaire  de  l'Académie  Françoise  nepouvoit  pas 
être  très-bon  ;  il  ne  pouvoit  pas  non  plus  être  très-mauvais  :  il  fut  médiocre  ;  et  c'est 
ce  qu'il  pouvoit  être. 

Pour  h  faire  paroitrc  plus  mauvais,  on  en  publia  d'autres;  et  il  en  parut  meilleur. 
A  sa  naissance  même  et  malgré  toutes  ses  imperfections  ,  le  Dictionnaire  de  l'Aca- 
démie Françoise  fut  une  autorité  dans  la  Nation  et  dans  la  Langue  ,  parce  que  l'Aca- 
démie elle-même  en  étoit  une.  La  critique  du  Cid,  si  supérieure  à  toutes  les  critiques 
qui  paroissoient  dans  le  même  temps,  prouve  que  cette  autorité  n'étoit  pas  tout  à  fait 
usurpée. 

Cependant,  au  milieu  des  progrès  de  la  Poésie,  de  l'Eloquence  et  de  tous  les  Beaux- 
Arts,  l'esprit  pliilosopliique  naissoit  ;  il  eutroit  à  l'Académie  Françoise  cacLé,  tantôt 
sous  le  nom  d'un  Orateur  ou  d'un  Poète,  tantôt  sous  celui  d'un  Grammairien  et  d'un 
homme  de  goût  :  c'est  cet  esprit  qui  ,  seul ,  peut  faire  un  bon  Dictionnaire  :  il 
aime  l'étude  des  mots,  parce  qu'il  ne  peut  se  passer  delà  justesse  des  idées;  et  la 
variété,  l'importance,  la  richesse  des  points  de  vue,  sous  lesquels  il  envisage  cette 
étude  qui,  aux  esprits  frivoles,  paroît  puérile  et  sèche,  la  fait  embrasser  et  cultiver 
avec  une  sorte  de  passion  par  tous  les  esprits  pénétrans,  étendus,  solides.  Les  Acadé- 
miciens, qui  n'avoient  vu  d'abord  qu'un  devoir  pénible  dans  le  travail  du  Dictioa- 
naire,  y  cherchèrent  bientôt ,  pour  leur  esprit  et  pour  leur  goût,  des  plaisirs  et  des 
secours  :  les  séances  et  les  discussions  se  prolongèrent. 

Chaque  nouvelle  Edition  du  Dictionnaire  corrigea  donc  ce  qu'il  avoit  d'imparfait, 
et  ajouta  a  ce  qu'il  avoit  de  bon  :  la  dernière  fut  ccUe  de  1762. 

A  cette  époque,  déjà  depuis  vingt  ans  h  peu  près,  l'Académie  Françoise  étoit  com- 
posée très-cHlléremnicnt  qu'à  sa  naissance  et  dans  les  jours  qui  la  suivirent.  Pascal, 
Bossuet,  Raciue,  Boileau,  u'avoient  pas  été  surpassés,  ni  peut-être  égalés  ;  mais  ils 
n'étoient  que  des  Maîtres,  et  ils  avoient  formé  des  Ecoles  ;  les  génies  créateurs,  les 
talens  sublimes,  n'étoient  pas  plus  nombreux  ;  le  nombre  étoit  beaucoup  plus  grand 
des  Ecrivains  qui  se  partageoieut  avec  é  lat  tous  les  genres  de  Littérature ,  et  des 
esprits  qui  cultivoient  avec  succès  tous  les    genres  de  connoissances. 

L'esprit  luunain  ,  qui  avoit  pu  s'observer  dans  les  Arts  et  dans  les  Sciences  créés 
par  lui  ,  avoit  appris  à  s'étudier  en  lui-même  et  dans  ses  chefs-d'œuvrcs.  De  cette 
étude,  ('toit  né  cet  esprit  qu'on  a  apj)elé  fes[)rit  philosoj)iiique.  C'étoit  dans  l'obser- 
vation des  Langues ,  surtout,  que  cet  esprit  philosophique  avoit  pris  sa  naissance 


viij  DISCOURS 

et  SCS  kmiièrcs ;  et  il  reversoit  surtout  ses  lumières  sur  les  Langues  où  il  les  avoit 

puisées. 

Il  n'y  avoit  pas  de  Philosophe  qui  ne  fut  profond  Grammairien,  ni  de  Grammai- 
rien qui  ne  fût  grand  Philosophe.  Les  Locke  etoient  des  Dumarsais;  les  Dumarsais 
e'toient  des  Locke. 

Une  analise  hardie,  fine  et  sûre,  poursuivoit  l'esprit  dans  ses  plus  secrètes  opéra- 
tions, le  çoùt  dans  ses  impressions  les  plus  mystérieuses,  etdévoiloit  a  l'un  et  à  l'autre 
les  prodiges  de  la  pensée  et  du  sentiment. 

En  préparant  des  siècles  nouveaux,  l'esprit  philosophique  avoit  fait  renaître  les 
études,  presque  abandonnées,  des  beaux  siècks  de  l'antiquité.  Homère  et  Virgile, 
dont  on  avoit  voulu  ébranler  les  autels,  recevoient  un  culte  plus  éclairé,  un  culte  qui 
n'étoit  plus  celui  delà  superstition,  mais  celui  d'une  admiration  sentie  et  de  l'amour. 

Tous  ces  progrès  de  l'esprit  humain  entroient  dans  l'Académie  l'rançoise  avec  les 
hommes  auxquels  la  France  et  l'Europe  en  etoient  redevables;  et  les  hommes  illustres 
qui  n'en  étoient  pas,  y  faisoient  entrer  encore  leurs  lumières. 

La,  les  Poètes,  les  Orateurs,  les  Historiens,  capables  de  rendre  compte  à  chaqike 
instant  des  règles  et  des  principes  de  leur  Art  qu'ils  avoient  approfondis,  étoient  éga- 
lement capables  d'analiser,  avec  finesse  et  justesse,  tous  les  mots  et  tous  les  procédés 
de  leui- instrument,  de  la  Langue  Françoise,  A  cette  même  époque  où  les  Ecrivains 
distingués  descendoient  dans  toutes  les  profondeurs  de  leur  Art  et  de  leur  Langue,  ils 
se  répandoient  davantage  dans  le  monde  :  en  y  parlant  leur  Langue,  ils  observoient 
celle  qu'on  y  parloit:  ilsobservoient  l'usage  dans  ces  sociétés  brillantes  de  Paris  et  de 
la  Cour,  d'où  il  dictoit  des  lois  à  toute  la  France. 

Tels  ont  été  les  hommes  qui,  depuis  1762,  époque  de  la  dernière  Edition  du 
Dictionnaire,  jusqu'à  la  destruction  de  l'Académie,  c'est-à-dire,  pendant  trente  ans, 
ont  travaillé  constamment  ensemble  à  l'Edition  que  nous  donnons  aujourd'hui  à  la 
France  et  à  l'Europe. 

On  a  nié  que  ce  fût  un  avantage  pour  un  Dictionnaire  d'être  composé  par  trente 
ou  quarante  Coo])érateurs;  on  a  prétondu  qu'un  Dictionnaire,  comme  tout  autre 
ouvrage,  ne  peut  être  très-bon,  que  lorsqu'il  a  été  conçu  et  exécuté  par  un  seul 
homme. 

Nous  n'examinerons  point  si  les  hommes  qui,  à  différentes  époques,  depuis  Fure- 
tière,  ont  fait  de  pareilles  entreprises,  y  ont  réussi  :  ceux  qui  annoncent  aujourd'hui 
avec  tant  de  bruit  qu'ils  font  seuls  un  Dictionnaire  de  toute  la  Langue,  paroissent 
croire,  an  moins,  que  la  même  confiance  a  beaucoup  trompé  ceux  qui  l'ont  eue 
avant  eux. 

Nous  examinons  la  chose  en  elle-même. 

Il  n'y  a  presque  pas  de  mots  dans  une  Langue  qui  ne  soit  pris  dans  une  multitude 
d'acceptions  différentes;  d'analogie  en  analogie.  Un  mot  passe  d'acceptions  en  accep- 
tions; dans  les  Arts  qui  se  ressemblent  le  plus,  il  reçoit  des  acceptions  très-variées; 

i* 


PRÉLIMINAIRE.  ix 

dans  la  bouche  même  de  l'Orateur,  de  l'Historicu  et  du  Poète,  dcja  il  a  des  nuances 
que  le  goût  distingue  beaucoup,  quoiqu'elles  soient  légères;  et  les  Arts  les  plus  éloi- 
gnés l'un  de  l'autre,  des  Métiers  qui  n'ont  aucun  rapport  ensendjle,  s'en  emparent, 
enfin  tous  les  Esprits,  tous  lesTalens,  tous  les  Ails,  tous  les  Métiers,  travaillent 
sur  chaque  mot  d'une  Langue,  avec  ce  mot  et  autour  de  ce  mot.  Dans  le  même  mol, 
il  V  a  mille  expressions;  et  un  Dictioiuiairc  n'est,  bien  fait,  que  lorsque  ces  mille 
expressions  sont  saisies  et  rassemblées  autour  du  mot  qui  en  est  devenu  le  signe. 

Est-ce  un  seul  homme, étranger  nécessairement  à  tant  d'usages  du  même  mot,  cpii 
les  connoîtra  tous?  Et  n'est-il  pas  plus  raisonnable  d'attendre  cette  eonnoissance  de 
trente  ou  quarante  hommes,  dont  ks  études,  les  travaux  et  les  talcns  sont  partagés 
entre  tous  ces  Arts  et  toutes  ces  Sciences;  qui  ont  rencontré  cent  fois  toutes  ces  acce])- 
lions  des  mots  dont  l'origine  conimune,  en  s'effacant  de  nuancée  en  nuance,  finit  sou- 
vent par  entièrement  se  perdre? 

Quarante  hommes,  éclairés  dans  beaucoup  de  genres,  peuvent  être  regardés,  en 
quelque  sorte, comme  les  Représentans  d'une  Nation,  chargés  })ar  elle  de  recueillir  et 
de  sanctionner  toutes  les  acceptions  qu'elle  donne  à  tous  les  mots.  Ou  th.-  jieut  ])as 
supposcn"  que  cette  espèce  de  mission  univei'selle  soit  donnée  à  un  seul  homme,  tou- 
jours incapable  de  la  remplir,  par  cela  même  qu'il  est  seul. 

Cette  vérité,  évidente  jx)ur  tout  le  monde,  frappera  bien  davantage  een\  (jui  ont 
assisté  a  des  discussions  entre  plusieurs  personnes  sur  les  mots  et  sur  les  acceptions 
qu  ils  reçoivent  dans  une  même  Langue. 

Chacun  de  ceux  qui  ont  parlé  est  tenté  de  croire  qu'il  a  tout  vu;  a  l'instant  où  nn 
autre  commence  a  discuter ,  chaque  parole  ouvre  des  points  de  vue  qu'il  eiit  été  im- 
possible h  tous  de  soupçonner  :  h  mesure  que  le  nombre  de  ceux  qui  parlent  s'aug- 
mente, les  points  de  vue  elles  acceptions  augmentent  aussi,  et  dans  une  progression 
beaucoup  plus  grande ,  les  idées  que  chacun  entend  lui  en  rappellent  ou  lui  en  font 
naître  de  nouvelles  :  ceux  qui  ont  une  mémoire  lente  et  paresseuse,  sont  étonnés  de 
Tactivité  qu'elle  reçoit  d'une  mémoire  plus  prompte  et])]us  étendue;  des  souvenirs 
efTacés  se  réveillent;  des  exemples  perdus  se  retrouvent;  tous  croient  apprendre  poui 
la  première  fois  la  Ltingue  que  toutt;  leur  vie  ils  ont  étudiée. 

Si  l'on  réfléchit  actuellement  entre  quels  honnnes  de  panuUes  discussions  ont  m 
lieu  long -temps  au  Louvre;  et  si  l'on  est  juste,  si  l'envie  et  la  haine  ne  poursuiveni 
])as  les  Académiciens  a  travers  les  tombeaux  des  Académiciens,  de  l'Académie,  et  de 
la  Monarchie;  on  avouera  que  ee  Dietionnaire,  qui  est  le  résultat  de  ces  discussions, 
doit  être  le  seul  où  la  Nation  Françoise  et  les  Nations  de  l'Europe  peuvent  chercher 
avec  confiance  les  usages  et  les  lois  de  notre  Langue. 

Une  autre  circonstane^î  unique  en  nivein-  de  ce  Dictionnaire,  c'est  (jii  ',  (•oinnici)C(' 

a  l'époque  précisément  où  la  Langue  Françoise  commtMiçolt  elhî-niême  les  grands 

progrès  qui  dévoient  lui  donner  ses  plus  beaux  caractères  et  sa  perfection,  il  n'a  jamais 

été  interrompu  un  moment;  il  a  assisté  à  tous  ces  progrès:  il  ev  a  l<nu  roi'-  en   y 

Tome  ].  0 


X  DISCOURS    PRÉLIMINAIRE. 

couvant  •  il  a  été  un  témoin  et  il  est  devenu,  un  monument  fidèle  de  toutes  ces 
variations  fugitives  qui  ne  laissent  aucuns  souvenirs,  si  on  ne  les  marque  pas  à  l'ins- 
tant même  où  ils  se  succèdent  et  passent;  c'est  qu'enfin  il  a  été  fini  à  l'instant  où  la 
Monarchie  finissoit  elle-même;  et  que  par  cela  seul,  il  sera  pour  tous  les  Peuples  et 
pour  tous  les  siècles,  la  ligne  inefFaçahle  qui  tracera  et  constatera,  dans  la  même 
Lanpue,  les  limites  de  la  Langue  Monarchique  et  de  la  Langue  Républicaine, 

Chez  aucun  autre  Peuple  et  dans  aucun  autre  Siècle,  il  n'a  existé  un  pareil  Dic- 
tionnaire; il  ne  peut  plus  en  exister  pour  les  Langues  de  l'Europe;  elles  n'ont  pas 
reçu  sansdouie,  tous  leurs  accroissemens;  mais  elles  ont  reçu  tous  leurs  caractères. 
Des  Dictionnaires  pourront  bien  dire  où  ces  Langues  sont  arrivées  :  mais  ils  ne  pour- 
ront plus  les  accompagner,  en  quelque  sorte,  dans  le  chemin  qu'elles  ont  suivi  ;  ils  ne 
pourront  pas  les  aider  dans  tous  leurs  accroissemens  et  dans  leur  formation. 

Il  étoit  indispensable  d'ajouter  à  ce  Dictionnaire  les  Mots  que  la  Révolution  et  la 
République  ont  ajoute^  à  la  Langue.  C'est  ce  qu'on  a  fait  dans  un  Appendice.  On  s'est 
adressé,  pour  ce  nouveau  travail,  à  des  Horames-de-Lettres ,  que  l'Académie  Fran- 
çoise auroit  reçus  parmises  Membres,  et  que  la  Révoluliona  comptés  parmi  ses  par- 
tisans les  plâa  éclairés.  Ils  ne  veulent  pas  être  nommés;  leurs  noms  ne  font  rien  à  la 
chose  ;  c'est  leur  travail  qu'il  faut  juger,  il  est  soumis  au  jugement  de  la  France  et  de 
l'Europe. 


LOI  portant  que  V Exemplaire  du  Dictionnaire  de  l'Académie  Françoise, 
chargé  de  Notes  marginales,  sera  rendu  public  par  les  Libraires  Smits, 
Maradan  et  Compagnie. 

DV    PRFMIEK    lOt'IÎ     COMPLÉMENTAIRt,    LAK     H;     DE    LÀ    RÉPTJBLIQI'E    lliANÇOISE. 


La  Convkntion  Nationale  ,  après  avoir  entendu  lej 
Rapport  de  son  Comité  d'Instruction  publique,  décrète! 
ce  qui  suit  : 

Aet.  I.  L'exemplaire  du  D'ctiounaire  de  ('Académie 
Françoise,  chargé  de  Notes  marginales  cl  interlinéaires 
actuellement  déposé  à  la  Bibliothèque  du  Comité  d'ins. 
ruction  publique  ,  sera  remis  aux  Libraires  Smits  , 
MARADAîf  et  Compagnie,  pour  être  par  eux  rendu  public 
après  son  entier  achèvement. 

AbT.  n.  Lesdits  Libraires  prendront ,  avec  des  Gens- 
de- Lettres  de  leur  choix  ,  les  arraugernens  nécessaires 
pour  que  le  travail  soit  continué  et  achevé  sans  délai. 

Art.  III.  LTÉdJtion  sera  tirée  à  quinze  mille  Exem- 
plaires. 

Art.  IV.  Il  en  sera  prélevé  .  au  nom  de  la  République , 
cent  Exemplaires  qui  seront  places  dans  les  Biblio- 
thèques des  Écoles  centrales  .  et  autres  Bibliotb'.ques 
publiques. 


Art.  y.  Les  Citoyens  Smits,  Maradan  etCompagniA 
rembourseront,  s'il  y  a  Jieu,  les  frais  de  copie  qui  pour- 
ront avoir  été  faits  par  d'autres,  pour  cet  objet,  à  la 
Bibliothèque  du  Comité  d'Instruction  publique. 

Art.  VI.  Lesdits  Soumissionnaires  fourniront  une  ga- 
rantie de  l'exécution  de  cette  entreprise  entre  les  mains 
de  la  Commission  d'Instruction  publique ,  laquelle  de- 
meure chargée ,  et  après  elle  le  Ministre  qui  aura  dans 
ses  attributions  l'Instruction  publique  ,  de  l'exécution 
du  présent  Décret. 

Visé  parle  Représentant  du  Peuple,  Inspecteur  aux  Procèi- 
Verbaux.  Signé  E^JDBADLT. 

Collationné  à  l'original,  par  nous  Président  et  Secrétaires 
de  la  Convention  Nationale.  A  Paris,  le  deuxième  jour 
complémentaire  de  1  an  troisième  de  ta  République  Fran 
çoise.  Signé  T.  Bkklieb  ,  Président;  J.  Poissow  et 
DîKAZKv,  Secrétaires. 

Pour  copie  conforme  :  la  Commission  des  Adroinistrationt 
Civiles,  Police  et  Tribunaux.  Le  Chargé  provisoire, 
ligne  AciiOKT. 


Eia  vertu  de  cette  Loi,  et  d'arrangemens  particuliers  pris  avrc  le  Cit.  Maradan,  je  suis 
resté  seul  Éditeur  de  cet  Ouvrage.  Les  Édit'ons  avouées  seront  revêtues  de  ma  signature. 
J'espère  que  cette  précaution  ne  sera  pas  illusoire ,  et  que  la  cupidité  ne  me  forcera  pas  à 
Solliciter   l'application   de  la  Loi  contre  les  Contrefacteurs. 


XI) 


LISTE  ALPHABÉTIQUE  DES  ABRÉVIATIONS 


EMPLOYÉES    DANS   CE  DICTIONiN AIRE 


adj.  ou  adjeci 

ndj.  des  2  g.  ou  adj.  des  2  genr. 

adject,  ou  adjectiv 

adj.  et  s.  07^  adjccl.  et  subst.   . 

adv.  ou  advcrl) 

coiij.  oa  C(,injoiict 

fani.  ou  fauiil 

f.  ou  fém.  ou  fémin.      .     .     . 

fig.  ou  figur.  an  fig 

m.  ownias.  o?<  inascul.  . 

part 

plur.  au  pliii- 

poétiq 

pop.  ou  pojjul 

prép.  ou  prépos 

proii.  ou  j)roii.  jMTS.      .     .     . 

prou,  ou  pronoiic 

prov.  ou  proverl).  o«  proverbial 

subst.  ou  snliàtant 

s.  f.  o«  s.  fém.  on  sulisl.  fl'niiii. 
s.  111.  ou  s.  masc.  ou  suhsl.  nuise 
s.  f.  pi.  OM  subst.  f^in.  pbir.    . 
s.  m.  pi.  ow  siibst.  maso.  plur. 
s.  in.  et  r.  ou  siibst.  masc.  et  fém 
V.  a.  ou  V.  act.  ou  verb.  act 
V.  n.  ou  V.  lient,  ou  vei 
V.  p.  ou  verb.  proii. 
V.  r.  ou  verb.  récip. 
V.  réf.  ou  v'.'ib.  réfl. 
P'.  l'o;)-.     .     .     . 


■Ignific 


b.  lient. 


adjectif. 

adjectif  des  deux  geiii'e.s. 
adjectivement, 
adjectif  et  substantif, 
adverbe ,  adverbialeiiienl. 
conjonction, 
familier  ,  faniilièremeiit. 
féminin. 

figurémeiil ,  au  ligm-c. 
masculin, 
participe. 

pluriel ,  au  pluriel. 
■'poi'li(iueint'nt. 
p(.)pulaireinenl. 
préposition, 
pronom  ])er.somiol. 
jjrononcez. 
proverbialenienl. 
substantivement . 
substantif  féminin, 
substantif  nidMulin. 
substantif  féminin  jjlurii;!. 
.«iubslantif  masculin  pluriel, 
âubstantil  masculin  cl  réniiiiin. 
verbe  acui. 
verbe  neutre, 
verbe  pronominal, 
verbe  réciproque. 
Tcrbe  réfléchi. 
Voyez. 


i> 


DICTIONNAIRE 


DE 


L'ACADÉMIE    FRANÇOISE. 


A..  Lettre  voyelle,  qui  forme  à  elle  seule  un 
ipol  présciilant  plusieurs  acceptions. 

A.  I  ettre.  sui)si.  maso.  Premier  caractère  de 
notre  alplinbet.  Dans  presque  tous  les  alp?ia- 
hets  lA  précède  le  B. 

Ce  caractère  reçoit  diflerentes  formes,  soit 
dans  l'impression,  soit  dans  l'ccriture  manuelle. 
L'A  majuscule.  Le  petit  a.  jL'A  romain.  L'A 
italique. 

C'est  un  roni  indcclinahle,  qui  ne  prend 
pas,  comme  presque  tous  les  noms,  un  S  au 
pluriel.  Ofi  tcrit  deux  A,  et  non  pas  deux  AS. 

On  dit  communément  ï)e  quehju'nn  qui  ne 
sait  pas  lire,  cl  figurénient  l>e  quclqu  un  qui 
est  fort  ignorant,  qu'ii  ne  sait  ni ./,  ni  B. 

On  dit,  l  ne  panse  d'A  ,  pour  dire,  Lî  com- 
mencement de  la  formation  de  la  lettre  -■/, 
qni  j  dans  l'écrifure  ordinaire ,  s  écrit  a.  El  dnns 
ce  sens,  qu»nd  on  a  donne  quelque  chose  à 
écrire  ^  quelipruB,  et  qu'il  n'y  a  point  encore 
t'-aTaillt;,  on  dit  proverbialement  qu7i  n'en  a 
pitj  ^lit  une  panse  d  a.  La  môme  chose  se  dît 
Ggurémcut ,  pour  donner  h  entendre  qu'Un 
homme  qui  avoit  entrepris  de  composer  quel- 
uuc  ouvrage,  n'y  a  point  encore  travaillé.  Ou 
dit  aussi,  pour  signifier  qu'Un  homme  n*a 
oulK'  part  à  un  ouvrage  d'esprit  qu'on  lui  ot- 
trihuo,  qu'il  n'y  a  pas  fait  une  panse  d'à. 

On  dit  aussi  figurémenl,  Depuis  A  jusqu'à 
/.  pour  dire.  Depuis  le  commeocemenl  d'uuo 
cLtMC  jus'ju'à  la  fin. 
Tome  /. 


A.  Son.  s.  m.  Le  son  de  VA  est  celui  qui 
se  prononce  par  le  mouvement  le  plus  natu- 
rel de  la  bouche;  aussi  entre-t-il  dans  les  pre- 
miers mots  que  prononcent  les  enfans  dans 
toutes  les  Langues.  l'apa^  marna. 

Le  son  de  VA,  en  franrois,  est  le  même 
dans  tous  les  mots  :  il  ne  diflure  que  par  sa  du- 
rée et  par  des  nuances  peu  sensibles.  Il  est  long 
ou  bref;  long  daus  Piiîc,  grâce;  bref  dans 
Glace^  trace. 

Dans  les  deux  preccdenîcs  acceptions,  A  est 
un  nom  substantif  masculin.  Il  n'appartient  au 
vcibc  que  comme  tioisjt'me  personne  du  pic- 
sent  de  l'indicatif  du  vecbe  Avoir.  Il  a  de  l'es- 
prit. }l  a  tort.  Elle  a  aimé. 

On  l'emploie  eu  ce  st-n..  kxhus  celte  phrase, 
qui  est  un  gallicisme,  Il  y  a.  On  dit.  U  y  a 
un  homme,  pour  dire,  Il  existe  un  homme j 
Il  y  a  eu  un  temps,  pour  dire,  Il  fut  un  tenipE. 

Dans  tous  les  autres  cas  on  l'on  emploie  le  mot 
^,  c'est  une  l'articule  <"t  >t.diquc  une  multitude 
de  rapports,  difiicile?  i  i'cmlr»'rft  ii classer. 

En  certahis  cai,  \tt  peitiiul.^  A  sert  îi  rem- 
placer te  datif  du  latin  ,  lorsqu'elle  est  mise 
après  un  mot  par  lequel  elle  est  régie,  et  dont 
'lie  détermine  Tobjet  :  après  un  verbe,  Ecrire 
à  quelqu'un  ;  apris  un  subsUuilif ,  Soumission 
à  l'autorité;  après  un  adjectif.  Attentif  à  la 
ïeçon  ;  après  un  adverbe,  Con|ûrmenien(  à  la 
rèqle  ;  après  une  simple  pn'positioo,  Jusqu'à 
Paris. 


Dans  ce  sens  il  s'unit  souvent  à  l'article  le, 
la  y  les,  et  alors  il  se  décline  en  quelque  sorte, 
puisqu'il  st?  ehaiij^e  en  au,  au  lieu  de  à  le.  et 
qu'il  a  !e  pluriel  aux,  au  lieu  de  à  l€.<;.  Obéir 
au  Magistrat^  à  la  Loi  ;  obéir  aux  Magistrats, 
aux  Lois. 

Sous  ce  mêriie  rapport,  A  s'emploie  dans 
plusieurs  phrases  elliptiques,  lorsqu'un  danger 
ou  un  inlérct  pressant  oblige  de  n'exprimer 
que  l'idée  principale,  en  supprimant  des  idées 
accessoires  que  l'esprit  supplée  aisément  ; 
comme  :  Aux  nrmes.  A  moi.  À  vous.  Au  fcu. 
Au  meurtre.  Au  secours. 

A,  seul,  n'est  jamais  adverbe,  comme  t'ont 
avancé  queUmes  Grammairiens;  maïs  il  formé 
une  expression  adverbiale,  loi'squ  il  se  joint  ^ 
un  adverbe  ou  à  certains  noms  adjectifs  on 
substarlifs  ;  à  un  adverbe,  comme,  Durer  à  ju- 
mais,  venir  à  rien:  à  un  adjectif,  7"o:nber  a 
hasy  à  tort  ou  à  droit;  U  un  substantif,  Parler 
à  propos.  Parler  tète  à  tcte.Mal  à  propos.  Crier 
à  tuv-ttte^  à  pleine  tête.  Tirer  à  hrtilc-pour- 
point.  llaiî  à  mort,  à  la  mort.  Etre  blessé  à 
mort.  ^larcher  à  tdtons.  Aller  à  reculons.  Tro- 
failler  à  hdtom  rompus.  Juger  à  boulcvue.  Dé' 
cider  à  la  légère.  Déchirer  à  belles  dents.  Trai- 
ter à  forfait.  Battre  du  fr  à  froid.  Mâcher  à 
vide.  Mettre  de  l  argent  à  intérêt.  Donner  à 
bon  compte.  Vendre  à  l'encan. 

Dans  toutes  les  autres  acceptions  du  mot  A , 
il  C4l  une  sintp!    pn-position,  qui  exprime  dif* 


A 

fc'rem  apports  .!e  situation .  de  lon.p» ,  di'  !■ 
de  mouvement,  clc.  Os  diverses  sii^nifican 
rcuVeut  se  réduire  ."uT  pn-positinns  suu 
lea-./lfris.  Avec.  Vam.  En.  l'ar.  Pour,  c 
yuivant.  fur.  Vers. 

À,  dans  la  sigiiificalion  d'.^près.  Â  deur 
mois '.le  là.  À  <icu.c  jours  de  là.  Hier  pus  à  pus. 
y'.rracher  brin  à  brin.  Dire  mol  à  mol.  Comy 
1er  son  l'i  sou.  Manyer  morct'uu  à  morceau. 

À ,  dans  la  siKiiificalion  à  Avec.  Travailler  .i 
faijuHle.  Gagner  ù  la  pointe  Je  lipêe.  .Hier  <i 
voiles  el  à  runies.  DcUir  à  i/.-uiix  el  à  cimcnl. 
Se  battre  i  lépêe  el  au  pistolet.  Marcher  à 
petit  bruit,  in  fusil  cJiar;|é  à  balle.  Canon 
chargé  ci  cartouche.  Faire  brûler  à  petit  feu. 
Vivre  à  peu  de  fiais.  Ponner,  prendre  à  toutes 
mains.  A  petit  manijer  bien  boire.  Fromaije  a 


A  ABA 

août  par,  On  Jiroil  en  le  royanl.  en  l  en- 
tendant. Et  toute»  le»  autres  Sf  niblalilcs  façont 
de  parler  se  peuvent  résoudre  de  iiic:iic. 

Quel'iucfois  aussi  il  s'explique  par  de  quoi , 
el  par  de  raison  pour,  l'erscr  il  boire.  Il  n  a 
pus  à  manqer.  Il  ne  trouve  pas  à  Iruvuiller.  Il 
V  auroil  à  craindre.  Trouver  à  redire.  Il  n  j  a 
.pas  à  balancer.  Jl  n'y  a  pas  à  diffirer. 

Il   se   joint  encore   à   l'iufinitif  des  verbe» 
dans  divers  autres  sens.  II  s'emporta  à  lui  dire, 
!  jus./u  ù  lui  flire.  il  s'abaissa  à  le  prier.  S'amu- 
homme  à  soutane,  à  eb.veu-r  couris.' "l/arcber  I  ser  à  causer.  Je  suis  encore  i  savoir  II  est  cn- 
à  petits  pas    Courir  à  toutes  jambes,  à  toult  i  core  à  venir.  Je  su.s  ici  a  l  attendre.  C  csl  a 
■  !„  yte.  (  n  Iwmmcà  bons   \  fiire  h  lui  d'ordonner  des  fêles.  Je  sais,  a  n  en 


Il  s^rt  uu«i  i  ma,  qucr  le  I.ieu.  .*^e  lenir  à 
l'enlrée  du  bois.  H  rleineure  à  deiu:  lieues  d'ici 
„  vinyt  lieues  de  là.  Être  à  l'ecarl,  à  l'air;,  ù 
.'eiijiu'i  rt. 

I  a  tltaalion.  À  droite.  À  cjauche.  A  côté. 
A  pied.  À  cheval. 

La  l'osture,  le  Geste.  Élre  à  yenoux.  Dos  à 
dos.  y  ez  à  nez. 

La  Manièri'  de  vivre,  de  s'Iiabiller,  de  se 
mettre,  de  marcher,  da^lr,  de  parler,  etc.  Vi- 
ireù  la  Françoise.  i'Iiabillerù  I  Espagnole,  t  n 


bride.  S'embarquer  a 

procédés,  in  homme  à  systèmes,  in  homme  à 


rands  mots. 


La  Qualité  d'une  chose.  De  l'or  à  vmjt- 


Bouton  à  queue.  Bdton  à  deiur  bonis.  \   q:wtre  carats.  Du  velours  à  (rois  poils.        _ 
à  ressort.  £cuelle  à  oreilles.  Clou  à  L.  Quantité.  Jl  en  a  à  /-oison,  a  saticte. 


etneu- 
Jeter  a  la 


la  crenie. 

Couteau  à  ressort,  bcuelle  a 

crochet.   Chandelier   ù    branches.  Ch.ipeau   à 

grands  bords.  Aqir  i  bonne  intention.  Trier  à 

mains  jointes.  Sauter  à  pieds  joints.  Recevoir 

il  bras  ouverts,  etc. 

À,  pour  irions,  en.  i'iiTC  à  Taris.  I-'ei 

ler  <1  Kome.  /;c(ourner  ù  lu  V'ille 

ricière.  Se  promener  à  lu  campagne.  Jlcssurf 

A  I  cpauli,  à  la  ciin-iic.ll  y  v'icndra  à  son  rang. 

Etre  à  sa  place. 

k,  dans  la  signification  de  Var.  Cbtcnir  i 

f-rce  de  prières.  On  juge  à  sa  mine.  On  voit  i 

i  oir  dont  il  s'y  prend.  Allei-  à  courbettes. 
A,  dans  h  signidcntion  de  Pour.  Prendre  i 

témoin.  Infiler  t|uil(|ii'un  à  diner.  l  ni-  /Ile  i 

marier,  .'.voir  q 


'i'dliey 


ucl  ;ue  cliose  ù  bon  iiiurcbé.  '/  e- 
nir  i  honneur.  Tenir  à  injure.  On  eut  bien  di 
la  peine  à  lui  f.ire  entendre,  l  ne  selle  à  (oui 
chevaux,  in  cor.le  à  dormir  debout.  J- trcr  li 
jamais. 

À,  5'elon.  suivanl.  I  n  liabil  à  la  mode. 
Biitir  n  la  man  ère  d  Italie,  rivre  à  sa  fmtai- 
«ie.  Cela  n'est  pas  ù  son  godt.  .i  ce  que  je  vois. 
A  ce  que  vous  dites.  Il  fiut  donc  à  vutri 
compte,  à  votre  avis. 

À,  dans  la  signification  de  iur.  .IJonler  à 
cheval.  Mettre  pied  à  terre.  A  peine  de  la  v<c. 
Vn  oiseau  qui  se  bat  à  la  perche. 

À,  dans  la  siguilicalion  de  Vers.  .1  lire  à  sa 
fui.  Venes  à  rooi. 

À,  entre  deux  noms  de  nombre,  signifie 
L'nlic  ou  eni-iron.  Ainsi  on  dit,  Cn  fcommc  de 
quarante  à  cinquante  ans,  pour  dire,  Un 
homme  dont  1  .'ifie  est  entre  qu-rente  et  cin- 
■lua.ile  ans,  ou  dont  l'âge  eM  d'environ  qua- 
rante OTi  cinquant'^  ans  ;  i  ne  troupe  de  sept  à 
huit  cents  hommes,  pour  dire.  Une  troupe 
dhommes  d.  ut  le  nombre  est  entre  sept  el  huit 
cenis.  ou  une  troupe  d''nviron  sept  ou  huit 
cents  homme»;  Il  y  avci't  siu:  ù  srpl  fmmcs 
dans  cette  assemblée,  pour  dire  .  Il  jf  avoit  en- 
viron »ix  i  sept  femme». 

À,  sert  aussi  à  marquer  le  temps.  ■' c  lever  a 
six  heures.  Diner  à  midi.  On  l  attend  à  toute 
keuie,  (1  tout  moment,  devenir  à  heure  indue. 
A  la  fin  du  mois.  A  jour  préfiur.  .i  l'arrivée  du 
courrier.  A  perpétuité.  A  l'uccnii-.  Il  y  pa 
viflu.fra  à  la  longue. 


poial  douter,  que. ..C'est  i  vous  à  parler.C'csi 
à  lui  de  décider.C'est  à  savoir  s'il  le  -iioudru.  Il 
n'y  a  rien  à  qaqner  avec  lui,  etc. 

À,  s'emploie  aussi  dans  les  phrases  suivan- 
tes, et  dans  une  infinité  d'autres,  qui  seront 
expliquées  chacune  en  son  lieu. //rriKcr  ù  bord. 
Se  résoudre  à  tout.  Mettre  à  l'air.  .AJelIrc  à  la 
voile,  y/ppliijuer  à  la  question.  Crier  à  laide. 
Attacher  à  la  muraille.  .-iKelcr  à  la  charrue. 
Coucher  à  la  belle  étoile.  Jouer  à  la  paume, 
louer  à  quitte  ou  dcuble.  Valet  à  gages.  Ten- 
sion à  vie.  Ils  se  prosternèrent  à  ses  genoux. 
Ils  tombèrent  à  ses  pieds.  Se  tourner  à  bien,  à 
mal.  Se  mettre  à  1  élude.  Jllcr  à  l'armée,  à 
Home,  à  r£glise.  'Voyons  à  gui  l'aura. 

On  VI  rra  les  différens  sens  de  ces  phrase» , 
tl  de  celles  de»  articles  précédens,  aux  mot» 
ilout  elles  sont  composées. 

À,  lorsqu'il  procnde  l'article  masrulin.  sui»i 
j'un  mol  <;ui  commence  par  une  consonne, 
devient  A-:.  V.  Ad. 

ABA 

ABAISSE,  s.  f.  l>ite  qui  fait  la  croiMe  de 
dessous  dans  plusieurs  pièces  de  pâtisserie. 

ABAISSEMENT,  s.  m.  Oiniinution  de  hau- 
teur. L'abaiïsemcnl  des  catLX.  L  abaissement 
d  un  mur.  L'abaissement  du  mercure  dans  U 
baromètre. 

On  dit.  L'abaissement  de  la  l'oix,  par  op- 
position .'i  féléi-iltion  de  la  roix. 

Il  est  plus  en  usage  au  ligure.  .-(bniJ'emeMl 
ou  le  mauvais  iraileme.U  qu  un  homme,  .[u'uue  i   de  fortune.  .iba,ssem,nt  de  courage. 
chose  mérite,  t 'esl  un  a.is  à  suivre.  C'est  un.  Quelquefois  il  si-nifie  Hum.l.at.ou  vol.-.n- 

parlie  à  remelire.  C  esl  une  alfa  Ire  à  accommo-  \  taire ,  ou  l'état  dans  lequel  on  se  met  qu.and  on 
der  C'est  une  occasion  à  ne  yas  laisser  échup.  1  s'abaisse  volontairement.  .<e  tenir  dans  1  «bais- 
per  C'.-st  un  ch»al  à  garder.  C'est  un  homme  sèment  devant  l:,eu.  t  n  par  H  t  '  r,  lien  rfo.l 
i  récompenser.  Il  en  est  plus  <i  craindre.  Il  n'en  j  se  plaire  dans  l  abaissement 
est  que  plus  à  estimer. C'est  un  hommeà  noyer. 
C'est  un  homme  à  nasardes.  C'est  un  livre, 
non-seulement  à  lire,  mais  n  retenir  par  cœur. 
Ce  qui  peut  aniver  d'une  chose,  à  quoi  elle 
peut  servir,  et  de  quoi  une  persoune  est  capa 


Le  Prix  et  la  Valeur  d'une  chose.  Pu  vin  i 
-jinqt  sous,  à  trente  sous  la  pinle.  Du  drop  i 
i'ingl  francs  l'aune. 

La  .Mesure  ou  le  Poids  dont  on  se  sert  peut 
la  débiter,  ''l'endre  du  vin  à  la  pinte.  Vendrl 
du  drap  à  l'aune.  Vendre  de  la  viande  à  II 
livre. 

À,  s'emploie  aussi  four  désigner  La  Caus»    | 
mouvante,  le  mojen  qui  L.it  ■<',:,ir.  3Ioulin  « 
vent.  IHoulin  à  eau.  Moulin  à  bras.  Anne  i 
f,u. 

Le  Jloiif  qui  fait  agir,  il  lu  dit  i  bonne  in- 
!enlion.  Il  ne  l'a  pas  fit  ù  mauvais  dessein. 

i.'lLlM  et  la  Disposiiion  d'une  eliosc.  Da 
(iuils  11  garder.  Des  fleurs  à  cueillir. 

L'Usage  auquel  une  chose  est  propre.  Terre 
i  froment.  Moulin  à  blé.  Moulin  à  poudre. 
,1/ouliii  ù  papier.  Mouchoir  à  moucher.  Bassii 
i  laver  les  mains,  l'assin  à  barbe,  l'cis  à  bril- 
ler. Pois  li  flire  du  merrain. 

Ce  qu'une  chose  est  propre  ou  destinée  i 
toiiteoir.  (  nclui  à  peignes-,  une  boite  à  moucha, 
la  boiiliille  à  1  encre,  un  pot  à  l'eau,  pour  dire, 
Uu  étui  U  mettre  des  peignes,  une  boite  Ji  met- 
Ire  des  mouihis,  une  bouteille  >  mettre  d« 
l'encre,  un  pot  à  mctlre  de  l'eau. 

Ce  qu'il  esl  convenable  de  faire,  et  I.^•  bon 


ble.  C'csl  une  afuire  à  vous  perdre.  C'est  un 
procès  li  ne  jamais  fnir.  C'est  une  entreprise  à 
vous  flire  honneur.  C'est  un  homme  à  réussir 
dans  tout  ce  gu'il  entreprendra.  Il  esl  liomme 
à  se  ficher,  à  vous  jouer  d'un  mauvais  lour. 
À ,  joint  avec  un  verbe  .'i  rinlinitif,  s'explique 
-  *  .luelquefois  par  le  gérondif  du  même  verbe. 


n  se  prend  aussi  pour  Humiliation  forcée, 
pour  l'état  de  bassesse  où  l'on  est  mis  malgré 
loi.  C'est  un  «.sprit  a!i:er,  qu'il  f'iut  tenir  dar.s 
l'abaissemerrt. 

AB.MSSER.v.  a. Faire  aller  eu  bas.  /i baisser 
un  slore.  .-(baisser  une  lanterne. 

\\  signifié  quelquefois,  Diminuer  de  la  hau- 
teur, /^baisser  une  muraille.  .Ibaisser  une  table. 
On  dit,  //baisser  la  voix,  abaisser  le  ton  de  la 
voix ,  pour  dire ,  Parler  plus  bas. 

On  dit  en  Céoinélrie ,  Abaisstr  une  pcrpeii- 
dic-ulairc,  pour  dire.  Mener  une  perpendiculaire 


Aiori.  On  diroil  à  le  voir,  à  l'entendre,  K  n-v      i  une  ligne,  d'un  point  p.is  hors  de  cette  l.;ne. 


A  B  A 

Il  se  prcnti  aussi  pour,  Déprimer,  liuiTîi!i(!r, 
rnvaler.  ^ieu  aluùsse  les  superbes.  Home  tihniss,: 
l  ortjueil  ilc  Caithage. 

S'ADAissEn,  avi'c  le  pronom  pcrsonm'I.  lors 
«|u'il  est  joint  à  la  particule  À,  sigiiiiîe,  S'avilir 
se  deTader.  S'ulnusser  à  des  c}ioses  iniii(pies  tL 
soi.  Lorsqu'il  esl  joint  k  la  préposilion  l)ci'aTit . 
il  signifie.  S'humilier.  S'abaisser  devant  la  Ma- 
ji'sfe  de  l'Être  suprême. 

Abaissé,  éf.  participe.  Il  se  dit  eu  lemiea 
lie  Blason,  de  lotîtes  les  piices  plact^cs  dniis 
lecu  nu-dessous  de  leur  situation  nnlinnire,  ei 
particulièrement  du  vol  des  oiseaux,  lorsqui- 
rp^trémité  de  leurs  ailes  est  inclinée  vers  lu 
jioiutc  de  l'cru.  Vol  abaissé, 

ABAISSICUR.  adj.  Ternie  d'Anntomie.  Nom 
(pu  se  donne  à  diffûrens  musc!?t,  dont  la  fonc- 
tion est  d'ahiiisser  les  parties  uuxquelles  ils  sont 
attaches.  Muscle  abaisseur.  \\  se  prend  aussi 
sulisiantivenienl.  L  abalsseur  de  l'œil. 

ABANDON,  s.  i!i.  État  où  est  une  persom;e, 
une  cliose  aIi;tndonnee.  il  est  dans  un  abandoJt 
qcîtéral.  Il  est  dans  l'abandon  de  Dieu,  dans 
l'abandon  de  tous  ses  amis. 

Abandon,  se  dit  aassi  en  parlant  Des  dis- 
cours, des  ouvrages,  des  manières,  etc.  d  Unu 
sorte  d'aboiidaiiCR  i.icile,  de  négligence  aimable, 
qui  exclut  toute  recherche,  toute  affectation.  Il 
y  a  dans  cette  partie  de  son  discours  un  heU' 
rcux  abandon.  Elle  a  dans  ses  manières  un 
abandon  séduisant. 

Il  se  dit  aussi  pour  Résignation.  In  parfait 
abandon  à  la  volonté  de  Dieu;  et  aussi  pour 
L'oubli  de  soi-même,  ^'e  laisser  aller  à  l'abun- 
Jon;w»ainiafc/ea6an(/oM;  et  généralement  pour. 
Renoncement,  oubli.  L'abandon  de  tous  soin^. 
Cet  abandon  de  vous-même  nous  désole. 

Au  Palnis,  Abandot*  se  dit  pour  Délaisse- 
meRt.  Il  a  fiit  l'abandon  de  sa  Terre. 

A  l'abandos,  manière  de  parler  adverbiale. 
Aller  à  l'abandon.  Laisser  à  l'abandon,  i  out 
est  à  l'abandon. 

ABANDOISNRMENT.  s.  m.  nélaissemcnt 
entier.  Il  se  dît  *^galement  et  De  la  p^TSonne  qui 
abandonne,  et  de  la  chose  abandonnce.  Il  est  à 
plaindre  dans  l'abandonnement  où  il  est  de 
tous  ses  parens  et  de  tous  ses  amis.  Il  a  fait  un 
u5an<ionnement  qénéral  de  tous  ses  htens. 

Abasdosnemest,  mis  sans  ré;;iine,  signifie, 
Dérèglement  excessif  dan-»  la  conduite,  dans  les 
Biceurs;  Prostilution.  Abandonnemcnt  infime, 
'i'ïVrc  dans  l'abandonnement ^  dans  le  dernier 
abandonnement. 

ABANDON^F.R.  v.  a.  Quitter,  délaisser  en- 
titTcment.  Le%  nens  de  guerre  l'ont  contraint 
d'abandonner  sa  maison.  Il  a  abandonne  le 
pfiys.  Abandonner  sa  fmme  et  ses  enfin$. 
Dieu  n'abandonne  pas  les  siens,  i'ous  m'avez 
abandonne  dans  le  besoin ^  au  besoin.  Aban- 
donner la  poursuite  d'une  aU'iiire.  .abandonner 
une  cause. 

Un  dit  quTn  fièrtr  a  abandonné  son  fls^ 
qu'il  la  endèremcnl  abandonné  y  pour  dire, 
qu'il  ne  prend  plus  aucun  soin  de  lui,  qu'il  ne 
s'en  mri  plus  en  peine. 

Un  dit,  Abandonner  une  succession^  ahan- 


ABA 


ABA 


donner  ses  prétentions .,  pour  dire,  \   rciioncct  ABAOUE.  s.  m.Termed'Architecture.'î'oy. 

entièrement.  TAiLi.oin 

On  dit  que  LesMédecins  ont  abandonné  un  -        .ABASOURDIR,  v.  a.  Étourdir,  consterner, 


malade  y  pour  dire,  qu'Us  ont  cessr  de  L*  voir 
ou  qu'ils  ne  lui  ordonnent  plus  rien,  parc; 
qu'ils  désespèrent  de  st  guérison. 

Adandosneu,  sii^nifie  aussi,  Laisser  en  proie, 
exposer,  livrer;  et  il  est  toujours  suivi  de  l.i 
préposition  à.   Abandonner   une  ville  au  pil- 


la 


l'abandonner  à    la    fureur    des   soldat';. 


Abandonner  un  vaisseau  à  l'ornjjc,  au  t'enf. 
Ahandonmr  à  la  merci de^  etc.  ù  la  disposition 
de,  etc.  Ahaiidonner  (jueltpi'un  à  son  carac' 
tère,  ù  SCS  pcnchans,  à  son  mauvais  sort. 

On  dit.  Abandonner  son  cheval,  pour  dire, 
Le  laisser  aller  coamie  il  veut. 

On  ilit,  Abandonner  un  Ecclésiastitfuc  au 
bras  séculier,  pour  dire,  Le  renvoyer  au  Jug'; 
laïque,  afin  qu'il  le  punisse  sr.\oQ  les  lois;  et 
proverbialement  et  Iigurém-;nl,  en  parlant  De 
i|uelque  chose  à  boire  ou  à  manger,  qu'on  veni 
bien  laisstr  aux  domestiques,  on  dit,  qu7/  fnui 
l'abandonner  au  bras  sernlier. 

Ou  dit  d:ins  le  langage  de  ri-Icrilure,  qu-; 
Dieu  abandonne  souvent  les  tnéchans  à  leur 
sens  réprouvé^  pour  dire,  qu'il  les  laisse  s'en- 
durcir dans  leur  péché. 

On  dit  aussi,  Abandonner  nue  chose,  une 
personne  à  niteUiu'un .,  pour  dire,  Lui  permet- 
tre d'en  faire,  d'en  dir:-  ce  qu'il  lui  plaira,  lui 
en  laisser  l'entière  disposition,  .ibandonncr  tout 
ses  biens  à  ses  créanciers.  Vous  vousphiigTiez  dt 
cet  homme ^  je  vous  l'abandonne.  On  dit  aussi . 
iju'i  ri  père  a  abandonné  son  fis  y  le  soin  di 
i:on  fU  à  la  conduite  de  cjuelqu'un y  pour  dire, 
iju'U  en  a  charge  quelqu'un  sur  qui  il  s'en  re- 
pose. 

On  emploie  aussi  ce  verbe  sans  réf^iœe  indi- 
rect. .Son  père  l'abandonne,  pour  dire,  qu'il  un 
veut  plus  prendre  soin  de  lui.  Dieu  l'a  aban- 
donné. ?tIon  couraqe -m'abandonne. 

S'abanuonseo.  v.  réfl.  Se  laisser  aller,  se  li- 
MYT  à  quelque  chose,  à  quelqu'un,  sans  au- 
L'tiue  tCtenue,  sons  aucune  réserve.  .S'abant/on- 
ner  a  la  débauche,  auvice.  S'abandonner  à  sel 
liassions.  S'abandonner  aiuc  f-mnies.  S'aban* 
donner  à  la  douleur ,  à  la  tri.tesse,  aux  pleurs. 
\' abandonner   à    la   joie.  Je  m'ahundonne   i 

TOUS. 

On  dit,  S'abandonner  à  la  Providence, 
pour.  Se  remettre  entièi-cment  entre  les  mains 
i.e  la  Providence;  et,  5'jbûn(îonner  à  la  fr- 
tune,  pour,  Laiss<*r  aller  les  choses  au  hasard. 

Et  d'une  fctnme  qui  se  proplitue,  on  dit, 
que  C'est  une  ftmme  qui  s'abandonne  à  tout  U 
monde.  En  ce  sens,  il  se  dit  aussi  .ibsoîumenL 
[.es  mauvais  exemples  d  une  mère  portent  quel- 
nuef'is  une  file  à  s'abandonner. 

Abamwnsé,  ée.  participe.  On  dit  C'est  un 
enfint  abandonné j  pour  désigner  Un  enfant 
qui  se  trouve  sans  secours ,  loin  de  ses  parens. 

Il  est  aussi  substantif ,  et  alors  il  se  dit  d'Un 
homme  perdu  de  liln-rtinaf^e  et  de  débauche,  el 
(l'Uue  femme  qui  se  prostitue.  C'est  un  aban- 
donné, c'est  une  abandonnée.  IJ  est  plus  en 
uMgc  en  pftrtant  des  femmes. 


accabler.  Il  a  ete  abasourdi  du  coup.  Cette  nou- 
ui'I/e  l'a  abasourdi.  Il  est  du  style  familier. 
AoAsounDi,  lE.  participe. 
ABATAOE,  s.  m.  sij^nifie  entre  Marchands 
de  bois,  la  peine  et  les  frais  pour  abattre  les 
bois  qui  sont  sur  pied.  C'est  à  l'acheteur  de 
payer  l'abataqe. 

ABAIWRDIR.  v.  a.  Faire  déchoir  rinc  chose 
de  son  état  naturel,  la  faire  dégénérer,  laltérer. 
Il  ne  .se  dit  qu'au  figuré.  La  lonque  servitude 
abôtardit  le  couraqe. 

S'AB.KTAnmn.  v,  rcfl.  Les  jeunes  qens  s'abâ- 
tardissent dans  l'oisiveté,  dans  les  délices.  Ce 
^dant  de  vigne  s  est  abâtardi. 

AsÂrAnni,  ie.  participe.  Le  crenr  abâtardi, 
(  e  couraqe  ab.'ttardi. 

AB.A'IAROISSEMKNT.  s.  m.  Altération 
i'une  chose,  dccliet,  diminution.  J/abiitardis' 
\ement  du  courage.  L' abâtardissement  du  plant 
fait  que  le  vin  devient  mauvais. 

ABAT-JOUR.  s.  m.  Sorte  de  fenôire  dont 
l'appui  est  en  talus,  afin  que  le  jour  qui  vient 
d'en  haut  se  communique  plus  facilement 
dans  le  lieu  où  elle  est  pratiquée.  Les  Mar^ 
vhands  ont  des  abat-jours  dans  leurs  maqasins 
pour  fiire  paraître  leurs  marchandises  plus 
bel/es.  OrdinaiVemerU  les  fnêlrcs  des  Eglises 
sont  taillées  en  abat-jour, 

A  BATIS,  s.  m  Quantité  de  choses  abattues, 
telles  que  bois,  arbres,  pierres,  maisons.  Les 
tnnemis  embarrassèrent  les  chemins  par  dt 
grands  ahatis  d'arbres.  Cette  rue  esl  bouchée 
var  un  ahatis  de  maisons. 

On  dit  aussi,  l'aire  un  ahatis,  un  grand 
abutis  de  gibier,  pour  dire,  En  tuer  beaucoup. 

On  appelle  aussi  Ahatis^  les  pieds,  la  lète , 
le  cou,  les  ailerons,  etc.  des  volailles.  .  'es  nba- 
\'is  de  dindon,  etc. 

Abatis.  Lieu  où  les  bouchers  tuent  le  bé- 
tail. 

ABATTEMENT,  s  m.  Afloiblissement,  di- 
minution de  forces  ou  de  courai^e.  Ce  maladie 
tsl  bien  mal,  je  le  Irouv'e  dans  un  grand  abat- 
tement. Cette  mauvaise  nouvelle  l  a  m:s  dans 
un  étrange  abattement. 

ABATTi:UR.  s.  m.  Çui  abat.  Il  ne  se  dit 
t;uère  absolument.  Ce  bûcheron  est  un  grand 
abattcur  de  bois.  En  parlant  d'Un  homme  fort 
adroit  au  jeu  de  <pnlles,  on  dit.Osl  un  grand 
abatteur  de  quilles.  Il  se  dit  au  figuré  en  par- 
tant d'Un  homme  qui  a  fait  de  grandes  choses 
en  quelque  genre  que  ce  soit  :  mais  plus  ordi 
nairement  et  par  ironie,  on  le  dit  d'Un  homme 
qui  se  vante  d'avoir  fait  ce  qu'il  n"a  pas  laÎL  II 
est  familier. 

AB.\TTRK.  T.  a.  (  U  se  conjugue  comme 
Ba!(re.}  Mettre  à  bas,  renverser  par  terre,  faire 
tomber.  Abattre  des  nnii-çons,  des  murailles. 
Abattre  des  arbres.  Abattre  par  le  pied.  Les 
grandi  vents  a^nittirent  bien  des  chênes  dans  lu 
f^rêt.  Ils  ont  abattu  nos  fruits.  Il  a  abattu  son 
bois  de  haute  fitaie.Illepril  rudement  au  -"oU 
Ut  y  et  labuttii  tous  lui.  On  lui  a  abattu  la  têU 
I. 


4  AliB 

il  dessus  les  épaules.  Il  lui  abattit  le  bras  <lun 
couv  lie  sabre.  Ce  chasseur  est  adroit,  il  abat 
bien  du  gibier.  Ce  cheval  est  fougueux,  on  est 
contraint  de  l'abattre  pour  le  ferrer.  Ces  mois- 
sonneurs abattent  tant  d  arpens  de  blé  en  un 
jour.  Abattre  des  (juilles. 

Abattiie,  signitic  figurL-ment  Afloililir,"  di- 
minuer, abaisser,  fuire  perdre  les  forces,  le 
courage,  t  ne  pèvre  continue  abat  bien  un 
homme.  Cette  maladie  a  bien  abattu  ses  forces. 
Cette  perte  lui  a  abattu  le  cmiraijc,  a  abattu  sa 
ferlé.  Ces  deux  Maisons,  ces  Jcii.c  Puissances 
sont  ennemies,  elles  font  leurs  cjf'rls  pour  s'a- 
battre l  une  l'autre.  La  moindre  a[]iiction 
l'abat. 

On  dit  au  jeu  de  Trictrac,  .-Uiatlre  du  bois, 
pour  dire, Jouir  beaucoup  de  diiincs  de  la  pile, 
afin  de  caser  plus  aisiincnt.  On  le  dit  aussi  au 
jeu  de  quilles,  pour,  Ahallre  bien  des  quilles. 

On  dit  aussi  Ggurcmeot  et  familièrement, 
Abattre  bien  du  tois,  pour, Expédier  beaucouil 
d'affaires  en  peu  de  temps.  On  dit  de  même, 
Abattre  de  la  besogne. 

On  dit  proverbialement,  que  Pelile  pluil 
abat  grand  vent,  poiu- ,  qu'Une  petite  pluil 
fait  cesser  un  grand  vent.  Et  on  le  dit  li;;ure- 
ment,  pour,  que  Peu  de  cl:ose  calme  uni 
grande  colère,  fait  cesser  un  grand  ressenti. 
menu 

Abattue,  s'emploie  avec  le  pronom  person^ 
ncl.  On  dit  qu'i  ii  cheval  s'abat,  pour  dire. 
Que  les  pieds  lui  manquent,  et  qu'il  tomlx 
tout  d'uu  coup.  En  galopant,  son  c/iei'iil  s'est 
fibatlu  sous  lui.  Le  terrain  est  glissant,  si  vous 
poussée  votre  cheval,  il  s'abattra.  Et  on  dit 
d'Un  oiseau  de  proie,  qu'il  s'aïwt  sur  sa  proie, 
pour  dire ,  qu'il  fond  dessus.  On  dit  aussi  :  Une 
'volée  de  pigeons  .%'ubattit  sur  mon  champ.  Un 
orage  terrible  va  s'abattre  sur  nous,  pour. 
Foudre  sur  nous.  Ou  dit  encore,  que  Le  vent 
s'abat,  qu'il  est  abattu,  pour  dire,  qu'il  s'a- 
paise, qu'il  est  apaisé. 

Abattu  ,  le.  participe. 

ABATTURES.  s  f.  pi.  Terme  de  Chasse. 
Foulures  qu'un  cerf  laisse  dans  les  broussaillci 
où  il  a  passe. 

ABAT- VENT.  s.  m.  Charpente  couvert» 
d'ardoises  ou  de  tuiles,  et  qui  garantit  du  ven) 
et  de  la  pluie  les  ouvertures  d'une  maison, 
d'un  clocher. 

A  BB 

ABBATI.'.L,  ALE.  adj.  Appartenant  à 
l'AblK-  ou  il  l'Alibesse.  l'alais  Abbatial.  Mai- 
son Abbatiale.  Les  droits  .'ibbatiaux.  Fonction^ 
Abbatiales,  lignite  Abbatiale.  Mente  Abba- 
tiale. 

AUBAVE.  ».  f.  (On  prononce  Abéie.)  Mo- 
nastère d'Hommes,  qui  a  pour  Supérieur  un 
Abbé;  ou  de  Filles,  qui  a  pour  .Supérieure  une 
Abbeskc.  Abbaye  Royale,  ou  de  Fondation 
Iloyale.  Abbaye  en  licgle.  Abbaye  en  Com- 
mefi^fl.  Abbaye  sécularisée.  Une  Abbaye  fort 
riche.  Le  lioi  lui  a  donné  une  Abbaye.  Abbaye 
de  l'Ordre  de  ,S.  l'cnoit,  de  l  Ordre  de  Ci- 
tenujc,  de  lOrdie  de  rrânotrlié. 
.  I 


ABC 

Il  se  prciwl  quelquefois  pour  Les  seuls  bôli- 
niens  du  Monastère.  (  ne  Abbaye  bien  batte. 
Une  Abbaye  (jui  tombe  en  ruine. 

On  dit  proverbialement  et  fi^urenient,  Pour 
un  Moine  l'Abbaye  ne  faut  pas^  i>our.  Que 
(juund  plusieurs  personnes  ont  fait  quelque 
partie  ensemble,  et  que  quelqu'une  d'entre 
elles  manque  à  s'y  trouver,  ou  ne  laisse  pas  de 
faire  ce  qui  uvoit  été  résolu. 

AlïIÎÉ.  s.  m.  Celui  qui  possède  une  Aljbaye. 
Abbé  de  l'Ordre  de  S.  Be'ioit.  Ahhê  réanlier. 
Abbé  croisé  et  mitre.  Êiirc  un  Abbé.  />é;rtr 
un  Abbé.  Abhé  triennal.  Abbé  Commcndatairc. 

On  dit  fi;;urcment  et  proverbialement ,  que 
7'our  un  Moine  on  ne  laisse  yas  de  faire  un 
Abhé,  pour  dire,  qu'Encore  qu'un  hnu.ine 
manque  k  une  assembltîe,  à  une  partie  de  di- 
vertissement où  il  dcFToit  être,  on  ne  laisse 
pas  de  délibérer  sans  lui,  ou  de  faire  ce  qu'on 
nvoit  résolu. 

Quand  quelqu'un  n'est  pas  encore  venu 
pour  mander,  et  que  néanmoins  on  se  met  tou- 
jours à  table,  on  dit  proverbialement  et  figu- 
rément,  On  l'attend  comme  les  Moines  fnii 
lAbbé. 

On  dit  proverbialement  el  figurémeut,  Li 
Moine  répond  comme  l'Ahhé  chante,  pour. 
Ordinairement  les  Inférieurs  se  coufornient 
aux  Supérieurs. 

Ou  dit  aussi,  Jouer  à  l'Ahhé,  pour,  Jouer  à 
une  sorte  de  jeu,  où  l'on  est  oblif^é  de  iairc 
lout  ce  que  fait  celui  qu'on  a  pris  pour  être  ie 
conducteur  du  jeu,  cl  auquel  on  donne  alors  le 
nom  d'Abbé, 

On  appelle  communément  Abbé,,  tout  homme 
qui  porte  un  habit  ecclésiastique,  quoiqu'il  n'ait 
point  d'Abbaye. 

AUIifclSSK.  s.  f.  Supérieure  ti'un  Monastère 
lie  Filles,  qui  a  droit  de  porter  la  crosse,  Ab- 
hessc  triennale.  Abhesse  perpétuelle.  Nommer, 
ilirc,  bénir  une  Abbesse. 

ABC 

ÂBC.  (On  prononce  Abécê.)  s.  m.  Petit  Li- 
vrer contenant  l'Alphabet  et  la  combinaison 
des  lettres  pour  apprendre  à  lire  aux  enfans. 
Acheter  un  A  h  c  pour  un  enftnt. 

Il  signifie  fii^urément^  Le  commencement 
d'un  art,  d'une  science,  d'une  affaire.  Ce  nesl 
là  que  VA  b  c  des  Mathématiques. 

On  dit  proverbialement  et  fij^urtrment,  Ren- 
voyer quelqu'un  à  l'A  b  c,  pour,  Le  traiter  d'i- 
gnorant; Remettre  quelqu'un  à  lA  b  c,  pour, 
L'obliger  i  recommencer  tout  de  nouveau. 

ABCÉDER.  v.  n.  Terme  de  Chirurgie.  Se 
tourner  en  abcès.  Celte  tumeur  ahcédera. 

ABCÈS,  s.  m.  Apostume.  Amas  d'humeurs 
corrompue»  qui  se  fixent  On  quelque  partie  du 
corps,  et  qui  y  forment  une  tumeur.  Abcès  dan- 
{jercu^v.  Abcès  au  poumon.  Abcès  nu  foie.  Vider 
un  abcès.  L'abcès  a  crevé.  Il  y  a  danger  qu'il 
lie  se  forme  uji  abcès. 


ABE 

ABD 

ABDALAS.  s.  m.  pi.  Nom  général  que  le» 
Persans  donnent  aux  Religieux;  ce  que  les 
Turcs  appellent  Derviches,  et  ce  que  les  Chré- 
tiens nomment  Moines. 

ABDICATlOiy.  s.  f.  Action  par  laquelle  on 
renonce  volontairement  li  une  dignité  souve- 
raine dont  on  est  revêtu.  Il  se  dit  en  parlant  De 
celui  qui  abdique,  et  d&-la  chose  abdi(jucc. 
L'abdication  de  Diciclétien.  L'abdication  de 
Charlcs-Quint.  L'abdication  de  l'/'-mpirc,  etc. 

ACDIQUEIÏ.  v.  a. Abandonner  la  possession 
d  un  Ktat,  d'une  Dignité  souveraine,  et  y  re- 
noncer entièrement.  Abdiquer  la  Royautt.  Ab- 
diquer la  Couronne.  Abdiquer  l'Empire. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  Des  Magistrats  des 
anciens  Romains.  Abdiquer  la  Dictature.  Abdi- 
quer le  Consulat.  Abdiquer  les  honneurs. 

Par  extension,  il  se  dit  Des  principaux  em- 
plois et  des  places  éminentcs.  Ce  Général  d'Or- 
dre a  abdiqué. 

Il  se  met  aussi  absolument.  Ce  Prince  a  ab- 
diqué, on  l'a  forcé  d'abdiqUer. 

Abdiqué,  ée.  participe. 

ABDOMEN,  s.  m.  (On  fait  sentir  l'N.)  Mot 
purement  Latin,  que  les  Anatomisles  ont  trans- 
porté dans  notre  Langue,  pour  signifier  Le  Las- 
ventre.  Les  muscles  de  V  Abdomen. 

AlîDOMLNAL,  ALE.  adj.  Qui  appaitient  au 
has-venire  ou  à  l'abdomen.  Les  artères  abdo- 
minales. 

ABDUCTEUR,  adj.  Tei-me  d*Anaiomie.  Nom 
qui  se  donne  à  différens  muscles,  dont  la  fonc- 
tion est  de  mouvoir  en  dehors  les  parties  aux- 
quelles ils  sont  attachés,  ,1/usc/e  abducteur. 

Il  se  prend  aussi  substantivement.  L'abduc- 
teur de  Vœil. 

ABDUCTION,  s.  f.  Tenne  de  Logique.  Ma- 
nière d'argumenter,  par  laquelle,  en  accordant 
la  majeure  d'un  syllogisme,  on  exige  les  pa-u- 
ves  de  la  mineure,  pour  déterminer  la  consé- 
quence. 

ÂBE 

ABÉCÉDAIRE,  adj.  C'cit  l'ordre  des  lettres 
Ruivant  l'alphabet  françois.  Ordre  abécédaire. 

ABECQUER  ou  ABÉQUER.  v.  a.  Donner 
la  bec'juéc  à  im  jeune  oi.seau.  Il  est  familier. 

ABÉE.  s.  f.  Ouverture  par  laquelle  coule 
l'eau  qui  fait  moudre  un  moulin.  Il  se  dit  par 
corruption  pour  Baie.  Voyez  Baje. 

ABEILLE,  s.  f.  Mouche  à  miel.  Abeilles  d(v 
rées.  Essaim  d'abeilles.  Une  ruche  d'abeilles. 
Leà  abeilles  volent  sur  les  jlcurs.  L'ainuillon 
des  abeilles. 

ABERRATION,  s.  f.  (  On  prononce  los  R.) 
Terme  d'Astmnomie.  Mouvement  apparent  et 
fort  petit  qu'on  observe  dans  les  étoiles,  et  (^ue 
les  AsLïonomcs  attribuent  au  inouvciiicnt  de  la 
lumière  combiné  avec  le  mouvement  de  la  terre. 
L'aberration  des  Fixes. 

On  ap|H'lIe  en  Optique,  Aberration,  Les- 
pacc  qu'occupent  autour  d'uu  foyer  d'un  verre 


ABI 

on   J'uii  miroir,  les  rayons  '[iii  n'y  sont  pas 
exactement  reutiis. 

AliÉTlR.  V.  3.  Rendre  stupide.  Vvus  abeli- 
m  cet  enfuit.  Il  est  aussi  nciilrc.  /I  nhrtit  tous 
les  jours,  11  devient  béte.  Il  est  familier. 

Adéti,  ie.  participe.  I  enrUi  bcle.  Devenu 
béte. 

ABU 

AB  HOC  ET  AB  IIAC.  Mots  emprmités  du 
Latin,  dont  on  ne  se  sert  tjue  dans  le  style  fa- 
milier. Confusément,  Siins  ordre,  sans  raison. 
71  ne  sait  ce  qu'il  dit,  il  en  pnrle,  il  en  rai- 
sonne ah  hoc  et  ah  hac. 

ABHORRER,  v.  a.  (On  prononce  les  deux 
R.  )  Avoir  en  liorreur.  Les  honnêtes  Çjens 
abhorrent  les  pipons.  L'Ecjlise  abhorre  le 
Kinj. 

ABHonnÉjÉE. participe.  Le  tyran  est  abhorr» 
lie  ses  sujets. 

A  E  I 

ABIGÉAT.  s.  m.  Vol  de  tronpeauT. 
ABÎME,  s.  m.  (JoufTre  trrs-profond.  llorri- 
ble  abîme,  effroyable  abîme.  l'ar  un  (remble- 
ment  de  terre,  il  s'est  fuit  là  un  abîme.  Ai 
nous  baignez  pas  en  tel  endroit  de  la  rivière,  il 
y  a  un  abîme.  Il  est  tombé  dans  un  abîme. 

Abîme,  dajis  le  langage  de  l'I'criture,  signi- 
fie qucUiuefois  l'Enfer.  Les  Anges  rebelles  on\ 
été  précipités  dans  l'ahlme.  Les  puits  de  l'a- 
Urne. 

On  dit  figuremciit,  In  abtme  de  malheur, 
un  ui'îine  de  nincre,  pour  dir,',  Un  c.xlitl'iiit: 
malheur,  une  extn^me  misère,  //est  tombé  Har.s 
un  abîme  de  malheur,  dans  un  abîme  de  misère. 
.•\BiME,  se  dit  aussi  fii^uremerit.  Des  choses 
qui  engagent  à  une  excessive  dépense,  et  fjiii 
sont  capables  de  ruiner.  Le  je»,  les  procès,  le\ 
hdtimens  sont  des  abîmes. 

Il  se  dit  aussi  figurément  Des  choses  qui 
sont  impcne'trables  à  la  raison.  La  divisibilité 
de  la  matière  à  l'infni  est  un  abîme  pour  l'es- 
prit humain. 

Il  se  dit  aussi  fi^^urémenl  l>es  sciences  diffi- 
ciles, et  qui  demandent  une  très-grande  étude< 
La  Métaphysique  est  un  ttbtme. 

Ou  dit  familièrement  et  populairement 
d'Un  mots  qui  consume  une  grande  quantité 
de  sucre  ou  d'autre  chose.  C'est  un  ahîme  de 
sucre  ^  etc 

Il  se  dit  encore  particulièrement  Des  secrets 
et  des  jugemens  de  Dieu.  Les  ah'tmes  de  la  sa- 
gesse, de  la  miséricorde  de  llieu. 

On  dit  d  Un  Itomme  très -savant,  que  C'est 
un  abîme  de  science. 

.\BiME.  se  dit  en  ternies  de  Blason,  Du  mi- 
lieu de  l'ccu;  et  il  n'est  d'usat;e  qu'eu  cette 
phrase,  Un  atîme.  Ainsi  on  dit  d'Une  pièce 
qui  est  posée  au  milieu  di-  l'écu  sans  être  char;;ée 
d'aucune  autre  pièce,  et  sans  toucher  ù  aucune 
•lUlre  pièci;  de  l'écu,  qu'elle  est  en  abîme.  Il 
porte  d'azur  à  une  jîcur  de  lis  d'or  en  abîme. 

ABIMKR.  V.  a.  Uenvcrser,  pnicipitcr  dans 
un  abîme.  Les  cmtj  Villes  que  Dieu  abima. 
Il  lignifie  iigurémcnt,  Perdre,  ruiner  entiè- 


ABI 

remeiit.  Cet  homme  est  puissant  et  vindicatif, 

il  vous  abîmera.  Cette  affuire  Va  ahhné.  Ha  / 
dépenses  excessives  Vont  ahUnê.  Prenez  (jarde 
à  cette  porte  qu'on  î'icnt  de  peindre,  elle  abî- 
mera votre  habit. 

ÀBÎMF.n.  V.  u.  TonilnM-  dans  un  abînir.  Cette 
Ville  ahima  en  une  nuit. 

Il  si!;nifie  figurL-nient,  Périr.  C'est  un  mé- 
chant homme,  il  abîmera  avec  tout  son  bien. 
Toute  sa  fortune  abîmera  quelque  jour. 

AuÎMEn,  so  ilit  anssi  au  fij;un;  avec  le  pro- 
nom persnnïiel;  et  alors  il  sif^nlfie,  S'abandon- 
ner tellement  ix  quelque  cliose,  qu'on  ne  son^e 
b  aucune  aijtre.  .S''(*bimer  dans  ses  pensées.  S'a- 
bîmer dans  la  contemplation  de:;  merveilles  de 
Dieu.  S'abîmer  âans  l'étude.  S'abîmer  dans  sa 
douleur.  S'abîmer  dans  la  débauche.  S'abîmer 
dans  les  plaisirs. 

Il  signifie  aussi,  Se  ruiner,  se  perdre.!/  s'est 
abîmé  var  son  lujce,  par  ses  débauches. 

Abîmé,  ée.  participe,  (ne  Ville  abîmée  par 
un  tremblement  de  terre.  Vn  homme  abîmé 
dans  la  mer.  On  dit  figurcmcnt  :  Vne  f-mme 
abîmée  dans  sa  douletir.  In  homme  abîmé  de 
dettes.  Ce  meuble  est  abîmé  de  taches. 

AB  INTESTAT.  Voyes  Intestat. 

AB  IRATO.  Locution  latine  qui  sî;;nifie, 
Par  un  homme  en  colère.  Il  se  dit  d'Un  testa- 
ment fait  dans  cette  disposition.  Testament  ah 
irato.  Les  Lois  !c  condamnent. 

ÂBJ 

AP.IKCT,  ECTE.  adj.  (Ou  prononce  le  C 

PU  K.)  Méprisable,  bas,  vil,  dont  on  ne  lait  nulle 
islimo.  {  n  homme  vil  et  abject,  i  n  esprit  ab- 
ject, l  ne  créature  abjecte,  l  ne  physionomie 
abjecte.  Pes  emplois  ^  des  usuçjes  vils  et  abjects. 
Des  sentimens  abjects. 

AliJECTK^N.  s.  f.  Abaissement,  état  de 
mrpiis  où  est  une  personne.  Il  est  tombé  dans 
une  telle  abjection,  que....  Vivre  dans  l'abjec- 
tion. Il  signifie  aussi.  Bassesse  méprisable.  L'ab- 
jection de  ses  sentiuiens  et  de  ses  mnurs. 

Il  signifie  aussi  Rebut,  en  cette  phrase  dt 
l'Écriture -Sainte,  L'opprobre  des  hommes,,  et 

I  (d'jection  du  peuple. 

ABJURATION,  s.  f.  Action  par  laquelle  ou 
renonce  à  une  fausse  Rclij'îon.  Il  se  dit  en  par- 
lant De  celui  qui  abnir^*,  el  de  la  cljrro  qu'il 
abjure.  Abjuration  publique  ,  solcnnelU.  îl  fi' 
son  abjuration  entre  les  mainc  de  l'Evêque. 
Abjuration  de  l  hérésie.  Hecevcir  Vahy^ratiou 
de  quelqu'un.  Depuis  son  abjuration. 

ABIUKER.  V.  a.  Renoncer  à  une  fausse  Re- 
ligion, ou  à  une  mauvaise  Doctrine,  par  sermcul 
et  acte  public.  Abjurer  son  erreur.  Abjurer  le 
Judaïsme. 

On  le  met  quelquefois  absolument.  Il  a  ab- 
juré dans  lEqlise  dt  ^otre  I^ame.  Depuis  ou  i' 
eut  abjuré  entre  les  mains  d'un  tel  Evéque, 

Il  s'emploie  aus<â  figurément,  pour  dire  sim- 
plement, Renoncer  à.  jlhjurer  une  opinion,  un 
sentiment.  Il  a  abjuré  Arislote,  Dcscurïcs,poui-, 

II  a  abjuré  la  Doctrine  rl'Arislole,  de  De«CQrtcs. 

Aajché  ,  t-'..  pirlicijw. 


ABO  5 

AB  L 

ABLATIF,  s.  m.  Terme  de  Grammaire.  I.e 
sixième  cas  dans  la  Langue  latine.  .4blatif  sin- 
fjiiiiL-r.  .thlutif  pluriel.  Ce  verbe  réqit  l'ablatif. 
AnL.\TIVO.  Terme  adverbial  ei  populaire, 
qui  ne  s'emploie  que  dans  cette  phrase,  .4hla- 
tivo  tout  en  un  tas,  pour  dire.  Tout  ensemble, 
avec  confusion  et  desordre.  Il  a  mis  cela  abla- 
tivo  tout  en  un  tus. 

AELE  ou  ABLETTE,  s.  m.  Petit  poisson 
plat  et  mince,  rpii  a  le  dos  vert  et  le  ventre 
blanc. 

ABLERET.  s.  m.  Espèce  de  filet  carré  atta- 
ché au  bout  d'une  perche,  avec  lequel  on  pèclie 
des  Ables  et  autres  petite  poissons. 

ABLUER.  V.  a.  Laver.  Il  est  vieux  en  ee 
sens.  Il  signifie  ordinairement,  Passer  légère- 
ment une  liqueur  préparée  avec  de  la  noix  lie 
galle  sur  du  parchemin  ou  du  papier,  pour  faire 
revivre  l'écriture. 

.•\blué,  ée.  participe.  Lavé,  efTacé.  Il  est 
vieux.  Cependant  on  peut  dire  dans  le  style  lîe 
la  Chaire,  iVos  péchés  peuvent  être  ablués  pur 
le  repentir  et  les  bonnes  œuvres. 

ABLUTION,  s.  f.  Action  d'abluer.  Ce  n.ot 
est  particulièrement  consacré  aux  cérémonies 
de  la  Messe.  Il  signifie  Le  vin  que  le  Prétrcr 
prend  après  la  communion,  et  le  vin  et  l'eau 
que  l'on  verso  sur  ses  doigts  et  dans  le  calice 
r'près  qu'il  a  communié,  .-ivant  l'ablution.  Après 
l'ablution.  Quand  le  l'rêtre  prend  l  ablution. 

ABîi 

ABNECiATIOlN.  s.  f.  Terme  de  dévotion  qid 
n'est  guère  en  tisage  qu'en  celle  phrase,  L'ab- 
nénation  de  soi-même ,  pour  dire.  Le  renonre- 
metit  à  soi-même,  et  le  détachement  de4ont  »  e 
qui  n'a  point  de  rapport  ît  Dieu. 

ABO 

ABOI.  s.  m.  Bruit  que  fait  le  chien  en  ab<i\  .int. 
L'aboi  de  ce  chien  est  frt  importun. 

Anois,  au  pluriel,  se  dit  proprement  l'e 
l'exttémité  où  le  cerf  est  réduit  quand  il  est  sur 
ses  fins.  Le  cerf  e^t  aiiX  abois,  tient  les  ahois. 

On  dit  figurément  d'L'nc  personne  qui  se 
meurt,  qu'/  Ile  est  aux  abois.  On  le  dit  aussi 
d'Une  Place  qui  ne  peut  plus  se  défendre. 

ABOIEMENT,  s.  m.  (On  piouonce  ylbcU 
mentf  et  quelques-uns  l'écrivent.)  Aboi,  cri  du 
chieB.  L'ahoicmenl  li'uM  chien.  De  longs  aboie- 
mens. 

ABOLIR.  V.  a.  Annuler,  mettre  hors  d'u- 
sage, mettre  à  néant.  Il  n  appartient  qu'à  ceiuc 
qui  fimt  les  Lois  de  les  abolir.  Les  nouvellei 
coutumes  ont  aboli  les  anciennes.  Le  lioi  u 
aboli  les  duels.  Le  non-usage  a  aboli  peu  à 
peu  cette  Loi  trop  sévère.  Cette  Loi  a  été  abo- 
lie par  le  fait,  sans  être  f-rmellenient  révo- 
quée. 

Abolir  un  crime,  «e  dit  Lorsque  le  Piii;ce, 
par  des  Lettres  qu'il  donne,  remet  d'^uturili' 


f^  ABO 

alnoluc  la  peine  d'un  crime  qui,  par  1rs  (Jr- 
(kiuniiices,  n'est  pns  rémissiblc. 

S'aboiih,  V.  pron.Cc((e  coutume  s'est  aîwlie 
Jt elle-même.  Cctoil  une  ancienne  pratu/uc,  (^ui 
$'est  abolie. 

On  dit,  que  Tout  cvïpie  s'iihoUt  au  hoiil 
li'ttn  certain  nombre  d  années,  pour  dire, 
«ju  Alors  cesse  le  droit. 

Abou,  ie.  participe.  Loi  abolie.  Crime  aboli. 
AB(.)LISSKMI:M  .s.  m.  Aclioud'ab  .lir.  L'a- 
boUssement  des  anciens  usaqes  parlementaires. 
ABOLITION,  s.  f.  Anéantissement,  extinc- 
tion opérée  par  un  acte  de  la  volonté  lc;^isla' 
live.  U  se  dit  principalement  en  p;irlant  Des 
Lois  et  des  Coutumes.  L'abolition  des  cérémo- 
nies de  l'ancienne  loi.  Abolition  d'une  Loi. 
Abolition  d'un  culte  superstitieux.  L'entière 
abolition  de  ll)rdrc  des  i  empUers. 

Abolition,  sii;nifie  aussi.  Le  pardon  qne  le 
Prince  accorde  d'autorité  absolue  ,  pour  un 
crime  qui,  par  les  Orilonnanccs .  n'c-it  pas  ré- 
mi&sil>l^.  Lettres  d'abolition.  Abolition  géné- 
rale, i'rcndre^  obtenir  une  abolition.  Il  a  eu 
sou  abolition.  Le  ]*arlement  a  entériné  sou 
abolition.  On  appelle,  en  termes  de  Pratique, 
i'ortcur  d  abolition,  C^Iui  qui  a  o)>tenu  uno 
abolition. 

ABOMINABLE,  adj.  de»  ?.  genres.  Exécra 
ble.  déleslabli'.  qui  est  en  horreur.  Crime  abo- 
minable. Ln  /lomme  abominable. 

Il  se  dit  par  exagération ,  De  tout  ce  qui  csi 
très  -  mauvais  en  son  genre.  Cette  Comédie, 
ceile  musique  est  abominable..  Cela  a  un  goill 
çhominable.  l  ne  o^eur  abominable. 

VnoMINABLEMKM".  jkIv.  D'une  manière 
abominabli*.  Il  se  conduit  abominablcnicnt. 

Il  se  dit  aussi  très-souv(^nt  par  exagération. 
Il  chante,  il  tcrit  abominablement ^  abomina- 
blement mal. 

ABOMINATION,  s.  f.  Déteslation,  exécra- 
tion. Avoir  en  abomination.il  est  en  (d>vmina- 
tian  à  fous-  les  qens  de  bien. 

11  se  dit  aussi  De  ce  qui  est  l'objet  de  l'ibn- 
niiiiatinn.  Cet  homme  est  l'abomination  de  tout 
le  monde. 

U  sif;nific  au.ssi  ,  Action  abominable.  Ci 
crime  est  une  des  grandes  abominations  qu'on 
puisse  imaginer.  Commettre  des  abominations. 
On  dit,  /  es  abominations  des  Gi'.ntils^  pour, 
Le  culte  idolâtre  des  Gentils. 

>^^OMiination  de  la  désolution,  plir.ise  tirée 
de  l'Écrilure-Sainte.  On  s'en  sert  pour  exprimer 
U'«  plus  grands  excès  de  l'impiété ,  la  plus 
grande  piofanation. 

ABONDAMMENT,  adv.  En  obon-lance.  71 
ne  doit  pins  souhaiter  de  biens,  il  en  a  ahon- 
datnment.  Cela  est  abondamment  cxpluiué , 
û/jondamoKnt  démontré  dans  plusieurs  livres. 

ABONDANCE,  s.  f.  «irandc  quantité. //ion- 
danre  de  tout.  Abondance  de  biens.  l'ays  d'a- 
bondance, t.n  grande  abondance.  Avec  abon- 
dance. Être  dam  l'abondance.  Avoir  abon- 
dance  de  toutes  choses. 

On  dit  proverbialement,  De  l'abondance  du 
erur  la  bouche  parle ^  pour  dire,  quOn  ne 
petit  s'enipêcJicr  de  parler  des  choses  doot  le 


ABO 

cœur  est  plein.  Kt  on  dit  famlliérenient,  Parler 
d' abondance,  ^nuT  dire,  Parler  sur-  le- champ 
cl  s'iiis  préparation;  et,  ï'arler  avec  abqndance, 
pour,  Lire  fertile  en  pensées,  en  expressions, 
Il  tournures. 
Ou  appelle  Corne  d'abondance.  Une  comc 
I emplie  de  fruits  vt  de  fleurs,  qui  est  le  sym- 
bole ordinaire  de  l'idjondance.  .'^clon  aueltniei 
Mythologues,  la  Corne  d'abondance  est  celle 
iju'Ucrcule  arracha  à  Achéloiis  changé  en  tau- 
reau. Selon  d'antres,  la  Corne  d'abondance 
est  la  corne  de  la  chèvre  A malthée,  gui  avoit 
nourri  Jupiter. 

ABONDANT,  ÀNTE.  adj.  Qui  abonde.  Pays 
abondant  en  toutes  sortes  de  biens.  Maison 
abondante  en  richesses.  Il  est  abondant  en  pa- 
roles, en  comparaisons.  On  ne  diroit  pas  sans 
régime,  C'est  un  Auteur  abondant.  Ou  dit  Hé- 
coite  abondante j  pour.  Grande  récolte. 

D'ABONDANT,  adv.  De  plus,  outre  cela.  Je 
l'ous  ai  dit  telle  et  telle  raison,  j  ajouterai  d'à- 
botidaut.  Il  est  vieux. 

AHONDI^R.  V.  li.  Avoir  en  grande  quantité 
Abonder  en  richesses.  Abonder  en  toutes  choses. 
Celte  maison  abonde  en  bietis.  Cette  Province 
abonde  en  blés,  en  vins,  en  soldats,  en  qeni 
d'etprit. 

Il  signifie  aussi,  pAtc  en  gramie  quantité. 
Le  bien  abonde  en  cette  maison.  Toutes  choses 
y  abondent. 

On  dit  en  Jurisprudence, que  Ce  (jui'abontîe, 
ne  vicie  pas, ou  ne  nuit  pasy  pour  dire,  qu  Uns 
raison  ou  un  droit  de  plus  ue  peut  nuire  dans 
nne  affaire. 

On  dit  figurément,  Abonder  en  son  sens, 
pour  dire,  l-^tre  fort  attaché  à  son  opinion. 

ABONNIOMENT.  s.  m.  Convention  ou  mar- 
cl)é  qui  se  fait  îi  un  prix  fixe,  pour  une  chose 
dont  le  produit  est  rasucl.  Faire  un  abonne- 
ment, l'aire  un  abonnement  avantageux.  l'aycr 
|)(ir  abonnement.  Proposer  un  Journal  par 
abonnement.  Établir  un  Concert  public  par 
abonnement.  lîecevoir  des  abonncmens  à  un 
Spectacle.  Dans  ce  sens  on  dit.  Donner  une 
représentation  avec  abonnement  suspendu  . 
Lorsque  les  abonnés  sont  obligés  de  payer  leurs 
phiccs  comme  le  public. 

ABONNER  ,  S'ABONNER,  v.  pronomin. 
Composer  ù  un  prix  certain  d'une  chose  ca- 
sucllcj  et  dont  le  produit  n'est  pas  fixe.  5'û- 
donner  ni'cc  un  Curé  pour  les  dîmes.  Un  cuba- 
reticr  ipii  s'est  abonné  avec  les  Fermier*  dei 
Aidcs.On  l'emploie  quelquefois  activement.  On 
a  abonité  cette  i'ri-vince  à  telle  sommL.S'ahon- 
ncr  à  un  Journal ,  ù  un  .''  ptctacli  .  à  un  C(  n- 
rcr(. 

Abonné,  kf..  participe.  Celui  qui  a  pris  un 
abonnement  pour  un  Journal,  un  Spectacle. 
On  m'a  abonné  à  tel  J onrnal.  J e  me  suis  abonné 
au  Concert. 

Il  s'emploie  aussi  substantivement. Ce. 'our- 
nal  a  beaucoup  d' abonnes.  J e  suis  un  dc.>  ahon- 
néi  du  (  oncert. 

C'est  aussi  un  terme  de  Fief,  qui  signifie, 
'  ^  r.valuc.  Ainsi   oo   dit,  /  n  c'ieiNiI   de   setvice 
abonné  à  tant,  pour,  I  value  à  tant. 


ABO 

AliOTNlR.  V.  a.  Rendre  bon,  rendre  meil- 
leur. Les  caves  fraîches  abonnissent  le  vin. 

Il  est  aussi  neutre,  et  sii;uifie ,  Devenir 
meilleur.  C'est  un  vieux  pécheur,  il  n'abonnit 
point  en  vieillissant.  Il  est  familier. 

Il  est  encore  pronominal.  Ce  vin-là  s'abon- 
nira dans  la  cave  avec  le  temps. 

Abonni,  ie.  participe. 

ABORD,  s.  m.  .\ccès.  lise  dit  proprement 
Des  Torts  où  les  vaisseaux  peuvent  mouiller.  Ce 
i  ort  est  de  fucile  abord,  est  de  difjicile  abord. 

Il  se  dit  aussi  De  l'action  d'aborder  à  une 
rôte,  dans  un  Port.  A'ous  avons  tenté  î'ahord 
inutilement. 

II  se  dit  aussi  figurément  en  parlant  l>es 
personnes  qu'on  aborde;  comme,  L'abord  de 
cette  personne  est  fort  difficile.  Cette  personne 
a  l'abord  facile,  gracieux.  Cet  homme  a  I'a- 
hord rude,  fâcheux.  Craindre  l'abord  de  guel- 
iju'un.  Abord  doux,  engageant.  Leur  abord  n 
ité  fort  froid.  Je  lui  ai  dit  cela  dès  l'abord, 
i't!St-h-dire,  En  l'abordant,  iiv;ini  tmitcs  choses. 
Il  me  parut  froid  à  l'abord-  mats  dans  la  suite 
je  ie  trouvai  très-honnête. 

On  dit  aussi  dans  le  'uènic  sens,  H  me  parut 
kl  du  premier  abord'  et  iàmilièremcnl ,  De 
irimc  abord. 

Il  signifie  cucoro,  Une  af&uence  ou  de  pcr- 
ïnnncs,  ou  de  choses,  qui  arrivent  et  que  l'on 
ipporte  en  chaque  lieu.  Il  y  a  un  si  grand 
jtbord  de  monde  en  cette  maison.,  en  cette  V'illr. 
H  y  a  un  abord  de  toutes  sortes  de  nuircimn- 
dises  et  de  denrées. 

d'Aboud.  Expression  adverbiale.  Dès  le  pre- 
jiiicr  inst.uil ,  au  conmicncemenl.  picmiêrc- 
ment.  !  ''abord  il  semble  gue  cela  soU  vrai.  D'a- 
bord j'ai  été  trompé. 

Tout  d'abobd,  se  dit  au  nu^me  sens,  et  «la 
rend  l'expression  un  peu  plus  forte. 

ABORDABLE,  adj.  des  a  genres.  Qu'on 
peut  alïorder.  Cette  côte  n'est  pas  abordable  a 
tause  des  écueils. 

On  dit  fîmirénient ,  qu'/  n  homme  est  très- 
abordable,  n'est  pas  abordable ,  pour,  qu'il  est 
de  très-facile,  de  tr^s-dilhcile  accts. 

ABORDAGE,  s.  m.  L'action  d'aborder  un 
vaisseau,  ,/I/er  à  l'abordage.  U  se  dit  ordinaire- 
ment en  parlant  Des  combats  de  mer.  Prendre 
un  vaisseau  par  abordage ,  à  l'abordage.  La 
nouvelle  construction  des  vaisseaux  a  rendu 
l  abordage  presimc  impossible. 

11  se  dit  aussi  du  heurt  de  deux  vaisseaux 
qui  viennent  îi  tomber  l'un  sur  l'auti-c.  Dans 
la  temjKtc%  il  ny  a  rien  de  plus  à  craindre 
(fUC  l'abordage.  Les  vaisseaux  portent  des  feux 
la  nuit  pour  éviter  les  abordages. 

ABORDER.  V.  n.  Aller  à  bord,  prendre 
terre.  (H  prend  Etre  ou  Avoir  aux  temps 
composes.)  Le  vent  étdt  si  fcH  que  nous  ne 
pûmes  aborder.  Aborder  à  la  côte.  Aborder  au 
rivage.  Aous  avons  abordé,  yiborder  dans  une 
île,  .\ous  sommes  abordes. 

Adordpii  ,  d  ins  rncr<piion  d'Approcher,  «c 
dit  aussi  avec  la  prepokitinn  De,  On  ne  sauroit 
^  aborder  de  cette  Eqlise,  tant  elle  est  pleine  de 
monde. 


Ai)0 

AsouDm.  T.  a.  Approclier,  joindre.  Aborder 
un  vaisseuu,  se  dit  tu  deux  sens  :  Jhortîer  un 
iKjissedU  ennemi,  C'est  y  monter  par  iorcc  dnns 
un  combat.  On  aborde  aussi  un  vaisseau ,  loi'S- 
qu'un  V  lisscau  va  en  licurter  un  aulie,  soit 
qu'il  De  i'iiperçoive  pas  dans  les  tcnèhies,  soit 
qu'il  y  soit  pousse  par  la  force  du  vent  ou  d'an 
CiXirant. 

n  signifie  fièrement,  Accoster  quelqu'un, 
«pproolier  do  quelqu'un  pour  lui  parler.  7  n 
f  ule  ctoit  si  nrande  auprès  de  ce  M  inistrc ,  (jue 
je  n'ai  pu  l'dfcorder. 

Il  se  dit  figurtîmenl Du  discours,  pour, Trai- 
ter,  discuter.  Il  n'a  pas  même  abordé  la  (jnc5- 
lion.  C«  sujet  est  diljictlc  à  aborder. 

AnonDÉ,  KK.  participe. 

ABUKlGKiNES.  s.  m.  pi.  Il  se  dit  Des  pre- 
miers liabitansjdes  naturels  d'uuPays,  par  op- 
position à  ceux  qui  sont  venus  s'y  établir. 

.VBOIVXEMENT.  s.  ni.  Action  d'aborner,  ou 
l'eâct  qui  résulte  de  cette  action. 

ADORM-^R.  V.  a.  I\Iettre  des  bornes  l  un 
lerrain.  Aburncr  un  champ. 

Abouné,  le.  participe. 

Alit>UTir,  IVE.  adj.  Avorté,  qui  est  venu 
avant  terme, qui  n'a  point  acquis  la  perfection, 
le  maturité.  Enfr.nt  ahortif.  Fruit  ahonij . 

ABOUCHKMi::^!.  s.  m.  KnUcTue  ,  confc- 
rence  de  deux  ou  de  plusieurs  personnes.  On 
avoit  ménaqè  un  ahouchement  entre  eujc.  L'a- 
bouchement acs  (ïcu-r  /'rinces  n'eut  pas  le  suc- 
cès qu'on  en  allendoit.  Il  vieillit. 

^uolchi;mk\t.  T(  rme  d'Anatomic.  Rcncon' 
Ire  des  orifices  i!c  deux  vaisseaux. 

.^BOUCHER.  V.  acl.  Faire  trouver  deux  nu 
jtlusieurs  pcrsonnts  dans  Uïi  Heu  pour  confi-rcl 
e«iscinblc.  Il  faut  Ifs  u}>oucher  ensemble. 

Il  s'emploie  aussi  au  pronon'inal.  S'ahouciiet 
avec  (pielifu'un.  ?sous  devons  nous  aboucher  at 
premier  jour,  ils  se  so)il  abouchée. 

AnotcnÉ,  ÉE.  participe,  /'es  tuyaux  abou- 
chés l'un  à  l'dufre, Appliqués  1  uni  l'autre  pal 
leurs  ouvertures. 

AIîO\0.  Phrase  a  Iverbfale  empiuntredu 
I.alin,  pour  signifier, Dus  rorii;ine,  dès  le  con> 
mcuccniniL  J  rendre  un  fi.it  ab  wo. 

ABOU  T.  s.  m.  l'ernic  de  Cliaqienterie  et  da 
Mei-.uisrrie.  Il  se  dit  en  général  De  l'extrémité 
de  toute  pirce  de  bois  coupée  A  lVît]ucrre  et  fa- 
fouDce  eu  tutus. 

ABOUn^,  ÉE.  adj.  Terme  de  Blason.  Il  sr 
dil  De  difTircnlcs  pi'^cs  d'armoiries  qui  se  ré- 
pondent par  les  pointes. 

ABuUriR.  v.n.  (Il  se  conjugue  sur  Finir.; 
Touclirr  par  un  bout  l  n  arp^ent  de  f.-Tre  fju: 
aun  cûlc  aboutit  uv  jrand  cheinui^  et  de  Tau^rf 
«u  champ  d'un  ici.  Ce  champ  u.'mulit  à  un  ma 
rais, 

.^BOOTin,  se  dit  fi  purement  în  ptrla'.'t'i'l.'n<- 
aflaîrc ,  d'un  raisonnement,  d'une  entreprise. 
Ainsi  on  dit.  Tous  ses  desseins  ahvulissent  à 
cela,  pnur,  Tous  ses  dessiins  tendent  unique- 
ment à  ceb  ;  A  fjuoi  aboutissent  tous  les  rais(in- 
fumetis  que  vous  faites?  pnur,  Quoi  dessein 
Hvei^Tous  en  cela  ?  Cela  ne  peut  aboutir  à  ricu, 
puor,  Cela  ne  peut  avoir  aucun  succcs  ;  Cela 


ABR 

n'aboutira  qu'à  le  perdre,  jKJur ,  Cela  ne  se  Ilt- 
minera  qu'à  sa  njîne. 

ABOi'Tin,  se  dil  nussi,  Des  apostmnes  et  des 
abcès,  lorsqu'ils  viennent  à  crever,  ctfjue  le  pu-' 
en  sort,  l'aire  aboutir  un  apostwnc,  un  abcèf. 
Un  clou  ipii  aboutit. 

AboIïi,  ie.  p.irticipe. 

ABOUTISSAM",  AN'ITl.  adj.  t'n  rtr;jcnl 
[i6ou(i.^.f<irit  (i  la  f  rèt.  L  ne  pièce  de  terre  abou- 
tissante d'un  côte  ù,  etc. 

Il  s'emploie  au  pluriel  comme  substantif. 
Ainsi  on  dit,  les  tenans  et  aboutissans  dune, 
pièce  de  terre,  dune  maison^  etc.  pour,  l.es 
côtés  et  les  bouts  par  oii  elle  tient  et  aboutit  îi 
d'autres  (erres  et  îi  d'autres  maisons. 

On  dil  fij;urénienl,  quTn  homme  sait  (tus 
les  (cnnns  et  les  aboutissans  d'une  affaire^ 
pour,  qu'il  en  sait  toutes  les  circonstances  t( 
les  dépendances. 

ABOUTlSSI'.ME?iT.  s.  m.  Il  m?  se  dit  guère 
i]uc  d'un  aî>C(*s  qui  vient  à  aboutir.  L'aboutis- 
sement d'un  abcès. 

ABOYANT,  ANTE.  adj.  Qui  aboie.  Vu 
chieiK  ahoyans.  Meute  aboyante. 

ABOYER.  V.  n.  Japper.  (Il  se  conju;.;»n; 
comme  Employer.)  Il  ue  se  dil  au  propre  ([Ul' 
il'un  chien,  l  n  chien  qui  aboie  à  la  Lu:tc.  i  n 
chien  qui  aboie  au.v  voleurs.  L  n  chien  qui 
aboie  contre  tous  les  passans.  i  n  chieti  qut 
aboie  après  tout  le  monde. 

On  dit  proverbialement  et  figurcnvent,  Tout 
les  chiens  qui  ubo-.etit  ne  mordent  pas^  pour 
dire.  Que  tous  ceux  qui  menactnl  ne  sont  pas 
toujours  fort  à  craindre. 

Aboyeb,  an  figuré,  signifie.  Crier  nprci 
quelqu'un,  le  presser,  le  poiv^suivre  importu- 
némcnt.  /  01*5  ses  créanciers  ahownt  après  lui. 

On  dil  aussi  (îgurén:ent  et  familiùrcmcnt, 
Aboyer  après  quelque  chose,  pour, La  désirer. 
la  poursuivre  arcicninu-nt.  Ils  sont  trois  o« 
quatre  qui  aboient  après  cette  charqe.  /,boyct 
après  une  succession. 

Et  ou  dit  proverbialement  et  fij^urénienl 
(l'Un  Itomnie  qui  ciie  inutilen;enl  contre  uii 
plus  puissant  que  lui,  que  C  est  aboyer  à  h 
Lune. 

Aboté,  le.  participe.  l\  n'est  f;uère  en  usage 
i|u'au  fu;uré.  i  n  dcbttcitr  aboyé  dit  tous  set 
créanciers. 

ABOYKUR.  s.  m.  Cbicn  qui  aboie  à  la  vue 
ilu  sanf;licr  sans  en  approclier.  Il  s'emploie  au 
figuré.  L  n  aboyeur  de  I  ènéfces.  Ce  critique 
n  est  qu'un  abo^euv.  Ce  créanci.-r  est  un  dan 
^ereux  ubo^enr.  Il  est  f.miilier. 

A  B  t\ 

ABRACADABRA.  s.  m.  Mm  auquel  on  ai- 
tnbucit  onnennenieiit  des  vertus  magiqui  s 
pour  guéri»-  la  firrvrr,  en  le  portant  autour  du 
cou  ,  txrit  dïins  une  certaine  furnie. 

ABKAXA.S.  s.  m.  .'^lot  auquel  la  supersti- 
tion attjcboit  de  grondfl  mystères.  L'abraxat 
est  un  drruifettr. 

AltREGI".  s.  m.  Raccourci.  Il  se  dit  d'Tn 
•écrit,  d'uD  discours  dam  lequel  ou  rend  plus 


ABR  7 

îourt  ce  qui  est  ou  ce  qui  pui:rroit  itre  rji.^nirs 
plus  anqile  et  pPis  élctitîu.  A  réduit  ttute  la 
i  htoloqle^  tout  le  lirait  Canon  en  ubiéqé.  Il 
en  a  ft.it  un  abréijC.  L'abréqé  de  l'Histoire  i'o- 
maiiie.  l'onncz-moi  un  uhréqé  de  votre affïtire. 

On  dit ,  pour  exprimer  L'exciUence  de 
l  bonime,  qu'ii  est  un  abrégé  des  merveilles  de 
Vi  nivcrs.  C'est  un  monde  abrégé. 

ABiti'.cK  se  dil  aussi  dans  le  sens  d'Abrévia- 
tion. Ecrivez  ce  mot  en  abrégé  ^  par  obrégt. 
Voy.  Abukviatiow. 

ABREGER,  v.  a.  Rendre  plus  court,  ^e* 
débauches  lui  abrégèrent  la  l'ie.  Cela  a  ahréqé 
ses  jours.  La  méthode  qu'il  a  pour  enseigner  It 
Latin,  abrège  de  beaucoup  le  temps  des  études. 
Abréger  une  narration.  Abrégez  votre  discours 

On  s'en  .sert  aussi  quelquefois  al^olument. 
Vous  êtes  trop  long,  abrégez.  Il  ftut  abréger. 
Laissons  ce  point  pour  abréger,  i  renez  ce  c/ie- 
mîn .,  il  abrège. 

ADr\i':GK,  ék.  pjrlicipe. 

ABREVIATEUR.  s.  m.  Auteur  qui  abrège 
l'ouvrage  d'un  autre.  L'Abréviatcur  de  S.  Jh&- 
mus,  de  /îuronius, 

ABRÉVIATION,  s.  f.  Reirancb.  ment  de 
(juriqucs  lettres  dans  un  mot,  pour  écrire  plus 
vite,  ou  en  moins  d'espace;  par  exemple,  lors- 
qu'au lieu  de  i)/onsieur,  Marchand  ^  et  de 
V'oire,  on  écrit  .).'.,  .Vd. ,  t're.  Et  ordinaire- 
ment on  passe  uu  trait  de  plume  sur  les  mots 
ibrégés. 

On  appelle  aussi  Ahréviat'.on ,  L'cniploi  iie« 
lettres  initiales  d'un  mot  jinur  ic  désigne»-. 
V*.  M.  pour,  Votre  Majesté.  5.  A.  pour.  Son 
Altesse.  Sa  S.  pour,  Sa  Sainteté  (Te  Pape.) 
'a  l'i.  pour,  Sa  Hautesse  (L'Empereur  des 
Turcs.)  etc. 

ABREUVER,  v.  a.  Faire  boue.  En  ce  sens  . 
il  ne  se  dit  proprement  que  Des  bûtes,  et  pai!;- 
ruliérernent  des  chevaux. 

Abueï  ver  ,  >c  dit  aussi  De  l'tflèt  de  la  pluie 
sur  la  terre,  lorsqu'elle  la  pénétre.  Laplui'cabicn 
abreuvé  les  terres.  Et  on  dit,  que  L.\  terre  es4 
^icn  abreuvée,  quand  il  a  bien  plu.  En  p.irlant 
d'Une  nouvelle  qui  est  dejù  répamlue  parlout, 
on  dil  figurénient  et  familièrement,  que  7  ont 
le  monde  en  est  abreuvé.  Et  cela  se  dit  priui  i- 
palement  quand  on  parle  à  quelqu'un  qui  n  en 
sait  eiicoic  rien,  ou  qui  en  fait  mysleie. 

On  dit  figurénicnt.  Abreuver,  poui",  Entrete- 
nir, préserver  de  dessccbcraenl  et  de  langueur. 
Hes  rentes  jotirriiibères  abreuvent  un  commerce, 
Lui  donnent  des  fonds.  H  y  a  dans  ce  Eourg 
un  gros  marché  qui  nous  abreuve  de  loutei  les 
choses  nécessaires. 

Oti  dit  aMs>i  figurément, /abreuver (juet^u'un 
de  chagrins,  pour,  I.ui  faire  essuyer  dcf  peinos 
d'esprit. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  p4-r.onnel,  S'c- 
l'rcueer  de  larmes.  S'abreuver  de  fcl  et  d  aniez- 
lunie. 

On  dit.  î  n  Cixnr  abreuî-é  de  /îrf  eiâe  haine, 
pour  figurer  L'n  boinme  I  aincux  et  mcdi&ant. 

Abreuvi:,  lk.  pailicip»*. 

ARREL'V'OlR.s.ni.Lieuoiil'onmèncIcscI.e- 
vaux  ÏJoite  tt  *e  b-iigner.  L  n  grand  ahreui-uir. 


8  ABP, 

in  bel  abreuvoir.  Mener  Us  chevaJu:  à  l'abreu- 
voir. Les  chcvaiux  sont  allés  à  labreuvuir.  \^ 

ProTcrbiakmctit  et  bassement  on  appelle 
Abreuvoir  à  mouches.  Une  priinde  plaie  A  la 
tcte  ou  an  visage.  Il  lui  u  fait  un  abreuvoir  ù 
mouches  avec  son  sabre. 

ABRI.  s.  m.  Lieu  où  l'on  peut  se  mettre  J 
couvert  du  vent,  de  la  pluie,  de  l'ardeur  du 
«oleil ,  et  de  toutes  les  autres  inconmiodités  du 
temps.  L  n  bon  abri.  Chercher  un  abri,  de  ia- 
(wi.  Il  y  a  un  bon  abri  ilans  celte  plage  pour 
les  vaisseaux.  C'est  un  lieu  extrêmement  décou- 
vert, où  il  n'y  a  point  d'abri. 

On  dit  d'Une  plage  où  les  vaisseaux  sont  en 
Miretc  conuo  le  vent,  conue  la  tempête,  que 
t'est  un  bon  abri. 

Aoiii,  se  dit  aussi  Cgurément  De  quelque 
lieu  que  ce  soit  ou  l'on  est  en  sûreté,  et  géné- 
ralement de  tout  ce  qui  nous  met  hors  de  dan- 
ger. I.a  solitude  est  un  ahri  contre  les  embarras 
du  monde.  I.a  pauvreté  volontaire  est  un  abri 
contre-  la  cup'idité.  Il  ne  se  dit  que  des  choses, 
et  non  pas  des  personnes.  La  maison  d'un  pro- 
tecteur est  un  ahri;  sa  personne  est  un  appui, 
un  recours. 

A.  L*.\Bi\i.  Façon  de  parler  ;idverl)iale.  A  cou- 
vert. iSe  nicKre  à  l'abri  de  la  pluie,  du  vent, 
du  mauvais  temps,  de  la  tempête.  Etre  à  l'abr'\ 
derrière  une  muraille,  derrière  une  haie.  On 
dit  figarémont,  Se  mettre  à  l'a'iri  de  la  persé- 
cution ,  de  la  vexation.  Et  dans  tous  ce.^  exem- 
ples la  p;  rt'cule  De  a  la  force  et  la  signiGcation 
de  Contre. 

A  t'ABni,  se  dit  aussi  De  cequi  sert  i  mettre 
h  couvert.  Ainsi  en  dit,  Élre  à  l'abri  d'un  bois, 
à  l'abri  d'une  muraille;  et  figurémcnt,  .4tjir  à 
l'abri  de  la  piveur  ;  et  alors  A  l'abri  signiGa 
Sous  l'abri. 

ABRICOT,  s.  m.  .Sorte  de  fruit  à  noyau, 
dont  le  goût  lient  de  la  péehe  et  de  la  pnine, 
et  dont  la  chair  et  la  peau  tirent  sur  le  jaune. 
Al'ricots  en  espulier.  .'Ibricols  en  plein  vent. 
jibricot-Véche.  Compote  d'alrirols.  Abricots 
ton/ils.  Pille  d'abricots.  Marmelade  d'abricots. 
ABRICOTIKR.  s.  ni.  Arbri'  qui  porte  les 
abricots,  /ibricotier  en  espalier.  Abricotier  en 
plein  vent. 

ABRITKR.  V.  a.  Mettre  à  l'abri.  Abriter  un 
espalier.  Celte  maison  est  abritée  par  une  mon- 
(ajne. 

AiiniTÉ,  ÉE.  participe. 

ABROGATIOiV.  s.  f.  Action  par  laquelle 
une  .îhose  est  aimule'e.  Suppression.  Cassation 
pat  non-usage.  U  ne  se  dil  guère  qu'en  parlant 
d'une  Loi ,  d'une  Coutume.  L'abroçjation  d'une 
Loi. 

ABROGER.  V.  a.  Rendre  nul,  abolir,  met- 
Ire  hois  d'usage.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  par- 
lant De  Lois,  de  Constitutions,  deCérémonii  s, 
et  autres  choses  semblables,  .■ibroqcr  une  Loi, 
une  Ordonnance,  une  Coutume. 

U  s  emploie  «vee  le  pronom  personnel.  Celte 
Lot  s^est  abrogée  d'elle-même. 
Abbocé,  f.i  .  participe. 
ABROIOXE.  Voy.  Aun(.t<E. 
4BROUTI,lE.adj.  renne  d'Eaux  et Forcfi, 


ABS 

qui  se  dit  Des  bois  dont  les  bourgeons  ont  élc- 
détruits  par  les  bestiaux. 

.ABKUPTO.s.m.  ABABniTTOetEXABnupTO. 
Mots  empruntés  du  Latin, qui  signifient, Inopi- 
iiéincnt,  brusquement,  et  sans  pri'jiaralion.  Il 
^t"  init  à  parler  ex  abrupto.  En  entrant  il  lui 
donna  un  soujjlet  «ii  ubruplo. 

Ou  appelle  E.vorde  ab  abrupto ,  L'exorde  d'un 
discours  où  l'on  entre  sur-le-champ  et  vive- 
ment en  matiùre  sans  préambule.  V.  Exoiujk. 

ABRL'riR.  V.  a.  Se  icndrc  comme  une  béte 
brute.  Le  ^lin  pris  a'iec  excès  abrutit  les  honi- 
les,  abrutit  Icsprit. 

s'.^BRUTiB.  V.  prdn.  Devtnii  comme  une 
bète  boile.  Cet  Jiomme  s'abruti'. 

Abboti,  ie.  participe. 

ABRUTISSEMENT.  s.m.L'étatd'unbommc 
abruti.  Cet  homme  est  tombé  dans  un  jranil 
abrulisjcment. 

ABS 

AB'-XI.SSE.  s.  f.  Terme  de  Géométrie.  Por- 
tion de  Taxe  d'ime  courbe, comprise  entre  le  som- 
met de  la  courbe  et  la  rencontre  de  l'ordonnée. 

ABSENCE,  s.  f.  Éloigncmcnt  d'une  per- 
sonne qui  n'est  point  dans  le  lieu  de  sa  rési- 
donce  ordinaire.  Lonnue  a}^sence.  Courte  ab- 
sence. Les  peines  de  l'absence. 

Il  se  dit  aussi  Ru  défaut  de  présence  i  une 
assignation  donncï.  71  fat  ordonné  iju'on  pro- 
cédei-oit  tant  en  présence  gu'en  absence. 

On  dit  figurément,  Il  y  a  dans  cet  ouvragi 
une  absence  totale  d'esvrit,  de  (joilt,delotji(jue. 

Ou  aiipelle  a'issi  Ssuvi'mrni ,  Absence  d'es- 
prit, La  distraction,  le  manque  d'attention. 
C  est  une  absence  d'esprit  cjui  n'est  pas  excusa- 
ble. Il  est  sujet  à  des  absences  d'esprit.  Et  quel- 
quefois absolument,  Il  a  souvent  des  absenceii. 

ABSENT,  ENTE.  adj.  Qui  est  éloigné  de  sa 
demeure  ordinairr.  Vous  avez,  été  lonrj- temps 
absent.  Être  absent  de  Paris.  Être  absent  de  la 
Cour.  Un  IleligieiLX  absent  de  son  Couvent. 
Un  Chanoine  qui  touche  ses  distributions  tant 
absent  que  présent. 

Il  se  dit  figurément  pour  Distrait,  inattentif. 
Son  esprit  est  quehjuefnis  absent. 

Il  est  quelquefois  substantif.  7  ant  les  ab- 
scns  auc  les  présens.  On  oublie  aisément  les  ab- 
sens.  Les  absens  ont  toujours  tort. 

ABSENTER.  S'absknteb.  t.  pron.  S'éloi- 
gner de  quelque  lieu,  ,'e  m'absenterai  durant 
trois  mois.  S'absenter  d'un  lieu,  d'un  pays.On 
U  cherche  pour  le  prendre,  il  faut  qu'il  a  ab- 
sente.Il  s'est  absenté,  etc.  Il  marque  ordinaire- 
ment quelque  ficheuse  cause  de  s'éloigner. 

ABSINTHE,  s.  f.  Plante  médicinale  qui  est 
irés-amèrc.  ,/bsintlie  Vontique.  Absinthe  lio- 
mainc.  Cela  est  plus  amer  que  de  l'absinthe. 
'i'iii  d'absinthe.  Huile  d'absinthe. 

ABSOLU,  UK.  adj.  Indépendant,  souve- 
rain. Pouvoir  ab.<olii.  Autorité  objoluc.  in 
commandc^nent  al'solu. 

On  dit,  qu'L'n  bommc  est  absolu  dans  sa 

compflonic,  pour,  qu'il  y  fait  tout  ce  qu'il  veut, 

'  ijuc  personne  ne  lui  résiste;  qu'Ln  homme  csl 

iiMolu  dans  tout  ce  qu'il  l'cut.pour,  qu'il  veut 

fortement  qu'un  exécute  tout  ce  qu'il  ordoni»'-  ; 


ABS 

Cl,  Parler  d'un  ton  absolu,  pour,  Parler  d'un 
ton  impérieux. 

On  dit  dans  le  Didactique,  .absolu,  par  op- 
position il  Relatif .  Homme  est  un  terme  absolu, 
Père  est  un  terme  relatif.  Et  on  dit  en  termes 
de  Grammaire  Latine,  .'Iblatif  absolu,  pour 
dire,  Un  Ablatif  qui  n'est  régi  par  auciuie 
partie  d'oraison  qui  soit  exprimée. 

Quelques  Ci  rammairiens  disent  qu'un  mot  se 
prend  ri  l'abso/u ,  dans  li_'  même  sens  qu'.-Zbso- 
liiment,  pour  dire,  que  ce  mot  s'emploie  seul, 
sans  régime,  'i'oy.  Absolu.ment. 

ABSOLU.'MENT.  adv.  D'une  manière  abso- 
lue ,  sans  restriction ,  sans  bornes ,  sans  partage. 
Ccl  homme  dispose  absolument  de  tout  dans  la 
maison. 

On  dit,  'Couloir  obsolumenl,  pour,  Vouîo'ir 
déterminément  ,  malgré  toute  opposition  et 
toute  remontrance.  On  eut  beau  lui  d'ire  qu'il 
ne  devoit  pas  partir,  il  le  voulut  absolument. 
Je  n'en  ferai  absolument  rien. 

Absollmeni,  signifie  aussi,  Tout-à-fait,  en- 
tièrement. Tout  le  monde  absolument  fut  de  cet 
avis.  Il  nia  absolument. 

On  dit,  qu'.ibsoliimenl  parUml ,  une  chose 
est  bonne,  pour  dire,  qu'A  en  juger  en  gros,  et 
par  ce  qu'il  y  a  de  priucipai,  elle  est  bonne.  Et 
on  dil  de  même,  quTnc  chose  n'est  pas  mau- 
vaise absolument  parlant.  Il  y  ii  des  beautés 
dans  cet  ouvrane;  nuits,  absolument  parlant, 
il  n'est  pas  bon. 

On  dit,  qu't'n  verbe  se  prend,  se  met  abso- 
lument ,  pour  dire,  qu'Où  ne  lui  donne  point 
de  régime.  Ainsi  dans  cette  phrase,  Il  [nul  loii- 
jours  prier ,  levcrlie  /  rier  est  mis  absolumeni, 
On  le  dit  aussi  D'une  phrase  où  il  y  a  ellipse, 
comme  Pied  à  terre ,  où  le  mot  Mettez  est  sous- 
entendu.  Pied  à  terre  est  pris  absolument. 

ABSOLUTION,  s.  f.  Jugement  juridique  , 
par  lequel  un  homme  est  déclaré  innocent  du 
crime  dont  il  étoit  accusé.  Les  Juges  buinntérent 
entre  lubsolulion  cl  la  condamnation. 

Il  signifie  aussi,  L'action  par  laquelle  le  Piè- 
tre remet  les  péchés  en  vertu  des  paroles  san-a- 
nieutelles  qu'il  prononce,  /donner  l'absolulion. 
Uefiiser  l'absolution.  Dijfrer  l'absolution.  Ab- 
solution Sacramentelle.  Il  est  mort  un  moment 
après  avoir  reçu  l'absolution. 

ABSOLUTOIRE.  adj.  des  i  g.  Qui  porta 
absolution.  Bref  absolutoire, 

AI).SORB.\NT.  s.  m.  Terme  de  Médecine  et  de 
Pharmacie.  Substance  qui  a  la  propriété  d'aii- 
sorbcr  les  acides,  en  s'y  unissant.  Les  yeux 
d'écrcvisse,  le  corail,  la  craie  de  Briançon,  etc. 
sont  def  absorbans  :  ils  ont  il  peu  près  les  mi- 
mes propriétés  que  les  alcalis.  On  dil  d'un  ma- 
lade, Ou  lui  a  donné  les  absorbuns. 

Absoubamt  est  aussi  adjectif.  Les  terra 
absorbantes. 

AB.SORBER.  t.  act.  Engloutir.  Les  sabjc, 
les  terres  sèches  cl  légères  absorbent  les  ci«.r  de 
la  pluie  en  un  momcnl.  L'éponge  absorbe  l'cuu. 
le  Rhin  à  la  fin  de  son  cours  se  perd  dans  des 
sables  qui  I  ub.'iorbcnl.  Le  Rhône  tombe  dans 
,\un  go'iffrc  qui  lubsml'e, 

AusonoEK,  se  dil  aussi  en  pnrbnt  Des  cou- 


ABS 

leun ,  des  sons,  (les  odeurs,  des  saveurs.  /.« 
noir  absorbe  lu  lumière.  Lue  voie  foihle  et  tlè- 
licute  est  ubsothée  dam  un  ^rand  chaur  de 
musique.  L'odeur  de  la  tubéreuse  absorbe  /o- 
àcur  de  la  jdufuirt  des  fleurs.  Le  (joût  de  l  ail 
ûbftorhe  le  août  de  toutes  les  autres  choses. 

On  dit  en  Chimie, tjuc  Les  alcalis  absorbent 
]es  acides,  pour, qu'ils  en  éniousseul  la  pointe, 
qu'ils  en  tempèrent  l'iiciiviié. 

Adsouber  ,  signifie  (ï^urément  ,  0)nsnnier 
entièrement.  Et  en  ce  sens,  il  ne  se  dit  que  Des 
liicns,  des  ricliesses.  Les  procès  ont  absorbe 
tout  son  bien.  !.cs  frais  du  scelle  ont  absorbe  la 
meilleure  partie  de  lu  succession.  Les  conven- 
tions matrimoniales  ont  absorbé  tout  le  bien  du 
mari.  Cela  absorbera  trop  de  temps. 

On  dit  aussi,  Absorber  l'attention^  absorber 
l'intérêt.  Cet  orateur  ovoit  tellement  absorbé 
V attention  ^  qu' il  n'y  en  eut  plus  pour  les  autres. 
Cette  scène  absorbe  tout  Hntèrcl  de  la  Pièce. 

ABSoiiBEn,  est  aussi  verbe  pron.  Les  pluies 
s'absorbent  dans  les  sables. 

AiïSouBÉ,  tE.  participe.  On  dit  d'Un  homme 
profundànent  applique  k  quelque  (:lnise,qu'/i 
y  est  absorbé.,  entièrement  absor}>é.  Il  est  ufc- 
torhè  dans  l'étude  des  mathématiques.  On  dit 
d'un  hon)niequi  est  dans  une  méditation  coiui- 
qiielJe  des  choses  de  Dieu,  qu'il  est  tout  ubsurbQ 
en  l'ieu, 

ABSOUPTIOXs.f.  L'action  d'ulisorlicr.  Peu 
usité. 

ABSOUDRE.  V.  a.  J'absous,  in  absous ^  il 
obsout;  nous  absolvons  ^  vous  absolvez,  ils  ah- 
^fiTHr.  J  aV.cUoK.  j'ai  absous,  J'ali!>OHi{rui, 
J  absoudrais.  Absous.  Qu  il  absolve.  Absolvant. 
Déclarer  par  jugement  juridique  un  homme  in- 
nocent du  crime  dunt  il  eloit  accusé,  lly  a  eu 
tinq  l'oijc  pour  condamner  l  accusé ,  et  sept  pour 
l'absoudre.  On  l'a  absous  malijrc  le  crédit  de  sa 
tnnemts.  Il  s'est  fuit  absoudre  du  crime  dont  on 
î'acciisoi't.  Llle  fit  absoute  à  pur  et  à  plein.  En 
altsolvant  cet  homme.,  on  n'a  pas  fuit  justice. 
IIseditfij;u.Jiiiop'.  djoi  '.e  Uu-ip^e  ordinaire 
Je  vous  absous  dt  votre  7iéije,^c,ence^  en  fiveur 
de  votre  repentir.  liicn  ne  pourra  l'absoudrt 
d  une  si  grande  faute. 

AobOirortF,  signifie  aussi,  Remettre  les  pc- 
elu^  drtns  ie  Tribunal  de  \a  Pénitence.  Toul 
i  rètre  c  pouvoir  d'absoudre  en  cas  de  mort,  /i 
i  le  pouvoir  d'absoudre  des  cas  réservés  Ah- 
•ouJrc  un  peniïent.  Absoudre  en  confession. 

On  dit,  eu  parlant  d'Un  morr,  i  n  tel  que 
Dieu  absolve,  pour,  A  qui  Dieu  fasse  miséri- 
corde. Cette  façon  de  parler  vieillit. 
Adsols,ou  AB-.01.T,  OLTE.  parliripe. 
ABSOUTE,  s.  f.  Absolution  publique  et  so 
Âïnuelle  qui  se  donne  en  g'-ne'ral  au  peuple,  et 
dont  la  céréniooic  se  fait  le  Jeudi  Saint  au  nut- 
tin,  ou  le  Mercredi  Saint  au  soir  dans  les  cailié- 
di  aies.  L'Lvèqtteafnit  la  cèrtmo"u  de  l'absoute. 
On f.itl  absoute danslesl'arolsstk  auxnrandes 
blesses  le  jour  de  Pâques. 

AUSrt.ME.  i.^  Celui  ou  celle  qui  ne  boit 
|K)int  de  vin.  L'K^lite  dnpensoit  du  calice  les 
Ahstème». 

ABSXI:INIR.  S'ABirESun.  v.pron.  (Il  ae  coD- 
lomc  fc 


ABS 

jugue  comme  Se  tenir.)  S'empêcher  de  faire 
quelque  chose,  se  priver  de  l'usage  de  quelque 
chose.  S'abstenir  de  boîre  et  de  manqer.  S'abs 
tenir  de  jurer.  Quand  on  a  pris  Ihabitude  de 
fttire  quelque  chose ^  il  est  bien  malaisé  de  s'en 
abstenir,  y  abstenir  de  vin.  Je  m'abstiendrai  de 
tout  ce  qui  peut  nuire  à  la  santé.  Il  s'est  abste- 
tiu  de  toute  sorte  de  plaisirs.  Il  s'en  abstint  ce 
jour-Itî.  Elle  s'en  oï  abstenue. 

On  le  dit  «ptelquefuis  absolument.  Il  est  plus 
aisé  de  s'abstenir  que  de  se  contenir. 

ABSTERGKNf,  IvNTE.  s.  m.  et  adj. Terme 
de  IMédeciue.On  appelle  un //tsl^rncnf,  ou  des 
Abstergens ,  Les  remèdes  qu'on  emploie  pour 
dissoudre  les  duretés  eî  les  épaississeinens. 

ABSTEUGER.  v.  a.  Terme  de  Chirurgie, 
>'ettoyer.  Il  se  dit  Des  plaies,  des  ulcères. 
Abstepgé,  ee.  participe. 
ABSTERSIF,  IVE.  adj.  Propre  à  nettoyer. 
Ou  remploie  snbstanlivement  ,  et  l'on  dit, 
C'est  u'ï  abstersif  :  ou  dit  aussi,  et  même 
mieux,  i  n  abst^rnent. 

AIÎSTERSIO^.  g.  f.  L'Action  d  a;>slerser. 
ABSTI>E>'CE.  s.  f.  Aciion  de  sabsu-inr.  Il 
se  dit  principalement  en  parlant  Du  boire  et  du 
manger.  Abstinence  de  vin.  L'abstinence  est 
utile  au  corps  et  à  l'dme.  On  lui  a  ordonné 
une  qrunde  abstinence.  On  lui  fiisoil  fiire 
abstinence  malijrc  lui. 

Il  se  dit  aussi  De  la  privation  de  viande  en 
certains  jours,  qui  n'est  ptis  accompagnée  du 
jeûne.  Il  n'est  pas  jeiine  U'ijourd  hui,  il  n'est 
que  jour  d'abstinei'  c. 

ABSn.NENT,  ENTk.  adi.  Qui  est  mo.leré 
d,uis  le  boire  et  le  manger, 

ABSTRACTIO.N.  s.  f.  Terme  didactique. 
Opération  do  l'esprit,  par  laquelle  il  considère 
séparément  des  choses  qui  sont  réellement 
unii's.  Considérer  les  accidens  en  fiisant  abs- 
traction des  sujets  au.cqueU  ils  sont  attachés. 
La  blancheur  considérée  par  abstraction  d'avec 
son  sujet.  En  fusant  abstraction  de  la  qualité 
wjr  personnes j  vous  jugerez  que,  etc. 

On  dit,  qu'/  n  homme  est  dans  des  abstrac- 
U^ns  continuelles ,  pour,  qu'il  rêve  continuel- 
Jcment,  qu'il  est  appliqué  h  toute  autre  chose 
^u'à  celle  dont  on  parle,  ou  qu'il  a  sous  les 
j  eux. 

ABSTRACTIVEMENT.adF.  Par  abstraction, 
d'une  manière  abslraile.  On  peut  considérer 
abstractivement  les  qualités  du  corps. 

ABSTRAIRE,  v.  a.  (Il  se  conjuj^uo  comme 
Tnii're.)  Tenue  didactique,  l-'aire  abstraction, 
considérer  sépan-mcut  des  choses  qui  sont  réel- 
lement uni.  s.  /  ûur  connoftrc  I  liccidcnt  comme 
flccti/t'nï,i/  fiut  l  abstraire  du  sujct,de  la  subs- 
tance. 

AiiSTP.AiT,  AiTK.  paiticijje.  li  est  aussi  adjec- 
tif et  terme  didactique,  et  n'est  {;uért' d  usage 
que  dans  celti:  p''r^se,  1  erme  abstrait  y  qui  se 
dit  d'une  qualité  c^onsidéré-e  toute  seule,  et  dé- 
tat-h<-e  du  siij<-i.  Ainsi, /.j  roni/iuir,  la  blan- 
t/urur,  la  bonté,  sont  des  ternies  obstr.iits;  et. 
rnndy  blanc,  bon,  mis  à  .Irs  noms  de  substan- 
ces, ronune  pa\n  tond,  vin  blanc,  bonlrincCy  i 
sout  des  Icruies  i  niu.'i\t4 


ABU 


9 


Du  dit,  qu'(  M  discours  est  abstrait,  quand 

il  est  trop  métaphysique,  trop  éloigné  des  idées 
communes.  On  dit  d.Éus  le  mfme  sens,  qu'Un 
homme  est  abstrait,  fnt  abstrait. 

On  le  dit  aussi  pour  signifier,  Plonge  dans  \i 
médiuiinu  et  la  it'-verie.  n'ayant  de  penst-e  t* 
d'atlention  que  pour  l'objet  intérieur  qui  oc- 
cupe. Il  ne  iàut  pas  le  confondre  avec  Distrait. 
On  est  abstrait  pour  être  trop  appliqué  à  une 
seule  chose.  On  est  distrait  par  inapplication  et 
légèreté. 

Abstrait,  est  aussi  substantif.  L'abstrait  et 
le  concret.  Voyez  Concret. 

ABSTl^US,  USE.  adj.  Qui  est  diificUe  h  en- 
tendre, et  qui  demande  une  extrême  applica- 
tion pour  êirc  bien  conçu.  Il  ne  se  dit  qu'eu 
parlant  Des  sciences  et  des  choses  qui  exigent 
de  la  méditation.  Àcrences  abstruses.  liaisonnc- 
mens  abstrus.  Question  abstruse. 

il  se  dit  quelquefois  IVs  teivalns.  Ce  Phi- 
losophe  m'a  paru  ftrt  abstrus. 

ABSURDE,  adj.  des  2  genres.  Qui  est  évi- 
demment contre  la  raison  et  contre  le  sens 
eominun.  Cela  csï  absurde.  Voilà  un  raisonne- 
»ic/it  absurde.  Pire  des  choses  absurdes.  Propo- 
sition absurde.  Conséquence  absurde.  Conduite 
iibsnrdc. 

Il  se  dit  aussi  De  l'homme  qui  parle  ou  agft 
abinrdcmcnt.  (,  n  raisonneur  absurde.  Il  n'y  a 
pas  d  homme  plus  abstu\U  dans  le  monde. 

On  fuit  Absurde  subslaulif.  Tomber  dont 
l'absurde.  Lé  du  ire  son  homme  à  l'absurde.  Le 
forcer  à  se  rendre  cm  à  déraisonner. 

On  dit,  Hfiduire  à  l'absurde,  pour,  Réduire 
une  opinion,  un  raisonnement  à  quelque  chose 
qui  choque  le  bon  sens. 

On  dit  par  extension  et  familièrement,  en 
parlairt  Des  personnes,  Ln  Jiomme  absurde, 
pour  si^nilier.  Un  homme  qui  dit  Aiibiluellc- 
ment  des  obsiudilés. 

ABSURDEMi:>T.  adv.  D'une  manière  ab- 
surde, iiiiikonner,  parler  ahsurdemUit. 

ABSURDITIv.  s.  f.  Vice  de  ce  qui  est  al>- 
surde.  L'absurdité  d  un  discours.  Il  se  dit  aussi 
De  la  chose  absurde.  Il  s'cnsuivroit  de  là  une 
grande  absurdité. 

On  dit  par  extension,  en  parlant  Des  per- 
sonnes ,  Cet  homme  est  d'une  absurdité  rare. 

ABU 

ABUS.  s.  m.  Usage  mauvais,  excessif  ou  io- 
l'usle  de  ijuelquc  chose.  L'abus  qu'il  a  fait  de 
ses  richesses,  de  ses  f>rces,  de  son  autorité. 

Il  se  dit  aussi  absolument,  pour  sii^niHcr, 
Désordre,  usage  pernicieux.  Abus  manifeste ^ 
notuirc.  Uéjormcr,  ccrrlqcr,  retrancher  Ici 
abus.  Ils  C5(r^b"ssé  divers  abus  dans  la  Justice.  H 
fiiitt'dtstinqiur  entre  un  usage  reçu,  et  un  abut 
qui  s'est  introduit.  les  exemptions  trop  fré- 
quentes dégénèrent  en  abus. 

Appel  eufiiiMc  du /'lis.  C'est  l'iippel  qu'on  in- 
terjette au  Parlement  d'une  Sentence  rendue 
[>ar  un  Juge  Ecrii-siasiique  ,  qu'on  prétend 
avoir  excédé  son  [>i)nvoir.  Interjeter  appe\ 
comme  dabus.  Quand  0:1  dit.  Le  ï'arlement  a 


,0  ACA 

jugé  (ju'd  y  <"0''  "!"•«;  "'"  signifia'  1""=  ^' 
Parlcmeut  a  jugé  qae  l'appel  comme  il'obus  a 
été  bieii  inteijcié,  et  que  le  Juge  a  excédé  son 
pouvoir. 

A  BCS ,  signifie  aussi  .Erreur.  Voilà  un  él  ranji' 
abus.  Ces  jieuples-là  sont  dans  l'abus.  C'est  un 
abus  de  croire (juc  cela  puisse  réussir. 

On  cUt  provcihialimenl ,  te  momie  n'es! 
nu'ahus  et  tjue  vanile. 

ABUSER.  V.  a.  Tromper.  Il  vous  promet 
cela,  il  vous  abuse.  Abuser  hs  espriti  fuibles. 
1 1  abuse  les  peuples. 

On  dit,  Abuser  une  fiUc,  pouf,  La  séduire, 
1.1  suborner.  J(  a  abusé  celle  pauvre  file  sous 
uronrcsse  de  mariage. 

Ablseu  de.  V.  11.  User  mal,  user  oulremenl 
qu'on  ne  doit.  Il  a  abusé  de  votre  bonté.  Abuser 
des  Sacremens.  Il  abuse  des  (jrdccs  (jue  Dieu 
lui  fait.  Si  vous  luf  (iules  cet  honneur,  il  n'en 
abusera  pas.  Il  abuse  de  son  loisir,  de  son 
temps,  de  son  crédit,  àe  son  autorité.  C'est  un 
homme  qui  ne  se  mémje  point,  el  cjui  abuse  de 
sa  santé.  Vous  abuses  de  ma  palience.  Il  abu- 
soit  de  la  confiance  que  j'avois  en  lui. 

On  dit.  Abuser  d'une  flic,  pour,  lin  jouir 
sans  l'avoir  épousée.  C'est  une  file  dont  il  a 
lonn-tenips  abusé. 

Il  se  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel.  S'a- 
buser, pour.  Se  Irompi'r.  Il  s'est  abuse. 
Apusé,  ée.  participe. 

ABUSKUR.  s.  m.  Qui  alnise,  qui  trompe. 
XJn  qrand  abuseur.  11  est  familier. 

AliU.Sir,  IVE.  iidj.  Qui  est  contraire  aux 
règles. Usajc  abusif.  Vrotédure  abusive. 

ABUSlVEMK.vr.  adv.  D'une  manière  abu- 
sive, jllol  empiojc  abusivement.  Cet  homme  a 
été  abusiiicmcnl  décrété. 

ABUTILO^.  s.ro.  Plante  de  la  famille  des 
m.nuves.  Ses  fleurs  sont  semblables  &  celles  de 
la  guimauve ,  avec  celte  dill'érence  qu'elles  sont 
jaunes.  Elle  en  a  les  propriétés. 


AliYME.  s. 
ABYJIER. 


A  B  Y 

Voyez  .^bÎme. 
1.  Voyez  Adîmeh. 

ACA 


AC.VBIT.  8.  m.  Çuallié  bonne  ou  mauvaise 
Ae  certaines  cboscs.  Il  si-  dit  priucipalenicnl  Des 
fruits.  Des  poires  d'un  bon  acabit. Des  lécjumcs 
d'un  bon,  d'un  mauvais  acabit. 

ACAGI.4.  s.  m.  Arbre  de  haute  ligo,  et  d'un 
Lois  tendre  et  moelleux  ,  ayant  des  branibes 
semées  d'épines,  et  portant  des  fleurs  blanclies 
qui  viennent  par  bouquets.  Ln  bel  Acacia, 
i'ius'ieurs  Acacias. 

ACADÉMICIEN,  s.nl.  Philosophe  de  la  secte 
de  l'Académie.  I-fs ./cridémicicns  et  les  Pér'ipa- 
télicicns  éloicnt  opposes  en  certaines  chose<. 

Il  sigurtie  aussi  ,  G'Iui  qui  est  de  quelque 
Compagnie  de  Gens  d^'liCllres,  ët.iblie  par  au- 
torité publique.  l.esAcad-mieiens  tic  la  t  rusca. 
/,ei  (juarunle/(caJéniicie;i.s  de  l'Académie  Fran- 
çoise. 
I  ACAOÉMIE   s.  f.  Certain  lieu  pris  d'Allic- 


ACA 

nés,  où  s'asserobloient  quelques  Philosophes 
qui    prirent  de  \i  le  nom  d  Acadénùciens.  les 
l'hiloaophes  de  l'Académie  el  ceux  du  Lyctt  1 
étaient  d'accord  à  ce  point. 

Il  se  prend  aussi  pour  La  secte  même  de  ces 
Philosoplies.  L'Académie  prétendait  que,  etc. 

AcAT>ÉMiE,  se  dit  aussi  d'Une  Compagnie  de- 
personnes  qui  se  réunissent  pour  s'occu[>er  de 
UcUos-Lettres  ,  de  Sciences ,  ou  de  Beaux  -  Arts, 
f-'^cai/émie  de  laCrusca.  Les.,4cailémiesd'Ila- 
lie.  L'.'icadémie  l'rançoise.  L'Académie  lioyale 
des  Belles  -  Lettres ,  des  Sciences,  de  Peinture, 
d'Architecture,  etc.  Être  reçu  à  l'Académie, 
litre  de  l'Académie.  AlUr  à  l.4cadémie.  Pro- 
noncer, lire  dans  l'Académie. 

Il  se  dit  aussi  Du  lieu  du  lis  jeunes  gens  ap- 
prenTicnt  i»  monter  à  elieval,  el  les  aiures  exer- 
cices qui  leur  conviennent,  il  a  mis  son  fils  à 
l'Académie,  /lest  en  pension  li  l'Académie  d  un 
tel.  Au  st'rtir  de  l'Académie,  il  fit  à  la  cpicire. 
Ln  tel  tient  Académie.  Et  on  dit,  Faire  son 
.icadémie,  pour,  Faire  ses  exercices  à  l'Aca- 
démie. 

On  dit  aussi,  Tenir  Académie,  pour  dire. 
Avoir  des  Écoliers  pour  leur  enseigner  l'équi- 
tation  et  les  exercices  du  coq)s. 

Il  se  prend  aussi  pour  Les  Écoliers  mêmes. 
Ce  jour-lù  un  tel  Ec:ûyer  fit  monter  toute  son 
Académie  à  cheval. 

Académie  ue  Musique.  C'est  le  titre  qui  est 
donné  i  l'Opéra  dans  les  Lettres  de  son  établis- 
sement. 

Académie,  se  dit  aussi  d'Un  lieu  oii  l'on 
donne  publiqueniiTt  à  jouer.  î  enir  Académie. 
Il  a  perdu  son  arqent  dans  une  Académie.  Il 
fitit  faire  juger  ce  coup  à  l'Académie.  Les  Aca- 
démies de  jeu  sont  soui'ctit  des  coupe- gorges.  Il 
y  a  un  livre  intitulé,  ['.Académie  des  Jeux,  qui 
donne  les  règles  des  jeiLi  en  usage. 

Académie,  en  termes  de  l'einlure,  est  Une 
figure  entière  dessinée  d'après  le  modèle  qui  csl 
un  liomme  nu, et  qui.n'est  pasdestinée  h  enlrei 
dans  la  composition  d'un  tableau;  les  figures 
qui  y  sont  destinées  s'appellent  Etudes. 

ACADÉJIIQUE.  adj.  des  2  genres.  Qui  ap- 
partient ou  qui  convient  à  des  .académiciens,  :) 
un  corps  de  Gens  de  Lettres.  Discours  Acadé- 
niivie..  Oiivr<ige  Académique.  Style  Academi- 
quc.Confèrences,  questions  Académiqiies.Exer- 
ciccs  Académiques.  Séances  .'Icadémiques. 

On  l'applique  quelquefois  aux  personnes. 
C'est  un  sujet  Académique  ,  pour  dire,  C'est  un 
lionnne  qui  convient  i\  l'.^cadi-niie. 

Ai:ADi;MlQl5EMENT.  adv.  D'rnc  manière 
Académique.  Il  a  traité  son  sujet  académiijuc- 
ment. 

AC.ADÉMISTE.  s.  m.  Celui  qui  dans  une 
Académie  apprend  ses  exercices,  cl  surtout  .. 
monter  à  cheval.  Un  Acadétniste  qui  est  biii:  à 
cheval. 

ACAGNARDER.  v.  a.  Accoutumer  quel- 
qu'un Il  mener  une  vie  obscure  el  fainéante.  La 
iirauvaisc  cornpannie  l'a  acagnardé.  lin  est  que 
du  stvie  familier. 

Il  s'cnqiloie  le  plus  souvent  avec  le  pronom 
personnel,  S'acaqnardcr  dans  sa  terre.  S'aca- 


ACC 

^narâer  auprès  d'une  femme,  auprès  du  feu, 
dans  un  fauteuil. 

AcAGSAiiDÉ,  ÉE.  participe. 
AC.4JOU.  s.  m.  Arbre  d'Amérique.  On  le 
nomme  aussi  Anacarde.  Son  fruit  Csl  une  noix 
en  forme  de  rein ,  dont  on  fait  usage  en  Méde- 
cine. On  donne  aussi  le  nom  i\'.4cajou  ^  diffe- 
rens  arbres  d'Amérique;  mais  ils  sont  fort  dil- 
fércns  de  celui  qu'on  vient  d'indiquer.  Le  bois 
en  est  très-estimé.  On  l'emploie  dans  la  tablet- 
terie et  la  menuiserie.  Meuble  d'acajou.  Porte 
peinte  en  couleur  d'acajou,  en  acajou.  Vn  fait 
une  teinture  d'acajou. 

.ACANTHACÉ,  ÉE.  adj.  Il  se  dit  Des  Plantes 
épineuses. 

ACAN  THE.  s.  f .  Plante  qu'on  nonmie  Bran- 
che- Lrsine,  qui  pousse  des  feuilles  larges  el 
hautes,  dont  la  partie  supérieure  se  recoiube 
naturellement.  Les  .(nciens  cl  les  .lloilerncs  ont 
orné  le  Chapiteau  Corinthien  de  fuHles  d'A- 
canthe. 

ACARIÂTRE,  adj.  des  2  genres.  Qui  est 
d'une  humeur  fâcheuse,  aigre  et  criarde.  Jl  est 
iicnrirfirc.  C'est  une  bunieur,  un  esprit  acaritl- 
Irc.  ('ne  femme  acaridtre.  i'nenfint  acariâtre. 
AC.iRNE.  s.  m.  Poisson  de  mer  de  la  fi  ;urc 
Cl  de  la  grandeur  du  Rouget,  mais  blanc.  On 
appelle  encore  ainsi  Une  espfcie  de  chardon  à 
fleur  large  et  jaune. 

ACATALEPSIE.  s.  f.  Maladie  qui  attaque 
le  cerveau  et  ôtc  à  celui  qui  en  est  attaqué  la 
faculté  de  comprendre  une  cliose,  de  suivre  un 
riisonnenicni.  Cliei  les  .anciens,  on  donnoil  ce 
nom  à  la  d'ici  rine  de  quelques  Philosophes  qaî 
n'admrttnient  aucune  certitude  'dans  les  con- 
noissances  humaines. 

ACAT.VLEPTIQUE.  adj.  des  2  genres.  On 
appelle  de  ce  nom  les  partisans  de  l'vicatalcpsie. 

ACC 

ACC.VBLANT.  ANFE.  adj.  Qui  accable  ou 
qui  est  capable  d'accabler.  (  n  poids  accablant, 
il  se  dit  plus  ordinairement  en  parlant  Des 
ch.oses  qui  sont  considérées  comme  un  poids 
didicile  à  porter.  .4 jjii ires  accablantes.  C'est  une 
chose  acrabliinlc  pour  un  père  que  d'apprendre 
la  mort  de  son  fils  unique.  C'est  une  noueclle  ' 
nccabliinle:  Celte  charge  est  accablante,  'i'oilj 
un  reproche  accablant. 

Il    signifie   aussi  ,   Importun  ,    incommode.  ' 
Ainsi    on    dit  :    Un    homme   accablant.   L ne 
femme  accablante.  Les  visites  accablantes. 

ACCABLEMENT,  s. m. L'étal  où  l'on  tombe 
par  maladie,  ou  par  excès  de  douleur  1 1  d'af- 
Iliclion.On  dit,  .-ficablemcnl  de  corps;  el  figu- 
rémeut,  y^ccublenicnt  .1  esprit.  On  le  dit  aussi 
absolument  Sa  maladie  l'a  mis  dans  un  si 
;Tand  (iccul'leuicnl, /^i'il  a  peine  il  se  soutenir. 
Depuis  la  moii  de  son  fis,  il  est  dans  le  der- 
■tier  accablement. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  grnnde  surel  ar;«  d'af- 
faires, n  est  dii.'is  un  accablement  d'aj^'aires,  de 
travail,  qui  lui  laisse  à  peine  le  temps  de  res- 
pirer. 

ACCABLER,  v.  a.  Abattre  par  la  [K-santciu', 


ACC 

faire  succomber  sous  le  poids.  La  maison  est 
tombée,  et  a  accMé  tous  ceiix  qui  ttoient  de- 
dans. U  fui  accablé  sous  les  ruines.  Ils  furent 
accablés  tie  la  chute  d'une  muraille. 

On  dit  J  peu  pri-s  dans  le  nicmo  sens.  Etre 
accablé  par  U  nombre ,  pur  la  multitude  da 
ennemis. 

l\  se  dit  aussi  par  exagcration  pour,  Sur- 
charger. Ilportoit  un  furdetiu  dont  il  étoit  aC' 
c-ahlé.  Vos  bontés  m'accablent.  Ce  dernier  esl 
une  phrase  badine  pour  repousser  la  pljîsaii- 
urrie. 

]]  se  dit  figurL'nient,De  la  pluparldcscliO-ses 
considcrces  conimc  un  poid*  qui  accable,  l-c 
tra'>ail,les  affaires  l'accablent.  Ae  vous  laissez 
point  accabler  au  mal,  à  la  douleur,  à  la  tris- 
tesse. Il  est  accablé  de  dettes^  de  misère.  Il  ert 
accablé  de  Visites.  />e  somuititi  Vaccuble. 

On  dit,  Accabler  quelqu'un  de  reproches, 
l'accabler  d'injures,  ]>our,  I,ui  faire  de  grands 
reproches,  lui  dîie  lieaucoup  dinjures. 
.•On  dit  aussi.  Accabler  quelqu'un  de  fca'ni, 
de  qrdces,  de  hienftits^  de  présens  ,  potu-  ,  Le 
coupler  «ie  biens  j  de  grâces,  il  a  été  trahi  par 
un  homme  qu'il  avoit  accablé  de  biens. 

U  se  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
S'accabler  de  tra^'ail. 

Accablé,  èb.  participe. 

ACCAPAKKMKNT.  s.  m.  (Acaparement.] 
I^spèc!;  de  monopole,  qui  consiste  à  acheter  on 
il  arrher  une  rjuaulité  considérable  de  blé  ,  de 
iaiue,  ou  de  toutes  autres  denrées  ou  marchan* 
dises,  ri.ins  le  dessein  de  se  rendre  maître  du 
tiix,  faute  de  concuirens  dons  lu  vente.  L'i 
Police  doit  empêcher  les  accapavemens. 

ACCAPARER,  v.  a.  {Jcayarer.)  Aciirlei 
ou  arrlier  des  denrées  pour  les  vendre  plus  clieri 
H  ne  se  dit  que  dans  un  sens  odieux. 

Accapahé  ,  ée.  participe. 

ACCAPAREUR  ,  EUSE.  adj.  CeUii  ou  cclU 
»;ui  accapare.  On  le  fait  substantif.  C'est  un  ac- 
capareur ^  une  accapareuse.  Le  peuple  confon^t 
quelquefois  très- injustement  les  (jeus  qui  ont 
soin  de  t approvisionner  à  bon  comptCy  avec  la 
accapareurs  qui  ne  cherchent  qu'à  s'emparer 
des  marchandises  nécessaires. 

ACCÉDER.  V.  n.  Terme  de  Droit  public. 
Entrer  dans  les  engagement  contractés  déjà  pur 
d'autres  Puissamcs.  Les  Couronnes  du  AomI 
ont  accédé  à  ce  Traité. 

ACCi:Li:n.\TELR,  TUICE.  adj.  Qui  accé- 
ItTe.  Muscles  accélérateurs.  Forces  accéléra- 
trices. 

ACCÉLÉRATION,  s.  f.  AugmcmaUon  de 
vitesse.  L'accélération  du  mouvement  dans  la 
chute  des  corps  graves, 

II  se  dit  aussi  pour.  Prompte  expédition  , 
pour,  Lâction  d'accélérer.  ïl  fiut  faire  telle 
chose  pour  i'ûcct'ierulion  de  l'ouvrafje. 

ACCKI.ÉREU.  V.  a.  Hiler,  presser.  H  fi:ul 
accf-iévcr  ce  travail, 

AccLLint,  tz.  participe. 

ACCE>'SE,  8.  f.  signifie,  dans  U  Jurispni- 
dcacc  de  beaucoup  de  Couturuca,  Luc  dé|>ca- 
dftnca  d'au  bien.  Ce  pre  est  une  accense  de  ma 
Ferme. 


ACC 

ACCENSER,  V.  a.  terme  d'Économie  ni- 
ialf ,  veut  dire,  i  ^  Joindre  un  I»ien  à  un  autre 
ccnime  une  dépendance, -Recenser  un  pré  à  une 
Ferme;  2°  Joindre  un  objet  d'admiuisti'alion 
rurale  îi  un  autre.  J'ai  accensé  plusieurs  bou- 
qiicts  de  bois  à  une  seule  coupe. 

AccKssEii  ,  en  Economie  pnlitiriiie  ,  veut 
dire,  Réunir  sous  la  même  division.  Ces  deux 
villages  ressortissoient  de  dijfcrcns  Bailliages , 
on  les  fi  accensés  au  même.         1  .  W  i  \ 

AccENsÉ,  ÉE.  participe.  >. 

AfXiENSES.  s.  ni.  pi.  06Gcicrs  publics  à 
Rome,  qui  avertissoienl  Je  peuple  de  s'assem- 
bler, introduisoicnt  à  l'audience  du  Préleur,  et 
marclioient  devant  le  Consul  lurstiu  il  n'avoit 
point  de  faisceanx.  Leur  (onction  lépoudolt  à 
celle  de  nos  Huissiers. 

ACICENT.  s.  m.  Ternie  de  Grammaire.  Élé- 
vation ou  ubaissement  de  la  voix  sur  certaines 
syUa!)CS. 

Accent  ,  se  dit  aussi  d'Une  prononciation 
vicieuse  propre  ù  certaines  Provinces  ou  nu 
peuple.  On  connaît  à  son  accent  de  quelle 
/Voi'incc  il  est.  Accent  Gascon.  Accent  ^\or- 
mand.  On  dit  que,  Pour  bien  parler^  il  ne  faut 
]}oint  avoir  d'accent;  c'est-à-dire,  qu'il  ne  iàut 
point  a  voir  d'accent  provincial,  mais  qu'on  doit 
prononcer  comme  les  gens  instmits  de  la  Capi- 
tale. 

On  dit  poétiquement  :  Les  accens  de  la  voir. 
Tristes  accens.  Acccîis  plaintifs.  Les  doux  ac- 
cens de  sa  voie.  On  dit  aiLssi  dans  le  style  ora- 
toire et  soutenu,  Les  accens  de  la  douleur ^  de 
la  pitié,  de  la  tendresse,  e'.c. 

Accent,  signifie  aussi,  Une  petite  marque 
:pii  se  met  sur  une  voyelle,  soit  pour  eu  faire 
L'onnoitre  la  prononciation, soit  poiu:  distinguer 
le  s!ns  (l'un  mot  d'avec  celui  d'un  autre  mot 
i;ui  s'ê(  rit  de  même.  Accent  aigu  '.  .^cce/i( 
nrûvc  '.  Accent  circonflexe  *.  Ainsi  on  met  un 
accent  aîqu  sur  un  e,  pour  marquer  que  c'est 
nn  e  fermé,  et  qu'il  doit  être  prononcé  comme 
jans  ces  mots.  Santé,  charité.  On  met  un  oc- 
rent grave  sur  un  è,pour  marquer  que  c'cstun 
(  ouvert,  comme  dans  procès.,  succès.  On  le 
met  aussi  sur  là,  adverbe,  pour  le  distinguer 
le  la,  article,  et  sur  où,  ajvcrbe,  pour  le  dis- 
tinguer de  ou,  conjon'ïtion.  Et  l'on  met  un  oc- 
rent circonflexe  sur  les  voyelles  longues  . 
romnic  dans  ces  mo'..s,  Aqe,  tête,  gite,  côte, 
{lu  te. 

ACCENTUATION,  s.  f.  Manière  d'accen- 
tuer. Celle  acceatuation  est  vicieuse.  Entendre 
bien  l'accentv.ation. 

ACCEN'IjER.  V.  a.  Illettré  des  accens  sur 
des  voyelles.  //  ne  sait  pas  accentuer, 

AccENTiÉ,  ÉE.  participe.  L  n  é  accentué. 

ACCEPTABLE,  adj.  dos  2  genres.  Qui  peut. 
qui  doit  être  aeccpié.  Ces  offres  sont  acceptables. 

ACCEPl'ATiON.  s.  f.  Action  par  laquelle 
on  reçoit  volontairemcM  ce  qui  est  proposé, 
ofTert,  ou  donné.  Acceptation  d'une  donation. 

Acceptation  d'une  lettre  de  change,  c'est  La 
promesse  par  tVrit  de  la  paver. 

ACCEin'Eîi.  V,  a.  Apitjrr  ce  qui  est  oîTrrt 
Accepter  une  douiU.on,  uMeo/frj:,  une  rondi- 


ACC  II 

(ion,  nn  yarti.  .îccepter  un  emploi,  une  charge. 
J'accepte  ce  que  vous  m'offrez.  Les  ennemisont 
accepté  la  trêve.  Accepter  une  tutelle. 

On  dit,  Accepter  une  lettre  de  change,  pour 
dire,  Promettre  par  écrit  dv.  la  payer;  cl,  Ac- 
cepter un  défi,  pour  dire.  S'engager  ii  faire 
quelque  chose  dont  on  a  été  défié. 

On  dit,  J'erf  «rcepic  l'augure,  pour  dire, 
Je  souhaite  que  et  la  arrive  comme  on  me  le  fai'. 
espérer. 

Accepté,  ée.  participe. 

ACCEPTEUR,  s.  m.  Terme  de  Banque.  Qui 
acrepie.  l/accepleur  dune  lottre  de  change  de- 
vient dtbitcur  personnel  après  l'acceptation. 

ACCEPTION,  s.  f.  t-orte  de  préférence.  Il 
n'est  guèie  d'usjf^c  qu'en  cette  plirnse.  Accep- 
tion de  personne.';,  (jui  signifie,  Un  ceriaiii 
égard  qu'on  a  pour  des  personnes  plutôt  «juc 
pour  d'autres.  Il  n'y  a  point  acception  de  per- 
sonnes devant  Dieu.  Hendre  la  justice  sans  ac- 
ception de  personnes.  Lu  Justice  ne  fuit  accep- 
tion de  peisvnne. 

Acception.  Terme- de  Grammaire.  Significa- 
tion. Le  sens  dans  Icipiel  nn  mot  se  prend.  Ct 
mol  a  plusieurs  acceptions.  Ce  mot,  dans  su 
plus  naturelle  acception,  signifie,  etc.  Ce  mot 
est  mis  ici  dans  une  acception  détournée. 

ACCÈS,  s.  m.  Abord.  Il  n'est  guère  d'usage 
'jue  dans  les  phrases  où  le  lieu  dont  on  parle 
est  considéré  comme  étant  de  facile  ou  de  dilli- 
cile  abord,  i'iace  de  facile  accès,  de  difficile 
accès.  La  place  n'est  pas  fortifiée;  viais  l'accès 
en  est  difficile.  L'accès  en  est  aisé. 

lin  dit,  Avoir  accès  auprès  de  quelquun, 
pour  dire,  Avoir  h  facilité  de  lui  parler,  de 
l'entretenir  :  ct  dans  ce  même  sens  on  dit, 
iju'f  n  homme  est  de  facile  accès,  de  difficile 
accès.  Avoir  un  libre  accès  auprès  de  quelqu'un. 

Acci;s,  se  dit  aussi  en  p niant  De  ce  (]ui  se 
pratique  au  Conclave,  lorsque  dans  le  scrutin 
aucun  Cardinal  n'avant  eu  le  nombre  de  voix 
requises  pour  être  élu  Pape,  on  redonne  des 
billets  por  lesquels  nn  marque  qu'on  se  ran^c 
du  ciJté  d'un  do  ceux  qui  ont  été  proposes  oii 
scrutin.   Les  billets   du   scrutin,  les  billets   de 

I  accès.  Après  le  scrutin,  on  alla  à  l'accès.  Ln 
tel  Cardinal  a  eu  tant  de  r^oix  à  l'accès.  Il  fut 
fait  J'apc  à  l"(iceès-. 

Accès,  se  dit  aussi  en  parlant  De  la  fièvre. 
et  alors  il  signifie,  L'émotion  de  h  fièvre,  ct 
'out  le  temps  qu*  la  fièvre  dure  sans  inlennis- 
-i<,)n.  Avoir  un  accès  de  fièvre,  un  accès  violent 

II  en  a  été  quille  pour  un  accès,  i  e  premier 
cccès,  le  second  accès.  Son  accès  n'a  duré  que 
deux  heures.  In  accès  avec  des  re  double  mc-ns. 
L'accès  est  sur  sa  fin.  L'accès  ot-unce,  i'arces 
letarde,  Vaccés  diminue. 

U  se  dit  aussi  Des  ntta^pies  de  ccrl-iines  ma- 
ladies qui  ont  ordin.iin'menl  des  retours  f  t  des 
redoublen»cns ,  comme  la  i3gc  ,  la  folie,  le  ui»\ 
caduc,  il  est  sujet  à  des  accès  de  ftlie  en  d>: 
certains  temps. 

AccÉ«»,  iv  dit  aussi  au  figuré  ct  dans   lei 

choses  morales,  ct  si(;nifie  alors  Mouvement 

intérieur  et  passager,  eu  conséquence  dnqucJ 

nn  ogil.  Il  a  des  accès  de  dévotion ^  des  accès 

2. 


T2  ACC 

àe  lihérahié.  Avoir  des  accès  àe  folie,  de  co- 
lère, de  rage.  Il  ptut  prendre  cjarde  à  ses  accès. 

ACCESSIBLE,  ailj.  des  2  pciircs.  i)m  \ic\H 
être  nliordc,  doul  on  piut  npinoclicr.  Il  se  dii 
cgûlt'inenl  Dca  Ucux  et  des  personnes,  l  m  lien 
i^ui  n'est  pas  accessible.  Celle  place  n'est  pas 
accessible.  C'est  un  homme  (jui  est  accessible  iJ 
totita  heure.  Il  est  accessible  w  tout  le  monde. 

ACCESSION,  s.  f.  Terme  de  Droit  pnl.Iic. 
Consentement  par  lepicl  on  cnire  dans  un  en- 
gagement déjà  eontract'J  par  d'autres  Puissan- 
ces, Ac{e  d'accession. 

Accession, se  dit  en  g(5neral,De  l'action  par 
laquelle  on  adhère  à  une  chose,  à  im  acte,  h  un 
contrat  quelconque.  Il  y  a  eu  accession  du  père 
au  contrat  de  mariage  du  fils. 

Il  signifie  aussi,  Ce  qui  survient  de  plus,  ce 
qui  augmente  quelque  chose.  Accession  de  droit. 
Accession  de  richesse ,  d'héritage. 

ACCESSIT,  s.  m.  Terme  emprunté  du  Latin* 
On  dit  qu't'n  écolier  a  eu  un  accessit,  poui 
dire,  qu'il  a  approché  du  prix.  On  s'en  sert  eu 
parlant  Des  prix  d'Académie.  Un  accessit  à  l'A- 
cadémie. Obtenir  V accessit,  Uu'apoiotd'Sau  pi. 

ACCESSOIRE,  adj.  des  2  genr.  Qui  n'est 
regardé  que  comme  la  suite  ou  l'accompagne- 
ment de  quelque  chose  de  principal.  Cela  n'est 
qu'accessoire.  Une  idée  accessoire. 

Il  se  prend  aussi  substantivement,  et  signifie, 
Ce  qui  suit  ou  accompagne  le  principal.  Le 
principal  et  l'accessoire.  L'acces&oire  doit  suivre 
le  principal. 

On  dit  ftu  Anatomie,  Les  accessoires,  en 
parlant  De  certains  norl's  qui  naissent  de  la 
nioello  du  cou,  et  s'éleudeni  par  filets  des  deux 
côtes. 

ACCESSOIREMENT,  adv.  D'une  manière 
accessoire ,  par  suite.  ïl  ajouta  accessoirement 
bien  d'autres  choses. 

ACCIDI:îVT.  s.  m.  Cas  fortuit.  Ce  qui  arrive 
jiar  hasard.  Il  se  prend  toujours  en  mal, quand 
il  nVst  accompaj'né  d'aucune  epillièle  qui  en 
tU'termine  le  sens  ta  bien.  Accident  imprévu. 
Accident  inopiné,  /ccident  étranqe.  Accident 
funeste,  Acci4ent  fiiehcu.v.  La  vie  Itumaine  est 
sujette  à  tant  d'accideus.Il  est  orrivé  un  grand 
accident.  Accident  ftvorable.  îïeureux  acci- 
dent. 

Pau  accident.  Manière  de  parler  adverbiale. 
Par  cas  fortuit,  par  hasard.  C'est  par  accident 
tpie  cela  est  arrivée  Cela  ne  s'est  fiit  tjne  par 
accident. 

Accident,  en  termes  de  Philosophie,  signi- 
fie, Ce  qui  est  en  telle  sorte  dans  un  sujet, qu'il 
peut  n'y  pas  Otre,  sans  que  le  snjel  soit  dctiuit, 
comme  hi  blani  heur  ou  la  noïiccur  dans  une 
muraille,  la  rc-idcur  ou  quelque  aulie  fr^urc 
d  lus  une  table.  En  ce  sens  on  dit ,  que  La  subs- 
tance soutient  les  accidcns. 

En  termes  de  Théologie,  et  en  jiailant  Du 
Saint  Sacren)ent  de  l'Euchniistie  ,  on  appelle 
Accidcns,  I>a  figure,  la  coulmr,  la  savoiu-,  lic. 
qui  restent  apri  $  la  conséaation.  Tous  les  acci- 
dcns ijut  étoicnt  dans  les  espèces  avant  la  eon- 
tccr.Iion,  subsistent  encore  après  la  consécra- 
tion. 


ACC 

Accident  ,  en  termes  de  Peinture ,  est  Ce 
qui  ne  vient  pas  de  la  lumière  principale,  mais 
d'une  fenêtre  opposée, d'un  fiambcau,  etc. 

ACCIDENTEL,  ELLE.  adj.  Qui  arrive  par 
occident,  par  hasard.  Cette  circonstance  est 
purement  accidentelle. 

Il  est  aussi  ternu*  de  Philosophie, et  signifie, 
Qui  n'est  que  par  arcidont  dans  un  sujet,  ei 
qui  pourroit  n'y  ^-Ire  pas,  sans  que  le  sujet  fût 
détruit.  La  blancheur  est  accidentelle  à  la  cire. 

ACCIDENTELLEMENT,  adv.  Par  accident 
//  n'est  gu  accidentellement  impliqué  dans  cette 
affaire.  La  blancheur ,  la  rondeur,  etc.  ne  sont 
qu'accidentellement  dans  les  sujets  014  elles  se 
trouvent. 

ACCISE,  s.  f.  Nom  d'une  taxe  qui  se  lève 
sur  U  vin,  la  bière  et  autres  boissons  en  An- 
gleterre. On  dit  aussi  Excise  dans  le  même 
sens.  Dans  les  Provinces-Unies,  taxe  sur  plu- 
sieurs clioses  qui  se  consomment, 

ACCLAMATION,  s.  f.  Cri  par  lequel  on 
marque  la  joie  qu'on  a  de  quelque  chose,  ou  \z 
haute  estime  qu'on  a  pour  quelqu'un.  A  son 
arrivée,  il  se  fit  une  acclamation  générale.  Le 
Sénat  fnisoit  des  acclamations  aux  nottveatui 
Empereurs.  On  fait  des  acclamations  à  la  fin 
des  Conciles.  Il  fut  reçu  avec  de  grandes  ac- 
clamations. Les  acclamations  des  peuples.  La 
applaudissemens  et  les  acclimations. 

On  dit  ,  Elire  par  ncclamation  ,  Qnaïui 
toutes  les  voix  s  élèvent  à  la  fois  ec  faveur  d'un 
^ujcl. 

Onditaussî.qu'L'neLoi',  qu'un  avispassent 
par  acclamation ,  Qu'ind  une  Loi  et  un  avis  soni 
reçus  et  appiouvés  dès  qu'ils  sont  proposés. 

Acclamation.  Manière  de  donner  sou  suf- 
frage, usitée  dans  les  assenihlées  en  certaines 
occasions.  Il  a  été  i:ommc  à  cette  place  par  ac 
clamation. 

ACCLAMPKR.  v.a.  Terme  de  Marine.  For- 
tifier un  mât,  une  vergue,  en  y  attachant  des 
[>ièces  de  bois  par  h'S  côtés.  Acclamper  un  mât. 

AccLAMPÉ,  ÉE,  participe. 

ACCLIMATER,  v.  a.  Accoutumer  h.  la  tem- 
pérature d'un  nouveau  climat.  Zi  ^^/uf  du  temps 
pour  acclimater  une  plante  étrangère. 

On  dit  aussi,  avec  le  pronom  personnel, 
S'acclimater j  pour  dire.  Se  faire  à  un  nouveau 
climat.  Les  habitans  de  l'Europe  s' acclimatent 
di'jicilemcnt  dans  les  Antilles. 

AccmvatÉ,  ke.  participe. 

ACCOINTANCE.  s.  f.  Habitude,  familiarité, 
communication.  Je  ne  veiLcpoint  d'accointancc 
avec  lui. 

On  dit  aussi  qu'Un  honnnc  a  eu  accniniame 
avec  une  femme,  pour  exprimer  Une  li;iison 
d'amour  on  de  galanterie.  Ces  deux  accepiiui.s 
sont  du  langage  familier. 

ACCOINTER,  verbe  avec  le  pronom  per- 
sonnel. Se  lier  intimement,  se  familiariser  avec 
'juelqu'un.  7/  s'est  accointé  de  cette  file. 

Accointé,  ke.  participe. 

ACCOISEMENT.  9.  m.  Calme.  Terme  de 
I  Médecine.  Il  n'est  d'usage  que  dans  celle  phrase. 
i'arcoisemenl  des  humeurs. 

ACCOISER.  V.  a.  Calmer,  apaiser,  rendre 


ACC 

coi,  Accoiser  les  pots.  Accoiter  la  tempête.  H 
est  vieux. 

On  dit,  en  termes  de  Médecine  :  Accoiser 
les  humeurs.  Les  humeurs  sont  accoisées^ 

AccoisÉ,  ÉE.  participe. 

ACCOLADE,  s.  f.  Embrassement.  Grant^ej 
accolades. 

On  appelle  >^cfoïa^c,  dans  un  compte,  Un 
trait  de  plume  qui  joint  plusieurs  articles  pour 
n'en  faire  qu'un. 

On  appelle,  Accolade  de  lapereaux,  Deux 
lapereaux  servis  ensemble.  Servir  une  accolade 
de  lapereaux. 

C'est  aussi  le  nom  d'Une  des  principales  cé- 
rémonies anciennement  observées  dans  la  ré- 
ception d'un  Chevalier.  Elle  consistoit  ordinai- 
rement en  trois  coups  du  plat  de  l'épée  que  le 
Seigneur  donnoit  sur  l'épaule  ou  sur  le  cou  do 
celui  qu'il  armoit  Chevalier.  Donner^  recevoir 
l'accolade. 

ACCOLER.  V.  a.  Jeter  les  bras  ou  cou  de 
quelqu'un  en  signe  d'affection.  H  me  vint  flc- 
coltT,  Ils  s'accolèrent  avec  grande  amitié. 

On  dit,  ^ccoh-r  hi  cuisse,  accoler  la  botte  à 
quelqu'un,  pour  dire,  Lui  embrasser  la  cuisse, 
la  botte  ;  ce  qui  est  une  marque  de  grande  sou- 
mission et  d  infériorité. 

On  dit,  Accoler  la  vigne,  pour  dire,  Lfl  re- 
lever et  la  lier  à  réclialas. 

On  dit  figurément,  yiccoler  deux  ou  plu~ 
sieurs  articles  dans  un  compte,  pour  dire, 
Comprendre  sous  une  seule  marque,  sous  une 
seule  somme,  deux  ou  plusieurs  articles  de 
tompte. 

Accolé,  ée.  paiticiiie.  Il  est  aussi  adjectif, 
et  se  dit  en  termes  de  Blason ,  De  deux  clioses 
attenantes  et  jointes  ensemble,  les  écut  de 
Fiance  et  de  iS'avarre  sont  ordinairement  ac- 
coles. 

ACCOMMOnAlîLE.  adj.  des  2  genres.  Qi«" 
le  peut  accommoder.  Il  ne  se  dit  guère  qu'Ek 
matière  de  diflefut  et  de  querelle.  C  c(îc  af- 
faire,  cette  qucielle  est  nrconmuKiidi/e,  n'est 
{•Itère  nccommodable ,  n'est  acconimodable  que 
par  ce  moyen-U'\. 

A(X:0MM<>I>AGE.  s.  m.  L'apprfit  des  vian- 
des que  les  Cuisiniers  ou  Uôlisseiu's  arcommo- 
tlent.  Payer  l'accommodage  des  viandes.  Il 
fiut  tant  pour  l'accommodage. l\  s'emploie  en- 
core en  parlant  d'Un  Perruquier.  Payer  ï'ac- 
commodage  d'un  l'erniquier, 

ACCoiviMonANr,  ANTE.  ndj.  Qui  est 
complaisant,  d'un  commerce  nisé,  nvcc  qui 
l'on  peut  traiter  aisément.  C'est  un  nomme  ac- 
commodatit  ,  d  un  esprit  fort  accomvnodant. 
Une  humeur,  une  personne  accommodante. 

ACCOMMODEMENT.  9.  m.  L'accord  que 
l'on  fait  d'I'n  difïVrent,  d'une  querelle  entra 
(luelqu' s  iM'rsnnncs.  i7cconmio</cnifn(  à  l'amia- 
ble. Un  méchant  accommodement  vaut  mieux 
(juc  le  mfilll'ur  procès.  Faire  un  accommode- 
ment. S'entremettre  d*accommvdementy  d  un  ;ïC' 
commodément.  Cn  lui  propose  un  accommode- 
ment. iSoussommescn  i'oic,cn  termes  d'<ICrc^»* 
modemenf.  Travailleiù  cet  accommodement.  Je 
les  ai  disposés,  je  les  ai  portes  à  cet  accommo- 


ACC 

^cmenf.  On  traite  un  accommodement  ^  itun 
accommodement.  Entendre  à  un  accommode- 
ment.Il  ne  veut  point  d'accommodement, H  ne 
veut  entendre  à  aucun  accommodement.  H  re- 
fuse tout  accommodement.  Rompre  un  accom- 
modement. Il  ne  s'éloigne  pas  d'un  accommo- 
dement. 

Il  se  dit  aussi  Des  moyens,  des  expédions 
qu'oD  trouve  pour  cuiicilitr  les  esprits,  termi- 
ner les  aflàiies.  Il  y  auroit  un  accommodement 
en  cette  affaire ^  s'ils  vouloient.  J'y  ai  (roiivc 
un  accommodemenL  Klle  n'est  pas  susceptible 
d'accommodement. 

On  dit,  qtiTii  homme  est  un  hom)ne  d'ac- 
commodement^ de  ft  te  île  accommodement,  pour 
dire,  qu'il  est  aise  de  convenir  avec  lui. 

yiccommudement  ^  se  disoit  Des  ajustemens, 
orrangemens ,  emlxlliâsemeus  que  l'on  faisait 
d.ins  une  maison  pour  la  rendre  plus  agréable. 
Jl  faudra  hien  des  accommodemens  dans  cette 
muison.  Il  a  vieilli  ;  on  dit  ,  Arrangemens , 
euilM?lIisâemei\s. 

ACCO^LMODKR.  v. n.  Donner,  procurer  de 
la  conmiodité.  il  lai  faut  cela  pour  Vuccvmmo- 
der.  Cela  ne  m'accommode  pus.  Cette  pièce  dt 
terre  I  uci*ominodcruil  bien ,  ua;omniodcroit/<'rl 
son  parc. 

11  signifie  aussi,  Ranger,  agencer,  ajuster, 
mettre  dans  un  état  convenable.  Il  a  bien  ac- 
commodé sa  maisoUj  son  jardm,  ce  canal^ 
cette  allècy  cette  fontaine^  etc.  Vous  avez  bien 
accommodé  votre  cabinet.  Accommoder  le  feu. 

On  dît,. 'accommoder  ses  affaires  ^  pour  dire, 
Mettre  ses  affaires  en  meilleur  état. 

Il  signifie  encore,  Apprêter  à  manger.  Qui 
voulez-i'ous  (juon  nous  accommode  pour  notre 
àiner  ?  Comment  accommodera- t^  on  cette 
viande?  à  ijucllc  sauce  l'accommodera-t'On.'^ 
Ce  Cuisinier  accummodc  fort  bien  le  poi<:son. 

Il  se  dit  aussi ,  en  parlant  De  coiffure.  Ac- 
commoder des  c/it'vcux,  une  perruque.  Accom- 
inodcr  quclau'un. 

Un  dit  De  ceux  cpii  tienm'tit  Lolellerie  ou 
cabaret,  iju'itj  accommodent  bien  leurs  /io(cs, 
qu'on  est  b.en  accommodé  chez  eiu:,pour  dire, 
qu'Un,  y  est  bien  logé,  bien  traité,  bien  servi, 
Cl  proprement  C'est  une  bonne  Adïcllertf ,  on 
y  est  bien  accommoiU. 

On  dit  iroDi<|Ucmcnt,  Il  l'a  hien  accom^ 
mode;  je  l'accommoderai  comme  il  faut^  pour 
dire.  Il  l'a  miliraitd;  je  le  Iraïierci  dureuicni 
comme  il  le  mérite.  Un  dit  aujisi,  populaire- 
mietit,  dans,  le  même  sens.  Accommoder  un 
homme  de  toutes  piè-cSyl  accommoder  d'impur- 
'ancc 

On  dit  enrore,  d'Un  homme  qui  est  en 
mauTais  état  et  en  désordre,  (ju'i(  est  étranfje- 
nient  accommodé.  Vikus  voilà  accommodé  d'une 
éiranfje  manivre.  Il  tst  tout  couvert  de:  boue, 
te  voilà,  bien  ûcconunodc.  Qui  la  accommodé 
djc  la  sorte? 

AccnMMooEn,  so  ditenc-  re  en  parlant  Des 
oflâ.rcscju'oii  icnuiuc  k  l'amiable ,  cl  àea  pcr- 
•oiuics  que  l'on  met  d'accord.  Il  faut  accom- 
niodcr  celle  affaire,  ce  diffirent,  celte  tiuerelU. 
Ils  clo'uni  prés  dé  se  battre,  on  Us  u  accom.'iio- 


ACC 

Set.  S  iU  ne  s'accommodent  f  ils  se  ruineront 
X  en  procès. 

Il  ^e  dit  aussi  en  j^arlant  De  cert;iines  clioses 
dont  on  convient  cnscmbie  dans  le  coumieice 
de  la  vie.  l'ous  avez  un  beau  cheval,  voulez- 
vous  m'en  accommoder  ?  .le  vous  accommoderai 
de  ma  maison^  si  vous  la  Tonfez  <jf/jt'(tT.  i'ous 
avez  une  maison  dans  mon  fief  y  ien  ai  une 
dans  le  vôtre^  nous  nous  accommoderons  si  vous 
voulez. 

Ou  dit  aussi,  Accommoder  son  qotit,  son 
humeur.,  ses  discours  à,  etc.j  et  simplement, 
S'accommoder,  pour  dire,  Confornur  son 
goût,  son  humeur,  ses  discours,  et  se  confor- 
mer à,  elc.  Les  Courtisans  savent  accommoder 
leur  août,  leur  humeur,  leurs  diicours  à  ce  </ui 
plait  au  l'rince.  Il  fiut  s'accommoder  à  l  u- 
saqe.  S'accommoder  au  temps.  Il  n'est  pas  dil - 
/ici/e  ,  il  est  compluisiuit ,  H  s'uccummodL'  a 
tout. 

s'AccoMMonER,  sii;nifie  encore,  Prenilnj  si 
commodité,  ses  aises.  //  entend  bien  à  s'accom- 
moder. Voyez  comme  H  s'accommode. 

Il  signifie  aussi,  Èlre  d'un  facile  accomnin- 
dément,  d  un  commerce  aise  dans  toutes  les 
cliosts  de  la  vie.  Donnez-moi  tel  cheval  tju'ii 
vous  plaira,  je  m'accommode  de  tout.  îlest  fort 
difficile,  il  ne  s'accommode  de  rien,  il  n'est 
point  délicat,  i}  s'accommode  de  toutes  sortes 
de  viandes^  Donnez -moi  telle  monnoic,  tcllet 
espèces  qu'il  vous  plaira ,  je  m'accommode  de 
tout.  Donnez- moi  pour  ma  dette,  telles  mar- 
chandises, tcllci  hurdesj  tels  effets  au  il  vous 
plaira,  je  m'en  accommoderai. 

On  dit  en  plaisantant,  qu'(.  n  homme  s  ac- 
commode de  quelque  chose,  pour  dire,  qu'il 
prend  quelque  clmse  un  peu  liardimenX,  ctsans 
y  avoir  droit.  Il  s'accommode  de  tout  ce  qu  lï 
trouve  sous  sa  main. 

On  dit  aussi.  S'accommoder,  pour  dire .  Ac- 
commoder ses  aflîiires.  il  devient  nV/ie,  il  s  c-it 
accommodé.  Je  l'ai  vu  pauvre,  mais  il  s'est 
bien  accommodé.  Il  rst  du  style  familier. 

On  dit  proverbialement  et  par  raillerie  . 
qu't  n  homme  s'accommode ,  s'accommode 
comme  il  faut.,  ou  qu7I  s'est  accommodé, 
pour  dire,  qu'il  prend  trop  de  vin,  qu'il  en  a 
pris  jus<ju'j  l'excès.  Quand  il  trouve  de  bon 
l'in  ,  il  s'accotnnwde  comme  il  faut.  Il  fut 
l'autre  jour  en  débauche^  et  il  s'accommod.i 
d'importance. 

Accommodé,  ée.  participe.  On  dit  famittî.*- 
remenl ,  qu't  n  homnu:  est  peu  accommodé  des 
biens  de  la  firtuiic,  pour  dire,  qu  11  n'est  pal 
riclic,  qu  il  n'est  pas  ^  sou  aise. 

Ottdit,  £(re  mal  accomjnodé ,  pour  diiç. 
Ittie  mat  coiffé»  mal  fri^é. 

ACCUm^AONAriiULU  s.  m.  Terme  de  Mu- 
sique, (^ïui  aocompngne  la  voix,  avec  quelque 
instrumcnL  C'est  un  bon^  un  savant  accontpa- 
ijnateitr.  On  appelle  ^^ccompa^nalnce,.  Celle 
qui  acconip.i|^r- 

Aa:OMPAG>E.MF.NT.  s.  m.  Action  d'ac- 
compagner eu  certaines  c>:rcu)n::i4>s.  On  porta 
i  ce  Soui'crain  au  (omf>eiiu  de  ses  ancêtres,  et 
plusieurs  Vi  inees  furent  destinci  pouv  rticcotn- 


ACC 


i3 


pacjnemcnt  du  coips.  Le  Maréchal  dt  France 
qui  était  nommé  pour  laccowpuqncment  de 
l  .imhassadcur.,  etc. 

Accu.Mi'AGNEMEvT ,  est  aussi  un  lenne  de 
Musique,  qui  se  dit  I)<  s  accords  dont  ou  ar- 
compaf;nc  la  voix  qui  clianle  le  sujet,  ou  quel- 
que instrument  (pu  le  joue.  Apprendre  l'accom- 
pagnement. Savoir  l accompagnement.  L'ac- 
compagnement sontîcnt  la  voix^  et  sert  à  la 
faire  paroitre.  L'accompagnement  Au  Clure- 
cin.^  de  la  %^iole.  Bon  accompagnement.  Mau- 
vais accompagnement.  L  n  accompagnement 
qui  ne'it  pas  assez  varié.  Une  pièce  à  grand 
accompaqnement. 

Aeco.MP.V(i>EME.\T,  se  dit  aussi  en  parlant 
De  ce  qu'où  rej;ardc  cooime  une  suite  néces- 
saire de  cfrlaliirs  choses,  soit  pour  la  rummo- 
dite,  soit  pour  l'orTiemcnt.  Cette  chambre  à 
coucher  est  belle;  mais  elle  manque  des  accom- 
puijncmens  nécessaires.  La  fiqiire  principale  de. 
ce  tiililcau  iiuruit  besoin  de  quelques  accompU' 
qnemens. 

On  s'm  sert  encore  en  tenncs  d'Armoiries , 
pour  dii*,  I>-'s  supports,  les  tenar.s,  le  cimier, 
les  iandjrcquins,  les  marques  de  cliargc  ou  de 
ilignitc,<  t  g<-néralemcnl  tout  ce  qui  est  lîors  de 
l'écu.  Porlev  des  Armoiries  sans  aucun  accom- 
pagnemenl. 

ACCOMPAGNER,  v.  a.  ^ler  de  compagnie 
a\  ec  quelqu'un.  Je  vous  accompagnerai  jusque-, 
là.  Il  m'a  accompagné  en  ce  voyage. 

Il  signifie  aussi.  Suivre  par  ijonneur.  La 
plus  grande  partie  t'e  la.  Noblesse  accanj'U' 
gnoit  le  Couvcrneur  de  la  Vrovince.  Ce  J'tircc 
est  toujours  accompaqnii  de  gens  de  qualité. 
Tous  ceux  qui  se  trouvèrent  ta,  accompagnè- 
rent le  S.  Sacrement. 

Il  signifie  encore,  Conduire  en  cérémonie. 
C'est  un  Prince  qui  accompagne  l'Ambas:>a- 
deur  à  VAudicju:e. 

Il  signifie  aussi,  Reconduire  par  lionneur 
une  personne  dont  oa  a  reçu  visite.  Quand  il 
s'en  alla,  on  l'accompagna  jusqu'à  son  car- 
rosse. 

Il  signifie  aussi,  Escorter.  Je  vous  donnrrut 
des  gens  pour  vous  accompagner.  Il  se  fait 
toujours  bien  accompagner ,  parce  qu'il  a  dus 
ennemis. 

Un  dit  figurément,  que  Le  bonheur,  qur  la- 
f'rtune  accompagne  quelqu'un,  pour  dire, 
qu'il  est  Iicur.ux;  et.  (jue Le muUjcur  l'accom- 
pagne,  pour  dite,  qu  11  est  mnlbeureux. 

AccoMPACNicn,  se  dit  dans  la  significalioiL 
D'assortir,  de  convenir;  mais  alors  il  ne  s'em- 
ploie guère  qu'avec  l'aiiierlie  Bien.  Ainsi  on 
dit,  quTne  qurnifjirc  accompagne  hitn  une 
robe;  qu'un*:  tapisserie  accompaqne  hicu  un 
lit;  que  des  ;nJv'i//ons  accompugnetit  bien  un 
corps  •'de -logis ,  pour  dire,  Que  t<»utt's  ers 
choses-lj  souL  bi*Mj  assorties.  Pour  un  bon  ma- 
riage, il  faut  quelque  chose  qui  accompagne  la 
beauté,  quclqu-  esjrit,  du  bien. 

Ou  dit  dans  ce  nu^nic  sens,  q^ie  Les  chc%'e\t.c 
accompaqncnt  bien  le  visage'  que  la  flûte  tu- 
compagnc  bien  la  votx. 

Accompagner  une  chotc  d'iuie  autre.  C  fct 


il  Acr, 

joindre,  ajoiKcr  une  chose  ù  w\r  nuire.  U  aC' 
roinpaqna  son  présent  d'une  liiiritJttjne.  Il  ac^ 
conwdQiia  ses  remontrances  di:  menaces.  'I  ont 
ce  (jiiU  disait^  il  Vaccovipagnoit  d'un  rjestc. 
d'une  action  qui  maranoit  Îh'cm,  etc.  Tout  ce 
un  II  fait  y  tout  ce  rjtiil  dit^  il  l'acconipitgne  de 
tant  de  eirâces,  etc. 

AccoMPACSEn,  en  termes  de  Musirfue.  si- 
gnifie Jotier  la  Da'^sc  cl  les  prutics  arcossoii-cs 
il'une  pltTp  de  musique,  snr  un  ou  plusicnis 
instrumens,  pendant  f|u*une  ou  plusîpurs  voix 
cliaritcnt,  ou  que  (luel'pic  instrument  jonc  !c 
biijei.  i)i  vous  voulez  chanter,  j'e  vous  occom- 
piiijnerai  avec  le  Clai-ecin.  Il  chante  bien,  et 
s'accimipafjne  hii-mênic  avec  Ui  Viole.  En  ce 
sens  ,  il  se  met  d'onlînaire  absolument.  Accom- 
pafjner  avec  le  Chn'eciu ,  avec  la  basse  de 
i^ioic,  etc. Il  accompagne  bien.  Il  acconipacjne 
mal,  H  acconipannc.  à  livre  oir/crt ,  H  sans  être 
préparé. 

s'AccOMPAONEu.  V.  pron.  Mener  quelques 
cens  avec  soi  pour  (pickpi'-î  dessein.  Il  se  prend 
II*  plus  souvent  en  manvnîse  part,  i/  s'accom- 
pafjne  toujours  de  mèchans  gnrnemens.  Il  s'ac- 
compagna de  gens  de  main  pour  faire  ce  coup-là. 

AccoMPAGNii:,  v.E.  pOTlicipe. 

A(>COMPMK.  V.  a.  Aclicver  entièrement. 
AccoiiJpLr  le  temps  de  son  hanniasemeTU.  (,  n 
liehgicnx  (jui  a  accompli  le  temps  de  son  A'o- 
viciât. 

H  signifie  aussi,  ElTcctucr,  ntcttre  îi  execu- 
lion.  Accomplir  sa  promesse^  Accomplir  son 
Vivn.  Accomplir  un  dcfssein.  Accomplir  wn 
traité.  Accomplir  un  mm  uiuc  'uii  nvmt  été  ré- 
solu. J'espère  que  Dieu  accomplira  vos  désirs. 
Jésus-Christ  a  accompli  les  Prophéitcs. 

On  dit,  At'ccmjlir  la  Loi,  accomplrr  ses 
nhlïqations,  pour  dire,  Faire  ce  que  la  Loi,  ce 
qu"  le  devoir  érige  de  nous. 

,\cco;\iPi,in  ,  est  aussi  pronominal  c  is  !e 
sens  d'Effectuer.  Le  traité  qu'ils  avoient  fiii  , 
n'(î  pu  s'accomplir.  Si  ce  martaqc  s'accomplit. 
Si  vos  désirs  s'accomplissent.  Cela  arriva  de  la 
sorte,  afn  que  l'Ecriture  s'accomplit.  Toutes 
ies  Lrophéties  s'accomplirent 

Accompli,  ie.  pnrticijx'.  //  a  trcjite  ajis  ac- 
compli':. 

Ij  est  aussi  adjectif,  et  signifie,  Qm  est  par- 
fait dans  son  genre.  C'est  un  homme  accompli  de 
tvnt  point,  l  nCourtisan  accompli.  Vnc  beauté 
accomplie.  L'n  ouvrage  accompli 

ACCOMPLISSEMENT,  s.  m.  AcUi-vemcnt, 
exécution  entiùc  L'iiccoHip/is^cmcnl  d'un  des- 
sein ,  d'un  ouvrage.  L'accomplissement  dune 
promesse,  de  eo  parole,  d'un  va'U,d'un  ser- 
ment. L'accomplissement  de  nos  vœux,  de  nos 
di'-in,  de  nosrypi'riinces.  L'accomplissement  des 
Vrophéiic..,  L'accompUssemeni  d'un  traité. 

ACC05.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Bateau 
plat  dont  en  se  .•,crt  ^our  ollcr  -.nr  les  vnecs. 

ACCOOUmA^•T,  ACCOOUI.NKR.  Voyez 
AcovviNANr,  AcoQurVE». 

AC<^)ORr).  s.  m.  Convention,  nccommode- 
incnt  4UC  Ton  fait  pour  terminer  un  diflerent. 
faire  un  .iccord.  Va.^^er  un  accord.  Je  me  tiem 
à  Vaceorâ  qui  a  été  fait. 


A  C  C 

Il  S"  t^Jt  ;iussi  au  pluriel ,  pnitr  signîtii.T,  La 
c-iiivcnlioiis  préliminaires  d'un  mariage  futur. 
On  c.  siiiné  les  accords.  '     '' 

l!  signifie  aussi,  Consentement ,  tmion  d'es- 
prit, conformité  de  volontés.  Ils  ont  tonjoun 
vécu  dans  une  grande  liaison,  dans  un  parftit 
accord. 

En  ce  scns,n  s'emploie  avec  la  particule  De. 
Ainsi  on  dît, A/c((re  des  gens  d'accord.  Ils  sont 
d'accord.  Ils  en  sont  convenus  d' un  commun 
accord.  Ils  en  sont  tomhrs  d'accord.  J'en  de- 
meure d'accord. 

Et  par  ellipse,  on- dit  uLMdnmenl,  D'ac- 
cord^ pour  dire,  J'y  consens,  j'en  conviens. 

On  dit  d'Un  homme,  qu'if  est  de  tons  bons 
accords^  pour  dire,  qu'il  est  d'une  humeur 
aisL'C,  et  qu'il  consent  à  tout  ce  «jnf  les  autres 
Veu-lciit. 

Acconn,  signifie  aussi.  Convenance,  pro- 
portion ,  juste  rapport  de  plusl(;urs  choses  en- 
semble, il  y  a  un  merveilleux  accord  entre 
toutes  lex  parties  du  monde,  entre  les  parties 
du  corps  humain. 

Acc0ivD,en  Musique. signifie  l'Union  dedtu\ 
ou  de  plusieurs  sons  entendus  h  la  fois,  et  for- 
mant harmonie.  >^ccord  d'inslrumens.  Accord 
de  voix.  Bel  accord.  Accord  parfait.  Accords 
harmonieiLT.  .IccorAs  cottsonuans.  Accords  dis- 
sonans.Ily  a  de  beaux  accords  dans  cette  pièce  di 
Luth.  l''rappcrun  accord.  L'Octave  et  la  Quinte 
sont  de  bons  accords.  Les  ncoords  dissonans  font 
un  bon  cff  (,  quand  ih  sont  bien  sauvés. 

Ou  dit,  qu't  n  in.vtrumeut  est  d'accord, 
[jour  dire, que  Les  loriles  en  sont  nionttcs  juste 
au  ton  oii  elles  doivent  être;  et  que  /?es  cordes 
ne  tiennent  pas  l'accord,  pour,  qu'Elies  ne 
É^emeiueirt  pas  au  ton  où  on  les  a  mises. 

ACCORDABLE.  adj.des^.g.  (^m  peut  s'ac- 
corder, qu'on  peut  accorder.  Il  se  prend  dans 
Ions  les  sens  du  verhc  Accorder.  Cette  grdce 
n'est  pas  accordahle.  Ces  Plaideurs  ne  sont  pas 
accordalles. 

ACCORDATLLES.  s.  f.  pi.  Ixs  cérémonies 
qui  se  font  pour  signer  les  articles  ou  le  contrat 
d'un  mariage.  Il  se  trouva  peu  de  parens  aux 
aorordailles.  Il  est  populaiie. 

ACr:Oni)ANT,  AM'E.  adj.  Terme  de  Mu- 
fiiijae.  Oui  s'necordc  bw'i.  Ut  et  Siiï  sont  des 
tons  accordans  entre  eux.  Ut  et  Si  :>ont  des 
tons  discordans  entre  eux. 

ACCOKOEK.  V.  a.  Mettre  d'nrrord.  Kemeî- 
tre  en  bonne  inlelligencc.  /iccordcr  les  esprits. 
Accorder  Itn  durs.  Ces  deux  hommes  étoient 
en  procès, en  querelle, on  vient  de  h-s  accorder. 

AcooiîOKii,  se  dit  en  parlant  I>e  Doctrine, 
d'Opinions,  de  Lois,  et  signifie,  Concilier,  ôt(  r 
rapparencc  de  contraric'lc ,  de  conrcidiclion. 
Accorder  les  Ecriiures.  H  n'est  pas  facile  d'^ac- 
corder  ces  deux  passages.  Comment  accorder 
toutes  ces  Lois  ? 

Accor.DF.u.  se  dit  enCrammaîre.  et  signifie, 
.Mettre  les  mots  ctunme  ils  doivent  être  les  uns 
à  l'i'-gard  des  autres.  Su:vant  le.;  régies  de  X>\ 
Granimane  ,  tl  faut  accorder  Vadjectif  avec 
son  substantif  en  genre  et  en  nombre;  et  si  les 
Langues  oui  des  cas,  les  accorder  aussi  en  ras. 


ACC 

On  dit  en  Musitpie,  y^ccordcr  sa  voix  r.vce 
un  instrument ,  pour  dire.  Chanter  de  manierr 
eue  la  voix  (  t  l'instrum'  nt  fassent  des  accords 
agréables  et  réguliers.  Lllc  nceordott  parfaite- 
ment sa  voi.r  avec  h  Clavecin. 

Accorder  un  Luth  ou  un  autre  instrument 
de  Musique^  C'est  mettre  les  cordes  juste  au 
ton  où  elles  doivent  étiv  entre  elles.  Ce  3/usi- 
cien  a  été  lonq-temps  à  accorder  son  Luth. 

Accorder  des  tnstrumens  les  uns  avec  Im 
tinfrcs.  C'est  les  mettre  tous  au  ton  ofi  ils  doi- 
vent être  les  uns  à  l'égard  des  autres.  >4ccor(icr 
ilci  Tuotbes  Cl  de^ Violes  au  ton  du  Clavecin. 

On  dit  proverhinlement ,  Accordez  vos  flûtes, 
pour  dire  ,  Convenez  de  ce  que  vous  vouIct, 
laiie,  convenez  des  moyens  de  faire  ren  sir 
votre  dessein. 

AccoiiDi:n,  signifie  aussi,  Octroyer,  concé- 
der, .accorder  un  privilège^  une  grâce,  une  fa- 
veur. Le  Vape  a  accordé  tant  d'années  d'In- 
dulgence pour,  etc.  Je  lui  accorde  tout  ce  qu'il 
•  eiaunde. 

Accocder  uni  ^Ih  en  marîagej  C'est  la 
promettre  verbalement  ou  par  écrit  â  celui  qui 
la  demande  pour  l't-pouser. 

Acconnnn,  signifie  aussi ,  Reconnoitre  pour 
lual,  demeurer  d'accord  d'une  chose.  Je  vous 
accorde  cette  proposition.  C'est  une  vérité  de 
piit  qu'il  faut  que  vous  m'accordiez. 

s'AcconoER,  avec  le  pronom  personnel.  Être 
d'accord,  d'intelligence,  de  concert.  Ih  s'ac- 
cordent tons  ensemble  pour  me  tromper,  pour 
me  perdre.  A  ous  tJchcrons  de  nous  accorder. 
AccorUez-vous  avec  vous-mi^me. 

ïl  se  dit  «ussi  Pe  la  conformité  des  esprits 
et  des  humeurs.  Ils  sont  de  mime  humeur,  ils 
s'accorderont  toujours  bien  ensemble.  Ces^ttx 
esprits  n'auront  pas  de  peine  à  s'accorder. 

On  dit,  Ce  que  vous  me  dites  aujourd'hui 
ne  s'accorde  pas  avec  ce  que  vous  me  (files  Aier, 
pour  dire,  N'y  est  pas  conforme. 

On  dit  proverhialcment ,  que  Des  grns  s'ac- 
cordent comme  chiens  et  chats,  pour  dire, 
([u'Us  ne  saiiroient  s'accorder,  vivre  ensemble. 

.s'ArconoEn,  se  dît  aussi  généralement  De 
tniilcs  les  choses  qui  ont  entre  elles  de  la  con- 
venance, de  la  ressemblance,  du  rapport  en 
quel(pie  manière  que  ce  soit.  Ces  voix  s'accor^. 
dent  parfaitement.  Ces  deiur  couleurs  s'accor- 
dent bien. 

AcconDÉ.  iz.  participe. 

AccOTiDÎ;,  AccoiU)i-E.  s.  CeVn  et  odle  qui 
sont  réciproquement  engagé-s  pour  le  maringe 
par  des  articles  signés  de  pari  et  d'autre.  Où  est 
l'Accorda  ?  Voici  l'Accordée.  Les  Accordes  se- 
ront mariés  dans  peu  de  jours. 

ACCOKnoin,  s.  m.  Espi'cc  d'outil  dont  les 
Lutliitn-s  cl  les  Facteurs  se  servent  pour  occor- 
der  les  insinimens  de  musique. 

ACCOUNÉ,  I^:e.  adj. Terme  de  Blason.  Il  se 
dit  Des  animaux  qui  ont  des  cornes,  qiwnd 
elles  sont  d'une  auli-e  couleur  que  l'enimal. 

ACCORT,  OUTE.  adj.  (^hii  est  adroit ,  sou- 
ple, complfaisant,  qui  s'accommode  à  l'humenr 
des  autncs.  Cet  hvnwK  est  fort  accort,  d'une 
liumeur  accorie. 


ACC 

ACCORTISE.  s.  f.  Humeur  complaisante, 
acconiniodantc.  11  est  da  style  fainUier. 

ACCOSTABLE.  adj.  des  2  genres.  Qui  rst 
facile  à  alxirJer.  C'est  un  homme  ficu  accoitn- 
hle.U  est  iimi;/m  plus  accoilMe.  Il  est  familier. 

ACCUSTEIÎ.  v.a.Alxirder  quelqu'un  qu'on 
rencontre,  pour  lui  pnrler. Il  me  l'int  iwcustcr. 
H  m'iiccosta  lorsijiii;  je  n'y  pciisois  /  us.  11  csl 
familier. 

s'Acco*TKn  DK,  avei'  le  pronom  peisonncl. 
Hunier,  fréquenter  quelqu'un,  avoir  iialiiliide 
avec  quehju'un.  Je  ne  suis  de  tpteîles  cji'iis  vum 
vous  accostez.  Il  s'accosta  dun  mnuvuis  Cfar- 
nemcnt.  11  est  familier,  et  ne  se  dit  (juire  qu'en 
mauvaise  part, 

AccosTt,  LE.  participe. 

ACCOTER.  V.  0.  Appujer  de  coté.  Asceler 
sa  tête. 

11  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel, 
5\iccoter  sur  une  cJuiise  ,  coiitix  une  cltaisc. 
S'accoler  contre  une  muraille.  Il  est  familier. 

Accoté,  ée.  participe. 

A(X;0T01IÎ,  s.  m.  Ce  qui  sert  d'appui,  cfl 
qui  est  lait  pour  s'y  ;iccoter.  Les  accotoirs  d  un 
carrosse, d  un  piUteuil.dun coitf.ss:vnnal.Cchi 
vous  servira  d  accotoir,  La  diirércnce  d'Accou- 
doir à  .\ccotoir  ,  est  (jue  l  .iccotoir  sert  ptinr 
s'appuyer  de  côté, et  l'uccoudoir  pours'appu\  er 
eu  avant 

AGCOVCIIÉE  s.  f.  Femme  qui  est  en 
eouclie,  après  avoir  mis  un  enfant  an  monde. 
Aller  voir  une  accouchcc.  Q'iand  est-ce  ijtu 
l'accouchée  rclcycru.''  Ou  dit  d'Une  femme  qui 
est  fort  parée  dans  sou  lit,  qu'£IIc  est  parée 
comme  une  accouchcc. 

Oq  appelle  proverbialement.  Le  catjuet  de 
l'accouchée  j  La  conversation  de  baj^atelles  qui 
se  fait  ordinairement  dans  les  visites  qu'on  fait 
aux  femmes  en  couelic. 

ACCOUCUEMENf.  s.  m.  Enfantement. 
lleureiic  accouchement.  Accouchement  di'Ji- 
cile.  DoulourciLV  accouclicnient, 

ACCUL'CIIEK.  V.  u.  Enf.inler.  Accouclier 
heurensemeut.  Elle  e.^t  accouchée  en  tel  endroit. 
Elle  est  accouchée  dun  enfant  mâle,  dune 
fille,  de  deux  l'unicinic.  (^uand  accouchera- 
t-elle  ?  tille  est  ucconclice.  Quand  elle  fut  ac- 
couchée. Accoucher  à  terme.,  avant  terme,  jic- 
coucher  d'un  cnfiint  mort.  Pour  marquer  l'ac- 
tion, on  peut  eniployar  l'atuiliaire  Avoir.  J'ai 
accouché  avec  iloniiiir.  L'Ile  a  accouché  trés- 
couraqcuseincnt, 

AccoiCHEn,  se  dit  fi^urémcnt,  en  parlant 
De  rcs|iril  et  di  s  productions  do  l'csptil.  J 'ai 
eu  hien  de  la  peine  à  accoucher  de  cet  ou- 
vrage, t'ocratc  disot  ijn'il  faisait  l'o//ice  de 
!>age-ftnnie, qu'il  fiisoil  accoucher  les  c.\frits. 

Accotciiiii,  est  aussi  actU  ,  cl  si^nilîc,  Ai- 
der ^  une  (t:niiac  &  accoiubcr.  C'est  celle  iiaqc- 
fjmmc  ijui  a  aico:u/ic  une  telle  Dame.  Elle 
accouclie  hien.  Ce  Cli;rurijien  uccuuc'ie  mieuj 
qu'aucune  .''ain^f-niine. 

Accolent,  i.E.  pariiciiie. 

ACCOliCIIELlt.  fc  i,u  Celui  dont  la  pro- 
fcsaion  Mt  d'a;coucl>cr  les  fimnirs.  l'wn  accou- 
duur.  Il  est  l'accoucheur  de  cette  Daine 


ACC 

ACCOUCIIJiUSK.  s.  f.   Celle  dont  la  pro- 
fession est  d'accoucher  les  femmes.  Habile  ac~ 
i^.couchcuse.   Ou  dit  plus  comniuiicinent  iStme- 
f;nimc. 

Ac;CUUI3EIl ,  s'AGCOUDER,  av(c  le  pro- 
nom personnel.  S'appuyer  du  couHr.  S'accou- 
der sur  lu  table.  Il  èlotl  accoudé  Mir  son  c/ie- 
vct.  S'accouder  mi  une  balustrade. 
Accoudé,  ij;.  p.irlicipc. 
A(iCUïJUUlIî.  s.  m.  Ce  qui  est  fait  pour 
s'y  accouder,  //l'oir  un  accoudoir  suus  les  bras, 
i^accaudoir  dun  prie  '  Dieu.  Avoir  les  bras 
sur  un  accoudoir. 

ACCori'Lli.  5.  f.  Lieu  avec  lequel  on  at- 
laolic  les  chiens  ensemble. 

ACt:uLJPLEMi:i\T.  s.  n\  Assemblage  p,u- 
couples.  Il  se  dit  priiîcipalen.ent  Des  aulmnux. 
J ccouplement  de  i;a.u/i'  pour  la  charrue.  Ou 
dit  en  Architecture,  Accoupleiutnt  de  rolonties. 
Il  se  dit  aussi  De  la  conjonction  du  m;\l('  »■! 
lie  lu  femelle  iioui*  la  giJntiralion  ,  et  il  ne  ^e  di; 
[;uèrc  ijucDes  animaux.  Le  mulet  vient  de  l  uc 
l'ouplcnient  d  un  due  et  d  une  cavale.  L'accou- 
plement d  un  chien  et  d'une  chienne. 

ACCOUPLl:;U.  V.  a.  Joindre  deux  chosci 
ciiscndde.  Ces  deux  personnes  sont  mal  ac~ 
couplées.  Ce  serait  vouloir  accoupler  le  loup  cl 
la  brebis. 

On  dit,  Accoupler  des  h -tufs  ,  pour,  Le- 
uifc'ttre  ensemble  sous  le  joug. 

On  dit  aussi,  Accoupler  du  Unqe,  accoupler 
des  serviettes  «ju'oq  veut  mettre  k  la  les>ive, 
pour,  Kn  faire  des  paquets. 

AccOLPLEn,  en  parlant  De  quelques  ani- 
maux, signifie.  Apparier  ensemble  le  mâle  et 
la  femelle.  Accoupler  des  pigeons.,  des  tourte- 
relles., des  serins,  lit  quand  ils  se  joignent  pour 
la  K^'ucration  ,  on  dit  ,  qu'ils  s'accouplent  , 
qu  j/s  soni  nrcotinics. 

Accovri-É,  KE,  participe. 
A(X;uL  UCIPi.  V.  a.  Pendre  plus  court ,  re- 
Ir.uichiT  de  la  longueur,  so  t  au  propre,  soil 
au  figuré.  Accouicir  une  robe,  un  manteau. 
.-Iccourcir  un  bdtou.  Accoutcir  d'un  doiqt  , 
d'un  pied.  Accourcir  un  ouvraoCj  une  scène  , 
un  discours.  Si  cela  est  trop  loncj ,  il  faut  l  ac- 
couicir. 

On  di(  aussi,  Accourcir  son  clîemin,  pom 
dire.  Prendre  quelque  route  de  travcr-sc  qui 
rende  le  chemin  plus  court.  Si  vous  allez  par- 
là  vous  accourcirez  bien  votre  chemin.  La 
chaussée  (fu'on  a  fuite  en  tel  endroity  accourci. 
le  chemin  dune  grande  lieue. 

s'AccovRCiu,  avec  le  proncm  personnel. 
Devenir  plus  court.  Les  jours  commcn^oieni 
alors  à  i'dCt'ourei'r. 

AccotRci,iE.  participe. 
ACC0UKCISSEMI::M'.  s.  m.  Il  nest  guère 
ru  usage  qu'en  parlant  d'L'u  chemia  et  des 
jours.  Celle  chaussée  serl  beaucoup  à  laccourcia- 
sèment  du  chanit.  L'acconrcisscnient  des  jours. 
AïXiOL'IllIl.  V.».  U  se  conjugue  couune 
(  oariV,  cAcopr''  qu'il  reçoit  également  l'un  ou 
1  autre  des  verbes  nuiiliairc».  J'ai  uccourUy  je 
.<iitj  accouru.  Courir,  %'ei>ir  prouiplemcnl  eu  ^ 
uu  lieu  où  qu  I que  cbosc  Uuua   tttlire ,  nout- 


ACC  I J 

appelle,  -accourir  en  diligence  ,  en  gvar.de 
hâte.  Accourir  au  besoin.  Accourir  eu  finie. 
Il  est  accouru  au  bruit.  Je  sui.^  accouru  pour  la 
féte^  etc.  Des  qu'on  sut  gue  la  bataille  se  don- 
noit  en  tel  cndruit,  toute  la  Noblesse  y  accou- 
rut. On  y  accourut  de  tous  côtés.  Accourir  nu 
secours  de  guehju'uuj  à  l'aide  de  (jucbm'uM. 

Accounu,  ci;,  piiriicipe. 

ACCOUTULMEM'.  s.  m.  TlalHlIemcnt.  il 
avoit  ses  beaux  accouln.mt,iis.  U  csl  \ieux 
en  ce  sens.  Il  se  prend  plus  urdinaircnicnl  eu 
niaiivaise  part,  y/ccyu/rcmi'/i/  ridicule. 

ACCOUTREU.  V.  a.  Parer  d  liabils.  En  w 
sens  il  est  vieux,  (  t  il  n'est  guère  d'usage  qu'eu 
style  Iduiilier.  Vous  voUù  bien  accoutré.  Ou  Va 
plaisamment  accoutre. 

On  dit  proverbialement  quTu  homme  est 
bien  «ccoutre.  aecoulrê  de  toutes  pièces^  poiwr. 
dire  ,  qu'il  a  été  fort  ni.ùiraité. 

AccouTHÉ,  tE.  punicipc. 

ACCOUTL'MAACK.  s.  f.  Habitude,  cou- 
tume que  1  oo  prend  de  faire  ou  de  souHiir. 
quelque  chose.  Mauvaise  accoutumance. 

ACt.OUiUAIl'Uï.  V.  a.  Eaire  prendre  une 
coutume,  une  \hihu\xdc.  Accoutumer  guelgu' un 
à  guelgue  chose.  Je  l'ai  accoutumé  à  fuirc^  etc. 
Il  avait  peine  à  fnire  telle  chose:  mais  on  l'y  a 
(lecouïuiné.  H  fuit  accoutumer  de  bowie  lu-me 
les  cnfiins  iiu  (ravtui,  à  la  ftiique.  Accoutume 
uu  cheval  à  galoper  sur  le  bon  pied. 

Quand  il  se  joint  a\ec  le  pronom  personnel, 
il  signifie,  Contracter  une  habitude.  Il  faut 
bien  vous  accoutumer  à  cela.  Je  m'acconium^ 
au  froid,  au  chaud,  ctc.  Il  s'est  accoutumé  à  Inx 
fiittguc.  On  s  accoutume  à  tout. 

l\  .signiiîc  aussi,  Avoir  coutume;  et  alors  il 
est  neutre,  et  n'est  guère  d  ui:ige  qu'avec  le 
verbe  .-ivoir.  Il  a  accoutumé  d' aller ^  de  faire,  ctc. 
baltes  commt'  l'ous  avez  accoutumé.  On  Irui- 
ploie  cepe.id  inl  qu-'lquefcis  avi c  le  verbe  Être. 
Je  SUIS  accoutumé  <1  rne  lever  de  bonne  heure, 
à  me  promener  le  matin. 

Il  se  dit  qucliuefois  Des  choses  inanimées. 
Ces  terres,  ces  arbres  avaient  accoutumé  de 
produire. 

AccouTir^iiÉ  ,  ÉE.  participe.  A ccnutumé  à  la 
fatigue.  A  sa  manière  accoutumée,  licnlrer 
dans  lordre  dccoutitnié. 

A  l'accoutumée.  Façon  du  |>arler  adverbiale.. 
A  l'ordinaire,  comme  on  a  accoulumc.  Il  en  n» 
usé  à  l'accoutuiHè*!.  Il  est  du  style  familier. 

ACCRÊDiriJl.  v.  a.  Mcttie  en  ei-edit,  en. 
réputation.  Sa  bonne  foi  la  accrédité  parmi 
les  Marchands.  L  ctactitudc  à  payer,  est  ce  nui 
accrédite  le  plus  un  Hanguia:  Sa  bonne  con- 
duite l'a  f-'Vt  accrédité  dans  sa  compagnie. 

i\  se  dit  aussi  au  liguri',De  eeriaii:e!t  chose*, 
pour  ,  Douner  cours  ,  nuloriser,  rrn<Iie  ]>bi$ 
vraisemblable.  Accivditer  une  nouvelle,  un 
bruit,  une  calomnie, 

AccnÈDiTÎ:,  ke.  pniiicipc.  On  le  dit  Des^ 
!ionim -s  ptililies  qui  ont  une  niis«ion  autorisée- 
d'une  Puissance  auprès  d'une  autre  II  est  uc— 
crédité  par  sa  Cour. 

ACCROC.  ».  m.  (On  ne  itrononcc  p-j  3»» 
fintvle.}  Uéc'iirurc  que  iail  ce  qui  accrocJie.  Ul 


i6 


ACC 


y  a  un  grand  accroc^  un  vilain  accroc  »  votre 
mhe,  à  votre  manteau.  Quctit-ce  qui  a  fuit 
c«t  accroc  à  lofre  habit? 

Il  se  dit  6j;iircni€iU  et  faTTiilirn'mrnt  D'une 
difficulté,  d'un  cmbiinas  qui  appoilf  du  relfir- 
denieiit  dnns  une  aff.iire.  tl  est  sntvcnii  uti  ac- 
croc Qiti  retarde  leur  acconimodement. 

ACCnoCIIi:.MKNT.  s.  m.  Action  d'iiccro- 
duT.  L'accrocheinent  de  deux  voitures. 

ACrROClII'.K.  V.  a.  Atiaclier,  suspendre 
«quelque  chose  U  un  rlou,  h  un  rrorlirt.  ,/crro- 
cher  une  gravure.  Il  demeura  accroché  par  son 
habit. 

On  dit  provcrhiititîmcnt,  Dcllc  file  et  mé- 
chante robe,  trouvent  loii/onrs  iftii  les  accroche. 

On  dit  en  termes  de  Marine,  Accrocher  un 
vaisseau^  pour  dire,  Jctnr  des  grappins  et  drs 
wocs  (l'un  vaisseau  ù  un  autre,  pour  venir  îi 
ral>ordagc.  H  accrocha  l'Amiral  des  ennemis. 
Les  deux  vaisseaux  s'accrochèrentV}iii  i'imlrj. 

Accrocher,  signifie  fii;iircmcnl  Retarder, 
arrêler.  On  a  accroché  celte  ajjaire.  Cette  nê~ 
qoriation  est  accrochée.  Ce  procès  est  accroché 
depuis  long-temps. 

il  so  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel,  et 
siftnilîc,  S'altaclwr,  s'arrclcr  à  qucltjue  chose 
que  ce  soit.  Sa  robe  s'accrocha  à  des  ronces. 
l^uand  en  se  noic,  on  s\iccroche  où  l'on  peut. 
FX  l'on  dit  ûgurénieut ,  <^)(iand  on  fst  mal  dans 
SCS  aflàir^'S,  On  s'iiccrochc  à  tnutj  on  s'accroche 
ù  ce  qu'on  peut. 

6'accrochcr  à  un  Prince,  à  un  grand  Sei- 
gneur^ se  dit  fainiiiO'rGinent  De  ceux  que  !e 
mncvais  ctat  de  leurs  adirés  oblige  de  s'atta^ 
>her  h  la  fortune  d'un  Prince  ,  d'un  f^rand 
Seigneur.  Il  ne  suvoU  où  donner  de  la  tcte^  il 
s*est  accroché  à  ce  grand  Seiqneur.  Il  ne  sait 
oit  s* accrocher^  En  ce  sens,  il  est  familier. 

Arcnoc»!-:,  ée.  pnrti<ipe. 

ACCROIRK.v.  n.  Il  n'est  d'u6a':eqn'.i  l'infi- 
tiï*it"  avec  le  vribc  Faire;  et  il  siLinifir,  Fniro 
croire  ce  qui  n'est  pas.  i'ous  voudriez  notis 
l'aire  accroire  qne^  etc.  Vous  voudriez  nous  en 
faire  accroire.  Il  n'est  pas  homme  à  qui  Ion 
en  puisse  faire  accroire. 

On  <iit,  qu'«  n  iiunum  sUn  fuit  accroire, 
s'en  veut  faire  accroùe.  pour  ,  qu'il  pnJeume 
trop  de  lui-nièniG,  qu'il  croit  pouvoir  en  im- 
poser. Depuis  qu'il  a  c^ttc  place,  il  est  devenu 
glorieux,  il  s'en  fuît  accroire.  Il  a  quelque 
mérite  y  mais  il  s'en  fait  trop  accroire. 

ACGROISSEMKNr.  s.  m.  Augmentation , 
agraadissemcnt.  Grand  accroissement,  .iccrois' 
icmenl  notable ^  tcnsidérable,  soudain.  L'ac- 
croissement des  rivières.  L'accroUsement  du 
corps  humain^  d'une  plante^  etc.  L'accroisse- 
ment d'un  Etat.  Accroissement  de  biens. d'hon- 
neurs y  de  f'rtune,  etc.  l.' accroissement  de  la 
îicligion  Chrétienne  dans  les  Indes, 

AccnoissEMEsr,  (ûgnifii-  aussi,  Le  droit  par 
lequel  une  chose  accroît  à  quclqiLC  iiersonneon 
k  quelque  funds.  Cela  lui  est  venu  par  droit 
d'accroissement.  Les  terres  que  î'atterri&sctucnt 
ajoute  à  un  rivaCfC,  à  une  î/c,  appartiennent 
au  propriétaire  pur  droit  d'accroissement.  Ln 
accroissement  à  la  Tontine, 


aCG 

ACCKOÎTIîE.v  «.Augmenter,  rendre  plui 
grand,  pins  étendu.  Accroître  son  bien  ^  son 
revenu,  tccroître  un  pnrr,  ii'i  jurdin,  lac- 
crultrc  de  beaucoup ^  de  la  nwiiie.  .-iccruitre  sa 
nit  s.sdficCj  sa  gloire  y  sa  réputation,  son  auto- 
rttr. 

AccnctîmE.  v.  n.  Aller  en  augmentant,  de- 
venir plus  grand,  ^on  bten^  son  revenu  accroît 
tous  les  jours. 

On  dit  en  termes  de  Droit,  quT'ne  chose 
accroît  à  quelqu'un^  pour,  qu'Elle  revient  j 
son  profit  par  la  mort  ru  par  l'absence  de  quel- 
qu'un ,  ou  outreniriit.  l.nïrc  Collégataircs ^  la 
portion  de  l'un  accroît  à  Vautre.  Parmi  les 
Cltitno.ncSfla  part  des  absens  accroU  aux  pré- 
sens. 

On  dit  aussi,  qu'L  ne  porlion  de  terre  ac- 
croît à  une  autre  par  alluvion^  par  atterrisse^ 
ment. 

s'AccnoirnE.  v.  pron.  Cette  Ville  $est  for\ 
accrue  pur  son  commerce.  Sa  fortune^  son  bien 
s'accroît  tous  les  jours.  Il  avoit  une  terre  firl 
bornée.,  il  s'zst  accru. 

Acr.iiL,  VF.,  parlioipe. 

ACrROUPlK,  s  ArcnoiPin.  v.  pronon.  .'^c 
tenir  dans  une  posture,  ou  la  plaiih;  des  picdt 
louchant  à  l'rre,  ledeniëre  tourbe  presque  .-iu\ 
talons.  S'accroupir  auprès,  du  feu. 

AcCiioLPi,  lE.  participe. 

Af:CROi;PI.SSE.ML>T.  s.  m.  L'étal  d'uni 
personne  accroupie. 

ACCRUL.  s.  f.  Terme  de  Couume,  qui  se 
dit  d'Une  terrcsur  la<|uclle  un  bois  s'est  étendu 
nu-defà  djB  la  lisiè'v-, 

ACCUEIL.  8.  m.  (On  prononce  AJieuH.) 
Réception  que  nous  faisons  à  quelqu'un  qui 
vient  v«rs  nous,  Bon  accueil.  Mauvais  accueiL 
,'fccueii  froid.  Accueil  civil  y  fivorable,  obli- 
geant. Faire  bon  accueil.  Faire  mauvais  ac- 
cueil.  Avoir  l'accueil  agvcnhlc. 

Faire  accueil  y  se  prend  toujours  en  bonn^- 
part,  et  signifie.  Taire  une  réception  civile  el 
lionnéle.  Ce  prince  fait  accueil  à  tous  ceux  qui 
vont  clicz  lui. 

A(;CUEU.L1R.  V.  a.  (Il  se  prononce  îheui]- 
lir^  et  se  conjugiie  comme  Cueillir.)  Keeevoir 
ijucKpruii  'pli  vient  ù  nous.  //  nous  accueilli} 
de  la  manière  du  monde  la  plus  honnête.  Il 
nous  accueillit  fort  froidement. 

On  le  dit  aussi  quelqurfiii*  fiiîurémenl  Des 
choses.  Il  accueilli'  f'rt  tuai  cette  proposition. 

U  se  dit  iiguréïn  "nt  De  tous  les  aecidens  fà- 
clieux  qui  arrivent  à  quelqu'un.  La  tempête.,  le 
vent  les  accueillit.  Us  furent  accueillis  de  l  o- 
ragc.  La  pauvreté^  la  misère,  toui  les  mallieurs 
du  monde  l'ont  accueilli. 

AcciEiLLi,  lE.  participe, 

ACCUL.  s.  m.  (l'L  se  prononce.)  Lieu  qui 
n'a  jjoint  d'issue,  où  l'on  est  accule.  Ceux 
qui  pnursuivuicnt  les  criminels j  les  poussèrent 
tiont  un  arciiï,  où  on  les  prit. 

Il  se  dit  paiiiculirnîniiînt  Du  fond  du  ter- 
rier où  bs  chiens  acculent  les  renards  ci  h's 
itiaireaux.  Quand  on  voit  que  le  renard  est  n\ 
l  acculy  avant  que  de  inrhcr  les  bassets^  H  faut 
tavoir  où  sont  L^s  accuU. 


ACC 

fl  se  dit  nus^i  Des  piqueta  qu'on  enfonce  en 
Icrre  au  bout  d'une  plate-forme,  pour  retenir 
le  canon  quand  il  recule  en  tirant. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  petite  anse  dans  la  mer. 

ACCUf.ER.  V.  a.  Pousser  quelqu'un,  el  le 
réduire  en  un  cnîn ,  en  un  endroit  où  il  ne 
puisi^e  plus  reculer.  //  le  pouranivit  lèpée  à 
la  main.,  et  l'accula  contre  la  muraille.  Aoirc 
armée  avoit  acculé  celle  des  ennemis. 

It  se  dit  aussi  en  parlant  Des  sangliers ,  des 
loups,  des  renards,  et  autres  l)^tes.  Les  r/iie?ij 
avaient  acculé  le  sanglier,  le  loup^  le  renard. 
Le  blaireau  étoit  acculé  dans  son  terrier. 

Avec  le  pronom  personnel,  il  .signifie,  Se 
ranger,  se  retirer  dans  un  coin,  contre  une 
muraille,  pour  se  défendre,  et  pour  n'être  pas 
pris  par  -  derrière.  Se  voyant  poursuivi  p.tr 
ijuatre  hommes^  il  s'accula  contre  la  muraille^ 
et  se  défendit  long-temps. 

En  termes  de  Manège,  Le  cheval  s'acculcj 
Ne  va  pas  asseï  en  avant  h.  chacune  des  voltcs 

En  termes  de  blason,  Vn  cheval  accuU, 
Cabré  en  arrière  et  sur  le  cul. 

AcccLÉ,  KE.  participe. 

ACCUMULATEUR,  s.  m.  Celui  qui  ncru- 
mule.  L  n  grand  accumulateur  déçus,  de  vi- 
vres, etc. 

ACCUMULATIO:^.  s.  f.  Amas  de  plusieurs 
choses  aj(ïutées  ks  unes  aux  autres.  Accumu" 
hition  de  biens.,  d'honneurs. 

On  appelle  y/ccunuih'f  ion  de  droil .  Une 
augmentation  de  droit  sur  quelque  cliose 

ACCUMULP-R.  V,  a.  Am<isser  e;  mettre  «n- 
scmide.  accumuler  des  Hens,  des  trésors.  A> 
cuiniiler  sou  sur  sou. 

On  dit  fii;urément,  -accumuler  crime  sur 
crime,  pour  dire,  Ajouter  crime  sur  crime. 

AcCL'Mri,En,  est  aussi  v.  pron.  Et  dans  cette 
acct^)tion  on  dit,  Pes  arrérages  s'accumulent 
tous  les  jours,  p.  ur  dire,  Us  augmentent  tous 
les  jours. 

AcciMT  LÉ,  ÉE.  participe. 

ACCUSABLE.  adj.  des  a  genres.  Qui  peut 
ttre  accusé. 

ACf:USATEUR,  TRICE.  s.  Celui  on  celle 
qui  accuse  qudqu'uti  en  Justice.  Se  rendre  ae- 
ntstitciir.  File  $'est  rendue  accusatrice. 

ACCUSATIF,  s.  m.  T<Tmc  de  Grammaire. 
Le  quitri''Hie  cas  en  Crée  et  en  Latin.  Accusa- 
tif singulier.  Accusatif  plurieL  Ce  verbe  régit 
l'accusatif, 

ACCUSATION,  s.  f.  Action  en  Justice,  par 
laquelle  on  accuse  quelqu'un. /accusation  capi- 
lalf.  Il  y  a  plusieurs  chefs  d'accusation  contre 
lui.  Former  une  accusation.  Susciter  une  acci*- 
fdtion. 

U  se  dit  aussi  génrralemcnt  De  tout  repro- 
che, de  toute  imjmtalion  qu'on  fait  à  quelqu'un 
de  qnrlqtic  défaut  que  ce  soiu  Vous  l'accusez 
de  paresse,  de  peu  d  exactitude,  c'est  une  accu- 
sation bien  mal  fmdce.  On  l'accuse  de  beau- 
coup de  désordres,  mais  ce  sont  des  accusations 
calomnieuses. 

ACCUSER.  V.  «.Rendre  une  plainte  en  Jus- 
tice contre  quelqu'un  pour  crime,  déférer  en 
Justice    quelqu'un   pour    crime.    Accuser    uh 


ACE 

nomme  <U  vol,  i'assassinat.  Il  a  été  accusé 
d'woir  intellitjcncc  avec  les  ennemis.  Le  cri'mo 
dont  on  l'accuse. 

On  (lit  d'Un  criminel  qui  a  .ivoué  son  ctima 
en  Justice,  qu'il  s'est  accusé  lui-même;  et, 
Accuser  un  acte  de  piux,  i>our,  Soutenir  iju'ua 
acte  est  faux. 

AccusEn,  signifie  nussi  génér.ilcraent,  Im- 
puter quelrjue  faute,  quelque  déf.uu  à  quel- 
qu'un, lui  reproolier  quel(]ue  faute,  (juelque 
défaut. //ccwstT  fjuelijuun  de  nc^flitjcnce.  L'ac- 
cuser à  tort.  On  l'accuse  d'avoir  piit  cette 
satire. 

11  se  dit  aussi  au  sens  de  Scr\ir  de  preuve, 
ou  au  moins  d'indice  contre  quelqu'un.  Le  piil 
vous  accuse.  Toutes  les  apparences  accusent  sa 
mauvaise  intention. 

On  dit,  «S'accuser  en  Confession ,  accuser 
ses  pêches^  pour.  Déclarer  ses  péche's  au  Prêtre 
clans  le  Tribunal  de  la  Confession.  Il  fitut  s'ac- 
cuser de  tous  ses  péchés.  S'accuser  d'avoir  of' 
fertsé  Dieu. 

On  dit  à  certains  jeux  deCirles,  Accuser 
son  jeu,  pour.  En  déclarer  ce  que  les  régies 
veulent  qu'on  déclare.  Accu^e^  votre  point. 
Accusez  juste.  Vous  avez  accusé  faux. 

0*i  dit,  Ln  homme  accuse  juste,  accuss 
fnwc,  pour,  Il  est  exact  dans  un  récit,  ou  il  n« 
l'est  pas. 

Oo  dit  en  style  et  en  matière  d'alTaires ,  Ac- 
cuser la  réception  d'une  lettre,  jHjur,  Marquer, 
donner  avis  qu'on  l'a  reçue. 

AcccsEB  ,  ternie  de  Peinture.  Indiquer, 
ibire  sentir  certaines  parties  ou  formes  de< 
corps,  recouvertes  par  {juelque  enveloppe,  .'le- 
cuser  les  os ,  les  muscles  sous  la  peau.  Accuser 
le  nu  par  les  plis  des  draperies. 

Accusé,  ée.  participe,  .iccusé  de  meurtre, 
lie  vol. 

Il  est  aussi  substantif,  et  signifie,  Celui 
qui  est  accusé  en  Justice.  L'accusateur  et  l'ac- 
cusé. 

ACE 

ACEjNS.  s.  m.  Terre  ou  héritage  quelconque 
tenu  à  cens. 

ACE>ISEiMli:^■T.  s.  m.  Action  de  donner  à 
cens.  L'nccnsciiicnl  de  cet  héritage,  de  cette 
maison. 

ACENSER.  V.  .1.  Donner  à  cens  un  fonds  de 
terre,  une  maison,  i  condition  A  en  payer  un 
cens  ou  une  rente  seigneuriale.  Ce  seigneur  a 
"censé  vingt  arpens  de  l.rre,  ù  rui'son  de  dix 
livres  de  rente. 

AcEïsF,  ÉE.  participe. 

ACEPH.\LE.  adj.  des  2  genres.  Qui  n'a 
pomt  de  tùte.  Insectes  acéphales.  Monstre  acé- 
phale. Statue  acéphale. 

Il  sigciEo  au  figuré.  Qui  n'a  point  Je  clicf. 
Concile  acéphale.  Secte  acéphale. 

On  a  encore  donné  ce  nom  à  une  secte  d'an- 
ciens IliTCliques. 

ACERBE,  adj.  des  a  génies.  Qn',  est  d'un 
goAt  âpre.  Du  vin  d'un  joiil  aeei  fce.  Des  fruits 
i*cerbcs. 

ACERDITÉ.    5.   f.    Qu.,':ié   de   ce  qui   est 
Tome  l. 

i 


ACH 

acerbe.  Ce  fruit  est  d'une  acerhilé  insupporta- 
,  hle.  Il  est  de  peu  d'usage. 

ACÉUER.  V.  a.  IMettre  de  l'acier  avec  du 
fer,  aûu  de  reudre  celui-ci  propre  à  couper. 

Acéré,  ée.  participt\Il  signifie  en  Médecine 
et  en  Pharmacie,  Une  suveiu-  austère  cl  asirin- 
f;cnte.  Goiit  acéré. 

îl  est  aussi  adjcctil",  cl  n'est  d'usage  qu'en 
parlant  Du  ler,  lorsqu'il  est  reudu  tranchant  et 
perçant  par  le  incycu  de  l'acier.  Lame  acérée. 
Pointe  acérée.  î' lèches  acérées.  Des  Iraits  bien 
acérés. 

ACÉRÏDE.  s.  m.  EmpUue  fait  sans  cire. 

ACESCKNCIi:.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Dis. 
posilioa  à  l'acidité. 

ACKbCE.NT,  ENTE.  adj.  Qvi  approche  de 
l'acidité.  Les  alimens  Acescens  sont  ceux  qui 
aâectent  'e  goût  d'une  maoière  un  peu  pi- 
quaute. 

ACÉTEUX,  EUSE.adj.  Qui  tient  du  goiil 
du  vinaigre.  Plante  acétcuse. 

ACII 

ACIÎALANDER.  v.  a.  Procurer  des  clia- 
lands.  La  bonne  niarchandise  et  le  bon  marche 
achalandent  fort  une  boutique.  Ilcst  fort  achu- 
la  ndé. 

Il  est  aussi  pronominal.  Cc(te  boutique  com- 
mence à  s' achalander.  Si  vous  voulez  vous  acha- 
landcr^  logez- vous  dans  un  meilleur  quartier. 
Achalandé,  ée.  participe. 
ACHARNEMENT,  s.m.  Actiou  d'un  anima! 
5ui  s'attache  opimâtremenl  a  sa  proie.  L'achnr 
nement  d'un  loup.,  dun  animal. 

Il  se  dît  aussi  .  e  la  fureur  opiniâtre  avec  la 
r|ufllr  des  animaux,  et  même  drs  hommes,  se 
battent  les  uns  contre  les  autres.  L'acharne- 
ment de  deux  dogues  Vun  contre  Vautre.  Ces 
deux  animaux  se  sont  battus  avec  acharne- 
ment. 

Il  se  dit  aussi  figiirémcnt  De  l'animosît»'^  opi- 
niâtre qu'on  a  contre  quelqu'un.  L^adiarnc- 
ment  de  ces  deux  plaideurs  est  inconccviiMt*. 

ACH.4RNER.  v.  a.  E.\citer,  animer,  inilcr. 
Je  ne  sais  qui  peut  les  avoir  acharnés  les  uns 
contre  les  autres.  Il  est  fort  acharné  contre 
moi.  Ils  sont  acharnés  au  combat. 

Il  se  dit  aussi  avec  le  proocœ  personud,  cl 
fiil^uiûc,  S'attacher  avec  fureur,  avec  opluià- 
treté.  Le  lion  s'arharne  sur  sa  proie.  Ces  deux 
tigres  5'acnarneni  }  un  contre  Vautre. 

AcHA»>L,  LE.  participe,  i  n  com^ ut  acharné. 
Il   sii^riifi:  RU£-i,  Attaché  à  quelque  chose 
avec  e-v-rs.  Ln  homme  acharné  au  jeu,  aux 
procès. 

ACHAT,  s.  m.  Emplette,  acquisition  faite  à 
prix  d'argent.  Ln  bon  achat.  Ln  mauvais 
achat.  Faire  achat  de  marchandises. 

U  signifie  aussi  La  chose  achetée.  Je  veux 
vous  fiiire  voir  mon  achat. 

ACHE.  s.  f.  Uirbe  <jui  ressemble  ou  persil. 
En  certains  jeu.v  de  la  Grèce  on  donnait  une 
ronronne  d'achc  au  vainqueur. 

ACIIEMKNS.  *.  m.  pi.  Terine  de  Blason. 
Lambrequins  dccuu|iés. 


A  C  H  17 

ACHEMINEMENT,  s.  m.  Ce  qui  est  propre 
;i  faire  parvenir  à  la  fin  qu'on  se  propose,  dis- 
position,  préparation.  C'est  un  grand  achemi- 
nement à  la  pai.c.  Pour  acheminement  au  traité, 
on  résolut,  etc. 

ACHEMLNEU.  v.  a.  Il  n'est  en  usa^e  i  l'ac- 
tif,  qu'en  parlant  d'Aflaircs,  d'enircprises,  et 
signifie,  M(  itre  en  état  de  pouvoir  réussir.  Cet 
tvenement  peut  acheminer  la  paix.  Acheminer 
un  c/icvul.  Habituer  un  jeune  cheval  à  marcher 
droit  devant  lui. 

s'AcHE-viNEn.  V.  pron.  Se  mettre  en  cln  m'm. 
iNous  nous  acheminilmes  vers  un  tel  endroit. 

On  dit  figurément,  qu'Cnc  affaire  s'acht- 
mine,  pour  dire,  qu'Où  l'a  mise  en  bon  train. 
..\cuEjusÉ,  ÉE.  participe. 
Il  esl  aussi  ailjcclif ,  et  signifie  ,  Dégourdi , 
presque  dressé.  11  se  dit  d'Un  cheval. 

ACIIÉROJS.  s.  m.  Terme  de  Mythologie. 
Fleuve  d'Enfer.  Les  Poêles  le  prennent  pour 
l'Enfer  mcme,oupoiu-la  Mon.  /,  iii'are.-/c/iéron. 
ACHETER.  V.  a.  J'achète,  j  achetais.  Ac- 
quérir quelque  chose  à  prix  d'argent.  Acheter 
des  étojfùs,  des  provisions,  des  livres,  une  mai- 
son, une  terre  j  une  charge.  Acheter  argent 
comptant.  Acheter  à  crédit.  Acheter  à  bon  mar- 
che. Acheter  cher.  Acheter  à  vil  prix.  Acheter 
au  poids  de  l'or.  Acheter  au  double.  Acheter  en 
gros.  Acheter  en  détail. 

On  dit  proverbialement,  en  parlant  De  vin 
et  de  quelque  autre  liqj^fiT,  Qui  bon  l'achète , 
bon  le  boit  j  et  ce  proverbe  s'applique  à  toutes 
les  denrées  qu'on  achète. 

On  dit,  Aclieler  des  bans,  pour  dire.  Obte- 
nir dispense  de  faire  publier  des  bans  de  ma- 
riage. 

AcHETEn,  signifie  figurément,  Obienir  quel- 
';ue  chose  arec  beaucoup  de  peiue  et  de  difîi- 
rulté.  J'ai  bien  couru  pour  obtenir  cette  nrâcc- 
on  me  l'a  b'ien  fuit  acheter.  C'est  une  dignité 
tju'il  a  achetée  au  pri.v  de  son  sang.  C'est  ache- 
ter cher  un  repentir,  (fue  de  se  ruiner  pour  sa- 
tisftire  ses  passions. 
Acheté,  ke.  participe. 
ACHET'tUR.  s.  m.  Celui  qui  achète.  Le 
vendeur  et  l'acheteur. 

ACHÈVEMENT,  s.  m.  Fin,  exécution  en- 
tière, accomplissement  d'une  chose. /l  ne  nioA- 
tjue  plus  (ju'un  portail  pour  l'achèvement  de 
cette  église. 

11  se  dit  au  figuré  ,  De  la  perfection  dont  iir 
ouvrage  est  susceptible.  La  perfection  est  l'a- 
chèvement d'un  ouvrage. 

ACHEVER.  V.  a.  Finir  une  chose  commen- 
cée. Il  a  achevé  son  entreprise.  Les  hiîtimens 
sorit  achevés.  Il  a  fait  achever  sa  galerie. 

Achever  ,  se  dit  aussi  eu  parlant  Des  per- 
sonnes, et  signifie.  Porter  le  coup  mortel  ii 
quelqu'un  qui  est  déjà  blessé.  Ce  passant  a  été 
blessé  par  des  vcleurs ,  il  en  est  venu  'l'autres 
gui  l'ont  achevé. 

On  dit  aussi,  ie  Peintre  m'achcvera  aujour- 
d'hui, pour  dire.  Achèvera  mou  portrait. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  i-'oilii 
de  nuoi  m'achever,  pour  dire,  VoiU  de  quoi 
coasormmer  ma  ruine,  ma  perte,  mon  mallieur. 


iS 


AGI 


Achevé  ,  ée.  participe. 

11  est  aussi  adjectif ,  et  alors  il  signifie,  Ac- 
compli, parfait,  <]ui  a  toutes  les  bonnes  quo- 
llti^s  de  son  genre.  Un  ouvrarje  achevé.  Une 
beauté  achevée. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  qui  est  extréniemenl 
mauvais  dans  son  genre.  C'est  un  fou  achevé. 
Un  sot  achevé.  Un  scélérat  achevé. 

ACHII.LKE.  s.  f.  (On  prononce  les  I.  sans 
les  mouiller.)  Plante  radiée  qui  croit  sur  les 
montagnes.  C  est  une  espèce  de  Jacobée.  On 
prend  sa  feuille  en  tisane  ou  en  façon  de  tlié 
On  l'emploie  contre  l'aslhmc  et  les  maladies  du 
poumon. 

ACHIT.  s.  m.  Espèce  de  vigne  qui  croil 
dans  ril=  de  .Madagascar.  Klle  porte  beaucoui' 
de  grappes. 

ACHOPPEMExNT.  s.  m.  Il  ne  se  dit  guère 
que  dans  celle  phrase,  7'iene  d'achoppement. 
pour  dire,  Occasion  de  faillir,  de  tond)er  dans 
l'erreur.  Les  gens  déréglés  sont  îles  pierres  d'a- 
choppement pour  ceux  qui  les  fréquentent,  tel 
soi(e.«  de  propositions  sont  des  pierres  d'achop- 
pement pour  les  faibles. 

ACHORES.  s.  m.  pi.  Petits  ulcères  qui  vien- 
nent  à  la  tète  et  aux  joues,  espèce  de  teigne  qui 
attaijuc  principalement  les  enfai». 

ACHKOMATIOUE.  adject.  des  2  genres. 
Terme  d'Optique.  Qui  laisse  voir  les  qbjetJ 
sans  couleur  étrangère,  et  sans  iris.  Lunettes 
achromatiques. 

ACHRONIQUE.  adj.  des  2  genres.  Un  astre 
achroniquè,  Astre  oijposé  au  Soleil  dans  son 
lever  ou  dans  sou  coucher. 

A  Cl 

ACIDE,  s.  m.  Vn  des  sels  qu'on  appelle 
l'rir.iitifs.  Lorsqtie  ce  sei  est  pur,  il  est  tou- 
jours dans  un  état  fluide;  il  imprime  sur  la 
langue  une  saveur  piquante .  semblable  h  celle 
qu'y  excite  le  vinaigre;  il  change  en  rouge  \s 
couleur  bleue  des  (leurs ,  et  le  suc  qui  en  a  ctii 
tiré  :  lorsqu'il  esl  uni  avec  le  sel  qu'on  appclli 
Alcali ,  il  forme  dc3  sels  concrets  que  l'on 
nomme  .Sels  neutres.  Les  Chimistes  comptent 
trois  acides  :  i"  /-Vrirfe  lu'lri'o/ifjiie  ou  acidt 
universel,  c'est  celui  qui  se  tire  du  vitriol  ;  e'csl 
le  même  que  l'aeidcdu  soufre,  cl  il  est  généra- 
lement répandu  daus  l'air.  2"  l.'acide  niireux. 
c'est  celui  qui  se  tire  du  nilre  ou  du  salpêtre; 
on  lui  donne  aussi  le  nom  d'/ùui-^nrfc  ou  d'cs- 
pril-ric-nilre.  3"  L'acide  du  sel  marin,  c'en 
celui  qui  se  tire  du  sel  commun  ;  on  le  nomme 
Espri(-(i«-sel.  L'un  de  ces  aci'ics,  lorsqu'il  a  éi' 
tiré  des  plantes  ou  des  végétaux,  tel  que  11 
verjus,  le  jus  de  citron,  le  vin.-igre,  s'appelle 
Acide  végétal,  pour  le  distinguer  des  acide: 
qui  se  tirent  du  règne  minéral, que  l'on  nonmif 
Acides  minéraux. 

Acide,  est  aussi  adjectif  les  2  genres.  Ci 
dit.  Un  sel  acide,  une  liqueur  acide.  Alors  i 
signifie  Une  liqueur  ou  un  sel  où  l'acide  do 
mine. 

ACIDITE,  s.  f.  Qualité  de  ce  qui  est  ncidc 
L'acidité  de  ('oscille,  l'aeidifé  du  rerjus. 


ACO 

ACIDULE,  adj.  des  2  genres.  Qui  est  de  la 
nature  des  acides.  On  se  sert  de  ce  mot,  quoi 
ijue  assez  improprement,  (iDUr  désigner  d'-s 
eaux  minérales  froides ,  lors  même  (ju'elles  ne 
eimtiennenl  point  de  sel  aciile,  et  pour  les  dis- 
tinguer des  eaux  minérales  chaudes,  que  l'on 
nomme  Eau.c  thermales.  Daus  ce  sens  on  dit, 
que  Les  eau.t  de  Passy  sont  acidulés. 

ACIDUUÎR.  V.  a.  Rendre  aigre,  pi(piante . 
acide ,  une  chose  qi-.elconque,  en  y  mêlant 
quelipic  suc  aigre  ou  acide,  il  faut  aciduler  les 
tisanes  de  ce  malade.  Une  fcoisson  légèrement 
icidnlce. 

ACIER,  s.  m.  ?^om  que  l'on  donne  ^  du  fc. , 
lorsqu'il  est  parfaitement  pur, et  très-chargé  de 
■e  que  les  Chimistes  appellent  Principe  inflam 
jiable  ru  phlogistique,  ce  qtii  le  rend  beau- 
coup plus  dur  et  plus  élastique  que  le  fer  ordi- 
laiie.  Acirr  h  bonne  trempe.  Acier  de  Damiir, 
jame  d'nc'cr.  Couteau  d'acier. 

ACIÉRIE,  s.  f.  Bâtiment  où  l'acier  reçoit  s 
■emicre  façon  après  sa  fonte. 

ACL 

ACLIiWATER.  V.  a.  Voyez  AcC!:lvateb. 
ACO 

ACOLYTE,  s.  m.  Clerc  promu  îi  l'un  dct 
latre  Ordres  mineurs,  et  dont  l'office  est  d< 
|Orter  les  cierges,  de  préparer  le  feu,  l'encen- 
oir,  le  vin  et  l'ciu,  et  de  servir  à  r.4uiel  le 
Prêtre ,  le  Lli.icre  et  le  bous  -  Diacre.  Faire  tn 
fonctions  d'.icolytc  à  une  Grand'Messe. 

ACOMAS.  s.  m.  Arbre  des  Anlilles  propre 
B  la  menuiserie,  et  aussi  à  la  construction  de) 
navires. 

ACONIT,  s.  m.  Espèce  de  plante  vénéneuse 

ACOQUINANT,  ANTE.  adj.  Qui  acoquine 
qui  attire.  Le  ftu  est  acoquinant.  Une  vie  aco- 
iiuinante.  11  est  familier. 

ACOQUINER.  V.  a.  Attirer,  attacher,  faire 
rontracter  une  habitude.  Le  métier  da  aueu.ï 
acoquine  ceux  qui  l'ont  fnit  une  fois.  L'cisi- 
^el6  iicoejuinc.  Kn  hiver  le  feu  acoquine,  11  csi 
lauiilier. 

11  est  aussi  pronominal,  et  signiCe,  S'atta- 
c'ner  trop,  s'adonner  trop.  (1  s'est  acoquine  er 
ce  pays-là.  S'ncoqnincr  au  jeu, 

Il  se  dit  aussi  De  <iucl(|ues  animaux  domes- 
tiques. 71  ne  faut  pas  qu'un  chien  de  chasst 
-'acoquine  à  la  cuisine. 

Acoquiné  ,  ée.  participe. 

ACOU.SM.WE.  s.  m.  Rruit  de  voix  humaines 
ju  d'instrumens  qu'on  s'imagine  entendre  daus 
l'air. 

.\COUSTIQUE.  s.  f.  Théorie  des  sons  et  de 
leur*  propriétés.  Traité  d'acoustique. 

Acoustique,  se  dit  aussi  adjectivement,  en 
parlaut  Des  instrume'ns  qui  seiTcnt  J  augmen- 
ter le  son.  Cornet  acoustique. 

On  appc\W  y'erf  acoii.tliejiic,  Lo  nerf  qui  va 
^  l'oreille. 


ACQ 

ACQ 

ACQUEREUR,  s.  m. Celui  qui  acquiert.  Il  ne 
se  dit  guère  que  Dr  celui  qui  artjuiert  des  biens 
immeubles,  y^cijuereiir  ele  bonne  foi.  Un  tel, 
l'résent  acquéreur.  Nouvel  acquéreur. 

On  dit  proverbialement,  Il  y  a  plus  de  fous 
acquéreurs ,  que  de  fous  vendeurs. 

ACQUÉRIR.  V.  a.  J'acijuiers,  tu  acquiers, 
il  acquiert;  nous  acquérons,  vous  acquérez,  ils 
acquièrent.  J'acquérois.  J'ai  acquis.  J  acquis. 
J'acquerrai,  .icquicrs.  Que  j'acquière.  Que  j'ac- 
quisse. J'acquerrais.  Acquérant.  Acquis.  Rcndi  e 
sien  par  achat,  faire  acquisition  de  quelque 
chose  d'utile  et  d'agréable,  .^cejuérir  une  terre , 
une  charge,  une  maison,  un  pré,  une  rente.  Ac- 
quérir de  ses  deniers,  des  deniers  d'autrui.  Ac- 
quérir du  bien  légitimement.  Acquérir  du  bien 
par  de  bonnes,  par  de  mauvaises  voies.  Acqué- 
rir quelque  chose  en  son  nom,  au  nom  d'au- 
trui, sous  le  nom  d'un  autre.  Il  a  beaucoup 
acquis  dcjmis  quelque  temps.  Il  acquiert  tous 
les  jours.  Il  est  en  état  d'acquérir. 

On  dit  aussi,  Acquérir  les  droits  de  quel- 
qu'un. Acquérir  un  nouveau  droit  sur  quelque 
chose. 

AcQUÉi\in  ,  se  dit  aussi  De  toutes  les  choses 
honnêtes  qui  se  peuvent  mettre  au  nombre  des 
biens  et  des  avantages.  Acquérir  de  l'honneur, 
de  la  réputation,  du  crédit,  de  Vaulorité,  de 
la  science.  Il  s'est  acquis  quantité  d'amis.  Jl 
î'est  acquis  les  botmes  grâces  de  son  maître. 
Vous  avez  acquis  beaucoup  de  gloire  en  cette 
occasion.  Il  a  acquis  des  droits  à  l'eslipiie  pu- 
blique, ou  absolument,  à  l'estime. 

Acquis,  ise.  participe.  Du  bien  mal  acquis 
Qualités  natwrcllcs,  qualités  acquises. 

On  dit.  Je  vous  suis  acquis,  cet  homme 
m'est  acquis ,  pour.  Vous  êtes  assuré  de  inou 
attachement,  je  le  suis  du  sien. 

Acquis,  est  au.ssi  substantif,  et  dans  celle 
acception  l'on  dil,qu'l'n  lionime  a  de  l'acquis, 
beaucoup  d'acquis,  pour  dire,  qu'il  est  très- 
instruit  dans  sa  profession  ;  et  cela  se  dit  ordi- 
nairement en  parlant  D'un  Homme  de  Lettres, 
d'un  Médecin, d'un  Avocat,  etc. 

Ac:QUÊT.  s.  m.  Terme  de  Jurisprudence. 
f'.hose  .icquis'c,  ce  que  l'on  a  acquis.  Il  a  fnit 
un  bel  acquêt. 

On  dit  provcrhialemcnt,  71  n'y  a  si  bel  ac- 
quêt que  le  don ,  pour,  11  n'y  a  point  de  bien 
plus  légitimement ,  plus  agréablement ,  et  plus 
sûrement  acquis ,  q-ac  celui  qui  est  donné. 

En  style  ilc  Pratique  cl  ele  Coutume,  Je- 
qucts,  au  pluriel,  se  dit  proprein  ni  Des  biens, 
tant  meubles  qu'immeubles,  qu'on  a  acquis 
I  es  acquêts  et  les  propres.  Il  est  permis  à  un 
homme  de  disposer  de  ses  acquits.  Acquêts  et 
conqucts.  Les  droits  sur  les  francs-fefs  et  nou- 
veaux acquêts. 

Acquêt,  signifie  aussi,  Avantage,  profit, 
gain.  Il  n'y  a  pas  grand  acquêt  à  vendre  rr'lj 
marclianelise-là.  'l'ous  nure»  plus  d'acquit  de 
le  payer  que  de  plaider.  Il  est  familier. 

ACQUÊTER.   V.   act.  Terme  de  Jun'pni- 


ACQ 

*iencc.  Acquérir  un  immcuijie  par  uo  aclc  quel 
contjue. 

ACQUIESCEMENT,  s.  m.  Action  par  la- 
quelle on  se  soumet  à  quelque  chose,  on  se 
oonforme  aux  senlimens,  aux  volontés  d'aulrni. 
Un  entier  acquiescement  aux  volontés  dequel- 
ait'tin.  Acquiescement  à  la  Sentence ^  à  la  de- 
nuimle.  Acquiescement  à  la  vulonté  de  Dieu 
On  ne  peut  refuser  son  acquiescement  à  une 
proposition  si  bien  demontrce. 

ACQUIESCER,  v.  n.  Ucfcrcr,  ciidcr,  se 
soumettre.  //  a  acquiescé  à  ce  qu'on  souhaitoit 
de  lui./icquiescer  aux  scntimcns^  aux  volontés 
d'autrui.  Acquiescer  à  une  demande  ^  à  une 
Lienlence. 

ACQUISrnON.  s.  f.  Aclion  d'acquérir. 
Faire  un  contrat  d'acquisition.  Depuis  cette 
acquisition^  il  n'est  rien  arrivé,  ha're  une  ac- 
quisifiori.  Il  a  put  acquisition  d'une  belle  terre. 

Acquisition,  sij'nide  aussi,  La  chose  ac- 
quise, lionne  acquisition.  i'oHà  ma  nouveUi 
acquisition.  Il  lui  a  cédé  son  acquisition. 

ACQUIT,  s.  m.  Quittance,  dcchaigc. Terme 
de  finance.  J'en  ai  un  bon  acquit.  Je  ji>urnira\ 
des  acquits  bons  et  valables.  Pour  acquit. 

On  dit,  Payer  une  cfiosc  à  l'acquit  d'un 
nuire,  pour,L:i  payer  à  la  décharge  d'un  autre 
J'ai  payé  cela  à  Vucquit  de  la  succession.  Ce/.i 
va  à  l'acquit  des  mineurs.  Et  on  dit  Hfjurc- 
oient,  Faire  quelque  chose  pour  l'acquit  de  sa 
conscience  j  à  l'acquit  de  sa  conscience  y  pour, 
Afin  de  n'en  avoir  point  la  consci-.'nce  chargée. 

On  dit»  Jouer  à  l'acquit^  Korsrne.  dans  m,  ' 
partie  de  plusieurs  p:*rsounes,  ceu\  qui  ont 
perdu,  jouent  entre  eux  à  qui  piiiera  le  tout. 

On  dit,  Faire  quehjue  chose  par  manièri 
d'acquit,  pour,  Négligemment,  et  seulemeul 
parce  qu'on  ne  peut  pas  s'en  dispenser. 

Acquit,  au  jeu  de  Billard,  se  dit  Du  pre- 
mier coup  que  l'on  joue  pour  se  mettre  en 
passe.  Donner  un  bon  acquit  ^  un  mauvais 
acquit. 

AcQcn-À-CAUTiON.  s.  m.  Tenue  de  Bureau. 
Billet  ou  ccrli(icnt  que  les  Commis  d'un  bureau 
donnent  pour  faire  passer  librement  un  ballot 
ù  sa  dcblination. 

ACQDIT-PATKNT.  VoyCS  PATENT. 

ACQUÏTTEIÏ.  V.  a.  Rendre  quitte,  libérer 
ie  dettes.  II  a  acquitté  son  uini,  son  parent, 
sa  famille  y  sa  succession.  Il  s'est  obliqé  de 
m'acquilter  et  indemuiser.il  s'est  bien  acquitté 
depuis  un  tel  temps.  Il  s'est  acquitté  de  cent 
mille  francs  dej  uis  peu.  Il  a  u.  i^uitté  entière- 
ment  sa  terre.  Il  devoit  sur  $a  chaL^e,  mais  il 
l'a  lout-ii'piit  acquittée. 

On  dit  proverljialemc-nt ,  Qui  s'acquitte^ 
s'enrichit. 

On  dit  figurément.  S'acquitter  des  obliga- 
tions qu'on  a  à  quelqu'un^  pour,  Les  recon- 
noitre  par  ses  services;  et  géncndeincnl.  en 
parlant  Des  devoirs  et  obligations  de  la  vie,  et 
en  parlant  De  charge,  d'enq)lui,  etc.  on  dit, 
5'en  acijuitttT,  pour,  Y  satisfaire.  5'tir(^iiiïfer 
de  son  devoir,  s'en  acquitter  bien,  s'en  acquit- 
ter mal  S'acquitter  d'une  commission.  Il  s'ac- 
quitte bien  de  sa  charge.  H  j'ua^juilte  bien  de 


ACT 

tout  ce  qu'il  fait.  Il  s^acquitte  bien  de  cet  em- 
ploi^ il  s'en  acquitte  dinnement. 

On  dit  iîgurémeut,  Acquitter  su  conscience^ 
pour.  Faire  ce  qu'on  croit  être  obligé  de  faire 
en  conscience. 

On  dit  au  jeu  de  Billard ,  S'acquitter,  pour, 
Jouer  le  premier  coup  pour  se  mettre  en  passe. 

Acquit TEH  ,  signilîc  aussi.  Payer.  Il  a  ac- 
quitté toutes  les  dettes  de  sa  famille.  El  on  dit. 
Acquitter  un  con(ru(,  une  obligation^  j>our. 
Payer  les  sommes  portées  par  ce  contrat ,  par 
cette  obligation.  On  dit  dans  le  même  sens, 
S'acquitter. 

AeQUiiTii,  Éi:.  participe. 

ACR 

ACRE.  s. f. (La  première  syllabe  est  bK-ve.] 
L'ne  mesure  de  terre  contenant  uu  arpent  cl 
ilcmi,  ou  environ.  Cent  acres  de  ï^rre,  de  pre. 
ACRE.  adj.  des  2  genres.  Qui  a  qu(-'Ique 
cJiose  de  piquant,  de  mordicant,  de  corrosif,  etc. 
/  ne  ^t7c  dcre.  Il  lui  timiba  une  humeur  lîcri 
sur  les  yeux.  Liie  pituite  acre.  Le  suc  de  cetti 
herbe  est  acre.  Cela  est  dcrc  au  goût,  est  d'un 
goût  dcre. 

ACRKTf..  fl.  f.  Qualité  de  ce  qui  est  icre. 
'.'ilcreté  du  sel,  l'dcreté  de  la  bile. 

Il  se  dit  aussi  au  Bguré.  il  a  de  l'dcreté 
dans  l'humeur. 

ACRIMONIE,  s.  f.  Acreté.  L'acrimonie  du 
sel.  L'acrimonie  des  hutneurs. 

VCRIMOMEUX,  EUSE.  adi.  Qui  .i  de  1'.-.- 
rrîmonie.  Ces  ats  sont  acrimonieux. 

ACROSTICHE,  s.  m.  On  appelle  ainsi  Un 
ouvrage  composé  d'autant  de  vers  qu'il  y  a  de 
lettres  dans  le  nom  qu'on  a  pris  pour  sujet,  ci 
dont  chaque  vers  commence  par  une  des  lettres 
de  ce  nom,  prises  de  suite.  Ln  acrostiche  in- 
génieux, i  n  sonnet  par  acrostiche. 

Il  est  aussi  adjectif  des  2  genres.  5onne(i 
acrosïicnes.  i'ers  acrostiches. 

ACROTÈRES.  s.  m.  pi.  Ce  sonf.  des  espècei 
de  piédestaux  que  l'on  met  d'espace  en  espaça 
dans  les  balustrades,  de  manière  que  les  balus< 
Ires  répondent  siur  le  vide,  et  les  acrotères  sut 
le  plein. 

ACT 

Acte.  s.  m.  Action  d'un  Agent,  opératioa 
La  création  du  monde  est  un  acte  de  la  puis- 
sance de  Dieu. 

Il  se  dit  en  Logique  par  opposition  à  ce 
qu'on  3pp?)!c  Piiissrtncc,  c'est-à-dire,  Capacité 
d'agir,  qui  n'agit  p&s  encore.  Réduire  la  puis- 
sance à  l'acte,  La  conséquence  est  bonne  de 
l'acte  à  la  puissance. 

Ou  dit  en  termes  de  Pratique,  Faire  acte 
d'héritier,  pour.  Agir  comme  liéritier.  (Juand 
on  a  fait  acte  d'héritier^  on  est  obligé  aux 
dettes. 

Acte,  en  termes  de  .Morale,  se  dit  générale- 
ment De  toutes  sortes  d'actions.  En  ce  5ens 
on  dit,  Les  mêmes  actes  plusieurs  f>is  répétés 
ferment  l'habitude. 

H  se  dit  plus  particuliùremcnt  Des  *nouve-   | 


ACT 


^n 


mens  vertueux  que  l'-îme  produit  an  dedans 
d'elle-même,  et  principalement  de  tout  ce  qui 
regarde  la  Jîelij^ion.ylcÏL'  de  foi.  Acte  de  contri- 
tion. Acte  d'humilité. 

Ou  dit,  Acte  d'hostilité^  pour,  Aclion  hos- 
tile, '^^oy.  Hostiuté. 

On  dit,  i'rtirc  acte  de  possession,  pour, 
Disposer  d'une  chose  en  maître.  Voy.  Posses- 
sion. 

Acte,  en  termes  de  Jurisprudence,  se  Hit 
De  tout  ce  qui  se  fait  par  le  ministère  d'un  Of- 
ficier de  Justice,  soit  en  jugement,  soit  hors  du 
jugement.  Acte  authentique,  solennel,  public. 
Acte  passé  par-devant  \  otaircs.  Passer  un  act£. 
Signer  un  acte.  Prendre  un  acte  au  (irefj'c, 
UTi  acte  de  soumission. 

En  ce  sens,  il  se  dil  encore  Des  déclaraiions 
faites  en  Justice.  Demander  acte.  Prendre  acte 
de  sa  comparution.  On  lui  a  donné  acte  de  sa 
\dainte.  Acte  de  désaveu.  J'en  ai  l'acte  à  la 
main. 

Quand  on  anive  des  pi-nmiers  à  un  rcn.lez- 
vous  ,  on  dit  proverbialement  cl  figurément, 
Je  prends  acte^  ou  simplement.  Acte  de  ma 
diligence,  pour,  Je  n'ai  pas  manque  au  rendev- 
vous. 

On  appelle  Acte  sous  seing  pnVe',  Touïe 
convention  et  toute  recoanoissance passée  enltv 
des  particuliers  sans  être  revêtue  de  l'aulorilé 
[>ubli(|ue. 

On  appelle  Acte  Capiiulaire,  Une  dclibera- 
lioK  prise  dans  un  Chapilre  de  Chanoines»  o»! 
'1--  Religieux. 

Acte,  en  termes  d'École,  se  dit  D'une  <H1$^ 
pute  publl<.jue  où  l'on  soutient  des  Thèses, 
i' uire  un  acte.  Soutenir  un  acte.  Présider  à  un- 
acte.  Assister  à  un  acte.  In  acte  de  Philoso- 
phie. Ln  acte  de  Jhéoloqie.  l  n  acte  en  Sor- 
honne.  i  n  acte  aux  Ecoles  de  Droit.  Lu  acte 
aux  Kcoîes  de  Médecine. 

Acte,  en  termes  d'Oim-ages  diamatjqnes, 
se  dit  De  chacune  des  parties  principales  dont 
une  pièce  de  Théâtre  est  composée,  et  entre 
lesquelles  il  y  a  un  intervalle  pendant  lequel  le 
Théâtre  reste  vide.  L  ne  pièce  de  trots  actes,  en 
trois  actes,  de  cinq  actes,  en  cinq  actes.  Tous 
les  actes  de  cette  Tragédie  ne  sont  pas  de  la 
même  force.  Les  actes  se  divisent  en  scènes. 

On  appelle  Pièce  d'un  acte,  ou  Pièce  en  un 
acte.  Une  (lomédie  dont  toute  l'action  est  ren- 
fermée dans  un  seul  acte.  Les  Précieuses  ridi- 
cules de  Molière  sont  une  pièce  en  un  acte. 

Actes,  au  pluriel,  se  dit  Des  décisions  faites 
par  autorité  publique,  et  rédigées  dans  des  re- 
gistres publics.  Les  actes  du  iiénat.  Le  Sénat 
cassa  les  actes  de  iSeron.  Les  actes  des  Con- 
ciles. Cela  est  extrait  des  actes  publics, 

On  appelle  Les  ^c(e5  des  Apotrea.  Un  livre 
canonique  écrit  i^r  Saint  Luc,  et  conltnnnt 
une  partie  de  l'Uistoite  des  Apoires. 

ACTEUR,  TfilCE.  s.  Celui  ou  celle  qui  re- 
présente un  personnage  dans  une  pièce  de 
Théâtre.  I>on  acteur.  Grand  acteur.  Méchant 
acteur.  Excellente  actrice,  /'orniep  une  actrice. 
Instruire  un  acteur. 

Il  se  dit  (iguréineot  De  celui  qui  n  part  dans 
3. 


v^o  A  C  T 

1.1  runduitc.  d^ins  l'exécutioa  d'une  affaire.  Il  a 
été  un  des  priiidpaitjc  acteurs  dans  cette  néncf 
riattott.  L'homme  dont  tous  variez  est  un  tvés- 
bon  Officier  et  un  (jrand  acteur  un  jour  de 
comhiit. 

Il  Si"  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Dans  dfs 
parïiiis  de  jeu,  dans  des  parties  de  plaisir.  Il 
nous  manque  un  acteur.  Il  est  familier. 

ACTIF, IVE.  adj.  Qui  agil,ou  qui  o'.t  vertu 
d'agir.  Il  se  dit  par  opposition  h  Passif.  (Jualites 
rtCftVes.  Ondit  dnns  l'ancienne  Philosophie,  <jnr 
La  forme  est  active ,  et  qucla  matière  est  passwe. 

On  appelle  Dettes  aciivts,  L^5  sommes  dont 
on  est  créancier;  Dettes  passives ^  Les  sommes 
dont  on  est  dtîhilcur. 

On  dit,  eu  parlant  d'Election,  Avoir  voi.v 
active  et  passive,  pour,  Avoir  droit  dVlire  rt 
d'Atre  élu.  Dans  Vélection  des  Empereurs 
d\4Uemaqr,e ,  les  lAecteurs  Ecclésiastiques 
n'ont  nue  voir  active;  les  autres  Electeurs  ont 
voix  active  et  passive. 

On  dit.  Prendre  une  part  active  dans  uni 
affaire,  pour,  Concourir  de  son  action ,  de  son 
iiifluoDce.  Je  laisserai  fitre^  et  ne  prendrai 
point  de  part  active.  Il  a  eu  une  part  tri's-aC' 
tive  dans  le  succès. 

iVcTiF,  signifie  aussi.  Qui  agit  avec  promp* 
tiludc,  avec  force.  Le  fhti  est  le  plus  actif  det 
clémens. 

Il  signifie  aussi,  Qui  est  agissant,  diligent  j 
laborieux.  C'est  un  homme  actifs  exirême- 
ment  actif.  Un  esprit  actif. 

Ou  appelle  en  maliL-re  de  dévotion,  Vie  ac- 
tive, Celle  qui  consiste  dans  les  actions  exté- 
rieures de  pii':ié,  par  opposition  i  la  Vit*  con* 
lemplative,  qui  consiste  dans  les  sentimcns  e| 
dans  1<.'S  aficctîons  de  l'âme. 

Actif,  en  termes  de  Grammaire,  se  dit  Dej 
verbes  qui  expriment  une  action  dont  l'objel 
est  énonce  ou  sons- entendu.  Ainsi,  dans  cet 
phrases,  /limer  Dieu^  servir  son  ami,  bâtit 
itne  maison,  etc.  ces  verbes,  Aimer,  servir  el 
hdtir,  sont  de*  verbes  actifs. 

Il  se  dit  aussi  De  certains  adjectifs  verbaux, 
Ainsi  l'adjeciif  verbal,  iS'ecournblc,  qui  signifie. 
Qui  aime  îx  secourir,  Il  donner  du  secours,  esl 
un  adjectif  verbrl  actif  ^  parce  qu'il  a  une  si- 
gnification active.  Aimable  y  Qui  mérite  delrc 
aimé,  esi  un  adjectif  verbal  passif,  parce  qu'il 
a  une  significntiou  p.is::i«'c. 

ACTION,  s.  f.  L'opération  d'un  ag'^nt.  L'ac- 
tion du  feu  sur  U  bois.  L'action  di:  Soleil  sur 
les  plantes.  L'action  de  Vesprit.  Le  fuy  par  la 
violence  de  son  action^  vitrifie  les  métaux 
Une  action  vive,  soudaine j  momentanée. 

Act;os,  se  Hit  auFsi  par  rapport  h  la  I\Io- 
rrde.etse  dit  gcnéralement,  De  tou*.  ce  qu'on 
fait.  Bonne  action.  Mauvaise  action.  'S'Haine 
action.  Jctinn  noire,  iàchs.  Action  généreuse. 
Faire  de  belles  actions.  Action  militaire. 

Action,  se  dit  aussi  D'un  combat,  d'une 
rencontre  entre  des  Troupes.  Les  deux  armées 
êtoient  ii  près  l'une  de  l'autre,  qu'on  jufjea 
qu'elles  ne  se  séparcroient  pas  sans  qu'il  y  eût 
quelque  aciion.  C'est  un  Officier  admirable 
pour  un  jour  d'action.  Etifjager  une  action. 


ACT 

On  dit,  Des  troupes  commencent  à  'entrer 
i  :n  action,  pour,  Elles  commencent  à  agir,  à 
entreprendre.  Les  armées  commencèrent  tard  à 
entrer  en  action. 

Action,  s';  .lit  aussi  peur  marquer  La  Vo'lié 
menée,  la  chaleur  h  dire  ou  ;'i  faire  qucljue 
chose.  Parler  avec  action.  Varier  d'action.  Ce 
qu'il  fiit,  il  le  fait  avec  action. 

On  dit,  £lre  en  ficdon ,  pour.  Être  en 
mouvement ,  se  remuer,  s'agiter  souvent.  C'est 
un  homme  qui  est  toujours  en  action.  On  dit 
aussi  d'Un  cheval,  //  csf  toujours  en  action^ 
pour,  U  s'agite  contiriuellcnient. 

AcTios,  se  dit  aussi  De  la  contenance,  du 
maintien,  du  geste  d'un  homme.  C'est  son  ac- 
tion ordinaire  de  hausser  les  épaules,  de  peii' 
cher  la  tvte.  Il  se  tint  loun-tcmps  devant  lui  en 
action  de  suppliant. 

Action,  se  dit  plus  parliculiôremcnl  D< 
tout  ce  qui  regarde  la  contenance,  le  mouve- 
aient  du  corps,  et  les  gestes  de  l'Oratem-.  Cl 
Prédicnteur  n'ji  point  d'action.  Il  a  l'action 
\eUe,  noble,  libre,  aisée.  Cet  Acteur  a  l'action 
froide,  contrainte. 

AcriON,  se  dit  aussi  D'un  Discours  piiblic, 
lel  qu'un  Sirnion,  une  Harangue,  un  Plai- 
doyer. Une  action  publique.  Il  vieillit  en  ci 
lens.  / 

Action,  se  dit  aussi  d'Une  demande,  duns 
poursuite  en  Justice.  Action  criminelle.  Action 
civile.  Action  personnelle.  Action  réelle.  Action 
de  rapt.  Action  de  garantie.  Intenter  action  en 
Justice. 

Il  si^nilie  aussi  Le  droitqu'onade  fu're  v.u* 
demande  en  Justice.  Avoir  action  contre  quel- 
qu'un, il  Va  subrogé  en  ses  droits,  noms  et  ac- 
tions. 

Action,  se  dit  aussi  en  Poésie,  Du  princi- 
pal événcmeni  qui  fait  le  sujet  d'une  pièce  d' 
rhc.llre,  ou  d'un  Poënie  épique.  Il  fiut  dam 
un  Poëme  dramatique  qu'il  y  ait  unité  rf'nc- 
\ion.  Cet  Episode  n'a  point  de  rapport  à  U 
\}rincipal-  action  du  Poëme.  Vne  pièce  régu- 
lière ne  doit  point  avoir  duplicité  d'action. 

On  dit  aussi,  Il  y  a  beaucoup  d'action  dani 
une  Pièce  de  Théâtre,  dans  un  Poème  drama- 
!ique,  pour,  La  plupart  des  choses  s'y  passent 
rn  action,  et  non  en  récit;  et  les  évcucmcus  y 
naissent  les  uns  des  autres. 

Kn  parlant  Dj  nuelqucs  anciens  Conciles, 
on  appelle  Actioc..  Oi  que  dnns  les  derniers  on 
appelle  .Vcs-Tion.  Dans  la  pr'*micrc  action.  Dans 
la  seconde  action  du  Concile,  il  fut  délibéré. 

Action,  se  dit  aussi  De  la  somme  qu'on  a 
mise  dans  une  Compagnie  de  commerce, eu  dans 
cpielrpic  autre  Société  utile,  et  à  proportion  de 
laquelle  on  doit  avoir  part  au  ]>rofit  général  de 
la  même  ."-ociété.  Action  de  la  Compagnie  des 
Indes.  Avoir  une  action  à  la  Tontine. 

Ou  appelle  Actioti  Je  grdces,  Un  rcmerci- 
ment,  un  ïémoign;ige  de  reconnoïssance.  Ren- 
dre mille  actions  de  grâces.  LeJTe  Deuni  fut 
chanté  en  action  de  grâces.  On  lui  rendit  de 
très-humhlcs  actions  de  qraces. 

ACTIONNAlitE.  s.  Celui  ou  celle  qui  a  une 
ou  plusieurs  actions  daui  une  Compagnie  de 


ADA 

t-ommerce.  Les  Actionnaires  d:  la  Compagnie 
des  Indes. 

ACTIONNER,  v.  a.  Terme  de  Pratique.  Agir 
contre  quehiu'uii  en  Justice,  intenter  action 
ciuitie  lui.  yil  ne  paye  pas,  il  faudra  le  dire 
actionner. 

Actionné  ,  ée.  participé. 

ACTIVEiMENT.  adv.  D'une  manière  active. 
Cela  n'a  pas  été  coyidu:t  assez  activement.il  ne 
s'est  pas  montré  activement  dans  ce  procès^ 
pour,  U  n'a  point  paru  agir,  concourir  h  l'ac- 
lion. 

Il  se  dit  fréquemment  en  Grammaire.  On 
dit  d'Un  verbe  neutre.  Il  s'emploie  quelquefois 
activement ,  pour,  Il  s'emploie  quelquefois 
flans  une  signification  active.  Ainsi,  Parler, 
qui  est  un  verbe  neutre,  s'emploie  activement 
iJans  cette  plirusc,  C'c5(  un  homme  qui  parle 
bien  sa  langue. 

ACTIVITÉ,  s.  f.  Faculté  active.  Vertu  d'a- 
gir. L'nclû'ite  du  feu.  L'activité  des  esprits.  On 
appelle  Sphère  d'activité.  L'espace  dans  lequel 
1.1  faculté  d'agir  d'un  agent  naturel  esl  renlcr- 
niéc.  et  hors  duquel  il  u'a  point  d'action. 

Il  signifie  figurément,  Diligence,  prompti- 
tude, vivacité  dans  l'action,  dans  le  travail. 
J'admire  l'activité  de  cet  homme. 

ACTUEL,  ELLE.  adj.  Effectif,  rceb  Paie- 
ment actuel.  11  signifie  aussi  Piésent.  L'état 
actiieL 

Il  se  dit  dans  k  style  didactique  oii  diffé- 
rentes phrases,  et  par  opposition  à  diveises 
jioscs.  Ainsi  Chaleur  actufUe,  se  dit  par  oppo- 
■v.fion  à  Chaleur  en  puit^sance;  Intention  ac- 
luclle,  par  opposition  à  Intention  virtuelle; 
firdcc  actuelle,  par  opposition  à  (Jrâce  habi- 
luelle;  et  Péché  actuel,  par  opposition  à  Péclié 
nriginel. 

ACTUELLEMENT,  adv.  Présentement.  On 
\uqe  actuellement  mon  procès.  Il  demeure  ac- 
Uicllcmcnt  en  tel  endroit, 

ADA 

ADAGE,  s.  m.  Proverbe.  ïl  n'c  st  guère  d'u- 
E.ige  qu'en  plais:interie,  particulièrement  dans 
cette  phnse,  On  dit  en  commun  adage.  On  dit 
aussi,  D'un  bomme  qui  affecte  un  ton  senien- 
cieux,  Il  ne  parle  que  par  adages.  On  appelle 
Les  Adages  d'Erasme,  Un  recueil  qu'Erasme  a 
fait  des  Proverbes  de  la  Langue  Grecque  cl  de 
la  Langue  Latine. 

ADAGIO,  adv.  Terme  de  Musique,  qui  se 
met  à  la  tête  d'un  air,  pour  marquer  que  cet 
nir  doit  être  joué  d'un  mouvement  leni ,  mais 
moins  lent  cepend mt  que  le  mouvement  indi- 
qué par  Largo.  Il  se  dit  aussi  sulislantivcmenl 
De  l'air  même.  In  bel  adagio. 

ADAPTATION,  s.  f.  Action  d'adapter.  U 
n'est  guère  en  usage. 

ADAPTER.  V.  a.  Appliquer,  ajuster  une 
chose  i  une  autre.  Adapter  un  récipient  au 
chapiteau  d'une  cornue. 

ïl  se  dit  aussi  De  l'application  qu'on  fait 
d'un  mot,  d'un  passage  à  une  personne,  à  un 
sujet.  Ce  vers  de  Virgile  lui  est  bien  adapté. 


ADH 

Adapté,  ée.  participe.  Comparaison  bien 
aiUpIce.Vers  bien  adaplé.  yassagehieri  adapté. 

ADATIS.  s.  m.  Mousseline  des  Indes  Orien- 
tales. Les  tttUtis  les  plus  estimés  se  fntt  an  Ben- 
gale. 

A  D  D 

ADDITION,  s.  f.  (On  prononce  les  D.)  Ce 
qui  est  ajouté  à  quelque  cbose.  Faire  des  addi- 
tions, de  lonques  additions.  Vn  Hure  avec  des 
additions. 

On  dit,  en  termes  de  Pratique,  Informer 
par  addition,  pour.  Ajouter  une  nouvelle  in- 
ferm^ition  h  la  prctïiitTe. 

AnorriOM ,  »e  dit  aussi  De  la  première  rèsle 
d'Aritlinictiquc,  qui  apprend  à  ajouter  ensem- 
ble plusieurs  nombres.  Jl  ne  sait  encore  (juc 
itiddition. 

On  dit.  Faire  une  addition,  pour,  Praliquei 
ce  que  la  règle  d'addition  enseii^iie. 

ADDITlOKINiiL ,  ELLE.  adj.  ^ui  doit  être 
ajoute,  qui  est  ajouté.  Sou  additionnelj  ea 
matière  d  imposition. 

ADDITIONNER,  v.  act  Mettre  plusieurs 
nombres  ensemble  pour  en  savoir  le  total.  Jl 
f:ut  additionner  tontes  les  sommes. 

Additionné,  ée.  participe. 

ADDUCTEUR,  s.  m.  Terme  d'Anatomic. 
ftom  qit-i  se  donne  à  diflerens  muscles ,  dont  la 
fonction  est  de  mouvoir  pb  dedans  les  parties 
auxquelles  ils  sent  attaches.  L'adducteur  di 
l'œil.  11  se  prend  aussi  adjectivement.  Les  mus. 
clés  adducteurs. 

ADE 

ADEMPTION.  s.  f.  Terme  de  Jurispru- 
dence. Révocation  d'un  legs ,  d'une  dona- 
tion ,  etc. 

ADEPTE,  s.  m.  Celui  qui  est  initie'  dans  iej 
mystères  d'une  Secte  ou  d'une  Science. 

11  se  dit  parliculièremenlDe  ceux  q<]i  croient 
ttr<  parvenu?  nu  grnnd  oeuvre, 

ADEQUAT,  ATE.  adj.  Terme  de  Philoso- 
phie.  Entier ,  totaL  L'objet  ané(juat  d\int 
science.  L'idée  adéquate  d  une  chose. 

ADEXTIiÉ,  I;e.  adj. Terme  de  Blason,  qui 
se  dit  Des  pièces  qui  en  ont  une  autre  à  leur 
droite,  l'ai  adexlré  d'une  croix. 

ADH 

ADHÉRENCE,  s.  f.  Union  d'une  cbose  i 
une  autre,  /idhérence  de  deux  corps  entre  eux. 
H  y  a  adhérence  du  poumon  aux  côtes.  L^ad- 
néreuce  de  la  pierre  à  la  vessie ,  est  ce  qui  a 
empiché  le  succès  de  cette  taille. 

Il  signifie  figurcnient,  Attacliement  à  un 
mauvais  parti,  à  une  mauvaise  opinion.  On 
iacmsoit  d'adliéreutce  au  parti  des  rebellesf 
aux  opinions  des  hérétiques. 

ADHERENT,  ENTE.  adj.  Qui  est  attaché  Ji 
quelque  cljose.  (  ne  pierre  ndhércnte  à  la  ves- 
iie.  .■/l'oir  le  poumon  adhérent  aux  côtes. 

AniiÉnENT,  s  emploie  aussi  substantivement, 
te  lignifie  Celui  qui    st  du  watimeul,  du  parti 


ADI 

de  quelqu'un.  II  fut  condamné  avec  ses  adiiê- 
rens.  Ses  f  tuteurs  et  adhéren$.  En  ce  sens,  il 
IIP  s»'  dit  guère  cju'en  mauvaise  part.  On  l'cm- 
ploif  plus  ort-linoircmcnt  au  pluriel. 

ADIir.RER.  V.  n.  l^trc  attaclié  h  quelque 
chose,  contre  quelque  cliose.  En  ce  sens,  il 
n'est  gu^re  d'usaj^c  que  dans  les  phrases  qui 
suivent  :  On  trouini  en  l'ouvrant,  t^ue  son  pou- 
mon  adhcroit  aux  eûtes,  (jue  Ut  purrc  adhéroit 
à  la  vessie. 

Il  signifie  fi;urcnicnt,  I^trc  du  sentiment  ou 
du  perd  de  quoiqu'un.  Il  adhère  à  tout  ce  que 
7'ous  cites.  Adhérer  auic^fiittaisîeSj  aitr  opi- 
nions d'autrui.  Tous  ceux  (jui  ont  adhéré  à  ce 
varti-là. 

AtmFHF.H,  se  dît  pussi  en  termes  de  Prnti 
i(uc.  vt  sif;iii6c,  Confirmer  un  premier  acte  par 
nti  sub'ji''quent ,  iiiterjetor  une  nouvelle  appel- 
'atiun,  en  adhérant  i^  la  prcmiiire.  La  Cour 
adhérant  aux:  conclusions  du  Procureur  Géné- 
rât Adhérezr-vous  à  cela?  J'adhère. 

ADHÉSION,  s.  f.  Union  ,  jonction.  Ces 
deux  corps  ont  ensemble  une  adhésion  aui  les 
rend  difficiles  à  séparer. 

Il  signifie  :iussi,  Action  d'adhérer,  et  en  ce 
sens  il  se  dit  principalement  D'un  acte  par  le- 
quel une  Puissance  adhère  à  un  traite  qui  lui 
est  proposé.  Par  son  adhésion  au  tnuté.  Acte 
d'adhésion. 

AD  HONORES.  Mot  emprunté  du  Latin.  Il 
se  dit  De  ceux  qui  sont  décorés  d'un  titre  sans 
en  faire  les  fonctions,  ou  sans  en  avoir  les  ap- 
pointemens. 

A  DI 

ADLVNTIi:.  s.  m.  Plante  capillaire.  Elle  croît 
contre  les  murailles  et  dans  les  crevasses  de) 
vieux  édifices.  Elle  est  bonne  dans  les  maux  de 
poitrine. 

AniEU.T'açon  de  parler  elliptiqnr. C'est  un 
terme  de  civilité  *i*.  d's^iîtié,  d-^nt  on  se  sert, 
en  prenant  congé  les  uns  des  autres.  AdieUy 
Monsieur.  Adieu,  je  m^en  vais.  Dire  adieu.  I\ 
ne  lui  a  pas  seulement  dit  odleu.  Il  y  eut  bien 
des  larmes  répandues  quand  ils  se  dirent  adieu. 
Dire  adieu,  signifie  Prendre  congé.  Il  est  allé 
dire  adieu  à  un  tel.  il  ne  dit  janlais  adieu  à  ses 
amis. 

Adieu  vous  dis,  Façon  de  parler  populaire; 
et  Adieu,  en  voilà  assez ^  Façon  de  parler  fami- 
lière dont  on  se  sert  quand  on  veut  congédier 
un  importun,  6iiir  un  cntr«.'tien  qui  eunuie. 

Adiku,  se  dit  qur.l(|uefois  Cgurément,  en 
parlant  d'Un  homme  qui  ert  en  péril  évident, 
ou  dune  chose  qui  court  grand  risque.  Si  la 
fiF.'."-e  vient  à  redoubler,  adieu  le  malade.  Si 
vous  toucher  à  ce  cabinet .  adieu  mes  porcelai- 
nes. Adieu  ma  bouteille.  Adieu  la  voiture. 

On  dit  proverbialement. .^Wieu  panier ^  ven- 
danqes  sont  faites,  pour,  Ou  n"a  plus  que  faire 
du  panier,  rjuand  le:i  vendanges  sont  passées. 
Et  cela  so  dit  figurémcnt  De  toutes  les  choses 
dont  on  n'a  phis  que  faire,  ou  dont  on  ne  se 
(oucie  plus. 

On  dit  aussi  fi^unîmcnt,  Pire  adieu  au  montJc, 
pour,  Renoncerai)  monde,  se  retirer  du  monde. 


ADJ  ai 

Il  <;c  dit  dans  le  même  sens  De  toutes  îes 
choses  auxquelles  on  renonce.  Jl  a  dit  adieu  au 
l'alais.  Vire  adieu  aiuc  plaisirs,  aux  Muses. 

Adu:u,  est  aussi  substantif  masculin.  Vn 
t'ternel  adieu.  Les  adieux  furent  lonns  et 
tendres. 

ADIPEUX,  EUSE.  adj.  Terme  d'Anatomie. 
Il  se  dit  De  certains  vaisseaux  et  de  certaines 
membranes  qui  se  distribuent  à  la  graisse. 
\'eines,  artères  adipeuses.  Membrane  adipeuse. 

ADIRER.  V.  a.  Perdre,  égarer.  Il  n'est  guère 
d'usage  qu'en  style  de  Jurisprudence. 

AninÉ ,  ÉE.  participe,  i  lïre  adiré.  Pièce 
adirée. 

ADITION.  s.  f.  Terme  de  Droit,  qui  sii^nifie 
l'Acceptation  d'un  héritage. //(h ti'on  d'hérédité. 

A  D  J 

ADJACENT,  ENTE.  adj.  Qui  est  situé  au- 
près, qui  est  aux  environs.  Pays  adjacent. 
Lieux  adjaccns.  Terres  adjacentes.  Iles  adja- 
centes. I  out  le  Pays  adjacent,  il  ne  se  dit 
guère  que  De  ce  qui  est  étendu  en  surface. 

ADJECTIF,  adj.  m.  Terme  de  (irammaire, 
qui  se  dit  Des  noms  que  l'on  joint  aux  substan- 
tifs, pour  les  modifier  ou  les  caractériser.  Ainsi 
blanc,  noir,  froid,  chaud,  heureux,  malheu- 
reux, qrand^  petit,  etc.  sont  des  noms  adjectifs. 

H  se  prend  aussi  substantivement.  Un  ad- 
jectif verbal.  L^adjectif  doit  s^accorder  avec  le 
substantif  en  qcnre  et  en  riomî/re.  Un  adjectif 
masculin.  Un  adjectif  féminin. 

ADJECTIVEMENT,  adv.  En  manière  d'ad- 
jectif. Ce  mot  s'emploie  adjectivement. 

.ADJOINDRE,  v.  Q.  Joindre  avec.  Il  ne  se 
dit  que  Des  personnes,  lorsqu'on  eu  joint  une 
ou  plusieurs  à  une  autre  pour  avoir  soin  de 
quelque  afluîre.  Il  ne  pouvoit  pas  suffire  tout 
seul  à  un  si  yrand  emploi^  on  fut  contraint  de 
lui  adjoindre  quelqu'un. 

Adjoint,  ointe,  participe. 

Il  est  aussi  substantif.  C'est  mon  adjoint.  On 
lui  a  do}tué  un  adjoint,  des  adjoints.  Il  aura 
un  ici  pour  adjoint, Il  ne  iKut  poiïit  d'adjoint, 
il  veut  être  seul. 

AnJonST.  En  certaines  Compagnies,  C'est  un 
Ofiicier  établi  pour  aider  au  principal  Officier 
dans  les  choses  de  sa  charge,  et  pour  la  faire  eu 
son  absence.  Le  Hccteur  et  ses  deux  Adjoints- 
Le  Syndic  des  Imprimeurs  et  Libraires,  et  ses 
quatre  Adjoints. 

ADJONCTION,  s.  f.  Terme  de  Palais.  Jonc- 
tion d'une  personne  5  une  autre.  L'adjonctto  é 
de  ces  deux  Co»imissatrc5  fait  bien  espérer  d4 
son  afftiire.  H  n^y  a  qu'à  prononcer  une  a.i~ 
jonction  de  Commissaires, 

ADJUDANT,  s.  m.  Officier  subordonné  à  un 
autre  pour  l'aider  dans  ses  fonctions.  Il  s'em- 
ploie en  parlant  d'Officiers  étrangers,  au  civil 
et  au  niilit^iire. 

AIÏJUDICATAIRE.  s.  Celui  ou  celle  à  qui 
on  adjuge.  Il  est  adjudicataire  de  cette  maison, 
idjudicataire  des  fruits  de  cette  terre.  Adjudi- 
cataire de  ce  bien-là.  Elle  t'en  est  rendue  adju- 
dicataire. 


■.2  A  D  M 

ADJUDICATIF  ,  IVE.  adj.  Terme  de  Juris- 
pnideiice.  Qui  adjuge.  Juijement  atljudicat:  f. 
Sentence  ailjuilicative. 

AnJL'DICA'l'ION.  s.  f.  Acte  de  Justice,  pni 
lequel  on  ;idjuge  de  vive  voix  ou  par  éciil. 
l/aiijtidication  en  fut  juite  puhlùjucincnt.  Un 
bail  par  adjudication. 

ADJUGER.  V.  act.  Décimer  en  Jtigenieni 
iju'Uae  cliose  conlcitec  eiilre  deux  parties,  "p- 
partient  de  droit  à  l'une  des  deux.  La  Seiitenre 
lui  a  adjugé  telle  chose,  lui  a  adjarjé  les  dé- 
pens. Adjuger  la  récréance,  les  fruits. 

Il  signiKe  .lussi,  Attribuer,  délivrer  i  quel- 
qu'un par  autorité  de  Justice  un  bien  meuble, 
ou  immeuble,  qui  se  vend  ù  Icncliùre.  On  lui 
adjugea  ces  meubles.  Adjuger  une  terre  à  l'en- 
chère. Elle  lui  fut  adjugée  à  tant.  Adjugé  à  un 
(cl.  Formule  Je  si)- le  de  pratique. 

Adjugé,  éi:.  p.irlicipe. 

ADJURATION,  s.  £.  formu  e  dont  l'Égiisc 
se  sert  dans  les  cxoroi,suie3.  /-u,  Cidjuiatiowr.  gui 
l'oi  fuit  dans  les  exoici^incs.  Apres  plusieuis 
adjurations. 

ADJL'RIiR.  V.  a.  Commander  au  nom  de 
Dieu  de  faire  ou  de  dire  quelque  chose.  11  s'em- 
ploie pacticuliéremeut  dans  les  exorcismes.  Je 
l'adjure  de  dire  vérité.  Je  t'adjure  par  le  Dit\ 
vivant. 

On  l'emploie  quelquefois  dans  le  style  ora- 
toire. Je  vous  adjure  au  nom  de  la  Patrie. 

AujtnÉ,  liii.  pnticipe. 

A  D  M 

\DîVrETTRE.  V.  n.  (Il  se  conjugue  comme 
.1/e((re.)  Recevoir  à  la  participation  de  quelque 
avantage.  Admettre  guchju'un  dans  une  So- 
ciété, dans  une  Compagnie,  à  sa  iuhle.  /tdntct- 
tre  guelgu'nn  au  rang,  uu  iwmhre  de  ses  amis. 
Admettre  aux  Ordres  sacrés.  Admettre  à  la 
sainte  Table.  Admettre  à  la  Conmuinion  de 
l'Eglise.  Admettre  aiuc  Sacrcmens,  à  la  parti- 
cipation des  Sttcremens. 

On  dit,  Admettre  ^uelguun  à  se  justifier, 
l'rtrlnicflre  à  ses  preuves  justificatives,  à  ses  faiti 
justificatifs, poui-.  Le  recevoiràsa  juslilication, 
consentir  qu'il  se  justifie  dans  les  formes. 

On  dit  d.'uïs  le  munie  sens ,  Admettre  guel- 
gu'un  à  ftire  preuve. 

4Jn  dit  aussi.  Admettre  les  raisons,  les  cr- 
euses de  guelgiiuti,  jHjur,  Les  recevoir  pour 
bonnes,  pour  valables.  Admettre  une  rcguète. 

ADMErxRE,  iignilie  aussi,  Ufcoiinoilre  pour 
véritable.  Les  I  hilasopUes  admettent  pour  prin- 
cipe, gue...  Les  ï'Iiilosoplies  n'admettent  plus 
les  gualités  occultes.  Vous  admettez  tr.te... 

Admis,  ise.  p.irticipe. 

AhMIMGUI.E.  s.  ni. Terme  de  Pratique. Ce 
qui  aide  ^  faire  preuve  dans  une  afTaire  civile  ou 
crimînelL-.  //  n'y  a  pas  de  preuves  ftrmelles ,  H 
u  y  a  gue  des  adminicules.  C'est  un  grand  ad- 
mmicule. 

*<  te  dit  aussi  en  termes  de  Mc'decine,  De 
tout  ce  qi-.l  peni  servir  a  faciliter  le  bon  elTct 
U'iin  remède. 

ADMIMSTRATGUli,  TlilCE.  s.  Celui  ou 


ADM 

celle  qui  réi;U  les  biens,  les  affaires  d'une  Coin- 
'  iiiunautL-,  d'uu  Hôpital.  H  est  Admiinsiruteur 
iVun  tel  ilvpital.  Les  Jdm'uiistiatt^urs  (le  Vilù' 
Icl-I^ieii-  Cette  Ahbessc  a  clé  une  bonne  Admi- 
nistratrice. 

Il  se  (lit  d'Un  lionimc  chargé  de  (|uelqn(; 
partie  du  Gnuvcrncmenl.  C'est  un  matu^iii^ 
Administrateur^  un  ejccellcnt  Administrateur. 

ADMiNisTHATEun,  CM  parlant  Des  Etats  pos- 
sèdes par  divers  Princes  d'Allemagne,  sj  dil 
De  celui  qui,  pendant  la  minorité  du  Prince, 
a  le  gouvernement  de  l'I'itat.  J,c  Prince  Admi- 
uistrateur.  1/Admini9x<\ateur  de  Wirtembern. 

Il  se  dit  aussi  De  q\iclques  Princes  d'Alle- 
magne qiif  tiennent  des  Évêclirs  Lutliériens 
réiuùs  à  leur  Souveraineté.  V Administrateur 
ile  Matjdebourcj.  I/Evcifue  Administrateur. 

ADMIMSTRATION.  s.  f.  OirL-ction  d'une 
iffûirc  particuliùre.  L'administration  des  biem 
'.V:in  pii})Hle.  Il  se  dit  De  la  direction  des  af- 
faires publiques,  d'une  partie  du  Gouvernc- 
rr.eut.  Il  a  eu  lonrj-tenips  l'adminir-irction  dci 
/'iMiinct's,  des  principales  ajpiircs.  il  av'oil 
Vadministration  d^.  toutes  clwics.  Cet  hommi 
n'entend  rien  en  administration. 

On  dil  ,  L'administration  de  la  Justlcc^ 
pour,  L'exercice  de  la  Justice  avec  autorité  pu- 
!)lique\/i  n'a  aucun  é(jard''aux  personnes  dam 
l'administration  de  la  Jm^tice.  Les  abus  qui  sa 
commeifent  dans  Vadministration  de  la  Justice. 

Un  dit,  L'' administration  des  Sacreniens, 
pour,  L'action  dû  conférer  les  Pacremens.  Dans 
[administrdtwn  des  > acreniens,  il  faut  pren- 
dre qarde  r/»e... 

AU:\IINISTR?:R.  v.  a.  Gouverner,  régir. 
C^esl  un  homme  oui  a  toujours  sagement  admi- 
nistré les  alJhires.  On  Vaccusoit  d'avoir  mal 
administré  les  affiiires,  d^avoir  mal  administré 
(es  ]' inunct's,  /c's  revenus  de  l'Etat. 

Ou  dit.  Administrer  la  Justice^  pour,  Rert- 
dre  la  Justice;  et,  Administrer  les  Sacremens^ 
pdur,  Cotiféi'cr  les  Sacrenicns.  En  ce  sens  il  se 
dit  aussi  ab^olument.  II'  Curé  a  administre  ce 
malade. 

On  dit  en  ternies  de  Pratique,  Administrer 
des  témoinsy  des  preuves,  des  titres,,  pour, 
Fournir  des  témoins,  des  preuves,  des  titres.  Jl 
a  uhninistré  les  témoins  nécessaires  pour  véri- 
fier la  dénonciation  (ju^il  avoit  faite. 

Adriimstiik,  ke.  particioe.  Il  a  été  adminis- 
tre avant  de  mourir. 

AOMIlîABLK.  ad},  des  2  genres.  Qui  attire 
l'admiiation.  liieu  est  'idmirahlc  en  ses  œuvres. 
Cet  homme  est  admirable  par  sa  vertu  ^  dans 
sa  conduite.  Ce  Peintre  est  admirable  pour  son 
coloris. 

On  dil  duns  le  style  familier,  et  souvent  par 
ironie,  qu'(7n  homme  est  admirable,  que  ce 
(juil  dit,  que  ce  ({u'ii  fait,  est  admirable, 
pour,  <^)u'ou  est  surpris  ou  choqué  de  ce  qu'il 
dit,  de  ce  qu'il  fait.  Vous  êtes  admirable  de 
venir  ici  nous  contrôler. 

ADMlUAIÎLIv\U::Sr.  adv.  D'une  inanièrn 
admirable.  Cet  ouvrage  C5t  admirablement  beau. 
Il  peint  admirablement  bien.  Il  chante,  il  danse 
admit  aoleincnt. 


ADM 

AOAIIRATEUR ,  ATRICE.  s.  Celui  ou  celle 
qui  admire,  ou  qui  a  coutume  d'admirer.  C'est 
un  admirateur  de  l'Auti(piilé.  Il  est  de  vos  ad- 
mirateurs. C'est  un  admirateur  perpétuel.  Elle 
est  ijrandc  admiratrice  de  tout  ce  qui  est  nou- 
veau. 

ADMin.M'IF,  IVE.  adi-  Il  n'est  guère  d'u- 
sage qu'en  ces  phrases.  Point  admiralif^  par- 
ticule admirative.  Ou  appelle  Point  admiratif, 
Uu  signe  de  ponctuation  qui  se  marque  ainsi! 
et  qui  snrt  à  faire  coniioilre  qu'il  y  a  exclama- 
tion et  admiration  dans  le  discours.  Et  ou  ap- 
pelle P«r(icii/i:  adiMi'rud've,  Une  particule  qu'on 
emploie  aussi  h  marquer  l'aiimiration.  Ah  at 
(fueUpiefoii  particule  admirative. 

Eu  parlant  Des  difl'érens  caractères  des  Poètes 
tragiques,  ou  a  distingué  le  genre  adroiratif. 
pour  désigner  celui  qui  a  plus  particulièrement 
pour  objet  d'exciter  l'admiration.  Corneille  est 
supérieur  dans  le  qenre  udmiratif. 

ADMIR  \TI01N.  s.  f.  Scnlimcut  de  celui  qi  i 
regarde  une  chose  comme  merveilleuse  dans 
son  genre.  Quand  H  voit  un  beau  tahlàau,  il 
est  en  admiration  ,  il  e;t  ravi  en  admiration. 
Avoir  de  Vadniiration.Être  saisi  d'admiration. 
Causer  de  l'admiration.  Donner  de  l'admira- 
tion.  S^attircr  l'admiration  de  tout  le  monde. 
Mouvement  d'admiration.  Transport  d^adnii- 
ration.  C'est  u»  sujet  d'admiration.  C'est  une 
chose  digne  d'admiration, 

ADMIRER,  v.  a.  Considérer  avec  surprise, 
avec  étonncment  ce  qui  paroit  merveilleux. 
Admirer  la  future.  Admirer  Vimwensité  du 
Ciel.  Admirer  une  beauté  parfaite.  Admirer 
la  sagesse,  la  valeur,  la  magnificence  dun 
Frince. 

'  1  se  dit  aussi ,  en  critique  ou  par  ironie ,  De 
re  '{ui  paroit  extrême,  étrange,  excessif  dans 
son  genre.  J'admire  la  fdie  des  hommes.  Je 
vous  admire  de  vouloir  qu'on  suive  aveugle- 
ment vos  avis. 

AïoiinK,  !':e.  participe. 

ADMISSlBLi:.  adj.  des  2  g.-nres.  Valable, 
lecevablc,  qui  peut  cire  admis.  Ses  jnoycns  de 
PiCcpictc  civile  ont  été  jugés  admissibles.  Ses 
moyens  de  fiiux  ont  été  déclarés  pertinens  et 
admissddes. 

ADÎMISSU»'.  s.  f.  Action  par  laquelle  on 
est  admis.  Depuis  son  admission  aux  Ordres 
sacrés  j  il  a  toujours  vécu  en  bon  Ecclérii^- 
tifjue. 

ADMONÉTER.  v.  a.  Terme  de  Jurispra- 
dcnce,  dont  on  se  sert,  lorS'ju'Un  particulier 
ayant  manqué  en  quelijue  chose  qui  ne  mérite 
pas  une  grande  punition,  lo  Juge  le  demande 
pour  lut  taire  quelque  renioniranre  à  huis  clos, 
avec  défense  de  récidiver.  La  Cour  ordonna 
qu'il  scroil  mandé  et  admonété.  On  l'a  admo- 
nèté. 

AdmosÉtk,  ÉE.  participe.  Il  est  quelquefo» 
substantif ,  et  signifie  Aclioti  d'admonéier. 
L'admonété  n'emporte  point  d  interdiction. 

ADMOMTEUR.  s.  m.  Qui  a  la  fonction 
d'avenir,  de  donner  des  avis.  Un  sage  admcii- 
leur.  La  conscience  est  un  admoniteur  severe. 

.\l)M0MT10N.  s.  f.  Action  d'admonéier, 


ADO 

avertissement.    Jprès   plusieurs    ailmonitions. 
/iprès  deiLv  ou  trois  aâmonitions.  \ 

ADO 

ADOLKSCENCK.  s.  f.  L'i^c  qui  suit  la  pu- 
Ijeilé  ju9(fu'à  rage  viril,  c'est-à-dire,  depuis 
qualorie  ans  iusqu'à  vinj;t-ciuq.  Il  ne  se  dit 
guère  que  des  garçons.  An  commencement  de 
l'adolescence.  Il  est  encore  duns  l'adolescence. 

ADOLESCENT,  ENTP.  s.  Jeune  personne 
de  l'un  ou  de  Tautre  sexe.  Il  ne  se  dit  guère 
qu'en  plaisantant.  Un  jeune  adolescent.  Il  s'em- 
ploie quelquefois  adjectivement.  Un  jeune 
homme  encore  adolescent.  L'amour  adolescent. 
On  dit  aussi  figuiément,  Lue  vigne  adoles- 
cente, 

ADONIEN.  adj.  Il  se  dit  d'un  vers  composi! 
d'un  dactyle  et  d'un  spondée.  J.e  dernier  vers 
des  strophes  ea  vers  Saplii:jues  est  un  vers 
Adonien. 

ADONIS,  s,  m.  Plante  qui  jqjpioclie  de  l;i 
renoncule,  et  qui  vient  dans  les  l)lcs. 

ADONISEII.  v.  a.  Terme  de  plaisanterie  cl 
de  pure  conversation,  qui  ne  se  dit  qu'en  par- 
lant Du  trop  grand  soin  que  prend  un  Iipmnu: 
de  s'ajuster  pour  paroitre  plus  jeune  ou  plus 
beau.  Il  s'emploie  principalement  avec  le  pro- 
nom personnel.  H  aime  à  s'adoniser. 

Anosist,  ÉE.  participe. 

ADONNER ,  s'Adonner,  v.  qui  ne  s'emploii.' 
qu'avec  le  pronom  personnel.  Se  plaire  parti- 
culièrement îk  quelque  chose,  s'y  appli'iner 
av?c  chîîeurj  s'y  fivrer  habitueUemcut.  Il  s'a^ 
donne  à  l'étude,  aux  plaisirs,  à  la  chasse^  /) 
s^est  adonné  à  boire. 

On  dit  aussi ,  5'afJonner  à  un  lieu,  à  unt 
société,  à  une  personne,  pour,  Fréquenter  ha- 
bituellement un  lieu,  une  société',  voir  frù- 
quemraent,  familièrement  une  personne. 

On  dit  aussi, qu'L/n  chien  s'est  adonné  à  un 
Tiomme,  Lorsqu'il  s'est  attaché  à  suivre  quel- 
qu'un qu'il  a  rencontra  par  Iiasard;  et  on  dit 
qu7i  s'adonne  à  la  cuisine,  pour,  qu'il  y  est 
continu(.'llement 

s'AdonneiIj  se  dit  aussi  eu  parlant  De  che- 
Dain.  Ainsi  on  dit,  Je  vous  prie  de  passer  chez 
ftioi,  si  votre  chemin  s'y  fldonne.  pour,  Si  c'est 
votre  chemin  d'y  passer  en  allant  ailleurs.  En 
ce  sens  il  est  familier. 

Adonné,  ée.  participe.  Un  homme  adonné 
à  l'élude.  Une  femme  adonnée  au  jeu.  Être 
adonné  atix  femmes. 

ADOPTER.  V.  a.  Choisir  quelqu'un  pour 
fils  ou  pour  fille,  le  faire  entrer  dans  tous  \r< 
droits  et  dans  toutes  les  obligations  de  ses  pio 
prcs  enfans  :  ce  qui  n'étoit  en  usage  que  c\u/- 
les  Anciens.  Auguste  adopta  'î  ibère.  Chez  la 
Rcunaint,  ceux  (iu''on  avoit  adoptés  passaient 
dans  la  fimiUe  et  sous  la  puissance  de  celut 
ijui  les  avoit  adoptés. 

AooiMEn,  se  dit  au  figuré,  et  signifie,  Cou 
sidérer  et  regarder  comme  sien.  J'adopte  vos 
senfimens.  Je  n'adopUrai  jamais  une  pareille 
oj»  il  lion, 

II  se  dit  aussi  pour  Cloi-ir  de  pvéfcrcnce. 


ADO 

Après  avoir  essayé  des  dijfrrens  nenres  de 
leinture,  d  a  adopté  le  Paysage.Cet  Ecrivain 
a  adopté  depuis  peu  une  mauvaise  manière. 

ADOPTl^.,  ÉE.  participe. 

ADOPTII',  IVE.  adj.  Qui  est  adnpté.  Kn- 
fins  adoplifs.l'ils  udoptif.  l'Ule  adoptive.  Dans 
le  langage  de  rKcritun',  Jésus-Chuist  nous  a 
fiit  enfans  adoptij's  de  son  Vère. 

ADOPTION,  s.  f.  Action  d'adopter.  Tihèrc 
n^éioit  fils  d'Auqustc  que  par  adoption. 

Il  se  dit  aussi  au  sens  de  Choix  ,  préférence. 
Je  ne  sais  pas  ce  qui  a  pu  motiver  une  adop- 
tion aussi  bizarre.  C'est  son  goût  d'adoption. 

\  DORA  BLE.  adj.  des  2  genres.  Digne  d'être 
adoré.  Dieu  seul  est  adorable.  Les  mystères  de 
la  Religion  sont  adorables.  La  Providence  de 
Dieu  est  adorable  en  toutes  choses. 

A110HABI.E,  se  dit  par  exagération,  De  ce 
t|iie  l'on  estime  ou  que  l'on  aime  extrêmement. 
Ainsi,  un  amant  dit  De  sa  maîtresse,  qu'Ellc 
est  adorable.  Un  caractère  adorable.  Une  bonti 
adorable. 

ADORATEUR,  s.  m.  Celui  qui  adore.  Les 
adorateurs  du  vrai  Dieu.  Les  vrais  adorateurs. 

On  dit  par  exagération,  qu't/u  homme  es\ 
adorateur  d'une  femme,  qu'il  est  au  nombre 
de  ses  adorateurs,  pour,  qu'il  lui  est  fort  atta- 
ché ;  et  qu'(/n  homme  est  adorateur  d  un  autn 
homme,  pour,  qu'il  est  prévenu  d'une  estime 
extraordinaire  pour  lui,  qu'il  l'admire  en  tout 
ce  qu'il  fait. 

ADORATION,  s.  f.  Action  par  laquelle  oï 
adore.  î.^adoration  n'est  duc  qu\'t  /'it'u  seul. 

On  dit  aussi,  L^ûdoration  de  la  Croix,  allei 
à  Vadoration  de  la  Croix  :  mais  cela  ne  se  dit 
que  par  relation  à  Jksus-Christ. 

On  se  sert  aussi  du  mot  (ï Adoration  ^  eu 
parlant  De  ta  cérémonie  qui  se  pratique  à  l'é- 
g.ird  (l'un  Pape  nDUvellement  élu  ,  lorsqu'il  est 
mis  sur  l'Autel  après  son  élerlion,  et  que  les 
Cardinaux  lui  vont  rendre  hommage,  l't  ç'csl 
en  ce  sens  qu'on  dît,  Aller  à  Vadoration  da 
Pape. 

Ou  dit  aussi  dans  cette  même  acception, 
'ju'L'n  Pape  est  fut  par  v^ie  d'adoration, 
lorsque  tous  les  Cardinaux  U  vont  rcconuoîlrc 
(  "ur  Pape,  sans  avoir  fait  de  scrutin  aupara- 
v.int. 

ADORER.  V.  a.  Rendre  à  Dieu  le  culte  qui 
lui  est  dû.  Il  ne  faut  adorer  que  Dieu.  Adorer 
e  vrai  Dieu  en  esprit  et  en  vérité.  Adorer 
lésts-CHiusT  dans  l'Eucharistie.  Les  Païens 
.tuoroient  de  faux  Dieux.  Les  Israélites  adore 
rent  le  veau  d*or. 

On  dit  aussi,  Adorer  la  Croix  :  mais  c'est 
ians  un  autre  sens  qu'adorer  Dieu,  et  seule- 
ment par  rt^lalion  ù  Jksus-Chuist. 

On  dit  en  ce  sens,  Adorer  les  Reliques.  On 
tdore  les  Reliques  de  St.  Janvier  dans  une 
très-helle  Chapelle  à  Saples. 

AoonEn,  se  met  quelquefois  sans  régime. 
Les  Juifs  adoroicnt  à  Jérusalem ^  et  les  Sama- 
ilains  à  Samarie,  Le  peuple  d'Israël  alloîi 
adorer  sur  les  montagnes. 

Ai>oiiEn,ne  signifie  quelquefois, que  Rendre 
des  respects  extraordinaires ,  en  se  prostci  oauL 


ADO  23 

La  Peine  Esther  adora  le  Roi  Assuérus.  Les 
Ji'ois  de  Perse  se  fiisoient  adorer. 

Adoreti  ,  se  dit  encore  par  exagération  , 
pour,  Aimer  avec  une  pï'ssion  excessive.  Il  ne 
l'aime  pas,  il  l'adore.  Cette  mère  est  folle  de 
son  fils,  elle  l'adore. 

On  dit  proverbiah-ment  et  figiirémcnt,  Ado- 
rer le  veau  d'or,  pour,  Faire  la  cour  h  un 
homme  de  peu  de  mérite,  h  cause  de  ses  ri- 
ches^.cs,  ou  ù  cause  de  son  crédit. 

AoonÉ,  ÉE.  participe. 

ADOS.  s.  m.  Terme  de  Labourage  et  de  Jar- 
dinage. Terre  qu'on  élève  en  talus  le  long  de 
quelque  mur  bien  exposé,  pour  y  semer  quel- 
que chose  qu'on  veut  faire  venir  plus  tôt  qu'on 
m;  le  pourroit  en  pleine  terre. 

ADOSSER.  V.  a.  Mettre  le  dos  contre  quel- 
que chose.  Adosfser  un  enfant  contre  la  mu- 
raille pour  l'empêcher  de  tomber.  Il  z'adossa 
cintre  la  muraille,  et  se  défendit  long -temps 
de  la  sorte. 

Il  se  dit  aussi  fij^urémont  en  parlant  d'Un 
h.'itimcnt  qu'on  place  contie  une  montagne, 
contre  uu  rociier;  d'un  appentis  qu'où  appuie 
Donlre  un  Miiraent. 

Adossé,  ée.  participe.  En  termes  de  Bla- 
son ,  ii  se  dit  De  deux  pièces  d'armoirii-s  , 
comme  deux  lions,  deux  poissons,  mis  dos  à 
dos.  Le  Ihiché  de  Bar  a  pour  armes  deux  baids 
adossés.  Il  porte  de  qiieuïcs  à  deux  lions  ados- 
sés. Les  peintres,  Les  Sculpteurs  et  les  Anti- 
quaires se  servent  du  même  terme,  en  parlant 
De  deux  tétcs  mises  sur  une  même  lic;ne  c 
sens  oppose. 

ADOUBER  ,  V.  n.  qui  ne  s'emploie  qu'abso- 
lument, et  qui  n'est  guère  d'usage  qu'au  Tric- 
trac et  aux  Échecs,  dans  cette  phrase,  J'u- 
douftc,  par  laquelle  on  marque  qu'on  ne  touche 
une  pièce  que  pour  f  arranger,  et  non  pour  la 
jouer. 

Il  se  dit  aussi,  mais  activement,  en  fait  de 
Marine.  Adouoer  un  vaisseau,  C'est  y  faire  les 
réparations  nécessaires  pour  qu'il  puisse  soute- 
nir la  mer.  Ces  réparations  se  renouvellent  de 
temps  en  temps,  et  alors  elles  s'appellent  Ra- 
douber. Voyez  ce  mol. 

AnoiBEn.  V.  a.  Boucher  des  lions  dans  une 
machine,  dans  une  fontaine,  etc. 

ADOUCIR.  V.  a.  Rendre  doux,  tempérer 
Tûcrcié  de  quelque  chose  d'ai;»re,  de  piquant, 
de  saJé.  Adoucir  Vacide  du  citron  avec  le  sucre. 
Adoucir  avec  de  Veau  une  sauce  trop  salée.  C cla 
adoucit  Vâcreté  des  humeurs.  Adoncir  Vdcrcté 
du  sang. 

On  dit.  Adoucir  sa  voix.  Parler  d'un  ion 
moins  aigre  ou  moins  élevé;  Adoucir  une  cv- 
presùon,  La  corriger,  la  tempérer  par  i\uc 
nutn-  moins  dure.  Cette  crid'^uc  est  trop  sé- 
vère, il  fiut  Vadoucir. 

On  dit,  que  La  pluie  adoucit  le  temps, 
pour,  qu'Klle  le  rend  moins  froid. 

Aooucin,  signifie  aussi,  Rendre  moins  (a- 
rlicux  et  plus  supportable.  Cela  adoucira  vu 
peu  votre  mal  ii  quelque  chose  vouvoit  adou- 
cir ma  peine.  Adoucir  iVriiiui,  ramer(wnic,  le 
cacnrin ,  cfc 


24  ADR 

On  dit  dons  le  même  sens,  Adoucir  l'Iiu- 
vieur,  le  caractère. 

On  dit,  Aiioucir  Us  (rails,  arloucir  l'air  dn 
visage^  pour,  Les  rendre  moins  iiidcs.  La  ma- 
nière de  se  coi/fur  adoucit  l'air  dit  visage,  ou 
îc  rend  plus  rude. 

On  dit,  en  termes  de  Peinture,  Adoucir  les 
iraits  d'une  figure ,  pour,  Les  rendre  plus  ten- 
dres, plus  délicats.  Il  finit  un  peu  adoucir  les 
contours  de  cette  figure,  (jiii  sont  trop  nutr- 
ijiiéî,  trop  ressentis.  Adoucir  l  effet  d'une  cou- 
leur, La  tempérer  par  le  mélange  d'une  leintc, 
ou  ropposition  d'une  couiour  amie. 

Il  signifie  encore,  Apaiser.  Adou'.ir  la  co- 
lère de  quelqu'un,  .tdoucir  un  esprit  irrité. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel,  e 
signiâc,  Devenir  plus  doux,  ion  tiumeur  s'a 
doucit.  Le  temps  commence  à  s'adoucir.  7  ou> 
tes  maux  s'adoucissent  avec  le  temps,  iu  voiz 
s  adoucit. 

Adouci  ,  lE.  participe. 

ADOUCISSANT,  s.  m.  Remède  qui  adoucit. 
Donnez-  lui  des  adoucissans.  11  est  aussi  adjec- 
tif. £lia:ir  adoucissant.  Tisane  adoucissante. 

ADOUCISSEMEM.  s.  m.  Action  par  la- 
-luelle  une  chose  est  adoucie.  L'état  d'une 
.liose  adoucie.  Il  pavoit  (piclijuc  adoucissem^inl 
dans  son  état.  La  censure  est  tempérée  par 
guelques  adoucissemens.  îl  a  rendu  son  tableau 
beaucoup  plus  beau  par  l'adoucissement  dci 
contours. 

Il  se  prend  aussi  fi^urément,  poui',  Soula- 
gement, diminution  de  peine ,  de  doulciu'.  71  y 
m  quetnue  adoucissement  dans  ses  maux,  liien 
lie  peut  apporter  le  moindre  adoucissement  à 
sa  douleur. 

Il  se  dit  encore  Du  temps.  Il  y  a  quelque 
adoucissement  dans  le  temps.  c'est-i»-dire  ,  Le 
temps  n'est  plus  si  rude,  si  fâcheux,  il  ne  fait 
plus  si  froid. 

Il  se  dit  aussi  6gurement  en  parlant  Des 
choses  morales,  des  adàires;  et  il  signifie.  Ac- 
commodement, tempérament,  expédient  pro- 
pre à  concilier.  Ac  suuroil-on  trouver  d'adou- 
cissement à  cela?  On  trouve  des  atloucissemens 
à  toutes  choses.  Les  ajfnires  sont  fort  ainries 
entre  eux,  on  y  cherche  quelque  adoucisse- 
ment. 

ADOUÉ,  ÉE.  adj.  Ternie  de  Chasse,  qui 
signifie  Accouplé  ,  apparie.  Les  perdrix  sont 
ud'L.uces. 

A  DP 

AD  PATRES.  Expression  latine,  <jui  si- 
gnifie Vers  SCS  pères.  On  s'en  sert  m  Trançtiis 
dans  le  style  familier,  pour  désigner  Quelqu'un 
qui  es;  racrt.  Il  y  a  long-temps  qu'il  est  ad 
patres,  pour  dire,  Il  j  a  long-temps  qu'il  est 
mort 

A  DU 

ADRESSANT,  AMTE.  adj.  Qui  «adiessc, 
qui  es;  adressé.  Il  n'est  guère  d'usiijjc  que  dans 
celle  plirass,  i-cllres  paientct  adressantes  au 
Parlement. 

ADUESSIv.  j.  f.  Indication,  dés'ignatio:^-, 


ADR 

soil  de  la  personne  à  tjuî  il  faiil  s'adresser,  soîi 
du  iieii  où  il  faut  alJer  ou  envoyer  Donner  uue 
adresse  four  faire  tenir  des  lettres.  Une  bonne 
adresse.  Une  adresse  sûre.  Une  piussc  adresi\s. 
Je  vous  donnerai^  je  vous  laisserai  mon  adresse. 
Envoyer  une  lettre  à  son  adresse. 

On  dit,  Faire  tenir  des  lettres  à  leur  adresse, 
à  leurs  adresses^  pour ,  Envoyer  des  letti-cs  u 
ceux  h  qui  elles  sont  adressées. 

On  dit  fîgurcmiut  et  familièrement,  d'Un 
ir.iit  malin  ou  qurlqu'uu  csl  désigné,  Cela  ru 
à  l'adresse  de  M.  un  tel;  et  pour  dire, qu'il  sera 
aperçu,  senti,  Le  trait  arrU'era  à  son  adresse. 

On  appelle  Bureau-  d'adresse ^  Un  lieu  où 
l'on  s'ad res.se  pour  diverses  clioses  qui  regardent 
I'  société  et  le  commerce.  Il  est  principalement 
en  usaf;e  en  parlant  Du  lieu  ou  l'oa  reçoit  les 
nouvelles  pour  la  Gazette,  et  où  on  la  débile. 
Et  on  dit  iigurément  d  Une  maison  où  l'on  dé- 
bite ordiuairemeul  beaucoup  de  nouvelles,  que 
C'est  un  vrai  bureau  d'adresse. 

On  dit  aussi  d'Un  bomjiie  qui  donne  indis- 
crètement des  commissions  importunes,  H  nia 
pris  pour  son  Bureau  d'adresse. 

ADRESSE,  s.  f.  Dextérité  .  soit  pour  Jei 
choses  du  coq>s,  soit  pour  celles  de  resprît 
Grande  adresse,  îl  fût  toutes  choses  avef 
adresse.  Il  a  beaucoup  d'adresse  à  faire  toui 
ses  exercices.  AdtV.sse  d''e'sprit.  Il  faut  traiter, 
il  faut  manier  cette  affaire  a\'ec  adresse.  Il  i 
lire  cela  de  lui  par  adresse. 

On  appelle  7  our  d'adresse,  Un  tour  de  sub 
tilité  de  main.  C'est  un  Itonime  ijui  suit^  qu. 
Iiiit  des  tours  d'odrcst.e. 

M  se  prend  aussi  pour  Un  tour  de  (încsst 
d'esprit.  H  lui  a  joué  un  tour  d'adresse. 

On  dit  aussi  De  certaines  loiu'uures  fines  d< 
style,  Ce  sont  des  adresses  de  style;  et,  D« 
certains  coups  de  pinceau  qui  aident  à  l'eÛet. 
l'Cs  odrcsse-s  de  pinceau. 

ADRESSER,  v.  a.  Envoyer  directement  à 
quelque  personne,  en  quelque  lieu.  Adresser 
une  lettre,  un  pa  ptet  à  ijudcpi'un.  i'nic:  n'avez 
qu^à  me  Vadresser  à  un  tel  endroit.  Vous  adres' 
serez  vos  lettres  à  un  tel  pour  ms  les  fain 
icnir.  Vous  m'avez  adressé  un  homme  t^uî  n'a 
pu  me  rendre  raison  de  rien.  H  m'd  adressé  à 
un  excellent  ouvrier. 

On  dit ,  adresser  le  discours ,  «dresser  h\ 
parole  à  (juel(fu*un.  |îour.  Parler  directement 
a  quelqu'un.  Un  dit  aussi  dans  le  mf*me  sens, 
Adresser  ses  va-ux ,  adresser  ses  prières.  Et  on 
dit  aussi ,  Adresser  ses  pas^  pAur,  Toui-ner  se. 
pas  vers  quelque  endroit,  aller  vers  quelque  lieu. 

!i  s'emploie  souvent  avec  le  pronom  per- 
sonnel, pour,  Aller  trouvei  directemeut  quel- 
qu'un, avoir  recours  h  lui.  Il  faut  s^adrcsser 
à  un  tel  pour  cette  affaire.  Je  m^adresse  à  vous 
comme  à  la  seule  personne  de  (jui  je  puis  espé- 
rer (jueUiue  secours.  Et  ou  dit.  Vous  vous 
adressez  uia/,  pour.  Vous  vous  méprenez;  soit 
qu'on  ne  puisse  accorder  la  chose  demandée, 
soit  qu'on  ne  le  veuille  pas  :  ce  qui  se  marque 
encore  ilavaiila;;c  dans  ces  plirascs,  A  qui  vous 
a  dressez- vous,  à(pii  pensez-vous  vous  adresser? 

On  dit,  q  l'f.  ne  lettit  s'adresse  à  (pteliiuunf 


ADU 

poui,  Que  la  suscription  delà  lettre  marque 
que  c'est  à  lui  qu'elle  doit  être  rendue.  Le  pa- 
quet s'adresse  à  voiisj  mais  il  y  a  une  lettre 
pour  moi 

On  dit  d'Une  chose  qui  concerne  quelqu'un, 
qui  le  désigne  dans  le  discours,  dans  lui  com- 
pliment indirect ,  dans  une  critique  ou  même  il 
n'est  pas  nommé.  Cela  s'adresse  à  vous. 

.■VDnESSER.  V.  n.  Toucher  droit  oii  l'on  vise. 
.'tdresser  au  but.  Vous  avez  bien  adressé,  vous 
n'avez  pus  bien  adressé. 

AnnEssÉ ,  tE.  paiticipc. 

ADROIT,  OHE.  adjcct.  Qui  a  de  l'adresse, 
de  la  dextérité.  ïl  se  dit  Du  corps  et  de  l'esprit. 
Il  est  adroit  à  ses  exercices.  Adroit  à  courir  la 
laque.  Adroit  comme  un  singe.  Etre  adroit  à 
manier  la  esprits.  C'est  un  esprit  adroit. 

ADROn'EMEJiT.  adverbe.  D'une  manière 
adroite,  avec  adresse.  Il  fait  adroitement  dci 
armes.  Il  a  conduit  cette  affiiire  fort  adroilt' 
ment.  Il  s'est  tiré  adroitement  d'afj'nire. 

ADU 

ADULAl-EUR,  TRICE.  S.  Flatteur,  flat- 
teuse. Celui  ou  celle  qui,  par  bassesse  et  parin- 
Icrét,  donne  des  louanges  excessives  à  une  per- 
sonne qui  ne  les  mérite  pas.  Lâche  adulateur. 
Les  adulateurs  ont  perdu  ce  Prince.  C'est  un 
perpétuel  adulateur.  C'est  une  grande  aduiu- 
Irice. 

ADULATION,  s.  f.  Flatterie  la.-.he  et  fiasse. 
n  y  a  trop  d'adulation  à  cela.  C'est  une  adu- 
LiMon  honteuse. 

ADULER.  V.  a. Flatter. Il  est  depeu  d'usage. 
Aduler  la  puissance. 

ADUL  l'E.  adj.  des  2  genres.  Qui  est  par- 
venu ù  l'adolescence,  à  l'âge  de  raison.  71  n'é- 
loit  pas  encore  adulte.  Lne  personne  adulte. 

Il  est  aussi  substantif.  Le  Baptême  des 
adultes.  Il  n'est  guère  d'usage,  soit  à  l'adjectif , 
soit  au  sulelantif ,  que  dans  les  phrases  précé- 
dentes. 

ADULTÉRATION,  s.  f.  Terme  de  Jurispru- 
dence. .\clion  de  gâter  cl  de  dépraver  ce  qui 
est  pur.  L'utliillcrfllion  des  monnoies  est  un 
délit  capital. 

Adultère,  adj.  des  ?.  gemes.  Qui  viole 
la  foi  conjugale.  Epouv  adultère.  Commerce 
aùultere.  .Imouradtllére.  Une  femme  adultère. 

Il  se  dit  aussi  quelquefois  au  sens  de  Mé- 
lange vicieux.  Mélange  adultère.  Coniposi'ion 
adullére.  Genre  adultère. 

Il  se  pr^nd  aus-ii  substantivement,  et  alors 
il  se  dit  De  celui  ou  de  celle  qui  viole  la  foi  con- 
jugal:. Ai  les  foruicaleurs  ni  les  adultères  ne 
posséderont  le  royaume  des  deux. 

AblitÈbe.  s.  m.  Violcment  de  la  foi  conju- 
gale. Coinnicllrc  un  adullére.  On  les  surprit  en 
odullére.  Ou  appelle  Double  adultère,  L'adul- 
tère qu'un  homme  marié  cl  une  femme  mariée 
commettent  ensemble.  Enfin!  né  d'un  double 
adultère. 

ADULTÉRER,  v.  R.  Terme  de  Pharmacie. 
Altérer,  falsifier  un  remède,  il  est  de  l'intérêt 
des  malades  qu'on  n'adultère  pas  les  médica- 
Kiens. 


ADV 

ADUI.TKRm,  INi;.  adj.  Çai  est  né  d  a.Iul- 
tire.  yVs  enfiins  aàidltriiis, 

ADUSTE.  adj.  des  2  genres.  Qui  est  bn'ilo. 
Il  ne  se  dit  gu<'Tc  q'ic  Des  luuneurs  du  corps 
humain,  J/unieiir  tidustc  ,  saiiq  aditstc  j  htlc 
aduste. 

ADUSTION.  s.  f.  Terme  de  llùdecinc.  Étal 
de  ce  (jiii  est  bn'ilc.  Uudustiun  du  sutiq. 

A  D  V 

ADVENTIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Jurlsprii- 
dence.  Il  se  dit  Des  Iiiens  qui  arrivent  'j  quel 
qu'un  ,  soit  par  successiou  collatérale ,  soit  pai 
la  libéralité  d'un  étranger.  Biens  adi'entifs. 

Adverbe,  s.  m.  Terme  de  Granimain?. 
Partie  indéclinable  du  discours,  qui  se  joint 
avec  les  verbes  et  avec  les  adjectifs ,  pour  en 
exprimer  les  manières  ou  les  circonstances. 
Adi'erbe  de  lieu.  Adi'erbe  de  temps.  Àdvcrhc  dé- 
rivé  du  verhe.  Âdn-ibe  dérivé  d'un  nom  adicc- 


tif.  Les  adverhei  servent  à  modifier  les  verbes 
ou  les  noms  aire  li'sijucls  ils  sont  joints.  Ici  el 
l.\,  sont  lies  adverbes  de  lieu.  Aujourd'hui,  de- 
main ,  bientôt,  tantôt,  sont  des  adverbes  de  temps. 
Beaucoup  cl  peu,  sont  des  adverbes  de  quantité. 
Doucement  e(  Ibrlement ,  sont  des  adverbes  de 
fjualité  et  de  manière. 

ADVERBIAL,  ALE.  adj.  Terme  de  Gram- 
maire. Qui  tient  de  l'adverbe.  11  se  dit  de  deu\ 
ou  de  plusieurs  mots  qui,  étant  joints  eniemble, 
wit  force  et  signification  d'adverbe.  À  contre- 
temps, sens-dessus-dessous ,  sont  des  façons  de 
parler  adverbiales,  des  p/irases  adverbiales. 

ADVERBIALErHEiVr.  adverbe.  Terme  da 
Grammaire.  D'une  manière  a.lverbialc.  Des  fa- 
çons de  parler  qui  se  prennent  adverbialement, 
ADVERBIAUTÉ.  s.  f.  Terme  de  Gram- 
maire. Qualité  d'un  mot  qui  est  considéra 
comme  adverbe.  Il  y  a  des  mots  dont  Vadver- 
hialité  est  accidentelle. 

ADVERS.ilRE.  s.  ('(lui  qui  est  opposé,  cl 
sur  lequel  on  veut  remporter  l'avanlage.  Il  se 
dit  en  parlant  De  combat,  soit  avec  les  armes, 
soit  p.TT  la  parole,  l'aincre  son  adversaire,  ses 
adversaires.  Désarmer  son  adversaire,  le  ména- 
ger, l'écraser.  Foible  adversaire.  Adversain 
puissant,  génércu.T. 

Il  se  dit  aussi  De  celui  qui  est  d'un  parti  ou 
d'une  opinion  contraire.  U  est  mon  adversaire. 
Il  n'est  guère  d'usage  qu'au  masculin.  On 
peut  cependant  dire  d'Une  femme  :  Elle  est 
mon  adversaire;  mais  on  ne  diroit  pas  :  C'osI 
une  puissante  adversaire. 

ADVERSA11F,  IVE.  adj.  Terme  Je  Gr.im- 
maire.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  celte  plirase  : 
une  particule  qui 


l'articule  adversative.  C'est 
mar  jue  quelque  opposition,  quelque  dilléience 
tnuc  ce  qui  la  précède  et  ce  ijui  la  suit.  Mais 
e.-(  une  particule  adversative. 

ADVER.SE.  adj.  Contraire.  Il  n'est  d'usage 
qu'en  ces  deux  phrases,  fortune  adverse.  Par- 
lie  adverse,  dont  la  dernière  ne  se  dit  qu'en 
'i.vle  de  Barreau, et  signifie  La  personne  contre 
•lui  Ion  plaide.  On  dit  lutsi,  L'Avocat  ad- 
'nse. 

Tome  I, 


AFF 

'DVERSITE.  s.  f.  L'état  d'une  fortune 
malheureuse.  Être  dans  l'adversité.  Tomber 
dans  l'adversité.  Les  adversités  que  Pieu  nous 
envoie.  Être  consdint  dans  l'adversité.  Su,com- 
ber  à  l'adversité.  Sa  vie  a  été  mêlée  d  adversité 
et  de  prospérité. 

U  se  dit  aussi  d'Un  accident  f.klieux,  et 
dans  ce  sens  il  se  dit  plus  ordinainnient  au 
pluriel.  Il  a  soutenu  de  grandes  adversités.  Il  a 
eu  de  grandes  adversités  à  essuyer. 

AER 

AERER,  v.  a.  Donner  de  l'air.  .'\IeHre  en 
-cl  air,  en  plein  air,  au  grand  air.  (jliasser 
le  mauvais  air.  ..^n-ei-  une  chambre,  une  salU 
de  spectacle. 

Mak,  i':e.  participe.  Qui  est  en  bel  air,  en 
grand  air.  Il  ne  se  dit  qu'en  parlant  De  la  situa- 
lion  d'une  maison.  Une  maison  bien  aérée. 

AI:RIK.V,  E>'NE.  adj.  Qui  est  d'air,  qui  ap- 
partient à  l'air.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  ces 
phrases:  Un  corps  aérien.Les  Démons  aériens. 
Les  esprits  aériens.  La  perspective  aérienne. 

AERIFORME,  adj.  des  2  genres,  se  dit 
d'Un  fluide  qui  a  les  propriétés  physiques  d« 
l'air.  Le  tjaz  inflammable  est  une  substance  aé- 
I  if^rmc. 

AÉROGR.APIIIE.  s.  f.  Description,  ilicoria 
de  l'air. 

AÉROLOGIE.  s.  f.  Traité  sur  l'air  et  sur 
jes  difiTérentcs  propriétés. 

AÉ  R  OM  A  iNCIE.  s.  f .  L'art  de  deviner  par  le 
moyen  de  1  ;..!■  et  des  ohénoniènes  aériens. 

AKROAIETRE.  s.  m.  Inslniment  qui  sert  à 
mesurer  la  condensation  ou  I,i  raréfaction  du 
l'air. 

AÉROMÉTRIE.  s.  f.  Science  qui  a  pour 
objet  les  propriétés  de  l'air,  et  qui  en  mesure 
Dt  en  calcule  les  cITuLs.  £/éniens  d'Jérométrie. 

AÉROSTAT,  s.  m.  Esi.èce  de  ballon  rempli 
il'un  fluide  plus  léger  que  l'air,  au  moyen  du- 
ïuel  on  peut  s'élever  dans  l'aêniosphèrc  à  une 
grande  hauteur.  L'aéros;-!  s'-'lcvc  jusqu'à  ce 
ju'i'l  ait  atteint  une  couche  d'air  où  il  soit  en 
iquilibre. 

AÉROSTATIQUE,  adj.  d-5  2  genres.  .1/,.- 
c/unc  aérastatique, 

A  ET 

-AÊTITE.  subst.  fém.  Espèce  de  pierre  qu'on 
nomme  aussi  i'ierre  dAiijlc,  parce  qu'on  pré- 
tend qu'elle  ,se  trouve  dans  les  nids  des  aigles. 
On  trouve  des  «élites  sur  les  montagnes. 

Al'  F 

AFFABILITÉ,  s.  f.  Qualit '■  de  celui  qui  re- 
çoit et  qui  écoule  avec  bonté  et  douceur  ceux 
qui  ont  affaire  i  lui.  Recevoir  avec  affabilité.  Il 
a  beaucoup  d'afJiibHllé.  L'affabilité  de  ce  Prince 
lui  gagne  tous  les  c.t-urs. 

AFFABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  a  de  l'af- 
fabililé.  C'est  un  t.omme  crtrcmement  aiïabh; 
Il  est  à'un  e.jriK-léri:  dou-r  et  affable 


AFF  .- 

,  AFFABLEMENT.  adv.  Avec  affabilité.  H 
est  de  peu  d'usage. 

AFFABULATION,  s.  f.  Terme  didaclique. 
Sens  moral  d'une  F.ible,  d'un  Apologue. 

AFFADIR.  V.  a.  Rendre  fade.  Affadir  une 
sauce,  un  ragoiit,  en  y  mêlant  quelque  c/io.sc 
de  trop  doux. 

U  se  dit  figurémenl  en  parlant  De»  ouvraget 
d'esprit.  Affadir  un  discours  par  des  pensées 
et  par  des  e.rpressions  affectées  et  dourercus«s. 

AiFADin,  signifie  aussi.  Causer  une  sensa- 
rion  désagréable  au  palais,  à  l'estomac  par 
quelque  chose  de  fade.  Une  sauce  qui  affadit 
le  c  rur. 

On  dit  figurémenl,  que  Des  louanges  ou- 
trées afj'adissent  le  ciur. 
An- .11)1,  lE.  parliripl^ 

AFFADISSEMENT,  s.  m.  Effet  que  produit 
la  fadeur.  Affadissement  de  cœur.  Il  s'emploia 
Sgiurémcnt.  Il  loue  jusqu'à  l'affadissement. 

AFFAIRE,  s.  f.  Tout  ce  qui  est  le  sujet  de 
quelque  occupation.  Affaire  importante.  Af- 
faire de  conséquence.  Affaire  agréable.  Aff.iri 
•.pilleuse,  difficile.  Je  suis  à  présent  de  loisir, 
je  n'ai  aucune  affaire.  Dites-moi  la  place  que 
nous  désirez,  j'en  faismon  affaire. ILn'a d'autre 
affiire  que  de  se  divertir.  Il  est  fort  occupé,  il 
u  (lien  des  a jf lires,  il  a  mille  aff  lires.  Je  suis 
accablé  d'aff  lires.  Il  a  affaire.  Il  est  en  affaires. 
I  ouïes  affaires  cessantes.  L'affaire  du  salut  est 
la  plus  grande  d'un  Chrétien. 

On  dit,  Il  n'entend  pas  les  afpiires,  mais  d 
veut  que  cela  se  termine  promfitement ,  pour^ 
Sans  entrer  dans  des  discussions,  sans  s  assu- 
jettir aux  formes  ordinaires,  il  veut  lâire  exé- 
cuter sa  volonté. 

On  dit,  Fa:'re  affaire,  pour  dire,  Conclure, 
terminer  une  aflaire.  Fui're  affaire  ensemble. 
Et  on  dit  ironiquement  d'Un  homme  qui  a  fait 
quelipie  chose  de  mal  à  propos,  qu'il  a  fuit 
une  belle  affaire. 

On  dit  proverbialement,  jDicu  nous  garde 
d'un  homme  qui  n'a  qu'une  affaire,  pour  don- 
ner i  entendre  qu'.ordinairrment  Un  homme 
qui  n'a  qu'une  seule  chose  à  faire,  en  est  si 
occupé,  qu'il  en  fatigue  tout  le  monde. 

AirAinE,sc  dit  pailiculi.}rement  Des  procès, 
et  de  tout  ce  qui  se  traite  eu  quelque  Juiidic- 
lion  que  ce  wit,  tant  en  matière  civile,  qu'en 
matière  aiminelle.  71  y  a  une  grande  affaire 
au  Conseil,  au  Parlement. Cet  Avocat  est  charge 
d'une  belle  affaire,  d  une  affaire  d'éclat. Pour- 
quoi prendre  tant  de  peine  pour  une  affaire  de 
rien?  Il  n'y  a  point  de  petites  affaires.  C'est 
une  affaire  de  grande  discussion,  dehngue  dis- 
cussion, l  Ile  affaire  embrouillée,  épineuse, 
embarrassée,  enveloppée.  Une  affaire  favorable, 
malheureuse ,  extraordinaire.  Une  affaire  cri- 
minelle. Son  affaire  se  rapportera,  se  videra 
bientôt.  Il  a  un  Rapporteur  qui  ejcpédie  bien 
des  affaiies.  Le  point,  le  secret,  le  fin  de  l'af- 
faire, l  n  tel  est  son  solliciteur  d'affaires,  son 
homme  d'à 'fa  ires.  C'est  lui  qui  mène  ses  affaires, 
l'oursuivre  une  affiirc.  .tvoir  un  esprit  d'af- 
faires, propie  aiLc  affaires. 

XI  se  dit  .nussi  De  toutei  le»  chotcs  qu'on  a  i 


26 


AFF 


discuter,  ^  démêler  avec  quelqu'un  dons  U 
commerce  de  la  vie.  C'est  une  affnire  d'intérêt. 
C'm(  une  ajpiire  dlionncur.  y  ottïr  d'une  affaire 
avec  Jwnncur.  Se  bien  tirer  d'une  afj'tiirc.  Voilà 
le  n.titd  de  Vajftiirc.  Sortir  d'ajpiire  avec  <fUi-i 
qu'un.  Il  s'est  tiré  d'ajpiire.  S*entremettre 
d'une  affaire.  Se  charger  d'une  affUÎre.  Je 
TOUS  rendrai  bon  compte  de  votre  affaire.  En 
tendre  bien  une  affaire^  comprendre^  concevoir 
une  affaire.  Entendre  les  affaires.  Il  débrouille 
fcieri,  il  démêle  bien  une  affaire. 

Il  se  prend  aussi  pour  Soin ,  ji(;îne,  embar- 
ras, dt^môlc.  Fâcheuse  affaire.  Il  a  bien  des 
affaires  sur  les  bras.  Il  a  une  mauvaise  affnire 
sur  le  corps.  Si  vous  vous  brouillez  avec  cet 
hommc-lù,  vous  vous  ferez,  vous  vous  attire- 
rez des  affaires.  Cela  lui  a  fait  une  affaire.  Il 
m'a  fait  une  affaire  avec  un  tel.  Il  vous  don- 
«er-1  bien  des  affaires.  Ilétoit  bien  embarrasKj 
mais  il  s^est  tiré  d'affaire.  Ses  amis  Vont  tiià 
d'affaire.  Susciter  des  affaires  à  quclcju^un.  Il 
a  si  bien  fait,  (ju'il  s'est  mis  hors  d'affaire.  Il 
ne  veut  point  d'affaire.  On  dit  d'Unt'  chose 
qu'on  reijarde  comme  ^leniljlc  ou  malaisée  à 
faire,  que  C'est  une  affaire  •  et  d'Une  chose 
aisée  et  facile,  que  Ce  n'est  pas  une  affaire. 

AFrAint,  se  dit  particulièrement  Des  actions 
de  guerre.  C'est  im  homme  qui  a  vu  bien  des 
affaires.  Il  a  toujours  bien  fait  dans  toutes  les 
affaires  où  il  s'est  rencontré.  Il  fit  des  merveillei 
dans  la  dernière  affaire.  L'affaire  fut  quelqui 
temps  disputée. 

Ai'PAinE,  se  dit  anssi  partiruIîtTemeiit  De 
ce  qui  reg:irde  la  levée  des  deniers  puljHrs,  li 
recette,  la  j;estion  et  radministrnttoa  des  finan- 
ces. Il  est  intéressé  dans  les  affaires  du  Roi.  I 
a  commencé  par  une  petite  recette^  présente- 
ment il  est  dans  les  grandes  affaires.  Il  a  bien 
tiré  de  Varqent  des  affaires  qu'il  a  faites.  I\ 
embrasse  toutes  sortes  d'affaires.  Il  proposi 
une  affaire  qui  paraît  bonne.  Les  Fermiers  Gé 
néraux  ont  traité  de  cette  affaire-là.  Il  n'es^l 
plus  dans  les  affaires.  Ils^est  retiré  des  affaires. 
Les  qcns  d'affaires. 

Art-AïUE,  est  aussi  un  tenue  généiiil  qui 
s'emploie  pour  exprimer  Toutes  sortes  de  cho- 
ses, et  que  l'on  substitue  souvent  à  la  place  des 
termes  propres  et  pailîcullcrs  de  chaijue  cliose. 
Ainsi ,  en  parlant  d'Une  victoire  remportée  sur 
les  ennemis,  on  dit,  que  C'est  une  grande  af- 
faise^  une  ffairz  glorieuse;  en  parlant  d'Un 
mauvais  succès ,  que  C'est  une  affaire  f'cheuse; 
en  parlant  d'Une  entreprise,  que  C'est  une 
afftire  aisée  ou  malaisée.  Vous  me  contez  là 

une  étrange  affaire.  Le  bon  de  l'affaire  est 

Ce  que  vous  dites  là  est  une  autre  affaire. 

Affaires,  au  pluriel,  se  dit  généralement 
De  toutes  les  clioses  qui  concernent  la  fortune 
et  les  intérêts  du  public  et  des  particuliers. 
Afjnirci  publiques.  Aff'.ires  d'Fjat.  Ce  Minis- 
tre est  chargé  d*  toute  la  conduite  des  affaires 
du  Uoi.  Le  train ^  le  courant  des  affaires.  Pou' 
les  affaires  urgentes.  Pour  les  cjcpresses  af- 
faires du  Pioi.  Les  affaires  d'une  Ville  . 
d*unc  Communauté.  Les  affaires  d'une  suc 
cession.  Un  homme  dorU  les  affaires  sont  en 


AFF 

dort  état,  en  mauvais  état.  Ses  affaires  vont 
bien,  vont  mal.  Il  est  bien ,  H  est  mal  dans  set 
affaires.  Ses  affaires  sont  nettes,  claires^  sont 
décousues,  délabréeSj  en  désordre.  Donner  or- 
dre,  mettre  ordre  à  ses  affaires.  Affaires  do- 
mestiques. Chacun  a  ses  affaires,  doit  savoir 
ses  affaires.  Il  a  soin  de  ses  affaires.  îl  a  donuâ 
la  conduite j  le  maniement  de  ses  afjiires  à  un 
habile  Praticien.  Il  a  un  homme  iCaffaircs  fort 
négligent.  On  est  souvent  trompé  par  ses  gens 
d'affiiires.  Ce  ncsontpas  là  mes  affaires. Pour- 
quoi en  parlez-vous  y  sont-cc  là  vos  affaires! 
Mélez-vouc  de  vos  affaires. 

On  dit,  pour  expiimer  L'aptitude  de  qnel- 
-{u'un  à  traiter  les  alfaiics  d'intcrût  ou  autres 
qu  li  entend  les  affaires,  qu'il  a  le  génie  des 
uffuires,  qu'il  est  habile  en  affaires. 

On  dit  ironiquement  tt  un  homme,  que  Son 
affaire  est  faite^  pour,  qu'Klie  est  manqnéc, 
qu'il  ne  doit  plus  rïeu  espértr,  qu'il  n'a  plus 
rien  à  prétendre. 

On  dit  familiiTcmcnt,  Faire  ses  affaires ^ 
aller  à  ses  affaires,  pour,  Satisfaire  ses  besoins 
natiu'cls.  On  appelle  chez  le  Roi,  Chaise  d'af- 
faires, La  chaise  percée;  et  Brevet  d'affaires, 
Le  privilège  d'entrei  dans  le  lieu  où  le  l\oi  est 
6ur  sa  chaise  d'aflàires. 

Ondit,^woir  affaire  de ,  ponr  dire,  Avoir 
besoin  de.  Il  a  affaire  d'argent.  J'ai  afuiirc 
de  vous,  ne  sortez  pas.  En  co  sens  on  dit  par 
ironie,  J*ai  bien  affairede  cet  /lomme-hl  ,pour, 
J  '-  ne  me  soucie  guère  de  lui.  Kt  dans  une  pa- 
ri-ille  acception  :  J  ai  bien  affaire  de  tout  cela. 
(Ju  ai- je  affaire  de  toutes  ces  querelles?  Il  est 
du  style  familier. 

On  dit,  Avoir  affaire  à  quelqii'un,  avec 
quelqu'un,  pour.  Avoir  à  lui  parler,  avoir  à 
irailcr,à  négocier  avec  lui  de  quelque  chose. 
J'ai  affaire  à  lui,  il  faut  que  je  l'aille  voir.  Il 
fiiut  les  laisser,  ils  ont  affaire  l'un  à  Vautre, 
Is  ont  a  fj'aire  ensemble.  Ils  sont  en  affaire.  J'ai 
affaire  à  des  gens  difficiles,  avec  mon  Avocat. 
Un  Marchand  a  affaire  à  (ouïes  sortes  de  gens. 

On  dit  aussi,  Avoir  affaire  à  quelqu'un, 
pour,  Avoir  quelque  contestation,  quelque  dé- 
mêlé avec  quelqu'un.  Kt  dans  ce  sens  on  dit 
proverbialement.  Avoir  affaire  à  la  veuve  el 
aux  héritiers.  Avoir  affaire  à  forte  partie. 

On  dit  dans  le  même  sens  et  par  manière 
d'avertissement,  de  réprimande,  lorsqu'un 
homme  a  manque  en  quelijue  chose  enviTs 
quelqu'un  qu'il  ne  counoissoit  pas,  //  fini 
prendre  garde  à  qui  on  a  affaire.  Et  par 
manière  de  menace,  on  dit,  Il  verra  à  qw 
il  a  affaire  ,  pour  ,  Il  verra  que  je  saurai 
bien  lui  tenir  tète.  On  dit  aussi,  pour  manjurr 
qu'on  prend  hautement  la  défense  et  les  inté- 
rêts de  qneliju'un,  Si  on  Vattaque,  on  aura 
affaire  à  moi. 

On  dît  quX^i  homme  a  eu  affaire  avec  une 
femme,  nu  Une  femme  avec  un  homme,  pour, 
(|u*Ils  ont  eu  ensemble  un  commerce  de  galan- 
fcrie. 

AFFAIRÉ, ÉE.  adj.  ^ui  a  bien  deg  alTaiica. 
Il  est  si  fort  affaire,  qu'il  n'a  pus  une  heure  à 
lui.  Il  fiit  Vaffatté.  Il  est  du  style  fa.nilier. 


AFF 

AFFAISSEMLliST.  s.  m.  État  de  ce  qui  est 
^  aflàissé.  L'affaissement  des  terres.  J'ai  trouvé 
ce  malade  dans  un  grand  affaissement. 

AFFAISSER,  v.  a.  Faire  que  des  clioscs  qui 
iont  l'une  sur  l'aulte,  s'abaissent,  se  foulent, 
et  tiennent  icoics  d'espace  eu  hauteur.  Les 
pluies  affaissent  les  terres. 

ArrAissEii,  signifie  aussi,  Faire  ployer,  l'aire 
courber  sous  le  faix.  El  dans  ce  sens  on  dit, 
i\u'Unc  trop  grande  charge  de  blé  a  affaissé  le 
plancher  d'un  grenier. 

Il  est  aussi  pionominal.  Une  terrasse  qui 
s^affaisse.  Les  terres  rapportées  sont  sujettes  à 
i'affaisser.  Ce  monceau  de  foin  s'est  affaissé  de 
tant  de  pieds. 

On  dit  dans  la  même  acception,  Un  plan- 
l'/icr  qui  s'affaisscy  qui  commence  à  s'affaisser. 

On  dit  Gi^'cment  d'Un  vieillard  qui  se 
Eourl)e, qu'il  s'affkisse,  qu'il  commence  à  s'af- 
((MR.tT  SOUS  le  poids  des  années. 

Affaissl,  iiE.  participe. 

AFFAITER.  v.  a.  Terme  de  Fauconnerie. 
'.l'est  apprivoiser  un  oiseau  de  proie. 

Affaité,  le.  participe. 

AFFALER,  verbe  actif.  Terme  de  Marine, 
abaisser. 

Affalé  ,  ée.  participe. 

Ou  dit  qu'L'n  vaisseau  est  affalé.  Lorsqu'il 
isl  arrêté  sur  la  côte,  par  le  défaut  de  veots  ou 
>ar  les  couraus. 

AFFAMER,  v.  a.  Oter,  retrancher  1rs  vi- 
bres, causer  la  faim.  Affamer  une  'l'iUe,  une 
Vîcce,  une  Frovine,  tout  un  rrivs.  "i 'ouï  ne 
élites  que  l'affamer  en  lu:  donnant  si  peu  à 
uanger. 

Ou  dit  fîgurcment,  en  parlant  d'Un  grand 
aiaogcur,  qu'il  affame  toute  une  table. 

On  dit  figurémcnt,  Affamer  son  écriture, 
pour,  La  rendre  trop  déliée,  trop  maigre. 

On  dit  figurcmtnt,  ^^Jimcr  un  habit,  af- 
famer un  ameublement ,  pour,  V  éjjar-^ner  trop 
l'étoirc.  Mais  en  ce  sens  son  usage  le  plus  oïdi- 
Iiairc  est  au  participe. 

Affamé,  ée.  participe.  £crj|iirc  affamée, 
]iahit  affamé. 

On  dit  au  propre,  qu'Ln  homme  mange 
ron»me  un  affamé;  et  iîgurémeut,  Ventre  af- 

I  .nie'  n'a  point  ^'oieii/cs.  pour  dire,  In  homme 
ijiii  a  faim,  n'écoute  guère  ce  qu'on  lui  dit. 

'.  riAMi:.  ÉE,  adj.  signifie  figurémcnl,  <^'ui  a 
lie  l'avidité  pour  quelque  cliose,  qui  souhaite 
i;uelque  chose  avec  ardeur.  Être  affame  de 
ijloirc ,  aljumé  d'honneurs,  affamé  de  non- 
vcllts.  Je  suis  affamé  de  le  voir. 

AFFÉAGEMENT.  s.  m.  Action  d'afTéager. 

AFFEAGER.  v.  q.  Terme  de  Coutume. 
Donner  une  partie  de  son  fief  à  tenir  en  fief  ou 
en  roture. 

Affkagé,  ée.  participe, 

AFFECTATION,  s.  f.  Attarhcoaent  vicieux 

II  dire  ou  à  faire  certaines  choses  d'une  manière 
bjnsulière.  Il  y  a  de  Vaffctation  en  tout  et 
qu'il  fait,  en  tout  ce  qu'il  dit. Affectation  mar~ 
quée.  Affictatlon  de  langage.  Il  n'y  a  rien 
de  naturel  en  elle,  elle  est  pleine  d'affictat'ion 
en  toutes  choses   On  ne  saurait  la  corriger  dr 


AFF 

les  af'fcttttions.  Une  de  tes  affectations  est  de 
dire. . . 

AFFECTEiR.  v.  a.  Marquer  une  cspcce  de 
prodilectioii  it  d'attaclicmc  nt  pour  de  rertiincs 
choses,  ou  pour  de  certaine»  jKMsoiities.  Affi-c- 
ler  une  place,  un  loijemciil.  Ajftctcr  un  rap- 
porteur. Je  n'en  affcte  aucun. 

11  signifie  aussi ,  Faire  un  usa^c  fréquent ,  et 
mJnw  vicieux,  de  ceUaines  cliosns.  .Iffcter 
certains  mots,  certaines  façons  de  parler,  cer- 
tains air:,  certains  qestes.  .itfcctcr  un  lanc^a.je 
extraordinaire. 

Il  sijjnifie  aussi.  Faire  oslenlatioii  de  .]ui'l- 
<]ue  rhose.  //  affecte  de  paroilre  sai/anl.  Il  u/- 
fecte  une  (jrande  himiililé,  une  grande  modestie. 

W  sù^nifie.Tussi  simplement,  Prendre  quelque 
cliose  h  lAche,  faire  quelque  cliose  de  dessein 
forme.  //  affecte  un  air  distrait.  Il  afjl'Cte  de 
chre  en  qrund  secret  des  choses  de  rien. 

Il  signifie  encore,  Rechercher  une  chose 
avec  ambition  ,  s'y  porter  avec  nideur,  y  aspi- 
rer, lit  il  ne  se  dit  guJre  que  dans  le  style  sou- 
tenu, en  parlant  Des  grandes  dignités.  .tffLCtet 
te  pouvoir  suprême.  Affecter  le  premier  rann . 
les  premières  places. 

AffECTEn.  Ilesiiner  et  appliquer  une  chose 
à  un  certain  usage,  il  ne  se  dit  guère  qu'en  par- 
lant Des  fonds  de  terre,  des  lieritages,  det 
rentes.  Affecter  un  fmds  de  terre  pour  l'entre- 
lien  de  cjuelijues  Prêtres,  .-iffecler  cl  hypothé- 
(juer  une  terre  au  paiement  d'un  douaire.  Af' 
f'cler  une  rente  pour  le  paiement  d'une  dette. 

AiTECTEB,  se  dit  figurément  pour  expriniei 
La  disposition  qu'ont  certaines  substances  J 
prendre  certaines  figures.  Le  sel  marin  affectt 
dans  sa  cristallisation  la  figure  cubique. 

Afi'ECteii,  est  aussi  un  terme  de  Mcdecine, 
et  signifie ,  Faire  une  impn  ssion  f.'tcheuse.  /I 
tst  à  craindre  que  le  trop  grand  usage  d'un  re- 
mède si  chaud  n'afji  cte  la  poitrine  avec  h 
temo!;. 

Affecter,  signifie  aussi  figure'm.  Toucher 
faire  impression.  C'e((e  pttcc  est  dans  les  règles. 
mais  elle  n'affecte  point  les  spectateurs.  Cet 
événement  Va  beaucoup  afjictéj  ne  laissera  pm 
de  l'aff,  ctcr. 

Il  s'emploie  aussi  «vec  le  pronom  personnel 
C'est  un  homme  qui  s'affecte  aisément. 

.Affecté,  v.k.  participe,  in  fmds  de  terre 
.affecté  à  l'entretien  de....  Une  maison  affectée 
au  paiement  d'une  dette  Un  geste  affecté. 
C'est  une  place  qui  lui  est  affectée.  Ilumiliti 
affectée.  Modestie  aff  clée.  Il  est  à  craindre 
ifu'il  ne  se  fusse  un  dépôt  sur  la  partie  affectée. 

Il  se  prend  aussi  pour  Aflli^c,  olK-nsé.  71  <i 
été  vivement  afjicté  de  cette  nouvelle.  Je  sui\ 
tres-afft  cte  de  son  mauvais  procédé. 

AFFECTIF,  ï\l'..  adj.  Qui  in-spire,  ou  qui 
m  propre  à  inspirer  de  l'aQl-ciion.  Il  n'est 
gu<-re  d'usage ((u'en  parldiit  Des  choses  de  piété. 
/(  pari',  des  choses  de  Dieu  d'une  manière  très- 
affective.  .Viiiiit  fiernord  est  un  des  l'ères  de 
VF.glise  les  plus  affectifs.  On  a  intjirimé  des 
Livres  sous  le  nom  de  Théologie  afj'^ctive. 

AFFKr. riUN.  >.  f.  Amour.  Sentiment  qui 
fait   quon  aime   quelque  penonne,  qu'on  se 


AFF 

plaît  h  quelque  cliose.  Tendre  affection.  Afft'Cm 
ùon  pflfcTMt'/Ie.  Affection  inatcrtiAlc.  Avoir  àe 
Viiffrcùon  pour  (luAtju  un.  Varier  de  l'affection 
<i  (juclqu^un.  Mettre  son  afjcction  à  une  per- 
sonne, à  une  chose.  C  est  le  cadet  nui  est  Vohjet 
des  affrétions  de  la  mère.  Il  n'a  d'afficùon 
pour  rien.  Il  n'a  afjrction  à  rien. 

Il  se  dit  aussi  Dt-  l'ardeur  avec  lai|iiellcon 
se  porte  il  dire,  ou  i  faire  quelque  chose  piir 
sentiment  d'alTectiiui.  Se  porter  à  (fuelque  chose 
avec  afft'ctwu  ,  par  affection.  En  parler  d'aj  ~ 
fct'-on, 

Afff.ctio.v,  en  termes  de  Médecine,  sii;nifie 
Uno  impression  fjclieuse  diins  toute  1  liabilude 
du  corps,  ou  dniis  quclqu'ujic  de  ses  parties. 
Ajfction  mélancolique.  Affection  hy.^tériijuc, 

AFI'i:CriONNER.  V.  a.  Aimer,  avoir  de 
rultlclion  pour  quelque  personne,  pour  quel- 
que <  liose.  C'est  une  personne  (jue  j'ajjcctionnc. 
C'est  une  sorte  d'étude  qu'il  ajfifctwnne  fort. 

C'n  dit,  Affectionner  quchfue  chose^  pour, 
S'y  intéresser  avec  aniclion,  avec  cliiileur. 
C'est  Vaffiirc  du  monde  ipic  fafj'cctionne  h 
\dus. 

Affectionnea  ,  est  aussi  pronominal.  Ainsi 
on  (lit,  S\tfjtctionner  à  une  c/iose,  pour,  S'y 
attacher,  s'y  appliquer  avec  afi'ection. 

Affectionné,  ée.  participe. 

C'est  aussi  un  terme  de  civilité  qu'on  em- 
ploie quelquefois  dans  lu  souscription  des  Let- 
tres ,  et  <lans  les  formules  suivantes  :  i'otre 
Irèi-humhle  et  très-ajfectionné  Serviteur.  Votre 
ajpctionné  Serviteur.  Votre  affectionne  à  ftn 
servir.  Votre  affectionné  à  vous  rendre  service. 
Et  toutes  ces  formalités  s'emploient  suivant  la 
condition  de  la  persouue  qui  écrit,  et  de  cell^ 
h  qui  on  écrit. 

AFFKCl'URUSEMENT.  adv.  D'une  mn- 
nirre  aflectueuse.  Il  lui  parla  fort  affectueuse- 
ment. 

AFFECTUEUX,  I  USE.  adj.  Qui  marque 
beauenup  d'afUction.  Discours  a ffectiieiu..  l'ii- 
rohs  afftctueuses.  Mouvement  affectueiLX,  Ma- 
nières affectueuses.  Un  Orateur  patliétitpie  et 
ajfectaetir. 

AFFÉRENT,  ESTE.  adj.  Terme  de  Juris 
prutltnto  qui  ne  c'eniploie  guère  qu'au  fi'ini- 
iiin  et  dans  ces  phrases.  l*ortion  afférente, 
part  ajp-reritCy  pour  signifier  La  purt  qui  re- 
vient à  chacun  dts  iiuéres-sés  dans  un  objet  in 
divi-i. 

AFFERMTiR.  v.  o.  Donner  à  ferme.  Un 
Seigneur  qui  afferme  sa  Terre.  On  leur  a  af- 
ferme les  droits  d'Entrée. 

Il  signifie  aussi ,  Prendre  ii  ferme.  Tous  les 
Fermiers  qui  ont  afferme  cette  terre  j  y  ont 
bien  fuit  leurs  affaires. 

Affeomé,  èe.  participe. 

AFFERMIR.  V.  a.  Rendre  ferme  et  stable. 
Affermir  une  muraille.  Affrmir  un  plancher. 
De  l'opiat  qui  affermit  les  dents ^  les  gencives. 

11  signilieau&si,  Rendn-  ferme  et  consistant  ce 
quiétoit  nioii.Lct'in  afj'ermtt  le yonson.Laqdée 
aiprimt  les  chemins.  L'esprit-de-v'n  affermit 
let  gencives.  Et  d.iiu  ce  sens  '^u  se  sert  plus 
u>uventdG  Raffermir. 


AFP  27 

U  sif^nifie  fi;;urément,  rendre  plus  assuré, 
plus  diflicîle  ù  ébranler.  Affrmir  le  couraqe. 
Ajfrmir  l\1me.  Jjprniir  quelqu'un  dans  une 
résolution^  dans  une  croyance,  dam  une  opi- 
nion, dans  la  i'oi.  Affrmir  l'autorité.,  affrmir 
le  sceptre  dans  la  main  d'un  Hoi.  Cette  vic- 
toire Va  aff  rmi  dans  son  Etat^  lui  a  affrmi 
la  Coiironnc  sur  la  tête.  Cela  vous  doit  affer- 
mir encore  davantnqe  dans  votre  sentiment. 
Les  heaiLx  jours  acheverottt  d\i(J<  rniir  sa  santé. 
Aff  rmir  le  repos  des  peuples.  Affrmir  la  trau- 
quilltté  publique.  Affermir  les  peuples  ttans  U 
devoir.  Afjkrmir  les  volontés  chancelantes.  Et 
avec  le  pronom  personnel,  iS'ufftrniir  dans  une 
resolution .  dans  un  dessein. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel 
en  certaines  phrases,  et  signifie,  Devenir  plus 
ferme,  plus  consistant.  Ce  poisson  s'est  affermi 
en  cuisant.  Les  chemins  s^affermiront  bientôt.- 
Sa  santé  s'afjermira  avec  le  temps. 

Affed^h,  ie.  participe. 

AFFERMLSSEMENT.  s.  m.  Action  pnr  la- 
quelle une  chose  est  affermie.  1-Uat  dune  chose 
allui-raie.  U  n'est  ^utVc  d'usaj^c  au  propre. 

Il  signilic  figurément,  Coniirmution  dans 
un  bon  état.  L'affermissement  de  l'Etat^  du 
Irone.^  des  Lois,  de  la  Rehqion.  L'amour  des 
peuples  envers  le  Prince  e*t  Vaffermissemen' 
de  son  Empire. 

AFFÉTÉ,  I-:E.  adj. Qui  est  plein  d'affecta- 
tion dans  son  air,  dans  ses  manières,  par  envie 
J^^  plaire,  il  ne  se  dit  ^uère  qu'en  parlant  d'Une 
femme  ou  d'une  fille  coquette.  Elle  ne  seroit 
fas  désagrûibk.  si  elle  n'étcit  point  si  affétée. 

U  se  dit  aussi  Des  choses  qui  marquent  de 
rafif'clation.  Mine  affttée.  Discours  afj'tté.  Ma- 
nières affctées.  Paroles  afftées, 

AFFETERIE,  s.  f.  Manière  affétée  de  par- 
ler, ou  d'agir,  par  envie  de  pl.iire.  Il  y  a  trop 
d'afjlterie  en  tout  ce  qu'elle  fait.  Les  afféteries 
d'une  coquette,  d'une  précieuse.  L'afJ'eterie  du 
ilyle. 

AFFETfUOSO.  Terme  de  Musique,  ein- 
jinmté  de  l'Italien,  pour  avertir  qu'Un  mor- 
ie;in  doit  être  rendu  avic  une  expression  lendrc- 

AFFlCHi:.  s.  f.  Placard,  feuille  écrite  ou 
ji. primée  que  l'on  attache  dans  les  concfoi  is . 
pour  avertir  le  public  de  quelque  chose.  Affiche 
de  Comédie.  AjUxAie  pour  les  criées  d'une  terre 
en  décret. 

AFFICHER.  V.  a.  Attacher  un  placard, 
pour  avertir  le  public  de  quelque  chose.  4fji- 
rher  un  Monitoire,  une  Ordonnance ^  etc.  Ou 
dit  par  exagération,  en  parlant  d'Une  chose 
qu'on  voudroil  faire  savoir  h  tout  le  monde  si 
on  pouvoit,  y  en-seulement  je  le  dirais  mais 
je  l afficherai  partout. 

On  dit  au  figuré.  Afficher  le  bel  esprit^ 
pour,  Se  donner  pour  bel  esprit ,  vouloir  passer 
pour  bel  esprit. 

On  dit  aussi  ,  Afficher  sa  honte  ,  pour . 
lïcndre  publique  une  action  ou  de«  sontimeiis 
qui  déshonorent. 

Il  s  emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
S'afficher  pour  bel  aprit^  pour  savant  j  etc. 
Dans  ce  scos  il  ne  se  prend  guère  qu'en  mau- 


78  A  FF 

vaUc  part.  On  1c  dit  aussi  absolameot.  Vr 
homme  sensé  ne  s*alJiche  point. 

Ai'KicHK,  KE.  participe. 

Al-'KICHEUR.  s.  ni.  Celui  .pii  affiche  des 
plac.irds  diiiis  les  rues.  Ajjlcheur  de  la  Co- 
métlic. 

AFFIDÉ  ,  ÉE.  adj.  À  qui  on  se  fie.  Envoyer 
nu  homme  a^Jiilé,  Il  lui  fit  dire  par  une  per- 
sonne afjidée. 

On  l'emploie  quelqutifois  au  substantil.  Il 
lui  fit  dire  par  un  de  ses  affidés. 

AFFILER.  V.  a.  Donner  le  fii  à  un  instru- 
ment cjuî  coupe,  lai^^uîser.  À/J^hr  le  tranchant 
d'un  rasoir^  d'un  couteau,  d'un  coutelas ^  d'un 
sabre. 

Affilé,  ée.  p.irticîpe.  On  dit  figurément 
d'Uop  personne  qui  p^iile  facibment  et  beau- 
coup, qui  a  beaucoup  de  babil,  iixiEUe  a  la 
lannue  hien  a*f'>lée.  U  est  du  style  faniilier. 

AFFILIATION,  s.  f.  Espèce  d'adoption.  Il 
se  dit  aujourd'hui  en  parlant  d'Une  Compagnie 
ou  Communauté  qui  en  a  affilie  d'autres.  U  y 
a  affiliation  entre  l'Académie  Françoise  et 
celle  de  ^Jarseille. 

AFFILIER.  V.  a.  Adopter.  L'Académie 
Françoise  s'est  affilié  quelaucs  Académies  de 
Province. 

AffilîEh  ,  s'emploie  avec  le  prouom  ])i  r- 
sonnd.  S'ajfUcr  à  une  Congrégation ,  à  nui 
Société. 

AiTiuÉ,  ÉE.  participe. 

AFFINAGE,  s.  m.  L*action  par  laquelle  on 
afiine,  on  puriP.c  certaines  clioscs,  comme  Ici 
métaux,  le  sucre.  L'affinage  de  l'or.  Cet  or  esl 
déchu  de  tant  de  grains  à  Valfinage.  L^afji- 
naqc  du  sucre. 

AFFI>'Ï',H.  V.  a.  Purifier  par  le  feu,  ou  par 
quelque  audc  moyeu.  Affiner  Vor  et  Vargcnt. 
Affiner  du  fi.-r,  de  Vétain, 

On  dit,  Affiner  du  sucre ^  poiu',  Te  rcndro 
plus  pur,  plus  fin.  El  on  dit,  que  Le  temps. 
que  la  cave  affine  le  fronuine ,  pour,  Que  le 
temps  et  la  cave  lui  donnent  un  goût  plus  fin, 
plus  relevé. 

On  dît,  Alf.ner  le  lin,  le  chanvre.,  pour,  Lu 
rendre  plus  fin  ,  plus  délié. 

ArriNEn,  s'emploie  avec  le  pronom  person- 
nel. L'or  s'affine  dans  la  jurnaise.  Le  s-jcre 
s^affine  avec  du  salpctre.  d'  f  omage  s'affinera 
avec  le  temps.  On  a  dit  fii;urenicnt  S'affiner, 
pour  ,  Devenir  plus  fin ,  plus  dtlié.  L'cçpni 
s^affmc  par  lu  convevsafion.  Celte  acception  est 
Je  j)eu  d'usa;5c. 

Affisé,  ée.  participe. 

AFFLXERIK.  s.  f.  Lieu  où  Von  afHne.  Por- 
ter le  fer  à  Vafflnerie. 

AFFl>'EUR.  s.  m.  Celui  qui  affine  ï'or  et 
l'argent.  Maiirc  affincur. 

AFFINITE,  s.  f.  Alliance,  depré  de  pro\i- 
milé  que  le  mariage  fait  acquiTir  ^  un  homme 
avec  les  parcns  de  sa  fiMunie,  ?t  îi  une  femme 
avec  ccujï  d"  son  mari.  //  a  cyousé  ma  stur . 
i\  y  a  a'iftnilc  entre  lui  cl  moi.  Les  divers  de- 
grés d'affinité. 

On  apjielle  Affinité  spirituellcj  celle  qui  so 
contracte  dans  la  ccrtmoitip  du  Baptême  entre 


A  FF 

les  Parrains  et  les  Marraines,  et  les  persomies 
dont  ils  ont  tenu  les  enfans;  et  encore  entre  les 
Parrains  et  les  Mairaincs,  et  Ieur,î  filleuls  on 
filkuiles. 

Affinité,  se  dit  aussi  De  la  conformiîL^ 
de  la  convenance,  du  rapport  qui  est  entre 
diveiïps  choses.  Ces  deux  mots  ont  heaucoup 
d'affinité.  La  Géométrie  et  la  Physi(pie  ont 
une  grande  affinité.  Il  y  a  de  Vaffinité  entre 
la  J^oésie  et  la  Peinture.  Aff'nité  entre  les  ca- 
ractères. L'affinité  des  caractères. 

Il  su  dit  aussi  De  la  liaison  que  des  prr' 
sonnes  ont  eDseml)le.  _/I  y  avoit  une  grande 
affinité  entre  eue. 

ArFiNirÉ,  se  dit  en  Cliiniie,  De  la  disposi- 
tion que  deo  substances  ont  à  s'unïr  ensemble 

AFFl?JOIR.  s.  m.  Instrument  au  travcrf  du 
ijuel  on  fait  passer  le  lin  ou  le  chiinvrcpour 
faffincr. 

AFFIQUET.  s.  m.  Parure,  ajustement.  Il 
ne  se  dit  guère  qu'en  raillerie,. et  au  pluriel, 
m  parlant  Des  petits  ajuslcnieus  dune  femme 
.'ivcc  tous  ses  affifjuetSj  clic  ne  laisse  pas  d'ctri 
laide.  l\  est  familier. 

Affiqvet,  se  dit  encore  d'Un  petit  b^toii 
treux  qui  sert  aux  femmes  pour  tenir  leuri 
aiguilles,  lorsqu'elle^  tricotent.  On  l'appellfl 
aussi  Porte-aiguille. 

AFFIRMATIF ,  IVE.  adj.  Qui  affirme,  qu: 
soutient  une  chose  pour  vraie.  C'est  un  homm^ 
fort  affirmatif  En  cela  H  est  un  peu  trop  afflr- 
matif.  On  appelle  en  Loj;iquc ,  Proposition 
alfirmative,  Toute  proposition  par  laquelle  ot 
affirme  une  chose.  Discours  a'iirmutïf.  Et  o: 
dit.  Parler  dUin  ton  ajfrmatif^.-pouTj  Pailci 
d'une  manière  trop  décisive. 

AFFIRALVïION.  s.f.  Expression  par  la- 
(juelle  on  assure  qu'une  chose  est  vraie.  Il  n'esl 
guiîve  d'usage  qu'au  Palais,  ou  il  se  prend  pour 
Assurance  avec  serment,  et  dans  les  furmes  Ju 
ridiques.  Prendre  un  acte  d'a'firmation.  Jl 
m'en  rapporte  à  l'otre  affirmation.  Le  Juge  a 
f.Tis  leur  affirmation.  Le  (>reffe  ('es  affirma 
lions. 

En  Lo^i^iqurî,  Affirmation  siijnii'e  L'cxpres- 
ûon  par  laquelle  une  proposition  affirme.  L*af 
fivmation  est  opposée  à  ht  nécjation. 

AFFIRMATIVE,  s.  f.  Proposilion  par  la- 
i|uellc  on  affirme.  Ils  sont  toujours  d'avis  dif- 
f'rens ;  jamais  l'un  ne  ni'c  une  chose,  (pic 
Vautre  ne  prenne  l'affirmative.  Sut  Ve.Tpédient 
rjn'on  proposa,  les  uns  furent  pour  Vafjirma- 
tivc,  les  autres  pour  la  négative.  Il  y  eut  tant 
de  voix  pour  Vufjirmativc.  Ceux  nui  soute- 
i.oient  Vaffùmalivc. 

On  dît ,  /  rcu(/rc  Voffirmattve  pour  (juel 
ijti'uu.  ponr.  .^'r  (î('rlar(;r  liitiIcmeM!  en  sa  faveur. 

A  F  l-  l  K  M  A  II  V  F  M  E  N  T.  adr.  D'une  ma 
iiii";re  adirmative.  '  arlcr  offinjiafivcment  II  en 
parle  aussi  uffirmativcment  (juc  s'il  Vavoit  vu. 

AFFUOIER,  v.  a.  Assurci  ,  soiUenir  qu'une 
chose  est  vraie.  Oseriez-^'ous  hîen  affirmer  cela' 
Eu  style  de  Palais,  Affirmer  se  prend  pour. 
Jurer,  assurer  avec  serment. 

On  dit  en  Logique,  qii'J  ne  proposition  af- 
firme, pour  dire  simplement,  qu'Elle  exprime 


AFF 

qu'une  cliose  est.  Toute  proposition  affiriM 
ou  nie. 

AFFin-viF,  ÉE.  participe. 

AFFLEURER,  v.  a.  Réduire  deux  coips 
contij^us  à  un  même  niveau.  Affleurer  une 
trappe  au  niveau  du  plancher. 

AFFi.EunÉ,  ÉE.  participe. 

AFFLICTIF  ,  IVE.  adj.  Il  n'est  guère  en 
usa^e  qu'au  féminin  et  dans  celte  phrase  , 
fxine  a'flictive^  qui  signifie  Une  peine  cor- 
porelle à  laquelle  la  justice  condamne  un  cri- 
minel, et  qui  u'est  pas  simpicnient  pécuniaire. 
Condamner  à  ur.c  peine  afflictive. 

AFFLICTION,  s.  f.  Déplaisir  et  abattement 
d'fsptit-  Grande,  cxtrér.jc  affliction.  Affliction 
sensible.  Cela  lui  causa  un2  affliction  morIc(/c. 
Les  afjl'clions  au  il  plaît  à  Dieu  de  nous  en' 
■.'oyer. 

AFFLIGEANT,  ANIX.  adj.  Qui  alBif-e. 
Cela  est  hien  affligeant.  Vne  nouvelle  hieji 
'iffltgeante. 

AFFLIGER,  v.  a.  Causer  de  la  douleur,  de 
la  peine,  du  déplaisir.  Affliger  son  corps  par 
des  jerincs,  par  des  macérations.  Dieu  a  voulu 
affliger  son  peuple.  Joh  fat  alfiigè  en  son  corps 
et  en  ses  biens.  Son  malheur  m'afflige.  Celte 
nouvelle  l'a  extrêmement  aUligè. 

Afflickr  ,  est  aussi  réfléchi,  et  sî.^nîfic  , 
Sentir  du  déplaisir,  de  la  peine,  se  faire  du 
chagrin  de  quelque  cliose.  Vous  vous  affligea. 
sans  sujet.  Il  s'afflige  d'une  chose  dont  il  de- 
vroit  se  réjouir. 

Affligi':  ,  Ée.  participe.  Appliquer  un  re- 
mède, une  fomentation  sur  une  partie  affligée. 

Il  se  prend  aussi  substanlivoujent.  Consoler 
les  afjlicjés. 

AFFLUENCE.  s.  f.  Concours  et  chutf 
d'eaux,  d'Iiumcurs,  etc.  L'affluence  des  eauc 
t^ui  venoicni  de  la  fonte  des  neiges  fit  déhoi'der 
la  rivière.  L'afflucnce  des  humeurs  sur  une 
partie  affligée  cause  souvent  de  grands  acci~ 
dens. 

11  se  dit  fip;mvmenl  J'Une  grande  abondance 
de  biens,  d'un  grand  concours  de  monde.  Af~ 
jiuence  de  toutes  sortes  de  biens.  Grande  af^ 
fluence  de  peuple. 

AFFLUENT,  ENTE,  adj.  se  dit  Des  ri- 
vières qui  se  jettent  dans  une  autre.  Le  Rhin 
et  les  rivières  affluentes,  y  affluentes. 

Il  se  dit  aussi  en  Physique,  d'Un  fluid:-  qni 
se  poiic  dans  un  certain  sens.  La  modère  of- 
flucnte. 

AFFI^UER.  V.  n.  Se  rendre  en  un  môme 
ranal.  Il  se  dit  proi>rcmcnl  Des  eaux  dont  le 
concours  rt  la  chute  se  font  dans  un  même  en- 
droit. Il  y  a  plusieurs  ruisseaiuc  et  plusieurs 
rivières  qui  affluent  dans  la  Seine  ,  (fans  le 
ixhâne,  etc. 

U  si;jnific  figurément,  Abonder,  arriver  en 
abondance.  /  outes  sortes  de  biens  affluent  dans 
cette  uuii'son.  La  vivres  affluoient  dans  le 
ramp. 

Il  si:;nifie  encore  fif;urémcnt.  Survenir  en 
;^rand  nomine.  Les  j->èicrins  affluent  à  Home  de 
tous  les  endroits  de  la  Chrétienté  pendant 
l'Année  sainte^ 


AFF 

AFFOIBMR.  V.  a.  Débiliter,  rcndie  foiWe. 
Les  ûêhauches  affoiblissent  le  corps.  Le  vin 
pris  «i-ec  excèi  affi'iblit  les  ncrfc;,  affinblit  l- 
cerveau,  afj'nibUt  la  vue.  Afjhiblir  un  parti. 
Affaiblir  une  armée.  Ajfinblir  la  puissaitee  il- 
son  ennemi.  Vdffc  afjoiblit  Ve^prit,  alfoibl.t 
la  mémoire.  On  dit  en  pulaiit  Des  nionnoie5, 
Affaiblir  les  espèces  d'or  et  d'argent,  pour  dire, 
En  diminuer  le  poids  ou  le  titre. 

Il  est  aussi  rcllcclii.  //  s'affoiblit.  Son  esprit 
t'affaiblit. 

AtFoiBLi,  lE.  participe. 

AFFOIBLISS.USÏ,  AlNTE.  adj.  Qui  ofToi- 
blit.  Il  y  a  des  remèdes  conforlatifs  ^  il  y  en  a 
à' affaiblissons. 

AFFOIBLISSEMENT.  s.  m.  Débilitation  , 
diminution  de  forcrs.  Il  se  dit  Des  forces  du 
corps,  de  celles  de  l'esprit,  de  celles  d'un Êtiil, 
d'un  p?rti ,  etc.  L'affaiblissement  du  corps. 
L'affaiblissement  de  la  vue.  L'afjaiblissemctil 
de  la  voix.  L'affaiblissement  d'une  armée. 
L'affaiblissement  d'un  parti.  Vaffaiblissemen\ 
<i«  firces  ennemies.  L^ affaiblissement  dei 
ntonnoics. 

AFFOLER.  V.  a.  Rendre  exccssivemeut  pas- 
sionne. Il  n'est  guère  d'usage  que  dans  le  style 
familier  et  au  participe.  H  est  affolé  de  sa 
femme.  Il  est  affilé  de  sa  maison. 

On  l'emploie  avec  le  pronom  personnel 
S'affoler  de  quelqu^un,  de  (juelque  chose  ^  Ec 
eue  très-épris,  en  être  engoué. 

Affolé,  ÉE.  pariicipe.il  se  dît  princîpriîo 
mcot  De  l'ai^uilti- d'une  boussole  qui  zi'indiatu 
pas  exactement  le  ^'ord. 

AFFORAGE.  s.  m.  Droit  qui  se  paye  à  u:i 
Seiguciu-  pour  la  vente  du  vin, 

AFFOUaCMER.  r.  a.  Tenne  de  INIarine. 
Disposer  deux  ancres .  en  1<  s  jetant  ù  la  mer,  de 
lunnii^rc  qu'elles  forment  une  espèce  de  fourclie. 

AfFOUiicBÉ,  ÉE.  participe.  Vaisseau  affour- 
ché  sur  ses  ancres. 

AFFRANCHIR,  verb. act. Mettre  en  lil)ert^ 
Affranchir  un  esclave. 

Il  signifie  aussi ,  Dccli.'irger,  exempter.  Af' 
franchir  une  personne  de  toutes  sortes  dt 
charges.  Affranchir  de  tailles.  Affranchir  uni 
ville.  On  dit.  Affranchir  une  lettre^  un  paquet, 
pour,  En  payer  le  port  au  bureau  d'cù  en  les 
fait  partir. 

Jl  signifie  fi^urëment  ,  Délivrer.  La  mort 
nous  afj'ranchira  de>  misères  de  ce  monde. 

En  matière  de  I- iel",  on  dit,  Affranchir  un 
héritatje,  pour,  Ubi-rer  un  héritage  de  quelque 
diargc.  de  quelque  rente. 

AFFRANCHr ,  lE.  parîiripe. 

H  est  auss  substantif,  et  signifioit  parmi  les 
Romains  un  esclave  .'i  qui  on  avoit  donne  la  li 
bcrlé.  La  condition  d'affranchi.  Les  affranchit 
d'Auguste.  Actè^  Vaffranchie  de  AéroM. 

AFFRA.NCmSSEME>r,5.m.ll  n'est  pu.^rc 
d'usage  dans  le  premier  sens  d'AflraucIiir, 
qu'en  parl.inl  Des  anciens  (»recs  ou  Romains. 
et  il  sii^nific,  L'ariion  par  laijaelle  on  allVan- 
chissoit  un  esclarc,  ainsi  que  l'état  de  b  per- 
sonne aArancliip.  /(  devait  son  affrnnchisse- 
ntciil  à  Id  bonté  de  son  mailre. 


AFF 

Il  signifie  aussi,  Exemption,  décharge.  L'a/" 
franchissement  d'une  lenc.  L\iffranchls:.c 
ment  d'une  Ville.  Lettres  d'affranchissement. 

AFFRE.  s.  f.  (l'A  est  Ion i;.  )  Cir.uule  peur, 
extrême  frayeur.  Il  n'est  ^uère  eu  usage  qu'au 
pluriel.  Les  affres  de  la  mort. 

AFFRÈTEMENT,  s.  m.  Terme  de  Marine. 
Convention  pour  k  louage  d'un  vaisseau. 

Affréter,  v.  a.  Prendre  un  vaisseau  îi 
louage. 

Affrété,  le.  participe. 

AFFRÉTEUR,  s.  m.  Celui  qui  prend  ua 
vaisseau  à  Inua^e  pour  un  temps. 

AFFREUSEMENT,  adv.  Eifroyablemeut , 
épouvaulablemenl,  dune  manière  anreuse.  Il 
crioit  affreusement.  Il  cet  affreusement  laid. 

AFFKEU.X,  EUSE.  adj.  EfiVoyable,  bor- 
riblc,  qui  fait  frayeur.  Un  spectacle  affreux 
Une  image  afj'reuse.  C^est  une  chose  affreuse. 
Jeter  des  cris  a'fieux.  C'est  une  personne  af- 
freuse. 

AFFRUMN'DER.  v.  a.  Rendre  friand.  Vcuf 
l'avez  affriandc  par  la  b&nnc  chère  gue  vou^ 
lui  avez  faite. 

Il  signifie  aussi ,  Attirer  par  quelque  cliosi 
d'agréable  au  goût.  On  affriande  les  poissons^ 
les  oiseaux  avec  de  Vappdt. 

Il  signifie  figurémcnt,  Alliier  par  quelqufl 
chose  d'ulile,  ou  plutôt  d'agréable.  Le  gain  l'i 
affriande. 

AiFiuASDÉ,  ÉE.  participe. 

AFFRIOLER,  v.  act.  Attirer  par  quelque 
diose  d'aTsabîe  j  («orit.  Vous  Vavez  aiTriolt 
far  votre  bonne  chc-€.  Il  est  du  st\  le  familier 

Il  sij^nifie  figurément,  Attirer  par  quelqu( 
cliose  d'utile  ou  d'agiéablc.  Les  présens  l'oii 
affriolé. 

Affiuoi.!^,  ÉE.  participe. 

AFFRONT,  s.  m.  Injure,  outrage,  soit  dl 
parole,  soit  de  fait.  Cruel  ai^ront^  S;inglaTi\ 
affront.  Sensible  affront.  Affront  signalé.  On 
lui  a  fait  un  affront.  Il  a  reçu  un  nranl 
afj'ront.  Endurer  un  affront.  Venger  un  aj- 
li  ont. 

On  dit,  Essuyer  un  affront,  pour,  Recevoir 
un  affront;  Boire  un  affront,  avaler  un  affrcnt^ 
dévorer  un  affront,  pour,  Souffrir  patiemment 
un  pffront  :  et  on  dit,  jSe  poui-oir  digérer  un 
affront,  pour,  Avoir  toujours  sur  le  cœur  un 
a'IVont  qu'on  a  reçu.  Il  ne.  saurait  digérer  cet 
affront 

Affrost,  signifie  aussi, Déshonneur, honte. 
Il  fiit  affrotit  à  ses  parens.  Vous  pouvez  ré- 
\jondre  hardiment  de  lui,  il  est  honnête  homme, 
d  ne  vous  fera  point  d'affront.  Au  milieu  d- 
sa  harangue  sa  mémoire  lui  fit  un  affront.  Le 
armes  de  ce  I  rince  reçurent  un  affiont  devant 
telle  place.  Si  vous  entreprenez  celte  affiàre 
iafjioiit  vous  en  demeurera. 

AFFRONTER,  v.  act.  Attaquer  avec  liar- 
diesse,  avec  iuirèpidité.  Affronter  les  tnnemis 
lusque  dans  leur  camp, 

Ondilli;;urcuieiil,  Affronter  lu  mort  ^affron- 
ter les  hasards ,  afjionter  les  périls,  affronter 
les  danqerSj  pour,  .^'exposer  i;ai\iiinent  ix  la 
mort,  aux  périls,  aux  daii;;rrs. 


AFT  21) 

Aithon TEK ,  sltniifie  aussi ,  Troniuer  ,  sons 
prc'tcxtc  (le  honnc  foi.  C'est  un  coquii)  ijui  af- 
fronte tout  le  luondi.-.  Il  m'a  viUiinciiictil 
affronté, 

ArFKONTK,  i';e.  participe,  //prés  tant  rfe  pé- 
rils affrontés.  Bien  îles  gens  affrontés  par  ce 
Marchand,  se  pluignoient  de  lui. 

ApFno.iTÉ,  ÉE.  adj.  Terme  de  Blason.  Il  «e 
tlit  De  deux  auimaux  <jui  c~  regarJcul.  Deux 
lions  affrontés. 

AFFnONTERTE.  s.  f.  Action  dalTronter. 

.M'I-RONTEUn,  liUSK.  s.  Celui ,  celle  qui 
adiroiite,  <|ui  trempe.  C'est  un  affronleur.  line 
vraie  affronteuse.  Je  liais  les  affronteurs. 

Al'l-Uni.EMENT.sul)S.  n.as.  Vciile, habille- 
ment,  ce  tjui  couvre  la  tète,  ic  visage,  le 
corps. 

AFFUBLER,  v.  a.  Couvrir,  envelopper  la 
tête,  le  visage,  le  corps,  de  quelque  liahillc- 
ment,  de  quelque  voile.  On  Vtijfubla  d'un  long 
ercpe,  d'une  longue  robe.  11  est  du  style  fami- 
lier. 

On  s'en  sert  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
S'afjiibler  d'un  manteau.  Elle  s'afjubla  d'une 
longue  mante. 

Affublé,  ée.  participe.  Un  Moine ajfMé de 
son  froc. 

On  dit  familièrement,  Comme  le  voilà  affu- 
blé !  il  est  plaisamment  affublé^  pour,  Coiiunc 
le  voilà  vêtu  i  il  est  velu  d'une  manière  bizarre, 
ridicule. 

AFFUT,  s.  m.  Macliine  de  bois  servant  .'• 
poser,  à  soulcnir  le  r.inon,  à  i«*  lime  avancer 
on  reculer,  ■'ifjut  de  canon.  Poser  le  ciiion 
sur  son  ttijut. 

.\fflt,  en  termes  de  Chasse,  signifie  L'ci- 
droit  où  l'on  se  poste  pour  attendre  le  gibier  J 
'a  sortie  du  bois ,  ou  h  la  n'nlre'e.  Tirer  un 
lièvre  à  l'affiit.  Attendre  un  loup,  un  sanglier 
à  l'afltit.  Sortir!  de  son  affût.  Choisir  un  bon 
affût. 

On  dit  fi;.;urément  et  proverbialement.  Etre 
à  l'affût  de  (juelgue  chose,  ou  absolument,  £(rc 
li  l'affût,  pour,  Épier  l'occasion  de  faire  quel- 
que chose,  ^Ire  nu  guet.  Il  y  a  long-temps  gUe 
je  suis  à  l'affiit  de  cette  place,  <jue  je  suis  ici  à 
l'affiit. 

AF.'UTAGE.  s.  m.  Fn  termes  d'Ateliois  . 
Action  d'aiguiser  des  outils,  l'rovision  des  oti- 
tils  nécessaires  5  un  ouvrier.  Façon  que  le  Clia- 
peliiT  donne  .'i  un  chapeau. 

AFl- Otage,  s.  m.  I^  peine,  le  soin,  I  in- 
dustrie d'affutcT  un  canon.  Un  a  donné  tant 
pour  l'affûtage. 

AFFÛTKR,  V.  a.  se  dit,  en  termes  d'.Alc- 
'icrs,  pour,  .\iguiser  quelque  chose.  Mffiitcr 
ses  outils,  son  ciseau,  ses  crayons. 

.\ffCter,  /tffûter  un  canon.  Les  canons 
étoienl  affûtés,  et  tout  prêts  à  tirer, 

Afi^Jtê,  él.  participe. 

AKI 

AFIN.  Conjonction  qui  dénote  la  fin  pour 
Jiqnellc  on  fait  quelque  chose,  .^fln  a  deux  ré- 
gimes; l'un  avec  que,  et  le  subjorciif,   Afj\ 


3o 


AGA 


f|tie  vous  le  sachiez;  et  l'autre  avec  ta  préposi- 
tion rftf,  et  l'infinitif, /i/in  de  pouvoir  dire,  afin 
d'obtenir  cette  qrdce.  Ce  livre  est  toujours  sur 
le  bureau  afin  (juon  puisse  le  consulter.  JVi 
pris  ce  livre  afin  de  le  consulter. 

AGA 

AGA.  s.  m.  -Mot  très-commun  d-ms  1  His- 
toire des  Turcs,  (^onimamîant)  Gardien.  Aga 
des  Janlisuires.  Aga-si,  vent  diie,  Comman- 
'datit  de,  Gnrdien  de.  La  préposition  se  met 
apiV^  le  suï)8t.-intif  régîssint.  Capou  y/ga-si, 
Gardien  de  !a  Porte,  hiskr  Jtjtisi,  Gardien 
dea  filles. 

AGAÇANT,  ANTK.  ndj.  Oui  agace,  qui 
excite,  l'es  reqards,  des  propos  arjarans.  Des 
manières  tKjaçituies. 

AGACIi.  s.  f.  Oiseau  qu'on  nomme  plu5 
comnuMR'nient  l'ie.  Quelques  personnes  ccri- 
reui  Aijasse. 

AG  AGKMENT.  s.  ffi.  Impression  dcsagréabla 
que  les  fmils  verts  font  sur  les  lîenls,  quand 
on  k'S  mange.  L'tujaccment  des  dents  est  in- 
commode. On  dit  en  RL-decinf,  L'di^iicement 
des  nerfs  ^  pour  exprimer  Une  ccrlaine  irrita- 
lion  intcrieure  qu'on  atlribuc  au  système  ner- 
veux. 

AGACER.  ▼.  a.  Causer  aux  dents  une  es- 
pèce de  sentiment  désagiénble  et  incommode, 
tel  qu'est  celui  que  causant  les  fniits  verts  cl 
acides,  quand  on  les  man;;e.  En  ce  sens  il  uc 
M  dit  qu'étant  joint  avec  le  mot  de  Dents.  Le 
iwiwi  aijnce  ie^  dents. 

Il  s  cmj)liiie  iî^un'^ment  pour,  Chercher  i 
plaire  par  des  rcganls ,  par  des  manières  at- 
trayantes. C'est  une  cofjuette  qui  r.cjace  tout  le 
monde. 

Il  sii^nifie  figurément  aussi,  L'action  d'ani- 
mer, d'exciler.  Il  ctoit  pensif  et  distrait;  on 
Va  anacé ,  et  il  est  devenu  f>rl  aimable.  Il  se 
prend  encore  pour  exprimer  L'intention  d'im- 
patienter, de  mortifier.  Cet  homme  est  natu- 
rellement doux  f  mais  si  on  Vaqace^  il  s'enu- 
porte  aisément. 

Agacé,  ée.  iwnicipe.  Avoir  les  dents  aga- 
cées'. L'es  nerfs  anncés.  C'est  un  homme  froid 
qui  n'a  d'esprit  que  quand  il  est  anacè. 

AGACEKIE.  s.  f.  Terme  par  lequel  on  ex- 
prime Les  petites  choses  qui-  dit  ou  que  fait 
une  femme,  et  les  petilcs  manières  dont  elle  se 
tcrt  pour  s'attirer  l'attention  de  quelqu'un  qui 
ne  lui  déplaît  pas  II  pnroit  qu'elle  a  quelque 
dessein  sur  luij  elle  lai  fuit  des  agaceries  co«- 
tinuelles. 

AGAPES,  s.  f.  pi.  C'est  le  nom  de  ces  repas 
que  h  s  premiers  Chrétiens  faisoient  dans  If  s 
Kf^li'-es,  et  (jui  ont  uté  ahoiis,  ;i  causp  tics  abus 
qui  s'y  etnient  f;liss'>s  dans  la  suite  des  temps. 
Les  Agapes  des  anciens  t'hrétietis. 

.■\GAl*i:^TES.  sulw.  fiin.  plur.  Nom  qu'on 
donnoil ,  d^iiis  la  priraitivc  l-glise,  à  des  fittes 
f|ui  vivoicnt  en  communauté  sans  faire  de 
votux. 

A(;ARIC.  s.  m.  Plante  de  la  nitnrc  du 
champignon  ,   et  qui   s'attache   nu  tronc  des 


AGE 

arbres.  Agaric  de  chêne.  L'agaric  de  mélèse      ! 
purgatif. 

AGASILLIS.  s.  m.  Arbrisseau  qui  prodi 
la  goirirc  ammoniaque. 

AGASSK.  s.  f.  Voyez  Agace. 

AGATE,  s.  f.  Pierre  de  la  nature  du  ca 
lou  ;  elle  est  fort  dure  et  prend  parfaitement 
poli  ;   elle  donne   des   étincelles    lorsqu'on    : 
frappe  avec  de  l'acier,  et  elle  varie  pour  h 
rouleiu's  j   les   veines   et   les   accidens  qui   s' 
trouvent.   Les    agates  les   plus  estimées   soi 
celles  qui  vieunent  d'Orient.  Les  agates  nrhon 
secs  ou  herborisces  sont  celles  dans  lesquelh 
tiu  remartjue  des  accidens  seinl>lal)les  à  des  ar 
brisseaux,  des  buisson;»,  ou  dc5  rameaux  qu 
ont  été  formés  par  la  nature  dans  l'intérieu 
de  ce^  pierres.  Agate  d*CJricn(.  Agate  oricn 
taie.  Agate- onyx.  Agate  commune.  Agati  d 
V.ohhme.  Vase  d'agate.  Cachet  d  agate.  Aqat^ 
bien  qravp.e.  Agate  (rès-cwricusc.  Une  tête  d'A 
lexandrc  d'agate.  Une  tête  de  Ce'iur  sur  un> 
agate. 

On  ditj  Une  agate  d'Alexandre,  une  agut< 
d^ Auguste,  etc.  pour  dire,  Une  reprèseiilaiio; 
de  lu  tète  d'Alexandre,  de  b  tête  d'Auguste  ei 
af;ate.  Et  généralement  on  appelle  Agates . 
toutes  les  représentations  de  quelque  chose  qut 
ce  soit  en  agate.  Les  agqies  du  lioi.  Un  beau 
cabinet  d'agates.  L'es  plus  belles  agates  sont  à 
Home 

AGE 

AGE.  s.  m.  La  durée  ordin;iire  de  la  vie. 
L\1ge  de  l'homme  uc  passe  pas  communément 
quatre-  vingts  ans.  L'ooe  des  chevaux  nes\ 
guère  que  de  trente  ans. 

Ac.z  u'hom-me,  signifie,  L'igc  viril.  (Juan^ 
cet  enfant  sera  parvenu  à  Vdqe  d'homme.  Il  si- 
gnifie aussi  La  durée  comnuuie  de  la  vie  de 
l'homme.  H  n'a  pas  vécu  uge  d'homme. 

Age,  se  dit  aussi  De  tous  les  dilT.'rens  dc- 
Tcs  de  la  vie  de  l'homme.  Pas  dgc.  Age  tendre. 
Jeune  âge.  Âge  de  raison.  Age  de  discrétion. 
Jqc  nubile.  A  je  mûr.  Age  viril.  Age  avancé. 
Age  caduc.  Aqe  dénépit.  A  la  fleur  de  l'dge 
Sur  le  déclin  de  Vdge.  Avoir  atteint  certain 
dqe.  Une  femme  hors  d'dge  d'avoir  des  enfnns. 
La  vigueur  de  Vâge.  La  caducité  de  Vdge. 

En  parlant  Deschomiscset  des  souliers  qaoïi 
donne  aux  petits  cnfaus,  on  dit,  Des  chemises 
du  premier  âge,  des  soubeiN  du  premier  dgc. 

AcE.sif^nifie  aussi,  Le  temps  ([u'il  y  a  qu'on 
rat  en  vie.  Lonn  dge.  (irand  âge.  À  l'dge  de 
trente  ans.  Il  est  de  moJt  due.  Aoiis  sommes  du 
ménic  (^ne,  de  mètnc  dqe.  (^uel  dge  avez-vous? 

On  dit,  //  ne  paroit  pas  son  dge,  pour.  Il 
ne  paroit  pas  avoir  l'âge  qu'il  a  en  efiel, 

Agf,  Si'  dit  aussi,  par  relation  à  divcBS 
temps  marqués  par  les  Lois,  pour  certaines 
fonction!!  de  la  société  civile.  Ainsi  on  dit, 
d'Une  fille  (|ui  n'est  pas  encore  nubile,  qu'On 
ne  la  peut  pas  marier^  parce  qu'elle  n'esf  pas 
en  dqt;  d'Un  jeune  homme  qui  ne  peut  pas 
disposer  de  son  bien,  parce  qu'il  n'est  pas  ma- 
jeur, qu'il  n'est  pas  en  dge,  qu'il  n'a  pas  en- 
core VdgCj  qu'i/  n'a  pas  atteint  Viige,  On  ap- 


AGE 

pelle,  Lettres  de  Ifénèftce  d'dge,  de  dispente 
d'ugCy  Des  Lettre;»  par  lesquelles  le  Prince  ac- 
/orde  h  quelqu'un  le  privilège  de  posséder  et 
d'exercer  quelque  Charge,  quoiqu'il  u'ail  Dûs 
encore  1  Age  prescrit  par  les  Lois. 

Age,  se  prend  absolument, pour,  Vieillesse, 
pour  un  ûi;e  fort  avancé.  Ce^t  un  homme  d'dge. 
Etre  sur  Vdge. 

On  dit ,  qu't/n  homme  est  d'un  certain  âqc^ 
pour,  qu'il  n'est  plus  jeune;  cl  qu'il  est  entre 
deux  dges^  pour,  qu'il  n'est  ni  jeune  ni  vieux. 

Age,  dans  la  signification  du  temps  et  du 
cours  de  la  vie ,  se  dit  aussi  Des  animaux.  Quel 
Il  oc  a  ce  chien?  Quel  dqe  a  ce  chenal  ? 

On  dit,  qu't/n  cheval  est  hors  d'dge.,  pour, 
lu'll  n'a  plus  les  marques  par  lesquelles  ou 
loiuioit  l'âge  des  chevaux;  et  qu'L/n  cheval  est 
l'e  boti  dgCj  pour,  qu'il  est  d.ms  tonte  sa  force, 
ni  jeune  ni  vieux.  On  dit  proverbialement  et 
lassenient,  que  L'dge  iiest  fait  que  pour  les 
j/ia-aux,  pour,  qu'il  y  a  de  l'indiscrétion  ^ 
(arlcr  d'âge  devant  des  personnes  qui  ne  sont 

I  lus  jeunes.  Et  cela  se  dit  encore  pour  marquer 
[u'Il  ne  faut  pas  prendre  garde  à  l'âge  des 
[onmies,  mais  à  leur  santé. 

Age,  se  dit  aussi  Du  temps  auquel  ieschoses 
iont  on  parle,  sont,  ou  ont  été;  et  en  ce  sens 
\  ne  se  dit  qu'avec  le  pronom  personnel.  Mer- 
f^dles  de  notre  uge.  Il  fut  V ornement  de  son  dge. 

Age,  en  termes  de  Chronologie,  signifie, 
Tn  certain  nombre  de  siècles.  La  durtt  du 
^\onde  est  difiséc  en  plusieurs  dges.  Le  premier 
iqe  du  monde  est  depuis  la  cvéïttion  du  monde 
^i!:qu'au  Déluge;  et  le  second^  depuis  le  De- 
tige  jusqu'à  la  vocation  d'Abraham. 

On  aiipelle  aussi  L\'ige  du  monde  ^  La  dmee 
iu  monde,  le  temps  qui  s'est  écoulé  depuis 
!ue  le  monde  est  créé.  Le  Déluge  nrnVa  en 
hlle  année  de  Vdge  du  monde. 

Les  Poètes  appellent  les  quatre  dqes  du 
Twnde,  Oualre  dill'éreits  espaces  de  temps, 
l'ont  le  premier  est  L'dqe  d'or,  le  second  Vdqe 
d'argent ,  le  troisième  Vdge  d'airain  ,  et  le  qua- 
Irième  Vdge  de  fer. 

On  nppelli;  3/ovcn  dqe.  Le  temps  qui  %'cjsX 
irroulé  depuis  (Constantin  jusqu'u  la  renaissance 
des  Leltres  au  quinxièinc  siècle. 

On  app(  lie  figuréracnt  L'dge  d'or.  Un  temps 
heureux;  et  L'dge  de  fer,  Un  temps  dur,  un 
temps  d<;  guerre,  de  calamités,  de  crimes. 

En  termes  d'.Astrouomie,  on  dit,  L'dgt  de 
la  Lune, pour.  Le  t"mps  qui  s'est  écould  depuis 
que  la  Lune  est  renouvelée.  Par  VEpacte  on 
conncit  Vdge  de  la  Lune. 

ACE,  ËE.  adj.  Qui  a  un  certain  âge,  un 
certain  nombre  d'années.  Un  homme  dgé  de 
trente  ans.  Une  fille  dgéc  de  vingt  ans.  Il 
n''est  pas  si  dgc  que  vous.  Elle  est  plus  âgée 
que  lui. 

Quand  Agé  est  mis  tout  seul  sans  rien  qui 
suive .  il  signifitT ,  Qui  a  iK-aucoup  d'âge.  H  y  a 
long-temps  que  je  le  ronnow,  il  est  dgc.  C'est 
une  fi-mme  déjà  dgèe. 

AGENCE,  s.  f.  La  charge,  l'emploi  d'Agent. 

II  a  été  nommé  à  VAgcnce  du  Clergé.  Durant 
le  temps  de  son  agence.  Durant  son  agence. 


AGG 

AGENCEMENT,  s.  m.  Manière  d'arranger, 
de  mettre  en  ordre.  L'agenametil  fuit  uulocr 
lee  petites  choses. 

AoENCEMisT,  en  Peinture,  est  l'incliainc- 
ment  des  groupes  dans  unt'  composition.  C'est 
aussi  la  liaison  des  C^nlcs  d'un  même  groupe. 

A(-il'!NCKR.  V.  a.  AjustiT,  ucconinioder,  ar- 
rotigcr.  Il  ne  se  dit  pui'ie  iju'en  parlant  De  pe- 
tites choses  acconimodt'res  ou  rangées  avec  soin. 
JI  s'enteiiA  à  aqcncer  de  petites  ehuses.  Il  a  as- 
sez bien  aqcncé,  assez  mal  tiuencé  tout  cela.  Il 
eM  du  style  faniilirr. 

AcESCÉ,  LE.  partieipe.  Il  se  dit  Des  cijoscs. 
CcU  n'est  pas  bien  ucyeMcé.  Il  se  dit  aussi  Des 
hommes,  pour,  AJtisté,  part'.  Comme  il  est 
agencé!  Il  tic  se  dit  guère  alors  que  dans  un 
aens  badin  et  critique. 

A(!ENDA.  5.  ni.  (  Mol  emprumé  du  Letiu.  ) 
Mémoire  des  choses  qu'on  a  à  faire.  Il  fuît  tous 
les  nidtiris  un  uncni/u  des  choses  tju'd  se  pro- 
pose de  ^it're  le  reste  du  jour. 

Il  se  dit  aussi  d'Cn  pi  tit  livret  destine  pour 
y  écrire  les  choses  qu'on  a  à  faire.  Acheter  «ii 
agenda.  Jgenda  garni  d\tr.  Mettez  cela  sur 
votre  agenda.  Ecrivez  cela  sur  To(re  agenda. 

AGE.NUL II, 1.1:11,  s'AG1;î<()UILI.ER.  v. 
rcfl.  Se  mettre  i  genoux.  S'agenouiller  à  VK- 
glisc.  On  ft  iK^cnouiiler  tout  le  monde.  Les 
i^hameaux  et  les  l'.lcphans  s'agenouillent. 

AGE>OUlI.LOIR.  5.  m.  Petit  escabe.u  sur 
lequel  on  s'agenouille.  L'uyeiioiiil/oir  d'un 
tirie  -  dieu. 

AGENT,  s.  m.  Tenue  dont  on  se  «er*  en 
Fliilosopliie  pour  expriilter  Tout  ce  qui  agit, 
tout  ce  qui  opère.  Agent  naturel.  Agent  surna- 
turel. Le  feu  est  le  plus  puissant  de  tous  les 
agens  naturels. 

Il  se  dit  par  opposition  à  l'atient.  Ainsi  ou 
dit,  L'iiï^cMt  et  le  patient,  pour  signifier,  La 
cause  qui  opère,  et  le  sujet  sur  lequel  elle 
opère. 

Agent,  se  dit  aussi  De  celui  qui  fait  les  af- 
iàircs  d'un  Prince  dans  la  Cour  d'un  autre 
Prince,  sans  caractère  public.  L'Agent  d'un  tel 
Prince.  Les  Princes  gui  entretiennent  des 
Ageiis  dans  une  Cour  étrangère.  Agent  des 
Suisses. 

On  appelle  Agens  du  Clergé,  Les  deux  Ec- 
clésiastiques du  second  IJrJre  choisis ,  pour 
avoir  soin  des  afl'iires  du  Cierge,  par  les  deux 
Provinces  Ecclésiastiques  qui  sont  en  droit  de 
les  nommer.  Les  deu.c  Agens  du  Clergé.  Le 
Clergé  ayant  été  averti  par  tes  Agens. 

Ou  ap|>elle  y^ijciil  de  change  et  de  banque. 
Celui  dont  l'emploi  est  de  s'entremettre  entre 
les  Marclianrls,  Kcgocians  et  Banquiers,  pour 
faciliter  entre  eux  le  conunerœ  de  l'argent,  des 
latlrcs  et  des  billets  de  change, 

AGG 

AGGLOMÉRATIONouA0LOMÉn.\- 
TION.  s.  f.  Action  d'agglonicrcr,  ou  état  de 
ce  qui  est  ag;;lonictc.  L'agglomération  des  nci- 
gei ,  des  sables. 

AGGLOMERER  ou  AGLOMÉREU,  V.  n. 


AGI 

ce  s'emploie  qu'avec  le  pronom  personnel.  C'est 
.    un  terme  didacliqur.  S'asscmbUr,  se  gic^sir 

par  pelotons.  Les  sables  se  sont  luyjlomérés  tle 
manière  à  Jormer  des  masses  solides. 

AGGLUriNAIST,  ANTi-:.  s.  et  adj.  Terme 
de  IVIcderinc.  (^)ui  u^f^lutiur. 

AGGLUTIISATION.  s.  f.  Terme  de  Méde- 
cine. Action  de  réuuir  les  chairs,  les  peaux  sc^ 
pan'cs  par  quelipie  plaie. 

AGGLUTINIùR.  V.  a.  Rcunir  les  chairs,  Iss 
peaux,  les  coiiâclidcr. 

AoCLUiiNt,  KE.  participe. 

AG(;KAVA.NT  ou  AGRAVAJST,  Ar^Ti:, 
ndj.  Qui  rend  plus  gr^ef.  Il  n'est  guùre  d'usage 
qu'en  cette  plirase.  (jircoristtincc  aqcjravantc. 

AGGllAVE.  s.  m.  La  seconde  fulniinatlo:. 
solennelle  d'un  Monitoire  à  chandelles  élcinti!-, 
apr«s  trois  publications  du  même  Monitoire, 
pour  avoir  révélation  de  quelque  cas,  avec  me- 
nace de  fulminer  les  dernières  censuics  de  l'I^- 
plîse  sur  ceux  qui  en  savent  quelque  chose,  e| 
(jui  ne  veuleut  rien  révtfler.  l'aire  fulminer  nti 
iiqqrave. 

AGGRAVER  ou  AGRAVICR.  v.  a.  Rendu 
plus  grief.  Les  circonstances  aggravent  le  crinti: 

AGr.nAvi':,  ée.  participe. 

AGGRliGAT.AG(;RÉGATION,AGGRL:« 
GER.  V.  Agrégat,  Agrégation,  AanÉGEit. 

A  Gï 

AGILE,  adj.  des  2  genres.  Léger  et  dispos, 
'lui  a  iiiiR  grande  facilité  à  agir,  i»  se  immoir 
Un  homme  evlrémement  aqile.  Le  'J  igre^  & 
Singe^  le  Chat,  sont  des  aninuiiix  fort  agiles. 

AGILEMENT,  adv.  Avec  agilité,  i!  monte  î 
cheval  et  voltige  fort  agilemenl. 

Agilité,  s.  f.  Lcgèreté,  grande  facilite  à  si 
mouvoir.  5aH(er  avec  agilité. 

Agio.  s.  m. Terme  de  change  el  de  banque; 
qui  désijînoit  d'abord  L'exccdant  qu'on  premi 
sur  IU.C  soimne,  pour  se  dédommager  de  h 
pcriiî  qu'il  pouiToit  y  avoir  ît  faire.  Il  exprimo 
plus  m^neralemeut  aujourd'hui  Les  spéculations 
faites  sur  les  eQèts  de  commerce  en  papier, 
dont  la  valeur  peut  être  sujette  à  varier  soit  en 
h  lussj ,  soit  en  biisse.  On  écrit  aussi  Agiot. 

AGIOTAGE,  s.  m.  Ce  mot  désigne  L'espèce 
de  trafic  qu'on  fait  des  effets  publics ,  en  pa- 
pier, en  1rs  achetant  oti  les  vendant  suivant  l'o- 
pinion qu'on  a  qu'ils  baisseront  ou  hausseront 
Je  valur.  On  a  fuît  de  grandes  fortunes  par 
l'agiotage.  Il  s'est  ruiné  à  l'agiotage. 

Agioter,  t.  n.  Faire  l'agiotage.  Il  s'est 
enrichi  à  agioter. 

ACilUTEUR.  s.  m.  OWi  qui  lait  l'agiotage. 
C'est  un  agioteur  bien  connu. 

A(iIR.  v.  n.  Faire  quelque  chose.  Il  n'est 
jamais  sanê  agir. 

Il  signifie  aussi,  Opérer,  produire  quelque 
effet  ,  faire  quelque  impression.  C'est  un  re- 
mède qui  agit  puissamment.  Le  feu  agit  sur 
tous  les  metiiu^r.  Les  Philosophes  prétendent 
que  Us  Planète  a  agissent  les  unes  sur  les  autres. 
L'cloguenco  agit  sur  les  esprits.  L'exemple  des 
supérieurs  agit  j  rtcment  sur  les  injorieurs. 


AGI  .Tr 

A&iH,  s^niOe  aussi,  ]Scsocier,  s'cinplojer 
en  quelque  aflàire.  Il  agit  à  la  Cour  pour  /« 
mtércts  de  su  Prov.nce.  Il  a  tout  pouvoir  H\i- 
gir.  Je  vous  pne  d'agir  j  our  moi. 

Il  sif^nKie  au.ssi ,  Se  n  nduire,  se  comporter. 
v^f^ip  en  homme  dlioniicur.  Agir  en  homme 
d'esprit.  C'est  mal  agir.  Ctt  n'est  pas  hieu  agir. 

Il  signifie  aussi,  Poursuivre  en  Justice. //ni'r 
criminellement.  A  gir  civilement.  Il  a  été  obligé 
d  agir  contre  son  tuteur. 

Agih,  s'agir,  s'emploie  aussi  impei-sonn»  1- 
l'incnt ,  cl  alors  il  sert  h  marquer  de  quoi  il  est 
iptestion.  Il  s'agit  de  savoir.  Il  s\igissoit  de 
choisir  entre  l'un  ou  Vautre.  (Juand  il  s'agira 
de  votre  service.  De  guoi  s'agit-il?  Il  s'agit  du 
■^alut  de  VElal. 

AGISSANT,  AJSTE.  adj.  Qui  a«it,  qui  se 
donne  beaucoup  de  mouvement.  Un  homme 
ejrtiêmcment  agissant.  Une  femme  ftrt  agis- 
tante. 

Il  siî^nifie  aussi,  Qui  aj^it,  qui  opùrc  avec 
force  ,  avec  efUcace.  Pour  rendre  ce  remède 
plus  agissant....  La  poudre  est  moins  agissante 
'jtiand  elle  est  humide,  quand  elle  est  érrn.sce. 
f/eau-f>Hc  et  l'eau  régale  sont  bien  ylua  agis- 


tantes  quand  elles  sont  mêlées  ensemble. 


qin; 


ijuand  elles  sont  séparées. 

On  appelle -l/ec/t'cine  agissante.  Un  système 
deMédeclue  qui  enq)loie  beaucoiq»  de  remèdes. 
AGITATIOIN.  s.  f.  Ébranlenieul  pn)U)ni;c, 
Mouvement  en  sens  opposés.  L^agitattou  tin 
t  aisseau  étoit  violente.  Il  ne  sauroit  souffrir 
Wiqitation  du  cheval.  L'agitation  du  carrosse 
bi  fait  mal  Vagitation  âe  la  mer.  f^agtta' 
lion  des  pots. 

U  se  dit  figurément  Du  trouble  que  lis  par- 
lions causent  dans  l'âme.  Etre  dans  une  grande 
agitation  dVsprit.  L'amoiir,  la  haine,  le  désir. 
I<i  crainte,  causent  différentes  agitations  dans 
l'Jmtr.  Il  y  a  une  grande  agitation  dans  les 
isprils. 

AGITER.  V.  a.  Ébranler,  secouer,  remuer 
m  divers  sens.  Les  t>ent.s  agitent  la  mer.  Les 
vagues  agitent  le  vaisseau.  Le  vent  agitoit  il 
peine  les  feuilles  des  arbres. 

i  )n  l'emploie  avec  le  pronom  pwsonnel  , 
Pt  Ion  dit,  qu' L  n  malade  s'aqïte  ro'ifinuc'l- 
lement,  pour,  qu'il  est  dans  un  mouvement 
ronliruiel,  qu'il  se  lounnenlc  sans  ccaSc.  On 
dit  aussi,  qu'L'n  cheval  s'agite,  pour,  qu'il 
so  remue  avec  trop  d'ardeur. 

On  dit  aussi ,  en  parlant  Du  mouvement 
qui  arrive  à  la  mer  et  aux  flots  :  La  mer  com- 
ment^oit  à  s^ag'.ter.  Les  flots  s'agiioient  vio- 
lemment. 

Agiter,  se  dit  figurément  en  p.irl.mt  Des 
difTérentes  passions  qui  ont  accoutume  de  trou- 
bler l'esprit  de  l'homme.  Les  pjssions  <jui 
agitent  Vhomme.  Le  désir  el  la  crainte  sont 
les  passions  gui  nous  agitent  le  plus.  La  eo- 
Ivre  l'agite.  Cela  lui  agit^:  sans  cesse  Vcsprit. 
On  dit,  Agiter  le  peuple,  pour,  Clierchcr 
il  exciter  ses  pnssions  ,  le  porter  â  quelque 
mouvement  de  vioK'nce. 

Il  se  die  nussi  figurément  en  pnriaot  De 
diflurentes  questions  qu'on  propose  .'i   cxanii» 


32  A  GO 

uer,  et  «ignifie,  Discuter  de  part  et  d'autre. 
y/g:(er  une  auestion.  On  agita  long-temps  celle 
ujjii  ire. 

11  s'emploie  aussi  au  figuré  avec  le  pronom 
p<frsoniu-I,  cl  signifie,  Être  discuté  de  pnrt  t't 
il'autre.  L\tssemhlée  tïura  lonq  -  temps ,  et  il 
s*iinita  une  question  importante.  Les  (juestion^ 
tiui  s'y  anitèrcnt. 

AiiiTÉ,  ÉE.  pn-iicipe. 

Al!N 

AOPiAT.  s.  m.  Terme  d.-  Droit.  (  Dans  c« 
terme  et  les  deux  suivans  Oii  pronosce  le  G 
dur.}  On  appelle  Agnats  le.<  colluti  raux  descen- 
daus  par  m.ilcs  d'une  inème  souche  masculine. 

AGiSATION.  s.  f.  <.,)ualilé  des  Asnats. 

AGNATlv)UE.  adject.  Qui  appartient  aux 
Agnats.  Ligne  agnatique. 

AGN1-..AU.  subs.  m.  Le  petit  d'un'-  Ini-liis. 
(Le  G  se  prononce  mouillé  ici,  et  dans  les 
cinq  articles  suivans.)  Agneau  de  lait.  Agneau 
tardif.  Mar.ncr  de  Vagneau.  Quartier  d'agneau. 
Ou  appelle  r.^g'ienii /^ascnl,  L'agocnu  ()uc  les 
Jnil's  mau^eoi/nt  à  la  fête  de  IVitjues. 

On  dit  d'Une  personne  d'iiumcur  fort  douce, 
qu'E/le  est  douce  comme  un  agneau,  que  c^esi 
un  agneau.  Et  cela  se  dit  même  de  quelques 
animaux  ,  comme  du  chien,  du  cheval.  Ce 
chei'al  est  doux  comme  un  agneau.  C'est  un 
agneau. 

AGNELEK.  v.  n.  Il  se  dit  De  la  brebis  qui 
met  bas.  Vne  hrelfis  pi^ic  à  aqneler. 

ACXfXKT.  9.  m.  diminutif.  Petit  agneau. 
11  est  vieux. 

AGNEL.S.  s.  m.  Espace  de  monnoie  qui  a 
eu  cours  en  France  sous  plusieurs  Rois. 

ACJNÈS.  s.  f.  (On  prononce  l'S.  )  Jeune 
fille  très-innocente.  C'est  une  Agnès.  Elle  fait 
V/lgni:s.  Cela  est  du  style  familier. 

A<i>'[JS.  s.  m.  (  On  mouille  le  G  ,  et  on 
prononce  l'S.  )  On  appelle  ainsi  Une  cire  bénite 
par  le  Pape  ,  siu-  laquelle  est  imprimée  la  fi- 
gure d'un  agneau.  On  donne  aussi  le  même 
nom  i  de  petites  images  de  piété  onices  de 
Ijroderic ,  et  faites  pour  les  cifans.  L  n  hel 
aqnus.  On  donne  des  agnus  aux  petits  Eco- 
iiers  qui  disent  bien  leur  leçon. 

AGKUS-CASTUS  eu  VITEX.  subst.  masc. 
fOn  prononce  le  G  dur,  et  les  deux  S.  fuialcs.J 
Arbuste  don',  les  branches  sont  pliantes  comme 
celles  de  l'osier.  Sa  semence  est  Irès-rafr.TÎchis- 
»inle  ;  elle  adouci;  l'Jcreté  des  humeurs  ,  cl 
tempère  l'ardeur  du  s.ing. 

A  U  O 

AGOME.  subs.  f.  Le  dernier  combat  de  la 
nature  cootre  la  mort.  Il  ne  se  dit  qu'en  par- 
lant De  riiomme.  Être  à  l'agonie.  Une  longue 
ojoim'c.  Une  agonie  douloureuse.  Pendant  une 
longue  agonie  U  conserva  toujours  sa  tète. 

Il  st  dit  figurénicnl,  pour  signifier  Une  ex- 
trême angoisse,  une  grande  peine  d'esprit.  De- 
u«i.<  que  son  procès  est  sur  le  bureau,  il  est 
anf.s  de  cofilinucl(<;i  ajonies.  En  parlant  De 


AGR 

Ictat  douloureuT  où  Notrc-Sfifpu-ur  5«  trouva 
au  Jardin  des  Olives ,  on  dit ,  L\iqonie  ('c 
?totte- Seigneur  au  Jardin  des  OUves. 

AGONISANT,  AN'l'E.  adjectif.  Oui  est  a 
l'agonie.  Je  l'ai  laissé  agonisant.  KUe  était 
aqoni':ante. 

Il  est  aussi  substantif.  fVier  pour  }cs  a^oni- 
sans.  La  Confrérie  des  aqonisans.  Dire  Ic^^ 
prières  des  aijonisans. 

Agoniser,  v.  n.  ï-:ire  h  rngonic.  il  açjn- 

nise.  On  Va  laissé  qui  aqonisoit. 

AGONOSTIOUK.s.r.  Partie  delà  Gvnin;>s 
lique  chez  les  Anciens,  qui  avoil  rapport  an. 
combats. 

AGONOTÎIKTK.  s.  m.  Tenne  d'Anliquilc 
Ofïicier  (jui  presidoit  clicz  k-s  (irecs  aux  jeu- 
sacn-s.  Le  tribunal  dc^  Agonolhéles  distrihuoil 
les  couronnes  aux  vainqueurs. 

A  G  li 

AGRAFE,  s.  f.  Sorte  de  croeliet  qui  passi 
dans  ua  anneau  qu'on  appelle  porte,  cl  qui 
sert  i  attacher  ensemble  différentes  cliose.s 
Acjrapt  d^or.  Jgrafe  d'argent.  Agrafa  de  dia- 
mans. 

On  appelle  La  porte^de  V  agrafe  ^  La  petite 
ouverture  dans  laquelle  '  n  passe  le  crochet 
d'une  agrafe. 

On  appelle  Agrafe  de  diamans ,  Une  agraft 
enrichie  de  diamans. 

AGRAFER,  v.  a.  Attacher  avec  une  agrafe 
Agnifrr  une      be.. 

AcB\FÊ,ÉE.  participe. 

AGRAïRE.  adj.  des  -à  genips.  Nom  que  In 
Jurisprudence  et  l'Histoire  Romaine  donncnl 
aux  Lois  qui  avoient  pour  objet  la  distribution 
des  terres  conquises  eutre  les  Citoyens  ou  les 
Soldats.  Lofs  agraires. 

A(;rANDIK.  v.  a.  Accroître,  rendre  plus 
j;rand,  phis  étendu.  Agrandir  une  maison,  un 
iardin.  Il  a  agrandi  son  parc  de  tant  d\irpens. 
Cette  ouverture  est  trop  petite .  il  la  fiut  agran- 
dir. Ce  Prince  a  fort  agrandi  ses  LAats. 

l\  signiiic  figurément.  Rendre  p!ui  i;raud  en 
biens,  en  dignité,  en  fortune.  La  l'rincei 
agrandissent  qui  il  leur  plaît. 

Il  se  dit  aussi  pour,  Fairî  paroître  plus 
f^rand.  Ce  i>i'tenieni  agrandit  la  tailU.  Une 
distrilmti':-n  bien  erfei^due  aqrandit  un  jardii 
en  apparence.  Cet  Kcnvain  ugrandtt  tout  le 
qu\l  traite. 

Il  Sf.  dit  quelqîicfojs  dans  un  sens  critique, 
pour ,  Exagérer.  Cet  Jiomme  est  uji  peu  sujet  à 
agrandir  le  récit.  Il  anrandit  volontiers.  Il 
est  familier  en  ce  sens. 

On  dit  aussi,  Agrandir  ses  prétentions  , 
pour  ,  Porter  ses  désirs  ,  son  ambition  plus 
liant,  plus  loin. 

AcnANDin  ,  avec  le  pronom  personnel,  si' 
dit  De  celui  qui  augmente  sa  terre,  son  héri- 
tage, sa  maison,  qui  lui  donne  plus  d'élendue. 
Il  s^cst  bien  agrandi  du  côté  de  la  rivière.  Il 
cloit  logé  trop  étroitement ,  il  à  trouvé  moyen 
de  s'agrandir. 

AtinAi<Di.  lE.  participe. 


AGR 

AGRANDISSEMENT,  s.  m.  Accroissement, 
augmentation.  L^ agrandissement  de  son  parc 
est  de  deux  cents  arpens*  On  a.abattu  ces  mai- 
sons pour  Vaqrandissement  de  la  Place. 

U  se  dit  figurément  De  l'augmentation  et 
de  raccroissemeut  en  biens,  en  foilune.  H  tra- 
vaille pour  Vaqrandissement  de  sa  famille  , 
pour  Vaqrandissement  de  ses  enfins.  L'aqran- 
dissement  de  cette  maison  vient  d'un  tel 
î-rince. 

AGRl':AnLE.  adj.  des  2  genres.  <^>ui  plait. 
Vnc  personne  agréable.  Conversation  agréable. 
Maison  agréable.  Demeure ^  jardin  fort  agreu~ 
[lie.  Campagne  aqrèuhle.  ^i  cela  vous  est 
agréable. Il  a  l'abord  agréable,  la  physionomie  « 
aqrêablcy  des  manières  agréablts.  Il  est  agréa* 
l'ic  de  vivre  avec  ses  amis.  C'est  un  homme 
tvès-agrèable  en  compagnie. 

Il  s'emploie  quelquefois  substar^îvement.  H 
ne  fiiut  pas  sacrifier  Vutile  à  l'agréable. 
On  dit  aus?i  ,  qu'Un  homme  fait  VagrèabU  , 
ijue  c'est  un  agréable  ,  pour  ,  qu'il  croit  être 
lii^réable,  et  qu'il  alTccte  de  passer  pour  tel  ;  et 
qiCUn  homme  fait  Vaqréable  auprès  d'une 
fammc,  pour,  qu'il  s'attache  ù  lui  faire  la  coury 
qu'il  cherche  -t  lui  plaire. 

Ou  le  fait  substantif,  pour  désigner  Cent 
qui  affectent  l'agrément  dans  leurs  maniùrcs  et 
li'ur  langage.  C'est  un  agréable.  Elle  cherche 
les  agréables.  Il  est  familier  et  critique. 

On  dit.  Avoir  pour  agréable,  poui  ,  Agréer. 

AGRÉABLEMENT,  adv.  D'une  manière 
aj^réable.  Il  reçut  cela  fort  aQréahlement.  H 
parle  agréablement.  1}  est  agréablement  à  (a 
Cour,  Il  est  agréablement  logé.  îl  écrit  aqié.i' 
hlemcnt. 

AGRÉER.  V.  a.  Recevoir  favorablcmcui. 
Dieu  agrée  nos  offrandes,  nos  prières.  Agréer 
le  service  de  quelqu'un.  Il  a  agréé  la  prvposi^ 
lion  que  je'lui  ai  faite. 

Il  sii^nifie  aussi,  Tromer  bon.  Aqrcez  om.- 
je  vous  dise.  On  dit  en  parlant  d'Un  Officitr 
ipu  a  traité  d'une  Charge  dans  la  Maison  du 
Roi,  dans  les  Troupes,  ou  dans  la  Robe, 
fjue  Le  Uoi  Va  aqréé,  pour,  quf  Le  Roi  tiouve 
bon  qu'il  entre  dans  la  charge  dont  il  a  traite'. 
71  avoit  acheté  une  belle  Charge,  mais  le  l\oi 
ne  Va  pas  agréé.  Il  n'a  pu  se  faire  agréer. 

On  dit  proverbialement,  que  ijuand  on 
doit  il  faut  payer ,  ou  agréer ,  pour ,  qu'U 
fjul  donner  de  l'argent  à  son  créancier,  o»  dôfc 
BÛrctés  dont  il  soit  content.  En  ce  sens.  Agréer 
est  corrélatif,  et  signii'.c,  Faire  un  mutuel  accord. 

AGiiFXH,est  aussi  neutre,  et  si-nilie.  Plaire, 
être  au  gré.  Cchi  ne  m'agrée  pas.  ^on  servies 
sa  personne  n'agrée  pas  au  maître. 

Ac;nÉÉ,  ÉE.  participe. 

ACiRIŒR.  V.  a.  Terme  de  Marine.  lixjuiijcr 
uu  vaisseau  de  voiles,  de  cordages,  et  de  loat 
ce  qui  est  nécessaire  pour  le  mettre  eu  étal  d« 
naviguer.  On  a  envoyé  ordre  d'agréer  un  tel 
vais'ieau. 

AGRiEUR.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Celui 
qui  fournit  les  agrès  d'un  vaisseau. 

AGRÉGAT.  5.  m. Terms  didactique  Aksem- 
bLtge. 


AGR 

ACRIr.-jATION.  s,  f.  Assouat;*)n  dans  un 
<^orps,  dans  une  Conipagnîc.  Lettres  d'afjrêcja- 
(l'on.  On  s'est  opposé  à  son  a(jrcgatioti. 

En  termes  de  Pliilosophic.  on  appelle  Corps 
p«r  aqiêijiition  jXJn  corps  (jui  n'est  forme  que 
ds  l'cimas  de  plusieurs  clios  s  qui  n'ont  poiot 
entre  elles  de  liaison  naturelle. 

Acukoation,  en  (Chimie,  est  L'assemblage 
ou  l'union  d'un  a,i->cz  grand  nombre  de  parties 
îjomogènes  pour  ibr.ner  un  corps  censihle. 

AGRKGER.  V.  a.  Associer  quelqu'un  h  un 
Corps,  à  une  Compagnie,  pour  le  faire  jouir 
des  mtfmes  lionneurs,  des  mêmes  preroj;alivcs 
que  ceux  qui  en  sc^t.  L"  Faculté  de  Droit  l'a 
anréqé.  La  Faculté  ac  liJédeciiif.  a  voulu  agré- 
qcr  un  tel  à  son  Corps.  Il  nVtoil  vas  du  Corps, 
mais  on  l'y  a  anréqé. 

A&nÉcé,  ÉE.  participe. 

On  appelle  substantivement  Anréqé ,  Un 
Docteur  en  Droit,  dont  la  principale  fonction 
esc  d'assister  aux  tlit-scs  et  aux  examens  de 
Droit.  Les  Ànréqés  en  Droit,  ou  simplcmenl 
Les  Agrcqés. 

AGRÈi\IE?îT.  s.  m.  Approbation,  consen- 
tement. H  a  ohtetiH  VaqtêmciU  du  iioi  pour 
cette  Charge.  La  mère  a  donné  son  aqrément 
pour  ce  mariaqe.  Il  ne  veut  rien  faire  sans 
l'agrément  de  sa  Compagnie,  Il  ne  sauroit  dis- 
poser  de  cette  maison  qu'avec  mon  agrémcTit. 

II  signifie  aussi,  Qualité  par  laquelle  on 
plaît.  Ccïtc  femme  n^est  pas  hellcy  mais  elle  a 
beaucoup  d'agrément.  Cette  maison  n'est  pas 
^'•qulicrement  bJ'ie  ,  mais  clic  a  de  qrands 
a^rémens,  La  solîtudf  a  ses  a^-émens.  Il  n*y  a 
nul  agrément  dans  cette  pièce ,  dans  cet  ou- 
vrage. Cette  femme  est  belle,  mais  elle  n'a  nul 
agrément.  les  agrémens  de  la  figure^  de  l'esprit. 

n  signifie  encore,  Avantage,  plaisir,  sujet 
de  satisfaction.  Celte  personne  a  raison  de  de- 
meurer à  la  Cour,  elle  y  a  de  très -grands 
agremenx,  elle  y  trouve  de  grands  agrémens. 
Cet  homme  trouve  de  qrands  agrémens  dans 
sa  fiimillcj  dans  sa  profssion,  dans  sa  Charge, 
dans  la  Compagnie  dont  il  est.  Jl  ne  trouve 
aucun  agrémejit  dans  sa  Vrcvince.  Il  est  es- 
time dansles  7  roii^e5,e(  il  y  sert  avec  agrément. 

On  appelle  aussi  Agrémens,  certains  orne- 
tncns  qu'on  met  snr  îes  liabits.  Vcirc  hahit  est 
trop  tini,  il  aurait  besoin  d^agrémeus. 

On  appelle  aussi  /^^rémcns,  certains  divcr- 
'Usemens  de  musique ,  ou  de  danse,  que  l'on 
ioinl  à  des  pièces  de  lî:(îitrc.  Cclîc  pièce  n'a 
réussi  que  par  les  ugiéniens.  Cn  a  donné  U 
Bourgeois  Gentilhomme  avec  tous  ses  agré- 
ment. 

On  appelle  encore  Agrémens^  dans  la  mu- 
61  jUC,soil  vociïle,  soit  imtrumentaïe,  Des  sons 
accessoires  ajoulis  au  chant  pour  II*  rendre  plus 
jgrciible. 

AGRI*^.  s.  m.  pi.  Temic  de  Marine.  Voilcf  . 
cordages,  poulies,  et  tout  ce  qui  est  nécessaire 
pour  mettre  un  vaisseau  en  élat  c  naviguer. 
Le  vaisseau  a  tous  ses  agrès. 

ACîRîiSSlX'R.  a.  m.  Celui  qui  nllique  U 
premier.  Vagresseur  a  toujours  tort.  Il  faul 
«avoir  lequel  des  de  7  tst  l'agresseur 


AGU 

AGKESSIOPf.  ç.  f .  Action  de  celui  quî  a  év 
le  premier  à  attaquer.  Il  y  a  preuve  d'agressioi 
l'e  su  part.  Cette  critique  est  une  véritabl 
agression. 

AGRESTtS.  aJj.  d.rs  2  genres.  Rustique, 
sauvage,  cbampclre.  Fruit  agveJe.  Site,  Uch 
agreste.  U  est  plus  d'usage  au  Gguré.  Humem 
ijnrcsfe,  m^furs  agrestes. 

AGRICOLE,  -idj.  dej  2  genres.  Qui  s'a- 
donne a  ragricnllnre.  Il  est  presque  toujoun 
joint  à  un  nom  collectif.  Un  Peuple,  une  Na- 
tion, un  V.oyaume  agricole. 

AGRTCUl.TKUR.  s.  m.  Celui  qui  cultive  la 
terre.  Un  bon  /Iqriculteur. 

AGRICULTURE,  s.  f.  L'art  de  cultiver  In 
terre.  Cet  homme  aime  l'agriculture,  cnteni\ 
bien  l'agriculture.  Traité,  d'agriculture, 

AGRII-!.  s.  f.  Espèce  de  dnrtre  qui  coiTodo 
a  peau,  tt  fait  tomber  le  poîl. 

AGRIFFER,  s'AGRIFFER.  verbe  qui  s'em- 
ploie .Tvec  le  pronom  personnel.  S'attaclier  avec 
les  griifes.  Le  chat  s^agriHa  à  la  tapisserie. 

Ac.niFFÉ,  ÉK.  participe. 

AGRIP.\UME.  s.  f.  Plante  qu'on  nommfl 
aussi  Cardiaque,  parce  qu'on  la  croit  bonntf 
dans  Us  palpitations  et  autres  maladie*  du 
cœur. 

Agripper.  V.  a.  Prendre,  saisir  avidement. 
Elle  agrippe  tout  ce  qu'elle  voit.  U  est  bas; 

AcniPPÉ,  ÉE.  participe. 

AGRONOME ,  s.  ra.  se  dit  d'Un  hommfl 
versé  dans  la  tlieorie  de  l'agriculture.  L'Angle- 
terre a  produit  dliabile^  Aq:  or-cmes. 

AGRONOMIE,  s.  f.  Tliécrie  de  l'agricultura 
S^appliquer  à  ^Agronomie.  La  Chimie  a  cor*' 
Irihué  à  perfectionner  l'Agronomie. 

AGROUPER.v.  a.  Assembler  cn  groupe  des 
figures,  des  corps. 

AcnoupÉ,  ÉE.  participe. 

AGU 

AGUERRIR.  V.  a.  Accoutumer  à  la  guerre, 
aux  fatigues,  aux  foncti-jns  de  la  guerre.  Ce 
Général  a  aguerri  ses  troupes  en  une  seuh 
campagne.  Depuis  ce  siège  les  troupes  étoicnt 
tout  aguerries. 

Il  si.;iiific  figurcmcnt ,  Accoutumer  qurrl- 
qu'un  à  quelque  chose  qui  paroîl  pénible  dans 
le  commencement.  Il  a  petne  à  s^accoutumci 
à  la  raillerie,  îl  fnut  l'y  aguerrir.  Jl  fuit  l'a- 
tjucrrir. 

On  l'emploie  au>si  avec  le  pronom  person- 
nel au  propre  et  au  figuré.  Ces  troupes  se  sont 
aguerries.  Il  n'est  pas  fait  au  grand  monde,  i'. 
s'y  aguerrira  avec  le  temps. 

AoLi.nr.i,  i^  participe. 

AGUE T.  s.  m.  Vieux  mot  qui  signifie  Poste, 
lieu  dioisi  |)Our  guetter.  Il  n'est  plus  d'usage 
qu'au  phiriel,  et  dans  ces  phrases  :  Être  aujt 
aguets,  se  tenir  atix  aguets,  pour,  l*!pier,  ob- 
server le  temps,  l'occasion;  être  aux  écoutes, 
soit  pour  surprendre  quelqu'un ,  soit  pour  évi- 
ter d'sire  surpris.  Il  étoit  qux  aguets  pour 
prendre  ses  avantages,  Cn  dit  aussi  dans  1<J 
mcnic  sens   ^'cttrj  nix  aiuets.  Le  ÎWcvôt  a  iii.i 


AID 


33 


I  (les  gens  aux  aguets  pour  se  saisir   d'un  ici 
Voleur. 

A  H 

AW.  Interjection  qui  sert  5  marquer  la  joie, 
la  douleur,  l'admiration,  l'amour,  etc,  suivant 
la  diilurencc  des  sujets.  Ah!  que  je  suis  aise  de 
vous  voir!  Ah!  que  vous  me  faites  plaisir! 
Ah!  vous  me  faites  mal!  Ah!  que  cela  est 
beau! 

Ce  n'est  souvent  qu'une  interjection  expié- 
live  qui  ne  sert  qu'à  rendre  une  locution  plus 
aninire.  Ah!  Madame,  gardez-vous  de  le 
croire. 

AU  A 

AIîAN.  s.  m.  Peine  de  corps,  grand  elTort. 
irl  qu'est  celui  que  font  ceux  qui  fendent  le 
bois,  ou  qui  lèvent  quelque  pesant  firdeau. 
C'est  un  de  ces  mots  qui  se  forment  du  son  de 
la  chose  qu'ils  signifient.  Suer  d'ahan.  U  est  bas. 

AIL\NER.  V.  n.  Avoir  bien  de  la  peine  en 
faisant  quelque  chose.  //  a  bien  c.hané  avant 
yuc  de  venir  à  bout  de  ce  travail,  ds  cette 
ajfitire.  Il  est  bas, 

A  II  E 

AHEURTEMENT.  s.  m.  Obstination,  atfa- 
ïhcraent  opiniâtre  ^  un  sentiment,  à  un  avis. 
C^est  un  étrange  aheurtcment  que  le  sien, 

AHEURTER.  v.  a.  Obstiner  quelqu'un,  ex- 
titer  son  liumeur.  Il  ne  faut  pas  trop  l'aheur- 
1er.  >i  t'oiîs  Vaheurtez  davantage,  îf  finirai  par 
fclater.  Il  est  familier  et  de  peu  d'usage. 

Il  s'emploie  ordinairement  avec  le  pronom 
personnel.  iS'u/ieurîer  à  un  oh  stade.  S' ahcurter 
à  un  sentiment,  à  une  opinion.  Il  s^ahciirte  à 
cela  contre  Vavis  de  tous  ses  parens.  S'aheiuter 
à  f:ire  quelque  chose.  C'est  un  homme  qui  s\i- 
licurte  tellement  à  ce  qu'il  s" est  mis  une  [cis  dans 
la  tcte,  qu^on  ne  le  fait  jamais  revenir. 

AHEijnTÉ,  ÉE.  participe.  C'est  uiï  hommt 
uheurté  à  son  opinion, 

AHI 

4HI,  Sorte  d'interjection  Qui  exprime  h 
douleur.  On  dit  aussi  AiE.  Voyez  ce  mot. 

AHU 

AHURIR.  V.  a.  Interdire,  etont;cr,  rendre 
stupéfait.  T^'ahurissez  pas  cet  enfant.  Il  est  fa- 
milier. 

Anuni,  lE.  participe.  Interdit,  stnpéfart.  // 

tst  tout  ahuri.  Il  e^t  familier. 

A  I  n 

AIDE.  s.  f.  Secours,  assistance  qu'une  per- 
sonne donne  à  une  autre.  Aide  prompte.  Aide 
assurée.  Donner  'tie.  Donner  aide  et  ftvem. 
Demander,  implorer  de  ''aide.  Crier  à  l'aide. 
Appeler  à  son  aih.  /n*»o'.  jt  ^'aide  de  quer- 
qn^un. 


34 


AID 


Oa  dit  provcrbi;iIenieiit,  Un  peu  ^*alâe  ftit 
qrand  bien,  pour,  L'n  petit  secours  ne  laisse  pas 
d'i-tre  queli|nofois  très-utile;  <^t,  Boti  ilroit  a 
hesoin  il\iidc^  pour,  Quelque  l)oniie  que  soit 
uue  oiTiire,  il  ne  faut  pas  laisser  de  la  soUi- 
citer. 

Aide  ,  se  dit  aussi  Des  secours  et  des  grâcs 
de  Dieu.  Il  fntt  tout  attendre  de  Vaide  de  Dieu. 
Mon  Dieu,  venez  à  mon  aide.  Dieu  vous  soit 
en  aide.  Façon  de  parler  populaire,  dont  ou  se 
sert  qu.'ind  quelqu'un  ëteniuc,  ou  quand  on 
n'a  pas  de  quoi  donner  l'anmône  à  un  pauvre 
qui  la  demande.  Il  vieillit. 

Aide,  se  dit  aussi  Du  secours,  de  l'utilitd, 
fie  l'avantage  qu'on  tire  de  certaines  choses.  On 
a  fait  de  grandes  dccoui'crtes  à  Vatde  des  lu- 
nettes de  lonaue  vue.  Il  n'^eût  pas  réussi  sans 
l'aide  d\itie  telle  machine. 

Aide,  se  dit  aussi,  tant  De  celui  dont  on  re- 
çoit du  secours,  que  de  la  cbcse  dont  on  en 
tire.  Dieu  seul  est  ma  force  et  mon  aide.  Vous 
êtes  toute  son  aiâe,  tuut  son  secours.  Il  na 
point  eu  en  cela  d'autre  aide  (jue  les  mémoirei 
(ju'on  lui  a  donnés. 

Aide, en  matière  ecclésiastique, se  dit  d'Une 
Église,  d'une  Cliapelle  bàlie  pour  être  la  suc- 
cursale d'une  Église  paroissiale  dont  les  liahi- 
tans  sont  trop  éloignés.  Sainte-Marquerite^ 
tJajis  le  fiiuhourq  Saint-Àntoinejétoît  une  aidt 
de  la  Paroisse  de  Saint'Paul. 

Aide.  s.  m.  Terme  dont  on  se  sert  en  par- 
lant Des  personnes  dont  l'emploi  consiste  à  ctn 
auprès  de  qiielqu'ua,  pour  sen'ir  conjointe-  ; 
ment  avec  lui,  et  sous  luL  Ainsi  on  appelle 
Aide  des  Cérémonies^  Un  Officier  dont  la  fonc- 
tion est  de  servir  sous  le  Grand-Mailre  des  Ce* 
rémûnies. 

Ou  appelle  Aides  de  cuisine,  Aides  ^olfice^ 
Lee  bas  Officiers  qui  servent  sous  un  cbef  d< 
cuisine  et  d'office.  Et  Aide  à  Maçon^  se  dil 
d'Un  garçon  qui  seit  àous  un  Maçon. 

On  appelle  Aide  de  Camp,  Un  Officier  d< 
Guerre  qui  s^rt  anprès  du  Général  ou  d'un 
officier  Général,  pour  porter  ses  cidres  parloul 
où  il  est  nécessaire.  Aide  de  Camp  du  Roi.  Aide 
deCamp  du  GcnéraL  Aidr  de  Camp  d'un  LieU' 
tenant  Général,  d'un  Mirschal  de  Camp. 

On  appelle  dans  les  Groupes  ,  y/ it/c-3/(qor, 
Un  officier  q-ii  sert  avec  le  Major,  £ous  son  au- 
loritê,  et  en  faii  toutes  les  rouerions  en  «on  ab-_ 
sence-  Aide-  !\ljjor  des  Ga'-de?.  Aide-Major 
d'une  place  de  Guene.  I/Aidc- Major  de  la 
Place. 

On  appelle  Aide -Majorité^  La  place  des 
Aide-Majors. 

On  appelle  au-^sî  Sous-  Aide j  Celui  qui  csl 
subordonné  à  l'Aide  dans  les  marnes  fonctions. 

Aide,  se  dit  .tussi  De  celui  qui  contribue 
aux  frais  de  lustensile  des  gens  de  guerre,  avec 
rliôte  chez  lequel  ils  sont  loges.  Donner  des 
aides  à  un  hôte,  afin  qu'il  ne  soit  pas  sur- 
elmrqé. 

À  t'AiDE.  Façon  de  parler  adverbiale.  Au 
stcours. 

AIDES,  s.  f.  pi.  Subsides  établis  sur  le  vin, 
et  sur  lc«  autres  ïioissons,  pour  aider  à  soute- 


AIE 

nir   les  dépenses  de  l'État.  Les  Fermiers  des 
'  Aides.  Les  Aides  montent  à  tant.  L'octroi  des 
Aides. 

On  appelle  Cour  des  Aides,  Une  Compagnie 
supérieure,  dans  laquelle  les  aflaircs  qui  con- 
cernent ceii  sortes  de  subsides  sont  jugées  en 
dernier  ressort.  Premier  Président  de  la  Cour 
des  Aides,  Conseiller  de  la  Cour  des  Aides. 

Aides,  se  dit  aussi  au  pluriel,  en  termes  de 
Mauége,  De  toutes  les  choses  dont  le  CavaUcr 
se  sert  pour  bien  manier  un  cbeval.  Les  aides 
de  la  voix,  les  aides  des  talons j  de  la  qaule, 
de  l'epcron. Le  cheval  coiuiolt  les  aides, répond 
aux  aides,  a  les  aides  fines. 

AIDKR.  V.  a.  Donner  secours,  assister.  Ai- 
der queK^u'un  dans  ses  besoins.  Aider  les  pau- 
vres dans  leur  nécessité.  Dieu  les  a  hien  aidés. 
Aider  -quelqu'un  de  son  hien,  Vaider  de  sa 
hourse,  Vaider  de  son  crédit.  Les  lunettes  de 
lontjue  vue  ont  f^rt  aidé  les  Ar.tronomes  dam 
les  dccouvertes  qu'ils  ont  fiites.  Cette  méthodi 
aide  beaucoup  la  mémoire.  Il  faut  s'aider  la 
uns  les  autres.  Aidez-vous.  Vous  ne  vous  aide* 
[joi'nï.  On  dit  proverbialement,  Aide-toi,  Dieu 
t'aidera. 

AiDKn,  se  met  aussi  avec  la  préposition  à  de- 
vant la  personne;  et  alors  il  signifie  ordinaire- 
ment, Secourir  un  hoitfme  trop  chargé,  ou  s< 
joiiulre  à  lui  pour  un  travail  qu'il  ue  pcul 
faire  à  lui  seul.  Aidez  un  peu  à  ce  puin'n 
homme. 

Il  demande  aussi  la  préposition  à  devan' 
ia  rliosc ,  01!  un  équivalcL'f.  lorsau'il  si^iiin- 
(Jontrîbuer  h  faire  réussir  quelque  chose.  T!  n\ 
^}as  peu  aidé  à  cette  affaire,  à  cette  entrepri<.c 
Aider  au  bon  succès  d'une  affîtire. 

On  dit  proverbialement,  Aider  à  la  lettre 
pour  ,  Suppléer  à  ce  qui  n'est   pas   exprimé 
Ola  signifie    auss:,    Ajouter   quelque  chose  i 
uue  histoire,  h  une  fable,  pour  embellir  !i  ' 
ronle,  et  pour  le  rendre  plus  agréable.  ' 

AiDEH.  se  joint  aussi  à  l'infinitif  des  verbes  • 
avec  la  particule  à,  ou  avec  un  équivalent,  ci 
jignific  encore,  Contribuera  une  fin.  Aider  t 
faire  réussir  une  négociation.  Cela  a  bien  aidt 
ù  le  tirer  d'' affaire.  Cela  n'y  a  pas  peu  aidé. 

AiDEit,  s  tmploie  avec  le  pronom  personnel, 
rt  alors  il  se  joint  avec  la  particule  de,  et  si- 
gnifie, Se  servir  d'une  chose,  en  faire  usage. 
On  s^ aide  de  ce  qu'on  a.  S'aider  hien  d^mc 
r/ét',(/'i/n  espadon.  S\iider  bien  d'un  cheval,  li 
ue  s^aide  pas  du  bras  droit. 

On  dit,  Dieu  aidant,  pour,  Avec  l'aide  de 
Dieu. 

Aidé,  iz.  participe. 

AIE 

AlK.  InlerjeclioD.  Exclamation  de  douleur. 
AiCj  que  je  soujjre!  A'ie^vous  mehlesscz!  li 
s'emploie  plus  fréquemment  seul  ,  lorsqu'on 
Éprouve  une  douleur  inattendue  :  Aie. 

AÏEUL,  s.  m.  Grand-père.  Aïeul  paternel 
Aiertl  maternel.  Auplurit  1  on  dit  Aïeuls,  quand 
on  veut  désigner  précisément  le  grond-pèrc  pa- 
ternel et  le  maternel.  Ses  deux  aïeuls  ont  rem- 


AIG 

pli  les  premières  charges.  Hors  de  là  on  dit 
aieiLT,  pour  signifier  géuéralement,  Tous  ceux 
de  qui  on  descend.  Suivre  les  traces  de  ses  aicux. 
A' 05  aïeux. 

Le  mot  d'Aieul  n'a  point  de  composé  au- 
delà  de  ceux  de  Bisaïeul  et  de  Trisaïeul'  et  quand 
on  parle  des  degrés  qui  sont  au-dessus,  on  dit, 
Quatrième  «îe»l,  cinouièmc  aïeul,  etc. 

AÏEULE,  s.  f.  Grand'mcrc.  Aieule  pater- 
nelle. Aïeule  maternelle.  Cela  étoit  bon  du 
temps  de  nos  aïeules. 

AÏEUX,  s.  m.  pluriel.  C'est  le  même  mot 
qu'.^iculs,  mais  plus  usité,  pour  désigner,  i° 
Ceux  qui  ont  vécu  dans  les  siècles  passés  :  Ce- 
lait la  mode  chez  nos  aieux  ;  1°  Les  personnes 
dont  on  descend  :  Il  a  hérité  ce  droit  de  ses 
tilcux.  C'est  un  terme  d'honneur  en  parlant  De 
sa  famille  ;  et  une  personne  ordinaire  ne  dit 
point,  Mes  aieiui ,  ni  mes  ancêtres]  elle  doit 
dire,  3Jeï  grands-pères. 

A  I  G 

Aigle,  s.  m.  Le  plus  grand  et  le  plus  fort 
des  oiseaux  de  proie.  Aigle  noir.  Aigle  IloyaL 
Aigle  roux.  Grand  aigle.  Le  vol  de  l'aigle. 
L'aire  d'un  aiqlc.  Aigle  mâle.  Aigle  femelle. 

On  dit  figurémcut  d'Un  homme  qui  csl 
il'un  génie,  d'un  esprit,  d'un  talent  supérieur, 
[uc  C'est  un  aigle.  Il  se  dit  aussi  dans  un  sens 
relatif.  Cet  homme-là  est  un  aigles  au  prû;  de 
:eux  dont  vous  parlez. 

On  dit  aussi  fii;urénier.f  f|u'?^i  Jiomnie  a 
^e$  yeux  3*aîgle,  pour,  qull  a  les  yeux  vîTs 
eî  perçans;  et  au  figuré,  qu'il  a  un  oil  d'aiah, 
le  regard  de  l'aïqle,  pour,  qu'il  a  une  giando 
pénétration  d'esprit. 

On  dit  proverbialement ,  Crier  cconme  un 
ligle,  pour  dire,  Crier  d'une  voix  aiguë  ut 
;>crçante. 

AicLE,  en  termes  d'Armoiries  et  de  Devises , 

■st  féminin.  Ainsi  on  dit,  V Aigle  Impériale^ 

,>our.  Les  armes  de  l'Empire,  qui  sont  un  aigio 

deuxt^^es.  Il  porte  sur  le  tout  d'azur^à  l'aigle 

iployée  d'argent. 

On  dit  aussi  au  (enunîn,  L'aigle  ]?omnine, 
les  aiqles  Romaines,  pour,  les  Enseignes  des 
[.égions  Romaines,  parce  qu'au  haut  de  ces 
Enseignes  é*oil  la  fii^ure  d'uu  aigle. 

Aigle,  se  dit  ^ussi  De  la  représentation  co 
CTiivre  d'ur  «igle  avant  les  ailes  étendues  pour 
servir  de  pupitre  au  milieu  du  choeur  d'une 
Eglise.  Cluuitcr  à  l'aiqle.  En  celte  acecplion 
Aigle  &st  toujours  masculin. 

Aigle,  s.  f.  est  aussi  le  nom  d'Une  constel 
lation  de  l'Hémisphère  septentrional. 

AIGLON.  îi.  m.  I^e  petit  de  l'aigle.  Une 
aiqle  avec  ses  aiglons  dans  son  aire.  Un  jeune 
aiglon. 

Aiglon  et  Aiglette,  sont  aussi  des  termes 
de  Blason  ç  dont  on  se  sert  indiffi-'remnienl, 
pour  désigner  De  jeunes  aigles  ,  représentés 
:-ans  bec  cl  sans  serres.  71  porte  d'azur  a  trois 
aiglons  d^or,  à  trois  aiglettes  d'or. 

AIGRE,  adj.  des  2  genres.  Acide,  piquant 
.Ti  goiU.  Le  citron,  la  gienade,  sont  des  fruits 


AIG 

flinrei.  Le  vin,  le  lait,  deviennent  aigres  ijunnd 
ils  se  niîisni.  Des  fruits  ijul sont  d'un  cjoùt  aitjre , 
qui  ont  un  (joùt  uicjre,  qui  sont  aitjres  au  joiif. 

AicnE,  se  ilic  aussi  Ds  qucl.iues  odeurs  ik's 
«grcablcs  qui  sortent  de  certaines  choses  coiTom- 
pues,  i'ne  senteur  aitjre  qui  fiit  mal  au  caiir. 
Vin  aiqre. 

AicnE,  se  <iit  aussi  Des  sons  aigiis  et  rudes 
en  même  temps,  d'un  bruit  et  d'un  son  tiop 
aif;u  et  perçant,  y^voir  la  voir  aiqrc ,  une  voix 
aiqre  et  tîésaqrcahle.  Vnc  cloclie  qui  rend  un 
son  aiqre.  L'n  son  de  voix  ainre.  IVun  ton  aiqre. 

On  appelle  en  Peinture,  Couleurs  aicjrcs. 
Celles  qui  ne  sont  pas  liées  par  des  passages 
qui  les  acconlent. 

Air.r:2 ,  se  dit  aussi  Ces  roe'taux  dont  les 
parties  ne  sont  pas  bien  liées,  et  se  séparent 
facilement  les  unes  des  autres.  Un  fer  extrême- 
ment aijre.  /'ii  cuivre  fort  aiqre.  Ce  fer-là  est 
si  aiqtc,  qu'xjU  ne  le  s:iuroit  forqer. 

Aiguë,  sj  dit  Sjur^iment  Ue  l'esprit  ,  de 
t'iiuniear,  tîc. ,  pjur  signifier  Rude  ,  fàclieux. 
Avoir  i'esp.-it  ciqix,  Vhumcur  aiqre.  Dire  des 
paroles  aiqres.  Il  lui  a  écrit  d'un  style  fort 
aiqre.  îl  lui  fit  une  réprimande  aiqre  et  sévère. 
H  lui  parla  d'une  manière  fcrt  aiqre,  d'un  ton 
fort  aiqre. 

Il  se  dit  aussi  BgurémeDt  Des  personnes 
fcômes  qui  ont  cette  sorte  d'esprit  et  d'iiunieur. 
C'est  une  personne  bien  aiqre,  une  femme  bien 
aicjre.  C'est  un  esprit  aigre.  C'est  l'humeur  du 
monWe  la  plus  aiqre. 

AicnE ,  s'emploie  aussi  substantivement. 
Cela  sent  l'aiqre,   cela  ttrc  .^ur  l\n:jrr. 

On  dit  fl^urén.ent ,  qu'/I  y  a  encore  de 
f aigre  aans  l'air,  pour,  que  Le  temps  n'est  pas 
encore  tout-à-fait  adouci. 

AIGRK-DE-CÉDRK,  DE-UMON  ,  DE- 
BKi.ARADI*",.  s.  m.  Sorte  de  litpieur  ,  qui  se 
fait  avec  du  Jus  de  citron ,  de  cédrat,  de  limon, 
ou  de  biî^arade,  et  avec  du  sucre,  et  ([ui  étant 
mêlée  ensuite  avec  de  l'eau,  fait  une  boisson 
agréable. 

AIGRE-DOUX,  OUCK.  adj.  Il  ne  .se  dit 
gu^re  au  propre  que  Des  frui'5  qui  ofit  un 
goût  mélii  d'aigre  et  de  doux.  Un  fruit  aiqre- 
doux.  Des  oranges  aigre  -  .-louces.  En  cette 
phrase  et  dans  les  autres  semblables,  Aiqre  ne 
se  décline  point. 

11  se  dit  fi^urémcnt  De  la  voix  et  du  style, 
quand  on  parle  ou  qu'on  écrit  d'une  manière 
entre  aigre  et  douce.  Un  ton  de  voix  aigre- 
doiLT.  Un  style  aigre-donx. 

AIGREFIN,  s.  m.  'ferme  de  mépris,  qui 
•igniBe  Un  homme  qui  vit  d'industrie.  Gardei- 
Tous  de  cet  aigrefin.  11  est  du  style  familier. 

AIGRELET, ETTE.  adj.  diminutif.  Un  peu 
•igre.  L'Epine-vinette  a  un  petit  goût  aigrelet. 
Vne  sauce  aigrelette. 

Il  se  dit  figurément  au  moral,  l'n  (on  aigre- 
let. Manières  aigrelettes.  Il  est  familier  et  badin. 

AIGREMENT,  adv.  Dune  manière  aigre.  Il 
n'est  guère  d  us.ige  qu'en  parl.int  De  la  manière 
aigre  dont  on  parle  ,  ou  dont  on  écrit,  l'arler 
tigremcnt  à  quelqu'un.  Répondre  aigrement. 
Il'Uii  c'crivil  fort  aigrement. 


AIG 

AIGREMOINE.  s.  f.  Sorte  d'iicibc  médici- 
nale. Tisme  iVai(jremoine,  ^ 

AlGREMORE.  s.  m.  EspÙce  du  cliarbon 
pulvérisé  propre  aux  feux  d'arllfire. 

AKÎRKT,  KTTE.  adj.  dimiruuil'.  Un  peu 
aii;r6.  Ce  fruit-là  est  un  peu  aijret.  Cela  a  un 
qoiU  aiqvet  qui  n\st  pas  désanréubïe.  Vne 
sauce  (fui  est  un  peu  ai(frette. 

AIGRETTE,  s.  f.  Oiseau  blanc,  du  genre 
du  héron, dont  quelques  plumes  servent  à  faire 
des  aij;rettes. 

AiGHETTE.  Ornement  de  tùte,  en  ftirme  de 
bouquet  de  plumes.  On  fait  des  aigrettes  do 
dianians,  de  perles,  de  verre.  Avoir  une  ai- 
qrctlc  sur  sa  télé. 

AicrETTE,  se  dit  aussi  Du  panache  d'un 
casque,  de  celui  d'un  cheval,  de  ceux  d'un  daig 
et  des  pomnics  de  lit. 

Aigrettes,  en  termes  de  Physique.  On  a^ 
^cWv.  Aiqrettes  lumineuses  ^  Cet  amas  de  rayons 
enflanimt'S  qui  s'élancent  en  forme  de  bouquet 
d'un  corps  clcctrise. 

AIGREUR.  S.  f.  Qualité  de  ce  qui  est  aigre. 
Des  fruits  qui  ont  de  Vaiçjrcur^  ijui  ont  une  pe- 
tite aiqrcur.  Ce  vin  a  de  l'aigreur. 

AïonEin  ,  se  dit  aussi  Des  rapports  «jue  cau- 
sent quohjuefois  les  îilinieiis  mal  digères  ;  et  en 
ce  sens  on  s'en  sert  plus  oïdinairement  au  plu- 
riel qu'au  slnL;ulier.  Cela  donne  des  aiqreurs, 
cause  des  ainreurs. 

AiGnLun,  se  dit  fij;urcmenf  HlJne  certaine 
disposition  d'esprit  et  d'bunieur,  qui  porte  à 
offenser  îes  autres  par  des  paroles  piquantes. 
C'est  un  homme  oui  a  beaucoup  d'aigreur  dans 
l'espritj  dans  Vhumeur.  Parler  avec  aiqreur, 
répondre  avec  aiqreur.  Il  y  a  toujours  de  l'ai- 
greur dans  ses  discours,  dans  ses  paroles.  Vne 
réprimande  pleine  d'aigreur. 

On  dit,  «ju'H  y  a  de  l'aigreur,  guehjue  ai- 
nrenr,  un  peu  d\tigreur  entre  deux  personnes^ 
pour  dire,  qu'il  y  a  quelque  commeDCenient 
de  brouillerie  entre  l'une  et  l'autre. 

AicnEcns ,  en  gravure,  sont  Des  tiillcs  ou 
l'enu-furte  a  Irop  mordu. 

AKiRIR.  V.  a.  Rendre  aigre,  faire  devenit 
ni^re.  Le  tonnerre  aigrit  le  vin,  La  chaleur 
aigrit  le  lait.  Le  levain  aigrit  la  piUe. 

Il  se  dit  iigurément,  et  sii:;niiic  Irriter,  met- 
tre àattz  une  disposition  plus  fâcheuse.  Cela  ne 
fuit  guaigrir  son  mal,  qu'aigrir  sa  douleur. 
Son  discours  a  fort  aigri  les  esprits.  Cela  ne 
servira  quà  aigrir  les  affaires.  La  mauvaise 
fortune  lui  a  aigri  Vcsprit. 

Aic.Rin,  s*mploie  avec  le  pronom  person- 
nel. Des  viandes  qui  s'aigrisFent  sur  l'estomac. 
Du  vin  qui  s  aigrit. 

Il  se  dit  aussi  fif^urument.  Son  mal  s*aigrit 
de  jour  en  jou,r.  Les  esprits  commençoient  à 
^'aigrir.  Les  ajpiires  s'aigrissent  de  plus  en 
plus. 

Aisni,  iR.  participe. 

Al(;U,  ui!.  adj.  Qui  se  termine  en  pointe 
ou  en  tranchant,  et  qui  e«>t  propre  ii  percer  ou 
à  fendre.  Un  jiivclot  aigu.  Un  fer  aigu^  Un  hd- 
ton  aiqrt.  Des  coins  de  f  r  fort  aigus. 

Ou  appelle,  en  torracs  de  Grommaixc,  Ac' 


AIG 


35 


cent  aigu,  US  petit  accent  qui  va  de  droite  h 
g.iuchc,  et  qui  se  met  sur  l'é  fermé,  comme 
dans  liégéuéré. 

On  appelle,  en  tenues  de  Géométrie.  Anqle 
aigu,  Un  angle  qui  est  moins  ouvert  que  l'ani^Ie 
droit. 

Aigu,  sa  dit  figurément  Des  sons  clairs  et 
pcrçans.  f 'n  son  aiqu.  Une  voix  aiguë. 

Il  se  dit  aussi  figurément  d'Une  doulenr 
vive  et  pi([uantc.  Vnc  douleur  aiguë,  une  co- 
lique aiguë. 

On  appelle  Maladie  aiguë,  fièvre  aigitë , 
Une  m.'iladie,  une  fièvre  violente  et  dange- 
reuse ,  qui  se  termine  en  peu  de  temps  par  h 
mort  on  l;i  guérison.  Il  est  attaqué  d'une  mala- 
die aiguë,  d'une  fièvre  aiguë. 

AK1UADE.  s.  f.(Ce  mot  et  les  cinq  snivniis 
se  prononcent  comme  s'il  n'y  avoil  pas  d'U.  ) 
Provision  "d'eau  douce  que  l'on  prend  sur  le  ri- 
vage de  la  mer  pour  les  vaisseaux,  lorsqu'ils  en 
manquent  dans  le  cours  de  leur  voyage.  Il  n'est 
guère  en  usage  que  dans  ces  plirases  :  Faire  ai- 
giiade.  C'est  un  lieu  où  il  y  a  i?onnc  aiguade. 

AIGUAIL.  s.  m.  Terme  de  Chasse.  Rose'e, 
petites  gouttes  d'eau  qui  demeurent  sur  les 
feuilles  des  herbes  et  des  arbres.  L'aiguad  ôte 
le  sentiment  aux  chiens. 

On  dit  en  Poésie,  L'aiguail  des  prés,  des 
fleurs  ;  et  hors  de  Ii  il  n'est  guère  d'usage. 

AKiUAVER.  r.  a.  (Il  se  conjugue  comme 
Payer.)  Baigner,  laver  dans  Veau.Aiguayer  un 
theval,  C'est  le  faire  entrer  dans  la  rivière  jus- 
|u'au  ventre ,  et  l'y  promener  pour  le  laver  et 
le  rafraichir.  Aiguayer  du  linge ,  C'est  le  laver 
ti  le  rcnuier  quelque  temps  dans  leau,  avant 
[ue  de  le  tordre. 

AIGUE-MARINE.  s.  f.  Espèce  de  pierre 
précieuse  tendre,  qui  est  de  couleur  de  vert  de 
lier,  t  ne  belle  aigue-marine. 

.AIGUIÈRE,  s.  f.  Sorte  de  vase  fort  ouvert, 
pii  a  une  anse  cl  un  bec,  et  dans  lequel  on  met 
lie  l'eau  pour  le  service  ordinaire  de  la  table, 
tt  pour  d'antres  usages.  Aiguière  d'elaiii.  yli- 
quiére  d'argent,  de  l'ernieil  doré,  de  crrstnl. 
diguiére  de  fiience.  in  bassin  e(  une  aiguière. 
L'ne  aiguière  couverte. 

AIGUIÉREE.  s.  f .  Plein  une  aiguière.  Vue 
aiguiérée  d'eau.  Il  lui  a  jeté  une  aiguiérée  d'eau 
tur  la  tcte.  11  est  peu  usité. 

AIGUILLADE.  s.  f.  (Les  voyelles  UI  font 
une  diphthongue  dans  ce  mot.)  Gaule  dont  se 
servent  les  Lahoiu-eurs  et  les  Voiluricrs  pour 
piquer  leurs  bceufsi 

AIGUILLE,  s.  f.  (Pron.  ^igi'iide.)  Petite 
verge  de  fer,  ou  d'autre  méwl,  pointue  par  un 
liout,  et  percée  par  i'autrc,  pour  y  passer  du 
fd,  do  la  soie,  de  la  laine,  et  dont  on  se  sert 
pour  coudre,  pour  bro-ler,  pour  faire  île  la 
t.ipjsseric,  etc.  .liquille  fine,  aiguille  bien  poui- 
!ue.  La  pointe  d'une  aiguille,  le  chas  ij'ine 
aiguille  ,  le  trou  d'une  aiguille.  Enfiler  ur.e 
aiguille.  Aiguille  à  conclrc,  iiiijniKc  li  (rii™il/er 
en  (jpisserie,  ainiiille  (J'enidalleiir. 

On  appelle  Aiguille  de  tête,  One  grande 
aiguille  don'  les  fcisnies  «e  servent  pour  arran- 
ger leurs  cheveux. 


36 


AIG 


On  'dît  proverbialement  ei  figiiriment,  Fair« 
un  procès  sur  la  poi'nle  d'une  aignille ,  disputer 
sur  la  pointe  d'une  aiguille,  [jour ,  Corilcstei 
sur  un  objet  sans  fondement,  ou  de  nulle  con- 
(équcnce. 

On  dit  Bussi  proverLiaiement et  figurémcnt, 
De  ^1  en  aitjuille,  pour.  De  propos  en  propos, 
d'une  cliose  à  une  autre.  71  nom  u  •■icontc  tvule 
Vhisloire  de  fil  en  aiguille.  Ve  fil  en  aiguille 
ils  en  l'inrcnl  jiisgu'à  se  gucreller  ,  à  se  dire 
àes  injures. 

On  dit  aussi  d'Une  cliosc  qu'on  chcrclic, 
mais  qui  est  trés-difficilc  fi  trouver  à  cause  d« 
sa  pelilisse  ,  que  C'est  chercher  une  aiguill: 
dans  une  bolle  de  foin. 

AicuiLLï,  se  dit  auiïi  Pe  différentes  sortes 
de  petites  verg-s  ùe  1er  ou  d'autre  nictal  qui 
scrvenl  à  dilférens  usages.  Aiguille  à  tricoter 
des  bas.  Des  bas  faits  à  Vaiguille.  Aiguille 
d'oculiste  pour  abattre  les  taies  des  yeux,  .■li- 
guille  de  iialance.  Aiguille  d'horloge,  jiii  scil 
à  marguer  les  heures,  Us  :i:nutes,  sur  le  cU' 
dran.  Aiguille  marine.  AiguilU  aimantée,  doïû 
on  se  sert  sur  le  mer  pour  r;connoïtre  h 
Aori 

Aiguille,  se  dit  Eus<i  HUne  espère  de  py- 
ramide, soit  de  jjiiîrre  de  taille,  soit  de  char- 
pente, comme  sont  les  cloclicrs  des  l'^gliscs, 
lorsqu'ils  loni  extrêmement  pointus.  On  ap 
pelle  autrement  ces  sortes  de  clochers ,  di( 
Flèches.  L'aiguille  de  la  Sle.  Chapelle  li 
JV.r.j. 

Aiguille  ,  se  dit  aussi  d'Un  Obélisque 
L^aiguille  de  St.  Vierre  de  Home. 

On  appelle  aussi  Aiguille ,  Une  espèce  d< 
poisson  de  mer  qui  est  long  et  menu,  et  qui  i 
la  tête  extrêmement  pointue. 

AicLiLLES  d'essai  OU  TOLCHADX.  Terme  d< 
Chimie.  AIli.ige  d'or  ou  d'argent  dans  des  pro- 
portions dilK'-rentcs. 

AIGUILLÉE,  s.  f.  (  GUI  font  une  diph- 
tlionguc  dans  ce  raot  et  les  suivans. }  Certaine 
étendue  de  fil,  de  .soie,  ou  de  laine,  coupée  dt 
la  longueur  qu'il  faut  pour  travailler  à  l'aiguille. 
Aiguillée  de  fil^  aiguillée  de  soie,  aiguillée  di 
laine.  Faire  des  aiguillées.  Apprêter  des  ai- 
guillées. Couper  de  longues  aiguillées. 

AIGUILLER.  V.  a.  ferine  d'Oculiste.  Ôtet 
la  cataracte  de  l'œil. 

Aiguillé  ,  ée.  participe. 

AIGUILLETTE,  s.  f.  Cordon,  ruban, 
tissu,  elc,  ferré  par  les  deux  bouts,  pour  servir 
à  attacher,  mais  qui  ne  sert  quelipiefois  qua 
d'ornement.  y^i(juil/ellc  de  /il.  Aiguillette  de 
soie.  Aiguillette  de  cuir.  Aiguillette  plate.  Ai- 
guillette ronde.  Ln  fcrret  d'aiguillette.  Ferrer 
des  aiguillettes.  Des  aiguillettes  ferrées  d'ar- 
gent. 

On  dit  bassement,  L/lcher  Vaiguillette,  pour , 
S«  décharger  le  ventre. 

On  dit  aussi,  Aoiier  ruiquillelle,  pour. 
Faire  un  prétendu  maléllce  auquel  le  peuple 
attribue  le  pouvoir  d'empêcher  la  coiisouinia- 
tion  du  tnarragc. 

AiGiiLLETTr. ,  se  dit  figurcmCDt  De»  mor- 
ceaux de  la  peau  ou  de  la  cliair,  arraches  ou 


AïL 

coupés  eu  long.  Couper  un  canaril^  un  oiseau 
de  rivière,  par  aiguillettes.  Les  Barbares  lui 
arrac^ièrent  toute  la  peau  du  dos  par  aiquH- 
leltes. 

AIGUILLETTER.  v.  a.  C  etoit  altaclier  sr- 
chausses  h  son  pourpoint.  La  mode  de  s'aiqnll- 
letter  a  duré  long-temps. 

En  termes  de  Mitriuc,  Ai^uilletler  les  ca- 
rions,  Les  amarrer  fortement  dans  un  '^vos 
temps. 

Aiguillette  âes  lacets ^  Les  ferrer. 

AiGiiLLtrxt,  ÊE.  participe. 

AK;UILLETTIKR.  s.  m.  Artisan  dont  le 
métier  est  de  ferrer  les  aiguillctles  et  les  luccts. 

AlGUILLIKR.  s.  m.  Petit  étui  où  l'on  uiet 
des  aiguilles.  Un  aiguilUcr  d'argent.  Un  ai- 
guillier  de  chagrin. 

AIGUILLON,  s.  m.  (On  fait  sentir  1  U  dans 
le  mol  et  dans  ses  dérives.)  Il  se  dit  propre- 
ment d'Uuc  j>ointe  de  fur  qui  est  au  bout  d'un 
grand  bâton ,  et  dont  on  se  sert  pour  piquer  lei 
bceuiâ.  L'aiguillon  d'un  Bouvier.  On  pique  la 
hœufs  avec  un  aiguillon  pour  les  faire  aller. 

AiiiUiLiON,  se  dit  aussi  d'Un  petit  dard  dcj 
mouclies  à  miel,  des  guêpes,  des  frelons.  La 
abeilles  laissent  ordinairement  leur  aiguillon 
dans  la  piqûre.  On  dit  que  la  Reine  d-:s  ubeilla 
n'a  point  d'aiguillon.  .' 

AiGLiu.ON,  se  dit  figiu^men;  De  tout  ce  qui 
incite  à  quelque  chose.  La  gloire  est  un  aiquil- 
Ivn  ,  un  pLîi55u;it  aiguillon  à  la  vertu.  L'inlèrà 
est  le  seul  aiguillon  qui  le  puisse  faire  agir.  Oc 
dit  dans  le  lanj^age  ùt  riCciiiuie,  L'aiguilloA 
de  la  c/uiir,  pour,  Les  tentations  de  la  chair. 
•  AIGUILLONNER,  v.  a.  Il  n'est  guiïre  d'u- 
»age  qu'au  fi'uré,  et  signifie,  Inciter  par  quel- 
que chose.  C'est  un  homme  lent  et  paresseux, 
nu'îl  faut  un  peu  aiguillijJiner  pour  le  fuirt 
agir. 

AiGtJiLLOSNÉ,  ÉE.  participe. 

AIGUISEMENT,  s.  m.  Action  d'aiguiser. 
L'aiguisement  d'un  canif.  (On  fait  sentir  l'C 
dans  ce  m">t  et  dans  le  suivant.  ) 

AIGUISER.  V.  a.  Rendre  aisu,  rendre  plm 
pointu,  pins  trancliant.  Aiguiser  le  fer  d'un* 
lance.  Aiguiser  la  pointe  d'un  couteau.  Aîgui' 
ser  des  coins  de  fr.  Pierre  à  aiguiser. 

On  dit  fifjurtmcnl,  Aiguiser  l  appétit,  pour, 
Donner  |>lu^  d'appctit,  rendre  l'appétit  phu 
vif;  et  Aiguiser  l'esprit  j  pour.  Rendre  l'esprit 
plui  prompt,  plus  pénétrant.  Le  travail  mo- 
dîré  aiguise  Vcsprit.  La  nécessité  aiguise  Ves- 
priL 

On  dit  proverbialement  et  iîj^rcment,  Ai- 
guiser ses  couteaux,  pour,  Se  préparer  au 
combat. 

Aiguisé,  ée.  participe. 

A  1  L 

AIL.  s.  m.  (Il  fait  AULX  au  plur.)  Espfenc 
(l'ofjnon  d'une  odeur  et  d'un  goût  1res- forts,  el 
qui  vient  par  petites  gousses.  Une  tête  d\iil. 
une  gousse  d'ail.  Un  gigot  de  moiiïon  à  l'aiL 
Frotter  son  pain  d'ail.  Sentir  Vail. 

AlIJi;.  s.  f.  Partie  du  corps  des  oiseaux  el 


AIL 

de  quelques  insectes,  qui  leur  sert  à  voler  et  à 
se  soutenir  en  l'air.  Les  ailes  des  oiseaxtr  sont 
revêtues  de  plumes.  Les  ailes  des  chauve- souris 
sont  membraneuses.  Les  ailes  des  insectes  sont 
u*  déliées,  qu'elles  en  sont  transparentes.  Vn 
oiseau  qui  étend  les  ailes,  qui  déploie  ses  aîles. 
Un  oiseau  qui  vole  à  tire-d'aile.  Les  pigeons 
ont  Vaile  forte,  l'aile  roidc.  Un  moineau  qui 
bat  des  ailes^  qui  trénwusse  des  ailes.  Un  oi- 
seau blessé  qui  ne  bat  que  d'une  aile.  Une 
uoiile  qui  rassemble  ses  poussins  sous  ses  ailes. 
Les  ailes  d'nn  moucheron.  Les  ailes  d*Un  pa- 
pillon. On  peint  ordinairement  les  Anges  avec 
des  ailes.  Les  Anciens  donnoient  des  ailes  à  la 
i'icloirc,  à  la  Renommée,  à  l'Amour,,  au  che- 
val Pégase.  Les  Peintres  et  les  Poètes  donnent 
des  ailes  aux  Vents,  au  Temps,  aux  Heures,  à 
Mercure,  etc.  Et  on  dit  poétiquement,  5ur  les 
ailes  des  vents.  Sur  les  ailes  des  zéphyrs.  Sur 
les  ailes  du  temps. 

Ou  dit  provcrbialenient  et  figurémeol,  A< 
battre  que  d'une  aile,  pour,  Être  fort  déchu  de 
vif^ueur,  de  crédit,  de  considération.  Depuis  sa 
maladie  U  ne  bat  plus  que  d'une  aile.  Sa  dis- 
grâce fait  quil  ne  bat  plus  que  d'une  aile. 

On  dit  proverbialement  et  fi;^urcment,  d"Un 
homme  à  qui  il  est  survenu  quelque  altération 
considérable  dans  la  santé,  quelque  disgrâce, 
ou  d'un  homme  qui  est  devenu  amoiueu^ , 
qu7i  en  a  dans  VaUe. 

Ou  dit  proverhialement  et  fîgurément.  Tirer 
une  plume  de  Vaile  à  quelqu^un,  pour,  Le  pri- 
ver, le  dépouiller  de  quelque  cliose  qui  lui  ap- 
partient ,  tirer  de  l'ai^cnl  de  lui  ;  et  liogner  Us 
ailes  à  quelqu'un ,  pour,  Lui  retrancher  de  son 
autorité,  de  son  crédit,  de  ses  profils. 

On  dit  proverbialement  el  figurémenl,  Vou- 
loir foier  sans  avoir  des  ailes,  pour,  Entre- 
prendre une  chose  au-dessus  de  ses  forces;  et 
i'oïcr  de  ses  propres  ailes,  pour,  Être  ea  état 
de  se  passer  du  secours  d'nutrui. 

On  dit  aussi  provcrbi;jiement  et  figurémenl, 
7  ircr  pied  ou  aile  de  quelqu^tn,  pour, Trouver 
moyen  d'en  tirer  une  partie  de  ce  qu'on  prtî- 
tcndoit  en  avoir.  -^ 

On  dit  aussi  proverbialement  et  figurément, 
qu'(  ne  fille  est  encore  sous  Vaile  de  sa  mèrej 
pour,  qu'LlIe  est  encore  sous  la  conduite  de  sa 
mère. 

Dans  le  langage  de  rÉcriture,  L'aile  du 
Seigfieur,  signifie.  La  protection  de  Dieu.  Sei- 
gnenr,  couvrez-  moi  de  vos  ailes.  Je  ne  crain- 
drai rien  à  Vombre  de  vos  ailes. 

Aile,  se  dit  aussi  de  cette  partie  choiuue 
d'un  oiseau,  qui  prend  depuis  le  haut  de  l'es- 
tomac jusque  sous  les  cuisses  ;  et  en  ce  sens  il 
ne  se  dit  que  Des  oiseaux  prépares  pour  être 
mangés.  Servir  une  aile  de  perdrix ^  une  aile  de 
chapon.,  une  aile  de  bécasse.  Le  haut  de  Vaile  y 
le  b(i5,  le  bout  de  Vaile. 

En  parlant  De  plumes  h  écrire,  on  appelle 
Bouts-d'ailc,  Les  plumes  du  bout  de  l'aile  des 
oies. 

Aile,  se  dit  De  diverses  choses  par  analogie. 
.\insi  nn  dit.  Les  aUcs  d'un  moulin  à  vent,  en 
parlant    De  ces  grands  châssis  garnis  de  loile 


AIM 

qiiç  l'on  met  j  an  moulin, et  qui,  étant  mus  par 
le  reut ,  font  montre  le  blé. 

On  dit  aussi.  Lft  ailes  d'un  hutimentj  en 
p:fr!aiil  Des  drus  parties  d'un  bjtiment  qui 
»ODt  jointes  de  chafjue  côté  au  corps  du  priT>- 
dpal  édifice,  Lts  dttLZ  ailes  d'un  hutimcnt.  Un 
bâtiment  qui  n'a  (ju'une  aile.  On  dit  aussi,  Les 
ailes  étunt  Eglise  ^  pour,  Les  bas  côtés  d'une 
Église. 

On  dit  auisi.  Les  ailes  d'un"  armée,  pour, 
Les  deux  flancs  d'une  armée  supposée  rangée 
en  ordre  de  baîniDe.  lesjuels  sont  ordinaire- 
ment composés  de  cavalerie.  L^aile  Jro  fc , 
l'aile  gauchi  d'une  armée.  L'aile  droite  de  la 
première  Ugne  ^  Vaile  gauche  de  la  seconde 
ligne.  On  avait  jeté  des  yelotons  d'infanterie 
sur  les  ailes.  L^aile  droite  enfonça  les  ennemis, 
mais  l'aile  gauche  plia  au  premier  choc.  Le 
Général  S,  commandait  Vaile  droite. 

AILE.  s.  f.  Mot  emprunté  de  r.A.oglois,  qui 
dcsigTie  Une  espèce  de  bière  gui  se  fait  sanï 
boubion.  Boire  de  Vaile- 

AILE,  ÉE.  adj.  Qui  a  des  ailes.  H  ne  se  dit 
gu^  que  De  certains  animaux  it  qui  il  n'est  pas 
ordinaire  d'aroir  des  ailes.  Des  serpent  ailés. 
Des  poissons  ailés.  L  n  cheval  ailé. 

On  rrpréseot'i'  ordiDaircment  Vn  foudre 
ailé,  pour  Symbole  de  la  pais«ance  et  de  la  vi- 
tesse. 

AîLEHO;^.  s.  m.  L'extrémité  de  l'aile  d'un 
oiseau,  à  laquelle  tiennent  les  grandes  plumes 
ée  l'aile.  Un  oiseau  t^ui  a  l'ai'Ieron  rompu.  Vn 
ragoût  y  une  fricassée  d'ailerons. 

AiLEftOS ,  se  dit  aussi  Des  petites  phncbes . 
des  petits  ais  qui  font  tourner  les  roues  dei 
moulins  ï  eau. 

H  se  dît  aussi  Des  nageoires  de  quelques 
poissons.  Les  ailerons  éPune  carpe. 

AILLADE.  i.  f.  Sauce  £ûte  avec  de  l'ail. 

AILLEURS,  adr.  de  lieu. En  un  autre  lien. 
On  souffre  cela  ici  y  moù  ailleurs  on  ne  U 
toujfriroit  pat.  S'il  ne  st  Xrouve  pas  hien  où  il 
est,  tjue  ne  ra-I-il  ailleurs? Qu'il  aille  se  pour- 
voir  ailleurs.  Vous  chercherez  inutilement  aiU 
leurs.  Vous  ne  saunez  trouver  cela  ailleurs  que 
chez  lui.  Je  tâcherai  de  l'avoir  d'aîllcars.  Je  le 
ferai  venir  d'adleurs.  La  voie  dont  vous  vous 
sen-et  pour  va  lettres  n*est  pas  sûre^  il  fnut 
les  faire  tenir  par  ailleurs. 

AiLLEiKS,  eo  parlant  d'Un  livre.si^i&e,  Dans 
■o  autre  passage  du  même  eo'ivain.  A  ous  avons 
dit  ailleurs,^  AUleurs  il  dit...  Ailleurs  encore. 

On  dît  «usi  D'ailleurs  y  pour  dire,  D'un 
•utre  principe  ,  d'une  aoire  cau&e,  poor  un 
autre  sujeL  Vous  lui  attribuez  rruil  à  propos 
votre  disgrâce ^  elle  vient  d'aiUeurs,  elle  pro- 
tède  d'ailleurs.  Il  le  querelle  fur  un  sujet  de 
nen,  cest  qu'il  lui  en  veut  d  ailleurs. 

Il  kigoifie  aussi.  De  plus,  outre  cela.  Je  vous 
dirai  é'adUurs.  D'ailleurs  il  faut  considérer 
que . . . 

AIM 

AIMABLE,  adj,  des  %  genres.  Qui  est  di:;ne 
rf'*:re  «iiné,  ^i  mérite  détre  aimé.  La  vertu 
€st  KÏinahU.  L'n  objet   aimable,  un  c-ractére 


AIM 

aimable,  des  manières  aimahlet.  Aimer  tout 
ce  qui  est  aimable.  C'c:l  2e  lieu  du  monde  le 
plus  aimable. 

Dans  le  lanta^^e  de  la  société  ,  on  appeUe 
Aimables,  Ceux  qui  y  plniseot  par  leurs  a^ré- 
mens.  C'c«l  une  femme  Irés-almahle.  C'est  un 
aimable  homme. 

AIMAJVT,  A>'TE.  adj.  Porté  5  aimer.  Il  est 
d'un  caractère  aimant  Elle  a  une  âme  natu- 
rellement aimante, 

ALMA>T.  s.  m.  Fieirt  qui  a  la  propriété 
d'cltiicr  le  fer,  et  ï  laquelle  il  y  a  deux  points 
déterminés,  dont  l'un  se  lourn'-  toujours  rcrs 
le  Nord  ,  et  l'autre  vers  le  Sud.  Purre  d'ai- 
mant. Aiquille  frottée  d'aimam.  On  appelle 
les  deux  poif>t5  déterminés  de  l'aûnant ,  Le; 
deux  pôles  de  l'aimant.  La  déclindson  de  l'ai- 
nant.  L'aimant  esl  unz.  vraie  mine  de  fer^  et  il 
lui  communique  sa  vertu  atlraclive. 

ALMANTER.  v.  a.  Frotter  d'aimant  Aiman- 
ter Vaiguille  d'une  boussole.  On  aimante  la 
boussole  en  la  passant  sur  une  pierre  d'aimant 

AtMA5TÉ,  ÉE.  participe.  Aiguille  aimantée. 

AI>L4yn>'  ,  I>'E.  adj.  Magnétique.  Qui 
appartient  à  l'aimant,  qui  est  propre  à  l'ai- 
mant.  Le  ftr  acquiert  avec  le  temps  une  vertu 
aimantine.  Il  est  de  peu  d'usage. 

AIMER.  V.  a.  .A^voir  de  l'aflcclion  pour  un 
objet  quel  qu'il  soit,  dans  la  pensée  que  c'esl 
im  bien.  Il  faut  aimer  Dieu  par-dessus  toutei 
choses.  Aimer  son  prochain  comme  soi-même. 
Aimer  son  Prince,  Aimer  son  pays.  Aimer  sa 
patrie.  Aimer  son  père  et  sa  mère.  Aimer  ses 
tnpins.  Aimer  sa  famille.  Deux  personnes  qui 
f^aiment  tendrement.  Ils  s'aiment  comme  frères. 
Aimer  quelqu'un  d'amitié  ,  de  bonne  amifîé. 
Aimer  d'un  amoUr  îionnéte.  Aimer  tendrement. 
Aimer  la  vertu-  Aimer  la  gloire.  Aimer  quel- 
qu'un plus  que  ses  yeux^  l aimer  plus  que  sa 
vie,  plus  que  le  jour,  plus  quon  ne  peut  dire, 
Vaimer  à  la  fdie.  jusqu'à  la  folie ,  follement 
Aimer  constamment  Aimer  fidèlement  Aimet 
ardemment  Aimer  éperdument.  Aimer  passion- 
nément Aimer  jusqu'à  la  mort.  Aimer  de  toul 
ton  cueur. 

Lorufu  Aimer  se  met  absolument  et  sans  ré- 
gime, il  ne  se  dit  guère  que  Ce  la  passion  de 
l'amour.  Il  est  doux  d'aimer.  Il  est  dangereux 
d  a  imer. 

On  dit  proTçrbialemrui,  Qui  bien  aime, 
bien  châtie,  pour,  que  C'est  aimer  véritable- 
ment quelqu'un,  que  de  le  reprendre  de  ses 
(bules. 

Oo  dit  aussi  proverbialement.  Qui  m'aime, 
me  suii>e,  pour,  que  Ceux  qui  nous  aiment, 
doivent  prendre  nos  intérêts,  doivent  dou5 
imiter  en  ce  que  nons  faisons. 

On  dit  f  roverbialoueiit  et  figurément . 
Qui  m'aime,  attne  mon  ehten  ^  pour,  que 
Quand  on  aime  une  personne  ,  ou  aime  tout 
te  qui  lui  appartient 

On  dit.  Aimer  sa  personne,  s'aimer  soi- 
même,  et  absolument,  s'aimer,  pour,  Avoir 
un  attacb'-ment  exceMif  i  u  personne.  Ce:f(<' 
petite  personne  s'aime  beaucoup,  veut  dire 
saivani  U  oroonstaoce,  A  beaucoup  d'amoor- 


AIN  37 

propre,  ou,  s'occupe  beaucoup  d'elle- mûmr. 
Et  •S'aimer  dans  un  lieu,  pour,  S'y  plaire, 
prendre  plaisir  h  y  être.  //  s'aime  à  la  cam- 
pagne. Je  m'aimerois  infiniment  chez  vous, 
dans  votre  sociiîé. 

On  dit  aussi,  que  Les  animaux,  que  les 
plantes  s'aiment  en  un  heu,  pour,  qu'ils  v  pr«>- 
ûteut ,  qu'ils  y  réu-ssistcnl  mieux  qu'ailleurs. 
Let  pigeons  s'aiment  où  il  y  a  de  leau.  Les 
altviers  s'aiment  dans  les  lieux  sablonneux. 

AiJiKn,  se  dit  aussi  iJe  l'altaclienwnt  que 
l'on  a  pour  les  animaux  ,  et  pour  certaine: 
choses  auxqu'-'llts  on  prend  plairir.  .^imer  scn 
chten.  Aimer  son  chevaL  Aimer  les  chiertu 
Aiincr  les  chenaux.  Aimer  le  jeu.  Aimer  la 
chasse.  Aimer  la  bonne  r'-ére.  Aimer  les  armes. 
Aimer  les  livres.  Aimer  l'étude.  Aimer  le  trn- 
vaiL  Aimer  Us  peurs.  Aimer  les  tableaux.  Ai- 
mer l'agriculture.  Aimer  la  musique,  etc. 

AiMEn,  se  joint  souvent  avec  la  particule  à, 
devant  l'infinitif  des  verlies  ;  et  alors  il  signi6e . 
Prendre  plaisir  à  faire  qut;!quje  chose.  Aimer  à 
jouer.  Aimer  à  lire.  Aimer  à  chasser.  Aimer  a 
%e  promener.  Aimer  à  travailler. 

On  dit  ,  Aimer  mieux  ,  pour  ,  Piéférer  , 
aimer  une  cltose  par  préférence  à  une  autre. 
E'Ue  a  mieux  aimé  entrer  dans  un  Ccui'e.ir, 
gue  de  faire  le  nuiriage  qu'on  lui  proposoit 
J'aimercis  mieux  mourir,  que  de  faire  une  si 
mauvaise  action.  Aimer  mieux  Vétude  que 
le  jeu, 

Aimé  ,  ée.  participe. 

A  I  5 

AINE.  s.  f.  La  partie  du  corps  humain  qnt 
rsl  entre  le  haut  de  la  cuisse  et  le  bas-ventre, 
II  fut  blessé  dans  Vaine.  Avoir  une  excroissance 
dans  l'aine,  un  bubon  dans  l'aine. 

AIXÉ,  ÉK.  adj.  Le  premier  né  des  cnfar: 
du  même  père  et  de  la  même  mère,  ou  de  lui 
des  deux  seulement.  Son  fils  aîné,  sa  fil» 
aînée.  Votre  frère  aîné,  votre  sœur  ofnei 
Il  est  Vaîné  de  tous. 

En  parlant  Des  diiférenies  branches  d*un< 
.Maison,  on  dit,  La  branche  ainée,  la  branche 
cadette. 

îl  est  au56i  substantif.  37 on  aine,  votre 
lûné.  Le  cadet  vaut  bien  Vainé. 

Il  se  dit  aussi  d'Cn  second  en^t  à  l'égard 
d'un  troisième,  et  ainsi  des  autres.  Il  est  mon 
aine,  et  je  suis  le  vôtre. 

Il  6c  dit  aussi  par  extension ,  De  toute  per- 
sonne plus  âgée  qu'une  autre.  Il  est  ph.t 
vieux  que  moi,  il  est  mon  aîné  de  cinq  ans, 
de  six  ans,  etc. 

On  dit  du  Roi  de  France,  qu'il  est  le  fU 
aîné  de  VEglise;  cl  de  1  L*niver>ité  de  Paris  , 
\u'Elle  est  la  fiUe  aince  des  liois  de  France. 

Aï>'KSSE.  subst.  f.  i*iimo;'énilure,  priorité 
d  âge  entre  frères  et  sœurs.  U  n  est  gnèrc  d'usage 
qu  en  celte  phrase.  Droit  d'a'nesss. 

AI^S.  conjnnclion  advcnatire.  Mais.  D  est 
vieux,  et  îl  n'est  d  usige  qu'en  plaisanterie,  <t 
dans  celle  plira»*,  Atnt  au  contraire. 

AI>il.  advcrh  .  Kn  orttr  manifTC,  de  eclic 


38 


AIR 


façon.  L'Orateur  parla  ainsi.  La  chose  se  pBj»2 
ainsi.Cela  n'ira  pas  ainsi. Il  n'en  irapas  ainsi 
Le  sort  le  veut  ainsi.  Ainsi  l'a  imulu  sa  desti- 
née. On  dit,  Ainsi  des  autres  choses,  ainsi  du 
reste,  pour,  Il  en  est  ainsi  des  autres  choses,  ii 
en  est  ainsi  du  reste. 

ïl  signifie  quelquefois ,  Par  conséquent.  Ainsi 
H  est  évident  ijue 

.Vissi,  dans  la  première  signification, se  ri  aussi 
b  faire  l'appUcalion  du  premier  membre  d'une 
comparaison  avec  le  second.  Comme  le  Soleil 
chasse  les  ténèbres,  ainsi  la  Science  chasse 
l'erreur. 

Il  sert  aussi  à  marquer  un  sou?iait  qu'on 
fait  pour  quelqu'un.  Ainsi  le  Ciel  vous  soit 
propice.  Ainsi  Viea  r  s  soit  en  aide,  Formule 
de  serment  dont  on  se  sert  en  certaines  ren- 
contres. 

Atssi  soiT-it..  Façon  de  parler  ordin.nire, 
(lont  on  se  sert  pour  demander  l'accomplisse- 
ment de  ce  que  l'on  souhaite.  Il  se  met  ordi- 
nairement à  la  fin  des  prières  qu'on  fait  à 
Dieu. 

Comme  air\si  soit.  Façon  déparier  ancienne  , 
qui  signifie,  Vu  (jue,  attendu  que,  cela  (ÎLint 
ainsi.  Comme  ainsi  soit  tjue 

Puisau'ainsïest,puis(ju\tinsiva,s'ilestainsi. 
Autres  façons  de  parler  dont  on  se  sert  à  peu 
piès  dans  le  même  sens. 

Ainsi  que.  adv.  De  même  que.  On  l'emploie 
d'ordinaire  dans  le  commencement  des  compa- 
raisons, .^iusi  cjue  les  rayons  du  Soleil  dissipent 
îes  nuagss,  ainsi  la  piésence  du  /'rince  dissipe 
Us  séditions.  On  s'enf  sert  aussi  dans  le  discours 
ordinaire.  Les  plaisirs  ainsi  que  les  peines 
troublent  i'iîme. 

Aissi  QUE,  signifie  aussi.  De  la  maniera 
que,  de  la  façon  que.  Cela  s'est  passé  ainsi  que 
je  vous  l'ai  dit. 

S'il  est  ainsi  que,  signifie  aussi,  S'il  est  vrai 
que.  S'il  est  aitisi  que  nous  ne  soyons  créés 
que  pour  sen>ir  Dieu.  Il  vieillit. 

A  1  R 

AIR.  s.  m.  Celui  des  quatre  Élcmans  qui 
environne  le  globe  de  la  terre.  L'air  est  plus 
léqerque  l'eau.  La  basse,  la  haute, la  moyenne 
ricjion  de  Vair.  Une  colonne  d'air.  La  pesan- 
teur de  l'air.  La  circulation  de  l'air.  L'air  se 
dilate,  se  raréfie.  L'haïr  se  condense,  se  com- 
prime. Le  ressort  de  Vair.  L'air  fait  ressort. 
Tout  est  plein  d'air.  Cela  s'évapore  en  Vair. 
Toute  Vétenduc  de  Vair.  La  masse  de  Vair 
^  ous  respirons  Vair.  L'air  rafraîchit  Ici  pou- 
mons. Se  tenir  à  Vair.  Mettre  quelque  chose  à 
lair.  Exposer  à  Vair.  Tirer  un  coup  en  Vair. 

On  dit  poétiquement  :  Les  plaines  de  l'air. 
Le  vague  des  airs.  Dans  les  airs.  Au  plus  liaut 
des  airs. 

On  dit  en  parlant  De  la  température  et  de  l,i 
qualité  de  l'air:  Air  sain,  mahain.  Bon  air 
Jjel  air.  Giaiid  air.  Mauvais  air.  Air  doux. 
Àir  tempéré.  Air  subtil.  Air  grossier.  Air  étouffe, 
renf:rmt\  corrompu.  Àir  contagieux ,  infecté. 

On  dit ,  Aller  prendre  Vair ,  pour,  Aller  se 


AIR 

promener,  aller  au  grand  air;  rt  sîniple:nem, 
Prendre  Vair-,  pour,  Respirer  l'air,  éire  dans 
Un  lieu  où  l'on  respire  un  air  plus'pur,  plus 
léger.  Changer  d'air ^  pour,  Clianj;cr  de  sô- 
jour^  afin  de  respirer  un  antre  air;  Prendre 
Vair  du  feu,  pour,  S'opproclier  du  feu,  afin 
de  se  chaafTi;r  comme  en  passant  ;  Donner  de 
Vair  à  une  ckamhrty  pour^  En  ouvrir  les  fe- 
nêtres, afin  que  l'air  entre  et  sorte  plus  lU)re- 
nient;  Donner  de  Vair  à  un  muid  de  vm^pour, 
En  ôter  le  bondon ,  de  peur  que  le  vin  ne  jetlc 
s<;s  fonds.  Et  en  parlant  d'Un  homme  qui  se 
donne  inutilement  d(;  la  peine  pour  quelque 
chose,  on  dit,  qu'//  ne  fut  que  battre  Voir. 

On  dit  d'Une  cloche ,  qu*£(/e  fend  Vairj  ei 
par  extension,  cela  se  dit  d'Un  oiseau  qu:  vole 
rapidement ,  <rUn  cheval  lancé  à  la  course , 
d'Un  lioninie  qui  court  très-vite. 

On  dit  qu't/»  nomme  a  porte  U  mouvais  air 
en  quelque  endroit,  pour,  qu'il  y  a  porté  la 
contagion. 

On  dit,  Prendre  h  matwais  air ^  pour,  Ga- 
gnei  le  mal  contagieux.  On  dit  figurément  Jans 
le  sens  moral,  L'air  du  monde  est  contagieux: , 
pour  ,  que  La  fréquentation  du  monde  peut 
aisément  nuire  ;i  l'innocence. 

On  dit,  Avoir  toujours  le  pied  en  Vair,  un 
pied  en  Vair^  pour,  Être; -ton jours  prêt  à  partir, 
k  courir,  h  sauter," à  danser. 

0:1  dit  qu'Lne  chose  est  en  Vair  y  toute  eu 
l'air,  pour,  qu'Elle  ne  paroit  presque  soutenue 
de  rien.  Un  cabinet  en  Vair.  Un  escalier  qui 
est  tout  en  Vair.  Un  bâtiment  qui  paroit  tout 
enVair. 

Et  figuràment ,  en  parlant  d'Un  homm< 
dont  la  fortuiie  n'est  soutenue  de  rien  de  so- 
lide, on  dit,  que  Toute  sa  fortune  est  en  Vair. 

On  dit  figurément  Des  contes  en  Vair,  en 
parbnt  d'Un  discours  qui  n'a  ni  vérité,  nifon- 
dcroont.  Ce  récit  est  un  conte  en  Vair.  Vom 
nous  faites  des  contes  en  Vair.  Et  on  dit,  îiai- 
sonncnient  en  Vair^  d'Un  raisonnement  qui  ne 
porte  sur  rien.  Voilà  bien  ce  qui  s'appelle  rai- 
sonner en  l'air.  On  dit  dans  le  même  sens, 
Craintes  en  Vair,  espérances  en  Vair;  paroles, 
menaces,  projets  en  Vair. 

Air,  se  prend  aussi  pour  Vent,  Il  ne  fait 
point  d'air.  Il  y  a  do  Vair.  Il  n'y  a  point  du 
tout  d'air,  pas  un  hrin  d\iir. 

On  dit  d'Une  fente,  d'une  ouverture  d'où  il 
vient  quelque  vent,  Il  y  a  un  air,  il  vient  de 
Vair  par-là. 

On  dit  aussi,  Vue  fente  d'air.  Vne  vieille 
croisée  où  il  y  a  des  fentes  d'air,  pour.  Dont 
les  montures  mal  jointes  laissent  passer  de  Vaiv. 

En  parlant  d'Une  aflairc  qui  est  siu"  le  Bu- 
reau, devant  les  Juges,  on  dit,  que  L'air  du 
Uuràau  est  favorable  à  quelqu'un,  pour  mar- 
quer, que  r.e  fjui  paroit  du  sentiment  des 
Juges,  fait  croire  qu'il  gagnera  son  procès;  et 
que  L'air  du  Bureau  n'est  pas  pour  lui,  pour 
marquer,  qu'Où  croit  qu'il  le  perdra.  La  même 
phrase  s'emploie  dans  toutes  les  affaires  qui 
sont  h  la  décision  des  hommes. 

AiB  ,  signifie  aussi ,  Manière ,  façon  ;  et  il  se 
dit  De  la  manièie  de  parler,  d'agir,  de  mar 


AIR 

cher,  de  se  tenir,  de  s'habiller,  de  se  conduire 
Hans  le  monde  ;  et  généralement  de  tout  ce  qui 
regarde  le  maintien,  la  contenance,  la  mine, 
le  port,  la  grâce,  et  toutes  les  façons  de  faire. 
Marcher  de  bon  air,  de  mauvais  air.  $e  tenir, 
snabiller,  se  mettre  de  bon  air,  de  mauvais 
air,  d'un  air  ridicule.  A  Vair  dont  il  marche, 
dont  il  entre,  dont  il  se  met,  on  Toit  qui  il  est. 
De  Vair  dont  il  parle,  dont  il  onit ,  dont  il  se 
conduit,  on  peut  jujcr  que...  De  Vair  dont  il 
va,  dont  il  vit,  il  ne  durera  pas  lonq-tcmps. 
De  Vair  dont  il  s'y  prend,  il  aura  de  la  peine 
à  réussir.  L'air  qu'il  prend  avec  ces  qens-là  na 
lui  réussira  pas.  L'air  dont  il  fait  toutes  choses. 
Dire  les  choses  d'un  certain  air.  Il  a  un  cci- 
lain  air  de  dire  les  choses  qui  fait  qu'on  ne  s'en 
fiche  point.  On  juqe  à  son  atr.  On  voit  à  son 
nir.  Avoir  bon  air,  méchant  air,  mauvais  air. 
Avoir  Vair  noble,  Vair  spirituel,  Vair  qr  and  y 
ffvand  air,  Vair  du  monde,  Vair  de  la  Cour^ 
Vair  querrier,  Vair  d'un  homme  de  qualité^ 
Vair  d'un  honnête  homme.  Avoir  Vair  d'un  fri- 
pon. Avoir  Vair  aqréable,  Vair  aisé,  l'air  qra- 
tieux,  Vair  enfantin,  Vair  enjoué,  Vair  tadia. 
As'oir  Vair  bas,  Vair  simple,  Vair  niais,  Vuir 
ridicule.  Tiiir  provincûil,  Vair  bourqeois y  Vair 
écolier,  Vair  d'un  écolier,  l'uir  d'an  vaurien, 
Vair  embarrassé,  Vair  enqoncé ,  Vair  rcfro- 
qné,  Vair  sombre,  l'air  triste,  Vair  chaqrin, 
Vair  méprisant,  Vair  hautain.  Elle  a  Vair  con- 
lenf,  et  Tair  contente.  Il  a  Vair  persuadé  de  ce 
(ju'on  lui  dit. 

On  dit  d'Un  bomme,  que  C'est  un  homme 
du  qrand  air,  pour,  qull  vît  h  la  manière  des 
Grands;  et  d'Une  chose,  qu'EVe  u  un  nrand 
mr,  ([u'eile  a  qrand  air,  pour,  qu'LlIe  a  une 
belle  et  grande  apparence. 

On  dit,  Avoir  Vair  bon,  Vair  ma»i'fu5,pour, 
Avoir  la  mine  d'un  bon  homme,  ou  d'un  mé- 
chant homme. 

Ain.  dans  le  sens  d'apparence,  se  dit  aussi 
dans  ces  phrases  :  Avoir  un  air  de  qrandeur, 
de  noblesse,  de  supériorité.  Affecter  un  air  de 
maître,  un  air  de  capacité.  Avoir  un  air  de 
malinnité ,  de  malpropreté.  Il  y  a  un  air  de 
niaqnificcnce  dans  cette  maison.  Se  donner  un 
air  de  bel  esprit,  un  air  d'opulence. 

On  dit ,  >^v»oir  ï*air  d  la  danse  ,  pour  , 
Avoir  de  la  disposition  pour  danser  de  bonne 
grice. 

On  dit  aussi  figurément  et  iamilièremcnt, 
.ivoir  r.jrr  à  la  danse,  pour,  Avoir  l'aïr  vif, 
éveillé,  et  avoir  de  la  disposition  à  réussir  à  ce 
ijuon  fuit. 

Ou  dit  qu'Un  homme  a  bien  Vair  de  faiiv: 
une  chose,  ou  de  ne  pas  la  faire,  pour,  qu'Oii 
juge  qu'il  la  fera,  ou  qu'il  ne  la  fera  pas.  il  a 
bien  Vair  de  nous  fiire  attendre,  il  a  bien  Vaîr 
de  ne  pas  venir,  de  nous  cacher  quelque  chose, 
de  se  moquer  de  nous. 

On  dit.  Les  qens  du  bel  air,  les  qena  dti 
qrand  air;  et  cela  ne  se  dit  ordinairement 
qu'eu  raillerie,  en  parlant  De  ceux  qu'on  pré- 
tend qui  se  veulent  distinguer  des  autres  par 
'des  manii^res  plus  recherchées,  plus  polies,  ou 
m  me  plus  libres,  dans  leurs   habits  et  daus 


AIR 

leurs  façons  de  Êiirc.  On  dit  dans  le  même  sens, 
Messieurs  iu  bel  air,  Messieurs  du  cjrand  air. 
■  On  dit  i  peu  près  dans  le  même  sens,  ei 
toujours  en  mauvaise  part,  Prendre  des  airs, 
se  donner  des  airs.  On  dit  aussi,  Prendre  des 
airs,  se  donner  des  airs  de  Mailre,  de  Aa- 
vant,  de  Bel  esjirit,  pour.  Vouloir  s'altribuei 
sans  raison  une  autorité  de  Maitrc,  afîccter  da 
passer  pour  Savant ,  pour  Bel  esprit ,  <juoi- 
qu'on  ne  le  soit  pas;  Se  donner  de  grands  airs, 
pour,  Prendre  un  ton,  dis  manières,  un  exté- 
rieur de  faste ,  au-dessus  de  son  état  ou  île  sa 
naissance. 

On  dit,  Avoir  des  airs  penchés,  prendre  des 
airs  penchés,  pour,  Affecter  des  moiivcmens 
de  la  létc  et  du  corps,  pour  tdcher  de  plaire.  Il 
est  du  style  familier. 

On  dit,  que  Tout  y  va  du  bel  air^duqrand 
air,  pour,  que  Tout  se  passe  avec  magnificence 
dans  une  Cour,  dans  la  maison  d'un  grand  Sei- 
gneur, d'un  homme  riche. 

Ajr,  se  dit  aussi  d'Une  certaine  ressem- 
blance qui  résulte  de  tonte  la  personne,  et  par- 
ticulièrement des  traits  du  visage.  Ils  ont  bien 
tle  Vair,  beaucoup  (i'nir  l'un  de  Vautre.  Il  a 
beaucoup  de  votre  air.  Un  l^einlre  qui  prend 
bien  ,  qui  Attrape  bien  l'air  du  visaqe.  '  On 
voit  tous  les  traits  de  son  visage  dans  ce  por- 
trait, mais  Vair  n'y  est  pas.  On  dit,  Amir  de 
Vair,  un  fiiux  air  dti  quelqu^un,  pour,  Avoiï 
*juelt|Ue  ressemblance  arec  lui. 

On  dit  en  termes  de  PeiutiU'e,  de  Sculpture, 
Un  air  de  tête,  des  airs  de  tête,  pour.  L'atti- 
tude 'd'une  tcte,  la  manière  dont  ime  tête  e^ 
dessinée.  De  beaux  airs  de  tête,  de  grands  air\ 
de  lê:e,  de  vilains  airs  de  tête. 

Avoir  tout  Vair.  Façon  de  parler  familière, 
usitée  pour  dire,  Grande  apparence,  resscm" 
blance  frappante.  Celle  oneuilole  a  tout  Vai\ 
d'un  cotite.  Cette  maladie  m'a  tout  Vair  d'ètri 
sérieuse. 

Am  ,  en  termes  de  Manège ,  se  dit  Des  allurei 
d'un  cheval  ;  et  en  ce  sens  on  dit,  cju't/n  che- 
val va  à  tous  airs,  pour  dire,  qu'Où  le  manit 
CQuune  on  veut. 

Ain,  en  termes  de  Musique,  se  dit  d'Un< 
suite  de  tons  oui  composent  un  chant,  suivant 
les  règles  de  l'art.  Air  gui,  air  triste.  Air  nou- 
veau, air  ancien,  air  vieu.x.  Un  bel  air  ,  un 
grand  air,  un  petit  air.  Un  air  connu.  Un  aii 
à  la  mode.  Un  air  de  sarabande.  Un  air  dt 
violon.  Un  air  de  ballet.  Composer  un  air, 
apprendre  un  air. Chanter  un  air,  faire  un  ail 
sur  des  paroles.  Faire  des  paroles  sur  un  air. 
L'air  va  bien  aux  paroles. 

On  dit  De  quelqu'un  qui  ne  chante  pas 
exactement  un  air,  qui  détonne,  qu'/I  n'est 
pas  dans  Vair, 

Il  se  dit  aussi  Du  chant  et  des  paroles  tout 
ensemble.  Un  air  à  boire.  V.n  livre  d'airs. 
Apprendre  un  air  nouveau. 

AIR  I.M  L.-\XnUBLE.  Voy.  Gaz. 

AlUAir*.  s.  m.  Cuivre,  métal  de  couleur 
souge^tre.  Chaudron  dairain.  Poêle  d'airain. 
rravailler  en  airain.  Graver  sur  l'airain,  l'ia- 
ÇUf  li'nirain. 


Aïs 

Selon  la  Fable,  il  y  a  eu  Un  siècle  l'airain 
un  uqe  d'airain,  que  l'eu  met  entre  le  siécl 
d'argent  et  le  siècle  de  fer. 

Ouditfigurénient,  Un  siècle d'uirain,poui 
Un  temps  malheureux  et  dur  j  Un  ciel  d'ai 
rain,  pour  dire,  Une  constitution  de  temp 
5(C  et  aride ,  où  il  ne  pleut  point,  où  il  ne  lomb 
ni  pluie  ni  rosée;  et  Un  front  d'airam,  pour 
Une  extrême  impudence.  Cet  homtiiç  a  ui 
front  d'airain.  Il  faut  avoir  un  front  d'airain 
pour  oser.. .. 

On  dit  d'Un  'lomme  dur  et  in.pitoyable 
qu'il  a  un  cttur,  des  entrailles  d'airain. 

On  dit  iigurément,  que  Les  injures  s'écri 
vent  sur  Vairaln,  et  les  bienfaits  sur  le  sable 
pour,  qu'On  oublie  aisément  les  bienfaits,  ei 
qu'on  se  souvient  long-temps  des  injures.  Ll 
mot  d'airain  est  plus  noble  et  plus  poétique 
i]ue  celui  de  cuivre. 

.■\[RF..  s.  f.  Place  qu'on  a  unie  et  préparé! 
poui  Y  battre  les  grains.  L'aire  d'une  grange. 
Airt  à  battre  les  grains. 

On  d  t  en  termes  d'Architecture,  i'aire d'un 
bâtiment,  pour,  L'espace  contenu  entre  le; 
murs  d'un  bitinu.'nu 

IJn  dit  en  termes  de  Marine,  Une  aire  di 
vent,  pour,  L'espace  marqué  dans  la  boussole 
pour  chacun  des  trente-deux  vents. 

Aire  ,  se  dit  aussi  Du  nid  des  oiseaux  dfl 
proie,  parce  qu'ils  font  ordinairement  leur  nid 
sur  un  terrain  plat  et  découvert.  Les  aiglei 
font  toujours  leur  aire  en  même  lieu.  Un  fau- 
con de  bonne  aire. 

AiiiE,  en  termes  de  Géométrie,  signifie  L  es- 
pace qu'une  figure  renferme.  L'aire  d'un  trian- 
gle. L'aire  d'un  carré.  L'aire  d'un  cercle. 

AIRÉE.  s.  f.  La  quantité  de  gerbes  qu'on 
met  en  une  fois  dans  l'aire.  Une  airée  de  fro- 
ment ,  de  st'inle,  etc. 

AIRELLE  ou  MIR'HLLE.  s.  f.  Arbrisseau 
jui  porte  une  petite  baie  molle  et  noirâtre, 
dont  on  fait  usage  en  Médecine. 

AIRER.  V.  a.  Faire  son  nid,  en  parlant  De 
tertains  oiseaux  de  proie. 

AinÉ,  £E.  participe. 

Aïs 

AI.S.  s.  m.  Planche  de  bois.  Ais  de  chine,  dt 
liéire,  de  sapin.  A'is  de  six  pieds,  de  neuf  pieds, 
de  douze  pieds.  Faire  des  ais.  Scier  des  ais. 
Scieur  d'ais.  Cloison  d'ais. 

Ou  appelle  Ais  de  bateau,  Des  ais  qui  ont 
lervi  à  la  construction  d'un  bateau.  Cloison 
d'ais  de  bateau. 

En  termes  de  jeu  de  Paume,  on  appelle  Un 
roup  d'ais.  Le  coup  que  la  balle  donne  de  vo- 
lée dans  un  ais  qui  est  du  cote  du  service.  Voilà 
un  beau  coup  d'ais. 

AISANCE,  s.  f .  Facilité ,  liberté  d'esprit  et 
de  corps  dans  l'action,  dans  les  manières,  dans 
le  commerce  de  la  vie.  Faire  toutes  choses  avec 
une  grande  aisance,  avec  beaucoup  d'aisance. 
L'aisance  avec  laquelle  il  se  démêle  des  choses 
les  plus  diijicilei.  L'aisarKC  q<Al  a  dans  ses 
manières. 


AIS  39 

On  dît,  qu't/n  homme  vît  avec  aisance^ 
qu'il  a  de  Valsancc,  pour  dire,  tjull  subsiste 
conimodénicm,  <|u'il  a  de  quoi  jouir  des  com- 
modités de  la  vie. 

AisANcus ,  se  dit  au  pluriel  d'Un  Heu  prati- 
qué dans  une  maison,  pour  y  satisfaire  les  be- 
soins naturels.  Les  aisances  d^une  maison.  Ca- 
binet d'ai$anccs. 

AISE.  s.  f.  Contentement  ,  sentiment  de 
j©!e,  de  plaisir,  émotion  douce  et  agrcahle, 
causée  par  la  présence,  par  la  possession  d'un 
hicn.  Être  ravi  d'aise,  tressaillir  d'aisCj  être 
trauspurtê  d'aise.  Il  ne  se  sent  pas  d'aise. 

Ai.sE,  signifie  aussi  Commodité,  état  com- 
mode t;t  agréable.  Etre  à  son  aise,  hien  à  son 
aise.  Vous  ctes  là  bien  à  votre  aise.  5c  mettre 
à  son  aise.  Mettre  les  antres  à  Vaise,  à  leur 
aise.  J  ravadhr  à  son  aise.  C^cst  un  Jwmme 
a(jreable  et  commode^  avec  <jui  on  est  toujours 
il  son  aise.  Je  ferai  cela  à  mon  aise. 

Kn  parlant  d'Un  homme  qui  est  dans  raI)on- 
dance  selon  £a  condition,  on  dit,  qu'il  est  à 
ton  aisCy  qu'il  vit  à  son  utse,  qu'ii  est  fort  à 
{'aise  :  et  en  parlant  d'Un  homme  riche  qui  a 
toujours  de  légères  incommodités,  on  dit  pro- 
rcibialement,  qu7/  n'est  malade  qiée  de  trop 
d'aise. 

On  dit  familièrement  et  proverbialement, 
A'en  prendre  t^u'a  son  aise,  pour,IN'e  faire  que 
ce  qui  plait,  sans  se  f;cncr,  sans  se  fatiguer. 

Quand  un  homme  donne  quelque  conseil 
difficile  à  pratiquer,  et  dont  il  est  hors  d'élat 
d'avoir  besoin,  on  lui  dit^  Vous  en  parlez  hic  i 
à  votre  aise. 

On  dit,  Aimer  ses  aises,  cJiercher  ses  aîse&, 
prendre  ses  aîses.  On  n'a  pas  toutes  ses  aise^  en 
ce  monde.  Et  ce  n'est  guère  que  dans  ces  sortes 
de  phrases,  qu'aises  se  dit  au  pluriel ,  pour  si- 
gnifier Les  commodités  de  la  vie. 

À  l'aise.  Façon  de  parler  adverbiale.  Com- 
modément, facilement,  sans  peine.  Vn  cheval 
(jui  porte  à  Vaise,  qui  va  à  l'aise.  On  est  frt  à 
l'aise,  flirt  à  son  aise  dans  ce  fauteuil-là.  Une 
porte  (^ui  s'outre  à  Taise.  Il  tient  six  personnes 
à  Vaise  dans  ce  carrosse.  On  y  va  à  l'aise  dans 
un  jour. 

On  dit  proTcrbîalement,  Paix  et  aise^  pour, 
Doucement,  paisildemcnt ,  commodément.  /! 
n'a  pas  un  qrand  bien.,  mais  il  vit  chez  lut 
paix  et  aise.  Je  ne  demande  que  paix  et  aise. 
pour  dire,  Je  ne  demande  qu'une  vîc  tran- 
quille, sans  contrainte  et  sans  soins. 

Aise.  adj.  des  a  genres.  Qui  a  de  la  joie  j 
qui  est  content.  Que  je  suis  aise  de  vous  avoir 
rencontré!  Je  suis  bien  aise  rfe  vous  voir  en 
bonne  santé,  j'en  suis  très-aise,  extrêmement 
.Ji'sc,  infiniment  aise  y  on  ne  peut  pas  plus  oî:c, 
j'en  suis  aîse  au  dernier  point  II  ne  se  sent 
yasj  tant  il  est  aise.  Que  je  suis  aise  de  cette 
nouvelle!  Aous  en  sommes  bien  aises.  Eile  en 
est  fort  aise. 

AISÉ,  ÉE.  adj.  Facili'.  Cela  est  aisé,  bien 
aisé,  c'est  une  chose  aisée.  H  n'y  a  rien  de  si 
aisé.  Des  moyens  courts  et  aisés.  Voilà  le  c/ic- 
min  te  plus  aisé.  Une  chose  aisée  à  faire.  Cela 
e$t  aise  à  faire.  Cela  n  était  pas  aisé  à  trouver. 


4o  AJO 

Unf  Utire  (jni  n'est  pas  aisée  à  lire.  U  n'est  pat 
■aisé  de  bien  écrire. 

Aisé,  signifie  aussi,  Commode.  Vue  roi- 
lure  aisée.  Un  cheval  ijui  a  îles  allures  aisées. 

On  dit»  Une  dévotion  aisée ^  poiir,  Une  dé- 
votion reljchée.  Et  quelquefois  aussi  on  le  dii 
par  opposition  à  Uévotioii  cli  ^rine  et  trop 
austère. 

On  dit,  .^voir  le.;  manières  aiiées,  la  con- 
versation iiisécy  pour,  Avoir  des  maniiTos  d  a- 
gir  faciles,  et  où  il  n'y  a  rien  de  contraint,  i-ien 
de  gênant;  avoir  une  convcisati)n  facile  el 
agréible;  Avoir  l'aprit  aisé,  pn-jr.  Imaginer, 
concevoir,  s'expliquer  facilement;  Avoir  un 
style  aisé,  pour,  Écrire  d'une  maiière  natu- 
relle, claire,  inlelliphie,  et  qui  paroit  n'avoir 
point  donné  de  peine.  Et  ou  dit.  Des  vers 
aisés,  nour,  Des  vers  qui  paroissent  faits  sans 
peine,  qui  ne  sentent  point  le  travail. 

On  dit,  Une  taille  aisée,  pour,  Une  taille 
libre,  dégagée;  et  on  d:t  dans  le  même  sens. 
Un  air  aisé. 

AisK,  ÉE,  sîiïQifie  aussi,  Qui  est  à  son  aise, 
qui  est  riche  dans  une  condition  médiocre.  Un 
hourqcois  aisé.  C'est  un  homme  aisé,  fort  aisé. 

U  est  aussi  S'il;stantif.  l.a  taxe  des  aisés.  Ou 
Va  mis  sur  le  r^'lc  di'.s  aisés. 

AlSEMEN  !'.  s.  m.  Commodité.  Il  est  vieux, 
et  ne  se  dit  p!us  que  dans  cotte  phrase  prover- 
hialf,  À  son   j)oint   et  aisément,   à   ses   bons. 
points  et  aiseinens,  pour,  A  son  aise,  à  son 
loisir,  à  sa  commodité. 

*3.SÉM^^''^.  fidv. I-"acllen;enl.  J'en  viendrai 
aisément  à  hont.  Travailler  aisément.  Faire  ai- 
iémcnl  des  vers, 

U  siqniâc  aussi,  Commodément.  .Ainsi  on 
dit,  quT'n  cheval  va  aisément,  pour,  qu'il  a 
les  allures  douces,  commodes  et  aisées. 

Al.SSELLK.  s.  f.  Le  dessoi/s  (tu  liras  à  l'en- 
droit ou  il  se  joint  à  l'cpitule.  L\iisselle  droite. 
L'aisselle  qaut,}ic.  Porter  (juelouc  chose  sous 
ses  aisselles. 

AISSIEU.  Voyez  Essieu. 

AIT 

AITIGLOGIL.  s.  f.(Ti  se  prononce  comme 
tLins  Tirer.  )  Terme  de  Médecine.  Traité  de  l.i 
cause  des  Maladies.  Voyez  Étiulogie. 

AJ  O 

AJO'C.  s.  m.  Arljuîtte  ji  fleius  lé^nâ- 
neuscs  de  couleur  jaunj ,  et  garni  de  piquans. 
On  l'appelle  aussi  Jonc  marin.  Voyez  ce  mot. 

AJOURÉ,  l-.E.  adj  Terme  de  Bla.son.  Il  se 
dit  Des  pièces  percées  ii  jour. 

AJOURNEMENT,  s.  m.  Terme  de  Pratique, 
.assignation.  Kjrploit  d'ajournement.  Ajourne- 
ment fait  à  domicile,  fuit  à  personne. 

Ou  appelle  Ajournement  personnel ,  Une 
assignation  donnée  U  quelqu'un  U  compaixiilrc 
en  personne,  pour  répondie  sur  les  faits  dont 
d  est  accusé,  l-éccrncr  un  ajournement  person- 
nel. Décréter  d'ajournement  personnel. 

AJOURNER.   V.   a.    Assigner  quelqu'un  k 


A. TU 

certain  Jour  en  Justice.  Ajourner  par  exploit. 
.ajourner  à  comparcîlre  devant  j  etc.  Ajourner 
devant  le  Lieutenant  Cii-il,  l' aire-  ajourner. 
Ajourner  à  son  de  (rompe.  Ajourner  à  trots 
hrieft  jours.  Ajourner  des  témoins.  Ajourner 
niiehfu'un_pour  dire  ses  causes  d'opposition. 

(Jn  dit,  Ajourner  une  affaire,  une  (jnestitm, 
une  discussion^  pour,  Les  renvoyer  à  un  ccr- 
laîii  jour,  ou  ix  un  temps  indéterminé. 

AjocnNÉ,  i:e.  participe. 

AJOUTAiJIi;.  s.  m.  Adjonction,  chose  ajou- 
t;-e  à  r;ne  antre. 

AJOUTI'-R.  V,  a.  Mettre  quelque  cLose  de 
plus.  Joindre  une  cliôse  a  une  autre.  Faire  ad- 
dition d'un  nombre.  Ce  passaqc  a  été  ajouté  à 
ce  livre.  Il  a  njouté  de  r.ouvcaux  legs  à  son  tes- 
tament. A   toutes   ces  raisons  ajoutez  (jue 

Ajoutez  à  cela  (^ue.Je  n'ajouterai  plus  cfu^un 
mot.  Sa  compagnie  n^étoit  oue  de  trente  soL 
dats^  il  en  a  ajouté  encore  dix. 

On  dit,  Ajouter  au  conte,  et  ajouter  à  la 
lettre,  pour,  Amplifier  un  conte  par  des  cir- 
constances inventées. 

On  dit,  ^jowfer  pi  à  quelqu'un,  ajouter  f>\ 
à  (fue\(jue  chose,  pour,  Croire  ce  que  quel- 
qu'un dit,  croire  quelque  chose.  On  peut  lu 
ajouter  fi.  Il  tu:  faut  pas  lui  ajouter  foi  iroji 
léqèrcmcnt.  /Ijonte-Zi-vou/  fci  à  ces  choses-là: 
{*ous  pouvez  ajouter  foi  à  loutcequ'il  vous  dira. 

Ajouté  ,  ée.  participe. 

En  5Iustque,  il  se  dit  d'Un  son  ajouté  à  un 
autre,  dont  il  ne  fait  pas  partie  essenlieUo, 
**  û  te  aiouîce. 

AJOUTOIR  s.  m.  Voyez  Ajutage. 

A  J  U 

A.TUSTEMENT.  s.  m.  Action  par  laquelle 
nn  ajuste  quelque  chose.  L'ajustement  d*un 
poids,  d'une  mesure,  d\ine  machine. 

Il  signifie  aussi,  Accommodement.  Cher- 
cher ,  Iroui'er  des  ajustcmcns  dans  quclqu<i 
a-Ji.ire,  pour,  Che»"'*her,  trouver  quelque  voie, 
ijuelqi''"  moyen,  quelque  expédient,  quelque 
Icmpcrnrrient,  poiu-  concilier  deux  personnes, 
pour  accommoder  quehjue  aflaire. 

U  siij;nifie  encore,  Panirc.  Elle  n'est  pas 
hcUe ,  elle  a  besoin  d^ajttstement.  Un  peu  d'a- 
|usfemcnt  lui  sied  bien.  Elle  est  si  jeune  et  si 
'elle,  qu'il  ne  lui  faut  pas  grand  ajustement. 

On  dit,  l'aire  des  ajustemens  à  une  ma' 
cy.me,  pour,  Y  .ijouter  quelque  fiicilité  de  plus; 
et  Faire  des  ajustemens  à  une  maison,  pour, 
L'orner.  On  se  passeroit  bien  de  tous  ces  ajus- 
temens, de  tant  d'ajustemens. 

Ajuster,  t.  a.  Rendre  un  poids  ou  une 
mesure  juste.  Ajuster  une  mesure  sur  l  étalon. 
Ajuster  un  boisseau,  un  miaot,  une  balance, 
mr  Vetalon. 

U  signifie  aussi,  Accommoder  une  chose, 
en  sorte  r^u'elle  convienne  à  une  autre ,  et 
qu'cilc  y  ^.v.t  propre.  Ajuster  une  barre  à  nne 
fcnétrt,  un  ccufcrclc  ri  une  boîte.  Ajuster  une 
vis  à  un  écrou.  Il  signifie  aussi ,  Mettre  une 
chose  en  état  de  bien  faiie  son  effet.  Ajuster 
un  ressort,  Ajuster  une  arquebuse  pour  tirer. 


AJU 

On  dit  ^hst)lumciit,  Ajuster,  pour  dire, 
Viser  juste.  le  qibicr  est  parti  trop  v  te  ,  je 
n'ai  pas  eu  le  temps  d'ajuster.  En  ce  sens,  il 
se  prend  aussi  activement.  Ajuster  une  per- 
drix,, ajuster  son  fusil,  son  coup. 

Ou  dit,  en  termes  de  Manège,  Ajuster  un 
cheval  sur  les  voltes;  l'ajuster  à  toutes  sortes 
d^aire  de  manège. 

AjfSTER ,  avec  le  pronom  personnel,  signi- 
fie. Se  préparer  à  faire  quelque  chose,  se  mettre 
en  état ,  en  poslurs  de  fuirc  quelque  cliose.  S'a- 
juster pour  tirer  au  blanc.  S'ajuster  pour 
courre  la  bague.  Les  joueurs  de  mail  sont  long- 
temps à  s'ajuster  ;  our  frapper  la  boule.  En  ce 
sens  il  se  met  toujours  avec  le  pronom  per- 
sonnel. 

On  dit ,  que  Pes  gens  se  sont  ajustés,  pour, 
qu'Us  sont  de  concert  pour  quelque  dessein. 
Ils  se  sont  ajustés  ensemble  pour  cela.  Et  on 
dit,  Leurs  humeurs  sont  trop  diffêrcTitcs ,  ils 
ne  sauront  jamais  s'ujusler,  pour,  Us  ne  sau- 
ront jamais  convenir  l'un  avec  Taulre. 

6'ûjus!cr  au  temps,  S'y  accommoder. 

On  dit  aussi,  Ajuster  toutes  choses  pour 
juclque  d&sseîn,  pour.  Prendre  des  mesures 
l^jour  faire  réussir  uu  dessein. 

On  dit,  Ajuster  deux  personnes,  pour,  Les 
concilier,  les  foire  convenir  ensemble,  faire 
qu'elles  soient  d'accord  touchantqaclquechose, 
il  est  difjicile  de  les  ajuster  l'un  avec  Vautre. 
Il  nV  a  que  vous  qui  les  puissiez  ajuster. 

On  dit  aussi,  Ajuster  un  différent,  pour^ 
i-e  terminer  à  l'dmiiJj'o- 

On  d-H,  en  matière  de  dispute  sur  quelque 
■)oint  de  Doctrine,  Ajuster  des  passages  qw 
.'aroissent  opposés,  pour.  Les  concilier  ensem- 
i>le,  faire  voir  qu'ils  n'ont  qu'un  même  sens. 
Comment  ajustercz^vous  ces  passages  opposes? 

On  dit  proverbialement,  Ajustez  vos  fiiites , 
soit  en  parlant  ù  un  homme  qui  ne  paroii  pas 
')ien  d'accord  avec  lui-même  dans  ce  qu'il  dit, 
'oit  en  parlant  à  plusieurs  personnes  qui  ne 
convicnnenl  pas  des  moyens  de  faire  réussir 
quelque  chose. 

On  d'il,  Ajuster  une  pièce  au  Ihédtre,  pour, 
lia  rendre  propre  au  Théûtre.  On  le  dit  aussi 
fgurément  et  familièrement,  pour.  Raconter 
inie  chose,  en  la  tournant  à  sa  fantaisie,  pour 
servir  au  dessein  qu  on  a.  Il  ajuste  au  1  liéâtre 
iout  ce  qu''il  dit. 

Ajuster  ,  Embellir  par  des  ajusicmens.  Il  a 
!'-ien  ajusté  sa  maison,  i^oilà  une  chambre  bien 
ajustée.  'Vous  avez  bien  ajusté  votre  cabinet, 
votre  jardin. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  De  la  parure  dans 
l'habillement;  el  en  ce  sens  il  se  dit  principa- 
leraeni  des  femnies.  Une  femme  qu,i  est  deux 
heures  à  sa  toilette.,  à  s  ajuster.  Ses  femmes  de 
chambre  ne  peuvent  jamais  venir  à  bout  de 
l'ajuster  à  son  qré. 

Ajuster,  se  dit  ironiquement  en  dilTcrentea 
sgnifications  ,  selon  les  difTérrntes  matières 
dont  il  s'agi\  Ainsi  ru  p.Trlant  d'Un  homme 
qui  a  perdu  son  procès,  qui  a  été  condamné 
au\  dépeîis.  on  dit  qu'(>n  Va  bien  ajusté, 
qu'on  Va  ajusté  de  toutes  pièces.  Dans  le  slyU 


AL  A 

familier,  on  dit  à  quelqu'un  que  l'on  mcprise  : 
Si  je  vais  là  ,  je  vous  ajuslerai  comme  il  juut. 
Etcnpailint  il'L'n  homme  qui  a  élô  écIaboussL*, 
et  dout  riial.it  est  couvert  de  boue,  on  dit, 
Voilà  votre  hahit  bien  ajusté,  vous  voilà  bien 
ajusté. 

Ajouté,  "ée.  participe. 

ATUSTOIIt.  s.  m.  Petite  Lalance  où  l'on 
pi'Sc  et  ajuste  les  monnoios  avant  que  de  les 
marquer. 

AJUTAGE  ,  s.  m.  ou  AJOtrrOIU.  Quel- 
C|iics-uns  ûcrivcut  AJUTOIR.  (Le  premier  est 
le  meilleur.)  Petit  tuyau  de  cuivre  monte  â  vis 
sur  une  souche  de  même  métal ,  que  l'on  soude 
ou  tuyau  de  plomb  d'une  fontaine,  d'un  jet 
d'eau ,  pour  en  former  le  jet  gros  ou  menu , 
s.'lon  l"ouverttu"e  qu'on  lui  donne.  Gros  flj«- 
tagc.  Petit  ajutage.  Àjutane  à  tclc  d'arrosoir. 
fl'fiiut  mettre  un  plus  qros,  un  plus  petit  aju- 
tage à  cette  fontaine.  L'ajutoir  est  troV  petit. 

ALA 

ALAISE.  Voyez  Alèze. 

ALAMBIC,  s.  m.  Sorte  de  vaisseau  qui  sert 
&  distiller,  et  qui  est  composé  d'une  cucurbite 
et  d'un  chapiteau.  Plusieurs  écrivent  Ai.embic. 
Alambic  de  verre.  Alambic  de  cutVre.  Alambic 
de  terre.  Le  hcc  d'un  alambic.  Le  col  d\tn 
alamhic.  Il  f.nt  mettre  cela  à  l'alambic.  Tirer 
à  Valambic.  Tirer  par  Valambic.  Passer  par 
Valamhic.  liepasscr  par  Valambic. 

<in  dit  fîgurcment,  qu'Une  afpnre  a  j:ass6 
par  Valambic  y  pour,  qu'Elle  a  été  examinée 
HTCC  un  grand  soin,  avec  une  grande  exacti- 
tude,  qu'elle  a  été  discutée  et  approfondie. 

ALXMBIQUER.  v.  a.  ïl  nesl  d'usage  qu'au 
figuré  ,  et  presque  toujours  avec  le  pronom 
personnel,  comme  dans  ces  phrases  :  Alamhî- 
tjuer  r«prit,  s'alamhiquer  l'esprit,  qui  signi- 
fient, Fatiguer  l'esprit,  se  fatiguer  l'esprit, 
épuiser  son  esprit  par  une  trop  grande  appli- 
rplion  à  des  choses  abs:railes.  trop  subtile^  et 
trop  raffinées.  S'alambiancr  Vesprit  mal  à  pro- 
pos sur  des  (juestions  épineuses  ,  difficiles  , 
inutiles.  S\dambiguer  la  cervelle.  Des  gues- 
tions  gui  ne  sont  bonnes  flu'à  alamhiguer  Ves- 
jvrit.  A 'aï/es  point  vous  alamhiguer  Vesprit 
intitifernent.  Ces  gueslions  ne  servent  gu^à 
iilambiguer  Vesprit.  Cela  n''a  servi  ou'à  lui 
alambiguer  Vesprit. 

r.D  l'emploie  quelquefois  d'une  jnanière  ab- 
solue. Du:is  ces  sortes  de  matières ^  il  ne  s*aqii 
pas  d'alambiquer.  Allez  au  fait,  sans  alambi- 
guer plus  long-temps.  Ou  sous-entend  le  sujet, 
la  pensée. 

Alambiqce,  ée,  participe.  Il  ne  se  dit  que 
Des  questions,  des  pensées,  des  réflexions  trop 
•ubtiles  et  trop  raffinées,  l'iscours  alambigué. 

ALARCiUIiR.  V.  n.  Se  mettre  au  large,  s'é- 
loigner de  la  côte  ou  de  quelque  vaisseau. 

ALAntui:,  f.e.  participe. 

ALARME,  s.  f.Cri,  signal  pour  faire  courir 
aux  aruK».  Chaude  a/arme.  Fausse  alarme. 
Sonner  Valarnie.  Donner  Valarme. 

Il  se  dit  aussi  d*Une  cfmotion  causée  dans  un 
Tome  7. 


ALB 

camp,  dans  une  place  de  guen'C,  à  l'approrlip 
ou  sur  le  bruit  de  l'approche  des  ennemis. 
L*alarme  est  au  Quartier  y  l\ilurmc  est  au  camp. 
Les  ennemis  nous  donnoient  de  fréguentes 
alarmes. 

lise  ditfigurément  De  toute  sorte  de  frayeur 
et  d'épouvante  subite.  Il  a  pris  Valarme  bien 
légèrement.  Vous  nous  avez  donné  Valarme 
bien  chaude^  bien  des  alarmes.  On  dit  aussi 
fif^urément  ,  Une  fausse  alarme,  pour.  Une 
vaine  craint-,  une  peur  sans  sujet.  Et  prover- 
bialemonl  et  figurément,  en  parlant  De  quel- 
que chose  qui  mot  tout  d'un  coup  dans  une 
grande  inquiétude,  on  dit,  que  L'alarme  est  au 
camp. 

Alaiime,  se  dit  aussi  pour  lnr|uiétnde , 
souci ,  cliii;rin  ;  et  en  ce  sens  1  »  emploie  d'or- 
dinaire au  pluriel.  //  est  dans  de  grayider 
alarmes  y  dans  de  ierribles  cïtirmcs,  de  con- 
tinuelles alarmer.  Il  n'est  pus  encore  revenu 
de  ses  alarmes.  Cela  lui  donne  des  alarmes  se 
crêtes. 

Ou  dit  aussi  poétiquement,  Au  milieu  de\ 
alarmes,  nourri  dans  les  alarmes,  pour,  Au 
milieu  des  combats,  élevé  dans  les  dangers  de 
la  guerre. 

ALARMER,  v.  a.  Donner  l'alarme,  causer 
de  l'émotion  ,  de  l'épouvante  de  l'inquiétude. 
Cela  va  alarmer  tout  le  camp.  Il  ne  ftut  pas 
gue  cela  vous  alarme.  Ne  vous  alarmez  pas  d<: 
tous  ces  faux  bruits.  Il  fut  fort  alarmé  de  ceiti 
nouvelle.  Sa  maladie  nous  a  alarmés. 

S'ALAif.Hn,  V.  proa  S'inquiéter;  s'efïiayer. 
Être  ému.  71  s'alarme  sans  cesse.  On  croiroil 
guHl  aime  à  s'alarmer.  Je  ne  m*alarme  pas  du 
bruit. 

Alamïé,  ée.  participe. 

ALATERNE.  s.  m.  .arbrisseau  dont  les 
feuilles  sont  rangées  alternativement  le  long  des 
tiges. 

ALB 

ALBATT'Z.  subs.  m.  Pierre  de  la  nature  du 
morbrc,  mais  plus  transparente,  et  qui  est 
remplie  de  veines  diversement  c:>lorées.  L'ai- 
biilre  le  plus  estimé  vient  d'Orient ,  et  se 
nomme  pour  cette  raison,  Albâtre  oriental. 

On  dit  figuréïjient  et  poétiquement  ,  Vnû 
gorge  d'ai/xîlre, pour,  Une  gorge  extrêmement 
blanche. 

ALBERGE.s.f.Espcce  de  petite  pèche  pré 
coce.  Vn  panier  d'alberqes. 

ALBERGIER.  s.  m.  Arbre  qui  porte  des 
alberges. 

ALBIQUE.  s.  f.  Espèce  de  craie. 

ALBRAN.  Voyez  îlALDnAN. 

ALBRKNÉ.  Vojc;  Halbi\ené. 

ALBUGINÉ,  ÉE.  adj.  Terme  d'Anatomie. 
Il  se  dit  De  certaines  nwmbrancs  blanches.  La 
membrane  ulbuginée  des  testicules.  La  mem- 
brane albuginée  de  Vœil. 

ALBUGLNEUX,  EUSE.  adj.  Terme  d'Ana- 
tomie. Oui  est  de  couleur  blanche. 

ALBUGO.  sultft.  féminin.  Terme  de  Méde- 
cine. Tache  blauclie  qui  se  forme  à  l'œil  sur  la 
cornée. 


ALC  4i 

ALBUIM.  s.  m.  (On  prononce  Albàm.)  Mo* 
emprunté  du  Latin.  Il  se  dit  d'Un  cahier  que 
|)oi-teut  les  voyageurs  .  sur  lequel  ils  engagent 
les  personnes  illustres  h  écrire  leur  nom  ,  et  or- 
dinairement avec  une  sentence.  Ce  jeune  Alle- 
mand vous  prie  de  vous  inscrire  sur  son  Album. 

ALC 

ALCADE.  R.  m.  Mot  emprunté  de  l'Arabe. 
Nom  qu'on  donne  à  un  Jw^c  en  Espagne. 

ALCAÏQUE.  adj.  Il  se  dit  d'Un  vers  grec 
iuv(  nié  par  Alcée  ,  et  adopté  par  les  Latins, 
dont  voici  un  exemple  : 

Civlo  tonantem  credidimus  J ovem. 

ALCALI,  s.  m.  Mol  composé  de  deux  moK 
Arabes  ,  savoir  de  l'article  ai,  le,  et  de  îcu/i , 
qui  est  une  plante  que  l'on  nomme  en  françois 
onde.  Ce  mot  eslcnq)Ioyi=  géncrîquement  dans 
la  Chimie  pour  désigner  un  sel  que  l'on  rctii-e 
des  cendres  des  plantes,  après  qu'elles  ont  clé 
brûlées.  On  dislingue  deux  espèces  d'Alcalis  ; 
l'un  s'appelle  /llcah  fixe.,  ainsi  nomme,  parce 
'pie  l'action  du  feu  le  fond  sans  le  dissiper  ; 
l'autre  s'appelle  Alcali  volatil.,  parce  que  la 
moindre  clialeur  le  dissipe  ou  le  volatilise  :  ce 
d'Mtiier  se  lire  des  animaux.  Les  sels  alcalis 
fivs  inqirijucnt  sur  la  langue  une  sensation 
semblable  à  celle  d'une  brûlure;  c'est  pour 
cela  qu'on  les  nomme  quelquefois  Sels  causti- 
gues.  On  les  nomme  aussi  Sels  ïixiVtcîi,  parce 
qu'on  les  relire  des  cendres  des  plantes  en  \tê 
lapant.  Tous  les  Alcalis  ont  la  propriété  de 
changer  en  vert  la  couleur  bleue  des  fleurs;  en 
(juoiils  diffèrent  des  Acides,  auxquels  d'ailleurs 
ils  s'unisserit  avec  cnîTvciiccnce  ;  et  de  celte 
union  il  r.-sulle  diflereiis  sels  neutres,,  suivant 
les  differens  Acides  que  l'on  a  joints  avec  les 
Alcalis. 

ALCALIN,  USE.  adj.  Qui  a  quelques-unes 
des  propriétés  des  Alcalis,  t  ne  substance  alca- 
line. Une  terre  alcaline. 

ALCALISER.  V.  a.  Terme  de  Chimie.  Dé- 
f;ager  d'u'i  sel  neutre,  par  la  voie  du  feu  ,  la 
partie  acide  qui  y  étoit  contenue,  de  manièic 
qu  n  ne  reste  plus  que  la  partie  alcaline. 

AlCAusÉ,  ée.  participe. 

ALGANTAR.\.  s.  m.  Oidre  militaire  d'Es- 
pagne, institué  en  i  i^o.  On  nommoit  ancien' 
nement  les  Chr.valiers  d'Alrantara  ^  Chevaliers 
du  Poirier. 

ALCHnnE.  s.  f.  :Mot  qui  proprement  ne 
signifie  que  la  Chimie,  étant  composé  de  l'arti- 
cle al  et  de  ciu'mi'e.  Il  se  dit  De  la  partie  mysté- 
rieuse de  la  Chimie,  qui  a  pour  objet  de  di* 
couvrir  la  tiansmutaiion  des  métaux,  la  pierre 
philosophale,  etc  .  et  qu'en  appelle  aussi  Phi* 
losophie  hcrmétiguc. 

ALCHIMILLE.  Voyez  Pied-de-lion. 

ALCHIMISTE,  subs.  m.  Celui  qui  cullire 
l'Alchimie. 

ALCOHOL.  subs.  m.  Tcnne  de  Chimie  em- 
prunté de  r.Vrabc.  Poudre  impalpable  ou  ex- 
ir^mement  divisée.  On  «'en  sert  quelquefois 
pour  désigner  rcsprit-dc-vin  parfaitement  dô- 

6 


42 


ALE 


flegme ,  c'cst-à-'dire ,  dê;;aj;é  dé  sa  partie  aqucjse. 
C'est  ainsi  qu'on  <!it  le  Vtsprit-de-vin  alcoho- 
iiséy  ou  /'e  Viilcohol  de  vin, 

ALCOHUiaSKR.  V.  a.  Terme  de  Cliimie. 
Réduire  en  poudre  'mpulpahle. 

AlcohOiMsk.  Éî:.  participe. 

AI/:tH\  \?i.  s.  m.  Mot  Arabe/Le  Livre  qui 
coiiliont  l;iLoide  Mahcnct.  On  rappellcencore 
Korati.  Lire  VJlcoran. 

Alcohan,  signifie  dans  son  orîf;ine  Le  livre 
Al  est  raiticlc.  el  Uotati  veut  dire  livre. 

Il  ii^iiide  aussi  La  Loi  de  Maiioniet  con- 
tenue dans  l'Alcoran.  Abjurer  VJlcoran. 

On  dit  familiircnirni  ,  eii  parl-mt  d'Une 
cliose  à  latpielltî  on  n'entend  rien,  ;'c  n'y  cn- 
tetttls  vas  jihtn  au'ii  /'.'Zcorrtn. 

ALCÛVK.  s.  f.  Enfoncerr.enI  piatiquo  d;ins 
une  chambre  pour  y  placer  un  Ht.  Aluuve  dotvc. 
Vue  belle  ulcvi'C.  Une  alcôve  maqtMiique. 

ALCYO>.  s.  m.  Oiseau  de  mer.  Les  Pcetes 
ont  feint  fjuc  les  alcyons  rendaient  la  mer 
calme  pendant  (juils  jaisoient  leurs  nids. 

ALCVOMEN,  lENNE.  adj.  Appartenant  i- 
l'Alcyon.  Il  n'est  d'usage  qu'en  cette  ph«ase  , 
Les  jxiurs  alcy  oniens ,  qui  sont  sepi  joiirsavanl 
h;  solstice  d'hiver^  et  rept  iours  après  pendant 
lesquels  on  dit  que  l'Alcyon  fait  sou  nid,  el 
C[ue  la  mer  est  oïdiuairement  calme. 

ALD 

ALDCBARAM.  aubs.  m.  Mot  emprunté  d. 
l'Arabe.  Nom  d'une  iloile  fixe  de  la  premicn' 
t;raudetir,  i^iii  csi  duis  l'œii  du  l'auiean. 

ALUl-^K.  s,  f.  Nom  qu'on  donne  aux  buur/;^ 
et  aux  vilb'gcs  i  la  côte  de  Coromandcl ,  et  ail 
leurs. 

ALDERMAN.  s.  m.  Nom  qu'on  donne  ci 
Angleterre  à  certains  Officiers  municipaux. 

ALE 

ALEGRE.  adj.  drs  v,  genres.  Qui  est  dispos, 
agile,  gai.  Il  est  toujours  alègre.  Il  est  sain  ei 
alègre.  Il  est  du  style  familier, 

ALËGRKMENT.  adv.  D'une  manière  alt'f^re. 
Marcher  alégrement.  Allons  ,  compagnons  , 
ulégremcnt.  Il  vieillit. 

ALKORESSE.  Voyez  ALLKcnEssE. 

ALK(;JU>.  adr.  Terme  de  Musique,  qui  se 
met  h  la  tête  d'un  air,  pour  marquer  fpie  cet 
air  doit  être  joué  vivement  et  ^aiment,  {  On 
prononce  romnuinémrnt  Alléfjro.  )  U  se  prend 
aussi  substantivi-ment  en  parlant  de  l'air  môme. 
Jouer  un  alégro. 

ALEMBIC.  Voyez  Alambic. 

ALflNE.  s.  f.  Espèce  de  poinçon  de  fer, 
emmanche  dans  un  morceau  de  bois  rond,  et 
dont  on  se  seil  pour  percer  le  cuir  cl  pour  le 
eoudre.  Alcnc  plate  y  rondcj  carrée.  Manche 
d'alêne.  Les  Cordonniers,  les  Bourreliers  y  etc 
>5  iCrvenl  d'alênes.  La  pointe  d'une  alêne, 

ALI^MER.  s.  m.  O'iui  qui  fait  et  vend  des 
alênes. 

ALENTOUR,  adv.  Aux  environ».  Tourner 
^leniour.  Lcg  échos  d'alentour,  lei  bois  d'alcn' 
taur. 


ALG 

Alentouhs.  s.  m.  pi.  Ce  sont  les  lieux  cîi- 
ronvoisins.  Les  alentours  de  ce  château  sont 
>na{jmlU\ues, 

Il  se  dit  aussi  De  ceux  qui  vivent  familiè- 
rement, qui  sont  en  liaison  avec  une  personne 
Si  vous  voulez  réussir  Uuprcs  de  ce  Ministre 
assurez-vous  de  ses  alentours.  Ce  fut  par  se 
alentours  tjue  Von  pénétra  son  secret. 

ALl'^RION.  s.  m.  Tt-rnie  de  Blason.  Petit  aiglon 
'pi'on  reprcacnte  avec  les  ailes  étendue*»,  e! 
sans  b('(  ni  pieds. 

ALERTE,  adverbe.  Debout,  sovez  sur  vos 
gardes,  prenez  garde  à  vous,  AleitCj  alerte. 
ioldats. 

ALERTE,  adj.  des  ?.  genres.  Qui  est  vigi- 
lant, et  qui  se  tient  sur  ses  gardes.  On  ne  h 
surprendra  pas  aisément,  il  c$t  toujours  aleite. 

U  signifie  aussi,  (iai,  vif;  et  il  se  dit  d  Un 
jeune  garçon  et  d'une  jeune  fille.  Un  jeune 
garçon  alerte.  Vnc  ,euMe  fille  alerte. 

Il  se  prend  aussi  substantivement,  el  alors 
il  est  féminin.  Vonner  une  vive  fllerle,  Aohj 
(iv'ons  eu  cette  nuit  trois  ou  (juatre  alertes. 

ALEU.  Voyez  Ajjleu. 

ALEVIP*.  s.  m.  Menu  poisson  qui  sert  a 
peupler  les  ëtanj^s.  Il  faut  jeter  de  l'alevin  dant 
cet  étang. 

ALEVINER.  V.  a.  Jeter  de  l'alevin  dans  un 
étang.  Aleviner  un  étang. 

Aleviné,  ék.  participe. 

ALEX-iNDUIN.  adj.  ï!  n'est  d'usage  qu« 
d;ms  cette  plinse,  Vers  Alcruridrins .,  Veii 
■^anvois  de  douze  syllabes  dans  les  rimes  mas- 
uiines,  et  de  treiie  ^yl!al.es  dani  iea  lîmes  le- 
iniuines.  L"S  Iragetlies^  les  l^oémrs  Epiques 
•^e  font  ordinairement  enVers  Alej:andrins.Li 
césure  y  le  repos  du  Vits  ^le.Tû/idrin  doit  êtri 
tmmédiatement  après  la  sixième  syllabe.  Lei 
i^ers  Alexandrins  sont  aussi  appelés  Vers  Hé- 
roïques. 

ALEXIPHARMAQ0E  ou  ALEXITÈRK 
idj.  des  2  genres.  Il  se  dit  Des  remèdes  contre 
les  venins.  U  s'emploie  aussi  substantivemenL 
Un  bon  Alcxipharmaguc. 

ALEZAN,  4NE.  adj.  De  ruuleur  fau»e,  li- 
lant  sur  le  roux.  Il  ne  se  dit  ^ju'en  parlant  De 
elicvaux.  Un  cheval  de  poil  aletan,  Ln  chf.va\ 
alezan.  Une  cavale  alezane.  Ln  cheval  alezan- 
brûlé  y  alezan-moreau ,  alczun-doré. 

Ai.E/.Ar* ,  est  aussi  .ubstantif ,  et  signifie  Un 
clieval  de  poil  alezao  II  ctoit  monté  sur  un 
alciun. 

ALÈZE.  s.  f.  Grand  linge  dont  on  se  sert 
pour  soulever  et  tenir  [Toprcs  des  milades  el 
des  femmes  en  couebe. Les  ulèz*s  sont  ordinal 
rernenf  de  vieux  Imge.  Envelopper  un  malade 
avec  une  ulète.  Mettre  i-nc  aléze  autour  d'un 
malade, 

ALG 

ALGALIE.  5.  f.  Sorte  de  sonde. 
ALCiANON.  s.  m.  Chaine  qu'on  met   aux 

galériens. 

ALGARADE.»,  f.  5ortio  bnisque  rontîe 
quelqu'un.  Faire  une  algarade.  Il  lui  a  jnit 
miilc  algarades.  Il  est  lajnilier. 


ALI 

ALGÈBRE,  s.  f.  Science  du  calcul  des  gran- 
deurs en  générai ,  repi-csentécs  par  les  lettre* 
de  l'alpliabct.  y/ppreiu/re  V Algèbre.  Savoir  ÏAX- 
gèhre. 

On  dit  figurément  d'Un  homme  qui  n'en- 
tend rien  du  tout  à  une  chose  dont  on  parle, 
que  C'est  de  V Algèbre  pour  lui. 

ALGEBRIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  ap- 
jjarlient  i  l'Algèbre.  Calcul  algéhritjue. 

ALGELRISTE.  s.  m.  Celui  qui  sait  l'Algè- 
bre, qui  fait  des  opérations  d'Algèbre.  C'eM 
un  excellent  Algébrisle. 

ALGUAZIL.  s.  m.  (Cn  prononça  A Iq ou azii. 
Le  L  final  n'est  pas  muuillc.  )  Mot  qui  a  jiassâ 
de  l'Arabe  dans  l'ICspa;^nol ,  el  qui  se  dit  p«r 
plaisanterie  en  François,  d'un  Exemjil  ou  d'un 
.\rcher.  //  a  été  arrêté  par  des  Alguazils. 

ALGUE,  s.  f.  Sorte  d'herbe  qui  croît  dont 
la  mer,  et  quelle  jette  quelquefois  sur  sei 
bords.  L'algue  et  le  sable  servent  à  faire  une 
ejcellcnle  diauc  conïre  la  mer, 

A  L  I 

ALIBI,  s.  m.  Tenne  de  Jurisprudence.  Om 
s'en  sert  pour  dire  qu'Une  personne  ctoit  ab- 
sente d'un  lieu,  par  la  raison  qu'elle  étoit  alors 
dans  un  autre.  U  n  a  point  d'S  au  pluriel.  Lu 
juusseté  de  cette  pièce  a  été  prouvée  par  un 
alibi.  Frouver  Valihi,  Prouver  son  alibi.  Leé 
aldn  ne  sont  guère  reçus  en  matière  criminelle, 

ALIBIFORAIN.  s.  m.  Pn.pos  qui  n'a  poini 
le  rapport  h  la  chose  dont  il  i-si  question.  Il  eal 
familier.  Il  ne  m^a  donné  que  de  manvaiset  ex~ 
euses,  de  mauvaises  défaites,  des  alibiforains. 

ALIIÎORON.  Voyez  MAÎxnE. 

ALIDADE.  9.  f.  Règle  mobile  qui  tonnt* 
sur  le  centre  d'un  instrument  avec  lequel  oa 
prend  la  mesure  des  angles.  Diriger  Volidadt 
vers  un  objet. 

ALIENABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  m 
peut  aliéner.  Il  y  a  des  biens  qui  ne  sont  pa$ 
ûliénahles.  C'est  une  terre  substituée,  elle  n'êsi 
pas  aliénable. 

ALIÉNATION,  s.  f.  Transport  de  la  pro- 
Iiriété  d'un  fonds,  ou  de  ce  qui  tient  lieu  de 
fonds.  /iUcnation  d'un  domaine^  d'une  terre. 

(in  dit,  L'uhénativn  des  volontés ^  des  «r- 
prits.  pour,  L'éloi^nement  que  des  personnes 
ont  les  unes  pour  les  autres  ;  et  llicnation  d'é»* 
prit,  pour.  Ei^arement  d'esprit,  folie. 

ALII'.NKR.  V.  a.  Transférer  h  un  autre  U 
prt)priété  d'un  fonds,  ou  de  ce  qui  tient  lieu  dt 
fonds.  Aliéner  une  terre.  Aliéner  une  rente. 
mener  un  domaine.  Aliéner  des  meubles  pré- 
cieux. Il  y  a  des  biens  qui  ne  se  peuvent  pnê 
(lîicMcr.  Cest  aliéner  son  argent,  que  de  le  pi»' 
cer  par  contrat  de  constitution. 

On  dit  figurément,  y^liéner  les  affcttont^ 
les  cifurn,  les  esprits  j  pour,  Faire  perdre  la 
b'"enveill.tncc  ,  rafTcclion  ,  l'estime.  Cela  lui 
aliéna  le  c^iur  des  pcujdes.  Il  a  des  munièm 
hautes  qui  aliènent  les  esprits.  Il  a  nlicne  les 
esprits  par  ses  manières.  Les  esprits  elvient 
aliénés. 

On  dit,  Aliéner  Vespritj  pour,  Faire  perdm 


ALI 

Tesprit,  rendrr  fou,  faire  devenir  foii.  Sa  der- 
nière miilaà'i^  hti  u  Alèné  Vesprit. 

Aliéné,  éi:.  piirticipe.  Domaine  tihèiié. 
Terre  aliéncf.  Cœurs  uliéiiés.  Esprits  iiîiéiiés. 
Avoir  l'esprit  aliéné. 

ALI'iNKME.NT.  s.  m.  ÏJi;iic  qu'on  donne, 
«pi 'on  lire,  iifin  qu'une  muniillc,  qu'une  rue, 
qu'une  allée,  qu'un  clieniin  ,  soient  diri:;és  en 
ligne  droite.  On  a  pris  VuUqnenient  de  la  rue 
uu'ort  veut  biUir.  Suivant  l'alignement  qui  en 
m  été  donné.  Prendre  des  aliqnemens.  Il  a  mal 
yris  ses  aliqnemens. 

On  dit,  qu't/n  ouvrage  de  maçonnerie  nVsï 
pas  il\iltqncmcnt ^  jour,  qu'il  ne  va  pas  en 
ligne  droile. 

ALIGMîU.  V.  a.  R.TUé^ef,  dresser  sur  une 
m6nic  lif^iio.  Il  se  dit  ordinairement  Des  bàli- 
mensetdfs  Jardins.  On  n'a  pas  bien  aligné  cette 
muraille^  cette  allée. 

On  dit  ausïii,  Jliqner  des  aohîalSy  Les  ran- 
ger en  lif^nc  droite.  Aligner  le  premier  r  nq.  Il 
s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel.  S^a~ 
ligner.  AUgnez-vous. 

Aligné,  ée.  participe. 

'ALIMENT,  s.  niasc.  Nourriture,  ce  qui  se 
mange,  se  diffère,  et  entretient  la  vie.  Le  pain 
est  un  bon  aliment.  Les  alimcns  les  plus  sim- 
ples sont  les  plus  sains.  Des  alimens  qui  se  cor- 
rompent dans  l'estomac.  Des  biens  destinés  pour 
Valimcnt  des  pauvres. 

On  dit  figure'ment,  que  Le  bois  est  /'aliment 
4u  feu. 

Al  1MEN5,  au  pluriel ,  se  dit  généralement  D« 
loul  ce  qu'il  faui  jiour  nourrir  et  entretenir 
une  personne,  i  h  pé'C  doit  les  ali'ucns  ù  se^ 
tnfans.  On  lui  a  udjujé  une  pension  pour  ses 
nlimens. 

Alimkst,  se  dit  iiu  figuré.  Les  sciences  sont 
taUment  de  l esprit.  C'e^t  un  esprit  vif  ^  il  ji-ul 
lui  donner  de  l'aliment. 

ALIMENTAIRE,  adj.  des  a  genres.  Qui  est 
destiné  pour  les  alimens.  Il  n'est  guère  d'usage 
^e  dans  ces  phrases.  Pension  alimentaire^ 
Provision  al  mentaire. 

ALIMKNi'Eiî.  V.  a.  Nourrir,  fournir  les 
aiimens  n  ressaires. 

AïoiENTÉ,  ÈE.  participe. 

ALIMENTEUX,  KUSE.  a-'j.  Terme  de  Mé- 
oecine.  <^)ui  nourrit.  Remèdes  alimenteux.  Sucs 
mlimentcu.v. 

ALINEA.  Façon  de  parler  adverbiale  em- 
pnintée  du  I^tin.  A  la  ligne. 

Il  se  prend  aussi  suhslanlivemrnt.  Lûces  jus- 
tpt'au  ptemwr  ai  néa.  O'tservez  les  alinéa. 

ALlQlfAME.  adj.  f.  Terme  d-  IMalliéma- 
liquc.  Il  se  dit  des  pariie-s  qui  ne  su:it  pas 
•^actenienl  coulenuts  dans  un  tout,  par  oppo- 
tilion  aux  i-arties  altquotes  qui  y  soûl  co:jte- 
unesevartemcut.  Lenom'tre  troi-  est  une  ^arïte 
aliquote  de  ncuf^  et  le  nombre  deux  en  est  une 
part\e  aUquante, 

ALU^HOTE.  adj.  f.  11  n'est  d'usage  qu'en 
«lie  plir.isr  .  Partie  aliquote^  qui  se  dit  d'Une 
partie  conuiiuc  un  certain  nombre  de  fois  juste 
dans  un  tout.  1  ros  est  partie  aliquote  de  douze. 
Le  pouce  est  une  partie  aliquote  du  pied. 


ALL 

\i   se   prend    quelquefois  substantivemeol  | 

'  DeiiT  est  une  aliipwte  de  si.v. 

S'ALITEK,  avec  le  pronom  personnel.  Se 
mettre,  se  tenir  au  lit  pour  cause  de  nialodi  . 
Il  y  avoit  long-temps  quil  traluoit ,  enfin  il  n 
été  eontriiint  de  s'aliter. 

Alité,  ée.  part.  Elle  est  alitée  depuis  hier. 

ALIZE,  s.  f.  Sortp  de  petit  fruit  aigre,  de 
couleur  rouge.  Manger  des  alizés. 

ALIZE,  tidj.  m. Terme  de  Marine,  qui  se  dit 
De  certains  venls  réguliers,  e*  sp'-cialeinent  de 
ceux  qui  i«'^nent  entre  les  deux  Tropiques,  cl 
qui  souillent  de  l'Est  à  l'Ouest.  La  vents  alizés. 

ALl/.IER.  s.  m.  Arbre  qui  croît  dans  les 
bois,  et  qui  porte  des  alizés, 

ALL 

ALLAITEMENT  ou  Alaitemeht.  8.  m. 
Action  d'allaiter.  L'Allaitement  d'un  enfant. 

ALLAITEU  ou  Ai  aiteh.  v.  a.  Nonnir 
de  son  lait.  La  nourrice  qui  la  allaité.  Une 
mère  qui  allaite  son  enfant.  Vno  chienne  qui 
allaite  ses  petits.  La  loui'C  qui  allaita  Rému^  et 
Romulus. 

Allaité,  ée.  participe. 

ALLANT,  s.  m.  qui  n*a  point  de  féminin, 
et  n'est  guère  d'usage  qu'en  ces  phrases  :  Les 
allans  et  les  venatis.  A  tous  allans  et  venons. 
Cette  maison  est  ouverte  aux  allans  et  i>enans. 

ALLANT,  ANTE.  adj.  Oui  aime  h  aller,  à 
courir.  C'est  un  homme  allant.  Une  femme  fait 
allante. 

ALLANTOrOE.  s.  f.  Terme  d'Anatomîe. 
L'une  des  nnmbranes  qui  enveloppent  le  fœtua 
de  certains  animaux. 

ALLKCHKIMEST.  s.  m.  Moyen  par  leqiM  I 
ou  alK'che.  Les  allèchemcn^  de  la  volupté.  Il 
\ieillit. 

ALLECHER,  v.  a.  Attirer  par  le  plaisir,  par 
la  douceur,  par  la  séduction,  etc. 

Alléché,  ée.  participe. 

ALLEE,  s.  f.  Pissa^'.'  entre  deux  murs  pa 
rallèles  dans  une  maison.  Lonque  allée.  AUéc 
ob.^cure.  Allée  étroite.  Il  ne  faut  pas  embarras 
ser  Vallée.  La  porte,  l'issue  d'une  allée. 

Allée,  se  dit  aussi  d'Un  lieu  propre  ù  se 
promener,  qui  **étend  en  longueur,  et  qui  est 
bor-lé  d  irbres  ou  de  verdure  ,  sans  être  cn- 
furmé  de  murailles.  C'e  ï'ois  est  aqréahle,  il  est 
tout  planté  en  allées.  Il  se  promène  dans  la 
grande  allée  du  jardin.  Lvnqites  allées.  Bellt 
allée.  Allée  double.  Alice  à  perle  de  vue.  Alléi 
couverte.  Planter  des  allées  dirmcs,  de  ttUeuh. 
tie  noyers,  etc. 

On  appelle  Allées  et  venues^  Les  pas,  les 
déniarclie-.  ()ue  l'on  fait  pour  une  allairc.  Après 
plusicu's  allées  et  venues^  il  fut  conclu  que.... 

ALLEOAflON.  s.  f.  Citation  d'une  auto- 
rite, d'un  passage,  d'uu  fait,  elc.  L'allégation 
d'ii/i  passage  y  d'une  loi. 

Il  se  dit  aussi  De  la  simple  proposition  d'une 
chose  qu'on  met  en  avant.  //  répondit  fort  per- 
tinemment aux  allégmlions  de  ses  Parties. 

ALX.E(fE.  s.  f.  Petit  bateau  qui  va  à  la 
viite  d'un  [dus  gran  *,  cl  qui  sert  h  le  dt'-char^ 


ALL 


43 


ger  de  ce  qu'il  y  a  de  trop.  L'allé  je  d'un  muiid 
ba'eau. 

ALI,I-:(;EANCE.  s.  f.  Admicisscment.  Don- 
ner ijUfhjHe  allérjeaiice  à  îles  toiinnciis.  Il  est 
vioux. 

On  appelle  en  -Angleterre,  Sament  d'Allé- 
geance ,  Un  acte  de  snuniisji(>n  et  d'oli^issance 
Hu  Roi.  Ce  serment  re^.irdoit  irni<pu-nieiit  la 
souveraineté  temporelle  du  Moniiripie,  et  son 
indépendance  à  l'égard  du  P:ipe.  Le  .-îcnient 
;i'<il/cjcance  fut  ordonne  par  Jacnnes  I ,  en 
iGoG. 

AI.LI':gEMK!NT.  s.  m.  Soulagement,  /en- 
tier u/(é()cment  à  un  fAancher,  li  lui  |/ri(i'ciii. 
Recevoir  tiUrjemcnt ,  de  lalléijement.  Il  se  dit 
Bussi  au  figuré.  Ne  senlez-vous  point  d'allégi- 
ment  à  votre  mal? 

.M.I.KGT.R.  V.  a.  Dccliargir  d'une  part  c 
d'un  fardeau.  AUèger  ijuelq\i'un  de  son  fai- 
dcau.  Alli'rjer  le  jordeuu  de  cjuelqii\w.  Alléqer 
un  bateau.  Le  y.lanchei-  e-,1  trop  citarnc,  il  It 
faut  alléqcr. 

11  signilie  fi-tiremcni,  Adoucir  le  ni.-il ,  di- 
minuer la  douleur.  Ce  que  vous  lui  avez  dit  Va 
jort  allège.  Aliéner  la  douleur  de  quelqu'un. 

Allégé,  i;n.  participe. 

ALLEGORIE. s. f.  (On  prononce  les  dcii^tL 
dans  ce  mot  et  les  siiivans  jusqu'à  Allcquer.  )  Il 
signiGe  génériquenient  et  dans  son  sens  le  i)ins 
étendu,  Une  espèce  de  fiction,  dont  l'artifice 
consiste  à  présenter  à  l'esprit  un  objet  de  ina- 
rùère  à  lui  en  désigner  un  autie.'/.c  haudeaut 
les  ailes  et  l'enfance  de  l'Amour  sont  nue  allé- 
joric  ingénieuse  qui  re^  ésente  le  caractè:-e  et 
les  elj'tts  de  la  pasiion  de  l  amour.  L'ancienne 
Mythologie  est  le  plus  soiuxiil  une  allégorie. 
I,es  mystères  des  Grecs  et  des  Égyptiens  étoicul 
remplis  d'allégories. 

ALLéconiE,  dans  le- langage  des  lUiéleuri, 
est  LTne  figure  du  di,scours,  qui  n'est  aw.te 
citose  qu'une  métapî'orc  prolongée. 

On  appelle  paniculièrement  et  on  inlilnle 
Allégories,  Un  ouvrage  dont  le  fond  est  celle 
même  espèce  de  fiction  où  l'on  leprcsenle  nn 
ibjet  pour  donner  lidée  d  un  autre.  Les  Allé- 
qories  de  Bousseau.  L'Apologut  et  la  Parabole 
iont  des  espèces  d'Alléqoriec. 

On  le  dit  au  stns  d'AlIusioii  adioite.  //  fai- 
ioit  allégorie  à  un  événement  de  sa  vie.  Il  y  u 
(<i  quelque  allégorie  caeliéf.On^oup^onne  dans 
I  e  l'C'-.'!  quelque  allégorie  à  une  anecdote  de  ce 
emys-là. 

ALLÉGORIQUE,  adj.  t'a  2  genres.  Qui 
.ient  de  rAlIégorie,  <pu  appartient  à  l'.VIIégo- 
rie.  Discours  alleqorique.  Termes  alléqoriqties. 
Sens  allégorique.  E.vplication  alléqoriqiie.  Ta- 
Ideau  allégorique.  Style  allégorique. 

ALLÉGURinUE.MENT.  adv.  D'une  m;i- 
niére  allégorique.  C'cîa  se  doit  entendre  alléno- 
riquemeut,  non  pas  litléralentcnl.  Les  Pio- 
phéles  parlent  quelquefois  altégoriquement. 

ALLÉGORISER.  v.  a.  Expliquer  Kion  le 
sens  allégorique.  Donner  un  seus  allégorique. 
Les  Pé*-es  de  tKglise  ont  allégoris:  jn'csque 
tout  l'Ancien  Testament. 

AiXKuonuÉ ,  in.  p.irticipe. 
6. 


44  ALL 

ALLÉGOAISE'JR.  s.  m.  Celui  qui  allégo- 
tUq.  Il  ne  se  <lit  j;iière  (ju'en  mauvaistr  part,  en 
p::rl.-int  d'Un  homme  qui  s'attaclic  toujours  ii 
cherclier  un  s™s  allégorique  a  toutes  cliosts. 
C'est  un  aUcijoriseur  perpoluel. 

ALLÉOOniSTE.  s.  m.  Celui  qui  explique 

«n  Auteur  dans  un  sens  allcsori([uc.  Oriijine 

est  an  fjrand  aUégoriate.  Un  tel  écrivain  est  un 

^mauvais  aUégoriste.  Un  aUéqoriste  ennuyeiuc. 

ALI.i'iGRliSSK.  j.  f.  Joie  qui  colite  au  de- 
Iiors.  Il  TC(;ut  cette  nouvelle  avec  une  grande 
alUqref-se. 

U  se  dit  plus  ordinairement  (VUne  joie  pu- 
blique. Cris  iVallcgrcsse.  L\Mé:jre.ise  de  son 
nrniéo  lui  pronieKoil  la  victoire.  Dans  l'alle- 
tjresse  publigue. 

On  appelle  T.es  sept  AUcijresses,  Cerlaines 
Prières  i  la  Vierge,  dans  lesquelles  on  exprime 
les  sept  dillerens  sujets  de  joie  qu'elle  a  eus 
durant  sa  vie. 

ALLiiGL'EU.  V.  a.  Citer  une  autorité,  un 
passage,  un  fait,  etc.  Alléguer  un  passage,  un 
terte.  Alléguer  des  Auteurs.  Alléguer  faux. 
C'est  un  tel  gui  m'a  ilil  celle  noin'clic,  je  voiu 
allègue  mon  auteur. 

11  signiHc  aussi,  Mettre  en  avant,  avancer. 
Alléguer  des  raisons.  Alléguer  des  excuses.  Jl 
allégua  pour  ses  raisons  guc...  Les  Juges  sont 
ohligés  de  juger  selon  ce  gui  est  allégué  et 
prouvé. 

Al  LF.ouÉ ,  ÉE.  participe. 

ALIJJLUIA.  s.  m.  (Ou  prononce //lleluyii. ) 
Tenue  cm])runle  de  l'IIélircu  ,  dont  l'Église  sii 
sert  pour  exprimer  sa  joie. 

ALLKLÏJIA.  s.  ni.  Petite  j.lante  ainsi  nom- 
mée, parce  <]u'elle  (leurit  vers  le  temps  de  Pâ- 
ques. Hcs  feuilles  ont  un  goût  aigrelet  :  ou  les 
emploie  dans  les  ùi-\  va  miilignes. 

ALLE.>L\>nE.  s.  f.  Pièce  de  Musiquequ'on 
a  prise  des  Allemands ,  et  dont  la  mesure  est  h 
quatre  temps.  Jouer  une  hclle  Allemande  sut 
le  luth,  sur  le  clavecin.  Danser  une  Allemande. 

ALLER.  V.  n.  Je  vais,  ou  je  vas,  tu  vas. 
il  va',  nous  allons,  vous  allez,  ils  vont.  J'ai- 
lois.  Je  suis  allé.  J'allai.  J'irai.  J'irois.  Va. 
Que  j'aille.  Que  j'allasse.  /Illant.  Allé.  Se  mou- 
voir, se  transporter  d'un  lieu  à  un  autre.  Aller 
vite.  Aller  doucement.  Aller  lentement.  Aller 
en  avanf.  Aller  en  arrière.  Cn  liojnnte  gui  va 
à  grands  pas,  à  petits  pas.  Un  cheval  gui  va 
bon  train,  gui  va  le  trot,  gui  va  Vamhle,  ijui 
va  le  pas,  gui  va  à  l'aide.  Aller  à  pied.  Aller  à 
cheval.  Aller  en  carrosse.  Aller  en  bateau.  Aller 
en  chaise.  Aller  en  poste.  AVer  en  relais.  Aller  à 
llonic.  Aller  à  J'uris.  Aller  en  Italie.  Aller  en 
Espagne.  Aller  aiue  Indes.  Aller  au  Japon.  Aller 
à  la  Messe.  Aller  à  Vêpres.  Aller  à  la  guerre. 
Aller  à  l'armée.  Aller  à  un  siège.  Aller  à  la 
chasse.  Aller  en  Ambassade.  Aller  en  pèleri- 
nage. Aller  en  parti.  Aller  à  la  petite  guerre. 
Aller  aux  nouvelles,  ytller  aux  écoules.  Aller 
par  mer.  Aller  par  bateau.  Il  ne  fait  gu'allcr  c: 
l'cnir.  y^llcr  contre  i;cn(  et  marée.  Aller  au- 
devant  de  guel'juun.  Aller  à  la  rencontre  de 
guelgu'nn.  Va  savoir  des  iioiivciles  de  telle 
chose,  t'as-cn  savoir  des  hoiivcIIcj. 


ALL 

On  dit  quelquefois,  Je  fus,  j'ai  efé,  j*avois 
;  ptè,j'iiuroisêté,  pour,  J';illai .  je  suis  alliJ,jt'tois 
ilîé,  i<;  scrois  allé.  Voyez  le  verbe  Ètï\e. 

Il  signifie  aussi,  Se  mouvoir,  ou  élrc  mu 
vers  quelque  en(lToit.  Les  rivières  vont  à  la 
mer.  Les  miècs  alloient  du  levant  au  couchant. 
Les  galères  vont  à  voile  et  à  rame.  Les  vais- 
seaux alloient  à  toutes  voiles,  c  pleines  voiles. 
Les  planètes  .voJït  continuellement 

Ou  dit,  Aller  au  combat,  pour,  S'avancei 
pour  conihatlre;  Aller  aux  ennemis,  puui . 
S'avîuiccr  vers  les  onuemis  pour  les  coniliattiT, 
pour  les  cliurgcr;  et  cela  ne  se  dit  propicmenl 
que  quand  les  aipnées  sont  îi  porlcc  l'une  de 
['autre,  on  en  présence. 

On  dit  par  coK'rre  et  cn  forme  d'imprccation, 
à  nn  iioninie  qui  impatiente,  Allez  au  diable; 
(juil  aille  au  diable,  à  tous  les  diables,  et  au'ii 
me  laisse  en  repos.  On  dit  aussi  d'Une  aflùire 
'[ui  se  dillêriore  ,  qui  périt,  qui  tourne  mal  , 
qu'£i!e  s'en  va  au  diable,  à  tous  les  diables. 

On  dit,  Aller  bien,  pour,  Être  dans  le  l>on 
clicmin;  et,  A'ûïïer  pas  bien,  pour,  N'être  pas 
dans  le  bon  chemin. ^Hons-noits  tien,  sommes- 
nous  dans  le  bon  chemin?  Il  me  semble  nue 
nous  n'allons  pas  hietu 

En  tei-mes  de  taienc,  on  dit,  Aller  au  fiu, 
pour,  S'exposer  au  fendes  ennemis, s' exposer  à 
essuyer  leur  feu  :  et  en, parlant  d' L'n  lioraniequi 
b*y  expose  bravement  et  qc  bonne  grûce ,  on  dit 
familière  m  eut ,  qu'/i  va  au  feu  comme  à  la  noce. 

Ou  dit,  Aller  aux  opinions,  aux  avis,  pour. 
Kecueillir  les  opinions,  les  avis.  On  dit  aussi, 
■Hier  au  conseil,  uonr,  Dt-niandcr  conseil  a 
quelqu'uii  ;  et,  Aller  au  Devin,  pour.  Consul- 
ter le  Devin. 

Kn  parlant  Des  choses  qui  dépendent  de 
l'autorité  ,  de  la  juridiction  de  quelqu'un  ,  on 
dit,  Il  faut  aller  à  lui  pour  cela,  pour  dire, 
C'est  à  loi  qu'il  faut  s'adresser.  Il  faut  aller  au 
Roi  pour  cela.  Il  a  été  obligé  d'aller  au  Pape, 
d'aller  à  VEvéque. 

Ai.r.En ,  joint  avec  les  uifiLJtifs  des  vertes, 
sert  quelquefois  h  sif^nider,  Se  mettra  cn  mou- 
vement pour  faire  quelque  chose.  yîUcv  icpro- 
mcuer ,  aller  travailler,  aller  étudier. 

Cn  dit  cn  s'impatientant,  on  se  mettant  en 
coitre  contre  quelqu'un.  Allez  vous  promener, 
'.juil  aille  se  promener. 

Qneli|uerois  il  sert  à  marquer  Les  choses  qui 
sont  iiu-  le  poi  t  d'être  faites.  iSous  allons  voir 
ce  qu'il  va  d''re.  Ils  vont  partir.  Le  jour  va 
fttiir.  Un  homme  qui  va  mourir,  qui  s'en  va 
mourir. 

Il  s'emploie  qnelf£uefois  de  telle  sorte  avec 
le  gérondif  des  verbes,  cjuo  tous  deux  enscm- 
hk  ne  signifient  que  la  même  chose  que  le 
f^érondif  avec  lequel  il  est  joint.  Ainsi  on  dit, 
Cn  ruisseau  qui  va  serpentant  j  il  alloit  criant 
par  la  Ville,  pour,  Un  ruisseau  qui  serpente; 
1  crioil  par  la  Ville  :  et  ainsi  du  reste.  On  dit, 
qii't/n  homme  s'en  va  mourant,  pour,  qu'il 
est  sur  le  point  de  mourir. 

Alleo,  se  dit  aussi  Du  mouvement  et  de 
l'efTct  de  certaines  choses  artificielles.  Une 
nmntrc  ({ui  va  ttentc  heures.  Ce  ressort  ne  va 


r 


ALL 

pins.  Faire  aller  im  moulin.  Il  y  a  quelque 
chose  qui  empêche  la  roue  d'aller. 

Il  se  dit  aussi  pour  marquer  L'écoulement 
du  temps,  et  la  durée  du  temps  qui  a  été  em- 
ployé à  quelle  chose.  Le  temps  va  toujours, 
liien  ne  va  plus  vite  que  le  temps.  Son  dis- 
cours n'ira  qu\'i  une  demi-heure.  Les  ouvrins 
vont  bien  lentement.  Ce  bdtimcut-là  est  allé 
fort  vite. 

Il  se  dit  aussi  pour  marquer  L'étendue  de 
certaines  choses.  La  forêt  va  depuis  le  village 
[usqu'à  la  rivière.  Cette  montagne  va  jus- 
qu'aux nues.  Ses  cheveux  vont  jusqu'à  la 
ceinture.  Un  manteau  qui  va  jusqu^à  terre. 

U  sert  aussi  à  marquer  La  manière  dont 
une  chose  est  fi,i;urée.  Cfnc  pièce  de  terre  qui 
jHi  en  pente.  Cela  va  cn  rond. 

Il  sert  aussi  à  marquer  Où  mine  un  clie- 
niin  j  où  il  aboutit.  Ce  chemin  va  droit  à 
l'Eglise. 

Il  se  dit  aussi  poiu:  marquer  A  qnuî  se 
montent  des  nombres,  des  sommes,  des  sup- 
putations. Ce  calcul  va  bien  haut.  Les  noi*- 
i'e!/rs  levées  vont  à  trente  mille  hommes.  La 
dépense  ira  plus  loin  qu'on  ne  croit. 

AiXEn,  sert  aussi  à  marquer,  tant  au  pro- 
pre qu'au  figuré,  Le  progrès  en  bien  ou  eu  mal, 
des  i^ersonnes  et  des  choses.  Cela  va,  cela  ira. 
Vous  n'allez  pas.  Cet  écober  a  bien  de  la  peine 
à  aller.  Il  n'y  a  point  dliommc  dont  Vesprit 
ailU  jusque-là.  Son  imagination  va  si  loin , 
qu^elle  se  perd.  Le  raisonnement  des  plus  ?ia- 
bilcs  ne  va  pas  bien  avant.  Cette  vengeance  est 
allée  trop  loin.  Son  amour  va  jusqu^à  Vcxcèsi 
va  jusqu'à  la  folie.  C'est  uti  homme  qui  ira 
bien  loin  danc  les  Arts, dans  les  Sciences.  Cette 
alJhire  ira  plus  loiti  qu'on  ne  pènse.Cela  va  de 
mal  en  pis.  Sa  santé  va  de  miatx  en  mieux. 
Une  maison  qui  va  en  décadence.  Cette  affaire 
peut  aller  à  vous  perdre.  Cela  va  à  vous  dés- 
honorer. 

On  dit  qu'Une  chose  va  de  suite,  qu'elfe 
doit  aller  de  suite,  pour  dire,  qu'Elle  est  la 
consciiuence  naturelle,  nécessaire  d'une  autre 
chose. 

Il  sert  aussi  à  marquer  L'aliontissement  et 
la  fin  de  quelque  choee.  Toute  son  entreprise 
est  allée  en  fumée.,  est  allée  à  rien.  Cette  u^^iiire 
va  là.  Tous  ses  vœux  vont  à  la  Paixt  vont  ait. 
bien  de  VEtat. 

On  dit,  quX'^n  homme  va  toujours  au  bien. 
pour,  qu'il  tend  toujours  au  bien.  Kt  torsqnc 
des  pcKonnes  qui  disputont  ensemble,  com- 
mencent à  s'échuuflt.T  un  peu  trop,  on  dit, 
Cchi  va  trop  loin.  Cela  pourroit  aller  trop 
loin. 

On  dit,  C'est  un  homme  fait  pour  aller  a 
tout,  pour,  C'est  nn  homme  fait  pour  parve- 
nir aux  plus  grandes  places,  lu  la  plus  grande 
fortune. 

Ai.i,Ei\,  se  dit  au<si  pour  signifier  La  nia- 
uière  dont  on  agit,  dont  on  se  comporte  cn  de 
certaines  choses.  Aller  vite  en  besogne.  Il  ne 
faut  pas  reprendre  avec  aigreur,  il  faut  y  aller 
doucement.  Il  n'y  faut  pas  aller  ni  rudcmenL 
l.a  chsse  est  tonne  cn  elle-même,  mais  il  faut 


ALL 

y  aller  avec  de  (jraiulcs  précautiotis.  1 1  y  va  de 
bonne  foi  II  y  vu  à  la  bonne  f-'i,  tout  à  la 
bonne  fn.  Il  est  allé  par  les  voies  de  droit,  par 
Us  voies  dj  (iiit.  Aller  à  la  fntune  par  des 
voies  d'honneur^  par  de  méchantes  voies.  Aller 
aitx  grands  emplois  par  la  faveur.  Aller  d'abord 
aux  grands  desseins.  C^esi  un  homme  gui  va 
droit  en  tout.  Il  va  au  fait. 

Alleh,  se  dit  aussi  pour  marquer  L'état  bon 
ou  mauvais  de  certainea  choses.  Comment  va 
votre  santé?  Comment  vous  en  va?  Tout  va 
bien,  iies  affaires  vont  hlen^  vont  maly  ne 
vont  pas  trop  bien. 

Un  dit  d'Un  lioramc  ûi;é  ou  infirme,  qu7î 
ne  peut  plus  aller  y  ou  qxill  va  encore. 

Il  se  dit  aussi  pour  marquer  La  manlt-re 
dont  une  clinsc  est  faite,  est  mise,  est  disposL-o. 
K:  cela  se  dit  surtout  De  ce  qui  regarde  l'ha- 
bilienient.  Un  collet  gui  va  mal.  Ce  manteau 
ne  va  pas  bien.  On  dit  qn'Unc  étoffe  va  en 
biais,  pour,  qu'EIle  est  taillée  en  biais. 

On  dit  h  p;:u  près  d;ins  le  même  sens,  que 
Des  choses  vont  bien  ensemble,  vont  bien  Vune 
avec  ratitrtjpour,  qu'Elles  conviennent  bien 
ensemble.  Vaurore  et  le  bleu  vont  bien  en- 
semble. Ces  deux  couleurs -là  vont  bien  Vunc 
avec  l'autre. 

Kd  parlant  D'habillement,  de  parure  ,  on 
dit,  qu't/nc  chose  va  bien,  ou  qiiElle  va  mol, 
pour,qu'Elle  sied  bien,  ou  qu'elle  sied  mal. 
Cet  hahit-îà  vous  va  bien.  Le  ftuillc-morte  ne 
va  pas  bien  aux  brunes.  Votre  perrugue  va 
maL   5a  perrugue  lui  va  mal,  Ne  lui  sied  pas. 

Et  en  parlant  Do  certaines  choses  qui  sont 
appariées,  et  qui  ne  se  vendent  poiut  séparc- 
mçnt ,ondit,qu'Ki/e,Ç'UOM(ens('nit/e.  Ces  deux 
qants  vont  ensemble.  Ces  deux  basvont  l'un  avec 
l'autre.  Ces  nuatre  cstiwipes  là  7'ont  ensemble. 

Aller  de  pair,  aller  du  pa/r,  locution  dont 
on  ne  se  sert  qu'eu  parlant^Des  personnes,  par 
rapport  à  la  qualité,  ou  h  la  dépense,  ou  au 
mérite,  et  pour  dire.  Être  égal,  être  pareil. 
Ces  deux  Maisons  vont  de  pair  pour  la  no- 
blesse. Il  va  de  pair  avec  le»  plus  grands  Sei- 
gneurs pour  la  dépense.  Cicéron  va  de  pair 
avec  Vémosthène. 

Aller j  mis  à  l'impératif,  sert  cgaîrment  à 
faire  des  soulinits  ou  des  imprécations,  des 
exliortations  ou  des  menaces,  et  à  marquer  de 
l'indign-'ilion.  Allez  en  paix.  Allons,  en  fans  , 
courage.  Va, malheureux.  Va,  impudent.  Allez, 
ii'ai>e^roii5  poiVit  de  honte? 

On  se  sert  quelquefois  du  mot  Aller  ^  pour 
donner  plus  de  force  à  1  expression.  Ainsi  l'on 
dit,  A'al/e;  pas  vous  imaginer,  pour,  >'e  voui 
inui^incz  pas. 

AjxEti,  devient  souvent  auxiliaire  pour  mar 
quer  Un  futurproc!:ain. Le  sermon  va  commen- 
cer. La  contestation  allott   finir,  lorsque,  etc. 

AtLEn,  S''  dit  en  qurlques  jeux  de  caries, 
comme  le  Brelan,  et  les  autres  \eux  de  renvi, 
eu  parlniit  De  ce  que  l'on  I.as.^rdc  au  jeu.  Le 
combien  allez-vous?  J'y  vais  de  deux  pistoles. 
Il  y  va  de  son  reste.  Va  mon  reste.  Va  tout. 

Acertiir.^jeux  dccartcs,comnic:i  l'ilombre, 
KM-ftqu'ilyflplusiciirsbJlcs.ondtmaude.Queiic' 


ALL 

bête  va,  pour  savoir  quelle  (it  la  bête  sur  la 
quelle  on  joue.  l 

Au.Ea,  joint  à  la  particule  y ,  et  employé  à 
l'imperscnnel,  sert  à  marquer  De  quoi  il  s'agit, 
de  quelle  iniporLince  est  laclioscdont  on  parle. 
(Juand  il  devroit  y  aller  de  tout  mon  bien. 
Songez  gu'îl  y  va  de  votre  fvrlune.  C'est  une 
affaire  où  il  y  va  de  V intérêt  public.  Dans  cette 
afpîire-là  il  n'y  allait  pas  moins  gue  de  son 
honneur  et  de  sa  vie.  Souvenez-vous  guHy  va 
du  salut  éternel.  Lorsque  dans  cette  significa- 
tion l'on  se  sert  du  temps  Iroit,  on  supprime 
la  particule  -y.  Quand  il  iroit  de  tout  mon  bien, 
guand  il  irait  de  ma  vie;  et  en  général  dans 
tous  les  sens  du  verbe  Aller,  la  particule  y  se 
supprime  devant  les  temps  Trois  et  irai.  Avzz- 
vousètéà  Paris? J'irai.  Ira-t-il à  Home?Il  ira. 

Il  s'cmploîe  aussi  à  l'impersonnel,  étant  pré- 
rétlé  de  la  particule  relative  en.  Ainsi  on  dit,  il 
cnvade  celte  affaire-là  comme  de  l'autre,  pour, 
Il  en  est  de  cette  affaire-là  comme  de  l'autie.  Il 
n'en  ira  pas  dt  cela  comme  vous  pensez. 

Aller,  signifie  quelquefois,  Faire  ses  nétes- 
sités  naturelles i  et  c'est  dans  ce  sens  qu'on  dit, 
Le  remède  git\l  a  pris,  l'a  fait  aller  cing  on 
six  fois.  On  dit,  Aller  par  haut,  pour,  Voreir. 
Un  remèdcguifait  alhrparhaut  et  par  bas.Kt 
on  dit,  qu'Ln  malade  laisse  tout  aller  sous  lui, 
pour,  qu'il  ne  peut  plus  retenir  ses  exciémcns. 

Se  LiMssEU  ALLKr. ,  façon  de  parler  dont  on 
se  sert  en  plusieurs  plirases,  pour  dire,  >'e  paj 
faire  la  résistance  qu'on  pourroit  ou  qu'on 
devroit  faire.  *-e  laisser  aller  au  torrent  de  la 
coutume,  ^e  laisser  aller  au  torrent.  Se  laisseï 
aller  à  la  *entatwn.  S e  laisser  aller  ativ  mauvaii 
e^remples.  Se  laisser  aller  à  la  douleur,  à  U 
tristesse,  au  désespoir.  Je  me  suii  laissé  aller  d 
ses  prières,  à  ses  soUicitations.  Se  laisser  aller 
à  la  /aiTur,  ûiu;  présens.  Elle  s'estlaissée  aller 
à  sa  passion. 

En  ce  sens  on  dit  absolument,  qu't/n  hommi 
se  laisse  aller,  pour  dire,  que  C'est  un  homme 
facile,  et  qu'on  fait  tout  ce  qu'on  veut  de  lui. 

Alllii  ,  joint  avec  le  pronom  personnel,  et 
la  particule  en,  est  réfléchi;  et  alors  il  signifie. 
Partir,  sortir  d'un  Ucu./I  s'enva.  Ils  s'en  iront 
bientôt.  Il  t'en  est  ûllé.  Elles  s'en  .sont  alle'tJs. 
//  ftut  gue  tout  le  monde  s'en  aille.  Va-t-en 
porter  ma  lettre. 

Il  signifie  aussi.  S'écouler,  %e  dissiper,  se 
vaporcr.  Et  dans  ce  sens  on  dit.  Un  muid  ne 
vin  s'en  va,  pour.  Le  vin  qui  estdans  le  muid 
s'écoule,  s'enfi'i'.'icnî  (cî'in  s'en  ira  par-là,  *;/ 
/  on  n'y  prend  (jarde.  La  fumée  s'en  va  par  /.i 
cheminée.  Si  Von  ne  bouche  bien  cette  fiole, 
tout  Vesprit-de-vin  s'en  ira. 

Dans  les  acceptions  de  ces  deux  derniers  ar- 
ticles, on  se  sert  aussi  de  Faire  en  aller  ■  ei 
ainsi  on  dit,  Faire  en  aller  tout  le  monde,  t  n 
secret  pour  faire  en  aller  les  punaises.  De  la 
pommade  pour  faire  en  aller  les  rousseurs. 
Ln  secret  pour  faire  en  aller  la  fièvre.  Un: 
pierre  pour  faire  en  aller  les  taches.  Il  est  l'u 
*t)lc  familier. 

S'en  alleo.  ^r.  dit  aussi  en  parl.mt  Dudéclii 
lie  la  vie,  des  ^j^f  roch  s  de  la  mor'-  Les  jeunes 


ALL 


45 


t^ns  tiennent,  et  les  vieillards  s'en  vont.  Cet 
homme  est  bien  mal,  il  s'en  ?.'(i,  il  s'en  ira  avec 
les  feuilles,  U  se  dit  pareillement  De  tout  ce 
qui  cesse  d'être  djns  un  sujet,  ou  qui  com- 
mence h  se  passer,  à  s'effacer.  On  ne  croit  pas 
que  sa  fièvre  s'en  aille  sitôt.  Son  mal  s'en  va 
peu  à  peu.  Son  rhumatisme  s'en  est  allé  par  les 
sueurs.  Sa  beauté  s^en  va.  L'éclat  de  son  teint 
commettce  à  s^en  aller.  Ce  malade  s'en  va ,  Il 
n'est  pas  loin  de  la  mort. 

il  se  dit  encore  De  tout  ce  qui  se  dissipe ,  si* 
consume,  s'use  enqurlque  manière  que  ce  soit. 
Tout  son  argent  s'en  va  en  procès.  Tout  son 
temps  s'en  est  allé  à  cette  affaire.  Voilà  un  habit 
gui  s'en  va. 

On  dit  d'Une  chose  qui  est  sur  le  point 
d'être  achevée,  qu'EIle  s^en  va  faite.  le  Ser- 
mon s'en  va  dit.  Le  Carême  s'en  va  fini.  Il  est 
du  style  f.uuilier.  On  dit  aussi,  Il  s'en  va  onze 
heures.  Il  s'en  va  midi. 

Dans  les  jeux  de  cartes,  on  dit,  S'en  aller 
d'une  carte,  pour,  Se  défaire  d'une  carte.  j4lles- 
l'ons-en  de  votre  carreau.  Je  m'en  suis  allé  de 
mon  i.oi  de  j  iguc.S'en  aller  des  plus  liantes 
curÏL'S. 

Aller,  s'emploie  en  diverses  phrases  prover- 
bialement et  iigurém.  Ainsi  on  dit,  y^ller  son 
c/iemin,pour  diie,  Poursuivre  son  entreprise, 
ne  se  pae  détourner  de  la  conduite  qu'on  n 
commence  à  tenir;  .-^ller  son  grand  chemin, 
pour,  Agir  sans  artifice  ;  Aller  vite  en  besogne, 
pour.  Agir  avec  preVipitation  ;  Aller  et  venir 
comme  pois  en  pot,  pour,  >"e  faire  qu'alier  ej 
venir,  se  donner  beaucoup  de  niouveuient  sans 
sujet;  A  f-rce  de  mal  aller,  tout  ira  bien, 
pour,  Il  faut  espérerqn'aprèsbeaucoupde  ni-if- 
heurs  et  de  disgrâces,  il  arrivera  quelque  revo- 
Intiou  heureuse,  et  que  ce  qu'on  croyoït  devoir 
nuire  à  une  afîàire,  y  servira  peut-être;  On  Vu 
bien  hdtc  d'aller,  pour,  On  lui  a  fait  une  rude 
réprimande;  On  va  bien  loin  depuis  giCon  est 
las,  peur,  U  ne  faut  pas  se  rebuter,  se  décou- 
rager dans  les  aflàïres;  Tous  chemins  vont  à 
Rome,  pour  dire,  que  Par  différens  moyens  on 
arrive  îi  même  fin;  Les  premiers  vont  devant , 
pour.  Les  plus  diligens  ont  toujours  de  l'avan- 
tage; Il  va  comme  on  le  mène,  pour,  Il  n'est 
pas  capable  de  prendre  une  résolution  dt  lui- 
même  ;  Cela  iHi  tout  seul  „  pour  dire,  qu'Une 
ufiîiire  ne  reçoit  point  de  diilîcuilé;  Cela  va 
comme  il  plait  à  Dieu,  pour  faire  entendre- 
ju'Cne  afliiireest  négligée,  que  l'on  n'en  ppjmi 
aucun  soin  ;  Cela  va  sans  dire,  pour  inarq':cr 
Une  chose  que  l'on  suppose  certaine,  et  qui  u'a 
pas  besoin  d'être  exprimée;  Il  s'en  est  idl' 
comme  il  est  venu,  pour,  11  n'a  rien  fait  de  ce 
tju'il  vouloit  oudcvoit  faire;  7"ont  s'en  est  uUc 
en  fumée,  pour,  On  n'a  pas  réussi;  I oui  y 
va,  la  paille  etlebléj  peur,  On  n'y  a  rien 
ïpargnc;  Il  n'y  va  pas  de  mainmorte,  pour,  Il 
frappe  rudement,  il  emploie  tout  ccqui  dépend 
ic  lui;  7'ont  va  à  la  d'cbandadc,  pour,  Tmii 
la  en  désordre. 

Aller,  se  prend  substaulivcmcnt  dans  ces 
façons  de  parler.  Au  long  aller  petit  firdcau 
\iésc,  pour  mun|uer,  qu'il  n'y  a  point  décharge 


d6  A  L  L 

si  légère  qui  ne  devienne  pénible  à  la  longiic; 
et  qu'f/»  homme  a  eu  Valler  pour  le  venir, 
pour  dire,  qu'il  n'a  rien  fait  de  ce  qu'il  préten- 
doit  iàire  où  il  étoit  allé,  qu'il  a  f.iit  unvoyagt 
âautile. 

On  dit  ftussi  au  sultstaniif,  Le  pis  alUr^ 
pour  dire.  Le  pis  qu'il  puisse  arriver,  le  moin- 
dre avantiigc  qu'on  puisse  avoir.  S'il  ne  peut 
épouser  cette  fille-là,  son  pis  aller  sera  tle  de- 
meurer comme  il  est.  Si  r^ous  ne  trouvezmieux, 
je  serai  votre  pis  aller.  Appelez^vous  cela  un 
pis  c.ller? 

On  dit  adverbialement,  Au  pis  aller,  pour 
marquer  Le  plus  grand  liai,  ou  le  moindre 
avantage  qui  puisse  arrive*  c"-  quelque  cliose. 
Au  pis  aller,  il  en  sera  (juiHe  pour  une  amende. 

Allé,  Ée.  participe. 

ALLKU.  s.  m.  Terme  de  Droit  public  et  de 
Jurispiudencf.  Ce  mot  n'a  d'abord  signifie 
qu'Un  bien  immeuble  patrimonial,  une  pro- 
priété hérédilaire.  On  y  a  ensuite  ajouté  l'idée 
d'une  franchise  absolue  de  tcut  assujettissement 
féodal  ;  et  on  y  a  joint  communément  le  mol 
Franc.  Ainsi  on  dit,  Un  franc-  aïlcu,  pour 
désigner.  Un  fonds  de  tcnequi  ne  dépend  d'au- 
cun Fief. 

Le  mot  Franc- alleu  s'emploie  aussi  pour 
signifier  Cette  franchise;  et  l'on  dit.  Posséder 
une  terre  en  frnnc-ulleu^  pour  dire,  La  pos- 
•cder  iVanclie  de  tous  devoirs  féodaux. 

ALLLVGE.  s.  m.  Union  de  plusieurs  métaux 
ou  demi-Hiétaux  par  îa  fusion.  Le  bronze,  le 
tombac,  le  cuivre  jaune,  sont  des  alliages.  Les 
jnonnoyeurs  doivent  faire  ialliaqe  selon  Vvi 
donnance.  Varient  et  le  cuivre  servent  d'al- 
liage à  Vor. 

Alliage,  se  met  aussi  au  fi;;urc.  71  y  o  peu 
âevertus  iiumaines  sans  nuehjuc  allia(je. 

ALLL'MRF.  s.  f.  Plante  de  la  famille  des 
truciféres,  qui  s'emploie  dans  les  ragoûts  et  en 
Médecine.  L'alUaire  a  Voileur  et  le  qoùt  de 
Vail 

ALLIANCE,  s.  f.  Union  par  mariage.  Il  a 
fait  une  grande  alliance  en  mariant  sa  fille  à 
un  homme  d'une  si  haute  naissance.  Ces  Mai- 
sons sont  joii.tes  par  plusieurs  alliances. 

n  se  dit  aussi  De  l'union,  de  la  confédéra- 
tion qui  se  fait  entre  des  Ittats  pour  leurs  inté- 
rêts communs.  Les  Suisses  ont  une  ancienne 
ûlliance  avec  la  France. 

AtLWNCE,  se  dit  aussi  D'une  affinité  spirî- 
luellc.  Voyez  Affinité. 

On  appelle  /ancienne  alliance,  L'alliance 
que  Dieu  contracta  avec  Al)rahrm  et  ses  des- 
ccndans  ;  et  '''Ouvellc  alliance,  L'»diance  que 
Dieu  a  contractée  par  la  te'demption,  avec  tous 
ceux  qui  croiroienten  JÉçus-CnnisT.  L'ancienne 
alliance  a  duré  depuis  la  vocation  d*Abraham 
ju%rjuà  la  venue  du  Messie.  La  nouvelle  al~ 
Uatïce  durs  depuis  la  venue  du  Messie^  et  du- 
rera pisqu'à  la  consommation  des  siècles. 

Alliajsce,  se  dit  encore  Ggiucmcnt  De 
nnion  et  du  mélange  de  plusieurs  clioseï 
Taire  une  alliance  du  sacré  et  du  profane^  du 
vice  et  de  la  vertu.  Vne  ^eureiàte  aiitance  de 
mots. 


ALL 

Alliascc,  se  dit  aussi  d'Une   ba^ue    faite 
,  '  J'un  fil  li'or  et  d'un  fil  d'argent  cntrt^lacés,  qui 
fait  l'anneau  de  mariage.  Acheter  une  alliance, 
l'orter  au  doigt  une  alliance. 

AutER.  V,  a.  Mêler,  incorporer  ensemble 
Allier  Vor  avec  ï'arïjenf. 

En  ce  sens  on  dit,  Ces  deux  métaiLT  ne  s'al 
lient  point,  ne  petK'ent  s'nlïier  ensemble. 

Allieh,  &  l'actif,  signifie  aussi,  Joindre  par 
mariage;  et  alors  il  s'emploie  ordinairement 
avee  le  pronom  personnel.  /!  s^est  alUé  cti  hvn 
lieu.  H  veut  se  bien  allier.  yalUer  à  une  bonne 
jnmiile,  avec  une  bonne  famille.  Ces  deux  fa- 
milles se  sont  alliées; 

11  se  dit  aussi  Des  Princes  et  des  Élit?  qui  se 
liguent  ensemble  pour  leurs  commun?  îrtérêis. 
Ces  deux  Républiques  s'alUèrent  ensemble. 
C'«I  l'intérêt  de  leurs  États  qui  allie  ces  deux 
Princes. 

AxuÉ,'  ÉE.  participe. 

II  e-st  aussi  substantif  ;  et  alors  il  sî-^nific, 
Celui  qui  est  joint  .ï  un  autre  par  affinité.  Cet 
homme-là  est  won  allié,  ^  os  paren s  et  nos  alliés. 
A  eus  ne  sommes  pas  parens,  nous  ne  sommes 
nu  allies. 

Il  signifie  aussi,  Celui  qui  est  confédéré.  Le 
Boi  a  toujours  eu  soin  de  secourir  et  d'assister 
ses  alliés. Ce  Princc-là est  allié  de  laCouronne. 
Cette  République  est  notre  alliée. 

ALLIER,  s.  m.  (Ce  mot  n'est  que  de  deux 
syllabes.)  Sorte  de  filet  à  prendre  des  perdrix. 
Il  a  prit  tant  de  perdrix  avec  des  alUers.  Il  est 
plus  usité  au  pluriel  qu'au  singulier. 

AlLUHAuHi-.  s.  m.  t,f  ii.iH  u  ist  point  mis 
ici  comme  un  nom  de  Peuple  ancien,  maispar^e 
qu'on  s'en  sert  pour  signifier  Un  bomme  gros- 
sier, un  rustre,  un  homme  qui  a  le  sens  de 
travers.  C'est  un  franc  allohroge.  Traiter  quel- 
qu'un d'allohroqe.  U  est  familier. 

ALLOCUTION,  s.  fém.  (On  prononce  les 
deux  L.)  Terme  par  lequel  on  désigne  les  lia- 
r.ingues  que  leî  Généraux  et  les  Empereurs 
Romains  faisoient  h  leurs  troupes. 

On  donne  au5si  dans  ce  sens  le  nnm  d'-^ïlo- 
ctttion  aux  médailles  sur  le  revers  desquelles  ils 
sont  représentes  srr  un  gradin,  parlant  h  d&s 
soldats. 

ALLODIAL,  ALE.  adj.  Qui  exprime  La 
qualité  d'une  terre  tenue  en  franc-alleu.  ïcrn 
allodiale,  biens  allodiaux. 

ALLODIALITÉ.  s.  f.  Qualité  qui  constitue 
l'alleu.  L^allodialité  de  cette  terre  est  contestée. 

ALLONt-E,  s.  f.  Pit-ce  qu'on  met  h  un  vê- 
tement, à  un  meuble  pour  l'allonger.  Mettre 
une  allonge  à  une  jupe.  Il  faut  mettre  une  al- 
ionqe  à  ces  rideaux.  Une  allonqc  de  table. 

ALL0N(;EMKNÏ.  s.  m.  AiigmenlatioQ  de 
longueur,  ce  qui  est  ajouté  à  la  longueur  de 
quelque  rliose.  t. 'allongement  d'un  canal,  d'un 
jardin,  d'une  allée,  d  une  avenue. 

Il  S"  dit  figurénicnt  Des  lenteurs  affcrtécs  et 
recherchées  dans  les  a0uires.  C*est  un  homme 
qui  cherche,  qui  trouve  toujours  des  allonge- 
mens  dans  les  a^f  tires.  Ce  ne  sont  qu\illonge- 
msns.  Il  es!  peu  usilé. 

ALLONGER,  v.  a.  Faire  qu'nne  chose  ioitj 


ALL 

ou  paroisse  plus  longue,  plus  étendue.  Allon- 
ger une  table.  Allonqer  une  galerie.  Allonifer 
un  habit,  une  jupe.  Allonqer  des  étrievs.  Al- 
longer le  cou.  yillonqcr  le  bras.  Allonqer  Ie« 
jambes, 

U  si^'nifie  aussi .  Faire  durer  davantage.  Al- 
longer le  temps.  Allonger  un  procès.  Allonger 
une  affaire.  Allonger  le  truxHiil.  Allonger  un* 
procédure. 

On  dit.  Allonger  un  coup  d'cpce,  Allonqer 
une  estocade,  pour.  Porter  un  coup  d'épée, 
une  estocade,  en  allongeant  le  bras.  , 

On  dit  figurément, -i^iionqer  ie  p(ire/ien»ûi, 
pour.  Faire  de  longues  écritures  dans  le  des- 
sein d'en  tirer  plus  de  profil.  Tirer  un  protê» 
en  longueur  par  des  formalités  et  des  chicanes. 

Allonqer  la  courroie ,  se  dit  figurémcul 
pour.  Tirer  parti  d'une  somme  modique,  d'un 
revenu  borac,  en  mettant  une  grande  écono- 
mie dans  sa  dépense.  Il  a  peu  de  revenu,  et 
beaucoup  de  charqes,  il  faut  qu^il  allonge  bien 
la  courroie  pour  se  tirer  d'affaire. 

On  le  dit  aussi,  pour.  Etendre  les  profiu 
d'une  Charge,  d'un  Emploi.  Sa  place  ne  lui 
vaudroit  pas  tant,  s'il  n'allongeoit  un  peu  la 
courroie. 

Allongé,  ée.  participe. 

ALLOUABLE.  adj.  des  2  genres.  Qui  sepem 
allouer,  accorder. 

ALLOUER.  ».  a.  Approuver,  passer  ud« 
dépense  employée  dans  un  compte.  CJn  lui  m 
alloué  un  article  de  deux  mille  francs  pour  let 
faux  frais.  Il  avoît  bien  peur  gu'on  ne  lui  al- 
louât pus  cette  dépense. 

Alloué,  ée.  participe. 

ALLOUE,  s.  m.  Nom  d'un  Juge  dans  cer- 
taines Juridictions.  L\4lloué  eA  le  Lieutenant 
du  ."^énéchal. 

A{,LUCHON.  s.  m.  Pointe  ou  dent  qui  sert 
au  mouvement  des  machines  qu'on  fait  mou- 
voir par  des  roues. 

AIXU^IER.  v.  a.  Mertre  le  feu  h  quelque 
nliosc  de  combustible.  Allumer  un  fiqot.  Allu.'- 
mer  une  javelle.  Allumer  les  bougies.  Alluma 
de  lu  chandelle.  Allumer  un  flanibeau.  Allumer 
les  cierges.  Allumer  la  lampe.  Or.  dit,  Allumer 
le  feu,  allumer  du  feu,  poiu-  dire,  Allumer  U 
bois  qui  est  dans  le  foyer. 

On  dit  figurément,  Allumer  la  guerre,  poi» 
dire,  Être  cause  de  la  guerre;  Allumer  une 
passion,  pour.  Exciter  une  passion;  Allumer 
la  colère,  pour,  Exciter  la  colère.  On  dit  aussi, 
qii'(7ne  violente  passion  allume  les  /irirTicurs, 
pour  dire,  qu'Elle  lef  fait  fermenter,  et  les  met 
dans  une  disposition  procha:nc  à  la  fièvre;  et 
[uUne  trop  grande  méditation  ,  une  trop 
qrande  application ^  une  trop  qrande  conten- 
tion allume  les  esprits,  pou'-dire,  qu'Elle  Us 
subtilise  trop,  et  les  met  dans  un  trop  grand 
mouvement. 

Alli  MER  ,  est  aussi  pronominal  dans  le  pro- 
pre et  d.ms  le  figure,  llu  bois  qui  a  bien  de  la 
peine  à  s'ulfurncr.  La  guerre  s*alluma  de  toutes 
parts.  H  est  à  craindre  que  sa  bile  ne  s'allume. 

AuAMÉ,  LE.  participe. 

ALLUMÉ,  ÉE.  adj.  Terme  de  Rlason,  U  îc 


ALO 

dît  des  yeux  qui  sont  d'un  antxc  rnuiilqiic  I' 
forps  de  l'animal ,  ou  Du  flambeau  tlout  U 
flamme  est  d'un  t-mail  diff<-rcnl. 

ALLOIKTlTi:.  s.  f.  lîrin  de  bois  ou  di 
clianvre,  soufré  par  les  deux  Iiouts,  et  servant 
d'ordinaire  h  allumer  des  chandelles,  dts  bou- 
gies. Vendeur  d'allumettes. 

ALLURE,  s.  f.  Dèmnrclie,  façon  de  mar- 
cher. Contrefoire  son  allure.  Je  le  reconnus  à 
K^n  allure.  Ce  cheval  a  une  allure  (vrt  douce. 

En  ce  sens  propre  il  n'est  d'usage  au  piuriel 
fjn'en  pprlant  Ocs^icvaux.  Ce  cheval  a  les  al- 
lures belles,  de  belles  allures.  Mais  ^j^urémcnl 
et  en  mauvaise  part,  il  se  dit  De  la  manii-rc 
dont  un  homme  fi  conduit  dans  une  aflaire, 
J'uï  recouiiu  ses  allures.  Il  faudra  bien  (jutl 
change  d'allure.  Cette  ajj^ire  prend  une  nitf- 
chante  allure. 

ALLUSION.  6.  f.  ((tn  prononce  les  L.)  Ti- 
j^rc  de  Rbclorique,  par  la((uelle  on  fait  5cntit 
la  convenance,  le  rapport  que  des  cbosrs  ou 
des  personnes  ont  lune  tTcc  l'aulr*.  Àllusum 
ingénieuse.  Allusion  (urcè*.  Allusion  froide  d 
insipide.  Allusion  naturelle.  En  parlant  u:n.îi, 
H  faisoit  allusion  aux  nururs  <i<  son  temps. 

ALLUVION.  s.  f.  (  On  prononce  les  L.  )  Ar 
eroissement  de  terrain  qui  se  fait  à  un  des  botvls 
d'une  rivière,  lorscjuc  la  rivière  s'en  retire,  ei 
qu'elle  prend  sod  cours  d'un  autre  côté.  Drvii 
W'alluvion.  Cette  terre  s^est  accrue  par  alluvion. 

A  L  M 

Al.MAGESTE.  s.  m.  Collectioa  d'observa 
lions  astronomiques.  UAlmageste  de  Ptolomée^ 
àe  HiccioU. 

ALMA^iACH.  s.  m.  (On  prononce ^^/nuina.) 
Calendrier  qui  contient  tous  les  jours  d<'  l'an- 
née, les  Fètcs,  les  Lunaisons,  les  Éclipses,  les 
Signes  dans  lesquels  le  Soleil  entre,  et  quelque- 
fois de  prt'tendus  pronostics  du  beau  tt  du 
BiauTais  temps. /ibiiunuc/i  nouveau.  Almanacl 
pour  Vannée  etc.  Voyez  dans  VAlmanach. 
Faire  des  Almanachs.  Composer  des  Àlma- 
nachs.  Almanach  royaL  Almanach  perpétuel. 

On  dit  figmcment  et  en  raillant,  laire  des 
Almanachs^  composer  des  AlmanacliSy  pour. 
S'amuser  à  faire  des  pronostics  en  l'air,  se 
remplir  1  idée  de  choses  qui  peuTent  n'arriver 
jamais.  Et  on  appelle  Faiseur  d' Almanachs  ^ 
Un  homme  qui  se  ni^;Ie  de  faire  de  pareils  pro- 
■ostics. 

On  dit  proverbiulcmenl,  d'Un  homme  qui 
•Toit  prédit  ce  qui  dcvoit  arriver  dans  une  af- 
tin;,  qu'L  ne  autre  fois  on  prendra  de  ses  Al- 
manachs, 

On  dit  aussi  fi^urémcnt  d'Une  personne  qui 
i  tous  les  changcmetis  de  temps  se  ressent  de 
»fue'.que  infirmité,  que  ^on  corps  est  unAlniu- 
mach. 

ALATANDIÎ^E.  s.  f.  Espèce  Je  rubis. 

ALO 

ALOfCS.  a.  m.  (On  p)-«nonce  fortement  i'S.* 
Plante  qui  vient  en  Arabie,  et  en  d'aulrca  en- 


ALO 

'    droits  de  l'Asie,  etc.  dont  on  tir»  un  suc  fort 
inier,  et  dont  on  se  sert  dans  la  Médecine.  Pï    ' 
biles  d'uioès.  Extraits  d'aloés.  Ama'  comme  de 
Ctilûès, 

Aloès,  est  aussi  Un  arbre  qui  croît  dans  les 
Indes,  presque  scmbl;»ble  à  un  Olivier,  et  dont 
le  bois  est  odoriférant  et  fort  pesat^t.  Du  bois 
d' aloès. 

ALOL  s.  m.  Le  titre  que  l'or  et  l'argent  doi- 
vent avoir.  Ainsi  on  dit,  que  De  Vor^  que  de 
l'argent  esf  de  bon  aloi^  pour,  qu'il  est  au  litre 
'le  rOiilonnance;  et  qa'/i  est  de  bas  aioï,  pour, 
qu'il  n'est  p;is  du  titre  dont  il  devroit  être. 

On  dit  (Igurémenl.qu'C/n  homme  est  dt  bas 
aloiy  pour,  qu'il  est  de  ^lassc  naissance,  de 
basse  condition,  d'une  profession  vile,  ou  qu'ii 
est  mcprisible  par  lui-Dn*^me.  Et  on  appelle 
'^îarchandiscs  di  uauvais  atci,  Dtsmarrlian- 
dises  qui  ne  sont  pas  c^c  la  ijualifé  requise  put 
les  Règlements,  par  les  Ordoi-rauces. 

ALOILS.  adv.  dn  temps.  En  ce  temps -là. 
Alors  on  vit  paroîtrc.  Alor^  je  lui  dis.  Oit  étiez,- 
vous  alors  ^ 

On  tlit  proverbialement,  y/lor5  comme  n/oi5. 
pour  dire,  Quand  ou  sera  eu  ce  lemps-li,  eu 
cette  conjoDcliU'e-là  ,  on  avisera  à  ce  qu'il  fau- 
liiafai.e.  Vous  me  dites  gu'en  ce  temps-là  les 
iiifiiires  sei-ont  bien  changées  :  ht  bien!  alors 
comme  alors.  On  dit,  C'ctoient  les  manières 
d'alorSy  la  mode  d'alors,  pour,  On  en  usoit 
alors  de  la  sorte,  cétoit  alors  la  mode. 

Alors  nue,  pour  Lorsque,  ne  vaut  rien  dans 
l»  prose  ordinaire,  'uais  il  est  reçu  dans  le  st/l 
le  plus  élevé,  et  en  poésie.  ^lors  que  la  fron'- 
pctte    guerrière    se    fait    entendre ,    tout    s'é- 
hratïle,  etc. 

ALOSE,  s.  f.  Poisson  de  mer,  qui  remonte 
nrdinnîrement  au  Printemps  dans  les  rivières. 
La  pêche  des  aloses.  Lne  alose  bien  fraîche, 
hien  grasse. 

ALOUETTE  ou  ALOUÈTE.  s.  f.  Petit  oi- 
seau dont  le  ehant  est  agréable,  tl  qui  est  du 
^enre  de  ceux  qui  Tirent  de  grain,  et  fonli  leur 
nid  à  terre  da..*  les  campagnes.  Le  chant  de 
l'alouette.  Tendrt  aux  alouUie^.  Prendre  des 
alouettes  *u  miroir.  Une  douzuim  d^alouettes. 
"^langei  des  alouette».  On  appella /^loue^e^u;» 
pée.  Une  aorte  i'aîouclM  qu  on  n^mme  autre- 
ment Coche¥ii. 

On  appelle  «nmmnBémerrt  Dca  Inres  sa- 
l)lonneu'^c?,  l)e$  ferre»  À  alouette9. 

On  die  proTerbiahmeot,  .Si  te  Ciel  tomhoit. 
il  y  (luroit  bien  dts  alouettes  prises  :  et  cela  se 
dit  pour  se  moquer  d'une  supposition  abstirde, 
en  y  répondant  par  une  autre  encore  plus  ab- 
surde. Et  on  dit  proverbialement  dUn  pares- 
■.(ux  qui  voudroil  avoir  leî  choses  sans  peine  . 
qu'/I  attend  que  les  alouettes  lui  tombent  toutes 
rôties. 

ALOURDIR.  V.  a.  Rendre  lourd,  appesan- 
tir. Il  n'est  ^uère  d'usage  qu'au  participe,  ou 
aux  temps  formés  du  participe.  Cela  m'a  tout 
dnurdi.  Je  su:s  tout  alourdi.  J'ai  la  tète  alour 
die.  On  ne  l'emploie  guère  que  dans  la  coover'- 
'dation  familière. 

Ax.nDitDi ,  ic  participe. 


ALT 


47 


AT.OYAU.  s.  m.  Pièce  de  \xeuf  coopte  k 
long  du  dos.  Aloyau  de  la  première  pièce  ,  dt 
Ut  seconiîe  pièce.  Ci  os  aloyau.  Aloyau  rôti. 
Aloyau  cri  raqoiit. 

AL  P 

Alpha,  s.  m.  La  prcnilèic  lettre  dc!  l'alpli»- 
hel  fjrec;  au  ligure,  (Joiiiincnci'ment,  premier. 
L'alpha  et  ioiiicga ,  poiu  dire ,  Le  commcnce- 
UK-nt  et  la  liu. 

ALPWAIiET.  s.  m.  Recueil  de  tontes  I  ^ 
lettres  d'une  Langue  ,  rangées  selon  lordr" 
L'I.nlili  d.ins  celte  Langue.  AlphahH  flèbreu. 
Alpliahcl  Arabe.  Alphabet  Grec.  Alphabet  La- 
tin. L'AlpIiabct  Friinçois. 

Ou  dit  d'Un  liumme  qui  n'a  que  les  pre- 
miers conimcncenicns  d'une  science  ,  qu'/[ 
n'est  encore  tjiii  l'alphabet;  et  d'Un  homme 
qui  n'a  pas  les  premiers  principis  dune  chose 
dont  on  parle,  qu'il  faut  le  renvoyer  à  l'al- 
phabet. 

AipiiADET,  se  dit  aussi  d'Un  petit  Ijvrc  im- 
primé ,  qui  contient  les  lettres  de  l'alphabet,  et 
les  premières  leçons  qu'on  donne  aux  eiifaiw 
à  qui  on  apprend  à  lire.  Acheter  un  alphabet 
pour  un  cnfmt. 

ALPHABI^-riQUE.  adj.  des  2  genres.  QrJ 
est  selon  l'ordre  dei'alpliabet.  Une  table  a'pfia- 
fjelif^ue.  Un  index  alphabétique. 

ALPISTli.  s.  m.  Plante  ainà  nommée  pat 
les  Grèneliers.  C'est  une  espèce  de  Cbiendcar. 
Un  en  nourrit  les  serins. 

ALS 

ALSINE.  'Voyez  Monctun. 

ALT 

ALTE.  Voyez  H.tLTE. 

ALÏÉR.4BLE.  adj.  des  2  genre».  Qui  peut 
être  altéré,  l'armi  le.^  métaux^  il  y  en  a  de  plut 
ou  de  motfis  ahérables. 

ALTÉr.VNï,  ANTE.  «dj.  Qui  altère,  qia 
cause  d(r  la  soif.  Un  mgoùt  altérant 

ALTERATION*,  t.  f.  r,han!;-iKtntdonsl'cl»t 
d'une  «Iiose.  I-^n  ce  sens  il  n'est  guère  d'usage 
que  dans  la  Plijsique.  y^'tilférjtfon  des  quatitèi 
dunt  Ut  corps. 

Ai.TÉi\'ri05  ,  dens  l'ussct  ordinaire ,  s« 
prend  pour  ChsngenitM  de  Lien  en  mal  dans 
l'eut  d'une  chose,  'i  oiw  les  excès  causent  de 
l'altération  dans  la  tinté.  Cela  lui  a  causé  une 
grande  altération  ilan$  les  humeurz,  daiu  te 
^ang  ^  dant  toute  l'hibitude  du  corps. 

On  dit  fi^'rémeut  dans  le  même  sens,  C<iii- 
ser  dt  l' aliéi ati..;i  dans  l'-^mitie,  pour,  (Causer 
du  r**"r'.'idi?«cn'cnr  dftns  l'amitié;  et  Causer  de 
/'ulte'riition  dans  la  esprits  ^  pour,  Y  exciter  la 
colère,  l'indignation,  la  haine,  etc. 

Altéhatio:!,  siguilie  au.<isi,  Emotion  d'es- 
prit ,S'on  di.^cours  causa  une  grande  altération 
dans  les  esprits.  Il  dit  cela  avec  quelque  allé- 
tation. 

ALTERAnoN,  en  parlant  Des  Mooaoies.  si- 


48  ALT 

pnifie,  La  faUificiilion  des  Monnoies,  par  IVx- 
cts  de  l'alliage.  l.'ulUration  de  la  monrwie  est 
un  crime  capital. 

AiTÉnATiON  ,  si!;iiifîe  aussi ,  Grande  soif 
Cela  Itti  a  causé  une  nrantle  aUératiun.  Il  a 
une  altéralion  continuelle.  L'altération  est  une 
suite  ordinatre  de  la  fièvre. 

ALTERCAS.  s.  m.  Il  si^nifle  la  même  cliose 
qu'Altercation  ,  cl  il  n'est  guère  d'usage  que 
dans  le  style  niarotique  ou  badin, 

ALTERCAIION.  s.  f.  Débat ,  contention  , 
contestation  entre  deux  ou  plusieurs  personnes. 
71  s'éleva  une  nrande  altercation  entre  eux. 

ALTERER,  v.  a.  Clianger  l'état  d'une  cliose. 
En  ce  sens  il  n'est  j»uère  d'uscge  que  dans  le 
didactique.  îoul  ce  ijui  altère  les  qualités  des 
corjrs. 

Alti'iiEi\,  dans  ;'.;sag-  ordinaire,  signifie, 
Changer  l'eut  d'une  chose  de  Tiien  en  mal.  Le 
Soleil  altère  les  couleurs.  Le  qrand  clinud  al- 
tère /es  liqueurs.  La  fièvre  altcrc  les  humeurs , 
iilrère  le  sanq.  Cela  lui  a  altéré  le  lempéraiiient. 

On  dit  Cgarëment,  Jllirer  l'amitié,  pour, 
Causer  du  refroidissement  dans  l'.iniitic  ;  .-illé- 
rer  les  esprits,  pour,  Exciter  de  l'émotion  dans 
les  esprits,  ce  qui  se  dit  louj'>uis  en  mauvaise 
part;  .îltérer  un  discours,  pour.  Le  rapporter 
autrement  qu'il  n'a  été  prononcé  ou  écrit  ;  et 
Altérer  ic  sens  des  hcriturcs,  pour,  Les  dé- 
tourner  dans  un  sens  dill'érent  de  celui  qui  esl 
reçu  pour  le  véritable. 

On  dit  aussi,  Altérer  les  wonnoies,  poui 
dire ,  Les  falsifacr  par  un  faux  alliai^e 

AxTinrs,  sigr.ilie  aussi.  Causer  de  la  soif. 
Cette  sauce  m'a  fort  altéré. 

ALTKnKR ,  s'emploie  avec  le  pronom  pcr- 
«onncl,  et  ne  se  dit  qu'on  parlant  Oes  clioscs, 
soit  pliysi(|nes,  soit  morales,  qui  sont  suscep- 
tibles de  changement,  le  vin  s'altère  à  l'air. 
Les  bonnes  coutumes  s'altèrent  peu  à  peu. 

AiTKnÉ,  ÉE.  participe. 

Il  se  dit  quelquefois  d'Une  émotion  visible. 
/(  prtrorssoj'l  fort  altéré. 

On  dit  proverbialement,  Les  Chantres  soril 
toujours  altérés,  pour  dotuier  à  entendre  que 
lei  Musiciens  aiment  à  boire. 

On  dit  figurément  d'Un  bomme  cruel  qui 
se  plait  a  répandie  le  sang,  qu'il  esl  altéré  de 
sang  humain,  que  c'est  un  tigre  altéré  de  sang. 

ALTERNA IIK,  IVE.  adj.  Il  se  dit  propre- 
ment De  deux  choses  q\ii  agissent  continuelle- 
)nent  l'une  après  l'autre.  La  systole  et  la  dia- 
slole  du  cœur  sont  deux  mouvemcns  alternatifs. 
V'Cux  pièces  d'une  machine  qui  ont  un  mouve- 
ment alternatif. 

En  lermes  de  Logique,  on  appelle  Proposi- 
tion alternative ,  Une  proposition  qui  contient 
<leux  parties  opposées.  Il  faut  ou  rendre  la 
terre ,  ou  la  payer, 

AtTEHNAnr,  se  dit  aussi  De  certains  olTlces 
qui  sont  exercés  sncc*''ssivemcnt  par  deux  per- 
•onnes  qui  entrent  en  exercice  tour  it  tour.  Un 
office  altcrn..tif,  une  charge  al/ernrtfii'e.  Il  a 
acheté  les  dtu.c  offices,  l'ancien  et  l'alternatif 

ALTERNATIVE.  •.  f.  L'option  entre  deux 
propositioDi,  enltc  d«ix  chose».  On  lui  a  pro- 


Al.V 

postf  on  (îe  rendre  la  .  s.,  ou  âe  ht  payer  ;  il 
est  einhiirrassè  sur  Valternntn'C.  Je  vou*:  offre 
ValtiTiiittive.  On  lui  a  donné  Vallcrtiative, 

A LTi:ili\ATl VEiMEKT. adv. Tour  ù  tour, et 
l'un  aprt'S  l'autre.  Commaïu/er  alternativement. 

ALTKRNE.  adj.  des  2  genres.  Terme  d- 
Clêomt'tvie.  On  nppel!«  Àn(jlt'$  uUernes .,  "La^ 
;tnglcs  (ju'unc  lij^m*  forme  de  deux  difTémis 
côtés  avec  deux  parnlUles  qu'elle  coupe. 

Altehne,  en  Botanique,  se  dit  Des  icuillfs 
Fpii  croissent  des  deux  côtés  de  la  tige  et  des 
liranclies  ,  et  qui  partent  de  différens  points. 
On  les  distingue  des  feuilles  qu'on  appelle  Op- 
posêes ,  en  ce  qu^  cc-Iics-ci  parient  des  points 
correspondons  de  ûîfîcrens  côtés.  Les  feuilU^ 
de  Vérahle  som  opposées  j  celles  de  Vorme  tont 
al(erncs. 

ALT'SRMîP.  V.  n.  Faire  une  cliose  tour  U 
tour  entre  drux  personnes.  Ces  deux  Ofjîcie's 
alternent  tous  les  ans  ,  Exercent  alternative- 
ment d'anni'e  en  onuée. 

ALTEHNÈ,  ÉE.  adj.  Terme  de  Blason  qui 
se  dit  Des  pièces  qui  se  correspondent. 

ALTESSE,  s.  f.  Titre  d'honneur  qui  se 
cîonne  à  dilK^rens  Princes  en  pailant  et  m 
écrivant.  Altesse  Royale.  Altesse  Sérénissime. 
Altesse  ïllcctorale.  Traiter  d'Altesse.  Donner 
de  l'Alh":sc.  Donner  l'Altesse. 

ALTH.'KA.  Plante  qu'on  appelle  autrement 
Guimauve.  Voyez  Guimauve. 

ALTIER,  ÈRE.  adj.  Super})e,  qui  a  de  h 
fierté,  qui  marque  de  la  fierté.  Mine  altière. 
Façon  aU'ère.  Esprit  altier.  Humeur  altièrCj 
Caractère  allier. 

A  LU 

ALUDE.  s.  f.  Basane  colorée  dont  on  couvre 
les  livres. 

ALUDEL.  s.  m.  Terme  de  Chimie.  Espèce 
de  cliapitc.ju  qui  n'a  point  de  fond.  On  forme 
t\c  plusieurs  Aludels  un  c.inal  qui  est  terminé 
par  un  chapiteau  avcui^le,  c'est-à-dire,  qui  n'a 
point  d"  I>ec.  On  s'en  serl  pour  sul^limcr  une 
substance. 

ALTJINE.  Voyez  Absinthe, 

ALU.^IELLK.  «.  f.  L;.nie  de  couteau,  Il 
vieillit. 

ALtJMINEUX,  EUSE.  adj.  Qui  esl  d'alun, 
ou  qui  tient  de  la  nature  de  l'alun.  De  Veau 
alutnincuse. 

ALUN.  s.  m.  Sel  neutre,  d'im  goût  austère 
et  astringent.  Alun  de  roche.  Alun  hrùlé.  Alun 
calciné.  }*oudre  d'uliin.  Eau  d'alun.  Laver  un 
livre  dans  de  l'caa  d'alun.  On  appelle  Alun  de 
plume,  Une  espèce  de  Talc  qui  est  par  petits 
fibmens ,  et  <]ui  s'appelle  autrement  Pierre 
d'Amiante. 

ALUNER.  V.  a.  Tremper  dans  de  l'eau  d'a- 
lun. Aluner  du  papier.  Aluncr  des  étoffes  pour 
les  teindre. 

Aluné  ,  ÉE.  participe. 

ALV 

ALVÉOLAIRE,  adj.  des  a  genres.  Qui  ap- 
partient aux  Alvéoles.  Le  nerf  alvéolaircL^ar- 
terc  alvéoiaire. 


AMA 

ALVEOLE,  s.  m.  On  appelle  ainsi  chn'|ne 
petite  cellule  où  h's  abeilles  déposent  leuvj 
oeufs  et  leur  miel.  Cha(jue  abeille  a  son  pâlit 
alvéole. 

Il  se  dit  aussi  Des  trous  où  les  dents  sont 
placées.  L'alvéole  d'une  dent, 

AMA 

AM.\BILITÈ.  s. f . Caracirre  d'une  personne 
aimable. 

AMADES.  s.  m.  pi.  Terme  de  Blason.  Trcii 
listes  plates  parullèles, 

AMADLS.  s.  m.  On  appelle  ainsi  Des  bouts 
de  manche  de  veste  qui  se  boutonnent  sur  le 
poif;net.  Pes  amadis  brodes  d^or.  iJe  i  eaux 
amadis.  Ces  amadis  sont  trop  courts. 

AMADOU,  s,  »»u  'îèche  faite  avec  une  cs- 
P'':cc  d'aç^aric,  ci.  qui  s'embrase  aisément,  eu 
faisant  tomber  dessus  une  ctincelle  de  feu,  a^i 
moyen  d'im  briijuet  et  d'un  caillou. 

AMADOUER,  v.  a.  Flatter,  caresser,  pour 
attirer  h  so\.  Amadouer  les  en  fans.  Amadouer  le 
pniple.  Il  l'amadoua  par  de  belles  paroles.  II 
est  familier. 

Amadoué,  ée.  participe. 

A-MAIGRIR.  V.  a.  Rendre  maigre.  Le  jeûne 
amaigrit.  L'usaf^e  fré(^ue}it  de  certains  alimcns 
dessèche  et  amaigrit.  Le  travail  Va  amaigri. 

U  -est  aussi  neutre,  et  signifie,  Devenir  mai- 
gre./I  amaigrit  tous  les  jours.  Les  bœufs  omai- 
gri^sent  dans  ces  pâturages  au  lieu  d'ennrais- 
ser.  Dans  les  deux  sens,  on  dit  mieux  Maiqric 
qu'a  ma  1*3  rîr, 

AmAir.ni.  ie.  participe. 

AIVIAIGRISSEMENT.  s.  m.  L'état  d'an* 
personne  qui  passe  de  l'embonpoint  à  la  mai- 
greur. V amaigrissement  est  un  mauvais  pré- 
sage dans  les  personnes  âgées. 

AM.4LGAME.  subst.  m.  Terme  de  Chimie. 
Union  d'un  métal  ou  d'un  demi -métal  avce  le 
mercun;  ou  le  vif-argent. 

AMALGAIWER.  v.  a.  Unir  l'or,  l'argent, 
l'étain  ,  etc.  avec  le  mercure.  Faire  un  amal- 
game. 

Amalgamer,  dans  le  sens  figuré,  signifie. 
Rapporter  et  unir  des  choses  dilTérenles.  Amal- 
gamer des  idées  nouvelles  avec  les  anciennes. 
Ces  deux  caractères  auront  de  la  peine  à  s'a- 
malgamer. 

AM.M.aAMt,  ÉE.  participe. 

AMANDE.  8.  f.  Fruit  de  l'Amandier,  de  sa 
veur  douce,  ou  amére,  selon  la  nature  de  l'ar- 
bre, de  matière  compacte,  couvert  d'une  pe 
tite  pellicule,  ri  enfermé  dans  une  coque  dure, 
entourée  d'une  écale  verte.  Am^inde  douce. 
Amande  amère.  La  cogue  d'une  amande.  Huile 
d'amande  douce.  Du  lait  d'amande.  Pute  rf'a- 
mande.  Un  gâteau  d'amandes.  Biscuit  d'a- 
mandes amères.  ' 

On  appelle  Amandes  lissées ,  Des  dragées 
fiites  d'amandes  rouvertes  de  sucre;  et  Aman- 
des à  la  praline^  Des  amandes  cuites  dans  du 
sucre  brûlant, 

Amanue,  se  dit  aussi  Du  dedans  de  tous  )m 

'  \  fruits  il  noyau.  Ca.^.tcr  un   noyau  pour  avoir 

Vamande.  Les  amandes  d'abricots  sont  amèrss. 


AMA 

AMASDÉ.  s.  m.  Sorte  de  boisson  faite  nvrc 
du  lait  et  des   amandes  broyées  et  passcJes.  ' 
Prentlre  un  amande, 

A3IANDIER.  subst.  m.  Arbre  qui  porte  Ic! 
«mandes.  Les  amandiers  (leurissent  de  bonne 
lieure.  Les  amandiers  sont  sujets  à  jelcr.  Gr.ef- 
j'cr  des  fruits  à  noyau  sur  un  cmandier. 

AMAST  ,  ASTE.  s.  Celui  ou  celle  qui  a  de 
Vaiïiour  pour  une  personne  d'un  autre  sexe. 
Iniiint  fidèle.  Amante  infortunée.  Une  femme 
■j:ii  a  beaucoup  d\imans.  Les  /'octes  sont  les 
iiiiians  des  Cluses;  ils  appellent  l'.4urore.  Va- 
mante  de  Céphale.  Amaîil  de  la  liberté. 

AsUNS,  se  dit  aussi  au  pluriel,  De  deux 
personnes  de  diflcrcns  sexes  qui  s'ain.ent.  Le 
vtariage  entre  ces  deux  amans  est  résolu. 

.\  M  ARAKTE.  s.  f .  Fleur  d'.Automnc,  qui  est 
''idinairenient  d'un  rouj;e  de  pourpre  velouté; 
li  y  en  a  quelques-unes  qui  flfurissenl  en  forme 
lie  p.inaclie,  et  d'autres  en  form<;  de  grappe. 
L'amarante  est  le  symbole  de  l'immortalité.  D' 
Ht  qvaine  d'amarante. 

.^MAnASTE,  est  aussi  adjectif  des  ?  genres, 
et  il  se  dit  Des  clolTes  de  couleur  d'amarante. 
Un  Dclours  iimiiriinte.  Un  satin  amarante.  Un 
drap  amarante.  De  la  soie  amarante. 

AMARINER.  v.  a.  Terme  de  Marine.  C'est 
envoyer  des  gens  pour  remplacer  l'équipaga 
d'un  vaisseau  pris. 

.VMAnisÉ,  F.E.  participe. 

A^LVRRAGE.  s.  m.  (Amârage.)  Terme  d» 
Clarine.  C'est  l'ancrage  du  vaisseau,  ou  lattjche 
Je  ses  a^rcs  aTec  i^es  cordages. 

.IM.ARRE.  s.  f.  (Amàre.)  Terme  de  Ma- 
rine. Cord.t&e  se-v;:nt  h  attacher  un  vaisseau, 
cl  .1  attacher  aussi  diverses  choses  dans  un  vais- 
s.:iu.  Les  amarres  d'un  vaisseau.  Retenir  h 
«•iiRon  avec  les  amarres.  Lier  une  table  avec 
une  amarre.  On  dit,  qu'(/n  vaisseau  a  (ouïes 
ses  amarres  delwrs^  pour  du-e ,  qu'il  a  jeté 
toutes  ses  ancres. 

AMARRER,  v.  a.  Terme  de  Marine.  Lier, 
attacher  avec  une  amarre.  Amarrer  ^ri  vais- 
seau aux  anneaux  du  port.  Amarrer  le  canon 
dans  un  vaisseau  ^  de  peur  tju'il  ne  rou/e. 

A-MAitnÉ,  ÉE.  participe. 

AMAS.  s.  masc.  Assemblage  de  plusieunj 
choses,  soit  d'une  même  ■latnre,  soit  d'une  na- 
ture différente.  Amas  de  pierres.  Amas  d'ar- 
çfent.  Avant  (jue  de  commencer  à  bdtir.  il  faut 
faire  amas  des  matériaux  nécessaires.  Faire  de 
grands  amas  de  blé.  Faire  amas  de  toutes  sortes 
de  provisions.  Il  se  fait  un  grand  amas  d'hu- 
meurs dans  un  corps  mal  disposé.  Ce  livre  n'est 
(ju*un  amas  de  citations. 

Il  9€  dit  aussi  De  l'assemblage,  du  concours 
de  plusieurs  personnes.  Voyant  un  si  grand 
amas  dépeuple.  Ln  amas  de  toutes  sortes  de  gens 

ASL\SSER.  V.  a.  Faire  amas,  faire  un  amas, 
mettre  ensemble.  Amasser  des  matériaux.  Amas- 
ser de  l'argent.  Amasser  de  grands  biens.  Amas- 
ser sou  sur  sou. 

Quand  .-/masser  est  employé  sans  régime, 
on  sous-eotend  toujours ,  de  l'argent.  El  c'est 
dans  celle  acception  qu'on  dit,  qu't'/i  homme 
ne  fait  (ju'amasser. 
Tome  f. 


A  jM  B 

Ama-ïSER  ,    se    dit   aussi    pour,   Assembler 
beaucoup  de  personnes.  Il  amassa  aussitôt  ce 
qii\l  put  ïrom'LT  d\imis.  Amasser  des  troupes^  . 
de  lùiis  côtés. 

On  dit  figiircmeat ,  Amasser  des  preuves 
pour  une  ajjhirej  amasser  des  matériaux  pour 
un  ouvrant,  pour,  Rassembler,  recueillir  des 
preuves,  des  raaitfriaux. 

Amasser,  se  met  aussi  avec  le  pronom  per- 
sonnel. Le  peuple  s^amassa  autour  de  lui.  Il 
s'est  amassé  beaucoup  de  sahle  nui  endommaqe 
le  port.  Les  maladies  viennent  par  les  mau- 
vaises hwjneurs  nui  s'amassent. 

Amasser,  sii;nifie  aussi,  Relever  de  terre  ce 
(jui  est  tomlie.  Amasser  ses  cjants.  Amasser  un 
papier.  Dans  celte  sîgnificaliou  il  vieillit,  et  on 
dit  f.;i';néra]enicnt  Ramasser. 

Amassé,  él.  participe. 

AMATEUR.  9.  m.  Celui  qui  a  beaucoup 
d'attachement,  de  goût  pour  quelque  chose. 
Amateur  de  la  vertu,  de  la  qloirc.  Amateur  de 
louanges.  Amateur  de  la  jwuveauté. 

11  se  dit  aussi  De  celui  qui  aime  les  Beaux- 
Arts  sans  les  exercer.  Amateur  de  la  peinture, 
de  la  sculpture^  de  la  musique.  Il  ne  sait  pas 
peindre  y  mais  il  est  amateur. 

Quelques  J-'-crivains  ont  dit  au  féniinin  , 
Amatrice.  Ce  mot  est  encore  nouveau. 

AMATIR,  V.  a.  Terme  d'Orfcvre.  Rendre 
mat  l'or  ou  l'argent ,  en  leur  ôtaut  le  poli. 

Amati  ,  lE.  participe. 

AMAUROSE.  s.  t".  Terme  de  INFédecine.  Voy. 
Goutte  sereine- 

AMAZO>'E.  s.  r.  (Amazone.)  Femme  d'un 
coiu-age  mâle  et  guerrier.  C'est  une  Amazone. 
Cette  signification  vient  de  ce  que  les  Ancien^ 
ont  ^crit  qu'il  y  avoit  autrefois  en  A^îc  un 
î;rand  pays  habiti*  par  des  femmes  toutes  i;uer- 
rièies,  appele'es //macones, à  cause  que  dt'S  leur 
enfance  on  leur  brûloit  une  mamelle  pour  les 
rendre  plus  propic*  à  tirer  de  l'arc. 

A  :ii  B 

A^IBAGëS.  s.  f.  pi.  Circuit  et  embanas  de 
paroles.  De  longues  ambages.  Il  ne  parle  ja- 
nuits  gue  par  ambages.  Il  est  de  peu  d'usage. 
:;t  ne  s'emploie  qu'au  pluriel. 

AMBASSADE,  s.  f.  L'emploi,  la  fonction 
d'un  homme  envoyc  p-':r  un  Prince  ou  par  un 
îiltal  souverain,  à  un  aulre  Prince  ou  l'itat  sou- 
verain,  avec  caract^te  de  représentation.  Am- 
bassade honorable.  Envoyer  un  habile  homme 
en  Ambassade.  On  l'envoya  en  Ambassade  à 
Rome.  Il  alla  en  Ambassade  à  Constantinople. 
I.\tmbassade  de  Rome. 

On  dit,  Envoyer  quelqu'un  en  Ambassade^ 
pour  dire  ,  Eu  qualité  d'Ambassadeur. 

On  dit  aussi,  Envoyer  une  Ambassade^  re- 
cevoir une  Ambassade  j  pour,  Envoyer  des 
Ambassadeurs,  recevoir  des  Ambassadeurs. 

On  dit,  qii  Une  Ambassade  est  magnifique. 
pour,  <^ïuc  1.1  suilc  de  l'Ambassadeur  est  nom- 
breuse et  magnifique.  Et  l'on  dit  De  quelqu'un 
employé  dans  la  maison  de  r.\mbassadcur, 
qu*//  appartient  à  VAmbassadt^  qu'iî  est  atta- 
ché à  VAmbassade 


A  MB  4§ 

A-MBA^sABE,  dans  le  discours  famihcr.  «e  dit 
De  cirtains  messages  entre  particuliers.  Ainsi  on 
dit,  l'aire  une  ambassade,  s'acquitter  d'une 
ambassade  auprès  de  quelqu'un ^  se  charifcr 
d'une  ambassade.  Je  ne  me  charge  point  d'une 
pareille  ambassade. 

AMB.4SSADEUR.S.  m.  Celui  qui  est  envoyé 
en  Ambassade  par  un  Prince  ou  par  un  Étal 
souverain,  ft  un  autre  Prince  ou  État  souverain, 
avec  caractère  de  représentation.  Ambassadeur 
ordinaire.  Ambassadeur  extraordinaire.  L'Am- 
bassadeur de  France  à  Rome.  L^Ambassadeur 
d'Espagne  en  France.  Sommer  un  yîmbasss- 
deur.  Envoyer  un  Ambassadeur  à  un  Frince. 
L'Introducteur  des  Ambassadeurs. 

On  Xn  dit  aussi  figurément  et  familièrement 
De  toutes  les  personnes  que  l'on  emploie  à  faire 
quelque  message.  Vous  ne  pouviez  employer 
un  plus  habile  Ambassadeur. 

AMBASSADRICE,  subsi.  f.  La  femme  d'un 
Ambassadeur.  Il  s'est  dit  aus.si  autrefois  d'Une 
Dame  qui  avoit  été  envoyée  en  Ambassade 
avec  le  titre  d'Ambassadrice. 

Ambassadrice  ,  se  dit  aussi  familièrement 
au  ^uré.  Vous  m'avez  envoyé  une  jolie  Am^ 
f^assadrice. 

ÂMBE.  s.m.  Combinaison  de  deux  numéro 
pris  ensemble  à  la  loterie,  et  sortis  ensemble 
de  la  roue  de  fortune.  .4voir  un  ambe.  Gagner 
un  ambe.  Il  est  sorti  un  ambe. 

Il  se  dit  aussi  au  jeu  de;  loto  De  deux  nu- 
méro gagnant  ensemidc  sur  la  même  ligQo 
horizontale. 

AMBESAS.  s.  VA.  Coup  au  jeu  du  Trictrac, 
lorsqu'on  anu'ue  deux  as.  Amener  amhesas.  Ov 
dit  plus  communément  Besct. 

AMBL\NT,  ANTE.  adj.  Terme  de  Physi- 
que. Qui  entoure,  qui  enveloppe.  Vn  (luide 
ambiant.  L\iir  ambiant. 

AMBIDEXTRE,  adj.  des  a  genres.  Qui  se 
sert  également  des  deux  mains.  Un  homnte 
ambidextre.  Une  femme  ambidextre. 

AMBIGU,  UË.  adj.  Qui  peut  être  pris  eu 
deux  sens,  qui  présente  deux  sens,  comme  un 
corps  terminé  d'une  manière  douteuse  prcsen- 
teroit  deux  angles,  deux  pointes.  Réponse  am- 
biguë. Paroles  ambiguës.  Farter  en  termes 
ambigus.  Des  signes  ambigus.  Des  preuves 
ambignës.  Les  Oracles  étaient  souvent  ambigus. 

Ambigu,  s.  m.  Sorte  de  repas  où  Von  sert 
en  même  temps  ta  viande  et  le  fruit,  et  qui 
tient  de  la  collation  et  du  souppr.  On  servit  un 
ambigu  magnifique. 

Ambigu,  sed't  aussi  fignr.  pour  Un  mélange 
de  choses  opposées.  Caractère  ambigu.  Celte 
femme  est  un  ambigu  de  prude  et  de  coquette. 

A-^IBIGUÏTE.  s.  f.  (U  et  I  font  deux  syl- 
labes. )  Défaut  d'un  discours  équivoque  cl  sus 
ceptiblo  de  divers  sens.  Parlez  net  et  sans  am- 
biguïté. Il  y  ta  toujours  de  Vamhiguité  dans 
I  tout  ce  qu'il  dit. 

AMBUiUMENT.  adv.  D'une  manière  am- 
biguë, équivoque.  Il  par/c,  l'ï  répond  toujours 
ambigument. 

AMBITIEUSEMKM*.  adv.  Avec  ambition. 
Rechercher  ambitiet:«ement  les  honneurs. 


5o 


AMB 


AMBITIKCX,  EUSE.  odj.  Qui  a  de  l'am- 
bition. Un  homme  ambitieux.  Une  fimme  am- 
bitieuse. 

On  dit  y^iiilu'lien-r,  Uc  tout  ce  siii  renfenui' 
ou  exprime  l'iiinhition.  Esprit,  caractère  ambi 
tieux.  l'<élentions,manièri:s  ambitieuses.  Style 
ambitieux. 

On  appelle  Omemens  ambitieux  dans  nii 
discour»,  Des  omemens  tjop  redieiclies,  uop 
affectés. 

Ambitieux  ,  est  aussi  sulistantif ,  et  signifie 
Celui  ijui  a  de  l'ambilioii.  I.'ambitieiLC  sacrifie 
tout  à  sa  passion.  Les  ambitieux  se  permettent 
tout  pour  parvenir  à  leurs  /i»s- 

Ambitieux,  ne  se  prend  jiiniais  ilaus  un 
sens  d'éloge. 

AMIUTIO.V,  s.  f.  Uésir  ininiodére  d'iion- 
aeur,  de  gloire,  d'élévation,  de  distinction. 
Griindc  nmjiilion.  Ambition  déréijléc.  Ambition 
démesurée.  Ambition  sans  bornes.  Ambition  in- 
satiable. Avoir  de  l'ambition. 

Ambitios  ,  se  prend  aussi  en  honnc  part  ;  niaij 
alors  il  laut  en  détoiu-ner  le  sens  par  une  é|ii- 
tliète,  ou  parqueUjueclioscd'ikjuivalcnl.  ^obU 
ambition.  Ambition  louable ,  honnête.  Uni 
sainte  ambition.  Ce  l'rince  n'a  d  autre  ambi- 
tion (jue  de  rendre  ses  peuples  heureux.  'l'oule 
mo«  ambition  est  d'avoir  l'honneur  de  vous 
servi)-.  L'ambition  des  Saints  Cil  Je  (jaijneT 
beaucoup  d'dnies  à  Uieu. 

AjMBlTJO.NM^n.  V.  a.  {Ambitioner.)  Re- 
cliercher  avec  ardeur,  avec  enipressimeiit.  Am- 
bitionner les  honneurs,  les  diijnités,  les  pie- 
mièrcs  places.  11  se  dit  par  e.xagéraMoa  ddns  les 
formules  de  civilité.  Ce  que  j'ambitionne 
le  plus,  c'est  l'honneur  de  vous  servir,  c'est 
de  vous  pouvoir  rendre  quelque  service. 

AiUDiTio.NNJt:,  ÉE.  participe. 

AMBLE,  s.  ni.  Sorte  d'allure  d'un  cheval, 
entie  le  pas  et  le  trot.  Cirand  amble.  Amble 
doux,  dmble  rude.  Vu  cheval  qui  vu  l  amble. 
Mettre  un  cheval  à  l'amble.  Une  haquenée 
franche  d'amble,  qui  se  met  d'elle-même  à 
l'amble. 

AMIiLER.v.n.  Aller  l'amble.  Une  ha:jueiicc 
qui  amble  bien.  Il  vieillit. 

AMBON.  s.  m.  Voyez  Ilbé. 

AMBRE,  s.  ni.  Sulistance  résineuse.  Amhrc 
jaune,  amhre  qris.  Un  collier  d'atnbra  Un 
chapelet  d'ambre.  Des  bracelets  d'ambre.  Ve 
l'huile  d'ambre.  De  l'ambre  fort  net.  L'ambre 
jiinne  attire  la  paille.  Pièce  d'ambre,  morceau 
d'ambreqris.tentirl'ambre,  lemuscet  l'ambre. 
Essence  d'ambre.  L'ambre  gris  est  odoriftrant. 

Un  dit  proverbialement  et  fîguréiuent  d'Un 
bomine  très -pénétrant,  très-délié.  H  est  fin 
connue  l'ambre. 

.UIBRER.  V.  a.  l'.Trfunicr  avec  de  l'ambre 
f/c'is.  Ambrer  des  qants. 

Ambili^,  ÉE.  participe.  Du  rossolis  ambré. 

AMBRETTK.  s.  f.  Petite  (leur  dune  odeur 
agréable,  et  qui  sent  lamlirc.  Elle  vient  de 
Coiutautinople.  Un  bouquet  d'ambreUe. 

On  appelle  Poire  d  ambrctle ,  Une  espèce 
de  petite  poii%  qui  a  quelque  odeur  d'anilne. 
Un  panier  de  ^hji,  es  d'ambielte. 


AME 

AMBKOSIE,  et  plus  conimiinemcnt  AM- 
liROISIK.  s.  f.  C'est,  selon  lu  t'able,  la  nour- 
riture urdinaîre  des  Dieux.  Les  anciens  dîsoienl 
que  les  DieiLX  se  nourrissoîent  tl'umhroisie. 

Les  Botanistes  ont  donné  à  une  plant*'  mari- 
time le  nom  à  Ambroisie  j  ù  cause  de  son  odeur 
vineuse. 

A3IBULANT,  ANTE.  adj.  qui  vient  du 
vieux  verbe  Amhulcr.  Il  ne  se  dit  guère  que 
d'un  Commis  qui  est  obligé  par  son  emploi 
d'aller  de  côté  et  d'autre,  Commis  umhuUmt  ; 
vl  dans  ce  sc»^  on  le  lait  quelquefois  suJjslan- 
tif  ,  Un  ambulant. 

Ou  appelle  Hôpital  ambulant  ,  L'hôpital 
qui  suit  1  armée. 

Un  dit  d'Un  lioninic  qui  est  toujours  par 
\oie  et  par  chemin,  que  C'est  un  homme  fort 
ambulant,  que  c^esl  un  homme  qui  mène  una 
vie  fort  ambulante. 

AMBULATOIRE,  adj. des  2  genres.  Il  se  dit 
d'Une  Juridiction  qui  n'est  pas  fixe  eu  un  môme 
Heu,  mais  qui  se  tient  tantôt  en  un  endroit, 
tantôt  en  nn  autre.  Le  GraniUConsed  est  am- 
bulatoire. Le  Parlement  eloil  autiefuis  ambula- 
toire. 

On  dit  proverbialement ,  La  volonté  ih 
Vhomme  est  ambulatoire j  pour  dire,  qu'h'llfl 
est  sujette  à  dijuger. 

AI\IE 

AME.  s.  f.  Ce  qui  est  le  principe  de  fa  vie 
dans  tous  les' êtres  vivans.  Ou  appelle  ^me  vc* 
lycluïifc,  LV.me  qui  fuit  croître  les  piaules; 
Âme  sensitive,  Celle  qui  ùùl  croître  j  mou- 
voir et  sentir  les  animaux;  e%Amc  raisonnable  ^ 
Celle  qui  est  le  piiucipe  de  la  vie,  de  la  ptnsce 
et  des  mouvemens  volontaires  dans  l'homme. 
Les  Philosophes  anciens  ont  appelé  VAme  du 
mondc^  Un  esprit  universel,  qu'ils  supposoiL'nt 
répandu  dans  toutes  les  parties  de  l'Univers. 

Ame,  se  dit  principalement  De  l'âme  rai- 
fionnahie  ,  de  l'Ame  de  l'iiomme.  Vâme  es( 
indm^iihle^  spirituelle  y  immortelle.  Les  facul- 
tés de  l'dme.  Les  puissances  de  l\hne.  Les  fonc- 
tions ^  les  opérations  de  Viîme.  Les  passions  di 
idme.  1 1  faut  aimer  Dieu  de  toute  son  âme. 

Eu  parlant  De  l'ime  par  rapport  à  ses  bonnes 
ou  mauvaisi's  qualités,  on  dit  ;  Ame  bcile^  no- 
ble, qrande,  cfénéreuse^  élevée,  royale,  héroi- 
tjue.  Une  âme  bien  née.  Ame  foible.  Ame  basse. 
Ame  lâche,  intéressée.  Ame  de  houe.  Ame  vé- 
nale. Ame  mercenaire.  Ame  noire.  Ame  étroite^ 
Incapable  de  desseins  généreux ,  de  projeta 
vastes. 

Eu  parlant  De  l'âme  par  rap[>oit  h  la  Keli- 
^ion,  on  dil  :  Une  âme  réqénérée  par  le  Bap- 
tême. Une  àme  rachetée  par  le  sang  de  Jésus- 
Christ,  /fm-i  sanctifiée,  illuminée  par  la  grâce. 
C'est  une  sainte  âme,  une  bonne  âme.  Les  âmes 
dévoies,  les  âmes  chrclienncs,  Aous  u^'Oms  une 
âme  à  sauver. 

En  parlant  Des  Âmes  séparées  du  corps,  on 

dit,  Les  âmes  des  iiépiLiscs.  Dieu  veuille  avoir 

I  son  âme.  Prie':-  Dieu  pour  son  âme,  pour  le  re~ 

pOi  de  son  âme,  5un  âme  est  devarU  Dieu.  Lu 


AME 

âmes  qui  sont  en  purgatoire.  Les  âmes   brén- 
/leureitses.  Les  âmes  damnées. 

On  dit  d'Un  honune  entièrement  dévoué  à 
un  autre,  et  qui  le  sert  indistinctement  dans 
toutes  sortes  de  choses,  quelque  injustes  ou 
quelque  odieuses  qu'elles  soient,  que  C'est  son 
âme  damnée.  Il  est  familier. 

Ajiu;,sc  dit  aussi  pour  Conscience.  Il  sait 
bien  en  son  âme  que....  Il  a  Vâmc  bourrelée. 

On  dil  absolument,  qu'f/n?iomme  n'a  point 
d'âme,  pour,  qu'il  n'a  ni  cœur,  ni  sentiment. 

Ame,  se  dit  aussi  pour  signifier  Une  per- 
sonne, soit  homme,  femme,  ou  enfant.  Il  n'y 
a  âme  vivante  dans  celte  maison.  Vous  n'y 
trouverez  pas  une  âme.  Il  y  a  cent  mille  âmes 
dans  cette  ville. 

On  dit ,  qu'Une  personne  a  Yâme  sur  les 
lei'res,  pour  dire,  qu'ElIe  est  près  d'expirer. 

On  dit  figurémeul,  qu't/ne  chose  est  Vâme 
d'une  autre,  pour,  que  C'est  sur  quoi  elle  est 
principalement  fondée  ,  que  c'est  ce  qui  la 
maintient,  qui  la  fait  principalement  subsister 
ou  agir.  La  raison  est  l'âme  de  la  Loi.  La 
bonne  foi  est  Vâme  du  commerce. 

Ou  dit,  Donner  de  Vâme  à  un  ouvrage, 
pour  dire,  Exprimer  vivement  les  choses qu  on 
y  représente,  y  mettre  beaucoup  de  feu,  de 
vivacité  ;  et  cela  se  dit ,  soit  en  parlajU  d^^s  Ora- 
teurs et  des  Poètes,  soit  en  parlant  des  Pein- 
tres, des  Sculpteurs  et  des  Musiciens. 

Ou  dit,  en  parlant  De  la  Sculpture,  qu'£l/e 
doniA:  de  Vâme  au  marbre,  pour  dire,  qu'Elle 
anime,  qu'elle  fait  vivre  eu  quelque  sotte  le 
marbre. 

Ou  dit,  qu'//y  a  de  Vâme,  qu'il  n'yapoint 
d'âme  dans  le  chaJit  de  quelqu'un ,  dans  sa  lU- 
clamation,  pour  dire,  qu'il  chante,  qu'il  dé- 
clame d'une  manière  froide  et  languissante. 

OnditproTCrbialementet  iigurémeut,  d'Une 
Compagnie,  d'une  Armée  sans  chef,  ou  dont 
le  chef  n'(  st  pas  capable  de  l'être,  que  C'est  un 
corps  sans  âme. 

En  parlant  de  Devise,  on  appelle  Ame,  Les 
parole*  qui  servent  à  expliquer  la  figure  repré- 
sentée dans  le  corps  de  la  Devise.  La   Devise 
avoit  pour  corps  un  Lion ,  et  pour  âme  ces  pa 
rôles ,  etc. 

On  appelle  popnbiremcnt,  VAme  d'un  fa- 
qut,hc  menu  bois,  iis  menues  branclifs  qui 
sont  au  milieu  d  un  fa;j;ot.  Allumer  le  fu  avec 
Vâme  d'un  f'got. 

On  appelle  VAme  du  canon,  le  crctix  où 
L'on  met  la  poudre  et  le  boulet. 

En  parlant  Des  inslrumcns  de  Musique,  uo 
appelle  vïme,  Uu  petit  morceau  de  bois  droit 
qu'on  met  dans  le  corps  de  1  instrument  suus  le 
clievalet,  pour  soutenir  la  table. 

On  appelle  Ame^  dans  les  ligures  de  slite. 
La  première  forme  qu'on  leur  donne  en  les 
ébaitcliant,  avant  que  de  les  couvrir  de  stuc 
pour  les  Gnir.  On  donne  aussi  le  nom  A' Ame, 
aux  fi^ures  de  pKUre  ou  de  terre,  qui  servent 
."i  celles  qu  on  jette  eu  bron/.e  ou  auUc  inclul. 

AiMË,  ËE.  adj.  Aimé.  Vicu\  ii.ot  tjui  ncfit 
plus  d  usa^c  qu'en  stvle  de  Chancellerie,  dans 
h&  Lettres ,  d  dans  Us  OrJou-nances  du  llui- 


AME 

A'os  (iniés  et  féaux  les  Cens  tenant  notre  Cour 
de  Parlement  Sotre  très-cher  et  très- amé  frère. 
lYofpe  amé  et  f-al.^  etc. 

AMÉLIORATION.  sub5t.f,Pro;;rès  vers  le 
bien;  meilleur  éfal.  Ce  bien  est  délahré,  mais 
avec  du  temps  il  est  susceptible  d'amélioration. 
Il  y  a  une  qrande  amélioration  dans  l'état  de 
ce  malade,  h'insensihles  améliorations. 

Il  se  dit  De  ce  qu'on  fait  dans  un  fonds  de 
ivTTv  ou  dans  une  maison,  pour  les  mettre  en 
meilleur  t';tnt,  et  pour  en  augmenter  le  revenu. 
On  est  ohliqé  de  payer  les  améliorations  à  un 
possesseur  de  honncfoi,  (jue  Von  dépossède. Il  u 
fait  une  amélioration  considérable  dans  sa  terre. 

Amémoiiatios,  en  termes  de  Cliimic  ,  est 
Une  opération  par  laquelle  un  mêlai  est  porté 
à  une  plus  t^-ande  peifeciion. 

AMl^I.IORKR.  verb.  act.  Kend.e  une  chose 
meiUcirro.  //  «  recouvre  des  litre.',  fju'  ont  amé- 
lioré son  droit. 

I)  se  dit  principalement  en  parlant  Des  té 
parations  qu'on  fait  à  un  bàliment,  des  aug- 
meutations  qui  se  font  à  un  héritage.  Il  a  forl 
amélioré  cette  métairie  ^  en  faisaitl  rétablir  lei 
Ihîtimeus  ijui  tombaient  en  ruine^  et  en  faisant 
fumer  les  terres. 

AhéliobÉ,  èe.  participe. 

AJIEN.  (  On  prononce  l'N.  )  Terme  em- 
prunté delà  Langue  Heliraïque ,  qui  signifie, 
Ainsi  soil-il.  Il  s'emploie  pour  dire  que  l'On 
consent  à  une  chose.  Il  dit  amen  à  toutes  la 
propositions  (juan  lui  fait.  Il  est  familier. 

On  s'en  sert  aussi  pour  signifier  La  fin  d'un 
discours  ,  «l'une  proposition.  Attendez  iusqti'ei 
.imen. 

AMENDA  BLE.  ndj.  des  2  genres.  Çui  csl 
sujet  .'1  l'amende. 

ATTENDE,  s.  f.  Peine  pécuniaire  imposée 
par  la  Justice,  pour  satisfaction  et  réparation 
de  quelque  faute.  Amende  ordinaire.  Amendi 
arbitraire.  L'amende  d'un  fnl  appei.  Payer 
Vamende.  Être  condamné  à  l'amende,  à  dt 
tarasses  amendes.  Vous  serez  mis  à  Vamende, 
lîeceveur  des  amendes.  En  matière  criminelle, 
toutt  amende  est  infimante. 

On  dit  prOTerbialemenl ,  d'Un  honjire  .]ui 
est  condamne,  tandis  qu'il  devoit  être  dédom- 
magé, C'est  la  Coutume  de  Lorris^  les  battus 
payent  Vamende  ;  et  tout  simpleraeul ,  Les 
battue  payent  Vamende. 

A3ÏESDE  HOSORADLF.,  sortc  de  peine  infa- 
mante ordonnée  par  Justice,  cl  qui  consiste  à 
reconnoître  publî'juenient  son  rrime.  et  h  en 
demander  pardon.  Faire  amende  honorable^  la 
torche  au  poînq  et  la  corde  au  -ou. 

A3IEM)EMkNT.«.m.ChaQ2ement  en  mieux. 
il  a  toujours  la  pèvre  bien  fort,  il  n'y  a  point 
d  amendement.  Il  n'y  a  point  d\imendemcnt  à 
sa  %ante.  Depuis  qu'il  s'est  relire  des  mauvaises 
compatjniet ,  on  remarque  dans  sa  conduite  un 
^rand  amendement, 

Ameî«dement  ,  se  dit  aussi  De  l'enpiais  des 
inres.  Une  terre  maigre  qui  a  besoin  d'amen- 
dement 

AMENDER,  verbe  act.  Terme  de  Palai»  qui 
si^ifir  j  fx>ndaroner  .1  l'amende 


AME 

Il  sii^nifie  aussi,  Rendre  meilleur,  corriger. 
//  n'y  a  que  Dieu  qui  le  puisse  amender.  Un 
Juji'j  entérinant  des  lettres  de  pardon  pour  un 
conpablCf  lui  dit  :  La  Loi  te  condamne^  le  Ko: 
te  pardonne,  que  Dieu  t'amende. 

Amender  ,  s'empJoie  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  Il  faut  espérer  quil  s'amendera.  On 
dit  proverbialement  en  ce  sens,  Mal  lu'l  nui  ne 
s'amende,  pour.  C'est  faire  un  mauvais  usage 
de  la  vie  que  d"  ne  se  point  corriger. 

On  dit,  Amender  des  terres,  pour,  Lts  amé- 
liorer. Amender  des  terres  avec  de  la  marne  , 
avec  du  funiiiT. 

Gn  dit  pro\erbiaIemer:t  et  figurément,  Cela 
n'amendera  pas  votre  marché^  pour,  Cela  m. 
fera  pas  que  vous  en  soyez  quitte  ù  meilleur 
compte,  cela  ne  rendra  pas  votre  condition 
meilleure, 

A^fENDKn  ,  v.  n.  signifie,  Devenir  en  meil 
leur  état.  Ce  malade  *n^a  point  amendé  depuis 
la  laiqnée. 

Il  signifie  aussi,  Baisser  de  prix,  devenir  ii 
meilleur  marche.  Le  blé  est  bien  amendé.  Cela 
a  fait  amender  le  vin. 

On  dit  proverbialement,  Jamais  cheval  ni 
méchant  homme  n'amenda  pour  aller  à  Rome. 

Amendé,  ée.  participe. 

AMENER.  V.  a.  Mener,  faire  venir  au  lieu 
où  l'on  est.  //  pi  a  amené  ici.  Si  vous  venez 
nous  voir  y  amenez  votre  frère.  Il  a  amené  du 
secours,  des  troupes.  Amenez-le  moi  pieds  et 
yoinqsliès.Je  vous  Vamenerui par  le  collet ^  par 
\a  main ,  par  le  poîuq.  Il  a  ameité  des  chevaux 
d'Angleterre.  Amenez -moi  mon  cheval^  mon 
carrosse.  Ces  Boulancjers  nous  amènent  du 
pain.  Ces  charretiers  nous  amènent  du  vin,  du 
hais,  etc.  Amener  des  marchandises  par  char- 
roi, par  bateau,  par  mulets. 

Ou  dit  familièrement,  Quel  sujets  quel  bon 
vent,  quelle  bonne  affaire  ^fous  amène?  pour, 
Quel  sujet  vous  fait  venir  ici?  El  par  indigna- 
lion,  on  dit  d'une  personie  qui  déplaît,  Qui  m'd 
imienê  cet  homme,  cet  imposteur,  ce  hâbleur  ? 

Amener,  signifie  aussi,  Tirer îi soi.  Les  For 
çnti  amènent  les  rames  à  eux. 

Ou  dit.  Amener  les  vaisseaux  à  bord _  pour, 
Les  fikire  venir  à  bord  ;  et  en  ternies  de  Marine, 
Amener  les  vcilcs,  pour  dire,  Los  abaisser.  En 
termes  de  Marine  ausfi ,  lorsqu'un  vaisseau  de 
guerre  rencontre  un  vaisseau  inférieur,  on  lui 
crie,  A'uéne,  pour  lui  commander  d'approcher. 
DU  de  baisser  le  jiavillon.  Le  vaisseau  fit  obli-j  \ 
d'amener. 

On  dit  figurcmcnt ,  Je  l'ai  amené  où  je  vou- 
.'ois,  pour,  Je  l'ai  fait  couiieseendic  à  ce  que  je 
Jésirois  de  lui. 

Kn  matière  d'Ouvrages  de  prose  et  de  vers, 
et  surtout  dans  les  Pièces  dramatiques,  on  dit, 
qu'C^n  iuteur  a  bien  amené  un  incident  .^  itne 
reconnoissanee  ,  etc.  pour  dire  ,  qu'il  l'a  fait 
venir  H  propos,  qu'il  l'a  pniparc  avec  art.  Et 
en  matière  de  contestation  juridique  ,  ou  de 
dispute,  on  dit,  qu'Une  preuve  est  amenée  de 
bien  loin,  pour  dire,  qu'Ellc  est  bien  recher- 
chée, qu'elle  n'est  guère  naturelle. 

Aai£m;r,  iignifie  encore  figurcmeati  Inlro- 


AME 


5i 


duirc,  mettre  en  usage.  Ce  sont  les  jeunes  gens^ 
les  femmes  qui  amènent  les  modes  des  habits. 
C'est  lui  qui  a  amené  ce  jeu.  Ces!  un  tel  Mé- 
decin qui  a  amené  Vusage  d'un  (cl  remède. 

Amener  ,  se  dit  aussi  Des  choses  qui  se  suc- 
cèdent ordinairement.  Ce  vent  nous  amènera 
la  pluie.  Un  malheur  en  amène  un  autre. 

On  dit  au  jeu,  Amener  rafle,  amener  gros 
feu,  amener  chance,  lorsqu'en  Jetant  les  dés, 
il  vient  rafle .  gix)s  jeu  ,  chance. 

Amené,  ée.  panicip  -. 

Amené,  est  aussi  quelquefois  substantif.  Et 
r^:i  a  dit  eu  ce  sens  en  termes  de  Jurisprudence, 
Un  amené  sans  scandale,  pour,  Un  ordre  d'a- 
mener un  homme  devant  le  Juge,  sans  bruit, 
sans  lui  faire  affront. 

AMÉMTÉ.  s.  f.  Agrément  ,  ce  qui  fait 
qu'un?'  chose  est  a-^réaljle.  Il  se  dit  particuliè- 
leniint  d'Un  lieu,  d'une  situation  flgicable, 
d'un  air  doux  et  agréablement  tempère.  V.imè- 
nilé  d'un  lieu.  L'amènilé  de  Vair. 

Un  l'emploie  aussi  figurénicnl.  //  a  de  Vamè- 
nité.  Il  n'a  nulle  aménité  dans  le  caractère.  Un 
style  plein  d'aménité. 

AMENUISER,  v.  a.  Rendre  plus  menu, 
rendre  moins  épais.  Amenuiser  un  bâton  ^  une 
cheville  y  un  ais. 

Amenuisé,  ée,  participe. 

AMER,  ÈRE.  adj.  (l'R  final  se  prononce.) 
Qui  a  une  saveur  rude  et  ordinairement  dés- 
agréable ,  telle  que  celle  de  labsintlie  ou  de 
l'aloés.  Être  ame)',  devenir  amer,  amer  comme 
suie,  comme  de  la  suie.  Des  herbes  amères.  Un 
me  amer.  Cela  est  d'un  goût  a-mer. 

On  dit.  Avoir  la  bouche  amère,  pour  dire, 
Scniir  un  goût  amer  à  la  bouche;  e:  qu'f'nc 
chose  rend  la  bouche  amère,  pour  dire,  qu'ElIe 
y  laisse  un  goût  amer.  Et  on  dit  proverbiale- 
ment. Ce  qui  est  amer  à  la  bouche,  est  doux  au 
(•  »  ur. 

Amer,  se  dit  figurément  De  diverses  choses, 
pour  en  spécifier  la  qualité,  .^insi  on  dit,  Une 
douleur  amère, pour.  Une  douleur  vive  et  pro- 
fonde; I^es  larmes  amères,  pour.  Des  larmes 
qui  partent  d'une  très- grande  douleur  ;  Pcs 
plainlcc  amères,  des  reproches  amers,  une  ré- 
primande cmcrCj  une  raillerie  amère,  pour, 
Des  plaintes  aig^e**,  des  reproches  durs,  une 
forte  réprimande,  une  raillerie  piquante. 

On   dit   de   même.    Une  perle   amère ^  u 
contre-temps  amer;  ci..  On  lui  rend  la  vie 
amèrc,  pour  dire,  Ou  lui  fait  rssuyer  des  hu- 
miliations, des  contradiciioDS  fdcheusct. 

On  dit  aussi  figurément  Amer,  [>our  Dou- 
loureux. Il  est  bien  amer  à  un  père  de  voir  ses 
enfans  ne  pas  répondre  à  ses  soins.  Il  est  bien 
amer  à  un  homme  d'être  chassé  de  sa  maison. 

Amer,  s'emploie  quelquefois  au  substantif. 
I<'amcr  et  le  doux  sont  tliix  qualités  con- 
traires. 

On  dit  dans  ce  même  sens.  Prendre  îles 
amers,  pour,  Prendre  des  bouillons  faits  d'her- 
bes amères. 

Il  se  dit  ausci  substantivement  Du  fiel  de 
quelques  animaux,  et  principalement  des  pois- 
sous.  Crever  Vamer  d'une  carpe,  d'un  brochet, 

7- 


32  AMI 

AMEREMENT,  adv.  Il  ne  .seditqu'au  figïuc, 
et  signifie,  Doulouienseinent.  5c  jAuînâtc  auiè-  \ 
renient.  Pleurer  amèrement. 

AMERTUMi'.  s.  f,  La  qualité,  la  savriir  de 
ce  qui  est  anier.  L'amertume  de  Valves  et  de  la 
coïo<iuinte. 

Il  signifie  figurëment,  Affliction,  déplaisir, 
jjcine  d'csprir.yivotr  le  ciLur  plein  d'amertume. 
Je  vous  en  parle  dans  Vamertume  démon  c-vur. 
Cela  servit  à  adoucir  Vamertumc  de  sa  douleur. 
Les  douceurs  et  les  amertumes  de  la  vie.  Les 
plaisirs  du  monde  sont  toujours  mêles  d'amer- 
lumc. 

AMÉTHYSTE,  s.  f.  Pierre  précieuse,  de 
couleur  violette,  tinnitsur  le  pourpre.  Tuilier 
nue  améthyste.  Une  améthyste  bien  mise  en 
itHvre. 

AafEUBLEiMliNT.  s.  m.  La  quaulite  et  ras- 
sortiment des  meubles  nécessaires  pour  garnii 
une  chanil)rc,  un  cabinet,  etc.  //  a  acheté  un 
bel  a'meuhlement.  Un  ameublement  de  velours. 
Un  ameublement  de  damas. 

A;\IEUIîL1R.  V,  a.  Terme  de  Pratique  et  de 
Coutume.  Rendie  meulile,  rendre  de  nature 
inohiliaire.  Elle  a  apporté  trois  cent  mille  hvies 
en  dot  y  et  on  en  a  ameubli  cent  mille  livres.  Il 
en  a  été  ameubli  tant, 

AMECBLin,  se  dit  aussi  Des  terres  cpi'oii 
rend  plus  n;eiiblcs,  jdus  légères.  Celle  lent 
est  trop  compacte  y  il  jnut  Vameublir. 

Ameuiîi.i,  ie.  participe. 

AMKUBLISSEMENT.  s.  m.  Action  d'ameu- 
blir, et  ce  qui  ost  ameubli.  Le  père  maruint  sa 
fille  y  n'a  consenti  (juà  Vumcubliisement  de 
cinquante  mille  /iVrâ5.  L'ameuhlissement  mon- 
toit  à  tant. 

AMEUTER.  V.  a.  Mettre  des  cliicus  en  ét;ii 
de  bien  cliasser  ensemble.  //  jcut  du  temps 
pour  ameuter  des  chiens  qui  n^ont  pas  accou- 
tumé de  chasser  ensemble. 

11  sij;nifîe  figurément  Attrouper,  et  aniny-r 
plusieurs  personnes  pour  les  faire  agir  de  con- 
cert. Il  ameuta  les  Marchands  du  quartier, 
(^uand  il  eut  ameute  tous  ses  amis  pour  faire 
passer  celle  délibération. 

Ameutl  ,  ÉE.  participe.  Des  chiens  qui  ne 
sont  pas  encore  ameutés.  Des  qens  ameutés. 

AMI 

AMI,  lE.  s.  Celui  ou  celle  avec  qui  on  est 
lié  d'une  afTeclion  réciproque.  Ami  fidèle.  Ami 
constant,  yimi  sincère.  Ami  solide.  Ami  cor- 
dial Ami  sûr.  Ami  éprouvé.  Ami  cjénércu.v. 
Ami  intime.  Vrai  ami.  Véritable  ami.  Ami 
chaud.  C'est  sun  bon  ami,  son  meilleur  amî. 
C'est  Vami  du  civur.  Il  est  son  ami  depuis 
lonq- temps,  de  tout  temps.  Il  a  été  son  ami 
dans  tous  les  temps.  Être  ami  dans  la  bonne 
et  dans  la  mauvu.se  fortune.  Etre  ami  à  loate 
épreuve.  Etre  ami  jusqu'à  la  mort.  Avoir  des 
am'ts,  6c  /titre  des  amis.  Acquérir  des  amîs. 
Entretenir,  ménager,  cultiver,  conserver  ses 
amis,  yéglifjcr,  oublier  ses  amis.  î: e  brouiller 
avec  ses  amis.  Perdre  ses  amis.  Servir  ses  amis,  k 
Employer  ses  amis.  Irailer  en  antî.  Parler  en 


AMI 

flini.  Aqlr  en  ami.  Cela  n'est  pas  d'un  ami, 
d'un  bon  ami.  Cela  est  d''un  mauvais  ami,  d'un 
faïur  ami.  Il  ne  faut  point  de  cérén\onie  entre 
amis.  Tout  est  commun  entre  amis.  Cela  vaut 
tant  entre  deux  amis.  Deux  femmes  qui  sont 
bonnes  amies.  Elle  est  fort  son  amie.  Cest  une 
de  ses  amies,  une  de  ses  bonnes  amies.  Il  étoit 
autrefois  de  mes  amis.  Je  serai  toujours  son 
ami,  quoiqud  ne  soit  pas  le  mieJi. 

On  dit,  Ami  jusquauc  auleïs,  pour,  Aini 
h  tout  faire,  excepté  ce  qui  est  contraire  à  la 
Religion  ;  et  Ami  jusquà  la  bourse,  pour.  Ami 
.i  rendre  toutes  sortes  de  services,  excepté  d'ai- 
der de  son  argent. 

On  dit  proverbialement  Ami  à  pendre  et  à 
('e/;en(/re,pourdirc,  jUjsolument  djvoué.  Il  est 
du  style  le  plus  familier. 

On  dit,  Ami  de  table,  amî  de  houteille,  ami 
de  débauche,  pour,  Un  aini  avec  qui  on  n'a 
d'autre  liaison  que  celle  qui  est  fondée  siu"  le 
plaisir  de  la  table,  de  la  débauche.  Et  on  ap- 
Ijelle  Ami  de  Cour,  Un  homme  qui  n'a  que  dtî 
fausses  apparences  d'amitié  ;  Ami  de  la  |aveur^ 
Ami  de  la  frrtnnCj  Un  lionuiie  qui  ne  rend  dès 
sjins,  qui  ne  s'aïUiche  qu'à  ceux  qui  sont  en 
faveur,  en  fortune.  El  on  dit,  <\\iUn  hommt 
est  ami  de  la  vérité,  de  lu  raison ,  de  la  justice, 
pour  dire,  qu'il  aime  la  vérltc,  la  raison,  1| 
)ustice. 

Ami,  est  quelquefois  un  terme  de  familia- 
rité, dont  on  se  sert  en  parlaut  à  des  personnes 
fort  inférieures.  Travai7/es  ,  mes  amis  ,  foui 
serez  bien  payés.  Tiens ^  mon  ami,  mon  bon 
flïnî,  voilà  pour  ta  peine.  Viens-çà,  l'umi, 
fhras-tu  bien  un  messu(je  pour  moi? 

C'est  aussi  quelquefois  un  terme  de  Iiauteui 
et  de  mépris.  Mon  petit  amî,  je  veux  que  voui 
sachiez  que. . . 

On  dit  proverbialemi  nt  :  f-cs  bons  complet 
f-nt  les  bons  amis.  Ami  au  prêter,  et  cnnenu 
au  rendre. 

Ami,  se  dit  aussi  Des  animaux,  pour  inar- 
quer i'EQcclion  quils  ont  poin*  les  hommes.  I\ 
y  a  des  animau.c  qui  sont  amis  de  l  homme.  Le 
chien  est  ami  de  Vhommc. 

il  se  dit  aussi  De  certaines  choses  qui  pa- 
roissent  avoir  quelque  sympatîùe  les  unes  avec 
les  autres.  Uormcau  est  ami  de  la  viqne. 

Il  se  dit  pareillement  De  certaines  liqueurs, 
de  certaines  odeurs  qui  confortent,  qui  réjouis- 
sent. Le  vin  est  tant  du  cœur.  Il  y  a  des  sen- 
:curs  qui  sont  amies  du  cerveau. 

Amie,  subsl.  fem.  s'est  dit  autrefois  pour 
signifier  Une  Maîtresse,  une  personne  avec  qui 
on  est  en  commerce  de  galanterie.  Cette  si^nï'fi- 
calion  s'est  encore  conservée  dans  les  Généalo- 
gies, où  en  parlant  de  bâtardise,  on  dit,  Un 
tel  eut  d'une  telle  son  amie;  et  dans  quelques 
phrases  proverbiales,  comme,  Jamais  honteux 
n'eut  belle  amie,  pour  dire,  qu'En  amour  il 
ïa^it  élrc  entreprenant.  Et  l'on  <))t,  d  après 
1  ancienne  Chevalerie,  Aoits  verrons  qui  aura 
belle  amie,  pour  dire,  Nous  verrons  à  qui  la 
fortune  sera  favoral>Ic, 

Cn  dit,  }Vamic,  par  abrégé  de  Von  amie; 
et  c'est  un  terme  doHt  quelques  maris  se  scr- 


AMI 

vent  en  parlant  à  leurs  femmes,  et  dont  on  se 
sert  aussi  en  parlant  h  des  femmes  d'une  con- 
dition fort  inféricnre. 

Mie,  se  dit  atissi  par  abrégé  d'.^iiti'e,  et  c'est 
un  terme  dont  on  se  sert  populairement  avec 
les  enfans,  quand  on  leur  parle  de  leur  Cîou- 
vernanlc.  Aimez-vous  bien  voire  Mie? 

Ami,  est  aussi  adjectif,  et  alors  il  sig'ïiific, 
Propice ,  favorable ,  et  n'est  guère  d'usage 
qu'en  Poésie.  Les  deslins  amis.  La  fortune 
amie. 

AMIABLE,  adj.  des  2  genres.  Doux,  gra- 
cieux. Accueil  amiable.  Paroles  amiables. 

On  appelle  ,^n(iiWi!eComposi(cur.  Celui  qui 
accommode  un  différent  par  les  voies  de  la 
douceur. 

A  l'amiaei.e.  Façon  de  parler  adverbiale. 
Par  la  voie  de  la  douceur,  sans  procès.  ?i  ous  en 
conviendrons  à  Vamiable.  Traiter  les  clioses  à 
Vanûablc.  Vider  un  diffl-rent  à  l'amiable. 

On  appelle  Vente  ù  Vamiable,  Celle  où  les 
prix  sont  marqués  sur  chaque  effet. 

AMIABLEME>T.  adverbe.  D'une  manière 
umiable.  Il  lui  a  parlé  f>rt  amiablement. 

AMIANTE,  s.  m.  Matière  minérale  dont  on 
fait  de  la  toile  incombustible. /-e.ç  Anciens  hrù~ 
loient  les  corps  dans  de  la  toile  d^ Amiante. 

AMICAL,  ALE.  adj.  Qui  part  de  l'amitié. 
Conseil  amical.  Ex}torlations  amicales.  Il  n'est 
point  d'usage  au  pluriel  masculin. 

AISIICALEMENT.  adv.  D'une  manière  ami- 
cale. 

AMICT.  s.  m.  (Le  C  ne  se  prononce  point} 
Sorte  de  linge  bénit,  que  le  Prêtre  met  sur  sa 
tète,  ou  sur  ses  épaules,  quand  il  s'habille 
pour  dire  la  Messe.  C'est  par  Vamict  que  le 
Prêtre  commence  à  s'habiller  pour  dire  la 
?-Jesse, 

AMIDO>',  s.  m.  Certaine  p.Ue  qui  est  faite 
de  fleur  de  froment  sèche,  et  qu'on  délaie  pour 
en  faire  de  l'empois.  Une  livre  d^amidon.  L\i- 
midon  le  plus  fin  est  la  poudre  à  poudrer. 

A:\HD0.\MKU,  ou  AMIDONIEU.  s.  masc. 
Faiseur  et  Marchand  d'amidon. 

AlMIGDALE.  s.  f.  Voync  Amygdale. 

A-MI-LA.  Terme  de  Musique,  par  lequel 
on  désigne  la  ncle  la.  Le  Ion  d'a-mi-la.  Cet  air 
est  en  a-nii-la.  Prendre  Ta-mi-la  de  l'Opéra, 
d'un  concert ,  etc. 

AMINCIR.  V.  a.  Rendre  plus  mince.  Amin- 
cir une  pièce  de  bois, 

Aj\unci  ,  lE.  participe. 

AMIRAL,  s.  m.  Grand  Officier  qui  com- 
mnndc  cn  chef  à  tous  les  vaisseaux  de  haut- 
bord,  >i  tous  les  navires  de  guerre.  Amiral  de 
France.  La  Charqe  d\'1nnral  de  /'  ronce  est  une 
des  qrandesCharqcs  de  la  Couronne.  Amiral  de 
Hollande,  de  Zélande.  Amiral  d'Anqlclerre. 

Il  se  dit  aussi  De  l'OOicier  qui  commande 
une  Armée  navale,  une  Escadre,  une  l'iolie, 
quoiqu'il  n'ait  pnînt  la  Charge  d'Amiral.  Ce 
Capitaine  étoit  Amiral  de  cette  Elotte. 

On  appelle  aussi  Amiral,  Le  principal  vais- 
seau d'une  Flotte.  Il  a  servi  toute  la  campagne 
iur  l'Amiral. 

AMIRAUTÉ,  s.  f.  Etat  cl  Office  d'Amiral 


AlNfM 

L'Amirauté  de  France.  Les  droits  de  l'Ami- 
rauté. ' 

II  se  prend  aussi  pour  Le  Siège  de  la  Juri- 
diction d-  l'Amiral.  Lieutenant  de  l'Amirauté. 
Procureur  du  Roi  eu  lAmiraulè.  Faire  jujer 
une  prise  en  l'Amirauté. 

AMITIK.  s.  f.  AfTcctîon  que  Ton  a  pour 
(!uc^u"un,  et  qui  d'ordinaire  est  miituelle.  lU 
vivent  dans  une  grande  amitié.  Ancienne  ami- 
tié. Etroite  amitié.  Ferme,  constante  amitié. 
Grande  amitié.  Bonne  amitié.  Amitié  récipro- 
eue.  Amitié  sainte,  satréc ^  inviolable,  rerita- 
We,  tendre,  sincère,  cordiale.  Amitié  uppa- 
rente.  Amitié  finie ,  simulée ,  trompeuse  , 
fausse.  Les  nœuds  ^  les  liens  de  Vamitié.  Les 
lois,  les  devoirs,  les  engaqemens  de  Vamitié. 
Les  plaisirs  y  les  douceurs  ^  les  tendresses  de 
Vamitié.  Les  senlimcns  de  Vamitié.  Contracter 
amitié-  et  familièrement,  Faire  amitié  avec 
quelqu'un.  Entretenir  Vamitié,  renoncer  à  Va- 
mitié, manquer  à  Vamitié.  Rompre  Vamitié. 
Renouer  amitié.  Répondre  à  l'amitié.  Promet- 
tre, jurer  amitié.  Lier  amitié.  Cultiver  Vami- 
tié. ViVrc  en  amitié.  Faire  quelque  chose  par 
amitié,  par  bonne  amitié.  Ils  sont  en  grande 
amitié.  Demander  à  quelqu'un  son  amitié.  /îe- 
cevoir  quelqu^un  dans  son  amitié.  Prendre  en 
amitié.  Il  n'y  a  guère  de  véritable  amitié 
qu'entre  égaujc.  J''ai  toujours  eu  de  Vamitié 
pour  lui,  et  H  n'en  a  jamais  en  pour  moi.  Le 
Prince  Vhonore  de  son  amitié. 

On  dit  daus  le  style  familier  :  Faites-moi 
Vamitié  de  parler  de  mon  aijhire  à  mes  Juges. 
Faites-moi  l'amitié  d^aller  jusque-là. 

On  dit  aussi.  Faites^moi  celte  amitié;  ei 
c'est  pour  dire.  /  aites~moi  ce  j  lui':iry  faîtes- 
moi  le  plaisir,... 

On  dit  proverhialonient.  Les  petits  préscn- 
entretiennent  /'amiïié,  pour,  Les  petits  soins, 
lea  moindres  choses  servent  îi  lier  davanl:ii;i- 
l'amilié. 

Amitié,  se  dît  aussi  De  l'aflcction  que  les 
animaux  ont  pour  les  Iiommes.  Ce  chien  a  bien 
de  l'amttie  pour  son  maître 

On  dit ,  en  termes  de  Peinture.  L'amitié  dea 
couleurs  j  pour,  La  convenanct*  que  certaines 
couleurs  ont  1*  s  unes  avec  les  auîics. 

AaiiTifs,  au  pluriel,  signifie  Caresses,  pa- 
roles obligeantes  qui  marquent  de  l'afTeclion. 
71  m'ti  foit  des  amitiés.  Il  m'a  jait  mille  ami- 
tiés. Faitc<-lui  mes  amitiés. 

On  le  dit  aussi  au  singulier.  Faire  amilic 
à  quelqu'un.  H  m'a  f.  it  amitié  en  toute  occa- 

SlVfl. 

A  M  M 

AMMAN.  ».  m.  Titre  de  dignité  qu'on  donne 
vu  Suisse  aux  Chefs  de  quelques  dotons. 

AM.MEISTRE.  subst.  masculin,  l-xhevin  de 
.Strasbourg,  et  de  plusieurs  autres  Villes  d'AI- 
leniagiif. 

AM.MI.  s.  m.  Plante  ombellifére.  I,es  se- 
mences ne  queltjucs-unes  de  ses  espèces  on! 
une  odeur  aronKiti(|uc. 

AMMON.  (Corne  d')  ».  f.  (On  prononce  Iot 
deux  M.)  Nom  donnj  daiu  Vllisloirc  nituietlc 


AMO 

J  une  coquille  en  spirale  qui  ne  se  trouve  tjiif 
pétrifiée  et  dans  le  sein  de  la  terre. 

A.'VnMMVC,  AQU13.  adj.  (On  prononce 
les  M,  et  le  C  final.)  On  le  joint  au  mot  Sel, 
pour  désigner  Un  sel  neutre  formé  par  l'union 
du  sel  marin  et  de  l'alcali  qu'on  nomme  vola- 
til. Il  se  tire  de  l'urine  et  des  excrémciis  des 
cliameaux.  C)d  dit,  le  Sel  ammoniac.  Il  y  a  aussi 
une  gomme -résine  qu'on  nomme  Gomme  am- 
moniaque. 

AMN 

AMNIOS.  s.  m.  (On  prononce  l'M  etl'S.) 
l'orme  d'Anntomie.  Une  des  enveloppes  du 
l'uetu.'!. 

AMNISTIE,  s.  f.  (On  prononce  l'M  et  l'S.) 
Pardon  que  le  Souverain  accorde  à  ses  sujets, 
principalement  pour  crime  de  rébellion ,  ou  de 
désertion.  Le  Roi  accortla  une  amnifiie  géné- 
rale. On  puhlia  l'amnistie,  .accepter  l'amnislie. 
Il  fui  compris  dans  l'amnistie.  Ceux  (jui  furent 
exceptés  de  l'umnislic. 

AMO 

AMODI.iTEUR.  s.  m.  Qui  prend  une  leire 
i  forme.  Il  s'est  rendu  anwdiateur  d'une  telle 
terre. 

Il  n'est  plus  guère  d'usage  qu'eu  quelqneiî 
Provinces. 

AMODI-VTION.  s.  f .  Bail  il  ferme  d'une  terre 
en  grain  ou  en  argent.  Faire /'(imoduition  d'une 
terre. 

AMODIER.  V.  act.  Affermer  une  terre  en 
grain  ou  en  argent.  Il  a  amodié  sa  terre  à  tant 
en  !j!c,  à  tant  en  arqent. 

A.M0D1É,  ÉE.  participe. 

AMOINDRIR.  V.  a.  Diminuer,  rendre  moin- 
dre. Cela  amoindrira  votre  rtvenu.  Cela  a 
l'CKKCOixp  amoindri  ses  forces. 

On  dit  aussi  S'amoindrir,  Devenir  moindre. 
Son  revenu  s'amoindrit  tous  les  jours. 

Amoindri  ,  ly..  participe.  ,*  on  revenu  est 
amoindri 

AMCnNDRlSSEMENl'.  s.  m.  Diminution. 
L'amoindrissement  de  sa  f>rtu;ie.  ^amoindris 
ïcincrit  de  sa  puissance,  d.'  ses  moyens. 

.•\Mv)LI.IR.  V.  a.  Rendre  mou  et  mani.iblc. 
Le  chaud  amollit  la  cire. 

Il  sigiïifi,;  fi^nrément, Rendre  mou  et  tfle- 
niiné.  La  volupté  amollit  le  cowuqc.  I,n  retniil  ■ 
f^rti/ie  la  vertu,  la  vie  dissipée  l'amollit. 

S'.iMOLLiii.  V.  pron.  Devenir  mou.  .4u  fi 
gurc,  S'afToililir,  devenir  efliimine'. 

.A'ioiti ,  lE.  participe. 

AMOLLISSEMENT.  •».  m.  Action  de  mollir. 
L'amollissement  de  la  cire. 

Il  se  dit  aussi  au  figuré.  L'amollissement  du 
ccuraqe. 

AMONCELER,  t.  a.  J'amoncelle,  j'umon- 
ccJoij.  Entasser,  mettre  plusieurs  clioses  en  nii 
monceau,  .fmoneeler  des  gerbes.  Amoncelé: 
plusieurs  choses  les  unes  sur  les  autres. 

Amoscklk  ,  t.K.  participi'. 

AJUONT.  sdw  Terme  usité  parmi  les  ."llmi- 
nicrs,  pour  j!gi:iGer,   Le  cjlé  d'où   vient  lu 


AMO  ^3 

rJTÎère,  et  qui  n'est  d'usage  qu'avec  la  parti- 
cule Ve.  Le  Pays  diamant.  Ces  hateaujc,  ces 
marchandises  viennent  d'amont^  du  Pays  d'a- 
mont. Le  vent  est  d'amont,  vient  d'amont.  On 
appelle  Vent  d''amont ,  Le  vent  du  Levant. 

AMORCE,  s.  f.  Appât  pour  prendre  des 
poissons,  des  oisenux,  etc.  l'rcndredes  poissons 
avec  de  l'amorce.  1  e  Vamorcc  potir  prendre 
tl'îfs'oiseaiLX. 

Amorce,  se  dit  aussi  De  la  poudre  h  canon, 
'|u'on  met  dans  le  bassiiïel  d'une  arme  à  feu, 
nu  à  des  fuse'es,  a  des  p-li-rds,  etc.  pour  yliiire 
prendre  feu.  L'amorce  e.st  bien  sèche.  L'amorce 
t's(  mouillée.  Vamorcc  ne  prendra  pas. 

A^MoncE,  se  dit  figurément  Ue  tout  ce  qui 
attire  la  volonté,  en  flattant  les  sens  ou  l'esprit. 
Les  amorces  de  la  volupté.  Douce  amorce. 
Dangereuse  amorce.  Il  n'y  a  point  de  plus 
grande  amorce  pour  les  âmes  basses  que  l  in- 
térêt. La  gloire  a  de  puissantes  amorces  pour  les 
grandes  âmes.  Eviter  i*aniorcc,  y  résister.  Ae 
nous  laisse;  pas  prendre  à  Vamorce. 

AJVIOUCER.  V.  a.  Garnird" amorce,  .^niorctr 
un  hameçon.  Amorcer  up.  pislolef ,  «ne  arque' 
l>nsc,  un  canon,  une  fusée. 

j^MOftCER ,  signifie  aussi,  .Attirer  avec  de 
l'amorce.  Amorcer  des  poissons ^  des  oiseaux. 

A.MOHCEn,  sij^nilîo  aussi  figurément,  attirer 
par  des  choses  (pii  flattent  l'esprit  ou  les  sens. 
Se  laisser  amorcer  au  gain.  Etre  amorcé  par  le 
gain.  C'est  une  femme  adroite  et  dangerciLse, 
qui  sait  les  moyens  d'amorcer  les  gens.  Il  s'est 
laissé  amorcer  par  une  apparence  de  gloire. 
Amoucé,  ée.  participe. 
AMORÇOLRf.  s.  m.  Outil  dont  l'arlisan  .jui 
iiav.iilie  en  boîs  se  sert  pour  coLimencer  le* 
Irous. 

A!\IORTIR.  V.  a.  Rendre  moins  ardent , 
aïoins  ûcre,  moins  violent.  Ce  f^u  est  trop 
jrand,  il  fant  y  jeter  de  l'eau  pour  Vamortir. 
itnortir  le  fu  d'un  érysipélc  avec  de  Voxy- 
.nit. 

\\  signifie  aussi.  Faire  perdre  de  la  fnrrc  ù  un 
inup  de  feu.  Il  reçut  un  coup  de  pistolet  de 
l'-^rt  près,  mais  son  buffle  amortit  un  peu  le 
coup.  0\i  dit  aussi  ^ 'amortir.  Le  coup  j  amortit 
contre  son  bujjle,  c'est-à-dire,  Devint  moins 
lort. 

Il  se  dit  aussi  Des  herbes,  et  il  signifie  pa- 
reillement. Leur  faire  perdre  de  leur  force, 
de  leur  Acrcté  et  de  leur  amertume;  et  il  s'em- 
ploie plus  ordinairement  au  neutre.  Faire 
amortir  des  herbes  dans  de  Veau  bouillante. 
Faire  amortir  du  cerfeuil  sur  une  pelle  rouge. 
Il  se  dit  aussi  Des  couleurs,  pour  dire,  Kn 
uffuiblir  la  vivacité,  l'éclat,  par  des  couleui-s 
sombres,  ou  autrement.  Ces  couleurs  sont  un 
peu  trop  vives  et  trop  dures,  il  faut  les  amortir 
far  d'autres  plus  douces.  Le  tcmj  s  amortit  les 
Couleurs^  et  rend  la  peinture  plus  tendre. 

On  dit  figurément,  Amortir  les  feux,   les 

ardeurs  de  la  jeunesse^  amortir  les  passioi^r^ 

pour  dire.  Rendre  les  passions  moins  vives, 

moins  ardentes.   Le  temps  amortit  les  ftitx  de 

,   la  jeunesse. 

'     AjionTiii,sc  dit  encore  en  mali^redc  renies. 


5i  AiMO 

de  pensions,  et  Ue  devoirs  di.»  fief,  et  signifie, 
Les  L'teindre,  les  faire  cesser,  en  payait  ou  en 
dédommageant  ceux  à  qui  l'on  doit,  /iniorlir  une 
ilette^  nne  rente,  une  pensiott.  Amortir  une 
re(lc\'iince  <îe  fief, 

A.MOnnn.  v.  a.  Terme  de  Pratique.  Payer  le 
droit  d'amortissement.  Amortir  une  terre,  un 
/.'e/\  une  maison. 

On  dit  aussi-,  que  Le  Roi  amortit  une  terre. 
pour  dire,  qu'il  permet  que  des  gens  de  main- 
morte possi'dent  une  terre  en  fief,  ttc. 

AsionTi ,  lE.  participe. 

AMOHTISSEMEiYl-.  s.  m.  Tenue  de  Pra- 
tique ,  qui  signifie,  Le  vach;il .  I  extinction 
d'une  pension,  d'une  rente,  d'um-  redevance 
de  fief.  Faire  l'amortissement  d'une  rente ^ 
d'une  pension. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  d'Un  domaine, 
d'une  terre,  d'un  héritage  qui  tomlie  en  main- 
uiorie;  et  il  signifie,  La  faculté  (jue  donne  le 
ïïoi  pour  faire  que  des  gens  de  mainmorte 
puissent  devenir  propriétaires.  Ces  ï\eli(jiciuv 
ont  P(»;)é  Irtnî  ponr  l'amortisse/nenï  d'une  telle 
terre.  ïls  ont  payé  les  droits  d\imortissemcnt. 

A.MOTiTissESiENT,  est  aussi  un  lenne  d'Ar- 
chitecture, et  signifie,  Ce  qui  termine,  ce  qui 
finit  le  comlile  d'un  bâtiment.  On  a  mis  pour 
(i)Morfisscmcnt  il  ce  pavillon  un  vase  de  fleurs. 
Mettre  des  figures,  des  vases ^  des  trophées  au- 
dessus  d'une  corniche^  pour  servir  d'amortisse- 
ment. Mettre  un  -vase,  mettre  une  fqnre  en 
amortissement. 

'  1  se  dit  aussi ,  par  extension ,  De  tous  les  orne- 
nuîns  qui  terminent  des  ouvrages  d' Arclntecture. 

AMOUR  Mibst.  m.  ifentin;* :,t  par  lequel  k 
cœur  se  porte  vers  ce  qui  lui  paroit  aimable, 
et  en  désire  !a  possession.  Amour  ejrïrénie. 
Amour  ardent.  Amour  violent.  Amour  horuiête. 
Amour  légitime.  Amour  naissant.  Amour  di- 
vin. Amour  céleste.  Amour  terrestre.  Amour 
charnel.  Amour  désordonné.  Amour  sensuel. 
Anuynr  conjugal.  Amour  paternel.  Amour  filial. 
Amour  réciprogue.  Amour  mutuel.  Avoir  de 
l'amour,  donner  de  l'amour ,  inspirer  de  l'a- 
mour.Être  transporté  d^  amour,  hrùler  d'amour., 
languir  d'umour,  mourir  d^amour. 

On  dit  proverbialement,  en  parlant  d'L'nf 
femme  laide,  que  C^est  un  vrai  remède  d'amour.; 

AMoun-pnornE.  C'est,  dans  le  sens  absolu 
et  philosophique,  Le  si-ntinienl  d'amour  et  de 
préférence  que  chacun  a  pour  soi,  et  qui  est 
naturel  ^  tous  les  hommes  :  mais  dans  le  sens 
le  plus  ordinaire,  il  se  prend  pour  ce  même 
sentiment  porté  jusqu'à  ICvccs  qui  en  fait  un 
vice;  et  il  signifie,  L'opinion  trop  avanta[»eusn 
qu'un  homme  a  de  lui-même,  le  trop  grand 
attachement  ^  tout  ce  qui  lui  ol  personnel. 
Cet  homme  a  hien  de  l'aminir- propre.  /I  est 
pétri  d'amoirr- propre.  Il  y  a  hien  de  l'amour- 
vmpre  dans  cette  prétention ,  dans  ce  langage, 
dam  cette  réponse.  L' amour-propre  est  le  nw- 
hiic  de  toutes  ses  actions. 

AMOt;n  DE  SOI.  Ou  le  distingue  de  l'Amour- 
propre,en  ce  qu'il  u'exprinicque  l'allachemen' 
dechaetinà  son  evislencc  et  à  son  bitn-ctrc  | 
aentimonl  légitime    et    nécessaire  ù   tons   les 


AMO 

hommes  :  il  ne  devient  vicieux  que  par  l'excrs; 
et  alors  c'est ,  ou  T  Amour-propre ,  ou  l'Egoisme. 
L'amour  de  soi  a  été  donné  à  chacun  pour 
veiller  à  sa  conservation. 

Le  mot  d'-'/"io«r,  étant  joint  avec  divers 
termes  précédés  des  particules  de,  du,  des,  re- 
çoit divers  sens,  selon  les  divers  termes  ave 
lesquels  il  se  joint. 

Ouelqucfois  la  particule  de,  dont  il  est  suivi 
s'Tl  il  marquer  de  quelle  nature  est  l'amour 
dont  on  parle  ;  et  en  ce  sens  on  dit,  Amour  de 
hienveillance ,  amour  de  charité ,  amour  de 
concupiscence.,  amour  d'intérêt,  pour  dire,  Un 
amour  qui  procède  d'un  sentiment  de  bienveil- 
lance, de  cliarité,  d'intéi-êt,  etc. 

Quelquefois  les  p;u"ticules  de  ,  du  ,  des  , 
sen'cnt  à  marquer  l'objet  vers  lequel  l'amour 
se  porte.  Ainsi  ou  dit.  L'amour  de  Dieu,  l'a- 
mour du  prochain  ,  Vamour  des  créatures  , 
l'amour  de  la  liberté,  Vapiour  de  la  Patrie  , 
l'amour  de  la  gloire,  Vamour  de  la  vertu, 
Vamour  des  richesses,  Vamour  des  piaîsirs^ 
Vamour  des  femmes,  pour  dire, L'amour  qu'on 
a  pour  Dieu,  pour  le  prochain,  pour  les  créa- 
tures, etc. 

Quelquefois  aussi  ces  mêmes  particules 
6ervent  ;\  marquer  le  sujet  dans  lequel  l'amour 
réside.  Ainsi  on  dit,  Y^'omour  des  pères,  Va- 
mour dus  mères ,  Vamour' des  peuples,  etc.  poiu*, 
L'amour  qu'ont  les  pères  et  les  ni''res,  rani()ur 
qu'ont  les  peuples,  etc. 

Vamour,  expression  familière,  autrefois 
employée  pour.  Mon  amour ^  et  qui  a  vieilli. 

On  dit  proverbialement,  Tout  par  amvur, 
et  rien  par  force,  pour  marquer  qu'Où  réussit 
toujours  plus  par  la  voie  de  douceur  que  par 
tonte  autre;  et,  Pour  Vamour  de  Dieu,  pour 
dire,  Dans  la  seule  vue  de  plaire  à  Dieu.  Faire 
guelque  chose  pour  Vamour  de  Dieu.  On  le  dit 
de  plus  dans  Vi  discours  familicF ,  pour  dire  , 
Sans  aucun  intérêt.  On  lui  a  donné  cela  pour 
i'amour  de  Dieu.  On  dit  ironiquement, Conmiii 
pour  Vamour  de  Dieu ,  |  our  exprimer  Une 
cliose  faite  ou  donnée  à  contre-cœur,  ou  un 
don  fait  avec  lésinerie.  On  lui  en  a  donné 
comme  pour  Vamour  de  Dieu.  On  dit  aussi, 
Pour  Vamour  de  guclfju'un,  pour,  Par  la  con- 
sidéralion,  par  l'estime,  par  rafTcclion  qu'on  a 
pour  quelqu'un.  C'est  une  chose  gue  je  vous 
prie  de  faire  pour  Vamour  de  moi.  Je  voudrais 
pour  Vamour  de  vous  guc  cela  fitt. 

En  parlant  Des  femelles  des  animaux,  on 
dit,  qu'jE//es  sont  en  amour,  pour,  qu'Elles 
•-.ont  en  chaleur.  Une  chatte  gui  est  en  amour. 
Quand  les  biches  sont  en  amour.  Quand  les 
oiseau.c  eont  en  amour.  Au  Printemps  toute  la 
terre,  toute  la  nature  est  en  amour. 

Amoi'iî  ,  quand  il  sif^nifie  La  passion  d'un 
sexe  pour  l'aulre,  est  quch{uefois  féminin  au 
singulier,  en  Poésie  j  et  presque  toujouis  fémi- 
nin au  pluriel,  même  en  Prose.  De  nouvelles 
(jmour.s,  d\irdentes  amours,  de  fdles  amours. 
C'est  Vobjct  de  ses  amours-  et  dans  cette  accep- 
'ion  on  dit.  Troubler  deiur  personnes  dans  leurs 
'n  imours,  pour.  Les  troubler  dans  le  commerce 
de  leur  passion. 


AMO 

Amocbs,  se  dit  aussi  au  pluriel ,  pour  signi- 
fier L'objet  que  Ion  aime  avec  passion.  Etre 
avec  ses  amours.  Quitter  ses  amours.  Kl  dans 
ce  sens  on  dit  proverbialement,  qu'il  n'y  a 
point  de  belles  prisons,  ni  de  laides  amours. 
On  dit  aussi  proverbialement,  Froides  mains, 
chaudes  amours,  pour,  La  iVaîrheur  des  mains 
marque  d'ordinaire  un  lejnpérament  chaud. 

Amours,  se  dit  encon:  nu  pluriel,  De  tout 
ce  qu'on  aime  avec  passion.  Les  tableaux,  les 
médailles,  les  liires,  son(  ses  amours. 

Amouu.  s.  m.  Divinité  fabuleuse ,  à  qui  les 
anciens  Païens  allribuoient  le  pouvoir  de  faire 
aimer.  On  peint  ordinairement  VAmour  avec 
un  arc,  un  hundeau  et  des  flèches.  La  mère  df 
VAmour.  Le  bamleau  de  VAmour.  Les  traits 
de  VAmour.  Le  flambeau  de  VAmour.  Les  ailes 
de  VAmour.  Il  est  beau  comme  VAmour.  Les 
Anciens  ont  donné  plusieurs  frères  à  VAmcur: 
et  c'est  dans  ce  sens  qu'on  dit,  Les  Amours. 
les  tendres  AmoKrs.  Les  Jeux,  les  ilis  et  les 
Amours. 

AMOURACHER,  v.  a.  Engager  dans  de 
folles  amours.  Je  ne  sais  gui  a  pu  Vamoura- 
cher  de  cette  sotte.  Le  plus  souvent  ou  dit 
S'AMOunACHEn ,  et  il  signifie ,  Prendre  une 
passion  folie.  Jl  est  sujet  à  s'amouracher.  îl 
s'est  amouraché  des  sciences  occultes.  Il  n'est 
que  du  style  familier. 

A.MounACHÉ,  ÉE.  participe. 

AMOURETTE,  s.  ï.  diminutif.  Amour  de 
pur  amusement,  et  sans  grande  passion.  C'est 
un  homme  gui  a  toujours  guelque  amottreite. 
Ses  amourettes  lui  ont  fait  tort  dans  le  monde. 
On  dit,  Se  marier  par  amourette,  pour,  Se 
marier  par  amour;  et  ordinairement  cela  ne  se 
dit  qu'en  parlant  d'Un  mariage  inégal,  et  qui 
n'est  pas  approuvé. 

On  appelle  Amourettes,  Certaines  parties 
délicates,  friandes,  (ju'on  délache  de  quelques 
os  de  la  viande.  On  lui  servit  les  amourettes. 

AMOUREUSEME>T.  adv.  Avec  amour. 
So'tpirer  amoureusement.  Regarder  amoureu- 
sement. 

U  se  dit  dans  les  Arts ,  De  ce  qui  est  exécuté 
avec  affection,  avec  grâce.  Cet  air  veut  être 
joué  amoureusement.  Ce  petit  tableau  est  amou^ 
rcusement  peint. 

AMOUREUX,  KUSE.  ûdj.  Qui  aime  par 
amour.  Etre  amoiircii,r  ,  épcrdument  amou- 
reux, passionnément  amoureux.  Devenir  amou- 
reux. Il  est  amoureux  de  cette  femme,  et  elle 
eit  amoureuse  de  lui. 

Il  signifie  aussi,  Enclia  &  l'amour.  H  est 
d'un  tempérament  amoureux,  de  complpxion 
amoureuse. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  qui 
fait  l'amant  de  toutes  les  femmes  qu'il  voit , 
qu'/I  est  amoureux  des  onze  mille  vierges  , 
qxiTl  seroit  amoureux  d'une  c^cire  coiffe. 

Amohiieux,  signifie  aussi.  Qui  marque  de 

l'amour,  qui  est  plein  de  seulimens  d'amour, 

(|ui  tend  à  inspirer  de  l'amour,  à  donner  de 

l'amour.   Soupirs   (UMoureux.   llegcrrds  amou- 

1  rcitc.  Lciires  amoureuses.  Style  amoureiLV. 

on  dit  poéliquement,  L'empire  amoureux, 


AMP 

pour,  L'empire,  les  lois  de  l'Amour,  pi  Is  comniL- 
Divinité  fabuleuse  ;  et  pour  signifier  aussi  L'é- 
tendue de  cette  domination.  Vwrc  sons  Vcm- 
pire  amoureux,  dans  lentpire  umoureii.r. 

Amouheux,  se  dit  aussi  pour  signifier,  Qui 
a  une  grande  passion  pour  quelqui-  chose.  Être 
antoitreux  de  la  {jhirc.  Il  est  «mourcii-c  de  la 
Peinture.  Il  est  amoureux  de  tuhlcaiLV.  On  dit. 
an  Un  homme  ciï  amoureux  de  ses  omTUQes, 
de  ses  pensées,  de  ses  sentimcns  ^  de  ses  opi- 
nions, pour,  qu'il  en  est  eulêlé. 

AMOinElx,  est  aussi  substantif,  et  alors  il 
signifie  Amant.  Vn  anwureux  transi.  L'aniou- 
reux  dci  onze  mille  vierges. 

AMOVIBILITE,  s.  f.  Qualité  de  ce  qui  est 
amovible.  L'amo\fihiUtc  de  cette  place  en  dimi- 
nue bien  le  prix. 

AMOVIBLE,  odj.  des  s»,  genres.  Qui  peut 
être  ûtë  d'un  postr,  qni  peut  être  dîslituc  h. 
Solonlé.  Il  ne  se  dit  gucirt-  qu'en  matiire  Ecclé- 
siastique. Vicaire  amovible.  Chapelain  amo~ 
¥ible.  Ou  dit  aussi,  Emploi  amovible,  place 
amovible. 

A  MP 

AMPIIIRIK.  adj.  des  a  genres.  Qui  vil  sur 
la  terre  et  dans  l'eau.  Les  veaux  marins.  Ici 
loutres,  les  castors,  les  crocodiles,  les  rats 
d*eau,  etc.  sont  des  animaux  amphibies. 

Il  se  prend  quelquefois  substantivement. 
C'est  un  amphibie. 

On  dit  (igurénicnt  d'Un  Jiomme  qui  exerce 
0cu\  professions  disp.iratns,C'ej(  un  amphibie. 

AMPHIBOLOGIE,  s.  3.  lJoui)Ie  sons  .]•.,- 
présente  une  plirn*;'?  mal  construite.  //  y  avoil 
souvent  de  l'amphibologie  dans  les  oracles  des 
fuiiX  Dieux.  Cet  homme  ne  parle  gue  pur  am- 
phibologie. 

AMPFIlBOIXKiïQUK.  adj.  des  9.  i;enres. 
Ambigu,  oh«:ur,  ayant  double  sens.  Discours 
amphibologique.  Oracle  amphibologigue.  Ué- 
ponse  amphibologigue. 

AMPHIBOIOGIQUEMENT.  adv.  D'une 
manière  anipliiboloni(|ue.  Souvent  les  oracles 
parlaient  amphibologiaucment. 

AMPHUnVONS.  s.  m.  pl.  Nor.i  que  les 
lirecs  doriunient  nux  Représeutans  des  Villes 
qui  avoirnt  droii  de  suffrage  dans  le  Tribunal 
de  la  Nation.  Les  Amphictyons  s'asscmbloient 
à  Delphes  et  aiir  Thernwpyles.  Droit  d^Àm- 
phietyojiie.  Ville  .tmphictyonide.  Suffrage 
AmphicI  yontgue. 

AMPHIGOUIU.  s.  m.  Discoura  dont  les 
mots  lu-  préscnleiil  que  des  idées  sans  ordre , 
et  u'unt  aucun  sens  détermine.  Il  est  familier. 

AMPH!(;OURlQrE.  adj.  des  2  genres. 
Ob$4:ur  ,  burles^jue  ,  qui  ne  présente  aucun 
sen»  dL'tiTinine,  Un  style  amphigouriguc*  Des 
vers  amphigourinues. 

AMPHlS<:m>S.  adj.  m.  pl.  Terme  de  Gco- 
gripliie.  Il  se  dit  des  liabitans  de  la  Âone  lor- 
ridc,  dont  l'ombre  toralx*  tantôt  vers  le  midi, 
tantât  vers  le  nord. 

AMPHITHl-ATRE.  ».  m.  Chci  Ica  anciens 
Rnmains,  r'rloit  un  f^and  tMifice  biti  en  rond, 
d*iai  l'ioté:  îtriir  étoii  formé  de  j;raùiiis  ,  d'où 


AMP 

l'on  voyoit  les  combats  des  (îladialeurs  et  des 
bétes.  Grand  amphithé'itre.  Amphithéâtre  spa- 
cieucP.  L'amphithéâtre  de  Aimes.  L'amphi' 
théâtre  de  Vespasien  s'appelle  aujourd'hui  Le 
Colisée. 

AmpuithéÂtuk  ,  C'est  parmi  nous  un  lieu 
élevé  par  degrés  vis-à-vis  du  Théâtre,  d'où  les 
Spectateurs  voii-nt  le  spectacle  plus  commode- 
ment.  L'amphitliédtre  étoît  plein  de  monde. 

AMPHORE,  s.  f.  Vase  antique  :  il  étoii  de 
différentes  grandeurs;  mais  la  jauî;c  la  plus  or- 
dinaire est  évaluée,  par  les  Antiquaires,  à  en- 
viron vingt-quatre  de  nos  pintes. 

AMPTJ£.  udj.  dos  2  genres.  Qui  est  e'iendu 
en  lonf^ueur  et  en  largeur  au-delà  de  la  mesure 
la  plus  ordinaire,  la  plus  commune  de  chaque 
chose.  Ample  étendue.  Ce  lieu,  cet  espace  n'est 
pas  assez  ample.  Une  robe  bien  ample.  Vn 
manteau  fort  umplc.  Ce  rideau  est  trop  ample. 

A-MPLE  ,  se  dit  figuréraent  De  plusieurs 
choses,  par  rapport  à  l'élenduc,  cl  quelque- 
fois par  rapport  à  la  durée.  Ample  repas. 
Ample  déjeuner.  Ample  discours.  Ample  récit 
Ample  sujet.  Une  ample  matière.  Une  relation 
bien  ample.  Un  ample  traité.  Un  champ  bien 
ample  pour  discourir.  Ample  pouvoir.  l*ermis- 
sion  bien  ample,  l^riviléges  bien  amples.  Il  ii& 
demandoit  gu'un  congé  d'un  mois,  on  lui  en  a 
accordé  un  bien  plus  ample. 

Aniple^  sans  modificaiif ,  prêcè,de  le  nom, 
comme  on  le  voit  dans  les  premiers  exemples. 
Ample ^  précédé  d'un  modificaiif,  suit  le  nom. 
Un  pouvoir  bien  ample.  Un  congé  plus  ample. 

AMPLEMiCNT  -idv.  D'une  niaiiuVe  ample. 
Je  lui  ai  écrit  anij^lement,  bien  amplement.  Je 
vous  en  enlreliendnn  plus  amplement.  Il  m*a 
amplement  satisfait.  Il  leur  donna  amplement 
à  diuer. 

Ai^IPLEUR.  s.  f.  Étendue  de  ce  qui  est 
nmpic.  Il  ne  se  dit  qu'en  parlant  D'habits  et 
de  meubles.  Vn  manteau  gui  a  trop  d'ampleur. 
Un  rideau  gui  n'a  pas  assez  d'ampleur. 

AMPLIATIf ,  IVE.  adj.  Qui  augmente, 
qui  ajoute.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  Des 
Biefs  et  Bulles,  et  autres  Lettres  Apostoliques. 
qui  ajoutent  quelque  chose  aux  précéiieiiU-s. 
Le  lirvf  amplialif  de  Clément  IX.  La  BulU 
umpiiutive  de  Paul  III. 

A^IPLlATïCiy.  s.  f.  Terme  de  Finance.  La 
double  d'une  quittance  ou  d'un  autre  acte, 
que  l'on  garde  pour  le  produire,  iîcgistre  de^ 
ampliations. 

On  apptdle  Lcfircs  d'anipli'afion,  Des  Let- 
tres en  ftiaccelleric,  pour  expliquer  les  moyens 
qu'on  avuit  omis  dans  une  Requête  civile. 

AMPLIFICATEUR,  s.  m.  a-lui  qui  ampli 
fie.  C\"=t  un  grand  amplificateur.  Il  ne  se  dit 
qu'en  mauvaise  part. 

AMPLIFIC/VTION.  s.  f.  Terme  de  Rhéio- 
ri<|uc.  Discours  par  lequel  ou  étend  la  sujet 
qu'on  traite.  M  y  a  trop  d^amplification  dam 
ce  discours. 

Ou  appell  '  dans  les  Collèges,  ^mpfi/Tcrtfron. 
Le  discours  que  les  écoliers  font  siur  un  sujel 
qu'on  leur  donne  &  développer.  Cet  écolier 
réunit  dans  la  ampliiicalions. 


AMU 

AMPLIFIER.  V.  a.  Étendre  .  augmenter  par 
le  discours.  Amplifier  une  îwuvelle.  Il  amplil':e 
toujours  les  choses.  Il  amplife  tout  ce  qu'il  dit. 

Amplifié,  ée.  participe. 

AMPLISSIME.  superlatif.  Trés-anaple. 

(;'<  st  aussi  un  titi'C  d'honneur  donné  au  Rce- 
teur  de  l'Université  de  Paris. 

AMPLITUDE,  s.  f.  Dans  c  jet  des  bombe», 
c'est  la  ligne  horizontale  comprise  entre  1p  point 
d'où  part  la  bombe,  et  celui  où  elle  va  tomber. 
L'amplitude  du  jet. 

Ami'Litude  ,  en  Astronomie,  est  l'arc  de 
l'horizon  compris  entn*  le  vrai  levant  ou  le  vrai 
couchant,  et  le  point  où  un  astre  se  l<-vc  on  se. 
couche.  Amplitude  orientale  ou  orïi'ye  du  soleil. 
Amplitude  orcidfnUilc  ou  occiise. 

AMPOULE,  s.  f.  Fiole,  petite  bouteille.  En 
ce  sens  il  ne  se  dit  que  de  La  sainte  Ampoule, 
qui  est  une  fiole  où  l'on  conserve  l'huile  qui 
sert  à  l'onction  des  Rois  de  France  quand  m» 
les  sacre. 

A.MPOCT-E,  se  dit  aussi  De  ces  petites  enflure 
qui  se  font  sur  la  peau,  et  qui  sont  plein 'S 
d'eau.  Il  lui  est  venu  une  ampoule  à  la  main. 
Il  a  des  ampoules,  de  grosses  uriipoiiles  aux 
mains  y  des  ampoules  sous  les  pieds. 

AMPOULÉ,  ÉK.  adjectif .  Enflé.  Il  ne  se  dit 
guère  qu'au  figuré,  et  seulement  en  parlant  De 
prose  ou  de  vers.  Discours  ampoulé.  >tyle  am- 
poulé. Vers  (im^ïoulé. 

AMPUTATION,  s.  f.  Terme  de  Chirurgie. 
Retranchement,  ./nïp.'iïadon  d'un  bras.  Il  n'.i 
cté  sauvé  gue  par  l'amputai  ion  ne  si:  iautOe.  i.rs 
Chirurgiens  furent  d^avls  de  l amputation. 

AMPUTER.  V.  a.  Terme  deChinugic.  V.t- 
tiaucher. 

A.MILTÉ-  ÉE.  participe. 

AMU 

AMULETTE,  s.  masc.  Figure  ou  caractère 
)ju"o;i  porte  sur  soi,  en  y  attachant  nue  cou- 
fiauce  superstitieuse. 

AMURER.  V.  act.  Terme  de  Marine.  C'est 
bander  les  cordages. 

AmiuÉ,  tz.  ]:articipc. 

AMURES,  s.  f.  pl.  Trous  pratiques  dans  k 
plat -bord  d'un  vaisseau,  pour  y  arrêter  ctr- 
laines  Cordes  qui  servent  h.  bander  les  voiles. 

AMUSANT,  ANTE.  adj.  Qxû  amuse  agréc- 
Idement,  qui  divertit.  C'est  un  esprit  amusant. 
C^est  la  personne  du  monde  la  plus  uniusiinfe. 
L'n  ïiVrc  ftrt  amusant.  C'est  un  homme  d'umi 
conversation  fort  amusante. 

A.MUSEMENT.  s.  m.  Ce  qui  amuse .  ou  qui 
Bcrl  h  amuser.  Doux  amusenu-ul.  Amusenuut 
innocent.  SoJï  luth  fuit  son  amusement.  C^cst 
son  amusement.  Agréable  amusement. 

AMUSEstEST,  signifie  aussi  Trompeiic,  pro- 
messes tromp'.'uscs.  Tout  ce  gne  vous  me  difCf 
là,  tf'est  gu'un  amusement. 

AMUSER.  V.  a.  Arrêter  inutilement .  faire 
perdre  le  temps.  Amuser  guclgu'un.  Il  ne  faut 
rien,  il  ne  fiut  qu'une  mouche  pour  Vamuscr. 
^  Anutscr  l'ennemi. 

Il  sigiiine  fM-si,   rKvciiir  par  des  clioscf 


56 


AK 


\]NA 


agréables,  t'n  allsndant  le  souper,  on  amusa  la      création  du  monde,  ou  à  la  naissance  de  JÉsos 
compagnie  par  un  concert.  C'est  un  homme  ijui 
u  i'arl  d\nmtscr  agréablement  ceux  gui  le  vunl 
voir.  Amuser  des  enfans. 

Ajiuseii  ,  signifie  aussi ,  RejiaUre  de  vaincs 
espérances.  //  vous  amuse  pour  vous  tromper. 
Il  I  iinmse  de  belles  paroles.  Il  y  a  trois  ans 
gu*il  l'amuse. 

S'amosed  ,  signifie.  S'occuper  par  simple  di- 
vertissement, et  pour  ne  se  pas  ennuyer.  Il 
s'amuse  depuis  guehjue  temps  à  faire  des  expé- 
riences de  P}iysi(pte.  C'est  perdre  son  temps  ^ 
gue  de  s'amuser  à  faire  des  l'crs,  quand  on  n^a 
peint  de  talent  vour  la  l'ocsie. 

Ou  dit  dans  ie  <!iscoiu:s  fiuiiilier,  A  guoi 
vous  amusez -vous  de  parler  à  un  fou?  pour, 
De  quoi  vous  avisez -vous?  El  dans  le  môme 
sens,  ?ie  vous  amusez  pas  à  le  plaisanter ,  il 
fi'entcrirf  pas  raillerie. 

On  dit  proverbialement  5'omuser  à  la  mou- 
tarde, pour,  S'arrêter  ù  des  choses  inutiles.  Et 
lorsqu'un  homme  parle  beaucoup  sur  une  af- 
faire, sans  en  venir  au  fait,  on  dit,  Il  ne  fait 
gu  amuser  le  tapis.  C'est  amuser  le  tapis. 

Amusé,  ée.  participe. 

AMUSFTTE.  s.  fera.  Petit  amusement.  Les 
poupées  sont  des  amusettes  d'enfant.  Il  rcnat-dc 
cela  comme  des  amusettes.  Il  est  du  style  fa- 
milier. 

.^'MU.SOIRF. ,  s.  féni.  se  dit  famihcrement 
d'L'n  moyen  d'pmuscr,  dans  le  sens  de  Dis- 
traire. Cela  n'est  pas  sérietLX  ;  ce  n'est  gu'une 
arnusoire.  Il  est  peu  usité. 

A  M  Y 

AMYGDALE,  s.  fera.  On  appelle  ainsi  les 
glandes  en  forme  d'amande ,  qui  sont  aux  deux 
o'ifs  de  la  gorge  sous  la  luette.  Jvoir  !es  amyg- 
dales enflées. 

A.MYCJDALOiDE.  s.  f.  Pierre  figurée 
ressemble  à  une  amande. 


■1" 


AN 

AN.  s.  m.  Le  temps  que  le  Soleil  est  il  par- 
courir le  Zodiaque,  et  qui  est  composé  de 
douze  mois.  An  commencé.  .4près  un  aiii  entier. 
Après  un  an  révolu.  Au  bout  d'un  an.  Au  bout 

de  l'an  il  arriva  gue L'an  étant  expiré.  Le 

premier  jour  de  Janvier  est  le  premier  jour  de 
l'an.  Il  y  a  deu-c  ans,  trois  ans,  etc.  Au  bout 
de  cinguante  ans.  Il  n'a  pas  encore  vingt-cing 
ans  accomplis.  Il  a  dix  ans  de  service. 

On  appelle  .Service  du  bout  de  Van,  ou  sim- 
plement Lé  bout  de  l'an,  Le  Sen-ice  qu'on  fait 
dans  une  E^glise  pour  une  personne  un  an  aprSs 
«a  mort. 

On  appelle  An  Ilissextil ,  Celui  où  l'on 
compte  un  jour  de  plus  au  mois  de  Fcviier, 
qui  alors  en  a  vingt-ncnf,  au  lieu  de  vingt-huit 
qu'il  a  d'ordinaire. 

L'an  du  monde,  l'an  de  grâce,  l'an  du  sa- 
lut, l'an  dePiotre-Seiqnenr,  Va.i  de  l'Incarna- 


Chiiist. 

On  dit,  Le  jour  de  l'an,  pour,  lie  premiei 
(our  de  l'an.  Et  Bon  jour  et  bon  an,  est  une 
façon  de  parlfr  proverbiale  et  familière,  dont 
on  se  sert  pour  saluer  les  personnes  la  première 
fois  qu'on  les  voii  dans  les  premiers  jours  de 
chaque  année. 

Bon  an  ,  niul  an,  espèce  de  formule  qui  si- 
gnifie. Compensation  faite  des  mauvaises  an- 
nées avec  les  bonnes.  Don  an,  mal  an,  ce  pre 
lui  rapporte  tant  de  foin.  Bon  an,  mal  uJi,  sa 
terre  lui  vaut  tant. 

Par  un,  c  est- h -dire,  Chaque  aunce.  Sa 
terre  lui  rapporte  tant  pur  an. 

En  style  de  J urisprudenct ,  on  dît,  An  et 
jour,  pour  signifier,  L'année  révolue.  Voyez 
Année. 

AN  A 

AK.V,  s.  m.  Terminaison  qu'on  donne  à  des 
titres  de  recueils  de  Pensées  détachées ,  de 
traits  d'Histoire,  etc-  tels  que  IcMénagiana ,  \c 
Pcrroniana,  etc. 

An.\,  est  aussi  un  mot  employé  dans  les  or- 
donnances des  Médecins  ,  pour  signifier,  Quan- 
tité égale  de  drogues  qu'on  mêle  ensemble. 

.•\NACARDE.  s.  m.  Fruit  qui  a  du  rapport 
avec  celui  de  l'Acajou  j  et  qui  s'emploie  en  Mé- 
decine. 

ANACHORÈTE,  s.  m.  (l'II  ne  se  prononce 
point,  )  Ermite ,  Moine  qui  vit  seul  d.ins  un  dé. 
sert.  Il  se  f'i'  par  opposition  aux  Moines  qui 
vivent  en  commun,  ei  qu'on  app:'I!e  autic- 
ment  Cénobites.  Les  Anachorètes  de  la  ihé- 
baide. 

ANACHUOSISSIE.  s.  masc.  Faute  contre  U 
Chronologie.  On  accuse  Virgile  d'avoir  fait  un 
anachronisme ,  en  faisant  Ënée  et  D'id<)n  con- 
'cmporains. 

AN.4CRÉONTIQUE.  adj.  des  2  genres. Qui 
est  dans  le  goût  des  Odes  d'.\tiacréon.  i'er,-; 
y/nacréonfif^ues. 

ANAG.ALLIS.  s.  m.  Voyez  MounoN. 

ANAGOGIQUE.  adj.  des  2  genres.  Terme 
Je  Théologie.  U  ne  se  dit  guère  que  dans  cette 
phrase,  I nterprctation  anagogigue,  pour  dire, 
L'nc  interprétation  qu'on  tire  d'un  sens  naturel 
et  iitiéral,  pour  s'élever  J  un  sens  spirituel  et 
mystique. 

AISAGRAMMaTISER.  v.  n.  S'occuper  de 
l'anagramme  des  mots. 

ANAtJRAMM.iTlSTE.  s.  m.  Qui  fait  des 
anarramrae.s. 

A.NAGRyVMME,  s.  1.  Arrangement  des  Ici - 
tresd'ur-  mol,  di«posées  de  telle  sorte,  qu'elles 
font  un  autre  mot  et  un  autre  sens.  Fiiirc  une 
ancgrammc.  Cette  anagramme  est  heureuse. 
L'anagramme  n'est  parjaite  gue  guand  on  ne 
change  aucui'^  lettre  du  mot  sur  lequel  on  la  fuit. 

ANAGYRIS,  ou  BOIS  PUANT,  s.  m.  Arhrc 
d'une  moyenne  grandeur,  qui  croit  en  Italie, 
en  Espagne,  etc.  Sa  fleur  est  légumincuse.  Ses 
feuillLS,  froissées  dans  h  s  mains,  rendent  une 


fion,  sont  dr/i  formules  dont  on  se  sert, suivantjAodeur  forte  et  désagréable.  On  en   fait   usage 
qu  on  suppute  les  temps  par  rapport  ou  à  la      en  .Médecine. 


ANA  ■ 

A.NALEOTES.  s.  m.  pi.  Fragmens  choisis 
d'uu  Auteur. 

ANALÊIWE.  sul)st.  raasc.  Projection  ortho- 
grapliifjue  de  la  Sphère  sur  le  colure  des  Sols- 
lices. 

ANALKPTIQUE.  s.  f.  Partie  de  l'an  de 
conserver  la  saulû,  ou  de  l'hygiène. 

A>Ai.EPTiQUE.  adj.  des  2  genres.  Il  se  dit 
d'Un  remède  qui  fortifie. 

AN  ALISE,  s.  f.  Terme  didactiijue.  La  réduc- 
tion, la  résolution  d'un  corps  dans  ses  prin- 
cipes. Faire  Vanalise  dhine  vlante.  Aiialisc 
chimiaue.  Analise  par  voie  de  Chimie. 

On  dit  aussi,  Faire  Vanalise  d'un  Discours, 
pour  dirCj  Le  réduire  d.-'as  ses  parties  princi- 
pales, pour  en  mieux  connoître  l'ordre  et  la 
suite. 

Eu  Mathématiques,  on  appelle  Analîse , 
L'art  de  résoudre  les  prohlèmes  par  l'Algèhre. 
Être  versé  dans  Vanalise. 

En  Logique,  on  appelle /(nulise,  La  mé- 
thode de  résolution,  qui  remonte  des  consé- 
quenci'S  aux  principes,  des  efifets  aux  causes. 

ANALîSER.  V.  a.  Faire  l'analise.  Il  se  dit 
principalement  des  productions  de  l'esprit. 
Analiser  un  discours,  un  plaidoyer j  un  rai- 
sowicment. 

Anausé,  ÉE.  participe. 

ANAUSTE.  s.  nLTermedeMathémati(jiie6 
Qui  est  versé  dans  riinalisr.  Hahile  Analistc. 

Arv'ALlTlQUE.  adj.  dos  2  genres,  (^^ui  tient 
de  ranahs*.  Méthode  analitique.  Examen  una- 
litigue, 

ANALITIQUE^ÏENT.  adv.  Par  analîse,  par 
vuie  analitique.  Procéder  anulitiiiuemenl. 

ANALOGIE,  s.  f.  Rapport,  ressemblance; 
proportion.  Il  s'emploie  un  peu  diversement  en 
Mathématiques  et  en  Philosophie.  Dans  les 
premières,  il  signifie,  Rapport  exact  et  rigou- 
rcuxT  II  y  a  la  même  analogie  de  deux  à  trois, 
fjue  de  six  à  neuf,  La  solution  de  ce  prohlèfiie 
dépend  de  Vanaloqie,  de  plusieurs  analogies. 
En  Philosophie,  il  se  dit  Des  rapports  plus  ou 
moins  éloignés,  même  de  similitude.  Vanalogic 
du  fer  avec  Vaimant.  La  partie  basse  dune 
montagne  s'appelle  le  pied  de  la  montagne,  pur 
analogie  avec  le  pied  dn  l'honune.  Raisonner 
par  analogie.  Foible  analogie.  Analoqie  /î"(ip- 
pante.  Il  ne  faut  pas  toujours  conclure  par 
analogie. 

Il  se  dit  en  parlant  d'Histoire.  Il  y  a  entre 
ces  deux  récits  des  analogies  de  temps  et  de 
circonstances,,  <jui  font  croire  gue  c^est  lemcma 
(ait  diversement  raconté. 

Il  se  dit  en  Morale.  Ces  deux  hommes  se  sont 
liés  par  Vanalogie  de  leur  caractère  et  de  leurs 
goûts. 

U  se  dit  aussi  en  teiines  de  Grammaire, 
pour  marquer  Le  rapport  que  divers  mots 
dune  Langue  ont  eoscnihle  po\ir  leur  forma- 
tion. Le  mot  jia.ssionué  est  /crnie  de  passion, 
parla  même  analogie  f|u'aflectiunné  Vest  d'af- 
fection. 

ANALOGIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  a 
A  de  l'analogie.  Ter  mes  an,iloqigues. 

A>ALO(;iQUEMENr.  adv.  D'une  mamècc 


AN  A 

analo;;!que.  Le  mot  lU  pied  se  ilit  analoqi(jue^ 
ment  du  bas  d\iiie  montagne. 

AîJAI.OGUIi.  a.lj.  des  2  genres.  Terme  de 
Pliilosopliie.  Qui  a  de  l'analogie  avec  une  autre 
chose.  Le  ji^ed  de  Vhommt:  et  le  pied  d*unc 
montdfjîte  sont  des  termes  aiialoques. 

On  le  fait  quelquefois  sulislantif.  Les  ana- 
logues. Ce  sont  dcitx  analoques.  Ce  terme  n\i 
}}oinl  d'analogue  en  François. 

AS.\LVSK.  s.  f.  Voye;  Anause. 

ANAIjYSKR.  V.  a.  't'ojc;  A^AI.1SEP. 

ANALYSTE,  s.  m.  Voyez.  Asaliste. 

ANALYTIQUE,  odj.  des  2  gsiircs.  Voyez 

Ax.M.IT|f)lE. 

ANALVTIQUEMENT.  adv.  Voyez  Akku- 

TIQUKSIKNT. 

ANAMURPIIOS:;.  s.  f.  On  a;ipclle  ainsi  Tn 
tableau  qui ,  vu  d'iiuc  certaine  di.stince,  rcpril- 
sente  certains  objets,  et  représente  toute  aulic 
cbose,  vu  d'une  autre  distance. 

ANANAS,  s.  m.  Plante  qui  croît  entre  1rs 
Tropiques,  et  qu'on  élève  en  Europe  dans 
des  serres  chaudes.  Le  fruit  de  cette  plante 
s'appelle  aussi  Ananas,  et  est  trèsestimi  par  sj 
saveur. 

ANAPESTE,  s.  m.  Sorte  de  pied  dans  Ij 
Poésie  Crccf{ue  ou  Latine,  composé  de  dcus 
brèves  et  une  lonj^ue. 

ANAPHORE.  s.  f.  Figure  de  RJic'.oriquc. 
ÏVcpe'tition. 

ANARCHIE.  9.  f.  État  sans  chef,  et  sn!i 
aucune  sorte  de  gouvernement.  La  Déinocratit 
}>ure  dégénère  fucilement  en  Anarchie 

A.NARCHlObK.  odj.  d-s  2  penrcs.  Qui 
tient  de  l'Anarchie.  Vn  Etat  Anarchique. 

ANARCIIISTi:.  s.  des  2  genres.  Partisan  du 
l'an-irrhic,  fauteur  de  troubles.  Il  est  aussi 
adjectif,  cl  se  dit  Des  opinions.  Ves  principct 
anarchistes,  un  système  anarchiste , -puixT,  Fa- 
>  orablcs  ï  l'nnarcliie. 

ANASAHQLT:.  s.  f.  Enflure  œdémateuse 
dr  toute  Hialiitude  du  corps. 

.ANASTOMOSE,  s.  f.  Terme  d'Anatomie, 
qui  signifie  L'abouchement  d'une  veine  danj 
une  autre  veine,  ou  de  l'extrémitd  d'une  arlérii 
d.ios  l'eitréniité  d'une  veine.  Les  anastonwsti 
servent  à  la  circulation  du  sang. 

ANASTOMOSER,  v.  a.  Terme  d'Anatomie. 
Il  ne  se  met  qu'avec  le  pronom  pei-sonnel.  .Se 
iomdre  p.-ir  les  extrémités,  s'emboucher  lun 
dins  l'autre.  Il  ne  se  dit  que  Des  vaisseaux.  Lej 
artères  s'anastomosent  avec  les  veines. 
,  ANATIll'iM  VTISER.  v.  .x  Frapper  d'.ma- 
thiine.  Excommunier.  Anathématiser  les  llcié- 
■ifuci. 

AsATBtMVTIsé,  ÉE.  parliripc. 
ANATHEME.  s.  m.  E\conunun'cation.  Re- 
«ra-ichcmentdela  Communion  de  l'Église.  Lu;i- 
fer  nnal/ié;ne.  Frapper  d'anathéme.  Prononcer 
anatkéme.  fulminer  anathéme.  Dire  anathcme 
à  <fuel.;..'u;i.  'foiii  les  Pères  du  Concile  d'E- 
phèse  crièrent  analhème  à  .\e>((,riiij. 

Amathéiik.  se  dit  aussi  Des  personnes;  cl 
«lors  il  signifie  Excommunie,  retranche  de  la 
Communion  des  Fidèles    IJuieon^ue  dira. .  .,. 
9u'il  joif  anathèmt. 
J  orne  I. 


ANC 

ANATOMIE.  s.  f .  Dissection  du  corps  ou  Hf, 
quelque  partie  du  corps  d'un  animal.  Faire 
Vanalomie  du  corps  humain.  Faire  l'anatomie 
d'un  sujet  humain.  Faire  Vanalomie  de  l'œil, 
du  cerveau.  L'anatomie  d'un  chien,  d'un 
oiseau ,  d'un  poisson. 

On  dit  aussi,  J'\a'rc  rnndlomied'iincp/iintc, 
pour  dire,  La  disséquer,  afia  d'examiner  de 
quelle»  parlies  clic  est  composée. 

.AsATOMi:,  se  prend  aussi  pour  I/art  de 
disséquer  le  corps  d'un  animal.  Etudier  l'Ana- 
tomie.  Il  est  h".i,:lc  dciis  l'Anatomie. 

On  dit  nus.s.',  qu'Un  homme  sait  bien  l'cnc 
lomie,  pour  dire,  qu'l!  a  une  grande  connj'-- 
sancc  de  la  slrnctore  du  corps  hiimaii:. 

AN.ATOMiti.  sf  dit  aussi  fijurémcnt ,  De 
toute  sorte  de  discussion  particulière  et  exacte, 
il  •  quelque  sujet  que  ce  soit.  7'aire  l'anaiûmii 
d'un  discours.  Faire  l'anatomie  d'un  livre. 

ANATO.MIQUE.  adj.  des  2  genres.  Qui  ap- 
partient à  l'Anatomie.  Ofcservû(ions  anat-jmi' 
ijues.  Sujet  nnatoniiqne. 

On  appelle  '1  hcatre  anntomique ,  Un  lieu 
destiné  pour  y  fuir."  des  anatomics. 

ANA  TOMIQUEAIENT .  adv.  D'une  manière 
Dnatomique.  7'our  un  Historien,  vous  décrivez 
ces  blessures  'rop  onatomiquement. 

AN.4TOAI1SER.V. a.Faiie  l'anatomie.  .4na. 
tontiser  un  corps. 

On  dit  Gjiirément,  Antitomi':er  un  livre,  un 
discours,  pour  dire.  En  examiner  toiues  les 
parties  en  détail. 

AsATOMisi,  es.  participe, 

ANaTOMISTK.  ^  m.  Qui  est  savant  dans 
l'Anatomie.  Grand  Anatomi.:te.  Cet  hommc-U 
s'est  pas  Analomistc. 

ANC 

ANCÊTRES,  s.  m.  pi.  Les  aïeux,  ceux  doqni 
m  descend.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  De 
l?uxqui  sont  au-dessus  du  degré  de  grand-père, 
it  qu'en  parlant  Des  maisons  iUusIres.  Dégé- 
iércr  de  la  vertu  de  ses  nr.ccties.  Le  tombeau 
h  scsancdlres.  Tous  sesancétics  se  sont  rendus 
iecoiuniandahles. 

Il  bC  dit  aussi  De  tous  ceux  qui  nous  ont  de- 
lancés,  encore  que  nous  ne  soyons  pas  de  leur 
race.  Aos  ancêtres  nous  ont  laissé  de  beau:e 
exemples. 

.■VNCIIE.  s.  f.  Petit  tuyau  jilat,  p-j  frnel 
on  soudle  dans  .'î:,  cmi'ijois ,  dans  les  /.assona. 
L'anche  d'un  haut^fO^. 

Aj<Che,  se  dit  aussi  d'Un  demi-tuyou  de 
cuivre, qui  se  met  dans  les  tuyaux  d'orgue.  Oi; 
l'appelle  Anche  d'orgue. 

Anche,  se  dit  aussi  dX'n  petit  conduit  par 
lequel  la  farinccoule  dans  la  huche  du  moulin. 
ANCHE,  adj. 'Terme  de  Blason.  Il  se  dit  d'L'o 
cimeterre  recourbé. 

ANCm  LOPS.  s.  ro.  (  On  prononce  Aniiilops.) 
C'est  une  tumeur  (ligmoneuse  située  h  l'angle 
interne  de  l'œil ,  qui  dégénère  en  abcès.  Quand 
cet  alicè»  s'ouvre,  il  prend  le  nom  d'F.gilops. 

ANCHOIS,  s.  m.  Petit  poisson  de  mer,  qui 
n'a  point  d  éraillcj  ,  qui  est  de  \a  grosseur 
et  de  la  longueur  duo  doigt,  que  l'on  sale  et 


ANC  5;, 

que  l'on  mange  cru.  De  bons  anchois.  Une  sa- 
lade d\tnchois. 

A.XCIEX,  lENNE.  adjectif.  (U  est  de  trois 
syllabes  en  vers  :  mais  aulrcfois  on  ne  le  faisoit 
que  de  deux.  )  Qui  est  depuis  long-temps.  Celle 
Loi  est  f>rt  ancienne.  C'est  une  ancienne  coit- 
liinie.  liJtiment  fort  ancien.  Meuble  bien  an- 
cien. Anciens  titres.  Anciens  manuscrits.  An- 
ciens monumens.  Celle  famille  est  ancienne. 

li  se  dit  par  opposition  à  Nouveau  cl  à  Mo- 
liernc.  /^'ancien  et  lenouveauiestament.  L'an- 
cienne et  la  nouvelle  iiomc.  L'ancienne  Or.ce 
et  la  Grèce  moderne. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes  qui  neso.it  plus 
en  charge.  Les  anciens  £c/iei»ins.  Les  ancien,? 
Marguillicrs.  L'ancien  Evcque  d'une  telle  Villt. 
Ancien  ,  s'emploie  aussi  substantivement  ; 
en  pr.ri!int  De  ceux  qui  ont  vécu  en  des  siècles  ■ 
fort  éloignés  de  nous.  Vn  ancien  disait.  Il  ap- 
puie son  opinion  de  l'aulorilé  d'un  ancien.  Les 
anciens  avoient  coutume.  La  Poésie  drs  an-- 
cicns.  Les  ouvrages  des  ancims.  Les  anciens 
ont  porté  les  Arts  et  les  Sciences  bien  loin. 

L'Eciiturc-Saintc,  en  parlant  De  Dieu,  lap- 
pelle  quelquefois,  l'Ancien  des  jourt. 

Ancien,  est  aussi  un  terme  de  Dl-nité, 
parce  qu'originairement  on  choisi.ssolt  les  vieil- 
lards pour  remplir  les  premières  places.  Les 
anciens  du  peuple  d'Isrc.él. 

11  se  dit  aussi  De  celui  qui  a  été  reçu  dans 
une  Charge,  dans  une  Compagnie  avant- un 
futre  homme  dont  on  parle.  Il  est  votre  ancien 
ilans  la  Chambre,  quoique  plus  jeune.  C'est 
nu  plus  ancien  en  charge  à  porter  la  parole. 
Tous  les  anciens  de  la  Compagnie  furent  de 
tet  avis. 

ANCIENNEMENT,  adv.  Autrefois,  dans 
les  siècles  passés.  Anciennement  on  faisoit  telle 
ihose.  Anciennement  on  vivait  d'une  autre 
ttanière. 

ANCIENNETE,  s.  f.  Qualité  de  ce  qui  csl 
■  Incien.  Des  citoses  vénérables  par  leur  ancien  ■ 
Keté.  Cela  s'est  fait  de  toute  ancienneté. 

On  ne  dit  pas.  L'anciennelé  des  temps,  ni, 
lîcmonler  dans  l'ancienneté.  Il  faut  dire,  L'ar- 
hquilé  des  lemps;  Jiemonter  dans  l'antiquité.     ' 
On  dit, /,'uHciciiuclé  d'une il/aison,pourdire,' 
■L'antiquité  phis  ou  moins  reculée  de  son  origine. 
Ancienneté,  se  dit  aussi  De  la  priorité  de 
réception  dans  une  Compagnie.  Ils  marchent , 
ils  ont  rang  selon  leur  ancienneté,  selon  l'an- 
cienneté. Ancienneté  de  réception. 

ANCILES.  s.  m.  pi.  Terme  d'Antiquité. 
Nom  qu'on  donnoit  h  Rome  à  certains  Bou- 
cliers sacrés  que  les  Rom,iinsregardoicnt  comme 
lombjs  du  ciel ,  et  comme  des  gages  de  la  dui  ée 
de  leur  Empire. 

ANCOLU;.  s.  f.  Plmtc  qu'on  cnllivc  dan» 
les  jardins,  à  cause  de  la  beauté  de  sa  (leur. 

ANCRAGE,  s.  m.  Lieu  propre  et  comnuidt! 
jiour  ancrer.  Il  y  a  bon  ancrage  en  toute  relie 
côte.  Oo  appelle  Droit  d'ancrai;e.  Un  droit 
qu'on  paye  [>our  avoir  liberlé  d'ancrer.  l'a  .er 
le  droit  d'ancrage. 

ANCRE,  s.  f.  (Jrosse  pièce  de  fer,  ilonl  let 
extrémités  se  terminent  i  deux  branches  l.tur- 
8 


J8 


ANE 


liées  en  are,  el  Je  laquelle  on  se  sert  pour  ar-  ^ 
réliT  et  ])Oiii-  lixcr  les  \  aisscau\  quand  on  veut.  I 
L'aniieuii,  lu  iiirnue,  le  bras  d'une  ancre.  La 
nrandc  ou  la  maîtresse  ancre.  Tenir  l'ancre 
sur  les  hords  du  vuisseai:  iloulller  l'ancre. 
Croiser  les  ancres.  Se  tenir ,  denifurer ,  t'tre 
à  l'ancre.  Jeter  l'ancre.  Lever  l'ancre.  L  " 
vaisseau  cfui  a  perdu  toutes  ses  ancres. 

AscnE,  en  Icrmes  de  Serrurcile  et  d'Arrhl- 
lecture  ,  signifie  Une  grosse  l)arre  de  fur  dont 
on  alU-niDt  les  murailles.  /(  f'ut  mettre  une 
e.ncre  à  celte  muraiUe-là.  Il  y  a  des  ancres  de 
vlus'.eurs  formes. 

ANCIIKU.  V.  n.  .lelcr  l'ajicie.  Ils  trouvèreni 
ijuc  le  mouilhicje  ctoit  bon  là  ,  ils  y  ancrèrent. 

Il  se  dit  fi;^uri;nicnt,  et  signifie,  S'ct.ililjr  , 
s'nfleraiir  dans  queljuo  emploi,  dans  quelque 
condition  ;  cl  dans  cette  acception  il  ne  s'cin- 
]>loic  qu'avec  le  pronom  pcisonnel.  Il  cherche  à 
s  ancrer  auprès  de  ce  Prince.  Il  s'est  ancré  dam 
cette  maison.  Il  y  est  bien  ancré.  Il  est  familier. 

Anciié,  le.  participe. 

AND 

ANDAI5ATE.  s.  ni.  Terme  d'.Vnllijuité.  (;la- 
dioleur  qui  combaltoit  avec  un  liandeau  sut 
les  yeux. 

AMK'VIN.  s.  ni.  I. 'étendue  qu'un  Kauclieiii 
peut  faucber  à  cliaque  pas  qu'il  avance. 

ANUAiSTÉ.  Terne d;' Musique  pris  de  l'Ita- 
lien. Il  se  met  à  la  tcte  d'un  air,  pour  marquer 
que  cet  air  Joit  être  j'Uic  d'un  nuiuveniont  mo- 
déré ,  ni  trop  vite,  ni  trop  lentement.  Il  ne 
t'emploie  que  substanlivemeiit,  en  parlant  He 
Tair  niénie.  Joiier  un  Andanté.  Vn  bel.4nJant,'. 

ANOKI-I.E.  VoyeiBois. 

AN  DOUILLE,  s.  f.  Boyau  de  porc ,  rempli , 
farci  d'autres  lioyaux ,  ou  de  la  chair  du  mC-nie 
animal.  Ànàuuilles  fumées.  Grosses  andouillcs. 
Andouille  de  c/.a:r  ilc  porc. 

ANDOUILLIiU.  s.  m.  Petite  corne  qui  vicui 
nu  lioisdu  Ctrl'.  Un  Chasseur  blessé  d'un  cuup 
li'aiuljuiUer. 

AMJJUlï.I.ErTE.  s.  f.  Cliair  de  venu  hi- 
rliée ,  et  pressée  eu  l'unie  de  petite  andouille. 
Vn  pol'aqe  nitrni  d'auduuillcttes. 

AJiDUUtJYKi;.  s.  in.  Herniapliroditc.  P>i- 
f,onnc  qui  est  niûle  et  fcnielle  tout  ensenilile. 
1,(1  l'uble  de  VAndrogync  dans  les  Vialo(jues 
de  Platon. 

ANDUOÏME.  s.  m.  I"i;uie  d'iiomnie  qui 
pai  le  et  qui  inarelie  par  le  moyen  de  ressorts. 

ANlJKUlliiUIi.  s.  f.  Constellatiou  de  llié  • 
misplière  septentrional. 

ASURUijACK.  s.  m.  Plante  qui  croit  dans 
les  bois  et  dans  les  endroits  maritimes.  KUe  est 
apéritive,  hunnc  dans  les  réteulions  d'uilne, 
lliydropisie,  la  goutte,  etc. 

A  N  E 

ANE.  s.  VA.  VMc  de  sou-.nic  qui  a^do  foit 
grandes  urcîllcs.  Un  (înc  (jui  hrait.  Ane  san- 
Vii(jc.  Ane  domestique.  Le  hJt  d'un  âne  hâter 
»ii  •'«II!.  Aller  mr  un  âne.  Monter  sur  un  âne. 


ANE 

On  dit  d  Une  chose  plus  loii;;ue  que  large. 
et  dont  le.-,  cotés  fout  une  esp'ci-  de  pointe  en 
se  joignant  par  en  liant ,  qui.' Ile  va  en  dos 
d'dnc. 

AsE,  se  dit  Ggurément  d'Un  esprit  lourd  et 
grossier ,  d'un  ignorant  qui  ne  sait  point  les 
clioses  qu'il  doit  savoir.  C'est  un  âne,  il  ne 
sera  jamais  qu'un  âne.  En  ce  sens  ,  on  dit 
proverbi.ilcmenl,  Est  bien  âne  de  nature,  cjui 
ne  sait  pus  lire  son  écr'iture. 

On  dit  d  Un  homme  entêté,  opiniJire,  '/ cdi 
comme  un  due;  cl  d'L'ii  caractère  malicieux, 
Méchant  contntc  utt  due  roufje. 

On  dit  jîroverbialeineiil,  pour  faire  entendre 
]ue  les  afliiires  qui  regardent  l'mtériM  de  plu- 
sieurs personnes  sont  d'oidinairi'  les  plus  bcgli 
gées  ,  L'âne  du  commun  est  tovjrurs  le  plus 
nnil  b,'té.  '  , 

On  dit  proveriiidleintiitet  figuréinent,  A  la- 
l'cr  la  tête  d'un  âne,  on  y  perd  sa  lessive,  pour 
dire,  que  C'est  perdre  ses  soins  et  se»  peines, 
que  de  vouloir  instruire  et  corriger  une  per- 
sonne stupide  et  iiicon-igible  ;  qv'On  ne  sauroil 
faire  boire  un  âne  s'il  n  a  soif,  pour  dire,  que 
yuand  un  bo.Timc  s'est  mis  en  tète  de  ne  pas 
faire  quelque  clios»,  il  est  diflîcile  de  l'y  obli- 
ger, lui  p;irlant  d'i^njiomnie  qui  cliercbe  c€ 
qu'il  a  entre  les  raai'ns,  on  dit  provcrbiale- 
nienl.  Il  cherche  son  âne,  et  il  est  dessus.  El 
pour  iaire  voir  à  quelqu'un  qu'il  se  trompe  , 
on  dit  proverbialement  et  popul.iirenient,  /  our 
j)0U5  moiilrcr  ijiic  votre  âne  n'est  qu'une  béte. 

On  appelle  Contes  ne  peau  d'âne,  De  petits 
contes  labuleux  qu'on  a  accoutumé  de  faire 
aux  enlaiis. 

On  dit  proverbialement ,  C'est  le  pont  au.^ 
oncs,  pour,  C'est  une  diosc  si  trivi:de  et  s 
coniniune,  que  personne  ne  peut  l'ignorer. 

ANÉ.VNTIR.  V.  a.  Ré.lnirc  au  néant.  Dlcl 
n'a  qu'à  retirer  sa  miun ,  jioiir  iiiiénnlir  loula 
les  créatures. 

11  se  dit  par  exagération  en  parlant  De  di- 
verses choses ,  Cl  signifie ,  l)i-lriiiic  absolmnent 
Il  n'y  a  point  de  fortune  si  élci'ée  ,  qu'un  re- 
vers ne  puisse  anéantir.  les  Barbares  onl 
.ine-inli  l'Empire  Romain.  Anéantir  une  cow 
Miiiie. 

On  ili.,  in  tcri.-.rs  de  Dévotion,  iS'inieiinlij 
devant  Ihzn,  puur.S'abaissT  et  s'humilier  de- 
vant Dieu,  par  la  counoissance  qu'on  a  de  son 
nnaiii.  El  l'Écriture  dit,  que  JÉSLS-Cliuisr  s'est 
anéanti  Uû-mémc. 

S' ANÉv.NTiB,  signifie  aussi,  Se  dissiper,  de- 
venir presque  ii  rien.  Cet  homme  avait  amassé 
de  qrands  biens,  et  mis  de  qrniides  Charges 
dans  sa  Maison;  mais  tout  cc'a  s'iJsl  «neuiili. 
Cetti  objection  s'anéantit  li'clle-meme. 
Asi''ANTi,  IK.  participe. 
ANÉA.N'TISSEMKK  ('.  s.  m.  Réduction  au 
nc.inl.  L'iiiiéiinli.sseiiieii(  de  toutes  les  créatures 
liépcnd  de  Dieu. 

Il  se  dit  aussi  figurément.  De  rabaissement 

d'une  fortune  élevée,  du  renversement,  de  la 

destinctioii   d'un   Empire,   dune  Monarcl.ic, 

'  d'une  famille.  Celle  fimille  est  tombée  dans  l'a- 

néunlissemcut.  La  clmte  el  l'iineaMlissemcnl  des 


ANG 

Iroi!  f.Tcinièrcs.'lionarcfcies.  Vepuis  l'uiiéniffit- 
scnieiil  de  sa  fortune,  il  est  tombé  dans  le  lici- 
nier  mépris. 

En  termes  de  Dévotion,  il  signifie,  1,'abaii- 
scment  dans  lequel  ou  se  met  devant  Dieu. 
Être  dans  un  continuel  anéantissement  deviint 
Dieu. 

ANECDOTE,  s.  fém.  Particularité  secrète 
d'Histoire,  qui  avoit  été  omise  ou  supprimée 
par  les  Historiens  jirécédcns.  .4nectlo(e  curieuse. 
Les  Anecdotes  sont  ordinairement  satiriques. 

Il  s'emploie  aussi  adje>  tivement.  L'Histoire 
anecdote  de  l'rocopc. 

ANECDOTIER.  s.  nv  Homme  qui  riiconle 
souvent  des  anecdotes  peu  certaines.  C'est  un 
anecdotier.  Il  est  familier,  et  c'est  un  ternie  de 
mépris  et  (le  plaisanterie-. 

ÂNEE.  s.  f.  La  charge  d'un  Sue. 
ANEiMOMÈTiiE.  s.  m.  Instrument  qui  sert 
à  mesurer  la  force  du  vent. 

ANÉMONE.  3.  fém.  Fleur  printaniére,  qui 
vient  d'une  espèce  d'ognon  qu'on  nomme  Pâte. 
Planche  d'Anémones,  l'aie  d'.lnémones.  Carré 
d'Anémones.  Anémone  simple.  Anémone  double. 
ÂNERIE.  subst.  f.  (iiande  Ignorance  de  ce 
qu'on  devroit  savoir.  Quelle  dnerie  à  un  Méde- 
cin de  ne  connoitre  pas  les  remèdes  qu'il  or- 
donne'. Tout  ce  livre  est  plein  d'ânenes. 

ANESSE.  s.  f.  La  femelle  d'un  anc.  L.iil 
d'ânesse. 

ANE'r.  s.  m.l'lante  qui  ressemble  beaucoup 
au  fenouil,  mais  dont  l'odeur  n'est  pas  si  agréa- 
ble. La  semence  d'Anet  est  slnmnrhique  et  aiio- 
oine;elle  chasse  les  vents,  provoque  riiiine, 
et  a  plusieurs  autres  vertus.  Ilnile  d'.4net. 

AXÉVRIS.ME.  s.  m.  Terme  de  Médecine. 
Tumeur  contre  nature,  causée  par  la  dilalalion 
ou  par  l'ouverture  d'une  arn're. Le  C/u'iuii/ieii 
en  le  saiqnant  lui  a  piqué  l'arlere,  il  s'y  «I 
fait  un  anévrisme. 

AN  F 

ANFRACTUEU.X,  EUSE.  adj.  Plein  de  dé- 
tours et  d'inégalités.  Clicmin  anfractueux. 

ANFRACTUOSITÉ.  s.  f.  Détours  et  iuég«- 
lités.  Ce  chemin  est  plein  d'anfracluosités. 

Eu  termes  d'Aiiatomie,  il  signifie,  Les  éml- 
iienccs  ou  cavités  inégales  qui  se  trouvent  dans 
la  surface  des  os. 

ANG 

ANGAR.  Voyez  Hascak. 

ANtJE.  s.  m.  Créalure  piirenienl  spirituelle. 
Jîon  Anqe.  Mauvais  Aaqe.  Anqc  de  lumière. 
Anqe  deléné'jrc.^.  La  chute  des  Anqes.  L'Anqe 
erterniinateur.  Anqe  tutélairc.  jlnqe  (gardien. 

Ouand  ce  mot  est  employé  sans  épithite,  il 
se  dit  giiKT.iIrmcnl  De  lors  les  Esprits  bien- 
lieureujc  qui  composent  la  Ilicrarcliie  céleste. 
Les  Jnqes  environnent  le  Trône  de  Dieu.  Les 
Anges  sont  les  Ministres  des  volontés  de  Dieu. 
""«inl  .liirliel  rsl  l'Anqe  tulélaire  de  la  prance. 
I  Les  neuf  chœurs  des  Ânqes. 

Il  se  dit  particulièrement  et  proprement  De» 


ANG 

Ançcs  qui  sont  du  dcrnitr  Clireur.  Les  Aritje: 
sont  ittt-des^ouf  (Us  .Irchanqts. 

Ange,  sp  dil  fisiiréracnt ,  pour signiticr  Une 
IKTsoniie  d'une  pieté  extraordinaire.  Ce  sor:l 
des  Avqes  (jue  ces  lUligietix-lîi. 

Ou  dit  IJe  S.  Tliomas,  <(u7l  est  !'.■/«;;«  <(.• 
l'Ecole,  pour,  qu'il  excelle  entre  les  Scolas- 
liques. 

Dans  le  discou:i:  ordinaire,  on  dit  d'Une 
pcrsor^ic  qui  chante  trt^s-Ijirn ,  qu'Eiie  chante. 
comme  un  Anne;  (t  qu't^n  homme  voit  tles 
Anges  violets,  pour  dire,  que  C'est  un  fana- 
tique qui  a  des  visions  creuses. 

On  dit,  Rire  aiuc  Anijes,  en  parlant  De 
ceux  qui  sont  tellement  transportés  de  joie, 
qu'ils  an  paroissent  extasiés.  On  le  dit  asissi  De 
ceux  qui  rient  seuls,  niaisement,  et  saui  sujet 
connu. 

Ahc.e,  se  dit  aussi  De  deux  honlets  de  ca- 
non attachés  cnsenilde  par  un  •  cliaine  ou  p.ir 
vne  barre  de  fer. 

AUGE.  s.  f.  Sorte  de  Poisson  de  nier  <|iii 
ressemble  à  la  raie.  L'n  morceau  d'ange. 

ANGELIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  ap- 
partient i  r.4nge,  qui  est  propre  à  l'.^nge.  La 
nature  AncjcU(juc.  Les  esprits  Angclitjues.  Le^ 
Chifurs  Angéli(jncs.  Les  perfections  Angé- 
licjues. 

On  appelle  l'.^ic  Maria,  La  Sahilatio:i 
Angtlitjue. 

ANOtLiQrE,  se  dit  fi;iuréTtient,  pour  mar- 
quer Une  perfection  extraordinaire,  une  qua- 
lité' excellente.  In  esprit  Anqêliijns.  Une  beauté 
Anréliijue.  Vne  noi-t  Atiijélitjue.  Vureté  Angé- 
lique. Mener  une  vie  Angéliijne.  S.  l  homus  est 
appelé  le  I  octeur  Anrjéli.jue. 

On  dit  proverliialcnient,  Une  chère  Ait(;é- 
ligue,  pour  dite,  Lie  chère  trcs-bonne  et  tirs 
dclicate. 

ANGÉLIQUE,  s.  f.  Pl.ii.te  noniniw  ainsi ,  à 
•i«usc  des  grandes  vertus  ipi'on  lui  attribue.  La 
principale  espîce  est  fiirt  odorante  :  ou  en  con- 
fit la  lige  enliiTC.  L'unjcli^jiic  f  arfiime  la  bou- 
che et  fortifie  l'estomac.  On  en  tire  une  liqiuur 
«stimcc. 

ANGÉLIQUEMENT.  adv.  Dune  n:anièrc 
•ngélitpie.  11  est  de  peu  d'usage. 

ANGELOT,  s.  m.  Sorte  de  petit  fioma;;e 
qui  se  fait  en  Normandie.  Une  douzaine  d'an- 
gelots. 

.\xcELOT,  est  auïsi  Une  espère  de  monnoie 
qui  a  eu  cotm  en  France  s:  us  Philippe  de 
Valois. 

ANGÉLUS.  8.  m.  (On  prononce  l'S.  )  Priro 
qui  commence  par  le  mot  Angélus,  en  llion 
ncur  du  mystère  de  l'Incarnation ,  et  qui  se  fait 
irois  fois  If  jour,  au  son  de  la  cloche  des  É^li- 
»cj,  qui  en  avertit  les  Fidèles,  en  tintent  tinis 
fuis ,  I  ■  matin ,  à  midi ,  et  le  soir.  Dire  l'Ange 
luf.  Entendre  sonner  l'Annchis. 

ANC'INE.  s.  f.  Maladie  de  !a  gor~e,  qui  ré- 
trécit le  larvnx  et  le  pharj  nx  ,  et  rmpéci.e  d'a- 
valer.       ' 

ANGIOLOGIE.  j.  f.  La  partie  de  l'An  lo 
«lie  (|iii  traite  des  vaisseaux  du  corfs  I  un-.oia. 
ANGIOSI'EK.ME.  «dj.  d«  a  genre».  Terme  | 


ANG    ■ 

de  ".lîaniqup.  Tl  so  dit  Des  planl**»  •.Wnd  m  se- 
mence est  t'nvi'!o[)j)ee  daiîs  nnc  rnpsuîe  dilil:- 
renie  de  leur  calice.  Le  mit^ie  de  venu  est  aii- 
qiosjjvrme. 

A>'CiIOTOMÏE.  s.  f.  Disseclioa  des  vais- 
seaux. 

ANGLE,  s.  m.  Ouverture  de  deux  lipnr*  fjni 
se  rencontrent.  Angle  droit.  Angle  aigu.  Jrigl: 
obtus.  Annie  de  fiuarante-cînq  degrés.  Annie 
de  cent  degrés.  Annie  sailhint.  Annie  rentrant. 
Une  figure  à  plusieurc  angles. 

On  dit  n::ssi,  Lc^  anales  d'un  bataillon, 
pour,  Les  coins  d'un  T).'.li>i!!on.  Garnir,  dégar- 
nir,  énious^-:r  les  angles  d'un  bataillon. 

ANGLK,  ÉE.  adj.Tcrire  di:  Ilbson.  Il  sn  dil 
d'Une  rroix  sn  sauloir,  qurind  il  y  a  des  *i;5u- 
resmouvanles  qui  sortent  des  .'ingîes. 

ANtJLET.  s.  m.  Terme  d'Architecture.  Pe- 
tite cavité  creusée  en  nngle  droit,  qui  si-pjrc  le^ 
lïossages  ou  pierres  de  refend. 

ANGLEUX,  EUSE.  adj.  Il  ne  se  dit  Kuèic 
ijue  Des  noix  dont  I.i  substance  est  tellement 
roufcrmét;  «i  de  certains  petits  an;;les  ou  cotus, 
qu'il  est  d;IÎ:cile  de  l'en  tirer.  Lue  noix  an~ 
nleuae.  La  plupart  de  ces  noix  sent  angleuscs. 
AiNGLlCAlV,ANE.adj.IlnesGditqucnece 
ijui  a  rapporta  la  Religion  dominante  en  An- 
f;leterre.  Le  Rit  An  ^Vcan.  L'Egli^iC  Anglicane. 
Il  est  Anglican. 

Il  est  aussi  sulislan.'if  en  parlant  Des  per- 
sonnes. Ce  Ministre  est  un  An<jlican. 

ANaLICIS:\lE.  s.  ni.  Faeon  de  parler  An- 
oloise. 

ANGOiSSS.  s.  f.  Grande  afTliction  d'esprit. 
Etre  en  angoisse.  Etre  dana  d'ertrêma  an- 
goissc^y  dans  des  angoisses  morlcUcs^  dans  les 
dernières  aïKjoisses. 

On  appelle  l'oîreS:  d^angois.^c ,  Certaines 
]  olvcs  si  âpres  et  si  ro. relies  au  j;nût,  qu'on  a 
peine  à  les  avaler. 

On  nonîmc  aussi  Toire  d'angoisse.  Un  cer- 
tain instrument  de  fer  en  forme  de  poire,  et  k 
ressort,  qiie  des  voleurs  melloient  par  for.-'É 
dans  la  I)ouclie  des  perso:incs  pt>ur  les  empê- 
cl:er  l'e  crier. 

On  dit  figurcmeni ,  /U'alcr  di's  poires  d'tm- 
goisse,  pour,  Avoir  àc  grands  dt'phisirs. 

ANGON.  s.  m.  Javelot,  demi -pique  ù  l'u- 
sn^e  d?s  Frunc>.  On  /.inçoit  l'angon,  ou  l'on 
i'e.w  servait  po'.ir  combattre  de  près. 

A>GUILLADK.  s.  f.  (UI  ne  fait  pas  dipli- 
ihon^uc  dans  ce  mot  ni  dcna  le  suivant  ;  et  h^  L 
y  sont  mouillés.  )  Coups  qu'on  donne  à  quel- 
qu'un avec  une  peau  d'angnide.  Lonner  dis 
annuillades  à  mtelgn'un. 

Il  se  dit  ausii  Des  coups  que  l'on  donne 
avec  un  fouet. 

ANGUILLE,  s.  f.  Poisson  d'ciu  douce,  lon^ 
ei  menu,  de  la  figure  d'un  serpent.  Anguilles 
noires,  Anguilles  blanches.  Pâte  d'anguilles, 
î  rançon  d'anguille. 

On  dit  proverbijicmrjii .  qu  /ï  y  «  tjuehnte 
anguille  sous  roche,  pour  dire,  qu'il  y  a  <^juf|- 
rpie  chose  de  caclié  dans  l'-diàirc  ,  dans  l'in- 
tu;j;n-'  dont  il  ^'igit  ;  Ecvrchcr  Vanguilie  par  la 
fiuctc .   pour  dire,  GomnuncfT  p:ir  où  il  faa-  I 


A  N I  5() 

droit  finir;  et,  îî  ressemble  aur  anguilles  de 
7:h'htn,  il  cri-s  avant  gu^on  Vécorche,  pour.  Il 
n  peur  sans  sujet ,  ou ,  il  se  plaint  avant  de  sen- 
tir le  mal. 

On  dit  aussi  provcrlnalement  et  fijçurcment 
d'Un  lioniïTie  qui  trouve  moyen  d'échapper 
lorsqu'on  croit  le  tenir,  qull  s'échappe  comme 
une  anguille.  J\ivois  traité  avec  /fii,  je  croyoiz 
en  être  à  la  conclusion,  H  rn'n  échappé  comme 
une  anguille.  C'est  un  Sophiste,  gui  dans  /.t 
dispute  échappe  comme  une  anguille. 

ANGULAIRE,  adj.  des  2  genres.  Qm  n  mt 
ou  plusieurs  angles.  Figure  angulaire.  Corps 
angulaire. 

On  appelle  ansS:  Pierre  anqulaircj  La  pre- 
mitTC  pierre  fondamentale  qui  fait  l'angle  d'un 
b'itiment.  Et  c'est  dans  ce  sens  que  Jksus- 
(^MniST  est  appelé  ugurément  dans  l'Écutun'i 
Lii  pierre  angulaire. 

AsGOLAinE,  pris  substantivement,  se  dit 
d'Une  arlèrf  qui  passe  au  f^ran  I  angle  de  l'œil , 
et  d'une  veine  qui,  de  l'angle  interne  de  l'ail, 
vient  aboutir  à  la  jugul'jire  (xt-rne. 

ANCiULKUX,  EUSE.  adj.  Dont  la  5urf;»ce 
a  plusieurs  angles.  Un  corps  fart  ajigideux. 

ANGUSTICLAVK.s.  m.  Terme  d"Aiiti(iuitc. 
Tunique  que  portoient  les  Clicvalicrs  Romains, 
(^cllc  des  Sénateurs  se  nommoit  Laticlave. 

ANGUSTÏÉ,  I^:E.  adj.  I^llroit,  serr^.  Il  ne 
se  dit  que  d'Un  chemin.  Il  est  de  peu  d'usage. 

A  M 

AMCROCIÎE.  s.  f.  Difficuhc,  embarras.  H 

y  a   guclgne  anicroche   dans  cette  afjhire.  Il 

trouve   toujours   (luelquc    anicroche   dans   /f« 

ciioses  les  plus  faciles  guon  lui  propose.  Il  est 

■  du  -".tyle  faiîiiiier. 

ANir.R  ,  ÈRE.  s.  m.  et  f.  Celui  ou  celle  qui 
conduit  des  âucs, 

ANIL.  s,  m.  plante  dont  on  tire  l'indigo. 

ANILLK.  s.  f.  Terme  de  Blason,  ter  de 
moulin. 

AM.'\I.\DVERSION.  s.  f.  Improbalion,  cen- 
sure, bl.'.mc,  correction  en  paroles  seulement. 
Ce  h'rocureur  a  fait  une  fi  iponncrie  gttl  mérite 
anlmadvcrsion.  Ce  procédé  mérite  Vanimad- 
vcrsion  pïd}Ugue.  L'animadversion  de  la  Cour. 
Cet  cent  lui  a  attiré  Vanimadversion  des  cri- 
tignea. 

AN[M.\L.  s.  m.  Être  orj^nnise,  et  doué  de 
sensil)ilité.  Animal  terrestre.  Animal  atiuu- 
tiguc.  Animal  amphibie.  Animal  à  quatre 
pieds.  Dieu  a  créé  tous  L-s  aniuinu-r.  Un  Traité 
de  la  nature  des  animaiLV.  L'homme  est  un 
animal  raisonnable.  L'homme  est  le  plus  noble 
de  tous  les  animaux. 

On  appelle  par  mépris,  Animal  y  Une  per- 
sonne .nupide  ou  grossière.  C^est  un  animal^ 
ce  n'est  qu'un  animal ^  un  grand  animal,  un 
7Tai  animal.  Celui  qui  vous  a  dit  cela  est  um 
animal,  un  fane  animal.  , 

ANIMAL,  ALE.  adj.  <^>ui  appartient  à  l'iini- 
mnl.  Vie  animale.  Les  facultés  animales.  Les  «*- 
prits  animaitx.  La  partie  animale  ,  la  parité 
raisonnchle. 

8. 


6o  ANI 

En  termes  d'Histoire  naturelle ,  on  appcJJe 
T^èqne  animal.  Lu  classe  des  animaux. 

On  appelle  fn  Chimie,  Huiles  animales, 
Cellt'S  fpii  ont  clé  tirt'cs  dos  onininiix. 

Animal, dans  lelanf;ogederKcrilnrc-SainTr. 
sigiiidc,  Sensuel,  charnel,  et  est  opposé  à  Spi 
rituel.  L'homme  animal  ne  comprend  pas  ce 
(jiii  est  de  Dieu. 

ANIMALCULE,  s.  m.  Pctil  aninial.  H  nv  se 
dit  guùre  que  Tics  animaux  qu'on  ne  peut  voir 
qu'à  l'aille  du  microscope.  Les  animalcules  de 
la  semence. 

A.\L^L\TION.  s.  f.  Terme  didactique.  Il  se 
dit  de  l'union  de  l'àme  ou  corps.  L\i.ninuitu)n 
du  j.ettt^. 

ANLMER.  V.  a.  I\Ietlre  l'ilme,  le  principe  de 
la  vie  dans  un  corps  organisé.  Il  y  a  dans  lc-> 
corps  vivans  un  principe  qui  les  anime.  Qui 
est-ce  qui  anime  les  corps?  Dieu  peut  animer 
tes  pierres.  La  hahle  dit  que  Promcthée  anima 
la  statue  d\irqile  qu'il  venait  de  former. 

On  dit,  Animer  quclqu^un  de  son  cjpnt  , 
pour  dire,  Faire  passer  ses  idées  et  ses  senti- 
nicns  dans  son  âme. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  que  Le 
zèle  de  Dieu  anime  un  homme.,  qu'un  Mis- 
sionnaire est  animé  d'un  saint  zèle. 

Animer,  signifie  aussi.  Encourager,  exciter. 
Animer  les  soldats  au  combat,  les  animer  par 
son  exemple. 

Il  signifie  aussi,  Donner  de  la  vivacité,  de 
l'action.  C'est  un  homme  indolent  (pie  rien 
ii*anime. 

XI  signifie  encore,  Iniicr.  m'itiecn  colérc- 
On  a  pris  plaisir  à  les  animer  les  uns  contre 
les  autres.  On  lui  a  fait  des  rapports  qui  Vont 
fort  animé  contre  vous. 

Ammbh,  signifie  fr^urément ,  Donner  de  la 
force  à  un  ouvrage  d'esprit,  soit  par  les  traita 
vifs  el  brillans  que  l'on  y  jette,  soit  par  la  ma- 
nière vive  dont  on  le  pronoppe.  Il  y  a  danfi 
cet  ouvraqe  quelques  endroits  qu'il  (androil 
animer.  C'est  un  orateur  qui  n\i  point  d'ac- 
tion, il  n'anime  point  ce  qu'il  dit. 

On  dit  à  peu  près  d^ns  ce  même  sens, 
Animer  la  conversation ,  La  rendre  plus  vive. 

Il  se  dit  aussi  pour  marquer  Lt  force  et  l'air 
de  vie  que  les  Sculpteurs  et  les  Peintres  don- 
nci.t  h  leurs  ligures.  C'est  un  Sculpteur  qui 
nnÎMic  IoHfC5  ses  fqures.  Les  tableaux  de  ce 
JVtntre  sont  animés. 

Animé,  ée.  participe.  Ils  sont  tous  animci 
du  même  esprit. 

On  d'i  d'Une  hclle  personne  h  f;ui  i!  manque 
un  ceria'n  air  vif,  que  C'est  une  beauté  qui 
n'est  point  animée. 

AMMi^,  I.K.  ndj.  Temic  de  Blason.  Un 
Cheval  animé  (st  celui  (pii  paroit  en  action. 

ANIMUSITË.  s.  f.  Mouvement  de  Iiaine , 
par  lequel  on  est  porté  Ii  nuire  ù  quelqu'un  d< 
qui  ou  a  reçu  ou  cm  recevoir  quel<jue  olK-nse 
Avoir  nue  grande  animosiié  contre  quelqu'un 
Etre  por^c  d'animosité  contre  quehpi'un.  Agit 
par  animosité,  par  pure  animosité,  avec  ani- 
mosiié, s.ins  aucune  animositc. 

AN15.  s.  m.  âorlc  de  plante  o:!oriféranic 


AISiN 

qui  porte  une  graine  de  même  nom,  ronde  et 
un  peu  longue,  qu'on  met  nu  rang  des  quatre 
srnî'Tîces  chaudes.  L'anis  vient  dans  les  terres 
clioniles  et  sablonneuses.  Manger  de  l'anis. 
Cette  liqueur  sent  Vat\is. 

On  appelle  Anis,  Une  sort?  de  dragée  faite 
avec  de  l'anis.  Anis  deVerdun.  Anis  commun, 

A>'ISER.  V.  a.  Mettre  une  couche  d'anis  sur 
quelque  chose.  Gdieau  anisé. 

AsiSK,  KE.  participe. 

ANISETTE.  s.  f.  Liqueur  composée  avec  de 
l'anis. 

ANK 

ANKILOGLO.SSE.  s.  m.  Terme  de  Méile- 
cine.  Vice  du  filet,  on  ligament  de  la  langue 
qui  est  trop  court  de  naissance ,  ou  endurci  pai 
quelque  cicatrice.  L'Ankiloglosse  cause  une 
grande  difficulté  de  parler. 

ANKILOSK.  s.  f.  Privation  de  mouvement 
dans  les  artlculalioci  ou  Jointures. 

A  NN 

ANNAL,  ALE.  adj.  (On  prononce  les  N.] 
Terme  d^-  Loi.  Qui  ne  dure  qu'un  an,  ou  qui 
n'est  valable  que  pendant  un  an.  FossessioK 
annale.  Il  tie  lui  donna  qu'une  procuration 
annale.  Un  Conimittim'us.  un  Arrêt  de  la  Cuut 
des  Aides  pour  les  tailles,  n'est  qu'annal. 

ANNALES,  s.  f.  pi.  (On  prononce  les  N.) 
Histoire  qui  rapporte  1(  s  événemens  année  par 
nnnée.  Les  Annales  de  Tacite,  Les  4nnales 
de  France.  î'airc  des  Annales.  J'ai  lu  dans  la 
Annales.  Les  Annales  desce:idenl  dajis  un  pUn 
grand  détail  que  l'Histoire. 

Dans  le  st)le  soutenu  ,  Annales  se  prend  in- 
liîfî'ércminent  pour  l'IIisloiie.  yous  lisons  dans 
nos  Annales. 

ANNALISTE,  s.  m.  (On  prononce  les  N.; 
Historien  qui  écrit  des  Anualcs.  Les  Annalista 
de  France. 

ANNATE.  s.  f.  (On  p-o::vnce  Us  N.)  Dn-ii 
nc^ordc  au  Pape  par  le  Concordat  de  Fran- 
çois ^^ ,  qui  se  paye  pour  les  Bulles  des  Eve- 
".hC'S  et  des  Abbayes,  et  qui  consiste  dcus  h 
revenu  d'une  année.  Droit  d\ninatc.  Payet 
l'anuatc.  L\tnnatc  de  ce  Bénéfice,  est  trop  forte. 
Les  anufilcs  des  Bénific2s  consistoriaux  on\ 
été  accordées  au  Pape  par  François  V^.  ht 
Pape  a  remis  Vanna'e,  une  partie  de  Vannait 
à  un  tel  Evéquc,  à  un  tel  Abbé. 

ANNEAU.  8.  m.  (On  prononce  Aneau.] 
Cercle  qui  est  fait  d'une  matière  dure.,  et  qui 
sert  àattachcrqueljue  cliose.  Un  anneau  de  fi:r  ^ 
de  cuivre,  d'argent,  de  corne.  Les  anneanr. 
d'un  rideau,  l'asser  une  corde,  un  rufcan,  dans 
un  anneau.  Le  gros  anneau  d'une  ancre. 

Anneau,  se  dit  particuIÎMemeut  d'Une  ha- 
'^ue.  Anneau  d'or.  Anneau  l'.jiscopal.  Anneau 
nuptial,  il  lui  mil  un  anneau  au  doigt. 

Anneau,  se  dit  ligurément  Des  boucles  for- 
mées par  la  frisure  des  cheveux.  Etre  frisé 
par  anneaux. 

Dans  l'Astronomie,  on  appelle  Anneau  de 
Saturne,  Uu  corps  lumineux  en  forme  de  ccr- 


ANN 

de,  qui  environne  la  planète  de  Saturne,  et 
qui  en  est  à  quelque  distance.  L'anneau  de  Sa- 
turne ne  présente  pas  toujours  les  mêmes  appa- 
rences; on  n'en  voit  souvent  que  les  deux  ex- 
trémités, qui  paroissent  comme  des  anses. 

Année,  s.  f.  (  On  pronmce  Anée.  )  U 
temps  que  le  Soleil  emploie  h.  parcourir  les 
dou/.e  signes  du  Zodiaque,  et  qui  est  de  douze 
mois.  Une  année,  deux  années.  L'année  passée. 
Vannée  précédente.  Vannéequi  vient.  L'année 
brochcdnc.  Celte  année.  La  présente  année.  Le 
cours  des  années.  En  cette  année-hl.  Ce  /"ut 
Vunnce  du  grand  hiver.  D'awiéc  en  année.  Les 
années  passent  vite.  Les  plus  belles  années  de  la 
vie.  La  suite  des  années.  Le  commencement ^ 
le  milieu,  la  fm  de  Vannée.  Le  bout  de  Vannée. 

On  appelle  Année  Lunaire,  L'espace  de 
douze  et  queicpiefois  treize  mois  lunaires,  c'est- 
ii-dire.  De  douzo  ou  treize  révolutions  de  la 
ÏAUïG  autour  de  la  Terre.  Elle  se  nomme  ainsi 
pour  la  distinguer  de  l'année  Solaire,  ou  année 
proprement  dite,  qui  est  de  trois  cent  soixante- 
cinrj  jours. 

Ou  app:  lie  v/niiée  j^s(ro"OMii(jng,  Le  temps 
que  !e  Soleil  emploie  ù  revenir  au  même  point 
du  Zodiaque  d'uu  il  étoit  parti; 

yinnée  CivUe,  Celle  que  l';s  peuples  ont  éla- 
bifc  pour  faire  leurs  supputations,  ou  ils  n'em- 
ploient que  des  nombres  ronds  et  d'uu  usage 
commode.  Et  alors,  Année  Civile,  se  dit  par 
opposition  h  l'Année  Astronomique,  qui  es» 
calculée  exactement  sur  le  coius  du  Soleil,  ius- 
qu'oux  dernières  minurcs.  L'Année  Civile  est 
de  trois  cent  soixante-cinq  jours;  et  VAnt^ 
Astronomique  est  de  trois  cent  soixante-cinq 
jourSf  cinq  heures,  (^\iarante-7ieuf  minutes. 
Vannée  Bissextile  est  detroiscent  soixante-six 
jours. 

On  appelle  Année  d'Exercice,  Celle  où  l'on 
exerce  actuellement  une  Chaîne  que  plusieurs 
OlTiciers  ont  droit  d'exercer  l'un  après  l'autre. 
C'est  son  année  d''e.vercice,  ou  absolument, 
Cest  son  année,  ilest  en  année,  H  est  d\tnnéc; 

Année  de  Probalion,  Celle  pendant  laquelle 
un  Religieux  ou  une  Ueligicuse  font  leur  novi- 
ciat ;  et  Année  de  deuil.  Une  année  pendant 
I.Kjueilc  on  est  obligé  de  porter  un  deuiL 
Une  veuve  qui  se  remarie  dans  Vannée  de  son 
deuil,  perd  son  dunairc  en  certains  !icu.r. 

On  dit,  5ou/i(iitcr  la  bonne  année,  souhaits 
dehonne  année,  complime>nt  de  bo7ine  année, 
pour  exprimer  Les  souhaits  mutuels  qu'on  est 
dans  1  usage  de  se  faire' au  renouvcUcmeul  de 
ranncc, au  nouvel  an. 

On  appelle  Bonne  année,  Une  année  abon- 
dante en  blés,  en  vins, etc.  etMauvaise  anneCf 
Une  année  où  la  récolte  a  été  mauvaise. 

On  dit  aussi,  Pleine  année, année  médiocre, 
demi-année,  pour  exprimer  ïx:s  diflerens  de- 
grés de  sa  fécondité. 

En  parlant  Du  revenu  annuel  d'une  lerrû, 
on  dit,  quEi/e  vaut  tant  année  comrr^me, 
pour  dire,  En  faisant  rompensatiort  des  mau- 
vaises années  avec  les  bonnes. 

AssKE,  se  dit  aussi  Du  revenu  d'une  année* 
5ori  fermier  lui  doit  deux  années. 


ANN 

On  Jit,  La  telles  années,  ijoui  due,  I^s 
années  de  ia  jeunesse. 

ANNKLER.  y.  a.  11  n'est  guère  d'osagc  qu'en 
parlant  Dos  clicvcux  qu'on  frise,  et  qu'on  tourne 
en  boucles,  -innelcr  àes  Acvcux. 

A^stl.É,  ÉE.  p.irlicipe.  Ves  chcv.ux  anneUs. 

ASXELET. s.  ni.l'ctit  anneau.  Il  nVstguète 
d'usage  qu'en  tcnnea  de  Blason  et  d'.ArcLi- 
lecture.       , 

AWIELURE.  s.  f.  Frisure  de  cheveux  par 
•nnraiix. 

ANKKXE.  s.  f.  (On  pron.  les  N.)  Ce  qui  est 
uni  à  quelque  autre  bien.  Et  il  se  dit  des  terres 
ou  domaines  attacliés  à  une  Seigneurie,  dont 
ils  n'étoient  pas  niouvans  ou  déperidans.  Les 
unnexc's  (i'ync  Seigneurie ,  d'ime  Terre.  C'est 
un  terme  de  Droit. 

Il  se  dit  aussi  d't'ne  Église  où  l'on  fait  les 
fonctions  paroissi-iles,  et  qui  relè\'e  d'une  Cure. 
L^Eqlise  de  Hainte-  }JarqHerile  étoit  une  an- 
tiexc  de  la  ^\troisse  de  Saint-Paul. 

ANNEXER.  V.  a.  Joindre,  att.iclier.  Il  n'est 
d'usage  qu'en  parlant  d'Une  terre,  d'un  droit, 
d'une  prérogalive  qu'on  joint  à  une  Terre,  à  im 
BéncGee,  Si  une  Cliarge.  j^nneier  un  Fief  à 
une  Terre.  Annexer  un  Prieuré  à  une  Abbaye, 
à  un  Êvêché.  Il  a  anntxré  ce  Vroit  à  $a  Terre. 

Annexe,  ée.  perticipe. 

ANMHIL.VTION.  s.  f.  (On  pron.  les  V.) 
Terme  didaciique.  Anéantissement. 

ANNIIIILEU.  V.  a.  (On  pron.  les  N.)  Terme 
didictique.  Ancanlir.  Il  est  usité  dans  la  Juris- 
lirudence.  Anniliiler  un  acte,  un  testumcnl . 
une  donation. 

Annihile,  ée.  participe. 

ASMVEnSAlRK.  adj.  des  2  genres.  Il  ne 
se  dit  que  d'Une  époque,  ou  d'une  cérémonie 
qui  ramène  le  souvenir  d'un  événement  arrivé 
nue  ou  plusieurs  années  auparavant  Jour  an- 
niversaire. Fêle  anniversaire. 

On  l'emploie  d'ordinaire  substantivement. 
C'esi  ûiijour<niUï  ianni^'ersaire  de  sa  nais- 
sance, de  son  mariaqe. 

Il  se  dit  de  ia  conimémoraison  pieuse  ou  du 
Service  pour  un  mort,  &u  retour  annuel  du  jour 
de  son  dé*cês.  Fonder  ur.  anniversaire  ,  C'est 
(lipuler  un  revenu  pour  rcttc  com.némoraison. 

ANNONCE,  s.  f.  (Ou  pzaa.  Anonce.)  Avis 
par  lequel  on  annonce  quoique  chose  au  public, 
Terbalement  ou  par  écrit.  Faire  '.'.n^  cnnonce 
au  Prône.  Annonce  de  livres  à  vendre.  On  dit, 
Un  tel  Comédien  a  fait  run nonce,  pour  dire, 
A  aRnoiicc  la  Pièce  (ju'on  doit  jouer  tel  jour. 

Ilsedit  aussi  Iles  ptiblical  ions  de  Mariagtrqui 
K  fout  dans  la  Religion  prétendue  Réformée. 
H  se  mariera  bientôt,  on  a  fait  la  première  an- 
nonce. On  a  fait  toutes  les  annonces. 

AN.NONCER.  t.  a.  Faire  savoir  une  nou- 
velle j  quelqu'un.  Annoncer  une  bonne  noii- 
velie.  Annoncer  une  méchante  nouvelle.  Il 
n'annonce  jamais  que  des  doses  déiaqréables. 
Il  nous  at  venu  annoncer  le  mariaqe  dun  tel. 
Je  vous  annonce  une  clwsc  qui  vous  surpren- 
di-a.  n  noti.î  a  annoncé  la  Paijc. 

On  dit.  Annoncer  la  parole  de  Dieu,  an-' 
>ionjcr  l' Evangile.  j)Our  dire,  Prêcher ,  ethor- 


_  ANN 

ter.  Ce  hon  Curé  n'a  cessé  d'annoncer  VE;'an~  y 
nile  pendant  trente  ans. 

Il  sî^ni^e  aussi,  Prédire,  nssurcr  qu'une 
chose  aiTÎvera.  Les  Prophètes  ont  annoncé  lu 
venue  du  ^îessie.  iJAnqe  qui  annonça  le  mys- 
tère de  l'Incarnation. 

Il  si;;iiific  aussi,  Avertir  de  qucUiuc  cliose. 
/  eCuré  annonce  les  Fctes^  les  jeunes  dans  son 
Prâne.  Les  Comédiens  ont  annoncé  une  t^llc 
Pièce. 

Annoncé,  hE.  porticips. 

AKNONCIAIIO.N.  s.  f.  Ou  appelle  ulnsi  le 
Message  de  l'Ange  Gabriel  à  ia  Vicige,  pour 
lui  aimotiCcr  ie  mystère  de  1  Incarnalion;  et  on 
appelle  aussi  de  luCme,  le  jour  où  Tlilglise  cd- 
lèbre  ce  Mystère.  L'-'/nrio»icùilion  de  la  Vitrée. 
Le  jour  de  T Annonciation.  La  Fêle  de  l\in- 
nonciat-  -n. 

AJN'NO'J  ATEUR.  s.  m.  O-lui  (jui  fait  des 
remarques. 

AWNOTATIO>\  5.  f.  Noie  un  peu  lon;^ue 
que  Ton  fait  sur  le  texte  d'un  Auteiir  pour  eu 
êclaîrcir  quelques  passages.  Il  a  fuit  de  belles 
annotations  sur  ilomèr:,  sur  Virailcj  sur 
AristotCj  etc. 

Il  signifie,  eu  termes  de  Pratique,  l'Élatet 
inveulaire  des  biens  marqués  et  saisis  par  au- 
loiilê  d::  Justice,  sur  un  criminel,  cfii  sur  un 
accuse.  On  fît  Vannotation  de  tous  ses  biens. 

Annoter,  v.  a.  il  n'est  d'usage  qu'en  style 
de  Pratique,  pour  dire,  Marqurr  l'état  des 
biens  saisis  p^U"  autorité  de  Ju.-tice,  sur  uu  eii- 
QMucl,  eu  siu"  uu  accusé.  On  a  saisi  et  annote 
ses  bicîL'i. 

A5>0TÊ,  ÉE.  participe, 

ANNUEL,  ELLE.  adj.  Qui  dure  un  on.  Le 
Consulat  à  Rome  étoit  annuel.  L'exercice  de 
cette  Charqc  est  annuel. 

Ann'cel,  se  dit  aussi  De  certaines  clioscs 
qui  arrivent,  qui  reviennent  tous  les  ans.  Re- 
venu aU7iucï.  Rertte  diintielle  et  perpétuelle. 

On  appelle  Plantes  annuelids,  Cert^tincs 
plantes  qui  ne  vieuuent  que  de  graine,  et  qu'il 
faut  semer  tous  les  ans;  et  1  leurs  annuelles^ 
Les  fleurs  de  c.s  plantes. 

En  termes  d'Aslrouomie,  La  révolution  ap- 
parente du  Soleil,  d'un  point  du  Zodiaque,  au 
inùuie  point,  s'appelle  Le  mouvement  annuel 
du  Soleil.  Le  mouvement  arniucl  se  dit  par 
opposition  au  iiiont/ement  diurne ^  qui  est 
toujours  de  vinnl-quatre  heures. 

On  appelle  Droit  unniiei ,  Le  droit  que 
certains  Officiers  payent  au  Roi  chaque  nnuôe, 
poiu*  consei'vcr,  au  proSt  de  leurs  hériliers, 
leurs  Charges,  qui  sans  cela  vaqucroïent  par 
i'jar  mort  au  profit  du  Roi.  Pay  er  le  droit 
annuel.  H  n^a  jamais  payé  le  droit  annuel. 

ANM'EL,s.  m.  se  dit  d  "Une  Messe  que  l'on 
fait  dire  tous  les  jourfi pendant  une  année,, pour 
un;-  pcTioniic  morte,  à  compter  du  jour  de  sa 
uiori.  /  /  a  ordon  né  un  ann  ucl  après  sa  mort.  On  a 
charqc  un  tel  Prêtre  de  cet  anr.ucL  Faire  dire 
un  annuel.  Il  se  dit  aussi  Du  droit  qu'un  Otli- 
cier  paye  nu  Roi  pour  la  conservation  de  sa 
charge  en  cas  de  mort.  l'ayer  l'annuel. 

Annuellement,  adv.  parciiaqucanoéa. 


ANO 


6i 


Il  l'u-e  (ir/u!iellcment  tant  de  revenu  de  cette 
terre.  On  lui  en  paye  annuellement  tant. 

ANNUITÉ,  s.  f.  (  UI  fait  deux  syllabes  dans 
ce  mot)  Il  se  dit  d'Une  sorte  d'emprunt,  par 
lequel  le  déljiteur  s'engage  à faùc  annuellement , 
pendant  un  nombre  d'années  limitées, un  paie- 
ment qui  comprend  la  ri.nlc  du  capital  et  un 
remboursement  d'une  partie  ;  de  sorte  qu'au 
hoiit  du  tenue  indiqué,  le  débiteur  est  eniiérc- 
nienl  libérée 

ANNULAIRE,  adj.  des  2  genres.  11  a  peu 
d'acceptions.  On  appelle  Doigt  annulaire.  Le 
quatiièmt  doi\jt,  parce  que  c'est  celui  où  l'on 
met  ordinaiiement  l'auneau  en  de  certaines  cé- 
rémonies. 

Ou  appdie  Eclipse  annulaire^  Une  éclipse 
du  .Soleil,  telle. qu'il  reste  autour  du  disquc  de 
cet  asiie  un  cercle  ou  anneau  lumineux. 

ANNULAIRE,  s.  f.  Nom  d'une  cbenille  ap- 
pelée aussi  lu  Livrée.  Elle  vient  sur  les  poiriers 
et  pruniers. 

ANNULATION,  subst.  fém.  Action  d'an- 
nuler. 

ANNULER.  V.  a.  Rcucbe  nul.  LeParUment 
a  annulé  ce  testament  j  a  annule  foutes  cespro- 
cédures. 

AssuLÉ,  ÉE.  parîicipe. 

ANO 

ANOBLIR.  V.  a.  Rendre  noble.  Il  ne  doit  pas 
se  confondre  avec  Ennouliu.  Voy.  ce  mot. 

U  se  dit  Des  personnes,  au  sens  de  Déclarer 
pielqu  un  Nubie,  lui  donner  le  titre  ctles  droits 
de  Noblesse.  Le  Rci  Va  anobli.  Celte  famille  fut 
anoblie  sous  îlenri  7V. 

Eu  parlant  Des  Pays  ou  la  Noblesse  se  prend 
ducôlcdcs  femmes,  et  où  l'on  est  réputé  Noble, 
pourvu  qu'on  soit  né  d'une  mère  noble, on  dit, 
f[uEn  ce  Pays-là  le  ventre  anoblit. 

On  dit  figurément,  Jnoblir  son  nom  j  au 
sens  d'.'icqucrir  de  Li  réputation,  de  la  gloire. 
Il  a  anobli  son  nom  par  ses  ouvrages. 

U  se  dit  aussi  du  style.  //  faut  anohlir  cette 
expression  trop  familière. 

Anobli  ,  lE.  participe. 
'    A>OBU,est  aussi  substantif ,  et  il  signifie, 
Celui  qui  a  c'té  fait  Noble  depuis  peu  de  temps. 
Les  anoblis^  les  nouveaux  anoblis  jouissent  des 
privilèges  des  anciens  Nobles. 

ANOBLISSE.MENT.  s.  m.  Criée  et  conces- 
sion du  Prince  ,  par  laquelle  on  est  anobIL 
Lettres  d'anoblissement. 

ANODIN,  INE.  aJj,  Terme  de  Médecine, 
qui  n'est  d'usage  qu'en  parlant  Des  remèdes  qui 
opèrent  doucement,  et  sans  faire  de  douleur. 
Remèdes  anodins.  Purgation  anodine.  Il  s'em- 
ploie aussi  substantivement.  Scpurger  avec  du 
anodins, 

ANOMAL,  adj.  Terme  de  Orammaire,  qui 
ne  se  dit  gucrc  que  Des  vcrhcs  qui  ue  suivent 
pas  dans  leur  conjugaison  In  rrgle  ordinaire  des 
autres  verbes.  Vn  verbe  anomal.  Les  verbes 
anomaiLT.  All»r,  est  un  verbe  anomal. 

ANOMAIJE.  s.  f.  Terme  de  Grammaire, 
IrrégulaiÎLô  dans  la   conjugaison,  ou  dans  U 


62 


ANT 


déclinaison.  Il  y  a  bie'i  'le  l'anoiiiuUi:  dans  ce 
verbe  j  tlaiis  ce  nom. 

Anosiai.ie,  en  termes  d'Astronomie,  se  dit 
De  la  distance  du  lieu  vrai  ou  moyen  d'une  pla- 
nile  i  l'apliélic  ou  h  l'àpogir.  AiwmuUe  vruie. 
Anomalie  moyenne. 

ANO.MALISTIQUE.  adj.  Terme  d'Astrono- 
mie. 1!  n'est  d'usage  q>ie  dans  cette  phrase , 
Année  anomalisllqiie ,  pour  signifier  le  temps 
que  la  terre  emploie  h  revenir  dnn  point  de  son 
orLite  au  mi'mc  point. 

n'aulrcs  appillcnt  Année  unomuiis(iiJiie,Lc 
temps  ijui  s'tcoule  entre  l'instant  ou  la  terre 
•st  apliilie.ct  celui  où  elln  rCMCvient  apliélic 
l'aunce  suivante.  Ce  temps  est  plus  long  que 
l'année  sidérale,  ou  que  l'Année  nnomii/islnjua 
prise  dans  le  premier  sens. 

ANOMIES.  s.  f.  pi.  Co»iuiIles  fossiles,  dont 
on  ne  connoit  prvnt  les  analogues  vivans. 

kyoy.  s.  m.  Le  petit  d'u:i  ."me.  L'itnesse  cl 
l'dnon. 

ANONIMlî.  adj.  des  j.  genres.  Qui  est  sans 
nom.  Il  ne  se  dit  que  Des  Auteurs  dont  on  ne 
sait  point  le  nom,  et  des  écrits  dont  on  ne  sait 
point  l'Auteur.  Auic.ii'  unonînic.  Livve  ano- 
nime.  Lettre  anonimc. 

Il  se  met  quelquefois  substantivement.  L'A- 
nonimeaui  a  imité  cette  matière^  dit  (juc... 

On  appelleaussi  ceux  qui  n'ont  point  encore 
reçu  de  uom  au  Baptême,  Anonimes,  en  ajou- 
tant inimcdiatemcnt  après  leur  nom  de  famille. 
Anonime  Ac  Montmorency,  Anonime  de  Mù' 
lun ,  etc. 

Ou  dit.  Carder  Vanonime,  relier  anonime, 
pour  dire, Ne  se  pas  faire  connoitrc  pour  l'Au- 
teur d'uu  ouvrage. 

ÀNONNKR.  V.  n.  Ne  lire  ou  ne  répondre 
qu'avec  peine,  qu'en  licsitant.  Il  y  a  deux  ans 
(jue  cet  enfant  va  à  Vecole.  et  il  ne  fait  encore 
au  dnonner.  Qnand  il  soutint  ses  thèses,  il  ne 
fnisoit  qu'dnonncr.  Il  est  familier. 

11  se  prend  quelquefois  activement.  Cet  éco- 
lier ne  fait  mt'ànonner  sa  Icçoh. 

Anossé,  ée.  participe. 

ANS 

.V?'^E.  s.  f.  r.n  partie  de  certains  vasrs.  de 
.certains  ustensiles,  p-ir  laquelle  on  les  prend 
pour  s'en  servie,  et  qui  est  ordin.iîremcntcûur- 
be'c  en  arc.  Uanse  d'un  seau,  d'un  pot,  d'un 
cliaudron,  d'une  viarniite.  Pot  à  dctut:  nnsus. 
Prendre  un  pot  par  l'anse. 

On  dit  proverhialeincut  et  bassement,  Faire 
le  pot  d  deux  anses,  pour,  Mettre  les;nains  sur 
les  cotés. 

A.vsc,  signifie  aussi  Une  espèce  deOolfepcu 
profond.  Il  y  alàune  anse  où  nous  mouillâmes. 

AN-SÉATIQUE.  Voyez  HAN.SlU'l'IQdE. 

A^SPESSADE.  s.  m.  Bas-Officier  d'Iufanie- 
ne ,  au-dessoiu  du  Caporal. 

ANT 

ANTAGONISTE,  s.  m.  Adversaire  ,  celui 
<{i/i  Kt  opposé  ^  an  autre  dans  qucl'UC  MUll- 


ANT 

ment,  (];ins  quelque  nj>inion,  dans  qïiclque 
niL'trntion.  Les  bcotistes  ctoietit  Antiinonistes 
des  Thomistes. 

Kii  lernics  d'Anatomïe,  on  appelle  l\liisclei 
ituttifjunlstes,  Les  muscles  qui  sont  nltacliés  à 
la  iiicuie  parlie,ctqiii  tirent  l'un  contre  l'autre: 
et  m  celle  plirase.  Antagoniste  est  adjectif.  Un 
dit  aussi  an  substantif,  Chaque  muscle  a  son 
antaqonistc. 

ANÏ.VN.  s.  m.  L'année  qui  prt^cèdc  celle  qui 
court.  Il  est  vieux,  et  ne  se  dit  guère  qu'en 
cfttf  pljrase  proverbiale,  7)es  neiges  d'antan. 
Je  ne  m'en  soucie  non  plus  gue  des  ndaca 
d*antan. 

ANTANACLASE.  s.  f.  V'i^^nrc  de  Rlir'lori- 
que.  Répctition  d'un  mdmc  luot  pris  en  diflë- 
lens  sens. 

ANTARCTIQUE.adj.  des  2  genres.  Qui  est 
opposé  au  pôle  Arctique  ou  Septcntrion;il. 
Pule  Antatxnqut.  Les  Terres  Anlarctinucs. 
Cercle  Polaire  Antarctique. 

ANTECI':DENT,  ETPE.  adj.Qui  ai  aupa- 
ravant, qui  prL'ctdc  en  temps.  Les  actes  anlc- 
cédcns.  Les  procédures  antécédentes. 

Antécédent,  s. m.  entermes  dcGrammnîrr, 
se  dit  Des  noms  et  des  pronoms,  quand  ils  pré- 
cèdent et  régissent  le  relatif  qui.  Ainsi  dans  ces 
deux  phrases,  Dieu  qui  .peut  tout^  celui  qui 
l'oits  a  dit  telle  chose'  Dieu  etCelui  sontlesan- 
écédensj  et  qui  est  le  relatif., 

Antécédent,  s.  ni.  En  termes  de  Logique. 
La  première  partie  d'un  argument  qu'nn  ap- 
pelle EnthytnèmCj  et  qui  ne  consislequ'enune 
neule  proposition  ,  dont  on  lire  une  consé- 
quence. Je  vous  accorde  l'antécédent  j  mais  je 
vous  nie  la  conséquence. 

Antécédent,  en  termes  de  !\Iatliématique  . 
se  dit  Du  premier  des  deux  termes  d'un  rap- 
port, par  opposition  à  (Ton.stfjKcnï ,  (jui  Oit  le 
second. 

AN'TÉCESSEUR.  s.  m.  Professeur  en  Droit 
dans  une  Université.  Il  vieillit. 

ANTECHRIST,  s.  m.  (  l'S  ne  se  prononce 
pas.)  Celui  qui  est  opposé  à  JÉsrs-CtinTST,  qui 
est  l'ennemi  de  .lÉsis-Cnnisï.  Il  est  dit  dans 
rEcriture,  que  dès  le  temps  des  Apôtres,  il  y 
livott  plusieurs  Anlcchrists.  Il  se  dit  particuliè- 
rement d'Un  imposteur  qui  cherchera  à  établir 
une  Religion  opposée  h  celle  de  Jésus-Chiust, 
et  qui,  suivant  l'opinion  commune,  viendra 
dans  les  derniers  temps.  Le  temps  de  la  venue 
de  l'Antéchrist  est  incertain. 

ANTENNE,  s.  f.  Lorigiie  ver^oif",  longue  cl 
grosse  perche  qui  s'attache  à  une  pculie  ver^  le 
milieu  ou  vers  le  liaut  du  rafit,  poui  soutenir 
les  voiles.  Le  vent  rompit  Its  anlcnies. 

ANTENNES,  s.  f.  pL  Kspi-ce  de  cernes  sur 
!a  '.tte  de  plusieurs  insecte-').  Les  papillons  et 
les  uhciUcs  ont  des  antennes. 

ANTIvPÉNULTIÈME.  adjcct.  des  5.  genres. 
Çui  préci-de  immédiatement  le  pénultit.'mc. 
L'(inïe/?é»u/l['ènic  vers  de  cette  page.  Dans  l'an- 
tépénultième ligne.  L'antépénultième  syllabe 
d'un  moi. 
V  ÀNTÉpiifCLTifcME,  scmploîe  aussi  substanti- 
vcincntj  pour  signifie!   L'anlépcnulli'me  «vl- 


ANT 

labe  d'un  mot.  Dans  ce  mot,  l'accent  est  sur 
Vantépénulticme. 

A^n-:RIEURj  EURE.  adj.  Qui  est  avant, 
qui  précède,  il  se  dit  par  rapport  au  lieu  et  au 
temps.  La  partie  antérieure  d^m  vaisseau.  Les 
parties  «nléncrires  d\tn  corps,  i  ne  époque  an- 
térieui-:.  Va  fait  antérieur.  Ce  contrat  est  an- 
térieur à  Vautre.  Ma  dette  est  antérieure  à  la 
Sienne.  Je  dois  être  colloque  h  premier  en  or- 
dre ;  car  je  suis  ajitérieur  en  hypothéqué.  L'ou- 
vrage dont  je  vous  parle,  est  antérieur  à  celui 
dont  vous  parlez. 

ANTÉUIEUREMKNT.  adverbe.  Précédem- 
ment. Cette  dette  a  été  contractée  anîéricura- 
meut  à  la  vôtre. 

ANTÉRIORITÉ,  subst.  f.Pnorilé  de  temps. 
Antériorité  d'hypothèque.  Antériorité  de  date. 
L'antériorité  d'une  demande^  dune  décou- 
verte. 

ANTHOLOGIE,  s.  f.  Il  signifie  proprement 
Choix  de  fleurs,  et  il  se  dit  d'Un  recueil  de  pe- 
tites pièces  de  Poésie  choisies. 

ANTHRAX,  s.  m.  Esprce  de  bubon  très- 
cnHammé.  qui  cause  des  douleurs  aiguës. 

ANTHROPOLOGIE,  s.  f.  Figure  par  U- 
qwlle  ou  attribue  ^  Dieu  des  actions, des  afie»- 
tions  humaines. 

ANTHROPOMORPIÏISI^IE.  s.  m.  Doctrine 
ou  opinion  de  ceux  qui  attribuent  à  Dieu  une 
iigurc  humaine. 

ANTHROPOMORPHïTE.  s.  m.  Celui  qui 
attribue  à  Dieu  une  figure  humaine. 

ANTHIÎCPOPHA(;E.adi.  des  2  «enrcs.  Il 
ne  sedit  que  Des  homiues  qui  mangent  de  la  cliair 
huri  aine.  Une  ÏSation  anthropophage. 

M  est  aussi  substantif,  t'est  un  Barbare j  un 
Al  thropophaqe. 

ANiï.  Vrcposilion  empruntée  du  Grer.  et 
qui  s'emploif  en  Fran(;ois  dans  plusieurs  U'olj 
couqiosés,  pour  marquer  Opposition,  contia- 
riét(?.  Ainsi  l'on  dit,  Antiscorhutique^  Anti- 
septique y  en  parlant  Des  remèdes  contre  ]*t 
scorbut,  contre  la  gangrène.  On  trouve  dans  le 
Dictionnaire  ceux  de  ces  mots  composés  qui 
sont  le  plus  en  usîige  ;  car  il  seroit  inutile  de 
rapporter  tous  coux  que  le  besoin  ou  le  caprice 
peut  faire  imaginer. 

ANTi,se  joint  encore  à  plusieurs  mots  Fran- 
çois dans  le  sens  de  la  préposition  antè  des 
Latins,  pour  marquer  Antériorité  de  temps  ou 
de  lieu.  Tels  sont  les  mots  composes,  Antidait 
et  .hitichambre.  On  trouvera  dans  le  Diction- 
naire tous  c:-ux  que  l'usage  a  autorisés. 

ANTiCïlAMRUE.  s.  f.  Celle  des  pièces  d'un 
appartement  qui  est  immédiatcmcnl  avant  la 
chambre.  Il  y  a  dans  cet  appartement  anti- 
chambre, chambre  y  et  cabinet  Attendre  d'.'us 
une  antichambre.  La  première  antichamhi  c. 
La  seconde  antichambre. 

Quelques  personnes  le  font  mal  â  propn» 
masculin  ,  cl  disent,  Un  bel  antichambre.  Petit 
antichambre. 

ANTICIPATION,  s.  f.  Action  par  laquelle 
on  anticipe.  Servez-vous  contre  lui  de  la  voie 
d'anticipation j  du  moyen  d^ anticipation. 

On    appelle    Lclî:tt     d'anticipation^    Dca 


Tj-llrcs  (le  Cliaiicellcric  ,  pour  anticiper  un 
Appel. 

AsTicirATios ,  terme  de  Finance.  On  appelle 
■insi  Les  expédiens  auxquels  ont  recours  les 
AdniinisIr.Mcurs  des  Finnni  es  pour  se  procurer 
des  fonds  d'avance  par  des  espaces  d'cmiirunls 
secn-ts,  liypotl»é<|ués  sur  des  parties  du  revenu 
puMic  qui  ue  jont  pas  encore  reçues  ,  cl  rein- 
Itouisablcs  .5ur  ces  produits  à  mesure  qu'ils 
rentrent.  Les  anticipations  sont  onlinairancnt 
des  emprunts  très- onéreux.  Faire  un  service 
yar  anticipation. 

AaxiciPArios ,  signifie  aussi,  Une  usurpa- 
l!ou  faite  siu"  le  bien  ou  sur  ies  droite  d'autrui. 
C*esl  une  anticipatioii  sur  mes  droits,  sur  nni 
terre. 

AtïriciPATioN,  est  aussi  Une  figure  de  Rhé- 
torique ,  par  laquelle  l'Orateur  réfute  d'avance 
les  clioscs  qui  lui  pi-uvent  être  objectées. 

Pab  AsxiCïpation.  l'uçon  de  parler  adver- 
biale. Par  avance,  il  j'en  cs(  emparé  par  anti- 
cipation. 

Anticiper.  V.  a.  Prévenir,  devancer.  Il  n« 
se  dit  que  Du  temps,  et  par  ellipse ,  Des  clioseï 
dont  on  prévient  le  temps.  Le  terme  ri'étoit  pai 
échu,  il  a  anticipé  le  payement.  Anticiper  h 
temps,  ie  jour. 

On  emploie  ce  verbe  nu  neutre,  avec  la  pré- 
position ^wr.  .-Inticiper  sur  ses  revenus,  pour 
dire  ,  Les  recevoir,  les  dépenser  eu  avance  ; 
Anticiper  sur  les  temps,  pour  dire.  Raconter 
Vliistoire  d'un  événement  avant  son  époque. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Anticiper  un 
Appel,  pour  dire.  Faire  assigner  devant  leJiig< 
iijpérieur,  l'Appelant  qui  diflcrc  de  relever  soc 
Appel. 

Anticipeiï  ,  signifie  aussi.  Usurper  sur  au- 
trui. Anticiper  sur  les  droits  de  qiwlqu'un 
Anticiper  sur  son  voisin.  Vous  anticiftez  sut 
ma  Terre,  sur  ma  Cliarge.  Kn  ce  sjus  il  est 
neutre. 

AsncipÉ,  £e.  pirtirjpe. 

On  dit,  l  ne  joie  anticipée,  pour.  Une  joie 
qu'on  a ,  dans  la  .vue  d'un  bien  qui  n'est  pas 
encore  arrive.  On  dit  de  même ,  Une  douleur 
anticipée,  une  connaissance  anticipée. 

AJXnDATE.  s.  f.  Date  mise  faussement  à 
une  lettre,  h  un  acte,  en  marquant  un  jour 
antérieur  à  celui  auquel  l'acte  a  été  véritable- 
ment passe ,  ou  auquel  la  lettre  a  clé  écrite.  On 
<  prouve'  l'antidate  de  cet  acte. 

ANTIDATKK.  v.  a.  Mettre  une  antidate 
^/ilirliiter  un  contrat ,  une  lettre. 

AsTiDATÉ ,  ÉE.  participe.  Acte  antidate. 
Sentence  antidatée.  Lettre  antidatée. 

ANTIDOTE,  s.  m.  Contre-poison,  rcrat'dc 
pour  se  garantir  de  la  peste,  de  l'eflct  du  (Mi- 
son,  du  vcniu.^on,  puissant,  (jrand,  crcel- 
Unt  antidote.  Antidote  spécifique.  I.a  tl.ériarjuc 
tit  un  nrilidolc  contre  lu  pe4te,  coutrcla  pùjiire 
ies  serpcns.  Prendre  de  l'mili'iJole. 

AN  MEXNE.  5ul»t.  f.  Sorte  de  Verset  que  le 
rliartre  dit  eu  tout  ou  en  partie  dans  l'Oflicc 
de  l'Eglise,  av.int  un  Psaume  ou  un  Cantijuc, 
et  qui  se  lépéte  a;ir(3  tout  entier.  Annoncer 
unt-Anlienne.  Entonner  une  Antienne. 


ANT 

Ou  dit  figurt^ment  et  faïuilicrement ,  Anrton- 
cer  nue  triste,  une  ftcheuse  Antienne j  pour, 
Annoncer  une  triste,  une  fàcliciisc  nouvelle. 

A>riLO(iIK.  s.  f.  Ternie  clidiictûiuc.  Gon- 
Irndictioii  entre  quelques  idées  d'un  inêine  dis- 
cours. 

ANllMOINK.  s.  m.  Demi-métal,  dont  on 
fait  différentes  jtn'parations  dans  l.i  Pharmacie, 
telles  que  l'Énu-iiquc,  etc.  IJusnçje  uc  Vunti- 
moine  a  (roiu-e  de  grands  adi'crsaîres, 

AlNTINOMIK.  s.  f.  Contradiction  vt^ritable 
ou  npp.iienle  entre  deux  Lois.  Celte  antinomie 
embarrasse  les  J urisconsultes. 

ANTll'APi;.  S.  nu  Celui  qui  se  porte  pour 
pape,  sans  être  Icgitimenienl  et  caDouiqucmem 
élu.  Dans  le  dernier  Schisme  on  a  vu  en  mêmt 
iemps  deux  Antipapes. 

A.\TIPATIIIE.  s.  f.  Aversion,  répugnance 
naturelle  et  non  raisonncc  qu'on  a  pour  quel- 
qu'un, pour  quelqui;  chose.  Il  se  dit  Dos  per- 
sonnes, des  animaux,  et  des  choses  inanimées. 
Antipathie  naturiAle,  invincildc.  Grande  anti- 
patliie.  Secrète  antipathie.  Avoir  de  l'antipathie 
pour  (jiielf^ue  chose.  Agir  par  untipatitie:  Il  y 
a  de  V  antip'Uthic  entre  CCS  deux  personnes.  Ay^vir 
de  V  antipathie  pour  la  lecture, poar  la  mnsi(uie. 

ANTIPATHIQUE,  adj.  des  2  penrcs.  Con- 
traire, oppose'.  Ces  deuc  personnes-lij  ont  dei 
humeurs  antipathinues. 

ANTIPiiRISTALTIÇUE.  adj.  d-s  ?.  genres. 
Qui  est  opposé  au  mouvement  përistaltiquc.  U 
se  dit  principalement  Des  iulestiiis.  Voyez  PÉ- 

niSTXI.TlQUE. 

ANTIPSRISTASE.  s.  f.  Terme  didaclîqne. 
Action  de  deux  qualités  contraires,  dont  l'une 
augmente  la  force  de  l'autre.  Les  Pêripatéti- 
ciens  disent,  que  cVîf  par  antipéristase  que  h 
/tu  est  plus  ardent  Vhiver  qu'en  etc. 

A>TIPi-:STtLEiSTlEL,  ELLE,  adject.  lîon 
«onire  li  pc*.to. 

ANTlPilUMEU.  s.  m.  Livre  d'Église,  on 
1rs  Anli(;nnes  sont  uo'ics  avec  des  notes  ds 
PUtin-cliant. 

A>'TIPHRASE.  8.  f.  Fi-ure  par  laquelle  on 
emploie  un  mol ,  ou  une  fa;on  de  parler,  dim 
un  sens  contrarre  k  sa  vérilalile  signilicatiim,  à 
sa  siî^nificaliou  ordinaire.  Cela  est  dit  par  anti- 
pi  ivase. 

En  parlant  d'Un  fripon  ,  oa  dit  p^r  anti- 
pliras?.  Cet  hon^'ste  homme. 

AyiTPODS,  c.  iSf  T.'.Uii  qui  liabî*.':  dans  un 
endroit  de  la  tcrro,  que  Von  cousidère  par  rap- 
port 'j  un  nuire  endroit  diamélralcnientopposé. 
Il  se  dit  plus  ordii.aircmcnt  au  pluriel.  La 
Antipodes.  Ces  peuples  sont  nos  Antipodes, 

1\  se  dit  Des  lieux  par  extension.  Tel  pays 
est  l'antipodcj  est  antipode  de  tel  autre. 

On  dit  proverbialement  ,  qu'iJa  voudroil 
qu\tn  homme  jiit  aux  Antipodes^  pour  dire, 
^l^[\  fût  bien  loin. 

Od  dit  d'Un  homme  qui  a  l'esprit  de  tra- 
vers, que  C'est  l'antipode  du  bon  sens. 

ANTIQUAILLE,  s.  f.  Tcnnc  de  mépris, 
dont  on  se  *ei1  en  parlant  De  rerïaines  choses 
antiques  de  peu  de  v.ileur.  Ce  sont  c/es  «nti- 
'^uaiViCs,  C'e:>t  un  chercheur  d'antiquailles. 


ANT 


63 


Il  se  dit  aussi  De  certaines  choses  usées  et 
de  peu  de  valeur,  comme  de  vieux  meubles. 
Tous  ces  meuhles-là  sont  des  antiquailles,  dont 
il  f-iudroit  se  défiire. 

ANTIQUAIRE,  s.  m.  Ct  lui  qui  est  savant 
dans  la  connoîssance  des  I^Ionumens  antiques, 
comme  statues,  mcdiilles,  etc.  C'est  un  grand 
Antiquaire.  Tous  les  Antiquaires  conviennent 
que  cette  médaille  est  fattsse. 

ANTIQUE,  adj.  des  a  genres.  Fort  ancien. 
Il  est  opposd  ;\  Moderne;  ct  il  ne  se  dit  qu'en 
parlant  Des  choses  d'un  temps  fort  reculé.  Les 
nionumens  antiques.  7\îonnoie  antique.  Statue 
antique.  Pièce  antique.  Palais  antique.  Lu  s;ni- 
phcile  des  nijîurs  antiques. 

Astique  ,  se  dit  aussi  Des  pereonues  ovai- 
cées  en  ;îge;  ct  il  ne  se  dit  guère  que  par  raille- 
rie. Il  est  un  psu  antique.  Il  a  Vair  antique. 
C  est  une  beauté  antique. 

Antique,  se  dit  dan-;  un  sens  d'clogc,  pour 
exprimer  Une  beauté  s^^mhlihle  h  celles  que 
l'antiquilc  nous  a  transmises.  Cet  ouvrage  est 
d^unc  sinijdicitc ,  dhtne  majesté  antique. 

Ou  emploie  substanTivcmcnt  le  mot  Ati- 
,  (i(j«c,j.io:u*,Cc  qui  vient  des  Anciens.  Etudier 
l'yintîquc.  Copier  l'Antique. 

Antique,  s.  f.  se  dît  Des  Moiuimcns  curieux 
qui  nous  sont  restés  de  rAntiquilc,  comme 
nicdailles,  statues,  agates,  vases,  etc.  Vne 
belle  antique.  Une  antique  très- curieuse.  Le 
cabinet  des  antiques  du  lioi. 

A  l'Antique,  adv.  A  la  manière  antique. 
Fait  à  Vantique.  Bâti  à  Vantique.  Habillé  à 
Cantique.  L\iir  à  Vantique, 

Antiquité,  s.  fém.  Ancienneté  rccuhV. 
i  emple  i*énérable  par  son  antiquité.  Cela  est 
'  d'une  grande  antiquité.  Cette Miiison  est  illus- 
tre par  sa  noblesse  et  par  son  unliqu.ti'.  L\inli' 
'  quité  des  temps.         ^ 

U  se  prend  aussi  coUccliveraent  pour  Tous 
ceux  qui  ont,  vécu  dans  les  siècles  fort  cloîjnc-s 
du  nJlre.  L'.întiquité  a  cru  que...  Vous  ne 
verrez  rien  de  pareil  dans  toute  VAntiquité. 

Il  se  prend  encore  pour  Les  siècles  les  plus 
éIoi;;n.;s.  Les  Héros  de  VAntiquité. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  qui  nous  restent 
de  l'Anliquite.  On  Toît  encore  en  ce  Ueu-Vi 
une  belle  Antiquité.  En  ce  sens  il  sa  dît  surtout 
au  pluriel.  Les  Antiquités  de  liopte.  L'Histoire 
des  Antiquités  de  Paris,  d'Orléans^  deSînies. 

ANTISCIENS,  s.  m.  pi.  Terme  de  Gco^m- 
pliie.  Il  se  dit  Des  peuples  qui  hahi'.eut  en  dt-s 
lieux  opposes  dc-çÀctdc-U  l'iiquattur,  ek|ui  a 
midi  ont  des  ombres  contraires. 

ANTISCOIÎBUTIQUE.  adj.  des  1  genres. 
Propre  i  guérir  le  scorbut.  Pcmèile  antiscor- 
bulique. 

Il  st  prend  aussi  substaniivcnienl.  /crit-*- 
son  est  un  nntiscorhutiquc. 

AN  nSEPTIQUE.  a  Vy  des  2  j;enres.  Piopr* 
à  arrèlcr  hs  progrès  ilc  la  gangrène,  h  la  gué- 
rir. pKcmède  antiseptique.  Ou  remploicsubstaji- 
liveinent.  User  des  antiseptiques.  Un  puissant 
antiseptique. 

ANTLSfROPHE.  s.  f.  Nom  que  port.. il 
chez   lis    Grec»  une  de»  stanos  des  Cliaurï 


64 


A^•x 


daus  Us  Pièces  dramatiques.  C'étoît  orJinaire- 
ment  la  seconde,  seniLlaLle,  pour  la  mesure 
et  le  nombre  des  vers ,  ù  la  première  qu'on 
iiomniolt  Stropbe.  La  troisième  se  nommoit 
l'^potie.  Le  mot  Antistrophe  n'est  d'aucun  usiigc 
auj'^urd'Iiiii  dans  la  Poésie  Françoise. 

.AyriTHÈSE.  s.  f.  Figure  de  Rhétorique, 
par  laquelle  l'Urateur  oppose  daus  une  même 
période  des  clioses  contraires  les  tuies  aux 
autres ,  soit  par  les  pensées ,  soit  par  l(;s  termes. 
71  est  petit  (luns  le  (jiand,  cl  grand  dr.ns  h 
petit,  eu  une  anlilhèsc.  Lis  uutithèscs  dans  cet 
Auteur  sont  trop  fiéijucn:cs.  Il  n'y  a  rien  Je 
solide  dans  cet  ouvrage,  ce  ne  sont  ijue  des 
antithèses  froides  et  puériles. 

ANl'lVÉNÉRIEN,  ENNE.  atlj.  Propre  à 
guérir  les  mau.x  vén^'rieas.  Remède  anlivéné- 
rien.  Tisane  antwencrienne. 

Il  se  prend  aussi  substantivement.  Faire 
us,  jC  d'Anti.'htériens.  Le  mercure  est  un  puis- 
sant Jjilivénérien. 

ANTIVERMirŒTJX ,  EUSE  ,  adj.  se  dit 
Des  remèdes  propres  i  combattre  les  vers.  On 
le  fait  quelquefois  suLstanlif. 

AKXONOMASE.  s.  f.  Figure  de  Rhéto- 
rique, qui  met  un  nom  appcllatii  ou  une  péri- 
phrase au  lieu  du  nom  propre.  On  dit  par  an- 
tonomase, l'Aputre,  pour  dire  S.  Paul  ;  UOra- 
teur  Romain ,  pour  dire  Ciccron  ;  Le  père  des 
Dieux,  pour  Jupiter. 

ANTORE  ou  ANl'ITORE.  s.  f.  Plante  dont 
le*  fleurs  sont  d'un  jaune  sale ,  et  qui  est  un 
préservatif  contre  les  poisons. 

.4^'^OXA.  s.  f.  Plante  dont  la  racine  est  ré- 
putée bonne  contre  la  morsure  des  bétcs  veni- 
meuses. UAntoxa  est  alexttère  et  cordiale  ■ 
elle  est  le  contre-poison  du  Napel. 

ANTRE,  s.  m.  Caverne,  grotte  faite  par  la 
nature.  Antre  obscur.  Antre  profond.  Se  ca- 
cher dans  un  antre.  L'antre  du  Lion.  L'antre 
de  la  Sibylle. 

ANTKOPCLOGIE  ,  ANÏROPOMOR- 
PHITE,  ASTROPOPHAGE.  Voyez  An- 
THBOPOLOGiEj  A>TniioroMonpurrE ,  Anthi\o- 

POPilAGE. 

ANU 

ANUrrER  ,  avec  le  pronom  i^rsonncï.  v. 
S'e::poscr  à  être  surpris  en  chemin  par  la  nuit. 
lîïi  vous  m'en  croyez,  ne  vous  anuitez  pas. 

ANUS.  s.  niasc.  (On  prononce  l'-S.  )  Terinç 
d'Anatomie.  On  appelle  ainsi  Le  fondement , 
ou  l'extrémité  de  l'intestin  nonmié  Rectum  . 
qui  se  rétrécit  el  se  termine  par  un  orifice 
étroitement  plissé.  Avoir  une  fistule  à  ianus. 

AUX 

ANXJÉTÉ.  s.  f.  Travail,  peine  et  embarras 
d'esprit.  £îre  dans  une  grande  anxiété  d'es- 
prit. 11  n'est  d'usage  q.ic  dans  te  style  souteim. 

Les  Médecins  appellent  Anxiété,  Un  grand 
malaise.  Son  mal  est  accompagné  de  grandes 
iinxictéi. 


APA 

AOR 

AORISTE,  s.  masc.  (  On  prononcé  Oriste.  ) 
Terme  emprunté  de  la  Lanjjue  Grecque,  ou  il 
signifie  Indéfini  Dans  la  Latlg^lc  Françoise,  il 
se  (lit  Ou  prêtait  qu'où  appelle  Simple ,  je  fus, 
je  ïus^  j'«mioi,  elc.  par  opposition  ou  prtlrrii 
qu'on  ai)pelle  Composé,  j'ai  éïé,  j'ai  /u,  j'ui 
ainiê^  elc.  Voyez  Dù-isi  et  Indéfini. 

AOR1"K.  subst.  fém.  Terme  d'Anatomie. 
Anùrc  qui  part  du  cœur. 

AOU 

AOUT.  s.  m.  (Frcnonccz  Ont.)  Le  liuîtîtn:<î 
mois  de  raunéc.  Au  nwîs  d'Août  j  h  premier 
jour  d\îoûi. 

Lorsque  ce  mot  est  mis  avec  ï'ariicle  !c,  il 
signifie,  La  moisson.  Faire  VAoïU.  A'ous  voilà 
bien  avant  dans  VAoùt.  UAoût  n*éloit  ptfs 
coumiencé  dans  ce  pays-là.  On  a  promis  telle 
somme  à  ce  valet  pour  son  Août^  c'est -à-dirc, 
Pour  sa  peine  d'avoir  moissonné. 

On  appelle,  La  mi-Aoûtj  pour  dire,  Le 
quinzième  du  mois  d'Août.  i\otre-/?anje  de  lu 
mi-Août  A  la  mi-Août. 

AOUTKR.  V.  act.  (Prononcez  TA.)  Il  n'est 
guère  d'usagL-  qu'au  participe. 

AotTÉ,  ÎE.  participe.  Mûri  par  la  cljalcur 
du  mois  d'Août.  Citroiitlle  aoûtec. 

AOÛTERON.  s.  m.  (On  prononce  Oûteron.) 
Ouvrier  loué  pour  les  travaux  de  ta  mmjiiienc 
dans  ie  mois  d'Août.  Il  faut  tant  iTAoïltcroni 
à  ce  Fermier. 

APA 

APAISER".  V.  a.  Adoucir,  calmer  une  per- 
sonne. ^paiVcr  Dieu.  Apaiser  le  Prince.Cet  en- 
fant ne  cesse  de  crier,  apaîsez-le. 

Il  se  dit  aussi  De  Témotion,  de  l'ugitaiion, 
de  la  violence  de  certaines  choses.  Apaiser  les 
ilôts.  Apaiser  les  troubles  dhin  Etal.  Apaiser 
une  sédition.  Apaiser  une  querelle.  Quand  le 
bruit  fut  apaisé,  /ipaiscr  les  murmures.  Apaiser 
sa  douleur.  Sa  fièvre  est-elle  un  peu  apaisée? 

i\  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
L'orage  s'apaise.  Le  vent  s\ipaise.  La  mer  s'a- 
paise. Après  avoir  bien  crié,  il  s^apaisa.  Le  f'U 
s'àiant  apai:iv.  Sa  douleur  commence  à  s'apaistr. 

Ai'AiSE,  ti:.  participe. 

APALACIIINE.  s.  f.  Plante  qui  croît  dans 
la  Floride  et  sur  les  Apalachcs  ,  où  elle  est 
nommée  Cnssme.  On  l'emploie  dans  les  rliuma- 
lismes  et  autres  maladies  de  c(,'tti?  nature.  L'a- 
palaclnne  se  prend  comme  du  thé. 

APALATH.  8.  m.  Plante  qui  s'emploie  dans 
la  Médecine,  et  pour  les  parfums. 

AP.VNAGE.  s.  m.  Ce  que  les  Souverains 
donnent  îi  leurs  puînés  potir  leur  icnir  lieu  de 
partage.  Donner  une  terre  en  apanage,  ou 
pour  apanane.  Les  apananes  des  Enfans  de 
France  sont  réversibles  à  la  Couronne,  au  dé- 
faut d^hoirs  mâles. 

ArANAGE,  se  dit  fîgurÂuient  Dm  clioses  qui 


APE 

sont  les  suites  et  les  dépendances  d'une  autre. 
if^  Les  infirmités  sont  les  upanaijes  de  la  nature 
humaine. 

APANAGER.  V.  a.  Donner  un  apanage.  Lt 
iîoi  a  aparïaqé  tous  ses  puînés. 

Apanage  j  ke.  participe.  Ce  Prince  a  été 
apanage  du  Duché  de 

APANAGISTE.  s.  masc.  Qui  a  un  apanage. 
Prince  apanaqiste. 

APARTE,  s.  m.  Il  n'a  point  l'S  au  pluriel. 
Mot  pris  du  Lalin,d'où  il  a  pas  é  daus  notre 
langue,  comme  d.ms  l'Italien  et  l'Espagnol;  il 
signifie  Ce  qu'un  Acteur  dit,  de  manière  à  être 
entendu  des  Spectateurs,  mais  qu'on  suppose 
ne  l'être  pas  des  antres  Acteurs.  Lc5  aparté  exi- 
ijcnl  de  l'art,  et  doivent  Cire  rares  et  courts. 

APATHIE,  s.  f.  État  d'une  ftme  qui  n'ert 
susceptible  d  aucune  émotion.  Être  dans  Vapa- 
thie.  Les  Stoïciens  vouloient  (Utc  leur  Sage  fiit 
dans  une  enlièrc  apathie, 

APATHIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  est 
insensible  à  tout.  Un  homme  apathique  nVsï 
touché  de  rien. 

APE 

APENS.  Voyez  Guet-Apews. 

APERCEVABLE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
peut  être  aperçu.  Il  y  a  des  corps  qui  ne  sont 
yoint  apercevahles  sans  microscope, 

APERCEVANGE.  s.  f.  Faculté  d'aperce- 
voir. Apercevancc  fine,  prompte. 

APERGEVUIIÎ.  v.  a.  Il  se  conjugue  coniOïc 
P>ecevoir.  Commencer  h  voir,  decouvrii*.  L/i 
pas-stinï  par  une  telle  rue,  il  aperçut  celui  qu'il 
cherchait.  Nous  vous  avons  aperçu  de  loin. 

APERCEVoin ,  avec  le  pronom  personnel, 
Connoître,  remarquer.  /(  s'upcrçu!  rîu  piéqe 
qu'on  lui  tendait.  Il  y  a  long-temps  que  je  me 
suis  aperçu  qu'il  n''est  pas  de  mes  amis.  Il  cache 
si  bien  son  dessein^  qu'il  est  difficile  de  s^en 
apercevoir.  Elle  s'est  aperçue  j  ils  se  sont  aper- 
çus de  l'erreur. 

Apeuçu  ,  pE.  participe. 

On  dit  substantivement,  et  en  termes  de 
Barreau,  Vn  aperçu ^  jxmr  dire,  Un  exp(»e 
sommaire  des  principaux  points  d'une  aflaire. 
Cet  Avocat  a  donné  au  public  un  aperçu  de  la 
Cause. 

On  dit  aiïs>i,  Vn  aperçu,  pour  dire,  Une 
première  vue  non  approfondie  sur  un  ol)j"l. 
Ce  que  je  iious  dis  là  n'est  qu'un  aperçu.  Je 
nai  sur  cet  objet  qu'un  aperçu,  on  ne  m'a 
donné  quun  aperçu.  Cet  homme  a  quclquelois 
des  aperçus  Ircs-hcurcux. 

On  dit  aussi  en  parlant  De  comptes,  Un 
aperçu,  pour  dire,  Une  estimation  au  premier 
coup  d'ail.  L'aferçu  de  la  dcpcnsCj  etc.  Par 
aperçu  cela  montera  à  tant 

APÉRITIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Médecine, 
Qui  facilite  les  sécrétions  et  les  déjections,  et  qui 
ouvre  el  desobstrue,  tlcmède  laxatif  et  apcri' 
tif.  Tisane  apcritive. 

Il  se  prend  aussi  substantivement  Les  Àpo- 
ritifs  j>ousscnt  ordinairement  par  les  wincf. 

Ai'ÉTALE.  adj.  Sans  pétale.  Voy.  Pltale, 


A  PL 

APhTISSESIKXT,  siilist.  mnsc.  Dinilnulitin. 
l'iipetissenit^nt  ijni  puictt  dans  les  objets  éloi- 
gnés, etc. 

AI'ETISSKR.  T.  0.  Renrfrc  phi'!  polit,  ar- 
ctuirir.  Cette  Jiniire  est  trop  çjntitde,  il  la  fiut 
tipetisser.  On  dit  pins  conmmnL'îKcnl  et  dans  ifl 
mOnie  sens,  Fupelisser. 

U  est  aussi  neutre,  et  sisjnifie,  Devenir  plm 
pclit.  Après  le  solstice  (i'tié,  les  jours  nnc- 
lùsent. 

11  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Vne  étoffa  (jiii  s\ipctissc  tî  ietiii. 
ApETissÈj  Éi:.  pttrîicîpe. 

\  l>  Il 

APHELIE,  s.  m.  Terme  d'Aslnmoniie.  T.c 
point  de  l'orbite  d'une  plaucle ,  ou  elle  ;  i 
trouve  dans  sa  plus  grande  distance  du  soUil. 
L'itphélie  de  la  terre. 

11  est  aussi  adjectif.  La  terre  est  aphélie. 

APHEIUvSE.  s.  f.  Figure  de  diction  ,  par  la- 
quelle on  retranche  quclfjne  cliosc  au  comniei- 
cenient  d'un  ii:ot.  1  cnitwrc  pour  con(einnert', 
«t  une  Aplierùse.  L'Aphérèse  est  d'un  grani 
nsa;;e  dans  hs  lMymolofj;ios.  C'est  ainsi  que  di 
(jibhasus,  nous  avons  fait  bossu. 

APHOME.  s.  f.  Extinction  de  voix. 

APHORISME,  s.  m.  Sentence  ou  mavlmi 
énoncôc  en  jieu  de  mot5.  Aphorisme  d'iiippo^ 
crate.  Aphorismcs  de  Jiin'sj  rudcnce. 

APHTHE.  s.  m.  Petit  ulcère  qui  vient  dan 
la  Imuclie. 

API 

API.  s.  m.  Sorte  de  pomuic,  petite,  et  ordi- 
nairement colorée  d'un  roujje  assez  vif.  XJri 
f'oinnics  d'Api.  Voilà  de  frrt  bel  Api.  J'ui 
heaaconp  d'Api  datis  mon  jardin. 

APITOYER.  V.  a.  AIKcier  de  pilié.  Rien  ii! 
put  l'apitoyer  sur  mon  sort  ;  elle  s'apitoya  sut 
le  vôtre. 

Il  s'emploie  souvent  avec  le  pronom  per- 
sonnel. »S'ti^i(o^-fr  sur  les  malheurs  de  (luel- 
i/ii'riii.  U  est  du  style  familier. 

A  P  L 

APL.\NIR.  V.  net.  Ficndre  uni  ce  qui  étoit 
inégal.  Aplanir  un  chemin.  .-Iplanir  des  allées 
dans  un  jiirdin.  .-iplanir  une  moutanne. 

On  dit  fijurémeiH,  .Iplanir  les  obstacles,  les 
difficultés,  pour  dire,  Lever  les  dillicullcs,  les 
oljstacles,  les  enipèchcnicns  qui  se  rencontrent 
dans  une  alTiire. 

APLA^II,  lE.  prirliripe. 

APIANISSEME.^T.  s.  m.  Aclio'i  d'aplanir, 
ou  état  d'une  clinse  aplanie.  l.'aplunisscinenl 
u  un  chemin.  L' aplanisscmcnt  des  allées  d'un 
jardin. 

APLATIR,  vr.  a.  Rendre  plat,  relie  surface 
«I  trop  bombée,  H'f'audroit  un  peu  l'aplatir. 

Aplati,  ie.  participe. 

On   dit .   que  l.a  terre  est  aplatie  vers  les 
|'<<leî,  [lour  dire,  (^)ur  son  axe  est  plus  pelil 
que  1  ■  diamètre  d;  l'Lcjn  itcur. 
1  orne  /, 


A  PO 

APLATISSEMEN-I-,  s.  m.  L'ellci  produit 
dans  un  corps  aplati  par  le  e!  oc,  par  l'impres- 
sion d'uu  autre  corps.  L'aplatissement  tPune 
boule  de  cire.  L'aplutisseinent  d'une  balle  dp. 
olomb. 

On  dit  aussi  en  Pliyslque,  L'aplatissement 
■Je  la  terre,  pour  sij^nilier  L'clat  de  la  terre,  en 
lant  qu'aplatie. 

APLO.MB.  s.  m.  Ligne  perpendiculaire  au 
plan  de  l'horizon.  C'e  i»ur  fient  b'en  son  aplomb. 
On  dit  aussi  .idvcrbialement ,  Ce  mur,  cette 
'  liane  est  iVuj  lomb.  Voyez  Plo.mb. 

On  renq)l<jie  dans  le  sens  propre  en  parlant 

De  l'Escrime,  de  ta  Danse;  et  on  dit  fii^uré- 

_  ment  qn'Vii  homme  a  de    l'aplomb    dans   sa 

ionduite,  dans  son  caractère,  pour  dire,  (ju'II 

i  de  la  tcui  e,  â",  la  suite. 

A  PO 

APOCALYPSE,  s.  f.  Révélation.  On  -ppellc 
.insi  le  Livre  Canoniqtie  qui  contier.t  les  ré^'é- 
tilions  faites'  à  Saint  Jean  l'ICvangélîsIe.  Les 
ifjures  de  l'Apocalypse.  Commentaires  sur  l'A- 
^calypse  de  Saint  Jean.  m 

Ou  dit  ligurcmcnt ,  Style  d'.tpocalypKc , 
ionr  dire,  Uu  style  obscur. 

On  dit  proverbialement  et  populairement, 
Chetuil  de  l'.ipocalypsc  ,  pour  désigner  Un 
nauvais  cheval,  une  hariilelli;  ellliuiquéc. 

.41'OC().  s.  Terme  emprunté  de  l'Italien, 
fui  sî^nifij  Un  homme  qui  a  peu,  on  sous-en- 
cnti  .i'rsjirit  ;  on  s'en  scri  pour  un  raisonneur 
iirple  ci  h.'ibUiard.  Il  parle  comme  un  aj.oco. 
Un  le  traite  d'apoco. 

APOCOPE,  s.  f.  Eigure  d'  Grammaire,  par 
laquelle  on  retranche  quelque  chose  Ji  la  fin 
i'un  mot.  !\e(jotl,  pour  A'enotti,  est  une  Apo- 
lope. 

APOCRTSIAIRE.  s.  m.  Nom  de  dignité  chez 
les  Grecs  du  E.»s-Empire.  Agent,  Envoyé  qui 
jinrtoit  les  réponses  des  Empereurs.  Il  désij^noil 
Jus  olllciers  publics  chargés  de  l'expédition  des 
idits  cl  des  actes:  leur  cliefs'appeloli  Le  Grand 
/tpocrisia'ire.f^ous  Charlema^ne,  le  Grand  Au- 
tm'mier  s'appeloit  Apocrisiairc.  Ce  mot  dési- 
piolt  aussi  Un  Député  revêtu  de  pouvoirs  par 
une  lïglise  ou  un  Monastère. 

APOCRYPHE,  adj.  des  2  genres.  Terme  pris 
de  la  Langue  Grecque,  dans  laquelle  il  signifie. 
Inconnu  ,  caché.  Il  n'est  d'usage  dans  noire 
Langue,  qu'en  parlant  des  Livres  et  des  Écri- 
vains dont  1  autorité  est  douteuse. Et  eu  ce  sens 
il  ne  se  dit  proprement  que  de  certains  Livres 
que  l'Eglise  oc  reçoit  pas  pour  Canoniques,  le 
\roisiime  et  «!  ijualricine  Livre  d  Esdras  sont 
apocrypiies. 

U  se  dit  pAT  extension  ,  en  parlant  Des  Ilis- 
loriens  et  des  Histniics  dont  l'autorilé  est  sus- 
pecte, pilleur  apocryphe.  Histoire  apocryphe. 
Livre  apocryphe. 

On  dit  d'Une  nouvelle  dont  on  doute,  que 
C'est  une  nouvelle  apocryphe  :  et  |)oui  m  ir- 
ipier  qu'on  n'.ijoiue  pas  grande  foi  !i  celui  de 
qui  elle  vient,  on  dit,  que  C'esl  un  .tuteur 
apocryphe. 


APO 


65 


APOCYW  ou  APOC:i?f.  3.  m.  Plante  dont  on 
coiinoit  difitreiitts  csptres.  Ln  princip.-ile  est 
appelée  CuufCj  ou  Ilcrhe  de  la  Oiictte,  ou  La 
L  oycuse.Vnc  autre  est  appelle  y^lfrnpi;-mou- 
c/ii's,  et  est  un  ap^pât  funeste  aux  mouclics. 

On  appelle  improprement  v^pocyn,  LeCoI- 
cliique,  appeli;  Tiic-chien, 

APODICriOUE.  adj.  des  9.  genres.  Terme 
didac*i'pie.  Démonstratif',  évident. 

APOGEE,  s.  niasc.  Terme  d'Aslionomie.  Le 
poiiii  ou  une  planifie  se  trouve  à  sa  plus  grande 
distance  de  la  teire.  L'Jponée  de  la  Lune.U  est 
aussi  adjectif.  La  !.une  est  apogée. 

On  le  prend  fîgurénient  pour  1*6 plus  linut 
degié  de  la  gloire,  de  la  fortune,  de  la  puis- 
sance. Sa  firtune  est  à  son  apogée. 

APOGIîAPHK.  s.  m.  Copie  d'un  écrit,  d'un 
original.  U  est  opposj  à  Autographe. 

APOLLON,  s.  m.  Dieu  du  Parnasse.  On  dit 
d'Un  Poëte  qui  n'a  point  de  talent ,  cju7i  fuit 
lies  vers  en  dépit  d'Apollon.  On  dit  figurémen: 
il'Uu  Poêle,  cpie  L'amouK  a  été  son  Apollon, 
[!our  dire,  que  C'est  l'au.our  qui  lui  a  inspiré 
ies  vers  qu'il  a  faits. 

APOLOGÉTIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui 
lonticnt  une  Apologie.  Lettre  apoloi  étique. 
Viscours  apologéliipie. 

Il  se  met  aussi  buhstanlivement,  en  parl.'inl 
lie  l'Apologie  de  Teitullien  pour  les  Clirétiens. 
1  ertulhcn  dans  son  Àpoionétiane. 

APOLOtilE.  s.  f.  Discours  par  écrit,  ou  de 
live  voix,  pour  la  Justification. pour  la  défense 
lie  que'qu'un .  df.  (pielqne  action,  de  quelque 
onvra^e.  Faire  une  apologie.  F  aire  V  apologie  de 
([vel(^n'un.  Il  a  écrit  lui-même  son  apologie. 
On  disait  alors  du  mal  de  tous,  mais  depuis 
on  a  bien  fait  votre  apologie.  Faire  l'apologie 
d^un  Lii're.  l'aire  l'apologie  de  la  conduite  de 
(juelnuttn. 

il  se  dit  aussi,  par  extension.  De  tout  ce  qui 
est  propre  à  justifier  quelqu'un.  Sa  conduite 
depuis  (juel  jue  temps  fait  bien  son  apologie. 

AP()LO(;iSTE.  s.  m.  Celui  qui  fait  l'apolo- 
gie de  quelqu'un.  C'est  votre  apologiste. 

APOLOGUE,  s.  roasc.  Terme  didactique. 
Kahle  nioraliî  et  instructive.  L\ipoloquc  de  Ves- 
tomac  et  des  membres  du  corps  humain.  L*ajj-^ 
loque  du  loup  et  de  Vugncau.  Se  servir  d  un 
apologue. 

Al'ONÉVIÏOSE.  s  fém.  Terme  d'Anatomii:. 
Expansion  menihiancuse  de  rexlremiie  d'un 
muscle 

APOPIITHEGME.  s.  ni.sc.  Dit  notable  de 
quelquepersonneiXuslrc.  Lcsiipop/,l/ie<ynies  des 
sept  Sages  de  Grèce.  Les  apophthegmcs  de  »*  ci- 
pion,  de  Caton ,  etc. 

Il  se  dit  aussi  De  tout  discours  qui  a  l'air  de 
sentence  ou  de  maxime.  Il  ne  parle  gue  par 
apophtUeqmes. 

APOPHYSE,  siihst.  f.  Terme  dAnatomie. 
Partie  cniincntc  qui  s'avance  hors  du  corps 
d'un  ns. 

APOPLECTIOCE.  adj.  d  s  2  genres.  Qui 
appartient  î»  Inptqjlexie,  qui  mennre  d'apo- 
plexie. Symptôme  apoplectique.  U  >\  Vair  apo- 
plectique.  li  se  dit  «umi  Des  rpnièdes  dont  on 

9 


66 


APO 


f  sert  contre  l'apopltaie.  Du  baume  apoplec- 
tique, 

II  s'emploie  aussi  substantivemeot  pour  si- 
gnifier (Juelqu'mi  qui  paroit  menace  d'apo- 
phxle,  ou  qui  en  a  eu  des  attaques.  C'est  un 
itpopiecti(jue. 

APOPLEXIE,  s.  f.  Maladie  qui  attaque  le 
cr-rvcau,  et  qui  oie  subitement  la  fjculic  «les 
iiK.avemcns  yolontaires.  £lrc  frapfé  d'apo- 
plexie. Tomber  en  apoplexie.  Être  menace  d'a- 
poplexie. Etre  ntlaijiie  d'apoplexie.  Mourir  d'à- 
popltxie.  Fausse  apoplexie. 

APOSTASIE,  s.  f.  Abandon  public  d'une 
Religion  pour  une  autre.  Il  se  prend  (n  mau- 
vaise part,  et  se  dit  plus  particulièrement  De  la 
Kcligion  Clirelicnne.  Tomber  dans  l'Aposta- 
sie. Il  se  dit  aussi  d'Un  Religieux  qui  renonce  à 
ses  vœux  et  i  son  habit. 

APOSTASIEU.  V.  n.  Tomber  dans  l'aposta- 
sie. 11  se  dit,  et  d'Un  Cliréiien  qui  renonce  à  la 
.  Foi,  et  d'un  Religieux  qui  renonce  À  ses  vceiu 
et  i  sou  habit.  Le  plus  {jraiid  aime  qu'un 
Chrétien  puisse  commettre ^  c'est  d' apostasier. 
Le  libertinaqc  a  fait  apostasier  ce  l\eh(jieiu:. 

APOSrAr.  adj.  Qui  a  quitte  la  vraie  Reli- 
gion. Cbrélien  apostat. 

Il  se  dit  aussi  dTu  Religieux  qui  renonce  à 
ses  vœux  et  à  son  habit.  Moine  apostat. 

Il  s'emploie  .jussi  subslantivemtnt ,  en  par- 
lant d'Un  homme  qui  a  renoncé  ,\  la  Foi,  ou 
d'un  Religieux  qui  a  renonce  h  ses  vœux.  C'cjl 
un  Apostat. 

APO.S'l'f'.ME.  Voyez  AposTCSif:. 

AfOSTEU.  V.  a.  Jlettre  quelqu'un  dans  un 
poste  pour  observer  ou  pour  exécuter  quelque 
cliose.  Il  se  prend  le  plus  Communément  enmau- 
Yaise  part.  Aposter  des  qens  pour  jaire  une  in* 
tulle  à  quelqu'un.  Des  témoins  qu'on  a  aposiéi 
pour  charqer  un  innocent.  On  a^'oit  aposte  un 
Notaire  pour  rcdiqer  aussitôt  le  testament. 

Apostk,  ée.  particiiw. 

APOSriLI-E.  s.  f.  Addition  faite  i  la  marge 
d'un  écrit,  ou  au  bas  d'une  Icllre.  îl  y  ni'oil 
deiux  lianes  en  apostille.  L'aposldle  d'une  let- 
tre. Après  sa  lettre  tcrite,  tl  mandott  par  apos- 
tille. 

APOSTILLKR.  v.  a.  Mettre  des  remarques 
h  côté  d'un  t'ait.  Le  Ministre  avoit  apoUdlé  les 
dcpcches  de  l'An.hassadeur. 

Apostille  f  tz.  participe. 

APOSTOLAT,  s.  ci.  Le  .Ministère  d'Apôtre. 
S,  Paul  fut  appelé  à  VAposlolat  par  une  voie 
miraculcHsc. 

APOSTOLIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui 
TÎcn:  des  Apûtres,  qui  procède  des  Apôlres. 
Doctv'ne  Apostoliffue.  L'l\nlise  Catholitftie  cl 
yf postal Kjuc.  Tradition  Apostolique.  Mission 
Apostolique.  Le  ^oint  Siéqe  Apostolique. 

On  dit,  i  ne  vie  Apostolique,  un  zèle  Apos- 
toltque^  pour  dire.  Une  vie  conforme  i  celle 
des  Ai>ùtres ,  un  zisle  d'v^ue  du  temps  de» 
Ap'*'tre*i. 

On  nppdlc  aussi,  EfflifiC  Apostolique,  Um* 
Lglisc  fi.ndt'c  pnr  Jes  Apôtres.  La  Trad  tion  des 
r^glises  Ayoitoliques, 


AjpOdTi 


OUQCE,  MT  dit  aMSsi,  en  patlaiH  De?  k  l'Apothéose  d'Enée. 


APO 

Brefs  et  des  Lettres  du  Pape.  Bref  Apostolique. 
Lettres  Apostoliques.  On  à'n  nussi  dan^le  même 
sens,/-.tï  bénédiction  Apostolique  ;  et  on  appelle 
y  once  Apostolique  y  Le  IVonco  du  Pape. 

On  appelle  aussi  Motaires  Af  ostoUqueSj  Les 
Notaires  qui  sont  autorisés  dans  chaque  Dio- 
cèse à  rédij;er  les  actes  en  matii-re  ecclésias- 
tique. Il  faut  s'adresser  à  un  Notaire  Aposto- 
lique. 

APOSTOLIQUEMENT.  adv.  A  la  façon  des 
Apôtres.  Vivre  A postoUqiicmenl.  Prêcher  Apos- 
toliquement. 

APOSTROPHE,  s.f.  Figure  de  Rhétorique, 
par  laquelle  ou  adresse  monicntanémenl  la  jia- 
role  à  dei  clioses  oit  ù  des  personnes  au\qTiellc3 
ne  s'adresse  pas  directement  le  dUcours.  Ainsi. 
Et  voiLS^  braves  François  qui,  etc.  Affreux  dé- 
serts,  confideits  de  mes  peines ,  sont  des  apos- 
Iroplies. 

On  s'en  sert  pour  signifier  Un  Irait  morli- 
fiant  adresse  a  quelqu'un.  Vigoureuse  apostro- 
phe. Essuyer  une  aposlropîie. 

Apo^TiiOPUt:,  est  aussi  une  petite  marqu< 
En  forme  de  virgule,  dont  on  se  sert  pour  mar 
ijuer  l'élision  d'une  voyelle.  Ainsi  dans  cei 
mots,  L'hqiise^  l'Etat^  s'iï  est  permis,  doit 
vient,  quoi  qu'il  en  soit ,  la  petite  note  qu'on 
met  eu  haut  enlre  la  cynsonne  et  la  voyelle, 
s'appelle  apostrophe. 

APOSTROPHER,  v.  a.  Adresser  la  parole 
dans  un  discours  à  une  personne,  ou  à  um 
chose  considérée  comme  si  c'étoit  une  per- 
sonne- Le  Prédicateur ,  au  milieu  de  «on  Se*-- 
mon,  apostropha  la  Croix.  Après  avoir  lon^ 
temps  parlé  contre  les  impies,  il  les  apostropln 
avec  véhémence. 

Apostropher  a«eîou'H?i,sîi^nirie  quelquefois 
Lui  adresser  la  parole  puur  lui  dire  quelqut 
chose  de  dcsagrùablc. 

On  dit  aussi  d;jns  le  style  comique,  Apos 
Iropher  quclqu\in  d'un  sou^'ct,  d'un  coup  di 
bdton. 

Aposthophé,  ée.  participe. 
APOSTUME  ou  APOSTÈME.  s.  m.  Ter  m  < 
de  Médecine.  Enflure  extérieure  avec  putréf;ic- 
lion.  Un  aVcàs  est  un  apostnmc  ouvert.  Apos- 
tiime  qui  aboutit,  qui  miirit,  qui  suppure,  i'cr- 
rer  un  ajcstu.ae.  Les  Médecins  disent  Apos 
téme;  tans  le  langage  ordinaire,  on  dit  com- 
tuunément  Apostume. 

On  dit  proverbialement  cl  figurc-ncnl.  /l 
faut  que  Vapostume  crève  ^  Il  faut  qu'une  pas- 
sion cacliée  éclate  en^. 

APOSTUMER,  V,  n.  «e  dit  d'Un  abcès  qui 
perce,  qui  suppure.  5on  abcès  commence  a 
npoS'Hmcr. 

Apostvmi-:,  i':e.  p.^rticipe. 
APOTHÉOSE,  s.  fém.  Déificalion.  Il  se  dil 
p:incipalemrnt  De  la  cérémonie  par  laque]l<'  les 
anciens  Romains  déifmient  les  Enq>crcur5.  L  A- 
pithéose  d'JufjHstc.  Des  Médailles  qui  repré- 
sentent des  apvthecses. 

AroTUKosE,  3e  dil  aussi  quelquefois  De  la 
réception  fabuleuse  des  aïKiensIliros  parmi  les 
Dieux.  Ainsi  on  dit,  L'Apothéose  d' Hercule , 


APP 

Apothéose,  se  dit  aussi  par  hyperbole  Des 
l'.onneurs  extraordinaires  rendus  i  un  homme 
qu?  l'opinion  générale  et  i  enthousiasme  public 
élèvent  au-dessus  de  l'iiumanitL'.  Le  public  a 
fait  son  apothéose. 

APOrmCiVIRE.  s.  m.  Celui  dont  la  profes- 
sion est  de  préparer  les  drogues  pour  la  guéri- 
son  des  malades.  £on/ypolfiicaire.  Habile  Apo- 
thicaire. 

On  dit  proverbialement  et  figurcment,  Un 
Apothicaire  sans  sucre,  pour  dire,  Un  homme 
qui  n'est  pas  fourni  des  choses  qui  appartiennent 
ft  sa  profession;  Des  mémoires  d'Apothicaire ^ 
pour,  Des  comptes  sur  lesquels  il  y  a  beaucoup 
à  rabattre;  eKjFaire  de  son  corps  une  boutiane 
d'Apothicaire,  pour  dire,  Prendre  trop  de  r*' 
modes. 

APOTIIICAIRERIE.subst.  fém.  Magasin  de 
drogues  d'Apothicaire. 

Il  signifie  aussi,  L'art  de  l'Apothicaire.  71 
y'est  mis  d,ins  l'Apolhicairerie.llcnlendl'Apo- 
thicaircvie. 

APOTRE,  s.  m.  Nora  qui  a  été  donné  aux 
douze  persontH'S  que  >"oIre  Seigneur  choisit 
particulièrement  entre  ses  Disciples,  jxmr  gou- 
verner l'Église  après  lui.  A  ûire  Sciqneur  Jksus- 
(^HRiST  et  ses  douze  .-tpâlres.  Lt  Symbole  des 
Apôtres.  L'Apôtre  S  aint  P  icne.  L'ApotreSainl 
Jacques. 

Le  nom  d'Apôtre,  depuis  la  mort  de  îiolrf 
Seigneur,,  a  été  donne  à  Saint  M.ilhias,  qui  fui 
mis  à  la  place  de  Judas^  et  à  Saint  Paul  et  i 
Saint  I>;jrnabé.  au!  furent  appelés  de  Dieu  es- 
Iraordinairemcnt  pour  prêclier  l'Evan^^ile.  Od 
appelle  communément  Saint  Pierre  et  Saint 
Paul,  I.es  i'rinres  des  Apôtres.  Et  quand  on 
ô'il,  L'Apôtre  des  Gentils,  le  Grand  Apôtre, 
ou  simplement  ,  V.ipôtre,  on  entend  Saint 
Paul. 

On  dit  ,  Vrécher  en  Apôtre  ,  comme  un 
Apôtre,  pour  dire,  Prèclier  avec  onction  ,  ot 
d'abondance  de  cœur. 

On  appelle  aussi  Apôtres,  Tous  ccni  qui 
»nt  les  premiers  prêché"  la  Foi  en  quelque  pays. 
Saint  i-'eiiis  est  l'Apôtre  de  Paris.  Saint 
/•'rnnçois  Xavier  est  l'.4pôtre  des  Indes. 

On  d  t  proverbia'ement,  Faire  le  bon  Apô- 
tre, pour,  Conlref.iire  l'homme  de  bien  ;  et 
proverbialement  et  iioniqueuert ,  C'est  un 
l'on  Apôtre,  pour  dire,  C'est  un  homme  qui 
fait  1  homme  de  bien  plus  qu'il  ne  l'e.-il. 

On  donne  cnroix;  le  nom  d' Apôtres  ,  Aux 
enfaus  dont  on  la\e  les  pieds  le  Jeudi  Saint  a 
la  cérémonie  de  la  CîïDe. 

APOZÈME.  s.  m.  Terme  l'e  Médecine.  Po- 
tion mé-dicinale  failc  d'une  dé-eoclion  d'iierl-es. 
Faire  un  apozcme.  Donner  un  apozéme.  Pren- 
dre un  aposéme. 

APP 

APP.^RAT.  sulist.  m.  Éclat  ou  pompe  qui 
accompagne  certain»  discours  ,  certaines  ac- 
lioiis.  11  n'est  guère  d'usage  que  dans  les  phrase» 
luivautcs:  Uaranquer  avec  apparat.  Discours 
Sapparat.  Cause  d'apparat.  Il  est  venu  dam 
un  qrand  apparat. 


APP 

Il  se  prend  qucUjucfois  eu  mauvaise  jinrt, 
rt  sii^iiifie  alors  Oslciifition.  Il  ne  dit  rien  ^  il 
ne  fuit  rien  (ju'us'cc  apparat. 

APPARA'l'.  s.  m.  Mol  tryJuït  du  I,atin,qui 
désij;ne  un  Oiclioniiaire  de  Langue  pour  les 
comnien7;ins, 

APPARAUX,  s.  m.  phir.  Terme  de  Marine, 
qui  se  dit  Des  agrès  cl  de  lailillcrie  d'un  vais- 
seau. 

APP.iRKTL.  s.  ni.  Apprtl  ,  préparallf  du 
tout  ce  qui  a  de  la  pompe  ,  de  ta  solennit<l* , 
du  spcclarle.  I!  se  dit  aussi  De  la  cliosc  niênn! 
aîusi  préparée.  Grand  appareil.  Appareil  ex- 
traordinaire. Appareil  iunuhre.  Appareil  di 
nuerre.  (hi  fait  de  grattds  appareils  pour  son 
entrée.  Il  u  fuit  son  entrée  dans  un  maquifi- 
que  appareil. 

ArpAnEii,,  se  dit  aussi  Des  ongucns ,  des 
<:mplâlres  qu'on  applique  sur  une  plaie.  l\!cltri 
le  premier  appareil.  Lever  le  premier  appareil 
<-'n  ne  pourru  juger  de  la  pluie,  nue  auaiid  on 
tci'era  le  troisième  ajtpareil. 

On  dit  proverbiidenient ,  Faute  de  bon  ap- 
pat'eil  ou  autrement ,  pour  dire,  Faute  d'avoi» 
apporté  les  snins  nécessaires^  ou  par  quelque 
autre  cause  que  ce  soit.  Il  est  mort  faute  de  huit 
appareil  OH  autrement. 

En  parlant  Des'  difTércntes  manières  d! 
tailler  les  personnes  qui  ont  la  pieixe,  on  dil, 
'l  ailler  uu  grand  appareil,  au  petit  appareil, 
etc.  etc. 

APPAREILLER,  v.  a.  Joindre  .î  une  clios.- 
unr  nitre  rlioso  ani  lui  .st>it  p  rcillc.  'i'c/ , 
iiri  l»etï«  vase  y  je  chvrhi'  à  l*apparei\ler.  Vo'Aa 
un  beau  cheval  de  carrosse ,  je  voudrois  bien 
trouver  à  Vappareiller. 

ApPAnEiLLKit,  est  aussi  im  terme  de  bili- 
racBS  ,  et  signifie.  Donner  des  mesures  justes 
jxiur  taiil  T  les  pierres  suivant  les  places  on 
elles  doivent  ('-ire  posées.  Ce  (jui  contribue  h 
plus  à  la  beauté  d'un  bâtiment,  c^st  de  bien 
appareiller.  C'est  lui  <jui  a  appareillé  toute  U 
face  de  ce  bâtiment. 

AppAREaLEn.  V.  n.Trrme  de  Marine.  Miltre 
à  la  Toile.  Aussitôt  (ju'rï  vit  les  ennemis ,  il  j.t 
appareiller.  Il  faut  appareiller. 

S'APP\nEiu.En  ,  avic  le  pronom  pet^onnel. 
Se  joindre  avec  un  pareil  à  soi. 

Appaheillt:,  >,e.  parCÎcipe. 

.U»PARK1LT.EL'R.  s.  m.  Ouvrier  qui  traça 
ie  trait,  la  coupe  de  la  pierre  pour  celui  qui 
la  taille.  C'est  un  bon  apparcilleur.  Quand  on 
bâtit,  c'est  un  grand  avantage  d'avoir  un  ha- 
bile apparcilleur. 

APPAREILLKUSE,  s.  f.  Terme  injuiieux, 
qui  s«  dit  d'Une  feranicqui  fait  métier  de  pros- 
tituer des  femmes, 

APPAREMMENT,  advcrhe.  Selon  les  appa 
renées.  VrQi5cnJ>lal)Icnicnt  Vous  croyez  appa^ 
remmrnt  (^ue. ...  Il  viendra  apparemment.  On 
dt  aussi,  .'/ppurcmmenl  qnil  viendra. 

l\  signifie  iuissi.  Sans  doute. 

APPARENCE.  $.  f,  L'exii^rieur,  cr  qui  pa- 
roil  au  dehors.  Belles  apparences,  il  ne  faut 
pas  se  fter  ù  l'apparence,  aux  apparences.  Les 
apparences  sont   trompetises.  Je   ne   m'arrétf 


APP 

point  à  Vapparence.  Elle  Va  trompé  sous  appa- 
rence de  dévotion  ,  sotts  Vapparence  d^amitié. 
Ce  chiUeau,  cette  maison  a  belle  apparence. 

On  dit,  6'«ut'er  les  apparences ^  ■p'^ur  dire, 
Faire  en  sorte  qu'il  ne  p;iroisse  rien  au  dehors 
qui  puisse  être  blinié,  qui  puisse  cire  ron- 
dannié.  Klle  sauve  les  apparences  du  viietix 
(ju'elle  peut. 

Appahence,  se  prend  aussi  pour,  Vrals'^m- 
Mance,  prohabililé.  Quelle  apparence  y  a  t-H 
tpie....?  Il  n'y  a  nulle  apparence.  Cela  est  /ior| 
d'apparence j  sans  apparence.  Je  n'y  vois  point 
il\ipparence.  U  y  a  apparence,  il  y  a  (jueUpte 
gpparence.,  il  y  a  grande  apparence  que  cela 
frrivcra.  Il  y  a  bien  de  l'apparence  (pi'il  n'en 
tavoit  rien. 

APPARENT,  ENTE.  adj.  Qui  est  visible, 
(vident, manifeste.  On  dit  qu'il  est  riche  en  ar- 
Qtntj  mais  de  bien  apparent  on  ne  lui  en  voit 
foint.  Il  n'a  aucun  bien  apparent  sui  lecjuel 
pu  puisse  asseoir  une  hypothèque.  Son  drvit 
tst  apporent,  très-apparent. 

Il  signibe  aussi ,  Spécieux  ,  qui  n'est  pas  tel 
|u'il  paroît  être.  Un  prétexte  apparent.  Sous 
fespérance  d'un  bien  apparent.  Il  prciid  les 
Viens  aj'parens  pour  les  véritables.  Le  moiur- 
7tent  apparent  du  so^.eil  (Uitorir  de  la  terre. 

Il  signifie  aussi,  Qui  est  remarquable  cl 
)insidérab!e  entre  d'autres  personnes,  entre 
i'auU'es  c];oses.  //  s'adressa  au  plus  apparent 
ie  la  compagnie.  Les  plus  apparens  de  la 
tille.  Il  a  la  maison  lu  plus  apparente  de 
\t  vilh. 

APPARENTER,  v.  a.  Donner  à  quelqu'un 
les  paréns  par  ;dlianrp.  Ce  mariage  Va  iiiul 
Ipparenté.  'lâchez  de  bien  ajtpurenter  votre 
\lle. 

S'appaiif.nter.  Entrer  dans  une  fauiillc, 
.  l'allier  à  quelqu'un.  S^apparcnter  à  la  noblesse, 
f  la  bourgeoisie.  Il  s'est  bien  apparenté. 

AppAnENTÉ,  ËE.  participe.  (>;  mot  ne  s'em- 
ploie jamais  seul  :  et  on  dit,  Il  est  bien  appa- 
renté .  pour  dire ,  Il  a  des  parens  nobles ,  riclies , 
pa  puissons.On  dit  aussi ,  Mal  apparenté,  pour 
iliic.  Qui  a  des  parens  qui  lui  font  honte,  des 
parens  pauvres,  de  basse  naissance. 

APPARIEMENTou  APPAKÎMKNT.  s.  m. 
Action  d'^rppr.ricr. 

APPARIER.  V.  a.  Assortir,  unir  par  paires, 
pai  couples,  joindre  des  choses  qui  se  con- 
vietuunt  cl  sont  faitis  pour  aller  cnscmlil*». 
Apparier  des  chevaux.  On  a  IrouHlé  tous  ces 
nunts ,  démêlez-les,  et  les  appariez. 

AppAniEn ,  signifie  aussi.  Mettre  ensrmble 
le  mâle  avec  la  femelle;  et  il  ne  se  dit  que  De 
certains  oiseaux.  Apparier  des  pigeons,  des 
tourterelles. 

Un  dit  aussi  Des  pigeons,  des  tourtercllis, 
des  perdrix,  et  de  quelques  autres  oiseaux, 
qu7/s  s'irppdrierilj  jx*ur  dire,  qu'ils  s'associent 
par  couples. 

AppATiiÊ,  Tt.  participe. 

APPARITEUR,  s.  m.  Espi-ce  de  Sergent 
dans  tes  Tours  Ecclésiastique».  On  nomnir  en- 
core Apj  aiiteurs  ,  Le»  TJedeaux  de  crrtaincs 
Universités. 


APP  67 

APPARITION,  s.  f.  Manifestation  de  (Quel- 
que ubjet ,  qui,  étant  invisible  de  lui-même,  se 
rend  visible.  L'Ajparition  de  VAngc  Gabriel 
à  lu  Saintc-Vierge.  L'apparition  des  esprits, 
des  spectres. 

Il  se  dit  anssi  De  la  manifestalion  subite 
d'un  objet,  d'un  phénomène,  qui  ii'a\  oil  iioiut 
I  ncoreparu.  L'apj)arition  de  Vtlvilc  aux  M  unes. 
L'apparition  d'une  comète. 

Dans  le  langage  familier ,  on  dil  d'Unïi«mnis 
tjui  n'a  demeuré  que  tiès-peu  de  temj>s  d;uts 
un  lieu,  qu'/I  y  u  fait  une  courte  apparition , 
(pi'il  u*y  (I  fuit  qu\tne  apparition. 

APPAROIR.  V.  n.  Terme  de  Palais.  Être 
évid-nt  ,  être  manifesle.  Faire  apparoir  -d^ 
pouvoir  qu'on  a.  Il  a  fait  apparoir  de  son  bon 
droit. 

Ce  verbe  n'est  d'usage  qu'à  Tinfinitif,  el  a 
la  troisième  personne  singulière  de  l'indicatif, 
DÙ  il  ne  s'emploie  ([u'inipiTsotmellemenl,  cl  où 
il  fait  appert  y  au  lieu  qu'.^ppflroIïrc  fait  appâ- 
tait. S'il  vous  appert  que  cela  soit.  Comme 
il  appert  par  un  tel  acte. 

APPAROÎTRE,  v.  n.  Il  se  conjugue  comme 
VaruUre  ;  il  y  a  celte  seule  dî/rérence,  i^n'Ap- 
[iiroïtre  emploie  les  deux  auxiliaires  Être  et 
/voir  avec  le  participe,  au  lieu  que  /*iiroître 
n'emploie  que  l'auxiliaire  .^voir.  Devenir  visi- 
lle,  d'invisible  se  rendre  visible.  Quand  Dieu 
tpparut  à  Moïse  dans  le  buisson  ardent.  L'Ange 
pui  apparut  en  songe  à  Joseph.  Les  spiclrcs 
yu'on  dit  qui  apparaissent. Ce  spectre  lui  a  ap- 
paru, lui  est  itpjydru.  U  se  met  :\\iss'\  int[»ei-son- 
icllcmenl.  Il  lui  apparut  un  spectre. 

AppARoiTiiE,  se  dit  aussi  eu  ïemies  de  Fra- 
ûque.  Ainsi  on  dît  â  l'impersonnel,  «S'i/  vous 
appuroît  que  cela  soit.  En  cas  qu'il  vous  appa- 
raisse que  cela  soit.,  pour  dire,  Si  après  avoir 
failles  perquisitions  nécessaires,  vous  trousez 
ipie  cela  soit  ainsi. 

On  dit  aussi ,  en  parlant  De  Négociation . 
Faire  apparotlre  de  son  pouvoir,  pour  dire, 
Donner  communication  de  s<  s  |  onvoii-s dans  les 
Ibrmes,  les  iiolificr.  Les  Ambassadeurs  ayant 
[(iit  «pp«roî(re  de  leur  pouvoir. 

Appaiiu,  UE.  participe. 

APPARTEMENT,  s.  m.  Loc;(Mi:ent  compose 
lie  plusieurs  jjirrcs  de  suite  dans  une  inaisoH. 
Bel  appartement.  Grand  appartement.  L'ap- 
partement de  Monsieur,  Vappartement  de  .V«- 
dame  j  l'appât  lement  des  Enfuiis.  Aftpartc- 
ment  d'/uVer,  appartement  d'été,  etc.  On  lui  <t 
donné  un  appartemet?t  sur  le  devant,  sur  le 
derrière.  Appartement  haut,  appartement  bas. 
L'appartement  d'en  haut,  d'en  bas.  >tt  maison 
est  grande,  H  y  a  quatre appartemens completSy 
quatre  appartemens  de  Maître. 

AppAriTEMEST  ,  se  prend  aussi  quelquefois 
pour  Étage.  //  est  logé  au  premier,  au  second 
iipparfemefiL 

On  appelle  aussi  Appartement ,  Un  divertis- 
sement accompugné  de  niusiqtie  *l  de  jeu  ,  que 
le  Roi  donne  c;uclque(i)is  ik  touie  la  Cour,  dans 
ses  nppartemcus.  Il  y  aura  demain  apparte- 
ment à  Versailles. 

.U'P.VRTlOi'ANCE.  ».  f.Dépendnncr,c«qm 

9- 


6S 


APP 


np^^rtient  b  une  chose,  ce  (^ui  dépend  d'une 
chose.  Vendre  une  maison  avec  toutes  ses  ap- 
partenances et  dépendances.  Cette  métairie  est 
une  di'3  appartenances  de  ma  Terre.Ce  village 
est  une  appartenance  d'une  telle  ChtUellenie. 

APPARTENANT,  ANTE.  ndj.  Qui  appai- 
tî<^nt  de  droit.  Les  hicns  appartcnatis  à  un  tel. 
Une  maison  àlui  (i;;/;iirït'nii/i(e.  11  n'est  presque 
d'usage  qu'en  ces  sortes  de  phrases. 

APPARTENIR,  v.  n.  Il  se  conjugue  comme 
Tenir.  Eîre  de  droit  à  quelqu'un,  soil  que  ce- 
lui Il  qui  est  la  clioso  b  possriie,  ou  qu'il  ne  la 
possède  pas.  Les  biens  (^ui  oppurtunncnt  à  des 
particuliers.  Il  retient  injustement  un  /ujn  (jui 
Jtn^ appartient.  La  part  et  portion  quilui  appar- 
tient dans  cette  tuccvssion.  Il  m'en  appartient 
une  moitié.  Les  honneurs  qui  vous  appartien- 
nent. Ces  droits  appartiennent  à  ma  Charge. 
La  connaissance  de  cette  alpiirc  appartient  <t 
un  tel  Juqe. 

Il  signifie  aussi,  Avoîi"  mie  relation  néces- 
saire, ou  de  convenance.  Cette  question  appar- 
t  cnt  à  la  Philosophie.  Cela  appartient  à  lu 
matière  que  je  traite.  Cela  appartient  à  l^i 
Grammaire.  Cela  n'appartient  pas  à  mon  sujet. 

Il  signifie  encore,  Être  parent.  Il  apparle- 
noit  à  d'honnêtes  qens.  Il  appartient  aux  plus 
grands  Seigneurs  du  lloyaume.  L'honneur  que 
j'iii  de  vous  appartenir.  Il  y  a  toujours  quel- 
gue  sorte  de  supériorité  du  coté  de  ceiLX  à  qui 
Von  dit  que  l'on  appartient. 

Il  sig-uKic  aussi,  Élrc  atlaclié  à  quclju'un, 
î-lri-  domcîiliquc'd:.'  ijuclpiu;!.  Je  ne  savoi.-i  pas 
aue  ce  laquais  vous  appartint. 

Gi!  dit  impnsoiine'lenicut .  Il  appartient^ 
pour  dire,  Il  convient,  il  est  de  droit,  de  de- 
voir, ou  de  bienséance.  Il  appartient  au-r  iSu- 
|.'er;e;(rs  d'avoir  soin  de  ceujc  qui  sont  sous  leut 
charge.  Il  appartient  aux  pères  de  châtier  leun 
enfans.  H  appartient  à  l'hvêque  d^instruire  sej 
ouailles^  Il  ne  vous  appai  tient  pas  delercprcn- 
dre.  Il  n'appartient  qu'aiLt  Princes  et  aux 
grands  Seigneurs  de  faire  utie  si  grosse  dépense. 

On  dit  en  termes  d.;  Formule,  Ainsi  quil 
appartiendra  .,  pour  dire,  Selon  qu'il  sera  con- 
vcnahle.  l'our  être  statué  cequ'Happarliendra 
Et  on  dit  encore  en  termes  de  fo:;inule,danslcs 
Actes  publics,  A  tous  ceux  qu'il  appartiendra. 

APPAS,  s.  m.  pi.  Ce  icnne  ne  .se  dit  ^ai'Vtt 
que  pour  exprimer  Les  cliar.nes  de  la  volupté, 
ou  ceux  de  la  hrauté.  Les  cppas  de  la  volupté. 
Soupirer  pour  les  appas  d'une  belle  femme. 

Ou  dit  ati.s$i  figurément,  L'.s  appas  de  la 
gloire^  de  la  i;er(ii,  etc.  Le  jeu  a  de  grands  ap- 
pas pour  les  jeunes  gens,  c'esl-à-dire,  A  de 
grands  charmes,  de  {grands  allrasls. 

APPAT,  s.  m.  Pâture, mangeaillequ'on met, 
soil  ^  des  pièges. pourutlirer des  bJtcs  à  quatr; 
pied»,  cl  des  oiseaux;  soit  k  des  hameçons. 
j'Our  pécl;er  des  poissons,  /ippat  j'i  iand.  AppAl 
trompeur.  Le  «eî,  la  pdte  salée^  le  salpêtre, 
sont  un  cjccellent  appât  pour  attirer  les  piqcons. 
Les  vers,  les  moucherons ,  sont  de  bons  appdt.^ 
pour  prendre  des  poi:;sons.  Mettre  lappdt  à  la 
ligne.  Le  pcisson  a  avals  luppât^  a  mordu  a 
1  l'appât,  ' 

•V 


APP 

-4  II  se  prend  fii^urômcnt  pour  Tout  ce  qui  at- 
tire, qui  engage  ù  faire  quelque  chose.  L'intérêt 
est  un  grand  appât  pour  un  avare.  Ce  bon  ac- 
ciiedy  ces  paroles  obligeantes  ne  sont  autre 
chose  ffu'uu  appât  pour  l'engager  à  faire  ce 
que  Von  souhaite  de  lui. 

APPATER.  V.  a.  Attirer  avec  un  aiqnlt.  Il 
faut  appâter  les  oiseau.v.,  appâter  les  poissons. 

Ai'pÂTER,  signifie  aussi,  Mellre  le  manger 
dans  le  bec  des  petits  oiseaux,  ou  donner  îk 
manger  à  quelqu'un  qui  ne  peut  pus  se  servir 
de  ses  mains.  //  juiit  Vappâter  comme  un  en- 
ftnt. 

ApfÂté,  ée.  participe. 

APPAUMi^C .  adj.  Terme  de  Blason.  Il  se  dit 
J'Un  écu  cliargé  d'une  main  étendue,  et  qnl 
montre  la  paume. 

APPAUVRIR.  V.  a.  Rendre  pauvre.  Le 
grand  nombre  d^cnfans  Va  firt  appauvri.  L'in- 
terruption du  commerce  appauvrit  un  Pays. 
Et  on  dit  provcrbiulemei't,  Doiiuer  pour  Dieu 
n\ippauvrit  homme. 

On  dit  figurém-'nt,  Àpvauvrii  un-:  Langue. 
pour  dire,  En  retrancher  des  mots  el  des  laçons 
de  parler,  cl  la  rendre  par-là  moinsabondante, 
moins  expressive.  Il  faut  prendre  garde  d'ap- 
pauvrir la  Langue  à  foret  de  la  vouloir  polir, 

S'APPAUVniii.  ncvenii  pan\re.  Ce  Pays-là 
s'appauvrit  tous  les  jours.  Il  s\st  appauvri  en 
peu  de  temps  par  ses  dépenses  excessives.  Vn 
iJat  s'enrichit  par  la  paix ^  et  s'appauvrit  pat 
la  guerre.  Les  Langues  vivantes  s' enrichissent, 
vt  s'appauviissent  selon  la  diurence  des  tempi 
et  des  esprits. 

AppAuvui,  lE.  participe. 

Ou  dit.  Un  sang  appauvri ^  pour  dire,  Uji 
sang  qui  a  perdu  de  sa  (pia'it.'. 

APPAUVRISSEMENT,  s.  m.  L'état  de  pau- 
vretj,  d'indigence  où  l'on  tombe  peu  ù  peu 
par  la  diminution  des  choses  nécessaires  h  h 
\ie.  De  là  vient  V appauvrissement  de  la  Pro- 
vince. L'appauvrissement  des  peuples. 

Il  se  dit  figurémcnt  De  l'elat  d'une  T.angu" 

devenue  moins  abondante,  moins  expressive.  Ci 

qui  fuit  l'appauvrissement  d'une  Lanque,  c'est 

ucl'usaqeen  supprime  des  termtsct  des  phrases. 

Un  dit  aussi ,    L'appa-'vnssement  du  sang. 

APPEAU,  s.  m.  Sente  de  silUet  avec  h-qucl 
on  contrefait  la  voix  diS  oiseaux  pour  les  fiiiri! 
tonb.T  dans  les  filets.  Un  appeau  pour  prendre 
des  cailles. 

On  appelle  aussi  Jppcaux^Lcs  oireaux  dont 
on  se  sert  pour  appeler  les  autres  oiseaux. 

APPEL,  s.  m.  lU cours  au  Juge  supérieur. 
Action  d'appeler  d'un  JugesubaUeriieA  un  Jnge 
supérieur.  Acte  d'appel.  HcUef  d'appel,  Ccuses 
et  moyens  d\ippel.  A ppcl  comme  d''abus.  Appel 
simple,  l'ol  appel.  Par  appel.  Juge  d\ippcl.  In- 
terjeter appel.  Piclevcr  son  appel.  Juger  sahs 
appel.  Il  y  a  appel. 

Appel,  se  dit  au^si  De  l'appellation  à  haut* 
voix  des  personnes  qui  se  dt>iveol  trouver  à  une 
revue,  h  une  asicjitdée.  Ce  Garde  du  Corps  ne 
se  trouva  pas  à  l'appel.  Cet  ouvrier  n'cloit  pc.i 
j  à  Vappel^  il  a  été  raye.  Pour  être  payé  de- 
venus sur  l llôtel-dc-V die  ,  il  faut  être  à  Vap- 


APP 

pel.  Se  trouver  à  Vappeî.  Il  a  manqué  à  Vappel 
L'appel  ne  se  fera  que  dans  une  heure. 

Appel,  se  di;  aussi  d'Un  signal  qui  se  fait 
avec  le  tambour  ou  la  tiompelte,  pour  assem- 
bler les  soldats.  Battre  Vappel. 

Appel,  signifie  aussi  Le  défi  qu'on  fait  ù 
quelqu'un  de  se  battre  en  duel,  taireun appel. 
Recevoir  un  appel.  Les  appels  sont  défi:ndus 
comme  les  duels. 

Il  se  dit  figurémcnt  De  toute  provocation, 
même  littéraire.  On  Va  défié  de  prouver  ce  quHl 
avançait ,  il  n'a  pas  répondu  à  Vappel. 

APPELANT,  ANTJ*:.  adj.  Qui  appelle  d'un 
jugement.  Il  est  appelant  de  cette  t^'entence. 
Elle  est  appelante.  Se  rendre  appelant.  Ltre 
rejt  appelant. 

Il  est  quelquefois  sulïslanlif.  VAppelant  et 
Vlntimé.  En  parlant  d'Un  homme  qui  est  triste 
d'avoir  perdu  son  procès  j  et  qui  en  a  appelé  , 
on  dit,  qu'il  "  un  visage  d'Appelant. 

Appelant  j  se  dit  aussi  Des  oiseaux  qui  ser- 
vent pour  appeler  les  autres,  et  les  faire  venir 
dans  les  filets.  Un  bon  appelant. 

APPELER.  V.  a.  J'appelle,  j'appelais^  j'ui 
appelé,  j\ippellerai.  Nommer,  dire  le  nom 
d'iuu;i>prsonne,  d'une  chose.  Cornniejit  appelez- 
vous  cet  homme?  Je  ne  sais  co'Jinicnt  on  ap- 
pelle cette  pbiJite,  cet  animât  Appelvz-les 
comme  il  vous  plaira. 

On  dit  provcrbiaU'mcnl  ô'I'ii  liomnv  qui 
n'aQ'oiblit  j)oint  par  ses  expressions  des  vciilôd 
dures,  qu7i  appelle  les  choses  par  leur  riotïi. 

ArptLLH,  signifie  aussi,  Désigner  une  per- 
sonne ou  une  chose,  par  quehgue  qualité  î^onDfl 
ou  mauvaise.  J'appelle  unvrai  ami  celui  qui..,. 
Peut-on  appeler  valeur  une  action  si  téméraire? 
On  appellera  toujours  folle,  une  conduite  pa^ 
vedlc  à  celle-là. 

AppELEft,  dans  ces  deux  acceptions ,  s'eni- 
[doic  aussi  avec  le  pronom  personnel.  Ainsi  on 
dit  :  Comment  vous  appelez-vous?  Je  m'aj^ 
yelle  Louis.  Cette  fleur  s^ appelle  Anémone.  l\ 
i'appcUe  Charles.  Cela  s\ippelle  un  vrai  ami. 
Cela  s'appelle  fdic  en  bon  français. 

AppELim,  signifie  aussi,  Prononcer  à  hanie 
voix  les  noms  de  ceux  qui  doivent  se  trouver  à 
rcrtaine  heure  pour  qu(  !que  cîiose.  On  va  ap- 
jeîer  tons  les  soldats  l'un  après  Vautre.  Ce 
soldat  n'était  pas  à  la  revue  quand  on  Va  ap- 
j  clé.  Je  ne  me  suis  point  entendu  appeler  quand 
on  a  lu  le  rôle. 

Un  dit  à  peu  près  en  ce  sens,  Appeler  une 
cause,  poir  dire,  Lire  tout  h;:ut  le  nom  des 
Parties,  afin  que  leurs  Avocats  viennent  plaider 
pour  elles.  On  vient  d\tppclcr  votic  cause,  La 
catisc  sera  appelée  à  tour  de  rôle, 

ArpE.'.Kn,  signifie  aussi.  Se  servir  de  la  voix 
oudequel]ue  signe  pour  faire  venir  quelqu'un. 
Je  l'appelle,  et  il  ne  vient  point.  Il  appichni 
inulileme.it ,  pas  un  domestique  n'cfoit  à  la 
maison.  Appelez  un  tel.  Ae  |'0»i'(inl  ylus  l'd,"- 
jclerde  la  î'Oi.c,  il  Vappeloit  encore  (îe  la  mam. 
Appeler  des  yeux.  Appeler  les  -noisùis.  Appeler 
à  haute  voix.  Appelc:^  mes  gens.  Appeler  de 
toute  sa  force. 

On  dit  provcrbialcracnl  cl  figunîjncnl  eu 


APP 

parlant  d'Un  l'onimc(]iii  s'en  va  lorsqu'on  vent 
le  retenir,  qii  •  C'est  lechien  deJeun  de^iMle, 
qui  s^e'tfuh  tjuantl  on  VappeUe. 

On  dit  aussi,  Appeler  au  secourt,  appeler  à 
l'oidi-,  pour  dire.  Crier  an  secours,  crier  à  l'aide. 

Il  signifie  anssi,  Envoyer  clierclier,  faire 
venir. /Y;'j)<ler  les  Médecins.  Appeler  le  Confes- 
seur. Et  ou  dit,  Appeler  nu  combat,  appeler  en 
duel,  ou  simplement  y//if>eler,  pour  dire,  En- 
voyer défi-T. 

Appeleh  ,  se  dit  aussi  Ou  cri  iont  les  ani- 
maux se  servent  pour  fair:.'  venir  à  eux  ceux  d».' 
leur  espèce.  Le  vnile  appelle  sa  femelle.  La 
brebis  appelle  son  nqtieau.  La  vache  appdle  le 
taureau  La  pf^iile  appelle  ses  poussins. 

AwEiïB,  se  dit  pareillsmcnt  De  toutes  les 
clioses  dont  \',  son  sert  de  signe,  pour  avertir 
de  se  trouver  en  qn^l  jue  lieu.  Les  cloches  ap- 
pellent à  VEglise.  La  trompette  appelle  au 
corn!»tit.  J'entends  l'iteure  tjui  m'appelle. 

Appeler,  se  dit  fi;;iu"e*nienl  De  tout  ce  qui 
avertit,  qui  excite,  qui  oblige  à  se  trouver  en 
quelque  endroit  pour  quelque  diose  que  ce 
puisse  cire.  J'irai  où  l'honneur  m'appelle.  La 
charité  vous  y  appelle.  ?Jes  affaires  m'appel- 
lent a.lleur.'!. 

.AppELEn,  S"  dit  aussi  Des  inspirations  que 
Dieu  nous  envoie ,  et  pir  lesquelles  il  nous  fait 
connoilre  sa  volonté.  Il  ne  faut  pas  résister 
quand  THeu  nous  appelle.  Dieu  appela  Saint 
l'aul  à  l'Apostolat, 

11  se  dit  aussi  par  extension.  Du  penchant, 
de  linclinalion,  des  dispositions  naturelles  , 
qu'on  a  |>our  un  état,  pour  une  profession 
plutôt  que  pour  une  autre.  Cet  homme  n'a 
aucune  dî-ij  oùtivn  pour  la  querre,  il  n'étoi.* 
jvi'iif  appelé  à  ce  nie'lier-lô.  Cet  homme  est 
appelé  au  commandement  des  armées. 

ApPEiEn,  signiGc  aussi.  Citer,  faire  venir 
devant  le  Juge.  On  l'a  fait  appeler  poin*  se  voir 
condamner  à  payer  une  somme.  Ajipcler  quel- 
qu'un en  Icmoiqnag'e.  Appeler  en  Justice.  Ap- 
peler en  (jarantic.  Le  Juqe  a  ordonné  que  les 
l'arties  ieroiail  apf/cFees.  Et  dans  une  acception 
i  peu  près  .semMable,  pour  dire,  qu'Une  per- 
sonne est  morte,  on  dit,  que  Dieu  l'a  appelèt 
à  tut. 

On  dit.  Appeler  les  Icllrcs,  pour  dire,  I>ej 
nonuncr.  On  dit  aussi ,  et  plus  coiuniunement, 
Epeler.  Voyci  ce  mot. 

AppEîJin,  est  aussi  neutre,  ctsigniGs,  Ap- 
peler à  un  Tribunal  supérieur,  delà  Sentence 
d'un'  Juge  subalterne.  71  nppi-Ilcru  de  cette 
Sentence.  Il  a  appelé  du  Vrésidial  au  Parle- 
ment. Appeler  comme  de  Juqe  incompétent. 

On  dit,  Appeler  comme  d'abus,  pour  dire, 
Appeler  à  un  Tiibiinal  Laïque,  d'un  Jugement 
Eccksiasllquc,  qu'on  prétend  avoir  clé  mal  ei 
aLiisivcnicnt  ren.lii. 

On  dit  Ggurùtwnt  dans  le  discours  familier, 
qu'Oïl  en  appelle,  Quand  on  ne  consent  pas  à 
quelque  cliose,  à  quel  pie  proposition.  Vous 
me  condamnez  à  cela,  j'en  appelle. 

Ou  dit  nuvsi  dnns  le  sljle  familier,  en  par- 
lant d'in  IjoniTiie  revenu  d'uia  grande  nia- 
l».Jir,  qu'/(  eu  ci  appelé. 


APP 

Appela,  lÈz.  pniticipc.  Il  s'emploie  en  par- 
i.int  Du  mystère  Je  lu  Prcdcaliiinlîou,  suivant 
l'expression  de  l'Lciiture  :  Beuucoup  d'appelés, 
et  peu  d'cUis. 

APPELLATIF.  odj.  (On  pron.  I«  dtux  L.) 
Terme  de  (irammaire.  Il  ne  s'emploie  quednns 
rpllc  plinise,  Nom  appcUutif.^  (^u'i  se  dh  d  Un 
nom  qui  convient  ;\  toute  une  rspi-cc.  //oninic, 
arfcrc,  sent  des  voms  appeUatifs. 

APPELLATION,  s.  f.  (On  prononce  les 
deux  L. )  A])pt'l  d'un  jugement.  Il  ne  se  dil 
jijuère  que  dans  les  Formules  des  Arrêts  cl  des 
Sentences.  La  Cour  a  iris  VnppcUation  tiu 
ticaiit.  La  Sentence  sera  erâcutée  uonobiAuiit 
opposition  ou  appellation  cptelconque. 

On  dit,  JppcUation  des  lettres,  pour  dire. 
La  nomination  des  lettres. 

AlMM:MnCE  ou  APPENDIX.  s.  m.  (Pro- 
noncez Àppaindice.)  Supplément  qui  se  jniul 
il  la  fin  d'un  ouvrage  uvec  Ictjucl  il  a  du  rap- 
port. 

APPENDRE.  V.  a.  Pendre,  attacher  à  une 
voiite,  à  des  piliers,  5  une  muraî!li'.  li  ne  se  dil 
guère  que  Des  choses  que  l'on  offre,  que  l'on 
consacre  dans  une  I-glise,  dans  un  Temple,  en 
signe  de  Tvconuoiss:ïncc.  Appcndrc  une  ofj'randc 
à  une  Chapelle.  Jppendre  des  étendards  à  la 
voûte   d'une   EfjUse.  C'est  une   coutume  f>rt 


appen 


dre  dans  les  Temples  les  En- 


seioncs  prises  sur  les  ennemis. 

Appesdu,  ve.  participe. 

APPENTIS,  s.  m.  Bâtiment  lias  et  petit,  qui 
rst  appuyé  contre  un  plus  haut. et  dontlacnu- 
verturc  n'a  qu'un  égout.  Il  a  fiit  construire  un 
petit  appentis.  Se  mettre  à  Vahri  de  la  pluie 
sous  un  appentis.  îl  faut  faire  là  un  appentis 
pour  servir  de  remise. 

APPEPiT  (IL.)  V.  imp.  Il  pareil,  il  est  évi- 
dent. Il  appert  de  sa  complicité  par  la  procé- 
dure. Il  appert  qu'il  est  complice. \o\cz  AppA' 
nom. 

APPESATTTm.  V.  a.  Rendre  plus  pesant  , 
moins  propre  pour  le  mouvement,  pour  l'ac- 
tion. L'âge,  la  rfieillessCy  Voisiveté^  la  fainéan- 
tise, appesantit  les  corps.  Sa  dernière  maladie 
l'a  beaucoup  appesanti. 

Il  se  dît  lî;;urcment  ,  en  pirlai:t  Des  fonc- 
tions de  l'esprit,  L*dqe  ite  lui  a  point  encore 
appesanti  VesprÎL 

Il  se  dil  encore  G^urcment,  en  parlant  Delà 
colère  de  Dieu,  des  chûtimens  qu'il  envoie  aux 
pêchrurs,  aux  peuples;  et  ainsi  l'on  dil,  que 
Dieu  a  apj  esanlt  sa  main,  a  appesanti  son 
bras  sur  ce  peuple. 

Il  s'emploie  aussi  avccle pronom  personnel, 
et  signifie,  Devenir  plus  pesant.  Le  corps  s'ap- 
pesantit par  Voisivcté  et  par  un  trop  long  repos. 

On  dit  d'Un  Peintre,  d'un  Chiiurjjicn,  etc. 
que  Sa  main  s^  appesantit  ^commence  à  s'appe- 
santir^ |>oiir  dire,  qu'il  a  l-i  main  moins U-gèrc, 
moins  projire  j>our  son  travail.  Et  on  dit,  que 
Les  yeiur .  les  paupières  commencent  à  s\ippc-' 
ïniidr,  pour  dire,  que  L'envie  de  dormir  cora- 
ntcjtce  à  pn.'n.lrc,  et  fait  fermer  les  veux. 

Arrrj.\>'Tin,  »c  dit  aussi  fi  purement  avec  le 
nmnom  personnel,  suit  en  p:ir!aut  Dca   fonc- 


APP  69 

tiens  de  l'c^pi  it  Iiumaio ,  soit  en  parlant  de*  • 
elK'ts  de  la  culère  de  Dieu.  Son  esprit  baisse  et 
s'appesantit  de  jour  en  jour.  Il  s'est  trop  appe- 
santi sur  cj  snjeï,ïl  en  a  parlé  trop  long'.ic- 
incnt.  Cet  Ecrivain  s'appesantit  sur  les  détails. 
Fait  de  trop  longs  détails.  I^a  maiji  de  Dieu 
s'est  appesantie  sur  ces  peuples-là. 

Api'ivSAsri,  lE.  p.'irlicipe. 

APPESANTlSSEMKXr.  s.  m.  L'élat  d'en- 
personne  appesa:itie,  soit  de  corps,  soit  d'es- 
prit ,  par  l'ig.' .  par  la  mal  idii: ,  par  le  sommeil, 
etc.  //  est  dans  un  qrand  appcsantlsscmcn'.. 
Appcsantisscmcnt  d'esprit. 

APPIOTENCE.  (On  prono:irc  les  doux  1>.  '/ 
s.  f.  Action  d'appeler.  11  n'est  gutre  d'usagu 
qu'en  niati<'-re  de  Physique. 

APPKTEIl.  v.  a.  (Ou  prononce  les  deux  P.) 
II  n'est  d'usage  que  dans  les  m-iiî^res  de  Phy- 
si(]uG.  Désirer  vivement  et  par  instinct, par  in- 
clination naturelle,  indépendamment  de  la  rai- 
son. L'estomac  appâte  hs  iilimens.  La  femelle 
appctc  le  mille. 

Appêté,  i:t.  participe. 

APPÉTISSANT,  ASTK.  odj.  Qui  donne  de 
l'appélil,  qui  excite  l'appétit,  l'iiindc  appétis- 
rante.  Cela  n'est  quére  appétissant. 

On  dit  d'Une  jeune  p:-rsoni>e  qui  a  de  la 
fraiclieur  et  de  l'enibonpoinl,  qu'ÊI/c  est  appé- 
tissante. 

APPi'CTIT.  s.  m.  Inclination,  faculté,  par 
'laquelle  r.inic  se  porte  ;\  d  siier  quelque  chose 
pour  la  satisfaction  des  sens.  Appétit  scns^tel, 
charnel,  brutal.  Appétit  dcri-qlé,  désordonné. 
Contenter,  satisfiire  ses  appétits  sensuels.  Se 
Iiit'.^ser  enfruÎMcr,  se  laisser  (jouverner  par  ses 
appétits.  Avoir  un  appétit  insatiable  des  ri- 
chesses, des  honneurs. 

Selon  les  Philosophes  de  l'École  ,  L'appétit 
concupiscible  ,  est  Une  faculté  par  laquelle 
l'âme  se  porte  vciî  ce  qu'elle  regarde  comme 
un  bien;  et  L'appétit  ira.scîMe,  est  Une  autre 
faculté  p.ir  laquelle  l'âme  se  porte  à  repousser 
ou  h  éviter  ce  qu'elle  envisage  comme  un  mal. 
.ippélit  en  ce  sens  est  didactique, 

.\pi'ÉTiT,  se  prend  parliculièreincnt  pour 
Le  désir  de  manger.  Bon  apfiétit.  Grand  ap- 
ftélit.  Avoir  appétit.  Avoir  un  violent  appétit. 
Donner  de  l'appétit.  Exciter,  e'i'cilfer,  nijiiiser 
('ii;;)é(it.  Perdre  l'appétit.  Etie  sans  appétit. 
Hcntrcr  en  appétit.  Oter,  émousser,  ftire  pas- 
ser rappétit.  Cela  m'a  ouvert  l'appétit.  Re- 
mettre en  appétit.  Manqer  avec  appétit,  ^tan- 
qer  d'appétit.  Je  n'ai  point  d'appétit  à  cela. 
Gagner  de  l'appétit.  Se  mcllrc  en  appétit 
L'appétit  uie  l'i'enl.  Pour  se  bien  jiorlery.il  fmt 
demeurer  sur  son  appétiL  Avoir  l'apjiitil  ou- 
vert de  bon  matin. 

On  dil  familièrement,  Chercher  »«  «,'^»- 
ti'ls  ,  prendre  ses  appétits,  pour  dire .  Clioisir 
les  viindcs,  les  ragoùu  pottr  I<-sq  lels  on  a  Je 
plus  d'apptlîl.  '  .■•■.• 

On  dit  provcrhiaicment ,  Il  n'est  çTiére  que 
d'appétit,  pour  dire,  que  I.a  f..!nf' açsiiisonnt 
tous  les  mets;  et  d'fn  jeune  libiiime  &  qui  lijul 
semble  bon,  que  C'est  un  cadet  de  I  .mf  ap- 
pétit. 


,'70  APP 

On  àii  fi^^urcnient  et  proveibiulement ,  d'Un 
liommc  qui  a  bcnucoup  d'avidllé  pour  le  hic», 
que  C'est  un  homme  qui  a  hon  apfiétU;  cl 
L*appétit  vient  en  mangeant,  pour  dire,  que 
l'ius  on  a  de  bien,  plus  on  en  veut  avoir. 

On  dit  aussi  provcrl)i;ilcm«'nt  cl  fij;uréincnt, 
C'est  un  homme  nui  a  Vappctit  ouvert  de  hon 
matin,  pour  dire,  que  C'est  un  Iioiunic  qui 
reclicrclic  prcmaluix-'inent  quelque  chose  d'ulilc 
et  d'af;rcable  ;  cl,  Vcmcnrcr  sur  r,on  appétit , 
pour  dire,  >"c  point  aller  ami'i  bln  que  nos 
désirs,  que  nos  gofit*  jourroltnt  nous  porter. 

À  l'appétit.  iMaaièrc  de  perler  adverbiale 
et  fanûlitrc,  pour  dire,  Taule  de  vouloir  dé- 
penser, par  envie  dcpa[j;ner.  Il  a  laissé  tonv- 
hcr  sa  maison,  à  Vaj'pétit  d'une  vin(jîaine  de 
pij(o!es  qu'il  julloît  dépenser  pour  lu  répLirer. 
A  Vapi'éttt  d^in  ccu,  il  a  laisi>e  mourir  un 
chei'id  de  cinijuante  pistoh'S. 

APrLAUUlH.  V.  n.  liaiire  des  mains  en 
signe  d'ppprobation.  Dans  les  spectacles  du 
Cirijue  et  du  Thédtre^  le  peuple  liomain  mur- 
(fuoit  sa  joie  en  applaudisuint ^  en  buttant  dci 
tnaiiis.  /ipplaudir  aujc  Acteurs,  JppUiudir  aiiJl 
Comédiens. 

Il  sif^uific  figurément,  Approuver  ce  qu( 
fait  ou  dit  une  personne ,  et  ic  marquer  d< 
quelque  manière  que  ce  soit.  Toute  Vnssemh^é^ 
applaudit  à  t:ne  proposition  si  juste.  .S'il  /«i- 
soil  ce  bien -là  uu  public,  tout  le  monde  lui 
appluudiroit.  Quand  un  homme  est  dans  U 
faveur^  toute  la  Cour  lui  applaudit. 

Appi.ArDin,  est  aussi  actif.  Chacun  Va  ap- 
vlaudi  d'une  si  icnne  cction.  Il  a  jnii  mw  h-, 
ri^itjne  (jue  tout  le  monde  a  applaudie.  Applau- 
dir une  pièce.  Applaudir  les  Acteurs. 

Applaudir,  s'emploie  avec  le  pronom  per- 
sonnel, et  signifie,  Se  féliciter.  S'applaudir  de 
sa  bonne  fortune.  S'applaudir  des  hantée  de 
quelqu'un^  de  son  accueil.  On  s\ipplaudit  du 
hon  choijc  qu^a  fait  le  Gouvernement. 

li  sij;niiie  aussi ,  Se  vanter,  se  glorifier.  C'esf 
un  homme  vain  qui  s'applaudit  sans  cesse.  Il 
e&t  fiichcux  de  s'applaudir  tout  seul. 

Applaudi,  ie.  participe. 

APPLAUDISSE3rF>T.  s.  m.  Grande  nj. 
probation,  marquée,  soit  par  des  battcmens  dt 
maijis,  soit  par  occlamation,  ou  de  quel<ju« 
manière  que  ce  soit.  //  fut  reçu  avec  m-ami 
applaudissement.  L'applaudisaement  des  peu- 
ples. Donner  des  applaudtssemens.  Ucccvoir 
des  applaudissemens.  Cherche:  de  l\.ppUiU' 
diiscment.  Il  a  l'applaudissement  i.niversvl, 
l'applaudisstment  publiCy  V applaudissement  dt 
tout  le  monde, 

APPLICABLE,  ndj.  des  3  genres.  Destiné, 
propre  i  élrc  appliqué  à  certain  usugc.  //  fui 
"wmaamneà  cent  ècus  d'amende  ^  applicables  à 
la  mourriture  des  pauvres^  Applicable  à  l'Iloel 
Dieu,  Cepaisaçfen^eit  point  mplicahU  c\  sujet 
dont  il  ^ agit, 

APPLICATION.  •.  f.  Action  par  laqncUr 
on  applique  une  chose  sur  ujie  auuc.  Vappli- 
cation  d'un  emplâtre ,  d'un  tovûjue  sur  une 
partie  malade, 

Ijm  Physiciens  diaeut,  que  Le  mouvement 


APP 

est  Vapplîcation  successive  d'un  corps  aux  dif- 
fcrentes  parties  de  l'espace. 

Il  se  dit  aussi  ligurûmcnt ,  De  l'adaptation 
d'une  maxime  ,  d'un  passage  ,  d'un  discoius , 
d'une  science,  ou  en  général  d'une  chose  h  une 
autre.  L'appbcfilion  d'un  passaqe.  Cette  tiPpU- 
cation  est  juste^  c;-[  /leureuse,  est  fausse.  Il  est 
si  défiant ,  si  soupçonneux,  qu'il  se  fait  l'appli- 
cation de  tout  ce  qu'on  dit,  VappUcotii^n  de  la 
Géométrie  à  la  l'hy-biipie. 

On  dit  en  Théologie,  L'application  des  me- 
ntes de  Ji'iUs-CHniST. 

Il  se  dit  aussi  d."une  atu:ntion  suivie.  Avoir 
de  Vapplicaiio'i  à  l'élude.  Il  n'a  point  d'appli- 
cation à  ce  qu'il  fait.  En  ce  sens  on  l'eraploiu 
souvent  seul.  Cela  demande  une  grande  appli- 
cation. Il  fuit  tout  san^i  applicatior, 

Al'PLK^iUEK,  V.  a.  Mettre  une  chose  sur 
une  aulre  j  en  sorte  qu'elle  y  soit  adhérente. 
Appliquer  des  couleurs  sur  une  toile.  Appliquer 
une  couche,  deux  couches  de  peinture.  Appli- 
quer un  empldtre  sur  l'eslomac.  Appliquer  uu 
cataplasme.  Appliquer  des  ventouses.  Appli- 
quer un  bouton  de  ftu.  yippliquer  des  fileU 
d'or  sur  de  Vivoire,  Appliquer  de  la  b'roderu 
sur  une  étoffe. 

On  dit  (Igurément  et  familièrement,  Appli- 
quer un  soulflet ,  puiir  dire.  Donner  un  suui- 
flet. 

On  dit,  Appliquer  un  liomme  à  la  question ^ 
pour  dire  ,  Le  mettre  à  Ki  quesiion. 

AppLiQVEn ,  se  dit  aussi  ligurément,  en  pir 
lant  Des  coniparaisons,  des  passages,  des  cit-i- 
tiuns  que  l'on  adapte  à  quelque  sujet  ,  et  en 
général  d'une  chose  qu'où  adapte  à  une  autre, 
.ippliqucr  une  comparaison  ,  un  passaqe.  On 
peut  lui  appliquer  ce  vers  de  Viiqile.  Cette 
nifl.rnne  -  îti  peut  s^apphquer  à  divers  sujets. 
Appliquer   l'Mqcbre   à   lu   Géométrie. 

Applique»  ,  se  dit  aussi  pour  marquer  L'em- 
ploi, la  destination  de  certaines  choses  à  cer- 
tains usages.  Appliquer  une  somme  d'arqeiit  à 
hiîtir.  Appliquer  une  amende  aux  pauvres  ^  aux 
prisonniers.  Il  a  appliqué  cette  somme  à  S07i 
profit.  Il  applique  une  partie  de  son  retenu  à 
s''acquitter  envers  ses  créanciers. 

Appliquer  son  esprit^  ou  simplement  S'ap- 
[i/uyuiT,  signHl<r,  Apporter  une  cxîicaie  attei- 
t;on  h  quelque  chose.  Il  applique  son  tspi'it 
aux  Malhèmatinues^  à  la  Médecine.  H  s^ap- 
pliqw.  uniquement  /«  bien  remplir  les  fonctions 
de  sa  charge.  C^est  un  indolent  qui  ne  s*ap- 
plique  à  lien. 

Appliquer,  avec  le  pronom  personnel  mis 
pour  à  soiy  signifie,  S'atlrlhuer,  s'approprier, 
prendn-  pour  soi.  Il  s'applique  toutes  les  loufln- 
ges  qu'on  donne  à  la  valeur.  1*ourquoi  s'est- H 
appliqué  cette  histoire?  Un  avare  s'applique 
rarement  ce  quil  entend  dire  contre  Vavaricc. 
Il  s^tippliquc  tous  les  émolumens'de  sa  Com- 
pagnie. 

Appliqué  ,  le.  participe.  On  dit,  C'est  un 
homme  appliqué ^  fort  appliqué ,  pour  dire, 
C'est  un  boinnu;  dont  le  caractère  est  de  s'ap- 
pliquer tout  entier  au.\  choses  dont  il  fait  sa 
,  principale  o^cupalion. 


APP 

APPOINT,  s.  m.  La  monnoie  qui  se  donne 
pour  achever  une  somme  qu'on  ne  sauroit  par- 
iaire  avec  les  principales  espèces  employées  au 
payement.  Vour  faire  mille  francs  en  écns^  il 
faut  trois  cent  trente-trois  écus,  et  un  appoint 
de  vingt  sous.  On  dit.  Cela  fait  l'appoint^ 
pour  diie,  Cela  complète  lu  somme. 

APPOINTE  MENT.  s.  m.  Terme  de  Pra- 
tique. Ilèglement  en  Justice  sur  une  affaire 
pour  parvenir  ù  la  juger  par  rapport.  Prendre 
un  appointement  à  l'audience,  i^rendre  un  ap- 
poinlement  au  Greffe. 

On  appelle  Appointement  en  droit  .^  Vu  Rè- 
glement par  lequel  le  Juge  ordonne  que  li^s 
parties  produiront  par  écrit  :  El  Api-ointemeitt 
à  mettre,  Un  Hèglemeut  par  lequel  U.- Juge  or- 
donne que  les  parties  mettront  leurs  pièces  sur 
le  bureau,  pour  tire  jugées  somniaircjneni. 

AppoiNTEaiEST  ,  signifie  aussi  ,  Le  salaire 
annuel  attaché  à  une  place,  à  un  emploi,  etc. 
Il  lui  donnoit  ,  il  revevoit  de  gros  appointa' 
mens.  Il  a  mille  écus  d'appointemens.  Les  ap- 
^lointemcns  d'un  Gouverneur.  Eu  ce  sens  il  tu. 
je  dit  qu'au  plui'iel. 

Lorsqu'un  homme  aide  »ï  la  de'pense,  à  l'en- 
trelien  ,  'a  la  subsistance  d'un  autre  ,  qui  ite 
pounoit  pas  subsister  si  commoLlément  par 
lui-même,  ou  dit  farniHèrenu-nt  ,  que  C'est 
lui  qui  fournit  à  l'appomtciuent  ^  aux  ap- 
pointemens. 

APPOINTER.  V.  a.  Vieux  mot  qui  se  disoil 
lulrefois  pour  signifier,  Accommoder,  terminer 
]x  raniiablc.  Il  n'est  maintenant  en  usage  que 
pour  signifier,  Régler  par  un  ;ippuintemeut  en 
Justice.  Aiusi ,  lorsque  sur  une  iiffaire  qui  se 
piaille  à  l'Audience,  mais  qui  est  trop  cmbar- 
ra!>.îéc  pour  y  pouvoir  être  jngi-e,  les  Juges 
ordonnent  que  les  Parties  produiront  par  écril, 
nn  dit,  que  Les  Juges  l'ont  appointée.  C'est 
une  affaire  à  appointer.  Cette  affaire  est  trop 
i-mhrouillée  pour- être  j^^gée  à  l  Audience  ,  H 
faut  nécessairement  l'appointer.  On  appointa 
les  Parties  à  écrire  et  produire. 

Appointer  en  droit  ^  appointer  à  mettre. 
Voyez  Appointement. 

APPOINTER.  V.  a.  Donner  des  appoinle- 
mens  à  un  Employé.  Appointer  un  Commis, 

Appo:>tÉ,  î.l.  pailicipe.  Cause  appointée. 
Les  Parties  ont  été  appointées.  Ajtpointé  que, 
Itiimule  dont  les  Juges  se  servent  quand  iis 
(ippointent  une  cause.  Appointé  que  les  Parties 
mettront  leurs  productions  au  Greffe  En  ce 
sens  i!  est  aussi  substiuitif.  Prononeer  un  ap- 
pointé à  niedre,  un  appointé  en  droit. 

On  dit  De  deux  honnnes  qui  sont  toujours 
opposés  l'un  à  l'autre,  qu'Jis  sont  toujours 
appointés  contraires. 

Appointé,  se  dit  aussi  d'L'n  soldat,  d'un 
Officier  de  guerre,  qui  linr  une  plus  grosse  paye 
que  les  autres,  àobiul  appointé.  Capitaine  ap- 
pointe. 

Appointé,  Ée.  adj.  Terme  de  Blason.  On  le 
dit  Des  pièces  qui  se  touchent  par  les  pointes. 

APPORT,  s.  m.  Lieu  ou  marche  où  s  as- 
srmblent  les  marchand»  de  denrées.  VApport 
de  Paris. 


APP 

APPOUTF.R.  V.  a.  Porter  d'un  lieu  plus  ou 
moins  éloigné,  au  lieu  où  csl  la  peisomif  qni 
parle,  ou  doiil  on  parle.  Jpportt:z-moi  le  Uvrc 
qui  est  sur  ma  table.  On  m'a  u;.porïc  ce  matii\ 
de  bi'aïuc  fruits,  Jpporter  de  Lyon  à  Paris. 
Apporter  ilcs  Ictives.  //;jpor(tT  de  dehors.  Ap~ 
]H)rler  de  loin.  Apporter  dct  marchandises  par 
Cdit,  parduuToi^  tic.  Un  conrnerijui  c.pporlc 
de  bonnes  nouvelles.  On  dit  aussi,  (Juclles  nou- 
velles nous  apportez-vous?  pour  diro,  Quelles 
nouvelles  avc/.-vous  à  nous  apprendre? 

On  dit  d'Une  femme,  <jn'L."!Icr  a  :ippôrtc 
heaucottp  de  bien  en  mariage ^  pour  dire, 
qu'KlIc  a  eu  lieaucoup  de  bien  en  marijgc.  Et 
un  dit  provcrl)iali'ment,/iie«  venu  qui  apporte. 

ApronTEn,  sîgniGe  ausii,  Causer,  p-^duîç-s. 
La  guerre  n'apporte  jamais  que  du  dom'.;'tge. 
C'eyt  uitiî  ulpiire  qui  lui  a  ayporté  d,'  lulilitéj 
du  profit.  Le  mariage  ]"'i!  a  fait ,  et  do'it  il 
cspéroit  de  grands  av'untagcs  ,  ne  lut  a  <rrvcit& 
^ne  (in  chagrin  tt  da  procès. 

ApponTEn,  signifu?  nu>-.i  All»^iier,  riier.  71 
a  apporté  de  bonnes  raisons.  Il  a  apporté  plu- 
sieurs autorités  des  Saints  Véres,  du-ers  pas- 
sages des  bons  Auleurx. 

ApponTKn,  si^^nifie  aussi.  Employer,  Il  y  a 
apparié  beaucoup  de  précaution.  Il  a  apporté 
tous  les  soins  nécessaires  pour  faire  léusstr  son 
âe*sein. 

On  dit,  CD  parlaut  d'Aflàircs  et  de  utlgocia- 
lious  .  Apporter  des  fucHilcSy  apporter  des  dif- 
ftcuUè.i,  apporter  des  obslaclcSy  pour  dire.  En 
tiriiii<T  le  sucr/^,  y  former,  y  faire  naîue  des 
difficultés  el  des  obstacles,  le  mon  côté,  j'y 
apporterai  toutes  les  lucilités  possibles.  Cettl 
afl'tiire,  ce  nmriage,  ce  traitéj  ne  se  concluri 
point^  on  y  a  apporté  trop  de  difjiculté  de  pui\ 
et  d'autre.  On  dit  aussi,  h  peu  près  dans  It 
m'Jme  sens,  Apporter  det  tempéramcns^  i\l 
adoucisscmens  dans  une  affaire, 

AppomÉ,  I  E,  participe. 

APPOSKil.  V.  a.  Appliquer,  mettre.  Appose\ 
le  cachet  de  ses  armes  à  un  certificat,  etc. 

On  dit ,  Apposer  le  scellé,  pour  dire ,  Applique! 
juridiquement  le  sceau  du  Kot  ou  de  l'OtHcie] 
public  à  un  apparteaiCQt ,  h  un  coffre,  etc.  afît 
d'empicbcr  qu'où  n'en  tire  ce  qui  y  est  enfermé. 
Le  Commi-isaire  vient  d'apposer  le  scellé  chet 
cet  homme. 

Ou  dit ,  Apposer  une  condition  à  un  contratf 
à  un  traité;  apposer  une  clause  à  un  confrul, 
l»our  dire,  Y  meure,  y  iuscrer  une  condition, 
une  clause. 

Apposé,  ée.  pirticljic. 

APl*OSrriON.  s.  f.  L'aciion  d'apposer. 
L'apposition  du  scelle  se  fil  dans  les  ftrmcs 
ordinaires.  Il  sera  pourvu  à  la  sûreté  de  ces 
effets ^  de  CCS  titres,  de  ces  papiers,  par  appo- 
sition de  scellé. 

ArpOiiTio»,  se  dit  ausM  en  f-bysiquc,  en 
parlant  Oc  la  joixtion  de  cerrains  corps  ii  d'au- 
ireso-rpsdr  nionic  esj>ccc.  C"c5l  unc(jiiC5Ïion  Je 
savoir  si  les  minéraux  croissent  par  apposition. 

Apposition,  m  Icrmcs  de  Grammaire  et  d«- 
Rhôlnriqnc,  eal  une  figure  qui  joint  un  sul»«- 
Unlif  k  UQ  autre  sam  ^Kirûcule  conjonctive,  el 


APP 

par  nnr  sert"  d'ellipse,  pour  ra  irquer  qticli|uc 
attribut  particulier  de  la  cbusc  dont  on  parle. 
Ainsi  dans  ces  exemples,  Cicéron  VOratcur 
Romain,  Attila  le  ftéau  de  Dieu,  L'Orateur 
Romain,  le  fléau  de  Dieu,  sont  des  Hppositions; 
cl  c'est  comme  si  l'on  disoit,  CictVon,  qui  est 
VUrateur  liomain,  etc. 

APPRl^BENDER.  V.  a.  Assurer  h  quelqu'un 
qu'cQ  cboisit,  la  Prébende  qu'on  possède.  H  uf 
se  dit  que  Des  Clianoînesses.  Appréhender  une 
de  SCS  parentes. 

AppnÉuLNDi': ,  LE.  participa.- 

ArPRKClATEUU.  s.  m.  Celui  qui  appré-cie. 
Il  ne  se  dit  guiiie  que  joint  avec  une  cpillièir. 
Juste  appréciaUur  du  mérite. 

APPRKCIAIIF,  IVE.  adj.  Qui  marque 
l'appréciation. 

APPRÉCIATION,  s.  f.  Eslimatîon  de  la 
val'-ur  d'une  cbose.  v/pprcciulion  juste,  raison- 
Utit/i'.  C'est  un  Iclquien  a  (ait  V appréciation. ^ 

iVPPRÉClER.  V.  a.  ICstimer,  évaluer  unr 
chose,  en  fixer  la  valeur,  le  prix.  Apprécier  da 
tneuMes.  Ce  collier  de  perles  a  été  apprécié  à 
mille  écus,  a  été  apprécié  mille  cens.  A  com- 
bien a-t-on  apprécié  celte  tapisserie  .^  On  Va 
appréciée  à  tant. 

Ou  dit  aussi  :  Apprécier  un  livre.  Apprécier 
le  mérite  de  quelqu^un. 

Appiiîtcii,  ËE.  p^yticipe. 

APPRÉHENDER,  v.  a.  Terme  de  Pratique. 
Prendre,  saisir.  Il  ne  se  dit  qu'en  parlant  De 
[irise  de  coq)s.  On  Va  appréhendé  au  corps.  Si 
\iris  el  appréhendé  peut  être.  Formule  de  Seu- 
ivmv.  et  d'Arrêt  par  contumace  ,  en  raatiùn 
criminelle. 

AprnÉiiENDF.n ,  signifie  aussi ,  Craindre ,  avoii 
peur  de.  Appiéhendcr  le  jugement  du  public. 
Appréhender  le  froid.  Il  appréhende  de  se  nié- 
sentcr  devant  vous.  Il  appréhende  de  vous  dé* 
pbiirc.  On  appréhende  que  la  fièvre  ne  rei-i'ennc 
C'est  une  afjhirc  dont  on  appréhende  les  suites, 

ApPutUENDÉ,  ÉE-  participe. 

APPRÉIIEMSIE,  IVE.  adj.  Timide,  porti 
it  la  rrainle. 

APPRÉHENSION,  s.  f.  Crainte.  Être  dam 
l'appréhension.  Avoir  de  V appréhension.  Dant 
Vappréhension  qu'il  a  qu'on  ne  le  trompe. 

Aithéiiensios,  en  termes  de  Logique,  C'est 
lidéc  qu'on  prend  d'une  cbose,  sans  m  portci 
alors  aucun  jugement.  La  simple  appréhcnsîou 
est  la  première  opération  de  l'esprit. 

APPRENDRE,  v.  a.  Il  se  conjugue  comme 
Prendre.  Acquérir  quelque  connoissauce  qu'on 
u'avoit  pas.  Apprendre  la  Jurisprudence.  Il 
apprend  à  liie.  Il  appreud  à  écrire.  Il  com- 
mence à  apprendre  les  Mathématiques,  Ap- 
prendre à  danser.  Apprendre  r^Mf^uc  chose 
parcuur.J'ai  apprispar  une  longue  expérience 

que Quelle   nouvelle  avcz-vous  apprise? 

C'est  un  homme  avec  qui  il  y  a  toujours  quel- 
que chose  à  apprendre. 

Ou  dit  prurcrbîalcmcnt,  Il  fait  bon  vitre  cl 
Vtf  rien  savoir^  on  apprc:id  toujours. 

AppaENDHE,  signifie  aussi,  Enseigner,  dou- 
oer  à  quelqu'un  quelque  connoi. usante  qu'il 
u'avoiL   pas,    faiie  Mvuîr.   C'est  lut   qui   m'a 


APP  71 

appris  ce  que  je  sais.  Le  Docteur  qui  lui 
a  appris  le  Vroit.  Il  vous  a  appris  de  grandet 
nouvelles. 

Proverbialement  ,  eu  parlant  De  cerlaînes 
bonnes  qualités  de3  bétes,  par  exemple.  De  lu 
fidélité  des  cbiens,  on  dit,  que  Les  bêles  nous 
apprennent  à  vivre  j  pour  dire,  que  Ijî* 
lionimcs  peuvent  quelquefois  tirer  d'utiles  ins- 
truction*; de  ce  qu'ils  voient  faire  aux  ïnjtcï. 
Et  en  menaçant  quelqu'un,  on  dit,  Ou  lui 
apprendra  bien  à  vivre,  on  lui  apprendra  bien 
.son  devoir,  pour  dire,  On  trouvera  bien  le 
moyen  de  le  ranger  à  son  devoir.  On  dit  dans 
le  môme  sens,  On  bii  apprendra  à  parlor  ^  0:i 
le  Pjrrera  de  modérer  ses  discours. 

Api'nis,  isE.  participe. 

On  dit  De  qurlqu'un,  qu'/ï  est  mal  apprit^ 
pour  dire,  qu'il  paroît  n'avoir  point  eu  d'éduca- 
tion. On  dit  aussi  £ieri  appris ,  dans  le  sens 
contraire. 

APPRENll,  APPRENTIE,  s.  Celui  ou 
relie  qui  apprend  un  mélier.  Un  apprenti 
Marchand.  Un  apprenti  Menuisier,  L'ap- 
prentie d'une  Coiffeuse. 

On  écrivoit  autrefois  Appretitif  au  mascu- 
lin, Apprcntivc  au  féminin. 

On  ne  dit  plus  aujourd'hui,  (luApprcntij 
Apprentie. 

On  le  dit  figuniment  d'Une  personne  peu 
babilc  dans  tes  choses  dont  elle  se  mélc. 
Cet  homme  n'est  qu'un  apprenti  à  la  guerre. 
Cette  femme  nest  quune  apprentie  en  ii%~ 
trique- 

Au  figuré,  AppnESTi,  lE  .  est  du  style  fa- 
milier, badin  ou  critique,  //  fait  le  Vocteur, 
et  il  n'est  quun  apprenti.  Dans  le  style  sé- 
rieux ou  relevé,  on  uit  H-ieux  Aoi'i'ce. 

APPRENTISSAGE,  s.  m.  L'état ,  l'emploi , 
l'occupaMon  d'un  apprenti.  Dans  un  telméticr, 
V apprentissage  est  difficile,  long^  laborieux. 
3/f(ïrc  un  jeune  homme,  une  jeune  fille  en  ap- 
prentissage. Un  garçon  qui  jait  son  apprentis- 
sage sous  un  Marchand.  Etre  en  apprentissage. 
Sortir  d'apprentissage. 

Il  se  prend  aussi  pour  Le  tempe  qu'on  n>ct 
à  apprendre  un  mélier.  Durant  son  apprentis- 
sage. 

Ou  dit.  Faire  V apprentissage  de  la  guerre, 
de  la  politique,  etc.  pour  dire,  En  pi'cndcc  les 
premières  leçons  j  el  Faire  V apprentissage  du 
crime,  de  la  perfidie ,  etc.  pour  dire,  En  foire 
les  premiers  essais. 

Il  signiGc  fi^urc'menl  L'essai,  l'épreuve  que 
l'on  fait  de  ce  que  l'on  a  appris;  et  il  se  dit  prin- 
cipalement Des  épreuves  que  l'on  Lai^ardc.  Ce 
Médecin  j  ce  Chirurgien  a  fait  son  apprentis- 
sage aux  dépens  d'un  tel  nuiltnic  ^ui  in  est 
mort ,  sur  ce  pauvre  blessé. 

Ou  dit  en  style  oratoire  ou  poétique,  Faire 
V apprentissage  du  mélier  des  armes,  des  tra- 
vaux guerriers. 

APPRÊT,  s.  m.  Prcparatif.  Fuine  des  ap- 

prêts,    de   grands   apprêts,  pour   recevoir   un 

Prince  y  un  grand  Seigneur,  Faire  de  grands 

apprêts  pour  le  festin  (Tufld  noce.  H  ne  faut 

\  point  tant  d'apprêts,  nous  ne  voulons  manger 


73  APP 

flii'un  morceau.  Kn  ce  sens,  il  ne  se  clït  £;uère 
qu'au  plurit'l  ;  et  dans  les  acceptions  suivanV'Si 
il  ne  se  dit  qu'au  singulier. 

Il  sij^nilîe  aussi  Manière  d'apprêter;  et  11  se 
dit  principalement  De  la  nianitrc  dont  on  ap- 
pri'*tc  des  cuirs,  des  ctofl'os,  des  loiles.  Ce  atir- 
/,i  ne  vaut  rien,  ou  y  a  donné  un  méchant  ap- 
prêt. Ce  dntp-lii  est  mam'uis,  Vapprct  n'en  vaut 
rien. 

On  appelle  Chapeau  sans-  apprêt^  Un  cita- 
peau  extrèniemcnt  bïeti  foulû,  et  dans  lequel  il 
n'y  a  point  de  gomme. 

On  dit  ausfi.  qu7/  n'y  a  point  .l'apprêt  dans 
vne  toile. ,  pour  dire,  (ju'Oii  n'a  employa  ni 
eliaux  ni  colle  pour  U  blrmcliir. 

A.PiMiKT,se  dit  nus^i  De  ('assaisonnement 
des  viandes.  1,'apprét  des  viandes  coûte  d'ordi- 
naire plus  nue  les  viandes  mêmes. 

Il  se  dit  au  figure  Ue  l'esprit,  du  style  ,  da 
manières,  pour  désigner  Un  peu  d'affectation. 
Un  esprit  plein  d'apprêt.  H  y  a  trop  d^appsêi 
dans  son  style.  Uapprêt  deses  manières  fatique, 
AppuÊt,  se  dit  encore  Ue  la  peinture  sur  le 
verre.  La  peinture  d'apprêt  êtoit  autrefois  forï 
en  usage  pour  les  vitruu.r  des  Enlises. 

APPKÈ'i'K.  s.  i\  Mouillette,  petite  tr.mclic 
de  pain  étroite  et  longue,  avec  laquelle  on 
mange  des  œufs  îi  la  coque.  Couper  des  apprê~ 
tes.  1  ailler  des  apprêtes.  Faire  des  apprêtes.  Il 
\ieillit.  On  dit  plus  communément  Monillette. 
APPRfyiER.  V.  a.  Prép-irer,  mettre  en  état. 
Jpprêtcz-moi  tout  ce  (ju'H  faut  pour  mon 
voyacje.  Apprêtez  mes  harde^.  Apprètezle diner. 
^prêtez  à  dîner.  Un  Peintre  (jui  avpric.e  dcl 
couleurs.  UnCorroyeur  <fui  a-jprête  des  cuirs. 
Un  Cha'pelier  qui  apprête  un  chapeau. 

On  dit.  (]^n'Vn  Cuisinier apprêtehien  à.man- 
ger 'j  et  absolument,  qu'il  apprête  bien,  pouf 
dire,  qu'il  assaisonne  bien  les  viandes. 

On  dit,  Apprêter  à  rire,  pour  dire,  Donne: 
h  rire,  donner  occasion  de  rire.  Si  vous  faites 
telle  c/iosc,  vous  apprêterez  à  rire  à  tout  h 
monde. 

Appni^.TEn  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  S'apprêter.,  Se  préparer,  se  mettre 
en  étrit  de  faire  quelque  cliose. 
Appni-TE ,  Ék.  participe. 
On  dit  Un  air  apprêté,  ponr  dire,  Un  u'ii 
offede'. 

On  appflle  Cartes  apprêtées^  Des  cartes  ar- 
rangées d'une  Cl  rtainc  façon,  pour  tromper  au 
jeu. 

APPRf:TKUIÎ.  s.  m.  Terme  d'Arts.  Celui 
qui  apprête,  qni  fait  les  préparations, 

APPHïVOTSEIl.  V.  9.  Rendre  douxetraolns 
farouoïic,  ..apprivoiser  un  Sttuvaqe.  Apprivoiser 
un  lion.  H  y  o  peu  d'animaux  farouches  (j«'ou 
ne  pKi^se  apprivoiser.  Apprivoiser  des  oiseaux. 
II  s'emploie  fijjurcmcni,  en  parlant  Des  per- 
sonnes, et  signifie,  Rendre  plus  doux,  plus 
Irailablc.  C^étoil  un  homme  peu  sociablCf  on  a 
bien  eu  de  la  peine  à  l'apprivoiser. 

Kn  ce  sens,  il  s'emploie  aussi  avec  le  pro- 
nom personnel,  et  signifie.  S'accoutumer,  se 
familiariser.  //  s'est  apprivoisé  dans  cette  mai'- 
tpn. 


APP 

On  dit  de  même.  S* apprivoiser  avec  le  daU' 
(Ter,  avec  le  vice,  pour  dire, S'accoutumer  h  la 
vue  du  danj^er,  à  l'exemple  du  vicD. 
Ai'Pnivoisib,  ée.  participe. 
APPROBATEUR,  TRICE.  s.  Celui  ou  cello 
qui  approuve  par  quelque  témoi^na;^e  d'estime. 
Il  est  surtout  d'usa{>e  au  masculin.  Une  pareille 
conduite  n\iura  qncre  d'approbateurs.  Elle  est 
fjrande  approbatrice  de  tout  ce  qui  est  nouveau. 
On  ap[)ellc  plus  pnrliculii'rement  .-Ipiiroha- 
teur,  Olui  qui  a  donné  son  approliution  pu- 
blique à  un  Livre,  ît  un  Ouvrage.  Z,cs  approba- 
teurs de  son  Livre  sont  tels  et  tels  Docteurs. 

APPRORATir,  IVE.  adj.  Qui  marque  de 
r.ipprohation. '  ^Semence  approbative.  Geste, 
iujne  approhatif. 

APPROBATION,  s.  f.  Ayrôncnt,  consente- 
ment qu'on  donne  à  quelque  cliose.  Ces'  une 
nfjhire  fuite,  pourvu  que  le  père  et  la  mère  y 
veuillent  donner  leur  approbation. 

Il  signifie  aussi  Jugement  favorable  qu'on 
porte  de  quelqu'un,  de  qticîque  chose,  léinoi- 
'  giiage  qu'où  lend  au  mérite  de  quehpi'nn.  //  a 
V  approbation  de  tous  les  honnêtes  nens.  Iln.êritâ 
Vapprobation  de  tout  le  monde.  Il  a  l'appr.y)a~ 
lion  ijénérale.  Cette  Pièce  de  'i'hédtre  a  eu  unû 
fjrande  approbation. 

APPROCHANT,  ANTE.  adj.  Qui  a  quelque 
resscnd)lance,  quelque' rapport.  Son  style  est 
\ort  approchant  de  celui  des  Anciens.  Ce  sont 
ieux  couleurs  fort  approchantes  l'une  deV autre. 
Approchant,  est  aussi  une  espèce  de  prépo- 
ttlon,  qui  signifie,  Environ ,  ix  jhu  près.  Ainsi 
oa  dit,  //  est  approchant  de  huit  heures ^  il  e^ 
iuil  heures  ou  approchant,  pour  dire,  Il  est 
rnviron  huit  heures.  Il  lui  a  donné  approchani 
de  cent  pistoles,  cent  pistoles  ou  approchant 
Il  est  du  style  familier. 

APPROt^IIE.  3.  f.  Mouvement  par  lequel 
une  personne  s'avance  vers  une  autre.  L\ip-' 
pfoc'.e  de  *:on  ennemi  le  déconcerta.  A  l'ap- 
prûf/ie  de  l'eunet^i^  les  troupes  se  mirent  sous 
es  armes. 

Il  se  dit  aussi  De  tout  ce  qui  avance,  ou  pa- 
roît  avaïicer  vers  nous.  L'approche  de  la  nuil 
lui  fit  doubler  le  pus.  Les  approches  de  la  mort 
le  firent  pen';er  à  sa  conscSetice. 

En  ternies  de  Guerre, on  n-ppeWe  Approches., 
au  pluriel,  Les  travaux  que  l'on  conduit  par 
tranchées  jusqu'au  corps  dt  la  Place  qu'on  as- 
siège. Lianes  d'dpproches.  Les  approches  de 
cette  Place  roii(èrenI  bien  du  monde.  Les  enne- 
mis firent  plusieurs  sorties  pour  empêcher  lei 
approches.,  pour  éloigner  les  approches.  Il  fut 
tué  aux  approches  de  la  Place.  Pour  faciliter 
les  approches.  Afin  de  pousser  davantage  la 
approches.  On  dit  d'Une  Place  de  guerre , 
qu'/C//c  est  de  difficile  approche,  pour  dire, 
qu'il  est  difficile  d'en  faire  les  approches. 

On  appelle  Lunette  d'approche  ^  Un  long 
tuv.iu,qui  d'ordinaire  peut  s'allonger  et  se  rac- 
courcir, et  qui,  par  le  inovrn  des  verres  qui  y 
sont  placés,  (grossit  et  approche  les  objets.  L'in- 
vention des  lunettes  d"* approche  est  du  commen- 
cement du  siècle  dernier.  Toutes  les  limcttei 
d'approche  ont  un  câté  qui  grossit  et  un  côté 


APP 

qui  d'minite  lés  objets.  Les  lunettes  d'approcht 
ont  fait  découvrir  les  taches  du  Soleil,  Us  Sa» 
tcUites  de  Jupiter.,  l'Anneau  Ae  Saturne. 

APPROCHER.  V.  a  Avancer  auprès,  meîTre 
proche,  mettre  prés.  Approcher  une  ch'j'.e  à  une 
autre.  Approchez  la  table.  Aj>prvcher  le  canon 
de  la  Place,  en  approcher  une  batterie.  L'en- 
nemi s'approcha  des  lignes.  ApprocIieZ'Vous 
du  fiu. 

On  dit,  qu't'ne  lutictte  approche  les  objets ^ 
pour  dire,  qu'Elle  Vcs  fait  voir  comme  ^taiit 
plus  proches. 

On  dit  figurément ,  quT^j  l'rinre  ,  qu'ua 
c^rand  Seigneur  a  approché  quelqu'un  de  lui  y 
pour  dire,  qu'il  l'a  admis  dans  sa  fanidiaru;, 
qu'il  lui  a  donné  quehpie  eniploi  auprès  de  s;i 
pera  '..ne. 

On  dit  figurément,  qu'Un  Ttonime  approche 
le  Prince  y  pour  dire,  qu'il  a  un  accès  libre  et 
facile  auprès  de  lui.  Et  on  dit  d'un  homme  âf 
diilieiie  accès,  que  Cest  un  homme  qu  on  ni 
sauroit  approcher. 

AppiioCHEn.  V.  n.  Devenir  proche,  être  pro- 
che. L'heure  approche.  Le  temps  approche. 

On  dit  aussi  au  iiciitre ,  Approcher ,  pour. 
Avancer.  Empêchez  mt'i'I  n'approche.  Et  Ap- 
procher du  but,  pour,  Mettre  bien  près  du  hut. 
On  dit  aussi  figurément,  y/pproriier  du  but ^ 
pour  dire,  Deviner  a  peu  près,  arriver  à  peu  de 
distance  de  l'objet  qu'on  se  proposoit.  Ce  n'est 
pas  tout- à-  fait  ce  que  vous  dites,  mais  voua 
avez  approché  du  hut. 

Appuocheu  ,  signifie  aussi,  Avoir  queloiffl 
convenance,  quelque  rapport,  quelque  parité., 
quelque  ressembluuce.  Ces  deux  coulsurs-ld 
approchent  fort  Vune  de  Vautre.  Son  style  ap- 
proche de  celui  de  Cicéron.  Il  fait  des  Vers  qui 
approchent  de  ceux  d'Horace  et  de  Virgile. 
Hien  n'approche  de  la  grandeur,  de  la  magni- 
ficence de  ce  prince.  La  beauté  de  la  fille  n'ap- 
fjroc/((j  pas  de  celle  de  la  tnéie.  Ces  imagina- 
lions-lù  approchent  fort  de  la  folie. 

Ai'PRocheu,  s'emploie  avec  le  pronom  per- 
bonnel.  L'heure  s'approche.  Le  temps  s'api>ro- 
fJtc.  Je  me  suis  approché  du  feu. 
Appuoché,  tz.  participe. 
APPROFONDIR.  V.  a.  Rendre  plus  profond, 
creuser  plus  avant.  Approfondir  un  f'ssé.  Ap- 
profmdir  un  c.inu!.  Approfondir  des  fonda- 
tions. Il  ne  fiiut  pas  les  approfondir  davan- 
tage. 

Il  signifie  figurément,  Pénétrer  bien  avant 
dans  la  connoissancc  de  quelque  chose.  li  y  u 
du  plaisir  à  approfmdir  les  Sciences.  J'ap- 
profondirai cette  affaire.  Il  ne  faut  pas  vou- 
loir trop  approfondir  tes  l\]ystères, 
Api'uofondi,  ie.  participe. 
APPROPRIATION,  s.  f.  Action  de  s'appr^n 
prier  une  cJiosc.  L'appropriation  d'une  Terre. 
Appropriation  ,  en  termes  de  Chimie ,  est 
l'état  où  sont  mis  deux  corps  qui  ne  peuvent 
s'unir  ruseudile  (pic  pai"  le  concours  d'un  lioi- 
sième  corps,  qui  dispose  les  dinix  prtmïeis  ù 
s'unir. 

APPROPRIER.  V.  a.  Proportionner  ,  f.dre 
cadrer,  rendre  j>rnprc  ù  sa  destination.  ,4;/  r<^ 


APP 

pri'er  les  ïois  d'un  ptuy\e  à  ses  ni.rurs.  Ajtpro- 
tfrier  les  retnédes  au  temijérament  du  malade. 
Approprier  son  discours  aux  circonstances , 
ton  langaqe  aux  personnes.  Il  ftiut  approprier 
le  slyle  iiu  sujet  ijue  l'on  traite. 

Il  signifie  ,  avec  le  pronom  personnel  mis 
jiour  ù  soit  Usurper  la  propriélc  de  quelque 
chose,  yapproprier  un  hèritane.  Peu  à  peu  il 
s'est  approprié  les  biens  dont  il  n'avait  (juc 
l'administration. 

On  dit,  S'approprier  une  censée,  pour  dire. 
Se  la  rendre  propre  par  tii  ninnièrc  de  la  placer, 
de  l'exprimer,  de  la  faire  valoir;  et  S'appro- 
prier l'ouvriiqe  d'un  iiixtrc,  pour  dire,  Se  l'at- 
tribuer, s'en  dire  l'Auteur. 

APPROPKIER.  ».  a.  .ajuster  ,  ascucer  . 
mettre  dans  un  état  de  propreté.  //  faut  ap- 
proprier cette  chambre.  Il  approprie  bien  son 
cabinet.  Il  n'y  a  (ju'ti  lui  mettre  cette  maison 
entre  les  mains,  il  l'aura  bientôt  appropriée. 
.AppnopnlÉ.  KE.  participe. 
APPROVISU)>'>EMEM'.  s.  m.  Fourniture 
des  clioses  nécessaires  ù  une  Armée ,  une  Flotte, 
un  Hùpital. 

APPROVl.SIO>>"ER.  V.  a.  Faire  un  appro- 
visionnement Il  faut  approvisionner  la  h'iotte. 
Approvisionné,  le.  participe. 
APPROUVER.  V.  a.  Agréer  une  chose  ,  y 
donner  son  consentement.  Approuver  et  rati- 
fier un  contrat.  Le  père  refusa  d'approuver  le 
mariage.  Les  parens  approuvèrent  la  recherche 
qu'il  faisoil.  Le  Roi  approuva  tout  ce  que  l'Am- 
iassiideur  avait  fait 

V.  $:^iGe  aussi  ,Jager  louable,  troaver  dignt 
d'fst'roe.  J'approuve  fart  son  style,  mais  jt 
1  approuve  pas  le  fand  des  choses.  Approitvez- 
T'urts  une  conduite  si  étrange^  On  ne  siiuroil 
affprouver  son  procédé  C'est  une  action  qui 
mérite  d'être  approuvée. 

Il  signifie  aussi  ,  Autoriser  pyr  un  Itmoi- 
gouge  autlientitjuc.  Plusieurs  Conciles  ont  ap- 
firouvi  cette  Doctrine.  Ce  livre  a  été  approuvé 
far  les  Docteurs. 

ApPROtJvt ,  ÉE.  participe. 
APPROXI.MATION.  s.  f.  Terme  de  Bhthé- 
matique.  Opération  par  laquelle  on  approche 
toujours  lie  plus  en  plui  de  la  valeur  d'une 
quantité  dierchée,  sans  la  trouver  exactement. 
Résoudre  un  problème  par  approximation.  On 
dit  :  l  n  calcul  ;>ar  u/j^roximation.  Ce  résultat 
n'est  qu'une  approximaiion. 

APPROXIMER  ,  v.  n.  qui  signifie,  (Ire  très- 
voisin.  Il  nés  emploiequ  CM  parlantDe» sciences. 
l  ei  deux  syttémes  s'appro.ciment  en  plusieurs 
points,  et  diffèrent  en  quelques  autres.  Cette 
I  roposition  approxime  l'erreur. 

APPUI,  s.  m.  Soutien,  support;  ce  qui  sert 
i  «oulcnir.  .Ilellre  un  appui  à  un  nirir.  .Sion  ne 
donne  un  appui  à  cet  arbre,  le  vent  l'abattra. 
On  appelle  Hauteur  d'appui.  Une  hauteur 
qui  n'est  élevée  qu'autint  qu'il  faut  pour  «• 
pouvoir  appuyer  deasiu.  Un  mur  à  htuteur 
tl'appui.  i  ne  balustrade  à  hauteur  d'appui. 

Arpti  ,  signifie  fi^urùnent  Faveur  ,  aide  . 
secours,  protection.  C'est  un  hommt  qui  a  de 
l'appui  à  la  Cour.  C'est  un  homme  sans  aju'^f 
Tome  I. 


APP 

En  ce  sens  il  se  dit  Des  pTàounes  et  des 
choses  dont  on  tire  de  la  protection  ,  du  se- 
cours. Ce  grand  homme  était  regardé  comme 
l'appui  de  l'État. Ce  jeunchommesera  quelque 
jour  l'appui  de  sa  maison.  Ce  mariage  a  été 
'appui  de  toute  cette  famille. 

Et  en  parlant  de  Dieu,  on  dit.  Le  .'^ciijneur 
est  mon  seul  appui,  mon  unique  appui. 

On  dit  au  Jeu  de  Boule,  Aller  à  l'appui  de 
la  boule,  pour  dire.  Jouer  de  manière  que  s:i 
houle  pousse  celle  de  son  compagnon  et  ra(>- 
ptoche  du  but. 

Il  se  dit  aussi  figurénent,  et  signifi?,  .Aider 
Il  «'lui  qui  a  commencé  dans  quelque  afiàire 
que  ce  soit.  1  aites  la  proposition,  j'irai  h 
l'appui  de  la  houle.  Il  est  du  siyle  familier. 

En  Mécanique  ,  on  appelle  l'oint  d'appui 
d'un  levier,  ou  simplement  Appui,  Le  point 
(ixe  par  le<|uel  le  levier  est  appuyé. 

APPUI-M.\I?Î.  s.  m.  Espèce  de  canne  ou  de 
baguette  dont  les  Peintres  se  servent  pour  ap- 
puyer la  main  qui  tient  le  pinceau. 

APPUVER.  v.  a.  Soutenir  par  le  moyen 
d'un  appui.  Appuyer  une  muraille  />ar  des  pi- 
liers. Appuyer  un  édifcc  par  des  arcS'hcutun:^. 
On  dit  ,  Appuyer  une  maison  contre  une 
autre,  l'appuyer  contre  un  coteau,  pour  dire. 
La  bâtir  contre  une  autre  maison  ,  |j  bitir 
ronire  un  coteau.  Oa  a^  ù'ijoe  armée,  qxiElle 
est  appuyée  d'un  bois,  d'un  marais,  Sur  un 
bois  ,  sur  un  marais.  On  dit,  Appuyer  le  mott.';- 
queton ,  le  pistolet  à  quelqu'un ,  pour  dire .  Pré- 
tenter le  mousqueton ,  Je  pistolet  à  quelqu'un  i 
bout  portanL 

On  dit  aussi,  Aopuyer  l  éperon  à  un  cheval. 
pur  dire,  Lui  appliquer  tortement  l'éperon. 

On  dit,  en  termes  ci  Escrime.  Appuyer  la 
hotte  ,  pour  dire  ,  Appuyer  le  fleuret  sur  le 
corjjs  de  son  adversaire ,  après  l'avoir  touché. 
';cla  se  dit  figurément  De  la  conversation,  pour 
Jire ,  Adresser  à  quelqu'un  un  trait  qui  le  presse 
K  l'embarrasse.  Voyez.  Botte. 

Apputeb,  signifie  aussi,  Poser  sur.  Appuyer 
une  chose  sur  une  autre.  Appuyer  ses  maim, 
les  bras,  ses  cou.les  sur  une  table. 

On  dit,  ^'uppuye.',  pour  dire,  .Se  servir  de 
juelque  chose  pour  appui ,  pour  soutien  ;  s'ai- 
Jcr  de  quelqu'un,  ou  de  quelque  chose  qui 
serve  d'appui.  S'appuyer  sut  un  bdtor..  .ïp 
puyez-voiLs  <ur  moi.  Il  s'aj:puyoit  sur  la  table, 
contre  la  muraille,  contre  un  arbre.  Il  s'éli'i. 
appuyé  sur  la  balustrade. 

AppLTEB.  se  dit  figurément,  et  siguilie  , 
Protéger ,  aider .  favoriser,  .ippuyer  une  a'ptire, 
appuyer  une  /leisonne.  /(  m'a  promis  d'appuyer 
mon  l'iacet.  Il  I  appuiera  de  tout  son  cré-dil. 

On  dit  aussi  figurément  ,  S'appuyer  sur 
l'autorité,  sur  le  crédit,  sur  la  faveur  de  quel- 
pi'un,  ou  simplement,  S'appuyer  sur  qucl- 
pt'un,  pour  dire,  Faire  fonds  sur  la  protection  * 
le  quelqu'un.  On  dit  aussi  ,  S'appuyer  de 
l'autorité,  du  crédit,  etc. 

On  dit  encore  figurément  ,  .S'appuyer  sur 
un  romau,  pour  dire,  Mettre  son  appui,  son 
espérance  en  une  personne  qui  n'a  aucun 
pouvoir. 


y\PR  73 

On  dît  aussi ,  S'appuyer  sur  l'autorité  des 
Anciens,  sur  un  passage  de  l'Ecriture,  sur  un 
usage  reçu,  pour  dire.  Se  servir  de  l'autorité 
des  .Anciens,  d'un  passage  de  l'Écriture,  d'un 
usage  reçu  ,  pour  soutenir  ce  qu'on  dit.  On  dit 
aussi  dans  le  même  sens:  .ippuyer  son  opinion 
sur  de  bonnes  raisons.  Son  droit  est  appuyé 
sur  de  bons  titres.  Sur  quoi  appuyez -vous  ce 
que  nous  dites  ? 

Appoïeu,  est  aussi  vcrh;'  neutre,  et  signifie, 
Poser,  être  porté.  Les  murs  sur  lesquels  le 
plancher  appuie.  Une  voâle  qui  appuie  sur  des 
colonnes,  sur  des  piliers. 

Il  signifie  aussi.  Peser  sur  quelque  cljose. 
Appuyez  davantage  sur  le  cachet.  Appuyer  sur 
le  burin.  Cela  n'a  pas  bien  marqué,  on  n'a  pas 
assez  appuyé.  Il  ne  \iiut  pas  appuyer  pour  bien 
écrire. 

On  dit  d'Un  cliei  d  de  scUc  qui  porte  la  tête 
basse,  qu'/l  appuie  sur  le  n.ors. 

jVppuveu  ,  se  dit  aussi  figurément  au  ncuu-e, 
et  signifie,  Insister.  'Vous  avez  trop  appuyé  sur 
ce  fait.  L'Avocat  n'a  pas  assez  appuyé  sur  cette 
raison.  Il  devait  appuyer  davantage  sur  cette 
demande,  sur  la  fausseté  de  cette  pièce. 

ApptrrÉ,  LE.  participe. 

A  PR 

APRE.  adj.  des  2  genres.  Qui  est  rude,  qui 
par  sa  rudesse  cause  une  sensation  désagrèabU 
W""'  '"~yà  des  poires  bien  après.  Les  nèfles 
«^•-  •  -r^es.  Apre  à  la  langue.  Apre  am 
JO.lt. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  qui  est  iude  au  lou 
cher,  de  ce  qui  fait  quelque  impressiia  in- 
commode ou  fâcheuse  sur  l'organe  du  tou 
cher.  Et  c'est  en  ce  sens  qu'on  dit,  que  Le  f.ii 
est  iîprc,que  Le  froid  est  extrêmement  âpre. 

Il  se  dit  aussi  Des  chemins  difficiles  et  ra- 
boteux. 7/  nous  mena  par  un  chemin  tiprt  et 
raboteur. 

Ou  appelle,  dan?  la  Cirammalro  Grecque, 
Espr.t  iprc.  Une  aspiration  qui  est  ordinaire- 
ment marquée  par  un  c,  au-dessus  de  la  Ictti'e 
qui  s'aspire.  Ou  dit  plus  communément  Esprit 
rude. 

-ApHE,  se  dit  figurément  De  diverses  choses 
pour  eu  mard^uei  la  rudesse  ou  la  \  icicuec.  ?• 
lui  fit  une  réprimande  f'rt  ilpre.  C'est  un  homiTie 
qui  a  l'esprit  âpre  et  austère,  l'humeur  ùpre 
Le  combat  fut  des  plus  après. 

U  s  •  dit  aussi  Des  personnes  qu:  se  portent 
avec  trop  d'ardeur  à  quelque  chose.  C'est  un 
homme  âpre  à  l'argent.  Il  est  upre  au  gain,  il 
est  âpre  au  jeu,  à  la  chasse.  Kt  de  certains  ani- 
maux qui  sont  trop  avides.  Vn  chien  âpre  à  h 
curée.  Un  oiseau  trop  âpre. 

ÂPRE.MEXT.  adv.  Avec  Spreté,  d'une  ma- 
oière  ipre.  Le  froid  commence  bien  Jpremenl, 
Il  se  porte  dprement ,  trop  uprement  à  tout  ce 
qu'il  fait.  Il  l'a  réprimandé  Jpremenl.  lin 
chien  qui  se  jette  i':prement  sur  la  viande. 

APRÈS.  Préposition  de  temps,  d'ordre  et 
de  lieu  ,  qui  s'emploie  en  parlant,  soit  des  per- 
sonnes, soit  des  choses,  et  qui  sert  à  maïquQX 


74  A  P  R 

celles  qui  suivent  Us  autres.  Apii':  le  déluge. 
Aprèi  la  vuctition  d'Abraham.  Après  lu  nais- 
sance de  Jl:^us-CHnlsT.  Tibère  fit  Empereur 
après  Auqitstej  Trajan  le  fut  apiès  iVefVd,  etc. 
Les  Conseillers  sont  après  les  Vresidens.  Api  es 
Vor,  Vargent  est  le  plus  précieux  des  niétaïu.. 
Les  richesses  ne  sont  désirables  tpi^aprés  Vhon- 
neur  et  lu  santé  y  etc.  Après  ce  vestibule  est  un 
magnifique  salon.  Aptes  le  parterre  est  un 
boulingrin  j  et  après  le  boulingrin  une  grande 
pièce  d'eau  ^  etc. 

Après,  se  met  devant  le»  Vcrhes  avec  la 
ooiLJonclion  Que.  Après  gue  vous  aurez  parle  ^ 
gue  j'aurai  acliac. 

ludépendîniÉmeiit  do  ce  rapport  de  temps, 
d'ordre  et  de  lieu,  la  pr»ipositioii  après  entre 
dans  plusieurs  phrases  auxquelles  elle  donne 
lui  sens  tout  différent.  Ainsi  on  dit  au  propre  , 
que  iJes  Archers  courent  après  les  voleurs, 
que  des  chiens  sùnt  après  un  lonp^  pour  dire, 
que  Des  Archers  poursuivent  les  voleurs,  que 
Des  chiens  donnent  la  chasse  à  un  loup  j  et  au 
figure,  que  L'on  court  après  les  honneurs,  que 
Von  soupire  après  une  succession,  pour  dire, 
Que  l'on  recherche  avidement  les  honneurs,  que 
l'an  est  empressé  de  recueillir  une  succession. 

On  dit,  qu'(7n  tableau  est  d'uprès  llaphacl, 
diaprés  le  J'oussiu ,  pour  dire,  qu'il  est  copie 
sur  l'original  de  RaphuL-l,  du  Poussin.  On  dit, 
qu't/fi  portrait  est  fait  d'après  nature ^  pour 
dire,  qu'il  est  fait  sur  In  ptasonne  même  qu'il 
représente.  On  dit  au  propre,  en  parlant  dXiie 
pfiiiture,  et  au  ligun*,  on  parlanid'Un  nuvriige 
d'esprit,  qiie  Tout  y  est  peint  d'après  nature. 
Et  dans  ces  sortes  de  phrases,  la  ])réposition 
indique  toujuuis  un  temps  anlurieur,  les  ou- 
vraj;es  de  la  nature  cl  les  lahleaux  de  Raphaël 
tyunC  nt^cssoiremenl  précédé  leur  imitation  ou 
leur  copie.  On  dit  aussi  figurénicnl  à  peu  près 
dans  le  niûme  sens,  PaAer  d\iprès  (pielguuUy 
raisonner  d'après  ses  préventions.  Et  on  dit, 
particulièrement  au  jeu,  Le  coup  d'après,  pour 
dire,  Le  coup  qui  a  suivi  ou  qui  suivra  immé- 
diatement celui  dont  on  vient  de  parler,  il  a 
cédé  la  place  le  coup  d'après.  Je  céderai  la 
place  le  coup  d'après. 

On  dit,  Après  dhier ,  après  souper ,  en  sup- 
primant l'article,  pour ,  Apres  Icdiner,  après  le 
souper. 

On  dit  piovcrbialemenl.  Après  la  panse, 
vient  la  danse;  après  la  pluie,  le  beau  temps, 
poar  marqnci  que  Certaines  choses  en  iimètient 
ordinairement  d'autres  in  leur  suite. 

On  dit  aussi  proverlnalcment ,  /tprès  lui,  il 
fout  tirer  l'échelle,  pour  donner  à  entendre 
que  Celui  dor.t  on  parle  s'est  tellement  élevé 
dans  le  genre  dont  il  s'agit,  que  personne  ne 
pouvant  se  promettre  d'aller  si  haut,  il  est 
inutile  de  songer  aux  moyens  d'y  arriver;  et 
Jeter  le  niancne  après  la  cognée,  pour  dire,  Se 
rebuli-r,  abandonner  totalement  une  aOaire  par 
la  crainte  de  n'y  pas  réassir. 

Apoès,  entre  dans  pUisieurs  auiics  manières 
de  parler,  qui  dematulcnt  d'tflrc  explitpiées 
diacune  k  part. 

Ainsi  on  dix,  £lrc  après  gudrjue  chose ^  Cire 


APR 

après  à  fnre  fiuehpie  chose,  pour  dire,  qu'On 
«  y  travaille  actuellement.  J  ai  trouvé  gue  mon 
l^rocureur  étoit  après  mes  papiers.  Il  est  après 
à  bittir  sa  maison.  Et  on  dit  pi-esque  dans  le 
même  sens,  Être  après  un  Emploi,  après  un 
Bénéfice,  pour  dire,  Travailler  i  l'obteDir, 
faire  ses  efforts  pour  cela.  Vous  occupez-vous 
de  mon  aifnire?  Je  suis  après. 

On  dit  Après  guoi^  pour  dire,  Après  cela, 
ensuite. 

On  dit,  Êtie  après  gueijuun,  pour  signifier 
qu'On  s'en  occupe  benucoup,  ou  qu'on  le  fa- 
tigue. Cette  mère  est  toujours  après  ses  enfaJis. 
Cet  homme  est  toujours  après  ses  valets.  Et, 
6'c  mettre  après  guelgu'un,  pour  dire,  Le  cha- 
griner, le  maltiaiicr. 

On  ait,  Crier  aprèf  guehpi'nn,  pour  dire, 
Gronder  quelqu'un,  le  quereller.  Et  au  con- 
ïraiivundit,  A''t/i'Oir(p'un  cri  après  quelqu'un, 
pour  signilîer  qu'On  souhaite,  qu'on  attend 
cette  personne  avec  empressement. 

Ou  dit  dans  le  même  sens  d'Un  homme  qui 
s'est  fait  attendre  long-tenipli ,  qu'On  a  long- 
temps attendu  après  lui;  et  d'Une  chose  sans 
laquelle  on  ne  peiU  partir,  ou  achever  ce  qu'on 
se  propose,  qu'Un  n'attend  plus  qu'après  cela 
pour  partir,  pour  finir  :  au  contraire,  A'al- 
tendre  pas  après  quelg  ir  chose,  c'est  pouvoir 
s'en  passer  facilement."' 

Quand  une  société  est  si  fraude  que  la  pari 
de  profit  qui  doit  revenir  à  cliacun  ne  peut  être 
que  for!  petite,  on  dit  proverbialement  et  bas- 
ï.emenl,  qu'il  y  a  trop  de  chiens  après  l'os. 

Après,  s'emploie  ([ueiqucfnis  adverbiale- 
ment, par  ellipse.  Vous  irez  devant,  et  lui 
après.  JSons  en  parlerons  api-ès.  C'est  aussi 
quelquefois  une  manière  de  questionner,  ou 
d'engager  ceux  qui  suspendent  leur  récit,  à  le 
continuer.  Il  vous  a  dit  quil  me  connoissoit  : 
Après?  Vous  arrivâtes  malade  :  Après?  Il  est 
en  ce  sens  synonyme  d'Ensuite. 

ApiiÈs  TOL'T.  Manière  de  parler  adverbiale, 
qui  s'emploie  û  peu  près  dans  le  même  sens 
que  Cependant,  en  dernier  résultat,  et  qui  serl 
de  conjonction.  Après  tout,  il  nest  guère  pos- 
sible de.. ..Vous  avez  beau  avoir  dt  la  bravoure, 
a  rés  tout  il  piut  de  la  modestie. 

Ames  coup.  Autre  manière  de  parler  advtr* 
biale,  qui  signifie.  Trop  lard,  et  après  qu'une 
chose  est  faite,  est  arrivée.  Vous  voulez  pro- 
duire des  pièces  quand  votre  procès  est  jugé; 
c^est  venir  après  coup. 

Par  les  exemples  qui  viennent  d'être  rap- 
portés, on  voit  qu'Après  peut  se  constniire  de 
six  façons  diflerentes.  Ou  il  précède  un  subs- 
tantif ;  Après  la  promenade.  Ou  il  préctdc 
l'infinitif  des  verbes  auxiliaires  être  et  m'oir  ; 
Après  avoir  chanté,  après  mouvoir  parle,  après 
7>ous  être  promené,  après  nous  âtre  vus.  Il  n  a 
guère  d'exception  que  dans  cette  plirwc,  Après 
boire,  pour  dire.  Après  avoir  bu.  Ou  il  précède 
la  conjonction  que,  et  les  mêmes  verbes  auxi- 
liaires, soit  au  prétérit,  soit  au  futur  :  Après 
que  vous  avez  parlé,  que  vous  aurez  parlé.  Ou 
^  il  est  précédé  de  la  |>articule  de,  qui  s'élide  î 
rdndre  d'après  nature.  Ou  il  est  iuivi  de  la 


APU 

particule  à ,  tx  d'un  verbe  :  Je  suis  après  à 
écrire.  Ou  enfin  il  s'emploie  adverbialement  : 
J  artez  et  revenez  après. 

Ci'\ttits.  Façon  de  parler  adTerbiale,  pour 
dire,  Ensuite,  dans  la  suite;  elle  t'emploie 
dans  un  discours,  pour  marquer  quelque  cliose 
qu'on  doit  dire  dans  U  suîîe.  Comme  on  tierra 
ci-aprés.  Comme  U  &cra  dit  ci-après.  U  n'est  en 
usage  .que  dans  le  style  didactique  et  dans  le 
style  do  Pralîquc. 

APKKS-LiEMAIiS.  adv.  di:  lemps,  scrvont 
à  marquer  Le  second  jour  aprts  celui  où  l'on 
est.  L'alj'iiirc  est  remise  à  après-demain.  U  doit 
revenir  après-demain. 

Il  s'emploie  quelquefois  substantiveracut. 
Après-demain  passé  j  il  ne  sera  plus  reyii. 

APRfeS-DÎNIŒ.  s.  f.  L'espace  du  tem])»  qui 
est  depuis  le  diner  jusqu'au  soir.  On  vous  prit 
de  passer  l'après-dlnée  en  un  tel  lieu.  Je  n'ai 
point  d'aRUirc  cette  aprês-dlnée.  Il  passe  toij(fS 
les  aprés-dlnées  en  tel  endroit. 

APRÈS-MIDL  s.  f.  La  partie  du  jour  qui 
tst  depuis  le  midi  jusqu'au  soir.  Je  l'ons  ai 
attendu  toute  taprès-midi.  Plusieurs  !(■  font 
masculin. 

APRÈS-SOUPÉE.  s.  f.  Le  temps  qui  »t 
enti'e  le  souper  et  le  coucher.  Il  passe  ses  aprcs- 
soiipées  en  bonne  compaonie.  Une  belle  après- 
toupée. 

APRETÉ.  s.  f.  Qualité  de  ce  qui  est  apro. 
Il  a  toutes  les  significations  de  son  adjectif. 
Vdpreté  des  fruits.  L'dprclé  du  froid.  L'âpreté 
du  feu.  I.\!pieté  des  chemins  rend  le  commerce 
Hfflcile  dans  ce  pays-là.  L'fipreté  de  son  esprit 
h  rend  inwciahle.  L'dpreté  d'une  réprimandé» 
H  a  une  (grande  dpreté  à  Vargent  ^  un  quin. 

APS 

APSIDES,  s.  m.  pi.  Terme  d'Asu-ononiic. 
Les  deux  points  de  l'orbite  duue  Planète  dons 
les(|uels  elle  se  trouve,  soit  à  la  plus  gmnde, 
.Koit  h  la  plus  petite  distanci'  du  ioleil  ou  de  la 
terre.  Les  apsides  de  la  Lune. 

APT 

APTE.  adj.  des  2  genres.  Terme  de  Palais. 
Propre  à  quelque  cljo.sc.  Il  n'est  d'usage  q  le 
clans  ces  phrases  :  .tpte  et  idoine.  Apte  à  posséder. 

APnrUDIC.  s.  f.  Disposition  nsiurcllo  i 
quelque  chose.  Il  ne  se  dit  guère  qu'eu  pillant 
De  !a  disposition  aux  Arts,  aux  Sciences.  Avoir 
une  nrandc  aptitude  à  (jucltjue  chose.  Il  n'a 
ijuère  d'aptitude  aux  Matlicmatiques. 

A  P  U 

.\PUllE>IE>"r.  s.  masr.  Terme  de  l'inanc*. 
Itedditiou  finale  d'un  compte ,  par  laquelle 
loutcs  les  souliranccs  d'un  compte  «)nt  levées, 
et  le  comptable  est  riconnu  quitte.  Depuia  i'a- 
piireniciJt  de  ses  comptes. 

APURER.  V.  a.  Lever  les  charges  qui  ont 
clé  mises  sur  les  parties  d'un  eomiMc ,  lorsqu'il 
n    été   rendu.  I.e   conijtc  de   l'Epar<jnt  a  été 


ARA 

rendu .  et  on  travaille  à  l'apurer.  Ce  comjytaVte 
aura  bien  de  la  peine  à  faire  apurer  xs  comptes. 
Apint,  ts.  participe. 

A  P  Y 

APYHE.  adj.  des  2  uenris.  Terme  d'Histoire 
naturelle,  qui  se  dit  Des  terres  ou  des  pierres 
«jui  résistent  au  feu ,  et  n'en  éprouvent  aucune 
altcrariou,  c'est-i-dire,  (jui  n'y  sont  changées 
ni  en  vcirc,  ni  en  rliaux,  ni  en  pllttre;  tels 
sont  l'Amiante ,  le  Talc ,  etc. 

A  <^>  U 

AQUATIQUK.  »dj.  des  2  genres.  (I.a  se- 
conde syllalie  se  prononce  comme  si  elle  ctoil 
écrite  couti.  )  Marécageux,  plein  <l'<*au.  lerrc^ 
aqnati(jues.  Lieu.v  a<juttti(jiies. 

Kn  parlant  d'Une  maison  h.'itie  dans  un  ter- 
rain marécageux ,  on  dit  (]uLlle  est  acfuatiqtic. 

Aquatiqde,  se  dit  aussi  De  ce  qui  rroil, 
qui  se  nourrit  dans  l'eau.  Plantes  atfuutiqucs. 
(iiseaiix  aauatituies.  Animaux  aquatiques. 
L'hydre  est  un  serpent  aquatique. 

AQUEDUC,  a.  m.  (Prononcez  .ilc.)  Canal 
construit  de  pierre  ou  de  brique,  pour  conduire 
de  l'eau  d'un  lieu  h  un  autre,  maigre l'inégalitii 
du  terrain.  Les  liomains  ont  hiUi  un  nrtind 
nombre  cf  aqueducs.  Les  reqards  d'un  aqueduc. 

AQUEU.X,  E;U.SE.  «dj.  (Prononc.  AVewc.) 
>Jt]i  est  de  la  nature  de  l'eau.  La  partie  aqueuse 
du  sang.  L'humatr  itquvusc  de  l'œil.  Tumeur 
atfaeuse.  Ces  fruits  n'ont  point  de  goût,  ils 
njnt  trop  aqueux. 

AQUII^-ALBA.  (Prononcez  Ahla.)  Terme 
de  Cliiniie  cnq>runté  du  T.alin.  Il  convient  il 
tous  les  sublimes  blancs ,  et  se  dit  particulière- 
ment du  mercure  sublime  doux. 

AQUILI-N.  adj.  (Prononce!  AUi.)  11  n  est 
d'usage  que  pour  signifier ,  Courbé  en  bec 
d'oi;;lc,ct  il  ne  se  dit  qu'eu  cette  phrase.  iVei 
aquilin. 

AQCriLOS.  «.  m.  (Prononcez .rffci.)  Vent  du 
Word.  Le  froid  Aquilon. 

En  Poésie,  Les  Aquilorts signiHeat  Tous  le 
yeuxs  froids  et  ortk^ux.  La  violence  des  Aquk- 
loru. 

ARA 

.\RjVBE.  ».  m.  Ce  mot  n'est  pas  mis  ici  comnte 
un  nom  de  Nation,  mais  comme  signifiant  Un 
homme  qui  exige  avec  une  extrême  durcie  ce 
qui  lui  est  du. /(  est  cruel  d'awir  nffùre  à  lui, 
c'est  un  Arabe. 

ARABKSQUE.  «dj.  des  a  genres.  Dan»  le 
Henre  des  .Aralws.  Il  se  dit  en  particulier  Dn 
genre  d'Arcliiticturc  i|iii  a  précédé  la  restaura- 
tion de»  Arts.  Le  qeilre  araheaqiu.  On  le  fait 
quelquefois  •ubtunlif.  L'Arabesque.  Il  excelle 
dans  l'Arabesque, 

AiuBEsgoKi.  s.  f.  pi.  Sortes  d'oraemcns 
qu'on  suppose  venir  dns  Arabe»,  mais  plus  an- 
aens  qu'mii,  familio»  chez  les  Romains,  et 
dont  le  goût  a  été  renouvelé  piu^  Raphaël.  Il 
comme   en   de»  cotrcUcemens  de  feuillages. 


ARB 

d'arcliitpcture,  Je  figures  tic  cnprîcc,  sans  liai- 
son et  sans  ensemble.  Un  cabinet  orné  de  jolies 
Arahesi^ues. 

AKABIQUi:.  adject.  des  2  genres.  Qui  c>: 
d'Arabie.  Gomme  arahi(jue. 

XRABLE.  adj.  des  2  genres.  Labourable, 
Des  terres  aruhlcs. 

ARACHNÉOS!  ri:S.  s.  m.  pi.  Nom  dniini-  îi 
l'espèce  de  Cancre  nommé  Araignée  Ae  mer,  et 
devenu  fossile. 

ARAGK.  s.  m.^  Liqueur  spirilueuse  (ju'oii 
faicaux1iidcs,ct  qu'on  tire  du  nzfcrnienlL',ctc. 
C'est  la  niônie  lifjucur  qu'on  fippelle  Tafia  et» 
Amérique. 

AKAIGMiE.  s.  fàn.  Nom  générique  d'une 
muitilude  d'insocles  à  plusieurs  pieds,  et  qui 
dini'-n'nt  iM-aucoup  en  grosseur.  Plusieurs  es- 
pèces Iiiibiteut  les  maisons,  et  ont  la  propricK) 
de  lircT  de  leur  corps  un  (il  dont  elles  forment 
une  toile,  v^rainnccfïc  Ciiye.y/niirjnec  de  jardin. 
L'araignée  commune  s'inlroduît  diins  les  cham- 
bres, et  y  suspend  ses  iilcls  pour  y  prendre  des 
mouches.  Il  y  ^^  en  Améiiaue  de  grosses  ami 
qnêes  qui  sucent  le  sanq  des  petits  oiseaux. 
Grosse  araiqnée.  Araiqnce  (fui  ftle.  Toiles  d'a- 
raiijnéc.  Les  arai(jnèes  se  mangent  entre  elles, 
et  n'usent  faire  Vamour  (ju'avcc  des  précautions 
infinies. 

On  dit  figure  ment ,  Des  pales  d'ordir/nec, 
pour  dire,  Des  doigts  longs  et  maigres.  On  dît 
d'Une  chose  ou  d'une  personne  pour  laquelle 
on  a  une  grande  antipathie,  J'en  ai  horreur 
comme  d'une  araignée.  Et  on  dit  proverbiale- 
ment et  ligureineni,  t(ueLe.s  loi\  sont  des  toiles 
d'araignée  qui  n^arretcnt  cjue  les  mouches ^  et 
qui  sont  rompues  par  les  frelons. 

On  dit  p.;r  ellipse  ,jL'ler  les  araignées  d'un 
^Aaucher,  ytoiiv  dire,  En  ôler  les  toiles  d'arai- 
gnée. 

AJIASEMENT.  s.  m.  Il  se  dit  en  Maçonnerie 
et  en  Menuiserie,  Des  pièces  égales  en  hauteur, 
uni-s  et  sans  saillie. 

AR-ASER.  V.  Qct.  Terme  de  Maçonnerie, 
îileltre  de  niveau  un  mur,  un  bitiment ,  en  clc 
vant  les  endroits  bas  h  la  hauteur  de  celui  qui 
est  le  plua  élevé.  Ce  mur  est  d'iuéqale  hauteur 
en  plusieurs  endroits  ^  il  faut  Varaser.  Au^.,it6t 
qu'où  aura  arasé  les  fondations  de  ce  mur,  de 
Ce  bâtiment  j  on  posera  la  première  assise  de 
pierre  de  taille. 

AnASK,  ÉE,  participe. 

ARATOIRE,  adj.  des  2  genres.  Qui  sert  ou 
qui  appartient  à  l'a^ritulture.  L'art  aratoire. 
Les  instrumena  aratoires, 

  R  B 

ARB.ALfCTR.  5.  (cm.  Sorte  d'arme  de  trnit. 
C'est  un  arc  d'acier  qui  est  monté  sur  un  fût,  et  * 
qui  se  b.indo  avec  on  ressort.  Grosse  arbalète. 
L'arc  y  la  corde,  lefUt,  la  twix  d'une  arbalète. 
Trait  d'c.rbalète. 

On  «jïpellc  Arbalète  à  jalct ,  ou  Arc  à  jalct , 
l'nc  arl);ilrlc  avec  laquelle  ou  tire  de  petites 
boules  de  terre  cuite ,  ou  des  balles  de  plomb. 

On  dit  provcrbiulemenl,  Vins  vite  qit'uu 


ARB  75 

trait  d'arhalèXe,  pour  marquer  Une  grande  vp- 
tesse. 

ARBALÉTRIER,  s.  m.  Ou  oppeioit  niusi 
aulrciois  Un  homme  de  guerre  qui  tirort  de 
l'arbalétc.  Arbalétrier  à  cheval.  Arbalétrier  à 
pied.  Une  compatjnîe  d'Arbalétriers. 

ARIUIR AGE.  s.  m.  Jugemeni  d'un  diffé- 
rent par  Arbitre.  Mettre  queltfue  chose  en  arbi- 
trage. Se  soumettre  à  Varbitrage.  5uhir  Varhi~ 
trage.  S'en  tenir  à  l\irhitrage. 

ARBITRAIRE,  adj.  des  2  genres.  Qui  dé- 
pend de  la  volonté  de  chaque  personne,  du 
choix  de  chaque  personne.  L'Eqlise  n'a  point 
décidé  là-dessuSf  cela  c^t  arbitraire.  La  chose 
est  arbitraire. 

l\  se  dit  plus  ordinairement  De  ce  qu'il  dé- 
pend de  la  volonté  des  Juges  de  prononcer,  de 
sta4ucr.  En  certains  eus  les  peines  sont  arbi- 
traires. Une  amende  arbitraire. 

On  appelle  "oiii-oir  arbitraire  j  Un  pouvoir 
absolu  qui  n'a  pour  rtgic  que  la  volonté  du 
Prijice,  Il  ne  se  dit  qu'en  mauvaise  part. 

ARBITRAIREMENT,  alv.  D'une  façon  ar- 
bitraire et  despotique,  yfgir  arbitrairement. 
Gouverner  arbitrairement. 

ARBITRAL,  ALE.  adj.  Il  n'est  guère  en 
usage  qu'eu  ces  deux  phrases,  iSenïencc  «rfci- 
trale^  Jugement  arbitral,  pour  dire,  Une  Sen- 
tence rendue  par  des  Arbitres,  Un  Jugement 
prononcé  par  des  Arbitres. 

ARBITRALEMENT.  advcrb.  Par  Arbiti«i. 
Cette  affaire  fut  jugée  arbitralement. 

ARBITRATION.  s.  f.  Terme  de  Jurispru- 
dence. Estimation. 

ARBITRE.  8.  m.  Faculté  par  laquelle  l'âraa 
se  détermine  à  luie  chose  plutôt  qu'hune  autre. 
Puissance  que  la  volonté  a  de  choisir.  Ce  mot 
se  joint  toujours  avec  les  épithùtcs  de  jprauc  ou 
delÂbre.  Dieu  a  donné  aux  hommes  leur  franc 
arbitre^  leur  libre  arbitre. 

AnBiTRE,  se  dit  aussi  De  celui  que  des  per- 
sonnes choisissent  de  part  et  d'autre  pour  Icr- 
raincr  leur  différent,  frendre,  nommer,  choi- 
sir quelqu'un  pour  arbitre.  Convenir  d'arbitres. 
Se  rapporter  de  quelque  chose  à  des  arbitres. 
Sortir  d'une  affaire  par  arbitres.  Compromettre 
entre  les  mains  d'arbitres. 

Il  signifie  aussi,  Maitre  absolu.  Vous  é(csl'ur- 
bi'tre  de  mon  sortjde  ma  fortune.  Dieu  est  l'ar- 
bitre de  la  vie  et  de  la  mort ,  l'arbitre  du  monde. 
Ce  Prince  s^est  rendu  Varbitre  de  la  paix  et  de 
la  guerre. 

ARBITRER.  v.,a.  Estimer,  régler,  décider, 
en  qualité  de  Juge  ou  d'-'Vrbilrc.  J/<  paieront 
l'amende  qu'il  plaira  au  Juge  d\irhitrcr.  Je 
m'en  remets  à  ce  que  le  Juge  en  arbitrera.  Ils 
lui  ont  tant  arbitré  pour  ses  frais  et  dépens. 
Les  réparations  ont  été  arbitrées.  Les  Experts 
ont  arbitré  j  etc. 

.\nniTaK,  Ér.  participe. 

AUBORER.  v.  n.  Planter  quelque  cho.«e 
haut  et  droit  h  la  manière  des  arbrea.  Arborer 
les  enseignes.  Arborer  un  étendard.  Arborer  les 
drapeaux.  Arborer  la  croir.  Arborer  le  pavillon 
de  France.  Ce  Cardinal  a  arboré  les  armes  de 
France  sur  son  Palais. 


y6  ARB 

AnBOBEn,  se  dit  au^sl  an  figure,  pour  dire. 
Se  déclarer  oiivcrtcnu:i>t  pour  quelque  |>.trti. 
H  a  arboré  le  Pyrrhonistne.  Il  a  urhoré  Viin- 
plélé. 

AnBonÉ,  ÉE.  participe. 

ARBORISi':,  ÉE.  adj.  Il  se  dit  De  ccMaliios 
pierres  sur  les'tuclles  on  voit  des  reprôseiila- 
tions  d'arbres.  Pierres  arhorisces.  Aijate  tirho- 
I  iséc. 

ARBOUS.'Î.  s.  f.  Finit  (!c  l'.Arbousi^-r. 

ARUUUSIF.R.  s.  II).  Arlire  toujours  vert,  et 
fort  loufTii,  ([ui  croît  en  Italie  et  en  Provence, 
et  proiluit  des  fruits  fort  doux  et  presqne  sem- 
blables à  des  cerises,  en  couleur  eien  grosseur. 

ARBRE,  s.  ni.  Plante  boiscusc ,  qui  croit  en 
grosseur  et  en  haulcurplus  ijue  tomes  les  autres 
plantes,  et  qui  pou.sst  diifércntcs  bronches. 
Grand  arbre.  Gros  arbre.  Arbre  haut  et  ilro:t. 
Arb.e  torlu,  braiiclm ,  touffu.  Arbre  sec.  Arbr,' 
mort.  Arbre  vert.  Arbre  cjui  se  dépouille.  Arbre 
qui  repousse.  Arbre  qui  fleurit  ^(jui  se  couronne. 
Planter,  transplanter  des  urbrcs.  Tailler  des 
arbres.  Elaguer,  émonder,  ététcr  des  arbres. 
Déchamser  des  arbres.  Allée  d'arbres.  Avenut 
d'arbres.  Arbres  plantés  en  (juinconce.  Pied, 
tronc,  branches,  ^i-ui/fcs  d'arbres.  Arbre  frui' 
lier,  (jiii  porte  des  fruits  bons  à  mancjer.  Arbrl 
en  plein  vent.  .'Irbre  en  espalier.  Arbre  en  buis- 
son. Arbre  de  haute  tiije.  Arbre  na'u.  Jeuni 
arbre.  Bon  arbre.  Un  plant  d'arbres. 

On  appelle,  selon  rÉcrIllUC,  \' Arbre  de  vie, 
et  VArbre  de  la  science  du  bien  et  du  mal, 
Deux  arbres  plantés  eu  milieu  du  l'ar.ndii  ''«'- 
lettre. 

AnBRE,  se  dit  aussi  Oe  certaines  grossis  el 
longues  pitces  de  bois,  qui  sont  les  principa- 
les pièces  dans  les  macliines.  Arbre  de  mou- 
lin. L'arbre  d'un  pressoir.  L'arbre  d'un  navire. 

On  appelle  l.i  Croix  où  Notre-Seignenr  fut 
atlnclu^i  V.-irbre  de  la  Croix. 

On  appelle  figurcinent,  .-fr'"  c  t^énéalorjiijue. 
Une  figure  Iraive  en  forme  d'.al  le,  d'où  l'on 
voit  sortir  comme  d'un  tronc  d"v(  rses  branches 
de  ronsanguinité ,  de  parente,  i  a  re  qraver  un 
arbre  (jénéalofji(jne. 

Ou  dit  fignrénicnt  et  priiverbialeinent ,  Si 
tenir  au  gros  de  i'nrtre,  poi.r  dire.  Demeurer 
attache  à  ce  qui  est  le  plus  ancien  ou  le  plus 
généralement  établi.  Je  m'en  rajij  orte  à  ce  gue 
l'Église  en  a  décidé,  je  me  tiens  au  gros  tle 
l'arbre.  Vans  les  guerres  civiles  il  n'a  jamais 
guilté  le  serv'ce  du  ."^or,  il  s'est  toujours  tenu 
au  gros  de  l'ar're. 

Arbbe  de  Di.\Nr.  Les  Chimistes  appellent 
ainsi  De  l'argent  uni  ou  amalgamé  avec  du 
mercure.  Cette  union ,  après  elre  restée  quelque 
temps  tranquille  dans  de  l'eau-fortc, forme  une 
espèce  d'arbre  ou  de  végétation.  On  l'appelle 
aussi  quelquefois  Arbre  philosophigue, 

ARBRLSSEAU.  s.  m.  dlmiiiutif.  Petit  arbre. 
Jeune  arbrisseau.  Petit  arbrisscuu. 

Arbuste,  s.  m.  Espèce  d'arbrisseau  qui  ne 
s'élève  guère.  3/elfrc  des  arbustes  dans  un  par- 
terre. 


ARC 

ARC 


"«^ 


ARC.  subst.  m.  (On  prononce  le  C.)  Sorte 
«l'arinc  courhee  en  demi-cercle,  et  servant  à 
tirer  des  flèches.  Arc  de  corne.  LapoujnèeiVun 
arc.  Bander,  débander  un  arc.  Tirer  de  l'arc. 
Cela  est  courbé  en  arc. 

On  dit  prove:hialoincntelfigurément,^vûir 
plusieurs  cordes  à  son  arc,  pour  dire,  Avciir 
plusieurs  moyens  pour  faire  réussir  un  desst-iii; 
et^I^ébanderVarc  ne  qnérit  pas  la  plaie,  \iuiir- 
dire,  que  Qunnd  on  a  I;ut  nu  mal,  on  ne  le 
guérit  pas,  on  nele  n'-pare  pas  en  se  mettant 
en  état  de  n'en  plus  faire. 

On  appelle  Arc  de  carrosse,  Denx  pièces  de 
fer  courJiees  en  arc, qui  ii)i*;nciit  le  l)onl  de  la 
flèclic  à  l'essieu  des  petites  roues,  el  par  le 
moyen  desquelles  le  caiTosse  tourne  aisément 
daus  un  petit  espace.  ïJarc  du  carrosse  est 
rompu. 

Ane,  se  dit  en  Arcliileclure,  et  signifie  Cin- 
tre, h'arc  d\inc  voûte. 

Abc,  eu  tennes  de  Géométrie,  signifie  Une 
portion  de  cercle.  Et  on  appelle  ^rc  diurne, 
La  portion  de  cercle  qu'nn  Astre  parcourt  sur 
riiorizon  ;  vlArc  nocturne,  La  portion  de  cercle 
qu'il  parcourt  sous  l'Iiori'^on. 

Ane  DE  TniuMPirE,  ou  Ane  TnioMpnAi,. 
Monument  qui  consiste  eu  une  grande  porte 
faite  eu  arc,  accompagnée  quelquefois  de  deu:t 
petites,  et  ornée  de  figures  de  bas-relief  et 
d'inscriptions  ,  pour  attester  quelque  grande 
action,  et  pour  en  conserver  la  mémoire.  Ele- 
ver un  arc  de  triomphe.  Varc  de  Sévère.  L'arc 
de  Constantin. 

ARCADE,  s.  f.  Ouverture  en  arc.  Grande 
arcade.  Les  arcades  d\tn  bâtiment.  Les  arcades 
de  la  riace  Royale. 

ARCAiVE.  s.  m.  Mot  emprunte  du  Latin  par 
les  Alchimistes,  pour  designer  queUju'une  de 
leurs  opérations  mystérieuses. 

ARC-BOUTAN'i*.  s.  m.{  Le  C  ne  se  iirononrc 
point.)  pilier  qui  fuiit  en  demi-arc,  et  qui  sert 
îi  soutenir  une  voûte.  Vn  des  arcs-boutans  de 
la  voûte  est  tombé.  Kn  parlant  d'Un  train  de 
carrossCjOn  appelle -/rcs-/>ouï(ins,  Les  verbes 
qui  servent  à  tenir  en  état  les  moutons  du  car- 
rosse. 

Il  se  dit  figurcmcnt  Des  pei-sounes  qui  sont 
les  plus  considérables  dans  im  parti,  dans  une 
aflïiire.  Cet  humme  étoit  Varc-houtant  de  son 
parti, 

ARC- BOUTER,  v.  a.  (  Le  C  ne  se  prononce 
point.  )  Soutenir,  appuyer.  Jrc-i)ouïer  un  mur. 

Anc-BOUTÉ,  ÉE.  participe. 

ARC-DOUHLEAU.  s.  m.  C'est  une  espèce 
d'arcade  qui  a  de  la  saillie  sur  le  creux  d'une 
voûte.  On  en  met  de  distance  en  dislance,  en 
nombre  égal  îx  celui  de.s  colonnes  ou  pilastres, 
c'est-à-dire,  que  cha<pie  colonne  ou  pilastre 
porte  son  arc-doubleau  ;  et  il  en  résulte  une 
voùlc  qui  paroit  armée  de  bandeaux  qui  sem- 
blent la  fortifier  et  la  soutenir. 

AKCEAU.  s.  m.  Arc.  Il  ne  se  dit  qii'cn  par-  S 
tant  Des  voûtes.  L'arceau  d'une  voûte. 


ARC 

ARC-EN-CIEL.  s.  m.  Météore  qui  pareil 
dans  les  nues  comme  une  bande  de  diirércnte» 
couleurs,  courbée  en  arc.  Les  couleurs  de  i'arc- 
en-ciel.  On  voyntt  plusieurs  arcs-en-dcl  en 
même  temps.  Dans  l'Écriture-Sainte,  DJeu  dit, 
en  parlant  de  !'arc-eu-ciel  :  Je  ferai  vuir  mon 
arc  dans  les  nues. 

ARCHAÏSME,  s.  m.  (  On  pron.  ArcaUme.) 
Il  se  dit  d'Un  mot  antique,  d'un  tour  de  phrase 
suranné. 

ARCïIAL.  VoyezFit. 

ARCHANGE. s. m.  (On  prononce  Arcanqe.'\ 
Ange  dun  otdre  supérieur.  5(a'nt  Michel  Ar- 
cjianqe, 

ARCHE,  s,  f.  La  partie  d'un  pont  sous  la- 
quelle l'eau  pas.se.  Le  pont  a  tant  d'arches.  Ar~ 
che  trop  haute.  Arche  trop  basae.  Les  eaux  ont 
emporté  dctuc  arches  du  pont.  Un  pont  à  uri« 
seule  arche^  d'une  seule  arche. 

AncHE,  se  dit  particulièrement  d'Une  sorte 
de  bâtiment,  de  vaisseau,  que  Noé  fil  cons- 
tmire  par  le  commandement  de  Dieu,  pour 
se  sauver  du  Dtîluge  universel.  Dieu  commanda 
à  Noé  d'entrer  dans  l'Arche  avec  toute  sorte 
d'animau.x.  L^Arche  flotta  sur  les  eaux. 

On  dit  figurémcnt ,  Être  hors  de  V Arche, 
pour  dire,  Etre  hors  de  l'Église. 

On  appelle  figurément  et  proverbialement, 
Arche  de  Noé  ,  Une  maison  où  il  y  a  toutes 
fiortcs  de  gens  logés.  Cette  maison-là  est  une 
drche  de  Noé. 

L'AncHE  d'Alliance,  dont  il  est  parlé  dans 
l'Ancien  Testament,  éloit  une  espèce  de  coffre 
fait  par  le  conunantlcmenl  de  Dieu,  et  dans 
lequel  If  s  Tables  de  la  Loi  étoirnt  gardées.  Les 
i'hdistins  prirent  V.irche  d'Alliance. 

Ou  dit  proverbinlement  et  figurément  d'Uiw 
chose  dont  11  est  dangereux  de  parler,  qu'il 
ne  faut  pas  loucher  dans  ses  discours,  C'est 
VArche  du  Seigneur,  VArchc  sainte. 

ARCHEE.  s.  f.  Terme  de  Chimie  peu  usité 
aujourd'hui,  pour  designer  La  chaleiu'  interne 
lie  la  terre.  Ou  l'avoit  transpoilé  en  Médecine, 
pour  désigner  Le  principe  de  la  vie.  L'.4rchée 
de  Viin-Ilelmont. 

ARCHER,  s.  m.  Homme  de  Guerre,  com- 
battant avec  l'arc.  Archer  à  pied.  Archer  à  che- 
val. En  ce  sens-là,  il  n'y  a  plus  d'Archers  en 
France. 

On  appeloit  aiUicfois  F  van  es- Archer  s  ,  Une 
sorte  de  Milice  établie  par  Charles  VIL 

AnCHEns,  se  dit  aujourd'Imi  De  rertains  Of- 
ficiers suballenies  de  Justice  ou  de  Police,  qui 
portent  dos  épées,  des  hallebardes,  des  armcsi 
tcu,  soit  pom-  prendre  des  voleurs,  soit  pour 
faire  la  garde  des  Villes,  soit  pour  exécutei 
quelque  ordre  de  Justice  ou  de  Police.  ./rc/icr« 
du  Grand  Prévôt.  Archers  du  Guet.  P.tre 
poursuivi  par  les  Archers.  Les  Archers  de  Ville, 
de  la  Villa,  ont  frit  revue  aujourd'hui.  Le 
Vrevôl  e.;(  en  campacjnc  avec  tous  ses  Archers. 

ARCHEROT.  s.  m.  Polit  Archer.  Épitlièie 
que  les  vieux  Poètes  François  donnoient  .-m- 
ircfois  h  Cupidon,  et  qui  n'est  plus  en  nsage. 

ARCHET,  subst.  m.  Sorte  de  petit  arc  qui  s 
pour  cordes  plusieurs  crins  de  cheval,  el  dont 


ARC 

on  se  sert  pour  tirer  le  son  d'un  violon  ,  d'une 
Ylole.  Coup  d'archet.  Passer  doucement  i'ur- 
chet. 

AnCHET ,  se  dit  aussi  d'Une  sorte  de  clijssis 
de  bois  tourne  en  arc  ,  que  l'on  met  sur  les 
berceaux  des  enfans,  pour  soutenir  une  cou- 
verture au-dessus  de  leur  tête.  L'arc)iet  esl 
trop  bas,  Venfnnt  n'a  pus  assei  d'air. 

AncHrr  ,  se  dit  pareillement  Des  cliissis 
courbtSs  en  nrc,  sous  lesquels  on  fait  suer 
des  malades.  Faire  suer  un  malade  sous  l'ar- 
chet^ pour  le  quérir  d'un  rhumatisme.  On  dit, 
qu't'n  homme  a  pttssc  sous  l'archet ,  pour 
dire  ,  qu'On  l'a  fait  suer  pour  une  maladie 
secri^te. 

AnCHET,  se  dit  aussi  dans  certains  arts  mé- 
caniques, d'Un  arc  d'acier,  aux  deux  bouts 
duquel  il  y  a  une  corde  attacbce ,  dont  les  Ou- 
vriers se  servent  pour  tourner  et  pour  percer. 

ARCHliT\T>lv  s.  ni.  Terme  didactique.  (  Il 
8C  prononce  .irhétypc.)  Original,  patron,  mo- 
dèle, sur  lequel  on  fait  un  ouvrage.  Il  n'est 
guère  d'usage  qn'(  n  cette  plirase,  L'Archétype 
du  monde,  qui  est,  selon  le  langage  des  Philo- 
sophes, l'idée  de  Dieu  sur  laquelle  il  a  croc  le 
inonde. 

Dans  les  Monuoies  ,  c'est  L'étalon  général 
des  poids  et  mesures. 

ARCHEVÊCHÉ,  s.  m.  L'élendue,  le  terri- 
toire, la  Province  où  r.-\rcl)evè(|ue  a  la  supé- 
riorité. Tours  est  un  Archevêché. 

Il  signifie  aussi  Le  logis,  le  Palais  de  l'Ar- 
chevêque. Je  m'en  vais  a  l'Archevêché.  Dans 
îa  Cour  de  l'Archevêché, 

ARCHEVÊQUE,  s. m.  Prélat  métropolitain, 
qui  a  un  ccrt-un  nombre  d'Evêqucs  pour  Suf- 
fragans.  Archevcnue  de  Lyon.  .Irchevêcjue  de 
Reims.  Archevétfue  de  Paris.  Cet  Archevétjuc 
a  tant  de  Sulfranans.  C'est  à  l'Archevêque 
ifassemhler  le  Concile  de  sa  Province. 

ARCHI.  Mot  emprunte  du  (irec,  que  l'on 
joint  à  d'autres  dans  le  style  familier,  pour 
marquer  un  grand  excès  dans  la  chose  dont  on 
parle.  Ainsi  on  dit,  Archi-fou,  .4rchi- vilain^ 
etc.  pour  dire.  Un  homme  exlrèniemcnt  fou, 
un  homme  extrêmement  avare. 

ARCHIDIACON.VT.  s.  m.  La  Dignité  d'Ar- 
diidiacre.  C'est  en  vertu  de  son  Archidiaconat. 
(ju'il  a  droit  de  visite  sur  les  Curés  de  la  cam- 
pagne. 

ARCHlDIACOXE.s.  m.  L'étendue  du  leni 
toitc  soumis  à  la  Juridiction  spirituelle  d'un 
Archidiacre.  Cartes  géographiques  fuites  par 
Archidiacoués. 

ARCHIDI  VCRE.  s.  m.  Celui  qui  est  pourvu 
d'une  Dignité  Ecclésiastique  qui  lui  donne  quel- 
que sorte  de  Juridiction  sur  les  Curés  de  la 
campagne.  L'Archidiacre  fait  sa  visite  tous  les 
ans. 

vlRCHIDUC.  s.  m.  Titre  de  Dignité  qui 
n'est  d'usage  aujourd'hui  qu'en  parlant  Des 
Princes  de  la  Maison  d'Autriche.  Archiduc 
d'Autriche. 

ARCIlIOUCtrÊ.  ..  m.  Seigneurie  d'Archi- 
duc Archiduclié  d'Autriche. 

ARCHIDUCHESSE.  -.  f.   La  femme  d'un 


ARC 

Archiduc,  ou  la  Princesse  qui  est  revêtue  de 
'  '  cette  dignité  par  elle-mèrae.  L'Archiduchesse 
d\iuiriche.  I  es  Archiduchesses  filles  de  l'JEm- 
pcrcur. 

ARCHIÉPISCOPAL,  ALE.  .uljectif.  (On 
priiiionce  Jvhiépiscopal.  )  Appnrtenant  à  l'Ar- 
clicviVjue.  I\diiis  Archiépiscopal.  Dignilê  Ar- 
chiépiscopitlc. 

ARCllIMA.NniîITAT.s.  m.  I,.-  Bnneficcque 
possùde  uu  Aicliiniandrite.  Ï/Archimandrital 
de  Messine  est  d\tu  revenu  vonsidcruhlc. 

ARCHIMA?JI)IUTF.  s.  m.  On  nomme  ainsi 
le  Supérieur  de  quelques  Monastères.  Archi- 
mandrite de  Messine.  Ce  mot  signifie  Chef  du 
troupeau  j  de  Vctahle.  C'est  la  niéinc  chose 
i[u'Ahbc. 

ARCHIPEL,  subst.  m.  Quelques-uns  disent 
Archipchige  ou  Archipclague,  Étendue  de  nier, 
tntrecoupcc  de  plusieurs  îles.  L'Archipel  du 
Mcxitfue.  Il  y  a  plusieurs  Archipels.  On  np- 
pclle  parliculièrcmcnt  Archipel,  ce  que  les 
Anciens  iippeloii^nt  la  Mer  Egée. 

ARCHIPRESBYTÉRAL,  ALE.  adjcct.  Çui 
regarde  rArcltiprêlie. 

AKCIIIPRÈTRE.  s.  m.  Titre  de  Dignité  , 
en  vertu  duquel  les  Curés  de  certaines  Églises 
ont  prééminence  sur  les  autics  Cures.  Un 
Mandement  de  l'Evètjue  adressé  aiu:  Archi- 
prétres. 

ARCHIPRÊTRÉ.  subst.  m.  Étendue  de  la 
Juri;liction  d'un  Archiprétrc  dans  un.  certain 
territoire.  Cet  .4rchiprêlré  est  d'une  grande 
e/eu.7.(C.  Les  Cartes  de  ce  Diocèse-là  sont  faita 
pflp  Archiprêtrês. 

.\JÎCïnTKCTE.  s.  m.  Celui  qui  exerce  l'art 
lie  l'-lrchitecture,  l'art  de  bAtir.  Grand  Archi- 
tecte. Savant,  excelletit,  fameux  Architecte. 
Ce  n'est  pas  un  Architecte^  ce  n'es(  nu'un 
Maçon. 

AUCriïTECTONlQXTE,  adj.  se  dit  propn- 
meut  iîe  Van  de  la  construction.  L'art  Archi- 
tcctonitpte.  On  le  fait  substantif.  Knseiqner 
lArchitectoniquc.  Il  est  didactique  et  peu  usitt 
lUins  la  oonversution. 

A.RCHITKCTO^OGRAPHE.  s.  m.  Celui 
qui  fait  la  description  de  quelque  bâtiment. 

ARCHITECTONOGRAPHIE.  subst.  fém. 
Description  de  bâtiment. 

ARCHITECTURE. 9.  f.  I/art  de  construire, 
disposer  et  orner  les  édifices.  Ancienne  et  mo- 
derne Architecture,  .-irchitccture  Gothique. 
Les  cinq  Ordres  d* Architecture.  Chef-d'œuvii\ 
d'Architecture. 

On  appelle  ^/rc/u'(rcï«re  Militairey  L'art  do 
fortifier  les  Places;  et  Architecture  Navale. 
L'art  de  construire  les  vaisseaux. 

AncHiTECTunE  ,  si;.;nific  aussi,  La  disposi- 
tion et  rordonnancc  d'un  bltînient  Voilà  une 
belle  Architecture,  une  mauvaise  Architecture. 
Un  beau  morceau  d'Architecture. 

ARCHITR  \VE.  s.  f.  Membre  d'Architec- 
ture, qui  pose  immédintemeut  sur  le  chapiteau 
des  colonnes  ou  des  pilastres,  et  au-dessus  du- 
quel est  la  frise. 

AKCH!TRICLI?I.s.  m.  Terme  d'Antiqmlc. 
Celui  qui  Otuit  chargé  du  rotdonuancc  du  ie»- 


ARD  77 

tin.  On  ne  s'en  sert  plus  gitère  qu'en  style  fa- 
1  milier  et  badin  ,  en  parlant  De  celui  qui 
arrange  un  repas.  Nous  avions  un  bon  Archi- 
triclin. 

ARCHIVES,  s.  f.  pluriel.  Anciens  titres, 
chartes,  <t  autres  papiers  imporlans.  Les  ar- 
chives d'une  qra.idc  Maison,  d\iii  Monastère.^ 
d'une  Abbaye.  Le  trésor  des  archives.  Vieilles 
archives.  Feuilleter  les  archives. 

Il  se  dit  aussi  Du  lieu  où  l'on  rardc  ces 
sortes  de  titres.  Cette  pièce  a  été  tirée  des  ar- 
chives. Archives  voûtées. 

ARCHIVISTE,  s.  m.  Garde  des  Archives. 
Le  l'ére  Archiviste. 

ARCHIVOLTE,  s.  f.  C'est  une  bande  bige 
qui  fait  saillie  sur  le  du  du  mur,  qui  suit  lu 
cintre  d'une  arcade,  et  qui  va  d'une  imposte  à 
l'autre.  Les  archivoltes  sont  ornées  des  mêmes 
moulures  que  l'architrave,  et  ressemblent  vé- 
ritablement à  une  architrave  cintrée. 

ARCHONTA T.  subst.  masc.  (  Oa  prononce 
v^rcon((i(.)  Dignité  de  l'Archonte. 

ARCHONTE,  s.  m.  (  On  prononce  y^rconïe. 
Tilic  des  principaux  Magistrats  des  Républi- 
ques Grecques,  et  particulièrement  à  Athènes. 
Arcliontcs  décennaux.  Les  neuf  ArchonTts. 
Archontes  annuels.  Archonte  Eponyme. 

ARÇO>'.  subst.  m.  L'une  des  deux  pièces  de 
bois  courbées  en  cintre,  qui  servent.!  faire  le 
corps  de  la  selle  d'un  cheval,  avec  deux  bran- 
ches de  fer  qui  les  joignent  l'une  h  l'autre. 
Art'ons  de  devant.  Arçons  de  derrière.  Attacher 
des  f»i.s(ûïcï.s-  il  l'arçon  de  la  selle.  L\trçon  ble.ise 
ce  cheval.  Etre  ferme  dans  les  arçons,  sur  les 
arçons. 

Perdre  les  arçonSy  vider  les  arçons.  Façoos 
de  parler  qui  se  disent  d'Un  Cavalier  qui  est 
désarçonné,  ou  renversé  de  clieval. 

On  dit  fî;;urément.  Être  ferme  dans  ses  ar- 
çons, sur  .çe.«  arçons  y  pour  dire,  Être  ferme 
'.^ans  ses  opinions  ,  dans  ses  principes  ,  cl  les 
bien  soutenir;  et  Perdre  les  arçons,  pour  dire, 
Être  embarrassé  dans  la  dispute,  déconcerté 
dans  quelque  an[:urc ,  et  ne  savoir  pjys  quelles 
nipsuros  prendre. 

AR(yn<^UE.  adj.  des  2  genres.  Seplentrio- 
nal.  Il  n'est  guère  d'usage  que  dans  ces  phrases  : 
Fûle  .'irctigue  ,  Cercle  Arctique  ,  Terres  .irc- 
tiques. 

ARCTURUS.  s.  m.  Mot  emprunté  du  I.aliu 
et  dérivé  du  Grec,  qui  est  le  nom  dune  t'ittilc 
fixe  de  la  première  grandeur,  située  dans  la 
constellation  du  lîouvier. 

ARD 

ARDÉLION.  s.  m.  Homme  qui  fait  le  bou 
valet,  qui  se  mêle  de  tout,  qui  a  l'air  touîouts 
aflàiré. 

ARDEMMENT,  adv.  Avec  ardeur.  H  ne  se 
dit  que  figurémeot.  Aimer  ardemment.  Désirer 
ardemment.  Se  porter  ardemment  à  quelque 
chose.  Il  est  ardemment  épris  de  la  beauté  de 
cette  femme. 

ARDI-:NT,  ENTE.  adj.  Qui  eit  en  feu ,  qui 
est    allumé ,    eDHommô.    Vournaise    ardente. 


78  ARD 

Brasier   ardent.    Ver  ardent.   Lampe   ardente. 
Torche  ardinte,  ['lambeaux  ardens. 

Un  appelle  Chapelle  ardente,  Le  luminaire 
nombreux  ijui  brûle  autour  du  cercueil ,  ou  de 
la  représentation  d'un  corps  mort. 

Ardent,  signifie  aussi,  Qui  enflamme,  qui 
brûle.  Miroir  ardent.  Le  Soleil  est  très-ardent 
aujourd'hui. 

Il  signifie  fijjurémcui ,  \iolcnt,  véliément. 
Désir  ardent^  Amour  ardent.  Zèle  ardent.  Dé- 
votion ardente.  Poursuite  ardente.  Soif  ar- 
dente. Fièvre  ardente. 

W  signifie  aussi  figuremeiu  ,  Qui  se  porte 
avec  aficction  et  vûliémence  à  (juchjue  ciiose. 
Un  homme  ardent  an  combat,  ardent  à  l'étude, 
à  la  chasse^  à  la  dispute,  ardent  et  âpre  an 
qain. 

11  signifie  aussi  fi^^urtmeut ,  Qui  a  une  grande 
fictivitc;  et  il  se  dit  des  aniniaux  comme  des 
hommes.  C'est  un  homme  extrCm^ment  ardent. 
tin  cheval  trop  ardent.  Chien  trop  ardent.  Un 
faucon  trop  ardent.  Un  ardent  adveisaire.  Un 
jeune  homme  trop  ardent. 

ARDENT  ,  se  dit  Ggurément  Du  poil  rou?c. 
Poil  ardent.  Il  a  le  poil  ardent.  On  dit  aussi , 
Des  cheveux  d'un  blond  ardent. 

AnDE^T  ,  est  aussi  substantif ,  et  signifie , 
(.'ertaîne  exbalaison  enHamméc,  qui  parott  fml 
prôs  de  terre  ,  et  ordinairement  le  long  des 
taux,  pendant  l'Automne.  Ou  voit  souvent  de.' 
urdens  dans  les  marais. 

AnDENT,  s'est  dit  autrefois  Des  malades  at- 
taqués d'une  fièvre  rîolente,  épidémique,  rp»! 
le*  briMoî».  Le  mal  des  urdens  étoit  fort  cruel- 
Sainte  Genevi(\'C  des  Ardens. 

ARDEUR,  s.  f.  Chaleur  véhémente  ,  cha- 
leur extr<ime.    /^'ardeur   du  fu.  L\irdeur  du 
5oIet/.  Pendant  les  qrandes  ardeurs  de  la  Ca- 
I       niculc. 

U  se  dit  aussi  De  la  chaleur  i'icre  et  piquante 
qu'on  éprouve  dans  de  certaines  maladies. 
L'ardeur  de  la  fièvre.  Ardeur  (rcnlrai/!es.  Ar- 
deur d'urine. 

Il  signifie  figurément  La  chaleur,  la  viva- 
flité  avec  laquelle  on  se  porte  i  quelque  chose. 
Faire  (jueltjuc  chose  avec  ardeur.  Une  sainte 
ardeur.  L'ardeur  de  swi  zèle.  L'ardeur  de  su 
dévotion.  Poursuivre  ciuel(jue  chose  avec  ar- 
deur. Être  plein  d'ardeur  pour  le  .<icrvice  de  ses 
amis.  Modérez,  un  peu  cette  ardeur.  L'ardeur 
du  coin!;at.  Lourdeur  de  la  dispute. 

Il  se  dit  aussi  De  l'activité  excessive  de  quel- 
<]ues  animaux.  Ce  cheval,  ce  chien  a  trop  d'ar- 
deur^ Ce  cheval  donne  de  l'ardeur  à  celui  qui 
est  attelé  avec  Ira*. 

ARDILLON,  s  m.  Pointe  de  fer,  oud'aïun; 
métal,  faisant  partie  d'une  boucle,  et  servant 
i  arrêter  la  courroie  que  l'on  pusse  dans  la 
boucle.  L'ardiUon  d'une  boucle.  L'ardillon  de 
cette  boucle  est  rompu. 

On  dit  proverbialement,  Il  ne  manque  pas 
'in  ardillon  à  cet  équipage,  pour  dire,  Il  n'y 
uuuique  rien. 

AJt  IX)ISE.  s.  f .  Espèce  de  pierre  tendre ,  et 
de  couleur  bleuâtre,  qui  se  sépare  par  feuilles, i  i. 
«;t  qui  est  propre  à  couviir  les  maisons.  Car 


ARE 

Itère  d'ardoise.  Aidoi*e  fine.  Grosse  ardoise. 
Jrdoise  dt  Mézières.  Ardoise  d'Anjou.  Pavillon 
couvert  d'ardoise.  Couvreur  en  ardoise.  On 
écriiy  on  dessine  sur  l'ardoise. 

ARDOISI^;,  ÉE.  adj.  Qui  tire  sur  la  couh  ui 
d'ardoise. 

ARDOISIÈRE,  s.  f.  Carritre  doii  l'o»  tii-c 
de  l'ardoise. 

ARDRE  ou  ARDER.  v.  a.  Brûler.  Vieux 
niût  qui  n'est  plus  en  usage  que  dans  celte 
imprécation  populaire,  Le  feu  Saint  Antoine 
vous  arde! 

Aude  ,  tt.  participe.  Exposé  à  une  f;;raride 
chaleur.  On  nes'tn  sert  plus  f^uère.Ondit  quel- 
fjucfois  faniiiiirrcaicnt,  (Quittons  cette  place,  où 
■K'n>  somme.*;  ardès  pur  le  soleil. 

ARDU,  VU.  adj.  Escarpé,  difficile  à  abor- 
der. H  est  vieux.  On  dit  cependant  encore  , 
Une  vwntaçjne  fort  ardue,  un  sentier  ardu  ■ 
et  au  figure'.  Question  ardue;  ces  matières 
sont  très-ardues;  entreprise  ardue, 

ARE 

AREC.  s.  m.  Fruit  d'un  arbre  que  quelques 
Nations  des  Indes  Orientales  mangent  avec  la 
feuille  de  bétel  et  un  peu  de  chaux. 

ARÈNE,  s.  f.  Sable,  gravier  dont  la  terre 
est  couverte  en  certains  endroits,  et  principa- 
lement aux  rivages  de  la  mer  et  des  riviiïres. 
Les  brûlantes  arènes  de  la  Libye.  Ce  mot  ap- 
partient plus  à  la  Poésie  qu"à  la  Prose. 

AnÈNE.  se  prend  quelquefois  pour  Le  ter- 
rain de  VAuiphithcàtre ,  où  se  faisoîent  les  com- 
bats des  (iladiatcurs  cl  ceux  des  bêtes  féroces, 
l't  que  l'on  couvroit  de  sable.  Descendre  dans 
V arène  ,  .sur  lurène.  C'est  de  là  qu'on  appelle 
encore  l'/Ymphithéâtie  de  Nimes  ,  Les  arènes 
(/(•  Nîmes.  Et  en  ce  sens.  Arène  est  de  b  Prose 
aussi-bien  que  des  Vers. 

On  dit  figurément,  Descendre  dans  l'arène^ 
pour,  Se  présenter  au  combat.  Il  ne  faut  pas 
descendre  dans  Varéne  avec  cet  homme  vil. 

ARÉNEUX,  EUSE.  adj.  Sablonneux.  La 
Libye  aréneuse.  Les  plages  aréneuses.  U  est 
vieux,  et  n'est  guère  d'usage  qu'en  Poésie. 

AREOLE,  s.  f.  Petite  aire,  petite  surface. 
Il  se  dit  principalement  Du  cercle  coloré  qui 
entoure  le  mamelon. 

ARÉOMÈTRE,  s.  m.  Terme  de  Physique. 
Pèse-liqupur.  Instrument  dont  on  se  sert  pour 
conuoitre  le  degré  de  pesanteiu-  des  fluides. 

ARl':OPAGE.  s.  HL  Nom  d'un  Tribunal 
d'Athènes,  placé  dans  un  liru  consacré  à  Mars, 
et  célèbre  dans  l'antiquité  par  sa  réputation  de 
sagesse.  Dans  le  style  figuré ,  on  dit  d'Une  Com- 
pagnie respectable  ,  C'est  un  Aréopage  ;  et 
dans  ce  sens  il  s'emploie  pour  désigner  en 
général  Une  assemblée  de  Juges,  de  Magistrats, 
d'Hommes  d'Etat. 

AREOSTATIQUE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
est  en  équilibre  avec  l'air.  On  le  dit  par  exten- 
sion, Des  machines  qui  s'élèvent  et  se  sou- 
tiennent dans  l'air.  Globe,  ballon  aréostatiquc. 
Voyez  Aérostatique 

ARÉOSÏYLE.  s.  ni.  Terme  d'Architecture 


ARG 

Édifice  donl  les  colonnes  sont  cIoî^jikcs  les  un<'> 
des  aulrcs. 
j       AJIÉOTKCTONIQUE.  s.  f    pj.^j  jg  y^^ 

chitecture  militaire  qui  regarde  l'altaqne  et  ta 
défense. 

ARKTIi.  s.  f.  On  .'i|i|}ellc  ainsi  dan»  le  corps 
des  poissons,  Ce  (jui  sert  h  soutenir  leur  chair, 
comme  les  os  soutiennent  la  cliair  des  animaux, 
i^'are'le  d'un&  soie.  L'aréic  d'une  carpe.  Arde 
pi(j)iaiite.  l'élite  arête.  Gros.'^e  aréle.  Poisson 
qui  a  beaucoup  d'arêtes  ,  peu  d'arêtes.  Aifoir 
une  arête  dans  le  gosier.  Avaler  uae  arête.  // 
s  eiruiijla  avec  une  arête.  Pcctieo  ijarde  aux 
arêtes. 

AnÊTE  ,  en  termes  d'Architecture,  est  aussi 
T/angle  saillant  que  forment  deux  faces ,  droites 
i>u  courlKS  ,  d'une  pierre  ,  d'une  pièce  du 
Lois,  etc. 

On  dit  d'Une  pièce  de  bois,  comme  dSi!,r 
poutre,  ou  d'une  solive,  qu'Elle  est  taillée  ii 
vive  arête j  pour  dire,  qu'Oc  l'a  bien  cquarrie, 
qu'on  n'y  a  laisse  ni  écorce  ni  aubier,  et  que 
tous  les  angles  en  sont  bien  marques. 

ARÊTIER,  s.  m.  Terme  d'Architecture.  Hèw 
de  charpente,  droite  ou  courbe  dans  sa  lon- 
gueur ,  qui  forme  l'encoignure  d'un  comble. 

ARG 

ARGANÉAU.  s.  m,  Tenne  de  Marine.  Uro» 
anneau  de  fer  oi'i  l'on  attache  des  covdage^. 
Voyez  OnoAHEAD. 

AR(;eMONE.  s.  f.  Plante  aussi  nonun(*'; 
Pavot  épineux  ,  parce  qu'elle  est  armée  d'é- 
pines, et  qu'elle  ressemble  au  pavot. 

ARGENT,  s.  m.  Métal  blanc,  le  plus  par- 
fait et  le  plus  précieux  après  l'or.  'Wine  d'ar- 
(jent.  Minière  d'anfent.  Veine  d'arqent  Barre^ 
lingot  d'arqent.  Arnent  de  mine.  Argent  de 
chimie.  Argent  de  bon  aloi.  Argent  de  coupelle. 
.'Irgent  de  Paris.  Argent  d'Allemagne.  L'ar- 
gent de  Paris  est  à  un  plus  haut  titre  qu'au- 
cun autre.  Argent  en  barre,  en  lingot,  en 
chaux,  en  feuilles,  en  œuvre.  Nonnoie  d*nr- 
gent.  Médailles,  jetons,  pièces  d'argent.  Ou- 
vrages d'argent.  Vaisselle  d'arqent  Plats,  a»- 
sictfc5  ,  flambeaiue  d'argent.  Toile  d'argent. 
]\issemcnt  d'argent.  Dentelle  d'argent,  htojfe 
à  fond  d'argent.  Argent  fin,  alfini,  purifé, 
monnoyé  ,  travaillé,  ouvragé,  poli,  battu  ^ 
moulu.  Argent  trait.  Argent  filé.  Argent  mat. 
Argent  hruni.  De  l'argent  faux,  de  faux  ar- 
gent. Tirer  ,  fondre  ,  affiner  ,  fcallre ,  mon- 
noycr,  margucr,  travailler  de  l'argent, 

Anr.ENT,  se  dit  aussi  De  toute  «orlE  de 
nionnoie  d'or,  d'argent,  ou  de  quelque  métal 
que  ce  soit.  L'argent  du  lioi.  L'argent  du  fisc. 
L'argent  des  particuliers.  Il  a  volé  l'argent  du 
Itoi.  il  a  pris  l'argent  du  lioi.  l'ayer  en  ar- 
gent comptant.  Avoir  de  l'argent  en  bourse , 
dans  le  commerce  ,  à  la  banque.  Prendre  de 
l'urijcnl  à  intérêt.  Prêter  de  l'argent. Emp-iiii- 
ter  de  l'argent.  Placer  son  argent.  Toucher  de 
l'argent  Tirer  de  l'argent  de  quelqu'un.  Amas- 
ser de  l'argent.  Faire  argent  de  tout.  Il  a  si 
fort  envie  de  vous  payer,  qu'il  vend  ses  meu- 


ARG 

Mes  pour  vous  faire  de  Vargent.  Avancer  et 
l'argent.  Fournir  de  Varefent.  Dépenser  de  l'ar^ 
gent.  Dépenser  son  argent  nutl  à  propos.  Man- 
ger son  argent  en  débauches.  l'erdre  son  argent 
au  jeu.  Aimer  l'argent.  Être  dprc  à  l'argent. 
Courir  à  l'argent  y  après  l'argent.  Courir  après 
ton  argent.  Être  court  d'argent.  Se  trouver 
court  d'argent.  Attendre,  languir  après  son 
ornent.  L'argent  s'en  va  vite.  Il  faut  avoir 
toujours  l'argent  à  la  main  avec  les  ouvriers. 
Faire  tout  à  force  d'at-gent.  Travailler  pour  dj 
Vargent.  Ae  n'en  faire  (|ue  pour  de  Vargent.  Se 
laisser  corrompre  par  urgent.  C^cst  un  Juge 
incorruptible  f  il  ny  a  rien  à  fiire  auprès  de 
lui  par  argent.  Entre  gens  d^honneur  la  pa- 
role vaut  Vargent. 

On  appelle  Argent  du  jeu,  L'argent  gnf^nc 
*va  jeu  ;  ou  appelle  Argent  des  cartes,  L'arçenl 
d<uiné  pour  les  caries  fournies  aux  Joueurs. 

On  dit,  Payer  argent  sec,  argent  has^ar- 
.'ChI  siir  table,  pour  dire,  Payer  en  argent 
coniptsKt.  On  dit  auisi.  Mettre  aroent  soui 
corJe.  pour  dire,  Mettre  au  jeu;  expression 
enipruiKce  du  jeu  de  la  paume.  Et  on  appelle 
Argent  mi(jnon.  Un  argent  de  réserve,  et  qu'on 
peut  employer  comme  on  veut  ,  en  dcpeuscî 
soperQuès,  sans  touchera  son  revenu  ordinaire. 

AnciENT,  se  dit  plus  particulièrement  De  h 
Moanoic  fuite  de  ce  métal.  Voulez-vous  élrt 
payé  eu  or,  ou  en  argent?  On  a  battu  ccttt 
année  à  la  Monnaie  tant  de  millions  en  argent, 
tt  tant  en  or.  Tous  ses  sacs  sont  0:1  argent.  En 
ce  stus ,  OL  Appelle  Jrqent  blanc,  I.'ar^eiil 
outiuioyâ.  Tout  son  remboursement  lui  a  éti 
jaît  en  argent  blanc. 

On  dit  proverlualement  et  figit:;'ment,  Ar- 
ijent  comptant  porte  médecine^  pour  dire,  qui 
L'argent  comptant  est  d'un  grand  secours  dan* 
les  aOaires;  l'rcndre  quelque  chose  pour  argcn\ 
comptant^  pour  dire,  Croire  légèrement  quel 
que  chose;  Avoir  le  drap  et  rur(je«I,pourdiie, 
Retenir  la  marchandise  et  le  prLx;  Avoir  U 
temps  et  Vargent,  poui^  dire,  Avoir  toutes 
choses  à  souhait  ;  Jouer  bon  jt'u,  bon  argent, 
pour  dire.  Jouer  pour  payer  sur-le-champ;  Y 
aller  bon  jVm,  bon  ur(ycri(,pour  dire,  Agir  loul 
dp  bon,  frapcliement, sérieusement;  et,  Mettre 
ae  bon  argent  contre  du  mauvais,  pour  dire. 
Faire  des  avances,  des  frais  dans  un  procès, 
dans  une  afTain-  ou  l'on  court  risque  de  ne  lien 
retirer. 

On  dit  aussi  proverlnalcment  et  figuremenl . 
d'Une  chose  qui  est  de  bon  et  de  prompt  débit, 
d'un  eflel  qui  vaut  jutant  que  de  l'argent  comp- 
tant, que  C*csf  de  l'argent  en  bdrre,d'Un  lon^ 
terme  pour  le  payement  d'une  dette,  que  Le 
terme  vaut  Vargent  ;  d'Un  argent  dépensé  pour 
une  afHtirc  qu'on  ne  pense  pas  devoir  réussir 
que  C'est  argent  perdu,  autant d'arqent perdu: 
et  De  l'argent  qui  ne  porte  aucun  pn>fit,  aucun 
intérêt,  que  C'est  de  Vargent  mort. 

On  dit  ans-si  proverbialement  et  fi;;urémenl, 
Qui  a  de  Vargent,  a  des  pirouettes,  pour  dire, 
que  Ou.md  on  />  d**  l'argent,  on  a  de  tout,  jus- 
qu'aux choses  Ici  plu»  inutiles;  roin(<i'ar^c;i(, 
voint  de  5u*««,  p-mr  man|ucv  qu'On  ne  fera 


ARG 

rien  sans  cire  bien  assure  du  pnyciurnt;  foui 
'  cda  est  hA  et  bon  ,maisdeVarcjentvaut  mieux, 
|K)ur ,  qu'On  ne  prétend  pas  se  payer  de  l)elles 
[)roniesscs  ;  et  on  dît  d'Un  lionime  cxccssivc- 
nienl  prodigue ,  que  C'est  un  bourreau  à'tir- 
(jeiil. 

Arcett  ,  est  un  des  deux  métaux  qu'on  em- 
ploie dans  les  Armoiries.  On  le  représente  par 
lie  l'argent,  ou  seulement  avec  du  hl;uic.  Cette 
Mavton  porte  tVtirqent  au  lion  de  sable, 

ARGEMIilt.  V.  a.  Couvrir  de  feuilles  d  ar- 
gent. Faire  ar(jenter  un  vase. 

AncENTÉ.tF.parlieipe. Garde  â'épée  arqen- 
téc.  Boutons  il'ètain  aryentcs.  Boucles  urcjcn- 
tées. 

On  dit  .il  ijctité,  d'Un  hianc  ijui  a  l'éclat  de 
l'argent.  Le  plimiuje  urjciné  J»  -yj'ie- 

Il  se  dit  aussi  poétiiiui'menl,  en  pailant  Pc 
I  eau.  Flots  arqent(-.  f)n  dit  aussi,  lumière  av- 
qintée,  les  rayons  arjentés  de  la  lune. 

On  appelle  Gris  arjciilé,  Une  couleur  gri'.c 
inélcc  de  blanc,  qui  lui  donne  de  VéclaL  Dci 
cheiLUjc  J'-jn  gris  argenté. 

ARCFATERIK.  s.  f.  Vaisselle  et  autre» 
meubles  d'argent.  Il  a  vendu  toute  son  arqcfi- 
rerie.  Garde  de  l'argenterie  chez  le  /îoi. 

AncKNTEniE,  dans  les  Paroisses,  se  dit  De  In 
froi.\,  du  bénitier,  des  chandeliers,  et  de  tous 
les  vases  d'argent  qui  sont  h  l'usage  de  la  Pa- 
roisse. L'argenterie  d'une  Paroisse. 

On  appelle  aussi  Argenterie  cliez  le  Roi, 
Un  fonds  qui  se  fait  tous  les  ans  pour  certaines 
ilépenses  extraordinaires.  Trésorier  et  Contri'- 
!eur  de  l'argenterie. 

ARGE.NTEUX,  F.USF..  adj.  Pérunieux  ,  qui 
a  beaucoup  d'argent.  C'esf  un  homme  gui  n'est 
guère  argenteiLx:.  Il  est  populaire. 

ARGENTIER,  s.  m.  Officiel  dans  les  Mai 
ions  Royales,  et  dans  d'autres  grandes  Maisons, 
qui  csl  préposé  pour  distribuer  certains  fonds 
J'argenl. 

ARGESIIÎJ,  TSE.  adj.  Qui  a  un  son  clair 
rt  retentissant.  Cloche,  luth,  quia  un  son  ar- 
jeiilin.  Voix  nrijcnliii;. 

Il  se  dit  aussi  d  Une  couleur  qui  a  quelque 
rliose  de  l'éclat  de  l'argent,  CouL'ur iirnenlinc; 
rt  en  Poésie,  on  dit.  Onde  argentine,  en  par- 
lant De  l'éclat  dune  eau  claire  et  brillante  de 
fraîcheur. 

On  dit  en  Peinture,  /l  y  a  iins  ce  tableau 
un  ton  argentin,  pour  cxprimsr  Un  certain  ef- 
fet de  couleur  qui  rappelle  le  blanc  de  l'argent 

\RGENTISE.  3.  r.  Plante  dans  laquelle  I 
dessous  des  feuilles  est  d'un  blanc  luisant ,  ci 
comme  argenté, 

ARtiENTURE.  t.  f.  Aident  fort  mince  ap- 
pliqué sur  la  superficie  de  quelque  ouTrago. 
Ouvrages  de  dorure  et  d'argenture. 

Il  se  prend  aussi  pour  r.\rt  d'appliquer  les 
feuilles  d'argent.  Cet  ouvrier  enltni  fciert  l'ar- 
genture. 

ARGILE,  s.  f.  Terre  grasse,  molle  et  duc- 
tile. Glaise  et  .\rgile  sont  des  mots  .synonymes. 
Vase  d'argile,  l'élri  d'argile. 

ARGILEUX,  EUSE.  adj.  Qui  tient  de  l'ar-  i 
gilc.  Terre  argileuse. 


ARG  79 

ARMRASPTDF.S.  s.  m.  pi.  Nom  d'un  corps 
j  d'élite  de  l'aimée  d'Alexandre,  Les  Argiraspides 
liroient  ce  nom  du  bouclier  d'argent  qui  faisnit 
partie  de  leur  armure. 

ARGOT,  s.  m.  Certain  langage  d«  gueux  et 
des  filous,  qui  n'est  inlelligiblc  qu'entre  eux. 
Savoir  V Argot,  /pprendre  V.'irgot.  Parler 
VArgot. 

ARGOT,  s.  m.  Terme  de  Jardinage.  Il  se  ftit 
Du  bois  qui  est  au-dessus  de  l'œil.  On  retran- 
che les  argots  qui  paroissent  sur  un  arbre. 

AKGOTER.  V.  a.  Couper  l'extrcmLlc  d'um 
hr.uiehc  morte. 

AiiGOTÉ,  ÉE.  participe. 

ARGOULKT.  s. m. Il  scstdii  autrefois  d'Un 
Carabin  ;  et  il  se  ditfigurcmcnt  d'Un  homme  de 
néant.  U  est  familier. 

A  RGOUSI.\.  s.  m.  Bas  Officier  de  galère  qui 
veille  sur  les  forçats. 

ARGUKR.  V,  a.  (l'U  et  l'E  se  prononcent 
séparément.)  Reprcndre,contrcdire.  Il  est  vieux 
i  n  ce  sens ,  et  n'est  plus  guère  d*usagc  qu'an 
Palais. 

AncuÉ,  ÉE.  participe.  On  dit ,  Argué  de  faux , 
pour  dire,  Accusé  de  faux. 

ARGUMENT,  s.  m.  Terme  de  Logique. 
Raisonnement  par  lequel  on  tire  une  consé- 
quence d'une  ou  de  deux  proposilions.  Argu- 
ment en  forme.  Puissant  argument.  Argument 
conciuanl,  démonstratif  ^  pressant,  invincible. 
Fort  argument.  Faux  argument.  Argumertl 
victorieux ,  péremptoire ,  captieux ,  sophistique. 
La  force  li'un  argument.  La  solidité  dhin  ar- 
gumcni.  Faire  un  argument.  Pousser  un  arg-- 
mcnt.  Résoudre  un  argument,  llcpondre  à  un 
arqument.  .^  al i.^ faire  à  un  argiiment.  FAuder 
un  argument.  Pctorqucr  un  argument. 

On  appelle  Argument  ad  Itominem,  Un  ar- 
gument qui  tire  sa  force  des  circoustauces  pi-o- 
pres  ou  relatives  îi  la  personne  même  Ii  qui  on 
l'adresse. 

Il  signifie  aussi, Conjecture,  indice,  preuve. 
J'en  tire  un  grand  argument  contre  lui. 

Il  signifie  aussi,  Le  sujet  en  abrégé  d'un  ou- 
vrage. L'argument  d*une  pièce  de  Théâtre, 
d*un  Poème  Epique  ,  d'une  Oraison  ,  d'un 
Traité, 

ARGUMENTANT,  s.  m.  Celui  qui  argu- 
mente dans  un  Acte  public  contre  le  Répon- 
dant. Le  premier  argumentant.  Le  second  ar- 
gumentant. 

AR(;U.ME.NTATKUR.  s.  m.  Celui  qui  aime, 
qui  se  plait,  (|ui  clicrclic  h  argumenter.  Argu- 
mcntateur  perpétuel j  continuel.  U  ne  se  dit 
qu'en  mauvaise  part, 

ARGUMEVr.VriON.  9.  r.  Manière  de  faire 
des  arguinens.  7  ralté  de  V argumentation. 

ARC;UME>'TER.  v.  n.  Faire  un  ou  plusieurs 
arguraens.  Prouver  par  argumens.  Tirer  des 
conséquences  d'une  chose  à  une  autre.  Il  argu- 
menta contre  un  tel.  Argumenter  couïrc  une 
proposition.  J^argumente  ainsi.  C'est  mal  ar- 
nuirienfer.  Une  faut  pas  argumenter  de  la  pos- 
sibilité à  Velfct.  On  peut  toujours  argumenter 
de  l'ade  à  la  puissance  ^  et  non  pas  de  la  puis- 
sance à  Vacte, 


8o 


Mil 


ARGUS,  s.  n.  (  On  prononw  VS.  )  Nom  em- 
prunté de  la  Kable,  et  qui  signifie  Un  espion 
assidu  et  vigllniit. 

On  dit  an  figuré,  Des  yeux  d'araus,  poui 
dire,  Des  yeux  Irûs-pénétrans. 

ARGUTIE,  s.  f.  (On  prononce  Arfjucie.  ] 
Raisouoemcnt  pointilleux,  vaiue  sulHiiitc.  H  y 
a  plus  d'arquties  dans  ce  discours  (jue  de  nii- 
sonnemetis  solides.  Ce  sont  là  des  arçjuUes  sco- 
iastiques. 

ARGYRASPIDES.  Voyez  AncinASPiDEs. 

A  R  I 

ARIDE,  adj.  des  ?.  gcnr.  Qui  est  sec  ou  sté- 
rile. Terre  aride.  Suhloris  arides.  Citerne  aride. 

IlseditCi^urcment  d'Un  sujet  qui  ne  fournil 
pas  au  discours,  et  d'Un  esprit  (jui  ne  produit 
rien.  Sujet  aride.  Esprit  aride. 

ARIDITÉ,  s.  f.  Scclieresse.  Il  se  dit  au  pro- 
pfi:  et  au  figuré.  L'aridité  de  la  terre.  Variditc 
d'un  terroir.  Varidité  d'un  sujet.  Une  grande 
aridité  de  style.  Il  y  a  une  sécheresse,  une  an 
dite  étranges  dans  tous  ses  ouvrages. 

AniDiTÉ,  en  matitre  de  dévotion  ,  se  dit  De 
l'ëtat  de  l'ûnio  qui  ne  sent  point  de  consolation 
dans  les  exercices  de  piélé.  Les  plus  grands 
tydinïs  ont  des  temps  d'aridité. 

ARIKTTE.  s.  fém.  Air  léger  et  détaché,  à 
l'imitation  des  Italiens.  Les  Cantates  sont  en~ 
ttccoupees  de  récitatifs  et  d'ariettes. 

AIUSTARQUE.  s,  masc  Nom  propre  qui 
«'emploie  figurémcnt  pour  e^p^ime^  Un  cri- 
tique s;:\ère. 

ARISTOCRATE,  s.  m.  Partisan  de  l'Arislo- 
crntie.  Il  est  tantôt  adjectif,  Cc(  homme  est  f>rl 
Aristocrate  'j  tantôt  subslantif  j  C'est  un  Arts- 
tocralc. 

ARISTOCRATIE,  s.  f.  Gouvernement  poli 
tique,  où  le  pouvoir  souverain  est  posséda  et 
exercé  par  un  certain  nombre  de  personnes 
considérables.  La  lUpuhlique  de  Venise  est  une 
Aristocratie. 

ARISTOCRATIQUE,  ad),  des  o  genres.  Quj 
apparlient  à  raristocralic.  F.tat  Arislocrati(jHC. 
Goui.'ernement  Anstocraliquc, 

ARISTOCRATIQUEMENT.  adverb.  lYnuc 
manière  aristocratiijue.  Cet  pAat  est  gom'ernc 
arislocralinuemcnt. 

ARISTOTÉLICIEN,  ENIVE.  adj.  Conforme 
j  la  Doctrine  d'Arislotc.  La  pliUosopltie  aristo- 
télicienne. 

ARISTOrÉUSME.  s.  m.  Pliilosopliie  d'A 
lislotc. 

ARITHMETICIEN,  s.  m.  Qui  s:iit  l'Ariibnu'- 
tiqiie.  Bon  Arithméticien.  Savant  Arithmi-t- 
cien, 

ARITHMÉTIQUE,  s.  f.  Science  des  Nom- 
bres. Art  de  calculer.  Arithmétigue  spéculative. 
Arilhmêtigue  praticiue.  Les  quatre  premières 
règles  de  V Arithmétique.  Vous  (rouverea  en 
honnc  Arithmétique  ^  etc. 

AniTHMÈriQUE.  adj.  des  2  genres.  Qui  est 
fondé  sur  les  nombres ,  sur  le»  quantités  ;  selon 
le»  règles  de  rAritlimctique.  Calcul  arithmé- 
tique. Proposition  arithmétique. 


ARM 

On  appelle  Rujijiort  iiritJiinctique  de  deux 
quautltés,  La  dificrencc  de  ces  deux  (juantités; 
et  l'rojHiilion  arilhmétiijue,  L'égaillé  de  deux 
rapports  arithni(^titjues. 

ARrnLMliTiyUEIMENT.  adverbe.  D'une 
manière  arltlmiclique.  Procéder  arithwétinuc- 
ineiil. 

A  R  L 

ARLEQUIN,  s.  m.  Bateleur,  farceur,  bouf- 
fon dont  le  vêtement  est  chargé  de  pièces  de 
diverses  couleurs. 

ARLEQUINADE.  s.  f.  Bouffonnerie  d'Aile^ 
quiu,  soit  dans  le  jeu ,  ,soit  dans  les  paroles. 

ARM 

ARMADIÎ.LE.  s.  f.  Frégate  légère,  peûi- 
(.'oite  que  le  Roi  d'Espagne  entretient  dans  le 
'f  uveau-Monde  ,  pour  cmprcher  que  les 
Etrangers  «■.  commercent  dans  ses  possessions. 
il  y  nwicAmiadUle  à  Carthanine,  et  une  à 
Callao, 

ArmADïlle,  est  aussi  le  nom  de  l'animal 
communément  appelé  Tatou. 

ARI\L\TEUR.  s.  m.  Celui  qui  arme  à  ses 
frais  un  ou  plusieurs  vaisseaux  pour  alltr  en 
course.  Les  Armateurs  de  Dunl<erque.  Les  Ar~ 
inaleurs  de  Saint~Mal0.  Les  Armateurs  Fran- 
çois ont  fait  plusieurs  prises.  Il  se  dit  aussi  Du 
Capitaine  qui  commande  le  vaisseau,  et  par 
extension ,  du  vaisseau  même. 

-iRMATURE.  8.  fém.  Asiembla^c  de  dilTé- 
entes  batros.  nu  'iens  de  inoial,  pour  soutcn- 
nu  contenir  les  parties  d'un  ouvrai:e  de  Méca- 
uiqur'. 

ARME.  s.  f.  Instrument  qui  sert  à  attaquer 
ou  ù  se  défendre. y/rrne  ofî^ïUtVe.  /irme  défensive. 
Arme  àfvU.Arme  hlanche.  Le  fusil  et  le  pistolet 
sont  des  armes  à  fm.  Ucpée  et  la  halonnette 
sont  des  armes  hlanches.  Arme  à  l'épreuve.  Arme 
d^une  bonne  trempe.  On  disoit  autrefois,  Arme 
d'hast^  arme  de  trait.  V.  Hast.  V.  TnAiT. 

Armes ,  au  pluriel ,  se  dit  dans  ces  plirases  : 
Faire  des  armes.,  tirer  des  armes,  pour  dire, 
S'exercer  à  escrimer;  Illettré  les  armes  à  la 
main  à  un  jeune  homme,  pour  dire,  Être  le 
premier  à  lui  appiendre  à  faire  des  armes; 
Avoir  les  armes  belles,  pour  dire.  Faire  des 
amies  de  bonne  grâce;  et  Etre  bien  sous  les 
armes.,  pour  dire,  Avoir  bonne  mine,  bonne 
grâcej  qu;md  on  c<t  armé,  quand  on  a  la  piejue 
à  la  main  j  ou  le  fusil  sur  l'épaule. 

Ou  se  sert  aussi  du  mot  Armes,  pour  signi- 
fier ,  Les  diiTcrentes  espèces  de  troupes,  qui 
composent  une  armée,  c'estr-.'i-dire.  Cavalerie, 
Infanterie,  Dragons. Ce  détaclu^mcnt  étoït  com- 
posé de  dijft'rentes  armes.  Il  y  a  des  instruc- 
tions pour  les  différentes  armes. 

Cn  appelle  Valtre  en  fait  d'Armes  ,  ou 
Maître  «('^/rmcs.  Celui  qui  montre  à  faire  des 
armes;  et  Homme  d^Annes^  Un  Cavalier  armé 
de  toutes  pii^ces. 

On  dit  figurément.  Faire  tomber  les  armes 

,.  des  mains  de  quelqu'un^  pour  dire.  Le  fléchir, 

l'adoticir,  l'apaiser.  Les  soumissions  ^u'^^ri  lui 


ARM 

a  faites  lui  ont  fait  tomhei'  les  armes  tîcï 
mains. 
'  En  parlant  Du  nombre  des  gens  qui  sont 
dans  une  Ville,  on  dit,  qu7/ y  a  tant  d'hom- 
mes portant  armes^  pour  dire,  qu'il  y  a  tant 
d'hommes  capables  de  porter  les  armes. 

On  dit,  Fuirc  ses  premières  armes ^  pour 
dire,  Faire  sa  preniirre  campagne,  aller  à  la 
guerre  pour  la  première  fois. 

On  dit, Faire p(i.«tT»n  Soldat  parlesarmes^ 
pour  dire,  Le  faire  fusiller  par  .Jugement  du 
Conseil  de  Guerre. 

AniHEs ,  au  pluriel ,  signifie  aussi .  La  profes- 
sion de  la  Guerre.  //  est  né  pour  les  armes. 
Suivre  les  armes.  Quitter  les  armes  Prendre  le 
métier  des  armes. 

Il  signifie  aussi.  Les  entreprises  de  f^uerrc, 
les  exploits  militaires.  L'heureux  succès  ne« 
armes  du  Uni.  I.Hcu  a  béni,  a  fuit  prospérer  lr< 
armes  du  Poi. 

On  a])pcUc  5wspc;i.'îion  d'armes,  La  cessa- 
tion convenue  pour  un  temps  de  toutes  Iiosti- 
litcs  entre  deux  nations,  deux  armées  qui  sont 
eu  guerre. 

On  dit  proverbialement,  que  Les  arme: 
son!  journalières,  pour  dire,  que  Le  sort  des 
armes  est  inégal ,  que  dans  la  Guerre  on  est  su- 
jet h  éprouver  la  bonne  et  la  mauvaise  fortune. 
La  même  locution  s'emploie  figurcment  dans 
toutes  les  occasions  ou  Ton  peut  bien  ou  mal 
réu.ssir,  où  il  arrive  qu'on  fait  tantôt  bien, tan- 
tôt mal.  On  ne  gaj"e  pas  toujours  au  jeu,  le^ 
armes  sont  fourimiièrei;.  Un  (halevr  un  Au 
leur  dramatique  i:e  réussit  pas,toujours  èqata' 
nient,  les  atones  ç.mU  joumaîiÊres. 

On  dît  d'Une  cliosc  qui  peut  servir  à  ta  dé- 
(cnse  ou  à  l'attaque.  C'est  une  arme,  et  on  dît, 
Faire  arme  de  quelque  chose.  C'est  un  homme 
qui  fait  arme  de  tout.  Cela  se  dit  figurémenl 
d'Un  homme  qui  profite  de  tout  dans  la  dis- 
pute, ou  de  celui  qui  emploie  indifTéremmriit 
tous  les  moyens  de  se  dotnier  quelque  avan- 
tage. 

Armes,  au  pluriel,  se  dit  encore  pour  signi- 
fier, Toute  l'armure  d'un  homme  de  guerre. 
Armes  complètes.  Armes  à  Vépreuve  du  mous- 
quet,  à  Vépreuve  du  pistolet.  Armes  fort  riches. 
De  belles  armes.  Endosser  les  armes.  Se  cou- 
vrir de  ses  armes.  Il  reçut  un  coup  dans  ses 
armes,  qui  faussa  ses  armes. 

Aux  \rmes.  Cri  par  lequel  on  avertit  une 
troupe  de  gens  de  guerre  de  prendre  tes  armct. 
On  crioit  aux  armes,  aux  armes! 

On  dit  figm.nient  d'Une  femme  qui  est  ex- 
trêmement parée,  qu'E/ie  est  sous  les  armes. 

Ahmes,  se  dit  figurémcnt  De  tout  ce  qui 
sejt  à  combattre,  h  détruire  une  erreur,  une 
passion.  Vou.'S  me  fournissez  des  armes  contre 
}H)us-même.  Le  jeiate  et  la  prière  sont  les  meil- 
leures armes  d'un  Chrétien  contre  les  tenta- 
tions. 

AmtBS ,  en  termes  de  Blason ,  se  dit  De  cer- 
taines marques  propres  ..  chacjuc  Maison  noble, 
et  peintes  ou  figun'i  s  -ur  l'écu  et  sur  la  cotto 
'  d'amu's.  Les  armes  'le.  France.  Les  armes  r.*: 
^'Empire.  Belles  ai  '..^.  l  es  armes  fort  nolU& 


ARM 

ïl  a  hévitè  de  tous  Us  hiens  de  cette  Maison*  à 
condition  d'en  ^^orter  le  nom  et  les  armes. 
Armes  pleines.  Armes  hrisées,  mi-parlies ,  écur- 
tdées^  contre -i car teléfs,  timbrées.  Il  porte  un 
lion  en  ses  armes.  Les  supports  de  ses  armes. 
Les  armes  font  partie  de  la  succession.  Héraut 
d'Armes.  Roi  d'Armes.  Chef  du  nom  et  armes 
de  cette  Maison.  Sceller  du  sceau  de  ses  armes. 
Caclicl  d'armes. 

Ou  appelle  Ju{je  d'.irmesj  Celai  qui  est 
clahii  pour  ji'g'T  des  armoiries  et  des  tÎQTs  de 
Noblesse. 

Oc  appelle  Armes  fausses  ^  ou  Armes  à  cn- 
nucrre^  Des  anucs  <jui  ne  sont  pas  selon  les 
ivyles  Qki  Blason,  connne  loiequ'il  y  a  mêlai 
sur  int'iaî,  ou  couleur  sur  couleur.  Kt  ou  ap- 
pelle Armes  parlantes.  Celles  qui  expriment  en 
lout  ou  en  partie  le  uoni  de  la  Maison.  Ainsi 
Les  armes  du  Royaume  de  Casliile  sont  un 
Chdteau  •  Us  armes  de  la  Maison  de  Maiîli, 
des  Maillets;  celles  de  la  Maison  de  Créijui, 
un  Créquier^etc, 

Gi;?<s  d'Armes.  Voyez  Gendaiime*. 

AUMÉE.  s.  f.  Grand  nombre  de  troupes 
tsseniblees  en  ua  cori)S,  sous  la  conduite  d'un 
(ivoéral.  Grande,  puissante,  nomhrense  armée. 
Armée  victorieuse ^  triomphante  ^  invincible. 
Année  délabrée^  défaite,  battue^  ruinée.  Armée 
en  déroute,  yirmée  leste,  en  bon  ordre.  Armée 
de  vieilles  troupes,  t  ne  armée  de  gens  ramassés. 
Armée  de  mer,  ou  armée  navale.  Lever,  mettre 
«ur  pied,  entretenir j  faire  subsister  une  armée. 
Général  d''armée.  Les  Chefs  de  Varmée.  Officiers 
tTarmée.  Maréehatdes  camp^  et  armées  du  iioi 
Les  troupes  sont  en  corps  d'armée.  L'armée 
marche.  La  marche  de  Varmée.  L'armée  cam- 
poi'i,  tto'.t  campée.  Les  quartiers  de  Varmée. 
L'armée  a  pris  ses  quartiers.  Mettre.,  ranger 
une  armée  en  bataille.  Rassembler .,  rccueilUr^ 
Us  débris  d'une  armée.  Faire  la  revue  d'une 
armée.  Commander  une  armée.  La  tête  d'une 
armée.  Le  choc  de  deux  armées.  Les  deux 
armées  étaient  en  présence.  L'Iilcriturc-Sainte 
appelle  Dieu,  Le  Hieu  des  Armées. 

On  appelle  Armée  Royale,  Une  armer 
nombreuse  (jui  niarclie  avec  un  train  dartil- 
Veric. 

ARMELIXK.  S.  f.  Peau  Irùs-fuié  et  fort 
blanclie,  <|ui  vient  de  I^ponie. 

ARMKMENT.  s.  m.  Appareil  de  guerre. 
Grand  y  puissant,  formidable.,  terrible  arme- 
ment. Faire  un  armement.  Armement  par  mer 
et  par  terre.  Armement  sur  mer.  Atmement 
i>aval.  Armement  par  terre. 

On  dit,  L'armement  d'un  vaisseau,  d'une 
galère,  j>our  dire,  Ce  «[ui  sert  ^  armer  un  vais- 
seau, une  galùr*'.  Cet  armement  u  conté  fort 
cher. 

Oq  dit,  L'armement  d'unô  troiijK,  poui 
dire,  Lfs  jriQps  dont  elle  est  araice. 

On  dit  auwi,  L*armement  iTun  vai-iseau  . 
'l'une  flotte,  pour  dire,  L'action  de  rarnu-r;  el 
.;  jn«  ce  sens-là  on  dk ,  qu7l  y  a  tant  de  vcis- 
$ean.r  en  armement  di.ns  tel  port, 

ARMER.  V.  a.  FouDir  d'armer  II  y  a  dans 
cet  .irienul  du  quoi  afmer  cinquante  nulle 
Tome  /, 


ARM 

hommes.  Il  lui  en  a  tant  coûté  pour  armer  sa 
Compagnie. 

Il  signifie  encore,  Revêtir  d'armes  défensives 
/irmer  quelqu'un  de  toutes  pièces.On  laima  de 
pied  en  cap. 

AnMEn,  s'emploie  absolument,  pour  dire, 
lever  des  soldnts,  \v\'va-  des  troupes.  On  arme 
de  tons  côtés.  1  ous  les  Princes  de  la  Chrétienté 
arment. 

Oii  dit,  v^mer  un  -vaisseau,  pour  dire,  Le- 
r|uiper,  le  pourvoir  de  tout  ce  qu'il  faut  pour 
la  guerre.  Anvcr  un  vaisseau  en  coumc. 

AnMKR,  se  dit  ;mssi  pour  signifier,  Donner 
orcasion  de  prendre  les  armes,  ô-'  faire  b 
guerre,  L'inferet  de  la  Religion  a  souvent  armé 
les  peuples  les  uns  contre  les  autres. 

AnMK»,  S"  dit  aussi,  pour  dire,  Garnir  une 
chose  aver  une  autre  qui  y  ajoute  de  la  force, 
et  qui  la  met  plus  en  étal  de  servir.  Armer  une 
pierre  d'aimant.  Armer  une  poutre  de  bandes 
de  fer.  Armer  une  meule  de  moulin  avec  des 
liens  de  fer. 

Aj\>tKn  ,  avec  le  pronom  personnel,  sii;nific, 
Se  munir  d'armes,  soit  offensives,  soit  défen- 
sives. S'armer  d'une  épce,  d'unpistolet.  S'*armcr 
d'une  cuirasse.  Ils  .sVirmercnf  aussitôt  j  et  fu- 
rent en  état  de  combattre. 

U  signifie  aussi.  Prendre  les  armes,  faire  la 
guerre.  Cet  Ecrivain  autorise  les  Sujets  à 
s'armer  contre  leur  Prince. 

Il  se  dit  fi^urcm.  pour  signifier,  Se  munir, 
se  precautionner  contie  les  cboses  qui  peuvent 
nuire,  qui  peuvent  incommoder,  ^'tirmcr  contre 
le  froid.  S'armer  contre  la  pluie,  contre  'e 
mauvais  temps.  S^ armer  d'une  ro!>e  fourrée 
contre  Vhïver. 

Ou  dit  aussi  figurc'ment,  à  peu  prè»  dans  le 
même  sens  :  S'armer  de  courage.  Scanner  de 
patience.  Armez-vous  de  résolution.  S*armer 
contre  les  accidens  de  la  fortune.  S^armer 
contre  les  tentations.  S'armer  do  la  prière. 
S'armer  du  signe  de  la  Croix. 

S'ABMt»,  se  dit  encore,  en  termes  de  Ma- 
nège, d'Un  cbeval  qui  appuie  les  branches  de 
son  mors  contre  le  poitrail,  pour  se  dt-fendre 
d'obuir  à  la  main.  Vn  cheval  qui  s'arme^  qui 
s'arme  de  son  mors. 

AnMÈ,ÉE.  participe.  Un  homrr.e  bien  mo:i(c, 
bien  armé.  Armé  de  toutes  pièces.  Armé  à  cru. 
Arme  de  pied  en  cap.  Armé  à  la  légère,  ou 
cijcrement.  Pesamment  armé.  Armé  d'épée  et 
de  pistolets.  Les  Princes  armés.  Un  vaisseau 
armé  en  guerre,  en  coune.  Un  homme  armé  de 
patience.  Armé  contre  le  froid. 

On  ditd'Un  homme  qui  est  armd  plus  qu'on 
n'a  accoutumé  de  l'être,  qu'/I  est  armé  jus~ 
qu^aux  dents. 

On  dit  figurcraent  d'Un  homme  qui  est  prêt 
sur  tous  !cs  points  d'une  aflàire,  et  en  *!lat  de 
repousser  toutes  les  attaques,  qu7i  esi  arme 
de  (oiite^  pièces. 

A  MAIN  AnuEC.  Manière  de  parler  «dTcr- 
binlc.  Avec  force,  et  les  armes  à  In  main.  Entrer 
à  main  armée  dans  un  Pays.  Il  a  cnicv*  le^ 
fruits  de  ma  terre  à  main  arm4€f  •  force 
arnue 


ARO 


8i 


ARMKT.  s.  m.  Armure  de  tête,  casino.  Il 
n'est  d'usage  qu'en  parlant  Des  (Jlirvalicn  et~ 
rans  des  vieux  Romans. 

ARMILIjVIKE.  ad;,  des  2  genres.  (On  pro- 
nonce les  L,  mais  sans  les  mouiller.)  Il  n'est 
d'usage  que  dms  cette  phrase,  .Sj'/icre  armil- 
Itiire,  qui  se  dit  d'L'uc  .Spbire  évidéc,  et  corn- 
l)Osée  de  plusieurs  eercles,  jiour  le— -(.tenter  la 
dis|>ositiGn  du  Ciel  et  le  mouvement  des  .\slics. 

AR.MlLLlîS.  s.  f.  jilur.  Ce  sont  de  peiites 
nioulurcs  qui  entourent  en  façon  d'anneaux  lo 
cliapiteau  dorique,  inimédiatemeut  au-dessout 
de  love.  Ces  moulures  cinces  se  nonimcnf 
Filcls  nu  Listeaux,  lorsqu'au  lieu  de  tourner 
cireulairement  elles  sont  étendues  en  (ig.nc 
ilroitc. 

Armistice,  s.  m.  Suspension  d'armes.  Un 
loiij  arniislice.  Convenir  rf'iin  armistice,  /iom- 
pre  l'urniistice.  ./armistice  <!e  cjueltjnes  jours. 
L'urmiïliee  ne  fiil  pas  de  durée,  ne  tarda  pai 
à  cesser,  à  expirer. 

AftMOIRE.  s.  f.  Meuble  de  bois,  dont  le 
premier  usage  a  été  pour  serrer  des  armes ,  et 
qui  sert  à  renfermer  toutes  sortes  de  clioscs. 
Une  armoire  qui  s'ouvre  à  quatre  volets.  Les 
laMdtes  d'une  armoire.  Les  tiroirs  d'une  ar- 
moire. 

ARMOIRIES,  s.  f.  pi.  Il  signifie  la  même 
chose  qu'Armes,  en  termes  de  Illason.  Fairt 
peindre  ses  armoiries. 

Armoise,  s.  f.  Sone  d'herbe  odoriférante, 
que  le  peuple  appelle  Ilerhe  de  la  Samt-.lcati. 

ARJIOISIN.  ».  m.  Taffetas  foible  et  peu 
lustra. 

ARMt)N.  s.  m.  Une  des  deux  pièces  du  traîm 
d'un  carrosse,  entre  lesquelles  le  gros  bout  dn 
timon  est  placé.  Les  armons  d'un  carrosse. 

.■VRMORLVL.  s.  m.  Livre  coBtenanl  les  Ai^ 
moiries  de  la  Noblesse  d'un  'royaume  ,  d'une 
Province.  L'Armoriai  de  France.  I^'Àrmorial 
d'Kspaqne.  Armoriai  de  ^'ormandie,  de  Bre~ 
laqne,  de  Dauplùné .  etc. 

ARMORIER.  T.  a.  Mettre,  peindre,  graver 
ou  appliquer  des  armoiries  sur  quelque  chose. 
Faire  armorier  un  carrosse,  de  la  %iaisselU,un 
cachet. 

AiiMoniÉ,  ÊE.  participe.  Des  coiwerlures  de 
mulet  .irmorices. 

AKMllRI.STE.  s.  m.  Celui  qui  fait  des  ar- 
moiries ,  qui  enseigne  le  Blason,  ou  qui  écrit 
sur  le  lUeson. 

AUMURE.  s.  f.  I..es  armes  défensives  qui 
couvrent  et  joignent  le  corjjs .  comme  la  cui- 
rasse, le  casque,  et*.  .Irmure  léqére.  Armure 
pesante.  Armure  complète. 

AnMLnK  ,  se  dit  aussi  Des  plaques  de  fer 
qu'on  attache  à  un  aimant,  et  qui  en  augmen- 
tent la  force. . 

ARMURIER.  ».  m.  Ouvrier  qui  fabrique 
ou  qui  vend  des  armes  défensives,  comme  cas- 
ques ,  cuirasses  ;  et  de»  armes  i  feu  ,  comm» 
fusils,  pistolets. 

ARO 

AROM.VTE.  s.  m.  Drof^  odoriréranle.  te 
baume,  le  itorax,  la  cannelle,  l'encens,  k  je. 
Il 


82  ARQ 

n lèvre  ,,  le  girope  ^  la  muscade  y  etc,  sont  des 
aromalts.  jiromale  précieux^   excellent    aro-\ 
mute.  La  pluj^art  des  (iromaiis  ctvisscnt  dans 
les  Pays  chauds  et  nous  arrivent  dn  Levant. 

AKOMATIQUK.  ndj,  des  2  i;riires.  ^ui  est 
i\r.  b  nature  des  aromates,  qui  a  lodciir  de-i 
aromates.  Odeur  aruniatiipH:  ileihe  arotna- 
tiijiic. 

ARO>3ATISATU)N.  s.  f.  lermc  d<-  l'iiir- 
macie.  Action  de  m^ler  des  aromatts  dans  Icw 
drogues  et  les  ii^iMlir.-imeus. 

AROMATISER,  v.  a.  M^lcr  des  aromates 
f  Trc  qufi-|uc  clios  ■. 

AnoMATisÉ;  ÉE.  participe 

AUOM)K.  s.  f".  Hirondelle.  W  n'est  guère 
d'usage  <juVn  celle  plimse,  A  (jueue  d'aiondc, 
qui  se  dit  d'Une  pièce  de  bois  laïllcc  par  un 
bout  en  forme  de  queue  d'iiirondelle,  et  qui 
t'assemble  avec  une  autre  par  le  mojcn  il'une 
Mtaille  de  la  même  forme. 

AK  P 

ARPiiGK.  s.  m.  Terme  de  Musique.  Leçon 
et  exemple  d'/ir:  érjcrnens.  Voy.ce  mot  ci-après. 
Recueil  d'arpjqcs  et  solfiées. 

ARPI^Gi:Mt:NT.  s.  m.  Terme  ds  Musique. 
Manière  de  frapper  successivement  et  rapide- 
ment tous  les  sonsd'uu  accord,  au  lieu  de  le-* 
ffdppcr  h  la  fois. 

AiiPÈGKR.  V.  n.  Terme  de  Musi  jue.  Faiic 
des  Arpégemeus. 

AnT'Fr.iL .  ÊE.  participe. 

ARPENT,  s.  m.  Certaine  ('tendie  de  terre, 
contenant  ordinairement  cent  perclies  caiTt'cs 
de  superficie.  Ln  arpent  de  terre  labourable. 
Un  arpent  de  pré.  Un  arpent  de  viqnc.  Un 
arpeut  de  bois.  Un  bois  de  tant  d'arpens.  Lu 
âtanq  nui  contient  tant  d^arpens. 

ARPIÛ.NTAGE.  s.  m.  Mesura';e  de  terres  par 
arpcns  ou  parties  d'arpent,  ou  autres  mesures. 
h'aire  Varpenlaqe  J'une  (erre. 

Il  se  dit  aussi  De  la  Science  de  n.esurer  les 
terres.  Entendre  bien  tarpentatjt. 

ARPENTER,  v.  a.  Mesurer  des  terres  par 
arpcns  ou  parties  d'arpent,  ou  autres  mesures. 
On  a  arpente  le  terrain  d'un  tel  Vdlugc.  Faire 
arpenter  une  pièce  de  terre.  Arpenter  des  bois. 

Il  se  dit  fij;urément  pour  signifiei ,  Marclier 
vite  et  ^  grands  pas.  Voye%  comme  il  arpente. 
Il  est  du  st)  le  familier. 

AnpESTÉ,  LE.  participe, 

ARPE>Ti:UR.  s.  m.  Officier  dont  U  char^^e 
est  de  mesurer  et  d  arpenter  Ici  terres,  quaud 
il  est  uomnic  par  Jusiic:.  Arpenteur  Juré. 

AR  Q 

ARI^>UEBUSAUE.  ».  f.  Coup  d'arquebuse. 
/[  fut  blessé  d'une  art^uehusade. 

Ou  appelle  Eau  d'artpiebusade  ,  Une  eau 
composée,  dont  on  se  sert  contre  les  coups 
de  fru. 

ARQUEBUSE,  s.  f.  Ancienne  arme  k  fou 
^t  se  jMftoit  sui  IVpiiule. 

On  »it\H:\\eAi'iHchnserayêe,  Une  arquebuse 


AVJ.\ 

dont  le  ciiuon  csl  rayé  par  dedans;  et  Arquebuse 
à  croc.  Une  sorte  d'arquebuse  dont  le  canon 
cioit  si  gros  cl  s!  pesant,  qu'on  ne  s'en  servoil 
guère  que  pour  tirer  de  derrière  les  murailles 
d'une  Phice.  On  n'en  voit  plus  f;uèrc  que  dans 
les  arsenaux,  pai-mi  les  curiosit.  s  cl  les  ar- 
umres  antiques. 

On  doifuc  le  n(mi  <le  Jeu  de  l'ar(iud)usc^  au 
l.iru  où  s'assemblent  les  Compagnies  d'Arqué- 
liusieis  pour  s'exercer  à  tirer. 

ARyUElïUSER.  V.  a. Tuer  à  coups  d'arqué 
buse,  ihi  le  fit  arauebuser. 

AiigucBi  si^;,  LE.  participe. 

AHQUi:iUJSKRIi:.  s.  f.  Le  mctitrd  Arque- 
busier. Il  est  très-habile,  très-expérimenté  dam 
V  .frquebnserie. 

\RQUIi»jUSIER.  s.  m.  Celui  qui  est  arme 
d'une  arquebuse.  5on  ./if/ (^!icb(*4ier.^r(^ue/^usi(;r 
(i  pied.  Arquebusier  à  cheval.  Des  pelulons 
d'Arqucbui^ievs. 

AnQU':t)DsiEn,  signifie  aussi,  l'Ouvrier  ([ni 
fait  des  arquebuses  et  toutfS  sortes  d'armes  à 
feu  portatives.  C'est  un  exce/(cnt  Arnuebusicr, 

ARQUER.  V.  a.  Courber  en  arc.  Arquer  un 
hordage,  M  s'eniploie  aussi  avec  le  pronom 
1  ersonnel,  .*'^^ar<^uer.  La  qntlle  du  vaisseau  s' es\ 
artntée. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie  Fléchir,  s« 
Courber.  Cette  poutre  commence  à  arquer. 

AnQLÉ,  i':e.  participe.  Une  poutre  arquée, 
Des  jambes  arquées. 

AR  R 

ARRACHEMENT,  s.  m.  Action  d*arracbei: 
On  a  tant  j'ayé  pour  l'arrachemcnl  des  saw 
clies. 

AnnAcncMENT,  est  aussi  un  terme  d'Arcbi- 
lecture.  On  appelle  Arracberaens  d'une  voftte, 
les  endroits  par  ou  elle  commence  à  se  formel 
en  cinin- ,  ce  qui  est  au-dessus  de  l'imposte, 

ARRACHER,  v.  a.  Detacbcr  avec  effort  et 
qui  tient  ii  quelque  chose.  Oterde  force  quclcpM 
iliosc.  Arracher  des  at  hres.  Arracher  des  herbes. 
Arracher  /er  cheveux.  S'arracher  les  cheveux 
Arracher  les  dents.  Arracher  un  clou  d'uni 
niuvuille.  On  ne  sauroit  arr-icher  une  pierre  di 
ce  mur  qu'à  qrands  coups  de  pique  et  de  mar- 
teau. Arracher  quelque  chose  des  mains  dl 
quelqu'un.  Arracher  un  rnf-tnt  à  sa  mère,  dei 
bras  de  sa  mère,  d'entre  les  bras  de  sa  mère, 
il»  sont  prêts  à  s'arracher  les  ycur. 

On  dit  figurément,  Arracher  de  Carqent  de 
quclqu\tn  ,  jinur  dire,  Tirer  avec  pjine  de  l'ar- 
gent de  qiicKjU'unhqui  on  a  dioil  d'en  deman- 
der. On  ne  :auroit  arracher  de  larnent  de  lu:. 
On  ne  peut  arracher  un  sou  de  personne. 

On  dit  figurément  d'Un  homme  qui  a  un 
extrême  altichement  à  quelque  chose,  qu'On 
ne  Ven  peut  arracher ,  pour  dire,  ^'On  ne 
peut  l'eu  détourner,  l'en  dét;!cbcr.  On  ne  .kmi- 
roit  r<irrac/icr  à  l'étude,  Varracher  de  Vctude. 
ihi  ne  saurait  Varracher  du  jeu.  Il  est  s:  at- 
tacl^  à  cette  (imme,  qu'on  ne  Ven  peut  arra 
cher. 

Un  dit   encore   figurément ,   Arracher   une 


ARR 

opinion  de  l'esprit,  de  la  tête  de  quelqu^un. 
On  ne  sauroit  lui  arracher  cette  iqnnion  de 
Vesprii.  Vous  ne  lui  arracheriez  jduiiiis  cela 
de  la  tétc. 

On  dit  aussi  £;;urémcnt,  d  Un  Iionime  qui 
;ie  veut  [>oîut  parler  :  (-n  ne  sauruit  lui  arra- 
cher une  parole.  Il  n^y  a  pas  moyen  d'urro- 
chcr  une  parole  de  lui. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  j  pour 
luanpier  l'extrême  répugnance  d'un  bonunc  i 
faire  quelque  chose,  et  combien  il  seroit  dif- 
ficile, de  l'y  obliger,  de  l'y  contraindre  :  Vous 
lui  arracheriez  plutôt  la  vie.  Vous  lui  arra- 
c/ierc;  plutôt  le  c  .'«r.  Ce  seroit  lui  arracher 
Vi'ime. 

On  dit  aussi  fi.:;urcmcnl  et  proverbialemeut, 
//  vaut  mieux  laisser  son  enfant  morveiuc y 
ipie  de  lui  arracher  le  «es,  pour  dire,  qu'il 
vaut  mieux  tolérer  un  petit  mai,  un  léger  dé- 
faut, que  de  se  servir  d'un  remède  violent, 
qui  pourrolt  causer  un  grand  maljotquc  Tirer 
de  l'argent  d'un  avare,  C'est  lui  arracher  une 
di'ut. 

D'ARnAcnv-piEU,  ne  se  dit  que  dans  cette 
phrase  adverbiale,  D'arrache-pied,  pourdiïc, 
Tout  de  suite,  sans  inlermission.  Je rain((c'ji  a 
trois  iieures  d\irrache-picd.  Il  a  travaillé  six 
îieures  d'urruc/ie-pîed.  H  est  familier. 

Ce  verbe  ne  s'emploie  guère  avec  le  pronom 
personnel  qu'au  figuré.  On  dit  d'Un  homme 
fort  recherché  dans  la  société  qu'On  se  Varra- 
che,  pour  dire,  qu'On  se  dispute  à  qui  l'aura, 
l'at  tirera  chez  soi.  Le  rcman  nouveau  a  le  plus 
qrand  succès,  on  seVarrachc.  On  dit  aussi,  Ils 
se  sont  disputés  à  s'arracher  les  yctue,  pour 
dire,  qu'ils  ont  porte  la  dispuie  iusqu'à  la  tio- 
Icnce,  h  l'emportemi  nt. 

AnnACHÉ,  ÉK.  participe. 

ARRACHI'.UR.  s.  m.  Qui  arrache.  Arra- 
clicur  de  detits.  Arracheur  de  cors.  Il  n'est  usit« 
qu'en  ces  phrases.  El  on  dit  proverbialement 
d'Un  homme  qui  a  accoutumé  de  mentir, qu'/f 
ment  comme  un  arracheur  de  dents. 

ARRAISONNER,  v.  a.  Chcrclier  i»  amener 
ijuclqu'un  h  un  avis,  en  lui  eu  donnant  les 
raisons.  On  Va  arraisonné  à  ce  yiqcf,  et  ii 
s'est  rendu.  Il  est  familier  et  de  peu   d'usage. 

Ou  l'emploie  aussi  a\ec  le  pronom  persou- 
neldi.'iis  knîèmescns.  .S'urruùo/iner  avec  qucU 
(^w'uu,  pour^  Entrer  en  explication  avec  lui, 
chercher  à  lui  laire  entendre  r.iison. 

ARRANGEMENT,  s.  m.  Ordre,  état  de  «e 
qui  est  arrairgé.  Arrangement  de  livres.  Arran^ 
qement  de  vases,  de  porcelaines,  de  tableaux. 
Il  y  a  du  goiit  dans  Varrangement  de  eu 
meubles. 

Il  se  dit  aussi  De  la  dispcsitionct  de  l'ordie 

qu'on  observe  dans  un  discours,   en  mettaiX 

chaque  terme  à  la  place  qui  lui  convient.  L*ar- 

\  rangement  des  paroles  contribue  à  la  clarté, 

I  .j  la  beauté  du  discours. 

Il  signifie  aussi.  Louable  économie  ,  esprit 
i  d'ordre  dans  la  dépense.  Cet  homme  manque 
I  d^ arrangement.  Il  faut  mettre  de  Varrange^ 
I  ment  dans  ses  afptires. 

Il  signifie  quelquefois  Conjcllialion.   Féir: 


ARR 

un  arranqement  entre  deux  personnes.   L'ar- 
rangement de  ce  procès  ne  sera  pas  aise. 

Il  se  dit  encore  Des  mesures  qu'où  prend 
pour  fiuirune  uf^re.  Prendre  des  arrangemem 
pour  payer  ses  dettes. 

AKKA>'GER.v.  a.  Mettre  dam  Tordre  con 
Tcnablc.  .arrangez  bien  tout  cela.  Arranger  des 
iurci.  Arrangeons-nous  autour  du  fcu^  autour 
di  la  table. 

On  dit  dTn  homme  qui  parle  avec  Just-^ssc 
et  avec  ordre,  que  (  'est  un  homme  qui  ar- 
range hien  ses  paroles^  (jui  arrange  bien  ce 
au  il  dtt. 

AAnATfGEn,  s'emploie  aussi,  pour  dire,  Ac- 
commoder, établir,  mellre  en  bon  ordre,// 
•  bien  arrangé  ses  affuires  ;  et  ironiqucincm, 
pour  dire,  Maltraiter  ou  metlre  en  désordre. 
/(  l'a  bien  arrangé.  Comme  le  vent  vous  a 
arrangé  ! 

On  dit  aussi,  S'arranger  chez  5oi,  pour 
dire,  Mettre  ses  meubles  en  ordre,  rendre  sa 
aiaisOD  propre  et  commode.  Il  me  fanxlra  du 
temps  pour  m^arrangcr  chez  moi.  Vous  vous 

êtes  bien  arranaé. 

■j 

Ou  dit  S^arranger  ensemble,  pour  dire, 
S'accorder  :  Arrangez-vous  ;  et  dans  ce  sens  on 
dit.  Arranger  une  affitire^  pour  dire,  L'ac- 
cuuinioder,  la  terminer  à  l'amiable. 

AniiANGÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit  d*Un  homme,  qu'H  est  arrangé  ^ 
pour  dire,  qu'il  a  de  l'ordre,  soit  dans  ses 
âdaire*  ,  soit  dans  sa  conduite,  soit  dans  sa 
maison. 

Il  se  prend  aussi  en  mauvaise  part ,  puac 
dir(»,  qu'Un  homme  a  de  l'apprêt,  de  la  pédun- 
t-rie,  de  l'afiectatioD  dans  son  ton.  dans  ses 
manières.  Il  est  toujours  arrange  dans  sa  ma- 
nière de  s^ejcprimer.  Il  a  toujours  un  air  ar- 
rangé. 

Uu  dit  proverbialement  dtjn  homme  qui  a 
cté  battu  ou  malmené  en  paroles,  qu'il  a  été 
f  rt  mal  artangé,  ou  par  antiphrase,  qu'il  a 
été  bien  arrangé  ^  arrangé  de  la  I  onne  ma- 
n  içre. 

ARRENTEMENT.  s.  m.  Action  de  donner 
ou  de  prendre  ^  rente,  /donner  un  arrentement. 
Faire  un  arrentement.  Prendre  un  arrente- 
ment. lenir  un  champ,  une  vigne,  un  pre 
par  arrentement. 

ARRENTER.  v.  a.  Donnera  rrnt<'  quelque 
héritage,  ou  qurïqui'  pièce  de  terre,  de  vi^ne, 
i»tc  /l  u  arrenfé  toutes  ses  vignes  aux  l'aysans. 
Il  lui  a  arrenté  tant  d^arp^s  de  terre,  moyen- 
nant telle  redevance. 

AnncïfTF.,  ÉE.  partici()C, 

ARRÉR  AGICR.  v.  u.  Il  se  dit  Des  renies  en 
redevance  annuelle  qui  ne  sont  pas  payées,  et 
qui  s'accumulent.  On  ne  laisse  pas  arrérager 
tu  Aimes. 

ARRERAGES,  s.  m.  pi.  O  qui  est  dû,  ce 
(ui  est  échu  d'un  revenu  ,  d'une  rente,  d'un 
loyer,  d'une  ferme.  /(  lui  doit  tant  d'années 
'Varrérages.  Cela  fiit  mille  écus  tant  en  prin- 
cipal qu'en  arréragu.  Payer  le  principal  et  les 
arrérages. 

ARRESTATION.   •.   f.    L'action    d'arnVcr 


A  Ri; 

qu^^lqu'un  ,  de  rcnipfr  tr  d*'  continuer  imc 
roule. 

AnnFSTATiON ,  signifie  aussi ,  Prise  de  corps 
arlion  d'upprcheuder  ati  corps.  Il  signifie  au&> 
l'ét  -t  de  relui  qui  est  arrêté.  Il  est  en  état  d'ar- 
restation. 

ARRiVr.  s.  m.  Juf^ement  dune  Cour,  d'une 
Justice  souveraine,  par  lequel  une  question  de 
fait  ou  de  droit  est  déridée.  Arrêt  du  Conseil 
Arrtt  du  Parlement.  Arrit  interlocutoire.  Arrêt 
p(ir  dSfi'it.  Arrêt  définitif,  .irréi  contradic- 
toire. Arrêt  sur  !  e-jucte.  Arrêt  par  firclnsion. 
Arrêt  solennel.  Arrêt  en  robes  rouges.  Arrêt  les 
Chambres  csscmblées.  Arrêt  de  mort,  Ariêi 
d'absolution.  Poursuivre  un  ArrêL  Prononcer 
un  Arrêt,  /lendre  un  Arrêt,  Dresser  un  .Arrêt. 
Lever  un  Arrêt.  Obtenir  un  Arrêt.  Être  fnndé 
en  rrêt.  Casser  un  Arrêt.  Se  pourvoir  contre 
nn  Arrêt.  En  cassation  d'Arrêt.  En  interpré- 
tation d'Arrêt.  Exécuter  un  Arrêt.  En  exécu- 
tion de  VArrêt.  îl  y  a  tant  de  chefs  à  cet  Arrêt. 
L'Arrêt  porte  telle  chose. 

On  dit  Ëgur.'ment  d'Un  homme  d'un  juge- 
ment srtr,  b  qui  on  s'en  rapporte  inuji.urs 
quand  il  a  prononcé.  Ses  paroles  sont  des  ar- 
rêts sans  appel.  On  dit  au  contraire,  qu'il  faut 
se  défier  guelguefois  des  arrêts  des  critiques, 
parce  qu'il  leur  arrive  de  se  montrer  passion- 
nés, ou  d'être  mal  iustruits. 

AnnÉT,  si^ni6e  aussi.  Saisie,  soit  de  la  per- 
sonne, soit  des  biens.  En  ce  sens  on  dit  :  On  a 
jait  arrêt  sur  sa  personne  et  sur  ses  biens. 
Mettre  en  arrêt  un  homme  entre  les  mains 
d'un  Huissier.  Il  a  fât  arrêt  sur  de  Vargent 
qui  revient  à  son  débiteur.  Faire  saisie  et  ari'.t 
entre  les  mains  de  quelqu'un. 

On  dit  en  termes  de  Guerre,  Mettre  aux 
arrêts,  pour  dire,  Ordonner  A  un  homme  de 
f^uerrede  ne  pas  sortir  de  chez  lui  ;  et  Garder  ses 
arrêts,  pour  dire.  Ne  point  sortir  du  Heu  où  l'on 
est  aux  arrêts,  tire  aux  arrêts  dans  sa  chambre. 
On  dit.  i'ompre  les  arrêts^  pour  dire,  Sortir, 
avant  le  temps,  du  lieu  ou  l'on  est  aux  arrêts;  et 
X^ever  les  arrêts,  pour  dire.  En  révoquer  l'ordre. 

Arkêt,  se  dit  aussi  De  l'action  du  cheval, 
(jticnd  il  s'arrête.  Ce  cheval  a  Varrêt  beau , 
l'arrêt  sur  et  léger.  Il  est  ferme  sui   l'arrêt. 

U  se  dit  aussi  De  l'aclion  du  clucn  cou- 
chant, lorsqu'il  arrête  le  pibîcr.  Ce  diien  est  à 
l arrêt.  Il  est  en  arrêt.  Il  a  fait  un  bel  arrêt. 
l  enir  le  gibier  en  arrêta  siguiËe,  Être  en  arrêt 
devant  le  gibier. 

AitRËT,  se  dit  aussi  de  la  pièce  du  hamois 
où  un  Chevalier  appuyoit  et  arr^toit  sa  lance 
pour  rompre  en  lice  ou  autrement  Mettre  la 
lance  en  arrêt. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  petite  pit?ce  de  fer  qui 
arrête  le  ressort  dune  armcth  feu  ,  et  qui  l'em- 
pêche de  se  il>  bander.  Ce  pistolet  est  en  arrêt. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  petite  pièce  qui  em- 
pêche que  le  mouvement  d'une  horloge  n'aille 
îrop  vile.  L'arrêt  d'une  horloge. 

On  dit  fij;urcment  d'Un  jeune  éventé,  ou 
d'Un  homme  léi^er,  vslage,  et  sur  le*  paroles 
duquel  on  ne  sanroit  compter,  qu'/l  n'a  point 
tParrét,  que  C'est  un  esprit  sans  arrêt. 


A  R  R 


83 


Anr.èr,  se  dit  aussi,  en  termes  de  Couture 
et  do  Lingerie,  Des  ganses  qu'on  met  à  l'ex- 
tn'mité  des  ouvertures,  pour  empêcher  que  le 
lin;.;o  ou  1  étoffe  ne  se  déchire.  On  a  oublie  de 
faire  un  arrêt  à  l'oK'crturc  de  cette  chemise. 

ARRETE,  s.  m.  Résolution  prise  dans  uim 
Compagnie.  C'est  un  arrêté  de  l'Assemblée. 
Arrêté  sur  le  Registre.  On  dit  aussi,  In  arrêté 
de  compte,  pour  dire,  Un  rù'i;lemcnt  de  compte. 
ARRÊTE-BŒUF,  s.  m.  autrement  Bitufiandk 
nu  Iîi(;nA?iE.  Plante  qui  croît  dans  les  champs, 
cl  y  jette  plusieurs  lif;cs  h  la  hautcurd'unpied. 
Ses  raciïMs  longues,  ligneuses,  el  difiiciles  à 
rompre,  arrêtent  souvent  la  chamie.  De  là  sur, 
nom. 

ARRÊTER.  V.  a.  Empêcher  la  cnutinuatîou 
d'un  mouvement,  le  cours,  le  progrès  de  quel- 
que chose,  l'ëcoulemenl  de  quel({uc  liqueu.. 
Arrêter  une  horloge.  .înêter  un  homme  gui 
s^enfuit.  Arrêter  un  cheval ,  l'an  éler  tout  court. 
Arrêter  Veau  par  le  moyen  d'u:ie  digue.  A  rJ- 
ïcr  le  cours  deVeau.  Arrêter  une  fliuvion.  Arrêter 
le  sang. 

On  dit.  Arrêter  ses  yeux,  ses  reqards  sttr 
quelque  chose,  pour  dire,  Regarder  tixemeul  ; 
et  figurêmcnt.  Arrêter  sa  pensée  sur  quelque 
chose^  pour  dire,  Refléchir  sur  quelque  chose 
avec  attention. 

On  dit  en  termes  de  Cha-sse,  qu'î/n  chien 
arrête  des  perdrix,  des  cailles,  ou  absolument, 
qu'il  arre*(e,  pour  dire,  que  Quand  iî  ren- 
contre des  perdrix,  des  cailles,  iJ  s'arrête,  et 
marque  par  li  au  Chasseur  ou  eiles  .<;otiI, 

AnatTEn,  sii^nifie  aussi,  Empêcher  quel- 
qu'un d'agir  ,  de  faire  ce  qu'il  vouloit  faire .  de 
continuer  ce  qu'il  avoil  commencé.  Ilveut  faire 
des  poursuites  contre  moi,  mais  j'ai  de  quoi 
Varréter.  Je  n'ai  fait  que  dire  une  parole,  et  je 
Vai  arrêté  tout  court. 

On  dit  à  peu  près  dans  cette  acception, 
qu'On  a  arrêté  un  Courrier'  soit  pour  dii*e, 
qu'Où  a  relardé  son  d'ipart.  soit  i>our  dirt , 
qu'On  l'a  empêché  pour  un  temps  de  continuer 
sa  route. 

AnnÊTEit,  signifie  aussi,  Saisir  par  voie  du 
Justice.  Les  Sergens  ont  arrêté  son  carrosse  et 
ses  chevaux.  Arrêter  les  exemplaires  d'un 
Livre, 

Il  signifie  aussi,  Prendre  prisonnier.  Stt 
créanciers  l'ont  fuit  arrêter.  On  l'a  arrêté  pour 
dettes.  On  l'a  arrêté  pour  crime  d'Etat,  On  l'a 
arrêté  prisonnier. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  domestique  qu'on  retient 
à  son  service.  Arrêter  un  Laquais,  une  5er- 
vante.  Arrêter  un  Valet  de  Chambre.  Arrêter 
un  Cuisinter,  une  Cuisinière. 

U  signifie  aussi,  S'assurer  de  qucli]ue  chose 
pour  son  service,  pour  son  us.içc,  pour  sa 
commodité.  Arrêter  une  maison.  Arrêter  une 
voiture.  Arrêter  des  chevaux  à  la  peste. 

AnnÉTEn,  signifie  aussi.  Résoudre  et  déter- 
miner quolt[uc  chose,  demeurer  d'accord  de 
faire  quelque  chose,  en  convenir  Après  avoir 
bien  crami/ié  l'afpiire,  on  a  arrêté  telle  chose, 
on  a  arrêté  que  Ion  ferait  telle  chose,  de  faire 
telle  chose.  *Jua-t-cn  arrêté  dans  cette  confc* 
11. 


8iî  ARPt 

renct?  Il  a  arrêté  dans  son  caprll  tic  donner  sa  ^ 
ttèniissîon.  ./Vu   arrillé   en    vwi-même.    Aous^j 
avons  arrêté  cela  ensemble.  Arrêter unentarche^ 
un  plan  de  conduite.  On  ne  peut  rien  arrêter 
sur  celte  affaire. 

On  dit,  Arrêter  un  compte,  arrêter  des 
parties,  pour  dire,  Ri-^lcr  uii  compte,  rosier 
des  parties.  Et  on  dit ,  Arrêter  un  point  en 
cousant,  pour  dire.  Faire  un  nœiiil  au  dernier 
point  de  la  couture,  de  peur  qur  le  fil  n'e- 
chappe. 

AiiBÊTEn ,  s'emploie  auss.'  avec  ie  pronom 
(Krsonnel ,  et  signifie ,  Cesser  d'aller.  Il  mar- 
chait à  grands  pas,  mais  il  s'arrêta  tout  d'un 
coup.  Il  s'arrêta  tout  court.  Le  Soleil  s'arrêta 
d  la  voix  de  Josué.  Une  montre  (jui  s'arrête. 

Il  signifie  aussi,  Tarder,  s'amuser,  rester 
quelcjuc  temps  dans  un  lieu  s.-fns  en  sortir.  Où 
vous  êles-^KUs  arrêté?  iSous  nous  sommes  ar- 
rêtés une  heure  chez  lui.  Allez  vite  et  revenez 
ta:is  vous  arrêter.  Il  s'arrête  à  tous  les  coins, 
à  toutes  les  bornes. 

Il  signifie  encore ,  Se  contenir .  cesser  de  faire 
quclcjue  chose.  Vos  enfans  jettent  des  pierres, 
dites-leur  de  s'arrêter.  Arrêtez-vous  donc. 

11  se  dit  encore  figur.5ment ,  et  signifie  ,  .Se 
déterminer,  se  fixer.  Après  avoir  écouté  dijft' 
renies  propositions,  il  s'arrêta  à  la  première 
Après  avoir  vu  toutes  les  étojj'ts  (jui  étoienl  à 
vendre,  il  s'arrêta  à  ceUc-ïti. 

Il  signifie  aussi ,  Avoir  égard ,  faire  atten" 
tion.  Il  s'arrête  à  des  apparences.  Il  ne  faut 
vas  s'arrêter  à  des  haqatella.  Il  ue  {uut  pas 
t'arréter  à  ce  iju'il  dit. 

AnnÊTEii  ,  est  aussi  neutre  ,  et  signifie  , 
Cesser  de  marcher,  et  demeurer  en  un  lieu 
pour  quelque  temps.  Après  deux  jours  di 
marche,  nous  arrêtiluies  a  un  tel  endroit. 

AnniiïÉ ,  ÉK.  participe. 

On  dit,  qu'Un  homme  n'a  pas  la  -une  arrê- 
iée,  pour  dire,  qu'il  n'a  pas  la  vue  assurée;  et 
qu'il  n'a  pas  l'esprit  bien  arrêté,  yotir  dire, 
qu'il  n'est  pas  bien  sensé. 

On  dit  en  Peinture, qu'C'ii  iJessin  est  arrêté, 
Lorsque  les  contours  en  sont  déicrminc^s  avec 
justesse  et  sans  indécision. 

ARRÉTLSTh'..  s.  m.  Compilateur  ou  Com- 
mentateur d'.'Vrréts ,  de  I)écIarations ,  etc. 

ARRîIiilMKNT.  s.  masc.  L'action  d'arrhcr 
Achat  de  grains  en  vert  et  sur  pied. 

ARRHER.  T.  a.  S'assu.-er  de  quelque  chose 
Ofl  donnant  des  arrhes.  Arrher  des  marchan- 
dises. 

Akuhf:,  ée.  participe. 

ARRHES,  s.  fém.  pi.  L'argent  qu'on  donne 
pour  assurante  de  l'exécution  d'un  marché,  et 
que  l'on  perd  si  le  marché  n'a  pas  Lieu  par  la 
faute  de  celui  qui  les  a  données.  I.e  marché  est- 
il  conclu?  donnez  des  arrhes.  Il  s'est  engagé, 
il  a  pris  des  arrhes.  Donner  des  arrhes  au 
coche. 

On  dit  familièrement,  qu'On  a  donne  des 
arrhes  au  coche,  pour  laire  entendre  qu'On 
s'est  engagé  dans  q^ielqne  ailàire,  dans  quelque 


ARll 

.fïinnES,  lie  tlisoil  autrefois  figiuémenl  dans 
en  même  sens  d'Assurance  et  de  i;aj;cs.  Les 
bonnes  œuvres  sont  les  vraies  arphcs  du  salut. 
Les  presens  soni  des  arrhes  d'amitié. 

ARRltUE.  adverbe  de  Heu,  (;4ii  a  diverses 
.icceplïons  selon  1ns  diflerentes  plirasos  où  l'ou 
s'en  sert.  Ainsi  dans  cette  plir.ise,  >4rricre  de 
moi  SataUy  il  si_:;nifie.  Loin  de  moi  Satan;  et 
dans  ceUe-cij  J<k'oir  vent  arrière,  il  sij^nifie 
Avoir  vent  en  ponpc. 

On  dit  En  arriére,  poiu:  dire,  En  reculant. 
Aller  en  arrière^  retourner  en  arrière,  faire  un 
pas  en  arrière. 

On  dit  familicr'cment ,  En  arrière,  de  tjueU 
^j'iïfi,  pour  dire,  En  l'absence  de  quelqu'un. 
Il  me  loue  en  présence^  et  me  déchire  en  ar- 
rière. 

En  AnniÈnE,  signifie  aussi  Eu  retard.  En  ce 
sens  'jn  dit,  tju'^'n  Trésorier,  qu'un  Fermie' 
est  et*  arrière^  pour  dire,  que  Le  temps  de  ]'é. 
chénnv-e  de  son  paycmi-nt  est  dôjà  passé.  7/  efoù 
en  arrière  de  trois  (juarticrs.  Un  Fermier  qiô 
est  toujours  en  arriére. 

On  dit  aussi  fij^urcment  d'Une  aflàire,  qu'£ïlî 
ne  va  ni  en  avant ^  m  en  arrière,  poiu'  dire. 
qu'Elle  est  toujoiTs  dans  le  ni<>me  état. 

AnniHiiE,  est  aussi  une  préposition  inscpa< 
rable  qui  se  joint  à  un  autre  mot,  pour  faire  si 
piiifier  à  ce  mot- une  chose  placée  derrière  unj 
autre.  Cette  préposition  est  opposée  à  Avant, 
Varrière-corpSj  Vavant-corps  d^un  bâtiment. 

On  dit  substantivement ,  L'arrière  d'ui 
vaisseau^  pour  dire,  La  poupe, 

ARRlERE-BA^.  s.  m.  Assemblée  de  ccuï 
qui  tiennent  des  Fiefs,  ou  qui,  sans  tenir  de 
Kiefs,  sont  Gentilshommes,  convoquée  par  \t 
Prince,  pour  le  servir  i  la  guerre.  Conforruer 
/'urrière-biin.  J sseinbler  Varriére-han.  Dès  qut 
Varrière-îuin  fut  en  marche,  il  se  dit  aussi  De 
la  convocation  m.'înie. 

AJIRIÈRE-BOUTIOUE.  s.  f.  Boutique  de 
plain-pied  après  la  première.  Ce  Marchand  c 
SCS  marchandises  les  plus  préclciuics  dans  son 
arrière-bout  in ue. 

ARRIÈRE-CORPS,  s.  in.Tcnne  d'Arcbitcc 
turc.  La  partie  d'un  bitimcni  qui  est  derrière 
un  autre. 

ARRIt'lRE-COUR.  s.  f.  Petite  cour,  qui 
dans  un  corps  de  bâtiment  sert  à  des  dégage- 
mens  pratiqués  dans  les  apparlemcrs.  Cettt 
maison  a  une  arriére-cour  fort  tommode. 

ARR11':RE-FAIX.  s.  m.  Les  membranes  où 
l'enfant  est  enveloppé,  et  qui  sortent  de  la  ma 
trice  après  l'enfantcmert. 

AlU\IbîRE-KlEE.  s.  m.  Fief  mouvant  d'un 
autre  Fief.  Une  terre  (jul  a  plusieurs  arricre- 
Flefs. 

AJRRIÈRE-GAHANX.  s.  m.  Garant  du  ga- 
rant. 

ARRIÈRE-GARDE,  s.f.  La  dernière  partie 
d'uDe  armée  marchant  en  balailJe.  Les  cnnrnii.t 
^onnèrcnf  sur  Varrltrc^qardc.  Jls  harceloicnt 
perpétuellement  Varritre-garde. 

ARRIÈRE-GOÙT.  s.  m.  Il  se  dit  d*Un  ^oût 


■société.  Je  ne  puis  plus  mVn  dédire,  fai  donné  .h  que  laissent  dans  la  bonciie  certains  aliuiens 
4ei  arrhes  au  cocht.  oa  certaines  liqucius,  ditTcrenide  celui  qu'on 


ARR 

avoit  éprouve  d'abord.  Il  ne  se  prend  jamais 
en  I)onnc  pari. 

A1\R1KRE-MAIN.  s.  m.  Coup  du  rovers  de 
la  main.  Ce  mot  n'est  guère  d'usage  quau  jeu 
de  Paume,  où  l'on  dit,  J'ut  (}u(jné  la  partit  par 
unhel  arnère-main. 

On  dit  au  même  jeu  .  et  au  féminin,  en  par 
lanl  d'Un  homme  qui  joue  bien  du  revers  de 
la  raquette  ou  du  battoir,  qu'/I  a  l'arriére' 
main  belle. 

ARRIÈRE-NEVEU,  s.  m.  Le  filt.  du  neveu. 
C'est  îon  arrière-neveu. 

On  dit  dans  le  style  soutenu ,  Nos  arrièra- 
nevetix,,  pour  dire,  La  postérité  la  plus  re- 
culée. 

ARRIÉRE-PENSÉE,  subst.  f.  Pensée  inté- 
rieure, vue  secrète  qu'on  ne  laisse  pas  voir,  qui 
détermine  une  action,  une  conduite.  Il  y  a 
dans  celte  proposition  queltjue  arrière -pensée 
dont  je  me  défie.  Cet  homme  a  toujours  de» 
arrière 'pensées.  Il  y  a  dans  cette  démarche 
une  arriére -pensée  qui  se  démêlera  avec  le 
temps. 

ARRlfcRE-PETlT-FILS.  s.  m.  ARRIÈRE- 
PETITE -FILLE,  s.  f.  Le  fiU  ou  la  lille  du 
petit -fils  ou  de  la  petite- fille,  par  rapport  au 
bisaïeul  ou  à  la  bisaïeule.  Louis  XV  élolt  ar- 
rlcrc-pelll  fis  de  Louis  \1V, 

ARRIÈRE -POINT,  s.  m.  Rang  de  points 
continus  qu'on  fait  avec  une  aiguille  et  dil  fU 
sur  le  poignet  de  la  manche  d'une  chemise. 
Faire  un  rang  d^ arrière-points. 

ARRIÉRER.  V.  aci .  Arriérer  un  payement. 
C'est  le  différer,  ne  pas  le  faire  à  soc  échéance. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  De- 
meurer derrière.  L'Injunierle  .s'ornera. 

Il  se  dit  figurément, en  parlant  Du  paycmenl 
des  redevances.  Un  Fermier  niK  s^arrière^  qui 
s'est  arriéré. 

Annitnr;,  ée.  participe. 

ARRIÈRE -SAISON,  s.  f.  On  appelle  ainsi 
I  Automne,  et  plus  ordinairement  la  fin  de 
î  Automne,  /-es  fruits  de  V arrière-saison. 

On  dit,  que  Des  pommes ^  des  poires,  •! 
aulrc-i  fruits^  sont  pour  l'arriére -saison,  pour 
dire,  qu'Us  ne  sont  bons  à  manger  qu'à  la  fia 
de  l'Automne,  ou  même  bien  avant  dans  l'Hiver , 
lorsqu'on  ne  mange  plus  d'autres  fruits.  Le 
bon- chrétien j  la  ralnctlc,  ne  se  mangent  que 
i  dans  V arrière-saison. 

On  dil  figurémcnt,L\:rrtére-5(itson,  en  par- 
lant Du  eommenrcment  de  la  vieillesse. 

En  parlant  Du  blé  et  du  vin,  on  appello 
Arrière' saison.  Les  derniers  mois  qui  précè- 
dent  la  récolle,  ou  les  vendanges.  Le  ble  te 
vend  plu.*;  cher  dans  V arrière- saison ,  c'est-ii- 
dire,  Dans  les  mois  de  Juin  et  de  Juillet.  Et, 
Ce  vin  ne  se  boit  que  dnns  l arriére- saison , 
I  c'cst-îi-dire.  Dans  les  mois  de  Juillet  et  d'AoAl. 
{       ARRIÈRE- VASSAL,  s.  m.  Celui  qui  i-eU-ve 
d'un  Seigneur  vassal  d'un  autre  Seigneur.  I) 
\  est  arrière-vassal  d'un  tel  Prince. 

ARRIÈRIC-VOU.SSURE.  s.  f.  Terme  d'Ar* 
chitccturf.  Espèce  de  voAtc  pratiquée  derricrf 
une  porte  ou  une  fenêtre  pour  couronner  I'cib- 
brasure. 


ARR 

ARRIMAGE,  s.  m.  Arrangement  de  la  car- 
gaison d'un  navire. 

AlïRIMCU.  V.  a.  Arranger  la  cargaison  d'un 
navire. 

AiiniMÉ,  ÉE.  participe. 

AlUUMKURS.  s.  m.  pi.  Petits  Oflfîcicrs  éta- 
blis sur  les  porls,  (jui  rangent  les  tonneaux  et 
autres  niarclirindiscs  dans  les  vaisseaux. 

AURISEU.  V.  a. Terne  de  Marine.  Al) «îsser, 
descendre,  amener.  Arrïser  les  vergues. 

AnnisÉ,  tK.  participe. 

AKRIVACiK.  s.  m.  Abwd  des  mvires  dans 
nn  port.  Il  se  dît  plutôt  Des  baiennx  de  rivièrt* 
que  des  bjtiniens  de  mer. 

On  le  dit  aussi  De  l'arriver  des  nian'ïiamliscs 
par  les  voilur-s  d'eau.  L'arrivaqe  des  aratns, 
des  farines. 

ARRiyÉK.  s.  f.  Action  d'arriver.  Le  temps 
où  une  personne  arrive  eu  queUpie  endroit. 
Son  arrivée  m'a  [ait  grand  plaisïr^Je  me  trou 
vai  à  son  arrivée^  à  l'arrivée  du  Courrier.  De- 
puis mon  arrivée. 

En  parlant  De  la  poste  aux  Lettres,  ou  dd 
Toitiiri'S  publi((urs ,  on  dit^  Jour  d'arrivée^ 
pour  designer  Le  jour  où  elles  ;irrivenl,  vt  pai 
opposîtiou  au  jour  où  elli  s  part)  ot. 

Il  se  dit  aussi  Du  temps  où  des  marchan- 
dises  sont  apportées  ci;  queUjue  lieu.  A  l'orri' 
vée  de  ces  marchandises. 

ARRIVER.  V.  n.  Alwrder,  approcher  de  II 
rÎTe.  La  tempête  nous  obligea  de  relâcher,  d 
nous  arrivjmes  à  une  pl^igc  déserte.  Arriver  au 
porf. 

Il  «e  dit  en  lenries  de  Marine,  en  parlani 
d'Un  vaisseau  qui  vient  sur  un  autre.  Ce  vais- 
seau arriva  sur  l'autre,  et  lui  Idcha  toute  sa 
bordée.  Dewx  vaissecux  sont  urrù'és  sur  nous. 
Commandement  d'arriver. 

AnniVEn,  signifie  plus  ordinairement,  l'ar- 
Tenir  ù  uo  lieu  où  Von  vouloit  aller,  .^rri'v^r  à 
Paris.  Arriver  de  bonne  heure.  Arriver  tard. 
La  nuit  nous  empêcha  d'arriver  à  un  tel  lieu. 
Arriver  dans  sa  patrie^  dans  sa  maison. 

Il  se  dit  aussi  Des  marchandises  qui  vien- 
nent par  tfrre,  ou  qui  abordent  par  eau.  Dèt 
^ue  ces  marchandises  seront  arrivées.  Il  csl 
«rrifé  à  ce  Marchand  trente  balles  de  café. 

On  dit,  /irriver  à  bon  porf,  pour  dire, 
Parvenir  heureusement  au  lieu  où  l'on  vouloil 
aller;  et  figurcnienl,  ^rnVer  J  ses  fins,  poui 
dire,  Venir  à  boni  de  ce  qu'on  s'étuit  pro- 
posé. 

AnniTEn ,  se  dit  foroilièremect  au  sens  de 
néussir,  de  parvenir.  Avec  de  tels  moyens  on 
arrive  On  rcussÎL  Vous  aurez  peine  à  arriver^ 
«•  vous  n«  vous  y  prenez  autrement  ^  pour  dire, 
Vous  aurez  peine  à  réussir, 

AnniVEii,  signiÔe  aussi,  Survenir.  Il  nous 
«iTir.i  compagnie.  Il  esi  arrive  un  grand 
nombre  de  personnes 

Il  se  dit  h  peu  prùs  dans  îe  même  sens ,  des 
•ccidens.des  érénemcns  de  la  vie.  i'n  malheur 
n'arrive  jamais  seul.  Voyez  ce  (jui  m'arrive. 
Dans  cette  acception  Ion  dit.  Cela  peut  arriver 
à  tout  le  monde,  |>our  dire,  C'est  .i  quoi  tout  le 
niODde    at    cxp-^vl    El    Cela    ne    m\irrivera 


ARR 

jamais,  pour  dire,  C'est  une  chose  que  je  ne 
, .  ferai  jamais. 

AnnivEn,  s'enpioie  impersonnellement.  /I 
m'arrive  un  grand  malheur.  Il  arrive  souvent 

(jue Il  arriva  des  gens  que  nous  it'atlen- 

dions  pas.  Il  est  arrive  nouvelle  gue,  etc.  La 
première  fois  qu'il  vous  arrivera  de  faire  telle 
chosCy  pour  dire,  La  première  fois  que  vous 
ferez  telle  chose,  foutes  les  fois  (ju'il  m'arrive 
de  songer  à  cela,  pour  dire,  Toutes  les  fois 
fjue  je  ioni^p  à  cela  ;  et  oînsi  du  reste. 

Artuvi':.  Kf.  participe. 

ARROlii:.  s.  m.  Mesure  de  poids,  uAÎtée 
dans  jcs  possessions  d'Espagne  et  de  Portug'd, 
et  qui  v.-îrie  suivant  les  diilerens  lieux.  ViH' t 
arrobes  de  sucre. 

ARROCHE  5.  f.  Plante  potagère.  On  U 
nomme  aussi  Benne  -  dame,  Atriple.T.  Ses 
teuilles  donnent  au  bouillon  une  couleur  dorée. 

ARROGAMMEM".  adv.  Avec  arrogance. 
Parler  arrogamment. 

ARROGANCE,  s.  f.  Fierté,  orgueil,  pré- 
somption,  qui  fait  qu'où  s'attribue  un  merilt: 
un  droit,  une  autorité  qu'on  n'a  pas.  .Suffi 
arrogance.  Arrogance  insupportable.  Varia 
avec  arrogance. 

ARROGANT,  >VNTE.  adj.  Hautain,  fier, 
superbe.  Une  personne  arrogante.  Paroles  ar- 
rogantes. .1/ine  arrogante.  Ton  arrogant. 

Il  s'emploie  aussi  subst.inliv.  C'est  un  arro- 
gant, un  petit  arrogant.  C'est  wïc  arrogante. 

ARROGER,  S'ARROGER,  v.  S'uimbuei 
mai  h  propos  quelque  chose.  Il  ne  se  dit  jamaii 
sans  ie  pronom  pmsonnel.  Il  s'airoqe  injuste- 
ment un  pouvoir,  une  gualité,  une  autorité 
^u'îï  n'a  pas.  Pourquoi  vous  arroger  un  drot(, 
un  titre  qui  ne  vous  appartient  pas?  Il  s'est 
urrogé  ce  privilège. 

AmiOGÉ,  ÉE,  participe. 

ARROl.  s.  ui.  Traiu,  équipage.  Se  mettre 
en  arroi,  en  magnifique  nrroi.  11  est  vieux. 

ARRONDIR.  T.  a.  Reudre  rond.  Arrondir 
une  boule.  Cela  n'est  pas  assez  arrondi.  Ar- 
rondir un  maiifedu,  une  robe. 

On  dit  proverbialement  et  (igurém.  qu'?7n 
homme  a  arrondi  son  champ,  son  pré,  sa 
terre,  sa  fortune,  pour  dire,  qu'il  y  a  f.iii  des 
augmentations.  El  dans  ce  même  sens  ou  dit 
eucnre  simplement,  S'arrondir, 

Ou  dit  aussi  figurcmenl,  Arrondir  une  pé- 
riode, arrondir  ses  f/AruiCs,  pour  dire,  Leur 
donner  du  nombre,  de  l'harmonie. 

Annoscia  ,  en  Peinture,  C'est  faire  sentir  la 
rondeur  des  objets,  leur  saillie  et  leurs  toui - 
nans,  par  l'inlelligcnce  du  clair-obscur. 

AniiosDi,  IE.  participe.  Une  boule  bien  ar- 
rondie. Une  péri-jde  bien  arrondie.  Une  fic-rt 
arrondie. 

AnnoTVDi,  en  termes  de  Riason,  s'applique  U 
loul  ce  qiM  t'tanl  rond  par  sa  nature,  est  repn'- 
^e^té  en  relief  par  le  moyen  de  certains  trails. 

ARRONDISSEMENT,  s.  m.  L'action  p.r 
laquelle  on  arrondit.  L'flrrondisscmcn(  de  ic 
globe  a  coûte  beaucoup  de  temps. 

II  se  dit  aus>i  De  l'ctal  dune  rJîOsc  arroisdic.  . , 
;  L'^arrcndissenicnt  de  ces  fgures  est  parfait.         :i 


ARS  S5 

On  dit  figurément ,  L'arrondissement  d'une 
période,  en  parlant  d'Une  période  nombreuse, 
harmonieuse. 

Ai\ROSA(;E.  s.  m.  En  termes  d'Hydrau- 
lique, Canal  que  l'on  pratique  pour  conduire 
l'eau  d'une  rivitre  sur  des  terres  Iroj)  sèches. 

AnnosAcE,  dans  les  moulins  à  poudre  à 
cinon,  L'eau  qu'on  met  de  temps  en  temps 
dans  les  mortiers  pour  lier  le  salpêtre,  le 
soufre  et  le  charbon. 

ARKOSEMENT.  s.  m.  Action  de  verger  île 
l'eau  sur  dea  plantes.  L'urroscment  est  néces- 
saire, à  cause  de  la  sécheresse. 

Il  signifie  aussi  L'action  d'arroser  au  ;ea. 
L*ano$cment  a  été  cher.  Voye"  AnnosEH. 

ARROSER,  v.  a.  Humecter,  mouiller  quel- 
que chose  en  versant  de  l'eau  dessus.  Arroser 
des  fleurs.  Arroser  des  plantes.  Arroser  des  U- 
gumes.  Arroser  le  pied  des  arbres.  Arroser  un 
jardin. 

Ou  dit,  Arroser  de  la  viande  qui  rutit,  pour 
dire.  Répandre surdc  laviandc  lesucque  lelcu 
eu  a  fait  sortir,  ou  du  beurre,  ou  du  lard  fondu. 
On  dit,  (ju'Cne  nVière  urrojtc  une  Cdrri- 
j-agne,  un  qrund  puys  ,  pour  dire,  qu'ElIe  y 
passe,  qu'elle  y  coule. 

On  dit,  Arroser  de  larmes,  pour  dire, 
Mouiller  de  larmes,  La  Madelaine  arrosa  de 
ses  lurnies  les  pieds  de  ^otre-Seiqneur.  Il  ar- 
rosoit  son  lit  de  ses  larmes. 

Ou  dit  Hgnrcmcnt,  Arroser  des  créanciers , 
pour  ,  Distribuer  à  ses  créanciers  quelques 
sommes  qui  les  iipjîsent.  On  \r  dit  de  même 
en  parlant  De  i>etites  libcndit'^s  qu';î  faut  dis- 
tribuer. Ayez  soin  d'arroser  ces  qcn-i-là. 

AnnosER,  en  te»-mes  de  Jeu  -  se  dit  De  U 
re'trihulion  qu'un  Joueur  doit  à  tous  les  auties 
dans  certains  jeux  et  dans  certains  cas.  Il  ha 
en  a  coûte  tant  de  louis  pour  arroser.  Il  w  dit 
aussi  d'Un  supplc^ment  que  des  Actionnaires 
ou  des  intéressés  dans  une  cntreprise^sont  obli- 
ges d'ajoult-r  à  une  mise  de  Ibnds  pour  subve- 
nir aux  dépenses  imprévues  qu'exige  1  entre- 
prise. //  nous  en  ti  coûté  uutun!  pour  uirt>4er 
que  pour  la  première  mise. 
AnnosÉ ,  ée.  participe. 
ARROSOIR,  s.  m.  Vase  fait  pour  arroser. 
Arrosoir  de  cuivre.  Arrosoir  de  terre.  Ce  jardin 
est  sec,  il  faut  qu'un  Jardinier  ait  toujours 
Ttirro^oir  à  la  main. 

ARRUGïE.  s.  f.  Dans  les  Minières,  Canal 
pour  faire  écouler  les  eaux. 

ARRU>L\GE.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Ar- 
rangement de  la  cargaison  d'un  vaisseaxi.  Voyer 
AnrjuAGE. 

.ABRUMER.  v.  a.  Arranger  la  cargaison 
d'un  vaisseau.  Voyez  AnnoiLn. 

AKRU.MEUR.  s_ni.  Celui  qui  arranRC  k* 
marchandises  dans  un  vaisseau.  Voyez  Anni- 
HEins. 

ARS 

ARS.  ».  m.  pi.  iMcnibres.  Il  ne  se  dit  i^icrc 
que  Des  j  imlx's  du  cheval ,  et  dans  cette  phnse 
seulement,  Saiqnerun  cheval  des  ^unfrc  ars. 

ARSENAL.  6.  m.  Magasin  d'armes  et  do 


8G  ART 

toutes  sortes  d'instnuiieiis  de  guerre,  soit  i>our 
U  Icrre,  snit  pour  la  mer.  V Arsenal  de  /'oriV. 
L'Arsctml  tîc  Venise.  ArsLiial  bien  muni.  On 
dit  au  pluriel.  Arsenaux. 

AWSE^UZ.  s.  m.  Demi-iiiétul  qui  a  lu  pio 
priété  de  se  dissiper  dans  le  feu  sous  l.i  fbrnif 
dune  iïimce  dont  l'odeur  est  seiiili^ihle  h  celle 
de  l'nil.  i_)n  compte  tro'S  espèces  d^Arscnic,  le 
blaiie,  ie  jaune  ei  le  rouge.  L'Arsenic  blanc  est 
pur,  et  a  été  sublimé  par  le  feu  qui  lui  u  fait 
picndre  b  forme  d'une  poudre  blanche-  et  If- 
gère,  ou  d'une  farine;  c'est  ce  qu'on  apjxUe 
Yulgairenxul  tic  la  mort  aux  ruts.  Quand  le 
feu  a  clé  assez  fort  pour  fondre  cet  arsenic 
hlanc,  il  forme  une  masse  iraiisparenle  comme 
du  verre  blanc,  que  l'on  nomme  Arsenic  cris- 
tallin. VArscnic  )a\ine  est  de  l'arsenic  blanc 
combine  avec  une  portion  peu  considérable  de 
soufre.  Varsenic  rouqe  est  l'arsenic  uni  et  su- 
blime avec  une  plus  i;rande  quantité  de  soufre 
que  l'arsenic  jaune,  ce  qui  lui  fait  prendre  une 
c:oulcur  rougi;  comme  un  rubis  ;  on  l'appelle 
Pièalgar.  L'urseuic  sous  la  forme  de  demi-métal 
se  nomme  liénidc  d'arsenic:  alors  il  est  giis- 
brillant  assez  5eml)IaI)le  à  du  fer ,  mais  il  se 
luiiicic  à  l'air,  'i  oui  arsenic  est  un  poison  très- 
dnnqcreux. 

ARSEMCAL,  ALE.  adj.  Qui  tient  de  !;. 
qualité  de  l'arsenic,  i  n  poison  arsenical,  he^i 
esprits  arsenicaux.  Les  terres  nouvellement  re- 
muées envoient  quelquefois  des  vapeurs  arseni- 
cales. 

A  RI 

ART.  s.  m.  Métiiode  pour  faire  un  ouvra|;p 
selon  cerlainfs  règlts.  Art  noble.  Art  vil  et 
nhject.  ^.avoir  un  art.  Savoir  Vart.  Les  terme: 
ie  Vart,  Les  préceptes  de  l'art.  Les  renies  d, 
ar(,  les  procédés  de  l'art.  !  e.t  secrets  de  Vart 
Le  sublime  de  Vart.  Réduire  quelque  chose  en 
art.  C'est  un  chef-d'omvre  de  Vurt.  Vn  dis- 
cours où  Von  a  employé  tout  Vart  de  l'Elo- 
quence. Un  Toënic  fait  avec  art.  L'art  rfc  l.i 
Poésie.  Inventer  un  art.  L\trt  de  la  TsUiviqa- 
tiûn.  L^art  Militaire^  ou  Vart  de  la  Guerre.  Il 
est  habile^  il  est  expert  en  son  art.  Les  maître^ 
de  Vart.  il  faut  croire  chacun  en  son  art. 

On  appelle  Arts  libéraux,  Ceux  où  l'esprit 
a  la  priucip'ile  part;  et  Arts  mécaniqucXf  Ceux 
qui  dépendent  surtout  de  la  main. 

AnTS,  au  pluriel,  sans  cpitbète,  se  dit  en 
général  I)c>  Aits  tant  lilx'raux  que  méca- 
niques ;  mais  souvepl  aussi  on  se  sert  de  ce 
mot  pour  signifier  simplement  la  Peinture,  la 
S    ilpture,  l'Archileclure,  la^lusiijueetlaDaTise. 

Ces  derniers  Arts  s'apptdlent  aussi  souvent 
Ccûitr-^r(s  ;  on  y  joint  communément  l'Klo- 
quence  et  la  Poésie.  Les  Lettres,  les  Sciences 
et  l's-  yirts.  Aimer  les  Arts,  les  Beaux- Arts. 
Ercouratjcr  les  Arts. 

Anr,  se  dit  fij^urcment  De  b  mt'îlioJe,  de 
l'adresse,  de  l'industrie  avec  laquelle  ou  se 
conduit  dans  tout  rc  qu'on  fait.  Aqir  avec  art. 
Se  conduire  avec  art.  L'art  de  plaire.  L^art  de 
hitJi  vivre,  yintinuer  avec  art.  {l  y  a  de  Vart 


ART 

dans  tout  ce  (ju^il  fait.  Il  y  a  de  Vart  à  cacheT 
Vart. 

Lorsque  sur  quelque  point  de  Science  il  y  a 
quelque  contestation  ,  quelque  dispute  entre 
le:j  personnes  (pii  ne  sont  piis  capables  de  dé- 
cider ,  on  dit,  qu'/I  faut  s^n  rapporter  aux 
Maîtres  de  Vart,  aux  gens  de  Vart^  pour  dire, 
qu'il  faut  s'en  rapporter  à  ceux  qui  sont  rci;ar- 
dés  comme  les  plus  liabilcs,  les  mieux  instruits 
dai><4  la  matière  dont  il  s'agit. 

Alix,  se  dit  souvent  dans  lo  propre  et  dans 
le  fiL;uic,  par  opposition  ii  Nature.  L^arl  jkt- 
pctiunnc  la  nature.  Les  productions  de  la  na- 
ture et  les  ouvrages  de  Vart.  Il  n'y  a  point 
d^art  dans  tout  ce  qu^H  dit^  c''est  la  nature  qui 
parle j  c^est  la  nature  toute  pure  II  y  a  en  cela 
JjIus  de  naturel  que  d'art. 

11  se  prend  souvent  au  figuré  dans  Iç  sens 
d'Ai-lifice.  L'art  perce  dans  tout  ce  qu''il  dit. 
Cette  femme  est  tout  art. 

Arts,  au  pluriel,  signifie  encore,  dans  lo 
langage  des  Universités,  Les  Humanités  et  la 
Philosophie.  En  ce  sens,  on  appelle  Maître  es 
ArtSj  Celui  qui  est  passé  Maître  en  cette  sorte 
de  Littérature ,  avec  pouvoii'  d'enseigner  ;  et 
La  Faculté  des  Arts,  Celle  qui  comprend  les 
Ré;;ens  de  l'Université  qui  enseignent  les  Hu- 
manités et  la  Philosopliie,  et  tous  les  Maîtres 
es  Arts  immatriculés,  Il  fut  reçu  Maître  es 
Arts,  Le  îiecteur  de  VUniversité  se  prend  dans 
la  Faculté  des  Arts. 

ARTÈRE,  s.  f.  Vaisseau  du  corps  de  l'ani- 
mal, qui  porte  le  sang  du  cœur  vers  les  exiré- 
mités,  où  il  est  repris  par  les  veiucs  pour  être 
reporté  au  cœur.  Le  Chirurgien  lui  piqua  Var- 
tère  en  le  saignant.  Il  eut  Vartèrc  coupée.  Bat- 
tement d'artère.  On  appelle  l'aorte,  la  grosse 
artère. 

ARTÉRIEL,  ELLE.  adj.  Qui  appartient  à 
l'artère.  Sanq  artériel.  Le  sang  artériel  est  plus 
rouge  et  plus  subtil  que  le  sang  l'eineux. 

AKTI'CRIOLE.  s.  f.  Petite  artère. 

AIITÉRIOLUGII':.  s.  f.  La  partie  de  la  Mé- 
decine et  de  rAnatomie  qui  traite  des  arti^res. 

ARTi-lRIOIOMIE.  s,  f.  Terme  d'Anatomic. 
Ouverture  qu'on  fait  à  une  artère  avec  la  lan- 
relte,  comme  on  en  iàit  ïi  une  veine. 

ARTIIIUTIQUE.  adj  des  2  genres.  Il  se  dit 
en  Alédecine  Des  maladies,  tell  s  que  la  goutte, 
qui  attaquent  les  joiutures,  et  des  médicamens 
qui  y  sont  propres. 

ARTICHAUT,  s.  xc.  Espèce  de  légume  fait 
à  peu  près  en  forme  de  gios  chardon ,  avec  plu: 
sieurs  icuilles  birges  et  piquantes,  qui  se  re- 
couvrent les  unes  Its  autres.  Une  y.omnic  d'ar- 
tichaut. Des  cardes  d'artichaut.  iJes  artichauts 
à  la  pcivrade.  Vn  ragnùt  d^artichauts. 

ARTICLE,  s.  m.  Jointure  des  os  dans  le 
corps  de  l'animal.  Il  se  dit  principalement  de 
1.1  jointure  des  os  des  pieds  et  des  maius  de 
riiomme.  Les  fluxions  tombent  sur  les  articles. 
Il  étoit  blessé  à  un  des  articles  du  petit  doiqt. 
Les  doigts  sont  divisés  en  plusieurs  articles. 
Faire  Vampulattou  dans  Varticle.  En  ce  sens 
■  ^U  n'est  gui^re  en  usage  que  parmi  1rs  Annlomisics.    ^ 

Article,  se  dit  aussi  d'Une  des  peiitei*  par- 


ART 

ties  d'un  écrit,  composé  de  divers  cliefs  ,  tel 
qu'est  un  traité,  un  contial.  un  compte.  Un 
long  article.  Un  article  important  .^  considé- 
rable. Mettre  par  articles.  Examiner  des  ar- 
ticles. Examiner  un  compte  article  par  article. 
Examiner  chaque  article  Vun  après  Vautre. 
Diviser  un  livre  par  chapitres,  et  les  chapitres 
par  articles.  Article  (Vun  Journal,  d'une  G Q" 
zette.  Avez-vous  lu  Varticle  de  Londres?  L'ar- 
ticle Spectacles.  Les  articles  d'un  traité.  Ar- 
ticles secrets.  Les  articles  d'un  contrat  de  ma- 
riage. Les  arlicles  d'un  compte.  Débattre  un 
article.  Allouer,  rayer  un  article,  l'roposer 
des  articles.  Signer  des  articles.  Dresser  des 
articles  de  mariage.  Un  article  de  dépense. 
Interroger  sur  faits  et  articles. 

On  dit  quelquefois,  C'est  un  autre  article, 
pour  dire,  qu'Une  cliose  est  différente  de  celle 
dont  un  a  parlé.  Je  veux  bien  lui  prêter  cette 
tapisserie-  mais  la  lui  donner ,  c'm(  un  autre 
article. 

Ou  ditj  A  Varticle  de  la  mort,  pour  dire.  Au 
dernier  moment  de  la  vie.  Il  ne  faut  pas  atten- 
dre à  l'article  de  la  mort  pour  se  convertir. 

Article  de  Foi,  s3  dit  De  chaque  point  de 
la  croyance  en  matière  de  Religion, de  cbacuoe 
des  vérités  que  Dieu  a  révélées  à  son  Eglise. 
C'est  un  article  de  Foi.  Tout  ce  qui  est  dans  le 
Symbole  des  Apôtres  est  article  de  Foi.  Croire 
une  chose  comme  un  article  de  Foi.  Pour  dire 
iju'Une  chose  ne  mérite  pas  d'être  crue,  on  dût 
Ce  n'esf  pas  un  article  de  Foi. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  trop  crédule, 
qn'll  croit  tout  comme  article  de  foL 

AnTiCLBf  en  Grammaire ,  est  Une  partie 
d'oraison  qui  précède  ordinairement  les  noms 
appcllitifs.  Article  masculin.  Article  féminin. 
Le,  est  Varticle  du  nom  masculin.  La.  est  Var- 
ticle du  nom  fc  min  in.  Les,  est  Varticle  pluriel 
du  masculin  et  du  féminin. 

ARTICULAIRE,  adj.  des  2  genres.  Qui  a 
rapport  aux  articles,  aux  jointures  du  corps. 
ImI  iioutte  est  une  maladie  articulaire. 

ÀirncULATION.  s.  fém.  Jointiire  de»  os. 
L'articulation  des  doigts.  Les  Anutomistes  re- 
marquent plusieurs  sortes  d  articulations  dans 
le  corps  humain. 

On  dit,  en  termes  de  Procédure,  Articula- 
lion  de  faits,  pour  dire,  Déduction  de  faits  ar- 
ticle p.ir  article.  Et  dans  le  stvle  ordinaire  on 
dit,  L'' articulation  de  la  voix,  pour  dire,  La 
prononciation  distincte  desmols. /I  n'a  pas  l'ar- 
ticulation de  la  voix  bien  nette,  bien  libre. 

AJïnCULi:R.  V.  a.  Déduire  par  articles. 
Articuler  des  faits,  et  les  proposer  par  ordre. 

On  dit  aussi,  Articuler  un  fait,  pour  dire, 
Affirmer  positivcmenl  c»  circonstamier  un  fak. 

Il  signifie  aiissi  Prononcer  distinctement  les 
mots  syllabe  jiar  syllabe,  i  es  petits  enfans  ne 
peuvent  articuler  les  mots  les  articuler  distinc- 
tement. Il  convtience  déjà  à  articuler.  Il  y  a 
des  oiseaux  qui  articit'.ent  fort  bien  plusieurs 
mots  de  suite. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel  #^n 
Anatoniie,  en  pmlanl  Dei  os  qui  se  joigntot. 
L'humérus  s'articule  avec  romop/u(c 


ART 

AnnCCLÉ,  ke.  participe,  res  fiils  articulés. 
^iOts  hUn  articitles. 

On  dil^ussi,  Voix  articulée,  sons  articulés. 
Il  n'y  a  ijuc  Chomme  dont  la  i'oi.r  soit  nalu 
Tellement  .irïieiWee,  (jui  forme  des  sons  articulés. 
On  s'en  sert  fi^^urement  pour  dire,  Expriiiit' 
nettement,  avec  précision,  i^'oiiù  qui  est  arti- 
culé ;  cela  se  coni;oit. 

.\RTIF1CE.  s.  m.  Art,  industrie.  Celle  hor 
loqe,  cette  machine  est  fuite  avec  (m  arlifici 
merveillctu:.  L'artifjce  d'un  ouvrane.  On  le  dit 
Des  ouvrages  d'esprit,  d^t  slyU-.  L'artifice  de 
son  style  séduit 

Cnditqu'f^M  liommc  ne  vit  rj:iepararti/ice. 
pour  dire,  (ju'll  ne  vit  qu'à  force  de  soin  et  de 
r^imc. 

On  dit,  Péussir  par  ard'/ice.se  .<OK(ciiir  jiir 
artifice,  pour  dire,  .\  foree  d'industrie  et  de 
moyens. 

AnTinCE,se  prend  plus  ordinairement  pour 
Ruse,  déguîsouicnt ,  l'riiude.  j^écliant  arl:;ire 
Détestable  urtijlci.  .Irtifce  grossier.  Ust-r  d\ir- 
tipce.  Se  garantir  iTiin  arli;i'ce.  Un  jjrorédè 
plein  d'arlijîce.  C'est  un  Lomme  sincère  et  sans 
artifice. 

Ou  îippelle  Feu  d'artifice.  Un  feu  préparc 
avec  art,  en  signe  de  réjouissance,  et  dans  l;i 
composition  dutjuel  il  entre  plusieurs  matières 
■bées  à  s'enll.inmier.  comme  Poudre  .\  raiiou, 
aoufre,  bitume,  camphre,  etc.  T'riparer  un  fui 
À'artifce.  l'atre  un  fu  d'artifce  pour  le  gain 
d'une  bataille   Tirer  un  f  u  d'ai  tifce. 

On  appelle  aussi  aliM.I'iment  .Irtifice.  Cctt' 
composition  de  matiirres  aisées  &  s'enflammer 
/  'n  magasin  plein  de  lances  à  feu ,  de  grenades 
et  d'autres  semblables  artifices. 

ABTIFICIEL,  KU.E.  ,ndj.  Qi.i  se  fait  pai 
art.  Il  est  oppose  à  Naturel.  i''on(ai'Mcartt|icifi/d 
Des  f.eurs  artificielles.  J'ei  yeux  aitificicls. 
Des  dents  artificielles.  Les  !  liysiciens  font  un 
froid  artifciel.  On  dit  d'Une  Ijeauté  où  l'.irl 
et  le  soin  oijt  plus  de  part  (jui-  U  D.Tture,que 
C'est  une  beauté  artifcielle. 

On  appelle  Jour  artifciel,  L'espace  de  temps 
qui  est  depuis  le  lever  du  Soleil  jusqu'au  cou- 
cher, h  la  (liiTérencc  du  jour  naturel  qui  est  de 
vingt -quatre  luurcs.  Kt  on  appelle  Mémoire 
<rli/îci'elle ,  Une  méthode  pour  retenir  plus 
aisément  certaines  choses  dont  on  veut  se  sou- 
Tenir. 

AR'HFICIELLEMEM-.  adv.  Avec  ait.  II 
•U  opposé  '•!  Niturcllemenl,  et  il  ne  se  dit  qii'c»:i 
E«rlant  Des  ouvrîmes  de  l'art.  Foiitdine.-;  gui 
vont  urlifciclkmenl.  Ce  corps  ne  se  vicul 
(qu'artificiellement. 

ARTIFICIER,  s.  m.  Celai  qui  fait  des  feu- 
d'artifice.  C'i-.'il  le  meilleur  Artificier  de  l'aris. 
AH,TIFI(:iEUSEME>  r.  adv.  D'une  m.inirre 
•rtiËcicuse.  /I  a  crposé  le  fait  fort  artiflcicusc- 
ment. 

ARTIFICIEUX,  EUSE.  adj.  Plein  d'artifice 
et  de  finesse.  C'esl  l'homme  du  monde  le  plus 
«rti/îci'eux.  Esprit  artificieu.T.  Une  fcmmt  ar- 
tificieuse. 

ARTIU.É ,  1:E.  adj.  Garni.  On  dit,  fn 
•tiucdu  ortillé  de  toutes  piicts. 


AS 

ARTIIJ.EIUE.  8.  feni.  (On  niouiîle  !e.s  LJ 
jToul  l'aitiiMil  de  (guerre,  qui  comprend  les  ca- 
nons, les  mortiers,  les  bombes,  etc.  L'arûllc- 
rie  fut  bien  servie  à  ce  siége-là.  (>n  manquod 
de  nrosse  artillerie.  La  grosse  artillerie  ne  put 
arriver  assez  à  temps,  londre  de  Vartillerie. 
Faire  jouer  l'artillerie.  Le  parc  de  Varlillerie. 
lout  lé(^uipa(jc  de  Vartillerie.  Un  Eéqiment 
destiné  your  la  garde  de  Vartillerie.  Grand 
uitre  de  l'artillerie.  Lieutenant  Général  de 
Vartillerie.  Commissaire  de  Vartilhrie.  Les  che- 
vaux de  Vartillerie.  C'étoit  un  tel  Officier  qui 
commandait  Vwtîllerie.  Ou  iippclle  Un  canon, 
Une  pièce  d'artillerie.  On  battit  la  Place  avec 
cent  pièces  d  artillerie. 

Artiu»me»  se  prend  quelquefois  pour  Le 
corps  des  jUiciers  qui  servent  à  l'artillme 
!  oute  Vartillerie  se  plaionoit.  Il  est  de  'artil- 
lerie. Il  est  dans  Vartillerie. 

AllTiLLEL' K.  s.  masc.  Celui  qui  sert  dans 
l'artillerie,  !i  rartillerie.  C'est  un  bon^  un  er- 
cellent  artilleur. 

ARTIMON,  s.  m.  Terme  de  Marine.  L'arlirc 
de  poupe  d'un  vaisseau.  Voile  d'artinion.  Lt 
mât  d'artimon. 

ARTISAN,  s.  m.  Ouvrier  dans  un  art  mé- 
canique. Homme  de  métier.  Simple  artisan. 
iiahile  artisan.  Les  boutiques  des  artisans. 

Il  se  dit  fii^urénient  De  celui  qui  est  l'au- 
teur, la  cause  de  (juelque  chose.  Il  a  été  Varti- 
san  de  sa  fortune  y  Varttsan  de  son  malheur. 
C^est  un  artisan  d' impostures  y  de  calomnies. 

ÂRllSON.  s.  m.  Petit  ver  qui  s'entendre 
dans  le  bois.  ' 

ARTISONK,  J- K.  adject.  Qui  se  dit  Du  bois 
troué  par  les  vers. 

ARTISTE,  s.  m.  Celui  qui  travaille  dans  un 
art  uu  le  génie  et  la  main  doivent  concourir, 
qui  cultire  les  Arts  libéraux.  Un  /Vmtrc,  un 
/trchitecte^  sont  des  artistes.  Il  se  disoit  autre- 
fois plus  particulitrement  De  ceux  qui  fout  lei 
opérations  cliimiqucs.  Jl  faut  être  artiste^  un 
rjrand  artiste^  pour  réussir  dans  ces  sortes  d'o- 
pérations. 

ARTISTEMENT.  adr.  Induslrieusement, 
nvec  art  et  industrie.  Ouvra(je  artistement  fuit, 
i.rtistemeni  travaillé^  artistement  combiné. 

A  RU 

ARUSPïCE.  s.  m.  Ministre  de  la  Religion 
ciiez  les  Anciens,  dont  1 1  fonction  consistoit  .1 
cliercber  des  pronostics  de  l'avenir  dans  \c-, 
niouTenicns  de  la  Ticlimc  avant  le  s.iCxKîce.  u 
dans  l'inspection  de  ses  entrailles  après  la  c6i\- 
mouie. 

AS 

AS.  ».  m.  (l'S  se  prononce.)  Un  point  seul 
marqué  sur  uu  des  côtés  d'un  dé,  ou  sur  une 
caçte.  Ces  dés  (ont  petit  jeu,  ils  n'amènent  que 
des  as.  As  de  pique  ^  as  de  cifur,  etc. 

As,  dans  les  Auteurs  l^atins,  si^niGe  tantôt 
un  certain  poids,  tantôt  une  monnoie  p;:rticu- 
lière,  dont  la  valeur  a  v.irjc  dans  les  dlfférens 
temps. 


ASC 


ASA 


87 


ASARINE.  s.  f.  Plante  qui  a  quelque  ras- 
port  avec  la  I-înaire. 

ASARUM.  s.  m.  Plante  dont  la  tige  e«t  trés- 
court3,  et  dont  les  fleurs  sont  in  forme  de  clo- 
cbetles  et  odorantes,  Voy.  (Cabaret. 

ASli 

ASBESTE.  s.  m.  Pierre  de  la  nature  de  l'A- 
tTii;in(e.  Elle  est  composée  de  Glcts,  mais  ces 
lilets  ne  sont  pas  moins  fle\ibies  que  ceux  de 
1  Amiante.  Celle  pierre,  comme  l'Amiante,  né- 
prou/(.  aucune  altération  dans  le  feu.  Voyez 
Amiante. 

ASC 

ASCARIDES,  s.  m.  pi.  Petits  vers  ronds  qui 
ne  se  trouvent  que  dans  les  gros  et  courts  in- 
testins. 

ASCENDANT,  ANTE.  adjectif.  Qui  %  a  en 
ïnontont.  Terme  de  Géuéalogie,  qui  se  dit  Des 
personnes  dont  on  est  uc.  En  ce  sens  i!  nesi. 
mièrc  d'usage  que  dans  celte  phrase,  La  liqne 
ascendante. 

Il  se  dit  aussi  en  termes  d'Astrologie,  cni 
parlant  Des  Astres  qui  montent  sur  rhoriion. 
L'Astrologie  observe  le  signe  ascendant.  La 
/i.'^troloques  diient  que  le  point  ascendani  « 
hcitucoup  d^injluence  sur  la  naissance  des  hom- 
mes et  sur  les  ci'éncmen.f  de  leur  vie. 

Il  se  dit  aussi  dans  l'Anatomie,  en  parlant 
De  divers  vaisseaux  du  corps.  Les  vaisseaux 
ascendans  et  descendans. 

Ascendant,  est  aussi  substantif,  et,  eu 
termes  de  Généalogie,  il  signifie  I-es  persounet 
dont  on  est  descendu.  I^c  mariage  est  défendu 
entre  les  descendans  et  les  ascendans  en  ligne 
d.rccte. 

En  vlermes  d'Astrologie,  il  sîgnitie  Le  point 
du  Ciel,  ou  le  degré  du  signe  qui  moute  sur 
l'horizon.  Un  tel  signe  étoit  à  Tuscendiirit 
quand  il  s^éleva  une  furieuse  tempête. 

En  ce  sens,  il  se  dit  aussi  par  rapport  à  U 
nativité  des  personnes.  Il  faut  savoir  votre  as- 
cendant. Il  avait  Mars  à  Vascendant  y  Jupiter 
à  Vascendant.  Il  a  un  heureux  ascendant.  Il 
n'a  pu  résister  à  son  ascendant. 

AscENUAST,  se  dît  figurcmcul,  et  signifie  Le 
pouvoir,  l'autorité,  la  supériorilé  qu'une  per- 
sonne a  sur  l'esprit, sur  la  volonté  d'une  autre; 
Un  certain  génie  dominant,  qui  fait  qu'une 
personne  a  toujours  avantage  sur  une  autre.  /( 
a  un  grand  ascendant  sur  son  esprit.  Il  a  pris 
un  grand  ascendant  sur  elle.  0  é(oi(  un  grand 
Capttaincj  mais  H  avait  en  tête  un  homme  qui 
avoit  un  grand  a.vcenduiit  sur  lui. 

Il  se  dit  iiussi  Du  bonheur  que  l'on  a  au  jeu 
de  hasard.  Il  a  un  grand  ascendant  sur  moi  au 
\eUj  il  me  gagne  toujours. 

ASCENSION,  s.  f.  l-:lévation  II  se  dit  ordi- 
uaircmcut  De  l'élévation  niiniculeusc  de  Notre- 
Seigneur  Jïsus-Cnni.sT,  lorsqu'il  monta  au  Ciel, 
La  glorieuse  A^ccmion  du  FiU  de  Vieu.  Les 


8S 


ASI 


Ajpôires  se  trouvèrent  à  V Ascension  3e  A"o/iv- 
Sei(jneHr. 

11  se  dit  aussi  Du  jour  auquel  ri'glisoct'Ièbrc 
ce  MvslÈre.  L'Ascension  est  quarante  joum 
après  Pitquci. 

AscENSios,  en  termes  de  Pliysîque,  se  dit 
De  l'action  par  laquelle  un  fluide  monte  dans 
dcA  tuyaux,  etc.  L'ascension  de  Veau  dans  les 
pumpcs^  dit  mercure  dans  le  haromètrey  etc. 

En  Astronomie,  on  appelle  Ascension  droite 
d'un  as'rCj  I.c  degré  de  IVquateur  qui  se  lève 
avec  cet  astre  dans  la  sphère  droite;  et  Ascen- 
sion  oblique  du  même  astre  ^  Le  degré  de  l'é- 
quatcur  qui  se  lùve  avec  ce  munie  astre  dans  la 
splicTC  oblique. 

ASCKNSIOiNEL,  I-XLE.  ad j.  Terme  d'As- 
Ironomic.  li  ne  se  dit  que  dans  cette  phrase, 
Vifprence  asccnsionelle y  qui  est  la  dilïcrence 
entre  l'ascension  droite  et  l'ascension  oblique. 

ASCÉTK.  s.  m.  On  appelle  ainsi  Celui  qui 
s'est  consacré  d'une  manière  particulière  aux 
exercices  de  la  piété. 

ASCÉTIQUE,  adj.  des  2  genres.  Çu\  a  rap- 
]  nrt  aux  exercices  de  la  vie  spirituelle.  Vie  Ascé- 
tique. Auteur  Ascétique.  Ouvrage  Ascétique.  Les 
Ascétiques  de  Saint  Basile,  etc.  Et  dans  celte 
dernière  phrase  j  Ascétique  est  employé  subs- 
tantivement. 

ASCIENS.  s.  m.  pi.  Terme  de  Géographie, 
^li  signifie,  Sans  ombre,  il  se  dit  Des  habitons 
de  la  Zone  Torride,  qui  n'ont  point  d'ombre  le 
|Our  de  l'année  ou  le  Soloii  est  perpendiculaire 
sur  leurs  tèics. 

ASCITE.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Hydro- 
|iibic  du  hns-veiitrc 

ASCLÉPIAPE.  adj.  il  se  dit  d'Un  vers  grec 
ou  latin,  composé  d'nn  spondée,  de  deux  co- 
riambes  et  d'un  ïambe.  La  prcmtère  Ode  d'i/t 
race  est  en  vers  Asclêpiadcs. 

ASCLEPL\S.  s.  masc.  Voy.  Domîte-vetçiis. 
Plante  du  nombre  des  vulnéraires. 

ASI 

ASIARCHAT.  s.  m.  (Ou  pron,  Àtiarcat.) 
Terme  d'Histoire  ancienne.  Magistrature  an- 
nuelle jointe  au  sacerdoce,  et  qui  donnoil  le 
droit  de  présidence  aux  jeux  sacrés  célébrés  en 
commun  par  les  Villes  grecques  d'Asie. 

ASIARQUE.-S.m.  Celui  qui  étoit  revêtu  de 
l'Asîarcbat. 

ASIATIQUE,  fldj.  des  '?.  genres.  Quî  appyr- 
|.ient  à  l'Asie.  H  se  dit  particulièremcnl.  Du 
stylo,  du  luxe,  des  mœurs.  On  apix-Ue  Style 
Asiatique.  Un  style  diflus  et  chargé  d'oine- 
mens  inutiles;  Luxe  Asiatique ,  Un  luxe  exccs- 
•if;  et  Mœurs  dsictiques^  Des  mœurs  cfl'é- 
minccs. 

ASILE,  s.  m.  Lieu  ctalili  pour  servir  d-' 
refuge  aux  débiteurs,  aux  aimincls  qui  s'y 
rctirenl.  Asile  saint  ^  .ç/icre,  inviolable.  La  Lot 
de  MoUe  établit  des  asiles.  5e  jeter ,  se  retirer, 
se  sauver  dans  un  asile.  La  franchise ,  la  sain- 
ieté  des  agiles.  Violer  un  asile. 

II  se  dit  De  tout  lieu  où  l'on  est  à  couvert  J^ 
ilcs  poursuite*  de  U  Justice  ordinaire.  Trouve 


ASP 

un  asîle  dans  la  maison  d'un  tel  Prince.  Les 
niuisons  des  Grands  ne  doivent  point  servir 
((''asile  aujc  criminels. 

Il  se  dit  figurément  d'Une  maison  où  un 

homme  qui  n'a  pas  de  quoi  subsister,  trouve 

une  reiraitc  dans  sa  mauvaise  fortune.  Il  ne 

savait  plus  où  donner  de  la  tête,  il  a  trouvé  un 

asile  chez  un  de  ses  amis. 

Asile,  se  dît  aussi  fîgurément  Des  personnes 

et  des   choses  dont   on   tire  de  la   protection. 

Vous  êtes  mon  asile.  La  Justice  du  Prince  est 

Vasile  de  Vinnocence.  Le  Cloître  est  un  u^iilc 

contre  la  corruption  du  siècle. 

ASIMPTOTE.   s.   f.    X.rme  de  Géométrir. 

Ligne  droite  dont  une  li^ne  courbe  s  approcbt; 

continuellement  et  â  l'infini,  sans   jamais   la 

rencontrer.  Les  Asimptotes  de  l'Hyperbole. 
ASINE.  ndj.  f.  Terme  de  I*ratique,  qui  n'est 

m  usiige  qu'crï  cette  phrase,  Bête  asine,  pour 

dire,  Un  àue  ou  une  ânesse. 

ASP 

ASPALATHE.  s.  m.  Sorte  'de  bois  qui  ap- 
proche du  bois  d'Aloès,  et  qu'on  emploie  dans 
les  parfums. 

ASPECT,  s,  m.  Vue  d'un  objet,  71  tremble 
à  l'aspect  de  son  maître.  L'aspect  de  toutes  ces 
choses-là  le  surprit.  Vous  lui  pouviez  épargner 
un  aspect  si  /lic/ieur,  si  désagréable. 

Il  se  dit  aussi  De  la  perspective  que  présenta 
un  lieu,  une  situation. /.'aspect  (ie  cetfe  maison 
est  très-beau  tP^è&'aqrruJile.  Cela  fait  >ni  hel  is- 
vccT.  un  an^-éahle  aspect.  Voilà  un  vilnin  aspect. 

Asp£CT,  se  dit  aussi  De  la  situation  des 
Planètes  les  unes  îi  l'égard  des  autres.  Les  As- 
trologue^i  disent  que  le  trine  aspect  de  toute 
î'ianètc  e^t  bienfaisant.  Jupiter  regardant 
Venus  de  Irine  aspect,  en  trine  aspect.  Aspect 
hénin.  Aspect  favorable.  Mauvais  aspect.  Aspect 
infortuné.  .IJabn  aspect.  Suivant  les  difprcns 
aspects. 

On  dît  figiu-ément  d'Un  projet,  d'une  aâairc, 
Ce  projet  f  cette  entreprise,  se  prcsentent  sous 
un  fiîcheua:  aspect. 

ASPERGE,  s.  f.  Plante  légumincuse  qui  a 
une  longue  tige  plus  ou  moins  grosse,  et  qui 
selève  ensuïle  en  forme  d'arbrisseau ,  et  porte 
uns  petite  foraine  rouge.  Grosses  asperges.  As- 
perges vertes.  Asperges  de  couche.  Asperges  de 
terre.  Fosse  d'asperges.  Botte  d'asperges.  Des 
asperges  qui  monfenf  en  graine. 

ASPKRCJEK.  V.  a.  Arroser  avec  de  l'eau  on 
autre  îiqueur,  qu'on  épand  par  petites  gouttes 
avec  une  bramhe  d'arbre,  ou  un  goupillon.  Il 
n'est  guère  d  usage  qu'en  parlant  Des  choses  de 
la  Religion.  Dans  quelques  sacrifices  on  asper- 
qeoit  le  peuple  du  sang  de  la  victime.  On 
asperge  les  Chrétiens  d'eau  bénite. 

Aspeugé,  ée.  participe. 

ASPERGÉS,  s.  m.  (On  pron.  l'S  final.) 
Goupillon  à  jeter  de  l'eau  bénite.  Présenter 
Vaspergcs.  Dans  cette  acception,  il  est  du 
style  familier.  U  se  dit  aussi  Du  temps  où  se 
fait  la  cérémenic  de  jeter  de  l'sau  bénite.  On 
en  est  à  l'ugpergès. 


ASF 

ASPï^hTIE.  s.  f.  Rudesse,  qoaliié  de  ce  qrj 
est  raboteux.  On  dit  aussi  au  ligure,  L'aspérité 
I  du  caractère  de  quelqu'un. 

ASPERSION,  s.  f.  Action  d'asperger,  de 
letcr  de  l'eau  bénite  avec  l'aspersoir,  avec  la 
goupillon.  Légère  aspersion.  À  l'aspersion  de 
[  l'eau  bénite.  On  dit  Baptême  par  aspersion ,  4 
la  didiTencc  du  Bapii^nie,  soit  par  infusion  , 
soit  par  immei-sion. 

ASPERSOIR.  s.  m.  Aspergés,  goupillon  ^ 
jeter  de  Ttau  bénite. /Vesenïtjr  l'aspersoir.  Jeter 
de  Veau  bénite  avec  l'aspersoir.  L'Kvêque  pr^ 
senta  Vaspcrsotr  au  Hoi. 

ASPHALTE,  s.  m.  Espèce  'de  bitume  solide, 
rowipacle  et  dur  .  d'un  noir  luisant  comme  la 
poix ,  dont  on  fait  du  ciment  qui  résiste 
l'eau.  On  le  trouve  nageant  sur  la  surface  d 
quelques  eaux,  telles  que  la  Mer  Morte,  eic 
Asphalte  de  Judée,  de  Suisse,  etc. 

ASPHODELE,  s.  m.  Plante  dont  les  ra- 
cines sont  eu  forme  de  navets.  En  temps  do 
disette,  dans  nos  Provinces  méridionales  ,  on 
en  fait  une  espèce  de  pain.  U  y  a  aussi  uob 
sorte  de  lis  qu'on  nomme  Lis-asphodèle.  Voyei. 
Lis. 

ASPmXlE.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Sus- 
pension suljite  de  tous  les  signes  extérieurs  de  « 
la  vie.  Tomber  en  asphyxie. 

ASPIC,  s.  m.  Petit  serpent,  dont  la  morsure 
est  très-dangereuse.  Il  fut  piqué  d^un  aspic. 

On  appelle  figurément  Un  médisant,  Un 
aspic,  une  langue  d'aspic. 

Aspic,  se  dit  aussi  d'Une  espèce  de  Lavanda 
d'une  odeur  trc-sfurte.Enccscn-U  n'est  guci 
li' usage  qu'en  cette  phrase,  lltiile  d'ospic. 

ASPIRANT,  .MVTE.  adj.  U  n'est  guère  d'u- 
sage au  propre  que  dans  cette  phrase.  Pompe 
aspirante,  qui  se  dit  d'Une  sorte  de  pompe 
qui  élève  l'eau  en  l'attirant,  à  la  diflTérence  do 
celle  qui  élève  l'eau  en  la  poussant.  C'est  une 
pompe  aspirante,  qui  porte  Veau  dans  ce  ré- 
servoir. 

Aspirant,  est  aussi  substantif.  Il  se  dit  pro- 
prement d'Une  personne  qui  aspirs  à  entrer 
dans  une  Charge,  k  être  reçue  dans  une  Mai- 
son Religieuse  ,  dans  une  Er.culié  de  Théologi*, 
de  Médecine  ou  autre.  7/  n'y  a  ^t  deux  Char- 
ges qui  vaquent  j  et  H  y  a  quantité  d'aspirants 
Il  y  avoit  dans  cette  Maisvn  Religieuse  piu- 
sÎTirs  postulans  ,  plusieun  aspirans'  n.iîs  il 
n'y  en  eut  que  deiLr  de  reçus.  Il  n'est  pas  en- 
core  reçu  Bachelier,  il  n'est  qu'aspirant.  C'est 
u'i  des  aspirons.  Aspirant  au  Doctorat  j  À  la 
ilaitrise, 

ASPIRATION,  s.  f.  Action  de  celui  qui  as- 
^)irc,  qui  attire  l'air  extérieur  en  dedans.  Dans 
cette  acception,  il  n'est  d'usa°c  qu'en  cette 
phrase, L'aspiradon  est  opposée  à  Vexpiration. 

Il  se  dit  on  parlant  Des  poniprs  qui  servent 
à  l'élévation  des  eaux.  Vne  pompe  qui  agit  par 
aspiration,  et  Vautre  par  compression. 

Il  signifie  eu  Grammaire,  La  manière  de 
prononcer  en  aspirant.  L'H  (Inns  plusieurs 
mots  se  prononce  avec  aspiration. 

A5p1nATioH.se dit, en  medèrc  de  Dévotion, 
De  certains  mouvemcns  de  Tâmc  vert  Dieu. 


4SS 

ASPIREK.  V.  a.  Attirer  loir  avec  la  I)Oudie. 
U  est  opposé  à  Expirer,  suivi  d'un  régime. 

AsPiiiEn  ,  en  termes  de  Grammaire,  signifie, 
Prononcer  de  la  gorge,  en  sorte  tjue  la  pro- 
nonciation soit  ft)rtemcnt  marquée.  //  v  "  tic 
teiiains  mots  dans  la  langue  où  il  faut  aspirer 
Vu,  comme  dans  ces  mois.  Hauteur,  hardiesse, 
iiunte,  etc. 

AsPinEO,  se  dit  fi|^urément  ,  cl  signifie, 
I^ritendre  à  quelque  cliose,  porter  ses  désirs  à 
quelque  chose.  Aspirer  aux  honneurs.  Aspirer 
à  un  Emploi,  à  une  Charge.  îl  aspiroit  à  VEm- 
pire.  Aspirer  au  Ciel.  Il  n  aspire  ^u'ii  î;ou> 
plaire.  Je  n^aspire  au  à  vivre  t)  an  qu  die  ment. 

AspinÉ,  ÉE.  participe. 

ASPRE.  s.  m.  Petite  monnoîe  d'argent  chez. 
les  Turcs.  L\îspre  vaut  environ  neuf  deniers. 

ASS 

ASSA.  s.  f.  Suc  concief.  Il  y  eu  a  de  deux 
•spcces  :  h'Assa  dulcisy  qui  est  le  Benjoin,  et 
r.'/isa  fxjetida ,  dont  on  fait  usage  en  IMcdecinc. 

ASSAlJX.ANT.  s.  m.  Celui  qui  attaque.  Il 
lie  se  dit  au  singulier  qu'en  parlant  De  Tour- 
noi. Uassaillant  et  le  leriant.  Il  ctoit  un  des 
assaillans.  En  parlant  De  ceux  qui  assiègent 
une  Place,  et  qui  y  donnent  un  assaut ,  il  n'est 
d'usage  qu'au  pluriel.  Les  assaillans  furent  re- 
poussés jusque  dans  leurs  tranchées. 

ASSAILLIR.  V.  a.  J^assaillcy  tu  assailles. 
il  assaille;  nous  assaillons,  vous  assaillez,  ils 
mssaiUent.  J'assaillois.  J^assaUUrai.  J'assadli- 
rois.  Que  j'assaillisse.  Attaquer  vivement  As- 
iatllir  un  camp.  Assaillir  les  ennemis  dans 
leurc  retranchemens. 

Il  se  dit  aussi  au  fipuré.  L'orale  nous  assail- 
lit. Nous  fumes  assaillis  d'une  furieuse  tempête. 

Assailli,  ik.  participe. 

ASSAI?J1R.  V.  a.  Rendre  sain.  L'écoulement 
des  eaux  qui  croupissoient  dans  ce  vallon  a 
bien  (tssaini  le  Pays. 

Assaini  ,  ie.  participe. 

ASSAISONNEMENT,  s.  m.  .'Mélange  des  in- 
grcdiens  qui  servent  à  assaisonner.  La  viande 
étoit  bonne ^  mais  V assaisonnement  n^en  valoit 
rien.  L* assaisonnement  d'une  salade. 

U  se  dit  ligurement  De  la  manière  agréable 
dont  on  accompagne  ce  qu'on  fait,  ou  ce  qu'on 
dit.  Quand  il  ftit  des  qrdces^  il  y  joint  tous  les 
assaisonnemens  possibles. 

ASSAISONNER,  v.  a.  Accommoder  une 
viauJe  ,  ou  autre  chose  à  manger  ,  avec  les 
ingrédicns  qu'il  faut  pour  la  rendre  plus  agréa- 
ble au  goût.  Ce  Cuisinier  sait  bien  assaisonner 
Us  Viandes.  Assaisonner  une  salade. 

U  se  dit  figurcment  Des  manières  agréables, 
bonnètes,  douces,  etc.  dont  on  accompagne  ce 
qu'un  dit.  ce  qu'on  fiil.  Les  grâces  que  ce 
Frince  fait  y  il  les  assaisonne  avec  les  paroles 
du  mjnd^  les  plus  hontictes.  Ce  père  ûisouonne 
Us  réprimander  qu'il  f,it  ù  ses  enptns^  de  tout 
et  qui  peut  les  rendre  plus  supportables. 

AssAisoïiNÉ,  ÉE,  participe. 

ASSAKL  s.  f.  Titre  de  U  Sullaue  favorila 
du  Crand-.Scignenr. 

ASSAVSls.  ».  m.  Meurtrier  de  guft-apeiu 
Ton^  I. 


ASS 

Je  (iessL'ln  /orme,  et  en  u-^ihison.  L'assassin  a 
été  pris.  On  a  arrêté  les  assassins. 

AssA-ssis  ,  iSE.  ad).  Fer  assassin.  On  dit 
aussi  figurement  au  moral  :  Ves  yeux  assas- 
sins. Une  bouche  assassine.  Il  n'est  guùre 
d'usage  qu'en  Poésie. 

ASSASSINAT,  s.  m.  Meurtre  en  trahison, 
r  t  de  guel-apens.  L''assassinat  est  puni  de  la 
roue.  C'esï  un  pur  assassinat. 

On  dit,  pour  exprimer  l'injuslicc  de  la  plu- 
part des  guerres,  que  CUst  un  assassinai  entre 
les  nations,  par  ressemblance  à  l'assassinat  or- 
dinaire entre  des  gens  armés  et  d'autres  qui  ne 
le  sout  pas. 

Il  se  dit  pnr  extension,  et  suilout  en  ternies 
de  Palais,  D'un  outrage  J"  'l  de  dessein  formé, 
d'une  trahison  noire.  Ils  Vont  attendu  au  coi  ■ 
d'une  rue,  ci  l'ont  chargé  de  coups'  c^est  un 
assttssinat.  / 

Un  dit  figurément  Assassinat,  d'Une  action 
ou  d'un  discours  nuisible  contre  lequel  il  n'y 
avoit  point  de  défense.  Révéler  un  tel  secret., 
rst  un  assassinat. 

ASS.VSSINER.  V.  a.  Tuer  de  guet-apens,  de 
dessein  formé,  en  trahison.  On  Va  assassine 
iur  le  grand  chemin.  Il  n'oserait  vous  atta- 
yucr  en  homme  d'honneur^  mais  craignez  qu'il 
ne  vous  assassine.  Il  Vassassiria  au  coin  d'une 
haie. 

Il  se  dit  aussi  par  extension  ,  pour  dire  , 
Outrager,  excéder  de  coups  en  trahison.  Ils  se 
mirent  quatre  sur  lui,  et  Vassassinèrent  de 
coups.  Il  a  rendu  sa  plainte  contre  ceux  qvi 
Vavoient  assassiné. 

Il  se  dit  aussi  figurément  par  exagération, 
pour  dire.  Fatiguer,  importuner  avec  excès.  Il 
assassine  tout  le  monde  de  complimcns .,  de  cé- 
rémonies. Il  assassine  les  gens  du  récit  de  ses 
ttventureSj  de  ses  affaires .^  de  ses  procès^  de  ses 
vuvragc.t. 

On  dit  figurément,  Assassiner  la  réputation 
de  quelqu'un^  pour,  L'attaquer  lâchement  par 
des  discours. 

Assassiné,  ée.  participe. 

ASSAlTl'.  s.  m.  Attaque  pour  emporter  de 
vive  force  une  Ville,  une  Place  de  guerre,  un 
Poste,  etc.  Assaut  vigoureux.  Assaut  général. 
Aller  à  Vassatit.  Monter  à  l'assaut.  Donner  un 
assaut.  Repousser  un  assaut.  Les  assiégeatis 
furent  repoussés  à  Vassaut,  Prendre  une  Place 
d'assaut.,  Vemporter  d^assaul.  Soutenir  un  as- 
saut. Soutenir  Vassaut. 

On  le  dit  figurément  De  tout  ce  qui  exige 
une  résistincc.  Les  assauts  de  la  tempête.  Sa 
firtune  a  eu  un  rude  assaut.  Ce  malade 
éprouvera  encore  quelques  assauts  de  son  mal. 

On  dit  eu  termes  d'Escrime,  Faire  assaut, 
pour  dire,  Se  Uittrc  au  Ilcurel  pour  s'exercer. 

.■\ssACT,  se  dit  figurément  De  toute  sorte  de 
sollicitation  vive  et  prcssuite.  Résister  aux 
assauts  des  Passions,  des  tentations.  J^ai  sou- 
tenu plusieurs  atsauîs  pour  cette  affaire.  On 
m'a  donné  plusieurs  assauts  pour  m^obliger  à 
cela. 

On  dit  figurément.  Faire  assaut  d*esprit^ 
de  Grec,  di  Géographie^  de  Chronologie,  etc. 


A  S  S  Sç) 

pour  dire  ,  Hisputer  à  qui  fera  pnrnîfre  plus; 
d'esprit,  ^  qui  montrera  qu'il  sait  plus  (!e 
Grec,  de  Géographie,  etc. 

On  dit  aussi  Des  Dames  qui  vont  au  bal  ou 
'a  quelque  autre  assemblée  pour  y  faire  pa- 
rade de  leur  beauté,  tin  Elles  y  vont  pour 
faire  assaut  de  beauté. 

-ASSEMBLAGE,  s.  m.  Union  de  plusieurs 
choses  ((u'on  joint  ensemble.  Un  bateau  se  fit 
de  Vassenihlagc  df.  plusieurs  pièces  de  bois. 

AssKMDLAGF,  CQ  icmies  de  Menuiserie,  se 
dit  De  la  n:::nlère  d'assembler  le  bois  de  Me- 
nuiserie, et  des  pièces  principales  qui  servent 
■a  cet  ellct.  L'assemblage  de  cette  porte  ne  vaut 
rien.  Bois  d'assemblage.  Porte  d'asccmblticje. 

Il  se  dit  aussi  Des  cboscs  morales.  5on 
carflclère  est  un  assemhU'ge  de  bonnes  et  de 
mauvaises  qualités. 

ASSE.MBLËE.  s.  f.  Nr,îr»^'-e  de  personnes 
réunies  dans  un  même  lit?-  Belle.,  grande, 
nombreuse  assemblée.  Assemblée  d'Etats.  As- 
semblée de  Ville.  L'assemblée  des  Notables. 
L^assemblée  desChambres.  Assemblée  gcnérale. 
L'assemblée  du  Clergé.  Président  de  Vas.wmhlée. 
Il  préside  à  Vasscmblée.  Assemblée  de  parens. 
Assemblée  de  créanciers.  Convoquer  une  as- 
semblée. Congédier  l'assemblée.  Empêcher^ 
défndre  les  assemblées. 

On  dit,  Tenir  Vassemhlée,  pour  dire,  Pré- 
sider A  rassemblée;  qu'On  fi'enî  Vasscmblée  , 
que  Vassemblée  se  tient  en  un  tel  endroit,  pour 
dire,  qu'on  s'assemble  en  un  tel  endroit  ;  et  que 
L'assemblée  tient  ou  se  tient  pour  dire,  qu'On 
est  aetucllemeul  assemblé.  Aller  à  l'assemblée. 
C'est  aller  au  lieu  de  riissemblée.  Rompre  l'as- 
•^emblée.  C'est  la  faire  séparer  d'autorité.  Et  on 
dit  aussi,  ({u'Une  assemblée  s'est  rompue,  pour 
dire,  qu'Elle  s'est  séparée  sans  avoir  rien  dé- 
cidé; et  que  L^assemblée  est  levée,  pou i  dire, 
yu'Elle  est  finie. 

En  parlant  De  l'Ëglise,  on  l'appelle  L'as- 
semblée des  Fidèles, 

Assemblée,  se  dit  d'Une  réunion  de  per- 
sonnes en  société.  ^sscniMce  de  jeu.  Madame 
une  telle  tient  son  assemblée  les  mardis. 

On  le  dit  d'Un  hiA  particulier,  par  opposi- 
tion à  un  Bal  dans  les  formes,  qui  est  ordinai- 
rement public.  Il  y  a  eu  peu  de  bals  cet  hiver* 
mais  il  y  a  eu  beaucoup  d'assemblées. 

Assemblée,  en  matière  de  chasse,  se  dit  Du 
lieu   où   se   rendent   les  Chasseurs ,  et  où  ils 
.  déjeunent  avant  que  d'aller  au  laîsser-courre. 
I  Quand  on  fut  À  Vasscmblée. 
I        On  api>ellc  Quartier  d'assemblée  pour  dct 
troupeSf  Le  lieu  que  l'on  donne  aux  troupes 
pour  s'assembler;  et  on  dit,  Battre  Vassemblée. 
pour  dire,  Battre  le  tanilxinr,  afin  que  les  Sol- 
dats d'une  Compagnie  se  rendt  ut  sous  le  dr.i- 
peau.  Ce  n'est  pas  la  marche  qu'on  ^rt(,  c  e.st 
Vassemblée, 

ASSEMBLER,  r.  a.  Meure  ensemble.  //.<- 
sembler  des  troupes.  Assembler  les  Etats.  As- 
sembler des  matériaux  pour  hiltir.  Assemblr 
des  papiers  t  des  livres.  Assembler  les  feuilles 
d'un  livre  pour  le  relier. 

As^L>iBLt:ii ,  se  dit  au*.si  en  termes  de  Mrnoi- 
1^ 


go  AS  S 

Perle  et  de  Cltarpcnlerie,  pour  dire,  Joiiii-lrc, 
cmboUcr,  encii.isscr  plusieurs  pièces  de  Lois, 
en  sorte  qu'elles  ne  fassent  <]u'iui  corps,  yis- 
senthler  des  yièces  de  charpente  ^  de  menui- 
série  j  etc. 

On  dit  proverbial.  qu't7/i  homme  a  hicntât 
nssemhlc  son  conseil^  pour  dire,  qu'il  prcud 
hrusqi^piiK'nt  ses  résolutions  :ans  consulter 
personne. 

Assembler,  s'emploï;'  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  LePurlcment  s'assembla.  Le  peuple 
s'assemble.  Les  créanciers  de  cette  direction  s'as- 
semblent detu:  fois  la  semaine. 

Às~y.^'Jii.tj  ÉE.  participe. 

ASSKMCR.  V.  a.  Porter  un  coup  rude  et 
violent.  Il  lui  asscnn  ""  coup  de  massue.  Il  lui 
a  assené  un  Ci.mp  de  fierre  entre  les  deux 
yeux. 

Assené,  le.,  porticipe.  Un  coup  fortement 
assené. 

ASSKNTLMK^'T.  s.  m.  Consentement  vo- 
lontaire donné  h  une  p.'Dposilion,  à  un  acte. 
Je  n'fli  pûintdonné  mon  assentiment  à  cet  acte. 

Il  se  dit  plusordinair.merit  L)e  ra;)prot)alion 
intérieure  et  forcc'e  qu'on  donne  ;i  une  chose 
évidemment  vraie,  évidemment  bonne.  Assen- 
timent de  conviction.  L^ évidence  force  l'assen- 
timent. 

ASSENTIR,  V.  n.  toujours  suivi  de  la  pré- 
position à.  Donner  son  assentiment.  Il  est  di- 
dactique et  de  peu  d'usage  ;  il  ne  s'emploie 
guère  que  dans  l<i  Jurisprudence,  ^sscnïir  à  un 
acte,  ou  en  Pliilosophîu,  Assenlir  à  une  vérité 
démontrée 

ASSEOIR.  V.  a,  J\issicds,  lu  assieds^  i\ 
assied;  nous  asseyons  ^  vous  asseyez  y  ils  as- 
seyent. J 'asseyais.  J'assis.  J'assiérai^  ouj'as- 
seyerai.  Assieds  y  asseyez.  Que  f  asseye.  J'as- 
%iérois,  on  fasseyerois.  Que  fassisse.  En 
asseyant.  Mettre  dans  un  fauteuil,  sur  une 
chaise,  sur  un  banc,  etc.  Asseoir  un  enfant. 
Asseoir  un  malade.  Asseyez  cet  enfant^  ce  ma- 
lade. Asseyez  bien  cette  femme  à  cheval. 

Il  s'emploie  plus  ordinairement  avec  le  pro- 
nom personnel,  et  il  signifie.  Se  mettre  dans  un 
siège.  Asseytz-vcus.  Il  s'assit.  Asseyons-nous. 
On  le  fit  asseoir,  on  le  pria  (te  s'asseoir. 

On  dit,  qu'^y»  oisiau  s'est  zllé  asseoir  sur 
une  branche,  sur  un  arbrSy  pDur  direjiju'U 
s'y  est  allé  percher. 

AssEOir,  en  termes  de  Bâtimen',  sr'oifie. 
Poser  sur  quelque  cliose  de  ferme ;!■:  ^'ms  celle 
signiBcalion  et  dans  les  autres  qui  suivent,  il 
est  toujours  actif.  Asseoir  les  fondemens  d'une 
maison  sur  le  roc.  Asseoir  la  première  pierre 
d'un  édifice.  Asseoir  une  pierre.  Asseoir  une 
statue  sur  un  piédestal. 

On  dit.  Asseoir  les  Tailles.,  lesGahclleSj  etc. 
pour  dire,  lnq)oscr  et  départir  les  Tailles,  les 
Gabelles,  etc. 

On  dit,  Asseoir  une  rente,  pour  dire,  Plîicer 
une  rente.  On  a  mal  assis  cette  rente ^  on  la 
pouvoit  mieux  asseoir. 

On  dit.  Asseoir  un  camp  y  pour  dire,  Placer 
un  ctinip.  JI  assit  son  camp  hors  de  la  portée  du 
canon  de  la  ville. 


ASS 

Ou  dit  figurément,  Asseoir  son  junemcnt, 
■•^yosseoir  un  jucjemcnt,  pour  dire.  Fonder  un  ju- 
gement sur  (piclque  raison,  sur  quidque  appa- 
rence. Il  ne  faut  pus  asseoir  son  jugement  sur 
une  simple  présomption. 

On  dit  aussi  fif;urément,  qu'On  ne  peut  as- 
seoir aucun  jondcment  sur  ce  auc  dit  une  per- 
sonne^ sur  ce  (ju'eUc  promet,  pour  dire,  qu'On 
ne  peut  se  iier  à  sa  parole,  à  ses  promesses. 

Assis,  ISE.  parlicipe. 

ASSERiMENTEK.  v.  a.  Assujettir,  enga-er, 
obliger  sous  la  foi  du  serment.  Exiger  le  ser- 
ment. Il  fait  assermenter  votre  a ard-'.- chasse, 
sans  quoi  il  ne  pourrait  pas  verbaliser. 

AssEUMKNTÉ,  Ée.  parlîeipc.  Pris  .\  sennrnf. 
Attache  par  serment.  Des  témoins  assermentés. 
Un  vonimis  assermenté. 

ASSERTION,  s.  f.  Terme  didactique.  Pro- 
position qu'on  soutient  vraie.  La  seconde  as- 
sertion est  une  suite  de  la  première. 

Il  signifie  aus.si  en  style  de  Prati^juc,  Aflir- 
niatioti  en  Justice.  (Jn  le  renvoya  sur  son  as- 
sertion. Il  n'est  guère  en  usage. 

ASSERVIU.  V.  a.  Assujettir,  réduire  sous  sa 
puissance.  Ce  Conquérant  a  asservi  plusieurs 
nations. 

Il  se  Hit  au  figuré.  Je  ne  saurois  m'asservir 
à  toutes  ce-:  ccvémonics-là.  S'asservir  aux  règles. 

On  dit  rigurcmcnt,  Asservir  ses  passions, 
pour  dire,  Dompter  ses  passions.  Et  figiu-émcnl 
et  poétiquement,  en  parlant  d'Une  belle  fcmjue. 
on  dit  que  Ses  charmes  ont  asservi  beaucoup 
d^amatiSy  ont  asservi  tous  les  c^vurs. 

-IssEnvr,  lE.  participe. 

ASSESSEUR,  s.  m.  Olficier  de  robe  longuci 
rjuî  est  adjoint  S  un  Juge  principal,  pour  jugei 
eonjointenient  avec  lui  dans  uti  Présidial,  dans 
un  Bailliage,  et  qui  préside  en  son  absence, 
Conset/iery.ssesseur.  Premier  Assesseur,  etc.  As- 
sesseur au  Siéqe  Royal  de,  etc. 

ASSEZ,  ad  v.  Suffisamment,  autant  qu'il  faut. 
Assez  bon.  Assez  grand.  Assez  long.  Il  n'a  pas 
assez  de  vivres  pour  un  an.  Assez  d^argent.  As- 
sez d'amis.  Assez  et  plus  qu'il  ne  faut.  Assez 
bien.  Assez  mal.  Il  est  assez  fort  pour  vous  te- 
nir tête.  Il  a  assez  de  courage.  Vous  êtes  venu 
a'^sez  à  temps.  Il  y  a  assez  de  temps.  Assez  et 
trop  long -temps.  C^est  assez  parlé,  assez  dis- 
puté. C'est  assez  parler,  assez  disputer.  J'en  -m 
assez,  je  m.'en  cor.tcnte.  C'est  assez,  ctn  eu 
assez. 

On  dit,  Assez  peu,  et  Assez  souvent,  p  )ur 
dire  simplement,  Peu  et  so»vcn(.  ^-t-i7  beau- 
coup de  bien.^  assez  peu.  C'est  un  homme  d'as- 
sez peu  de  génie,  d'assez  peu  d'esprit.  Ll  va  as- 
sez souvent  dans  cette  maison.  On  se  trouve 
assez  souvent  embarrassé  à  choisir. 

ASSIDU ,  UE.  adj.  ^ui  est  exact  à  se  trou- 
ver ou  sou  devoir  rajipclle.  Ce  Magistrat  est 
fort  assidu  aux  Audiences.  Ce  Chanoine  est 
assidu  au  Chœur. 

Il  signifie  aussi ,  Qui  a  une  applicolion  con- 
tinuelle ît  quelque  chose.  Un  homme  assidu  au 
travail,  assiiiu  à  sa  charge  y  assidu  à  l'étude. 
.Se  rendre  assidu  à  son  devoir. 
"*      11  signifie  aussi.  Oui  rend  des  soins  conli- 


ASS 

nuels  à  quelqu'un.  Être  assidu  à  faire  sa  cour. 
Il  est  fort  assidu  <in^)rès  du  Prince. Cet  homme 
est  fort  assidu  aui>rès  de  cette  femme. 

AssiniJ,se  dit  aussi  De  certaines  clioses  pOMC 
en  marquer  la  continuation,  ou  la  fréquente 
répétition.  Des  soins  assidtts.  Des  peines  assi- 
dues. Un  travail  assidu.  Des  visites  assidues. 

ASSIDUITÉ,  s.  f.  (XJI  fait  deux  syllabes.) 
Exactitude  à  se  trouver  aux  lieux  où  le  dévoie 
appelle.  L'assiduité  d'Un  Chanoine  à  l'Office. 
11  signifie  aussi ,  Application  continuelle  à 
tm  travail,  h  une  chose.  Cette  charge  demande 
une  grande  assiduité.  J'ai  refusé  cet  emploi, 
parce  qu'il  demandoit .,  parce  qu'il  y  falloit 
trop  d'assiduité.  L'a.<isiduité  vient  à  bout  de 
tout.  Son  assiduité  à  la  Cour.  Assiduité  à  l'étude. 
Ondit,^/voir(ici'ai;su/ui(é  auprès  du  Prince, 
pour  dire,  Être  assidu  à  lui  faire  sa  cour;  et, 
Avoir  des  assiduités  auprès  d'une  femme  y  pour 
dire,  Lui  rendre  des  soins. 

ASSIDÛMENT,  adv.  D'une  manière  assidue. 
Il  travaille  assidûment.  Il  est  assidûment  au- 
nrès  du  l'rinee. 

ASSIÉC;EAIST,  ANTE.  adject.  Qui  assiège. 
Les  troupes  assiégeantes  devinrent  assiégées. 

Il  est  plus  ordinairement  substantif,  et  il  ne 
se  dit  qu'au  pluriel.  Les  assiégeans  ont  beau- 
coup avancé  les  travaux  cette  nuit.  Un  des  as- 
siégeans. 

ASSIÉGER,  v,  a.  Faire  le  siège  d'une  Place, 
On  va  assiéger  une  telle  ville,  un  tel  Château. 
Il  se  dit  aussi  Des  personnes  qui  sont  enfer- 
mées dans  une  Place  assiégée.  Ce  Prince  fit 
assiégé  dans  sa  capitale. 

11  signifie  figurém.  Enfermer,  enviroii'ipr. 
Les  eaux  nous  ont  assiégés.Ses  créanciers  l'as- 
s'.éqcnt  tous  les  matins  dans  sa  maison.  Com- 
hicn  de  malheurs  nous  assiègent! 

Il  signifie  aussi  u^^un-m.  Importuner  par  une 
présence  continuelle.  C'est  un  homme  quim'aA- 
sicgc  tout  le  jour.  J'ensuis  assiégé  à  toute  heure. 
AssiÉe.É,  ÉE.  parlicipe. 

Il  s'emploie  aussi  au  substantif  pluriel ,  cl 
signifie,  Ceux  qui  sont  dans  une  Ville  assiégée. 
Les  assiégés  firent  une  sortie.  Un  des  assiégés 
vint  se  rendre  dans  le  camp. 

ASSIENTE.  suJïst,  f.  Terme  emprunté  de 
l'Espagnol.  Ferme.  L'Assicntc  est  une  Compa- 
gnie de  Commerce  peur  la  fourniture  des  Nègres. 
ASSIETIE.  s.  f.  SilUPtion,  manière  d'^4re 
assis,  couché,  placé.  Bonne  assiette.  Mauvaii-e 
assiette.  Assiette  contrainte,  incommode.  Ce 
malade  ne  peut  trouver  une  />onnc  assiette 
C'est  un  homme  inquiet  qui  ne  peut  demeurer, 
oui  ne  peut  se  tenir  daîis  la  même  assiette. 

Il  signifie  aussi  La  situation  d'un  corps  so- 
lide posé  sur  un  autre,  en  sorte  qu'il  soit  ferme 
et  stalïle.  L'assiette  d'une  pierre,  d'une  poutre. 
Cela  n'est  point  dans  son  assiette. 

Il  se  dit  aussi  De  la  situation  d'une  Maison, 
d'une  Ville,  dune  Forteresse.  L'assiette  Àe 
celte  Place  est  avantageuse. 

En  termes  de  Manège,  Assiette  signifie  La 
situation  du  Cavalier  sur  la  selle.  Cet  Ecttyor 
fait  prendre  une  bonne  assiette  à  ses  écoliers. 
11  se  dit  figuréjueut  De  l'état  et  de  la  disp»- 


ASS 

gîlionde  l'esprit  II  n'a  pas  l'esprit  (laris  une 
hoiiiie  assiette.  Il  est  fort  inconstant,  il  u\i  ja- 
mais l'esprit  tlaus  une  assiette  ferme,  dans  une 
égale  a<sictte.  (htns  la  même  assiette.  //  n^est 
pas  aujourd'hui  dans  son  assiette  naturelle, 
dans  S071  assiette. 

Assiette,  se  dit  aussi  De  l'imposition  des 
Tailles,  et  des  autres  droits  (jui  y  sont  joints. 
I.'i:<isiette  générale  de  la  l  aille  se  fait  par  les 
Intendans  dans  chacjue  Election,  dans  cïiafjut 
Généralité.  Les  Collecteurs  des  Tailles  fnit 
l'assiette  de  la  '/aille  dans  chaaue  Parois.ie. 

Assiette  ,  se  diten  ternies  de  Jurisprudence. 
Du  fonds  sur  lc([uel  une  rente  est  assise,  est  as- 
signée. Une  rente  en  bonne  et  sûre  assiette. 

Assiette,  se  dit  encore  d'Uuc  sorte  de  vais- 
selle plaie  qu'on  sert  à  tuble  devant  chaque 
personne,  et  sur  laquelle  chacun  met  ce  qu'il 
vent  manger.  Assiette  Marnent.  Assiette  de 
vermeil  doré.  Vue  douzaine  d'assiettes.  Assiette 
d'étain. Assiette  de  fûcnce.  Assiette  creuse.  Vue 
pile  d'assiettes.  Channer  d'a-s^iette. 

On  appelle  Assiettes  volantes  ,  Certaines 
assiettes  creuses  que  Ton  sert  entre  les  plats, 
et  ou  l'on  met  des  entrées,  des  ragoûts:  et 
Assiettes  blancites ,  Les  assiettes  nettes  qu'on 
donne  en  relcvantcelles  qui  ont  servi.  Donnez- 
notis  des  assiettes  blanches. 

On  dit  £gurément  d'Un  bommc  qui  est  en 
pension  d.ins  une  au!)erge,  que  Son  assiette 
dîne  pour  lui,  pour  dire,  qu'il  ne  laisse  pas 
de  payer,  quoiqu'il  ne  se  trouve  pas  au  repas. 

ASSiETi'KE.  s.  f.  Plein  une  assiette.  Vne 
nsitettee  de  potage.  On  dit  j-lus  ordinairemenr, 
Vne  asùette  de  potaqe. 

ASSIGNABLE,  adj.  des  ?.  genres.  Qui  pcul 
être  assigne',  déterminiî  avec  précision.  71  n'y 
a  pas  entre  ces  deiux  objets  de  diff-rence  assi- 
gnable. 

ASSIGNAT,  s.  m.  Constitution  ou  as$i£;na- 
lion  d'une  rente  sur  un  héritage,  qui  demeurt 
nommément  destiné  et  afTcclé  pour  le  pavement 
annuel  de  la  rente. 

ASSIGNATION,  s.  f.  Destination  de  certain 
tonds  fiour  le  payement  de  quelque  soniine.  Oit  ■ 
lui  a  donne  des  assignations  sur  tel  cl  tel  fonds. 
De  méchantes  assignations. 

Il  signi6e  aussi  l'Exploit  par  lequel  on  est 
assigné  à  comparoitre  par-devant  le  Juge.  Je 
lui  ai  fait  donner  assignation.  J'ai  reru  une 
assignation.  Il  faut  comparollre,  se  présenter 
à  toute  assignation. 

Il  se  jirend  aussi  pour  Rendez-vous.  Vous 
deviez  vous  trouver  à  midi  en  tel  Ueu^  vous 
ava  manqué  à  l'assif^naltci'i.  Donner  des  assi- 
gnations, 

ASSIGNER.  V.  a.  Placer ,  colloqucr  un  paye- 
ment, une  dette  sur  certain  fonds,  ou  certaine 
nature  de  deniers.  On  a  assigné  le  douaire  de 
cette  princesse  sur  telle  et  telle  Terre.  On  a  as- 
signé son  remboursement  y  ses  gages,  sa  pen- 
sion, sur  les  litcettes  générales,  sur  les  cin<) 
efrotses  fermes.  Sw  (^uoi  éles-vous  assigné/ 
i^ons  êtes  bien  assigne^  mal  assigné.  Être  as- 
signé sur  un  bon ,  sur  un  mauvais  fonds. 

Un  dit  provcrbiulrment,  quVJri  a  assigné 


ASS 

un  payement  sur  les  brouillards  delà  rivière  de 
Seine,  pour  dire,  qu'On  l'a  assigné  sur  un 
maiivais  fonds. 

A^sicNEHj  signifie  aussi ,  huUquer ,  faire  coM- 
noitrc.  On  ne  peut  pas  toujours  assigner  la  vé- 
ritable cause  des  événemens. 

AssiGKEn ,  ^.ignifie  encore,  Donner  un  Ex- 
ploit pour  comparoitre  devant  le  Juge.  On  l'a 
assigné  au  i.  hdtilcf.  Je  l'ai  fait  assigner. 

Assigné,  Ée.  participe. 

Il  se  prend  aussi  substcniivenient.  Vn  dé- 
cret d'asuiijné  purir  être  oui.  C'est  le  premier 
lécict  et  le  plus  doux  que  puissent  roiidro  les 
Juj;es  en  matière  criminelle  :  ec  décret  n'est 
point  déshonorant  ;  mais  si  l'assi'r^né  ne  com- 
paroît  pas  dans  le  délai  prescrit  ,1e décret  d'As- 
sig)ié  pour  être  ouï, est  converti  en  décret  d'A- 
journement personnel. 

ASSIMILATION,  s.  f.  Terme  d.-  Physique. 
Action  par  laquelle  les  cho-es  sont  rendues 
tenihlablcs. 

ASSLMILEH.  v.  a.  Rendre  sj-nihlahle,  ou 
présenter  comme  semblable.  '  n  est  parvenu  à 
assimiler  CCS  deux  choses.  On  le  dit  aussi  pour. 
Etablir  entre  deux  choses  une  comparaison  qui 
(.uppose  ressemblance.  On  ne  peut  assimiler  ci; 
ras  à  aucun  autre. 

On  l'emploie  avec  le  pronom  personnel. 
Cela  tie  s'assimile  pas  du  tout.  S'assimiler  à 
rjuelgti'un.  Se  cqmparer  à  quelqu'un ,  s'estimer 
Ion  égal.  Je  ne  m'assimile  point  à  ce  grand 
homme. 

Assimilé  ,  ée.  participe. 

ASSISE,  s.  f.  Rang  de  pierres  de  taille  qu'on 
pose  horizontalement,  pour  eonstruire  uni 
muraille.  Ils  sont  à  la  premièrCj  à  la  seconde 
assise.  Chague  assise  a  tant  de  pouces  de  haut. 

Assises  ,  au  pi.  se  dit  Des  séancct  extraordi- 
naires que  tiennent  les  officiers  des  Seigneurs 
lie  Fief,  pour  faire  rendre  l'hommage,  les 
aveux  et  les  dénomhremens  auxquels  les  vas- 
saux sont  tenus;  et  pour  faire  revenir  les  de- 
voirs seigneuriaux,  et  rendre  la  Justice.  On  a 
tenu  les  assises  dans  cette  Terre.  Assiqncr  pour 
les  assises. 

On  dit  quelquefois,  qu  l/ii  /io»:me  tient  ses 
as.'ises  dans  une  maison^  dans  v.nc  compagnie. 
pour  dire,  qu'il  y  est  fort  écoulé,  fort  applaudi, 
qu'il  y  domine. 

ASSISTANCE,  s.  f .  Présence.  En  ce  sens  il 
n'est  guère  d'usage  qu'en  style  de  Pratique, 
soit  en  parlant  de  la  présence  d'Un  Juge,  ou 
d'un  autre  Officier  de  Justice  dans  quelque  af- 
faire du  Palais;  soit  en  parlant  de  !a  préstMice 
d'un  Curé,  ou  d'un  autre  Prêtre  dans  quelque 
fonction  ecclésiastique.  On  donna  tant  au  Com- 
missaire pour  son  droit  d'assistance.  Lt  droit 
d'u.<:sis(anre  du  Cure.  Pour  son  assistance. 

Il  signifie  aussi,  Aide,  secours.  Donneras- 
sistance.  Prêter  assistance.  Promettre  assistance. 
Demander  assistance,  de  l'assistance.  Il  a  be- 
soin de  votre  at^istance.  Il  en  est  venu  à  bout 
sans  aide,  sans  assistance  de  personne. 

Il  se  dit  aus6i  d'Une  compagnie  as«emi>lé« 
en  quelque  lieu.  Son  discours  ravit  touteVassis- 
tance.  J'en  prends  à  témoin  toute  Vassistuncc 


ASS  Qî 

A.<;siSTANCE,  en  quelques  Ordres  Religieu>:, 
se  dit  Ou  corps  des  assistans  qui  composent  k 
Cxniseil  de  l'Ordre.  Après  la  mort  du  Gniéral, 


l'Assistance  ordonna 


que.. 


Il  se  dit  aussi  dans  quelques  Ordres  Reli- 
gieux, par  rapport  aux  difTérens  Étals  où  les 
Maisons  de  leur  Ordre  sont  situées,  et  par  rap- 
port .i  la  première  etprinripale  division  qu'ils 
en  ont  faite.  i.'.Jssistance  d'Italie.  L'Assistuncc 
de  France.  L'/issistance  d'Allemagne , etc.  Il  y 
a  tant  de  Provinces  sous  l'Assistance  d'italic. 

ASSISTANT,  ANTE.  adj.  Oui  est  présent 
en  un  tel  lieu.  71  y  avoil  tant  de  I^rêlres  ussis- 
tatis  à  l'Autel.  Les  Êvêgues  assistans.  Le  pre- 
mier, le  second  Evêcjue  assistant. 

Assistant,  s'emploie  souvent  substantive- 
ment, tous  les  assistans  furent  édifiés.  Il  prit 
tous  les  assistans  à  lémom.  Un  grand  nomfcre 
d'assistans. 

Assistans,  se  dii  dans  certains  Ordres  Reli- 
gieux, De  ceux  qui  sont  établis  pour  aider  le 
Supérieur  Général  dans  les  fonctions  de  sa 
charge.  P'n  ce  sens  il  se  dit  aussi  au  singulier. 
Il  est  Assistant  du  Généial,  un  des  Assistans. 

Dans  les  Couvens  de  I-illes,  on  appelle  yfs- 
•  i.stti  rite,  La  Religieuse  qui ,  au  défaut  ue  la  Su- 
périeure, en  fait  les  fonctions. 

ASSISTER.  V.  n.  ïvtre  présent  A  quelque 
chose  par  quelque  sorte  d'ohligalion  ,  de  de- 
voir, de  bienséance.  ..^ssKfcr  .1  un  juncmeut. 
Assister  au  .*' ervice  Divin.  /Assister  à  un  Sacre. 
Assister  à  la  Messe.  Assister  à  une  cérémonie. 
Assister  à  un  enterrement. 

II  se  dit  en  matière  criminelle,  pour  mur- 
çuerUne  présence  qui  tient  de  la  complicité.  // 
n  été  banni  pour  avoir  assisté  à  un  vol  II  fut 
rondamné  comme  complice  à  assister  à  la  mort 
Ue  celui  (jui  fut  exécuté.  Il  assista  à  l'amende 
nonorahlc.  Assister  à  la  potence. 

Assister,  signifie  aussi,  Juger  conjoinie- 
flient  avec  un  autre  Juge  qui  préside.  Vn  Cletc 
ipii  assLstc  à  un  jugement  de  mort ,  devient  irré 
nulicr. 

AssisTEn,  esl  aussi  verbe  actif,  et  signifie. 
Secourir,  aider.  Assister  les  pauvres.  Assister 
ses  amis  de  son  crédit,  de  sa  bourse,  de  sea. 
conseils.  Dieu  nous  a  bien  assistés.  J'espère  gue 
Dieu  in  assistera.  Assister  un  homme  dans  son 
besoin,  l'assister  dans  sa  maladie.  Userait  mort 
si  on  ne  Veut  assisté  avec  soin. 

On  dit.  Assister  un  malade,  un  criminel  à 
la  mort,  pour  dire,  L  exhorter  à  bien  mourir. 
lui  aider  à  mourir  en  bon  Chrétien. 

Dieu i;ous assiste. Façon  de  parler  familière, 
dont  on  se  sert  quand  une  personne  cteruuc. 
On  s'en  sert  aussi  piesque  toujours,  lorsqu'on 
veut  marquer  a  un  pauvre  qu'on  n'n  rïcn  à  lui 
donner. 

AssisrEn,  siguitie  aussi,  Accompagner  pour 
quelque  action  :  en  ce  sens  il  n'est  guère  d'u- 
sage qu'.\  l'infinitif  avec  le  verbe  Faire,  et  an 
participe  passif.  Se  faire  assi-itet'  par  guelgu'un. 
Il  se  Ht  assister  par  des  Archers.  Il  etoit  assisté 
de  deux  Commissaires.  Il  comparut  assisté  de 
son  Procureur. 

Assisté,  ée.  participe. 


ASS 


ASS 


ASSOCIATION,  s.   f.  Union   de  plusieuis  Assomption,  en  ternies  de  Logique,  signi 

personnes  qui  se  joignent  ensemble  pour  quL'l-^,fie,  La  seconde  proposition  d'un  syllogisme 


que  intérêt  commun.  Vn  acte  (V  associai  ion. 
Leur  associution  est  rompue, est  finie. Associii- 
ûon  d* intcrëls. 

ASSOCIER.  V.  a.  Prendre  quelqu'un  pour 
rompiignon,  pour  collègue  dans  un  emploi, 
dans  une  commission.  Je  l'ai  associe  «  mott 
emploi  pour  me  soulager.  Dioclétien  assoaa 
Maximicn  à  VKmpiie.  Tihèrc  fut  associe  à  cet 
honneur  f  Eut  p.irt  à  cet  Iionneur. 

Associe»,  signifie  aussi,  Rect^voir  dans  une 
comp;»gnic  pour  participer  aux  avantages  de 
cette  compagnie.  Les  i'railans  des  Gabelles  Vont 
associé  avec  eux,  Vont  associé  à  leur  traite 
dans  celte  Ferme-là. 

On  dit ,  iS''ii.s:;or(er  avec  ijuclquiin ,  pour 
dire  ,  Faire  une  société  avec  quelqu'un  pour 
quelque  inl<'rôt  commun.  Ils  se  sont  ussocies 
pour  le  commerce  des  Indes. 

Il  se  dit  aussi  pour,  Hanter,  fréquenter  quel- 
qu'un, avoir  liaison,  avoir  commerce  avec  quel- 
qu'un. Il  ne  faut  pas  <ju'un  jeune  homme  s''as- 
socic  avec  toutes  sortes  de  qens. 

AssoCiR,  Éi:.  participe.  Il  est  aussi  substan- 
tif. C'est  mon  associé.  Un  tel  Bampiier,  un  le 
Marchand  et  ses  associés.  Leur  associé  est  morl 
tt  sa  l'ciive  est  présentement  leur  associée. 

AS.SOGUE.  s.  1".  :\Iot  Espagnol,  qui  signilî* 
Vif-argent.  Ondimue  ce  nom  à  c;TtainsGalioni 
d'Esp.igne,  parce  qu'ils  portent  du  Vif-argcnl 
aux  Indes  Occidentales,  dont  on  se  sert  poui 
épurer  l'or  quand  il  snit  de  la  n'ine. 

ASSOMMER.  V.  a.  (On  prononce  Assomer.] 
Tuer  avec  quelque  chose  de  pesant ,  comnifi 
une  massue,  un  levier,  des  pierres,  etc.  yis^ 
sommer  un  bœuf  avec  un  maillet.  Assommer  à 
aoups  de  hdton.  Il  fut  assommé  à  coups  de  pier- 
res. Les  paysans  Vont  assommé  dans  un  hois. 

Il  signifie  aussi  ,  Tuer  avec  quelque  arma 
que  ce  soit.  Ses  ennemis  lui  ont  dressé  une  cm- 
huscade^  et  Vont  assommé.  Il  s'esï  allé  faire  as- 
sommer mal  à  propos.  Plusieurs  furent  assom- 
més à  cette  demi-lune,  à  cette  grande  sortie. 

AssOMMEn ,  signifie  aussi ,  Battre  avec  exc(^s. 
Ce  3/nîtrc  (issomnie  de  coups  ses  domestiaues. 

AssoM^viEn  ,  se  dit  aussi  figurément  De  tuul 
ce  qui  incommode  et  qui  importune,  ou  qui 
aftligc  beaucoup.  Cet  habit-là  m\iisomme.  Ct 
grand  parleur  assomme  tout  le  monde.  Lu 
perle  de  ce  procès  Va  assommé. 

A-SSosniÊ,  i.E.  participe. 

ASSOMMOIR,  s.  in.  (  On  pron.  A-isonwir.) 
lîùton  garni  du  ne  laugueilCjiI'un  appitetd'uno 
pierre,  pour  tuer  des  rats  et  d'autres  b:>'ns. 

On  donne  aussi  ce  nom  à  un  bâton  garni 
dans  le  haut  d'une  balle  de  plomb  cnvelopjK'e 
de  ficelle. 

/^SO:\IPri<)N.  s.  f.  II  ne  se  dit  qn'en  par- 
lant Du  moment  où  une  tiadilion  respectée  dans 
l'Église  assure  que  laSainte-Vierge  fut  enlevée 
nu  r.'cî  en  corps  et  en  àme.  L'yissomption  de  la 
Sa'.titc  Vierge. 

li  se  dit  aussi  Du  jour  auquel  l'Ej^lise  en  ce- 
tèîcr  !a  fête.  Le  jour  de  VAssomptt 
unnption  est  le  (pùnze  d'Août. 


ulrement  appelée ,  La  mineure.  Cette  assomp 
tion  n*est  pas  exacte. 

ASSONANCE,  s.  f.  Ressemblance  impai 
faiie  de  son  dans  la  terminaison  des  mots.  Dar 
la  prose,  il  ne  su^t  pas  d'éviter  les  rimes  ù  I 
fm  des  membres  des  périodes,  il  faut  éviter  U 
assonances.  Or  et  (ifirorc,  peur  et  heure  soij 
des  assonances. 

ASSORATH  ou  ASSONAlI.  s.  m.  VoyC 
Sonna. 

ASSORTIMENT,  s.  m.  Convenance.  L\i^ 
sortiment  de  ces  couleurs  est  agréable ^  bien  er. 
tendu.  C'est  un  éirange  assortiment  qu'une  fil 
de  quinze  ans  avec  un  vieillard  de  guatre-vingtn 

Il  signifie  aussi,  L'amas,  rassend)lag('  com- 
plet de  ccrlaii.es  clioses  ijui  conviennent  en- 
sendile.  Un  assortiment  de  diamans,  de  pierre: 
de  couleur^  de  perles,  etc.  Elle  avoit  au  bal  ur 
assortiment  d^émeraudes.  Elle  a  une  altachi^, 
des  boucles  de  pierreries.,  et  tout  russortimeiiï. 

AssonTiMENT,  en  termes  d'Imprimerie,  Tor.t 
ce  qui  convient  à  cliaque  corps  de  caractères. 
Chez  les  Libraires,  les  Livres  d'assortiment., 
sont  Ceux  qu'ils  tirent  des  autres  Libraires.  Il 
n'a  quun  f>tids  d'assortimetit. 

AShOK'ITR.  V.  a.  Mellie  plusieurs  cho»^i 
ensemble,  eu  sorte  (m  elles  se  conviciment. -as- 
sortir diverses  -couleurs  Vune  avec  Vautre.  Cc(ft 
ctofTt'  est  riche  y  H  faut  l'assortir  d'une  doublu't 
gui  le  soit  aussi. 

Il  se  dit  figurcment  Des  personnes.  Qur.-\i\ 
on  prie  des  gens  à  un  lepas,  il  fiut  avoir  sciu 
de  les  assortir.  Pour  ftire  un  bon  mariage,  \\ 
faut  bien  assortir  les  personnes.  Il  faut  asso!  ^'< 
les  conditions ,  les  dges. 

Assonrin,  signifie  aussi,  Fournir  de  t(?3^.«; 
sorte  de  choses  convenables.  Assortir  un  m  i- 
nasin,  une  boutique  de  toute  sorte  de  marchmi- 
dises.  Allez,  chez,  un  tel  Marchand^  il  a  de  quoi 
vous  assortir. 

AssonTin  ,  est  aussi  neutre ,  et  signifie ,  Con- 
venir à.  Cette  pièce  de  tapisserie  n\iSSortil  J?as 
bien  à  Vaîilrc.  Ces  deux  conleurs-Ici  n'assoKis- 
scnt  pas  bien  ensemble.  Cette  garniture  assortit 
bien  à  Vhahit^avcc  l'habit.  Il  fiut  trouver  quel- 
que chose  qui  (i.ssordsseà  cela.  Il  chercheun  che- 
val de  carrosse  gui  pui$se  assortir  à  ceux  qu'il  a. 

AssoiiTin,  s'emploie  au^si  avec  le  pronom 
[iiTsonnel.  Ces  deux  couleurs,  ces  deux mcAles 
ne  s'assortissent  pas  ensemble.  Il  se  dit  fi(Tré- 
mont  ou  moral.  De  la  convenance  ou  de  i'op- 
posilion  des  earactcres,  des  buuieurs.  Ces  ài:ux 
personnes  s  assortissent.  Leurs  cartictèrtTS  ne 
.s'rts.îortis.seat  point.  Je  nai  pu  m'tissorlù  cvec 
cet  liommc. 

Assonxi  ,  lE.  participe.  Il  n'y  a  poi',*  de 
Marchand  miciuc  assorti.  Il  est  bien  asso^i^i. 

ASSORTISSANT,  ANTE.  adj.  Qui  convi  Mil, 
qui  assortit  bien.  Donnez-moi  une  coulo'iT  as- 
sortissantc  à  ce  gris-deAin. 

ASSOTER.  y.  a.   Infatuer  dune  paoa'o"  , 

rendre  sottement  anionreux.  //  s'est  lais:(tcsso- 

VAs~  1  ter  d'une  file.  Il  s'emploie  ordinairement  avec 

'  le  pronom  pcrsoDucl,  et  signifie,  l'rendr::  un 


sot  amour.  îl  s^est  tissotc  d'une  muison  qui  le 
ruinera.  Il  est  familier. 

AssoTÉ,  Ée.  participe.  Il  est  bien  assolé  de 
son  fils. 

ASSOUPIR.  V.  a.  Endormir  ù  demi,  causer 
une  disposition  procbalLc  au  sommeil.  Les  fu- 
mées du  vin,  des  \nandes.  V assoupissent.  Les 
vapeurs  qui  montent  à  la  tête  assoupissent.  La 
monotonie  d'un  discours  assoupit  ordinaire- 
ment les  auditeurs.  Une  drogue  qui  astoupit 
les  sens. 

Il  signifie  aussi.  Adoucir,  suspendre,  dimi- 
nuer pour  un  temps  ;  et  il  ne  se  dit  guère  qu'en 
parlant  Ocs  douleurs  aiguës.  Ln  remède  qui 
assoupit  les  grandes  douleurs. 

Il  signifie  figurément,  Empêcher  l'éclat,  le 
progrès ,  les  suites  de  quelque  chose  de  fâcJieiix* 
Il  se  trouva  implique  dans  l'accusation  j  sCê 
parcns  ossoupirent  bientôt  Va'fuire.  Cette  af' 
faire  est  capable  de  vous  ruiner.,  devousperdrCf 
il  faut  Vassoupir,  Assoupir  la  sédition.  La  guerre 
fut  assoupie.  Assoupir  un  dijfirent.  Assoupir 
une  querelle. 

Assoupir,  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel,  et  signifie,  S'endormir.  Il  s'assoupit 
d'ordiniiirc  après  le  repas. 
Assoi  VI ,  lE.  participe. 
ASSOUPISSANT,  ANTE.  adj.  Qui  assoupit. 
Fumées,  vapeurs  assoupissantes. 

ASSOUPISSEMENT,  s.  m.  L'état  dune  per- 
sonne assoupie.  Il  ètoit  dans  un  grand  assou- 
vissement ,  dans  un  profnnd  assoupisscmeni. 
Vn  assoupissement  Icthanfujuc. 

Il  se  dit  figurém. ,  pour  sïgnîfîer  Une  grande 
nonchalance,  une  grande  négligence  pour  se* 
devoirs ,  pour  ses  intérêts.  îl  est  lomijé  dans  un 
honteu.r  (issowpissemenl  sur  tous  ses  devoirs.  Il 
ne  songe  point  à  ses  intérêts,  il  est  là-dessua 
dans  un  assoupissement  étrange.  Sortez  de 
votre  assoupissement.  Il  est  temps  de  revenir 
de  votre  assoupissement. 

ASSOUPLIR.v.  a.  Rendre  souple.  Assouplir 
une  étoffe.  Assouplir  un  cheval. 

11  s'emploie  aussi  au  figuré.  Assouplir  le  ca- 
ractère de  quelqu'un. 

AssOiH'Li,  lE.  participe. 
ASSOURDIR,  v.  a.  Rendre  sourd.  Ce  bruit 
m'assourdit.  Le  bruit  du  canon  assourdit. 

Assounnin  ,  en  Peinture,  est  Diminuer  la 
lumière  et  iijs  détails  dans  les  demi-teintes. 
Assounni ,  ie.  participe. 
ASSOUVIR.  V.  a.  Rassasier  pleiri»»ment  , 
apaiser  une  faim  vorace.  Depuis  qu'il  est  relevé 
fie  maladie  ,  on  ne  saiiroit  Vassouvîr.  On  ne 
peut  (issoKvir  cet  enfant.  C'est  une  faijn  canine 
quon  tissouvirn  difficilement.  Que  faut-il  faire 
pour  assouvir  cette  voracité?  CVsï  un  loup 
affamé  qu'on  ne  sauroit  assouvir.  On  ne  peut 
Vassouvir  de  pain,  r«ssora'ir  de  inande.  Vue 
bête  féroce  qui  ne  s'flssoiiyit  que  de  carnage. 

Assouvin,  s'emploie  au  figure,  eu  parlant 
i)c  certaines  passions  violentes,  et  de  ceux  qui 
s'y  livrent.  Assouvir  sa  vengeance ,  sa  cruauté, 
sa  rage.C*est  une  cruuntc  qit^on  ne  peut  assou' 
vir.  Il  a  un  désir  de  gloire  qiCil  ne  peut  assoU' 
vir.  Cette  avarice  ne  s'assouvira  jamais. 


ASS 

Assouvi ,  lE.  piirtici^je. 

A5S0UVISS1:MKNT.  s.  m.  État  de  ce  qui 
esc  assouvi.  L^ assouvissement  des  désirs  ,  des 
passions.  Ce  mot  n'est  guère  en  usa^c  au  propic 
que  duiis  cette  phrase,  L'assouvissement  de  la 
fa  im. 

ASSUJETTIR  ou  ASSUJf'.TIR.  v.  a.  Sou- 
mettre, ranger  sous  sa  doininatîon.  Assujettir 
unveuvlef  une  l'rovince.  On  n'a  pas  encore 
assujetti  ce  Pays-là. 

On  dit  figun-mt^iit.  À ssujeitir  ses  passions, 
pour  dire,  Les  soumcltre  à  la  raison. 

Il  signifie  aussi ,  Astreindre  h  quel'{ue  chose. 
Les  règles  de  l'art  assujettissent  l'ouvrier.  Il 
veut  vous  assujettir  à  d'vtranrjes  conditions. 
Je  ne  veux  pas  m'assujettir  à  cela.  S*assujeltir 
aux  heures  d'autrui.  S'assujettir  aux  jantai- 
sics^  aiLc  caprices  d'un  autre.  J'ai  trouvé  dans 
ce  bâtiment  un  pavillon  de  jatt ,  nui  m'cssnjeltil 
à  en  faire  un  pareil.  Il  n'a  pu  triiler  le  sujet  t/i' 
cette  Traqcdic  d'une  autre  manière,  parce  (ptc 
l'Histoire  V assujettissait. 

Il  signifie  eu  Mécaniqnc,  Arrêter  une  chose 
de  telle  sorte  qu'elle  soit  stable  et  sans  mou- 
vement. 

Assujetti,  ie.  participe. 

ASSUJETTISSANT  ou  ASSUJÉTISSANT, 
AJSTE.  ndj.  Qui  astreint,  qui  reud  extrt-nie- 
JUeot  sujet.  C^est  un  mélier  bien  assujettissant. 

ASSUJETTISSEMENT  ou  ASSUJETTISSE- 
MENT, s.  m.  Contrainte ,  ohli^aiion  de  fairr 
certaine  chose.  C'est  un  qrand  assujettissement. 
Il  ne  peut  souffrir  cet  assujctlissen-.cnt. 

ASSURANCE,  s.  f.  Ccrtiiude.  On  ne  peut 
plus  douter  de  cette  nouvelle  y  on  en  a  une  en- 
tière assurance.  Vous  n\ivez  quà  partir ^  avec 
assurance  que  je  vous  suivrai  de  près.  Prenez 
cette  étoffe  avec  assurance,  en  .i.xsur.incc .  elh' 
est  fort  bonne. 

En  parlant  d'Un  homme  en  qui  on  ne  peut 
prendre  de  confiance,  on  dit,  (\ii  II  n'y  a  point 
d'assurance  y  qu'il  n'y  a  nulle  assurance  à  pren- 
dre en  lui. 

AssunAMCE,  se  dit  aussi  dUne  forte  proba- 
bilité. J^ai  des   assurances  presque   certaines 

ifue On  nous  en  a  donné  des  assurances 

très -probables.  Ce  ne  sont  pas  là  de  vaines 
assurances  ^  des  assurances  en  Vair. 

AsstnANCE,  si-;nific  aussi,  Etat  où  l'on  est 
hors  de  p*^*ril.  Je  l'ai  mis  en  lieu  d'assurance. 
C*est  ce  qui  fuit  Vùssurancc  du  Pays. 

AsscTiANCE,  si;^nific  aussi.  Promesse,  obh- 
gatioD  ,  nantissement  ,  etc.  qu'un  donne  pour 
Sffvir  de  sûreté  i  un  homme  avec  qui  l'on 
traite.  Je  vous  donnerai  vos  assurances,  une 
Ifonne  assurance. 

En  termes  de  Commerce,  il  se  dit  d'Un  ecte, 
d'un  traite  par  leijuel,  moyennant  une. certaine 
Konniie,  ou  s'engaj;e  à  répondre  des  pertes  que 
des  Negocians  pourroicnt  faire  sur  mer.  Et  on 
appelle*  La  Chambre  des  .Issurances  ,  Une 
•onq>p.SDie  de  gensqui  font  d-'  semblables  Irailt'-». 

AssL'nA?(CE,  signifie  aussi  Hardiesse.  //  ne 
craint  rien,  il  parle  avec  assurance.  Voyez 
avec  quelle  assurance  H  répond  aux  Ju.jes. 
C'est  un  Acteur  nouveau ,  qui  n'a  pas  encore 


ASS 

â''asstirance  sur  le  Théâtre.   Vnc  noble  assi 
rancc.  ^ 

ASSURÉMENT,  adv.  Certainement ,  sûre- 
ment.-^ssurémeii!  cela  est  vrai.  Oui  assurément. 

ASSURER.  V.  a.  Affirmer  une  chose.  Cela 
est-il  ainsi?  Oui,  je  vous  en  assure.  Il  assure 
un  mensonge  aussi  hardiment  qu'une  vérité.  Il 
leur  a  assuré  (Qu'une  telle  chose  étoit  vraie.  Il 
nous  l'assura  tant  de  /<'is,  que  nous  le  crûmes. 

^VsstnEn,  sif;nifie  aussi,  Rendre  témoignage 
J<ï  (|ufclque  rliusc.  Vous  pouvez  Vussurer  que  je 
j)r-iidrai  ses  intérêts.  Assurez-U  de  mea  res- 
pects y  de  ma  reconnoissance. 

On  dit,  Absurez-vous  que  je  vous  servirai. 
que  je  ferai  vicn  devoir^  pour  dire,  Soyez  cer- 
tain, soyez,  persuadé  que  je  vous  servirai,  que 
je  ferai  mon  devoir;  et,  Je  m'assure  que^  pou. 
dire,  Je  suis  persuadé  que,  j'espère  que.  Vous 
avez  promis  de  nous  itenir  voir,  je  m'assure 
que  vous  n'y  manquerez  pas. 

S'assurer  d'un  f'it.  C'est  se  procurer  la  cer- 
titude de  ce  fait.  Assurez-voiu  dt,  cettf  nom-ellfl 
avant  de  la  répandre. 

Assuiœh  ,  signifie  aussi,  Eaire  qu'une  cliosc 
ue  périclite  point,  .-assurer  le  donaire  d'une 
femme.  Assurer  une  dette,  une  hypothèque. 

Ou  dit  en  termes  de  Commerce,  Assurer  un 
vaisseau  marchand,  pour  dire,  Garantir,  moyen- 
nant certaine  somme,  le  prix  des  marchandises 
dont  il  est  charj^c.  Assurer  un  navire  à  tant 
pour  cent-  et.  Assurer  le  Capitaine  et  l'èqui- 
paijc  du  vaisseau,  pour,  S'enjjagcr  â  les  riche- 
tcr ,  en  cns  qu'ils  soient  pris, 

AssunEn,  s'emploie  avec  le  pronom  person- 
nel, au  sens  d'Avoir  confiance.  Je  m'assure 
qu  il  fera  ce  que  je  lui  demande. 

Il  se  dit  aussi  avec  les  prépositions  Dans  et 
/Cn  ,  pour  signifier.  Etablir  sa  confiance.  Mal- 
heur à  celui  qui  ne  s\issure  que  dans  ses  ri- 
chesses ;  il  faut  s\issurer  en  Dieu. 

Ou  dit,  (S'assurer  de  quelqu'un,  pour  dire. 
S'assurer  de  la  protection,  du  suffrage  de  quel- 
iju'un  dans  les  cli oses  où  l'on  a  besoin  de  lui. 
L'est  de  cet  homme  que  votre  affiiire  dépend; 
ti  iJor^s  voulez  quelle  réussisse,  assurez-vous 
dehii. 

Et  ou  dit  aussi,  S'assurer  de  quelqu'un 
^'assurer  de  sa  personne,  pour  dire,  I.'arrèler 
l'emprisonner. 

On  dit  aussi,  5'ass»rer  de  quelque  chose, 
pour  dire,  Preudre  ses  précautions  pour  enètie 
le  luaitre.  Ce  Général  s'est  assuré  de  tel  poste. 

AssvnEti  hA.  MAIN.  Hendie  la  main  fcrnse  ei 
sûre.  Cette  façon  de  parier  n'est  dosage  qu'en 
parlant  De  l'adresse  de  la  maîn  pour  bien  faire 
les  opérations  de  Chirurgie  ,  ou  pour  bien 
écrire.  Il  fiut  qu\tn  Chirurgien  s'exerce  sou- 
vent pour  s'assurer  la  inain.  Faire  écrire  S'ju- 
vent  un  écolier  pour  lui  assurer  la  main. 

On  dit,  Assurer  une  muraille,  un  plancher. 
pour  dire,  L'étaycr;  et.  Assurer  un  vase,  pour 
dire.  Le  poser  de  manière  qu'il  ne  puisse  toni- 
hcT.  On  dit  aassi  au  figuré.  Assurer  sa  conte- 
nance, son  visage,  etc.  pour  dire,  Prendre  uoc 
lODlenance,  un  visage  ferme. 

AssuntR,  "tj^îiiGe  encore    Faire  qu'on  n'ait 


AST  93 

point  do  peur.  71  (ire  des  coup-i  de  pistolet  aux 
oreilles  du  cheval  pour  l'iissurer.  On  dit  que  le 
bruit  du  canon,  les  fréquens  coups  de  canon 
assurent  les  soldats. 

AssunÉ,  ÉE.  participe.  Il  est  aussi  adjectif, 
et  signifie  Hiu-di,  sans  crainte.  CouIeiinncC  as- 
surée, mine  assurée^  regards  assurés. 

Il  se  prend  qucKjuefuis  en  mauvaise  part,  Ct 
alors  il  se  met  ordinairement  devant  le  substan- 
tif. Un  assuré  voleur.  Un  assuré  nicnfcur. 

ASSUREUR,  s.  m.  Il  n'est  d'usage  (lu'en 
parlant  De  ceux  qui,  pour  certaine  somme, 
assurent  les  marchandises  dont  on  charge  des 
vaisseaux  pour  le  commerce. 

AST 

ASTEK.  s.  m.  Genre  de  plantes  dont  il  y  1 
be^u'^oup  d'espèces,  et  dont  la  fleur  est  radie;*. 

.\STtRIE.  s.  f.  Nom  donné  par  quelques 
Auteurs  h  une  espL-ce  d'opale. 

ASTERISMF,.  s.  m.  Terme  d'Astronomie. 
Constellation.  Assemblage  de  plusieurs  étoiles. 
Les  Astérismes  sont  marqués  sur  le  Globe  cé- 
leste. La  grande  Ourse,  la  petite  Ourse  y  so*\t 
des  Astérismes. 

ASTÉRISQUE,  s.  m.  Terme  d'Imprimerie. 
Petite  marque  en  forme  d'étoile  ,  qui  se  met 
dans  l'impression  des  livres  pour  marquer  uu 
vcnvoï.  Mettre  un  astérisque.  Cet  astérisque  ren- 
voie à  une  grande  note. 

ASTHMATIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  a 
un  asthme,  qui  est  sujet  à  l'asthme.  Il  y  >' 
juinze  ans  quH  est  as(}imiitii}u\ 

ASTHIME.s.  m.Sorted'infinnné*|ni  consiste 
dans  une  grande  ditKcullé  de  res|iirer  en  de 
certains  temps.  //  a  un  asthme  focheux.  ijuand 
sou  asthme  le  prend.  Quand  son  asthme  le 
tient.  Il  c>-t  dans  l'accès  de  son  asthme. 

.VSTICOTER.  v.a.  Contrarier,  tourmenlei 
{juelqu'un  siu-  de  petites  choses.  Il  est  familier. 
il  ne  cesse  d'asticoter  ses  enfans  :  cela  les 
rebute. 

Asticoté,  ke.  participe. 

ASTRAGALE,  s.  m.  Moulure  ronde  qui 
embrasse  l'extremité  supérieure  d'une  ctnonne. 
I,orsqu'elIe  est  cmplovée  ailleurs,  comme  dans 
la  corniche,  on  l'appelle /)ii<jucï/e.  Elle  est  quel- 
quefois en  grains  longs  et  ronds.  Un  chapiteau 
urne  d\tstraqales. 

(/■s  Anatomistes  appellent  Astragale,  l.t: 
plus  gros  os  du  tarse. 

ASTRAG.'VLE.  s.  m.  Plante  légumineuse. 
Sa  racine  est  douce  au  goût.  Quelques-uns  p«r 
cette  raison  la  nomment  fausse  Réglisse. 

ASTRAL,  ALE.  adj.  Q>ui  apparlitmi  aux 
astres. 

ASTRE,  s.  m.  se  dit  en  gcne-ral  De  tous  les 
corps  célestes.  Le  niouirmcNt  drs  Astres,  Le 
cours  des  Astres.  L'aspect  des  Astres.  Observer 
les  Astres.  Spéculer  lesAstres.  Calculer  le  mou- 
vement des  Astres. 

On  appe'lc  le  Soleil.  VAstre  du  Jour;  et  li 
Lune ,  {'Astre  de  la  Suit. 

Ed  parlant  Des  diflércns  aspects  des  Astre», 
par  rapport  au  pouvoir  que  le»  Astrologues 
leur  aiiiibuent  sur  les  coq}S  :eiTcstres.  on  dit  ; 


94  ASÏ 

I/influence  Hes  Astres.  Les  Astres  infucnt  sur 
les  corps  siihUinaircs.  Astre  bénin.  Astre  fiivo- 
rabl:.  Astre  niiilin.  L'Astre  aiti  présiih  m  la 
nuissancc.  Lire  ne  sous  un  Astre  favorable  . 
sous  ïin  Astre  malhenreux.  Il  prétcndoït  con- 
naître iavenir  par  Vinapcction  des  Astres 

Les  Astres  inclinent  et  ne  forcent  pas.  Le  saçjc 
commande  aux  Astres. 

ASTREINDRE,  v.  ji.  Assujettir.  Astrcirulre 
'jueUju'un  à  des  conditions  déraisonnables  et 
injustes.  Il  voudroit  m'astreindre  à  telle  chose. 
Je  ne  veux  ]>as  m'y  astreindre. 

Astreint,  F.iNTt.  iKirticipc. 

ASTni>'t;KNT,  E\TK.  adj.  Qui  resserre. 
Ilemcde  astringent,  ilcrbe  astringente.  Poudre 
astringente. 

Il  est  qi'.clq!;."ibis  substantif,  .^rr^lcr  le  sainj 
avec  des  ai-iring<Mis. 

ASTROÏTE.  s.  f.  Espt^ce  de  inadre[}ore  ou 
de  corps  marin ,  sur  lequel  on  voit  repre'sentéc 
la  iigtire  d'une  étoile. 

AsTnOiTE  ,  se  dit  aussi  d'Une  espèce  de 
pierre  A  laquelle  la  Magie  Orientale  aitribuoit 
de  grandes  vertus. 

ASTROLABE,  s.  m.  Instrument  Astrono- 
mique ,  dont  on  se  sert  pour  oI)server  la  liauieur 
des  Astres,  traité  de  Vusage  de  l'Astrolabe.  On 
donne  aussi  le  nomdV/sïro/ube  à  certaines  pro- 
jections de  la  Sphère. 

ASTROLOGIE.'*,  i.  Art  chimérique,  suivant 
les  ri>£;!es  duquel  on  croit  pouvoir  connoïtrc 
l'avenir  par  l'inspection  des  Astres.  L'Astro- 
logie est  une  .science  vaine.  La  plupart  des 
Astronomes  se  moijuent  de  VAstrologw. 

Comme  le  puLlic  confond  qvielqurfois  l'As- 
tronomie avec  l'Astrologie,  on  les  dislingue  en 
donnant  ;"i  l'Astrologie  l'épilliète  de  Judiciaire. 
L^Astrologie  Judiciaire. 

ASTROLOGIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui 
apporlient  à  l'Astrologie.  Prédiction  Astrolo- 
gi(jue.  -On  appelle  Figure  Astrologigue ,  La 
Description  du  Thème  Céleste,  ou  de  la  posi- 
liou  dans  laquelle  est  le  Ciel  dans  le  temps 
donne. 

ASTROLOGUE,  s.  m.  Celui  qui  fait  proies- 
sion  de  l'Asirologie  Judiciaire. 

On  dit  proverb.  d'Un  homme  qui  n'est  pas 
fort  habile  eu  quelque  profession  que  ce  soit-, 
qu7!  n'est  pas  un  grand  Astrologue. 

ASTRONOME,  s.  m.  Celui  qui  sait  l'Astro- 
noniie.  Grattd  Astronome.  Les  Astronomes  ont 
ohservCj  ont  remarqué.... 

A.STRONOMII">.  s.  f.  La  Science  du  cours  el 
de  la  position  des  Astres.  Il  est  savant  en  As- 
tronontie.  Les  principes  de  l'Astronomie  sont 
certains. 

Or  appelle  Astronomie  physique.,  La  partie 
de  l'Astronomie  qui  n  pour  objet  d'expli^ei 
le»  phénomènes  célestes. 

ASTRONOMIQUE,  adj.  des  a  genres.  Qui 
appartient  à  rAstrouomie.  Tables  Astronomi- 
tfues.  ObM^rvaliona  Astronomiques. 

ASTRONOMIQUEMENT.  adv.  D'une  ma- 
nière Astronomique,  suivant  les  principes  de 
l'ABlroDomie. 

j\-STlICE.  s.  f.  Mauvaise  (înesse.  Un  homme 


A  T  H 

plein  d'astuce.  Il  a  fait  cela  par  astuce.  Em- 
ployer de  petites  astuces. 

ASTUCIEUX,  EUSE.  adj.  Qui  a  de  l'astuce. 

AS  Y 

ASVLK.Voves  Asile. 
ASYMPTOiE.  Voyez  Asimi'tote. 

ATA 

ATARAXIE.  s.  f.  Terme  de  Pliilosopliie 
r)uictude,  calme,  tr.inquiliitc  de  l'ûme.  Les 
Stoïciens  tendaient  à  i.}tura.vie. 

ATE 

ATELIER,  s.  m.  Le  lieu  où  certains  Ou 
vriers,  comme  Peintres,  Sculpteurs,  Maçons, 
fiharpentiers.  Menuisiers,  etc.  travaillent  sous 
uu  môme  Maître.  Un  Maître  Maçon  gui  a  son 
atelier  à  tel  endroit.  Un  Sculpteur  gui  a  son 
atelier  dans  le  Louvre.  Un  atelier  dans  VArsc- 
nal.  Des  garrons  gui  travaillent  à  un  atelier. 
Quitter  un  atelier. 

Il  se  prend  aussi  collectivement  pour  tons 
les  Ouvriers  qui  travaillent  sous  un  mùme 
Maîtiv.  C  est  un  homme  gui  fait  bien  aller  un 
atelier^  gui  conduit  bien  vn  atelier.  Tout  Vate- 
lier  gaittit  en  même  temps. 

ATELLANES.  s.  f.  pi.  Espèce  de  farees  en 
usage  sur  le  Tho-Hre  Romain.  Les  Atcllanes  ti- 
roient  leur  nom  de  lu  Ville  d'Atelles.  Elles  rc- 
pondoienl  aux  Pièces  satiriques  des  Grecs. 

ATÉMADOULET.  s.  m.  Titre  du  premier 
Ministre  de  Perse. 

ATERMOIEMENT,  ou  ATERMOlMENT. 
s.  m.  Terme  de  Pratique.  Accommodement  d'un 
débiteur  avec  ses  créanciers  pour  les  payer  à 
certains  termes.  L'atermoiement  gu^il  a  fail 
avec  un  tel  a  remis  ses  aflaires.  Moyennant  cei 
atermoiement  H  a  satisfitit  ses  créanciers.  Con- 
trat d'atermoiement.  Lettres  d'atermoiement. 

ATERMOYER,  v.  a.  {Il  se  conjugue  conimr 
Employer.)  Terme  de  Pratique  el  de  Commerce. 
Prolonger  les  termes  d'un  payement,  //fernioyer 
unelettre  de  change ,  unepiomessc,  un  billet^etc. 

Il  signifie  aussi  avec  le  pronom  pei-sonnel 
S'acconmioder  avec  ses  créanciers  pour  les  payer 
à  certains  termes  ,  par-delà  les  ternies  échus.  Il 
s*est  atermoyé  avec  ses  créanciers  à  six  ternies 
devinée  en  année.  Il  s'est  atermoyé  pour  ses 
dtUcs ,  à  tant  de  temps  et  tant  de  payemcns. 

Ateumové,  èe.  participe. 

AT  H 

ATHANOR.  s.  m.  Terme  de  Chimie.  Fotr- 
ncau  disposé  de  manière  à  faire  ûvec  un  même 
fc'i  des  opérations  qui  exigent  des  degré*  de 
chaleur  dllFérens. 

ATHÉE,  s.  m.  Celui  qui  ne  rcconnoîi  point 
de  Dieu.  C'est  un  Athée.  Il  passe  pour  Athée. 

Il  s'emploie  aussi  adjeclivenient ,  et  signille, 
Qui  nie  la  Divinité.  Un  sentiment  athée.  Une 
proposition  athée. 

ATHÉISME,  s.  m.  Impiété,  qui  consiste  à 
ne  rcconnoitre  point  de  Dieu.  Le  Ubertinagr 
mène  à  l'atlicisme.  Celte  opinion  approche  de 
l'athéisme. 


ATO 

ATHLÈTE,  s.  m.  C'ctoit,  chez  les  anciens 
(irecs,  (<ehii  qui  conibatloit  dans  les  Jeux  so- 
lennels de  lu  Grèce.  Vn  puissant  Athlète.  Lu 
Atlilète  robuste.  Combat  d'Athlètes. 

Il  se  dit  fiijurém.  Des  hommes  forts  et  ro- 
bustes, adroits  aux  exercices  du  cor-ps.  C'est  un 
vrai  athlète,  un  corps  d'athlète. 

On  appelle  figur.  Les  Martyrs,  Les  athlètes 
de  la  Foi,  les  atlilètes  tie  Jksus-Chuist. 

ATHLÉTIQUE,  s.  f.  C'est  une  branche  de 
la  Gymnastique  des  Anciens. 

AITILÉTIQUE.  adj.  des  2  ^.  Qui  appar- 
tient à  r.'itlilète.  Taille  athlétigue,  force  alhlé- 
tujue.  Cet  homme  a  des  formes  athlétiques. 

A/'HLOTHÈTE.  s.  m.  C'est  le  nom  qu'on 
donnoit  chez  les  Grecs  h  un  Officier  qui  prési- 
doit  aux  Jeux  Gymuiquf  s. 

ATI 

ATINTER,  s'ATINTER  v.  a.  Parer,  orner 
avec  trop  d'affcclalion.  Elle  est  deux  heures  a 
s'atiuter.  Qui  vous  a  ainsi  atintée?  Il  est  po- 
pulaire. 

Atinté  ,  ÉE.  participe. 

ATL 

ATLANTE,  s.  masc.  Terme  d'Architecture. 
Statue  d'homme,  qui  tient  lieu  de  colonne. 
pour  porter  les  entablemens.  Des  Atlantes  et 
des  Caryatides. 

ATLAS,  s.  m.  Recncil  de  caries  géograpH- 
ques.  Grand  Atlas.  Atlas  portatif. 

Atlas,  en  termes  d'Anatomie,  est  le  nom 
rfu''>n  donne  ;'i  la  première  vertèbre  du  co». 

ATM 

ATMOSPHÈRE,  s.  f.  La  masse  d'air  qui 
invironne  la  terre,  et  où  se  forment  les  mé- 
It'ores.  L'Atmosphère  est  tantôt  plus  y  tantôt 
moins  chargée  de  vapeurs. 

ATO 

ATOME,  s.  m.  Corps  qu'on  regarde  comm« 
indivisible,  à  caxise  de  sn  petitesse,  l'émocvite 
et  F.picure  ont  prétendu  que  le  monde  étoit 
com^»)sé  d'atomes^  que  les  corps  se  formaient 
[lijr  la  rencontre  fortuite  des  atomes. 

Atome,  se  dit  aussi  De  certe  petite  poussière 
que  l'on  voit  voler  en  l'air  aux  rayons  du  soleil. 

AT(  ïNIE. s.  f .  Termt  de  Médecine. Eoihlesse, 
relâchement  d<'S  fibres. 

ATOUR.  s.  m.  Parure.  H  lie  .-îe  dit  qut  De 
la  parure  des  femmes,  et  guère  qu'au  pluriel. 
Elle  avoit  ses  plus  beaux  atours,  Quaiid  elle  est 
dans  ses  beaH.v  atours. 

On  appelle  chez  les  Reines  et  chez  les  Prin- 
cesses de  la  Famille  Royale,  Dame  d'atour , 
Une  Diime  dont  l.i  charge  est  de  coifteret  d'ha- 
biller la  Reine,  la  Princesse.  Dame  d'iitonr  de 
la  Reine.  Dame  d\itour  de  Madame.  Chargt  de 
Dame  d'atour. 

ATOUR NKK.  v.  a.  Orner,  parer.  H  "esr  dit 
qu'en  parlant  De  la  parure  des  femmes,  et  eu 
plaisanterie.  Atourner  l  épousée. 

ATOunNE,  LE.  participe.  Vous  voilà  bien 
atournée. 


ATT 

ATOUT,  s.  m.  Terme  du  jeu  de  cartes.  V. 
TiiOMPBE.  C'est  la  même  cliose. 

ATR 

ATRADILAIRE,adj.  des  ?.  gcnr.  qui  se  dit  De 
eelui  qu'une  bile  noire  et  adusie  rcuJ  triste  it 
chazna.V'Si^ncatriihiUiire.Uunieuriitfaf'ilaiii'. 

Il  est  aussi  substantif.  C'est  un  atrabilaire. 

ATRABILE.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Bi^' 
noire,  mélancolie.  Nom  (ju'ou  donne  ii  la  ma- 
ladie hypocondriaque  portée  .'i  un  ccriaiu  deîjré. 

•ÀTJiE.  s.  m.  Foyer,  l'endroit  de  la  cifomi 
née  où  l'on  fait  le  feu  dans  les  maisons.  Les 
carreatu:  d'un  âtre.  Otcr  les  cendres  de  l'ûtrc. 

On  dit  proverb.  d'Une  maison  où  on  ne  fait 
qu'un  fort  petit  ordinaire,  qu'une  fort  mau- 
vaise cuisine,  qu'il  n'y  a  rien  de  si  froid,  de 
plus  froid  que  l'iitrc. 

Atroce,  adj.  des  2  j;.  Énorme,  excessif.  Il 
ne  se  dit  guère  que  Des  crimes,  des  injures,  et 
des  supplices.  Crime  atroce,  injure  dïroce.  (hi 
lui  lit  souffrir  des  tourmens,  des  supplice 
atroces. 

Od  appelle  Ame  atroce,  Une  aine  mécliantc 
et  féroce. 

A'TUOCEiUENT.  adv.  .Vvec  atrocité.  L'ut 
action  atrocement  perjide. 

ATROCITÉ,  s.  f .  Énonnité.  L'atrocité  d  un 
ci'ime.  L'atrocité  des  tourmCfi.<.  L'atiocité  des 
injures. 

Atrocité,  se  dit  encored'Un  caractère  noir. 
et  capable  de  grands  crimes. 

A'IROPHIE.  subst.  f.  Terme  de  Médecine 
Amaii^issement  excessif,  consomption. 

ATROPOS.  s.  f.  (On  pronom  e  l'S.)  Nom  d; 
l'ime  des  trois  Parques. 

A  T  T 

ATl'.iBLER ,  verbe  qui  s  emploie  avec  I« 
pronom  personnel.  Se  mettre  à  table  pour  y 
demeurer  long-temps.  Ils  s'altahlèreut  à  midi, 
et  ne  sortirent  de  table  qu'à  six  Jicurcs  du  soir. 
Il  se  dit  aussi  en  parlent  L'u  jiu.  71s  se  sont  at- 
tablés pour  jouer  aux  échecs,  aux  dés, au  trie, 
trac.  Il  est  familier. 

Il  peut  quelquefois  s'employer  activement. 
Si'vous  ne  pouvez  accorder  ces  Paysam-j  ulta- 
ble^leSj  et  vous  les  concilierez  bientôt. 

ATTAC.4V>r,  AN-l'E.  adj.  Qui  aiurhe, 
qui  fixe  forieuicnt  l'attention.  C'est  une  étude 
fort  attachante.  Celtclecture  est  fut  attachante. 
Il  veut  dire  au.«i,  .assujettissant ,  qui  asservit. 
C'est  une  place  fort  attachante.  11  faut  cepcn- 
danl  éviter  rct  (niploi  du  mot //tiachant  il  est 
plutôt  introduit  dans  la  Langue,  qu'il  n'y  e,sl 
Admis. 

AlTACHE.  5.  f.  Lien  ,  courroie,  etc. Ce  qui 
sert  i  Bttaclier.  L'attache  d'un  limier,  d'un  lé- 
vrier, itledre  un  chien  à  l'attache.  Mettre  un 
lévrier  à  l'attache.  .1.' élire  un  cheval  à  l'attache. 
En  parlant  De  cerlaios  endroits  où  on  met  ks 
clic^aiix  i  l'atlaclic,  seulement  pour  y  élre  ii 
couvert  pendant  quelque  temps,  on  dit,  Pren- 
dre tant  pour  l'attache  de  chaque  cheval;  ou 
absolument,  /'rcpiilrclanlponr  l'attache. Pren- 
dre du  chevmx  à  l'allache. 


ATT 

On  dit  proverb.  et  fi!;urt*in.  d'Un  homme  <jui 
est  dans  un  emploi,  dans  un  travail  tjui  de- 
mande ijeaticoup  de  sujétion  ,  qu'/l  est  là 
comme  tin  chien  li  Vattache,,  comme  un  chien 
d'ottnchc. 

Un  appelIe-'/(ttic/;e  de  ilumuins,  Un  assem- 
blage dediamaiis  mis  en  œuvre,  et  con)nosii  de 
plusieurs  pièces  qui  s'accrochent  l'une  à  l'aulre. 

On  appelle  Bas  d'attache,  Un  grand  bas  de 
soie  que  l'on  ;iituclioit  aulrcfois  au  haul-dc- 
cliaussc,el  dont  on  ne  se  sert  plus  ^iière  main- 
len.inL  que  dans  de  cerlamcs  cénimonies,  ou 
dans  des  h;d>its  de  Tlieâlre. 

On  appelle  Lettres  du»uc/ic,  Des  Lettres 
de  Cliancellerie  que  le  Boi  donne,  soîtsurdes 
l'uUcs  du  P^pc,  soit  sur  des  Ordonnances  d'un 
Clicf  d'Ordre  Iiors  du  Royaume,  pourh-s  faire 
exécuter.  Obtenir  des  Lcltrea  d'attaché  du  Roi. 
Prendre  des  Lettres  d'attache  du  cjrand  Sceau. 

On  appelle  aussi  Lettres  d'attache^  Descom- 
niis&ions  expédiées,  soit  à  la  Cliambre  des 
■".omptes,  soit  ailleurs,  pour  l'exécution  do 
juclque  Arrêt,  de  quelque  Ordonnance. 

Attache,  se  dit  lussi  en  ce  sens,  de  l'Or- 
donnance d'un  C;ouV2rncur  de  Province,  pouf 
r.iire  mettre  à  exéculio-i  Its  ordns  du  Roi  qui 
lui  sont  preicotés  ou  adtcssés.  Piendrc  l'at- 
tache du  (lOiiverncur. 

Ou  le  dit  aussi  Des  I-ellrcs  que  les  Colonels 
Génciaux  d'Infanterie,  de  Cavalerie  et  de  Dra- 
f^uDs,  donnent  pour  élre  jointes  aux  Brevets  el 
(iomniissions  accordées  par  le  Hoi  aux  oiiiciera 
qui  doivent  servir  sous  eux. 

On  dit  fi^urcni.  et  par  civilité,  Prendre  Vat~ 
(ac/ic  de  ^neït^u'itn,pnirdir«.',  Prendre  ses  ordres, 
recevoir  ses  ordres.  Je  ne  veux  rien  faire  sans 
votre  attache,  sans  prendre  voire  attache. 

Attache  ,  se  dit  figure'm.  De  tout  ce  qui  oc- 
cupe l'esprit,  ou  qui  tngage  k*  cœur,  et  qui  le 
tient  en  dépendance.  Il  aura  bien  de  la  peine  à 
rompre  celle  attache.  Vue  malheureuse  attache. 
Lue  attache  criminelle. 

On  dit,  qu'C'ne  personne  a  rompu  son  at- 
tache; mais  cela  ne  se  dit  pas  De  deux  person- 
nes qui  ont  cessé  d'eue  attachées  l'une  à  l'autre-: 
on  ne  dit  point, Ces  deiLc  amis  ont  rompu  leur 
attache. 

Oo  dit,  ^voir  de  l'attache  au  jeu,  pour  le 
jeu;  avoir  de  l'attache  à  l'étude,  pour  Vétude, 
pour  dire,  Etre  extrcmeuient  attaché  au  jeu,  à 
l'etudc. 

ATTACHEMENT,  s.  m.  Attache  ,  sentiment, 
qui  f'\it  qu'on  s'attache  furteuient  et  volonla;- 
renient  à  quelque  personne,  ù  quelque  chost*. 
Avoir  de  Vattachemcnt  à  un  parti.  Avoir  de 
Valtachement  pour  une  f.mme.  il  a  Jrop  d'ol- 
lâchement  à  ses  întéréls. 

n  se  dit  aussi  poui"  signiijcr  Uuc  grande  ap- 
plication. Avoir  de  l'attachement  à  Vetudc. 
Avoir  de  J'uttuc/iement  au  travail  ^  à  l'ouvraoc. 

AITACHEU.  V.  a.  Joindre  une  chose  à  utH- 
autre,  en  sorte  qu'elh-  y  tienne.  Attacher  avd 
un  cordon  f  avec  un  clou  y  avec  de  la  colle.  A: 
tacher  avec  des  épingles.  Attachez  cela  à  la  ta- 
pisserie.  Altadicr  des  boutons,  des  rubans  sur: 
un  habit.  Allai  hcr  coude  la  mura  Oie.  Attachez 


ATT  q5 

ces  pKCes  ensemble.  On  attache  les  Galériens  à 
la  chaîne. 

On  dit,  en  parlant  de Nolre-Seigncur  Jésus- 
Christ,  qu7/  a  vie  attaché  pour  nous  à  Tartre 
de  la  Croix. 

On  dit,  Attacher  le  Mineur  au  corps  d'une 
riucc,  pour  dire,  I.e  mettre  en  état  de  travailler 
ù  couvert,  à  faire  une  mine  au  coq>s  de  la  Place. 

ATTACHEn,  se  joint  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  Ces  deux  ennemis  s'attachèrent  si 
jortement  <Vun  à  l'autre,  (ju'on  ne  pouvoit  les 
séparer.  Ce  chien  s'attache  si  fort  au  taureau, 
(jue...La  poiv  s'attache  si  fort  à  VétofJ'c,  qu'elle 
emporte  la  pièce. 

Attacheh,  signifie  fi;^ure'meut,  Lier  par 
quelque  cliose  qui  engage,  qui  obligea  quelque 
devoir,  h  quelque  marque  de  reconnoissance. 
Ce  Prince  la  attache  à  son  service  par'  une 
Char(je  qu'il  lu:  a  donnée.  Son  devoir  Vattachc 
auprès  de  vous.  Ils  sont  attachés  l'un  à  l'autre 
par  une  amitié  réciproque.  On  l'emploie  en  ce 
sens  avec  le  pronom  personnel.  S'attacher  à 
(juelqn'un,  auprès  de  quelquun.  S'attacher  au 
service  d'un  Grand.  S^attacha-  à  la  jortune 
d'un  Ministre. 

Attacher  ,  signifie  aussi  figurém.  Appliquer. 
L'clude  des  Malhématiques  attache  beaucoup. 
Le  jeu  l'attache  plus  qu'Une  faut.  Ce  rornuu 
m'attache  beaucoup.  Attacher  son  afj'rction  à 
quelque  chose.  .îttacher  son  esprit  au  jeu.  Il  a 
une  afJAire  qui  l'attache  fort.  U  s'emploie  dans 
ce  sens  avec  le  pionom  personnel.  C'est  un 
homme  qui  ne  s'attache  qu'à  desbofjateUes.  5*fl/- 
tacher  à  son  devoir.  S'attacher  à  faire  *ix 
charge.  Les  choses  de  la  terre  ne  méritent  pas 
qu*on  s'y  attache. 

On  dit  aussi  en  ce  sens,  (pi't/n  homme  s'at- 
tache trop  à  ses  op.'ni'ons,  à  ses  fantaisies ,  à 
son  sens,  pour  dire  ,  qu'il  y  est  ahciirté  ;  et 
qu7i  est  attaché  à  son  profit  ,  attaché  à  sa 
intérêts,  pour  dire,  qu'il  aime  trop  son  pro- 
fit, qu'il  est  trop  intéresse. 

On  dit  eu  termes  de  Peinture,  que  Les  ob- 
jets s'attachent ,  lorsqu'ils  ])an)issent  tenir  en- 
semble, quoique  l'.'Vrtiste  ait  liupposé  de  l'es- 
pace entre  eux. 

Attacuh,  ée.  participe. 
ATTA(^>UABLE.    adj.   des    2   genre».   Oui 
peut   être   attaque.    La  place   nest  attaquahU' 
que  de  ce  côté. 

ATTAQUA  NT.  s.  m.  Assaillant,  celni  qn 
attaque.  Il  ne  se  dit  guère  cpiau  pluriel.  JLe.t  ut 
taquaus  furent  repoussés. 

ATTAQUE,  f.  f.  Action  par  laquelle  on  at- 
taque l'ennemi,  ^ffa^nc  vigoureuse.  Vive  at- 
taque. Hude  attaque.  Attaque  imprévue,  l'es  'a 
première  attaque  les  ennemis  Idchèrent  le  pied. 
Use  dit  particulièrement  d'Un  assaut  donné 
h  une  place.  .Hier  à  l'attaque.  l'onner  une  at' 
taque  générale.  On  fît  trois  attaques  j  deux  vé- 
ritables el  une  fausse. 

Attaqlk  ,  se  dit  aussi  Des  travaux  qu'on 
fait  pour  s'appiocher  d'une  Place  assiégée.  Let 
assiègeans  avouent  fait  trois  attaques.  Un  tel 
commandait  ,'^ttaque  du  cvtc  de  Lt  rivière.  On 
aivif  /(ir(  avancé  les  attaques. 


96  A  r  T 

Attaque,  s<î  tîit  /ii;urem.  De  ccitalncs  pn- 
lolcs  dites  cxpW's  pour  disposer  quehm 'un  à  ac- 
corder quelque  chose,  ou  pour  sondiT  son  in- 
tention, ou  pour  le  piquer  par  quelque  repro- 
ciic.  7/  m'ii  tlcjù  ftil  une  aUinjuc  lîi-tlessus. 

Attaqie,  se  dit  aussi  fmircm.  De  l'iittaq»'^ 
de  certaines  maladies.  Il  a  déjà  eu  une  aUticjn*: 
d'apoplexie^  ou  simplement,  Une  atta(jiic.  Il  n 
eu  deux  ou  trois  j(f(K|(ics  de  (joutte. 

AITA(,)L'1:R.  V.  n.  Assaillir,  cire  agresseur. 
Atta(juer  Vcnnemij  l'uttaquer  dans  ses  retrim- 
chemens.  Attaquer  une  l'iice.  Atta(^uer  rude- 
ment, viqoureusenient.  C'est  lui  ()iii  m'a  atta- 
(jue  le  premier.  S' il  m\iilu.fuc,  je  me  défendrai. 

ATïAQUEn,  si«:nilie  aussi,  Uflenscr  le  pre- 
mier. Attaquer  (ptehju  un  de  paroles.  Il  ne  di- 
soit  rien  y  vous  létes  aile  attaquer  sur  sa  nais- 
sancCy  sur  sa  noblesse.  Attaquer  un  Autcursur 
ses  ouvraqe.s. 

On  dit  fimirem.  Altaquev  quchjii'un  de  con- 
vcr.^alion^  pour  dire,  Adresser  la  parole  a 
quclqu  wn,  afin  de  l*enj;a,';cr  à  parler. 

Ou  dit  avec  le  pronom  personnel.  S'atta- 
quer à  fliie'.7u'«»,  nour  dire,  L'ofl(;nscr  ouver 
tçinent,  se  dûclamr  ouvertement  conti'O  lui.  il 
est  dangereux  de  s'attaquer  à  son  maître.  Il 
t^cst  attaqué  à  plus  fort  que  lui. 

.'Vttaqué,  En.  participe.  On  dit  pruvcWjial. 
Bien  attaqué ,  bien  fïe^cnJw, pour  dire,  que  La 
défense  a  bien  répondu  à  ratlaque. 

AlTEliSURi:.  V.  a.  Atteiijnunl ,  j'atteins, 
j'alteiqnois,  j'atteignis,  j'atteindrai,  j'attein- 
«^rfots,  utteins,  que  j'atuitinc  nue  j^itleignisse. 
Toucher  h  une  chose  qui  est  h  une  distunce  as- 
sez éloignée  pour  qu'on  ne  puisse  pas  y  tou- 
cher facilement.  Atteindre  à  une  certaine  /laii- 
teur.  Dans  ce  sens  il  s'emploie  ncutralement. 
Je  ne  suurois  atteindre  là,  jusque-là.  Je  n'y 
puis  atteindre.  Atteindre  au  plancher»  Atteindre 
au  but. 

Atteindre  ,  signifie  encore ,  Frapper  de  loin 
avec  quelque  cliosC  H  Vatteiqnit  d'un  coup  de 
pierre.  Il  ne  put  atteindre  son  ennemi  que  du 
second  coup  de  pistolet. 

Il  signifie  aussi,  Attraper  en  chemin,  joindre 
en  chemin.  Il  prit  la  porte  pour  atteindre  ceux 
qui  étoicnï  devant.  Il  a  beau  courir,  je  l'attein- 
drai bien.  Et  on  dit.  Atteindre  un  certain  âge, 
pour  dire,  Parvenir  h  un  certain  âge. 

Atteindiii:,  se  dit  aussi  figurém.  pour  dire, 
Egaler.  Il  se  flatte  d'atteindre  Corneille^  d'al- 
teindre  Hacine. 

II  signifie  figuri-m.  Parvenir  .1  quelijue chose 
Ccffc  Cliargc  est  au-dessus  de  sa  portée,  il  n'y 
tauroit  atteindre.  Atteindre  à  la  perfection. 
Atteiwt,  einte.  participe. 

Or. ait,  Atteint  de  maladie,  atteint  de  peste, 
pour  dire,  Frappé,  aliligc  de  maladie,  de  [wstc. 
Et  on  dit,  Atteint  decrirïie,  pour  dire,  Accusé, 
prévenu  de  crime.  Atteint  et  convaincu  d^avoir 
volé. 

ATTEINTE,  s.  f.  Coup  dont  on  est  atteint. 
Rude  atteinte ,  légère  utteinte.  Il  est  en  usage 
principaler.icnt,  pour  marquer  Le  coup  *|u'un 
cheval  ïic  donne  lui-mt^me,  en  s'atteigoant  les 
pi«<Î6  <le  devant  avec  «:ux  de  denture,  ou  qu'il 


A  r  T 

reçoit  aux  pieds  de  derrière  d'un  autre  rlievul 
qui  marche  trop  près  derrière  lui.  Ce  cheval  se 
donne  des  atteintes.  Prenez  garde,  que  votre 
cheyal  ne  donne  des  atteintes  au  nin'ji,  Ce  che- 
val boite  d'uni'  atftinte. 

On  dît,  Donner  une  atteinte  à  une  bague. 
poiu"  dire,  La  toucher  en  courant  sans  IVm- 
poiler.  H  a  donn-  atteinte  à  la  hague.  En  trois 
courses  (lu'il  a  fûtes,  il  a  euun  dedans  et  deux 
iilteintes. 

On  dit  figurém.  Donner  atteinte  à  quchjnr 
chose,  pour  dire.  Faire  ou  dire  quelque  chose 
qui  y  fasse  préjudice.  C't.si  ^/onner  atteinte  à  la 
Déclaration  du  Hoi.C'esl  dcnne^  atteinte  aux 
privilèges,  aux  libertés  de  la  Province.  Don- 
ner atteinte  à  la  réputation  de  quelqu*un.  Or- 
dit  ù  peu  près  dans  le  même  sens,  Porter  at- 
teiîite  il. 

Atteinte,  se  dit  figurén*.  Des  attaques  de 
certaines  maladies.  Il  a  eu  une  légère  ntteintt' 
de  noiifte, u/jetifteintc  de  qravfll^.  Il  en  a  déj'i 
eu  nuelaues  nffciutcs. 

On  dit  frgniem.  Une  atteinte  mortelle,  pour 
dire,  L'inipn  ssion  vive  et  douloureuse  que  I,iil 
une  chose  dont  on  est  scusihlement  louché. 

ATTELAGE,  s.  m.  se  dît  d'Un  nombre  de 
chevaux, ^de  bœufs,  etc.  qui  sont  nécessaires 
pour  tirer  la  charrue,  ou  pour  traîner  des  vol- 
turfs.  Ce  Laboureur  a  tant  d'attelages.  Ce  Hou- 
lier  a  perdu  deux  altelaqes. 

Attelage,  en  parlant  des  carrosses,  se  dit 
oi\:înairement  De  six  ou  de  huit  chevaux  pro- 
prrs  à  ctrc  attelés  ensemble  au  carrosse.  Un 
uttelage  de  six  chevaux  qns  ponitveles.  Voila 
un  bel  attelage.  Un  attelage  bien  assorti.  Il 
manque  un  rhcvalà  son  attelage.  Il  lui  est  mort 
un  der  ^lus  beaux  chevawc  de  son  attelage. 

AlTELEK.  V.  a.  Attacher  des  clicvaux,  des 
mulets,  ou  autres  bêtes  de  voiture,  à  un  car- 
rosse, h  iJi  chariot,  h  une  charrette,  etc.  pour 
les  tirer.  Atteler  les  chevau.v  au  Cfirros.'îe,  ou 
s:mplcment>^(ïe/cr.  Dîtes  au  Cocher  qu* il  attelle. 
On  dit  aussi ,  Attelerun  carrosse,  un  chariot. 
Attelé, KE.  participe. C^cvd».r  «ffc/es. Car- 
rosse attelé  de  deux ,  de  quatre ,  de  six'  chevaux. 
Carrosse  bien  attelé,  mal  attelé. 

A'ITENANT,  ANTE.  adj.  Contigu,  qui  est 
tout  proche,  tout  contre.  U  ne  se  dît  guère  que 
d'Une  maison,  d'un  jardin:  et  il  n'est  i^uèrt 
d'usage  que  dans  le  discours  familier,  ou  dans 
le  style  ùc  Pratique.  Un  loqis  attenant  à  un 
autre.  Son  jardin  est  attenant  du  mien.  Il  de- 
meure dans  la  maison  attenante. 

AlTEI^ANT.  prép.  Joignant,  tout  proclie. 
contre.  //  loge  tout  attenant  d'un  tel  Palais,  à 
un  tel  Parais,  u-i  Ici  Palais.  Il  s'emploie  quel- 
quefois a  iverbial.  Connois.ses-Tous  une  telle 
maison?  Je  loge  tout  ûU:..7nnt. 

ATTENDUE,  v.  a.  i>irc  dans  l'attente  de 
quelque  chose  qu'on  croil  devoir  arriver.  Atten- 
dre le  retour  de  quelqu'un.  Attendre  quelqu'un. 
L^altendre  à  diner.  Attendre  avec  impatience. 
Attendre  tranquillement.  Attendre  le  beau 
temps ^  la  belle  saison.  Attendre  la  récompense 
^  de  ses  services.  Cnc  Place  quinttend  du  secours. 
Toute  l'Europe  attend  la   paix.  Il  attend  la 


ATT 

fièvre.  Elle  n\iltcnd  nue  l'heure  d'nccoucl^cr. 
Attendre  l'ennemi,  l'attm'ire  de  pied  jçrme. 
Attendre  la  mort  avec  courage. 

Ou  dit  proverbialement,  Il  crnuie  à  qui  at" 
U'nttj  pour  marquer  que  c'est  presque  toujours 
avec  impatience  et  avec  enruii  qu'on  attend. 

On  dit  figurém.  et  proverbial,  qu'/l  faut 
attendre  le  boiteux.,  pour  dire,  que  Pour  étie 
bien  assure  de  la  vérité  d'une  nouvelle,  il  eu 
faut  attendre  la  confirmation;  et.  Attendez-moi 
sous  l'orme,  pour  niaïquer  à  queUju'un  qu  On 
ne  compte  pas  sur  o.  qu'il  promet. 

On  dit  aussi  proverbiftl,  et  figurém..  C'est 
où  je  l'attends,  c''est  là  que  je  lattendsj  snk 
pour  marquer  qu'on  est  en  ê'^at  de  ne  point 
craindre  celui  dont  ou  parle,  et  qu'on  est  ri 
état  de  lui  faire  plus  de  mal  qu'il  n'en  peut 
(aire;  soit  pour  faire  entendre  qu'on  saura  hrer 
avantage  contre  lui,  des  choses  où  il  a  le  plus 
de  confiance. 

On  dit  aussi  proverbial.,  Tout  vient  à  point 
à  qui  peut  attendre,  pour  dire,  qu'Avec  le 
Ienq)s  et  la  patience  on  vient  à  bout  de  tout. 

Ondit  aussi  ^vovevhia\. ,  Attendre  quelqu  un 
comme  les  37oine5  font  l'Abbé,  pour  dire,  Ne 
l'attendre  point,  et  se  mettre  à  table  sans  lui. 

Attendhe,  se  joint  souvent  avec  la  prépo- 
sition.^prè5;  et  alors  il  sert  àmarquer  le  besoin 
qu'on  a  de  la  personne  ou  de  la  chose  qu'on 
attend,  et  rimpatienci-  avec  laquelle  on  attend. 
/I  y  a  long-temps  qu'on  attend  après  vous.  On 
n'attend  plus  qu'après  cela.  Il  attend  après  set 
chevaux  pour  partir,  C'at  un  argent  aprtS 
lequel  U  attend  pour  partir, 

Attendhe,  se  joint  aussi  avec  la  préposîttAi 
A.  Pour  partir  attendez  au  jour,  à  la  belle 
saison.Il  attend  à  partir  qu^  il  fasse  moins  chaud. 
Attendue,  signifie  aussi  Espérer,  se  pro- 
mettre. Il  ne  faut  attendre  sa  récompense  que 
de  Dieu.  Je  n*attendois  pas  cela  de  vous.  Que 
peui-oii  attendre  d'uji  traître,  que  des  perfidies* 
On  attend  quelque  chose  de  ijrandde  ce  Prince. 
C'est  un  homme  dont  il  ue  faut  rien  attendre, 
dinit  je  7i'attends  rien  de  bon.  Il  est  à  l'agonie, 
on  n'en  attend  plus  rien,  on  n'en  attend  plus 
que  lu  mort. 

Attentïhe,  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
persoiuiel,  et  signihe.  Se  tenir  comme  assuré 
de  quelque  chose,  compter  sur  qucl(|u'un»  sur 
quelque  chose.  Je  n'en  fus  pas  surpiis,  je  m'y 
atlendois  hien.Jt  m'nttendsquil  me  manquera 
de  parole.  Je  m'attemls  que  vous  viendrez  dû- 
main.  Je  m^attcnd'!  «  tous.  Il  ne  faut  pas  s'at- 
tendre à  lut.  Ne  l'attends  qu  à  toi  seul.  Je  ne 
m'attendois  pas  à  vous  voir  sitôt.  Je  ne  m^at' 
tendais  pas  à  un  pareil  traitement  de  V(T^'^ 
part.  Je  ne  m'affenrfow  pas  que  les  choses  v  •• 
sent  tourner  si  mal. 

En  ce  sens  on  dit  proverbial,  et  figurénienl. 
Qui  s'attend  à  Vécuelled'autrui,  a  souvent  tnal 
dîné,  pour  dire.  Que  q  land  on  compte  sur 
autrui,  on  se  mécompte  souvent 

Es  ATTENDANT.  l'ai,H)n  de  parler  adverbiale. 
Cependant.  Jl  se  mit  à  lire  en  attendant,  lie- 
posez-vous  en  attendant.  En  attendant  n0us 
uous  promrnerûti!:. 


ATT 

Il  signifie  aussi  Jusqu'à  ce  que.  En  atteU' 
dant  (jue  tous  soyez  tclairci.  Kt  dans  cetu- 
atxTpttou  l'on  dit,  En  aUendant  Vhcure^  en 
atUn.iaut  Hiieii.r,  pour  d're,  Jusqu'à  a:  que 
l'h(  un-  sonne,  jusqu'.i  ce  qu'il  arrive  iiueux. 

ATTi:r*DU,lJE.  prlicipi'. 

Attkndd,  «c  dii  aussi  d'Une  inaiiii're  ah- 
joliie  el  indéclinable.  Vu,  eu  égard  à.  Il  fut 
€.rcntvté  des  cliuifjes  puhliciucs^  attendu  son 
iioCy  attendu  son  infirmité. 

Attendu  que.  Karon  de  parler  qui  lient 
lieu  de  conjonction  causative.  Attendu  cjuil 
s^agissoit  d'une  mutièie  impcrtantc ,  il  fitt  ar- 
ritc  (jue.... 

ATTENDRIR,  v.  a.  Rendre  tendre  et  facile 
à  manger.  La  qcîée  attendrit  les  choux.  Cela 
t^ttendrit  la  viande. 

M  signiiîe  fi;;uri-nient ,  Rendre  sensible  à  la 
eompassion.  h  ramitic,  etc.  •''es  larmes  m'ont 
ûttendrile  Cifur.  Il  m'a  attendri  par  ses  larmes. 

Il  s'enqdoie  aussi  avec  le  pronom  personnel 
dans  le  propre  et  dans  le  figuré.  Les  c/ioïkc 
s^attendnssent  à  la  gelée.  Son  vère  s^est  at- 
tgndri  en  le  voyant  à  ses  qenoux. 

Attendhi,  ie.  particij>e. 

ATTENDRISSANT.  ANTE.  adj.  Qui  al- 
lendiit,  qui  rend  sensible  à  la  compassion,  h 
I  aïîiour,  à  l'amitié.  Ce  (juil  dit  est  fort  atten- 
drissant. Des  paroles  attendrissantes.  Spectacle 
attendrissant.  * 

ATIENLRISSEMENT.  s.  m.  Senument  par 
tequcl  on  s'attendrit.  Ces  paroles  lui  causèrettt 
un  ijraud  altendrisfcment  de  cœur.  Il  profita 
de  V attendrissement  où  il  le  tmuva. 

AlTKNTAl'.  s.  m.  fintreprise  contre  les 
Lois  lia ns  une  occasion  importante,  dans  um 
cliose  capitale.  Enorme  attentat.  Ilirrible  at- 
tentat. C'est  un  attentat.  Faire  un  attentat. 
Commettre  un  attentat.  Ln  attentat  contre  la 
liberté  public^ue.  Kmpéclier  reJCcudon  d^tn 
Arrêt ^  c'est  un  attentat.  Le  Parlement  a  casi^è 
toute  iii  procédure  y  £t  t^tit  ce  ijui  s'ecl  ensuivi^ 
romme  un  attentat  à  ses  droits. 

ATTEXTATOIRE.  adj.  des  2  g.  Ternie  de 
Palais. Qui  attente,  qui  va contr(T"autorile  d'une 
Juridiction,  l'rocêdure  attentatoire. Cette  Sen- 
tence est  attentatoire  à  l'autorité  du  Parlement. 

ATTENTE,  s.  f  I/état  de  celui  qui  attend, 
ou  le  temps  pendant  lequel  il  est  ù  attendre. 
Etre  en  attente  de  tptclque  citose.  Si  vous  prê- 
tez à  cet  homme  ^  vous  y  perdrez  et  Vurgent  et 
Vattente.  i^ous  n'y  sauriez  perdre  que  l'attente. 
Longue  attente.  Ennuyeuse  allente. 

11  &u;nitie  aussi .  L'espt'ranre,  l'opinion  qu'on 
a  conçue  de  quelqu  un ,  ou  de  qui  (que  chose. 
Ce  Prince  a  répondu  à  l'attente  qu'on  avoit  de 
lui.  Il  a  rempli  notre  attente.  Il  a  surpassé 
notre  attrnte.  L'attente  publique.  Cela  est  ar- 
rivé contre  Vattente  de  tout  le  monde.  Le  succès 
n'a  point  trompé  notre  attente. 

Un  appdlc  table  d'attente ^  l.'ne  lame  ou 
plaque  de  métal,  un  bossage  de  pierre  ou  de 
marbre,  une  tnilr  de  Peintre  prt parée,  et  gè- 
uéni'.enient  touirs  lis  choses  qui  MUit  dcstinëf^ 
pour  servir  à  gra\  cr  ou  à  pr-indrr. 

On  dit  fii»ureuient  d  un  jeune  lionime  donl 
l'ome  /. 


ATT 

l'esprit  n'est  pas  encore  entit-rement  fomié  , 
mais  qui  est  propre  a  recevoir  toutes  les  im- 
pressions (]u'ou  lui  \oudra  donnt-i  ,  que  C'est 
une  tiihlc  d\ittentc,  que  ce  n'est  encore  rpi'unc 
tiiJdc  d'attente. 

On  appelle  Pierre  d'attente,  Les  pierrrs  i;ui 
avancent  d'espace  en  espace  ù  l'extiimilé  d  un 
nuir,  pour  faire  liaison  avecui)  autre  nuu- qu'on 
a  dessein  ou  droit  de  bâtir. 

Ou  le  dit  aussi  au  figure,  en  parl;int  d'Une 
afiairc  ,  d'un  ouvrai^e  d'esprit,  dont  il  n'y  a 
qu'une  partie  d'achevée  ,  et  qui  fait  attendre 
une  continuation. 

ATTENTER,  v.  n.  Former  une  entreprise 
contie  les  Lois  dans  une  chose  capitule.  Atten- 
ter à  la  vie  de  (fuelqu^n.  Attenter  à  la  pudi- 
cité,  à  l  honneur  d'une  femme.  Attenter  sur  la 
personne  de  auel(jn'un*  Attenter  contre  la  li- 
berté publiaue.  Défense  d'ultenter  à  su  per- 
sonne m  à  ses  biens. 

Attenté,  î.k.  participe. 

ATTENTIF,  IVE.  adj.  Qui  a  de  l'attention, 
de  l'application.  £lre  attentif  à  son  ouvrage 
Être  attentif  à  un  discours.  C'est  un  hommi 
fort  attentif  à  son  devoir.  Avoir  l'esprit  atten- 
tif. Prêter  une  oreille  attentive. 

ATTENTION',  s.  f.  Application  d'esprit  à 
quelque  chosc^t-oir  a(fenïion  d  ce  (ju'on  fait^ 
à  ce  qu'on  dit.  Pr»'ter  attention.  l'rêler  une  at- 
tention favorable.  Cela  demande  beaucoup  d'at- 
tention. Il  travaille  avec  auention,  sans  atten- 
tion. C'est  un  homme  qni  n'a  attention  à  rien. 
Ecouter  avec  attention  un  discours.  Réveiller 
iattcnlion.  Attire»  d  i>oi  .  '*-'nt ion  du  public. 
Faites  attention  aue...  Faites  attention  à... 

Attention,  signille  aussi,  Soin  officieux, 
oblij'CNnl.  Il  m'a  donné  mille  preuves  d'atten- 
tivn  durant  ma  maladie.  Il  a  eu  pour  moi  dei 
attentions  infinies. 

ATTENTIVEMENT,  adv.  Avec  attention. 
Lire  attentivement.  Ecouter  attentivement. 

ATTENUANT,  ANTE.  adj.  Terme  de  Mé- 
decine, qui  se  dit  De  plusieurs  remèdes  qui 
procurent  la  Huidilé  aux  humeurs. 

Il  s'emploie  aussi  subs;autiv.  Les  atténuans. 

ATTÉNUATION,  s.  f.  Afioihlissement,  di- 
minution de  forces.  Il  n'est  guère  d'usage  au 
propre  que  dans  cette  phrase,  Etre  dans  un 
étal  d'atténuation. 

Enlermc$dcPrauque,i1  «i^ifie  Diminution 
des  charges  contre  un  accusé.  Donner  ses  dé- 
fenses par  atténuation.  Donner  des  réponses  par 
atténuation.  Moyens  d'atténuation. 

ATI'ENUER.  V.  a.  Affctiblir,  diminuer  les 
forces  ,  l'embonpoint.  Lc5  jeunes,  les  veilles, 
les  jtitiqaes  Vont  ertrêmcmcnt  atténué. 

On  d't  en  termes  de  Mt-decinc,  Atténuer  les 
humeurs,  pour  dire,  I-es  rendre  moins  gros- 
sières et  plus  iluides. 

Airisvy.,  ke.  participe. 

ATrÉRAGE.  s.  m.  Terme  de  Marine.  L'en- 
droit ou  un  vaisseau  peut  prendnî  terre. 

ATTÉRIR  ou  ATTERRIR,  v.  u.  PrLndrc 
terre. 

ArrÉni,  ie.  pariieipe. 

ATTEK.';ER  nii  AITÉPER.  v.  a.  Alutiic, 


ATT  97 

renverser  par  terre.  /Iv  en  vinrent  aux  prises, 
et  il  Vatterra  sous  lui.  Il  attendit  le  taureau  nu 
pasyaqe,  le  prit  par  les  cornes^  et  Vatterra. 

Il  signifie  fi^uiém.  RuiniT  entièrement.  La 
Goths  achevèrent  d'attcrier  la  puissance  des 
Homains. 

Il  signifia*  aussi  au  figuré.  Accabler,  affliger 
excessivement.  Il  avoit  soutenu  ses  ïiiul/ienr.t 
<ii'cc  eons((incc,  r«rt!s  ce  dernier  coup  la  atterré. 
Cette  ncvvellt  a  de  quoi  atterrer. 

ATTEnnEn,  se  prend  aussi  neutralemenl , 
pour  dire  ,  Prendre  terre.  Sous  atterrdmes  « 
tel  endroit. 

ATTEnnÉ,  ÉE.  participe. 

ATTïiRRISSEMENT  ou  ATTÉRISSeI 
MENT.  s.  m.  Amas  de  terre  qui  se  forme  par 
la  "zy.:  ou  par  le  sable  que  la  mer  ou  les  ri- 
vîéres  apportent  le  long  d'un  rivage,  par  suc- 
cession de  temps.  Celle  prairie  s^est  accrue  de 
beaucoup  par  les  a((en  issemens.  Droit  d'atler- 
rissenient. 

ATTESTATION,  s.  f.  Certificat ,  témoignage 
donné  par  écrit.  Il  a  Vattestation  du  Curé.  At~ 
testaiion  de  vie  et  niuurs.  Attestation  de  Méde- 
cin. Attestation  en  bonne  forme.  Attestation  ' 
fausse,  niendiâe,  supposée.  Pour  être  Mattrt 
es  irts,  il  fiut  apporter  les  attestations  du  Pro- 
l'vsseur  en  Philosophie  sous  qui  on  a  étudie. 

ATfESTER.  V,  a.  Assurer,  certifier,  témoi- 
gner, soit  de  vive  voLx,  soit  par  écrit.  Le  Cure 
a  attesté  qu'il  les  avoit  mariés.  Il  a  atteste  avec 
serment  que  l'dction  s'éloil  passée  ainsi.  La  chose 
est  attestée  var  plus  de  cent  personnes. 

Atteste»,  signifie  aussi  Prendre  h  têmoia. 
Cela  n^cst  point  arrivé  par  ma  faute,  et  /et 
attef^te  tous  ceux  qui  étaient  présens  à  l'action. 
On  dit  dans  le  m£mc  sens  :  Attester  le  CieL 
.fttester  les  Dieii.v. 

AiTESTK,  ÉE.  participe. 

ATTICISME.  s.  m.  (On  prononce  les  deux 
r.  )  Déiicalcsse,  finesse  de  goût  parLculière  aux 
AUiénlens. 

ATl'IÉDIR.  V.  a.  Rendic  tiède  ce  qui  ctoil 
chaud.  (Tcf/e  eau  est  trop  chaude  ^  Hjuitt  Vattié- 
dir  avec  de  Veau  froide. 

S'attiédir.  Devenir  tiède.  Cette  eau  s'est 
attiédie. 

On  dit  figurém.  en  matière  de  Dévotion ,  que 
Les  plus  ftrvens  s'u/(ié(/isseni  quelquefois^  pour 
dire,  que  I^  ferveur  de  leur  dévotion  se  ralentit. 

A.TTIKDI ,  IE.  participe. 

ArnEDISSE:\IEN  r.  s.  m.  f.tat  dune  chose 
qui  passe  de  la  chaleur  ù  la  tiédeur.  Il  n'est 
guère  d'usage  qu'au  figuré.  Son  amitié  pour 
moi  a  soujp  rt  un  nrand  attiedissenient. 

On  se  sert  particulièrement  de  ce  mot  poui 
marf|uerquelqucdiniJnuliou  de  ferveur  dans  ': 
dévotion.  //  iivt.it  d'abord  fuit  paroUre  une 
grande  frveur  ;  mais  il  csi  tombé  depuis  peu 
dans  rtj/lict/issiîmeM(,  dans  un  grand  attiédi»' 
sentent. 

ATTIFER.  V.  a.  Orner,  pan-r.  Il  ne  se  dit 
que  Des  feoimcs,  et  ordinairement  en  parlant 
de  leur  coiflure.  Les  fcmmct  sont  longtemps  à 
s'atti/lr. 

Aniri,  it.  participe. 


p8 


ATT 


AÏTIFET.  s.  m.  Orucment  de  tête  j)our  les 
ieinmes.  Il  est  vieux. 

ATTiyUE.  (On  [jron.  les  deux  T.)  adj.  des 
2  genres.  Qui  est  à  la  façon  du  Pays  d'Atluncs. 
Manière  Atticjue.  La  colonne  Altiifuc.  La  hase 
.lulijuc. 

Ou  appelle  5el  Auicjue,  Ce  qui  paioit  avoir 
»juelipie  rapport  aux  bons  mots  et  à  la  raillerie 
fine  des  Atliéuiens. 

AïTtyiii.  (On  prononce  les  deux  T.)  s.  m. 
Terme  d'.Arcliitecture.  On  appelle  ainsi  dans 
les  b.Uiniens,  Un  petit  étage  qui  est  au-dessus 
de  tous  les  autres,  et  <jui  a  ses  ornemens  parti- 
culiers. Au-iksiui  du  second  ordre  est  un  ulli- 
flue,  un  petit  dflû^ur. 

Attiqce-fai'x,  s-  "1.  est,  dans  les  lûtinicns 
irès-élcvés,  Une  espèce  de  i)iédestal  que  l'on 
inet  au-dessous  de  la  base  des  colonnes,  pour  que 
Il  grande  saillie  des  corniches  ne  les  eillice  pas. 

ATTIR.VIL.  s.  m.  Tcnne collectif ,  qui  se  dit 
d'Uue  grande  quantité  et  d'une  grande  diver- 
vité  de  choses  nécessaires  pour  certains  us^iges. 
L'attirail  de  la  chasse.  Vattirail  d'un  méiiuge 
de  campaqne.  L'attirail  d'une  Imprimerie. 
L'attirail  de  la  cuisine.  L'attirail  d'un  voya(jC 
de  lu  CoUr.  Il  faut  un  {jrHnd  attirail  pour  le 
service  de  ï Artillerie. 

Il  se  dit  par  extension,  d'Une  giandc  quan- 
tité de  bagage  inutile  et  superflu  que  des  gens 
mènent  avec  eux  en  voyage.  / 1  (nclnoit  un  cjrand 
attirail  après  lui.  Qu'étoit~il  besoin  de  tant 
d'attirail? 

ATTIRANT,  AKTE.  adj.  Qui  allire.  11  nest 
gufire  d'usage  qu'au  lignré.  Cette  Marchandi 
est  adroite  el  attirante.  C'est  une  f,:mnie  lyui  a 
des  manières  fart  attirantes.  C'est  un  esprit 
adroit^  attirant^  insinuant. 

ATTIRER.  V.  a.  Tirer  h  soi.  Le  soleil  atlin 
les  vapeurs.  L'aimant  attire  le  fer.  L'amhrc 
attire  la  paille.  Cet  onquent  a  la  vertu  d'atti- 
rer les  matières ,  a  la  vertu  d'attirer. 

On  dit  figiuénient  :  Attirer  ijuchpi'un  à  son 
pcrrti .  dans  son  parti.  Attirer  l'ennemi  dans 
une  embuscade.  Attirer  les  yeux ,  les  rerjards 
de  tout  le  monde  »ur  soi.  Sa  beauté,  sa  bonne 
mine  lui  attire  tous  les  cn-urs.  S'attirer  l'atj'i  c- 
lion,  le  mépris  j  l'estune,  l'approbation  de  tout 
le  monde.  Cette  action  lui  a  attiré  de  cjrandti 
hénédiclions ,  de  (jrandes  louanqcs.  S'attirer  de 
méi-hantes  ajji.ires.  S'attirer  une  (fuerellc.  S'at. 
tuer  la  haine  du  public.  Ce  crime  a  attire  de 
qrands  malheurs  sur  le  coupable  et  sur  toute  sa 
lamille.  Vn  malheur  eu  attire  un  autre.  Un 
abîme  en  attire  un  autre. 

AiTinK,  ÉE.  parlielpc. 

A'ri'ISICR.  V.  a.  Il  nH;st  d'usage  qu'en  cette 
piirase,  .-ittiser  le  fu,  qui  signilie  au  propre, 
Approcher  les  tisons  l'un  de  l'autre,  pour  les 
faire  mieux  brûler.  El  au  figurii ,  Attiser  le  feu. 
C'est  aigrir  des  esprits  déjà  irrités  les  uns  contre 
les   autres. 

Attisé  ,  ir..  participe. 

A'ITIiEUU.  I.  m.  Celui  qui  nitise. 

ATI'ITRIJl.  V.  a.  Charger  quelqu'un  d'un 
emploi,  d'une  commission,  etc.  Il  s'emploie 
ordiDaireu^cut  au  participe  ;  Commissionnaire 


A  T  T 

attitré;  marchand  attitré^  ot  souvent  en  mau- 
vais'.' paît  :  Des  témoins  attitrés-  des  assassins 
attitrés. 

Attitré  ,  ée.  participe. 

A'ITITUDI^.  s.  fem.  Sltualion,  position  du 
corps.  Belle  attitude.  'I  oiiti's  les  attitudes  de  ce 
t(d)leaH  sont  admirables.  Mettre  un  modèle  dans 
une  certaine  attitude.  Le  peindre  dans  une  clt- 
taine  attitude.  Son  attitude  étoit  à  peindre. 

On  donne  ce  nom  aux  diffeiens  mouvemcns 
du  coqis  que  fait  un  Danseur.  Toutes  ses  atti- 
tudes sont  pleines  de  {jrâce.  Cette  Dans ^u-^e  ne 
varie  pas  assez  ses  attitudes. 

On  dit  fif-urcnient ,  L'attitude  du  respect .  de 
la  craiiite,  de  la  menace,  pour  dire,  L'uititude 
qui  exprime  ces  sentiniens  ou  ces  passions. 

On  dit  en  ce  sens,  que  Quel(fu'un  prend  une 
certaine  attitude  imposante  dans  les  occasions. 
pour  dire,  qu'il  sait  s'y  faire  respecter. 

A'nOMIiISSKUR.  s.  ni.  Termes  de  Knucon. 
neric.  Oist  au  qui  attiique  le  Héron  dans  soii 
vol.  Ce  Faucon  est  bon   attombisscur. 

ATTOUCHIOMENT.  s.  m.  Action  de  tonclicr. 
iVoIrc-5et^ncur  guérissoit  les  maladies  par  h 
seul  attouchement.  On  connaît  la  dureté  ou  la 
mullesi.e  d'un  corps  par  l'attouchement.  AttoU' 
ehement  illicite,  dcshonnéle. 

ATTRACTIF,  ïVIi.  adj.Qui  a  b  force  d'ni- 
tirer.  Un  onquent  attractif.  Uaimant  a  uni 
vertu  Mractivc. 

ATTRACTION,  s.  f.  Action  d'ntîirer,  ou 
rtat  de  ce  qiu  est  allircî.  L'attraction  du  fer  pat 
Vaiiiiant.  L'attraction  Ne-.\- ionienne. 

ATTR  VCTIONNAlRK.s.m.  Terme 'le  Pliy 
siquc.On  appelle  ainsi  Les  partisans  du  syslèmt 
de  l'altractinn 

A'I TRAIRE.  V.  a.  Attirer,  faire  venir  par  k 
moyen  de  qucli^ue  chose  qui  plail.  Lcselestbon 
pour  attratreles  pigeons.  l\  nicsi.qurrecn  usage, 
surtout  dans  ses  auti'es  temps ,  qui  suivroient  i.i 
conjugaison  de  iraire.  Il  se  prend  activement 
et  passivement. 

ATrRAlT.  s.  m.  Ce  qui  attire  agréablement. 
La  beauté  est  un  puissant  attrait.  L^altrait  de 
la  qloire ,  des  richesses.  Cet  emploi ,  ci;t(c  charge, 
cette  maison  a  de  qrands  attraits  pour  vous.  Je 
me  suis  laissé  prendre  aux  attraits  de  cette 
f'mme.  Je  me  sens  de  l'attrait,  beaucoup  d'at- 
trait pour  la  musiauc  y  pour  cette  itersonne.  Lu 
musinue  ,  tctte  personne  a  de  Vattrait^  beau- 
coup d'attri.it  pour  mci. 

On  dit,  .*^es  attraits  de  lu  ^rdcc,  pour  dire, 
Les  douceurs  int.^'rieurcs  que  la  grâce  fait  quel- 
jucfois  sentir. 

ATT  K  A  VE.  s.  f .  Tromperie,  apparence  trom- 
peuse. ÎSe  V(nis  ftez  pas  à  son  air  de  candeur. 
c'est  une  attrajie.  Il  n'est  que  du  style  Hunilier. 

On  le  fait  masculin,  quand  ou  le  joint  nux 
mots  Sigaudj  lourdaud.  C'est  un  altrapc-tonr- 
daad,  un  uïtrupe-iîJflHiid,  pour  dire,  GVst  une 
ruse  grossière,  cela  est  bon  à  tromper  des  igno- 
rans,  des  iml>éeiles. 

ATTRAPER,  v.  a.  Prendre  ù  une  frappe,  à 
un  picge,  ou  à  quelque  autre  cliose  de  sem- 
blable, attraper  un  renard  dans  un  piéqc.  At- 
traper un  loup  à  une  traînée. 


ATT 

Il  signifie  aussi  famiiièrem.,  Obtenir  par  in- 
dustrie, il  a  si  bien  fait,  qu'if  a  attrapé  un  bon 
Emploi^  un  bon  bénéfice. 

Il  signifie  figun'-ni.,  ïiurpremlrc  artificieusc- 
ment ,  tromper.  C'est  un  flou  nui  m'a  attrape. 
Il  s^cst  laissé  attraper  par  un  filou  gui  lui  n 
gagné  son  argent.  Les  plus  fins  y  sont  attrapes. 

On  dit,  dans  lo  style  familier,  Attraper  un 
rhume,  une  fièvre^  attraper  un  coup  de  mous- 
quet ^  pour  dire,  Prendre  un  rhume,  gagner  l« 
fièvre,  recevoir  un  coup  do  mous(juet. 

Atthapi;!!,  signifie  aassi,  Atteindre  en  cou- 
rant après,  en  allant  après.  Le  lièvre  eut  beau 
ruse-,  les  chiens  Vattrapcrent.  Le  Vrevût  a  al- 
Irapc  les  voleurs.  Partez  toujcurs  devant  y  je 
vous  attraperai  à  la  coucliée. 

Proverbialement,  en  parlant  d'Un  Iiomine 
qui  s'enfuit,  qui  s'est  évadé,  on  dit.  Il  courra 
bien  ,  si  Von  ne  l'attrape^  pour  dire,  qu'Un  îa 
[ïoursuivra  si  vivenient,  qi^e  selon  toutes  Us 
npparenccs  on  le  prendra. 

Ondil.  qu't/nc  pierre  a  aHr.\pê  un  homme 
iiu  nKtiton,  à  la  tempe,  etc.  pour  dire,  qu'Ellc 
la  alteint  au  menton,  à  la  tempe,  etc. 

Un  dit  fi:;wréni.,  Attraper  le  sens,  la  pensée 
d'un  Auteur^  pour  dire,  Pcnélrer  dans  le  sens, 
dans  la  pensée  d'un  Auteur. 

On  dit  aussi  dans  le  figuré,  Attraper  le  ca- 
ractère,  attraper  les  manières,  pour  dire,  Bien 
exprimer,  bien  représenter,  bien  imiter  le 
caractère,  les  manières.  Ce  Poctc  a  bien  attrape 
le  caractère  d'un  homme  jaloux.  Il  a  bien 
attrapé  le  caractère  des  anciens  GrccM,  àe< 
anciens  Romains.  C^est  un  grand  Peintre ^  Û 
attrape  bien  les  caractères  des  pa'isions.  Cet 
élève  a  bien  attrape  la  manière  de  liapha'rl.  On 
dit  aussi  d'Un  Peintre,  qu'il  attrape  bien  la 
ressemblance j  qn  il  attrapai  bi^n  Vair  de  ceux 
(ju^il  peint j  pour  dire,  qu'il  fait  des  poriruits 
hicn  rcssemblans.  Ce  Peintre  a  bien  attrapé 
votre  ressemblance.  Il  a  bien  attrapé  votre  air, 
Vair  de  votre  visage. 

AttravÉ,  ée.  participe. 

ATTRAPETTE.  suhst.  f. Tromperie  légft-c  , 
[ictitc  malice.  C'est  une  attrapctte.  Il  est  familier 
Et  badin. 

ATTRAPOIRE.  s.  f.  Piège,  macliine  pvur 
attraper  des  animaux.  Uu'est  plus  guère  d'usage 
l'n  ce  sens. 

11  se  dit  fifîurém.  dans  le  style  familier,  LV» 
tours  de  finesse  dont  on  se  s<'rt  pour  surprendre, 
pour  tromper  quel*pi"un.  Les  flous  ont  cent 
sortes  d'attrapoire.y.  La  plaisante  aftrapoirc! 

ATTRAYANT.  AIVTE.  adj.  Qui  attire  agr.-n- 
h\rment.Discours  attrayant.  A  ccucilattrayauL 
Lîeauté  attrayante.  Il  n'y  u  rien  de  si  attrayant 
nue  SCS  manières. 

AT'fREMPi';.  ailj.  Teime  de  Fauconnerie. 
désignant  Un  O'scau  qui  ne  prclie  ni  par  'n 
maigreur,  ni  par  trop  d  embonpoint. 

ATTRIBUER,  v.  act.  Attacher,  annexer 
quelque  prérogative,  quelque  privilège,  ipiel* 
que  utilité,  t-tc.  L'Edit  de  création  de  cette 
Charge  y  attribue  de  grands  privilèges.  Les 
nages,  les  émolumcn.i  gui  ont  été  attribués  ù  lu 
Charge  de....  Le  liai  a  attribué  à  chaguc  p-J-t'" 


ATT 

culier  lie  cette  Compaqnle,  le  droit  tîc  Corn- 
mittiinus, 

Atthiisueh  ,  sî;;nific  aussi,  Rapporter,  réfé- 
rer une  chose  li  celui  (|u'on  prétend  en  cire  la 
cause,  l'aulrur,  ou  le  principal  instrumout.  On 
lui  attribue  cette  victoire.  On  lui  attribue  la 
Hrle  de  cette  bataille.  Ne  lui  en  attribuez  point 
la  faute.  On  lui  iittrihue  ce  livre -là,  mais  il 
n\-ti  est  pas  l'Auteur.  Il  s'attribue  le  travail 
ii'iiutrui. 

Oa  tlit,  Attribuer  une  ïjiialile,  une  vertu  à 
une  personne,  à  une  c/k  s£,  pour  dire,  AOIrnier 
qu'une  personne,  qu'une  cliose  a  une  certaine 
qualîljé,  une  crrtnitie  vertu.  Vous  lui  attribuez 
des  rertiii  et  des  vices  (juil  n'a  pas.  H  a  ioutes 
les  bonnes  aiuil  tes  nu'on  lui  tittribue.  C'est  un 
remède  auquel  vn  uttrilmc  de  qrandes  vertus. 

ArmiBir,  iH:.  pariiripe. 

ATTRIBUT,  s.  m.  Ce  qui  est  propre  et  par- 
ticulier ù  clitiquc  sujet.  L'immensité  est  un  des 
«((riants  fie  Dieu.  Vn  des  principaux  attributs 
de  la  Souveraineté,  c'est....  Ce  droit  est  un  des 
attributs  de  ma  Charge, 

Atthicut,  chez  les  Peintres,  les  Sculpteurs 
cl  les  Anti'jUiiircs,  se  prend  t]U(-!<iuefbis  pour 
Ce  qui  sert  h  c.iraclériser  une  lii^urc. 

Atthievt,  en  termes  de  Logique,  est  Ce 
qui  s'affirme  ou  se  nie  d'un  sujet,  d'une  propo- 
aitiuD.  Ainsi  lorsqu'on  dit.  Dieu  est  tout-puis- 
sant^ Dieu  est  le  sujet ,  et  tout-puissant  est  l'at 
irihut, 

ATTRIBUTIF,  H^.  adjectif.  Terme  de 
Palais.  Qui  attribue.  Attributif  de  Juridic- 
tion. 

ArmiBUTIUN.  s.  f.  Concession  de  quel- 
que prérogative,  de  quelque  privilège,  on  vertu 
d'--  I.elti-es  du  Vrînce.  in  Edit  d'attribution  de 
droits.  Ces  Charges  ont  de  grandes  attrdn^ 
tiens. 

Dn  appelle  Lettres  d'attribution,  Un  pou- 
voir donuê  par  K*  Koi  .1  des  Commissaires,  ou 
à  une  Juridiction  suhatternc,  pour  juger  une 
adliirc  en  dernier  ressort. 

ATTHISTAiNT,  .\i\TE.  adj.  Qui  attriste. 
Nouvelles  attristantes. 

ATTRlSTIiR.  V.  a.  Rendre  triste,  adli-er. 
Cette  nouvelle  m' aUrisie y  m'a  bien  attristé.  Il 
ne  faut  attrister  ptTJcnne. 

U  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Il  s'attriste  mal  à  pro^wj.  ]Se  vous  en  attristez 

pas. 

ATTnisrÉ,  tE.  participe. 

ArmiTIUN.  s.  f.  lîcïçret  d'avoir  on*ense 
nicu,  cause  par  la  crainte  des  peines.  L'ctlri- 
tion  ne  suffit  pas  sans  la  confession. 

A'ITROUPKMExNT.  s.  m.  Assemblée  tu- 
ninluieuse  de  gens  sans  .lulûrilê  cl  sans  aveu. 
Dans  un  F.tat  bien  pvUcé,  les  attroupemcm 
sont  défi  ndus. 

A'ITiîOUPER.  T.  ».  Assembler  plusieurs 
personnis  en  troupe.  /(  attroupa  toute  la  ca- 
naille, tous  I«  fiinéansj  tuus  les  v.iqiibunds. 
pour  faire  une  sédition. 

Il  sVmpIoic  aussi  avec  le  pronom  pcisonncl. 
rt  si;;nitie. S'assembler rnlroui>c.  //  est  défendu 
par  les  Ordonnances   de   s'attrouper.    Il  s'at- 


AUB 

troupa  une  (juantlté  de  gens.  Au  son  du  (oc^i'rt, 
les  paysans  des  environs  s'attroupèrent. 
Atthoupl,  ée.  participe. 

AU 

AU.  Particule  fornice  par  contraction  de  la 
préposition  (1,  et  de  l'article /c.  Klle  s'emploie 
avec  les  noms  masculins  qui  contmcnccut  par 
une  consonne,  et  qui  reçoivent  l'article  au  no- 
minatif. Céder  au  torrent.  Déférer  au  senti- 
ment de  ses  amis.  Obéir  au  Hoi. 

Au,  fait  au  pluriel  uux,  par  contraction  d'ù 
rt  de  l'article  pluriel  Us.  Donner  aux  pauvres, 
l'onnor  aiLx  Eglises.  Pardonner  aux  coupa- 
blés.  Se  soumettre  aux  lois,  etc. 

Ces  deux  particules  au  et  aux,  ont  enrorr 
d'autivs  usa;^es  dont  on  renvoie  la  si^niticatio  1 
il  l'ordre  des  noms  et  des  verbes  avec   lesquclî 

I  Iles  se  joignent,  comme:  Prendre  audépimnnt. 
Passer  iut  travers  des  ennemis.  laisser  au  fd  de 
\'cpéc.  Au  sortir  de  l'Eqlise.  Au  bout  du  compte. 
\2uand  ce  vint  au  fait  et  au  prendre.  Il  soutC' 
toit  au  contraire.  Aller  aiLX  champs.  Aller  au.t 
Mtux.  Us  en  vinrent  aiuc  grosses  paroles^  auj 
nainsy  aux  prises.  On  cria  (lux  armes. 

AUB 

AUBADE,  s.  fém.  Concert  de  Musique  ou 
JTnslrumens  que  l'on  donne  vers  l'aube  du 
jbur,il  la  porte,  ou  sous  les  fenêtres  d'une  per- 
sonne. Donner  une  aubade.  Donner  des  aubades. 

Aubade,  se  dit  figurcment  et  â  conli'e-sens, 
d'Une  insulte,  d'une  avanie,  d'une  peur,  faite 
ivcc  vacanne  a  quelqu'un.  Il  en  a  eu  Vauhade. 
\l  en  aura  Vaubade  tout  du  loua.  On  lui  en  a 
ionné  Vaubade.  Il  a  eu  une  étrange  aubade, 
tne  furieuse  aubade.  Il  est  familier. 

AUIîAIN.  s.  m.  Tenue  de  Cliancellerie  et  de 
hdais.  Klranger  qui  n'est  pas  naturalisé  dans  le 
jays  où  il  demeure. 

AUliVINE.  s.  f.  Succession  aux  biens  d'un 
lUr;in^er  qui  meurt  dans  un  pays  où  il  n'est  pas 
naturalisé.  L'aubaine  appartient  au  /îoï.  Le 
;7oî  a  druit  d'aubaine.  Ce  Seigneur  a  droit  d' au- 
baine. Le  droit  d'aubaine.  Le  droit  d'auha.ne 
a  été  presque  entièrement  supprimé. 

AcBAiNE,  se  dit  fîgurcm.  et  familièrem.  I)<î 
lout  avantage  inespéré  qui  arrive  à  quelqu'un. 

II  lui  est  arrivé  une  succes.çion  qu'il  n'ejipéroil 
paSj  c'est  une  bonne  aubaine  pour  lui. 

AUBE,  s,  f.  La  pointe  du  jour.  Il  ne  se  met 
Ruère  seul.  L'aube  du  jour.  Je  me  suis  levé  dès 
Vaube  du  }our.On  dJt cependant ,tSeIei*eravunf 
Vaube^  sans  ajouter,  du  jour. 

AUBIv  s.  f.  Vêlement  ecclésiastique  qui  e.sl 
fait  de  toile  blanche,  et  qui  desceiul  jusqu'aux 
talons.  Vètir  une  cube.  Ceindre  une  aube. 

AUBÉIMN,  s.  m.  ou  AUBKPIMi:,  s.  f.  Ar- 
brisseau él>ineu\,  qui  produit  de  petites  fleurs 
blanches  p.ir  Iwjnijuets  d'une  odeur  très-agréa- 
ble. Des  branches  d'Aubépine.  L^ Aubépine  llcu- 
rit  att  mots  de  Mai.  Le  liossiqnol  oirac  l'Aiihe- 
pinc.  et  y  fut  ordinairement  son  nid.  Le  mot 
t.\' Auhcpine  est  beaucoup  plus  d'usage  que  ce- 
lui d*./ulfepm,qui  ne  se  trouve  que  dciis  des 
l^oésies  Qucicuncs. 


AtJD 


m 


AUBtRE.  adj.  des  ?.  genres.  Il  se  dit  d'Un 
<h(*val  dont  le  poil  est  couleur  dépêcher,  entre 
le  blanc  et  le  bai. 

AUBElUiE.  s.  f.  Maison  où  l'on  trouve  à 
manger  en  pavant,  et  où  ou  lu-^e  en  chambre 
garnie.  Ponne  aubevqc,  On  fuit  bonne  chère 
dans  noire  auberge,  ienir  auberge. 

On  dit  aussi,  Tenir  auberge,  jwur  dire. 
Avoir  maison  ouverte,  recevoir  tout  le  monde 
â  sa  table.  Celle  place  est  onéreuse,  elle  force  à 
tenir  auherqe. 

\.n  parlait  de  l'Oitlre  de  Malte,  Auberge  st 
dit  pariiculiiTcment  Du  lieu  où  les  Chevaliers 
de  chaque  Langue  sont  nourris  à  Malle  en  coai- 
mun.  71  y  a  une  auberge  séparée  pour  chaque 
Langue.  L'auberge  de  France.  L'auberge  dt 
Provencii.  L'auberge  d'.-iuvergne.  L'auberge 
d'Allemagne.  Un  Commandeur  qui  tient  au- 
berge. C'est  un  tel  qui  tient  l'auberge  de  France. 

AvGZnr.F..  s.  f.  Espère  de  |H'cbc, 

AUBERGINE,  s.  f.  Plante  d'Amérique,  qui 
porte  un  finit  oblong  de  la  forme  du  concom- 
bre. On  l'appelle  aussi  Melonqène. 

AUBERGISTE,  s.  m.  Celui  qui  lient  Au- 
berge. Il  mange  chez  un  Aubergiste. 

AUniER.  s.  m.  Voyez  Obieh. 

AUBIER,  s.  m. Le  bois  tendic  et  blancbAlre 
qui  est  entre  l'écorcc  et  le  cœ^s  de  l'arbre.  Cet 
arbre  ne  vaut  rien  à  faire  une  poutre,  il  y  n 
trop  d'aubier. 

AUBIFOIN.  s.  m.  Sorte  d'herbe  qui  croit 
onlinairement  dans  les  blés,  cl  que  h:  peuplo 
îil)pelle  rutienunï.  i5Iut'(,  parce  que  sa  fleur  est 
blene. 

AUBIN,  s.  masc.  ADure  d'un  cheval  euUc 
l'aïuble  et  le  galop. 

AUC 

AUCUN,  UNE.  adj.  Nul.  Vous  n'avez  au- 
cun moyen  de  réussir  dafis  cette  aifitirc.  Je  ne 
cannois  aucun  de  vos  Juges.  Je  ne  le  veux  en 
aucune  manière. 

Il  s'emploie  rarement  au  pluriel  dans  le  sens 
nég.ilif.  On  peut  dire  rependant  :  //  ne  m'a 
rendu  aucuns  soins.  Il  na  fait  aucunes  di^o- 
sitions,  aucuns  préparatifs. 

Aucun,  sans  négation,  s'emploie  au  plutic!. 
H  a  obtenu  ce  qu'il  demandoit  sans  aucuns 
frais. 

Aucun,  dans  le  même  sens,  s'emploie  aussi 
en  style  de  Palais,  Ce  fait  raconté  par  aucuns; 
et  en  style marolique  ou  badin, D'uucun;  croi- 
ront que  j'en  suis  amoureux.  Il  sigui&e  alors 
Quelques-uns. 

AUCUNEMENT,  adv.  Nullement  En  au- 
cune manière.  Je  n'en  veiLv  aucunement. 

Il  s'emploie  aus.si  sans  négative  en  style  de 
Cbancellcric  et  de  Palais,  pour  dire,  En  quel- 
que sorte,  &  certains  égards.  Le  Roi  ayant  au- 
cunement égard  ù..,. 

A  U  D 

AUDACE,  s.  f.  Hardiesse  exrc&iivc.  Grande 
audace.  Audace  inouïe.  Audace  incroyable. 
Audace  avevgle.  Audace  funcnse.  Entrer  avec 
audace.  Se  présenter  avec  audoce.  Parler  avec 

i3. 


.00  AUD 

«udaee.  Rcpotidre   avec   audace.   Être   plein 
J*  audace. 

W  se  dît  aussi  en  bonne  part.  Noble  audace. 
Généreuse  audace.  Audace  héroïque.  Audiue 
(guerrière.  Des  Soldats  (j«i  vont  au  coinhut 
avec  audace.  Alexandre  eut  l'audace  de  passer 
le  Granique  avec  trente  mille  hommes,  à  la 
vue  de  deux  cent  mille. 

AUDACIF.USEMi:>îT.  adv.  Avec  nudnce. 
D'uDo  mani.'re  insolente.  Parler  oudacieuse- 
ment.  Répondre  audacieuscment.  Entrer  auda- 
cieusement. 

Il  se  prend  aussi  (jueKju^fois  en  bonne  pari. 
Il  se  jeta  audacieusemcnt  au  milieu  descmiemtsi. 

AUDACIEUX,  EUSE.  adj,  Qui  a  une  liai- 
diessc  extrême.  //  est  audacieux.  C^est  un 
homme  fort  audacieux.  Il  a  un  air  audacieux^ 
une  mine  audacieuse. 

11  est  aussi  sulistaclif.  C'est  un  audacieux. 
Vn  jeune  audacieux. 

11  a  communément  un  sons  de  blâme;  ce- 
pendant il  s'emploie  quinqucfois  en  éloge  . 
L'audacieux  Pindate  ,  Vaudacieux  'i^illars  , 
pour  désigner  Une  nobli-  et  vive  hardiesse. 

ACDACiKljx,  se  dit  queki'jefuis  an  figuré. 
Style  audacieux.  L'hyherhole  est  une  ftqure 
audacieuse.  L'ode  doit  être  audacieuse  dans  ses 
txprexsions  et  dans  sa  marche. 

AUDIENCE,  s.  f.  Attention  que  l'on  donne 
h  celui  qui  p.trlc.  Paviez,  vous  aurez  audience. 
Prclez-moi  audience.  Donnez-moi  un  moment 
d^audience.  Une  audience  favorable. 

En  ce  sens,  il  se  dit  plus  parliculicremenl 
en  parlant  des  Princes,  des  Personnes  consli- 
tue'es  en  dignité,  qui  emploient  un  certain  tcnipi 
&  écouter  fceux  qui  ont  à  leur  parler.  Les  Am- 
bassadeurs envoyèrent  demander  audience,  fu 
renl  admis  à  l  audience^  introduits  à  Vaudiena 
au  Hoi.  Ils  furent  quelque  teinp.^  san^  pouvoir 
avoir  audiencCy  sans  pouvoir  obtenir  audience. 
Le  Uoi  Icurdorina  audience.  Le  Chancelier.,  h 
Contrôleur  (iénèral  des  Finances^  donnent  au* 
dience  un  tel  jour,  à  telle  heure.  Se  trouver  à 
Vheure  de  l'audience,  dans  la  salle  de  l'au- 
dience. Il  y  a  aajourd'^hui  audience. 

AcDiENCE,  signifie  aussi  I-a  Séance  dans 
kiqriellc  ïcs  Juges  écoulent  les  Causes  qui  sr 
plaident  p-ir  A"ccats  ou  Procureurs.  C'uitse 
d'Audience^  qii  se  doit  plaider  à  l'Audîetjce. 
Cette  ajj'i.ir*'  se  ju(jera  à  V.!ttdience,  en  pleine 
Audience.  Un  tel  Président  tenoit  VAudiaice 
ce  jour-là.  Sentence  d'Audience.  Arrêts  d' .lu- 
dience.  L*:  Président  lui  a  promis  l'Audience. 
Cause  app'ilée  à  V Audience.  Ouvrir  l' Audience. 
Vouverturt  des  Audiences,  Les  Audiences  sont 
finies. 
'  Il  signifie  aussi  L'assemblée  de  ceux  h  qui 
on  donne  Audience,  qui  assistent  à  l'Audience. 
'I  ouïe  l'Audience  en  fut  scandalisée. 

Il  se  dit  aussi  du  Lieu  où  se  donne  l'Au- 
(hcnce.  Ouvrir  VAadiencc,  Fermer  l'Audienec. 
On  le  mit  hors  de  V Audience. 

AuDiENCK,  en  termes  de  Géographie,  s'em- 
ploie au  sens  de  Province  j  en  parlant  des  Pays 
loumis  aux  Espagnols.  L'Audience  de  Quito. 
V  Audience  de  Panama,  l!  se  dit  aussi  de  lAd- 


AUG 

ministralion  qui  rrside  dans  ces  Provinces,  /l 
fallut  s'adresser  à  l'Audience  de  I^os-Reyes. 

AUDIE>CIER.adj.m.  Il  n'est  guère  d'u.sa,î;e 
qu'en  celte  phrase.  Huissier  Audiencier,(iui  se 
«lit  de  riluissier  qui  appelle  les  Causes  dans  les 
Audiences  du  Parlement,  ou  des  autres  Tri- 
bunaux. 

Il  est  employé  substantivement  dans  le  titre 
de  Grand  Audiencier ,  qu'on  donne  à  Un  des 
prineipauxOfficiersdelaChancellenedel-'rance, 
qui  f,ut  rapjïort  au  Chancelier  des  Lcllres  de 
grâce ,  de  Noblesse,  etc.  Une  Charqe  de  Grand 
Audiencier.  Il  y  adeux  Grands  Audienciers. 

AUDITEUR,  s.  m.  Celui  qui  écoute  quelque 
discours  dans  quelijue  assemblée  publique.  Ce 
Prédicateur  a  toujours  un  qrand  nombre  d'au- 
diteurs. Il  suiisft  extrêmement  ses  audileuis. 
Il  édifie  ses  auditeur  . 

U  se  prend  quelquefois  pour  Disciple.  Ce 
Profsseur  a  beaucoup  d\iuditeurs,  7i'n  point 
d'auditeurs. 

On  appelle  Auditeur  bénévole.  Un  Autîjleur 
qui  est  favonblenienl  disposé.  II  se  dit  aussi 
De  ee!ui,qui  vient  écouter  un  Maitre  par  goût 
rt  sans  s'astreindre  à  l'assiduité. 

AcDiTKL'n  DES  CouTTEs ,  Officicr  de  la  Cham- 
bre des  Comptes,  de  qui  la  fonction  est  de  voir 
L't  d'examiner  l.es  coitiptes  qui  s'y  rendent  el 
qui  lui  sont  renvoyés.  Une  Charqe  d^Auditeur 
des  Comptes. 

ArniTEun,  en  parlant  De  certams  Pays,  est 
iiussi  un  titre  de  Charge,  d'Emploi.  L'Auditeur 
d'un  Cardinal.  Un  Auditeur  de  liote.  Auditeur 
de  la  Nonciature.,  dans  les  Etats  Espagnols  est 
le  titre  d'un  Magistrat. 

Auditeur  de  Rote.  Voyez  Rote. 

AUDITIF,  IVK.  adj.  Qui  appartient  h  l'or- 
gane de  l'ouïe.  Le  nerf  auditif. 

AUDITION,  s.  f.  Ternie  de  Physique.  Action 
d'entendre.  Expliquer  comment  se  fait  Vati- 
dition. 

Audition,  est  aussi  un  ternie  de  Pratique, 
(]ui  n'est  d'usage  qu'en  cesdcux  phrases,  L'au- 
dition des  témoins^  qui  est  Tartion  d'ouïr  des 
rénioius  en  Justice;  et  VAudit'wn  de  comptCf  qui 
l'st  l'action  d'ouïr  et  d'e?iamiuer  un  compte. 

AUDITOIRE,  s.  m.  Le  lieu  où  l'on  plaide 
dans  tes  petites  Justices.  Les  qu'il  jut  entré  dai.s 
V  Auditoire. 

Il  se  dit  aussi  De  i  -Usemblée  de  tous  ceux 
'jui  écoutent  une  personrc  qui  parle  en  public 
Ce  Professeur,  ce  Prédîcatcj'r  a  toujours  un 
bel  auditoire,  un  nombreux  auditoire. 

AUG 

AUGE.5. f. Pîen*e,  ou  pinède  boiscreuscr. 
qui  sert  5  donner  h  bcii'*'  et  à  manger  aux  rlir- 
vaux  et  aux  atJtres  animaux  domestiques.  Mciur 
boire  la  chevaux  à  l'aune.  Donner  à  mantjer 
aux  cochons  dans  Vauqe. 

AtJGE,  se  dit  aussid  Un  vaisseaadebois<laiis 
lequel  les  Maçons  délaient  leur  pl.ilre.  L'aurje 
d'un  Maçon,  Porter  l'aune.  Cet  Architecte  a 
coninicnré  par  porter  Vauqe  el  tailler  la  pierre. 
pour  connoltre  tous  /c-t  détails  delà  construc- 
tion. On  dit  proverbialement ,  pour  marquer  le 


AUG 

mépris  qu'on  fait  d'un  Emploi ,  J'aimeroit 
mieux  porter  l'auqe  ,  mieiux:  vaudrait  porter 
Vau(je,  que  de  faire  ce  métier-là. 

Accès,  se  dit  au  pluriel  De  certaines  rigoles 
de  bois  ou  de  pierre,  qui  servent  ordinairement 
à  faire  tomber  l'eau  sur  Va  roue  d'un  moulin , 
pour  la  faire  tourner. 

AUGf'^E.  s.  f .  Ce  que  ppul  contenir  une  auge 
de  Maçon.  7/  ne  fautqu\inc  année  de  plâtre  pour 
boucher  ce  trou-là. 

AUGKT.  s.  m.  Petit  vaisseau  où  l'on  met  U 
mangeaillc  des  petits  oiseaux  que  l'on  nourrît 
en  cage.  Il  n'y  a  plus  rien  dans  Vauqet. 

Il  se  dit  aussi  Des  petits  vaisseaux  attaclidt 
à  la,  circonférence  de  certaines  roues  hydrau- 
liques 

AUGMENT.  s.  m.Temie  de  Droit.  Il  ne  se 
dit  qu'en  celle  phrase,  Anqmcrit  de  dot,  qui 
es't  Ce  que  la  Loi  permet  de  donner  li  la  femme 
sur  les  biens  du  mari ,  dans  les  pavs  de  Droit 
écrit.  L'auomcnt  de  dot  est  ordinairement  de  la 
moitié  ou  du  tiers  de  ce  au  une  femme  apporte 
en  mariaqe ,  et  ce  prend  par  préférence  sur  tous 
les  bie/is  du  mari. 

Algment,  est  aussi  un  terme  de  Grammaire, 
dont  on  se  sert  en  parlant  des  veibcs  (Vn-cs.  U 
y  en  a  de  deux  sortes,  L'auqment  syllahique, 
qui  consiste  dans  l'addition  d'une  syllabe  ,  el 
L^auqment  de  temps,  qui  consiste  dans  1  allon- 
gement d'une  voyelle. 

AUGMENTATIF,  IVE.  adj.Tcrme  de  (iitira- 
maire,  qui  se  dit  de  certaines  particidcs  ou  de 
certaines  terminaisons  qui  servent  .'i  aiipmenirr 
le  sens  des  noms  et  des  verbes.  Très,  /orl,  etc. 
sont  des  particules  auqmentatives  dans  notre 
Langue.  La  Langue  Italienne  a  plusieurs  1er- 
fntnaisons  auqmentatives. 

AUG:\IENTATiON.  s.  f .  Accroissement ,  ad- 
dition d'une  chose  à  une  autre  de  même  genre. 
AuQmentation  de  qaqes.  Nouvelle  augmenta- 
tion. Il  a  bien  fait  des  auamentations  à  cette 
maison.  Il  ftut  payer  les  améliorations  et  auO' 
mentations. 

AUGMENTER,  v.  a.  Accroilr?,  agrandir, 
rendre  une  chose  plus  grande .  en  y  joignant  une 
autre  chose  de  mcmf  genre. /lau^mcnïc  son  re- 
venu tous  les  jours.  Il  a  bien  augmenté  sa  mai- 
son,  son  train,  sa  terre.  Augmenter  le  prix. 
Augmenter  îe  nombre.  Augmenter  la  dépense. 
Anqmenter  un  livre.  Il  ne  faut  pas  diminuer 
la  récompense  quand  on  augmente  le  tra^*ail. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes,  -^u^menrcr  u.i 
Domestique ,  augmcnlerun  Commis. pourdiic. 
Augmenter  leur  salaire.  Tous  les  Oui-uers  ve»- 
lent  au  ourd'hui  qu'on  les  augmente.  Cethonime 
ne  routera  pas,  ci  on  ne  l'augmente. 

Il  est  aussi  neutre,  et  alor>  il  signifie,  Croîl\^ 
en  qualité  ou  en  quantité.  Ses  richesses  aug- 
mentent tous  les  jours.  Il  augmente  en  bien  et 
en  honneur.  Cela  va  en  augmentant.  Le  mal 
augmente  tous  les  jours.  l\  se  met  aussi  arec  le 
pronom  personnel.  .Son  mal  s^augmcnte.  Se* 
richesses  saugmcnteut, 

AucMENTr.  lE.  participe. 

AUGURAL,  ALE.  adj.  Ce  qui  appartient  i 
l'Augure.  Bâton  Augurai,  liohe  Augurale, 


AIIL 

AUCrPE.  s.  m.  Prieage,  signe  par  Uqinl 
on  juge  de  1  aviiilr.  Kn  pailaiil  Des  anciens  Ru- 
mains,  il  se  prcml  prinripalcmcnt  pour  le  pré- 
sage ipi'ils  liroicnt  de  l'ohscrv  atiou  des  oiseaux 
Parmi  nous ,  il  se  dit  Ue  loul  ce  tjui  semble  pré- 
sager, indiijii'-r  quelque  chose  que  ce  soit.  Bvn 
augure,  mauvais  autjure.  Augure  sinistre.  An- 
oure funeste.  Prendre  à  bon  uunure,  à  muuvitis 
uuaure.  Oiseau  de  hoti  augure ^  de  mauvais  au- 
gure. J^en  aec\'pU-  Vaugure. 

On  dit  fi;4uréju.  d'Un  lioninie  dont  on  s'ima- 
gine que  l'aiTivi-e  va  nous  apprendre  quelque 
boDUC  ou  quelque  mauvaise  nouvelle,  que  C'est 
un  oiseau  de  bon  augure ,  un  oiseau  de  mauvais 
augure. 

Augure,  se  dit  aussi,  en  parlant  des  Ro- 
mains, Oc  celui  dont  la  charge  ctoit  d'observer 
le  vol ,  le  chaut  et  la  ïaçon  de  manger  des  oiseaMX, 
pour  en  tirer  des  présages.  L'Augure  étant  con- 
sulte, répondit...  La  dignité  d'Augure  éicit  en 
grande  considération  parmi  /ej  Romains,  h'  in- 
qure  publie.  Le  Collège  des  Augures,  Bâton 
d'Augure. 

AUGURER.  V.  a.  Tirer  un  au;:;ure,  ifne  con 
jectnre,  un  présage.  Je  n'en  tmflwre  ricr:  Je  bon 
(Ju'eii  pouvcz-vous  augurer  ^  J'en  augure  bien 
J'en  augure  mal.  Je  n'en  augure  rien  de  mau- 
vais. 

.VUCUSTE.adj.  des  2  g.  Grand,  respectable 
digne  de  vé-nération.  Le  très-  auguste  .Sacre- 
ment de  l'Autel.  Cet  auguste  Empereur.  Dam 
ce  temple  auguste.  Dans  une  assemblée  si  au- 
l^-ute.  Dans  cette  auguste  assemblée.  Ce  Palat 
a  auelgue  chose  d'auguste 

l\  ^e  dit  De  l'air,  du  maintien,  pour  signi-- 
Cer  Une  gravité  imposante.  Il  parla  d'un  ail 
auguste.  Prendre  l'air  auguste,  se  dit  ironi- 
quement. 

AU  J 

AUJOURD'HUI,  adv.  de  temps,  quisiguifi< 
le  jour  où  l'on  est.  Il  arrive  aujourd'hui  à 
ntidi.  Il  a  l'ait  grand  chaud  tout  aujour- 
d'hui. Ce  n'est  pas  d'aujourd'hui  eue  nous 
nous  co/inoi.\-sons.  Il  part  dés  aujourd'hui.  La 
journée  d'aujourd'hui  est  plus  belle  gue  celle 
d'Iiicr.  La  jclc  d'aujourd'hui.  Le  Saint  d'au- 
jourd'hui. Il  n'a  la  f.èvre  (jue  d'aujourd'hui. 
J'ai  diU'cré  jusju'aujourd'hui  à  vous  donner 
de  n.es  nouvelles. 

U  s'emploie  quelquefois  subslautiv.  Aujour- 
d'hui passé,  ils  ne  seront  plus  reçus  à  leurs  offres. 

AlJODno'HCi ,  se  prend  aussi  quelquefois 
adverbialement,  pour  A  présent,  au  temps  oit 
nous  sonnnes.  Cela  se  pratiguoit  aulrej"is , 
mais  aujourd'hui  on  en  use  autrement.  Les 
jeunes  gens  d'aujourd'hui.  La  mode  d'aujour- 
d'hui. 

AUU 

AL  I.lt^lL  K.  s.  f.  On  appelle  ainsi  uneThésc 
que  souli.  ni  un  étudiant  .-n  Théologie,  lors- 
qu'on donne  le  bonnet  i  un  Docteur.  Il  a  sou- 
tenu son  .Iulicjue. 

.VetiQii;.  est  aussi  adjrclif,  et  se  dit  dun 
TnLunal  qui  a  nue  Juridiclion  universelle  et 


AUM 

en  dernier  restort  sur  tous  les  m>  nibrcs  et  su- 
jets lie  l'Kmpire ,  pour  les  Causes  qui  doivent  y 
être  jxïrtées. 

Conseil  Aulique,  se  dit  aussi  du  Tribunal 
pîtrliculier  de  certains  Princes  d'.VIlemagne. 
Conseiller  .4uUguc  du  Duc  de  haviére, 

AUM 

AUMAILLES.  adj.  f.  pi.  Terme  d'Ordon- 
nance des  Eaux  et  l-'orcts,  qui  ne  se  dit  que  des 
hùtes  à  cornes  ,  comme  Bœufs,  "Vaches,  Tau- 
reaux. Un  troupeau  de  bêtes  aumailles. 

AU.MEUÎTTE.  Vojci  0.^rELETTE. 

AUMuNE.  s.  f.  Ce  qu'on  donne  aux  pauvres 
par  charité.  Aumône  publiguc.  Aumône  de  pain 
et  de  vin.  Faire  l'aumône.  Donner  raurrione. 
Racheter  ses  péchés  par  l'aumône.  Donner  par 
aumône.  Donner  en  aumône.  Distribuer  des 
aumônes.  iS'e  recomnitinJer  au.x  aumônes  de^ 
'lens  de  bien.  Vivre  il'auniunc.  i'n  tronc  pour 
les  aumônes.  Le  tronc  des  aumônes.  Être  à 
laumùiie.  Être  réduit  à  rtiuinone.  ^(re  à  l'ait. 
(r*one  de  la  Paroisse.  L'ambitieiLz  fuit  des  lar- 
gesses, il  ue  jait  pas  d'aumônes. 

Ou  dit  d'Un  honnue  qui  drniande  l'aumône 
par  pure  fainéantise,  qe'/i  djrohe  l'aumône 
tiiuc  pauvres;  et  d'Cne  chanté  bien  employée, 
[ue  C'est  une  belle  aumône.  Faire  du  bien 
à  des  pauvies  honteux,  c'est  une  belle  aumôue, 
c'est  une  aumône  bien  employée,  bien  placée. 

En  parlant  Des  terres  ou  des  renies  qui  oril 
clé  donne'es  ù  l'Église  par  le  Roi ,  ou  par  quel- 
Tue  Seigoeiu-,  sans  aucune  autre  obligation  que 
de  reeonnoilre  qu'on  ies  tient  de  celui  qui  \a 
a  données,  on  dit,  qu'Eiles  sont  tenues  en 
franche  aumône,  qu'elles  relèvent  en  francht 
aumône. 

On  apjwlle  aussi  .'tumône.  Une  peine  pécu- 
niaire à  laquelle  la  Justice  condamne  eu  cer- 
tains cas  ceux  qui  perdent  leur  procès.  71  a  été 
condamne  à  une  aumône. 

.iUMONEl'i.  V.  a.  Donner  par  aumône.  Il 
ne  se  dit  guère  qu'en  termes  de  Pratique.  On  l'a 
condamné  à  aumôner  cent  écus  aux  pauvres. 

AiMÔ.vÉ,  ÉE.  parlicipc. 

U  SL'  dit  d'Un  homme  condamné  par  juge- 
ment à  payer  une  aumône.  lira  été  aumône. 

AU.MÔSERIE.  s.  f.  On  appelle  ainsi  dam 
les  .\bbiyes,  certain  Bénéfice  claustral,  affcci^ 
'i  la  iictvibution  des  aumônes.  L'Aumônerie  ii< 
S aint-Dsnis  en  Frani  e.  L'Aumôncrie  de  Saint- 
G  erma  ii>-des-Prés. 

La  grande  Jumônerie  de  France,  est  La 
Charge  du  Grand  .Aumônier. 

AU.MÔNIER,  ERE.  adj.  Qui  fait  sci-vcnl 
l'aumône  aux  pauvres.  Dieu  lui  fra  mi'Sri- 
corde,  car  il  est  grand  aumônier.  Cette  Dame 
est  fort  aumvniére.  Saint  Jean-l'.-lumônier. 

.ViMÔNiEn.  8.  maso.  Eccliiiiastiquc,  dont  la 
fonction  ordinaire  est  de  disulbuer  les  aumônes 
que  ceux  à  qui  il  est  attaché  luidouncntà  faire, 
de  leur  dire  la  .'Messe,  de  faire  la  Piiére  du  ioir 
1 1  du  matin  ,  etc.  Grand  Aumônier  de  France. 
Premier  Aumônier  duRoi.  Aumônier  ordinaire 
du  Roi.  .-lumônier  de  guartier.  Aumônier  du 
Commun.  Aumônier  de  la  Reine.  L'.-luméntcr 


AUP  loi 

a'uM  hvêijuc.  L'Aumônier  d'une  Princesse,  d'un 
grand  Seigneur.  L'.lumônler  d'un  Régiment, 
dun  l'aisseau. 

AU.MUSSE,  ou  AUMUCE.  s.  f.  Fourrure 
dont  les  Chanoines,  les  Cljapclains  et  lesChan 
1res  se  couvicul  qucicjiiefois  la  tète,  et  qu'ils 
portent  ordiri.iirem'iil  sur  le  bras.  Porter  l'au- 
niusse.  Auiuusse  de  petit- gris.  L'aumussc  des 
'.'hapelains  et  des  Chantres  diffère  de  celle  des 
Chanoinet. 

AUN 

AUNAGE.  s.  m.  Mesuragc  à  l'aune.  Faire 
hon  autiage.  L'aunage  n'est.pas  bon. 

.AUJiAIE.  s.  f.  Lieu  planté  d'.Hines.  Il  y  « 
itne  belle  aunaie  sur  le  bord  de  cette  rivière. 

Aune.  sul»t.  f.  Mcsiut  de  trois  pieds  liuil 
pouces  de  longueur,  telle  qu'elle  est  à  Pari». 
Mesurer  à  l'aune.  Vendie  à  l'aune.  Une  aune 
et  demie.  Une  demi-  aune.  Demi-  aune  demi- 
guart. 

Il  signifie  aussi  Le  bâton  de  même  longueur, 
dont  on  se  sert  h  mesurer,  ^unc  ferrée  par  les 
deux  bouts.  Aune  brisée. 

11  se  dit  encore  De  la  chose  mesurée.  Une 
ruine  de  drap.  Vne  aune  de  toile,  de  dentelle, 
de  ruhan. 

On  dit  proverb.  Au  bout  de  l'aune  faut  le 
drap ,  pour  dire ,  que  Les  choses  iront  jusqu'où 
elles  poîirront  aller. 

On  dit  proverb.  et  figurém.  que  Les  }iomnitt 
ue  se  mesurent  pas  à  l'aune,  pour  dire,  qu'il 
ne  faut  pas  juger  de  leur  mériti-  par  leur  lïille. 

On  dît  aussi  proverb.  et  fi^urém.  -1/esurer 
les  autres  à  son  aune,  pour  dire,  Juger  d'aii- 
Irui  par  soi-même. 

On  dit  aussi  proverbial,  et  figurém.  d'Un« 
chose  dont  ou  a  fait  expérience  ^  ses  dépens , 
qu'On  sait  ce  gu'en  vaut  l'aune. 

Tout  du  losc  de  l'.Vdse.  F.içon  de  parler 
figurée  et  proverbiale,  pour  dire.  Beaucoup, 
Pxce.^sivenleot.  lia  fait  débauche,  et  ilenapris, 
il  s'en  est  donné  tout  du  long  de  l'aune.  On  Va 
battu,  il  en  a  eu,  on  lui  en  a  donné  tout  du 
long  de  l'aune.  S'il  perd  son  procès,  il  en  aura 
tout  du  long  de  l'aune, 

AUKE.  s.  m.  Arbre  de  bois  blanc,  qui  croit 
dans  les  lieux  humides.  Des  tuyuux  de  bois 
d'aune.  Des  sabots  d'aune. 

AUMJE,  ou  ÉsLXA  Campasa.  s.  f.  Plante 
médicinale.  Elle  est  du  genre  des  .\slers. 

AUNER.  V.  a.  .Mesurer  .i  l'aune.  .4uner  une 
pièce  de  toile,  une  pièce  de  drap,  .-(uner  fidèle- 
ment, .iuner  mal. 
Aisé,  le.  participe. 

AU>'EUR.  s.  m.  Oflieier  e'tabli  pour  avoir 
inspection  sur  l'aunag'-. 

AUP 

AUPAR.\VANT.  adv.  qui  marque  priniilê 
de  temps.  Si  vous  voiiles  vous  en  aller,  réglez 
auparavant  ce  qu'il  fiut  faire.  Je  l'en  avois 
averti  long-temps  auparavant.  I'n  mois,  un  an 
auparavant. 

Quelques  personnes  disent. ^uparai'anl  que; 
c'est  une  faute  :  il  làut  dire,  .tvant  que.  ^'.  AvA.vT. 


loo.  AITR 

AUPRÈS.  Préposition  du  lieu.  Sa  maisoii 
est  iiuprès  de  la  mienne.  La  rivière  passe  auprès 
de  cette  Ville.  H  csl  logé  iiiij;iès  du  P(dais. 
(^uand  il  Cft  eil  colère,  il  ne  fi, il  pas  bon  au- 
près de  lui.  Il  vient  d'auprès  du  Palais,  d'au- 
près de  la  Place  PiOyale. 

Aui'nF.s ,  sert  aussi  i  marquer  L'attachcmrnt 
domestique.  Ainsi  on  dit,  Etre  auprès  d'un 
qrand  Scinneur,  pour  dire,  jf'trc  Qtî;iclie  a  son 
acrvgcc.  ('ii  Va  >nis  auprès  d'un  tel  Prince.  Il 
n'est  ;  lus  auprès  d'un  tel.  On  l'a  ûlé  d'auprès 
de  ce  jeune  Prince.  Il  s'est  retiré  d'auprès  d  un 
tel  *:einneur. 

On  dit  aussi,  quX'n  homme  est  lien  auprès 
il'iinc  personne  puissunle,  pour  dire,  qu'il  est 
dans  SCS  bonnes  gr.iccs.  Il  est  fort  h'en  auprès 
du  Poi,  auprès  des  Ministres. 

Aupiits,  s'emploie  quelquefois  comme  ad- 
verbe. Je  ne  puis  voir  cela,  si  je  ne  suis  au- 
près, si  je  ne  suis  tout  auprè;.  Kt  dans  le  style 
familier,  on  dit  proyirbialemcnt,  Si  vous  n'en 
/voulez  point,  conc/ies-i'crts  auprès. 

AtenÉs  ,  signifie  aussi ,  Au  prix ,  en  compa- 
raison. Voire  mal  n'est  rien  auprès  du  sien.  La 
Tare  n'est  qu'un  point  auprès  du  reste  de 
l'Vnivers. 

AU  R 

h 

AURÉOLK.  *.  f.  Cercle  dn  lunHt'-re  que  les 
Pcinti-es  mettent  autour  île  In  tête  des  images 
des  Saints. 

Il  se  dit  pussi  pour  signifier  ï.e  drgrc  de 
clt*ire  qiri  distingiK'  Ifs  S;iinls  dans  le  Ciel. 
VÀiirèo]c  ilca  '^hirlyrs.  L\4uréolc  liesVicrcjc-i, 

AIRICULAIUK.  cdj.  -îes  2  genres.  Il  n'csl 
guirred'us.igeque  dans  les  phrases  qui  suivent: 
Témoin  aiiricnlaire ^  pour  dire,  Un  témoin <(u. 
a  oui  de  SCS  propres  oreilles  ce  tpi'il  dépose  ;  ci 
Confssion  auriculaire .  pour  sïi^nifi  La  con- 
fession qui  se  fait  en  secret  h  rorcilledu  Prêtre. 

AURILLARD.  Voyez  Omu.akd. 

AURONE.  subst.  f.  Pl.intc  qui  a  presque  les 
m^^mes  qualités  que  l'Aljsintlie»  et  qui  en  ap- 
proche beaucoup  pour  la  f<)rnic  de  ses  fleurs  el 
de  ses  semences. 

AUROKK.  s.  f.  Lumière  qui  paroit  avant 
que  le  Soleil  soit  sur  l'horizon.  Le  lever  tic 
l'aurore.  L'aurore  commcnçoj't  à  paroibw  Les 
Anciens  en  ont  fjil  une  Hcesse. 

Il  se  clii  figurcmcnt  d'Une  chose  qui  com- 
mence, Cela  n'est  encore  <ju' à  son  aurcie ;  et 
en  parlant  d'Une  trt^s-jeuae  personne.  Une 
heanté  dan-  son  aurore. 

On  dit  aussi  fif,arciren(,  Cest  Cjurore  d'un 
beau  jour,  pour  exprimer  Quelque  incident 
heureux  qui  innoncc  un  pi  is  gnind  bonheur. 

Aur.or.E,  se  du  a\:yÀ  pour  le  Levant.  Du 
coiicV.nt  à  iaufore.  Les  climats  de  l'aurore. 

On  appelle  Couleur  d  aurore  ^  Une  espcce 
de  jaune  doré,  TaffiUs^  iaiin  couleur  d'au- 
rore; et  on  dit  pir  abrcj;ë,  Du  sniin  nurore. 

AunoiiE  BonÉAtE.On  appelle  ainsi  Uu  phé- 
nomène lumineux  qui  paroit  quelquefois  dans 
le  Ctsli  de  Ct!.[c  du  >'ord. 


AUS 

AUS 

AUSPICK.  s.  m.  Terme  géne'rîqùe  qui  dési- 
j^iioit  chez  les  Romains  diverses  mani^^res  de 
consulter  et  de  eonnoître  l'avenir,  Icsqnellei 
furinoient  parmi  les  Au;^ures  trois  ordres  dif- 
férens.  Prendre  les  aw-'jnces  par  le  vol  des  oi- 
scauXj  par  le  chant  des  oiseaux,  par  la  façcn 
de  manqer  des  pou/t-ïv  sacrés.  Heureux  auspicc. 
Les  Grecs  et  les  ilomains  avaient  qnmd  éqard 
aux  auspices.  Les  auspices  lui  furent  favorable.':. 

On  dit  figurf?.!!.,  Sous  d'heureux  aiv:piccs. 
pour  dire ,  Avant  la  fortune  favorable  j  et  on 
dit,  Sow:  les  auspices  deauclnu^unj  pour, ^otis 
lii  cond.iite,  àous  la  licune  fortune,  sous  l'ap- 
[)ui ,  sous  la  faveur  de  quelqu'un.  Ce  Capitaine 
faisoit  la  guerre.,  et  (jiujnoit  des  batailles  sous 
les  auspices  du  liai.  J'entreprendrai  cette  af- 
fairô  sous  vos  auspices. 

AUSSI,  adv.  Pareillement,  de  mùrae.  Vous 
le  Lfouîez  ,  et  moi  aussi. 

Il  s'emploie  souvent  pour  Encore,  de  phis, 
lilui  a  donné  telle  chos".,  ei  cela  aussi.  Dîtes* 
'i(i  aussi  de  ma  part. 

Il  signifie  quelquefois,  C'est  pourquoi,  H 
cause  de  cela.  71  sert  un  mnitre  qui  le  traita 
malj  aussi  le  veut-il  (piitter.  Ces  étofffs  sont 
belles^  aussi  coûtent-elles  beaucoup.  //  en  us& 
niai  avec  tout  le  monde,  aussi  tout  le  monda 
l'aha'idonne. 

Il  sert  encore  h  marquer  La  conformité,  la 
rapport  d'uiiC-proposiiion  avec  celle  qui  pré- 
cède. Il  faut  être  rcconnoissiint,  aussi  Vcst-iL 
Il  auroU  eu  tort  d'en  user  de  la  sorte ^  aussi  na 
l\i~t-il  pas  fait.  îl  a  été  volé  la  nuit;  maîi 
aussi  pouritnoi  est-il  par  les  rues  à  ces  heuies-là  ? 

II  est  quelquefois  Icmic  de  comparaison,  et 
signifie.  Autant,  éf^alcnicnt;  el  alors  il  exige 
apr's  lui  la  conjonction  que.  Il  est  aussi  saqi 
que  rniillant.  Il  vit  aussi  maqnifujuenient  qu'il 
se  peut.  Il  est  aussi  à  plaindre  qu'un  autre.  Il 
voit  aussi  clairdans  cette  affhirc  que  personne. 
Quelquefois  on  supprime  le  que  par  ellips» , 
conmie  dau5  cette  phrase  :  Ce  livre  est  esti- 
mable^ mais  il  y  en  a  d'aussi  bons. 

On  ne  peut  remployer  pour  *Sj,  sans  occa- 
sioner  une  sorte  d'équivoque  qu'il  faut  éviter. 
Un  homme  aussi  éclairé  (jue  vous,  peut  vouloii 
dire,  Un  autre  honmie  non  moins  éclairé  que 
vous. 

Aussi-B[EN  QUE.  De  même  que»  autant  que. 
Je  sais  cela  aussi-bien  que  vous.  Il  faut  écouter 
les  pauvres  aussi-bien  que  les  riches. 

Aussi  -  bifn  ,  sert  encore  à  rendre  raison 
d'une  proposition  précédenir,  Je  ne  veux  point 
y  aller;  aussi-bien  est-il  trop  tard.  Je  n'ai  que 
faire  de  l'en  prier;  aussi-hlen  n'en  fera-i-ii 
ien.  Aussi-bien  il  n'en  fera  rien. 

Alssi  peu,  sert  aussi  à  marquer  Une  cer- 
taine égalité  de  privation  ou  de  modicité  entre 
deux  personnes.  J'en  ai  aussi  peu  que  ifous. 
L'un  est  aussi  peu  nécessaire  que  Vautre.  Ib 
ont  aussi  p'.u  d'ar^'mt  Vun  que  l'autre. 

AUSSITOT,  adv.  de  temps.  Dans  le  moment, 
sur  l'heure.  J'irai  auisït  U.  Il  rsl  quelquefois 
préposition.  Aut.siti)t  qu^il  aura  fa:t. 


AUX 

On  dit  proverbialement,  Aussitôt  dit .  aussi- 
tôt fait,  pour  marquer  Une  grande  prompti- 
tude dans  l'exécution  de  quelque  cliose  ;  et  , 
éussitoi  pris,,  aussitôt  pendu  ^  pour  mnniuer 
Une  prompte  jusiice,  une  prompte  exécution 
en  quelque  occasion  que  ce  soit. 

Un  dit  par  ellipse,  Aussitôt  votre  lettre  reçue , 
j'ai  fait  votre  commission^  pour  dire,  Aussitôt 
que  j'ai  eu  reçu  votre  lettre. 

AUSTEKE.  adj.  des  2  genres.Qui  est  rigou 
reux  en  ce  qui  legarde  Ih  traitement  du  corps, 
et  qui  mortifie  les  sens  et  l'esprit.  Vielinion  aus- 
tère. Hcqle  austè'-e.  Jeune  austère.  Mener  une 
l'ic  austère.  Faire  une  pénitence  austère.  Il  qavde 
un  silence  austère. 

Il  signifie  aussi,  Sévère,  nule.  Homme  aus- 
tère. 3l(i'»rs  austères.  Mine  austère.  .Vistine 
austère.  Ver(«  austère.  Doctrine  austère. 

AuspÈnE ,  en  termes  de  Pliysitpie,  se  dit 
d'Une  certaine  saveur  ûprc  et  astringente.  La 
plupart  des  fruits  verts  sont  d'un  août  austère, 
sont  austères  au  août.  La  plupart  deji  fruits  sau- 
vages sont  austères.  Vin  austère. 

AUSTÈREMENT.  adverbe.  Avec  austérité. 
Vivre,  jeûner  austèrement. 

AUSTÉRITi^..  s.  f.  Rigueur  qu'on  exerce 
sur  son  corps,  mortification  des  sens  et  de  l'es- 
prit.  Il  n'a  pu  supporter  Vaustcritv  de  sa  règle. 
Paire  de  grandes  au.stérités.  Pratiquer  de  qran- 
des  austérités.  Exercer  de  qrandes  austérités.  Il 
y  a  beaucoup  d'austérité  dans  ce  Monastère. 

Il  bignific  aussi  Sévéïité.  L'austérité  de  Caton. 
L'austérité  de  ses  mœurs.  L' austérité  de  la  rcrlu 
Konirtine. 

AUSTRAL,  ALE.  adj.  Méridional-  Oui  est  du 
côîc  que  souille  le  veiU  du  midi ,  qui  se  nonmje 
Ausler  en  latin.  Le  Pôle  austral.  La  partie  aus- 
trale du  Zodiaque.  Les  terres  australes. 

A  UT 

AU  TAN.  s.  m.  Vent  du  Midi.  Cet  espalier  a 
soujft.rt  dn  vent  d'Autan.  Le  vent  d'Autan  in- 
commode les  malades.  Il  est  peu  usité  h  Paris, 
où  l'on  dit.  Le  vent  du  Midi;  mais  on  l'em- 
ploie dans  la  Poésie.  Le  soxijfîc  des  Autans. 

AUTANT,  adv.  Il  sert  à  marquer  Egalité.  Je 
51x1*5;  autant  que  vous.  Il  s^eslimc  autant  qu'un, 
autre.  Ce  diamani  vaut  autant  que  ce  ruhis.  71 
boit  autant  d  eav  que  de  vin.  Ce  vaisseau  con- 
tient autant  que  Vautre.  S  il  a  fait  cela  .  j'en 
rini's  fiire  autant.  Je  donnerai  de  cette  maison 
autant  (fu'un  autre.  Je  le  défnds  autant  que 
je  puisj  tout  autant  que  je  puis.  Travaillez  au- 
tant que  vous  pourrez.  J'irai  chez  vous  autant 
de  fois  que  vous  i>oudrez.  Donnez-moi  cetit 
pistoles  à  compte,  vous  serez  quitte  d'autant. 

On  dit  absolument  et  familièrement,  Cela 
est  fini,  ou  autant  vaut.  C'est  un  homme  mort, 
ou  autant  vaut. 

On  dit  proverhial.,  /i  lui  en  pend  autant  à 
Vit  il.,  à  Voreille,  pour  dire,  Il  peut  lui  en  ani- 
ver  autant;  Autant  vaut  être  mordu  d'un  chien 
que  d'une  chienne,  pour  dire,  qu'Entre  deux 
clinses  également  mauvaises,  on  n'a  point  de 
choix  h  faire. 

On   dit,  //u(*in(   vaut   hicn  haltu  que  mal 


AUX 

li.illu,  |Our  dire,  que  Quand  on  a  commeiio; 
une  entreprise  où  l'on  a  eu  quelque  cliose  à 
souffrir,  ce  n'es!  pas  la  peine  de  s':irriHer  et  de 
sr  ménager  par  l.i  crjinic  d'un  plus  grand  doni 
«nage.  On  sui>prime  quelqr.efois  V^ut.  Aillant 
faire  cela  sur-lc-chump  (jiic  dt  di/Ji-rtr. 

On  dit  aussi  provcrb.  d'Un  homme  tjui  a 
trop  bu,  qu'il  en  a  ouUiiit  (p'tl  en  peut  porter: 
D.s  choses  vaines,  et  qui  n'ont  point  d'ellct, 
qu'Autant  en  emporte  le  vciil. 

Od  dit ,  yi  lu  charge  d'autant,  pour  dire ,  A 
U  charge  de  la  pareille. 

Autant,  se  dit  aussi  en  termes  de  Pratique, 
uour  dire ,  Une  expédition  pareille.  Vous  deve^ 
fne  lournir  liuliint  de  l'acte  aite  vous  avez. 

Autant  giE.  Façon  de  parler  adverbiale, 
qui  signifie.  Selon  que.  Aut.iiit  (jue  j'en  pun 
juger. 

Autant  co.mme  autant,  raçou  de  parler 
adverbiale.  ICgaleiuent ,  en  c'gale  quantité.  Il  en 
meurt  tous  les  ans  autant  comme  autant.  l\  est 
populaire. 

Autant  bien  que,. autant  mal  que. Façons 
Ue  parler  adverbiales,  dont  on  se  sert,  poui 
dire.  Aussi  bien,  aussi  mal.  Il  £.■;(  (lutcnt  bien 
à  la  Cour  (ju'on  y  puisse  être.  I  Is'en  est  acquitta 
autant  mal  qu'il  se  pouvoit.  l\  vieillit,  et  à  sa 
place  on  se  sert  d'.htssi. 

D'autant,  adverbe.  Il  s'emploie  .absolumcni 
dans  quelques  plirases  du  style  familier,  pour 
dire,  >'cannioiDS,  ni  plus,  ni  moins.  Boire  d'au- 
tant. Buvons  d'autant.  Il  parle  hcauccntp^  maii 
il  manqe  d'autant.  Pendant  qu'il  me  parlait, 
je  dormois  d'autant. 

D'autant  plus.  adv.  de  comparaison.  Elh 
eu  est  d'autant  plus  à  estimer.  Il  agissait  avei 
d'autant  /  lus  de  chaleur,  qu'il  était  porté  pat 
ses  propres  intérêts.  Je  lui  en  ai  d'autant  plut 
d'obliqation ,  que  je  le  ntérite  moins.  Je  suii 
d'autant  plus  ol'liqé  à  le  servir,  qu'il  m'a  fiil 
plaisir.  Jele  croisd'autant  plusqu'il  est  Iiommt 
de  bien. 

D'autant  miecx.  Autre  advcrbf  de  comp.a- 
raison ,  qui  si;.;tiifîc  à  peu  près  la  même  chose 
que  DViiittirit  plus.  Je  l'en  aime  d'autant 
niicii.T.  Je  sais  la  chose  mieux  que  lui,  et  d'au- 
tant mieux  que  j'en  suis  témoin  oculaire.  On 
di:  dans  le  sens  contraire,  D'autant  moins. 

D'autant  que.  couj.  Parce  que.  Et  d'autant 
que  c'est  mon  pupille,  il  faut  que  je  veille  à  ses 
intérêts.  U  se  dit  siu-lout  eu  style  de  Pr.itique 
et  de  Chancellerie. 

4Ul'liIj.  s.  m.  Espèce  de  table  de  pierre 
destinée  à  l'usage  des  sactifices.  Dresser  un  Au- 
tel. Ele\xr  un  Autel,  .''c  prosterner  devant 
V Autel,  devant  les  Autels,  aux  pieds  des  Au- 
tels. Les  ."^littistrcs  des  .'tutcls.  Les  cornes  de 
l'.iiitel.  l'armi  les  l'.ébreu.r,ily  avait  un  Autel 
desliolocaustes,  un  Autel  des l'arfums.  etc.  i)aui 
nos  églises,  ou  appelle  .l/iiilrc/fulfl,  ou  Gnind 
Autel,  ix  principal  Autel  de  chaque  tglise  ; 
Autel  priviléijic.  Va  Autel  ou  l'on  p. ut  dire  la 
Messe  des  morts ,  les  juut»  qu'on  uc  sauroil  la 
dire  aux  Autels  qui  ne  sont  pas  privilégiés;  et 
Autel  porlijtij',  Cne  pierre  plate  et  carrée,  bc- 
nit  •   sli.n   les  furines  ordinaires  de  l'i  ;;lisc. 


AUX 

pour  pouvoir  célébrer  la  ^Ic^se  dessus  en  pleine 
campagne.  Tahlc  â'Autel.  Nappe  d'Autel.  On  f 
met  oriiuuiircmetit  îles  llvli(pies  sous  les  picncs 
ii'Auteî.  Un  devant  d'Autel.  Vn  ornement 
d\iutcl.  Les  marches  de  l'Autel.  Le  l  rétre  est 
à  l'Autel.  Servir  à  l'Auld.  S\ipprochcr  de 
VAutel pour  communier.  Le  Sacrifice  de  VAu- 
tel.  Vn  Autel  dédié  à  la  Sainte^Vicrae.  L^Autel 
de  la  Vierqe.  VÀittcl  de  Saint  François^etc, 

On  appelle  l'iLUcliaristie,  Le  Saint  Sacre- 
ment de  l'Autel. 

Les  Paiens  avoient  aussi  des  Autels  ilédics  li 
leurs  Dieux.  L'Auiel  de  Jupiter.  L'Autel  de 
Mars,  etc. 

Oo  dit  ordinairement ,  Qui  sert  à  VAutel , 
(toit  vivre  de  VAutel;  ou  simplement,  Le  Prè- 
tie  vit  de  V Autel f  pour  dire,  qu'il  est  juste 
i[ue  cliacuu  vive  de  sa  profession  :  et  cela  ne 
se  dit  giii;rc<]u'en  parlaut  des  professions  liouo- 
raJdcs,  comme  de  celles  d'un  Juge,  etc. 

On  dit  aussi  fi^urem.  Elever  Autel  conlm 
Autel,,  pour  dire,  Faire  un  Schisme  dans  l'É- 
f^lise.  Il  se  dit  aussi  d'une  Compijgnic  qui  se  di- 
vise en  deux  partis ,  en  deux  factions  contraires , 
et  lorsqu'on  oppose  son  crédit  pu  celui  d  une 
personne  [uiissante,  au  crédit  d'une  autre  dont 
tm  craint  le  pouvoir. 

On  dît  d'Un  homme  qui  prend  liaidinienl 
tout  ce  qu'il  peut,  et  partout  où  il  peut ,  qu'/l 
prendroit  sur  VAutel  y  sur  le  Maître  AuteL 

On  dit  Cgiu-e'm.  qyCUu  homme  mérite  nw'oii 
lui  élève  des  autelsy  pour  dire,  qu'il  est  digue 
des  plus  grands  honneurs. 

On  dit  figurém.  Les  Autels,,  pourd're,  La 
Religion.  Attaquer  les  Autels,  respecter  les  Au- 
tels. Cet  impie  avoit  juré  la  ruine  des  Autels. 

On  dit  provcrhial.  et  fi^urcm.  Ami  jusqu'aux 
Autels j  pour  dire,  Ami  i  tout  faire,  cxceptû 
ce  qui  est  contraire  â  la  conscieuce,  à  la  Reli- 
gion. 

Altei..  s,  m.  Constellation  de  l'Hémisphère 
mé'rîdional. 

AUTKUR.  s.  m.  Celui  qui  est  la  premirrc 
raus?  de  quelqitc  cîiose.  Dieu  est  VAuteur  de  la 
nature.  JEsts-Cunisr  est  VAuteur  de  notre  sa- 
lut. Dieu  n'est  point  VAuteur  du  péché.  Les  Au- 
teurs de  la  sédition  f  de  la  conjuration ^  furent 
pMMis.  On  ne  sait  point  VAuteur  de  cette  nou- 
velle. 

Il  signifie  auasi  InTenteur.  L*Auteur  de  Vo- 
pinion  de  la  Métempsycose.  Les  Auteurs  des 
opinions  nouvelles.  L\4utenr  d'un  nrojef,  Celui 
qui  l'a  ••naginé,  proposé.  L'Auteurd'un  crime., 
se  dit  improprement  De  celui  qui  l'a  exécute  : 
si  un  autre  le  lui  a  sui^gêré,  dans  ce  cas  c'cr^ 
celui-ci  qui  en  est  appelé  VAuteur,,  le  premier 
Auteur;  l'autre  est  VExécuteur^  Viwitrumeat 
du  crime. 

AiTixn.  se  dit  aussi  de  Celui  qui  a  com- 
posé un  Livre,  qui  a  fait  quehpic  Ouvrage 
d'esprit,  en  vers  ou  en  prose.  Auteur  ancien. 
Auteur  moderne.  Auteur  rlassinue.  Auteurqrave. 
Auteur  Grec.  Auteur  Latin ^  Italien^  Arabe. 
Auteur  approu^-é.  Auteur  apocryphe.  Auteur 
orthodoxe.  Auteur  anonime.  Auteur  original. 
Lire  Us  hons  Auteurs.  Entendre  les  Auteurs. 


AUX  io3 

Commenter  un  Auteur.  Compiler  les  .tutcui  s. 
Citer  un  Auteur. Ces  Auteursnes^accordentpcs. 

En  parlant  d'Une  femme  qui  aura  conqjosé 
uu  livre,  on  dit,  qu'Alie  est  l'Auteur  d'un  tel 
livre ,  d'un  tel  ouvrage.  On  dit  aussi  simple- 
ment. Une  femme  Auteur. 

AuTEi'ii,  en  termes  de  Jurisprudence,  si- 
gnifie Celui  de  qui  on  tient  quelque  droit.  On 
lui  disputoil  la  possession  de  cette  terre,  il  fit 
appeler  ses  auteurs  en  garantie  :  et  dans  ce  sens 
ou  dit,  Les  auteurs  de  sa  rac9j  pour  dire,  Ceux 
de  qui  l'on  descend. 

AuTEca,  se  dit  aussi  De  celui  de  qui  on  a 
appiis  quelque  nouvelle.  C'est  mon  auteur.  Je 
vous  nomme  mon  auteur.  Je  vous  cite  mon 
auteur.  Il  ne  veut  pas  dire  son  auteur.  Je  tiens 
cela  d'un  auteur  grave.  En  ce  sens  on  dit  d'Une 
femme  de  qui  on  lient  quelque  uouvelle,  C^est 
elle  qw  est  mon  auteur. 

AUTin:NTICITÉ.  s.  f.  Qualité  de  ce  qui 
PSI  autJienlique.  L'uuthenticilc  de  cette  pièce 
n^est  point  contestée. 

AUTIIK>TH^)UE.  adj.  des  2  genres.  Muni 
de  l'autorité  publique,  et  rcv-Jtu  de  toutes  ses 
formes.  U  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  Des 
uclcs  publics.  Pièce  authentique.  Contrat  au- 
thentique. Ecrit  authentique.  Titre  authentique. 
Scel  authentique.  Acte  authentique.  Preuve 
authentique.  Attestation  authentique. 

U  sij;nifio  aus.si  Célèbre,  notable.  Témoi- 
gnage authentique.  Passage  authentique. 

Authentique,  se  dit  De  la  copie  certifiée 
légalisée,  ainsi  que  de  l'original.  Copie  authen- 
tique. 

Ou  l'emploie  aussi  substantivement,  comme 
dans  ces  phrases  :  On  trouve  Vauthcntique  de 
cette  pièce  dans  les  archives.  J'ai  vu  Vauthcn- 
tique et  la  copie. 

Mode  authe.itiguc. 'Venue  de  Musique.  Vv\. 
Mode. 

AoTHENTiQrE.  S.  f.  Ccst  le  nom  que  l'on 
lionne  à  certaines  lois  du  Droit  Roniaiu.  L'Au- 
thentique, Si  qua  mulier.  Les  Autlicntigues  de 
Justinien.  Les  Novclles  et  les  Authentiques. 

AUniENTIQUIOAIENT.  adv.  Dune  ma- 
nière autlientique.  Un  traité,  un  contrat  fut 
aulhentiquement. 

AUTHENTIQUER.  V.  a.  Terme  de  Pratique. 
Rendre  authentique.  Il  n'est  guère  d'usage  qu'en 
parlant  des  actes  où  l'on  fait  mettre  I  alieslatîoii 
des  Magistrats,  et  le  sc':au  public.  7i /wiil  ut:- 
thentiquer  cet  acte. 

Authentiquer  une  femme j  C'est  la  déclarer 
atteinte  et  convaincue  d'adullùre. 

ALTar.NTiQLÉ,  ÉE.  l>"rlicipc. 

AUTOCÊPHALE.  s.  m,  >'om  que  les  Gr  c» 
donnoienl  aux  f^vêqncs  qui  n'étoient  point  mi- 
jels  î»  la  Juridiction  des  Palriarches. 

AUTOCRAl'lE.  s.  f,  c;ouvcriiement  excicê 
par  uu  dcNpotc  avec  une  outorilc  absolue,  in- 
dépeudante,  qui  n'est  limitée  p.ir  aucune  loi. 

AUTOCRATOH.  s.  m,  ilont  le  fénuDÎn  est 
AuTOCnATniCE.  Souverain  alisolu.  Tilrc  du 
Czar  ou  Enqwîreurde  Russie,  onde  la  Ciarne, 
qiïand  c'est  une  fcnimcquin>j;nc.Cat/:erinc  îl, 
Autocratricc  de  ToutcsleslUtssics.  Ou  dit  aussi 


M  A  UT 

au  mnsculin,  Autocrate.  Ce  mot,  tiré  Ju  Grec, 
•ii^iiifie.  Qui  gouverne  p^r  lui-m^nic. 

AtTOCTIfOM-:.  s.  m.  Temic  d"Anli«jint<'* 
ijui  n'est  usit^  (ju'cn  parlant  des  (irccs ,  oti  d'a- 
\nbs  eux,  pour  désigner  I.cs  premiers  liabitnns 
d'un  pays,  d  les  dislingucr  des  peuples  venus 
d'ailleurs  sVtablir  d;ins  le  mènïc  lieu.  Ce  teime 
a  lo  même  sens  que  celui  A' Àhorigciics. 

AUTO-OA-FI*:.  s.  m.  ^\o^  emprunté  de  l'Es- 
paf^nol  .  qui  signifie  Jcte  de  foi.  Exccnlion 
du  Ju-^enicnt  que  l'Inquisiiion  rend  contre  les 
inallieureux  qui  lui  sont  ilcfèrés.  VAuîo-da-fa 
fil*  horreur  à  lluimatiite. 

AUTOr.RAPIIi:.  adj.  des  2  f^enrcs.  Terme 
didactique.  Qui  est  écrit  de  la  main  même  de 
l'auteur. 

Il  s'emploie  aussi  substantivement.  J'«t  vu 
l'antograjifii. 

AXJTC.^»  ATE.  s.  m.  Machine  qui  a  en  soi  les 
principes  de  son  mouvement.  Vue  Iwrloçje  esl 
un  autôiiiittc.  Quelques  Philosophef;  prétendenl 
que  Us  hCles  ne  sont  aue  des  automates. 

On  le  dit  plus  communément  aujourd'hui 
Des  macliines  qui  imitent  le  mouvement  des 
corps  anùiïts.  Le  pûteur  automate.  Le  rtmurd 
automate. 

On  dit  fi^urcment  d'Un  homme  slupidc,  que 
C^est  un  automate. 

AUTOMNAL ,  AT.E.  adj.  (l'M  se  pi ononc'\ 
Qui  est  de  rAniomue.  Les  fièvres  automnales. 
La  partie  automnale  du  Bréviaire.  U  n'a  poini 
de  pluriel  au  m.asculiD. 

AUTOMNE,  s.  m.  et  f.  fOn  prononce  Àu- 
tonne.)  CeWc  des  qu;itre  Saisons  (k  r.ii.née  qui 
est  entre  l'Été  et  l'Hiver.  Un  bel  Automne.  Un 
Automne  fort  sec.  Vue  Automne  froide  et  plu- 
vieuse. Une  Automne  venteuse.  Au  commence- 
ment de  l'Automne.  A  la  fm  de  VAutomne, 
L^ Automne  est  une  saison  tempérée.  U  Automne 
est  la  belle  saison  pour  les  fruits.  Des  fruUi 
d'Automne, 

ALTOiN'OME.  ndj.  des  9,  genres.  Titre  qu'or 
donnoil  aux  Villes  Grecques  qui  avolent  le  pi,.- 
vilé;;e  de  se  gouverner  par  Inirs  propres  lois. 

.■VUTOM  ÏMIE.  s.  f .  Tilierlé  dont  jouissuicnt 
sous  les  Romains  les  Villes  qui  nvoîcnl  conservé 
le  droit  de  se  gouverner  par  leurs  propres  lois. 

AUTOPSIE,  s.  f.  Vision  intuitive  des  M\s- 
Itres.  On  désignoit  par  ce  terme  la  cérémonie 
la  plus  auguste  des  anciens  MyslJ-res,  par  la- 
quelle les  Initiés  se  flatloient  d'être  admis  îi 
contempler  la  Divinité. 

AUTOIUSATiON.  s.  f.  Ternie  de  Pratique. 
Action  prrr  laquelle  ou  autorise.  1!  ne  se  dit 
guère  q\ie  dans  ces  phrases  ;  L'auforisnlion 
d'un  mari.  Autorisation  d'un  tuteur. 

AUTOR ISER.  V.  a.  Donner  r. uJorilé ,  donner 
pouvoir.  C'est  \e  Roi  qui  autorise  les  Manis- 
Irats.  C'est  une  chose  que  la  Cnnt'ime  autorise. 
La  confiance  que  vous  avci  en  •^:o',  m'autorise 

à  voui  dire C'est  Saini  ï'cnl  îni-m'Une  qui 

niautorise  à  avatictr  cette  pvcposiiion.  fhic 
femme  ne  peut  contrccfer ,  si  srn  mar-  ne  Vnu- 
tarise.  lue  f<mme  qui  s' K~t  fait  autorisa' par 
Justice. 

Il  »e  met  au^fti  avec  le  pponom  personnel ,  et 


AUX 

signifie,  Acquérir  de  l'autorité.  Les  Coutumes 
s'aittoTÎsent  par  le  temps,  et  acquièrent  force  di 
Loi. 

AtToniSKjÉE.  pactîeipe.  Femme  dûment  au- 
torisée de  son  tnari. 

AUTORITÉ,  s.  f.  Puissance  légitime,  à  la- 
quelle on  doit  être  soumis.  L^autorité  des  Ma- 
cjistrats.  L'autorité  des  Lois.  Uautorité  spiri- 
tuelle. L'autorité  temporelle.  Vaiitcrité  du  Hoi. 
L'autorité  i'oyale.  L'autorité  absolue.  L''autO' 
vile  souveraine.  Autorité  paternelle.  Être  en 
'jrande  antoiité.  Avoir  de  l'autorité.  Se  main- 
tenir en  autorité.  Abuser  de  son  autorité.  Se 
{revaloir  de  son  aw(ori(e.  /nferposer  scn  aufo- 
rité.  Cela  s'est  fait  par  autorité  publique.  Blessi-r 
Vautoiitc  des  Jnnes.  User  d'autorité.  Perdre 
son  auforife.  Conserver ,  maintenir  son  auto- 
rité. Etendre  son  autorité.  Sous  votre  autorité. 
Par  autorité  de  Justice.  Homme  san$  autorité. 
De  pleine  puissance  et  autorité  lioyale. 

On  dit,  en  parlant  d'Un  homme  accoutumé 
à  parler,  à  agird'une  manière  impérieuse,  qu'/i 
veut  tout  emporter  d'anfon'fé;  cl  qu't/n  homme 
a  fnit  une  chose  de  son  autorité  privée,  pour 
dire,  qu'il  l'a  faite.sans  avoir  droit  de  la  fuirCi 
ou  sans  garder  les  formes  ordinaires, 

AuroiurÉ,  se  prend  aussi  ponrCJcdit.  con- 
siiléralion,  //  a  bien  de  l'autorité  dans  sa  Conh 
pagnie.,  dans  son  Corps.,  dans  sa  famille. 

Il  se  dit  aussi  Du  sentiment  d'un  Auteur, 
ou  d'une  personne  illustre,  que  l'on  rapporte 
pour  confu-nier  ce  que  i'oû  dît.  /  roiaero^oui 
T/i-'f/up  aiiorité  d-iu^  les  ^'Krp<;  ni_ur  appuyer 
î'of  rc  sentiment.-*  A  f  léguer  des  autorités.  Ap- 
porter des  autorités.  J'ai  cent  bonnes  aulorîtét 
pour  prouver  ce  que  j'avance.  Il  dit  ctla  san: 
autorité. 

AUTOUR.  Préposition  qui  sert  à  dcsignei 
ne  qui  environne.  Autour  de  sa  personne.  Au- 
tour de  lui.  Autour  de  la  tête.  Autour  du  bras. 
Autour  de  la  place.  Autour  de  VP.glise.  Uôdct 
tout  autour  d'une  mai^vn. 

On  dit  provcrhinlement  et  fiqurém.  Tourier 
autour  du  pot ^  pour  dire.  Biaiser,  user  de  dé- 
tours au  lieu  d';dler  au  fait.  Pourquoi  tant  tour- 
ncr  auïoiir  du  pot?  Expliquez- vou,s  m-tlement. 

AuTOun,  signifie  quelquefois,  Au]>rès^  et 
sert  à  marquer  AHachemenl ,  assiduité.  Elle  est 
:^i  charitable ,  quelle  est  continuellement  autour 
des  malades.  Il  est  toujours  autour  d^elle. 

Il  s'emploie  qu<  Iquefoia  adveri>ialcment  el 
N.ins  régime.  Il  rcgarduit  tout  autour  si  on  le 
smvoit.  Et  on  dit.  Ici  autour,  pour  dire,  Ici 
près.  Il  loge  quelque  part  ici  autour. 

AUTOUR,  s.  m.  Oiseau  de  proie,  du  genre 
de  ceux  qu'on  nomme  Oiseaux  de  poing.  Au' 
tour  passager.,  ou  de  passage,  'tiercelet  d'Au- 
tour. Faire,  voler  un  Autour.  Paître  un  Autour. 
Dresser  un  Autour  au  leurre. 

AUTOURSERIE.  s.  f.  L'an  d'élever  et  de 
dresser  les  Autours. 

AUTOURSIER.  s.  m.  Celui  qui  fait  profes- 
sion d'élever  et  de  dresser  des  Autours. 

AUTRE.  Adjectif  ou  pronom  relatif  des  2 
gsnres,  qui  marque  Distinction,  différence  en- 
ixo  deux  choses  j  ou  entre  une  et  plusieurs.  Dei 


AUT 

deux  Vivres  que  vous  demandiez,  voici  Tun, 
voilà  l'autre.  Des  deux  frères ,  l'un  a  pris  le 
parti  de  l'Kghse.,  et  Vautre  te  parti  de  l'Epée. 
îls  étoient  atqiis  Vun  contre  l'aulre.  Ils  pa- 
roisscnt  faits  l'un  pour  l'autre.  Ils  sont  nés 
Vun  pour  Vautre.  Il  ne  fntt  pas  prendre  Vun 
pour  Vautre,  confmdre  Vun  avec  Vautre.  Il  y 
a  une  grande  diffirence  entre  Vun  et  l'au(rc. 
Les  uns  et  les  autres.  L'un  et  Vautre  y  a  man- 
qué. L'un  et  Vautre  noiLt  ont  manqué. 

On  dit.  Nous  aulics,  vous  autres^  eux  au- 
tres. Ces  façons  de  parler  sont  familières. 

On  dit,  dans  le  discours  familier.  L'un  vaut 
Paulrc;  ils  sont  aussi  bcns^  et  aussi  mauvais 
Vun  que  Vautre ,  pour  dire,  Il  n'y  a  pas  de  dif- 
férence de  l'un  5  l'autre;  Il  y  en  a  d'uns  et 
d'autresj  pour  dire,  Il  y  en  a  de  bons  et  de 
mauvais;  et  d'Un  homme  dont  les  actions  sont 
rontraires  i  ses  discours,  qu'il  dit  d'une  façon., 
et  qu^il  fuit  de  Vautre. 

Cet  autre.  Ah!  cet  autre!  Ecoutez  ce  que 
nous  dit  cet  autre!  Façons  d(.*  parler  extrême- 
ment familières,  et  même  populaires,  et  qui 
expriment  une  sorte  de  mépris  de  la  jîersonne 
b  qui  on  les  applique. 

Comme  mx  LAuraE.  Façon  de  parler  popu» 
laîrc,  dont  on  se  sert  pour  citer  eu  général  sans 
nommer  pirsonne.  Car  ,  comme  dit  Vautre  ^ 
tomme  dit  cet  autre,  il  faut  bien,  etc. 

Autre  ,  sr  dît  quelquefois  pour  marquer 
Une  personne  indéterminée.  J'arme  niicuj:  que 
Vous  l'appreniez  d^un  autre  que  de  moi.  QuA" 
rjue  autre  voH<i  'e  dira  ..l'Ctz-r  que  moi.  Tout 
autre  que  lui  ne  s'en  seroit  pas  si  bien  tîrf. 

ÂijTiïE,  n'tst  souvent  qu'un  simple  adjectif. 
Ce  que  vous  ne  frez  pas  dans  un  temps,  vous 
le  ferez  dans  un  autre.  Quelle  autre  chose  soU' 
hailez-vous  de  moi?  Entre  autres  choses.  Autre 
chose  est  une  simple  ajprmatioiy,  autre  chose 
est  une  affrmatïon  avec  serment.  Autre  est  la 
Ville  de  Vienne  en  Autriche,  et  autre  la  Villf. 
de  Vienne  en  Dauphiné. 

On  dit,  L'autre  jour,  pour  désigner  ind:- 
terminémeut  Un  des  jours  précrdeiw. 

Autre,  se  dit  aussi  pour,  l'ius  excellent, 
meilleur.  L^hommedont  vous  parlez  est  habile- 
mais  celui  que  je  vous  dis  est  bien  un  autre 
homme.  Le  vin  de  7  onnerrc  est  bon  ;  mais  ce~ 
lui  de  lieims'cstbicn  d'autre  vin,  est  tout  un 
antre  vin. 

Il  ^igntfie  (pielcpiefois.  De  plus  grande  con- 
séipience,  de  plus  grande  importance.  Il  avoit 
été  mis  en  prison  pour  dettes,  mais  depuis  on 
Va  accusé  de  f.usse  monnoie  ■  c'est  bien  une 
autre  aÇf.ire. 

On  dit  d'Un  iiorome  qui  a  changd  en  hirn 
ou  en  mal,  qu'il  est  un  autre  homme,  tout  un 
autre  homme,  qu'il  est  dd'enu  tout  autre;  et  il 
se  dit  pins  ordinairement  d'Un  changt?ment  en 
bien,  que  d'un  clianç;enirnt  en  mil. 

Autre,  se  dit  aussi  pour  marquer  J.*  res- 
Bcmlilance,  l'égalité  ,  la  conformité  qu'il  t  a 
entre  deux  jïersonnes,  entre  deux  chose*.  C'eM 
un  autre  Alexandre,  un  aiifre  César.  Il  le  re- 
garde comme  un  autre  lui-même.  Celte  ViUe 
est  un  autre  Paris. 


A  UT 

Authe,  se  met  quelquefois  absolument  en 
diverses  phrases  proxerhiales  ou  le  substantif 
est  sous-eulendu.  U  n'en  fuit  point  d'autres.  H 
en  sait  bien  d'autres.  En  voici  bien  d'une  nu- 
ire ^  en  voici  bien  d'un  autre .^  etc.  pour  dire, 
11  ne  fjil  point  d'autres  actions;  11  a  bien  fait 
d'autres  choses,  d'autres  tours  ;  Voici  une  chose 
encore  plus  surprenante ,  etc.  On  dit  h  peu 
prés  d.ins  le  ni^nic  sens  et  familièrement ,  C'est 
:iiu'  (iiitrc  paire  de  manches. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qu'on  connoît 
fort,  Je  ne  connais  autre.  Et  parlant  à  ceux 
ipii  nous  veulent  tromper  ou  nous  faire  accroire 
quelque  chose  ,yl  d'autres,  comme  si  on  disoit , 
,^<lresje::-i;ous  j  J'aulres. 

AUTREFOIS,  adv.  Anciennement ,  au  temps 
pass(^.  On  croyait  autrefois  (jue....  On  voyait 
autrefois.  C'était  autrefois  la  coutume,  y^ous 

prétendiez  autrefois  que 

AUTREMENT,  adv.  D'une  autre  façon. 
Faisons  autrement.  Il  f tut  vivre  autrement.  Je 
ne  le  veux  pas  comme  cela,  je  le  veiLx  autre- 
ment. Il  est  fut  tout  autrement  que  ifous  ne 
croye-. 

11  signifie  quelquefois  Sinon  ,  sans  quoi. 
Dttes-lui  qu'il  soit  plus  sane.,  qu'autrement  on 
le  clidtiera^  autrement  il  s'en  trouvera  mal.  Il 
Tous  a  vendu  sa  Chartje  à  telle  condition.,  au- 
trement il  ne  l'eut  pas  fait. 

Ai'TiiEMiiNT,  précédé  de  la  négation  pas^  si- 
gnifie Cîuère.  C'est  un  homme  qui  n'est  pas  au- 
trement riche.  Il  n'est  pas  autrement  disposé  à 
faire  cela.  Est-il  malade?  pas  autrement,  mais 
H  est  cJtagrin,  Ces  phrases  sont  du  style  fa- 
milier, 

AUTRE-PART,  adverbe.  Ailleurs.  C'est  un 
livre  que  j'ai  cherché  partout,  mais  je  ne  l'ai 
pn  trouver  autre-part  que  là.  Vous  ne  le  trou- 
verez point  autre-part. 

On  dit  aussi,  D'autre  part,  pour  dire,  D'ail- 
leurs, de  plus.  D'autre  part  on  doit  considérer 
que. . . . 

AUTRUCHE,  s.  f.  Grand  oiseau,  fort  haut 
sur  jambes,  qui  a  le  cou  fort  lon^,  le»  pieds 
faits  comme  ceux  d'un  Chameau .  et  qui  n'a 
presque  de  plumes  qu'au  bout  des  ai'erons  et 
de  la  queue. /.«y^ulruc/ie.':  -jienuciil  d'Afrique. 
Des  plumes  d'.lutruchc.  Les  plumes,  les  bou- 
quets de  plumes  qu'on  porte  sur  le  chapeau, 
sont  des  plumes  à'.'lutruche.  Vopinionvulqairt 
tit  que  l'Autruche  diqère  le  fer.  Et  de  li  vient 
qu'en  parlantd'Un  grnud  mangeur,  on  ditqu'// 
a  un  estomac  d' .iutruche.  C'est  un  estomac 
d'Autruche,  il  di(jéreroit  le  fer. 

AUTRUI.  V  m.  qui  n'a  point  de  pluriel.  Il 
tigniâc,  l«s  autres  personnes.  Il  ne  fnut  pas 
désirer  le  bien  d'atitrui.  la  femme  d  autrui.  Se 
jais  a  autrui  que  ce  que  tu  vaudrais  qui  te  fût 
fut  a  tai-mime.  Juqer  d'autrui  par  soi-même. 
Etre  loqé  chez  autrui.  Parler  par  la  bouch, 
d'autrui. 

On  dit  proverbial.  Prendre  son  cœur  par 
autrui,  pour  dire.  Se  mettre  en  la  place  de 
quelqu'un,  agir  à  son  égard  comme  en  pareil 
CM  nous  vou'drions  qu'on  agit  au  n6tre. 

On  dit  proveib.  aussi.  .Val  d'autrui  n'est 
Tome  I. 


A  VA 

que  songe,  pour  dire,  que  Le  mal  dTaulnii  fait 
peu  d  impression  sur  nous;  et,  Qui  s'a((e;irf  à 
l'écuelle  d'autrui  a  souvent  mal  d'iné,  pour 
dire-,  que  Nous  ne  devons  compter  que  sur  ce 
qui  dépend  de  nous,  et  luillement  sur  ce  qui 
dépend  des  autres. 

On  dit  en  termes  de  Chancellerie,  Sauf  en 
autres  choses  notre  droit,  et  l'aatriii  en  taules. 
Et  dans  celte  phr.isf,',  l'autrui  veut  dire  le  droit 
ir.iuuui. 

AU  V 

AUVEN  T.  s.  m.  Petit  toit  en  saillie,  allaclié 
ordinairement  au-dessus  des  boutiques,  pour 
garantir  de  la  pluie.  5e  mettre  à  couvert  de  la 
pluie  sous  un  auvent. 

AUVF.I'N.VT.  s.  masc.  Nom  qu'on  donne  è 
cetiain  vin  d'Orléans. 

e  K  X 

AUXILIAIRE,  adj.  d<!s  2  g.  Qui  aide,  dont 
on  tire  du  secours.  Il  n'est  d'usage  qu'en  ces 
phrases,  .-^rmcc  auxiliaire,  troupes  auxiliaires, 
pour  dire.  Des  troupes  qu'un  Prince  ou  un 
Etat  envoie  au  secours  d'un  autre  Prince,  d'un 
autre  ]-,taL 

.\uxiLiAinE,  en  termes  de  Grammaire,  se 
dit  Des  verbes  qui  servent  h  former  plusieurs 
temps  des  autres  verljes.  Verbe  auxiliaire. 
Avoir  et  Être  sont  les  verbes  auxiliaires  de  la 
Langue  Françoise. 

A  VA 

AVACHIR,  verbe.  On  ne  l'emploie  qu'avec 
!e  pronom  personnel,  S'/^vac/iir,  Devenir  l.iche. 
mou  et  sans  vigueur.  Il  se  dit  plus  ordinaire- 
ment Des  femmes  qui  deviennent  trop  grasses 

On  le  dit  Des  éloffes,  du  cuir,  d'un  h.-ibit. 
Cet  luih't  commence  à  .s'avachir.  Il  est  familier. 

Avachi,  ie.  participe. 

AV.AL.  s.  m.  Terme  de  négoce.  C'est  une 
souscription  qu'on  met  au  bas  d'un  billet,  par 
laquelle  on  s'oblige  d'en  payer  le  contcim,  en 
cas  qu'il  ne  soit  pas  acquitté  par  celui  qui  l'a 
sousriit, 

AV.VI..  Terme  de  la  navigation  des  rivières. 
Cest  l'opposé  d'Amant,  et  il  désigne  ce  qui 
descend  la  rivière,  comme  ./mon:  ce  qui  la  re- 
nioiilc.  Un  de  ses  bateaux  allait  amont,  l'autre 
uval. 

On  on.  Le  vent  d'aval,  pour  dire.  Le  veut 
du  couchant.  Le  vent  d'aval  amène  presque 
toujours  de  la  pluie. 

A-vau-l'eadj  façon  de  parler  adverbiale, 
pour  dire ,  Suivant  le  courant  de  l'eau.  Le  ba- 
teau allait  à-vou-l'eau.  Personne  ne  ramoit, 
'icus  nous  laissions  aller  à~vau-l'eau. 

l 'n  dit  figun;mcul,  qu'l/ne  affaire,  qu'une 
•iifrcprise  est  allée  à -vau-l'eau,  pour  dire, 
qu'Elle  n'a  pas  réussi,  qu'elle  est  devenue  à 
tien. 

AVALAISON.  s.  f.  Chute  d't»u  impétueuse 
|ui  vient  des  grosses  pluies  qui  se  fonnint  en 
torrens. 

AVALANtJK  ou  AVALANCIIE.  aÙM.  f. 
Masse   formée  pir   les    neiges  qui  roideut  ep 


A  VA 


io5 


«'accumulant  du  haut  des  monlognes.  C'est  le 
même  mot  que  Luvanqc  ou  Lavanche,  et  plus 
usité  dans  les  Alpes.  Voy.  Lavaschk. 

.AVALER.  V.  a.  Faire  passer  par  le  gosier 
dans  l'estomjic  i]uelque  aliment,  quelque  li- 
'ineur  ou  autrr  chose,  .avaler  un  botcillon.  Avo- 
ir un  ii'tif.  Il  avale  les  morceaux  sans  milcher. 
Il  ne  saurait  plus  rien  avaler.  Avaler  uncar^te, 
un  os,  une  épinnle. 

On  dît  faniilièrem.  qu'î/n  homme  ne  fai4 
que  tordre  et  avaler,  pour  dire.  qti'U  mange 
goulûment;  et  qu'il  avalerait  la  mer  et  les 
paissons,  pour  dire,  qu'il  a  un  app.'iit  insa- 
tial.l". 

On  dit  provcrb.  ylvaler  le  calice,  avaler  le 
morceau,  pour  dire,  Se  soiunettre  à  quelque 
chose  de  fâcheux,  malgré  la  répugnance  qu'on 
y  peut  avoir;  cl  Avaler  des  couleuvres,  poiu:, 
Recevoir  des  dégoûts,  des  cliagrins,  des  morti- 
fications qu'on  est  obligé  de  dissinmler,el  dont 
nn  n'ose  se  i)laindre.  A  la  cour  on  avale  bien 
des  couïeuiref. 

Avaler  une  branche,  La  couper  près  du 
tronc 

AvAiEn,  signifie  aussi,  Abaisser,  faire  des- 
cendre. Avaler  du  vin  dans  la  cave.  11  est  po- 
pul.iire. 

On  dit  sur  les  riviires,  qu'6'n  bateau  avale, 
qu't/n  Eialenu  va  en  avalant,  pour  dire,  qu'il 
suit  le  courant  de  la  rivière;  et  dans  ce  sens. 
Avaler  est  neutre. 

S'avaleb,  avec  le  pronom  personnel.  Pendre, 
descendre  trop  bas.  Le  ventre  de  cette  jument 
s  avate. 

Avalé  ,  ée.  participe. 

Il  est  aussi  adjectif,  et  signifie.  Qui  pe.nd 
un  peu  en  bas.  Avoir  les  joues  avalées,  les 
épaules  avalées.  Celte  chienne  mettra  bas  bien- 
tôt, elle  a  le  ventre  f'rt  avalé.  Ce  chien  cou- 
rant a  les  oreilles  bien  avalées. 

AVALEUR.  s.  m.  Celui  qui  ava!e  quelque 
idimcnt,  quelque  liqueur.  C'est  un  avaleur  de 
houiUons,  de  tisane,  de  mcdecne.  11  est  fami- 

liiT. 

ttn  dit  faniilit'rem.d'Un  glouton,  d'un  goiu- 
inand  .  que  C'est  un  avaleur  de  pois  qris. 

t.)n  dit  aussi  proverb.  d'Un  fanfaron ,  que 
C'est  un  avaleur  àe  charrettes  ferrées. 

AVALOIRE.  s.  f.  Terme  de  plaisanterie  et 
familier,  qui  se  dit  d'Un  grand  gosier.  71  a  une 
belle  avaloire.  Quelle  avaloire! 

AvALOitxE,  est  aussi  Une  pièce  du  harnois 
des  chevaux  .  qui  Iciir  descend  derrière  les 
'  uisses,  un  peu  au-desscus  de  la  cpieue.  I.c  har 
nais  ne  vaut  plus  rien,  l'avaloire  est  toute 
rompue.  L'avaloire  descend  trop  bas,  il  la  faut 
rehausser. 

AVANCE,  s.  f.  L'esp.ice  de  chemin  qu'on  a 
devant  quelqi,'un.  Il  a  tant  de  lieues,  tant  de 
journées  d'avance  sur  nous.  Il  court  micu-r  que 
lui,  il  lui  donnera  dix  pas  d'avance  sur  cent. 

Avasce,  se  dit  aussi  De  ce  i|ui  se  trouve 
déj.'i  de  fait,  ou  de  pr<^>aré  dans  une  afiàirc, 
dans  un  ouviage.  C'est  une  grande  avance 
quand  on  veut  bâtir ,  que  d'avoir  des  maté- 
riaux. Si  vous  avez  les  mémoires  qu'il  fous 

i4 


io6 


A  VA 


faut  yonr  écrire  cctle  îtistoirey  c'est  uutinit 
d'itvance. 

Il  se  dit  iiiiiii  eri  jiaii.iiil  d'I'ii;*  purtii*  de 
hàliiuciit  <]ni  .Tutîci|îe  sur  une  me,  sur  lUie 
cour,  cl  <iui  sort  de  l'alignement  i!u  resle  du 
i>^f1iiient.  Le.  Voyer  fera  abattre  cette  avance. 

Il  se  dit  encore  De  l'nntîcipiitiun  du  temps, 
lorsqu'on  fait  une  chose  en  provenant  le  temps 
où  on  a  accoutunié  de  la  faire.  Je  m'eti  rejouis 
par  avance  avec  vous.  Je  m'en  réjouis  d'avance. 
Je  vous  en  fuis  mes  complimens  par  avance. 
Payer  par  avance.  Payer  une  année  d'avance. 

Il  se  dit  aussi  Du  paiement  (pi'on  fait  avant 
1-  terme,  l'air':  une  a'^'ancc  de  mille  écu:<.  C'est 
moi  (jui  ai  fait  toutes  les  avances,  tous  les  frais 
de  cette  entreprise.  Êtr^en  avance^  C'est  avoir 
fait  une  avance  de  queUpie  soninif . 

Un  (lit  lifiurenient,  Finie  des  avances,  pour 
dire,  Faire  le.s  premières  reclierclies,  les  pre- 
mières deniarcbes  dans  un  accominodemcnl, 
dans  un  traité,  dans  une  liaison  d'amilié.  //  se 
tient  firme,  et  ne  veut  faire  aucune  avance.  Un 
bon  Chrétien  nliésite  pas  à  faire  les  avances 
pour  se  réconcilier.  Ce  n\'st  point  lui  qui  a  re- 
cherché  celte  femme,  elle  a  fuit  les  avances, 
toutes  les  avances. 

AVAKCE;\IKNT.  s.  m.  Progrès  en  quelque 
matière  que  ce  soit.  On  voit  un  qrand  avance^ 
ment  dans  cet  écolier.  XJn  Prince  (jui  a  beaucoup 
ftit  pour  l'avancement  des  Lettres,  beaucoup 
contribué  à  l'avancement  des  Lettres.  Il  fa-.i 
tout  ce  au'il  peut  pour  Vavancement  de  son 
travail  Ce  bâtiment,  cet  ouviaqc  ne  s'achèvera 
pas  sitôt,  je  n'y  7'Ois  pas  d\tvanceuienl. 

It  se  dit  aussi  pour  signifier  Ktnblissemenl 
de  fortune.  Être  cause  de  Vnvuncement  d'un 
homme.  Procwer  I  avancement  de  nuchni'nn. 

Il  se  dit  aussi  en  j^arlant  De  ce  qui  se  donne 
par  avance  .'i  un  fils,  .'i  un  héritier.  Cela  lui  fut 
donné  en  avancement  d'hoirie,  par  avancement 
de  succession. 

AVANCKR.  V.  a.  Pousser  en  avant,  porter 
en  avant.  Avancez  la  table.  Il  avança  la  tête 
hors  du  carrosse  J^ancer  le  btas,  avancer  U 
pied 

Il  est  quelquefois  opposé  à  Différer,  retarder. 
Avancer  son  départ,  yivanccr  ie  jour  de  son 
départ.  Avancer  le  dîner,  l'heure  du  dîner. 
Avancer  l'horloge.^  etc. 

Ilsiî^ifi'j  aussi.  Faire  du  progrès  en  quelque 
chose.  Avancer  besogne.  Avancer  un  ouvrage. 
.''  a  bien  avancé  ses  affairea  en  peu  de  temps. 

Il  signiiie  aussi,' Payer  par  avance,  avant 
que  l'arj^ent  soil  dû.  Avancer  un  terme  à  son 
hôte.  Avancer  les  naqes  à  ses  valets.  Avancer 
de  Vargenl  à  un  Architecte,  ànn  Entrepreneur. 

Il  signifie  aussi,  Délwurser  du  sien  pour 
quelqu'un.  Comme  il  n'étoit  pas  sur  les  lieux, 
j'ai  avancé  cet  argent  peur  lui.  Il  a  avancé  xcs 
deniers.  H  c^t  juste  tjuil  reprenne  ce  gu'il  a 
avancé.  Il  a  avance  cela  de  ses  deniers. 

Il  sJ!;niiie  aa^si,  Illettré  eu  avant,  proposer 
une  cliosc  comfuc  vcritablc.  Vous  avancez  une 
proposition  fort  dangereuse.  Je  n^avance  rien 
dont  je  n'aie  ds  bonnes  preuves.  Vous  avance':. 
une  chose  dont  vous  serez  désavoué. 


A  VA 

On  dit,  Avancer  guelqn'un,  pour  dire. 
Faire  la  fortune  de  quelqu'un,  lu!  procurer 
quelt|ue  avancement.  Son  protectcnr  l'a  fvrt 
avancé. 

AvANCEn.  V.  neul.  Aller  en  avant.  Avancez 
Faites-lcs  avancer.  L\irmée  avant^oit  dans  le 
pays.  Il  recule  an  Ijeu  d^avanccr.  Avancer  ven 
tjnelqu'nn.  Avancer  sur  l'armée  ennemie. 

ODdit,qu'i7nf  horloge,  une  montre  avance. 
pour  dire,  qu'Elle  va  trop  vite. 

Il  signifie  aussi  Anticiper.  Vous  avez  avancé 
de  plus  de  deux  perches  sur  ma  terre. 

Il  signifie  aussi,  Sortir  de  l'alignement.  On 
a  abattu  le  dtvantde  c^ltc  maison,  parce  gu'clle 
:ivançoit  trop  sur  la  rue.  Celte  gouttière,  ce  toit 
avance.  Cet  arbre  avance  hors  de  Vallée,  il  fuul 
l'abattre. 

Il  signifie  aussi.  Faire  du  progrès.  Avancer 
en  'IgCf  en  sagesse,  en  vertu.  Avancer  dans  Vé- 
tude.  Avancer  dans  la  piété.  Il  se  tue  de  travail, 
et  nVi-arice  poi/i(.  Cet  écolier  avance-l-il^  Il  a 
beaucrip  avancé  en  peu  de  temps.  Il  avance  à 
vue  d\x'ÂL 

En  ce  dernier  sens,  il  se  ditoussi  Dos  clioscs. 
Voilti  un  travail  gui  n'avance  point.  Les  af- 
faires n'avancent  point  entre  ses  mains.  L^inu 
pression  de  ce  Livre  n'avance  guère.  EUe  avanci 
peu  à  peu. 

S'AVA^Cta.  AHir  en  av^nt.  Avancez-vous, 
L^armée  s'avançait.  Il  s'avança  de  tant  di 
journées.  Le  temps  s'avance  insensiblement.  Lt. 
jour  s'avance  La  saison  s'avance. 

Il  signifie  figurcm. ,  Faire  du  progrès.  //  s*e$i 
extrêmement  avancé  en  peu  de  temps. 

l!  se  dit  figurém.  en  matière  d'affaires  et  dfl 
négociiitioiis,  lorsqu'on  met  en  avant  quelque 
chose  qui  engage  eu  quelque  sorte.  Je  me  siùi 
avancé  de  lui  offrir  telle  chose  de  voti-c  part.  Je 
me  suis  avancé  jusipi'à  lui  ojjrtr  telle  somiiie. 
Cet  Ambassadeur  s'est  trop  avancé,  il  court 
risque  d'être  désavoué. 

Avancé,  ke.  participe. 

On  dit,  Un  homme  avancé  en  âge.  ou  dam 
un  âqt  avancé,  pour  dire,  qu'il  commence  k 
vieillir  jet.  L'année  fort  avancée,  la  nuit  bien 
avancée,  le  jour  bien  avancé  ,  pour  dire,  qu'Oi 
est  l)leii  avance  dans  l'aimée, dins  le  jour,dant 
la  iiuil. 

On  dît  aussi,  La  saison  bien  avancée-  soit 
poiu"  dire,  q.i'On  est  déjà  bien  avant  dans  la 
saison;  foil  pnur  marquer,  que  Ix:s  fruits,  les 
fleurs,  les  blcs  poussent  avant  le  temps  ordi- 
nnif^.  On  dit  de  même,  ((Un  x^cs  arbres,  les 
fruits,  les  jlcurs,  etc.  sont  fort  avancés. 

On  dit  encore  dans  cette  dcrt;ièri;  acception, 
d  Un  jeuue  hi^mme  <jui  a  iaiide  bonne  iiear« 
un  grand  progrès  dans  s''s  cludes,  Un  jeunc 
Itvmmc  avancé,  un  esprit  avancé.  Les  esprits 
avancés,  Irop  avancés,  avancés  de  trop  ï'ofun' 
heure,  ne  réussissent  guère. 

On  dit,  en  parlant  d'Aflàires  et  de  profits. 
ju'Oii  n'est  guère  avancé,  qu'on  n'est  pas  fort 
avancé.  Après  six  nwis  de  travail  et  d'atiaite, 
nous  voilà  peu  oi'oncr's. 

En  termes  de  Guerre,  on  dit,  Utl  ouvrage   \ 
avancé,  pour  dire.  Un  ouvrage  de  fortificoliuo 


A  VA 

qui  est  avant  I-  s  autres,  et  qui  les  couvre  ;  et, 
Lm  eorps-de-garde avancé , garde avtituée .  pour 
dire.  Un  corps-de-garde ,  une  garde  qu  est  fort 
avant  vers  l'ennemi. 

AVANIE,  s.  f.  Affront  fait  de  gaîcr.e  de  cœur 
il  quelqu'un.  Un  lui  (2 /ùil  une  avanie  sanglante. 
^' allez  pas  là,  vous  vous  exposeriez  à  gnelnue 
avanie. 

En  parlant  des  Pays  du  Levant,  on  désigne 
par  Avanie,  La  vexation  que  les  Turcs  font  â 
ceux  d'une  autre  Religion  que  la  lear,  pour  en 
tirer  de  l'arj^ent.  Ceur  (7Uï  voyagent  dans  le 
Levant,  sont  exposés  à  beaucoup  d\ivanies. 

Avant.  Préposition  ,  servant  â  marquer 
Priorité  de  temps.  Cetcv  qui  ont  été  avant  nous. 
J'ai  vu  cela  avant  vous.  Avant  Pdqacs.  Avant 
la  fin  de  l'année.  Avant  l'heure.  Avant  le  terme. 
■Ivant  terme.  Avant  midi,  yîvant  le  jour.  Avant 
jour.  Avant  diner.  Dans  cette  acception,  il  se 
joint  aussi  avec  les  verbes,  précédés  des  parti- 
cules que  et  de.  Plusiiurs  Ecrivains  suppiiment 
la  particule  que.  Avant  que  de  venir.  Avant  de 
venir.  Avant  que  je  fusse  venu.  Avant  quil 
parte.  Avant  qu  il  fasse  froid.  Avant  quH  soit 
un  an.  On  supprimoit  autrefois  dans  quelques 
occasions  la  préposition  de.  Avant  que  paitir. 

Il  sert  aussi  à  marquer  Piiorité  d  ordre.  Il 
faudrait  mettre  ce  Chapitre  avant  l'autre,  il 
faudrait  mettre  les  Histoires  nenéfales  avu/it 
les  particulières. 

AvAST,esl  aussi  une  préposition  insf^pnrabtc 
qui  se  joint  à  un  auti'O  mol  pour  faire  signifier 
à  ce  mot  quelque  chose  d'antérieur,  qui  est  en 
avant.  Cette  piéposition  est  opposée  à  Arric:re. 
L' avant-cor jys,  l'ari'iere-corps  rî'un  bâtiment. 

Avant,  adverbe  àe  lien,  qui  ne  s'emploie 
dordinaire  qu'avec  ces  p;irticules  ou  adverbes, 
SI,  bien,  trop,  plus  .^  assez,  fort,  et  qui  sert  à 
marquer  Mouvement  cl  progrès.  N\iï/c-  pas  si 
avant.  Il  entra  as},ez  avant  dans  le  bois.  Le  coup 
entra  fort  avant  dans  le  corps.  Creuser  bien 
avant  dans  la  terre.  Vous  creusez  trop  avant. 

Il  se  dit  aussi  par  rapport  au  temps.  Bien 
avant  dans  Vhiver.  Bien  avant  dans  la  nuit. 
Bien  avant  dans  le  siècle  passé. 

Il  se  dit  figurément,  en  parlant  Des  clioses 
spirituelles  et  morales  considérées  conunc  éten- 
dues. Jamais  Phdusojhe  ne  pénétra  plus  avant 
dans  la  cannoissance  de£  choses.  Vous  pousse:, 
les  affaires  trop  avant.  Il  fait  des  proposi- 
tions bien  hardies,  il  va  un  peu  trop  avant 
Il  est  bien  avant  dans  les  bonnes  grdces  du 
Prince,  dans  l'esprit  de  son  Maître.  .Gravez 
cela  bien  avant  dans  votre  mémoire  ,  dnns 
notre  cu-ur.  //  est  mêlé  bien  av.int  dans  cetti 
affaire. 

En  termes  de  Mnrine,  on  appelle  La  proue 
V. ivant  ;  et  pour  lors  Avant  est  pris  suhslanli- 
vcment,  et  est  opposé  h  l'Arrière. 

On  dit.  Le  chdtcau  d'avant,  pour  dire,  J-c 
iliAteau  de  proue. 

Ev  AVANT,  adverbe  de  lieu.  Au-delà  du 
lieu  où  on  est.  Pousser  en  avant.  Aller  en 
avant, 

l\  se  dit  atisii  De  ce  qui  /vance  vers  lesi>rc- 
lateiir,  ou  de  ce  qui  est  situé  entre  lui  cl  lobji  t 


AVA 

qii  il  a  devant  \e$yeu\..Au  pieâtlu  tionc et  deiix 
jjas  en  avant. 

On  dit,  qiiVn  cheval  est%eau  tie  Li  rmitri 
en  avant,  pour  dire,  qu'il  est  boau  du  devant. 

K.**  AVANT,  est  aussi  adverbe  de  temps,  ei 
signifie,  Ensuiie,  après.  De  ce  jour-là  en  avant 
Dr  là  en  avant. 

On  dit  figuremenl,  .^/ef(re  en  avant,  poai 
dire,  Avancer  une  proposition.  Vous  mettez  en 
avant  nn  principe  fort  dan(jereiLv  pour  la  mo- 
rale. Cet  avocat  a-tÀl  les  preuves  des  faits  (ju'i/ 
«I  mis  en  avant.'' 

AVANT-BEC.  5,  m.  Nom  qu'on  dorme  auv 
ongic*"  des  piles  d'un  ponl  de  pierre. 

AVANT- BRAS.  s.  m.  Terme  d'Annlomi" 
Partie  du  bras  depuis  lecoude  jusqu'au  poignet 
Il  a  en  Vavant-bras  cassé. 

AVANT-CORPS,  s.  m.  Terme  d'Arcliitec- 
lurc.  Corps  de  Maçonnerie  qui  est  en  saillie  sur 
h  face  d'un  bâtiment,  et  généralement  tout  ce 
T|ui  excède  le  nu  de  l'arcbitccture  de  quelque 
ouvrage  que  ce  soit.  Cet  avant-corps  a  trop  de 
saillie. 

AVANT-COUR.  s.  f.  Esp^ce  de  cour  par 
laquelle  on  passe  pour  entrer  dans  les  autres 
cours  d'un  f^rand  bAtiment.  L'avant-cour  (f  un 
Chtîteau.  Avant-cour  plantée  d'ormes. 

AVANT-COURKIK.  s.  m.  C^Iui  qui  va  de- 
vant quelqu'un,  et  qui  en  marque  par  avancu 
larrivce.  Les  l  art  ares  sont  ordinairement  les 
Mvant-courcurs  de  larmée  des  i  urcs. 

En  parlant  Des  Prophètes  qui  ont  annonce', 
qui  ont  prédit  la  vernie  de  JÉsis-rjiniST,  on 
dit  fî^urém.  ijulls  ont  été  les  avant-coureurs 
i]p  A'fttre-.Çeijyneup  JÉscs-CiiniST. 

.\vANT-coLnECn ,  sr  dit  aussi  fi^ircni.  De 
tout  ce  (jui  annonce  ou  présage  quelque  chose 
Tjuî  arrive  bientôt  après.  7  ous  ces  mécontente- 
>;ien$,  tous  ces  murmures  des  peuples  ^iirent 
les  (ii'ant-courenrs  de  la  querre  civile.  Les  trem 
l'iemens  de  terre^  la  peste,  la  fnnine,  et  tous 
ïfs  mitres  signes  qui  doivent  être  les  avant-cou- 
reurs du  Juqement  dernier.  Ce*!  petits  frissons  y 
cet  lassitudes,  sont  des  avant- coureurs  de  la 
fièvre. 

AVANT-COURRIÈRE.s.  f.  Il  n'est  d'usage 
qu'en  Poésie  en  parlant  d.-  t-'Auror»;.  L'.ivant- 
courricre  du  Soleil,  f^^ Jtvant-yourrière  du  jour. 

AVANT-DERNIER,  if.RE.  adjectif.  Pénul- 
lième,  qnî  est  avant  li-  dernier. 

AV>Nr-GARDE.  s.  f.  La  partie  la  plus 
avancée  d'anc  année  qui  marche  en  bataille. 
L^ avant- (jarde  éloit  commandée  par  un  tel 
i.ttutenant  Général.  L'avant-qarde  plia. 

AVANT-GoCT.  s.  m.  î.e  goût  qu'on  a  par 
nvinee  de  quelque  chose  d'agivable.  liieu  U 
combla  de  consolations  spirituelles  y  et  lui  donna 
un  avant-^oiit  de  la  Béatitude.  Ce  n'est  quun 
avant-goùt  des  fruits  de  la  paix. 

On  dit  familièrcm.  en  parlant  Des  tenlimens 
d'ane  dcvolion  alTctuense.  Des  avant' tjouts 
de  Parad».  Il  ^e  dit  par  plaisanterie,  d'I'ne 
dcTotion  un  pru  imaginaire. 

AVANT-HIKH.  Adv.dc  temps,  qui  niarqne 
l'Avint-veillc  du  jour  où  l'on  est.  Il  purtil 
apartt-hier.  Il  est  arrive  tP-ivant-hier. 


AVA. 

AVANT-MAlî^.  s.  m.  Il  se  dit  au  jea  de  h 
Paume ,  d'un  coup  pousse  du  devant  de  In  ra-  . 
quette  cm  du  b.itloii.  Un  coup  d'avaut-main. 

AvASr-MAis,  se  dit  aussi;  en  termes  d' 
iMané^e,  d'Cn  cheval  qui  a  un  heau  poitrail. 
lï  a  de.  Vavaut-matn ,  un  bel  avant-main^  un 
beau  bout  de  devant. 

AVANT-PÈCIIE.  s.  f.  Espèce  de  petite  pO- 
cîie  qui  mûrit  avant  les  anlres.  Ces  avant-piclics 
sont  fort  bonnes. 

AVANT-PKOPUb.  s.  lu.  Préface,  discours 
qui  se  nici  au-devant  de  quelque  *  >uvr.*ige  pour 
faire  connoilre  ce  qu'il  conlient ,  et  qi7'l  a  été 
le  dessein  de  l'AutenPen  le  composant.  Il  y  a 
un  lor.q  avant-propos  à  la  tcte  de  ce  Livre. 

Il  se  dit  aussi  dans  la  conversation,  De  ce 
qu'on  dit  avant  que  de  venir  au  fait,  quand  on 
cnlrepirrid  de  raconter  quelque  chose.  //  a  f.it 
un  avant-propos  bien  inutile. 

AVANT-OUART.s.m.  Terniod'IIorIo!-,erie 
I.e  coup  que  quelques  horloges  sonnent  avunl 
1  heure,  la  demie,  etc. 

AVANI'-SC(:N1:.s.  m.  Cêloit,  chez  les  An- 
ciens, La  partie  du  tliéâtrc  où  jouoient  l«s  Ac- 
teurs; et  chez  nous,  c'est  la  partie  du  ihê.'iLre 
qui  est  en"  avant  des  décorations,  et  quis'avance 
jusqu'à  l'orchestre.  On  dit,  en  ce  dernier  sens, 
Le  théâtre  a  tant  de  pieds  d^avant-seène. 

AVANT-TOIT.  s.  m.  Toit  en  saillie. 

AV.4NT-TRAIN.  s.  m.  On  nppt  lie  ainsi  le 
train  qui  comprend  les  deux  mues  de  devant 
et  le  tininn  d'un  carrosse.  L'«i'nnH(ram  du  car- 
rosse a  été  brisé. 

AVANT-VEILLE,  s.  f.  Surveille.  Le  jour 
qui  est  immédiatement  avant  la  veille. 

AVANTACiE.  s.  m.  Ce  qui  est  utile,  profi- 
table, favorable  à  quelqu'un.  Grand  avantaqe. 
Insigne  avantaqe.  Notable  avantaqe.  Avantaqe 
considérable.  C'est  votre  avantaqe.  Il  n'y  a 
nul  avantaqe  pour  moi  dans  le  voyage  que 
vous  me  proposez,  i'n  lui  a  fuît  tous  les  avan- 
tages possibles.  Les  avanfaqes  de  \a  fortune. 
Les  avantages  de  la  naissance.  La  beauté,  la 
santCy  la  bonne  constitution  ^  sont  de  grands 
avantages  de  la  nature.C'cst  un  homme  nui  est 
ne  avec  de  qrands  avantages.  Parler  à  Vav(4r.- 
tagc  de  quelqu'un.  C'est  un  homme  qui  tire 
avantage  de  tout.  La  querelle  a  été  terminée  à 
son  avantage.  Il  contoit  la  chose  à  son  avan- 
tage. Tirer  avantaqe  de  tout.  E.rpliquer ^  tour- 
ner tout  à  son  avantage. 

Il  signiFe  aussi .  Supcrioriié,  ce  qu'on  a  par- 
dessus un  autre  rr.  quelque  genre  de  bien  que 
ce  soit.  En  tous  ses  combats.,  il  a  toujours  eu 
l'avantage.  Not  troupes  ont  eu  l'avantage  ilu 
combat.  Lff  ennemis  avoient  l'avantage  du  lieu. 
Conserver  l'avantage  du  poste.  Conserver  ses 
avantages.  Ménager  ses  avantages.  Prendre  de 
l'avantage.  Profiter  de  Vavantage.  Attaquer 
'ptelqu'un  avec  avantaqe.  Se  battte  avec  avan- 
tage. 

AvA^TAGF,  se  dit  aussi  De  ce  qu'un  père 
donne  h  quelqu'un  de  $«\s  enfans  <le  plus  qu'à 
un  autre  dans  lepartaj^ede  sa  surcession.  Avan- 
tage direct,  .ivantage  indirect  Le  père  a  fiit  - 
de  grands  avantages  à  son  fils  aine. 


AVA 


•07 


Il  se  dit  en  général  De  tout  traitcnicui  fiivo- 
lab!.'  qu'on  fait  à  quelqu'un,  en  lui  donnant 
plus  qu'il  ne  pouvait  exiger  ou  atlendie.  Cn  u 
(lUt  à  cette  femme  de  grands  avantages  par  son 
contrat  de  mariaqe. 

En  matière  de  Jeu,  il  se  dii  Pc  ce  qu'un 
"liomme  qui  joue  mieux  qu'un  àiiirc,  lui  donne, 
pour  rendre  la  partie  ^  peu  près  éralc.  Je  ne 
jouerai  point  avec  lui,  s'il  ne  mt  donne  de  }  a- 
vantagc.  Quel  avantage  vous  donne-t-il,  vous 
fait-il?  C'est  un  grand  avantage  au  piquet  qut 
dix  et  la  main. 

Au  jeu  de  la  Paume,  on  dit.  L'avantage  du 
jeu,  ou  simplement  L'avantage ,  Lorsque  les 
Joueurs  étant  venus  à  avoir  chacun  quar.inte- 
cinq,  l'un  des  deux  g'ignc  ensuite  le  coup. 

On  dit.  Prendre  de  l'avantage  pour  monUf 
.(  cheval,  pour  dire,  Se  servir  de  quelque  petit  • 
hauteur,  de  quelque  élévation  pour  monte.-  plus 
aisément  à  cheval.  Il  ne  sattroit  plus  monter  à 
cheval  sans  prendre  de  Vavantage,  sans  avan- 
tage. 

Ou  dit  aussi ,  Prendre  quelqu'un  à  son  avan- 
trtfjc,  pour  dire.  L'attaquer  quand  un  est  ou  plus 
fort,  ou  mieux  armé  que  lui  ;  Etre  monté  à  l  a- 
vautage,  pour  dire.  Être  bien  monté j  et,  Etrt 
habillé  à  son  avantage,  être  coiffé  à  son  ni^ari- 
taqe,  pour  dire,  Être  hahillé,  être  coiftV-  d'une 
manière  qui  relève  la  bonne  raine  et  la  bonne 
f;râce. 

AVANTAGER.  V. a.  Donner  des  avaclages  à 
quelqu'ini par-dessus  les  autres.  I.ecielel  lana- 
ture  Cuvoient  extrêmement  avantagé,  Vavoient 
avantage  de  beaucoup  de  grâces.  Lu  Loi,  Ki 
Coutume  de  ce  pays-là  avantage  f^rt  les  aines. 
Un  père  ne  peut  avantager  aucun  de  ses  enfant 
que  d'une  certaine  portion  de  ses  biens. 

AvANTAr.É,  KF.  piriicipc. 

AVANTAGEUSEMENT,  adv.  D'une  ma- 
nière avantageuse.  Il  s'est  marié  avantaqeuse- 
metit.  Etre  monté  avantageusement.  Vêtu  avan- 
tageusemetit.  Expi.qtu,r  une  chose  avantageu- 
sement pour  SOI.  //  u  partage  avantageusement 
son  fils  aîné.  Etre  posté  avantageusement.  Par- 
ler avantageusement  de  set  amis. 

AVANTACiEUX,  KUSE.  adj.  Qui  apporte 
de  l'avantaf-e,  qui  produit  de  i'avanlagc.  Je  ne 
voîs  pas  en  quoi  tela  voue  est  avantageux.  Ce 
n'est  p(L*  une  chose  qnî  vous  soit  ai^antagaise. 
Elle  a  trouvé  un  parti  avantageux.  Condition 
avantageuse,  l  raite  avantugeux.  Poste  i.fanta- 
neux./(  e5t  (n'(int(if^eii.r  ^\iroir  Test  iniepul'Iiaue. 

On  dit ,  ('ne  tai7(c  ovanfafjeiise,  poiii  dire. 
Une  groi'de  taille  avec  une  Hgurc  noble  ;  et, 
Une  couleur,  une  coif^i-re.  unt  parure  avan- 
ageusCy  pour  dire.  Une  co'tleiir,  une  coiffure, 
une  parure  qui  sied  tr^s-bien. 

AvANTAcELX  ,  signifie  quelquefois  ,  Con- 
fiant .  préson.ptueux  ,  qui  clicrcîie  .1  prendre 
avantage  sur  h^  autres,  qui  se  prévaut  de  U 
facilité  des  autres,  et  qui  en  ahuse.  C'est  un 
homme  avantaqeiLv  en  paroles.  C'est  un  nomme 
QvantageiLr  à  qui  il  ne  faut  rien  céder. 

On  dit  d'Un  houuiic  qui  est  attentif  il  prend»  t 
loules  sortes  dnvnn!.tf;p$  au  jeu,  et  à  profiler  de 
tout,  qu'il  Cit  avautageiLT  au  |cii. 

14. 


io8  AVE 

AVANTIS.  s.  m.  Voyez  CnossErrE. 

AVARE,  «ilj.  Ji-s  2  genres.  Qui  a  trop  d'aï-  \ 
l.ichcinent  aux  ficliesses.  Vieillard  iivnre.  Hu- 
meur avare.  Il  est  si  avare  nu'il  se  icfui:e  tout , 
fju  il  se  plaint  tout. 

Un  dit,  Un  caractère  avare,  pour.  Le  ca- 
racU'rc  d'un  avare.  Un  air  avare.  Manières 
avares.  Une  dépense ui'iiic.  On  dit  d'Un  lioinnie 
qui  aflectc  uuc  mngnilicence  aiélée  d'avarice. 
<jue  C'est  un  avare  /«.s- («eux. 

Ou  dit  (igurémcnt,  que  /  c  ciel,  que  la  na- 
ture, que  1.1  fortune  a  été  avare  de  ses  dons 
envers  ifucliju'un,  pour  dire,  qu'il  n'a  pas  reçu 
de  grands  avantages  de  la  nature,  ci  de  la  for- 
tune;, et  au  contraire,  que  Le  ciel,  que  la  na- 
ture, que  la  fortune  ne  lui  a  pas  été  avare  de 
ses  dons,  pour  dire,  qu'il  a  été  bien  li-aité  de 
la  nature,  de  la  fortune. 

Ou  dit  aiLssi,  £lrc  avare  de  louanf]es,  de  ses 
loutuiq''s,  de  ses  visites,  pour  dire,  I-i 'aimer  pas 
ù  donner  dis  louanges,  i  faire  l)caucoup  de 
visites;  et,  £lre  avare  du  temps,  de  son  temps. 
pour  dire,  Être  bon  ménager  de  son  temps,  ne 
votiioi.  point  perdre  de  temj'S. 

AvAHE,  est  aussi  substantif.  C'est  un  avare. 
L'/varc  ne  niautfue  pas  moins  de  ce  qu'il  a, 
ijue  de  ce  qu'il  n'a  pas. 

-VVAlvIiJli.  s.  f.  Attachement  excessif  aux 
richesses.  Avarice  insatiable,  Avarice  sordide, 
il  se  phint  tout  par  avarice,  par  pure  avarice, 
^'On  avarice  le  jaitvivredans  une  épargne  sor- 
dule. 

AVABICIEUX,  i:r,SE.  ndj.  Q<\\  est  svare. 
iromnie  avaricieu.x.  Femme  avarlcicuse.  Hu- 
meur avaricieuse. 

Il  est  aussi  substantif.  C'est  un  avaricieiur. 
C'est  une  avaricieuse.  Il  est  f^unilier,  et  il  vieillit. 

AVAUIK.  s.  f.  Terme  de  Marine.  Dommage 
nrrivéàunvaiiseau  ,  ou  aux  marchandises  dont 
il  est  chargé,  depuis  le  départ  ju.'iqii'au  retour. 

il  se  dit  aussi  d'Un  droit  que  paye  ponr 
Tcntretien  d'un  pon  chaque  vaisseau  qui  v 
mouille. 

AVARIÉ,  ÉE.  adj.  Il  se  dit  Des  luaicliaii- 
dises  gâtées  dans  un  vaisseau. 

A  V  F. 

.'■VÉ,  ou  AVÉ  .MARL4.  s.  m.  Terme  latin 
qui  n'a  point  de  pluriel.  C'est  ainsi  qu'on  ap- 
pelle la  Salutation  de  l'Ange  à  la  Vierge.  Ccl 
enfant  sait  delà  son  Avé. 

On  dit,  Je  reviendrai  dans  un  Avé,  dans  un 
Avé  Maria,  pour  dire,  Je  revii  ndrai  dans  aussi 
peu  de  temps  qu'il  en  faut  pour  réciter  un  Avé. 
Il  est  familier. 

11  signifie  aussi  r>esf7ains  d'un  chapelet,  sur 
lesquels  on  dit  Y  Avé. 

.\vÉ  MAniA,  est  aussi  l'en  liolt  du  Sermon 
où  le  Prédicateur  implore  les  secours  du  Saint- 
Esprit  jKir  l'intercession  de  la  Sniutc-Viergc. 
Je  suis  %'cnu  avant  l'Avé  Maria, 

AVEC  préposition  conjonctive.  lOuscmbIc, 
conjointement.  Je  me  joindrai  avec  vous.   Il 
faut  essayer  de  bien  vivre  avec  tout  le  monde. 
Je  suis  venu  avec  lui.  Il  partit  avec  dix  mille  y 
luiuinies.  Il  s'est  marié  avec  elle.  Mêliez  tous 


AVE 

ces  papiers  les  uns  a^ec  les  autres.  Il  a  une 
qrosse  fièvre  avec  des  redouhlemens.  7>Ietlre  le 
bon  avec  le  mauvais. 

En  ce  sens,  il  se  met  qucl-iuefois  s^ns  n,'- 
^iir.e,  cl  par  rédoudunce,  mais  ce  n'est  que 
dans  le  style  familier.  //  a  pris  mon  manteau^ 
et  s'en  est  ullt'  avec.  Il  a  été  bien  traité^  et  il  a 
encore  eu  de  Varqent  avec. 

A\'Ec,  est  aussi  pr(;posiuon  qui  sort  k  mar- 
quer la  cause  mait-riclle,  ou  la  matière  dont 
uuc  chose  est  faite.  Le  rossolis  est  fuit  avec  de 
Vesprit-dc-vin.  En  ce  l'ays~la  ils  ne  bâtissent 
(fuavec  du  bois.  Carreler  avec  de  la  brique. 

11  sert  aussi  à  marquer  la  cause  instrumen- 
tale ,  ou  riuslrumcnt  tju'on  emploie  à  faii*e 
quelque  cho.'-e.  Couper  avec  un  couteau.  Tuer 
avec  une  épéc.  Ecrire  avec  uneplume.  Se  purger 
avec  du  sene. 

Il  sert  aussi  h  marquer  la  manière  de  faire 
quelque  cbost'.  Parler  avec  justesse.  Se  conduire 
avec  prudence.  Se  défendre  avec  courane.  Ecrire 
avec  facilité.  Travailler  avec  peine,  ilecevoir 
avec  joie.  Il  n'en  peut  parler  qu'avec  douleur. 

Avec,  s'emploie  aussi  dans  le  sens  de  Contre. 
Il  s'est  battu  avec  un  tel.  la  France  ctoit  en 
guerre  avec  l'Empereur. 

Avec,  e£t,quelqiicrt)is  frècédc  de  la  prépo- 
sition de,  pour  marquer  la  dilK-rence  de  deux 
choses  ou  de  deux  personnes  d'une  manière 
plus  jxisilive.  Distinquer  Vanii  d'avec  le  flat- 
teur. Distinguer  la  f:usse  monnoie  d'ovec  la 
bonne.  Séparer  Vor  d'avec  l'argent. 

AvECQUE,  jpour  AVEC.  Il  n'est  plus  en  usage 
qu'en  Poésie^  où  même  U  vieillit  beaucoup. 

AVKINDKI:.  v.  a.  Tirer  une  chose  hors  du 
lieu  où  on  l'avoit  serrée.  Aveindre  du  linge, 
des  hardes  d^'un  cofp e.  Avcignez-  ce  livre,  cei 
papiers  de  dessus  cette  tablette.  \\  est  du  style 
familier. 

Avî:int,  einti;.  participe. 

AVEl^'ii.  s.  f.  \  oyez  Avoine. 

AVELANi!;DE.  s.  f.Cossedu  gland. On  seii 
sert  pour  passer  les  cuirs. 

AVEU  NE.  subst.  fém.  Espèce  de  gi-ossc 
noisette.  Citsscr  des  ui'elincs.  Mantjcy  des  ave- 
lines. 

AVELINIER,  suhst.  m.  Arbre  qui  porte  les 
a-velines.  On  le  noimne  pJus  conimunémenl 
Coudrier, 

AVÉNAGE.  subst.  m.  Redevance  eu  avoine, 
L\ivcnaqcde  cette  Ferme  rend pliL^ de  sixcents 
livres. 

AVENANT,  ANTE.  adj.  Qui  a  bon  air  et 
bonne  grJlce.  C'est  un  homme  avenant ^  fort 
avenant^  mal  avenant.  Cette  femme  est  cctrc- 
mement  avenante. 

À  t'A  venant.  Faconde  parler  adverbiale, 
pour  dire,  A  proportion.  C^est  un  homme  qui 
fait  grande  dépense  en  habits^  en  chevaux,  cl 
en  toutes  choses  à  l'avenant.  Il  n'est  d'nsii^L- 
que  dans  le  discours  familier. 

AVENEMENT,  s.  m.  Venue,  arrivée.  Il  ni* 
se  dit  guère  que  De  l'élcvalion  &  une  digniiô 
suprême.  Le  lioi  à  son  avènement  à  la  Cou- 
ronne ordonna ,  etc.  J  son  joyeux  avènement. 
A  ton  heureux  avènement.  Le  Vape  depuis  son 


AVE 

avènement  ou  Pontificat.  L^Empereur  après 
son  avènement  à  l  Empire. 

Avènement,  se  dit  aussi  en  parimi  V.u  Mes- 
sie, pour  signifier  Le  temps  auquel  il  s'est  ma- 
nifeste aux  hommes,  cl  celui  où  il  doit  paroîtrc 
pour  les  juger.  Le  premier,  le  second  avène- 
ment du  Messie. 

AVENIR,  V.  n.  Arriver  par  accident.  Il  ne 
se  conjugue  que  dans  les  troisièmes  personnes. 

Les  choses  étant  en  ces  termes,  il  avint  que 

S'il  avenoit  que Quand  le  cas  aviendroit. 

Quoi  qu'il  avrcnne.  /(  en  avïendra  ce  quil 
pourra.  Quelque  chose  qu'il  en  avienne.  Je  me 
résous  à  tout  ce  qui  en  peut  avenir.  On  ne  peut 
pas  prévoir  tous  les  cas  qui  aviendront. 

Avenant,  ante.  participe  actif  du  verbe 
^yenir.  Terme  dont  on  se  sert  dans  les  contrats 
et  autres  actes  publics,  et  qui  signifie.  Si! 
Rvient  que,  s'il  arrive  que.  Avenant  le  décès  de 
l'un  des  deux.  Le  cas  avenant  que. . , 

Avenu  ,  i;e.  participe.  Ce  quon  craignoit 
est  ai^enu.  Les  choses  qui  sont  avenues.  Il  faut 
regarder  cela  comme  chose  non  avenue, 

AVENIR,  s.  m.  Le  temps  futur.  Qui  peut 
pénétrer  dans  l'avenir?  On  ne  peut  pas  rèpjn- 
dre  de  l'avenir.  L'avenir  est  incertain.  Les  soins 
de  l'avenir.  Prédire  Vavcnir.  Lire  dans  l'ave- 
nir. JJn  fucheux  avenir.  L'avenir  en  décidera. 

On  peut,  en  Poésie,  et  même  dans  le  style 
oratoire,  personnifier  L'rtfenir,  comme  exis- 
tant dèji.  LWenir  vous  contemple.  On  dit  de 
Dieu  seul  :  L'avenir  lui  est  présent,  est  prés-nt 
devant  lui,  pour  dire,  <ii:e  Dieu  cnnnu)i .  pré- 
voit tout  ce  qiii  arrivera. 

AvENiii ,  se  dit  aussi,  en  termes  de  Pratique, 
De  l'assignation   qu'une  Partie  fait  donner  ù  ' 
l'autre,  pour  comparoître  en  Justice  à  certain 
jour,  et  à  certaine  heure.  Donner  un  ufenir. 
Faire  signifier  un  avenir. 

A  l'avenir.  Vaçon  de  ]>arier  adverbiale.  Di;- 
sormuis.  Vous  en  userez  à  l'avenir  comme  il 
vous  plaira.  A'^e  ^i(cs  plus  cela  à  l'avenir. 

AVENT.  s.  m.  Le  temps  destiné  par  l'ÉgUse 
pour  se  prépaier  îi  la  Fcte  de  Noël.  L'Avent  a 
ilé  plus  long  cette  année-ci  que  l'autre.  Le  pre 
mier  Dimanche  de  VAvent.' 

On  dit,  Prêcher  VAvent,  jeûner  VAvent, 
pour  dire,  Pendant  l'Avent.  Et  on  dit  au  plu- 
riel, Les  Avents  de  \oël.  C^est  aux  Avents 
qu^on  a  coutume  de  planter. 

AVENTURE,  s.  f.  Ce  qni  arrive  inopiné- 
ment à  quelqu'un. .jVenlure  heureuse,  hizanr, 
étrange.  Il  lui  est  «rrive  une  aventure  extraor- 
dinaire. Il  doit  s'attendre  à  qucl<jue  aventuie 
fâcheuse.  Raconter  une  aventure.  L'ne  (iverïïure 
amoureuse.  Ce  l\oman  est  plein  d^aventures 
surprenantes.  Aventure  burlesque,  romanesque. 

On  dit.  Dire  la  bonne  aventure,  pour,  Pré- 
dire par  la  Chiromancie,  ou  de  quelque  outre 
façon  que  ce  soit,  ce  qui  doit  arriver  ù  quol- 
i[u'un.  Elles  font  profission  de  dire  la  hvnne 
aventure.  Croire  aux  diseuses  de  bonne  aven^ 
titre.  Se  faire  dire  sa  bonne  aventure. 

AvENTunE,  dans  les  anciens  Romans  de 
Chevalerie  ,  signifie  ,  Entreprise  Iias^rdcusr^ , 
mtil(-c  quelquefois   d'cnclionleraenl.   Aventure 


AVE 

périlUuse  ,  (lifjlclle ,  dangereuse.  Chercher  , 
achever^  mettre  à  fin  les  aventures,  une  aven- 
ture. Celte  aventure  êtoit  réservée  à  ce  Cheva- 
lier. El  on  dit  J't'n  homme  qui  aime  les  entre 
prisesfxtraordinaircs,C'(ï5(  un  homme  (jui  aime 
Us  aventures^  qui  court  après  les  aventures. 

AvESTcnE.  ïrasard.  C'est  grande  aventure  si 
je  n'en  viens  pas  à  bout. 

On  dit,  Errer  à  l'aventure ,  pour  dire,  Sans 
dessein,  sans  savoir  où  l'on  veut  aller;  Faire 
toutes  choses  à  Vaventure,  pour  dire,  Sans  ré- 
Hcxion;  ."1/^fïre  à  la  grosse  aventure,  pour  dire. 
Mettre  une  somme  d' aident  sur  quelque  v.iis- 
seau  marchand,  au  hasard  de  la  perdre  si  le 
vaisseau  périt.  Et  on  appelle  Mal  d'avenfure, 
Un  mal  qui  vient  ordinairement  au  liout  (!<:s 
doigts  sans  cause  apparente,  avec  iuflammalioD 
ci  abcâs. 

D'avestlre.  PAO  AVENTt;iiE.  Farons  de 
parler  adverbiales,  pour  dire,  Par  hasard.  Si 
d^avenlure  il  fenoit  quelqu'un.  Si  par  aventure 
il  arrive.  Si  d'aventure  vous  n^aimez  mieux.  Il 
e«t  familier. 

AVENTUREn.  v.  a.  Hasarder,  mettre  à 
l'aventure.  Il  a  aventuré  tout  son  bien.  Je  veux 
bien  aventurer  cette  petite  somme.  Il  faut  aven- 
turer r^ue^ne  chose. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel.  71 
ne  faut  pas  tant  s'aventurer.  Vous  vous  aven- 
turez fort.  Il  s'est  aventuré  plus  qu'il  ne  fallait. 

AvE:iri;BÊ,  i:e.  participe. Cc/a  est  bien  aven- 
turé. Cette  affaire  est  ejctrémcment  aventurée. 
C'est  de  l'argent  très-avcnturé.  Un  procès  bien 
aventuréy  très-aventure. 

AVENTUREUX,  KUSE.  adj.  Qui  s'aven- 
ture, qui  h:sai'de.  C'eslun  homme  qui  est  ex- 
trétnement  aventureux  au  jeu. 

AVKNTL  HIER  ,  ÈRE.  s.  Celui  qui  cl:erche 
à  la  guerre  !cs  aventures ,  les  occasions  de  se 
distinp;uer  ,  sans  être  enrôle  en  aucim  corps.  Il 
se  disoit  autrefois  particulièrement  De  ceux  qui 
alloient  volontairement^  la  guerre,  sans  rece- 
voir du  solde,  et  sans  s'obliger  aux  gardes,  et 
aux  autres  fonctions  militaires,  qui  ne  sont  que 
de  fatigue.  Il  y  eut  beaucoup  de  soldats.,  de 
ceux  qu*on  appelle  aventuriers  ,  qui  passèrent 
les  monts  avec  lui.  Les  aventuriers  firent  mer- 
veille dans  ce  rornEr'it. 

Dans  le  dismun  familier,  il  se  dit  d'Un 
ictmc  homme  qui  t;\che  de  gngncr  les  boniioâ 
grâces  de  toutes  les  femmes,  sans  ôtre  amou- 
rcus  d'aucimc.  C'est  un  jeune  aventurier  qui 
ne  s'attache  à  rien,  et  qui  se  donne  à  tout. 

On  appelle  aussi  ,/vi.*ii(urier,  Celui  qui  est 
i.ms  nom  et  sons  fortune  .et  qui  vit  d'intrigues. 
Ce  n'est  qn'itn  aventurier.  Ce  n'est  qu'une 
aventurière.  Cette  acception  est  aujourd'hui  la 
plus  commuaa 

On  donnoit  le  nom  d'-Yvcnturrers  h  certains 
i:uurcurs  de  mer,  qui  piraloient  sur  les  mer. 
de  r.\mL*riquc.  cl  qu'on  appcloit  autrement, 
Flibustiers  et  Boucanier*. 

AVE>TUIU>E.  i.  f.  Sorte  de  pierre  pré- 
cieuse, d'un  jaune  brno  Mme  de  petits  points 
d'or. 

K  y  a  ausvi  une  A^enturin?  £kcticc,  qui  est 


AVE 

une  composition  faîte  avec  de  la  poudre  d'or, 
<  ■-  jetée  ;1  l'aventure  sur  du  vernis,  ou  sur  du  verre 
fondu.  Une  hoUe  d^aventurine.  Un  bdton  d^a- 
vetAurine. 

AVENUE,  s.  f.  Endroit  par  oii  on  arrive  en 
quelqui;  lieu.  Les  gardes  étoient  rangées  à 
toutes  les  avenues  du  Palais.  L'armée  se  saisit 
de  toutes  les  avenues  des  montagnes.  Fermer, 
boucher  les  avenues.  Les  avenues  de  cette  Ville 
sont  belles. 

Avem:e,  se  dît  aussi  d'Une  allée  phinlée 
d'arbres  du-dovant  dune  maison.  Il  y  a  une 
grande  avenue  qui  conduit  à  sa  maison.  Il  a 
planté  une  avenue  d'ormes  y  de  tilleuls  j  de 
ncyers,  etc.  devant  ta  porte  de  son  Château. 
Ouvrir  des  avenues  dans  un  fco's,  V  cuvrir  des 
a  lices. 

AVÉRER.  v,a.  S'assurer  et  faire  voir  qu'une 
cliosc  est  vraie.  On  a  avéré  ce  fiit-lù.  C'est  une 
chose  nu'on  ne  peut  avérer. 

AvÉïiÉ,  ÉE.  participe.  C'est  un  fait  avci'é. 
Une  chose  avérée. 

AVERSE,  s.  f.  Pluie  subite  et  abondante. 
A'ous  essuyâmes  une  averse.  Il  est  familier. 

À  verse.  Voyez  Verse. 

AVERSION,  s.  f .  Haine.  Avoir  quelque  chose 
en  aversion.  Avoir  de  Vaversion  contre  quel- 
qu'un., pour  quclquUtn.  Prendre  quelqu^un  en 
aversion.  Avoir  de  l'aversion  pour  l'étude.  Avoir 
ie  l'aversion  pour  le  vin.  J'ai  grande  aversion 
pour  cela.  L'ingratitude  est  ma  bcte  d'aversion. 

AvEnsioN,  se  prend  aussi  quelquefois  pour 
Antipathie  ou  répiif^nance  naturelle.  //  a  de 
f  aversion  pour  les  chdts. 

AVERTIN.  s.  m.  Maladie  d'eàprit  qui  rend 
opiniâtre,  emporté,  furieux. 

Il  se  dit  aussi  De  ceux  qui  sont  travailles  de 
cette  maladie.  Le  peuple  appelle  S.  Mathurîn 
le  Patron  des  Avertins.  Il  est  vieux  dans  l'un 
et  l'autre  sens. 

AVERTIR.  V.  a.  Donner  avis,  instruire, 
informer  quelqu'un  de  quelque  chose.  Je  vous 
avertis  qu\in  tel  est  arrivé.  Je  l'ai  averti  de 
tout.  Il  ftut  avertir  les  parens.  Avertir  du  dan- 
ger. Avertir  d'un  accident  Avertir  du  feu. 

On  dit  proverhiol.,yiver(ir  quelquhin  de  son 
iiihit,  pour  dire.  Lui  doimcr  un  avis  très-ini- 
portant. 

Averti  ,  ie.  participe. 

On  dit  proverbialcm.  qu'L'n  averti,  qu'un 
bon  averti  en  vaut  deux,  potu*  dire,  qu'K. 
toutes  sortes  d'affaires,  un  homme  qui  est  ini-- 
truit,  qui  est  informe,  a  un  grand  avantage  sni 
celui  qui  ne  Test  pas.  Il  se  dit  aussi  par  forme 
de  menace,  et  pour  nrirquer  à  1  homme  qu  on 
iveilit,  que  s'il  y  rciourne,  il  s'en  irouvem 
mal. 

On  dit  qu'f'n  homme  Cft  bien  averti,  pour 
dire,  qu'il  est  bien  informe  de  tout  ce  qui  si 
passe.  Il  se  dit  aussi  De  quelqu'un  qiii ,  êcinl 
menace,  se  tient  sur  «es  gardes. 

AVERTIS.SEMENT.  subsl.  m.  Avis  qu'on 
donne  à  quelqu'un  de  quelque  chose,  ofm  qu'il 
y  prenne  garJe.  //vertissemcnt  salutaire.  Don- 
ner, envoyer,  recevoir  un  avertissement. 

AvEiiTi5S[;'E5T,  est  aussi   Le  litre  qu'on 


AVE  100 

donne  à  une  espèce  de  petite  préface  qu'on  met 
û  b  tôte  d'un  livi-e,  pour  avertir  le  Lecteur  rie 
quelque  chose. 

On  dit  familièrement,  en  parlant  d'Un  acci- 
dent, ou  de  qucltjue  autre  chose  qui  peut  ser- 
vir ix  faire  qu'on  se  tienne  sur  ses  gardes,  et 
qu'on  prenne  des  précautions  poursaconduite, 
que  C'est  un  avertissement  au  Lecteur. 

Avertissement,  signifie  aussi,  en  termes 
de  Pratique,  La  première  pièce  pour  l'instruc- 
tion (les  Juges,  qui  est  suivie  de  l'inventaire  de 
production.  Il  n'a  pas  encore  communiqué  sun 
-'A'crti.sscnient. 

Il  se  dit  aussi  De  l'avis  donné  par  les  Per- 
cepteurs de  l'impôt  de  payer  telle  somme. 

AVEU.  s.  m.  Rcconnoissancc  veibalc  ou  jw 
écrit,  d'avoir  ûiit  ou  dit  quelque  chose.  //  pa- 
reil par  son  aveu  même,  on  sait  de  son  propre 
aveu. . . 

Il  se  dit  aussi  Du  témoignage  qu'on  rend  de 
ce  qu'un  autre  a  dit  ou  fait.  C'est  lui  qui  a  le 
mieux  fait,  de  l'rtveu  de  tout  le  monde. 

Il  sij;nifie  aussi.  L'approbation,  le  consen- 
tement, l'agrément  qu'une  personne  supéricme 
donne  i  ce  (p4*un  inférieiu"  a  fait  ou  a  destoin 
de  faire.  Je  ne  veux  rien  faire  sans  votre  avi-u. 
Il  a  entrepris  cela  de  votre  aveu.  Il  a  Vaveu  de 
ses  parens  pour  son  mariage. 

Aveu,  signiBc  aussi,  en  termes  dcFief ,  Une 
reconnoissance  que  le  Vassal  donne  à  son  Sci- 
[;neur,  pour  raison  des  terres  tpi'i!  tient  de  hii. 
Hendre  un  aveu.  Ba'iller  par  aveu.  Jven  et  dé- 
claratio:t.  Aveu  et  dénombrement. 

On  appelle //omme  sans  aveu,  Un  vagabond 
que  personne  ne  veut  reconnoîtrc,  un  homm-* 
qui  n'a  ni  feu  ni  lieu.  Ce  sont  des  cjcns  sans  aven. 

AVEUER  ou  AVUER.  v.  acl.  Terme  de 
Chasse.  Garder  à  vue,  suivre  de  l'ueil.  Aveuer 
la  perdrix. 

Avelé,  ée.  participe. 

AVEUtiLE.  adj.  des  a  g.  Qui  est  privé  île 
l'usage  de  la  vue.  DeveniV  aveugle.  Aveugle-né. 

On  dit  proverb.  d'Un  homme  qui  crie  bica 
fort  pour  quelque  mal  léger  qu'on  lui  a  fait ,  qu7i 
crie  comme  un  aveugle  qui  a  perdu  son  bâton  ; 
d'Une  chose  facile  à  comprendre  par  les  pins 
i^norans,  qu'C'n  aveugle  y  mordroit;  et  qn'Au 
Royaume  des  Aveugles,  les  borgnes  sont  Rois, 
pour  dire, qu'Un  homme  d'un  me'rite  médiocre 
paroit  beaucoup  parmi  les  gens  qui  n'eu  ont 
point. 

On  dit  aussi  proverb.  d'Un  homme  qui  se 
mêle  de  jxgcr  des  choses  dont  il  n'a  aucune 
connoissancc,  qu'//  en  juge  cuniuic  un  aveugle 
des  couleurs;  et,  Chanjer  son  cheval  borgne 
contre  un  aveugle,  pour  dire,  Empirer  son  état 
en  vout.int  le  rendre  meilleur. 

Avecgl::,  se  <Iit  figur^'m.  d'Une  personne  à 
qui  la  passion  ofrus<{uc  l'entendement.  Les 
amans  sont  aveugles  dans  leurs  désirs,  dans- 
leurs  desseins.  L'ambition^  la  colère  le  rend 
aveugle.  Chacun  est  Oi'cugle  dans  sa  propre 
causc^  Aveugle  sur  ses  déf-tuts^  il  est  cluir- 
voyant  sur  ccuc  des  autres. 

Il  se  dit  aussi  De  In  passion  même.  Désir 
aveugle.  An'hitlon  aveugle.  Amour  aveugle. 


1 1 0  A  V I 

On  appelle  Obéissance  aveuffle^  soumission 
aveuqlc ,  Une  olx'issancc,  une  souniiÂsion  cii- 
îièrc  aux  oniics  d'un  Snpériour;  et  Confiance 
(jvcKjIe.  Une  confiant  qui  ne  se  pemict  point 
d'examiner.  Une  confiance  avcuqle  est  daugc- 
rcitsc.  On  dit  ;m  nièmc  sens,  Une  foi  aveugle 
en  quelqu'un ,  dans  ce  qne  dit  ijiichju^un. 

On  dit  figurcm.  que  Le  sort  est  aveugle ,  411c 
i,i  fortune  est  aveugle^  pour  dire,  que  Souvent 
II'  sort,  1.1  fortune,  favcriirnt  àes  personnes 
qui  ne  le  mériteai  point 

AvEt'GLE  ,  est  aussi  subslantif.  C  est  un 
dvcuqle  d^s  Quinze -Vingts.  Vn  aveugle  incu- 
rable. Mener  un  aveunle. 

A  l'aveugle,  l-.n;on  de  parier  advcrbi-dc, 
youràhe^Aifeunlcmt'nî.  llcgit  à  Vavcugle,  ou 
fft  aveuqle,  Sans  ronnoissancc,  sans  iulelli- 
g'^iice.  Il  no-  «e  dit  qu'au  propre. 

AVETIGLEr.IENT.  s.  m.  Privation  du  «ens 
«le  la  vue.  Dieu  le  frappa  d'un  avengtenieni 
soudain. 

On  dit  aujourd'Iiui  Cécité  au  propre. 

Aveuglement,  ne  se  dit  giii!:re  qu'au  figuré, 
pour  marquer  Le  tiouhle  et  rohsciu-cisscment 
de  la  raison.  Aveuglement  è'range.  Grand 
avcunlemcut.  Aveuglement  l'olontairc.  Quel 
aveuglement!  il  faut  être  dans  un  étrange 
aveuglement  pour.  . .  .  L'aveuglement  des  ^;e- 
cheurs. 

AVEUGLÉMEN  I".  adv.  Il  nest  en  usng 
f|u'au  figure,  et  signifie,  Sans  rien  considérer, 
sans  rien  examiner.  Je  frai  aveuglément  tout 
ce  quc-  vous  voudrez.  Obéir  aveuglement.  5. 
yrécipiter  aveufjlêment  dans  le  péril  ^  y  courir 
ttveugléniCJit.  Il  $utt  iH-eunle-nrnt  ses  caprices. 

AVEUiJLER.  V.  a.  Itecdie  avcui;lc.  H  y  a 
eh  des  gen.i  que  le  grand  soleil,  le  grand  éslut 
de  la  neige  a  aveuglés.  Les  Grecs  du  Bas-Em- 
pire ont  souvent  aveuglé  des  Princes,  en  leur 
passant  devant  les  yeux  des  plaques  de  cuivre 
fart  ardentes. 

Il  seditparcxagc'ralion.  et  signifie,  tbiouir, 
empêcher  pour  quelque  temps  la  fonction  de  la 
vue.  La  trop  gratide  lumière  aveugle.  Lu  neige 
aveugle  ceux  qui  ia  regardent  trop  longtemps. 
Le»  éclairs  tious  aveuglaient. 

AvEVCLER,  signifie  figurém.,  Oter  l'usage 
de  la  raison.  La  passion  nous  aveugle.  L^amour 
aveugle  les  jeunes  gens.  La  trop  grande  pros- 
périté aveugle.  Il  faut  que  Dieu  ait  t'ien  aveuglé 
cet  homme.,  qu'il  soit  lien  avcuqlt. 
.  AVEOGLEH,se  met  ausji  avec  le  pronom  per- 
sonnel, maisseulemcntau  figuré, potir signifier, 
Renoncer  \  l'exeicice  de  sa  raison,  ne  pas  user 
de  ses  lumières.  Il  ffut  s^aveugler  pour  ne  pn.% 
apercevoir  cet  inconvénient. 

Aveuglé,  ée.  participe. 

AVEUtiLE'iTK.  À  i*aveuglette.  Façon 
de  parler  adverbiale.  A  i;**ons.  On  disoit  autre- 
fois, A  avcuglctle;  mais  l'usage  a  depuis  ajoute 
l'arricle;  et  on  dit,  Aller  à  l'aveuglette.  Cher- 
cher quelque  chose  à  Vaveuglettt.  Il  est  familier. 

AVI 

.VVTOE.  adj.  dr>  2  jreiir.  Oui  dcsire  quelqtu-  ,  ' 
■itoftu  avec  iK-aucoiip  d'ardeur.  U  se  dit  propre- 


AVT 

ment,  en  parlant  Du  désir  immodéré  de  boiie 
:t  de  manger.  Il  est  si  avide,  qu\l  ih  lore  j  lutct 
qu^il  ne  nianqe. 

U  se  dit  fij^urémciit.  en  parlant  Ue  tout  c»*. 
qu'on  souliaif:  avec,Vc'hémence.  f.tre  avide  dt 
gloire,  avide  dlwnneur.  Être  avide  du  bien 
d^  autrui, 

U  se  dit  (igurcment  dans  un  sens  de  l)l.ime. 
pour  désigner  Un  homme  Itês-intércssé.  Il  ne 
f:ut  pas  être  si  a\'iâe.  C^est  un  homme  avide. 

AVIDEMKNT.  adv.  Avec  avidité.  Munrjcr 
iivtJcment.  Boire  avidement.  Courir  avidement 
ait.c  honneur.^!. 

AVIDITl'-;.  s.  f.  Û6ir  ardent  et  insatiabh.  Il 
se  dit  daDS  tous  les  sens  d'Avide.  Manger  avec 
avidité,  avec  une  extrême  avidité.  L^avidité  des 
biens.  L^avidiié  des  Itonnenrs. 

AVUJTî.  V.  a.  Rendre  vil,  abject,  mépri- 
sable, lia  laissé  avilir  sa  charge,  sa  dignité. 
Cet  homme  s'est  avili  lui~mcmepar  ses  bassesses. 

Il  se  dit  aussi  au  sens  de  Déprécier.  Il  ne 
faut  pas  avilir  la  marchandise.  L'abondance  de 
cette  marchandise  l'a  avilie,  en  a  avili  le  pris. 

Avili,  ie.  pm-ticipe. 

AVILISSANT,  AINTE.  adj.  Qui  avilit.  U 
est  dans  un  état  avilissant,  dans  une  dépen- 
dance avdissnnte. 

AVILT.SSEMEKT.  s.  m.  L'état  d'une  chose 
avilie,  l.' avilissement  d'une  dignité  ,  d'une 
charge. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes.  Il  est  tombé 
dans  l'avilissement.  Vivre  dans  l'avilissement 
et  la  honte 

AVfNER.  T.  a.  Imbiber  de  vin.  Avincr  tinr 
cuve.  Avinrr  des  futailles. 

AviNi';,  ÉE.  participe.  On  dit  far.iiliciemciit 
d'Un  homme  qui  a  accoutumé  de  boire  hcati- 
coupj.qu'/I  est  aviné,  que  c'est  un  corps  aviné. 

AVIRON,  s.  m.  Sorte  de  rame  dont  on  se 
sert  pour  faire  aller  les  bateaux  sur  les  rivières. 
Manier  l'aviron.  Coup  d''aviron.  Aller  à  force 
d'avircns. 

AVIS.  s.  m.  Opinion,  sentiment.  Dire  son 
avis.  C'est  mon  avis.  Ce  n'est  pas  là  mon  avis. 
Changer  d\ivis.  Être  d'un  avis.  Il  est  toujours 
du  bon  avis.  Être  d'un  avis  singule:: 

U  se  dit  parliculièrcnicnt  De  l'opinion  et  du 
•.ufTrage  de  chaque  Jui;e,  lorsqu'il  s'agitde  juger 
de  quelque  afiaire.  Prendre  les  avi^.  Aller  aux 
avis.  Les  Juges  en  sont  aux  avis.  Être  de  lavis 
courant. 

Il  se  prend  aussi  pour  Conseil ,  délibération. 
A^c  rien  faire  que  par  bon  avis.  Prendre  avis  dé 
quelqu'un.  Les  Avocvts  ont  donné  leur  avis,  et 
l'ont  signé. 

On  appelle  ,/vis  de  parens.  Un  acte  judi- 
ciaire par  lequel  le  Magistrat  ordonne  ce  qui 
doit  être  exécuté  sur  les  aflàires  d'un  mineur, 
suivant  la  délibération  des  pareus.  Le  tuteur  a 
fait  ordontifir  quun  tel  héritage  serait  vendu 
par  avis  de  parens.  Il  a  été  résclu  par  avis  d,' 
parens. 

On  appelle /^tu'sdortrinu/.  Ix*  sentiment  des 
Docteurs  en  Théologie  consultés  «ur  quelque 
point  de  Doctrine. 

On  dit  provcrLial.  et  figurcm.,  qu'/I  y  a 


AVI 

jour  d'avis  y  pour  dire  qu'il  y  a  temps  de  défi- 
bérer  ;  et  Prendre  lettres  d'avis,  pour  dire, 
Prendre  du  temps  pour  se  résoudre. 

Avis,  se  prend  aussi  pour  Avertisseuient.  Je 
vous  donne  avis  que  la  Cour  où  vous  allez  est 
fort  oraqeuse.  Je  profiterai  de  Vavis  que  vou« 
me  donnez. 

Avis.  Conseil.  Avis  amical,  charitable ,  pa- 
ternel. Il  a  profité  des  avis  de  sa  mère,  de  son 
Iu(e»r. 

U  se  dit  aussi  Des  nouvtjles  qu'on  mande, 
et  de  celles  qu'on  reçoit.  Je  vous  donnerai  avis 
de  tout  ce  qui  se  passera.  On  a  avis  de  Vartnée^ 
que. ...  On  a  reçu  avis  de  Home.  Les  avis  qu'on 
reçoit  de  toiu  côtés,  portent  que... 

On  appelle  Lettres  d'ai'is,  Les  lettres  da 
négoce  que  les  Marcliands  et  les  Banquiers  s'é- 
crivent les  uns  oux  autres. 

Avis  au  Lecteur  j  TÎIre  qu'on  donne  h  une 
espèce  de  petite  préface  qu'on  met  à  la  tête  d'un 
Livre,  pour  avertir  le  Lecteur  de  quelque  cbow. 

En  parlant  d'Un  accident,  ou  de  quelque 
autre  chosequi  peut  srrvir  d'instruction  àquel- 
cju'un  ,  on  dit  proverbialemeut ,  Avis  au  Lec- 
teur, pour  marquer  que  Cela  le  doit  obliger  à 
prendre  garde  à  lui. 

AvLS ,  se  dit  aussi  d'Un  moven  proposé  pour 
faire  venir  de  l'argent  dans  les  coffres  du  Hoi. 
/!  se  mcle  de  donner  des  avis.  Ccst  un  don- 
neur d'avis.  Il  a  eu  tant  pour  son  droit  d'avis. 
Cet  avis  a  été  rebute. 

AVISÉ,  ÉK.  adj.  Prudent,  circonspect,  qni 
ne  fait  rien  sans  y  bien  penser.  Cest  un  hommt 
Lifjc  et  avisé.  Il  est  ft'rt  avise. 

AVISEU.  V.  artit".  .\vertir,  donner  avis.  On 
dit  proverbialement,  qu'l/n  fou  avise  bien  nn 
iage,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  point  d'homme  si 
peu  sensé  dont  on  ne  puisse  recevoir  quelque 
bon  avis;  et  qu'Un  i>firra.de  vin  avise  bien  un 
homme.  Hors  dé  ces  phrases  proverbiales,  il 
vieillit  dans  cette  acception. 

Il  signifie  aussi,  Apercevoir  d'assex  loin.  J* 
l'avisai  dans  la  foule.  Il  est  familier. 

Aviser,  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Faire 
réflexion,  faire  attention,  prendre  garde.  Avi- 
sez à  ce  que  vous  avez  à  faire.  Avisez-y  bien. 
Il  y  a  du  temps  pour  y  aviser.  J'avisai  que.... 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel,  et 
signifie.  Penser,  faire  attention  à  quelque  chose, 
faire  attention  sur  quelque  chose.  Jt  ne  m'en 
suis  pas  avisé.  Il  ne  s'avise  de  rien.  Il  s'en  eil 
avisé j  elle  s'en  est  avisée,  ils  s'en  sont  arisét 
trop  tard. 

Il  signifie  aussi,  S'imaginer  quelque  chose, 
trouver  quelque  chose,  s  appliquer  .'»  trouver, 
à  inventer  queUpic  chose  pour  quehiue  fin.  /( 
lui  fit  tous  les  honneurs  dont  li  se  put  aviser. 
Il  n'y  a  sottise,  il  n^y  a  malice  dont  il  ne  s'a- 
vise. Il  s'avisa  d'un  ton  carpédient.  De  quoi 
s'est-il  allé  aviser? 

Avisé,  ^.e.  participe. 

AVITAILLEMENT.  s.  m.  Approvisionne- 
ment de  vivres  dans  une  Place,  un  camp  ou 
un  vaisseau.  Ou  dit  aussi  ^vituai/ienient,  pour 
les  vaisseaux. 

AVITAILLEK.    v.   act.    Mettre   de»   vivre» 


AVO 

dans  une  Place,  dans  une  Ville  qui  court  risque 
d'ttre  asslcgoe.  Ce  n'est  pas  U  tout  que  (?e  mettre 
une  garnison  tlans  une  Place,  U  li>  faut  ut'i- 
(nillcr.  On  dit  encore  Ayiluailler .pour les  v:li^- 
«eaux. 

AviTAii.LE,  ÉE.  participe. 

AV1\  liR.  T.  a.  Poiincr  de  la  vivacité. 
rendre  une  matière,  telle  (jnc  le  marbre,  les 
iiji'taux,  plus  fraiclic  et  plus  uitlc.  On  aviie 
une  statue  de  bronse  en  lu  qraltant  léijènnieiil 
pour  la  rforcr.  On  avive  une  poutre  en  In  tail- 
lant à  l'iVe  urt'tc. 

On  le  dit  aussi  Des  couleurs,  pour  dite,  Les 
ralraicliir.  les  fortiilcr.  Cu  1.;  dit  même  Du 
icint  V-i  peu  tic  roune  aAve  ic  teint  d'une 
f;mm'. 

Avtvi,  <:e.  participe. 

AVIVES,  s.  f.  pi.  Serres  de  glandes  cjui  sont 
i  la  gcrge  des  cl'ovaux,  et  qui,  venant  ii  s'en- 
fler, leur  causent  une  maladie  qu'on  oppelle 
attssi  Les  avives.  Vn  cheval  cjui  a  les  avives  jurt 
enjlves.  Battre  les  avives  à  un  cheval.  Les  avives 
ont  étranqlé  ce  clu't'iil.  Il  est  mort  des  avives. 
il  a  cu  les  avives,  pour  avoir  bu  trop  tut  étant 
échauffe. 

AVO 

AVOCASSER.  V.  n.  Faire  la  profession  d'A- 
vocat. Il  y  a  tant  d'années  tju'il  avocasse.  U  est 
familier,  et  il  ne  se  dit  guC-re  qu'en  mauvaise  part. 

A\  OC.\T.  s.  m.  Celui  qui  fait  profession  de 
défcnore  des  causes  en  Juslire.  .-Ivocat  fameur, 
célèbre,  éloquent.  Savant  avocat.  Avocat  au 
Parlement  Avocat  au  Coufcii  f'iaider  pai 
Avocat. 

On  appelle  Avof  at  Général .  Vu  Magistral 
^ui  plaide  pour  le  Roi ,  et  pour  l'intérêt  public . 
dans  une  Coui  supérieure;  et  Avocat  du  Roi. 
Vn  Magistrat  qiii  fait  les  mêmes  fonctions  dans 
les  Tribunaux  inférieurs. 

On  appelle  .-f vocal  Consullanf,  Un  Avocat 
qui  ne  plaî.le  point .  et  qui  donne  seulement 
son  avis  et  son  conseil  par  écrit,  sur  les  alîàires 
litigieuses. 

Avocat,  se  dit  figurcment  De  celui  qui  in- 
tercède pour  un  autre,  qui  en  soutient,  qui  en 
défend  les  intérêts  auprès  de  qu'-lqu'nn.  Vous 
avei  un  bon  .-ivocat  en  sa  personne.  Je  serai 
*»o(rc  Avocat  auprès  de  lui. 

En  ce  sens,  ou  ilit  aussi  .^vocale.  Sa  mère 
fût  son  Avocate.  Et  on  appelle  lo  Sainte- Vierge, 
L*/.vocate  des  pécheurs. 

AVOlNi;.  s.  f.  (On  prononce  assez  commu- 
nément Avène.)  Soi  te  de  f^ain,  qui  sert  ordi- 
naitcn^eut  à  la  noiuritiire  des  chevaux.  Avoine 
hlanche.  Avoine  no:rc.  Cette  avoine  est  bonne, 
elle  est  fort  pesante.  Avoine  Ic'jcre.  Vn  picotin 
d'avoine,  l  ne  mesure  d'avoine.  Cribler  l'avoine. 
Vonner  l'avoine  uiur  chevaux.  Ceciieval  manqe 
bien  l'avoine.  Il  a  bien  travaillé,  on  lui  a  fait 
gagner  jon  avoine.  Paille  «l'avoine.  Dalle  d'a- 
voine, de  la  balle  d'avoine. 

AvoisES ,  au  pluriel ,  se  dit  De  l'avoine  quand 
eàlf  est  encMp-  sur  terre.  Le::  avoines  sont  belles. 
V'eilj  un  t.  1  l.-iii,  >  jour  les  avoines.  Faucher  les 
Mvoinu  Pa'rclci  avoines. 


AVO 

Avoir,  v,  a.  3\n^  tu  asy  il  a  ;  nous  uronc, 
a  vousavet, iUont.J*avois.J*eus.J'aieu.J*auraî. 
Aye  ou  ûiV,  ayez.  Que  j'aye  ou  (jue  j'"iV,  (jue 
tuoyesoii  (jite tu  aies,  (ju' Hait;  que  nous  ayons , 
(jHc  VOUS  ayez,  quiU  ayentounu'ils  aient.  Que 
j'eusse.  J'aurots.  Que  j\tye  eu^  ou  que  j'aie 
eu.  Que  j'eusse  eu.  Jyant.  Ayant  cu.  Poss(^der 
(It;  (juelqiic  mnnîire  que  rc  soi'.  Avoir  du  bien. 
Ai^'ûir  une  Charge.  Avoir  un  Bénéfice,  Avoir 
lie  l'argent.  Avoir  une  mai.sori  u  vendre^  à 
louer.  Avoir  un  cheval  d'emprunt.  Avoir  le 
hier,  u'autrui. 

Eli  ce  sens,  on  dît  provcihialcuiont,  7/  ?tVî( 
rien  tel  que  d'en  avoir  ^  pourUirt,  que  Si  or.  n'a 
Ju  bien ,  on  n'csl  point  considère  dans  le  monde  ; 
et  d'Un  boniine  &vide  et  Apre  à  l'argent,  (ju7l 
en  veut  avoir  à  quelque  prix  que  ce  soit. 

Avoin,  s'emploie  aussi  pour  dire,  Être  le 
sujet  d'uDC  pnssioD  ,  d'une  impression  ,  d'un 
mal,  d'une  i»jnsatioD,  d'un  sentiment,  d'une 
habitude,  etc.  Avoir  des  pensées,  des  opinions. 
Avoir  de  l'amour.  Avoir  de  la  liaine.  Avoir  dt 
Ifi  douleur,  de  la  hontCy  de  la  joit,  du  plaisir. 
Avoir  faim.  Avoir  soif.  Avoir  patience.  Avoir 
tort.  Avoir  raison.  Avoir  en  horreur.  Avoir  ei 
estime.  Avoir  quelque  soupçon.  Avoir  de  Vdne, 
.4voir  Vùgc  de  raison.  Avoir  Fhonneur  en  re- 
commandation. Avoir  la  crainte  de  Dieu  devan\ 
les  yeux.  Avoir  un  procès.  Avoir  une  querelle. 
Avoir  la  migraine.  Avoir  mal  à  la  tâle.  Avoir  la 
fièvre.  Avoir  lehras  cassé.  Avoir  un  coup  d'épée. 

On  dit  par  menace  à  un  liouuiie,  Vous  en 
aurez,,  pour  dire.  Vous  serez  cliAtif-,  maltraite; 
et  par  r;iillenc  à  uu  liomnic  ijui  a  icçu  (jui^l'iue 
coup ,  qu'Ique  dis,:^r.'icc ,  etc.  Il  en  a.  On  dit  aussi 
d'Une  personne  dont  on  espère  st;  venger,  qu'On 
l'aura  y  qu'on  saura  bien  lavoir. 

On  dit  dans  le  discours  familier,  L'avoir 
heau,,  Vavoîr  hdlc,  pour  dire.  Avoir  une  occa- 
sion favorable  de  faire  quelque  cliose. 

On  dîi  aussi,  Il  a  beau  dire^  il  a  beau  faire, 
ilabeau  crier,  pour  dire.  Quoiqu'il  puisse  dire, 
rjuoi  qu'il  puisse  faire,  il  crie  en  vain. 

A  VOMI,  se  met  souvent  avec  la  préposition  à  , 
dev.iiil  un  infinitif;  et  alors  il  sert  à  marquer 
I.'i-tat,  la  disposition ,  la  volonté  où  l'on  est  de 
faire  ce  que  l'infinitif  du  verbe  signifie.  J*ai  à 
fiire  une  visite.  J'ai  à  vous  remercier.  J'ai  à 
parler  à  un  tel,  îl  a  à  choisir.  Il  a  plusieurs 
Bénéfices  à  donner.  Il  a  heaucoup  de  choses  à 
^0Ui  dire. 

Avcm ,  s'emploie  aussi  3  Vimpcrsonnel  dans 
le  sens  d'être  ;  et  alors  il  se  joint  toujours  avec 
la  i>arlicule  y-  H  y  o  un  an.  Il  y  a  deux  ans 
Il  y  o  hcducoup  de  gens.  U  y  a  lieu  de  croire. 
Il  y  a  sujet  dcfrrtîndrc.  /  '  ny  a  personne.  Il  y 
avoitplns  de  mille  personnes.  Iln*y  a  rien  qu'il 
ètoit  ici.  Il  n'y  a  rien  que  je  ne  fasse  pour  vous. 
Il  n'y  a  rien  à  faire.  Il  y  a  tout  à  espérer. 

Avoir. ,  est  aussi  verî>c  auxiliaire,  et  sert  à 
former  la  plup.irt  des prt-léritsdesaulres  verbes. 
Avoir  lu.  Avoir  écrit.  J'ai  donné.  Ilaplu  touil- 
la nuit.  Nous  en  avons  parlé  enîemhle.  Vou.< 
avez  été  sages.  Ils  ont  vécu.  Il  en  tiurotC  donne 
cent  pistolcs. 

11  est  Bu^i  quelquefois  auxiliaire  de    lui- 


AVO  iif 

même.  J'ai  eu  rai'son.  Il  aurait  eu  tort  de  fiire 
telle  chose.  Il  auroit  eu  peur. 

Eu,  EUE.  participe.  Il  n'est  gi.èie  d  us:ii;e 
qu'étant  joint  .1  quelciue  aut>e  temps  du  vi  rl,e 
Avoir.  Les  choses  qu'il  a  eues.  Le  bUn  qu'il  u 
eu.  Sans  lui  j'aurois  cu  dinc  de  meilleure  heuie. 
Un  dii  dans  le  discours  fainilirr.  Dès  qu'il  a 
eu  fait,  pour  dire.  Sitôt  <)u'il  a  eu  aclievé.  Dès 
qu'il  a  cu  fwl ,  il  est  parti. 

On  dit,  Ku  égard  â  sa  qrande  jennesse,  on 
lui  a  pardonné.  Il  est  familier. 

-W'OIR.  s.  m.  Ce  qu'on  possède  de  bim. 
Vo:M  (oui  mon  avoir.  C'est  tout  son  avoir.  Il 
est  familier. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  possession,  d'un  bien. 
Celle  maison  se  loue  bien;  c'est  un  bel  avoir. 
C'est  aussi  un  ternie  de  comptabilité ,  opposé 
\  Dette.  L'anoir  surpasse  de  tiès-peu  la  dette. 
Les  livres  de  compte  portent  d'un  côté,  Avoir, 
de  l'autre,  Doit. 

.WOISINER.  v.  act.  Être  proclie,  être  voi- 
sin. U  ne  se  dit  que  De  la  proximité  de  lieu. 
Les  terres  aui  avoisinent  la  forêt.  LesPruviners 
qui  avoisinen*  la  Fr.unce. 

Il  se  net  avec  le  pronom  personnel,  et  si- 
gnifie. Se  rapproclier.  La  recette  ne  tardera  pas 
il  s'avoisiner  de  la  dépense.  Ces  deii.r  Plaideurs 
semblent  vouloir  s'avoisiner ,  Entendu*  h  un 
accommodement. 

On  d:t  en  Pot'sie,  qu'I/n  arhrc,  qu'un  ro- 
cher avoisine  les  cimijc,  pour  dire,  qu'il  est 
fort  élevé. 

AvoisisÉ,  ÉE.  participe 
.'.\0IUE,MI:M'.  s.  m.  Accourliemem  avaut 
terme.  Causer  un  avortemenl.  Procurer  un  avor 
tement. 

-WORTER.  v.  n.  Accouclier  avant  tei;ne. 
Une  se  dit  guère  qu'en  parlant  d'Un  acconclie- 
nient  causé  par  un  nccidtiit  ou  par  un  rrinr  . 
Cette  femme  reçut  un  coup  qui  la  fit  avorter. 
On  la  .<oupçonna  d'avoir  pris  des  hrenvaqes 
pour  se  faire  avorter. 

AvonxEn,  se  dit  ordinaiiement  en  p;irlant 
Des  femelles  des  animaux.  Celle  cavale  a  cu  un 
coup  de  pied  qui  Va  fait  avorter.  Les  vaches 
avortent  quand  elles  manqent  de  certaines 
/le^^e.^■, 

En  parlant  Des  femmes,  yfvorltmenl  et  uvor- 
ler,  ne  se  disent  guère  qu.^  d'Un  avorlcmen; 
volontaire.  Celle  inal/ietireu.<:e  fcntme  prit  des 
breuvages  (jui  causèrent  son  nvorfeinetil,  qui  la 
firent  avorter.  Quand  l'accouclrement  avant 
terme  arrive  par  des  causes  imprévues,  on  l'ap- 
pelle Fflus5C-coHc/ie.  Voyez  Couche. 

Il  se  dit,  par  extension.  Des  fruits  qui  ne 
parviennent  pas  \  la  grosseur  et  ù  1&  maturité 
requises.  Il  y  a  des  vents  qui  jvnt  avortet  les 
fruits. 

11  se  dit  figuréicent ,  eii  parlant  De  dessein  , 
d'alliùre,  d'entreprise. Ainsi  ou  dit.  «ju'c  ne  en- 
treprise est  avortée,  pour  dire,  qu'Elle  a  été  tel- 
lement éventée  01  traveiséc,  qu'elle  n'a  pu  êlçe 
mise  il  exécution.  Ce  dessein  avorta.  Cet  ceci- 
dent  fit  avorter  l'entreprise. 

AvotirÉ,  l'r.  participe.  U  n'est  guère  d  u- 
sageqnc  d  >n5  le  ligure,  en  parlant  De  dcftaciu, 


.12  AVR 

iVnflalre ,  d'entreprise.  Dessein  avorté.  'Entre- 
fjrise  avortée.  Son  affaire  est  avortée. 

AVORTON,  s.  m.  Animal  né  avant  terme. 

Il  se  dit,  par  eitension,  Des  animaux  qii. 
sont  fort  au-dessous  de  la  grandeur  dont  natn- 
rt- Ucincnl  ils  devraient  ctre.  C'est  un  amrlon . 
un  petit  awlon,  un  avorton  de  nature. 

Il  se  dit  aussi  De»  arbres  et  des  planles.  Les 
f,\us  beaux  arhres,  les  plus  belles  pUnles,  pro- 
duisent souvent  <juelque  avorton.  Cette  tulipe 
n'est  qu'un  avorton. 

En  parlant  d'Un  petit  homme  mal  fait  et 
roalblti,  on  dit  liguriment,  Ce  n'est  qu'un 
avorton. 

Il  se  dit  Bii.ii  âgurtment  Des  productions 
d'esprit  trop  précipilces,  et  auxquelles  on  n'a 
pas  donné  assez  de  soin  et  assez  de  temps.  C'est 
nn  ouvrage  plein  de  défauts  et  fait  à  la  hâte, 
ce  n'est  qu'un  avorton. 

AA'oilÉ.  s.  m.  Vieux  mot  qui  a  la  même 
orit^ine  que  celui  d'Avocat.  On  appeloit  ainsi 
autrefois  Un  Seigneur  qui  se  cliargeoit  d'ôtre  la 
protecteur,  'e  défenseur  des  droits  d'une  Lglise. 
V.tvoué  de  CUcaux.  L'Avoué  de  l'Evéclié 
d'/irras, 

AVOUKR.  V.  act.  Confesser  et  reconnoitre 
qu'une  chose  est,  en  demeurer  d'accord.  Avouer 
le  fait ^  le  crime.  Avouer  ingénument,  franche- 
ment. Il  a  tout  avoué.  Avouez -moi  la  vérité. 
Avouez  le  vrai.  Je  vous  avoue  mon  foible,  mon 
ignorance.  Je  vous  avoue  que  je  n'y  connois 
rien.  H  faut  avouer  que  cet  homme  est  bien 
étourdi 

On  dit  proverliialem.  et  figurem.  Avouer  la 
dette,  pour  dire,  Beconnoîlrc  qu'on  a  tort: 
Avouer  un  écrit,  un  ouvrage,  pour  dire,  S'en 
reconnoitre  l'auteur;  et,  Avouer  un  enfant, 
pour  dire ,  S'en  reconnoitre  le  père. 

AvotTEn,  .signifie  aussi.  Autoriser  une  chose. 
j'avoue  tout  ce  qui  s'est  fait. 

On  dit  aussi.  Avouer  un  homme,  pour  dire, 
Déclarer  qu'on  l'approuve  en  loutcequ'iLafait, 
ou  qu'il  fera;  et  cela  se  dit  d'Un  homme  h  qui 
on  a  doimé  charge  de  faire  ce  qu'il  fait.  Je  l'a- 
vouerai detout  cequ'il  fera, en  tout  cequ'ilfra. 

Lorsque  Avouer  s'emploie  avec  le  pronom 
personnel,  comme  S'avouer  de  quelqu'un,  I! 
signifie ,  Se  renommer ,  s'autoriser  de  quel- 
qu'un. Il  s'est  avoué  de  vous. 

AvotxÉ,  ÉE.  participe. 

AVOUTRE  ou  AVOUfcTRE.  subst.  masc 
Vieux  mot ,  qui  signifioit  un  Bltard  adultérin 

AVR 

AVRIL,  s.  m.  Le  quatrième  mois  de  l'année. 
(  IL  se  prononce  mouille.  )  Nous  avons  Pilqutt 
en  A/riL 


4ZA 

On  aiipelle  figurém.  et  populairement  Les 
Maquereaux,  Poissons  d'Avril-  et  figuréraenf 
et  proverbialement.  Poissons  d'Ay^ril,  Ceux 
qui  fotit  métier  de  prostituer  des  femmes  et  des 

raies. 

On  dit  provcrb.  Donïier  un  poisson  d'Avril, 
poiu-  dire.  Engager  quelqu'un  à  faire  quelqiu; 
démarche  inutile,  pour  avoir  lieu  de  se  moquer 
de  hii.  On  lui  a  donné  un  poisson  d'Avril. 
Cette  mauvaise  plaisanterie  ne  se  fait  que  le 
premier  jour  d'Avril. 

AXE 

.AXE.  s.  m.  Ligne  droite  qui  passe  par  le 
centre  d'un  giobe,  et  sur  laquelle  le  globe 
lourne.  L'axe  d'une  sp'hère.  Il  se  dit  aussi  De  l.n 
ligne  qu'on  suppose  qui  passe  par  le  centre  de 
la  terre,  et  par  les  deux  pôles. L'ojeJu  monde. 
L'axe  de  lu  terre. 

On  appelle  communément  Axe  d'une  courbe 
en  Géométrie,  La  ligne  droite  qui  divise  cette 
courbe  en  deu.\  parties  égales  et  semblables. 
L'iwre  d'une  parabole. 

A  .\  I 

AXILL.41RE.  adj.  des  î  g.  (On  prononce 
les  L,  mais  on  ne  les  mouille  pas.)  Qui  appar- 
tient h  l'aisselle.  JLes  glandes  axiilaires.  Le  nerf 
axillaire.  Veine  axillaire. 

AXIOME,  s.  m.  Maxime,  proposition  géné- 
rale, reçue  et  élablie  dans  une  Science.  Axiome 
r'e  Philosophie-  Axiome  de  Mathématique. 
A.xiome  indubitable.  C'est  un  axiome  en  Phy- 
sique. 

AXO 

AXONGE.  s.  f.  Partie  de  la  graisse  des  ani- 
maux. On  distingue  dans  les  animaux  trois 
sortes  de  graisse;  le  lard,  qui  est  la  graisse 
fei-me;  le  suif,  qui  est  la  graisse  sèche;  et 
l'aTonge,  qui  est  la  graisse  la  plus  molle  et  la 
plus  humide.  L'axonge  humaine  est  regardée 
comme  un  trés-hon  remède. 

AZ  A 

AZAMOGLAN.  s.  masc.  Les  Turcs  disent 
Jgiam-Oglan.  Enfant  étranger.  Oglan  signifie 
Enfant,  et  Aoiam,  Barbare,  étranger.  On  donne 
particulièrement  ce  nom  daud  le  Sérail  aux  en- 
fans  qi^i  sont  chargé»  des  fonctions  les  plus 
basses,  les  plus  pénibles.  I^es  autres  ser\'lcts 
sont  faits  par  les  Icoglans  ou  Itch-Oglans,  qui 
sont  aussi  étrangers,  et  qu'on  emploie  i  la 
chambre. 


AZY 

AZE 

AZÉDARAC.  s.  masc.  Arbre  dout  les  Heurs 
vieDoem  en  bouquet ,  et  sont  disposées  en 
roses.  Son  fruit  pas>(;  pour  ûtre  vénéneux. 

AZEKOLK.  s.  f.  Sorte  de  petit  fruit  aigre- 
let, de  la  couleur  et  de  la  grosseur  d'une  cerise, 
et  qui  a  plusieurs  petits  noyaux.  Un  panier 
d^azerohs. 

AZiiROHER.  s.  m.  L'arlire  qui  porte  les 
azeroles.  L'AzcroUer  est  un  arhre  épineux.  On 
(jrelp.'  VJzerolier  sur  Vèpine- blanche,  et  sur 
l'épine  -  noir*. 

AZl 

AZIME.  adj.  des  2  g.  Terme  de  l'Écrin:re- 
i^aînte.  Qui  est  sans  levain.  Il  n'est  d  U8af;e 
i^u'en  celte  plirase,  Les  pains  azimes ,  qui 
éloicnt  des  pains  sans  levain,  que  les  Juiis 
mangeoient  dans  le  temps  de  leur  Pâque. 

Il  est  aussi  substautit  an  pluriel,  dans  celle 
plirasc  de  l'Écrilure,  La  Fctc  des  Azimes. 

AZIMUT,  s.  m.  Terme  d'Astronomie.  On  ap- 
pelle ainsi,  tantôt  i'anglc  compris  entre  le  mé- 
ridien d'un  lieu,  et  un  cercle  vertical  quelcon- 
que, tantôt  ce  cercle  vertical  même. 

AZIMUTAL,  ALE.  adj.  Oui  repi-éscnte  0:1 
qui  mesure  les  Azimuts,  instrument  Azimutal. 

AZU 

AZL'R.s.  m.  Sorte  de  Minéral  dont  on  fait  un 
bleu  fort  I>eau,et  de  foit  grand  prix.  Une  mine 
où  Von  trouve  de  Vazur^  de  Vazur  d'outremer, 

II  se  dit  aussi  De  la  couleur  de  ce  minera/; 
et  en  ce  sens,  ou  dit  proverbialement  d'Un  ap- 
partement fort  doré  et  fort  enrichi,  que  Ce 
n'est  (ju'or  et  azur. 

On  dit ,  L'azur  des  cieux ,  un  ciel  d'azur ,  e» 
parlant  d'Un  ciel  serein,  sans  nuages,  de  ce  bleu 
qu'on  appelle  Céleste. 

Oc  dit  aussi, Les  montagnes  d'azur,  en  par- 
lant Des  montagnes  très- éloignées  qu'on  voit  à 
l'extrémité  d'une  pei->[it'cii\i'  immense,  et  qui 
paroissent  lilcues. 

On  appelle  quelquefois  le  Lapis  La-^-uli , 
ri  erre  d'Azur. 

Azun .  en  termes  de  Blason ,  se  dit  de  Vémail 
bleu  des  Armoiries.  Les  Armes  de  France  sont 
iCazur  à  trois  fleurs  de  Lis  d'or. 

AZURÉ,  P-E.  adj.  Qui  est  peint  de  cou- 
leur d'azur.  Lambris  azuré. 

Orf  dit  en  Poésie,  La  voûte  azurée,  pou» 
dire,  Le  Ciel;  et,  Les  plaines  azurées ,  pour 
dire,  La  mer. 

AZY 

AZ\"ME.  Vo>ei  AziME. 


B 


ii3 


BAB 

r>.  s.  m.  La  seconde  Icitro  de  l'alpliahet,  et  la 
première  des  consonnes.  Ln  B  bien  formé,  mal 
formé. 

On  dit  popalairemcnt,  qu't/n  homme  est 
marqué  au  B,  pour  dire,  qu'il  est  ou  borgne, 
ou  bossu ,  ou  l)oitcux  ;  et  on  entend  par  U  guc 
CTest  un  homme  niatin,  et  fjue  les  bossus,  lea 
borgnes  et  les  boiteux  le  sont  ordinairement. 

On  dit  ({u'Uti  homme  ne  sait  ni  A,  m  B, 
pour  dire,  qu'il  est  très-ignorant 

BAB 

BABEL.  (La  tour  de  Babel.)  Mot  dont  on 
se  sert  familièrement,  pour  signifier  une  grande 
confusion  d'opiaions  et  de  discours.  Celte  con- 
férence, cette  assemblée  est  la  tour  de  Babel. 

BABECRE  ou  BABEURRE,  s.  m.  Liqueui 
séreuse  que  laisse  le  lait,  quand  la  partie  grasse 
est  convertie  en  beurre. 

BABIL,  s.  m.  (  IL  se  mouille  dans  ce  mot  et 
Ici  suivaits.  )  Caquet ,  abondance  excessive  de 
paroles  inutiles.  Il  nous  étourdit  par  son  babil. 
Eu  parla  ut  d'Un  homme  qui  aime  «^  parler  beau- 
coup, m^ts  qui  a  peu  de  fonds  d'esprit,  on  dit 
que  C'est  un  homme  qui  n^a  ijue  du  hnhil. 

BABILLARD.  ARDK.  acîj.  Qui  aime  à  par- 
ler beaucoup.  Femme  babill(\rde.  ïtopime  ba- 
billard. 

Il  est  plus  ordinairement  substantif.  C'est 
un  grand  babillard^  un  franc  babillard.  Une 
qrande  babillarde. 

Il  se  dit  aussi  d'Uo  homme  qui  ne  sauroit 
j;arder  un  secret.  Ae  X'ous  fiez  pas  à  cet  homme- 
là  ,  c^est  un  babillard. 

BABILLER,  v.  n.  Avoir  du  babil,  caqueter. 
On  dit  que  les  ftmmes  aiment  à  babiller. 

BABINK.  s.  f.  Lèvre.  Il  ne  se  dit  propre- 
xneot  que  Di-  quelques  animaux,  comme  des 
Taches,  des  sinf;cs,  etc.  Un  sinqe  qui  remue  les 
babines.  Les  babines  d'une  vache. 

On  dit  fignrémcnt  et  basspm.  d'Un  homme 
qui  a  beaucoup  m.-in^é  de  quelque  mets,  qu'il 
t'en  est  donné  f-ar  les  babines. 'Et  la  même  chose 
se  dit  d'Un  liommc  qui  a  mangé  son  bien. 

aVBIOLi:.  s.  f.  Jouet  d'eolànL  Donner  des 
babioles  à  un  enfant. 

Il  sedit  Bgurément  De  toutes  sortes  de  choses 
puériles,  il  ne  s'amuse  qu'à  des  babioles.  Et  on 
dit  que  Le  cabinet  d'un  homme  n'est  rempli 
que  de  babioles^  pour  dire,  qu'il  n'est  rempli 
que  d*'  choses  de  nulle  valeur. 

BÂIÎORD.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Le  côte 
gauche  d'un  vaisseau  en  partant  de  la  poupe. 
Bâbord  est  opiKïsc  i  Stritord,  qnî  signifie  le 
cùtc  droit. 

BABOUCHK ,  ou  mieux , BAnorrBE^.  s.  f .  pi. 
Sorte  de  pjintoulle  ou  de  mole  de  diambcc ,  qui 
Tomr  1. 


BAC 

a  un  quartier  de  derrière,  et  qui  nous  est  venut 
^u  Levant  Des  babouches  jaunes.  Lue  paire 
de  babouches. 

B.\BOUI>*,  s.  m.  Espèce  de  çros  Sin-^e. 

On  appelle  aussi  Babouin,  Certaine  fi^ra 
rdiculc ,  barbouillée  sur  la  muraille  d  un  Corps- 
de-garde,  pour  la  faire  ba's-r  ^ns  Soldats  qui 
ont  fait  qu'  Ique  làute  légiîre.  On  lut  a  fait  bai- 
ser le  babouin. 

On  dit  proverbialement  et  figiircmcnt  Faire 
baiser  le  babouin  à  quelqu^in,  pour  dire,  Le 
réduire  ù  se  soumettre  malf;ré  qu'il  en  ait,  et 
avec  quelque  espèce  de  honte. 

Babouin,  n«E,  se  dit  d'Un  jeune  enfant  badîii 
et  étouidi.  C'est  un  petit  babouin,  une  petite 
babouine. 

BAC 

BAC.  s.  m.  Espèce  de  grand  barteau  plat, 
servant  à  passer  les  carrosses,  les  charrettes,  etc. 
d'an  bord  de  la  rivière  à  l'autre,  au  moyen  d'une 
corde  qui  la  traverse.  La  corde  d'un  bac.Passer 
la  rivière  dans  un  hae. 

On  dit,  Passer  h  bac,  ponr  dire,  Passer  la 
rivière  dans  un  bac. 

BACAL.VS  ou  DACALAB.  s.  m.  Pièces  dfl 
bois  qui  se  clouent  sur  la  couverture  de  la  poupe. 

BACCALAURÉAT,  s.  m.  Le  premier  de:;ic 
qu'on  prend  dans  une  Faculté  pour  parvenir 
au  Doctorat.  Etre  examiné  pour  le  Baccalau- 
réat. 

BACCH.\NALE.  s.  f.  (On  pron.  Bacanale.) 
La  représentation  d'une  danse  de  Bacchanleâ  et 
de  Satyres.  La  Bacchanale  du  Poussin. 

Bacchanale,  se  dit  aussi  d'Une  débauche 
faite  avrc  grand  bruit  Ils  ont  fait  bacchanale. 
Ils  ont  fait  une  bacchanale  qui  a  duré  toute  lu 
nuit.  Il  est  du  style  far'ilier 

Bacchanales.  La  fête  que  les  Pai«is  célé- 
oroicnt  en  l'honneur  de  Baccluis.  La  jéte  dct 
Bacchanales.  Célébrer  les  Bacchanales. 

Un  dit  aussi  Bacchanal  au  masculin ,  pour 
signifier.  Grand  bruit,  t^ipage.  Un  qrand  bac~ 
ehanal.  Faire  du  bacchanat 

BACCFLVNTE.  s.  f.  Femme  qui  célébroit  la 
fête  des  Bacchanales. 

On  appelle  figurémcnt  Bacchante  ,  une 
femme  emportée  et  furieuse.  C'est  une  vraie 
Bacchante. 

BACCIFÈRE.  adj.  des  ?  penrcf.  Terme  de 
Botanique,  qui  se  dit  Des  plantes  qui  portent 
des  baies. 

BACHA,  s.  m.  Voyez  Pacha. 

BACIIEI.ETTE.s.f.Vieuxmol-iuidésignoit 
Une  jeune  fille  d'une  figure  gracieuse.  Il  n'a 
iamais  été  admis  que  dans  le  stjl**  badin.  Jeune 
Bachelettc  Bachelette  encore  novice.  Il  »e  disoit 


BAD 

d'Une  jeune  fille,  au  même  sens  que  Bache- 
lier, d'Un  jeune  homme.  Voyez  ce  mot. 

BACHELIER,  s.  m.  O'iui  qui  est  promu  au 
Dncoalauréat  en  quelque  Faculté.  Bachelier  en 
rhéolonie .  en  Droit,  en  Médecine,  etc. 

On  donnoit  autrefois  ce  litre  à  un  jeune 
liomme  !l  marier,  et  celui  de  BachelcllJ  à  une 
jeune  fille. 

On  appeloit  aiLSsi  Bachelier^  Un  jeune  Gen- 
tilliomrae  qui  servait  sous  la  bannière  d'un 
autre, 

BACHIQUE,  adj.  des  •>.  genres.  Qui  appar- 
tient à  Bacchus.  Fête  Bachique.  On  appelle 
poétiquement  le  vin,  Liqueur  bachique  ;  et 
Une  chanson  à  boire,  Chanson  bachique. 

On  dit,  Le  genre  bachique,  en  parlant  De 
tableaux  pour  des  sujets  d'ivrognerie,  des  scènes 
de  Buveurs. 

On  dit,  Talens  bachiques,  en  parlant  d'Un 
convive  gai  et  de  bon  appétit. 

BACHOI'.  s.  m.  Petit  bateau.  Passer  la  ri- 
vière dans  un  bachot. 

BACHOTEUR.  s.  m.  Batelier  qui  conduit 
un  bachot 

BACILE,  Salicot,  ouFcnocilmahih.  s  m. 
riante.  Elle  croit  dans  les  endroits  maritimes  et 
pierreax.  Il  en  est  une  espèce  qu'on  nommé 
vulgairement  Perce -pierre.  On  en  confit  leî 
fleurs  au  vinaigre  pour  les  manger  en  salade. 

BACLER,  v.  a.  Fermer  une  porte  ou  une 
fenêtre  par  derriè»"o-avcc  une  batre  ou  autre 
chose. 

On  dit  aussi,  Bilcler  un  bateau  ,  pour  dire, 
Le  mettre  dans  un  lieu  cominodr  du  Port  ,pom 
la  change  et  la  d<<;I)arge  des  marchandises. 

BÂci.En  .  se  dit  aussi  pour  ,  Expédier  un 
travail  à  hi  h.Uc  II  a  bdclé  en  huit  jours  un 
procès  qui  pouvoit  durer  six  mois.  Ce  n'est  pas 
faire  l'ouvrage  que  d  aller  trop  i>ite,  c'est  bn- 
cler  la  besogne. 

BÂCLÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit  figurémcnt  et  familièrement,  en  par- 
lant d'Un  traité  conclu,  d'un**  aflàîre  arrêtée, 
Cela  est  bdclé,  c'est  une  affaire  bdclée. 

BAD 

BADAUD,  AUDE.  s.  Mais,  qui  s'amuse  à 
tout,  et  admire  tout.  C'est  un  vrai  badaud,  un 
franc  badaud. 

Badaud,  est  un  sobriquet  qu'on  donne  tn 
dérision  aux  Parisiens,  Badauds  de  Paris,  à 
cause  de  leur  frivole  curiosité .  de  leur  empres- 
sement pour  voir  tout  ce  qui  est  nouveau ,  tout 
ce  <iui  fait  specl.xlc.  Ce  mot  et  les  deux  suivor.  ■ 
sont  familiers. 

BADAUDER.  v.  n.  S'amuser  à  tout .  nlftl^rc. 
Cet  homme  ne  fait  que  badaudrr. 

i5 


ii4  BAF 

n.VDAUDF.RIl',.  s.  r.  Action,  discours  ilc 
badaud.  Ce  que  vuus  <liUs,  ce  que  iJOus  failcs 
là  est  une  franche  haàaiiàer'ie. 

BADIANE,  s.  f.  ou  Asis  DE  la  Chine.  C'est 
le  fruitd'une  plante  qui  croit  à  laCliine  etdaus 
les  Philippines.  Lis  semences  que  ce  fruit  nn- 
ferine  ont  une  odeur  fort  agnî.ible,  qu'elles 
connuuniquûut  aux  alimi'ns,  et  aux  drogues 
dans  lesquelles  on  les  fait  entrer. 

BADIGEOS.  s.  m.  Couleur  jaunJtre  dont 
on  peint  l''s  nuiraitles. 

DADKJIiD.N'EU.  V.  a.  l'eiiulre  une  muraille 
avec  du  badigeon. 

Badigeo."sé,  le.  participe. 

BADLN,  l.NK.  adj.  Kol.Urc,  qui  s'amnsc  i 
dis  brigatellcs.  Cet  homme  est  badin,  il  a  l'air 
bmlin.  Elle  est  li'njours  haâine. 

Il  est  aus-si  suhsianlif.  C'est  un  haïUn.  C'est 
un  vrai  budiji ,  un  petit  badin ,  un  acjréabU 
badin. 

BADINAGE.  s.  m.  -■iclion  ou  discours  do 
badin.  C'est  nn  pur  badinu^e.  Tout  cela  n'est 
que  badinaqe. 

Il  signifie  aussi  figurcm.  Certaine  façon  de 
faire ,  certaine  manière  particulière  d'agir.  Elle 
est  faite  au  badinaqe.  Ce  valet  est  [ait  au  badi~ 
nanc  de  son  maître. 

BADiSAr.E ,  se  dit  aus>i  d'L'ne  sorte  de  galan- 
terie, d'agrément  dans  le  style,  dans  la  couver- 
s.ition.  Il  y  a  un  badinaqe  açiféahle  dans  fei 
éatts  d'un  tel.  C'est  un  homme  qui  a  un  joli 
badinaqe. 

BAOINÂFf.  subst.  m.  On  appelle  ainsi  Un 
elieval  surnuméiaire  dans  un  .ittelafte.  Il  y  a 
ûx  chevaux  de  carrosse^  et  un  badinant. 

BADINE,  .s.  f.  iSaguette  mince  et  légc^re  qu'on 
porte  à  la  main.  On  nomme  aussi  Badines  y  dcf 
pincettes  légères. 

B.iDIXER.  V.  n.  Faire  le  badin.  Il  ne  fait 
que  badiner.  C'est  un  homme  qui  badine,^  qu. 
aime  à  badiner. 

Badi.veii  ,  se  dit  aussi ,  en  parlant  d'Une 
sorte  de  galanterie  et  d'agrénient  qu'on  met 
dans  la  conversation,  dans  la  manière  d'écrire. 
Cet  homme  badine  aqréablcment  dans  ses  lettres 
et  dans  ses  discours. 

En  parlant  d'Ajustcmens  et  d'onu;mens,  on 
dit  qu7ïs  badinent,  pour  dire, qu'Us  voltigent. 
//  ne  faut  pas  que  cette  dentelle  soit  si  tendue, 
il  faut  qu'elle  badine.  Cette  draperie  badine 
iiqréablement. 

Il  s'emploie  airssî  activement  dans  le  style 
(iiTiûVier.  Badiner  quelqu'un.  i'Upeut  le  badiner, 
il  ne  se  fiche  pas. 

BADI.VERIE.  s.  f.  Bagatelle,  cbosc  frivole. 
Ce  n'est  qu'une  badinerie^  qu'une  pure  badi- 
ncrie.  Il  ne  dit  que  des  badinfrics.  Il  ne  .t'(iiiiu.«c 
ijii'(i  des  badineries. 

BAF 

BAFOUER.  V.  a.  Traiter  iDJiu-ieuscnirnt  et 
,ivcc  mépris,  Baffucr  quelqu'un.  Il  l'a  bafoué. 

Bakocé,  ie.  participe. 

BAFRE,  s.  f.  Repos  abondant.  //  y  a  au- 
jourd'hui une  biifre  en  Itl  e:idrnit.  <le  mot 
est  bas. 


BAG 

Il  si;;nifie  aussi,  L'oction  de  manger.  îl  ne 
^^  songe  (ju'à  la  bâfre. 

liATRER.  V.  n.  Manger  f;ouluinenl  et  avec 
c\ccs.  Il  est  bas,  et  ne  se  dïtquc  dans  le  discours 
populaire,  ou  par  mépris,  en  pailaiil  d'Un 
Iioinme  qui  aime  cxtrémemeDl  à  manger.  C'est 
un  homme  qui  aime  à  hùfier,  (jui  ne  fliit  qua 
bâfrer, 

BAFREUR.  suhst.  m.  Gourmand.  Celui  qui 
ûiiue  cxcessiveraeiil  h  manger.  Grand  hâfrcur. 

\i  A  G 

BAGAGE.  sub^sU  f.  Canne  dt-  sucre  -.(u'on  a 
pnsscc  par  le  moulin  pour  la  biîscreten  tirer  le 
sncre. 

BAGAGE,  s.  m.  Equipage  de  ceux  qui  sont 
en  voyage  ou  h  la  j^iicrre.  Cheval  de  huijatjc. 
Gros  bagacje,  pourdire,  Ij'  baj^age  qui  ve  sau- 
roit  être  voiture  que  par  des  charrois.  Menu 
bufjtiije,  pour  dire,  Le  bigage  qui  peut  ctiiR 
porte  sur  des  bêles  de  sonim;;.  L'is  haqaqcs  di 
la  Cour.  Les  baqaqes  de  l'armée.  Cn  a  (ionné 
sur  le  bacjacjc.  On  a  pUlé  le  bagage.  Il  com- 
mande le  bagage. 

On  dit  fîj^urcm.  et  familier.,  Plier  bagage^ 
trousser  bagage,  pour  dire,  Déloger  furlive- 
tuent,  s'enfuir;  et  d'Un  homme  qui  est  mort, 
ipi'/I  a  jjlié  bagage, 

BAGARRE,  sub^l.  f. .Tumulte,  (irand  bruit 
rausc  ordinHirermeni  par  une  querelle.  Il  y  a  là 
de  la  bagarre.  Il  n'a  point  voulu  se  mcler  dans 
la  bagarre.  Il  est  du  style  familier. 

EAgASSE.  b.  f.  Terme  populaire  et  maU 
honnêle.qui  sij^nific,  Vue  tciiinie  prostituée. 
Vieille  hogasse. 

BAGATELLE,  s.  f,  Cliose  de  peu  de  prix, 
et  peu  nécessaire.  Cette  boutique  n'est  pleine 
nue  de  baqatelles.  Dans  ce  cabinet  j  il  n^y  a 
ijue  des  baqalelles. 

Il  signifie  6gurcnient,  et  c'est  son  plus 
Rraud.  usage,  Chose  frivole  et  de  peu  d'impor- 
lance.  Il  ne  s\imuse  qu^à  des  bagatelles.  Il  ne 
dit,  il  ne  conte  que  des  bagatelles.  îl  prend 
ouï  pour  des  baqatelles. 

On  dit,  S'amuser  à  la  baqiitclie,  ptiur  dire 
S'occuper  de  toute  autre  cli '.-e  (juo  de  ses  de 
voii-s. 

Bagatelle,  se  dit  absolnmeul  pour  signi- 
fier, qu'On  ne  croit  pas,  qu'on  ne  craiut  pas 
fpielque  chose.  Vnus  dites  que  cet  homme  fera 
telle  chose,  bagatelle-  qu'il  me  maltraitera, 
Inigutclle. 

I>A(iNE.  s.  m.  Lieu  ou  l'on  renferme  lej 
f  jrvats  jpràs  le  travail. 

BAGNOLETTE.  s.  f.  Espt'cc  de  coi/rurc  de 
femme. 

BAGUE,  s,  f.  Anueau  ou  il  y  a  uuo  pierre 
cncJiâssée,  et  que  Ton  met  au  doigt.  Porter  une 
bague.  Une  belle  bague. 

Ou  dit  figurcment  d'Une  jolie  maison  do 
campagne,  ou  d'une  autre  chose  de  jmx qu'on 
n'a  que  pour  le  pl&isir,  pour  l'ox-ncmeul,  M 
qu'on  peut  vendre  aisL-ment,  que  C'est  uuc 
biique  an  doiqt. 

Kn  termes  de  Pratique,  on  appelle  Bagues 
et  joyauXt  l-es  pie:  leiios,  perles  €i  auU^s  scm- 


BAG 

blables  rlioscs  de  prix,  qui  appartiennent  à  une 
femme  mariée,  et  quVIIe  reprend  après  la  mort 
de  son  mari.  Les  bagues  et  joyaux  de  cette 
femme  ont  été  estimés  cinquante  mille  francs. 
Elle  a  emporté  une  telle  somme  pour  seshaqucs 
et  joyaux. 

On  appeloit  autrefois  Bagues  d'oreilles,  Ce 
qu'on  appelle  aujourd'hui  Boucles  d'oreilles. 
Voyez  Bot  CLE. 

On  dit  en  termes  de  Guerre,  5or/û-  vie  et 
bagues  sauves,  pour  dire,  Soilir.  d'une  Place 
avec  permission  d'rmporter  sur  soi  ce  que  l'on 
peut,  li^t  ou  dit  iigurrm'ïnt,  qu'f/n  homme  est 
sorti,  estrevenu  fcuyues  sauves, pour  dire, qu.'ll 
est  heureusement  sorti  d'un  pdril. 

Ba<;le  ,  signifie  aussi  L'anneau  qu'on  sus- 
pend vers  le  bout  d'une  carriùre  où  se  font  des 
courses, et  que  ceux  qui  courruî,li\chent  d  em- 
porter avec  le  bout  de  la  lance.  Courre  !«  bague. 
Emporter  la  haque.  Donner  une  atteinte  à  la 
haque.  Une  magnifique  course  de  bague.  La 
plupart  des  courses  de  bague  se  font  à  cheval, 

BAGUENAUDE,  s.  f.  Petit  fruit  qui  est  en- 
veloppé dans  de  petites  gousses  pleines  de  vent, 
et  que  les  onfans  font  claquer  en  les  crevant 
entre  leurs  mains. 

BAGUENAUDER,  v.  n.  S'amuser  à  des 
thos:  s  vaines  et  frivoles.  II  ne  faut  pas  bague- 
nauder dans  une  occasion  si  sérieuse.  Ce  mot 
est  du  style  familier. 

BAGUENAUDIER.  s.  m.  Petit  arbre  qui 
porte  des  baguenaudes. 

BAGUENAUDIER.  s.  m.  Celui  qui  hr.guc- 
naude.  CVst  uu  vrai  .'•.  guenaudier.  U  est  du 
Uyle  familier. 

On  appelb-  cmovc  Baguenaudier ,  Une  e*- 
jn;ce  de  I(u  d'enfans. 

BAgUER.  v.  acl.  Arranger  ics  plis  d'un 
habit,  d'une  robe,  etc.,  e.l  les  arrêter  cuscnible 
avec  du  fil  ou  de  la  soie.  Il  faut  baguer  ai'ni.t 
tpie  de  coudre. 

Bague  ,  ée.  participe. 

BAGUETTE,  s.  f.  Verge,  houssine,  î.dlon 
fort  menu.  //  avait  une  baguette  à  la  main. 
}Utquette  d'Huissier. 

On  appelle  Zîuiyuci'fe  d' arquebuse ,  de  jusil, 
lie  jiiitolet.  Une  sort:-  de  baguette  de  fer,  de 
iiois ,  de  baleine,  etc.  dont  on  se  sert  pour  pres- 
ser la  poudre,  la  bouri-e,  etc.  qu'on  met  dans 
le  c mon  de  ces  armes;  Baguette  de  fusée  vo- 
lante, Uuc  baguette  atlacluie  à  une  fusée  vo- 
lante pour  lîi  faire  monter  cn  lij^ne  dioite;  ei, 
liaqncttcs  de  tambour.  Deux  petits  bâtons  courts 
■Tvec  lesquels  on  bal  le  tambour. 

On  dit,  Commander  à  la  baguette, mener  les 
qois  à  la  baguette,  ymuT  dise, Commander  avec 
hauteur  et  impérieusement.  C^cst  un  homme 
qui  commande  à  la  baquette. 

En  termes  d'Arclùlecturc ,  on  appelle  Ba- 
quette, Une  petite  moulure  ronde  cn  forme  de 
Ita  guette. 

Baguette,  divinatoire^  Biauche  de  coudrier 
fourchue,  avec  laquelle  ou  prétend  découvrir 
les  mines,  les  .sources  d'eau,  la  trace  d'un  vo- 
leur, d'un  assassin. 
)        Baguette  à  mi-chc.  C'est  celle  sur  laquelle 


BAI 

les    Cliandelicr»  et  les  Ciriers  cutileni    leurs 
mèclie^  I 

Faire  passer  un  solial  par   Us  baguettes.  • 
C'es!  l'oixigpr,  en  vertu  d'un  jiig<n.eiit .  i  pas- 
»er  corps  nu ,  entre  deux  lignes  de  soldats  qui 
le  jappent  chacun  d'une  baguette. 

BAGUIER.  s.  m.  Petit  collici  pour  serrer 
des  bagues.  Vn  riche  baguier. 

BAH 

BAHUT,  s.  ni.  (  le  T  ne  se  prononce  point.  1 
Sorte  de  coflie,  couvert  ordiuîiirenient  de  cuir, 
et  dont  le  couvercle  est  en  voûte.  Griinii  6ti/iut. 
Ji'errec  cclu  dans  ce  bahut. 

BAHUTIEK.  s.  m.  Artisan  qui  fait  des  bahuts 
et  des  malles. 

On  dit  proverbial.  d'Un  homme  qui  fait 
beaucoup  de  bruit,  et  peu  d'ouvrage,  qu'il 
ressemble  aux  Bahutiers ,  qu'ii  fait  plus  de 
hruit  aue  de  besoqtte. 

BAI 

BAI ,  lE.  adj.  Qui  est  de  certaine  couleur  de 
rouge-brun  :  il  se  dit  Du  poil.  Ce  cïievrti  a  le 
poil  bai.  Bai  brun.  Bai  obscur.  Bai  doré.  Bat 
clair.  Il  se  dit  aussi  Du  cheval  même.  Monta 
un  cheifal  bai 

B.\IE.  s.  f.  Plage,  rade,  espèce  de  golfe  où 
les  vais.^aux  sont  à  l'abri  de  certains  vents.  La 
baie  de  Tous-les-Saints.  La  baie  de  cette  cote 
est  fort  sûre. 

En  teimcs  de  Maçonnerie,  on  appelle  Baie. 
Une  ouv Cl lure  qu'on  laisse  d<ins  les  murs  ;>oui 
y  mettre  une  porte  ou  une  fenêtre ,  ou  pour 
quelque  autre  objet.  La  baie  d'une  porte,  La 
baie  d'une  fenêtre.  Voyez  ,Abêe. 

BAIE.  s.  f. Tiompeiiequonfait  i quelqu'un 
pour  se  diverlir.  C'est  un  qrand  donneur  de 
baies.  îl  m'a  donné  la  baie.  Donner  une  baie. 
Il  n'est  que  du  style  familier. 

B.AIE.  s.  f.  Ternie  de  Botanique.  Petit  fruit 
mou,  charnu,  et  qui  renferme  des  pépins  ou 
des  noyaux.  Baie  de  genièvre ,  de  laurier ^  etc. 

B.AI(;>'ER.  V.  a.  Mettre  dans  le  bain.  (  n  Va 
baigné  durant  cjuinze  jours.  On  n  oserait  bai- 
gner ceiu:  qui  sont  sujets  au  rhumatisme.  Se 
baigner  dans  l.t  rivière.  Ceux  qui  sont  iiiordui 
diî  ehicr.s  enragés  l'ont  se  baigner  à  la  mer. 

On  dit  figurém. ,  qu'Une  rivière  baigne  les 
murs  d'ane  uilie,  les  bords  d'un  jardin,  etc. 
pour  dire,  qu'Elle  coule  le  long  des  murailles 
d'une  ville,  le  long  des  bords  d'un  jardin,  etc. 

B.\IG>ER,  s'ignilie  eiicnre  (îgurcm.  Mouiller. 
arroser.  Baigner  son  lit  de  larmes.  Baigner 
ton  l'Jenije  de  pleurs. 

On  dit  figurénient.  que  Les  Tyrans  se  bai- 
gnoirnt  dans  le  sang  des  Martyrs,  potn-dirc, 
qu'ils  se  plaisoicnt  à  verser  leur  sang;  cl  ,qu'(n 
homme  se  baigne  dans  les  larmes  des  malheu- 
reux, pour  dire,  qu'il  ;e  plail  i  les  voir  souf- 
frir, i  voir  couler  leurs  larmes. 

BAicstn,  est  quelquefois  neulrc,  et  signifie, 
Etre  enliéreniint  plongé,  et  tremper  longtemps. 
Il  faut  que  CCS  herbes  baignent  dans  l'esprit- 
de-vin;  que  cette  perce-pierre ,  que  ces  concom- 


BAI 

breshainnent  dans  le  vinaigre.  Bal  qncr  dans  le 
sjnq,  Perdre  tout  son  saug. 

lÎAK.NÉ,  ÉE.  participe.  Drs  >  eux  haigués 
de  larmes.  C*n  la  trouva  les  yi;ux  haiqnés  de, 
larmes. 

Od  (Ut,  qu't/n  Iwmme  est  haiqné  de  sueur, 
pour  dire,  que  La  sueur  lui  ducoulc  du  visage; 
et  on  dit,  Baljnè  dans  son  sau{j„  pour  diie, 
qu'il  en  rst  rouvert,  qu'il  en  perd  beaucoup. 

On  dit,  Baujtié  de  rosée,,  pour  dire,  Mouillû 
par  l'humidité  du  matin. 

BAIGNEUR,  EUSE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
50  baigne  à  l-i  riviire.  7'oute  la  rivière  étoît 
pleine  de  hainneurs. 

ïl  signiG'- aussi,  Celui  ou  celle  qui  tient  bains 
etctuves.  Ile^it  allé  descendre  chez  un  Baiqneur. 
Il  couche  chez  un  Baigneur. 

Ç  .Vie;  NOIRE,  s.  f.  Cuve  faite  pour  prendre 
le  hn'in.  C.'ltc  hainnolrc  est  trop  petite. 

BAIL,  au  pluriel  Baux. s.  m.  Contrat  pnr 
lequel  on  donne  une  terre  à  femie,  ou  uno 
maison  à  louage.  Bail  à  ferme.  Baux  à  fi-rmc. 
Bail  de  maison.  Bail  de  six,  de  neuf  ans.  Bail 
à  lonnues  années.  Bail  à  vie.  Bail  ù  rente.  Bail 
emphytéotique.  Bail  dl.critaqcs.  Bail  convenu 
tionncl.  Bail  judiciaire,  fait  en  Justice,  d^unc 
terre  ou  d^une  maison  (pt'on  décrète.  Faire  un 
liail.  Rompre  un  hail.  liésiUer  un  hall.  Entre- 
tenir son  bad.  Se  tenir  à  son  hail.  Benouvelcr 
un  hail.  Faire  rapporter  les  baux  précédent. 

Ou  dit  figurt^ni. ,  Cela  n'est  pas  de  mon  hall, 
pour  dire,  Cela  est  arrivé  dans  un  temps  ou 
rien  ne  m'obligeoit  îi  y  prendit;  part. 

On  dit  fiçjurcni.  au^si,  Bail  d'amour,  pour 
Jiie,  Un  engagcmeuld'amcir  ou  de  galanterie, 
îl  est  familier. 

BAlLE.  s.  m.  Titre  qu'on  donne  à  lAni- 
hri'^adeur  de  Venise  à  la  Porte.  On  le  donne 
aussi  dans  quelques  endroits  à  un  Juge  Royal. 

BAILLE,  s.  f.  Terme  de  Marine.  Moitié  de 
mnncau  en  forme  de  baquet. 

BÂlLLEaiENT.  s.  m.  L'action  de  bâiller. 
Ax'oir  de  fré'.piens  hdlllemens. 

BAILLER.  V.  n.  Respirer  en  ouvrant  la 
îiouclieextiaordinaip-mcntet  involonlaircmenl. 
Bâiller  d'ennui.  Bdiller  de  sommeil. 

Il  signiGe  figuii5ment ,  S'cntr'ouvrir ,  être 
mal  joint.  Les  jis  de  celte  rloison  h  iillent.  Une 
porU  qui  bâille.  Une  fciictre  qui  hjiile. 

BAILLER.  V.  a.  Donner,  nicnre  en  main, 
iivier.  Ce  verbe  n'est  plus  guère  en  usage  dans 
!'■  discours  ordinaire;  mais  en  termes  de  Pra- 
tique ,  on  dit  :  Bailler  à  firme.  Bailler  par 
contrat,  par  testament.  Bailler  et  dilaisser.  Les 
parties  ont  baillé  ïeurs  requêtes. 

On  dit  dans  le  style  familier ,  Vous  mVn 
baillez  d'une ,  vous  me  la  baillez  belle ,  pour 
dire,  Vous  mec  voulez  faire  accroire. 

Bmixk,  ù:.  paiiicipo. 

B.VILLET.  adj.  maso.  Il  se  dit  d'Un  cheval 
ayant  le  poil  roux  tirant  sur  le  blanc.  Cheval 
baillet. 

BAILLEUr,.  8.  m.  On  appelle  ainsi  Celui 
qui  fait  prore>sion  de  remettre  les  os  rompus 
ou  dis1<^|U('-s.  1rs  côtrs  enfoncées  ou  rompues.  ' 
Le  Baillcul  lui  a  remis  le  bras. 


BAI 


ii5 


Bailleur,  s.  m.  Qui  bâille,  qui  est  sujet 

à  lililler.  C^est  un  grand  bâilleur. 

BAILLEUR,  s.  m.  Terme  de  Pratique.  I.  ne 
56  dit  guère  que  de  Celui  qui  baille  à  ferme,  et 
par  opposition  à  ci:\u[  qui  pr^nd  une  ferme,  et 
qu'on  appclii:  Preneur.  Le  Bailleur  et  le  Pre- 
neur. 

Baili^hksse.  s.  f.  Cille  qui  baille  à  fcrms, 
qui  passe  un  LaïLEf  ladite  bailleresse  a  affermé 
cette  terre,  etc.  Il  n'e--.t  d'usage  qu'en  style  de 
Notaire. 

BAILLLs.  m.  Officier  Royal  d'ûpée,  au  nom 
duquel  la  Justice  se  rend  dans  l'élendue  d'un 
certain  Ressort,  et  qui  a  datit  de  commander  la 
noblesse  de  son  district,  lorsqu'elle  est  convo- 
[juée  pour  l'Arri-^TC-ban.  Le  Bailli  de  Rouen. 
Le  Bailli  deVermandois.  Le  BailU  de  Touraine. 

Bailli,  se  dit  aussi  d'un  Oflicier  Royal  de 
Robc-Iongue,  qui  rend  la  Justice  dans  l'éteu- 
ilue  d'un  certain  Ressort,  et  dont  les  appella- 
tions ressorlissent  au  P<!rl»:mciit.  Le  Bailli  de 
Nonent-sur-Scine.  Le  Bailli  d'Jmboise. 

11  se  dit  aussi  d'Un  OEficicr  de  Robt:  -  longue, 
qui  rend  la  Justice  au  nom  d'un  Seigneur.  Il  y  a 
quelques-uns  de  ces  lîaillis  qui  ressarl'ssent  im- 
médiatement au  Parlement,  comme  les  Baillis 
des  Pairies,  ou  des  Terres  tenues  en  Pairie  ;  et 
d'autres  qui  ressorlissent  à  des  Ju^tices  Royales, 
comme  les  Baillis  de  certains  IVLnquisats  ,  de 
certaines  rliâtcUenics. 

Dans  l'Ordre  de  Malte,  on  appelle  Bailli. 
Un  Chevalier  rcvôtu  d'une  dignité  qui  le  mer 
au-dessus  des  Commandeurs,  et  qui  lui  donni- 
le  privilège  de  porter  la  Grand'croix.  Le  BaîîU 
de  la  M  orée. 

BAILLIAGE,  s.  m.  Tribunal  composé  de 
Juges,  qui  rendent  la  Justice  au  nom  du  Bailli, 
ou  avec  le  Bailli. /'rocHreiir  du  Jîoi  au  î'a-lliage. 

Il  se  dit  aussi  De  certaine  étendue  de  pavs 
qui  est  sous  la  Juridiction  du  Bailli.  Ce  bourg 
£st  d'un  tel  Bailliage. 

Il  se  dit  aussi  De  la  maison  dans  laquelle  1'- 
Bailli  ou  son  Lieutenant  rend  la  Justice. 

BAILLIVE.  s.  f.  La  femme  du  BailU. 

BaÏLLON.s.  m.  Ce  qu'on  met  dans  laboncîir 
d'une  personne  pour  l'erap^clier  de  parler  cl  de 
crier;  ou  dans  la  gueule  d'une  bêle  pour  Icm- 
pécher  de  mordre,  et  de  faire  du  bruit.  3/c(fre 
un  hdillon  à  une  personne,  à  une  béte. 

BÂILLONNER,  v.  a.  Mettre  un  bdillou. 
Bdillonner  une  personne,  bâillonner  un  chien. 

Bâillonner  une  porte  ^  La  fermer  en  dehors 
ïvec  une  pièce  de  bois. 

B.xiLLONNÉ,  ÉE.  participe. 

BAIN.  s.  m.  Eau,  ou  autre  liqueur,  dans  la- 
quelle on  se  met  ordinairement  nu,  soit  pour 
le  plaisir ,  soit  pour  la  sanl^-* ,  et  où  l'on  demeure 
un  temps  convcnaI)lc.^(iin  que  Von  prend  dans 
la  mer,  dans  la  rivière.  Bain  qu'on  prend  dont 
la  maison.  Bain  d'eau  avec  du  lait,  avec  des 
herbes  aromatiques.  Bain  dans  le  vin  ,  dans 
une  cuve  de  vendange.  Bain  chaud.  Bain  frvlà. 
Les  bains  étolcnt  f-rt  en  usage  chez  lesAnclent. 
Aller  aux  bains.  Tenir  bains  et  étuvcs.  PrépO' 
icr  le  bain.  >c  mettre  dans  le  ba'n^  au  bain. 
On  lui  a  ordonné  le  bain, 

:5. 


116  BAI 

On  dit,  par  rapport  h  la  dispostiion  du  lien 
ou  du  temps  où  l'on  peut  prendre  le  bain  com- 
inodéineiit  et  agrcahlement  dans  udc  rivière , 
<|uc  Le  hain  est  bon  dans  cet  endroit-là ,  qu': 
!.c  bain  est  bon  en  ce  temps-là ,  ce  jour-là. 

On  le  dit  aussi  par  rapport  aux  eftets  que  \c. 
bain  produit.  Le  hain  es'  bon  fwnr  la  népbre- 
ti<]uc.  Et  on  dit  d'Uuc  boisson,  qu'i-Z/f  est 
chaude  comme  ttii»,  pour  dire,  qu'KlIc  n'est 
pus  assez  fniicl)e.  Vous  nous  aviez  promis  de 
nous  faire  boire  frais^  et  nous  bui'ons  chaud 
comme  bain. 

On  dit  d'Un  i;ros  nua,i;c,  C'ei^l  un  hain  qui 
chauffe.  Bain  de  grenouilles  Jniin  de  crapauds, 
Lieu  où  IVau  est  sale  ot  bourbeuse. 

On  dit,  Prendre  un  demi-bain,  pour  dire, 
>V  se  iruntie  dans  l'eau  que  jusqu'à  laceinture. 

Bain, se  dit  eucore  De  la  cuve  ou  l'on  prend 
le  bain,  iemplir  le  bain.  Vider  le  hain.  Metlrc 
de  Veau  dans  le  bain. 

Bain,  cIicz  les  Teinturiers,  Cuve  où  il  y  ;i 
de  l'eau  et  des  dro'jues. 

Bais,  en  Chimie,  se  dit  d'Une  liqueur  ou 
d'une  substance  dans  laquelle  on  place  uiv vais- 
seau, pour  faire  quelque  di;4eslion  ou  distilla- 
tion. Quand  un  vaisseau  est  exposé  aux  va- 
peurs de  l'eau  bouillante  j  on  dit  qu'/l  est  au 
bain  de  vapeurs;  quand  il  est  dans  le  sable,  on 
dit  qu'/i  e.vl  au  hain  de  sable;  dans  le  fumitT, 
Au  bain  de  fumier  ^0*1  bain  de  ventre  de  che- 
val. Être  en  fcaùi,  se  dit  De  la  coupelle  de  l'ai- 
geut  qui  bout  dans  le  plomb. 

On  appelle  Baiu-marie,  L'eau  bouillanic. 
dans  laquelle  on  met  quelque  vase  pour  faire 
cuire  les  viandes  et  les  autres  choses  qui  y  sont. 
Faire  cuire  de  la  \)iande  au  buin-marie.  In 
bouillon  fait  au  bain-marie.  Du  the  au  hain- 
marie.  VA  on  appelle  Distillation  an  haîn-ma- 
ric,  Celle  qui  se  fait  en  mettant  dans  un  viis 
seau  plein  d'eau  cliuude  qui  est  sur  le  feu,  h 
vase  où  sont  les  matières  qu'on  veut  faire  dis- 
tiller. 

Baiss,  au  pluriel,  se  dit  Des  canx  naturel- 
lement cliaudi^s,  où  l'on  va  se  baigner.  Lei 
bains  de  Bourbon.  Les  bains  du  Mont-d^Or* 

On  le  dit  aussi  De  l'appartemenl  destine  pour 
se  baigner.  Les  bains  du  loi.  Les  bains  de  la 
Heine.  La  chambre  du  bain.  L'app'xrlement  des 
haius. 

Il  y  a  en  Angleterre  un  ordre  qu'on  appelle 
rOidrc  des  Chevaliers  du  Bain. 

BAÏONXBITK.  s.  f.  Espôce  de  lon^  cou- 
teau qui  se  met  au  bout  d'un  fusil.  Il  fut  blesse 
d'un  coup  de  baïonnette.  Mettre  la  fc(jïon»c(ïc 
au  bout  du  fusil.  La  baïonnette  lire  son  ori~ 
qine  de  Da'tonne. 

BAÏOQUIi.  s.  f .  Petite  monnoi«  en  Italie.  Le 
Julc  vaut  di.e  Baïoques. 

BAUIAM  ou  BLIRA.M.  s.  m.  Fête  solen- 
nelle clicz  les  Turcs,  à  la  fin  du  Ramadan  ,  qui 
al  le  temps  de  leur  jeune. 

EAISKIMAIN,  6.  m.  Terme  qui  n'est  préscn- 
lenient  en  usage  qu'en  matière  féodale,  et  qui 
(»c  dit  De  riionimajjc  que  le  v:issa]  rend  au  Sei- 
gneur de  ricf  j  en  lui  baisant  la  main.  Il  nedoil 
rue  le  baisemain. 


BAI 

Baisemains,  au  pluriel,  signifie  Compli- 
mens,  recommandations,  i^uire  ses  baisemains, 
à  tjuelqu'un.Je  lui  ai  fait  vos  baisemains,  et  ils 
ont  été  bien  reçus.  Mes  baisemains  à  un  tel,  je 
vous  en  prie.  ïl  vieillit  dans  ce  sens. Ce  mot  est 
féminin  dans  cette  phrase  du  style  familier,  A 
belles  baisemains.,  pour  dire,  Avec  soumission 
et  supplication.  Il  a  été  trop  hcureua:  de  me  re- 
chercher, il  est  venu  m'apportcr  son  arnent  à 
belles  baisemains, 

BAISEIMK.NT.  s.  m.  Action  de  baistr.  11  ne 
►o  dit  guère  que  De  l'action  de  baiser  les  pieds 
ilu  Pupr.  Il  a  été  admis  au  baisement  des  pieds 
le  Sa  Sainteté. 

BAISER.  V.  act.  Appliquer  sa  bouche  on  sa 
joue  srr  le  viï"aj;e  ou  sur  la  main  de  quelqu'un, 
par  omilié,  par  amour,  par  civiliié,  par  reu- 
pcct,  Baiser  (juehju'un.  Baiser  à  la  bouche,  .i 
lu  joue,  au  front.  Des  enfans  qui  se  bcÀsent. 
lîniser  la  main  d'un  iVi'nce. 

Il  se  dit  aussi,  en  parlant  Des  choses  sur 
lesquelles  on  applique  la  bouche  en  signe  de 
renér^lion  et  de  respect.  Baiser  la  croix.  Bai- 
ser des  reli(pics. Baiser  une  imaqepar  dévotion. 
Baiser  la  terre  par  humilité.  Baiser  les  pieds 
du  Vape.  Baiser  Vanneau  de  VEvèque.  Baiser 
]a  pair.  Donner  la  paix  à  baiser.  Baiser  le  bas 
ie  la  robe  d'une  iiciue,  d'une  Princesse. 

Baiser  la  main,  si5:;m(ie. Porter  sa  main  par 
respect  près  de  sa  bouche ,  quand  ou  veut  pré- 
icnter  ou  recevoir  quelque  cliose,  ou  quand 
>n  veut  saluer  quelqu'un.  Dans  cette  acception, 
m  dit  à  un  enfant,  Faites  la  nvércnce,  baisez 
la  main. 

On  dit  aussi  communément  à  un  homme  qiu 
a  très-grande  obligation  à  un  autre,  Vous  de- 
vriez baiser  les  pas  par  où  il  passe. 

Baiser  les  mains,  est  un  terme  de  compli- 
ment et  de  civilité, par  lequel  ou  salue  une  per- 
)onne ,  soit  en  présence ,  soit  en  absence.  Je 
n'ai  que  le  temps  de  vous  venir  baiser  les  mains , 
tt  je  pars.  Dites  à  Monsieur,  à  Madame,  que 
je  lui  baise  les  mains,  que  je  lui  baise  très~hum- 
Hement  les  mains,  et  que  je  .^uis  son  serviteur. 

Ou  dit  en  plaisanterie,  Je  vous  baîse  les 
mains,  pour  témoigner  à  une  personne  que 
l'on  n'approuve  point  ce  qu'elle  dit,  ou  qu'on 
ne  v(!Ut  pas  faire  ce  qu'elle  demande. 

<  )a  dit  figurém.  De  certaines  choses,  qu'£ïïes 
se  baisent,  pour  dire,  qu'Klles  se  louchent, 
iju'elles  se  joif^nent.  Des  pains  qui  se  baisent 
dans  le  four.  Il  n'a  à  son  feu  que  deux  tisons 
qui  se  baisent. 

Baiser  le  cul  de  la  vieille,  C'est,  5  certains 
jeux,  perdre  sans  prendre  un  point,  sans  ga- 
■^ucT  un  jeu.  U  est  très-familier. 

Baisé,  Ûe.  participe, 

BAISER,  s.  m.  Action  de  celui  qui  baise. 
Biiiscr  de  paix.  Baiser  d'u/m'tic.  Chaste  baiser. 
Baiser  amoureux.  Doux  baiser.  Donner  un 
baiser  à  quelqu'un.  Bcndrc  un  baiser.  Elle  lui 
a  laissé  prendre  un  baiser.  Dérober  un  hai.ser. 
Elle  lui  a  demandé  un  baiser.  Elle  lui  a  refusé 
un  baiser. 

On  appelle  proverbial.  Baiser  de  Judas,  Le 
baiser  d'un  iraitre. 


BAI 

BAISEUR,  El'SE.  adj.  Qui  se  plaît  à  baiser. 
,Un  (jrand  haiseur.  1\  est  familier. 

BAISOTTER  ou  BAISOTJCR.  v.  diminutif 
cl  fréquentatif.  Ils  ne  font  que  se  baisotter.  Il 
est  faiiiUier. 

BAISSE,  s.  f.  Déchet.  Il  se  dit  Des  espèces 
ou  des  papiers  royaux  commerçables  ,  qui 
tombent  au-dcssou-.  du  prix  quils  avoient.  La 
baisse  des  Actions. 

On  dit,  Jouer  à  la  baisse,  pour  dire,  Parier 
que  les  Actions  baisseront. 

BAISSER.  V.  a.  Abaisser,  mettre  plut  lias. 
Baisser  les  qlaces  d\tn  carrosse.  Baisser  pavil- 
lon, le  pavillon.  Baisser  la  tête.  Se  baisser,  se 
baisser  bien  bas. 

Il  signifie  aussi,  Rendre  plus  bas.  Baisser 
une  muraille.  Baisser  un  toit. 

On  dit,  Baisser  les  yeux,  pour  dire,  Rej^ar- 
der  en  bas;  Baisser  la  voix,  pour  dire,  Parler 
plus  bas. 

On  dit,  Baisser  la  main  à  un  cheval,  pour 
dire.  Pousser  son  cheval  h  toute  bride;  et  figu- 
rcment,  Bim.^er  la  lance.,  baisser  pavillon  de- 
vant quelqu'un,  pour  dire,  Lui  céder,  lui  dé- 
férer. 

On  dit  proverbialem.  et  ironiquem.  d'Une 
chose  qui  paroit  aisée  et  qui  ne  l'est  pas,  // 
semble  qu'il  n'y  ait  qu'à  se  baisser  et  en  prendre. 

On  dit  aussi  proverbialem.  Baisser  Voreille, 
pouF  dire,  Foiblir,  se  décourager. 

Baisser,  v.  u.  Aller  en  diminuant.  La  ri' 
vière  a  baissé  d'un  pied.  La  rivière  est  baissée. 
Le  jour  baisse.  La  vue  commence  à  lui  baisser. 

On  dit  que  Du  vin  baisse,  pour  dire,  qu'il 
a  perdu  de  sa  force;  qu't/'i  vieillard  baisse, 
poui' dire, qu'il  s'afroil)iit tous  les  jours;  qyx'Un 
malade  baisse,  pour  dire,  qu'il  empire  ;  et  que 
L'esprit  haisseà  quelqu'un,  pour  dire, que  ijon 
esprit  s'aflToiblil. 

On  dit  que  La  mer  hausse  et  baisse  deiLV 
fois  le  jour,  pour  dire,  qu'il  y  a  deux  fois  par 
jour  flux  et  reflux. 

On  dit  queLcs  Actions  baissent,  îesPapiers 
baissent,  telle  Place  baisse,  pour  dire,  que  Les 
Actions,  IesPapiers  de  finance  et  de  comnieree, 
telle  Place  de  commcrre,  perdent  de  leur  crédit. 

Ou  dit  figurém.  d'Un  homme,  que  Ses  ac- 
tions baissent,  pour  dire,  que  Sa  puissance, 
son  crédit,  sa  réputation,  diminuent.  On  dit 
aussi  dans  le  même  sens,  que  Son  crédit,  sa 
fivcur  baisse. 

On  dit  proverbialem.  C'est  un  homme  qui 
ne  se  hausse  ni  nese  baisse,  pour  dire,  qu'il  est 
toujours  égal ,  et  qu'il  ne  s'émeut  de  rien. 

Baisser,  se  dit  aussi  en  parlant  Du  chemin 
qu'on  fait  en  descendant  le  long  de  quelques 
rivières,  et  principalement  le  long  de  la  rivière 
de  Loire.  Baisser  depuis  Roanne  jusqu'à  Or- 
léans. 

Baissé,  ée.  participe.  Tefe  baiwce.  Expres- 
sion dont  on  se  sert  en  parlant  De  ceux  qui 
vont  hardiment,  coura;^eusement  au  romhat. 
H  ira  au  combat  tète  baissée.  Les  ennemis  vin- 
rent à  nous  tête  baissée.  Il  se  dît  aussi  d'Une 
personne  qui  se  poilc  'i  qu<lque  chose  avec  r«- 
sohiiion  ;  sans  rien  examiner ,  sans  rien  craindre. 


BAL 

Aussitôt  (ju'on  luieutproyosé  cette  alfiiirCj  il  y 
donna  tète  baiss('!C.  H  a  donné  tête  buissee  dans 
cette  aventure. 

BAlSSltKIv,  s.  f.  Le  reste  ilu  vin  f|uuncl  il 
approche  ik*  lu  lie.  Boire  de  la  bui:^sicrt'. 

BAlSURE.s.f.  L'endroit  par  lequel  un  p;iin 
en  a  touclié  un  autre  dans  le  four.  Entamer 
du  pain  par  la  hai^fitrc. 

B  A  .1 

B.UOIRE,  s.  f.  Mcijaillc  ou  r.ionnoie  em- 
preinte de  deux  icies  en  profil. 

RAJOUE.  s.  f.  Partie  de  la  tête  du  cuchon, 
qui  s'utcnd  depuis  l'œil  jusqu'à  la  niichoirc. 

BAL 

BAL.  s.  m.  Assemblée  pour  danser.  Grund 
bal.  Faire  un  bal.  Donner  le  hal  aux  Dames. 
Courir  le  bal.  Avoir  bul  chez  soi.  Il  v  a  en  ce\ 
hiver  plus  d\tssemblées  que  de  bals.  Le  bal  a  éti 
brillant.  Le  bal  lanquissoit  ;  de  nouveaux  dan-  ' 
leurs  Vont  animé,  liai  paré.  Bal  masque.  Bal 
hourqcois.  Bal  champêtre. 

La  Heine  du  bal.  On  appelle  ainsi  Cellf?  i 
qtù  on  donne  le  bal,  ou  à  qui  on  en  fait  les  hon- 
neurs. 

On  dit  familiiTem.  et  ironiquement.  Donnci 
le  bal  à  quelqu'un  y  pour  dire ,  Le  maltraiter.  71 
faut  tluiKier  le  bal  à  ce  drôle-là. 

On  dit  au  jeu,  Mettre  une  carte  au  bal, 
pour.  Jouer  sur  celte  carie.  C^est  le  bal  de  telll 
carte. 

Od  dit  fisurémfnt,  ^lettre  le  bal  en  fTiTin, 
pouTf  Mettre  une  affaire,  une  discussion  eu 
inouveinont:  élever  une  qut'stion  qui  ai;ite  ei 
réveille  les  esprits.  Il  est  familier. 

BALADLN.  s.  m.  Ce  mol  signifioit  aulrcfoij 
linil  UaEiseur  dcTliL-àtre.  il  ne  se  dit  plus  guère 
que  pour  signifier  Vn  Farceur,  et  dans  la  so- 
ciélè  .  un  liomme  qui  ,  par  son  action  lx)uf- 
fonne,  proie  à  rire.  On  3it  dans  le  même  sens 
et  au  fcniiuiu  ,  L  ne  Baladtne. 

BALAIHNAGE.  s.  ni.  Il  ne  s'emploie  guère 
que  pour  signider  Une  plaisanterie  boufibnne 
et  de  mauvais  goût.  Cette  plaisanterie  n'est 
quun  b'tladtnaqe  d'esprit. 

BALAFHIC.  s.  fcm.  Blessure  longue  faite  au 
visage.  Grande  balafre. 

On  le  dit  ptu.s  commuDement  De  la  cicatrice 
qui  reste  quand  la  blcss'iic  est  gue'rie. 

RALAFRKR.  v.  a.  Blesser  en  faisant  une  ba- 
lafre. Balafrer  quelqu'un.  Qui  est-ce  qui  l'a 
ainsi  balafre? 

BalakhiI,  ke.  participe. 

BALAL  s.  m.  Instrumenl  servant  à  nettoyer, 
u  ôtcr  les  ordures  d'ui:c  i-ue ,  d'une  cliambrc, 
d'un  cabinet.  Balai  de  bouleau.  B-ilai  de  jonc. 
Baltii  de  plumes. 

On  dit  proverb.  Rutir  le  balai,  pour  dire 
Mener  une  vie  obscure  et  peu  a'iséc.  Mous  avon-i 
lontj-  temps  nki  le  balai  cntemble. 

11  sit;niûe  aussi.  Mener  une  vie  qui  tient  d.i 
libertinage.  Cette  femme  a  lonj- temps  rôti  i- 

Pli  lui. 

Jl  signifie  encore,  Atoif  éic  long-lemps  dans 
certains  enqilois.  Il  a  lontj-temps  rôti  le  balai. 


BAL 

(       On   dit   proverb.  dUn  vale*  nouveau  qui, 
'  '  sert  bien  les  premiers  jours ,  que  C'est  un  baltii 
neuf  ,  qu'W  fuit  balai  neuf. 

iJAi.Ai,  t*n  Fauconnerie,  La  queue  des  oi- 
seaux; eu  Vénerie,  Le  bout  de  la  queue  des 
I  hieris. 

BALAIS,  adj.  m.  Il  ne  s  emploie  qu  avec  le 
mot  liubis.  Sorte  de  rubis  de  couleur  de  vin 
foît  paillrt.  Acheter  un  rubis-balats.  i'endrc  un 
rub^S'balais.  Un  ruhis-halais  bien  mon(c,  bien 
mis  en  tfuvre. 

BALANCE,  s.  f.  Instrument  dont  on  se  sert 
pour  peser,  composé  de  deux  bassins  de  même 
[)()idsj  suspendus  à  un  fléau.  Balance  juste. 
Fausse  bal.ince.  Les  bassins,  les  plats  d'une 
f>ui(iuce.  L(i  hmquette  d'une  balance.  Le  fléau 
d\tiic  balance,  i  enir  la  balance  juste,  la  tenir 
vn  c luilibrc.  Fuire  pciirher  la  huluncc  en  faveur 
de  quelqu'un. 

<*n  dit,  que  Le  poids  emporte  la  balance, 
[)our  dire,  qu'il  est  plus  pesant  que  la  chosf 
pesée. 

On  appelle  Balance  d'essai  y  La  balance  pir 
iiculi^re  dont  se  servr-nt  les  Essayeurs. 

Balance,  signifie  figurcm.  L'attention  avec 
l:iquelle  on  pose  dans  sou  esprit  les  raisons  qui 
ie  présentent  pour  et  contre,  sur  un  sujet. 
Mettre  en  balanre  les  raisons  départ  et  diantre. 

On  dit.  Mettre  dans  la  balance,  pour  dire, 
Kxaminer  en  comparant;  et,  iVelire  dans  la 
balance  les  actions  de  deux  qrands  hommes^ 
pour  dire,  En  laire  la  comparaison.  Et  on  di| 
;iussi  fi^iurém.  Fufre  pencher  lu  balince^  pout 
iire,  Faire  qu'une  personne,  qu  une  cbose. 
ipi'un  avis,  qu'une  considération  l'emporte  sui 
i  autre. 

On  dit,  Être  m  buluncc^  pour  dire.  Être  en 
suspens,  ne  savoir  quel  parti,  quelle  résolu- 
liou  on  doit  prendre.  Il  est  en  balance,  il  ne 
iatt  à  quoi  se  rcsoudrc. 

On  dit,  qu'L'iie  choi^e  tient  l'esprit  en  ba- 
lance, pour  dire,  qu'Elle  le  lient  irrésolu  el 
en  suspens.  Kt  en  parlant  d  Un  combat  où  la 
victoire  a  été  Iciig- temps  disputée  de  part  el 
d'autre,  on  dit,  que  La  victoire  a  été  lonq- 
temps  en  balance. 

Balance,  en  term-s  ae  ..ommerçans,  sigui- 
fie  L'état  final  ou  la  jolde  du  livre  de  compte. 

Balance  du  commerce,  se  dit  aussi  Du  résul 
tat  général  du  commerce  actif  et  passif  danii 
une  nation. 

Balance,  est  le  nom  d'Un  des  Signes  uu 
/odiaipic.  Le  Siqne  de  la  Balance. 

BALANCE,  s.  m.  Pas  de  dmse  où  le  cori>s 
se  balance  d'un  pied  sur  l'uuue  en  temps 
égaux. 

BAI^ASCEMENT.  s.  m.  Mouvement  par  le- 
quel un  coqts  penche,  tantôt  d'un  côté,  lanlût 
de  ^3utn^  C'ciu:  qui  dandinent  en  marchant, 
font  avec  leur  corps  un  balancement  fort  dt's- 
acfréahle.  Le  mouvement  de  vibration  que  quel- 
ques Astronon.es  ont  observé  dans  la  Lune, 
est  un  balancement  vrai  ou  apparent. 

BAL.\>'GLH.  V.  a.  Tenir  en  équilibre.  Un 
danseur  de  corde  qui  ne  balance  pas  bien  ion 
corps  ,  est  en  àangcr  de  tomber.  ^ 


BAL  117 

On  dit,  Se  halancer,  pour  dire,  Se  pencher 
tantôt  d'un  côté,  (.miôt  d'un  autre,  en  mar- 
chant. 

Il  se  dit  aussi  Dr  deux  pcrsonces  qui,  étant 
sur  les  deux  bouts  d  une  planclie  mise  eu  équi- 
libre,  se  font  hausser  et  baisser  altcrnalive- 
iiieut. 

On  dit  d'Un  Oiseau  de  proie,  qu'il  se  ba- 
lance en  Vair,  pour  dire,  qu'il  se  tient  sus- 
pendu en  l'air,  sans  presque  renuier  les  ailes. 

Il  se  dit  aussi  au  ligure ,  et  signifie ,  Exami- 
ner dans  une  chose,  dans  un  sujet,  les  raisons 
'[ui  sont  pour  et  contre.  Balancer  une  affaire. 
Balancer  toutes  les  raisons  de  part  cl  d'autre. 

Il  se  dit  pour,  lîcndrc  incertain.  Balancer  la 
7ncto\rc.  La  }>ictoire  fut  long-temps  balancée. 

Il  bc  dit  aussi  pour,Coiiq)cnser  une  chose  par 
l'auti-c,  Balancer  les  pertes  par  les  quins.  Ses 
vertus  halancciit  tous  ses  vices. 

Balasckh  ,  en  Peinture,  C'est  mettre  une 
sorte  d'étjuilibre  daus  les  groupes,  de  façon 
•juil  n'y  ait  pas  un  côté  du  tableau  plein  lie 
(ij^ures,  tandis  que  l'autre  est  vide.  Une  figure 
est  /»(i/iincee,  lorsque  les  membres  sont  disposés 
avec  équilibre  relativement  au  centre  de  gravité. 

Balancer  est  aussi  v.  n.  et  signifie,  Être  en 
luspens,  et  penclier  tantôt  d'un  côté,  tantôt  de 
l'autre.  71  a  lonn-tcmps  balancé  entre  l'espé- 
rance et  la  crainte,  balancer  dans  la  choiv  de 
deux  choses.  La  victoire  a  lonq-temps  balancé. 

Baxancê,  ée.  participe. 

BALAïVCIER.  s.  m.  Pièce  d'horloge,  qui 
par  son  balancement  règle  le  mouvement  de 
l'iiorloge.  L'usage  du  balancier  est  une  des  plut 
belles  inventions  de  la  Mécanique.  Charger  U 
balancterj  pour  en  ralentir  le  moui-emenL 

Balancier,  signifie  aussi.  Une  macliine 
avec  laquelle  on  monnoie  des  pièces  d'or,  d'ar- 
gent et  de  cui\Te,  des  médailles  et  des  jetons. 
Ce  balancier  monnoie  tant  de  louis  d'or  par 
\our,  tant  de  jetons.  De  la  monnoie  frappée  au 
balancier. 

BALANCIER,  s.  masc.  Ouvrier  qui  fait  des 
poids  et  des  balances. 

BALANÇOIRE,  s.  f.  Pièce  de  bois  mise  en 
équilibre  sur  un  point  d'appui  élevé,  et  sur  îa- 
ijuclle  se  balanc(  nt  deux  pirsonues  placées  aux 
deux  bouts. 

BALANDRAN,  ou  BAL.\NORAS.  s.  masc 
Espèce  de  casaque  de  campagne,  dont  on  se 
servoit  autrefois. 

BALANDRE.  s.  f.  .Sortede  bâtiment  de  mer. 

It.VLAL'STE.  s.  f.  Fruit  du  grenadier  sau- 
vage. 

BALAUSÏIER.  s.  m.  Grenadier  5auv,ige. 

B.ALAVER.  V.  a.  Oter  ha  ordures  d'uji  lieu 
avec  le  balai.  Il  se  conjugue  comme  Paver.  Ba- 
layer une  Eglise,  une  chambre. 

Il  se  dit  atisâi  Du  lieu  et  de  ce  qu'on  en  ôtr. 
Balayez  cette  chambre.  Balayez  cette  ordure. 

On  dit  figurém.  en  termes  de  Guerre,  Ba- 
layer l'ennemi,  pour  dire.  Le  chus6er,  le  meiln- 
en  fuite,  On  a  balayé  les  Hussards  qui  infvs- 
toienl  la  plaine;  cl  en  ternies  de  Marine,  Ba- 
layer les  Curs^ircsy  pour  dire,  En  pur};cr  (•> 
mer.  On  dit  aussi,  potu-  ces  deux  choses,  Ba- 


BAL 


MO 

layef  la  mer,  balayer  la  fjlatiie ,  balayer  un 

l'ays. 

On  dit  figurément,  que  Le  vent  nu  Noril 
balaye  le  Ciel,  pjiu-dire,  qu'il  en  chasse  Ils 
imagos. 

IÎAI.AÏK,  Éi;.  participe. 

HALAYIÎUU,  KUSi:.  s.  Çui  balaye. 

BALAYURES.  ».  f.  pi.  Les  ordures  qui  ont 
été  amasse'cs  nvcc  le  bal.ii. 

Balayures  de  mer.  Certaines  cliosrs  que  la 
mer  jette  sur  «îs  bords. 

B  ALBU  i'Ili.VIENT.  s.  m.  (  Le  1  se  inunoncc 
cnninie  un  C.)  L'action  de  balbutier;  le  déi'aul 
ilWganc  ((ui  fait  balbutier. 

BALBL'TlliU.  ï.  n.  (Le  T  se  prou,  comme 
unC.)  Prononcer  imiiarfaitcroent,  en  hésitant 
et  en  articulant  avec  peine.  Un  enfant  qut 
lommeace  à  balbutier.  Cet  domine  ne  jait  i(uc 
balbutier. 

Balbi;tif,h,  se  dit  aussi  figurém.,  pou.-  dirr, 
Parler  sur  quelque  sujet ,  confusément  et  sans 
copnoissance  suffisante.  Il  a  voulu  parler  sur 
cette  affaire,  et  il  n'a  fuit  que  balbutier. 

D.\LBi;TiEn  ,  est  quelquefois  actif.  Il  n'a  ftit 
«ne  balbutier  son  compliment ,  son  rôle. 

Baibutié,  ée.  participe. 

BA1,GUIS.  s.  m.  Saillie  coustruite  en  pierre 
ou  en  bois  sur  la  façade  d'un  bâtiment,  coninui- 
nénient  soutenue  par  des  colonnes  ou  des  con- 
soles, et  conunuucincnt  cmourée  d'une  balus- 
trade. L'alcon  doré.  Les  Dames  ctoicnl  sur  les 
balcons  à  voir  le  Carrousel. 

Ou  appelle  aussi  lialeufl,  La  f;rille  de  fer 
qu'on  met  U  une  fenêtre ,  quoi.iu  il  n'y  ait 
aucune  saillie. 

BALDAQUIN,  s.  m.  Dais  qu'on  porte  sur 
le  Saint  Sacrement  dans  les  Processions.  Ce 
mot  es;  pris  de  l'Italien  ,  et  n'est  guère  d'usage, 
en  Fran</'jis,  que  pour  un  ouvrage  d'Arcliile.c- 
tttre  qui  est  orne  de  colonnes ,  et  qui  sert  à 
environner  et  à  couvrir  l'Autel  d'une  liglise, 

On  dit  aussi.  Le  baldaquin  d'un  catafalijue, 
et  un  lit  à  baldaquin. 

B.\LI•"I^■E.  s.  f.  Poisson  de  mer  d'une  gran- 
deur extraordinaire.  Côte  de  fculeiMC.  Huile  de 
baleine.  Aller  à  la  pèche  des  baleines,  à  Ui 
pêche  de  la  baleine. 

On  appelle  aussi  Baleine,  ij.ie  espèce  de 
corne  pbantert  forte,  tirée  des  fanons  ou  barbes 
de  la  baleine.  Il  n'y  a  pas  assezde  baleine  dan: 
ce  corps  de  jupe.  Buse  de  baleine. 

Bai.eiNk,  en  .\strouoraie,  est  le  nom  d'unt 
constellation  de  l'hémisphère  méridional. 

B.VLI'.lNi;,  K!i.  adj.  qui  ne  s'emploie  guèr« 
que  dans  cette  phrase,  Corps  fcuieinc,  pou. 
dire,  Un  cor()s  garni  de  baleine. 

BALKINliAl..  subst.  masc.  Le  petit  de  l.i 
baleine. 

BALENAS.  s.  m.  Membre  de  la  Baleine.  (Jn 
prtîlend  que  c'est  le  seul  poi.sson  qui  engendre 
comme  les  animaux  terrestres. 

BALÈVKK.  6.  f.  Lèvre  d'eu  baiî.  En  Archi- 
tecture, O  «lui  passe  d'une  pierre  près  d'un 
joint  d.ins  li  ilouello  d'une  voùlc  ou  dans  le 
parement  d'un  mur. 

U.VLL  9.   m.  Nom  d'une  Lingue  savante 


BAL 

dfins  laquelle  sont  (.'crits  les  iirliicîpauv  livres 
ii(.'s  Itrames. 

lîALISK.  8.  f.  Pieu,  fascine,  ton  m  au ,  ou 
nuire  marque  que  l'on  met  à  l'cntrco  tlts  ports, 
ou  à  renibouchuredes  rivières,  et  autres  lieux, 
pour  montrer  les  endroits  où  il  y  a  du  péril.  // 
y  a  là  un  banc  l'e  sable,  il  fntt -y  mettre  des 
balises.  On  met  ordinairement  des  tonneaujc 
pour  setvir  de  balises.  En  quelques  rivières, 
comme  d;ins  lu  l.oire,  on  n? et.  des  balises  pour 
marquer  les  endroits  où  il  y  a  assez  d  eau  pour 
!e  passa;;!'  des  bateuux. 

BALISEUR.  s.  m.  Celui  qui  veille  ù  ce  que 
les  riverains  laissent  dïx-liuil  pieds  sur  les))ords 
iic.5  rivières  pour  la  navigation. 

lîALîSIi^H.  subst.  m.  Plante  des  Indes.  Ses 
Beincnces  cent  si  dures,  qu'elles  peuvent  servir 
de  balles  «»  mousquet,  Quelques-unes  des  espaces 
lie  cette  plante  portent  des  (leurs  d'un  très- 
beau  rouge. 

lïALlSi'ii.  s.  f.  Machine  de  guerre  usitée 
chez  les  Anciens.  Ou  s'en  servoit  dans  les  siéf^es 
pour  lancer  des  picires,  des  torches  allumées, 
L-t  autres  matières  combustibles. 

BALIVAGE.  sul)St.  m.  Choix  et  marque  des 
baliveaux  qui  doivent  être  conservés. 

BALIVEAU,  s.  m.  ^Vrbre  réservé  dans  li 
coupe  des  bois  taillis,  pour  le  laisser  croître 
comme  les  arbres  de  hayte  futaie.  Jeunes  bali- 
veaux. Il  faut  réservet  tant  de  baliveaux  par 
arpent. 

BALIVERNE,  s.  f .  Sornette ,  discoiu-s  fri- 
vole et  de  peu  d'importance.  Ce  qu'il  vous  dit 
lîi  est  une  /mliverne,  «ne  franche  baliverne. 
Conter  des  balivernes.  C'est  un  diseur  de  hnli- 
vernes.  Il  est  du  stvie  familier. 

BALlVERiNER.  v.  n.  S'occuper  de  baliver- 
nes. Il  ne  fait  que  baliverner.  Il  est  familier. 

BALLADE,  s.  f.  (  Un  ne  pion,  qu'un  L 
dans  ce  mot  et  les  suivans.)  Espèce  d'ancienne 
Poésie  Françoise,  composée  de  couplets  faits 
sur  les  mêmes  rimes,  et  qui  finissent  tous  par 
le  même  vers.  Voilà  une  jolie  ballade.  La  bal- 
lade est  composée  de  trois  couplets  et  d^un  envoi. 
On  appdle  Le  refrain  de  la  ballade.  Le  vers  in- 
tercalaire qui  revient  à  la  ûu  de  chaque  couplet. 

On  appelle  aussi  dans  l'entretien  oordinaire, 
Le  refrain  de  la  ballade,  Lediscours  sur  lequel 
unt!  persoime  retombe  toujours,  après  avoir 
parle  de  toute  autre  cliose. 

lîALLAKIN.  s.  m.  Espère  de  Faucon. 

BALLE,  s.  f.  Sorte  de  petite  boule,  de  petite 
pelote  ronde,  faite  de  ro^nures  d'étoffe,  recou- 
rerte  de  drap  ou  de  feutr<-,  servant  à  jouer  à  la 
?aunic.  Bd'/e  fv.irèe.  Balle  cousue.  Balle  à 
peloter.  Balle  à  jouer  parti".  Prendre  la  bail- 
lu  bond^  à  la  volée.  Aller  bien  à  la  balle. 

On  dit  au  'eu  de  Paume,  La  balle  la  perd, 
'a  balle  la  gagne,  pour  dire,  que  Celui  qui  a 
oué  la  iialle,  a  perdu  ou  gagné  la  chasse. 

On  appelle  Enfnns  de  la  balle,  Les  enfans 
l'un  Maître  de  Jeu  de  Paume;  et  figurém.  tous 
es  enfans  qui  embrassent  la  profession  de  leur 
ifcre. 

On  dit  aussi  fiî'urcm.,  Prendre  la  balle  au 
lond,  pour  (lire,  Sai->  r  liabileui''i!t  l'occasion. 


BAL 

On  dit  proverbial,  et  ligurément.  Ait  bon 
joueur  la  bulle,  la  balle  va  au  joueur.,  et  abso- 
*  lument,  La  balle  au  joueur ^  Quand  l'occasion 
de  faire  quelque  chose  de  bien  se  présente  ù 
celui  qui  est  le  plus  capable  de  s'en  acquitter. 
Et  on  dit  dans  le  même  sens,  La  balle  cherche 
le  bon  joueur. 

On  dit  fif^urém.,  A  vous  la  balle.,  pour  dire. 
C'est  ti  vous  h  dire  ou  à  faire  quelque  chose; 
c'est  vous  que  cela  regarde.  Il  a  tout  dit,  à 
vous  la  balle. 

Ou  dit  (if^urément,  J?eru'oyer  la  balle,  pour 
dire,  Se  déchar;^er  sur  quelqu'un  d'un  soin, 
d'un  embarras,  d'un  travail,  d'une  impor- 
lunité.  //  se  lutta  de  renvoyer  la  halle  à  son 
collègue. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  de  dispute,  pour 
dire,  Uiposlcr,  faire  retomber  sur  quelqu'un 
le  trait  qu'il  a  Imicc.  On  lui  renvoya  sa  balle 
Il  est  familier  dans  ces  deux  sens. 

li.VLLE,  se  dit  aussi  De  petites  boules  de 
plomb,  dont  ou  charge  certaines  armes  à  feu, 
comme  fusils,  mousquets,  arquebuses,  pisto- 
li  ts.  Balle  de  mousquet.,  d  arquebuse.  Balle  de 
pistolet.  Balle  de  calibre.  Dans  les  capitulations 
honorables,  les  assiégés  sortent  balle  en  bouche. 

On  appelle  Balles  ramées.  Deux  balles  de 
mousquet  attachées  ensemble  par  une  petite 
verge  de  fer. 

Balle,  sedit  aussi  Du  boulet  dont  on  charge 
le  canon;  mais  ce  n'est  guère  que  dans  les 
phrases  suivantes.  Canon  charqé  à  balle.  Ce 
canonportc  vingt-quatre  livres  de  balle. 

pALLE  d'avoine.  On  appelle  ainsi  La  petite 
enveloppe  qui  couvre  immédiatement  le  graiu 
de  l'avoine.  Un  oreiller  de  balle  d'avoine. 

BALLE,  s.  f.  Gros  paquet  de  marchandises, 
lié  de  cordes,  et  enveloppé  de  grosse  toile, 
pour  être  tr.ui>;porté  d'un  lieu  à  un  antre.  Faire 
une  halle.  Défaire  une  balle.  Il  a  reçu,  il  a 
envoyé  une  balle  de  L:vres. 

On  appelle  Marchandises  de  balle.  Celles 
que  vendent  les  Porte-balles,  et  qui  sont  ordi- 
niiircuumt de  moindre  vaieurque  les  autres.  Ce 
sont  des  pistolets  de  balle,  des  ciseaux  de  balle. 

Il  se  dit  figurém.  et  par  mépris.  De  personnes 
de  peu  de  consé<pience  et  de  choses  de  peu  de 
valeur.  Juge  de  balle.  Uîmeur  déballe. 

Balle.  Terme  d'Imprimerie.  Instrument  de 
bois  en  forme  d'entonnoir,  qui  est  rempli  eu 
dedans  de  laine  recouverte  d'une  double  peau 
de  numlon.  et  avec  lequel  on  touche  les  formes, 
après  l'avoir  trempédansdc  l'encre  en  le  tenant 
par  une  longue  poignée.  Toucher  une  forme 
avec  les  halles.  I.a  balle  n'a  pas  bien  prt::  rcnrrc. 

BALLEU.v.n.  Danser.  //  ne  fait  que  danser 
et  baller.  Ce  mol  est  vieux. 

Il  se  dit  en  p  irlaul  De  c-rémonics  ecclésias- 
tiques des  aneieiuies  Cathédrales,  de  certaine» 
salutations  auchœur  par  letirand-Chantre,qni 
rcssendilent  îi  une  danse  grave  et  antique.  Le. 
(irand-Chantre  hallera  au  premier  psaume. 

On  dit  qu't^n  homme  va  les  bras  ballons. 
pour  dire,  qu'il  marche  en  laissant  aller  ses 
bras  suivant  le  mouvement  de  son  corps. 

BALLET.  8.  m    Dause  figurée  et  concertée 


BAL 

tmtre  plusieurs  personnes,  i|iii  reprcsentiîquel- 
ijue  sujet  particulier. 

Ballkt,  se  dit  aussi  d'Une  espèce  d'Opéra 
loniposû  d'actes  détachés  réunis  sous  un  titre 
commun ,  ctdoDt cuatuu amtue  ime fêle.  Griiiuî 
halld.  Entrée  de  ballet.  Faire  un  ballet.  Répé- 
ter un  ballet.  Danser  un  ballet.  Un  air  de  ballet. 
Dans  ce  ballet  il  y  iivoit  une  ent:re  de  Bac- 
dtantes,  une  entrée  de^tymphes. 

BALLON,  s.  m.  Vessie  enflée  d'air  ,  et  re- 
couverte de  cuir,  avec  laquelle  on  joue  en  la 
tVappunt  avec  le  poing  ou  le  pied.  Enfler  un 
ballon.  Jouer  au  ballon.  La  languette  d^un 
ballon. 

On  dit  Enflé  comme  un- ballon  ;  et  on  le  dit 
aussi  fîgurénicnt  en  parlant  d'Un  honune  pleiu 
d 'orgueil 

Bax-lon  ,  est  aussi  Une  sorte  de  vaisseau  <i 
plusieurs  rame!>,  dont  ou  se  sert  pour  aller  sui 
les  fl(^uvps  cl  les  mers  du  pavs  de  Siani. 

Eu  Cbiniie  on  nomme  Ballon ,  Un  gros  ma- 
tras  ou  une  i)Outeille  ronde  qui  sert  de  réci- 
pient dans  quelques  opérations  chimiques. 

Bau.on  A!:ROsT.vTiQtT:,  ou  AÉnosTAT.  s.  m. 
.Machine  enllre  de  '*az  inflammable,  ou  d  tin 
autre  fluide  aérien  plus  léger  que  l'air  de  l'at- 
mosphère, et  recouverte  de  papier  ou  de  toile, 
qui  s'élève  d'elle-même  à  une  plus  ou  moini 
grande  haiilcur,  suivuut  le  degré'  de  légèreté 
de  l'air  quelle  contient.  Voyez  ^VinosxAT. 

B.U-LO>'MKR   s.  m.  Faiseur  d-*  ballons. 

B.VLLOT.  s.  m.  Gros  paquet  de  meubles  on 
de  marchandises.  Un  balloi.  de  meubles.  Vn 
ballot  de  marchandises.  Un  ballot  de  livres. 
/}»  ballots  qui  viennent  par  le  mes^agcv..  pat 
le  coche. 

On  dit  fi;;urcment  et  familièi-oment ,  VoiU 
votre  vrai  ballot^  pour  dire,  Voili  ctî  qui  voui 
est  propre,  voilà  votre  vrai  fait. 

BALLOT  lADK.  s.  f .  Tci-me  de  Slanégc.  Srmi 
d'un  cheval  entre  les  piliers,  eu  jnant  tes  quatre 
pieds  en  l'air. 

BALLOTTAGE,  s.  m.  Action  de  ballotter. 
Plusieurs  Electiotis  se  font  par  le  ballottage. 

BALLOITE.  s.  f.  Petite  balle  dont  on  s4 
sert  ptiur  donner  les  suffrages,  ou  pour  tirer 
au  sort,  loutes  les  ballottes  ont  été  en  fnvcur 
d  tin  tel. 

BALLOm-:.  Voyez  AfAanrBE. 

B.ALLO'lTi'^S.  s.  f.  pi,  Vaîsscmx  de  bois 
dans  les'-|uels  on  met  la  vendange. 

BALLOTTER,  v.  n.  Se  servir  de  ballollcs 
pour  donner  les  suflragt's ,  ou  pour  tirer  au  sort. 
It  est  de  peu  d'usage  en  ce  sens. 

On  dit  figurémcnt,  Ballotter  une  «flîiire. 
pour  dire.  I^  discuter,  ra;;itcr  de  part  et  d'au- 
irc,  en  délilwrtr;  cl  en  ce  sens  il  est  actif. 

Un  dit  6gurément  à  l'aciif.  fî<iIIof  1er  ^ut'l- 
qu'un ,  pour  dire ,  Se  jouer  du  lui ,  le  tenir  lonj;- 
icmps  on  haleine,  le  renvoyer  de  l'un  à  l'autre, 
sans  avoir  envie  de  rien  faire  pour  lui. 

Ballotteh.  V.  n.  PeloU>r ,  se  renvoyer  la 
balte,  sans  joiuT  partie. 

Baixotti:,  le.  ^Mirticipe. 

RALUtlU),  LIE,  %.  Terme  de  icépcis.  qui 
se  dit  d'Une  ;»rrsonnegioMicreeisiupide.  C'est 


B  A  IN 

un  gros  balourd. C'e:it  une  vraie  balourde,  une 
;  '  grande  balourde. 

BALOURDISE,  s.  f.  Chose  faite  ou  dite  sans 
esprit  et  m;d  à  propos. 

BALOunnisE.  signifie  aussi  Le  caractère  d'un 
balourd.  Cet  homme  et  d'une  grande  balour- 
dise. 

BALSAIVIINE.  s.  f .  (Dans  ce  mot  et  h-s  deux 
siiivans  ,  l'S  se  prononce  comme  un  Z.)  Plante 
qu'on  cultive  dans  les  jardins  ,  h  cause  de  la 
beauté  de  sa  fltnr. 

BAl.SaiuI(^)1  E.  adj.  des  7.  genres.  Il  si'  dit 
Des  clioses  qui  ont  une  propriété,  une  vertu. 
une  qualité  semblable  à  celle  du  baume.  Cette 
plante  a  une  odeur  halsamigue  ^  une  vertu  bal- 
samique. 

On  dit.  Lu  air  baUamiguc^  en  parlant  De 
relui  qui  s'exliaie  de  l'abondance  des  plantes 
embaumées. 

BAfiîAMITE.  Voyez  Tàsaisie. 

BALUSTRADE,  s.  f.  Assembla-e  de  plu- 
lieurs  balustres  servant  d'ornement  ou  de  clû- 
luie.  BaluslruAe  de  marbre. 

On  appelle  aussi  Balustrade ,  Toute  sorte  de 
rlôlure  qui  ist  à  jour,  à  hauteur  d'appui. 

B.VLUSTRE.  s.  m.  Sorte  de  pt^it  pilier  fa- 
ronné.  Balustre  de  marbre,  Balustre  de  bronze, 
{îahistrt  bien  tourné. 

Il  se  prend  aussi  pour  Un  assemblage  de 
rlusicurs  baluslri  s  servant  de  clôture  dans  ime 
Kglise .  ou  dans  une  chamlire.  Balustre  d'AutcL 
Le  balustre  de  la  chanibrt  d^un  Prince. 

BALUSÏRER.  v.  a.  Orner  d'une  Balustrade. 

lÎAïASTnÉ,  EL.  participe 

BAL/^AX  a;!i.  Il  se  dit  d'Un  cheval  noir  on 
liai,  qui  a  des  marques  blanches  aux  pieds. 

BALZ/V^E.  s.  f.  Marque  blanche  aux  pieds 
d'un  cheval. 

B  A  M 

BA  M  !)!>'.  s,  m.  >'oni  qu'on  donne  à  un  en- 
iàut.  Tl  est  familier. 

BAMBOCHADE.  s.  f.  >'ora  qu'on  donne  à 
lertains  tableaux  dans  le  génie  grotesque.  Com- 
position de  sujets  populaires  tt  d'une  nature 
ba.sse. 

BAMBOt:ilE.  s.  f.  Marioirfictte  plus  grande 
ijuc  les  marionn<'ttes  ordinaiies.  Faire  jouer  r/c'.< 
bamboches. 

Bamboche,  se  dit  aussi  d'Une  personne  de 
petite  taille.  Cette  femme,  cette  fille  n*est  qu'une 
bamboche.  Cet  homme  est  proprement  une  bani 
boche. 

BAMBOCHE,  s.  f.  Sorle  de  canne  qui  a  d.'- 
nœuds  .  et  qui  vient  des  Indes.  Quelle  canut 
avez-J>ous  là?  C^est  une  bamboche. 

BA:\inuU.  s.  m.  Arbre  des  Indes.  Il  tient  de 
la  nature  du  roseau.  Il  pousse  une  si  grande 
quantité  de  jci.«,  et  si  pressés  les  uns  contre  les 
auin'S,  qu'ils  forment  des  forcis  pres<pie  inqi.'- 
nétrablcs.  Canne  de  bambou.  Etui  de  hambru. 

BAN 

BAW.s.m.  ^'andempnlfjitàcri  public,  ponr 
rrdonner  ou  pair  dâfendru  qnelque  clio^e.  On 
a  publié,  bntf.i  nu  b^in  dans  tonte  Varmce^  afin 


BAN  1.9 

que  tout  le  monde  en  soit  averti.  Et  dans  le 
même  sens,  on  appelle  Ban  (/cvenJtmne,  La 
publication  du  jour  où  la  vendange  s'ouvrira; 
Ban  à  vin  ou  Cti/ii-in,  La  publication  du  jour 
où  il  sera  permis  aux  particuliers  de  vendre  leur 
vin  nouveau. 

Il  signifie  aussi  La  proclamation  qui  se  fait 
dans  l'Éi^lise,  pour  avertir  qu'il  y  a  promesic 
de  mariage  entre  deux  personnes,  ou  que  qtîel- 
qu'un  va  s'engager  dans  les  Ordres  sacres.  On 
a  jeté  le  premier  ban.  Publier  des  bans.  Obte- 
nir dispense  de  ses  bans.  Dispenser  des  bans. 
yicheter  des  bans. 

H  se  dit  aussi  De  rassemblée  de  la  Noïd-ssc, 
lorsqu'elle  est  convoquée  par  le  Prince  pour  le 
ervirà  la  guerre.  Corifo^er  le  Bim  eï  J',-/rrièrc- 
ban.  En  ce  sens,  on  ne  dit  guère  Ban  sans  y 
ajouter  Arrière-ban. 

On  appelle  Fowr  ù  ban^  Moulin  à  ban.,  etc. 
Le  four,  le  moulin  auquel  un  Seigneur  a  droit 
d'assujettir  ceux  rpii  sont  dans  l'étendue  di*  sa 
Seigneurie. 

Ban,  signifie  aussi  Exil,  bannissement,  i'ap- 
ycl  de  ban.  Il  lui  a  été  enjoint  de  garder  son 
î»im,  à  peine  de... 

On  dit,  -Vctlre  un  Membre,  un  Vossul  de 
l'Empire  au  ban  dt  l'Empire,  pour  dire,  I^ 
d^rhirer  déchu  de  sr^s  dignités  et  de  ses  droits, 
et  le  proscrire;  et  dans  un  sens  à  peu  près  pa- 
reil. Mettre  une  Ville  au  ban  de  VEmpire,  au 
han  Impérial, 

B.VIVAL,  ALE.  adi.  Terme  qui  se  dit  Des 
choses  tx  l'usage  desquelles  le  Sci;;neur  de  Fief 
u  droit  d  assujettir  ses  vassaux,  afin  qu'ws  lui 
payent  certains  droits.  Foor  banal.  Moulin  ha- 
nal.  Pressoir  banal.  Taureau  banal. 

On  ap])e]Ie  figurém..  Témoin  banal,  Celui 
qui  est  toujours  prêt  h  servir  de  témoin  à  tout 
le  monde.  El  on  dit  dans  le  même  sens,  Cou- 
lion  tonale,  galant  banal. 

On  le  fait  synonvme  de  Trivial.  Excessive- 
ment commun.  Louanges  banales.  On  lui  a  fait 
\in  compliment  banal,  qu'On  adresse  a  tout  le 
monde  en  pareil  cas.  Cette  invention  est  banale. 

BANALFI'É.  s.  f.  Le  droit  qu'a  le  Seigneur 
de  Fief  d'assujettir  ses  vassaux  à  moudre  à  son 
moulin,  à  cuire  h  son  four,  etc. 

BANANIER,  ou  Ficrirr.  d'Adam,  subs.  m. 
Plante  fort  commune  dans  les  Indes  OrienLiIcs 
et  dans  les  Indes  Occidentales.  Ses  feuilles  ont 
jusqu'à  sept  ou  huit  pieds  de  hauteur.  Le  Ba- 
nanier porte  nn  fruit  nommé  Banane,  tl  qui 
est  bon  h  manger. 

BANC.  s.  m.  Long  siège  où  plusieurs  per- 
sonnes se  peuvent  asseoir  à  côte  l'une  de  l'autre. 
Banc  de  menuiserie.  Banc  garni  de  tapisserie. 
Banc  de  pierre.  Banc  à  dos. 

On  appelle  Banc  de  Galère  ^  Une  longue 
pièce  de  bois  couverte  de  cuir,  sur  Inqnelln 
sont  assis  plusieurs  forçats  pour  tirer  à  la  même 
rame.  On  dit  aussi  quelquefois ,  qu'L'n  coup  de 
canon  a  etnpnrté  tout  un  hanc,  pour  ilî.T.qft'Il 
•  emporté  tous  les  forçnL<î  d'un  nicmc  banc. 

Un  appelle  Banc  dEqVse.  Un  espace  ordî- 
unij  ement  entouré  de  meniriseri/»,  on  nne  ramiitt.' 
a  droit  de  se  mettre  poiira5si>trr  au  Srrrifc  di- 


lao  BAN 

vin  ;  cl  Banc  de  Procureur  j  Banc  d'Avocat  . 
L'endroit  dans  la  Salle  du  Palais  où  un  Procu- 
reur, un  Avocat  donne  reude/.-vous  i  ses  Par- 
ties. 

On  appelle  encore  Banc  d'ïlippocrate.  Unr 
C3prce  de  bois  de  lit.  dont  on  se  servoil  antur- 
ibis  pour  réduire  les  luxations  el  les  fractures. 

Ou  appelle  au  Palais,  Grand  Banc,  I.e 
Corps  des  Présidens  ù  Mortier; cl  en  ce  sens  nn 
dit.  que  Le  Grand  Banc  ne  se  sépare  yonit. 

Kn  parlant  Des  cérémonies,  on  appelle  fîufir, 
I.a  jilflcc  destinée  h  certain  ordre  de  personnes. 
Le  banc  de  la  ^ohlesse.  t.c  honc  des  Députes 
des  Villes. 

On  dit  dans  les  Universités,  Être  sur  les 
hancs,  se  mcllrc sur  les  bancs,  pour  dire,  Fré- 
«juenter  les  classes  où  Ion  argiunente. 

Banc,  signifie  aussi  Un  écueil,  une  rorlic 
tachée  sous  l'eau,  ou  un  grand  amas  de  sahie 
dans  la  mer.  Ce  vaisseau  a  échoué  sur  des  bancs 
de  snhle.  Une  mer  pleine  de  hancs. 

BA^CAL,  ALE.  adj.  Il  se  dit  popul  lirement 
dans  le  même  sens  qu  on  dit  Bancroch:.  Il  est 
aussi  substantif. 

BANCROCHE.  adj.  des  2  ^.  Terme  de  déni- 
gn.Mïient,  qui  ne  s'emploie  «jue  dans  le  style  fa- 
milier, et  en  parlaut  d'Une  personne  qui  a  les 
jambes  tortues.  Il  est  aussi  substantif. 

li.'ilSDAGE.s.  m.  Bande,  lien  qui  sert  .1  ban- 
der. Faire  un  bandage.  Délier  un  bandage. 

U  se  prend  aussi  pour  La  façon,  la  manit^re 
de  bander  quelque  chose,  Vn  des  grands  se- 
crets de  l\iri  des  Chirurgiens,  c'est  le  bandage. 

Bandage,  se  dit  aussi  en  parlant  De  rouei 
et  d'autres  machines  semblables,  pour  sîj;nifier 
Les  bandes  de  fer  ou  d'autre  métal  qui  les  en- 
tourent, et  qui  les  serrent  pour  les  tenir  en  état. 
Le  bandage  de  ces  roues  ne  vaut  plus  rien. 

Bandage.  Instrument  composé  d'un  fer  sou- 
ple, garni  d'une  pelote,  et  qu'on  attache  avec 
une  courroie  autour  des  reins,  pour  conlcnir 
les  hernies  ou' descentes.  Bandoqc  simple  y  est 
Celui  dont  on  se  sert  pour  la  descente  qui  n'est 
que  d'un  coté;  Bandage  double,  est  Olui  qui 
est  garni  de  deux  ]  elotcs  contre  la  double 
licrnie. 

BANDAGISTE.  s.  m.  Ouvrier  qui  fait  les 
bandages  contre  les  hernies.  On  appelle  Cbi- 
ruro'ft  Bandagiste,  Celui  qui  s'occupe  de  la 
perfection  des  bandages,  et  qui  les  appli'jue. 

ti.<NDE.  s.  f.  Sorte  de  lien  plat  ;t  idigc 
pour  envelopper  ou  serrerqucjr|ue  chose.  Bande 
d^écarlatr.  Bande  de  toile.  La  handed''une  plaie. 
Bande  de  fer.  Bande  de  cuivre. La  bande  d'une 
saignée.  Sa  bande  s'est  défaite. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  ornement  plus  long  que 
large,  qu'on  joint  à  des  meubles.  Bande  de  ta- 
pisserie. Bande  de  l'clours.  Un  lit  par  bandes. 

Bande,  signifie  aussi  Les  côtés  intérieurs  d'un 
Bithird.  Les  guatre  bandes  d'un  Billard.  Il  faut 
toucher  la  bande.  Cette  bande  fiit  sauter. 

Bande,  en  termes  de  Blason,  signifie  Une 
des  pièces  de  l'Écu,  laquelle  va  du  haut  de  la 
partie  droite  de  l'Ecu  au  bas  do  In  partie  gauche. 
/{  porte  de  gueules  à  la  bande  d'or. 

BÂTJOË.  s.  f.  TroQp«,  compagnia.  Bande 


CAN 

hoyeuse.  Vue  bande  ù'yfrchers.  Une  bande  de 
voleurs.  Vue   bande   de  gens  de  guerre.  Les 
ovieaux  vont  par  bandes ^   tous  d'une  hande.    ' 
lue  hande  de  l'iolons. 

On  disoit  autrefois,  Les  Bandes,  ptïur  dire. 
L'Infanterie.  Et  ou  dit,  Le  Pre\'ùt  des  Bandes. 
pour  dire.  Le  Pre\ôt  de  l'Armée. 

U  signifie  aussi,  Parti  ou  Ligue.  Il  est  d'une 
autre  bande. 

Ou  dit,  Faire  bande  à  part^  pour  dire,  Se 

séparer  de  ceux  avec  lesquels  ou  est  en  société. 

<  >n  dit  en  termes  de  Marine,  Bande  du?iord. 

Bande  du  Sud^  pour  dire,  Le  côté  du  Nord,  le 

côté  du  Sud.,  par  rapport  h  la  Ligne. 

On  dit  encore, qu'L'i  vaisseau  est  à  la  hande, 
pour  dire,  qu'il  est  siu  le  côté. 

Bandes  ut;AM£HiE*i.ES,  en  termes  d'Ana- 
[omie,  Ce  sont  trois  bandes  adhérentes  h  la  lu- 
niqxie  membraneuse  ou  commune  du  cœcum. 

11A.\DE.\U.  s.  m.  Bande  qui  sert  à  ceindre 
le  front  et  la  tête.  Bandeau  de  Ungc.  Bandeau 
de  cièpe.  Bandeau  de  iielinicuse.  Bindeau  de 
veuve. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  Jjande  qu'on  met  sur  les 
veux  de  queltpi'un  pour  l'empêcher  de  voir. 
Les  Peintres  et  les  Poètes  représentent  l'Amour 
avec  un  bandeau  sur  les  yeux. 

On  dit  figurém.  y^voir  un  bandeau  sur  les 
yeux  y  pour  dire,  >'e  voir  pas  quelque  chose, 
parce  qu'on  est  préoccupé  ;  et.  Arracher  leban- 
deau,  faire  tomber  le  bandeau  de  dessus  les 
Yeux  de  quelgu''un  ^  pourdire,Lui  faire  voir  ce 
qu'il  ne  voyoi't  pas,  le  détromper. 

Bandeau  r  su  prend  aussi  pour  LcDîaâême  , 
dont  anciennement  les  Rois  se  ceigm*;ent  la 
tète  ;  et  il  ne  se  met  guère  sans  lépithète  de 
Royal.  Ceindre  le  Bandeau  Royal. 

BANDELETTE,  s.  f .  diminutif.  Petite  bande 
avec  laquelle  on  entoure  eton  lie  quelquerhose. 
(ne  bandelette  giiî  serre  trop.  Les  bandelette.-^ 
d'un  maillot. 

U  se  dit  aussi  De  certaines  petites  bandes 
rpii  étoîent  attachées  à  la  coiffure  des  Prêtres 
des  faux  Dieux,  et  de  celles  dont  ou  ornoit  les 
victimes, 

BANDER.  V.  a.  Lier  et  serrer  avec  une  bande. 
Bander  une  plaie. 

Il  signifie  aussi.  Mettre  un  bandeau  sur  les 
yeux.  Bander  les  yeux  à  un  Trompette  que 
Von  reçoit  dans  une  Place  de  guerre.  Bander 
tes  yeux  d'un  criminel  à  gui  on  va  couper  le 
cou.  Il  faut  bien  bander  le  C olin -  maillard  ^ 
de  peur  gu^il  ne  "joic. 

BANDEn  ,  signifie  aussi  ,  Tendre  quelque 
chose  avec  efTorl.  Bander  un  orc,  une  arbalète. 
.ni  ressort, Bander  un  pistolet.  Lèvent  handvit 
les  voiles. 

On  dit  proverbialem.etfigurém.  Bander  son 
esprit,  avoir  l'esprit  bandé,  pour  dire,  S'appli- 
quer, être  appli(]ué  àquelquc chose  avccgrande 
coQlcntion  d  esprÏL 

ÎÎANDF.n  ,cst  aussi  tin  terme  de  Jcude  Paume. 
Et  on  dit,  iiïindcr  une  huUcyOU  absoUiment , 
Bander^  pour  dire.  Pousser  avec  la  raquette 
dans  les  filcUi  une  balle  qui  roule  sur  le  pave. 
Oo  dit  aussi  en  ce  «ens,  Jouer  à  bander-  cl 


BAN 

Bandera  Vacyiit .  pour  dire,  Jouer  .-iquipnicru 
les  frais  de  la  paume,  en  poussant  la  balle  de 
cette  sorti'. 

_On  dit  fiiîurcui.  Se  bander^  pour  dire,  S'op- 
poser, se  roidir  opiniâtrement  contre  quel«|u'un  j 
être  lout-îi-fait  contraire.  Celte  Ville  est  pleine 
de  divisions,  ils  se  sont  tous  bandés  les  uns 
contre  les  autres. 

BANDLn  ,  est  aussi  un  verl>c  neutre  ,  et  si- 
gnifie, Être  tendu.  Cette  corde  hande  trop. 

Bandé  ,  i.e.  participe. 

Il  se  dit  en  termes  de  Blason .  d'Un  écu  ou 
de  toutes  pièces  couvertes  de  baiulcs.  Bandé 
d'or  et  de  sable. 

BANDtREAU.  subst.  m.  (Gordon  qui  sert  à 
pendre  la  trompette. 

BANDEROLE,  s.  f.  Espèce  dctendard  que 
l'on  met  pour  ornement  à  diverses  choses,  t  n 
vaisseau  avec  ses  banderoles.  L  u  pain  bénit 
orné  de  banderoles. 

BANDIÈRE.  subst.  f.  Terme  dont  on  se  sert 
quelquefois  pour  Bannière.  Les  vaisseaux  ont 
mis  leurs  handiéres.  Et  l'on  dit  qu't'ne  armée 
est  campée  en  front  de  bandièrc  ,  pour  dire  , 
qu'Elle  est  campée  en  ligne  avec  les  étendarcîs 
et  les  drapeaux  à  la  tète  des  Corps. 

BANDIT,  s.  m.  Terme  dont  on  se  sert  pour 
désigner  I^s  vagabonds  malfainans.  Use  dit  aussi 
par  extension ,  des  gens  sans  aveu. 

On  dit,  VÛtc  comme  un  bandit,  pour  dire  . 
Mener  une  vie  vagabonde  .  déréglée  ,  sans 
mœurs  et  sans  décence.  On  dit  d'Un  homme 
qui  vitmal, quoiqu'il  ne  soit  pas  un  Tagabond. 
C'est  un  vrai  handit. 

B.\NJ30ULIER.  ».m.  Brigand  qui  vole  dam 
les  montai;n(S.  Il  a  été  volépar  lesbandouliers. 
Vnc  troupe  de  bandouUers.  Le  peuple  se  sert 
de  ce  mot  pour  dire,  Un  mauvais  garnement; 
C'est  un  franc  bandouUer. 

BANDOULIÈRE,  s.  f.  Large  bande  de  cuir, 
qui  passe  de  l'épaule  gauche  sous  le  bras  droit. 
el  qui  sert  aux  Cavaliers  pour  porter  leur 
n:onsqueton,  et  aux  Fantassins  pour  y  attacher 
leur  fourniment.  Ce  Cavalier  portoit  son  mous- 
queton  pendu  à  sa  bandoulière.  Vn  Soldat 
sans  handoulièrc. 

On  dit,  Donner  la  bandoulière  à  quclquun, 
pour  <lire  ,  L'établir  Garde  dans  une  Terre; 
Pocter  la  bandoulière,  pour  dire.  Être  Garde; 
et  Oter  la  bandoulière  à  un  Garde^  pour  dire. 
Le  Casser. 

BANDUKE.  s.  f.  Plante  d'Amérique.  Elle 
ressemble  h  la  (icntiane  par  sa  semence,  et  par 
son  fruit ,  <|ui  fournit  une  liqueur  très-agréable 
.1  boire.  Ses  feuilles  rafraîchissent,  et  sa  racine 
est  astringente. 

B.\N1.ANS.  subst.  m.  pi-  Idolâtres  des  Indes 
Orientales,  qui  croient  i  la  Met-  mpsycosc. 

BANLIEUE,  s.  f.  Une  certaine  étendue  de 
pays  qui  est  autour  d'une  Ville,  et  qui  en  dé- 
pend. La  banlieue  de  Paris.  La  banlieue  de 
Rouen.  Ce  Village  est  dans  la  banlieue  deParis. 

BANNE,  s.  f.  (  On  ne  prononce  qu'un  N 
c'ans  ce  mot  et  les  suivans.)  Grosse  toile  qui 
sert  ordinairement  ^  couvrir  les  grains  et  les 
autres  marchandises  qui  sont  d^ms  les  bateaux. 


BAN 

liJettre  une  hanîte  sur  un  bateau^  tle  peur  de  Ut 
pluid  OU  de  lu  chaleur. 

Il  si;;nifie  aussi  Une  espèce  de  grande  inannc 
fait:  de  hriiiiclinge. 

BAN  NKR.  V.  a.  Couvrir  quelque  cliosc  uvc»: 
uae  l}4iime. 

BASNt:,  Ie.  participe. 

BAN.NERET.  adj.Unappeloit  autrefois  ainsi 
Celui  qui  avoit  druit  de  banuièrc  à  la  guerre. 
Seiqneur  hanneret.  Chevalier  hunneret. 

BA>'NETO>.  s.  ni,  Espèce  de  conVe  pcrcJ 
qui  sert  îk  conserver  le  poisson  dans  l'eau. 

BANNIÈRE,  suhst.  f.  Euscigue,  Drapeau, 
Étendard. 

Anciennement  on  np|>eIoit  de  ce  nom  l'En- 
seigne du  Seigneur  de  FiL-f ,  sous  laipiellc  se 
rangcoient  ses  Vassaux,  lorsqu'ils  alloient  «i  la 
guerre.  Et  ce  mot  ucst  plus  d  us;ige  en  cette 
acception  que  dans  ce  pruvcrbe.  Cent  ans  han- 
mère,  cent  ans  rivière,  par  lequel  on  marque 
les  cliangemenâde  furtuiiequi  arrivenldans  in 
familles. 

A  présent.  Bannière  signifie  l'Enseigne  ou 
l'Étendard  d'un  vaisseau  ou  d'une  galère,  pat 
lequel,  quand  il  est  arboré ^  on  reconnoit  de 
quelle  nation  est  le  vaisseau,  s'il  est  t'rani^-ois  , 
Espagnol,  Anglois,  Ilollandois ,  etc.  Arborer 
la  bannière,  'i'rti/itjuer  sous  la  bannière  de 
France.  On  dit  géncralemcnt  aujourd'hui  Pa- 
villon. Voyez  ce  moL 

U  signifie  aussi  l'Étendard  d'une  Église, 
d'une  Confrérie,  que  l'on  porte  aux  Pioces- 
•îons.  La  croix  et  la  bamuèrc.  La  bannièn 
dune  i'urois.<tr.  La  bannière  d'une  Confrérie 

On  dit  pro\crltijl..  ailler  au-devant  de  quel 
quun  avec  la  croix  et  la  bannière^  pour  dire, 
Lui  faice  tu»e  nVeption  honorable. 

On  dit  familièrmi.  cl  fii^urém.,  Se  ranqef 
$ous  ht  bannière  de  quclquunj  pour,  Se  ranger 
de  son  parti. 

DANMR.v.  a.  Condamner  par  autorité  de 
Justice  à  SOI  tir  d'un  iLtat.  d'tme  Province,  d'un 
lU-Siiort,  etc.  Bannir  à  son  de  trompe.  Bannir 
u  temps.  Bannir  à  perpétuité.  Bannir  d'un 
Hc^sort.  Dannir  du  t'oyaume. 

Il  signifie  aussi,  Chasser,  éloigner,  exclure. 
H  faut  bannir  les  mtdisans  des  bonnes  com- 
p'iffniet.  Bannissons  les  fripons  de  notre  50- 
cièlè.  Et  on  dit.  Se  bannir  d'une  compagnie , 
pour  dire,  ^'ahsleuir  d'y  aller. 

CA:<ain,  daiks  le  sen<t  d éloigner  de  soi,  se 
dit  fiyurém.  De  diverses  choses,  /bannir  ie  vice. 
Banmr  toute  crainte^  toute  honte.  Bannir  U 
chagrin  de  son  esprit.  Bannir  un  inqrai  de  sa 
mémoire, 

Cashi,  ie.  pailieipe. 

Il  est  aussi  sul>stanttf.  Obtenir  U  rappel 
Sun  banni  Un  misérable  banni. 

On  dit  d'Un  bonime  odienx  et  méprise,  h 
qui  toatrs  les  portes  sont  fermées,  qu'il  est 
èunïii  iJc  purfouf;  et  d'Une  opinion  générale- 
ncnl  abandonnée,  t'etlc  opinion^  ce  système 
e  t  banni  de  toutes  les  Ecoles. 

BANMSSABLE.  adj.  des  %  genres.  Qui  doit 
c!  e  bjnni. 

BANMSSE.UEfrr.  ».  m.  Condamnatton  à 
Xuine  1, 


être  haini 


pai 


BAN 

autorité  de  Justice.  Être  con- 


damné  à   un    bannissement  perpétuel.    Lonn  ^j'hourré. 


BAP  121 

BANQiLTTE,cst  aussi  Une  sorte  de  banc  reni« 


baiim<si'ment. 

BA>X>rE.  s.  f.  I.e  lieu  où  un  homme  (jui 
fait  coninierce  d'argent,  exerce  sa  prol'ession. 
Porter  de  Varqent  à  la  banque. 

On  dit  d'Un  homme  voisin  de  sa  ruine,  et 
dont  les  ressources  s'épuisent,  Que  sa  banque 
est  a  fond^  est  à  sec. 

U  se  dit  plus  ordinairement  De  l'éuit  et  de 
In  fonction  de  celui  qui  fait  un  tel  commerce. 
Tenir  la  banque.  Faire  la  banque,  ienîi 
banque  ouverte.  Ce  Néqcciant  e^ttend  bien  la 
batique. 

Banque,  signifie  aussi,  Vnef  aisse  pulili-jne. 
tenue  sons  la  dircetion  des  .M;igistrals,  et  dans 
laquelle  l'argent  des  particuliers  est  en  d>pôt. 
La  Banque  deVenise.  La  lianque  d\-imslerdam. 

Ba.:<>l'E,  en  de  certdns  Jeux  de  cartes  on 
autres  ;  se  dit  Du  foiids  d'argent  <p:fi  celui  qui 
lient  le  jeu  a  devant  soi ,  pour  payer  ceux  qui 
gagnent  contre  lui.  La  banque  ef^t  considérable. 

BANOUEROUTE.  s.  f.  Faillite  que  font  les 
Kégocians  qui  manquent  à  paser  leurs  créan- 
ciers par  insolvabilité  feinte  ou  véritable.  Ban- 
queroute frauduleuse.  Faire  bauquerotife. 

l\  se  dit  dans  un  sens  plus  étendu.  De  l'a- 
bandon qu'un  liomnie  fait  de  tous  ses  biens  à 
ses  créanciers,  faute  de  les  pouvoir  payer.  Il  a 
tant  fait  de  folles  dépenses  ^  qu^il  a  été  oblinéde 
faire  banqueroute. 

On  dit  fi;^urément  et  familièrement,  Faire 
')<inq«cr«"*Ie ,  pour  dire,  .Mai'^uer  à  ce  tja'on  a 
promis,  il  ùrvcit  etrr  de  nvtre  partie^  m^is  il 
nous  a  fuit  banqueroute  ;  et  Faire  banqueroute 
ù  l'honneur^  pour  dire,  Manquer  à  son  hon- 
neur, n.;ir  contre  son  devoir. 

BANQUEROUTIER,  s.  ni.  Négociant  qui  a 
fait  banqueroute,  et  géuéralenient  tout  d*'bi- 
Leur  qui  ahandoune  ses  biens,  et  en  fait  cession. 
On  cundamnoit  autrefois  les  banqueroutier i 
^audu/eu,T  au  pilori  et  Ou  qibet.  On  dit  Ban- 
ijueroutiére  dans  le  m^mc  sens. 

BANQUET,  s.  m.  Festin,  repas  ir.agnifitiue. 
Banquet  somptueux.  Assister  à  un  banquet. 

On  appelle  Le  banquet  des  sept  Sages.  Le 
repas  où  on  dit  que  se  irouvèrent  les  sept  Sagffs 
de  la  Gr^ce.  Et  en  Poésie  on  dit,  Le  banquet 
dcsDieux^  pour  dire.  Le  repas  où  l'on  sup- 
posoit  que  les  Dieux  se  Irouvoient  avec  Jupiter. 

On  nomme  Banquet  Royal  ^  'Ju  repas  de 
cérémonie,  où  le  I\oi  mange  nn  public  avec 
toute  sa  famille  et  tous  tes  Princes  et  Princesses 
du  sang. 

En  termes  de  Dévotion  ,  cm  dit ,  Le  banquet 
des  i^/iis,  le  banquet  de  V.igneau,  pour  dire. 
La  joie  de  la  béatitude  céleste.  Et  on  appelle  la 
Sainte  ('omniunion,  Le  sacré  banquet. 

BANQl'ETER.  v.  n.  Faire  bonne  chère.  On 
dit  de  quelqu'un  qui  se  trouve  fréquemment 
I  Hans  de  grands  repas.  Il  ne  fait  que  banqueter. 
Il  est  familier. 

BANnUErTE.  s.  f.  Terme  de  Fortification. 
Petite  élévation  de  pierre,  de  terre,  ou  de  ga- 


lion,  ou  le  revers  d'une  iranchée. 


On  appelle  Banquettes  ^  Les  endroits  relevés 
d'un  cliemin ,  d'un  pont,  où  il  n'y  a  que  les 
gens  de  pied  qui  passent. 

On  donne  ce  nom  aux  petits  bancs  places 
dans  les  salles  de  spectacles,  dans  les  Hiux  d'as- 
semblée, et  où  s'asseyent  les  assistans.  Dispo- 
ser des  banquettes.  Garnir  une  salle  Jf  tofi- 
oueïfes. 

BANQUIER,  s.  m.  Celui  qui  tient  banque. 
et  qui  fait  commerce  d'argent  déplace  en  place. 
Marchand  Banquier.  Les  Banquiers  de  Lyon, 
d'Anvers,  de  Paris.  J'ai  pour  tant  de  lettres  de 
change  sur  un  leA  Banquier. 

On  appelle  Banquier  en  Cour  de  Borne, 
Cm-iins  OHiciers  dont  la  fonction  est  de  faire 
venir  des  expéditions  de  la  Cour  de  Rome, 
comme  provisions  de  Bénéfices,  dispenses,  etc. 
Banquier  Expédittunn-dirc  eu  Cour  de  Rome. 

Banquier  ,  se  dit  aussi,  en  de  certains  Jeux , 
De  celui  qui  tient  le  jeu  contre  tons  ceux  qui 
veulent  jouer  avec  lui,  et  qui  a  un  certain 
fonds  d'argent  pour  les  payer  lorsqu'ils  stagnent. 
Le  Banquier  a  beaucoup  gagné. 

B.\NS.  s.  m.  pi.  Terme  de  Chasse.  Nom  qu'on 
donne  aux  lits  des  chiens. 

B.\NVTN.  s.  m.  Droit  qu'a  un  Seigneur  de 
vendre  le  vin  de  son  cru,  i  l'exclusion  de  icut 
autre,  dans  sa  Paroisse,  durant  le  temps  mar- 
jué  par  la  Coutume. 

BAP 

B.iPTÏvîVïE.  s.  m.  f  Le  P  ne  se  prononçant 
pas,  on  écrit  aussi  Ratifie.  )  Celui  des  sent  ."^a- 
fremens  de  l'Eglise  par  lequel  on  est  fait  Cliré- 
tien,  et  qui  se  confère  par  le  moven  de  l'eau 
qu'on  verse  sur  la  létr,  et  des  paroles  sacra- 
mentelles. Le  Sacrement  de  Baptême.  Le  péché 
onginel  i^ï  effacé  par  Veau  du  Baptême.  !  enir 
un  enfant  sur  les  fonts  de  Baptême.  Recevoir 
le  Baptême.  A'om  de  Bartême.  Dans  les  pre- 
miers siècles  de  l'Eglise,  en  conféroit  le  jBh/*- 
tême  par  imn^ersion.  Baptême  par  aspersion. 

On  appeîlcfigurém.Bijplemeticsnng.  Le  mar- 
tyre d'un  Ncopliyte  avunt  que  d'être  baptise. 

BAPTISER,  ou  BATISER.  v.  acl.  Conférer 
le  Ba])tème.  On  baptise  avec  de  IVuu,  au  nom 
du  Père,  et  du  Fils,  et  du  Saint-Esprit. 

Il  se  dit  quelquefois  Des  seules  cérémonies 
ipii  arcompngnent  le  Baptême.  Cet  en^int  nV.<H 
qu'ondoyé,  il  faut  U  jorter  à  l Eglise  pour  U 
baptiser. 

On  dit  par  extension  .  Baptiser  des  cloches, 
pour  dire.  Les  bénir  avec  certaines  cérémonies, 
et  leur  donner  un  nom. 

On  dit  proverbial,  et  abusivement,  fîa^'fi5Cr 
quelqu'un,  p(mr  dire,  Lui  donner  un  sobri- 
quet; et  figurera,  et  familièrement,  Bcptisfr  son 
vin ,  pour  dire,  Y  mettre  de  l'eau.  Cet  homme- 
là  n'aime  pas  à  baptiser  son  vin. 

Baptisé,  ée.  participe. 

BAPTISMAL,  ALE.  adj.  (  Le  P  et  l'S  se 
prononcent  )  Qui  appartient  au  Baptême,  qui 


zoD,  pour  tirer  par-dessus  le  parapet  d'un  ba^-    ,  donne  ie   B.qitëmc.   L'eau  baptismale.  Garder 


'rinnoceuce  baptismale. 


16 


122  RAR 

On  dit.  Les  Fonts  baptismaux ,  pour  ùirc, 
I.CS  fonis  où  1  on  baptise  ;  et  on  appcloit  au- 
trefois K(J)e  ba}>tismale,  Une  robe  blanchi' . 
cju'on  portoit  Imit  jours  durant  après  le  Bap- 
tômp. 

OAPTISTAIRE.  adj.Il  ne  se  dit  guère  qu'a 
vcc  Rcijislre  et  Extrait.  On  apiicUe  liegistre 
lUiflistaiie,  Le  Registre  où  l'on  met  les  noms 
de  ceux  qu'on  baptise;  cl  E-ilrait  Bapintairc, 
l'hxtrait  qu'on  tire  de  ce  Registre. 

Dons  ce  dernier  sens  il  est  aussi  su)-stontif , 
et  signifie  Extrait  liaplistairc.  //  juiii/îc  par  son 
Baptistiiire  cjti'il  est  majeur. 

B  U'TISTÈRK  on  BATlSltRE.  s.  m.  (LeP 
M  se  prononce  point ,  mais  l'S  se  prononce.  )  On 
appcloit  ainsi  Une  pciite  Église  qu'on  bitissoit 
nntrefois  .nupros  des  Catliédralcs  pour  y  admi- 
n-strer  le  Rnprt^me.  KcBnplistérc  dcCoustantin 
r<i  auprès  de  Saiiit-Jean~de-Latrttt. 

RAQ 

IîA(,)LET.  s.  m.  Espèce  de  petit  envier  de 
])ois ,  qui  a  les  bords  fort  bas.  Mettre  de  l'eau 
dans  un  ba(juct. 

BAR 

BARAGOUIN,  s.  m.  Langage  imparfait  et 
corrompu.  Cet  Iwmme-là  parle  nii.i,  son  dis- 
cours est  un  vrai  haranouin. 

H  se  dit  aussi,  abusivement,  Des  Lan;:;ues 
qu'où  n'entend  pas.  Je  n'crtterir^  rien  au  bara- 
qouin  de  ces  ètranners. 

BARAGOUINAGE,  ».  m.  se  prend  auiis! 
dans  le  sens  de  liararjoniit ,  mais  il  se  dit  plus 
roiiimunùnent  d'L'ne  manière  de  palier  vi- 
cieuse, embrouillée,  qui  rend  ce  qu'une  per- 
sonne dit  dilTicile  i  comprendre.  Tout  son  iJis- 
cours  n'itoit  qu'un  baratjouinaye.  H  eslfamdier. 

n.ARAGOUINER.  v.  ncut.  Parler  mal  une 
Langue.  Cet  homme  ne  fuit  que  baracjouiner. 

Il  se  dit  aussi,  abusivement,  d'Une  Langue 
qu'on  n  entend  pas.  Ces  étrangers  barajoui- 
Moicnt  entre  eux. 

Il  se  dit  par  extension  ,  pour  dire  ,  Pronon- 
rcr  confusément,  parler  ininlelliglblenieiit. /l  a 
luiragouini  son  discours.  Il  nous  a  baracjouiuè 
je  ne  sais  quel  raisonnement.  Il  est  ici  actif. 

BARAGOUINEUR,  EU.SK.  s.  Çui  bara- 
gouine, qui  parle  mal  une  Lani,'uc,  qui  la  pro- 
nonce mal.  C'VsI  un  baragouineur.  Vu  bara- 
gouineur fort  importun. 

BARAQUE,  s.  f.  Huile  que  font  les  Soldats 
pmir  se  mettre  à  couvert.  Sitôt  qu'on  j.U  ar- 
r'ivét  on  fit  des  baraques. 

C'est  aussi  un  terme  da  dénigrement,  en 
parlant  d'Une  maison  mal  bâtie-  Ce  qu'il  ap- 
pelle son  C'iiîtcuu,  est  une  baraque,  propri:- 
ment  une  baraque.  Les  donustiqucs  disent 
d'Une  Maison  où  ils  sont  mal  payés,  mal  nour- 
ris, C'est  une  iiAfaijuc. 

BAR  AÇUI'.R.  V.  ».  Faire  des  bariquefc  Son 
p]u»  grand  usaf'e  est  avec  k*  p>'onom  personnel. 
/vCj  inlilais  ii'curetil  pus  le  temps  de  se  bara- 
ijuer. 

BaïAquc,  iz.  ^lortvcipc. 

BARATTE,  s.  f.  Sorte  de  vaisseau  de  bois, 


BAR 

fait  en  forme  Je  Iniif;  baril,  plus  large  par  eu 
bas  que  par  en  liaut,  tlaus  lequel  mi  bat  lo  < 
beurre. 

CARAlTnR.  V.  a.  Remuer,  agiter  ilu  lait 
dans  une  baratte  pour  faire  du  beurre. 
Bahattf,  ke.  p.irticipc. 
BARAïnaUE.  s.  fcin.  Terme  de  Marine. 
rromperie  d'un  Patron  de  navire,  par  déguise- 
ment de  niarcliandise,  ou  fausse  r«uie. 

BAKBACA>K.  s.  f.  Petite  ouverture  prati- 
quée dans  les  murs  des  Cli-Ucaux  et  de*  Forte- 
resses ,  [lour  pouvoir  tirer  à  couvert  sur  les  en- 
nemis. 

Il  se  dit  aussi  T)e^  ouvertures  ([non  laisse 
au  nmr  d'une  lenasve  pour  récouleiuent  des 
eaux. 

BARB.ARE.  ndj.  des  2  g.  Cruel,  inhumain. 
Ame  hurharc,  Ctrur  harbore.  ?i ' attendez  au- 
cune misêru'ordc^  aucune  qnice  de  ces  (jensdù, 
ce  sont  des  qens  harbures. 

Il  signifie  figiircm.  Sauvaj^e,  qui  n"a  ni  loib, 
ni  politesse.  C'est  un  peuple  barbare. 

Baubahe,  en  malic're  de  langage,  se  dît  Des 
termes  qui  sont  impropres.  Cette  manière  de 
parler  est  barbare.  Ces  termes  sont  barbaref:. 
On  appell'i3ar/>rtre,Uue  Lan^e  qui  n'o  point 
de  rapport  A  In  nôtre,  et  qui  est  rnde  et  cboqun 
1  ort-'ille.  Les  Iroquois  parlent  une  Lannue  fort 
barbare. 

Baubaive,  est  aussi  substantif  dans  la  sij^nî- 
fîrâtion  de  Cruel ,  sauvage.  L\rruption  àcs 
barbares.  Lesiroqnois  sont  de  vrais  barbares. 
C'est  un  7^^ai  barbare.  Les  anciens  Grecs  et  les 
i.omains  trattoient  de  barbares  tous  ceux  oui 
u  eIoic?it  pas  de  leur  nation. 

BARr>ARI:::\Ili>T.  adv.  D'une  façon  'i«;ir- 
bnre.  Il  a  été  traité  barbarement.  Ces  peuples 
l'iucnï  barbarement.  C'est  parler  barbarement. 
lïARBARIvSOUli.  aJj.  des  2  g.  Qui  appar- 
tient aux  peuples  de  Barbarie,  Navire  Barba- 
resauc.  Corsaire  Barbarest^ue. 

U  se  prend  aussi  subst  intivera.  pour  sign'n 
fier  Ces  peuples  mêmes.  iJre  en  (jucrre  avec 
les  Barbarcsfjues. 

Il  sij^nifie  aussi  quelquefois.  Qui  appartient 
à  des  peiq)les  barbare?.  6' run^eur  barbarcsquc. 
Faste  barbaresque.  Dans  ces  phrases  il  est  pris 
adj.'^tivement. 

BARBAUIR.  s.  fém.  Cruauté,  inhumanité. 
Tout  le  monde  déteste  la  barbarie  de  ces  peu- 
ples,  la  barbarie  de  cet  homme-là. 

I5\nnAniE,  signifie  aussi,  ?Ianquc  de  poli- 
îoîiic.  La  barbarie  était  qrande.  en  ce  temps-là. 
Le  lio.  François  Premier  a  rétabli  les  Belles- 
Lettres  e.r,  Frimcc,  et  en  a  chœ^sé  la  barbarie. 

On  appelle  Uarharic  de  langa^e^  Les  faç»"* 
de  parler  grossières  et  impropres  dont  on  se 
seii. 

RAKBARlSMîi:.  s.  raasc.  Faute  de  diction. 
T  "  Kn  se  sel  vaut  de  mots  inu-sitcs.  comme ,  Vn 
l'fsuje  rêhaihaKiitif ,  pour,  rébarbatif  ;  Aitjle^ 
don  ^  pour.  ('r/rcr?on ,  duvet  de  eorlaîns  oiseaux 
du  Kord;  Ils  téduiraii^  pour,  ils  réduisirent  : 
a"  En  dosnant  à  de.s  mots  un  sens  contraire  an 
lH>n  usage  ,Il  a  pour  t  «u«  des  hoyatix  de  père, 
pour,  des  cnlt  ailles  de  pcrc  ■  Il  a  lôcouvort  la 


R  \  R 

vue,  pour,  il  a  recouvré  la  vue;  Z°  Fn  asso- 
ciant les  mots  d'une  manière  choquante  fl  ex- 
traordinaire, Je  suis  froid,  pour,  j'ai  froid.  Le 
barbarisme  et  le  solécisme  sont  deux  qrands 
vices  d'élocution. 

BARBF.  5.  f.  Poil  du  menton  et  des  jou*?s. 
Barhe  blanche.  Barbe  qrise.  Barbe  vénérable. 
Barbe  rase.  Grande  barbe.  Porter  la  barbe  Ion- 
fjue.  Faire  la  barbe  à  (juelipi  un.  Se  faire  la 
barbe.  Faire  sa  barhe.  Se  faire  faire  la  barbe. 
La  barbe  lui  vient.  Il  n\i  pas  un  poil  de  harbff. 
Il  a  fiit  une  recrue  de  bons  hommes  tous  por- 
tant  barbe.  Se  peindre  la  barbe.  Se  metïrc  une 
fausse  barbf.  pour  se  déguiser.  Un  bassin  à 
barbr.,  un  plat  à  barbe. 

On  appelle  par  mépris  Un  jeune  homme. 
Jeune  barbe;  et  quand  il  \eut  faire  d<'s  rlinscs 
qui  demandent  phis  de  miilurité,  plus  de  poids 
que  n'en  ont  ordinairement  les  gens  de  son 
ûgc,  on  lui  dit,  qu7l  a  la  barbe  trop  jeune  :  et 
l'on  dit,  en  parlant  d'Un  vieillard,  Barbe 
grise.  L'un  et  l'auire  sont  familiers. 

On  dit  familièn-nient,  Faire  guèlgue  chose 
à  la  barbe  de  quelqu'un  .  à  la  barbe  de  Panta- 
lon ,  pour  dire ,  Faire  quelque  chose  en  sa  pnî- 
senee,  et  comme  en  dépit  de  lui. 

On  dit,  Faire  la  barbe  à  quelqu'un ,  pour 
dire,  Exercer  la  supériorité  sur  lui. 

On  dit  proverbialem.  qu'Un  homme  rit  dans 
<:a  barhcy  pour  dire,  qu'il  est  bien  aise  de  qurl- 
que  chose,  mais  qu'il  n'en  veut  pas  faire  sem- 
blant. 

On  appelle  Barbes,  Des  b?ndps  de  toile  ou 
lîi-  dentelle,  qui  pendent  aux  rorneltes  des 
le  mm  es, 

Batibe,  se  dit  atissi  Des  longs  poils  que  cer- 
t  lins  animaux  ont  à  la  gueule.  Bmbc  de  bouc. 
Barbe  de  chat. 

Ou  appelle  Barbe  de  coq.  Les  deux  petits 
morceaux  de  cliair  qui  pendent  sons  le  bec  de» 
co  js;  Barbes  de  Baleine,  Les  fanoîis  d'une  ba- 
leine. Et  en  parlant  d'Un  turbot, d'une barbïie, 
M  de  quelques  autres  poissons  plats,  on  uppelle 
Barba,  Le»  cartilages  qui  leur  servent  de  na- 
^eoii-cs.  Servir  les  barbes  d'un  turbot. 

On  appelle  aussi  fignrrm.  Barbes  d'épi.  Les 
pointes  des  «pis;  et  Barbes  de  plume ^  Les  pe- 
tits filets  qui  tiennent  au  tuyau  des  phimfs. 

BARBE,  s.  m.  Cheval  de  cette  partie  de  la 
ri'.te  d'Afrique  qu'on  appelle  la  Barbarie.  //  a 
acheté  deux  beauv  Barbes.  Les  Barbe:  ont 
Itcaucoup  de  vito'sc.  Il  est  aussi  adiectif.  17» 
cheval  barbe. 

BARBE-DE- BOUC.  s.  f.  Phiiue  laiteuse. 
dont  en  connoit  parlirulièremenldenxesptfrs: 
l'une,  dont  les  lleutï  sont  jnunes,  croît  dans  le» 
prés  et  outres  lieux  humides;  l'autre  a  lesftenrs 
purpurines,  tirant  sur  le  bleu.  On  la  rullïv* 
dans  h's  jardins;  c'est  le  Salsifis  ordinaire.  Toutes 
deux  sont  slomarh»<pirs,  apéritives  et  vulné- 
raires. 

BARBE-DE-CHÈVnr:.  subst.  f.  Planlc  qui 
pnrie  de  petites  fleurs  blanches,  et  tire  sou 
nom   de  la  manière  dont  elles  sont   arrangées 
\  sur  les  tiges. 

DARBK-DE-JUPITER.  s.  fém.  Arbri«y'-*>i 


BAR 

gaïui  de  petites  feuilles  ai|j.entécs  ou  soyeuseî, 
et  qui  porte  ilcs  ilcnrs  Kguiiiineu^cs.  On  donne 
le  niiuic  iioiii  ù  plusieurs  autres  plantes  dont 
ie  caiacUrc  est  fuit  difT^reut. 

BAlUÎC-nii-MOLNI::  ,  ou  Gi;;CVTE.  s.  féin. 
Plant  •.  Klle  jwusse  des  filets  rou;^Ls  aussi  délits 
nue  Ivs  clic  veux,  et  qui  s  attaclKUl  ù  UiUu  entes 
surics  de  plantes. 

BARBE-DK-RtJ*'AaD.*.f.  Plante  épineuse. 
Ue  ses  tigei  découle  une  gomme  nonuniie  vul- 
gairement Gomme  adraguut.  Les  Peintres  en 
fuiil  usage,  et  clic  entre  dans  q^iclques  coiupu- 
»itionK  rnédieinales. 

SAI.NTK-BAKLiïi,  s.  fcm.  eu  termes  de  Ma- 
rine ,  Chambre  des  canonuiers  ,  l'endioit  du 
vaifcse^ju  où  l'on  tient  la  poudre.  Le  jeu  prit  ô 
In  Sainte-Burbc. 

BAUBKAU.  s.  m.  Poisson  d'eau  douce,  ainsi 
oonmié,  parce  qu'il  a  comme  quatre  barbes  ou 
mousl.'icliesàcltacun  des  deuxcét;sdc  la  gueule. 
Dtiibeuu  de  Seine. 

ll.vn  BEA t^  est  aussi  Unepetïte  plante  qui  vient 
dans  les  blés,  et  qui  porte  des  fleurs  bleues.  On 
l'appelle  quelquefois  Bluet. 

BARIiÉŒR  ou  liARIiOTER.  v.  n.  Terme  de 
Marine.  Il  se  dit  Du  vent  lorsqu'il  rase  la  voîle. 
BARCEKIE.  s.  féni.  Terme  des  Statuts  des 
rcrruquiers,  pour  sij^nilior  L'art  de  raser  et  de 
faire  les  cheveux.  Dans  quelques  communautés 
d'hommes,  lieu  où  l'on  lait  la  barbe. 

UARUKr,ErT£.s.CijieiiàpoilIongetfrisê, 
qui  va  à  lean.  Ce  barbet  vu  bien  à  l'<\iu ,  i7  rtip- 
poitebicn.  Tondreun  barhcl.  Une  belle  barbette. 
Ou  dit  fjmilièrem,  d'Cn  liomme  foit  crotte. 
qu'il  est  crotté  comme  un  buibcl  •  et  d  Cii 
bonmie  qui  en  suit  un  autre  partout ,  qu'//  U 
âuU  comme  un  barbet.  Et  dans  le  discours  la- 
niiiier,  en  parlant  dX'u  Lomme  soupçonné  de 
r.qportcr  tout  ce  qu'on  fait,  tout  ce  qu  ou  dit . 
un  dit  que  C'est  un  barbet. 

CAKBETfE.  s.  f.  Espèce  de  plate -fonn: 
sans  épaulenient,  d'où  l'on  liit:  du  cuuoa  à  dé- 
couvert. 1  irer  à  barbette. 

nARDICHO.r  s.  m.  Dimiuulif  de  Bnrbel. 
L  'I  ju'i  l'tjrbichuii. 

CVRBIER.s.  m.  Celui  dont  la  profession  est 
de  faire  la  barlie.  Barbier  Ktui,'iste.  Barbier 
Vcnui^uier.  Barbier  de  village. 

On  dit  proverbialement»  qu'î-'n  herbier  ruse 
ï^aittiCy  pnui'  dire,  que  Les  gens  d  une  même 
profession,  de  même  humeur,  se  servent  et  se 
favorisent  mutuellement. 

BAKBlhTER.  v.  a.  Knscr,  faire  lu  barln.-.  Sly  le 
familier. 

BiLBiriÉ,  F£.  pjrlicipc. 

B  \RBILLU>'.  s.  m.  Diminutif  de  Barbeau  , 

(lUIlSOQ, 

Un  appelle  austi  Barbâlon ,  Ce  qui  pend  en 
forme  de  mousUche  aux  deux  c^és  de  la  gueule 
du  barbe  lU  cl  de  qucU|ues  autres  poissons.  Ma- 
ladie qui  vient  À  U  bouche  dcs  chevaux,  des 
Ijocuiii ,  h  lu  langue  des  oÎMraux. 

BAUBO.V.  ».  m.  Vieillurd.  Terme  dont  les 
leuncs  ^tiii  et  le»  R'mnti^  «  servent  pour  railler 
les  \  ieillar.is.  Vteux  borhon.  La  jmnes  tieiis  fc  ' 


BAR 

homme   trop  séricu\  pour  son  ige  ,  on  dit  , 
qu/i  li:it  dejiï  le  barbon. 

BAKBDTE.  s.  f.  P()iss(m  de  rivière, qui  a  la 
iCle  et  h  queue  terminées  m  pointe. 

BARBOTER,  v.  n.  Mot  qui  sert  à  exprimer  ' 
!e  mouvement  et  le  bruit  i[ue  certains  oiseaux  \ 
aquatiques  fout  avec  le  bec  ,  particulièrement  1 
les  canes  cl  Jes  canards  ,  quand  ils  cherclient 
ilans  l'eau  ou  dans  la  hou>2  de  quoi  manger. 
Des  can^^  qui  barbotent  dans  une  mare. 

Il  se  dit  aus^i ,  pour,  Marcher  dans  la  boue 
humide,  s'y  crolter.  Le  jardin  est  monde,  on 
y  baibole  partout. 

BARB'JTI.UR.  s,  m.  On  appelle  ainbi  com- 
munément Cu  canard  privé.  Prendre  un  bar- 
boteur  pour  un  canard  sauvage. 

liARLOTfX'SE.  s.  f.  Raccrocheuse.  Terme 
d  injure  et  de  mépris,  en  parlant  d'Une  femme 
de  mauvaise  vie,  qui  sollicile  les  hommes  dans 
la  rue.  C'est  une  burboteuse.  Il  i>ott  des  larbo- 
Icuses.  Il  est  fuwiilir,  et  même  populaire. 

BARDOTINE.  s.  f.  Semence  menue,  amÔFC 
et  chaude,  propre  à  f^îire  mourir  les  vers  qui 
s'engendrent  dans  le  corps  humain. 

lîARDOUlI.LAOi:.  s.  m.  Mauvaise  peinture. 
Ce  n'est  pas  là  de  lu  peinture,  ce  n'est  que  du 
barbouillage. 

Il  se  dit  aussi  d'Cn  réeit,  d'un  raisormcmcnt 
embrouillé.  0"  ne  comprend  rien  à  ce  bar- 
bouiUuije. 

BAKB0UILLF:R.  y.  a.  Salir,  gâter.  Il  lui  û 
barbouillé  le  v  sage.  Se  barbouiller  les  mains. 
Il  est  tout  barbouillé  d'encre. 

BAiiuutiL  .1  11,  si{;;nitie  aussi,  Peindie  jpov- 
siercmeul  de  quelque  couleur  avec  une  bro';se. 
Barbouiller  de  noir  un  jeu  de  paume,  bar- 
bouiller un  plancher.  Barbouiller  des  portes^ 
(les  fl-nétres. 

Il  se  dit  aussi  pour,  Prot.oncer  mal,  parler 
sans  ordre.  Cet  homme  barbouille,  on  ne  t'en' 
U-nd  pas.  (^u  est-ce  qutl  barbouille?  Il  a  bar- 
bouillé tout  du  long  de  son  discours.  Il  a  bar- 
bouillé sa  haranruCj  veut  dire,  Il  l'a  mal 
prononcée. 

On  dit,  Barbouiller  du  papier^  pour  dire, 
Mal  écrire,  soit  pour  les  caractères,  soit  p(*ur 
lu  conq)o^ition.  Cet  homme  a  barbouillé  bien 
du  papier  en  sa  v/c,  et  n'a  jama-s  écrit  une 
ligne  qui  Vaille;  et,  Baroouiller  un  récit,  pour 
dire,  L'embrouiller.  Je  ne  sais  comment  il  a 
barbouillé  ce  récit,  cette  affaire. 

On  dit  Cgurément,  qu'(/n  homme  s'est  bien 
barbouille  y  pourdire,  qu'il  agile  sa  repuUtion. 
Il  s'est  bicu  barbouillé  dans  le  moiMc ,  dans  sa 
Compagnie.  M  est  du  style  fonnlicr. 
BaucoliU-É,  êe.  participe. 
On  dit  proverbialement  el  bassement, d'Une 
personne  qui  dit  quelque  chose  de  fort  dérai- 
sonnable et  de  fuit  ridicu'e,  qu'£/Je  se  moque 
de  la  barboutllée. 

Il  te  dit  aussi  De  ceux  qui,  ayant  bien  fait 
leurs  ainiires.,sc  Hioquent  de  tout  ce  qui  peut 
arriver,  el  de  ce  que  l'ou  peut  dire  d  faire.  Il 


B  A  11 


i'..3 


des  murailles,  des  i>orte8,de5  fenôtris.  J'ai  fuit 
venir  un  barbouillettr  pour  noircir  ce  jei*  de 
paume,  f:oui-  blanchir  mon  escalier. 

On  appelle  fi^urémenl  Un  mauvais  Peintre, 
Un  Barbouillfur. 

On  up|>elle  d-*  même  L'n  méchant  Ecrivûin, 
Un  Barbouilli-iw  de  papier;  cl  simplemenl, 
Vn  Barbouilleur. 

Il  signifie  aussi,  Bavard  confus,  inîntrlli- 
gihle.  Faites  taire  ce  Barbouilleur. 

BARDU,  UE.  adj.  Qui  a  de  la  barbe.  Fjie 
tout  barbu.  Cette  femme  est  barbue  comme  u  i 
homme. 

BARBUE,  s.  f.  PoUson  de  mer,  plat,  et  d'i 
genre  de  ceux  qu'on  appelle  lurbots.  Grande 
Barbue.  7  élite  Barbue. 

BA  RG.\LON.  s.  m.  Titre  du  premier  Ministre 
de  Siam. 

BARCAROLLK.  s.  f.  Chanson  Italienne, 
chantée  à  Venise  par  le  peuple,  et  surtout  par 
les  Gondoliers. 

BARD.  s.  m.  Civière  à  bras,  sur  laquelle  on 
porte  des  pierres,  du  fumier  et  autres  choses* 
Ils  ont  apporté  cette  pierre  sur  un  bard. 

BARDACÏIE.  8.  m.  Terme  obscène.  Jeune 
homme  dont  les  Pédérastes  abusent. 

BARDANE  ,  ou  Glouteron.  s.  f.  Plante 
qui  croit  le  long  des  chemins.  U  y  en  a  de  deux 
sortes,  la  grande  et  la  petite.  Elle  est  vulné- 
raire, et  a  plusieurs  autres  vertus. 

DARDE,  s.  f.  C'éloit  auli^efois  une  espèce 
d'anuure  faite  de  lames  de  fer,  pour  couvrir  le 
poitrail  et  les  lianes  d'un  thrvai. 

JUitDi: ,  aujourd'hui  ne  se  dit  plus  que  pour 
signifier  L'r.e  tranthe  de  hml  fort  mince,  doi.t 
ou  envelop[îe  des  chapons,  des  gelinottes,  des 
cailles,  et  autres  oiseaux,  au  lieu  de  les  larder. 
Une  barde  de  lard. 

BARDE,  s.  m.  Poète  chez  les  anciens  Celtes, 
dont  le  principal  ministère  étoit  de  chanter  les 
vertus  et  les  exploits  des  Héros.  Le  célèbre 
Barde  Ossian. 

BARDEAU,  s.  m.  Petits  ais  minces  et  court*, 
dont  on  couvre  les  maisons,  cl  dont  on  se  sert 
à  divers  autres  usages.  Ln  militer  de  bardeaux, 
i  ne  maison  couverte  de  bardeau.  Acheter  du 
bardeau. 

BARDELLE.  s.  f.  Espèce  de  selle  faite  de 
grosse  toile  piquée  de  bourre. 

BARDER.  V,  a.  Armer  et  couvrir  de  bardes. 
Barder  un  cheval. 

Bauder,  signifie  encore,  Charger  des  pierres, 
des  bois,  etc.  sur  un  bard.  Barder  des  pierres. 
Son  plus  grand  usage  est  poursignifier,  Couvrir 
de  bardes  de  lard.  Bardtr  un  chapon,  une  geli- 
notte^ une  caille,  etc. 

BaddÉ,  ée.  participe.  Vn  cheval  bardé  et 
caparaçonné.  Chapon  bardé.  Des  cailles  bardées. 
On  dit  d'Un  homme  qui  porte  plusieurs  dé- 
corations de  diverses  Cours,  qu*//  est  bardé  de 
cordons;  et  familièrement  d'Un  homme  qui  a 
beaucoup  de  travers ,  qui  pn''ie  beaucoup  a  la 
raillerie,  qu7/  est  bardé  de  ridicules. 

B.iRDEUR.tubfti.m.  Quipoite  un  bard.  Il 


ne  craint  rien,  il  se  moque  de  la  barbouillée. 

BARBt.'UlLLKUR,  s.  ni.  Artisan  qui  peint      fmt  avoir  des  bardeurt  pour  transporter  oes 
OMfUAMl  du  barbL^is.  En  purliut  d  Un  j  une      ;;ro*sicremeQl  avec  **ue  brosse  des  plam4iers,      pierres. 

i6. 


.2Î  BAR 

BARDIS.  s.  m.  Tenue  de  Marine.  St'paiatiou 
Ae  plniiclics  fjuon  fiât  tt  fond  de  cjIc  pour 
cliar;;cr  des  b!i*s. 

BARDCXr.  s.  m.  Petit  mulet  (jui  est  ordin.il- 
remcnt  i  la  tête  des  mulets,  et  qui  porte  le 
mulcricr  avec  ses  provisions  et  ses  ustensiles. 
Ce  bardot  est  trop  charqc. 

On  appelle  rij;uri;m.  Bardot,  Celui  sur  qui 
les  autres  se  déclinrgtnt  de  Icurticlie,  ouqti'iU 
prennent  jwur  sujet  de  leurs  plaisauleries.  C'est 
le  bardot  de  la  compucjnic. 

BAUET,  s.  m.  Cri  d'uu  Élépliant  ou  diui 
Rhinocéros. 

nARGUI(;>\V(;F..  s.  m.  Difficulté  à  se  rr- 
soudre,  à  prendre  un  parli.  Point  tant  de  har- 
guifjtuu^c.  Il  rst  du  style  funiilier. 

BARGUIGNKR.  V.  n.  Hésiter,  avoir  de  l;i 
peine  à  se  d^-terminer,  prïrticuliL-rrment  quand 
il  s'agit  d  un  achat,  d'une  affaire,  d'un  tniili'-. 
il  ne  feiut  point  barquigner  avccce  Marchand. 
Jl  a  cttj  deux  mois  à  harquirpicr  av^nt  <pie  de 
tien  conclure,  H  ne  faut  pi.mt  tant  Inirqiiiqiier 
pottr  dve  son  opinion.  A  (jnni  hon  tint  bar- 
quiqncr?  Il  est  du  stvle  familier. 

BAROUICiMiUR  ,  EUSE.  s.  Qui  Iiarsuif^ne, 
Ce  n\'st  qu'un  barquiqneur.  Cette  fi^nïnic  est 
une  qrande  bavgniqneuse. 

BARIL,  s.  m.  (On  prononce  Bari.)  Sorte 
de  j»elit  tonneau.  Baril  plein.  Baril  vide.  Dé- 
foncer un  baril. 

On  dit.  Baril  d'huile ,  Baril  de  moutarde. 
Bar  il  de  poudre.  Baril  d'olives.  Baril  de  plomb., 
Bard  d'anchois.,  Baril  de  harencjs,  etc.  pour 
dire,  Bnril  plnn  d'iuule,  etc. 

BARÏLLAR.  s.  m.  ^On  mouille  les  L.)  Offi- 
cier de  (îalère,  qui  a  soin  du  vin  et  de  1  eau. 

B.iailJ.ET.  s.  xn.  diminutif.  (  On  moniilr 
les  L.)  Petit  l)aril.  Barillet  d'u-vire.  Barillet 
d'argent. 

On  appelle  Barillet  dans  les  montres  ri 
prndules  h  ressort,  La  boîte  cylindri-pie  qui 
renferme  le  ressort, 

BARIOLAGE,  s.  m.  Asscmhl.igc  de  diverses 
rouleurs  mises  d'un"  manière  I)  zarre.  Voilà  un 
ctranqe  bariolaqe.  Il  est  du  style  familier. 

BARIOLER.  V.  a.  Peindre  de  diverses  cou- 
leurs mises  sans  règle.  Qui  est  le  barbouilleur 
€jni  a  bariolé  cette  cheminée?  Il  est  du  style  fa- 
milier. 

RAnioi.É,  t^..  participe.  On  dit,  Un  habit 
hanolc  ,  pour  dire.  Un  liahit  fait  de  <livprscs 
ptoffi-'S,  de  diverses  couleurs  mal  assorties. 

BARLKRIX.s.  f.  Pl.mt'-  d'Amiricpir,  qui  n 
pris  son  nom  de  ceini  dun  >atiiraliste  qui  la 
iipport<?c  en  I',urope  ,  le  P«Te  Barelier,  Jacobin. 

BARÏONG,  GITE,  a  Ij.  Qui  est  d'une  lon- 
gueur mal  prnportioim<f<\  Ce  bosquet  est  bar- 
lonq.  Il  est  plus  usité  en  parlant  d'habits.  Votre 
mantran  est  barlong. 

BARN.iCIIE.  s.  f.  Oiseau  de  passage  ,  cspt  d* 
d'oie  qui  se  trouve  sur  lr*s  c'jtes  di-  In  met.  Les 
harnaches  se  mangent  en  Carême  comme  le: 
niftcreu  es. 

BAROMfcXRE.  s.  m.  Instrument  st»rvant  h 
faire  connoiire  la  pesanteur  de  l'air.  E.rceilenl 
hurométre.  Ce  baromètre  est  fort  juste.  On  pr^ 


BAR  BAR 

tre , .  i  on  aura      ces,  ri  les  adjudications  des  biens  par  décret. 


l'oif  ordi)iairenient  parlebai 
de  la  pluie  ou  du  beau  temps. 

nARO?J.  s.  m.  On  appeloit  aiAsi  autrefois 
les  grands  Seigneurs  du  Royaume.  Le  lioi  et 
ses  Barons.  I.e  Hoi  assembla  ses  Barons. 

Aujourd')iui,^rtronseditd'un(;entilliomme 
qui  possède  luie  Tene  avec  litre  de  Baron  nie. 
Le  Baron  d'un  tel  lieu.  Monsicisr  le  Baron. 
Madame  la  Baronne. 

BARONNAGE.  s.  m.  État,  qualité  de  Baron. 
Slvlc  comique  ou  burlesque. 

BARONNET,  adj.  m.  (^'est,  en  Angletcne. 
le  titre  affecté  à  unOrdrt;  deClievalerie  conféré 
par  le  Roi,  mais  qui  se  transmet  aux  enfims 
du  Titulaire.  Un  Chevalier  Baronnet.  On  l'em- 
ploie aussi  substantivement.  CV-s(«nBnronner 

BARONME.  s.  f.  Seigneiîtie  et  Terre  d'un 
Baron.  La  Baronnie  d^un  tel  endroit. 

BAROQUE,  adj.  des  2  genres.  Terme  qui 
n'est  d'usage  qu'en  parlant  Des  pcrks  qui  sont 
d'une  rondeur  fort  imparOit'î.  Ln  collie*-  de 
perles  baroques. 

Bahoque,  se  dit  aussi  au  figiué,  pour  Irrc- 
gulier,  bizarre,  inégal.  Un  esprit  baroque.  L'ne 
expression  baroque.  Une  figure  baroque. 

BARQUE,  s.  f.  Petit  vaisseau  pour  aller  sur 
l'eau.  Barque  de  pécheur.  Barque  de  passage. 
Barque  longue.  Coudune  la  barque.  Cette  bar- 
que prend  l'eau.  Barque  d'avis.  Le  Patron  de 
la  barque. 

On  dit  figurëm.  Conduire  la  barque,  pour 
dire.  Conduire  quelque  entreprise,  quelque 
aHàirc;  et  quX'n  homme  conduit  bien  sa  bar- 
que, pour  dire,  qu'il  coiidutt  bien  ses  aRair^s 

BARçirr:,  dans  le  langage  poétique,  se  prend 
pour  La  naclledans  laquelle  les  anciens  Poètes 
supposoient  qu'aj)rès  la  mort  les  Tinies  pas- 
voiffit  dans  les  enfers.  La  barque  de  Caron.  La 
fatale  barque.  Il  faut  passer  tut  ou  tard  dans 
'a  barque.  Et  c'est  dans  ce  sens  et  familièrement 
qu'on  dit,  Lfl  barque  à  Caron. 

BARQUEROI-LE.  s.  f.  Petit  Bâtiment  sans 
mût,  qui  ne  va  jamais  en  h-  ute  mer. 

BARRAGE,  s.  m.  Certain  droit  qu'on  lève 
sur  les  bêles  de  sonim  •  et  sur  les  chariots  pour 
l'entretien  du  pavé  et  des  grands  chemins. 

BARRAGER.  s.  m.  O'Iui  qui  reçoit  le  droit 
de  barrage. 

BARRE,  s.  f.  Pièce  de  bois,  de  fer,  etc. 
étroite  et  longue.  Barre  de  bois.  Barre  de  fer. 
Il  serait  malaisé  d'enfoncer  cette  porte,  il  y  a 
une  bonne  barre.  Barre  (Tor,  barre  d'argent. 
On  dit  fignrément,  Cette  promesse,  ce  billet 
est  de  l'or  en  barre  j  C'est  une  jiromesse  sur  la- 
quelle on  peut  compter,  un  billi't  qui  sera  bien 
payé. 

On  dit,  qu'On  donnera  cent  coups  de  barre 
à  quelqu'un,  pour  dirc,qu'On  h-  maltraitera. 
Et  proverbial,  on  dit,  Hoide  comme  une  kcrrt 
d-i  ft-r,  pour  dire,  In(le\ib!c,  inlrailable. 

On  dit  d'Un  homme  ferme,  inébranlable, 
Cet  homme  est  une  barre. 

Jeter  la  barre,  lancer  la  harre.  Sorte  de  Jeu 
où  1  on  s'cxer^oit  aiilrcfuis. 

BAnnK,en  termes  de  Jurisprudence,  se  dit 
Du  lieu  où  se  foiu  quelque.^  instructions  de  pro- 


Sa  Charge  a  été  vendue  à  la  Barre  de  la  Cour. 
La  Barre  des  Requêtes  du  Palais,  du  Chii- 
telet. 

Il  se  dit  aussi  De  la  place  martjnee  où  on 
doit  se  tenir, soit  lorsqu'on  est  mandé  par  quel- 
que injonction  des  Magistrats,  soit  lorsqu'on  se 
présente  poor  quelque  demande.  On  Va  mandé 
à  la  Barre.  Il  a  parlé  à  la  Barre. 

On  l'emploie  dans  le  même  sens  en  parlent 
Des  Assemblées  nationales.  La  Chambre  de$ 
Communes  d'/îngleterre  fait  venir  un  Citoyen 
à  sa  Barre  pour  l  interroger  sur  les  objets  dont 
elle  s\iccupe. 

BAitnK,  Cit  aussi  le  nom  de  la  pièce  d'un 
tonneau  qui  traverse  le  fond  par  le  milieu.  Il 
juut  percer  ce  mutd  au-dessus  de  la  harre,  au- 
deasous  de  la  barre.  Ce  vin  est  à  la  barre. 

BAr.nE,  se  dit  aussi  d'Un  trait  de  plume  qite 
l'on  passe  sur  un  acte  pour  l'annuler,  ou  sur 
(jiicique pallie  d  lui  érrit  pour  refl*acer,ou  sous 
((urlques  mots  pour  les  faire  remarquer.  Tirez 
une  barre  sur  ces  mots-là  pour  les  effacer. 
Faites  une  barre  sous  ceux-ci  pour  les  faire  re- 
marquer. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  ligne  qu'on  lire  à  la  fij 
d'un  écrit  ou  d'une  liste.  Tirer  une  harre.  Tiret 
la  barre. 

BAaBE,en  termes  de  Marine,  est  Un  banc 
de  sable  qui  barre  une  rivière  ou  un  port,  en 
tout  ou  eu  partie,  et  force,  lorsqu'elle  est  con- 
tinue, d'alléger  les  vaisseaux,  ou  d'attendre  la 
marée.  La  barre  de  Baïonne,  de  San~Lucar^ 
d'Arcasse,  etc. 

BATinK,  en  termes  de  Blason,  signifie  Une 
«les  pièces  de  l'écii ,  laquelle  va  du  haut  de  la 
partie  gauche  de  i'écu.  au  bas  delà  partie  droite. 
Il  porte  de  gueules  à  la  barre  d\irgent. 

BAnnEs,  au  pluriel,  est  Un  jeu  de  course 
entre  dos  jetuies  geiis,  et  dans  de  certaines 
limiles.  Ils  s'amusent  à  jouer  aux  barres.  Tou- 
cher barres. 

On  dit  figurémcnt,  Jower  aiur  barres,  en 
parlant  de  ceux  <jui  se  cîierch?nt  lun  l'autre 
sans  se  trouver.  Et  on  dit,  qu't/n  homme  a 
barres  sur  un  oufrc,  pour  dire,  qu'il  a  quelque 
avantage  sur  lui,  ou  qu'il  est  en  pouvoir  de  lui 
nu  re  ;  et  Partir  de  barres,  pour  dire.  Partir 
sur-le-champ.  . 

On  dit  aussi,  Je  n'ai  fait  que  toucher  barres  . 
pour  dire,  qu'On  est  parti  le  moment  dsprè» 
[pion  est  arrivé. 

On  appelle  ^«rres,  De  longues  pièces  de 
bois  rondes  susjx'n  lues  liorizontalemrni a  deux 
cordes,  pour  séparer  les  chevaux  dans  les  écu- 
lies.  Ces  chevaux  $e  hattroicnt ,  il  faut  leur 
mettre  des  barres.  Ce  cheval  s'est  blessé,  paret 
qu'il  s'est  pris  dans  sa  harre. 

Baiuies,  se  dit  au  pluriel,  De  cette  partie  de 
la  m.rclioire  du  chevnl.snr  la  jueile  le  mors  ap- 
puie. Ce  cïitrvuï  n  les  barres  usées,  cchaufjict. 
!l  faut  ménaqer  les  barres  d'un  jeune  cheval, 

l\  VRREAU.  s.  m.  Espèce  de  barre.  Les  bar- 
reauc  d'une  fenêtre.  Il  passa  au  travers  des 
^barreaux.  Il  rompit  les  barreaux. 

Bahueal-, signifie  aiiftsi  Le  lieu  ou  9C  meltenl 


BAR 

les  Avocats  pour  plaider.  Hanter  le  Barreau. 
Suivre  leBtirreau.  Fréquenter  le  Barreau. 

Od  dit,  Quitter  le  Barreau,  punr  dire, 
Quitter  la  plaidoirie;  et  (juclijtiefols  pour  dîrc, 
Quitter  cutiéremcnt  la  profession  d'Avocat. 

Bah  HE  AU,  se  dit  aussi  De  tout  le  corps  des 
Avocats.  Tout  le  Barreau  est  de  cet  avis.  C'est 
Vusaqe  da  Barreau.  La  discipline  du  Barreau. 
Uéloquence  du  Barreau. 

BARRER.  V.  a.  {Bdrer.)  Fermer  avec  une 
harre  par- derrière.  Barrer  une  porte  ,  barrer 
une  fenêtre. 

11  signifie  aussi,  Garair  d'une  barre,  forti- 
fier d  une  b.inc.  Barrer  une  table.  Barrer  la 
table  d'un  luth.  Barrer  urt  tonneau. 

11  siguilie  encore,  Tirer  des  traits  de  plume 
sur  quelfjue  écrit,  pour  montrer  qu  il  n'y  faut 
point  avoir  dt-gard.  //  ftul  barrer  ces  deuj: 
li^ues'ln. 

Od  dit  aussi .  Barrer  le  chemin  ,  pour  dire , 
Clore,  fermer  le  pas3iif;e,  le  cliemiu  ;  et  figuré- 
ment  ,  Barrer  le  chemin  à  quelquun  ,  pour 
dire  ,  L'enipêclier  d  avancer  sa  fortune  ,  de 
réussir  daus  ses  desseins.  On  lui  a  barré  le 
chemin. 

Ondit,  Barrer  quelquun,  pour.  Lui  faire 
rencontrer  des  obstacles.  On  la  barré  dans  tous 
ses  projets.  Si  x'ous  entreprenez  cela^  on  pourra 
bien  vous  barrer. 

Od  dit.  Barrer  la  veine,  barrer  les  veines 
d'un  cheval,  pour  dire,  Y  mettre  le  fea,  afin 
d'arrêter  récculcment  des  îiumcurs.  //  jaut 
barrer  les  veines  à  ce  cheval, 

Baprjé,  èe-  participe. 

Il  se  dit  aussi  c»  termes  de  Blason.  Barrd 
d'argent  et  de  qucules. 

BARRETTK.  s.  fém.  Sorte  de  petit  Bonnet. 
A  Venise^  les  Nobles  portent  la  Barrette  dans 
les  rues. 

Eo  parlant  Des  Cardinaux,  on  appelle  Bar- 
rette, Leur  bonnet  carrcrou£»e. /,e  Koi  a  accou- 
tumé  de  donner  lui-me'me  la  Barrette  aux  Car- 
dinaux faits  à  sa  nomination  ,  et  à  ceux  nui. 
quand  ils  la  reçoivent^  se  trouvent  à  la  Cour. 

On  dit  proverbialement  et  fif^rément,  J'ai 
bien  parlé  à  sa  barrette,  je  parlerai  bien  à  sa 
barrette,  pour  dire,  Je  lui  ai  parlé  sans  le  mé- 
nager, je  lui  parlerai  ouvertement. 

BAKRlG.\l)E.s.f.  Espèce  de  rcU-anchement 
qu'on  iait  ordinairement  avec  des  barriques 
remplits  de  terre ,  ou  avec  des  pieux ,  des 
cliaines,  etc.  pour  ic  défendre,  pour  se  mettre 
à  couvert  delenncmi.  Faire  une  barricade.  En- 
foncer^ forcer,  rompre  une  barricade.  Attaquer 
une  barriciide.  Franchir  une  barricade. 

BARRICADER,  v.  a.  Faire  des  banicadcs. 
Barricader  les. rues.  On  dit  aussi,  Barricader 
une  porte,  une  fenêtre,  pour  dire,  Mettre  der- 
rière une  porte,  derrière  une  fenélrc.  toiu  ce  que 
Ton  peut,  poui-  empêcher  qu'on  ne  les  enfonce. 

On  dit.  Se  barncader ,  pour  dire,  (Jpposer 
au-devaiit  .!*■  soi  tout  ce  que  1  on  peut  pour  se 
mettre  à  couwrl.  pour  *e  dtifcndrc.  Kt  (J;;uré- 
uieni,  quand  un  linmroe  s  enferme  d.ms  une 
eJjambrc  pr>ur  ne  voir  pcnoni»r,  on  dit,  qu'// 
ê^y  «Il  harrtcadt. 


BAS 

Bahiïicadé,  Ée.  participe.  ^ 

HARRIKRK.  s.  f.  Assemblage  de  plusieurs 
pièces  de  bois  servant  à  lenner  un  passade.  La 
hiirritre  qui  est  devant  la  porte  d'une  Ville. 
Ouvrir  la  barrière.  Fermer  la  barrière.  Fran- 
chir lu  barrière.  Bompre^  forcer  la  barrière. 
H  a  été  arrêté  aiLV  barrières. 

Il  se  dit  aussi  Ile  cette  enceinte  que  l'on  fai- 
soit  autrefois  pour  les  combats  ,  soit  ^  pied  , 
soit  ù  cheval,  et  pour  les  joutes  et  les  tournois. 
Combattre  à  la  barrière.  Combat  de  barrière. 
Rompre  à  la  barrière.  Être  tenant  de  barrière. 

BAnniÈDE,  si<^nifie  aussi  Ce  qui  sert  de  borne 
et  de  défense.  L'Espagne  a  de  grandes  barrières 
qui  la  séparent  de  ses  voisins ,  la  mer  et  les  nion(s 
Pyrénées.  Les  Alpes  sont  des  barrières  entre  la 
France  et  l'Italie. 

I)  si;;nir)e  figurém.  Empêchement,  obstacle 
îi  qnel(juc  chose.  //  faut  mettre  des  barrières  à 
sa  puissance.  Les  Lois  sont  des  barrières  y  de 
fortes  barrièrec  contre  les  abus  ^  contre  les 
crimes. 

lî.VRRIQUE.  s.  f.  Sorte  de  gros  tonneau. 
Barrique  de  vin.  Barrique  d'eau-de-vie.  Bar- 
rique  de  sucre.  Barrique  d'huile.  Dec  barriques 
pleines  de  terre. 

Un  dit  par  cxaj;ération ,  dX'nc  personne  très- 
corpulente.  Grosse  comme  une  barrique.  C'est 
une  barrique.  Il  ne  peut  non  plus  se  remuer 
qnune  barrique. 

liARRURE.s.f. Tenue  de  Luthier.  La  barr^ 
i!u  corps  d'un  Lutlj. 

BARSES.  s.  f.  pi.  Boites  d'étain  dans  les- 
quelles ou  apporte  le  tlié  de  la  Chine. 

B.\RTAVhLLE.  subst.  fera.  Espèce  de  per- 
drix rouge,  plus  grosse  que  les  perdrix  ordi- 
naires. 

BAS 

BAS,  BASSE,  adj.  Qui  a  peu  de  hauteur. 
l'n  siéqe  bas.  Homme  de  basse  stature.  Le 
plancher  de  celte  chambre  est  trop  bas.  La 
rivière  est  basse. 

On  dil,  que  Les  marées  sont  plus  basses  en 
certains  temps  qu'en  d'autres,  pour  dire  ,  Que 
le  (\iïx  de  la  met-  monte  alors  moins  haut;  et, 
qu7i  y  a  basse  inareCy  pour  dire,  Que  la  mer 
s'est  retirée. 

On  dit  figura  et  lamilièrem.  d'Un  homme 
à  qui  l'argent  commence  ù  manquer,  que  Les 
eaux  sont  basies  chez  lui;  que£.e  tcmpscfthas, 
pour  dir^' ,  que  L'air  est  forl  cïiar^é  de  ouoges, 
et  qu'ù  men-ice  de  pluie;  et  que  Le  Carénic 
est  bas,  [^.u^  dire,  qu  II  vient  de  trè^-boune 
heure. 

On  dit,  Avoir  la  vue  basse ^  pour  dire,  Kc 
pouvoir  distinguer  les  obji  tsquede  près;^i'oiV 
la  voix  basse,  pour  dire.  Ne  pouvoir  se  faiie 
entendre  'pic  de  prè»;  qu'L'ne  corde  d'instru- 
ment est  trop  basse,  pour  dire,  qu'EIIc  n'est 
pas  moniii'  à  un  ton  assez  haut;  et  qu'Un 
tunrbe  e»(  trop  bas  pour  la  voix,  pour  dire, 
qu'il  faut  le  monter  d'un  Ion  plus  haut.  Et  on 
ip|>cllc  Cu< -(/l'.uiu.  Une  voix  plus  b.-issc  que 
le  dessus  or  linaire,  et  qui  est  bonne  k  chanter  ' 
un  second  dca6U«. 


BAS  t25 

Ondit,qu'î'n  homme  a  Toreille  basse,  pour 
dire,  qu'il  est  humilié. 

On  dit  aussi,  J'arler  d'un  ton  bas,  pour 
dire,  Parler  d'un  Ion  peu  élevé;  et  figurém., 
qu'On  a  bien  fait  parler  quelqu'un  d'un  ton 
plus  baSf  pour  dire,  qu'Oo  a  bien  rabattu  sa 
fierté. 

On  appelle  Messe  basse.  Une  Messe  que  le 
Prêlre  dit  sans  chanter,  et  sans  être  assisté  de 
Diacre  ni  de  Sous-Diacre. 

Bas,  se  dit  aussi  De  ce  qui  est  situé  en  un 
lieu  peu  ou  point  élevé,  par  rapport  à  ce  qu» 
est  plus  haut  et  de  même  genre.  Appartepient 
bas.  Salle  busse.  Bas  i'taqe.  La  basse  réqion 
de  Vair.  Un  l'ays  bas.  Le  bas-vejitre.  On  dit, 
Ce  bas  monde,  pour  dire,  Ici-bas,  sur  la  terre. 

l'-n  Ce  sens  on  dit  aussi  :  La  basse  Alsace. 
Le  bas  Palalinat.  Le  Cercle  du  Bas-iihin.  Lu 
Basse- Normandie.  La  Basse-Bretagne  ^  etc.  à 
cause  qiie  ces  l*rovinces  sont  dani^  des  lieux 
plus  basque  ceux  d'où  descendent  les  rivières 
qui  les  arrosent. 

Bas,  sij;nifie  fi;;;urément ,  Vil  et  méprisable. 
Aé  de  bas  lieu.  Ln  homme  de  basse  crtraction. 
de  basse  condition.  Il  a  la  mine  basse.  Faire 
des  actions  basses.  Il  a  les  inclinations  basses. 

On  dit  proverbial,  et  figurém.  Le  cœur  haut 
et  la  fortune  basse ^  pour  dire,  Plus  de  courage 
que  de  fortune;  et  qu't/n  homme  d'honneur 
ne  doit  rien  faire  de  bas,  pour  dire,  qu'il  ne 
doit  faire  que  de  bonnes  actions. 

Il  signifie  aussi,  Qui  est  sans  courage,  sans 
Rénérosiie*.  sans  élévation.  Avoir  Vdme  bas*. 
Avoir  le  e.tur  bas,  Vesprit  bas. 

Bas.  se  prend  cncorepour  Cequiestinfénciir 
et  de  moindre  dignité.  I  es  basOfficiers.  Le  bas 
Ch  l'ur.  Le  bas  bout  de  la  table.  On  dit,  Basses 
Classes,  pour  dire,  Celles  par  où  commencent 
les  écoliers;  Basse  Justice,  par  opposition  ù 
haute  et  moyenne  Jasticc,  Ce  Seigneur  a  dans 
sa  1  erre  y  liaute,  moyenne  et  basse  Justice;  et 
Bas  Justicier ,  par  opposition  à  Haut  Justicier. 

En  termes deForiification,  ou  appelle  Phire» 
basses.  Les  casemates  et  les  flancs  qui  servent 
à  défendre  le  fossé.  El  on  appelle  ordinairement 
Maître  des  basses  •  o:uvres  f  Les  Cureurs  de 
retrait:. 

Bas,  signifie  aussi,  Qui  est  de  moindre  va- 
leur, de  moindre  prix.  Bas  or  ^  bas  argent.  Or, 
iir^ent  de  bas  aloi.  Les  basses  caries  du  jeu. 

On  npptile  Bas  prix,  L'n  prix  médiocre, 
modique.  J'ai  acheté  cela  à  bas  prix,  à  iirtprt.L- 
for'I  basy  à  très-bas  prie. 

On  dit.  qu'L'n  mot  est  bas ,  qu'une  expref- 
$ton  est  basse,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  que  le 
peuple  qui  s'en  serve.  (Tu  appelle  Style  I»ii,t, 
Un  style  rmpli  de  manières  de  parler  popu- 
lain*s  et  triv  iales.  et  qui  ne  répooil  nuIU'nicnt 
à  la  dignité  du  sujet. 

Ou  appelle  Le  Bat-Empire .  Fy  temps  de  la 
décadence  de  I  Empire  Romain,  qui  commeiire 
il  Vahrien;  et  La  ba.Kse  Latinité,  Le  lan^n^e 
des  auteurs  Latins  des  dcniirr«  lcni|*s,  ihj  le 
petiple  p.-trhnt  turore  la  l^ugue  Latine. 

On  dit,  r(ure  main-basse,  pour  dire.  Tner, 
pas!^e^  au  fil  de  I Vpée.  D^abord  on  ft  niuin^ 


126 


BAS 


basse  sur  tout  ce  (jni  se  présenta  lei  armes  a  ta 
inatn. 

On  le  dit  B:ïurém.  pour,  Critiquer  sans  mô- 
na^pinent.  On  fait  main-basse  sur  tout  ce  (juil 
Ait.  On  a  fait  matn-baese  sur  tousses  ridicules. 

A  BASSE  NOTE.  Façon  de  parier  adverhiale, 
jmur  dire,  Sans  élever  In  voix.  Chanter  à  htisse 
ftole.  Prier  Dieu  à  basst  note.  F-t  figunim.  et 
familièrement.  Dire  des  injures  à  quelqu'un  à 
btKse  note. 

Bas  ,  est  aussi  subit-intif  ,  pi  signiGe  ,  La 
partie  inférieure  de  certaines  choses.  Le  bcs  <iu 
ventre.  Le  bus  du  dcijré.  Le  bas  de  la  rw..  Le 
bas  du  pavé.  Le  bas  du  visafjc.  Le  bas  de  la  rohe. 

On  dit,  f^xe  Le  vin  est  au  fcas,  Quand  le 
tonneau  es*  presque  vide. 

On  dit  figurem.  qu'il  y  a  du  haut  et  du  bas 
dans  Vesprit  de  quelqu'un  j  dans  sa  conduite, 
dans  son  humeury  dans  ses  ouvrages^  pour 
dire,  qu'il  y  a  de  grandes  inégalités. 

Bas.  adverbe  qui  a  difl^L■B<^ntes  significations. 
On  dit,37e!Ire  les  armes  bas^  mettre  armes  bas^ 
mettrebas  les  armes^  pour  dire,  Poser  les  armes  ; 
tt  on  dit  par  ellipse  en  rommandnnt ,  Bas  les 
armes,  chapeau  bas.  Mettre  chapeau  bas^  pour 
dire  ,  Ôter  son  chapeau;  Etre  chapeau  bas  , 
pour  dire.  Avoir  la  tètedécouveilepar  respect; 
Jouer  argent  fcjs,  pour  d\re,  Jouer  argent 
comptant. 

On  dit,  Mettre  pavillon  bas,  pour  dire, 
Baisser  le  pavillon;  et  tlgurcmeut,  pour  dire, 
Céder,  se  rendre. 

On  dit  Des  femelles  de  (luelques  animaux, 
f^i' Elles  ont  mis  6iis,  pour  dire.  qu'Elles  ont 
fiit  des  petits.  Celte  ch  emie,  celte  cavale  a  mis 
bas.  On  dit  aiiî^si  Des  cerfs,  iulls  ont  mis  bas, 
ï^)uand  leur  bois  est  tonibc. 

Bas,  adv.  se  dit  aussi  Du  ton  de  la  voix  , 
soit  pour  parler,  soit  pour  chanter,  Parler  bas  j 
parler  tout  bas,  chanter  bas;  et  Du  ton  d  un 
instrument,  Ce  luth  est  monte  trop  bas. 

On  dit  d'Un  malade,  qu7/  est  bitn  bas. 
qu'il  est  fort  ha.^j  qu'il  n'a  point  encore  été  si 
/>fls,  pour  dire, qu'il  estlr*'s-mal  ;  dUn  homme 
qui  a  peu  d'argent,  qu'il  est  bien  bas.  qu'il  est 
bas  percé  :  il  est  familier;  et  d'Un  homme  in- 
solent, qn'll  jiiut  le  tenir  bas,  pour  dire,  qu'il 
fjui  le  tenir  dans  la  crainte,  dans  le  respect  et 
dans  la  soumission.  Et  dans  quelques-unes  de 
ces  phrases,  Bas  peut  être  regardé  comme  ad- 
jectif. 

A  BAS.  adverbial.  Il  se  jeta  à  bas  du  Ut.  Il 
te  mit  à  bas  de  son  cheval. 

On  dit,  (px'Une  maison  n'e^t  bonne  qu'à 
mettre  à  boa,  pour  dire,  qu'EUe  n'est  bonne 
qu'à  abatti'e. 

On  dit  fi;;urém.  d'Une  maison ,  d'une  famille 
ruinée,  Cette  maison  est  à  bas. 

A  BAS ,  est  aussi  quelquefois  une  expression 
dont  on  se  sert  pour  dire,  Dcscendei.  Ainsi,  à 
des  gens  qui  sont  sur  quelque  lieu  élevé  où  l'on 
ne  Tcut  pas  <{u'iU  soient,  on  dit,  A  bas,  à  bas. 
C'est  ;iu5si  Un  cri  d'improbation.  A  bas  lOra- 
teur.  A  bas  la  molion.  A  bas  la  cabale. 

E»  BAS.  adverbial.  Il  se  dit  par  opposition  J 
Eu  haut.  Il  est  en  bas.  Il  descend  en  bas. 


BAS 

On  dit  fi^iin'm.  Traiter  un  hnmme  de  haut 
en  bas,  pour  dire,  le  traiter  avec  fierté. 

On  dit,  Tirer  en  bas,  pour  dire,  Tirer  vers 
le  bas. 

On  dit  aussi ,  Tirer  en  en  -  bas ,  tirer  par 
en~bas. 

I-AH  E.vs.  adverbial.  71  est  logé  par  bas.  Il  a 
quatre  chambres  par  bas. 

On  dit.  Danser  par  haut  et  par  bas,  pour 
dircSelrver  quelquefois  beaucoup  en  darsunt, 
el  quelquefoifi  danser  trire  à  terre. 

On  dit  que  L^êmetique  fuit  aller  par  haut  et 
par  haSj  pour  dire,  (pi  II  fuit  vomir  et  aller  .j 
la  garde-robe. 

LÀ-BAS,  et  Ici-B.^s.  Façons  de  parler  adver- 
biales. Allez  voir  ce  qui  est  là-bas.  Allez  là-bas. 
Il  est  là-bas.  'Venez  ici-bas. 

Ici-BAs,  se  prend  aussi  pour  Tout  ce  qui  est 
de  la  vie  présente.  Les  choses  d'ici-bas  sont  pé- 
rissables. 

BAS.  s.  m.  Vêtement  qui  sert  à  couvrir  le 
pied  et  la  jambe.  Bas  de  soie.  Bas  de  peau,  de 
coton.  Bas  d'cstame.  Bas  de  toile,  etc.  Tirer 
ses  bas.  Bus  d'attache.  Bc.s  à  étrier.  Bas  à  bot- 
ter. Bas  de  chamois. 

BASALTE,  s.  m.  Espèce  de  marbre  noir. 

BASANE,  s.  f.  Peau  de  mouton  préparée, 
dont  on  se  sert  ordinairement  îi  couvrir  des  li- 
vres. Basane  verle^  v  olettej  rouge.  Portefeuille 
de  basane. 

BASANÉ,  ÉE.  adj.  Qui  a  le  teint  noirâtre. 
Visane  basané.  îiomme  basané. 

BAS-BORD.  Voyez  Bonu. 

BASCULE,  s.  f.  Contre-poids  servant  h  lever 
et  à.  baisser  un  poni-levis.  Vne  bascule  qui  n'eht 
pas  assez  chargée. 

Où  apjwlb  aussi  Bascule,  Un  ais,  ou  autre 
chose  qui  a  un  mouvement  semijlalile  h  relui 
de  la  bascuh-  d'un  pont-levis.  La  bascu'.e  d'une 
souricière. 

Faire  la  bascule.  C'est  faire  un  mouvement 
sfîmblable  à  celui  d'une  bascule.  Il  marchait 
sur  un  ais  qui  a  fait  la  hascule,  et  c'est  ce  qui 
l'a  fait  tomber. 

B.A..-ctxE.  est  aussi  un  Jeu  où  deux  enfans 
étant  chacun  sur  le  bout  d'un  ais  mis  en  contre- 
poids, s'amusent  à  se  faire  hausser  et  baisser. 
Des  enfans  qui  jouent  à  la  hascule. 

BASE.  s.  f.  Terme  d'Architecture.  Ce  qui 
soutient  le  fût  de  la  colonne.  Base  Dorique.  Ba^e 
Ionique.  Base  Corinthienne.  Poser  une  colonne 
iur  sa  hase. 

Il  se  dit  aussi  De  la  partie  qui  soutient  le  dé 
d'un  piédestal.  La  base  d'un  piédestal. 

En  termes  de  Géométrie,  Basd  signifie  Le 
côté  du  triangle  opposé  h  l'anf^lequiest  regardé 
comme  le  sommet.  La  base  d'un  triangle. 

Il  se  dit  aussi  De  la  surface  sur  laquelle  on 
conçoit  que  certains  corps  solides  sont  appuyés. 
Base  d'une  pyramide,  d'im  cylindre,  d'un 
cône.  Etdans  toutes  sorte»  de  compositions  mé- 
dicinales, on  appelle  La  l)ii.<:e,0  qui  en  fait  le 
corps  ]>rincipal.  cl  dont  la  dose  ^st  la  plus  grande. 
La  base  de  ces  pilules  est  laloès. 

Il  signifie  fiç^urément  ,  Appui,  soutien.  La 
Justice  est  la  base  de  toute  autorité. 


BAS 

On  dit  figurém;nt,  La  base  d'un  s\.stènie^ 
pour  dire,  Le  principe  fondamental  de  ce  sys- 
tème. Tout  ce  que  vous  p> étendez  établir  dans 
votre  livre,  porte  sur  une  fausse  base,  manque 
de  base.  Ces  soup'^ons  n'ont  de  base  que  dans 
son  imagination. 

BASER,  V.  art.  qu'on  emploie  depuis  quel- 
que temps,  et  plus  au  fij^uré  qu'au  propre. 
Fonder,  établir  sur  une  base  solide,  donner 
une  base.  On  doit  baser  un  impôt  sur  la  con- 
sommation habituelle.  Ce  système  est  basé  svr 
des  faits  constans. 

On  l'emploie  quelquefois  avec  le  pronom 
personnel,  au  ^ens  de  Se  fonder.  Il  faut,  en 
niaïiè»"  de  Gouvernement,  se  baser  sur  les  rr- 
ri(é$  dénwntrées.  et  non  sur  des  opinions  va- 
riables. 

Basé,  ée.  participe. 

BAS-FO>DS.  s.  m.  En  termes  d'Agricul- 
ture, il  se  dit  Des  terrains  bas  et  enfoncés.  Les 
Bas-fonds  sont  fertiles,  mais  humides  et  sou~ 
vent  inondés.Il  n'a  gelé  ce  Printemps  que  dans 
les  bas-fonds. 

En  termes  de  Marine,  il  se  dit  Des  fonds  de 
mer  où  il  y  a  peu  d'eau,  où  la  sonde  ren- 
contre promptement  le  fond.  Ce  bdiiment  tire 
beaucoup  d'eau  ^  il  ne  peut  naviguer  dans  les 
bas -fonds. 

BAS-RELIEF,  s.  m.  Ouvrage  de  Sculpture , 
dans  lequel  ce  qui  est  représenté  a  peu  de  sail- 
lie. Bas^reltef  de  marbre^  de  bronze.  Bas-relieJ^ 
antiiiue. 

B.VS-VENTRE.  s.  m.  La  partie  la  plus  basse 
îîu  venue. 

BASIL.VÎRE.  s.  f.  Terme  d'Anatoniie,se  d.t 
d'L'ne  artère  formée  par  l'union  des  deux  vir- 
tébrajes  et  de  l'apophyse  à  l'extK'niilé  de  I'or 
occipital. 

BASILIC,  s.  m.  Herbt  odoriférante,  que  l'on 
met  dans  quelques  ragoûts.  Des  pigeons  au  ba- 
silic. 

BASILIC,  s.  m.  Serpent  fabuleux, qui,  selon 
l'opinion  du  peuple,  lue  de  son  regard.  Le  re- 
qard  du  basilic.  Des  yeiu:  de  basilic.  Elle  me 
fuit  des  ^eux  de  basilic. 

BASILICOS.  s.  m.  Onguent  suppuratif. 

BASILIQUE,  s.  f.  Nom  qu'on  donne  h  cer- 
taines Eglises  principales.  La  Ba.çi/nyuerft;5iuiif 
Pierre.  La  Basilique  de  Saint  Jean-de-Latruu. 

On  appeloit  ainsi  autrefois  Les  lieux  ou  se 
rendoit  la  Justice. 

On  appelle  aussi  Basilique,  La  veine  qui 
monte  le  long  de  la  partie  interne  de  l'o»  du 
bras  jusqu'à  l'axillairc  où  elle  se  rend.  Saigner 
quelqu'un  de  la  hiLsiiique,  à  la  basilique. 

Les  Basiliques  sont  une  collection  des  Lois 
Romaines,  traduites  en  Grec  parordre  de  l'em- 
pereur Basile. 

BASI>.  s.  m.  ÉiofTe  de  fil  de  coton  quelque- 
fois mêlée  avec  du  fil  de  chanvre,  si^mblable  i 
de  la  fut.iine,  mais  plus  fine  et  plus  forte.  Ca- 
misole de  basin.  Jupe  de  basin. 

BASIOCLOS.'-E.  s.  m.  Terme  d'Anatomre. 
Muscle  abaisseur  de  la  langue. 

B.\SOCHE.  s.  f.  Juridiction  tenue  par  h  s 
anciens  Clercs  des  Procureurs  du  Parlement  d« 


BAS 

T;  ris.  On  y  juge  des  diffcrcns  que  les  Clercs  ont 
tutre  eux,  ou  dans  lesquels  ils  sont  Défendeurs 
contre  les  Marcbands  et  Artisans.  Le  Chunce- 
lier  de  Ut  Basoche.  Le  Roi  de  la  Basoche. 

B\SQL'E.  s.  ft'ni.  Petite  pirce  du  bas  dun 
pourpoint,  ou  dun  corps  de  jupe.  Pourpoint  à 
petites  basques^  à  grandes  basques.  1  irer  un 
homme  par  la  hasque.  Les  basques  de  ce  corps 
sont  trop  hnguei. 

On  dit  d'Un  eofant  qui  suit  sans  cesse  son 
pore,  son  instituteur,  sans  le  quitter  d'un  pas 
Il  ne  quitte  pas  la  basque  de  Vhubit  de  son 
père,  il  est  toujours  petidu  aux  basques  de  son 
habit. 

On  appelle  aussi  Basques  y  Les  quatre  pans 
du  justaucorps.  H  le  tua  par  la  basque.  Ces 
basques  sont  trop  amples.  Basque  à  la  mode. 

BANQUE,  s.  To.  Nom  de  INation,  qui  n'est 
mis  ici  que  parce  qu'on  s'en  sert  dans  cette  fa- 
çon de  parler,  Aller  comme  un  Basque,  courir 
comme  un  Basque,  pour  dire,  Aller  fort  vite, 
courir  fort  vite.  On  dit.  Le  Basque,  pour  dire, 
L'idiome  usité  chez  les  Basques. 

BASSE,  s.  f,  f>tie  partie  de  Musique  qui  est 
la  plus  busse  de  toutes.  Chanter  la  basse.  Faire 
la  basse.  Composer  la  basse  d*un  air. 

Il  se  dit  aussi  De  la  licrsonnc  même  qui 
ehante  cette  partie.  Avez- vous  jamais  oui  cet 
liomnie-là?  C'est  une  bonne  basse.  C'est  une 
bAle  basse.  Il  se  dit  p;ircillemcnt  De  quelques 
inslrumens,  Une  basse  de  Viole,  une  basse  de 
Violon  ;  et  mùjne  Des  grosses  cordes  de  quel- 
ques instnimens, Les  basses  de  ce  Luth  ne  sont 
pas  d'accord. 

On  appelle  Bas^e  continue.,  La  1  osse  qi:i  se 
joue  sur  les  inslriimcns,  qui  sen  de  fondement 
à  toutes  tes  autn-s  parties,  et  qui  continue  tou- 
jours pendant  que  les  voix  cbantcnt  ou  se  re- 
posent. 

On  dit  figiirt-m.  et  familirrcm.  d'Un  sujet  de 
ronversaiion ,  d  un  principe  qui  revient  ronti- 
nuctlemrnt  dans  le  discours  dun  homme,  C't>l 
lu  basse  continue  de  son  discours. 

On  apiwUe  Basse  contrainte.  Celle  qui  re- 
T'Cnt  la  nicmc  aru  liout  d'un  certain  nombre  de 
luesures. 

En  termes  de  Manne  et  d'Hydrographie,  on 
appelle  iîti>sc,  Un  endroit  où  il  y  a  peu  de  bau- 
leur  drau. 

BASSE-CONTRE,  s.  f.  C'est  la  même  cîiosc 
que  Basse;  et  il  >c  prend  également  pour  celle 
partie  de  Musique,  et  pour  la  personne  qui  la 
cliQutc.  Tenir  la  hasse-cotttre.  Chanter  la  basse- 
contre.  Vue  belle  basse  -  contre  f  une  bonne 
basse-contre, 

BASSE -COUR.  t.  f.  Cour  qui  sert  au  mé- 
nage d'une  maison  de  campagne.  Il  a  une 
biisse- cour  bien  fournie  de  bestiaux  ^  de  vo- 
lailles. Ce  Gentilhomme  vit  de  sa  basse -cour. 
Vaste  b*tse-cour. 

On  appelle  au5Û  Basse- cour,  Une  cnur  sé- 
parée de  1.1  piincipaiecour,et  desiiut-e  poiir  les 
tcurics,  les  équipngcs,  etc.  Et  on  appelle  faroi- 
lii-rement  you\'elles  de  la  basse-cour.  Les  nou- 
TcUes  fauvscs  rt  mal  foudre». 

BASSE-FOSSE.  Toy.  Fcs^e. 


BAS 

BASSE-LICE.  Vo>.  Lice. 

BASSEMENT,  adv.  D'uïic  manière  basse.  Il 
n'est  d'usage  quau  fit;uré.  i^itt-'é,  imurri  basse- 
ment. Il  s'exprime  bassement.  î\nser  basse- 
ment. 

BASSES,  s.  f.  pi.  Bancs  de  sabir,  ou  rochers 
cachés  sous  l'eau.  Ventrée  de  ce  Port  est  dan- 
gereuse ^  parce  qu'il  y  a  des  basses  à  droite  et  à 
gauche. 

BASSESSE,  s.  f.  Il  ne  se  dit  point  dans  le 
sens  propre  de  l'as,  mais  seulement  au  figuré, 
pour  signifiiT,  Sentiment,  inclination,  action, 
manières  iudi;;nc5  dun  honnête  homme,  ou 
d'un  homme  de  cceur.  Bassesse  d'itnic.  Bassesse 
de  cœur.  Il  arit  avec  bassesse.  H  a  fat  une 
bassesse,  cent  Ï.AteMes.  Il  y  a  de  la  bassesse 
dans  toutes  ses  cciiorts. 

Il  se  dit  aussi  De  la  naissance  et  de  l'extrac- 
tion, Dour  dire,  qu'Elle  est  vïle,  On  se  sent 
quelquejvis  de  la  bassesse  de  sa  naissance  y  de 
son  extraction  i  et  Du  style,  pour  martjuer, 
qu'il  est  populaire,  La  bassesse  du  style.  La 
bassesse  d'une  expression. 

BASSES-Vv;ILES.  s.  f.  pi.  On  appelle  ainsi 
la  gronde  voile  et  celle  de  misaine. 

B.ASSET.  s.  m.  Chien  de  chasse,  qui  a  les 
j.'Uiiht;s  fort  courtes  et  quelquefois  tortues.  On 
cliasse  le  blairçju  avec  des  bassets.  Bassets  à 
jambes  torses. 

Basset»  se  dit  aussi  dans  la  conversation, 
en  parlant  d  Un  petit  homme  dont  les  jambes 
'.'t  Ks  cuisses  sont  trop  courtes  par  rapport  à  sa 
taille, 

H.ASSE-TAILÏ.E.  s.  f.  Terme  de  ^Tusique, 
qui  se  dit  De  la  pa.-îie  de  bass't  qui  se  chaule, 
ou  ti'ii  se  joue  sur  l'îrtstrument. 

On  .-ippelle  aussi  Busse-taille,  La  persoune 
qui  cliaute  cette  partie. 

lî.ViSK-TAiixE.  s.  f.  Terme  de  Sculpture. 
Bas-relief.  Ou\Ta3C  de  Sculpture,  dans  lequel 
ce  qui  est  nprésenté,  est  allach^  au  fond,  et 
n'eu  sort  qu'en  partie,  à  la  différence  des  ou- 
vraj,cs  de  plein  relief  et  de  ronde  bosse.  S'oilù 
une  basse-taille  bien  travaillée. 

BASSETl'E.  s.  f.  Jeu  de  hasard  qui  se  joue 
avec  des  cartes.  La  bassette  est  un  jeu  piquant. 
Tenir  la  bassette.  On  a  défendu  la  bassette. 

B  VSSILE.  s.  f.  Plante,  dont  les  Huilles  res- 
semblent à  relies  du  pourpier. 

B.'VSSIX  s.  m.  Espèce  de  graml  plat  rond  ou 
ovale.  Bass.n  de  cuivre,  d'argent,  de  vermeil 
doré.  Bassin  de  faïence.  Bassin  de  porcelaine. 
Bassin  à  laver  les  mains. 

On  appelle  Bassin  de  fruit,  de  fraises,  de 
confitures,  etc.  Un  bassin  où  il  y  a  du  fruit, 
des  coulitures,  etc.  et  Bassin  de  Confrérie,  Le 
bassin  ou  l'on  rc^'oil  les  oflrandes  dune  Con- 
frérie. 

On  dit  pruvcrbialcin.  cl  bassement,  Crnc/icr 
au  bassin,  pour  dire.  Cunlribtier  a  quelque  dé- 
pense. H  ne  vouloit  rien  donner,  mais  on  la 
fait  cracher  au  bassin. 

On  api>clle  Bassin  daus  les  jardins,  Vue 
pièce  d'eau.  Le  grand  bassin  des  Tuileries, 

On  opiHl!e  Bissîn  de  fontaine,  Le  lieu  bit 
en  forme  de  bassin,  pour  y  recevoir  les  caox 


BAS  127 

cfune  Tunliili^e;  et  dans  les  Poris  de  mer,  on 
'  appelle  /îuisin,  Le  liea  où  les  vaisseaux  jettent 
l'ancre.  Ce  jyort  est  hun ,  mais  le  bassin  en  est 
petit. 

On  appelle  Bassins.  Les  Jeun  plats  d'une 
balance;  Bassin  à  btirbc ,  Unn  cspi-cc  de  plat 
échaucré  et  creux,  où  on  met  1  eau  dont  on  se 
lave  pour  se  faire  la  barbe;  ctBassin  de  cham* 
hre  ou  âe  (jarde-rohe.  L'n  vaisseau  qui  reçoit 
les  oxcréniens.  t"t  on  dit.  Aller  au  bassin,  pour 
dire,  Aller  k  ses  nécessités,  aller  à  la  selle. 

Un  dit  (ij'uréra.  d'Lne  Lellc  plaine  cnlouri-c 
de  montagnes,  et  dont  la  forme  approche  de  la 
rondeur,  qrc  C'e»t  un  beau  biissin. 

Jin  termes  d'Anatjouiîe,  ou  appelle  £nssift , 
La  Iroisiéme  partie  ou  la  partie  inférieure  do 
tronc. 

Bassin  oculaihe.  s.  m.  In-.tiumcnt  de  Chi- 
rurgie. 

BASSINE,  s.  f.  Sorte  de  bassin  large  et  pro- 
fond, dont  se  servent  les  Apothicaire»,  les  CLi- 
mistes,  les  Confisenrs,  les  Marchands  ciricts. 

l!ASSl>'EIl.  V.  a.  CliauSer  avec  une  bassi- 
noire. Bas>iiier  un  liL 

Il  signifie  aussi  ,  Fomenter  en  ruouillaul 
avec  une  liipifor  tiiJe  ou  chaude.  Bassiner 
une  flaie.  ,''«  bassiner  les'  i  eux.  Bi'siiiier  les 
jajnbt'.s  des-  chevaiLV. 

lÎAssiv;':,  KE.  p.Miioipe. 

HASSLN'ET.  s.  ni.  La  petite  jîiùcc  creuse  de 
1.1  platine  d'une  .iruie  ii  feu ,  dans  laquelle  on 
met  l'amorce.  .Vellrc  la  poudre  au  bassinet 

Bassinet,  s.  ni.  Ivsprt:e  de  chapeau  de  fer 
cjuc  portoieni  les  hommes  d'armes. 

Bassinet,  s.  ib.  Ternie  d'Analomie.  Cavité 
dans  laquelle  alx)utisseut  tous  les  entonnoirs 
de  la  troisième  substance  du  rein. 

lÎAssixtT.  s.  m.  Plante.  C'est  nae  espèce  de 
KenoiH-ule,  Elle  croit  en  abondance  dans  les 
prés,  t-a  fleur  est  d'un  jaune  doit.  Elle  est  acre 
et  brûlante  comme  presque  toutes  les  renoncu- 
les, et  on  ne  l'emploie  qu'citérieurement. 

B.\.SSI>'OIRE.  s.  f.Bassiii  ayant  un  couvercle 
percé  de  plusieurs  trous,  et  servant  à  chaulfer 
le  lit. /îa,ssinoire  de  cuivre.  Bassinoire  d^arnent. 

B.VSSOIV.  s.  ni.  Instrument  de  Musique  à 
vent.  Jouer  du  basson. 

Il  se  dit  aussi  De  l'honiine  (jui  joue  de  cet 
iiiïtrument.  C'est  un  cccelUnt  bit,fson. 

li.i.Sr.VNT,  AN  TE.  participe  et  adjectif, 
nui  .suTit.  Cela  n'est  yas  hastant.  Cela  est  bas- 
tant.  Etcs-1'ous  bastant  pour  une  si  qrande  en- 
treprise? Cette  raison  n\'st  pas  bastante.  Il  est 
du  style  familier. 

BASTE.  s.  m.  ()|i  appelle  ainsi  l'As  de  IréOe 
aux  jeux  de  l'IlondHe,  du  Quadrille,  etc.  Le 
baste  e.st  le  troisième  de.s  Mulatlors, 

B.VSl'ER.  V.  II.  Sulfue.  Il  est  vieux,  et  ne 
s'emploie  tpie  dans  quelques pîiraset  familière». 
fiaste  pour  ce.'a,  ou  Baste  siniplenient.  pour 
dire,  Pa^se  |)oiir  cel.t.  Baste!  simplement,  se 
dit  anssi  eu  foruio  d'exclomaliou ,  poiu-  dire, 
<|it'On  ne  s'inquiète  pas  d'iiiie  inetiarr.  q,i  no 
lient  |>eu  do  compte  iliui  discoucr.  ;l  dil  cela.' 
liasle:  il  n'en  fera  rien. 
*>      B.lSl'LRNE.  s.f.>'oiU(l'aiMesp«oe  dcdur 


ïïS  BAT 

attelé  de  bœuis ,  en  iisa^e  chez  d'annenç  peu- 
ples du  Kord,  et  sous  Dos  Rois  de  la  prcmirrc 
Race. 

UASTIDE.  s.  f.  Nom  qu'on  donno  "i  Mar- 
seille et  dans  les  environs  aux  maisons  de  plai- 
sance; 

BASTILLE,  s.  f.  On  appeloit  ainsi  autrefois 
un  Château  ayant  ]>lu$icurs  tours  pioche  l'une 
de  l'autre  ;  et  ci  nom  est  demeuré  long-temps 
à  un  Château  construit  ainsi  à  Paris,  par  le  Roi 
Charles  V,  (  t  qui  depuis  son  n'gne  a  servi  de 
prison  d'État.  Les  vrisonniers  de  la  UaslUle. 
Kos  citadeUcs  sont  a:  iaut  de  Baslillcs. 

Proverbialement  et  llsurement,  en  parlant 
d'Un  homme  qui  :ie  bouge  de  sa  place,  quoi- 
qu'on l'appelle,  on  dit.  Il  ne  branle  non  plus 
qu'une  Bastille,  i/uf  la  liaslille. 

B.-VSTILLK ,  ÉE.  adj.  Il  se  dit  en  termes  de 
Blason  des  pièces  qui  ont  des  cre'neaux  renver- 
sés qui  regardent  la  pointe  de  l'écu.  D\ir(jenl 
au  chef  bastille  d'or. 

BASTINGUE.  s.  f.  Nom  qu'on  donne  sur 
ks  vaisseaux  à  des  toiles  matelassées,  pour  ca- 
cher ^  l'ennemi  dans  un  combat  ce  qui  se  fait 
9ur  le  pont,  et  pour  parer  les  balles  de  fusil. 

BASTIUGUER,  (Se  Bastingdeh)  v.  pro- 
nominal. Tendre  des  bastingues.  Nous  nous 
bastinquilmes. 

Bastibgué,  ée.  participe. 

BASTION,  s.  m.  Ouvrage  de  fortification 
Un  peu  avancé  hors  du  corps  d'une  Place,  ayant 
deux  flancs  et  deux  faces,  et  tenant  des  deux  côtés 
à  la  couttine.  Bastion  Royal.  Btustion  revêtu  d< 
pien  e  ou  de  fcriijue.  Cislion  fcien  jlan-jué.  Gorgi 
de  bastion.  Face  de  bastion.  Miner  un  bastion, 
.ittaijuer  un  bastion.  Défendre  un  buitivn.  Re- 
lever un  bastion. 

IJA.ST10NNÉ,KE.odj.  Une  tour  bastionnéc, 
Fortification  qui  tient  de  la  tour  et  du  bastion. 

BA.STONNADE.s.  f.  tou;»  do  b.Uon.Donner 
des  bastonnades.  Il  craint  la  bastonnade. 

liASruDE.  «.  f.  Terme  de  Marine.  Espèce 
de  filet  dont  on  se  sert  pour  pécher  dans  les 
étangs  salés.  , 

BAT  ,' 

B.-VT.  s.  m.  (  Le  T  se  prononce.  )  Queue  de 
poisson.  Le  poisson  est  mesuré  entre  ail  et  bat. 
On  dit,  qu'/i  a  tant  de  pouces  entre  œil  et  bat. 
pour  dire.  Entre  l'eeil  et  la  queue. 

B.\T.  s.  m.  .Selle  pour  les  bétes  de  somme. 
BiU  de  mulet,  de  cheval,  d'dne.  Cheval  de  bât. 
Ce  bât  blesse  ce  mulet  Rembourrer  un  bât. 

On  dit  fi^url■m.  d'Un  sot,  d'Un  lourdaud  . 
C'est  un  cheval  de  b^t.  On  dit  aussi ,  en  parlant 
'd'Un  homme  chargé  dans  une  maison  ,  dans 
une  comniunaut/5 ,  de  la  grosse  besogne  que  les 
autres  refusent ,  C'est  le  cheval  de  bât  ;  et  pro- 
\erbialement  et  figurément  d'Un  homme  qui  a 
quelque  chagrin  caché,  Vous  ne  savez  pas  où 
le  bât  le  blesse. 

BATAILLE,  s.  f.  Combat  général  de  deux 
armées.  Bataille  ranqée.  Sannlante  ,  furieuse  ' 
halaille.  Buluille  navale.  Le  jain,  in  perle  J'uiic  ' 
fcataille.  Jour  de  bataille.  Champ  de  bataiHe.  \ 
Ordre  de  bataille.  Combattre  en  bataille  ran- 


LIAT 

jée.  Ranger  en  hitaiUe.  Mai  cher  en  lataiUe . 
;n  ordre  de  bataille.  Caqner,  perdre  une  ba- 
taille. Hasarder  une  bataille.  Présenter  la  ba- 
taille. Mettre  l'armée  en  bataille.  Le  champ  de 
}rataille  nous  est  demeuré. 

On  appelle  Corps  de  bataille.  Celte  partie 
Je  l'armée  qui  est  entredeux  ailes,  et  qu'autre- 
fois on  appeloit  La  bataille. 

Cn  appeloit  aussi  autrefois,  Maréchal  d.- 
bataille,  Sertjent  de  bataille.  Des  Officiers  di 
guerre  dont  la  charge  étoil  de  mettre  les  ti  oupe-, 
tn  bataille.  Et  on  apiielle  Chenal  de  bataille  . 
Un  cheval  propre  à  bien  seivir  un  joui  de 
combat. 

On  dit  figurément,  qu7l  a  bien  fallu  donnci 
des  batailles,  qu'un  a  donn:'  bien  des  batailles 
pour  en  venir  là,  poui  dire  qu'il  a  CiUu  bien 
roiitister,  bien  disputer,  bleu  se  tourmenter, 
surmonter  bien  des  obstacles  pour,  etc. 

On  dit  figrnéiuent  d'Un  homme  qui  a  rem- 
porté l'avantage  .sur  un  autre  dans  une  dispute, 
que  Le  champ  de  bataille  lui  est  demeuré. 

On  dit  aussi  (igurém.  d'Un  homme  qui  dis- 
pute, qui  entreprend  quelque  chose  dans  un  lieu, 
dans  des  circonstances  qui  lui  sont  favorables, 
qu'/i  n'a  pas  mal  pris  son  champ  de  bataille. 

On  dit  aussi  figurément  d'Une  chose  sur  la- 
quelle un  homme  compte  le  plus,  que  C'est  son 
cheval  de  featai/le,' qu'/l  en  frit  son  cheval  de 
bataille. 

La  baiflille  est  aussi  Une  espèce  de  jeu  de 
cartes.  Les  enfans  jouent  à  la  bataille. 

B.VrAILLÉ,  ÉE,  adj.  se  dit  en  termes  de 
Blason,  d  Une  eloclie  dont  le  battant,  qu  on 
nomme  Batail,  est  d'un  autre  émail  que  la 
cloche. 

BA  TAILLER,  v.  n.  11  est  vieux  dans  le  sens 
de  Donner  bataille ,  et  il  no  se  dit  plus  que  dans 
le  sens  figuré ,  pour  dire ,  Contester  fort ,  .se 
donner  beaucoup  d'agitation.  Il  a  bien  fallu 
batailler  pour  en  venir  là.  On  a  bien  bataillé. 
BATAILLON,  s.  m.  Troupe  d'infanterie  de 
plusieurs  centaines  d'hommes.  Bataillon  carré. 
Bataillon  rond.  Bataillon  en  bataille.  Bataillon 
en  colonne.  Bataillon  épais^  serré.  Former  un 
bataillon.  Serrer,  étendre,  rompre,  rallier  un 
bataillon.  Percer,  enfoncer,  renverser  un  ha 
taillon.  Ouvrir  un  bataillon.  Le  flanc  d'un  ba- 
taillon. Le  front  d'un  bataillon. 

BÂTARD,  ARDE.  adj  (Jui  n'est  pas  de  la 
véritable  espèce,  mais  qui  ei:  a]iproclie,  et  qui 
en  est  comme  dérivé.  Olii^itT  bâtard.  Couleur 
bâtarde.  Il  se  dit  dans  le  mime  sens  De»  Fruits. 
Berqamote  bâtarde,  etc. 

On  appelle  Lévriers  bâtards.  Ceux  qui  sont 
nés  de  l'espèce  des  lévriers  et  de'  celle  des  ml- 
lins;  et  Bâtard  de  doque,Vn  chien  né  d'un  dogue 
et  d'une  chienne  d'un  autre  Pa\8  que  l'Angle- 
terre ,  ou  d'une  autre  espèce  de  chiens. 

On  dit  proverbialement  cl  bassement  ,L'Iu- 
ver  n'est  point  bâtard,  s'il  ne  vient  tôt, il  vient 
tard. 

On  appelle  Porle  bâtarde.  Une  porte  de 
maison,  qui  n'est  ni  petite  poite,  ni  porte  co- 
chèrc.  Et  on  appelle  en  termes  d'Ecrivain , 
Lettre  bâtarde,  Une  sorte  de  lettre  qtii  est  entre 


BAT 

la  lettre  ronde  et  la  lettre  italique.  F.crire  eit 
lettre  bâtarde.  Cette  sorte  d'écriture  s'appelle 
aussi  substantivement  De  la  bâtarde. 

BÀtaud,  se  dit  substantivement  et  adjecti- 
vement d'Un  enfant  né  hors  de  légitime  ma- 
riage. C'est  un  bâtard.  C'est  le  bâtard,  U 
bâtarde  d'un  tel.  Légitimer  un  bâtard.  Les  bâ- 
tards avoient  autrefois  une  part  dans  la  succes- 
sion du  père.  Heureux  comme  un  bâtard.  En- 
fini  bâtard.  Race  bâtarde.  Ligue  bâtarde.  Le» 
dcsccndans  d'un  bâtard. 

B.\'r,ARDEAU.  s.  m.  Espèce  de  digue  faite 
de  pieu-X,  d'ais  et  de  terre,  pour  détourner  leaa 
d'une  ri\  ière.  Faire  un  batardeau. 

BATARDIÈRE.  s.  f.  Terme  d'Agriculture. 
Plant  d'arbres  greffés  qu'on  élève  dans  des  pé- 
pinières, pour  les  transplanter  dans  des  jardins. 
B.VTARDISE.  s.  f.  État  de  celui  qbi  est 
bâtard.  La  bâtardise  exclut  de  toute  succession 
en  France. 

BATAVE.  s.  et  adj.  Ancien  nom  des  habi- 
lans  de  la  Hollande.  Les  Bataves,  les  peuples 
Bataves.  La  République  Batave. 

B.ATE.\U.  s.  m.  Esprée  de  barque,  dont  on 
se  sert  ordinairement  sur  les  rivières.  Bateau 
couvert.  Bateau  de  pêcheur.  Passer  en  bateau. 
Faire  remonter  un  bateau. 

On  appelle  Pont  de  bateaux.  Un  pont  fait 
avec  des  bateaux  attachés  les  uns  aux  autres. 
Et  on  dit,  Bateau  de  sel,  de  foin,  de  bois,  etc. 
pour  dire.  Un  bateau  chargé  de  sel ,  de  foin ,  etc. 

On  dit  figurément, qu'f'n  homme  est  encore 
tout  étourdi  du  bateau,  pour  dire,  qu'il  n'«»t 
pas  encore  remis  des  fatigues  d  un  long  voyage 
ou  du  trouble  que  lui  a  causé  quelque  accidtut 
fâcheux. 

Bateau  ,  se  dit  aussi  De  la  menuiserie  d'uu 
corps  de  carrosse.  Le  bateau  de  ce  carrosse  n'est 
pas  bien  fuit. 

B.iTEL.\GE.  s.  m.  Métier  ou  tour  de  ba- 
teleur. 

B.4TELEE.  s.  f.  La  charge  d'im  bateau.  Ba- 
telée  de  foin.  Batelée  de  bois. 
^      Il  se  dit  figurément  et  familièiement  d'Une 
nmltitude  de  gens  ramassés.  Il  vint  une  batelée 
de  gens  dans  sa  maison. 

j  B.VTELET.  s.  m.  Petit  bateau.  //  est  venu 
sur  un  batelet. 

BATELEUR  ,  EUSE.  s.  Faiseur  de  tours  de 
passe-passe.  Ce  Bateleur  est  bien  adroit ,  bien 
subtil 

On  appelle  aussi  de  cette  sorte ,  Ceux  qui 
montent  sur  des  tréteaux  dans  les  places  pu- 
bliques, connue  les  Charlatans,  les  Danseurs  de 
corde,  les  Jimctirs  de  farce,  etc.  Il  s'amu.se  à 
regarder  les  Bateleurs. On  dit  d'Un  homme  qui 
s'amuse  à  faire  de  petits  tours  de  souplesse  | 
Iqu 71  fait  le  Bateleur. 

I  BATELIER,  ÈRE.  s.  Celui  ou  celle  dont  Is 
■profession  est  de  conduire  un  bateau.  Bon  Bo- 
telier. 

BATÈMI;  et  ses  dérivés,  l'oyes  BAPTf-MF. 
BATER,  v.  act.  .Mettre  un  bât  sur  imc  fcéte 
de  somme.  Bâter  un  cheval,  un  mulet, 
BÂTÉ ,  1:1:.  participe 
'       Ou  dit  proierbl  ilenient  et  figurément  d'Ua 


EAT 

lourdaud,  <jue  Cest  un  ânehitè,  un  vrai  dnc 
hâté. 

On  dit  aussi  proverbial,  et  figur.'n).  qn7l  n'y 
i:  point  d'Jne  pîus  mal  bitte  que  celui  du  com- 
mun, pour  dire,  qu'Une  afTaire  est  plus  mol 
conduite,  quand  plusieurs  personnes  en  sont 
chargées,  que  sï  une  seule  l'etoit. 

BÂTIER.  siibst.  m.  Arlisnn  qui  fait  des  bâts 
Acheter  des  bâts  de  mulet  chez  le  hiUier. 

BATIFOLKR.  v.  n.  Se  jouer  à  la  manière 
dej  enfans.  Ces  gens  là  s^amusent  à  batifoler.  Il 
;iit  du  stvle  familier. 

BA  n  MR>'T.  s.  m.  Édifice.  Bâtiment  superbe, 
magnifique  t  Royal.  Btttiment  public.  Vieux 
hâiimcns.  Bdtiment  ontique.  BtUiment  qui  me- 
nace ruirit'.  Entretenir  y  réparer  un  bittîment. 
Surintendant  j  Directeur  ijénéral.  Contrôleur, 
Trésorier  des  Inltimens  du  Roi.  La  Surînten- 
iance  des  btîtimens.  Entrepreneur  de  hiîttmcus. 
Il  entend  bien  les  b.Uimens. 

■^Q  appelle  aussi  Biitiment  de  mer,  nt  plus 
souvent  encore  Bâtiment  (ont  court,  Un  Na- 
vire, un  vaisseaM,  Vodà  un  beau  bât'mcnt.  Les 
erands  batimensy  les  petits  butimens.  Il  com- 
mande un  petit  bâtiment, 

BÂTIR.  V.  a.  Édifier,  construire,  faire  un 
édifice.  Bdtir  une  maison  ,  une  hglise.  Bdtir  en 
pierre,  en  brique.  Bâtir  sur  pilotis.  Bâtir  à  la 
moflerne.  Bdtir  à  l'antique.  Bdttr  un  pont, 
Bdtir  un  vaisseau. 

Bâtir  en  i'air,  Se  mettre  des  cliîmi-rcs  dans 
la  trie,  former  des  projets  sans  fondement.  On 
dit  E^urémcnt  et  familît-icment  dUn  Iiomii:c 
qci  engraisse  et  prcud  un  j.ros  ventre,  Il  batii 
sur  le  dei'ant. 

Il  signifie,  en  termes  de  Tailleur  et  de  Cou 
tunère,  Af^encer,  dresser  la  besogne  en  la  fau- 
filiint.  et  l'assemblant  avec  de  grands  po  nis 
d'aiguille.  Celté  jupe  n'est  pas  cousue,  elle  ncsl 
que  bâtie. 

Il  sij;ni(îe  fiçîurément  ,  Établir.  //  a  buti  sa 
fortune  sur  les  ruines  d'un  tel.  Il  bâtit  tout  son 
système  sur  une  supposition  en  l'air. 

BÂTI,  lE.  participe.  Maison  bâtie  de  pierre  . 
de  brique. 

On  dit  fisiuréraent.  Voilà  un  homme  bien 
bâti,  pour  dire.  U;i  liomnie  bien  fait.  Et  on  dit 
aussi.  Vn  grand  malbdli  ,  pour  dire,  Un 
grand  homme  mal  fait,  ou  mat.idroil. 

il  est  aussi  substantif,  et  se  dit,  en  termes 
f<e  Tailleur,  au  même  sens  que  Bdtir.  Voilà 
«n  bâti  qui  est  mal  put.  Il  faut  ôler  le  bdli  dt 
cet  habit. 

B.VnSSE.  s.  f.  I.'étai  ou  l'entreprise  d'un 
bâtiment  quant  à  la  mar-onneric. 

H.\TISSEUIl.  s.  m.  Oui  aime  ît  bihir.  Il  ne 
»r  dit  ni  du  Maçon  ni  de  r.4rcliilectc  ,  mais  de 
cMui  qui  fait  bâiir.  C'i->t  un  grand  bâtisseur.  Il 
ot  du  %lyle  familier. 

BATISTE,  s.  f.  Espùco  de  toile  tRS-fine. 
Une  aune  de  batiste, 

B.VTON.  s.  m.  Lod^  morccnu  d«  liois  qu'on 
peut  tenir  j  la  main,  eiqiii  sert  :'i  divers  us.i{;cs. 
Gros  bu'fon.  Bâton  noueux.  Bâton  de  fagot. 
B-^tonde  cotret.  S'appuyer  sur  un  bâton.  }iar 
€Îicr  avec  un  bâton.  Donner  des  coups  debâion 
Jome  J, 


R  A  T 

(l  l'a  menacé  du  bâton.  Il  Va  fût  mciirir  sou!i 
U'  h/Uon. 

On  appelle  figurcmonl  Bâton  de  vieillesse. 
Celui  ou  celle  qui  sert  d'appui  à  une  vieille 
personne,  et  qui  l'assiste  dans  ses  besoins.  Cet 
cnjunt  sera  un  jour  votre  bâton  de  vieillesse. 

On  appelle  J3i/(on  de  commandement  y  Le 
b.'iton  que  portent  certains  Officiers  dépée; 
Bâton  de  Maréchal,  ou  simplement  Bâton  ^  La 
dignité  de  Marcclial  de  France.  Le  Roi  l'a  fait 
Vdrcc/inl  de  FruncCj  lui  a  donné  le  bâton.  Et 
on  appelle  î^âtons  de  Maréchal,  Les  deux  bu- 
tons fleurdelisés  que  les  Marccliaux  de  France 
portent  derrir-re  leur  ^cu,  passés  en  sautoir. 

On  appelle  Bâton  de  Chantre.  Une  sorte  de 
bûlon  foit  orne  et  recouvert  d'argent,  que  le 
Chantre  dune  F^lise  lient  i  la  main  pendant 
rofiice  divin,  en  marchant  en  chape  dans  le 
(;hccur;  Bâton  de  Prieur,  Le  bà^on  qu'un 
iiommc  en  qualité  de  Prieur  jiorte  deixii'rre  i'écu 
de  ses  arnioiri''s;  Bâton  de  Confrérie,  Le  b.Uon 
■  [ui  soutient  l'Etendard  d'une  Conbvrie;  et 
Bâton  de  la  Croix ,  Le  bùtou  au  haut  duquel 
on  met  une  Croix  pour  la  porter  dans  les  Pro- 
cessions. 

On  appelle  Btiton  de  Jacob ^  La  bajjuette 
des  Escamoteurs. 

On  dit  proverbialement  Bâton  ferrât  et  non 
fi-rrat,  pour  dire.  Toute  sorte  d'armes.  Les 
l'aysans  de  ce  villaqe  sortirent  sur  une  troupe 
de  voleurs  y  avec  bâton  ferrât  et  non  ferrât, 

B.VTON  j  se  dit  aussi  l^J^e  diverses  choses  qtiî 
ont  la  forme  d'un  petit  bjion.  Bâton  de  cire 
trLsiHtque,  b.'iton  de  /ryb.-i.st;,  de  cannelle,  de 
casse,  etc. 

En  parlant  d  Une  j^arnison  qui  est  sortie 
il'une  Place  sans  armes  et  sans  Iw^nge,  on  dit. 
iju"E//e  en  est  sortie  le  bâton  hlanc  à  la  minn. 
Et  on  dit  fi;;iurémcnt,  Sortir  d'un  emploi, 
(i'iine  administration  J  avec  le  bâton  blanc,  ou 
fe  /)iJÏon  blanc  à  la  mam,  pour  dire.  En  sortir 
ruiné. 

(Jndit  figurémcnt  ,Fafrc^iirc(jucf(7»c  chose 
à  quclquun  le  bâton  haut,  mener  quelqu'un  le 
bâton  haut,  pour  dire.  Le  faire  obéir  par  vio- 
lence, par  force;  et  Faire  sauter  le  bâton  à 
quelquun,  pour  dire.  Lui  faire  faire  une  chose 
malgré  lui.  On  lut  a  fait  sauter  le  bdton. 

On  dit  aussi  Sauter  le  bâton,  pour  dire, 
Faire  une  chose  à  ses  risques  ot  périls. 

Oa  dit  proverbial,  et  G^nrénient,  Tirer  au 
blton,  iu  court  bâton  avfc.  quelqti\inj  pour 
dire.  Contester, 'disputer  avec  lui  pour  quelque 
j!)o^e.  Voulez- vous  tirer  au  bâton,  au  court 
bâton  avec  votre  Maître?  On  dît  aussi,  Faire 
une  chose  à  bâtons  rompus^  pour  dire,  La 
faire  à  diverses  reprises.  //  nt  m'a  parlé  de 
cette  affiiire  qu'à  bâtons  rompus.  Et  on  appcllt; 
bl^nrénient  I.e  tour  du  bâton  ^  Ce  que  les  gens 
prennent  au-del^  de  leurs  droits. 

On  apjK;Ile  Bdton  à  deux  bouts.  Une  espiîce 
d'arme  uiK-nsivc,  qui  conaisie  en  un  bâton  ferré 
par  les  deux  bouts.  Jouer  du  bâton  à  deux 
bouts. 

On  appelle  Bâton  de  perroquet.  Un  b.'ilon 
élnbli  sur  un  plalcau  d:.-  bois,  et  garni  de  di»- 


BAT  119 

lance  en  distance  d'échelons  sur  lesquels  cel 
ois.au  monte  et  descend  à  sa  fantaisie. 

On  appelle  figurém.  et  faniilîèrem.  du  même 
nom.  Une  petite  maison  de  plusietns  i*ta;;es , 
dont  chacun  n'a  qu'une  cbanil>re  Cette  niatson 
est  un  bâton  de  perroquet. 

BATONNER.  v.  a.  Donner  des  coups  de 
b^ton.  On  l'a  bâtonné  rudement. 

BÂto5Si:ii,  terme deChanrelIerie.Cancellor, 
rayer.  Brflonnerunc  Ciiiise.  iifu(onnerun<ir(ic/c'. 

BÂtonné,  ée.  participe. 

BÂTONNET,  s.  m.  Sorte  de  petit  b.'.ton 
amenuisé  pnr  les  deux  iiouls,  et  qui  sert  à  un 
jeu  d'cnfans.  Jouer  au  bâtonnet.  Faire  saul-:r 
le  bâtonnet. 

BÀTO>'>ÏER.  s.  m.  Celui  qui  a  en  dépôt 
pour  un  temps  le  bâton  d'une  Confrérie,  et  qui 
a  droit  de  le  porter  aux  Processions. 

Et  au  Palais,  on  appelle  Bâtonnier  des  Avo- 
cats, Celui  qui  est  choisi  par  le  Corps  des  Avo- 
cats pour  être  leur  Chef  pendant  un  certaii. 
temps.  On  le  nomme  ainsi,  parce  qu'il  a  en 
garde  le  bflton  de  ly  Confrérie  de  Saint  piicolas. 

B\TR.\CHITE.  s.  f.  Pierre  verte  et  creus5% 
représentant  un  œil  dans  son  milieu. 

BATTAGE,  s.  m.  Terme  d'Agriculture.  lï 
se  dit  De  l'acliou  de  battre  le  blé,  et  du  temps 
qu'on  y  emploie. 

BATTANT',  s.  m.  Espùce  de  maricau  eti 
forme  de  massue ,  qui  frappe  de  côté  et  d'autre 
dans  rinlérieiu-d'une  cloche. On  disoil  autrefois 
Batail 

Battast,  se  dît  aussi  De chrtque  parti*»  «l'une 
porii.'  qui  s'ouvre  en  (Jeux.  Une  porte  à  deux 
hiittans.  Ouvrir  les  deux  battans  d'une  porte. 
Battant  d'un  ptu-d/oM,  se  dit  pour  signifier  Sa 
longueur.  Sa  hauteur  ou  larj^eur  s'iippclle  le 
Guindant. 

On  l'emploie  aussi  adjectivement.  Métier 
battant,  pour  dire.  Un  mclier  actuellement 
LMnpIoyé  ;  et  Porte  battante,  pour  dire,  Une 
porte  qui  se  referme  d'elle-nitnie. 

Battant,  s'emploie  encore  familièrement 
danscelte  façon  de  parler,  Vnhabit  tout  battant 
neuf ,  pour  dire.  Un  habit  neuf. 

BATTE,  s.  f.  Maillet  ou  plateau  de  boïs  qui  a 
un  lon^  manche,  et  avec  lequel  on  bat  la  lene 
pour  l'aplanir,  ^//jhniir  une  allée  avec  desbattf'i. 

lÏArrE,  petit  banc  sur  lequel  1rs  blanchis- 
seuses battent  et  savonnent  le  linpe. 

Batte  À  beloiie.  Bilon  rond  pour  b;ilUT  le 
l>eurre. 

On  appelle  aussi  Batte  y  Un  sabre  de  bnis 
dont  .Vrlequin  se  sert. 

BATTËE.  s.  f.  Ce  qu'un  Papcer,  un  Re- 
lieur bal  h  la  fois  de  pnpier. 

BAn'ELLEMEM".  s.  m.  Double  rang  de 
tuilcsqui  termine  un  toit  par  en  Las,  et  par  oh 
le  toit  s'êgnulte. 

BVTTE.ME.vr.  s.  m.  Il  n'est  guéie  d'usape 
que  dans  les  phrases  suivantes  :  Battement  de 
mains  J  se  dît  De  l'action  de  battre  des  mains 
en  signe  d'upplaudiss*^nicnt;  Battement  decuur^ 
et  Battement  d'artères,  se  disent  De  la  palpita- 
tion du  ranir,  et  du  mouvement  fréquent  des 
artères.  Battement  d'ailes.  Battement  du  pouls. 

'7 


i3o  BAT 

BATTERIE,  s.  1.  Querelle  où  ilyad«seoup« 
c!onii«.  Il  y  a  M  une  hatlcrle.  Il  fui  tué  tlam  t 
ttne  hdtUric 

Il  se  (lit  aussi  De  ])lu5ieur5  pièces  de  cnnon 
eî  de  nioniers ,  dispose'^  pour  tirer  contre  i'eri- 
iienii.  Une  !>.ille;ie  tic  phisicurs  canons.  Cunon 
de  biitlerie.  Meltre  le  canon  en  halteiie.  Dresser 
une  batterie.  Il  y  a  cinq  hnticrics  clivant  celte 
l'iace.  Changer  de  batterie.  Démonter  une  bat- 
terie. La  batterie  de  la  l'Iacc  a  démonté  celle 
des  assiégeans. 

Od  dit  fi-iircm.  Dresser  ses  batteries,  pour 
ilire,  IVcndrc  si's  mesures.  El  ou  di',  qu'Un 
homme  dresse  de  bonnes  batteries ,  qu'il  a  une 
forte  batterie,  pour  dire,  qu'il  a  et  qu'il  em- 
ploie de  puissans  moyens  pour  réussir  dans  une 
affaire;  et  Changer  de  batterie,  pour  dire,  Se 
servir  de  quelque  autre  moj-en. 

On  dit,  d:nis  le  mfms  sens,  Démonter  la 
batterie,  les  batteries  de  quelqu'un,  pour,  Ren- 
dre SCS  moyens  nuls,  eu  leur  en  opposant  de 
plus  forts. 

On  appelle  aussi  Cndcrie,  I.a  picec  d'aciei 
qui  couvre  li^  liassinet  des  anncs  îi  feu,  el 
contre  la  jiudle  donne  la  pierre  qui  est  aucliicn. 

Batkeiue,  se  dit  aussi  He  la  manière  de 
baltrJ  le  tambour.  La  batterie  des  Gardes 
Françoi'-es,  la  batterie  des  Suisses,  etc. 

Il  se  dil  aussi  d  Une  ccrlaiuemanièri;  dc«jooer 
sur  la  Guitare.  Rien  ne  plaît  tant  sur  la  guitare 
que  les  batteries. 

On  appelle  Batterie  de  cuisine,  Les  uslen- 
•iles  oui  servent  à  la  cuisine,  et  qui  sont  ordi- 
naireuiciit  de  cuivre  battu.  Acheter  de  la  batterit 
lie  ciii.'viiie.  Voilà  de  belle  batterie  de  cuisine. 

n.^Tl'EUR.  s.  m.  Celui  qui  aime  i  battre,  h 
frapi)er.  Eji  ce  sens,  il  ne  se  dil  guère  que  dans 
c.^9  pluascs  du  style  familier  ;  Batteur  de  gens. 
Batteur  de  paysans. 

Ou  aitpcWe  Batteur  en  graïqe,  TJn  liomnir 
qui,  apr.'s  la  recolle,  fait  fcorlir  le  grain  de  ti 
jiaille  avec  un  -léau  dont  il  la  bat;  Batteur 
d'or,  Un  ouvrier  qui  bat  les  feuilles  d'or  pour 
les  aplatir;  Batteur  de  pavé,  Un  fainéant  qui 
n'a  d'autre  occupation  que  de  se  promener  dois 
les  rues;  et  Batteurs  d'estrade.  Des  gens  déta- 
cliés  pour  aller  à  la  découverte. 

l'.u  termes  de  Chasse ,  on  appelle  Batteurs , 
Des  hommes  employés  à  battre  le  bois  pour  en 
faire  sortir  le  gibier. 

BjVTI'OIR.  s.  m.  Espèce  de  palette  à  manche 
court,  enduite  de  colle  et  de  nerfs,  recouverte 
de  parchen)in,  et  dont  on  se  sert  pour  jouer  à 
la  courte  paume.  Jouer  du  battoir.  L'un  jouoit 
delà  raquette,  el  l'autre  du  battoir,  L'n  beau 
coup  de  battoir. 

II  se  dit  parcillenîcnt  Des  palettes  à  long 
inauche,  desquell  s  on  se  seit  pour  jouer  à  ta 
longue  paulir.-.  Ou  ne  juuoit  que  du  battoir  à 
lu  iunnue  paume. 

It.MToin,  se  dit  aussi  d'Cne  grosse  palette 
de  bois,  avec  l.iquelle  ou  bat  la  lessive.  Un 
haltotr  de  lessive. 

B.VITOUXJIE.  s.  f.  (On  prononce  les  T.) 
Répétition  inutile  d'une  niâmc  chose.  Ce  n'es' 
Iju'une  batli  lorjie  couliiiue/ic. 


ByVT 

BATTRE.  V.  a.  Je  hats^fu  hatSf  il  bat  : 
uoits  hiittonsj  'Vous  buttez,  ils  battent.  Bats^  Je 
hattoia,  je  battis ,  je  battrai  Battant,  battu. 
Piajiijcr,  donner  des  coups  pour  futrc  du  ina!. 
Battre  un  honwte.  Battre  tjuehju'un  à  coups  de 
voiiiq.  Battre  un  chien. 

On  dit  prnvcrhialeiïi.  Battre  un  homme  dos 
et  ventre^  le  buffrc  comme  plâtre,  le  huttrc 
comme  un  cïiien,pnurdire,  Le  battre  avec  excès. 

On  dit  fif^urcm.  Buttre  cjuehpi'un  n  terre, 
pour  dire,  Accabler  qucli]u'un  qui  n'a  plus  la 
force  de  se  défendre  ;  et  on  dit  aussi,  Se  laisser 
battre  à  terre,  j)Our  dire,  Se  laisser  accahlcr, 
opprimer  sans  y  opposer  aucune  défense.  On 
dit  encore  proverbialem.  Battre  le  chien  desuuit 
le  lîoi',  pour  dire,  Faire  une  réprimande  ù 
quelqu'un  devant  une  personne  plus  conside- 
labîe,  afin  qu'elle  se  l'applique;  et  Battre  le 
chien  devant  le  loup,  se  ùiî  De  ceux  qui  feignent 
dVtre  désunis,  pourinieux' tromper  leur  ennemi. 

Ou  dit  familièrem.  cl  p-overbial.  îl  fait  bon 
lattre  un  glorieux,  il  ne  s^en  vante  pas,  pour 
dire,  qu'Un  liomme  vaîn  aime  niietix  endurer 
lies  luimilialions  secrètes  que  de  s'en  pliindrc. 

Ou  dit  de  même,  S'il  ne  tient  cpiW  battre, 
la  vache  est  ù  nous,,  pour  dire,  qu'Au  besoin 
on  ne  ménagera  jras  les  moyens  de  force  pour 
venir  à  bout  de  ce  qu'on  désire. 

On  àil  aussi  nroveriiialemenl,  A  battre 
fiut  TafTiour,  pour  dire,  Que  les  mauvais  irai- 
tenicns  font  cesser  rnniour. 

On  dil,  Battre  ïes  ennemis,  pour  dire,  I.ra 
vaincre,  les  défaire:  Notre  aile  gauche  battit 
l'aile  droite  des  ennemis ,  el,  Mener  hatla},t  le: 
ennemw,  pour  dire,  Les  poursuivre,  ai>rès  les 
avoir  mis  en  déroute.  Et  iîgurém.  Mener  bat- 
tant ,  se  dit ,  Lorsque  dans  une  dispute  on  pressï 
son  adversaire  de  tant  de  raisons,  qu  il  ne  sau- 
roit  Y  répondre.  Il  tdchcit  de  sonteJiir  son  opi- 
nion,  mais  un  tel  le  mena  battant. 

H  se  dit  aussi,  Lorsque  dans  le  jeu  on  a  une 
Jurande  supériorité  de  fortUTK?  sur  celui  contre 
qui  l'on  joue.  Je  n\ii  pas  gagné  un  coup,  il 
m'a  toujours  mené  battant. 

On  dit.  Battre  «ne  Vdle  en  ruine,  poiii 
dire,  Tirer  de  l'arlillerie  sur  luie  Ville  pour  I;i 
ruiner.  On  dit,  Battre  une  muraille  en  htcche, 
peur  dire,  1, a  battre  pou'fjire  I>i  relie;  fignrém. 
Battre  un  homme  en  ruùie,ponr  dire,repons 
ser,  le  réduire  i'i  l'extrémité  dans  la  dispute, 
dans  les  aflàircs  qu'ojii  a  contre  bii. 

(ÏD  dit  aussi  figurém.,  Battre  en  ruine  un 
système,  un  argument,  etc.  pour  dire,  L'atta- 
quer avec  des  raisous si  fortes, qu'on  n'y  puisse 
rien  opposer.  Et  en  parlant  He  qu-dqn'un  qu'on 
a  complétemcul  refulé,  on  dil,  On  Va  battu  de 
vingt  raisons  sans  rêpUgne. 

B\TTiic,se  dit  De  diverses  clio^^cs  sur  les- 
qui'lles  on  lôuclic  fortenirnl  avec  .-idereus  ins- 
tiuiiiens .  comme ,  ijuffre  une  ((ij.'isseric,  pour, 
La  nettoyer;  Battre  un  noyer,  pour,  En  faire 
tomber  les  noix;  Battre  du  papier,  battre  le 
fusil,  battre  du  blé,  battre  en  grange,  battre 
le  beurre,  battre  du  plHrc,  buttre  la  lessive, 
battre  monuoie, battre  des  armes  à  froid, haltic 
le  fr  sur  l'enclume. 


BAT 

On  dit,  Battre  des  Livres,  pour  dire,  Don- 
ner des  coups  de  marteau  sur  les  feuilles  d'un 
Livre  pour  les  presser,  afin  que  le  papier  en 
Roil  plus  uni,  le  volume  plus  mince, et  que  la 
reliure  eu  soit  mieux  faite  ;  Battre  la  terre .  pour 
dire,  La  rendre  unie  avec  une  batte;  et.  que 
La  pluie  a  battu  la  terre,  pour  dire,  qu'Kllc  a 
rendu  la  terre  plus  ferme. 

On  dit ,  qu't/ne  rù'icre  bat  les  murs  d\tne 
inlîe,  les  nniniîHes  d'une  rnuisun,  pour  dire, 
l]u'l'".ile  passe  tout  aupr^t. 

On  dit,  Battre  les  cartes,  pour  dire,  Txîs 
Uiêlor  ;  Battre  des  (vu(s,  pour  dire,  Les  mOler 
H  les  brouiller  ensemble  ;  et  Battre  la  mesurCy 
en  Musique,  pour  dire,  Marquer  la  mesure  en 
lidussaut  et  baissant  la  main,  dans  laquelle  on 
lient  ordininairement  un  bùlon  ou  un  rouleau 
de  papier.  Vous  ve  battez  pas  bien  la  mesure  ^ 
vous  la  battez  trop  vite,  trop  lentement. 

On  dit  aussi.  Battre  le  tambour,  battre  la 
caisse,  pour  dire,  Frapper  sur  le  tambour  avec 
deux  petites  baguettes;  et.  Battre  l'assemblée ^ 
hatire  la  marche,  battre  aux  champs,  battre  la 
cJiarge,  battre  la  retruid',  pour  diic,Battic  le 
tauJjour  pour  rassemblée ,  pour  la  marche, 
pour  faire  charger  les  soldais  dans  le  cojnbit , 
pour  faire  qu'ils  se  retirent. 

On  dit,  Battre  la  chamade,  lorsque  d.tns 
une  ville  assiégée  ou  bat  le  tandjour,pourmïir- 
juer  qpi'on  vcjut  capituler,  lit  ou  dit,  Battre  à 
ïa  Frani;oise,  battre  à  ta  Suisse,  pour  dire. 
Battre  le  tambour  comme  les  François,  comme 
îcs  Suisses. 

On  dil.  Battre  le  fer,  pour  dire.  Faire  àou- 
rcal  des  armes  :  Il  y  a  lonq-temps  qu'U  bal  Is 
fr  dans  les  Salles;  et  figurruient  d'Un  homme 
qui  s'exerce  depuis  long-temps  à  quelque  élude, 
.'i  quelque  profession,  (\ull  y  a  long-temps 
ru\l  bat  ïe  fer;  et  proverbial,  et  figurémeiil , 
qu'iï  faut  battre  le  jrr  pendant  gu'il  est  chiud, 
pour  dire,  qu'il  ne  faut  point  se  relâcher  dans 
ia  poursuite  d'une  aflàire ,  quand  elle  est  en 
lion  tnin. 

On  dit  en  tenues  de  Guerre,  Battre  IVs- 
lrj(?e,  battre  la  campagne ,  pour  dire.  Courir 
ilc-çâ  et  dc-l.'i  dans  la  canqiaj^ne,  aGn  d'avoir 
l'.cs  nouvelles  ôvs  cimrAms.  Buttre  la  campngnc, 
se  dit  fi;;urèm.  d  Un  bimnit  qui  dans  mi  dis- 
roifts  s'éloigne  de  son  sujet  ptr  des  dif^re;  iions 
fiefjuentes  et  inutiles,  ou  d'un  homme  que  la 
maladie  a  fait  tondicr  dans  le  délire.  On  dit 
aussi, Baïïre  la  c(impuqne,pourdire,Rcpo!idic 
vaguement,  avec  dessein  d'éluder  uuequcttion, 
une  objection. 

On  dit .  qu'L-n  homme  bat  le  pavé,  s^amusc 
à  battre  le  pavé,  pour  dire,  qu'il  va  el  vient 
dans  xmti  ville  en  plnsieurs  endroits  difl'érens, 
sans  auciuie  oceupuion  sérieuse;  et,  fitilïre  bien 
du  pays,  pour  dire,  N'oyager  en  beaucoup  de 
lieux  difl'érens.  Et  on  dit  fi;;uiéui.  d'Un  homme 
qui  par'.e  Ijcanconp  cl  de  beaucoup  de  clioses, 
que  C'est  un  homme  gui  but  bien  du  pays  en 
peu  de  temps. 

On  dil,  Battre  le  bois,  battre  la  plaine, 
pour  dire,  Les  pitrcourir  eu  chassant.  ?ions 
battîmes  tout  le  bois  et  toute  la  plaint  j  ians 


BAT 

voiwolr  trouver  th  gibier  •  et  proverbialement. 
Jl  a  battu  les  buisscnsy  et  un  autre  a  pris  L\^ 
oiseaiLCy  |iour  dire,  Il  a  eu  beaucoup  de  peine. 
et  un  autre  en  a  profité.  El  eu  pulaiu  des  pei- 
nes qu'on  se  doitne  pour  une  cliosc  «]ui  ne  pcul 
pas  réussir,  on  dû  proverbialement  et  Hgiué- 
nient.  C'est  battre  Veau, 

Battre,  est  aussi  verbe  acutrc.  Ainsi  nn 
dit,  que  Le  cœur  bat  à  tous  les  animaux^  pour 
dire,  qu'il  se  meut  d'un  mouvement  continuel; 
que  Le  c^fur  bat  à  (juehju'un^  pour  dire,  qu'il 
a  une  espèce  de  paIpilatio:i  de  co-'ur;  et  figuiv- 
ment,  que  Le  c.ciir,  que  le  pouls  bat  à  quci- 
tfu'uHf  pour  dire,  qu'il  a  peur. 

On  dit,  qu't  n  oiseau  bat  de  l'aile^  pour 
Hire,  qu'il  trémousse  de  l'aile;  et  figun;nieiit , 
quVn  homme  ne  bat  plus  (jue  d'une  aile,  pour 
dire,  que  Sa  santé,  sa  fortune,  non  activi!é, 
fconi  extrêmement  diminuées. 

On  dit  aussi,  que  Le  fer  d'un  cheval  hnî> 
pour  dire ,  qu'il  loche  ;  et ,  que  Le  Soleil  bat  à 
plomb  en  fjuel(jue  endroit  ^  sur  la  tête  de  qucl- 
tjn'un^  pour  dire,  qu'il  y  darde peipendiculôi- 
remeut  ses  rayons. 

Ou  dit,  Le  tambour  bat^  pour  dire,  qu'On 
entend  te  son  du  tambour.  On  dit,  Marcher 
tambour  battant,  pour  dire,  Marcher  au  son 
du  tambour}  et  Sortir  tambour  battant^  pour 
dire,  Sortir  avec  les  !ionneurs  de  la  gucn*e. 

On  dit  fîgurcm.  Mener  tjucltfuun  tambour 
battant,  pour  dire,  Le  traiter  sans  aucun  nic- 
uaf;enieulî  et,  Faire  une  chose  tambour  bat- 
tant, pour  dire,  La  faire  au  vu  cl  au  su  de  tout 
le  monde. 

On  dit,  Battre  des  maÎAS,  pour  dire,  Ap- 
plaudir. 

Ou  dit  provcrb.  Tant  qu.'  lame  me  battra 
dans  le  corps  y  pour  dire,  Tant  que  je  vivrai. 

On  dit,  qu'Ln  homme  a  battu  froid  à  (juel- 
tfu'un  ,  pour  dire,  quTl  la  reçu  avec  froideur; 
qti'/I  bat  froid  y  pour  marquer  qu'il  reçoit  avec 
froideur  ce  qu'on  lui  dit,  ce  qu'on  lui  propose; 
et  qu'Un  homme  bat  en  retraite ^  pour  dire, 
qu'il  commence  à  se  détacher  du  commerce  du 
monde,  ou  d  ■  quelque  engagement  qu'il  avoit, 
ou  simplement  pour  dir«,  qu'il  se  retire  de  la 
conipa;;nie  où  il  est. 

lÎArTiiE.sc  dit  aussi  au  jeu  deTrictrac,  lors- 
que p:ir  le  point  du  dé,  eu  partant  d'une  flèche 
ou  vous  avez  une  ou  deux  dames,  vous  frap- 
pei  une  dame  découverte  de  voire  adversaire, 
ou  fon  coin.  Je  bats  utie  telle  dame  par  cincj  et 
iix.  Je  bats  les  deux  coins  par  sonnez. 

Batti\e,  se  mil  au^^ï  avec  le  pronom  per- 
sonnel, et  signifie  ,  Condi;itIre.  Se  battre  à  pied 
et  à  chevaL  Se  battre  en  t'uel.  Il  a  désarmé  ce- 
'ni  conlre  t^ui  il  se  battoit.  C^est  un  homme  tfui 
se  but  bien.  Ou  dit,  Se  battre  en  retraite^  pour 
dire.  Combattre  de  telle  sorte  qu'on  ne  laisse 
|#i5  de  se  rctinr. 

Eu  juirlant  d'Un  Oiseau  do  proie  qui  se 
tourmente,  qui  s'agite  sur  la  perche  ou  il  est 
elLicîië,  on  dri,  qu'il  se  bat  a  la  perche.  Et  on 
dit  fijuiéiuent,  qu  Un  homme  se  bal  à  la  per- 
dit, i»our  iLr«,  qu'il  »e  tourmente  fort  inaiilc- 

Lli  II». 


BAU 

r>ATTC,  VE.  p.irticipe. 

On  dit.  Avoir  les  yeut  battus,  pour  dire, 
Lis  avoir  comme  nieurti»;  et,  Avoir  eu  sou- 
vent^ avoir  eu  toHcj-temps  les  oreilles  battues  et 
rebattues  d'une  affaire^  pour  dire,  En  avoir 
oui  souvent  parler. 

On  appelle  C/jemm  tfl(t«.  Un  chcn-.in  fort 
fréquenté.  Et  on  dit  figurenient,  quï  Dans  la 
plupart  des  affaires ^  'il  vaut  toujours  micii-r 
suivre  le  chemin  hattu^  pour  dire,  qu'il  vaut 
mieux  suivre  l.i  route  la  plus  ordinaire  et  la 
plus  commune. 

Ou  dit  aussi  fi;^i*rémcni,  Les  roufcA  battues^ 
pour  diic,  Les  piocédés  ordinaires,  Its  moyens 
connus. 

Ou  (lit,  qu7//i  l'dissfflu  a  été  battu  de  To- 
rafjc,  df  la  (cmpcte,  pour  dire,  (]u'Il  a  été  tour- 
menté par  la  temple. 

Kl  G;;urém.  en  i>irlanl  d  L^ii  homme  qi'i  est 
coiis'crué  de  heaucuiip  de  dis,^!.*res  (jui  'uisonl 
arrivées  l'une  sur  l'autre,  on  dit,  qu'il  est 
battu  de  Voiscau. 

On  dit  provcrb.  /iiitant  vaut  bien  battu  nue 
mal  battu,  pour  dire,  qu'il  v  a  de  certaints 
clioses  qu'il  ne  faut  ])oint  faire  à  demi,que]iiuc 
danger  qu'il  y  oit,  et  quelque  dommaje  qu'on 
en  jmissc  recevoir;  et,  que  Les  battus  paieront 
l'amende  f  pour  dire,  que  Ceux  qui  ont  éti  mal 
Iraités,  seront  encore  hlàmcs.  El  dans  celte  der- 
nière phrase,  Battus  t  si  cmplovc  substanlivem 

BATTUK.  s.  f.  Tenne  de  Cliasse,  qui  se  dii 
d'Une  assemblée  de  j;eus  qui  baUvni  les  Jjois  el 
les  tùllis  avec  grand  bruit,  (louren  faire  sortir 
les  loups,  les  rouiir  Is  et  auircs  l>ctes.  Il  faut  as- 
sembler des  paysans  pour  faire  une  battue  dam 
ce  bois. 

BATTURE;.  s.  f.  Espèce  de  dorure  qui  se 
fait  avec  du  miel,  de  l'eau  de  colle  et  du  vi- 
naigre. 

EAU 

BAUD.  s.  masc.  Chien  courant  qui  vient  de 
Barbarie.  Il  chasse  le  cerf.  On  l'appelle  aussi 
Chii>n  muet,  parce  qu'il  cesse  d'aboyer  quand 
le  c  rf  vient  au  change. 

BAUDET,  s.  m.  Âne.  Être  monte  sur  un 
baudet.  L^apoloquc  du  cheval  et  du  baudet. 

Fi;;nrément  et  par  injure,  on  appelle  Bau- 
det, Un  homme  stupide. 

BAUDIR.  V.  a.  Terme  de  Chasse.  Exciler  les 
rhirns  du  cor  et  de  la  voix.  On  baudît  aussi  les 
oiseaux. 

Bai  Di,  iK.  participo. 

BAL  OUI  EB.  s.  m.  Large  l>an  le  de  cuir  ou 
d'élotTe,  qui  ]  end  en  écharpc,  cl  qui  sert  à 
porter  i'cpie.  Baudrier  de  cuir.  Baudrier  en 
broderie. 

BAUDRUCHE,  s.  m.  Pellicule  de  boyau  de 
Ijoeuf ,  dont  les  batteurs  d'or  se  servent  pour 
réduire  l'or  rn  feuilles. 

B.VUGE.  s.  f .  Lieu  fangeux,  où  le  San;;Iicr 
se  r.'tire.  se  couclie.  Faire  sortir  un  ^anqlter 
l'e  sa  hauqc. 

Il  se  dit  aussi  dtJu  certain  mortier  de  terre 
grasse,  n:6\ce  de  pAÎlle.  Maçonnerie  fiite  de 
bauqe.  Lnduire  une  muraille  èc  bauge. 


BAV  i3r 

A  B.icr.E.  Façoii  de  parler  advcrb.  île  et 
basse ,  qui  signifie ,  l-'.n  abondance.  Cet  homnu 
est  fort  à  son  aise,  il  a  Je  tout  à  'jauge. 

li.VLKjUE.  s.  f.  Herbe  à  feuilles  ciroites . 
ni  vient  dans  les  elangs  salés.  La  Bauguc  sert 
d  fumer  les  terres, et  !i  garnir  de»  caisses  d'cin- 
balla^c. 

B.MJ.ME  s.  ni.  Pl.intc  trts-odoriR-r.mtc  qui 
cntie  dans  les  fournitures  des  salades.  Ce  ti  uu« 
es|iice  lie  SIentlie. 

il  82  prend  plus  souvent  pour  La  liqueur 
qui  coule  de  certains  arbres.  Baume  oiicntaî. 
Uauinc  hliiiic.  Baume  d'Eijyf te.  Baume  du  l'é- 
fou.  Baume  de  la  Mecgue. 

Il  se  prend  aussi  pour  Certaines  composi- 
tions propres  aux  pluies,  et  qui  servent  à  les 
ronsoliiler.  71  .ïiiil  faire  un  baume  excdUut.  Il 
la  cjucri  avec  sou  baume. 

On  (lit  familièrement  (t  figurement,  Celle 
liowv'el/e,  ce  discours  a  été  pour  moi  un  haunte. 
.M'a  console,  a  guéri  mes  inquiétudes,  mon 
tliagrin. 

On  dit  de 'même,  Je  n'ai  pas  de  foi  à  sou 
baume,  pour  dire,  J«  n'ai  point  de  coufiuiice 
aux  discours  qu'il  débite,  aux  promesses  qu'il 
fait. 

On  appelle  aussi  Baume,  Une  certaine  jiàle 
du"  senteur,  que  l'on  porte  sur  soi  daijs  une  pe- 
tite boite,  contre  le  mauvais  air. 

On  dit  proverb.  Cela  fleure  comme  baume , 
pour  (lire,  O  la  sent  fort  bon.  Et  fi  ;uréii:pnt . 
in  parlant  De  quciqu/:  cliose  d'avantajeux  que 
quelqu'un  propose,  on  dit.  Cela  flcwe  comme 
baume.  Sa  réputal'.ou  f.eure  comme  baume.  U 
est  fainilii.T. 

Kti  (Chimie  et  en  Plnrmacie,  on  app-  lie  im- 
proprement Baumci,  Crtciinis  préparations, 
irest  ainsi  qu'on  dit  Baume  de  Soufre,  Baume 
de  Saturne. 

BAl'MIER.  s.  m.  .\rl)re  qui  porte  le  baume. 

B.VU(,>L'IN,  s.  m.  Eu  tenues  de  Verrerie, 
Le  bout  de  la  canne  qu'on  met  sur  les  lovres 
pour  souiller. 

B  AV 

BAVARD,  ARDE.  adj.  qui  s'emploie  d'ordi- 
naire substantl^'ement.  f^ui  p:u-Je  sans  discré- 
tion et  sans  mesure.  C'est  un  qrand  bavard. 
C'est  une  bavarde.  Il  est  du  strie  familier. 

B.\V,\IlDAtiE.  s.  m.  Action  de  bavarder. 
5or(ons  du  bavardage ,  ?»e  nous  arrêtons  pas  à 
dite  des  choses  vaincs. 

U  se  dit  aussi  Des  discours  iusignifians  cl 
vains.  Vodà  bien  du  bavardage.  Je  mépriie  les 
bavardages  des  Commères.  Il  est  du  sljle  fa- 
milier. 

U.VV.VRDER.  y.  n.  Parler  excessivement  de 
choses  frivoles,  ou  qu'on  devroit  tenir  secrèti's. 
C'est  un  homme  qui  bavarde  toujours.  Il  ne 
fait  que  bavarder.  Quelqu'un  a  bavardé.  Il  est 
du  strie  familier. 

BVVABDERIE.  s.  f.  Caractère  du  bavard. 
Cet  homme  est  d'une  bavarderie  insupportable. 
Il  se  dit  aussi  dans  L'  mêmes^-ns  que  t>uv(irdui7e. 
Je  sui.ï  ennuyé  de  sa  bavarderie. 

bavarois:;,  subst.  fém.   In.nision  de  llii 


i32  BAZ 

cMi  l'on  met  du  sirop  de  Capillaire  au  lieu  de 
sucre. 

BAVK.s.  f.  Salive  ijui  dccoule  di-  la  lioiicI)i'. 
Essu^icr  la  buve  â'uii  petit  enfant.  Un  vicilluvct 
Il  ijiii  lu  bave  tombe  le  Ipny  du  menton. 

Il  se  dit  aussi  d'Uiie  espèce  d'écume  que 
jiHent  certains  animaux  ;  et  de  la  liqueur  vis- 
ijucusc  qui  est  dans  la  coque  du  limaçon-  -L" 
hwe  d'un  limaçon.  Un  serpent  qui  jette  de  la 
bave.  Bave  l'enimeuse. 

BAVEU.  V.  u.  Jeter  de  la  bave.  les  petits 
enfin&  ne  font  (jue  baver. 

BAVKT'i'E.s.  f.  Pilitc  piLte  de  toile  que  les 
cnfans  porlcut  p;rr-devant,  depuis  le  liaul  de 
la  robe  jusqu'à  la  ccintuic.  Porter  la  bavette. 
Être  J  i<i  bavette.  Cet  enfant  est  encore  à  la 
bavette. 

Ou  dit  llgur.-iiicnl  qu'L're  personne  est  à  la 
bavette,  ou  n'est  encore  qu'à  la  bavette,  pour 
dire  ,  qu'lille  est  eneoT;  trop  jirice  nour  les 
choses  dont  il  s'agit, 

BAVEUSE,  s.  f.  Poisson  de  mer,  ainsi  ap- 
pelé sur  la  côte  de  Provence,  pnrcc  qu  il  est 
loujcuis  couvert  d'une  sorte  de  bave. 

BAVKUX,  KOSE.  adi.  Oui  liave.  Enfant 
baveux. 

On  appelle  Omelette  baveuse,  Une  omclolto 
qui  a  ctt  passée  de  telle  sorte  dans  la  poôle, 
«lu'eîle  en  est  plus  mollette  et  plu»  délicate. 

BAVOCIIÉ,  ÉK.  adj.  Terme  de  Gravure  et 
d'Imprimerie.  Il  se  dit  d'Un  trait  de  burin,  d'un 
contour  qui  n'est  pas  net,  d'un  caraclère  qui 
ui}npiimcp.isnetlcment.  {/neeprrt.veeufOcJiec 

BAVOCHEn.  v.  n.  Imprimer  d'une  manicn 
peu  neltc. 

BAVOCIIURE.  s.  f.  Défaut  de  ce  qui  es! 
bavoclié, 

B/VV'OIS.  s.  m.  Tableau  qui  contient  l'éva- 
luation des  droits  seigneuriaux  suivant  le  prii 
courant  des  espèces. 

B.W'OLET.  s.  m.  CoiCurc  de  Villagcoisa 
Un  bavolet  bien  blanc,  bien  plissé. 

B.VVX'UE.s.f. Petite  traccqucfont  les  jointi 
des  pièces  d'un  moule. 

B  A  Y 

B.WER.  v.  n,(llseconjuguc>coramePiiyer.  I 
■  Tcuir  la  bouche  ouverte  en  regardant  long- 
tcnq)s  quelque  chose.  71  ne  fait  que  bayer  pen- 
dant tout  le  jour. On  dit,  Bayer  aux  corn-xllcs^ 
pour  dire,  .S'amusera  regarder  en  l'air  niaisc- 
snenl. 

11  signifie  figuréraent ,  Désirer  quelque  eliose 
avec  grande  avidité  ;  et  ou  ue  s'en  sert  en  ce 
fcns  qu'avec  la  préposition  après.  Bayer  après 
Us  richesses,  après  les  honneurs.  Il  est  familier. 

BAYEUK,  l-;USE.  s.  Celui  ou  celle  qui  re- 
garde a\ec  avidité,  connue  les  gens  du  peuple. 
La  fête  attira  une  infinité  de  Bayeurs  et  de 
Bayeuses.  , 

BAYOX.VETTE.  s.  f.  Voyez.  Baiossette. 

i;  B  A  Z 

BAZAH.  s.  m.  >'om  qu'on  donne  dans  VO- 
rîeut  aux  marchés  publics,  et  aux  lieux  où  l'ou 
enferme  les  esclaves. 


BEA 

BDE 

lîDELLIUM.  8.  m.  Arbre  qui  croît  dcui*;  les 
Intlt'S  et  dans  l'Arable  Heureuse.  Il  est  i']Hneux. 
On  en  tire  nne  gomme  nonnnéc  aussi  BdeUinm. 
On  l'emploie  pariiculiciemcnt  rentre  la  toux, 
et  dans  les  maladies  du  poumon. 

BEA 

Bf-iANT,  ANTE.  Participe  de  l'ancien  vciIh' 
Céer,  et  qui  ne  s'emploie  (jue  comme  adjeclif", 
pour  bi^nifuT,  qui  pit'scule  une  grande  ouver- 
ture. Les  dnicfons,  iCi  baleines  oni  une  quciih 
hciinte.  Le  hou  alla  à  hti  la  queiile  hcar.ic. 
CoujJ'ie  hcunt.  Kt  on  appelle  figureni.  et  fami 
lii.'ren;ciit  Gueules  héuutiSj  Ceux  qui  oni  une 
continuelle  avidité  de  manj^rr. 

liliATjATE.  s.  lîévot,  ou  (jiii  fait  le  d(?vot, 
L-t  il  ne  se  prend  guère  que  dans  ce  dernitr  sens. 
C'est  ùii  héitt  j  un  vrai  béat.  C'est  une  béate 
(jui  n'a  pas  le  sens  commun. 

Bt'ATj  est  aussi  uu  terme  de  Joueur,  el  il  se 
dit  d'Un  bomnie  qui,  daiiK  une  partie  de  jeu  ou 
de  repas,  se  trouve  exempt  de  jouer  avec  les 
autres,  et  de  payer  sa  part.  iVoîis  sommes  cinq 
à  jouer  le  reptis,  faisons  un  béat  ^  et  jouons 
deux  contre  deux. 

Bîi:ATIFICATION„s.  f.  Acte  par  lequel  le 
Pape  ,  après  la  mort  d'une  personne  ,  dcclare 
qu'elle  est  au  nombre  des  Bienheureux. 

BÉATU'"IEii.  V.  a.  Mellre  au  nomlire  des 
lîienhcurcuxi  Le  Pape  a  béatifié  un  tel.  Il  est 
béatifié,  mats  il  n'esL  pas  encore  cammiié. 

'ÎÉ4TIF1É,  ÉE.  participe. 

BÉATIKIQUK.  adj.  (^):ii  rend  lîcnliciucux. 
La  vision  hèatijique  dont  nous  jouirons  en  la 
présence  de  Dieu.  Il  n'est  d'us.ige  que  dans 
cette  phrase  du  style  dogmatique. 

Cn  dit  provcrbidlcmoiit,  Les  Grands  croient 
nue  leur  vision  est  béatijique,  qu'il  suffit  de  les 
voir  pour  être  lieureux,  sans  qu'ils  se  donnent 
aucun  soin  pour  cela. 

BÉATILLKS.  s.  f.  pluriel.  Menues  cliose^ 
délicates,  et  propres  à  manger,  que  l'on  met 
dans  1j3  pât^s  et  dûus  les  pciapcs  ;  comme  ris 
de  veau,  crèlcs  de  coq,  foies  gras,  etc.  Tourte 
de  héatilles.  Assiette  de  héatilles. 

BÉATITUDE,  s.  f.  Félicité  ,  bonltrur.  Il  ne 
se  dit  guère  que  De  la  félicité  éternelle.  La 
vraie  héatii'tde  consiste  dans  la  vue  de  D'îu. 
Les  avant-qoûts  de  la  béatitude.  Parvenir  à  la 
hcutitud2.  Jouir  de  la  béatitude.  Il  n'y  a  point 
devcii'ahle  béatitude  daus  b^  niondi'.  Il  ne  se 
dit  f;u';re  au  pluriel  qu'en  celtt;  phr.ise,  Les 
huit  [béatitudes. 

BEAU,  BI'XrK.  adj.  Qui  a  1rs  proportions 
de  traits  et  le  mélange  des  couleurs  nécessaires 
pour  plaire  aux  yeux.  Bcauvisaqc.  Beau  corps. 
Beaux  yeiur.  Belle  bouche.  Belle  femme.  Ellv 
est  belle  à  ravir.  Un  enfant  beau  comme  le  jour. 

U  se  dit  aussi  par  rapport  aux  seules  pro- 
portions. Avoir  la  taille  belle.  Avoir  la  jambe 
belle,  les  mains  belles.  Une  belle  s((iïuc. 

Il  se  dit  aussi  Des  animaux  qui  sont  bien 
proportionnés  dans  leur  espèce.  Un  beau  cheval. 
Un  beau  chat.  Une  belle  jument. 


BEA 

Il  se  dit  nussi  De  l'aeiémcn»  et  dp  l'éclat  de* 
couleurs.  Beau  teint.  Beau  coïorts.  /Jolies  cou- 
leurs. Beau  vert.  Belles  fleurs. 

El  dans  cette  acception,  on  dît  d'Un  Pays, 
que  Le  sanq  y  est  beau,  pour  dire,  que  Com- 
munément les  Iiabitans  y  sont  bien  faits,  et 
surtout  ont  le  teîut  beau. 

Il  se  dit  aussi  Des  sons  qui  plaisent  aux 
oreilles.  Belle  voix.  Beau  son  de  voix.  Beaux 
accords. 

U  se  dit  encore  d'Un  air  pur  et  d'un  ciel 
serein.  Beau  temps.  Beau  jour.  Il  fait  un  beau 
Soleil.  Beau  clair  de  Lune.  Belle  nuit. 

On  dit  figurément,  Mettre  une  c/uwe,  urt 
raisonnement  dans  un  beau  jour,  pour  dire. 
S'expliquer  avec  clarté. 

Beau,  se  dit  aussi  généralement  De  tout  ce 
qui  est  agréable  et  excellent  en  soit  genre.  Beau 
jardin.  Belle  allée.  Belle  avenue.  Belle  riVière. 
Belles  eaux.  Belle  vue.  Belles  étoffes.  Belle 
maison.  Be.r.ix  meubles.  BcaiLr  habits.  Beau 
diamant.  Beaux  rubis.  Eellz  Uirnuoise.  Belle 
éweraude.  Belles  perles^  etc. 

Il  se  dit  aussi  De  l'âme.  Cest  une  belle  dme. 

Il  se  dit  encore  De  l'esprit  et  de  ses  opéra- 
tions. Beau  génie.  Belle  imaijination.  Belle 
mémoire.  Beau  loëme.  Belle  Haranquc.Beaux 
Vers.  Belle  pièce  de  1  héâtre.  Belle  pensée. 
Beau  tour  de  Vers.  Belle  période.  Beau  raison- 
neinent.  Beaux  sentimens.  Voilà  les  beaux 
endroits  de  ce  Livre, 

Bel,  se  disoit  autrefois,  et  ce  terme  est  de- 
meure encore  en  usage  dans  ces  noms,  P/ii- 
hppe4e~Bel,  Charles-le-Bel.  Aujourd'lj  ui  i>Vt 
ne  se  dit  que  devant  un  substto'.it'  MU^ulier 
qui  connneiice  par  une  voyelle  ou  par  un  h 
non  aspiré.  Bel  esprit.  Bel  homme.  Bel  oiseau. 
Une  maison  en  bel  air.  On  dit  aussi  Bel  et  bon. 

On  dit,  Un  bel  dge,  pour  dire,  Un  grand 
ùge;  et  Le  bel  lïye,  pour  dire,  Le  temps  de  la 
jeunesse. 

On  dit  de  même ,  Il  y  a  beau  temps ,  il  y  a 
beau  /oiir,  il  y  a  beaux  joitrs  qur  je  ne  Vai  vu, 
pour  dire,  Il  y  a  long-temps  que  je  ne  l'ai  vu- 
Il  est  du  style  familier. 

On  dit,  quU.n  hontTne  est  du  bel  oir,  pour 
iliic,  (pi'll  a  les  manières  des  gens  de  la  Cour. 
On  dit  familièrement,  qu'/ï  fait  le  beau  jîls ^ 
pour  dire,  qu'il  aflecle  de  paroilre  l>eau,  qu'il 
a  grand  soin  de  s.t  j>ersoiine;  et  qu'/i  fait  le 
beau  parleur,,  pour  dire,  qu'il  aifecte  de  bien 
parler. 

On  dit,  Le  beau  monde,  pour  signifier,  Les 
gens  les  plus  polis.  //  voit  le  beau  monde.  Il 
est  du  beau  monde. 

Beau,  se  prend  aussi  quelquefois  pour  Crnnd 
dans  son  gcure.  Ainsi  on  dil ,  Faire  beau  (eu, 
pour  dii"c,  Faire  grand  feu;  C'est  un  beau 
mangeur^  c'est  un  beau  dîneur,,  pour  dire. 
C'est  un  grand  nnmgeur;  qu't/n  homme  a  eu 
belle  peur,  pour  dire,  qu'il  a  eu  grande  peur; 
et  qu'/i  fait  belle  dépense,  pour  dire,  qu'il  fait 
grande  dépense. 

On  dit  aussi ,  quX'n  homme  est  beau  par- 
leur,beau  danseur,,  pour  dire, qu'il  parle  bien, 
qu'il  danse  bien  ;    el  qu7l  est  bel  homme  de 


BEA 

c/iLV.il,  pour  dire,  qu'il  est  de  lonuc  grûce  à 
clieval.  Ou  appelle  Beau  JousuFj  Celui  ciiii 
juuc  fraiicliement ,  saus  se  fâcher,  et  qui  ncf^it 
puiiiC  d'incident. 

Ou  dit  aussi.  Avoir  les  armes  belles  ^  pour 
dire,  l'aire  bien  des  armes  et  de  bonne  grAce. 
Et  on  (lit,qu'6n  cfiei'al  porte  beau,  pour  dire, 
qu'il  porte  bien  sa  Ictc. 

UuAU,  se  prend  aussi  pour,  Boa,  licurcux, 
favorable.  L'occasion  est  belle.  Kl  en  certains 
jeux,  comme  le  billard  et  la  paume,  on  dît, 
Faire  un  beau  coup,  pour  dire,  Faire  un  coup 
fort  adroit. 

On  dit  proverbialement,  A  beuu  jeu,  beau 
retour,  pour  dire,  que  L'on  aura,  eu  que  l'on 
r  eu  sa  rcviinche  de  quelque  injure. 

On  dit  aussi,  Donner  beau  jeu,  pour  dire, 
Donner  des  caries  qui  font  un  jeu  favorable;  ei 
fij^urûm.  Donn^ir  beau  jeu  à  (juelau'un  ,  pnui 
dire,  Lui  présenter  une  occasion  favorable  de 
faire  ce  qu'il  souhaite.  On  dit  d;uis  le  même 
sens,  Avoir  beau  jeu. 

Et  dans  les  jeux  de  hasard,  on  dît, Faire  un 
beau  cuu/J,  pour  dire,  Faire  un  coup  fort  heu- 
reux. 

Beau,  se  prend  aussi  pour  Uojinète«  bien- 
séant. Cela  n'est  pas  beau  à  un  jeune  liomnic. 
iiicn  n'est  si  beau  aue  la  modestie. 

lÎE.\c,scdii  quelijuefuis  iront'.juement^ dans 
un  sens  fort  coulraire  i  sa  pitïpre  si^niHcution. 
Ainsi  on  dit  f;.nAlièrement,  eu  paiiant  d'Uu 
homme  qui  ruine  sa  santé  et  ses  affaires  par  la 
«^cbauclie,  qu7i  se  f,iit  beau  garçon;  d  L'n 
homme t|iii s'est  enivré,  qu'i/  s'est  fuit  beau  fjar 
çou;  De  ceini  qui  ne  tient  point  ce  qu'il  pro- 
met, qne  C'est  un  beau  prometteur  ;  De  celui 
qui  a  fait  quelque cliose  de  mal  A  propos, qu'/l 
a  fait  une  belle  é(juipée;  d'Un  lionune  qui 
commande  sans  en  avoir  {'.lutorité,  qu'/I  u  /( 
coniman  lement  beau;  et  d'Un  homme  qu'on 
liiépr»<e,  Voilà  un  bel  homme. 

Ou  le  dit  aussi  Des  choses.  Voilà  de  beaux 
discours j  de  beaux  raisonnemens ,  de  beaux 
t'onles, 

D'AU,  se  joint  aussi  k  des  lemics  de  mi-pris 
et  d'injure,  pour  en  augmenter  en  quehjue 
sorte  la  force.  C^cst  un  beau  fripon.  L  n  beau 
co(|tiîn.  Un  beau  maraud. 

l\  se  joint  pairillcment  àdivers  aulrestcrmes 
piT  une  espitc  de  rôdnudance.  (l  s'en  alla  un 
beau  matin,  une  M^e  nuit.  Il  Va  déchiic  à 
belles  dents.  On  Va  vendu  à  beaux  deniers 
compltins.  Il  a  reçu  son  argent  à  belles  baise- 
mj  1115. 

ICt  en  parlant  De  quelqu'un  avec  qui  on  ne 
vctu  plus  ovoir  de  commerce,  on  dit,  Il  fera 
ne.Mi,  ou  il  fera  beau  temps,  (piand  je  Virai 
voir.  Lt  pruverliia'ement ,  quand  on  veut  rc- 
jcler  quelque  proposition,  on  dit,  Cchi  est  beau 
et  bon  ,  mtjîs  Vurgcnt  vaut  mieux;  et,  Voilà 
un  beau  venez  -  y  ^  voir ,  pour  dire,  que  La 
chose  dont  ou  parle  ne  mérite  pasqu'on  yfa.sse 
attention. 

Beau  et  Bellk  ,  se  prennent  quelquefois 
substanlivcmcnt.  Le  beau.  Le  souverain  beau. 
i^uand  on  acheté,  il  faut  prendre  du  iea,!.  Il  y 


lîEA 

a  de  beau  dans  cet  ouvrage.  C'est  un  Iwmnic 
cfui  fuit  le  beau.  Elle  fuit  la  belle.  Il  aime  les 
belles.  Aller  de  belle  en  belle. 

Ou  dit,  Une  belle,  pour  signifier.  Une 
femme  qui  a  de  la  hcauCt;  mais  on  ne  dit  L'n 
^beau^quc  dans  uu  sens  ironique,  pour  signi- 
fier, Un  homme  qui  fût  le  fcenu,  c'csl-Ji-dire, 
(^>ui  se  fi;;ure  Télre,  ou  qui  étale  sa  beauté  avec 
orgueil.  Je  me  dtfie  de  tous  ces  Beaux ,  ils  sont 
très-commun iment  sans  mérite. 

On  dit,  qu7/  ftil  bcau^  ytour  dire,  qu'il  fait 
beau  tciiips;  qu7/  fait  beau  dans  un  tel  lieu, 
pour  dire,  que  Ce  lieu  est  beau,  aj;rcable  ; 
qu7i  y  fera  beau  march.r ,  [xiur  dire,  que  l.c 
temps  y  sera  propre  pour  niaiclur;  qu7f  fait 
beau  courre  dans  une  foret ,  pour  dire,  que  Le 
terrain  eu  est  conmmde. 

Ou  dit  aussi.  Il  fait  beau  l'oiV,  pour  dirr. 
Il  est  agréablcj  de  voir  :  Il  fuit  beau  voir  un 
Général  à  la  télc  de  ses  troupes  ;  et  ironique- 
ment, Il  vous  fait  beau  voir,  pour  dire,  \  ous 
avez  bien  mauvcùse  grâce  h.... 

On  dit  aussi.  Vous  «ves  beau  faire  et  beau 
dire,  vous  avez  beau  prier,  beau  pleurer,  nom 
avons  eu  beau  suIhci^T,  ils  ont  eu  beau  se  récrier , 
pom-  dire ,  (^'esi  inutilement  que  vous  priez 
que  vous  pleurez,  que  nous  avons  sollicité, 
qu'ils  se  sont  récriés. 

Ou  dit  à  la  Paume,  Donner  /«eau,  pour  dire, 
Jouer  la  balle  de  niariicre  qu'elle  soit  facile  i'i 
prendre  ;  et  Donner  beau  sur  les  deux  tu:ts. 
(^(uand  la  balle  purlf  sur  les  deux  toits,  et  esl 
disée  à  jouer. 

Et  on  dit  h^un'nient,  Donner  beau,  pour 
dire.  Donner  à  quelqu'un  une  belle  occasion 
ds  dire  ou  de  fuir.;  quelqiu:  chose;  et,  Donner 
beau  à  ses  ennemis,  pour  dire.  Leur  donner 
des  moyens,  des  occ-islous  do  nuire. 

On  dit  familièrement.  Vous  l'avez  beau, 
vous  ne  laurez  jamais  plus  beau,  peur  dire, 
Vous  avez  une  belle  occasion,  vous  n'en  aur-z 
jamais  une  plus  belle;  et,  Vous  mêla  baillez 
belle,  pour  dire,  Vous  vous  moquez  de  moi. 
On  dit,  Prendre  sa  belle,  pour  dire,  Saisir 
l'occasion. 

Ou  dit  proverbialement,  La  plume  fait 
le  bel  oiseau,  Les  beaux  habits  relèvent  l;i 
beauté. 

Bien  et  beau  ,  Bel  et  bead.  Façons  de 
parler  adverbiales  et  pojïuïaircs ,  pour  dire  , 
Toul-ù-fait,  entièrement.  Il  refusa  bien  et  beau. 

On  dit,  De  plus  beau  en  plus  beau,  pour 
(lire,  que  Les  br.aulés  d'un  ouvrage,  l'intûit 
d'un  drame,  vont  toujours  en  croissant. 

De  plus  belle.  Autre  façon  de  parler  ad- 
vcrbi;ile,  et  qui  n'est  que  du  style  familier, 
pour  dire.  Tout  de  nouveau.  Quand  tout  le 
monde  jut  sorti  de  table,  il  se  mit  à  boire  en 
core  de  plus  belle.  Il  s'étoit  retiré  du  monde, 
mais  il  y  est  rentré  de  plus  belle.  Il  avoit 
promis  de  ne  plus  jouera  cl  il  a  recommencé  de 
plus  belle, 

I£n  beau.  Façon  de  parler  adverbiale.  Sous 
un  bel  aspect,  sous  une  apparence  favorable. 
Veindrc  iptclyt'un  en  beau,  se  dît  i.int  au  pro- 
pre qu'au  ligure,  pour  diie,  l'jiiie  \aloir  dij 


BEA 


i33 


préférence  ce  que  quelqu'un  a  d'avantageux. 
Cet  homme  voit  tout  en  beau.  Cette  affaire  40 
présentoit  en  beau.  Cela  est  peint  en  beau. 

ToL'T  BEAU.  Façon  de  parler  adverbiale, 
pourdii«,y^rre'(es,  modérez-vous, modérément. 

BEAUCOUP,  adv.  de  quantilé.  U  Va  dit 
beaucoup  de  fois.  Il  y  ^i  beaucoup  de  gens.  Avoir 
beaucoup  d\irgeiit^  inuiucoup  de  bl-,  beaucoup 
de  fruits.  Ils  sont  beaucoup  d'héritiers  à  par~ 
tagcr  cette  succession.  Beaueoup  de  gens  pen- 
sent ainsi.  Ilyena  beaucoup  ipii  disent  que,  etc. 
L'Lcriluro  dir,  qj7i  y  u  beaucoup  d  appelés,  et  ■ 
peu  d'élus. 

On  l'emploie  nbsolumentdans  le  môme  sens, 
lorsque  la  chose  qu'on  n'expriine  point  peut 
ùlie  aiscmcnl  sous-entcuduc.  Ainsi  on  dit,  C'est 
un  homme  qui  s«i(  beaucoup.  Il  a  beaucoup  lu. 
Il  dit  beaucoup  en  peu  de  paroles. 

BuAUCoiJ»,  mis  devant  ou  après  le  compa- 
ratif, sert  i»  marquer  une  augmentation  consi- 
dérable: :  s'il  esl  mis  aprôs ,  il  doit  toujours  être 
précédé  de  la  particule  de.  Vous  êtes  plus  savant 
de  beaucoup.  S'il  est  mis  devant,  ou  peut  éga- 
lement dire,  Vous  êtes  beaucoup  plus  savant, 
vt  vous  êtes  de  beaucoup  plus  savant. 

Bkalcolp,  *,eit  aussi  à  marquer  quelque 
eliuse  d  avantageux  ;  et  alors  il  s'cjuploie  comme 
un  substantif.  C'est  beaueoup  que  de  savoir 
commander.  îl  sait  déjà  le  Latin,  c'est  beau- 
coup pour  son  ugc.  C'est  faire  beaucoup  que  de 
commencer. 

Il  se  dit  ironiquement.  C'est  beaucoup  s'il 
î'orw  regarde,  A  peine  rcKaidc-l-Jl  les  gens. 
C'e-it  leaucoup  si  vos  fraie  vous  rentrent,  A 
peine  les  retuerez-voi;s. 

Beaucoup,  lient  lieu  quelquefois  d'adverbe 
lie  temps.  Ainsi  on  dit,  Parler  bcaucoup.^  mar 
cicr  beaucoup,  attendre  beaucoup,  pour  dire, 
t*::rlei-  longtrmps,  marcher  long-temps,  atten- 
dre loi.g-tomps. 

On  dit,  Il  s'en  faut  beaucoup,  pour  dire, 
qu'il  y  aune  grande  diflcrence.  Le  cadet  n'est 
pas  si  sage  que  Vaîné,  il  s'en  faut  beaucoup.  Et 
on  dit,  Il  s^en  faut  de  beaucoup,  pour  dire, 
que  La  quantité  qui  dcvroil  y  être,  n'y  est  pas. 
Vous  ctoyez  ni  avoir  tout  rendu,  il  s'en  fautde 
beaucoup. 

BEAU-FILS.  s.  m.  Terme  relatif,  qui  se  dit 
Oc  celui  qui  n'est  fils  que  d'alliance  par  maringc. 
C'est  votre  bcau-lils,  vous  avez  épousé  sa  mère 
Un  enfant  dont  le  père  s^est  remarié,  est  le 
hean-jtls  de  la  seconde  femme  de  son  père. 

BEAU  -  FKÈRE.  s.  m.  ^ora  d  une  aorte 
d'alliance  par  mariage.  C'est  le  frère  de  votre 
mari,  et  par  conséquent  votre  beau-frcre.  C*est 
mon  beuu-frère,  j'ai  épousé  sa  saur.  C'est  mon 
beau-frère,  ilaèpousé  ma  s<iiir.Ih  sont  leuu.i- 
frèrcs,  ils  ont  épousé  les  ilcHX  scturs 

BEAU-PÈRE. s.  m.  Nom  d'alliaucp,  qui  se 
donne  par  un  mari  au  père  de  sa  fciume,  ou 
par  une  femme  au  père  de  sou  mari,  ou  par 
des  cnfans  au  second  mari  de  leur  mère.  C'est 
U  père  de  votte  mari,  ci  par  conséquent  vode 
beum-père.  C'est  mon  beau-père,  fat  épousé  sa 
fil}e,C'eM  mon  beau-père,  il  a  épousé  ma  mc»e. 

BEAUPRE,  s.  m.  >om  d'un  des  mils  d'un 


i34 


EEC 


vaisseau.  11  est  le  plus  nvancû  sur  la  proue ,  et 
n  est  couché  sur  IV-peron. 

îiEAtrrÉ.  s,  f.  Juste  proporlion  des  parties 
<iii  corps,  avec  un  agrirahle  nitîlange  des  cou- 
leur. Il  se  dit  proprement  Des  personnes,  cl 
porticulitrrcnicnt  du  visrij^e.  Lu  beauté  tlu  corps. 
La  hcauté  du  visitqc.  La  beuulc  d'une  femme. 
La  beauté  de  la  tailU.  Une  femme  (jui  a  soin 
di  sa  beauté,  qui  néfjlifjc  sa  heattîc.  La  betmtc 
s€  pasôe  en  ;icu  de  temps.  Sa  beauté  est  par- 
faite, accomplie.  Elle  a  une  biouté  naturelle. 
Beauté  artificielle.  Grande  becuté.  Beauté  fade, 
journalière.  Ueaulé  animée.  Benuîc  bien  conser- 
vée. Entretenir  sa  beauté.  Conserver^  néfjli'jcr 
%j  liante.  Sa  beauté  est  né(jll(jée. 

hu.KVTtf  se  dit  aussi  De  chacjue  in'Ilf  piT- 
«onne.  Une  jeune  beauté.  Vne  beauté  dèd:ii- 
qneuse.  Une  beauté  fère.  Toutes  les  beautés  de 
la  Cour  étoient  de  celte  assemblée, 

Beaiti':s,  se  dit  au  pluriel  Oe  la  réunion  de 

,  plusieurs  belles  choses.  Les  beautés  de  cet  ou- 

vraqe  sont  sans  nombre.  Cette  femme  a  mille 

beautés.  On  ne  peut  détailler  toutes  les  beautés 

oui  se  trouvoit  réunies  dans  cette  Vdle. 

On  appelle  Beauté  Grecoue  et  Beauté  Bo- 
maine.  Des  femmes  dont  la  beauté  se  rapporte 
h  l'idée  de  la  beauté  que  l'on  voit  dans  les  sta- 
tues et  dans  les  ratîdailles  de  la  Gtèce  et  de 
Rome. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  qui  touche  agiénblemenl 
les  sens  et  l'esprit.  La  beauté  du  jour.  La  beauté 
Au  cîclj  de  la  terre  ^  des  feursj  des  eaux^  des 
arbres.  La  hcnuie  des  animaiLx:  d\n  cheval, 
il'un  oiseau.  La  beauté  d'une  loix,  d'une  nm- 
siquCj  d'un  concert,  La  beauté  de  l'esprit.  La 
beauté  des  pensées,  La  beauté  de  Vdme.  La  heauti 
des  tentimens.  La  beauté  d'un  ouvracje. 

DEC 

BEC,  s.  m.  La  partie  qui  tient  lieu  de  bouche 
aux  oiseaux.  Lonq  bec.  Bec  ccurt,  auju,  lurqc. 
crochu.  Un  oiseau  qxii  se  ilcjctid  du  bec,  qm 
donne  un  coup  de  bec. 

On  dit  figurém.  d'Une  personne,  qu*7C//c  (i 
hec  et  onqlesy  pour  dire,  qu'Elle  sait  w:  dé- 
fendre de  toute  manière;  C[r\'Elle  a  bon  bec. 
pour  dire,  qu'Elle parle  avec  une  vivacité, avec 
une  hardiesse,  accompagnées  quelquefois  de 
malignité;  <\ii  Elle  a  le  bec  bien  afj.léy  pour 
dire,qu"Elle  parle  t^icilcmcnt;  et,  f[aElle  •j\i 
que  le  bec.  quelle  n'a  que  du  bec,  jmur  dire, 
qu'Elle  n'a  que  du  babil.  Ce  sont  des  phrasrsdu 
style  familier. 

En  ce  dernier  senSjOp  dit  aussi  dans  le  stylu 
famiiier,  Se  défendre  du  ftec,  pour  dire,  S--  dé- 
fendre de  paroles;  Se  prendre  de  bec  ai'cc  quel- 
qu'un^ pour  dire,  L'attaquer  de  jiaroles.  et  en 
être  att:iqué  de  même;  Donner  un  coup  de  bec, 
pour  dire,  Lancer  en  passant  un  trait  pi>(u;inl, 
un  trait  de  médisance;  et  proverbial.,  Etre  prii 
par  le  bcc^  pour  dire,  Être  convaincu  par  ses 
propres  paroles. 

On  appelle  par  mépris  ou  par  badinage , 
Jjlanc-bcc^  Un  jeune  homme  sins  expérience. 
Vous  n^êles  qu'un  hlanc-hec.  Ce  blanc- bec  tient 
tdte  à  tout  le  monde.  Taisez-vuus^  blanc-bçc. 


BEC 

On  dit ,  3fon(rer  ti  quelqu'un  son  bec  jniinc, 
pour  dire,  Lui  faire  voir  qu'il  n'est  qu'un  igno- 
r;inl;  Lixi  faire  payer  son  bec  j(iU«e,pour  dire, 
Lui  faire  p;iycr  sa  bienvenue  (  Dans  ces  deux 
phrases,  le  c  ne  se  prononce  point  );  et,  Tenir 
quelqu'unle  bec  dans  Veau^  ù  Veau,  pour  dire. 
L'amuser  de  belles  paroles,  de  belles  pro- 
messes, ou  simplement ,  Le  faire  attendre  long- 
temps. 

On  dit  r-ïnûlièrem.  Passer  la  plur.ie  par  U 
bec  à  quelqu'un,  pour  dire,  Le  irnmper,  h 
îrusirer  adioitement  de  ses  espérances,  de  ses 
prétentioce;  et,  Faire  le  bec  à  quchnVun,  puui 
ilire,  L'.'ailrTiire  de  te  qu'il  doit  dire.  El  eu 
parl-iut  d'un  accuse,  on  dît.  qu'/I  a  bon  bec. 
pour  dire,  qu'il  ne  répend  ncn  (jui  puisse  lui 
[  rejudicicr. 

On  dit  aussi  fanniién-m. ,  Causer  hec  à  bec , 
pour  dire,  Parler  tèle  a  \f-Ae  :  i\n'  L  ne  femme  f'u  il 
le  petit  hec,  pour  dire,  qu'elle  fuit  la  pctilc 
houche.  Et  on  appelle  Bec  de  licvvc.  Une  per- 
sonne qui  n  la  lèvre  d'en  haut  fendue. 

Bec.  s.  m.  Il  y  a  plusieurs  instrumens  d' 
Chirurgie  auxquels  on  donne  ce  nom,  et  ils  onl 
un  surnom  suivant  leur  forme,  tels  que  Bec  d( 
cane,  Bec  decyqne.  Bec  de  corbeau  ou  de  cor- 
tin.  Voyez  Bec-de-Coiïdin. 

Bec,  se  dit  aussi  figurtîm.  De  la  pokite  de 
certaines  choses.  Le  b'ec  d'une  plume.  Le  bec 
d'une  aiqulère.  Le  bec  d'un  alambic. 

Et  on  appelle  aussi  Bec,  Ccilaines  pointes 
déterre  qui  se  rencontrent  au  confluent  de  deux 
rivières.  Le  hec  d\imbr.s.  Le  hec  d'/UUcr. 

BEC,  en  Architecture,  Masse  de  jâcnc  de 
taille  disposée  en  angle  saillant,  qui  couvre  h 
pile  d'un  pont  de  pierre. 

BÉCABUNGA  ou  feECCABU?«(;A.  s.  m. 
Plante  aquatique,  qui  est  une  espice  de  Véro- 
nique, l'.lle  est  antiscorbutique. 

BÉCAUD  ou  BECCAKD.  3.  m.  La  femelle 
ilu  Saumon. 

BÉCARRE,  s.  m.  ('aractère  de  .Musique  en 
fonne  de  petit  carré,  (pi'on  met  audevantd'nnn 
note  qui  avoit  été  haussée  ou  baisser  d'un  dcnii- 
lon,  pour  rétablir  cette  note  dans  son  ton  na- 
turel. Mettre  uti  bicarré  à  une  note,  devant  un: 
note. 

Ou  dit  proverbialem.,  Ignorant  par  bémol 
ainsi  qu  par  bécarre,  pour  dire,  Totalenienl 
ignorant.  Cela  se  dit  De  l'ignorance  en  tout 
genre,  comme  de  celle  en  Musique. 

Il  est  aussi  odjictif  des  2  genres.  Celte  7iote 
est  becaiTe. 

BIÎICASSK.  5  f.  Oiseau  de  passage,  qui  a  le 
bec  fort  long.  7  ucr  une  bécasse.  Faire  un  su/iino 
de  bécasses.  Vn  ptlté  de  bécasse.^. 

On  dit  fii;uri-ni.  el  proverhiah'ni. ,  La  héca.^sa 
est  bridée,  (^>u;mdquelipruu  s'est  laissé  surpren- 
dre à  une  tromperie  qu'on  lui  avoit  prép.trée, 

BÉ(-.VSSEAU.  s.  m.  Sorte  de  bécassine,  l  ucr 
des  bécasseaux. 

BÉCASSINE,  s.  f.  Oiseau  plus  petit  que  1 1 
hécasse  ,  qui  a  aussi  le  l)cc  fort  long,  et  qui 
est  très -bon  à  manger.  Lue  assiette  de  hécas- 
tlnes. 

On  dît  provcrbiah menl ,  Tirer  la  Wca^sinc, 


BED 

pooT  dire,  Cicher  soa  jeu,  sa  supcriorilé,  son 
adresse. 

BEC-DE-C0RBTX.8.in.  Instrument  de  Chi- 
rurgie, qui  sert  de  tenaille  pour  tirer  des  plaies 
les  corps  nuisibles ,  et  qui  est  fait  comme  le  bec 
d'un  corbeau. 

Bec-ue-cohbis  ,  est  aussi  L'ornement  appro- 
rhant  d'un  bec-de-corbin  mis  au  haut  d'une 
canne.  Canne  à  bec-dc~cvrhin.  On  dit  aussi , 
Canne  au  bcc-à-corbin. 

lÎEC-DF.-coMiN ,  est  CHcorc  Une  espèce  de 
hnlIcLcrde  que  porte  une  compngnie  parlicu- 
lière  des  Cardes  du  Roi,  et  qui  ne  sert  que 
dans  les  gr;uides  cérémonies.  Porter  un  bec-de- 
corbin.  Gentilhomme  à  bec-de-corbin.  lin  des 
cent  Gentilshommes  au  bec-de-corhin. 

On  appelle  aussi  Becs-de-corbln ,  Ces  soilcs 
lie  Gardes.  La  compaqnie  des  Becs-de~corbln. 

BEC- DE-GRUE  ou  GÉRANIUM,  s.  m. 
Plante  ainsi  nonmiée  ,  parce  que  sa  semence 
:lans  (juelcpics-uncs  de  ses  especc.s  approclie  de 
la  b;;ure  du  bec  tie  cet  oiseau,  Celle  qu'un  ap- 
[elle  i/erfce-ti- Jlofcert ,  est  emplo)'ée  contre 
dllfércns  maux. 

BECl'ÏGLE.  s. m.  Petit  oiseau  qui  se  nourrit 
ordinairement  de  Ggucs,  et  qui  est  très-délicat 
It  manger.  Munqer  des  hecfitjues. 

HÉCHARU.  s.  m.  Oiseau  aquatique  de  pas- 
■age.  Les  Anciens  le  nommuicnl  P/ic/ucopfère. 

BECHE,  s.  r.  Oulil  de  Jardinage,  qui  a  un 
long  manclre  de  bois,  avec  un  fer  large  et  tran- 
chant au  bout, et  qui  sert  à  remuer  la  lene.  Lo' 
hourer  une  fiimchc  de  jardin  avec  ui.v.  bêche, 

BflCHER.  V.  a.  Couper  et  remuer  la  teric 
avec  une  bêche.  Bêcher  la  terre. 

Proverbialement  ,  en  parlant  d'Une  chose 
qu'on  regarde  roinnie  très-diflicile,  on  dit,  J\ii- 
merois  mieiuv  bêcher  la  terre,  que  de  fine  ce 
nue  vous  dites. 

BiCHÉ,  ÉE.  participe. 

BIXHIOUE.  adj.  des  -2  genres.  Terme  de 
Médecine.  On  appelle  ainsi  les  plantes  et  en  ^ï'.- 
nt-ral  tous  les  remèdes  pn^presù  guérir  les  maux 
lie  poitrine,  surtout  la  toux. 

Il  est  aussi  substantif.  Le  Capillaire  est  un 
très-bon  béchlque. 

BEC<^)UÉE  ou  BfOQUÉE.  s.  f.  Ce  qu  un 
oiseau  prend  avec  le  bec  pour  donner  à  ses 
petits.  Vn  oiseau  qui  porte  la  becquée,  qui 
donne  la  becquée  à  ses  petits. 

BKCQUETICR  ou  BÉ<^)UETER.  v.  a.  Donner 
lies  co(q>s  de  hec.  Les  oiseaux  ont  becqueté  ces 
fruits-là. 

Se  BECQUETEn ,  signifie,  Se  battre  ^  coups 
de  bec,  comme  font  les  coqs;  ou  se  c;»re5scr 
avec  le  bec,  connue  font  les  pigeons. 

BrcQUETÊ,  Éi;.  participe. 

BÉCUNE.  s.  f.  Poisson  de  mer  qui  ressemble 
au  brochet  par  la  ti;;ure.  Il  a  jusqu'à  huit  pieds 
de  long,  et  il  est  à  craindre  pur  sa  voracité. 

BED 

BEDAINE,  s.  f.  Panse,  gros  %entre.  Bemplir 
sa  bedaine.  Farcir  sa  bedaine.  Vne  grosse  hc' 
daine.  Il  ne  se  dit  qu'en  plaisanterie. 

BEDEAU,    subst.    m.   Bas  -  Officier  portant 


.      BEG 

liagiiette  ou  mnsse,  et  servant  aux  Églises  ou 
Universilos,  pour  niai-cli:T  devant  les  princi- 
paux OOiders,  et  pour  leur  faire  faire  place.  /  ii 
hedeau  de  Saint- jLUStache.  Le  prcmia  fceiieuu 
de  VL'itivi^rsitè. 

BKDKGAR.  Voyes  Éci.ASriEn. 

IIKDOS.  s.  m.  Vieux  mol ,  qui  sijmifioit  au- 
trcf.i»  Pclit  tambour,  mai»  ijui  n'est  plus  eu 
u*;ige  que  dans  celle  phrase.  Un  rjios  bedon, 
qui  se  dit  par  plai>aiiteiie  d'Un  Immnie  gros  il 
gras.  C'est  un  qros  bedon. 

BÉE 

BÉE.  adj.  Ce  mot  ne  s'emploie  qu'en  rcll<i 
phrase,  Ciaulee  bée,  qui  .se  dit  Ocs  tonneaux 
ouverts  par  un  de  leurs  fonds.  Des  tonneaux^ 
des  futailles  à  t^ucule  bée. 

DÉliR,  V.  u.  qui  n'est  plus  en  usage.  Ou  dit 
■ujourd  liui  Bayer.  Voyeî  liAYEn. 

BEF  t 

BHNFA-SI.  Terme  de  Musicpie,  par  lequel 
(.n  distingue  le  tonde5i.  Le  Ion  <ieBe-fa-si. 
Cet  atr  es:  c/.  Re-la  si. 

BICFFROI.  s.  m. Tour  ou  Cloclicr,  d'où  l'on 
fait  le  gncl,  et  où  l'on  sonne  l'alarme.  On  a 
sonné  lu  cloche  du  beU'roi. 

Il  se  prend  au.ssi  pour  La  cloche  qu!  est  dans 
l-'  lielTtoi,  Le  beiVrui  sonne:  et  pour  La  cliar- 
pcnlerie  qui  porte  les  cloches,  Il  faut  refnirl 
le  beffroi  de  celle  lour. 

BEG 

B£CAIKME?5r.  s  m.  L'action  de  bogayer. 

lltCWER.  V  n.  .-iniculcr  mal  les  mois, 
les  prononcer  avec  peine,  par  un  delaut  de  l'or 
ganc.  11  se  conjugue  comme  Payer.  L'n  hommi 
qui  bégaye  si  ftrt ,  qu'on  a  Inuïes  les  peines  du 
monde  à  l'entendre.  Dés  qu'il  a  bu  trois  verra 
de  vin ,  il  commence  à  béqayer. 

On  dil  d'Ln  cn.fanl qui  commence  !i  parler, 
Hu'llne  fait  encore  que  béjayer.El  figiircnicnt 
on  dit ,  que  Les  plus  qrauds  Philosophes  ne 
font  que  béqayer,  quand  ils  veulent  parler  de 
la  grandeur  de  Dieu,  pour  dire,  qu'ils  n'en 
peuvent  parler  qtie  trt-s-inipaifaitcmcnt. 

RÉi.AYCR,  est  quelquefois  actif.  Il  n'a  fnt 
que  bégayer  sa  harangue. 

BÉtiATK ,  KE.  participe. 

hdGV ,  Cfi,  adjecl.  se  dit  d'Cn  cl.tïal  qui 
Uiarque  toujours,  quoii]u'il  ait  passé  l/ige.  C/ic- 
val  beau,  jument  bègue. 

ni:^GUE.  adj.  des  y  genres.  Qui  n  peine  i 
imler  el  à  prononcer  les  mots,  liésitani  et  re- 
l'etant  souveul  la  m6me  syllabe,  avant  que  de 
prononcer  celle  (jiii  suit.  Ln  homme  bcque. 

Il  se  dit  au.ssi  sul>sUnttvcin.  C'est  un  béque. 

niGULULK."  5.  f.  Terme  injurieux,  q'ti  se 
dil  d  t'nc  femme  pnt  le  a^ec  hauteur,  ou  dé- 
daigneuse avec  impertinence.  A e  plaisantez  pas 
avec  cette  f<-mme ,  c'est  une  l.équeule.  Il  lus 
s'emploie  (pi'ju  familier. 

On  dil  Paire  la  Iie^ueule,  pour  diic,  Se 
donner  des  airs  de  iM-gueiile, 

BîUil'.X'l.Klilii.  s.  f.  I.e  ciracl.re.  les  airs 
d'une  It  "gueule.  On  ne  peut  supporter  sa  bé- 


BEL 

queuleiU.  C'est  un  trait  de  héjucitîene  des  plus 
ri  licules. 

BÉGUIN.  8.  mosc.  Espice  de  coifle  de  lin;;e 
pour  les  enfuns,  qui  s'attache  soui  le  menton 
avec  une  petite  bride.  Un  enfant  qui  a  encore 
le  héquin. 

UKGUINAGE.  s.  m.  Maison,  Couvent  do 
lît'^tiincs. 

BÉGUINE.  8.  fcm.  Koni  d**  certaines  Reli- 
gieuses lies  Pays-Iîjs,  el  qu'on  donne  par  mé- 
pris ix  une  Dévote  supeI-sliticu^c  cl  minutieuse. 
Il  est  familier. 

BK(;LM.  sul)si.  f.  Terme  de  voyîi;;^.  Tiin 
d'IionuLur  i|U  un  donne  tiux  Princesses  de  l  Ln- 
Jousluu, 

BEJ 

LEJAV^K.  s.  masc.  Terme  de  Fauconnerie. 
Oiseau  jeuue  et  niais.  On  donne  fisurcracnt  ci 
nom  h  i:v  jeune  homme  sot  et  niais.  '\^oy.  Bec, 

Il  si|;iulle  aussi  Sottise,  ineptie.  XonUer  i 
quelqu'un  son  héjaunf,  U  est  familier. 

BKI 

BEIGE,  s'ibsi.  f.  Sorte  de  serj;c  faite  avec  !i 
laine  j  tille  qu'on  l'enlève  de  dessus  les  mou 
tons. 

BEIGNET,  s.  m.  Espèce  de  p/if*  frite  .'i  II 
poèlc.  Be'fjnet  de  pommes.  Faite  des  hei(jneU 
Manqer  des  bciqnets. 

BKIHA.M.  s.  m.  Voy.  Bairam. 

BEL 

BEI..\NnBE.  s.  f.  Peut  Lâtiment  de  trans* 
port,  du  port  d  environ  tiuit  tonneaux,  don) 
on  se  sert  sur  les  rivicres,  sur  le*  canaux  ci 
dans  IfS  rades. 

11I>L.\NT,  AKTE.  adj.  Qui  b^le. 

Ou  dit  provcrlii.d'-ment,  3'oufon  hélante  e\ 
h  euf  saijnar.t,  pour  tlire»  qu'il  fuut  que  1« 
hœuf  et  le  mouton  rôtis  ne  soient  guère  cuits. 

BEI<KMENT,  s.  m.  Le  cri  des  moutons  el 
des  brebis.  Lu  btehis  et  son  agneitu  se  recon" 
rioi.'iscnt  l'un  Vautre  à  leur  hélement. 

BLLK.M>"ITE.  s.  f.  (Prononcez  Bé/èmnilc.) 
Espèce  de  fossile. 

HELEU.  v.  n.  U  ne  se  dit  que  I>u  rri  mtu- 
lel  du  mouton,  des  agneaux,  et  de  la  brebis. 
Les  aqncaux  bclent. 

On  dit  proverbialement  et  bassement,  Brehis 
qui  bclcj  jcrd  sa  notilée,  pour  manjuer  qu'A 
table  il  ne  f.iut  pas  trop  s'amuser  h  Ciiuser;  La 
brebis  bclc  toujours  de  mâne,  pour  dire,  qu'Un 
ne  change  guère  les  manit^rcs  qui  \ienneat  de 
la  nature. 

BELI'^TTE.  s.f.Pelit  animal  sauvaf;e,  lonj;, 
de  couleur  rousse,  qui  a  te  museau  pointu,  les 
pales  courtes,  cl  qui  fait  ta  guerre  .'i  ta  volaille. 
L0  helftte  est  entrée  tlans  le  colombier, 

BKLIEB.  s.  m  QuaJrnprde  portant  l.iinc, 
et  qui  est  le  niMc  de  la  brebis.  Un  qros  hcUcr. 
tàCt  cornes  d'un  helitr. 

En  parlant  Des  guerres  anciennes,  on  ap- 
pelle Bélier^  Vue  nmctiine  de  guerre,  faite 
d'une  lon:;uc  p>ulre,  donl  rrxlrcmilé  êioit  nr- 
niàfi  d'une  tcic  de  Leber  d'airain ,  il  dont  on  se 


BEL 


i3.) 


scrvoit  à  battre  el  à  renverser  les  muraille? 
des  Places  assii^i^s. 

Bélier,  b-  dit  aussi  Du  premier  des  douz« 
Si^es  du  Zodiaque.  Le  Soleil  était  dan^  U 
Signe  du  BcUer. 

BELil'RK.  s.  I.  Anneau  qui  est  au-dcdans 
d'une  cloche,  pour  suspendre  le  bauant. 

BELÎTIiH.  s.  ni.(^o  pûn,  gueux,  homme  de 
néant,  etc.  Un  vvui  Ih'litre. 

r>i:LLA-DO>A  ou  BELLIvDAME.  s.  fiin. 
Plante,  qu'on  nomme  ainsi,  parce  qu'en  Italie 
on  en  compose  une  capùcc  de  fard.  Elle  est  d'u- 
sage en  Médecine. 

BELLATUE.  s.  mnsc.  Qn\  a  un  faux  air  de- 
Iwaulé,  une  beaiUé  mêlée  de  fadeur.  C'est  un 
helLître,  qui  se  crvii  fort  beau.  11  sVmpIoic 
quel  imfois  adjeciivemeut. 

BELLE -DAME,  subsi.  f.  Voyez  ei-deisiis 

BEIJ,.\-nONA. 

nELLE-DK-JOUnouIulMÉaOCAl^.s.f. 
iCsp^-ce  de  l's.  On  ta  cultive  dans  les  jardins 
pour  la  I)eautd  de  sa  fleur.  Elle  est  d'un  jaune 
lirant  sur  le  rou^c. 

BELLi:-DE->UIT  ou  JALAP.  s.  f.  Plante. 
Elle  vient  de  l'Améri'^ue.  Cn  la  cultive  dans 
les  jardins  à  cause  de  la  beauté  de  ses  fleurs.  Sa 
racine  est  un  violent  piiï^atif. 

BKLLE-EILLE.  s.  f.  Ternie  relatif.  La  Glle' 
ilu  mari  par  rapport  à  l.i  femme,  la  (ille  de  la 
femme  pnr  rapp*>rt  au  mari,  quand  elle  est  née 
4'un  autre  lit. 

On  le  dit  aussi  De  la  Bru.  C'est  votre  heîl£~ 
(îïïf,  T  oris  avez  épousé  son  père.  C'est  ma  belle^ 
ilîe,  elle  a  épousé  mon  fiU. 

lîElLLEMKNT.  ndv.  Doucement,  avec  mo- 
dération. Il  est  familier,  et  ne  s'cn»ploic  guèro 
jue  pour  avertir  quelqu'un  d'être  plus  modéré. 
Bellement  y  vous  vous  emportez.,  vous  vous  ou- 
bliez. Jllez  tout  bellement. 

BELLIvMEIîK.  s.  f.  Terne  relatif.  C'est,  à 
l'c-g^rd  des  enfans,  la  femme  que  leur  père  » 
fpousée  après  la  morl  de  leur  mrre.  A  l'égard 
d'un  gendre,  c'est  la  mère  de  sa  femme  j  cl  à 
l'égard  d'une  bru ,  c'est  la  mère  de  son  mari. 

BELLE-SOEUR,  s.  f.  Nom  d'alliance  qui  S£ 
lionne,  eu  par  un  mtri  à  ta  sneurde  sa  femme, 
DU  par  une  femme  ii  la  s:i-ur  da  son  mui,  ou 
par  un  frt're  m»  une  sauir  h  la  femme  de  son 
fr!'re.  ou  h  drux  femmes  qui  ont  épousé  Ics- 
Heux  frères.  C'est  la  s  tur  de  ma  f:mm€^  et  par 
ronscqucnt  ma  hcile-s  tur. 

BELLKiÊKAiST,  A>rE.  ajject.  (On  pron. 
les  deux  L. }  Il  se  dil  Des  peuples  «jui  sont  en 
fiuerre.  Il  s'emploie  ordinairtnient  au  ftmiuin. 
Puissances  y  parties  bolUgcrantes. 

BELLIQUEUX,  ECSE.  adj.  (  On  prononce 
les  deux  L.)  Guerrier,  martial.  Aulion  belli- 
queuse. Peuple  bclliqueu.t.  Humeur  belliqueuse. 
Prince  belliquetLC. 

BELLlSSniE.  adj.  des  a  gcnrcj.  Tris-bea  1. 
Il  n'est  d'u&o^c  que  dans  la  conversation  fumi- 
li'rc. 

BELLOT,  OITE.  adj.  Diminutif  du  brou. 
Il  se  dil  Dpseufans.  Cet  enfant  est  belUit.  Vue 
petite  fiUequt  est  bellotle.  Il  cal  du  slvlcfimilior. 

DELVKDL.Ï,  ou  BEL\  iLDtBE.  i.  )n.  Lieu 


i3C  BEN 

oralîquc  au  haut  d'un  logis ,  et  d'où  l'on  dé- 
couvre une  grande  étendue  de  pnys.  J'fli  chez 
moi  un  heU'éder,  d'où  je  vois  deux  lîeues  à  lii 
ronde. 

3EH 

BKMOL.  subst.  m.  Caractère  de  Musique  en 
forme  de  petit  fc,  qu'on  met  au-devant  d'une 
note,  pour  U  baisser  d'un  demi-ton.  Mettre  un 
b<fjnol  «  une  nofc,  devant  une  note. 

Il  est  aussi  adjectif  des  2  geares.  Cette  .lofe 
est  bémol. 

BEN 

BEN  ou  BEHKN.  s.  m.  Arhre  qui  croit  en 
Arabie.  Il  porte  un  fruit  dont  le  noyau  donnt 
rhuile  de  ?ïeii.  Klle  est  sans  odeur,  et  ne  de- 
vient jamais  rnnce,  ce  qui  fait  que  les  Parfu- 
meurs en  font  grand  usage. 

lïKNÉDIClTÉ.  s.  m.  Mot  latin,  que  Pusas'^ 
a  rendu  françois,  et  qui  signifie  La  prière  qu'on 
fait  avant  le  repas.  Dire  le  Bcnédicitc.  Un  en- 
fant qui  ne  sait  pas  son  Bénédicité. 

BKNÉniCTE.  subst.  masc.  Terme  de  Pliar- 
macie.  Électuaire  purgatif,  et  qui  oj)cTe  douce- 
ment. 

BÉNÉDICTION. s. f.  Action  de  Iîelij;ion , qui 
se  fait  dans  rii'i^lise  par  le  Prêtre  qui  bénit  les 
Assistons,  en  riisJintsureuxlesii^ne  de  la  Croix. 
Donner  la  bénédiction.  Recevoir  la  hénédic- 
tion.  Assister  à  la  héncdictton.  La  bénédiction 
du  Saint  Sacrement.  La  bénédiction  Episco- 
pale.  La  hénédlction  du  Prêtre, 

Xi  se  dît  aussi  De  ï'action  de  Religion ,  pai 
laquelle  l'I-'-vêquc  ou  le  Prê'tre  bénit  une  .Vbbcsse, 
une  CiiapelJe,  des  Fonts,  des  Cloches.  Et  on 
appelle  Bénédiction  nuptiale ,  Celle  qui  se 
donne  par  un  Prôtre  aux  nouveaux  mariés. 

Il  se  dit  aussi  De  l'action  par  laquelle  un 
père  et  une  mè:e  bénissent  leurs  cnfans.  L'n 
père  et  une  mère  qui  donnent  leur  bénédiction 
à  leurs  enpins. 

lÎKNÉDiCTioN,  signifie  aussi,  Ordce  et  faveur 
particulière  du  Ciel.  Dieu  Vu  comblé  de  béné- 
dictions. C^cst  une  bénédiction  particuhèie  de 
Dieu.  Les  hénédictions  célestes.  Dieu  a  ré- 
pandu ,  a  versé  ses  bénédictions  sur  cette  fumillr. 
Dieu  y  a  mis,  y  a  donné  sa  bénédiction.  Atti- 
rer, s'attirer  les  bénédictions  du  Ciel. 

On  appelle  j\ïaison  de  fcénédtcdofi ,  Une 
maison  ou  réj^ns  ï.i  piélè.  On  le  dit  aussi  d'Une 
maison  où  tout  abonde. 

BÉNÉDICTION,  se  dit  aussi  Des  vœux  qu'on 
fait  pour  la  prospérité  de  quelqu'un,  des  sou- 
haits qu'on  fait  en  faveur  de  quelqu'un.  Si  vou% 
faites  une  telle  chose ^  on  vous  donnera  mille 
bénédictions.  Tous  les  peuples  donnent  mille 
hénidiclions  au  Prince.  C hacun  donnoit  mille 
bénédictions  à  cet  enfant. 

On  ditj  que  La  mémoire  d'un  homme  est  en 
bénédiction,  pour  dire,  qu'On  ne  se  souvient 
de  lui  qu'en  louant  sa  piété,  sa  vertu ,  etc. 

On  dit  familièrement  et  ironiquement,  en 
parlant  d'Une  chose  dont  l'abondance  e-it  gran- 
de, qu'Ei/o  (Inonde,  que  c'est  «ne  bénédiction. 
H  pleut  y  il  ncirjej  que  cest  unehcnédiclion.  Il 


BEN 

Vi  été  battu,  que  cétoit  une  bénédiction.  Et 
dans  ces  phrases,  Q"f^î  se  dit  pour,  Tellement 
que. 

BP:NÉFICE.  s.  m.  Privih'-e  accordé  par  le 
Prince  ou  par  les  Lois.  C'etit  un  droit  dont  il 
jouit  par  bénéfice  du  Prince.  Être  héritier  par 
béuéfce  d'inventaire.  Étrt  reçu  par  bénéfice  de 
cession. 

On  appelle  Lettres  de  bénéfice  d\1ge,  Des 
Letlrf  s  de  Chancclicric  ,  que  les  mineurs  ob- 
tiennent pour  être  rniaticipés,  et  pour  gouver- 
ner eux-mêmes  Icui"  bien  jusqu'à  pleine  majo- 
rité; et  LeUres  de  bénéfice  d'inventaire.  Des 
Lettres  qu'on  obtient  pour  être  reçu  à  hériter 
saos  être  obligé  de  X)iy.i  les  dotics  d'une  suc- 
cession, que  iusqu'à  la  concurrence  des  biens 
qui  la  composent.  On  i*,*  ,  Il  croit  en  Dieu 
par  bénéfice  d'inventaire,  pour  dire,  Il  ne  pro- 
fesse la  P-^'i^^ion  que  quand  il  y  trouve  son 
intérêt. 

BKwéFiCE  ,  siqnific  aussi,  Profit,  avantage. 
Toiil  a  tourné  à  son  bénéfice.  Il  a  eu  du  béné- 
fice dans  cette  affaire. 

On  appelle,  en  termes  de  ]\Ii'dccine,  Béné- 
fice de  ria/»re,Les  évaCHaiions  extraordinaires, 
par  lesquelles  la  nature  se  décharge;  et  Béné- 
fice de  ventre,  ou  simplement  Bénéfice,  Un 
dévoicment  calurcl  et  peu  violent.  //  lui  est 
arrivé  un  benéjice  de.ventre. 

BÉNtFiCL.  Titre,  Dignité  Ecclésiastique,  ac- 
compagnée de  revenu.  Un  bon  Benéjice.  Béné- 
fice simple.  Bénéfice  ayant  charqe  d'unies',  avec 
charqe  d\(mes.  Bénéfice  séculier,  régulier,  cvn- 
sntorial.  Bénéfice  rn  commendc.  Bénéfcr  r*. 
fondation  Royale.  Bénéfices  incompatibles.  Bé^ 
néfice  déclaré  imjiétrable.  Bcntfce  litiqiciw.  Len 
charges  d'un  Bénéfcc.  La  collation  d\tn  Béné- 
fice. La  nomination  des  Bénéfces,  Pourvoir 
quelquhin  d'un  Bénéfice.  Poursuivre  un  Béné- 
fice.  Courir  un BénéUce.  désigner,  permuter  un 
(îénéfce.  Présenter,  nommer  à  un  Bénéfice. 
Conft^rer^  remettre,  tenir  des  Bénéfices. Dispu- 
ter un  Bénéfice,  le  titre  d\in  Bénéfice.  Taxer 
un  Bénéfice.  Posséder  un  Bénéfce,  Remplir  un 
Hénélice.  Prendre  possession  d'un  Eénèfcc. 
ÎS\ivo'r  ni  0//ict,  ni  Bénéfce. 

On  appelle  Bénéfce  à  simple  tonsure,  Un 
Bénéfice  qu'on  peut  poss(;der,  quoiqu'on  ne 
.soit  que  tonsuré;  rt  Bénéfce  sécularisé.  Un 
Bcnéfic?  qui  n'rtoit  possédé  que  par  des  Bégu- 
lieis,  et  qui ,  par  dispense  du  Pape,  peut  ètr^' 
possède  par  des  Séculic.s. 

On  dit  prove:biaIement  et  figurénicnt,qu'/l 
faut  prendre  le  Bénéfice  avec  les  cliarqes,  poiu 
dire,  qu'il  faut  souffrir  les  im-oinmodités  d'une 
chose  qmnd  on  en  a  le  profit.  El  en  parlHiil 
(l'Un  bien,  d'un  avantage  que  l'on  n'a  pas  .sans 
peine,  sans  dépense,  ou  mf-me  sans  danger,  on 
dit.  Ce  n'est  pas  un  Bénéfce 'simple.  Ce  n'est 
pas  un  Bénéfce  sans  charqe. 

BÉ>Éi-iCE,se  pi^înd  aussi  pour  Jje  lieu  même 
ou  est  l'Église  et  le  bitn  du  Bénéfice.  Ce  Béné' 
fice  est  bien  situé.  Un  homme  qui  réside  à  son 
Bénéfice,  dans  son  Bénéfce. 

BENÉFlCilAlUK.  adj.  des  2  gcnr.  Ce  mot 
n'est  d'usage  que  dans  cette  phrase,  lléritier 


BEN 

bénéficiaire ,  pour  dire,  Hcrilier  rar  bénéfice 
d'inventaire. 

BÉNÉFICL\L,  ALE.  adj.  Qui  concenie  les 
Bénéfices.  Ce  mot  n'est  guère  d'usage  que  dans 
cette  pîirase,  il/ij/iVre  Pténéfciale.  Être  savant 
dans  les  matières  Bénéfciales. 

BÉNJ^:FICTEn.  .«ubst.  masc.  Qui  a  un  Bë- 
ncfiL'e.  Un  riche  Bénéfcicr.  Un  qros  Bénéfi- 
cier. 

BRNfl:T.  adj.  m.  Niais,  sot.'Voi'M  un  homme 
bien  heiicf. 

Il  est  aussi  ctphiscomniuiiénu-nt substantif, 
C^cst  un  grand  benêt.  Un  franc  benêt. 

BÉNÉVOLE,  adj.  des  2  genres.  U  ne  se  dit 
qu  en  badinant,  et  dans  ces  phrases.  Lecteur 
bénévole,  Auditeur  bénévole,  pour  marquer  Un 
Lecteur,  un  Auditeur  qu'on  croit  favorable- 
ment disposé, 

Bknévoi.e,  en  termes  de  Droit  Canonique, 
se  dit  Du  Bénéficier  qui  possède  en  vertu  d'y» 
litre  qu'on  ne  lui  coulcste  pas ,  quoique  sujet  h 
examen.  /!  resta  possesseur  bénévole  par  la  re- 
traite volontaire  de  ses  contendans,  ou  parce 
que  le  Collatcur  ne  réclama  pas  ses  droits. 

BÉNIGNEMENT.  adv.  D'une  manière  bé- 
nigne. Il  l'a  reçu,  il  Va  traité  héniqnement. 

BÉNIGNITÉ,  s.  f.  Douceur,  bonté  du  fort 
au  foible,  du  supérieur  à  l'inférieur.  Il  a  de 
reçu  de  son  maître  avec  beaucoup  de  béiiiflnûc. 
Un  air  de  béniqiitté. 

BÉNIN,  BÉNIGNE,  adject.  Doux,buTOniD, 
Un  naturel  doux  cl  bcnin.  lîiimeur  beniqne. 

Il  se  dit  souvent  en  rlt'iision,  d  t'n''  bnnlé 
et  d'une  tolérance  mal  placée.  C'est  le  plus  bé- 
nin de  tous  les  maris. 

Il  signiâe  figurémcnt,  Favorable,  prop'ce. 
Air  bénin.  Le  ciel  bénin.  Astres  bénins.  In- 
fluences bénignes.  Et  on  nppelle  Remède  bénin, 
Un  remède  qui  pui^e  doucement. 

BÉNIR.  V.  a.  Consacrer  au  Culte  Divin  avec 
de  certaines  cérémonies  ecclésiastiques.  Bénir 
une  Eglise,  une  Chapelle.  Bénir  un  cierge. Bé- 
nir  des  ornemens  d'Eglise. 

On  dit ,  Bénir  un  Abhé,  bénir  une  Abbcste, 
pour  dire.  Faire  sur  eux  certaines  prières,  et 
certaines  cérémonies  ecclésiastiques,  par  les- 
quelles on  les  installe  dans  h-ur  dignité.  C'cif 
(uix  Evéques  de  bcnir  les  Abbés  et  les  Abbcss^^. 

On  dit  aussi,  Bénir  des  armes,  bénir  des 
drapeaux,  bénir  le  lit  nuptial,  bénir  la  ta- 
ble, etc.  pour  dire,  Faite  quelques  prièru* 
pour  attirer  la  grûce  de  Dieu  sur -les  armes,  sur 
le.«5  drapeaux .  etc. 

BÉsin,  signifie  ausM  simplement,  Donner  b 
bcnL-d:e'ion  en  faisant  le  signe  de  la  Cvoi'x, 
comme  les  Evéqucs,  les  Pasteurs,  et  les  Supé- 
ricuro  des  Couvcns  ont  accoutumé  de  faire. 

U  se  dit  aussi  Des  i)ères  et  des  mères  qui 
donnent  lu  bénédiction  à  leurs  enfans. 

BKSin  ,  signifie  aussi.  Louer,  rendre  grâce 
avec  de  grands  senlime  is  de  respect  et  de  re- 
connoissanrc.  Bénisicz  Dieu  de  la  griice  qu  il 
vous  a  faite.  Bénissons  la  main  qui  nous  a  rrc'cî. 
Tout  le  monde  vous  lénit.  On  vous  bénira,  si 
7>otis  faites  cette  bonne  action. 

U  se  dit  aussi  ,  en  parlant  Des  choses  qui 


BER 

rai)[)ellent  r|uc-l|iie  agri':ilile  souvenir.  Je  lit-iin 
le  lieu,  l'heure,  le  moment  où  je  vous  ni  imi. 

Il  sigiiilic  aussi ,  Rcmlre  licurtux ,  faire  pros- 
pérer; et  il  lie  se  dit  que  de  Dieu.  Dieu  veuitL: 
iéiilr  les  armes  ilu  Roi!  Dieu  bénit  le  trMuil 
Je  ces  yens-là.  hènit  leur  famille. 

Diru  vous  BÉNISSE,  façon  de  parler  du  stylo 
fainiliiT,  pour  souhaiter  du  bien  à  quelqu'un 
qui  etcrnue.  On  s'en  sert  aussi,  en  parlant  i 
au  pauvre,  pour  marquer  qu'Où  n'a  rieu  k  lui 
donner. 

BÉNIT,  BÉsrTE,  par:ici[îe,  qui  se  dit  De  cer- 
uiines  clioses  sur  lesquelles  la  bénédiction  'du 
Prêtre  a  été  donnée  avec  les  cérémonies  ordi- 
naires. Euu  hciiite.  Pain  bénit.  Cierge  bénit. 
Chandelle  bénite.  Les  Draj>caux  ont  été  bénits. 

BÉNI,  BÉNIE,  autre  participe,  qui  a  toutes 
ÎC3  autres  significations  de  son  verbe.  L'Ançjc 
dit  à  la  Ste. -Vierge  ;  'l^oiis  êtes  bénie  entre 
toutes  les  femmes.  Les  armes  bénies  de  Dieu 
sont  (o[ij'o»r.s /ie»rc«5t's.  Un  peuple  béni  de  Dieu. 

BÉSITIER.  subsl.  masc.  Vase  i  mettre  de 
l'eau  bcoilc.  £éiiilier  de  marbre.  Bénitier  d'ar- 
gent. 

BEN"J.\-"*n>'.  s.  m.  (Od  prononce  £e'njaniin.  ) 
Le  fils  qu'un  père  et  une  mère  aiment  plus  que 
leurs  autres  eul'uns.  Cet  en/ùii(  est  leur  Ben- 
jamin. 

BENJOI>.  subsL  masc.  Substance  résineuse. 
Cîomme  aromatique  qui  découle  d'un  arbre  , 
et  qu'on  en  recueille  avec  soin  pour  divers 
usages.  Du  benjoin  cl  du  stora.v.  Il  entre  dt* 
henjoin  dam  celte  composition. 

lî!:I?îOITE.  s.  féin.  Plante  qu'on  croit  ainsi 
lioinnu'e  ù  cause  de  ses  vertus;  elle  croit  cnni- 
niuuéinent  le  long  des  liaies  ,  dans  les  lieux 
sombres  et  incultes. 

BE(1 

oEQVILLÂRD.  s.  m.  Vieillard  assez  courbé 
et  cassé  pour  avoir  besoin  d'une  béquille.  Voyez 
venir  ce  béquillurd.  Il  est  du  style  familier  et 
comique. 

BÉQUILLE,  s.  f.  Sorte  de  bâton ,  qui  a  par 
le  bout  d'en  haut  une  petite  traverse,  sur  la- 
quelle les  vieillards  ou  les  gens  infirmes  s'ap- 
puient pour  marcher.  71  ne  nidrcfie  plus  gu\ivcc 
une  béquille.,  (juavcc  des  béquilles. 

BÉQUILLER.  v.  acL  Terme  de  Jardinage. 
Fair^  un  ]jctit  labour  dans  une  plaurlie  ou 
une  caisse. 

OÉi]mi.i.En.  Aller  avec  une  béquille.  Il  com- 
mence li  ï»é(jrii/!er. 

BÉQUII.LON.  s.  ni.  'l'ernie  de  Fleuriste. 
Petite  feuille  qui  finit  en  pointe, 

BER 

BERBERIS.  Voyei  Épini-vinette. 

BERCAII..  i.  m.  Bergerie,  le  lieu  où  l'on 
enferme  un  troupeau  de  moutons  ou  de  brebis. 

On  dit  figureraeiit,  llamener  au  bercail  une 
brebis  égarée  ,  pour  dire ,  Ramener  un  Héré- 
tique dans  le  giruii  dr  l'Eglise. 

BERCE,  i.  iiL  Petit  oiseau  qui  vit  dans  les 
bois. 

BERCE,  (.f.  Plante  ires-communc,  et  dont 
Tome  1. 


BER 

il  y  a  plusieurs  csptccs.  On  ordonne  SCS  semences 
dans  U*s  aft'ections  v.iporeuscs. 

lîKKCIilAU.  s.  masc.  Sorte  de  petit  lit  oî 
l'un  roucIie  les  cufnns  â  la  mamelle,  et  qui  est 
purlti  sur  deux  pieds  arrondis  en  forme  de  crois- 
sant, de  nianiùre  q  l'on  peut  le  balancer  aisé- 
ment. Berceau  d'osier.  Berceau  de  menuiserie 
Mettre  un  enptnt  dans  son  berceau.  Un  eitfanl 
aui  est  encore  au  berceau.  On  dit,  Dés  le  ter- 
ccaUj  pour  dire,  Dès  l'enfance. 

On  le  dit  aussi  au  figuré,  en  parlant  Dts 
lieux  où  une  chose  a  commence.  Florence  a  cU 
le  berceau  de  la  Peinture  moderne.  La  Saxe  a 
été  le  berceau  du  Luthéranisme. 

Il  se  dit  nussi  Des  commencemcns  diin  él;.- 
bj.'sscment.  Cet  établissement  est  encore  au  bct' 
cc(i«,  (î  .sofi  berceau. 

On  dit  proverbialement  et  figurémcnt  d'Un 
ni:il  auquel  il  faut  remédier  dès  sa  naissance 
il  fiut  éiouïïttr  le  monstre  au  berceau. 

Rehceau,  se  dit  aussi  De  l'assemblage  de 
I)lusieurs  perches,  les  unes  droites,  les  autres 
disposées  en  voûte  dans  un  jardin,  liées  en- 
semble, et  couvertes  de  jasmin,  de  chc'vre- 
feuille,  etc.  Berceau  de  jasmin.  Berceau  dt 
chèvre- feuille.  Prendre  le  frais  sous  un  berceau. 

Kn  termes  d'Architecture,  on  appelle  Ber- 
ceau j  Une  voûte  en  plein  cintre.  Le  berceau 
d'une  cave, 

BERCER.  V.  a.  Remuer  le  berceau  d'un 
enfant  pour  l'endormir.  Bercer  un  enfant. 

Il  si{;nifie  fîgurém.  et  familîèrera. ,  Amuseï 
'  d'espérances  fausses  ou  éloignées.  Il  y  a  long~ 
temps  que  vous  me  bcrceu.  de  cela.  On  dît  aussi 
fl^urénlent,  J\n  été  bercé  de  cela,  de  ces  contes- 
là ,  pour  dire,  J'en  ai  oui  parler  mille  fois. 

On  dit  aus>i  fîgurém.  et  fumilièrem. ,  d'Un 
homme  toujours  im|uict  cl  ajjiiéj  que  LcDiable 
le  berce. 

BEnCt,  KE.  particii». 

lïERCHE.  subst.  f.  Terme  de  Marine.  Petite 
pièce  de  canon  de  fonte  verte. 

BERCi/LME.  s.  f.  Sorte  de  tapisserie  fort 
commune  et  de  peu  de  valeur,  nommée  ainsi, 
à  caiiscde  la  VilledeBerçame,  d'où  sont  venues 
les  premières  tapisseries  de  cette  sorte.  Il  n'y  a 
dans  sa  chambre  qu'une  .<:imjile  tapisserie  de 
Ber(jame.  Il  n'y  a  tjue  de  la  Bergame,  qu'une 
Bergamc. 

BERGAMOTE,  s.  f.  Espèce  de  poiie  fon- 
dante d  un  irè»-boïi  goût  Bergamote  d'Eiê 
Bergamote  d'Uiver. 

lÎEnr.A-MOTE,  est  aussi  Une  espèce  d'orange 
qui  a  une  fort  bonne  odeur,  et  dont  on  tin. 
une  essence  agicable. 

BERtJE.  s.  f.  Bord  relevé  ou  escarpe  d'une 
rrvière,  d'un  cliemin,  d'un  fosse.  Les  berges  de 
cette  rivière  sont  trés-élevées. 

BEncE,  est  aussi  Une  espèce  de  chaloupe 
étroite,  dont  on  se  lerl  sur  quelques  rivières. 

BERGER .  ÈRE.  s.  Celui  ou  celle  qui  g.irdc 
les  brebis.  La  houlette  duHerger.  Le  chien  du 
Berger.  La  mort  égale  les  Rois  et  les  Bergen. 
Vn  jeune  Berger.  Une  jeune  Bergère. 

On  appelle  communément  La  Planète  de 
Véuiu,  L'étoile  du  Berger. 


BER  ,37 

En  Poésie  Pastorale,  Berger  cl  Bergère,  se 
disent  figurémcnt  pour  .■\)naut  et  Amante.  Vu 
Berger  fdéle.  Une  Bergère  inconstante..  Et 
c'est  dans  cette  acception  qu'on  appelle  figurtim. 
L'heure  du  Berger ,  Le  moment  favorable  auï 
Amans. 

BERGÈRE,  s.  f.  Espèce  de  fauteuil  com- 
mode. 

BERGERETl'E.  s.  f.  Sorte  devin  mi-Mionué 
:ivec  du  miel. 

BERGERIE,  s.  f.  Jm  lieu  où  l'on  enferme 
les  brebis.  Le  loup  est  entré  dans  la  ber{jeric. 

On  dit  figurémcnt,  qu'Où  <i  enprmé  le  loup 
dans  la  bergerie.  Lorsqu'on  a  laissé  fermer  une 
plaiï  avant  que  d'en  avoir  fait  sortir  tout  ce 
qui  pouvoil  être  nuisible.  Il  ne  faut  pas  laisser 
fermer  celte  plaie  ,sil<!(,  ce  scroil  enfermer  le 
loup  dans  la  bergerie. 

Beugeiiies,  au  pluriel,  se  dit  De  ccrlaiu': 
ouvragi's  en  prose  ou  en  vers,  qui  traitent  des 
amours  des  Bergers.  Les  Bergeries  de  Bacan. 

BERGEROS.NETTE.  s.  f.  Petite  Bergère, 
jeune  Bergère.  Il  est  vieux. 

BERGERO>'>E'n'E.  s.  f.  Petit  oiseau  noit 
Kt  blanc,  qui  fréquente  les  rivières. 

BERLE.  s.  f.  Plante  ombellifére.  Elle  croit 
dans  les  lieux  aquatiques  et  sur  le  boid  des 
ruisseaux.  Il  yen  ade  plusieurs  espèces,  et  un? 
entre  autres  dont  le  suc  est  mortel. 

BERLINE,  s.  f.  Horte  de  carrosse  suspendu 
entre  deux  brancards.  Faire  faire  une  bealine. 
Acheter  une  berline.  Une  berline  à  nuatre,  à 
sir  chevau.x.  JUcr  dans  une  berline.  Les  ber- 
lines sont  d'ordinaire  moins  versantes  que  les 
autres  carrosses. 

liERLI^Gor.  s.  m.  Berline  coupée. 

BKKLI^'GUE.  Terme  d'un  jeu  des  enfans. 
Berlinguc,  fujuette, 

BERLUE,  s.  f.  Sorte  d'éblouîssement  pas- 
lager.  Il  n'est  que  du  style  familier,  et  ne  se  dit 
qu'en  cttte  plirase.  Avoir  la  berlue.  i/i>oil  les 
itbjets  autrement  qu'ils  ne  sont,  il  a  la  berlue. 

On  dit  figurémcnt  et  familièrement,  Avoir 
la  berlue,  pour  dire.  Juger  mal  d'une  chose, 
en  juger  de  travers.  //  faut  avoir  la  berlue  pour 
piger  comme  vous  faites.  Vous  ne  voyez  pas 
qu'on  vous  joue,  il  faut  que  vous  ayez  la  berlue, 

BER)ME.  s.  f.  'l'erme  de  Fortification.  Che- 
min de  quatre  pieds  de  lar^e  entre  le  pied  du 
rempart  et  le  fossé. 

BER^MUUIE.VNE.  s.  f.  Plante  qui  tire  son 
nom  des  ilesBcrmudes  d'où  elle  a  été  apportée. 
Ka  fleur  est  belle  et  faite  en  lis. 

BERNABLE.  ùd).  drr  i  g.  Qui  mérite  d  eue 
berné  et  moqué. 

BERNACLE.  s.  f.  Coquillage  'dont  la  co- 
quille est  composée  de  cinq  piè-ccs.  Lcsbcrnacles 
sont  adhé'rentcs  aux  rochers  et  aux  vaisseaux. 
On  croyoit  autrefois  qu'il  sortoit  de  ce  coquil- 
lage une  espèce  de  canard. 

BEUM"..  s.  f.  Espi«e  de  jeu,  où  quatre  per- 
sonnes, tenant  1rs  quatre  bouts  d'une  couver- 
ture, mctlcDt  quelqu'un  au  milieu  ,  et  le  font 
sauter  en  l'air.  Cela  mérite  la  berne.  Il  est  digne 
de  la  berne. 

DEKNEMENT.  t.  m.  Action  de  berner.  Me 
l8 


i38  BES 

nière  dont  on  berne  quelqu'un.  Le  bcrnement 
Ae  Sancho-Pansa. 

BERNER.  V.  act.  Faire  saulèr  qnclqu'nn  en 
l'air  par  le  mouvement  d'une  couverture  sur 
laquelle  on  l'a  mis.  lU  U  mireni  sur  une  cou- 
itrliire  et  h  hernèreiil. 

Il  signifie  figurera.,  Tourner  en  ridieule.  Il 
a  été  herné  en  bonne  compagnie.  Si  je  disais 
cela ,  je  me  ferais  berner. 

Berné,  ée.  participe, 

BERNEUR.  s.  m.  Celui  qui  berne.  Je  ne 
crains  ni  la  herne,  ni  les  hernatrs. 

RERME.SQUE,  et  plus  communément  BER- 
NESQUE.  adj.  Il  se  dit  d'Un  style  approelianl 
du  burlesque,  mais  plut  soigné.  Benii,  Poc(c 
7lali«n,  fut  l'ingénieur  duBerniescjuc.Le  jrviri: 
Bernes(jilc. 

BERMQUE.  Expression  adv.  pour  signifier 
que,  Croyant  tenir  quelque  chose,  on  ne  tient 
rien.  Vous  campiez  sur  lai?  Bernique.  Il  est 
populaire  et  badia. 

BERKIQUET.  s.  m.  Terme  populaire,  qui 
n'est  guère  d'usage  qu'en  ces  plirascs,  Etre  au 
fcerniijuel,  mettre  au  berniquet,  pour  dire, 
Être  à  la  besace ,  mettre  à  la  besace. 

BÉRYL,  s.  m.  Pierre  précieuse,  verdâtre  et 
transparente.  Le  Béryl  était  une  des  pierres  du 
peclaral  du  Grand-Prêlre  chez  les  Juifs.  On  le 
nomme  aujourd'liui  Aifjue-marine. 

BKS 

BESACE,  s.  f.  Espèce  'de  sac  ouvort  par  le 
wiilieii  ,  et  fernu:  pir  'ea  deux  liniits,  en  sorti 
qu'il  forme  deux  poclies.  Les  lieligleux  men- 
dions portent  labesace. Mettre  dans  unebesace. 
Il  s'en  est  retourné  la  besace  vide.  , 

On  dit  figiu'ém. ,  qu'l/n  homme  est  à  la  be- 
sace, qu'il  est  réduit  à  la  tesacc,  pour  dire, 
qu'il  est  ruine; 

Et  proverbial,  et  figurém. ,  d'Un  homme  qui 
.'1  un  grand  attacliement  à  quelque  chose,  qu'/i 
en  est  jalou-c  comme  un  (jucux  de  sa  besace. 

BESACIER.  s.  m.  Qui  porte  une  besace.  On 
le  dit  quelquefois  par  mépris  De  certains  Moi  rus. 
Il  est  familier. 

lil'.SAIGRE.  adj.  des  2  g.  Il  se  dit  Du  tIu 
qui  aigrit ,  parce  qu'il  est  au  bas. 

BES-'UGUË.  s.  f.  Instrument  de  Charpen- 
terie  tout  de  fer,  taillant  par  les  de.ii:  bonts, 
mais  plus  large  par  l'un  que  par  l'autre ,  pour 
tailler  et  dégrossir  du  bois  de  eliarpciitc.  Di  eS' 
scr  une  pièce  de  bais  avec  la  besaijue. 

BESANT.  s.  m.  Ancienne  monnoic  de  l'Em- 
pire de  ConstJintinopIe.  Besant  d'or,  ficsiinl 
d'arncnt.  On  paya  tant  de  bcsans  pour  la  ran- 
çon de  ce  Prince. 

Besattt,  en  termes  de  Blason,  est  une  pitce 
d'or  ou  d'argent.  Il  porte  d'azur  à  trois  besans 
d'or,  deux  et  un. 

BESET.  s,  m.  Terme  dont  on  se  sert  au  Tric- 
trac ,  et  qui  se  dit ,  lorsque  du  ni*nic  coup  de 
de  un  joueur  amène  deux  as.  J^ai  amené  hcscl. 

BESI.  s.  m.  Mot  originairement  Celtique. 
Nom  générique  qu'on  donne  à  plusieurs  espaces 
de  poires ,  en  y  ujout.iiil  le  nom  du  pays  d'eu 
on  Ici  a  tirées.  Ainsi  on  dit,  Bcsi  d'Jleri,  Tes: 


BES 

rîe  LamoltCf  Best  Chaïauontclj  ou  Chaee* 
juontel. 

BESICLES,  s.  f.  pi.  Sortfs  dr  luiiMlcs  qui 
s'attachent  à  la  lêtr.  Mettre  si-s  hcsiclcs. 

On  dit  figuréin.  et  faniilitTcm.  h  un  lionimc, 
Qu^il  prenne  ses  hes'icîeSj  i\nïl  n\i  pos  bien 
mis  ses  besicles,  pour  dire.  Qu'il  prenne  micnx 
garde  à  la  chose  dont,  il  s'agit,  (jm'U  ne  l'a  pas 
assez  bien  ronsidên^c. 

BESOGNE,  s.  f.  Terme  du  style  familier. 
Travail,  ouvrage,  l'action  pir  lacjuellc  on  fait 
une  œuvre.  Un  artisan  allentif  «  sa  hcsonne. 
Mettre  la  main  à  la  besogîic.  Aller  à  sa  besogne. 
Etre  ù  sa  besogne.  Une  longue  besogne.  Faire 
sa  b'^so()ne.  Quitter  sa  bet^ngne.  S'attacher ,^ 
être  asùdit  à  sa  besogne.  Mettre  guclgu'un  en 
besogne.  Ce  gîte  vous  lui  donnez  à  fiire  est  une 
farte  besogne.  On  dit,  Faire  de  la  bonne  be- 
sogne, de  honnebesogne,  pour  dire,  Travaille! 
Diilenient. 

Il  signifie  aussi,  L'effet  du  travail,  l'ouvra^u 
ïacme  qui  résulte  du  travail.  Bonne  besogne. 
Une  bcsogiie  délicate.  Besogne  grossière.  Uni 
besogne  commencée.  L  ne  besogne  achevée.  Une 
\>csogi.e  bien  faite.  Faire  voir  sa  besogne. Faire 
voir  de  îa  besogne  fuite.  Gilter  de  la  besogne. 
Il  fait  plus  de  besogne  que  quatre. 

On  dit,  Besogne  de  commande ,  d'Un  travail 
lommandé,  qui  doit  être  cxccuté  au  grê  do  ce- 
lui qui  le  commande.  Il  se  dit  «juelquefois  pai 
opposition  à  Besogne  d^affcction,  que  l'on  faïl 
tomme  on  l'entend.  La  besogne  d'affection 
réussit  mieux  que  celle  de  commande.  Vcyea 
Commande 

On  d'il.  Âpre  à  la  hesor^ne^mou  à  labesogne^ 
m  parlant  Du  degré  d'activit*î  ou  de  noncha- 
lance qu'on  Y  met. 

On  dit  proverhialem.  ^Sclon  Vargent  la  bc- 
50f/ne.  pour  dire,  que  Les  ouvriers  Iravaillea' 
selon  qu'ils  sont  payés;  Faire  plus  de  bruit  qu( 
de  besogne,  pour  dire,  Avoir  plus  de  paroiet 
qnr  d'eiVct  ;  Do?jner  bien  de  la  besogne  à  quel 
fjii'un,  lui  tailler  de  la  besogne,  pour  dire,  Lu 
donner  de  la  peine,  de  l'exercice  et  de  l'em- 
barras; Aimer  besogne  faite.,  pour  dire,  K'ai* 
mer  pas  à  travailler;  et,  S^cndormir  'sur  lu  Ré- 
sonne, pour  dire,  Travailler  nonchalamment. 

Kt  ironiquement,  enparlaut  à  Un  homme  qui 
ti  f^ité  «ne  alTaire  dont  il  s'est  môle,  on  lui  dit, 
i'ous  asfez  fait  une  belle  hc^c^ne. 

En  parliint  d  Un  homme  qui  ne  s'appliqua 
qu'aux  choses  de  sa  vocation ,  do  sa  profession. 
nu  dit,  que  C'est  un  homme  qui  ne  songe  qu'à 
fiirc  sa  besogne^  ouM  sa  besogne. 

El  en  parlant  d'Un  homme  qui  agit  précipi- 
Lanmicnt,sans  mettre  aux  choses  le  temps  su'Ti- 
5ant,  on  dit,  .4Uer  vite  en  1  csogne'  vous  allez 
bien  vite  en  besogne. 

BESOtJ.NEU.  v.  n.  Faire  une  besogne,  fuirc 
fie  la  l>eso;^n('.  Nous  avons  bien  besogne.  Il  est 
familier,  et  il  vieillit. 

BESOIN,  s.  m.  Manque  de  qu'lque  clio*' 
qui  est  ntîcessairc.  Grand  besoin.  Extrême  be- 
soin. Avoir  besoin  de  quelque  chose.  iV  avoir 
besoin  de  rien.  On  lui  a  donné  de  l'argent^  il 
en  avoil  bien  besoin.  On  connott  les  amis  au 


BET 

lesoÎM.  Cela  servira  au  besoin,  en  un  besoin. 
Chacun  sait  ses  besoins.  Pour  subvenir  à  ses 
besoins.  Confier,  exposer  à  quelqu'un  ses  be- 
soins. Cet  édifice  a  besoin  d'une  poutre  neuve. 

On  dit  d'Un  homme,  d'une  chose,  71,  elle 
lui  a  manqué  au  besoin. 

Il  signifie  aussi.  Indigence,  nécessité.  Il  est 
dans  le  besoin,  dans  un  pressant  besoin.  U  l'u 
assisté  dans  le  besoin,  dans  son  besoin. 

Besoin  ,  signifie  aussi  Piécessité  naturelU 
Il  est  sorti  pour  un  besoin.  H  lui  a  pris  un 
besoin. 

On  dit,  Le  blé  est  l'un  des  premiers  besoins, 
est  une  denrée  de  premier  besoin. 

On  dit,  Qu'cst-il  besoin  <îc.'Qu'esl-il  besoin 
fme.-*  pour  dire,  Qu'est-il  ni'ccssairede?  Qu'est- 
il  nécessaire  que?  Mais  hors  de  l'interrogation, 
il  ne  se  dit  guère  qu'avec  ia  nég.ilivc.  Il  n'est 
pas  besoin  de Il  n'est  pas  besoin  que. . . . 

Et  on  dit,  Avoir  besoin  ,  non-seulement  dans 
la  signification  d'Avoir  faute ,  comme  dans 
quelques  exemples  de  l'article  précédent,  mais 
aussi  dans  la  signification  d'.-fi'oir  afpiire  j 
ronuïie.  Je  ne  puis  vous  prêter  es  que  vous  me 
demandez ,  j'en  ai  besoin. 

On  dit  aussi ,  J'ai  besoin  d'aller  en  tel  en- 
droit, pour  dire,  Il  faint  que  j'y  aille,  je  suis 
obligé  d'y  aller. 

On  dit ,  qu'Une  chose  fait  besoin ,  pour  dire, 
rju'Elle  manque. 

BESSOJS,  0>'NE.  adject.  Jumeau,  l'un  des 
di  ux  enfans  d'une  même  couche.  Il  est  vieux. 

BES TI.\1RE.  s.  niasc.  Les  lîrsii.nlres  éloirpi. 
chez  les  Romains,  des  hommes  destinés  à  com- 
battre dans  le  Cirque  contre  lea  botes  féroces. 

BE.STIAL.  ALE.  adj.  Qui  tient  de  la  bétc . 
ipn  appartient  à  la  b'îte.  Fureur  bestiale. 

BE,ST1AI.EMENT.  adverbe.  En  vraie  Wte. 
Vivre  bcslialement. 

BESTIALrrÉ.  s.  f.  Le  péché  qui  se  commet 
ïivec  Tuie  bête.  Le  crime  de  bestialité. 

BESTIA.SSE.  s.  f.  Pécore,  dépourvu  d'es- 
prit. C'est  une  batiasse.  Il  est  injurieux  et  po' 
pulaire,  quand  il" n'est  pas  de  plaisanterie. 

BESTIAUN.  s.  iKasc.  pi.  Il  signifie  la  nu'mt 
tliose  que  bét.iil.  Il  a  beaucoup  de  bestiaux.  Il 
est  riche  en  bcstiiiu.c. 

Bi;SnOLE.  subst.  f.  Diminutif.  Petite  bi;te 
Vne  petite  bestiole. 

U  se  dit  figurém.  et  fanrilièrcm.  Des  jeune; 
personnes  qui  ont  peu  d'esprit.  Cet  enfant -là 
n'est  qu'une  petite  bestiole.  Cette  fille  fait  lu 
capable,  cl  ce  n'est  qu'une  be.'iiole,  une  pauvre 
bestiole. 

BET 

BÊTA.  s.  m.  Terme  faniilicr,  U  se  dit  De 
quelqu'un  qui  est  !rrs-b*lc.  C'est  un  ^ros  bélii. 

BÉTAIL,  s.  m.  Troupeau  de  biHes  h  quatre 
|âeds ,  qu'on  mène  paître  ;  roiunic  vaches ,  bre- 
bis ,  Ixrufi! ,  chèvres.  Il  ne  se  dit  guère  que  de 
ces  sortes  d'animaux.  Gardir  le  bc'tail.  A'oiirnr 
le  bétail.  Gros  bétail.  Menu  bétail  H  a  perdu 
tout  son  béfafl. 

BÊTE.  s.  f.  .\niinal  irraisonnable.  Bêle,  n 
quatre  pieds.  Bête  brute.  Bête  sauvage.  Cèle  fu- 


BRT 

toncht.  Bile  priir  •.  Bêle  ù  cornes.  Uèle  à  Uine. 
Bile  i  poil.  Bêle  fcroce.  Bêle  île  c/iurje ,  il 
voilure.  Bêle  de  somme.  Apprivoiser  une  fctli 
sauvage. 

On  jppclli^  Be'Iei  /ôiivej.ies  cerfs,  les  clic- 
vieiiiU ,  les  dalnis  ;  Biles  noires ,  I-es  sangliers  ; 
et  Biîles  puanles ,  Les  renards ,  les  blaireiux ,  elc 

En  termes  de  Chaise ,  on  dit ,  La  bt'le ,  pi>ui 
dire,  Le  cerf,  le  sanglier,  le  daim,  et  lis  autres 
:iiiininiix  qu'on  cîi.'isse  h  cor  et  à  cri.  lielancei 
h  bêle.  Dèlournct  la  bêle.  La  hêlc  csl  dans  les 
tilels,  dans  lus  loties;  et  figurément  et  familiè- 
rement on  dit ,  /.Il  héle  est  dans  nos  jilels,  poui 
dire ,  >'ous  no-.is  sommes  rendus  nuitie^  de  telle 
personne. 

On  appelle  B;lfj  de  cor  pngni'e,  De  jeunes 
sangliers  qui  vont  encore  par  troupes. 

Quelcjuefoiî,  par  le  mot  de  Béte  mis  abso- 
lument ,  en  entend ,  Les  bétes  sauvages  ,  les 
bétes  féroces.  On  erposoit  les  Martyrs  aux 
bêles.  Saint  Folycarpe  a  élé  dévoré  par  la 
bêles.  Comh  il  <{•:  bêtes.  Livrer  aux  bêles. 

On  dit  figurément  et  familièrem. ,  "îenionter 
sur  sa  belc,  pour  dire.  Recouvrer  l'aTantage  ou 
le  bien  qu'on  .ivoit  perdu  ;  qu'/l  faul  reprendre 
du  poil  de  la  bele,Dour  dire,  qu'il  faut  chercher 
son  rimède  daiis  la  cho>c  qui  a  causé  le  mal  ; 
illorle  lu  fcete,  moi  I  le  "cniii,  pour  dire,  qu'Un 
homme  ne  peut  plus  nuire  quand  il  est  mort  ; 
Vii-re  en  bête.,  et,  mourir  en  bête,  pour  dire 
Vivre  et  mourir  san»  aucun  sentiment  de  Re- 
ligion; et,  h  aire  la  héle,  pour  dire,  Parler  ou 
.TRÎr  rontme  femii  une  b'-te.  soit  h  dessein,  soit 
înToiontaireraent.  On  vous  ojpe  un  bon  éta- 
blissement, ne  le  refasczpas,  et  n'allez  pas  fain 
la  bêle;  ne  vous  avisez  point  de  faire  la  bêle. 

B£ti,  se  dit  fi^tlrcment  d'Une  personne  stu- 
pide,  ou  qui  n'a  que  peu  ou  point  d'esprit. 
C'est  une  bêle.  C'est  une  vraie  bête,  une  qrosse 
bêle  ,  une  qrande  bête,  une  petite  bête  ,  une 
pauvre  bêle  ,  une  soKe  tcfe.  La  sotte  bête.  Bêle 
à  manger  du  foin.  Et  d'Une  persoiuie  rus^e  et 
artificieuse,  on  dit  par  ironie  :  C'est  une  bonne 
béte.  C'est  une  fine  bêle.C'esl  une  méchante  bête. 

On  dit  d'Un  homme  de  peu  d'esprit  et  de 
boa  naturel,  que  C'est  une  bonne  bête. 

On  dit  aussi  d'L'n  homme  qui  pousse  ].1 
bonté,  la  crédulité  jusqu'à  la  b^-tise,  que  C'est 
la  bite  du  bon  Dieu. 

On  appelle  populnircm.  Bile  épaulée ,  Va 
cheval  qui  ne  vaut  rien,  et  qui  n'ert  plus  en 
état  de  servir  :  et  figurémcut  et  populairement, 
on  dit  la  in^-me  chose  d'Une  fille  qui  est  sur  le 
retour,  et  qui  a  f.iit  parler  d'elle.  Bête  épaulée , 
M  dit  encore  par  mépris  d'Un  homme  inca- 
pable. Celd  ne  sert  non  plus  iju'une  bête  épaulée. 
C'est  une  hlte  épaulée  ijuc  cet  Iwmnie-là. 

On  dit,  en  pnriant  De  quelqu'un  génémle- 
nirnt  haï ,  que  C'eil  I.i  bête  noire  ;  et ,  C'est  ma 
bile  d'aversion,  on  simpU  ment.  C'est  mu  («fie, 
en  parl.int  l'e  <|uelqu'uD  pour  qui  on  se  sent  de 
l'aversion. 

BtTE  ,  est  pris  quelquefois  adjectivement. 
fil  propos  bête,  une  conduite  bête.  Hien  de  si 
fci'le  ijue  ce  qu'il  vient  de  dire,  suc  ce  ou'il  a 
fut.  Il  écoute  d'un  air  bile. 


La  b£te.  Sorte  tic  Jeu  décaties,  amiue'  on 
lotie  à  troU,  à  quali'c  ,  ou  à  cinq.  Joitcr  à  la 
béte,  7  irer  la  béte.  C'est  gagner  le  coup,  lori- 
qu'il  y  a  une  bêle  sur  jeu;  et,  Faire  la  héte. 
C'est  perdre  ie  coup. 

BÉTE,  se  dit  aussi  De  la  somme  que  I  on  a 
perdue  en  faisint  la  l>cle.  Ma  béte  est  sur  le 
jeu.  Les  deux  bétes  vont  ensemble.  Ce  mol  est 
fort  usité  au  jeu  d»;  l'ilombre. 

BKTEL.  s.  i)}.  Plante  qui  croît  dans  les  Indes. 
Elle  s'attaclie  aux  arbres,  et  y  monte  comme  le 
Liene.  Les  Irulii'ns  font  f;rand  usa[;e  de  ses 
feuilli's.  Ils  les  croicnl  propres  à  affermir  les 
gencives  et  à  fortifier  l'estomac. 

ni^/rKMK.\r.  adv.  En  bète,  sottetufiMl,  siu 
piilement.  Il  parle  et  aqit  héterient. 

Bl' n.SE.  s.  f.  Défaut  d'intelligence  et  des 
notions  les  plus  communes.  Il  csi  a''une  bêtise 
2jctr'':n€. 

On  appelle  aussi  Bêtise ^  Les  actions  et  les 
(ircjKts  qui  annoncent  ce  défaut  des  facultés 
iuîcUectacllcs.  H  a  dif,  il  a  fa:t  une  hélise^  une 
arande  hêlise. 

BÉ  rOlNE.  subsl.  f.  Plante  fort  commune  et 
trî»-c<i'phaUque.  On  la  réduit  en  poudre,  et  on 
la  prend  comme  du  tabac.  C'est  un  bon  ster- 
culaioiro. 

BÉTON,  s.  m.  Terme  de  Maçonnerie.  Sorte 
de  mortier  qu'on  jette  dans  les  fondemens  d'un 
L.itiment,  et  qui  se  pétrifie  dans  la  terre. 

BEITE.  s. f.  plante  potagère,  qu'on  appelle 
atissi  Poiree.  Il  y  en  a  de  plusieurs  espèces,  de 
Llauchci  ,  de  rouges  et  de  jaunes.  On  en  fait 
usa_L;e(lans  la  Médecine. 3iflnqer des  hettcs.  Vnt 
planche  de  bettes, 

BETIERWE.  s.  f.  Espèce  de  poirée,  ainsi 
nommée,  parce  que  sa  racine,  qui  est  fort 
groise ,  re&semltle  à  celle  de  la  rave.  La  phia 
commune  est  d'un  rouge  très-foncé.  Salade  d« 
betterave.  Couleur  de  betteraxfe. 

Onditd'Uo  gros  nex  d'ivrogne,  bourgeonné, 
rouge,  Le  nez  comme  une  betterave, 

B;-.1TVLE.  s.  m.  Espèce  de  pierre  employée 
à  faire  les  plus  anciennes  Idoles,  auxquelles 
on  attribuoit  des  vertus  merveilleuses. 

"  BEU 

BEUGLEMENT,  s.  m.  Meuglement,  mu- 
gisicment,  la  voix,  le  cri  du  bœuf  et  de  la 
vaclie.  Le  beunlement  des  vaches  et  des  bicufs. 

fiECCLER.  V.  n.  !^Iriu;ler,  mugir.  Il  ne  se 
dit  proprement  que  Du  cri  d-i  bauf  et  de  la 
vache.  Des  bœufs  et  t'es  vaches  qui  beuijlent. 

Il  *f  dit  figurém.  pour  dire,  Jeter  de  liauL-: 
cri.«.  /(  <r  mt  à  beuqler. 

BELHHIC.  s.  m.  Sulxslancc  grasse  et  onc- 
tueuse qui  se  tire  de  la  crème  battue  dans  la 
baratte.  Beurre /rors.  Beurre  frais  battu.  Beurre 
salé.  Beurre  f*ndu.  Beurre  qras.  Beurre  de 
l'iinrre.  Beurre  de  Bretagne.  Battre  le  beurre. 
Des  rôties  au  beurre.  Une  livre  de  beurre.  De 
la  friture  au  bettrre.  Vu  jwtage  au  beurre. 
Etendre  d\i  beurre  *ur  dit  pain. 

On  ap{>ellc  Beurre  noir.  Du  beurre  fondu 
et  noirci  d.in*  la  poêle.  Faire  des  ceufs  au 
heuriL  noir. 


BIA  i39 

On  appelle  lîeurre  fort,  Du  beurre  qui  a 
une  odeur  et  un  goùi  forts;  Laj't  de  beurre.  Le 
lait  qui  dtuieure  dans  la  baratte  après  que  le 
beuire  en  a  été  lire;  Pot  de  beurre,  tinette  de 
l'eurre,  Un  pot,  une  tinette  où  il  yadabeune; 
Pot  ù  fceurrc,  Un  pot  5  mettre  du  iK.urrc. 

On  dit  proverbialement ,  Promettre  plus  de 
beurre  (juc  de  pain,  pour  iiire,  Promettre  plus 
qu'on  ne  veut  et  quon  ne  peut  tenir; 

El  figurém.  et  bassenirnid'Un  hommequ)  a 
b's  yeux  meurt  ris  de  quelque  coup  ou  de  quelque 
chute,  qu'if  u  les  yeux  pochés  au  beurre  noir. 

Becrue,  en  Chimie,  s'applique  à  quelques 
préparations.  On  dit ,  Beurre  d'Antimoine  , 
beurre  d'Arsenic,  beurre  de  Cacao, 

BEURRE,  subsl.  m.  Sorte  de  poire  fondanu*. 
Beurré  blarc.  Bturré  gris.  Beurré  doré.  Bcur'^é 
rouge. 

BEURRI'IE.  subst.  f.  Trancliede  pain,  sur 
laquelle  on  a  étendu  du  beurre.  Donner  une 
iïeurrei:  ù  un  enfanta  etc. 

BEURRIER ,  1ÈRE.  s.  Qui  vend  du  beurre. 
On  dit  figurémeïitd'Uu  mauva):>  livrcqui  ne  se 
vend  point,  qu7i  faut  Venvoyer  à  le  lÉurn'érc, 
qu'il  «eiï  bon  fjtie  pour  la  bcurrière, 

B  E  V 

BEVUE,  s. f. Méprise,  erreur  où  l'on  lomb" 
par  ignorance,  par  inadvertance.  //  a  fuit  un» 
mjinité  de  bévues  dans  son  LiVrc,  dans  m 
traduction.  Lne  bévue,  une  étrange  bévue,  un£ 
bévue  grossière.  Il  n'entend  rien  aux  affaira 
dit  Palais,  aux  ajfiires  de  Finance j  il  y  fait 
à  toute  heure  des  bé*'ues. 

BEY 

BEY.  s.  m.  Les  Turcs  disent  Beg.  Gouverneur 
d'une  ville.  Ce  mot  «gnifie  Seigneur ,  et  Beglier- 
bey.  Seigneur  des  Seigneurs.  Les  Begiierbey^ 
sont  les  principaux  Gouverneurs  des  Provinces; 
ils  font  porter  devant  eux  trois  (pieuesdccbevnl. 

BEZ 

BEZKSTAN.  s.  m.  Nom  que  Ton  donne  dan» 
les  principales  Villes  de  Turquie  à  des  Mar- 
ches puJ)lics,  qui  sont  des  espi-ces  de  Uallei 
couvertes. 

BEZET.  5.  m.  Voyez  Beset. 

BÉZOARD  ou  BEZOAR.  s. m.  Pierre  qui  se 
forme  dans  Ir  corps  de  certains  animaux  des 
Indes,  et  qu'on  tient  être  souveraine  contre  k 
venin.  Une  pierre  de  bézoard.  De  iTri(iif)/e  hé- 
zoard.  Vrai  bézoard.  Bczoard  filsifé.  On  ay*- 
pcllc  Bczoard  fossile,  et  Bézoard  minéral,  \J ne 
certaine  pierre  qui  ressemble  au  véritable  fîc- 
t-ourd,  par  sa  vertu,  cl  qui  se  trouve  en  divers 
lieux. 

BI  A 

BIAIS,  s.  m.  Terme  relatif.  Tra\-crs,  liRii»? 
oblique.  //  y  a  du  biais  dans  ce  bJLimrnt.da$is 
cette  chambre.  Cette  maium  est  de  biais.  Ce 
parterre  esi  de  biais,  tout  de  biais.  On  a  fuit 
cette  palissade  pour  cacher  le  biais  du  mitr. 

En  parlant  d'Une  étofic,  on  dit  aussi  :  Cou- 
per urre  éfo^*  de  (uaij,  en  btais.  Vous  ne  cou- 

■  a 


i4o  RIB 

pe%  pas  cela  âroit ,  vous  allez  de  hîais.  Couper 
une  éîofl''  du  bon  biais,  du  mauvais  biais,  C'est 
la  couper  du  bon  sens,  du  mauvais  srns,  sui- 
vant l'usage  auquel  on  la  destine. 

Biais,  se  prend  Ggurcm.  pour  les  diverses 
faces  d'une  afiàire^  les  divers  moyens  dont  on 
peut  se  servir  pour  réussir  à  quelque  cliose.  // 
y  a  plusieurs  hiais  dans  toutes  le$  afpures.  Le 
tout  est  de  prendre  le  bon  biais.  Prendre  une 
affaire  du  bon  biais^  du  mauvais  hiais,  detous 
les  hiais,  du  vrai  biais.  Prendre  un  biais. 

Ou  dit  aussi,  Prendre  itn  homme  de  biais, 
pour  dire,  Le  gagner  avec  liahilelé;  et  Prendre 
une  affaire  de  biais,  pour  dire,  Kmployer  des 
moyens  détournes  pour  U  faire  réussir. 

BIAISEMÏ':>'T.  s.  m.  ÎManièred'aller  en  biai- 
sant. Au  figiu-é.  Détour  pour  tromper. 

BIAISER.  V.  u.  Être  de  biais,  aller  de  hiais 
Ce  chemin  biaise. 

Il  sii^uific  figurcm.,  Se  servir  de  mauvaises 
linesscs,  n'agir  pas  sincèrement. /I  lui  faut  par- 
ler franchement^  ce  n'es!  pas  un  homme  avec 
qui  il  faille  biaiser,  aller  en  biaisant. 

Il  signifie  aussi  quelquefois,  Prendi'C  quel- 
que lempe'ramcnl  dans  une  affaire  ;  et  alors  il 
se  prend  en  bonne  part, et  suppose  de  l'adresse 
et  de  la  prudence.  Il  est  des  circonstances  où 
Von  est  obligé  malgré  soi  de  biaiser^  de  savoir 
aller  en  biaisant. 

BIB 

BlBERO?î.  s.ra.  Petit  rase  d'argent  ou  d'autre 
maiiôrc,qui  n  un  petit  bec  ou  tuyai:  par  Icqur-I 
on  boit.  Boirà  avic  un  biberon. 

On  le  dit  dans  le  langage  familier,  en  par- 
lant  De  celui  qui  aime  le  vin,  et  qui  en  boit 
volontiers.  C'est  un  bon  biberon.  On  l'en^plole 
moins  communément  au  féminin  j  on  dit  ce- 
pendant dans  le  langage  badin,  C'est  une  bibc' 
ronne. 

BIBLE,  s.  f.  L'Kcrilure-Saintc,  l'ancien  et 
le  nouveau  Testament.  La  sainte  Bible.  Le 
Texte  de  la  Bible,  Les  Fassancs  de  la  Bible.  La 
Version  delà Bible.Bible Latine. BibleOrecquc. 
Bible  Françoise.  Bible  Polyglotte. 

BIBLIOGR^VPHE.  s.  m.  Celui  .^ui  est  versé 
dans  la  connolssance  des  livres,  des  éditions,  etc., 
qui  fiit  des  catalogues  de  livres. 

BIBLIOGRAPHIE,  s.  f.  Science  du  Biblio- 
graphe. 

BïBLIOMANE.  3.  des  a  g.  Qui  a  la  Biblio- 
manie. 

BIBLIOMAKIE.  s.  f.  Passion  d'avoir  dv-^ 
livres.  j4voir  la  lUbliomanie. 

BIBLIOPHILE,  s.  m.  Cchû  qui  nimc  les 
livres.  H  est  bon  d'être  Bibliophile ,  mais  il  ne 
faut  pas  é.'re  BihUoniane. 

BlBLîOTAPHE.  s.  m.  Celui  qui  ne  commu- 
nique ses  livres  <i  personne. 

BIBLIOÏIIÈCAIRE,  s.  m. Celui  qui  est  pré- 
posé pour  M'oir  soin  d'une  Bibliolliéquc.  Bi- 
bliothécaire du  Vatican.  Bihliothécairc  du  Bai. 

BIBLU>ni^;QUE.  s.f.  Lieu  où  l'on  lient  un 
grand  nomltre  de  livres  rangés  en  ordre.  Faire 
bittir  une  liil-liothèque.  Il  ne  sort  point  de  sii 
Bibliolhiqut. 


13ID 

Il  se  dit  aussi  De  rasscmltln^c  d'une  certaine 
(juantitc  de  livres.  Nombreuse  Bihliùlhéque. 
l'et'.le  Bibliothèque.  H  n'a  pas  lu  la  dixième 
partie  Je  sa  Bibliothèque.  Un  quart  de  sa  Bi- 
hliothéque  est  relié  eu  maroquin.  Il  fait  arran- 
ger sa  Bibliothèque. 

On  dit  fimirém.  d'Un  homme  très-snvant, 
que  C'est  une  Bibliothèque  vivante,  amhulanle; 
et  d'Un  bomxnc  qui  sait  beaucoup ,  mais  qui 
sait  mal  et  avec  confusion,  que  C^est  une  Bi- 
bliothéque  renversée,  une  Bibliothèque  mal 
ranqèe. 

On  appelle  aussi  Bibliothèques,  Dej  Re- 
cueils, des  extraits,  des  catalogues  raisonnes 
d'Ouvrages  de  même  ou  de  diU'érente  nature. 
La  Bibliothèque  de  Photius.  La  nouvelle  Bi- 
bliothèque des  Pères.  La  Bibliothèque  du  Droit 
François. 

C'est  aussi  le  nom  d'Une  armoire  disposée 
par  rayons  pour  recevoirdes  livres.  Une  Biblio- 
thèque de  bois  d'acajou. 

BIBUS.  (On  pron.  l'S.  )  Terme  de  mépris, 
ijui  ne  s'emploie  guère  qu'avec  la  préposition 
de,  pour  dire.  Qui  mérite  peu  d'attepiion,  qui 
ïst  de  nulle  valeur.  C'est  une  afftiire  de  bibus. 
Ce  sont  des  raisons  de  bibus.  Il  est  familier. 

ISIC 

BICEPS,  s.  m.  (On  prononre  le  P  et  l'S.I 
Terme  d'Anatomie.  Il  se  dit  Des  muscles  doni 
la  partie  supérieure  est  divisée  en  deux.  Lt 
hiccps  du  bras.  Le  biceps  de  la  cuisse. 

BICHE,  s.  f.  La  femelle  du  Cerf.  Un  faon 
de  Bich     Ln  pied  de  Biche. 

BICHET.  s.  m.  Certaine  mesure  poui;  le  lil( 
et  pour  d'autres  grains,  contenant  à  peu  prù 
un  minot  de  Paris.  II  se  dit  également  De  1( 
mesure,  et  de  ce  qu'elle  contient.  Acheter  nï 
bichet.   Un  bichet  de  blè.  Un  hichct  d'avoine. 

BICHON ,  OXNE.  s.  .'^orte  de  pet'.t  cliicu, 
qui  a  le  poil  long  et  le  nez  court.  Un  joli  bichon 
Une  belle  bichonne. 

BICOQUE,  s.  f.  Petite  Ville  ou  Place  de  j^u 
d'importance  et  de  peu  de  défense.  La  réputa- 
tion de  ce  Général  échoua  devant  une  bicoque, 
Ccttebicoque  arrêta  lonq-tenips  toutes  lesfurcct 
des  ennemis. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  liés  petite  n  liscn.  Jt 
n'ai  dans  ce  villaqc  qu'une  bicoque. 

EID 

BIDET,  s.  m.  Petit  clioval.  Un  petii  bidcl. 
Monter  sur  un  bidet. 

On  appelle  Double  lu'(/e(.  Un  bidet  plnJ 
grnid  et  ijIus  rcnforcéque  les  bidets  ordinaires. 

Dans  hîs  postes  aux  chevaux,  on  appelle 
Bidets  ,  Les  clicvaux  <lcstinés  à  monter  les 
courriers.  Un  bon,  un  mauvais  bidet. 

On  dit  figurera,  et  familii'rera.  d'Un  homn.e 
qui  a  fait  une  fortune  prompte,  qu'/l  a  bien 
poussé  son  bidet. 

On  appelle  aussi  Bidclj  Un  meuble  de  garde- 
robe  qui  sert  ;i  la  propreté. 

BIDON,  s.  m.  Espùcc  de  broc  de  bois  qui 
contient  environ  cinq  pintes. 

On  appelle  aussi  Bi'/oM,  Un  vascdefcr-blaTir. 


RIE 

dont  les  soldats  se  servent  pour  aller  chercher 
leur  provision  d'ea.i. 

liî  E 

BIEN.  s.  m.  Ce  qui  est  bon,  utile,  avan- 
tageux, convenable.  Le  souverain  bien.  Lebien 
public.  Le  vrai  bien.  Bendre  le  bien  pour  le 
mal.  Il  faut  aller  au  bien  de  la  chose. 

vJn  dit  proverbialem. ,  Aul  bien  sans  peine, 
pour  dire,  que  Tout  ce  qui  est  avantageux 
coi\te  k  acquérir. 

On  dit,  que  C'est  un  grand  bien  qu^une 
chose  soit  arrivée,  pour  dire,  que  C'est  un 
grand  bonbcm",  un  grand  avantage. 

On  dit,  Faire  du  bien  à  guelquun,  procurer 
ihi  bien  à  guelgutin^  pour  dire.  Lui  procurer 
quelque  avantage,  quelque  î^rflce  utile.  Il  aime 
K  faire  du  bien  à  tout  le  monde. 

On  dit  aussi  j  Vouloir  du  bien  à  quelqu'un , 
pour  dire ,  Avoir  envie  de  l'oblijjer. 

On  dit  d'Une  chose  dont  on  reçoit  quelque 
ïvantage,  quelque  soulagement,  qu'JEHe  ^iit 
lîu  tien,  qu'elle  fait  grand  bien.  Il  lui  est 
arrivé  une  succession  qui  a  fait  grand  bien  uses 
vfpiires.  La  saignée  lui  a  fait  grand  bien. 

BïE» ,  signifie  quelquefois  Religion ,  vertu  , 
probité  j  ce  qui  est  louable,  estimable.  C'est  un 
\eunehonime  qui  se  porte  au  bien,  qui  se  tourne 
HU  bien.  C'est  un  homme  de  bien,  une  femme  de 
bien.  Ce  sont  des  gens  de  bien.  Il  a  fuit  en  cela 
une  action  d'homme  de  bien.  Il  en  a  usé  en 
homme  de  bien. 

Onditqu't/n  homme  sent  son  fcien,  pour 
dire,  qu  II  a  l'air.  les  manières  d  un  homme 
bien  né,  bien  élevé,  etc. 

On  dit  proverbial.,  Le  mieux  est  tennemi 
iuhicn,  pour  dire,  qu'En  voulant  perferiionncr 
ce  qui  est  bien  ,  on  le  gile  communément. 

On  dit  proverbial-,  Fm  (ont  bien  et  en  tout 
honneur^  en  tout  bien  et  tout  honneur^  pour 
dire,  A  bonne  fin,  h  bonne  intention.  Il  voit 
cette  fille  en  tout  bien  et  en  tout  honneur. 

Bien  ,  signifie  aussi  ,  Ce  qu'on  possède  en 
nrgeni,  en  fonds  de  terre  ou  autrement.  Bien 
de  patrimoine. Lesbieus  de  père  et  de  mère. Les 
biens  paternels,  les  biens  maternels.  Bien  .10- 
hJc,  bien  de  roture^  biens  paraphcrnaïuv.  Il  ne 
faut  pas  toucher  au  bien  d'autrui.  Avoir  dubien. 
.icqucrir  du  bien.  Manquer  de  bien.  Etre  né 
sans  biens,  yivoirun  bien  clair  et  net.  Vn  bien 
clair  et  liquide.  Vn  beau  bien.  Un  bien  eni~ 
broiiine.  Vn  bien  embarrassé.  Vn  bien  litigieux. 
Avoir  tout  son  bien  engagé^  tout  son  bien  hy- 
pothéqué. Tout  son  bien  est  saisi.  Etre  sans 
bien,  .ivoir  du  bien  mal  acquis.  Dépenser  son 
bien,  manger  son  bien.  Partager  son  bien.  Mettre 
ordre  à  son  bien.  Amasser  du  bien. Posséder  de 
qrands  biens.  Vn  mari  et  une  femme  séparés  de 
corps  et  debiens.Être  en  communauté  de  b:ens. 
Faire  cession  de  ses  biens.  Faire  cession  de 
biens.  Il  a  laisse  de  grands  biens.  Curateur 
aux  biens  vacans.  Les  biens  meubles  et  un- 
meubles. 

On  dit  absolument,'  qu'Un  homme  a  du 
bien  y  pour  dire,  qu'Un  homme  est  riche. 

On  dit ,  Avoir  du  bien  au  rolcil,  pour  dire, 


BIE 

Avoir  dfs  biens-fonds,  des  Icrres,  des  maisons. 

On  appelle  Biens  d'Eglise,  Les  biins  qui 
appartiennent  à  l'^yise;  Biens  pnssajers,  Les 
biens  de  ce  monde;  et  Biens  (lenicls,  La  béa- 
titude éternelle. 

On  appelle  figiu-e'ment ,  Eicns  du  corps,  La 
santé,  la  force;  Biens  de  l'esprit,  Les  talens; 
et  Biens  de  l'Jme,  Les  vertus. 

BtES.  Particule  adverbiale,  qui  sert  ù  m.ir- 
quer  un  ccxtain  degré  de  pcrfeclion,  un  certain 
c'tat  heureux  et  avanliigeux  dans  la  chose  dont 
il  s'agit.  /'  se  conduit  bleu.  Il  se  porte  bien.  Il 
va  aussi  bien ,  autant  bien  qu'il  est  possible.  Il 
parle  bien.  Il  dit  bien.  Il  ftit  bien.  Tout  va 
bien.  3Iener  une  ajîiiire  à  bien.  Je  me  Irou^£ 
6ii'n  aujoiirti'/iui.  Je  me  trouve  bien  d'une  telle 
chose.  Je  me  trouve  bien  d'avoir  été  là.  Il  fait 
fort  bien  sa  charge.  Il  s'est  jott  bien  acguittê 
de  sa  commission.  Il  est  bien  à  la  Cour,  Il  est 
bien  dans  ses  ajpi  ires.  Il  est  bien  auprès  du  Roi , 
bien  auprès  des  Ministres.  Il  y  est  autant  bien 
(juon  y  peut  être.  Un  ouvrage  bien  fait.  Un 
jeune  homme  bien  né,  bien  jait,  bien  pris  dans 
sa  taille i  cl  Bien  mis,  pour  dire,  Habillé  de 
bon  goAi. 

On  dit  d'Un  malade,  qu7I  csl  bien,  pour 
dire,  cpi'On  est  rassuré  sur  son  état;  et  d'Une 
femme,  qu'lAle  est  bien,  pour  dire,  qu'Elle  est 
d'une  figure  agréable. 

BtE!i,  signilie  aussi  Beaucoup,  fort.  /(  y 
avait  bien  du  monde,  bien  des  spectateurs.  Il 
mange  bien.  Il  boit  bien.  Il  s'est  levé  bien  ma- 
tin. Il  est  airù-e  fci'er»  à  propos.  La  chose  s'est 
passée  bien  autrement  gue  vous  ne  dites.  Il 
est  bien  savant  II  est  bien  malade.  Il  est  hieit 
mal. 

Aptes  Bien,  signiCant  Beaucoup,  et  sui\i 
d'un  substantif ,  on  met  l'article  du  substantif: 
Bien  de  l'argent,  bien  de  la  peine,  bien  da 
monde,  bien  des  hommes;  et  sans  l'article, 
Ceuucoup  d'urgent,  de  peine,  de  monde, 
d'hommes. 

On  dit.  Bien  attaqué,  bien  défendu,  pour 
dire,  que  La  défense  n'a  p.is  été  moins  vigou- 
reuse "lue  1  attaque.  El  lorsqu'on'ne  peut  éviter 
du  domninf;r,  quelque  parti  qu'on  prenne,  on 
dil.  Autant  vaut  bien  LaCtu ,  que  mal  battu. 
pour  dire,  qu'il  y  a  des  choses  où  il  ne  faut 
point  s'épargner,  quoi  qu'il  en  puisse  arriver. 

BcET»,  avec  le  verbe  l'ouloir,  exprimé  ou 
•<nu-.'ntcndu,  sert  h  marquer  Consentement. 
AUei,  je  le  veux  bien;  et  pour  marquer  qu'on 
igrcî  ce  qu'un  antre  propose,  on  dit  absolu- 
ment. Bien,  fort  bien.  Et  quand  il  est  précédé 
de  la  particule  lié,  il  sert  aussi  à  marquer 
Exhortiition  cl  interrogation.  lié  bien,  conti- 
nuez, lié  bien,  que  vous  en  semble?  lié  bien, 
que  nous  a-l-il  Ji|.>  lU  bien,  ne  nous  l'avois- 
)t  pas  dit.' On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Eh 
bieTK 

U  t'imploie  aussi  dans  l.i  signification  d'.V 
p«a  prés,  environ.  Il  y  a  bien  trois  uns  ijuc  je 
ne  l'ai  lu.  Il  y  a  bien  deux  lieues  d'ici.  Et 
quelquefois  il  ne  s'emploie  queparredondanrr, 
ri  pour  doiiorr  pluj  de  force  i  c«  i]u'oii  dit 
Jiuici-vous  bien  l'assurance  de  le  nier.'  Je  le 


Î3IE 

savais  bien.  Je  m'en  Jbulois  bien.  Il  est  bien  en 
chemin,  mais  il  n'est  pas  arrivé.  Il  est  bien 
vrai  que  cela  est ,  mais 

BtES  QUE.  conjonction.  Encore  que,  quoi- 
que. Bien  que  je  le  souhaite  de  tout  mon  cjLur, 
je  ne  le  puis  pas. 

BIEN-ALMÉ,  ÉE.  adj.  Qui  est  très  -  chéri , 
qui  est  niraé  par  préférence  h  tout  autre.  C'est 
son  fis  bien-aimé.  C'est  sa  fille  bien-aimée. 

ElES-AiMK ,  est  aussi  substantif.  C'est  le  bien- 
aimé' de  sa  mère.  Il  est  le  Itten-aimé  de  la  mai- 
son. C'est  la  bicn-aimée, 

BIEJN-DIRE.  s.  m.  Ce  mot  n'est  d'usage  que 
dans  le  discours  familier,  et  d'ordinaire  eu  se 
moquant  dr  (piclqu'un  qui  se  pifjuc  de  hiec 
parler.  Qnunti  il  se  met  sur  son  bien-dire.  U 
est  sur  son  bien-dire. 

BIEX-DISANT,  ANTE.  adj.  Qui  piirlebicn 
et  avec  facilité.  U  se  dit  aussi  par  opposition  à 
Médisant,  C'est  un  homme  bien-disant. 

BIEN-ÊTRE,  s.  m.  se  dit  d'Une  sulisislancd 
aisée  et  commode.  U  a  le  nécessaire,  mais  il 
n'u  pas  le  bien-être. 

Il  se  dit  aussi  d'Unc  situation  agre'able  du 
corps  et  de  l'esprit.  5enlir  du  bien-être.  Goiilet 
le  bien-être.  Eprouver  du  bien-être,  un  bien- 
être  sensible. 

BIEKF.'VISANCE.  s.  f.  (  On  prononce  dam 
le  discours  ordinaire  Bienfesance,  Bienfcsant', 
mais  au  Théâtre  et  dans  le  discours  soutenu, 
on  prononce  Bienfesance,  Bienfèsant.)  Incli- 
nation i  faire  du  bien  aux  autres,  pratique  des 
bienfaits.  Il  a  un  grand  fonds  de  bienfuisance. 
Acte  de  bienfaisance. 

lîIENFAISAIST  ,  ANTE.  adj.  Qui  prend 
plaisir  à  faire  du  l>ien  atix  autres.  /(  est  géné- 
reux et  bienfiiisant.  Avoir  l'humeur  bienfai- 
sante, le  caractère  bienfaisant.  Il  y  a  des  dmct 
naturellement  bienfaisantes. 

BIENFAIT,  s.  m.  te  bien  qu'on  fait  à  quel- 
qu'un ,  gr,ice  ,  faveur,  pl.iisir,  bon  office.  Jt 
n'oublierai  jamais  un  si  grand  bienfait.  C'es\ 
un  bienfait  signalé.  Combler  de  bienfaits.  Ac- 
cabler quelqu'un  de  bienfaits.  Il  en  a  reçu  milli 
hienjails.  Il  ne  faut  pas  reprocher  les  bienfaits. 
H  fiut  lilehcr  de  reconnaître  les  bienfaits.  Il  j 
a  des  gens  qui  oublient  également  les  injurci 
et  les  bienfaits.  On  oublie  plutôt  les  bienfaiti 
que  les  injures. 

On  dil  proïcrbialem. ,  qu'l7n  bienfait  n'est 
l'rtnuu's  ;ïcr.iri ,  pour  dire,  que  L'on  retire  lou- 
iours  qucli|Ue  avantage  da  bien  qu'on  fait,  ou 
que  les  moindres  personnes  i  qui  on  fait  du 
bien,  peuvent  trouver  occasion  de  le  recon- 
noitre.  Et  on  dit  proverbialement  et  Bgurém. , 
i|u'//  y  a  des  gens  qui  écrivent  les  injures  sur 
[airain  ,  et  les  bienfiils  sur  le  sable. 

BIENFAITEUR.  TRICE.  s.  Celui  ou  celle 
qui  a  f.iit  quelque  bien,  quelque  gr,\cc  à  quoi- 
qu'un. C'est  lotre  bienfaiteur.  Le  bienfaiteur 
d'un  tel  Couvent,  Vous  devez  honorer  votre 
bienfailrice.C'ett  la  bienfaitrice  de  votreCom- 
munaulé,  de  votre  Compagnie.  On  disoit  aussi 
aulrcfoii^  Bicnfiicteur. 

BIEMIEUllEU.X,  EUSE.  adj.  Fort  heu- 
reux, extréiucmcnt  heureux.  £(al6icnficurcuji 


BIE  ttr 

5e|0ur  ti'en/iciireirr.  Vie  bienheureuse.  Bien- 
heure:~T  qui  peut  vivre  en  paix.  L'Écrilme  dit, 
Bienheureux  sont  ceux  qui  sont  persécutés  pour 
la  Justice 

Lorsque  Bien /leurcux  est  joint  avec  un  verbe, 
il  ne  fait  plus  un  seul  mot,  mais  alors  le  mot 
«le  Bien  devient  advcrlie ,  et  est  séparé  de  l'ad- 
jectif Heureux.  Je  le  tiens  bien  heureux  d'en 
être  échappé.  H  est  bien  heureux  d'avoir  évité 
ce  danger. 

lîiESHEinECx ,  est  aussi  un  mot  consacré  J 
la  Religion,  et  signifie,  Qui  jouit  de  la  béati- 
tude éternelle.  Les  esprits  bienheureux. 

En  ce  sens,  il  est  quelquefois  substantif.  Le 
séjour  des  Bienheureux.  Les  Bienheureux. 

Biesheouelx,  signifie  aussi  Béatifié  ;  et  c'est 
un  titre  cpic  l'Eglise  donne  i  ceux  que,  p.Tr  u« 
acte  solennel  qui  préc.Me  celui  de  la  cac-onisa- 
tion,  elle  reconnoît  et  déclare  être  du  nombre 
de  ceux  qui  jouissent  de  la  gloire  étemelle. 

On  dit  d'Un  homme  qui  a  une  figure  véné- 
rable, l'air  recueilli,  Il  a  l'air  d'un  Bienheu- 
reux. 

BIENNAL,  .ILE.  adj.  Qui  dmc  deux  ans. 
L'exercice  liennal  d'un  Ojjice.  Ce  terme  ne 
s'emploie  guère  qu'en  parlant  De  Charges  et 
d'Offices. 

BIENSIJANCE.  s.  f.  Convenance,  rapport 
He  ce  qui  se  dit,  de  ce  qui  se  fait,  avec  ce  qui 
-St  du  aux  personnes,  à  l'âge,  au  sexc,.et  avec 
re  qui  convient  aux  usages  reçus  et  aux  mœurs 
publiques,  etc.  Cela  choque  la  bienséance.  Il 
''ait  ce  q:ii  est  de  la  bienséance.  Cela  n'c^t  vas 
dans  la  bienséance.  Cela  est  contre  la  bien- 
séance. Conno'itre  les  bienséances.  Garder  la 
bienséance,  les  fciensc'unces.  Observer  les  bien- 
séances. Négliger  les  bienséances.  Les  règles, 
les  lois  de  la  bienséance.  Pécher  contre  la  bien- 
séance. Se  mettre  au-dessus  des  bienséances. 

On  dit,  qu'Une  chose  est  à  la  bienséance  de 
quelqu'un ,  pour  dire,  qu'il  lui  con\  iendroit  de 
l'avoir.  Celle  charge  est  à  rolre  bienséanci:. 
Celle  terre  est  à  votre  bjenséance ,  à  cause  du 
voisinage.  Et  on  dit,  Par  droit  de  bienséance , 
pour  dire,  Sans  avoir  aucun  autre  droit  que 
celui  de  sa  propre  convenance  ,  de  sa  propre 
commodité. 

BIENSK-iNT,  ANTE. adj.  Ce  qu'il  sied  bien 
de  faire .  de  dire ,  etc.  Il  est  bienséant  aiLV  jeunes 
gens  de  rcijicc-tcr  la  vieillesse,  de  n'être  pas  trop 
pressés  de  parler. 

BIEN-TENANT,  ANTE.  s.  Terme  de  Pra- 
tique. Celui  qui  lient,  qui  possède  les  biens 
d'une  succession.  Il  a  été  attaqué  comme  bien- 
lenant.  Elle  est  bien-tenante.  Les  héritiers  et 
bien-tenans. 

BIENTOT.  advcrl>e  de  temps.  Dans  peu  de 
temps,  dans  peu.  Je  reviendrai  bientôt.  Il  sera 
bientôt  rci'enu, 

BIENVEILLANCE,  s.  f.  AITertion,  bonne 
volonté  ,  disposition  favorable  enver*  quel- 
qu'un. Se  sentir  de  la  bienveillance  pour  quel- 
qu'un. Gagner,  captiver,  se  concilier  la  bien- 
veillance de  quelqu'un.  Le  Prince  l'honore  de 
sa  ùienveillancc.  Il  a  reçu  des  marques  de  sa 
bienveillance  qui  ne  saut  pas  équivoques.  Il  «.- 


t^2  BIG 

liit  plus  conimuncnient  du  lupéricur  à  l'éganl 
tic  l'infirieur. 

KIKJtVElLLANT,  ANTE.  adj.  Oni  a  de  la 
Lioiiveill.nnce. 

BIEîS'VEMJ,  UE.  adj.  Qui  est  liien  reçu. 
Il   se   dit  aussi  «ubslantivement.  Soyez,   Ji 
bienvenu,  la  bienvenue. 

niKNVENUE.  s.  1'.  I.'hcuieuse  .iiriv.'e  de 
f|uclqu'un.  11  ne  se  dit  prnpri:in<ni  que  De  la 
l'ioinit-re  fui.s  qu'on  arrive  en  quelque  endroit, 
ou  (ju'ou  est  roru  en  quelque  corps  :  et  pnrce 
que  lu  c<Iuiunie  est  de  paver  quelrjue  droit  en 
y  entrant,  eu  dj  i'.ur3  quelque  rogal  à  ceux  qui 
en  sont,  on  d;l,  Payer  sa  bi:,v.'enue ;  donner 
un  repas  your  sa  bienvenus. 

BliCNVOULU,  UE.  ad|.  Voyez  Voui.oin. 
BIÈRE,  s.  f.  Sorte  de  colTre,  fait  de  plan- 
ches, où  l'o."   met   un  corps   mort,  cercueil. 
tiletlre  un  corps  dans  la  bière.  Clouer  une  hicre. 
I\hllre  une  bière  dans  la  fosse. 

BU-RE,  s.  f.  PO  termes  de  Forets,  se  dil 
d'Ln  fonds  de  forêt,  d'un  pays  tout  en  bois. 
C'est  une  bière,  un  pays  de  bière. 

BIERE,  s.  f.  Espic«  de  boisson  fort  com- 
mune, qui  se  fait  avec  du  blé  ou  de  l'orbe,  et 
du  houblon.  Double  bière.  Bière  forte.  l'elila 
bii're.  liiére  blunchc.  Bière  nouvelle.  Bière  des 
Ooliclins.  Bière  il'Anijleterre.  Faire  de  la  bière. 
Brasser  de  lu  bière.  Brasseur  de  bière.  Levure 
de  bière.  Il  y  a  de  la  levure  de  bière  dans  c<. 
pain~là. 

On  appelle  Bière  de  Mars,  La  bière  brassée 
d.iiis  le  mois  ce  Mars. 

On  dit  pro.i  ibialeinent  d'Un  porirait ,  d'un 
taldeau  mal  fait  et  niai  peint,  que  C'est  une 
enseigne  à  bière. 

BIEVRE.  s.  m.  Animal  amphibie  à  quatre 
pieds,  comme  la  Loutre  et  le  Castor. 

BIEZ.  8.  m.  Canal  qui  conduit  les  eaux  pour 
'es  faire  tomber  sur  la  roue  d'un  moulin. 

BIF 

BIFFER.  V.  a.  Effacer  ce  qui  est  e'cril,  en 
sorte  qu'on  ne  le  puisse  pas  lire.  II  ne  se  dit 
guère  qu'en  ternies  de  Praiique.  //  a  été  or- 
donné par  .4rrél,  (jue  ces  mots  seront  bifjii 
d'un  tel  Livre,  ou  d'un  tel  écrit.  Il  a  biffé  cette 
clause  de  son  testament.  L'écrou  de  son  empri- 
sonnement a  été  rayé  et  hilji . 

Biffé,  ÉK.  participe. 

BIFURCATION,  s.  f.  Terme  d  Analomie.  Il 
se  dit  d'Une  partie  qui  fourche  et  se  divise  en 
deux,  l.a  bifurcation  de  la  racine  d'une  dent. 
Il  •>>:  dit  aussi  en  parlant  Des  arbres. 

B  I  (; 

lllO.V^IE.  ad),  des  'z  {ïeiircs.  Temic  de  Ju- 
ri^iirudeuec.  Qui  est  marie  i  deux  pei  sonnes 
en  morne  temps.  Il  est  biijame.  Elle  est  bigame. 

Il  est  aussi  substantif.  Autrejijis  les  bigames 
uMt  cle  punis  de  mort. 

Il  se  d;t  aussi  De  ceux  qni  ont  c'té  maries 
dfux  fois;  cl  c'est  dans  cette  acception  qu'on 
dit,  que  Les  bigames  ne  sont  point  reçus  aiLt 
Ûrdrci   sacté»   sans   dspcnse.  Les  Canonistei 


BIJON.  s,  m.  Terme  de  Pliarmrae.  Sorte  de 
comme,  de  résine  cpii  s'emploie  aux  niâmes 
usa;;es  que  la  Tércbeniliii;e. 

BIJOL.  s.  m.  IVIii  ouvra;;e  de  luxe  pi\'Tienx 
par  le  travail  ou  par  la  matière.  Celle  femme  a 
de  hcauc  bijoux.  Il  a  un  cabinet  tout  plein 
de  ti'j'ou.r.  On  dil  d'Une  jolie  maison,  ou  d  un 
pi'tit  ouvraj^c  achevé  dans  son  genre  et  d<!lica- 
Kauenl  travaillé,  que  C'est  un  vrai  bijou. 


BU 

(railcnt  de  bigames  ceux  gui  ont  épousé  une 
veuve. 

BK;,\MIE.  suIjsi.  f.  Mariapc  avec  deux  per- 
sonnes en  même  tenq)s.  Crime  de  bigamie. 

II  signifie  aussi,  L'état  de  ceux  qui  ont  pass^ 
ù  un  second  mariagi-. Dispense  pour  tcsOrdres, 
à  cause  de  la  bigamie. 

BIGARADE,  s.  f.  Espèce  d'Orange  aigre  ei 
un  peu  amèrc,  sur  la  piau  de  laquelle  il  y  a 
quelques  exrroissanrcs.  Grosse  bigarade.  Jus  de 
bigarade.  Sauce  à  la  bigarade. 

iil(;ARHEAU.  s.  m.  Espèce  de  cerise  de  la 
figure  des  guignes, ni..is  d'une  chair  plus  ferme 
et  de  meilleur  goftt.  Les  bigarreaux  sont  siijrl.» 
auv  vers. 

BIGARREAUTIER.  s.  m.  Arbre  qui  porte 
des  bigarreaux. 

BIGARRER.  T.  a.  Rassembler  sur  un  fond 
quelconque  des  couleurs  qui  tranchent,  ou  qiii 
sont  mal  assorties.  Il  a  trop  bigarré  sa  livrée. 

On  dit  au  figuré.  Bigarrer  son  style  de  ci- 
tations Grecques  et  Latines,  pour  dire,  Coudre 
des  passages  inuliles  qui  ne  produisent  que  dt 
la  confusion. 

Bir.AnnÉ,  ée.  participe.  Un  habit  bigarré. 
BIGARRURE,  siibst.  f.  Variété  de  couleun 
trancliantcs,  ou  mal  assorties.  Il  y  a  trop  dt 
bigarrure  r.  ce  lit,  à  cet  liabit. 

Il  se  dit  au  figuré.  Il  y  a  bien  de  la  bigar- 
lure  dans  cette  société,  pour  dire.  Un  mélange 
de  personnes  mal  assorties;  Il  y  a  de  la  bigar- 
rure dans  cet  ouvrage,  pour  dire,  Un  mélau'^c 
de  choses  qui  vont  mal  ensemble.  Cn  Wil  lii 
garrure  de  style,  pour, iVîclangc  d'expressions 
nobles  et  de  locutions  basses. 

BIGLE,  adj.  des  2  genres.  Louche,  qui  a  un 
œil  ou  les  deux  yeux  tournés  en  dedans.  Vn 
homme  bigle.  Une  f-mme  bigle.  Il  est  bigle. 
Il  est  au.ssi  suhstantif.  Vn  méchant  bigle. 
BIGLEB.  V.  n.  Regarder  en  bigle.  //  s'.ic- 
routume  à  bigler. 

BIGSE.  s.  f.  rumeur  au  front,  qui  provient 
J'un  coup  ou  d'une  eliuii'.  H  est  vieux. 

BIGOT,  ( ) Ti;.  adj.  Dévot  outré  et  supersti- 
Ireux.  Il  est  bigot.  Elle  csl  bigote.  Airs  bigots. 
Manières  bigotes. 

Il  est  aussi  sribsianiif.  Faire  le  biqot.  C'est 
an  vraibi.-^ol.  Vn  franc  bigot.  Vnevieillebigole. 
HiGOTElUE.  ».  f.  Ilëïotiou  outrée  et  su- 
perstitieuse. 7 ouïe  sa  dtvction  n'est  que  bigo- 
terie. 

BIGOTISME.  s.  m.  Canclèrc  du  Bigot 
BIGUE.S.  s.  f.  pi.  'Terme  de  Marine.  Pièces 
de  bois  qui  soutiennent  des  machines  pour  mai 
1er,  ou  pour  d'autres  travaux. 

BU 


BIL 

BIJOUTERIE,  s.  f.  Profession  de  eeltù  qui 
fait  commerce  de  bijoux. 

BIJOUTIER,  s.  m  Celui  gui  fait  commerce 
de  bijoux. 

BIL 

BILAN,  s.  m.  Livre  où  les  IHaicliands  et  le» 
Banquiers  écrivent  leurs  dettes  actives  et  pas- 
sives. Le  bilan  d'un  Marchand. 

Lorsqu'un  Négociant  suspend  ses  paiemen», 
il  dépose  son  bilan  au  tribunal  institué  pour  cet 
effet.  On  dit,  qu'l/'n  domine  a  déposé  son  bi- 
lan ,  poiu-  dire ,  qu'il  fait  faillite. 

BILBOQUET,  s.  mase.  Petit  instrnment  de 
bois  ou  d'ivoire,  servant  à  un  jeu  d'adresse.  Vn 
bilboquet  de  bois.  Vn  bilboquet  d'ivoire. 
Il  se  dit  aussi  du  Jeu.  Jouer  au  bilboquet. 
On  appelle  aussi  Bil()of/r<el,  Une  petite  figure 
qui  a  deux  plombs  aiLx  deux  jambes, cl  qui  est 
posée  de  manière  que,  de  quelque  façon  qu'on 
la  tourne,  elle  se  trouve  toujours  debout  :  ei 
c'est  de  l.'i  qu'on  dit  d'Un  liomjue  qui  se  tient 
toujours  debout,  qu7i  se  tient  droit  comme  un 
bilboquet:  cl  d'Un  Iionime  dont  les  affaires  de- 
meurent toujours  en  bon  élat,  quelques  tr.-v- 
verses  qu'on  lui  suscite,  qu'il  se  retromv  tou- 
jours sur  ses  pieds  comme  un  bilboquet. 

On  dit  familièrement  d'L^n  homme  frivole  et 
léger,  que  C'est  un  vrai  bilboquet. 

BILE.  s.  fém.  Lune  des  humeurs  du  corps 
animal,  dont  la  sécrétion  se  fait  duns  le  fcie. 
/)i7c  jeune.  Bile  noire.  Avoir  la  bile  échauffée. 
'î  û  la  bile  reniite  Fmnrivnir  la  hile.  Exciter 
ta  bile.  Purger  la  bile.  Être  plein  de  bile.  H  re. 
gorge  de  bile.  Des  vapeurs  de  bile.  Dégorge, 
ment  de  hile.  Débordement  de  hile. 

On  dit  li;;urém.  Emouvoir  la  bile,  échauffer 
la  bile,  décharger  sa  bile,  pour  dire,  Exciter 
la  colère ,  décliarger  sa  colère. 

BlLI.MRi;.  adj.  des  2  genres,  rernic  d'Ana- 
loinie.  Il  se  dit  Des  conduits  de  la  bile ,  Pores 
biliaires;  et  De  certaines  pierres  qui  se  forment 
dans  le  foie,  Pierre  biliaire. 

BILIEUX,  EU.SE.  adj.  Qui  abonde  en  bile. 

Une  liumeur  bilieuse.  Vnc  complexion  hili-use. 

Vn  tempérament  bilieux.  Vncpersonne  bilieuse. 

Il  s'emploie  aussi  subslanlivemenl.  Les  bi- 

lieii.r  sont  sujets  ù  de  grondes  maladies. 

Ou  dit  figurcm.  d'Un  homme  colère,  que 
(-  'est  un  homme  bilieux. 

BILL.  s.  m.  Mot  de  la  Langue  Angloise  qui 
signifie  Un  projet  d'.Vcte  du  Parlement  d'.An- 
gleterre.  Le  Roi  it  rejeté  un  tel  Bill.  Les  deux 
Chambres  sont  d' accord  sur  la  teneur  d'un  tel 

ii:n. 

BILLARD,  s.  m.  (  Ix^s  L  sont  mouillés  dans 
ce  mot  et  les  suivans.  )  Jeu  qui  se  joue  avec  tict 
boules  d'ivoire  sur  une  table  à  rebords,  cou- 
verte d'un  tapis  vert,  avec  six  blouses.  Voyet 
lÎLOlSE.  Jeu  de  billard.  Jouer  au  billard. 

(;n  apjvlle  aus.ii  Billard,  La  table  sur  lo- 
quclle  on  joue.  Ce  billard  n'est  pas  droit.  Le 
lapis  du  billard. 

Ou  appelle  aussi  Billard,  Tj  salle  où  est  le 
liill.ird.  et  la  maison  où  Ion  doimc  à  jouer  au 
billard. 


RIT. 

Il  s<  ilil  ™ssi  1)0  riiistnini(-nt  avec  lequel 
ou  poasse  les  boules  il'iToirt;.  Ce  bilUird  iie 
frappe  pas  bien,  il  n'a  point  île  coup.  La  queue 
du  billarJ.  Jouer  île  la  queue  du  billarii. 

ItlI. LARDER.  ».  n-  Touilicr  deux  fois  sa 
bille  ovrc  le  billard,  ou  pousser  les  deux  hillcs 
â  la  r>l».  On  perd  le  coup  quand  on  billardc. 
Vous  avez  billardé.  Il  a  billardé. 

BiLLADDÉ ,  Éï.  participe. 

BILLE,  s.  f.  Boule  d'ivoire,  avec  laquelle  on 
ioue  au  billard.  Pousser  une  bille.  Bille  d' ivoire. 
On  dit,  Faire  une  billcy  pour  dire,  La  mettre 
dans  la  blouse. 

Et  proverbial,  et  Cgurëm. ,  en  parlant  Dr 
deux  hommes  qui.daus  une  concurrence,  n'ont 
aucun  avantage  l'un  sur  l'autre,  on  dit,  qu'/^ 
sont  à  billes  pareilles,  à  billes  égales. 

On  appelle  Billes  d'acier,  Des  morceaux  d'à. 
cjer  carrés. 

BILLEUARRER.  v.  act.  Bigarter  par  un 
mélange  biiarrc  de  diverses  couleurs,  il  a  fiil 
lilleburrcr  son  habit  d'une  é:range  façon.  11  cM 
du  style  familier. 

BlixEBAnnÉ,  ÉE.  participe. 

BILLEB.\L'DE.  s.  f.  Confusion,  désordre. 
C'est  une  hillebaude  que  tout  ce  menage-ld.  11 
est  du  style  familier, 

À  LA  liiLLEBAn)E.  Façon  de  parler  adverbiale, 
.Sans  ordre  et  en  confusion.  Tout  cela  s'est  fui 
u  la  billebaude. 

On  appelle  à  la  guerre,  ou  en  termes  dt 
guerre.  Feu  de  billebaude ,  Celui  que  chaqu( 
•oldat  fait  i  volonté,  en  tirant  clwcun  de  sti 
coups  sans  attendre  de  commandement. 

On  s'en  sert  aussi  en  parlant  d'Une  partie 
de  chasse  où  chacun  tire  h  sa  fantaisie,  coup 
sur  coup,  sur  ce  qui  se  rencontre,  sans  distri- 
buer les  places ,  sans  former  de  cordon ,  sani 
règle.  Chasser,  tirer  à  la  hillebaude.  Les  c/ias- 
seurs  firent  un  |*eu  de  billebaude  sur  te  sannlicr. 

BILIJiT.  s.  m.  Petiti'  leltre  missive.  Billcl 
doux.  Billet  galant.  Vn  tel  m'a  écrit  un  hillel 
ce  malin.  Hecevoir  un  billet.  In  petit  billet.  Ij 
diflerencc  qu'il  y  a  entre  lettre  et  billet,  c'est 
que  dons  un  billet  on  se  dispense  des  formules 
et  des  complimens  qu'on  emploie  ordinairement 
dans  1rs  lettres.  £crire  en  billet. 

Il  se  prend  aussi  pour  certains  Écrits  im- 
primés, nu  i  la  main,  par  lesquels  on  informe 
les  particuliers  et  le  public,  de  certaines  choses 
qu'on  veut  faire  savoir  Billet  d'Opérateur.  BilLl 
d'enterrement  Jeter  des  billets.  Semer  des  hil- 
kls.  Billeli  léilitieur. 

<-)n  dit.  Faire  courir  le  billet  entre  les  par 
ticuliert  d'une  Compaqnie  qu'un  veut  assem- 
bler,  pour  dire,  Ixur  envoyer  des  billets,  afin 
de  les  avertir.  Et  en  ce  sens  on  dit,  Faire  cou- 
rir le  bdht  chn  lesXolaires,  pour diri-,. Avertir 
par  billet  les  Nouire»,  qu'un  diercbe  de  l'argent 
i  empr.mtcr. 

On  dit  ouNsi ,  Fai're  courir  le  hdlet  chez  le.< 
Orfrvres,  chez,  les  Joailliers.  |>onr  dire.  Le» 
avenir  par  bdlri  qu'on  a  perdu  <iurli|ue  ar^en- 
wrie,  et  cju'ils  aient  U  unlcr  ceux  qui  la  leur 
[/orteronL 

On  a  donne  le  nom  de  rillets  à  divers  pa- 


BIL 

plers  roy''"t  <iui  nvoicnt  cours  daas  le  public, 
comme  billets  d'État,  billets  de  Monnoîe,  bil- 
lets de  Dunqne,  etc. 

On  appelolt  nulrcfois  Billet  de  VÊparqne^ 
Une  rrscriptlon  p;i\nblc  sur  le  Trésor  Rovnl, 
(ju'on  appcloit  alors  Vr.parqne. 

Billet  f  signifio  aussi  Kcrit  ou  promesse, 
par  laquelle  on  s'oblîce  de  payer,  ou  de  faire 
payer  une  certaine  somme.  Billet  de  caissCy  de 
chatiqe.  Donner  un  billet  sur  quelqu'un.  J^ en 
ai  fait  mon  billet.  Billet  payuble  au  porteur. 
iSéqocier^  escompter ^  endosser,  acquitter  un 
billet.  On  trouvera  de  Varqent  sur  son  billet. 
Les  billets  d'un  tel  perdent  tant  sur  la  place. 
Billet  dlwnncur. 

l\  se  dit  aussi  d'IIne  nianiue  nu  d'un  peti, 
ccrit.  que  l'on  donne  ii  ceux  que  l'onTcul  faire 
entrer  à  quelque  spectacle,  à  quelque  assem- 
blée, etc.  On  n'entre  en  es  lieu -là  que  par 
billets.Où  est  voire  billet?  J'ai  un  billet.  Billei 
d'entrée,  billet  de  loqe.,  de  parterre j  etc. 

Kl  on  dit,  que  Les  soldats  loqent  par  billets 
dans  les  villes  et  dans  les  villaqesy  parce  qu'on 
leur  donne  de  petits  écrits  qui  marquent  la 
maison  où  ils  doivent  loger. 

On  appelle  aussi  du  nomde  Billet^  Les  petits 
rouleaux  de  papier  que  l'on  donne  à  la  blanque, 
ouàuuc  lolerie,îiceuxquiy  lircDl.  BUlet  hlunc. 
Jiiîlet  noir.  Il  a  eu  un  bon  billet.  Et  quand  on 
fait  tirer  au  sort  plusieurs  soldais ,  pour  voir  sur 
lequel  d'entre  eux  doit  tomber  la  peine  qu'ils 
ODt  tous  méritée,  on  dit  qu7l  les  faut  faire 
tirer  au  billet. 

On  appelle  Billet  de  santc.  Un  passe-pori 
pour  passer  ou  entrer  dans  quelque  lieu,  et  qui 
marquequ'on  ne  vient  pasd'un  endroit  suspeet 
de  contagion. 

BILLETl'2.  ad).  En  termes  de  Blason ,  Un 
écu  billeté,  Vn  écu  chargé  de  billettes. 

BILLETER.  v.  a.  Attacber  des  étiquettes.  îl 
faut  bdleter  ces  pièces  de  drap,  de  soie,  etc. 

Bii.LETÉ,ÉE.  participe.  Marchandise  billetée^ 
Marcbandise  sur  jaquelleon  a  mis  une  étiquette . 
un  numéro  relatif  à  celui  qui  est  dans  le  livre 
du  Marcband. 

BILLEITE.  9.  f.  Terme  de  Blason.  C'est 
une  pièce  d'armoirie  en  forme  de  peut  carre 
long,  qui  est  quelquefois  de  métal,  et  quelque 
fois  de  couleur. 

BILLEVESÉE,  s.  f.  (Les  L  sont  mouillés.) 
Discours  frivoîw,  conte  vain  et  ridicule.  Il  ne 
nous  a  entretenus  que  de  hUlevesées.  C'est  un 
donneur  de  billevesées,  'foitl  ce  quil  dît  n'f.-i 
que  biVui'cscc.  U  est  du  style  familier. 

On  donne  aiiwi  ce  nom  à  des  idées  ci^^u^e^, 
d  des  projets  cliimériques. 

BILLION,  s.  m.  (On  pron.  Bilion.)  Tenu-. 
d'Arilbjnéti<|uc.  Mille  millions. 

BILLON.  s.  m.  (Les  L  sont  mouillés  dat.s 
ce  mot  et  ses  dérivés.  )  Monnuie  de  cuivre  pur, 
ou  de  cuivre  mêlé  avec  un  peu  d'argent ,  cojnni»' 
sont  les  sous.  Monnaie  de  bilîon. 

U  se  dit  au^si  Dr  toute  aorte  tie  mnnnoio 
décriée  ou  d«-fertueus«.  Il  a  trouvé  dans  un  suc 
de  mille  franct  pour  plut  de  cent  francs  di 
billon. 


BIN  43 

Biu-os ,  »e  prend  aussi  pool  Le  lieu  0('i  l'on 
poru-  toutes  les  monmiies  défectueuses.  Perler 
eu  bilion  toutes  les  pistoles  léqéres  ou  décriées. 

C'est  aussi  un  terme  de  Vigneron.  Il  se  dit 
d'Une  verge  de  vigne  taill.Jc  de  la  longueur  de 
trois  ou  quatre  doigts. 

BILLONN.4GE.  s.  m.  Crime  de  celui  qui 
substitue  des  espfrces  défectueuses  à  la  place  des 
bonnes.  71  a  été  puni  pour  btllonnage,  pour 
crime  de  billonnane. 

BILLONNEMENT.  subsi.  m.  .action  de  bil- 
lonncr. 

BILLONNER.  ▼.  n.  Substituer  des  esptc~s 
déCfctucuses  à  la  place  des  bonnes.  Cet  homme 
s'est  enrichi  li  billonner. 

BILLONNEUR.  s.  m.  Celui  qui  fait  m<?lier 
de  biUonner.  Ce  Commis  est  un  grand  billon- 
neur. 

BILLOT,  s.  m.  Tronçon  de  bois.  Couper  sur 
un  billot.  On  lui  a  coupé  la  tête  sur  le  billot 
Attacher  au  billot.  Billot  de  cuisine. 

On  dit  proverbialement,  J'en  mettrais  ma 
(c;(esurIel)il(o(,roa  main  sur  le  !)i/(o(,  pour  dire, 
J'en  suis  bien  assuré. 

Ou  appelle  aussi  Billot,  Un  bàlon  que  1  nn 
met  en  travers  au  cou  des  chiens,  pour  les 
empêcher  de  chasser,  et  d'entrer  dans  les  vignes. 

On  appelle  aussi  Billot,  Un  bvre  d'un  vo- 
lume excessivement  épais. 

BI  M 

BIMBELOT.  s.  m.  Jouet  d'enfani ,  comme 
poupée,  moulinet. 

BIMDKLOTIER.  s.  m.  Marchand  de  jouets 
d'enfans. 

BIN 

BIN.\GE.  s.  m.  Actûip  de  biner,  ou  seconde 
façon  quel'on  donne  aux  champs  ou  aux  vignes. 

C'est  aussi  l'action  d'un  Prêtre  qui  célèbre 
deux  fois  la  Messe.  Le  binage  est  permis  dans 
cerlninj  Diocèses,  à  cause  de  la  rareté  des 
Prêtres. 

BINAIRE,  adj.  des  î  genres.  Qui  est  com- 
pose de  deux  unités.  Nombre  binaire. 

On  appelle .^riï/ime'ïr(^uc  binaire.  Vne  arith- 
métique qui  n'emploiroit  que  deux  chinres  i 
ul  o ,  pour  marquer  Ions  les  nombres. 

liI!SARO.  s.  masc.  Chariot  .i  quatre  roues 
d'égale  hauteur,  ovcc  un  plancher  sur  lequel 
nn  met  de  grands  fardeaux. 

BI^ER.  V.  art.  Donner  une  seconde  façon 
aux  terres  labourables,  aux  vignes.  £incr  les 
vignes. 

BiNEn,  est  aussi  un  terme  d Tglise,  cl  il 
s'emploie  en  parlant  d'Un  Prêtre  qui  dans  U 
nécessité  dit  deux  Messes  le  môme  jour,  ïinns 
tleux  Eglises  difl'erentes.  Ce  Curé  a  la  permis- 
sion de  biner.  En  ce  sens  il  est  nrul;e. 

BisÉ ,  te.  participe. 

BINE'r.  s.  m.  On  appelle  ainsi  I.e  |>etil  ins- 
Inunent  d'an;ent  ou  de  fer-blanc  qu'on  met 
ilans  le  cliandflier,  pour  brûler  une  chandelle 
tu  une  bouf:ic  jusqu'au  bout.  Acheter  un  hiiiet. 

On  dit.  Faire  liinel,  pour  dire,  Mettre  nn 
t>out  de  chandelle  ou  de  Iwugie  parrp Tgnt  sur 


i44  BIS 

un  biiici,  ou  sur  le  liautd'un  cLaDdeIier,pvui 
le  briller  jusqu'à  la  lin. 

BINOCLE,  s.  m.  Télescope  au  moyen  duquel 
on  voit  un  objet  avec  les  deux  yeux  en  inéuii 
temps. 

BINÔME,  s.  m.  Tenue  d'algèbre.  Quanlitc 
algébrique  composée  de  deu\  termes ,  c  cst-a- 
dire,  de  deux  parties  unies  entre  elles  par  les 
signes  jilis  ou  moins.  A-f-B,  est  un  hinânie 
qu'on  prononce  A  plus  B.  A'civloii  a  opéré 
(rès-savaiUHient  sur  le  binôme.  Le  fciiiJiiic  de 
A'civlon. 

BIO 

BIOGRAPHE,  s.  m.  Auteur  qui  a  c;fit  une 
ou  Diusieurs  vies  particulières. 

ÎIOGRAPHIE.  s.  f.  Genre  d'ouvrage  qui  a 
pour  objet  des  vies  parliciilicres. 

BI  P 

BIPÉDAL,  ALE.  ailjecl.f.  Qui  a  deux  pieds 
d'éîei;due. 

BIPÈDE,  adj.  des  2  genres.  H  se  dit  Des  ani- 
maux à  deux  pieds ,  qui  marclicnt  à  deux 
pieds. 

11  se  prend  aussi  siiliStantivement ,  Un  bi- 
pède, L'iiommc  est  un  bip-~^de. 

BIQ 

BIQUE,  s.  f.  La  femelle  du  Bouc,  la  CliOvrc. 
11  ne  s'emploie  que  dans  le  style  familier. 
.       BIQUET,  s.  m.  Le  petit  d'une  Biciue. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  espère  de  trébuchât  qui 
5en  U  peser  de  l'or  ou  de  l'argent. 

Bl  R 

BIREME.  s.  fera.  Vaisseau  ancien  qui  aroit 
deux  rangs  de  rames  de  chaque  côté. 

BIlllBI.  s.  m.  Jeu  de  liasard  qui  se  joue  avec 
des  boules  dans  lesquelles  .sont  des  numéro  cor- 
rcspondans  à  ceux  d'un  tableau.  Banquier  de 
Biribi.  Tableau  de  Biribi.  Jouer  au  Birihi. 

BIRI.OIR.  s.  m.  Tourniquet  qui  sert  i  rete- 
nir un  cttâssis  de  fenêtre  levé. 

B  IS 

BIS.  ISE.  atlj.  Brun.  Il  ne  se  dit  {iroprcmenl 
que  Du  pain  ou  de  la  pâle.  Pain'bis.  Piile  bise. 
Un  lièvre  mis  en  piltc  bise.  . 

On  dit  familièrement  d'Une  femme  bnine, 
qu'Ellc  est  bi-îc,  qu'elle  a  la  peau  bisi. 

Bis -BLANC,  ne  se  dit  qu'en  cette  phrase, 
Pain  tis-blaric,  pour  dire,  Un  pain  entre  le  bis 
et  le  lilanc. 

BIS,  adv.  pris  du  Latin,  ci  employé  pour 
demander  que  l'on  répète  ou  que  l'on  recom- 
mence c£  que  l'on  vient  de  faire,  de  dire  ou  de 
(hanter. 

SlSA'lEUL.  subst.  m.  Père  de  l'aïeul  ou  do 
l'aieuIe.  Bisaïeul  paternel.  Bisiiieul  maternel, 

BISAÏEULE,  subst.  f.  Mère  de  laieul  ou  de 
l'aieule. 

BISANNUEL,  ELLE,  adjectif.  Il  se  dit  Des 
plai'.tcs  (]ui  périssent  après  avoir  subsisté  pen- 
dant deux  années. 

BISBIl-I<E.  subsi,  f.  Petite  querelle  sur  des 


BIS 

objets  fiitiies.  Ces  (jcns-là  sont  toujours  en  hîs- 
hiilc.  Il  est  familier. 

lîlSCOUNU,  UK.  ûtlj.  Qui  a  une  forme  iné- 
gulii-re,  haroque.  Bâtiment  biscornu.  H  est  du 
style  familier. 

Il  se  (lit  fi^urcmeat  De  l'esprit,  et  tics  ou- 
\Tai;es  d'esprit.  Ouvraqe  hiscornii.  ïiai:^unne- 
ment  hiscornu.  Esprit  biscornu. 

BISCOTIN.  subst:  m.  Sorte  de  petit  biscuit 
ferme  et  cassant. 

BISCUIT,  s.  masc.  Pain  auquel  on  a  donné 
deux  cuissons,  et  dont  on  fait  proi'ision  pour 
It'S  vovaj;ts  sur  mer.  liiscnit  fraif.  Vieu.v  bis- 
cuit. Biscuit  moisi,  lune  du  biscuit.  Un  baril, 
une  tonne  de  biscuit.  Line  ration  de  biscuit. 
Tremper  du  biscuit.  Carser  du  hiscuil. 

On  dit  provcrbialcai.  et  figurdm.  iS'em^.r- 
(ji/er  saiij  biscuit,  pour  dire,  S'engf.ger  i  une 
entrepose,  sans  avo:r  les  c)«oses  ntceseaires 
pour  y  rcussii. 

Biscuit,  se  dit  d'Une  ccrloiue  sorte  de  piî- 
lisseric,  faite  ordinaircmeiit  nvcc  de  la  farine, 
lies  œufs  et  du  sucre.  Bon  biscuit.  Biscuit  frais. 
Petit  biscuit.  On  appelle  Biscuit  de  Carême ^ 
l>rt.iln  biscuit  qui  est  fait  sans  œufsj  et  qui  est 
ibrt  cassant. 

Biscuit,  est  aussi  Un  ouvrage  de  porci-'laine 
nui  reçoit  drux  cuissons,  et  qu'on  laisse  dans 
ïon  blanc  mat,  sans  peintuie  ni  couverte.  Fi- 
uure  de  biscuit.  Le  biscuit  est  ftivorable  aux 
ttatues,,  il  imite  le  qrain  du  marbre. 

BISE.  s.  f.  Veut  du  Nord.  Vent  de  bise.  // 
(ait  une  bise  qui  ccupe  le  visacje.  Lieu  exposé  à 
la  hise. 

BISEAU.  s.  m.  Extrémité  coupée  en  lauLs.  >i 
K  dit  particulièrement  Des  bords  des  glaces  de 
miroir,  des  glaces  de  carrosse,  etc.  taillés  de 
letlc  sovte.  Faire  un  biseau  à  une  (jlace. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  diamant  taillé  eu  ,tal>le. 
Un  diamant  i'pai.%  de  biseau. 

On  appelle  au^si  Biseau,  Ce  qui  lient  et  ar- 
rête la  pierre  d'une  battue  dans  le  chaton. 

Biseau,  est  aussi  la  même  cliose  que  Bai- 
sure.  Voy.  Baisuuk.  C'est  aussi  un  instrument 
de  Menuisier. 

BisicAï-x.  En  termes  dlniprimerio,  ce  sont 
des  morceaux  de  bois  en  glacis,  qui  servent  à 
entourer  les  pages,  cl  h  les  serrer. 

BISER.  V.  n.  Terme  d'Agriculture.  Drvaiir 
bis. 

R:S1:U.  v.  a.  Keieindre.  //  fnd  biscr  cetli 
étot!'-: 

BISKT.  s.  masc.  Espèce  de  pigeon  qui  a  h 
chair  plus  noire  que  les  iittr***:. 

BISETTE.  s.  f.  Esptce  de  petite  dentelle  de 
J>as  prix.  Kmployer  de  la  bisctte.  Ce  n'est  ijue 
de  la  bisette. 

BISMUTH  ou  BISMUT.  s.  m.  (On  pron. 
le  T.  )  Corps  minéral,  demi -meta!  d'un  blanc 
tirant  sur  le  jaune.  Un  le  n<mune  aussi  Etain  de 
(jUice. 

BISOM.  s.  m.  Budle.  Ixruf  sauvage. 

BISOUAIN.  s.  m.  Peau  de  mouton  en  laine. 

BISOUE.  s.  f.  L'avantage  qu'un  des  joueurs 

donne  h  l'autre  au  jeu  de  la  paume,  et  qui  vaut 

quinze,  mais  que  celui  qui  le  reçoit  place  ù  sou 


LIT 

choix  dons  U  partie. iJonjier  nue  oîs-juc.  Pren-^ 
dre  sa  biscjue.  Donner  (juinze  et  bisiitic. 

On  dit  iigurément  d'Un  homme  qui  a  une 
grande  supériorité  sur  un  autre,  en  quelque 
genre  que  ce  soit,  qu'/i  lui  dvnneroit  quinze  et 
bisfjue;  et,  Avoir  quinze  et  bisque  sur  la  partie, 
pour  dire,  Avoir  un  grand  avantage,  ou  de 
ï^rands  préjugés  en  sa  faveur  pour  le  succès 
dune  aflaire.  S^^ajpiire  de  rcs  deux  hommes^lù 
e.4  sur  le  bureau;  mais  l'un  des  deux  a  déjà 
quinze  et  bisque  sur  la  partie. 

Ou  dit  figurém.  et  familièrement,  Prendre 
sa  bisque,  bien  prcndie  sa  bisque,  pour  dire, 
Prendre  bien  son  temps,  profiter  de  son  avan- 
ta"e. 

BISQUE,  subst.  f .  Potage  fait  avec  le  coulis 
d'écrcvisses,  et  garni  de  diflcrens  ingrédiens. 

On  appelle  Denu-Ltst^uc,  Une  bisque  dont 
le  coulis  est  plus  léger,  et  où  il  entre  moins 
d'ingrédiens. 

BISSAC.  s.  m.  (On  prononce  le  C.  )  Sorte 
de  sac,  ouvert  en  long  par  le  milieu,  et  iërmé 
par  les  deux  bouts,  en  sorte  qu'il  fvirme  comme 
uu  double  sac.  Porter  un  bissac  sur  Cépaule. 

On  dit  qu'(/n  homme  est  au  bissac,  pour 
dire,  qu'il  est  rédui»  ix  la  mendicité. 

BISSE,  s.  f.  Terme  de  Hlason,  emprunté  de 
l'Italien  Bisda.  Il  signifie  Un  serpent. 

BISSEXTE.  s.  m.  1,'addilion  qui  se  fait  d'un 
jour  tous  les  quatre  ans,  au  mois  de  Février, 
qui  est  alors  de  viugt-neuf  jours.  On  aura  bi*- 
sexte  cette  année. 

BISSEXTIL,  lï-E.  adj.  Il  se  dit  de  /  annci 
où  se  rencontre  lcT)issexte.  L'an  hissextil.  ï-'s»- 
liée  bissextile. 

BISTOQUET.  s.  m.  Sorte  de  billard ,  avec 
lequel  on  joue  pour  éviter  de  billarder. 

BISTORTE.  s.  fém.  Plante  ainsi  nomnicr, 
parce  que  ses  racines  sont  tortues,  et  repliées 
ordinairement  les  unes  sur  les  autres. 

BISTOURI,  s.  m.  Instrument  de  Chirurgie. 
Il  y  en  a  de  plusieurs  espè-ces,  éi  ils  servent 
tous  à  faire  des  incisions.  Le  Chirurgien  lui  a 
donné  un  coup  de  bistouri. 

RISTOURNER,  v.  a.  Tourner  dans  un  seni 
contraire,  et  qui  dctigure  l'objet.  Il  est  familier 
et  même  populaire  en  ce  sens  ;  mais  il  signiGe 
ordinairement,  Tordre  les  testicules  d'un  ani- 
mal ,  en  sorte  qu'il  suit  incapable  de  génération. 
J3isîo»rner  un  chei'al. 

BiSTOLnsÉ ,  EK.  participe. Oii  dit .  Des  jamba 
histournées ,  pour,  Des  jambes  toiles. 

BISTIŒ.  s.  f.  Suie  détrempée,  dont  on  se 
sert  pour  laver  des  dessins. 

BIT 

BITOKP.  s.  m.  Menue  corde  à  deux  fils. 

BITL.ME.  s.  m.  Matière  liquide  ,  épaisse  , 
noire  et  inllammable,  qui  se  trouve  dans  le 
sein  de  la  terre,  et  dont  ou  i)rétend  qu'on  se 
servoit  autrcftiis  au  lieu  de  ciment.  Les  niur$ 
deBahylonectoient  Inîtisdc  brique  et  dcbttume. 

BITU.MINEUX,  EUSE.  ud).  Qui  a  les  qua- 
lités du  bitume,  les  tourbes  sont  bituivineufCê. 


BLA 

BI  V 

BlVACou  BIVOUAC,  •-m.  Terme  emprun  lé 

ée  rAllemind.  (Janle  exlraordinyirc  fni'on  Ihit 
la  nuit  en  plein  air  pour  !a  sûreté  d'un  ramp, 
d'un  dctacliemenl,  dun  poste.  Coucher  an  bivac. 

BIVALVE,  s.  f.  Terme  d'Histoire  Naturelle. 
Coquillage  qui  a  deux  parties  jointes  par  une 
jorie  de  charDÏère.  Les  huîtres,  les  moules  sont 
des  bivalves. 

BIVAQUER  ou  BIVOUAQUER,  r.  neut. 
Passer  la  nuit  à  l'air.  Nous  n'^arrivïimes  point 
le  soir  ù  Vuuberqe,  il  fallut  bivafjucr.  J/arméc 
a  hivaqué  trcnte-ciii<i  jours  de  suite  sans  maison 
ni  tente. 

n  IZ 

BIZARRE,  adj.  des  2  genres.  Fantasque  , 
cxlravaj'ant  ,  capricieux.  Un  esprit  bizarre. 
Avoir  l'humeur  bizarre.  Sentimcns  bizarres. 
Opinions  bizarres. 

Il  s'L;Dil)C  aussi  ,  Extraordinaire  ,  liors  de 
l'usage  commun.  Couleur  bizarre ,  Poil  bizarre. 
Plumaqc  bizarrt.  Hahity  ajustement  bizarre. 

BIZARREMENT,  adv.  D'une  façon  bizarre. 
Afjir  bizarrement.  Etre  bizarrement  habillé. 

BIZARRERIE,  s.  f.  Humeur  bizarre,  extra- 
vngftuce.  £tranqe  bizarrerie.  Faire  (luelaue 
chose  par  bizarrerie,  pur  pure  bizarrerie.  Cet 
homme  e*t  sujet  à  de  grandes  bizarreries. 

Il  !ti-;nifie  aussi  Singularité  ,  inconstance 
dont  on  ne  peut  rendre  raison.  La  bizarrerie 
dfji  mct^f*  J,a  h'zarrcric  des  stiKoris,  dci,  lan- 
Tlites^  des  opinions^  etc.  La  bizarrerie  de  mon 
étoilc^  de  ma  destinée. 

BLA 

BLAFARD,  ARDE.  adj.  Pâle.  Il  ne  se  dit 
guèi  e  que  d'Une  couleur  terne,  et  d'une  lumitre 
foible.  Couleur  blafarde.  Lueur  blafarde.  Lu- 
mière blafarde.  Teint  blafard.  Visarje  blafard. 

BLAIREAU,  s.  m.  Taisson.  Sorte  de  Lôle 
puante  qui  se  terre.  La  chasse  du  blaireau. 
Puant  comme  un  blaireau.  De  la  qraïsse  de 
blaireau. 

BLÂMABLE,  adj.  des  3  genres.  Digne  de 
bUmef  rcpréliensibic.  Une  personne  blâmable. 
Vne  action  blâmable. 

BLAME.  0.  m.  Sentiment,  ou  discours  par 
lequel  on  condamne  une  personne,  une  action. 
Tout  flatteur  est  digne  de  bldme.  Une  action 
di'jne  de  bUme.  Encourir  le  bldme.  Eviter  le 
blJme.  Porter  tout  le  bldme  d'une  chose.  Don- 
ner le  bldme  de  quelq  -e  chose  à  une  personne. 
'J  out  le  bldme  en  tombe  sur  lui,  en  retombe  sur 
fui-  S'attirer  le  bldme  i-e  tous  les  honnêtes  gens 
Je  veux  bien  prendre  fur  moi  le  bldme  de  cette 
tiff.'ire.  Ucjeter  sur  un  autre  Vmt  le  blîme  de 
gi.ctque  chose.  Cela  lui  a  tuumé  à  hldnie.  Il 
mérite  beaucoup  de  bldme. 

BlÀme  ,  fc'  dit  aussi  De  la  réprimande  que 
iâil  le  Ju^r.  La  peine  du  bldme  est  infamante. 

BLAMER,  r.  «et.  Reprendre,  condannicr. 
Bldmer  utu  penonne,  une  action.  On  ne  sau- 
rait le  bldmer.  Tout  le  monde  a  bldmé  son  vro- 
cédé. 

Tome  /, 


RLA 

B:.!;MEn,en  termes  de  Pnlais,  se  dît ,  Lorsqtie 
le  Ju'jnfuit  publiquement  une  rt'primandi-î^  un6 
personne  qui  a  commis  quelque  conlravcnlioc 
aux  Lois,  aux  Oi'donnanoes.  Il  a  été  ordonne 
<ju''il  servit  bldme  ^  VAudicnce  tenante.  Etre 
bldmé  en  Justice,  porte  note  infamante. 

On  dit  en  matière  de  Fief,  qu'(/n5eir^ncur 
a  bldmé  un  aveu  (jui  lui  a  été  présenté  par 
son  vassal,  pour  dire,  qu'il  y  a  trouvé  à  re- 
dire. 

Bt.Âmé,  i.t..  participe. 

BLANC.  ClIE.  adj.  Qui  est  de  la  couleur, 
du  lait,  de  la  neige,  etc.  Martre  blanc.  Satin 
hlanc.J^lume  blanche.  Couleur  blanche.  Uuhati 
Mtinr.  Echarpe  blanche.  Chevtax blancs.  Barhc 
blanche.  Homme  tout  blanc  de  vieillesse.  Dents 
blanches.  Pain  blanc-  Pain  bi^hlanc.  Sel  blanc. 
Cire  blanche.  Blanc  comme  neige.  Blanc 
comme  cygne.  Blanc  comme  ivoire.  Blanc 
comme  lait. 

Il  se  dit  aussi  De  plusieurs  choses  qui  ns 
•sont  pas  tout-i-fait  blanches,  pour  les  distin- 
guer de  celles  de  même  espèce  «jui  ne  le  sont 
pas  tant,  ou  qui  sont  d'une  autre  couleur.  Vin 
blanc.  Poivre  blanc.  Verre  blanc.  Bière  blan- 
che, liaiiin  blanc.  Figues  blanches.  Mûrier 
blanc.  Bois  blanc.  Poisson  blanc.  Avoir  le  teint 
blanc,  la  gorqe  blanche ,  les  mains  blanches^ 
la  peau  blanche. 

Blasc  ,  se  dit  quelquefois  pir  opposition  h 
Sale.  I-i/i>j|c  blanc.  Linge  blanc  de  lessive.  Ces 
draps  ont  servi,  ils  ne  sont  pas  blancs. Chemise 
blanche.  Voppe  blanche.  Serviette  blanche. 
Assiette  blanche.  Donner  des  assiettes  blanches. 

Blanc, se  joint  aussi  h  plusieurs  substantifs, 
dont  on  ne  prut  le  séparer  saris  îilttrer  la  si- 
t;nilicalion  qu'ils  onl  ensemble.  \  insi  on  appelle 
Fer-blanc,  Une  sorte  de  fer  r5duit  en  fcuilres , 
et  rendu  blanc  par  le  moyen  de  l'étain  ;  Armes 
blanches.  Les  armes  oflcnsives,  comme  cp(5es, 
ItaUt-bardcs  ,  baïonnettes  ,  etc.  par  opposition 
aux  armes  à  feu;  et  Argent  blanc.  Toute  sorte 
de  nionnoie  d'argent,  par  opposition  aux  mon- 
noies  ou  de  cuivre  ou  d'or. 

On  appelle  Blanc -manger ,  Un  extrait  dd 
viande  avec  du  lait  ,  de  ta  corne  de  cerf,  du 
sucic  et  des  amandes,  ou  bien  une  espèce  de 
gelée  qui  se  fait  seulement  avec  de  la  corne  do 
cerf,  des  amandes  et  du  surre,  Un  plat,  une 
assiette  de  blanc-manger-  Eau  blanche,  Du 
IVau  dans  laquelle  on  a  jeté  du  sor  pour  faire 
boire  le>  clievaux  ;  Sauce  blanche,  Une  sorte 
de  sauce  ùûlc  avec  du  beurre  qu'on  n'a  pas  fait 
roussir;  Carte  blanche,  aux  jeux  de  caries. 
Toute  carte  ou  il  n'y  a  point  de  figures.  Il  lu: 
filloit  une  figure,  il  lui  est  entré  une  carte 
blanche;  Billet  blanc,  Un  billet  de  certiincs 
Loteries  où  il  n'y  a  rien  d'écrit;  Gelée  blanche, 
La  gelée  qui  se  forme  le  matin  de  la  rosée ,  ou 
du  brouillard  cougelé'. 

On  appelle  Magie  blanche  ,  La  connnois- 
sancc  de  certains  secrets  naturel*,  par  opposi- 
tion !i  Magie  noire. 

Cornette  blanche.  Voyez  Comette. 

Drapeau  blanc  ,  te  dit  du  Dra|>rau  de  la 
Compagnie   Colonelle   d'un    Régiment,  "l  du 


B  L  A  145 

Drapeau  que  des  Assiégés  orboreni,  lorsqu'ils 
demandent  :'i  capituler. 

On  dit  provcrbîalem.  Donner  carte  blanche 
à  quelqu'un  ,  pour  d'nv,  Donnée  p'ein  pouvoir 
à  quetqu'ut},  lui  promettre  d'agré-er  ce  qu'il 
fera. 

On 'dit  d'Une  garnison  qui  sort  îl'une  place 
sans  armes  et  sans  bagage,  qu'E/Ze  en  sort  U 
buton  blanc  à  la  main.  Et  on  dit  aussi  fîgurem. 
et  familièrrm.  d'Un  liommc  qui  sort  pauvre  de 
quelque  emploi,  qu'/l  en  sort  le  bdlon  blanc  à 
la  main. 

On  dit  prnverbialem.  Mettre  quelqu'un  en 
beaux  draps  blancs,  datis  de  beaux  draps  blancs, 
pour  dii-e.  Le  mettre  dans  l'embirras,  lui  sus- 
citer des  alTaires.  Vous  vous  êtes  mis  dans  de 
beaux  draps  blancs.  Vous  voilà  dans  de  beaux 
draps  blancs. 

On  dit  aussi  proverbialement,  Se  faire  tout 
blanc  de  son  cpée^  se  faire  blanc  de  son  épée, 
pour  dire.  Se  vanter  de  faire  quelque  chose 
[)ar  un  pouvoir  ou  par  un  crédit  qu'on  n'a  pas. 

On  dit  proverbialrm.  Avoir  mangé  son  pain 
blanc  le  premier  .  pour  dire,  Avoir  été  dans 
un  état  aisé,  heureux,  agrcaijle  ,  et  n'y  être 
plus. 

On  dit  aussi  proverbialement  d'Un  homme 
rxtrémement  heureux  en  toutes  choses,  qne 
C'est  le  fils  de  la  poule  blanche.  Il  est  vieux. 

On  dit  aussi  provcrbialcm.  Bonne  soir  et 
blanc  matin,  c'est  la  journée  du  Pèlerin^  pour 
ilirc,  que  Ceux  qui  voyagent  sont  bien  aises  de 
loir  le  ciel  rouï»e  le  Sf>ir.  ci  Manr  le  matin, 
parce  nue  ce  sont  des  marques  qu'il  fera  beau 
tout''  la  journée. 

On  dit  proverbialem.  quand  quelqu'un  dît 
!jnelque  chose  qu'on  ne  croit  p.is  <ju  il  pMi>?io 
faire.  Si  vous  faites  cela,  je  vous  donnerai  un 
merle  blanc. 

î  BLA>'G.  s.  m.  La  couleur  blanche.  Le  blanc 
à  celé  du  noir  en  a  plus  d'éclat.  Cette  couleur 
lire  sur  le  Miinc. 

Il  signifie  arissi  La  couleur  ou  matière  blan- 
che que  les  Peintres  emploient  pour  reudre 
blanc.  Blanc  de  plomb.  Blanc  de  oèm^e.  Broyer 
du  blanc.  Peindre  une  chambre  de  Manc,  tu 
peindre  en  blanc. 

On  appelle  Livre  en  Munc,  Un  livre  qui  n'a 
e'té,.ni  relié,  ni  broché.  Acheter  des  livres  en 
blanc.  El  on  appelle  Livre  blanc.  Un  livre  dont 
tous  les  feuillets  sont  blancs. 

Vouer  au  ï)/anc.  Faire  vœu  qu'un  enfant 
sera  entièrement  vêtu  d'un  Iiabit  blanc  pondant 
un  certain  temps,  en  l'honneur  de  la  Vierge. 
Un  enfant  voué  au  blanc.  El  dans  le  même 
sens  on  dit,  iS'e  vouer  au  blanc. 

On  dit,  Poudré  à  blanc,  pour  dire,  Poudre 
excessivement. 

On  dit  proverbial.  De  deux  personnes,  ou 
d^c  deux  chose»  ln>s-diirérenles  l'une  de  l'nutr». 
(|u'/I  y  a  de  la  difTcrence  comme  du  blanc  an 
noir;  et  qu'6ri  homme  va  du  blanc  au  noir, 
(raurdirc,  qu'il  passe  d'une  extréniitc  à  l'auJrc. 

Bla?(C,  signifie  au&siUne  sorte  de  faid,  duBi 
quelqu''»  femmes  s^'  scn'enl.  Cette  femme  met 
du  blanc ,  a  du  blanc. 

"9 


i4ô  B  L  A 

On  dit  aussi,  Blanc  de  Perle,  hlanc  Je  Ce-  ' 
ruse,  bhmc  d'Es])iiijiu.C.e  sont  des  pri^paralioiis 
cliiniiqiies.  Ondll,  lilunc  de  chaux,  en  parlant 
d'L'ne  eau  où  l'on  a  délayé  de  la  cliau\.  Fatie 
un  blanc  de  chaux.  Donner  un  hlanc  de  chaux 
à  une  muraille. 

On  appelle  Le  hlanc  de  l'œil,  Celle  partie 
de  l'œil  qui  paioit  blanclie,  cl  qu'on  appelle 
auu-ement  la  Cornée.  Et  l'on  dit  provcrliiale- 
ment  Dv  deux  personnes  qui  se  sont  extrOrae- 
nicnt  querellées,  qu'EI/es  se  sont  marijé  le 
Liane  des  yeux.  On  appelle  aussi  Le  hlanc  d'un 
ceuf,  un  blanc  d'auf ,  I.a  glaire  d'un  œuf,  et 
tout  ce  qui  entoure  le  jaune  ;  el  Blanc  de  cha- 
pon, hlanc  de  perdrix,  hlanc  de  poulet,  La 
diair  de  leur  estomac  quand  elle  est  cuite. 

On  dit,  Saiqncr  juscju'au  hlanc,  pour  dire, 
Saigner  un  honmie  autant  qu'il  est  possible. 

Blasc,  au  substanlif ,  se  dit  aussi  Des  peu- 
ples qui  ont  le  teint  hlanc,  ou  même  olivâtre  , 
à  la  différence  des  noirs.  C'el  enfanl  est  fils  d'un 
blanc  el  d'une  noire. 

El.\sc,  se  dit  aussi  d'Cn  but  où  l'on  lire. 
Tirer  au  hlanc.  Donner  dans  le  blanc.  Tirer 
de  but  en  blanc.  C'est  du  lieu  marqué  où  l'on 
est,  tirer  droit  dans  le  blanc  où  l'on  vLse.  Kl 
figurén:CDt  et  familièreni. ,  Dire  cjuelque  chost 
de  but  en  blanc,  C'est  dire  iiardimqnt,  iuconsi- 
déiénient,  sans  préparation,  quoique  chose  de 
désagréable.  /(  fui  alla  dire  de  but  en  blanc... 

On  dit,  en  parlant  d'Un  cheval  d'un  autre 
poil  que  blanc,  qu'//  boit  blanc,  dans  le  blanc, 
dtin.s  son  bLanc ,  fjuaiid  il  a  tout  le  tiair  de  Ij 
ItoucLe  bknc. 

Blanc,  signifie  aussi  Une  espèce  de  petite 
nionnoie  qui  valoit  cinq  deniers  ;  mais  eu  ca 
sens  il  n'est  plus  d'usage  qu'au  pluriel,  el  avec 
le  mot  Six.  Cela  vaut  si.c  blancs,  pour  dire, 
Deux  sons  six  denie.''s. 

Ou  dit  proverbialement,  Nettre  un  lunnme 
au  blanc,  pour  dire.  Lui  gagner  tout  ioix  ar- 
gent ,  le  ruiner. 

Blasc,  se  dit  &  plusieurs  jeux,  d'Un  coup 
nui  ne  produit  rien.  Lorsque  des  dés  piéscnieni 
la  face  qui  n  est  marquée  d'aucun  point,  cela 
ft'aj) pelle  Amener  blanc. 

dndit  aussi  au  jeu  des  Quilles,  d'Un  joueur 
qui  n'abat  rien,  qu'IÎ  a  fait  Chou-blanc ,  ou 
«iniplement,  on  dit  Blanc. 

Blanc  ,  se  dit  aussi  d'Un  papier  ou  paiclie- 
niin  signé  ,  que  l'on  donne  pour  servir  de 
quittance  en  quelques  occasions.  Cet  O^l.cier, 
en  partant  pour  l'armée,  m'a  laissé  son  hlanc 
pour  recevoir  sa  pension  au  Trésor  iîoynl.  Et 
on  appelle  Quill'jucc  en  Mime,  Une  quiltaricc 
où  ou  laisse  en  blanc  I'  nom  de  celui  qui  doit 
paver;  Promesse  en  hlanc,  Une  promesse  ou 
\r  nom  de  celui  .'i  qii  l'on  doit  payer  n'est  poini 
exprimé;  Procuration  en  hlanc.  Une  procura- 
tion où  le  nom  de  celui  que  l'on  constitue  Pro- 
cureur ,  est  aussi  laissé  en  blanc;  Blanc-sitpic , 
ou  Blanc-seing,  Un  papier  ou  paichcmin  que 
l'on  donne  à  ipn  Iqu'un  pour  le  lemplir  îi  sa 
volonté.  Il  lui  a  donné  son  hlanc-scing.  A'ous 
avons  donné  notre  blanc-sïnné  à  notre  Arbitre. 

Ui.kNCiiE,  au  fcminiu.  s' emploie suljslanlivo 


BLA 

ment  dans  cette  phrase,  y^ioir  blanche,  qui  se 
dit  au  jeu  des  Caries,  lorsqu'on  n'a  aucune 
ligure  dans  son  jeu. 

BL.4>'C-IïlOtl.  s.  m.  Jeune  homme  sans  ex- 
périence. Ce  /l'est  (ju'un  Blanc-bec. 

BLANC-DE-BALEIKK.  s.  m.  Cirvcllc  de 
Baleine  dont  on  se  sert  en  Médecine. 

BLA>'Cn.\lLLK.s.f.  Fretin,  nirnu  poisson 

blanc.  Un  etantj  où  il  n'y  n  (jue  de  la  hlanchaillc. 

BL,\NCIlÀrKE.  adj.  des  2  genres.  TiranI 

sur  le  blanc.  Couleur  blanchâtre.  Liqueur  blati- 

châtre. 

BL.4NCHEMENT.  adv.  Il  n'est  guère  d'usage 
que  dans  cctle  phrase.  Tenir  blanchcment.  Il 
faut  tenir  les  enfans  le  plus  blanchemcnl  tju'ou 
peut ,  pour  dire,  qu'il  faut  les  changer  souvent 
de  linge. 

BLANCIIERlE.s.  f.  Lieu  destiné  J  blancbit 
des  toiles ,  de  la  cire. 

BLANCIIE'I'.  s.  m.  Terme  d'Imprimerie. 
Morceau  d'étolfe  de  laine  qui  se  place  entre  les 
deux  tympans. 

BLANCHEUR,  s. T.  La  couleur  blanche.  La 
blancheur  dti  lait.  La  blancheur  delà  neinc.  Une 
blancheur  tfui  éblouit.  La  blancheur  du  teint. 

liLA.NCIlî.MICNT.  s.  m.  L'action  de  blanchir, 
Il  l'elTcl  qui  eu  résulte.  11  ne  se  dit  ordinaire- 
ment que  Des  pièces  de  toile  entières,  et  de  la 
monnoic  d'argent.  Le  l'/unc/jî/nen£  des  toiles  dt 
Flandre.  Le  blanchiment  de  Caen.  Le  blanchi 
ment  de  Senlis.  Le  blanchiment  de  Laval.  Cet 
toiles  sont  d'un  beau  blanchiment.  Le  blanchi- 
ment de  la  monnuie.  Avoir  soin  du  blanchi- 
ment de  la  mcnnoie. 

BLANCHIR.  V.  a.  Rendre  blanc.  Blanc''': 
une  muraille.  Cela  blanchit  le  teint,  blanchi\ 
les  mains.  De  Vopiat  pour  blancliir  les  dents. 
Blanchir  des  tuiles.  Blanchir  du  linge.  Donner 
du  linge  à  blanchir.  Blanchir  de  la  monnoic. 
Blanchir  de  la  faisselle  d'argent. 

On  dit  qu'il  ne  l'eiiinic  blanchit,  pour  dire , 
qu'Elle  fait  métier  de  blanchir  du  linge  ;  cl 
qu'Elfe  blanchit  gucliju'un ,  pour  dire,  (ju'Elle 
hlancnil  le  linge  de  celui  dont  on  parle. 

BLANCMir,  ,  est  aussi  v.  n.  Dt  venir  bîanc. 
Fuire  blanchir  des  toiles  à  la  rostc.  Mettre  des 
loilessur  l'herb:  pour  blanchir,  la  meticc  blan- 
chir. 

On  dit,  Fuire  blanchir  de  lu  m'nnffe,  poni 
dire ,  La  merire  dans  tir  l'eau  il.  de  pour  !a  f-ire 
i-evcnir. 

On  dit,  Faire  blanchir  de  la  chicorée,  des 
cardes,  du  céleri,  etc.  pour  dire.  Les  faire  de- 
venir blancs  en  liant  les  feuilles  quand  elles 
sont  encore  vertes,  et  eu  les  couvrant  avec  de 
la  tene  ou  du  fumier. 

BLANcnm  ,  se  dit  aussi  Des  personnes  ;  et  on 
dit,  qu'Un  homme  commence  à  bl<inc/"V,p(nu 
dire,  que  Ses  cheveux  commencent  à  blanchir. 
On  dit  proverbialement,  7'ê!e  ifc  fou  ne  b'an- 
cJiit  jamais  j  parce  qu'ordinairement  les  fous 
sont  exempts  des  soins  et  des  soucis  qui  font 
blanchir  les  clic\enx  de  bonne  heure. 

BLASCHin,  se  dit  figuréraent  à  l'octif ,  pour 
dire  ,  Faire  paioiire  innocent  un  homme  qu'on 
an:usoit  de  quelque  diose.   On  l'accusoil   de 


BLA 

beaucoup  df  choses,  mais  il  a  trouvé  à  la  Cour 
lie  bons  amis  (j\ii  l'ont  entièrement  bhinchi. 

Il  se  dit  figurcin.  aussi  a»  nculre,  pour  dire, 
Piisscr  un  long  icmps  de  sa  vie  dans  une  occu- 
pation. Blanchir  dans  le  service.  Blanchir  sous 
les  arma,  sous  le  harnais.  Ce  vieux  courtisan 
a  blanchi  ilans  Vintrinue.  C\'st  un  savant  (fui 
a  blanchi  sur  les  livres. 

On  dit  fignrém.j  qaUn  coup  iJe  mousquet 
ou  (le  pistolet  «'a  fait  que  blanchir,  <^uaod  il 
a  porté  sur  les  armes  sans  les  fausser  ;  que  Tous 
les  efpuis  qu'on  a  faits  pour  faire  réussir  quel- 
ffue  chose  n'ont  fût  (pie  blanchir j  pour  dire, 
que  Tous  les  cfrorts  qu'on  a  faits  ont  tic  iuutilcs; 
et  qu  Un  homme  n^a  fuit  que  blanchir  devant 
un  autre ,  pour  dire ,  que  Malgré  tous  ses  cflorU 
il  lui  est  resté  U'ès-inféricur. 

Blanchi,  ie.  participe.  ' 

BLANCHISSAGE,  s.  m.  L'action  de  bUn- 
cliir  du  linge  el  l'eflct  de  celte  action.  Mettre, 
envoyer  au  blanchissane.  Voi/a  un  mauvais 
hlanchissaije.  Payer  le  blanchissage.  Retirer  le 
linge  du  blanchissage.  Il  lui  en  coûte  tant  tou0 
les  ans  en  blanchissage. 

BLANCHISSANT,  ANTE.  adj.  Çui  blancLit, 
qui  paroit  blanc. 

BLANCHISSERIE,  s.  f.  Lieu  où  Ion  blan- 
fliit  des  toiles,  de  la  cire.  On  a  établi  des  blan- 
chisseries  en  plusieurs  endroits. 

BLANCHISSEUR,  SEUSE.  s.  Cclirt ,  celU 
qui  blancliit  du  linge.  Blanchisseur  au  mois,  à 
Vannée,  à  la  pièce.  Donner  du  li'jujc  à  Itt  hlan- 
chi.sseu<ie. 

6LANQUE.  s,  f.  Espèce  de  jeu  en  forme  de 
loterie,  où  ceux  qui  tombent  sur  certains  cliillie* 
ou  sur  certaines  figures  ga*;nenl  ipïclque  nippe 
ou  bijou. /'iurc  une  hlannue.  t  irer  uneblanqne. 
Avoir  un  bon  billet  à  la  blanque. 

On  dit  proverbi;dement  et  figurén».  Hasard 
à  lu  Manque,  pour  dire,  A  tout  hasard,  il  eu 
anivcra  ce  qu'il  pourra. 

BLAN(^)L'ETTE.  s.  f.  Soric  de  j  élite  poîr? 
ilVtc,  qui  a  la  peau  bianclu*.  Un  Poirier  dé 
blanquette.  Ve  la  blanquette. 

Blanql'EiTE,  se  dit  aussi  dTnc  sorte  de  pe- 
'jt  vin  blanc  de  L;insuedoc.  De  la  blanquette 
de  Limoux. 

Blanquette  ,  est  aussi  Une  frica«s('e  blanclie , 
cl  faite  ordtnnirenient  de  veau,  d'agneau,  o« 
d'autre  viande  blanche. 

BLASER ,  SE  BLASER,  v.  r.  S'user  Ix  forn 
de  boire  des  liqtifurs  fortes. /I  a  tant  bu  d'eatt- 
de-vie,  qud  s'est  blasé.  Vous  vous  blaserez. 

Blaser,  v.  act.  Émousser  bs  sens,  afTûibîir 
le  goût  de  cr?l;iines  choses.  La  solielc  blase  le 
goût.  Les  excès  Voul  blasé. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  H 
s*csl  blaté  sur  les  plaisirs^  sur  les  tpcctacles , 
sur  (ouf. 

Blasé,  ék.  p.irlicipi'.  C'est  un  homme  blasé. 
Il  a  le  goût,  le  palais  blasé. 

BLASON,  s.  m.  Armoirie,  assemblage  de  tont 
ce  qui  compose  ITcu  armoriai.  Sur  les  anciens 
tombcaiLC,  on  troUvc  les  blasons  de  plusieurs 
Maisons  iffrisircs. 

Ou  appelle  aussi  Blason,  Larl  des  Arrooi-. 


BLE 

t'tf^.  Entendre  le  Blason. Savoir  JeBiosori.Kn- 
stiqner  le  PAitson.  Les  rèijks  du  Bluwii.  Armoi- 
ries qui  sont  contre  les  rèjles  du  Blason. 

BLASONNKH.  V.  act.  Peindre  les  Armoiries 
avec  les  nittaux  et  les  couleurs  qui  leur  appar- 
tiennent. Le  Peintre  a  fait  ces  armoiries  en 
jrisaiile,  il  falloit  /t-^s  hUisonncr. 

Il  se  dit  aussi  De  ccrlaJnrs  lignes  et  des 
points  «jucn  noniroc  //rtc/mrc5,et(|ue  les  Gra- 
Tcurs  ibat  pour  rcprésculcr  les  nn-laux  et  les 
couleurs.  Le  Graveur  na  yas  bien  blasonné  les 
Armoiries  sur  cette  vaisselle. 

Il  signifie  aussi,  Expliquer  les  Armoiries 
dans  les  termes  propirs  à  la  science  du  lilason. 
Quand  cet  homme  parle  d'Armoiries  ^  il  les  hla- 
êonne  très-bien. 

Blasosnek,  s'emploie  (igun'nient  pour,  Mé- 
dire ,  hlàiuer ,  crilifjUfF.  Il  a  clé  bien  blasonné. 
Il  est  du  styie  fanrilier. 

Blasonné,  ée.  participe. 

BLASPHEMATEUR,  s.  m.  Celui  qui  blas- 
phème. Grand  blasphémateur. 

BLASPIIÈM  VlOIRE.adj.des  2'^.  Qui  con- 
tient des  Maspliènies.  Ecrit  impie  et  blasphéma- 
toire, proposition  blasphématoire. 

BL.VSPIliCMlO.  s.  ni.  Parole  ou  discours  qui 
outrage  la  Divinité, ouqui  insulte  à  laltelii^ion. 
Blasphème  horrible  t  ejcécrahle.  Proférer  un 
hliisphémc.  Dire  uifhlasphcme. 
â  On  le  dit  par  exagération  familière,  potu-, 
Discours  injuste,  indécent,  déplacé.  On  ne  penl 
médire  île  cet  homme-là  sans  faire  un  blas- 
phème 

BLASPHÉMER. r.n.  Proférer  unhlaspliémc, 
4es  id.TSpIiinies.  Vous  hlasphémez.  On  ne  sau- 
roit  dire  cela  sans  blasphémer. 

Il  est  aussi  quelquefois  actif.  Blasphémer  le 
saint  nom  de  Dieu.  Cet  homme  ne  cesi:e  de  blas- 
phémer Dieu  et  SCS  Saints. 

On  dit  proverbial.,  d'Un  homme  qui  paile 
arec  mépris  d'une  science  ou  duu  art  qu'il  ne 
•onnoit  pas.  Il  blasphème  ce  rju'il  iijnore. 

Bl.vspiikml,  tE.  particljw. 

BL-VriER.  s.  m.  Marchand  de  blé.  Il  ne  se 
dit  çuènî  que  De  ceux  qui  transport-ut  du  blc 
•ur  d(j  c/ievnux  d'un  marché  à  l'autre. 

BL.VUOE.  s.  f.  Souqucnille,  espi-cc  de  cur- 
•oul  de  j;rnssc  toile  que  les  Charretiers  porleni 
par-dessus  leur  vêlcmcnL  Ils  la  nomment  aussi 
Blouse. 

ii  LE 

Cl.t^.  t.  m.  Plante  qui  produit  le  grain  dont 
OQ  fait  le  pain.  Du  blé  en  herbe.  Du  blé  en 
tnyau.  Le  hlé  est  en  épi.  Terre  à  blé.  Voilà  une 
hellt  pièce  de  blé.  Blé-froment.  Blé-scitjle.  Blé 
èpjis.  Blé$  niellés  ^bruinés.  Les  blés  sojit  beaux. 
Vnc  ijerhe  de  hlé.  Un  épi  de  blé.  Couper  Ui 
hlcs.  Scier  les  hlés.  Battre  le  blé.  Serrer  le  blé. 
àlettre  le  hlé  en  qranqe. 

On  iipp  Ile  Grandi  hléx ,  Les  blés- froment 
et  les  hl'  ■  seig'c;  Blc  nicteil.  Le  blé  moitié  fro- 
mcol,  nioili:  *ei-Ic;  Petitt  hlés.  L'orge  et  In- 
*oine;  rt  Blé  «oir,  ou  hit  sarrasin ,  Une  autre 
pUtitc  qui  porte  par  petites  grappes  un  jjroin 
»9T .  et  qui  a  dts  on^'es. 


BLE 

r.u',  âïgntfîo  aussi  Le  Epaîn  seul,  Ily  a  tiVif 
du  hlcdansces  greniers.  Ces  greniers  zont  plein: 
de  hlé.  Un  sac  de  hlé.  Un  boisseau  ^  un  setier ., 
un  muid  de  blé.  Vendre  du  blé.  Acheter  du  blé. 
Le  hlé  est  cher.  Un  grand  amas  de  blé.  Un 
Marchand  de  blé.  Enlever  tout  le  hlé  ttun 
marché.  Faire  provision  de  blé.  Serrer  h:  blc. 
Semer  du  blé.  Blé  gui  germe.  Moudre  du  blé. 
^!esurcr  du  hle.  Un  qrain  de  blé.  Un  tas  de 
blé.  Un  monceau  de  blé.  Un  sac  de  blé.  La  traite 
des  blés. 

On  appelle  Blé  tTjyofé,  Certains  grains  noirs, 
qui,  dans  les  épis  du  seigle,  sont  allonges  en 
forme  d'ergot  ou  de  corne.  Ces  grains  sont  d'une 
qualité  très-mauvaise;  et  mêlés  dans  la  fjiinc, 
ils  causent  de  fàclieuses  iiiahulles. 

On  dit  proverbialement,  Manger  son  blé  en 
vert  ou  eu  /itTi>e,pour  dire,  Manger  son  revenu 
par  avi'uce  ;  Etre  pris  comme  dans  un  fc/e,  pour 
ilire,  Élre  sui-pris  sans  pouvoir  s'cchûpp'.'r  ; 
Crier  jumine  sur  un  Uis  de  blé,  pour  dire,  Se 
plaindre  lorsqu'on  est  d.ins  l'abondance.  Et  en 
p.irhint  des  choses  dont  la  garde  est  bonne,  et 
peut  uu'me  être  avantageuse,  on  dit  que  C'est 
du  hlé  en  grenier. 

lÎLK  DE  TcRQUiE,  OU  Maîs.  S.  m.  PlaDlcdont 
le  grain,  plus  gros  et  plus  rond  que  celui  du 
blé  ordinaire,  croit  sur  de  longs  et  foris  épis. 
et  sert  de  nourriture  i  une  grande  partie  des 
peuples  d'Asie,  d'Afrique  et  d'Amérique.  On  la 
cùllivc  eu  France,  maïs  principalement  pour 
engraisser  la  vclaille. 

Isi.K  dï:  Vache, ou  MrrAMPiTiTiM.  s.  m.  Plai.ii» 
ainsi  nommée ,  parce  que  les  l>fi'ufs  et  les  vaches 
en  sont  avides.  Elle  croit  ordinairement  dans 
les  blés. 

BLLCIIE.  ad),  des  2  grnrcs.  Terme  d'In- 
jnn*,  qui  signifie  Un  hnmm"  mou.  qui  n'a 
pi.ini  de  fermeté,  et  qui  n*a  par  la  force  de  te- 
nir les  paroles  qu'il  donne.  C'est  un  homme 
bien  blcche. 

On  l'emploie  aussi  substanlivemenL  C'est 
un  blèche.  C'est  un  vrai  bléche.  H  est  du  style 
familier. 

RLI-.CIHR.  V.  n.  Devenir  bléche. 

BLI-^ME.  adj.  des  2  genres.  Pâle.  Avoir  le 
visage  hléme.  Avoir  le  teint  blême. 

B/.Ï^MIR.  V.  n.  Pâlir,  devenir  blême.  Votts 
lui  avez  dit  quelque  chose  qui  l'a  fuit  blêmir. 
C'est  un  Comédien  y  il  rougit,  il  pdlit^  il  blêmi' 
quand  il  lui  plaît. 

BLESSER.  T.  act  Donner  un  coup  qui  fait 
plaie,  fracture  ou  contusion.  Blesser  quelqu'un^ 
le  blesser  légèrement  ,hhlesser dangereusement^ 
le  blesser  à  mort.  Il  n'a  pmnt  encore  fait  d' 
campagne  qu'il  n'ai'l  été  blexsé. 

Lorsqiien  parlant  d'Unc  action  de  giirrre  , 
d'un  combat ,  on  dit  que  Quelnu^un  aéléblessé , 
on  entend  toujours  parler  d'Un  coup  qui  a  fait 
plaie.  //  n'a  pas  été  blessé ,  il  n'a  rc;u  quune 
contusion. 

On  dit  ft^urcmcnt  et  poétiquement,  que 
L*amour  blesse  les  arurs. 

Bi-Esscn,  signifie  aussi  simplement.  Causer 
qui-lque  iiict'Utn.oditè.  Les  souliers  me  blessent. 
Et  proverbialement,  i>our  donner  ^  cnKudrc 


BLE  x.\y 

que  Les  gens  qui  paroissent  les  plus  heureux 
ont  souvent  des  chagrins  secrets,  on  dit,  Vous 
ne  savez  pus  où  le  soulier  te  blesse,  où  le  bût  le 
blesse. 

On  dît  figurém.  qu'Tn  objet  blesse  la  thc, 
qu'im  son  blesse  l'orcHlc^  pour  dire,  qu'il  fait 
une  impression  désagréable.  El  on  dit  pareille- 
ment .  que  Dea  nudités^  que  des  paroles  dé^^hon* 
nctes  blessent  la  pudeur  j  que  des  objets  ou  des 
récits  affreux  blessent  V  imagination  ,  pour  dire, 
que  O's  nudités,  ces  paroles  sont  contraires  à 
la  pudeur,  que  ces  objets  ou  ces  récits  font  une 
impression  désagivablc  sur  l'imagination. 

On  dit  de  même.  Blesser  les  convenances . 
la  vraisemblance,  pour  signifier.  Faire  ou  dire 
quelque  chose  de  contraire  ,  d'opposé  aux  con- 
venances, qui  s'écarte  de  la  vraisemblance. 

On  dit  aussi ,  B/t'-isiT  l'honneur  et  la  répu- 
tation dr  quelqu'un,  blesser  l'amitié,  blesser  la 
bonne  foi,  pour  dire,  Faire  quelque  chose 
contre  l'honneur  et  la  réputation  de  quelqu'un, 
contre  ce  qu'on  doit  It  laniitié,  ^  la  bonne  foi  ; 
et  qu'C/n  homme  a  le  c.tur  blesse  de  quchiue 
chose,  pour  dire,  qu'il  en  est  oflensé. 

On  dit  figurément,  Blesser  quelqu'un,  pour 
dire  ,  L'oflenser,  lui  déplaire.  Qu'a  donc  ce  dis- 
cours qui  vous  blesse.'^  Cet  homme  se  blesse 
uiscmentj  il  se  blesse  de  tout. 

Blesser,  signifie  aussi, Faire  tort,  fuire  pré- 
judice, porter  dommage.  Cela  ne  blesse  per- 
sonne. La  claiLSc  de  cette  transaction,  de  ce 
contrat,  me  blesse. 

Lorsque  Blesser  so  joint  nvrc  les  pranonts 
pcrsouucis  ,  il  se  prend  quelquefois  pour  ,  w 
faire  du  mal  à  soi-méaie  par  accident  ci  par 
mégarde.  /(  s'est  blessé  en  tombant.  JYe  vous 
êtes-vous  point  blessé? 

On  dit  d'Une  femme  grosse  ,  qu'JE//e  s'est 
blessée,  pour  dire,  qu'il  lui  «si  arrivé  quelque 
ircident  qui  met  son  fniit  eu  danger.  Elle 
gurih  le  lit,  parce  quelle  s'est  blesKee-  Elle 
<'i*st  tellement  blessée,  qu'elle  en  est  accouchée 
avant  ternw.  On  lui  fait  garder  le  lit  de  peur 
qu*elle  ne  se  blesse. 

Blessé,  Ée. pnriîcipi:.  On  dit,  quTn  homme 
a  le  cerveau  bles.^é,  pour  dire.  <^ue  sa  tête  est 
dérangée,  et  qu'il  a  quelque  travers  dans  l'es- 
prit. 

Blessé,  se  prend  aussi  substanlivem.  Avoir 
soin  des  blessés.  Les  morts  et  les  blessés. 

BLESSURE,  s.  f.  Plaie.  L'impression  que 
fait  un  coup  qui  entame  ou  qui  meurtrit  les 
chairs.  Grande  blessure.  Dangereuse  Mcwiire. 
l'rofondc  blessure.  Blessure  mortelle.  Légère 
blessure.  Faire  une  blessure.  Guérir  une  bles- 
sure. Mourir  d^une  blessure.  ^  es  blessures  se 
«ont  rouvertes. 

Il  se  dit  fi;urcment  Des  choses  qui  ofTcnsent 
l'honneur,  l'auiour-propre.  Lex  blessures  qui  se 
{'>nt  à  Vhonneur,  à  l'amour  -  propre ,  si.nt  plus 
tensihlfs  que  les  autres. 

Il  s>e  dit  aussi  nu  figuré.  De  la  violente  im- 
pression que  le>  prissions,  sut  tout  celte  de  lu- 
inour,  font  sur  l'âme.  Vamour  fait  de  danqt- 
reitscs  blessures. 

BLE'ITE.  s.  f.  Plante  qui  croit  partout  &.-111S 
»9 


i/jS 


BLO 


culture.  On  en  coiinoit  particulicTCmenl  d.ux 
<«^)icis,  b  lilanche  H  b  roiije. 

Bl.in'TE,  adj.  {.  qui  u'est  presque  d  usage 
(jue  dans  celle  plirase,  Poiic  hlctu^  pour  dire, 
Poire  moUe  ;ip|)rochanl  de  l'état  de  ijoniiture. 

BLEU,  EUE.jdj.Qui  est  de  couleur  d'oiiu-, 
de  la  couleur  du  Ciel.  Satin  hlcu.  Jupe  bleue. 
Avoir  les  y  eux  bleus. 

Bled,  se  dit  quelquefois  De  la  couleur  que 
CErtaius  épaochcmcos  de  sang,  certaines  contu- 
sions font  prendre  à  la  jwau.  Quinul  le  san<j 
lui  port-:  «  li  tête,  il  devient  tout  bleu.  Ven- 
ilroit  de  la  contusion  est  encore  bleu. 

On  appelle  Cordon  bleu,  Un  grand  ruban 
de  tabis  bleu ,  que  portent  les  Cljcvalîers  de 
l'Ordre  du  Saiut-'îspril.  Perler  le  Cordon  hlcu. 
LeRoi  a  em'oyc  !»  cjrrion  bleu  à  un  telPrince. 

On  appelle  aussi  Cordon  bleu,  Un  Clievalier 
du  Saint-Esprit.  Il  est  Cnrdon  bleu. 

Kleb.  s.  ni.  La  couleur  l>leue.  Bleu  céleste. 
Bleu  pâle.  Dieu  foncé.  Bleu  clair.  Bleu  de  roi. 
Bleu  mourant.  P'eu  turCjuin.  Une  étoffe  d^un 
beau  bleu. 

On  dit,  -llefîre  une  carpe,  un  broclicl  aa 
bleu,  pour  dire,  Faire  cuire  c^'s  poissons  ii  une 
sorte  de  court -bouillon,  qui  leur  donne  une 
couleur  aj»procljante  du  bleu. 

On  appelle,  ch  termes  de  fjnerre,  Parti 
bleu,  Vu  parti  de  gens  armés,  soldatâ  ou  autres 
qui,  sa.i.';  aveu,  font  des  courses  poar  piller 
amis  nu  ennemis.  On  pend  les  par'.is  blew. 
(juand  on  les  attrape. 

On  dit  aus*;i .  P'iett  de  nwntaqnr ,  bleu  d^on 
tremer  j  hlcu  de  Prusse,  bleu  de  safre  ou  d'em- 
pois. 

BLEUATRE,  adj.  des  2  genres.  Tirant  sui 
le  bleu.  Couleur  bleutitre. 

BLEUIR.  T.  a.  Faire  devenir  bleu.  Bleuir  de 
l'acier. 

lli-Ei'i ,  lE.  participe. 

(■  BLI 

BLINDER.  V.  act.  Garnir  de  blindes  une 
tr-ÉUcliée.  Blinder  une  tranchée. 

Blimjé,  Éf.  participe. 

BLLNHES.  s.  f.  pi.  Pièces  de  bois,  arbres 
cntielacés  pour  soutenir  les  fascines  d'une 
Iraocliée ,  et  mettre  les  travailleurs  ii  couvert. 

BLO 

BLOC.  s.  m.  (On  prononce  le  C. )  .Amas,  as- 
semblage de  diverses  choses,  et  principalement 
de  plusieurs  marchandises.  Faire  un  bloc  tic 
rrarchandises. 

On  dit,  Acheter  en  bhc,  vendre  en  bloc, 
pour  dire ,  Achotcr  en  gros ,  vendre  en  gros  ;  et 
Faire  marclié  en  bloc  et  en  tdcKe,  pour  dire. 
Faire  un  marché  i  forfait,  et  sans  entrer  dans 
le  détail. 

Bloc,  se  dit  aussi  d*Un  gros  morceau  de 
marbre  ou  de  picnc  qui  n'est  pas  taillé.  Vn 
bloc  de  marbre. 

On  appelle  aussi  Bloc  de  plomb,  I«  billot 
de  plomb  sur  lequel  les  Graveurs  posent  cl  ar- 
rêtent les  ))nvra;;es  qu'ils  veulent  gravei. 

BLOCAGIi,  s.  m.  ou  BLOGAILLE.  s.  fém. 


BLO 

Menu lîioclhm, petites  picnes  (|ui  servent  quel- 
quefois à  remplir  le  vide  qui  se  trouve  dans  les 
iniirs  entre  les  gros  moelK'iis. 

Blocage,  en  termes  d'Imprimcnc,  se  dit 
d'Une  lettre  mise  à  la  place  d'une  autre. 

BLOCUS,  s.  in.  (On  prononce  l'S.  )  Disposi- 
tion d'une  iu'nice  ou  d'un  corps  de  troupes  sur 
les  ovcnues  d'une  Place,  pour  empêcher  qu'il 
n'y  puisse  entrer  aucun  secours  d'iiomnies  ni 
de  vivres.  Faire  Je  blocus  d\ine  Vlace.  Conver- 
tir le  scijc  en  hlocus.  Lever  le  hlocus. 

BLOND,  ONi)E.  ni].  Oui  est  dure  roui,  ur 
niovennc  entre  le  Joré  et  le  cli.itaïa  clair.  Il  se 
dit  particuHilTement  pir  riipport  îi  la  couleur 
des  cJievcux  et  du  poil.  Voit  blond.  Des  che- 
veux blonds.  La  hcrhe  blonde.  Une  perruque 
blonde.  Vn  homme  blond.  Une  femme  blonde. 

On  dit  par  extension,  Du  lin  bien  blond, 
un  rot  blond  j  une  friture  blonde. 

Proverbialement,  en  parlant  d'Un  lionimo 
qui  a  les  cheveux  extrêmement  blonds,  on  dil 
populairement,  qu'il  est  blond  comme  un  bas- 
sin; et  d'Un  lioninie  drlicat  et  diû5cilc  à  con- 
.enter,  qn'Il  est  dclicat  et  blond. 

On  dil  en  Pocàie,  La  blonde Cérès ,  le  blon^ 
Phcbus. 

Blond,  s.  m.  T,a  couleur  Monde.  Avoir  Ici 
cheveiLT  d'un  beau  blond  ^  d'un  blond  cendré. 
Blond  dore.  Blond  de  filasse. 

On  appelle  Blond  ardent  ^  Une  sorte  de  cou- 
leur blonde  qui  tire  un  peu  sur  le  roux.  Il  a 
les  chz^eux  d'un  blond  ardent. 

î'l(jnI),  se  dit  aussi  sul)sl;iiili\enicnt  Des 
personnes.  Oest  un  (jrand  blond  bien  fuit.  C'e^l 
un  blond  bian  fade.  Une  belle  hlondc. 

BLONDI-',,  subst.  fém.  Espèce  de  dentelle 
de  soie.  Coiffure  de  blonde.  Fichu  de  petite 
blonde. 

BLONDIN,  ÎNE.  s.  Celui,  celle  qui  a  les 
cheveux  blonds.  C*C5t  un  blondin.  C'est  une 
blondine. 

On  appelle  figurcm.  et  familît^rem.  Blondins^ 
Les  jeunes  ^ens  qui  font  h'S  heaux. 

BLO>DIK.  V.  n.  Devenir  blond.  On  ne  le 
dit  qu',en  termes  poétiques.  La  moisson  com- 
mence à  biouMr.  Les  épis  commencent  à  blondir. 

BLOiSDiSSA-NT,  ANTE.  adj.  Qui  blondit. 
Il  u'est  fîU'^ro  d'usng<r  qu'en  style  poétique.  Les 
èpis  hlondissans.  Joules  l  z  campaqnes  blondis- 
santes d^èpis. 

BLOQUER.  V.  n.  Tl  n'est  gurre  (l'usage  <juc 
dans  ces  pl:i.'>scs.  Bloquer  une  Place,  bloquer 
nn  Camp  fortifié,  qui  signifie,  Occuper  avec 
des  troupes  toutes  l'^s  cveuues  d'une  Place, 
d'un  Camp. 

BLOQtEn ,  en  termes  de  Miiçonncrie,  signi- 
fie, Remplir  de  moellons  et  de  mortier  les 
vides  entre  les  pierres. 

Bloqi  i:n  ,  en  termes  d'Imprimerie,  signiGe, 
Mettre  à  dessein  rlans  la  composition  une  lettre 
renversée  ^  la  phicc  de  celle  qui  devroit  y  (!"lrc, 
mais  qui  manque  dans  la  casse. 

BLOfiUF.n  ,  est  aussi  un  terme  du  j*'u  de  Bil- 
lard, et  signifie,  Poussir  droit  et  de  force  la 
bille  de  son  advi  isiirc  dans  une  blouse.  /(  jaut 
bloquer  ccllchillc. 


.  BOR 

Bi.OQUi,  tZf  participe;  et  suhslautîvomont, 
Un  beau  bloqué, 

BLOrriR,  SE  BLOTTIR,  v.  S'accroupir, 
se  mettre  tout  en  un  tas.  Il  ne  s'emploie  qu'u- 
vcc  le  pronom  personnel.  5e  blottir  dans  un 
coin.,  dans  le  Ut.  Les  perdrix  se  blottissent  de- 
vant le  chien. 

Blotti  ,  lE.  participe.  ! 

BLOUSE,  s.  f.  On  appelle  ainsi  chaque  troti 
des  eoins  et  des  côtés  d'un  bill;u^d.  Les  blouses 
des  quatre  coins.  Les  blouses  du  milieu.  Il  y  a 
iix  blouses  dans  un  billard,  Tdcître  une  bille 
dans  la  blouse.  Les  blouses  de  ce  billard  a(- 
ItrcnL 

Blouse,  est  aussi  la  même  chose  que  BlAUDE.  A 

Voy.  ce  mot. 

BLOUSER.  V.  a.  Blousrr  une  bille,  au  bil-    \ 

i    * 
brd,  C'est  la  faire  cmrer  dans  une  des  blouses*    \ 

On  ditj  Blouser   son   adversaire,  pour  dire,    , 

Mcllre  la  bille  de  son  adversaire  dans  une  des 

blouses;  et  5e  Mouser  soi-même,  pour  dire,  ï  ", 

mettre  sa  propre  bille. 

On  dit  figurémcnt,  Se  blouser,  pour  dire, 
Se  tronq>cr,  se  méprendre.  H  s'est  blousé  eu 
icla.  On  dit  aussi  De  la  perionu'?  ou  de  la  chose 
ijui  nous  a  trompés,  îl  m'a  blousé.  C  est  ce  qui 
m*a  blousé.  Prenez  qarde  que  cette  espérance 
ne  vous  blouse.  Il  est  du  style  familier. 

Blousé,  ée.  participe. 

RLU 

BLUET  ou  BARBEAU,  s.  masc.  Plante  quî 
rroit  dans  les  blés.  On  la  nomme  ainsi,  parce 
que  la  plus  con:mune  a  les  fleurs  bleues.  Ou 
I Ordonne  dans  les  maladies  îdes  yeux;  ce  qui 
Ciit  qu'on  l'appelle  encore  Casse-lunettes. 

BLUETTE.  s.  f.  Étincelle.  Une  bluette  de 
ft  u.  Des  bluettes  de  feu. 

On  dit  figurcmcnt,  qu'il  y  a  quelqucshlnettes 
d'esprit  dans  un  ouvratje,  pour  dire,  qu'il  y  a 
quelques  petits  tr.'îits  d'esprit.  Et  l'on  appelle 
faniilièremeul  Un  petit  ouvrage,  un  ouvrage 
finns  pr;''lcntinn,  un  bidinage  d'esprit,  Une 
bluette.  Il  a  fait  imprimer  l'an  passé  je  ne  sais 
quelle  bluette  assez  agréable. 

BLUTEAU  ou  BLUTOIR,  s.  m.  Espèce  de 
sas  fait  d'ûlamine  ou  dccriu,  cl  qui  sert  à  passer 
la  farine.  Ce  hluteau  nest  pas  asiezfm^  ihtefait 
pas  la  farine  as^cz  blanche. 

BLUTER.  V.  a.  P.isser  la  farine  parle  blu- 

teau.  Bluter  de  la  farine 

'  I 

Blitk,  ek.  particqv. 

BLUTERIE.  subst.  fém.  Lieu  où  les  Bou- 
langers  Llulent    la   farine.    Une   bluterie   fort 

proptj.  . 

BOB 

nORfCCIîE.  s.  f.  Celle  pnriie  d'un  chande- 
lier dans  laqm-lle  on  met  la  I>ougic  ou  la  elion- 
delle.  La  bobèche  d\in  chandelier.  Un  chande^ 
lier  à  deux  boltèche% ,  à  trois  bobèches.  Une 
bobèche  ronde,  une  bobèche  carrée.  La  bobèche 
est  trop  larqc,  trop  étroite,  trop  courte. 

On  appelle  parlirulièrcmcnl  de  ce  nom, Une 
hohrcIiC  posticî.e  qui  a  un  rebord  .  et  qu'on 
met  lians  lui  chandelier,  pour  cmi>ê(herque  la 


BOEU 

cliandellc  ou  la  l)oiigic  iic  le  gjlc.  Bohècle  dur. 
aeiit.  /î<i/ièi/ic  de  l'uiVre. 

BORIM;.  s.  f.  Espèce  de  fuseau  sur  lequel 
on  (Icïide  du  Gl,  de  la  soie,  de  l'or,  etc.  Lu 
bohine  n'est  pas  assez  pleine, 

BOlilNKK.  V.  act.  Dévider  d»  fd,  de  la 
•oie ,  cic.  sur  la  bobine. 

lioBiNÉ,  É£.  paiticipe. 

BOBO.  s.  ni.  Mot  pris  du  langage  des  eiifans, 
oui  se  dit  de  quelque  léger  mal.  On  lui  a  jtiil 
bobo,  du  bobo,  tu  pclil  bobo. 

BOC 

BOC.iGE.  s.  m.  Bosquet,  petit  bois.  A  l'omlr* 
A^un  bocatje.  ^ 

BOC.VGE^  ÈRE.  adj.  Qui  liante  les  bols. 
H  n'est  guère  d'usage  qu'en  style  de  Poésie. 
Les  Dieux  bocagers.  i\'ympïie  bocaçjère.  Il 
vieillit. 

BOG.^f*.  s.  m.  .^lot  pris  de  la  Langue  Ita- 
Jicnne,  pour  signiflir.  Une  bouteille  de  verre 
eu  de  grés,  dont  le  col  est  court  tt  l'ouvcrlur» 
large,  et  qui  sert  i  difl'érens  usages.  Vu  bocal 
de  vin. 

Il  se  dit  encore  d'Une  espèce  de  bouteille 
londe  de  rri>lal  ou  de  verre,  reniplie  d'eau, 
dont  plusi(  urs  Artistes  se  servent  pour  voit 
plus  distinctement  en  Iravailluiit. 

BOCAIU).  s.  m.  .Macliiue  au  nioyeii  de  la- 
quelle on  écrase  la  mine  avant  que  de  la  foudre. 
Passer  une  mine  au  bocard. 

BOC.VKUER.  V.  a.  Passer  au  booird.  Bociir- 
Jer  1,1  mine. 

BoCktot ,  iE.  participe. 

BOD 

BODRUCIIE.  3.  f.  Voyes  BAtnjnociŒ. 

BOEU 

BOEUF.  5.  ta.  Taureau  châtré.  Boeuf  ijiii 
(Ir«  à  la  charrue.  B^uf  de  labour.  Troufean 
de  bœufs.  Une  couple  de  baufs.  Une  paire  dt 
bjeuff,  Vn  attelage  de  bceufs.  Accoupler  la 
bœufs.  Découpler  les  bj-u^s.  Des  pas  de  bœufs. 
Langue,  c6te,  pied  de  bœuf.  Engraisser  dei 
hceufs.  Xettre  des  bj^ufs  à  l'engrais.  Vn  joug 
de  b-tufs.  Vne  eltifile  à  boeufs.  Le  meuglement, 
le  beuglement  d'un  bueuf.  Des  bœufs  qui  mu- 
nissent. Tuer  un  b.tuf.  Du  cuir  de  b.tuf.  Vn 
nerf  de  h.vuf.  Vne  pièce  de  b.fi:f  Iremblante. 
Vn  palais  de  b.ruf.  Vn  (riinieaii  de  b.i'uf.  Vne 
Iranclte  de  b.ruf.  Vne  culotte  de  b^puf  Vn  mor- 
ceau de  b.iuf.  B'iuf  fumé.  Biruf  talé.  Biruf 
entrelardé.  Persillade,  miroton  de  bœuf. 

Bcci:f  ,  se  dit  poiu*  Taureau ,  dans  ces  phrases  : 
Des  't  injs  sauvages.  Le  bjcuf  Apis. 

On  appelle  XJiz-u/' â  tu  nioJe,  Du  Ixi^uf  assai- 
foni:c  cl  cuîl  dans  son  jus.  Et  en  parlant  De 
certaines  clinses  dont  on  fait  un  usage  ordi- 
naire ,  et  nii'-mc  de  certaines  personnes  remar- 
quables par  leur  assiduité  a  fivqiicntcr  une 
«able,  une  inauon,  on  dit  famili.lienicnt,  que 
C'eA  la  pi''\-e  de  b  ruf. 

BcEi  r.  se  dit  p-ir  injure,  d'Un  homme  stu- 
pidî  et  liéiièlé.  C'cjI  un  biruf,  un  vrai  h  ru,' 
Lou:d  ca::i",e  un  b  ruf  Un  appelle  C^il-dc- 


BOI 

fecpu/",  Une  lucarne  ronde  ou  ovale,  qu'on  placé 
ordiiinirement  daus  la  couverture  d'un  bjtî- 
meut. 

BOI! 

BOUÏ^:ME,ouBOnKMIE>',BOHÏi:MmNNE. 
s.  On  It'S  iioinnie  aussi  l'.qypttens.  Ces  mois  ne 
son:  point  mis  ici  pour  signifier  I,es  peuples  de 
celte  parlie  de  l'A  l]cnia;ne  qu'on  appelle  Bo- 
hème^ mais  seuirnient  pour  dtisigner  Une  soitd 
de  Vagiiiontis  (jui  courent  le  pays,  dis;int  It 
bonne  avenlnre,  et  dérobant  avec  adresse.  Une 
troupe  de  Bohémiens. 

On  dit  faniilicrera.  d'Une  maison  où  il  n'y 
a  ni  ordre  ni  règle,  que  C'esl  une  maison. de 
Bohème. 

On  dit  proverbialement,  qu'î7»  homme  vît 
comme  un  Bohème,  pour  dire,  qu'il  vil  comme 
un  liommc  qui  n'a  ni  feu  ui  lieu;  et  Foi  de 
BuJième  ,  pour  exprimer  TTne  foi  pareille  h 
celle  que  les  Bohèmes  son»  supposes  se  garder 
faire  eux. 

DO  I 

BOÏARD.  s.  m.  Nom  qu'on  donne  aux  Sei- 
gneurs et  Sénateurs  de  Russie,  et  aux  p.irens 
des  Vaivodes  de  Transilvanie. 

BOIRÎL.  V.  a.  Je  huis,  tu  bois,  il  hoït  •  mouï 
huvons ,  vous  buvez.  Us  hoîvctit.  Je  bnvois.  Je 
bus.  Je  boirai.  Bois.  Qu'il  boive.  Que  je  husse. 
Je  boirois.  Avaler  une  liqueur.  Boire  de  Veau , 
du  vin,  de  la  bière,  etc.  Boire  frais.  Boire  à  la 
ijluce.  Boire  chaud.  Boire  dans  le  creux  de  la 
main.  Boire  à  la  fontaine.  Boire  d'un  trait. 
Boire  à  lonqs  traits,  à  la  régalade.  Boire  un 
coup,  un  grand  coup.  Verser  à  boire.  Donnez- 
moi  à  boirCj  ou  simplement,  A  boire.  Faire 
boire  un  cheval  au  seau,  le  mener  boire. 

On  appelle  Vm  prompt  à  boire.  Du  vin 
qu'où  l)oit  dans  la  primeur,  et  qui  n'est  pas  de 
gardi*  ;  et  Vin  prêt  à  boire.  Du  vin  qui  a  acquis 
s.a  maturité,  qui  est  en  état  d'ctrc  bu. 

Un  appelle  Chansons  à  boire,  Des  chansons 
failci  pour  être  chantées  à  table. 

On  dit  provtrbia'em. ,  A  petit  matîner  bien 
ï»oirc,  pour  dire,  qu'Ayant  peu  à  manger,  on 
s'en  dédommage  en  buvant  beaucoup;  qu't'fi 
houinie  boit  l>icn,  qu'il  boit  sec,  pour  dire, 
qu'il  boit  beaucoup;  Boire  d'autant,  pour 
dire ,  Boire  à  tout  propos  ;  et ,  Boire  à  sa  soif  , 
|iour  dire,  Pie  boire  que  quand  on  en  a  clTccli- 
vcmenl  besoin. 

Boire  à  la  santé  de  quelqu'un.  Boire  la  santé 
de  fjucUpi'nn,  aux  inebfidtions  de  quelqu'un. 
Boire  ù  quelqu'un.  Façons  de  parler  dont  ou  se 
sert  à  tiible,  en  buvant  les  uns  aux  autre*. 

On  dit  de  même,  Boire  au  bon  retour  de 
quelqu'un,  pour  dire,  Ko  signe  de  joie  de  son 
arrivée;  et,  Au  retour ,  au  prompt  retour,  à 
l'heureux  voyage,  pour  exprimer  Les  vœnx 
qu'on  f.iit  CD  faveur  de  celui  qui  part. 

On  dit  proverbialement,  Boire  à  tire-larigot, 
rn  (ir<;-turii^o(,  6oire  comme  un  Templier^ 
Gloire  comme  un  trou,  coitmie  rjnc  éponge,  pour 
dire,  Boire  exrcKsivcmcnl  ;  Boire  une  rasade, 
ôoire  un  louge  bord,  (Kiurdirc,  Boire  un  verre 


BOI  1.^9 

plein  de  vin,  boire  le  verre  tout  plein  ;  BoiVe  ù 
lu  ronde,  pour  dire,  lîoire  h  la  santé  de  tous 
les  convie's  l'un  après  l'autre;  et,  que  Les  con- 
viesburent  à  hi  ronde,  pour  dire,  qu'Us  burent 
tour  à  tour  h  la  sanlé  les  uns  des  aul-es  ;  Boire 
undoigtde  vin,  pourdire,  Boircun  petit  coupi 
'•'oirc  ensenible,  pour  dire,  Faire  un  repas  en- 
•eiidile.  Quand  6oiro/is-noiis  en^emMc?  Kl  eu 
,)aitjnt  de  deux  personnes  qu'on  a  rdconcllices, 
t  à  <{ui  on  a  <lonné  ensuite  à  manger,  on  dit, 
:ju"On  les  a  fait  boire  ensemble. 

Un  dit,  Donner  pour  boire  à  des  ouvriers j 
pour  dire ,  Leur  donner  quelque  chose  par- 
Jessus  leur  salaire.  Donner  powr  boire,  se  dit 
aussi  De  tout  ce  que  l'on  donne  ti  de  petites 
jcns,  ou  par  liî)éralité,  ou  pour  quelque  pclil 
service  qu'on  en  a  reçu. 

Boire  le  vin  du  marché,  «e  dit  proverbiale- 
ment De  ceux  qui,  apr<>s  avoir  fait  un  marché, 
vont  i)oire  ensenible.  Un  dit  aussi,  Boire  le  vin 
de  létrier,  pour  dire,  Boire  un  verre  de  vin 
quand  on  est  sui'  le  point  de  partir  d'une  hôteU 
le  rie. 

On  dit  proverbialement,  en  parlant  d'Uu 
hou  vin,  Qui  bon  VachétCf  bon  le  boit;  cl  figu- 
fénient,  pour  dire,  qu'il  ne  faut  point  plaindre 
l'argent  h  de  bonne  uiarcliandise. 

On  dit  proverbial,  et  figurém.  qu'Où  ne 
iauroit  faire  boire  un  âne  s'il  n'a  soif,  pour 
dire.  qu'Gn  ne  peut  pas  persuader  i  de  cer- 
taines gens  de  faire  ce  qu'ils  n'ont  pas  envie  de 
fair^\ 

Proverbialement  et  fi;;urém. ,  pour  signifier 
iju'on  est  trop  engagé  dans  une  affaire  pour 
reculer,  on  dit,  que  Pui<:que  le  vin  est  tiré,  il 
le  faut  boire;  et  qu'il  faut  boire  h  calice,  pour 
dire,  qu'il  faut  se  soumettre  h  faire  ou  h  souffrir 
ce  qu'on  ne  sauroil  éviter;  et  qu'/I  faut  boive 
le  cahce  jusquà  la  lie,  pour  dire,  Supporter 
un  malîieur  dans  toute  son  étendue. 

Le  Roi  boit.  Sorte  de  cri,  de  réjouissance 
parmi  ceux  qui  mangent  eiiscmble  le  jour  des 
Rois,  après  avoir  fait  un  Roi  de  la  fève.  On 
nie,  Le  Roi  boit.  Toutes  les  fois  que  le  Roi  de 
la  fève  boit.  Quand  c'est  une  femme  qui  est  U 
Reine  de  la  fève,  on  crie,  La  Reine  boit. 

On  dit  populairement,  Faire  le  Roi~boitj  la 
Ç.Ue  du  lîoi-boitj  pour,  Le  festin  du  jour  de» 
Rois.  Il  est  mieux  de  dire  en  ce  cas.  Faire  les 
Rois. 

Boire,  sipiifie  aussi  quelquefois  S'enivrer. 
Il  est  sujet  à  boire.  H  boit 

Oo  dit  proverbial.,  Qui  a  bu  boita,  pour 
cxpi'iuicr  Un  défaut  dont  on  ne  se  coi*rigc  jamais. 

On  dit  proverbial.,  Ou  ne  sattroît  si  peit 
boire  qtton  ne  s'en  sente,  pour  dire,  qu'il  ar- 
rive presque  toujours  .'tceuxqui  t>oivent  un  peu 
trop,  de  dire  ou  de  faire  quelque  chose  de  mal 
j  propos. 

On  dit  fii-urcmcnt,  Boire  un  affront,  ^our 
dire,  Souffrir  une  injure  sans  en  témoigner  de 
rc&scnliroent  ;  cl, Qui  fait  la  faute  lahoit,  pour 
dire,  Que  celui  qui  a  fait  une  faute  en  doit  por- 
ter la  peine. 

On  dit  fjue  Le  pa^  ier  hcît ,  pour  dire,  que 
L'encre  jH-rcc  au  travers^  et  que  La  terre  huit 


i5o 


BOI 


I  fau,  poor  dire,  qu'Elle  s'en  abreuve:  et  en  ce 
môme  sens  on  dit,  qufJne  éponje  hoit. 

BvvAST,  ANTE.  p-iilicipc  du  prt'-sciit.  On  dit 
d'Un  liomnic  ijui  se  porte  bien,  qu'//  est  bien 
iuvanl  el  bien  man(]eant. 

Bn ,  BiE,  p.iriicipi'.5on  m^iUeur  vin  est  bit. 
Toutes  les  bouteilles  ont  été  bnes. 

On  appelle  Trop  !m.  Une  sorte  de  droit  perçu 
por  les  Aides  sur  les  boissons. 

On  dkl  provcrlii.'.l.  i]uVn  homme  a  tiute 
Iwnic  bue,  pour  dire,  (ni'Il  n'a  plus  liontc  de  rien 

BOIiU:.  s.  m.  Ce  qu'on  boit.  <  n  lui  npprete 
son  boire  et  son  mmujer.En  parlant  d'Une  per- 
sonne qui  met  nne  application  extraordinaire  1 
une  rhose,  on  dit,  qu'£lle  en  perd  le  boire  el 
le  inunrjer. 

BOLS.  s.  m.  Ij  substance  dure  et  compacte 
des  arbres.  Bois  vert.  Ilois  sec.  Ilois  vermoulu. 
Bols  pouri.  Bois  iiciiie.  Bois  blanc,  'fois  de 
chêne,  de  hrlre,  de  sapin  ,  de  cèdre,  de  Brésil 
Bois  de  Ciiliimbourq.  Bois  de  la  Chine.  Bois 
Je  violette.  Bois  à  b.ltir.  Bois  de  construction. 
Bois  de  sciaqe.  ISois  de  churronncuje.  Bois  de 
charpente.  Bois  de  chnujfnçje.  Bois  d'éijnarris- 
satje.  Bois  de  brin.  Bois  de  menuiserie.  Du  bois 
nui  travaille.  Du  bois  ijiii  se  tourmente.  Du 
lois  nui  se  déjetle.  Du  bois  à  brûler.  Une  voie 
de  lois.  Bois  neii^  Bois  flotté.  Bois  de  compte. 
Vue  corde  de  bois.  Bois  de  moiiJe.  Cois  de 
auartier.  Il  n'est  feu  <fue  de  gros  dois.  Bois 
lortu  fait  fau  droit.  ]\'oulèur  de  bois.  Fendeur 
de  bois. 

Bois  d'Asdelie.  Bols  'de  Iir'trc  )ilns  court 
■que  l'autre,  et  qui  vient  de  Normandie  par  la 
rivière  d'Andelle. 

Bois  MAnMEVTEACX  ou  de  TorrHE,  sont 
ceux  qui  ne  servent  que  d'ornement  à  un  cliâ- 
Icati. 

On  appelle  dans  les  aibns,  Bois  vif,l.e 
bois  qui  pousse  îles  liranclics  et  des  feuilles;  et 
Bois  mort.  Les  blanches  qui  ne  reçoivent  plus 
de  sève. 

On  appelle  aussi  Bois  mort,  Tout  arbre  sé- 
ché sur  le  pied;  ilforl-bois,  Certaines  sortes 
d'arbres  de  peu  d'usage  et  de  service ,  comn-^ 
.Marsauv,  Épines,  Ronces,  Genêts,  etc.;  et 
Boii  chablis,  Le  bois  des  arbres  abattus  par  les 
Tcnts. 

Bois  Canauds,  sont  ceux  qui  étant  jetés  li 
bois  perdu,  vont  au  fond  de  l'eau,  ou  s'arrôteut 
sur  les  bords. 

On  dit ,  Jeter  du  bois  à  bois  ytrdu ,  {iimi 
dire.  Jeter  des  bilclics  une  îi  ucc  ilans  dïj  ca- 
naux ,  ou  dans  des  rivières,  qui  les  partent  aux 
lieux  oii  l'on  doit  lis  charger  sur  des  bateaux , 
8u  en  composer  des  trains  qu'on  met  h  (lot. 

On  dit  provi  rbial.  et  figuréni.,  qu'On  ncrni 
de  quel  bois  un  homme  se  chauffr,  pour  dire, 
qu'On  verra  ce  qu'il  vaut,  on  ce  qu'il  sait  faire; 
qu'/ï  ne  sait  de  quel  bois  faire  flèche,  pour 
dire,  qu'il  est  dans  un  extrême  embarras,  ou 
dnnt  une  grande  nécessité;  qu'/l  ne  faut  pas 
mellrc  le  doiqt  entre  le  bois  et  l'icorce,  pour 
Jire ,  qu'il  ne  faut  pas  s'ingérer  mal  h  propos 
liatit  les  difTérens  des  personnes  naturellement 
vnics. 


BOI 

On  tilt  aussi  provcrbiak'in. ,  Trouver  visaac 
(h  hois ,,  pour  dire,  Tro'ivcr  la  porte  fermée, 
ne  trouver  personne  ;  et  -  y/  gens  de  villaqs 
trompette  ih  hois^  pour  dire,  qu'A  des  gens  de 
peu  de  go  lit ,  ou  de  mauvais  goùl,  il  ne  faut 
pas  des  clioses  bien  délicates,  bien  exquises. 

Quand  on  veutf;iir':  entendre  qu'Un  homme 
t,'st  d'une  qunlité  ou  d'un  mérite  îi  pouvoir  de- 
venir Duc  et  Pair,  M;irt-clial  de  France,  etc.  on 
dit  familièrement,  qu7/  est  du  hois  dont  on  le^ 
fait;  et  d'Un  liomnietjui  par  complaisance  est 
toujours  d'accord  de  tout,  on  dit  populairera., 
qu'/I  est  du  huis  dont  on  ja'.l  les  flûtes. 

Bois,  signifie  aus:.i  ~Jp  lieu  planté  de  cei- 
taines  sortes  d'arbres,  comme  cliéncs,  liètres, 
rli'irnies,  ftlc.  Un  grand  hoîs.  XJn  petit  hois. 
Un  hois  de  cent  arpeiis,  de  deux  cents  arpens. 
L  n  jeune  hois.  Un  hois  sur  le  retour.  Vn  hoii 
epnis.  Un  hois  toujju.  Un  hois  de  huute  futaie. 
Uîi  hois  taillis.  Un  hois  eu  coupe.  Passer  à  tra- 
vers un  hois.  Traverser  un  hois.  Un  pays  di 
hois.  Percer  des  rouies  dans  un  hois.  Un  hoU 
('  icn  perce.  La  lisière  d\in  hois.  A  Vorée  du  hois. 
L'wi'i^rc  des  hois.  Le  silence  des  bois. 

On  appelle  G(Jr(/c-/)ois  ,  Un  bas-OfTicier 
préposé  pour  la  conservation  des  bois  et  de  la 
ubasse  d'une  Terre. 

On  dit  figuiem.  et  provcrbialcm.  Qui  craint 
les  ffuilles  n'aille  -pas  au  fco/s,  pour  dire,  que 
Qui  craint  le  péril  ne  doit  point  aller  au  lieu 
où  il  y  en  a  sûrement;  et,  La  faim  chasse  le 
loup  hors  du.hois^  pour  dire,  que  L'cvirnme 
besoin  réduit  Ifs  lioninies  à  faire  beaucoup  de 
choses  contre  leur  inrlination. 

Bois,  se  di soit  aussi  De  la  lani  c  d'un  Gen- 
darme. Ils  haisscrent  leurs  lances,  et  coururent 
Vun  contre  Vautre  dune  telle  impétuosité,  cjuc 
leurs  hois  volèrent  en  éclats. 

On  disoît  en  ce  sens ,  c^u'Un  GcTidarmc  por- 
toit  hien  son  /ois,  Quand  il  portoit  sa  lan^e  de 
bonne  grâce  :  et  de  là  est  venue  la  mélapJiore 
de  Porter  hien  son  hois,  en  parlant  d'Une  per- 
sonne qui,  étant  de  belle  t.iille,  marche  droit 
et  de  bonne  grâce. 

On  appelle  Bois  de  ïiï,ïoul  ce  qui  compose 
Il  mcBuiserie  d'un  lit.  Acheter  un  hois  de  Ut. 
Faire  dresser  un  hois  dé  lit. 

Bois,  se  dit  pareillement  Des  cornes  d'un 
Orf.  Le  hois  d'un  cerf.  Un  cerf  tjui  a  pos 
son  hois.  Des  hois  de  cerf. 

On  dit  provcrbiabment  cl  en  style  badin 
d'Un--  fomnie  qui  ne  respecte  pas  le  lifn  conju 
gai,  i[xiElk  plante  du  hois  sur  la  tcte  de  son 
mari. 

On  dit  au  Trictrac  et  aux  Quilles,  /ihatlre 
du  hois,,  pour  dire,  Abiiltre  d»'s  Dames  ,  abattre 
des  Quilles.  Et  cm  dit  {"gurénient  d'Un  homme, 
qu'/I  est  nraud  ahattcur  de  f>uis,  pour  dire, 
qti'Il  est  fort  et  vigoureux. 

Bois  Gkmii.ou  MÉ/.ÉnûoN.  s.  m.  Arbrisseau 
qu'on  cultive  dans  les  jardins,  piirce  qu'il  est 
a;;réjible  &  la  vue.  Il  porte  de  petites  baies 
rouges  qui  purgent  violemment 

Bols  Puant.  Voyez  ANAf.vnis.  ,^; 

Bois  de  SAiNTi>LrciK  ou  Mahaleo.  s.  m. 
On  appelle  ainsi  Un  nrbre  dont  le  bois  est  em- 


BOI 

ployé  par  les  Lbcnistcs.  Il  y  en  a  de  diflTérenUi 
espèces. 

lîOlSAOj;.  s.  m.  Tout  le  bois  dont  on  s'est 
servi  pour  l)oiser. 

BOISL-R.  V.  a.  Garnir  de  menuiserie.  Fairt 
hoiser  une  chamhre  ^  un  cahmet. 

Boisé,  ée.  participe. 

Boisé,  ÉE,  est  aussi  adjectif,  et  il  n'est  g^iw 
d'usage  qu'en  cette  phrase.  Terre  hien  hoisè», 
qui  se  dit  d'Une  terre  bien  garnie  do  bois. 

BOISERIE,  s. f.  Ouvrage  de  meiuiiftcric  dont 
on  couvre  les  murs  d'une  chambre,  d'un  ca- 
binet. Une  helle  hoiserie. 

BOISEUX,  EUSE.  adj.  De  nalure  de  bois. 
Cette  plante  est  botseuse.  Hacin^oiseuse. 

BOISSEAU,  s.  m.  Jauge,  vaisseau  servante 
mesurer  des  choses  soliJes,  Il  se  dit ,  et  du  vais- 
seau, et  de  la  quantité  de  ce  qu'il  contient.  Lt 
boisseau  est  plus  fort  dans  tel  pays  (jue  dans  le 
pays  voisin.  Vendre  eu  boisseau.  Mesurer  ou 
boisseau.  Un  boisseau  de  hlé.  Un  boisseau  dé 
farine.  Vu  boisseau  de  charhuit.  Un  hoisscuh 
de  .çel,  etc.  Un  dcmi-hoisseau. 

3/ctIre  le  chandelier  sous  le  boisseau.  Ei- 
prcï-^ion  proverbiale  empruntée  de  iKvangilc, 
pour  dire,  l-£.*iïscr  les  venus,  les  talens  dans 
l'obscurité. 

BOISSELEE.  8.  f .  La  mesurt  d'un  boisseau , 
ce  qu'un  boisseau  peut  contenir,  .^cïieïtr  .-'ne 
l-oisselee  de  grain.  Semer  une  hoisselee  de  grain. 
On  dit,  Une  hoisselee  de  terre,  pour  dire.  Au- 
tant d'espace  de  terre  qu'il  en  faut  pour  y  ]>ou- 
voir  semer  un  biMsscnu  de  Me. 

B(^)ISSELIER.  s.  m.  Artisan  qui  fait  de» 
Iioisseaux,  et  divers  ustensiles  de  bois  servant 
au  ntcnage. 

BOISSELLERIE.  s.  f.  Le  niétier  de  f-iira 
des  boisseaux,  el  autres  ustensiles  de  hois  wr- 
vant  au  nu'nagc.  Il  se  dit  aussi  Du  cominrrro 
des  boisseaux.  La  hois  sellerie  est  excellente  dans 
tel  cantoti. 

BOISSON,  s.  f.  Liqueur  i  boire,  ce  qu'on 
hoit  ordinairement.  Sa  boisson  ordinaire  n'est 
ipie  de  Veau.  Il  ne  prend  guc  de  Veau  rougie 
pour  toute  boisson.  La  bière,,  Voranceade,  la 
limonadcj  sont  des  boissons  rafraîchissantes. 

Boisson,  se  prend  souvent  dan*  un  sens 
plus  particulier,  et  se  dit  Du  vin  qu'on  boit 
ordinairement,  y^r/ieter  du  vin  pour  sa  boisson. 
.ivoir  toute  sa  boisson  en  cave. 

On  ai>pclle  en  plusieurs  Provinces, BoixjîOfi, 
Dr  l'eau  passt-esur  le  ripe,  ou  sur  le  marc  dum 
vcndiMige.  pour  donner  aux  Valets.  Fain  dt 
la  boisson.  Un  muid  de  boisson. 

On  appelle  aussi  Boisson,  sur  les  vaisseaux, 
Un  mélange  dune  grande  quantité  d'eau  avec 
(juelqucs  parties  de  vinaigre.  Donner  d*  U 
hoi'ison  aux  Matelots. 

lïOIlK.  s.f.  (LaprcmirresylIabeeiitbrèTe.) 
Le  degré  auquel  le  vin  devient  bou  à  boire./)" 
vin  en  boite.,  du  l'in  <\ui  n'est  pas  encore  «n 
/'or(c.  pour,  I*rùl  à  boire,  ou  qu  il  faut  encoi* 
aitendif. 

BOÎTE,  sukst.  f.  (  La  première  syllabe  «l 
longue.  )  Sorte  d'u.stcnsile  fait  de  bols  fort  miuc«, 
ou  de  caitOD,  avec  un  couvercle,  lervaul  à  d»- 


BOI 

Tfts  usngi^s.  Petite  holte.  Gramh  hotte.  Botte 
He  sapin,  ïîoite  de  hoii  rfe  noyer.  Boîte  de  hais 
de  cèdre.  Uolte  dt:  la  Chine.  Boite  a  pernKjiic, 
•  Botte  à  pondre.  Boite  à  confitures.  Ouvrir  une 
hotte.  Fermer  une  hotte,  le  couvercle  d'uJic 
hotte.  Le  fend  d'une  hoUe.  Des  hoUes  de  loterie. 
Mettre  des  billets  dans  les  hoites. 

UoîrE,  se  dit  aussi  De  divers  petils  usteii- 
iilcs  d'or,  d'ar-^ent,  etc.  qui  ont  un  couvercle. 
Boîte  d'or.  Boite  d'arrjent.  Boite  à  mouches. 
Botte  de  fer-hlanc.  Boite  de  plomh.  Boîte  d'i- 
voire. Boîte  à  montre.  Boîte  à  portrait.  Boîte 
qarniey  enrichie  de  diamans.  Boîte  à  tahac. 
Botte  de  chasse.  Boite  à  deux  fonds. 

On  dit  ahsolunicul  Une  toile,  pour  dire, 
Une  tal>afière. 

Boîte,  se  dit  au&si  communément  De  ce  qui 
est  conlenud^'ns  une  boite.  Unchoite  depruncs. 
Botte  d\d'ricots.  Boite  d'onquent.  On  nppfile 
Bottes  d'Epicier^  huiles  d'.îpothicnire  ,  Les 
boiles  dont  li'S  Epiciers  et  les  Ajotlilciins  se 
servent  dans  leurs  boutiques.  Et  on  dit  prov. 
et  fi^iirt'n).  Dans  les  petites  hoites  sont  les  hons 
onguens. 

Cndil  d'Un  homme  délicat  jusqu'i  Ctre  in- 
commodé des  "moindres  impressions  de  l'air , 
qu*/I  faudroit  qu'il  fût  toujours  dans  uni 
bol(e;  d'Un  hommeextrcmeracnt  propre  et  paré, 
qu7I  seinhle  qu'il  sorte  d'une  hoite'  et  d'Une 
chambre,  d'une  voiture  bien  close,  qu'On  y 
est  comme  dans  une  hotte,  qn'el.îc  ferme  commt 
une  6oîfe. 

On  appelle  Botte  de  la  poste,  La  lioite  où 
1  on  Td  poficr  les  lettres  pour  la  poste;  et  La 
botte  de  la  lanterne^  La  boîte  où  est  enfermée 
U  corde  qui  seili  hausser  ou  à  abaisser  chaque 
laDtenie. 

Boîte  .  est  ans^i  Une  espt-ce  de  petit  mortier 
de  fonte,  qu'on  rhnrge  de  poudre,  qu'on  bou- 
che ensuite  d'un  l;inipou  de  bois,  et  où  l'on 
met  le  feu  par  One  tuinif.re.  Dans  les  réjouis- 
sances publiques  on  tire  des  ooUts.  Aux  feux 
d'-artifice  on  commence  par  tirer  des  boîtes. 

BOITER.  V.  neul.  Clocher,  ne  pas  mnrclier 
droit.  Cet  homme  boite.  Il  boite  parce  qu'il  a 
une  jamle  p/iK  couite  que  l'autre.  Boiter  d'un 
pied.  Boiter  des  deux  pieds.  Boiter  des  deux  han- 
ches. Boiter  des  deux  côtes.  Un  cheval  (fuibolte. 

Ou  di:.  Boiter  tout  bas,  pour,  Fléchir  très-   ! 
bas  du  c  jté  foible  ou  mahidr  Cela  se  dit  d'Une  i 
persoiin-*  et  d'un  animal.    Il  est  nouttetix,  il 
boite  tout  htu.  Ce  cheval  boite  tout  bas. 

BOUEUX   EUSE.adjeclir.  ^}ai  boîte.  £frc  . 
hotteiLv. 

U  se  prend  aussi  substantivenient.  C^est  vn  ' 
hottenjc.  C'est  une  boiteuse. 

On  dit  proverbial.  Il  ne  faut  pas  clocher  de- 
vant les  boilcriir,  pour  dite,  qu'il  ne  faut  rien 
fuire  Jci.int  lia  gens  qui  semble  leur  rcproclicr 
quel  {ue  défaut  naturel.  | 

On  dit  encore  proverbial.  qu7/  faut  atten- 
dre le  boitctLt  ;  cl  celi  k  dit  .1  l'orcaj^ion  des 
premit^rrs  nnu^<'llc5  qui  se  rép.Tn.knl  de  quel-   I 
f|He  cliov,  el  pour  dnnner  à  entendre  qu  il  ne  \ 
faiji  prf^  y  .-j  -utcr  foi,  que  le  temps  ne  Us  oit  | 
coulirmccs. 


BOM 

BOITIER,  s^.  Ksptcc  de  boîte  d'argent  ou 
de  fer-bbnc  que  portent  les  Chirurgiens  ,  et 
dans  laquelle  il  y  a  plusieurs  sortes  d'ongucns. 

BOL 

BOL  ou  BOLUS.  s.  m.  (On  pron.  IS  dans 
Colas.)  Petilc  boule  de  drogues  médicinales, 
qu'on  prend  seule,  ou  enveloppée  de  pain  h 
cliantci.  Prendre  de  la  casse  en  bol.  Un  holus 
de  casse.  Prendre  des  bols. 

BOL.  siibst.  m.  Terre  médiocrement  grasse, 
iriable,  nstrinj^cnie,  etc.  U  y  en  a  dedUTércnies 
couleurs,  et  il  en  vient  de  dififérens  pajs.  Bol 
d*Armcnie. 

nOLAIHE.  adj  des  2  g.  On  appe'le  Terres 
bolitircs  ou  Bols,  Une  espèce  d'argiîo  très-fine. 
C'est  a\ec  hs  terres  bol-nres  qu'on  tait  ce  qu'on 
nomme  les  ierre»  sigillées. 

BOM 

BOMB.WCE.  s.  f.  Somptuosité  en  bonne 
chère.  71  s'est  ruiné  en  festins^  en  toutes  sortes 
de  bombances.  Faire  bombance.  Il  n'est  d'usage 
que  dans  le  si  vie  familier. 

BOMBARDE,  s.  f.  On  appeloit  ainsi  Cer- 
taines machines  de  guerre,  dont  on  se  seivoît 
autrefois  pour  lancer  de  grosses  pierres;  et  l'on 
a  donné  ce  nom  à  quelques-unes  des  jwemières 
pièces  d'Artillerie,  depuis  l'invention  de  la 
poudre.    . 

BOMBARDEMENT,  s.  m.  L'action  de  jeter 
des  bombes.  Le  bomhardemenl  d'une  l'ille.  Le 
l-ow.har dément  y  mît  bientôt  le  feu  et  déirnhlt 
plusieurs  maisons. 

BOMBARDER,  v.  a.  Jeter  des  bombes.  Il 
n'est  guère  d'usaj;e  qvie  dans  les  phrases  sui- 
v.ir.tes,  Bombarder  une  vtUe.,  bombarder  une 
place  de  querrCj  bombarder  des  retranchemensy 
pour  dire.  Jeter  des  bombes  dans  une  ville, 
dans  une  place  de  guene,  dans  des  rctran- 
chemens. 

Bomuaudé,  ée.  participe. 

BO^IBABDIER.  s.  m.  Celui  qui  tire  des 
bomltes.  Companniede  Bombardiers. Capitaim 
de  Bjmbardiers. 

UO.MB.VSIN.  s.  m.  Étoflc  de  soie,  dont  U 
fabnque  a  été  apportée  de  Milan  en  France. 
Ou  nomme  encore  ainsi  une  Futaine  5  deux 
envers, 

BOMBE,  s.  f.  Boule  de  fer  creuse  plus  ou 
moins  grosse,  qu'on  remplît  de  poudre,  cl 
qu'on  met  dans  un  mortier,  d'où  l'explosion  de 
la  poudre  dont  il  est  chargé  la  fait  p^ii  tir  pour 
crever  en  arrivant  h  su  deslÎDaiiun,  au  inoven 
d'une  fusée  qui  y  est  adaptée.  Jt-fcr  des  bombes. 
La  bombe  a  crevé  eti  l'air.  Gare  la  bombe.  Un 
éclat  de  bombe.  Voiile  à  léprcuve  de  la  bombe. 

On  dit  fi;-;uri'ment ,  La  bombe  crèvera ,  la 
bombe  est  près  de  crever,  pour  dire,  que  Quel- 
que malhi'ur  e^t  près  d'arriver,  que  quelque 
comph-t  est  prè^,  quelque  machination  est  pm 
de  se  di  couvrir,  d'eclaler. 

BOMBr,ME>T.  Miljst.  m.  Etat  de  ce  qui  est 
lH>.nl>c.  Convpxitc,  Le  bombement  d'un  verre, 
d'uhe  (i  mmcde. 

E0.MB:£R.  v.  a.    Roudie  convexe.   Boml.- 


BON 


iSr 


un  chemin,  une  rue  .  un  ouvrage  de  Sculpture, 
d'Orf'vrerie.  de  Menuiserie^  etc. 

Il  est  aussi  neutre.  Cette  Menuiserie  homhe. 

BoMQÉ,  EL',  participe. 

B(J  N 

BON  ,  BO>'XE.  adj.  nuî  a  de  la  bonté.  Die** 
est  souverainement  bon. 

Il  signifie  aussi ,  Qui  a  en  soi  tomes  les  qua- 
lités convenables  h  sa  n;'lure,  à  sa  dectinalion  , 
à  l'emploi  qui  s'en  doit  fiiire.  Dieu  vit  que  la 
limière  êiri'  tonne. 

U  se  dit  Des  ouvrages  tie  la  nature,  des  ou- 
vrages de  l'art,  et  des  qu;iliiés  de  l'esprit.  De 
bon  vin.  De  bonne  eau.  De  I  on  blé.  De  bonne 
avoine.  Un  bon  air.  Une  bonne  terre.  Un  ho7i 
piiy.".  De  bon  fruit.  De  bonnes  pfches.  Un  bon 
che^nd.  De  bon  or.  De  bon  argent.  Un  bon 
l'oëme.  Un  bon  Livre.  Il  n^y  a  rien  de  bon 
dans  cet  ouvrage.  Il  y  a  du  bon  dans  ce  Livre. 
C^est  un  homme  qui  a  de  bonnes  qualités. 

Dans  ce  sens,  on  dit  même  Des  choses  nui- 
sibles, qnF.Ues  sont  bonnes  :  De  bon  arsenic, 
de  lnvi  i^ublimé  corrosif  j  de  bonne  clnuJ  •  et 
c'est  pour  dire,  Propres  à  faire  leur  efTct.  j 

Bo?»,  se  dit  aussi  Des  personnes  qui  cxcellenl  ' 
en  quelque  cliosc,  en  quelque  prolession.  Bon 
Citoyen.  Bon  Marcheur.  Bon  Capitaine,  Bon 
i^oldat.  Bon  homme  de  enterre.  Bon  Général. 
Bon  homme  de  cheval.  Bon  homme  de  mer. 
Bon  ouvrier.  Bbn  Médecin.  Bon  Philosophe. 
Bon  Poète.  Bon  Avocat.  Bon  Prédicateur.  Boit 
Orateur.  Bon  Grammairien. 

On  du  d'Un  liommequï  écrit  bien, qui  peînt 
bien,  qu'/l  ti  une  bonne  main-  qu'f/ne  noii^ 
velîe  vient  de  bonne  main,  pour  dire,  qu'EîIe 
vient  de  bonne  paît;  qu'(.'nc  a^f.ilre  est  en 
bonnes  mains,  pour  dire,  qu'Elle  est  entre  les 
mains  d'une  personne  qui  siura  bien  la  con- 
duire; et  qu*f/«  homme  est  en  bonne  mcin, 
pour  dire,  que  La  personne  qui  en  est  charriée 
en  aura  bien  soîn  ,  ou  bien  qu'il  est  sous  l'au- 
torité d'une  personne  qui  lui  fera  bien  fuire  son 
devoir.  Il  n'a  qu'à  se  bien  tenir,  il  est  en  tonne 
nmin.  L'éducation  de  ce  jeune  homme  est  en 
bonnes  mains. 

Bon,  signifie  aussi  Clément, miséricordieni*, 
et  c'est  dans  ce  sens  qu'on  dit,  que  Dieu  est 
fcoTi,  que  Dieu  est  tout  I>on,et  qu'on  se  sert  de 
ces  façons  de  parler  :  yiimer  le  bon  Dieu.  Prier 
le  bon  Dieu.  S'il  plaît  au  bon  Dieu. 

On  dit  par  exclamation.  Bon  Dieu!  pour 
marquer  La  suqirise  où  l'on  est  de  quelque 
chose,  iion  Dieu!  Vauroit-on  jamais  pu  croire  ? 

On  dît  aussi  Boni  pour  exprimer  L'élonne- 
ment,  le  doute  ou  l'incii-dulilé. 

Touf-Jt'-l'on.  Phrase  adverliiale,  interrof^a- 
tivc  quelquefois  avec  îronie  .et  tfTirmntive  de  l*i 
part  de  c*lui  qui  repond.  r<îul-£/c-bo» .'  Oui , 
Joiit-de-fco», 

Bon,  en  parlant  Dos  personnes,  signifie  In- 
dulgent, humain  .  facile  et  commode  ù  vivie.  l\ 
faut  être  bien  bon  pour  toujfrir  cela.  C'est  un 
trc!:-bon  homme.  C'«(  une  tréî-bonne  |cr?im». 
Un  homme  d'un  bon  commerce.  Ce  sont  à* 
lonnes  nent. 


iSî 


BON 


On  dit  d'Un  liomnie  simple  et  do  peu  îî^es-  *• 
prit, que  C'est  un  bon  Israélite:  et  à' Vu  liomnie 
aise  à  vivre,  et  qui  ne  prend  pas  garde  de  si 
prcs  \  l:i  plupart  des  choses,  on  dit  proverbial- 
et  familièrement,  que  C^est  un  bon  Prince.  Il 
est  bon  Prince. 

On  dit  dans  le  dbcoursfuroilier,  Bonhomme, 
bonne  femme  et  bonnes  nens,pour  sii^nifici  Un 
homme  et  une  femme  qui  sont  di'jit  dans  un 
âge  arancé.  Lebon  homme  se  porte  encore  bien. 
La  bonne  femme  n'en  peut  plus.  Les  bonnes 
gens  commencent  à  baisser.  On  dit  encore,  Ce 
wnt  de  bonnes  nenSj  vn  parlant  d'Une  famille, 
dune  s^jcitfié  composée  de  personnes  qui  ont 
de  la  honte  (  t  de  la  siniplicitt:.  Ces  tonnes  qens 
nous  ont  offert  tout  ce  qu'ils  avaient,  et  n^ont 
rien  voulu  recevoir. 

On  se  sert  aussi  du  mot  Bon  homme ^  en 
deux  sens  fort  diflcrens,  l'un  de  critique,  l'autre 
d'clo^e;  c'est  le  ton  qui  décide  du  sens.  Ou  dit 
d'Un  hoinrie  simple,  peu  avisé,  qui  se  laisse 
dominer  et  tromper  par  les  autres,  que  C'est 
un  bon  homme  :  et  l'on  dit,  avec  élof^e,  d'Un 
homme  d'esprit, plein  de  droiture, de  Ciindeur, 
d'afTection,  que  C'est  un  homme  de  mérite,  et 
un  très-bon  homme.  C'est  un  sî  bon  homme! 
La  première  qualité  dans  la  société  est  d'être 
bon  homme,  il  faut  être  bon  homme  avant  tout. 

Bon,  sif^nifit' aussi.  Propre  à  certains  usages. 
C*est  un  homme  bon  à  mille  choses.  C^est  un 
homme  qui  est  bon  à  tout.  Bon  à  employer^ 
bon  pour  le  conseil  ^  bon  à  avoir  auprès  dt  soi. 
Un  remède  bon  au  mal  de  tcte.  Cela  cM  bon  à 
ht  fièvre  j  contre  la  fièvre.  Une  viande  bonne  à 
manqer.  Du  vin  bon  à  boire.  A  quoi  cela  esi-i\ 
bon?  Cela  n'est  bon  à  rien. 

On  dit  proverbialement  dUn  homme  qui 
n'est  propre  à  rien,  qu'//  nesl  bon  ni  à  rôtir, 
ni  à  bouillir.  On  dit  d'Un  mdchont  homme, 
qu'/I  n'est  bon  qu''à  noyer.  Et  lorsqu'on  veut 
faire  entendre  que  ce  qui  a  été  bien  reçu  venant 
de  «quelqu'un,  anroit  été  lrè»-mal  reçu  venant 
d'un  autre,  on  dit.  iSt  un  autre  avoit  dit,  avoit 
fait  cela,  il  ne  seroit  pas  bon  à  jeter  aux  chiens. 

On  dit  d'Un  homme,  qu'il  est  bien  bon  de 
prétendre^  de  dire,  de  faire,  cfc.  qu'On  le  trouve 
Ion  de  dire,  de  faire,  de  prétendre ^  etc.  pour 
dire,  qu'il  n'est  pas  hien  fondé,  qu'il  n'a  nulle 
raison  de  prétendre,  de  dire,  de  faire,  etc.  Et 
on  dit,  qu7l  est  bien  bon  de  croire  une  chose ^ 
de  la  permettre,  etc.  pour  dircj  qu'il  wt  trop 
crédule,  trop  facile,  e'c. 

Dans  le  style  familier ,  en  parlant  d'Un 
homme  qui  a  réjoui  la  compa'^nic  par  les  choses 
qu'il  a  dites,  on  dit,  Il  a  été  bon  aujourd'hui. 
Et  en  parlinl  d'Un  mot,  d'un  cohte  qui  causo 
quelque  surprise  a'rénblc  ù  ceux  qui  l'enien- 
dcnt.  on  dit,  H  est  bon  là.  11  se  dit  aussi  iro- 
».jquement. 

Bon,  en  parlant  Hes  choses,  si|;nific  Avan- 
1ii!;cux,  favorable,  utile,  convenable.  Ceia  ne 
présaqe  rien  de  hon.  Voilà  un  bon  temps  pour 
les  voyageurs.  Le  temps  est  bon  pour  semer, 
pour  planter.  Voici  la  bonne  heure  pour  lui  i 
rarlcr.  ^ 

On    dit.  Prtndre  quelque  chose  en  bonne 


par^,  pour  dire,  Y  donner  un  sens  favorable 
lorsqu'on  pourroit  y  en  donner  un  autre,  ne 
s'en  point  ficher. 

Proverbialement,  lorsqu'un  créancier  ne  sp 
contente  pas  des  excuses  dont  on  lèvent  payer, 
il  dit,  Tout  cela  est  bel  et  bon,  mais  de  l'argent 
vaut  mieu.v.  La  mémo  chose  se  dit  i  ceux  qui 
en  veulent  amuser  d'autres  par  de  belles  pro- 
messes, par  de  vaines  espérances. 

On  dit  aussi  proverbialement,  Ce  qui  est- 
bon  à  prendre,  est  bon  à  rendre.  Mais  cela  ne 
se  dit  guère  que  par  celui  qui  ayant  trouvé 
qud'juc  chose,  le  prend,  et  compte  que  le  pis 
qui  puisse  arrivcr.r'est de  le  rendre.Et  on  dit, 
A  quelque  chose  malheur  est /ion,pourdire.que 
Quelquefois  un  niallieurquianiveest  l'occasion 
d'uu  bien. 

On  dit  proverbîaleraent,  qu7/  fait  bon  en 
im  endroit,  pour  dire,  qu'On  y  est  aj^réable- 
ment  et  h  son  aise.  Et  en  parlant  d'Un  ftmps 
propre  et  commode  pour  parler  à  un  homme , 
on  dit,  qu'il  y  fait  bon  :  comme  au  contraire, 
en  parlant  d'Un  homme  austère,  difficile,  fâ- 
cheux ou  dangereux  ,- on  dit,  qu'//  ny  faA 
pas  hon. 

On  dit  aussi  proverbialem.  Il  fuit  hoti  vivre 
et  ne  rien  savoir,  on  apprend  toujours;  et.  Il 
fait  hon  battre  gloricu.r,  il  ne  s'en  vante  pas. 

On  dit  proverbialement,  Bon  cela,  pour. 
Approuver  une  chose,  après  en  avoir  désap- 
prouvé une  autre;  et  Bon^  pour  signifier qu<  In 
acquiesce  h  une  proposition,  ou  siinplcmtiil 
auvn  a  entendu- 

An  Jeu,  on  dit,  Faire  bon,  pour  dire.  Ré- 
pondre qu'on  paiera  ce  que  l'on  pourra  perdre 
au-dcK'ide  ce  qu'on  a  au  jeu.  Faire  bon  partout. 
Faire  bon  de  tant.  Et  on  dit  en  termes  de  Fi- 
nances, Faire  les  deniers  bons,  pour  dire,  Se 
rendre  garant  du  paiement  de  la  somme  dont  il 
est  question. 

Bon,  e'^t  aussi  emplové  abiiolument  et  soli- 
laîrcment  en  diverses  autres  pliroses.  Ainsi  on 
dit,  Trouver  bon,  pour  dire.  Approuver,  per- 
mettre, avoir  agréable;  Trouver  tout  bon^  pour 
dire,  S'accouinit)der  presque  également  de  tout: 
Tenir  borr,  pour  dire,  Résister  avec  fermeté; 
iSenfiV  hon,  pour  dire,  Avoir  une  oileur  agréa- 
ble ;  et,  CorJtcr  bon,  corîfer  fconnc,  pour  dire, 
CoiUer  extr^-memcnt  Jier. 

Bo^',  joint  avec  les  motsdeGcnic et  Démon, 
signifie,  Bienfaisant,  favoral^lc.  Ainsi  on  dit, 
Ce  son  bon  Génie  qui  iu  in:<pité.quiVa  con- 
duit. Et  on  appelle  BonAnqe,  l'Ange  CJardien. 
5c  recomni(in(/tT  à  son  bon  Anqc. 

On  dit  par  caresse  k  quelqu'un  dont  on  dé- 
sire les  conseils.  Vous  serez  mon  bon  Angc^ 
Vous  me  préserverez  de  chute. 

On  dit  familièrement  d'Un  homme  gai,  d.: 
bon  caraclfcre,  qui  ne  se  fiche  pas,  C^est  un 
bon  diable.  Il  est  sans  esprit,  assez  bon  diable 
du  reste. 

Bon  ,  en  parlant  d'Un  homme,  se  joint  avee 
certains  substantifs,  avec  lesquels  il  ne  signifie 
autre  chose  qu'Un  homme  de  bonne  humeur  ei 
commode  àvivre. C'e^t  un  hon  compagnon,  un 
bon  vivant, ui.bor  enfant ^un  bon  garçon,  un 


BON 

hon  drôle.  On  dit  d'Un  liomme  fin  et  nisé,  que 
C'est  un  bon  Apôtre.  Et  dans  le  style  familier, 
soit  par  injure,  soit  pir  plaisanterie,  on  dit. 
C'est  un  bon  coquin,  un  bon  fripon,  un  bon 
débauché,  un  bon  vaurien,  une  bonne  âme^ 
une  bonne  pièce,  une  bonne  bète,  un  bon  bec; 
et  par  exclamation ,  La  bonne  pièce!  la  bojuH 
îîme!  la  bonne  béte! 

On  dit,  qu'Un  homme  a  le  corps  bon,  et 
que  C'est  un  bon  corps  d  homme,  pour  dire , 
qu'il  est  sain,  robuste,  vigoureux;  qu'il  u  bon 
pied,  pour  dire,  qu'il  marche  bien,  qu'il  va 
bien  du  pied;  qu'il  a  bon  pied,  bon  œil,  poiur 
dire,  qu'il  est  agile,  akrte ,  éveillé,  ce  qui 
signifie  aussi  figurément  qu'il  est  actif ,  vigilant 
sur  tout  ce  qui  l'intéresse;  et  qu'il  a  encore 
le  cœur  bon,  pour  dire,,  qu'il  a  encore  de  la 
force. 

On  dit,  qu'Un  homme  est  de  bonne  maûon, 
pour  dire ,  qu'il  est  d'une  aneienne  Pioblesse. 
Kl  lorsqu'un  homme  qui  a  famille  mène  une 
vie  rangée,  économe,  ou  dit,  qu'/I  fera  bonne 
maisott. 

On  dit  d'Un  homme  franc  et  sincère,  que 
C*est  un  bon  Gaulois;  et  d'Un  homme  franc 
et  sans  finesse,  qu'il  y  va  de  bonne  foi,  qu'il 
y  va  tout  à  la  bonne  foi. 

Bon,  en  parlant  des  choses,  signifie  quel- 
quefois Grand,  et  sert  à  donner  plus  d'énergie 
et  de  force  aux  substantifs  avec  lesquels  il  s«i 
joint.  Ilya  une  bonne  lieue  d''ici  là.  Il  y  a  unt 
bonne  journée  d'ici.  Boire  un  bon  verre  devin. 
Vous  fU'cj  une  bonne  traite  à  faire.  Il  y  a  un* 
bonne  heure  que  je  vous  attends.  Je  vous  dis  t>i9 
bonne  fois  pour  toutes.  Donner  u.ibon  soufflet, 
un  bon  coup  d'épée.  Avoir  une  bonne  jièvre. 

Bon,  se  joint  aux  mots  de  temps,  de  jour, 
û'heure,  d'an  vt  d'année,  avec  des  significa- 
tions assez  différentes  l'une  de  l'autre.  Ainsi  on 
dit.  Avoir  bon  temps,  se  donner  du  bon  temps, 
prendre  du  bon  temps,  pour  dire,  Se  divertir. 
Et  en  termes  de  civilité.  Donner  le  bon  jour  à 
quclquun ,  lui  souhaiter  le  bon  jour,  lui  sou- 
haiter la  bonne  année.  Et  dans  le  style  fami- 
lier. Bon  jour  et  bon  an. 

Bonne  Année j  se  dit  aussi  pour  dire  Une 
annt't;  fertile  et  abondante.  El  ou  dit  prover- 
bial* aient.  Bon  an,  mal  aii,  pour  dire,  l.e  pro- 
liuit  d'une  année  compensant  celui  de  l'autre 
5(1  terre  vaut  dix  mille  livres  de  rente  bon  a 
mai  an. 

Bon  Joun  ,  se  dit  aussi  jïour  signifier  Un 
jour  de  Fête.  C'est  aujourd'hui  un  bon  jour. 
El  lorsqu'on  parle  d'une  méchante  action  faitfl 
en  un  jour  colennel,  on  dit  pioverbialemeut  vt 
ironiquement,  Bon  jour,  bonne  œuvre. 

On  dit  populairement.  Faire  son  bon  jour, 
pour  tlire.  Communier,  recevoir  lo  Sacremuit 
de  l'Eucharistie. 

On  dit  aussi,  Les  bonnes  Fêles,  pour  dire. 
Les  grandes  Fêtes.  Il  ne  va  au  sermon  que  le» 
bonnes  Fêtes. 

Bo\N£  Helue,  outre  la  signification  dont  ou 
a  déjà  parlé,  se  dit  dans  diverses  outres  ucccjv 
lions.  Ainsi  on  dit ,  Dehonnc  /icurc,pour  dir»f, 
lût.  Tâchez  de  venir  de  bonne  heure.  Il  est 


BON 

encore  At  honne  heure ^  pour  dire,  À  temps ,  h 
propos.  'Vous  venez  à  la  honne  heure.  On  di( 
aussi,  A  la  honne  heure,  pour  iniir(|Ufr  uc  cs- 
p(îce  d*;ipprobation  de  quelque  chose.  On  le  dil 
aussi  poirr  exprimer  rindiilirence.  Il  tne  me- 
nace! à  la  honne  heure  y  Passe,  je  m'en  inquièlc 
peu. 

On  dit.  Bon  visaqe  tVHutc^en  parlant  d'Un 
Iiommc  qui  fait  bien  les  liunneurs  de  cliez  lui , 
Faire  bon  visage  à  (luAquun^  lui  faire  hon 
accueily  lui  faire  bonne  mine,  jwur  dire.  Lui 
faire  un  accueil  agréable,  le  recevoir  civilement; 
Faire  t^uel^ue  chose  ^  donner  (juel(fue  chose  de 
honne  gnlce,  pour  dire,  Dune  maniètc  gra- 
cieuse et  lionnète;  et ,  Avoir  honne  grâce  à  faire 
tjuel(iuc  chose,  pour  dire,  S'en  bîtn  acquitter. 
JI  danse  de  Confie  grâce.  On  dit  aussi  d'Un 
homme  qui  dît  ou  qui  fait  quelque  chose  de 
zual  h  propos,  et  qu'il  ne  devroit  pas  faire, 
qu^l  n'a  pas  honne  grdce  d'en  user  de  la  sorte. 

On  dit  qu'Une  chose  fait  honne  houchc, 
pour  dire,  qu'Elle  laisse  un  goilt  agréable  ix  la 
bouche;  et  tiguréniont ,  Garder  une  chose  pour 
la  honne  bouche^  pour  dire,  La  reserver  pour 
la  dcrnitTC  comme  la  plus  agréable;  et  dUn 
Lonmie  qui,  après  avoir  fait  plusieurs  pièces  à 
quelqu'un,  lui  eu  fait  une  dernière  plus  san- 
glante que  les  autres,  on  dit  qu7i  la  lui  gar- 
dait pour  la  honnahouche. 

On  dit,  Rester  sur  la  bonne  houche ,  pour, 
S'irrèler  apr^s  quelque  chase  d'agrcaLle,  sans 
tiiquer  le  retour.  //  a  gagné  cent  louis  an  jeu, 
ft  if  s'ist  retiré,  afin  de  rester  sur  la  honne 
houche. 

lio^SE,  est  aussi  employé  sans  aucun  suhs- 
tAutif  précédent  ('ans  les  phrases  suivantes:  La 
bailler  bonne  à  (jnel(ju'uji ,  pour  dire,  Lui  faire 
quelque  pièce;  et,  La  lui  garder  honne,  pour 
dire,  Conserver  du  ressentiment  avec  dessein 
de  se  venger  dans  roccasion.  Ces  phra.es  sont 
du  style  funiiliir. 

On  dit.  Jouer  hon  jeu,  bon  argent,  pour 
dire,  Jouer  tt'rieusemcnt,  et  avec  obligation  da 
puver;  cl  fi^urémcnt,  )  aller  hon  jeu,  hon 
argent,  pour  dire.  En  user  sans  ménagement , 
comme  deux  personnes  qui  se  battent,  qui  plai- 
dent, qui  disputent.  Ils  y  vont  bon  jeu,  btpu 
arqent.  fiect'i'oir  de  l'argent  à  compte ,  pour 
dire,  A  déduire  sur  ce  qui  est  dû.  Et,  Â  tout 
ion  compte  rcv'eniV,  jwur  dire,  Sans  préjudice 
des  erreurs  de  calcul.  On  dit  aussi,  qu'C  u 
homme  est  un  homme  de  bon  compte  ,  pour 
dire, qu'il  est  fidèle  dans  les  comptesqu'il  rend; 
et,  Rendre  hon  compte  de  sa  conduite ^  pour 
dire  .  Faire  connoitre  qu  on  n  tenu  une  con- 
duite .'i  laquelle  il  n'y  o  rien  a  reprendre. 

On  dil.  Donner  de  bonnes  enseignes  de  Quel- 
que cnose,  pour  dire.  L'indiquer  par  des  mar- 
que» fariles  h  reconnoître.  Et  adverbialement, 
A  ùonnes  enseignes^  pour  dire,  .Vvec  une  con- 
noissauce  suflisanle  tic  ce  qui  est  à  faire,  avec 
«nreté.  /.'  ne  veut  payer  qu'à  bonnes  enseupies. 
Jt  n*y  ucitr  aller  rjii'ù  bonnes  enscignef. 

On  dit  qu'f  n  cheval  galope  sur  le  hon  piedy 
pour  dire.  qu*Eu  p'Iopnnt  il  Icvr  le  pied  droit 
le  premier.  Kl  Cgurénici.t  on  dil:  Mettre  quel' 
i  orne  /, 


BON 

qu^un  sur  le  hon  picâ,  pour  dire,  Le  réduire  à 
faire  ce  qu'il  doit,  5  faire  ce  (pi'on  exy;e.  //  ^i- 
svit  le  sutlisant ,  mais  je  l'ai  mis  sur  le  hon  pi^d. 
Kt  un  dit  aussi  d'Un  homme  qui  o  de  la  répu- 
tation, du  crédit,  qu7/  est  sur  un  Ion  pied  dam 
le  monde. 

On  dit  proverbialement ,  Après  bon  vin ,  bon 
chcvalj  pour  dire,  que  Quand  on  a  un  peu  bu, 
on  fait  aller  son  cheval  meilleur  train. 

On  dit  fimilièienient  en  parlant  de  vin,  Ti- 
rer du  bon, (^o'wilt  dn  hon;  et  proverbialement , 
Qui  hon  V achète  j  hon  le  boit.  Kt  cela  ne  se  dit 
pas  seulement  du  vin,  mais  figurém.  de  toute 
autre  marchandise,  pour  dire,  qu'il  n'y  faiil 
pas  plaindre  l'argent,  et  que  quand  on  l'achète 
honne,  ou  s'en  trouve  bien. 

On  dit  aussi  proverbialem.otligurém.yi  bon 
vin  il  ne  faut  point  d^enseigne.  Et  il  se  dil  gé^ 
néralenicnt,  pour  marquer  qu'Une  chose  qui 
est  bonne  n'a  pas  besoin  d'être  annoncée  par 
aflbdje. 

On  dit  aussi  proverbialement,  A  hon  chat 
bon  rat ,  pour  dire .  Bien  attaqué  ,  bien  défendu  ; 
et,  A  bon  entendeur  suiuf.  Quand  on  veut  faire 
entendre  quelque  ciiose  h  quelqu'un,  en  ne 
s'expliqnant  qu'à  demi.  Untcl  a  dit  telleet  telle 
chose,  à  bon  entendeur  salut. 

Bon,  se  prend  qtielquefois  substantivement, 
et  signifie,  Bonne  qualité,  ce  qu'il  y  a  de  bon 
dans  la  personne  ou  dans  la  chose  dont  il  s'agit. 
C'est  un  homme  (fui  a  du  bon  et  du  mauvais. 
Un  fils  gui  n'a  pris  de  son  père  cfue  le  bon.  La 
pièce  dont  vous  parlez-  a  des  défauts,  mais  il  ne 
laisse  pas  d'y  avoir  du  Oon.  taire  nn  erfruil 
d'un  Livre,  et  en  tirer  tout  le  honj  en  prendri 
tout  \e  bon. 

Il  signifie  aussi  Ce  qu'il  y  a  d'avantageux, 
d"inq>ortanl ,   de  principal  en  quelque  chose. 

Le  hon  de  VafJ'uire  est  (jue On  dit,  Le  bon 

de  l'histoire,  le  bon  du  conte,  pour  dire,  Ce 
qu'il  y  a  de  plaisant  dans  le  récit  qu'on  fait 
d'un  conlc,  d'une  bisiorielte. 

On  dit  queDe-tncns  d'afpiircsontcu  dubon 
dans  un  paiti,  dans  un  traité,  pour  dire, 
qu'ils  y  ont  trouvé  du  gain,  du  profit.  Et  en 
parlant  d'une  afîliii-c  d'argent ,  d'une  entreprise 
lucrative,  on  appelle  Le  revenant  hun .  Ce  qui 
en  revient  de  profit.  Ils  ont  eu  tant  de  reve- 
nant bon  dans  ce  traité,  dans  cette  afftiire.  On 
appelle  aussi  Deniers  nvenann  bon*,  J^somme 
qui  reste  d'un  fonds  qu'on  avoit  destiné  pour 
quelque  dépense. 

BON.  s.  m.  La  girantic,  l'assurance  par  écrit 
il'unc  chose  promise.  Le  bon  du  Roi,  pour. 
Son  agrémeut  ;  Le  hon  d'un  Ministre,  pour. 
Son  consentemeut  par  écrit;  Le  bon  d'unlian- 
guicr,  pour ,  Sou  acceptation  ;  Un  hon  de  Fer- 
mier Général,  pour,  La  promesse  signée  d'une 
place  de  Ft  rmier  Gcueral. 

On  dil  d'Un  lionuuc  facile  jusqu'à  l'excès, 
qui  ne  refuse  &on  con.sentcinent  h  ricc,  qu'/i 
met  son  bon  à  tout.  On  dit  aussi  d'Un  homme 
qui  domine  dans  une  iociété  d'affaires,  On  ne 
peut  se  passer  de  son  bon  sur  rien. 

Ho** ,  est  iéUssI  une  copiée  d'adverbe  dont  on 
•e  siTl  pour  maïquL.  qu  L-'u  approuve  la  choM 


BOX 


i53 


dont  il  s'agit.  Vouj  avez  fiit  telle  démarche? 
bon. 

Il  se  'dit  aussi  pur  une  csjx^cc  d'inlerjeclion 
de  surpri'ie  ,  ou  iii  plaisanterie,  et  pour  mar- 
quer qu'on  ne  fuit  nul  cas  de  la  cliose  dont  il 
s'agit.  Vou*  i/i'lis  qu'il  s'eit  jilchc  contre  moi? 
hon  ! 

On  dit.  Tout  de  hon  ?  pour  dire,  Sérieuse- 
ment. Piirlez-i'otts  tout  de  hon? 

ItONNK.  s.  f.  Femme  cliarçi'e  de  veiller  sur 
un  enfant,  de  l'amuser.  Une  honne  d'cnfuitt. 
Allez,  petit,  rejoindre  voire  Bonne. 

On  dit.  Des  contes  de  Bonne;  et,  Il  juiil 
conter  cela  à  quelque  Bonne ,  pour  dire,  À 
qiiriquf  femmelette. 

IioNN£  AVEsri;nE.  Aventure  heureuse.  /(  lui 
est  arrivé  une  assez  honne  m'enlnre.  Il  se  dit  sur 
tout  Des  vaines  prédictions  de  l'avenir,  et  par- 
ticulièrement des  prt-dictions  qu'on  fait  sur 
l'inspection  de  la  main.  Se  faire  dire  sa  bonne 
aventure.  Une  diseuse  de  bonne  aventure. 

liosvE  FonTfSE.  Ce  qui  arrive  d'avantageux 
et  d'in-'iltendu.  Il  lui  est  arrivé  une  honne  for- 
tune depuis  peu.  Dans  le  discours  familier,  on 
appelleCoiinc;  fortunes,  Les  faveurs  des  femmes. 
Il  a  eu  plusieurs  bonnes  fortunes.  C'est  un 
homme  à  bonnes  fortunes. 

Bonne  cnACE,  outre  la  signification  qui  a 
été  marquée  ci -dessus,  se  dit  Des  lés  d  étofi'e 
qu'on  att.iclie  vers  le  clievet  et  vers  les  pieds 
rl'un  lit ,  |)Our  accompagner  les  grands  rideaux. 
Les  bonnes  qrdecs  d'un  lit. 

BoN.NE  VOGUE.  Terme  pris  de  l'Italien  »l 
jui  se  piDuonce  eomme  oillc.  Il  se  dit  De  celui 
qui  se  loue  pour  ramer  sur  une  galère ,  et  qu'or, 
appelle  commuuémint  .Marinier  de  rame.  H  y 
a  dix  bonnes  voqlies  sur  cette  qalère. 

Il  s'emploie  adverhialem.  dans  cette  phrase , 
De  bonne  voqlie,  qui  signifie,  De  bonne  vo- 
lonté. Faire  quelque  chose  de  bonne  vcqlie. 

BON.\CE.  s.  f.  Calme,  tranquillité.  11  ne  se 
dit  guère  qu'en  parlant  De  l'état  où  est  la  mer 
quand  elle  est  calme.  Un  temps  de  honace.  En 
bonaee.  Etre  en  bonace.  La  bonace  retarde  les 
vaisscau.v  sur  la  mer. 

BON-AS.SE.  adj.  des  2  genres.  Simple  et  sans 
aucune  malice.  11  ne  se  dit  gucT  que  d'Une 
personne  de  peu  d'esprit.  Il  est  bo.insse,  lotit 
bonasse. 

BO>"BA>'C.  ».  m.  Pierre  blanche  des  c.ir- 
rières  de  Paris,  propre  h  des  ornemens,  à  faite 
des  colonnes,  etc. 

BONBON,  s.  m.  Terme  de  Confiseur.  P.'.tcs . 
friandises.  Il  y  en  a  de  l)eaueoup  d'esp^-cs.  Vn 
tel  vend  toutes  sortes  de  bonbons.  Ce  bonbon 
est  excellent  pour  le  rhume. 

On  promet  du  bonbon  aux  enfans ,  et  ce  mot 
semble  tiré  de  leur  langage.  Ne  pleura  pat, 
vous  aurez  du  bonbon. 

BONBONNlItRE.  s.  f.  Boite  i  bnnboiu. 

BON-CHRÉTIEN,  s.  maso.  Sorte  de  grosse 
poire.  Bon-c/irélîcn  d'été.  Bon-chrétien  d'hiver. 

BOND.  s.  m.  Le  saut,  le  rejaillissement  que 
lait  un  ballon,  une  balle,  ou  autre  chose  sem- 
blable, lorw]u'étint  tombée  ^  terre  elle  se  re- 
lève plus  ou  nioind  haut.  La  balU  n'a  point  fait 

ao 


^^ 


V,  o  '^ 

de  honA.  Attethhc  la  boUe  nu  boni.  Prendre  la 
bulle  au  bond.  Ln  halle  a  fait  deux  fconcîs,  (rois 
tonds.  Le  boulet  de  canon  /i(  plusieuts  bonds. 
Entre  bond  et  volée. 

On  dit  figiirdm.  Prendre  lu  balle  au  bond, 
pour  dire  ,  Fuirc  une  cho«!  précisément  dans 
le  nic:nfnt  qu'elle  est  faisable.  Et  en  pnrlant 
«îune  chose  qu'on  relève  après  iiuel'iic'iin,  on 
dit,  que  Ce  n'est  (jue  du  second  bond. 

Ou  dit  aussi  BgurL-m.  Prendre  la  bnlh-  entre 
bond  et  volée,  pour  dii-e,  Taire  une  chose  dans 
un  nicmcnt  après  lequel  il  seroit  à  craindre 
qu'elle  ne  manquât;  et,  Fain-  m-.n  r)iosc  font 
je  bond  que  de  volée,  pour  dire,  I.a  faire  d'une 
manière  ou  d'une  autre,  selon  qu'on  le  peut. 

On  dit,  qu'f'nc  (mile  fait  un  faux  bond, 
Lorsqu'en  faisant  le  l)ond,  elle  s'écarle  du  lieu  I 
où  vraiseniblalilenient  elle  dcvoit  retomber.  Kt 
on  dit  fij^urénient,  qu'l/n  licmme  a  fait  fuix 
bond  à  un  awfre,  pour  dire,  qu'il  a  manqué  j 
ses  cngagemens,  i  ce  qu'on  étoit  en  droit  d'at- 
tendre de  lui.  Il  m'a  fait  faïuc  bond.  Faire  f:u.i: 
bond  à  son  maître,  à  son  ami.  ' 

On  dit,  Faire  faux  bond  à  son  honneur, 
jinur  ilirc,  i^Ianquer  Si  ce  que  l'on  doit  i  son 
lionncur.  Et  on  dit,  qu't'ne  femme,  qu'une 
fdle  a  fait  faiLt  bond  à  son  honneur,  pour  dire, 
qu'Elle  a  manque  à  son  honneur. 

On  dit  d'tJn  cheval  ,  d'un  ciievrcui!  et  de 
qupUjurs  autres  animaux,  qu'Us  vont  par  bond.-;, 
i\u'ils  ne  vont  ijuc  par  sauts  et  par  bonds,  pont 
dire,  qu'ils  ne  ll)nt  (pie  sauter.  La  nicnic  chose 
se  (lit  d'tÎTi  jeune  l'f.nmie  aui  ne  fait  cjue  sauter 
cl  gambader.  Et  fignrément,  en  parlant  d'Un 
homme  dont  le  discours  est  inégal,  sans  suite 
et  par  sailli  s,  on  dit,qu'7l  m'  va  que  par  sauli 
et  par  bonds, 

B0NI3.\.  s.  m.  Arbre  d'Afrique.  C'est  le  plus 
gros  et  le  plus  haut  des  arbres ,  dont  on  fait  des 
canots  d'une  grandeur  eylraordinaire. 

BONllE.  s.  f.  Pièce  de  bois,  qui ,  étant  baissée 
ou  haussée,  sert  h  retenir  ou  ii  lielier  l'eau  d'un 
ét^tng.  Lever  la  bonde.  Hausser  la  bonde.  Liîclier 
Va  bonde. 

Ou  dit  figurémcnt  et  fainilièrera.,  h'.cUer  la 
bonde  à  ses  larmes,  à  ses  plaintes,  lilcher  la 
bonde  à  sa  colère,  pour  dire,  Donner  un  Ifbre 
coin-s  à  se  j  larmes ,  ù  ses  plaintes ,  îi  sa  colère ,  etc. 

BosDE ,  se  dit  aussi  d"Jn  trou  rond  fait  dans 
un  tonneau ,  pour  ve.'.'er  la  liqueur  d(;dans. 
Tampon  de  bois  qui  sert  à  boucher  ce  trou. 
Voyez  lioxDON. 

BONOIR.  V.  n.  Kairo  un  ou  plusieurs  bonds. 
Les  boulets  de  canon  bondissent  sur  le  pavé, 
dans  les  champs  ,  sur  la  mer.  Cette  balle  est 
trop  molle,  elle  ne  bondit  point. 

Il  se  dit  aussi  De  certains  iinimnux  qui  vont 
quelquefois  en  sauLiut.  I  es  agneaux  bondis- 
saient dans  les  eumpanncs.  Un  cheval  quihondit. 

Figurémcnt,  lorsqu'on  a  une  extrême  répu- 
gnance pour  un  aliment,  ou  pour  quelque  autre 
chose  qi:v  fait  soulever  l'estomac,  on  dit.  Cela 
fait  bondir  le  cfrur.  Le  cœur  me  bondit. 

BONDISSANT,  AKTE.  odj.  Qui  bondit,  les 
nqncau.x  bondissans. 

BOSDISSEMEM'.  s.  m.  Mouvement  de  re 


BON 

qui  htindit.  I.e  huiidiisemcnt  des  agneaiLV  dans 
une  prairie. 

BONDON.  s.  m.  Morccnu  de  hoîs,  dont  on 
bouche  le  trou  par  où  l'on  remplit  un  tonneau, 
un  muid.  Le  houdun  d'un  muid. 

On  appelle  aussi  Bondonj  L'ouverture  où 
l'on  place  r(!  morceau  de  lîoîs. 

liONDONXKR.v.  a.Meltrcunboadon.Bon- 
Jomitr  un  muid.  Bqndonncr  un  tounatii.  On 
bondonne  le  vin  quand  il  a  houiili. 

ÉONDONNÉ,  ÉK.  participe.  Tonncanr  hun- 
donîiés.  Une  fiitaiUe  nuil  hondonnéc. 

BONDUC.  s.  m.  Plante  d'Ameritiuc.  Elle 
croît  de  la  liaulcur  d'un  homme.  Ses  fouilles 
ont  quelquefois  deux  pieds  de  longueur. 

BON-HIilMil.  Voyez  Pate-u'Oie. 

ItONMEÏUÎ.  snbst.  m. Félicite, dlat  heureux. 
Grand,,  vrai  bonheur.  Véritable  bonheur.  So- 
lide bojiheur.  Bonheur  parfait.  Bonlieur  appa- 
rent. Jouir  du  bonheur  de  la  i>ie.  Perdre  le. 
bonheur  de  la  vie.  Rien  ne  trouble  son  bonheur. 
Le  bonheur  de  l'État.  Le  bonheur  du  rccjnc. 
d^un  Roi.  Contribuer  au  bonheur  de  ijucl- 
qu'un^  faire  son  bonfieur.  Env'.erlc  bonlicur  di 
(juelquun. 

Il  signifie  aussi  Prospérité,  événcmejjr  heu- 
reux, bonne  fortune.  Bonheur  inespéré.  Il  lu: 
est  arrive  un  fjrand  bonhcin\  Jouer  avec  bon- 
heur. Jouer  de  bonheur.  Il  a  du  hvnheur.  Étri 
en  bonheur.  Prendre  part  au  bonheur  de  quel- 
qu''un,  s*inxcrcsser  au  bonheur  de  ses  amis.  Un 
coup  de  boyihcur.  Avoir  plus  Je  bonheur  que  dt 
mérite.  Il  s'en  est  tire  par  le  plus  (jrand  bof- 
heur  du  monde.  Kt  dans  ce  s;'ns  il  a  un  pluriel 
71  lui  est  arrive  plusieurs  bonheurs  en  un  jour. 

Avoir  lk  ïiONiit;i:i\,  est  une  façon  de  parler 
du  style  familier,  et  dont  on  se  sert  parciviliti;, 
par  compliment.  Il  est  trop  hctireux,  puisqîi'H 
a  le  bonheur  de  vous  plaire.  Depuis  que  je  n'ai 
eu  le  bonheur  de  votis  voir. 

On  dit  adverbialement,  Par  fion/icur,  pour 
dire ,  Heureusement.  7/  arriva  par  bonheur  pour 
lui  que 

BONHOMIE,  s.  f.  Ce  mot  exprime  une  mn- 
nirre  d'être  qui  reunit  la  bonté  du  cœur  et  la 
simplicité  extérieure,  mcmc  dans  les  moindres 
iluises.  Cest  un  homme  plein  de  bonho:nic.  Il 
est  du  style  familier. 

On  dit,  Des  bonhonics  au  pluriel  dan  un 
sens  particulier.  Tl  signifie  Dv's  propos  un  peu 
simples.  Il  m'fl  confé  ses  bonhomies  à  son  aise. 
Il  est  aussi  du  style  familier. 

BONH-'ICATION.  s.  f.  Amélioration,  au2- 
nienlationdu  produit  d'une afTairc.  Celte ajjhirc 
est  susceptible  d'une  qrande  bonification. 

BONIKIER.  V.  act.  Mettre  en  meilleur  étal. 
Bonifier  des  terres^  en  les  fumant^  en  les  ïimr- 
nant.  Plusieurs  choses  se  bonifient  étant  gar- 
dées ^  telles  que  le  ui«,  le  cafJ,  etc. 

BoNiFiEn  ,  signifie  aussi  quelquefois,  Faire 
bon,  suppléer.  Si  cette  j>lace  ne  vous,vaut  pas 
mille  écus^  je  vous  honifcrai  ce  qui  s'en  man- 
n  liera. 

Bonifié,  ék.  participe. 

BOMTK.  s.  f.  Poisson  de  mer.  La  bonite 
fait  la  guerre  awc  poissons  volans. 


BON 

BONJOUR,  s.  m.  Manière  de  parler  dont  on 
se  sert  pour  saluer  quclqu'mi.  Bonjour,  Mon- 
sieur. Je  l'OHs  donne  le  bonjour.  Je  vous  soU' 
haite  le  bonjour.  Ces  manières  de  parler  sont 
familières,  et  ne  s'emploient  guère  que  de  su- 
périeur à  inférieur,  ou  d'égal  i  ég,il. 

BOSNE-D.IME.  s.f.  Plante polagèrc,  qu'on 
nomme  encore  Arrache. 

BONNEMENT,  adv.  De  bonne  foi ,  naivc- 
ment,  avec  simplicité.  //  a  dit  bonnement  ce 
qu'il  en  pense.  Je  vous  l'ai  dit  tout  bonne- 
ment. J'y  -nais  tout  botinemenl  sans  y  entendre 
finesse. 

BoSNEïiEST,  se  dit  quelquefois  pour  Préci- 
•-ément  ;  et  alors  il  ne  s'en;ploie  jamais  qu'avec 
la  négative.  Je  ne  sais  pas  bonnement  combien 
il  y  a  d'ici  Ici,  On  ne  saurait  dire  bonnement 
ce  que  c'est.  Il  est  du  style  familier. 

PO.NNET.  s.  ni.  Espc-ce  d'habillement  do 
tète.  Bonnet  de  laine.  Bonnet  de  satin.  Bonnet 
/'i(/iié.  Bonnet  à  V.inyluise.  Bonnet  de  ni:'.<. 
Bonnet  carré.  Bonnet  à  corne?.  Bonnet  de  Doc- 
teur, Bonnet  rouge.  Bonnet  de  Cardinal,  Au~ 
trefois  en  France,  tout  le  mande  neportoitque 
des  bonnets. 

On  dit.  Prendre  le  fconnel  de  Docteur,  cl 
absolument.  Prendre  le  bonnet,  pour  dire,  Se 
faire  recevoir  Docteur;  et.  Donner  le  bonnet  à 
q)ielqu'un,  pour  dire.  Lui  meltie  le  bonnet  de 
Docteur  surlatète,T!.insutic  fonction  publique. 

On  dit.  Opiner  du  bonnet,  pour  dire.  Se 
déclarer  de  l'avis  d'uu  auti-e ,  sans  l'appuyer 
d'.'iucune  raison,  ef  er)  '"«l.nnt  s'-ulcment  son 
bonnet,  H  n'a  fait  qu'opiner  du  bonnet;  et, 
Cchi  a  pa.^sé  au  bonnet,  du  bonnet,  pour  dire, 
Tout  d'une  voix. 

On  dit  aussi  au  P,ilais,qu'6'"C  c/iote  ii  passé 
à  volée  de  bonnet ,  pour  dire ,  que  'l'ous  les  avis 
ont  été  prompts  et  uniformes. 

On  dit,  qu'(7n  homme  a  pris  le  bonnet  vert, 
qu'il  porte  le  bonnet  vert,  pour  faire  entendre 
qu'il  a  fait  cession  de  biens,  "afin  de  se  sous- 
traire h  la  punition  de  la  banqueroute;  et  ctttc 
façon  de  parler  vient  de  la  coutume  qu'on 
avoit  autrefois"  de  faire  prendre  un  bonnet  vert 
il  ceux  qui  faisoient  cession  de  leurs  liiens. 

On  dit  proverbialcmeat  et  populairement. 
Jeter  son  bonnet  par-  dessus  les  moulins,  pour 
dire,  N'être  arrêté  p  r  aucune  considération, 
braver  l'opinion,  les  inronvcnicns,  les  consé- 
quences. 

On  dit  aussi  fainilièrcment,  qu't'n  Aomme 
a  pris  une  chose  sous  son  bonne!,  pour  dire, 
queC'esl  une  chose  qu'il  a  im,ngin(!e,  et  qui  n'a 
point  dr  fondement. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  A'oir 
la  tête  près  du  bonnet,  pour  dire, Etre  prompt, 
colère,  aisé  h  se  fâcher;  et,  -VcKre  son  fconnel 
de  travers,  pour  dire,  Entrer  en  méchante  Int- 
ineur. 

On  dit,  Mcllre  la  main  au  bonnet,  ôtcr  son 
bonnet,  pour  dire.  Mettre  la  main  au  chapeau, 
otei  son  chapeau  par  respect.  Ce  sont  des  yen» 
dont  il  ne  faut  parler  que  la  main  au  bonnet, 
niic  le  bonnet  ci  la  main. 

Proverbialement  et  figurémint,  en  pailonl 


BON 

D»  .1cm  ou  Irais  personnes  lices  cl'araitic  cl 
d'iiitiirèt ,  et  toujours  d'un  uiéjne  sentiment ,  on 
dit,  eue  Ce  sont  deux  tcies,  que  te  sont  Iroù 
ietes  dans  un  bonnet. 

On  dit  aussi  proverbialem.  (ju't/n  homme 
ett  Irisle  comma  un  donne!  de  nuit  sans  coijjo, 
pour  dire,  qu'U  a  I  air  triste  et  recljigné.  Et 
pour  marquer  (jti'il  n'y  a  presque  poiul  de  dif- 
férence entre  deux  clioses  dont  on  parle,  on 
dit,  Que  C^est  bonnet  blanc ^  et  blanc  bonnet. 

On  appelle  familièrement  Gros  bonnet,  Un 
personnage  important  daits  une  Communauté. 

BONNET ADK.  s.  f .  Coup  de  l.onnet ,  révé- 
rence. Il  ne  se  dit  qu'eu  plaisanterie. 

BONNETER.  V.  a.  Rendre  des  respects  et 
des  devoirs  assidus  h  des  persoimes  dont  on  a 
besoin.  Il  se  dit  p.nrtieulièrement  Des  sollicita- 
tions soumises  et  fn'quenles  qu'on  est  oblige  de 
làire.  Et  en  ce  sens  on  dit.  Je  ne  saurais  tant 
bonneter  ces  Messieurs.  On  dit  aussi,  Ces  Mes- 
sieurs renient  être  bonnefes,  pour  dire,  qulls 
veulent  (ju'on  les  reclierclie .  et  qu'on  leur  fasse 
la  cour.  Il  est  du  stvle  familier. 

BoNNETÉ,  ÉE.  participe. 

BO.NNETERIii.  s.  f.  L'Art  et  le  Métier  de 
Bonnetier. 

BONNETELH.  s.  m.  Filou,  qui  à  force  de 
dvilitcs  tâche  d'attirer  les  f;ens  pom'  leur  ga- 
gner leur  argen!.  C'est  un  honneteur.  Il  fout 
éviter  les  honneteurs.  Il  est  du  style  familier  et 
vieux. 

BON.VF.TIF.R.  subst.  masc.  Cclii  qui  fait 
ou  qui  vend  des  bonnets .  drs  bas .  ou  autreii 
marchandises  de  bonneterie.  Maître  bonnetier. 

BONNETTE.  •.  f.  Terme  de  Fortification 
Ouvrage  compose  de  deux  faces  qui  forment 
nu  angle  saillant,  avec  un  parapet  et  une  pa- 
lissade au-devant 

BONNETTES,  s.  f.  plur.  Terme  de  Marine. 
Petites  voiles  dont  on  se  sert,  lorsqu'il  y  a  peu 
tie  vent,  pour  alliuiger  les  voiles  ou  les  multiplier. 

BONSOIR,  s.  niasc.  Terme  dont  on  se  sert 
pour  salufr  quelqu'un  sur  la  fin  du  jour  et 
dans  la  nuit,  t^onsuir^  Monsieur.  Bonsoir  et 
bonne  nuit. 

On  s'en  sert  pour  dire  qu'L'ne  aOàirc  cs| 
finie,  qu'il  n'y  faut  plus  songer.  Voul  est  dit, 
bontoir;  n'en  parlons  plus.  Il  faut  dire  bon- 
soir. On  dit  fjniiliiTcment,  d'Un  homme  qui 
meurt.  Il  a  dit  bonsoir  à  la  compagnie. 

BONTÉ,  s.  f.  (^.ualité  de  ce  i|ui  est  bon,  ce 
qui  Diit  qu'une  chose  est  bonne  dans  sou^nrc. 
La  bonté  du  vin.  i.a  bonté  d*un  terroir.  La 
bonté  de  Va'r.  La  bunté  d'une  étojjt.-.  La  bonté 
d'un  remède.  La  bonté  d'une  montre.  La  bonté 
(fun  cheval.  La  bonté  d'un  omTage.  La  bontj 
à'une  action. 

BoTi:,  se  prend  plus  pniiiculièrement  pour 
Une  qualité  moraU',  qui  i-rte  .'i  Ciirc  du  bien. 
1^  propre  de  la  boulé  eil  de  se  faire  aimer. 
Boni-!  naturelle,  livnlè  sin.,ulicre.  .'a  bonté  est 
connue  de  tout  le  monde.  La  bonté  d'un  Prince. 
A>/oir  recours  à  la  bonté  tlu  l'rince.  Ahuicr  dt 
la  honte  de  ifueliju'un.  /I  a  eu  la  bonic  l'e  l'as- 
siiler  rlani  le  bcMin.  Ce.-!  un  Jioni;ne  plein  de 
honli. 


B  O  R    ' 

Ou  se  sert  qnel|uefois  du  mot  de  Donté , 
pour  exprimer  Ce  tjui  se  Tait  à  notre  égard ,  de 
l.'i  part  des  ;iu(reSj  {>3r  ptirc  lioiin^teté,  par 
pure  civilité.  La  honlé  que  vous  ui^cz  eue  de 
luécriic.  Vit€S-lui  (^in:  je  lui  suis  extréntemcut 
oUiijé  de  sa  bonté ^  de  ses  bontés,  de  toutes  ses 
bontés,  des  bontés  (juU  me  tcmoiqne.  Vous 
avez  trop  de  bonté.  Vous  avez  bien  de  la  bonté. 

Il  se  prend  aussi  pour  Simplicité,  et  trop 
'^rnndc  facilité.  La  bonté  du  père  est  cause  de  la 
perle  du  jîb.  Use  laisse  tous  les  jcurs  tromper 
par  sa  bonté,  par  son  trop  de  bonté.  Sa  bonté 
Va  ruiné.  Il  a  une  sotte  bonté. 

Bonté,  eu  pjulmil  de  Dieu,  est  un  des  nttii- 
buts  divins;  n  c'est  dans  celte  acception  qu'on 
dit  :  La  bonté  infinie  de  Dieu.  La  bonté  divine. 
IJieu  est  la  souveraine  (jonic,  la  suprême  bonté. 
On  dit  par  exclam-ilion: Bonté  de  Dieu!  Douta 
divine  ! 

BUNZE,  s.  m.  Nom  d'un  Prêtre  Cliinois  ou 
Japouois. 

BO  Q 

BOQUILLO>'.  s.  m.  Bûclisron.  Il  est  vieux 
BOR 

BORAX,  s.  m.  S*.-!  U'ès- propre  à  faciliter  b 
foule  des  métaux. 

BOBBORISMli:  ou  B0RB0RYG:\IE.  s.  m. 
Vent  cpii  se  fait  entendre  dans  les  iulestins,  e\ 
qui  est  un  symplôme  d'indigestion. 

BORD.  s.  m.  L'extrémité  d  une  surface  ou  ce 
qui  la  termine.  Le  bord  d'un  verre.  Lh  fcorti 
d'une  jupe,  d'un  mciteaii.  Le  bord  rie  Teau. 
f.e  hcrd  (Cune  rivière.  Le  bord  de  la  mer.  Le 
hord  d'un  vaisseau^  d'un  bateau.  Les  bords  de 
la  Seine. 

On  le  dit  poétiquement  au  pliuiel,  pour 
litre,  Des  r^^-gions  cnviionnées  d'eau.  Les  bords 
.ifricaim.  Les  bords  Indiens. 

I.or>qu'on  dit  dans  ce  sens,  A  bord^  sans 
rieri  ajouter,  on  entend  toujours  parler  du  bord 
il'une  rivière,  ou  de  la  mer.  Ainsi,  .irnvcr  à 
liprti,  signifie,  Arriver  au  bord  de  l'eau,  au 
bord  de  la  mer.  11  se  dit  d'un  bateau  et  d'un 
vaisseau.  Et  on  crie,'  A  bord!  à  bord!  pour 
faire  cnlcndre  qu'on  veut  aller  à  terre. 

Quand  on  ne  peut  trouver  un  luot  qu'on 
(licrclie,  et  dont  oo  croit  à  tout  moment  qu'on 
va  se  ressouvenir,  on  dil,qu'On  l'a  sur  le  bord 
des  Icvr'.^.  £.t  on  dit,  qn  L*ti  homme  a  le  caïur 
rur  le  bord  des  Uvres,  pour  dire,  qu'U  ne  sait 
rien  disâimuler;et  qu7E  a  l'unie  sur  le  bord  des 
Uvres,  pour  dire,  qu'il  va  mourir. 

On  app<  Ile  Rouqc  fcord.  Un  verre  plein  de 
\in  jusqu'au  bord.  Et  dans  ce  sens  on  dît, 
Boire  un  rou^e  bord^  boire  dct  rouqts  bords, 
huirc  à  roufjes  bords ,  pour  dire,  Boir^-'  des  ra- 
stdrs  de  vin. 

On  dit  li<;urémcnt,  Etre  au  hord  du  préci- 
f  ICC,  cire  tur  le  bord  du  précipice,  pour  dire. 
Être  près  de  tomber  dans  un  grand  malJu-ur, 
être  sur  le  pt.>inl  d'élrc  pndu,  d'ùtrc  niiué  ;  tl 
d'Un  Iiouinir*  evtràuenieut  vitux,  qu'il  est  sur 
le  hord  de  sa  fosrc 

Bons,  âc  dit  nu -m  De  tout  ce  qui  «V#end 


BOR  i55 

vers  les  e\;rémités  de  certaines  choses,  El  dans 
ce  sens  on  np|)elleLcs  bords  d'un  i  l.t.  Tout  ce 
qui  est  depuis  ta  pnrlie  concave  d'un  plat  jus- 
qu'à rextrciiiité.  On  appelle  aussi  dans  ce  sens, 
Les  boitls  d'un  chapeau ,  Tout  ec  qui  excède  ta 
forme  d'un  cliap-au.  Chapeau  à  grands  bords ^ 
à  petits  bords  ^  à  bords  retroussés. 

BOi\D,se  dit  aussi  d'Une  espèce  de  ruban  ou 
i;aIon,  dont  on  borde  certaines  parties  de  l'Iia- 
billenient.  Mettre  un  bord  d'arqcnt  à  un  cha- 
peau. Mettre  ufi  bord  à  une  jupe. 

Bono,  en  termes  de  Marine,  se  dit  de  tout 
Vaisseau,  Galère,  etc.  Le  Capitaine  nous  ré- 
(jala  sur  son  hmd.  Il  a  tant  de  matelots,  de 
soldats,  de  passagers  sur  son  l\ird.  Coucher  à 
bord,  aller  à  bord,  envoyer  à  bord.  Il  étoit  à 
bord  de  VAmiral. 

On  appelle  Vaisseau  de  haut-bord,  Un  Na- 
vire, un  grand  Bjiiiucnt  à  voiles.  On  nonmie 
Vaisseau  de  bas-bord.  Une  Galirc,  ou  tout 
autre  petit  Bâtiment  plat.  Changer  le  bord,  se 
dit  pour.  Revirer  le  vaisseau;  Courir  bord  sur 
bord,  pour,  I.ouvo\er  et  gouverner,  tar.lôt  à 
droite,  tantûl  i  gauche. 

En  parlant  des  Corsaires,  on  dit,  qu7/s 
rourent  le  bon  hcrd,  pour  dire,  qu'ils  pir.Uent. 
El  la  même  cliosc  se  dit  ligarémenc  Ur-s  gens 
déb.iuchés. 

Bord  À  boud,  pris  adverbialement,  se  dit 
Des  liqueurs,  lorsqu'elles  remplissent  loulc  la 
capncité  de  ce  qui  lc<i  contient,  La  rivière  est 
bord  à  bord  du  quai.  L'eau  est  bord  à  hcrd  du 
vasvt  etc. 

BORDAGE.  s.  m.  Revêtement  de  pLmdies 
qui  rouvre  le  bord  ilii  A'uisseau  par-dcliors. 

BORDA'i'ER.  v,  iieuuc,  Tcrate  de  .Marin;. 
Courir  des  bordées,  cest-i-diie,  gouvero-T 
alternativcmentd'un  C(*;té  ctd'un  autre,  lorsque 
le  veut  ne  permet  pas  de  porter  ù  iï>ute, 

BOROK.  s.  m.  Galon  d'or,  d'argtnt,  ou  de 
ïoi(*,  qui  sert  h  borjer  des  Labitï,  des  meu> 
blés,  etc.  Il  n'j  a  partout  qu\n  simple  bordé. 
Le  bordé  de  sa  veste  n'est  pas  assez  large. 

BORDÉE,  s.   f,    I.a  décbarjZe  de  tous  les 
ranons  rangés  d'un  des  ciWs  <îu  Vaisseau.  Il 
lâcha  contre  l  ennemi  une  bordée  de  son  canon.  , 
Tirer  unebordée.  Envoyer unebordée.  Essuyer 
une  bordée.  Je  lui  lâchai  toute  ma  bordée. 

On  dit  figurémcnt  <t  familièrfjuent.  Une 
bor  dé  i  d'injures  y  ou  absolument,  une  bordée. 
Il  lui  a  Idché  une  bordée.  Il  a  essuyé  une  fu' 
rieuse  bordée. 

BonDi^K,sedit  aussi  pour  signifierl^ chemin, 
la  roule  que  fait  uu  Viûsscau  qui  est  obligé  de 
louvoyer,  et  d'aller  tantôt  sur  un  côte,  t.uitôt 
sur  IduU'cpour  arriver  en  quelque  endroit. 
Le  vaisseau  fit  unebordée.  Les  vaisseaux  jurent 
obliqés  de  faire  plusieurs  bordées  pour  arriver 
sur  les  ennemis.  Couru-  des  bordées. 

BORDEL,  s.  m.  Lieu  de  pmsiiiuiion.  C'est 
un  terme  qui  ne  s'emploie  pas  en  bonne  rom- 
pagiiie. 

BORDER.  V.  a.  Ganiir  l'cxlTémite  de  quel- 
que chose,  comme  d'une  jupe,  d'un  maniciu, 
etc.  en  y  cousant  uu  ruban,  uu  galon,  un 
mon  eau  (!'<to!T>:,  r:ic  Border  un  rnanlCiiM,  It 


i56 


ROR 


fcorder   d'hermine.    Bvrtlcr   un   chapeau   d'wl 
qalon  d'or. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  qui  s'elend  le  long  de 
certaines  choses,  et  qui  y  sert  comme  de  bord. 
Ce  auai,  celte  chaussée^  bordent  la  nt'iere. 
Une  belle  prairie  qui  borde  un  c'fniii;.  Une 
grande  allée  d'arbres  borde  la  rivière.  Tout  le 
chemin  étoit  bordé  de  inonde. 

Border  la  haie,  en  termes  de  Guerre ,  signifie, 
Disposer  des  troupes  sur  nii  des  deux  côtés  d'un 
chemiu.  d'une  rue.  Les  Héijimcns  des  Gardes 
hordeni  .'u  haie  dans  les  rues  quand  le  Roi 
vient  à  Paris. 

l)n  dit, qu'Un  lieu  est  bordé  de  précipices, 
pour  dire,  quT  y  a  des  pn'cipiccs  ttHil  autour. 

On  dit ,  Border  un  lit ,  pour  ,  Engager  le 
bout  des  draps  et  de  la  couverture  entre  le  l)oi3 
de  lit  et  l.i  paillasse ,  ou  le  matelas  ;  Border  un 
filet,  pour  dire,  Attacher  une  corde  autour 
d'un  filet  pour  le  rendre  plus  fort;  en  tenues 
de  Jardinage,  Border  une  allée,  pour  dire,  Y 
[ilanter  une  bordure;  en  termes  de  Marine, 
Border  une  voile,  pour.  L'arrêter  par  en-bas; 
et  Border  un  vaisseau  ennemi,  poiu,  Le  suivre 
de  côté,  afiii  de  l'observer. 

BonoEii,  en  termes  de  Marine,  signifie  aussi, 
Côtoyer,  marcher  le  long  des  côtes.  La  jlotlc 
ne  fit  que  border  les  cotes. 

JioRotftE.  participe. C/inpcaii  bordé.  Vnpar- 
terre  bordé  de  fleurs.  Un  bassin  bordé  de  qazon, 

liORUERKAU.  9.  m.  Mémoire  des  espitei 
diverses  qui  composent  une  certaine  somme, 
p'airc  un  bordereau  d^  Varqint  qu'on  reçoit 
Bordereau  de  compte. 

BOKUIiilU.  adj.  des  2  genres.  Terme  de  Ma 
rine.  On  nomme  Vaisseau  bordier ,  Celui  f^i( 
a  un  coté  plus  fort  que  l'autre. 

BOKDIGUE.  s.  f.  Terme  de  Pêche.  F.spac) 
retranché  avec  des  claies  sur  le  bord  de  la  mer 
pour  prendre  du  poisson. 

BORDURE,  subst.  f.  Ce  qni  borde  quclqul 
chose  et  lui  sert  d'ornement.  La  bordure  d'ui 
tableau.  La  bordure  d'un  miroir.  La  hordiin 
d^une  tapisserie. 

On  dit,  La  bordure  d'un  parterre,  poui 
dire,  Les  plat" -bandes  qui  entourent  un  par* 
terre;  et,  1,0  !iorr?uic  d'un  fcois,  d'une  jorct, 
pour  dire,  Les  arbres  qui  sont  au  bord. 

BoiiDr'r.E,  en  termes  d'.Armoiries,  se  dit  d'tJna 
hîisuic  qni  entoure  tout  l'Ecu ,  et  qui  est  tou- 
ioiirs  din'érente  de  l'email  de  l'Kcu.  Le  Roi 
d'Espaqne  porte  sur  le  tout  de  France,  à  la 
bordure  de  queules. 

BORÉAL,  ALE.  ixlj.  (,lui  est  du  côté  du 
Nord.  /*d/c  boréoi.  Aurore  boréale. 

BORÉE,  s.  m.  \ent  septentrional,  bise,venl 
du  Nord. 

BORGNE,  adj.  de»  2  genres.  Celui,  celle  ii 
qui  il  manque  un  oeiL  Cet  homme  est  borgne. 
Cette  femme  est  borgne.  Son  cheval  est  devenu 
borgne. 

On  dit  d'Un  homme  qui  est  borgne,  et  qui 
outre  cela  est  fin  et  méchant,  que  C'e.'l  un  rnc' 
chant  borgne.  Eu  ce  .«iîns,  Borgne  est  employé' 
substantivement;  mais  ce  n'est  qu'au  n;asculin 
qu'il  t'emploie  de  celte  wrle. 


BOR 

On  dit  proverbialement  et  fij^uréin.  Troquer 
son  cheval  horgne  contre  un  aveugle  j  pour  dire, 
Pertîre  au  change  sur  quelque  chose  que  ce  soit, 
cliîinger  une  chose  défectueuse  contre  une  plus 
défectueuse  enc»re  ;  et,  Jaser  comme  une  pie 
horcjne^  pour  dire,  Jaser  continuellement. 

Bougne,  se  dit  figurément  De  diverses  choses. 
Ainsi  on  dit  d'Une  maison  fort  sombre,  fort  obs- 
cure, que  Oest  une  maisoti  borgne  ;  d'Un  mé- 
chant petit  cabaret,  que  C^est  un  caharct  bor- 
gne; d'Un  méchant  conte  mal  fait,  que  C'est 
un  conte  borgne  ;  et  d'Un  compte  qui  n  est  pas 
clair,  que  C^est  un  compte  borgne. 

lîOHGiN'ESSE.  s.  f.  Terme  bas  et  injurieux, 
qui  st;  dit  d'Une  femme  ou  d'une  fille  borgne. 
Une  borqnessc.  Une  méchante  borgnesse.  Une 
vilaine  borgnesse. 

BORNAGK.  s,  m.  Terme  de  Palais,  qui  si 
gnifie  L'action  de  planter  des  bornes  dans  une 
terre.  Ils  sont  en  différent  pour  le  bornage  (k 
leurs  terres. 

BORNE,  s.  f.  Pierre,  ou  autre  marque  qui 
Bert  ù  séparer  un  champ  d'avec  un  autre.  Plan 
ter  une  borne.  Asseoir  des  bornes.  Arracher  ilc\ 
bornes. 

Boune,  se  dit  aussi  Des  pierres  qu'on  met  à 
côte  des  portes  ou  le  lon^^  des  murailles,  poui 
empêcher  qu'elles  ne  soient  endommagées  pai 
les  voilures.  Mettre  une  borne  cont'-e  un  mur. 
Nettre  des  bornes  à  une  porte. 

Un  dit  d'Un  homme  qui  se  tient  debout  e| 
fans  remuer.  Il  est  planté  là  comme  une  borne. 
Bornes,  ;iu  pluriel,  se  dît  De  imt  ce  (jm 
sert  à  séparer  un  Etat,  Une  Province  d*um 
autre.  L'tlsyag}ie  a  pour  bornes  les  deux  meri 
tt  les  Pyrénées.  Reculer  les  (jornes  d^un  iLlal 
Klendre  les  bornes  de  son  Empire. 

Bornes,  se  dit  aussi  fij^urement  au  pKiriel, 
De  tout  ce  qui  est  regardé  comme  les  limites  d< 
rhaque  chose.  Ainsi  on  dit,  Passer  les'bornei 
de  son  pouvoir^  de  sa  Juridiction.  Passer  lei 
homes  de  la  raison  et  de  la  modestie.  Passer  îet 
bornes  de  son  sujet.  Mettre  des  bornes,  donner 
lies  bornes  i  son  ambition.  Se  contenir  dans  ïcj 
bornes  du  devoir.  Franchir  les  tomes  du  res- 
fcct.  Aller  au-delà  des  bornes,  passer  au-delà 
des  bornes  de  lu  bienséance.  Se  prescrire  de^ 
[ïornc5.  Connoilre  ses  bornes.  Demeurer  dam 
les  bornes,  se  (eniV  ,  5e  renfermer  dans  les 
})ornes  de  la  raison  ,  dans  les  bornes  les  phn 
ctroitw  dit  devoir.  Son  ambition  n'a  point  di 
bornes  y  est  sans  homes,  ne  connoît  point  dt 
bornes. 

BORNER.  V.  a.  Mettre  des  bornes.  Borner 
un  champ.  Borner  un  vignoble. 

Il  signifie  aussi  ï.imiter.  res';errer  dans  une 
certaine  étendue,  dans  un  ceriain  espace.  La 
mer  et  les  Alpes  bornent  l'Italie.  Son  jardin  est 
beau,  mais  la  rivière  le  home  de  trop  près. 

Dans  cette  même  îicceplion.  Borner  se  dit 
aussi  Des  personnes,  pir  rapport  h  leurs  mai- 
sons et  î»  leurs  Ijérilages.  Il  est  borne  par  une 
qrandc  foret  du  côté  du  Levant.  Il  veut  tendre 
cette  maison  ,  parce  (ju'H  s'y  trouve  trop  borne, 
et  an'il  ne  sanroi't  fiire  d'aC(juisitions. 

On  dit,  qu't  n  objet  borne  agréablement  la 


BOS 

l'iie,  pour  (lire,  qull  la  termine  agréablement. 
Ces  coteaux  qui  sont  un  peu  éloignés,  bornent 
u^réablcmenf  la  vue  de  ce  coté-là, 

BonsEK ,  signifie  figurément  Modérer.  Borner 
son  ambition,  ses  désirs  ,  ses  prétentions  ,  ses 
espérances.  Jl  faut  se  borner  à  cela  ;  et  absolu- 
ment. Il  faut  se  borner.  C'est  un  homme  qui 
sait  se  borner, 

BonNÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit,  qu'^/ne  maisofi  a  une  vue  bornée. 
Quand  la  vue  en  est  de  peu  d'étendue  ;  et  figu- 
rément ,  Avoir  des  vues  bornées  ,  pour  dii-e 
.Vvoir  peu  de  lumière  ou  peu  d'ambition  ;  et , 
.4voir  l'esprit  borné,  être  borné,  pour  dire, 
litre  cap.ible  de  pru  de  chose.  Et  on  appelle 
Fortune  bornée,  Vue  fortune  médiocre  et  com- 
mune, et  qui  ne  peut  guère  augmenter. 

BORNOYER.  v.  a.  (Il  se  conjugue  comme 
Fiiiployer.  )  Regarder  d'un  seul  œil  une  sur- 
face pour  juger  de  son  alignement, 

Bohnoyé,  ée.  participe. 

BOS 

BOS.VN.  s.  m.  Breuvage  fait  avec  du  millet 
bouilli  dans  de  l'eau.  Les  Turcs  font  un  grand 
usage  du  bosan. 

BOSEL.  s.  m.  Terme  d'Architecture.  Membre 
roud ,  qui  est  la  base  des  colonues.  On  l'appelle 
plus  communément  Tore. 

BOSPHORE,  s.  m.  Nom  qu'on  a  donné  au 
détroit  qui  sépare  la  Thrace  de  l'-Asie  mineure , 
et  à  celui  qui  forme  l'entrée  de  la  mer  d'Azoph. 
Le  Bosphore  de  Thrace.  Le  Bosiihore  Ciminé- 
rien. 

BOSQUET,  s.  m.  Petit  bois,  petite  loufTe 
de  bois.  Un  petit  bosquet.  Les  bosquets  de  Ver- 
sailles. 

BOSSAGE,  s.  m.  Tcr.iic  d'.\rchitecture  ,  qui 
se  dit  De  toute  pièce  saillante ,  laissée  exprés 
pour  y  tailler  quelque  ouvrage  de  Sculpture. 
Laisser  un  bossage  dans  un  tympan  pour  y 
tailler  des  Armoiries,  On  dit,  .1/ur  à  bossages, 
porte  à  hoss:iges,  colonne  à  bossages,  en  par- 
lant d'Un  mur,  d'une  porte,  d'une  colonne, 
garnis  de  pierres  s.iillantes  hors  du  nu  du  innr 
et  de  la  colonne. 

BOSSE,  s.  f.  Grosseur  extraordinaire  an  dos 
ou  à  l'estomac,  qui  vient  de  mauvaise  confor- 
mation. Grosse  bosse.  Avoir  une  bosse  par- 
devant,  une  bosse  par-derrière. 

Bosse,  se  dit  aussi  De  certaines  grosseurs  que 
quelques  animaux,  comme  Chameaux,  Dro- 
madaires, et  quelques  Taureaux  sauvages,  ont 
nalurellcment  sur  le  dos.  La  bosse  d'un  Cha- 
meau. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  enflure  ou  élevure  qui 
vient  de  contusion.  Il  s'est  fait  une  bosse  au 
front. 

On  dit  proverbial.,  que  Les  Chirurgiem  ur 
demandent  que  plaie  cl  bosse,  pour  dire,  qu'il» 
souhaitent  des  querelles,  des  batteries,  afiii 
d'avoir  de  la  pratique.  La  même  c.'iosc  te  dit 
figurément  De  tous  ceux  qui  se  plaisent  h  exci- 
ter des  querellis,  ou  dans  l'espéranc-  ri'ca  prc>- 
ûter ,  oti  par  pun-'  nialignilé  d'esprit. 

Boss>  ,  se  dit   aussi  d  Une   élévclion  dans 


BOS 

tnule  superficie  qui  dcvroit  être  plate  et  unie. 
Un  terrain  ykin  (le  bosses.  Une  pièce  d'argen- 
terie pleine  île  bosses. 

Bosse,  en  tiTnies  de  Sculpture,  se  dit  Du 
relief  d'une  figure.  Une  fi(jure  relevée  en  bosse. 
t'iie  fiijure  de  demi-bosse.  Et  on  appelle  Ou- 
vraaes  de  ronde  bosse.  Les  ouvrages  de  plein 
relief ,  comme  le»  Statues. 

En  termes  de  Dessin,  on  dit,  Dessiner  la 
busse,  d'après  la  bosse,  pour  dire,  Copier  une 
Kgure  en  relief,  une  sculpture. 

Od  appelle  Bosse ,  dans  un  Jeu  de  Paume , 
Cet  endroit  de  la  nmraiUc  du  côté  de  la  grille, 
qui  renvoie  la  balle  dans  le  dedans  par  bricole. 
Et  dans  ce  sens,  Altaijuer  la  bosse,  donner  dans 
la  fcossc.se  dit  Lorsqu'on  pousse  la  balle  a  l'en- 
droit qui  la  renvoie  dans  le  dedans  ;  et ,  Dé- 
pendre la  bosse.  Lorsqu'on  rechasse  la  balle 
avaot  qu'elle  y  puisse  entrer. 

On  dit  figurcment,  Donner  dans  la  bosse, 
pour  dire.  Donner  dans  le  panneau,  £trc  dupe. 

On  appelle 5eprnre  li  fcos5e,Une  serrure  ap- 
pliquée en  saillie  sur  le  dedans  d'une  porte. 

BOSSELACiE.  s.  m.  Travail  en  bosse.  Il  ne 
■e  dit  guère  que  Du  travail  en  bosse  sur  de  l.i 
"Vaisselle.  Travailler  en  bosselage. 

BOSSELER.  V.  act.  Travailler  en  bosse.  11 
irc  se  dit  f;uère  qu'eu  parlant  Du  travail  en 
i>osse  sur  de  la  vaisselle. surdel'argentcrle.lîo.'!- 
*eier  de  la  vaii^scUc  par  petites  bosses. 

BossELEix,  se  dit  aussi  Des  bosses  qui  se  font 
par  accident  it  une  pitce  d'argenterie.  Cette 
ccuelle  s'est  bosselée  en  tombant.  Elle  est  toute 
bosseUe. 

Bosselé,  ée.  participe. 

En  Agriculuire ,  il  se  dit  De  certaines  feuilles 
de  plantes  qui  ont  des  éinineuces  i  grandes 
mailles,  et  creuses  en  dessous.  Les  feuilles  dei 
choux  sont  bosselées. 

BOSSEMAN.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Second 
Oonlre-Maitrc  dans  un  vaisseau.  Il  est  particu- 
Uirenicnt cliargc  du  soin  des  câl>le«,des  ancres, 
des  bouées ,  etc. 

BOSSETTE.  s.  f .  Ornement  attaché  aux  deux 
CiMés  du  mors  il'nn  cheval,  et  fait  en  bosse. 
Bossettes  dorées.  Bossettes  argentées.  Mors  à 
hossettes. 

BOSSU,  BtJSSUE.  adj.  Qui  a  une  bosse  au 
dos  ou  â  l'estomac.  Un  homme  bossu,  une 
femme  bossue.  Bossu  par-devant.  Bossu  par- 
dernire. 

11  se  dit  aussi  substantivement.  C'est  un  mé- 
chant bossu. 

BossD,  se  dit  aussi  d'Un  terrain  où  il  j  a 
beaucoup  de  petites  inégalités. 

BUSSUEK.  v.  act.  E.iire  des  bosses.  Il  ne  se 
dil  qu'eu  parlant  Mes  bosses  qu'on  fait  à  la 
Taisselle  en  la  laissant  tomber ,  ou  de  quelque 
•utre  manière.  Bossuer  des  plats.  Bossuer  des 
ituielle». 

Bossix,  ïï.  participe.  De  la  vaisselle  bos- 
fufs. 

BOSTANCl  -  B.\Cin.  s.  m.  Inundant  des 
Jardins  du  (Jrand-Scigneur.  Gi  en  Turc,  ajouté 
j  un  nom  primitif,  fait  un  nom  dérivé,  /'ojlon, 
Jardin  J  Bot-tanni,  Jardinii-r. 


BOT 

BOSTRYCHITE.  s.  f.  Pierre  figurée  qui  res- 
semble .1  la  chevelure  d'une  femme. 

BOSUEL.  s.  m.  Nom  de  la  seule  Tulipe  qui 

ait  de  l'odeur. 

BOT 

BOT,  adj.  qui  n'a  point  de  féminm,  et  qui 
n'est  d'usaf-c  que  dans  cette  phrase,  Pied  bot . 
cjui  se  dit  d'Un  pied  contrefait.  Avoir  un  pied 
liot.  On  appelle  aussi  Ptcd  bot.  Un  homme  qui 
a  le  pied  contrefait.  C'est  un  pted  bot  Ils  ne 
sont  (jue  deiijcoïi  trois  pieds  buts.  Il  est  du  style 
familier. 

BOTAL.  ndj.  .n.  Terme d'Anatomie.  Lf  trou 
bolal,  Ouverture  par  laquelle  le  sang  circulj 
dons  le  fœtus. 

BOTANIQUE,  s.  f.  Science  qui  traite  des 
Plantes  et  de  leurs  propriétés.  Etudier  laBota- 
I  inue. 

BOTAMSTE.  s.  m.  Celui  qui  s'applique  à  la 
Botanique.  Un  excellent  Botaniste. 

BOTTE,  s.  f.  Assemblage  de  plusieurs  choses 
de  même  nature  lit'es  ensemble.  Botte  de  paille. 
Botte  de  foin.  Mettre  du  foin  en  bottes.  Lier 
des  bottes.  Bottes  d'échalas. Bottes  d'allumettes. 
Bottes  de  raves.  Botte  d'asperqes.  Botte  de 
cclcri.  Botte  d'ognons. 

On  appelle  Botte  de  soie,  L*asseiublage  de 
plusieurs  écbeveaux  de  soie  lies  ensemble.  Une 
iotte  de  soie.  Marchand  de  soie  en  bottes. 

Botte,  se  dit  aussi  dans  le  style  familier, 
d'Une  grande  quantité  de  plusieurs  choses. 
Lne  hotte  de  lettres.  Une  botte  de  paperasr.es. 

Botte,  s.  f.  Terme  de  Botanique.  Il  se  dit 
principalement  Des  racines  de  cert^iincs  Plantes , 
comme  celles  de  l'Asperge, qui  forment  degroi 
paquets.  À  l'égard  des  fleurs  ou  des  fruits  qui 
feoiit  disposes  de  cette  manière,  on  se  sert  plutôt 
du  nn)tdePanû-u!e.  Les  fleurs  duM  illet  naissent 
en  panicule^  quoiqu'on  dise  aussi,  qu'E^/ej 
naissent  en  botte. 

Botte  ,  se  dit  en  termes  de  Chasse,  De  la 
longe  avec  laquelle  ou  mène  le  limier  au  bois. 
Ce  limier  tire  contre  lu  botte ,  dès  quil  évente 
quelque  bête. 

Botte,  s.  f.  Tenue  d'Escrime.  Coup  que  Ton 
porte  avec  un  fleuret,  ounveruneépée,  à  celui 
t outre  qui  on  se  bat.  Porter  une  botte.  Fournir 
nue  botte.  Allonger  une  botte.  Parer  la  botte. 
Esquiver  la  botte.  Une  hotte  franche. 

Onditfigurcmeuttt  familière  ment,  Pousser. 
porter  une  botte  à  quelqu^un ,  pour  dire  Lui 
demander  de  l'argent  h  emprunter,  sa-ns  èlre 
trop  eu  pouvoir  de  le  rendre. 

On  dit  aussi  figurcmcnt  d'Un  homme  qui. 
dans  une  dispute  avec  un  autre ,  lui  a  fait  quel- 
que objection  pressante,  qu7/  lui  a  porté. 
pousse  une  étrange  botte,,  une  rude  hotte  y  et 
d'Un  homme  qui  a  rendu  ouvertement  quelque 
mauvais  oflïcc  à  un  autre,  dans  l'esprit  de 
quelque  personne  puissante,  qu'/t  lui  a  porté 
une  terrible  botte  ^  une  vilaine  botte. 

Botte,  s.  f.  Chaussure  de  cuîr,  qui  enferme 
le  pied,  la  jambe  et  noe  partie  de  la  cuisse,  et 
qu'on  met  pour  monter  à  cheval.  Belle  de  vn- 
chc.  Boite  de  roussi.  Botte  de  marcqinn.  BoUci 


BOT  i57 

de  campaqtie.  Bottes  de  chasse^  de  demi-chaixe. 
Bottes  d'Académie.  Bottes  de  Pêcheurs.  Botte 
haute.  Botte  levée.  Boite  tirée.  Botte  blanche. 
De  grosses  boites.  Bottes  fortes.  Bottes  molles. 
Sottes  à  VAnqloise.,  àla  housarde.  La  qenouil- 
lère  de  la  botte.  La  tige  de  la  hotte.  Le  talon  de 
la  botte.  Botte  cirée.  Une  paire  de  hottes.  Mettre 
•t:.s  hottes.  Faire  tirer  ses  bottes.  Faire  graisser 
>cs  hottes  pour  partir.  Prendre  ses  bottes  pour 
niotiter  à  cheval. 

On  dit,  daiaS  le  style  familier,  p7cndre  la 
hotte,  pour  dire,  Se  mettre  en  état  de  monter  à 
cheval  «  t  de  partir. 

On  dit  provcrbialem.  et  ûgurcm. ,  Graisses 
les  bottes  d'un  vilain  ^  il  dira  qu'on  les  lui 
brûle.  Et  cela  se  dit  pour  donner  à  entendre  , 
qu'On  ne  reçoit  ordinairement  que  des  repro- 
ches et  des  inarques  d'ingratitude  pour  un  ser- 
vice qu'on  rend  à  un  malhonnête  homme.  Et 
proverbialement  on  dit  h  un  homme, qu'/I  faut 
qu'il  graisse  ses  fcot(es,  pour  dire,  qull  faut 
qu'il  se  prépare  à  partir  pour  quelque  voyage , 
ou  à  mourir. 

On  dit  aussi  proverbialement  et  figurément , 
Mettre  du  foin  dans  ses  hottes,,  pour  dire. 
Amasser  bien  de  l'argent  dans  un  emploi,  y 
Men  faire  ses  aflaires.  El  quand  on  veut  faire 
connoitre  qu'on  ne  se  soucie  nullement  d'une 
rliose,  on  dit,  qu'O/i  ne  s  en  soude  non  plus 
que  de  ses  l'iciiïes  bottes. 

On  dk  proverbialement .  À  propos  de  hottes , 
De  tout  ce  qui  se  dit  ou  se  fait  sans  que  rien  y 
fiit  dûtuié  lieu.  //  dit  des  injures  à  propos  de 
hottes.  Il  se  juche  à  propos  de  hottes. 

On  dit  d'Un  cheval  vicieux, et  qui  se  défend 
de  celui  qui  le  monte,  en  Uichant  de  le  mordre 
à  la  jambe,  qu7l  va  à  la  botte.  Ua  mêmcchose 
se  dil  d'Un  homme  qui  est  accoutumé  à  faire 
de«  réponses  piquantes  aux  plaisanteries  Us 
plus  douces. C'csï  unhomme  à  qui  il  ne  se  faui 
pas  jouer  j  il  va  d'ahord  à  la  hotte. 

Botte,  se  dit  aussi  en  parlant  Des  carrosses, 
et  signifie  Ce  qui  <;cit  de  marchepied  pour 
monter  en  voiture.  Il  y  a  quelque  chose  ù  re- 
faire à  une  des  bottes  de  ce  carrosse. 

Botte,  est  aussi  le  nom  d'Une  sorte  de 
lonneau.  Une  botte  d'huile. 

Hottes,  se  dit  aussi  au  pluriel,  De  la  terre 
jui  s'attache  aux  souliers  quand  on  maixhe 
ilans  un  terrain  gras.  Ce  lerniiri  est  si  gras, 
qu'on  ne  sauroit  s'y  promener  sans  en  rappor- 
ter des  hottes. 

Botte  ,  Forme  de  mandic.  Voyez  Manche. 

BOTTELAGE.s.  m.  Action  de  lier  en  bottes. 
le  bottclagc  coûte  tant.  On  dit  que  Le  hotte- 
laqe  est  bon  ,  Quand  la  boite  de  foin ,  de  paille , 
etc.  est  du  poids  requis,  de  la  grosseur  requise 
pir  les  Rt'glemens  de  Police. 

BOTTELEB.  v.  a.  Lier  en  bouc*.  BotteUr 
du  ffin,  Botlcler  de  la  paille. 

BoTTEtÉ ,  ÉE.  participe. 

BOTTELEUIî.  5.  m.  Celui  qui  fait  des  botte» 
de  foin ,  ('e  paille,  etc.  P^iyer  des  hotteleurs. 

BOITER,  v.  a.  Faire  des  bottes.  Botter  un 
lîcqimcnt.  CcCordonnicr  hotte  bien,  hotte  mai, 
Qui  est  le  Cordonnier  qui  vous  hotte? 


i!)8 


BOU 


Il  signifie  aussi,  Meure  les  boites  à  ijutl- 
iju'iin.  Apjielcz,  iju'ûn  me  vienne  boKer;  et 
Mettre  SCS  bottes  soi-même,  Je  vais  me  boiter. 
Ou  dit  aussi,  qu' I7n  homme  se  botte  bien,  ou 
se  boite  mal,  potir  dire,  qu'il  porte  ordinaire 
lueiit  des  hottes  bien  faites  ou  mal  faites. 

SEBOTTEH,se  dit  De  ceux  qui,  en  ni.ircliani 
dans  un  terrain  gras,  amassent  beaucoup  dt 
Hrrc  autour  de  leurs  pieds.  On  ne  saurait  Si 
jiromcner  dai.s  le  jardin,  qu'on  ne  se  hotte. 
On  dit  aussi,  Ce  lerruin  fcolle.  Dans  ce  sens 
ou  dit  aussi,  qu't/n  cheval  se  botte. 

Botté,  ée.  participe. 

On  dit  proverbialem. ,  C'est  un  siiuje  botté, 
il  a  l'air  d'un  singe  botté,  en  parlant  d'Un 
hoiiune  qui  est  embarrasse  dans  son  accoutre- 
nicut. 

BOTTIER,  s.  m.  Cordonnier  qui  fait  dis 
bottes. 

BO  TTIXE.  s.  f.  Diminutif.  Petite  lotte  d'un 
cuir  fcrt  mirtce.  PcrJer  des  bottines.  On  met 
des  fcoitines  de  fer  aux  enfans  (jiii  o.il  iej 
jambes  faibles  ou  de  travers, 

BOU 

BOUC.  s.  m.  {  On  prononce  le  C.  )  Anim;il 
i  cornes ,  qui  est  le  m.ile  de  la  cliùvre.  Boni: 
puant.  Une  peau  de  houe.  Les  cornes  d'un 
bouc.  La  barbe  d'un  bouc. 

Parmi  les  anciens  Juifs  ,  on  appeloit  Bout 
liniissaire ,  Celui  des  deux  boucs  sur  lequel  le 
sort  lomboil  pour  ^tre  envoyé  au  désert,  aprèi 
•*voir  cle'  chargé  des  iniquités  du  peuple. 

Bote,  se  dit  aussi  en  termes  de  Commerce, 
d'Une  peau  de  bouc  pleine  de  vin  ou  d'iiuilc. 
Un  houe  d'huile.  V.n  banc  de  vin. 

On  appelle  iîiube  de  bouc,  La  barbe  d'un 
Iicmme ,  lorsqu'il  n'en  a  que  sous  le  menton. 
lia  une  barbe  de  bouc.  Une  vraie  barbe  de  houe. 

BOUC.VGE.  s.  masc.  Plante  ombellifére.  On 
attribue  à  sa  semence  et  &  ses  racines  la  vertu 
de  briâer  la  pieire  des  reins  et  de  la  vessie. 

BOUC.4M.  s.  masc.  I.c  lieu  où  les  Sauvages 
font  fumer  leurs  viandes.  On  appelle  aussi  de 
0^  nom,  I-e  gril  de  bois  sur  lequel  ils  les  fout 
i'iimcr  et  séclier. 

Boucan  ,  si.;nifîe  aussi  Un  lieu  de  débau- 
che. C'est  un  terme  bas  et  peu  lionnéte. 

BOUCANKR.  v.  a.  l'aire  cuire  des  viandes 
à  la  manière  des  .Sauvages  de  r.\me'riqne.  Itou- 
caficr  de  la  viande.  On  dit  aussi ,  Ijoucaner  des 
cuirs,  pour  dire.  Les  préparer  il  la  manière  des 
Sauvages  ;  et  simplement  ,  Boucaner  ,  pour 
dire.  Aller  à  la  cl  asse  des  bœufs  sauvages  ou 
autres  bètcs,  pour  en  avoir  les  cuirs;  et  dans 
cette  acception ,  Boucaner  est  neutre. 

Bocc.^sÉ ,  LE.  participe. 

BOUCAiSIiiU.  s.  m.  Celui  qui  va  à  la  cliasse 
des  bœuff  saUvagi  s. 

BOI.'CARO.  t.  m.  F.spècc  de  terre  sigillée, 
rongeâtre,  qui  vient  d'I'.spagne,  où  i  lie  Siq)- 
pellc  iJouciiros.  On  en  fait  diU'éicus  vases ,  tels 
<jue  des  pnVi,  des  lliélères,  etc. 

BOUCAf^.SIN.  s.  m.  litolfedc  coton,  dont  on 
fait  des  doublures. 

U*JUCAU'r.  9.  in.  Movt  n  .ormeau  <:u:  sert  à 


BOU 

renfermer  diverses  ni.irchandiscs.   Un  houcaiit 
de  tiihac. 

BOUCHE,  s.  f.  Celte  partie  du  visage  de 
riioinine  par  où  soit  la  voix,  et  par  ou  se  re- 
î-oîvciit  les  aliraens.  Avoir  la  houclic  belle. 
Avoir  la  bouche  vermeille-,  l"  ^r\uche  incar- 
nate, la  bouche  relevée  i  la  "boucfte  aqréahle. 
la  bouche  petite.  Jvoir  une  qrande  bouche. 
Avoir  la  bouche  plate.-  Ouvrir  la  bouche.  Fer- 
mer la  bouche.  Tourner  la  bouche.  Baiser  à  hi 
hiHtchcj  sur  la  bouche.  I.a  première  fuis  qu'au 
Cardinal  e^t  rr;»  au  Consistoire.,  le  Pave  fail 
la  cérémonie  de  lui  fermer  et  de  lui  ouvrir  la 
bouche. 

Ou  dit  figuirnicnt,  IV"oser  otvvl,  la  bouche, 
pour  dire,  N'oser  parler;  et.  Fermer  la  bouche 
à  quchiuun,  pour  dire,  Le  faire  taire. 

On  (lit,  Bouche  béante^  pour  exprimer  L'c- 
tonncnient.  îls  étaient  tons  bourhr  béante. 

On  dit  d'Un  Iiomme  tjui  s'(  st  fait  une  hqbi- 
tuJe  de  dire  couiinuellenient  de  ccrl.iines  pa- 
roles, qu'/i  les  a  à  tout  moment  à  la  bouche. 
C'est  un  mot  quil  a  toujours  à  îa  bouche. 

On  dit,  Faire  la  petite  bouche  de  quelque 
chose,  sur  quelque  chose,  pour  dire,  Û^e  vouloir 
pas  s'expliquer  tout-.'i-fait  sur  quelque  chose. 
On  dit  aussi  absolument.  Faire  îa  petite  bouche, 
pour  dire,  Faire  le  difiicilc,  le  déi;oûlé,  le  du- 
ilaij^neux  sur  quelque  chose;  JSc  faire  point  la 
petite  bouche  de  quelque  chose,  pom-dire.  S'en 
expliquer  lihroment  et  ouvertement  ;  Dire  quel- 
que chose  de  bouche  à  qnelquun,  pour  dire, 
^'f'])  expliquer  de  vivevoi?c  avrr  hii.  et  n:»v-ei- 
bialement,  Bouche  close,  bouche  cousue^  pour 
dire,  qu'il  faut  garder  le  secret  sur  rallàirc 
dont  il  s'agit. 

On  dit,  quX'ne  nouvelle  va  de  bouche  en 
bouche,  pour  dire,  qu'elle  devient  publitjue, 
qu'elle  court  partout.  Et  ou  appelle  poélique- 
ment  La  Renommée,  La  Déesse  aux  cent 
bouches. 

On  dit  provcrbialem'^nt  d'Un  homme  qui  dil 
sans  ménagi-mént  tout  cequ'il  pense,  que  C'est 
un  Saint  Jean  bouche  d'or;  et  d'Uu  liommo 
qui  parle  contre  sa  pensée,  //  dît  cela  de  bouche j 
mais  le  ccpur  n'y  toucJie. 

On  dit  d'Un  vassal ,  qu'/l  ne  doit  à  son  Set' 
t-jueur  que  la  bouche  et  les  mains,  pour  dire, 
qu'il  ne  doit  point  de  reliuf ,  et  qu'il  ne  doil 
qu'hommage  et  service. 

lîocCHE,  se  dit  aussi  par  rapport  à  l'organe 
du  f;oiU.  Ainsi  on  dit,  Traiter  quelqu'un  à 
bouche  que  veux-tu^  pour  dire,  Lui  faire  très- 
honne  chère;  Manqer  de  la  viande  de  broc  en 
bouche,  pour  dire,  Aussitôt  qu'on  l'a  tirée  de 
la  broche;  qu't'nc  chose  fiit  bonne  bouche, 
pourdire,  qu'Klle  laisse  un  bon  goût  :  ces  trois 
phrases  sont  familières.  Eton  dit, qu'l^ne  c/iosc 
rend  la  bouche  aniére ,  pâteusej  mauvaise, 
sèche,  etc.  pour  dire,  qu'Elie  laisse  quelque 
mauvais  goût  de  ccttr;  sorte. 

Quand  on  donne  à  ni:uigcr  uses  amis,  cl 
qu'i  la  Gn  du  repas  on  leur  donne  quelque 
chose  d'exquis,  on  dit,  que  C^est  four  les, 
laisser  sur  la  bonne  bouche.  Ou  dit  cussi ,  De- 
meurer sur  la  bonne  bouche,  pourdire,  Ho-. 


BOU 

menrer  sur  ce  qu'il  y  a  de  meilleur  et  de  plus  ex- 
qui.s  dans  un  repas;  et,  Garder  quelqu-e  chose 
pour  la  bo7ine  bouche,  pourdire.  Réserver  pour 
le  dernier  morceau  ce  qu'il  y  a  de  meilleur  à 
manger.  La  même  phrase  se  dit  figur^ment  de 
tout  ce  qii'on  réserve  d'ngréable  et  de  meilleur 
pour  la  fin.  Et  on  dit  aus--i  ligurément ,  Lai,s-scr 
quehju^un  sur  la  bonne  bouche,  pour  dire.  Le 
laisser  sur  l'espérance  de  quelque  chose,  ou  sur 
quelque  autre  pensée  agréable.  Toutes  ces 
phrases  sont  familières. 

Lorsqu'on  parle  de  qnehjue  chose  à  manger, 
et  que  la  manière  dont  on  en  parle  excite  une 
espèce  d'envie  et  de  désir  dans  ceux  qui  écou- 
lent, on  dit  famihèremcnt,  que  L'eau  en  vient 
à  la  bouche,  que  Cela  fait  venir  Veau  à  la 
bouche.  La  même  chose  se  dit  fiï;urén:ent  de 
tout  ce  qui  est  agréable,  et  qui  dorme  quelque 
idée  de  plaisir. 

On  dit,  Prendre  sur  $a  bouche,  pour  dire, 
Épargner  sur  la  dépense  de  sa  nourriture.  // 
prend  sur  sa  bouche  les  charités  qu'il  fait. 

On  dit  aussi  familièrement,  S'6ter  les  mor- 
ceaiLT  de  la  bouche ^  pour  dire,  S'épargner  le 
nécessaire  pour  fournira  quelque  autre  dépense. 

On  appelle  en  termes  de  Cliiruri^ie,  Flujc  de 
bouche.  Une  grande  abondance  de  salive  qui 
sort  de  la  bouche  en  de  certaines  maladies.  Et 
on  dit  figurément  d'Uu  grand  parleur,  qu'il 
a  le  flux  de  bouche,  qu'il  a  un  flux  de  houclte 
continuel. 

On  dit  encore  ,  Être  sur  sabouchc,  être  sujet 
'i  sa  bouche,  pour  dire,  Être  gourmand.  Il  «sf 
popul.irç. 

On  dit,  Aïoir  louche  à  Cour,  povir  dire, 
Être  nourri  dans  la  maison  d'un  Prince;  et 
cela  ne  se  dit  proprement  que  Des  Officiers  de 
la  maison  du  Roi  et  des  Maisons  des  Princes, 
lorsqu'ils  ont  droit  de  manger  à  quelqu'une  des 
tables.  On  appelle  chez  le  Roi,  Vin  de  la  bou- 
che, Le  vin  destiné  pour  la  personne  du  Roi. 

On  appelle  aussi  chez  le  Roi,  La  bouche ^ 
Le  lieu  où  l'on  apprête  i  manger  pour  le  Roi  ; 
et  Officiers  de  la  Bouche,  Les  Ofhciers  qui 
servent,  soit  à  la  cu'sinc  du  Roi ,  soit  au  Gobelet. 
Et  on  appelle  absolument  La  Bouche,  Les 
Officiers  de  la  bouche  du  Roi.  La  Bouche  eU 
partie. 

liouCHK,  se  dit  aussi  Des  personnes  mîhncs, 
par  rapport  à  la  nourriture.  //  a  tous  les  jours 
cinquante  bouches  à  nourrir.  Les  vivres  conir- 
mençant  à  manquer  dans  la  J'iacc,  on  en  |ît 
sortir  (oiilcs  les  bouches  i^.iutiles. 

Boucnr,  se  dît  aussi  en  parlant  Des  chevaux, 
et  de  quelques  autres  bêles  de  somme  et  de 
voiture.  La  bouche  d'un  cheval,  l  n  cheval  qui 
a  la  bouche  fraîche,  la  bouche  échauffée.  Vn 
cheval  qui  a  la  bouche  bonne,  la  bouche  pne^ 
la  bouche  tendre,  la  bouche  délicate,  la  bouche 
mauvaise^  la  bouche  éqarce,  la  bouche  forte. 

On  dit  aussi ,  Bouche  de  saumon,  de  carpe ^ 
de  ijrenouille. 

On  dit,  qu'(/n  cheval  est  fort  en  bouche,  et 
qu7/  n'a  point  de  bouche,  pour  dire,  qu'il 
n'obéit  point  au  mors;  et  qu7f  n'u  ni  bouche, 
ni  éperon,  pour  dlie,  que  ^'on-seulemcnl  i!  est 


BOIJ 

fort  en   bouclic  .   mais  (ju'il  est  dur  à  1  cpc- 
roiL 

On  dit  aussi  figurémcnt  et  faniiliôremcnt ,  ' 
qnVn  /lomiiie  csl  fort  en  /joac/ie,  pour  dire, 
qu'il  parle  avec  beaucoup  de  véheuiciicc  et  de 
hardiesse;  et  qu7/  na  ni  houche^  ni  éperon, 
pour  dire,  qu'il  est  stupide  et  iascnsiblc,  çt 
qu'il  ue  s'émeut  de  riec. 

BoLCHE,  se  dit  aussi  en  parlant  dXTne  pièce 
d  artillerie,  et  signifie  L'ouverlure  par  ou  le 
boulet  sort  du  canon.  Exposer  des  troupes  à  la 
bouche  du  cation.  On  dit  aiisiiî  Bouches  à  ftu 
au  pluriel,  eu  parlant  Des  canons  et  des  mor- 
tiers. Il  y  avait  tant  de  bouches  à  fcu. 

BoiCHES,  auplurid,  se  dit  Des  embouchures 
par  où  de  grands  fleuves  se  dccbargent  dans  la 
mer.  Les  bouches  du  i\i7.  Les  bouches  du  Da- 
nube. Les  bouches  du  Ganqe. 

BOUCHÉE,  s.  f.  Petit  morceau  de  quelque 
chose  à  manger.  Une  bouchée  de  pain^  une 
bouchée  de  viande.  Il  n'y  en  a  qu'une  bouchée. 
Ou  dit,  A'e  faire  qu'une  bouchée  d^un  pâtéj 
pour  dire ,  Lo  manger  avidement  et  promp- 
icmcnt. 

BOUCHCR.  V.  a.  Fermer  une  ouverture. 
JBouc/ieruM  trou. Boucher  un  tonneau. Boucher 
une  boulciUc  Boucher  une  porte.  Boucher  une 
fjnétre.  Se  boucher  le  nez.  Se  boucher  les 
oreiller.  Se  boucher  les  yeux. 

On  dit.  Boucher  le  passanCy  boucher  les 
eheminSy  boucher  les  avenues,  pour  dire,  Em- 
pèchcrquou  n'y  puisse  passer.  On  avoit  bouché 
tous  les  passâmes  à  Venncnii.  Kl  eu  parlant  d'Un 
bâtiment  qui  est  au-dcvanl  d'uu  autre,  en  dit 
qu7l  en  bouche  la  vue.  On  dît  aussi,  Faire 
boucher  les  vues  d'un  bâtiment ^  pour  dire,  En 
faire  murer  les  funètres .  lorsqu  elles  regardent 
'de  tiop  près  sur  une  maison  voisine,  contre  la 
disposition  de  la  Coutume.  On  lut  a  fait  boucher 
ses  vues. 

On  dit  fi^urément,  Se  boucher  les  yeux, 
pour  dire,  Ne  vouloir  point  voir;  et,  Se  hoU' 
cher  les  oreillcsy  pour  dîï-e,  Ne  vouloir  poiitt 
entendre.  Et  en  parlant  d'Une  somme  d'argent 
qu'on  reçoit,  ou  dit  familitjrcmcnt,  qn'ElU 
servira  à  boucher  un  trou,  pour  dire,  qu'Ella 
«er\'ira  5  payer  quelque  detlo^  ou  dcdununa- 
géra  de  quelque  perle. 

BoDCH^,  LE.  participe. 

On  dit  Hj^urem.  d  Un  homme  qui  a  l'intel- 
ligence durt*,  qu'/I  Il  l'esprit  bouché.  Il  a  au- 
jourd'hui l'esprit  si  bouché  j  quon  ne  lui  peut 
rien  faire  contprendre. 

BOUCIII%R.  s.  m.  Celui  qui  tue  des  bœufs, 
des  moutons,  etc.  et  qui  les  vend  ensuite  en 
détail. 

On  dit  Ggurém.  d'Uu  Iionirac  cruel  et  san- 
guinaire, d'uu  Chirurgien  ignorant  et  maladroit 
que  C'est  un  vrai  Boucher. 

BUUCIlfcRE.  $.  f.  La  femme  d'un  Boucher. 

BOUt-HElUE.».  f.  Le  lieu  oix  Ton  tue,  et 
celui  où  l'on  vend  publiquement  la  viande  du 
gros  cl  du  menu  IxJiail.  Acheter  ilc  lu  viande  à 
la  boucherie.  Les  boucheries  sont  fcrniccs^  sont 
0itvcrtts, 

Il  si^DîGe  n^uréaL,  Tuerie,  iarisMcrCi  car- 


BOU 

nage.  Il  se  ft  une  (jrajide  boucherie  dam  ce 
combat.  On  dit,  Mener  ou  envoyer  des  soldats 
à  la  touc/ieri'e,  pour  dire,  Les  exposer  h  uue 
mort  presque  certaine.  El  proverbialement,  Il 
n'a  pas  plus  de  crédit  qu'un  cJiien  à  la  hiurhe- 
rie,  pour  dire.  Il  n'a  .lucun  crédit,  il  ni-  peut 
rien  en  celte  aflàiri*. 

BOUCHOIR.  s.  m.  Grande  plaque  de  fer  qui 
sert  ^  boucher  un  four. 

BOUCHON,  s.  m.  Ce  qui  sert  à  boucher  une 
bouteille  ,  ou  quelque  autre  vase  de  m<"nie 
nature.  Le  bouchon  J'unc  bouteille.  Bouchon 
defiUiine^  bouchon  de  ïiefje,  bouchon  de  boîs, 
bouchon  de  pApier^  bouciion  de  verre  ^  bouchon 
de  rristiW.  Le  bouchon  d  un  cornet  d'ccriiotre. 
Faire  un  bouchon.  Ncltre  un  bouchon,  Falrt 
sauter  le  bouchon. 

On  appelle  Bouchon  de  p^i'He,  bouchon  de 
juin.  Une  poignée  de  paille  tortillée,  ou  de  foin 
lortill.'.  FniVe  un  bouchon  de  paille  pour  frotter 
un  cheval.  Mettre  un  bouchon  de  paille  à  la 
queue  d'un  cheval ,  pour  marcpier  qu'il  est  î* 
vendre.  On  dit  aussi ,  Vn  bouchon  de  linge.  \i\ 
on  dit,  .l/e((re  du  linqc  en  un  touc/ion,  poui 
dire.  Le  chiflonner  et  le  mettre  tout  en  un  tis 

lîoDCHON,  se  dit  aussi  d'Uu  rameau  de  ver- 
dure ,  ou  de  quelque  autre  cîiose  semblable  . 
qu'on  attaclie  à  une  maison,  poui*  faire  con- 
noitrc  qu'on  y  vend  du  vin.  Un  bouchon  d<- 
cabaret.  Et  on  dit  proverbialem.,  A  bon  vin  il 
ne  faut  point  de  bouchon j  pour  dire,  que  Les 
bonnes  choses  n'ont  pas  besoin  daflicbe  poiu 
être  recherchées 

Bouchon  ,  est  aussi  un  terme  dont  on  ee  sert 
en  caress.mt  les  enfaus.  Mon  p-.iit  bouchon.  Il 
est  du  si)  le  familier. 

BOUCHONNER,  v.  a.  Mettre  en  bouchon, 
cliifibnner.  Bouchonner  du  lincje. 

On  dit,  Bouchonner  un  c/ieifal,  pour  dite, 
Le  froUcr  avec  un  bouchon  de  paille  j  Lui 
mettre  un  bouchon  de  paîllc  à  la  queue ^  pour 
avertir  qu'il  est  à  vendi'e. 

ButciioNKEn  ,  signifie  aussi  familièrement. 
Cajoler,  caresser,  et  ne  se  dit  qu'en  parlant  Des 
jiifans.  Bouchonner  un  enfant.  Il  est  familier. 

Boi-'CiiossÉ,  ÉE.  participe. 

BOUCIJi.  s.  f.  Anneau  de  métal  qui  n  une 
petite  traverse,  avec  un  ardillon  et  une  cliape. 
Des  boucles  de  souliers.  Une  ceinture  à  boucle. 
Des  boucles  de  jarretière.  Les  boucles  d'un  /te;- 
nois,  etc. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  espèce  d'anneau  dont 
on  se  sert  Ix  divers  usages.  On  appelle  ainsi 
principalement  ce  que  les  femmes  attaclicnl  à 
1.  urs  oreilles  pour  se  parer.  Des  boucles  d'o- 
reilles. Des  boucles  d'or.  Des  boucles  de  diamans. 

Il  se  dit  aussi  De  ces  anneaux  de  cui>Te  qu'en 
met  aux  cavales  qu'on  veut  emjii^cher  d  êti* 
saillies.  Mettre  des  boucles  à  une  cavale. 

Boucle,  se  dît  (ïgurément  Des  anneaux  que 
font  des  cheveux  frisés.  De  qrandcs  boucles  de 
cheveux.  Friser  à  boucles^  en  boucles^  à  gran^ 
des  boucleSj  à  grosses  boucles^  à  petites  boucles. 
Les  boucles  d'une  coiffure,  d'une  pcn-uque. 

BOUCLER,  v.  a.  Mettre  une  boucle,  nlta- 
dicr  «v.c  uiic  buucl.'.  Boucler  ses  soulier.. 


BOU  r:>9 

On  dit ,  Boucler  une  cavale ,  pour  diic , 
Mettre  des  boucies  k  une  cavale,  pour  Icnip*- 
clier  d'être  saillie. 

On  dit ,  Boucler  tics  chcvciuc  ,  pour  dire  , 
Faire  prendre  la  fomie  de  boucle  !i  des  che- 
veux, mettre  des  cheveux  en  boucles.  Il  est 
tous  les  soirs  une  heure  ù  se  friser, à  se  boucler. 
Boucler  une  pcrrurjuc. 

BoiciEB,  siguilie  aussi  Fermer,  mais  uiii- 
qui'iiiciit  dans  cette  phrase.  Boucler  un  porj, 
qui  signifie ,  Fermer  l'enu-ée  d'un  l'on. 

BoLCLÉ,  ÉE.  participe.  Des  souliers  houclr^. 
Une  jument  bouclée.  Des  cheveux  bouclés.  Un 
Port  bouclé. 

B0UCLII;R.  s.  m.  Arme  défensive  qu'autre- 
fu.s  les  gens  de  guerre  portoient  au  bras  gauche , 
et  dont  ils  se  scrvoicnt  pour  se  couvrir  le  corps. 
l'n  bouclier  ronil  Un  bouclier  ovale.  Parer  du 
bouclier.  Les  Grecs  et  les  Romains  portoient  (Je" 
nriinds  boucliers. 

On  dit  figurém.  ,  Faire  une  grande  levée  ^ 
une  belle  levée  de  boucliers,  pour  dire,  Faii« 
Je  grands  préparatifs  pour  uue  entic]>rise  qui 
ne  réussit  pas  ou  qui  n'en  vaut  p.is  la  peine. 
De  (juot  lui  a  servi  cette  grande  levée  de  bou- 
cliers? 

BouCLiEn ,  se  dit  aussi  figiuiiment  Des  per- 
«uncs  ;  par  exemple  ,  d'un  General  d'armée  . 
C'est  le  bouclier  de  r£(at;  D'uu  grand  J^'.vèquc, 
d  un  grand  Théologien,  C'est  le  bouclier  de  la 
Foi,  le  bouclier  de  la  Religion. 

Ou  dit  encore  CgiutSni. ,  faire  son  I>ouc7icr, 
tiniir  dire,  Faire  sa  orinciçale  dcfensc.  }l  fait 
Sun  bouclier  de  cet  argument.  Et  l'on  dit  d'Uu 
mauvais  raisonnement ,  C'est  lu  un  méchant 
bouclier ,  Une  pauvre  défense.  5ou  âge  h?: 
sert  de  bouclier. 

BOUCON.  s.  m.  Terme  pris  de  l'Italien,  et 
qui  de  lui-mftnie  ne  signifie  que  Morceau,  mais 
qui  n'est  d'usage  que  pour  significrun morceau 
enipoisoiiiKj,  ou  un  breuvage  empoisonné.  Ainsi, 
Donner  le  boucon,  n'est  autre  chose  qu'Empoi- 
sonner. /(  iui  a  donné  le  boucan.  Il  a  pris,  il  a 
avalé  le  boucon.  Il  a  vieilli. 

BOUDER,  v.  n.  Il  se  dit  proprement  De» 
enfans,  lorsqïl'iîs  eut  quelque  petit  chagrin .  et 
qu'ils  ne  le  tcmoigneut  que  par  la  mauvaise 
mine  qu'ils  (ont.  Un  enfant  (jui  boude  toujours, 
iiui  ne  fait  cfue  bouder.  11  se  dit  aussi  d'Une 
pei-soune  qui,  ayant  accoutumé  de  vivre  fami- 
liéremeut  avec  une  auue,  vient  tout  d'un  coup 
^  ne  iui  plus  ]i:irlcr,  h  cause  de  quelque  petit 
sujet  de  mccontenteuient  qu'elle  croit  en  avoir 
reçu.  Je  ne  sais  pas  ce  quil  a  contre  moi  ;  mat> 
il  boude  depuis  rjuclifuc  temps,  et  ne  me  parle 
plus.Ilsboudent  l'un  contre  l'autre.  Une  Çemnir  , 
oui  ne  fiit  oue  bouder.  Ces  deux  ptrsonnts 
boudent. 

Bouder,  dans  le  stjlc  ramillci ,  $'empbi« 
quelquefois  activement  D'cii  vient  que  vous 
me  boudez?  U  me.boudc  depuis  quelque  (eriij^i. 

On  dit  familièrement,  Bouder  contre  r..n 
ventre,  pour  dire,  Se  priver  par  dépit  d'un" 
chose  utile  ou  agréable. 

BoiDÉ,  1  E.  p.irticipc. 

BOUDERIE,  s.  f.  Action  de  bouder,  .l'-l-»t 


j6o 


BOU 


où  est  tine  pf rsoiinc  qui  boud^.  Il  y  o  toujours 
ijuelaue  houileric  entre  eux.  Ce  sotit  des  boutîe~  -^ 
ries  continttcUcs  de  sa  part.  Quand  sa  houderit 
le  tieitt.  Quand  sa  bouderie  le  prend.  C'est  une 
boaiderie  ^ui  passera. 

BOUDEUR ,  EUSE.  adj.  Qui  boude.  C'est 
un  enfant  naturellement  boudeur.  Il  est  d'une 
humeur  boudeuse. 

11  s'emploie  aussi  au  sulistantii.  C'est  un 
boudeur.  C'est  un  franc  boudeur.  C'est  une 
boudeu.se. 

DOUniX.  s.  m.  Boyau  rempli  de  sang  et  de 
gialsse  de  porc,  avec  rassnisonneiiient  néccs- 
s  lire.  Faire  du  boudin.  Faire  griller  du  bou- 
din. Piaucr  du  boudin  pour  Vempcrher  de  cre- 
ver en  grillant.  Une  aune  de  boudin.  Deiux 
au^ies  de  boudin.  Cclto  sorte  de  boudin  s'ap- 
pelle ordinairement ,  Boudin  noir. 

On  appelle  Boudin  blanc,  Celui  qui  est  fait 
avec  du  lait  et  du  blanc  de  cliapon. 

Provcrhiaiement  et  bassement,  quand  on 
veut  faire  entendre  qu'une  chose  ne  réussira 
p<iint.  on  dit,<ju'£l/e  s'en  ira  en  eau  de  boudin. 

BouDis,  en  termes  d'.Arcliitecture,  signifie, 
Le  gros  cordon  de  la  base  d'une  colonne. 

Boudin,  en  termes  de  Serrurerie,  sert  i  de- 
signer une  spirale  de  fil  de  fer  dont  l'elaslicité 
forme  un  ressort.  On  en  fait  usage  pour  les 
stores  d'une  voilure.  Le  store  ne  va  plus,  le 
boudin  est  casse. 

Boiui»,  en  termes  de  Sellerie,  se  dit  d'Un 
p.'tlt  porte-niantcau  de  cuir    'n  forme  de  petite 
ab'se  ,  qu'on  met  sur  le  dos  d'un  cheval. 

//  se  dit  aassi  en  tarmes  de  l'nsurc,  pour, 
Boucles  de  cheveux.  Frisé  en  bouiins. 

Boudin,  est  encore  un  terme  de  Mineur,  et 
si;;niâe,  Une  fusée  ou  il  entre  des  étoupes  cl 
Butrcs  matières  cf»mlmstil)les. 

BOUDOIK.  s.  m.  Petit  cabinet  où  l'on  se  re- 
tire quand  on  veut  être  seul.  Elle  est  dans  son 
boudoir.  Il  est  du  style  familier. 

BOUE.  s.  f.  I.a  fange  des  rues  et  des  che- 
mins. Un  cliemin  plein  de  bouc.  Des  rues  plei- 
nes de  boue.  Être  tout  couvert  de  boue.  Tomber 
dans  la  bouc.  Faire  rejaillir  de  la  boue.  Les 
Imues  des  rues. 

On  dit,  Payer  les  boues  et  lanternes,  pour 
dire,  Payer  la  t.ixe  ijui  est  imposée  pour  l'enlè- 
vement d(s  boues  cl  pour  l'cnlreticn  des  lan- 
lcrne.s. 

On  dit  proverbialement,  qu'(/nc  maison 
u'est  faite  nue  de  bouc  et  de  crachat,  pour 
dire,  qu'KlIe  n'est  hJtie  que  de  nicchans  maté- 
riaux. Kl  proverbialement  et  hassemenl,  en 
parlant  d'Une  chose  dont  on  ne  se  soucie  oucu 
ncnienl,  on  dit,  qu'On  n'en  fait  non  plus  d'é- 
tat que  de  la  boue  de  ses  souliers. 

On  dit  figiu-ém.  Tirer  (jucl(|ii'un  de  la  boue, 
pour  liiic,  I,e  tirer  d'un  étal  misérable  et  bas; 
«  d'Un  homme  qui  a  l'âme  ba5,se,  qne  C'est 
une  (Jme  de  boue,  l.c  (ruiner  dans  la  bouc,  pour 
dire,  I.e  vilipender. 

BoUK,  se  dit  aussi  Du  pus  qui  sort  d'un 
apostume,  d  un  alicès.  Vn  apos'.unie  doit  il 
i'jrt  beaucoup  de  boue, 

BOl'EK.  3.  I.  Terme  de  Maiiue,  MoKeau  de 


BOU 

bois  ou  de  liège,  ou  baril  vide  nitachc  à  un 
cordage,  qui  flotie  au-dessus  d'une  ancre,  et 
sert  à  marquer  le  lieu  où  elle  est.  Les  Bouéf  s 
marqueril  aussi  les  ëcueils,  les  pieux,  les  bris 
de  Vaisseaux. 

BOUEUU.  9.  m.  Charretier  pavfî  pour  enle 
ver  les  boues  des  rues  avec  un  tombereau.  Le 
Bouenrs  de  Paris. 

liOUKUX,  EUSE,  adj.  Plein  de  boue.  De. 
chemins  tout  boueux.  Une  rue  boueuse. 

On  dit,  U'it  écriture  boueuse ^  une  W' pres- 
sion boueuse^  De  celles  dont  l'encre  s't-c.irle  el 
tacbt  le  papier  au-del^  du  volume  naturel  du 
caractrre.  On  dit  aussi,  cl  mieux,  Bavcchée. 
Voyez  ce  mot. 

On  dit.  Une  estampe  boueuse^  Lorsque  le 
cuivre  n'ayant  pas  cte  bien  essuyé,  on  a  laisst 
du  noir  entre  les  liacluircs. 

BOUFFANT,  ANTE.  adj.  Qui  bouOc,  qui 
paroit  gonflé.  Il  ne  se  dit  gUL-re  qu'en  parlaai 
Des  étoffes  qui  ont  assez  de  consistiince  pour  ne 
pas  s'aplatir ,  et  qui  se  soutiennent  d't  Iles- 
mêmes.  Vue  étoffe  boujfante.  Une  qarnitun 
bouffante. 

BOUFFÉE,  s.  f.  Terme  qui  se  dit  De  l'ac- 
tion suliite  et  passagrre  de  diverses  choses.  Uuû 
bouffce  de  vent.  Une  houffcc  de  fumée.  H  vient 
des  bouffces  de  chaleur  de  temps  en  temps. 

Il  se  dit  aussi  quelquefois  pour  Halenée.  Des 
boufft-es  de  vin.  H  nous  empoisonne  par  dci 
bouffies  d'ail. 

On  app -lie  Bouffée  de  fièvre,  Un  accès  de 
Êt'vre  qui  n'a  poît.t  de  .suite.  Et  fi^urénient  en 
parlant  d  Ln  I.omme  qui  ne  s  adonne  am 
clioscs  que  par  intervalle  et  par  boutade,  oi 
dit,  qu7l  ne  s'y  adonne  que  par  bouffes.  Ol 
dit  dans  le  mCme  sens,  Bouffe  d'humeurs 
houffre  de  dévotion.  Il  est  du  style  familier. 

BOUFFER.  V.  n.  Enfler  les  joncs  exprès  d 
par  jeu.  En  ce  sens  il  n'est  guère  d'usage. 

On  dit  d'Un  homme  fâché,  et  qui  marque 
sa  colère  par  la  mine  qu'il  fait,  qu'/I  bouffe  di 
colère.  Il  est  clu  style  familier. 

U  s'emploie  plus  ordinairement  pour  signî-  , 
fier  Un  certain  effet  que  font  les  étoffes  qui  sr 
soutiennent  dolles-mùmes,  cl  qui,  au  lieu  de 
^'aplali^,  se  coutticnl  en  rond.  Une  étoffe  (jui 
bouffe.  Du  ruban  qui  bouffe. 

BOUFFKTTE.  s.  f.  Petit*-  houppe  qui  pend 
aux  liamois  des  chevaux.  //  faut  des  bouffettes 
à  ce  narnots, 

BOUFFIR.  V.  a.  Enfl.r.  Il  ne  se  dit  au  pro- 
pre qu'en  parlant  Des  chairs,  yhydropisie  lui 
■2  bouffi  tout  le  corps. 

Il  est  aussi  neutre.  I^  visacje  lui  bouffit  tout 
fcs  jours. 

On  dit.  Faire  bouffir  un  harenq  sur  le  gril. 
pour  dire,  Le  faire  renfler  en  le  faisant  cuire 
sur  le  gril. 

Bouffi,  ie.  participe.  Avoir  le  visage  bouffi, 
les  joues  bouffies.  Du  harenq  bouffi. 

On  dit  6^urémcnt  d'Un  homme  plein  d'or- 
gueil et  de  vanité,  qu7/  eut  bouffi  d'orgueil  et 
de  vanité.  El  on  appelle  fi'jiu^m.  Style  bouffi, 
Vn  style  cmpouié. 

BOl.''"Fl^^L'RE.  «ul>st.  f.  Enflure  dans  les 


BOU 

chairs,  cinsi'c  par  quelque  indisposition,  pnt 
quelque  accident  Bouffissure  de  Visage,  du 
visaqc. 

On  aijpelle  iîguréraenl, Bou/^ssure du  sl"yl«, 
Le  défaut  d'un  style  ampoulé. 

BOUFFON,  s.  masc.  Personnage  de  théâtre 
dont  l'emploi  est  de  faire  rire.  On  le  dit  aussi 
d'Un  homme  qui  fait  le  môme  rôle  dans  la  so- 
ciété. 5on  métier  est  de  faire  le  bouffon.  C'est 
un  très-bon  bouffon.  C'est  un  excellent  bouffon. 
Le  bouffon  de  la  Comédie.  Faire  le  personnage 
de  bouffon.  Un  mauvais  bouffon.  Un  froid,  un 
filat  bouffon.  Autrefois  les  Rois,  les  Princes, 
iivoient  des  bouffons. 

Servir  de  bouff>n,  s'emploie  pour,  Servir 
de  sujet  de  moquerie,  de  risée.  Dans  ce  sens, 
un  homme  qui  voit  qu'on  se  moque  de  lui,  du. 
Je  vois  bien  que  je  sers  ici  de  bouffon.  Je  ne 
prétends  pas  être  votre  bouffon. 

On  dit  d'Un  homme  qui  aîme  à  faire  rire  la 
compagnie,  qu'/i  se  plaît  à  faire  le  bouffon. Oa 
dit  aussi  d'Une  femme  qui  est  de  même  hu- 
meur, qu'£ïïe  fait  la  bouffonne-  et  on  dit  par 
caresse  a  une  petite  fille  gaie  et  enjouée,  que 
C'est  une  petite  bouffonne. 

Bouffon,  onve.  adjecl.  Plaisant,  facétieux. 
C'est  un  bouffon  personnage.  Avoir  la  mine 
bouffonne,  l  humeur  bouffonne.  Un  djscour* 
bouffon,  un  style  bouffon,  une  avt'niure  bouf^ 
fonne.  Cela  est  bouffon. 

BOUFFON^ER.  V.  n.  Faire  ou  dire  quel- 
que chose  dans  le  dessein  de  fau'c  rhe.Ilne fait 
ijue  houfionrier, 

riUL'P  r'ONNERIE.  s.  F.  Ce  qu'on  fait  ou  Cb 
qu'on  dit  pour  faire  rire.  Platsantt'  hou^fonneriem 
Mcc}uiute  bouffonnerie. 

BOUGE,  s.  m.  Ks])ècc  dr  petit  cabinet  au- 
près d'unr  cliambi-e.  Une  chambre  avec  un 
houqe.\\  se  dit  en  parlant  Des  maisons  où  logent 
les  artisans  et  le  bas  peuple.  Il  se  dit  encore 
d'Un  logement  malpropre.  C'est  un  vrai  bouqe. 

BOUGEOIR,  s.  m.  Espèce  de  chandelier  san» 
pied,  qui  a  un  manche,  qu'on  porte  5  la  main, 
et  dans  lequel  on  met  ordinairement  une  bou- 
gie. Un  bougeoir  d'argent.  Un  bougeoir  de 
riuVrc  doré. 

BoLGKOin,  se  dit  aussi  p;irticnliéremeiit  De 
rc  petit  chandelier  d'or  qu'un  valet  de  chambre 
porte  au  coucher  du  Rci ,  et  que  le  Ro:,  lots- 
(ju'il  se  déshabille,  fait  donner  par  distinction  !i 
quelqu'un  des  ('ourlisaus.  Le  Roi  ft  donner  \e 
bouqeoir  à  tin  tel  Seigneur.  Un  tel  Seigneur  a 
eu  le  bougeoir  ce  soir. 

B(>U(iKR.  V.  n.  Se  mouvoir  de  l'endroit  oii 
l'on  est.  Si  vous  bougez  de  votre  place  vous 
me  désobligerez. 

On  s'en  sert  plus  ordinairrnienl  avec  h  né- 
gative. Je  ne  bougerai  de  là  .puisque  vous  i'or- 
(/(innej.  A'c  bougez,  de  L'i.  Ae  ^ou'J^.•:.Et  on  dit- 
qu'f/n  homme  «'-  bouge  d'un  lieu.,  pour  dire, 
qu'il  y  est  fort  assidu.  C'est  une  ntflison  dVù  il 
ne  bouge.  Elle  ne  bouge  des  Eglises.  U  ne 
bouge  de  la  Comcdte,  de  VOpcra.  C'tsl  un 
homme  qui  ne  bouqe  de  la  Cour. 

BOUCJETTE.  $.  f.  Petit  sac  de  cuir  qu'on 
-rte  on  voyage. 


BOUGIE.  8.  f.  chandelle  de  cire.  Grosse 
hcuqie.  Petite  bvu(pe.  Bougie  de  nuit.  Pain  de 
bougie.  Allumer  de  la  bougie,  Ae  brûler  (jue  de 
la  boucjif.  Pjottcjic  bla,iche.  Bou(jie  jaune.  Vus 
livre  de  bouriie.  Allumer  lei  boufjics.  Eteindre 
let  bouqics. 

Bot'GiE,  se  dil  aussi  en  Cliiruigift,  d  Une 
peiile  vt'rge cirée  qu'on  introduit  dans  l'urèlre, 
pour  le  dilater  et  le  teni"  ouvert,  ou  pour  con- 
sumer des  carnosittîs. 

BOUCilER.  V.  act.  Passer  sur  la  cire  fondue 
d'une  bougie  allunitje  les  bords  de  quelque 
étoffé,  pour  empCclier  qu'elle  ne  s'cûile.  Bou- 
cier  du  tajjetas. 

BouciÉ,  ÉE.  participa. 

BOUCiO>'>'ER,  V.  n.  Gronder  entre  ses 
dcQts,  Cette  vieille  ne  fait  gue  bougunncr.  Il 
e^t  popul.iire. 

BOUGRAN.  s.  m.  Sorte  de  toile  forte  ei 
pomnice,  dont  les  Tailleur»  se  servent  pour 
nieltie  dans  quelques  endroits  des  habits  entre 
1j  doublure  et  l'ctotTe.  afin  de  les  tenir  pliui 
tenues.  Mettre  du  bouqrun  à  des  boutonnières. 

BOUILLANT,  A.NTE.  adj.  Qui  bout.  De 
Veau  bouillanU.  De  l  huile  houillante. 

l\  se  dit  ilgurcmcnl  Des  personnes,  et  si- 
gnifie Prompt,  vif,  ardent.  Vu  homme  bouil- 
lant. Un  courage  bouillant.  L  n  esprit  bouil- 
lant. Une  jeunesse  bouillante.  C  est  un  Iwnime 
qui  a  le  sang  bouillant. 

BOUILLE,  s.  f.  Longue  perclie  dont  les  pé- 
cheurs se  servent  pour  remuer  la  vase  et  trou- 
bler l'eau,  afin  que  le  poisson  entie  plus  faci- 
tement  dan»  les  filets. 

BOUILLER.  V.  act.  Troubler  l'eau  avec  uiie 
bouille. 

Bou Hier  une  étoffe  j  TuA  niarijucr  suivant  lei 
»t-gles  prescrites. 

BotnxÊ,  LE.  participe. 

BOUILLI,  s.  m.  Viande  cuite  dans  un  pot. 
d.ms  une  marmite  avec  de  l'eau.  Ac  manger  nue 
du  bouilli.  Servir  le  boudlt. 

BOUILLIE,  s.  f.  Sorte  de  nourriture  qui  csl 
fjile  de  lait  et  de  farine,  et  qu'on  donne  ordi- 
nairement  aux  petits  enfans.  Foire  de  la  bouil- 
Uj.  Donner  de  la  bouttiie  à  un  enfant.  Lui 
faire  manger  de  la  bouillie.  Vn  jioêlon  de 
bouillie. 

On  dit  familièrement,  d'Une  vianoe  qu'on 
a  £ïit  bouillir  trop  long-temps,  qu'£/ie  s'en 
va  toute  en  bouillie. 

On  dit  proverbial. ,  Faire  de  la  bouillie  pour 
let  chats,  pour  dire  ,  Prendre  de  la  peine  peur 
faire  uuc  chose  qui  ne  servira  à  rien. 

BOUILLIR.  V.  n.  Je  bous,  tu  bous,  il  bout  ; 
nous  bouillons,  i^ous  bouillez,  ils  bouillent.  Je 
bvuiîloiv.  Je  bouillis.  Je  bouillirai.  Bnus.  Qu'il 
houille.  Que  je  bouille.  Que  je  bouillUse.  Il  se 
dit  proprement  Des  litjueurs,  *)ui  par  la  cb;i- 
kur  ou  par  ijuelque  fcrmcntati<»n  sont  mises  en 
mouvement,  et  s'clèvcnt  en  petites  bouteilles. 
taire  bouillir  de  l'eau.  Mettre  de  Veau  bouillir. 
Un  lait  gui  bout.  Quand  le  vin  bout  dans  le 
loi:n£iiu.  Quand  Veau  bouillira. 

On  dil  fii^uréra.  d  Lu  jeune  homme  ardeni  4, 
cl  fuugueux,  qui  e>t  datu  la  prtmicrc  vigueur 
Tomç  /, 


BOU 

de  l'û^e,  (jue  Le  satg  lui  bout  dans  les  veines; 
n  fii^uitmeiil  aussi,  La  tête  me  bout,  la  cer- 
velle me  bout,  pour  exprimer  qu'On  sent  une 
2>ccssive  chaleur  à  la  tète. 

On  dit  figui-emeiU  et  proverbialem. ,  Ofi  nie 
bout  du  lait,  il  me  semble  nu'un  me  bout  du 
liuty  guand  on  me  dit  ccla^  pour  dire.  On  se 
mo'juc  de  moi,  il  me  semble  qu'on  se  moque 
de  moi,  qu'on  me  traite  d'enfant.  Et  dans  celte 
pbiasc,  Bouillir  est  employé  activement. 

On  se  sert  aujourd'hui  de  cette  façon  du  parler 
proverbiale.  Bouillir  du  lait  à  guelguun,  dans 
un  sens  favorable,  pour  signifier,  Faire  plaisir 
à  quelqu  un  ,  lui  dire  des  choses  agréables. 
Loin  de  It  fu'cher^  c'est  lui  bouillir  du  lait. 

Bot'iLLin,  se  dit  aussi  Des  clioscs  qu'on  fait 
cuire  dans  Icau  ou  dans  quehpie  autre  liqueur. 
Faire  bouillir  de  la  viande.  Faite  bouillir  des 
herbes  dans  du  vm. 

Il  se  dit  aussi  Du  vaisseau  où  l'on  fait  cuira 
rjucUjue  chose.  Faire  houillirlepot.Lepothout. 
Et  on  dit  familiCicmeiit  Des  choses  qui  servent 
à  la  subsistance  du  ménage,  que  Cela  sert  à 
faire  bouillir  la  marmite,  à  faire  bouillir  le 
pot;  et  figiu-énienl  et  familièrcm.  d'Une  chose 
qui  n'e&t  bonne  !i  aucun  usage,  qu'EUe  n'est 
bonne  ni  à  rôtir  ni  à  bouillir.  Il  se  dit  aussi  Des 
person  nés. 

Bouilli,  ie.  participe.  Du  bœuf  bouilli.  Di 
la  viande  bouillie.  Des  chàtaignt;»  bouillies. 

On  appelle  Cuir  bouiib,  Du  cuir  de  vache 
prépare  d'une  certaine  façon ,  et  eiidu»ci  à  force 
lie  l>ouil!ir. 

BOUILLOIRE,  s.  ft^m.  Vaisseau  de  enivre 
nu  d'autre  métal  ,  propre  à  làiie  bouillir  de 
l'eau. 

BOUILLON,  s.  m.  Cette  jiartie  de  re;m  ou 
de  qtiehjue  autre  liqueur,  qui  s  élève  en  rond 
au-dessus  de  sa  surface  pur  l'action  du  feu. 
Faire  bouillir  de  l'eau  à  petits  bouillons,  à  gros 
bouillons. 

Ou  dit  d'Une  chose  (ju'il  ne  faut  pas  faire 
liouillir    long -temps  ,   qu'//    n'y    faut    qu'un  [ 
bou:i!ori  ou  deux. 

On  dit  Gguiêment  et  familièrcm.,  Dans  les 
premiers  bouillons  de  sa  colère,  pour  dire,  Dans 
les  premiers  mouvcmens  ,  d.ms  les  premiers 
lran*;porls  de  sa  colère. 

Bouillon,  se  dit  aussi  De  l'eau  qui  a  long- 
temps bouilli  avec  de  la  viande  ,  ou  avec  des 
herbes,  pour  servir  ensuite  d«  nourriture  ou  de 
remède.  Il  n'y  a  pas  assez  de  bouillon  dans  le 
potage.  Cela  fait  un  bouillon  clair.  Un  bouillon 
perlé.  Un  bouillon  nourrissant.  Un  bouillon 
succulent.  Une  écuellée  de  bouillon.  Bouillotis 
amers.  Bouillons  rafraîchissons.  Bouillon  de 
vipère,  de  tortue,  de  poulet.,  etc. 

On  dit  ,  Prendre  un  bouillon,  pour  dire, 
Avaler  autant  de  bouillon  qu'il  en  lient  !i  [wu 
près  dans  une  écuelle.  Prendre  un  bouillon  à 
la  viande,  un  bouilion  aujc  herbes. 

On  dit  d  Un  homme  infirniCi  qui  D*est  pas 
eu  ciat  de  prendre  de  nourriture  solide,  qu // 
est  réduit  au  bouillon,  guil  est  au  bouillon. 

Boou,i,o>,  se  dit  aussi  De  l'cfTct  qui  arrive  ^ 
eau  cl  aux  autres  liqucun,  lurvjuc  la  supei- 


]JOU  ,n. 

ficie  en  est  agitée  par  quelque  mouvement  vio- 
lent. L'eau  sortoit  à  gros  bouillons.  Une  source 
(jui  fait  de  gros  bouillons  d'eun.  Une  fontaine 
gui  jette  de  gros  bouillons.  Le  sang  sortoit  à 
gros  bouilloni  de  sa  plaie. 

On  appelle  Bouillon  d'eau,Ungros  jet  d'eau 
qui  sort  eu  grande  abondance, sanss'élevcr bien 
haut.  Au  bout  de  Vallée  on  voit  un  gros  bouillon 
d'eau. 

Bouillon  ,  se  dit  aussi  par  extension  ,  De 
certains  groc  plis  ronds  qu'on  fait  faire  à  quel- 
ques étoffes  pour  la  parure  cl  l'ornement,  soit 
dans  les  habits,  soit  dans  les  meubles.  Du  taffe- 
tas renoué  à  gros  bouillons. 

On  appelle  aussi  Bouillon  y  Une  bulle  d'air 
qui  se  trouve  enj;agée  dans  le  vene,  dans  les 
métaux  fondus,  etc. 

BOUILLO>-BLAXC,  s.  m. ou  Molèse,  s.  f. 
Plante  Irès-coraniune.  Elle  est  vulnéraire  et  I)é- 
cliiqne.  On  emploie  ses  fleurs  et  ses  feuilles,  tant 
dans  les  maladies  internes  que  dans  les  mala- 
dies externes. 

BOUILLONNEMENT,  s.  m.  L'état  d  une 
liqueur  qui  bouillonne.  Le  bouillonnement  de 
Veau.  Le  bouillonnement  d'une  source.  Le 
bouillonnement  du  sang. 

BOUILLONNER,  v.  n.  Il  ne  se  dit  que  De 
l'eau  et  des  autres  liqueurs,  lorsqu'elles  sortent, 
ou  qu'elles  s'élèvent  par  bouillons,  soit  par  la 
violunce  de  leur  propre  mouvement ,  soit  par 
faction  du  feu.  L'ne  fontaine  gui  bouillonne. 
Une  source  gui  bouillonne.  Le  sang  bouillonne 
in  sortant  de  la  plaie.  L'eau  commence  à  bouit* 
lon  ner, 

BOUIS.  Voyez  Cdis, 

BOULAIE.  s.  f.  Champ  planté  de  bouleauit. 

BOULANGER,  ÈRE.  *.  Celui,  celle  dont 
le  métier  est  de  faire  et  de  vendre  du  pain. 
Boulant^er  de  gros  pain.  Boulanger  de  petit 
pain.  Maître  Boulanger.  Garçon  Boulanger. 
Les  Boulangers  de  Pans.  Une  Boulangère  de 
Goncsse.  C'est  mon  Boulanger.  Un  bon  Bou- 
langer. 

BOULANGER,  v.  act.  Pétrir  du  pain,  et  le 
faire  cuire.  Un  garçon  gui  boulange  bien.  Une 
femme  gui  boulange  bien. 

Boulangé,  ee.  participe.  Du  pain  bien  bou' 
langé. 

BOULANGERIE,  subst.  f.  L'art  de  faire  le 
pain.  Le  lieu  où  il  se  fait,  dans  lesCommumut- 
tés  ou  dans  les  maisons  à  la  campagne.  Aller  à 
la  boulangerie. 

BOULE,  s.  f.  Corps  sphérique,  corps  rond 
en  tout  sens,  servant  à  divers  usages,  foit  pour 
le  jeu,  soit  pour  l'omcmcnl.  Boule  de  bo:<. 
Boule  d'ii'otre.  Uue  boule  à  jouer  au  mail. 
Une  boule  de  mail.  L  ne  bvulc  à  jouer  aux 
quilles. 

On  'dit  d'Un  homme  gros  el  replet,  qu  /ï  est 
rond  comme  une  boule. 

BoL'LË,  se  dit  aussi  De  certains  arbrisseaux 
tailles  eu  fonne  de  boule.  Une  boule  de  myrte. 
Une  boule  de  chèvre-feuille. 

On  appelle  Jouer  à  la  boule,  Ji.urr  à  un 
rpTtiiu  Jeu,  où  plusieurs  [H'rsonnes  funi  rouler 
des  boules  d'uo  endroit  ù  un  autre ,  et  jouent  à 

Ul 


l62 


HOU 


BOU 


qui  feia  uîlor  sn  boule  plus  prrs  de  l'cntïroit      tremblement  àe  terre  fit  un  bouleversement  /je- 
niarf|ué  pour  servir  de  but;  et  Jeu  de  houle. 
Le  lieu  où  l'on  joue  h  la  boule.  Des  gens  qui 
jouent  à  la  boule.  Un  bon  joueur  de  boule.  Jeft 
de  houle  couvert.  Jeu  de  boule  découvert. 

On  dit,  Avoir  la  boule,  pour  dire.  Avoir 
l'nvantage  de  jouer  le  premier.  Il  faut  voir  a 
(jui  aura  la  boule.  On  joue  en  trente,  cl  ih 
ont  dix  et  la  boule.  Kt  on  dit,  JUcr  à  Vappui 
de  la  houle,  pour  dire,  Jouer  sa  boule,  en 
sorte  qu'elle  puisse  joindre  la  boule  de  celui 
avec  qui  on  est ,  et  la  pousser  plus  près  du 
but. 

On  dit  fij;urémcnl  et  familièrement,  Aller  à 
lappui  de  la  houle ^  pour  dire,  Seconder  quel- 
qu'un dans  une  affaire  qu'il  a  commencée,  dans 
une  proposition  qu'il  a  faite,  dans  un  avis  qu'il 
a  otïvert.  Volts  n'avez  cju^à  commencer,  j'irai  ù 
l'appui  de  la  boule. 

Ou  dit  au  jeu  de  Quilles,  Pied  à  boule. 
Pour  avertir  celui  qui  joue  de  tenir  le  pied  -^ 
l'endroit  où  sa  boule  s'est  arrùtcc  ;  et  figuré- 
ment.  Tenir  pied  à  boule ^  pour  dii-e,  Se  ren- 
dre assidu  â  quelque  ouvr.-t{^o,  a  ([uelque  em- 
\tWi  \  et,  l'aire  tenir  pied  à  houle  à  (juelquun, 
pour  dirr,  L'oblij^iT  h  une  grande  .issiduitt". 

On  dit  proverbialement  e.(  figurrnienl  d'Un 
Jiomnie  qui  est  sujet  à  (Hre  maltraité  de  préfé- 
lence  .-mx  autres,  qu'/ï  attrajie  toujours  la 
houle  noire.  La  houle  noire  lui  tombe  toujours, 
Le  sort  lui  est  toujours  défavorable. 

DOUrEAQ.  s.  m.  Sorte  d'arbre  qui  pousse 
une  pnrtle  de  ses  branclics  par  scions  et  pir 
menus  brins,  et  du  genre  de  ceux  ou 'on  ap- 
pelle Bois  blanc.  Un  balai  de  bouleau. 

lîOlîLET.  s.  m.  Grosse  balle  de  fer  servant 
â  cbaiser  un  canon.  Un  Itculet  de  canon.  Un 


boulet    de 


t-  quatre  li\ 


mjt-q 


Un  boulet  de 


^iilUJt-  quatre.  In  boulet  de  calibre.  Il  fut  tue 
d'un  boulet  de  canon. 

On  appelle  I]oulet  rouqc.  Un  bouli't  qu'on 
a  fait  rougir  au  feu  avant  que  de  le  mettri;  dans 
le  canon. 

On  dit  figurcmcnt,  Tirer  à  boulet  routjc  sur 
(jucl/ju'uri,  pour  dire,  Parler  de  lui  en  termes 
injurieux ,  en  parler  mal ,  sans  ména^cmerjt. 

Boulet,  s.  m.  ha  jointure  qui  est  au-dessus 
du  paturon  de  la  janil)e  d'un  dicval.  Un  cheval 
blessé  au  boulet. 

BOULETÉ,  l'iE.  adject.  Terme  de  Marecbn- 
Icric.  Il  se  dit  d  Un  cheval  dont  le  boulet  est 
liors  de  sa  situation  naturelle. 

BOULETTE,  s.  f.  Petite  boule  de  pite  ou 
de  cliair  liacliec.  D'ej:cellcntes  boulettes.  Ou 
fail  des  houlettes  de  viande  hachée ,  qu  on  met 
dans  les  ranoûts  et  dans  les  piltés. 

lîOULEVART  ou  BOULEVARD,  suhsi.  m. 
Bonipart.  Tout  le  terrain  d'un  bastion  ou  d'une 
roiirtine.  Se  promener  sur  le  houlevart.  Ln 
houlcvart  revêtu  de  pierre. 

On  dit  fifjuréincnt  d'Une  place  forte  qui  met 
un  praiid  pays  à  couvert  de  l'invasion  des  en- 
nemis, f\u'FAle  est  le  houlevart  du  pays.  Mitlle 
est  le  houlevart  de  la  Sicile. 


ueral  dans  toute  la  ville. 

Il  se  dit  fi^urément  Uu  désordre  qui  nrrive 
dans  les  affiiires.  Ses  ajrnires  sont  dans  un  bou- 
leversement total. 

BOULEVERSER.  V.  act.  Ruiner,  abattre, 
renverser  entièrement.  La  tcmpcl  a  tout  bou- 
leversé. 

Il  tij^nifie  aussi  "siir.plemenl  ,  Hcranger , 
mettre  sens  dessus  dessous.  Bouleverser  tout 
dans  une  maisoUj  datis  une  chambre,  dans  un 
cabinet. 

Figurcmcnt,  en  parlant  d'Un  liomme  à  qui 
il  est  arrivé  quelque  chose  qui  a  mis  du  désor- 
dre dans  ses  aflàires,  on  dît,  que  Cela  a  fcoulc- 
versé  ses  affaires,  sa  fortune. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  a  causé  de 
grands  désordres  dans  un  État,  qu  II  a  boule- 
versc  VEtat  ■  et  d'Une  nouvelle  qui  a  cause 
quelque  grande  altération  dans  l'esprit  d'un 
homme,  c^n'Elle  lui  a  bouleversé  l'esprit,  h 
tête, 

Bom-EVEnsÉ,  ée.  participe. 
BOU  LE  VUE.   À   boulevue,  à  la   houlcvue. 
Expression  adverbiale,  pour  dire,  Vaguement, 
avec  peu  d'alteniioii.  On  a  juqé  cela  à  boule- 
vue.  Faire  quelque  chose  à  la  boulevue. 

BOULEUX.  s.  m.  Terme  tpii  n'est  d'usage 
au  propre  que  pour  sif^nifier  Un  cheval  Jrapu, 
et  qui  n'est  propre  qu'à  des  services  de  fatigue 
Le  cheval  qu'il  a  achète  est  uti  assez  bon  hou- 
leux. 

On  dit  G,;^uiémcnt  et  familièrement,  (\'Vt. 
liomme  d'un  génie  médiocre, mais  qui  ne  laisse 
pas  pourtant  de  bien  faire  son  devoir  dam 
l'occasion,  que  C'est  un  bon  boulewT, 

BOULICHE.  s.  f.  Grand  vase  de  terre  dont 
on  fait  usage  sur  les  vaisseaux. 

B<3UL1ER.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Espace 
de  fdet  qu'on  tend  aux  embouchures  des  étangî 
salés. 

BOULIMTE.  sirbst.  f.  Terme  de  Médecine 
Grande  laïm,  frétpiente  et  avec  défaillance. 

BOULIN,  s.  m.  Trou  pratique  dans  un  co- 
loniliior,  alin  que  les  pigeons  s'y  retirent  et  y 
fassent  lenis  petit-s.  Il  y  a  douze  cents  bouhm 
dans  ce  colombier. 

On  appelle  aussi  Boulins,  Des  pots  de  terrn 
faits  exprès,  pniir  servir  de  retraiie  îi  des  pi- 
peons. 

Dans  les  B.Uiu'^is  on  appelle  Trous  de  bou- 
lins, Les  trous  où  l'on  met  les  pièces  de  bois 
qui  porlcnl  les  échafauds 

BOULINE,  s.  fem.  Terme  de  Marine.  Corde 
amnrrdc  vers  le  milieu  de  chaque  côté  dune 
voile,  pour  lui  faire  prendre  le  vent  de  côté. 

BOULINKR.  v,  n.  Voler,  dérober.  Il  ne  se 
dit  guère  (pi'en  parlant  d'Un  Soldat  ou  autre 
(jui  dêroltc  dans  un  rnmp.  On  lui  rt  houUnc  ses 
bardes.  Il  s'est  laissé  houliner.  Il  est  populaire, 
lîouMNÉ,  ÉE.  participe. 
Bt)ULINER,  V.  n.  ou  Aller  à  h  bouline. 
Naviguer  avec  un  vent  de  biais. 

On  dit  d'Un  homme  un  peu  lourd,  qui  vn 


BOULEVERSEMENT,  suhst.  m.  Renverse-  k  d'un  pas  pcs-mt  et  un  jx'u  inrcrtain  .  penchant 
ment  qui    met  toutes  choses  rn  désordre.  Le      du  côte  où  il  oppuic,  Il  va  /'o«/im(im(. 


BOU 

BOULINEUR.  8.  m.  (On  prononce  Boali- 
neiLx.)  Voleur.  Il  ne  se  dit  que  d'un  Soldat  ol 
autre  qui  vole  dans  un  camp.  C'ier  uu  bouli- 
neur.  C'est  un  boulineur. 

BOULINGRIN,  s.  masc.  Pièce  de  gazon  que 
l'on  tond  ,  et  que  l'on  cnlretient  dans  un  jardin 
ou  ailleurs.  Passer  le  cylindre  sur  un  houlin- 
qrin. 

BOULINGUE.  s.  f.  Petite  voile  au  haut  du 
mit. 

BOULINIER.  s.  m.  Vaisseau  qnî  va  à  bou- 
lines lialces.  Ce  vaisseau  est  un  bon  fcouiiMicr, 
BOULOIR.  s.  m.  Instrument  avec  lequel  oo 
remue  la  chaux  quand  on  l'éteint. 

BOULON,  s.  m.  Terme  de  Chorpenterie  et 
de  Charronnage.  Cheville  de  fer  qui  a  une  tète 
ronde  h  un  bout,  et  à  l'autre  une  ouverture  où 
l'on  passe  une  clavette.  On  se  sert  quelquefois 
de  boulons  pour  soutenir  une  poutre.  Les  bou- 
lons du  tram  d'un  ca.rosse,    ' 

BOULONNER,  v.  act.  Terme  de  Charpen- 
[crie.  Arrêter  une' pièce  de  charpente  avec  un 
boulon. 

Boulonné,  ée.  paitiripe. 
BOUQUE.  s.  f.  Terme  de  Tîavigation.  Pas- 
sage elroit,  d'où  est  venu  Emhouquer  et  Dé- 
houqucr. 

BOU(^)nER,  V.  n.  signifioit  autrefois,  Bai- 
ser pal'  contialnte,  comme  on  fait  boiser  les 
verges  h  uu  singe,  à  un  enfant  qui  u  penr  d'être 
fouetté. 

On  l'emploie  fîgurcraent  nu  sens  de  Se  rési- 
iner  par  force.  ./\n  houqiic  là  trois  heures  i)  m* 
niouillcr  en  vous  attendant.  Il  avoit  beau  faire 
la  qrimacey  il  a  fallu  bouquer. 

BOUQUET,  s.  masc.  Assemblage  de  fleurs 
liées  ensemble.  Un  bouquet  de  fleurs.  Vn  hoit- 
ijuet  de  roses.  Vn  bouquet  de  violettes.  Vn 
bouquet  de  jasmin.  Vn  bouquet  de  diverses 
sortes  de  fleurs.  Faire  un  bouquet.  Vn  beau 
bouquet. 

BoL\HET,  se  dit  aussi  De  l'assemblage  de 
rertaines  choses  qui  sont  liées  ensemble,  ou 
rjui  tiennent  naturellement  l'une  avec  l'autre. 
In  bouquet  de  plumes.  Vn  bouquet  de  dta^ 
nians.  Vn  bouquet  de  pierreries.  Vn  bouquet 
de  perles.  Vn  bouquet  de  cerises.  Mettie  in* 
Itouquet  de  sarriette  dans  les  fèves. 

Ou  dit,  Donîier  le  bouquet  à  quelqu'un, 
pour  dire.  L'engager  k  donmT  à  son  tmir  un 
bal,  un  festin,  ou  quelque  autre  régal.  On  lui 
a  donné  le  bouquet.  Il  a  le  bouquet. 

On  dit,  qn'Vne  Dame  a  le  bouquet,  pour 
dire,  qu'Elle  est  la  Dame  du  bal,  qu'elle  en 
rceoit  les  honneurs.  Et  on  dît  figure'm.  Hendre 
le  bouquets  pour  dire,  Faire  i  son  tour  un  ré- 
gal h  ceux  par  qtii  on  a  clé  rf'-gnlé. 

On  dit  provcrbialrmenî  cl  figur<?m.  qu'î/»e 
/î//e  rt  le  bouquet  sur  rort'i7/e,])our  dire,  quEllc 
Cit  à  mnrirr.  Et  on  dit  p;ireiliement  d'Une  mni- 
■ion ,  ou  de  quelque  nuire  chose  qui  est  à  ven- 
dre, qu\L"//c  a  le  bouquet  sur  Voreille, 

Ou  appelle  Bouquet  de  paille,  La  paille  que 
Ion  met  à  laqurueou  au  cou  deschevaux, p<iur 
marquer  qu'ils  sont  à  vendre. 

Ou   appelle  Bouqtiet   de  bois,  Uiw   petite 


BOU 

toufTc  de  boîs  de  liauic  futaie.  //  a  un  homjuet 
de  bois  auprès  de  sa  maison. 

On  dit ,  en  termes  d'Artificier,  Un  bouquet 
d'trrtiVice.  un  bouquet  de  fusées,  pour  sigiiiiier 
Un  ptifjiict  de  ditlî-rcntcs  pi<'cc»  dortifice  qui 
parlent  enstmble.  hn  gerbe  di-  fusées,  ou  giran- 
dole, (|ui  termine  le  feu  d'unilice,  s'.ippelle  par 
excellence,  Le  bouquet. 

On  dit  d"L*n  liuninie,  qu'// <i  Ici  barbe  ptir 
houquctSj  pour  dire,  qu'il  n'a  de  la  barbe  que 
par  |>etiles  touÛ'es.  cl  par-ci  j>ar-là. 

Bouquet,  se  dit  Du  parfum  qui  dîsiinî;ue 
certaines  qualités  de  vin.  Le  bounuel  du  vin  de 
Bourqonne.  Ce  l'in  a  du  bouquet. 

BOL\)UETlER.  s.  m.  Vase  propre  i  mcltro 
de«  fleurs. 

BOU<^)UETlKRE.  s.  fém.  Celle  qui  fait  des 
bouquets  pour  les  vendre.  La  Bouquetière  de  lu 
Reine. 

BOUQUETIN,  s.  m.  Bouc  sauvage  qui  se 
trouve  dans  les  Alpes.  On  se  sert  du  sanq  de 
Bouquetin  dans  les  pleurésies. 

BOUQUIN,  s.  m.  Vieux  bouc.  Et  dans  ce 
sens  on  dit,  qu'Lne  chose  sent  le  bouquin^ 
pour  dire,  qu'ElIe  a  l'odeur  puante  d'un  vieux 
Bouc. 

On  appelle  Bouquins j  Les  Lièvres  et  ks 
Lapins  mâles. 

On  appelle  Bouquins ^  L<-$  Satyres,  à  cause 
que,  selon  la  Fable,  ils  sont  faits  comme  de^ 
Boucs,  depuis  la  ceinture  jusqu'en  bas. 

On  appelle  par  injure,  Vieu-v  Bouquin  ,  Un 
vieuT  déliauclié,  qui  est  adouné  aux  femmes. 
Il  est  bas. 

Bouquin,  se  dit  aussi  d'Un  vieux  Livre 
dont  on  fait  peu  de  cas.  Ft:«ii/t;/t;r  de  vieu~t 
bouquins. 

BOUQUINER.  V.  n.ll  se  dit  des  Lïcvrcs  qui 
rouvrent  leurs  lèniclles, 

BouQUiNEn,  signifie  aussi,  Clicrcbcr  de  vieux 
Livres  dans  les  boutiques  des  Libraires.  71  ne 
l'ait  que  bouquiner,  il  est  du  style  familier. 

Il  signiBe  aussi,  Lire  de  vieux  Livres.  Il 
s'jmuse  tout  le  jour  à  bouquiner  dans  son  ca- 
b^nct. 

BOUQUINERIE.  s.  f.  Amas  de  bouquins, 
de  livres  peu  estimes.  A'e  vous  arrêtez  pas  ù 
vjir  ces  livres^  c'est  de  la  houquinerK. 

BOUQUINEUR.  s.  m.  Celui  qui  clierx;lic  de 
vieux  Livres,  C'est  nfiBou^uwieur. 

BOUQUINISTE,  s.  m.  Olui  qui  achète  et 
revend  de  vieux  Livres,  des  Bouquins. 

BOURACAN.  s.  m.  ^orte  de  gros  Camelot. 
Manteau  de  houracan. 

BOURBE,  s.  f.  Fange,  bouc.  Il  ne  se  dit 
pu're  que  De  lu  fange  de  la  campagne,  et  il  si- 
fjnilîe  proprement  Le  fond  des  eaux  croupis- 
santes des  étangs  et  des  marais.  Bourbe  épaisse, 
puante.  Une  carpe  qui  sent  la  bourbe. 

BOURBEUX,  EUSE.  adj.  Plein  de  bourbe. 
Eau  bourbeuse.  Un  étan^  bourbetu:.  Une  ri- 
vière bourbeuse.  Chemin  bourbciLx.  Fossé  bour- 
beux. 

BOURBIER,  s.  m.  Lieu  creux  et  plein  de 
bourbe.    S'engager  dans  un  bourbier.  Entra  iKlans  toi 
dans  un  houriier.  Se  tirer  d'un  bourbier.  qrandb 


BOU 


BOU 


i6j 


Figurément ,  en  parlant  d'Un  lioumie  qni 
-'est  (  ni;;ÉgL'  dans  une  mauvaise  aflùire",  d'où  il 
est  malaisé  de  se  tirer,  on  dit,  qu7i  s'est  mis 
dans  un  bourbier,  d'où  il  aura  peine  à  se  tirer. 

BOL  RBILLON.  s.m.Pusépai.ssiquisortd'un 
apostume,  d'un  clou,  d'un  javart, etc.  Quand  le 
buurbiUon  e^t  sorfî,  on  est  tout  d'un  coup  sou^ 
litné.  Ce  cheval  a  un  javart;  tnais  dès  que  le 
bourbillon  sera  5or.'i,  il  pourra  marcher. 

BOURCER.  v.  n.  Terme  de  Marine.  Voyez 
CAinitKn. 

BOURCKTTK.  s.  f.  Voyez  Mâche. 

BOURDAINE,  s.  f.  Arbrisseau  fort  commun 
dans  les  bois.  Il  porte  de  pcliles  haies  noires. 
Sun  Lois  rrdiiil  en  cliarbon  entre  dans  la  com- 
position de  la  poudre  <!  canon. 

liOURDALOU.  s.  m.  Tresse  qu'on  attache 
avec  une  boucle  autour  de  la  forme  du  chapeau. 

Il  sij^nifie  aussi  Un  pot  de  chambre  oitlong. 

BOURDE,  subsl.  f.  Mensonge,  défuite.  Ce 
hiquiiis  donne  des  bourdes  à  son  maître.  C'est 
un  donneur  de  bourdes.  Il  est  populaire. 

BUURDER.  V.  neut.  Se  moquer,  dire  des 
mensonges,  des  sornettes.  Il  est  du  style  popu- 
laire. 

BOURDEUR.  subst.  m.  Menteur,  celui  qui 
donne  des  bourdes.  Il  est  du  style  populaire. 

BOURDILLON.  s.  m.  (On  mouille  les  L.) 
Sorte  de  bois  refendu  propre  à  faire  des  fu- 
lailles. 

BOURDON,  s.  m.  Sorte  de  lonf"  b.'.ton  qui 
est  fait  au  tour,  avec  un  ornement  au  haut,  en 
forme  de  ])oinme,  et  que  les  l'ileiins  portent 
ordinairement  dans  leurs  voyages,  Hlarcher 
avec  un  bourdon.  Avoir  le  bourdon  à  la  main. 

Bourdon,  s.  m.  Espèce  de  mouche-*;urpe 
ou  de  grosse  mouclie,  qui  se  mêle  avec  les 
abeilles,  et  qui  fait  un  bruit  continuel  avec  sa 
trompe. 

BounDON.  Terme  de  Musique.  On  appiUc 
Bourdon  de  Musette ,  de  Cornemuse  et  de  l^ie//c, 
Le  ton  qui  sert  de  basse  continue  dans  ces  Ins- 
trumens. 

BotriDo:*,  signifie  aussi  Une  grosse  Cloche. 
Les  livurdons  de  ?iotre-Dame. 

On  appelle  Bourdon  d'orque.  Un  des  jeux 
de  l'orgue;  et  Faux  -  Bourdon ,  Une  pit-ce  de 
Musijue  dont  toutes  les  parties  se  chantent  note 
contre  note,  ^'cilà  un  beau  jiiujC' bourdon. 
Chav.ter  en  faiuv -bourdon. 

Bouhdon.  Terme  d'Impiimcne.  Faute  d'un 
Compositeur  qui  a  passé  un  ou  plusieurs  mots. 
On  a  fait  un  bourdon  dans  cette  paqe. 

BOURDONNÉ,  ÉE.  adj.  U  se  dit  en  termes 
de  Bl.ison ,  Des  croix  gjiruies  aux  extreuiilés 
de  pommes  ou  bûions  semblables  à  ceux  dus 
Pèlerins. 

BOURDONNEMENT,  s.  m.  Le  bnût  des 
Bourdons ,  et  des  autres  insectes  de  cette  nature. 
Le  bourdonnement  des  hannetons. 

\\  signifie  (igurém.  Le  bruit  sourd  et  confus 

qui  nait  de  plusieurs  voix   non  articulées,  et 

[ui   d'ordinaiic   ne  marque   pas  approbation. 

■/près  qu'il  eut  achexv  de  parler^   on   entendit 

ute  l'assemblée  un  bourdonnement  j  un 

bourdonnement. 


BounDONN£MENT  ,  56  dit  Bussi  d'Un  bruit  cm- 
'  tinuel  dans  l'oreille.  Cette  maladie  lui  a  laissé 
un  bourdonnement  dans  Voreille. 

BOURDONNER,  v,  n.  Il  se  dit  pour  expri- 
mer le  bruit  que  font  certains  insectes,  comme 
bourdons,  mouches,  hannetons. etc.  Des  mou- 
ches qui  bourdonnent  aux  oredlcs. 

Il  se  dit  aussi  pour  exprimer  Le  bruit  sourd 
et  confus  que  font  plusieurs  personnes  qui 
n'approuvent  pas  ce  qui  a  été  dit  ou  fait.  À^rès 
sa  hurancjuc  ,  on  entendit  bourdonner  toute 
l'assemblée. 

Enfin  il  se  dit  pour,  (llianler  à  basse  voix, 
entre  ses  dents,  et  il  est  pris  alors  a.iivenieiit. 
//  bourdonne  ïorijotirs  quelque  chanson. 

Il  se  dit  aussi  fi^rém.,  pour,  Faire  entendre 
des  discours  importuns.  Que  venez-vous  nous 
bourdonner  sans  cesse? 

BOURDONNET.  s.  m.  Terme  de  Chirurgie. 
Charpie  qui  a  la  forme  d'un  noyau  délire. 

BOURG,  s.  m.  (On  pron.  Bourli.  )iiros 
village  où  l'on  tient  marché.  Gros  bourg.  Grûnd 
bourg.  Bourg  fermé. 

BOURGADE,  s.  f.  Petit  bourg.  Une  bour- 
gade de  tant  de  maisons,  de  tant  de  ftux. 

BOURGEOIS,  EOÏSE.  s.  (Onpr.  fîonrjoiV) 
Citoyen  d'une  ville.  Bourgeois  de  Paris.  Un 
riche  Bourgeois.  Une  riche  Bourgeoise.  Un 
bon  Bourgeois.  Un  Bourgeois  aisé  et  accom- 
modé. 

On  dit  absolument ,  Le  Bourgeois ,  pour 
dire.  Tout  le  Corps  des  Citovens,  toute  la 
Ville.  Le  Bourgeois  se  souleva.  Ijt  Bourgeois 
prit  Us  armes. 

Les  Ouvriers,  en  parlant  Des  fens  pour  quî 
ils  travaillent,  ont  acconlumé  dédire,  Le  Bour- 
geois,  de  quelque  qualité  que  soient  les  ])er- 
sonnes  qui  les  cmjdoient  :  et  c'est  dans  ce  sens 
qu'ils  disent,  Il  faut  servir  le  Bourgeois.  Il  ne 
faut  pas  tromper  le  Bourgeois. 

Dans  les  difTcrens  Métiers,  les  Garçons  ap- 
pellent  Leur  Bourgeois,  lu  Maître  cher  lequel 
ils  travaillent. 

BouncEOis  ,  se  dit  aussi  pour  Roturier,  cl 
par  opposition  à  Gentilhomme.  Il  n'est  pas 
GentilhommCymais c^est  un  honnête  Bourgeois. 

BounoEOis,  se  dit  aussi  par  mépris,  pour 
reprocher  à  un  homme,  ouqu  il  n'est  pas  Gcn- 
tilliomme,  ou  qu'il  n'a  nul  usage  du  gratu] 
monde.  Ce  it'est  qu^un  Bourgeois.  Cela  sent 
bien  son  Bourgeois. 

BounoEOis,  EOiSE.  adj.  Il  a  diverses  accep* 
tions  en  bien  et  en  mal.  Dans  la  première  ac- 
ception ,  l'on  dit,  Caution  bourgeoise,  pour 
dire.  Caution  solvable,  ei  facile  ^  discuter; 
Garde  bourgeoise,  voyez  Gai^de  ;  L^n  ordinaire 
bourgeois,  une  soupe  bourgeoise ^  pour  dire, 
Un  bon  ordinaire,  une  bonne  soupe,  mais 
simple,  sans  coulis,  sans  jns,  etc.  Du  vin 
bourgeois,  pour  dire.  Du  vin  non  frelate,  et 
qu'on  a  dans  sa  cave,  par  opposition  au  vin  de 
caharct.  Dans  la  seconde  acception,  l'on  dit, 
y^voir  Vair  bourgeois,  lu  mine  bourgeoise,  les 
mcnières  bourgeoises,  pour  dire.  Avoir  l'air 
commun ,  et  des  manières  difféieotca  de  celles 
du  grand  monde. 


i64 


ROU 


BOURGEOISEMENT,  adv.  D'une  innnii-ie 
bourgeoise,  enfcimplc  bourgeois.  Il  vit  bow-\ 
geoiscment. 

BOL'UGEOISIE.  s.  f.  Qualilc  de  Bourscoi». 
Droit  de  Bourneoisie. 

lise  preiui  aussi  pour  les  Tîourieois  nn'ir.es, 
Cl  alors  c'est  un  terme  collectif.  Toute  lu  Boiir- 
qeoisie  étoit  sous  les  armes.  Prendre  ulliance 
duns  la  Bourcjcoisie.  limiter  la  Boitrcjcoisie. 

BOURGEON,  s.  m.  Le  bouton  qui  pousse 
aux  arbres  et  aux  arbrisseaux,  et  d'où  il  vieni 
ensuite  des  branches,  des  feuilles,  on  du  fiuif. 
Au  mois  de  Mars  on  commence  à  voir  leshour- 
néons  aux  arbres.  Il  y  a  bien  des  bourgeons 
aux  vignes.  Le  bourgeon  commence  à  sortir. 
L'n  arbre  qui  pousse  (juantité  de  bourgeons. 

II  te  prend  aussi  pour  Le  nouveau  jet  de  la 
vî"ne.  loi-îqu'il  est  déjà  en  scion.  Couper  les 
nouveaux  bourgeons  d'un  cep  de  ^ngnc. 

Bourgeon,  se  dit  (îi^urément  d'Uneélcvurc. 
d'une  bube  qui  vient  au  visa;;e.  Avoir  le  visage 
tout  couvert  de  bourgeons. 

BOURCiEONNEK.  V.  n.  Jeter  des  bourgeons, 
pousser  des  bourgeons  nu  printemps.  Tout 
eoi'inience  «  bourgeonner. 

On  dit  fi^urénient  d'ï'n  homme  qui  a  des 
clcvures,  des  bubes  au  front,  au  nez,  au  vi- 
s;if^e  ,  que  Le  front  lui  bourgeonne  ,  que  son 
nez,  que  son  visage  commence  à  bourgeonner. 

BoLTGEONNÉjÉE.  participe.  Il  ne  s'-dit  î;uère 
que  Du  visage,  du  nez,  du  front.  Avoirlefront 
bourgeonné ,  le  visage  tout  bourgeonné, 

BOURGMESTRE,  s.  maso.  (On  prononce 
Eouiguemeslre.)  On  appelle  ainsi  Les  premiers 
Magistrats  de  quelques  villes  de  Flandre,  de 
Hollande  et  d'Allemagne.  Le  Bourgmestre  dt 
Hambourg.  Les  douze  Bourgmestres  d\îms' 
terdam. 

BUURG0(;NE.  s.  f.  Nom  qu'on  donne  eu 
plusieurs  endroits  au  sainfoin.  On  liqïpelle  aussi, 
De  la  petite  Bourgogne. 

BOURG UIGNOTE.  s.  f.  Esprce  de  casque 
de  fer.  l\  m'cM  plus  en  usage  dans  ce  sens.  On 
appelle  maintenaut  Bour(juignutc  ,  Une  sorte 
de  bonnet  garni  en  dedans  de  plusieurs  touis 
d:^  mèches,  et  revciu  d'ctoiTe,  que  l'on  porte 
dans  les  occasions  à  l'armée  pour  parer  le  coup 
de  sabre. 

BOURRACHE. s.  f. Plante  potagère,  propre 
à  tcnip:'rer  l'àcrelé  du  s;ini;etde  la  bile.  Cueiibr 
de  lu  fcourrtjc/ic.  Mettre  des  fleurs  de  bourrache 
dans  une  salade.  Tisane  de  bourrache. 

BOURRADE,  s.  f.  L'atteinte  qu'un  h-vrier 
donne  h  un  lièvre  qu'il  coiut.  Le  leVrier  a 
donné  bien  des  bourrades  au  hèvre. 

Il  se  dit  aussi  Des  coups  que  l'on  donne  .t 
quelqu'un  avec  le  bout  d'un  fusil,  On  lui  a 
Joiiaé  des  bourrades  ;  et  figuri:m.  el  familial e- 
m'ut,  Des  attaques  ou  des  reparties  vives  qui 
se  fout  dans  une  dispute, dans  une  contestation. 
//  donna  de  bonnes  bourrades  à  celui  contre 
(^m  il  di.-iputoit. 

BOUKRAS.  s.  m.  l'oyez  ntnK. 

BOURKASOUE.  s.  f.  (On  prononce  1  S.  ) 
Touïbillon  de  vent    impctueui  et    de  jx'u    de  k, 
durée.  Il  s'éleva  tout  d'un  coup  une  bourrasque. 


BOTT 

À  peine  êtoienl- ils  en  mer,  qu'il  survint  une 
bourrasque. 

BoL'imASQUE,  se  dit  figurènient  d'Un  redou 
blcnient  subit  de  quelque  mal,  ou  d'une  vexa- 
tion imprévue  cl  de  peu  de  durée.  Je  me  croyois 
en  repos,  ou  quitte  de  ma  fièvre,  il  est  survenu 
une  bourrasque.  C'est  une  bourrasque  quil  a 
fallu  essayer. 

Il  se  dit  aussi  fi-^urém.  Des  caprices  et  de  1^ 
i.';auv;iise  humeur  de  quelqu'un.  Elle  a  fort  à 
souffrir  des  bourrasques  de  son  mari. 

BOURRE,  s.  f.  On  appelle  ainsi  l'amas  des 
poils  de  certaines  botes  à  poil  ras,  qui  étant  ra- 
lié  de  dessus  leur  peau  quand  on  les  a  écorelu-es, 
sert  5  garnir  desselles,  des  bals,  des  colliers  d;.* 
chevaux  de  cban^ette,  et  autres  choses  sembhi- 
blés.  Bourre  déliée.  Bourre  fine. Garni  débourre. 

Ou  appelle  Bourre  y  La  nialière  qu'on  mel 
dans  les  armes  â  feu  car-dessus  la  poudre  ci 
pir-dcssus  le  plomi).  //  l'a  tire  à  bout  portant, 
ti  lui  a  mis  la  bonrre  dans  le  ventre. 

On  appelle  Bourre-lanicc ,  La  partie  la  plui 
grossière  qui  provient  de  la  laine,  Matelas  de 
bourre ~  lanice  ;  Bourre-tontice  .^  La  laine  qui 
tombe  des  draps  lorsqu'on  les  tond;  et  Bourre 
de  scie ^  La  partie  la  plus  grossière  du  cocon,  el 
qui  ne  se  dévide  pas. 

On  appelle  encore  Bourre,  Une  cioffe  doni 
la  chaîne  est  toute  de  soie  ,  el  la  irame  toute 
de  bourre  de  soie. 

On  dit  figurément,  qu'/î  y  a  bien  de  la 
bourre  dans  un  ouvrage^  pour  dire,  qu'il  y  a 
bien  des  choses  non -seulement  inutiles,  mais 
Basuvaises  ,  mêlées  avec  d'autres  qui  sont 
bonnes. 

BOURREAU,  s.  m.  Exécuteur  de  la  liaule 
Justice.  Mourir  par  la  main  du  Bourreau. 
Mettre  ou  livrer  un  criminel  entre  les  mains 
du  Bourreau.  Le  valet  du  Bourreau. 

On  dit  d'Un  homme  qui  se  fait  payer  dV 
vaiice,  qu'il  se  fait  payer  en  bourreau;  el  figu- 
rément, que  Le  remords  de  la  conscience  est 
un  cruel  bourreau ,  pour  tiirc,  que  Les  remords 
de  la  conscience  lournientenl  cruellement  ceux 
'jui  se  sentent  conpnbles. 

RournEAU  ,  signifie  figurém.  Cruel,  inhu- 
main. C'est  un  vrai  bourreau. 

On  dit  aussi  d'Un  gr.ind  dissipateur,  qufl 
C'esi  un  bourreau  d'argcif^  un  vrai  bourreau 
d'arq:nt. 

BOURRI^E.  s.  f .  Espèce  de  fagot  de  menues 
brr.nnhcs.  Brûler  une  bourrée.  Chauffer  le  four 
avec  des  bourrées.  Et  on  *_'  »iroverbialcment  et 
figurément,  que  Fagot  cherche  bourrée,  poiii 
dire,  que  Des  gens  de  mtîme  sorte  sont  volon- 
tiers en  commerce  les  uns  avec  les  autres. 

BouniiÉE,  se  dit  au*,!  d'Une  sorte  de  danse, 
et  de  l'air  sur  lequel  on  la  danse.  Faire  un  pas 
de  bourrée.  Jouer  nue  bourrée.  Chanter  une 
bourrée.  Danser  la  b-^nirrce.  La  bourrée  d'Au- 
vergne. 

BOURRELER.  v.  a.  Tourmenter,  gêner.  Ce 
\"erlie  n'est  d'usage  ^^  'au  figuré,  et  pour  mar- 
quer les  peines  intérieures  que  les  reproches  de 
i.i  conscience  font  souffrir.  La  conscience  bour- 
relé /cl  wéchans. 


BOU 

BoinnELé ,  ée.  participe.  Une  conscience 
bourrelée. 

BOURRELET  ou  BOURLET.  s.  m.  Espèce 
de  coussin  rempli  de  bourre  ou  de  crïn  ,  fait  en 
rond  et  vide  par  le  milieu.  Bourlet  de  cuir. 
Bourlet  à  bassin.  Bourlet  au  on  met  par-dessus 
le  bonnet  des  enfnns,  pour  empêcher  qu'ils  ne 
fie  b/e5sent  quand  ils  tombent. 

On  appelle  aussi  Bourrelet  ou  Coiirïc( ,  Uo 
certain  rond  d'étoffe  qui  est  au  haut  du  chape- 
ron que  les  Docteurs,  les  Licenciés  et  ceilains 
Magistrats  portent  sur  l'e'paule. 

BounnELET  ou  BounLET,sc  dit  aussi  De  l'en- 
flure qui  survient  autour  des  reins,  à  une  per- 
sonne attaquée  d'hydropisie.  Il  est  hydropique, 
il  a  le  bourlet.  Le  bourlet  est  déjà  formé. 

BOURRELIER,  s.  m.  Celui  qui  fait  les  har- 
nnls  des  chevaux  et  des  bêles  de  somme.  Ache- 
ter des  harnois  d'un  Bourrelier.  Arrêter  les 
parties  chez  un  Bourrelier.  Payer  un  Bourrelier. 

BOURRKF.LE.  s.  f.  La  femme  du  Bourreau 
On  dit  figniiMiient  et  popubircm,,  d'Une  mère 
ijui  traite  ses  enfauj  avec  une  dureté  excessire, 
i]ue  C'est  une  véritable  hourrelle. 

BOURRER,  v.  a.  C'est  :n«ttre  de  la  bourre 
iprès  la  charge  dans  les  armes  à  feu.  Bourrer 
un  fusil,  bourrer  un  canon, 

Bounr.ETi ,  se  dit  aussi  en  parlant  d'Un  chien 
qui,  en  poursuivant  un  lièvre,  bu  donne  uu 
coup  de  dent,  et  lui  arrache  du  poil.  Le  ehien 
a  bien  bourré  le  lièvre. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  qu'l/^i 
homme  en  a  bien  bourré  un  autre,  pour  dire, 
qu'il  lui  a  donné  bicu  des  coups  avec  le  bout 
l'un  fusil ,  qu'il  la  f'urt  maltraité  ;  el  que  Deux 
hommes  se  sont  bien  bourrés,  pour  dire.  qu'Us 
;c  sont  poité  plusieurs  coups  de  part  el  d'autre. 

On  dit  aussi  figurcm.  et  faraili«-rem.  Bourrer 
jueltiu^tn  dans  une  dispute,  pour  dire ,  l-e 
presser  vivement,  en  sorte  qu'il  ne  sache  que 
répondre;  et  que.  Deux  hommes  qui  se  dïsptt- 
tent  ensemble  se  sont  bien  bourrés,  pour  dire, 
'|ue  De  part  cl  d'auue  ils  se  sont  bien  attaqués 
et  bien  défendus. 

BoinnÉ,  i':e,  participe. 

BOURRICHE,  s.  f.  Espi-cc  de  panier  dont 
lin  se  sert  pour  envoyer  du  gibier,  de  la  vo- 
laille,  etc.  J'ai  reçu  une  bourriche. 

BOURRIQUE. s. f.  Âne,  âncssc  Un  paysan 
monté  sur  une  boiirrique,  qui  porte  du  blé  sur 
une  bourrique. 

On  appelle  aussi  Bourrique,  Toute  sorte  de 
méchans  petits  chevaux,  dont  on  se  sert  î»  di- 
vers nsnges,  comme  pour  porter  des  lierl>05  au 
marclié.  pour  porter  du  p'itre,  etc. 

On  se  sert  aussi  figurém.  et  familièrem.  du 
mot  Bourrique,  pour  celui  d'Ignorant.  Tui'se»- 
l'cus.  pfliïc  bourrique ,  en  parlant  à  un  cnfanL 
Ce  médecin  est  une  bourrique. 

BOURRIQUET.  s.  m.  Petit  flnon. 

BOURRIQUET.  s.  m.  C'est  le  nom  qu'on 
donne  dans  1rs  mines  au  tourniquet  qui  ^crt  à 
monter  les  fardeaux  de  dissous  terre.  Et  en 
termes  de  IMaçonnerie,  C'est  une  civière  qui 
serl  ^  enlever  avec  une  grue  des  moellous  ou 
du  mortier  dans  des  baquets. 


non 

BOURRC,  UK.  ajj.  Qui  est  d'une  liumear 
)jr:ïsque  et  chagrine,  l'n  homvie  bourru.  Vu 
csvrit  hvurru.  Avoir  l'humeur  bourrue. 

On  apprlle  h  Paris»  Moine  bourru,  IJnn 
c«pèc2  de  lantôinc,  dont  on  fait  peur  aux  petiti 
eiifuiis. 

On  appelle  Vin  bourru  ^  Une  sorte  de  vin 
Manc  nouveau  qui  n'a  point  bouilli,  et  qui  se 
cons(;rvc  doux  duiis  le  tonneau  durant  quelque 
temps. 

BOl-'RSK.  s.  f.  Pelit  sac  de  cuir,  ou  d'ou- 
Tra*;e  k  l'aiguiile,  qui  s'ouvre  et  qui  se  feinic 
avec  dès  cordons,  et  où  l'on  met  ordinairement 
i'argenl  qu'on  veut  porter  sur  soi.  Il  y  en  a 
aussi  sans  cordons.  Bourse  de  cuir.  Bourse  de 
tissu.  Bourse  de  point  d'Espagne.  Bourse  à 
ressort,  t/nc  bourse  bien  garnie.  Une  bourse 
plate  et  l'ide  d'argent.  Vider  sa  bourse.  Mettra 
îa  main  à  la  bourse,  ^voir  toujours  la  maïn  a 
la  bourse.  Tirer  de  l argent  de  sa  bourse.  Ouvrir^ 
fermer  sa  bourse. 

On  dit,  Demander  la  bourse,  la  bourse  ot 
lavie,  et  faire  rendre  la  bourse,  pour  exprime! 
Ce  que  font  les  voleurs  de  grands  cbeniius;  et, 
Couper  lu  bourse,  coupeur  de  bourse j  en  par- 
lant Oes  filous  qui  dérobent  avec  adresse. 

On  appelle  Bourse  de  jetons,  Une  sorte  d< 
grande  Itoursc  de  velours,  où  l'on  met  ordinai- 
rement un  reul  de  jetons.  Le  Garde  du  Trésor 
Royal  porte  tous  les  premiers  jours  de  Van  une 
bourse  de  jetotis  d'or  au  Roi. 

On  dit  figurément  d'Un  homme  qui  prête 
volontiers  de  l'ar^firt  ii  ses  amis,  lorsqu'ils  en 
ont  besoin ,  que  Sa  bourse  est  ouverte  à  sei 
amis;  et  que  Toutes  les  bourses  sont  fermées, 
pour  dire,  qu'On  ne  trouve  point  d'argent  \ 
eaiiprunler  sar  la  place. 

On  dit  aussi  fi^urément ,  d'Un  homme  qui 
p'iichc  de  ses  droits  pour  l'accommodemenl 
d'une  affaire,  et  pour  le  bien  de  la  paix,  qu'il 
s'est  laissé  couper  la  bourse-  et  De  l'Arbitre 
qui  l'y  a  disposé,  ou  qui  l'y  a  condamne,  que 
C  est  celui  gui  lui  a  coupé  la  bourse. 

On  dit,  Avoir  la  bourse^  tenir  la  bourse, 
tenir  le  cordon  de  la  bourse,  manier  la  bourse. 
pour  dire,  Avoir  le  mnuiement  de  l'argent;  et 
De  plusieurs  personnes  qui  font  leur  dépense 
eu  commun,  qu'£//cj  font  bourse  commune, 
qn  Elles  n'ont,  quElies  ne  font  gu  une  bourse. 
On  dit  aussi,  Au  plus  iarrori  la  bourse,  pour 
dire,  Donner  l'argeut  à  garder,  la  dé|)cnsc  à 
fjîre^  celui  dont  on  auroi^dù  le  plus  se  méfier; 
l'aire  une  aifure  sans  bourse  délier,  pour  dire, 
Sans  donner  de  rarj;enl;  et  d'Un  homme  riche 
et  pécunicux,  que  C'est  une  bonne  bourse. 

i;uLn<iE,  eu  parlant  Des  paicniens  qui  se 
f'ini  en  Turquie,  se  prend  pour  La  fomme  de 
cinq  c^nls  écus. 

Botn'iE,  se  dit  aussi  d  Une  pension  fondée 
d.ins  un  roUé^e,  pour  entretenir  un  Écolier 
pauvre  durant  le  cours  de  ses  éludes;  et  comme 
H  y  a  des  pensions  plus  fortes  les  unes  que  les 
auucs,  on  app.  Ile  Grandes  bourses,  J^cs  pen- 
sions les  plus  fnrtes ,  qtii  se  donnent  à  ceux  qui 
sont  dcjii  Maîtres  e<  Arts ,  afin  qu'ils  contiiiueni 
l'.'Urs  études  dans  les  l'aculti-s  supétieuros;  rt 


BOU 

Petites  bourses t  Les  moindres  pensions,  qui  se 
donnent  à  ceux  qui  étudient  les  Humanités  ou 
la  Philosophie  pour  être  Maîtres  es  ,\rts. 

BotnsE,  se  dit  aussi  eu  plusieurs  villes,  Du 
lieu  où  s'assemblent  les  Marchands  et  les  Ban- 
quiers pour  traiter  de  leurs  afiaircs.  La  Bourse 
de  Rouen  f  de  Toulouse,  d'Anvers  j  d'Amster- 
dam, etc. 

On  appelle  aussi  Botrrse,  en  termes  d'Église, 
Le  double  carton  couvert  d'étofie,  dans  lequel 
on  met  les  corporaux  qui  servent  à  la  .Messe 

On  ap|x.'lle  encore  Bourses,  Deux  sacs  de 
tuir,  qui  se  mettent  des  deux  côtés  au-devant 
de  b  selle  du  cheval. 

BoLnsE,  se  dit  aussi  d'Un  jK-tit  sac  de  tafTe- 
las  noir,  où  l'on  enferme  ses  cheveux  par- 
derrière.  jVctirc  se*  cheveux  dans  une  bourse, 
»n  bourse.  Perruque  à  bourse.  Porter  ses  c?ic- 
veiuv  en  bourse. 

On  appelle  anssi /Bourses,  De  longues  poches 
c  réseau,  qu'on  r^et  à  l'cnirée  d'un  terrier, 
poiu"  prendre  les  lapins  qu'en  chasse  au  furet. 
Prendre  des  lapins  dans  les  bourses. 

Bot:nsES,  au  pluriel,  se  dit  De  la  peau  qui 
fnveloppe  les  testicules.  Avoir  les  bourses  en- 
flées. Avoir  une  hydrocèle  dans  les  bourses. 

BovnsK  A,  pASTtrn,  s.  f.  ou  Tabouret,  s. 
m.  Plante.  Kllc  est  astringente  et  bonne  dans  les 
hémorragies. 

BOURSIER,  s.  m.  Celui  qui  a  nne  bourse 
dans  un  CoHéi;e.  Boursier  au  CoUcge  de  JN  a- 
varre,  au  Collège  de  Lisieux.  Ai-oir  une  plaa 
de  grand  Boursier^  de  petit  Bourj^er 

BOURSIER  ,  ERE.  s.  Ouvrier  qui  faitelqui 
vend  des  bourses.  Marchand  Boursier. 

BOUnsILLER.  V  n.  (  On  mouille  les  L.  1 
ronliLbuer  chacun  d'une  petite  somme  poui 
qnel(]ue  chose.  Jl  n'y  avoit  pas  assez  d'argent^ 
il  fallut  encore  boursiller.  Il  fallut  gue  chacun 
boiirsillât.  On  les  fit  tous  boursiller.  Il  est  du 
stvle  familier. 

liOURSON.  s.  m.  Petite  poche  au  dedans  de 
la  ceinture  d'un  l;aut-de-chausse.  3/ef  tre  de  l'tir- 
(jent  dans  son  bourson. 

liOURSOUELAGE.  s.  m.  Enflure.  11  ne  s» 
Hit  qu'au  figure  ,  en  parlant  Du  style.  Ln  style 
ylein  de  loursouflage. 

BOURSOUFLER,  v.  art  II  n'est  d'usage 
!]u'en  parlai  i  De  l'enHurc  qui  survient  h  la 
peau  ,  soit  qu'elle  soit  causée  par  le  vent ,  soït 
qu'elle  vienne  'd'ailleurs.  Le  vent  lui  a  tout 
boursou^  le  visage.  Une  maladie  gui  lui  a 
boursouflé  Us  yeux. 

Boi'RsocFLÉ,  Ér.  participe.  Vtsa^c  boursou- 
flé. Avoir  le  corps  boursouflé  j  les  yeux  bour- 
lûufîés,  les  chairs  boursouflées. 

Ilsedit  figiirém.dusljle.  Un  style  boursoufla. 

On  dit  d'Un  homme  gras  et  replet,  et  qui  a 
de  grosses  joues,  que  C'est  un  gros  boursouflé  ; 
et  alors  il  se  prend  snbstantivcinenL 

liOURSOUELURE.  s.  f.  Enflure.  Il  se  dit 
au  propre  cl  au  figuré.  Il  a  de  la  boursouflure 
dans  le  risiigc.Scs  expressions  sont  d'une  bour~ 
souflure  rontinuille. 

BOUSCl'LKR.v.tct.  Mettre  sens  dessus  des- 
sous. On  a  bousculé  tous  mes  ln'rrs. 


BOU 


ifiâ 


Il  signifie  aussi ,  Poiisser  en  tout  sens.  Nous 
1  r  filmes  horriblement  fco:isc«le$  au  parterre. 

BousciLi:,  ÉE.  partirij». 

BOUSE  ou  BOUZE.  s.  f.  Fiente  de  b-vul 
ou  vache.  Mettez  de  la  bous^  de  vache  dans  le 
pied  de  ce  cheval. 

BOUSILLAGE.  s.  m.  (  On  mouille  les  L 
dans  ce  mot  et  les  deux  suivans.  )  On  appelle 
ainsi  Un  certain  mélange  de  chaume  et  (ie  terre 
détrempée,  dont  on  se  sert  pour  faire  des  mu- 
railles de  clôture  dans  les  lieux  où  ia  pirne  est 
rare.  Une  maison  gui  nest  faite  gue  de  hvu' 
sillage. 

On  dit  figurém.  et  familièrement  De  tout 
ouvrage  mal  fait,  et  qui  doit  durer  peu,  que 
C'est  du  bousillage ,  que  ce  n'est  gue  du  bvu' 
sillage. 

•  BOUSILLER,  V.  n.  Ma^^cnner  avec  du 
chaume  et  de  la  terre  détrempée.  En  ce  pnys- 
là  on  n'a  ni  pierre,  ni  vldtre,  on  ne  fait  gue 
bousiller. 

On  dit  figurëmcnt  d'Un  ouvrage  quîest  md 
fait,  que  C'est  un  ouvrage  gu'on  a  bousillé, 
guon  n'ii  fait  gue  bousiller.  En  ce  sens  il  est 
actif. 

Bousillé,  ée.  participe. 

BOUSILLEUR,  EUSE.  s.  Celui  ou  celle 
qui  travaille  en  bousillage. 

Il  se  di*  figurém.  Des  mauvais  ouvriers  en 
toute  sorte  d'ouvrages.  Ce  n'est  guun  boustlleur. 

BOUSIN.  s.  m.  Surface  tendre  des  pierres  de 
taille.  //  faut  abattre  le  bousin  en  taillant  U 
pierre.  Il  n'y  faut  point  laisser  de  housinà 

BOUSSOLE,  s.  fém.  Cadran,  dont  l'aiguille 
frottée  d'aimant  se  tourne  toujours  vers  leNoid. 
Le  principal  usage  de  la  bousnde  est  sur  la  mer. 
Se  conduire  par  la  boussole.  Se  servir  de  la 
boussole.  Il  se  dit  aussi  De  l'aiguille  même. 

Il  se  dit  aussi  au  figuré  pour  Guide,  con- 
ducteur. Vous  êtes  ma  bou.<sole. 

BOUSTROPHÉDON.  s.  m.  Il  se  dit  De  la 
manière  d'écrire  alternativement  de  droite  ii 
gauche,  et  de  gauche  à  droite,  sans  disconti- 
nuer la  ligne,  b  l'imitation  des  sillons  d  un 
champ.  Les  plus  anciennes  Inscriptions  Grec- 
gués  sont  en  Bonstrophédon, 

BOUT.  s.  m.  L'extrémité  d'un  corps,  d'un' 
espace,  en  tant  qu'étendus  Cn  long.  Le  bout 
d'un  bâton.  Le  boufd\ne  ptgue.  Le  bout^Rune 
perche.  Le  bout  d'une  table.  Les  deux  bouts 
d'une  table.  Le  bout  d'une  galerie.  Le  bout 
d'une  allée.  Le  bout  d'un  jardin.  Le  bout  d'un 
champ.  Il  est  logé  à  l'autre  bout  de  la  ville 
Courir  la  ville  d'un  bout  à  Vautre.  Il  lui  pie- 
tenfa  le  bout  du  mousgueton.  Appuyer  le  bout 
du  pistolet  sur  Vestomac  de  guelqu'un.  Tirer 
un  coup  de  pistolet  à  bout  portant,  à  bout  tou- 
chant. Le  huut  des  doigts.  Le  bout  du  nez.  Le 
bout  de  l'oreille.  Toucher  à  guelguc  chose  du 
bout  du  doigt ,  du  bout  du  pied. 

On  dit,  /tire  du  bout  des  dents,  pour  dire. 
S'efforcer  de  rire ,  quoiqu'on  n'en  ail  nulle 
envie. 

On  dit  proverbialement  et  figr.îxm.,  qu'O/i 

sait  une  chose  sur  le  bout  du  doigt ,  pour  dire, 

^  qu'On  lisait  parfaitement  bicnj  et  qu'On  a  un 


i66 


BOU 


nom,  un  mol  sur  le  haut  de  la  lanqiut,  pour 
dire,  que  Dans  le  momeut  qu'on  croyoit  l'aller 
dire,  il  cch;ippc  de  la  mémoire. 

On  dit  d'Une  chose  qu'on  a  oublié  d'écrire. 
qu'Elle  est  demeurée  au  boni  de  lu  plume  ;  cl 
d'Une  chose  qui  est  sur  le  point  d'nrri*'er  , 
tin'O»  y  touche  du  bout  du  doicjt.  Toucher  du 
bout  du  doicjt,  se  'dit  encore  figuréincnt,  pour, 
User  de  légèreté,  ne  pas  trop  appuyer.  Il  ne 
faut  toucher  cela  que  du  bout  du  doigt. 

On  dit,  Le  bout  de  la  mumellc,  le  bout  du 
télon,  pour  dire.  Le  bout  ou  le  mamelon  qui 
est  au  milieu  de  la  momclle.  Un  enfant  (jxti  n'a 
pas  encore  pris  le  bout  de  la  mamelle,  ou  sim- 
plement, le  bout. 

On  dit  d'Une  nourrice  dont  la  mamelle  n'a 
pas  de  bouton  saillant,  et  ne  donne  pa.sdc  prise 
h  la  bouche  de  l'enfant,  qu'El/e  n'a  }>as  de 
bout  :  qu'elle  ne  peut  nourrir  faute  de  bout. 

On  appelle  Bouts  d'ailes,  Les  (Xtrémilés  dis 
ailes  de  certains  oiseaux  bons  ù  manger.  Une 
terrine  d'cjccellens  bouts  d'ailes. 

Les  Maitrcs  à  écrire  appellent  Bouts  d'aile. 
Les  plumes  qui  se  tirent  du  bout  des  ailes ,  el 
dont  ou  se  sert  pour  écrire. 

On  dit,  Un  bout  de  flambeau,  un  bout  de 
bougie,  un  bout  de  chandelle,  pour  dire,  Ce 
qui  reste  d'un  flambeau,  d'une  bouj^ie,  d'une 
chandelle.  Et  dans  ce  sens,  on  dit  proverbiale- 
ment d'Une  économie  dont  on  ne  peut  tirer  que 
tn';s-pcu  de  pobt,  que  C'est  un  ménage  de 
bouts  de  chandelles. 

On  dit  au-ssi  prtiverb.  et  fif^urém.,  Briiler  la 
chandelle,  sa  chandelle  par  le.  dcut  bouts, 
pour  dire.  Consumer  son  bien  en  faisant  dilFé- 
rcntcs  sortes  de  dépenses  éi;alcment  mineuses. 
Onditd'Un  grand  voyageur,  qu'/iu  l'oynje 
depuis  un  bout  de  la  terre  juscjuà  l'autre.  Et 
par  exagération,  en  parlant  d'Un  homme  qui 
est  logé  dans  un  quartier  fort  éloigné  de  celui  où 
l'on  est,  on  dit,qu'/l  c.^l/ojéau/ioiilrJumonrfc. 
On  dit  aussi  Du  plus  haut  point  où  l'on 
puisse  poittr  une  chose  dont  on  fait  inie  espèce 
d'estimation,  que  C'est  le  bout  du  monde,  que 
c'ejl  (ont  h  boiA  du  monde,  si  elle  peut  valoir 
tant.  S'il  a  cent  écus  cher,  lui,  c'est  le  bout  du 
monde.  S'il  a  dir.  mille  écus  de  cette  succession  , 
ce  sera  tout  le  bout  du  monde.  Il  est  du  style 
familier. 

Botrr,  se  dit  aussi  d'Un  morceau,  d'une  pe- 
tite portion  de  ccrtiines  choses  h  m.tnger , 
comme  boudins,  saucisses,  cervelas, etc.  /(  n'ii 
munnc  gu'un  bout  de  boudin  ,  iju'un  bout  de 
saucisse,  etc. 

U  se  dit  aussi  pareillement  d'Une  pclire 
partie  de  certaines  choses  .  comme  ruban  ,  fi 
celle,  corde,  etc.  Vn  bout  de  rubiin,  un  bout 
de  licellc. 

Dans  le  style  familier,  on  appelle  par  déri- 
sion. Bout  d'homme,  un  petit  bout  d'homme, 
Va  homme  extrêmement  petit.  Ce  n'est  qu'un 
bout  d'fiomme. 

Ou  dit  adverbialement ,  A  tout  bout  de 
champ,  pour  dire,  A  chaque  moment,  h  tout 
propos.  Il  redit  la  même  chose  à  tout  bout  de 
$kamp.  U  s'arrête  i  tout  bout  de  champ. 


BOU 

On  du  De  certaines  clioses  dont  les  extré- 
mittîs  sont  jointes,  qu"£i/es  sont  hoitt  à  haut 
l'une  de  l'autre  ;  Coudre  deux  toiles  bout  à  bout  : 
f  t  d'Un  homme  qui  ne  subsiste  que  diflicilement , 
(|u7l  (1  bien  de  la  peine  à  joindre  les  deux  bouts 
de  l'année,  ou  simplement,  Les  deux  bouts. 

Mettre  bout  à  l>out,  se  dit  aussi  en  parlant  De 
l'énumcration  et  de  rassembla^;»  de  certnine.s 
choses  qui  ne  sont  presque  rien  à  les  prendre 
séparément,  mais  qui  font  un  tout  considérable 
rei;ardces  ensemble.  Si  on  mcltoit  bout  à  bout 
le  chemin  (ju'H  fait  toim  les  jours  dans  son  jar- 
din j  il  se  troui'croit  qu^au  bout  de  Vannée  il 
auroit  fait  plus  de  cinq  cents  lieues. 

On  appelle  Le  haut  bout  ^  I,a  p'acff  qui  C5t 
regardée  comme  la  pins  honorable;  et  Le  ba'^ 
bout  y  Celle  qui  est  re;;nrdce  comme  l'étanl 
moins.  Être  au  haut  bout.  Tenir  le  haut  bout. 
Se  mettre  au  bas  bout. 

On  dit  provcrbialem.  vi  Çi^rcm.^  Au  bout  de 
iaunc  faut  le  drap,  pour  dire.  qu'Une  chose 
durera  ce  qu'elle  pourra.  On  dit  à  peu  près 
dans  le  même  sens,  Au  bout  le  bout. 

On  dit  provfrbiidemcnt  et  (Igurém.  De  quel- 
qu'un ,  qu'ii  n'aura  une  chose  (lue  par  le  bon 
bout,  pour  dire^  ou  qu'il  ne  l'obtiendra  qu'à  des 
conditions  avantageuses  à  celui  qui  la  donne, 
ou  qti'Ou  ne  la' cédera  que  par  force.  S'il  en  a 
envie ,  il  ne  l'aura  cjue  par  le  bon  bout.  Et  on 
dit,  qu'Un  homme  tient  le  bon  bout  par-dei-crs 
(ui,  pour  dire,  qu'il  est  nanti,  et  qu'il  a  par-l'i 
de  grands  avanta_i;cs  dans  l'aiTairc  dont  il  s'agit. 
Boij'T,  se  dit  ôur.si  Ve  ce  qui  i;arnit  I  extré- 
mité de  cert  lines  ciioses.  Mettre  un  bout  a'rtr- 
nent  y  un  bout  de  cuivre ^  un  bout  d\voue  à  une 
canne. 

On  appelle  Bout  do  fleuret,  l'n  bouton  de 
ruir  rembourré  ,  qu'on  met  h  la  pointe  d'un 
fleuret,  de  peur  qu'il  ne  blesse;  Bout  de  four- 
reau, ou  bout  d'épécj  La  garnilure  de  fer  ou 
d'autre  métal,  qu'on  met  au  bas  d'un  fourreau, 
de  peur  que  la  pointe  de  l'épéc  ne  blesse.  Et  en 
parlant  de  souliers,  on  appelle  Bouts,,  Les  mor- 
ceaux de  cuir  que  l'on  met  a  des  souliers  à  l'en- 
droit où  ils  sont  usés. 

On  appelle  Bâton  à  deux  bouts,  Une  sorte 
d'arme  oflcnsivc ,  qui  consiste  en  un  grand  bâton 
ferré  par  les  deux  bouts. 

Bout,  se  dit  aussi  en  parlant  Du  temps  e 
des  clioses  qui  ont  de  la  durée,  et  il  en  signifie 
la  fin.  Au  bout  de  l'an.  Le  bout  de  l'année.  Au 
bout  du  mois.  Au  bout  du  terme.  Un  Fermier 
nui  est  au  bout  de  son  bail,  au  bout  de  sa  ferme. 
C'est  une  affaire  dont  il  ne  verra  jamais  lebout. 
H  est  à  peu  près  au  bout  de  son  travail.  Ces! 
une  bonne  ètofjh  ,  de  lonn- temps  vous  n'en 
verrez  le  bout. 

On  appelle  Bout  de  l'un,  l^c  service  qnï  se 
fait  pour  un  mort  un  an  après  le  jour  de  son 
déci"*.  Le  bout  de  Van  d'un  tel.  J'ai  assisté  à 
son  bout  de  Van.  Faire  le  bout  de  Van. 

Bout,  se  dit  aussi  De  plusieurs  choses  qui 
rcufomient  également  l'idée  de  l'étendue  ,  et 
celle  de  la  durée.  Le  bout  d'un  sermon.  Le 
bout  d'un  discours.  Le  bout  d'une  haranc^uc. 
Il  est  au  bout  de  son  argent.  Quand  tl  aurait 


BOU 

un  million  d'or,  il  en  trouverait  bientôt  le  bout 
Il  faut  Ventcndre  jusqu'au  bout. 

On  dit  d'Un  homme  qui  est  près  de  sa  fin, 
ou  qui  a  rempli  jus'ju'ii  la  fin  toutes  les  fonc- 
tions de  sa  place,  tous  les  devoirs  de  son  em- 
[)loi,qu'//  est  au  bout  de  sa  carrière  ;  eiqu  Un 
homme  est  au  bout  de  son  rôlct.,  pour  dire,  qu'il 
ne  sait  plus  qiie  dire ,  qu'il  ne  sait  pliu  que  de- 
venir. 

Botrr,  se  dit  quelquefois  De  la  moindre  partie 
de  certaines  choses  qui  ne  devroienl  point  se 
diviser.  Et  en  ce  sens  il  n'est  guère  d'usage  que 
dans  les  phrases  suivantes.  Entendre  un  bout 
de  messe.  Entendre  uiî  bout  de  vêpres.  Je  n''ai 
pu  entendre  qu'un  bout  du  sermon. 

An  BOUT  nu  compte.  Façon  de  pailcr  adver- 
biale el  familière,  dont  on  se  sert  h  la  fin  d'un 
discours,  d'un  raisonnenicnt,  et  ([uï  signifie, 
l'ont  consifléré,  après  tout.  Au  bout  du  comple, 
que  lui  en  peut-il  arriver?  Au  bout  du  compte 
il  n'a  pas  trop  de  tort. 

À  BOUT.  Façon  de  parler  adverbiale  ,  dont 
on  se  sert  en  diverses  phrases.  Ainsi  on  dit, 
Être  «  bout,  pour  dire,  >'c  savoir  plus  que  de- 
venir; Mettre  un  homme  à  bt/ut ,  pour  dire.  Le 
réduire  à  ne  savoir  plus  que  faire  ni  que  dire; 
Pousser  un  homme  à  bout,  mettre,  pousser  sa 
patience  à  bout,  pour  dire,  Le  mettre  en  colère 
à  force  d'abuser  de  sa  patience;  Venir  à  bout 
d'un  dessein  ,  d'une  entreprise  ,  pour  dire  . 
Réussir  dans  un  desseia,  dans  une  entreprise. 
On  dit  aussi.  Venir  à  bout  de  f  ire  une  chose ^ 
venir  à  bout  d'une  chose,  ponr  dire.  Parvenir 
à  faire  une  chose  ,  parvenir  ii  la  fin  d'une  chose, 
en  trouver  la  fin.  //  est  venu  à  bout  de  Vépouser, 
C'est  un  livre  si  ennuyettx  que  je  n'ai  jamais 
vu  venir  ù  bout  de  le  lire,  il  est  venu  à  haut 
de  son  argent,  il  n'en  a  plus.  Ils  sont  i>cnus  à 
bout  d^iric  douzaine  de  bouteilles  de  vin.  Ou 
dit.  Venir  (i  bout  de  quelqu'un,  pour  dire.  Le 
réduire  .'i  la  raison .  le  réduire  îi  faire  ce  qu'on 
veut.  Il  est  venu  à  bout  de  ses  ennemis. 

De  BOIT  EN  BOUT.  Façon  de  parler  adver- 
biale. D'une  extrémité  il  l'autre.  Purcourir  le 
France  de  bout  en  bout.  Courir  la  ville  tk 
Ituut  en  bout. 

D'un  BOUT  À  i.'authe.  Façon  de  parler  arl- 
vcrbiale.  Depuis  le  commencement  jusqu'à  lu 
fin.  il  m'a  conté  d'un  bout  à  Vautre  tout  ce  qni 
s'est  passé. 

Haie  au  boit.  Façon  de  parler  adverbiale, 
et  du  si) le  familier,  dont  on  se  sert  pour  signi- 
fier, Encore  davantage.  Il  a  dit  mille  livres  de 
rente.,  et  haie  au  bout. 

BOUTADE,  s.  f.  Caprice,  saillie  d'esprit  et 
d'humrur.  Quelle  boutade  vous  prend?  Il  a 
des  boutades.  \'aqir  que  par  boutade.  Composer 
par  boutade.  C^est  une  boutidc  qui  lui  a  pris. 

BOUTANT,  ad),  m.  Terme  d'Ait:hiteclurc, 
qui  se  dit  pnr  corruption  pour  butant,  et  qui 
n'est  d'usage  qu'avee  les  mois  Arc  et  Ptlter. 
Arc-boutant,  est  Un  pilier  qui  fmit  en  drmi- 
arc,  et  qui  sert  a  soutenir  une  voûte;  et  Pilier 
boutant,  se  dit  d'Un  pilier  qu'on  appuie  contie 
un  bâtiment  pour  le  maintenir,  pour  le  foi'lilljr. 
Consfruirc  dcj  pib'«rj  boutans  contre  un  mur. 


T50U 

DOUTAKCUI-:.  sul)sl.  !'.  On  appelle  ainsi 
ries  œufs  tic  poisson  salés  cl  conflis  dans  le 
vinaigre.  La  lioutarqne  est  très-ituligeste. 

BOt'TK,  va:.  tn\].  Terme  tle  Munrge.  Il  se 
'dît  d'Un  clicval  (jui  a  Ifs  jiinilns  droites  depuis 
le  genou  jusqu  à  lu  coiuonne. 

C'est  Oîissi  un  terme  de  Vigneron.  Ce  vin 
est  hoiité.  Voyez  Bouter. 

BUUTK-E.N" -TRAIN,  s.  m.  indccl.  formé  du 
verbe  Boii/cr,qui  ne  se  dit  plus.  l)n  appelle 
ainsi  Un  petit  oiseau  qui  sert  h  faire  chanter 
les  autres^  et  qu'on  nomme  aulrcmcnt  Tarîn. 
Kt  fii^urenienl  ou  appelle  Hussi  de  la  sorte  dons 
lo  Style  funiilier.  Un  homme  de  pLiisir  qui 
excite  les  autres ,  et  qui  les  met  en  iniin  de 
rire,  de  se  divertir,  elc.  C'est  le  boutc-cu-lrain 
-ie  1(1  compannie. 

lîOUTK-KKU.  s.  ni.  Tncendiaire,  relui  qui 
de  dessi'in  fonné  met  le  feu  h  un  édifue,  à  une 
ville.  On  surprit  des  houte-jeux. 

Il  se  dit  nussi  dXn  hjton,  au  bout  duquel 
il  y  a  une  (ourchellc  garnie  d'une  mi-clie  allu- 
mée, i)our  nirllre  le  feu  auranon.  Kt  on  appelle 
encore  Boute- fi  tt^  Celui  qui  met  le  feu  au  canon. 

On  dit  figuicnieni  De  ceux  qui  excitent  des 
discordes  et  des  querelles,  que  Ce  sont  des 
houte-fctue.  ]{  a  cité  le  houte-fcu  de  la  sédition. 
C'est  un  lirai  Ifoute-l-u. 

BOUTE-HOKS.  s.  m.  Espèce  de  Jeu  qui 
n'est  plus  en  usage  ;  mais  fipirément ,  en  par- 
lant De  dcuK  hommes  qui  tâchent  de  se  dcbus- 
qncr  l'un  l'autre  de  quelque  emploi,  dequelqua 
charge,  on  dit ,  qu'/is  jouent  au  boute-hors. 

BOUTE-SEI.LE.  s.  m.  Terme  de  Guerre 
Signal  qui  se  donne  avec  la  trompette,  pouj 
avertir  de  seller  les  chevaux  atin  d'être  prêta 
monter  à  cheval.  Sonner  le  houtc-scUe. 

BOLTE-TOUT-CUIKE.  s.  m.  Terme  bas, 
qui  se  dit  d'Un  dissipateur,  d'un  goinfre  qui 
luange  lou'.  C'est  un  houtelout-cuire^  un  franc 
boute-tout- cuire. 

BOVTEU.IE.  s.  f.  Vaisseau  6  larj^e  ventre 
et  à  cou  étroit  et  long,  fait  de  terre,  ou  de 
verre,  ou  de  cuir,  et  propre  ^  contenir  de  l'eau, 
du  vin  et  autres  liqueurs.  Bouteille  de  verre. 
lioutciUc  de  terre.  livuteille  ronde,  carrée, plate. 
Bouteille  de  cuir  hviiîlli.  Bouteille  qui  tient 
chopine.  Bouteille  de  chopinc^  de  pinte.  Bou- 
teille à  V  encre.  Bouteille  OH  vinaiqre.  Lerientrc. 
le  cou,  le  bouchon  d'une  hou'eille.  Bouteille 
coiffve.  Coifpr,  dêcoifpr  une  honteille.  Bou- 
teille eastcCj  ftléc,  étoïlée.  Remplir  une  hon- 
teille. Vider  une  hotiteille.  Tirer  une  pièce  dû 
vin  en  houieilles. 

On  dit  pTOVfrbinlenient  et  fij;tircm. ,  qu't'n 
homme  n'a  rien  vu  que  par  le  trou  d'une  bon- 
ttille,  pour  dire,  qu'il  n'a  aumne  conmiltsancf 
des  chose*  du  niond<- ,  aucun  itsagc  du  monde 

On  dit  pmverbiilcmcut.  Etre  dans  la  bou- 
teille, p«mr  diri»,  Être  dans  U-  s.  cn-t  d  une  af- 
fiiire. 

BoirrciixK,  se  dit  aussi  De  In  liqurur  qui 
est  contenue  dan»  une  ImutriMe.  Une  huntetUc 
de  vin.  Boirr  une  fwutrîde.  Boite  boulville. 
j4imer  la  bnuteille,  pour  dire,  Aimer  le  \iu.  Il 
est  [>opu'dire. 


I30U  BOU  167 

BotTEiLLE,  se  dit  ;iussi  d'Une  sorte  tPam-      Tne  maison  où  les  domestiques  sont  mal.  //  ne 
poule,  de  vessie  pleine  d'air,  qui  se  forme,  9  sera  pas  loufj-tcmps  dans  cette  maison^  c'est 

une  boutique. 

BOUTIQUIER,  s.  ni.Mi.ichand  tenant  bou- 
tique. 

BOUTIS.  s.  m.  Terme  de  Chasse.  U  se  dit  Les 
lieux  où  les  Ijètes  noires  fouillent 

BOUTISSE.  s.  f.  Pierre  qu'on  place  dans  nu 
mur  suivant  sa  longueur,  de  manière  que  sa 
iarf^eur  paroît  en  dehors.  Placer  aUernativc-* 
mettt  des  pierres  en  houtisse  et  en  parement. 

liOUTUlK.  s.  m.  lustr'inH-ut  avec  lequel  les 
^ïartchaux  parent  le  pied  d'un  cheval  avant 
que  de  le  ferrer. 

lioLTOin ,  so  (lit  aussi  Ou  groin  d'un  sanglier. 
Le  sanijUer  lui  donna  un  coup  de  boutoir. 

Coup  de  boutoit ,  se  dit  figurémcnl,  poir, 
Un  trait  d  humeur,  un  propos  dur,  repous- 
sant, qui  blessée.  i\e  vous  jiez  pas  à  lui  dans 
SCS  caprices,  il  vous  donnera  quelque  coup  de 
boutoir. 

BOUTON.s.  ra.  T.e  petit  liourj^eonque  poua- 
BCnt  les  arbres  et  les  plantes, et  d'où  se  forment 
les  feuilles  et  les  fleurs.  Zioufon  ù  fleur. Boulon 
à  fruit.  Il  y  a  bien  des  boutons  à  cet  arbre.  Vn 
bouton  de  rose. 

Un  apj)ellc  figurcmcnt  Boutons,  Ccriaîncs 
bubes  qui  viennent  quelquefois  aux  diflUrentcs 
parties  du  corps.  Il  a  le  visage  tout  plein  de 
boutons.  Il  a  un  qros  bouton  sur  le  nez. 

On  appelle  Boulons  de  fircin ,  De  certaines 
bubes  qui  viennent  aux  chevaux  lorsqu'ils  ont 
le  iiucin. 

Bouton,  signifie  aussi  Une  sorte  de  petiw 
boule  d'or,  d'argent,  etc.  ou  de  bois  couvert  de 
«oie,  de  fil,  etc.  servant  à  attacher  ensemble 
différentes  parties  d'un  habiilenicnL  Bouton 
d^urft'i'retie.  liouton  d'email.  Bouton  de  soie, 
de  crin,  de  fil.  Bouton  d'ur.  Bouton  d'argent.. 
Bouton  de  diamant.  Bouton  à  queue.  Mettre  des 
houtons  à  un  pourpoint.  Passer  les  boutons 
dans  les  boutonnières  y  dans  les  nanses.  Habit 
garni  de  boutons.  Attacher,  coudre  des  bou- 
tons.  Une  douzaine  de  boutons.  Une  grosse  de 
boutons. 

On  dit  figurement  d'Uo  bomme  qui  porle 
la  robe  ou  la  soutane,  que  Sa  robcj  que  sa 
soutane  ne  tient  quà  un  6oufon,  pour  dire, 
yu'Il  est  tout  prêt  il  la  quitter  pour  prcndic 
l  epée,  ou  un  autre  étal. 

On  dit  proverbialem.  cl  n;;urcnicnt,  Serrer 


oit  sur  l'eau  qu.ind  il  pleut ,  soit  de  quelque 
autre  manière  que  ce  soit.  La  pluie  fait  des  bou- 
teilles en  tombant.  Les  enfans  font  de  grosses 
bouteilles  en  soufflant  de  Veau  de  savon  avec  un 
chalumeau. 

BOUTER.  V.  net.  Mettre.  Ce  mot  est  vieux, 
et  ne  se  dit  que  pur  le  bas  peuple  cl  par  les 
paysans. 

BotTEn ,  est  aussi  un  verbe  iKMiire,qui  se 
dit  d'Un  vin  qui  pou:,se  au  gras.  Les  vins  de 
ce  cru  sont  suj^'ts  à  bouter.  Cette  cave  fut 
bouter. 

BOUTEPOr.LE.  s.  f.  La  garniture  qu'on 
met  au  Imut  d  un  fourreau  d  epée.  Vne  boute- 
Voile  d\tcicr.  l'ne  boutc'-ollc  d'urgent.  U  est 
aussi  terme  de  Blason. 

lîOUTIULIER.  s.  m.  (On  mouille  les  L.  ) 
Oflîrier  (pii  a  linlcndance  du  vin.  Il  n'est  eu 
lïsaj^e  qu'eu  celte  phrase ,  G/ unt/ Boutifb'er  de 
France. 

]î(_)UTIOUE.  s.  f.  I.ieu  cù  les  Marchands 
étalent  et  vendent  le:irs  mai-cliandises,et  ou  Ica 
nisans  travaillent.  G  ronde  boutique,  belle  tou- 
tique,  petite  boutique.  Boiiti(pie  bien  garnie, 
bien  fournie.  Boutique  de  ?ilcrcier,de  Chandc' 
ier,  de  Cordonnier.  Tenir  boutique.  Avoir 
boutique.  Garçon  de  boutique.  Mettre  un  jcunC 
homme  en  boutique. 

On  appelle  par  mépris,  Courtaud  de  bou- 
tique., Un  garçon  de  boutique;  Garde-bou~ 
ttque,  Une  étoffe,  une  marchandise  qui  n'est 
[jIus  à  îa  mode,  et  que  lu  Marchand  garde  de- 
[Miis  lon^-temps.  Et  on  dit  la  même  chose  Uc 
toute  UKirchandise  de  mauvais  débit. 

On  dit,  ^e  tnettre  en  boutique,  ouvrir  bou- 
tique, lever  boutique,  pour  dire.  Commencer  h 
faire  marchandise;  et.  Fermer  boutique,  pour 
dire.  Cesser  de  faire  marchandise,  i/  ne  veut 
plus  être  Marchand^  H  a  fermé  boutique. 

BorTiQUE,  se  dit  aussi  De  toutes  les  mar- 
chandises dont  une  boutiipie  est  garnie.  //  a 
vendu  ca  boutique,  *on  fonds  de  boutique.  Il 
a  engage  toute  sa  boutique.  Et  quelffuefois  il  se 
prend  jwur  Tous  les  instrumens  d'un  artisan. 
Il  a  emporté  ses  marteaux, ses  limes,  etc,  enfin 
toute  sa  boutique.  Vous  avez  une  boutique  de 
Menuisier  cliez  vous. 

Lorsque  quelque  chose  vient  !i  tomber,  et 
surtout  plusieurs  choses  cnsendile,  on  dit  pro- 
verbialement, ^r/iV»  lu  boutique:cl  proverbial, 
et  6;^rémenl,  qu'f/n  homme  fait  de  son  corps 
une  boutique  d'Apothicaire,  pour  dire,  qu'il 
prend  conlinucllemeni  des  remèdes.  Kt  en  par- 
lonl  d'Une  clios<' rcpanJue,  telle  qu'une  nou- 
velle, un  on\rûj;c  sans  nom  d'Aultur,  on  dit, 
que  Cela  vient  de  la  boutique  d'un  tr/,  pour 
dire,  que  Cela  est  de  l'invention,  du  cru  d'un 
tel.  Et  ordinairement  cela  %e  dit  en  mau- 
vaise part. 

BoiTiyfE,  se  dit  aussi  De  l'endroit  d'un 
baleau  de  p'cheur,  tur  le  Iwird  d'une  rivière, 
où  l'on  garde  du  poiuoa.  Aller  qucrir  du  jxtis- 
son  à  la  boutique. 

F.n  style  iHïpuUîre,  on  ap|>elle  Boutique, 


leboutun  à  quelqu'un,  |>ourdire,  Le  presser 
vivement  sur  quelque  chose,  et  quclquciuis 
avec  menaces. 

BoLTOS,  se  dit  nussi  De  plusieurs  anitcs 
rho«esqui  ont  la  fi;<ured'nn  lx>uton.  Le  boulon 
qu'on  met  sur  le  bout  du  ctinou  d'un  fusil,  pour 
tcrvtr  de  mire.  Le  bouton  d'un  fleuret.  Le  bou' 
ton  d'une  serrure.  Le  bouton  d'nn  verrou,  etc. 

thi  ap{h  Uc  Bouton  de  feu  ,  Un  boufoo  do 
r<T  rou^i  au  feu,  dont  les  Chiiiii^ieuâ  fl  le* 
M-iréchuux  se  servent  eu  plusieurs  o{M.'ratiu«is. 
Appliquer  un  boulon  de  feu. 

On  donne  encore  ce  nom  tu  caulùrc  actuel 
propre  à  brûler  les  os,  pour  consumer  le*  exoi- 
tjscs  et  \r%  caries. 


i68  BOT] 

où  appelle  encore  Bouton,  ou  /ioufbn  âe 
fin,  dans  les   essais,   La    petite   portion   d'oi  ^ 
ou  d'aigent  cjui  reste  après  l'opcraliou  de   la 
coupi'lle. 

On  appelle  Bouton -d'or,  Une  fleur  d'un 
Irés-beau  jaune,  qui  ne  se  fane  point. 

liOU'l'ONMSR.  V.  n.  Il  ne  se  dit  q-je  Des 
arbres  et  de»  plantes  qui  commencent  à  pous- 
ser dps  boutons,  tes  rosiers  commencent  à 
houtonncr. 

Boctonneh.  V.  a.  Passer  les  boulone  d'iui 
liahit  dans  des  ganses,  dans  de  petlles  ocver- 
lures  qu'on  nomme  boulonnicns.  Boulonner 
sou  habit,  sa  soutane.  On  dit  absolument,  6c 
boutonner. 

BouTOSVK,  ÉE.  participe. 

On  dit  fifsun'mcnt  et  familièrement,  d'Un 
Iiomme  mYSt'Ti<:ux  et  caclié  dans  ses  discours, 
que  C'est  un  homme  toujours  boutonne.  Bou- 
tonné jusnu'au  na;uti  de  la  Qorge. 

BOUTONNERIE.  s.  f.  Marcliandi^c  de  Bou 
tonuicr. 

BOUTONIVIER.  s.  m.  Celui  qui  fait  cl  qui 
vend  des  boutons.  Maître  Boulonnicr. 

BOUTONNIÈRE,  s.  f.  Petite  taillade  faite 
dans  un  habit  pour  y  passer  les  boutons,  cl 
bordée  d'or,  de  soie  ou  de  (11.  Faire  une  bou- 
tonnière. Kecouvrir  de  soie  les  boutonnières 
d'un  habit. 

BOUTS-RIMÉS.  s.  m.  plur.  Rimes  données 
pour  terminer  des  vers  dont  le  sujet  est  5  vo- 
lonté. Donner  des  bouts-rimés  pour  un  soniicl. 
tiemplir  des  houls-rimeK  Kt  dins  celle  arrep- 
tion,  on  appelle  Bout-  rimé  au  singulier,  Une 
pièce  composée  de  bouts-rimés. 

BOUT-SAKiNEUX.  s.  maso.  Le  cou  d'un 
veau ,  le  cou  d'un  mouton ,  tel  qu'on  le  vend  à 
U  boucherie.  Bout- saiijneu.t  de  venu.  Bout- 
suigneuj:  de  mouton.  Quand  on  dit  Bout-sai- 
qneux  tout  seul,  sans  rien  ajouter,  ordinaire- 
ment on  entend  parler  d'C'n  boul-soijncuo:  de 
mouton. 

BOUTURE,  s.  f .  Branche  coupée  d'un  arbre , 
et  qui,  étant  plantée  en  terre,  y  prend  racine. 
Il  y  a  des  arbres  tjui  viennent  de  bouture, 
coi^me  le  saule,  l'osier,  etc. 

COUVARI).  s.  m.  Marteau  dont  on  se  scr- 
voil  pour  frapper  les  monnoies ,  avant  l'inven- 
tion du  Balancier. 

BOUVEIUE.  ».  f.  Étabic  à  boeufs.  On  l'em- 
ploie jiarliculiereinciit  en  parlant  Des  elaliles 
qui  sont  dans  les  marches  publics. 

BOUVET,  s.  m.  Sorte  de  rabot  à  faire  des 
rainures. 

BOUVIER  ,  itliE.  subst.  Celui  ou  celle  qui 
conduit  les  bœufs  et  qui  les  garde.  C'est  aussi 
un  terme  d'injure  qui  se  dit  d'Un  homme  gros- 
sier. C'est  un  gros  bouvier,  un  vrai  bouvier. 

BocviEii ,  est  aussi  le  nom  que  les  Astro- 
nomes donnent  h  une  constellation  de  l'Hémi- 
sphère  boréal  proche  de  la  grande  Ourse ,  remar- 
quable p.ar  une  étoile  brillante  qui  s'y  trouve , 
et  quon  nomme  ..^rcturus. 

BOUVILLON.  s.  mosc.  diminutif.  Un  jeune 
bceuf. 
'         BOUVREUIL.  ».  m.  (Jlsi-«u  de  la  grosseur 


RRA 

d'une  alonettc,  qui  a  !e  bec  noir,  el  tjui  esl  de 
plusieurs  couleurs. 

BOY 

BOYAU,  s.  m.  Intestin  ,  conduis  qui  lai 
plusieurs  circonvolutions,  et  sert  à  rerevoir  les 
nliir.ens  au  sortir  de  l'estomac,  et  Ji  faire  sortir 
du  corps  les  excréniens.  Il  a  les  hoyaujc  gan- 
nrencs.  Gros  boyaux.  Boyaux  grêles. 

On  appelle  Descente  de  boyaux,  Une  niala- 
die  causée  par  la  rupture  du  péritoine,  qui  fait 
tjue  les  boyaux  sorteut  de  leur  place,  et  des- 
rendent dans  les  bourses  ou  au-dessus. 

Ou  dit  proverbialement  et  bassement  d'Un 
bomnic  qui  est  toujours  prêt  à  bien  manger  dus 
iju'on  l'y  invite,  qu7i  a  tcu'^ours  six  aunes  dti 
boyaux  vides. 

On  dit  aussi  proverbialement  et  bassement, 
Rendre  tripes  et  boyaux^  pour  dire ,  Vomir  ex- 
cessivement ;  et  populairement  ,  Aimer  (juel- 
(juUin  comme  ses  petits  boyaux  ,  jiour  dire  , 
L'aimer  beaucoup. 

Ondit d'UncIieval,  qu7I  a  du  boyau,  qu'il 
n'a  point  de  boyau,  pour  dire,  qu'il  a  beau- 
coup de  flanc,  ou  qu'il  en  a  peu;  et  gu'/i  est 
étroit  de  boyau j  pour  dire,  qu'il  n'a  point  de 
corps. 

On  appelle  aussi  Boyau,  Un  long  conduit 
de  cuir  adapté  a  une  niachine  pour  transmettre 
l'eau. 

On  appelle  Corde  à  boyau.  Une  corde  d'ins- 
trument de  Musique,  cuumie  Violon,  Luth, 
Tuorbe ,  etc.  faite  des  boyaux  de  certains  ani- 
maux. 

On  dit  proverbialement  et  figurênienl  d'Un 
tspace  Ions  ^^  P^'"  ^^^^^-t 'I"^  C'est  un  boyau  j 
que  ce  n'est  nu\in  boyau, 

Kn  parlant  d'Une  tranchée  faite  pour  assié- 
ger une  place, on  appelle  Boyau,  (Chaque  par- 
tie des  chemin-»  en  W^ue  droite  qui  composent 
les  zi;;zags  par  lesquels  on  communique  d'une 
parallèle  îi  l'autre.  Faire  un  boyau  de  commu- 
nication d^une  tranchée  à  Vautre. 

BOYAUDIER.  s  m.  Celui  qui  prépare  et  file 
lies  cordes  h  boyau. 

BR  A 

BRACELET,  s.  m.  Ornement  que  les  femmes 
portent  au  bras.  Bracelet  de  perles.  Bracelet  de 
corail,  de  tables  de  diamans ^  d^énieraudes.  Bra- 
celet de  cheveux. 

BRACHIAL,  ALE.  adj.  (On  prononce  J5rn- 
liial.)  Terme  d'Anatomie,  qui  se  dit  De  ce  qui 
n  rapport  au  bras.  Muscle  brachial.  Artère  bra- 
chiale. 

On  dit  aussi,  Les  nerfs  brachiaux.  Ils  sont 
au  nombre  de  six  de  chaque  côté. 

BRArJIYGRAPlIE.s.  m.  Kcrivain  en  notes 
abrégée». 

BRACHYGRAPHIE.  s.  f.  L'art  d'écrire  en 
abrégé. 

BR  ACMANR,  BRAMINE  ou  BR  AMIN.  £.  m. 
Philosophe  ou  Pr^-trc  Indien. 

BRACONNER,  v.  n.  Chasser  sur  les  terres 
d'autrui  furtivement  cl  sans  jjcrmission,  pour 
Ciirc  son  profit  du  gibier.  Les  Paysans  vont 


BRA 

braconner  sur  telle  Terre.  Les  Ordonnances 
défendent  de  braconner. 

BRACONMKR.  s.  m.  Celui  qui  braroni.e, 
qui  chasse  sur  les  terres  d'autrui  furtivement  et 
sans  permission  ,  pour  vendre  le  gibier  qu  il 
lue.  Les  Braconniers  sont  punis  par  les  Or- 
donnances. Les  Braconniers  détruisent  tout  le 
gibier. 

BnACONNiEn,  se  dit  aussi  De  ceiix  qui  san» 
ménagement  tuent  le  gibier  qu'ils  peuvent, 
mais  seulement  pour  leur  plaisir.  Ce  Gentil' 
liomme  est  un  grand  Braconnier  ^  un  vrai  Bro- 
L"û/irn'er. 

BRAI.  s,  m.  Espèce  de  goudron,  mélange  de 
gomme,  et  d'autres  matières  propres  ù  calfater, 

BRAIE.  s.  f.  Linge  dont  ou  enveloppe  le 
derrière  des  enfans.  Attacher  une  braie  à  un 
enfant.  Lui  changer  de  braie. 

On  dit  6surémcnt  et  populairement,  d'Un 
homme  qui  s'est  retiré  henireuscment  d'une 
u)auvaise  aflaire,  qu7l  en  est  sorti  les  braies 
nettes. 

BRAILLARD,  AROE.  adj. Qui  parle  ordi- 
nairement l>eaucoup,  fort  liant,  et  mal  à  pro- 
pos. C'est  l'iionime  du  monde  le  plus  braillard 
Une  femme  braillarde.  Il  est  du  stvle  familier. 

On  s'en  sert  plus  ordinairement  au  substan- 
tif. C'est  un  grand  braillard,  une  grande  brail- 
larde. 

BRAILLER,  v.  n.  Parler  bien  haut,  beau- 
coup, et  mal  ii  propos.  H  ne  fait  (jne  brailler. 

BRAILLEUR,  KUSE.  adj.  Qui  braille,  qui 
ne  fait  que  brailler.  Un  homme  fort  bratllfur^ 
If  ne  femme  jort  bratUeuse. 

On  s  eu  sert  plus  ordinairement  au  kub6tai>- 
tif.  C'est  un  brailieur.  C'e.\(  une  urailleuse. 

BRAIRE.  V.  n.  Il  ne  s'emploie  guère  qu'à 
riDfiiiitif,  à  la  troisième  peisonne  du  présent 
(le  1  indicatif.  Il  brait,  ils  braient;  ^  la  troi- 
sième personne  du  futur,  Il  braira  •  ^t  à  la 
troisième  du  snbjonelil" ,  Il  brairoit.  Les  autres 
temps  sont  peu  d  usage.  Il  ne  se  dit  que  ppur 
signifier  Le  cri  de  l'âne.  Le  propre  de  l'une  est 
de  braire. 

BRAISE,  s.  f.  Bois  réduit  en  charbons  ar- 
dens.  Du  bois  gui  fait  de  bonne  braise.  Des 
poires  cuites  à  la  braise  j  sous  la  braise. 

Proverbial,  et  figurément,  en  parlant  d'Un 
honmie  qui  s'est  vengé  promptement  de  quel- 
que tort  qu'on  lui  a  fait,  ou  dun  homme  qui  a 
fait  une  repartie  vive  et  prompte  h  quelcjuc 
cho&e  de  piquant,  on  dit,  qu'//  Va  renduchaud 
comme  braise.  Et  quand  quelqu'un  est  venu 
annoncer  sans  aucune  préparation  une  mau- 
vaise nouvelle,  on  dit,  qu7ï  Va  donnée  chaud 
roiumc  braise.  Kt  dans  ces  sortes  de  phrases, 
Chaud  e-tt  employé  adverbialement. 

On  dit  aussi  proverbial,  et  fi^urcmenl,d'Un 
homme  qui,  dans  un  discours  ou  dans  un  écrit, 
passe  légèrement  sur  quelque  article  qu'il  ne 
veut  pas  trop  approfondir.  Il  a  passe  là-dessus 
cofnnic  chat  sur  braise. 

BnAi&E,  se  dit  au>si  Des  charbons  que  1rs 
Boulangeis  tirent  de  leur  four,  et  qu'ils  étei- 
gnent ensuite  pour  les  vendre.  Acheter  de  U 
6raîie  chez  unBoulanger, 


RRA 

BRAISIER.  8.  m.  La  huche  où  le  Boulanger 
met  |;i  braise  quaiia  elle  est  ëtounce. 

URAlSIKRt:.  s.  f.  Vaisseau  dans  letiuel  on 
fail  cuire  dilléiens  mets  h  la  braise. 

BRAMER.  V.  n.  Il  ne  se  dit  que  du  cri  du 
cerf,  /-e  cerf  brame  (juand  il  est  en  rut. 

BRAMIN,  BRAMI>E.  Voyez  Bracmaïe. 

BRAN.  s.  m.  Matière  fe'calf.  Il  est  bas. 

Ou  appelle  hasscuu'iit  Bran  de  Judas  ^  Cer- 
taines taclies  de  rousseur  qui  viennent  au  vi- 
sage et  aux  mains.  Un  appelle  Bran  de  son, 
r.a  plus  grosse  partie  du  son  ;  et  Bran  de  scie, 
La  pondre  du  Lois  qu'on  scie. 

BoA!* ,  est  aussi  uu  terme  bas  qui  sert  à  m-u-- 
^cr  du  nu'pris  pour  quelqu'un ,  pour  qu(  ique 
chose.  Brun  de  lui.  Bran  de  vos  promesses. 

BRANCARD,  s.  m.  Sorte  de  voiture  sur  la- 
quelle on  transporte  uu  malade  tout  couoIjc, 
ou  des  choses  fr;tgilcs,  et  qui  est  pcilc  par  des 
chevaux  ou  par  des  mulets,  l'un  devant,  l'autie 
derritîre,  et  quelquefois  par  des  hommes.  Ou 
Uapporta  de  l'armée  sur  un  brancard.  Il  fiiul 
transporter  ces  porcelaines  sur  un  brancard. 

On  appelle  aussi  Brancard,  Les  deux  pièces 
de  bois  qui  se  prolongent  en  avant  d'une  char- 
rette, et  entre  lesquelles  est  place  le  cheval  qui 
la  traine.  Le  cheval  de  brancard.  Mettre  le  che- 
val au  brancard. 

On  appelle  aussi  Brancard,  Les  deux  pièce» 
de  bois  qui  dans  une  voiture  rcuDisseul  le  train 
de  derrière  et  celui  de  devant.  Le  brancard  di 
cette  berline  est  trop  court.  Alors  on  dit  aussi. 
Les  brancards.  L'un  des  brancards  decette  voi- 
ture est  rompu  ^  est  cassé. 

BRANCHAGE,  s.  m.  coll.  Toutes  les  branches 
d'un  arbre.  H  faut. couper  tout  ce  hranchune. 

BRANCHE,  s.  f.  Le  bois  que  pousse  le  tron« 
d'un  arbre.  Petite  branche.  Grosse  branche. 
Cet  arbre  étend  ses  branches  bien  loin,  pousse 
tes  branches  toutes  droites.  Il  faut  couper  cette 
branche.  La  branche  rompit  sous  lui.  Une 
branche  de  laurier. 

On  appelle  fîgure'ment  Branches,  Les  dif- 
férentes parties  d'une  entreprise,  les  difTéreDl 
objets  d'une  science.  Ce  commerce  a  bien  des 
branches.  Une  bonne  branche  de  commerce. 
Les  différentes  branches  des  Malhèmati(jues,  de 
la  Physit^ne^  de  la  Mctallwgie,  de  l'Anatomie. 

On  dit  proverbial,  et  figurcm.dX'n  homme 
qui,  au  lieu  d'approfondir  les  matières ,  passe 
légèrement  d'uo  sujot  ^  l'autre,  sans  s'arrêter  à 
aucun,  qu7f  saute  de  branche  en  branche.  On 
dit  aussi  Bgurément,  ^e  prendre,  s*attacher 
aux  branches^  pour  dire,  Sarrêtcr  aux  cir- 
doiistaDces  inutiles  d  une  chose  dont  on  néglige 
le  fond  ;  et  d'L'n  hoinnie  qui  est  dans  un  état 
incertain,  chancelant,  qu'I^  est  comme  l'oiseau 
sur  la  branche. 

On  dit  proverbial,  et  figurement.  Il  vaut 
ViieiLt  se  tenir,  $^attacher  au  gros  de  l'arbre 
^«'tiiLr  ^^(lJu•/l«.  pour  dire.  Il  vaut  mieux  s'at- 
tacher ^  celui  qui  a  lautoritti  su|ïcrieure,  qu'i 
celui  qui  n'a  qii  une  autoritc  subalterne. 

On  appelle  Branches^  dans  l'Analomie,  Les 
petites  veines  et  les  petites  artcies  qui  tiennent 
aux  grosses  veines  cl  aux  grosses  urlère».  le» 
i  oine  I. 


BRA 

branches  qui  sortent  du  tronc  de  la  veine-cave, 

Et  en  termes  de  Gcnra!o;^iejOu;ippelle6gu- 
renient  Branches  y  Les  familles  dilTérentes  qui 
sortent  d'une  même  tige.  La  branche  de  Bour- 
}>on.  La  branche  de  Valois.  Il  a  fait  une  nou~ 
l't'ï/e  branche.  Il  est  la  tige  d\uic  telle  branche. 
Il  est  l'atné  de  sa  branche. 

Branches,  au  pluriel ,  se  dit  De  divei-ses 
autres  choses.  Ainsi  on  appelle  Branchis,  Ijs 
deux  parties  du  bois  d'un  cerf.  Le  bois  d'un 
cerf  a  deiuv  branches.  On  appelle  aussi  Bran- 
ches, Les  deux  pièces  de  fer  qui  tiennent  au 
mors  du  cheval ,  et  où  la  bride  est  attachée.  Les 
branches  d'un  mors.  On  appelle  Branche  de 
tranchée ,  Le  boyau  dune  tranchcf.  On  dit 
iiuL'ne  question  ,  qu'une  affaire  a  plusieur. 
branches^  pour  dire,  qu'il  y  a  plusieurs  chefs, 
plusieurs  ar[irles  à  discuter;  Branche  de  com- 
merce. Un  objet  particulier  de  commerce.  On 
(lit,  Un  chandelier  à  plusieurs  branches^  po'jir 
dire,  Un  chandelier  d'où  il  sort  plusieurs  ra- 
meaux qui  servent  aussi  de  chandelier. 

BR/VNCHE-L'RStNE.  s.  f.  Voy,  Acanthe. 

BRANCHER,  v.  a.  Pendre,  attacher  à  la 
brandie  d'iui  arbre.  Il  n'est  guère  d'usagequ'en 
parlant  d'Un  voleur,  d'un  déserteur  qu'on  pend 
k  un  arbre.  Le  Prévôt  de  l'armée  trouva  un 
soldat  en  maraude ,  et  le  fil  brancher  au 
premier  arfcre.  Il  est  familier. 

BnANCHEii,  se  dit  en  termes  de  Chasse,  Des 
>)iseaux  qui  se  perchent  sur  des  branches  d'ar- 
lire;  el  alors  il  est  neutre.  Ce  Faisan  branche. 

RnANCHÉ.  ÉK-  participe.  Il  sedit  proprenieul 
3*Un  oiseau  place  sur  une  bianchc.  Il  se  dit 
iîgurénuntdaus((ueiques  occasions.  Cb  mousse 
branché  sur  une  vergue. 

BRANCHU]:S.  subst.  f.  pi.  Les  ouïes  des 
poissons. 

BRANCHU,  Ui:.  ad*.  Qui  a  beaucoup  de 
branches,  ('n  arbre  fort  brancha. 

BRANDE.  s.  f.  Sorte  de  petit  arbuste  ïjui 
rroît  dans  des  campagnes  incultes.  Un  pays  de 
brandes.  Chauffer  le  four  avec  des  brandes. 

On  appelle  aussi  Brande,  Une  campagne 
pleine  de  ces  sortes  de  petits  arbustes.  Entrer 
dans  une  brande. 

Ba.\NDEBOURG.  subsL  m.  Une  espèce  do 
houtonaière.  Brandebourg  d'or.  Brandebourg 
d'argent 

On  appeloit  atissi  Brandebourg,  Une  sorte 
de  cisaque  h  manches,  ainsi  appelée,  porccque 
la  mode  en  est  venue  de  Brandebourg.  Porter 
une  Brandebourg.  En  ce  sens,  ce  mot  étoit 
féminin. 

BRANDEVIN.  s.-nL  Terme  emprunté  de 
r.MIcmand ,  et  dont  on  ic  sert  pour  signifier 
De  l'eau-dc-vic. 

BR.VNUEVINIF.R.ltRE.  s.  Cehii  ou  celle 
qui  vend  et  qui  crie  du  brandcvin.  Il  n'est 
d'usn;.;e  qu  eu  parlant  De  ceux  qui  crient  et  qui 
vendent  de  re.iu-de-vie  dans  un  camp,  dans 
une  f;an.isnn 

BUANDILLE.MENT.  subst.  m.  Mouvcmeni 
qu'on  se  donne  en  se  brandillant. 

DRANDîLLER.T.  a.  Mouvoir do^^  cl  de  lu, 
Brandiller  !c-.<  jinnocs.  Brandilîer  les  bras. 


BRA  109 

On  dit,  Se  brandiller,  pour  dire,  Se  mou- 
voir, s'agiter  en  l'air  par  le  moyeu  d'une  corde, 
d'uneescarpoIette,oudequeliUC  autre  machii»e 

BrandillI,  ee.  participe. 

BRANDILLOIRE.  s.  f.  On  appelle  ainsi 
Des  branches  entrelacées,  ou  quelque  atirre 
chose  de  semblable  ,  dont  les  jeunes  gens  se 
servent  îx  la  campagne  pour  se  brandiller.  Se 
mettre  sur  une  braudilloire. 

lîRANDIR.  V.  a.  Secouer,  branler  en  sa 
main  un  q>icu,  une  lance,  une  halhbardt,  eic. 
roranie  si  on  se  frôpaioit  à  frapper  de  la  poinle. 
/(  Irundisoit  unt  pique.  Brandissant  une  haU 
lebarde  en  sa  main.  Il  est  vieux  en  ce  sens. 

BnANnin,  se  dit  aussi  en  termes  de  Cbarpcn- 
lerie,  pour  dire,  Arrêter,  affermir.  Et  dans 
cette  acception  on  dit,  Brandir  un  chevron  sur 
'a  patoue,  pour  dire,  Ancter;.  aflermir  un  ehe- 
vrou  sur  la  panne. 

Bbanui,  ie.  participe  et  ad  ject.  On  dit  pro- 
verbialement, Enlever  un  gros  fardeau,  un. 
qros  ballot  tout  brandi,  pour  dire,  L'enlever 
tout  d'un  coup;  et,  Knlever  un  homme  tout 
brandi,  pour  dire,  L'enlever  en  l'état  où  on  le 
trouve.  Il  est  fomiher. 

BRANDON,  s.  m.  Espèce  de  flambeau  foii 
ftvec  de  la  paille  tortillée.  Allumer  des  brandons. 

On  appelle  aussi  Brandon,  De  la  paille  tor- 
tillée au  bout  d'un  b;Uon  qu'on  enfonce  dans 
(juelqucs  héritages,  pour  marquer  qu'ils  sont 
saisis.  Et  de  là  vient  le  mot,  Brandonner  un 
champ. 

EnANDOS,  se  dit  aussi  Des  corps  enfliimmcs 
qui  s'élèvent  a'un  incendie.  Le  vent  poussait 
des  brandons  qui  portoient  partout  l'incendie. 

On  appctoii  autrefois  le  premier  Dimanclje 
de  Carême, /-cDimanc/iC  des  Brandons,  paice 
|uc  ce  jour-U  le  peuple  allumoit  des  feux, 
ilausoit  à  rentour,eien  portoil  dans  les  rues  et 
ilans  les  campagnes. 

On  dit  fi^urément,  et  dans  le  style  élevé. 
Les  braudons  de  la  discorde.  Jeter  le  brandon 
de  la  discorde  parmi  les  citoyens.  Cet  écrit  est 
un  brandon  de  guerre  civile. 

BR.\NDONNER.  v.  actif.  Mettre  dc6  bran- 
dons. Brandonner  un  héritage. 

BnANDONXÉ,  ÉE.  parlicipi'. 

BRANLANT,  .OTE.  adj.  Qui  branle,  qui 
penche  tantôt  d'un  cote,  tantôt  de  l'autre.  >^i'otr 
la  tclc  branlante ,  les  jambes  branlmtti. 

On  dit  proverbialement  et  figurénient  De 
quelqu'un,  ou  de  quelque  chose  de  mal  abSurC* , 
et  qui  paroit  pr-is  de  tondjer,  que  C'est  u» 
Château  branlant.  Ce!a  se  dit  faniilièren.ciK 
d'Un  vieill.ird  ou  d'un  convalescent  mbl  ^auré 
sur  ses  jambes. 

BRANLE,  s.  m.  AgiLition  de  ce  qui  cft  r^- 
muc,  tantôt  d'un  cùié.  tintôt  de  l'-iutre.  Le 
branle  du  carrosse  lui  fait  mal.  Cela  a  un  grand 
branle.  Mettre  les  clochesen  branle.  5oRner  er 
branle. 

BnANLC.  Preml^e  impulsion  donnée  à  une 
chose.  5uiyrc  le  branle  général. 

Dans  Cl  sens-1^  on  dit  figurement  et  famiU^ 
renient,  Etre  en  branle^  pour  dire.  Commence» 
j  éUc  en  mouTement  pont  faire  quelque  cIhjsc, 
32 


«70  I^  R  ^^  „ :.-:r 

i  être  en  action.  Cel  homme  enl  jjaresseux ; 
mais  quand  il  «(  iiiii-  fols  en  hratile y  il  iii  j'ail 
plus  ijii'un  autre. 

On  (lit  figuremcnt,  Donner  U  hraule  aiur 
autres,  pour  dire,  Les  nuttre  en  dis|iosHlion, 
Icsmellrc  en  train  d'agir;  et, /donner  le  hrank 
à  uii'.  ajfiiire,  pour  dire,  La  mettre  en  mouve- 
ment, In  faire  avancer,  la  mettre  en  élat  dctre 
liecidée.  Il  a  donni  un  arand  hranle  à  celle 
ajiiire, 

'  On  dit  aussi  CgureKient ,  3/o((rf  les  antres 
enhranlc,  pour  dire ,  Les  mettre  en  train  ,  les 
mettre  en  mouvement. 

B1US1.E.  Esp:-ce  de  danse  de  plusieurs  per- 
sonnes qui  se  tiennent  par  la  main,  et  qui  se 
mènent  tour  à  tour.  Grand  hranle.  Branle  (jai. 
Hranle  à  mener.  Danser  un  hranle.  Mener  un 
branle.  Kc  hranle  de  Metz, Us:  branles  de  Poitou. 
On  dit  proverbialeni.  d'Uu  homme  et  d'une 
femme  d'une  gaieté  excessive,  qii'/l  est  feu, 
qn'('//f  est  folle  comme  le  fcratile  ijui,  ou  sim- 
plcinenl ,  comme  îiranle  (jai. 

Bbame,  se  dit  aussi  De  l'air  sur  lequel  on 
danse  un  branle.  Juucr  un  branle. 

On  dit  figurcment,  .1,'encr  un  hranle,  pour 
dite,  Commencer  et  être  suivi  de  plusieurs  au- 
tres. Vous  voulez  que  nous  nous  rcjalious  Vun 
après  Vautre,  menez  le  branle. 

BiiASiE,  se  dit  aussi  d'L'ne  espèce  de  lit  sus- 
pendu ,  dont  on  se  sert  dans  les  vaisseaux. 
Couclier  dans  un  hranle. 

BiiASbE-BAS.  Terme  de  Marine.  Comniande- 
meni  qu'on  fait  de  détendre  tous  les  branles 
J'entre  U.-.  ponts,  pour  se  préparer  au  combat. 
On  fit  U  commandement  de  hranle-has. 

BRANLr.MliNT.  s.  m.isc.  Mouvement  déco 
qui  branle.  Crunltmwil  de  tclc.  Le  hranlemenl 
d'un  carrosse. 

lîKANI.ER.  V.  a.  Agilrr,  mouvoir,  remuer, 
fabe  aller  ile-çà  et  de-l.'i.  Branler  les  jambes. 
Branler  les  hras.  Branler  in  tète. 

On  dit,  Bnaiier  le  nieiKon,  lininJcr  la  mâ- 
choire, polir  dire,  Manjer.  Il  ist  bas. 

BnANLKti ,  est  aussi  neutre,  et  signifie.  Etre 
■iglté,  penclicr  do  coté  et  d'autre,  'foui  le  plun- 
cher  branle.  La  tête  lui  branle.  Les  dents  lui 
branlent.  lîn  ce  sens  on  dit  proverbial,  nient , 
Tout  ce  qui  hranle  ne  tombe  pas. 

On  dil  figurément  et  familièrement  d  L'ii 
liomn;c  qui  est  engagé  dans  un  parti  qu  il  est 
tente  d'abandonner,  ou  un  poste  qu'if  est  pris 
de  perdre,  qu'/ï  brunie  au  manche. 

BnAKi.En,  s'emploie  rncore  en  plusi'urs 
phrases,  où  il  a  diverses  significations.  Ainsi 
on  dil,  Ne  branlez  pas  de  là,  pour  dire,  11e- 
mcurez  lii,  tenez-vous  où  vous  êtes,  ne  bongei 
pas  de  Ih;  d  figuiément.quc  Desenfans  n'nse- 
roient  branler  devant  leur  père,  pour  dire, 
qu'ils  sont  dans  une  crainte  et  dans  une  con- 
trainte continuelle  devant  leur  pèic. 
BllASLi;,  ÉE.  pajticipe. 

BRANI.OniE.  s.  f.  On  .ippelle  ainsi  Un  ais 
posé  en  travers  cl  en  cjuilibre  sur  qiir  Iqu  ■ 
chose  d'élevé,  et  aux  deux  bout»  du  |ucl  deu.v 
cnfans  font  tour  !i  tour  le  contre-poiJs. 

BRAVUU  ou  liRAG.  subsl.  lispi-w  de  chien 


ERA 

«iecliaiîsc.  I7n  bnif^ue.  Vnehrarjne.  Ce  hra(ju^ 
arrCle  bien. 

On  dit  provcrbialem.  Étourdi  comme  un 
brit(^ue^  fou  comnii'  un  hrufjue  ;  e.i  figurt-meui 
il'Un  jeune  étourdi ,  Ce$t  un  hnujuc.  Il  est  fa- 
milier. 

BKAQUEMART.  siibst.  niasc.  Épce  rotirif 
et  l.irge  qu'on  poiloït  autrefois  l*  lon^  de  l.i 

CUÎS'^<'. 

BUAQUnVTENT.s.  m.  L'action  do  braquer, 
nu  I,;i  situation  de  ce  qui  est  braqué.  Le  hni- 
iiui'wciit    (/'un   ciirrvssf  j    le   hrunucmeut    d  un 

Iîi;AQt/KR.  V.  art.  Il  ne  se  dit  que  De  cer- 
taines choses  qu'on  peut  tourner  et  présenter 
d'un  côtR  ou  d'un  autre.  Braquer  un  timon. 
Braquer  un  rarrosiT.  Braquer  le  canon  contre 
les  ennemis.  Braquer  une  lunette. 
CiîAnrÉ,  ÉE.  paît.  Canon  oraqné. 
On  dit  fi;^urt'nient ,  qu'l/n  homme  est  hva- 
t^iic  au  sujet  d'une  ajj'airc,,  contre  une  a'f»:ire, 
contre  une  idée,  pour  dire,  qu'il  est  fortement 
pnîvpuu,  qu'il  y  (st  dclermli:*  nient  oppose.  Il 
L'st  hunilier. 

BRAS.  s.  m.  Partie  du  coqïs  bmn;itn  qui 
tient  ù  re'paulc.  Bras  droit.  Bras  qatiche.  Brai 
fort.  Bras  uciveux.  Gros  Irai;.  La  fvrce  dx 
hras.  Lever  f  iausscr^  étendre  le  hras,  Êtt\ 
hlesié  au  hras.  Avoir  le  hras  rompu ,  crisse,  dé- 
mis. Monlerj  tirer  à  hras.  à  force  de  hras. 
Moulin  à  hras.  CiVicre  à  hras.  Couper^  rompri 
hras  et  jamhes  à  quelqu'un.  Elle  portoit  un  en- 
fant sur  ses  hras,  entre  ses  hras.  Porter  un 
paquet  sous  le  bras.  Ils  s'en. brassèrent  tras  tiVs- 
siis,  hras  dessous.  Il  a  le  hras  en  écharpe.Jl  va 
les  hras  penda-jis. 

On  dit,  Avoir  les  hras  re(roussc5, pour  dire, 
Avoir  la  manche  rctrou^suo  de  manière  que  !« 
bras  paroisse  h  nu. 

On  dit,  A  tour  de  îjrns,pour  dire  ,  De  toul« 
sa  foi  ce.  il  lui  donna  un  coup  de  hdton  à  tour 
de  hras. 

On  dii,qu'f7u  homme  ne  vit  que  desesbrar.y 
pour  dire,  <iu'll  est  fort  pauvre,  et  qu'il  ne  vil 
i|ue  du  travail  de  S(?5  bras. 

On  dit  (î^ménienl.  DcMJeurer  les  bras  crolsè$\ 
pour  dire,  U-^roeurcr  sans  rien  faire. 

On  dit  fif^iirL-ment  d'Un  Juge,  d'un  Arbitre, 
ou  de  toute  autre  personne  qui  rclranehc  à 
ijuelqu'un  beaucoup  de  ses  droits,  de  ses  pré- 
tentions, qu'il  lui  coupe  hras  et  jambes.  Cet 
arrêt j  celle  Çcntcnee  arbitrale  nous  a  couye 
hras  et  jamhes.  Cri  Evaminatenr^  par  les  re- 
tranchcmcns  q:i*il  a  pitts  à  cet  ouvrage^  a  coupe 
hras  et  jambes  à  l'Auteur. 

On  dit,  Couper  hras  et  jambes,  d;ins  un 
îuilre  sens,  pour  dire.  Mettre  quclqii'un  dans 
l'iinpuissanc»? d'agir,  lui  ôtcr  les  moyens  d'agir. 
Il  se  dit  aussi  pour,  Décourn;^er,  causer  un 
tjraud  étonncnirnt,  une  sorte  de  stupeur  cl 
d'immobilild.  Cette  noiu'elle  nous  coupe  hras  cl 
jambes.  11  est  familier. 

On  dit  fij;;u<nitnt,  Se  jeter  entre  les  hras 
de  quelqu'un,  pour  dire,  Ke  mettre  sous  sn  pro- 
tection, recoin  ir  à  lui  potir  en  avoir  du  se- 
<ours.  Se  voyant  perscculé  de  tous  côtesj  il  se 


BRA 

jeta  entre  les  hras  d^untet.Se  jeter  entre  les  hvs 
de  Dt'eu,  dans  les  hras  de  sa  miséricorde. 

On  dit,  ({ulln  Médecin  a  tiré  un  homme 
d'entre  les  hras  de  la  nmrtj  des  hras  de  la  mort, 
pour  dire,  qu'il  l'u  f;utTi  d'un  mal  qui  scm- 
bloit  mortel. 

On  dit  figurément,  Recevoir  quelqu'un  à 
hras  ouverts  f  jx)ur  dire.  Le  recevoir  avec 
i;randc  joie. 

Od  dit  fi;^uremenl,  qu't/n  Itomme  tend  les 
hras  à  un  autre,  pour  dire,  qu'il  est  prêt  i  le 
lecevoir,  à  lui  donner  sa  protection.  Ce  fils  a 
fuit  de  (jrandcs  fautes;  mais  son  père  Vtnvite 
au  repentir^  et  lui  tend  les  hras.  Eî  on  dit,  que 
Dieu  nous  iend  les  tr£i.s,qu'ii  noi«  fend  le* 
hras  de  sa  miséricorde,  jiour  dire,  qu'il  est  toiM 
jours  prêt  h.  nous  pardonner. 

On  dit  figiu-ément  et  proverbial. ,  -^voir  quel- 
qu'un sur  les  hras,  pour  dire,  Ef>  être  chargé 
im  importune.  Cette  pauvre  veuve  a  cinq  en- 
fans  sur  les  hras.  Cet  homme-là  est  sur  mes 
bras,  il  faut  que  je  le  nourrisse.  Que  cet  hommes 
là  est  importun  !  je  l'ai  toujours  sur  les  hra*. 

BnAS ,  se  prend  fignr«'nn-nt  pour  Puissance. 
Le  bras  de  Dieu  nest  pas  raccourci.  Et  on  ap- 
pelle fi^uréni. /Jrds  séculier^  La  puissance  tem- 
porelle. Implorer  le  hras  seculior.  Livrer  un 
Ecclésinslique  au  hras  séculier. 

On  dil  figurément  et  familièrement  De  quel- 
qu'un, qu7/  a  les  bras  longs,  pour  dire,  que 
Son  pouvoir,  son  crédit  s'étend  bien  loin,  ^ 
qu'on  ne  l'ofTcnsf'  pas  impuncmfnf. 

Il  se  prend  aussi  Cf^urément  pour  \'.illbncff 
et  exploits  militaires.  Tout  cède  à  Vejfort  de 
son  hras. 

On  dil  figuréni.,  qu'(7n  homme  est  le  hras 
droit  d'un  autre,  pour  dire,  qu'il  est  le  prm- 
ripal  instrument  dont  cet  autre  se  «ert  eu  toutes 
choses. 

BnAS ,  se  dit  figurément  d'Un  canal  on  d'um» 
rivière  qui  se  sépare  en  deux,  en  trois.  Lu 
Hhin  se  sépare  en  plusieurs  bras.  Le  plus  grand 

hras  est  celui  de Et  Bras  de  mer,  le  dil 

li'l'no  partie  de  la  mer  q\i\  passe  entre  deux 
terres  assez  piociîCïi  l'um:  de  l'autre. 

On  appelle  Chaise  à  bras,  Vn  fauteuil,  un© 
thaise  qux  deux  côtés  de  laquelle  il  y  û  d«  quoi 
s'appuytT  les  bras,  l'^l  dans  celte  acception  on 
liil,  Les  hras  d'une  chaise,  les  hras  d'un  fau^ 
leuil.  Une  chaise  à  bras. 

On  apiKlle  aussi  Uras,  Certains  chandeberi 
rju'on  attache  à  «ne  muraille,  à  cause  que  d'ft- 
bord  ils  avoienl  In  figure  d'un  bras.  Des  hras 
dorés.  Des  hras  d'argent,  de  vermeil  doré.  Kt 
ou  .npprlle  Bras  de  balance,  hras  de  levier.  Les 
.kiix  parties  de  la  balance,  du  levier,  qui  son» 
Je  eût-  et  d'autre  du  point  d'appui. 

À  BKAS.  adv.  À  force  de  bias.  Faire  monter 
le  canon  à  hras. 

BiiAS  DESSUS,  BrAS  DESSOUS,  adverbe.  Avec 
amitié. 

lïKASER.  v.  act.  Terme  d'Armurier.  C'esl 
joindre  deux  morcenux  de  fer  ensemMe  otcc 
une  certaine  soudure.  Ce  canon  de  fusil  a  de 
mal  hrasc ,  H  jdut  le  icbraser, 

&nAsÉ ,  ÉE.  participe. 


BRA 

BRASIER,  s.  masc.  Ftu  decLorboiis  ardeus 
Bi'o^ier  tirtlciit.  Grand  brasier. 

BnAsiE n ,  se  dit  aussi  d'Uiie  espèce  de  graml 
Lassin  de  mrt.il  où  l'on  mit  de  la  braise  pour 
échaiitTer  une  cSambre.  Lu  brasier  il'arcjent, 
de  cmVre,  de  joute. 

On  dit  fîgui't'EQenl  d'L'n  lionmie  qui  a  une 
fièrre  ardente,  qïie  C^est  un  brasier  (jue  son 
corps. 

BRASILLER.  t.  a.  Faire  griller  un  peu  do 
temps  sur  de  la  braise.  Il  n'est  guère  d'usa°e 
qu'en  cette  phrase,  Faire  brasilîer  des  fiches, 
dans  laquelle  il  est  employé  au  neutre. 

RnAsiLi.É,  lE.  participe.  Des  pêches  bra- 
silléis. 

BRASQUE.  s.  fe'm.  Mélange  d'argile  et  de 
cliarbon  pil»; ,  dont  on  eu^Uiit  l'intérieur  des 
fourneaux  de  fonderies. 

BUASS.4GE.  subst.  m.  Oroit  du  Maine  dfi 
Monnoies  pour  les  frais  de  la  fabuc.ition. 

BRASS.VRU.  s.  masc.  La  partie  de  l'armurj 
qui  couvre  le  bras  d'un  Gendarme.  Il  étvil 
armé  de  toutes  pièces,  de  cuirasse,  brassards, 
cuissards,  etc. 

On  appelle  aussi  Brassard,  Une  espèce  ih 
garniture  de  cuir,  ou  de  cylindre  de  Ixiis.  dont 
on  se  couvre  le  bras  pour  jouer  nu  billoii. 

BR.4SSE.  s.  fém.  .Mesure  de  la  longueur  dei 
dcu.x  bras  étendus,  qui  est  ordinairement  de 
six  pieds.  Brasse  de  corde,  i  ingt  brasses  dt 
corde, 

À  la  mer,  quand  on  jette  la  sonde  pour  con* 
no  Irc  W  profondeur  de  l'i-au  ,  .'>n  di( .  on'// 5 
a  tant  de  brasses  d'eau,  pour  dire,  qu'il  y  f 
taot  de  profondeur. 

On  appelle  /*uifi  de  brasse,  Vn  fort  grand 
poin  de  vin^t  ou  vingt-cin(j  livres. 

BR.^SSEE.  s.  f.  Autant  qu'on  peut  contenir 
entre  ses  bras.  Grande  brassée.  Brassée  de  foin, 
de  bois,  de  paille.  Emporter  à  briKsées.  Empor- 
ter une  brassée,  une  bonne  brassée. 

BIl.VSSER.  V.  act.  Remuer  avec  lea  bras,  à 
force  de  bras  plusieurs  choses  ,  pour  faire 
qu'elles  t'incorporent  ensemble.  Il  faut  bien 
brasser  tout  cela.  Brasser  de  l'or  et  de  l'argent 
fondus  dans  le  creuset. 

On  dit.  Brasser  de  la  bière,  dn  cidre,  poui 
dire,  Faire  de  la  bière,  du  cidre. 

BiiA.t:)En.  signifie  figurém.  Pratiquer,  tramer, 
négocier  serr«'-tenient;et  il  ne  se  dit  qu'en  mau- 
TaL.e  pan.  Brasser  une  (maison.  Brasser  (jnel- 
ijuc  chose  contre  l'Etat. 

Bntss^.,  ÉE.  participe. 

BRADERIE,  s.  f.  l>e  lieu  ob  l'on  brasse  de 
la  bière.  Il  y  a  lanl  de  brasseries  dans  cette 
ville. 

BRASSEUR,  EUSE.  t.  Celui  ou  celle  qui 
brasse  de  la  bière,  et  qui  en  vend  en  gtt)j. 

BRASSIAGE.  v  m.  Terme  de  Manne.  .Me- 
surnge  .'1  la  br.isse. 

BR.VSSIÉRES.  I.  f.  plur.  F.tpite  de  pniie 
camisole  qui  sert  à  tenir  le  corps  en  état.  Bras- 
tieret  de  bastn  ,  de  futaine,  de  serge.  Mettre  des  1 
brassières.  Cvurher  avec  des  brassières. 

On  dit  ligiirément,  que  Quel  ju' an  est  en 
lr,iuièrei,quon  le  lient,  qn  un  le  met  en  br—- 


BRA 

siV'c.-,  poUr  c'irc,  qu'il  est  dans  un  état  decon- 
iTuinte,  qu'il  n'a  pns  la  liberté  de  faire  ce  <]a'il 
voudroit. 

lîRASSIN.  s.  m.  Vais<ic;iu,  cuve  où  les  Bras- 
seurs font  lo  bière.  On  appelle  aussi  Ihassin^ 
La  qurtniitc  de  bière  contenue  dans  la  cuve. 

BRAVAOUK.  s.  ni.  Faux  brave,  fanfaron. 
Ce  n'est  (ju'un  bravache.  Il  est  familier. 

BRAVADE,  s.  f.  Action,  parole,  inanîèrfl 
par  laquelle  on  brave  quelqu'un.  îl  lui  n  fait 
une  bravade.  Il  pensait  m'étonncr  pi.r  ses  bra- 
vades. 

BR.WE.  adj.  des  2  genres.  Vaillant,  qui  a 
beaucoup  de  valeur,  beaucoup  de  courage. 
Briivc  Soldat.  Brave  Capitaine.  U  est  brave 
brave  comme  son  épvc ,  comme  Vépee  (jriM 
porte.  Il  n'est  brave  qH\'n  paroles.  On  dit  iro- 
nitpunient  d'Un  fanfaron,  qnll  est  brave  jus- 
nu\iH  dtnatncr. 

BnAVE,  se  prend  aussi  quelquefois  dans  le 
Style  familier  pour  Honnête.  C'est  un  brava 
homme.  "VoiLa  êtes  un  brave  homme  d'être  venu 
ici.  C'est  une  brave  femme. 

Il  signifie  encore  Vêtu,  paré  de  ses  plus 
bc.iux  Ijjibits. 

Cn  dit  familièrem.  Vous  voilà  bien  brave. 
Il  s'est  fait  brave  pour  aller  à  la  noce.  Brave 
comme  une  noce^  comme  un  jour  de  Ptînues. 
f  les  deux  expressions  sont  proverbiales  et  fami- 
lières. Oo  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Brave 
comme  un  îapin. 

BnA^T:,  se  dit  souvest  au'  substantif,  dans 
le  s^n?  d**  Viiîllnnt,  rourif^eux.  Toit^  nos  braves 
se  signalèrent  en  cette  occasion.  C'esf  un  faux 
brave.  Il  fait  le  brave^  etue  Vcsl  pas. 

On  le  dit  aussi  au  substantif,  dans  un  sens 
adieux//  a  toujours  des  brades  à  sa  suite, pour 
dire,  Des  j^ens  aéierminés  .'i  tout  faire. 

BRAVE.MEM'.  adv.  D'une  niani(Ve  brave, 
vaillanmirnt.  Il  monta  bravement  à  Vassaut. 

Ouelquofois  il  signifie  Habilement,  adroite- 
ment. Il  joua  bravement  son  personnaqe.  Il 
s'est  acquitté  bravement  de  sa  coinmissiûn.  Il 
î'esï  bravement  tiré  de  cet  embarras.  Il  est  du 
sty'o  familier. 

BRAVER.  V.  act.  Morgucr,  regarder  avec 
mépris,  avec  hauteur,  traifr  de  hnrt  enbce.î/ 
l'alla  braver  jusque  chez  lui.  Est' ce  p^^nr  me 
braver^  ce  que  vous  en  faites? 

On  dit  h  peu  près  dans  le  uiéme  sens,  Bra- 
ver les  dangers^  brav^  la  mortj  pour  dire, 
Affronter  les  dangers,  aflrODter  la  mort,  s'y 
exposer  sans  crainte. 

BnAVÊ.  ÉE.  poilicipc. 

BRAVER Wi.  s.  f.  Magnifircnce  en  habits. 
Les  cnfans  aiment  la  braverie.  Il  est  du  style 
familier,  et  il  vieillit 

BRAVO.  Terme  emprunté  de  lllalien ,  doni 
on  se  sert  dans  la  Langue  françoisc  pour  ap- 
pliiudir. 

BRAVOURE.  «.  f.  Valeur  «^clni.inte.  Je  >ais 
qu\l  a  de  la  bravoure,  il  a  fait  pé^oUre  sa 
bravoure  en  mille  occasions. 

H  signifie  quelquefois  Ijc^  actions  de  valeur. 
En  ce  sens  il  n'est  d'usage  qu'au  pluriel.  Il  ra- 
conte ses  bravoures  à  tout  moment. 


BRE  171 

En  termes  de  Musique,  il  se  dit  au  sens  de 
ce  qui  ei^t  d'une  exécution  di(ïictle.  Àir  de  bra- 
voure. Il  est  emprunté  d*;  ritalicu  Bravura. 

BRAVER,  s.  m.Bandige  pour  ceux  qui  sont 
sujets  aux  descentes  de  boyau.  7'«rfer  un 
broyer.  Un  faiseur  de  hrayers. 

BRAVER,  v.  a.  Enduire  de  brai  up  v.iis- 
scau. 

RnATF, ,  ÊE.  parlic'qie. 

BRAVETTE.  &.  f.  îj  fente  de  devant  d'un 
Iiaut-de-chausse.  Fermer  sa  brayc'^.  Boulon- 
ner  sa  brayette, 

BRE 

BRUANT,  s.  m.  Petit  oi.>»au. 

lîRERlS.  s.  f.  Qujidrupède  portant  laine,  et 
qui  est  la  femelle  du  Bélier.  Brebis  blanche. 
Brebis  noire.  Lait  de  brebis.  Toison  de  br€bt<. 
Troupeau  de  brebis.  Mener  paître  les  brebis. 
lirehis  (Jal^u$e. 

Proverbialement  et  figurément,  en  prirtant 
â'Une  personne  qu'on  craint  qui  ne  corrompe 
ts  autres  par  son  mauvais  exemple,  on  dit, 
tue  C'est  une  brebis  qaleuse  qu'il  faut  séparer 
du  troupeau. 

On  dit  proverbialement  et  figurément,  FuiVc 
un  repas  de  brebis,  pour  dire,  Manger  sans 
boire;  et,  Brebis  qui  bêle  perd  sa  qoulée,  pour 
dire,  que  Quand  on  parle  beaucoup,  on  perd 
le  temps  d'agir.  Et  cela  se  dit  particulièrement 
De  ceux  qui  parlent  tant  à  table, qu'ils  perdent 
le  temps  de  manger. 

On  dit  aussi  provcrbislement  cl  figurément, 
À  brebis  tondue  Dieu  mesure  h  Tcnt ,  poi<r 
âiie,  que  Dieu  proportionne  à  nos  furces  les 
ifTliclions,  les  peines  qu'i-l  nous  envoie  ;  Faites- 
l'ous  brebis ,  le  loup  vous  mangera ,  ou  ,  Qui  se 
((ij(  brebtSj  le  loup  le  mange ^  pour  dire,  qu'il 
rst  quelquefois  dangereux  d'avoir  tn^p  de  dou- 
reur,  trop  de  bont^;  et.  A  brebis  comptées ^  le 
loup  les  mange,  pour  dire,  que  Quelque  soin 
pjue  l'on  prenne  de  bien  gardti  ce  «pi'on  a,  et 
d'en  savoir  le  compte, on  ne  iai*:cpas  quelq^ie- 
fois  d'être  volé, 

BnEBis,  dîin5  le  lan;;a;;e  de  TÉcrirure,  signifie 
Ta  Cliréticn,  en  tant  qu'il  est  sous  I.i  conduite 
<le  son  Pasteur.  Le  bon  Pasteur  dcmeson  âme 
pour  SCS  brebis.  Le  bor»  Pasteut  va  chachcr  la 
brebis  égarée  pour  la  rcmencr  au  trofpeuu. 

BRÈCHE,  c.  f.  Ruine,  ouvertur*  faite  par 
force  ou  autrement  îi  ce  qui  sert  de  clôture, 
comme  une  muraille,  un  rempart,  une  baie. 
Grande  brèche.  La  brèche  est  praticable  y  on  y 
peut  aller  à  Vassaut  Faire  une  brèche.  Befai-e^ 
réparer  une  brèche.  La  batterie^  le  canon  avoit 
fait  brèche  à  la  muraille.  Monter  à  la  brèche. 
Planter  un  drapeau  sur  la  brèche.  Mourir  sur 
la  brèche.  Entrer  par  la  brèche  dans  une  ville 
conquise.  La  narnison  sortit  par  la  brèche. 
Ccu-T  qui  ont  t'o/c  h:s  fruits  de  ce  jardin,  y  sont 
entrés  par  une  brèche. 

Battre  en  brèche.  C'est  batirc  une  muraille, 
un  rempart  d'assez  prt*»,  avec  du  canon,  pour 
y  faire  hré.  lie. 

BaJïCiiK,  se  dit  aussi  de  plusieurs  autres 
choses.  Ft-ire  une  brèche  à  un  ccutoau.  Faire 


175  B  R  E 

brèche  à  un  pâle.  On  a  ahatlu  cent  nrpcns  di 
bois  dans  cette  furet,  c'est  une  (jrunde  brèche. 

IîitÈCH£,  siijiiifie  ngiirc'in.  Le  tort,  le  dom- 
mage qui  est  fait  à  quelque  chose,  la  diminution 
d'un  bien  qui  doit  être  conserve  entier.  C  est 
une  brèche  à  l'honneur.  Cela  fait  brèche  a  ij 
fijrtune.  Riparer  les  brèches  (le  sa  fortune. 
Brèche  aux  immunités,  aux  pnVi7t'i;es  d'une 
nation i  d'une  ville,  etc. 

BnÈciiE.  s.  f.  Sorte  de  Marbre.  De  la  brèche 
violette.  Brèche  d'Alep,  etc. 

bRÈCIlE-DENT.  s.  des  2  genres.  Qui  a 
perdu  quelqu'une  des  dents  de  devant.  Cet 
himmeetbièchc-ilent. Cette  file  est  bvec'he-dent. 

BRliCIIE T.  s.  m.  L'extrùniité  inférieure  de 
la  partie  de  la  poitrine  ou  abouliSiCit  bs  côtes. 
Avoir  mal  au  bréchet. 

BUKDI-CPiEDA.  Expression  ailvcrbialc  du 
style  familier,  qui  inar.;ue  qu'On  dit  ou  qu'on 
fait  une  chose  trop  à  la  hàtc.  H  nous  a  raconté 
cela  bvedi-breda.  Il  commence  brcdi-hrcda, 
sans  samir  ce  qu'il  va  faire. 

BREDINDIN.  s.  m.  Terme  de  :Mafine.  Petit 
palan  dont  ou  se  sert  pour  enlever  de  médiocres 
faideaux. 

BREDOUILLE,  s.  C.  Terme  du  jeu  de  Trie 
Irae,  où  l'on  dit,  Avoir  la  bredouille,  Être 
en  hredouil'^e,  pour  dire,  Être  en  état  de  pou- 
voir gagner  les  deux  trous.  On  dit  aussi,  Mar- 
quer bredouille,  marquer  en  bredouille,  pour 
dire,  Jîarquer  avec  deux  jclous  l'un  sur  l'autre, 
qu'où  est  en  ctat  de  g-'gner  deux  trous;  et, 
Gagr.er  .'a  partie  ou  ie  tour  bi  cduui'de:  .  p.im 
dire,  Ci.igncr  lcsdou/.e  Irous  de  suite.  Ou  dit 
aussi ,  Gaqner  la  qrande  bre.îoui'lc,  tire  marque 
i  la  yietile  h}  edcuille. 

On  dit  figurémcirt  et  familièrement,  Sortir 
bredouille  d'un  lieu,d'unii  os.iemhlee,  pour  dire, 
Eu  sortir  sans  avoir  j>u  rien  faire  de  ce  <pie  l'on 
s'e'toit  propose. 

On  dit  proverbialcnietit ,  Dira  à  quelqu'un 
deux  mots  et  une  bredouille,  pour  dire,  Lui 
expliquer  sa  pensé»  librement  dans  le  p.irlicu- 
lier,  sans  lui  dissimuler  les  reproche*  qu'il  mé- 
rite. Il  est  du  st)le  familier  et  badin. 

BREUOUILLEME.NT.  s.  m.  .iction  de  bre- 
douiller. 

BREDOUILLER.  V.  n.  Parlerd'uue  maniira 
mal  articulée  et  peu  distincte.  On  n'tntend  rien 
à  ce  qu'il  dit,  il  ne  fait  que  bredouiller. 

II  s'emploie  aussi  activement  djns  le  style 
Aimilier.  Que  bredouille::^vous  li?  Il  me  bre- 
douille un  mauvais  compliment. 

BnrDOLiLLK,  Et.  participe.  Un  discours  bre 
douille. 

BREDOUILLEUR,  EU.SE.  t. Celui  nu  celle 
qui  bicdonillu.  On  n'entend  point  ce  qu'il  dit , 
c'est  un  bredouiUenr. 

BREF,  BRtVE.  adjrct.  Couit ,  de  peu  de 
durée,  de  peu  d'étendue.  Le  tempe  que  vous 
me  donnes  est  bien  bref.  Cet  homme  est  brcj 
dans  ses  décisions. 

Autrefois  on  a  dit  Bref  pour  l'etit,  de  petite 
taille;  cl  cette  siguific.ilioQ  n'est  plus  en  usage 
qu'en  parlaiit  du  Roi  l'cpin,  qu'on  appelle 
eucore  Pe/)in  le  Bref. 


BRE 

le  féminin  Cnt:vE  n'est  piirre  usîié  qu'en 
parlant  d'une  syllabe,  pour  dite,  qu'on  la  pro- 
noixt:  rapidement.  Ainsi  l.i  pi'oniière  syllabe 
de  jRuce  est  brève,  et  la  prcinicrc  syllabe  de 
Gr,1ce  est  longue.  Dans  cc-m^mc  sens  il  s'em- 
ploie aussi  substantivement.  I-is  hrè^'Cs  et  la 
loncjites  sont  tiès-mar(jHCcs  en  Grec  et  en  Latin. 
L*iambe  est  comjjosé  d'une  brève  et  d^uie  longue. 

On  dit  fignrément  et  proverbialement  d'Un 
Ijoninjcqui  se  conduit  avoc  beaucoup  de  cir- 
conspection, ou  d'Un  Iiomnie  cérémonieux, 
qu'//  observe  lef  longues  et  les  brèves^  et  d'Un 
bonm.o  habile  et  iniclligent  en  quelque  afiàire, 
qu'//  en  sait  les  lonnites  et  les  biévcs. 

lïuKF,  adv.  Enfin ,  pour  le  dire  en  peu  de 
mois.  Je  vous  ai  dtjà  dit  (jue  cela  ne  se  pcut^ 
<juc  cela  itc  se  doit  point ,  bref  je  ve  leveux  pas. 

On  dit  riuu'iièrem.,  /'ci  1er  hiefj  pour  dire, 
Avoir  une  piononcii-l'on  '■op  prompte  ,  trop 
prccipilee. 

V.y  cnEi-'.  adv.  Kn  peu  de  n;ots.  Je  vous  le 
dirai  en  bref.  Il  vieillit. 

BRKF.  s.  m.  Lettre  du  Tripe.  Il  a  reçu  un 
Vref  du  Pape.  Le  Secrélairc  des  Brefs.  Bref 
.!postoli(iuc. 

Dm>'.  s.  ninsc  Peut  Livre  qui  marque  quel 
OfTice  les  Kcclésias'âques  doivent  dire  chaque 
jour.  (  n  Bref  à  Vu^aji-  de  Paris ^  à  Vusa<je  di 
Home. 

lîKEGlN.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Espèce  de 
ùlel  à  mailles  étroites. 

BRÊHAIG>'E.  adj.  f.  Il  se  dit  des  femellf* 
lies  animaux  qui  sont  stériles.  Ainsi  on  apjielk 
Carpe  bréhaicjne  ^  Une  carpe  qui  u'n  m  œufs 
ni  laite. 

BftLHAiGNE,  se  dit  aussi  Des  femmes  stériles, 
mais  seulement  au  subsuiilîf.  C'est  une  bre- 
haiqne.  Il  est  populaire. 

BRELAN,  s.  m.  Sorle  de  Jeu  de  renvi .  où 
l'on  joue  h  trois,  à  quatre  ou  ù  cinq,  et  où  l'on 
ne  donne  que  trois  caries  à  chaque  joueur.  Jouet 
au  brelan.  Caver  au  brchin. 

On  dit  i  ce  Jeu,  Avoir  brelan  ^  pour  dire, 
Avoir  trois  caries  de  m^-me  figure  ou  de  màim 
point.  Jvoir  brelan  d'as.  Avoir  brchin  de  liois. 

On  appelle  aussi  Brclaji  favori.  Le  Brelan 
qu'on  a  déclaré  au  commencement  du  jeu  qui 
se  pjiieroit  double;  et  Brelan  quatrir.nie,  Lois- 
qiie  la  carte  qui  retourne  est  de  mnmc  sorte  quf 
les  trois  qu'un  des  joueurs  a  dans  la  ninin. 

En  parlant  Des  gens  qui  donnent  contiiiucî- 
Icmcnt  îi  jouer  chez  eux.  on  dit  en  mauvaistf 
prut,  qu'i/s  tiennent  brelan  çhci  ciue ,  que  C'esl 
un  brelan  perpétuel  chez  eux. 

BRELA.NDEB.  v.  n.  Jouer  continuellenicnl 
à  quelque  jeu  de  caries  quj  ce  soit.  Ou  dit,  îl 
ne  fait  que  brelander. 

BRELANOII'.K,  ÈRE.  s.  Terme  injurieux. 
qui  se  dit  d'Un  homme  on  d'une  lènime  qui 
joue  continnellcment  aux  caries. 

lîRI-'LLE.  s.  f.  Asscuddaf;e  de  pii^ces  de  bois 
en  radeau ,  dont  on  forme  un  train  pour  le  faire 
flolier.  (Quatre  Brelles  font  un  train  comylel. 

BRELOQUE,  s.  f.  Curiosité  de  peu  de  va- 
leur. Cet  homme  vend  bien  cher  ses  brclofjucs 

BRELOQUET.  s.  ra.  Assenibbgc  de  plu- 


BRE 

sieurs  petits  meubles  ou  bijoux,  comme  étuis, 
ciseaux,  tenant  A  une  chaîne  conunune. 

BRELUCHE.  s.  f.  Droguet  de  fd  et  de  laine. 

BREME,  s.  féni.  Poisson  d'eau  douce,  plus 
large  et  plus  plat  que  la  carpe, 

BRENEUX  ,  EU.SE.  adj.  Sali  de  matière  fé- 
cale. Une  chemise  fcreiicuse.  Il  est  bas. 

BRÉSIL,  s.  m.  (On  prononce  IX  mouillé.) 
Sorte  de  bois  rouge ,  très-compacte  et  très-lourd , 
fort  propre  i  la  teinture,  et  qui  a  le  mén:c  nom 
que  la  Province  du  Brésil ,  parce  qu'il  y  en  croit 
beaucoup.  On  ne  se  sert  guère  de  ce  mot  que 
dans  cette  phrase ,  Du  bois  de  Brésil.  Et  ou  dit 
proverbialement ,  Sec  comme  du  brisil  ,  pour 
dire,  Extrêmement  sec. 

BRlSSILLER.  V.  a.  Rompre  par  petits  mor- 
ceaux. Voilà  qui  est  tout  brèsillè. 

BuKsiLi-tî,  LE.  participe. 

BRÉSILLET,  ou  H-CMA  TOXyi.UM.  s.  m. 
Arbre.  C'est  tme  espi'xfi  de  bois  de  Brésil ,  et  de 
toutes  la  muius  estimée.  Il  croit  dans  les  îles 
Antilles 

BRftT AILLER,  v.  n.  Être  dans  l'habitude  de 
fréquenter  les  Salles  d'armes .  et  de  tirer  l'cpée. 

BRÈTAII.LKUR.  s.  m.  Celui  qui  brétaillc. 

BRET.\UDER.  V.  a.  Tondre  inégalement.  On 
a  hretaudé  ce  chien.  BreSauder  un  cheval ,  Lui 
couper  les  oreilles.  Bretauder  les  chevaix  de 
quelqu'un,  Les  lui  couper  trop  court». 

BniîIAUDÉ,  ÉE.  participe. 

BRETELLE,  s.  f.  Sorte  de  tissu  de  chanvre 
DU  de  fd  ,  dont  on  se  sert  h  divers  usages.  il/cl(re 
une  bretelle  à  une  hotte.  liacrourcii .  allonqer 
les  bretelles  d'une  hotte.  Des  bretelles  pour  loiw 
(cni'r  le  haut-de-chausse.  Uleltre  des  iirelcllej. 
Porter  des  bretelles.  Se  servir  de  brc(el/cs. 

On  dit  proverbialemeiu  et  figurém.  qu't'n 
homme  en  a  jusqu'au.t  bretelles,  par-dessus  les 
hre(L*/lcs,  pour  dire,  qu'il  est  fort  engagé  dans 
lie  mauvaises  afliùres. 

BRETESSÉ,  ÉE.  adj.  Terme  de  Blason.  Il  *c 
dit  Des  pièces  crénelées  haut  et  bas  en  aliema- 
live.  Une  bande  brctcssée. 

BRETTE.  s.  f.  P^pr'e.  On  ne  l'emploie  guèrfl 
iju'en  plaisanterie  et  familièrement.  C'est  iift 
lidKenr  de  pave,  qui  porte  toujours  une  Ixeltt. 

BRETTELER.  v.  a.  Terme  d'Archilecliue. 
r.illler  une  pierre,  ou  gratter  uu  mur  avec  Je» 
insiruniens  à  dents. 

lîaETTELÉ,  tÎE.  participé. 

IWIETTEUR.  s.  m.  Qui  aime  h  se  battre,  i 
ferr^iillc  r,  et  qui  porte  ordinairement  une  cpéc. 

liREUIL.  5.  masc.  Terme  d'Iviux  et  Forêts. 
Bois  taillis  ou  buisson  enfermé  de  haies,  où  le» 
bêtes  se  retirent. 

BUEUII.LI;R.  v.  n.En  termes  de  Mer,  Car- 
!;uer  les  voiles. 

r.REUILS.  snbst.  m.  pi.  Terme  de  Marine. 
Petites  cordes  ([ui  servent  ù  cargucr  les  voiles. 
Voyci  CAnr.L-E. 

BREUVAGE,  snbst.  m.  Boisson,  liqueur  il 
boire.  Breuvarje  aqréahle,  délicieux.  Breuvaye 
mirtionné.  Les  Pm  tes  ont  dit  que  Le  ?i'ectar 
était  le  brcuvaqe  des  DieiLi  :  et  de  \k  vient 
qu'en  parlant  d  Une  liqueur  agréable  ii  boire, 
on  dit,  que  C'est  le  breuvaije  des  Dieiui. 


BRI 

BnEDVACE,  dans  une  signification  plus  par- 
ticulière, se  dit  De  certaines  mëdecrucs  (juon 
donne  !i  des  clievaux ,  des  iKiufs,  des  vaches ,  clc. 
Paire  donner  un  breuvage  à  un  chevut. 

BRKVKT.  suhst.  m.  Sorte  dexpcdition  non 
KcHée,  par  laquelle  le  Roi  accorde  quelque 
prjre,  ou  quelque  titre  de  dignité.  Brevet  di 
Duc,  de  Conseiller  d'f.tat,  de  Maréchal  di 
Camp.  Le  brevet  d'une  Ahbnyey  d'un  JEvêchê. 
Le  brevet  d'une  pension.  Faire  enreqistrtT  un 
brevet. 

On  appelle  aussi  du  nom  de  Brevet,  Cer- 
taines expéditions,  par  lesquelles  les  Princes, 
les  grands  Seigneurs,  et  niciuc  les  Seigneuri 
particuliers,  accordent  quelque  gr.':cc  à  quel* 
qu'un. 

On  appelle  Ducs  à  brevet,  Ceux  qui  n'ont 
qiic  des  brevets  de  Duc,  et  à  vie. 

Oo  appelle  Brevet  de  rcfeniie.  Un  brevet  par 
lequel  le  Roi  assure  certaine  somme  sur  le  pri:( 
d'une  Charge,  d'un  Gouvernement,  à  la  iemme, 
aux  héritiers,  ou  aux  créanciers  du  Titulaire. 

On  appelle  Justaucorps  à  brevet  ^  Une  sorte 
de  juslaucoqis  bleu,  à  paremens  rouges,  brodé 
d'or,  que  quelques  Courtisans  ont  droit  de  por- 
ter par  brevet  du  Roi. 

Od  appelle Oλ/i(jii(ion  par  î>ret'e(.Une  obli- 
gation dont  il  n'est  point  resté  de  minute  chet 
le  >'olaiie. 

On  appelle  Brevet  d'apprentissage  ^  Un  acU 
passé  par-devanl  Notaire,  par  lequel  un  Ap- 
prenti et  un  Maître  s'engagent  réciproquement; 
TApprontï  a  apprendte  un  art  ou  un  métier; 
et  le  Afaiire  à  le  hii  montrer  pendant  un  cer- 
niu  temps,  et  à  certaines  conditions. 

On  dit  familièrement,  Donner  à  ijuelf^u'nil 
brevet f  son  brevet  d'étourdi^  d'extravagant^ 
pour  dire.  I.e  déclarer  tel.  Il  y  a  long  -  lempt 
«fuH  a  son  brevet  de  radoteur. 

BRF,VErAUïE.s.m.T<rmcdePiaiique,qui 
n'est  dusa;;e  qu'en  parlant  Mu  porteur  d'un 
brevet  du  Roi,  en  matiore  Bcuéncialc. 

BREVETER,  v.  a.  Donner  &  quelqu'un  le 
brevet  d'un  Office,  d'un  Emploi  ou  d'une  Pen- 
sion. 

Bn^vET^.  ir..  participe.  Qui  a  un  brevet 
flrevric  du  Roi. 

BRÉVIAIRE.  9.  m.  Une  conietiant  l'Offici 
<jue  ceuv  qui  sont  dans  1rs  Ordtcs  sncrés,  o« 
qui  joiu'sscnl  de  quelque  Réncfice,  sont  oblii;cf 
de  diie  t*ins  les  jnurs.  Brêv'aire  Romain.  Brê- 
rii.iie  de  Paris.  Acheter  un  Bréviaire. 

Il  se  pn'iid  plus  p.irticulièrrmcni  pour  l'Of- 
fice m^nir  que  doivent  dire  chaque  jour  ceuj; 
qui  y  sont  obligés.  Dire  jon  Bréviaire. 

B  R  I 

II  r» 

BRIBE.  5.  fi'm.  Gros  morceau  de  pain.  Vnt 
brihe  de  pain.  ïl  a  mangé  une  hribe  de  painbis. 
Il  est  populaire. 

Bnisrs.  nu  pluriel,  «e  dit  pir  extension  rt 
familièrement,  Dc!!  murcenux  de  viande  que  les 
Taicts  se:r.*nl.  ou  que  l'on  dnime  i  eux  qui 
demandent  l'aumniiF.  Ce  juear  avoil  de  bonnes 
hribjs  diius  son  sac.  Ils  mirent  tout*.*  /eur.« 
bribes  eiuemlle. 


BRI 

Oo  dit  Cgurement,  et  toujours  en  mauvaise 
[Jarl,  Des  bribes  <i'iin  liVre,  d'un  ou^rane, 
pour  dire,  Des  cilalions  et  des  phrases  prises 
ile-çî»  et  de-15  sans  clioix. 

BRICOLE.  8.  f.  Celle  paille  du  Iiamois  d'un 
clieval  de  carrosse,  qui  passe  sous  les  coussi- 
nets, et  qui  s'atraclie  de  côté  et  d'autre  aux 
boucles  du  poitrail.  /)eJ  bricoles  neuves. 

On  appelle  aussi  Bncoïcs,  Certaines  longes 
de  cuir  dont  se  servent  les  porteurs  de  cliaises, 
poiu  porter  la  cliaise. 

linicnLE.  ^ju  jeu  de  la  Paume, C'est  le  retour 
tle  la  bîilîc  quand  elle  a  frappé  une  des  nni- 
railles  des  côtes.  Jouer  de  bneole.  Un  coup  de 
bricole.  Mettre  de  bricole  dans  le  dedans. 

On  se  sert  de  ce  terme  au  jeu  de  Billard . 
poui  signifier,  Le  cliemiu  qu'une  des  billes 
fait  pour  rencontrer  l'autre ,  après  avoir  frappe 
une  des  bandes.  Faire  une  bille  de  bricole. 

On  dit  fi;^uement  et  proverbialement  De 
iiucl<]u'un  qui  use  de  voies  trompeuses  et  dé- 
lourrtées  :  //  joue  de  bricole.  !l  ne  va  que  par 
bricoles.  Je  me  défie  de  ses  bricoles.  Il  a  voulu 
me  donner  une  bricole.  C'est  un  ternie  em- 
prunté du  jeu  de  Paume. 

On  dit  figurément  et  adverbialement,  Di 
bricoïe,  par  bricole,  pour  dire,  Indirectement. 
S'il  ne  peut  parvenir  là  directement.,  il  y  vicn^ 
dra  de  bricole,  par  bricole. 

B111COLF.S,  au  pluriel,  est  aussi  Une  espta 
de  rets  ou  de  filet  pour  prendre  des  cerls,  des 
daims,  etc.  Tendre  les  bricoles.  Le  cerf  a 
donné  dans  les  bricoles, 

BKICOI.ER.  V.  neut.  louer  de  bricole  i  la 
Paume  ou  au  Biliad.  7(  est  adroit  à  bricoler. 

Lorsqu'un  homme  ne  va  pas  droit  en  beso- 
•ne  dans  une  affaire,  mais  qu'au  contraire  il 
biaise,  on  dit  familièrement,  qa'll  bricole. 

BBIDE.  s.  f.  La  p.inie  du  liamois  d'un  che- 
val, qui  sert  à  le  conduire,  et  qui  est  composée 
de  la  lélicre,  des  rênes  et  du  mors.  Mettre  la 
bride  à  un  cheval.  Lui  tenir  la  bride  haute.  Lui 
tenir  la  bride  courte.  Rendre  la  bride.  Lâcher 
la  bride  à  un  cheval.  Lui  mettre  la  bride  sur  le 
cou.  Courir  à  toute  bride,  à  bride  abattue. 
Tourner  bride. 

BninE.  se  prend  quelqucrois  pour  Les  rênes 
\cules;  et  dans  ce  cent  on  dit,  qu'{/"  cheval  a 
rompu  sa  bride,  I.oicqu'il  a  rompu  ses  rênes; 
cl  on  dit,  -Veiier  un  cheval  par  la  bride.  Lors- 
qu'on le  mène  en  tenant  les  rênes. 

On  dit  figurém.  Tenir  quelqu'un  en  bride, 
pour  dire,  L'emp<'!cher  de  faiic  ce  qu'il  veut; 
Lui  tenir  la  bride  haute,  lui  tenir  la  bride 
courte,  pour  dire,  Le  traiter  avec  quelque 
orii-  de  sevcrilé,  de  pcur'qu'il  ne  «'échappe; 
tt  Aller  bride  en  main  dans  uue  affuire,  pour 
dire,  Y  procéder  avec  bc.iucouji  de  retenue  et 
de  circoiisjicction. 

On  dit  auvi  figur(<m?nt,  Lâcher  la  bride  à 
quelqu'un,  lui  mettre  la  bride  sur  le  cou,  pour 
dire.  Ne  le  pluj  tvleiiir  comme  on  fâisoit,  l'a- 
bandonner à  sa  propre  volonté,  Il  sa  propra 
conduite;  et  on  dit ,  Lâcher  la  bride  à  ses  pas- 
tioni,  p«iir  dire,  S  abandonner  entièrement  i 
ves  liassions. 


BRI  ,73 

On  dit  figurément.  Courir  à  bride  abattue 
après  les  plaisirs,  pour  dire.  S'y  porter  sans 
aucune  retenue;  et  quTii  homme  court  à  bride 
abattue  à  sa  ruine,  à  sa  perte,  pour  dire,  qu'l! 
se  porte  ardemment  et  inconsidérément  à  quel- 
que cliosc,  sans  voir  que  ce  qu'il  recherche  est 
capable  de  le  prrdre. 

On  appelle  figurément  et  dans  le  style  fami- 
lier, JBrides  li  veaux,  De  sottes  raisons,  de  sols 
.  raisonucmens,  qui  n  ■  sout  capables  de  persua- 
der que  dis  gens  simples.  Tout  ce  que  vous 
dites  li'i  sont  brides  à  veaux. 

BnioE  ,  se  dit  aussi  De  diverses  autres 
clioses  qui  servent  i  l'habillement.  Ainsi,  en 
parlant  d'Ln  béguin  d'enfant  ,  on  appelle 
Bride ,  Le  petit  cordon  de  fil  qui  passe  sous  le 
menton  de  l'enfant,  et  qui  sert  à  tenir  le  bé- 
guin en  étal  sur  sa  tète.  On  appelle  aussi  Briife, 
en  parlant  d'Une  boutonnière  et  d'une  chemise. 
Les  poinu  en  travers  qu'on  met,  aux  deux  ex- 
U'émités  de  la  iKiutounlcre  et  à  chaque  ouver- 
ture de  la  chemise ,  pour  empêcher  qu'elle  ne 
se  déchire.  Et  en  parlant  Des  points  de  France, 
de  Venise,  de  Malines,  on  appelle  JSriifcs,  Les 
petits  tissus  de  fil  quiservemàjoindrelesfleurs 
les  unes  avec  les  autres. 

On  appelle  Toiirnc-bn'tJc,  Certaines  aulier- 
ges  construites  dans  le  voisinage  des  Cli.Ueaux, 
Maisons  de  campagne,  et  destinées  h  loger  et 
nourrir,  en  payant ,  les  gens  et  chevaux  étran- 
gers qu'on  ne  reçoit  pas  dans  ces  Châ- 
teaux, etc. 

BRIDER.  V.  a.  Mettre  la  bride  h  un  cheval , 
a  un  mulet,  clc.  Brider  un  cheval,  et  absolo- 
menl ,  Brider,  Il  est  temps  de  brider.  Bridez ,  il 
faut  partir. 

BitiDEit ,  signifie  aussi ,  Ceindre  et  serrer 
étroitement.  Vn  bé(juin  qui  bride  trop  un  en- 
fant.Son^  justaucorps  le  bride. 

On  dit.  Brider  le  nez  à  quelqu'un  avec  une 
houssine,  avec  un  fouet,  pour  dire,  Frapper 
quelqu'un  au  travers  du  visage  avec  une  hous- 
sine, avec  un  fouet,  etc. 

On  dit  figurém.,  qu'On  a  bridé  un  homme 
jar  un  contrat,  ou  par  un  autre  acte,  pour 
dire,  qu'On  a  mis  dans  le  contrat,  dans  l'acte, 
des  conditions  qui  l'obligent  indi.spcusablemeiil 
il  se  tenir  dans  de  certaines  bornes. 

On  dit  aussi  fi^urcmeut  et  proverbialement, 
Brider  la  bécasse,  pour  dire,  Eugager  adroite- 
ment quelqu'un  de  telle  sorte,  qu'il  ue  puisse 
plus  s'en  dédire,  l'altraper,  le  tromper.  La  bé- 
casse est  bridée. 

BniDÉ ,  £1;.  participe.  Cheval  sellé  et  bridé. 

On  appelle  par  dérision ,  Oison  bride,  Une 
personne  niaise  et  sotte.  C  est  un  oiso/i.bruié. 
Celle  femme  n'est  qu'un  oison  bridé. 

BUIUON.  .s.  m.  Esp.^cc  de  bride  légère  qui 
n'a  point  de  branches.  Mener  un  chcv.il  avct 
un  bridon. 

BRIKI",  EVE.  adj.  Court,  de  peu  de  duriic, 
prompt  :  c'est  la  même  chose  que  Bref  ;  mais 
Bricf  n'est  guère  en  usage  que  dans  la  Pra- 
tique. Il  a  été  crié  à  trois  briefs  jours.  Ils  en 
ont  fait  bonne  et  briève  jutlice. 

Ou  dit,  Briève  description ,  briéve  narration, 


17-4 


BRI 

et  non  pas, /îrèi'e,  pour  dire,  Courte  3c«crii>-il- 
tion ,  coiirie  narration. 

On  (lit  aussi,  Brièi'e  Sentence,  pour  dire, 
Une  Snitcncc  rendue  promptement. 

liRIKVI'.MKNT.  «dv.  D'une  niauitre  briève 
ri  ^ourle.  Il  tious  raconta  hrici'cmctit.  E^pli- 
fjuez-moi  cclti  bricvcment  et  nettement. 

BRitVETK.  s,  f.  I.e  pcn  de  durée  de  qiicl- 
que  cliosc,  La  brièveté  de  la  vit:  I.a  hnéveté  du 
temps.  La  hricveti'  de  son  règne  l'empêcha  d'exé- 
cuter tout  ce  ifu'il  omit  projeté. 

BRIl'"i;.  s.  r.  tires  morceau  de  pain.  Il  esl 
populaire, 

BRU'F.R,  V.  art.  Terme  populaire,  qui  si- 
gnifie, Manger  avidcn-.enL  Ces  ijem-lù  ont  bon 
appétit,  ils  auront  bientôt  hrifé  tout  cela.  Ili 
hrifent  comme  il  faut. 

BnirÉ,  ÉE.  participe.  Le  dîner  a  été  brifs  en 
tm  moment. 

BRII'EUR  ,  EUSE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
brife.  C'est  un  bon  brifcur.  C'est  une  qrandc 
hrîjt'use.  Il  est  populaire. 

BRIGADE.  5.  f.  Troupe  de  f^ens  de  guerre 
d'une  môme  Compa?,nie,  sous  un  OITieicr  que 
l'on  nomme  Brigadier,  Brigadier  des  Gardes 
du  Corps. 

Il  se  dit  aussi  De  plusieurs  bataillons  ou  es- 
cadrons d'une  armdc  ,  qiii  sont  sous  le  com- 
niandcment  d'un  Officier  principal ,  appelé  Bri- 
gadier. 

On  dit  au.esi  :  Brigade  d'Àrchers.  Brigade 
ie  Gardes.  Brigade  du  Guet. 

BRIGADIER,  s.  m.  Celui  qui  commandr 
tinc  'Biljidc.  Il  est  Brigadier  dans  une  telle 
Compagnie.  Vn  Brigadier  de  Ciivuleric.  Un 
Brigadier  d'Infanterie.  Brigadier  de  Dragons. 
Brigadier  des  arnrées  du  Roi. 

BRIG.AND.  s.  m.  Volenr  de  grands  cliemins. 
Une  troupe  de  brigands. 

Il  se  dit  par  extension ,  De  ceut  qui  font  des 
exactions  et  des  concussions.  Ces  petits  Juges 
lont  de  vrais  brigands. 

BRIGANDAGE. s.  m.  Voleriesur  les  grands 
ricmius.  Ce  n'étoit  alors  gue  brigandages  par 
toute  la  France. 

B111CANDA61:  ,  se  dit  aussi  par  extension  , 
jTour Concussion, ex.ieiioTi  ùijusle, déprédation, 
et  mauvaise  administration  de  la  ,Jur.tice.  Les 
Traitans  furent  punis  pour  les  br\gandages 
qu'ils  nfoiciil  exercés  sur  les  peuples.  Il  s'est 
fait  de  grands  brigandages  dans  les  Finances. 
C'est  une  Juridiction  où  il  se  fait  guclguefoU 
de  grands  brygandages. 

Il  se  dit  aussi,  dans  le  sens  absolu.  De  toute 
aapicc  de  volcrie,  pillage,  d&ordrc,  etc.  Ces! 
un  brigandage. 

BRIGANDEAU.  s.  m.  Vn  maître  brigan- 
deau.  Terme  d'injure,  pour  dwigncr  Un  Pra- 
ticien fripon.  Ou  dit  firailièrenient ,  Un  bri- 
nuiidoiiM,  pour.  Un  petit  lirig.md. 

RRIG.\NDER.  v.  n.  Voler ,  vivre  en  brigand. 
CVjI  un  Iwmmcgui  n'a  fait  <pte  hrigandcr  toute 
fa  vie.  Des  gens  qui  se  sont  attroupés  pour  bri- 
gander.  j^ 

BRIGANTIN.  s.  m.  Sorte  de  petit  vaisseau  ' 
^  }tmla  et  ti  raroes  pour  aller  en  course.  Courir,  _ 


BRI 

la  mer  avec  un  hnqantin.  Pirater  avec  un  hri- 
(jantin. 

BIUGNOLE.  s.  f.  On  appelle  ainsi  Une  sorte 
de  prune  qui  vient  fie  Brif^iioles,  Ville  de  Pçr> 
vence.  Vue  hoite  de  prunes  de  hrlnnoles.  Une 
compote  de  hr'ujnoïes.  De  bonnes  hriqnoles. 

lîRKiUK.  s.  i".  Poursuite  vive  qu'on  fait  pnr 
le  moyen  de  plusieurs  personnes  qu'on  eng;i^e 
dans  ses  intérêts.  Faire  ifiie  hrinue,  des  hnniics. 
Cela  se  fît  par  hrinue.  Obtenir  quehjue  <:lto>c 
par  brique ,  à  force  de  bricjnes.  Il  ne  s'einploit- 
^vière  que  dans  un  sens  odieux. 

Il  se  prend  aassi  ponr  (Cabale,  faction,  parti. 
Ai^oir  jine  forte  brique.  Une  puissante  briqtte. 
Toutes  les  briques  se  réunirent  en  sa  faveur. 

BRIGUER,  V.  act.  Pomsuîvre  par  brigue, 
Bc  servir  du  concours  de  plusieurs  personnes 
pour  obtenir  quelque  cliose,  lîrinuer  unemplo' ., 
une  dicjniié.  Brirjucr  les  roi-r,  les  suffrarjc- 
d'une  compagnie. 

Il  signifie  aussi  simplement ,  Rocberclier  avec 
trdcur,  avec  empressement.  Briguer  les  bonnes 
vrJceSj  la  faveur,  la  protection  de  (juelqu^tn. 

BniGuÉ,  ÉE.  participe. 

BRIOUEUR.  s.  m.  Oui  l>rigiip.  Il  y  a  heau- 
toup  de  hricjueurs  pour  cette  Chargct  il  est  de 
peu  d'usage. 

BRILLAMMENT,  adv.  D'une  n.anièrc  bril- 
lante. Ce  "Jorr^n»  de  musique- a  été  brillamment 
exécuté.  Cet  Ojjicier  i'est  montré  brillamment 
dès  sa  première  campagne. 

BRILL-'VNT,  AM'K.  adj.  Qn'i  brille,  qui  a 
un  gtand  éclat.  P^^s  brillant  que  le  soleil.  Vtu: 
htmière  brillante.  Vn  dianwJit  fort  brillant. 

Il  se  dit  fi}:^U'ement  des  Choses  morales  cl 
ïpirituelles.  C'est  un  homme  (fui  n  fait  des  ac- 
lions  bri/ltintes.  La  valeur^  la  géMérosité,  la 
Mbéralité,  sont  des  vertus  hrillautes.  Une  pièce 
lie  Poestc  pleine  de  pensées  brillantes. 

Brillant,  est  aussi  substantif;  et  alors  il  si- 
(;nifie,  Éclat,  lustre.  Les  perles  orientales  ont 
un  rertaitt  brillant  gui  ne  se  trouve  point  dans 
les  atitres.Ce  diamant-là  a  plus  de  brillant  ijuc 
l'autre. 

Ou  dit  figurémenl  dans  erite  acception, 
qu7ï  y  a  du  brillant  dans  un  Poème,  ou  dam 
une  pièce  d'Eloquence ,  pour  dire,  qu'On  y 
irouve  beauco'ip  de  beautés  brillantes  et  d'un 
g'-ond  ceint. 

On  dit  aussi  figurcment  d'Une  pîùee  d'Klo- 
quenec,  i[u'Elle  est  pleine  de  futur  bnllaus, 
pour  dire.  qu'Elle  est  pleine  de  penv'cs  ingé- 
nieuses, mais  frivoles,  fausses,  ou  mal  Qp,ili- 
quces  au  sujet.  Et  on  dit  au.ssi  fip;urem.  d'Un 
liomme  qui  a  beaucoup  d'imagination  et  de-*- 
prit,  m&is  peu  de  jugement,  qu7ï  a  j^lus  de 
brillant  que  de  solide. 

Bnir.LANT,  s.  m.  se  dit  aussi  d'Un  diamant 
laill-;  à  facettes  pnr-dessns  et  par-dessous.  Vous 
avez  là  un  fort  beau  brillant.  Kt  dans  ce  niênio 
sens  on  appelle  Diamant  brillant,  U  l'adjerlii  , 
Un  diamant  laillé  de  la  sorte. 

BRILLAM-EU.v.  act.  Il  no  sedit  gu^^c  que 
Des  diamans  qu'on  taille  à  facettes,  par-dessous 
comme  par-dessus.  Brillanter  un  diamant, 

BRLLLA^T^:,  ée   pnriitipe. 


BRI 

On  dit  quelquefois  fi^u^ém.,  Un  style  hrii' 
lanté,  pour  dire,  Un  style  cliargc  d  orncmens 
rec]iercli«*s. 

BRILLER.  V.  n.  Reluire,  jcttr  une  lumièie 
étincelantc,  avoir  de  l'éclat.  Le  soleil  brille.  Les 
étoiles  brillent.  Il  y  a  des  diamans  qui  brillent 
plus  les  uns  gue  les  autres.  Ses  yeux  brillent 
d'un  vif  éclat. 

On  dit  aussi,  que  Les  fleurs  brillent  dans  un 
parterre;  et  d'Une  belle  personne,  qu'£//c 
brille  et  gu^elle  a  de  Véclat. 

BnlLLKn,  se  dît  figurement  De  la  gloire,  de  ' 
la  vertu  ,  des  belles  qualités  et  dcR  productions 
de  l'esprit.  iSiJ  gloire  brdle  dans  tout  VUnivers. 
Lu  valeur^  la  libéralité^  sont  les  vertus  gui 
brillent  le  plus  en  ce  Prince.  Cet  Ambassadeur 
brilloit  dann  cette  Coury  par  sa  magnijicence, 
La  vertu  brille  dans  l'adversité.  C^esi  l'tndroit 
de  sa  pièce  gui  brille  le  plus.  Son  esprit  brilla 
partout.  C'est  un  homme  gui  brille  dans  toutes 
les  compagnies  où  il  st  trouve. 

BiuixEn  ,  se  dit  aussi  d'Un  chien  de  chasse, 
i[ui  quêle  et  qui  bal  beaucoup  de  pays.  Cet 
vpagneul  brille  fort  dans  une  plaine. 

BIUMBALE.  s.f.  Levier  qui  sert  à  faire  aller 
une  pompe 

BRIMBALER,  v.  act.  Agïier,  secouer  par 
un  branle  réitéré.  Il  se  dit  principalement  Des 
pioches  quand  ou  les  sonne  mal  et  en  désordre. 
Ces  sortneur»  ne  fout  gue  brimbiderles  cloches^ 
aue  brimbaler  toute  lu  nuit.  Il  est  familier. 

Bni:\nîlr.É,  tv^  participe. 

BRLMUOiUOÎ^.  fc.  m.  Cnlifidiet,  babiole, 
chose  de  néant ,  nu  de  i>eu  de  valeur.  Que  voi^ 
Icz-vous  faire  de  tant  de  brimborions?  Son 
cabinet  n\'st  plein  quede  bnm^orio/j.ç.  Il  esl  du 
Hyle  familier. 

BRIN.  s.  m.  Ce  que  le  grain  ou  la  gnine 
pousse  d'abord  hors  de  terre.  Brin  d'herbe.  La 
qréle  n'a  pas  laissé  dans  ce  pré  un  brin  d'herbe. 
Le  seigle  et  le  froment  ont  déjà  jeté  de  bcaitx 
lirins. 

Il  se  dît  aussi  Des  scions  que  les  plantes  et 
les  arbustes  poussent,  et  de  la  tige  des  arbres, 
ipiand  elle  est  droite.  Des  brins  de  marjolaine. 
i)cs  brins  de  romarin.  Couper  des  brins  de  fagot. 

Onditd'Une  poulrequi  est  longue  cl  droite, 
ijuc  C'est  un  beau  brin  de  bois.  Un  beau  brin 
(le  c/jénc,  de  hctrCs  etc. 

On  appelle  eu  Charpenlerie,  Bois  de  fcnn, 
Le  bois  qui  L-'a  point  été  fendu  par  la  scie. 
Tout  ce  comble  est  de  bois  de  brin.  Solives  de 
bois  de  brin.  Solives  de  brin. 

On  dit  fignrément  et  dans  le  discours  fami- 
lier, eu  parlant  d'Un  jeune  Iiimme  grand  et 
bien  fait,  que  C'est  un  Iteau  brin  d'homme;  et 
d'Une  fdle  ou  dune  femme  grande  cl  bien 
faite,  que  C'est  un  beau  brin  de  fille  y  un  beau 
brin  de  femme. 

BniN,  se  dit  aussi  Des  cheveux,  du  poil  et 
du  crin.  //  n'a  r^nc  dewv  ou  trois  brins  de  che- 
i*('ii.r  de  chague  côte.  Arracher  le  crin  d  un 
cheval  brin  à  brin. 

Il  se  dit  nussi  d'Une  plume  d'aulntelio.  Il 
avoit  un  beau  brin  de  ^lume  à  .son  chapeau. 

En   pailaul    De    cerlaiocs   choses ,   comme 


BRI 

paille,  foin,  fourrage,  bois,  etc.  on  dit  qn7l 
ii'v  en  a  pus  un  biin,  pour  dire,  «ju'll  n'y  en  a 
point  du  tout.  Il  n'u  pat  un  brin  de  bois  pour 
te  àiauffiXi.  Il  n'y  avoil  pas  un  brin  de  paille, 
pas  un  brin  de  fourrage  dans  tout  le  oamp. 

Et  on  dit  proverbialement,  en  parlant  IJe 
toutes  sortes  de  choses ,  qu'il  n'y  en  a  brin , 
pour  dire,  qu'il  n'y  a  rieu  de  Vi  cliJSe  dont  ou 
parte. 

BniN-À-BiiïN,  Kxpression  ad\erLiale.  Succès- 
livemcnt,  l'un  après  l'aulr'".  Oler  l:s  mauvaise 
herbes  d'un  jardin  brin-à~brin. 

Bniîi  d'estoc,  s.  m.  Long  bâton  ferré  par 
les  deux  bouts.  Sauter  un  fossé  avec  un  briii 
d'e^loc. 

BRINDE.  s.  f.  Un  coup  (ju'ou  boit  i  la 
iauié  di!  ijuelf|u'un,  et  que  l'on  porte  à  uq 
•ulre.  U  n'est  guère  d'usage  t]ue  ;{atM  ce»  pîafi" 
ses.  Faire  des  br'indes,  boire  des  brindes,  pont 
dire,  Boire  des  santés  à  la  ronde.  U  est  vieux. 

BRINDILLE,  subst.  f.  Brandie  menue  d'un 
arbre. 

BRlOCiri;.  s.  r.  Sorte  de  Pilisseric.  Bonnt 
brioche.  Commander  des  brioches  à  un  Pulissier. 

URIOINE.  Voyez  CoinjiUvntE. 

BRION.  s.  m.  .Mousse  ([ui  croit  sur  l'écorce 
des  arbres,  et  parlieulièrcment  sur  celle  dct 
diéiics. 

BRIQI'E.  s.  f.  Terre  argileuse  et  roitge.Ure. 
pétrie  et  moulée,  puis  seclice  au  soleil  ou  cuite 
ou  feu.  et  dont  on  se  sert  pour  bi\tir.  Carreau 
de  brique.  Bâtir  de  brujue.  Maison  de  brique. 
Bastion  revêtu  de  brique,  l'.n  Orient ,  ou 
faisait  cuire  ta  brique  au  soleil. 

Ou  dit  aussi  Brique  d'êtain,  de  savon,  etc. 
pour,  Morceau  d'ctain,  de  savon,  qui  a  la  tiguri 
d'une  brique. 

BUiQUEr.  s.  m.  Petite  pièce  d'.-rcier,  dont 
on  se  s  rtpour  lirerdu  feu  d'uu  caillou.  Battre 
U  briquet, 

BiUQl'ET.VGK.  s.  m.  Brique  contrefaiu 
a\ec  du  plâtre  et  de  l'ocre.  Tout  les  dcvam  dt 
la  niiiison  ne  sont  que  de  briquetaqe.  litvétil 
en  briquelaye. 

On  appelle  aussi  Briquetaje,  De»  morceau] 
de  terre  cuite  qu'on  unit  avec  du  ciment,  et 
qui  font  une  bonne  construction.  CoFisIruin 
en  briquetarje. 

BRIQUEl'ER. T.  s.  Contrefaire  de  la  briqus 
»7ec  un  cndu'l  de  pUlre  et  d'ocrc  sur  une  mu- 
raille. '/  vut  le  devant  de  la  maison  est  briqucté. 

BnpjiETK.  FE-  participe.  On  appelle  Urine 
bi'iquetée,  Qlle  qui  est  de  couleur  de  brii|ue. 

BRIQUEfERlE.  s.  f.  Lieu  ou  l'on  Ciil  de 
la  Lriijue. 

BRigUEflER.  s.  m.  C,  lui  qni  fait  ou  qui 
vend  <lc  la  brique. 

RUIS.  s.  m.  Tcrn:e  de  Talais-  Fracture.  U 
n'est  d'usage  qu'en  parlant  De  la  rupture  d'un 
«celle  ou  d'une  porte  avec  violence.  Le  Juije 
ordonna  le  bris  du  portes.  Il  est  accusé  de  bris 
de  scellé. 

Bris  de  prison,  se  dit  «ussi  pour  Une  simple 
évasion  de  |irisuu.  LU  homme  accusé  de  bru 
ie  prison. 

Bais,  signifie  aussi,  Les  piices  d  uu  vai3- 


BRI 

\eau  qui  s'est  brise  i-n  donnant  contre  les  ro- 
flicrs  ou  sur  les  bsincs.  Le  hris  des  vaisseaux  ^ 
après  Van  et  jour  pnssc-i  saiis  réclamation ,  ap- 
parlietit  au  Seigneur  du  lieu  où  la  mer  le  jette. 

Buis,  en  termes  de  Blason,  siguiGc  Une 
bande  de  fer  propre  îi  tenir  une  porle  sur  ses 
gond*.. 

BRISANS.  s,  m.  pi.  Terme  de  Marine,  qui 
se  dit  De»  vagues  de  la  nier  pous.sc-os  inipi!- 
tucuscmtnt  contre  la  c6tc.  Il  y  a  dts  hrtsan^ 
fort  rudes  à  cette  côte^  sur  cette  cote. 

Il  se  dit  aussi  Va  ccueits  qui  sont  îi  fleur 
d'eau.  Ventrée  de  ce  porl  est  pleine  de  hrisam. 

BUISCAMUII.LE.  s.  f.  Jeu  de  cart<squi  se 
joue  ontie  deux  personnes. 

lîUlSE.  s.  r.  lerme  de  Marine,  >'oin  (pion 
lionne  à  de  petits  ve«ts  frais  et  périodiques 
daas  cectâios  çier^.- 

lilUSÉES  s.  f  pi.  Branches  que  le  Veneur 
ronqjt  aux  orhrcs,  ou  qu'il  sème  dans  son  rlie- 
miiij  pour  reconnoiue  l'endroit  ou  est  la  hêtt', 
Et  où  on  l'a  <lctourDce.  Faire  des  brisées.  Aller 
hu.T  brisées. 

On  dit  fîi^urenient.  Suivre  les  brisées  de 
^uel(ju^un  ,  pour  dire,  Suivre  son  exemple, 
l'imiter;  Courir  y  aller  sur  les  brisées  de  ifucl- 
(■li'un,  pour  dire,  (Courir  sur  son  marché,  en- 
irer  eu  concurrence,  en  rivalité  avec  lui. 

On  dit  aussi,  Heprendre  ses  brisées ^  revenir 
tur  ses  brisées^  pour  dire.  Reprendre  nue  af- 
faire, un  dessein  qu'où  avoit  abandonne  ou  in- 
lerr(unpn. 

BnisÊES,  au  propre,  se  dît  aussi  Des  bran- 
tbfs  qu'un  coupe  dans  un  tallis,  ou  li  tie 
[;rands  arbres,  pour  marquer  les  bornes  dr-. 
toujies. 

BRISKI^IENT.  f.  m.  Il  se  dit  Des  flots  qui  se 
brisent  coutre  un  r'-clicr,  une  dij^tiCj  une  côte, 
etc.  Le  brisement  des  flots  fat  beaucoup  d-: 
bruit  en  cet  endroit. 

BiiisRAiENT,  se  dit  aussi  figurcmenl  en  ma- 
tière de  picië,  d'Une  vi'bémente  douleur  de  ses 
péchés,  de  la  contrition  de  cœur.  Le  baisemenl 
de  cu'UP  est  une  manjue  de  convertior. 

BRISER,  V.  a.  Rompre  cl  meiire  en  pièces. 
Briser  une  ports.  Le  coup  lui  brisa  l'os.  Briser 
en  mille  pièces.  Les  }iéiéti(^ues  ffui  s'êlcvèrené 
ious  Léon  l'haurien,  hrisoient  les  images. 

Ou  dit  (igurcm.  ,  que  Des  peuples  ont  brîsè 
leurs  fers,  pour  dire,  qu'Us  se  sont  délivres 
d'une  domination  l\r.inuique  ;  et  poifiiquemeut, 
qu'j  11  ufiiarit  a  brisé  ses  chaînes  y  pour  dire, 
qu'il  s  est  di>^agé  dc  sa  po^^iou,  de  la  passion 
qui  l'cncbainoit. 

BnsKn,  signifie  aussi,  Fatiguer,  incommo- 
der par  une  agitation  trop  rude.  L'agitation 
du  Carrosse  Va  brisé.  Ce  cheval  a  un  train 
rude  (jui  m'a  tout  brisé.  Il  est  brisé  dc  fatigue^ 
de  lassitude.  H  se  tent  tout  brisé  du  dernier 
accès  de  fièvre,  il  a  le  corjts  tout  brise. 

BnisEn,  est  quelquefois  neutre;  et  alors  il 
ist  terme  dc  Marine,  et  signifie,  Ileurlcr  ovec 
impéluosité,  avec  vioteocc.  Aiusi  ou  dit.  Le 
vaisseau  alla  briser  contre  un  écueilj  nous 
allâmes  briser  à  la  cufc,  pour  dire,  que  La 
LuupéU  porta  le  v  anse  au  cou  ire  un  écueil,  jeta 


17/5 


BRI 

le  vaisseau  b  la  cote  où  il  se  brisa.  On  dit  aussi, 
que  La  mer  brise  contre  la  cale,  pour  dire  , 
qu'ElIc  est  poussée  inipeliicuscmeut  CQQtrs  lu 
ci'.tc. 

Lorsqu'on  veut  emp&licr  quelqu'un  de  cod 
tinuer  un  di.scaius  qui  déplaît,  on  dit  dans  b 
slvle  fàniilii  r,  Hnsuns  /ù,  brisons  là-dessus, 

Bniscn  , s  emploie  aussi  avec  le  pronom  pcp 
sonne! ,  et  si  unifie  ,  Ltre  n.is  en  pH'-ccs ,  se  cas- 
ser. Le  va,sseau  se  bi*a  coutre  le  rocher.  Le 
verre,  la  jnience,  la  porcelaine,  se  brisent  fa- 
cilement. 

On  dit  prov';rbialement,  Tant  va  la  cnuhe 
à  l'eau,  i(ii'ii  lu  |fn  elle  se  fc/iiie,  pour  dire, 
iju'On  s'expose  tant  Je  fo'is  au  danger,  qu'à  la 
fin  on  y  périt. 

BniSEu,  se  dit  aussi  Bc  plusieurs  ouvrages 
f}o  f«r  01  Hi»  hoift.  r.nnu>os(ls  dc  diverses  nièces 
qui ,  fiaiii.  juiiitcs  ciinc,iu>i3,  pcuveot  tnsAm^... 
se  plier,  s'allonger  et  se  raccourcir,  fn  bois  de 
Ut,  une  table,  un  fauteuil,  qui  se  brisent.  Des 
(orles,  des  fenêtres  qui  se  brisent.  Ceu.t  qui 
ont  chet  eux  des  orr^ncbuies  qui  se  brisent, 
sont  condamnés  à  l'amende. 

BnisEn  ,  v.  n.  se  dit  aussi  en  termes  d'Ar- 
moiries, pour  dire,  .Ajouter  une  pièce  d'Ar- 
nioirie  à  l'ccu  les  armes  pleines  d'une  .Maison , 
afin  de  distinguer  les  liranclics  cadettes  de  lu 
liianclie  aine'!.  Briser  d'un  lambel.  Briser  d'un 
lion.  Briser  d'une  barre.  Briser  d'une  bordure 
dc  queules. 

BnisÉ,  ÉE.  participe. 

On  appelle,  en  termes  dc  Blason,  Clenron 
linséy  Lu  chevron  dout  la  tcte  est  SL'p;ici,'e.  /l 
porte  d'or  à  trois  chevrons  brisés  de  ijueules. 

BIUSE-GCiU.  s.  m.  On  appelle  ainsi  Uu  es- 
calier fort  roi'ie,  où  il  est  aisé  de  lorubcr,  si 
on  n'y  (ircnd  bien  garde.  Cet  escalier  est  uik 
brise-cun.  Il  est  du  style  familier. 

BillSE-tJLACE.  s.  m.  Espè'Cc  d'arc-boulant 
qu'où  met  en  avant  des  piles  d'uo  pont  pour 
briser  les  glaces  cl  les  séparer, 

IÎR1SE-R.4ISON.  s.  m.  Celui  qui  est  don) 
rh.ibiludo  de  parler  sant  suite  et  hors  de  pro- 
pos. Cet  /iO(Mine-lti  n'est  qu'un  brise-raison. 

BRISE-SGKLLÉ.  s.  m.  >Iot  devenu  popu- 
laire, piur  désigner  Un  voleu."  qui  s'appropria 
et  enlève  ce.  qui  ctoit  cousigné  sous  la  f4i  du 
tcellé. 

BRISE -VEXT.  s.  m.  Terme  d'.-lgricullnre. 
(ilotiire  faite  pourarrètci'  relTurt  du  veut,  cl  tu 
garantir  les  arbres, 

BRISEUR.  3.  m.  Celu'  qui  brise,  qui  rompt 
qucljuc  chose.  U  ne  se  dit  qu'eu  parlant  Des 
ilérctiqucs  qui  brisoii  nt  les  images,  et  qu'un 
uonunoit  Iconoclastes ,  ou  Briseurs  d'images. 

iilU.SIî*.  s.  m.  Ternie  d'.irchilecture.  L'angle 
que  forme  uu  comble  brisé,  tel  que  dans  Ips 
mansardes.  Il  lune  dans  les  brisis  du  chtiteau. 

BRISOIR.  s.  m.  lostruiuent  ^  briser.  Uns'rn 
sert  parliculièremeut  h  briser  du  chanvre  et  de 
la  paille. 

BHLSnUE.  s.  f.  Sorte  dc  jeu  dc  cartes. 

BRISURE,  s.  f.  Partie  fracturée,  détirliée. 
Il  y  a  des  biisures  dans  ce  parquet,  dans  eeltt 
huilerie. 


TjS  BRO 

En  termes  di-  Blason  ,  c'est  Une  pièce  d'ar-V 
moirie  <]iic  les  c.ncl<'ts  ajoulent  i  l'ccu  des  armes 
pleines  de  la  Maison  dont  ils  sont. 

BRO 

BROC.  s.  masc.  (On  ne  prononce  pas  le  C.  ) 
Sorte  de  gros  vaisseau  d'étain ,  ou  de  I)ois  re- 
lié avec  des  cercles  de  fer,  dont  on  se  sert  pour 
tirernne  grande  qnantite'dcvinà  la  fois, et  quia 
noe  anse.  Mettre  du  Tin  dans  un  broc.  Emplir, 
vider  un  troc.  C'est  un  liomme  qui  fcoiroil  un 
hroc  de  vin. 

Bnoc,  s'est  dit  autrefois  pour  Broclie,  et  il 
en  est  encore  reste  cette  phrase  familière  , 
Manger  de  la  viande  de  broc  en  bouche,  pour 
dire,  La  mauf;er  sortant  de  la  broche. 

De  Bnic  ET  DE  BHOC,  expression  adverbiale. 
De-çà,  de-là,  d'une  manière  et  d'une  autre.  71 
a  ramassé  des  écus  de  bric  et  de  broc,  comme  H 
;  pu.  De  hric  et  de  broc  il  s'est  composé  une 
assez  jolie  fortune.  Il  est  populaire. 

BROCANTKR.  v.  neut.  Achcicr,  vendre  et 
troquer  des  curiosile's  ,  comme  tableaux  , 
bromes  ,  mëdaillcs  ,  bijoux  ,  etc.  C'est  un 
homme  nui  ne  fait  cjue  brocanter. 

BROCANTIOUH.  s.  ina.sc.  Celui  qui  achète, 
qui  vend ,  et  qui  troque  des  curiosités.  C'est 
un  On  brocanteur.  Il  fait  le  métier  de  brocan- 
teur. 

BROC.4RD.  s.  m.  Parole  de  moquerie,  rail- 
lerie piquante.  Donner  un  brocard.  Donner 
des  brocards.  Un  diseur  de  brocards. 

BBOCARDICR.  v.  a.  Piquer  Dor  des  paroles 
plaisantes  et  satiriques.  Brocarder  le  tiers  et  U 
quart, 

Brocafidé,  ée.  participe. 

EROCAROEUR,  F.U.SF..  s.  Celui  ou  celle 
^i  dit  d(  s  Ijrocards.  C'est  un  brocardeur  odictix. 

BROCART,  s.  m.  Étolll'  brochée  de  soie, 
d'or  ou  d'argent.  Brocart  d'or  ou  d'arcjenl. 
Hahit  de  brocart.  Jupe  do  brocart.  Du  brocart 
de  X^cnisc.  Du  brocart  de  Lyon.  Du  brocart  de 
Gènes. 

BROCATFLI.E.  s.  f.  fitoffe  fabriquée  ,i  la 
manière  du  brocart,  et  de  moindre  valt-ur.  Une 
tapisserie  de  brocatclle.  De  la  brocatelle  de 
.Venise 

On  appelle  tuasi  Brocatclle ,  Une  sorte  de 
jnarbrc  d'Italie  qui  est  jaune  et  violet,  ou  rou- 
^citre. 

On  appelle  encore  Brocatclle,  Une  sorte  de 
marbre  de  plusieurs  couleurs.  Il  y  a  plusieurs 
9ipêccs  de  brocatelles. 

BR(X'.HANT"  adj.  masc.  Terme  d'Armoiric, 
qui  se  dit  Des  pièces  qui  passent  toutes  entière! 
'd'un  côte  de  i'écu  h  l'autre,  en  couvrant  «ne 
partie  des  autres  pièces  dont  l'ecu  est  cliargc, 
Lts  anciens  Ducs  de  Bourbon  portoient  de 
France  à  la  bande  brocliant  sur  le  tout. 

On  dit  figuréntent  et  familii^rement ,  Bro- 
'citant  sur  le  tout ,  en  parlant  d'Un  surcroit  re- 
marqunble.  Il  a  eu  la  iic\>re,  la  nouttc,  et  un 
wros  rhume  brochant  sur  le  tout. 

On  dit  de  même ,  Ils  sont  sic,  et  un  tel  bro~  * 
enant  sur  le  tout.  lï  est  communément  employé 
flans  un  sens  dérisoire  ,  pour  désigner  Quel- 


BIIO 

qu'un  de  nulle  importance,  gu  on  compte  par- 
dessus le  marché. 

liKOCHE.  s.  f.  Ustensile  de  Cuisine,  instru- 
tuent  de  fer  long  et  poiulu,  où  l'on  passe  la 
viande  qu'on  veut  faire  rôtir.  Mettre  de  la 
viande  à  la  broche.  Mettre  à  la  broche.  Mettre 
en  broche.  Tourner  la  broche.  Tirer  la  viande 
de  la  broche.  Il  faudrait  encore  un  tour  de 
brocli-î.  Cela  se  dit  pour  la  viande  qui  a  besoin 
d'élrc  un  peu  plus  rutie. 

lînoCHFj  sit;nifie  aussi  Une  espèce  de  cbe- 
ville  de  bois  pointue,  dont  on  se  sert  pour  bou- 
cher le  trou  d'nn  tounenu  qu'on  a  percé. 

l'noCHK,  se  dit  aussi  De  certaines  petites 
verges  de  fer  dont  les  ïilcuses  se  servent  à  leur 
rouet,  et  de  celles  dont  on  se  sert  ii  tricoter,  en 
les  faisant  passer  dans  !e  (il  ou  dans  la  laine 
pour  former  àv.s  mailles. 

On  appelle Onip  à  double  broche jVne  sorte 
lie  drap  plus  fort  et  mieux  façonné  j  mieux 
frappé  que  le  drap  ordinaire. 

Ou  appelle  aussi  Broche  ^  Une  j>ointe  âv 
fer  qui  est  dans  la  scrrm-e,  et  qui  doit  entrer 
dans  le  trou  d'une  clef  forée. 

Btioche,  se  dit  aussi  d'Une  baguette  de  bois 
ilontonSQ  sert  à  enfiler  diverses  choses, commis 
des  cierges  ,  des  rhaudclles ,  des  liarengî» 

Il  se  dit  aussi  De  cette  petite  verge  de  fer 
qui  sort  du  milieu  d'un  cnrlon  qu'on  met  poui 
Ûrer  au  blanc.  Donner  dans  la  broche. 

Broches,  au  pluriel  ,est  un  terme  de  Chasse, 
ijui  se  dit  Des  défenses  du  sanglier. 

BROCHÉE, B.f.ioute  U  quantité  de  viande] 
qu'on  fait  rôtir  h  une  broche.  Une  brochée  di 
viande.  Il  y  avait  je  ne  sais  combien  de  fcro- 
c/i:cs  de  viande  au  jeu. 

BROCHER.  V.  aet.  Passer  l'or,  la  soie,  etc. 
de  côté  et  d'auue  dans  réloffe.  Brocher  uni 
étoffe,  la  brocher  d'or  et  d'argetit^  la  broche.} 
de  soie. 

BnoCHER,  en  parlant  De  reliure  de  livres, 
se  dit  Des  livres  dont  on  n"a  fuit  qu'assembli'! 
et  plier  les  feuilles,  les  cahiers,  en  les  cousant 
avec  de  la  ficelle  passée  dnns  lamarj^e  intérieure. 
Faire  brocher  un  livre.  Il  ne^l  pas  besoin  dl 
le  relier^  il  ne  faut  nue  le  brocher. 

HnocnEU  ,  signifie  aussi ,  lixécuter  à  la  bâte 
}l  ne  prend  pas  le  temps  nécessaire^  il  ne  fait 
nue  brocher  la  hesofjne.  Je  n'ai  m'is  que  mon 
idée  sur  le  papier  y  j'ai  broché  cela  en  deu.r 
heures. 

On  disoit  autrefois.  Brocher  des  éperons, 
^urdirc,  Piquer  un  cheval  avec  les  éperons 
ïl  est  vieux. 

BiioCHF.,  ÉE.  participe. 

BHOCIIKT.  s.  m.  Poisson  d'eau  douce,  qui 
a  la  chair  blanche  et  ferme,  la  tète  Ionique, 
et  les  dents  pointues.  Vn  qrand  brochet.  Un 
vieu.r  brochet.  Le  brochet  est  vorace.  On  ap- 
pelle Bf'ochcl  carreau^  Un  fort  gros  brochet. 

nilOClIICTON.  5.  m.  Petit  brochet. 

BROCHETTE,  s.  f.  Petite  broche  de  lK>is 
dont  on  se  sert  pour  tenir  la  viande  en  état  J 
la  bruche. 

On  dit,  FAever  des  oif^eaux  à  la  brochette, 
jDOUi  dire,  Élever  de  ^^tits  oiseaux,  en  leur 


BRO 

tlonnant  h  manger  au  I>ont  d'nn  petit  bàtod; 
Kt  on  dit  au  fi^ré  et  faniUitrem.  Vn  etifant 
élevé  à  la  broc/ienr,pi»ur  dire, Élevéavec beau- 
coup d'attention  et  de  soin. 

On  appelle  Brochettes^  Des  morceaux  da 
foies  gras  et  de  ris  de  ve;iu,  passes  et  rôtis  daris 
de  petites  brochettes  de  bois  ou  d'argent.  5erf)r 
une  pièce  de  bœuf  avec  des  brochettes. 

BROCHEUR,  EUSE.  s.  Ouviier,  ouvrière 
qui  biorlic  des  livres. 

ItROCHOIR.  8.  m.  Marteau  de  Mniéchal 
propre  i  ferrer  les  clievanx. 

BROCHURE,  s.  f.  Action  de  Inoelier  un 
livi'e.  Cette  femme  esf^occupée  à  la  brochure^ 
Des  livres  en  feuilles  et  en  brochure. 

On  donne  aussi  ce  'lora  à  des  livres  impri- 
més, de  peu  de  volume,  et  qu'on  ne  vend 
puère  qu'en  brochure  et  non  reliés.  Petite 
hroclmre.  Forte  brochure.  Cette  brochure  est 
assez  rare. 

BROCOLI,  s.  m.  Espèce  de  chou  qui  nous 
vient  d'Italie,  et  dont  on  a  conservé  le  nom 
ItJilien.  Manqer  des  brocolis.  Ih  se  mangent 
ordinairement  en  salade. 

BRODEOUIN.  s.  m.  Sorte  de  cliaussure  an- 
li(|ue  qui  couvre  Je  pied  et  une  partie  de  la 
janJje,  et  qui  n'est  en  usage  que  dans  de  cer- 
taines grandes  cérémonies.  Mettre  les  sandales 
et  les  brodequins  à  un  Kvêque.On  chausse  fît* 
brodequins  aux  Rois  à  leur  sacre.  Des  brodc' 
quins  en  broderie. 

BnoDEyiiiN,  est  aussi  Une  chaussure  donl 
se  servent  les  Comédiens  quand  ils  jouent  de* 
tragédies. 

BnoDEQDiîJS,  au  pluriel,  se  dit  d'Une  soife 
de  question  qu'on  donne  avec  des  plancW  et 
des  coins  dont  un  se  sert  pour  serrer  fortement 
les  jambes  d'un  accusé.  Donner  les  brodequiiut 
à  un  criminel. 

BR0DI':R.  v.  act.  Travaifler  avec  laiguille 
sur  quciquc  étoflfir,  et  y  faire  des  ouvrages  d'or 
ou  de  soie  f0  relief.  Broder  un  habit.  Brodtr 
un  lit. 

On  dit  figurément,  quTn  homme  broda 
bien  un  conte,  pour  dire,  qu'il  orne,  qu'l 
embellit  bien  un  eonte.  ICt  on  dit  dans  le  même 
senSj  Broder  une  nouvelle,  pour  dire,  I. 'am- 
plifier, y  ajouter  des  circonstances  pour  la 
rendre  pUis  intéressanu:. 

BnonÉ,  V.V..  participe. 

BRODERIE,  subsl.  f}  Ouvrage  de  celui  qui 
brode.  Broderie  relevée.  Broderie  plate.  liicn^ 
broderie.  Travailler  en  broderie.  Faire  de  la 
broderie.  Une  étoffe  toute  couverte  de  broderie, 
ïlahil  en  broderie, 

Figurcmeut,  Broderie  signifie,  Les  circon»- 
lances  que  l'on  ajoute  ,i  un  conte,  à  une  nou- 
velle pour  i'eml)cllir.  Il  y  a  de  Ut  broderie^  un 
peu  de  broderie  à  ce  que  vous  dites. 

BRODEUR,  KUSE.  subst  Celui,  celle  qui 
brode.  Porter  wne  étoffe  chez  le  brodeur,  i  ne 
habile  brodeuse. 

On  dit  proverbiilem.  Jutant  pour  le  bro- 
deur, pour  dire,  qu On  n'ajoute  jmint  foi  h  oe 
jUC  dit  quelqu'un,  et  qu'on  n-gardc  ce  qu'il  d<t 
comiue  un  conte  fait  à  plaisir. 


BRO 

BROIF  ou  M AQLE.  s.  f.  Instrument  propre 
à  lirovcr  le  cliau\Tc  et  le  lia. 

BiioiE,  dans  le  mime  «cas,  est  un  terme  de 
Blason. 

BROIEMEXTouBROÎJIE.VT.s.ra.  Laclioii 
de  broyer.  Le  hroiemenl  des  couleurs. 

BnOJIOS  ou  BROMOT.  s.  m.  Plante  com- 
prise dans  la  cl.isse  de  celles  qu'on  nomme 
Granun.  Ses  feuilles  ix-sseniblent  à  celles  di 
l'avoine  sauvage.  Elle  est  déiersive  et  vnlno- 
ruire. 

BROSCH.IDE.  s.  f.  .\clion  de  broncher. 
5on  cheval  jit  une  hrouchaile. 

BRO'CHER.  V.  neut.  l'aire  un  faux  pas. 
cliopper.  Une  pierre  m'a  fuit  hronehcr.  Un 
cheval  qui  hrunche. 

11  signifie  llgnrenient  Faillir.  //  ne  faut  pal 
broncher  devant  lui. 

Dans  ce  sens,  on  dit  provcrbialem.  et  fi"u- 
remenl,  iju'/J  n'y  a  si  bon  cheval  qui  ne  bron- 
che, pour  dire,  qu'il  n'y  a  point  d  homme  si 
l]«bile  ijui  ne  fasse  queKiuefois  des  fautes,  qui 
De  se  Uoinpe  quelquefois. 

BROKCIIES.  s.  f.  pi.  Terme -d'Analomie. 
C'est  ainsi  qu'où  nomme  les  vaisseaux  du  pou- 
mon qui  reçoivent  l'air. 

BRO>CHl.VL,  .VIJ2.  adj.  Terme  d'.4nato- 
niie.  (Jui  appartient  aux  bronches  du  jrounioo 
1*eine  bronchiale. 

iJRO>'CIIIES.  s.  f.  pi.  Les  ouies  des  pois- 
ions.  Voyez  Bn.tscHiES. 

BRO^f:o(;ÉI.E  s.  m.  Terme  de  Médecine. 
Goitre,  liin  eue  rpii  croit  il  la  gor^e  «ntre  l.i 
pe^ui  et  la  trachcc-artire. 

BiiONroro.inEou  larvngoto.mie.  s.  f. 

Terme  do  Chirurgie.  C'est  une  incision  ou  un< 
ouverture  qu'on  fait  h  la  tiaeliée-artère  dam 
une  violeute  esquinancie. 

BROXZE.  s.  m.  Alliage  de  cuivre,  d'étaiii 
et  de  zinc.  Une  statue  de  bronze.  Le  cheval  di 
bronze.  Des  médailles  de  bronze.  Graver  sur  le 
bronze.  Fondeur  en  bronze. 

Bnos7E,  se  dit  aussi  d'Une  figure  de  brome, 
î'oi'dl  un  beau  bronze.  Il  aime  Us  bronzes.  Il 
a  de  beatLi  bronzes.  Un  bronze  antique. 

On  dit  en  fait  de  Médailles,  Le  grand  bronze, 
U  pelil  tron:c  ,  cl  le  moyen  bronze,  pour 
dire.  Les  grandes,  les  petites  et  les  moyeaoes 
Médailles  de  bronzr. 

Oo  dit,  qu'l/'n  homme  a  le  cœur,  un  atui 
de  bronze,  pour  dire,  qu'il  a  le  coeur  fort  dur. 

r.RONZER.  V.  a.  Peindre  en  couleur  de 
broTitc.  Bron:crunes(a(/ie,  uni'ase.On  brome 
aussi  des  canons  de  fusil  pour  les  préserver  de 
la  rouille. 

Il  signifie  aussi.  Teindre  en  noir;  et  en  ce 
sens  il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  Des  gants 
«des  soulicrsqu'on  porledans  le  deuil.  Bronzer 
Jts  gants.  Faire  bronzer  des  souliers. 

Bno^a:,  Et  participe. 

BROniART.  ».  m.  Nom  ,pie  les  Chawicurs 
doiuirnl  .lUX  Ivtes  fauve*  d'un  an. 

BnOOUinTE .  5.  f.  .Sorte  de  petit  rl„„  de 
fer  h  tilt.  .^cLlcr  de  la  broqueite.  .Illaclier  une 
l.ipisserie  avec  de  la  ^„,urtle,    une   estampe 
>^"c  une  hroquette, 
Tume  /. 


BRO 

BRO.SSAILLES.  Voyez  ltBOiJs5Ai11.ES. 
BROSSE,  s.  f.  Sorte  d'L'siensile  scrvsnt  à 
nettoyer  les  habita,  ou  à  otor  la  poussière  et  la 
crasse,  et  fa:!  de  brins  de  hruyérc  très-fins,  ou 
(le  pi.il  de  cochon  et  de  sanglier.  Des  brossa  à 
nettoyer  les  habits.  Une  brosse  à  ucKoycr  la 
tt'tc.  Une  brosse  à  panser  les  chevciLc.  U  faut 
donner  deux  ou  trois  coups  de  brosse  à  ce 
cheval. 

BnosSK,  se  dil  aussi  d'Une  sortede  gros  pin- 
ceau, dont  on  se  sert  pour  eoiuhcr  ou  pour 
étendre  les  couleurs. 

BROSSER.  V.  a.  F.otier  avec  ur.e  brosse, 
nettoyer  avec  une  brosse.  Se  brosser  ta»  tête. 
Brosser  un  luihil.  Brosser  un  cheval.  Se  faire 
brosser. 

BnossÉ,  Eu.  participe, 

BROSSER,  v.  n.  Coune  ix  chevtl  ou  à  pied 
nu  travers  des  bois  les  plus  épais  et  les  plus 
r<  rts.  Brosser  dans  les  forets,  dans  les  bois. 

BROSSIER.  s.  m.  C--lui  qui  fait  ou  vind  des 
brosses.  Marchand  Brossier. 

BROU.  s.  m.  L'écaic  verle  des  noix.  Le  brou 
des  noie  sert  à  divers  usages,  selon  qu'il  est 
réparé.  Des  noi.c  confites  avec  leur  brou.  lia- 
'ajia  de  brou  de  noix.  Boire  du  iroii  de  noix. 

BROUEE.  s.  f.  Bruine  ,  brouillard.  Une 
'irouée  qui  s'élève.  La  brouée  tombe.  Lue  brouéc 
pii  se  dissipe.  Brouéc  froide.  Brouée  épaisse. 

BROUEf.  s.  m.  Ejpècc  de  bouillon  au  lait 
et  au  sucre.  En  ce  seus  il  n'est  guère  d'usage 
'[ue  dans  ces  phrases,  Le  brouet  de  l'épousée, 
i.e  hro'tet  de  l'accouchée. 

On  dit  quelquefois  Brouet,  pai  mépris ,  d'un 
niécliant  ragoiit.  Il  a  craint  de  t.!tcr  de  cebrouct 
r  i ,  c'est  du  broueL 

Provcrliialcmenl  et  figurenient,  en  parlani 
d  L  n  dessein ,  d'un  projet  qui  n'a  abouti  à  rien, 
on  dit,  que  Tout  s'en  est  allé  en  brouet  d'an- 
douilles. 

BROUETTE,  s.  f.  Espèce  de  petit  tombereau 
ïui  n'a  qu'une  roue,  et  qu'un  homme  pous.se 
levant  lui.  LVoucKc  de  Jardinier.  Brouette  de 
Vinaigrier. 

BnoitTTE,  seditaussi  d'Une  sorte  de  chaise 
ï  diux  mues,  t-'ée  par  un  homme.  5e  faire 
traîner  dans  une  brt  uelte. 

On  Jit  provcrbialem.,  Pousser  li  la  brouette, 
pour  dire,  Aider  au  succi».  U  est  du  style  fami- 


lier. 

BROUETTER.  \erh.  net.  Traosport«r  dans 
une  brouette.  Brouetter  de  la  terre,  ats  gra- 
vons, etc. 

U  si.;uifie  aussi ,  Mener  dans  une  petite  chaise 
à  deux  roues.  Je  nie  suis  fut  brouetter  tout  le 
jour. 

BnocETit,  ÉE.  partiape. 

BROUEl  lEUK.  ».  in.  Celui  qui  traine  des 
humilies  d.ii:s  les  brouettes. 

BROUEITIER.  subsL  m.  Celui  qui  troiis- 
|ioi  le  des  u-i  rcs  ou  d'autres  fardeaux  dans  des 
bioueiies  qui  oui  une  roue. 

BKOUII  MI  A.  s.  m.  i.ulécl.  Biuit  confus  qu'on 
fait  a  un  spectacle ,  .'1  une  action  publique .  .'1  une 
pièce  de 'rhéiltre.  etc.  p..ur  marquer  .q>proba- 
tion  ou  inipiobation.  On  u  fut  un  grand  hrou-   j 


BRO  17^ 

haha  à  cette  Comédie ,  on  y  a  fait  de  grandi 
brouhaha.  Il  est  du  style  familier. 

BROLII.LAMIM.  s.  m.  Désordre,  brouille- 
rie,  confusion,  .\insi  on  dit ,  qu'/(  y  a  bien  du 
brouillamini  dans  une  affr.ire.  pourdiie,qu'Elle 
est  embrouillée,  quon  n'y  comprend  rien.  Il 
est  familier. 

Les  Marceh.-iux  appellent  BroiiiK.imini,  par 
coiTuplioD,  Un  emplâtre  pour  les  chevaux  fait 
de  ImjI  d'Arménie. 

BllUUIl.I.VRU.  s.  ni.  Vapeur  épaisse  et  or- 
dinairemr-nt  froide  ,  qui  obscurcit  l'air.  Un 
brouillard  épais.  Brouillard  qui  s'élève,  qui  se 
dissipe.  Vn  brouillard  puant.  Le  brouillard  est 
tombé. 

H  semplcie  au  figoié.  le  n'y  vois  qu'un 
brouillard  ,  Je  n'y  démêle  rien.  On  dit  d'Up 
discoureur  qui  échappe  a  la  discussion,  à  laido 
dis  obscurités  qu'il  fait  naiiro,  qu'/l  se  sauve  u 
travers  les  brouillards. 

B110UI1.1.AP.D,  est  ,iussi  adjectif;  mais  dans 
cette  acception  il  n'est  d'usage  que  dans  celle 
phrase.  Papier  brouillard,  qui  se  dit  d'Un  cer- 
tain papier  qui  boiv,  et  qui  est  ordinairement 
de  couleur  gris:'  ou  fcuiMe-mortc. 

liUOUlLUi.  s.  f.  Brouillerie.  Il  y  a  de  la 
brouille  dans  le  ménage.  Il  est  populaire. 

BllOLlLLE.ME.NT.  s.  m.  Mélange,  coniti- 
sion.  U  ne  s'emploie  q\ic  dans  le  langage  familiet 
BROUILLER.  V.  a.  .Mettre  pèle-méle,  mêler. 
U  a  brouillé  tous  ses  papiers.  Brouiller  plusieurs 
'■'ins  les  uns  avec  les  autres.  Et  on  dit.  Brouiller 
au  vin.  pour  dire.  Remuer  un  muid.  un  ton- 
neau, une  bouteille  de  vin  ,  en  sorte  que  la  !:• 
et  le  sédiment  se  mêlent  avec  la  liqueur. 

Il  signifie  figurément ,  Mettre  de  la  confusion, 
du  désordre.  Brouiller  des  atj'uires.  Cif  homme, 
SI  Ion  n'y  prend  garde,  brouillera  tout. 

On  dit  figuréincnt  et  familièrement,  d'Un 
homme  à  qui  )  amour  trouble  l'esprit  ,  que 
f-'umour  lui  a  brouillé  la  cervelle,  l'esprit. 

On  dit  aussi  figurénient  et  familièrement  , 
Brouiller  les  caries,  pour  dire.  Chercher  !i 
mettre  du  trouble ,  h  embrouiller  les  alTaiies  ; 
Brouiller  deux  personnes,  deux  amis  l'nn  avec 
l'autre,  pour  dire.  Les  mettre  en  mauvaisein- 
telligence;  qu'i/'ii  homme  est  brouillé  avec  le 
lion  sens  ,  pour  dire  ,  qu'il  n'est  pus  raison- 
nable, qu  il  est  extravagant;  et  qu'/l  »(  lirouillé 
avec  l'argent  comptant,  pour  dire,  qu'il  n'n 
point  d'argent .  ou  qu'il  ne  sait  pas  en  garder. 
Brouiller  du  papier,  se  dil  pour,  Écrire  des 
choses  ir.uliles  ou  riiliculcs. 

BaouuxEii,  se  dit  aussi  absolument,  pour 
dire,  l'aiiv  lis  choses  avec  confusion,  soit  par 
igourancc,  soit  par  malice.  Il  n'a  ni  réijle  ni 
ordre  dans  l'april,  il  iie  fait  que  brouiller. 

BnoL'ii.LEn  ,  se  met  aussi  avec  le  pronom 
personnel,  cl  signifie  S'embarrasser,  se  troubler 
en  parlant.  Il  se  brouilla  tellement ,  qu'il  ne 
savait  plus  ce  qu'il  disait, 

Oudk,niir  DeiLrpersonnessesontbrouilléet, 
pour  dire ,  qu'Elli  s  ont  crssé  d'eue  amies  ;  et 
que  Le  temps  se  brouille,  pour  due,  que  Le 
ciel  se  couvre  de  nuages. 

BnuDiu.i:,  ix.  participe.  Des  œufs  bronUtà. 

•j3 


178  BRO 

BROUILLERIE.  s.  f.  Désunion,  niésintelli- 
f;cncc,  dUsension.  71  est  arrivé  une  brouillerie 
entre  eux.  C'est  lui  ijiii  est  cause  rfc  leur  brouiUe- 
I  ie ,  de  toutes  ces  hrouiUerics. 

liROUUXON.OSNE.  ad).  Qui  a  accoutumé 
de  )>roniller ,  qui  ne  l'ail  que  brouiller,  que  s  em- 
brouiller. C'est  un  es}irit  hrvuiUon ,  ri-c  humeur 
brouillonne. 

U  se  preud  aussi  subsluuiivement.  C'est  un 
brouillon.  C'est  une  biouillounc.  On  ne  sait 
jamais  ce  iju'il  veut  dire,  c'est  un  brouillon. 

BnouiiLON.  s.  m.  Ce  qu'on  écrit  d  abnrd,  ce 
qu'eu  jette  d'iibordsur  le  papier,  pour  le  uictlre 
ensuite  ou  net.  Voilà  mon  brouillon.  Je  n'en  ai 
fait  qu'un  brouillon. 

BROUIK.  V.  a.  Terme  qui  se  dit  Ces  blcis  et 
des  fruits,  lorsqu  après  avoir  été  attendris  par 
une  gelée  blanche,  il  survient  un  coup  de  soleil 
qui  les  brûle,  qui  les  grille.  Le  soleil  a  broui 
iusnu'tnuv  feuilles  des  arbres  ù  fruit.  Des  fruits 
brouis.  Un  épi  broui. 

Bnoui,  IE.  participe. 

BRUUIS-SURK.  s.  f.  Dommage  que  la  gelée 
fait  aux  fleurs  et  aux  premiers  bourgeons  des 
arbres. 

BROUSSAILLES,  s.  f.  pi.  Les  épines  ,  les 
ronces,  et  auues  sortes  de  bois  semblables,  qui 
croiss"nt  dans  les  {orèts  et  en  d'autres  endroits. 
Ce  ne  sont  tjue  broussailles  partout.  Un  jaçjot 
de  broussailles. 

ii'cchappcr  par  les  broussailles ,  se  dit  pour, 
Échapper  conmic  on  peut.  Il  se  dit  aussi  (igu- 
rément  pour ,  Se  dérober  par  des  subterfuges  à 
quelque  raisonnement  embarrassant. 

BROUSSIN  D'ÉRABLE,  s.  m.  Excroissance 
qui  vient  h  l'érable.  On  se  sert  du  broussin  dans 
la  tabletterie. 

BROUT.  s.  inasc.  On  .ippellc  ainsi  ce  que  le 
hois  des  jeunes  taillis  commence  h  pousser  au 
printemps,  et  que  les  bêles  vont  manger.  Les 
rerfs  aiment  le  broui ,  vont  au  troul. 

BROUTANT,  .ANTE.  adj.  Qui  broute.  En 
Vénerie,  Les  bttes  broutantes.  Le  cerf ,  le  daim  , 
le  chevreuil,  etc. 

BROUTER.  V.  a.  Paitre ,  manger  l'Iierbe,  la 
feuille  des  arbres.  Il  ne  se  dit  guère  qi.';  De 
fhcrbe  qui  tient  h  la  terre,  et  que  de  la  fcuiik 
attaché'.'  h  l'arbre.  Les  moulons  broutent  Vlierhe. 
Les  chèvres  broutent  la  feuille,  lebourcjcon,etc. 
h»  famine  fut  si  grande  en  ce  pays-là ,  ijiic  les 
pauvres  furent  réduits  à  brouter  ilierbe. 

On  dit  proverbialement ,  Où  lu  chèvre  est 
attachée,  il  faut  qu'elle  y  broute,  pour  dire, 
qo'On  doit  se  résoudre  à  vivre  dan»  l'étal  où 
l'on  se  trouve  engagé. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  a  de  l'indus- 
trie, que  L'/ierbc sera  bien  courte,  s'il  ne  trouve 
de  quoi  brouter. 

Broité,  ée.  participe. 

BROUTILLES,  s.  f.  plur.  Menues  branches 
d'aibre»  dont  on  (ait  des  fagots.  Des  broutilles 
jTour  faire  des  ftnots. 

BnotJTiLi.ES,  se  dit  aussi  De  plusieurs  petites 
choKS  inutiles  et  de  nulle  valeur. 

BROYER.  V.  act.  (_I1  »e  conjifjue  comme 
Employer,  j  PUer,  caM«T,  réduire  en  poudre. 


BRU 

Broyer  au  poivre.  Broyer  des  couleurs.  Broyer 
menu. 

BnOYÉ,  Es.  participe.  Pain  hroyé ,  Espèce 
de  petit  pain  blanc  qui  est  peiri  fort  dur. 

BROYI-:UR.  s.  m.  <:clui  qui  bicie. 

BROVON.  s.  m.  K^pècc  de  molctîc  avec  la- 
quelle Ips  linprimeui-s  broient  le  vernis  et  le 
noir  dont  ils  composent  leur  encre. 

.BRU 

BRU.  s.  f.  I-a  femme  du  fils  par  rapport  au 
pt'rc  et  y  la  mère  de  ce  fils.  (>n  la  nomme  aussi 
Belle-jiUe.  Elle  a  épousé  mon  fi/s,  c^est  ma  bru. 
BRUrOLAOUK.  s.  m.  Nom  que  les  (irecs 
donnent  au  cadavre  d'un  excommunie,  et  à  ce 
que  le  peuple  appelle  Revenant. 

BRUGNON,  s.  m.  Kspi^cc  de  pèclie  ou  de 
pavie.  Brugnon  vîvlet.  Bruqnon  jaune, 

BRUINE,  s.  f .  Esptce  de  petite  pluie  froide. 
La  hruine  a  qaté  les  blés. 

BRUINER,  verbe  impersonnel ,  qui  se  dil 
De  la  biuine  "•i  tombe.  Il  bruine.  Il  ne  pleut 
pas  bien  /or(,  il  ne  fait  que  bruiner. 

Bruiné,  ke.  participe.  U  n'est  d'usaï;e  q\x'o.n 
parlant  Des  bl''s.  Les  blés  onf  été  bruinés,  c'est- 
j-dire,  Ont  été  g.'ités  par  la  lïruine. 

BRUIRE.  V.  a.  II  n'est  guère  d'usage  qu'Jj 
l'infinitif,  et  h  la  troisième  personne  de  l'im- 
parfait de  Vindicatif,  où  l'on  dit,  Il  bruyoit. 
Rendre  un  son  confus.  On  entend  bruire  les 
îmaue5,  le  vent^  le  tonnerre.  Les  jlotsbruyoient. 
U  n'a  point  de  pnrticipedu  prctèrit.  On  dit  h 
raclif,  LVuyanl,  qui  n'est  souvent  uu'un  similis 
adjectif.  Flots  bruyatis.  Trompette  bruyante. 
Voix  bruyante. 

On  appelle  Vn  homme  bruyant^  Un  liommu 
qui  se  rend  importun  par  le  bruit  qu'il  fait.  Il 
est  du  style  familier. 

On  dit  qu'Une  rue  est  bruyante,  pour  dire, 
qu'On  V  liii' .  qu'on  y  entend  l>eaucoup  de  brnît, 
BRUISSEMENT,  subst.  m.  Espèce  de  bruit 
confus.  Le  bruissement  des  vagues.  Vn  bruis- 
sement d'oreilles. 

BRUIT,  s.  m.  Son  ou  assembla'^e  de  sons, 
abstraction  faite  de  toute  articulation  distincte, 
et  de  tonte  harmonie.  Grand  bruit.  Petit  bruit. 
Bruit  sourd.  Bruit  confus.  Bruit  éclatant.  Le 
bruit  du  tonnerre.  Le  bruit  du  canon.  Bruit 
agréable.  Le  bruit  de  Veau.  Le  bruit  des  flots. 

On  dit,  Loin  du  bruit,  pour  lire,  Loin  du 
tumulte  et  du  commerce  du  monde.  Se  retirer 
loin  du  bruit.  On  dît.  Sans  bruit.,  pour,  Tuur 
doucement,  sans  qu'on  soit  entendu,  Ou  le  fit 
entrer  sans  bruit;  et,  Faire  beau  bruit,  }X>ur 
dire ,  Gronder ,  se  fâcber .  sVmj>orter.  S'il  vient 
ù  savoir  cela^  il  fera  beau  bruit  j  vous  verrez 
beau  bruit.  Ce  dernier  est  du  style  familier. 

BnuiT.  signifie  aussi  Nouvelle.  Le  bruit  court. 
Il  court  un  mauvais  bruit.  Vn  bruit  .^ourd 
Semer^  faire  courir  des  bruits.  Vn  faux  bruit. 
C'est  un  bruit  de  ville.  C\st  un  bruit  gui  court. 
Il  s'est  réjuindu  un  bruit. 

On  dit.  Il  n'est  bruit  gue  de  cela,  il  en  est 
grand  bruit  (/uns /c  moruie,  jîour  dire,  qu'On 
en  parle  lienucoup. 

Ou  dit  proverbial,  qu'l/n  homme  n'aime  pas 


BRU 

«f  bruit,  x'il  ne  le  fait^  pour  dire,  qu'il  prend 
des  libertés  qu'il  ne  veut  pas  permettre  aux 
autres,  et  qu'il  s';irrogc  le  droit  de  parler  d  un 
ton  ïiaut  avec  -nutorilé,  et  ne  veut  pas  soufTiû 
que  les  autres  parlent  de  même. 

On  dit  aussi,  qu'L^n  bomme  est  hcn  c/uv<il 
de  trompette^  qu'il  ne  s^étonne  pas  du  bruit ^ 
qu'il  ne  s'étonne  pas  pour  le  bruit^  pour  diie, 
qu'il  ne  s'épouvante  pas  aisément. 

BnuiT,  se  dit  aussi  De  l'éclat  que  font  ccr- 
t.^ines  clioses  dans  le  monde;  et  dans  ce  sens 
il  se  construit  'toujours  avec  le  verbe  Faire. 
Cette  affaire  fait  du  bruit,  fait  grand  bruit. 
htoufft'Z cette  affaire,  n'en  faites  point  de  bruit. 
On  dit.  Chasser  à  grand  bruit,  pour  dire, 
Chasser  à  cor  et  à  cri  avec  une  meute  et  des 
piqueurs. 

On  appelle  Bruit  de  nucrre,  Un  concert 
d'insirumens  guerriers, 

À  c-RAND  DRuiT,  Signifie  aussî ,  Avec  faste, 
avec  ostentation.  C'est  un  homme  gui  marelle 
toujours  à  grand  bruit.  Et  par  opposition,  l'on 
dit,  À  petit  bruit,  pour  dire,  Secrètement, 
sans  éclat.  Faire  guelt^ue  chose  à  petit  bruit.  Il 
fait  set  affaires  à  petit  bruit. 

BnujT,  6c  prend  aussi  pour  Démêlé,  que- 
rella. Ils  ont  eu  du  bruit  ensemble.  Il  y  a  eu 
du  bruit  entre  cilt. 

BauiT,  signifie  aussi,  Murmure,  sédition. 
Il  y  a  bien  du  bruit  dans  cette  Province  y  dans 
cette  Ville. 

Il  signifie  aussi,  Réputation,  renom.  Elle  a 
mauvais  bruit.  Avnir  bun  bruit.  On  dit  pro- 
verbial, et  figurém. ,  Â  beau  se  lever  tard,  guî 
a  bruit  de  se  lever  matin , pour  dire, que  Quand 
on  a  acquis  une  bonne  réputation,  on  ne  la 
perd  pas  aisément. 

BRÛLANT,  ANTE.  adj.  Qui  brûle.  Le  so- 
leil est  bien  brûlant.  Vu  vent  brûlant.  Vn  plat 
brûlant.  Fièvre  brûlante.  21  a  les  mains  brû- 
lantes. 

Il  se  dil  fij;urément  pour,  Vif,  animé.  Vn 
zclcbrûlant.  Vnc  brûlante  ai:deur  de  combattre. 
Style  brûlant. 

BRÛLEMENT.  s.  m. Action  de  brûler,  ou 
liât  de  ce  qui  brûle.  Le  brûlemetit  des  titres 
d'une  créance. 

BRÛLER.  V.  a.  Consumer  par  le  feu.  Brûler 
une  maison.  Brûler  des  vaisseaicr.  Brûler  du 
bois,  de  la  paille,  du  charbon.  Brûler  des  pas- 
tilles. Chez  lesOrccset  chez  les  Romains^  on 
brnloit  ordinairement  les  morts.  Brûler  pfl 
bomme  tout  vif  Le  brûler  à  petit  feu. 

Il  signifie  aussf.  Faire  du  feu  de  quelque 
cbose.  En  ce  pays-là,  on  ne  brûU  gue  du 
charbon  de  terre,  gue  de  la  tourbt,  que  du 
cliarhon. 

On  dit,  En  cette  maison-là  on  ne  brûle  gut 
de  la  cire,  pour  dire,  qu'On  ne  se  sert  que  de 
bougie;  et,  On  ne  brûle  gue  de  la  chandelle, 
on  ne  brûle  gue  de  l'huile,  pour  dire,  On  ne  se 
sert  que  de  chandelle,  on  ne  se  sert  que  de 
lampes  à  huile  pour  éclairer. 

On  dit  provrrhialem.  et  figurêm.,  qu'l/n 
homme  brûle  sa  chandelle  par  les  deux  bouts ^ 
^X)ur  dire,  qu'il  mange  son  bien  nul  à  propos, 


BRU 

en  Ciisant  i  la  fois  plusieurs  dépenses  diflc- 
reiiles. 

On  dit  provcrbialem.  et  figurem.  J'en  vien- 
thaï  à  bout,  ou  j'y  brûlerai  mes  livres ^  poui" 
dire,  qu'Où  icra  tout  son  possible,  qu'on  em- 
ploiera toutes  sortes  de  moyens  pour  venir  5 
Iwut  de  quelque  chose. 

On  dit  figiu'e'meut,  en  p:»rlant  De  lettres 
passiimiitrs,  qu  Elles  brûlent  U  papier. 

C>n  dit,  Briller  la  cervelle  à  (fuclipi' un ,\youT 
dire.  Lui  casser  la  tète  d'un  coup  de  pist*>lol 
lire  à  bout  touchant. 

Brûler  du  111/1,  C'est  mettre  du  vin  sur  le 
feu  pour  le  distiller  et  en  faire  de  l'eau -de- vie. 

BrCler,  se  prend  oussi  quelque-fois  pour. 
Échauffer  excessivement,  causer  une  violente 
dialeur,  desscclier  par  une  chaleur  excessive. 
Cela  me  brâUj  me  brûle  les  mains.  Cela  brûle 
le  sang.  Il  a  une  jlcvre  (jui  le  btûle.  Le  soleil  a 
brûU  touU  la  campagne.  Le  soletl  lui  a  hrûlt 
le  teint. 

On  dit  aussi  par  extension,  Brûler  j  en  par- 
lant De  leffet  du  froid  excessif.  La  gelée  a 
brûlé  la  racine  des  arbres.  La  neige  brûle  les 
souliers. 

On  dit  Ëgurémcnt  et  dans  le  style  familier, 
Bnîler  un  gîte,  une  poste,  uneètape^  la  dlnèe^ 
pour  dire,  Passer  un  gite ,  une  poste ,  une  étape , 
le  lieu  de  la  dinêe,  sans  s  y  arrêter. 

BrCleh.  v.  n.  Ètrecousuiiié  par  le  feu.  Voilà 
une  maison  nui  brûle.  On  voyait  de  loin  des 
vaisseauxgui  brûloieni.  Le  bois  sec  brûle  mieujc 
que  le  bois  verL 

It  signifie  aussi  simplement,  £u'e  ciiaud. 
Touchez  ses  mains,  elles  brûlent.  Les  mains  lui 
brûlent 

BniLEn,  au  neutre,  signifie  figurém. ,  Être 
possédé  d'une  violente  passion .  en  être  ardem- 
meot  épris.  C'est  un  nomme  f^ui  brûle  d^ambi- 
tion.  Il  brûle  d'amour.  Il  brûle  pour  elle.  Il 
brûle  du  désir  de  se  signaler. 

Il  ftc  dit  aussi  pour  exprimer  simplement  un 
grand  désir,  une  extrême  iinpatieucc  de  faire 
quelque  cliuse.  Je  fcrdlc  de  vous  revoir.  Je  brûle 
d'aller  lu. 

On  dit  Cgurémcnt  et  proverbialement  d'Un 
homme  inquiet  et  impatient  de  faire  quelque 
diosc,  d'aller  quelque  part,  que  Les  pieds  lui 
brûlent. 

Proverbialement  ei  6|;urcm.  ^  Quand  quel- 
qu'un n'a  pas  mis  au  jeu,  et  qu'on  veut  I  y 
ûire  mettre,  on  dit  ,  que  Le  tapis  brûle.  Kl 
quand  on  vfut  faire  hâter  quelqu'un  qu'on 
attend  it  diuer  ,  cl  qui  s'amasc  trop,  on  dit , 
Pendant  t^ue  vous  vous  amusez^  le  rôt  brûle. 
Cela  s  applique  aussi  à  beaucoupd'autr*  s  choses. 

BniLEfi,  se  met  aussi  avec  le  pronom  pcr- 
sooml,  ri  signifie,  comme diins  le  neutre,  Être 
brùic.  On  ne  peut  toucher  cela  sans  se  brûler. 

On  dit  proverbial'  ment  rt  ligurém.,  quX'n 
homme  est  i-enu  se  brûler  ù  la  chandelle^  Lors- 
que ne  voulint  qur  s'amuser  aupri-s d'une  jolie 
pcrsonno,  it  m  dc\ifnt  amoun-ux.  On  le  dit 
HUMi  d'Un  homme  qtii ,  scduit  par  c^uetque  .ip- 
pareitcc  ,  tombe  dar:«  quelque  inconvcnii-nt 
couaidcrable,  utestcm**-  lui-nkme  de  s«  perte. 


BRU 

Il  s'est  venu  bnîlfr  à  ta  c'iundel/e;  cur  s'imo- 
ginant  iju'il  n'y  avoit  point  de  preuves  contre 
lui,  il  s'est  remis  en  prison^  et  on  lui  a  fuit  son 
proc'S. 

On  dit  adverbialement,  Tirer  à  brûle  pour- 
point, pour  dire,  Tirer  à  i)out  portint,  et  de 
si  près,  que  l'on  ne  puisse  f;uère  manquer  son 
coup;  et  fif^mcment  et  familièrement,  Dire  li 
(judfju'an  ses  vérités  à  brûle  pourpoint,  pour 
signifier,  Irfs  lui  liire  en  fjce  et  sans  niéun^e- 
ment.  Oudildcm^mc,  C'est  une  raison  à  brûle 
pourpoint,  un  argument  à  brûle  pourpoint, 
pour  dire,  Uni;  raison  convaincante,  un  arjju- 
mcnt  convaincant. 

DniiLB,  Éi;.  participe.  On  appelle  Pnin  tnife, 
Du  pain  trop  cuit;  et  Vin  brûlé ^  Du  vin  qu'on 
a  mis  sur  le  feu  avec  des  épiceries. 

On  appelle  figurcmcnt.  Cerveau  hrûlê,  cer- 
velle brûlée,  Un  fanatique,  unlionunequl  porie 
tout  it  l'excès. 

BnCi.Ê,  est  aussi  quelqucfuîs  subslautif.  // 
sent  ici  le  brûlé,  c'cst-.'i-ili.c.  On  y  sent  l'o- 
deur de  quelque  chose  qui  brûle,  ou  qu'on  a 
brûle.  Cdte  bouillie  sent  le  brûlé j  a  un  goût 
de  brûlé. 

IlKtJLEUR.  s.  m.  U  n'est  ^uire  d*nsa|;c 
qu'en  cette  phrase.  Brûleur  de  maisons.  Kt  on 
dit  proverbialement,  d'Un  homme  mal  babille 
cl  tout  en  desordre,  qu'/!  e:^t  fait  comme  un 
brûleur  de  maisons. 

BKÛLOT.  s.  m.  Sorte  de  Bitimoiit  rempli 
de  matières  Combustibles ,  et  destiné  pour  brû- 
ler d'autres  vaisseaux.  //  y  avoit  dans  l'al•mé^ 
trente  navires  et  six  brûlots.  Un  Capitaine  tU 
brûlot.  Accommoder  une  vieille  frégate  en  brû- 
lot. Attacher  un  brûlot  à  un  vaisseau  de  guen'e. 

On  appelle  Brûlot,  Un  morceau  très-salé  el 
très-poivré. 

En  parlant  d'Un  homme  de  parti,  ardent, 
mquiet,  et  qui  est  une  espèce  de  lioutc-feu,  on 
dit  figurément  et  familièrement,  que  C'est  un 
brûlot. 

BRULLT^E.  s.  f.  L'imprrssion  que  le  feu 
fait  sur  la  peau,  ou  sur  quelque  autre  chose, 
lorsqu  il  en  brûle  un  endroit.  C'est  une  bnilure. 
La  cicatrice  de  la  hrûlip-e.  De  l'onguent  pour 
la  brûlure.  Le  ftu  tomba  sur  ses  habits,  et  y 
fit  une  grande  brûlure.  C'est  un  trou  de  brû- 
lure. 

BRU>LAX,  ALK.  adj.  Qui  vient  l'hiver,  qui 
appartient  h  l'hiver.  /'/(in(c  brumale.  Les  Ilo- 
mains  célcbroient .,  T/nvcr,  en  /'honneur  de 
BacchuSy  les  fêtes  bru'nales. 

BRUME,  s.  f.  Terme  de  Marine,  Brouillard 
épais.  Les  ennemis  se  retirèrent  à  la  faveur 
d'une  brume  qui  survint. 

BUUMKL'X.adj.  Couvert  de  brame.  Temps 
brumeua*.  Ciel  brumeux. 

BRUN,  U>E.  adj.  De  couleur  tirant  sur 
le  noir.  Teint  brun.  Cheveiur  bruns.  Habit 
brun.  Drapbrun.  Gris-brun,  vert-brun. Beauté 
brune.  Elle  est  brune,  bnine-ctuire. 

Bitcv.  s.  m.  Coulcui  brune.  Cette  étoffe  tire 
sur  le  brun,  elle  est  d'un  beau  brun,  d'un  beau 
gris-brun.  C/iei'ui  bai-brun. 

On  dit,  Sur  U  brune,  pour  dire,  Ver»  la 


BRU  179 

commencement  de  la  nuit.  Je  le  rencontrai  sur 
la  brune. 

BncNelBnt-iE,  sedisent  aussi  au  substantif, 
d'Un  homme  brun,  d'um*  fiUc  ou  femme  brune. 
Un  beau  brun.  Vue  belle  brune.  L  ne  brum 
claire. 

On  dit,  qu'/i  commence  à  faire  brun,  pour 
dire,  que  La  nuit  approche. 

HRUNELLE.  s.  r.  piaaic  vulnéraire.  On 
l'enq>loie  partirulicrcmeui  dans  les  maladirs  de 
la  gor«c  et  du  poumon. 

BRUN'ET,  ETTE.  s.  Uirainuiit  de  brun.  Un 
beau  brund.  Lue  petite  brunette. 

Ou  appelle  J5rune((es,  De  petites  chansons 
tendres  et  facdes  à  chaciter.  Il  y  a  des  Recueils 
de  Bruneltes. 

BRUNI,  subst.  m.  se  dit  en  termes  d'Orfè- 
vrerie, par  opposition  au  mat.  Le  mal  et  le 
bruni  sont,  dans  un  ouvrage,  les  diverses  par- 
tics,  dont  les  unes  ont  l'apparence  du  mat,  ol 
les  autres  sont  respleudlssames  de  poli. 

BRUNIR.  V.  a.  Rendre  de  couleur  brune. 
Faire  brunir  un  carrosse. 

Il  signifie  aussi  à  l'actif,  Polir,  lisser.  Brunir, 
de  l'or.  Brunir  de  Tari^ciii.  On  dit  aussi,  Brunir 
de  l'acier,  pom*  dire.  Lui  donner  une  certaine 
préparation  qui  le  rend  plus  brun. 

Il  est  aussi  neutre ,  et  signifie.  Devenir  de 
couleur  brune.  Les  cheveux  de  cet  enfant  étoicnt 
blonds,  maij  Us  commencent  à  brunir.  On  dit 
aussi  à  se  brunir. 

BncNi,  lE.  participe.  De  l'or  bruni.  De  Var- 
gentbruni.  De  Vacicr  bruni.  Des armesbrunies, 

BRUNISSAGE,  s.  m.  Ouvrage  du  Brun'is- 
seur,vu  action  de  brunir.  Le  brunissage  de  la 
vaisselle,  des  ouvrages  d'or  et  d'argent. 

BRUMSSEUU.  s.  m.  Artisan  qui  brunit  la 
vaisselle  d'arf^ent.  Porter  de  la  vaisselle  d'ur- 
<7e/it  chez  le  Biunisseur, 

BRUNISSOIR,  s.  m.  On  apiK:lIe  ainsi  Un 
instrument  de  fer,  ou  une  dent  de  loup  dont 
on  se  sert  pour  brunir  les  mélaux,  et  pour 
les  polir. 

BRUMSSURE.  s.f.  Façon  tpion  donne  aux 
étoffes  que  l'on  teint  pour  diminuer  et  brunir 
leurs  teint?s,  afin  de  mieux  assortir  les  nuances 
des  couleurs. 

BRUSQUE,  adject.  des  2  genres.  Prompt  et 
rude,  iîommc  brusque.  Femme  brusque.  Hu- 
meur brusque.  Air  brusque.  Réponse  brusque. 
Et  on  dit  quelquefois,  ftiirc  une  rt^'onse  bruj- 
qucj  pour  dire,  Faire  sur-le-champ  une  réponse 
sèche  et  dure. 

BRUSQUEMENT,  adverbe,  D'uue  manière 
brusque. Bepondre  brasf^ue/îien/.  Faire  quelque 
ehose  brusquement.  Ou  dit,  Charger  brusque- 
ment les  ennemis  ,  pour  dire  ,  X>es  charger 
promptement  et  vivement,  sans  leur  donner  le 
loisir  de  se  rcconnoitrc. 

BRUSQUER.  T.  a.  Offenser  quelqu'un  par 
des  paroles  rudes,  inciviles.  C'est  un  homme 
dangereux,  il  brusque  tout  le  monde. 

En  parlant  D'une  petite  place  de  gucne  qui 
ne  mérit''  ims  un  siège  dans  les  fi.>rmes,  m.iic 
ju'on  peut  enijmrter  d'emblée,  on  dit,  que 
C  est  une  Place  qu'il  faut  brusquer.  Kt  od  dit, 

a3. 


i8o 


BRU 


Bruicnter  l'aventure,  yo\ir  dire,  Prendre  î>ruS' 
quemeut  son  parti,  au  linsnrd  du  ce  ipii  pcuf  A 
en  oriiver. 

Brusquer  une  afliiire,  La  faire  vite,  sans 
préparation,  sans  ménagement. 

lîMjsQU^. ,  ÉE.  participa. 

liRUSQUERIli.  s.  f .  Caraclcrc  de  ce  qui  est 
brusque.  Dire  une  hrusijuerie.  Se  permettre  (ies 
brus:juenes. 

BRUT,  UTK.  ailj.  Oui  n'est  pas  poli,  qui 
est  .ipre  et  raboteux.  (LcTse  prononce  au  mas- 
cnlin.)  Du  sucre  bral,  ilu  cachait  fcrni,  qui 
n'est  pas  rallini!.  Il  se  dit  ordinairement  Pes 
diamans  et  des  pienes  dures.  Vn  iliitmiiiU 
brut.  Des  iliiwums  bruis.  Vue  pierre  brute.  Du 
marbre  brut.  On  dit  d'Un  jardin  qui  u'esl  pas 
encore  achevé,  arrangé,  .iccommodé.  tpi'/l  csl 
encore  (oui  brut. 

Bbct,  se  dit  fignrément  Des  ouvrages  «l'es- 
prit qui  ne  sont  qu'chaucliés,  et  auxquels  un 
u'a  pas  encore  mis  la  dernière  main.  Je  ne  puis 
■uoi«  montrer  cet  ouvrarje,  il  est  encore  loul  brut. 

BncT,  se  dit  Des  manières  de  quelqu'un  qui 
a  encore  besoin  'de  culture.  71  a  des  manières 
brutes.  Je  l'aivu  arrivant  de  son  villacje  encore 
tout  brut. 

BRUTAL,  ALE.  adjrcl.  Tenant  di  la  bcte 
brute,  grossier,  féroce,  emporté.  Homme  bru- 
tal. Esprit  brutal.  Couraje  brutal.  Valeur  bru- 
taie.  Passion  brutale.  Le  trait  est  brutal. 

On  dit  d'Une  franchise  imprudente  et  peu 
mén.igée,  V ne  franchise  brutale. 

Il  s'emploie  aussi  substantivement  pour  si- 
gnifier Un  homme  féroce  et  grossier.  Cest  un 
brutal.  Un  franc  brutal. 

BRU'I'AIiKMENT.  adverbe.  Avec  brutalité, 
avec  férocité,  avec  grossièreté,  ^^ir  brutale- 
ment. Parler  brutalement. 

BRU'l'ALISKR.  v.  act.  Outrager  quelqu'un 
avec  des  paroles  dures  et  l)nsalcs.  Il  le  bruta- 
li^a  sans  sujet.  11  n'est  que  'de  la  conversation. 

Brutalisé  ,  ÉE.  participe. 

BRUTALiriC.  s.  f .  Vice  du  brutal,  férocité, 
passion  brutale.  Sa  brutalité  lui  a  fait  beau- 
coup d'ennemis.  Il  y  a  de  la  brutalité  à  cela, 
jissouvir  sa  brutalité. 

RncTAi.iTÉ ,  signifie  aussi  Action  brutale. 
Faire  une  brutalité.  Commettre  une  brutalité. 

11  signifie  aussi  Parole  dure  et  bnitale.  71  lui 
(1  dit  une  briifûlifé.  Dire  des  brutalités  à  quel- 
qu'un. 

BRUTE.  9.  f.  Animal  privé  de  la  raison.  // 
tient  moins  d  Vltomme  que  de  la  brute.  Il  n'a 
pai  plus  de  raison  qu'unebrute.  L'instinct  tient 
lieu  de  raison  aiur  Ifriile'!.  La  raison  fait  une 
(Uffcrence  essentielle  entre  les  hommes  et  les 
brutes. 

On  dit  d'Un  homme  qui  n'a  ni  esprit  ni  rai- 
son ,  que  C'est  une  vraie  brute. 

BRUTIER.  9.  m.  Oiseau  de  proie,  qu'on  ne 
peut  pas  dresser. On  dit  proxerbialemcnt , D'un 
J5ruticr  on  ne  saurait  faire  ut.  J^'.pervier^  pour 
dire ,  On  ne  sauruit  rendre  Iiabile  celui  qui  est 
SOI  et  butor. 

BRUY  'iNT,  ANTE.  Voy.  BnrniE. 
BRUVtRIi.  »,  f.  Sorte  de  petit  arbuste  qui 


BUC 

croît  dans  des  terres  incultes  et  stériles.  Fagot 
(le  bruyères. 

Il  se  prend  aussi  pour  Le  lieu  où  croissent 
ces  petits  arbustes.  Au  sortir  de  là  on  trouve 
une  (jranile  bruyère^  de  grandes  bruyêics. 

ïiU  A 

BUANDERIE,  s.  f.  Lieu  où  sont  un  four- 
neau et  des  au'ïcr*  peur  faire  la  lessive. 

BUAM)ÏER,  Èni!:.  s.  Celui  ou  celle  <iui  fai' 
\r  premii^r  hlancliimeiit  des  toiles  neuves. 

BU  li 

BUBALE,  s.  ni.  Voyez  Buffle. 

BUBE.  subst.  f.  Petite  clevure,  pustule  17111 
l'ient  siu"  la  peau.  Avoir  des  biihes  sur  le  visaijc. 
/'(■;■  rer  une  biihe. 

BUBON,  s.  m. Tumeur  maligne  qui  vient  ru 
rerlaines  parties  du  corps.  Buhvn  j  cstUentkl 
Bubon  vp.iwrien. 

BUBONOCÈLE.  s.  m.  Terme  de  Chirurgie 
Esptcc  de  hernie  cauace  par  la  clmte  de  1  cpi- 
ploou. 

ÔUG 

BUCCALE,  adj.  f.  Terme  d'Anatomic,  qu; 
te  dit  Des  parties  qui  ont  rapport  h.  la  bouclie. 
Gliindes  buccales.  Artère  buccale. 

BUCCIIANTE.  s.  f .  Plante  fort  commune 
aux  environs  de  Montpellier.  C'est  une  espccd 
de  Conyze. 

BUCCIN,  s.  m.  Espèce  de  coquille  qui  a  h 
forme  d'un  cornet.  On  trouve  des  buccins  dam 
lu  ij;er,  dans  les  rivières  et  dans  la  terre. 

BUCCLXATEUR.  s.  m.  Terme  d'Anatomie 
Muscle  (jui  orcupe  latéralement  l'espace  qui  csl 
entre  les  deux  mâchoires. 

BUCENfAURE.  s.  masc.  Nom  du  vaisseau 
ijue  monte  le  Doge  de  Venise,  pour  faire  la  ci-- 
iL-monio  d'eponser  la  Mer. 

BUf^ÉPHALE.  suhst.  masc.  Nom  du  clievnl 
il'Alcxandre,  (pie  l'on  donne  à  un  cheval  âe 
parade,  ou  par  raillerie,  à  une  rosse.  C'est  un 
vrai  buccphale. 

BÛCHE,  s.  f.  Pièce  de  gros  bois  de  cliuuf 
fage.  Grosse  huche.  Bûche  de  hélrc.  Bûche  di 
chêne.  Biiche  de  bots  flotté. 

On  dit  proverbialement  d'Un  Jiomme  lent 
et  pesant,  que  C'est  un  homme  (juî  ne  se  remue 
non  plus  au'unc  huche ,  et  figiicémeut  d'Un 
homme  siupidc,  que  C'est  une  bûche. 

BÛCHER,  subst.  m.  Le  lieu  où  l'on  serre  le 
bois  à  brûler.  Aller  anerir  du  hois  au  bûcher. 

Bdchkh,  se  dit  aussi  d'Un  grand  amas  de 
I)ois,  sur  iejuel  on  metloit  anciennement  les 
corps  morl-s  pour  U's  liniler.  Dresser  im  bûcher. 
Mettre  le  feu  nu  bûcher. 

BÛCHERON,  s.  masc.  Celui  qui  travaille  .1 
abattre  du  bois  dans  une  foret.  Bon  Bûcheron. 
Faire  (r(!i*)n7Icr  des  Bûcherons. 

BUCHEITE.  s.  (ém.  diminutif.  Menu  bois 
que  les  pauvres  gens  vont  ramasser  dans  les 
bois,  dans  1rs  for^^ls.  Ramasser  des  bûchettes. 

BUCOLIQUE,  adj.  des  2  genres,  qui  se  dii 
Des  Poésies  piisioriilrs.  Poemc  bucolifjuc.  Poésie 
Imcoli^ue,  Il  cvcclle  dans  le  genre  bucolique. 


BUI 

fl  est  aussi  siibstantif  frminin.  En  ce  sens  it 
n'est  guÎTC  d  nsa'^e  qu'au  pluriel,  et  dans  cette 
phrase,  Les  lUtroli(ptes  de  Virgile ^  pour  dire, 
Les  Églogues  de  Virgile, 

On  appelle  aussi  Bucolimics^  Vu  ramas  de 
choses  do  peu  de  conséquence,  comme  papiers, 
nippes,  etc.  J'ai  cela  dans  mes  bucoliques.  Et 
on  dit  h  un  enfant,  Emportez  hors  du  salon 
toutes  vos  bucoliques.  Voilà  toutes  mes  hucoli- 
qnes  perdues.  H  est  familier. 

BUE 

BUEE.  s.  f.  Lessive.  U  est  vieux.  Foire  la 

huée. 

lî  U  V 

BUFFET,  s.  m.  Espace  d'armoire  pour  en- 
fermer la  vaisselle  et  le  liuge  de  tablC: 

Il  se  prend  aussi  pour  La  table  où  l'on  met 
une  p:rrtie  de  la  vairseilc  qui  doit  servir  au  re- 
pas, avec  le  pain,  les  verres  et  le  reste. Dresser 
U  buffet,  ôter  le  bufft. 

Il  signifie  aussi  La  vaisselle  même.  Un  beau 
buffet.  Un  bujfit  d^argent  ciselé ^  de  vermeiï 
doré.  Un  buffet  de  grand  pri^. 

Buffet,  eu  parlant  des  Orgues,  se  dit  De 
toute  la  menuiserie  où  sont  enfermées  les  Or- 
gues, et  de  la  menuiserie  de  cKaquc  jeu  en  par- 
iiculier.  Il  y  a  quelque  chose  à  refaire  au  bufft 
de  cet  Orgue.  Le  buffet  du  grand  Jeu.  Le  buf- 
fet du  Positif. 

Buffet  D'Onr.rF.s,  signifie  aussi  Un  pctK 
Orgue  tout  entier;  c'est -. 1  -  dire.  Le  bufTft  et 
tout  ce  qu'il  renferme,  tuyaux,  soufïïets,  cla- 
\ier,  etc.  Acheter  un  joîi  buffet  d*Grgues, 

BUFFLE,  s.  ni.  Espèce  de  bœuf  qui  a  les 
cornes  renversées  en  arrière.  De  la  corne  de 
buffle.  On  mène  les  buffles  par  le  moyen  des 
anneaux  qu*on  leur  passe  dans  les  naseaiLX. 

On  dit  proverbialement,  Se  laisser  mener 
par  le  nez  comme  un  buffle j  pour  dire,  Se  lais- 
ser tromper  par  tiop  de  simplicité. 

On  dit  d'Un  homme  qui  u'a  point  d'esprit, 
que  C'est  un  vrai  buffle. 

Buffle,  se  dit  aussi  d'Un  cuir  de  buffle,  ou 
iVautres  animaux,  préparc  et  accommodé  poui 
porter  à  la  gnerrf.  comme  une  csp''*ce  de  jus- 
taucorps. Un  collet  de  buffle.  Porter  un  buffle. 
Un  pourpoint  dchuljle.1l  reçut  un  coup  d*i'péc 
dans  son  buffle.  Son  buffle  lui  sauva  la  vie. 

BUFFLETIN,  s.  m.  Jeune  buflle. 

BUG 

BUG  LE.  s.  f.  Plante  qui  est  rcgarddc  comme 
un  excellent  vuliKfraire. 

BUGLOSE.  s.  f.  Herbe  yoln-'ère  et  médici- 
nale. L(i  huqlose  est  à  peu  près  de  même  nature 
que  la  bourrache.  Des  fleurs  de  buglose.  Une 
bordure  de  hunlose. 

BUGRANE.  s.  f.  Voyez  Ahiûte-Bcb-uf. 

BUI 

BUIRE.  5.  f.  Vase  à  meiu-e  des  liqueurs. 
Buire  d\trqent.  Buirc  d'or.  Emplir  une  buirc. 
Cette  buirc  est  vide. 

BUIS.  s.  m.   Espèce  d'arbrisseau   toujours 


BUL 

vert,  dont  les  fleurs  sont  fort  petites,  et  le  boia 
jaunâtre.  Parterre  de  huis.  Bordure  de  huis.^ 
i'alissudc  de  huis.  Peiqne  de  huis.  Poudre  de 
huis.  Totidrc  le  huis.  Qup|(iues-uiis  prononcent 
Boui$;  mais  il  ne  se  prononce  pli;^  i;uôre  ainsi, 
que  dans  (juricjncs  phrases  hnssoi»  et  prover- 
biales, comme  dans  cclU^ri,  Donner  le  bonis, 
dont  on  se  sert  pour  dire,  Donner  une  dexni^re 
façon  à  quelque  cliose,  li  polir  et  la  pcrleclion- 
ncr;  et  d.nns  celte  autre,  i'n  mentou  de  houis, 
pour  dire,  Un  menton  relevé  et  qui  avance. 

BCïSSON.  s.  m.  Hallier,  touflïe  d'ar!)risseaux 
sauvages,  épineux.  Buisson  épais.  Buisson  d'é- 
pines. Buisson  fort.  Des  arhres  nains  taillés  en 
buisson.  Dieu  apparut  à  Moïse  dans  un  huis- 
son  ardent. 

On  dit  proverbial.,  Il  a  hatlu  les  haïssons, 
cl  un  autre  a  pns  les  oiseaiur^  pour  dire.  Il  a 
pris  toute  la  peine,  et  un  autre  en  a  eu  tout  le 
profit. 

On  appelle  Buissons^  Des  arbres  frnilicrs 
nains ,  quand  on  leur  a  donné  la  forme  de  buis- 
sons, en  les  taillant  au-dedans.ct  les  laissant 
pousser  en  deliors  de  tous  côtés.  Voilà  de  heiuut 
huissons  hien  tenus,  et  tpii  doivent  rapporter 
bien  du  fruit. 

Bt'issoN,  se  prend  aussi  pour  Un  bois  d< 
peu  d'étendue,  et  il  se  dit  par  opposition  à  Foret 
Ce  n^est  pas  une  forêt,  ce  n'est  (ju'un  buisson^ 
(juUin  petit  buisson. 

On  dit  figurément  et  proverbial. ,  Se  sauver 
d  travers  les  buissons,  pour  dire,  Chercher  de* 
échappatoires,  quand  on  est  pressé  dans  la 
dispute. 

On  dil  en  termes  de  Chasse,  Faire  huissofi 
creujc^  pour  dire,  Ne  trouver  plus  dans  l'en- 
ceîiite  la  bête  qu'on  a  détournée.  Et  l'on  dit  û- 
gurémenl,  qu'Où  a  (roufé  buisson  creu.r,  poui 
dire,qu'On  n'a  pas  trouvé  la  personne  on  li 
chose  qu'on  étoîi  allé  chercher. 

Buisson  AimEST  ou  Pvn acanthe,  s.  m.  Ar- 
brisseau épineux.  Il  porte  de  petites  baies  d'un 
I>eau  couleur  de  feu. 

BUISSONNEUX.  EUSK.  adj.  Couvert  de 
buissons.  Vn  pays  buissonneux. 

BUïSSONMKK,  1ÈRE.  adj.  Il  nest  gutre 
d'usage  que  dans  ces  façons  de  parler ,  Lapins 
buissonniers ,  c'&»i-à-dire,  Qui  n'ayant  point 
de  terrier,  se  retirent  dans  des  buissnnti  ;  et, 
F.dirc  Vècole  huissonnière ,  qui  se  dit  d'Un  éco- 
lier qui  manque  à  aller  en  classe. 

BUL 

BULBE,  s.  f.  Terme  de  Botanique.  Ognon 
de  plinte. 

BULBEUX,  EUSE.  adj.  Qui  participe  de  la 
nature  d'une  kulbn,  et  qui  rn  vient,  il  y  a  des 
plantes  bulbeuses  ,  et  des  plantes  tjui  viennent 
de  qraine. 

iîULBON.tC,  1.  m.  ou  Lcsaihf.  Plant.- 
dont  le-,  r.icines  ont  le  pouî  de  la  Raiponce,  et 
se  roant^t-ntdc  même.  Elle  est  de  <|'iel']uc  usage 
•a  Médecine. 

BULL.A.UtE.  s.  m.  Recueil  de  plusieut? 
Bulles.  Le  grand  BuHaire.  Le  Bullaire  d'un  tel 
Ordrt, 


BUR 

BULI.E.  s.  f.  Ëlivalion  splidriqnc  qui  se  fiit 
sur  l'eau,  sur  le  savon,  sur  lis  me'taux  en  fu- 
éion,  cl  <jui  contient  de  l'air.  Les  en  fans,  » 
Vinâe  â'un  chalumcmt ,  tirent,  du  sai'oii ,  tics 
JntlU's  qiiils  chassent  en  Vair. 

BULLE,  s.  f.  Ix-ttre  du  Pi-ipe  expédiée  en 
p.ircliomin ,  et  srellée  en  plonih.  T.lle  se  pn-nd 
ordinairement  ])our  Une  Constiluiion  générale 
d'un  Pape.  Lu  lîidlc  ilu  Juhité.  Fulminer,  pu- 
blier une  Bulle. 

Au  pluriel ,  clic  se  prend  ordinairement 
pour  Des  provisions  d'un  Bénéfice  Consistorial. 
Avoir  ses  Bulles.  Vn  ]£vé(juc  aui  attend  ses 
Bulles  pour  se  faire  sacrer.  Les  Bulles  d'uKc 
Abbaye.  Les  Bulles  d'un  ÈvêchJ. 

Bulle,  se  dit  aussi  Des  CoDstitutioos  de 
c|nclquos  Empereurs.  Ainsi,  la  Conslilutioa  de 
ri'mpercur  Cliarics  IV,  qui  règle  entre  autres 
choses  la  forme  de  l'élection  de  l'Empereur,  es: 
appelée  La  Bulle  d'Or. 

BtLLE.  5.  f.  Nom  qu'on  donnoit  chez  les  Ro- 
mains à  de  petites  boules  qu'on  pendoit  au  cou 
des  cnfans. 

Bl'LLÉ,  ÉE.  adj.  Qui  est  en  forme  authen- 
tique. Une  Expédition ,  une  Commission  bien 
huilée. 

On  dit  aussi  De  toutes  les  Lettres  d'ixpédi- 
lion  qui  sont  en  bonne  forme,  qu'Eïfc5  sont 
bien  scellées  et  huilées. 

On  dit  aussi ,  Vn  Bénéftce  bulle,  pour  dire, 
Un  Bénéfice  dont  les  provisions  ne  s'expédient 
h  Rome  qu'en  fonne  de  Bulle.  Ce  Prieuré  n'est 
po"'jf  bulle  .  les  provisions  s'en  expédient  à 
Rome  sons  simple  signature. 

On  dit  encore  d'Un  Ecclésiastiijiie  nomme  i 
un  Bénéfice,  dont  les  provisions  s'expédient  \ 
Rome  en  forme  de  Bulle,  qu'il  est  huilé,  ou 
qu'il  n'est  pas  huilé,  pour  dire,  qir*!!  aieçuscj 
Bulles ,  ou  qu'il  ne  les  a  pas  encore  reçues. 

BULLETIN,  s.  m.  Petit  billet,  suffr.ige  donné 
par  écrit.  Il  n'est  j^uère  d'usage  qu'en  parlant 
Des  sutiVa^cs  donnés  de  la  sorte  pour  l'élection 
d'un  Pape.  Les  Cardinaux  portent  leurs  bulle- 
tins dans  le  calice.  Compter  les  bulletins. 

rtn  appelle fînilc/in.  Un  billet  par  lequel  on 
rend  compte  chaque  jour  de  l'état  actuel  d'une 
iiflàire  intéressante,  d'une  maladie,  etc.  .4vez~ 
vous  vu  le  bulletin  de  l'armée? 

BU? 

BUPRESTE,  s.  f.  Insecte  ailé,  qui  a  un  ai- 
guillon comme  la  guêpe  et  l'alieille.  On  a  fuit 
Je  Bupreste  le  nom  d'un  genre  d'insectes. 

BUR 

BURALISTE,  s.  m.  Celai  qui  est  préposé  i 
un  Bureau  de  poiement  .  de  distribution  ,  de 
recette,  etc.  Le  Buraliste  de  la  Loterie. 

BURAT.  s.  m.  Eloffc  commune  de  laine. 

Bl  11  A  TI.NE.  s.  f.  Papeline  dont  la  chaîne 
est  de  soie,  et  la  trnmc  de  grosse  laine. 

KURI".  s.  f.  Etoflè  grossifrc  faite  de  laine. 
Habit  de  biirc.  Etre  vêtu  de  bure. 

On  «ppelle  aussi  Bure,  Le  puits  des  mines, 
qui  descend  de  la  surface  de  la  l'm  dans  sod 
intéiieur. 


BUREAU,  8.  m.  signifie  la  même  chose  qu* 
Bure.  Vêtu  de  bureau. 

iîURRAUjS.  m.  se  dit  d'Un  comptoir  sur 
lequel  on  compte  de  l'argent,  et  d'une  table  sur 
laquelle  on  met  des  papiers.  On  a  compté  Vur- 
(jtni  sur  le  bureau  J'ai  mis  mes  papiers  sur  son 
bureau. 

BvnEAc,  est  aussi  Une  espèce  de  Mble  ^ 
plusieurs  tiroirs  et  tablettes,  où  Ion  enferme 
des  papiers,  et  sur  lafiuellt  on  écrit.  J'ai  mis 
des  papiers  dans  mon  bureau.  Je  me  suis  mis  à 
mon  bureau  pour  écrire  une  lettre. 

U  signifie  aussi  Le  lieu  où  plusieurs  Compa- 
gnies s'assf^bKnt  pour  travailler.  Le  qrand 
Bureau  de  le  C*  ambre  des  Comptes.  Le  Burctiu 
des  Trésoricrz  de  France^  on  le  Bureau  des  Fi- 
nances. Le  BnrecH  du  Domaine.  Le  Bureau  d.^ 
Aides.  Le  Bureau  des  Gabelles. 

On  appelle.  Le  Bureau  des  Pauvres^  Le  Bu- 
reau où  s'assemblent  les  Commissaires  des  l'iiu- 
vres.  Et  on  appelle  Bttrcau  d^adresse.  Un  en- 
droit indiqui:  au  Public,  ]»our  donner  ou  rece- 
voir certains  rcnseignenienr.. 

Ou  appelle  par  plais.mterie  .  Bureau  d'rt- 
dresse ^Viip  personne  qui  s'informe  de  tout  ee 
ijui  se  passe  diins  la  Ville,  et  qui  le  va  débiter 
L■n^uite  de  côté  et  d'autre.  Cette  fcrnmc-lù  est 
un  vrai  Bureau  d^adressc. 

BtnEAC,  se  ditd'Un  lieu  destiné  pour  v  tra- 
vailler i  Texpédition  de  certaines  ofTaires.  Pu^ 
reau  de  la  Marine.  Le  Bureau  de  la  Guerre. 
Le  Bureau  d'un  tel.  Les  Commis  d'un  tel  />»- 
reart. 

BtmEAu.  so  dit  ausii  d'Un  ccrte'b  nombre 
de  personnes  tirées  d'une  assemblée,  pour  s'oc- 
cuper spécialement  de  différentes  esp'ces  dif- 
fairrs  qu'elles  reportent  ensuite  5  rassemblée 
pénérale.  L'assemblée  se  partagea  en  tant  de 
Bureaux. 

Il  se  prend  aussi  quelquefois  pour  les  iier- 
Bonnes  mêmes  qui  travaillent  à  un  Bureau.  Eu 
ce  sens,  il  se  dit  principalement  Des  Commis 
qui  travaillent  aux  Bureaux  des  Secn:taires 
d'Ktat.  Les  P.'treaux  ne  suivent  point  à  .Marli. 
Les  Bureaux  sont  allés  à  Paris.  On  dit,  Avoir 
du  crédit  au  Bureau^  pour  dire,  Avoir  du  cré- 
dit auprès  des  Commis  d'un  Bureau. 

On  dit  aussi,  qu't'n  procès  «t  sur /e  Bureau, 
peur  dire,  que  l'On  commence  6  y  travailler;  et 
i]u'(7n  Conscii/cr,  qu'un  Rapporteur  a  le  Bu- 
reau j  pour  dire,  qu'il  a  commencé  à  rapporter 
un  procès,  ou  qu'il  est  le  premier  qui  doit  rap- 
porter. En  ce  sens,  on  d'f  aussi,  qu't'n  Prési- 
dent a  donné  le  Bureau  à  un  Conseiller. 

Quand  on  veut  donnera  entendre  que  les 
.q)parcnces  sont  bonnes  pour  le  succès  d'une 
iflaire,  on  dit,  que  Le  vent  du  Bureau,  Vair 
du  Bureau  est  bon^  est  favorable;  et  au  ron- 
ir.iîrc.  que  L'air ,  que  le  vent  tlu  Bureau  n'ett 
pas  bon.  On  dît  aussi,  Connottre  Vatr  du  Bu- 
reau,^ur^rc,  Pressentir  révéoeniCDl  d'une 
a  flaire. 

BUR^:LES.  s.  masc.  plur.  Terme  de  Bl.ifon. 
Kascos  diminucrs  en  nombre  pair. 

BURET.  s.  m.  Poisson  d'où  Ton  tiroît  aulrc- 
fois  In  pourpre. 


i82  BUS 

BURETTE,  s.  f.  Petite  Buire.  Buretle  d'or, 
burette  d'arqent,  burette  i/e  cristal.  Il  se  dit 
particulièrcnuut  Des  petits  vases  où  l'on  met 
ie  vin  et  l'eau  pour  dire  la  Messe. 

lînRG.\NDlNU.  s.  f.  Nacri-,  qui  est  Iccalllf 
d'uue  espèce  de  limaçon  noinnié  Banjuit. 

BURG.\U.  s.  uiasc.  I.a  plus  belli-  csp(V<:  de 
mcie. 

BURGRA^T:.  s.  masc.  ïilrc  de  dignité  en 
Allemagne.  C'est  le  .Seigneur  d'une  Ville.  Bur- 
qrave  de  Majdebotir^.  Il  n'y  omit  ancieime- 
iiient  que  quatre  Burgraves. 

BURGRAVI.'VT.  sulist.  maso.  Dignité  du 
Rurgrave. 

BUIUS.  s.  m.  Instrument  d'acier  fait  pour 
graver.  Ouvraqe  fuit  avec  h  burin  ,  {ait  au 
hurin. 

On  dit  d'Cn  excellent  Graveur,  <ju'/!  a  U 
huriii  beiui,  le  burin  délicat,  pour  dire,  (ju'U 
grave  Lien. 

BURINICR.  V.  a.  Travailler  avec  le  burin , 
travailler  au  burin,  graver.  Faire  buriner  da 
iirines.  Une  planche  bien  hurincc^ 

On  dit  Burina  au  figuré,  en  parlant  d'Un 
Écrivain  énergique  et  profond.  Il  burine  ce 
qu'ilécril.  Il  le  grave  fortement  dans  la  pensée. 

BuniNÉ ,  ÉE.  participe. 

BURLESQUE,  adj.  des  2  genres.  Ce  qui  est 
d'une  bouflônnerie  outrée  et  hors  de  nature. 
Vers  burlesques.  Style  burlesque.  Termes  bur- 
lesques. Genre  burlesque. 

Il  se  dit,  par  extension,  De  ce  qui  est  plai- 
sant par  sa  bizarrerie.  Cet  homme  a  une  mini 
burlesque.  Posture  burlesque.  Celte  action  fut 
burlesque.  Il  se  prend  aussi  substantivement. 
Le  burlesque  n'est  plus  à  li  mode. 

BURLESQUEMENT.  adv.  D'une  maniera 
burlesqu;'.  il  se  met  burlesquement. 

BURS.AL.  adject.  Il  ne  s'emploie  qu'avec  le 
mot  d'iidit ,  en  parlant  Des  Édils  que  le  Prince 
fait  pour  lirerdi'  l'argent  daus  une  nécessité  pu- 
blique, lidit  fciir«i/.  Edits  hursaux. 

BUS 

BUSART.  s.  masc.  Oiseau  de  proie  qui  fait 
surtout  la  cliasse  aux  poulets. 

EUSC.  s.  m.  (  On  prononce  l'S  et  le  G.  )  Es- 
pèce de  lame  d'ivoire,  de  bois,  de  baleine,  etc. 
pille  et  étroite, et  arrondie  par  les  deux  bouts, 
dont  les  femme»  se  servent  pour  tenir  leur 
corps  de  jupe  en  état.  Mettre  un  buse.  Porter 
un  b'isc. 

BUSE.  s.  f.  ICsptce  d'oiseau  de  proie,  qui 
ne  vaut  rien  poui  la  l'auconncrie,  et  qu'on 
nomme  aussi  Bondrée. 

Oi-.  dit  proverbial. ,  qu'Oii  ne  sauruit  faire 
d'une  bu^e  un  cpervier,  pour  dire,  qu'On  ue 
sauroit  faire  d'un  sot  un  liabile  lionipie.  Et  on 
dit  d'Un  sot,  d'un  ignorant,  que  C'est  ""efcnse, 
que  ce  n'est  qu'une  buse. 

BUSQUEH.  V.  acL  CliercLer.  Il  ne  ee  dii 
qu'en  cette  façon  de  parler  familière  et  qui 
vieillit,  /Jusijucr /orliinc,  pour  dire,  Chercher 
îk  faire  fortune. 

BisQLtn, signifie  aussi, Mettre  un  buscdans 
lin  corps  de  jupe,  (/ne  |einnic  ^iii  se  busqué  dés 


BUT 

qu'elle  est  habillée.  Elle  ne  sort  jamais  qu'elle 
7ie  soit  busquée^ 

Busqué,  ée.  participe. 

BUSQUIÈRE.  e.  f.  L'endroit  d'un  corps  dt 
jupe  où  l'on  met  le  buse. 

BUSSARO.  s.  m-YaNseau  composé  de  douves 
et  de  cerceaux  ,  où  l'on  met  de  l'cau-de-vie  ou 
autre  liqueur,  et  qui  lient  presque  un  nmid  de 
Paris.  Le  Bussurd  est  ime  des  neuf  espèces  d^: 
futailles  réaulières. 

BUSTE,  s.  ni.  Ouvrât;*'  de  sculplure.  reprr- 
S'ntant  auc  figure  humaine  qui  n'a  que  la  tî:i'^ 
et  ia  partie  supérieure  du  corps.  Buste  de  mar- 
bre, de  bronze^  buste  antique.  Il  se  dit  dans  If 
niJme  sens,  d'Un  ouvrage  de  peinture  et  de 
gravure.  Il  s'est  fait  peindre  en  buste.  Son  por- 
tiait  gravé  n^est  qu'en  buste. 

On  dit  d'Un  homme  qui  a  la  tète  helle  et 
hien  placide,  Il  a  le  buste  fort  beau. 

BUSTROPIIE.  s.  f.  Manière  d'écrire  de  h 
gauclie  A  la  droite',  et  ensuite  de  la  droite  u  la 
gauche.  C'est  la  nianii.'!re  d  écrire  l'Ilcbreu. 

BUT 

BUT.  s.  m.  Point  où  l'on  vise,  et  auquel 
on  veut  atteindre.  Viser  au  but.  Frapper  au 
but.  Mettre  sa  boule  sur  le  but.  Atteindre  au 
but.  Toucher  le  but.  Donner  au  but. 

Il  signifie  figurément,  La  fiu  que  l'on  se 
propose,  la  principale  intention  que  l'on  a.  Je 

n'aiautrebut ,  je  n^ai  d'autre  bulen  celaquc 

C'est  mon  but.  Se  proposer  un  but.  Il  a  sou 
but.  atteindre  son  but.  Cacher  son  but.  /Hier  ù 
son  but  par  des  voies  détournées.  But  txtrava'' 
qatU.  But  fort  sensé,  etc. 

Aller  au  blt.  C'est  aller  directement  à.  la 
fin  qu'on  se  propose.  Lorsqu'un  liomme  a  saisi 
le  vrai  dans  quelque  chose,  a  trouvé  le  point 
de  1j  difiiculté,  le  nœud  d'une  afiaire,  etc.  on 
ilit,  qu'/l  a  touché  au  but  y  qu'il  a  frappe 
an  but. 

Ou  dit  figurém.  et  adverhialcm.,  De  but  en 
hlanc^  pour  dire,  Ineunsidurénient ,  brusque- 
ment, sans  garder  de  mesure.  //  lui  alla  dire 

de  but  en  blanc  que Il  l  alla  quereller  de  but 

en  blanc. 

On  dit  aussi  adverbi:ilemcnt  ,  llut  à  but  , 
pour  rUre,  Également,  sans  aucun  avantage  de 
part  ni  d'autre.  Son  plus  grand  usage  est  lu 
jeu.  Jouer  but  à  but.  Être  but  à  but. 

On  dit  Troauer  but  à  but,  pour  clirc,  Sans 
aucun  retour  de  part  ni  d'autre,  et  troc  pour 
troc.  Et  lorsque  deux  personnes  se  marient, 
sans  que  l'une  fasse  aucun  avantaj^c  A  l'autre, 
on  dit,  qu'/ïs  .se  sont  mariés  but  à  but. 

BUlTi.  s.  f.  Instrument  de  Maréchal,  qui 
sert  à  couper  la  corne  des  clievaux. 

BUTINE,  s.  f.  En  Maçonnerie,  Massif  de 
pierre  aux  deux  extrémités  d'un  pont .  pour  ré- 
sister h  la  poussée  des  arcades. 

BU'IER.  y.  u.  Frapper  au  but,  toucher  le 
but.  En  ce  .-icns,  il  n'est  guère  d'usage  qu'au 
jeu  de  Billard.  Il  faut  buter.  Il  a  buté. 

Se  buteu  ,  si.;nific.  Se  fixer,  se  déterminer 
avec  ob-'ïli nation.  Vvilà  à  quoi  je  me  bute. 

En  parlant  De  deux  personnes  qui  sont  tou- 


BUT 

jours  contraires  l'une  à  l'autre,  on  dit,  que  Ce 
sont  des  Gens  qui  se  butent ^  qui  se  sont  butés 
l'un  contre  l'autre. 

Bi'TLn,  figurément  ,  veut  dire,  Temlre  à 
quelque  fin.  C'est  ù  quoi  je  bute.  Il  tiitoit  ti  une 
telle  churqe,  à  un  tel  emploi. 

Buter,  se  dit  encore  d'Un  chev.-il  que  !a 
moindre  inégalité  de  terrain  fait  broncher.  Ce 
cheval  bute  à  chaque  pas. 

RuTEn.  v.  a.  Ternie  de  iMaçonncrie  et  de 
Jardinage.  En  termes  de  Moronnerie,  on  dit, 
Buter  un  mur,  buter  une  voûte,  pour  dire, 
Soutenir  un  mur,  soutenir  une  voûte,  par  le 
moyen  d'un  pilier  boutant,  d'un  arc-boulant , 
pour  les  empêcher  de  s'écarter.  En  termes  de 
Jardinage,  on  dit,  Buterunarbre,  Uorsqu' après 
l'avoir  planté,  on  le  garnit  tout  autour  du  pied 
avec  des  mottes  de  teiTe.  Oo  dit  aussi ,  Buter 
des  cardes  d'artichauts,  buter  du  céleri,  pour 
dire ,  Les  entourer  de  terre  pour  les  faire 
blanchir. 

Buté,  ke.  participe.  7/  est  buté  à  cela,  pour 
dire,  U  est  fixé,  il  est  arrêté  ù  cela.  Ils  sont 
hutés  l'un  contre  l'autre,  pour  dire.  Ils  sont 
opposés  l'un  k  l'autre. 

BUTIN,  s.  m.  sans  pluriel,  .\rgent ,  bardes , 
liestiaiix,  etc.  qu'on  prend  sur  les  ennemis. 
Riche  butin.  Grand  butin.  Faire  du  butin.  Les 
solduls  revinrent  charijés  de  butin.  Il  cul  tant 
ie  c/iei'u:i.r  pour  sa  part  du  butin.  Partacjer  le 
(lUtin,  ui'oir  part  au  butin. 

Ou  dit  populairement  Butin  ,  pour ,  Profit 

it  richesse.  Il  a  gaqné  bien  du  butin  dans  cette 

affaire.  Il  y  a  bien  du  butin  dans  cette  iinison, 

BUTINER.  V.  n.  Faire  du  butin.  les  soiduts 

ont  bien  butiné  en  ce  pays-là. 

On  dit  figurément  et  poétiquement ,  que  Les 
abeilles  vont  butiner  sur  les  fleurs. 

BUTIREUX,  EUSE.  adj.  <,)ui  est  de  la  na- 
ture du  beurre. 

BUTOR,  s.  ni.  Espèce  de  gros  oiseau  qui  vit 
dans  les  marécages,  et  qui,  en  mettant  sou  bec 
ilans  l'eau ,  fait  un  bruit  semblable  au  meugle- 
ment d'un  taureau. 

On  dit  figurcm.  d'Un  homme  stupide,  que 
C'est  un  vrai  butor  ■  et  populnircraeiit  d'Une 
femme,  que  C'est  une  qrosse  butorde. 

BUTTE,  s.  f.  Petit  tcrtie,  motte  de  tene  re- 
levée. Au  haut  de  la  butte. 

Bltte,  se  dit  aussi  particulièrement  d'Une 
petite  élévation  de  terre  ou  de  maçonnerie ,  au 
milieu  do  laquelle  on  place  le  but  où  l'on  lire. 
E.t  dans  ce  sens,  on  appelle  Poudre  de  butte, 
I.a  poudre  dont  ceux  qui  tirent  au  blanc  ont 
arroutnnic  de  se  servir. 

Oridltfigiirénicnt,É(re  en  butte,  pour  dire, 
litre  exposé.  Être  en  biiUc  au.t  coups  de  la  for- 
tune. Son  elci'Uliou  l'ii  nii.'  en  bulle  aux  traits 
de  l'envie.  Par  sa  conduite  imprudente,  il  s'est 
mis  en  (mile  à  la  médisance.  Être  en  butte  à  la 
raillerie,  aux  plaisanteries. 

BUJTIÈRE.  adj.  f.  Il  ne  se  dit  que  de  cer- 
taines arquebuses  avec    lesiiuelles  on  lire  au 
blanc  ,   et  que   l'on  appelle  //rijuebusts   bal- 
J[.  licrcs. 


BUY 

BTJV 

BUVABLK.  adf.  des  a  genre».  Potable.  Ce 
vin-là  n'est  pas  îiiivutle.  Il  est  familier. 

BUVliTIER.  subst.  maic.  Celui  qui  tient  la 
buvette. 

BU\  lilTE.  subst.  fém.  Le  lieu  où  les  OfTi- 
ciers  de  Judicaturc  déjeunent.  Aller  à  lu  t»- 
velle. 

BUVEUB.  s.  m.  Celui  qui  luiit.  En  ce  sens 
général,  il  n'est  guère  d'usage  que  dans  celle 
phrase,  Du  vin  <[ui  rti/^pe/Ze  son  buveuv^  pour 


BUV 

dire,  Du  vin  agrcable,  qui  invke  h  en  boû-e 
plus  d'une  fois. 

BuvKi'n,  se  dit  ordinairement  d'Un  horame 
qui  aime  le  vin,  qui  fst  sujet  au  vin,  et  qui 
lioit  beaucoup.  C'est  un  buveur.  C'est  un  grand, 
un  bon  buveur.  Kt  ou  appelle  Buveur  d'eau,  Un 
homme  qui  ne  boit  que  de  Icau ,  ou  du  vin  fort 
trcmpi*. 

BUVOTTER.  V.  n.  Boire  ii  petits  coups  et 
souvent.  Il  ne  ftiil  que  huvotter.  Il  aime  à  bu- 
votter.  Il  y  a  trois  heures  qu^iU  ne  font  que 
buvotler.  Il  est  familier. 


BYS 

BYS 


tS3 


BYSSE.  s.  m.  Terme  employé  dans  l'Ecriture , 
pour  slgniBer  une  matii're  précieuse,  dont  cer- 
tains vêteniens  étoicnt  tissu».  I.e  mot  de  Bysse 
a  passé  dans  toutes  les  Traductions,  sans  qu'on 
sache  aujourd'hui  ce  que  c'étoit.  M.  Flcury  pré- 
tend que  le  Hysse  étoit  une  sorte  de  soie  d'un 
i.mne  doré,  qui  provenoit  de  certains  coquil- 
lages de  mer. 


GA 

Ci.  Troisième  lettre  de  l'Alpliabet,  s.  m.  Vn 
petite,  un  grand  C.  Il  se  prononce  comme  leK, 
devant  a,  o,  u,  1,  n,  r,  t,  et  ^  la  fin  de  la  syl- 
labe. Cabaret,  Colonne^  Cuve,  Clef,  Cneitis, 
Crédit,  Clvt>iphon,  trictrac,  occident;  mais 
devaut  cet  i,  il  se  prononce  comme  l's,  ciment, 
céder  ;  et  ou  le  prononce  de  la  même  manière 
devaut  a  ,  o  et  u ,  qu.-md  on  irct  une  cédille  des- 
sous, comme  en  ces  mots,  çà,  façade,  façon, 
reçu. 

ÇA.  Adverbe ,  tantôt  de  mouvement ,  et 
Untot  de  repos.  Il  signifie  Ici,  mais  arec  cetti' 
diûcrence  ,que  çà,  qu;iiid  il  est  seul,  ne  se  joint 
qu'avec  le  verbe  rentr,  et  dans  ces  phrases, 
Viens- çà.  Venez- çà;  et  qu'/ci,  qui  est  de 
même  adverbe  de  repos  et  de  mouvement  tout 
easeniblc,  se  joiut  avec  toutes  sortes  d'autres 
verbes;  car  on  dit  :  Jl  est  ici,  et  dites-lui  au'il 
vienne  ici.  Couchez  ici.  Arrétez^vous  ici.  Il  est 
venu  ici.  Il  reviendra  ici. 

Çi  ET  L.\.  De  coté  et  d'autre.  Çà  étant  joint 
a\*ec  là  ,  se  met  avec  tous  les  verbes  de  mouve- 
racnl  et  de  repos.  Il  va  çà  et  là.  H  s'arrête  çà 
et  là. 

Ou  dit  en  sljle  de  Palais ,  Depuù:  deux  mois, 
depuis  deu.r  ans  en  çà ,  pour  dire.  Depuis  deux 
mois ,  depttis  deux  ans  jusqu'à  présent. 

On  dit  faniilièrcnijnt.  Qui  çà,  (fui  là,  pour 
Bite,  Les  uns  d'un  côté,  les  autres  de  l'autic. 
ils  courent  tous  qui  çà  ,  qui  là.  Ils  dorment 
tous  qui  çà  ,  qui  là. 

De-^À  et  de-lÀ,  signifie  presque  la  même 
chose  que  çà  et  là  ,  »vec  une  idée  d'alternative 
ou  d  incertiludr.  La  navette  du  tisserand  va 
*c-çà  et  de-là.  Il  va  de-çà  et  de-là,  sans  sm'oii 
que  devenir.  De-çà  et  de-là  est  aussi  préposi- 
tion ,  et  çà  et  là  ne  l'est  jamais  :  car  on  ne  dil 
point,  çà  el  là  la  rivière,  mais  de-çà  et  de-là  la 
rivière;  el  alors  de-çà  m«n|ue  le  coté  de  la  ri- 
»iirc  le  plus  proche  de  celui  qui  parle  ;  el  de-là, 
le  plus  éloigné.  Il  commence  j  vieillir  ;  el  on  dil 
plus  communément  eii-de-çà  de ,  au-de-lj  de. 

On  dit  aui'.i  dons  la  même  sens,  En  de-çà 
de  la  rivière;  et  mcma  elliptiquement,  Venei 
eji  de-çà. 


GAB 

On  dit  aussi ,  De  de-çà  la  rivière.  Les  Pro- 
vinces de  de-çà  la  Loire. 

Pak  de-çX  ,  est  tantôt  préposition  et  lantùt 
adverbe  :  Préposition,  comme,  C^est  bien  par 
de-çà  la  rivière;  Adverbe»  comme,  C'est  tien 
encore  par  de-çà.  Venes  par  de-çà. 

Il  sert  aux  verbes  de  repos,  aussi-bien  qu'i 
cïux  de  mouvement  ;  comme, P«r  de-çà  on  vit 
tout  autrement. 

De  DEÇÀ,  est  encore  un  adverbe,  qui  signifie 
la  même  chose  que  Par  de-çà  ;  c'est-i-dire,  de 
ce  côté-ci. 

Çi,  est  quelquefois  une  interjectiou,  poui 
excilcr  et  encour.iger  à  faire  quelque  chose.  Çii 
travaillons.  Çà  allons.  Çà  jnontons  à  cJieval. 
Çà  jouons.  Çà  éludions.  Çà ,  oh  çà ,  dites-moi 
ce  que  vous  pensez. 

On  dit  encore,  Çà,  or  çà,  mais  c'est  en 
commençant,  et  quelquefois  dans  la  conversa- 
tion ,  l'on  ne  prononce  point  l'r,  par  un  adou- 
cis'^emcHt  de  langage  qui  est  commun  a  beau- 
coup de  mots. 

Ça,  se  prend  aussi  quelquefois  pour  Ce!a; 
mais  il  est  populaire  et  familier.  Qu'est-ce  que 
ça  vaut.'  Donnez-moi  ça. 

CAB 

C\B.\LE.  s.  f.  Terme  didactique  ,  qui  si- 
i^niCe  Une  sorte  de  tradition  parmi  les  Juifs, 
touchant  l'interprétation  mystique  et  cllégo- 
ri  |u:  de  l'ancien  Testament.  Les  Docteurs  de  la 
Cabale. 

On  appelle  aussi  Cabale,  I.a  science  pttileu 
duc,  r.irl  chimérfc^e  de  commercer  avec  des 
Peuples  clumenUiires. 

(Cabale  ,  signifie  aussi  Un  complot  'de  plu- 
sieurs personnes  qui  ont  uii  même  dcîsein.  Il 
se  prend  en  mauvaise  part.  Forte  cabale.  Dan- 
ijcrcusc  cabale.  Faire  des  cabales.  Faire  cabale. 
Etre  d'une  cabale.  Dissiper  une  cabale.  Décou- 
vrir la  cabale.  Ruiner  une  cabale.  C'est  un 
homme  de  cabale. 

U  veut  dire  eocor*  La  troupe  mjme  de  ceiu 
qui  sont  de  la  caj>.ile;  comme  :  C'est  sa  cabale. 
On  a  txiU  toute  la  cabale.  Paix,  la  cabale. 


CAB 

C  ABALRR.  V.  n.  Foire  des  pratiques  sccrfcles» 
faire  uncesptcede  parti,  y  attirer  plusieurs  per- 
sonnes. Il  se  prend  toujours  en  mauvaise  part. 
//  ne  sauroit  s'empcchcr  de  cabalcr, 

C.VBALKUK.  s.  m.  Qui  cabale.  Cest  un 
qnDid  cabaleur.  Danncrcux  cahaleur. 

GABAIJSTK.  s.  m.  Savant  dans  la  cabale 
dos  Juifs.  Un  tel  étoit  grand  cabaliste. 

CABALISTI<,>UE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
appartient  h  la  cabale  des  Juifs.  Science  cabn- 
iistique.  Livres  cahalisticjues. 

CAB.-VA'E.  s.  f.  Petite  loge ,  petite  maison 
couveilc  01  d  inaire  ment  de  chaume.  Ure^i^rr 
une  cubane.  Cabane  de  Bcrijer.  Le  pauvre  dans 
sa  cabane. 

On  appelle  Cfl6aMe, 'dans  les  cocjics  de  ri- 
vière, Un  retranclieraent  ou  petite  chambre 
garnie  de  bancs,  où  queUjucf  personnes  se  le- 
tirent.  On  noiu  donna  une  cabane. 

On  appelle  aussi  Cahanes,  De  grandes  cafcs 
tcn:.ices,  où  l'on  met  couver  de  petits  oiseau.x. 
CABANON,  s.  m.  Petite  cabane.  U  ne  se  dit 
f,ucre  que  Det  Wevi  nu  on  enferme  les  vau- 
riens dans  un  hôpital.  Il  a  éttmisù  Bicétreaur 
cabanons.  Le  peuple  dil,  par  corruption ,  j'/u 
qaWanon, 

CABARET,  s.  m.  Tavcmj,  maison  où  l'on 
dlonne  à  boire  et  !t  manger  j  toutes  sortes  de 
pcrscnnes  pour  de  l'argent.  Bon  cabaret.  i\'e 
boug:r  d"  cabaret.  Aimer  le  cabaret.  Hanter  h 
caharet.Vin  dt  cabaret.  Il  est  homme  de  cab  i- 
rcty  pilier  de  cabaret. 

On  appelle  Cabaret  horqne.  Un  mouvais 
petit  cabaret  qui  n'est  fréquenté  que  par  le  bas 
peuple. 

On  appelle  aussi  Cabaret j  Une  PS|>èce  f*e 
petite  tableou  plateau,  qui  s  les  bords  relevés, 
et  sur  lequel  o>i  met  des  tisses  pour  prendre  du 
llic,  du  café,  etc.  Il  a  acheté  un  bctut  cabaret 
Cabaret  de  la  Chine. 

CAttArrr.  s.  m.  Plante  fort  eomninae.  On  U 
nomme  aussi  Oredle-d' homme.  Elle  ciitr«  datts 
la  l'hcriaque. 

CABARETIER,  1ÈRE.  t.  Celui,  cê\\e  qui 
tient  cabaret.  C'est  itn  bon  cabarcticr. 


î8i  CAB 

CABAS,  s.  111.  Espticc  de  panier  de  jonc, qui 
sert  ordinûiri'incnt  h  meure  des  ligue!,.  Caha'. 
de  fi(jues. 

Il  se  dit  en  jilnisaiitant  d'Une  vieille  voittm- 
ù  l'ancienne  mode.  71  est  venu  ici  dans  un  mi- 
litant caha3, 

CABASSET.  s.  m.  Kspècc  de  moi ii'n.  Vieux 
mot.  On  peint  ordinairement  Mercure  .»'.;c  un 
cabnssel  ailé. 

CABESTAN. s. m.  Machine,  espèce  de  tom- 
nicjuet,  dont  le  mouvement  snt  à  rouler  ou  à 
dérouler  un  cable.  V.Vcr  if  nihcstan.  Tourner 
le  cabe''tan. 

•"iBlLLArO.  s.  m.  Kspcce  de  morue  <)iil  ne 
se  miuge  que  fraîche. 

C  VBlNliT.  s.  m.  Lieu  de  retraite  pour  tra- 
vailler, ou  converser  en  particulier,  ou  pour 
.serrer  des  papiers,  des  livres,  pour  mettre  des  . 
tableaux,  ou  quelque  autre  chose  de  précieux. 
Grand  cabinet.  Pelil  cnhiiict.  Le  cabinet  du 
Roi.  Le  cabinet  de  In  Heine,  lluisiicr  du  cabi- 
net. Un  cabinet  de  peintures,  de  tableau.c , 
d'armes,  de  curiosités,  de  raretés,  d'anticjues. 
Cabinet  de  médailles.  Cabinet  des  livres  du  Roi. 
Pièce  de  cabinet. 

On  appelle  Homme  de  cabinet.  Un  hommt 
qui  aime  l'élude. 

Il  si'^nilie  aussi  Tout  ce  qui  est  contenu  unis 
le  cabinet;  comme  :  H  vend  son  cabinet.  71 
fait  'Jii  cnbiiiCl.  On  estime  h  cabinet  d'un  tel 
vinqt  mille  écus. 

11  veut  dire  encore,  Une  espC^ce  de  lnuO'c-t  ii 
rlusiciirs  layclte-i  ou  tiroirs.  Cabinet  ir.Hle- 
(naqne,  de  la  Chine.  Cabinet  d'ébène,  i'écailU 
de  tortue,  etc.  Pied  de  cabinet. 

On  appelle  Cabinet  d'orijue.  Une  espèce 
d'armoire  dans  laquelle  il  y  a  un  orgue.  7i  a  un 
beau  cabinet  d'or^tte. 

CABINET,  veut  dire  au.ssi ,  les  secrets,  Ici 
iinslères  les  plus  cachés  de  la  Cour.  L'inli  if|u< 
du  cabinet.  Les  secrets  du  cabinet.  Secrétairi 
ihi  cabinet.  Courrier  du  cabinet. 

Il  signifie  encore  Un  petit  lieu  couvert  dans 
un  jardin,  soit  de  Ireillagi-,  (le  maçonnerie,  on 
de  verdure.  Cdbinel  de  chèvre- feuille,  de  jas- 
min, etc. 

Il  signifie  aussi  Ix;s  lieux  d'aisance  d  une 
maison.  Ces  vers  sont  bons  à  porter  au  cabinet. 
Il  est  familier. 

CÂBLE,  s.  m.  Cirossc  corde  dont  on  se  sert 
pour  élever  de  grands  fardeaux,  ou  pour  d'autres 
usages.  On  attache  les  ancres  à  des  cdbles.  Filer 
le  câble.  Couper  les  tables. 

CÂBLER.  T.  0.  Assembler  plusieurs  cordes, 
et  les  tordre  ensemble  pour  n'en  l'ali-e  qu'une 
seule. 

CÀoi.É,  ÉE.  participe. 

CABOCHE,  s.  f.  Téle.  Il  n'est  en  usage  que 
dons  le  stvic  familier.  Gios.«  caboche. 

On  dit  familièrement  d'Un  homme,  que 
C'est  ttne  bonne  caboche,  pour  dire,  qu'il  a 
beaucoup  de  sens  et  de  jugement. 

CABOCHON.  ».  m.  Pierre  précieuse,  qu'on 
n'a  fait  que  polir  sans  la  tailler.  Cabochon  d'e- 
^lercuAe.  On  dit  plus  ordinoircineiit,  Rubi^ 
cabochon. 


c  \c 

C.iBOTAGE.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Navi- 
gation le  long  des  cotes,  de  cap  en  cap,  de 
port  en  port.  Ce  bâtiment  n'est  propre  qu'au 
cabolatje.   ' 

CABOTER.  V.  n.  Naviguer  de  cap  en  cap , 
de  |K>rt  en  port,  le  long  des  côtes.  Nous  ne 
Âmes  cfue  raboter. 

CABOTIER.  s.  m.  Bitiment  dont  on  se  seit 
pour  caboter. 

C.'\BRER.  verbe  qui  ne  se  met  tu'avec  le 
I  loiîom  personnel.  Dans  h'  propre,  il  ne  se  dit 
rue  Du  cheval,  et  signifie.  Se  dresser  sur  les 
pieds  de  deniére.  Ce  cheval  se  cabre.  ?ie  lirez 
pus  la  bride  à  ce  cheval,  vous  le  jerez  cabrer. 

Il  signifie  figuicment.  S'emporter  de  déi>il 
ou  de  colère,  se  révolter  contre  un  conseil ,  une 
remontrance,  etc.  On  ne  lui  sauroit  dire  un 
mot,  qu'il  ne  se  cabre.  Ne  lui  dites  pas  cela, 
vous  le  ferez  cabrer.  D.ins  ce  dernier  sens .  il 
est  quekpiefois  actif,  Cabrer  quelqu'un.  Ne  lui 
d:'es  pas  cela ,  car  vous  allez  le  cabrer. 

CABRI,  s.  m.  On  appelle  ainsi  Un  chevreau, 
e  petit  d'une  cfièvre.  Un  quartier  de  cabri,  un 
morceau  de  cabri.  Il  saute  comme  un  cabri. 

CABRIOLE,  s.  f.  Le  saut  d'un  danseur  qui 
s'éitve  agilement.  Faire  la  cabriole.'Couper  la 
cabriole.  On  ccrivoit  autrefois  C'//)rio/e. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  espèce  de  saut  que  l'on 
fait  faire  aux  chevaux.  Faire  aller  un  cheval  à 
cabrioles. 

CABRIOLER,  v.  n.  Faire  in  cabriole  ou  des 

tabrioles.  Ce  danseur,  ce  baladin  caliriole  bien. 

rl'lRIOLET.  s  m.  .Sorte  de  voinire  h'Sc'Tc, 

montée  sttr  deux  roues.  Caïiriolet  à  ressorts. 

tans  ressorts.  Cabriolet  à  soufflet. 

CABRIOLEUR.  s.  m.  Faiseur  de  cabrioles. 
Bon  cabn'oleur.  C'est  un  excellent  cabrioleur. 
CABIIS.udj.  m.  Pommé.  Il  ne  se  dit  qu'avec 
fc  mot  de  chou.  Des  choux  cabus. 

CAG 

CACA.  s.  masc.  Excrément,  ordure.  Terme 
dont  se  servent  oïdinaiiemcnt  les  Nourrices  cl 
autres  femmes,  en  parlant  De  l'ordure  des  en- 
fans.  -1/encs  cet  enfant  faire  caca. 

CACADE.  s.  f.  Décharge  de  ventre.  Il  ne  se 
liit  plus  guère  qu'au  figuré.  Il  a  j'ait  une  jiiiaint 
cacade,  pour  dire.  Il  a  manqué  par  inipiiidnice 
ou  par  l.'ichcté  une  entreprise  où  il  s'éloit  flatte 
de  réussir. 

CACALIA.  s.f.  Plante  On  la  nomme  encore 
Pas-de-c/ieual,  parce  que  ses  feuilles  approchent 
de  cette  figure.  On  l'emploie  en  Méotcii.e. 

C.\CAO. s.  m.  Sorte  d'am.inde  enfermée  dans 
une  gousse,  et  qui  étant  rôtie,  broyée  ei  mise 
en  pile,  fait  le  principal  ingrédient  dt  la  com- 
position appelée  Chocolat.  Cacao  des  Iles.  Balle 
de  cacao.  Cacao  de  Carraque. 

CACAOYER  ou  CACAOTIER,  s.  m.  Arbre 
'lui  produit  le  cacao. 

CACAOYÉKE.  suhst.  fém.  Lieu  où  Ion 
rassemble  et  cultive  les  arbres  qui  domieni  le 
cacao. 

C\CIlAI.Or.  «.  m.  Tr*»-grand  poisson  de 
mer,  du  genre  des  Cétacés.  Il  y  a  des  Cacha- 
lots plus  griiui/.s  que  des  Baleines, 


C  A  C 

CACHE,  s.  f.  Lieu  secret  propre  6  caclicr 
qïielfuif  cliosc.  Vue  honne  cache.  Il  a  trouvé 
la  cache.  Il  est  du  style  familier. 

CACHliGTI(^»UI::.  J.dj.  des  9.  genres.  Qui  est 
d'une  mauvaise  conslitutîcn.  Il  eut  cachectttjuc. 
Un  simcj  cachectitjiu: ,  Noyé  de  sérosités. 

CACIIDR.  V.  a.  Mettre  une  chose  en  un  lieu 
où  Ion  ne  puisse  pas  la  voir,  la  découvrir.  Ca- 
cher des  papierSy  des  pierreries ,  de  Vm  qciit^  etc. 
Cacher  quclijn'uu.  Cacher  un  trésor. 

11  signifie  aussi  Couvrir.  Cacher  un  tableau. 
Cacher  sa  (jorfje. 

Il  signifie  aussi  Celer,  dibsimuler.  Cacher 
son  non».  Cacher  un  dessein^  une  entreprise 
Cacher  son  ressentiment.  Cacher  sa  pensée.  71 
ne  cache  rit^n.  Jl  a  caclic  son  départ  à  tous  ses 
II  mis. 

On  du  figuiément,  quTii  homme  cache  sa 
marche,  cache  sor:  jeu  y  pour  signifier.  qu'U 
taclie  ses  desseins,  ses  vues,  etc. 

Ou  dit, '5c  cacher  de  (juelquun ,  pour  dire, 
r,ui  cacher  ce  qu'on  fait,  ses  desseins,  sa  con- 
iluite. 

On  dit  aussi,  Se  cacher  de  quAquc  chose ^ 
pour  dire,  N'en  pas  convenir,  faire  ce  qui  est 
possible  pour  qu'on  ne  le  sache  pas.  Il  a  des 
liaisons  avec  un  tel,  mais  il  s^en  cache. 

On  dit,  5e  cacher  à  {juelquun .,  pour  dire, 
Ne  se  pas  laisser  voir  h  lui.  //  s'est  caché  à  tous 
ses  amis. 

On  dit,  quX'n  homme  ne  peut  se  cacher  à 
soi-même .^  pour  dire,  qu'il  ne  peut  se  dissimu- 
Iprsesspiilimens  ci  les  dispositions  de  son  coeur. 
Cach^.  ,  ÉE.  participe. 

On  appelle  Un  esprit  caché,  Un  esprit  dis- 
limulé  ;  Vue  vie  cachée^  Une  vie  solitaire  et 
retirée. 

On  dit  fif^urcni.d'Un  hommequi  abeaucoup 
de  tnlens  ou  de  bonnes  qîialitcs,  et  qui  ne  les 
pro'luit  pas.  que  C'est  un  trésor  caché. 

CACHE  r.  s.  m.  Petit  sceau  avec  îequel  oa 
ferme  des  lettres, des  billets.  Ciïc/tc(  bien  gravé. 
Cachet  de  chijp-es.  Cachet  d' armes.  Cachet  d^or^ 
d'argent.,  d'agate. 

Cacuet,  se  dit  aussi  De  l'emprelnle  formée 
^ur  la  cire  avec  le  cachot.  Le  cachet  est  entier^ 
Le  cachet  est  rompu. 

(în  dit,  q\i Une  lettre  est  à  cachet  volant , 
Lorsque  le  cachet  mis  sur  l'enveloppe  ue  la 
ferme  pas.  Cette  lettre  étoit  à  cachet  volant 

On  appelle  Lettre  de  cachet,,  Une  lettre  du 
Koi,  contre-signce  par  un  Secrétaire  d  Klat , 
cachetée  du  cachet  de  Sa  Majesté,  et  qui  con- 
tient un  ordre  de  sa  part.  Ea-pédier  une  lettre 
de  cachet.  l\nvoycr  une  lettre  de  cachet.  Re- 
^-ci'oir  une  lettre  de  cachet.  Être  exilé  par  lettre 
de  cachet. 

On  dit  figurement.  quX^ne  chose  porte  le 
cachet  de  fjuehjuun^  qu'ïï  y  a  mis  son  cachet  ^ 
Lorsqu'elle  le  fait  rcconuoîtrepour  en  être  l'au- 
teur. On  dit  de  ni^me  :  5on  style  a  un  cachet 
particulier.  Cet  Ecrivain  a  son  cachet. 

CAf:Ht:TKIÎ.  V.  a  ./(■  caihclle,je  cachetois 
Mettre  cl  appliquer  un  cachet  sui'q"el((nc  chose. 
Cacheter  des  lettres.  Cacheter  un  paquet.  Ca- 
cheter avec  de  la  cire  d'Espagne,  avec  du  paiit 


CAD 

ù  ehanier.  Cacheter  avec  de  la  soie. en  soie.  Je 
aichelle  ma  lettre  en  votre  présence. 

Cacheté,  tz.  participe.  1 

C.iCHE'l'TE.  s.  f.  Petile  cache.  Il  est  <lii 
style  familier. 

Es  c.iCiiETTE,  se  ait  advcibi, \  En  secret,  à 
lo  dcrobce.  Faire  ijitclque  chose  CA  cachette. 

CACHEXIE,  s.  f.  Ternie  de  MeiAcine.  Mau- 
vaise disposition  du  corps, causée  paT  la  de'pra- 
vation  des  humeurs. 

CACHl^IENTIER.  s.  m.  Arbre  foV  com- 
mun aux  iles  .\utilles,  et  qui  porte  et  gros 
fruits  appelés  Cachimcns.  11  y  a  deux  sor.V?  do 
Cachimcns  :  l'un  a  été  nommé  Cœiir-de-haïf  , 
Acausedc  sa  forme;et  l'autre, Cdc/iimentmî-- 
veux  :  celui-ci  est  trte-rafraicliissant 

C.VCHOT.  6.  m.  Prison  basse  et  obsciux'. 
Cachots  noirs.  Mettre  tjueUju'un  dans  un  ca- 
chot. Tirer  ijueiiju'un  des  cachots.  On  l'a  mis 
fin  cachot. 

CACHOTTERIE,  s.  f.  Manière  mystérieuse 
tfagir  ou  de  parler, qu'on  emploie  pour  cacher 
des  choses  peu  importantes.  Il  est  familier. 

CACHOU,  s.  m.  .Suc  d'un  arbre  des  Indes, 
Sont  on  fait  'de  petits  grains  ou  des  dragées.  Ca- 
chou ambré  j  etc. 

C.VCIQUE.  s.  m.  Nom  qu'on  donnoit  aux 
Princes  dans  le  Mexique  et  dans  quelques  ré- 
glons de  l'Amérique. 

CACIS.  s.  m.  Plante  qui  approche  beaucoup 
ta  groseillier,  dont  le  fruit  est  en  grappe,  et 
dont  les  grains  ilevierjncnt  noirs  dans  leir'  ma- 
té. On  ^ntpl^i<'  le  fruit  et  les  feuilles  à  coi:'- 
jjnser  nn  mtafia  fort  commun ,  et  qu'on  regarde 
comme  propre  à  fortifier  l'estomac. 

CACOCHYME,  adj.  des  2  g.  Malsain,  dr 
nïïïUTaise  complexion.  Cela  ne  se  dit  propre- 
ment que  Du  corps  humain,  quand  il  est  plein 
de  mauTaises  humeurs  et  toujours  sujet  h  quel- 
que infirmité.  Un  corps  cacochyme. 

n  se  dit  aussi  quelquefois,  en  raillerie,  Des 
I^TS'^ones  ;  mais  plus  pour  exprimer  la  bizar- 
Clîrie  de  l'esprit,  que  la  mauvaise  habitude  du 
•iTrps.  C'est  un  esprit  cacochyme.  Une  humeur 
ncochyme.  Il  est  cacochyme, 

C.iCOCHÏ.MlE.  s.  f.  Mauvais  état  des  hu- 
nteurs. 

CACOPHONIE,  s.  f.  Rencontre  de  syllabes 
•a  de  paroles  qui  font  un  son  désagréable  h  l'o- 
wille.  Dans  toutes  sortes  de  compositions^  et 
particulièrement  djns  les  iicrs.ûn  doitéviter  la 
cacophonie. 

C»coPH0Xir,scdit  aussi  en  parlant  Des  roix 
«•  des  instrumcns,  qui  chantent  et  qui  jouent 
*ïBi*  étrv  d  accord. 

CAD 

nAt>.\?rRE.  s  ni.  Registre  public. que  l'on 
irent  dans  i|nelquc»  Provinces  du  Royatune,  et 
d«ns  lequel  l.i  quantité  et  la  valeur  des  biens- 
fcods  «ont  marquées  en  détail.  L:  cadastre  sert 
4t  rétjle  dans  l'imposition  des  tailles. 

CADAVEREUX,  EOSE.  «dj.  ()w  tient  du 
cadarre.  Il  a  le  teint  cadavireiue,  Vodeur  ca- 
davéreuse 

CADAVRE,  j.  m.  Corp»  mort.  Fair.  U  ii. 
Temf  l. 


CAD 

tecûon  (Tun  cadavre.  Il  ne  se  dit  que  Du  corps 
Iminain.  On  fait  <juA<juefois  le  procès  au  cu' 
davre  d'un  criminel. 

CADEAU,  s.  m.  Repas,  fôte  que  l'on  donne 
principalement 'i  des  femmes.  Donner  un  qrund 
cadeau. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  petit  présent.  Il  mu  fait 
cadeau  d'une  htinue^  d^tne  boite. 

On  dit,  Faire  un  cadeau  à  (jfucif^a'un,  pour 
dire  ,  Faire  on  donner  h  quelqu'un  quelque 
chose  qui  lui  soil  aj^réablc. 

On  (lit  (igunnicnt  et  fiimîlièrement  d-'ins  le 
même  sens,  Je  m^cn  fais  un  cjrand  cadeau  ^ 
pour  dire,  Je  m'en  promtts  un  grand  plaisir. 

CADENAS,  s.  m.  Espèce  de  senure  qu'on 
applique  cl  qu'on  ôte  qu.ind  on  vexït.  Cadenas 
a'AUewaqjîC.  Cadenas  rond,  carré,  etc.  Cade- 
nas à  chijpc  ou  à  secret  Cadenas  d'une  porïe, 
ifune  valise.  H  y  faut  mettre  un  cadenas. 

On  appelle  aussi  Cadenas,  Une  espèce  de 
rcli'ret  d'or  ou  de  vermeil  dore,  fni  l'on  met  le 
couuau,  la  cuiller,  la  fourchette,  etc.  qu'on 
sert  à  la  table  du  Roi  et  des  Princes. 

CAOE>*ASSIiR.  V.  a.  Fermer  avec  un  cade- 
nas. 0.1  a  cadenassé  la  porte.  Il  faut  la  fermer 
et  caden-i'^ser. 

Cadk>4ssé,  ée.  participe. 

CADEXOE.  s.  (ém.  La  mesure  qui  rcf>Ie  le 
mouvement  i}e  celui  qui  danse.  Danser  en  ca- 
dence. Aller  iTi  cddence.  Sortir  de  cadence. 
Perdre  la  cviicicc.  Entrer  en  cadence.  Rentrer 
en  cadence.  Suî\>.-e  la  cadence.  S'éU^er  et  tom- 
in-r  en  cadence.  M.ir<juer  la  cadcnc 

Cade?;Ce,  se  dit  aussi  De  in  voix  et  des  jns- 
irumens ,  et  si£;nifîe  ,  Un  tremblement  soutenu 
qui  se  fait  ordinairenvnt  .'i  la  fin  dune  mesure. 
n  a  les  cadences  beUe::  H  brillantes,  etc. 

Il  signifie  aussi  en  Mi.sique,  La  terminaison 
d'une  phrase  Iiarmoniqu»  par  un  repos.  Ca- 
dence parfaite.  Cadence  irt^^ar faite. 

Il  signifie  aussi ,  L'ag'-émtit  qui  résulte  d'un 
vers  ou  dune  période,  dont  l'hannonie  flatte 
l'oreille.  Ces  vers  ont  de  la  cad^'nce,  bien  de  la 
cadence.  La  cadence  de  cette  ptt.'ode  est  belle. 

CADE>"CER.  ▼.  a.  ïl  est  piVncipalemcnl 
d'us.iî^e  dans  cette  phrase,  Cadtuccr  ses  pé- 
riodes, pour  dire,  Les  Tendre  noiT.breuses  et 
ncréablfs  h  l'oreille. 

On  dit  aussi,  Cadencer  sespas,  p.\irdire. 
Les  régler  à  l'imitation  d'une  mesure  mLsicale. 

Cadescé,  ée.  participe.  Marcher  à  yu%  ca- 
dences. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  d\^n 
homme  qui  parle  et  se  remue  conmie  eu  t.- 
licnce,  C'est  un  homme  toujours  cadencé. 

CADENE.  s.  f. Chaîne  de  fer  dont  on  aitacho 
les  forçats.  Etre  à  la  cadène.  Tirer  de  la  cadènc. 
Mettre  à  la  cadène.  Il  est  vieux. 

C  ADE>'ETTE.  s.  f .  Longue  tresse  qui  tomba 
plus  bas  que  le  reste  des  cheveux.  Cieveux  en 
■  adenettes. 

CADET,  ETTE.  adj.  Puîné,  puinée.  Fils 
cadet,  fille  cadette.  Quelquefois  il  signifie  wu- 
lement  le  puinc,  qui  oe  laisse  pas  d'avoir  d'au* 
très  frères  uprèa  lui ,  m.iis  qui  est  cadet  J  Tcgard 
d'>  v)D  ain<'  ;  et  il  s**  du  De  tous  le»  autrw  frcrci 


CAD 


i85 


qui  ont  un  aîné.  La  Ucjitime  du  cadet.  Partant 
des  cadets,  Cudet  de  bonne  Maison.  ^,eur  ca' 
dette. 

On  dit,  Branche  cadetîc  d'une  Maison,  pir 
opposition  h  Branche  alftée  ;  et  il  signifie.  Une 
branche  de  citte  Maison  ,  sortie  d'un  cadet. 
Branche  cadette  de  Bourbon.  Branche  cadetti 
de  Lorraine. 

Il  est  aussi  substantif,  et  se  dit  ordinairement 
pour  le  dernier  des  fils;  comme,  Cet  homme  est 
le  cadet  de  toute  cette  Maison. 

Cadet,  se  dît  par  extension ,  en  parlant  De 
deux  hommes  qui  ne  sont  pas  frères,  rt  dont 
l'un  est  moins  Agé  que  Vautre.  Je  suis  son  cadet. 

Cadet,  se  dit  encore,  en  parlant  Des  per- 
sonnes d'un  même  Corps,  d'une  même  Cotti- 
pagnie,  par  rapport  au  temps  où  elles  y  ont  été 
reçues.  Ce  Lieutenant  se  plaint  qu'on  ait  fait 
Capitaines  plusieurs  de  ses  cadets.  Je  suis  moins 
dge  (jue  lui;  mais  dans  la  Compagnie,  il  fst  mon 
cadet. 

On  appelle  Cadet,  Un  jeune  Ccntilliomme 
t|ui  sert  comme  simple  soldat,  pour  apprendre 
le  métier  de  la  guerre. 

On  appelle  Compaqnies  de  Cadets ,  Des 
Con:pagni('s  toutes  composées  de  jeunes  gens 
qui  sont  élevés  dans  l'art  militaire.  Les  Coni- 
j'aijnics  de  Cadets  sont  une  pépinière  d'Offi' 
fiers.  Il  est  entré  dans  les  Cadets.  Il  y  a  eu  en 
France  des  Compaqnies  de  Cadets. 

On  dit  aussi  populairem.,  C'est  un  cadet  de 
haut  appétit,  pour  dire,  Un  jeune  homme  qui 
aiiue  à  faire  bonne  chère ,  qui  aima  à  faira  d«  la 
dépense. 

CADEITE.  s.  f.  Pierre  de  taille  propre  ponr 
paver. 

CADL  s.  m.  Nom  qu'on  donne  a  un  Jn^* 
chez  les  Turcs.  On  nomme  Ccdilesker,  Un  Juge 
d'armée. 

CADIS.  s.  m.  Sorte  de  ser^e  de  laine  de  bas 
prix.  Vn  Ut  de  cadis.  Tapisserie  de  cadis.  Cadn 
gris,  viole':. 

CADMIE.  s.  f.  >ora  donne  par  les  Chimistes 
à  un  enduit  ou  k  une  suie  métallique,  qui  s'at- 
tache aux  parois  intérieures  des  fourneaux  où 
l'on  fond  des  métaux. 

CADO(;A>'.  s.  m.  Nœud  qui  retrousse  le* 
cheveux  et  les  attache  fort  près  de  la  tête.  Plu- 
sieurs pninoncent  Catoqan. 

CADOLE.  s.  f .  Nom  que  les  Serruriers  dor> 
neni  au  loquet  d'une  porte,  ou  à  une  espèce  de 
pêne,  qui  s'ouvre  et  se  ferme  en  se  liauscant. 
avec  un  bouton  ou  une  co<juilte. 

CADRAN,  s.  m.  Horloge  solaire,  supcrfioie 
sur  laquelle  les  heures  sont  marquées,  et  où  iJ 
y  a  un  slylr  ou  une  aiguille,  qui ,  par  son  ombre, 
iiarque  l'heure  lorsque  le  soleil  luit  Cadran 
tMuinoxiiiî,  polaire,  horizontal.  Cadran  ver~ 
titil.  Le  style  sert  à  marquer  les  heurct  sur 
U  tidran.  Regarder  au  cadran  quelle  heure 
il  est 

Ou  appelle  aussi  Cadran .  La  partie  exté- 
rieure \'unc  horloge  h  rassort,  d'une  montre 
sur  laq\\  Ile  l'aiguille,  par  son  mouvement, 
marque  l'heure.  Cadran  d'or,  d'arcciï,  d'e- 
mail. Les  heures  de  ce  cadran  nt  sont  pas  hit9 


i86 


CAF 


mavfjuéea.Ce  cadran  ne  marque  que  trois  heures^ 
el  Vhorloqe  en  sonne  quatre. 

CADRt;.  subsï.  niasc.  (On  écrivoit  autrefois 
Quadre.  )  Bordure  de  boia  ,  de  marbre  ,  dit 
bronze,  clc.  raDS  laquelle  on  cncliûsse  des  ta- 
bleaux, dt-'-a  estampes,  des  bas-irliefs,  etc.  l  n 
UeuH  cadre  j  un  cadre  duré.  Un  cadre  bien 
sculpté.  Il  faut  faire  un  beau  cadre  à  ce  ta- 
bleau. 

Un  dit  figurémeiit,  Cadre,  en  parlant  des 
écnts,  pour  dire,  ï,c  plm  el  l'agiMicenient  des 
parties  d'un  ouvrage.  C'est  un  cadre  heureux  à 
remplir,  l.e  cadre  est  bien  inuic^iné.  On  fait 
entrer  bien  des  choses  dans  «u  tel  cadre.  Cadra 
mesffuin ,  etc. 

CADRER.  V.  D.  Avoir  Ji;  la  convenance,  du 
rapport.  La  réponse  ne  cadre  pas  avec  la  de- 
mande. Les  dépositions  de  ces  témoins  ne  ca- 
drent pas  ensemble.  Vous  vous  serve%  d'une 
comparaison  qui  ne  cadre  pus.  Ces  deux  chosci 
ne  cadrent  pas  bien  l'une  avec  Vautre. 

CAOCC,  VQVK.  adj.  Vieux,  cassé,  qui  a 
déjà  perdu  de  ses  forces,  et  <|iii  en  peid  tous 
les  jours.  Il  se  dit  proprement  De  l'iiomme,  on 
de  ce  qui  appartient  à  rlionime.  Ucvenir  eaduc. 
Age  caduc.  Santé  caduque. 

Il  se  dit  d'Une  maison  qui  est  près  de  londïer 
en  ruine.  Maison  vieille  et  caduque. 

On  appelle  aussi  ilipilcpsie  ou  le  IjaiU-mal, 
Le  mal  caduc.  Cet  humme  a  le  mai  caduc.  Il 
tombe  fit  mal  caduc. 

On  dit  en  termes  ie  Palais,  Legs  caduc,  suc- 
cession caduque^  ponr  signifier,  Un  !cus.  une 
succession  qui  n'a  pas  lieu,  faute  d'iicriliers  ou 
de  fonds,  ou  faute  d'accomplir  certaines  con- 
ditions. 

On  appelle  Lot  caduc,  Un  lut  qui  n'est  [loUit 
cdclamé. 

On  appelle  Voix  cadurfue^  O  I!e  qni,  par 
quelque  raison  particulière,  n'est  point  comptée 
dans  un  sufiraj^e. 

CADUCKE.  s.  maso.  Verge  accolée  de  deux  | 
serpcns,  que  les  Poètes  attribuent  à  Mci'cure. 
Ou  peint  Mercure  avec  son  caducée.  Le  cadu- 
cée est  un  des  symboles  de  la  paix. 

On  appelle  Caducée,  Le  b.iton  couvert  de 
velours  et  de  ileins  de  lis  d'or,  (pie  portent  le 
Roi  d'armes  el  les  Hérauts  d'armes  dans  les 
grandes  ccréninnies.  Le  Roî  d'armes  marchait 
à  la  tête  du  confot,  portant  son  caducée. 

C.\I>UCJTK.  s.  f.  L'état  d'un  homme  caduc. 
Cet  Aonime  approclie  de  la  caducité.  Il  est  dans 
une  extrême  caducité. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  maison.  Celte  terre  a 
été  moins  vendue^  à  «ause  de  la  caducité  de  la 
maison^  des  bdtimcns. 

En  style  de  Palais,  Caducité  d'un  legs^  S6 
dit,  Lorsqu'un  legs  devient  caduc. 

(J  A  F 

CAFAIU),  AKIH:.  s.  Hypocrite,  bigoi. C'est 
un  cafard.  Je  hais  les  cafards. 

\\  s::  prend  aussi  ad)<clivenicnt.  //  a  Vaif 
cafard. 

Un  appelle  Damas  cafard  ,  Une  sorte  de 
damas  niÊlô  de  soie  et  de  Heuret. 


CAG  CAH 

CAFAROERIE.  s.  f.  Hypocrisie,  dévotion    ,      CAGOT,  OTE.  adject.  Qui  a  une  dévotion 

Ç  fausse  ou  mal  entendue.  Il  a  l'air  caqct. 

substantif .  Ce  n'est  quun  cnjjo(, 


grossièrement  aiTectée. 

CAFÉ.  s.  m.  Espèce  de  fruit  en  forme  de 
fève,  qui  vient  originairement  d'Arabie,  que 
l'on  rôtit,  et  que  l'on  réduit  en  poudre,  pour 
en  faire  un  breuvage  que  l'on  appelle  aussi 
Café.  Balles  de  café.  Du  café.  Tasse  de  café. 
Prendre  du  café.  Rotîr  le  café.  Moudre  le  café. 

On  appelle  au^si  Café,  Le  lieu  où  l'on  va 
prendre  le  café.  Il  y  a  beaucoup  de  Cafés  à 
Paris  et  à  Londres.  Cela  s'est  dit  au  Cafc. 

On  dit  aussi,  Le  Café,  eu  parlant  du  mo- 
ment où  on  le  prend  après  le  repas.  On  iju  chez 
le  Ministre  au  café. 

CAFETAN,  s.  m.  Robe  de  distinction  en 
Usage  cliez  les  Turcs.  Le  Grand-  Seigneur  eu- 
voie  des  cafetans  aux  personnes  qu'il  veut  ho- 
norer ^  et  surtout  aux  Ambassadeurs,  et  à  ceux 
qui  paraissent  à  son  audience. 

CAFETIER,  s.  m.  Marchand  de  rafraîcJiis- 
(omens,  qui  pn'pare  le  café.  On  l'appelle  aussi 
Limonadier.  Voyez  ce  mot. 

CAFETIÈRE,  s.  f.  Pot  d'argent,  de  terre, 
de  fer -blanc,  etc.  qui  sert  à  faire  le  café.  /)e/!i; 
r«/c'tièrc.  Cafetière  du  Levant. 

CAFIEK.  s.  masc.  Ariire  qui  porte  le  café, 
dont  la  fleur  approche  de  celle  du  jasmin.  Il 
porte  un  petit  fruit  rouge  de  la  grosseur  d'une 
cerise.  Ce  fruit  renTermc  deux  semences  qui 
sont  notre  café. 

CAG 

CAGE.  s.  f.  Petite  loge  portative  de  I>.Uon3 
i'osier  ou  do  fil  de  fer,  pour  metiie  des  oiseaux. 
Mettre  un  oiseau  dans  sa  cage.  Cage  d'o.çier, 
iiefcr,  de  fil  d'archal.  Grande  cage.  Belle  cage. 

On  dit  ti;;urémenl  et  familièrement,  3/c((ri' 
un  homme  en  cage,  pour  dire,  Le  mettre  en 
prison;  et,  Être  en  cage,  pour  dire,  Être  en 
prison. 

On  dit  proverbialement,  qu'/i  vaut  mieiu: 
être  oiseau  de  campaijnc,  quoiseau  de  cage, 
pour  dire,  que  La  liberté  est  préféraljle  à  tout; 
el  que  Lg  hcllc  cane  ne  nourrit  pas  l'oiseau^ 
pour  dire,  qu'il  ne  sufiit  pas  d'ètie  bien  logé, 
qu'il  faut  eiicnrc  avoir  Je  quoi  vivre. 

Un  appelle  aussi,  La  caqc  d'une  maison ^  et 
d'un  escalier.  Les  quatre  gros  murs  d'une  mai- 
son, et  1rs  murs  qui  enferment  un  escalier. 

CAGKARI),  AROK.  adj.  Fainéant,  pares- 
seux. //  mène  une  vie  caqnanlc.  Il  est  du  stylo 
familier. 

Il  se  dit  aussi  substantivement.  C'est  ur  ca- 
gnard.  Dans  ce  dernier  sens,  le  peuple  l'em- 
ploie pour  signifier  Lâche  ou  poltron. 

CAGNARDER.  v.  n.  Vivre  dans  h  paresse, 
mener  ime  vie  obscure  et  fainéante.  Cet  honiiue 
ne  fait  plus  que  cagnarder.  Il  est  du  style  fa- 
milier. 

CAGNARDISE.  s.  f.  Fain;;antise,  paresse. 
Il  est  du  style  familier. 

CAG?4EUX,  EUSE.  adj.  Qui  a  les  Renou\ 
cl  les  jandx's  tournés  en  dedans.   Un  homme 
cagneux.  Une  jcmmc  caqneuse.  On  le  dit  aussi 
Des  Jambes  nicir.cs  ou  des  pieds.  //  a  les  jum-  ^ 
(tu  ctiqncuscs.  Il  a  les  pieds  cagneux. 


Il  est  : 
un  franc  cagot.  Une  cagote. 

CAGOi'EKIE.  s.  f.  Action  du  cagot,  ma- 
nière d'agir  du  cagot. 

GAGOTLsmE.  s.  masc.  Esprit,  caractèi-e  Un 
cagot ,  manière  de  penser  du  cagot. 

CAGUU.  s.  m.  Homme  qui  vit  d'une  ma- 
nière obscure  et  mesquine,  qui  ne  veut  voir 
ni  hante  personne.  L'est  un  cuqou.  Il  vit 
comme  un  cagou.  Itest  bas. 

CAGOUILLE.  s.  f.  Volute  qui  sert  d'orne- 
ment au  liant  de  léperon  d'un  vaisseau. 

CAGUE.  s.  f.  Ternie  de  Marine.  Êoite  de 
bâtiment  Ilollaudois. 

CAH 

CAHiER.  s.  m.  Assemblage  de  feuilles  de 
papier  ou  de  parcliemin  jointes  ensemble.  Ctt- 
hier  de  papier.  Cuhiei  blanc.  Cahier  écrit.  Les 
cahiers  d'un  Livre.,  d'un  Registre. 

On  appelle  Cahiers  de  Philosophie  et  de 
l  héologie.,  Les  écrits  qu'un  Professeur  diclc  à 
ses  Ecoliers  durant  son  cours.  Il  u  pris  L'S  cu- 
hiers  d'un  tel  Prujt-sseur. 

On  dit  aussi.  Les  cahiers  des  Etats^  les  ca- 
hiers de  l'Assemblée  du  Clergé j  pour  dire,  Le 
résultat  des  délibérations  des  États ,  ou  du 
Clergé,  et  les  demandes  qu'ils  fout  au  Roi. 
Porter,  présenter  le  cahier.,  les  Cahiers.  RepoU' 
dre  les  cahiers. 

Cahiei\  uk  FRAIS,  sii;nific ,  Le  mémoire  des 
frais. 

CAHIN-CAHA.  adv.  Tact  bien  que  mal  II 
se  dit  des  choses  qu'on  fait  difficilement ,  à  plu- 
sieurs reprises,  et  de  mauvaise  grâce.  /(  a  fait 
ce  que  je  lir.  demandois  ;  mais  il  ne  Va  fa.t  que 
cahin-caha.  Il  est  familier. 

CAHOT.  5.  m.  Espèce  de  saut  que  fan  um 
charrette,  ou  uu  carrosse,  ou  un  coche,  en 
roulant  3ur  un  chemin  raboteux  et  mal  uni. 
Faire  des  cahvis,  un  grand  cahot. 

On  dit  aussi,  A'oas  avons  e^j.'oni'é  bien  des 
cahots  sur  celte  routCy  pour  dire,  "Ncus  avons 
trouvé  des  chemins  qui  font  faire  lieu  des 
cahots. 

Un  dit  fignrément  Cahct,  pour,  Accident, 
i:liuc  iuiï)révu  des  événemons.  Aous  as^vm 
éprouvé  bien  des  cahots  dans  cette  affaire. 

CAHOTAGE.  s.  m.  .Mouvemer.t  fré,ii(*ui 
causé  par  les  cahots.  Je  ne  puis  sculfiir  le  ca- 
botage d^tn  coche. 

CAHOTANT,  ANTE.  adj.  Qui  fait  faire  des 
caliots. 

CAHOTER.  V.  a.  Causer  des  cahots.  Ce  cur- 
rossc  nous  a  bien  cahotés.  Nous  avons  été  bien 
cahotés  dans  ce  chemin.  J  ai  été  très'long- 
temps  cahoté  par  la  fortune. 
Cahoté,  rE.  participe. 
C.VHUrTE.  s.f. Petiie  loge,  hutte,  cohaiiC, 
maisonnette.  Il  u'a  qu'une  méchante  cuhutte. 
Ce  n'est  pas  une  maison  ,  ce  n'est  qu'une  *  .i- 
hutte. 


CAl 

■»  ■ 

C  AI 

CAÏEU.  sulist.  m.  Rejeton  des  ognons  rjiii 
portent  fleur.  Cuieii  Je  (uli/ie. 

On  Jit  aussi  d'Une  fleur  qui  vient  d'un  enïcu 
que  C'est  un  caleu.  Cette  tulipe  n'est  qu'un 
caïcu  de  Vannée. 

CAILLE,  s.  f.  Petit  oisenu  de  passade  qui  a 
le  plumnj;e  grivclc,  et  dont  la  chair  est  déli- 
cate Cnille  qrasse.  La  saison  des  cailles. 

CAII.LEDOTTE.  s.  f.  Masse  de  lait  caille. 
Sous  fli'on5  mariné  des  caillehotlcs. 

CAILLE-LAIT,  ou  GALLIUM,  subst.  m. 
Plante  ainsi  onninice,  parce  qu'elle  a  la  vertu 
de  cailler  le  l.iit.  Gn  en  fait  usaj^e  en  Médecine. 
et  principalement  dons  les  nialndies  qui  atta- 
quent les  nerfs. 

CAILLEMENT.  s.  m.  Kiat  du  lait  ou  d'um 
autre  liqueur  qui  se  caille. 

CAILLER.  T.  a.  l'iger,  coaguler,  épaissir. 
La  présure  caille  le  lait. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
7-e  'lait  se  caille.  Le  sanq  se  caille.  CAa  fait 
cailler  le  lait. 

Caille  ,  ée.  participe.  Loit  caille.  San(j 
caillé. 

Ou  dit  aussi  absolument,  Du  caillé,  pour 
(Tire,  Du  lait  caillé;  et  on  le  dit  substanlivc- 
mcot. 

CAILLETEAU.  s.  m.  Jeune  caille.  Un  nous 
û  servi  des  cnilleteatix. 

CAILLETTE,  s.  f .  La  partie  du  chcvrean , 
a^eau,  veau,  etc.  gui  conticot  la  présure  à 
cailler  le  lait. 

On  appelle  Caillette,  et  Cmllede  de  quar- 
tier j  Une  femme  frivole  et  babillarde.  C'est 
une  caillette.  On  le  dit  aussi  d'Un  homme  fri- 
vole et  babillard.  C'est  «ne  franche  caillette. 

CAILLOT,  s.  m.  Grumeau  de  sang.  Petite 
mosse  de  sang  caillé.  /(  crache  des  caiilols  de 
sanrj. 

CAILLOT-ROSAT.  s.  m.  Poire  ainsi  nom- 
mée, parce  qu'elle  est  pierreuse,  et  qu'elle  a 
un  gotît  de  rose.  Elle  est  aujourd'hui  peu  es- 
timée. 

CAILLOU.  ».  m.  Fiene  tr.s-dure .  qui  varie 
pir  la  couletir,  et  qui  donne  des  étincelles, 
lorsqu'on  la  frapiw  avec  de  l'acier.  Chemin 
plein  de  cailhui.  Caillou  de  rivière.  Caillou 
uni  et  poli.  Dur  comme  un  caillou. 

l,e  Caillou  d'EjjypIe  est  une  espèce  de  jas])c 
dans  lequel  la  nature  a  formé  différentes  figures 
qui  resscmlilent  il  des  grottes, des pavsaget, etc. 

I/s  CaïUoiur  de  Médoc  et  du  Hhin  sont 
blancs  et  tranaparcns  comnii-  du  cristal. 

CAILLOUTAGE.  s.  m.  Nom  collectif.  Ou- 
vrage de  cailloux  ramasses.  Grolle  de  caillou- 
lage.  Chemin  de  cailluutage,  etc. 

C.A.I.1IACAN.  s.  ta.  Lieutenant  du  Grand 
Vi7Jr.  L'un  det  Caimacans  est  (iouvcrneur  de 
CcDslanlino|)lo  ,  ei  n'en  son  jamais. 

C.AL>Li>'.  •  m.  Eipccc  de  crocodile. 

CVnL\M)i;R    V.  n.  Voy.  QvtuKVDTv. 

CAIMA-NHiaR,  El'SE.  t.  Voy.  Qcéman- 

DCUft. 

CAIQUE.  9.  tnasc.  Sorte  de  clialoapr,  pi-tit 


CAL  CAL  .87 

bâtiment  qui  sert  ordinairement  avec  les  Gale-      nu  petit  g  'lop,  pour  toi  apprendre  i  nlior  les 
res  dans  la  IMi'ditemnée.  On  envoya  le  calque      hanches ,  et  à  formnr  son  arrêt 


poiM-  reconnollre  les  ennemi" 

CAISSE,  s.  f.  Espèce  de  rolfre  de  hois  oii 
l'on  met  diverîics  sortes  de  marcljaudises.  Une 
caisse  de  raisins.  Des  caisses  de  sucre,  etc.  Rai- 
sins de  caisse. 

Il  se  dit  aussi  d'LTn  assemblage  de  planches 
en  carré  que  l'on  remplit  de  terre,  et  où  l'on 
met  des  oran;;ers  et  d'autres  arbres  ou  arbustes. 

Il  se  prend  encore  pour  IjC  lieu  où  les  Fi- 
nanciers, Banquiers,  Marchands,  etc.  mettent 
leur  argent.  Allez  à  la  caisse,  -vous  serez  payé. 
On  dit.  Tenir  la  caisse,  pour  dire,  Avoir  le 
maniement  de  l'argent  d'uu  Financier,  d'un 
lianquier,  d'un  Marchand,  etc. 

*tn  appelle  Caisse  Militaire,  La  caisse  qui 
rcntient  l'argent  destiné  aux  dépenses  d'une 
\rmée,  d'une  Troupe. 

Caisse,  signifie  aussi  Un  Tambour.  Battre 
la  caisse.  Caisse  de  tambour. 

On  d'I.  Battre  la  caisse,  pour  signifier,  Le- 
ver des  soldais. 

En  Analomie.  on  désigne  jiar  le  nom  de 
Caisse  de  tambour.  Une  Ci.vilé  demi-spliériqnc 
qui  se  trouve  au  fond  du  trou  auditif  externe 
de  l'oreille. 

CAISSIER,  s.  masc.  Celui  qui  tient  la  c.iiss  ■ 
chez  un  Financier,  chez  un  Banquier,  ou  chez 
un  Marchand.  Un  tel  est  son  caissier. 

C.AI.SSON.  s.  m.  Gr.inde  caisse  qui  sert  or- 
dinairement pour  porter  des  vivres  et  des  mu- 
m'tions  à  l'armée.  Les  caissons  de  l'artillerie. 
Les  caissons  des  vivres.  Les  caissons  des  Mu- 
nitionnaires. 

C  AJ 

C.V.TOLER.  V.  a.  Flatter,  louer,  entretenir 
quelqu'un  de  choses  qui  lui  plaisent  et  qui  le 
touchent,  avec  intention  de  le  séduire.  Il  l'a 
lanl  cajolé,  qu'il  a  obtenu  ce  qu'il  demandait. 
Il  n'est  que  de  la  conversation. 

Il  signifie  aussi ,  Tâcher  de  séduire  une 
femme  ou  une  fille  par  de  belles  paroles.  /( 
fiut  avertir  la  mère  qu'un  tel  cajole  sa  fille, 
i  ne  honnite  femme  ne  se  laisse  pas  cajoler. 

Cajolé  .  et.,  participe. 

CAJOLERIE,  subst.  f.  Louante  où  il  y  a 
quelque  aflertation,  et  qui  sent  In  flatterie.  "Vos 
lûuanqes  ne  sont  que  de  pures  cajoleries. 

Il  se  prend  aussi  pour  Le  langage  flatteur 
dont  on  se  SirI  pour  ticlier  de  séduire  une 
femme  ou  une  fille.  Souffrir,  aimer  la  cajo- 
lerie. 

CAJOLEUR  ,  EUSC.  s.  Qui  cajole.  C'est  un 
cajoleur,  un  vrai  cajoleur.  Ce  n'est  qu'une  ca- 
joleuse. 

C.AJUTE.  s.  f.  Lit  dans  un  VaissMu. 

CAL 

CAL.  s.  m.  Durillon  qui  rient  aux  pieds, 
aux  mains,  aux  penoux.  71  nient  des  cals  au.r 
maint  i  force  de  travailler,  et  aux  pieds  à 
frce  de  marcher. 

CALADE.  t.  f.  Penl--  d'un  terrain  élevé  par 
où  l'on  fait  dcacradre  plt>«cur>  fuis  un  cheval 


CALAISO>".  subst.  fém.  Profondeur  d'un 
navire  depuis  le  premier  pont  jusqu'au  fond  de 
.aie. 

CALA'MBOUR.  subst.  m.  Sorte  de  Lois  qui 
vient  des  Indi  s. 

CALAMKNT.  s.  mnsc.  Plante  qui  porte  une 
fleur  labiée,  dont  l'odeur  est  assez  .igréable.  et 
qui  a  été  mise  au  nombre  desCéphali qncs.  Elle 
est  d'usage  en  Médecine,  stiilnut  dans  l'asthme 
et  dans  les  ulcères  du  punmou.  On  emploie  le 
ccilanicnf  comme  le  thé. 

CVLAMINE. ou  PIERRE CALAMI.N AIRE. 
subst.  f.  Substance  minérale  jaunâtre,  qui  a  ia 
ferme  d'une  pieirc  ou  d'une  terre,  dont  on  se 
sert  pour  faire  le  cuivre  jaune  011  laiton .  parce 
qu'elle  contient  le  d"mi- métal  qu'on  nomme 
Zinc,  qui  a  rctte  propriéui.  On  a  mis  trop  de 
calamine  en  fondant  ce  cuivre. 

C  \  LAMISTRER.  V.  act.  Friser,  poudrer.  Il 
est  familier. 

CALAMiSTnK,  ÉE.  participe. 
CALAMITE,  s.  fém.  Un  des  noms  qu'on  0 
donnés  à  la  pierre  d'aimant  et  à  la  boussole. 

CALAMITÉ,  s.  f.  Grand  malheur,  mallicnr 
public  qui  se  répand  sur  une  Contrée,  sur  une 
\ille.  7,(1  jiicrrc,  la  peste,  sont  des  calamités. 
C'est  une  riraie  calanùtc. 

II  se  dit  aussi  d'Un  .issemblage  de  malheurs 
qui  tombent  sur  un  individu.  La  perle  de  ses 
cnfans  cl  de  sa  fortune  a  accablé  sa  vieillesse 
de  calamités. 

CALAMITEUX,  EUSE ,  adj.  Misérable.  Ce 
mot  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  Des  temps  de 
peste,  de  guciTe,  de  famine,  etc.  qu'on  appelle 
Des  temps  ca'.amiteur. 

C.AL.-iXORE.  s  f.  Sorte  de  grosso  ciive  ou 
de  grosse  alouette. 

CALAXDaK.  s.  f.  Ver  qui  ronge  le  blé  dans  le 
grenier.  Ce  blé  est  tout  plein  de  calandres. 

Calasdive.  s.  f.  Machine  dont  on  se  sen 
pour  presser  et  lustrci  les  draps,  les  toiles  et 
autres  éloflcs.  .1/e(lrc  ilu  taffetas,  de  ta  moire 
à  la  cahindre.  Faire  passer  des  étoljls  à  la 
calandre. 

CALAXDRER.  v.  a  Faire  passer  par  la  ca- 
landre. Caluridrer  une  étoffe,  une  nappt 
CALAiDnÉ,  ÉE.  participe. 
CALAIRAVA.  s.   m.  (  L'ûrdr*  di  )  Nom 
d'un  Ordre  militaire  d'Espagne,  institue  pu 
Sanclie  III.  Roi  de  Caslille,  en  i  i58. 

CALCAIRE,  adj.  des  1  g.  Il  désigna  les 
terres  ou  les  pierres  que  l'aclion  du  fen  peut 
changer  en  chaux .  et  qui  se  dissolvent  dans  'es 
acides;  telles  sont  la  craie,  le  marbre,  la  pierre 
h  chaux,  les  coquilles,  etc. 

C.VLCÉnoiNE.  s.  f.  Nom  qu'on  donne  à 
une  agate  d'une  couleur  trouble  cl  remplie 
comme  de  nuages. 

CAI.CÉn<>IVEU\  .  EUSE.  adj  II  se  dit  Des 
pierres  précieuses  qui  ont  quelque  marque, 
quelque  ticlie  blanche. 

CALCIXATION.  s.  f.  Opération  *  Chimie, 
par  laquelle  une  terre,  tinc  pierre  ou  un  métal 
sont  réduits  dans  l'état  de  chaux  par  la  violence 

a4. 


i88 


CAL 


du  feu.  Calâiiatïun  du  vitriol,  du  ploinhj  de 
l'or,  elc 

CALCINER.  V.  net.  Réduire  en  chaïu.  !1  se 
dit  principalement  de  celte  opération  cliiniique 
(jL'i  rdduit  CQ  chaux  par  la  force  du  feu,  Us 
pierres,  les  métaux,  les  minéraux ,  etc.  Calci- 
ner le  salpêtre,  le  vitriol,  les  ?iiélaitx,  de  II 
se  dit,  par  extension,  De  tout  ce  qui  éprouve 
une  violente  action  du  (eu. 

Calciné,  ée.  participe. 

C.4LCUL.  s.  m.  Sui<put,-ition ,  compte.  Cal- 
cul exact.  Faire  le  cnlcul  de  ijucltjue  somme. 
Par  nwii  calcul,  j'ai  trom'é  qtt?....  Erreur  de 
calcul.  Sauf  erreur  de  calcul.  Se  tromper  dans 
un  calcul. 

On  dit,  tjnc  L^errcur  de  calcul  ne  se  couvre 
foint,  pour  liire,  qu'Un  pi  ut  toujours  revenir 
contre  l'erreur  de  calcul. 

On  dit  pioverbial.  et  figurém.,  Se  tromper 
dans  swi  calcul,  pour  dire.  S'abuser,  se  mé- 
prendre en  quelque  cliose  que  ce  soit. 

Calclx , est  aussi  un  terme  de Médicine , qui 
signifie,  La  pierre  qui  s'engendre  dans  les  reins 
et  dans  la  vessie. 

CALCULABLE,  adj.  lîcs  2  g.  Qui  se  peut 
calculer. 

CALCULATEUR,  s.  m.  Qui  calcule.  Cet 
Astronome  est  un  grand  et  bon  calculateur. 

CALCULER.  V.  act.  Suijputei ,  complcr. 
C'est  lui  qui  a  calculé  toutes  ces  sommes.  On 
le  dit  aussi  absolument.  Après  avoir  lieu  cal- 
culé, je  IroiiM  ijnc On  dit  aussi,  Calculer 

des  Itdilcs  astronomiques ,  pour  dire.  Dresser 
des  tables  propics  j  l'usnge  des  Astrouonies; 
Calculer  une  éclipse,  pour  dire,  Déterminer 
p;ir  le  calcul  le  temps  et  les  circonstances  d'une 
éclipse. 

Calculé,  ïe.  participe. 

CALE.  s.  f.  .\bri  entre  deux  pointes  de  terre 
ou  de  roclicr.  Le  miisseau  hattu  (l^;  la  tempête 
ne  sauva  dans  une  cale.  Les  Corsaires  se  cachent 
dans  des  cales,  pour  surprc}idre  les  petits  vais- 
seaux qui  pussent. 

On  appelle  Fond  de  cale.  Le  lieu  le  plus 
bas  d'un  vaisseau.  On  a  mis  ces  marchandises, 
ces  esclaves  à  fond  de  cale.  i 

On  appelle  aussi  Cale,  Un  morceau  de  bois 
plat ,  qu'on  met  sous  une  poutre ,  sotïS  une  so- 
live ,  ou  sous  les  pxds  d'une  table ,  pour  qu'elle 
soit  de  niveau.  Cette  poutre,  cette  table  baisse 
plus  d'un  côté  que  de  l'autre,  il  y  faut  meïlrfi 
une  cale. 

Cale,  si;;nifie  encore,  Une  espèce  de  chûti- 
mcnt  assez  ordinaire  dans  les  vaisseaux ,  et  qui 
consiste  à  suspendre  un  liomme  à  la  vergue  du 
grand  mût,  et  à  le  plonger  plusieurs  fuis  dans 
la  mer.  Donner  la  cale.  Il  a  été  condamné  à 
la  cale. 

CALEBASSE,  s.  (.  Finit  des  Iles,  qui  croît 
en  forme  de  cilroiiilli',  et  dont  on  extrait  une 
liqueur, qu'on  regarde  coninicspécifiqiiccontrc 
les  maux  de  poitrine.  Sirop  de  calebasse. 

Calebasse.  Espèce  de  bouteille  faite  d'une 
courge  scrJice  et  vidée.  Il  n^y  avoil  pas  un  sol- 
dat qui  n'eût  sa  calebasse  pleine  de  vin. 

On  met  aussi  des  calebasses  vidées  et  bou- 


CAL 

cliées  sous  les  aisselles  ^  pour  apprendre  h  nager. 

Nager  avec  des  calebasses. 

On  dit  proverbialement  et  figurcm.  Frauder 
la  calchassc^  pour  dire,  Ttompcr  qurlqu'iin, 
en  ne  lui  donnant  pas  son  cotitin^(;iit  dans  les 
choses  qui  doivent  se  partager.  Il  est  populaire. 

CALEIiASSlER.  s.  m.  Arbre  de  lAm6rique, 
qui  ressemble  au  pommier. 

CALÈCHE,  s.  f .  .Espèce  de  carrosse  coupé. 
Calèche  légère j  douce. 

On  appelle  aussi  Calèche^  Une  sorte  de  car- 
rosse léger,  entouré  de  maiiteleU,et  dont  on  se 
Rer-t  pour  se  promener  dinsdes  jardins.  Se  pro- 
mener en  calèche. 

On  donne  aussi  ce  nom  û  une  sorte  de  Coif- 
fure de  femmes,  qui  se  replie  sur  elle-même, 
ou  qu'elles  ramènent  sur  leur  tête  à  leiu-  grt*. 

CALEÇON,  s.  ni.  Vêtement  qu'on  met  sous 
le  haut-de-cbausse,  qui  couvre  depuis  la  cein- 
lure  jusqu'au-x  genoux.  Caleçon  de  toile  ^  de 
chamois,  de  ratine^  etc.  Se  mettre  en  caleçon. 
Etre  en  caleçon. 

CALiii- ACTION,  s.  Çém.  Terme  didactique. 
Clialeur  causée  par  l'action  du  fou.  Cette  pic- 
paraiion  se  fait  par  une  létjère  caléfadiou. 

CALEMBOUR,  s.  m.  Mauvais  jeu  de  mots, 
fondé  sur  une  équivoque  de  mois.  Faire,  dirt 
un  calembour.,  des  calembours.  U  est  familier. 

CALEMBRI^D.U^E.  s.  fém.  Bourde,  vains 
propos,  faux-fuyans.  Il  m^a  dit  des  calembre- 
daines. Il  ne  répond  à  tout  ce  qu^on  lui  dit  qm 
des  calembredaines.  Vous  éludez  mes  questioui 
par  des  calemla-edaines. 

CALENCAR.  s.  m.  Sorte  de  toile  peinte  des 
Indes. 

CALENIÎER.  subst.  maso.  Nom  de  certains 
[lelii;ieux  Turcs  ou  Persans,  la  plupart  vaga- 
honds. 

CALENDES,  s.  f.  pi.  Premi'T  jour  de  cha- 
que mois  cliez  les  Romains.  CulenJesfïeJmii'ic.'-. 
Calendes  de  j\îar$. 

On  dit  proverbialement.  Renvoyer  aitx  Ca- 
lendes Grecnues  ,  pour  dire.  Remettre  une 
chose  à  un  temps  qui  ne  viendra- jamais  :  ce 
qui  se  dit  parce  que  les  Grecs  n  avoicnt  i>oint 
de  Calendes. 

On  appelle  Calendes  ^  Certaines  assemblées 
des  Curés  de  campagne,  convoquées  par  l'ordre 
de  l'Évcque.  Il  est  allé  aux  Calendes.  Les  Ca- 
lendes se  tiennent  dans  une  telle  Paroisse. 

CALENDRIER,  s.  m.  Le  livre  ou  la  table 
qui  contiinl  Tordre  et  la  suite  de  tous  les  jours 
de  l'année.  Vieux  Calendrier.  Nouveau  Calen- 
drier. Le  Calendrier  des  Egyptiens,  da  Ilo- 
mainsj  des  7  iircs,  etc. 

On  appelle  Vt'eu.r CuïenJrier,  Celui  dont  ou 
se  servoit  avant  U  réformation  qui  eu  fut  faite 
pai  le  Pape  Grégoire  Xlll;  et  Nouveau  Calen- 
drier., Celui  qui  est  conforme  à  la  réformation 
faite  par  ce  Pape.  Le  nouveau  Calendrier  avance 
d'onze  jours  sur  Vancien. 

CALENTURE.  s.  fém.  Fièvre  cJiaudc  nsstï 
commune  sur  mer. 

CALEPIN,  s.  m.  Ce  mot  n'est  point  mis  ici 
(X>nime  le  nom  d'un  Diciionunirc  particulier, 
Riais  coxiune  un  nom  devenu  appellauf,  yoiiT 


CAL 

signifier  Un  recueil  de  luots,  de  uoies,  d'ex^ 
traits ,  qu'une  pirrsnnne  a  composé  à  son  usago. 
Je  consulterai  là-dessus  mon  calepin.  'Voilà  de 
quoi  bien  enrichir  son  calepin.  Cela  u'csl  pas 
datis  son  calepin. 

C.4LEU.  v.  a.  Baisser.  U  ne  se  dit  guère  que 
Des  voiles  d'un  vaisseau.  Caler  la  voile. 

On  dit  figurément,  Caler  la  voile,  pour  dire. 
Baisser  le  ton ,  diminuer  de  résistance.  Avec  les 
qrands,  le  plus  sûr  est  de  caler  la  voile. 

On  dit  en  ce  même  sens,  absolument  et  fa- 
milièrement, Caler.  H  faut  caler. 

Caleh.  v.  a.  Mettre  une  cale.  Il  faut  caler,  U 
pied  de  cette  table. 

Calé,  ée.  participe. 

CALFAT.  s.  m.  Terme  de  Manne.  Cekii  qui 
calfate  un  vaisseau.  Bon  calfat.  Maître  culfat. 

Il  signifie  aussi  L'ouvrage  que  fait  le  calfat. 
Ce  vaiss'eau  a  eu  son  calfat. 

CALFATAGE,  s.  m.  Éloupe  enfonça;  dans 
la  couture  du  vaisseau. 

CALFATIÎR.  V.  a.  Boucher  les  trous  et  !c» 
fentes  d'un  vaisseau,  et  l'enduire  de  poix  et  de 
goudron,  pour  empêcher  que  l'eau  n'y  entité 
Calfater  un  nat^ire,  un  vaisseau,  une  galère. 

Calfaté  ,  ée.  participe, 

CALFEUTRAGE,  s.  m.  Ouvrage  de  ccliti 
qui  tiavaille  à  calfeutrer  une  porte ,  une  feuèlre. 
Bon  calfeutrage.  Travailler  au  calfeutrage. 

CALFEUTRER,  v.  a.  Boucher  les  fenl/:s 
d'une  poite,  d'une  fenêtre,  avec  du  papier,  ds 
paithemin  collé,  ou  des  lisières,  etc.  pour  cm^ 
pécher  que  le  vent  n'ei.Ue.  Il  faut  callcutrer 
cette  porte, 

CalfeutiiiS,  ée.  parlicipe. 

CALIBRE,  s.  m.  La  grandeur  de  l'ouverture 
du  canon  de  toutes  sortes  d'armes  à  feu.  Le  ca- 
libre d'un  mousquet,  etc.  Les  canons  des  batte- 
ries doivent  avoir  tant  de  calibre.  Un  mousijuo! 
ton  de  gros  calibre. 

ïl  veut  diie  aussi,  La  grosseur  de  la  balle, 
proportionnée  à  l'ouverture  du  pistolet ,  du 
mousquet,  du  canon.  Cette  balle  est  de  tel  ou 
tel  calibre.  Bulle  de  calibre. 

Il  signifie  figurément,  La  qualité,  l'élût,  etc. 
d'une  personne.  Ils  ne  sont  pas  tous  deiuc  île 
mànc  calibre.  Il  e.-t  du  style  familier. 

Calibre,  est  aussi  un  terme  d'jVrcliilccture, 
et  il  signifie  ,  Volume,  grosseur.  Ce*  Jeux  cur 
lonncs  sofit  de  même  calibre. 

CALIBRER,  v.  a.  Passer  des  boulets  dans  le 
calibre  pour  les  niesiu-er.  Cal.brcr  des  bulles. 
Leur  donner  le  calibre,  la  grosseiu-  convcuahle. 

Cai.idké,  le.  participe. 

CALICE,  t.  m.  Le  vase  .sacré  où  se  fait  hn 
coiLsccratioi!  du  vin  dans  le  Sacrifice  de  b 
.Messe.  Calice  d'or.  Calice  d'urgent.  Elever  le 
calici\ 

On  dit  Ggnicment  et  provcrbialem. ,  Botnc 
le  calice,  avaler  le  culac,  pour  dire,  Souflrii 
contre  son  gré  quel]iie  cliose  de  f^clieiLt  et  iL: 
rude.  Cela  est  rude,  mais  il  faut  uvalei  U  ca- 
lice, il  faut  hvin-  le  colicc. 

On  dit  proverbinlcm.  qn'Un  homme  est  doré 
comme  un  calice,  pour  dire,  qu'il  a  des  babils 
cliargés  de  galon  ou  i:  bi-odcric  d'oc. 


CAL 


CAL 


Calice,  en  termes  de  Fleuriste,  est  iL-vrise-  CALOMMATEUR,  AïiUCE.  subsi.  Celui, 

ment  de  l'extrémité  des  branches  ou  des  queuesÇJ  celle  <|ui  caloninie.  Passer  pour  un  adomnia- 
qiï'i  poriunt  k-s  fleurs.  I^plupart  des  c.ilices  sont 
de  couleur  verte. 

CALIl'K.  s.  m.  Nom  qiie  portoîeut  des  S<ui 
veraîns  .Mahométaiis.  Ils  rtiuuissoîcul  le  pou- 
voir temporel  et  le  spirituel.  Ce  mol  siguilie  en 
AraK*,  Successeur ,  relalivL'meut  ii  Maliomet. 

C\LII'OURCHO-\.  s.  m.   Il   ne  s'emploie 


tju'advcrbialement  et  duns  le  etyle  i'umilier, 
avec  ïa  préposition  à.  et  se  dit  pour  sirjnificr 
qu'On  est  F.ssis  sur  quelque  chose  jambe  de-çi . 
jambe  de-l.'i  ,  comme  quand  on  est  à  cheval. 
Aller  à  calijourchon.  Se  mettre  à  califourchon. 
Être  à  califourclion  sur  tin  bâton ,  etc. 

CALïN.  s.  m.  Niais  et  indolent.  C'est  un 
câlin.  Il  fait  le  cJUn.  Il  est  familier. 

alUNER,  SE  CALINER,  v.  pr.  Se  tenir 
dans  L'inaction  ^  dans  lindolence.  Il  passe  lu 
temps  à  se  câliner  (Lins  un  fauteuil.  Il  est  fanii' 
Cer. 

CALLEUX,  EUSE.  adj.  Où  il  y  a  des  culs. 
Uïcèrc  calleux.  On  appelle  Corps  calleux,  L;i 
pûrtie  qui  couvre  les  deux  ventricules  du  cer- 
veau. 

CALLIOPE.  s.  f.  Nom  de  la  Muse  qui  prô- 
nde  à  la  Poésie  Kpique. 

CALLOSITÉ,  s.  fcm.  Chair  solide  et  scchc 
qni  s'entendre  sur  l«ts  bords  d'un  ulcère.  11  se 
forme  aussi  des  callosités  aux  mains  et  aux 
pieds,  sans  qu'il  y  ait  une  plaie. 

C-VL^IANUK.  s  r.  Étoffe  de  laine  lustrée 
Stni  cûtû,  comme  le  satin. 

CALMANT,  s.  m.  Remède  qui  calme  les 
douleur».  Prendre  un  calmant. 

CALMAR,  ou  CURNET.  s.  m.  Animal  du 
gmfre  des  animaux  mous.  Il  ressemble  beau- 
coup h  la  Sèche  cl  au  Polype.  H  a  aussi  conmi  • 
ocs  animaux  un  réservoir  plein  d'une  liqucuc 
noire  comme  de  l'encre  :  de  là  vient  son  nom 
de  Calmar  ou  de  Cornet. 

CAUiAn.  s.  m.  Etui  où  Ion  met  tes  plumes 
■  ânirc.  Il  est  vieux. 

CAL.ME.  adj.  des  2  genres.  Ira:u;uille,  sans 
Agitation.  La  mer  est  ctihne.  I/air  est  calme. 
Lieu  calme  et  hors  du  bruit. 

On  dit,  qu'C^n  mal^ide  est  calme,  pour  dire, 
<]Tfll  est  sans  agitation  et  sans  douleur. 

On  dit  figurt'Miicrit  :  Esprit  calme,  vie  calma 
tf  tranquille.  Ce^'t  un  Homme  fi}rt  cnlme.  Son 
humeur  est  ordindi'rf.-nenl  culme. 

Calmr.  t.  m.  Bonaci.-.  Quand  il  fut  en  haut»'. 
Ditr,  le  calme  le  prit,  et  l'empccha  d'avancer. 
Tî  y  a  de  (jraiids  calmes  dans  ces  VKrs-là. 

Il  fignifio  ûgurément,  Tranquillité.  Je  vis 
ici  dans  un  ^rand  calme.  Un  doux  calme.  Le 
adme  de  Vesprd. 

C.VL.MEK.  V.  a.  Apaiser  ,  rendre  calme. 
Calmer  Us  flots.  Calmer  Voraqe  ,  ta  tempête 
Calnter  une  scdiliorL 

11  se  dit  aussi  fi<;unhn.  Calmer  la  esjirils. 
Calnter  lui  bjut.  Calmer  les  passions.  Calmer 
la  daitlatr. 

U  a*emploie  absolument.  Cela  n'est  i»i.<i  pro- 
pre à  calmer,  fl  s'étudie  toujours  <î  calmer. 

Cauu^  iZ-  paitici^e. 


teur.  C  eut  une  calomntatnce. 

CALOMNIE.  8.  f.  Fausse  impulntion  qui 
blesse  la  raputaiion  et  l'iitumeur.  C'est  une 
pure  calomniey  une  noire  caïotnfiic.  Inventer 
une  calomnie.  Fahritpier  une  cidomfiic  corifra 
(Quelqu'un.  Forger  une  calomnie.  Se  justifier^ 
se  purger  d'une  calomnie.  Repousser  une  ca- 
lomnie. 

CALOMNIER.  V.  a.  Attaïuci,  blesser  Ihon- 
neur  de  (pielqu'uu  par  des  impuialions  fausses 
et  inventées.  Les  méchans  sont  sujets  à  calom- 
nier les  qens  de  bien. 

Caj-ommk,  ée.  pai'tîcîpe. 

GALOMNIKUSEMENT.  adverbe.  Avec  ca- 
lomuie.  Il  a  été  accusé  calonmieusement, 

CALOMNIEUX,  EUSE.  adj.  Qui  contient 
en  soi  une  calomnie.  Ce  sont  des  discours  ca- 
lomnieux. Une  accusation  calomnieuse.  Des 
paroles  calomnieuses. 

CALOTTE,  s.  f.  Espèce  de  petit  bonnet  qui 
ne  couvre  ordinairement  que  le  haut  de  la  tiHc. 
Calotte  de  satin,  de  muroquiji.  Porter  la  ca- 
lotte. Les  Cardinaux  portent  la  calotte  rourjc. 

On  dit,  que  Le  Pape  a  donné  la  caloltc.  à 
quelqu'un,  pourdire,  qu'il  la  cleve  à  la  dignité 
de  Cardinal. 

On  appelle  C(i/o((e  à  oreilles,  Une  jurande 
calotte  qui  couvre  les  oreilles. 

CALO^'ER.  s.  m.  r^Ioine  Grec  de  l'Ordre  de 
St.  Basile.  Les  Caloycrs  se  trouvent  principa- 
lement du  côté  du  mont  Athos,  tt  dans  l'Ar- 
rliipù. 

CALQUE,  s.  in.  Trait  li-jjer  d'un  dessin  qui 
a  été  calqué,  /'rendre  un  calque. 

CALQUER.  V.  a.  Coulre-tirer  un  dessin,  le 
copier  trait  pour  trait,  en  passant  une  pointe 
sur  les  traits,  afin  qu'ils  s  impriment  sur  un 
papier,  une  toile,  une  ptacclie  de  cuivre,  etc. 
C*ah|uer  une  estampe. 

Calqcé,  ée.  participe.  Vn  dessin  calcji::- 
sur  un  autre. 

C.VLUMET.  s.  m.  Espèce  de  giaride  pipe  e:i 
usage  clicr  les  sauvage*,  et  qu'ils  prcsontcul 
comme  un  symbole  de  pai.x. 

CALUS.  s.  m.  (On  pron.  l'S.  ;  Espèce  de 
rireud  qui  se  l'or  me  d'une  humeur  épaissie,  et 
(jui  rejoint  Ic^  p  trMcs  d'un  os  rompu.  Quand 
on  a  l'os  de  la  jambe  mmpu,  il  ne  faut  pas  i\ 
remuer  que  le  calus  ne  soit  fait. 

IL  si^niûc  figurémeni,  Un  endurcissement 
d'esprit  et  de  coj  - ,  qui  se  forme  par  la  longu 
habitude.  Il  se  prend  ordinairement  en  mau- 
vaise paît.  Cet  homme  est  insensible  aux  misère: 
du  prochain,  il  s'iuf  fait  là-dessus  un  calus. 
L'impie  se  ftut  un  caUts  contre  les  remords  du 
ta  conscience. 

CALVAIRE,  s.  m.  Petite  elcvotion  où  l'oïi 
a  plante  une  croix. 

CALVII.I-'.  s.  m.  Espèce  de  pomme.  Cul 
ville  rouçjc.  t'alvillc  blanc.  Compote  de  calville 
Voilà  de  trés'l'cau  calville. 

CALVINISME.  5.  m.  L'hérèiic  de  Calvin. 

CAl.VINlï'TE.  s.  Celui  ou  celle  qui  Mii) 
Ica  sentimens  de  Calvîo. 


CAM  189 

CALVITIE.  6.  f.  (On  prononce  Calvicie.) 
Étal  d'une  tête  chauve,  elTet  de  la  cbute  des 
cheveuj.  La  calvitie  est  causée  par  la  virAltsse 
ou  par  la  maladie. 

C  A  M 

CAMAIKU.  8.  :ii.  Pierre  finecjiii  csl  de  doux 
couleurs. 

Il  se  dit  plus  particulièreruem  d'Un  tableau 
peint  avec  une  seule  couleur.  Peindre  en  ca- 
maïeu. 

CAiAl.\II,.  8.  m.  Sorte  d'habilleincnt  qui 
touvre  depuis  les  épaules  jusqu  à  la  ceinture, 
et  que  lesLvèques,  Its  Abbés  et  autres  licclé- 
siasliqucsprivilégli-s  portent  par-dessus  le  rochet 
dans  des  occasions  de  céreaionic.  Camail  noir, 
Diolet.  Porter  le  camail.  Quitter  le  camail.  Etre 
en  camail  et  en  rochct.  Il  fait  CamaiU  ou  plur. 

On  appelle  aussi  Camail,  Un  pareil  habille- 
ment qui  couvre  la  té'.e  et  les  épaules  jusqu'i 
la  ceinture,  et  que  le  Clergé  porte  eu  hiver. 

CAMARADK.  s.  Compagnon  de  profession, 
celui  qui  vit  avec  un  autre  et  fait  le  même 
métier,  Us  mimes  exercices.  Ce  mot  ne  se  dit 
Rutre  qu'entre  soldats,  enfans,  écoliers,  va- 
lets, etc.  Ih  étaient  camarades  au  Collège,  à 
i.icadémie.  Nous  avons  été  camarades  d'école. 
Ces  deux  jo/diils  ont  c'ie  lonfj  -  temps  camarades. 
."l/a  camarade  est  malade. 

Ou  dit,  Camarades  de  fortune,  d'aventure, 
de  malheur,  de  voyage,  pour  signifier  qu'On 
i  été  dans  la  même  fortune ,  dans  la  même  aven- 
ture, danG  les  mêmes  malheurs,  quon  n  fait 
iiibcnible  le  même  \oyage.  Si  nous  sommes 
maltraités  en  cette  occasion,  nous  avons  i'tt'n 
Ses  camarades. 

C'est  aussi  un  ternie  de  faniiliaiilé  qu'on 
implnie  quelquefois  envers  des  personnes  fort 
inférieures.  Camarades,  suivez-moi.  Mon  ca- 
marade,  cuscignez-mni  le  chemin  de 

C.^MARD,  ARDK.  s.  Camus^  qui  a  le  nez 
plat  et  écrasé.  L'n  camurd.  Une  petite  camarde. 

Il  est  aussi  adjectif.  Un  nez  cnmard. 

CAMBISTE,  s.  m.  Celui  qui  fait  sur  la  place 
le  commerce  des  lentes  de  chanjje. 

CAMBOUl.''.  s.  m.  Certaine  matière  gluante 
rjui  se  forme  du  vieux  oing  par  le  mouvement 
lies  roues  qui  eu  ont  été  graissées.  Il  y  a  dts 
taches  de  cani'.uiuis  à  votre  manteau.  Cela  sent 
le  cambouis. 

CA^IBKEh.  V.  ù;-;  Courber  en  arc.  t'iini- 
lirer  la  forme  d'un  sindier.  Il  faut  chauffer  ce 
hois  pour  le  cambrer. 

U  se  mut  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Celte  poutre  coiumeuce  ti  se  cambrer. 

Cambhk  ,  ÉE.  participe.  Les  jambes  cambrées. 
Cette  l'jmme  a  la  taille  cambrée,  etc. 

C.\.MlîRUIU-Z.s.  f.  Courbure  en  arc.  La  eam* 
E>rure  (i'u't  soulici . 

C.4MEE.  s.  m.  Pierre  couipcjcedcdifréreolet 
couches,  et  sculpta:  en  relief.  Un  beau  ca- 
mée est  plus  rare  qu'une  belle  pierre  taHUe  eri 
crciLC. 

CAMIil.EO:^.  ».  ni.  l'ilit  animal  Icrrcstie, 
qui  prend  liC'>ul<  iir  des clioscsdoDt  il  approche, 
Plus  chanqeanl  que  le  caméléon. 


igo  CAM 

U  se  dit  flgurémcnt  d'Un  homme  qai  cliangc 
d'humeur  et  de  discours  au  gré  de  l'inlérét,  de 
la  faveur.  C'est  un  lirai'  caméléon  en  politique 

Ca.méléon,  en  Asuoiiomie,  est  une  cons- 
lellalion  de  l'iicmisphcrc  méridional ,  qui  n'esl 
point  visible  dans  nos  climats. 

CAMÉLÉOPARD.  s.  m.  Animal  qui  a  la 
tète  et  le  cou  coDune  le  chameau ,  et  qui  est  ta- 
dieté  comme  le  léopard.  On  le  noimne  aassi 
Girafe. 

ÇAMELISK.  s.  f.  Planic  qui  donne  une 
huile  fétide.  Cette  huile  approche  de  celle  de 
la  Camomille  ;  elle  sert  i  liruler,  et  h  plu.Meur: 
autres  usaj^es. 

CAMELOT,  s.  m.  Espèce  d'étoffe  faite  ordi- 
nairement de  jïoil  de  chèvre ,  et  mêli.-e  de  laine , 
de  soie ,  etc.  Cumelot  de  Hollande ,  de  Bruxelles. 
Camelot  de  Turquie,  camelot  du  Levant.  Ca- 
melot de  soie,  camelot  onde. 

On  dit  proverbialement  d'Une  personne  in- 
corrigilile,  Il  est  coflimc  le  camelot,  il  a  pris 
*o/i  pli. 

CAMKRIER.  s.  m.  Olficier  de  la  chambre 
du  Pape.  Cnniéricr  serrel.  Camérier  d'iionueur. 
Camérier  participant. 

CA.MÉRISTE.  s.  f.  Titre  qu'on  donne  dans 
plusieurs  Cours  aux  femmes  qui  servent  les 
Princesses  dans  leur  chambre. 

CA.MERLISGAT.  s.  m.  Dignité  de  Camer- 
lingue. 

CA.VIERLINGUE.  s.  m.  Un  des  premiers 
Officiers  de  la  Cour  de  Rome,  qui  est  toujours 
un  Cardinal ,  dont  la  fonction  ordinaire  est  de 
présider  i  la  Chamijie  Apostolique,  et  qui  :■ 
l'autorité  pour  le  gouvernement  temporel,  le 
Sié^c  vacant.  Le  Cardinal  Camerlin<jue  fal: 
battre  monnoie  à  soti  coin  pendant  le  5;ej'<3 
vacant. 

C.4JH0PÏ.  5.  m.  Fort  petite  épingle. 

C.i-MISADE.  s.  f.  Attaque  faite  la  nuit  ou 
de  grand  matin  par  des  gens  de  guerre ,  pour 
surprendre  les  ennemis.  Donner  une  camisade. 
Ce  nom  vient  de  Chemine,  qu'on  appeloit  Ca- 
mise.  Les  soldats  mettoient  leur  Ciemise  par- 
dessus leurs  aimes  pour  se  reconnoitre  dans 
l'obscurité. 

CAMIS.iRD.  s.  m.  Nom  qu'on  donnoit  à  cer- 
tains Fanatiques  des  Cévennes, 

CAMISOLE,  s.  f.  Chemisette.  Camisole  de 
ratine^  de  toile,  de  futaine,  de  basiti,  etc. 

CAMOMILLE,  s.  f.  l'-spécc  d'herbe  odori- 
férante ,  (pii  porte  une  fleur  de  même  nom. 
Huile  de  camomille. 

CAMOUFLET,  s.  m.  Fiunéc  épaisse  qu'on 
souffle  malicieusement  au  nei  de  quelqu'un  . 
avec  un  cornet  de  papier  alliuné.  Ce  laquais 
dormait,  on  lui  donna  un  camouflet. 

Il  se  dit  figurément  et  familièrement  d'Un 
affront,  d'une  mortification  que  l'on  reçoit.  Il 
a  reçu  un  -i;tluin  camouflet. 

C.\M1'.  s.  m.  Le  lieu  où  une  armée  se  lo^e 
ta  ordre.  Camp  retranché,  oui'erl,  fortifié. 
Camp  bien  ordonné.  Camp  avantageux.  Dans 
tous  les  quartiers  du  camp.  Il  a  mis,  il  a  posé 
son  eamp  en  tel  endroit.  A  la  tile  du  camp,  d: 
garde  du  camp.  Se  rttrancher  dans  un  camp. 


CAM 


CAM 


Fortifier  un  camp.  Jl  força  les  ennemis  daits      iiens   âe  campatjne.  Des  Coineïliens  qai    n£ 
leur  camp.  Lever  le  camp.  On  donna  l'alarme  ' 
au  camp. 

On  dît  fi^^tircment.  L'alarme  est  au  camp, 
pour  dire.  fju'On  est  en  apprélicnsion  de  quel- 
(jne  disgrâce,  de  qurlque  nmllicur. 

Il  se  prend  aussi  pour  l'Arniée  campée.  Le 
camp  ttoit  tranquille.  Tout  lecamp  fut  alarmé. 

On  appelle  Camp -volant  jXJufi  petite  aruu-e 
composée  pari iculiC-re ment  de  cavalerie,  qui 
lient  la  campagne,  pour  faire  des  courses  sur 
les  ennemis.  Il  commande  un  camp-volant. 

Ou  appelle  Maréchal  de  Camp,  Un  Officier 
G-'-ncral  au-dessous  du  Lieutenant  Général  ; 
Aide  de  Camp^  Un  Officier  destine  à  porter  les 
ordres  du  Général,  O'i  d'un  Officier  Genér.'d  ; 
et  ^îestre  de  Camp,  Un  Colonel  de  Cavalerie. 
Mestre  de  Cump  Général  de  la  Cavalerie. 

Camp,  se  dit  aussi  Des  iices  où  l'on  faisoii 
eninr  les  Champions,  pour  y  vider  leur  dififé- 
renl  par  les  anncs.  Il  n'est  î^uùre  d'usa*,'e  qu'en 
ces  phrases  :  Demander  le  camp.  Donner  h 
camp.  Juqe  du  camp. 

On  dit  famihèrement,  Prent^re  le  camp, 
pour.  Déguerpir,  se  retirer.  On  lui  jit  prendre 
le  camp. 

CAMPAGîiARD,  ABDE.adj,  Qui  demeure 
ordinairement  aux  champs.  Gentilhomme  cam- 
pagnard. 

Il  est  aussi  substantif,  et  se  dit  arec  queU 
que  sorte  de  mépris  d'Un  homme  qui  n'a  pas 
les  manières  et  la  politesse  qu'on  acquiert  dans 
le  grand  monde.  C'e&t  un  campacjnard.  Il  n  y 
a  rien  de  si  ennuyeux  que  les  complimcns  d'un 
campagnard. 

Dans  ceïte  acception,  on  dit,  qu'l/n  homme 
a  l'air  campagnard ,,  qu'il  a  les  manières  cam- 
pagnardes ;  et  dans  ces  phrases  il  est  adjectif. 

CAMPAGNE,  s.  f.  Plaine,  grande  étendue 
de  pfiys  plat  et  découvert.  Grande  ,  va.^t€ 
campagne.  Rase  campagne.  En  pleine  cam- 
pagne. 

On  dit,  ijue  La  campagne  est  fceiie,  pour 
dire,  que  La  terre  est  bien  couverte,  que  l'on 
a  l'espérance  d'une  grande  récolte. 

On  dit  figurément.  qu'{7n  Ecrivain,  qu'un 
Orûïeur,erc.  hat  lacampatjne,  pour  dire,  qu'li 
dit  beaucoup  de  choses  hors  de  son  sujet. 

On  dit  familièrement  et  Bgurément,  De 
quelqu'un  qui  s'inquiète,  dont  le  cerveau  tra- 
vaille, 5on  imagination  est  en  campagne.  On 
dit  de  m^me  De  quelqu'un  qui  se  donne  des 
nuiuvemens  pour  découvrir  (juelque  chose  qui 
riritéresse,  qu'/ï  s^est  mis  en  campagne  pour 
découvrir  ce  qu'il  cherche. 

Il  se  dit  dans  le  même  sens  que  le  mot  de 
Champs  au  pluriel.  Maison  de  campagne.  La 
vie  de  la  campagne.  Il  n'est  pas  chez  lui,  il  est 
allé  à  la  campagne.,  à  sa  campagne. 

Il  se  dit  De  la  saison  propre  aux  travaux  de 
certains  ouvriers.  Cette  maison  sera  bâtie  dans 
trois  campagnes. 

On  appelle  Gentilhomme  de  campagne ,  Un 
Gentilhomme  qui  demeure  ordinairement  k  li 
campagne  ;  H ahit  de  campagne,  Un  hahit  qu'on 
porte  quand  on  est  û  la  campagne;  et  Comc- 


jouent,  qui  ne  représentent  que  dans  les  Pro- 
vinces. 

CAMPAcyr;,  se  dit  aussi  Du  mouvement,  du 
campement ,  et  de  l'action  des  troupes.  Ainsi  od 
dit  iLcs  armées  sont  en  campaqne.  Les  troupes 
se  mcitrotii  bientôt  en  campagne,  doivent  en- 
trer bientôt  en  campagne.  Elles  tiennent  la 
campagne.  Faire  une  campagne^  la  campagne. 
Ouvrir  la  campagne.  Commencer  la  campagn£. 

Ou  dit  figurément,  37cl!(re  ses  amis,  mettre 
bien  des  gens  en  campaqne,  pour  dire,  Les 
faire  agir  pour  le  succès  d'une  aSàire. 

On  appellePièces  de  campagne , 'Les  petites 
pièces  d'Artillerie  que  l'on  mène  aisémtnt  en 
campagne. 

Campagne,  signifie  aussi  I^  temps  durant 
lequel  les  Armées  sont  ordinairement  en  cam- 
pagne, qui  est  le  Printemps ,  TP^téet  l'Autoniac. 
La  campagne  a  été  longue  cette  année ^  elle  n 
commencé  de  bonne  heure   et  ftni   bien    tard. 

I  oihi  une  glorieuse  campaqne  pour  les  armes 
du  Roi.  La  campagne  de  Hollande.  Ce  Gen- 
tilhomme a  servi  long  -  temps ,  il  a  fuit  vingt 
campagnes  tout  de  suite.  Il  commence  à  porter 
les  armes ,  voici  sa  première  campagne.  Il  se 
dit  également  en  parlant  du  service  de  Mer. 

On  appelle  à  la  Bassettc  et  au  Pharaon ,  P» 
roli  de  campagne  ,  Un  paroli  que  quelqu'un 
marque  en  fraude .  sans  que  sa  carte  soit  venur 
en  gain.  Les  joueuses  de  profession  sont  sujettes 
à  faire  des  parolîs  de  campagne, 

CÂMPA>'E.  s.  f.  Ouvrage  de  soie,  d'argent 
filé,  etc.  avec  de  petîw  ornenie  is  en  forme  do 
cloches  faites  ausM  de  soie,  d'or.  etc.  Une  belle, 
une  riche  campane.  La  campane  d'un  b(,  d  un 
carrosse.  Assortir  une  campane.  Faire  faire 
une  campane. 

Campake.  en  termes  d'Architecture,  se  dit 
Du  corps  du  chapiteau  corintliien  et  du  chapi- 
teau composite. 

CAMPAMLLE.  s.  m.  Terme  d'Architecture 
ucsiqnani  un  clocher,  une  petite  tour  ouverte 
et  légère. 

CAMPANILLE.  s.  f.  Terme  d'Architecture 
très-voisin  du  précédent,  désignant  Un  polit 
dôme.  Les  quatre  petits  dômes  de  S.  Pierre  dt 
Rome  sont  appelés  Campanilles ,  par  oppcsi- 
tion  à  celui  du  milieu. 

CAMPAJNULE.  ouGANTELÉE.s.f.  PlnitU' 
I.iitensc,  ainsi  nommée,  parce  que  sa  fieur  est 
d'une  seule  feuille,  eu  forme  de  petite  cloche. 

II  y  en  a  de  difTérenlcs  couleurs,  et  on  la  cul- 
tive dans  les  jardins. 

C.-iMPÈCHE.  s.  m.  Arbre  qui  croît  en  Am»^- 
rique.  Son  bois  est  très-dur  et  trés-pesant  On 
en  fait  des  ouvrages  de  Menuiserie.  Il  sert  aussi 
Il  teindre  en  noir. 

C.AMPEME>'T.  s.  m.  Lwction  de  camper, 
et  le  camp  même.  Dam  notre  premier  campe- 
ment, nous  eàmci  nouvelles  des  ennemis.  L\irt 
des  campemens.  Il  n'n  plus  que  trois  cumps- 
mcrw  «  faire  pour  arriver  u  une  telle  ville. 

CAArPER  .  v.  n.  se  dit  d'Une  armée  qui  8*ar- 
^téte  en  quelque  lieu  ,  un  ou  plusieurs  jonre. 
Aous   campâmes  en  tel  endroit.  L'armét  alla 


CAN 

camper  à  la  vue  âes  ennemis.  Il  entend  admi- 
rablement bien  l'art  de  camper. 

Il  est  aussi  actif.  Ce  Général  a  campé  son 
armée  entre  la  montagne  et  la  rivière.  Il  se 
campe  toujours  avantageusement.  Il  s'étoit 
campé  près  d'une  telle  vilk. 

On  dit  pnvTerbialeni.  d  Un  homme,  c|u71 
eumpe r  pour  dire,  qu'il  n'a  point  de  logis  as- 
sure, qu'il  en  change  tous  les  jours. 

On  dit  vulijairement,  Se  camper^  pour  dire. 
Se  placer.  Il  vint  hardiment  se  camper  dans  la 
medlture  place.  Où  lions  étes-vous  allé  camper.' 
Vraiment  vous  voilà  bien  campé. 

On  dit  aussi ,  Se  camper ,  pour  'dire  ,  Se 
oRttre  en  certaine  posture,  se  placer  de  cer- 
taine manière  sur  ses  pieds.  /(  se  campe  bien. 
Il  est  bien  campé  sur  ses  j.imhes. 

C\mpf:.  ée.  participe. 

CA.MPIIORAÏA.  s.  f.  Plante  qui  s'élève  à 
la  hauteur  d'environ  un  pied  et  demi,  et  dont 
oa  fait  usage  en  Médecine. 

CvUlPHRli.  s,  m.  Espèce  do  goimne  orien- 
tale, dont  l'odeur  est  très-forte.  Le  camphre  es\ 
fort  combustible.  Le  camphre  étoit  le  principal 
inqrédicnt  (jui  entroit  ilans  le  f  u  qrèjeois. 

CAMPHRÉ,  ÊE.  adj.  Il  n'est  guère  d'usage 
que  dans  ces  phrases.  De  l'esprit-dc-vin  cam- 
phré, de  l'eau-de-vie  camphrée  ,  (jui  se  disent 
De  l'esprit-de-vin  et  de  l'cau-de-vie  où  l'on  a 
mis  du  complire. 

CAMPHItKE.  s.  f .  Plante  fort  commune  dans 
la  Provence  et  le  Languedoc,  On  en  fait  f^aud 
usa^e  en  Médecine,  surtout  dans  les  maladies 
ditoniijnes. 

CAMPIXK.  s.  f.  Espèce  Ck  petite  poularae 
6ne. 

CAMPOS.  s.  m.  (On  ne  fait  point  sentir  l'S.  ) 
Mot  qui  est  pris  du  Latin,  et  sii^niiie  propre- 
ment Le  congé  qu'on  donne  à  des  écoli.  rs. 
Des  écoliers  qui  ont  campos ,  qui  demandent 
campas.  Dans  le  style  familier  .  il  se  dit  Des 
heures  ou  des  jours  ou  des  personnes  d'étude 
et  de  cabinet  se  donnent  quelqu';  relâche,  il  a 
pris  campos  aujourd'hui. 

Ci.MUS,  USE.  adj.  Qui  a  le  nci  court  el 
plat.  Un  nez  camus. 

Il  s'emploie  !ii*ssîsubstantiTexacnt.  Unvihtin 
eairms.  Lue  petite  camuse. 

l\  se  dit  encore  De  quelques  animaux.  Un 
thien  camus.  Vn  cheval  camus. 

On  dit  figuremcnt  Cl  familièrement  d'Un 
homme  qui  a  été  trompe  dans  l'attente  de  quel- 
que chose,  qu'/l  est  bien  camus.  Le  voilù  bien 
camus. 

On  dit  dans  le  même  sens  et  familièrement , 
qu'Où  d  rendu  un  homme  camuSj  pour  tlire  . 
qu'On  l'a  rùluit  il  ne  savoir  que  dire.  //  ruufo  | 
faire  U  capable,  on  l'a  rendu  bien  camus. 

C.\NADE.  ».  m.  Oiseau  de  l'Amérique,  .jul 
passe  pour  le  plus  beau  des  volatiles. 

CANAIM.Il  s.  {.  cnlloctif.  Terme  de  mé- 
pris, qui  se  dit  De  la  plusvile  populace.  U  n'-, 
avxnt  point  là  d'honniHes  gens,  il  n'y  avoit  que 
de   la   oanaifla    Toute  lu   cunailU  l'altrouc.; 


CAN 

diins  la  place  publique.  C'est  un  bateleur  qui 
*amuse  la  canaille. 

On  appelle  aussi  Cunuilles,  au  pluriel.  Des 
gens  qu'on  méprise.  Ce  ne  sont  ijue  des  ca- 
naiAes. 

On  appelle  quelquefois  Catiaille,  par  jeu  et 
par  badinerie,  De  pelils  enfans  qui  font  du 
bruit.  Chassez-moi  cette  canadle :  faites  taire 
cette  petite  cana.lle. 

CANAL,  s.  m.  Conduit  par  oti  l'eau  passe. 
En  ce  sens,  lise  dit  Des  aqueducs  et  des  tuyaux 
des  fontaines.  C^Jna2  de  buis,  dcplonib,  depicrrc. 
Conduire  ieau  par  canaux.  Les  canaux  de  la 
fontaine  font  rompus. 

Il  se  dit  aussi  De  certaines  pièces  d'eau 
étroites  et  longues,  qui  servent  d'ornement  au\ 
jardins.  Creuser  un  canal.  X'ider  un  canal 
Nettoy.r  un  canal.  Le  canal  est  à  su:. 

U  se  dit  aussi  Du  lit  d'une  rivière.  On  voit 
de  là  le  canalde  la  rivière.,  le  canal  de  la  Seine. 

U  se  dit  aussi  De  certaines  cenjuites  d'eau 
qui  sont  tirées  d'un  lieu  ^  un  autre  pour  la 
commodité  du  commerce.  Le  canal  de  Bruijcs. 
Le  canal  de  Briare,  Le  canal  de  Languedoc. 
C'est  un  pays  tout  coupé^  tout  traversé  de 
canaux. 

On  appelle  aussi  Canal,  Certains  lieu\  où 
la  mer  se  resserre  entre  deux  rivages.  Le  cajud 
de  Constantinople.  Le  canal  de  la  Mer-^oirc. 
Le  canal  de  Malte. 

On  ait  en  termes  de  ."\Iaiine .  que  Les  galères 
DU  les  barques  font  canal,  Quand  elles  foiif 
leur  route  d'un  lieu  â  l'autre  par  la  haute  mer, 
et  non  le  long  des  cotes,  et  terre  ù  terre. 

On  appelle  Le  canalde  la  verge.  Le  conduit 
par  où  passe  luriue  des  iiomnics.  Uriner  .1 
plein  canai. 

CiSAL ,  signifie  figuréiicnt  La  voie ,  1« 
moyen,  l'entremise  dont  on  se  seit  poui-  qucl- 
juc  chose.  Vous  ne  réussirez  dans  cette  affaire 
Sjue  par  ce  canal,  que  par  le  canal  d'un  tel.  La 
Sacreniens  sont  les  canaux  par  lesquels  Dieu 
répand  ses  grâces. 

Eu  Anatomie,  on  appelle  CamiilAorac/iirjrn-. 
On  canal  qui  sortant  du  réservoir  de  Pecquet , 
et  couvert  de  la  plèvTe,  s'élève  duis  le  tliorax 
ou  la  poitriiK*  m  côté  de  l'aorte. 

CAN.iPÉ.  subst.  m.  Sorte  de  .rand  siège  à 
dossier,  où  plusieurs  personnes  ensemble  peu- 
vent être  assises,  et  dont  00  se  sert  quehjuefuis 
rommc  de  lit  de  rvpos.  Un  canapé  de  velours. 
Un  canapé  de  maroquin. 

C.\>'APSA.  s.  m.  Sac  de  cuir  que  porte  sur  le^ 
épaules   un   goujat,     .u   uu    p:iuvre    artisa:i 
quand  il  vova^c. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Cunapsa,  à 
l'homme  qui  porte  ce  sac.  Je  l'ai  vu  un  pauvre 
canapsa.  Simple  canapsa  dans  le  régiment. 

G.\>'ARD.  s.  m.  N>rtc  d'oiseau  aquatique. 
CdiMrd  sauvage.  Canard  de  rivière.  Canard 
prUé.  Chasser  aiux  canards.  Tirer  auj:  ciinanl 
Un  potage  aiLX  canards. 

On  dit  piovcrlialenicnt  Plonger  comme  ni 
canard,  pour  dire,  Plonger  baliilcnicnL  On  le 
■lit  aussi  6gur.nicnt ,  pour ,  S'esqnivcr,  se  scus- 
^  traire  U  tu  danger. 


CAN  igi 

On  se  sert  des  canards  privés  pour  prendre 
y  des  canards  sauvages  :  et  on  appelle  Bgurément 
Canard  privé,  Un  homme  aposié  pour  en  at- 
tirer ,  pour  eu  attraper  d  autres. 

On  appelle  Canards,  Les  chiens  qui  ont  le 
poil  épais  et  frisé,  qui  sont  dressés  pour  aller 
quérir  dans  l'eau  les  canards  qn  cm  a  tirés. 

CAÎiARDEK.  V.  a.  Tirer  sur  quelqu'un  d'an 
lieu  ou  l'on  est  i  couvert.  Les  soldats  qui  s'a- 
vancèrent jusque  dans  les  ftubourgs,  furent 
tues  par  les  ennemis  ^  qui  les  canardoient  des 
jenêtrcs. 

CASAnnÉ,  ÉE.  participe. 

CAN.\RD1ÉRE.  s.  f.  Lieu  qu'on  prépare 
dans  un  marais,  pour  prendre  des  canards  sau- 
vages dans  des  nasses. 

Gasardiebe,  en  parlant  Des  fortiiïcations 
qu'on  faisoit  autrefois  dans  les  Châteaux,  se  dit 
d'Une  guérite,  oudune  autre  pièce  d'où  l'on 
pouvoit  tirer  en  sûreté. 

C.4NAR1.  s.  m.  Serin  des  îles  Canaries. 

C.UC.iN.  Voye-.  Quasqua». 

CAiVCEL.  subsL  m.  (Quelques-tins  disent 
Chancel.)  Cet  endroit  du  chœur  d'une  Egli?e 
qui  est  le  plus  proclie  du  grand  .iutcl,  et  qui 
est  ordinairement  fermé  d'une  haluitrade. 

Il  se  dit  aussi  Du  lieu  sur  le<juel  on  tient  le 
Sceau,  et  qui  est  aussi  entouré  d'une  balus- 
trade. 

CAMCELLER.  v.  act.  Terme  de  Jurispru- 
ilenee.  Annuler  une  écriture  eu  la  brirraiit  ou 
croisant  à  traits  de  plume,  ou  en  passant  le  ca- 
uif  dedans.  Canceller  et  annuler  des  lettres. 

Cascellé  ,  ÉE.  participe. 

C.AKCKR.  s.  m.  (On  prononce  fR.)  Espèce 
de  tumeur  maligne  qui  dégénère  en  ulccit-, 
principalement  au  sein.  Une  femme  qui  a  un 
cancer  ou  sein.  Arracher  un  cancer.  Extirper 
un  cancer.  Elle  a  le  sein  tout  rongé  d'un  aincer. 

t^ASCEn.  s.  m.  Un  des  signes. du  Zodiaque, 
ainsi  appelé .  parce  qu  on  a  accoutumé  de  le 
représenter  par  la  figu:e  d'une  écicTissc.  Le 
signe  du  Cancer.  Le  l;< pique  du  Cancer. 

C.^^CRE.  s.  m.  Espèce  d'écrevissc  de  mer. 
Manger  des  cancres. 

Ca>xke,  est  anssi  un  ternie  de  mépris  oade 
compassion,  pour  designer  Un  homme  sans 
fortune,  et  qui  ne  peut  faire  ni  bien  ni  mal  .1 
penionne.  C'est  un  pauvre  cancre. 

Cascke,  est  aussi  uu  terme  injiu-ieux,  qui 
se  dit  d'Un  homme  méprisable  par  son  avarice. 
C'est  un  cancre.  C  est  un  vilain  cancre. 

CANDÉLABRE,  s.  m.  GiandchandeUcr  fait 
i>  l'iutique.  Il  y  avoit  dans  la  lalte  plusieurs 
Candélabres. 

CANDEL.vniiE,  en  ternies  d'Arciiitccturc,  ce 
dit  d'Ut)  couronncinent  uu  forme  de  baluslre 
qui  figure  une  torciicre. 

CA_>'!;EUR.  s.  f.  Pureté  .l'ime.  La  candeur 
de  son  dme.  La  candeur  de  ses  muurs.  //jir 
iivi'c  candeur.  Un  procédé  plein  de  candeur. 
.Ibuscr  de  la  eiiniîeur  de  quelqu'un.  Un  faux 
air  de  candeur.  On  diroit  Li  candeur  tn-Sme. 

CANDI,  adj.  Sucre  candiî  c  est  !e  sucre  da- 
piu^  et  re.luit  en  forme  de  cristal. 

CANDIDAT,  s.  ni.  O3  appeloit  ainsi  cbei 


,92  CAN 

le*  Romains  celui  qui  aspiioit  ï  quelque  cli.trp.e. 
à  quelque  dignité  ;  et  ou  donne  encore  ce  Doui 
parmi  wins.  en  différentes  ucoasions,  à  ceui 
qui  i"-  présentant  [wur  ôlre  élus.  Ainsi  dans  une 
occasion  de  vacance  dt- la  Couronne  de  Pologne, 
ou  de  quelque  autre  grande  dignilé.  on  appelle 
Candidats,  Les  prétendons  a  la  Couronne.  Les 
Candidat»  chez  les  anciens  Romains  ^toient 
vêtus  de  blanc. 

On  appelle  aussi  Candidats  dans  les  Fsrui- 
Ids  de  rtiiivcrsitc,  Ceux  qni  sont  sut  hs  bancs 
pour  paiTcnir  au  Doctorat,  ou  à  quelque  outre 
grade. 

CASDIDE.  adj.  des  2  genres.  Qui  a  de  la 
cundecr.  Un  homme  candide.  Une  âme  can- 
dide, lin  procédé  candide. 

CASniDEMUNT.  ndv.  Avec  candeur. 

CA;<D1R  ,  SE  C  AXDLR.  v.  pron.  Il  ne  se  dit 
proprement  que  Du  sucre ,  lorsqu'aprés  l'avoir 
rendu  liquide  on  lui  laisse  prendie  la  consis- 
tance de  gbce.  Faire  candir  du  sucre. 

On  dit  aussi  que  Des  confitures  se  candis- 
scnt,  lorsqu'elles  viennent  h.  se  gfltcr,  à  cause 
que  le  sirop  qui  devroit  élrc  beau  et  clair,  vient 
à  s'épaissir,  et  à  preudre  trop  de  consistance. 

CA5DI,  i£.  participe. 

CAKE.  s.  fém.  Esi)èce  d'oiseau  orjualique. 
Cane  sauvanc.  Cane  privée.  Cane  d'Inde.  La 
cane  est  la  femelle  du  canard. 

On  dit  Kgurément  et  familièrement,  qu'f/n 
homme  a  fait  la  cane.  Lorsqu'il  a  marqué  de 
ta  peur  dans  une  occasion  où  il  falloit  témoi- 
gner du  courage. 

CANF.FETIERE.  s.  f.  Esi«e  d'oiseau  àe  ia 
frvideur  d'un  faisan.  La  canepetière  n^est  pas 
an  oiseau  aquatitjKC,  et  na  d^aiUeurs  aucune, 
ressemblance  avec  la  cane. 

C.VMlPIN.  s.  m.  Peau  de  mouton  très-liii' 
Aont  eu  fait  des  gaots  de  femme. 

CANETON,  s.  m.  diminutif.  Le  petit  d'i^i  ■ 
•aae. 

CANETTE,  s.  f.  diminutif.  Le  petit  d'une 
Mne.  Il  se  dit  aussi  d'Une  petite  c.'inc. 

Canette,  se  dit  aussi  d'Une  mesure  de  li- 
quide ,  qui  s'emploie  ordinairement  pour  la 
biire. 

CANE'VAS.  s.  masc.  Espèce  de  grosse  toile 
claire,  sur  laquelle  on  fait  des  onvrnges  de  ta- 
pisserie. Gros  canevas.  Canevas  fui.  Tracer  un 
canevas,  pour  dire,  Tracer  un  dessin  sur  un 
canevas. 

Il  se  dit  Egarement  Des  paroles  qu'on  fait 
il'abord  sur  un  air, sans  avoir  égard  au  sens,  et 
pour  représenter  seulement  la  mesure  et  le 
Doinhre  des  syllabes  que  l'eir  demande,  et  qni 
eert  de  modèle  pour  faire  d'autres  paroles  sui- 
Ties.  Faire  un  canevas  sur  m  uir.  Ce  n'est 
^u'un  canevas. 

U  se  dit  aussi  Des  paroles  suivies  qui  se  font 
tui  au  «r  d'après  un  modèle,  ou  même  sans 
modèle. 

Cakevas,  se  dit  aussi  figurément  Du  pre- 
mier projet  de  quoique  ouvrage  d'esprit.  Cette 
Jliitoire,  ce  pauégyrinitc .  ne  sont  pas  achèves^ 
an  n'en  a  encore  fait  que  te  canevas.  Travailler 
mr  an  b*n  canevas.  Tracer  ton  canevas. 


C  A  .\ 

CAXGRÈNE.  Vo^ez  Gasoiièxï,  Gauou! 

SEll ,  GANCnESELÏ.  v 

CANICHE,  s.  f.  Chienne  barbette. 

CANICULAIRE,  adj.  des  2  genres.  Il  ne  se 
dit  que  Des  jours  pendant  lesquels  la  canicuJa 
domine.  Jours  caiiiculuires. 

C-'iKICULE.  s.  f.  Constcllaiion  autreaicut 
nommée  le  Grand-Chien ,  h  laquelle  on  a  at- 
iriijuc  les  grandes  chaleurs ,  parce  qu'elle  se 
lève  et  se  couche  avec  le  srieil,  duraut  les  mois 
de  Juillet  ei  d'Aont.  L'ardente  canicule. 

Elle  signifie  aussi  Le  temps  dans  lequel  on 
s:i]ii)Ose  communément  que  domine  cette  cons- 
tellation. Durant  la  canicule.  Dans  la  canicule. 
Etre  à  la  canicule. 

CANIF,  s.  ni.  Petite  lame  de  fer  fort  fine, 
emmanchée  de  bois,  d'ivoire,  etc.  et  dont  on 
se  sert  pour  tailler  des  plimies.  Bon  canif,  lin 
canif  qui  coupe  bien. 

CASIK,  INE.  adject.  (Jui  tient  du  chien.  Il 
n'est  d'usage  qu'au  féminin,  et  dans  ces  deux 
phrases  :  Faim  canine,  poiu  dire,  faim  dévo- 
ranlle  qu'on  a  peine  i  rass.isier;  et  Dent  ca- 
nine, q^'i  se  dit  d'une  des  dents  poinlties  qui 
servent  à  inciser  les  alimens. 

CANNAGE,  s.  Dï.  Mesurage  des  e'toffes, 
toiles,  rubans,  etc.,  qui  se  fait  à  la  cnnne. 

CANNAIE.  s.  f.  Lieu  planté  de  cannes  et 
de  roseaux. 

CANNE,  s.  f.  Roseau  qui  a  des  nœuds.  Les 
cannes  viennent  extrêmement  grandes  dans  les 
Indes.  Il  y  a  des  forets  de  cannes  le  long  du 
Gange. 

On  appelle  Canne  ie  sucre  et  eanne  à  sucre, 
[es  roseaux  qui  portent  le  sucre. 

Canne,  se  dit  pins  ordinairement  d'un  ro 
seau,  d'un  jonc,  d'un  b.'iton  léger  dont  on  se 
sert  pour  s'appuyer  en  maichant.  Porter  unf 
canne  a  la  main.  Une  belle  canne.  Une  canne 
re  jet.  Une  canne  à  pomme  d^or,  à  pomme 
d'argent,  à  pomme  d'ivoire^  etc.  Donner  des 
coups  de  canne. 

Casse,  s.  f.  Mesure  qui  uontieni  nne  aune 
deux  tiers  de  Paris. 

Casse,  s.  f .  Nom  générique  qu'on  donne  à 
plusieurs  espèces  de  roseaux,  tels  que  le  roseau 
commun,  la  canne  à  sucre,  la  cmne  d'Inde,  la 
fanne  odorante,  etc. 

)  CANNEBERGK.  s.  fém.  ou  Coissr^frr  des 
ittAnAis.  Plante  qui  croit  dans  les  marais  et  an- 
tres lieux  hiunidcs.  Elle  porte  de  petites  baies 
succulentes,  d'un  gotit  agréable  et  bonnes  a 
manger. 

CANNELA.S.  s.  m.  Espèce  de  Hragée  faite 
avec  de  la  cannelle.  Cannclas  de  Verdun.  Le 
cannelas  est  bon  après  le  repas. 

CANNKLER.  t.  a.  Terme  d'architcrture.  Il 
n'est  guère  d'usage  qu'en  ces  phrases  :  Canne- 
ler  une  colonne,  cannelcr  un  pilastre,  pour 
(lire ,  CJ-euser  des  espèces  de  petits  canaux  le 
Ion;,;  du  fut  d'une  colonne,  ou  du  haut  en  bas 
(l'un  pilastre, ou  en  d'autres  ornemens  d'arclii- 
lecture. 

CAKKEii,  ÉE,  participe.  Colonne  cnnncice. 
y'Pilast  c  rannclé.  Console ,  joint-  canncU-e.         ) 
■■■       CANNELLE.  «.  f-  Étorcc  odoriférante  d'un 


CAIS- 

nr!,re  qiii  cn^it  niiî  Indes  Orientales,  et  dont 
on  se  sert  .i  divers  usages.  Un  hûton  de  ca'7- 
nelle.  De  la  poudre  de  cannelle.  De  Vesprit  ࣠
'cannelle.  Faire  de  Veau  de  cannelle.  Huile  tle 
cannelle. 

On  dit,  ^lettre  une  chose  en  cannelle .  pour 
ïlrc^La  briser  en  plusieurs  petit*  morceaux; 
et  figuréincn',.  Mettre  qaelaii'un  en  cannelle^ 
pour  dire,  Le  déchirer  impito^ahlemcnl  par 
ses  diseours. 

Cannelle  sauvaoe.  Elle  est  grise,  Et  vient 
du  Rojaume  de  Cocbin,  sur  la  cùt£  ⣠ &Ia- 
labar. 

CANNELLE  ou  CAJSNETl'E.  s.  f .  Morcean 
de  bois  creusé ,  qu'on  met  h.  une  cuve  de  ven- 
dange, pour  en  faim  sortir  le  vin  après  qu'on 
a  foide  les  r.iisins. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  robinet  de  cuivre  gu'on 
tuet  A  un  tonneau  pour  en  tirer  le  vin, en  tour- 
nant la  clef  de  cuivre  qui  sert  à  en  boucher  ap 
il  en  ouvrir  le  pass3j;e. 

CANNELLIER.  s.  m.  Arbre  dont  on  tire  h 
rannelle.  Plusieurs  Savaus  u'oïent  gue  c'est,  k 
f.;innamome  des  Anciens. 

CÂINNELURE.  s.  fém.  E-îpèccs  ae  petits  ca- 
naux creusés  soj  Hes  colonnes  ou  des  pilastres. 
La  cannelure  orne  bien  une  colonne. 

CA^'NETILLE.  s.  f.  Petite  lame  in-s-finc 
d'or  ou  d'argent  tortFUé.  Cannetille  d\yr  on 
d^arqent.  Il  y  a  beaucoup  de  cannctdle  dajn 
cette  broderie. 

CANNIBALE,  s.  m.  Nom  de  certains  Pca- 
pies  d'Aniéritiue,  qui  mangent  àe  i»  cliaitf 
humah». 

On  le  dit  par  extension,  pour  désigner  Eg 
tniautc,  la  férocité.  Un  cœur  dt  Cannihcâ^ 
Une  joie  de  Cannibales.  C'est  un  vrai  Canji^ 
haie. 

CANON.  8.  m.  Grosse  et  longue  pièce  d'ar- 
tillerie. Canon  de  fonte.  Canon  de  fer.  Caiicti 
de  batterie.  Le  qros  canon.  Pièce  de  canon. 
Canon  rcn/orcé.  La  bouche  du  canon.  La  in.- 
iniere  du  canon.  Le  hruit  du  canon.  La  culanâ 
du  canon.  L'attiîail  du  canon.  Le  recul  du  co' 
non.  3/ûnIer,  bra(|uer,  pointer.,  tirer  le  coTioû. 
Enclouer  le  canon.  Un  coup  de  canon.  Unx: 
volée  de  canon.  Une  muraille  à  Véprcuvc  tlu 
cduon. 

On  dit,  qu'L'Me  ville  n'a  pas  attendu  h  tsw- 
non,  pour  dire,  qu'Elle  s'est  rendue  sans  at- 
tendre que  le  canon  des  assiégeans  fût  en  bat- 
terie, et  qu'on  l'attaquât  dans  les  formes- 

Canon  ,  se  dit  aussi  De  tous  les  canons  d'ihie 
année  ou  dune  place.  On  a  pris  le  canon  des 
ennemis.  Être  hors  de  la  portée  du  canon.  S 
tenir  sous  le  carton  de  la  Place. 

Jl  signifie  aussi  Cette  partie  des  autres  BTjaent 
à  fi'u  ou  l'en  met  la  pi)udre  et  le  plomb.  L«  ca- 
non d'un  pistolet j  dune  anjucbuse.  Càiton 
cannelé.  Canon  rayè^ 

On  appelle  aussi  Canon,  Le  corps  d'une  K'- 
ringue. 

Canon  ,  est  encore  un  terme  de  Musique .  et 
se  dit  d'Une  sorte  de  fugue  qu'on  appelle  Per- 
pétuelle, parce  que  les  parties  |Mrtanl  l'uiî'' 
âpre»  l'autre,  répètent  sans  cesse  le  même  cliant 


CaN 

Cunoii  y  dans  l'ancienne  Musique  ,  étoît  Une 
lUL'lliodede  tiiitcrminer  les  intervalles  des  notes. 
Canon,  s.  m.  IXcret,  Rèjjlenienl.  il  ne  se  dit 
proprement  (juc  Des  dtcisions  di"s  ('onclles 
toucliaut  la  Toi  el  In  Discipline.  LcsCanons  tic 
IfEijUse.  Les  suinls  Cunoiis.  Cela  est  contre  /fs 
CiUions.  Les  CttnoHs  iVun  tel  CoticUe. 

Un  appelle  Droit  Canon  ,  La  science  du 
Ci'oit  Ecclésiastique,  fondr  sur  les  Canons  de 
rÉj;lise,  sur  les  Dccittalesdes  Papes,  etc.  Doc- 
teur en  Droit  Canon.  École  de  Droit  Ciinou. 
Etudier  en  Droit  Canon.  Op  appelle  Le  Corps 
du  Droit  Canon  y  Le  recueil  des  Canons  de 
l'Église,  des  Décretales  des  Papes,  etc.  En  co 
sens,  Canon  est  adjtxtif. 

Camos  ,  se  dit  aussi  Des  Prières  qui  com- 
mencent immédiatement  aprùs  la  Préface  de  la 
Mosse,  et  qui  contiennent  les  paroles  sacra- 
mentelles, et  d'autres  oraisons,  jusqu'à  la  com- 
munion inclusivement.  Le  Canou  de  la  Messe. 
Il  se  dit  aussi  Du  tableau  écrit  que  l'on  met 
sur  l'Autel,  vis-à-vis  du  Prêtre,  et  qui  con- 
tient quelques  prières  de  l.)  Messe.  Canon  en- 
lumine. 

En  termes  d'Imprimerie,  on  :ippelle  TrifiU 
Ciinon,  Duuhie  Gros  Canon.,  Gros  Cunon, 
\js  trois  plus  gros  cuructÏTCS  apros  la  Grossi 
*Von;;areil/e,  qui  est  le  plus  gros  de  tous;  <l 
un  npi>elle  Pcdt  Canon,  Le  sixième  caraclèrt 
en  partarit  de  la  Grosse  ^^onpareille. 

Un  appelit'  Canon  des  Ecritures,  Le  cata- 
(o:;ue  des  Livres  quj  sont  reconnus  jwnr  divi- 
•iPMictit  inspiras,  et  anî  composent  le  corps  de 
T'Ecriliu^Sainte  Les  Protestans  rejettent  cer- 
tains  Livres,  comme  n'étant  p'is  du  Canon  dei 
Ecritures.  On  dit,  Le  Canon  des  Juifs,  le  Ca- 
Mon  des  Chrétiens,  pour  dire,  Les  Livres  qu« 
les  Juife,  les  Chrétiens  reçoivent  comme  divi- 
nement inspirés. 

CA>OMAL,  ALE,  adiectif.  U  nrst  guère 
d'usa^p  qu'en  ces  deux  plirases.  Heures  Cano- 
niales., Office  Canonial. 

Heures  Canoniales ,  se  dit  De  œrtQHies 
parties  du  Bréviaire  que  l'Église  a  accoutumé 
de  n-citer  i  diverses  heures  du  jour;  et  Otjicc 
Canonial,  De  tout  l'Office  que  les  Chanoines 
chantent  dans  l'Hglise. 

On  appelk-  Maison  canoniale.  Une  maison 
afiectée  à  une  prchende  de  Chanoine,  Les  mai 
sons  canoniales  d'un  Clottrc  :  etVie  canoniale , 
Celle  qui  étoi*  pn-scritc  aux  Chanoines  rassem- 
blirs  en  Coiiimunantc. 

CAîfONICAT.  s.  m.  BcnrBcc  d'unCbanoinr 
dans  une  Église  (".athédmlc  nu  Coiléjçi.dc.  Ob- 
tenir un  Cnnonicat.  Postuler  un  Canonicat. 
On  lui  a  donné  un  Canonicat. 

Un  dit  familièrement  d  Lu  emploi  qui  exigo 
peu  de  fûtifjue,  C'est  un  Cauunicat,  un  vrai 
Canonicat. 

CANO.MClTf:.  lubst.  fém.  Qualité  de  ce 
qui  e»t  canonique.  La  canonicitc  des  Livret 
ininti. 

CANONIOLE.  adj.  des  a -.  Çui  est  selon 
le*  Canons.  Doctrine  canonique.  Mariant  ca- 
nonujue. 

On   appelle  Livres   r.ino'iùjuei,  Ceux  qui 
i  uritc*  /. 


CA.N 

sont  coïKPnus  dans  le  Canon  Jes  Livres  de 
l'Ecrilure-Sainto. 

On  dit  faniilièrcnieri  d'Une  action  on  d'un 
[Topos  peu  conformeaixbonnesri'gles:  Ce  que 
vou!  n^'ci  fait  là,  ce  <jue  vnus  ailes,  n'est  ;m5 
canoiiit^ue,  ti'est  pits  trop  ranoninuc, 

CANONIQUEMENT.  adv.  Selon  les  Ca- 
nons. //  vit  cuTwniijuement.  Un  mariane  fuit 
canoni(juemenU  Une  élection  faite  canotti- 
(jueinent. 

CANONISATION,  s.  f.  La  cérémonie  par 
lai|uellelc  Kipe  met  dans  le  calalofpie  des  .Saints 
une  peraonne  morte  en  odeur  de  sainteté.  Le 
procès  verbal  de  lu  canonisation.  La  canonisa' 
lion  de  Saint  Louis, 

CANONISER.  V.  a.  Mettre  d»Ds  le  Catalogne 
des  Saints,  suivant  les  règles  el  avec  les  réi-t'- 
nionics  pralic|uées  par  l'Église.  Jl  est  hèatijié, 
mais  il  n\st  pas  encore  canonisé.  Le  Pape  l'a 
canonisé. 

On  dit  par  extension,  Canoni'.-îer,  pour, 
ttéciarer  louable.  Jo  ne  prétends  pas  canoniser 
cette  action ,  En  faire  l'éloge  complet.  U  esl 
f.uMilier. 

Casomisé,  éE.  participe. 

CANONISTE.  s.  m.  (^>ui  est  savant  en  Droil 
Canon.  Tous  les  Canonistes  demeurent  d'aC' 
cord Il  est  grand  Cancniste. 

CANONNADE,  s.  f.  Plusieurs  coups  do  ca- 
non tires  à  la  fois ,  ou  de  suite.  Les  deux  flvltei 
se  sont  séparées  après  quelques  canonnades. 

CA>ONNER.  v.  a.  liattre  à  coups  de  canon. 
Canonner  une  place.  Canonner  un  camp,  un 
retranchement.  Les  armées  se  canonnerentlonn. 
temps  avant  que  d'en  venir  aux  mains. 

C:a>onni;,  ée.  participe. 

CANONNIER.s.ra.  Celui  dont  la  profcssioa 
est  de  servir  le  canon.  Bon  Canonnier.  Canon- 
tiier  pointeur.  Canonnier  boute~fcu. 

CANONNIÈRE,  s.  f.  Petite  embrasure,  pe- 
lite  ouverture  dans  une  muraille,  pour  tirer 
lies  coups  de  mouscjuet  ou  d'arquebuse,  sans 
tire  vu. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  petite  tente  quiesi  faite 
;n  forme  de  toit ,  cl  qui  n'a  point  de  murailles 
comme  les  tentes  ordinaires.  Une  Crtno/uiiêrc 
sert  onlinuiremeiK  li  ijunlre  5o/(((il« ,  li  quatre 
Cuv<i/icr.<.  On  appelle  .lufsi  de  même  Une  sorte 
:1c  umle  à  deux  mâts  pour  r'-j'oser  les  Ca- 
nonnitrs. 

H  se  dit  aussi  d'Un  petit  biton  de  surenn , 
dont  on  a  été  la  moelle ,  cl  dont  les  enljins  se 
servent  pour  chasser  ]Kir  le  moyen  d'un  piston, 
de  petits  tampons  de  Ulasse  ou  de  papier. 

CANOT,  s.  m.  Pclit  bateau  fait  d'^orce 
■  1  arbres,  ou  du  tronc  d'un  seul  arbre  creusé. 
Les  canots  des  Indiens. 

Casot,  se  dit  tiuà  d'Une  petiie  chaloupe 
qu'on  tient  ordinairement  dans  un  grand  vais- 
seau ,  el  qu'on  ne  met  guiîre  à  la  mer  que  pour 
aller  d'un  vaisseau  h  l'autre. 

CAN'rAL.  s.  m.  Sorte  de  fromage  cslimè, 
qui  se  fait  en  .Auvergne. 

CANTA  l'E.  s.  f.  Petit  Poëmn  fait  pour  être 
mis  en  musique.  cnm[>usé  de  récilalib  et  d'air» 
chaniaïu.  Celle  cunlalc 


Ca^  ioj 

CANTAlULE.s.  f.  Petite  cantate.  Chanier 
une  cantatille. 

CANTHARIDE.  s.  f.  Esp,'-ce  de  mouche  ve- 
nimeuse. Mouche  canthiiridc.  Appliquer  uu 
en)pldtre  decuntharides.  Appliquer  des  canlha- 
rides.  Prendre  des  eantharides. 

CANTINE,  s.  f.  Petit  eolTre  divisé  par  com- 
parlimens,  pour  porter  des  bouteilles  ou  des 
fioles  eu  voyage. 

On  appelle  aussi  Cantine,  dans  les  Places 
de  guerre,  Le  lieu  où  l'on  vend  du  vin  et  de  la 
bière  aux  Soldats,  sans  pajer  aucnn  droit.  La 
cantine  vaut  tant  au  Gouverneur  de  celle 
Place. 

CAKTINIER.  s.  m.  Celui  ijui  tient  une 
tantine. 

CANTIQUE,  s.  m.  Chant  consacré  à  la  gloire 
lie  Dieu,  en  actions  de  gr.'ices.  Enlonncr  nu 
Cantique.  le  Cantique  de  Moïse.  Le  Cantique 
de  la  Sainte-Vierqe.  Le  Cantique  de  Siméon. 

On  appelle  Cantique  des  Cantiques.  Un  des 
Livres  île  Salomon  ,  conlcnanl  une  espèce  d'É- 
pithalame  spirituel  et  mvstique. 

Ou  appelle  Ciinliqnes  spirituels.  Des  ehan- 
lons  faites  sur  des  matières  de  dévotion. 

C.ANTON,  s.  m.  Certaine  partie  d'un  pays 
ou  d'une  ville,  séparée  et  diflerente  du  reste.  Il 
n'y  a  dans  cette  Province  qu'un  canton  où  l'on 
tecueille  du  vin.  Dans  Rome,  dans  Avignon , 
il  y  a  un  canton  destiné  pour  les  Juifs. 

En  parlant  des  Suisses  ,  on  appelle  Ciirtlon  , 
Chacun  des  treize  États  qui  composent  le  Corpt 
Hnlvciiiue.  Le  Canton  de  Zurich.  Le  Canlo" 
de  Ijerne  L-  Canton  de  Schwitz.  Les  treize 
Canlons  Suisses.  Les  louables  Cantons.  Les 
Cantons  Catholiques.  Les  Canlons  Protestans. 
Casto.n  ,  en  tenues  de  Bl.ison .  se  dit  d'Un 
ijuartier  tjui  est  moindre  que  le  1711:11  llc-r  ordi- 
naire de  l'écu.  U  se  dit  encore  Des  parties  dans 
lesquelles  un  écu  ist  parla;.;é  par  les  pièces  dont 
il  esl  charge.  Il  porte  d'or  au  canton  d'azur.  Il 
porte  u-ie  croix  d'or  et  une  étoile  à  chaque 
canton. 

CANTONADE,  s.  f.  Le  coin  du  Théilre. 
Terme  usité  chez  les  Comédiens.  Purler  à  la 
cantonade.  C'est  parler  à  un  personnage  qui 
n'est  pas  vu  des  spectateurs. 

CANTONNÉ,  ÉE.  adj.  Terme  de  nioson.  11 
«e  dit  Des  pièces  accompagnées ,  dans  les  can- 
lons de  l'écu ,  de  quelques  autres  figores.  Croix 
c<in(onne'e  de  quatre  étoiles. 

CANTONNEMENT,  s.  m.  Ktat  des  troupe, 
cantonnées,  ou  lieu  dans  leq\iel  elles  se  can- 
tonnent. Quartiers  de  cantonnement. 

C.\N'l't)NNER.  v.  n.  rcrme  de  guerre  ,  qui 
se  dit  Des  troupes  distribuées  dans  plusieurt 
villages  pour  la  comnodiïé  de  leur  snhsislance, 
avant  l'ouverture  de  la  campagne  ,  ou  avant 
l'enlrée  eu  quartier  d'hiver.  Les  troupes  corn' 
mencenl  à  cantonner.  Faire  cantonner  de» 
troiifiu. 

Se  CASTO^fîiE».  Se  retirer  dans  un  canton 
pour  y  éirc  en  sûreté.  Il  se  dit  [ircpremeni 
d'Un  petit  nombre  de  gens  qui  se  fortifient 
loiiln'  un  plus  grand  nombre.  Les  /?c^^fIr!l 
^'.toient   cantannét  dans  un  coin  de  Ir  f.o- 


19  i  CAP 

vince.  Les  Bourgeois  $c  cantonnèrent  contre  les 
troupes. 

Ca:itosnÉ,  KE.  parliciix;.  Il  trouva  les  troupes 
cantonnées  en  dk'crsvilla(jes. 

GANTONNliiRE.  s,  f.  Pièce  de  la  tenlure 
d'uD  lit,  qr.i  couvre  les  colonnes  du  pied  du 
Ut,  et  qui  passe  par-dessus  les  rideaux.  Les 
rantonniéres  (Vun  lit. 

CANULE,  s.  f.  Petit  tuyau  qu'on  met  au 
bout  d'une  seringue.  C'est  aussi  un  instrument 
de  Chirurgie,  un  tuyau  dW  ou  d'argent, tju  on 
insère  dans  une  pbic  qui  suppure. 

CAP 

CAP.  s.  m.  (On  prononce  le  P.)  Tétc.  Il 
n'est  d'usage  eu  ce  sens  que  dans  les  phrases 
suivantes  :  De  pied  en  cap-  armé  de  pied  en 
cap.  Parler  cap  à  cap.  Celte  derniiîre  phrase  ne 
s'emploie  que  dans  le  style  familier 

Cap,  signifie  aussi,  Promontoire,  pointe  de 
Ici  10  élevée,  qui  s'avance  dans  la  m.er.  Le  cap 
de  Bonne-Espérance.  Doubler  le  cap. 

CAP-DE-MORE.  Clicval  de  poil  rouan,  qui 
a  la  tète  et  les  extrémités  des  picjs  noires. 

CAPABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  a  les  qua- 
lités requises  pour  quelque  chose.  Cest  un 
homme  capable  de  cjouvcrner.  Cest  uti  homme 
capiihle  des  plus  grandes  choses.  Il  n'est  capa- 
ble de  rien. 

Il  se  dit  aussi  De  ceux  qui  ont  l'âge  compé- 
tent pour  quelque  charj;e,  pqur  un  Bénéfice.  Il 
est  Cil  dne^  il  est  capable  de  posséder  un  Bénc- 
ficû  ,  d'exercer  cette  C/iarqe. 

On  dit,  qii't/n  homme  est  capable  J'amiïiV, 
c.ipable  de  reconnoissauce ,  poiu-  dire,  qu'il  est 
susceptible  de  senlimens  d'amitié  et  de  recou- 
aoissance. 

Oii  dit,  qu'f/n  homme  est  capable  d'ajpiires^ 
pour  dire,  qu'il  entend  l)ien  les  aflaircs  ;  et 
qu'/l  est  capable  de  tout,  pour  dire,  qu'il  peut 
s'acquitter  très-bieu  de  toutes  sortes  d'emplois. 
Et  on  dit  aussi  d'Un  scélérat  hardi,  téméraire, 
qu'/i  est  capable  de  tout,  pour  dire,  qu'il  peut 
se  porter  au:i  aciîons  les  î)ltis  noires 

On  dit,  qu'L/n  ?iommc  n'est  pos  capa}>ie  de 
raison,  qu'il  n'est  pas  capable  d'entendre  (fuel- 
ïjtxe  chose j  pour  dire,  qu'il  n'est  pas  en  dispo- 
sition, en  bumrur,  en  e'tat  d'entendre  raison  . 
d'écouter  ce  qu'on  a  à  lui  dire.  On  dit  aussi , 
qu*L'n  homme  n'est  pas  capable  de  manifuer  à 
sa  parole,  pour  dire,  qu'il  e^t  trop  honnête 
homme  pour  y  manquer. 

Capable  ,  se  dit  aussi  Des  choses  j  et  dans 
cette  acception,  il  n'est  guère  d'usage  qu'avec 
Tenir,  ou  Contenir.  Ainsi  on  dit,  qu'L^ne  salle 
est  capable  de  contenir  tant  de  personnes,  tj^u  un 
vase  est  capable  de  tenir  tant  de  pintes^  pour 
dire,  que  La  salle,  que  le  vase  dont  on  parle, 
sont  de  l'éti-ndu''  qu  il  fnut  pour  contenir  tant 
de  personnes,  pour  tenir  tant  de  pintes. 

Capaiïle,  se  prend  aussi  absolument  pour 
signifier  Habile,  iolefligent.  C'est  un  homme 
Mpublc^  Iréscapahlc.  Mettre  une  charge^  met- 
tre une  a^l'airc  entre  les  mains  d'une  personne 
capable. 

On  dit,    A\>oir   Voir  capable,   pour  dire, 


CAP 

r  Avoir  l'air  d'un  homme  qui  présume  trop  do 
son  habileté.  Et  on  dit,  Faire  le  capable,  pour 
dire,  Faire  l'habile  homme;  et  dans  cette 
phrase.  Capable  est  employ.'-  sulistantivement. 

CAPACITÉ,  s.  f.  Habil.-ié,  sulKsancc  Aoir 
beaucoup  de  capacité.  Avoir  peu  de  capacité. 
Manquer  de  capacité.  Faute  de  capacité.  Juger 
de  la  capacité  d'un  homme  par  ses  ouvrages. 

On  dit,  La  capctcité  de  Vesprit,  pour  dire, 
L'étendue  et  la  portée  de  l'esprit.  Selon  la  ca- 
pacité de  son  esprit. 

On  appelle  Les  titres  et  capacités  d'un  Ec- 
clésiastique, Les  actes  et  pièces  qui  servent  à 
montier  qu'il  est  capable  de  posséder  le  Béné- 
firo  qu'il  demande ,  comme  sont  les  lettres  de 
tonsure,  etc.  On  le  dit  aussi  en  matière  civile, 
dans  les  Juridictioii-'  laïques.  Il  n*a  point  de 
capûcité  pour  recevoir  ce  legs-là. 

CAPAcrrÉ,  SI!  dit  aussi  en  pcxlant  Des  choses-, 
et  alors  il  signifie,  La  profondeur  et  la  largeur 
de  qut;lque  chose,  considérée  comme  conte- 
nant, ou  pouvant  contenir.  La  capacité  d'un 
7'aisseau.  La  capacité  du  cerveau.  La  capacité 
de  Veslomac. 

CAPARAÇON,  s.  m.  Sorte  Be  couverture 
qu'on  met  sur  les  chevaux.  Caparaçon  de  toile. 
illettré  un  caparaçon  à  un  cheval. 

CAP.\RAÇONNER,  v.  a.  Mettre  un  capa- 
raçon. Il  faut  caparaçonner  ce  cheval. 

Caparaçonné,  ée.  participe. 

CAPE.  s.  f.  Manteau  à  capuchon  ,  comme 
on  en  pc:toit  autrefois.  Cape  de  Béarn. 

On  dit  figurénient  d'Un  cadet  de  bonne 
maison  qui  n*a  point  de  bien ,  qu'/i  n'a  que  ta 
cape  et  Vépée. 

On  le  dit  aussi  figuréraent  et  familièrement 
d'Une  persoime  ou  d'une  chose  (jui  n'a  qu'mi 
mérite  apparent  et  superficiel.  Cela  n'a  que  la 
cape  et  Vépée.  C'est  un  mérite  qui  n'a  que  la 
cape  et  Vépée. 

On  dit,  Rire  sous  cape,  pour  dîie,  Rire  en 
se  moquant  de  quelqu'un,  et  eu  tûchant  de 
n'être  pas  aperçu. 

Cape,  se  dit  aussi  d'Une  couvcrtiu*e  de  tête 
(V»ct  les  fenmies  se  servent  en  quelques  Pro- 
vinces, contre  le  vent  et  la  pluie.  Cape  de  ca- 
melot. Cape  de  taffetas.  Cape  de  toile  ciréft 
5or(ip  en  cape^  etc. 

Ou  appelle  Cape,  en  termes  de  Marine,  La 
grande  voile  du  grand  mât.  Mettre  à  la  cape^ 
C'est  ne  se  servir  que  de  la  grande  voile,  por- 
tant le  gouvernail  sous  le  vent,  pour  laisser 
aller  le  vaisseau  h  la  dérive. 

C.\PELA!V.  t.  m.  On  appelle  ainsi  par  mé- 
pris  un  l'rétre  pauvre  ou  cagot,  qui  ne  s'attire 
pas  le  respect  dû  à  son  caractère.  Ce  n'est  qu'un 
Capelan. 

CapelAN,  est  aussi  Un  j>etit  poisson  de  mer. 
dont  la  chair  est  douce,  tendre  et  de  bon  goiit. 
Le  capelan  est  commun  dans  la  Méditerrani'-e. 

CAPELET.  s.  m.  Terme  de  Manège.  Enflure 
qui  vient  au  train  de  derrière  du  cheval  à  l'ex- 
Irémitc  du  j.irret. 

CAPETilNE.  8.  f.  Espèce  de  chapeau  dont 
^  les  femmes  se  servent  contre  le  soleiL 

CAPiLLAlUE.  adj.  des  a  genres  (On  pro- 


CAP 

nonce  les  L  sans  les  mouiller.)  Délié  comme 
des  cheveux.  11  se  dit  priocipalenK-nt  en  termes 
de  Botanique,  en  parlant  De  certaines  plantes, 
conmie  l'Adiantc,  le  Cétérac,  etc.  dont  le» 
feuilles  sont  très-déliées.  On  en  a  fait  un  ordre 
particulier.  On  appelle  encore  Racines  capil- 
laires, Celles  qui  sont  longues  et  filamenteuses. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  tuyau  fort  étroit,  d'Une 
veine  fort  étroite,  etc.  Tuyau  capillaire.  Veine 
capillaire. 

Il  est  aussi  substantif  masculin,  en  parlant 
Des  herbes  capillaires.  Lcsbons  capillaires  vien- 
nent de  Montpellier,  de  Canada.  Sirop  de  capil- 
laire. (Dans  CCS  derniers  exemples,  on  ne  fait 
sentir  qu'un  L.  ) 

CAPILOTADE,  s.  f.  Sorte  de  ragoût  fait 
de  plusieurs  morceaux  de  viandes  déjà  cuites, 
nonne  capilotade.  Faire  une  capilotade  de  per^ 
drix,  de  poulets,  etc. 

On  dit  proverbialcm,  et  figurém.  .Ifctlfre 
quelqu'un  en  capilotade,  pour  dire,  Médire  du 
quelqu'un  sans  aucun  ménagement,  le  déchi- 
rer, le  mettre  en  pièces  par  des  médisances 
outrées. 

CAPISCOL.  s.  m.  Dignité  de  Chapitre  dans 
quelques  Provinces,  qui  répond  au  titre  de 
Doyen. 

CAPITAINE,  s.  m.  Chef  d'une  Compagnie 
de  gens  de  guerre,  soit  à  pied,  soit  à  cheval. 
Capitaine  d'Infanterie,  de  Cavalerie,  de  Chc- 
vau-Léqcrs,  de  Gendarmes,  de  Currtïïtniers , 
de  Dragons^  etc.  Capitaine  réformé.  Capitaine 
en  pied.  Capitaine-Lieutenant. 

Dans  les  Compagnies  des  Gendarmes  et  des 
Chevau-Légers,  dans  celles  des  Mousquetaires^ 
et  dans  celles  de  la  (Jfntîarmerie  ,  celui  qui 
commande  la  Compagnie  est  appelé  Capitaine- 
Lieutenant^  parce  que  c'est  le  Roi,  la  Reine. 
Ou  un  Prince  qui  en  est  !e  Capitaine.  On  doniK 
Dussi  le  litre  de  Capitaine  -  Lieutenant ,  à  tous 
les  Licutenans  de  la  Compagnie  Colonelle  d'un 
Régiment  d'Infanterie. 

Capitaine  ,  se  dit  aussi  De  celui  qui  n  le 
tomnifmdcment  dun  vaisseau,  dune  galère,  eie. 
Capitaine  de  vaisseau,  de  galère^  de  frégate, 
de  hrillot.  Capitaine  en  second. 

On  appelle  aussi  Capitaine  de  Port,  Cehi! 
qui  commande  dans  un  Port. 

Capitaine,  se  dit  anâsi  De  cehù  qui  com- 
mando dans  certaines  Maisons  Royales.  Capi- 
taine de  Fontainebleau.  Capitaine  de  Saint- 
Germain.  Capitaine  de  Vincennes. 

On  appelle  Cflpiïrtinc  lics C'ins.scv,  Cehii  qui 
Q  le  soin  de  ce  qui  regarde  la  cliasse  dans  une 
certaine  étendue  de  pays. 

On  dit  aussi,  Capitaine  de  Voleurs,  Capi- 
taine de  Bohèmes  j  etc.  en  parlant  Des  chefs  qui 
les  commandent. 

Capitaine,  se  dit  aussi  d'Un  Général  d'ur- 
mé-c,  par  rapport  aux  qualités  nécessaires  pour 
le  commandement.  Ce  Hoi  étoit  un  grand  Ca- 
pitaine. Sage  Capitaine.  Capitaine  exf^ri- 
mcntè.  Vaillant  Capitaine.  Vieux  Capitaine. 
Ce  Générai  étoit  plus  soldat  que  Capitaine.  Il 
n'étoit  pas  Capitaine. 

CAPITAINERIE,  s.  f.  Charge  de  Capitaine 


CAP 

d'une  Maison  Royale, d'un  Clijteau,  etc.  Capi- 
tameric  de  FontuinMeau.  Il  se  dit  auisi  De  la 
Charge  d'uu  Cuplluine  des  Chasses. 

CAPiTAiNEniE  DES  CHASSES  ,  cst  L'cieodue 
de  la  JinUliction  d'un  Capitaine  des  Chasses. 
Cette  Terre  est  dans  la  Capitainerie  de  Saint- 
Germain. 

CAPiTAiireniE,  en  quelques  Maisons  Roy.ilps, 
se  dit  Du  lieu  aflucté  au  logement  du  Capitaino 
du  Chlteau  et  des  Chasses.  Loger  à  la  Capi- 
tainerie. 

CAPITAL,  ALE.  adj.  Principal.  C'est  U  U 
point  capital  de  celte  afpiire.  Celte  danse  est 
capitale  dans  ce  contrat.  Paris  est  la  Ville  ca- 
pitale de  lu  France.  Lt,  Capitale d'unRoyanmc. 
En  cette  plira^i',  Capitale  est  .sul)sl.'intif. 

On  appelle  Lettres  capitales  ,  Les  grandes 
lettres  qu'on  met  ordinairement  au  commence- 
ment dis  livres  ,  des  chapitres  ,  de  quelques 
mois ,  etc. 

Capital,  se  dit  aussi  d'Un  crime  qui  mérite 
le  dernier  supplice,  et  du  supplice  même.  Crinn 
capital.  Peine  capitale.  On  dit.  Les  sept  pécltét 
capitaux,  pour  dire,  Les  sept  péchés  mortels. 

Od  appelle  Ennemi  capital,  L'n  ennemi 
juré,  un  ctinemi  morteL 

U  est  quelquefois  substantif ,  et  on  dit,Fairt' 
son  capital  de  quel(jue  c/icwe  ,  pour  'dire,  En 
faire  sa  principale  occupation,  son  principal 
objet.  Il  fait  son  capital  de  Vétude. 

Capital,  signifie  encore  Le  principal  d'uue 
dette.  lia  payé  les  intérêts,  mais  il  doit  encan 
le  capital. 

n  se  dit  figiurément  De  ce  qu'il  y  a  de  prin- 
cipal, de  plus  important  Le  capital  est  de  tra* 
vailler  sérieusement  à  stn  salut. 

CAPITALISTE,  s.  Celui  ou  celle  qui  a  du 
capitaux  ou  sommes  d'argent  considérables,  et 
qui  les  fait  valoir  dans  les  entreprises  de  com- 
merce ,  d'agriculture ,  de  manufacture  ou  de 
finance.  RicheCapitaliste.CeCapitalisle  est  un 
franc  usurier. 

C.iPITAN.  s.  masc.  Terme  de  mépris.  On 
appelle  ainsi  Un  fanfaron  qui  se  vante  d'une 
bravoure  qu  il  n'a  point 

CAPITA.VPACHA.  s.  masc  Amiral  Ture, 
Padia  de  la  mer. 

CAPri'AXE.  s.  fém.  La  premiirt  galère  de 
l'armcc.  LaCapitane.  EnFrarKe,  il  n'y  a  plus 
<'e  Capitane.  Galère  Capitane. 

CAPrrATIO>".  s.  f.  Taxe  par  tète.  Payer  la 
Capitalion. 

CAPITEUX,  EUSK.  adj.  Qui  porte  i  la 
têt.;.  II  ne  s^  dit  que  Dis  liquer.rs  fcrmcntées. 
Le  tiin  nouveau  est  capileu.1.  Li<jucnr  capiteuse. 

CAPITULE,  j.  m.  Nom  d  un  ancien  Bâti- 
ment ou  Temple  ^  Kome  cojisacré  i  Jupiter, 
qui  fnt  surnomme  par  celle  raison,  Jupiter 
Capitolin.  Il  y  avait  des  Capitales  ailleurs  (ju'ii 
Roine. 

CAPITON,  s.  m.  Soie  grossière  dont  on  se 
sert  pour  divers  ouvrages.  Ce  n'est  pas  de  la 
^Jie  so-e  ,  ce  n'est  rjue  du  capiton. 

r.APITtJUL.  ».  m.  On  appelle  ainsi  J  Tou- 
ioasc,  ce  qu'on  appelle  Ëclieviu  en  d'autrrs 
Viilrs.  L'oljice  d:  Caf  itoul  nnoblu. 


CAP 

CAPITOULAT.  s.  m.  Dignité  ilc  CapitouL 

CAPITULAIRE.  adj.  des  2  g.  Appartmant 
au  Clmpitrc,  ^  une  assemblée  rlc  (ilumnines  ou 
lie  V^eW^xcux.  Acte  caintiilaire.  Résolution  capi- 
tulaire.  Assemblée  capitulairc. 

CAPiTULAinE.  s.  ni.  Ordonnance,  rèj^Icment 
sur  les  matières  Civiles  et  Ecclésiastiques,  et 
rédigées  par  Cliapitres.  Il  n'est  guère  d'usage 
qu'au  pluriel  dans  ces  phrases,  Les  Cupitu- 
laires  de  Charlctnaqne j  les  Capitulaires  de 
Charles-lc-Chauve y  qui  se  disent  Des  Consti- 
tutions faites  par  Cliarlemnï;"e)  par  Cliarles- 
le-Cliauve,  et  par  les  autres  Rois  du  la  seconde 
tlace ,  sur  ces  sortes  de  malières. 

CAMlULAmiiMEM.  adv.  Un  Chapitre. 
Les  Chanoines  y  les  Relitjiutx  capititlaircment 
iissemhlés. 

CAPITULANT,  adj.  Qui  a  vnix  dans  un 
Chapiu-c.  Chanoine  cupilulant.  RchqictLC  ca- 
pitulant. U  est  aussi  substantif.  Les  Capitulans 
assemblé.^  pour  VéUction. 

CAPITULATION,  s.  f.  Composition,  le 
traite  qu'on  fait  pour  la  ri'ddition  d'une  Place, 
La  capitulation  d  une  Ville.  Les  articles  de  li\ 
capitulation.  Ce  qui  est  porté  par  la  capitula- 
lion.  Une  capitulation  honorable ^  avantaqettse. 
Fmre  sa  capitulation.  Tenir  la  capitulation, 
[Violer  la  capitulation.  Dresser ^  signer  la  capi' 
Uilation.  Recevoir  à  capitulation. 

Capitulatio»,  se  dit  particulièrement  Dei 
[onditions  que  les  Électeurs,  dans  la  vacance  de 
fEmpire,  proposent  à  celui  qui  a  été  élu  Em- 
pereur, et  (^'il  signe  avant  que  d'être  reconnu. 
La  Capitulation  Impériale. 

CAPITULATION,  se  dit  aussi  d'Une  conven- 
tion en  vertu  de  laquelle  les  sujr-ts  d'une  puis- 
ïance  jouissent  de  certains  privikvjcs  dans  lei 
États  d'une  autre. 

Il  se  dit  familièrement  Des  moyens  de  rajw 
prochement  et  de  conciliation  qu'on  propose 
en  afiàires.  On  en  vint  à  bout  par  capitulation. 
Cet  homme  n'entend  à  aucune  capitulation  en 
fait  d^intérét. 

CAPITULE,  s.  m.  Espèce  de  petite  Leçon 
ijuî  se  dit  h  la  fin  de  certains  Offices. 

C-\PITULER.  V.  n.  Parlementer,  traiter  de 
la  reddition  d'une  Place.  Battre  la  chamade 
pour  capituler. 

l\  s'emploie  pour  dire,  Entrer  en  traité  sur 
juelque  ailàire,  sur  qu:lquc  démêlé,  venii  â 
uu  accommodement.  H  commence  à  se  défier 
de  son  droit,  il  demttnàe  à  capiluUr, 

On  dit  proverbial.,  Ville  qui  capitule  est  à 
demi  rendue,  pour  dire,  Cunndon  é:oute  des 
propositions,  on  est  près  de  les  accepter. 

C.VPï^'*-IRT.  s.  m.  Auinial  amp  'bie  du 
Brésil. 

C.VPO'. s.  HL Hypocrite, qt.>d«8imulr  pour 
arriver  h  ses  fins.  Faire  le  copon.  U  est  familier. 
U  se  dit  aussi  populairement  d  Un  joueur  rusé, 
fin,  et  appliqué  à  prendre  toute  sorte  d'ov.'in- 
tages  aux  jeux  d'adrcise.  C'est  un  vrai  capon, 
un  franc  capon.  Il  est  capon  à  ce  jeu-là. 

CAPU.N>KR.  v.  n.  User  de  finesse  au  jm . 
cl  être  «llentif  >*  j  prendre  toute  ftnrte  d'avan- 
t(*.gcs.  Caponncr  au  jeu.  U  est  populaire. 


CAP  195 

CAPON?(IHRE.  s.  f.  Terme  de  fortification. 
Logement  cieu.sé  en  terre,  que  l'on  fait  d'ordi- 
naire dans  des  fossés  secs ,  et  où  il  peut  tenir 
quinze  ou  vingt  fusiliers  qui  tirent  prestpie  à 
rcz-de-cliaussée  sans  Otre  vus.  On  ft  un  feu 
continuel  des  caponnières  de  cette  Place. 

CAPORAL,  s.  m.  Soldat  i  liaule  paye  dans' 
une  Compagnie  de  gens  de  pied,  immédiate- 
ment au-dessous  du  Sergent.  C'est  d'ordinaire 
le  Caporal  cjui  pose  et  lève  les  Sentinelles.  Les 
Caporaux  d'une  Compagnie. 

CAPOT,  s.  m.  Espèce  de  cape  ou  de  grand 
manteau  d'étolTe  grossière,  où  est  attaché  un 
capuchon.  Quand  les  soldats  sont  en.'ceiitinelle, 
ils  ont  ordinairement  des  capots.  C'ifot  contre 
la  pluie.  Capot  de  farcal,  etc. 

Capot,  se  dit  aussi  d'Une  petite  cape  qui 
fait  partie  de  l'habit  de  cérémonie  des  Cheva- 
Uers  de  l'Ordre  du  Saint-Esprit.  On  dit  nlus 
communément  une  Canote. 

Au,jeu  du  Piquet,  on  dit,  Faire  Capot, 
pour  dire.  Faire  toutes  les  levées,  toutes  les 
mains.  Faire  pic ,  repic  et  capot.  Et  dans  cette 
nccepiion.  Tondit  aussi,  jÊIre  capot,  pourdire, 
Ne  faire  aucune  levée. 

On  dit  aussi  figmém.  et  familiérem.  d  Une 
personne  qui  demeure  confuse  et  interdite 
luprès  de  quelqu'un  ,  qu'£!/c  est  demeurée 
capot.  On  le  dit  aussi  d'Une  personne  qui  se 
voit  frustrée  de  son  espérance. 

C-VPOTE.  subst.  f .  Espèce  de  mante  que  les 
femmes  mettent  par-dessus  leurs  habits  quand 
slles  sortent,  et  qui  les  couvre  depuis  la  tête 
jusqu'aux  p'icds.  Capote  de  camelol.  Capote  de 
taffetas. 

C.iPIÎE.  s.  f.  Espèce  de  petit  fruit  vert,  que 
l'on  confit  ordinairement  dans  le  vinaigre.  On 
I«  dit  plus  souvent  au  pluriel.  Manger  des  câ- 
yres.  L'n  baril  de  ciipres.  Salade  de  câpres.  Ou 
ippellc  encore  Câpres  capucines,  Les  câpres 
qui  sont  moins  grosses  que  les  autres. 

fiAPl'iE.  s.  m.  Sorte  de  vaisseau  corsaire. 
Câpre  îlollandois.  Câpre  Anglois.  Câpre  Os- 
tendois.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  Des 
vaisseaux  que  des  particuliers  arment  en  course 
sur  l'Océan. 

CAPRICE,  s.  m.  Fantaisie,  Loutsùe.  il  se 
gouverne  plus  par  caprice  nue  par  raison.  Avoir 
des  caprices.  Etre  sujet  aux  caprices  d'a:itrui. 
Dépendre  des  caprices  d'autrui.  Suivre  son 
caprice. 

U  signifie  quelquefois  ,  Saillie  d'espnt  et 
d'imagination  ;  et  alors  il  se  peut  prendre  eu 
bonne  port.  Ce  Poète  ne  compose  gue  de  caprit  e. 
Ce  Peintre,  ce  ."^lusicien  travaille  de  caprice. 
Cet  homme  a  d'heureux ,  de  beaux,  tTcxcc/Icns 
caprices. 

Il  se  dit  aussi  De  certaines  pièc«s  de  Musique , 
de  Poésie,  de  Piinture,  etc.  où  l'Auteur,  s'i- 
bandonnant  à  son  génie,  ne  suit  d'autres  règUs 
que  son  imagination.  Cet  Organiste  a  joue  un 
fort  beau  caprice. 

CAPRICIEUSEMENT,  advcrb.  Pir  caprice. 
Cft  homme  agit  trèt-capricieustmcnl. 

CAPRICIEU.X,   EUSE.  adject  Fanlasque. 
L'n  c*pri(  capricieux.  Un  homme  crtpricicux. 
25. 


igG  CAP 

Une  j'amme  capricieuse.  Avoir  l'humeur  capri- 
cieuse. 

CAPRICORNE,  s.  m. Celui  Jes  douie  signes 
«lu  Zodiaque ,  qui  est  enlra  le  SagiOaire  et  le 
Versciii  .  cl  qu'on  a  coutume  de  repn'sentcr 
[lar  la  Ijgurc  d'un  Bouc,  te  5oIfii  etoit  dans  le 
Capricorne.  Le  tropique  du  Capricorne. 

CÂPRIER,  s.  m.  Arbrisseau  qui  porte  des 
câpres. 

CAPRISANT.  adj.  m.  Terme  de  Médecine. 
Il  se  dit  d'Uu  pouls  dur  et  incgal. 

CAPRON.  s.  ni.  Grosse  fraise. 

CAPSE.  s.  f.  Espice  do  boite  qui  sert  au 
scrutin  d'une  Compagnie.  La  Capse  tic  Sor- 
bonne. 

CAPStJLAIRE.  adj.  des  a  genres.  En  cap- 
sule. Terme  de  lîouuique  et  d'.Anotomie.  F  nui 
capsulaire.  Membrane  capsulaire. 

C.4PSULE.  s.  f.  Terme  de  Botanique.  Il  se 
dit  de  cette  partie  de  la  plante  qui  renferme  les 
semences  et  les  graines.  En  Anatomip,  on 
lionne  ce  nom  à  des  membranes  qui  envelop- 
pent les  articulations. 

C.VPTAL.  subst.  m.  Titre  connu  d.ins  notre 
Histoire,  et  qui  signifioit  Chef.  Le  Captai  de 
Buck 

CAPl'ATEUR.  s.  m.  Terme  de  Droit.  Celui 
qui  par  des  insinuations  artificieuses  t.'iche  de 
se  procifrcr  im  avantage,  un  testament,  une 
donation ,  etc. 

CAFl'ATION.  s.  f.  Terme  de  Droit.  Insi- 
nuation artificieuse,  dont  ou  se  sert  pour  se 
procurer  quolijue  avantage.  Il  a  usé  Je  cupta- 
llon  pour  ollcnir  cette  succession. 

CAPTER.  T.  a.  Employer  adroitement  tous 
les  moyens  de  parvenir  à  quelque  chose  auprès 
de  quelqu'un  ;  chercher  à  obtenir  par  voie  d'in- 
sinuation. Capter  la  bienveillance,  capter  les 
suffrancs  de  (jucltju'un. 

Capté  ,  ée.  participe. 

CAFlTEUSEMEN'l".  adv.  D'une  manière 
captieuse. 

CjVPTIEUX  ,  EUSE.  adj.  Qui  tend  ;.  in- 
duire en  erreur  et  à  surjirimdre  par  quelque 
belle  apparence.  Il  ne  se  dit  que  Des  raison  ne- 
mcns,  des  discours,  elc.  Ttrmc  captieux.  Pro- 
position captieuse.  Clause  captieuse.  Jrgumcv.t 
captieux.  Ce  qu'il  vous  dit  est  captieux.  Tour 
captieux. 

11  se  dit  aussi  Des  personnes.  C'est  un  rai- 
sonneur captieux.  Cet  liontnie  est  soui-ent  cap- 
tieux. Je  crains  beaucoup  les  gens  captieux. 

CAPTIF,  IVE.  adj.  Qui  a  cti  fait  esclave  à 
la  guerre.  Il  ne  se  dit  guère  qu'eu  parlant  Des 
guerecs  anciennes.  Les  Grecs  ayant  pris  la 
Ville,  passèrcnj  les  hommts  au  fil  de  l'épéc.  et 
emmenèrent  les  femmes  captives.  Vn  Roi  captif. 
Une  Princes.se  captive. 

Les  Ordres  de  la  Merci  et  de»  M.ilhurin», 
Inslitudspour  le  rachat  des  esclaves  faits  par  les 
Miihométan»,  soct  qualifiés  d'Ordre  de  la  Ré- 
demption des  Captifs.  Ce  mot  est  ici  substantif. 
Dans  le  «tylesoutenu, Cupli/  se  dit  De  toute 
sorte  de  prisonniers  ;  et  figurcmeut  on  dit.  Ame 
captive,  raison  captive,  elc. 

On   dit   encore,    2'cnir   captif,  pour  d^re, 


CAP 

Tenir  dans  une  extrême  contrainte  ,  dans  nne 
extrême  sujétion.  /!  lient  sa  femme  captive.  Il 
tient  ses  enfans  captifs ,  et  il  ne  leur  lai.ve  au- 
cune liberté.  On  est  fort  captif  dans  cette  place. 
CAPTIVER.  V.  a.  Rendre  captif.  11  n'est 
point  d'us.Tgc  au  propre.  Il  se  dit  figurémcnl 
dans  ces  phrases:  La  beauté  qui  me  captive.  Ses 
yeux  ont  captivé  ma  liberté. 

Il  signifie  aussi  Assujellir.  Vous  ne  s.auriez 
captiver  cet  esprit.  C'est  une  humeur  qu'on  ne 
sauroit  captiver.  En  ce  scus  on  dit  aussi ,  5e 
caplii'er.  71  perci  (ouïes  ses  affaires,  parce  qu'il 
ne  sauroit  se  captiver.  Pour  faire  sa  fortune,  il 
faut  se  captiver  auprès  des  Granils.  En  ternies 
de  l'Ecriture,  on  dit,  Ciipl!  'Cr  son  esprit,  so'i 
entendement  sous  le  jouq  de  la  Foi. 

On  dit  aussi ,  Captiver  la  bienveillance  de 
quelqu'un  ,  pour  dire ,  Se  rendre  maitre  de  sa 
bienveillance,  en  être  assiu"é. 
Captivé  ,  £E.  participe. 
CAPTIVITÉ,  s.  f.  Privation  de  liberté,  es- 
clavage. Tenir  en  captivité.  Vivre  dans  la  cap- 
tivité. Sortir  de  captivité.  Délivrer  de  captivité. 
Etre  en  captivité.  Racheter  de  captivité. 

Captivité,  se  dit  figurémcnt,  d'Une  très- 
grande  sujétion.  C^esl  une  maison  oii  les  do' 
mestiques  sont  en  captivité. 

CAPTURE,  s.  f.  Prise  au  corps.  Il  ne  se  dil 
guère  que  d'Un  homme  arrêté  pour  dettes,  on 
pour  crime,  par  ordre  de  Justice.  Ce  5erae;]|  a 
fait  deux  captures  ce  matin.  On  a  pris  un  f:- 
nieux  voieiir,  c'est  une  belle  capture. 

On  le  dit  familièrement  Des  prises  que  lc« 
foldats  fort  à  la  guerre.  Ces  soldats  ont  /îiil 
une  bonne  capture. 

On  appelle  encore  Caplure,  I,a  Saisie  di'i 
marchandises  défendues ,  faite  par  ks  Ciardei 
des  Fermes  du  Roi. 

CAPTURER.  V.  a.  Faire  capture ,  appréhen- 
der au  corps ,  saisir. 

Captché  ,  ÉE.  participe. 
CAPUCE.  s.  m.  C'est  la  même  chose  que 
Capuchon. 

CAPUCHONjS.  m.  Couverture  de  liu,  qui 
fait  une  partie  de  l'habillement  des  .Moines,  et 
qui  est  ordinairement  de  drap  ou  de  serge.  Ca- 
puchon de  Moine,  capuchon  pointu,  capuchon 
rond,  de. 

On  dit  ]r.overbiaIemcnt,  Prendre  le  ;apii- 
clton,  pour  dire ,  Se  dire  Moine. 

Capuchox.  Fleur  en  capuchon.  En  ternies 
de  Botanique,  on  appelle  ainsi  Certains  allon- 
gemens  creux  et  coniqu.^s,  plus  ou  moins  longs, 
qui  se  trouvent  îi  la  partie  postérieure  de  plu- 
sieurs fleurs,  comme  i  celles  de  la  Capucine, 
du  Pied -d'Alouette  ,  etc.  On  .ippclle  aus<i 
Eperon ,  ce  même  allongement. 

CAPUCIN,  CAPUCINE,  s.  Religieux  ou 
Religieuse  de  l'un  des  Ordres  qui  reconnoisseni 
St.  François  pour  Fondateur. 

CAPUCINADE.  s.  f.  se  dit  d'Un  plat  dis- 
cours de  morale  ou  de  dévotion.  Ce  sermon 
n'est  qu'une  capucinade.  Il  est  faniiUcr. 

CAPUCINE,  s.  f.  Espcee  de  (leur  pomg're. 
Cette  plante  est  ainsi  nommée,  parce  qne  sa 
Qcur  est  terminée  par  un  allongement  eu  forme 


C  A  R 

de  capuchon. On  la  cultive  dans  les  j.nrdins. G» 
emploie  ses  (leurs  dans  les  salades,  et  on  confit 
ses  boutons  au  vinaigre.  Cette  plante  a  presque 
toutes  les  vertus  qu'on  attribue  au  Cresson. 
Une  salade  de  capucines. 

On  appelle  Couleur  copucine.  Celle  qui 
ressemble  à  cette  (leur. 

CAPUCINIÉRE.  s.  f.  Maison  de  Capucins, 
n  se  dit  ironiquement  et  familièrement. 

CAPI;T-M0RTUUM.  s.  m.  Terme  de  f.lii- 
liiie.  V.  TÊTii-MonTE. 

CAQ 

C.4QU-4GE.  s.  m.  Façon  qu'on  donne  aux 
liarengs,  loi-sfju'on  les  veut  saler. 

CAQUE,  s.  f.  Espè-cc  deJiarrique  ou  de  baril. 
Une  caque  de  harengs.  Une  caque  de  poudre. 

On  dit  proverbialement  et  figurém.,  La  cnijiie 
tent  toujours  le  hareng,  pour  dire,  qu'il  reste 
toujours  des  marques  des  impressions  que  l'on 
a  reçues  dans  sa  jeunesse,  et  de  l'état  où  l'on 
i'est  trouvé.  Il  se  dit  toujours  en  mauvaise  part. 
C'est  un  homme  de  rien  qui  a  fait  fortune  j 
mais  qui  a  toujours  les  inciinnlioiis  basses  et 
les  manières  grossières-  la  caqu\i  sent  toujours 
le  hareng.  Il  a  passé  sa  jeunesse  en  mécliante 
compagnie ,  vous  n'en  ferez  jamaisrien  debon  ; 
la  caque  sent  toujours  le  hareng. 

C.VQUER.  V.  a.  Préparer  le  poisson  pour 
î'encaqiier  ou  le  mettre  en  caque. 

Caqcté,  ée.  participe. 

CAQUET,  s.  m.  Babil.  Caquet  iniporfuii. 
Avoir  bien  du  caquet.  Avoir  trop  de  caquet. Elle 
a  le  caquet  bien  aij:lé.  Cet  homme-là  n'a  que 
du  caquet. 

Ou  dit  figurément  et  familièrement.  Rabattre 
le  caquet,  ou  rabaisser  le  caquet  de  quelqu'un  , 
pour  dire,  Confondre  par  ses  raisons,  ou  faire 
îaire  par  autorité  un  homme  qui  parle  mal  à 
propos  ou  instïlemment. 

CAQUETAGE.  s.  m.  Action  de  caqueter. 
Il  m'étourdit  par  son  caquetaqe.  Il  se  prend 
iiussi  pour  Les  coquets.  'î  ont  cela  n'est  que  du 
caquetage, 

CAQUl'.TE.  s.  f.  Sorte  de  baquet  ou  les 
Iforengèrcs  mettent  des  carpes. 

CAQUETER,  v.  n.  Babiller.  Des  fmmcs 
qui  ne  font  que  caqueter.  Il  ne  lui  faut  pas  dire 
de  secrets,  il  aime  trop  à  caqueter. 

CAguETEH ,  se  dit  aussi  au  propre ,  Du  bruit 
ijue  font  les  poules  quand  elles  veulent  pondr«. 

f..\QUETl".lîlE.  s.  F.  Action  de  caqueter.  U 
6e  dit  principalement  au  pluriel  pour  signifier 
Caquets.  lyctcrnclles  caqueteries. 

CAQUETEUR,  EUSE,  s.  Qui  caquette  ol 
babilla  beoucoup.  Un  grand  caqueleur.  Une 
arande  caqueîeusc. 

CAR 

C.\R.  Conjonction  qui  sert  à  marquer  la  rai- 
son d'une  proposition  avancée.  Il  ns  faut  j\is 
faire  telle  chose,  car  Dieu  le  défend.  Vous  ne 
le  trouverez  pas  chez  lui,car]Ci>icnr  de  le  voir 
dans  la  rue. 

CARABlî.s.m.  Ambre  jaune  dont  on  se  sert 
en  Mçdccinc,  et  po:ir  d'aulios  usages. 


CAR 

CARABIN,  a.  m.  CaTalier  qui  porte  une  cn- 
labiue.  Cnpitu'me  tle  Carabins.  Mestre  de 
Camp  des  Carahins.  Aujourd'hui  on  dit  Ca- 
rabinier. 

Cahabin,  se  dit  figiiréiia-nt  d'Un  lioninic 
<jui  se  contente  de  hasarder  quelque  chose  an 
jeu,  et  qui  se  retire  aussitôt,  perte  ou  gain. 
C'est  un  vrai  Carabin  au  jeu. 

Il  se  dit  aussi  figurément  d'Un  homme  qui 
dans  une  conversation,  dans  une  dispute,  ne 
fait  que  jeter  quelques  motsvifs  , et  puis  se  tait, 
ou  s'en  va.  Il  a  tiré  son  coup  en  Carabin. 

CARABIN,  s.  m.  Frater,  Garçon  Gliirurgien. 

CARABI^'AOK.  s.  f.  Un  tour  de  CaraJjin. 
II  a  fait  une  carahinade ,  et  s\n  est  allé.  \\  est 
ïamilicr. 

C-VRABINE.s.f.  Espèce  de  petite  ajquehuso 
iju'on  porte  à  cheval.  C^arqer  une  Carabine. 

CAUABI^'ER.  v.  a.  Tracer  en  dedans  d'un 
canon  de  fusil  des  ligues  creuses,  telles  qu'il  y 
en  a  dans  les  carabines. 

C.VRADiNÉ,  ÉE.  participe. 

CAriABl>*ER.  V.  n.  Combattre  à  la  façon 
des  Carabins.  Les  Cbc^'au-Léncrs^  ni  les  Gen- 
darmes ^  ne  s^amuscnt  point  ù  carubiner,  Vn 
)cavalicr  auî  sort  de  son  ninfj  pour  carabiner. 

Carabined,  se  dît  aussi  figurément  d*Un 
joueur  qui ,  sans  s'attacher  au  jeu.  iiasarde  qi*el- 
i]uc  coup  comme  eu  passant  il  ne  joue  pas,  il 
Jie  fait  nue  carabiner. 

CAR  ABIMER,  s.  m.Cav;.Iier  annc-  de  cara- 
Lînt.  V ne  Compagnie  de  Car,.ibiniers.  Capitaine 
iit  Cjrahinicrs.  Colonel  des  Carabiniers. 

CAR.-VCHE  ou  CARAG.  s.  m.  Tribut  que 
les  Clirétieus  et  tes  Juifs  payent  au  Grand-Seî- 
jgncur. 

CARACOLE,  s.  f.  Slouvement  en  rond,  ou 
en  demi-rond ,  ^u'on  fait  faire  h.  un  cheval ,  en 
chang  ant  quelquefois  de  main.  Fuire  une  ca- 
racole. Faire  plusieurs  caracoles. 

C^VRAGOLER.  V.  n.  Faire  des  caracoles.  71 
y  avoit  plaisir  à  les  voir  caracoler.  Caracoler 
uutcur  d^un  carrosse,  etc. 

C^VRACrilRE.  s.  m.  Empreinte,  marqiie. 
Il  se  pn^'ud  particulièrement  pour  Les  figures 
dont  on  se  sert  dans  l'écriture  ou  dans  1  impres- 
sion. Groi  cumclèrc.  Petit  caructère.  Caractrn 
Visible.  Bon  caructère,  MaUifiiis  caructère.  Ou- 
vragc  imprûnc  en  beau  carttctère.  Caractère 
romain,  caractère  italique.  Caractère  usé,  po- 
ché. Caractères  Grecs.  F.(j^'ptien$  j  Arabes.  Ca- 
ractères hlêronly'piliques.  Les  Anciens  impri- 
itioient  sur  le  ^ronf  des  crintinelsct  des  esclaves 
certains  caractèrcf. 

Il  se  dit  De  récriture  d'une  personne.  J'ai 
reconnu  votre  caractère. 

Il  se  dit  aussi  Des  funtcs  de  lettres  dont  se 
servent  les  Imprimeurs.  Cr.ractères  neufs.  Ca- 
ractères usèi.  Caractères  de  plomb. 

CAnACT>:nE,  sigaîBe  aussi  Titre,  dignité, 
qualité,  puissance,  Tcrtu  allachée  à  certains 
ciati.  Caractère  sacré.  Le  caractère  dePri'tiisf. 
Le  caractère  d'Ev^que.  Etre  revêtu  du  carac- 
tère d* Ambassadeur.  Un  Ambassadeur  nui  sou- 
tient son  caractère  avec  dinnitc.  C'est  un  ca- 
ractère qu'il  f:ut  respecter. 


CAR 

On  dit  d'Un  Ambassadeur,  qa7l  a  déployé 
son  caractère  ,  pour  dire,  qu'il  a  déclare  sa   ' 
mission  ;  et  l'on  dit  qu'/I  cache  son  caractère^ 
pour  dire,  qu'il  ne  \e  fait  pas  encore  connoitre. 

On  dit  d  Un  lionnne  qui  n'a  point  de  mis- 
sion, d'autorité ,  ni  de  pouvoir  pour  faire  quel- 
que chose,  que  C'est  un  homme  qui  n\i  point 
de  caractère,  qui  parle  sans  caractère. 

En  parlant  Du  Baptême  et  de  l'Ordre,  on 
dit,  que  Ce  sont  des  Sacremens  qui  impriment 
un  caractère.  Caractère  inelfiçable^  indélé- 
bik. 

CAHACiiiiE,  se  prend  auîsi  pour  Ce  qui 
diotingue  une  personne  des  autres  à  l'égard  des 
mœurs  ou  de  l'esprit.  Cet  homme  a  un  étrange 
caractère  d^esprit.  Le  caractèrp.  d'un  Auteur, 
îlomèrc  a  excellé  dans  les  caractères.  Garder^ 
diversifier,  soutenir  les  caractères.  Prendre  bien 
le  caractère  d'un  homme.  Soutenir,  remplir^ 
ne  pas  démentir  son  caractère,  ne  pas  sortir  dt 
son  canictère. 

On  dit  familièrement  d'Un  homme  dcmœuri 
faciles  et  agréables,  que  C'est  un  bon  caracttn 
d'homme.  Et  on  dit  d'Un  homme  d'un  carac* 
1ère  décidé,  qu7ï  a  du  caractère;  et  dans  Iccai 
Kontraire,  qu'ii  n'a  pas  de  caractère. 

On  dit  j  peu  pn-s  dans  le  même  sens,  qu'il 
y  u  du  c«r(ic(crc,qu'i/  n'y  li  point  de  caruclèrt 
dans  une  physionomie.  Cette  tète  a  un  grani 
caractère,  est  d'un  grand  caractère.  Vn  beat 
taractère  de  tête. 

On  se  sert  aussi  de  cette  expression  dans  leL 
Arts.  Ce  début  en  Musique  a  du  caractcte.  Cel 
id'lice  a  ou  ii\i  pas  le  caractère  qui  lui  coH'- 
vient.  Cette  fiçade  a  le  caractère  d'un  Temple, 
tt  non  d'une  salle  de  Spectacle.  Cette  strophe  a 
vraiment  le  caractère  de  ÎOde.  L'éloquence 
de  Bqurdaîoue  a  tout  un  autre  caractère  que 
celle  de  Massillon. 

C.AiiACTtnE,  se  prend  aussi  pour  Des  lettres 
ou  n^orcs  auxquelles  le  peuple  attribue  une 
ceruine  vertu,  en  conséquence  d'un  pacte  pré- 
tendu fiiit  avec  le  diable.  Il  n'a  jamais  étèblessl 
à  la  guerre;  on  dit  qu'tl  a  un  caractère,  qu'il 
porte  un  caractère  sur  lui. 

CAnACTÈRE ,  en  Botanique ,  sert  i  en  dési* 
grier  certaines  marques  essentielles  qui  dis- 
tinguent une  plante  de  toute  autre.  Les  Bota- 
nistes appelkor  Caractère  générique^  Celui  qui 
convient  à  tout  un  genre;  et  Cijrdc(érc  spé- 
cifique. Celui  qui  ne  convient  qu'à  une  espèce. 

GAnACTÈHEs,  en  Chimie,  sont  Des  signes 
lont  les  Chimistes  se  servent ,  pour  représenter 
en  abrégé  les  substances  qui  servent  à  leius 
opérations. 

On  dit  de  même ,  Ctiror tcrc5  Algébriques , 
Carijc/èrcj  Astronomiques,  en  parlant  Des  c>- 
ractèrcs  dont  les  Algébristes  et  les  Astrouonics 
se  6ervent  ordiuaircmcnL 

CARACTÉRISER,  v.  a.  !^Iartjuer  locaractère 
d'une  personne,  d'une  passion,  d'un  vice, 
d'une  vertu,  etc.  CePoète^  cet  .'in leur  carac- 
térise bien  Ic'i  personnes  dont  H  parle,  ou  qu'il 
fait  parler.  Il  caractérise  bien  les  passions, 

CAnACTÉBi^Ê,  lE.  participe. 

CAR.\CrÉR16UE.  s.  masc.  Eu  Botanique 


CAR  197 

ResscniblaBce  et  confurmito  des  plumes  avec 
quelques  parties  du  corps  liumaiu. 

C\RACTÉRlSTIQUt;.  adj.  des  2  genres. 
Qui  c.iraclériso.  Sitjne  cun/clen'sdoiic.  Lettre 
caractéristi(juc,  C'est  la  lettre  qui  dénoté  lu 
furiuatiou  d'un  temps.  La  Icltie  11  est  la  carae- 
t^risli(juc  de  (oii>  les  futuri  /iuMçois. C'est  aussi 
parmi  uous  la  It-ttre  qui  se  conserve  dans  tous 
les  dérives  d'un  mot;  comme  le P dans  les  mots 
dérivés  de  Corps  et  de  tcnijis  :  Corporel^  tein- 
porcl,  temporiier j  le  G  dans  luitgueitr,  stiit- 
y"'<* ,  raiicjer,  etc.  à  cause  de  long,  sang, 
rantj ,  etc. 

Un  appelle  La  earactèrisùrjue  d'un  logii- 
ritlime,  Le  prenjier  cliiflie  d'un  logarillinic  qui 
rxprime  des  unités.  Ce  mot  csl  aussi  subs- 
tantif. 

CjVR.i.FE.  s.  f.  Sorte  de  petite  bouteille  de 
verre  ou  de  cristal ,  plus  large  par  le  bas  que 
par  le  haut,  dont  on  se  sert  iwur  verser  à  boire, 
et  pour  faire  rafraicliir  du  viu.  Mettre  du  ui» 
iluns  des  carabes,  ilieltre  des  carafes  de  vin  sur 
une  soucoupe. 

CARAFOS.  s.  m.  Sorte  de  vaisseau  de  lii^e 
ou  d'autre  bois ,  dans  lequel  on  met  un  flacon 
avec  de  Kl  glace,  pour  faire  r^draieliir  du  vin, 
de  l'eau ,  ou  d'autres  liqueurs.  Carajon  de 
Uéqe.  Mettre  de  la  glace  dans  les  carafons.  Il 
se  dit  aussi  De  la  carafe  qu'où  met  dans  le  ca- 
rafon. 

<!).4JIAG]N'E.  s.  f.  Rcsiae  aromatique  dont 
OD  use  en  Médecine. 

CARAÏTE.  s.  masc.  Juif  qui  s'iiliaclie  .i  la 
lettre  de  l'Ecriture,  et  qui  rejette  les  traditions, 
le  Talinud,  etc. 

CAR.A'UEL.  s.  m.  Sucre  fondu  et  durci.  Le 
taramel  est  bon  pour  le  rhume„Cerises  au  ca- 
ramel. 

C.lRAQUE.  s.  f.  Kom  qu'on  donue  à  des 
vaisseaux  que  les  Portugais  envoient  au  Brésil. 
Il  y  en  a  du  port  d(^  deu\  mille  tonneaux,  ies 
caragucs  servent  à  la  guerre  et  au  commerce. 

CARAT,  s.  m.  Certain  titre,  certain  degré 
de  bonté  et  de  perfection  dans  l'or.  Il  ne  se  dit 
point  des  autres  métaux.  De  Vor  à  vingt  o 
ratA^  au  vingt  et  unième  caraL  II  n'y  a  poiij 
dans  le  commerce  d'or  à  vingt-ijuatre  carats. 

On  dit  proverbialement  et  figurém.  qii'C/i 
homme  est  un  sot,  est  un  impertinent  ù  vingi- 
(jiiatre  cnr.ilj,  pour  dire,  qu'il  est  sot,  imper- 
tinent au  souverain  degré. 

Cahat,  signifie  aussi  Le  poids  de  qu.^ire 
grains;  et  il  se  dit  en  parlant  Des  diamaus  et 
des  perles,  etc.  Ce  diamant,  cette  perle  pète 
tant  de  carats. 

C.^itAT,  se  dit  aussi  Des  petits  diamans  qui 
se  vendent  au  poids. 5a  ^irunf?oIc  parult  beau- 
coup de  loin ,  cependant  elle  n'est  que  de  ca- 
rats.  Ce  n'est  que  du  carat, 

CARAVA^■E.  s.  f.  Troupe  de  ^LircLonds, 
de  Voyageurs  ou  de  Pélorins,  qui  vont  de  com- 
pagnie pour  se  garantir  des  voleurs  ou  des  ror- 
kaircs.  Il  oe  se  dit  que  Des  Marchands,  des 
Voyageurs  et  des  Pèlerins  qui  vont  de  la  sorte 
par  terre  ou  par  mer  dans  le  Levant  La  Cara- 
vane de  Danuti.   La   caravamc   oui   va   à  la 


,98  CAR 

iltcijue.  Marclicr  avec  la  caravane.  La  cara- 
l'iiJie  /iit  atta(]nie  par  les  Arabes. 

Oii  dit  figiirémcnl  et  faniilié'-'jnii'nt,  Mar- 
cher en  caravane,  pour  dire,  Aller  de  compo- 
giiie.  Nous  avons  fait  une  caravane  pour  aller 
iliner  a  tel  endroit.  Je  vis  venir  toute  une  ca- 
ravane de  campagnards, 

CAnAVASES,  signifie  anssi  Les  campagnes 
que  les  Clievaliers  <le  Malte  sont  obliges  de 
faire  sur  nier,  pour  s'accpiiiler  du  service  qu'ils 
doivent  à  leur  Ordre.  Faire  ses  caravanes.  Ce 
CItevalier  n'a  pas  encore  fait  ses  caravanes, 
toutes  les  caravanes.  Les  Clicvalicrs  ne  peuvent 
parvenir  auxComwandcries,  qu'ils  n'aient  jait 
leurs  caravanes. 

On  appelle  aussi  CtiriuMiic,  Un  nombre  di> 
vaisseaux  mai-cliands  qui  vont  de  conserve. 
C'iiravniic  d'Jlep,  d'Alexandrie,  etc. 

<ARAVAN.SERAIL.  s.  m.  Hutclleric  dans 
le  Levant,  oit  les  caravanes  sont  reçues  gratui- 
tement, ou  poiu'  un  prix  mojiqtie.  On  dit  aussi 
et  même  mieux,  Caravanserai.  Curavanscra  ss 
dit  aussi. 

C.iRAVELLE.  s.  f.  Navire  rond ,  et  de  mé- 
diocre grandeur,  dont  se  serv'enl  les  Portugais. 
A7on«r  une  conii'clle.  CommaDiier  une  cara- 
velle. Equiper  une  earaveUe. 

CARBATUVE.  s.  r.Peaudelictefi-aicliemenl 
écorchée. 

CARBONNADE.  s.  f.  Manière  d'.ipprMcr 
les  viandes  en  les  faisant  griller  sur  le  cliarbon. 
Faire  une  carhoiinade.  Mettre  des  tranches  do 
jambon  à  la  carbonnadr^ 

CARC.4-N.  s.  m.  Cercle  de  fer  avec  lequel  on 
attaclie  par  le  cou  à  un  poteau,  celui  qui  a 
commis  quelque  crime  ,  quelque  délit.  Con- 
damner  au  carcan.  Attacher  au  carcan.  3iet(r« 
au  carcan.  Cela  mérite  le  carcan. 

Il  signifie  au.ssi  Une  espfcce  de  cliaine  ou  de 
collier  de  pierreries.  Cette  (immc  a  un  beau 
carcan  de  pierreries. 

CARCASSE,  s.  fém.  Les  ossemens  du  coips 
d'un  animal,  lorsqu'il  n'y  a  plus  guère  de 
eliair,  et  qu'ils  tiennent  encore  ensemble.  Toiil 
le  champ  de  bataille  éloit  encore  plein  de  car- 
tasics  d'hommes  et  de  chcvGu.r. 

Cjircasse  de  poularde,  de  poiiicl,  de  per- 
drix, etc. C'est  ce  qui  icste  du  corps,  lorsqu'on 
en  a  6lé  les  cuisses  et  les  ailes. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  vaisseau  dont  il  n'y  a 
encore  que  la  charpente  de  faîte. 

On  dit  figurément  et  par  mépris,  d'Une 
personne  extrêmement  maigre,  que  C'est  une 
carcasse,  qu'elle  n'a  que  la  carcasse.  Vieille 
carcasse. 

CADCA.'iSE, signifie  aussiUnc  sorte  de  l)oml)e , 
coniposé-c  'de  différens  cercles  de  fer,  qui  res- 
scuil>le  en  quelque  sorte  i  une  carrasse  d'ani- 
mal ,  cl  qu'on  jette  avec  le  mortier  comme  les 
bombes.  On  brûla  (oui  un  quartier  de  la  Ville 
avec  des  carcasses. 

QVRCINOMATEUX ,  EUSE.  adj.  Oui  tient 
de  la  nature  du  Cancer.  Ulcère  carciiioinntepu;. 
CARCINOME,  s.  m,  Ternie  de  Médecine. 
Synonyme  de  Cancer. 

CARDAMINK,  siibst.  f.  ou  CRESSO?f  DES 


CAR 

PRÉS.  Plante  ainsi  nommée,  parce  qu'elle  a|>. 
proclie  du  goût  du  Cresson ,  qu'on  appelle 
aussi  Cnrdamum.  Elle  est  apcrilive  et  anti- 
scorbutique. 

CARDAMOME,  s.  m.  Graine  médicinale  cl 
aromntifjue  qui  entre  dans  la  Tliériaquc. 

C.UlOASSE,  subst.  fém.  RAQUETTE  ou 
KKiUlER  D'INDE.  Plante  grasse,  dont  les 
fruits,  quoique  de  bonne  qualilé,  donnent  um 
rouleur  de  sang  li  l'urine  de  ceux  qui  en  oui 
mange. 

CARDE,  s.  f.  La  côte  qui  est  au  milieu  des 
ituiilles  de  certaines  plantes,  comme  la  ï)oir(.*t! 
rt  l'artlcliaut,  cl  qui  csl  bonne  ii  manger.  Cot(tî 
lie  cardes.  Cardes  poirées. 

On  appelle  aussi  Cardt',  Le  peigne  d'un 
t'.ardeur- 

C.iRDER.  v.  a.  Peigner  avec  des  chardons 
Q  Bonnetier,  ou  avec  des  instrura.-ns  qui  sont 
lout  couverts  d'un  côté  de  pcliles  pointes  de 
Ter  plus  déliées  que  des  épingles.  Carder  du 
drap,  de  la  laine,  de  la  suit,  du  coton,  etc. 
Caîidé,  ÉE.  participi'. 

CARDEUR,  EU.SE.  s.  Ouvrier,  ouvrièic 
qui  carde. 

C.4RDIAQUE.  adj.  des  2  genres.  Terme  de 
Pharmacie.  Cordial ,  propre  à  fortifier  le  cœur 
Remède  cardiaque. 

Il  est  aussi  terme  d'Anatomie,  et  se  dit  D.' 
ce  qui  appartient  au  cœur.  Les  qlandes  car- 
diaques. 

On  s'en  sert  aussi  substantivement.  Bon  cor- 
Jlaque.  Cardiaque  cvcellent. 

CARDINAL,  s.  m.  Un  des  soix.inte-dix  Pré- 
'ats  qui  composent  le  sacré  Collège  ,  cpii  ont 
7oix  active  et  passive  dans  l'élection  du  Pape . 
n  parmi  lesquels  le  Pape  csl  ordinairement 
thoisi.  Cardinal  du  titre  de  Sainte  Cécile,  di 
Saint  Pierre-auj:-licns,  etc.  Il  a  été  fait  Car- 
dinal à  la  nomination  di  France.  Le  Pape  fit 
une  promotion  de  Cardinaux.  Il  a  eu  le  cha- 
peau de  Cardinal.  CardinalÊvêque,  Cardinal- 
Prêtre,  Cardinal-Diacre. 

CAnDiNAL,  A1.E.  adj.  Principal.  Il  se  dit  Des 
quatre  points  principaux  de  la  Splière,  et  des 
ijuatre  principales  vertus  Les  quatre  pointi 
cardinau.r.  Les  quatre  Vertus  cardinales. 

On  appelle  'Vent.'!  cardinaux,  J.es  vents  qui 
soufflent  des  quplre  principaux  points  de  la 
Splu^re. 

On  appelle  l'i ombres  cardinaux.  Ceux  qui 
sont  indéclinables,  cl  qui  désignent  une  quan- 
tité sans  marquer  l'ordre.  Un,  deux,  trois, 
quatre,  sont  des  nombres  cardinaux.  Premier, 
second,  froisiémc,  sont  des  nombres  ordinaux. 
CARDINALAT,  s.  m.  Dignité  de  Cardinal, 
Il  a  clé  promu  au  Cardinalat.  ,lvanl  sa  pro- 
motion au  Cardinalat. 

C.VRDINALE,  subst.  f.  ou  RAPUNIIU.M. 
Plante  qui  nous  a  été  apportée  d'Amériipic.  On 
la  cultive  dans  les  jardins  pour  la  beauté  de  sa 
fleur. 

CARDON,  s.  m.  Espèce  de  plante  qui  res- 
semble il  celle  de  l'artichaut,  et  qui  ne  porte 
point  de  fruit.  La  liqc  des  cardons  est  bonne  à 
mantjer. 


CAR 

CARÊME.  6.  m.  Temps  d'abstinence,  qui 
comprend  quar.inte-six  jour»  entre  le  Mardi- 
gras  et  le  jour  de  Pûques ,  pendant  lequel  ou 
jeûne  tous  les  jours,  hors  les  Dimanches  ;  ca 
qui  fait  quarante  jeftnes.  Le  saint  temps  de  Ca- 
rême. Durant  le  Carême.  Le  commencement ,  lu 
fin  du  Carême,  L\-tveut  cl  le  Carême.  Jeûner  le 
Carême.  Prêcher  le  Carême.  La  mi-Carême. 

On  appelle  Provisions  de  Carême,  viandes 
de  Carême,  Les  alimens  ilonl  on  se  sert  le  plus 
ordinairement  en  Carême  ,  comme  Iiarengs  , 
morue,  pois,  fèves,  pruneaux,  etc. 

On  dit ,  Faire  Carême  ,  faire  le  Carême  , 
observer  le  Carême  ,  pour  dire  ,  S'abstenir  des 
viandes  défeudue*  pendant  le  temps  du  Caréniej 
livmpre  le  Carême,  rompre  Carême,  pour  ilire , 
Cesser  d'observer  l'abstiin  ncc  de  Carême  ,  et 
mauger  des  viandes  défendues.  Il  a  été  oblige 
de  rompre  le  Carême. 

On  dit,  que  Le  Carême  est  bas,  Quand  il 
rnnimence  dans  les  premiers  jours  de  Février  ; 
rt  que  Le  Carême  est  haut.  Quand  il  commence 
■'u  mois  de  Jlars. 

Et  on  dit  figurément  et  familièrcm. ,  qu'On 
met  le  Carême  bien  haut ,  pour  dire  ,  qu'On 
exige  des  choses  trop  difficiles.  Ce  Docteur  dé- 
bile une  morale  sévère,  il  nous  nicl  le  Carême 
bien  haut. 

On  dit  proverbialem,  qu'  Un  homme  a  prêché 
sept  ans  pour  un  Carême  en  quelque  endroit, 
[lour  dire,  qu'il  y  a  été  long-temps  ,  et  qu'il 
connoit  fort  ce  lleu-là. 

On  dit  aussi  proverbialement  d'Une  cho»» 
qui  no  manque  jamais  en  certain  tenijis  ,  oa 
d'un  hoiiinic  qui  se  trou^'C  toujours  en  certain 
endroit,  à  certaine  heure,  qu'/l  n'y  manque 
non  plus  que  Mars  en  Carême. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  an  Ive  .'1  propos 
en  quelque  endroit .  qu'/i  arrive  comme  marée 
en  Carême. 

Carême,  se  prend  quelquefois  pour  Tous 
les  Sermons  qu'un  Prédicateur  prêche  durant 
le  temps  de  Carême.  Un  tel  a  fait  imprimer 
son  Carême.  Le  Carême  d'un  tel.  Un  tel  Pré- 
dicateur a  deux  Carêmes ,  trois  Carêmes. 

Cabéme-pivenast.  s.  m.  On  appelle  ainsi  les 
trois  jours  gras  qui  précédent  immédiatement 
le  Mercredi  des  Cendres.  C'éloil  li  Carême-pre- 
nant. Il  est  du  style  familier. 

Il  se  prend  plus  particulièrement  pour  Le 
jour  du  Mardi-gras.  Le  jour  deCarême-prenanL 
Et  on  dit  proverbial.,  qa'iTI  faut  faire  Carêm»- 
prenant  a/ec  sa  femme  ,  et  Pdques  avec  son 
Curé.  On  dit  aussi  par  plaisanterie  ,  cl  [wur 
exprimer  ceitaines  libertés  qu'on  prend  pen- 
dant ces  jours-li,  Tout  csl  de  Carême-prenant. 
On  appelle  familièrem.  Des  Caréme-prc- 
nans,  Ceux  qui  coiuvnl  en  m.isque  mal  liabil'o!'» 
ilans  les  rues  pendant  li  s  jours  gras.  On  dit  cn- 
riiie  d'Une  personne  vêtue  d'une  manière  ex- 
trava"ante,  que  C'est  un  vrai  Carême-prenant. 
CARÉNAtiE.  s.  m.  Lieu  où  l'on  donne  la 
carène  à  tm  vaisseau  ,  ou  l'acliou  de  caréner, 
ou  rcITet  de  celte  acticm. 

CARENCE,  s.  f.  Terme  de  Pratique.  On 
appelle  rioccs  uerlial  de  Carence.  Un  procès 


CAR 


CAR 


verbal  qui  constate  qu'un  dufunt  n'a  laisse  au-  CAnaLOS ,  se  dit  aussi  De  l'air  que  l'on  exc- 

qua  bien.  "'■^  cute  sur  les  cloches.  Le  Carillon  Je  Dunliêrnue. 


CARÈSE.  «.  f.  La  quille  et  les  flancs  du 
vaisseau  jusqti'^  fleur  d'eau.  Donner  carène  à 
un  vaisseau  ,  nicf(re  un  vaisseau  en  carène  , 
C'est  le  mettre  sur  le  côt^  pour  le  raccommoder 
aux  endroits  qui  sont  dans  l'eau. 

C.\RÉ-VER.  V.  a.  Donner  carène.  Caréner 
dci  vaisseaux. 

Cjuiéjé,  ÉE. participe.  Vieux  faisieau  core'nè. 

CAKESSASr,  AJSTE.  adj.  Qui  cime  i  ca- 
resser. Cet  homme  est  fort  caressant.  Il  est 
dhumeur  caressante. 

CiVRKSSE.  s.  f.  Témoignage  d'afTection  que 
l'on  donne  à  quelqu'un  par  ses  actions  ou  par 
les  paroles.  Aaréables  caresses.  Douces  caresses. 
Grandes  atrfsses.  Caresses  trompeuses.  Faire 
des  caresses.  Recevoir  des  caresses.  Il  lui  a  fait 
caresse.  Il  ne  m'a  pas  fuit  la  moindre  caresse. 

Cn  dit  Cgurcment,  qu'/i  ne  faut  pas  se  fer 
aux  caresses  de  la  fortune. 

CARKSSER.  V.  a.  Faire  descaresses.  Caresser 
un  enfant  j  caresser  un  chien  ,  etc. 

On  dit  6gurément }  qu'Un  Prince  a  bien 
iCaressé  quelqu'un,  pour  dire,  que  Le  Prince 
l'a  bien  reçu. 

Cahessk  ,  ie.  participe. 

C.\RIiT.  5.  ni.  Sorte  de  Tortue  dont  on 
ni.inge  la  cbair,  et  dont  l'écaillé  sert  h  faire  des 
peignes  et  autres  ouvrages. 

C.UIKT.  s.  m.  Espèce  de  gros  fil  qui  sert 
pour  les  menues  manœuvres  des  navires.  Fil 
Je  CiircL 

CARGAISON.  J.  f.  Terme  de  Marine.  Hlar- 
cliandises  qui  font  la  charge  entière  d  un  vais- 
seau. On  a  pris  un  vaisseau  dont  la  cargaison 
éloit  fort  riche. 

C.^RGUE.  s.  f.  Il  se  dit  Des  cordes  qui  ser- 
vent à  trousser  et  h  accoiircir  les  voiles. 

CARGL'ER.  v.  a.  Trousser  et  accourcir  Ici 
voiles  par  le  moyen  des  cargucs.  Carcjuer  Ici 
voiles. 

C\aavt,  ts.  participe. 

CARLiTIDE.  s.  f.  Figure  de  femme  qui 
soutient  une  corniche  sur  sa  téliî.  On  y  em- 
ploie aussi  des  figures  d'Iiommc.  Les  cariatides 
sont  un  ornement  d^Archilecture, 

CARIBOU.  sub?>t.  m.  .\nimal  sauvage  du 
Canad.1 ,  dont  on  mange  la  ehair. 

CARICATURE,  s.  f.  Terme  de  Peinture, 
emprunté  de  l'Italien.  C'est  la  même  diose  que 
Charge  eu  Peinture.  VojCiCHAacE. 

CjVRIK.  s.  f.  Pouriturc  qui  attaque  les  o». 
Il  y  a  sujet  de  craindre  que  la  carie  n'atlaijui: 
Fus.  11  se  dit  aussi  Des  blés. 

C.\RIER.  T.  a.  Citer ,  pourir.  Il  se  dit  prin- 
cipalement Des  os  et  des  blés.  Un  os  carié. 
Blé»  curie».  Il  est  quelqiu;fuis  pronominal  L'o» 
K  carie. 

Cahic,  tz.  participe. 

Ou  appelle  ijoii  curie,  Celui  qui  est  piqué 
,d<.'  ver». 

CARlLI.O>'.  s.  m.  Battement  de  cloches  U 
coups  dru»   et  menus,  avec  quelque  sorte  de 


11  signifie  Gguréracut  Crieric,  grand  bruit. 
Quand  la  Maiiressedu  logis  verra  ce  désordre, 
clU  ft'ra  un  beau  carillon. 

A  DOUBLE  Caiullo».  Façon  de  parler  adver- 
biale, qui  signifie.  Fort,  beaucoup,  et  qui 
n'est  guère  d'usage  que  dans  quelques  phrases 
familières. 

CARILLONNER,  v.  n.  Sonner  le  carillon. 
Il  est  jeté  à  la  Paroisse,  on  n'a  fait  que  caril- 
lonner, 

CARILLONNEUR.  sulist.  masc.  Celui  qui 
carillonne. 

CARISTADE.  s.  f.  Terme  familier,  pour 
dire  Aumône.  DemanJer  la  caristade,  donner 
la  caristade. 

CARLINGUE,  subst.  f.  Pièce  de  bois  sur 
laquelle  porte  le  pied  d'un  mât. 

CARME,  subst.  m.  Religieux  de  l'Ordre  du 
Carmel ,  ou  des  Carmes. 

Carmes  ,  est  aussi  Un  terme  dont  on  se 
sert  au  Trictrac,  et  qui  se  dit  Lorsque  d'un 
coup  de  dé  on  amène  les  deux  quatre.  Il  a 
amené  carmes. 

CARMELINE,  adj.  qui  se  dit  De  la  seconde 
espèce  de  laine  qu'on  tire  de  I.t  vigogne. 

CARMIN,  s.  m.  Drogue  d'une  couleur  rouge 
fort  vive.  On  emploie  le  carmin  pour  peindre 
en  miniature. 

CARmUATIF.  IVE.  adj.  Il  se  dit  en  Mé- 
decine,  Des  remèdes  contre  les  maladies  ven- 
teuses. 

CARNAGE,  s.  m.  Massacre,  tuerie.  On  a 
fait  un  qr and  carnage  de:i  ennemis,  un  horrible 
carnage.  Il  se  dit  principalement  Des  hommes. 

On  dit  aussi,  qu'Ona^iit  un  grand  carnaqi 
de  cerjs ,  de  sangliers,  de  lièvres,  de  perdrix,  etc, 
pour  dire ,  qu'Un  en  a  tué  beaucoup. 

On  dit,  que  Les  lions,  les  tiares,  les  loupi 
vivent  de  carnage,  pour  dire,  qu'ils  vivent  de 
la  chair  des  animaux  qu'ils  tuent. 

CARN.ASSIER,  1ÈRE.  iidj.  Qui  se  pait  de 
chair  crue,  et  qui  en  est  fort  avide.  Dans  ce  sens 
il  se  dit  Des  animaux.  Les  corbeaux ,  les  loups 
et  les  vautours  sont  carnassiers. 

11  signifie  aussi.  Qui  mange  beaucoup  de 
chair;  et  dans  ce  sens  il  se  dit  Des  hommes. 
Les  peuples  septentrionaux  sont  fort  carnas- 
tiers  en  comparaison  des  méridionaux. 

CARNASSIÈRE,  subst.  f.  Espèce  de  petit 
B.-1C  où  l'on  met  le  gibier  qu'on  a  tué  à  la 
chbsse. 

CARNATION,  subst.  f.  Teime  de  Peinture. 
Représentation  de  la  chair  de  l'homme  par  le 
coloris.  Celle  curnatien  esl  belle,  vive,  na- 
turelle. 

11  se  dit  dans  le  langage  usuel,  pour  signifier 
Le  teint  d'un  homme,  ou  d'une  femme.  Une 
belle  carnation.  Une  vilaine  carnali«n. 

CAn^ATio^  ,  se  dit  cn  Bl.won ,  De  toutes  les 
parties  du  corps  Ijunain  qui  sont  représentées 
;iU  naturel.  D'argent,  à  la  tête  de  carnation. 

CAR.N.AV.AI-  subst.  m.  Temps  destiné  aux 
mesiuc  ei  d'accord,  donner  le  cariUoiL  donner  •  divcrtissemcn»  ,  lequel  commence  le  jour  lici 
li  JouMi:  ciirillun.  Rois ,  et  Cuit  le  Mercredi  dn  Cendres.  Dans  les 


CAR  ij)g| 

jours  (lu  carnaval.  Les  divertissemens  du  car- 
nasfaL 

CARNE,  sulïst.  f.  I/angle  extérieur  d'uiw 
pierre,  d'une  lal)le,  etc.  Il  s'est  hîessé  contre  la 
carne  de  lu  pierre. 

CARNi^,  ÉE.  atlject.  Terme  de  Fleuriste» 
Qui  est  de  couleur  de  cliair.  Une  anémone 
carnée. 

C-\IlNET.s.  m.  Extrait  du  livre  d'achat  d'un 
Marc!]  and ,  où  sont  contenues  ses  dettes  actives 
et  passives. 

CARNIFICATION.  s.  f.  Trrrae  de  Méde- 
cine. Changement  des  os  cn  chair. 

CAR>'lVORK.  adj.  des  a  g.  Qui  se  nourrit 
de  chair.  Les  animaux  carnivores.  On  dit  au*si 
substantivement,  Les  carnivores, 

CARNOSITI-:.  s.  f.  Excroissance,  tumeur 
de  chair  tjui  se  forme  sur  les  Lords  d'une  plaie, 
d'un  ulcère.  Il  se  dit  frë*jucmment  De  celle  qui 
se  forme  dans  le  conduit  de  l'urètre,  et  (jui em- 
pêche le  pa.ssage  de  l'urine.  Il  a  une  carnositc. 
Détruire  des  caniosités. 

CAROGNE.  s.  f.  On  appelle  idnsi  par  in- 
jure, Une  femme  débauchée,  u;  je  méchante 
femme.  Quelle  caro(jne!  Vieille  carocjne.  II 
est  bas. 

CAROLINE,  s.  f.  Plante  vivace  qui  croît 
principalement  dans  les  Alpes  et  dans  IcsPyrw- 
uées.  Les  pa^yans  des  montagnes  mangent  ds 
la  Caroline. 

CAR  GLUS.  s.  m.  (  On  prononce  l'S.  )  Espèce 
d'ancienne  monnoie  qui  valoît  dix  deniers.  Les 
Carolus  ont  eu  ce  nom,  parce  que  Ic^  premiers 
ont  été  frappés  au  coin  de  Charles  VÎII. 

CARONCULES,  s.  f.  Petites  chairs  glandu- 
leuses qui  se  trouvent  dans  plusieurs  partLe«du 
corps.  Les  Ciirunculcs  myrtilormcs. 

Ou  appelle  Caronctile  lacrymale ,  Une  pe- 
tite masse  rougeitre,  grenue  el  ohlonguc,  si- 
tuée entre  l'angle  interne  des  paupières  et  le 
globe  de  l'œiL 

C.iKOTIDES.  adj.  et  s.  f.  pi.  Nom  des  deux 
artères  qui  conduisent  le  sang  au  cerveau.  Les 
artères  carotides  viennent  de  la  partit  sup»- 
rieure  de  l'arcade  du  cerveau. 

CAROTIQUK.  s.  m.  Terme  d'Anatomk. 
Trou  de  l'os  temporal  qui  donne  passage  &  Tar- 
ière caroûde. 

CAROTIQUE.  adj.  des  2  g.  Qui  a  rapport 
au  carus.  .•assoupissement  carotique^ 

C.IlROITE.  s.  f.  Sorte  de  racine  bonne  à 
manger.  Faire  cuire  des  carottes. 

On  'dit,  qu'f  n  homme  ne  vit  que  de  carottes  i 
pour  dire,  qu'il  vit  mesquinement. 

On  appelle  Carotte  de  ta^uc,  Un  assemblage 
de  feuilles  de  tabac,  roulées  les  unes  sur  1«« 
autres  en  forme  de  carotte. 

CAROTTER,  v. a.  Jouer  mesquinement ,  ne 
hasarder  que  peu.  //  ne  fait  que  carotter. 

CAROrriER,  itRE.  s.  On  appcUe  aimi 
nu  jeu  Un  homme  ou  une  femme  qui  joue  timi- 
dement, et  rUquc  peu  à  la  fois. 

On  dit  aussi  CAnorrEm  ,  euse. 

CVROUBE  ou  CAROUGE.  s.  m.  Froit  du 
Caroubier.  Gousse  plaie  et  longue  d'environ  uo 
pied.  Elle  est  rcuiplic  d'une  pulpe  moclknue. 


ïoo  CAR 

dont  le  goùl  approche  <!e  celui  i!c  In  casse ,  cl ._ 
ijui  lichc  aHssi  le  venue. 

CAROpBIER.  s.  m.  Arbre  qui  porte  des 
Carouljes, 

C.AJIPE-  s-  f-  Sorte  de  poisson  d'eau  douce, 
couvert  de  grandes  et  larges  t'cailles.  Carpe  de 
rivière.  Carpe  d'étantj.  Carje  àe  Seine.  Carpe 
Idtie.  Carpe  amée.  Carpe  frite.  Carpe  au 
coiirl-louillon.  Carpe  à  l'ctwée.  Laitance  de 
carpe.  Lanqtte  de  carpe. 

On  appelle  Un  certain  saut,  Le  saut  de  lu 
carpe,  tt  cause  de  quelque  ressemblance  qu'il  a 
Rvec  un  saut  que  la  carpe  a  accoutumé  de  faire 
quand  elle  est  l^ors  de  l'eau. 

On  dit  d'Une  personne  .  qu'EJ.'e  fait  U  carpe 
pcîniec,  pour  dire,  qu'Ëlle  feint  de  se  trouver 
mat  SitIc  familier. 

CAKPlï.  s.  m.  Terme  d'.Anatomic.  La  ;iartio 
qui  est  entre  le  bras  et  la  paume  de  la  main. 

OVRPE.iU.  ç.m.  Diminutif  do  carpe.  Petite 
carpe. 

Il  signifie  aussi  Uu  poisson  d'eau  douce  res^ 
semblant  à  la  carpe,  et  d'un  goût  fort  délicat. 
Çarvecru  du  l.hin. 

C.VRPILLO>'.  s.  ra'.  .\utre  diminutif.  Tr^s- 
petitc  carpe. 

CARQUOIS,  s.  m.  Étui  à  flè.clies.  Carcjuois 
d'ivoire ,  d'éhènc,  etc.  Carquois  (janii  de  flèches. 
Vider  son  carquois.  Tirer  des  (lèches  de  son 
carquois. 

C.VRR.'VRK.  s.  in.  Nom  de  lieu  qu'on  donne 
i  du  marbre  de  la  côte  de  Gènes. 

CARRE,  s.  f  Ce  mot  nVst  guiîre  en  usa^e 
nue  dans  ces  façons  de  parler  :  La  carre  d'un 
chapeau,  pour  dire,  Le  haut  de  la  forme  d'ua 
cliapeau  ;  La  carre  d'un  habit,  pour  dire,  L< 
liant  de  la  taille  d'un  liabit;  et  La  carre  d'un 
Soulier,  pour  dire.  Le  bout  d'un  soulier  qui  st 
termine  carrément. 

On  dit  populairement,  qu'l/ne  personne  a 
une  bonne  carre,  pour  dire,  qu'Ell'e  a  1"S 
épaules  bien  larges  cl  bien  fournies,  et  que  cela 
l(iî  donne  de  la  prestance. 

CARRE,  ÉE.  adject.  Qui  est  d'une  figure  à 
quatre  côtes,  et  quatre  angles  droits.  Parfailc- 
ment  carré.  Fiqure  carrée.  Table  carrée.  Jar- 
din carré.  Vlan  carré,  etc. 

On  appelle  Bonnet  carré ,  Le  bonnet  à  quatre 
ou  &  trois  cornes,  que  portent  les  Docleurs,  les 
Ccdésiasliques,  et  les  gens  de  Justice  dans 
l«irs  fonctions. 

On  appelle  Jeu  de  Paume  carré,  ou  simple- 
ment un  Carré,  Le  Jeu  de  Paume  où  il  y  a  un 
petit  trou ,  et  un  aïs  au  lieu  de  dedans. 

On  appelle  en  ternies  d'.Aritliméiiqiu! , 
JVomfcrc  rirré.  Le  nombre  qui  résulte  d  un 
nombre  multiplié  par  lui-même.  5eiic  Ciif  U 
tiomhre  carré  de  quatre,  yeuf  est  le  nombre 
carré  de  trois.  Et  on  dit  aussi  substantivement . 
iSeiïe  est  le  carré  de  quatre,  neuf  est  le  carré 
de  trois. 

On  appelle  Racine  carrée,  Le  nombre  qui, 
multiplié  [lar  lui-même,  produit  un  nombre 
Carré.  Tirer ,  cxfrdirc  la  racine  carrée.    Trois 
ut  la  racine  carrée  de  neuf.  Quatre  est  la  ra-  , 
r.iiK  carrée  de  seiie. 


CAPl 

On  appelle  Période  carrée^  Une  pcriede  He 
quritri.'  membres;  et  par  extension  on  appelle 
aussi  Période  carrée,  Toute  ptrlode  nonibreusf: 
et  )>icn  soutenue,  quoiqu'elle  ne  soït  pas  de 
quatre  membres. 

On  appelle  familli'rement,  Partie  carrée. 
Une  pallie  de  divertissement  faite  entie  deux 
Ijomm&s  et  deux  femmes. 

On  dit,qu't7tt  homme  est  carre  des  cpiiulfs. 
pour  dire,  qu'il  est  larj;e  des  épaules. 

On  dit  proverbialement  et  bassement,  pour 
Se  moquer  d'un  honimc  qui  raisonne  mal, 
qu7!  raisonne  junte  et  carré  comme  une  fh'iU'. 

Cahhf,.  s,  m.  Figure  cnrrée.  Carré  parfr.ii , 
dont  les  quatre  cutés  cl  les  (juatre  ançjlcs  sont 
ènaiLX.  Carré  lonq.  Petit  carre.  Grand  carré. 
La  dianonale  d'un  carré.  Le  côté  d^un  cane. 
Cela  a  tant  de  pitds ,  ta^U  de  toises  en  cane. 
Un  pied  en  carré.  Vn  pisd  cane. 

En  pariant  de  Jardinage,  on  appelle  Carré, 
Un  espace  de  terre  en  carre,  dans  lequfil  on 
plante  des  fleurs ,  des  légumes ,  etc.  Un  cai  r« 
de  parterre.  Un  carrp  de  potager.  Un  carré  di 
tulipes.  Vn  carré  d^anémones.  Vn  carré  d'ar^ 
îichauts.  Vn  carré  long.  Et  on  appelle  Lu 
carré  d'cart.,  Une  pièce  d'eau  en  carré. 

On  appelle  Carre  de  tnoutvn,  La  pièce  du 
ijuarlicr  de  devant  d'un  mouton  ,  lorsque  1: 
tollet  et  l'épaule  en  sont  dehors  :  c'est  ce  qu'o:: 
ippcUe  autrement,  Vn  haut  culé. 

On  appelle  Curre  de  toilette  y  Vu  petit  cofih 
ilont  les  femmes  se  servent  à  leur  toilette ,  cl 
■^ans  lequel  elles  mettent  leur:;  pei*;nes  '^t  an- 
1res  choses.  Carré  d'aigenl.  Carré  de  bois  (Tt- 
\oès,  de  hois  de  cèdre,  etc. 

En  termes  de  Monsoie,  on  appelle  Carré ^ 
Le  morceau  d'acier  fait  en  forme  de  dé,  ou  es! 
gravé  en  creux  ce  qui  doit  être  en  relief  sur  la 
raodaiUe  ou  sur  la  monnoic.  Gratter  un  carré. 
Carré  bien  graine.  Carré  usé. 

Carré  magicfuc.  Voyez  MaciQTE. 

QARREAU.  s.  m.  Espace  de  pavé  plat  faî; 
de  terre  cuite,  de  pierre,  de  marbre,  etc.  dont 
on  se  sert  pour  paver  le  dedans  des  maisons  et 
lies  f'-glises.  Petit  carreau.  Grand  carreau. 
Carreau  de  terre  cuite.  Carreau  de  fiicnce. 
Carreau  vernisse.  Carreau  de  Hollande.  Car- 
reau de  Lizicux.  Carreau  de  Caen.  Carreau 
de  marbre.  Carreau  à  quatre  pans .  à  six  pans , 
en  losange.  Carreau  de  jeu  de  Paume.  Chasse 
à  deux  carreau.x,  à  trois  carreaux.  A  quatre 
«îiirreaux  la  balle  la  perd. 

On  dit,  Plier  du  livge  à  petits  carreaux, 
par  petits  carreaux  y  pour  dire,  En  plusieurs 
pi'lits  carrés.  Et  il  y  a  de  ccrt.ùnes  étofles  fa- 
ronnées  qu'on  appelle  £ïo^s  à  petits  carreaux. 

Jouer  au  franc  carreau.  Sorte  de  jeu  ou  l'on 
jette  en  l'air  une  pièce  de  monnoîe,  et  où  ce- 
lui dont  la  pièce  tomljc  le  plus  loin  des  bords 
du  carreau ,  gagne  le  coup. 

On  dit.  Coucher  sur  le  carreau ,  pour  dire, 
Couclicr  sur  le  plancîier;  Jeter  i?es  ^^CM^/t■s  sur 
le  carreau,  pour  dire,  Les  jeter  dans  la  rue. 

On  dit  aussi.  Jeter  ^uel'jii'uii,  coucher  quel- 
qu'un sur  le  carreau  ,  pour  dire.,  L'étendre  sur 
là  pbcc,  mort  ou  tr(}$  -  blessé  ;  et;  Demeurer 


CAR 

sur  le  carreau ,  pour  dire ,  Être  tué  îtir  la 
place. 
*^  On  appelle  aussi Carrenu,  Une  des  couleurs 
du  jeu  de  tiarles,  marquée  par  de  petits  car- 
reaux rouges.  Un  as  de  carreau.  Vn  deux  de 
caircau.  Jouer  en  carreau.  Il  tourne  carreau. 
Le  Koi,  la  Dame,  le  Valet  de  carreau. 

On  dît  d'Un  hommu  qu'on  méprise  ,  que 
C'est  un  valet  de  carreau.  Il  l\i  traité  comme 
un  valet  de  carreau. 

Gauheau  de  viTiiE.  Pirre  de  verre  que  l'oM 
emploie  aux  fenêtres.  Casser  un  carreau  de 
iiilre.  Remettre  un  currertu  de  vitre. 

CAnnEAtJ.  Coussin  carré  qui  sert  pour  s'as- 
seoir, ou  pour  se  mettre  ^  genoux.  Carreau  de 
i^elours.  Carreau  de  brocart.  Carreau  galonTié 
d*or  et  d*argent.  Vne  pile  de  carreaux.  Vne 
femme  à  qui  l'on  porte  le  carreau.  Se  faire 
porter  un  carreau  à  l'hglise. 

Cahheau.  Sorte  de  fer  à  rcpassci ,  dont  li;s 
Tailleurs  se  servent  pour  rabattre  les  coutures 
des  habits. 

CAnnEAu  D'AnBALÈTE,  étoît  Une  flècîie  dont 
le  fer  avoit  quatre  pans.  De  U  sfjnt  venues  crt> 
rxpressions  figurées,  Les  carreaux  vengeurs  de 
Jupiter,  les  carreaux  de  la  foudre. 

On  appelle  Brjc^et  Carreau,  Un  fort  gros 
trocbeL 

CAnnEAtJ.  Sorte  d'obstruction  qui  nnd  le 
t-entre  des  enfans  dur  et  tendu.  Cet  enfant  a  le 
tarreau. 

CARREFOUR,  s.  m.  L'endroit  auquel  se 
iTûisen»  deux  ou  plusieurs  chemins  i  la  cam- 
pagne, eu  plusieurs  rues  dans  les  villes  .  bourgs 
et  villaf^es.  Planter  des  Croix  dans  les  carre' 
fours,  le  peuple  assemblé  dans  le  carrefour, 
l  idiUcr  à  son  de  trompe  par  tous  les  carrefours. 

CARRÉGKR.  v.  n.  Terme  de  Marine  usité 
dans  I.T  !\Iédltcrnnée.  Louvoyer. 

CARRELAGE,  s.  m.  Ouvrage  de  celui  qui 
pose  le  carreau. Lw  ouvriers  prennent  tant  pour 
chaque  toise  de  carrelage. 

Il  signifie  aussi  quelquefois  Le  carreau,  et 
ce  qu'il  en  route  pour  le  fuire  poser.  Il  m'a 
coi'ité  tant  pour  le  carrelage  de  ma  chambre. 
Réparation  du  carrelage, 

CARRELER,  v.  a.  Paver  de  carreaux  de 
tcric  cuite,  de  pierre,  de  marbre,  etc.  Carreler 
une  salle,  une  chambre  de  petits  carreaux. 
Carrehr  de  grands  carreaux.  Carreler  de  ciir- 
reaux  de  Hollande.  Carreler  de  pierres  de 
Liais.  Faire  carreler  des  planchers. 

Caubei.é,  ée.  participe. 
V.ARRELET.  s.  m.  Sorte  de  poisson  de  mer 
qui  est  plat  j  et  qni  a  de  petites  tachée  rouget. 

CAnnKi-ET,  signifie  aussi  Une  sorte  de  filet 
dont  on  se  sert  pourprendre  le  poisson.  Prcnnrt; 
du  poissoH  au  carrelet,  avec  un  carrelet. 

Cahhei-Et,  signifie  aussi  Une  aiguille  anf-n- 
lairc  du  côté  de  la  pointe. 

CARRELEUR,  s.  maso.  Celui  qui  pose  le 
caiTcau. 

CARRELURE.  s.  f.  tes  wmcllcs  neuves 
qu'on  met  à  de  vieux  souliers,  à  de  vieilles 
bottes.  Mettre  une  carrelure  à  des  souliers. 

On  dit  litrurém.  et  basswncnl.  d'Un  homjrï? 


CAR 

aflamé  qui  a  fait  un  bon  repas,  qu'7I  s'est  fiit 
une  ciirreltirt',  ({u'tj  s^esl  donne  une  bonne  car- 
reltire  de  reriïrt*. 

CARREMENT. adv. En  carré,  h  angle  droit. 
Il  ne  se  dit  gui-rc  que  dans  res  plirases  :  Couper 
ouelaue  chose  carrément.  Tracer  un  plan  car- 
rément. Cela  est  planté  carrément. 

CARRER.  V.  a.  Donner  une  fi:;ure  carrée 
Carrer  un  bloc  de  marbre.  Et  il  signifie  en 
Géométrie,  Trouver  un  carre'  égal  à  une  sur- 
face curTiligne. 

Se  CAnnEn.  Marcher  les  mains  sur  les  côtés, 
ou  de  quelque  autre  manière  qui  marque  de 
l'arrogance.   5e   carrer  en   marchant,   Voycn 
comme  il  se  carre.  Il  est  du  stvle  familier. 
CAnnÉ,  f.t..  participe. 

CARRIER,  s.  ni.  Ouvrier,  Iiomme  de  jour- 
née qui  travaille  h  tirer  la  pierre  des  carrières  ; 
ou  ri-^ntrcprencur  qui  fait  ouvrir  une  earriôn! 
pour  en  tirer  de  la  pierre.  Maître  Carrier.  Ma- 
nœuvre Carrier. 

C.A.RRIKRE.  s.  f.  Lice,  lieu  fermé  de  bar- 
rières, pour  courre  la  bague,  ou  pour  d  .lutrcj 
•xercices  d  iiomiue  i  cheval.  I.e  bout  de  la  car- 
rière. Aller  jusqu'au  bout  de  la  carrière.  S'm- 
réter  au  milieu  de  la  carrière.  'Entrer  dun$  la 
carrière.  Ouvrir  la  carrière. 

On  dit  d'Un  cheval  de  manège  ou  de  course, 
qu7i  a  bien  fourni  sa  carrière,  pour  dire,  qu'il 
a  bien  fait  la  course  qu'on  vouloit  qu'il  fit. 

Ou  dit,  5e  Jonner  carrière,  pour  dire,  Se 
rejouir,  se  laisser  emporter  !i  l'envie  que  l'on  a 
de  dire  ou  de  6ire  quelque  chose.  Et  on  dit . 
5e  donner  carrière  aux  dépens  de  quelau'un^ 
pour  dire,  S'en  divertir  par  des  railleries. 

Cariiière,  se  prend  figun'-ment  pour  le cpuri 
de  la  vie,  pour  h-  temps  cpi'ou  exerce  un  em- 
ploi, une  charge,  «le.  Finir,  achever  sa  car- 
rière. Fournir  sa  carrière.  Etre  au  bout  de  sa 
t  arrière.  Ac  ^lire  (jue  commencer  sa  carrière. 
On  dit  aussi  figuKm. ,  Ouvrir  à  quelqu'un 
une  carrière,  une  belle  carrière,  pour  dire,  Lui 
donner  une  occasion  de  paroitre  et  d'exercer 
ses  talcns.  Cela  lui  a  ouvert  une  belle  carrière. 
CAnniÈBE,  ^.gnificsussi  Le  lieu  d'où  l'on  tira 
de  la  |«erre.  Tirer  des  pierres  de  la  carrière. 
Deicendre  dans  une  carrière.  Creuser  une  car- 
rière. Fouiller  une  carrière.  Carrière  de  marbre. 
On  dit  d'Un  honunequi  a  été  taillé  plusieurs 
foi»,  qu'//  Il  iiiic  carrière  dans  le  corps. 

CARRIOLE,  s.  f.  Petite  rharretle  couverte, 
qui  et  ordinairement  suspendue.  La  carriole 
d'un  tel  endroit.  Aller  dam  la  carriole,  danf 
une  carriole. 

CARROSSE,  siibsl.  m.  Kjpèce  de  Toiture  i 
qu.iire  roues,  suspendue  et  rouverte,  dont  on 
se  sert  pour  «lier  commodément  par  la  ville  et 
1  U  c.impagne.  Carrosse  à  portière.  Carrosse 
i  deux  /../irfs.  CniTojse  roiipe.  Carrosse  de 
campaync.  Carrosse  de  louage.  Carrosse  à 
t/laces.  Carrosse  drapé.  Un  carrosse  bien  sus- 
pendu. In  carrosse  doux.  Un  carrosse  rude. 
L'impériale,  /ri  pcrtièrei,  les  m^mtelels,  les 
j'i.rj  d'un  carrosse.  Carroue  à  ressorts  Car 
rosse    (j    Cl'  I        ^  .   , 

I  "lie.    Carrosse   a  brancards.    Car 

rosse  a  arc.  Paii^        i  .     .     . 

'  ""'  -ouler  un  carroijc.  Avoir  de 

i  OllIC   i. 


CAR 

ijuoi  faire  rouler  un  carrosse.  Des  chevatuc  de 
carrosse.  Monter  en  carrosse.  Descendre  de 
carrosse.  Un  carrosse  bien  attelé.  Aller  en  car- 
rosse. Mener  un  carrosse.  Ouvrir  la  portière 
d'un  carrosse.  Avoir  carrosse.  Prendre  carrosse. 
Carrosse  de  voiture.  Carrosse  de  remise.  Car- 
rosse à  quatre  chevaux.  Carrosse  à  suc  chevaux. 
Mettre  les  chevaux  au  carrosse. 

On  dit  figurément  et  proverbialement,  d'Un 
homme  grossier,  brutal  ou  stupide,  que  C'est 
un  vrai  cheval  de  carrosse. 

CARROSSEE,  subst.  f.  La  quantité  de  per- 
sonnes que  contient  un  carrosse.  Il  nous  vînt 
une  carrossée  de  Provinciales.  Il  est  familier. 

CARROSSIER,  s,  m.  Faiseur  de  carrosses. 
Selhcr  Carrossier. 

On  dit  d  I  c  cheva!  épais,  traversé,  et  pro- 
pre Ji  bien  tirer  le  carrosse,  que  C'est  un  bon 
tarrossier. 

CARROUSEL.  ■.  m.  Espère  de  lournoi  , 
qui  cniisistc  ordinairement  en  cotirses  de  bagues, 
lie  têtes,  etc.  entre  plusieurs  t'hevaliers  par- 
tagés en  diU'érenles  quadrilles  distinguées  par 
la  diversité  des  livrées  •'.  d's  babils.  Fiiirc  nu 
riirroiiscl.  OiiiT'':  ic  eorsutd  Le  carrou.scl  du 
Roi.  Le  carrot»à  ùe  laFlaCe  Royale.  Le  car- 
rousel des  Tuileritt 

On  appelle  ai,ii>  Carrousel,  Le  heu,  la  place 
BU  Ton  a  fait  un  carrousel, 

CARROUSSE.  Terme  empnuité  de  TAlIe- 
tnand ,  qui  n'est  d'usage  qu'en  cette  phrase  , 
Faire  carroirsse,  pour  dire,  Faire  débauche 
Il  est  du  style  familier,  et  il  vieillit. 

CARRURE,  s.  f.  La  largeur  du  dos  par  les 
Épaules  et  un  peu  au-dessus.  Voilà  un  homme 
d'une  belle  carrure.  Cet  habit  est  trop  larne, 
trop  étroit  Je  carrure. 

CARTAIME.  s.  m.  Voyez  CAtiTinsir. 
GART.AYER.  v.  n.  Il  se  dit  en  parlant  d'un 
Collier  qui  met  une  ornière  eniic  les  deux 
thevaux  et  les  deux  roues  du  carrosse.  Ce 
Cocher  a  fort  bien  cartayé. 
■  ^ ARTE.  subst.  f.  Assemlilage  de  plusieurs 
papiers  collés  l'un  sur  l'autre.  De  la  carte  fine. 
De  la  carie  bien  battue.  En  ce  sens  on  se  sert 
plus  ordinairement  du  mot  Carlon  ;  et  on  .->p- 
pelle  cette  sorte  de  ca.ie.  Du  carton  fin. 

Caiite.  Petit  carton  fin  coupé  en  carré  lou". 
')ui  est  ro.irqué  de  quelque  figure  et  de  quelque 
couleur.  <t  dont  on  se  sert  poiii  jouer  à  divers 
jeux,  f  n  jeu  de  caries.  Des  caries  de  piquet. 
Des  cartes  de  prime.  Des  c  rtesd'hombre.  Jouer 
aux  cartes.  Miler  les  cartes.  Battre  les  cartes. 
Couvrir  la  carie.  Ecarter  une  carie.  Faire  Une 
carte.  Amener  une  carte.  Il  lui  est  rentré  une 
carie  qui  lui  fait  beau  jeu.  Il  a  le  plus  beau  jeu 
de  la  carie.  Fairedet  fours  de  carie,  fscamoler 
une  carte.  Filer  les  cartes. 

On  dit.  Tirer  les  cartes,  pour  dire.  Cher- 
cher l'avenir  dan»  la  diaposition  fortuite  des 
cartes, 

.  On  dit  au  Rielan  elAd'autres  jem.  La  carte 
pusse,  pour  dire,  Le  coup  n'a  pas  heu,  on  en 
conunenre  un  autre-,  «  l'on  dit  à  celui  qui 
commence  le  tour,  A  vaut  la  carte.  À  qui  la 
carie?  Quel  est  cel'ii  qui  commence  le  tour  ? 


CAR  201 

On  appelle  Cartes,  Ce  que  les  joueurs  lais- 
sent pour  la  dépense  des  cartes.  Les  cartes 
valent  beaucoup  aux  domestiques  de  celle  mai- 
son. Les  domestiques  ont  les  cartes.  Mettre  aux 
cartes. 

Carte  ,  se  dit  aussi  IJu  mémoire  ile  la  dé- 
pense d'un  repas  chez  un  Traiteur.  Apportez  /.i 
carte. 

On  appelle  figurément  C/iif(eii»  de  carte, 
I  ne  petite  maison  de  campagne  fort  ajustée  et 
peu  solidement  bltie;  ce  qui  se  dit  par  allusion 
à  de  peiiti  cluleaux  que  les  enfans  font  avec 
des  c;ules. 

On  dit  proverbialement  à  un  liomme  qui  se 
plaint,  et  qui  est  dilhcile  i  satisfaire.  Si  voies 
n  êtes  pas  conicnl ,  prenez  des  cartes. 

On  dit  fi-urément,  Brouiller  les  cartes, 
pour  dire,  Semer  des  divisions,  apporter  du 
trouble ,  Les  cartes  sont  bien  brouillées  ;  et  en 
parlant  d'Un  homme  qui  est  plus  clairvoyant 
ou  mieux  instruit  qu'un  autre  dans  une  nlTaire 
que  C'est  un  homwj-  qui  voit  le  dessous  de* 
cartes. 

On  dit  figurément.  Donner  carte  blanche  i 
quelqu'un,  pour  dire,  Laisser  quelqu'un  maitre 
d'une  affaire,  offrir  d'en  passer  par  tout  ce  qu'il 
voudra.  Le  Prince  a  donné  carie  blanche,  la 
carie  blanche  à  ce  Général 

On  appelle  Carfe  da  Géographie,  ou  Cort» 
géographique.  Une  grande  feuille  de  papier 
sur  laquelle  est  représentée  la  position  de  difle- 
reutes  parties  du  globe  terrestre,  ou  de  qucl- 
ijue  région  ou  Province  particulière. 

On  dit  aussi,  Carte  générale,  carte  pirlîca- 
lière.  Et  dans  ce  sens  on  dit  :  Carie  unii'erselle, 
autrement  Mappemonde.  Carie  topoqraphique. 
Apprendre  la  carte.  Savoir  bien  la  carie.  Faire 
la  carte  d'un  Pays.  Entendre  la  carte 

On  l'emploie  aussi  pour  signifier  La  connois- 
sance  géographique  d'un  Pays.  Apprendre,  étu- 
dier, montrer  la  carte  d'Allemagne. 

On  appelle  Carte  Hydrographique,  ou  Corle 
marine,  Une  carte  qui  représente  toutes  lea 
cotes,  les  mouillages,  les  sondages  et  les  ruinbs 
de  vent;  Carte //.(Ironomiijue,  ou  Céleste,  Une 
carte  qui  représente  les  conslellalions  dans  la 
situation  qu'elles  ont  les  unes  à  l'égard  des 
autres;  Carte  Généalogique,  Une  carte  qui 
contient  toiile  la  généalogie  dune  maison. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  dans 
le  même  sens,  qu't/n  homme  sait  la  carie, 
pour  dire,  qu'il  sait  parfaitement  le»  intrigue», 
les  intérêts  de  la  Cour,  les  manières  du  monde, 
d'un  quartier,  d'une  société,  d'une  famille,  etc. 
On  dit  familièrement,  Peri?rc  la  carte,  our 
dire.  Se  troubler,  se  brouiller,  se  confondre 
dans  ses  idées. 

CARTEL,  s.  m.  Déli  par  écrit  pour  un  com- 
bat singulier.  Il  se  dit  aussi  d'Un  défi  par  écrit 
pour  un  combat  de  divertissement,  comme  aux 
TournoLs.  Un  cartel  de  défi.  Envoyer  un  car- 
tel. Recevoir  un  cartel. 

Il  signifie  aussi   Règlement  fait  entre  deux 
partis  ennemis,  pour  la  rançon  de»  piitonoiet^ 
Régler  le  cartel.  Le  cartel  est  fait. 
CARTERO.V.  l'ov   Çi  Anrmos. 
■Mi 


202  C  A  II 

CARTÈSL4.NISME.  s.  m.  Philosophie  de 
Deïcartcs. 

CAKTKSIEN.  s.  m.  Philosophe  atlaclié  aux 
principes  de  Descartes. 

CARTHAME  ou  SAFRAN  BÂf.U'ai.  s.  ■". 
Plante.  Ce  premier  nom  lui  vient  d'un  mot 
Grec,  qui  signifie  Purgitr,  paice  que  la  se- 
mence de  celle  plante  est  très  -  purgative.  On 
l'appelle  encore  Semence  de  Perroquet,  parce 
qu'elle  est  bonne  jionr  ci-t  oiseau. 

C.\KTIEIl.  s.  m.  Celui  qui  l'ait  el  vend  des 
-artes  It  jouer.  Maître  Cartier. 

C.4RTILAGE.  s.  niasc.  rernic  d'Ajiatomin. 
C'est  une  partie  blanche,  dure,  élastique,  po- 
lie, privée  de  sentiment,  qui  se  trouve  surtout 
aux  extrémités  des  os.  C'est  ce  (ju'on  appelle 
vulgairement  le  Croijuanl  dans  la  viande  de 
boucherie.  Le  cartilage  du  nez.  Le  carlilaijcdes 
oreilles. 

CAR'nLAGINEOX,  EUSE.  adj.  Qui  est  de- 
là nature  du  carlilage,  qui  est  composé  de  car- 
tilages. Les  parties  cartilagineuses. 

CAR'riS.\>'E.  s.  f.  Petits  morceaux  de  car- 
ton fin,  autour  desquels  on  a  tortillé  du  ûl,  de 
ia  soie,  de  l'or  ou  de  l'argent,  el  qui  fout  rcliel 
dans  les  dentelles  et  dans  les  broderies.  Den- 
telle à  cartisane. 

C.'iRTON.  s.  ni.  Carte  grosse  et  forte ,  faite 
de  papier  hache,  battu  et  collé.  Gros  eurfon. 
Bas-relief  en  carton.  Un  livre  relié  avec  du 
edrton^  en  carton.  Uoite  de  carton. 

On  appelle  Carton  jln^  Celui  qui  n'est  fait 
que  de  plusii;urs  papiers  collés  cnsendïio. 

On  appelle  aussi  Caiton,  L"ii  feuillet  d'im- 
■  pression    quon   refait,  à   cause  de  queli|ues 
fautes  qu'on  veut  y  corriger,  ou  de  quelque^ 
changemens  qu'on  y  veulTaire.  Faire  urt  car- 
ton ,  mettre  un  carton  à  un  livre. 

On  appelle  aussi  Carton ,  Des  dessins  en 
grand ,  tracés  sur  du  papier,  d'après  lesquels  le 
PeiiUre  fait  sa  fnsque,  ou  qu'on  donne  aux 
Ouvriers  en  tapisseries  pour  servir  de  modèles. 
Cartons  de  Hapliaël. 

C.iRTOiSNIER.  ».  m.  Ouvrier  qui  fabrique 
le  caitou. 

CARTOUCHE,  s.  m.  Sorte  d'ornement  de 
^  sculpturt'  ou  de  peinture,  représentant  un  cai- 
tou roulé  <  t  tortillé  par  les  bords.  Graver  des 
armes,  peindrf,  des  armes  dans  un  cartouche. 

Il  se  dit  aussi  d'Unc  charge  pour  le  canon, 
roinposéc  de  clous,  de  balles  de  mousquet,  et 
de  petites  pièces  de  fer,  le  tout  eDvelop];é  dans 
du  carton.  Canon  charnc  à  curlouclie.  Tirer  à 
cartouche.  En  ce  sens  il  est  féminin. 

On  appelle  aussi  Cartouche ,  La  charge  en- 
tière d'une  aime  ^  feu,  qui  est  dans  un  rou- 
leau de  papier.  Déchirer  la  cartouche  avec  les 
dents. 

C.iRrOCCHK.  s.  f.  Congé  absolu  ou  limité 
donné  à  un  militaire  par  uu  écrit  scellé  du 
sceau  du  Régiment. 

♦  On  appelle  C«rtoiic/ic  jaune,  La  cartouche 
que  fou  délivre  à  un  soldat  dégradé,  ou  ren- 
voyé par  punition. 

CARTUI.AIKE.  s.  m.  Recueil  d'actes,  litres 
cl   autres  principaux   papicin,  concernait   le 


CAS 

temporel  d'un  .>Ionastère,  d'un  CliapitrCj  ou 
de  "joclque  tgHsc.  Curlulaire  de  Cluny,  etc. 

CAR  US.  s.  m.  (On  prononce  !  S.)  Tenue  de 
Médecine.  Afleclion  soporeuse,  profond  nssou- 
j'issement  sans  (îèvre.  Le  caïus  tient  fort  de  la 
lèthar(jie  et  de  Vapoplexic. 

CAR VI.  s.  m.  PluiUc  dont  la  semence  et  la 
racine  ont  un  j;oiït  acre  et  aromatique.  L'une  et 
l'autre  sont  stomacliiques  cl  bonnes  contre  les 
vents. 

Cjif*YBDK.  s.  (ïoufTre  vers  les  côtes  de  Si- 
cile. On  dit  fignrénient.  Eviter  Caryhdc  cl 
tomber  en  Scyllu  (Scylla  est  aussi  le  nom 
d"Un  RouHre  place  vis-a-vis  dcCaryhde),  pour 
ùiiti,  Éviter  un  péril  et  lunibcrdans  un  nuire. 
On  dit  aussi,  Tomber  de  Carybde  en  Scylla. 

CARYOPHYLLATA.  Voyez  Bknoite. 

CAS 

CAS.  s.  m.  Terme  de  Grainmaire,  qui  signi- 
fie les  différcufs  désinences  des  noms  dans  les 
Langues  où  les  noms  se  déclinent.  Il  n'y  a 
point  de  cas  proprement  dits  dans  la  Lnnj;ue 
i^rançoisc,  quoiq,u'il  y  ait  des  désinences  dilli-- 
rentes  duns  les  pronoms. 

Cas.  s,  m.  Accident,  aventure,  conjonctai"c, 
occasion.  Cas  fortuit.  Par  cas  fortuit.  Vn  cat 
imprévu,  Cti  cas  ejolraordinaire.  Un  cai 
ctrancje.  Cas  bien  exlraordinuire.  En  tel  cas. 
En  pareil  cas.  En  ce  cas  il  faudrait.. .. 

On  appelle  Cas  mclaphysijue  ^  Une  liypo- 
llièse,  une  sui)posilion  par  impossible,  dont 
un  lire  quel<iue  induction.  Vudà  un  cas  bien 
métapliysicjue. 

Cas,  sir;nific  aussi.  Un  fait  ou  airive',  ou 
supposé  comme  pouvant  arriver.  Ce  n^est  pal 
là  le  cas  dont  il  s'tiqit.  }*osez  le  cas.  Le  cas  es\ 
cl.  Le  cas  de  la  loi.  Il  est  dans  le  cas.  CeU 
n''est  pas  dans  le  cas  de  VOrdonnancCy  de  Ja 
coutume.  Vous  n'ctcs  pas  dans  le  cas. 

Kn  ce  sens  on  dit  :  Au  cas  tjue  cela  soit.  Au 
c((s  aue  cela  arrive.  Auquel  cas.  Le  cas  avenant. 
Si  le  cas  y  échet.  Posez  le  cas  (pie  cela  soit.  On 
dit  aussi  :  En  cas  que  cela  soit.  En  cas  (juc 
rela  arrive.  En  cas  de  mort.  En  cas  de  rup- 
lurc. 

Cas,  se  dit  aussi  popaliiremcnt,  pour  Ex- 
crément. Il  a  fait  son  cas  uu  pied  du  mur. 

lî.y  CAS,  se  dit  aussi  en  diverses  phrases, 
pour  dire,  Kn  fait  de,  en  matière  de.£n  cas  de 
clievaux^  vous  pouvez  vous  en  rapporter  à  lui 
Il  est  du  si)  le  familier. 

Kn  CAS,  est  substantif  en  certaines  occa- 
sions, Qt  signifie,  Supplément,  qui  sert  au  be- 
soin. C^est  un  en  cas.  Il  est  fiuuilier. 

Ks  TOur  CAS.  Façon  d<;  parler  qui  signifie, 
(^)uoi  qu'il  arrive,  h  tont  événement.  Je  l'ous 
paiera:  dans  un  mois  :  en  tout  cas^  je  vous 
^runerai  des  sûretés  suijisantes. 

On  dit,  Faire  cas  de  quelqu'un ^  ou  de  quel- 
que c/iosc,  pour  dire,  L'estimer,  en  avoir  bonnr 
opinion.  Faire  grand  cas  d'un  homme.  Ces', 
un  Prince  qui  sait  faire  cas  des  honnêtes  gen-i. 
A'c  faire  cas  que  de  l'argent.  On  ne  fait  pas 
grand  cas  de  ce  qu'il  dit.  On  n'en  fait  nul  cas. 

CAS,sii;uifie  aussi  Un  fait,  une  action;  et 


CAS 

en  ce  sens,  il  ne  se  dit  guère  que  d  Un  fait, 
que  d'une  action  en  matière  criminelle,  il  est 
convaincu  d'un  cas  énorme.  Le  cas  dont  il  est 
accusé  est  qraciahle. Elcn  parlant  d'Un  homme 
qui  est  en  danger  pour  quelque  crime, ou  pour 
quelque  mauvaise  alTaire,  on  dit,  que  Son  cas 
va  mal,  que  son  cas  n'est  poe  net,  que  son.  cas 
est  véreux^  est  sale. Ces  trois  derniers  exemples 
sont  du  style  familier. 

On  dit  proverbialemcjit,  Tous  vilains  cas 
sont  reniables. 

On  appelle  Cas  priviléqiés  j  ou.  Cas  Royaux, 
Une  sorte  de  crime  dont  il  n'y  a  que  les  Juges 
Royaux  qui  puissent  connoilre,  quelle  que  soit 
la  condition  de  l'accusé.  La  fausse  monnoie,  le 
duel,  sont  des  cas  privileqies. 

Ou  dit  aussi  en  matière  criminelle,  Pour  les 
cas  rèsultans  du  procès;  et  cela  ne  se  dit  que 
lorsque  les  preuves  ne  sont  pas  complètes.  // 
ctoit  accusé  d'assassinat;  mais  comme  il  n'y 
nyoït  point  de  preuves  suflisantes ,  il  fut  con- 
damné aux  galères  pour  les  cas  résultans  du 
procès. 

On  appelle  Cas  réservés.  Certains  péchés 
dont  l'absolution  est  réservée  i  l'Kvéque,  ou 
même  au  Pape.  LHncendie  volontaire  des 
Eglises  est  nn  cas  réservé  au  Pape. 

Ou  appelle  Cas  de  conscience.  Une  dîfll- 
cutté,  une  question,  suv  ce  que  la  Religion 
permet  ou  défend  en  certains  cas.  Ce  Docteur 
est  fort  versé  dans  les  cas  de  conscience.  Va 
■as  de  conscience  fort  difficile  à  résoudre. 

CAS.  CAS.*^'".  :.d!.  '^nî  ^onnr  le  rn«c.  Cela 
sonne  cas.  Une  voix  casse  et  enrouée.  Il  c^t 
vieux  au  masculin. 

CASAMKR  ,  lÈRK.  adj.  Qui  aime  h  de- 
meurer eliez  lui  par  esprit  de  fainéantise.  C^esl 
Vhomme  du  moiidelc  plus  casariter. Ondit  dan« 
ce  même  sens  :  Mener  une  vie  casanière.  Être 
d^humeur  Ofisamère. 

Il  est  aussi  substantif.  C'est  un  casanier,  un 
vrai  casanier. 

CASAQUK.  s.  f.  Sorte  d'habillement  dont 
on  se  sert  comme  d'un  manteau,  et  qui  a  ordi- 
nairement des"  manriu'S  fort  larges.  Une  casaque 
pour  la  campagiie.  l  ne  casaque  pour  fi  pluie. 
Une  casaque  d'.ttchcr.  Une  casaque  de  Garde. 
Lnc  casaque  de   Mousquetaire. 

On  dit  proverbial.  qu'l//i  homme  a  tourné 
casaque,  pcnr  dire,  qu'il  a  changé  de  parti. 

CASAQUIN.  s.  ma.sc.  diminutif.  Espèce  de 
désliabill'-'  court,  et  qu'on  porte  pour  sa  com- 
modité. 

CASCADE,  s.  f.  Chute  d'eau  .  soit  que  i  eau 
tondje  naturellement  du  h^ut  d'un  rocher  ou 
d'une  mouHgne,  soit  que  la  chute  en  ait  clé 
pratiquée  par  artifice.  L  ne  cascade  iiafurcïïe. 
La  rivière  fait  une  cascade  en  cet  endroit.  La 
cascade  de  Tivoli,  inc  belle  cascade.  La  cas- 
cade de  Saint-Cloud.  Fai^e  une  cascade  dam 
un  jardin. 

On  dit  fir,urén;ent,  d'Un  discours  où  lAu- 

teur  pa&ie  lould'uu  coup  d  une  chose  ilautre, 

sans  aucune  liaison,  que  CVsI  un  discours  plein 

.  j  r  .<rCui» 

de  Cflscades,  nui  va  par  cascades-  et    ^ 

,  i-,.  vçllc  quou  ne 

encore,   en  parlant  n  Une  n*^-  '       ^ 


^^  . 


CAS 

•ait  point  de  h  première  muÎDf  et  qui  a  passe 
auparovant  pnr  plusieurs  bouches,  qu  0"  ne 
la  sait  (jue  par  cascades,  ({ufUe  n  est  venue  à 
celui  fjui  l'a  dite  tfue  par  cascades. 

Un  dit  de  niûine  d'Un  homme  tjui.  p;ir  une 
suite  d'evénemens.sans  ])liin  a[)paient  et  suivi, 
a  été  conduit  à  quelque  chose,  qu  /l  est  arrivé 
là  de  cascade  en  cascade^  par  ciiscades. 

CASE.  ».  f-  .Maison.  Il  n'est  guôro  d'usage 
au  propre,  Ncanuioins  on  dit.  Patron  de  ia 
case,  pour  dîrc,  Le  Maitre  de  la  maison,  ou 
celui  qui  a  toute  autorité  dans  la  maiion.  Il  est 
du  style  familier. 

Cas£>  au  Jeu  du  lYiclrac,  ?e  dit  De  clia- 
«une  de  ces  placis  qui  sout  mirquées  par  une 
espèce  de  (Icche.  En  ce  sens  on  dit.  qu'/l  y  a 
tanf  de  cases  au  trirt'-ac./ivoir  une  dame  à  une 
teVe  case.  Avoir  dna  euses  remplies^  et  une 
dame  àla  sixième. 0/idit,Ftiin;  une  case, pour 
dire,  Remplir  une  case  avec  doux  dames.  Avoii 
»  une  case  dij^cile  à  faire.  Faire  une  belle  ctise 
Une  demi-cti€. 

Case,  au  Jeu  des  Échecs  et  des  Dames,  se 
dit  De  c'uucun  des  carrés  de  réeliiquicr  sur 
lequel  on  joue.  Ai'ancer  un  pion  à  la  seconde 
case  du  lîoi. 

CASEMATIC.  s.  f.  Terme  de  rortifiratinn, 
C«ve,  ou  lieu  voûte  sous  terre,  pour.dL-ft-ndrc 
tu  courtine  et  Us  fossés.  Faire  des  casemates. 
Des  casemates  à  éventer  la  mine. 

CASE.MATE.  ndj.  l!  n'est  guère  d  usaqc  qu'en 
eellc  phrase,  Baslion  case/iiuté,  pour  dire,  Un 
bastion  ou  it  y  a  des  casemates. 

CASER.  T.  n.  Il  n  est  i^ucrc  d'usage  qu'au 
Jeu  du  "i'iictrac,  pour  dire,  Errire  une  case, 
remplir  une  case  avec  deux  dames.  Cater  bien. 
Caser  mal. 

Od  dit  cependant  dans  le  style  familier,  Si 
oascTy  pour,  S'élahlir.  Il  faut  bien  se  caser 
ifuel^ue  party  quand  on  ne  f^eiit  se  loger  à  l'aise. 

CASERNE,  s.  f.  Logement  de  soldats.  Lci 
cnsernes  sont  des  logemens  qu'on  fuit  dans  une 
Ville  de  guerre  entre  \e  rempart  et  les  mai^oni 
de  la  Ville,  pour  loger  les  troupes  de  la  garni- 
sou,  et  pour  soulager  les  bourgeois.  On  ft  en- 
trer tous  les  soldais  dans  les  casernes. 

CASERNER.  v.  n.  Loger  dans  des  casernes. 
hu  garnison  logeoit  chez  les  bourgeois,  mais 
on  la  ft  caserner.  La  moitié  de  la  garnison  coi 
scrneid  cet  hiver. 

Il  est  aussi  actif.  Ciuerner  des  troupes. 

Caserne,  tz.  participe. 

CASEUX,  EL'SE.  udj.  Oui  est  de  la  nature 
du  fiomagc.  La  partie  caseuse  du  lait. 

CA.SILLEUX.  adj.  Il  se  dit  Du  verre  qui  se 
cas^e  au  lieu  de  se  cmprr  ,  quund  on  y  ap- 
plique le  dininant. 

t.ASOUE.  1.  m.  Arme  dt-fcniivc  qui  garantit 
la  Uite.  et  qui  sert  de  coiffure.  Une  armure  com- 
plète avec  le  eaitjue,  la  cuirasse,  les  brassards, 
]es  gantelets  y  etc.  Tout  les  Chevaliers  du  Tour- 
noi avaient  le  cast^ue  en  tête. 

Cajque.  1j<  BolanUtet  appellent  Heur»  en 

ak%qtX9  ,  Celics  qui .  pjir  leur  fi.rn»e  ,  n-M^m- 

***"  4  cette  arnmrr.  L'aconit  tst  une  fleur  en 
téàsiur.  ' 


CAS 


Casqle,  en  termes  de  Blason,  se  dit  De  la 
i«  présentât  ion  d'un  casque  sur  l'éeiisson  des 
armoiries.  l*orter  le  casque  de  face.  Il  n'y  a  que 
les  Souverains  qui  portent  le  casque  ouvert  et 
couronné. 

CASSADE.  s.  f.  Mensonge  ponr  plai<iamer, 
ou  pour  servir  d'excuse  ou  de  défaite.  Donner 
une  cassadc.  C'e^^t  un  donneur  de  cassades.  Il 
n'est  que  du  stvlc  familier. 

À  o  rtains  Jeux  de  renvi,  comme  le  Brelan ,  on 
dit,  KfJircuneruxs.K/e,  pour  dire,  Faire  un  renvi 
a^  ce  viK'iin  jeu;  afin  d'obliger  les  outres  joueurs 
à  quitter.  C'est  it:i  grand  faiseur  de  cassades. 

CASSAILl.E.  s.  f.  Ternie  de  Labnurcnr, 
C'est  la  première  façon  qu'on  donne  .'i  la  terre, 
en  ro;ivrant  après  Pâques. 

C.VSSANT,  ANTE.  adj.  Fraj;ile,  sujet  h  sa 
casser,  à  se  rompre,  qui  se  casse  aisément.  C  est 
dommage  que  le  verre  soit  si  cassant ,  que  lu 
porcelaine  soit  si  cassante.  Le  cristal  est  beau, 
mais  il  est  bien  cuss^int. 

Il  se  dit  aussi  De  certains  métaux  aigres,  et 
particulièrement  du  fer.  Il  y  a  du  fer  qui  est 
fort  cassant. 

On  appelle  Poires  cassantes,  et  Poires  qui 
ont  la  chair  cassante.  Celles  qui  cassent,  qui 
font  une  léi^ère  résistance  sous  la  dent;  et  on 
les  appelle  ainsi, !i  la  différence  des  autres  poires 
[ui  fondent  dans  la  bouche  ,  et  (fui  par  cette 
raison  sont  appelées  Poires  fondantes.  Le  Bon- 
chrétien  j  le  Martin-sec  et  le  Messire^jean,  sont 
des  poires  casstinfes. 

CASSATIO.N.  s.  f .  Terme  de  Pratique.  Acto 
)nridii|ue,  par  leqic!  on  eusse  des  Ju^emm^ 
des  Actes  et  des  Procédures.  La  cassation  â'unt 
Proctdurc.  La  cassation  d'une  Sentence.  La 
cassation  d'un  7  esfafni'nt.  Se  pourvoir  en  cas- 
sation d'Arrêt^  poursuivre  la  cassation  d'un 
Arrêt  ,  signifie  ,  Se  pourvoii*  en  Justice  pont 
Qûre  casser  un  Arrêt. 

CASSAV^.  8.  f.  Farine  faite  de  la  racine  d.: 
manioc  st-chce. 

CASSE,  s.  f.  On  appelle  ainsi  l.i  moelle  qui 
est  renfermée  dans  une  gousse  longue  et  boi- 
seuse  d'un  arbre  qui  vient  en  Éi;\pte  et  dans 
les  Indes.  De  la  casse  du  Levant.  Vn  bâton  de 
casse.  Se  purger  avec  de  la  casse.  J'rendre  di 
la  casse.  Prendre  de  la  casse  en  bol  ou  dans  du 
petit-lait. 

Casse,  est  aussi  tui  terme  dont  se  servetii 
les  gens  de  guerre,  et  qui  n  est  d'nsa'',c  que 
dans  ces  phrases  :  /(  rruiuf  la  casse,  pour  dire, 
d'I^tre  cassé.  Cela  mérite  la  cas-e.  Compagnie 
vacante  pat  casse. 

On  appelle  Lettrfs  de  casse.  L'ordre  du  RVi 
pour  casser  un  Officier. 

Casse  ,  en  termes  de  Fonderie,  est  Un  luissin 
formé  »is-h-vis  de  l'Geit  ou  de  l'ouverture  d'un 
fourneau,  dans  lequel  est  reçu  le  métal  Pjndu 
qui  découle  du  fourneau. 

Casse  ,  en  termci  d'Imprimerie  ,  est  Une 
longue  caisse  parta;;ée  eu  divers  |»eliis  carrés, 
dans  chamn  dfsqiielt  »ont  tous  les  caractères 
d'une  même  leilr--,  afin  que  les  Compn<iiti-urs 
les  puiss'-nt  tmuYer  plus  facilement.  Prendre 
des  lettres  djns  la  casse. 


CAS  2o3 

TASSEAU,  sulist.  m.  Terme  dlmprimerie. 
Moitié  de  la  casse.  Ctisseaii  d'en  haut,  Casr.^au 
d'en  bas.  * 

CASSE-COU.  suljst.  m.  On  appelle  ains^  Un 
endroit  où  il  est  aisé  de  tomber,  si  l'on  n'y 
prend  garde.  Cet  escalier  est  un  virai  casse-cou. 

On  appelle  aussi  Casse-cou,  dans  les  Ma- 
nèges et  chez  les  Maquignons,  Les  gens  em- 
ployés à  monter  les  rhevnux  jeunes  ou  vicieux. 

CASSE-CUL.  s.  m.  On  appelle  ainsi  popu- 
lain  nient  Une  chute  qu'on  fait  en  tombant  sur 
le  deiTi<>re.  Il  n'est  guère  dusui^c  qu'en  ces 
phrases,  .Sedonrier  un  casse-cul;  il  s'est  donné 
un  casse-cul  sur  la  glace. 

CASSE-NOISEiVe, ou  CASSE-NOIX. s.  m. 
Petit  inslrum^m  avec  lequel  on  casse  des  noix 
ou  des  noisettes. 

CASSER.  V.  a.  Briser ,  rompre.  Ca»er  ».•; 
verre.  Causer  des  noi.r.  Casser  des  os.  Casser 
lesbras  à  quelqu'un.  Se  casser  la  tête. 

On  dit,  Casser  un  testament,  casser  un 
contrat,  casser  une  sentence,  un  jugement, 
pmir  dire.  Les  déclarer  nuls  juridiquement,  les 
annuler. 

On  dit  aussi,  Casser  des  gens  de  guerre  , 
casser  des  troupes,  pour  dire.  Les  licencier; et, 
Casser  un  Oificicr,  pour  dire,  Le  chasser  du  ^ 
service,  le  priver  de  son  emploi.  Ce  Capitaine 
fut  cassé  pour  ne  s'être  pas  rendu  à  l'armée 
dans  le  temps. 

On  dit  d'Un  Subalterne  à  qui  on  a  ôlé  une 
commission,  un  emploi,  ù  cause  de  sa  mau- 
vaise conduite,  qu'On  Va  cassé  aux  gages.  Et 
de  mftme  on  dit  d'Un  Sup«'rreur  «jui  a  ôté  >a 
confiance  à  un  inférieur,  qu'il  l'a  cassé  aux 
gages.  Il  est  du  style  familier. 

On  dit  familièrem.  et  figurc=m..  Se  casser 
la  tête,  pour  dire,  S'appliquer  à  quelque  chos« 
avec  une  grande  contention  d'esprit;  .\e casser 
le  cou,  (t  Casser  le  cou  à  quelqu'un,  poirr 
dire,  GAter  ses  affaires,  et  ruiner  sa  fortune, 
<"u  la  fortune  de  quelqu'un;  et.  Se  casser  le 
nez,  pour  dire,  Ne  point  réussir  dam  ses  pro- 
jets, ne  point  venir  .i  bout  de  ce  que  l'on  a 
entrepris. 

Casser  ,  est  aussi  neutre ,  on  s'emploie  av<"e 
le  pronom  personnel  dans  ces  phrases  :  Un 
verre  se  casse.  En  élevmnt  cette  machine,  la 
corde  cassa ,  se  cassa.  Une  poire  casse  sous  la 
dent,  quand  elle  est  ferme  sans  être  dure.  Une 
étoffe  forte  se  casse,  lorsqu'elle  se  coupe. 

Ondit  proverbialem  nt,  Quicasse  les  verres 
les  pflye,  pour  dire,  qi"  Cliacun  est  respon- 
sable de  ses  fautes. 

Casseii,  signifie  aussi,  Affiiiblir,  débiliter  ; 
et  en  ce  sens  il  ne  se  dit  que  Des  rboscs  qni 
ruinent  la  santt^.  Les  fitiques  de  la  guerre,  les 
débauchée  tout  fort  cassé.  En  ce  sens  il  s'em- 
ploi?  aussi  avec  le  pronom  personnel.  C'est  un 
homme  qui  commence  à  se  casser.  Il  se  casse 
fort  depuis  peu. 

Cassé,  ée.  partici[>*.  Un  verre  cassé.  Un 
bras  cassé.  Un  Arrêt  cassé.  In  homme  extrê- 
mement cassé.  Un  Régiment  cassé.  Un  Officier 
cassé.  (  n  homme  cassé  au.r  qages.  Un  ^omme 
cassé  de  vieilletic.  1'cu.r  cassée. 

a6. 


20tî  CAS 

CASSEROLE,  s.  l'ian.  Espèce  d'ustcDsila  dp 
cuisine,  dont  On  se  sert  ù  divers  nsagcs.  C>Jsse- 
raie  de  cuivre.  Casserole  de  ieire  cuite. 

CASSi;-TÊTE.  subsl.  m.  Tei-mc  ([ui  se  dit, 
dans  le  discours  familier,  De  imit  ce  qui  di- 
nijQde  une  grande  application  ,  une  grande 
contention  d'esprit.  L'Algèbre  est  un  vrai 
casse-téle. 

On  dit  aussi  d'Un  vinfumeu\,  <|"e  C'est  un 
casse-téle,  parce  qu'il  porte  i  hi  léte,  (juil 
fait  n:al  k  la  tite. 

C'est  aussi  le  nom  d'une  csp.re  d'arme  par- 
ticulière aux  Sauvages  de  l'Améritiue.  Elle  est 
d'un  bois  fort  dur. 

CASSETIN.  6.  m.  Terme  d'Imprimerie.  On 
appelle  ainsi  cliacunc  des  petites  cellules  carrées 
qui  divisent  une  casse  d'Impi-inierie.  Cha(jue 
lettre  a  son  cassetin. 

CA.SSETTE.  subst.  f.  Petit  coffre  où  l'on 
serre  ordinairement  des  choses  de  conséquence. 
On  lui  a  pris  ses  pierreries  dans  sa  cas.-iettc. 
Saisir,  ouvrir  une  cassette. 

On  appelle  La  cassette  du  Roi,  La  somme 
que  le  Gard;  du  Tr.'sor  Royal  porte  au  Roi  le 
piemlcr  jouT  de  cbaque  mois.  Le  Roi  a  donne 
à  un  tel  une  pension  sur  sa  cassette. 

CASSEUR,  subst.  ni.  Il  n'est  guère  d'usage 
qu'en  celte  pbrase  prcnerbiale.  Un  cjrand  cas- 
seur de  raquettes,  qui  se  dit  d'Un  bomjne  vert 
et  vigoureux.  Il  se  vante  fort,  il  se  donne  pour 
un  grand  casseur  de  raquettes. 

CASSIDOUVE.  s.  f.  Pierre  prédeuse  dont 
les  Anciens  faisoient  des  vases. 

CAbSIh.  >.  f.  Arbre  qui  nous  a  été  apporte 
des  Indes,  et  qui  croit  à  pr(?sent  en  Provence. 
Ses  fleurs  ont  une  odeur  agréable.  Les  Parfu- 
meurs en  Ibnt  usage. 

CASSIER.  s.  ™.  L'arbre  qui  porte  la  casse. 

CASSINE.  s.  f.  Pclite  maison  détadiéc  au 
milieu  des  chanqis,  qu'on  fait  servir  de  poste  à 
la  guerre.  On  dclofjca  les  ennemis  de  plusieurs 
cassines.  Un  appelle  ainsi  en  quelqui's  l*ro- 
vinces  Une  petite  maison  de  plaisir  hors  de  la 
ville.  Une  jolie  cassine. 

CASSIOPEE.  s.  f.  Constellation  de  l'hcmi- 
sphère  sepIcntrion.il. 

CASSOLETTE,  s.  f.  Vase  où  l'on  met  des 
cous  de  senteur  ou  d'autres  parfums,  pour  les 
Ciirc  évaporer  par  le  feu.  Vue  ca-ssolclte  d'ar- 
gent. Mettre  du  [eu  sous  une  cassolette.  Les 
Architectes  emploient  des  cassoletles  de  sculp- 
ture dans  les  orn'^mens. 

11  se  dit  aussi  De  l'odeur  même  qui  s'exbal« 
de  îa  cassolette.  V'oi'M  une  bonne  cassolette. 

On  dit  ironiquement  d'Une  mauvaise  odeur  : 
Quelle  cussoleltc.'  Voilù  une  lcrrr!>/ccas.<o(elle.' 

CASSONADE,  s.  féni.  Sucre  qui  n'est  point 
encore  aflinc.  Ces  confitures  n«  soiil  jiiites 
qu'avec  de  la  cassonade. 

CASSURE,  s.  f.  Il  se  dit  De  l'eudtoit  où  un 
rorps  est  cassé.  Faire  disparoltrc  une  cassure. 
On  dit  familièrement,  La  cassure  de  son  bras 
est  bien  reprise. 

CASTAGNETTE.  5.  f.  Instrument  compcfé 
de  deux  petits  morceaux  de  bois  creuses,  que 
l'on  tient  dans  la  main,  et  ]uc  l'on  frappe  l'un 


CAS 

conire  l'autre  en  cadeucc,  en  mettant  les  deux 
conravités  l'une  contre  l'autre.  Jouer  des  cas- 
taqncttes.  Danser  avec  des  casta(jnettes. 

CASTE,  s.  f.  Od  appelle  ainsi  Les  Tribus 
daus  lesquelles  sont  divises  les  Idolâtres  des 
ludes  Oiientales.  La  Caste  des  Bramiiie^.  La 
Caste  des  Banians. 

CASTiLLE.  s.  f.  Hcbal,  dL-mi-flë,  dincreut 
do  p(rud'impnrIanc(^  11  n'est  plusgut-red'usaf^e 
que  dans  les  phrases  suivantes  :  Ils  ont  toujours 
ijuelaue  c a stdlc  ensemble  j  Ils  sont  toujours  en 
castille.  Il  n'est  que  du  style  familier. 

CASTINE.  subst.  f.  Piorre  blanchâtre  qu'on 
mêle  avec  la  mine  de  fer  pour  en  faciliter  Infu- 
sion 1  en  abcoi'bant  les  acides  da  soufre  qui 
sont  la  ir.atière  la  plus  ennemie  du  fer. 

CASTClî.  s.  m.  Animal  amphibie,  qui  ha- 
bite ordinairement  dans  les  lieux  aquatiques, 
et  qui  se  trouve  dans  la  Nouvelle -France.  Les 
Voyaneurs  disent  que  les  castors  ont  fait  -plu- 
sieurs chaussées  dans  le  Canada.  PoU  de  castor. 
Peau  de  castor.  Chapeau  de  castor.  Drap  de 
castor.  Ras  de  castor. 

Il  signifie  aussi  Le  chapeau  Kicme  qui  se  fiil 
avec  le  poil  du  castor.  Acheter  un  castor.  Un 
castor  neuf.  Un  vieux  castor.  Un  castor  ra.«, 
'usfre. 

On  appelle  Dcmt-casfor,  Un  chapeau  quj 
n'est  pas  fait  enlitlTcment  de  poil  de  castor ,  e| 
dans  lequel  il  lUlre  d'aulix*  poil  ou  de  la  laine 

GASTORÉUM.  s.  m.  Mati^rl■  tirée  du  Cas- 
tor, propre  h  fortifier  la  tête,  les  parties  nei> 
¥«is('s,  etc. 

CASTRA^TI^TATTON.  s.  f.  L'an  de  camper. 
Il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  De  la  manière 
de  camper  des  Anciens.  Ce  hVre  Iriu'te  de  la 
castramètation  des  Grecs^  des  Romains. 

CASTRAT,  s.  m.  Chanteur  qu'on  a  chaire 
dans  l'enfance,  pour  lui  conserver  une  voix 
semblable  ^  celle  des  eofans  et  des  femmes. 
Les  Castrats  chantent  les  dessus.  Les  Castrats 
viennent  d'Italie. 

CASTRATION,  s,  f.  Terme  de  Chirurgie, 
Opcration  par  laquelle  on  châtre  un  homme, 
un  animal. 

C^SLALiTr..  s.  fem.  Qualitô  ùc  ce  qui  n'a 
rien  de  certain  ni  d'assnrt;. 

CASUI:L,  ELLE.  adj.  Fortuit ,  accidentel, 
qui  peut  arriver  ou  n'arriver  pas.  Cela  est  ca- 
sucl.  Cela  est  fort  casuel.  On  dit  d'Un  emphii 
sujet  à  révocation,  d'une  charge  qui  peut  se 
perdre  par  mort,  que  Ce  sont  des  emplois  ca- 
suelsy  des  ckoj-cjes  fort  casuelles. 

On  dit  populairement  d'Une  cltose  fragilci 
Prenez  qarde^  cela  est  casuel. 

Ou  appelle  Droits  casuels^  Certains  profits 
tle  Fief  qui  arrivent  forluiti'mcut ,  comme  les 
lodii  cl  ventes,  etc.  Le  droit  d'aubaine  est  un 
droit  ca.'iuel. 

Pahties  casuelles»  Ce  sont  les  droits  qui 
reviennent  au  Roi ,  pour  les  Charges  de  Ju(ii- 
calure  ou  de  Finance,  quand  elles  changent  de 
titulaire.  Trcsoricr  ries  Parties  casucllcs. 

Parties  casucllcs  ^  se  dit  aussi  Du  bureau 
itibli  pour  le  rccouvremiiil  de  ces  sortes  de 
droits.  Lever  une  charqc  aujc  Parties  casucllcs^ 


CAT 

la  payer  aux  Parties  casuelles.  Une  qaillaneti 
des  l'artics  casuclles. 

On  dit,  quUnc  charge  vaque  aux  Par- 
ties  Cfls«el/e5,  pour  liircj  qu'IùUe  vaque  au  pro- 
fit du  Roi. 

Casuel,  est  aussi  substantif  masculin;  et 
en  celle  acception,  il  se  dit  Du  revenu  casuel 
d'une  Terre  ou  d'un  Bénéfice.  Le  casuel  de  cette 
terre  vaut  mieux  que  le  revenu  certain.  Le  ca- 
suel d'une  cure. 

CASUELLEMENX.  adv.  Fortuitement,  par 
hasard.  Il  n'est  guère  d'usage. 

CASUISTE.  s.  m.  Théologien  qui  enseigne 
la  Théologie  morale ,  et  qui  résout  les  cas  de 
conscience.  Cûim'sfe  sévère.  C asuiste  rigide.  Ca- 
suiste  reldchè.  Les  anciens  Casuistes,  Les  Ca- 
suistes  modernes.  Consulter  les  Casuisfts.  Le 
Casuiste  le  plus  sûr,  c'est  la  conscience  d'un 
homme  de  bien. 

CAT 

CATACHRÉSE.  s.  f.  (  On  prononce  Cata- 
l<rése.  )  Figure  de  discours,  espèce  de  méta- 
phore qui  consiste  dans  l'abus  d'un  terme  , 
comme.  Ferré  d'argent  ;  aller  ri  cheval  sur  un 
bâton. 

CATACLYSME,  s.  m.  Teme  didactique. 
Grande  inondation. 

CAT.\CO-MBES.  s.  f.  plur.  Grottes  souter- 
raines, ou  carrières  d'où  l'on  tiroit  la  pierre  et 
le  sable,  et  dans  lesquelles  on  entcrro't  les 
corps  morts.  Les  Catacombes  de  Rc^  ,  Les 
Catacombes  de  Naples.  Il  y  a  plusicur-»  Mar- 
tyrs enterrés  dans  Us  Catacombes.  Visiter  Us 
Catacombes, 

CA'l'ADOUPE  ou  CATADUPE.  s.  f.  Cata- 
racte, chute  d'un  fleuve.  Les  Caladoupes  du 
Borysthène. 

CATAFALQUE,  s.  m.  Décoration  funtbre 
(ju'on  élève  au  milieu  d'une  Église,  pour  y 
placrr  le  cercueil  ou  la  représentation  d'un 
mort  à  qui  l'on  veut  rendre  les  plus  grands  hon- 
neurs. On  éleva  pour  ce  Prince  un  magnifique 
Catafalque. 

CATAIRE,  s.  f .  Voyez  HERBE-Ar-cuAT. 

CATALECTES,  s.  m.  plur.  se  dit  d'Un  re- 
cueil de  morceaux  détachés. 

CATALECTIQUE,  adj.  se  dit  a'On  vers 
qui  a  une  syllabe  do  moins. 

CAI'ALKI'SIE.  s.  f.  Maladie  où  l'on  reste 
tout  à  coup  iininol)ile,avec  la  rcspiiaiion  libre. 

CAfALIIPTIQUE.  adj.  des  2  g.  Qui  'est 
attaqué  de  la  catalepsie. 

CA  PALOGUE.  s.  m.  Liste,  dénombrement. 
Le  catalogue  des  livres.  Le  catalogue  d'une  bi- 
bliothèque. Rayer  un  livre  d'un  catalogue.  Le 
catalogue  desjrlantes.  Le  catalogue  des  Saints. 

CAT.VNANCE.  s.  f.  Plante  commune  dans 
nos  Provinces  méridionales.  Elle  rend  un  peu 
de  lait,  quand  on  la  froisse  dans  les  doigts.  Su 
fleur  approche  de  celle  du  bluel.  On  en  fait  pou 
d'usage  en  Médecine. 

CATAPLASME,   s.   m.  Espèce   d'emplâtre 
propre  à  fomculcr,  à  fortifiir  une  iiariic  dcbi- 
liléc,  à  amollir  et  .'i  résoudre  los  duretés.  F"- 
un  cataplasme.  Appliquer  un  culiu)'— " 


CAT 


CAT 


CATAPULTE,  s.  f .  Machine  de  guerre  dont      quelqu'un ,  pour  dire ,  Le  mettre  au  fait ,  l'cn- 
lc9  Anciens  se  servoient  pour  lancer  des  pierres  ^  doctriner.  On  lui  avvit  fait  son  caleciiisme.  Il 


ou  des  traits. 

CATAK.iCrE.  s.  f.  Humeur  qui  s'amasse 
SUT  le  cristallin ,  et  qui ,  l'ayant  rendu  opaque , 
obscurcit  la  vue,  ou  la  fait  pertlre  enlièreuicnl. 
Avoir  une  calaracle  sur  l'ail.  L'OciWisfe  lui  u 
6téflui  a  abijttu  la  cataiacte^  lui  a  enUi'é  Li 
cataracte. 

CATAilACTE.  s.  f.  Saut,  chute  des  eaux 
d'une  grande  rivière ,  lorsque  ces  eau.x  lom- 
l)eat  d'e.xtrêmenient  haut;  et  il  se  dit  princi- 
palement en  parlant  Uc  la  chute  des  eaux  du 
ftil  vers  su  source.  Les  cataractes  du  iS\l.  La 
cataracte  de  Syéné. 

Catahactes  .  se  dit  aussi  en  parlant  d'Une 
grande  aliondancc  d'eaux  qui  tombent  du  ciel  : 
et  dans  cette  acception,  il  n'est  guère  d'usagi! 
qu'en  cette  phrase,  où  l'Ecriture  parlant  du 
Déluge  dit,  que  Les  cataractes  du  ciel  furcnl 
ouvertes. 

On  'dit  proverbial,  et  familièrement,  Ltîc/icï 
le^  cataractes ,  pour  dire,  Laisser  débonder  s.t 
colère",  son  indignation. 

CATARRHAL,  ALE.  adj.  11  n'est  guère 
d'usage  que  dans  cette  pbrase.  Fièvre  catar. 
rhale,  pour  dire  ,  Une  fluxion  accompagnée  de 
lièvre. 

C.\'1'.\^RUHE.  s.  m.  Fluxion  qui  affecte  quel- 
ques parties  du  corps.  Grand  catarrhe.  Un  ca- 
tarrhe sulfocant.  Il  lui  est  tombé  un  catarrht 
sur  la  joue^  sur  la  poitrine.  Il  se  preud  plui 
communément  pour  un  ^ros  rhume. 

C.\TARRHEUX,  EUSE.  adj.  Çui  tient  do 
catarrhe ,  qui  est  accompagné  de  catarrhe.  Fièvri 
catarrheuse. 

Il  signifie  aussi  Sujet  aux  catarrhes.  Ut 
vieillard  catarrheux. 

CATA.STROPHE.  s.  f.  Le  dernier  et  princi 
p.il  événement  d'une  Tragédie.  Grande  catas. 
trophe.  H  ne  »e  dit  guère  que  d'Un  événemeit 
funeste. 

Il  signifie  figurémcnt  Une  fin  malheureuse, 
La  vie  de  ce  Prince  avoit  été  heureuse;  mail 
elle  a  Çmi  par  une  cmci'Ie  catastrophe. 

CATECHISER,  v.  a'.  Instruire  des  myslèra 
de  la  Foi ,  et  des  principaux  points  de  la  Reli- 
gion Chtétienne.  Calecfiisn-  les  Infidiles  ,  la 
iqnorans,  les  enfans. 

11  signifie  figurénunt.  Tâcher  de  persuader 
quelque  chose  à  quel  |u'un,  lui  dire  toutes  les 
raisons  qui  p.  uvent  l'engager  à  faire  une  chose. 
Je  l'ai  lonj-temps  catéchisé,  mais  inutilement. 
Il  le  faut  un  peu  catéchiser.  Il  est  du  style  fa- 

.llili<T. 

CATicnisi,  KE.  participe. 

CATEt^illSME.  s.  iiiasc.  Instruction  sur  les 
].niiri|«s  et  les  mystènrs  de  la  Foi.  Faire  le  ca- 
téchisme. .Hier  au  cutcc/iisme.  Un  enfant  qui 
sait  lien  son  catéchisme,  le  catéchisme  du  con- 
cile de  Trente.  Enseigner  le  catéchisme.  Réciter 
le  catéchisme.  Dire  ton  catéchisme. 

11  tignific  aussi  le  Livre  qui  contient  cette 
instniction.  Asheter  un  calêc^iime.  Lire  le  ca- 
•^  ^•••me.  ' 


Od  dit  I. 


'-^ilicreiEenl,  Faire  le  caicc/itsnic  à 


sait  son  catéchisme. 

C.U'ÉCHiSTE.  s.  m.  Celui  qui  enseigne  le 
catéchisme  aux  enfans.  C'est  leCale'c/mle  île  h: 
Paroisse. 

C.4.TÉCHUMÉNE.  s.  in.  (On  ne  prononce 
point  l'H.  )  Celui  que  l'on  instruit  pour  le  dis- 
poser au  lî.Tpt^me.  Les  catéchumènes.  Les  nou- 
veaux catéchumènes. 

CATÉGORIK.  s.f. Terme  de  Logique.  Sorte 
de  classe  dans  laquelle  on  range  plusieurs  choseï 
qui  sont  de  diflerente  espèce  ,  mais  qui  con- 
viennent en  un  même  genre.  Les  Àix  catégo- 
ries d'Aristote.  La  catégorie  de  la  substance  , 
de  l'accident ,  etc. 

On  dit  figurémcnt  et  fàmilièrcmenl  ,  Ces 
gens-là  sont  de  même  catégorie,  pour  dire, 
qu'Us  sont  de  màme  caractère ,  qu'Us  ont  les 
mrmes  mœurs.  U  s'emploie  plus  souvent  en 
mal. 

On  dit  BUisi,Ces  deux  choses  ne  sont  pas  de 
même  catégorie,  pour  dire,  qu'Elles  ne  sont 
pas  de  même  nature,  ou  qu'elles  ne  s'accordent 
pas  ensemble. 

CATEGORIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  est 
dans  l'ordre,  qui  est  selon  la  raison,  qui  est  h 
propos.  Vne  réponse  catégorique.  Cela  n'est 
pas  catégorique.  Ce  procédé  nèst  guère  caté- 
gorique, 

CATÉGORIQUEMENT,  adv.  Pertinem- 
ment ,  i  propos  ,  selon  la  raison,  d'une  manièn? 
pa'cise.  Répondre  catégoriquement.  Il  a  parlé 
tKS' catégoriquement. 

CATERRHEUX,  EUSE.  adj.  Voyez  Ca- 
TAnnuixx. 

CATHARTIQUE.  adj.  des  a  genres.  Terme 
de  Pharmacie.  Qui  est  purgatif. 

CATHÉDR  ALE.  adj.  <".  Il  n'est  d'usage  qu'en 
cette  phrase.  Eglise  Cathédrale,  qui  se  dit  De 
ia  principale  Église  d'un  Évéché,di'  l'Église  oii 
est  le  siège  de  la  résidence  de  lEvéque.  Ln 
chanoine  de  l'Eglise  cathédrale. 

CATiiÉniLALï,  est  aussi  substantif.  f,a  Catht'. 
drale.  Un  Chanoine  de  la  Cathédrale. 

CATHÉDRAM-.  ».  m.  Th^clogicn  on  Phi- 
losophe qui  préf.ide  b  une  thèse. 

CATllÉREl  IQIjE.  adj.  des  2  genres. Terme 
lie  Pharmacie.  U  se  dit  Des  médicamens  qui 
rongent  les  rliairs. 

CATIIKIER. s. m. Instrument  de  Chirurgie. 
C'est  une  sonde  creuse  et  n  courbée ,  faite  pour 
être  introduite  dans  la  vessie. 

C.VTIIOLICIS.ME.  ».  m. Commiuion  ou  Re- 
ligion Catholique. 

CATHOLICITÉ,  s.  f.  Il  se  dit,  soit  de  '.a 
Doctrine  de  l'Église  Catholique,  soit  des  per- 
sonms  qui  eu  font  profession.  La  catholicité 
de  cette  opinion.  On  doute  de  la  catholicité  de 
cet  Ecrivain. 

Quelquefois  au»ti  il  sa  prend  potir  Tous,  le» 
Pays  Catholiques.  C'est  un  usage  reçu  dans 
toute  la  Catholicité. 

CATHOI.ICON.  s.  ma»c.  Espice  de  remède 
^  ainsi  appelé  .   ou  parce  qu'il  est  compose  de 
plusieurs  i.  rtes  d  ingredicns,  ou  p.ircc  qu'on 


CAU  2o5 

prétend  qu'il  est  propre  à  toute»  (ortes  de  ma- 
ladies. Ca(/iolicoii  simple.  CfltJioiicon  rIouMc. 
.icheter  du  catholicon.  Ordonner  du  catholi- 
'coll.  PreiiiJic  du  catholicon.  Se  purger  avec  du 
catholicon. 

CATHOLIQUE,  adj.  des  a  genres.  Qui  est 
universel,  qui  est  répandu  partout.  Il  ne  se  dit 
qu'en  parlant  De  la  vraie  Religion,  et  de  ce 
qui  n'appartient  qu'h  elle.  La  Foi  Catholique. 
La  Religion  Catholique.  L'Eglise  Catholique, 
Apostolique  et  Romaine.  Il  a  toujours  eu  des 
sentimens  très-catholiques,  des  opinions  très- 
catholiques. 

On  appelle  le  Rci  d'Espagne,  Le  Roi  Ca- 
tholique, Sa  Majesté  Catholique. 

Et  on  appelle  Cantons  Catholiques ,  Le» 
Cantons  Suisse?  (|ui  font  profession  de  la  Reli- 
gion Catholique;  Pays-Bas  Catholiques,  Les 
Provinces  des  Pays-Bas  où  la  Religion  Catho- 
lique est  demeurée  la  Religion  dominante. 

Catholique  ,  est  aussi  substantif.  Un  Ca- 
tholique. Un  bon  Catholique. 

On  appelle  proverbialement,  Catholique  a 
gros  grains  ,  Un  Catholique  qui  ne  fait  pas 
scrupule  de  bien  des  choses  défendues  ji.ir  la 
Relij;ion. 

CATHOLIQUEMENT.  adv.  Conforn.énici.t 
il  la  Fui  de  rÉ.glise  Catliolicjue.  //  a  pn'clié ,  il 
a  écrit  très-catholiqucment. 

CATI.  s.  m.  Apprêt  propre  j  rendre  les 
étoffijs  plus  pleines  et  plus  lustrées. 

C.ATIMIM.  En  catimini .  en  cachette.  Façon 
ie  parler  adverhiale,  qui  n'r'^t  d'us  i^e  qnrda-» 
le  style  familier.  Il  a  fait  cela  en  catimini.  H 
est  venu  en  catimini, 

C.ATIN.  s.  f.  On  ne  met  pas  ce  nom  ici 
comme  nom  propre ,  mais  comme  un  mot  dont 
on  se  sert  pour  dire  Une  femme  ou  fille  de 
mauvaise»  mœurs.  C'est  une  franche  câlin.  Il 
est  fimilitr. 

CATIN.  s.  IV..  Bassin  dan»  lequel  un  inétal 
fondu  est  reçu, 

C.ATIR.  T.  a.  Donner  le  lustra  à  une  étofl!.'. 
Calir  du  drap,  des  bas. 

Cati  ,  IE.  participe. 

C.\TON.  s.  m.  Nom  qu'on  donne  à  un  homme 
très  sage,  ou  qui  afl'cctc  de  l'être.  C'eflun  Calor, 
il  fait  le  Caton. 

C.VTOI'TRIQUE.  s.  f.  Science  qui  enseigne 
uni'  des  parties  de  l'Optique,  et  qui  explique 
les  effets  de  la  réfiezion  de  la  lumière.  Un  traité 
de  catoptrique. 

CAU 

CAUCHE.MAR,  s.  m.  (se  pronoucc  coinnia 
Cocliemar.  )  Sorte  d'oppression  ou  d'c'louflc- 
ment  qui  survient  quelquefois  durant  le  som- 
meil ,  en  sorte  qu'on  croit  aToir  un  poids  sur 
l'estomac,  et  qui  cesse  dés  qu'on  vient  à  ae  ré- 
veiller. Etre  sujet  au  cauchemar.  Avoir  le  cau- 
chemar. 

On  dit  famîUèrciD.  d*Un  homme  cnnnyeux 
et  incommode ,  que  C'est  un  homme  qui  donne 
le  cauchanur. 

CAUCHOIS  ,  PIGEONS  CAUCHOIS.  C« 
sont  de  gras  ^ngcuiis,  ainsi  nommés  des  pigeons 


506 


CAU 


de  dut  en  Normandie,  qui  sont  plus  gros  que 
ceux  des  aiilrcs  lieux. 

C.VUnATAlRE.  s.  m.  Celui  qui  portp  la 
^neue  <le  la  robe  d'un  Cardinnl. 

CAUnEBUC.  s.  m.  Cliapeau  de  laine,  dont 
h  première  fabrique  a  été  dans  la  ville  de  Cau- 
del)ce.  tes  Cauilehecs  sont  moins  chers,  durent 
moins  que  les  castors. 

CAUI.ICOLES.  s.  f.  pi.  Terme  d'Arcljitec- 
ture.  Tiges  qui  sortent  d'i  nlre  les  feuilles  d'A- 
canthe, et  qui  sont  roulées  en  volutes  sons  le 
tailloir  du  cliapitciu  rorinlhien. 

CAURIS  eu  CORIS.  s.  m.  l'etite  coquille 
qui  sert  de  nioiinoie  dans  plusieui-s  coutivcs  de 
l'Inde  et  de  l'Afri'iue. 

CAUSAL,  ALE.  adj.  Voy'esCinsATir,  n-E. 

CAL'S.ir.ITÉ.  s.  f.  Ten.ne  dogmatique.  Ma- 
nière dont  une  cause  f>git. 

CArSATIF.  IVE.  adj.  Terme  de  Gram- 
maire. II  ne  se  dit  guère  qu'en  ces  plirases  , 
Purliciile  ctnisative ,  Conjonction  raiLsative. 
C'est  une  particule  dont  on  se  sert  pour  rendre 
raison  de  ce  qui  a  été  dit.  Ccu-,  Parce  que,  son! 
'des  conjonctions  causatives. 

CAUSE,  s.  f.  Principe,  ce  qui  fait  qu'une 
chose  est.  Dieu  est  la  première  de  toxttes 
les  causes j  la  cause  des  causes,  la  souveraine 
cause,  la  cause  universelle.  On  appelle  Dieu, 
absolument  et  par  excellence,  Cause,  première, 
comme  on  ap;-el!c  les  créatures.  Causes  se 
condes.  Dieu  laisse  cqir  les  causes  secondes.  Il 
j  a  aussi  diffJrens  genres  de  causes.  Cause  prin- 
cipale. Cause  instrumentale.  Cause  matérielle. 
Ca'ts'  formelle.  Cruse  ejjicieiile.  Cause  finale. 
C..use  exemplaire.  Cause  pTiysique.  Cause  mo- 
rale. Cfliise  occasioncUe. 

OnditjquTn  homme  est  cause  du  honheur, 
du  malheur  d'un  autre,  pour  dire,  qu'il  y  a 
donné  occasion. 

Ou  dit  d'Un  m.ilheur  que  quelqu'un  a  causé 
'  sans  le  vouloir,  Il  en  est  la  cause  innocente.  Et 
en  parlant  de  certaines  clioses,  qui  amèneni 
quelques  e'vcnemens  à  leur  suite  ,  on  dit , 
qu'EI/es  en  sont  cause.  Ce  que  je  vous  dis  li 
est  cause  de  tous  Us  désordres  qui  sont  arrivét 
depuis.  Les  aiïr.ires  qui  me  sont  survenues, 
sont  cause  que  je  r'ai  pu  avoir  l'honneur  dt 
vous  voir.  Il  est  cause  que  je  vous  en  ai  parlé. 
Les  remèdes  dont  on  Va  accahié,  sont  cause  dt 
ta  mort 

Cai'se,  signiGe  aussi  î\Iotif ,  sujet,  or.'^asion, 
raison.  Cause  létjitiHje.J liste  cause.  Il  n'.'i  pomi 
fait  cela  sans  cause.  Il  se  jorniulise  sans  cause. 
C'est  à  juste  caust  qu\l  en  a  usé  de  la  sorte. 

On  dit,  Parler  avec  connoissance  de  cause, 
aqir  en  connoissance  de  cause ,  pour  dire , 
Parler ,  agir  avec  pleine  connoissance  de  ce 
qu'on  dit,  de  ce  qu'on  lait. 

Quand  on  ne  veut  pas  s'expliquer  sur  Ira 
motifs  qu'on  a  de  faire  ou  de  ne  pas  faire  quel- 
que cliose,  on  dit,  Je  veux  faire  cela,  je  ne 
veuj;  pas  faire  cela,  et  pour  cause. 

Dans  les  Édils  et  Lettre»  patentes,  on  met, 
A  ces  causes,  jjour  dire,  En  couftidération  de 
ce  qui  a  été  expose. 

Caose,  signifie  ainsi  en  style  J«  Pratique, 


CAU 

J)roit  cédé  ou  transmis  d'une  personne  5  une 
aiuic;  et  il  n'est  en  usai^e  (]u  en  c  tte  façon  de 
parler  :  Ayans  cause.  Sci  héritiers  ou  ayam 
cause. 

Cause,  signifie  encore  InttT^t.  On  dit  en  ce 
«cns  :  La  cause  de  Dieu.  La  cause  du  prochain. 
La  cause  des  Fols.  La  cause  puhlii^ue.  La  cause 
des  pauvres.  La  cawti  de  VEfjlise.  La  cause  de 
Vf.tat. 

On  dit,  La  bonne  et  la  mauvaise  cause,  pour 
dire,  Le  bon  et  le  mauvais  parti. 

On  dit,  prendre  le  fi:t  ei  cause  de  quelnuun , 
prendre  fait  et  cause  your  (jneffju'uri,  pour  dire, 
.''"c  déchirer  pour  quelqu'un,  prendre  son  parti, 
le  défendre. 

CvcsL",  se  dit  aussi  d'Un  procès  qui  se  plaide 
et  qui  se  ju^e  à  l'Audience.  Mettre  une  canyc 
au  Rôle.  Faire  appeler  une  cause.  Plaider  une 
cause.  Gagner  sa  came.  Perdre  m  cause.  Pren- 
dra le  fi:ii  et  ca'jse.  Prendtcfalt  et  cause. Cause 
imperdable.  Cause  uppelce.  Cau^c  remise.  Donne 
cau^e.  M(M\faise  cause.  Cause  doutciiSi..  Causi 
indubitable.  Cause  embrouillée.  Causes  célèbres. 
Causes  majeures.  Cause  d'apparat. 

On  dit,  qu'Un  homme  est  £n  cause ^  qu'i7  u 
ete  mis  en  cause^  "î"''  "  ^'^  appelé  en  cau:-c. 
pour  dire,  fju'U  est  partie  au  procès;  et  qu7/ 
est  hors  de  cause^  pom  dire,  qu'il  n'est  plus 
intéresse  au  procès. 

On  appi  lie  Avocat  sans  ca-isc,  Un  Avocal 

(jui  n'est  point  (mployé.  Il  est  du  stvlc  familier. 

À  CAiSE.  préposition.  Pour  l'amour  de,  En 

Considération  d''.  î  cause  de  lui.  A  cause  de  cela. 

K  CAUSE  QUE.  conjonction.   Parce  que.  Je 

n'iPût  pas,  à  cause  (juil  est  trop  tard. 

CAUSKR.v.a.  Être  caase.  Il  a  pensé  causer 
un  grand  malheur.  Causer  du  dommacjc.  Cau- 
ser la  qnerrc.  Causer  de  la  joie.  Causer  du  scan- 
dale. Causer  de  la  douleur.  Causer  du  chacjrin. 
Cai;sé,  ée.  participe. 

C.\USER.  V.  n.  S'entretenir  familiércmenl 
avec  quelqu'un.  Ils  ont  été  une  heure  à  causer 
ensemble.  ^ 

}\  veut  dire  aussi.  Parler  trop,  parler  incou- 
sidér<;nicnt.  iVe  lui  dites  que  ce  que  vous  vou- 
drez que  tout  le  monde  sache;  car  il  aime  à 
causer.  Il  est  familier. 

On  dit  dans  le  style  familier,  Causer  de 
choses  et  d'autres^  pour  dire.  S'entretenir  (à- 
niîliùrcment  d"  diverses  clioses  si'ns  contention 
d'esprit  i  cl  ce  n'est  qu'en  cette  phrase  et  en 
d'.-'utres  semMahles,  que  Causer  se  dit  avec  u.i 
régime.  A'oiis  avons  causé  littérature,  voyages, 
etc.  pour  dire,  Causé  dt-  littérature,  de  voyages. 
etc.  etc. 

Causer,  signifie  aussi.  Parler  avec  malisinité. 
N'aliei  pas  si  souvent  dans  cette  maison,  on  en 
cause. 

CAUSERIE,  s.  f.  Bahi! ,  action  de  causer. 
C'est  une  causerie  perpétuelle.  Il  est  familier. 

CAUSEUR, EUSE.  atij.  Qui  parle  bcaurnup. 
Une  femme  bien  causeuse.  Il  est  d'humeur  niu- 
seu.sc 

CAUSEim ,  EUSE,  sont  atissi  substantifs.  Faites 
taire  ces  causeurs.  Une  causeuse.  InsupportahU 
causeur. 


CAU 

On  sVn  sert  aussi  potir  désigner  quelqu'un 
qui  parle  superficiellement  des  clioses,  qui  ne 
les  traite  pa-i  à  fond.  Ce  n'est  qu^uu  causeur. 
C'est  un  causeur,  et  peu  profond. 

On  le  dit  anssi  pour  désigner  des  personnes 
qui  parlent  indiscrètement ,  qui  ne  gardent  point 
le  secret.  Ne  dites  rien  à  cet  homme-là,  c'est 
un  causeur.  Cette  femme  n^est  aucune  causeust. 
II  est  familier. 

CAUSTICITÉ,  s.  f.  Matignité  ,  inrlinatiou 
à  dire  ou  à  écrire  des  choses  mordantes  ou  m- 
tiiiques. 

CAUSTIQUE,  adjeci.  des  2  genrs.  Terra* 
didactique.  Br  ilant,  corrosif.  Il  se  dit  Des  sels 
rt  préparations  niétalliques,qui  ont  la  propriété 
il'entamer  la  peau,  de  brûler  et  de  consumer 
les  cliairs.  Remède  caustique.  Ilerhe  caustique.^ 

On  dit,  Un  sel  caustique^  C'est  un  sel  alcali. 
Comme  suKstantif ,  on  dit,  Le  caustique  lu- 
naire. On  dit  aussi,  Un  caustique. 

Ou  dit  figuruuicnl,  qu'ï7n  /iQmin€  est  caus- 
tique, qu'ti  a  Vhumenr  caustique ,  pour  dire, 
)[U*U  est  mordant,  satirique,  ou  qu'il  parb 
avec  malignité. 

On  ne  fait  Caustique  substantif  que  dans  le 
lens  didactique. 

On  appelle  Caustique,  en  Géométrie.  T.* 
courbe  sur  laquelle  se  rassemblent  les  rayons 
réfléchis  ou  rompus  par  une  surface.  Caustique 
tnir  réflexion.  C  au  clique  par  réfraction. 

CAUTI'XE.  s.  f.  Finesse,  ruse.  Il  est  vieux. 

Il  signifie  en  termes  de  Droit,  Précaution  ;  et 
il  n'est  presque  d'usage  qu'en  cette  phrase, 
rfï'solufion  a  cautèle. 

CAUT!:LKUSI:MENT.  adv.  Avec  nisc,av(c 
ïlnessr.  Il  se  prend  toujours  en  mauvaise  pari. 
Il  a  fait  cela  rauteleusement. 

CAUTELEUX,  EUSE.  adj.  Rusé.  fin.  II  «c 
prend  toujours  en  mauvaise  part.  C^est  un  esprit 
malin  et  cauteleu.x. 

C.4Urt;RE.  s.  m. Ouverture  qu'on  fait  dins 
la  chair,  e»  la  hn'ilant  avec  un  bouton  de  feu  , 
ou  avec  un  caustique,  pour  faire  écouler  les 
mauvaises  humeurs.  Se  faire  faire  un  cautère 
au  bras,  derrière  la  tête,  etc.  Panser  un  cau- 
tère. Laisser  fermer  un  cautère. 

On  dit  provelbiairment  et  populairement 
d'Un  remède  qui  ne  peut  servir  k  rien,  CVst 
un  cautère  sur  une  jambe  de  bois. 

Il  si^nifu"  aussi  I.e  boulon  de  feu,  ou  le 
caustique  qui  sert  .i  faif  celte  ouverture.  Cau- 
tère actuel,  on  houton  de  feu.  Cautère  potentiel, 
ou  pierre  caustique.  Appliquer  un  cautère.  Pierre 
de  cautère. 

CAUT:  Rl^TlOî'E.  adj.  des  2  genres.  Qui 
bnMe  ,  qui  consume  les  cîiairs. 

CAUTÉRISATION,  s.  f.  Action  de  faiic  un 
rauttrre. 

flAUTÉRiSER.  V.  a.  Rrûler  de  la  manière 
que  font  l'S  caustijurs.  Ce  poison  lui  avoit 
cautérisé  Vcstomac,  les  intestins. 

CALTÉnisÊ,  ÉF.  participe. 

On  dit   en   termes  de   Morale   Chre'tiennc. 
Une  conscience   cautérisée,   pour  dire,   Vue 
conscience    corrompue,    endurcie.    C'e«* 
expression  de  la  BihJe. 


CAV 

CAUTION,  subst.  f.  Celui  qui  répond,  qiii 

s'oblige  pour  un  aulrc.  Cuud'on  solvuhU.  Cau- 
tion bourgeoise.  Caution  solidaire.  Bonne  et 
suffisante  caution.  Être  caution  de  tjuelquun. 
ïlecevoir  une  caution.  Servir  de  caution.  Don- 
ner caution.  Décharger  les  cautions.  Certifier 
une  caution.  Se  rendie  caution.  Fournir  cau- 
tion. 

On  dit,  Élargir  guehju'un  à  la  cauliond'un 
mulre;  et  dans  celte  phrase,  Caution  est  pris 
pour  CautionneiuLiU,  garanlif.  Ou  dit  aussi, 
LAargir auelgii  un  à  sa  caution  juratoirCy  pour 
due*  Sur  la  promesse  qu'il  fait  avec  serment  de 
S9  représenter  quind  la  Justice  l'ordounera. 

On  dit  tigurement,  Être  caution ^  ou  Se 
rendre  caution  d'une  chose,  pour  dire,  Assurer, 
garantir  qu'une  telle  nouvelle  est  vraie,  qu'une 
le!le  chose  est  arrivée,  qu  uue  telle  cIjosc  arri- 
vera. J'en  SUIS  caution.  Je  vous  ^n  suis  caution. 
Qui  me  sera  caution  de  ce  nue  vous  me  dites? 

On  dit  figurénient,  qu'L'n  homme  est  sujet 
À  caution,  pourdiie,  qu  II  ne  faut  pas  se  fîcr  à 
lui  ;  et  de  même ,  qu't'ne  histoire,  qu'une  nou- 
velie  est  sujette  à  caution^  pour  dire,  qu'Iilllc 
est  douteuse. 

CAUTIO>'NEMENT.  s.  m.  Acre  par  lequel 
ou  s'oblige  pour  un  autre.  Il  s^est  obligé  pour 
un  tel;  ce  cautionnement  Va  ruine. 

CAL*TI0.N>ER.  v.  act.  Se  rendre  caution 
pourquL-hju  un.  Je  le  cautionne.  Il  a  trouvé  un 
de  SCS  amis  gui  Va  cautionné  de  vitigt  mille 
francs.  On  Va  cautionné  jusguà  la  concur- 
rence d': 

Caction^l,  ée.  participe. 

CAV 

CAVAGNOLK.s.ni.  Sorte  de  jeu  de  hasard. 
Espèce  de  Biribi  où  tous  les  joueurs  ont  des  ta- 
bleaux, et  tirent  les  boules  chacun  ùson  tour. 

CWALCADF.  s,  f.  Maxche  de  gens  i  che- 
val avec  ordre,  pompe  et  cérénionie.  Aller  en 
cavalcade.  Quand  le  Pape  va  en  cavalcade.  Le 
Pape  va  en  cavalcade  prendre  possession  de 
l'Église  de  S aint  J ean~de-Latran.  La  cavalcade 
du  Paj  e.  Belle  cavalcade. 

Cavaxcadk,  se  dit  aussi  DA  simples  pro- 
menade^ qui  se  font  à  cheVaL 

CAVALCADUrR.  adj.  m.  Ce  terme  n'est 
d'a-i^ige  quVn  ccKc  phrase,  Êcuyer  Cavalca- 
iour^  qui  se  dit  Ucs  Kcuyers  qui  ont  soin  des 
chevaux  et  de  tous  les  équipages  de  l'écurie, 
dans  la  maiscn  du  Roi  et  des  Princes. 

C.WALE.  s.  f.  Jument,  la  femelle  du  che- 
val. Belle  cavale.  Grande  cavale.  Faire  couvrir 
une  cavale, Faire  sailltj-  une  cavale.  Une  cavale 
gui  a  été  couverte  d'un  hel  étalon.  Une  cavale 
pleine.  Vne  cavale  gui  a  /xiu/inc,  gui  a  mis 
^at.  Boucler  une  cavale. 

C\\  ALERIE.  s.  f.  Nom  coHeciif ,  qui  com- 
prend les  difll-renles  espèces  de  Troupes  senanl 
à  dicval.  Faire  des  levées  de  cavalerie.  La  ca- 
valerie Françoise.  Commander  la  cavalerie. 
Mestre  ât  Camp  de  cavmîerie.  Capitaine  de  ca- 
vnlerig.  Officiers  de  cavalerie.  Combat  de  cava- 
^'  ''Un  corps  de  cavalerie.  Un  Réqimcnt  de 
^  "'le  compuijnic  de  cavitlcric  Cava- 


Itrie  bien  montée.  Belle  cavalerie.  Remanier  la 
cavalerie.  La  cavalerie  a  bien  fait  On  dit . 
qu'L'n  Officier  entend  bien  la  cavaleriCi  pour 
dire,  qu'il  sait  bien  mener  la  c.ualcric,  qu'il 
sait  bien  la  faire  cumb.tttre. 

On  appeloit  Cavalerie  Léjùre,  Toute  la  ca- 
valerie qui  servoil  dans  les  armées  du  Roi,  et 
([ui  n'étoit  pas  sur  le  pied  de  Compagnie  d'or- 
donnance. Cohiriel  général  de  la  Cavalerie 
Légère.  Ou  dit  aujourd'hui  absolument  Ca- 
valerie. 

On  rcitrcir:!  aussi  le  mot  Cavalcrit.  î»  cer- 
tains Corjis  51 1  vanti  cheval,  pour  ks distinguer 
des  Dragons.  Hussards,  etc. 

CAVALIER,  s.  m.  Homme  qui  est  à  cheval. 
H  irouva  des  cavaliers  sur  le  chemin.  Il  avoil 
trois  ou  guatre  rcvaliers  gui  accompagnoient 
son  carrosse. 

On  dit,  cm'Vn  homnje  est  bon  cavalier^ 
pour  dire,  qu'il  est  bien  à  cheval,  qu'il  ise  sert 
bien  d'un  cheval  ;  et  qull  est  mauvais  cava- 
lier ^  pour  dire,  qu'il  se  tient  mal  u  cheval  :  et 
dans  le  mÛTe  sens  on  dit  d'une  femme,  qu'£i/e 
est  boum  ravatitre,  qu'elle  est  mauvaise  ca- 
valière. 

On  dit,  qn'Un  homme  est  beau  cavaîîcr^ 
pour  dire,  qu'il  a  bonne  grûce  A  cheval. 

Cavalier,  siguiûe  aussi  Homme  de  guerre 
dans  une  Conip^ignie  de  gens  de  cheval.  Il  y  a 
eu  dans  le  combat  tant  de  cavaliers  tués,  dé- 
montés, tant  de  cavaliers  à  pied.  Chague  Com- 
pagnie de  gens  de  cheval  est  ordinairement  de 
cinqjtaiite  cavaliers. 

CAVAuEn,se  dit  aussi  d'Un  Gentilhomme 
qui  fait  profession  des  armes.  C*est  un  brave 
cavalier.  C'est  un  cavalier  très-accompli. 

On  dit  d'Un  jeune  homme  lesle  et  bien  fait, 
que  C'est  un  joli  cavalier. 

Cavalieb,  sie  dit  aussi  d'Une  pièce  de  forti- 
fication de  terre  fort  élevée,  et  où  l'on  met  du 
canon ,  soit  pour  l'attaque ,  soit  pour  la  défense 
d'une  Place.  Faire  un  cavalier.  Drèsi-er  un  ca- 
valier. J-Aever  un  cavalier. 

CAVALIER,  1ÈRE.  ad;.  Il  n'est  guère  d'u- 
sage que  dans  les  pJirases  suivanles:>^voir  Vair 
cavalier^  la  mine  cavalière,  pour  dire.  Avoir 
l'ail  libre,  aisé,  di-gagé,  tel  que  Tout  les  gens 
de  guiirre.       , 

(Jn  dit  aussi,  Faire  une  réponse  cavalière^ 
traiter  guelguun  d'une  manière  cavalière,  pour 
dire,  Faire  une  réponse  un  peu  brusque,  un 
peu  hautaine;  et  dars  le  même  scnsàpcuprés, 
Cela  est  un  peu  cavalier. 

À  LA  CAVAUEnE.  adv.  En  cavalier.  Il  e^t 
vêtu  à  la  cavalière. 

CWALIÈREMENT.  adv.  D'une  tiçon  ca- 
valière,pluscn  hommédu  monde,  qu'en  mailre 
de  l'art.  Il  danse  cavalièrement. 

li  siguilieplusscaveot,  d'Une  manière  brus- 
C|ue,  hautaine,  inconsidérée,  sans  égard.  Il  Va 
traité  cavalièrement.  lien  a  usé  cavakèrement. 
Il  en  parle  un  peu  cavalièrement. 

CVVE.  s.  f.  Liiu  soutcnuin  et  rnûlc  où  l'on 
met  ordinairem*  ni  du  vio  et  d'.iutrcs  provi- 
sions. Bonne  cave.  Cave  profonde.  Une  cave 
fraîche.  Avoir  du  vin  en  cave.  Avoir  uuc  cave 


CAV  207 

bien  garnie.  Faire  descendre  du  vin  dunt  uue 
cave.  Mettre  du  bois  dans  une  caiv.  Lu  c\ef 
d^une  cave. 

On  dit,  Faire  sa  cave,  monter  sa  cave,  pour 
dire,  La  gariiirde  vins.  Cave  bien  montée,\oj. 
MonTZn. 

On  dit  figiirément  et  fii::ilii;rcnient,  qu'l/n 
homme  va  du  qrciiier  à  la  cave,  de  la  cave  au 
(jrer.i'cr,  pour  dire,  yuu  Ses  propos  sont  saDt 
ordre  el  snns  liaison. 

U  se  dit  aussi  d'Ciic  espèce  de  caisse  où  l'on 
meteleslicjucurs,  ou  des  e.iux  do  scntiur,  pour 
les  transporter  aisément  d'un  lieu  à  un  auti«. 
Porter  une  cave  dans  son  carrosse. 

Cave.  s.  f.  Le  roiidfi  d'argent  que  chacun 
des  joueurs  met  devant  soi  i  ceruins  jeux  de 
cartes,  comme  au  Brelan ,  etc.  Il  est  à  sa  pre- 
mière, à  sa  seconde  cave.  Faire  une  nouvelle 
cave 

Cave.  (Veine)  subst.  f.  Terme  d'Ânatoniie. 
On  désigne  sous  ce  nom  deux  grosses  veines 
qui  sortent  de  l'oreillelle  droite  du  cœur  , 
comme  deux  troncs  sépares,  et  posés  à  contre- 
sens, piisque  dans  «ne  même  ligne  perpendi- 
cuLiiie,  l'uneu  liant,  appelé  Verne  cai'e  jupe'- 
iieure,  et  l'auiie  en  bas,  qu'on  nomme  Veiii* 
cave  infirieure. 

Dans  le  discours  ordinaire,  on  appelle  Veine 
cave,  Le  tronc  ou  se  réunissent  les  veines  qui 
passent  dans  la  cuisse. 

En  termes  d'Astronomie  et  de  Clironologir, 
on  appelle  L<me  cuve.  Un  mo:>  lunaire  de  vingt- 
neuf  iours. 

CAVEAC.  s.  m.  Petite  cave.  2Î  ne  peut  iemr 
dans  ce  c.nrau  que  trois  ou  quatre  muids 
de  vin. 

U  sedit  Des  petites  caves  des  Églises  où  l'on 
met  des  corps  morts.  Sous  cette  chcpelle  est  le 
:aveau  d'une  telle  fitmille,  c'est-à-dire,  La  st- 
p'.lturc  de  celte  famille. 

CAVKCÉ,  ÉE.  adj.  Il  ne  se  dit  qu'en  ces 
phrases,  Vn  cheval  rouan  cavecc  de  ttoir,  une 
jfmjcnl  rouurt  cui'ecc'e  de  nuir,  pour  dire.  Qui 
a  la  tête  noire. 

CAVECO?».  s.  m.  Demi-ccrcle  de  fer  qui  se 
met  sur  le  nez  des  jeunes  chevaux,  pour  les 
dompter  et  les  di'csser.  Mettre  un  cavcçon  à 
un  cneval,  Dotuier  un  coup  de  cavei;on  à  un 
cheval. 

On  dit  pioverbialement  et  Ggi'rémcnt  d'Un 
lionirae  nnturcllcment  fougueux  et  emix>i1e, 
qu'//  a  besoin  de  caveçon,  pour  dire,  qu'il  a 
besoin  qu'on  le  retienne. 

CAYÉE.  s.  f.  Chemin  creux.  Longue  cavée. 
Grande  cavée. 

CAN'Elt.  T.  a.  Creuser,  miner.  L'eau  a  ciiiv 
cette  pierre.  La  mer  a  cave  ce  rocher.  Les  aus- 
térités lui  avaient  cave  les  joues.  11  se  dit  aussi 
absolument  La  rivictc  a  cave  sous  la  pile  de 
ce  pont. 

Catei».  t.  act.  Terme  de  jeu.  Faire  fonds 
d'une  certaine  quatititji  d'argent  à  un  jeu  da 
rcnvi.  il  cava  d'abord  dix  pistolesj  on  Voblîtjea 
à  caver  de  nouveau, 

CAVtn  Ac  n-Ls  ronr,  signifie,  Mrttre  r.tt 
jeu  aalaul  d'argent  >;uc  aciiii  qui  en  a  le  plus. 


30C 


CE 


CED 


On  dit  3us>i  familièrement  et  figurement   ,,  fer.  C'est  à  voua  tte  dédier.  C'est   pourquii. 
..        «  _      .    •       y^»..â  . r'^^t  — :  /^»-,.  "ir„„: 


Caver  au  plus  fort,  pour  dire,  Porter  tout  J 
l'exlréiiie  dans  les  ei.lrepriscs ,  les  opinions ,  les 
suppositions,  etc. 

Cave,  ée.  participe. 

CAVERNE,  s.  {.  Antre,  grotte,  lien  creui 
dans  des  rochers,  dans  des  montagnes,  sous 
tirre.  Caverne  profonde.  Caverne  obscure.  La 
bouche,  Centrée  d'une  caverne. 

CAVEnsE,  se  dit  figun-nient  d'Un  rendez- 
vous  de  scele'r.its.  Celte  maison  est  une  caverne, 
une  caverne  de  lirifjands. 

CAVEKNEUX,  Et'SE.  adject.  Plein  de  ca- 
ycmes.  Pays  cavernetuv.  Lieux  caverneuj:. 
Montannîs.  terres  nwerneuses. 

On  oppclk  en  Anatotiiie  Corps  caverneux . 
Une  des  parties  de  la  verge. 

C.4.VET.  .s.  m.  Terme  d'Archilrcture.  Moti- 
liirc  renlr.intc  dont  le  profil  est  d'un  quart  de 
cercle.  On  emploie  au-^si  les  cavcts  dans  la 
Metuiiserie. 

CAVIAR,  s.  m.  Nom. ;u'on donne  hdesofufs 
d'Esturgeon  salés.  On  fait  beaucoup  de  Caviar 
en  Russie. 

CAVILLATION,  s.  f.  (  On  pron.  les  deux  L 
sans  les  mouiller.  )  Sophisme ,  raisonnement 
captioux,  fausse  sulitilité.  Il  y  a  beaucoup  de 
cwillalioii  dans  ce  raisor.nement. 

Il  signifie  aussi,  Dérision,  moquerie.  Il  n'est 
euirc  d  usage  que  dans  les  écrits  du  Baireau, 
ou  dans  ceux  de  controverse. 

CAVrri'.  s.  f.  Un  creux,  un  »iile  dans  un 
rorps  «olidc.  I.cs  cavités  du  ceryeari.  /-es  Cavités 
4u  coeur  Les  cavités  (Tun  rocKef. 

CE 

CE,  CET,  m.  CETTE,  fémin.  sing.  CES, 
pi.  mas.  OH  fera.  Pronom  démonstratif  adjectif, 
qui  indique  les  peisonnes  ou  les  choses.  On 
met  ce  devant  les  nonu  qui  commencent  par 
une  consonne,  et  cet  devant  ceux  qui  commen- 
cent parune  voyelle.  Ce  cheval.  Cet  oiseau.  Cette 
femme.  Ces  animaux.  Ces  hètcs. 

Ce,  est  quelquefois  pronom  démonstratif 
substantif ,  et  signifie  la  diose  dont  on  parle. 
Ce  aue  je  vous  dis.  Ce  qui  se  passe.  Ce  cjne  vous 
voyez.  Ce  que  vous  pensez.  Cem'cst  une qrande 
joie.  Ce  nous  fut  un  qrand  déplaisir.  Qui  est- 
ce  qui  arrive?  Qui  est-ce?  Qu  est-ce  que  je 
vois  là?  Qu'est-ce?  lié  bien,  qu'est-ce?  Ce 
me  semhlK.  A  ce  qu'il  me  scnibTc.  A  ce  qu'il  m'a 
dit.  Est-ce  que  tous  m'entendez ,  etc.  Ce  ti'est 
pas  que  je  l'CuilJc,  etc. 

Pans  les  phrases  suivantes,  tt  autres  sem- 
blables, Ce  se  construit,  selon  les  cas,  tantôt 
avec  le  singulier,  tantôt  avec  le  pluriel.  Sonl- 
ee  les  Anqlois  qui  ont  fait  cela?  Est-ce  nous 
qui  avons  f:itt  cela?  Est-ce  les  Anqlnis  que 
vous  aimez?  FiH-ce  nos  propres  fis  qudjalliit 
immoler.  F ùi-ce  nos  propres  j'tls  qui  voulurent 
qouvcrner.  Quand  ceseroit,  quand  ce  seraient 
les  Romains  qui  auraient  fait  cela.  Qui  est-ct 
qui  a  fnit  cela?  c'est  eux 


C'est  vous.  C'est  mai.  C'est  vous.  Messieurs, 
qu'il  faut  remercier.  Ce  sont  de  très  -  honnêtes 
qens.  Ce  fuient  les  François  qui  assiénérent  la 
l'iare.  C'est  se  moquer  du  monde  que  d'en  agir 
ainsi,  d'en  aqir  ainsi,  qu'en  agir  ainsi  :  les 
deux  denii''rres  expressions  sont  moins  usitées. 

On  dit  encore  :  Il  avait  le  dessein  d'atta- 
quer, et  pour  ce  faire,  pour  et,  il  commanda... 
Je  lui  ai  dit  telle  et  telle  chose,  et  ce  pour  Ui 

persuader  de  faire Et  en  vertu  de  ce  qui- 

dessus.  A  ce  qu'il  n'en  prétendit  cause  d'igno- 
rance. Ces  façons  de  parler  ne  sont  plus  guère 
eu  usage  hors  du  Palais. 

On  dit,  C'est  bon,  pour  dire.  Cela  sufEt,  et 
r>n  le  dit  aussi  pour  dire.  Cela  est  bon. 

On  dit  aussi,  surtout  dans  la  conversation, 
C'est  bien  fâcheux,  c'est  bien  difficile,  pour  dire, 
l>Ia  est  bien  fielleux,  cela  est  bien  diGScile. 
CE  A 

CE4NS.  adv.  Ici  dedans.  Il  ne  se  dit  que 
De  la  maison  où  l'ou  est  quand  on  parle.  Il 
n'est  pas  céans.  Il  dînera  céans.  Le  maître 
de  céans. 

CEC 

CECI.  Pronom  démonstratif,  qui  se  dît  pour 
Celte  chose-ci.  Ceci  n'est  pas  un  jeu  d'enfans. 
Que  veut  dire  ceci? Qu'est-ce  que  ceci?Qu'est- 
re  quctout  ceci? Ceci  est  à  moi,  cela  est  à  vous. 
Ceci  est  beau,  cela  est  laid.  Ceci  est  soie,  cela 
tst  laine. 

CECITE,  s.  f.  L'état  d'une  personne  avea- 
çle.  Ce'cilé  se  dit  au  propre,  et  /iveugleinenl 
>u  figuré. 

CED 

CÉDANT,  ANTE.  adj.  Çui  cède  son  droit. 
Il  n'est  guère  d'usage  qu'étant  employé  au  sulîs- 
'.antif  ,en  style  de  Pratique.  le  cédant  et  leces- 
tionnaire. 

CÉDER.  V.  a.  Laisser,  abandonner  ii  quel- 
qu'un. Céder  sa  place  à  un  autre. Céder  le  pas, 
\e  haut  du  pavé. 

On  dit,  Céder  ses  droits,  céder  ses  prêtent 
lions,  pour  dire.  Les  transjiorti'r  au  profit  de 
piehpi'un:  et  on  dit  dans  le  même  sens,  Céder 
tine  dette,  céder  un  bail. 

CèoEn,  s'emploie  quelquefois  absolument, 
et  signifie,  Se  relilcher,sc  rendre,  se  soumettre. 
Il  faut  céder.  Cédons,  puisqu'il  le  faut. 

Ou  le  dit  dans  un  sens  physique  et  en  par- 
lant De  choses  n.':itcric!Ies,  pour,  S'afTaijser, 
rompre.  Cette  poutre  ne  tardera  pus  à  céder, 
La  l'oiitc  trop  chargée  commence  d  céder. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Acquiescer, 
ne  pas  s'opposer,  ne  pas  résister.  Il  faut  céder 
à  nos  Supérieurs.  Céder  uu  mal.  Céder  au  temps, 
à  l'oraqe.  Céder  à  la  force,  à  la  raison. 

Un  cette  acception,  il  signifie  aussi.  Se  re- 
connoitre  ou  être  reconnu  inférieur  ii  un  autre 
tn  quelque  chose.  Il  lui  cède  en  mérite,  en  ex- 
périence.  Le  céder  à  quelqu'un  en  scie'^ce,  ta 


On  le  n.et  quelquefois  devant  la  particulo 
En,   ou  devar.t  le  verbe  Etre.  C'en  est  fnit.  h  vertu.  Je  lui  cède  en  tout. 
C'est-à-dire.  C'c>l  à  savoir.  C'est  à  vous  à  par-  Ctof ,  KE.  participe. 


CEI 

CÉDILLE,  s.  f.  (  l'L  se  mouille.  1  Petius 
marque  en  foirne  de  c  tourné  de  diolle  à  gau- 
che, qu'on  met  sous  la  lettreC,  quand  elle  pré. 
cède  un  .4  ,  un  O ,  ou  un  U ,  pour  faire  qu'on 
la  prononce  comme  un  S.  Garçon,  Venez-çà. 
Avez-vous  reçu? 

CÉDRAT,  s.  m.  Espèce  de  citron  d'une  odeur 
exquise.  L'arbre  qui  le  porte  s'appelle  aussi  Cé- 
fïrtjt.  Le  cédrat  est  un  cvcellent  fruit.  Le  cédrat 
est  excellent  étant  confit.  Du  cédrat  confit.  De 
l'essence  de  cédrat.  Des  tablettes  de  cédrat. 

CÈDRE,  subst.  m.  Arbre  odo«férant  et  fort 
haut,  dont  le  bois  étant  emp'oyé ,  résiste  à  la 
coiTuption.  Les  cèdres  du  Liban.  Un  cabinet 
de  cèdre.  Vne  écritoirc  de  cèdre.  De  la  poudre 
de  cèdre. 

On  dit  d'Un  honmae  profond  dans  la  con- 
noissanee  des  choses  naturelliîs,  qu'/i  connoll 
tout  depuis  le  cèdre  jusqu'à  l'/nsope,  pour  dire. 
Depuis  les  plus  grandes  choses  jusqu'aux  plus 
petites. 

On  appelle  aussi  Cèdre,  Une  espèce  de  ci- 
tron, dont  se  fait  une  certaine  boisson,  que 
l'on  nomme  Aigre-de-cédre. 

CÉDRIE.  s.  f.  Résine  qui  sort  du  Cèdre.  La 
cédrie  conserve  les  corps  morts.  Au  contraire, 
«Ue  putréfie  les  chairs  molles  des  corps  vivans. 

CÉDULE.  s.  f.  Écrit ,  billet  sous  seing  privé, 
par  lequel  on  reconnoit  devoir  quelque  somme. 
On  lui  a  prêté  dix  mille  livres  sur  sa  simple 
tédule.  Dans  le  discours  oidînaire,  on  se  sert 
plutôt  du  mot  de  Bii/f(.quedecclui  de  Cédule. 

Proverbialement  et  figurément,  en  parlant 
ilTn  homme  qui  conteste  mal  il  propos  J  lors- 
iju'ou  peut  le  convaincre  par  son  propre  fait, 
on  dit,  'ju'/i  plaide  contre  sa  cédule. 

On  appelle  Cédule  év'ornfoire,  Un  acte  ju- 
diciaire, par  lequel  on  déclare  à  la  persoiina 
toDlre  qui  on  plaide,  qii'en  vertu  de  l'Ordon- 
bance  on  évoque  le  procès ,  avec  assignation 
tu  Conseil. 

CEI 

CEINDRE.  V.  actif.  (  U  se  conjugue  comme 
Atteindre.  )  Entourer ,  environner.  Ceindre  une 
ville  de  murailles,  la  ceindre  de  fosses. Ceindre 
un  parc  d'une  haie  vive. 

On  dit ,  5c  cein  dre  le  corps,  se  ceindre  Us  reins, 
pour  dire.  Se  serrer  le  corps,  se  serrer  les  reins 
avec  une  écharpe,  un  ruban,  un  cordon,  etc- 

On  dit.  Ceindre  l'épèe  à  un  Chevalier,  pour 
dire,  Lui  mettre  l'épée  au  côté.  En  le  faisant 
Chevalier,  il  lui  ceignit  Vcpee. 

On  dit  figuréini  ni,  Se  ceindre  le  front  d'un 
diadème,  pour  dire,  Ceindre  le  diadème,  se 
faire  Roi.  Et  l'on  dit  d'un  f;rand  Conquérant  , 
que  La  Victoire  lui  a  ceint  le  front  de  laurier*. 

On  dit  poétiquement ,  Ccitiiire  le  diadème. 
Ceindre  la  tiare. 

CttST,  CEiSTi:.  participe.  £lie  ceint  d'une 
ceinture.  Avoir  le  front  ceint  de  lauriers.  Une 
ville  ceinte  de  murailles.  Une  place  ceinte  de 
bastions. 

CEINTR  \(;E.  s.  m.  Terme  Je  Marine  ,  qui 
se  dit  De  tous   les  cordages  qui  ceigne-'»  f 
Uent,  ou  qui  environnent  le  vai'*^''  ' 


CEL 

CEtîTTJRE.  s.  f.  Ruban  de  soie  ou  de  fil. 
cordon^  ou  autre  cliose  seinhlnhle,  avec  quoi 
on  se  ceint  ordinairement  por  le  milieu  du 
corps.  Mettre  une  ceinture  par  -  dessus  sa  sou- 
tane. Ceinture  de  soie.  Ceinture  à  frange  d'or. 
La  boucle  dUtne  ceinture. 

On  dit  proverbialement,  Bonne  renommée 
vaut  mieux  ifue  ceinture  dorée^  pour  dire, 
qu'Une  bonne  réputation  raut  mieiuc  tjuc  les 
richesses. 

CBiNTunE,  se  dit  oossi  Du  bord  d'en  liani 
tl'unc  culotte,  ou  d'une  jupe.  La  ceinture  d'une 
culotte.  La  ceinture  d^unc  jupe.  Faire  clurnir. 
faire  rétrécir  une  crinture. 

Proverbialement  et  figurémcnt,  en  parlant 
d'Un  homme  qu'on  voit  toujours  avec  la  mémt) 
personne,  on  dit^  qu'il  est  toujours  pendu  à  su 
ceinture. 

Cemtuhe,  désigne  quelquefois  L'endroit  du 
corps  au-dessus  des  hanches  ou  l'on  place  la 
ceinture.  Ou  dît  en  ce  sens,  Dans  cet  endroit 
de  la  rivière,  on  n'a  de  l'eau  que  jusqu'à  lo 
ceinture;  et  en  parlant  d'Un  petit  homme  eu 
comparaison  d'un  ^and,  qu7/  ne  lui  i>a  pas  à 
la  ccitilure. 

CEiNTtTBE,  se  dit  aussi  De  certaines  choses 
qui  en  environnent  d'nulres.  Une  ceinture  de 
nuivaille.  La  ceinture  du  chœur  dans  une  Enlise. 

On  appelle  Ceinture  de  la  Reine  ^  Un  droit 
(]ui  se  lève  sur  les  marchandises  qui  viennent  h 
Paris  par  la  rivii-re  de  Seine,  pendant  un  cer- 
tain temps. 

On  .ipppîle.  Ceinture  de  deuily  ou  Ceinturi 
finêhre.  Cette  peinture  noire  que  l'on  met  au- 
tour de  rÉf^Iisc.  tant  dedans  que  dehors,  dans 
le  lieu  dont  le  Seigneur  est  mort,  et  qui  est 
cljargéedes  armoiries  du  Seigneur.  On  l'appelle 
onsfà  Litre. 

CEIMTJRlER.s.m.  Faiseur  ou  vendeur  de 
ceintures,  ceinturons  <i  baudriers.  Marchand 
Ceinturier. 

CEINTUROîï.  subst.  ro.  diraioutif.  Sorte  d-. 
ceinture  de  cuir  ou  d'antre  chose,  à  laquelle  il 
y  a  des  pendnns  atLiclies,  ou  l'on  passe  trans- 
versalement rèp<H- 

C  K  L 

r,tLA.  Pronom  déraonstratif,  qui  signifie, 
^etle<:ho6e-lù.  Cela  tst  bon.  Cela  est  mauvais. 
Cela  est  fait. 

truand  le  pronom  Cela  est  seul,  et  sans  op- 
i»Ofj'tion  ou  pronom  Ceci,  il  se  dit  de  même 
que  Ceci,  d'Une  chose  qu'on  tient  et  qu'on 
montre.  Que  dites-vous  de  cela?  Cela  est  fort 
beau. 

Quand  Cela  est  opposé  à  Ceci^  ii  se  dît 
d'Une  chose  plus  c'ioignce.  Je  n'aime  pas  ceci, 
donne^moi  de  cela. 

<,>uelqueroi5  dons  le  style  familier.  Cela  sr 
dit  aussi  des  pervinnes.  Ainsi  on  dira  dan 
enfant .  Cein  e«(  heureux ,  cela  ne  fait  que 
jouer. 

CfXADON.  *.  m.  Vert  pale  tirant  un  peu 
sur  la  couleur  dn  Mule  ou  de  ta  feuille  de 
pécher.  Taffetas  céladon.  Huhan  céladon. 

CtvAlytv,  Homme  A  beauT  MiDiimcnS)  riav 
Jome  /. 


CEL 

sicmnés  et  délicats  comme  un  Berger  de  co  oo  .) 
au  Rnman  de  VAsUée.  Cet  fiomwc  i's(impar|(iiî 
Céliulôn.  Filer  /'(iniour  comme  Célailon. 

CÉLÉBKAXT.  s.  i.i.  Celui  ijui  dit  la  Messe, 
cpii  célèbre  In  Messe,  eu  qui  officie.  Le  Célé- 
brant assiste  rfe  Diacre  e^  de  Sous-Diacre. 

CÉLliBIiATION.  s.  f.  Vnclion  de  célébrer. 
Il  n'est  guérc  d  usage  que  t  \ns  les  phrases  sui- 
vantes :  La  célébration  de  't  Messe.  La  célé- 
bration de  VOjpce  divin.  Lt,  •élébratlon  d'une 
Fête.  La  célébration  d'un  mat  -uge.  La  célébra- 
lion  d\in  Concile. 

On  dit  aussi,  La  célébration  des  saints  JHys- 
tères,  pour  diie,  La  célébration  de  la  iSIcsse, 

Clil.KBKK.  adj.  des2  !;"^H.cs.  Femeux,  re- 
nommé. U^i  .hitcur  célèbre  Un  lieu  célèbre, 
i  ne  célèbre  Université,  Un^  action  célèbre. 
Une  célèbre  assemblée^  Un  joi  .  célèbre.  Une 
Fêle  célèbre.  Un  homme  célèbre  par  ses  vertus., 
célèbre  par  ses  crimes.  Célèbre  pour  avoir  fait 
telle  action. 

CÉLÉBRER,  V. a.  l'.talter,  louer  avec  éclat, 
puJ)lier  avccéloge.  Célébrer  la  mémoire  de  (juel- 
tjuun.  Célébrer  les  (jrundcs  actions.  Célébrer 
les  explcits  d\in  Prince. 

On  dit  aussi ,  Célébrer  les  louanqes  de  quel- 
qu'un, pour  dire,  En  publier  hautement  les 
iouangcs. 

Il  signifie  aHssiSolenniser.  Célébrer  les  Fêtes. 
Célébrer  le  jour  de  la  naissaixce  d'un  qrand 
Prince.  Les  Anciens  célébroient  les  jeux  sécu- 
laires avec  de  grandes  solennités. 

On  dit  dussi ,  Célébrer  un  marîaqe,  pour 
iirs,  Faire  un  maria:;»  avec  les  cérimonies 
requises  ;  Célébrer  des  noces .  pour  dire ,  Le» 
(aire  avec  beaucoup  de  magnificence  et  d'éclat; 
it.  Célébrer  un  Concile,  pour  dire.  Tenir  un 
Uiucile. 

CiLÉenEB  lu  i1fe.«e,  C'est  dire  la  Messe  El 
ilans  ce  sens,  on  dit  aussi  absolument,  Cé(él>ier. 
Le  Prêtre  n'a  pas  encore  célébré.  On  dit.  Célé- 
brer pontifir.alcment .  pour  dire.  Célébrer  la 
Messe  en  liabits  pontificaux. 

r.LLÊBnÉ,  ÉE.  participe. 

CEUIBRITÉ.  s.  f.  (Jrandc  réputation,  ou 
célei>rilé  d'un  nom,  d'nne  personne,  d'un  ou- 
vr.igc,  d'un  événement  :  il  se  dit  aussi  De  la 
solennité.  La  célébrité  du  jour.  Cette  cérémonie 
se  fil  4ivec  une  grande  célébrité. 

CELER.  V.  a.  Taire,  ne  pas  donnera  con- 
noilre,  cacher.  Celer  un  dessein.  C'est  un  homme 
fjui  ne  peul  rien  relcr.  Celer  lei  effets  d'une 
s  iccession.  Je  ne  vous  ctleraî  pas  que. . . . 

Lorsvju'on  va  voir  un  homme,  et  qu'il  fait 
lire  qu'il  nesl  pas  chc-t  lui,  ou  dit,  qu'/l  se 
i'iil  celer. 

Celé,  ée.  participe. 

CELER  L  s.  m.  Plante  pntapèro  dont  6n  fait 
des  salades.  Quelqucs-nns  rappellent  Persil  dt 
Macédoine.  Une  salade  de  céleri.  Faire  blanchir 
du  céleri. 

CÉLÉRITÉ,  s.  f.  Vitesse,  diligence,  promp- 
titude dam  l'eri'cntion.  Celle  affaire  demande 
de  la  célérité,  requiert  célérité. 

CÉLESTE,  adj.  de*  a  genre*,  ''.•ui  appor- 
ilcnt  in  Ciel.  Le>  ijlcAcf  céletln.  Les  tplièret. 


C  E  11  209 

les  COI  ys  célestes.  Les  infiience.  célestes.  Thènu 
ou  figure  céleste. 

On  :i))pc!le  pnéliquement  les  Astres,  Les 
ccleslcs  flambeaiLT.  On  appelle  Bleu  céleste.  Un 
bien  de  la  couleur  dont  le  Ciel  pareil  quand  le 
temps  est  fort  serein. 

11  se  dit  encore  De  tout  ce  qui  appartient  au 
Ciel  pris  pour  le  séjour  des  Bienheureux.  JLcs 
esjjrils  célestes.  Intelligences  célestes.  La  cour 
céleste.  Les  puissunros  célestes.  La  gloire  cé- 
leste. Les  dmes  sont  d'oiiginc  céleste.  Doctrine 
céleste. 

CÉLK>TE  ,  signifie  quelquefois  Divin  ,  qui 
vient  de  Dieu.  Don  célesle.  La  colère  céleste. 
CouiToiiT  céleste.  In.cpiraliun  céleste. 

Il  se  dit  aussi ,  par  hyperbole ,  De  ce  rji-'  en 
d'une  nature  excellente.  Beauté  céleste  ,  âme 
céleste. 

CÉLIAQUE  ou  COELLiQUE.  adj.  des  2  g. 
Il  se  dit  d'Un  flux  de  ventre.  Il  se  dit  aussi 
d'Une  artère  qui  se  partage  vers  le  foie  et  U 
rate.  L'artère  célianue. 

CÉLIB.'VT.  s.  m.  L'état  d'une  personne  qui 
n'est  point  mariée.  Vivre  dans  le  célibat.  Passer 
sa  vie  dans  le  célibat.  Garder  le  célibat.  De- 
meurer dans  le  célibat. 

CÉLIBATAIRE,  s.  m.  Celui  qui  vit  dans  le 
célibat ,  quoiqu'il  soit  d'ige  et  d'état  h  pouvoir 
6e  marier. 

CELLE.  Pronom  féminin.  Voyez  Cemil 

CELLÉRIER,  1ÈRE.  s.  (On  prononce  c6. 
lérier.)  Titre  d'Office  qu'on  donne,  dans  un 
Monastère,  au  H'Iigieux,  à  In  Religieuse  <ius 
prend  soin  de  la  dépense  de  bouclie. 

CELLIER,  s.  m.  Lieu  au  rez-de-chaussée 
d'une  maison  ,  dans  lequel  on  serre  le  vin  et 
outres  provisions.  Mettre  des  pièces  de  vin  dans 
le  cellier.  Il  n'y  a  point  de  cave  dans  cette  mai- 
ton,  (i  n'y  a  que  des  celliers. 

CELLULAIRE,  adj.  des  2  g.  Terme  d'Ana- 
lomie.  Il  se  dit  De  certaines  parties  du  curjn 
liumain.  Le  tissu  cellulaire.  La  membrayte  cel- 
lulaire. 

CELLULE,  s.  f.  Petite  chambre  d'un  Reli- 
gieux ou  d'une  Religieuse.  La  cellule  d'un  Rc- 
itgieux.  La  cellule  d'une  Religieuse. 

Il  se  dit  aussi  De  chacun  des  petits  logemees 
quon  fait  pour  les  Cardinoux  assemblés  dons 
le  Conclave.  La  cellule  d''un  Cardinal. 

ïl  se  dit  figurément  d'Une  retraite  qu'on 
aime  Si  habiter,  d'un  petit  appnrtcmeiit.  C'est 
ma  cellule.  Il  faut  embellir  sa  cellule. 

Cellule,  se  dit  p;iTeillement  de  ces  petits 
alvéoles  où  les  Abeilles  font  leur  cire,  et  des 
petites  cavités  du  cerveau.  Les  cellules  des 
abeilles.  Les  cellules  du  cerveau.  Les  cellules 
adipeuse*. 

CEU.CI.E.  Les  Rolanislcs  appellent  ainsi  I^es 
loges  ou  cavités  des  fruits,  qui  se  trouvent  sé- 
parées entre  elles  p.ir  des  espèces  de  cloisons. 

CELTIQUE,  adj.  des  2  genres.  Il  se  dit  De 
la  tangue  des  Celtes  ,  anciens  peuples  de  la 
Gaule.  La  Langue  Celtique.  On  dit  auA.ii  sulis- 
tantivemi'Dt  dan.i  le  même  sens,  Le  Cclttquu 

CELUÏ,  m.  CELLE,  f.  Pronom df^monslra- 
tif.  Il  fait  ceux  M  celles  au  pluriel.  U  ae  dit  et 
27 


210  CEN 

(les  personnes  et  des  clioses.  L'homme  Joui  je 
vojis  ai  parlé  j  c'est  celui  que  vous  voyez  là. 
Ceitx  (jui  ont  vécu  avant  nous.  Il  a  récompense 
ceux  de  ses  domestiques  qui  l'avaient  bien  servi. 
De  toutes  les  choses  du  monde,  c'est  celle  que 
j'aime  le  mieux. 

Celui-ci  ,  celle-ci  ;  et  au  (jlmiel ,  Ceux-ci , 
celles-ci.  Pronom  dcnionsuatif ,  pour,  Cet 
Iioinme-ci,  cette  chose-ci,  celle  personne-ci. 
De  tous  ses  domestiipics ,  c'est  celui-ci  qui  est 
le  plus  fdèle.  Voilà  plusieurs  étoffas,  pre/ic; 
celle-ci.  Je  ne  veux  point  de  celle-ci. 

Celui-là,  celle-lX  ;  et  au  pi.  Ceux-là ,  cellc:- 
li.  Pronom  démonstratif,  pour.  Cet  Ijomnie-la, 
celle  clu)se-l.'. ,  cette  pcrsouiic-l,'i.  Celui-là ,  c'est 
un  Imbile  hummc.  Entre  tous  ces  .tableaux  , 
cdui-là  est  le  plus  beau. 

U  s'oi>posc  ordinairement  j  Celui-ci.  Ceitr- 
ci  prétendent   que Ceux-là   soutiennent 


que. .. 


ea  celii 


laissez  celui-ci. 


Quand  on  a  nommé  deux  personnes  ou  dcus 
ciioses,  et  qu'on  emploie  ensuite  les  pronoms 
Celui-ci  et  Celui-là,  Celui-ci  se  rapporte  au 
terme  le  pUis  prochain,  et  Celui-là  au  terme  le 
plus  éloigné. 

C  KM 

CEMENT,  s.  m.  Terme  de  Chimie.  Substances 
en  poudre,  dans  lesquelles  ou  renferme  exacte- 
meut  certains  corps  que  l'on  veut  soumettre  à 
l'actioii  de  ces  substances. 

CÈMICNTATION.  s.  f.  Opération  de  Chimie, 
qui  consist'}  ^  arran;;er  des  métaux  dans  uu 
vaisseau  avec  du  soufre,  des  sels,  du  charbon  . 
de  la  brique  piléc ,  etc.  et  J  exposer  ce  mélange 
à  l'action  du  feu. 

Le  mélange  s'appelle  Ce'nient ,  ou  Poudre 
cémentatoirc. 

CÉMEINTATOIRH.  adj.  des  2  genres.  Terme 
de  Chimie,  relatif  à  l'opération  du  cément. 

On  appelle,  quoique  improprement,  Cuivre 
cémentatoirc ,  Le  cuivre  qui  a  été  précipité  de 
reitalnes  eaux  vilrioliques  par  le  moyen  du  fer. 

CKMKNTER.  v.  a.  Terme  de  Chimie.  Faire 
la  cémentation,  purifier  l'or,  etc. 

CÉ&ESTÉ,  ÉE.  participe. 

CEN 

CÉNACLE,  s.  m.  U  n'est  d'usage  qu'en  style 
de  rEcrilurc-Sainle,  pour  signifier  Une  salle  .'i 
manger.  JÉsus-Chiust  lava  les  pieùs  des  Apôtres 
dans  le  Cénacle. 

CENIJRE.  s.  f.  La  p-Tudrc  qui  reste  du  bois 
cl  des  autres  m-jlièrcs  combustibles  après 
qu  elles  ont  été  Iirùlées  et  consumées  par  le  feu. 
Cendre  chaude.  Cendre  de  hois  neuf,  de  bois 
flotté.  Cendre  de  sarment.  Feu  couvert  de  cen- 
dre. Réduire  en  cendres.  Mettre  en  cendres. 
Faire  cuire  une  galette  sous,  la  cendre.  Faire 
cuire  des  truffes, des  marrons  dans  les  cendres. 

On  dit  p.ar  hyperbole,  Réduire,  mettre  en 
cendres  une  ville,  un  p-iys,  etc.  pour  dire,  Ixs 
rav.iger ,  y  mettre  tout  il  feu  cl  à  sang.  Taincr- 
(aii  mil  i'//«'e  en  cendres.  Ce  village  fui  réduit 
en  cendres. 

Autrefois  ,   chci  qusiquas   peuples  ,   pour 


CEN 

marquer  une  grande  douleur  et  une  graudr  pé 
y  nitcuce,  on  preuoit  le  sac  et  on  se  couvroil  de 
cmclre.  De  là  sont  venues  ces  expressions  dont 
on  se  sert  encore  aujourd'Iiui  :  Faire  yénitence 
avec  le  sac  et  la  cendre,  dans  le  sac  et  datis  la 
cendre,  pour  dire,  Avoir  une  gniiule  douleur 
d'avoir  offensé  Uieu,  et  faire  une  grande  péni- 
tence pour  obtenir  de  lui  le  pardon  de  ses 
pcclios. 

Aujourd'iiui  il  y  a  des  Maisons  ridi^icuses 
où,  par  un  esprit  de  ptiniteuce,  on  crpire  sui 
la  cendre. 

En  parlant  d'Une  passion  qui  n'est  pas  bien 
ùtoiott.',  on  dit,  que  C'est  un  feu  caché  sous  la 
cendre;  et  quai|^  on  diiSiùmule  un  senlimcnt 
Je  vengeance,  en,  altendant  l'occasioa  du  se 
venger,  on  dit,  qucCVst  un  feu  qui  couve  sous 
la  cendre. 

On  appelle  Cendre  de  }domh,  Le  plus  menu 
plomb  dont  on  se  sert  pour  tirer  sur  le  petit 
tjibier. 

Cendres  ,  au  pluriel ,  se  dit  De  la  cendre  qui 
est  fuite  des  linges  qui  ont  servi  à  l'Autel,  ou 
lies  branches  de  huis  qui  ont  ëlé  bénites,  et 
dont  le  Prôlre  marrjiie  le  front  des  Fidèles  en 
forine  de  croix  lepreniier  jour  deCarême. /4//er 
yrctidre  des  cendres.  Le  Prêtre  donne  dei 
cendres.  Le  jour  des  Cendres.  Le  ^îercredi  dei 
Cendres. 

Lorsque  les  Anciens  brûloienl  les  corps 
morts,  ils  avoicnt  soin  d'eu  recueillir  les  cen- 
dres dans  des  vases.  Ht  de  là  vient  qu*on  dit 
Gi^urcment  et  poclii|uenient.  La  ccndie  des 
«lor/s,  les  cendres  des  morts. 

On  dit  figurdnient,  qu'Z/  ne  faut  point  re- 
muer les  cendres  des  morts,  pour  dire,  iju'Il  ne 
faut  point  recljcrcher  leurs  actions  pour  les 
blAiner,  oïLpour  flétrir  leur  mémoire. 

En  parlant  d'Un  bon  mari ,  d'une  bonne 
iemiue,  on  dit  proverbialement  et  familière- 
ment, qu7!  faudrait  les  brûler  pour  en  avoir 
de  la  cendre;  et  cela  pour  faiio  entendre  que 
l'un  et  l'aulre  sont  fort  rares. 

CENDKJl,  ÉE.  adj.  Qui  est  de  couleur  do 
cendre.  Gris  cendré.  Des  cheveux  d'un  beau 
hlond  cendré.  La  substance  cendrée  du  cerveau. 

CENDRÉE,  s. f.  Écume  du  plomI>.  llsïgnifid 
I*  us  ordinairement  Ladrii}^éeou  lenienuplonib 
Unt  on  se  sort  à  la  chasse  du  n:cnu  gibier.  5oii 
fusil  étoii  charqé  de  cendtée. 

CEiNUREUX,  EUSE.  adj.  Qui  est  plein  d 
cendre.  JJn  habit  tout  ccndrciur.  Lue  tahlt 
tente  cendreuse. 

CENDRIKil.  s,  m.  La  partie  du  fourneau 
qui  est  au-dessous  de  la  grillo  ou  du  foyer, 
dans  laquelle  lombcnt  les  cendres  du  bois  ou 
du  charbon  qu'on  y  *i  allumé. 

CÈNE.  6.  f.  Le  souper  que  Notre -Seigneur 
Cil  avec  SCS  Apôtres  la  veille  de  sa  Passion, 
JÉSUS- Clin isT  ft  la  Cène  avec  ses  apôtres. 
Après  la  Cciw  il  lava  les  pieds  à  ses  /îpâtras. 
Le  jour  de  la  Cène. 

Ou  dit  que  les  Souverains,  le  Pape,  les  Prc* 

lots,  etc./ô»i(  laCène  le  Jeudi  Saint,  lorsqu'ils 

i,  servent  ;\  maa^er  aux  pauvres  après  leur  avoir 

ave  lea  pieds,  en   mcmoiFC  de  la  Cène  q^is 


CEN 

Notrf-?rigricur  Gt  avec  ses  Apôtres,  après  kur 
avoir  lavé  Ses  pieds. 

Les  Calvinistes  donnent  le  nom  de  Cène  îi  la 
communion  qu'ils  font.  Faire  la  Cène. 

CENKLLE.  s.  fém.  Fruit  du  Houx,  qol  est 
petit  el  rouge. 

CI'^NOBITE.  s.  m.  Moine  qui  vit  en  comn»> 
nauté.  On  ne  le  dit  guère  qu'en  parlant  Des 
anciens  Moines  qui  vivoienl  en  comnnm,  et 
par  ane  espèce  d'opposition  à  ceux  qui  vivoient 
séparés  les  uns  des  autres,  et  qu'où  appelle 
Anachorètes.  Les  annie.ns  Cétiohites. 

CÉNOBITIQUE.  adj.  des  a  genres.  Qui  aj>- 
partient  au  Cénobite.  Il  n'est  guère  d'usage 
qu'en  parlant  Des  anciens  Cénobites;  et  par 
extension  il  se  dit  De  tous  les  Moines  qui  vivent 
en  comniunauté.  La  vie  cénobitique. 

Cr:NOJ'APHE.  s.  m.  Tombeau  vide,  di-essd 
i  la  mémoire  d'uu  mort. 

CENS.  s.  m.  Redevance  en  argent,  que  cer- 
tains biens  doivent  annuellement  au  Seigneur 
di|  Fit  f  dont  ils  relèvent.  Cens  et  rente.  Payer 
les  cens.  Une  terre  qui  doit  tant  de  cens.  Abar^ 
donner  la  (erre  pour  tecens. Cette  dernière  phrase 
je  dit  aussi  fiourémeut,  pour  dire,  qu  On  re- 
nonce à  uu  bleu,  parce  qu'il  est  plus  onéreux 
ijue  profitable. 

CENSE,  s.  f.  Métairie,  Ferme.  Ce  mot  u'eet 
rn  usage  qu'en  certaines  Provinces,  comme  la 
[Picardie,  le  Hainaut,  ia  Flandre,  la  Bourgo- 
gne ,  etc. 

CENSÉ,  ÉE.  adject.  Réputé.  Celui  (jui  est 
trouvé  avec  les  rvupahles,  est  censé  complice.  H 
tst  censé  et  réputé  tet  Une  loi  est  censée  abolit 
par  le  non-nsaqe. 

CENSEUR.  9.  m.  Celui  qui  reprend  ou  qui 
tontrûle  les  actions  d'autrui.  Saus  épithële,  il 
le  prend  d'ordinaire  en  mauvaise  part.  C'est  uu 
Censeur,  pour  dire,  C  est  un  homme  qui  trouve 
il  redire  h  tout.  Il  se  prend  eu  bouue  ou  en 
mauvaise  part,  et  c'est  1  épitliète  qui  le  délex- 
miue.  Un  Censeur  équitable.  Un  rude  Censeur, 
Un  Censeur  set-crc,  injuste,  chagrin,  poin- 
tilleux. 

Chez  les  Romains,  on  appeloil  Censeur,  Un 
Magistrat  qui  (enoit  un  rc^isb-e  du  nombre  des 
Citoyens  et  de  leurs  biens,  tt  qui  avoit  oixÀl  de 
rechercher  leurs  mcKurs  et  leur  conduite. 

CtNSEUn,  se  dit  aus.si  d'Un  Critique  qui  juge 
des  ouvrage»  d'esprit.  Consulter  un  Ceiusntr 
éclairé. 

On  appelle  Censeurs  Royiiux,  el  absolu- 
ment Censeurs,  Ceux  que  le  Chancelier  de 
France  coumut  pour  l'examen  des  Livres,  Un 
tel  a  été  nommé  Censeur  de  cet  ouxra^e.  Ce 
Censeur  a  eu  tort  d'approuver  ce  livre. 

Dans  l'Université,  on  apijcile  Censeurs, 
Certains  Oiliciers  noninus  pour  examiner  hr 
ciipacilé  des  récipiendaires.  En  Sorbonne,  les 
Censeurs  donnent  leur  suffrf.cje  par  billets. 

CENSIER.  adj.  Il  se  dit  De  celui  à  qui  I<; 
cens  est  dû,  ^eiqneur  censicr.  Il  se  dit  aust»i  Du 
livre  où  s'enregistrent  les  cens.  Mon  livra  cea- 
sicr,  ou  simplement,  nioii  censier,  pris  aubt- 
tantivcnient. 

CENSIER,  lËRE.  subsl.  Celui  im  ccllfi  qui 


CEN 

lient  une  censé  à  ferme.  Le  Censicr  ii'un  tel 
Sei(jn€ur, 

CENSITAIRK.  s.  ro.  Celui  rjui  doit  cens  et 
irîiite  h  un  Seigneur  de  Fief.  Tous  les  ccmitui- 
ii's  fVun  Fief. 

CKÎVSlVJi.  s.  f.  Redevance  en  nrgent  ou  en 
dejin*ës,  que  certains  biens  doivent  annuellc- 
jTïfiit  au  Scipneur  du  Fief  dont  ils  relèvent. 
Celle  terre  doit  tant  de  ccnsive. 

Il  se  dit  nussi  De  1  Vtemlue  des  tt^rres  lotu- 
ritreâ  qui  dépendent  d'un  Fief,  et  qui  doivcnl 
lods  et  ventes.  Il  est  dans  la  ccusive  d'un  tel. 

CENSUEL,  KLLE.  ndj.  Qui  a  rapport  au 
ren«.  Droit  censuelj  vente  ccnsuellv. 

CF.NSURABLK.  ad\.  des  2  genres.  Qui  ]U'u\ 
être  censuré,  qui  mérite  cen';ure.  Proposition 
rensuruMe.  Conduite  censnrahlc.Àcti  n  rensu- 
rahle, 

CENSURE,  s.  f.  Correction,  répréliensîon. 
Soumettre  ses  écrits  à  la  censure  de  (^uclcjuhtn. 
Subir  la  censure  de  (jne^u'iin.  SoufJ'r''  la  cen- 
'Jure.  S'exposer  à  la  censure. 

CKsstniE,  se  dît  aussi  en  matière  de  Do^me, 
d'Un  Jugement  qui  porte  condamnation.  La 
censure  (juc  la  Sovhonne  a  faite  d'un  tel  itVrc, 
d'une  telle  proposition. 

On  appelle  nussi  Censure,  et  Censures  Ec- 

t^êsiastinues j  Les  cxcommtniic.itions,  interdic- 

V  lions  et  suspensions  d'exercice  et  de  charge  Ec- 

dêsiastique.  Il  a  encouru  la  censure.  Il  a  en- 

coaru  les  censures  Ecclésiastiques. 

En  parl.'int  Des  anciens  Romains,  on  appelle 
Censure,  I,a  dignité  et  la  fonction  de  Censeur. 
Durant  la  censure  de  Caton. 

CENSURER.  V.  act  Reprendre.  Il  y  a  dci 
gens  qui  ne  se  plaisent  qu'à  censurer  les  actions 
d*aiûrui.  On  a  fart  censuré  sa  conduite. 

En  matière  de  Dogme,  Censurer  un  ïiVrc, 
(Xnsurer  une  proposition^  C'est  déclarer  qu'un 
livre,  qu'une  proposition  contient  des  erreurs. 
La  Sorhonne  a  censuré  un  tel  livre  ^  une  telh 
proposition. 

Censciié,  fz.  participe. 

CENT.  adj.  numéral  des  2  j^enres.  Nombre 
obtenant  dix  fuis  dix.  Cent  ans.  Cent  hommes. 
Cent  francs.  Cent  écus.Cent  livres  pesant  ^  cent 
lùrci  compf(in(-  Deux  cents  hommes.  Dans 
cent  un  ans.  A  cent  deux  ans  d'ici.  Cent  un, 
ccsU  deux,  cent  trois,  etc. 

Crut  est  pris  quelijuefoii  substantivement 
p«ir  Centaine.  Vn  cent ,  deux  cents ,  (roi* 
cents. 

On  se  sert  souTcnt  de  ce  nombre  certnin 
\fcmt  dési<^er  un  nombre  incertain.  Il  y  a  cent 
ehoics.  Il  y  a  cent  occasions.  Il  y  a  été  cent 
fuis.  Cent  et  cent  fois.  En  eût-il  cent  f>is 
'.utant 

Qb  dit  en  matirre  de  commerce,  d'intérêt, 
C^nq  pour  cent,  dir  pour  cent,  cent  pour  cent. 
Donner  son  arqent  à  cinq  pour  cent  d'intérêt. 
Gagner  dix  pour  cent  dans  une  affaire. 

On  dit  pfir  exa^cxaiion,  qu'il  y  a  cent  pour 
néttt  à  jagner  dans  une  affiire.qnnnà  le  profit 
^t  fort  grand. 

Cmrr,  est  aM«i  quelquefois  substnntif  mas- 
culin, in  cent  r/VdJs,  de  /"J^'s  de  foin,  dt 


CEN 

prunes^  d'épinqles.  Trois  cents  de  paille.  Un 
cent  pesant.  C'est  cent  livres.  Corjiï;ji;n  vaut  Uk 
cent  ? 

Ou  dit  aussi  indéfiniment,  //  y  en  a  plus  de 
cent  à  qui  cela  est  arrivé  avant  vous. 

Jouer  un  cent  de  piquet,  C'est  jouer  une 
partie  de  cent  poïnls  au  piquet. 

CENTAINE,  s.  fém.  Nomlire  collcclif ,  qui 
renferme  cent  unités.  Une  centaine  d'années, 
une  centaine  d'écus,  de  pistoles.  Il  y  avoit  une 
centaine  d'écoliers. 

On  dit  adverbialeinr-nt,  A ccnlaincs^par  cen- 
taines .^  pour  dire.  En  gronde  quartiie. 

CENTAI^'M.  s.  f.  Le  brin  de  fil  0.1  de  soifl 
par  lequei  tous  les  fils  d'un  échcvccu  sont  lit? 
ensendile.  On  corpe  la  centaine  pour  devid'^t 
l'éclicvcau. 

CENTAURE,  s.  m.  Animal  fabuleux,  moitié- 
bomme  et  moitié  clicvaL  Le  Centaure  Chiron 
eut  soin  de  l'éducation  d'Achille.  Le  combat 
des  Centaures  contre  les  Lapithes. 

On  appelle  aussi  Centaure,  Une  des  Cons- 
tellations Australes. 

CENTAUREE,  s.  f.  Plante. On  en  dîstinç^ie 
communément  de  deux  sortes,  la  petite  et  la 
[grande,  ba  prcniiéie  est  d'un  lrès-{^rand  usage 
en  Médecine.  .\  l'égard  de  la  seconde,  elle  est 
d'un  genre  et  d'un  caractère  totalement  diOi- 
rens.  On  l'emploie  dans  quelques  maladies. 

CENTENAIRE,  adjcct.  des  2  genres.  Qui  a 
cent  ans,  qui  contient  cent  ans.  Il  n'<st  gu-TC 
en  usage  qu'en  ers  phrases  :  Nombre  centenaire. 
Prescription  centenaire.  Possession  centenaire 

On  appelle sul'st.'inlivement  Centenaire.  Une 
pcrsoune  qui  a  cent  ans.  ^ 

CENTEMKR.  s.  m.  On  donnoit  auU'efois  ce 
nom  h  celui  qui  commandoit  une  troupe  de 
cent  hommes.  On  les  nomme  à  Rome  Centu- 
rions. Le  Centcrnier  de  Vl\vanqile. 

En  parlant  De  la  Milice  et  de  la  Pobce  de's 
Villes,  on  appelle  Centeriier,  Un  Officier  qui 
commande  cent  hommes. 

CENTIÈJIE.  adj.  des  2  gettres.  Nombre  or- 
dinal de  cent.  Le  centième  denier.  La  centième 
iinuée. 

Il  s'emploie  aussi  substantivem.  Vous7iV(cs 
pas  le  reutième  à  qui  cela  soit  arrivé. 

CENTON.  s.  m.  Espèce  de  Poésie,  compo- 
sée de  vers  ou  fragmens  de  vers  pris  de  quel- 
que Auteur  célèbre.  Ainsi  on  dit,  Vn  centon 
d'Homère,  un  cenlon  de  Virqile,  pour  dire. 
Un  ouvrage  tout  compose  de  vers  tires  d'Ho- 
mère, *dc  Virgile.  Il  se  dit  aussi  en  parlant  De 
l'Ajteur  du  centon.  L*  Centon  d'Ausone. 

'Jn  appelle  aussi  par  extension  .  Centon ,  Un 
ouvrag.'  rempH  de  morceaux  dérobes.  Ce  nest 
qu'itn  centoii. 

CENTRAL.  ALE.  adj.  Il  n'est  d'usage  que 
dans  le  style  didactique  ,  et  dans  les  phras'S 
suivantes  :  Point  centra/,  pour  dire,  Lî  point 
du  centre;  Feu  centnrl,  qui  se  dit  Du  feu  que 
quelques  Philosophes  cm  cm  être  au  cmtre  de 
la  terre.  Et  en  Physique.  Force  centrale,  s'*  dit 
De  h  force  par  laquelle  un  corps  qui  se  meut. 
tend  là  s'éloigner  ou  h  s'approcher  d'un  ccnlrc. 

CF.NTRK.  s.  masc.  I^  niilicu.  le  point  di* 


CEN  2.1 

milieu  d'un  cercle  ou  d'une  sphère.  Le  centre 
d'un  cercle.  Tirer  une  liane  du  centre  à  la  cir- 
conférence, desUfjnes  qui  passent  par  le  centre-, 
qui  aboutissent  au  centre.  Le  centre  de  la  terre. 
Le  centre  d'une  planeie. 

Centre, se  dit  aussi  en  parlant  d'Une  figure 
ovale,  carrée,  etc.  Le  centre  d'une  ellipse,  le 
centre  d'un  carré 

On  appelle  dans  un  corps,  Centre  de  giu- 
vilé,  Ij:  point  par  l.-quel  un  corjis  ét'int  sus- 
pendu, ses  parties  demeurent  en  éjuilihre. 

Centre,  se  prend  aussi  pour  Le  lieu  où  bs 
choses  tendent  naturellement  comme  au  lieu  de 
leur  repos.  Chaque  chose  tend  à  son  centre. 

On  dit  figurément,  Être  dans  son  centre, 
pour  dire.  Etre  où  l'on  se  plait,  où  l'on  aime 
û  être;  et  ou  dit  daas  le  sens  contraire,  N'être 
pac  dans  son  centre. 

Centhe,  se  dit  encore  pour  IjC  milieu,  dans 
plusieurs  phrases.  Le  centre  du  Poyaumc.  Le 
centre  d'une  Province.  Le  centre  d'une  armée. 

On  dit  en  style  de  Théologie,  que  Le  Siège 
(■e  Rome  est  le  centre  de  l'unité  de  VËglise. 

On  dit  aussi  figiirénient,  Le  centre  des  af- 
faires, pour  dire,  ïjC  lieu  on  se  traitent  la  plu- 
p'irt  des  aflàires.  Paris  est  le  centre  des  affaires 
du  Royaume.  La  Cour  est  le  centre  de  lu  poli- 
tesse. 

CENTRIFUGE,  adj. des  2  genres. Terme  de 
Physique.  Qui  tend  h  éloigner  d'un  centre.  Un 
corps  qui  se  meut  en  rond,  a  ttnc  fcrce  centri- 

H'- 

t.KyTlWPi'Vrr..  adj.  Hrs  2  r^fniTs.  Terme  (îe 
Pliysioue.  Qui  tend  a  approclier  d'un  centre. 
Les  Planètes  ont  une  force  centripète  vers  le 
Soleil. 

CENT-SUISSE.  6.  m.  Un  des  Cent -Suisses 
(le  la  garde  du  Roi. 

CEKTUMVIR.  s.  m.  Officier  de  I  ancienne 
Rome,  établi  pour  juger  de  ccrUiines  afluires 
rivilcs. 

CENTUm'IRAL,  ALE.  adj.  Qui  appar- 
licnt  aux  Cenlumvirs,  qui  est  de  leur  ressort. 

CENTUMVIRAT.  s.  masc.  Dignité  de  Ccn- 
lumvlr. 

CENTUPLE,  s.  m.  Cent  fois  autant.  On  lui  a 
âonnc  le  centuple.  Vn  fonds  t^ui  rapporte^  qui 
rend  au  centuple.  Cette  terre  rend  au  centuple. 

n  est  aussi  adjectif.  L'n  nombre  centuple 
d^un  atitre. 

On  dit  en  termes  de  l'Écriture-Saintc,  tjue 
Dieu  rendra  au  centuple  tout  ce  qu'on  frru 
pour  lui. 

CENTUPLER,  v.  a.  Ri^pélcr  cent  fois. 

Cfntcplé,  tr..  participe. 

CENTCRLVTEUR.  s.  m.  Ce  mot  n'est  en 
usage  qu'en  p.irl.int  Pc  certains  .A meurs  Alle- 
mands Luthériens,  qui  ont  composi  une  His- 
toire Ecclésiastique,  et  l'ont  rédigée  par  cen- 
taines d'années,  et  qu'on  appelle f.MCcnl«ri«- 
teurs  de  Maqdebourq. 

CENTURIE,  s.  r.  Centaine.  Le  peuple  Ro- 
main fut  distribué  par  centuries. 

On  appelle  Les  centuries  de  Xostradamus. 
I.es  prédictions  de  cet  Auteur  rangées  par  ren- 
tnincs  de  quatrains  ou  de  sixains.  (.In  apj)cQ« 
37. 


212  C  ER 

aussi  chacun  de  ces  quatraius  ou  sixains,  Cen- 
turie. En  ce   sens,  Faire  une  ce/ilurie,  C  est  *i 
faire  un  quatrain  à  l'imilalion  de  Noslradamus. 
Il  n'est  guère  d'usage  que  dons  ces  phrases. 

CENTURION,  s.  m.  Cenlenier  qui  comnian- 
doit  une  compagnie  de  cent  Iiojiin)es.  Il  n  cs( 
d'usage  qu'en  parlant  De  l'ancienne  Milice  Ko- 
niaine.  Les  solduts  se  jihiiyiwient  du  mauvais 
(juilerninl  qu'ils  éprouvoieat  des  Centurions. 

C  E  P 

CEP.  s.  masc.  Pied  de  vigne.  Cep  de  vicjne. 
Cep  de  treille.  Arraclier  le  cap.  Cey  tortu. 

Cep,  signifie  aussi  Cu  lien,  ou  une  espèce 
de  chaîne  ;  et  en  ce  sens  il  ne  se  dit  qu'au  plu- 
riel. Avoir  les  ceps  aux  pieds  et  aux  nmt'ns. 
Rompre  les  ceps.  Ce  mot  est  vieux. 

CÉPÈE.  s.  fem.  Touffe  de  plusieurs  tiges  de 
Irais  qui  sortent  d'une  même  souche. 

CEPENDANT,  odv.  Pendant  cela ,  pendant 

ce  lenips-lh.  Xous  nous  amusons ,  cl  cependani 

la  nuit  vient.  L'affiiire  presse  ,  et  cependant 

vous  perdez  une  bonne  occasion. 

11  siiîuifie  aussi  Néanmoins,  touti'fois,  no- 
^        *  .... 

nobstnnt  cela;  et  en  ce  sens  il  est  cori|i)nctioii 

adversalive.  Vou.s  m'avez  promis  telle  cl  telU 
chose,  et  cependant  vous  faites  tout  h  con- 
traire. 

CliPIIAL.'M.pGlE.  s.  f.  La  partie  de  l'Ana- 
tomie  qui  traite  du  cerveau. 

CÉPHALIQUE.  adj.  des  a  genres.  Terme 
didactique.  Qui  appartient  à  la  tête.  I!  n'est 
guère  d'usage  que  dans  les  phrases  suivantes  : 
Veine  cépftriliijue,  qui  se  dit  d'Une  des  veines 
du  bras  qu'on  croyoit  autrefois  venir  de  la  tête, 
cl  qu'on  ouvroit  par  cette  raison ,  pour  le  sou- 
lagement des  maux  de  tète;  Remède  céphali- 
que,  plante  cèphalique.  et  poudre  céphalique, 
qui  se  disent  Hes  remèdes,  des  plantes  et  des 
poudres  qui  sont  propres  à  soulager  les  maux 
de  tcte. 

CÉPHÉE.  s.  masc.  Constellation  de  l'hcmi- 
sphire  septentrional. 

C  E  K 

CÉR.4T.  subst.  m.  Espèce  de  pommade  ou 
d'onguent  oii  il  entre  de  la  cire.  Il  y  a  du  ccral 
où  il  n'entre  point  de  cire,  tel  est  le  fc'iul  de 
diapalme. 

CKRBÈRE.  snbst.  m.  Nom  'Ju  Chien  à  trois 
tètes  qui,  selon  la  Fable,  girdoit  la  porte  des 
ICufers.  Au  fip^re,  on  appelh  Ce-bère,  vieux 
Cerbère,  Un  pjriicr  b'.utal ,  ero'sicr,  intrai- 
table. 

CKRCEAU.  s.  m.  Cercle  de  bois  ou  de  fet 
qui  sert  h  reliT  les  tonneaux.  Faire  des  cer- 
ceaux. Cerceau  de  fer. 

CEncEAU,  se  dit  aussi  dTJnc  sorte  de  filel 
dont  oii  se  sert  pour  prendre  des  oiseaux. 
l' rendre  rie»  oiseimx  au  cerceau. 

CeiicivAux,  au  pluriel ,  se  dit  Des  plmncs  du 
liout  de  l'aile  des  oiseaux  de  proie.  I.ci  autours 
et  les  éj:crvicr3  ont  trois  ccrccaur. 

(;i'',RCELLE.  s.  f.  Voy.  .Saucelle. 

CliHCI.E.  s.  m.  Figure  plane,  qui  est  dans 
une  seule  ligne  courJje,  et  dont  toutes  les  par.- 


CER 

ties  sont  cga-leroent  distantes  du  point  du  mi- 
lieu qu'on  appelle  Centre.  Le  cercle  se  divisi 
;n  trois  cent  soiranle  degrés.  Chercher  la  qua- 
drature du  cercle.  Un  demi -cercle.  Un  quart 
de  cercle.  Une  portion  de  cercle. 

CI.KCI.E,  se  prend  aussi  pourl.a  ligne  circu- 
laire qu'on  appelle  circonférence,  fuire  tics  cei^ 
des.  Tracer  un  cercle.  Décrire  un  cercle. 

Ceucle ,  signifie  aussi  Un  ceiceau.  Cercle  à 
tonneau.  Faire  des  cercles.  Vendre  des  cercles. 
Vn  (onnt'rtu  qui  a  rompu  ses  cercles.  Un  cercU 
de  fer. 

Cn  appelle  aussi  Cercles,  en  t.-rmcs  d'As- 
tronomie, Les  cerceaux  qui  entrent  dans  la 
composition  de  la  sphère.  Les  ora^ifls,  les  pe- 
tits cercles  de  la  sphén. 

Cercle,  en  y  ajoutant  l'adjectif  Vicieux,  se 
tlit  tlguréinent  d'Une  manière  défectueuse  d« 
taisonneri  qui  consiste  à  donner  pour  preuve 
la  proposition  (lu'on  a  avancée,  et  qu'il  s'agit 
de  pr-ouver.  Raisonner  ainsi ,  c'est  fUre  un 
rerclc  vicieux. 

On  dit  aus.«i  figuriment.  Chercher  la  qua- 
drature du  cercle  f  pour  dii'e,  Cîiercher  une 
i-liose  qu'on  n'a  jamais  pu  trouver. 

Cercle,  se  dit  Ggiirément  et  par  extension, 
De  la  ssance  des  Princesses  et  des  Duchesses 
nssiscs  circulairement  en  présence  de  la  Reine. 
La  Reine  tient  le  cercle  aujourd'hui.  Aller  au 
cercle.  Cette  Duchesse  étoit  au  cercle. 

Il  se  dit  aussi  par  extension,  Des  assemblées 
d'hommes  et  de  fonunes  qui  se  tiennent  dan) 
ies  maisons  des  particuliers  pour  la  conversa- 
tion. Cet  lionime  brille  dims  les  cercles.  Romprt 
le  cercle  par  une  partie  de  ]eu. 

Ceucle,  se  dit  aussi  De  plusieurs  Principau- 
tés, Villes  et  Étals,  qui  foht  ensemble  le  eorpj 
politique  d'Allemagne.  Le<  d\x  Cercles  de 
VEmpire.  Les  troupes  des  Cercles.  Les  Cerclei 
du  Rhin.  Pinrcmherq  est  dtin.v"  le  Cercle  di 
Franeonie. 

(;ERC:LER.  v.  a.  Autrefois  Entourer,  envi, 
ronner.  Cercler  une  cuve ,  un  tonneau,  Y  niettri 
lies  cercles.  ' 

Cercli;,  ée.  participe. 

CERCUEIL,  s.  m.  (  Pron.  Cerheuil.)  Bière, 
Esjièce  de  caisse  de  bois  ou  de  plomb,  oii  l'on 
met  un  corps  mort.  Cercueil  de  lois.  Cercueil 
de  plumh.  Cercueil  de  marhe.  Vcltre  un  mort 
dans  son  cercueil. 

On  dit  figuréni.  d'Un  homme  dont  quelqu» 
accident  a  causé  la  mort ,  que  C'est  ce  qui  l'a 
nùs  au  cercueil. 

CEUDEAU.  s.  m.  Voyez  Serdeau. 

CftRËERAL,  AI.E.  adj.  Tenue  d'Anatomic, 
Qui  appartient  au  cerveau.  I-es  ûrtèrca  eere- 
hrales. 

CÉRÉ1\10NL\L.  s.  masc.  L'usage  réglé  cn 
chaque  Cour,  cu  cli.aque  Pavs,  toucliant  Us 
cércmonicrs  religieuses  ou  polititpies.  Le  céré- 
monial est  dijjcrent  selon  les  Pays.  Le  cérémo- 
nial de  Rome  est  fort  riijoureux,  et  réguliàe- 
ment  observé. 

CtnÉMOMA!. ,  se  dit  De  l'usage  des  cén!nio 

I  nies  qui  se  pratiquent  entre  les  particuliers.  El 

danses  sens.  Un  honune  qui  n'aime  [wiiil  oes 


CER 

iortcs  de  ccrêmonies,  dil  qti*/!  n'aime  jxiint  U 
cérémonial. 

On  dit  encore,  quTn  homme  est  fort  sur  ïc 
cérémonial^  pour  dire,  ou  qu'il  est  insiruit  dn 
cêréinonia',  ou  qu'il  est  allacliti  au  céicmoniaL 

On  dil  aussi,  <ju" t/n  homme  est  fort  sur  U 
ceremoniuly  pour  dire,  qu'il  est  iiointilTeux  el 
difficile  sur  les  cérémonies.  On  le  dit  aussi  (ign- 
réinent  d  Un  liomme  dilïieile  sur  les  égards  qui) 
croit  lui  être  dus. 

On  appelle  aussi  Cérémonial,  Le  Livre  oèi 
BOQt  ronleiius  l'ordre  cl  les  règles  des  cérémo- 
nies, tant  ec<:lûsiasuqucs  que  politiques  et  ci- 
viles. Le  cérémonial  tle  l'Eglise  de  Paris.  Le 
cérémonial  François.  Le  cérémonial  Romain. 

CÉRK^ÏOXIE.  s.  f.  Tormcs  extérieures  et 
tcgulièrcs  du  cuïle  religieux.  Les  cérémonies  au 
Jîaptémc.  Les  cérémonies  de  VÊijlise.  Le  sacre 
lîes  Evê(fues  se  fait  aifcc  de  grandes  céremoHiCi. 
Tes  cérémonies  de  l'ancienne  Loi. 

On  dît,  Suppléer  les  cérémonies  du  Bap- 
lanc,  ce  qui  veut  dire,  Présenter  à  l'Éî^lise  un 
infant  qui  n'a  été  qu'ondoyé,  pour  que  sou 
iJaptèuie  reçoive  Ir»  formes  omises  dans  l'iidnii- 
liisirntion  du  Sacreutent. 

Il  s'appli:|uc  aussi^ux  choses  Immaines,  cD 
le  dit  De  certaines  formalités  qu'on  o!)ser\'e 
ilans  les  actions  solennelles  pour  les  rendre  plus 
tclatante^.  L'entrée  du  lloi  se  fît  avec  de 
qrandt's  cérémonies.  On  a  donné  audience  à 
cet  Ambassadeur  avec  beaucoup  de  cérémonie. 
Habit  de  cérémonie.  Grande  cérémonie,  La 
cérémonies  de  l'Ordic  de  Saint-Michel^  dt 
VOrdre  du  Saint-Esprit,  de  VOrdre  de  Sainh- 
Louis,  de  VOrdre  de  Suint-Lazare. 

Ou  app'-'lle  Grand  Maître  des  cérémonies^ 
Maître  des  cérémonies.  Aide  des  cérémonies^ 
Les  Officiera  qui  président  aux  cérénionic6t  el 
qui  les  dirigent. 

On  dil.  En  cérémonie,  pour  vîîre,  Avec 
pompe  et  grand  appareil,  ii/ener  (^ud(fu  un  en 
cérémonie  •  le  reconduire  en  cérémonie. 

CÉnÉMONiEj  se  jneud  aussi  pour  CivilÎK*, 
pour  les  ténioigna£;es  convenus  de  déférence 
([ue  les  particuliers  se  donnent  les  uns  aux  antres^. 
Faire  des  visites  de  cérémonie,  'Faire  des  cv- 
rémotiies. 

CKiirâtoNiE,  signilie  aussi,  Une  civilité  iiu- 
[Mirluiie.  Ces?  un  cn-and  faiseur  de  cérémonies. 
.\e  fhisons  point  de  cérémonies.  Bannir  la  cé- 
rémonie. Il  est  ennemi  des  cérémonies. 

On  dit  aussi.  Faire  des  cérémonici.  i>oiii 
dire,  Faire  des  façons,  des  difficultés  avant  de 
consentir  à  quelque  chose.  Il  a  fait  bien  d« 
cérémonies  pour  se  battre,  pour  pirndre  mé- 
decine. 

On  dit  ortlinairctnetil,5jins  réréinonie,poinl 
de  cérémonie,  pour  dijc,  Librement,  Minscon- 
irainlc,  sans  façon. 

CÉRÉMONIEUX,  EUSE.  ad).  Qui  fait 
trop  de  c<irémonies.  C'est  un  homme  néi-éiîio- 
riieiu:,  fort  cérémonieux. 

GERES.  Divinité  du  Pai;anisjne.  En  poésie 
on  dit,  Ceréf  et  Bacrhu^ ,  i»^>ur  dire.  Le  hïé 
cl  le  v'm. 

CERF.s.uk  Kspèoc  de  béte  fauve  Vn  jeuur 


CER 

ctrf.  Un  vieux  cerf.  Un  cerf  iJir  cois.  £e 
bois  d'un  ca-f.  Vn  cerf  en  rut.  Un  cerf  uu 
rut.  Un  cerf  qui  hrame.  Vite  comme  un  cerf 
La  ttte  d'un  cerf.  Un  cerf  qui  a  mis  sa  lèlc 
bas.  Les  andouilîers  Je  lu  tCte  d'un  cerf.  l..u 
chasse  du  cerf.  Lancer  le  cerf.  Uétourncr  , 
courre  le  cerf.  Un  ccî-f  malmené ,  fatinuê. 
Prendre  le  cerf.  Être  à  la  mort  du  cerf.  Vn 
caf  qui  tient  les  abois.  Un  pâté  de  cerf.  L'es 
flets  de  cerf 

CERF-VOLA.NT.  s.  m.  (  Pronoucez  Cer- 
i>olanL  )  Insecte  volant,  qu'on  appelle  propre- 
ment Escarhot. 

On  appelle  aussi  Cer^- volant,  Cnc  espi-ce 
lie  uiacliiue  tn  fonne  de  ra(juelle,  faite  avec 
du  papier  dtondu  et  collé  sur  des  baguettes,  ci 
tpie  k's  enfans  font  aller  en  l'air  à  l'aide  du 
vent,  par  le  moyen  d'une  ficelle  i  laquelle 
elle  lient. 

CERFEUIL,  s.  m.  Herbe  potàgète,  dont 
les  feuilles  sont  assez  profondcm^  it  découpées. 
CucJI  r  du  cerfeuil.  Semer  du  cerfeuil.  De  lu 
yaine  de  cerfeuil. 

CEntECii.  JUSQUE.  Voyes  Myruhis. 

CEUINTHÈE.  s.  f.  ou  :\ir-:LINET.  s.  ut 
Hante  vulnéraire. 

CERIS.ilE.  s.  f.  Lieu  pUuli':  de  cerisiers. 
G/ic  belle  cerisaie, 

CERISE,  s.  f .  Espèce  d'  [letil  fruit  i  uo\ an , 
dont  la  chair  est  fort  aqueuse,  et  la  peau  foil 
r<T<igc  et  fort  mince.  Cerise  à  courte  queue. 
Cerises  précoces.  Cerises  tardives.  Cerises  d 
ron/îr.*.  Cerises  confites. 

CERISIER,  su.ist.  maso.  Arbre  qui  jwrlc 
des  cerises.  Les  cerÎMers  jettent  beaucoup  dt 
qomnic. 

CERKE.  s.  m.  Rond  Uacé  sur  la  terre,  sot 
le  sable,  etc.  Un  (jrand  cernç.  Faire  un  cerne. 
Il  est  vieux. 

Il  se  dit  aussi  Du  rond  livide  qui  se  fait 
quelquefois  autour  d'une  plaie  qui  n'est  j>ai 
en  lion  étal,  ou  autour  des  yct;x  quand  ili 
feoiit  battus. 

CERNK.\U.  9.  m.  La  moitié'  du  dedans 
d*unc  noix  avant  sa  maturité ,  tiré'*  de  la  roque. 
Faire  des  ccrneaitr.  3lonqer  des  ccrHcuiix. 
I^lucier  des  ccniCBH.r.  Un  cent  de  cerneaur. 

tjn  api^llc  Vin  de  csrniau.r ,  Certain  vin 
ruée,  qui  cet  Iton  b  Imin*  dans  la  saison  des 
cerneaux. 

f^ERNER.  V.  0.  F-TÎre  un  cerne  sulmir  de 
quelque  chose.  Cerner  Vvcorce  d'un  arbre. 

•  ïodit,  Cerner  une  jilace,  cerner  un  ccrjii 
de  troupes^  potir  dire,  Leur  nier  tonte  conir.;u- 
liicAtiQn ,  tout  ninyen  d?  secours  extérieur. 

On  dît  par  extension  cl  fi|;uréii)cnt ,  Cerne: 
urt  /(ftmme,  pmir  dire,  L'entourer  de  certains 
connais,  de  certains  témoins,  pour  s'assurer  di' 
lui.  On  Va  cerne  de  mamère  à  ce  qu'il  tic  puist. 
échapper. 

Cebnkii,  s'emploie  aussi  |K>ur,  Détacher. 
M^Mrer  une  choac  de  tout  oe  qui  l'environne. 
C'nM  dans  ce  sens  qu'on  dit ,  Cerner  dei  riotr . 
pour  dire.  Faite  di'seernMiu,  et  tirer  le  cer- 
neau hors  de  la  co  |ue 

Cbuse  ,  rx.  (utrtici|>e. 


CER 

On  31t ,  tju'f/iic  personne  a  les  ycttx  cernés, 
t  Quand  elle  les  a  battivi. 

Cr::RTAIN,  AïNE.  a.lj.  IndubiuiLle,  vrai. 
En  ce  sens  il  ne  se  dit  que  Des  cIjoscs.  Cela  est 
certain.  La  nouvelle  est  certaine.  Jl  est  certain. 
On  tient  pour  certain.  Faire  un  rapport  certain. 
J'ai  eu  un  asfis  certain  (jue.... 

En  parlant  Des  personnes,  Certain  signifie 
Assuré.  Ainsi  on  dit,  Etre  certain  de  tjucijuc 
chose,  pour  dire.  Eu  élre  l)ien  assuré.  Êtes- 
:  oua  bien  certain  de  cela?  J'en  suis  très-cer- 
tain. 

Ceutain,  signifie  aussi  PreHx  ei  dctenninoi 
et  t-L  ce  sens  il  ne  se  dit  que  Des  cboscs.  L'as- 
$emh'.ile  *e  doit  tenir  à  jour  certain.  On  se  sert 
souvent  d'un  njtnbre  certain  à  la  place  d'un 
nor.d*re  incertain.' 

Ouditd  Cuâui:irch::ndi5edoul,le  prix  vaiie, 
'^uiLllcn'apasd   prix  certain,  de  taux  certain. 

Cehtain,  s'emploie  aussi  à  la  pbce  du  pro- 
nom Quchjue  •  el  d;Hïs  cette  acception,  il  se  d\\ 
Lgateni?nt  Des  personnes  et  des  ctioscs;  niai^ 
on  ne  s'en  sert  jamais  que  devant  le  substantif. 
Ainsi  on  dit ,  Ccrfuirkîs  personnes  ,  certaines 
(jenSj  certaines  choses.  J'ai  ouï  dire  à  certain 
homme,  à  un  cci-tain  /lornme,  durant  un  cer- 
tain temps.  .  , 

Dans  les  Mouitoircs,  Procès  verbaux,  Infor 
mations,  etc.  on  dit,  Un  certain  ^i/iJam,  cer- 
tains (juidauts ,  pour  dcsii;ner  Les  |)ersouDe$ 
dont  on  ignore  ou  dont  un  ne  veut  pas  dire  K; 
nom.  Vn  certain  quidam  est  entré  tlansceltt 
maison.,  et  a  fait  le  vol. 

Ceutaim  est  quelquefois  substantif,  et  si^ui- 
Ee  Cljosc  ceitainc.  Il  ne  faut  pas  quitter  le  cej- 
Viin  pour  l'incertain. 

CERTAINEMENT,  adv.  d'affirmation.  Eu 
vérité.  Certainement  les  hommes  sont  hien 
iveuqles. 

Il  signifî?  aussi,  IndubilaLlenicnt  Le  saveir 
vous  certainement  ? 

CER'l'ES.  adv.  Certainement,  sans  mentir, 
rn  vérité.  Et  certes  y  ce  fut  avec  beaucoup  dt 
raison.  Certes,  ou  je  me  trompe,  etc. 

CERTIFICAT,  sultet.  m.  Écrit  faisant  foi  de 
fjut^lijuc  chose.  Donner  un  certificat,  Prerdtt 
un  certificat.  Avoir  un  c€:tificat.  Ccrtif.cat  da 
service.  Certificat  de  mariaqe 

CEUTinCATEUR.  suJwt.  m.  En  termes  de 
prali'juc  ou  d'aflairc,  c'csl  celui  qui  certifie  une 
caulinii,  une  promesse,  un  billet,  nonner  «n 
ccrttficateur.  Ueccvoir  un  ccrtijïcatcur. 

On  appelle  Certîficateur  de  criées^  Celui  qui 
atteste  en  Justice  qu<-  les  crit^  ont,  été  failc:- 
dan*  U's  formes  judiciaires. 

CEmiFICATlON.  s.  f.  Terme  de  Palais. 
Assurance  pir  écrit,  que  l'on  donne  ou  que 
l'on  reçoit  eu  m.'ilièrcd'iifiàirr5..Çii  cerdVîculion 
est  an  hasdc  la  promesse  d'un  tel.  Ceriipcalion 
de  caution.  Ccrtiticulion  de  cricet. 

CERTIKIER  V.  0.  Ténioî;;ncr  qu'une  ciio^e 
c%t  \Taie,  rassurer.  Certifier  qnelqtîc  chose.  Ji 
vous  certifie  que  cela  est. 

On  dit  en  tenues  d  ■  Pratî^jue  ,  Certifier  une 

CiiMd'on,  pfiur  dire ,  Se  rendre  en  qucliue  ma- 

'  '  nière  caution  de  la  caution,  rt^poudre  qu'elle 


CI;.  Il  2.3 

4  est  solvablc;  et,  Certip^V  des  mées,  pour  At- 
tester que  les  criées  ont  élé  faiicd  dans  les 
formes. 

Ceotifiié,  te.  participe, 

CERTITUDE,  stibst.  f.  Assurance  pleine  ci 
cnlitic.  Quelle  certitude  en  avey-vous?  Lacer- 
litudc  rjue  j'en  ai.  est  que.... Cela  est  certain, 
de  toute  certitude.  Je  sais  cela  avec  certitude. 
Certitude  morale,  certitude  physique,  certitude 
métaphysique. 

Il  signifie  aussi  Stabilité.  //  n'y  a  nulle  (vr- 
titude  dans  les  choses  du  monde. 

Cr:KUME?i.  s.  m.  Terme  de  Cbimrgie  em- 
prunté du  Latin.  Matière  jauD^tre  et  épaisse 
qui  se  trouve  dans  l'oreille. 

CÉRUMINEUX,  EUSE.  adj.  Terme  didac- 
tique. Qui  tient  de  la  cire.  Les  glandes  céru- 
r.ùneuses.  L'humeur  cérumineuse  des  oreii^. 

CERUSE.  s.  fém.  Cbau.Y  de  plomb  -i,;.'  h 
EOuleur  est  blanche.  Blanc  Je  céruse. 

CÈRVAlSOJi.  s.  f.  Le  temps  où  l«      . 
gras  et  bon  \  chasser. 

CERVEAU,  s.  m.  CERVELLE,  s.  i.  .'?ut.^- 
tance  molle  cnfeniice  dans  la  capacité  0!>5euse 
[le  la  t£te,  et  qui  est  un  des  ^principaux  organes 
tle  la  vie.  Cerveau  froid^  humide,  sec.  Avoir  le  J 
ccivcau  débile^  déhililéy  desséché.  L'humidité j 
\a  sécheresse  du  cerveau.  La  substance  du  cer- 
veau. Les  ventricules  du  cerveau.  Les  mcm- 
t'Hjne^  du  cerveau.  Des  droques  qui  attaquent 
le  cerveau.  Des  fumées  qui  montent  au  cerve4iu. 
Purqer  le  cerveau.  î!inwuvoir  le  ccrectiii.  Atii-, 
ter  du  cerveau.  C'atnd'ti  un  tratispurt  au  ar- 
ceau. Conforter,  fortifier^  rfijouir  le  rerveuu. 
tivoir  le  ccfvcdU  utfuoue.^trc  cnrhuinc  du  cer- 
tsau.  Être  pris  du  cerveau.  .îvoir  U  cerveau 
pris.  Avoir  le  cerveau  'i-'idc. 

On  dit  :  Cette  blessure  lai  a  déortiivrt  le 
rcrvi-rtM.  On  lui  voyait  la  ccrecnc.  11  lui  a  fiit 
tauter  la  cervAle  d'un  coup  de  pistolet.  Partie 
|os(crieurc  du  cerveau.  Daus  les  auituaav  mort:» 
destinés  à  être  manges,  ou  dît  loujom'b  La  cer- 
icllc.^lanqer  de  la  cervelle  d  aqnejUj  de  la  cer- 
ielle  de  veau. 

On  dit  d'Un  homme  qui  a  ét«  loug-tcmps 
Ixposé  à  l'jirdf  ur  du  soleil ,  et  qui  s'en  li-ouvc 
iuconmioJéj  qr(  Lt  soleil  lui  a  fait  bouillir  la 
zervellc  lui  a  l'.^Uché  la  ccreclie. 

CmiVE.Vu,  CrnviLLE.  se  dit  aussi  figurdmcnt 
pour  signifier,  Esprit,  cutendcmeni,  jugement. 
Pcreertii  de?ii7e.  Ceriru»  tlcfiionte.  Cerveau  mal 
ûmbré.  Cerveau  timbré,  fèl£  ,  brûlé,  malade. 
fcrvcan  étroit.  Petit  cerveau.  Il  a  le  cerveau 
rrcujr.  pour  dire.  Il  est  visionnaire.  Être  fou 
(?ii  cerveau.  On  dil  d'Un  Lomme  que  C'est  une 
lionne  ccrveKc,  pour  dire,  que  C'csl  nu  Ihuiuiic 
lie  bon  sens  ,  de  l»on  jugt^ment  ;  cl  au  con- 
traire, que  C^cst  une  petite  cervelle,  ufie  cer- 
velle tcqcre,  une  cervelle  évaporée ,  une  ctr» 
velle  cvcMlc'c,  cl  simplement.  L'ne  cervdlt. 

On  dit  encore  figurcrouit  et  provcibtalcoi. , 
"Slettre  queXquun  en  cewfWe,  le  Icjiir  cit  cer- 
velle, pour  dire,  I^^  mclln'  eji  inquiétude,  lui 
1  tenir  l'esprit  en  su!»{>efu. 

On  apiicllf  Cerve//e  de  pa/mter,  Une  moelle 
douce  qui  se  tro«ivc  au  haut  du  ttonc  du  pdl- 


2i4  CES 

mier.  Il  y  a  des  peuples  qui  vivent  âe  la  ^- 
velle  du  palmier. 

f:i:RVELA.S.  s.  ni.  Espèce  de  grosse  et  courte 
Mincisse  remplie  do  chnir  salée  et  e'picée.  Un 
hon  cavchis.  Une  tranche  de  cervelas. 

CER\'EL1ÎT.  s.  m.  La  partie  poslericmc  ilu 
cerveau.  La  moindre  hlei^sure  nu  cervelet  est 
mortelle. 

CERVELLE.  Voyez  CEnvEAU. 

CERVICAL,  ALK.  nHj.  Terme  d'Anatomic. 
(.lui  appartient  au  cmt.  Muscle  cervical.  Glandes 
cervicales.  Ncrji  cervicau-c. 

CERVOLSE.s.f.  lîoisson  faite  avec  du  grain 
ot  des  herbes.  La  bière  est  une  espèce  de  ccr- 
voise.  Il  n'est  gm'ir  en  usage  qu'en  parlant  De 
quelques  breuvages  des  Anciens. 

CES 

CÉSARIENNE,  f  OPÉRATION)  adj.  Km. 
Terme  de  Chirur;^ic.  C'est  une  opération  par  le 
moyen  de  lacjnellc  on  tire  l'enfant  du  corps  de 
la  mère,  en  faisant  une,  incision  au-dessous  du 
nombril,  à  côté  de  la  H;;ne  blanche,  ou  du 
muscle  droit,  ouvrant  le  péritoine,  et  ensuite  la 
matrice. 

Ceux  qui  sont  nés  de  la  sorte  ,  s'appellent 
en  Latin,  Cœsares  ou  Cœsones,  mots  qui  vien- 
nent à  cœso  matris  utero. 

CKSSANT,  ANTIC.  ndj.  Qui  cesse.  Tous 
empéc/iemens  cessans.  Toutes  choses  cessantes. 
Toutes  atfhires  cessantes.  Il  ne  s'emploie  que 
dans  ces  sortes  de  plirases. 

r,l'.SS\TION.  s.  r.  Interraission  ,  disconti- 
miation.  Cessation  d'armes,  cessation  d'hosti- 
lités. Cessation  de  poursuites.  Cessation  de 
commerce.  Cessation  de  travail^  etc. 

CESSE.  8.  f.  Mot  devant  lequel  on  ne  met 
jamais  l'articlv.ct  qui  n'est  guère  d'usage  qu'rn 
cette  phrase,  5ans  cesse.  Tl  signifie,  Toujours, 
continuellement.  Parler  sans  cesse.  Travailler 
sans  cesse. 

On  dit  familièrem. ,  y'avoir  voint  de  cesse , 
pour  dire,  Ne  cesser  point.  71  n'aura  point  de 
cesse  ijue  vous  ne  lui  ayez  lionne'  ce  ipi'il  dc- 
uiande.  Il  n'a  ni  repos  ni  cesse. 

CESSER,  v.n.  IJiscontinuer.  C&'ser  de  vivre. 
Cesser  de  parler.  Cesser  d'agir.  Il  ne  cesse  de 
pleurer.  Sa  fièvre  est  cessée.  La  qoutte  a  cessé 
de  le  tourmenter.  H  a  cessé  de  pleuvoir.  Il  est 
quelquefois  actif  au  même  sens.  Cessez  i>oi 
plainteSy  cessez  vos  cr'i^  cessez  vos  poursuites^ 
cessez  votre  travail. 

Cessé,  is.  participe. 

CESSIBLE,  adj.  des  •>.  g.  Qui  peut  être  cédé. 
Le  droit  de  retrait  fcodal  est  cessible.  Le  droit 
de  retrait  lianaqer  n'est  pas  cessible. 

CESSION,  s.  f. Transport,  démissinii.  l'aire 
cuâon  de  son  droit. 

On  dit.  Faire  cession  de  hiens,  ou  simple- 
ment. Paire  cession ^  pour  dire,  Aiiandonner 
ses  bilans  à  ses  créanciers  en  Tcrtu  des  Lettres 
du  Prince,  pour  avoir  la  lilv^rté  de  sa  personne. 

CESSIONNAJBE.  adj.  des  2  g.  Celui,  celle 
i|ui  accepte  une  cession ,  un  transport.  Il  aait 

tn  (jHuUlc  de  cessionnaire.  Jl  est  cessionnairei/\^      Quand  on  place  Chacun  avant  le  r(!j;ime  du 
•les  droits  d'un  tel.  verl« ,  on  emploie  Leur  après  chacun.  Ils  ont 


GHA 

Cessionnaihe,  se  dit  au«si  De  celu^  ^i?  n 
fait  cession  de  ses  bieos  en  Justice 

C'EST  FAIT,  C'en  est  fait.  Voycs  Fait, 

participe. 

GESTE,  s.  m.  Espèce  de  gantelet  garni  ih 
fer  ou  de  plomb,  'dont  les  ;incicns  Athlètes  se 
servoient  dnns  les  combats  du  Pu;;ilat.  Il  y  a 
ihtus  Virgile  une  helle  (hsciiplioii  du  cumbut 
(lu  Cc.<itc. 

I.cs  Mytliolo;;istcfi  ont  aussi  donne  le  noci 
de  Ccste  il  la  ceinture  de  Vénus. 

Ci'.SIJRE.  s.  fi'ni.  Rpjios  qui,  dai--  le  vers 
AlexiHidnn,  rst  marqué  après  la  sixième  syl- 
lal)e,  et  ap!<s  la  qnaîrit-me  dans  le  vers  de  dix 
syllabes.  //  faut  prendre  fjarde  aux  césures. 

CET 

CET.  Voyez  Ce. 

CÉTACE,  EE.  adj.  Terme  didactique,  qui 
fie  dit  Dca  grands  poissons.  Les  animaux  cé- 
tacés tirent  leur  nom  de  celui  de  Baleine  en 
Latin. 

On  le  fait  substantif,  Les  Cétacés.  La  Ba- 
leine est  du  Retire  des  cétacés,  un  des  plui 
Grands  cétacés. 

CÉTÉRAG  ou  DORADILLA.  s.  m.  Planta 
capillaire.  Elle  croit  en  France,  mais  la  meil- 
leure se  tire  de  l'Amérique.  Elle  est  regardée 
comme  un  excellent  remède  dans  les  maladies 
des  reins  et  de  la  vessie. 

CH  A 

CHABLIS,  s.  m.  Bois  abattus  dans  les  forôls 
par  le  veut. 

CHABOr.  s.  m.  Espèce  de  poisson  qui  a  h 
tête  plus  grosse  que  le  reste  du  corjjs. 

CHACO>NE.  s.  f.  Air  de  symphonie,  dont 
la  basse  est  d'un  certain  nombre  de  notes  qui 
se  répètent  toujours,  et  siu"  lesquelles  on  fait 
difîerens  couplets. /I  afaitunechaconne.  Jouer 
une  chaeonne. 

On  appelle  Chaeonne  chantante^  Des  paroles 
faites  sur  l'air  de  la  cbaconne. 

Il  signifie  aussi  Une  d.-nso  sur  un  air  ^e 
chaeonne.  Danser  la  chaeonne.  Ce  Maître  à 
danser  lui  a  montré  la  chaeonne. 

CHACUN,  UNE.  Pronom  dîstrib.sans  plnr. 
Chaquf  personne,  chaque  chose.  Chacun  di 
nour.  Chacun  sent  son  mal.  Chacun  pour  soi. 
Chacun  avait  sa  chacune.  Ils  ont  payé  chacun 
leur  écot.  Lonez  ces  voyageurs  chacun  à  part. 
Chacun  en  son  particulier.  Rendre  à  chacun 
ce  (pii  lui  appartient.  Toutes  les  Dames  du 
hal  étoient  fort  parées,  et  chacune  avoit  une 
parure  diiTtrentc.  On  trouva  dans  chacun  de 
ces  tiroirs,  etc.  Il  faut  remettre  ces  livres-là 
chacun  à  sa  place.  Chacun  se  gouverne  à  sa 
mode.  , 

CnACi;pJ,se  prend  aussi  collectivement,  et 
on  dit,  Chacun  en  parle,  chacun  en  raisonne, 
chacun  s'en  plaint. 

On  dit  proverbial.,  Chacun  le  sien  n'est 
pas  trop,  pour  dire,  qu'il  vaI  juste  que  chacun 
ait  ce  qui  lui  appaiticiit. 


CHA 

apporté  cnacun  leur  offrande.  Ils  ont  rempli 
s  chacun  leur  devoir. 

■i  Quand  on  ne  place  Chacun  qnaprè::  le  ré- 
tame, on  emploie  son  y  sa,  ses  après  chacun. 
Ils  ont  apporté  des  offrandes  au  Temple,  cha- 
cun selon  ses  moyens^  su  dévotion, 

CHArOUm.  IIVE.  s.  Qui  est  maigr«,  de 
petite  taille,  et  qui  h.  la  mine  basse.  Petit  cha- 
fnuiu.  Petite  chafouine.  Il  est  du  style  funilier. 

Il  est  aussi  adjectif.  Mine  chafouine.  Air 
chafouin. 

CHAGRIN,  s.  m.  Peine,  affliction,  déplaisir. 
Chagrin  cuisant.  Grand  chagrin.  Noir  chaorin. 
Chagrin  mortel.  Avoir  du  channn.  Apprendre 
avec  chagrin.  Vivre  dans  le  chagrin.  Miné  par 
le  chitgrin.  Rongé  par  le  chagrin.  3Jo»rir  de 
chagrin.  Exempt,  délivré  de  tout  chagrin.  Sans 
chagrin.  Les  chagrins  ahrègent  la  vie.  Passer 


ha  a 


K07I  ciiaqnn. 


Du 


ipe\ 


T  son  chaqrin  dans  le  vin. 


Chagiun,  signifie  aussi  quelquefois  Colère, 
dépit.  La  moindre,  contradiction  excite  son 
chagriti. 

Il  est  aussi  adjectif,  et  signifie,  Mélanco- 
lique, triste,  de  fâcheuse,  de  mauvaise  humeur. 
Il  est  si  chagrin  depuis  quelgue  temps ,  qu'on  ne 
le  rcconnoft  plus.  Il  a  Vesprif.  chagrin.,  l'dmc, 
Ihumcur  chagrine.  Il  est  né  clutgrin.  Il  est 
naturellement  chagrin.  Air  chagrin. 

CHAGRIN.  8.  m.  Espèce  de  cuir  fait  ordi- 
nairement de  peau  de  mulet  on  d'.ine.  Livre 
couvert  de  chagrin.  Etui  de  chagrin. 

On  dit  d'Une  fenuTie  qui  a  la  peau  nide, 
gu'Eile  a  une  veait  de  chaqrm. 

f;HA(;RïNANT,  ANTE.  adj.  Qui  chagrîae. 
Cela  est  chagrinant.  Cet  humwc-là  est  htËn 
chagrinant. 

CnACKINTiR.  r.  a.  Attrister,  rendre cbagruk 
Sa  maladie  le  chagrine.  Cela  me  chagritK, 
Quel  plaisir  prenez-vous  à  le  chagriner.'*  Je 
n'ai  pas  eu  intention  de  vous  chagriimr. 

On  dit  aussi  :  Il  se  chagrine  àc  tout.  Il  n. 
faut  pas  se  chagriner. 

CiiAoniNÉ,  ÉE.  participe.   Peau  chatjrinée. 

CHAÎNE,  s.  f.  Espèce  de  lien  composé  d'ac^ 
ncaux  cntn'Iacés  Icsunsdans  les  autres. C/mÎ7i£ 
de  f-r.  Chaîne  d'or.  Chaîne  d^ argent.  Lachatm 
d^unc  montre.  Une  montre  à  chaîne.  Tendre 
les  chaînes  dans  les  rues.  La  chaîne  du  pcri. 
Tenir  un  chien  à  la  chaîne. 

On  appelle  Chaîne  de  diamans,lJne  chaîne 
garnie  de  diamans. 

On  dit.  Une  chaîne  de  montagnes,  S^Une 
e.uilc  de  montagnes;  et  Une  chaîne  d'étangs. 
De  plusieurs  étangs  qui  comnumi'pu'nt  l'un  k 
l'autre  et  se  suivent. 

Chaîne,  sif'uifie  aussi  Continuité.  Cela  forme 
une  chaîne  d^occupations  où  d  n'y  a  pas  un 
7noi»ent  de  perdu. 

On  dit  figurcm.  La  chaîne  des  idées,  pour. 
Leur  suite.  La  chaîne  de  mes  idées  est  rompue. 

Chaîne,  signifie  quelquefois  La  peine  des 
galères.  On  le  racheta,  on  le  tira  de  la  chaîtic. 

En  ce  sens  on  dit,  Mettre  à  la  c/iûlfkr,  pour 
dire.  Envoyer  aux  galères.  Tous  ceux  </«'on 
trouva  dans  ce  j'aisseau  corsaire,  furent  nus  à 
la  chaîne. 


CHA 

Il  signifie  aussi  loule  la  troupe  dcsciluiinela 
condamnes  aux  galères.  La  chaîne  n'est  pus  en- 
cart partie. 

Chaî^,  sif^iifîe  figûrcment  et  pociîqup- 
iScnt,  servitude,  cnptîvil(i.  Ces  peuples  ont 
rompu  leurs  ehatues,  et  se  sont  mis  en  lihertc. 
Cet  amant  se  pîult  dans  ses  chaînes.  Il  aime 
MI  chaîne.  Il  a  brisé  ses  chaînes.  Traîna"  sa 
eLaine, 

On  dît  aussi,  mettre  a  \a  cfiaine,  pour  dire 
shoftlemenE,  encliaîner,  mettre  aux  fers. 

On  dit  encore  en  sljle  de  dérotion,  les  chai- 
•w»  du  péché. 

On  appelle  en  matière  de  bâtiment, c/iafne. 
«ne  espèce  de  pilier  de  pierre  de  taille  qui 
oïtre  dans  la  construction  d'un  mur,  cl  qui 
'•ert  à  le  fortiiier  et  îi  le  lier. 

On  appelle  chaîne,  les  fils  tendus  sur  les 
deux  rouleaux  d'un  métier  pour  faire  de  I;i 
IœIc  ou  de  l'étoffe.  La  chatne  de  cette  étoffe  est 
Qfi  filt  ci  la  trame  île  soie. 

On  appelle  huissier  à  la  c/inîne,  de  I<i  chaî- 
ne y  les  huissiers  du  Conseil  du  roi  .parce qu'ils 
pulent  au  cou  une  chaîne  d*or  où  tst  la  mé- 
daiite  du  roi. 

CnAÎNElTE.  9.  f.  Petite  chaîne.  La  chai- 
wettc  d'une  bride.  La  chaînette  d'une  montic. 

CHAINON,  s.  m.  Anneaa  d'une  chaîne. 
Celte  chaîne  s'est  rompue ,  il  y  a  deuxou  trois 
dLiÎMom;  de  perdus. 

CHAIR,  s.  f.  Substance  molle  et  sanj*uiue  | 
qiri  est  entre  la  peau  etlesosderonimal.  CWr 
vu'tf,  chair  morte,  ehair  ferme.  As'oir  un  couj 
d'epee  dans  les  chairs.  Avoir  la  chair  bonne. 
On  guérit  aisément  les  ble^^sures  qui  ne  sont 
que  dans  les  chaifs.  Avoii'  la  chair  mauvaise. 


CHA 


CHA> 


2  I  .'j. 


CiiAin,  se  dit  aussi  en  parlant  des  personnes,  On  dît,  qu'on  met  une  chaire  de  professeur 

'  ^ur  siguilicr  simplement  la  peau.  Ainsi  on  dit, -'^itu  concours,  pour  dire,  qu'on  la  donnera  j 
qu'une  personne  a  la  chair  douce^  rudcy  hlan-  i  cel 


Ceux  oui  ont  la  chair  mauvaise  sont  dijjxcde^ 
à  ijuérir.  Sa  plaie  va  bien,  les  chaiis  commeti^ 
cejrt  à  re^'cnir.  Le  corps  d'un  tel  Saint  est  en 
chair  et  en  os  dans  celte  Êqîi>e. 

Ou  appelle  chairs  bat^eusc5,les  chairs  8|>or.- 
gfcuses  dune  plaie  qui  ne  va  pas  bit-n. 

On  dit  d'un  cheval  qui  <  se  eu  bon  état,  et 
qnt  a  la  chair  {crmCf  qu'il  at  bien  en  ehair. 

On  dit  aussi  d'uu  homm^  qui  reprend  de 
l'onbonpoint ,  qu'/t  est  en  chaii'. 

On  dit  d'une  femme  qui  a  de  la  fraîcheor, 
qa*e(/e  a  la  chair  fraîche. 

CuAin,  en  Icrme  de  l'Ecriture -Sainte,  si- 
(;iri6e  l'humanité ,  la  nature  humiiinc ,  un 
corps  humain  ;  et  dans  ce  mus  on  dît  :  Le 
Verbe' s'c#l  fût  cJiair.  />j  réMurrection  de  la 
c/i  air. 

CuAiit ,  signifie  encore  dans  lo  lani^.K'.e  àv 
rECTi[urc,rhomniO  tertvstro  et  animal , oppose 
A  l'homme  spirituel  éclaire  par  la  Foi.  Ecoutti^ 
la  chair  et  le  »aitq.  , 

Cji Ain, signifie  nussî  la  conciipiscciire.  Doits 
ce  sens  no  dit,  que  le  monde ,  le  diable  et  U. 
c^ir  sont  les  ennemis  de  notre  salut.  Mort  if  &• 
ta  cfiair  .  Mater  sa  chair.  Macérer  sa  chair. 
Vaiguillun  de  U  chair.  La  chair  se  révolte 
contre  l'esprit.  L'e^init  «1  pompt  et  la  chair 
«lit  fiîble.  Les  ;:.i7.iefjc*,  les  iiifrmitcs  de  la 
chaii.  En  ce  sou»  on  appelli'  !c  \h'c}ii':  d'inipu- 
re^^  Icpèci'é  d-.  lo  chair. 


person 
chc ,  noire,  e(<:.  ,pour  dire,  qu'elle  a  la  pean 
douce,  rude,  blanche,  noire,  etc. 

On  appelle  couleur  de  chair ,  certaine  cou- 
leur rouge  pâle, qui  approche  de  la  couleur  de 
la  chair  de  l'Iiomme. 

Chair,  considérée  comme  aliment,  se  dit 
quelquefois  aussi-bien  des  poissons  que  des 
animaux  terrestres  et  des  oiseaux.  Et  c'est  dans 
cette  acception  qu'on  dit,qu*un  biochet  a  la 
chair  ferme  ou  molle. 

Il  se  dit  aussi  des  fruits.  La  chair  de  la  pè- 
che. La  chair  du  frelon,  etc. 

Il  se  dit  plus  ordinair.  des  animaux  terres- 
tres et  dci  oiseaux.  Un  morceau  dechair.  Chair 
de  lœuf .,  chair  de  .nouton ,  chaw  ro'ïie,  chair 
bouillie,  chair  dure,  chair  tends- e^  chair  arisse^ 
chair  mai'nrc,  chaîr  coriace^  chair  courtCj 
chair  lonquej  chair  siilee,  chair  fr.ntche.  El 
c'est  en  ce  sens  qu'on  dit,  qu'on  ne  mange 
point  de  chaire  en  Carême, 

Ou  appelle  chair  blanche,  la  chair  des  cha- 
pons, des  poulardes,  des  dindons, etc; et c/; air 
noij-e,  celle  des  lièvres ,  des  bécasses,  etc. 

On  dit  proverbialement  et  figurémïnt  d'un 
Iionime  dont  le  caractère  n'est  pas  décidé,  ou 
qui  flofte  par  faiblisse  entre  deux  partis,  qu'il 
n'est  ni  chair  ni  poisson. 

On  dit  populairement,  en  menaçant  quel- 
qu'un, qu'on  le  liachcra  menu  comme  chair  à 
pâté. 

On  appelle  Ggurément  et  familier. ,  Masse 
de  chair,  (jrosse  masi^c  de  chair,  un-'  personnr 
.  TiTt  ijrosse,  pesante  et  dénuée  d'esprit. 

CHAIRE,  s.  f.  Espèce  de  tribune  un  peu 
élevée  et  en  saillie,  surmontée  d'une  sorte  de 
dais  ou  l)aldaquin  pour  abattre  la  voix,  d'où 
an  prédicateur  annonce  la  parole  de  Dieu.  On 
appelle  aussi  c/mîre,  une  autre  espace  de  tri- 
bune plus  simple,  ou  le  professeur  donne  des 
leçons  publiques.  On  donne  encore  le  nom  de 
redire  au  siéf-e  qu'un  Evéque  a  dans  son  église 
rathéJrale  au  haut  du  rhoeiu*,etquiestun  fau- 
icuil.  I/Evéfjue  étant  dans  sa  chaire  donna  la 
bénédiction  ait  peuple.  Dès  que  le  jjrédicateur 
:  fut  en  chaire.  Le  pro/csscur  cttint  en  chaire. 
Monter  en  chaire,  descendre  de  chaire. 

On  appelle  la  chaire  où  l'on  proche ,  L.i 
chaire  de  i/erité;  et  I'imi  apjx-lle  l'éloquence  (/< 
la  chaii  e^  l'éloquence  qui  convient  à  la  prédi- 
ration.  On  dît  d'un  homme  qui  a  le  t'ileni  d  t 
préf^er,  qu'ii  a  du  talent  pour  la  chaire\  cl. 
qu'on  a  interdit  la  chaire  à  un  prédicateur. 
pour  dire,  qu'on  lui  a  défl-ndu  de  prêcher. 

Ch.mue.  mi  figuré,  se  dit  du  bn-^e  aposto- 
lique :  cl  c'est  diins  ce  sens  qu'on  dit,  la  chaux 
Ayostoliqne.  Le  Pape  eU  assis  dans  la  ahairi 
de  Saint  Pierre  . 

CiiAinE.ïO  dît  figorcment  de  la  charge  d'un 
pr'tfcsseur  public.  Le  roi  donne  les  chaires  n.s 
Prof:sseurs  loyattx.  Chaire  de  Droit,  dep/.i- 
losophie.  de  Mathématique.^ ;chaije  dlléhrci , 
chaired't,'.opience^  chaire  du  collénc  Royuî. 
Etie  nomme  à  une  chaire. 


ui  qui  sera  jugé  le  plus  di-^ne,  le  plus  habile. 

On  oppelait  à  Rome,  c/iaiVe  Curulc,  uu'j 
chaise  d'ivoire,  sur  laquelle  siégeaient  les  prin- 
cipaux magistrats  de  la  république. 

CHAISE,  s.  f.  Siège  qui  a  un  dos ,  et  quel- 
quefois des  bras.  Chaise  de  bois,  de  paille,  iU 
reïours,  de  tapisserie.  Chaise  à  bras,  chaise  de 
jardin.  Donnez  une  chaise  à  Monsieur.  Prenez 
une  chaise. 

Ch.mse  de  CHoenn.  Voyez  Stalik. 

CiiAisE,  est  aussi  un  siège  où  l'on  se  met 
pour  faire  ses  besoins  n'ilimîls;  et  on  l'ap^jcllc 
orclimirement,  chaise  percée.  Chaise  de  com- 
mcdifé.  Aller  à  la  chaise. 

On  appelle  aussi  chaise,  une  espèce  de  î-ié- 
ge  fermé  e.  couvert,  dans  lequel  on  se  fait  por- 
ter par  deux  hommes.  Chaise  de  place,  chaire 
à  porteurs  j  chaise  de  particulier.  H  se  fait 
porter  en  chaise.  Il  va  en  chaise.  Porteur  de 
cl  aise. 

On  appelle  aussi  chaise,  une  sorte  de  voi- 
ture légère  h  deux  ou  à  quatre  roues,  traînée 
par  un  ou  par  deux  clievaui;  une  petite  voi- 
lure pour  une  on  pour  deux  personnes.  Mon- 
ter dans  sa  chaist.  Descendre  de  ta  chaise. 
Chaise  de  poste. 

CIL4LAND,  AîS'DE.  s.  U  so  dit  de  ceux  qui 
achètent  ordinairement  chez  tin  même  mar- 
chand. Bon  chaland.  Un  marcJiand  quiabeait- 
coup  de  chalands.  Il  a  force  chalands.  C'est 
un  de  SCS  chalands.  Ç  '^st  une  de  ses  chalandes. 
Il  a  perdu  ses  chaiaiuts.  Sa  chulands  Vont 
quitté. 

U  se  prend  quelquefois  simplement  poui 
acheteur.  Faire  venir,  attirer  les  chalands.  Un 
nouveau  chaland. 

CHALANn,se  dit  aussi  (fun  bateau  plat, 
dont  on  s<,'  sert  pour  transporter  les  marcljan- 
dises.  Un  chaland  char(^é  dti  f^in. 

On  appelle  pain  chaland, une  >orte  dt*  mot 
pain  assez,  blnnc  et  fort  massif;  et  eu  ce  sens 
chaland  est  adjectif. 

CHAI^ODISE.  s.  f.  Habitude  d'acheter 
chez  un  marchand.  Vous  êtes  trop  cher,  luiis 
n^aurez  pas  ma  chalandise.  Il  est  vieux. 

Il  se  dit  aussi  de  ceux  à  qui  un  marchand  a 
accoutumé  de  débiter  ses  marchandises,  âct 
pratiques  qui  achètent  ordinairement  chez  lui. 
Vn  marchand  qui  a  de  bonnes  chalandises.  Il 
a  perdu  la  plupart  de  ses  chalandiscs.  U  csl 
V  icux. 

CHAL-VSTIQUE.  adj.  des  a  g.  (  On  prt^tn. 
ca  dans  ce  mot  et  les  quatre  suivans.)  Il  se  dit 
des  médicamens  qui  rt'lJcIient  les  fiiires. 

CHALCri'L.  s.  m.  Minéral  qui  tient  de  Tn- 
rain. 

CHALCOGRAPHE.  «.m.  Graveuven  airaki. 
U  se  dit  aussi  de  tous  graveurs  sur  méuux. 

CHALCOliHAPHUi:.  s.  f.  L'art  de  graver 
sur  l'airain,  ou  sur  les  autre*  métaux. 

C'est  aussi  à  Rome  le  nom  de  l'imprimene 
du  Pape,  où  se  publient  scê  Ordonnance*.  La 
Chalcoqraphie  Apostolique. 

CH.ÀXD.UQUE.  «dj.  des  a  g.  Qui  appir. 


îifi  CHA 

tient  aux  CliaUloens,  aucieas  peuples  de  Ba- 
bylone.  On  dit,  La  Langue  Chaldai(jM,  ou 
Le  Chaldéen ,  pour  signifier  Ln  Longue  de  ces 
peuples,  qui  est  ronnue  des  Savons. 

CÎI/U,Et"R.s.f.Oualitc  decccjuiestcliauH. 
Chalmr  uclucUe,  uirluclle.  Chaleur  naturelle. 
Chaleur  étrangère.  Chaleur  e-vccssive,  insup- 
fortable ,  tempérée.  Dijfr.rens  deijrés  de  chaleur. 
La  chaleur  du  (eu.  La  chaleur  du  soleil.  Les 
ciialeurs  de  l'été.  Durant  les  grandes  chaleurs. 
Chaleur  élauff.utte.  La  chaleur  de  la  fiévrc. 
Chaleur  de  /bic.  Chaleur  d'cnlraiUes.  Cela 
t-îaiiit  la  chaleur  naturelle.  Tempérer  la  chaleur. 
Clwhnr  de  style.  Chaleur  d'élaqueuce.  Ecrira 
ai-vc  chaleur.  Parler  avec  chaleur.  Prendre  avea 
•■!:.:L-ur  l'intérêt  de  se^  aniis.  Prendre  une  affn  iri 
.  ajcc  beaucoup  de  cituleur. 

<Jn  appelle  Êguréniciit  Chaleur  de  joie,  Vu 
niquvenient  de  eolire  ipiqjnjit  et  passpjjcr.  Ç'esl 
■uiicpeti{e  chaleur  de  j'aie.  f\,lui  prit  mtii^cha- 
,leiW:de ^.fhie.    ,,;. ,  ,.;,  ,,.,     ';    ^ '■ 

OnditfigurémeuljDaiii  la  chakur  du  coni- 

but^daiis  la  tihid^ur  .'de   la  Mspute ,  dans   la 

-.chaloir  de  1(1  con\posififin ,  pour  dire,  Au  fort 

du  oennbal  1  au  fort  de  la  dispute,  au  fort  de  la 

cnoipositioin.  i  . 

;,C!«Ai,E«K,  sigoifc  fiau-Téin.  Grande  affec- 
tion, zèle  VL-Knit-nt,  ardeur.  Ji  ^ert  ses  amii 
ovec  chaleur,  il  munire  beaucoup  de  cliaieur  à 
-poursuivre  celle  ajjinre.  Il  s'y  porte  avec  cha- 
r  Jei«r.  Ji  y  vicl,  il  y  apporte  trop  de  chaleur. 
■  Ou  dit  Des  :femelle5  de  certain»  animaux, 
'iw'KUes  sont  ç»  chaleur,  pour  dire,  nu'Ellci 
soi)l  en  aniout ,  qu'ellis  appC:f.ut  le  rtiile.CelId 
cawile,  cette  chienui:  est  en  chaleur.  Laisse^ 
jîosser  lu  cJialeur  de  celtç  chienne. 

,  CHALEUREUX,  EUSE.  adj.  Qui  a  beau- 
coup de  chaleur  naturelle.  Il  ne  se  dit, que  Des 
personnes,  et  il  n'est  guère  en  usage.  A  l'dge  de 
soixante  et  dix  ans, on  n'est  guère  chaleureux. 
Plusieurs  disent  C/ialoureux ,  conune  de  dou- 
leur on  dit  douloureiu:. 

CHALTBÉ,  ÉE.  adj.  (On  prononce  Calibé.) 
Il  se  dit  en  Chimie  Des  préparations  oii  il  entre 
de  l'acier.  Tarire  chaV.bé.  Eau  chalibéc. 

CH.itlT.  ».  m.  Bois  de  lit.  C/iiilil  de  bois  de 
noyer.  Le  châlit  est  rompu.  Chdlil  de  fer.  Il 
v,i,e(Uit. 

CH.AlX>tR.  V,  n.  11  ne  s'emploie  qu'à  i  iui- 
(.ersoanel,  et  il  ne  se  dit  guère  que  dans  celte 
phrase.  Il  ne  m'en  chaut,  pour  dire,  Il  ne 
m'importe.  H  est  vieux. 

CHALOS  s,  masc.  Granrl  filet  que  les pf;- 
clients  traincut  dans  les  rivièivs,  par  le  moyen^ 
de  deux  bateaux,  au  bout  (lesquels  les  (x'itdsdii 
Blel  sont  attachés. 

CHALOUPE,  s.  f.  Sorte  de  petit  bâtinieni 
dont  on  se  sert  sur  mer.  Clialoiipc  d'un  ifiis. 
teaf  dejjuare.  Chaloupe  tic  pêcheur.  Chnlon/t 
urmée.  Descendit  la  chaloupe  en  mer.  Milirt 
lu  chaloupe  à  loiino'.  H$:  Uitnuvérantdft'tf  une 
chaloupe,  •<  ,■'        .  . .  ,.     .,,,,.    i 

CHALUMEAU,  subst.  masc.  Tuyau  de 
pnille,  de  roseau,  elc.jf.ei  en/iwis  font  des  bon- 


CHA 

sang  de  J.C.  dans  leCalice  avec  un  c/iulunieai( 


d'or. 

CHAtCMEAU  ,  se  dit  eii  Poésie  ,  De  toutes 
sortes  de  flûtes  et  iustrumens  à  vent  qui  com- 
posent une  musique  champêtre.  Au  son  des 
chalumeaux. 

CUAM.VDE.  subst.  f.  Signal  que  les  assiégé» 
donnent  avec  la  trompette  ou  le  tambour,  ou 
en  arborant  un. drapeau  blanc,  pour  demandejr 
à  capituler.  Battre  la  chamade.  Répondre  à 
une  chamade.  Labréche  étant  faite,  les  assiégés 
'lialtirerit  la  chamade- 

Cn.VMAU.LER.  V.  11.  Il  ne  se  dit  propre- 
ment qu'en  parlant  d'Uue  émeute  où  plusieurs 
personnes  se  Italtent  confusément,  et  avec 
grand  lirait. /Is  c/iiimiiil/èi-cnl  long- temps.  Il 
n'est  t^ue  du  style  familier. 

Il  est  quelquefois  actif  avec  le  pronom  per- 
sonnel. Ils  se  chamaillèrent  deux  heures  du- 
rant. Nous  nous  chamaillerons  comme  'il  faut. 
Il  signifie  figurément ,  Disputer,  contestef 
avec  beaucoup  de  bruit.  Ils  se  chamaillèrent 
une  heure  durant. 

CH.4.MAILHS.- subst.  masc.  Mêlée ,  combat 
nù  l'un  cliamaiUe.  Durant  le  chamaillis. 
Voilà  un  grand  clianuiillis.  Il  est  du  styiè 
familier. 

CIIA.'HABRER.  v.  act.  Onict  un  habit,  un 
meuble,  de  passemens,  de  deiilellcs,  de  ga- 
lons, de  bandes  de  velours,  etc.  Chamarrer  une 
lasaque.  Chamarrer  un  habit.  Chamarrer  un 
torps  de  jupe.  Chamarrer  un  nieuliiij  de  galons 
for,  le  cliamarrer  I-nt  plein  que  «iàfi. 

■Jn  dit,  CliniiuiiTer  quelg'i'un  de  ridicules, 

pour  dire,  Le  charger,  le  couvrir  de  ridicules. 

r.HAMAiinÉ,  ÉE.  participe. 

CHAMARRURE,  s.  f.  Manière  de  chamar- 

(cr.  Glmiiuinui-e  à  ondes,  en  bracelets,  à  bd- 

\ons  rompus. 

Il  se  dit  auiisi  Des  galons,  des  dentelles,  etc. 
iJont  on  chamarre.  La  chamarrure  de  cet  habit 
coilte  tant.  Lu  c/iaiiiarrurc  csl  (rès-ricie. 

CHAMBELLAGE.  s.  m.  Terme  de  Jurispru- 
dence. Droit  eu  argent  que  doivent  certains 
Vassaux  à  leurs  Seigneurs. 

CUAMBELLA>'.  s.  masc.  On  appelle  ainsi 
chez  quelques  Princes,  les  Gealilshommes  qui 
les  seivent  dans  la  chambre,  eu  l'absence  du 
premier  Geutilhomnic  de  la  chambre. 

Chez  le  Roi  on  ùpijellf  Grand  Chambellan, 
■e  premier  Officier  -If  la  ;liambrc  du  Roi,  et 
^  le  sert  prcférablemcnt  a-ix  premiers  Gen- 
tilshominui.  QiuiuJ  le  Roi  tient  son  lit  de  Jus- 
lice,  le  Grand  Chainbellan  est  à  ses  pieds.  Un 
tel  Seigneur  cjt  pourvu  de  la  charge  de  Grand 
Clium&clluN, 

Chamdellan  ,  se  disnit  aussi  d'Une  des  ta- 
bles que  le  Roi  tenoit  pour  les  Courtisans,  qui 
étoit  autrefois  tenue  par  le  Grand  ChimbcUun. 
Aller  dîner  au  Chambellan. 

CILV.MBOURIN.  s.  m.  Espèce  de  pierre  qui 
sert  i  faire  des  verres  qu'on  appelle  Verres  de 
cristal. 

CII.VMBRANLE.  f.  m.  Ornement  de  menui- 
leillcs  de  savon  avec  un  chalumeau.  Quand  le jA  série  ou  de  pierre,  qui  borde  les  cotes  des 
Pape  cjmmunie   «olennellemenl ,  il  prend  le      porte»,  des  fenêtres  et  das  cheminées.  Cliarii- 


CHA 

traiile  de  menuiserie,  chambranle  âe  pierre, 
chambranle  de  marbre,  etc. 

CHAMBRE,  s.  f  U  se  dit  De  la  plupart  des 
pièces  d'une  maison,  et  principalement  de  celle 
oîi  l'on  couche.  Chambre  à  couche)'.  Belle 
chambre.  Chambre  de  parade.  Chambre  bonne 
et  cliaude.  Chambre  parguetée  ,  lumiirisséc  , 
boisée  ,  planchéiée ,  carrelée.  Chambre  haute. 
Chambre  basse.  Première,  seconde,  troisième 
chambre.  Chambre  en  galetas.  Il  loge  à  telle 
chambre.  Il  y  a  tant  de  chambres  à  jeu  dnii:: 
cette  maison.  Chambre  vide.  Chambre  meublée.. 
Chambre  fort  exhaussée.  Chambre  à  louer. 
Chambre  garnie.  Hervir  a  la  chambre.  Valet 
de  chambrù.  Femme  de  chambre.  Meubles  de 
chambre.  Robe  de  chambre.  Pot  de  chambre. 

On  dit.  Garder  lu  cliumbrc,  pour  din:,  Êtir 
indisposé  à  ne  pouvoir  sortir  de  sa  chambi'e. 

Ou  appelle  dans  les  .Monastères ,  C'iii"»i''e 
noire.  Une  chambre  qui  n'est  point  èciairéa, 
ou  l'on  enferme  ceux  que  l'on  met  en  pénr- 
lence ,  et  où  1  ou  fait  auisj  des  iretiaitea  voloi- 
taires- 

On  dit  figurénient  et  proverbialement  d'Un 
liorame  qui  est  un  peu  fou.  qui  a  des  visions, 
qu'il  a  bien  des  chambres  vides  dans  sa  télé. 

On  dit  d'Un  artisan,  d'tm  ouvrier,  qu'/l 
travaille  en  cliumbrc,  pour  dire,  qu'il  ne  tien^ 
pas  boutique. 

Ou  dit,  Mettre  une  fille  en  chambre,  pour 
dire  ,  Louer  des  meubles ,  une  cliambre ,  (mur 
une  fille  qu'on  entretient.  U  se  dit  aussi  d  Vf. 
-.oiiinie  que  l'on  obsède  pour  le  fai.-c  louc  •• 
le  tromper  au  jeu.  ils  sont  quatre  ou  ciyg  '/a 
le  tiennent  en  chambre,  et  liù  gagiunt  tout  son 
argent. 

La  Cbambiœ,  prise  absoliuuent,  signifie  1j> 
chambre  du  Roi.  Piemier  Gentilhomme  de  la 
Chambre.  Pages  de  la  Chambre.  Hui&sur  de  la 
Chambre.  Musique  de  la  Chambre. 

La  CHiVJiBRE,  signifie  aussi  les  Officiera  «le 
la  chambre  du  Roi.  Lu  Chambre  est  entrée. 
Avoir  les  entrées  de  la  Chambre,  c'esl-à-<lire , 
.ivoir  le  privilège  d  entrer  avec  les  Officiers  de 
la  Chambre. 

On  appelle  yiaitre  de  Chambre,  Eè  premier 
officier  de  la  maison  du  Pape,  ou  d'un  CardiuaL 
Le«  Corps  des  Parlcmens  sont  partagés  e- 
plusieurs  Cliambres.  La  Grand'Chambre.  Ln 
Chambres  des  Enquêtes,  des  Requêtes.  Assem- 
bler les  Chambres.  Assemblée  de  Chambres.  !:: 
la  chambre  qui  tient  durant  les  vacances, t'ap- 
pelle Clicimlire  fies  Vacations. 

Les  Députes  aux  États  généraux  de  Ftanre 
étoient  partages  en  trois  C.hauibres  :  La  Cluini- 
bre  du  Clergé,  la  Chambre  de  la  Noblesse  et 
lu  Cliumlire  du  Tiers-Etal. 

On  appeloit  autrefuLs  Chambres  de  l'Edit. 
Des  Chambres  ([ue  le  Koi  avoit  établies  dans 
quelques  Parlcmens,  et  qui  étoieul  composi'îev 
de  Conseillers  Catlioliques.  et  de  (kaueillets  n- 
la  Religion  prctendue  Réformée. 

Dans  le  Parlement  d'Angleterre ,  il  y    a  l.i 
Cliamlirc  haute,  ou  lu  Cliamlre  des  Pairs,  do 
\  Lords,  des  Seigneurs;  la  Chamlre  basse,  ou 
la  Cliumiire  de;  Comoiunei. 


CHA 

Chambre  des  Comptes,  Cour  supérieure 
ëtalilie  pour  exaniinrr  et  juger  les  comptes  de 
ceux  qui  ont  ni.mio  les  deniers  du  Roi.  Décla- 
ration vérifiée  en  lu  Chambre  des  Comptes. 

Chambre  ApostouQI'e.  Tril)un;il,  Juriilii- 
ÎWïn  qui  connoit  des  revenus  de  l'tlat  Ecclc' 
sitjtique,  et  qui  en  a  Tadministralion.  Tréso- 
rier de  la  Chambre.  Juditenr  de  la  Chambre 
Apoitolique.  Ecus  d'or  de  la  Chambre. 

CiuvBnE  EccLFSiA^îTiQLE.  C'est  ainsi  qu'on 
appelle  un  Tribunal  où  l'on  connoit  des  affaires 
i]ui  ont  rapport  aux  Dccîmes.  Chambre  Eccîc- 
siastifjite  de  Paris. 

CHAMBnE  iMTÉniALE.  Tribunal  de  l'Empire, 
o<i  se  jugent  les  iiflàiies  des  difit-rens  Etats  d'Aï- 
lenin^nc,  et  par  appel  cellts  des  pailiculiers. 
La  Chambre  Impériale  etoit  autrefois  à  Spire^ 
el  elle  est  aujourd'hui  à  Welzlar, 

Chambde  de  JV.STICE,  OU  Chambre  ardenle, 
^toit  Une  assemblée  de  Juges  commis  pour 
counoilre  des  malversiiiions  de  ceux  qui  avoictit 
manie  les  deniers  publics,  et  de  quelques  autre» 
aflbires  qui  leur  sont  renToyérs. 

Cha-mbre,  se  dit  aussi  De  plusieurs  Bureaux 
où  l'on  traite  ccrtaints  affaires. 

La  CuAMBnL'  aix  deniers ,  est  le  lîurcau 
oh  l'on  règle  tout  ce  qui  regarde  la  dépens-'  de 
bouche  de  la  Maison  du  Roi.  Maître  de  la 
Chavihre  au.r  deniers. 

CiiAMBBE  D't';»E  suîfE.  Lcndroit  da  la  mine 
bù  l'on  met  la  poudre. 

CnAMBîiE.  dans  un  canon^  dans  une  cloche. 
K^  flir  iVV^  ville  nui  s'y  **sl  fait  ;'i  la  fonte.  lor*;- 
que  Ta  matière  n'a  pas  coulé  égalemenr  p.irtoui. 
/(  fiut  refondre  cette  cloche,  te  canon,  para 
^li'ii  y  a  une  chambre. 

On  appelle  aussi  Chambre,  dans  un  mor- 
tier, dans  un  canon.  Certain  espace  ovale 
qu'on  pratique  en  les  fondant,  et  où  l'on  niel 
la  poudre  pour  lui  donner  plus  de  force. 

Chambre  obscube,  en  termes  d'Optique, 
«Ht  Une  espèce  de  boite,  dans  laquelle,  par  Ifl 
moyen  de  veiTts  disposés  d'une  certaine  façon, 
on  voit  ce  qui  se  passe  au  dehors. 

CHAMBRÉE,  s.  f.  Ceriûin  nombre  de  sol- 
dats q»..!  logent  nu  campent  cl  mangent  ensem- 
ble. Les  chambiées  tont  ordinairement  de  ciua 
soldats. 

Chambrée  .  se  dit  aussi,  h  l'Opora  et  à  U 
Comédie  ,  De  la  quantité  des  spectateurs  cl 
ou  produit  de  la  recelte.  Bonne,  f'oible  cham' 
bi-è*. 

CHA.MBRELAN.  s.  m.  On  appelle  ainsi  Lej 
ouvriers  qui  travaillent  eu  chambre  ,  parc« 
qu'ils  ne  sont  pas  maîtres. 

Il  le  dit  aussi  d'Un  locaiairr  qni  n'occupe 
qu'une  chambre  dans  une  mai^un.  Il  est  pr>. 
piilaire. 

CFIAMDJIER.  T.  neutre.  Être  dans  la  m*nie 
dianibnSc.  Ces  dcitr  soldats  chambrent  en- 
êemble. 

CHAMDBEn,  est  auaai  actif.  On  dit ,  Cham- 
lier  (jHclf^u*iiH,  pour  dire,  I/i  tenir  enfernrc 
pAr  une  urtr  de  violence  ou  de  séduction. 

Il  Mrditauasi  pom-.  Tirer  quelqu'un  à  l'êrari . 
tenttcteiùr  m  pi,fli.  iilier.  On  Vm  chambré  pen- 
Tijuic  L 


CHA 

dant  deux   heures^  sans  rien  qaqner  sur  son 
csj'rit.  U  est  familier. 

finAMBuÉ,  KE.  participe. 

CH A:\IBH K'ITE.  siibsf.  féiin'n.  Diminutif  de 
rhanibre.  FAle  se  tient  rcnfi^rmée  dans  sa  petite 
chamhrettc.  Il  est  du  stvle  familier. 

CIIAMD1UI:K.  s.  m.  c'est  un  certain  Officier 
claustral  dans  quelques  Monastères  rentes,  et 
dans  quelques  Chapitres. 

GjiA>D  CH.WiBfiiEn  »  etoit  ;iulrefuis  un  des 
Grands  Officiers  de  la  Couronne  'de  France, 
qui  avoit  l'inli  ndance  de  la  Chambre  du  Roi, 
etc.  La  charqe  de  Grand  Chambria-  était  héré- 
ditaire dans  la  Maison  de  Bourbon.  On  appelle 
aussi  fainilltrement  Crtind  Chunibrier,  Vu  Cou- 
scilh  r  de  Graiul'Chanibre. 

CKA.MBIUÉRE.  s.  f.  Servante  de  personnes 
dt;  petite  tundition.  Chambrière  (fin  cherche 
condition, 

II  signifie  aussi  dans  les  Académies  où  l'on 
montre  à  monter  à  cheval ,  Un  bâton  de  trois 
DU  quatre  pieds  de  longueur,  au  bout  duipicl 
est  alticlu'e  une  courroie,  une  longe  de  cnir 
pour  chilier  les  clievuux.  U.n  coup  de  cham- 
brière. 

CHA:VIE  ou  CAME.  s.  f.  Nom  générique  de 
coquillage,  qui  conqircnd  plusieurs  espaces, 
telles  que  les  IlammctlcSj  les  lavignons,  les  pa- 
lourdes, etc. 

Cn.VMEAU.  s.  m.  Anim:il  haut  de  jambes, 
qui  n  leçon  fort  long,  la  tête  petite,  les  oreilles 
rourles,  et  une  espèce  de  bosse  sur  le  dos. 
C/i(»iwe/u*  d' Arabie.  Dat.s  le  Levant  on  se  sert 
heaueouj>  d-e  chameaux. 

CHAMELIER,  s.  maso.  C'est  celui  qui  a  la 
conduite  des  Chameaux,  et  qui  a  soin  de  les 
nourrir. 

CHAMOIS,  s.  m.  Espèce  de  chtvre  sauvage 
qui  vit  dans  les  rochers  et  dans  les  montagnes. 
//  tua,  il  prit  deue  chamois.  Chamois  mâle. 
Chamois  femelle. 

Il  se  dit  ordinairement  De  la  peau  de  cet 
Rnuual  corroyée  et  passée  en  huile,  l^oiirpoint, 
ramtsoîc,  calei^on,  nants  de  chamois. 

CHAMOISERIE.  s.  f.  Lieu  où  l'on  prépare 
les  peaux  de  Chamois. 

(JJAMUISEUR.  s.  m.  Ouvrier  qui  préparc 
les  jvaux  de  Chamois. 

CHAMP,  s.  masr.  Étendue  yîècc  de  terre 
IaI>o;trable ,  qui  d'ordinaire  n  e».  ^'os  fermée  de 
Diurailles.  Champ  jcrtile,  champ  stérile,  cha,np 
de  tant  d'arpent,  etc.  Labourer,  ciiltiVer,  fu- 
mer, semer,  moissonner  un  champ.  Au  bout  du 
champ.  Le  décîmateur  prend  la  dlme  dans  /d 
champ.  Ju  milieu  d'un  champ. 

On  dit.  En  plein  champ,  pour  dlic,  Loin 
âc  toute  fa.'JjitakioD.  Passer  la  nuit  en  plein 
champ. 

Champ,  «c  dit  eassi  De  l'étendue  qu'embrasse 
une  lunette  d  ipprochc.  Cette  lunette  a  trop  peu 
l'.e  champ. 

CnAMP,  signifie  figurc'ment.  Sujet,  mati^Tc, 
quelquefois  occasion.  On  lui  a  donné ,  on  lui  a 
ouvert  un  beau  champ  pour  ncnuérir  de  la 
nloire.  Il  a  un  beau  champ  pour  paroitre. 
Vcilà  un  beau  ch^mp  pour  étaler  son  élwuence. 


CHA  217 

îon  érudition.  Le  champ  de  V honneur.  Le  champ 
de  Mars. 

Champs,  au  pluriel,  signifie,  Toutes  sortei 
de  terres,  tant  labourables  que  prés,  bois, 
hruyères,  etc.  pris  tout  cnseraljle.  .Vciier  le* 
t'uc/iea,  les  brebis  auv  champs.  Il  ne  fuit  guère 
bon  aux  champs  par  ce  temps -là.  A  travers 
champs. 

On  dit  proverbialement  d  l'n  Lomuc  qui 
est  bien  fou,  quTI  est  fou  à  courir  les  champs; 
el  fi.;urément  d'Un  homme  qui  veut  échapper 
par  difTércns  discours  h  une  question  pressanli', 
qu'/I  se  sauve  à  travers  champs. 

On  appelle Z,e5C')<imp5  2*!ïysees,  lesC/ianins 
Elysiens  ou  Elyséens,  Des  lieux  agréables,  ou 
les  Poètes  feignent  qu'ctoient  reçues  après  lu 
mort  les  Ames  des  Héros  justes. 

Ch.^mts,  se  dit  auisi  De  tous  les  lieux  qui 
ne  sont  point  dans  les  villes  ou  dans  les  fau- 
bourgs. Maison  des  champs.  Il  demeure  au' 
champs.  Il  est  allé  aiLC  champs. 

On  dit  d'Un  homme  qui  loge  h  l'extrémici 
d'un  faul)ourg,ou  qui  logo  dans  une  maison  d« 
la  ville  où  il  y  a  un  grand  jiirdin,  qu'iï  est 
aux  champs  et  à  la  ville. 

On  dit,  Battre  aux  champs,  pour  dire, 
Battre  le  tamlM>ur  pour  se  mettre  eu  marche. 
On  battoit  aux  champs  pour  aller  relever  la 
(jarde.  La  qarde  du  Louvre  bat  aux  champ» 
(juand  le  Roi  ou  la  Beine  sort  ou  rentre. 

On  dit  aussi,  qu'Où  bat  aux  champs,  pour 
dire,  que  L'armée  se  met  en  marche. 

On  dit  fïgurement  et  familièrement  De  quel- 
qu'un qui  9e  fTiche  ou  qui  s'inquii-le  aisément  i 
qu'Un  rien  le  met  aux  champs  y  qu'j/  $e  met 
aux  champs  pour  la  7ïio;ndre  mitose. 

On  dit  familièrement ,  ^l'otr  la  clef  dts 
champs,  pour  dire,  Avoir  la  liberté  daller  ou 
l'on  veut.  On  dit  dans  le  même  sens,  Donner 
la  clef  des  champs,  prendre  la  clef  des  champs. 
On  dit  aussi  proverbia'cment ,  Avoir  un  cell 
aux  champs,  et  Vautre  à  la  \<ille,  pour  dire, 
Prendre  garde  h  tout. 

Champ  de  Bataille,  au  singulier,  se  dit  De 
la  place  ou  combattent  deux  armées.  //  est  de- 
meuré maître  du  champ  de  bataille.  Le  champ 
de  bataille  lui  est  dtmcuré.  Il  a  couché  mr  le 
champ  de  batudlc. 

On  dit  figurément,  qu't/n  homme  a  hten 
pris  son  champ  de  bataille,  pour  dire,  qu'il  a 
pris  ses  avantages  pour  réussir  en  qnelqnu 
chose. 

On  dit  figurément  d'Un  homme  ^  qui  t'a., 
vantage  est  demeure  dans  une  dispute,  et  qui 
a  réduit  sou  adversaire  îi  ct'der  ou  à  ne  rien 
dire  ,  que  Le  champ  de  bataille  lui  est  de- 
meuré. 

On  Qppcloit  Champ  clos.  Va  lieu  enfermé 
de  l>arrières.  dans  lequel  deux  ou  plusieurs 
personnes  vidoïent  autrefois  leurs  différeiis  pur 
les  armes,  avec  la  penniision  du  Prince  ou  tki 
Magistrat.  Se  hdt(rc  en  champ  clos.  El  on  di- 
soil,  l'rcndte  du  champ,  pour  dire,  Ouvrir  \e 
ch'imp  libre  &  des  rivaux  de  gloire,  laisser  us 
champ  libre  pour  mieux  fournir  ta  carrière. 
U  <c  dit  BUsM  en  parlant  l)9ê  tour.K^ii.  ^< 

a3 


uS 


C  H  A 


CHA 


CHA 


tournoi  se  fit  en  c/mmw  rlus.Cn  dit  ni-anmoins, 
Le  ju(je  du  aimp,  non  pas  il»  champ. 

CnAMi-,  signifie  aussi  figurémcnt,  t'n  fond 
sur  Uquel  on  piinl ,  on  grave ,  on  représente 
queltiuc  cliosc.  Le  champ  d'un  tahlcuu ,  d'une 
médaille,  d'un  écusson.le  rhamp  de  ce  luhhiiu 
est  trop  clair.  Les  armes  de  France  sont  trois 
fleurs  de  lis  d'or  eu  champ  d'azur. 

On  dit,  -Vcllic  de  champ,  posa-  de  champ, 
des  briques  ,  des  pierres  ,  des  solives ,  pour 
dire,  les  nief.rc,  les  poser  sur  la  face  la  moins 
lar;;e. 

On  appelle  en  Jleianiqnc,  Tîoiie  de  champ. 
Celle  qui  est  horizontale,  cl  dont  les  dents  sonl 
pcrpenùieulaires. 

Suii-Ln-CIIA.>:P.  Faipon  de  parler  advrrliiale. 
Snr  l'heiuc  niènie,  sans  délai.  Cela  fut  vide 
.tur-k-chan.f,.  On  l'arièta  sur-le-champ.  Prê- 
cher, harsnji:v,parlei-  sw-le-champ,  pour 
dire.  Sans  préparalion,  ou  d'abondance. 

À  TOUT  DOUï  DE  cuAnii'.  Adverbial.  \  cl.a- 
quc  moment,  à  tout  propos.  7!  rclonibc  dam 
la  mime  faute  à  charjue  bout  de  champ,  à  tout 
lont  de  champ.  Il  est  du  style  familier. 

CII.VMPAGNE.  Dans  le  style  familier,  on 
l'emploie  subslantivement  par  ellipse,  pour. 
Du  vin  de  Cliampagne.  Ils  ont  hu  d'excellent 
Chaniparjnc,  du  Champaijnc  mousseu.r. 

CIIAJII'ART.  s.  m.  Droit  que  les  Seigneurs 
de  Fief  ont  en  quelques  lieu.-c,  de  lever  une 
certaine  quantité  de  gerbes  sur  les  terres  qui 
sont  en  leur  censive.  Celle  terre  ne  doit  ni 
dlnie,  ni  cliamparl, 

<:IIA:\IPARTEH.  v.  a.  Exercer  le  droit  d» 
rhampart.  Champarlcr  un  champ. 
r.HAMPAUTÉ,  ÉE.  participe. 
C.HAMl'AUTEUK.  s.  m.  CeUii  qui  lève  le 
champart  nu  nom  du  Seî^nciu'. 

f;!IAMl'EAU.\.  snbsl.  masc.  plur.  Pn's  , 
prairies. 

CriAMPÊ'I'RR  ndj.  des  2  genres.  Oui  ap- 
partient aux  champs,  écarté,  cloisné  des  villes 
et  des  aulres  habilalions.  Maison,  lieu  cham- 
pêtre. Vie  champêtre.  Musique  champêtre. 

I.cs  Païens  appel. lient  Dicur  champêtres,  ri 
Divïnités  cJtiimpêtres,  I.cs  Divinités  qui  pré-i- 
Jnient  aux  biens  de  la  terre, cl  qui  élcient  pai- 
liculitTement  adorées  aux  champs. 

CIIAIMPI.  s.  maso.  Sorte  ie  papier  propre 
pour  les  ehissis. 

CHAMPIGNON,  s.  masc.  F.spècc  de  plante 
spon;;ieusc  qui  vient  sans  racines,  et  qui  croît 
en  Irès-peu  de  temps  en  certains  tciTains  et  à 
quelques  arbres.  Champignons  bous  à  maïKjcr. 
La  pluie  douce  fait  venir  Us  champitjnons.Plal 
de  champi'jnons.  Hanoûl,  sauce  aiuc  cliiimpi- 
nnons.  I*oud.e  de  champignons.  Champignons 
i>é:têneu.v. 

Ou  appelle  aussi C/uiinpirtfJon,  Certain  bou- 
ton qui  se  forme  au  lumigfiou  i^'une  Iwiig'e, 
d'une  chandelle,  ou  'a  une  mèche  qui  brûle. 

On  appelle  encore  Champignons ,  Certaines 
excroissances  de  cliair  sixiiigieuscs  qui  se  for- 
iiieut  dans  les  plaies  cl  dans  quelques  pallies 
du  eoips. 

On  dit  provciblalcmcnl  d'Un   homme  qu' 


s'est  élevé  en  peu  de  temps,  qu'il  est  ve::u  en  CTASCEUÈRE.  s.  f.  La  femme  du  Chan- 

unc  nnil  coninic  un  champignon.  ^  celier. 


CII.'VMPION.  s.  va.  Celui  qui  combatïoit  c" 
cli.'unp  clos  pour  sa  qtierelle,  ou  pour  la  que- 
relle d'autrui.  Brave,  vaillant  ch.ampion.Ceux 
(jui  ne  pouvoieiit  pas  combaltje  de  leurs  per- 
sonnes, comme  les  vieillards,  les  estropiés,  les 
î''.cclésiastitjues,  les  Dames,  lournissoier,t  au- 
trefois des  champions.  Il  s'offrit  à  cette  Danu 
wou;'  ^Irc  son  champion. 

On  dît  par  extension  Champion,  au  sens  de 
néfL-nscur.  Cet  homme  est  le  cliampiou  dci 
mauvaises  causes.  Il  s'est  fuit  le  cluimpiun  dei 
/iucier:s. 

On  dit  par  raillerie  .  d'Un  homme  qu'on  e.s- 
linic  peu  vaillant,  ([n-;  C'est  un  vaillant  cham- 
pion 

CFIANCE.  s.  f.  Sorte  de  jeu  de  dés.  Jouer  <'i 
la  chance. 

i\  se  prend  aussi  pour  hc  point  qu'on  livrr 
à  celui  v-ontre  lequel  on  joue  aux  dés,  et  poui 
Helui  qu'on  se  livre  i  soi-même.  LÛTCj'c/nincc. 
.■ïmeuer  sa  chance. 

On  dit  fi^^urément,  Livrer  chance  l'C  queh 
qii'u'i,  pour  dire,  I.e  défier,  le  pro\oquer  à  li 
liispuic. 

Chakce,  se  dit  aussi  figurément  Des  evéne- 
mens  probables  qui  naissent  d'un  ordre  dî 
choses.  Il  y  a  beaucoup  de  chances  possibles. 
Cette  chance  est  la  plus  probable;  cette  autil 
est  difficile.  Calculer  les  chances.  Courir  U 
chance.  Se  mettre  à  couvert  de  toute  chance, 
De  tout  hasard. 

On  c'it  proveil/ialenicnt,  Conîe;'  za  chance 
pour  dire.  Conter  ses  mali^eurs,  ses  déplaisirs, 
ses  aventures.  Il  vint  me  conter  sa  chance. 

CHANCEI..  s.  m.  Voyei  Caxcix. 

Cil ANC!;i,ANT,  AKTE.  adj.  Qui  chancelle. 
Je  le  vis  chancelant.  JUcr  d'un  pas  c/iiince. 
-'uni.  Démarche  chancelante. 

On  dit  aussi  rgurément,  Esprit  cliancelaut. 
fortune  chancelante,  pour  dire,  Un  esprit  irré- 
solu   une  fortune  mal  assmée. 

CHANCELER,  v.  u.  Être  peu  fcnne  sur  se: 
pieds,  sur  son  assiette,  pencher  de  ciilé  fl 
d'autre,  comme  si  on  alloit  tondirr. /(  chan 
celle  comme  un  homme  ine.  Il  est  pics  de  tam- 
hcr,  il  chancelle. 

Il  se  dit  (Igmément  dans  les  choses  morales, 
et  signifia,  IN'èlre  pas  ferme,  n'ftre  pas  assuré. 
H  varie,  il  chancelle  dans  ses  réponses,  dam 
SCS  résolutions,  dans  sa  foi,  dans  ses  opinions. 
Un  trône'rjui  chancelle.  Sa  fortune  chancelle. 

CHANCELIER,  s.  m.  Craud  OSicier  de  la 
Couronne,  cl  t^hcf  de  la  Justice  en  Fiance. 
Chancelicj'  de  France.  Les  Reines  et  los  l'iU  de 
France  o:jI  aussi  leurs  Clianceliei-s. 

Dans  quchpies  Ordres  Alililaires,  il  y  a  des 
Chancelieis.  LcC/iniiccIr'ia-  de  l'Ordre  dcMahc. 
Le  Chancelier  de  l'Ordre  du  Saint-Esprit. 

CiiANCCMEn,  dans  los  Kgliscs  Calliédralcs, 
est  une  ccrLiinc  dignité. 

Il  y  a  aussi  dans  les  Universités  un  Chance 
lier,  qui  conU're  les  d^gréa, 

Oii  appelle  aussi  Chancelier,  en  plusieurs  i 
Cousnlals,  Ceh;i  qui  a  le  sceau.  r 


CHASCELiinF.,se  dit  aussi  d'Une  pilite  caisse 
de  bois  garnie  de  peau  d  ours,  qui  sert  a  mel'.re 
les  pieds  pendant  l'iiiver. 

CIIANCELLEMENT.  s.  m.  Mouvement  de 
ce  qui  penche  de  côlé  et  d'autre,  et  qui  menace 
de  tondxT.  Je  m'aperçus  de  son  chanccllemeut 
et  je  le  soutins. 

CHANCELLERIE,  s.  f.  Sotl«  de  Tribunal 
où  l'on  scelle  les  Lettres  avec  le  sceau  du  Prince. 
La  grande  Chancellerie,  oii  le  Chancelier  scella 
avec  le  grand  sceau;  Petite  Chancellerie,  dans 
les  l'arlemcns,  où  un  Maître  des  Rcqnéies,  ou 
autre  Officier  commis  pour  celle  fonction,  scelle 
avec  le  petit  sceau.  OJicier  de  la  Chancellerie. 
Il  vous  ftut  des  Lettres  de  la  grande  Chancel- 
lerie. Des  Lettres  expédiées  en  Chancellerie. 
F.n  styl'.  de  Chancellerie.  C'cjt  un  ancien 
Secrétaire  du  Roi  gui  entend  bien  la  Chancel- 
lerie. 

On  dit  aussi,  La  Chancellerie  de  Rome, 
[mur  signifier  fys  expéditions  qui  se  font  à  ht 
t;hnuccHcric  de  Rome.  Règles  de  Chancellerie. 
11  si;.;iiiûc  aussi  La  maison  dcsiinée  jïour  le 
[chancelier.  Z*«"C/ni/icc!ferie  Je  Parts,  de  Ver- 
sailles. La  Chancellerie  de  Fontainebleau,  etc. 
Il  a  été  à  1(1  C/i<incc!!cM'e  faire  sceller  une  grâce. 
On  appelle  aussi  C/iuiiecJ!crie  dans  les  Par- 
lemens.  Le  lieu  où  l'on  scelle  des  I/!llres  avec 
le  petit  sceau. 

On  .pppclle  aussi  La  Chancellerie  de  l'Vniver- 
si.'é,  I.e  lieu  où  l'on  scelle  les  LeUies  de  .Mailic  •':! 
.Arts,  de  Docteur,  etc. 

CUAiVCEU.\,EUSE.adi.Çuicslen.-|iance, 
qui  est  en  bonheur.  Il  a  eu  le  gros  lut  de  '.^ 
loterie,  il  est  chanceujc.  Je  ne  suis  pus  si  chan- 
ceux gue  cela.  Il  est  populaire. 

On  dit  ironiquement,  Voihi  nn  homme  bien 
chanceux,  poui'  dire,  que  C'est  nu  homiuu' 
malheureux,  et  cnlre  les  mains  duquel  rien  ne 
léussit. 

CUANCIR.  V.  n.  Moisir.  U  ne  se  dit  guère 
lue  Des  choses  qui  se  mangent,  connue  des 
ronfilurcs,  des  piltés,  des  jambons,  cic.  Cet 
îonfitures  commeficcnt  à  chancir. 

On  dit  aussi  :  Des  conf  tares  gui  se  chaii- 
lisscjit.  Un  pâté  gui  co'mmence  à  se  chancir. 
Chasci,  ie.  participe.  l'ain  chanci. 
CaANCI5SURE.  s.  f.   Moisissure.  Oter  la 
chancissure  de  dessus  un  pdte. 

C;HANCRE.  s.  m.  Espèce  d'ulcère  itinliu , 
ijui  ronge  la  partie  du  corps  sur  laquelle  il  s'est 
liirnié.  Chancre  simple,  sccrhiitiguc ,  véitérim. 
Il  a  le  l'isage  ronge  par  un  chancre. 

On  dit  figurément  cl  [«pulairemeiH  ,  qu't  " 
homme  mange  comme  un  chancre,  i>our  diie, 
iju'll  in.-:nge  execssivemrnl. 

CliiASCivE,  signifie  aussi  Gei laine  pustule, 
certaine  élcvure,  que  la  chaleur  d'une  lièvre 
ard-jnlc,  ouauliec;ai:.e.!'ail  venir.snr  la  langue, 
au  palais,  auxlèvits.  /(  a  la  langue  toute  coii- 
'  verte  de  c'wncrej.  Il  a  un  chancre  à  la  Icvre. 
Eu  termes  de  Jardinage,  C^uincrc,  rH  aussi 
Une  maladie  qui  survient  aux  aibres,  d  qui 
les  ronge.  Ccl  mbrc-lù  a  un  :hancre. 


CHA 

CIïANCRnUX,  KUSi:.  ailj.  Çui  lient  de  la 
m'.IÎgiiitû  du  clinncrj.  Ulcère  chancrcux.' Bosse 
chancicuse.  Aihrc  chuncrettx. 

CHANDELEUR,  s.  f.  I-ti  ftlc  de  h  Prcscrr 
t  itiou  de  >i»irc-St:i5neur  nu  Tcnn>le,  cl  de  h 
PurifiCiilioiide  IiVîcii;e,  ainsi  uouuïu'c,  à  cause 
«jue  ce  jour-IJ  il  se  fait  une  Procession  ou  touï 
ïi"  monde  porte  des  cliandelles  dé  cire,  ou  des 
cierges.  Avant  la  Chundcleia',  La  f:tc  de  hi 
ChandAeur. 

CHANOKLIEK.  subsl.  masc.  Artisan  qui 
fjil  ou  vead  de  lu  cL.iiidelle.  Maître  Chan 
dMer. 

CÏIANDF.URR.  s.  m.  Sorte  d'ustensile  qui 
«;'rt  à  mettre  de  la  c!iandcl!c,  de  la  bougie  ou 
des  cJcrj'cs.  Chandelier  d*ctuin ,  de  cuivre^ 
d'arqeiit.  Grand  cliandclicr.  Chandelier  à  plu- 
sieurs hranches.  Chandelier  d^Ê(]l:si'* 

On  donne  aussi  l'j  nom  de  Chandelier  de  crî^- 
ial^  u  ce  qu'on  ;i[n>flle  auliemcnï  Un  lustre. 

On  dit  en  tcnncs  de  l'Éaiture,  qu7/  ne  faut 
"point  mettre  la  lumière  sous  le  boisseau  j  mais 
sur  le  chandelier^  a^n  (ju'cife  éclaire  toute  la 
maison.  ^ 

On  dit,  Être  placé  sw  te  chandelier,  être 
sur  le  chandelier,  pour  dire,  Étie  en  vue,  oc- 
cu|>er  une  place  cmiueute,  principalcnicnldans 
l'Église. 

CIIANOELI.K.  s.  f.  Petit  flaniheau  de  snîf 
©u  de  cire;  et  il  se  dit  plus  conuiuncmeut  De 
U  cliandetic  de  suif.  Grosse  chandelle.  Chan- 
delle des  quatre,  des  huit  y  des  douze  à  la  l.vre. 
C\and^'lle-  de  veille.  Chandelle  hcnite.  Allumer 
f.i  chandelle.  Moucher  la  chandelle.  Eteindjc 
la  chandeV.e.  Souffla-  la  chaiidelle.  Se  hrùler 
que  de  la  chandelle.  Travailler  à  la  chandelle. 
Jl  s^est  éteint  comme  une  chandelle.  Kxcom- 
vmnier  à  chandelles  éteintes.  A djuqe.-  une  ferme 
i\  chandelle  éteinte.  Un  pap'.^^n  qui  se  brûle  à 
la  chandelle. 

On  dit  figurcment  et  proverbialement,  par 
al'tusion  au  papillon,  qu'Ln  homme  se  brûle  à 
ta  cliandelle,  pour  dire,  qu'il  tombe  dans  un 
d  in^er  vers  lequel  il  est  attiré;  et.  qu'l/ri 
homme  vient  se  brûler  à  la  chandelle,  ptoiu 
dire,  qu'il  se  confie  h  ceux  dont  il  dcvroit  se 
dùficr,  qti'il  clu-rclie  un  asile  dans  le  lîeit  où  il 
y  a  le  plus  de  d  irger  pour  lui. 

On  dit  fi^un-nient  cl  proverbial.  À  chaque 
Saint  sa  c/um/t/Zc,  pour  dire, qu'il  faut  icndre 
dfi  devoirs,  des  soin»  h  cliaoune  des  persoDoes 
do;it  on  peut  avoir  l)csoin. 

On  dit  fi^urûment  cl  pmvcrbij'rment,  d'Un 
IifUiuiic  qui  est  échappé  d'un  gmnd  pcnl,qu7l 
doit  une  belle  chandelle  à  Dieu;  cl  d*Un 
Imnini;  qui  te  ménage  entre  deux  partis  op- 
pKs^'s,  qu7ï  rforinc  une  chandelle  à  DiVu,  et 
une  au  diable. 

On  dit.  quT^i  homme  est  mcnaqer  de  bouts 
de  chandelles,  iwurdire,  ([u'Il  est  êmnonie 
tn  de  i>ctitc3  clioscs,  ne  l'ctant  pus  dans  les  plus 
iiu]>ttrtanu-s. 

On  dil  d'Uitr  rliose  qui  coAte  plixs  qu'rlle 
ne  vaut,  que  L<  ji'u  n'en  vaut  pas  la  chan- 
delle. 

Ou  ilit  d'Un  !  omine  «juî  nnurl  ir.seatîblr- 


CÎIÂ 

ment  et  d.:  \  ieillcs^e ,  qu'/I  sVn  va  comme  une 
chundellej  que  c'est  w.ie  chandelle  {jui  s'éteint. 

On  dit  d'Un  Iiomnie  qui  a  un  grand  éblouis- 
sement  d'yeux  causé  par  un  coup,  un  beurl, 
une  cîiulCj  ^u'/i  a  vu  tîes  chandelles,  mille 
chandelles. 

On  dît  d'Un  mena;;e  où  le  mari  et  la  femme 
font  l'unet  l'autre  beaucoup  de  dépense, qu'O'i 
V  brûle  la  chandelle  par  les  deux  bouts.  Ou  dit 
nussi  d'Un  lioninie  qui  fait  en  niC>nie  temps 
plusieurs  dépenses  niul  A  propos,  m  qui  fait  à 
la  fois  des  excès  de  genres  diirérens,qa7!  brûle 
la  chandelle  par  les  deux  hauts. 

On  dit  aussi,  La  chandelle  hrûlcy  pour 
dire,  I-c  temps  presse. 

On  dit  d'Un:  femme,  qu'Elit*  est  hede  à  la 
chandelle,  pour  faire  cnleudre  que  Sa  beauté 
uc  soutient  pas  le  giniul  )our. 

On  rqipelle  Chandelle  des  Rois,  Une  cban- 
Jelle  ou  bougie  qui  est  peinte  de  diîTérentcs 
couleurs,  cl  qu'il  est  d'usage  en  qncljurs  lîuu.x 
de  brûler  le  jour  des  Kois.  Kt  on  dit  p.)pulaire- 
meut  d'Un  Jjabït  bîgirré  de  plusieurs  cou- 
Icui'S,  qu7l  est  bariolé  comme  la  chandelle 
des  Rois. 

CHA>TRE1>*.  s.  m.  Partie  de  la  télc  du 
rbeval  qui  est  cuire  les  soui-cils  depuis  ks 
oreilles  jusqu'au  uez.  Ou  iippeloit  ainsi  autre- 
fois La  pièce  de  fer  qui  couvroit  le  devant  de  li 
l(;tc  diin  cheval  armé.  El  de  15  vient  qu'où  ap- 
pelle maintenant  C/iun^Gt'in,  Le  devant  de  la 
tête  du  clicval  non  armé.  Un  cheval  (jul  a  U 
chanfrein  blanc. 

CnAN(JE.  s.  m.  Troc  dune  cliosc  conlie 
une  autre.  Ce  mot  n'est  gui'rre  d  usage  en  ce  sens 
que  d;;ns  les  phrases  suîvuuies  :  GaQuer  au 
change.  Perdre  au  channe. 

Change,  est  aussi  Le  lieu  où  l'on  va  chan- 
ger des  pièces  de  monnoie  pour  d'autres,  comme 
des  louis  d'or  pour  de  l'argent  blauc ,  etc.  Aller 
au  change. 

Change,  signifie  aussi  Banque,  la  profc;*- 
sîon  de  celui  qui  fait  tenir,  qui  fuit  renieltre  dit 
l'argent  d'une  Ville  h  une  autre,  de  placj  en 
place.  Fuï're  le  change.  La  ilace  du  change. 
Courtier,  Agent  de  change.  Lettres  de  chanqc. 
Billet  de  change.  Payer  comme  au  change, 
pour  dire.  Pajcr  sur-lc-clianip. 

11  signifie  aussi  La  place  nitnic  ou  s'assem- 
blent les  Banquiers  pour  traiter  de  leurs  alTau  es. 

Il  signifie  encore  Le  prix  que  le  Banquier 
prend  pour  Targcnt  qu  il  fait  remeltre.  Le 
change  d'ici  à  Rome,  d'ici  à  Amsterdam ,  est 
de  IjiiK  poiir  cent.  Ce  change  est  gros^est  fort. 
Le  change  a  augmente.  Le  change  est  o:i  pair. 

Il  signifie  au»si  Le  profil,  l'intért^t  de  l'ar- 
gent qu'on  prête  selon  le  cours  de  la  place. 
Prendre  à  change. 

Chance,  terme  de  Vénerie  qui  n  est  g-iirc 
d'usage  que  dans  ces  pliroses:  Prendre  le  change. 
Carder  le  change.  Donner  le  change. 

On  dit,  que  Des  chiens  prennent  le  change, 
Lors'm'ils  qui:tent  la  hèu  qu'ils  cbassciit, 
pour  courir  une  autre  bOic  de  rr-ncontrc.  Ou 
dit,  que  Des  ch'ens  gardent  U  change.  Lurs- 
qu'>i>i  lieu  de  s'rniportcr  npi^  une   iiou\c!U:  | 


CHA  ..n 

bcte,  ils  cootinucut  toujours  à  chasser  la  pre- 
mière bJte  qui  a  été  lancée.  Ou  dil,  qu'Une 
bête  donne  le  change,  Lorsque  durant  1b chasse 
cRe  fait  lever  une  autre  bête,  dont  les  chietis 
suivent  la  voie. 

On  dit  figurcmcnt,  Donner  le  change  à  quel- 
qu'un ,  pour  dire,  Détourner  adroilemenl  quel- 
qu'un du  dessein  et  de-s  vues  qu'il  peut  avoir, 
en  lui  donnant  lieu  de  cro're  une  chose  pour 
une  autre.  Et  on  dit  De  celui  qui  se  laisse  ainsi 
ironiper,  ou  par  ignorance,  ou  par  simplicilù, 
qu7ï  prend  le  c/nin^c,  qu'il  a  pris  le  change. 

Ondilaussi,  (fiiUn  homme  prend  le  channe^ 
Lorsque,  dans  une  dispute,  dans  un  lalsoune- 
ment,  dans  la  négociation  d'une  alfiiirc*,  il  sort 
do  son  sujet ,  pour  s'aUacber  îi  des  choses  dont 
il  n'est  point  qucsiion. 

On  dit  proverbialcmeul  cl  ligurément,  d'Un 
homme  qui  répond  vivement  et  ingénieusement 
îi  une  plaisanterie,  h.  une  objection  que  quel- 
qu'un lui  faisoit,  qu'//  lui  a  rendu  le  change. 

CHANGEANT,  ANTE.  adj.  Va;iable,mua- 
ble,  qui  change  facilem'int.  Voilà  un  temps 
bien  changeant.  Une  nation  fort  changeante. 
Humeur  changeante.  Esprit  changeant. 

On  appelle  Couleur  changeante,  Une  con- 
Icui;  qui  change  selon  les  diiréientes  exposi- 
licjns  ,  comme  la  gorge  d  un  pigeon.  Taffijas 
changeant,  est  celui  qui  paroil  de  dinTérentes 
couleurs,  parce  que  la  trame  est  d'une  couleur, 
et  la  chaîne  d'une  autre. 

CH\>'GEMiiNT.  .s.  ni.  Mutation,  ronver- 
sii;n,  action  de  changer.  ^  'ra^wc^meri'rDlriix  ^ 
continuel  changement.  Tout  a^t  su)cl  au  chan* 
gement.  Changement  de  saison.  Changement 
de  vie  ,  de  conduite.  Changement  d'état  ,  de. 
condition.  Changement  dans  la  nature,  dans 
les  affixires y  dans  le  gouvernement.  Change- 
ment de  thétitrej  de  scène.  A imer  le  changement. 

CHANGER,  v.  act.  Quitter  une  chose,  s'en 
défaire  pour  en  prendre  une  autre  h  la  place. 
//  a  changé  sa  vieille  vaisselle  pour  de  la  neuve. 
Il  a  changé  ses  tableau.t  contre  des  meubles. 
Changer  un  louis  pour  de  Vargent  blanc,  pour 
de  la  monnoie.  Je  ne  vetLC  pas  changer  avec 
lui.  On  a  changé  l'ordre.  Ne  nous  changez  pat 
notre  l'in.  Il  a  changé  son  bien  de  nature.  Il  a 
changé  tout  son  plan.  Il  a  changé  toute  sa 
maison. 

On  dit  piovcrbialcmcDt  et  figuréni.,  Chatu 
ger  son  cheval  borgne  contre  un  aveugle,  pour 
dire,  Changer  une  chose  qui  n'est  pas  b*>nuc 
contre  une  plus  mauvaise. 

Changeii,  signifie  nussi,  Convertir,  trani- 
muer  une  chose  en  une  autre.  Dans  le  Sacre- 
ment de  VEucharistie^  le  Pain  est  change  au 
Corps  de  yotre-Scigneur.  Aux  noces  de  t'una, 
JÉ-^-cs-CnniST  changea  TeiiU  en  vin.  La  femme 
de  Loth  fut  changée  en  une  statue  de  sel.  Ce 
Chimiste  se  vante  de  pouvoir  chonger  toutes 
sortes  de  métaux  ea  or. 

Il  est  aussi  neuti-e  ;  et  alors  il  signifie,  Qui)  ter 
une  chose  |>our  une  autre,  comme  dans  le  pre- 
mier »ens.  H  se  dit  tnnl  au  figuré  qu  an  pntpir, 
ri  il  ne  s'emploie  qu'avrc  la  prt'[)«>bit!on  De. 
Changer  d'hchit,  de  chemise ^  de  logis,  de   ré- 

a«. 


220  C  H  A 

solution,   d'avis,   de   place  ^   â'air  ^   de  po)s. 
Changer  de  vie.  Changer  de  Maître.  Changer 
<fc  Itinquge.  Il  u  changé  de  couleur.  Il  a  chiingc  ^ 
de  vistiqc.  Changer  de  façon  dt  faire.  Changer 
de  conduite.  Changer  de  parti.  Changer  de  ton. 

Oii  dlU,  Changer  en  bien,  cJtanger  en  mal^ 
changer  en  beau.  On  dit  aussi  ,  Changer  du 
tout  au  tout,  ou  du  hlanc  an  noir,  pour, 
Clianj-cr  absolument.  ! 

Oq  dit  fi-iiréni. ,  Changer  de  hatterie ,  pour 
dire,  Clianf^cr  de  moyens  dans  une  aflâire. 
Voyez  BATTEnir.  ' 

O»  dit  proverbîalcm.  et  figiircm.,  Changer  ' 
de  note,  pour  dire,  Changer  de  façon  de  lairc 
ou  de  parler.  } 

Il  se  met  quclipicfois  alisolument.  Le  tcmpt 
va  changer,  il  fait  du  brouillard.  Il  dégèlera 
$i  îe  vent  change.  La  mode  a  changé.  Rien 
u'cit  stable  en  ce  monde,  tout  change.  1 

On  rtuiiploie  aussi  absolument,  pour-dire,' 
Changer  de  linge,  dans   le  cas   ou  l'on  eloil  ■ 
mouille  par  la  pluie  ou  la  sueur.  Je  suis  rentri 
chez    moi   pour    changer.   Ce    malade  a  assci 
transpiré,  ïl  est  temps  de  le  chanqer.  Il  faul  •. 
changer  cet  enfant.  I 

Changé,  ke.  paiticipc.  Cet  cnftnt  a  éti 
changé  en  nourrice.  | 

On  dit,  qu7'n  homme  est  changé,  bien 
changé,  changé  à  ne  pas  le  reconiiottrc ,  poui 
dire  ,  (ju'U  a  le  visrif:;e  bien  cliati-îe ,  soit  pal 
IVige,  soit  par  la  maladie,  ou  qu'il  a  chang* 
entièrement  de  mœurs  et  de  conduite. 

CHANCKIIR.  s.  m.  Celui  qui  est  prcpos< 
en  titie  d'office  pour  cb.-inger  les  espèces  d'oi 
o'i  d'argent.' PoiU'r  des  monnoics  étrangères  an 
Changeur. 

On  dit  qu't/n  homme  paye  comme  un  chati- 
geur ,  pour  dire,  qu'il  paye  con)ptint. 

CHANOINE,  s.  m.  Celui  qui  possède  un 
Canonicat  dans  une  Église  Cathédrale  ou  Col- 
légiale. Chanoine  de  Notre-Dame  de  Paris. 
Chanoine  de  St.  Honoré. 

On  appelle  Chanoines  Réguliers,  Des  Clia- 
noincs  qui  font  des  vœux  de  Religion,  et  qui 
vivent  en  communauté.  Les  Chanoines  Régu- 
liers de  St.  Augustin,  de  Sle.  Geneviève,  du 
Prémontré. 

On  dit  figurt'mcnl ,  l\îcncr  une  vie  de  Cha- 
noine, pour  dirCj  ÎMcner  une  vie  douce  el 
tranquille. 

CHANOINFvSSK.  s.  f.  Fille  (pii  possède  une 
Prcbcnde  dans  un  (Chapitre  de  l'illcs.  Chanoi- 
ncsscde  N  ivelle  ^  de  M  auheuge ,  de  Hcmircmont. 
Chanoinessc  de  Mons. 

CHANOINIE.  8.  f.  Canonicat.  Posséder  une 
Chanoinie.  Conférer  une  Chanoinic,  Il  est  de 
peu  d'usage, 

CHANSON,  s.  f.  Genre  de  Poésie.  Vers  que 
l'on  chante  sur  quelque  air.  Chanson  nouvelle. 
Vieille  chanson.  Chanson  nmonreuse.  Chanson 
à  danser.  Danser  atur  chanwns.  Chanson  à 
boire  on  chanson  hachirpie. Faire  unechanson. 
Vn  couplet  de  chatisnn.  Le  refrain  d'une  chan- 
ton.  lYoIer  une  chanson.  Composer  une  chan- 
son. On  a  ftitdes  chanf;ons  sur  lui.  Il  met  tout 
en  chanson.  Dire,  chanter  une  chanson. 


CHA 

Chasson  ,   signifie    figurément ,   Sornette  , 
discours,  ou  raison  friTole.  Tout  ce  qu^il  vous  ' 
dit  là  est  une  chanson.  ïl  nous  conte  des  chan- 
sons. Chansons  gue  tout  cela. 

On  dil  figurénirntcl  proA  erbîalement ,  d'Un 
liomme  qui  dit  toujours  la  même  ehose,  qu'// 
n'a  quune  chanson,  qu'il  ne  sait  (juune  chan- 
son, quM  dit  toujours  la  même  chanson,  que 
c'est  toujours  la  même  chanson. 

Ou  dit  proverbialeincnt ,  C'est  la  chanron 
du  ricochet  ,  pour  dire  ,  C'est  toujours  la 
même  réponse,  le  même  discours.  Il  est  po- 
pulaire. 

On  dit.  Voilà  bien  une  autre  chanson  ,  pour 
dire,  Voilà  une  nouvelle  chose  ^  laquelle  on  ne 
s'atlendoit  pas.  Il  est  familier. 

CHANSONNER.  v.  act.  Faire  (les  chanrons 
contre  quelqu'un. 

ra\NS0NNÉ  ,  ÉE.  participe.  Il  a  été  hen 
chnnsonné.  Femme  chansonnée. 

CHANSONNETTE,  s.  f.  diminutif.  Petite 
chanson.  Vnetendre  chansonnette.  Il  se  dil  par 
opposition  aux  airs  graves  et  sérieux,  et  pani- 
culitrement  Des  chansons  tendres  et  de  celles 
des  lîergeis. 

CHANSONNIER  ,  1ERE,  subst.  Faiseur 
ou  fjiseusc  de  «hansous.  Terme  qui  n'est 
d'usage  que  dan*  le  style  familier.  Les  bons 
chatisoniiiers  sont  rares.  C'est  un  arand  c/iun- 
sonnz'cr. 

Chansonniep,  se  dit  aussi  d'Un  recueil  de 
rhansons. 

CHANT,  s.  mnsc.  f-'-levriiion  et  inflexion  de 
voix  sur  différeus  tons,  avec  moduhiiiou.  Beau 
chant.  Chant  agréable,  harmonieux^  mélo- 
dieux. Chant  triste,  lugubre.  Chant  d'allé- 
gresse. Chant  de  triomplte.  Ckant  nuptial. 
Chant  pastoral.  iMetlre  un  air  en  chant.  îî  o 
fuit  les  paroles,  un  autre  a  fait  le  chant.  Ce 
n*est  pas  là  le  chant.  Sur  le  chant  de.... 

On  appelle  P/(iin-c?ianI,  ou  Chant  Grégo- 
rien, et  Chant  d'Eglise,  Le  chant  ordinaire  de 
l'Église,  dont  St.  Grégoire  est  regardé  comme 
rinstilutcnr. 

On  dil  d'tTn  morceau  de  musique,  qu'/I  n'a 
joint  de  chant  el  d\igré<nent,  pour  dire,  qu'il 
manque  de  mélodie.  Cette  ouverture-  là  n\i 
yvint  de  chant. 

Chant,  se  dit  aussi  Du  ramage  des  oiseaux. 
Le  chant  du  rossignol,  du  s:rin,  de  l'aluuetle., 
Pic.  Le  chant  du  Cytjne  est  consacré  par  les 
Poêles. 

On  dit  Du  dernier  ouvrage  d'un  homme  cé- 
lèbre,  quand  cet  ouvrage  est  bon,  C'est  le 
chant  du  Cygne. 

Il  se  dit  encore  Du  cri  du  coq.  Au  premier . 
au  second  chant  du  coq. 

Chant,  se  dit  aussi  Du  cri  de  la  cigale. 

Oïl  dit  figurément,  Un  chant  de  Sirène  , 
pour.  Un  l.nngage  trompeur. 

(;nA>T  RovAU  On  appeloir  ainsi  autrefois. 
Une  sorte  de  Poëme  de  six  strophes  d'onze  vers 
cliacune,  et  où  l'ouxitme  vers  de  In  premli-re 
strophe  éioit  répété  à  la  fin  de  tontes  le»  autres. 

En  parlant  Des  Poëmes  l'piques  Italiens  e( 
EspagnoU,  on   appelle  Chant,  Ce   que  ilans 


CHA 

les  autres  Poëmes  on  a  accoutumt.^  d'appeler 
Livre.  Ainsi  en  parlant  De  la  Jérusalem  du 
Tassf,  on  dit,  Le  premier  chanta  le  .second 
chant.  On  le  dit  aussi  Des  Poèmes  François.  Le 
premier  ehant  du  J-.iitrin. 

CHANTANT,  ANTE.  adject.  Qui  se  chante 
aisément.  Air  chantant.  Musique  chantante. 

On  dit  d'Une  Langue  fort  accentuée ,  dont 
la  prosodie  a  quelque  chose  de  musical  , 
qu'E/ic  est  chantante,  qu'elle  a  quelque  chose 
de  chantant. 

CHANTE  AU.  suhst.m.  Morceau  coupé  d'un 
grand  pain.  Un  qros  chanteaii  de  pain. 

On  appelle  Chanteau  de  pain  bénit,  ou  ab- 
solument Chanteau,  Le  morceau  de  pain  bënît 
quon  envoie  à  celui  qui  doit  rendre  le  pain 
ôtinit  la  FtHe  ou  le  Dimanche  suivant. 

On  appelle  aussi  Chanteau,  Un  morceau 
d'étoile  coupe  d'une  plus  grande  pièce.  Ce 
manteau  a  été  coupé  en  plein  dfup,  il  n*y  a 
point  de  chanteau.  Les  chanteaux  d'une  robe, 
d'une  .sowfanc. 

CHANTEPLEURE.  s.  f.  .^orle  d'entonnoir 
qui  a  un  long  tuyau  percé  de  plusieurs  troui 
par  le  bout  d'eu  bas,  pour  faire  couler  du  vin 
ou  quelque  autre  liqueur  dans  un  muid  de  vii», 
sans  le  tioublcr. 

On  appelle  aussi  Chantcpleure ,  Une  fente 
qu'on  pratiqiae  dans  des  murs  pour  laisser 
écouler  les  eaux, 

CHANTER,  v.  a.  Former  avec  la  voix  une 
suite  de  sons  variés,  selon  les  règles  de  la  mu- 
sique. Chanter  bien.  Chanter  juste,  agr€nhU~ 
meut,  passablement.  Chanter  à  pleine  vorc. 
Chanter  fau.v.  Chanter  à  basse  note.  Il  nlloU 
chantitiit  par  les  chemins.  Chanter  la  Grand'- 
Vesse.  Chanter  Vhvangile.  Chanter  Vêpres,  etc. 
Chanter  en  musique.  C  hanta'  en  fiujc-bonrdon. 
Chanter  un  motef.  Chanter  un  air.  Chanta'  une 
chanson.  Chanter  le  dessu!:^  la  basse,  etc.  Chan- 
ter en  concert.  Chanter  seul.  Chanter  au  Lutrin. 
-V (litre  à  chauler. 

Oo  dît,  C'itinter  à  Uvrc  ouvo-t,  pour  dire, 
Chanter  ù  la  première  inspection  des  notes,  un 
air  qu'o«i  n'avoit  jamais  vu. 

Chanteh  ,  se  dit  aussi  Des  oiseaux  et  de  la 
rij;ale.  L'alouette  a  chanté.  Le  coq  a  chanté.  La 
ciffale  chante. 

Le-s  Poètes,  i)rinci]ialemeiit  dans  les  poënifs 
Épiques,  disent  ({u'Ils  chantent;  cl  ils  coni- 
niencentd'ordinalre  leurs  poèmes  par  ces  mots  : 
.Je  chante. 

CiiANTEn,  signifie  aussi  Publier,  célébrer, 
Ttmt  le  monde  chante  vos  louanges.  Chantu 
la  gloire,  chanter  les  hauts  faits  d'un  Héros. 

On  dit  figurément,  Il  ne  faut  pas  se  hûter 
de  chanter  victoire,  pour  dire,  Se  vaitter  trop 
tôt  du  succts. 

(^n  dit  qu'f/ii  homme  c?ianlc,  Quand  i! 
récite,  déclame  ou  lit  dune  manière  qui  n'est 
[LIS  naturelle,  et  qui  approche  du  chant.  Ce 
Comédien,  ce  Prédicateur  chante. 

Chanter  injures,  chanter  ponilles ,  chanter 
qoquetlcs  à  quelqu'un,  C'est  lui  dire  des  in- 
inres,  lui  dire  des  choses  oflcnsantrs.  Ces  phrasci 
fout  du  stvic  fdntilicr. 


C  H  A 

Cndlt  iiiissi,  Je  lui  ai  bien  chanté  xa  gamm^, 
pour  dire.  Jo  lui  ai  fait  de  furtcs  n'pninaiidfs, 
je  lui  ai  bien  dit  ses  vcrités. 

On  dit.  Chanter  la  palinodie,  pour  dire,  Se 
retraiter,  si- d»'dire  de  re  qu'on  avoit  avanré. 

CHANTKn,  m  rcilaines  plirases  du  style  fa- 
milier, sigiiiiic  Dire.  Ainsi  on  dit,  Voyons  ce 
que  ce  Livre,  ce  que  cet  Auteur  chante,  pour 
dire,  Voyons  de  quoi  ce  IJvre-là  traite.  Il 
chante  toujours  la  même  chose^  pour  dire.  Il 
répète  toujours  la  nif'ine  cliosc. 

On  dit  familiôrenieut ,  Faire  chanter  quel- 
qu'un sur  un  autre  ton,  po'irdire,  Lui  faire  chan- 
ger de  langage,  il  faut  qu'il  chante  sur  un  autre 
ton^  pour  dire,  Il  faut  qu'il  en  o.Trc  davantaf^e, 
qu'il  en  donne  davantage. 

On  Hit  qu'On  a  fait,  qu'on  fera  chanter  un 
nomme,  pour  dire,  <ju'Ou  l'a  réduit,  qu'on  h 
réduira  à  la  raison. 

On  dit  provcrlualenient  et  figiu-cment  À  un 
Iiomme  qui  dit  quelque  chose  qu'on  n'approuvu 
pas,  qu'on  ne  trouve  pas  à  propos,  C'est  bien 
chanté  •  miis  cola  ne  se  dit  que  par  moquerie. 

On  appelle  Vain  à  chanter.  Une  sorte  de 
pain  rond  irf-s-mince,  sins  levain,  dont  on  se 
icrt  pour  crichrer  la  Mosse. 

<Jh  app  -110  aussi  Pain  à  chanter ^  Une  sorte 
de  petit  pain  hianc,  rou^e  ou  noir,  ou  d'autres 
coid  urs,  avec  lequel  on  cachette  les  lettres. 

Cii\NTK,  ÉE.  participe. 

CH.\>'rt:ni:LLE.  s.  f.  La  corde  'd'un  luth, 
d'un  violon,  etc.  qui  est  la  plus  déliée,  et  qui  • 
Ir  son  le  plus  ni;;".  Mettre  uiic  chanterelle. 
Hausser  la  chanterelle.  Baisser  la  chanterelle^ 
La  chanterelle  s*est  rompue. 

On  appelle  aussi  Chanlerelley  Vn  oiseau  que 
l'on  met  dans  une  cage  au  milieu  d'un  bois  on 
d'une  campaj^ne,  afin  que  par  son  chant  il  at- 
tire les  autres  oiseaux  dans  les  filets  qu'on  a 
tendus  pour  les  prendre.  La  c/iuntcrcï/e  a  attirt 
beaucoup  A'oiseau  r. 

CIIAMEIR,  EUSE.  s.  Qui  fait  m.iier  de 
chanter.  Les  chanteurs,  les  chanteuses  de  l'O- 
^yéra.  Les  chanteurs  du  PontSeuf.  C'est  une 
excellente  chanteuse, 

(CHANTIER,  s.  m.  (îrande  pince  où  l'on 
arrange,  ou  l'on  entasse  des  piles  de  ^ros  boii 
à  brûler,  ou  d«'  clrarpintc,  ou  de  charronnagr. 
Les  chantias  sont  pleins,  on  ne  manquera  pat 
de  hois.  Ce  Marchand  de  bois  a  son  chantier 
très-bien  qarni. 

On  oppelle  r/i<iriticr  d\itelier.  Le  lieu  où 
l'on  dccbargf  le  l»ois  ou  la  pierre,  pour  les  Ira- 
v«i||r.r,  afin  qu'on  puisse  les  employer  h  un 
b.'uimcnL  Les  pierres  sont  au  chantier.  Le  boi$ 
est  en  chantier. 

Il  se  dit  aussi  Des  pièces  de  l>ois  sur  quoi 
on  pmo  des  muids  de  vin  ou  d'autre  liqueur 
dan»  le  cellier,  dms  la  cave.  Mettre  du  vin  en 
chantier.  Il  a  tanldepiéces  devin  en  chantier^ 
sur  \e  chantier. 

On  dit,  Mettre  une  pièce  de  bois  en  cïion- 
tier,  pour  dire  T*a  poser,  la  mettre  eu  étal 
d'ùlre  travailUe.  Et  on  dit  d'L'n  vaisseau  que 
Ion  ron^lruii.  qu  //  est  sur  le  chantier. 

On  dit  (igurcnWDt  et   familiiTciucnt  d'L'u 


CHA 

Ouvrage  de  T.ilt.-'iaturc  ou   d'Art,  .'lUquel  on 
travaille,  qu7i  est  sur  le  chantier. 

CHANTIG.NOLE.  s.  -f.  Pièce  de  bt>i»  qui 
fioutient  les  pannes  d'une  charpente. 

CHANTOURNÉ,  s.  m.  Pièce  dun  lit,  q.il 
est  de  bois  bien  tr.ivaille,  ou  couvert  d'uloÛc, 
et  qui  se  met  entre  le  dossier  et  le  chevet.  Ce 
chantourné  est  bien  fait, 

CHANTOURNER,  v.  a.  Couper  en  dehors 
une  pièce  de  bois,  de  fer  ou  de ploml), suivant 
un  profil. 

CHA.^ToriiNf': ,  tE.  participe. 

CHaNTRE.  s.  m.  Celui  dont  la  four'.ion  est 
de  chanter  dans  l'Ilglise  au  Service  Divin.  Xi  > 
a  de  bons  Chantres  en  telle  K^jlisc.  Les  Chantres 
de  Notre-Damef  de  la  Sainte -Chapelle.  Les 
Chantres  de  la  Musique  du  Roi. 

CHANTnE,est  aussi  Une  dignité  dans  le  Cha- 
pitre d'une  Éj^lise  Cathédrale  ou  Colléf'ialc,  et 
dens  quelques  Monastères;  et  celui  qui  en  est 
rov'-'tu  est  le  !\!aiire  du  Chœur,  et  j)réside  an 
ihant.  Le  Grand  Chantre.  Le  Chantre  di 
^'otre-Diime.  Bdton  de  Chantre. 

CnANrnE,  se  dit  fif^iuénieut  et  pocllque- 
tncut  d'Un  Po  te.  Ainsi  on  dit,  Le  Chantre  de 
\a  Thrace,  pour  dire,  Orphée;  Le  Chanttt 
Théhain^  pour  dire,  Pindarc. 

On  appelle  aussi  fi^uréjuent  et  poctiquc* 
ment  Les  Rossignols  et  les  autres  oise.iux,  Lei 
Chantres  des  hois. 

CRANTRERIK.  s.  f.  ïîcnéfice,  dl,:^nîtd  iU 
Chantre  dans  une  Église  Cathédrale  ou  Collé- 
giale. La  Chantrcric  d'une  telle  i^^/ise.  La 
C/innfreric  d'un  CbajnUe. 

CHANVRE,  s.  m.  Plante  tpii  porte  le  chè-  f 
ïevis ,  et  dont  l'ccorce  sert  ^  faire  de  la  filasse. 
Chanvre  niiSlc.  Chanvre   femelle.    Cueillir   dii. 
^haiivre.  Faire   rouir    le    chanvre.    Tiller  du 
ihanvre.  Broyer  du  chanvre. 

Il  se  dit  aussi  pailiculièrcmcnt  De  la  filassî 
ic  chanvre.  Du  fil  de  chanvre.  De  la  tuile  dt 
îhanvre, 

Chanvue  BATAnn.  Vo;)'C3  Gali':opsis. 

CHAOS,  s.  m.  (  On  ne  prononce  point  l'H.] 
ronfusion  de  toutes  choses.  H  se  dit  ai  propre, 
De  l'état  où  toutes  choses  étoienl  duis  l'ins- 
Iruit  de  11  création,  avant  que  Dieu  Iw  eût  ar- 
rangées dans  l'ordre  ou  elles  sont. 

Il  se  dit  figurjuient  De  toute  sorte  de  con- 
fusion. Ses  alJiiircs  sont  dans  un  chaos  épou- 
vantable. Sa  Bibliothèque  est  unchaos.  Sa  tcti 
est  u'i  chaos. 

CHAPiC.  «.  f.  Vêtement  a'Église  en  forme 
de  manteau,  qui  s'agrafe  par-devant,  et  va 
jusqu'aux  talons,  et  cjue  portent  l'Évèque,  le 
Prêtre  OflTicianl,  les  Chantres,  etc.  durant  le 
Service  Divin.  Chape  de  drap  d'or,  de  satin, 
de  damas.  Chape  en  broderie.  Les  Chantra 
qui  portent  chape.  Il  avoit  la  chape.  L'Arche- 
vêque vint  recevoir  le  Roi  en  chape  et  en  mitre. 

Il  se  dit  aussi  De  l'habil  que  portent  les  C  ir- 
dinaux,  qui  a  un  captice  doublii  d'herniine. 
Chape  rouife.  Chape  violette.  Chape  noire. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  grand  manteau  de  drap 
nu  de  serge,  que  les  Ch.uioincs  »<'"CuIicrs  et  ré- 
guliers pottcnt  auchcL'Ur  dur>U)t  Ihiver. 


CHA  331 

On  dii  fif-urénient  et  proverbial.,  Di'spiiler, 
se  débattre  de  lu  chape  à  VÉvéque,  pour  dirv, 
Disputer  à  qui  opparticndi-a  une  chose  qui 
n'est  et  ne  peut  cire  J  pas  an  de  ceux  qui  se  la 
disputent. 

On  dit  proverbial. ,  C/ierc/ier  c/uipc-c/jufe, 
pour  dire,  Clierclier  occasion  de  profiler  dt  la 
négligence  ou  du  malheur  de  quelqu'un. 

Ou  dit  dans  le  m«5me  sens,  Trouver  chape- 
chute  ;  ce  qui  vient  de  ce  qu'autrefois  Chaje 
siguifiolt  un  manteau.  Aujourd'hui  on  dit  plus 
communément,  C/icrc/icr  c/iupe-c/iufe;el  Trou- 
ver c/id/jc-c/iute,  pour  dire,  Trouver  quelqu"! 
chose  de  désagréable,  h  la  place  de  ce  quon 
cherchoit  d'avantageux. 

Chape,  se  dit  aussi  Du  couvercle  d'un  alam- 
bic. 3/cItrc  lu  chape  sur  Valamhic,  En  ce  sens 
l'a  de  chape  est  bref,  au  lieu  que  la  pronon- 
ciation eu  est  longnc,  en  parlant  de  la  cbaije 
d'un  Evèque. 

Cuape  est  aussi  La  partie  de  la  boucle  par 
laquelle  elle  licr.t  au  soulier  ou  à  la  ceinture. 

Chape,  Le  bout  des  mitaines  des  fenunes, 
ce  qui  couvre  le  dos  des  doigts  de  la  main. 

Chape  de  poulie.  En  Horlogerie,  La  mon- 
ture d'uuc  ou  plusicui^  poulies. 

CHAFÉ.  adj.  TcrniL-  de  Blasou,  Il  se  dît  de 
l'Ecu  qui  s'ouvre  en  chape  ou  en  papillon. 

CHAPEAU,  s.  masc.  Coiffure  des  liommrs, 
qui  est  ordinairement  d'étoffe  foulée,  de  laine 
ou  de  poil,  et  qui  a  une  forme  avec  des  bords.- 
La  forme  d'un  chapeati.  Les  bords  dun  c/ia- 
peau.  Vn  chapeau  noir.  Vn  chapeau  gris.  Vn 
chapeau  de  castor,  de  vîfjo^ne.  Vn  chapeau 
pointu.  Un  chapeau  en  pain  de  sucre.  Un  cordon 
de  chapeau.  Mettre  son  chapeau.  Oter  son  cha- 
peau. Un  chapeau  qui  coiffe  bien.  Chapeau 
horde  j  dont  les  bords  sont  crues  d'un  galon. 

On  dit,  Ott'.r  son  ch.api:uu  à  quelqu'un^  pour 
dire,  I^  saluer  en  se  découvrant  la  lèlc.  Oies 
votre  chapeau. 

On  appelle  Coups  de  chapeau.  Les  saluta- 
tions qu'on  fait  en  ôtaut  son  chapeau.  Cela  tit 
vaut  pas  un  coup  de  chapeau. 

On  dit,  Enfoncer  son  chapeau  ^  pour  diie, 
Prendre  une  résolution  dans  quelque  circons- 
tance difliLile,  dans  quel^pie  péril. 

Ondit,  .1/c((re  chapeau  bas,  pour  dire,  Oter 
son  chapeau;  et  absolument,  C/uipeuM  bas,  pour 
dire,  Découvrez-vous,  ôlci  votre  chapeau. 

On  appelle  C/irtpertU(fe  Cardinal,  Une  sorte 
de  chapeau  rouge,  qui  a  la  forme  très-plate,  et 
les  bords  ircs-grands,  et  d'où  [>cudt;nt  de  grands 
cordons  de  soie  rouge. 

Chapeau  de  Cardinal,  et  absolument  Cha- 
peau, se  dit  aussi  pour  signifier  La  dignité  de 
Cardinal;  et  dans  ce  sons  on  dit,  qu'On  adonné 
le  Chapeau  de  Cardinal  à  quelqu'un.  |K)ur  dire, 
(|ue  Le  Pape  l'a  fait  Cardinal.  Et  ou  dit ,  qu'il 
vaque  tant  de  Chapeaiur ,  pour  dire,  qu'il  y  a 
tant  de  places  vac-mtcs  d.ms  le  sacré  Ccllége. 

On  appelle  Chapeau  de  jlcurs^  Une  cou- 
roiuic  de  llcurs  qu'on  porte  snr  sa  tClr  d.-ius 
quel<|ues  réjouissances ,  dans  quelque  fête  to- 
lonncllc. 

On  appelle  encore  Chapeau  ^  Le  bouijUci  de 


322  f:  M  v 

fleurs  qu'on  mot  dcrriùie  la  Ic-te  d'une  fille  le 
jour  de  SCS  noce».  Chapeau  île  roses. 

On  dit  d'Une  femme,  nuElU  i'esl  donne 
un  maui'ais  chapeau,  pour  dire,  qu'Elle  a  fait 
tort  ix  so  r»'putation. 

On  dit  proverbialement  et  fi^urémcnt  Du 
plus  grand  lionnenr,  de  l'avantage  le  plus  con- 
sidérable qu'ait  une  personne,  que  Ces'  '"  p'"' 
belle  rose  de  son  chapeau.  Poiinpioi  se  défc- 
roil-il  de  cette  charçjc'  c'est  lu  l'ius  belle  rose 
de  son  chapeau. 

Chai-EAD,  dans  le  sljle  familier  ,  se  dit 
aussi  quelquefois  Des  liommes.  Il  y  avoit  là 
plusieurs  femmes,  et  pas  un  chapeau. 

On  appelle  Frérc  Chapeau,  Vu  Moine  sulinl- 
ternc,  qui  en  accompagne  un  autre. 

Ou  ap))ellc  (içureui.  et  IKmiliérement,  Frère 
chapeau,  Un  vcre  oiseux,  qui  n'est  fait  que 
pour  la  rime. 

On  dit,  en  parlant  d'Une  bataille  sanglanle, 
qu'il  y  a  en  bien  des  chapeaux  de  reste. 

tlIAPKLAIN.  subst.  m.  Bénciicier  titulaire 
d'une  Chapelle.  Les  Chapelains  de  Notre-Dame. 
Les  Chapelains  de  lu  Sainle-ChapeUc. 

Chapel.mn,  se  dit  aussi  d'Un  l'rêtre  qui 
reçoit  des  appointemeni  pour  dire  la  Messe 
dans  une  Cliapelle  domestique. 

On  appelle  Chapelain,  chez  le  Roi,  Un 
Prêtre  Ollicier  du  Roi ,  dont  la  fonction  est  de 
dire  la  Messe  au  Roi ,  à  la  Reine,  etc.  Les  Cha- 
pelains de  chez  le  Roi.  Chapelain  de  la  Reine. 
Chapelain  de  nuartier.  Chapelain  ordinaire. 

CHAPELER.  V.  a.  Il  n'csl  gui'rc  d'usage 
que  dans  celte  phrase ,  Chapchr  du  pain , 
pour  diro ,  Ôtcr  le  dessus  de  la  croûte  du 
paio. 

CHAP2i,i,  ir..  participe-  Du  pain  chapelé. 

CH.4PF.LET.  subst.  ni.  Certain  nombre  de 
grains  enfilés ,  sur  lesquels  on  dit  des  Avé  M  aria , 
et  à  cli.ique  dizaine  riesquels  il  y  en  a  un  |>Ius 
gros  ,  sur  lequel  on  dit  le  Pa(cr.  Chapelet 
de  corail,  d'aqate,  de  cornaline,  de  rjui  de 
chêne.  Enjîler  des  cliapelets.  Dire  son  chapelet. 
Porter  un  chapelet  à  la  ceinture. 

On  dit  figurément  et  proverbialement,  que 
Le  chapelet  se  défile,  qu'il  commence  li  se  défier, 
Quatul  quelques  pci-sonjics  d'une  juèine  famille, 
d'une  mfme  société,  d'une  même  confédération, 
viennent  successivement  à  manquer. 

On  dit  Défiler  son  chayelet,  pour,  Réciter 
en  détail  et  de  suite  tout  ce  qu'on  sait  sur  une 
matière.  Il  a  bien  défilé  son  chapelet. 

On  appelle  aussi  Chapelet  ,  Une  couple 
d'élrivièies,  garnies  cliacnne  d'un  élner,  qui 
c'aitacSient  au  pommeau  de  la  selle  pour  mon- 
ter à  chivol. 

On  oppelie  encore  Chapelet,  Une  certninc 
niaeliine  qui  sert  à  élever  les  eaux,  et  qui  est 
composée  de  plusieurs  godets  ou  seaux  altacliés 
de  luitc  à  une  chaîne. 

rHAi'ELETjScdit  aussi  De  ccrtairirs  pustules, 
de  certaines  élevures  qui  viennent  autour  du 
front,  et  qu'on  regarde  comme  un  symptôme 
de  la  maladie  vénérienne.  Avoir  le  chapelet.  Le 
cha]>elet  est  déjà  furrnè. 

.CHAPELIER,  s.  m.  Ctlui  qui  fait  ou  qui 


C  H  .\ 

vc»(ï  des  rli;ipcaiix.  'Maître  Chapelier,  Mar- 
chand Cliapellcv.  Garçon  Ciiapclicr. 

CHAPliLIKRE.  s.  i".  Celle  qui  vend  des 
cljnpcaux,  ou  la  femme  du  Cbapelier. 

CHAPELLE,  s.  f.  Petite  Èçjhv. ,  pelit  édifici; 
consacré  à  Dieu.  Une  Chapelle  nui  csf  au  mi^ 
lien  des  champs.  La  Chupelle  d'un  Prieuré. 

Il  se  dit  aussi  Des  didÏTcns  lieux  où  l'on  dît 
la  Messe  dans  une  Kj^lîse.  îl  y  a  bien  des  Cha- 
pelles dans  cette  lujUse.  Jai  ChapcWe  de  la 
Vierqe.  La  Chapelle  de  Saint  Joseph.  Avoir 
une  Chapelle  dans  sa  Paroisse. 

Il  se  dit  aussi  Des  lieux  qui  sont  pratiquas 
dans  aue  maison  pour  y  dire  la  Messe.  Avoir 
une  Chapelle  dans  sa  maison. 

On  appelle  La  Chapelle  du  /?&i,  Le  lieu  où 
ie  Roi  entend  ordinairement  la  Messe;  et  Les 
Musiciens  de  la  Chapelle^  les  Musiciens  qui 
rliantent  h  la  Chapelle  du  Koi.  La  Musique  de 
la  Chapelle. 

On  Appelle  aussi,  La  Chapelle  du  Tîoi.  Le 
f;ovps  des  Eccif'siasiifjnes  qui  servent  à  la  Cîia- 
pellc  du  Roi.  La  Chapelle  du  Roi  murc/ii»,  et 
alla  à  Vurmee. 

On  appelle  Sainte -Chapelle^  La  Cliapcll; 
d'un  Cliûteau  du  Roi,  ou  d'un  Prince  du  Sang 
qui  y  a  fundé  le  servir(^  et  déposé  des  Reliques. 
La  Sainte- Chapelle  de  X^iucennes.  La  Sainte- 
Chapelle  de  Paris.  La  Sainte  -  Chapelle  de 
Buurnos.  La  S ainte-Chapclle  de  Dijon. 

Chapki.le,  se  dit  aussi  d'Un  Ttcncfice  simple, 
dans  lequel  le  Titulaire  est  nblii;é  de  dire  ou  de 
fiii-  diie  la  Messe  à  certains  jours.  Fonde'  um 
Chapelle.  Permuter  una  Chapelle  contre  un 
autre  Béiicjlce. 

Chapelle,  se  dit  aussi  De  tonJe  l'argenlerie 
dont  on  sj  sert  dans  une  Chapelle,  cmnme  le 
calice,  le  bassin,  les  burettes,  les  rliandelifrs, 
la  croix.  Ce  Prélat  a  une  helle  et  riche  Chapelle. 

On  apj)ellc  Chapelle  ardente ^  L'appareil  fu- 
nèbre qui  environne  le  corps  ou  la  représenta- 
tion d'un  dcfnnt,  soit  dans  le  Chœur  d'une 
Eglise,  soit  dans  une  Cliapelle  particulière,  soit 
dans  un  apparlemcnt,  avec  unUt's-grand  nom- 
bre de  cier^^es  alIunu'S. 

TcniV  Chapelle, se  dit  du  Pape,  îor.squ'élf.r: 
accompagné  des  Cardinaux,  il  assiste  î»  l'Office 
Divin,  soit  dans  la  Chapelle  de  son  Palais,  soit 
dans  une  I-'j^Iise. 

On  dit  aussi, que  L',Empcrc«r  cl  le  Roi  d' Es- 
panne  ticnneit  Chapelle,  Lorsqu'ils  assistent 
en  cérémonie  à  l'Oîlice  Divin. 

On  dit  familièrcnicnt,  Jouer  à  la  Chapelle, 
pour  dire  ,  S'occuper  sérieusement  de  chosct 
inutiles  ou  frivoles  .  comme  les  enfans  qui 
i]ni:ent  les  cérémonies  de  l'Église. 

CÏIAPELLK.MK.  s.  f.  Chapelle.  Bénéfice 
d'un  Cliapelain.  Il  possède  une  Chapellenie 
dans  la  Cathédrale. 

CIIAIMILURK.  s.  f.  Ce  que  Ion  a  ôté  de  la 
rronte  du  pain  en  le  cliapclant.  Mettre  de  la 
chapelure  y  des  chapelures  de  pain  dans  une 
sauce  pour  l'épaissir. 

CHAPKRON.  s.  ni.  C/iî/Ture  de  téle  autrefois 
co.-i'uume  aux  hommes  et  aux  fcmnie».  C'étoil 
un  l>onnel  qui  avoit  un  Ijonrrelei  sur  le  la-  t, 


CHA 

et  une  queue  pendante  par  derrière.  Chaperon 
de  drap,,  d'écarlate.  Chaperon  mi-paiti  de  deux 
couleurs.  Il  y  a  lonq-temps  qu'on  a  nuitté  les 
chaperons.  Les  Docteurs  ont  gardé  le  chape- 
ron^ mais  ils  le  portent  sur  l'épaule.  Aux  en- 
terremens  des  Grands,  ceux  qui  mènent  le  deuil 
portent  de  qrands  chaperons  à  longue  queue 
traînante  par  derrière.  Chaperon  en  forme. 

On  appcllt;  auisi  C/i(ip;ron,  L'^ne. bande  de 
velours  ou  d'autre  élofiu,  que  les  Consuls,  dan» 
certaines  Provinces,  et  aulres  Gflîciers  Muni- 
cipaux, portent  sur  l'épaule. 

CuAPEnoN,  se  dit  aussi  d'Une  bande  de  ve* 
tours,  de  satin,  de  camelot,  que  les  femmes  et 
les  filles  altachnient  autrefois  sur  leur  tclc. 
Chaperon  en  pointe. 

On  appelle  figurément  Grand  Chaperon,  rt 
nb'^olunient  Chaperon,  Les  femmes  d'.ige  q:ii 
nccompaf»nent  les  jeunes  fdles  ou  les  jeunes 
femmes  dans  les  compagnies,  par  bienséance, 
et  comme  pour  réponcbe  de  leur  conduite. 

CnArnnoN.  est  aussi  Viw  espèce  de  coifTe  de 
cuir,  dont  on  couvre  la  tête  cl  les  yeux  des  oi- 
seaux de  proie. 

CHAPEnorî,  est  aussi  L'ornement  relevé  en 
broderie,  qui  est  au  dos  de  la  chape. 

On  appelle  encore^  C/iapcron,  Le  haut  d'une 
muraille  de  clôture  fait  en  forme  de  toit. 

CHAPERONNER,  v.  aclif.  11  n'est  guère 
d'usage  qu'en  cette  phrase,  Chaperonner  une 
muraille,  qui  signifie,  MeTlre  un  chaperon  îi 
Une  muraille.  Chaperonner  une  muraille  dt>s 
àeux  Cotés. 

CnAPEnoNNtn  ,  se  dit  encore  d'Un  oiseau 
de  proie,  sur  la  tète  duquel  on  met  un  cha- 
peron. 

'  CHAPLnONNK,  ÉE.  participe.  Oiseau  chape- 
ronné. 

CH.\PIER.  s.  m.  Celui  qui  porte  cÎKipe. 
Lc5  deux  Chapiers  se  promènent  dans  le  Chwur 
en  certains  temps  de  VOjfice  Divin. 

C:hAP1TEAU.  s.  m.  La  paitic  du  haut  de  la 
colonne  qui  pose  sur  le  fut.  Chapiteau  Corin- 
thien. Chapiteau  Ionique. 

Chapiteau,  se  dit  aussi,  en  termes  de  Me- 
nuiserie, Des  corniches  et  autres  couronnemciK» 
qui  se  posent  au-dessus  des  biilït-th,  des  ur- 
nioires,  et  antres  ouvrages. 

Il  se  dit  encore  d'Un  morceau  de  cartrn  en 
forme  d'entonnoir,  qui  se  met  vers  le  li^mt 
d'une  torche. 

En  Chimie,  on  appelle Cnipilctirx,  Un  voïh- 
s.-'au  qu'on  place  au-dessus  d'un  autre  appelé 
Cucurhite^  et  dans  lequel  s'élèvent  les  vapeurs 
ou  liqueurs  que  le  feu  fait  monter  dans  la  dis- 
liliation.  Le  chapiteau  est  garni  d'un  tuyau  que 
l'on  nomme  Bec,  par  où  les  liqueurs  vont 
tomber  dans  le  récipient.  Les  chapiteaux  i[ui 
n'ont  point  de  bec  ou  d'issue  pour  ie  passa;;e 
(les  vai;eurs,  se  nonmient  C/iiipiVernij:  aveugles. 

CHAPITRE,  s.  masc.  Une  des  parties  qui 
servent  à  diviser  certains  livres.  Chapitre  pia- 
mier,  chapitre  second.  Un  livre  di\nsé  par 
chapitres.  Ce  livre  est  divisé  en  tant  de  chapitres. 

On  dit.  en  pailant  De  Hvres  de  œmplc  , 
Chapitre  de  re.ctïc,  chapitre  de  dépense. 


CHA 

CHAPtmr,  signifie  aussi  fignr«;;nent  I.n  ma- 
tière, le  sujet  dont  on  p.irlc,  le  propos  sur  le- 
quel on  est.  Puisifiie  nous  sommes  sur  ce  cha- 
pitre-là ^  je  vous  dirai  (jue..,.  On  en  etoit  sur 
votre  chapitre^  on  parloit  (?Ȕ  vous.  La  conver- 
sation tomba  insensiblement  sur  le  chapitre  de 
ces  qcns-là.  C'est  un  chapitre  (fu'on  traitera 
une  autre  fois.  Il  est  jort  sur  ce  chapitre. 

CiiAi'iTnE  ,  sîf^iiifie  aussi  Le  Corps  des  Cha- 
noincs  (.l'une  Éj;iis,î  ralhcJralc  ou  Collt'giale. 
Le  Chapitre  de  ?iotrc-Uame.  Cette  terre  'fppar- 
tient  à  un  telChafilrc.  Le  l^oyen  duChapitrc. 

Il  signifie  aussi  L'assoniblce  que  les  Clia- 
nnines  tienneiit  pour  traiter  de  leurs  affaires. 
Assembler  le  Chapitre.  Tenir  Ch.ipitre.  Prêsi- 
det' nu  Chapitre.  Avoir  voiv  an  Chapitre.  Tout 
le  Chapitre  [:tt  d\wis.  Cilu  fut  résolu  en  plein 
Chapitre. 

On  appelle  Pain  de  Chapitre ,  Le  pain  qu'on 
distribue  tous  les  jours  aux  Gltanoiiics  t*n  quel- 
ques Cliapitrcs.  Il  y  a  aussi  uiiC  espèce  de  pain 
ap|iclé  Pain  de  Chapitre. 

On  dit  iïguit'ment  d'L'n  liontme  qui  n'a 
pas  grand  cmlil  dans  sa  compagnie,  dans  sa 
famille,  etc.  qu'// n'a  pas  voix  en  Chapitre, 
o'i  qu'i/  nu  pas  de  voix  en  Chapitre  ou  an 
Chapitre. 

El  l'on  dit  nu  contraire  ^  Avoir  voix  en 
Chaptrc*  pour  (lire.  Avoir  de  l'autoriic,  du 
crédit  dans  sa  compagnie,  dans  sa  famille,  dam 
quel'jue  nfîliire. 

CiiAPiTnE.  se  dit  aussi  De  rassemblée  que 
de*  I\e!ij;;*'U\  tiennent  pour  délibérer  de  leurs 
affaires.  Chapitre  comentnel.  Chapitre  prot'in- 
cial.  Chapitre  général.  Convoquer  le  Chapitre. 
Aller  au  Chapitre,  •< 

Il  se  dit  aussi  Des  assemblées  des  Ordres 
Royaux ,  dos  Ordres  Militaires ,  comme  de 
l'Ordre  du  Saint-Esprit,  de  Saint-Micliel.  de 
Malte,  de  >'otre- Dame  de  Mont-Carmel,  etc. 
Le  Roi  a  tenu  le  Chapitre  de  lOrdre. 

Chapithe,  se  dit  encore  Du  lieu  où  se  tien- 
nent les  assemblées ,  soit  de  Chanoines,  soit  de 
Religieux,  soit  de  Chevaliers.  Les  bancs  d^un 
Chapitre.  On  lui  ferma  la  porte  du  Chapitre. 

On  appelle  aussi  Chap-tre,  Va  Irait  de  l'É- 
criture, que  l'Oflicianl  cfiBute  ou  rcVite  entre  le 
dcmici  Psaume  et  l'Hymne.  Ou  dit  plus  com- 
munément, Ciipitule. 

CIIAPITREIÎ.  V.  a.  Réprimander  un  Cha- 
noine ou  un  lUliijieux  eu  plc.n  Chapitre.  Il 
ii'esl  guère  dusagc  au  propre. 

11  signilîc  Cî;nrcm':nt  ,  Réprimander  une 
ixrrsonnc,  lui  remontiïr  sa  faute  en  piroles  un 
jK'u  forles.  Son  pére^  son  piécepteur^  le  chapi- 
trera tantôt.  Usera  bien  chapitré.  II  est  familier. 

CMWirnÉ,  ÉE.  participe. 

CIIAIH».  s.  m.  Coq  chAtrc.  Gros  rnopon. 
Chapon  fjras.  Chapoti  de  Bruges.  Chapon  du 
Mans.  Chapon  de  pailler.  Chapon  bvnilli.  Cha- 
pon rôti,  .aie,  cuisse,  blanc  de  c/ui;on. 

Ou  dit  pTOTerhiûIcmcol  De  deux  personnes. 
Joiit  lune  est  t;ra»!ic,  el  l'autre  maigre,  qut 
Ce  sont  dei.r  r/iir  on*  de  rente. 

On  dit  d'Un  homme  qui  a  les  doigts  crochus. 
retires,  qu'/l  a  les  mains  faites  en  chopon  rôti. 


CHA 

On  dit  proveibialeracnl,Qixic?»fl^onrno;ifle, 
chapon  Un  fient,  pour  dire,  que  Le  bien  vient 
plutôt  à  c^ux  qui  en  usent,  qu'à  ceux  qui  l'é- 
pargnent. Il  signifie  aussi,  que  Le  hien  vient  à 
ceux  qui  en  ont  déjà. 

On  dit  d'Un  homme  qui  porte  le  nom  d'une 
Terre  ,  d'une  ?ci;^ueuiie  ,  et  qui  n'eu  louche 
pas  les  revenus,  qu'//  en  porte  le  nonij  niai'i 
n'en  nir.n^e  pas  les  chafons^  qu'un  autre  en 
mange  les  chapons. 

Ou  appelle,  Le  vol  du  chapon ^  Une  cer- 
taine étendue  de  terre  qui  est  autour  de  la 
Maison  Self^ncurialc,  et  qui  appartient  à  l'ainé 
en  certaines  Coutumes. 

Chapon,  se  dit  ausM  d'Un  gros  morceau  lU 
pa'ui  qu'on  met  bouillir  dans  \b  pot,  et  qu'on 
-?rl  sur  les  potages  maigres. 

CHAPONNEAU.  s.  m.  Jeune  chapon. 

CHAPONNER.  V.  a.  Châtrer  un  jeune  coq 
Chaponncr  des  coc/je(.t. 

Chapon>'Ê,  ék.  parliripe. 

CHA(^UE.  adj.  des  2  g.  qui  se  met  loujoun 
nvont  le  substantif,  et  qui  n'a  point  de  pluriel 
Chaaue  lunnme.  Chatjue  maison.  Chaque  arbre. 
Chanue  chose.  A  cJiuffue  personne,  l  ouv  chanu\ 
our.  En  chacune  espèce.  Chaque  pays  a  sel 
coutumes.  A  chaque  jour  su^^il  sa  peine. 

On  dit  provcrhi.dcm'iil ,  Chaque  tête  cha- 
que avis j  pour  dire,  Chacun  pense  à  sa  ma* 
nièrc. 

CHAR.  s.  m.  Sorte  de  voiture  â  deux  roues. 
dont  les  Ancieus  se  Strvoient  ordinairenieni 
dans  les  triomphes,  daus  Ws  jeux,  dans  les  cc- 
réinoiii  s  publiques,  daus  les  comijctSj  etc. 
Char  de  triomphe.  Char  doré.  Il  monta  sur 
son  char.  Son  char^  en  tournant  trop  court, 
se  brisa  contre  les  bornes. 

On  dit  poétiquement,  Le  char  du  FoU'il,  U 
char  de  la  Lune;  cl  on  se  sort  aussi  porliquc- 
ment  du  mot  de  Cl.ar,  pour  dire,  Un  carrosse 
magnilique. 

On  appelle  Cuir  de  dciil^  Un  cliariot  à 
quatre  roues,  couvert  d'un  potlc ,  daus  lequel  on 
transporte  les  corps  des  Rois,  des  Princes,  etc. 

*Ju  dit  figurém.  S^attachcr  au  char  de  quel- 
(^nun,  pour  dire,  X  si  fortune. 

CHARADE,  s.  f.  Espèce  de  Rébus  et  de  Lo- 
;;ogriphe,  qui  consiste  à  décomposer  un  mot 
de  plusieurs  syllabes,  en  parties  dont  chacuj  c 
l'iiit  un  n-.ol.  En  voici  un  exemple  sur  le  mot 
Chiendent.  Mu  première  partie  (chien)  se  sert 
de  la  seconde  (dent)  pour  manger  mon  tout 
(chiendent). 

C(ïARA>'ÇON.  s.  m.  Insecte  du  genre  des 
«carabées,  qui  longc  les  blés  daus  les  greniers. 
Le  charançon  s'est  mis  dans  ces  blés-là,  et  les 
a  g.Ués. 

CIIARTION.  s.  m.  Morceau  de  bois  qui  est 
entiiremcitl  rnibrasé ,  qui  ne  jette  plus  de 
llamme.  Le  bois  neuf  fait  de  bon  charbon. 
Charbon  ardent.  Charbon  tout  rouge. Charbon 
iteint.  Charbon  allumé.  Faire  griller  sur  Us 
charbons. 

On  dit  figiu^ment,  dans  le  style  de  l'Ècri- 
lure,  Ama^^er  des  charbons  ardeus  sur  la  tête 
de  «on  ennemi,  pour  dite.  Le  rendre  plus  iurx- 


CHA 


aaJ 


cusahie,  et  attirer  sur  lui  la  vengrance  de  Dieu , 
en  lui  lemlant  le  bica  pour  le  ma!. 

On  dit  d'Un  Iinmnic  qui  a  une  fièvre  ar- 
dente, qn7I  bnile  comme  un  chaibon. 

CuAiicoN,  se  dit  aussi  Des  tronçons  de  jeune 
bois  ijuGn  lin'ile  ù  demi,  et  qu'on  éteint  pour 
les  rallumer  quand  on  en  aura  besoin,  te  boi's- 
lù  eî(  fort  propre  à  faire  dti  c/iur/icn.  Passer 
ilu  bois  en  charbon.  Charbon  de  batean.  Char- 
bon lie  somme.  Un  sac  de  charbon.  Une  voie 
lie  charbon.  Noir  comme  du  citarbon. 

r.nArBos-DE-TEn»E.  Sorte  de  fossile  dur  e' 
inllaminable,  dont  se  sorveul  les  .Aîarécliatu  it 
iuircsouvrierscnfcr..1linesdec/ia;'I'on-di:-tor<;. 
CiLMtBo?» ,  est  aussi  Une  espèce  de  gros  fu- 
:onclc,  qui  le  plus  souvent  est  pestilentiel,  une 
îunieur  qui  fait  escarre  à  la  partie.  H  lui  parut 
un  charbon  au  bras, 

U  se  dit  plus  p::rlleulièremcnt  te  In  tumeur 
:[iii  pnroit  j  ceux  qui  sont  frappés  de  la  peste. 
Il  a  U  charbon. 

CiUnBON,  est  aussi  Une  maladie  de»  Uês. 
l'o;)  cj  Carie  et  Niixle. 

CnARlJONNJ'lE.  s.  f.  relit  aloyau,  cùle  de 
boeuf.  Manger  une  charbonnêc. 

Il  signifie  aussi  Un  morceau  de  porc  ■  u  de 
bœuf  grillé  sur  le  charbou. 

CliARIiOSNER.  T.  a.Soitcir  avec  du  cliar- 
hon.  Charbonner  i^ucliju'itn.  On  dit  au5si  , 
Charbonncr  une  muraille,  pour  dire,  Kcriic 
dessus  avec  du  charbou. 

CuAnBON>E!i,  se  dit  Gguréir.ent,  pour,  Es- 
quisser, peindre  grossièren:ent.  Il  a  charhonnâ 
Véloge  d'un  tel.  Il  ne  l'a  pas  peint,  il  l'a  chai' 
bon  né. 

CuAr.ooSNÉ,  ÉE.  participe. 
On  appelle  Blés  charhonv.és ,  Des  blés  atta- 
qués du  charbon. 

CIIARBO.NMER,  1ÈRE.  s.  C.liii  ou  celle 
qui  fait  ou  qui  vend  du  charbon.  Noif  connue 
un  charbonnier.  Maître  charbonnier. 

On  dit  proverbialement ,  La  foi  du  Char- 
bonnia-,  pour  dire,  I,a  foi  d'un  l.onime  simple, 
qui  croit  sans  aucun  examen  tout  ce  que  l'É- 
glise croit. 

On  dit  aussi  proverbialement,  queleC/inr- 
lioiiiiicr  est  maître  dans  sa  maison,  pour  dire, 
que  Chacun  doit  être  maître  cl:ci  soi. 

CiiAnBossiEn,  se  dit  aussi  en  quelque»  en- 
droits, Du  lieu  ou  l'on  serre  le  ctiarton. 

CHARBONMÉRE.  s.  f.  Le  lieu  où  l'on  fait 
tlu  charkoj  danf  les  bois.  Il  y  u  une  chiu  bon- 
niére  dans  une  telle  forêt. 

ClIARBOUILLER.  v.  a.  Terme  d'AgiiruI- 
ture.  U  se  dit  De  l'elfet  que  la  nielle  produ.l 
lur  les  blés. 

CnAimoniixÉ,  ÉE.  pniticipc.  Des  blés  cli.r- 
boiiilli..<  par  l,i  nielle. 

CUAllCUrKR.  V.  a.  Découper  de  la  c!  air 
et  la  mettre  en  pièi:cs.  Il  n'est  plus  en  ns.ig<'  au 
propre;  mais  fi^urùment  il  si.^uifie ,  Cmipee 
MialpropremenI  de  la  viande  .i  table,  il  a  ehur- 
cuté  celte  lonije  de  venu. 

f:ii.incDTEii ,  »e  dit  aimsi  d'Dn  CJiinirgicn 
maladioit,  qui  dans  une  ojxiralton  dccou^te, 
taillad.'  Ie«  chuirt  d'un  malade,  d  un  bUssé. 


22'î 


en  A 


CnAnCLTi:,  KE.  particiiic. 
C1IARCII1"I:RIK.  s,  l'.  Lélat  et  le  commerce 
de  Cli.nrcutler. 

CHARCUTIl.R  ,  1ÈRE.  s.  (On  disoit  autre- 
fuis  Chaircuilier.  )  Vendeur  ou  Vendeuse  <ie 
rliriir  de  pourceau,  de  boudins,  de  saucisses, 
d'.inJouilles,  etc.  Mcillre  Charmtia:  Une  bou- 
liijue  de  Charcutier. 

CM ARnoy.  s.  m.  PlMte  qui  fleuiit,  dont 
la  tête  est  couverte  de  piquans  Tort  pointus,  et 
dont  les  feuilles  ont  aussi  b'jaucoupdepiquans. 
Il  y  en  a  de  plusieurs  esf^èces. 

OnADDO-i  '\  BoNHETiEn  ou  X  F onios.  Plante 
très-commune.  Sa  tcte  est  amiée  d'une  espèce 
de  petits  crochets.  Les  Bonnetiers  et  les  Fou- 
lons ^'en  servent  pour  carder  la  laine ,  et  pour 
rcfldre  le  poil  des  draps  plus  lisse  et  plus  uni. 

Chardon -BÉNIT.  Plante  sudorifique  et  cor- 
diale, dont  on  fait  {^and  usage  en  McSdccinc. 

CnAnDON-ÉTOiLÉ,  ou  Chausse-thape.  Plante 
i  laquelle  on  donne  ce  dernier  nom ,  parce  que 
sa  tf'te  est  armée  d'épines  disposées  à  peu  piès 
de  même  que  les  Cliausse- trapes  dont  on  se 
sert  à  la  guerre.  Cette  Plante  est  employée  en 
Médecine. 

Chaudos  de  Notre-Dame,  ou  Cbaudon- 
Makie.  Cette  Plante  est  encore  nommée  Chiw- 
doii  luité,  parce  que  ses  feuilles  sont  tachetées 
d'un  blanc  de  lait.  On  en  fait  usage  en  Méde- 
cine. 

Chabdos  HÉMOnnoiDAL,  ou  CinsiCM.  Plante 

\  laquelle  on  a  donne  ce  nom,  parce  que  sa 

lige  et  ses  feuilles  sont  épineuses,  et  qu'il  se 

•    forme  siu:  ses  tiges  des  galles ,  qu'on  dit  bonnes 

contre  les  hémorroïdes. 
I         Chaudon  -  Roland  ,  ou  À  cent  tîntes.  Voy. 
ÉsYKaE  et  Panicàdt. 

CHAR  DONNER  KT.  s.  m.  Petit  oiseau  à  tète 

■    rouge, qui  a  les  ailes  manjuetécs  de  jaune  et  tl« 

brun,  qui  aime  la  graine  de  chardon,  et  qui  a 

un    joli   ramage.   Noitn'ir   des   churdonnercts. 

J.dii  r/i«rdonnere(. 

CIIARDONNI'TTE,  ou  Caudosnette.  s.  f. 
Espèce  d'artichaut  sauvage  fort  commun  en 
Tourainc,  dont  la  fleur  sert  à  faire  cailler  le  lait. 
CHARGE,  s.  f.  Faix,  fardeau.  Clinrtjc  pe- 
j.inli:,  excesswc,  Icrjcrc.  On  a  donné  trop  de 
clitirnc  à  ce  mur.,  à  ce  plancher. 

11  signifie  aussi  Ce  que  peut  jiorter  une  per- 
sonne, un  animal,  un  vaisseau, ou  autre  cliuse 
srnibUible.  î.a  charne  d'un  mulet,  d'une  char- 
rette est  de  tant.  La  charqc  de  ce  bateau  est  do 
cinnuarite  tunneaiur. 

i;  signifie  aussi  Une  certaine  mesure  ou  quan- 
tité dcterminee  de  certaines  choses.  Vnecharfjc 
de  hic,  de  faqots ,  de  cofrels,  etc. 

Chahoe  ,  se  dit  figiirément  De  toute  dépense , 
de  toat  ce  qui  met  dans  la  ncc»«sité  de  quilquc 
di'îpense.  C'est  une  ijmnds  charge  que  heau- 
eotifi  d'enfans.  Il  a  beaucoup  de  c/iaiijc  et  guère 
lie  bien.  Il  faut  que  je  la  nourrisse,  il  est  à  ma 
cil  or  (je 

Chapciî,  signifie  aussi  Imposition.  C'est  le 
peuple  qui  pnrte  les  churqcs.  Il  ftivt  payer  les 
charnzs  de  Ville,  rornriie  les  boues,  les  lanta-nes, 
lei  iiaucres ,  etc.  Les  charqtt  de  l'Etat. 


CHA 

On  dît.  Payer  les  charnes  d'un  mur,  pour 
idire,  Indemniser  le  voisin  de  la  nouvelle  charge 
qu'on  inel  sur  le  mur  mitoyen. 

On  dit,  Être  à  charge  à  (juclqu'nn ,  pour 
dire.  Lui  causer  de  la  dépense  ou  de  l'incom- 
modité. Il  faut  tâcher  de  nétre  à  chnrqe  à  per- 
sonne. Il  craint  de  vous  être  à  charge. 

Chauce,  Obligation,  condition  onéreuse. 
Bénéfice  à  charqc  d'ihnes.  Le  rei'enu  de  cetta 
terre  sufjit  à  veine  pour  en  acquitter  les  charges. 
Il  y  a  de  nrandcs  charnel.  Les  charges  excèilenl 
le  revenu.  Ce  Bénéfice^  cette  Terre  vaut  tant, 
toutes  charnes  déduites. 

On  dit  proverbial,  et  fifjurémfnt,  qu'i/  Umt 
yrcndre  le  Bénéfice  avec  lea  c/u/rncs,  pour  dire, 
iju'll  faut  se  résoudre  a  essuyer  les  incoroniodl- 
Il"s  d'une  chose,  qui  d'ailleurs  est  avantageuse. 

Charge,  se  dit  aussi  des  Ollircs  dont  on 
prend  des  provisions.  Chante  de  Judicaturu^ 
de  Finance.  Charne  milituire.  Charge  dam 
[armée.  Charne  dans  ia  Maison  du  ïloi.  Charqe 
honorable.  Charqe  lucrative.  Charge  i^énale. 
Les  gages,  les  appointemens ,  les  émolùmcns, 
les  fonctions  d\tnc  charqe.  Charge  de  Préi^i-i 
dent,  de  Conseiller,  de  Trésorier,  etc.  Êtri 
pourvu ,  revêtu  d'une  charge.  Acheter  uni 
charge.  Vendre  sa  charge.  Se  faire  recevoir  à 
une  charge^  dans  une  charge.  Etre  en  charqe^ 
hors  de  charge.  E.rcrccr  une  charge.  Fain 
bien  sa  charge.  S'acquitter  dignement  de  sn 
tharge.  C*ezt  un  homme  qui  sait  bien  fairi 
Valoir  sa  charge.  On  Ira'  a  enjoint  de  se  défairi 
ic  sa  charge.  On  u  fait  décréter  sa  chargs.  On 
Va  déclaré  incapable  d'occuper  aucune  charge. 
Vous  entreprenez  sur  ma  charge.  Cela  n'esl 
pas  de  votre  charge.  Se  démettre  de  sa  charqe. 
Donner  démission  de  sa  charge.  Ce  n'est  pa% 
une  charge,  ce  nest  qu''une  commission.  Cei 
commissions  ont  été  érigées  en  charges.  Entrer 
en  charge.  Sortir  de  charge. 

Charge,  signifie  quelquefois  Commission, 
ordre   qu'on   donne   ù  quelqu'un.    On    lui   a 

donne'   charge   de J'ai   charge   de  vous 

dire  que 

On  dit,  qu'fnc  chose  est  à  la  charge  de 
quelqu'un  ,  pour  dire,  qu'On  lui  en  a  donné  le 
toln ,  qu'un  lui  en  a  donné  la  garde. 

On  dit,  Faire  l'acquit  de  sa  charge  f  pour 
ilire,En  remplir  le  diwoîr  fidrlenienl.  Ce  Juqe , 
ce  Commissaire,  en  àiessant  procès  verbal,  a 
fait  l'acquit  de  sa  charge.  Aller  au-delà  de  sa 
charge j  C'est  en  excéder  les  droits  et  les  de- 
voirs. 

i  T,A  CHARGE   et  À  CHARGE.  FayoDÔ    di'    pw- 

ier  adverbiales.  À  condition.  Je  lui  ai  vendu 
ma  »i(ii.çon,  à  la  chnrqe  de  payer  mes  plus  an- 
ciens créanciers.  Je  Im  ai  promis  telle  chose, 

mais  c'est  à  la  charne  que A   la  charga 

d'autant. 

On  appelle  Femme  de  Charge,  Une  fcmnit 
q\ii  est  domestique  dans  une  grande  maison, 
et  qui  n  soin  ordinairement  du  linge, de  la  vais- 
iellc  d'argent,  etc. 

Charge,  signifie  aussi,  en  termes  de  Guerre. 
Le  choc  de  deux  Iroiipeu  qui  en  viennent  au\ 
mains.    Kude  ^    furieiue  ^    vigoureuse    chargi^ 


CHA 

Sonner  la  charqc.  AlUr  à  la  charne.  Soutenir 
la  charge.  Retourner  à  la  charge.  La  première, 
la  seconde  charge. 

On  dit  figurément ,  Revenir ^  retourner  à  la 
charge,  pour  dire,  Faire  une  nouvelle  tenta- 
tive, faire  de  nouveau  la  môm.-  proposition, 
la  même  demande  qui  a  été  déjJi  refusée,  ou 
sur  laquelle  on  n'a  point  eu  de  réponse  positive. 
CHAnGE,  est  aussi  C^e  qu'on  met  de  poudre 
et  de  plomb,  etc.  dons  une  arme  à  feu,  pouï 
tirer  un  coup.  Charge  de  pistolet ,  de  mtntsquet, 
de  canon.  Ce  canon  est  fort  mince,  ne  lui  doU' 
nez  que  demi-charge.  On  lui  a  donné  double 
charqe  pour  léprouver. 

Charge,  est  encore  Une  sorte  de  cataplasme 
iju'ou  applique  sur  quel({ue  partie  du  corps 
il'uu  cheval  malade  ou  blessé. 

Charge,  se  dit  aussi  (îgurément  Des  preuve» 
tt  indices  qu'il  y  a  contre  un  accusé.  Le  plus 
|;rand  usage  de  ce  mol  est  au  pluriel.  On  a  porte 
\es  charges  et  infjrmations  au  Greffe.  L'accuse 
t  pris  droit  par  les  charges. 

On  dit.  Informer  à  charge  et  à  décharge ^ 
pour  dir£ ,  Informer  pour  et  contre  l'accusé. 

Charge,  en  termes  de  Peinture,  Représen- 
lation  exagérée,  imitation  qui  excède,  ressem- 
blance boud'onne.  C'est  le  même  sens  que  celui 
ilu  mot  CAïuCATunE.  Voyez  ce  mot. 

Charge,  en  termes  de  Peinture,  se  dit  aus;ii 
d'Une  figure  dans  laquelle  les  dt-fauts  sont  exa- 
géré». Ce  portrait  est  peint  en  charge.  Il  se  dit 
[>ar  extension  et  figurément  dans  quelques  au- 
tres arts  d'imitation. 

CHARGKMKNT.  *.  m.  Marchondisea  chwC 
Çées  sur  nu  vaisseau.  On  l'appelle  autrement 
Cargaison.  Ha  fait  son  chargement  en  telpurt, 
1t  de  telles  marchandises. 

Il  signifie  aussi  L'acte  par  lequel  il  pnroît 
ipi'un  Marchand  a  cliargé  telle  quantité  dv. 
marchandises  sur  un  vaisseau.  Il  a  produit  U 
thargement  et  les  connoissemens  de  telles  mar- 
fhandises. 

CHARGER.  V.  a.  Mettre  une  charge  sur.... 
Charger  un  crochetcur.  Charger  un  cheval,  un 
,  mulet,  un  bateau.  L'Architecte  a  trop  çharijé 
ic  mur.  Il  n^y  a  point  de  danger  de  charger 
une  voûte.  Charger  un  bateau  pour  un  tel  Cft- 
droit.  Ce  bateau  est  chargé  de  vin,  de  sel. 

On  dit  aussi.  Charger,  pour,  Peser  »ur,... 
Cette  poutre  charqe  trop  cette  muraille.  Cela 
chargera  trop  cet  homme.  Cda  chargcroit  trop 
ce  carrosse. 

On  dit.  Charger  une  voi'tte ,  pour  dire,  1 
joindre  le  poids  des  matériaux  nécesiaires  pour 
(  n  contenir  l'efiort. 

On  (Vit, Chaïqcr  une  arme  à  pu,  pour  dire^ 
Y  mettre  ce  qu'il  faut  de  poudre,  de  plomb,  etc. 
pour  tirer  uu  roup,  Charqer  un  mousquet ,  un 
fisil.  Vous  chargez  trop  ce  canon  ^  il  crevaut. 
Charger  à  halle.  Charger  à  cartouche. 

On  dit,  qu'6'nc  viande  charge  l'estomac^ 
pour  dire,  qu'Fllc  pèse  trop  sur  l'estomac, 
parce  qu'elle  est  dillicile  U  digérer  :  et  on  dit 
dans  le  mftjne  sens,  qu'f7n  homme  se  charge 
Vestomac  de  trop  de  viandes. 

Ou  dit  figurcmciit,  Charger  une  pièce  de 


CHA 

ihéiitre  ^incidens,  un  discours  de  figures  ^  de 
eilatioyiSj  pour  dire,  Y  en  mettre  trop;  et 
Charger  un  récif,  une  histoire -,  pour  dire,  Y 
ajouter  beaucoup  de  choses,  en  exagérer  los 
circonstances. 

On  dit  figurcnienl,  Charger  sa  mémoire  de 
quelime  chose j  pour  dire,  !\Icttre  uue  chose 
dans  5a  mémoire,  s'appliquer  sérieusement  h  la 
wirnir.  Charger  sa  mémoire  de  bonnes  choses ^ 
la  charger  de  bagatelles.  Il  ne  faut  pas  trop 
charger  la  mémoire  des  enfuis^  c'est-à-dire, 
Il  ne  faut  pas  les  obliger  à  rcienîr  trop  de 
choses. 

On  dit,  Charger  sa  conscience  de  quehjue 
chosCj  pour  dire,  Prendre  quelque  chose  sur 
•acocscience,  et  s'en  rendre  responsable  devant 
Dieu. 

CHAncEii,  sigillé  aussi,  Imposer  quelque 
cliargc,  quelque  condition  onéreuse.  Ainsi  ou 
dit,  Charger  les  peuples^  les  charger  de  tailles ^ 
la  charger  d'impôts ,  pour  dire ,  Mettre  de  trop 
fortes  impositions  *ur  les  peuples. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Charger 
une  Généralité,  charger  uue  Élection.  Vit  on 
dit.  Charger  une  Terre  d'une  redevance^  un 
Bènéjtced'une  pension,  pour  dire,  Établir,  im- 
poser une  redevance  sur  une  Terre,  mettre  une 
pension  sur  un  Bciiénce. 

On  dit  Ggurémcnt,  Charger  un  homme  de 
coups,  pour  dire,  Le  battre  avec  excès;  et  Le 
charger  d'injures^  d'opprobres,  de  malcdictionsy 
pour,  Lui  dire  beaucoup  d'injures,  l'accabler 
■à  opprobres .  de  malcdictions, 

Chadger,  signi&e  aussi,  Attaquer  les  enne- 
mis en  campagne.  Charger  sans  reconnoUre, 
Fort  ou  foible,  il  charge  toujours  l  ennemi. 
Nous  le  chargeâmes  si  vigoureusement ,  qui 
nous  le  fîmes  plier. 

Il  le  dit  aussi  d'Un  particulier  qui  en  frappa 
un  autre.  5'il  me  tient  de  ces  di^cours-Iù,  je  le 
ihargerui. 

CHARGEn  ,  signifie  aii*si,  Donner  commis- 
sion,  donner  ordre  pour  l'exécution  de  quelque 
chose,  pour  la  conduite  de  quelque  aflàire.  On 
Va  chargé  de  porter  la  parole.  C'est  à  vous  dt 
prendre  garde  à  cela ,  je  vous  en  charge.  Char 
ger  un  Avocat  d'une  cause. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personri(,l,  et 
aîgiiifîr',  Prcndri-  le  soin,  la  conduite  de  quel- 
que rhose.  Je  ne  veux  pas  me  charger  de  cette 
affaire.  H  a  refusé  de  se  charger  des  papiers. 
de  se  charger  de  la  garde  de  ce  trésor.  Vous 
vous  êtes  chargé  de  lui  parler.  Il  s'est  chargé 
de  la  distribution  des  di-nicrs. 

On  dit.  Charger  un  registre  de  telle  et  telle 
cIio»e,  pour  dire,  La  marquer  sur  le  registre. 

On  dit  daos  le  mC-nie  sens,  Charger  un 
compte  d'une  dépente j  d'une  recette. 

On  dit  aussi,  C/»arfli:r  sur  un  reiiislre,  sur 
un  hvre  de  comptes.  Je  ne  chargerai  point  cet 
mrticle  sur  mon  livre. 

CMAnc»:n  qi;ij.qu*U!i,  signiGe  aussi.  Déposer 
«onlrc  lui,  cl  dire  drs  choses  qui  vont  à  le  faiit: 
tondùmnrr.  Les  lémoins  ,  Us  dépositions  le 
chargent  furieusement.  Il  est  fort  chargé  par 
le  testameut  de  nwrt  d'un  tel. 
Tqmt  î. 


CHA 

j  CHAnoin,  en  Peinture,  sîgniGc,  Repréfien- 
ler  avec  exagération  les  traits  ou  la  fij^ure  d'une 
personne,  pour  la  rendre  ridicule,  sans  qu'elle 
cesse  d'être  reconnoissabltr.  Charger  un  pot  trait. 

Il  se  dit  eu  ce  sens  fii^urémcnt,  pour  dire, 
qu'Où  exagère  avec  malif^nité  les  défauts  de 
quelqu'un.  Le  portrait  qu'un  tel  Auteur  fait 
de  cet  homme  est  trop  chargé, 

Chahcé,  ée".  paiiiiipe. 

On  dit  Êgurémetit  et  populairement,  C/mrné 
comme  un  Baudet,  en  parlant  d'Un  homme 
surchargé  diî  devoirs  et  de  peines. 

On  dit  quX'^ri  cheval  est  chargé  de  ganache^ 
charqé  d'encolure ,  pour  dire,  qu'il  a  trop  de 
ganache,  qu'il  a  l'encolure  trop  grosse. 

On  dit  d'Un  Itomme,  qu'il  est  chargé  dr 
ganache,  pour  dire,  qu'il  a  de  grosses  nià- 
clioires;  et  on  le  dit  figurëmcnt  d'Un  homme 
qui ,  étant  épais  de  corps,  a  aussi  Icsprit  lourd 
et  grossier. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  fort  gras,  qu'/J 
est  chargé  de  cuisine.  Il  est  populaire. 

On  dit,  que  Le  temps  est  chargé,  Quiud 
le  temps  est  couvert  de  uuages  et  disposé  à  l.i 
[)luie. 

Ou  dit,  qu'l/n  homme  a  les  yeux  chargés^ 
pour  dire  ,  qu'ils  sont  enflé»,  remplis  d  hu- 
meurs. 

On  appelle  Couleur  chargée,  Une  couleur 
qui  est  trop  forte;  et  on  dit,  Charger  un  mot, 
pour.  Écrire  un  mot  sur  un  autre,  sans  efiacer 
ïelui-ci. 

En  termes  de  Peinture,  Vn  portrait  chargé f 
C'est  un  portrait  peint  en  charge. 

Il  st;  dit  aussi  généralement  De  tout  ce  qui 
se  représente  pur  la  peinture  ou  par  le  dis- 
cours, quand  l'exagération  est  trop  forte.  Let 
passions  sont  trop  chargées  dans  ce  tableau. 
Cette  description,  cette  narration  est  trop  char^ 
gée.  Cet  ouvrage  est  trop  chargé  de  citations. 
Cette  Tragédie  est  trop  chargée  d'incidcns. 

On  appelle  Des  dés  chargés,  De  faux  dés,  des 
dés  pipés  ,  dont  se  servent  ceux  qui  vculcnl 
tromper  au  jeu. 

(jiAnGÉ,  en  termes  de  Blason,  se  dit  Des 
pièces  sur  lesquelles  il  y  en  a  d'autres.  Bande 
d'or  chargée  de  six  croisettes  de  sable. 

CHAUGEUR.  s.  ni.  Qui  charge.  Chargeur 
de  bois.  Chargeur  de  charbon. 

CHARfiEURE.  i.f.  (Ou  pron.  Charjure.\ 
Terme  de  Blason.  Tl  »r  dit  Des  pièces  qui  en 
chargent  d'autres. 

CIIARIUT.  s.  m.  Sorte  de  voiture  li  qualn- 
roui  s,  propre  à  (K>rtcr  diverses  clioses.  Chariot 
de  bagage.  Chariot  de  foin.  Les  chariots  d'ar- 
ttlleric.  Chariots  des  vivres. 

Il  si^niQe  quclquefoi.i  Char.  Des  chariots 
armés  de  faux.  Course  de  chariots,  etc. 

CiunioT,  signifie  aussi  La  conslellalion  de 
la  graude  ou  de  la  petite  Ourse,  Le  grand  cha- 
riot,  qu'on  apjM^'lle  communément  Le  c/mi- 
r;ot  ,  ou  il.'  chartvt  du  Roi  David.  Le  petit 
chariot, 

CHARITABLE,  a.lj.  des  a  genre».  Qui  n  de 
la  chnritc  p>ur  son  prochain.  Il  faut  être  cha- 
ritable envers  tout  le  mo  'de. 


CHA 


2a5 


II  signifie  plus  parliculièremem  Celui  qui 
fait  r«uniûne.  Cilli;  /)iimf  est  fort  charitable. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses,  et  signifie,  Qui 
pan  d'un  principe  de  cliurité.  Secours  chari- 
table. Conseil  chtrritahle.  Avis  charitable.  Ânu 
charitable. 

CHARITABLEMENT,  adv.  D'une  manière 
rliarilahle,  par  rharilt':.  Assister,  consoler  cha~ 
titabtemcnt  les  pauvres.  Instruire  charitable- 
■neiil.  Avertir  charitablement. 

f;ilARlTÉ.  subsl.  f.  1,'une  des  trois  Venus 
i'iiciilogales.  Aniour  par  lequel  nous  aimons 
Dieu  comme  notre  souverain  bien.  La  cliarité 
l'ouvre  la  multitude  des  péchés.  Si  je  n\ii  point 
la  chiri'.é,  je  ne  suis  rien.  La  charité  est  la 
pcrjcclion  de  la  Loi 

Chabité,  est  encore  1,'amour  qu'on  a  pour 
le  prochain  en  vue  de  Dieu.  La  charité  da 
premiers  Chrétiens.  Charité  fraternelle.  Avoir 
de  la  charité  pour  le  prochain.  Mouvement , 
motif  de  charité.  Il  fait  telle  chose  par  charité , 
par  pure  charité. 

11  signifie  plus  particulièrement,  Aumône, 
assistance  qu'on  'donne  aux  pauvres  ;  et  dans 
ce  sens  il  a  uu  pluriel.  C'est  une  belle  charité 
que  de  nouriret  d'instruire  les  orplielins.  Faire 
la  charité  à  quelqu'un.  Ce  pauvre  homme  vous 
demande  la  chanté.  Il  se  recommande  uax 
charités  des  yens  de  bien.  Cette  Dame  faitbien 
des  charités,  de  trés-ijrandes  charités. 

On  dit  proverbialement,  Charité  bien  or- 
dotïnéc  commence  par  soi-même. 
^  THAtirrÉ,  signifie  encore  Une  assemblée  ou 
Congrégation  de  personnes  pieuses  pour  secoiK 
rir  les  pauvres.  La  Charité  de  la  paroisse.  Les 
Dames  de  la  Charité.  Il  a  été  enterré  par  la 
Charité.  Les  relief  ieux  de  la  Charité.  Il  se  prend 
même  pour  l'Hôpital oîi ces lîeligieuxreçoiveut 
et  traitent  les  pauvres  malades.  S'il  tombe  ma- 
lade, il  ,ïe  fera  porter  à  la  Charité.  H  est  moil 
à  la  Charité. 

Ou  dit  figuxémcnl  et  proverbialement  paf 
contre-vérité,  Prêter  une  charité,  des  eharitéi 
à  (juel(|ii'iin,  pour  dire,  Vouloir  faire  croire, 
contre  la  vérité,  qu'il  a  ditou  fait  quelque  chose 
qu'il  n'a  ni  dit  ni  fuit.  Je  suis  sur  qu'il  n'a 
point  dit  cela,  c'est  une  charité  qu'on  lui  préit. 

On  dit  dans  ce  sens,  et  proverbialement, 
Une  charité  de  Cour  pour,  Une  perfidie  de 
(Courtisan. 

CH.VKIVARI.  s.  masc.  Bruit  tumultueux  de 
poêles,  potions,  cliaudrons,  etc.  accompagne 
Je  cris  et  de  huées  que  l'on  fait  Is  cuit  devaut 
la  moison  des  fczumcs  du  petit  peuple  veuves 
et  Agées,  qui  se  remarient.  Si  vous  voui  ]am<t- 
riez,  on  vous  fera  un  charivuri  ipoi'î  jour*  (i< 
suite. 

1!  se  dit  figurémcnt  De  toute  sorte  de  bruit, 
de  crieries,  de  querelles  entre  petites  gens.  /'  j; 
a  un  tel ribte  charivari  dans  cette  maison.  Sa 
|L'ifiific  lui  a  fait  un  beau  charivari. 

Ou  dit  aus..i  par  raillcr/e  d'Une  niccLftnte 
Musique,  que  C'cjI  un  charivari. 

CllAIiI.AT.O'.  s.  ni.  Vendeur  de  drogues, 
d'orviétiin.  et  qui  les  débite  dans  les  places  pU' 
bliqu-^  sur  des  théâtres,  sur  des  trctrauv.  (^'e»t 

'9 


3:6  ^HA' 

ordinairement  un  terme  de  mépris.  RemèiJc  (îc 

Il  se  dit  nussi  d'Un  Mi-'decin  qui  csl  li.ililcur, 
qui  se  vante  de  guérir  toutes  sortes  de  maladies 
Ci  n't'it  point  un  Néilecin,  ce  n'est  f'i'n 
Charlatan. 

Il  signifie  figiirémcnt ,  Celui  qui  elierche  i 
en  imposer,  à  se  faire  valoir  par  un  gland  éta- 
lage de  paroles,  ou  par  le  faste  de  ses  actions. 
IS'écoulczpas  cet  hommc-Ui,  c'est  un  Cluirlalan. 
CnARLATANER.v.  a.  Tàchcrd'amadoucr. 
de  tromper  par  flatteries ,  par  belles  paroles. 
£ilc  pensait  me  charlataner.  A'e  vous  laisse- 
pas  charlataner.  Il  n'est  guère  d'usage  que  dans 
le  «tylc  faniiliei. 

Cu.^ni.ATANt,  ÉE.  participe. 
Cil AKLAT ANERIK.  s.  f.  Hâblerie ,  flatterie, 
discours  artificieux  pour  tromper  queliju'un. 
Tout  ce  qu'il  vous  dit  n'est  que  cliarlatuncrie. 
CllARLATAKISME.  s.  masc.  C::ractère  dti 
Cljarlatan. 

CHARMANT,  ANTE.  adj.  Agréable,  qui 
plait  exlrèmcmént ,  qui  ravit.  Beaulé  char- 
mante. Lieux  charmans.  Concert  charmant. 
'Poia;  charmante.  Cette  maison  est  charmante. 
Conversation  charmante. 

CHARME,  s.  m.  Ce  qu'on  suppose  suprrs- 
lilieusomentfait  pat  art  magique  pour  produire 
un  effet  extraordinaire.  Faire  un  charme,  des 
charmes.  Rompre,  éler  un  charme.  Porter  ua 
charme  sur  soi.  User  de  charmes.  Leva-  un 
charme. 

Chvume,  signifie  figure'm.  Attrait,  appas, 
ce  q'iî  plait  (extrêmement,  qui  touche  scnsibit- 
roent.  Charme  inévi(i^!i/c.  Piii.muiiI  charme. 

H  est  de  plus  grand  usage  au  pluriel.  CeUt 
file  a  des  charmes.  On  ne  peut  se  défendre  de 
ses  charmes.  La  Musique,  laPoésie  a  de  ijrandi 
charmes. 

CHAnMIÎ.  s.  m.  Arbre  de  haute  lige  qui 
pousse  des  branches  dès  sa  racine,  et  qui  sert 
ordinairement  h  faire  des  palissades.  Bois  de 
charme.  Allée,  palissade  de  charmes. 

CHARMER.  V.  a.  Produire  un  effet  extraor- 
dinaire sur  quelque  personne ,  ou  sur  qiulque 
chose,  par  charme,  par  un  prétendu  art  ma- 
gique. On  croit  que  ce  Berçjcr  charme  lesloups, 
les  serjicns.  Plusieurs  croient  qu'en  disant  cer- 
taines paroles,  ils  charment  les  annes  à  Çcu.  Il 
crut  que  son  cheval  était  charme,  parce  qu  il 
ne  put  partir  de  sa  place. 

Il  signifie  figiirément.  Plaire  cxtrtaiemcnt, 
ravir  en  admiration.  Ce  Pi  e'ifiralcrir  vous  char- 
mera. Cette  fiUc  charme  tous  cciuc  qui  la  re- 
qardent.  Vous  en  êtes  charmé.  Cette  Musique 
ma  charme. 

On  dit,  Charmer  la  douleur,  l'ennui  de 
(juclijij'im ,  pour  dire ,  En  suspendre  le  senti- 
ment. Il  a  charmé  ma  douleur  par  ses  dis- 
cours. 

CnAnMÉ  ,  €b.  participe. 
CHARMILLE,  s.  f.  Nom  collectif.  Plant  de 
pctiti  charmes.  Eoite  de  churmillc.  Planter  de 
îa  c/iarniille  pour  faire  une  palissade. 

CHARMOIE.  subst.  fém.  Lieu  plante  de 
cLarmet. 


CHA 

CHARNACE  s.  m.  Le  temps  auquel  il  est 
prrniis  de  niaui^er  delà  c!;air,  de  la  viande.  On 
fait  meilleure  chère  en  chaniaqc  (iu\'u  carême. 
Il  est  populaire. 

CHAUKFX,  ELLE.  adj.  Oui  est  de  lu  cLnir, 
qui  appartient  à  la  cbaïr..  Il  nVsi  giièr^  d'usar^e 
que  dans  ces  phrases  :  Plaisir  clturncl.  Jppétit 
charnel.  Copulation  cliarnellc. 

On,  dit  aussi,  Homme  charilcl,  pour  dire, 
Homme  sensuel,  par  opposition  ù  Tlomnie 
spirituel. 

CHARNELLEMENT,  adv.  Selon  la  chair. 
Il  nVst  guère  d'usage  que  clans  ccttL'  pbrasc,  U 
a  connu  cette  femme  charnellement. 

CHARNF.UX,  EUSK.  adj.  Terme  de  M(îdc^ 
cine.  ile  qui  est  piincipalement  compose  du 
chair.  Les  joues,  les  muscles  sont  des  partic.i 
charncuses. 

CHARNIER,  s.  m.  Le  Hou  où  Ton  garde  dc3 
vi.'mdcH  "ialees. 

U  se  dit  aussi  d'L^n  lieu  couvert  où  l'on  mcî 
les  ossemcns  des  mo;1s.  On  disoit  autrefois, 
Les  charniers  des  Saints- Innoccns. 

CHARNIÈRE,  s.  f.  Ce  sont  tleux  pièces  de 
fer  ou  d'autie  métal, qui  s'cnclavenl  l'une  dans 
l'autre,  et  qui,  étant  perçues,  sont  jointes  en- 
scnihle  par  une  broche  qui  les  traverse.  La 
charnière  d'un  compas^  d''ii.nc  hotte,  d'uni 
montre,  ^une  iahafière. 

CHARNU,  UE.  adj.  Bien  fourni  do  chnir. 
Corps  c/iiir/m.  Personne  c/tarnuc.  Cette  perdrijc, 
a  l'estomac  bien  charnu. 

Il  se  dii  aussi  Des  fruits.  Des  pruneaiu:  hiai 
i.iiavnus.  Des  oUves  bien  charnues^  etc. 

CHARNURE.  s.  f.  La  chair,  les  pariioa 
cliaruuos  considérées  selon  les  différentes  qua- 
lités qu'elles  peuvent  avoir.  Il  ne  se  dit  qud 
Des  personnes.  Charnure  ferme.  Churniirc 
molle. 

CHAROGNE,  s.  f.  Corps  de  l/te  morte, 
expose  et  corrompu.  Vieille  charogne.  Ptunii 
comme  une  charocjne. 

CHARPENTE,  s.  f.  Ouvrage  de  pièces  de 
bois  taille'cs,  équarries  et  disposées  pour  clm 
assemblées.  C?i«rpcnfC(/e  l'ois  de  chêne,  dechd- 
taïqn'-cr.  La  charpente  d\ine  Êfjlisc,  d\in6 
Cûiivcrturej  d^un  plancher.  'Maison  bâtie  eu 
tharpente.  Bois  de  charpente. 

On  dit  figiu'cment,  La  charpente  du  corps, 
la  charpente  d'un  ouvrage.,  pour  dire,  La 
itructurc. 

CIIARPENTER.  v.  ncl.  Tailier,  équanir 
des  pièces  de  bois  avec  la  hache.  En  ce  sens  il 
n'est  guère  en  usaj^e;  nnîs  au  fi|^urc  il  signifie 
Couper,  tailler  d'une  manière  maladroite.  Vous 
charpenttiz  cette  viande  au  lien  de  la  couper 
proprewcnt.  Le  Chirurgien  lui  a  tout  clmr- 
penté  le  bras. 

Cuaufentic,  ÉE.  parlieipe.  Il  si3nifie  nnli- 
nairement,  Taillé  grossièrement. 

CHARPENTERIE.  s,  f.  L'art  de  Iravailict 
en  charpente. 

Il  signidc  .lussi  la  nicnie  chose  que  Char^ 
pente,  mais  plus  relatÎTemenl  ît  l'industrÎ!:  du 
travail,  rxhiifitud  de  charpcnteric.  La  charpcn- 
(cric  de  cette  Eglise  est  fort  belle. 


CHA 

CHARPENTItlR.  s.  m.  Artisan  qui  travaille 
en  charpente.  Maître  Charpentier.  Charpentier 
du  Roi.  Il  est  dans  l'embarras,  il  a  les  Char- 
pentiers et  les  Maçons  chez  lui.  Charpentier  de 
vaisseau. 

CHARPIE,  s.  f.  Amas  de  petits  filets  tires 
d'une  toile  use'e  et  dépecée.  Faire  de  îa  charpie. 
La  charpie  sert  à  mettre  dans  les  plaies,  dans- 
les  ulcères.  On  porta  tant  de  tonneaux  de  char- 
me à  Varmee. 

On  dit  figurémenl  dTnc  viande  bouillie  qui 
est  trop  cuite  et  comme  réduite  en  lîlets,qu*E//e 
est  en  charpie. 

CHAURÉE.  s.  f.  Cendre  qui  a  servi  à  faire 
la  lessive.  La  charrcc  est  bonne  au  pied  des 
arbres. 

CHARRET1-;k.  subst.  fém.  La  charge  d'une 
cliarrette.  Charretée  de  hoïs ,  de  foin  ,  de  vin. 
Vemî-charretée. 

CHARRETIER,  1ÈRE.  s.  Qui  conduit  une 
charrctle.  Bon  c/i;jrre((cr.  On  ditproverbialem., 
//  jure  comme  un  charretier  embourbé. 

On  dit  proverbialement,  qu7I  n'y  a  si  bon 
charretier  qui  ne  verse.,  pour  dire  ,  que  Lca 
plus  habiles  font  quelquefois  des  fautes. 
I      CHAnnErrenj  se  dit  aussi  De  celui  qui  mène 
une  charrue. 

CHARRETIER  ,  1ÈRE.  adj.  Par  où  peuvent 
passer  les  charrettes.  Vue  porte  charretière. 

On  dit,  La  voie  charretière ,  en  parlant  De 
l'espace,  entre  les  roues  de  la  charrette,  com- 
mode pour  passer  dans  un  clicniin.  La  voie 
charretière  est  plus  étroite  dans  ce  pays  qu'ail- 
leurs. 

CHARREITE.  s.  f.  Sorte  de  voiture  à  deux 
roues  et  à  deux  limons  ,  qui  a  ordin.iirenieul 
deux  ridelles.  Charger  une  charrette.  Mener 
une  charrette. 

CHARRIAGE,  s.  m.  Action  de  charrier.  Le 
charriage  coûte  souvent  plus  que  la  pierre, 
nue  le  bois.  Le  charriage  est  dijficHe  en  hiver. 

CHARRIER,  s.  masc.  Pièce  de  grosse  toile 
d;ms  laquelle  on  met  la  cendre  au-dessus  du 
ruvier  quan^  on  fait  la  lessive.  Ce  drap 
servira  de  charrier. 

CHABRIER.  V.  a.  Voilurer  dans  une  char- 
reltc  on  chariot.  Charrier  des  pieires  d'une 
carrière.  Charrier  des  gerbes  du  champ  à  la 
grange.  Charrier  du  vin. 

On  dit,  que  Les  rivières  charrient  du  $ahle, 
ijue  les  urines  charrient  du  gravier. 

C.ii.Mtniru,  s'emploie  neutralement  et  figu- 
rément  dans  ces  phrases  :  Charrier  droit ,  pour 
tlire,  Se  bien  conduire ,  se  gouverner  comme 
l'on  doit,  s'acquitter  de  son  devoir.  Il  a  tou- 
jours charrié  droit.  Je  le  ferai  bien  charrier 
drf'l.  Il  fera  bien  de  charrier  droit.  11  est  du 
it}  le  f.uniliftr. 

Ou  dit  par  ellipse,  qu'Cfnc  rivière  charrie, 
Lor-ique  dans  une  grande  gelée  on  y  voit  beau- 
roup  de  glaçons  aller  au  courant  de  l'eau.  Lfi, 
Seine  stra  hientSt  prise,  car  elle  charrie. 

CHAnniÉ,  ÉK.  participe. 

CHARROL  s.  masc.  Charriage,  voilure  pnr 
chariot,  charrette,  fourgon,  etc.  On  lui  a  tant 
payé  pour  le  charroi.  On  ne  tauyoit  aller  là 


CHA 

par  charroi  Capitaine  de  charroi.  L'Intenâant 
a  ordonné  tant  île  charrois  par  iulliige. 

CHARKUN.  s.  ni.  Oai-rier,  artisan  qui  fait 
des  traius  de  canossc,  des  chariots,  des  char- 
rettes, etc.  -l/udre  Charron  ù  Paris. 

CHAIU">0>'>AGE.  s.  m.  Art  du  Charron. 
ouvrage  de  Charron. /Jois  l'i"  charroimatjc. 

CILMîROYliR.  v.  :;i?t.  i  ransporlcr  sur  des 
cli.iriots,  charrettes,  touibereaux,  etc.  H  en  a 
coi'tté  beaucoup  pour  chan-oycr  loiiïes  ces 
pierres. 

Ca/iwoxk,  iz.  participe. 

CHARRUli.  subsl.  f.  Machine  à  labourer  hi 
terre,  composée  d'un  train  mouté  ordinaire- 
ment sur  deux  roues,  qui  porte  un  gros  fci 
pointu  et  un  autre  tranchant  pour  ouvrir  et 
couper  la  terre,  et  qui  est  tirée  par  des  che- 
vaux ou  par  des  boeufs.  Charrue  bien  attelée. 
Charrue  de  bœufs  ,  de  chevaux.  Valet  de 
charrue.  Tenir  le  manche  de  la  charrue.  Le 
soc  d'une  charrue.  Tirer  la  charrue.  On  dit 
ptoverbialemeut,  ileltre  la  charrue  devant  les 
basufs^  pour  dire.  Faire  avant  ce  qui  devroit 
être  fait  après. 

Ou  ilit  ligiircuient.  Tirer  la  charru.' .  prnir 
dire,  Avoir  beaucoup  de  peine.  C'est  tirer  la 
charrue,  (jue  di  s'adonner  ù  nn  travail  si  pc- 
nihle. 

il  sigoiiie  quelquefois  L'clpndue  de  terra 
qu'on  peut  mettre  eu  valeur  avec  une  charrue. 
Cette  terme  est  de  deux,  de  quatre  charrues. 

On  dit  Des  personnes  d  une  socii  té  qui  s'ac- 
eordent  mal  ensemble,  qnc  C'e<t  une  charrue 
mal  attelée.  ï)  est  du  style  familier. 

CHARTRIJ.  s.  f .  Prison.  Il  est  vieux.  Saint 
Denis  de  la  Chartre,  Lieu  oii  Saint  Denis  fut 
autrefois  en  prison. 

CinarnE,  signifie  aussi,  Dépérissement  du 
corps ,  maigreur.  Tomber  en  charlre.  Cet  enfant 
est  en  chartre. 

CuAitTnE  pRivû.  Terme  de  Pratique.  Prison 
sans  autorité  de  Justice.  Il  n'est  pas  permis  de 
tenir  un  homme  en  chartre  privée. 

CllAUlRIi  ou  CIlARTIi.  subsl.  f.  .tnciens 
ijties ,  anciciuics  lettres  patentes  des  Rois  , 
Princes,  etc.  Chartre  t\onniinde.  Trésor  des 
Chartre.<. 

On  appelle  Chartre,  ou  Charte -partie,  en 
termes  de  M.-'rine,  Un  acte  conventionnel  que 
fait  le  Propriétaire  d'un  \'ai6seau  avec  un  Mnr- 
chandqiii  charge  dessus  di'S  luarcioiidises  pour 
le  Pays  étranger. 

CHARIRECSE.  s.  f.  Maison  qu'habiteni 
lus  Chartreux.  Au  llj^uré,  ou  appelle  Char- 
treuse, Une  petite  maison  de  canipugne  isolée, 
toliluirc. 

CHARTREUX.  ELSi:.  s.  Rcligieui  et  Rc- 
lijjieusc  de  l'Ordre  àc  Saint  Bruno. 

en  \KTRÏCR.  $.  m.  I.ieu  où  l'itn  conS'.n-e 
les  Chartres  d'une  .db)w\e,  etc.  Le  Chailrier 
de  Saint-Denis,  /icm  C/iur(ric;-.  C)i.u-(riei-  en 
liuii  ardre.  Il  se  dit  aussi  L'c  celui  qui  garde  les 
Chartres. 

CH<^.  s.  m.  I/r  trou  d'une  aiguille. 

(MIÂSSK.  snbst.  f.  (  I.»  première  sylLibc  est 
longue.)  Sorte  de  ciissc,de  colUc  ou  l'on  garde 


CHA 

les  reliques  de  quch^ue  Saûit.  Châsse  àt  boît 
doré,  d'argent,  d'or.  Chiisse  enrichie  de  pier- 
raies.  La  châsse  d'un  tel  Saint.  On  a  descendu 
la  chasse  de  Sainte  Geneviève. 

CUiVSSli.  subst.  m.  C'est  le  nom  d'un  pas  de 
danse. 

CHASSE,  s.  f .  (  La  preni.  syllabe  est  brève.  ) 
Action  de  chasser,  de  poursuivre.  Il  se  dit  par- 
ticulièrement De  l.i  poursuite  des  bêtes.  Chasse 
générale,  que  font  les  Princes  eu  quelques 
pays.  C'Kjssc  uilc  chiens  courans,  au  lévria- ,  à 
l'oiseau,  pour  dire,  Avec  les  chiens  couruns, 
avec  le  lévrier,  iivcc l'oiseau.  Chusseà  lagrandi 
bête.  Cliasse  du  vol.  Chasse  à  courre.  Lu  c/i<is.^e 
du  cerf,  du  loup,  du  sanglier,  du  renard,  etc. 
Aller  à  la  chasse.  Entrer  en  chasse.  Se  nielle 
en  citasse.  Le  plaisir  de  la  chùsie.  Pays  de 
chasse.  La  chasse  est  défendue  dans  les  pla'sira 
du  Roi.  Capitaine  ,  Lieutenant  de  chasses. 
Chien  de  chasse.  Fusil  de  chasse.  Équipage  de 
chasse.  Couteau  de  chasse.  Maison  de  chasse. 
Kendc^vous  de  chasse. 

Ou  dit.  Rompre  la  chasse,  l'ordre  de  la 
chasse  ,  pour  dire  ,  Troubler  l'opération  des 
Chaaseurs. 

On  appelle  Habit  de  chasse.  L'habit  uni- 
forme que  porlcnt  les  Chasseurs  qui  accom- 
paf;ncnl  ù  la  chav..'  le  Roi,  les  Princes  ou  les 
grands  Seigneurs. 

On  appelle  ;iiissi  Chasse,  Les  chasseurs,  îea 
rhiens  et  tout  l'équipage.  La  chasse  est  loin, 
est  prés  j  la  char:ic  a  passe  par~là. 

Il  signifie  liuilipK fois  Le  gibier  que  l'on 
prend.  Il  vit  de  sa  cJuisse.  Je  vous  enverrai  lU 
ma  chasse.  Faites-nous  manger devotrec'^asse. 

Ou  dit .  Dofiner  la  chasse  aux  ennemis , 
donna'  la  chasse  aux  vaisseaux  ennemis,  pour 
dire.  Les  poursuivre.  On  donna  la  chasse  à  un 
parti  de  Cavalerie  ennesnie.  Les  Galères  de 
Malte  donnent  la  chasse  aux  Corsaires  de 
Barbarie.  Donner  la  chasse  à  une  bande  di 
volcnrs. 

On  dit  en  termes  de  Marine  ,  qu'Un  vais- 
seau p-end  chasse,  Lorsqu' ayant  rencontré  un 
vaisseau  ennemi  plus  fort  que  lui,  il  se  retire  ^ 
pleines  voiles  pour  éviter  le  combat. 

Cnditd'L'ne  eli-iisc  de  poste, d'un  carrosse, 
et  de  plusieurs  eulres  machines,  qu'/'.'IIu  onl 
]  lus  ou  iiioifi.?  de  citasse,  pour  dii'e,  qii'iîUes 
ont  plus  ou  moins  de  facilite'  à  se  porter  en 
avant. 

Cuisse,  au  jeu  de  Paume,  eôt  le  lieu  où  la 
Lalle  finit  son  premier  buud.  Grande  chasse.  Il 
y  a  une  chasie.  Gagner  la  chasse.  Chasse  au 
pied  de  la  niiiraiUe,  ou  siuiplemeul.  Chasse  an 
pied.  Chasse  morle. . 

Chasse  morle,  se  dit  Ggurénicut,  d'Unr  af- 
faire commencée,  que  l'on  ne  poursuit  pas, 
qui  demeure  lli. 

On  dit  tigurémentel  provrrbiaicment ,  Mar- 
quer cette  c'utste,  pour  dire.  Relever  une  pa- 
role, reinarpier  dans  une  aOaire,  dans  la  con- 
duite d'un  hoinuuï,  imc  circonstance  dont  on 
veut  tiicr  avantage. 

CIIA.SSE-COLSU^  ,  s.  ninse.  se  dit,  dai:»  le 
style  famiiia  ,   pour  Du  méchant  vin.  Il  m'a 


CHA  22y 

donné  du  chasse-cousin.  On  l'e'tend  à  d'autres 
choses. 

CHASSEL.iS.  s.  m.  Sorte  de  raisin.  Grappe 
de  chasselas. 

CHASSE -MAREE,  s.  m.  Le  voituricr  qui 
apporte  la  marée.  Cheval  de  chasse-nfarée. 

Les huiucs que  les C'-asse-marées apportent , 
s'appellent  Huîtres  de  chasse. 

On  dit  figurcmcnt  et  familièrement ,  y^ilcr 
un  tritin  de  chasse-itiarée ,  pour  dire,  Aller 
d'un  pas  fort  vite.  H  altoitd'un  train  dechasstr- 
mayée,je  n'ai  pu  l'atteindi-e.  . 

CHASSE-MtJUCHE.  o.  m.  Petit  balai  avec 
lequel  on  chasse,  les  inouclies.  On  le  dit  aussi 
d  Une  espèce  de  filet  i  cordons  pendans,  dont 
on  couvre  les  elievaux  dans  la  saison  des 
mouches. 

CH.ISSER.  V.  a.  (La  première  syllabe  est 
brève.  )  Mettre  deliors  avec  violence,  contrain- 
dre, forcer  de  sortir  de  quelque  lieu.  Chasser 
les  ennemis  du  Royaume,  hors  ilu  Royaume. 
Il  a  été  chassé  de  son  pays.  On  l'a  chassé 
comme  un  co!juin.  H  se  fit  chasser.  Chasser  les 
chiens.  Chasser  les  mouches.  Chasser  les  oiseaux. 
Ou  dit  proverbialement  et  figurera.  qu'Un 
clou  c/ia.«e  /'antre,  pour  dire.  qu'Une  nouvelle 
p:i.ssiou,  un  autre  goiit,  un  autre  intérêt,  une 
autre  fantaisie,  un  autre  soin  ,  en  cliasse  un 
autre. 

On  dit,  que  De  cerliii'ncs  herbes  chassent  le 
mauvais  air,  le  venin,  pour  dire,  qu'IClles 
ûtent  le  venin  qui  est  dans  l'air,  qu'elles  l'clci- 
gnent 

Ou  dit.  Chasser  un  domestique,  un  valet, 
pour  dire,'  Congédier,  renvoyer  un  domestique 
dont  on  est  mal  satisfait.  Chassez  ce  vaîet ,  c'est 
un  débauché,  un  fripon. 

On  dit  proverbialement  et  fejurémcnt,  (;ue 
La  jaim  chasse  le  loup  hors  du  bois, pour  dire, 
que  L.'  nécessité  oblige  à  s'évertuer  pour  cher- 
cher de  quoi  vivre. 

CiiA-SSLa ,  signifie  aussi.  Mener,  faire  mar- 
cher devant  foi.  11  se  dit  principalement  Des 
bestiaux.  Chasser  les  ihiches  aux  champs.  Chai- 
ser  un  troupeau  de  moulons,  etc. 

On  dit  aussi.  Chasser  l'ennemi  dci'nnt  soi, 
pour  dire.  Le  faire  retirer  de  poste  en  poste. 

CiiASSEr. ,  signifie  encore.  Pousser  quelque 
chose  en  avant.  La  poudre  iine  chasse  bien  plus 
que  la  grosse.  La  charge  n'est  pas  assez  forte 
pour  chasser  un  boulet  si  pesante  Le  vent  chasse 
la  pluie,  la  neige,  de  ce  cùle-lii.  Il  faut  chasser 
ce  clou  dans  la  muraille,  dans  la  poutre,  à 
coups  de  marteau.  Ce  joueur  de  longue  paume 
cliasse  une  balle  de  grttndc  roideur. 

On  dit  ,  en  termes  d'Imprimerie ,  qu'Une 
sorle  de  ielfre.  de  ci.raclére,  chasse  plus  qu'une 
autre,  pour  dire,  que  Les  mêmes  raotf  rangés 
de  la  même  sorte,  occupent  plus  d'espace, 
étant  imprimés  d'un  certain  ranclère  ,  que 
l'étant  d'iui  auti'e.  Le  caractère  ijomain  chasse 
plu;  ((lie  I'/liilii(nc.  Kn  ce  sens  il  est  neutre. 

CUASSiin,  sigu  fieeucorc,  Poursuivie,  tilcher 

de  prendre  à  la  cou*"se  avec  des  chiens  certaines 

Ijètcs,  comme  fièvre,  renard,  chevreuil,  lonp, 

cerf,  s.anglier,  etc.  Chassa  le  lièvre,  le  ccr;  ,ele. 

■MJ. 


228 


CHA 


Chasser  ,  mis  absolument ,  signifie ,  Pour- 
suivre toute  sorte  de  gibier.  Chasser  au  fusil 
ChiKser  avec  le  chien  couchant.  Chasser  avec 
une  meute  de  chiens  courons.  Chasser  à  beau 
bruit  ^  à  grand  hruit.  Chasser  h  cor  et  à  cfi. 
Chas^^cr  avec  Voiseau^  à  l'oiseau.  Chasser  dans 
la  plaine.  Chasser  en  fond  de  foret.  Il  faisoit 
bon  chasser.  Je  ne  soujpirai  pas  (ju  d  chasse 
sur  mes  Icrres.  Cf  chien  chasse  bien.  Les  chiens 
ont  mal  chasic  aujourd'hui. 

Ou  dit  aussi ,  Chasser  aux  perdrix ,  aux 
bécasses,  etc.  et  en  ce  sens  il  est  neutre. 

On  dit  en  termes  de  Cliassc,  Ce  chien  chasse 
de  haut  vent^  pour  dire,  qu'il  chasse  contre  le 
venL 

Ou  dît  figurémeut  et  bassement  j  qu'C/» 
homme  chasse  bien  au  plat,  pour  dire,  qu'il  a 
bon  appétit,  qu'il  aime  h  manger  le  gibier  «lue 
les  autres  tue.nt. 

On  dit  proverbialement,  Bon  chien  chasse 
de  race,  pour  dire,  que  Les  enfans  ont  ordi- 
nairement les  inclinations  de  leurs  pères  ,  e| 
suivent  leurs  exemples.  Il  se  prend  en  bonne 
cl  en  mauvaise  part. 

On  dit  d.ins  lemême  sens,  qu'f/n  homml 
chasse  de  race. 

On  dit  aussi  familière  m  entj  Leurs  chiens  nt 
chassent  pas  ensemble ,  pour  dire.  Ils  s'accor- 
dent mal  enseml)le. 

Chasser  sur  les  terres  de  quehiu'un  ^  sipiiitie 
figurêment  »  Entreprendre  sur  sa  juridiction  , 
sur  ses  droits. 

On  dit  eu  ternies  de  Alarinc.  ([uT' n  l'dHscuu 
chasse  sur  ses  ancrt's,  Lorsqu'il  a  mouille  sui 
un  fond  de  mauvaise  terme,  et  que  l'ancre  nfl 
tient  point 

On  dît,  qu'Une  foiïure  chasse  bien,  pon» 
dire  ,  qu'ElIe  n'est  pas  lourde  ,  qu'elle  roule 
avec  facilite',  et  que  son  mouvement  est  com- 
mode et  prompt. 

Chassé,  ée.  participe. 

CIîASSERÏOSSE.  s.  f.  Son  usage  le  plus  or- 
dinaire est  dans  la  Poésie.  Diane  îa  Chasseresse. 
Les  Nymphes  Chasseresses. 

CHASSEUR,  EUSE.s.  Qui  chasse  actuelle- 
ment, on  qui  aime  A  chasser.  Je  trouvai  det 
chasseurs  dans  îa  plaine.  C'est  un  m-and  chas- 
seur. Il  n'est  point  chasseur.  Cette  femme  est 
une  grande  chasseuse.  Ces  Dames  étoient  ha- 
billées en  chasseuses. 

On  appelle  Chasseur,  Un  nomeslique  dans 
une  Terre,  occupé  h  chosscr  pour  son  Maitrc. 

Chasselu,  en  langage  militaire,  signifit; 
aussi  Un  soldat  phjs  leste*,  plus  agile,  deslint- 
à  former  une  compagnie  de  choix  dans  un  ba- 
taillon. Il  y  a  aussi  des  compagnies,  des  Kt'gi- 
mens  de  Chasseurs  à  cheval. 

CHASSIE,  s.  f.  Humeur  gluante  qui  sort 
des  yeux  malades.  Jl  a  toujours  de  la  ehassii 
aux  yeux. 

CHASSIEUX ,  EUSE.  adj.  Qui  a  de  la  chassie 
aux  yeux.  Il  a  des  yeux  chassieux, 

CHASSIS,  s.  m.  Ouvrage  de  menuiserie  com- 
posé de  plusieurs  pièces  qui  forment  ordinaire- 
ment des  carré»  ou  l'on  met  des  vitragrs  ou  de 
la  toile,  ou  des  fcuiïlei  de  papier  huile',  pour 


CHA 

empt^'lier  le  veiitjlcs  injures  du  temps.  C?irfssis 
de  papier.  Chiîssis  de  verre.  Châssis  de  toile. 
Il  a  double  châssis  à  sa  chambre.  Coller,  pCH 
$er,  lever  les  châssis.  Châssis  à  fiche.  Cluhsis  à 
coulisse.  Châssis  à  panneaux.  Châssis  d'osiei'. 
Ou  l'emploie  aussi  dans  d'autres  arts ,  pour  si- 
gnifier L'ne  espèce  de  cadre. 

Châssis  dormant,  signifie  Un  cliûssis  qui 
ne  se  lève  point,  et  qui  ne  s'ouvre  point. 

H  signifie  aussi  Une  espèce  de  cadre  sur  le- 
quel on  attache,  on  applique,  on  fait  tenir  un 
tableau,  une  toile,  ou  autre  chose  semblable. 
Châssis  d'un  tableau. 

Châssis,  se  dit  en  générci  De  tout  ce  qui 
enferme  et  enclijsse  quelque  chose.  Ainsi  on 
appelle C/i(fssii  H'/mprirnerie,  Le  caiTC  qui  en- 
ferme les  caractères. 

On  appelle  Châssis  d'une  tahlcy  Ce  qui  sou- 
lieut  le  dessus  d'une  table. 

CHASTE,  adj.  des  2  g.  Qui  s'abstient  des 
plaisirs  d'un  amour  illicite.  Homme  chaste. 
Femme  chaste. 

11  signifie  aussi ,  Pur,  éloigné  de  loutcc  qui 
blesse  la  pudeur,  la  modestie,  ^mour  cha.'ifc. 
Vn  cœur  chaste.  Il  est  chaste  de  corps  et  d^cs- 
prit.  Cela  blesse  les  oreilles  chastes.  Il  n'a  (jue 
des  pensées,  des  discours  chastes  et  honnCles, 
Un  style  chaste. 

CHASTEMENT,  adv.  D'une  manière  chaste. 
Vivre  chastement. 

CHASTETf^:.  8.  f.  Vertu  par  laquelle  on  est 
cijaste.  Garder  la  chasteté.  Cela  blesse  la  chas- 
Iclê.  Chdstetc  cuniui^ale. 

Il  se  prend  quelquefois  pour Uneenlii^rc  abs- 
tinence des  plaisirs  de  l'amour.  Chasteté  perpé- 
tuelle. Faire  vœu  de  chasteté. 

CHASUBLE,  s.  f.  Ornement  que  le  Prêlro 
met  par-dessus  l'Aube  et  l'Etole  pour  célébrer 
la  Messe.  Chasuble  de  camelot,  de  damas,  dt 
toile  d'or,  etc.  Mettre  la  chasuble,  Oter  la 
chasuble. 

CHASUBLIER.  s.  m.  Ouvrier  qui  fait  toute 
sorte  d'ornemens  d'I'^lise.  "' 

CHAT,  s.  m.  CHATTE,  s.  f.  Animal  do- 
mestique qui  prend  les  rats  et  les  souris.  Gro5 
chat.  Chat  r.oir,  chat  gris,  etc.  Chat  d'Es' 
vaqnc.  Ce  chat  est  bon  aux  souris ,  pour  les 
souris.  Chassez  ce  chat.  Belle  chatte.  Votre 
chatte  est  pleine. 

On  dit,  y/u  chatj  att  chat ,  peur  faire  fuir 
un  chat. 

On  dit,  Traître  comme  un  chat,  volontaire 
comme  un  chatj  rôder  comme  un  chat,  guetter 
comme  un  chat,  en  comparant  les  actions  d'un 
liommc  aux  habitudes  de  cet  animal. 

On  dit  bassement  d'Une  femme  firiande, 
qu 7:.ï/c  est  friande  comme  une  chatte,fiaec^est 
une  chatte. 

Il  y  a  aussi  des  chats  qui  vivent  dans  les 
bois,  qu'on  appelle  Chats  sauvages. 

On  dit  proverbial,  et  figuromcnt ,  d'Un 
honmie  qui  en  épîe  un  autre,  qn'/ï  le  guctt<! 
comme  le  chat  fuît  la  souris. 

On  dit  encore,  Â  bon  chat,  bon  rat,  pou: 
dire,  Uien  attaque,  bien  dércndu. 

On  dit  aussi  proverbial,  cl  fî;;ure*mcnt  Dss 


CHA 

personnes  qui  s'accordent  mal  enscmljle ,  qu'il* 
s'uccor£Îcnf,qu'i7s  viVenl  comme  chiens  et  chats. 

On  dit  encore,  que  La  nuit  tous  chats  %ont 
gris,  pour  dire,  que  La  nuit  on  ne  distingue 
point  un  objet  agréable  de  celui  qui  ne  l'est  pas. 

On  dit,  Payer  en  chats  et  en  rats,  pour 
dire,  Payer  en  mauvais  eficts. 

On  dit  proverbial.  d'Un  homme  qui  soit 
dune  maison  sans  dîi'e  adieu  à  personne,  qu'/I 
a  emporté  le  chai. 

On  dit  encore  proverbialement,  Il  n'y  a  pas 
là  de  quoi  fouetter  un  chat,  pour  dire,  que 
L'affaire  dont  il  s'agit  n'est  qu'une  bagatelle. 

On  appelle  figurémeut,  37usir^iie  de  chat. 
Une  musique  dont  les  voix  sont  aigres  et  dis- 
cordantes. 

On  dit  encore,  Jcïer  le  chat  aux  jambc<  à 
quelqn\ui ,  pour  dire ,  Rejeter  la  faute  sur  lui. 

On  dit  proverbialement  et  figurcm.  qu'L'nc 
fille  a  laissé  alla-  le  chat  au  fromage,  ^<nt  dire, 
qu'ElIc  s'est  laissée  abUser. 

On  dit  encore  proverbialement.  Bailler  le 
chat  par  les  pâtes,  pour  dire.  Présenter  «oe 
cliose  par  l'endroit  le  plus  difficile. 

On  dit  aussi,  Tirer  les  m.irrons  du  feu  avec 
la  pâte  du  chat,  pour  dire,  Faire  faire  par  un 
autre  ce  qu'on  craint  de  faire  soi-même. 

On  dit  encore,  Chat  échaudé  craint  l'eau 
froide,  pour  dire,  que  Quand  on  a  été  attrapé 
'i  quelque  chose,  on  craint  tout  ce  qui  en  n  )b 
moindre  ressemblance. 

On  dit  proverbialement,  Acheter  chat  en 
poche,  pour  (lire.  Faire  mnrclic  d'une  cfiose 
sans  la  connoître  et  sans  la  \oîr. 

On  dit  proverbialement ,  Éveiller  le  chat 
qui  dort,  pour  dire,  Réveiller  une  aflàïre  qui 
étoit  assoupie,  chercher  un  danger  qu'on  pou- 
voit  éviter. 

CHATAIGNE,  s.  f.  Sorte  de  fruit  dont  la 
snbstonce  est  farineuse,  et  l'écorre  de  couleur 
brune  tirant  un  peu  suinIc  rouge.  Grosses  châ- 
iaignes.  Litron  de  châtaiqnes.  Châtaignes  bouil- 
lies. Châtaignes  rôties.  Puin  de  châtaignes. 

ChÂtAi&he  n'EAt:.  Plante  aquatique,  ainsi 
1  nommée,  parce  que  son  fruit  ressemble  à  la 

châtaigne  ordinaire. 
I        CHÂTAI(;>'EUA1E.  s.  fera.  Lieu  planté  de 
châtaigniers.  //  a  fait  abattre  une  châtaigne- 
raie qu'il  avoit  près  de  sa  maison, 

CHÂTAIGNIER,  s.  masc.  Grand  arbre  qi>i 
produit  des  chïllaignes.  Bois  de  châtaignier. 
Perches,  cercea^Lx  de  châtaignier.  Charpente 
de  bois  de  châtaiqnicr, 

r.ILATAlN.  adj.  m.  Qni  est  de  couleur  de 
rhaiaignc.  Il  n'est  gutre  en  usage  que  dans  c« 
phrasrs,  Poil  châtain  clair.  Cheveux  châtains. 
H  est  indcchnable  quand  il  est  suivi  d'un  antre 
adjectif  qui  le  modifie.  Des  cheveu.x  châtatK 
clair. 

CHÂTEAU.  5.  m.  Forteresse  cnvironn«'-e  de 
fossés  et  de  gros  naurs  flanqués  de  tours  ou  de 
liastions.  Cfcfîfcnîi  sur  un  rocher,  sur  itnc  mon- 
tagne. Le  Château  commandoit  la  Ville. 

On  dit  pioverbialement,  Viïlc  prise.  Châ- 
teau rendu. 

On  dit  pioverhiaîement  et  figurément,  faire 


CHA 

Jes  Châteaux  en  Espagne ,  pour  dire ,  Faire 
i\oi  desseins,  des  projeis  en  l'air. 

Château,  st^uific  au^si  La  maison  où  de- 
meure le  Seigneur  d'un  lieu.  7/  s'est  retire  à  L 
campaqtic  dans  son  château. 

On  aiipcllc  figurénient  vt  proverbialement, 
Château  lie  cartCj  Une  petite  maison  de  cam- 
pagne fort  ajustée,  et  peu  solidement  Italie. 

On  appelle  Château  de  poupe,  ou  Château 
d'arrière  ,  et  Château  de  proue  ,  ou  Château 
d'nvant ,  L'espèce  de  logement  qui  est  clevé 
sur  la  poupe  et  sur  la  pruuc  d'un  vaisseau,  au- 
dtissus  du  dernier  pont. 

On  appelle  C'td'teuu  d'eau.  Un  bâtiment  qui 
lie  renferme  que  des  réservoirs. 

(^ILVTKLAIN.  s.  m.  Celui  qui  commande 
dans  uu  château.  En  ce  sens  il  est  vieux. 

Il  sit^niûe  aussi Seiî;ueui-  d'une  certaine  éten- 
due de  pays ,  qui  ctoît  autrefois  commandée 
par  un  Château,  et  qui  y  ressortit  encore  pour 
in  Justice.  Sein neur  Châtelain  d'un  tel  endroit. 

On  appelle  Juqe  Châtelain  ,  Le  Juge  du 
Seigneur  Châtelain  ;  et  dans  ces  dernières  phra- 
ses il  est  adjectif. 

ChAteLÊ,  ÉE.  adj. Terme  de  Blason.  Il  se 
dit  d'Une  bordure  ou  d'uu  lambel  chargé  de 
plusieurs  châteaux.  La  bordure  de  Portugal  cl 
le  lambel  ^Artois  sont  châtelés. 

CHÂTELET.  s.  m.  Petit  Château,  Il  n'est 
plus  d'usage  qu'en  quelques  Villes,  particulic*- 
rcment  à  Paris,  où  il  y  a  eu  deux  anciens  Châ- 
teaux, l'un  qui  subsiste  encore.  Le  Grand- 
Châtelety  où  l'on  rend  la  Justice,  et  où  l'on 
tient  les  prisonniers:  l'autre,  dit  Le  Petit 
Châtelet,  qui  a  été  détruit. 

On  appelle  à  Pai'nChâtelet^  La  Juridiction, 
le  Tribunal  où  se  )ugent  les  aflàires  civiles  e| 
criminelles  en  première  instance.  Conseiller  au 
Châteht.  yotaire  au  Châtelet.  Commissaire  au 
Châtelet.  Sentence  du  CUâtelet. 

ChAtELLENIE.  s.  f.  La  Seigneurie  et  U 
Juridiction  du  Seigneur  Châtelain.  Droit  d^ 
Châlellenie.  Eriqer  une  Châtellenie  en  Mar'- 
<ptisat. 

Il  signifie  aussi  Une  certaine  étendue  da 
pays  sous  celle  Juridiction.  Ct'/(e  Paroisse, 
cette  Terre  at  de  la  Châtellenie  d'un  tel  lieu. 

CHAT-HUANT.  s,  m.  (Le  T  de  la  première 
syllabe  ne  se  prononce  pas,  et  l'H  de  la  se- 
conde est  aspiré. }  Sorte  ds  hibou  qui  ciang« 
las  souris  et  les  petits  oiseaux.  On  prétend  que 
la  chats-huans  voient  plus  cUir  la  mut  que  le 
jour, 

CHATIER.  V.  a.  Punir,  corriger  quelqu'un 
qui  a  failli ,  lui  faire  souffrir  la  peine  qu'il  mé- 
rite. C'est  au  père  à  châtier  ses  enfans.  Quand 
il  platt  à  Dieu  de  nous  châtier.  Les  fléaux  dont 
Dieu  châtie  les  hommes.  Cette  ville  s'csl  révol- 
tée, mais  on  l'a  rigoureusement  châtiée  par  la 
perte  de  ses  privilèges^  et  par  la  mort  de  grand 
nombre  des  plus  coupables. 

■On  dit  provcrbialcm.  (Jui  bien  aime^  bien 
châtie. 

On  dit  figurément.  Châtier  sa  prose  et  ses 
vo-f ,  pour  dire,  Kn  ùier  ce  qu'il  y  a  de  man- 
«u,  en  soigner  le  styl-,  le  rendre  le  plus  exact 


CHA 

qu'il  est  possible.  Il  n'a  pas  assez  chât^  ses 
derniers  ou\Tages.  Son  style  n'est  pas  assez 
châtié.  Il  est  plus  en  usage  ou  participe  que 
dans  ses  autres  temps. 

CiiÀtié,  t.¥..  participe. 

CHATIÈRE,  s.  f.  Trou  qu'on  laisse  aux 
portes  des  greniers,  ou  ailleurs,  pour  laisser 
passer  les  chats.  F  aire  tme  chatière  à  une  porte. 

CIIATIMENT.  s.  m.  Punition,  correction, 
peine  que  l'on  fait  souffrir  h  celui  qui  a  failli. 
Léger  châtiment.  Rude  j  sévère,  rigoureux , 
cruel  châtinïTnl.  C'est  uu  visible  châtiment  de 
Dieu.  S'il  a  failli ^  il  en  a  rt^u,  il  en  a  soufjhrt 
le  châtiment. 

CHATON,  s.  xn.  Petit  chat.  In  chatcn,  un 
petit  chaton. 

CHATON,  subst,  m.  La  partie  d'une  bague, 
d'un  poinçon ,  dans  laquelle  une  pierre  pré- 
cieuse est  enchâssée.  La  pierie  est  tombée  du 
chaton, 

CHATONS,  s.  m.  pi.  Terme  de  Botanique. 
C'est  ainsi  qu'à  cause  de  Ic'jx  resseml)lance 
avec  la  queue  d'un  chat,  on  nomme  les  fleura 
de  certains  arbres,  lesquelles  sont  attachées 
plusieurs  ensemble  sur  un  même  filet.  Le 
noyer,  le  coudrier,  le  chêne ^  etc.  sont  da 
arbres  à  chatons. 

CHATOUILLEMENT,  s.  m.  Action  de  cha- 
touiller. Etre  sensible  au  moindre  chatouille^ 
ment. 

Chatouillement,  se  dit  aussi  De  certaine 
impression  agnJable  qu'on  sent  quelquefois;  et 
c'est  dans  cette  signification  qu'on  dit.  Le  cha- 
touillement des  sens. 

CH.VTOL'ILLER.  v.  a.  Causer  en  certaines 
parties  du  corps,  par  un  attouchement  léger, 
un  mouvement  involontaire,  un  tressaillement 
qui  provoque  ordinairement  â  rire.  C/inloui/Ier 
quelqu'un  aux  côtés.  Le  chatouiller  à  la  plante 
des  pieds.  Ae  ïe  c/ja(oui/ïec  pas  si  fort. 

Ou  dit  flgurément  et  proverbialement,  d'Un 
homme  qui  s'excite  lui-même  à  rire,  ou  qui 
tâche  à  se  procurer  de  la  joie,  quoiqu'il  n'en 
ait  point  de  sujet ,  qu'il  se  chatouille  pour  se 
faire  rire. 

On  dit,  que  Le  vin  chatouille  le  palais,  le 
gosier;  que  La  musique,  l  harmonie  chatouille 
ioreille,  les  oreilles,  pour  dire,  que  Le  vin, 
que  la  musique,  flattent  agréablement  les  sens. 

On  dit,  Chatouiller  un  cheval  de  l'éperon, 
pour  'dire,  te  loucher  légèrement  avec  l'éperon. 

CuATOciLiJin,  signifie  figurément,  Dire  des 
choses  qui  plaisent ,  qui  flattent.  Quand  on  lui 
dit  du  bien  de  ses  on  fins ,  on  le  chatouille  par 
l'endroit  le  plus  sensible.  Les  flatteurs  ne  par- 
lent que  pour  chatouiller  les  oreilles  des  Grands. 

Chatouu-É,  tz.  participe. 

CHATOL'iLLEUX,  EUSE.  adj.  Qui  est  fort 
sensible  au  chatouillement  La  plante  des  pieds 
est  une  partie  bien  chatouilleuse.  Vous  êtes  cha- 
touilleux. 

W  se  dit  aussi  Du  chevaL  Ce  cheval  est  cha- 
louille^Lr. 

On  dit  figurément,  quUn  homme  est  hten 
chatoailleur  ,  [>our  dire  ,  qu'il  s'offense  aise- 
mcul,  qu'il  se  Ûclic  pour  peu  de  cho6e. 


CHA  229 

On  dit  aussi,  qu'l/ne  affaire^  qu'une  f^ues- 
'  tion  est  bien  chatouilleuse,  pour  dire,  qu'il  la 
faut  traiter  avec  giande  circonspection,  parc« 
que  les  plus  légères  fautes  qui  peuvent  écliap- 
per  à  cet  égard,  sont  fort  dangereuses.  Prenez 
garde,  vous  traitez  là  un  poijit  bieti  chatouil- 
leux. 

CHATOYANT,  ANTE.  adj.  Il  se  dit  d'Un 
objet  dont  la  couleur  varie,  suivant  la  direction 
de  la  lumière  qui  le  frappe.  Cou/cur  chatoyante. 
LLtojJif  chatoyante.  Pierre  chatoyante. 

CHAT-PARD.  s.  m.  Auinial  quadrupède, 
qui  ressemble  beaucoup  au  chat  par  la  forme 
du  corj)s,  et  au  léopard  pour  les  couleurs.  De 
là  vient  ce  nom  de  Chal-pard.  On  le  trouve  en 
Amérique. 

CHÂTRER.  V.  a.  Ôtcr  les  testicules.  Châtrer 
un  homme,  un  cheval,  un  chat,  un  bélier^  un 
Iimrcnu,  etc. 

On  dit  aussi,  Châtrer  une  truie,  châtrer  une 
chienne,  pour  dire,  Leur  faire  une  opératioti 
qui  les  mette  hors  d'état  d'avoir  des  petits. 

On  dit  figurément,  Châtrer  un  Livre,  pour 
dire.  En  retrancher  ce  qui  choque  les  bonnes 
mœurs,  la  Religion,  ou  le  (;ouvcrnemcnt..1far- 
iialy  de  cette  édition,  n'est  pas  entier-  il  c  été 
châtré.  On  a  châtré  cette  histoire  en  plusieurs 
endroits. 

On  dit,  Châtrer  des  cotrets ,  des  Çi^ots, 
pour  dire,  Kn  ôter  quelques  bâtons. 

On  dit,  Châtrer  des  ruches,  pour  dire,  Un 
ôter  une  partie  des  gaufres  où  est  le  miel. 

On  dit  aussi.  Châtrer  un  fraisier.,  pour 
dire,  En  ôter  les  rejetons  superflus. 

ChÀthé,  le.  participe. 

H  est  aussi  substantif.  C'est  un  châtré,  ua 
ricua  châtré.  Voix  de  ehâtré. 

CHATREUR.  s.  m.  Celui  qui  fait  métier 
de  châtrer  des  animaux.  Châtreur  de  chietis. 
Couteau  de  châtreur. 

CHATTEMITE.s.  f.  Terme  qui  se  dit  d'Une 
personne  qui  affecte  une  contenance  douce, 
humble  et  flatteuse,  pour  tromper  quelqu'un. 
Voyez-vo-as  cette  chatlemite?  Comme  elle  fait 
la  chattemite.  Il  a  beau  faire  la  chaltemitc.  il 
ne  me  trompera  pas.  Il  n'est  d'usage  que  dans 
le  style  familier. 

CHATTER,  V.  n.  qui  ne  se  dit  que  dUne 
chatte  qui  fait  ses  petits.  I7nc  chatte  qui  eU 
prête  à  chatter.  Elle  a  chatte  cette  nuit. 

CHAUD,  AUDE.  adj.  Qui  a  de  la  chaleur. 
Le  feu  est  chaud.  Le  Soleil  est  bien  chatid  nit- 
jourd'hui.  Temps  chaud.  Eau  chaude.  Bain 
chnud.  Fer  chaud.  Four  chaud.  Mettre  quelque 
chose  sous  les  cendres  chaudes.  Prendre  un 
bouillon  chaud.  Vue  chamh-e  bonne  et  chaude, 
/ivoir  lespieds,  les  mains  chaudes.  Boire  chaud. 
Manger  chaud. 

On  dit  d'Un  homme  qui  est  fort  à  son  aise, 
qu  /i  a  les  pieds  chauds. 

On  dit,  Picurer  à  chaudes  lanr\es  ^  pour 
dire,  Pleurer  cxceftsivement. 

On  dit  pru\erbialcment  et  figurément  qu'/I 
■  faut  battre  le  jcr  pendant  qu'il  est  chaud,  pour 
dire,  que  Pendant  qu'une  aflaire  est  en   ban 
train,  il  fdut  travailler  À  la  faire  finir. 


e3o  ( j  H  A 

ChACD,  sipiifie  aussi,  Qui  donne,  qui  pro 
ciirc  de  la  clialeur.  Le  vin  est  chaud.  Les  épice 
vies  sont  cluutdes.  Ucrhes  chaudes.  Cet  habtt. 
ce  manteau  est  boti  et  chaud. 

On  dit  d'Un  ÉciiTain,  d'un  Orateur,  d'un 
Peintre,  <ju7i  est  chaud  dans  sa  comftosUwn , 
pour  dire  ,  qtie  Sa  conumsitioii  est  vive  cl 
animée. 

On  appelle  Fièvre  chaude.  Une  sorte  de 
fièvre  violente  qui  attaque  on.'inairement  le 
cerveau. 

On  dit  proverbialement  et  fijuréni..  Tombée 
de  /iéire  en  chaud  mal,  pour  dire,  Tomber 
d'un  niàliocre  mal  dans  un  plus  grand. 

On  appelle  1  la  guerre,  Une  cccasion  chaude, 
une  attaque  chaude,  Une  occnsion,  une  attaque 
où  le  combat  est  rude  et  sniiplant. 

On  dit  aussi,  Chaude  alarme,  pour  dire, 
Une  ï;ran('c  cl  souilainc  alarme;  et  dans  ce  sens 
en  dit.  Donner  l'alarme  hicn  chaude,  pour 
diie,  Donner  une  gi'ande  alarme. 

On  dit  figurémcnt,  La  donner  bien  chaude, 
pour  (lire ,  Donner  tine  grande  alarine  en  faisant 
le  mal  nlus  grand  qu'il  n'est.  H  nous  Va  donnée 
bien  chaude. 

On  dit  Des  femelles  de  quelques  animaux, 
qu'Elfes  sont  chaudes,  })ourdire,qu'Ellcs  sont 
en  aniour.  Chienne  chaude. 

On  dit  figurément,  d'Un  homme  avitlc,  <jiii 
veut  tout  avoir,  qui  prend  .'i  toutes  mains,  qu  /i 
ne  trouve  rien  de  trop  chaud,  qu'il  ti  j  «  rien 
de  trop  chaud  pour  lui. 

On  ditDi-ovcrbi  ilemenl  et  Iii;ur«'ni..  5i'  i.'okj 
n'avez  riendeplus  chaud,  i»oms  u' avez  que  fairi 
de  soii.'/.'cr.  Et  cela  se  dit  ordinairement  \io\u 
donner  J  entendre  i  quelqu'un  qu'il  se  llattt 
vainement  de  quelque  esptînince. 

Cn  dit  proveibiaiemcnt  et  figtirémrnt.  d'Un 
homme  qui  fait  plusieurs  n:ains  de  suit'"  an 
Lausqucn't,  et  à  d'autres  jeux  oii  celui  qui 
gagne  fait  toujours,  qu'il  a  la  main  chaude. 

Froverl)ialement  et  figurément,  pour  mar- 
quer qn't^n  se  vengera  i!e  quelqu'un,  on  dit, 
qu'O'i  te  hi  rené-tt  tout  chaud. 

CnAin,  signifie  figurera.  Pro:upt,  'pii  se  met 
fscileinent  en  colèrj.  Il  est  chaud  et  emporté. 
Il  II  In  liilc  chaude,  le  si.ng  chaud. 

On  dit  d'Un  homme  qui  a  un  peu  trop  hu. 
qu'/i  est  chaud  :3c  vin^ 

Cn  dit  d'Un  homme  ardent,  vif  et  emprcsst^ 
à  servir  ses  amis,  qu'/i  est  ami  chaud;  et  d'Un 
homme  indifl'ércnt  sur  une  afliiire ,  Celfi  ne  lui 
fait  ni  Jroid  ni  cliaud. 

On  dit  aussi  figurcnieiit  d'Une  cfeose  (piî  ne 
sert,  ni  ne  nuit  à  une  afiàire,  Cela  ne  fait  ni 
chaud  ni  froid. 

Vu  dit  d'Un  liommcqui  ne  se  détermine  ni 
*on  coto  ni  de  l'autre,  qu'/l  n'c.'t  ni  c/iunil 
ni  froid. 

CiiAL'U,  signifie  quelquefois  Pvécent.  Ainn 
on  dit  familièrement ,  Cela  est  encore  tout 
chaud,  pour  dire,  Cela  vient  d'aniver. 

Cdal'U,  est  aussi  substantif,  et  signifie  Cha- 
Ictir.  II  lait^rand  chaud.  Avoir  chaud.  Soufl'rir 
le  chaud  et  le  froid.  Crever  de  chaud.  Mourir, 
elou^ér  de   chaiul.   Il   fait   chaud  davs   celle 


CHA 

chambre  comme  dans  un  four,   comme  dans 
une  etitve. 

l)n  dit  6giirdment,  qu7i  jait  chattd  à  une 
ot'CiJi'ion,  à  une  attaque^  pour  dire,  qu'il  y  a 
ln'aucoup  dv.  périls  à  essuyer. 

On  dit  fif^urcinenl  et  piovcrbinlemcnt,  d'Un 
homme  qui  parie  laiitôt  pour,  tantôt  contre. 
sur  le  mènie  sujet,  qu7I  soufjle  le  chuud  et  le 
froid. 

Jouer  à  la  main  chaude.  Espèce  de  jeu  ou 
an  hommf!  courbé  sur  les  genoux  d'un  uulre  cl 
les  yeux  fermés,  tend  la  paume  de  la  nialri  sur 
p3n  des.  et  est  obligé,  pour  se  délivrer,  de  de- 
cli-rcr  celui  qui  l'a  irappé. 

A  la  chaude.  Adverbial.  Sur  l'heare,  dans 
îe  prtjnîer  moment.  Cela  s'est  fait  à  la  chaude. 
0  •  ottaaua  Venncmi  à  la  chaude, 

CH  \UDEAU.  s.  td.  Sorte  de  bcouet  ou  de 
houi-Uon  cliaud  que  l'oj  porte  quelcjuefuis  aux 
maries  le  malin  du  lemlcniain  de  leurs  noces. 

CHAUDEAIKINT.  adv.  Kn  sorte  que  la  cha- 
leur se  puisse  conserver.  Se  bicnvi-tïr  et  se  tenir 
chaudement.  Mettre  de  la  viatide  devant  le  feu,, 
pour  1(1  (enir  chaudement.  On  est  fort  chauda- 
ment  dans  cette  chambre. 

11   signifie  figuréracnt,  Avec  ardeur,   avec 

vivacité.  PoursuiVre  chaudement   une  affaire, 

une  personne.  Prendre  une  ajjaire  chaudement. 

Il  signifie  aussi,  A  la  chaude,  proniptement. 

Cette  afpiire  a  été  suivie  chaudement. 

CHAUDIÈRK.  s.f.  Grand  vaisseau,  ordinai- 
ïement  de  cuivre,  où  l'on  fait  cuire,  bouillir, 
thaiifîcr  quelque  chose.  Chaudià'e  de  cuiswie. 
Chaudière  de  Tetnluner,  de  Rafpneitr  âe  sucre, 
de  Brasaew  de  bière. 

On  appelle  C/lflU£/lè^e^ouiII(Infe,  Une  chau- 
dière où  il  y  a  une  liqueur  bouillante. 

CHAUDKO.X.  s.  m.  Petite  ciiaudiîTC  qui  a 
une  anse,  etqui  sert  h  la  cuisine.  Faites  bouillir 
cela  dans  un  chaudron.  Ecurer  un  chaudron. 
Mettre  un  chaudron  sur  le  feu. 

GWAUDRONNÈE.  s.  f.  Ce  qu'un  chaudron 
peut  contenir. 

CHAUORONNEUIE.  s.  f.  Marchandise  d« 
Clia'idrnnnirr. 

CHAUORONiSiËR,  1ÈRE.  s.  Artisan  qui 
fait,  qui  vend  des  chaudrons,  des  marmites, 
Ft  autres  ustensiles  de  aiisine,  de  ier  ou  de 
cuivre.  Maître  Chaudronnia- .  StfjUt  de  Chau- 
dronnier. 

rJlAUFFAGE.  s.  m.  La  quantii»  de  hois 
que  l'on  consomme  dans  une  ann<-c  j>our  se 
chauffer.  H  m'en  foiilc  vingt  l'oicsdebois  pour 
mon  chaufpifje.  Hoîs  de  chau^hqe. 

Il  sipiifie  au-s^ii  Le  droit  de  couper  dars  une 
foret  une  ccTlaine  quantité  de  bois  pour  se 
<  hauffer.  Il  a  non  chaufficjc  dans  une  telle  forêt. 
Il  a  tant  de  cordes  de  hois  pow  son  chaujfifjc. 
Droit  de  chauijnge. 

CHAUFFE,  ft.  f.  Terme  de  Fonderie.  Lieu 
où  se  jette  et  se  brûle  le  bois  qu'on  emploie  à 
la  fontf*  des  pit-ces. 

CHAUFFE-CIRE.  s.  m.  Officier  de  Chan- 
cellerie, qui  a  la  charge  de  chauffer  la  cire  poiu 
y  sceller. 

CHAUFFER.  V.  a.  Donner  de  la  chaleur. 


CHA 

Chauffer  le  four.  Chauffer  un  poêle.  Chauffer 
des  dnips.  Chaufjtr  de  Veau.  Chauffi  z~vous ,  H 
jatl  froid.  Se  chaujjcr  les  pieds.,  les  mains. 

*>n  dit  familièrement  à  Un  homme  qui  dit 
quelque  rli-oscdc  méprisant  ou  d  oflensaul  d'un 
autre.  Allez  lui  dire  cela^  et  vous  chaufjer  au 
coin  de  son  jeu,  pour  dire,  qu'On  ne  scroit  pas 
bien  venu  à  aller  lui  tenir  ce  langage  en  un 
lieu  où  il  seroit  lemaitre. 

On  dit  proverbialement,  qu7I  faut  savoir, 
qu'on  verra  de  tjuel  bois  un  homme  se  chauffi?^ 
poui-  dire,  qu'il  faut  savoir  quel  homme  c'est, 
de  quoi  il  est  c^pahïc.S'ilm'attaquej  je  lui  ferai 
voir  de  (juel  bois  je  me  chaujfc. 

Chauffeu,  est  aussi  bcuitc.  Le  four  chauffe'. 
Le  bain  chauffe. 

Ou  dit  d'Un  gros  nuage  éclairé  du  Soleil 
pendant  uu  temps  chaud,  que  C'est  un  buin 
ijui  chauffe. 

On  dit  proverbialement,  Ce  n'est  pas  pour 
vous  (jue  le  four  chauffe,  pour  dire.  Vous  n'a- 
vez rien  à  prétendre  à  ceci. 

Ou  dit  en  termes  de  Guerre,  Chauffer  un 
poste,  pour  dire, Faire  tiror  vivement  l'artille- 
rie sur  ce  poste. 

On  ditfigurcment,  CHau^trqueI(ju'un,pour; 
dire,  L'attaquer  vivement  par  des  raisoDuemens 
ou  par  des  plaisanteries. 
Chauffé,  ée.  porticipe. 
CHAUFFERETTE,  s.  fém.  Espèce  de  boîte 
doublée  de  fer -blanc,  et  pcnée  de  plusieurs 
trous  par  le  haut,  dans  laquelle  ou  met  du  feu 
poviT  se  tenir  les  pieds  chauds.  Il  y  a  anssi  des 
chauflerettes  de  terre. 

Chaufferie.  s.f.Forgc  destinée  h  forger 
le  fur  qu'on  veut  réduire  en  barres. 

en  AUFFOlR.  s.  m.  Lien  d'un  monastère  où 
les  Religieux,  les  Religieuses  vont  se  chauffer. 
C  est  Vhewe  où  les  Reliqicuj: ,  les  Reliqieuses 
sont  au  chaulJoir. 

H  se  dit  aussi  d'Un  lieu  derrière  le  tfaéàtrCj 
où  les  Comédiens  et  les  Spectateurs  vont  se 
chauficr. 

Ou  appelle  aussi  Chauffons ,  Des  Unges 
chauds  avec  lesquels  ou  couvre,  on  essuie  un 
malade,  un  homme  qui  est  en  sueur.  On  lui 
Il  mis  plusieurs  chauffoirs,  et  on  ne  peut  le- 
chauiftr. 

Ou  donne  encore  ce  nom  à  un  linge  de  pio- 
preté  pour  les  femmes. 

CH.VUFOUR.  s.  m.  Grand  four  ù  cuire  la 
chaux.  On  dit  plus  ordinairement  Four  à  chaux. 
CILVUFOURMER.  5.  m.  Ouvrier  qui  fait  la 
cliauK. 

CHAULAGE.  s.  masc.  .\c:ion  de  chauler 
du  blé. 

CHAULER.  V.  a.  Pnparer  des  blés  avec  de 
la  chaux  pour  les  semer. 
<:nAi;Li-;,  kf.  participe. 
CIlAUiMAliE.  s.  masc.  Action  de  couper  le 
ch  »un;e.  ou  h'  temps  auquel  on  le  coupe. 

CHAUME,  s.  masc.  La  partie  du  tuyau  des 

blés  qui  reste  dans  le  clinmp  quand  on  les  a 

coupés.  Les  chaumes  sont   hauts,  sont   farts. 

.^  Botte  de  chaume.  Le  chaume  sert  à  faire  de  la 

litière.  Vaion  couverte  de  chaume.  /Jniier  i« 


.CHA 

chaumes.  Il  se  prend  quelquefois  pour  Le 
tuyau  tout  cnlier  du  lilé. 

Cbai'ME,  se  prend  aussi  pour  Un  champ  ou 
le  cliaume  est  encore' sur  pied.  Celle  compii 
qnie  de  jierdris  s'est  allée  rentctlre  dans  un 
chaume.  Bttltre  un  chaume. 

CFIAUMER.  V.  act.  Couiwr  ,  arraclicr  du 
chaume.  Ei/e  est  allée  chaumer.Je  ne  veiLv  pat. 
fjuelle  chaume  mon  champ,  dans  mvn  champ. 

Cbacmi:,  ée.  participe. 

CHAUMIÈRE,  s.  f.  Petite  maison  couverte 
de  chaume.  Méchante  chaumière.  Petite  chau- 
mière. Il  loqe  dans  une  chaumière.  Le  pays  est 
"pauvre,  il  n'y  a  aiie  des  chaumières. 

CH.4UMINE.  s.  fiim.  Petite  chaumière.  Mé- 
chante chaumine. 

CHAUSSAGE.  s.  m.  Entretien  de  la  chaus- 
sure. Il  dépense  tant  pour  la  coiffure,  tant 
pour  le  chaussaqe. 

CHAUSSANT,  ANÏE.  adj.  Qui  se  chausse 
fariicment.  Il  ne  se  dit  guère  que  Des  bas.  Ln 
bas  de  soie  est  plus  chaussant  qu'un  bas  de  fil. 

CHAUSSÉE,  s.  f.  Lf vée  de  terre  qu'on  fait 
au  bord  de  l'eau,  pour  soutenir,  pour  retenir 
l'eau  d'une  rivière  ou  d'iui  étang.  La  chaussée 
'à'un  étanq,  lu  chaussée  d'une  rivière, 

Chaussle,  se  dit  aussi  d'L'nc  levée  qui  se 
fait  dans  des  lieux  bas,  humides  et  marécageux, 
pour  senrir  de  chemin,  de  passade.  Chaussée 
soutenue  de  maçonnerie,  de  pilotis,  etc.  Faire 
une  chaussée  dans  un  marais.  Les  chaussées  da 
Brunehaiit.  Les  Romains  ont  fait  la  plupart 
des  grands  chemins  dans  les  Gaules  enmanièrc 
it  chaussé»!,  et  ils  y  emphyoient  beaucoup  di 
chaux. 

On  appelle  Le  rez-de-chaussée ,  Le  niveau 
du  terrain;  et  on  dit,  qu'tit  oppartenient  esl 
au  rez-de-chaussée ,  pour  dire ,  qu'il  est  au  ni- 
veau du  terraita. 

CHAUSSE-PIED.  s.  m.  Long  morceau  de 
euir  dont  on  se  sert  pour  chausser  plus  facile- 
ment UD  soulier. 

CHAUSSER.  Y.  a.  MctUe  de»  bas  ou  des 
souliers.  C/idujser  ses  bas, chausser  ses  souliers. 

Ou  dit  nuisi.  Chaussez -vous,  faites-vous 
chausser,  pour  dire,  Meitei  Tos  bas, ou  mettez 
TO»  souliers  ;  failcs-vous  mettre  vos  bas  ou 
»os  souliers  pur  \olrc  valet  de  chambre. 

On  dit,  qu't'ii  bas,  qu'uu  souCicr  chausse 
bien,  pour  dire,  qu'il  va  bien  sur  la  jambe, 
sur  le  pied. 

Ou  dit  d'Un  Cordonnier,  qu'il  chausse  bien 
ou  mal,  pour  dire,  qu'il  fdil  bica  ou  rjal  des 
souliers  ;  et ,  qu'L'ii  Cordonnier  chause  un  tel, 
pour  dire,  qu'il  fait  ordinairemeut  des  souliers 
pour  lui.  Ce  Cordonnier  c'iuusse  toute  juCour. 

On  dit,  Chausser  les  éperons  à  un  Gentil- 
homme, pour  dire,  Lui  mettre  les  éperons  eu 
le  disant  Chctralier. 

On  dit  aussi  Cgurément  et  familièrement, 
Chauuer  de  prés  lu  «p<roni  à  quelqu'un, 
pour  dire.  Poursuivre  de  près  quelqu  un  qui 
«'•ofuil. 

On  dit  proverbialement  et  Cgurément,  Les 
corJonnieri  sont  Ici  plui  mal  chaussés,  p.iur 
dire,  qu'Où  ncglijjt  Ici  a>«riinges  qu'où  est  le 


CHA 

plus  à  portée  de  se  procurev  par  son  état,  par 
sa  position,  etc. 

Ui)  dit  n^urcmcnt  et  faxiiUièrem.5ec7iau55e)- 
une  opinion  dans  la  téte^  pour  dire,  S'cntétci 
d'une  upiniou.  il  ^e  pieuU  tuujdut-s  eu  iiiau- 
vaiic  paru 

CiiAissER,  est  aussi  nciiirc;  et  daus  celle 
iiccpplion,  il  D  est  d  usa^  au  propre  <jue  dans 
CCS  pluascs  :  Chaussa'  à  six  yjoi/t(î,  ù  sept 
points;  chaussuT  à  tant  Ac  points,,  pour  dire, 
l'orter  des  souliers  d'une  telle  ou  telle  loo^ucur. 

On  dit  ngtirém.  que  Deux  hommes  chaus- 
ri-nt  à  mcmc  point ,  sont  c/idus.ve's  à  même 
point,  pour  dire,  qu'ils  ont  même  humeur- , 
racnic  inclination,  etc. 

Ondit.  t]U  î/n  /lomnie,  qu'un  /iuteur  chausse 
îc  Cothurne j  pour  dire,  qu'il  s'est  mis  à  com- 
poser des  Tragédies;  et  aussi  pour  dire,  qu'Ii 
cnde  son  style. 

Chaussé,  le.  participe. 

Un  dit  figurcmcDt  et  familiêrcmeot,  d*Uoe 
femme  du  bon  air,  qu'elle  est  toute  des  mieux 
chaussées;  et  on  dit  d'Un  homme,  qui  dans 
les  gaJaDfeerics  ne  s'adresse  qu'à  des  personnes 
jolies  et  de  quc'.ité,  qa'll  ne  s'adresse  qu'aujc 
mieux  chaussées. 

On  dit  proverbialement,  qu'Un  homme  esl 
sorti  un  pied  chiussé  et  Vautre  nu,  pour  dire, 
qu'il  s'est  sauvé  avec  précipitalion. 

CHAUSSES,  s.  f.  plur.  Culotte,  caleçon,  la 
partie  du  vêtement  de  Ihomme,  depuis  la  cein- 
ture jusqu'aux  genoux.  Chausses  de  drap,,  de 
vclonys ,  de  chanioit.  Chausses  de  ioiie,  ciiaus- 
ses  d'écarlate.  Prendre  ses  chausses  y  mettre  sei 
chausses.  Attacher  ses  chausses.  Boutonner  ses 
chausses.  Mettre  chausses  bas. 

On  appelle  Chausses  de  Patje,  Des  cliaus&ei 
rourtes  et  plissées,  que  les  Pages  portoieul  au- 
trefois. On  les  appelle  autrement  ï  rousses. 

(>n  dit  proverbialement  d'Uu  homme  qui 
£st  fort  pauvre,  qu7i  n^a  pas  de  chausses. 

On  dit  proverbi.ilemcot  et  tii;urément,  Tirer 
SCS  chausses,  pour  dire,  s'enfuir.  Va-ten,  tire 
tes  chausses.  Il  tira  ses  chausses  dehonnehvure. 
Il  est  bas. 

On  dit  proverbialement  et  (igurém.  qu'C'nc 
femme  porte  les  chausses,  pour  dire,  qu'Ello 
est  plus  maiirt  sse  dans  la  maison  que  son  mnri. 

Ou  dit  proverbialement  et  fignrém.  qu'On 
tient  un  homme  au  cul  et  aux  chausses;  soit 
pour  dite  ,  que  les  Archers  l'ont  nrrClé,  ou  sont 
pri-s  de  l'arrèler;  soit  aussi  pour  dire,  qu"<in 
lui  fait  actuellement  ton  procès  en  Justice,  l.a 
même  cijose  se  dit  aussi  d'Un  liommc,  lorsqtir 
daos  une  compagnie  on  recherche  ce  «|ui  a'- 
g.irdc  sa  personne ,  ses  bieos ,  sa  vie  et  son 
honneur,  saos  l'épargner  eu  quoi  que  ce  soît. 

On  dit  ûgurement  et  proverbialement,  Fiiirc 
dans  ses  chausse$t  pour  signiticr,  Avoir  une 
grande  peur. 

Od  dit  proverbialement  et  fïgurémcnt,  d'Un 
jeune  liwmme.qu'/i  a  la  clef  de  ses  chausses, 
pour  dire,  qu'il  n'est  plus  en  Af;e  d'être  châtir. 

On  dit  proTcrlii.iIcmcnl  et  Ggurém.  Prendre 
son  cul  pour  ics  chausses ^  P^^  dire,  Se  mé- 
prendre gru>âiér  émeut. 


CHA  23  r 

CaiOSSEs,  se  dit  aussi  De  ce  qui  sert  oïdi- 
*  naircmcnt  à  couvrir  le»  jambes  et  les  pieils. 
Une  paire  de  chausses,  lin  ce  sens  il  n'est  guère 
en  usage,  et  on  dit  communément  Des  bas. 

CUAIS.SF.,  au  sini^ulicr,  est  Une  pièce  d't- 
tolTa  que  lus  Suppôts  des  Universités  portent 
sur  l'épnuic  dans  les  fonctions  publiques.  C'est 
te  c]u'oo  appcloit  CAiipLTOn.  Chausse  de  Doc- 
leur  en  Théologie.  Chausse  de  Docteur  en 
Droit. 

Un  appelle C/i<iiused'atsance,  Le  tujau  des 
lairiiii's,  qui  esl  ordinairement  de  poterie  revê- 
tue dr  pUtre. 

On  appelle  Cliausse,  Une  pièce  de  drap 
taillée  en  capuchon  pointu,  dans  laquelle  ou 
pisse  des  liqucuis  qui  ont  besoin  d'être  dari- 
li  es. 

CHAUSSETIER.  i.  m.  .Marchand  qui  fait  et 
qui  vend  des  bas,  des  bonnets,  etc.  Chausse- 
lier-Bonnetier. 

CHAUSSE-TRAPE.  s.  f.  Petite  pièce  de  fer 
à  quatre  ou  plusieurs  pointes  fortes  et  aiguës, 
dont  il  y  en  a  toujours  une  en  haut,  de  quelque 
niai-.icrc  que  lu  pièce  de  fer  soit  jetée.  On  jcîfc  des 
c/iaus5e-(ra^iL's  dans  des  qués,  dans  les  avenues 
liun  camp, pour  enferrer  les  hommes etles che- 
vaux. Semer  des  chausse-trapes.  S'enferrer  dans 
des  chausse-trapes ,  etc. 

On  appelle  aussi  C/iausse-tra^es,  Des  pièges 
que  l'on  tend  pour  prendre  les  bêles  puantes. 
Dresser  une  chausse-trape.  ?ilellre  des  cha::sse- 
trapcs  dans  une  forât. 

CHAUSSE-TRAPE.  s.  f .  t'cve;  CnAimov 

ÉTOILE. 

CHAUSSETTE. s. f.  Bas  de  toile,  de  Cl,  etc. 
que  l'on  met  sur  la  chair.  Une  paire  de  chaus- 
settes. Chaussettes  àétrier.Des  chaussettes  pour 
des  en  fans. 

CH.\USSO>'.  s.  m.  La  chaussure  qu'on  met 
au  pied  nu  avant  que  de  prendre  les  bas.  Une 
paire  de  chaussons.  Des  chaussons  de  toile. 
Des  chaussons  de  jil.  Des  chaussons  de  coton. 
Des  chaussons  de  laine.  Des  chaussons  de 
flanelle. 

On  dit  en  plaisantaot ,  d'Un  bomtae  qui  ii  a 
guère  de  linge,  guère  de  bardes,  que  Tout  son 
équipage  tiendrait  dans  un  chausson. 

On  appelle  aussi  Chausson ,  Une  espèce  de 
soulier  plat  ït  semelles  de/entrc ,  dont  on  se  sert 
pour  jouer  à  la  païune ,  pour  faire  des  aimes  ,cic. 
Ils  se  mirent  en  chaussons  pour  jouer  leur  partie 
de  paume, 

C1L\USSURE.  s.  f.Cc  que  l'on  met  au  pied 
pour  se  chau.sser,  comme  les  souliers,  les  pan- 
toufles, les  bottes , etc.  lionne  chaussure.  Cliaus- 
surc  minnonne.  Chaussie-e  malpropre.  Chaus- 
sure à  l'antique,  etc. 

On  dit  figurcment  et  proverbiah,/!  a  trouvé 
chaussure  à  son  pied,  pour  dire,  Il  o  trouve 
quelque  chose  qui  lui  convient.  Il  veut  dire 
aussi,  dans  un  sens  différent.  Il  a  trouve  qui 
lui  tient  tète,  cl  qui  lui  sait  bien  résister. 

CI1.\UVE.  adj.  des  2  g.  Qui  n'a  plus  de 
cheveux,  ou  qui  n'en  a  guère.  Homme  chauve. 
Femme  chauve.  Devenir  chauve.  Etre  chawe. 
dvoir  la  It-te  cJiauve, 


t32  CHE 

On  dit  proverbial,  et  figurément,  que  L'oc- 
tasion  est  cJinuj'e,  pour  dire,  qu'il  ne  la  faul 
pas  laisser  écliapper  quand  elle  se  présente. 

CH.\UVE-SOURIS.  ».  f.  Sorte  d'oiseau  noc 
turne  ,  qui  a  des  ailes  membraneuses,  et  qui 
ressemble  i  une  souris.  Les  Chaui'e-scuns  ne 
eommcncenl  à  voler  aue  le  soir. 

CHAU\'ETÉ.  s.  f.  tl3l  d'une  personne 
chauve.  Il  vieillit,  mais  il  est  le  seul  qui  dise 
Il  chose. 

CH.\t;VIR.  V.  n.  II  n'est  en  usage  qu'en 
Cl  Ile  phrase,  C'/iaiii'ir  ^'s  orEilles,  pour  dire, 
Dresser  les  oreilles;  et  il  ne  se  dit  que  Des  clie- 
•vaux,dcs  mulets  et  des  ânes. Ce  cheval  chauvit 
des  oreilles. 

CII.AU.X.  s.  f.  Pierre  calcinfe  par  le  feu ,  el 
qui  alors  s'échauffe  avec  l'eau,  et  prend  de  la 
liaison  lorsqu'on  y  joint  du  sable  :  c'est  ce  qu'on 
nomme  la  Cha'u:  vive.  On  l'emploie  pour  bi- 
lir.  La  Chaux  éteinte  est  celle  qui  a  été  mêlée 
avec  de  l'eau,  ju  qui  a  perdu  ses  proprie'tcs  à 
l'air.  Les  Chimistes  désignent  aussi  sous  le  nom 
de  Chaux,  les  métaux  calcinés,  auxquels  l'ac- 
lioa  du  feu  a  fait  perdre  leur  liaison  et  leur 
forme  métallique ,  et  que  celte  action  a  changés 
en  une  substance  semblable  à  une  terre  :  c'est 
ainsi  qu'on  dit  des  Chau.r  métallicjues ,  la  Chauv 
îl'étain  ^etc.  Il  ne  faut  point  confondre  les  C/iaii-r 
mclalli(JHCs  produites  par  l'action  du  feu,  avec 
les  précipités  des  métaux, qui  sont  des  pioduits 
tout  dilli  rens.  Voyez  PniciPiTATio.v. 

Cu  dit  proverbial,  et  figurément,  d'L'iie  af- 
faire i]ui  est  faite  solidement  avec  toutes  \ci 
prfcaiiticns  nécessaires,  qii'Ei/e  est  faite  à 
cliau-T  et  à  ciment. 

CH.WIRKR.  v.  n.  Terme  de  Marine.  Il  se 
dit  d  Un  vaisseau  qui  se  renverse  en  revirant 
'de  bord.  Il  se  dit  aussi  d'Un  bateau. 

CHE 

CHEF.  s.  m.  (  On  prononce  l'F.  )  Tète.  Il 
■ne  se  dit  que  de  l'homme ,  -et  il  n'est  guère 
d'usage  qu'en  Poésie.  Le  chef  couronné  de  lau- 
riers. Le  chef  ceint  d'un  diadème.  On  s'en  -Jierl 
•  ussi  en  parlant  De  la  t*tc  des  Saints.  Le  Chef 
de  Saint  Jean.  Le  Chef  de  Saint  Denis. 

On  dit,  Tant  de  chefs  de  bétail,  pour  dire, 
Tant  de  pièces  de  bétail.  Il  itvoit  deux  cents 
chefi  de  hrchis,  d:  hctes  à  cornes. 

11  se  dit  figurément  De  celui  qui  est  i  la  tète 
d'un  Corps,  d'une  As.scmblée,  qui  y  a  le  pre- 
mier rang  et  la  principale  autorité.  Le  l'ape  est 
le  chef  visible  de  l'Eijlisc.  Le  Chancelier  est  U 
chef  de  la  Justice.  Le  chef  d'une  ylmhassadc. 
d'une  Députation.  Les  chefs  de  l'armée.  Chef 
de  bandits.  Chef  de  parti.  Chef  de  cabale.  Chef 
de  faction. 

Chi;f  ,  signifie  aussi  quelquefois  Général 
d'.\rmée.  Il  est  du  devoir  d'un  bon  chef  de... 

On  appelle  Chef  du  nom  et  des  armes  , 
Chef  de  notri  et  d'armes ,  Celui  qui  est  le  pre- 
mier de  la  branche  ainée  d'une  grande  Maison. 

On  dit,  qu'Uni!  .Ibbaye  est  i  hef  d'Ordre. 
pour  .lire.  q>e  f)'rst  In  pri' ■-  r  ,1e  .Maison  d 
rOrdrc,  et  celle  du:  i  lii,<  aum..   i  pendent. 

On  app<,'llc,  .M  11  mes  de  Guerre,  C/inf  tk 


CHE 

fîU^  de  demi-fle^  L'homme  qui  est  le  premier 
d'une  file,  d'une  dt-nii-ille  tîe  gens  de  guerre, 
soil  ù  pied,  soit  h  clieval. 

On  appelle  Chef  d'Escadre,  Un  Officier  de 
Marine  qui  est  au-dessous  des  Lieulenans  Gé- 
néraux, et  au-dessus  desCapit.iiues  de  vaisseau. 

On  appelle  C'/if^  de  Cuisine  et  C/ie/'  d'Office^ 
Le  principal  Officier  de  Cuisine  et  d'Office. 

Cn  appelle  chez  Te  Roi  et  cliez  quelques 
Princes,  Chef  de  Gobelet,  Chef  de  Fntitcnc. 
de  Pancterie,  etc.  le  principal  Officier  du  Go- 
belet, di'  la  Fruiterie,  etc. 

On  dit,  Commander  une  armée  en  chef, 
pour  dire,  Y  avoir  le  principal  coramandernent 
en  qualité  de  GéncraL  Etre  en  chef  ^  travailler 
en  chef  dans  une  affaire.  Etre  en  chef  dans 
une  entreprise,  dans  une  négociation. 

On  appelle  Greffier  en  chef,  Le  premier 
Greffier  en  quelque  Juridiction  que  ce  soit. 

Kn  parlant  De  biens,  d'héritages,  de  succes- 
sions, on  dit,  De  son  chef,  pour  dire,  De  son 
rùtë.  H  a  tant  de  bien  de  son  chef.  Il  a  eu  cette 
terre  du  chef  de  sa  femme. 

On  dit  aussi ,  De  son  chef,  pour  dire ,  De  sa 
Ute,  de  son  propre  mouvement,  'de  son  auto- 
rité. Il  a  fait  cela  de  son  chef,  sans  en  avoir 
ïirdre.  Je  n'avance  point  cela  de  mon  chef.  Cet 
Bu(eur  ne  dit  rien  de  son  chef. 

On  dit,  Les  chefs  d'une  accusation ,  pour 
dire,  Les  articles,  les  divers  poinisd'une  accu- 
sation. 

On  dit  aussi ,  Crime  de  Use-Majesté  au  pre- 
pi'ier  chef^  pour  dire  ,  Altentaf  ,  conspiration 
tonlre  la  personne  du  Prince  ;  et  Cn'nie  de  lèse- 
Majesté  au  second  chef,  pour  dire  ,  Attentai 
contre  l'autorité  du  Piiuce  ou  contre  rinlérêt 
de  l'État.  La  fausse  monnoie ,  l'intelligence 
avec  les  ennemis ,  est  un  crime  de  Use-Majesté 
au  second  chef. 

Mettre  une  entreprise  à  chef.  Voy.  Metthe. 

Chef,  en  termes  de  Blason,  est  une  pit^ce  qui 
est  au  haut  de  l'écu,  et  qui  en  occupe  le  tiers. 

CHEF-D'OEU  VRH:.  s.  m.  (  l'F  ne  se  prononce 
point.)  Ouvrage  que  font  les  Ouvriers,  pour 
faire  preuve  de  leur  capacité  dans  le  métier  où 
ils  vi  nient  se  faire  passer  Maîtres.  Présenter 
son  chef-d'ceuvre. 

Il  si^niËe  li-urém.,  Ouvrage  parfait  en  quel- 
que -^ciH^  que  ce  puisse  être.  Ce  isolais  est  un 
chef-d'feuvre  d'Architecture  y  un  chef-d'œuvre 
de  l'Art.  Cttîe  beuulc  est  un  chef-d'œuvre  de 
la  nature.  Ces  tablcaiw  soni  des  chefs-d'œuvre. 

On  dit  proveibialeni.  et  en  plaisantant,  d'Un 
liommr  qui  a  fait  quelque  'dt'sordre,  quelque 
chose  de  mal  par  inadvertance,  par  emporte- 
ment :  Il  a  fait  là  un  beau  chef-d'œuvre. 

CHKFKCIIOft.  Voyez  Chevecieh. 

CIIKF-LIEU.  s.  m.  (On  pron.  l'F.)  Lieu 
principal.  Il  se  dit  Du  principal  manoir  d'un 
Seigneur ,  d'un  Chef  d'Ordre.  Clufjny  est  le 
Chef -lieu  de  tout  l'Ordre.  Il  faut  rendre  hom- 
maqe  au  Clief-licu. 

CHIOIK  ou  ClIF.rCK.  s.  m.  Chef  d<'  irilni 
diei  les  .'Vrahcs. 

CHLr.llHilNE.  s.  f.  (On  prononce  KF.), 
Voyez  FcLAiDc. 


CHE 

CHt.'STER,  SE  CHÈMER,  v.  pron.  Maigrir 
beaucoup,  toni])er  en  chartre.  Voilà  un  enfant 
aui  se  chéme. 

CHEMIN,  s.  masc.  Voie,  route  par  où  Ion 
va  d'un  lieu  h  un  autre.  Chemin  battu,  [ruyé. 
Beau  chemin.  Bon  chemin.  Viï/în,  mauvais 
chemin.  Chemin  uni.  Chemin  pierreux,  rabo- 
teujc  j  fangeux.  Chemin  rompu.  Chemin  creux: 
Chemin  ferré.  Chemin  passant ,  fréquenté. 
Chemin  détourné.  Chemin  de  traverse.  Le 
chemin  du  charroi.  Petit  chemin.,  ou  sentier. 
Chemin  des  qens  de  pied.  Grand  chemin.  C/te- 
min  pavé.  Chemin  bordé  d'arbres,  de  fossés. 
Chemin  d^Orléans.  Chemin  de  Lyon^  etc.  Le 
chemin  des  Rouliers,  des  Coches,  des  Messa- 
geries. Montrer  j  enseigner  le  chemin.  Savoir 
le  chemin.  Couper  ,  fermer  ,  embarrasser  ie 
chemin.  Orivrw  le  chemin.  Rendre  les  chemins 
libres.  Traverser  le  chemin.  Quitter  son  che- 
min. Il  me  vint  coupe:'  chemin.  Ce  chemin  va , 
mène,  conduit  en  tel  endroit.  Ce  n*est  pas  là  tt 
chemin.  Il  se  détourna  de  son  chemin.  ■Se 
quittez  pas  ce  chcmin-là.  Prenez  le  chemin  à 
main  droite  j  à  main  gauche.  Le  chemin  jvwrclu 
tn  cet  endroit- lù.  Ce  chemin  est  malaisé  à  ïe- 
riir.  71  ne  tient  pointde  ciiemïn,  il  va  à  travers 
champs.  Il  se  plaint  guon  a  fait  un  chemin 
dans  sa  terre.  Passer  son  chemin.  Aller  son 
chemin.  Se  mettre  en  chemin.  Tout  du  long  du 
chemin.  À  mi-chemin.  Vous  êtes  mal  monU^ 
vous  demeurerez  par  les  chemins.  Allez  par-/fl, 
r'est  (e  droit  chemin.  Suivez  ce  chemin-là. 
Poursuivez  votre  chemin.  Cet  homme  nc  {^'^ 
qu'aller  et  venir,  iWsl  toujours  par  voie  et  par 
chcmm.  Avancer  chemin.  Faire  bien  du  che- 
min. Il  y  a  bien  du  chemin  d  ici  là.  Deux 
heures  de  chemin.  Une  journée  de  chemin* 
Chemin  faisHnt.  Se  faire  chemin.  Behrousser 
chemin.  Accourcir  le  chemin.  Assurer  les  chc* 
mins.  Chemin  praticable.  Chemin  imprali-' 
cable. 

Chemin,  signifie  figurera.  Moyen,  conduite 
qui  mène  U  quelque  fin.  Il  veut  faire  fortune  j 
mais  il  n'en  prend  pas  le  chemin.  Il  aspire  aiLx 
iliqnités,  mais  on  n'y  arrive  pas  par  ce  che- 
min-là.  La  vertu  est  le  chemin  de  la  nïoJe, 
Les  Hérétiques  ne  sont  pas  dans  le  bon  chemin. 
Le  chenvn  de  la  vertu,  de  la  perfection.  Le 
chemin  de  la  perdition  est  large. 

On  dit  provcrbialemrnt,  Bien  depcns.T  et 
peu  gagner,  c\st  le  chemin  de  V Hôpital. 

On  dit  proverbialement.  Bonne  terre,  mnu- 
vais  clicmin ,  pour  dire,  que  Dans  les  terres 
grades  les  chemins  sont  fort  mauvni*. 

On  dit  proverbial.,  À  chemin  battu,  il  m 
croit  point  d'herbe ,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  point 
de  profit  à  faire  dans  un  négoce  jdoot  trop  d« 
gens  se  mêlent. 

On  dit  aussi.  En  tout  pays  il  y  a  une  lieue 
de  mauvais  chemin,  jiour  dire,  qu'il  n'y  a 
point  d'entreprise  ou  il  ne  se  rencontre  quelque 
difficull*. 

On  appelle  C^enun  de  velours,  Vu  chemin 
V  sur  une  pelouse. 

On  dit  fiiîur.-ment  etfamilièremrnt  .CAenHH 
d«  velours,  j)Our  dire,  Une  voie  facile,  ogrca- 


C  H  E 

Lk.  7/  est  arrn'ê  à  la  fortune  par  un  chemin  ctc 
v^ours. 

On  dit  fi;;iirt'nieiu,  qnTn  homme  va  son 
^rattd  clemin ,  pour  dire,  qu'il  n'enUndpoim 
de  finesse  5  ce  qu'il  Ciit,  i  ce  qu'il  dit;  et  qu7i 
va  toujours  son  chemin ^  pour  dire,  quo  Rît'ii 
ce  le  ilélournc  de  ce  qu'il  a  entrepris.  Quelque 
chose  qu'on  lui  dise,  ilva  toujours  son  chemin. 

On  dit  aussi,  Aller  le  droit  chemin,  pour 
dire.  Procéder  avec  sinccriié,  sans  iromperic. 

On  dit  figurt'ment,  Chemin  faisant^  pour 
dire,  Fin  même  tpmps,  par  occasion.  En  exn- 
minant  la  docb-inc  de  ce  Livre,  il  a  remarqué, 
chemin  faisant,  plusieurs  fautes  de  langtie. 

On  dit  proverbialenï.  et  ûguréni.,  Le  grand 
chemin  des  vaches  ,  pour  dire  ,  l'Usage  coni" 
luun  et  ordinnire. 

On  dit  lïguréinent.  Suivie  le  chemin  battu  , 
pour  dire,  S'attacher  aux  ur.nj;es  établis.  //  n'y 
a  rien  de  si  sûr  que  de  suivre  le  chemin  battu. 

On  dit.proverbialcm. ,  Le  c/;cmm  de  l'école, 
h  chemin  des  écoliers ,  pour  dire ,  Le  clierain  le 
plus  long. 

On  dit  aussi.  Montrer  le  cJemin  à  queU 
^u'un ,  pour  dire ,  Donner  exemple. 

On  dit  d'Un  homme  qui  a  mis  une  aflàirc  en 
btin  train,  et  qui  ne  la  poursuit  pas,  qu'il  de- 
vieiae  en  beau  chemin j  à  mi-chemin. 

On  dit  encore.  S'arrêter  en  beau  chemin, 
pour  dire.  Ne  pas  poursuivre  une  entreprise 
doiil  le  succès  paroissoit  assuré. 

Oi  dit  aussi,  qu'I;n  homme  a  bien  fait  du 
fheniin  ci  peu  de  temps,  pour  dire,  qu'Kn  pru 
do  temps  il  a  fait  beaucoup  de  progn>s  daus  la 
loriune,  dans  les  sciences,  etc.  On  dit  dans  le 
niêmi- sens,  qu'Ion  homme  fera  son  chemin^ 
ponr  dire ,  qu'il  parviendra. 

On  dit,  Tous  chemins  vont  à  Rome,  pour 
dire,  que  Divers  chemins  mènent  au  même  en- 
droit; et  figurémcnt,  que  Divers  moyens  con- 
duisent à  la  même  fin. 

On  dit  aussi  figurcment  et  par  menace ,  Ji 
le  trouverai  en  mon  chemin  ,  pour  dire  ,  Je 
trouverai  occasion  de  lui  nuiic;  ci,  Il  me  trou- 
vera en  son  chemin,  pour  diit,  Je  le  traverse- 
rai dans  ses  desseins. 

On  dit  figurcm. ,  Couper  chemin  à  quelque 
chose,  pour  dire.  En  arrêter,  en  empLcher  le 
cours,  le  progrès.  On  a  voulu  couper  chemin 
aitt  chicanes  par  la  nouvelle  Ordonnance.  Il 
fallut  abattre  une  maison  pour  couper  chemin 
a  l  embrasement.  Couper  chemin  à  la  fièvre  f  à 
une  nidladte,  à  ïi  qanqrêne. 

On  dit  proTertulemenl,  //  ne  faut  pas  aller 
poTijualrec/ierr.inï,  pour  dire,  qu'il  ne  faut  pis 
clcrcher  tant  de  djlours  pour  ne  pas  demeurer 
daixord  d'une  chose. 

Un  dit  par  menace  :i  une  personne.  qu'On 
la  mènera  par  un  chemin  où  il  n'y  aura  point 
dt  pierres,  pour  dire,  qu'Un  lui  donnera  bien 
di:  I  exercice. 

Un  dit  auMÎ  proverbialement  et  d;ms  le 
même  sens.qu'On  iui  fera  voir  tien  du  chemin. 

cm  dit  auui  provcrbi^il.  et  fi^urém.rrouver 
une  pierre  en  son  chemin,  pour  dire,  Trouver 
quelque  oltaïade  doua  ce  iju'on  coireprcnd 
3".  me  /. 


CHE 

Porir  dire,  qu'Un  liomme  est  fort  vieux  î 
on  d:t.  qu'il  est  vieux  comme  les  chemins. 

Chimis  couvEiiT,  en  termes  de  Fortifica- 
tion, est  Un  chemin  sur  le  bord  extérieur  du 
fosse,  et  où  le  soldat  est  à  couvert  du  feu  des 
.Tssiégeans.  Em^wrter  le  chemin  couvert.  Se 
loger  sur  le  chemin  couvert. 

ChE-min  des  noNDES.  .\utre  terme  de  Forti- 
fication. C'est  un  chemin  entre  le  rempart  ti  la 
muraille  du  corps  de  la  Place,  par  où  passent 
Us  Officiers  qui  font  la  ronde. 

Le  vulgaire  appelle  C«l  an-as  d'étoiles  qui 
forment  comme  un  chemin  blanc  au  milieu  du 
Ciel ,  I.cc/ieniin(îe5ainf  Jacques.  On  le  nomme 
autrement  La  Vo'te  de  Lait,  on  la  Voie  luclée. 

CHEMINÉE,  s.  f.  Il  se  ail  Oc  Tendroîl  où 
l'on  fait  U  feu  dans  les  maisons,  et  où  il  y  a  un 
tuyau  par  où  passe  la  fumée.  C/teminccélroùe. 
Jjrqe.  Tuyau  de  cheminée.  Le  coin  de  la  che- 
minée. Noir  comme  la  cheminée.  Cheminée  qui 
fume.  Ramoneur  de  cheminée.  Le  feu  prit  à  la 
cheminée. 

Il  se  prend  aussi  pour  I.a  partie  de  la  che- 
minée qui  avance  dins  la  ch-imbre.  Cheminée 
de  plaire,  de  marbre.  Cheminée  dotée.  Manteau 
de  cheminée.  Chambranle  de  cheminée. 

Il  se  prend  aussi  poui  Cette  partie  du  tuyau 
i|ui  sort  hors  du  toit.  Il  fil  un  rjrand  vent  qui 
abattit  bien  des  cheminées. 

On  dit  proverbialenï.,  Faire  quelque  chosi 
sous  la  cliem.'iée  ,  pour  dire  ,  Faiic  qurlcpic 
chose  en  cachette ,  et  sans  observer  les  formes. 
Se  marier  sous  la  cheminée  Arrêt  donné  sout 
la  cheminée.  Donner  une  assijnoïion,  un  ex 
ploit  sous  la  cheminée. 

On  dit  proverbialement  et  populairement, 
quand  on  voit  un  homme  entrer  dans  une  mai 
son  où  il  y  avoit  long-temps  qu'il  n'ctoit  venu, 
//  faut  faire  la  a^oiv  à  la  cheminée. 

CÏIKMINEU.  V.  n.  Marcher,  aller,  faite  du 
chemin  pour  arriver  qucli|ne  part.  Il  y  a  tant 
d^hewes  que  nous  cheminons.  Ce  laquais  che- 
mine bien,  chemine  lonq-temps. 

On  dit  figurément ,  Cheminer  droit  ^  pour 
dire.  Ne  point  tomber  en  faute.  Ji  |eru.iien  de 
cheniitier  droit. 

On  dit  figurément,  qu'f7n  homme  sait  che- 
rniner ,  pour  dire,  qull  sait  aller  à  ses  fins, 
qu'il  fait  ce  qu'il  faut  pour  s'avancer.  On  dit 
dans  le  même  sens,  qu'Un  homme  chemine, 
(\uil  cheminera. 

On  dit  figurément,  en  parlant  d'UnPoëmc, 
d'une  Orabon,  que  Cela  chemine  bien,  pour 
dire,  que  L'ouvrage  est  bien  suivi  y  que  les  par- 
ues en  sont  bien  disposées. 

CHK.MbSE.  s.  f.  Vêtement  de  linge  qu'on 
|H)rte  sur  la  chair,  et  qui  prend  depuis  le  Cou 
et  les  épaules  jusqu'au  genou.  Chemine  blanche. 
Chemise  de  nuit.  Chemise  de  jour.  Grosse  che- 
mise. Chemise  d'homme.  Chemise  de  femme. 
Chemine  de  bain.  Uletlre  sa  chemise.  Passer  sa 
chemise.  I  rendre  une  chemise  blanclie.  Chnn- 
qer  de  chemine.  Oter  sa  chemise.  Chauffr  une 
chemise.  Chemise  de  toile.  Chemise  de  coton. 
Chem  se  froncée.  Chemise  suie.  Manche  de  che- 
mine. Collet  de  chemist  Donner  la  chemise  au 


C  H  E 


233 


Roi,  Donner  la  chemise  à  un  Prmce.  Donner 
la  chemise  au  marié,  à  la  mariée. 

Il  y  a  aussi  Des  chemises  de  serge  ,  dont 
usent  par  mortificalion  tpiclqucs  Religieux  et 
'juclques  Reli;'ieuscs.  Ce  ReligiciLx:  n\t  pu  en- 
core s'flCCotilurntT  aujc  chemises  de  serne. 

On  dit,  Être  en  chemise,  pour  dire.  N'avoir 
f]ue  sa  chemise  sur  st>i.  //  sorfif  en  chemise.  Il 
se  sauva  en  chemise.  Il  étoit  en  chemise. 

Un  dit  d'Un  homme  foit  pauvre,  qu71  n'a 
pas  de  chemise. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  ilf cMre 
quelqu'un  en  chemise,  pour  dire,  Le  ruiner 
enlièremenL 

On  dit,  Vendre,  ennaner^  jouer,  manner 
jusqu'àsa  c/iemwe,pourdire,  Vendre,  engager, 
jouer,  manger  tout  ce  qu'on  a. 

On  dit,  qu'On  cacheroit,  qu'on  voudrait 
cacher  un  homme  entre  sa  peau  et  sa  chemise, 
iju'oii  le  mettroit  dans  sa  chemise,  pour  dire, 
qu  Onemploicroit  tous  ses  soins  pour  le  metlfï 
nu  sûreté. 

Onditprovcrbîalcm.elfi^urém.^La  yeau  est 
pîu5  proche  que  la  chemise,  pour  dire,  que  Ijîs 
hitérêts  personnels  sont  plus  forts  (|ueles  auires. 

On  appeloil  Chemise  de  maille.  Un  corps 
de  chrmise  qui  ctoJt  fait  de  petits  annelets  d'a- 
rier,  et  dont  on  se  senoil  à  se  couvrir  comme 
d'une  arme  défensive. 

En  termes  de  Forlifi'îatJon,  on  dit,  La  che^ 
mise  d'un  bastion,  ou  d'rm  autre  ouvrane,  pour 
dire,  La  muraille  de  .Tia;;onnerie  dont  un  on* 
vrnge  est  revêtu. 

On  appelle  aussi  Chemise,  Une  fcuîUe  de 
papier  qui  renferme  et  qui  couvre  d'autres 
papiers. 

C^E^^SETTE.  s.  f.  diminutif.  Sorte  de 
vêlement  qui  se  met  sur  ta  chemise,  et  qui 
prend  d'ordinaire  depub  les  épaules  jusqu'aux 
hanclies.  Chemisette  de  toile  de  coton.  Chemi- 
sette de  ratine ,  de  flanelle.  Quelques-uns  portent 
la  chemisette  de  flanelle  sur  la  peau. 

CHE>'AIF-I.  sidist  f.  Lieu  planté  de  chênes. 
Une  belle  chênaie. 

CHENAL,  s.  m.  Courant  d'eau  bordé  de 
terres,  par  lequel  les  vaisseaux  peuvent  passer. 

n  se  dit  aussi  d'Un  courant  d'eau  prati  jné 
pour  l'usage  d'un  moulin  ou  d'une  (oi^v. 

Il  se  dit  encore,  en  parlaut  de  toiture,  Ve 
l'espèce  de  canal  prati  |ué  le  lungd'un  toit  pour 
l'écoulement  et  la  décharge  dca  eaux  de  ptuic. 
Chéseai"  est  [dus  usité.  Voyez,  ce  mot. 

CHENAPAN,  s.  m.  Mot  tiré  de  l'Allemand, 
où  il  désigne  un  brigand  des  Montignes  Doirri. 
En  Franf,\iis,  il  signifie  Un  vaurien,  un  bandit. 
C'est  un  vrai  chenapan. 

CHÊNE,  s.  m.  Sorte  de  prand  nrbre  qui  a  !e 
bois  fort  dtu",  et  qui  porte  le  gland.  Un  grand 
chêne.  Un  vieux  chêne.  Lois  de  déne.  Feuille 
lie  chên*.  Ou  qui  de  chêne.  V ne  pomme  de  chêne. 
Un  ais  de  chêne.  Une  poutre  de  chêne,  etc. 

On  dit  provcrbiaUment,  Payer  e.i  feuilles 
de  chêne,  d'Un  paiement  en  etTcts  de  nulle 
valeur. 

CIll^NEAU.  I.  m.  Jeune  chfne.  Des  ectrel: 
de  chêneau, 

3o 


a34  CHE 

CHÉ-NEAU.  s.  m.  Conduite  de  ploiiil»  on  de 
bois,  qui  rtrueiUe  les  eaux  du  toit,  et  les  jioili- 
dans  la  goutiîcre. 

CHENKT.  s.  m.  Ustensile  de  cuisine  et  de 
cli:)inl)rc,  sur  quoi  on  met  le  J>oi5  d;ins  la  che- 
minée. Ce  qui  soutient  le  bois  est  toujours  de 
fer,  et  le  devant  est  ou  de  fer  ou  d'auire  métal. 
CAenet  de  fer.  Chenet  de  cuivre.  Chenet  d'acier 
doré.  Chenets  d'arijent.  Une  paire  de  chenets. 

CHÉMi-VERT.  s.  m.  Espèce  de  clidne  qui 
conscne  ses  feuilles  vencs  en  toute  saison,  el 
qu'on  appelle  autrement  1  citse. 

CHÉNEVIÈKE.  s.  f.  Champ  semé  de  cbè- 
nevis,  cliamp  oii  croit  le  chauvre.  Une  clène- 
vièrc.  Lti  terre  est  trop  sècliC  pour  y  faire  une 
ehènevierc. 

On  oppelle  Ëpouvanlail  à  cl.èncviére.  Un 
vieux  morceau  de  linge  ou  d'autre  cliose  de 
même  nature,  au'on  met  sur  une  perche,  sur 
u^i  Idion,  dans  un  champ  ou  dans  un  jardin, 
po'ir  faire  peur  aux  oise-iux. 

On  dit  figurcn  ent  d  Une  personne  laide  ci 
malbaiie,  ou  d'une  personne  mal  jahilléc, 
que  C'est  un  êpouvantail  de  cl  ènevière.  Et 
proverbialement  et  figurément,  pour  donner 
îi  entendre  qu'Une  chose  dont  oii  nous  veut 
fuiie  peur,  n'est  propre  à  épouvnnicr  que  des 
[Xirsonnes  timides,  on  dit,  que  Ce  n'est  qu'un 
épouvantuil  de  cl  énevièrc. 

CHÈNEVIS.  s.  m.  Graine  de  chinvre.iyeine» 
du  chènevis.  Les  oiseaux  vivent  de  cliénevis. 
Illettré  du  chènevis  dans  l'aucjct. 

CHfcXEVOTTK.  subst.  fcm.  Petit  &1at  d« 
.la  partie  boiscosc  du  chanvre  dépouillé  de  soc 
'écoroe.  Monceau  de  cl  èncvottts.  Feu  de  chine. 
voltei. 

CHÉNEVOTTER.  ->.  n.  Terme  d'Agricul- 
ture. Pousser  du  bois  foihlc  comme  des  c!)cne- 
TOttes.  les  vignes  n'ont  fait  f^ic  chénevotter 
cette  annéi'. 

CHEIV'IL.  s.  m.  (  T.a  lettre  I.  ne  se  prononce 
point.)  Lieu  oii  l'on  met  les  cl.irns  de  chasse. 
Enfermer  /e«  chiens  dans  Is  d'Znil. 

On  dit  figurément  d'Un  logement  fort  sale 
et  fort  vilain,  que  C'est  im  vrai  chenil. 

CHENILLE,  s.  f.  Sorte  d'insecte  reptile  à 
plusieurs  picd« , 'jui  ronge  les  ftuiiics  et  les 
Heurs  des  pl.inteset  des  arbres.  Grosse  chenille. 
Chenille  qrise^  jaune  ^  verte.  Parjuet  de  c}:e- 
niHes.  Les  chenilles  se  changent  en  papillons. 

Cbesille,  se  dit  aussi  d'Un  tissu  de  .soie 
velouté,  qui  imite  la  chenille,  et  donl  on  se 
sert  dans  li  s  broderies  el  dans  d'autres  orne- 
mens.  il  entre  bien  de  la  cl.enille  dans  celte 
hrodi.:ie-là. 

On  dit  figurément  et  familièrement  d'Un 
homme  qui  se  plait  a  malfaire  .  qiïC  C'est  nnr 
chenille  j  une  méchante  chenille.  Un  le  dit  aussi 
d'Un  importun.  C'est  une  diCniUc  dont  on  lu 
saurait  se  débarrasser. 

CiiEXiiLE  ou  Sconno.'DE.'î.  Plante  !>  (leur 
1-igumineuse.  Elle  est  ainsi  nommée,  parce 
«ju'rllc  doniîé  ure  gousse  d'un  vert  p.'dc.  Iié- 
rissée.  roulée  sur  eUc-méme,  de  la  grosseur  et 
de  la  figura  d'une  clieuilie. 

CHENU,  UE.  adj.  Qui  est  tout  blanc  de 


CIIE 

vieillesse.  Devenir  chenu.  H  est  chenu  de  vitd- 
lesse.  Barbe  chenue. 

On  dit  en  Poésie,  Les  ^lontafines  cJienucs.  \ 
les  Alpes   chenueSf  pour    dire,  Couvertes   de 
neige. 

CHKPTELou  CHEPTEIL.  s.  m.  (On  ne 
prononce  pas  le  P.  )  Terme  de  Jurlspnideiicc. 
Dail  de  bestiaux  dont  le  profit  doit  se  purtager 
entre  le  preneur  et  le  hnilleur. 

CIIKR  ,  ÈRE.  adj.  Qui  est  tendrement  aime. 
C^est  une  personne  (fuï  lui  est  crlrcmemcnt 
c/icrc.  De  tous  ses  enfans^  celui  (jui  lui  est  h 

plus  c/icr,  c'est Ses  plus  chers  amis  Vont 

condamné.  Sa  mémoire  me  sera  toujours  chère. 
Le  souvenir  m'en  est  cher.  Il  n'y  a  personne  i\ 
qui  la  vie  ne  soit  chère.  Un  hom.me  dehien  n'-i 
rien  de  plus  cher  que  l'honneur. 

Cheu,  signifie  aussi.  Qui  coûte  beaucoup 
Les  belles  étoffes  sont  toujours  chères.  Les  dia 
mûris  sont  toujourà  chers.  Le  blé  est  ordinaire 
ment  pluf:  cha'  dans  la  moisson  que  dans  le 
autres  temps.  Le  bon  vin  est  cher.  Tout  est  chei 
à  Pans.  Cela  est  bien  c/ier.  est  trop  cher,  cl 
fort  citer.  Il  fait  cher  vivre  à  Paris. 

On  appelle  Chèie  année,  Une  nnni'e  où  U 
i)Ié  rsl  iieaucoup  pius  cher  rpa';»  l'ordinaire.  Cdi 
arriva  dans  la  chère  atniée. 

Cher,  &e  dit  aussi  De  celui  ciui  vend  à  pli  i 
liant  prix  que  K's  i-utrcs.  Ce  .)iarchand~lù  Cil 
cher.  Cette  Marchande  est  trop  chère.  Cet  ou* 
vrier  est  cher. 

On  dit  proverbial,  et  pr^puliùrcment  dX'fl 
Marcbfaiid  qui  vend  à  Irop  h.iatprix,  que  C'est 
chère  épice, 

Chkii,  se  prend  aussi  advcrbialemrnt,  ci 
siçnifie,  A  haut  ^ùx.  Acheter  cher.  Vendi\ 
cher ,  bien  cher  ^  trop  cher.  Cela  me  coûte  cher. 
C'est  bien  cher,  c''est  trop  cher.  Il  me  l'a  vendt 
plus  cher  qu'au  marché.  Il  vend  toujours  pliA 
cher  que  les  autres. 

On  dil  fii;ur*inent,  VrJUÏrc  bien  chersa  vie 
ponv  dire,  ii'e  bien  dL-fcndrc.  Et  proverbial.  0 
fi^urcment  pour  faire  eiktendre  qu'On  se  veii* 
géra  d'un  ijomm?  donl  on  a  reçu  quelque  in- 
i:re,  on  dit.  qu'On  Ij  lui  fera  payer  plus  chc* 
qu'an  marché, 

CITERCIIER.  V.  art.  Se  donner  du  mouve- 
ment, du  soin, de  la  p'-ine  poui"  trouver.  C/ier- 
cher  quelqu'un.  Chercher  quelque  cliose.  Cher' 
iher  sciqneusemcnl ,  n'iV.qcmmcnt.  Cha'chcl 
partout.  Chercher  à  tiitons.  Chercher  en  toui 
lieux.  Chercher  de  l'icd.  Chercher  du  secours. 
Chercher  de  l'urgent.  Un  domestique  qui  cher- 
che condition.  En  cherchant  on  trouve.  Que 
rJicrc/icr-i'ON.ç.'*  Chercher  un  ttéi^or.  Chercher 
la  pierre  philosophale.  Chercher  des  moyens. 
des  inventions.  Chercher  dfs  cvcuscf,  des  èchap- 
}'atoires.  Chercher  la  gloire. Chercher  le  profit. 
Chercher  une  occasion,  Cho'rher  un  passaqc 
dans  un  lisfre.  Chercher  l'oriqine  d'un  mot. 
Chercher  la  cause  de  aue'quc  nouveau  pkc- 
nomcne. 

On  dit  provcrliinl.,  Cherc^  er  quelqu'un  par 
mer  et  par  terre,  le  chercher  à  pied  et  à  cheval^ 
prtur  dire,I,c  cliercîter  partout;  et, Chercher 
une  aiguille  dnm  une  botle  de  fviitj  pour  di>c. 


CHE 

f  e  donner  inutilement  beaucoup  de  peine  poor 
clirrclier  une  cliosc  qu'il  est  presque  impossible 
dfl  trouver. 

On  dit  aussi  proverbialement  et  fisurement, 
Chercher  midi  à  quatorze  heures ^  pour  dire  « 
Subtiliser,  faire  de  mauvaises  difficultés  sur 
de»  choses  où  il  n'y  en  a  point  à  faire. 

On  dit  aussi,  C/»erc/ierrt'nncmi\  lesennemia; 
et  cela  se  dit  d'Une  armée  qui  se  met  en  marche,  ' 
Pt  qui  fait  des  mouvcmens  pour  aller  combattre 

I  ennemi. 

On  dit,  Chercher  noise,  chercher  querelle^ 
pour  dire,  Se  mettre  de  propos  délibéré  dan» 
le  cas  dose  brouiller  avec  quelqu'un;  Chercher 
nalheur^  chercher  son  malheur,  pour  dire, 
'aire  des  choses  capables  d'attirer  quelque 
malheur  à  celui  qui  les  fait.  Et  on  dit  aussi  à 
■leu  près  dans  !e  même  sens,  Chercher  à  se 
faire  battre, 

CHEncHEn ,  se  dit  aussi  figurément  Dfs  choses 
inanimL^ïs.  L'eau  cherche  un  passage.  L\iiijuille 
iitnantce  cherche  le  Nord. 

Ou  dit  provcrLialeni.,  que  Le  bien  cherche 
's  bien,  pour  dire,  que  Le  bien  vient  à  œlui 
{ui  en  a  déjà  beaucoup. 

Où  dil,  C/.erc/ier  son  pain  ^  pour  dire, 
Mcndirr. 

Cherché,  ée.  participe. 

CHERCHEUR,  EUSE.  s.  Celai,  ctlle  qui 
therchc.  Ne  vous  amusez  pas  à  ces  chercheurs 
de  trésors  y  à  ces  chercheurs  de  pierre  philaso- 
phale.  Chercheur  de  franches  lippêes.  Chcr- 
rbeur  se  prend  ordinairement  en  mauvaise 
^jart. 

CHÈRE.  9.  f.  Terme  bous  lequel  on  com- 
prend tout  ce  qui  rrgarde  la  quantité,  la  qua- 
lité, la  délic:itesse  des  viandes,  et  la  n:aniêre 
de  les  apprêter.  Maigre  chère.  Grande  chère. 

II  nous  fit  la  meilleure  chère  du  monde.  Nous 
avons  fttil  bonne  chère  chez,  lui.  On  fait  bonne 
c^  ère  en  ce  pays-là  y  et  à  bon  marché.  Vous 
ferez  maigre  c'  ère.  Ils  font  petite  chère.  Faire 
une  chère  délicate. 

On  dit  qnUn  homme  est  homme  de  bonne 
chère,  pour  dire,  qu'il  aime  Ij  bonne  chère,  tl 
qu'il  s'y  connoit. 

On  appelle  Chère  entière,  Un  grand  repris 
"'uivi  di-  plusieurs  divcrlisscmens;  et  C'ère  We 
Commissaire,  Un  repas  où  l'on  sert  viandcî  et 
poisson.  Et  on  dil  proverbialement ,  Grande 
chère  et  beau  /eu,  pour  dire,  Une  bonne  chrre 
accompagnée  de  toutes  sortes  de  bous  truitc- 
nicns. 

On  dil  proverbialement,  71  n'«(  chère  que 
de  vilain,  pour  dire,  que  Les  ?;ens  qui,  par 
avarice,  donnent  rarement  à  manger,  font  plus 
grande  clière  que  les  autres  quand  ils  s'en 
mê!ent. 

On  dit  clic7.  les  Cnbarctiers,  Tnnf  pour  la 
bonne  c/icrc,  c'csl-ù-dirc.  Tant  poui  lcc"«verl 
et  les  autres  uicjius  liais,  dont  on  ne  compte 
pus  eu  détail. 

CnknK,  signifie  aussi  Accueil,  réception ,  ft 
en  ce  sen.s  i!  nVsf  plus  guèrt?  d'usage  qne  Hjns 
celte  phrase.  Il  ne  sait  quelle  cherc  lui  faire  • 
co  qui  se  dit  d  Un  homme  qui,  éuni  ra/*.  de 


CHE 

voir  eliei  lui  un  de  «s  amis,  ne  sait  quelle  ré- 
ccptiun .  qutl  accut-il  lui  faire. 

CHÉREIIKNÏ.  adverbe.  Tendrement,  avec 
beii>icuu|>  d'-ilTeclion,  avec  beaucoup  damour. 
Je  l'aime  cl.irtmenl.  Je  conserve  cela  chère- 
ment. 

Il  signifie  aussi,  A  haut  prix.  Adtter  chè- 
rement. Vendre,  payer  c\3remiiit  sa  marchan- 
dise. 

On  dit  figiirém.,  quX'n  homme  vend  chè- 
rement sa  vie.  la  fait  acheter  chèrement,  pour 
dire,  qu'Avant  que  de  p^-rir,  il  lue  ou  blesse 
beaucoup  de  ceux  qui  l'attaquent. 

Ou  dit  aussi  djiis  le  même  sens,  mais  basse- 
ment ,  Veii  Jre  chèrement  sa  peau. 

CHtllUr.  s.  m.  >*om  qu'on  donne  it  un  des- 
oeodant  de  i^I,a)ion)et  par  Falime,  tille  de  Ma- 
Loaiet,  épouse  d'.-^ly. 

Cntnir,  signifie  aussi  Prince  chei  les  Arabes 
«  chei  les  Maures. 

CHÉRIR.  V.  a.  Aimer  tendrement.  Chérir 
M<  enfans.  Chérir  ses  amis.  Il  chérit  txtréme- 
ment  sa  femme.  Chérir  le  soui'enii-,  la  niériioirt; 
de  ^ueliju'un.  Cfierir  sa  patrie,  tn  Prince  tjui 
chérit  ses  peuples.  Un  amant  (jui  chérit  ses 
peines  ,  tfui  chérit  son  tourment.  Un  homme 
OUI  chérit  son  erreur. 

Cbédi,  lE.  participe.  Un  Prince  chéri  de  ses 
peuples,  hn  parbnt  Des  anciens  Hébreux,  on 
dit,  Le  peuple  chéri  de  Dieu. 

aiEHLsSABLE.  adj.  d  s  2  Rcnres.  I)i_^ie 
d'être  ditri.  La  (gloire  la  plus  chéri:^ahle  est 
celle  ^ui  nait  de  la  vertu.  La  santé  est  le  plus 
chèrissahle  de  tûus  les  biens. 

CHERSON  K.SE.  s.  f .  (  Prononcci  Kersoncse.  ) 
Terme  de  (jiograpliie  ancienne.  Prrsqu'ile ,  por- 
tion de  terre  entourée  de  mer,  qui  tient  au 
continent  par  un  seul  endroit.  La  Chersonése 
Taurique.  La  Chersonése  Cimbritpie.  La  C/ier- 
lonèje  d'Or,  etc. 

CHERTÉ,  s.  f.  Pi  il  qui  «code  de  beaucoup 
le  prix  ord'naire  des  dioses.  Grande,  excessive 
et  erté  tle  vis/res.  Mettre  la  cherté  aitjc  l'ivres. 
Pourvoir  à  la  cherté.  Remédier  à  la  chet  té. 
Causer,  faire  la  clerté. 

En  })arlant  De  certaines  marchandises,  on 
di«,  que  La  clerté  y  est,  pour  dire,  que  I.a 
pcess^  V  est.  que  tout  le  monde  veut  en  avoir', 
et.  Je  n'y  mettrai  pas  la  cherté^  pour  dire.  Je 
n'en  adielerai  pas. 

CHER  L'BI.N.  s.  ij.  An;;e  du  second  Chœur  de 
b  première  Hiurarchii  Le  CUrubin  qui  étott  à 
la  porte  du  Paradis  terrestre. 

Un  dit  prcTeibia'eracnt  d'Cn  homme  qui  a 
le  «isage  rou;;e  ît  enJlan^iué,  qu'/l  est  rouai 
comme  un  Chérubin. 

IJIKRVIS.  ou  CHIROUI.  subst.  m.  Racine 
)«ni>e  II  manger,  et  qui  est  fort  douce  au  goùl. 
Lue  batte  de  chervis.  Des  chervis. 

CHF.TIF,  IVE.  »dj.  Vil',  mcpris.ible.  Vne 
e'  ilive  créature  ou-l-elle  t'enorqueillir  ^ 

Il  si;nilîi:  au\si  Mauvais,  qui  ni  si  pas  de  la 
bonté,  dr  la  qnalité  dont  il  devroit  être  dan* 
son  gentv.  Vo.lu  ijiii  cjl  bien  ehélif.  L'n  ^rmier 
ijui  a  des  moutons  fnri  chélift.  Faire  une  cliétive 
rtcolle.  Faire  une  chativt  recrue  de  joIJuts,  /( 


C II E 

\eiir  a  fuit  une  chtt'tve  réception.  Une  chélive 
chère. 

On  ùhy  Avoir  chètive  mine,  pour  dire,  Avoir 
la  mîue  bosse  :  on  le  dit  aussi,  puiir  dire,  Avoir 
l'air  d'un  homme  malade. 

CUf^TIVEMKNT.  adv.  D'une  manière  clié- 
tive.  Cet  homme  vit  chètivementj  se  traite  futt 
clétivement. 

CHEVAL,  s.  m.  Animal  à  quatre  pieds, 
qui  htnnil,  propre  i  poitcr  ei  à  lircr.  Cheva* 
nci'r,  bUmc ,  qris  pommelé  y  gris  moucheté,, 
fruité,  ctp  de  more,  alezun  btùléj  bai,  bai- 
hrun,  hai-cla  r„  isabellc,  rnbican,  roiia-i,  pcil- 
de-souris,,  soupe- dc-Uùt,  pic,  tigte^  zaiti,  etc. 
Chcxful  hu'ii  marqué,  mal  marqué.  Cheval  en- 
tier., cheval  hongre.  Clievai  neuf .,  cheval  fait ^ 
cheval  de  service.  Cheval  ramassé,  bien  jointe. 
Cheval  fort  de  devant,  Ch-jval  béqu^qui  marque 
toujours)  quoiqu'il  passe  ii^c.  Cheval  chargé 
d'encolure^  chargé  de  ganache.  Cheval  refait, 
maquignonné.  Cheval  de  charrette,  de  charrue^ 
de  hanwis;  cheval  de  carrosse^  cheval  de  main,, 
cheval  à  deux  mains;  cheval  de  bJt,  de  somm6 
ou  de  charge;  cheval  de  chasse-marée  y  cheval 
de  bagage  y  cheval  de  seîle,  de  postt\  de  relais. 
Cf'eval  de  renvoi  f  de  louage.  Cheval  de  pays^ 
cheval  d^Espagneou  genêt,  cheval  de  Naples. 
Cheval  de  race,  cheval  de  suite,  d'arquebuse, 
d'escadron,  d'attelage;  cheval  de  parade.  Che- 
val de  Barbarie  ou  barbe,  cliCval  Turc^  cheval 
Anqloi'j  cheval  Breton  ^  cheval  yormand,  etc. 
Ch  al  pesant ,  léger  à  ta  main.  Cheval  hardi, 
noble,  couraqcujCy  hrav€._  vite.  Cheval  fn, 
cheval  de  grand  prix,  cieval  d'amble,  de  pa$  ; 
cheval  fougueux,  cheval  fâcheux  au  montoir , 
doux  au  montoir^  cheval  rude  sur  l'arrêt.  Che- 
val de  haiaille,  cheval  bardé,  caparaçonné. 
Cheval  de  manège^  cheval  adroit,  cheval  tioii^r, 
docile.  Cheval  qui  se  défend  contre  l'Ecuyer. 
Cheval  orillard  y  cheval  maigre,  eiflanqué^ 
effilé;  cheval  jarreté ,  encastelé.  Cheval  en- 
sellé.  Cheval  trop  haut  monfc,  Irop  haut  jointe. 
Cheval  bas  de  de\'ant.  Cheval  poussif,  mor- 
i'e(i.r,  courbatu,  gras- fondu,  morfondu,  fourbu. 
Cheval  lunatique  y  cheval  fou.  Cheval  rétifs 
quinteitx  ^  fantasque^  malicieu.Tj  ombrageux. 
Cheval  tendre  aux  mouches,  dur  à  l'éperon. 
Cheval  vicieux,  qui  monl,  qui  rue.  Cheval 
desespéré  de  bouche,  cheval  couronne.  Ce  che- 
%'al  prendra  trois  ans  auc  herbes.  Ce  cheval 
a  rasé  y  il  ne  marque  plus.  Vanta- ,  éttiHer^ 
frotter  un  cheval.  Ferrer ^  déferrer  un  cheval. 
Met:re  un  cheval  sur  les  dents.  Ce  cheval 
a  été  trois  mois  sur  la  litière.  Ce  cheval  tire 
bien,  il  est  franc  Ju  collier.  La  bcuche  d'un 
cheval.  Ce  cheval  a  la  bouche  bonne ^  f^ftc, 
gdtce,,  égarée.  Avoir  un  bon  cheval  entre  ses 
jumbes.  Aller  à  cheval ,  monter  à  che\'al  , 
descendre  de  cheval.  Homme  de  cheval.  Bri- 
der, emboucher  un  cheval.  Mettre  un  cheval 
an  pas,  au  trot ^  au  galop.  Courir,  galoper 
un  cl evai.  Allonsyi  chex'al.  Il  embrasse  bien 
un  cheval.  Tenir  un  cheval  en  haleine.  PonS' 
ter  un  c  evul  à  toute  bride.  Outrer,  déses- 
pérer un  che\'al.  Ce  e'tval  se  bride  bien,  u 
ratTU*ne  bien ,  tourne  bUn.  Etre  lien  à  chevai 


CHE  233 

Xonter,  exercer,  piquer,  travailler  un  cheval. 
L'ompter,  réduire  un  cheval.  Cet  Ecuyer  con- 
noît  bien  la  portée  d'un  cheval.  Combattre  à 
cheval.  Sonner  Va  cheval.  Combat  à  cheval. 
Son  cheval  s'abattit  sous  lui,  tomba  les  quatre 
fers  en  Vair.  Son  cheval  l'a  emporté.  Entiouer 
un  cheval.  Abattre  un  cheval  pour  le  ferrer. 

On  dît.  Débourrer ,  commencer  un  cheval, 
pour  dire,  Le  mettre  au  pilier,  entre  d*  ux  pi- 
liers, le  dresser  !i  toutes  soiles  d'airs  et  de  ma- 
aé^ts. 

On  appelle  Bon  homme  de  cheval ,  Vu 
homme  qui  sait  bien  manier  uo  clieval;  cl 
Bel  homme  de  cheval^  Un  homme  qui  a  bonne 
grûcu  à  cheval. 

On  dit,  .Vofifcr  à  cheval,  pour  dire.  A|>- 
prendrc  à  monter  à  cheval.  /(  a  monfé  à  cheval 
sous  un  tel.  Et  on  dit  dans  ce  même  sens,  CVit 
un  (t'I  Ecuyer  qui  a  mis  ce  Prince  à  cheval. 

Tirer  à  quatre  chevaux,  C'est  attacher  nu 
cheval  ^  chaque  bras  et  à  chaque  jambe  d'un 
criminel,  et  les  faire  tirer  chacun  de  son  côlo 
en  même  temps  pour  l'êcartcler.  On  ne  tire  à 
quatre  chevaux  que  les  criminels  de  lèse-Ma- 
jesté au  premier  chef. 

Cbeval  fondu.  Sorte  de  jeu  où  plusieurs 
enfans  sciutenl  l'un  après  l'autre  sur  le  dos  d'un 
d'entie  eux  qui  se  tient  courbé  en  forme  de 
cheval. 

Être  à  chevat,,  se  dit  non-seulement  d'Un 
homme  mouti  sur  un  cheval,  mais  aussi  de 
relui  qui  est  monte  sur  quelque  autre  anima), 
et  niênre  d'une  pcrsont:e  qui  se  lient  jrin,Iip 
de-çà,  jambe  de-là ,  sur  ur.e  poutre,  sur  une 
muraille,  etc. 

On  dit  figurL-ment  et  proverbialement ,  Etre 
à  cheval  sur  sa  grandeur,  poiu"  dire,  Avoir  la 
mordue  de  la  grandeur. 

On  dit  en  termes  de  Guerre,  Etre  à  cheval 
sur  une  rivière,  pour  dire,  Avoir  des  troupes 
sur  l'une  et  sur  l'autre  rive. 

On  dit  proverbialement  et  fi^urém.  qu't.^n 
homme  est  mal  à  cheval,  pour  dire,  qu'il  est 
mal  dans  ses  afiaircs;  et,  Chercher  quelqu'un 
à  pied  et  à  cheval,  pour  dire,  Fa!re  toutes  les 
diligences  possibles  ]iour  le  trouver. 

Ou  dit  fi^uremtnl ,  Une  févre  de  cheval^ 
pour  dire,  L'ne  fièvre  violente;  et,  Vne  méde- 
cine de  cheval,  pour  dire,  L'ne  médecine  très- 
furte. 

On  dit  proverhialem. ,  que  Vœil  du  maître 
engraisse  le  cheval,  pour  dîic,  que  Quand  le 
maître  va  voir  souvent  ses  chevaux,  les  valets 
en  prennint  plus  de  soin.  Il  se  dit  aussi  fij;un;- 
ment  pour  signifier  .  que  Quand  un  maître 
prend  lui-même  soin  dj  ses  aOTdires  ,  tout  en 
va  mieux. 

On  dit  proverbialement  et  fi';urém.  Jamait 
bon  cl  eval  ne  devint  rosse.  Lorsqu'on  parle 
d'une  personne  qui  cons''rve  jus^iu  a  la  dernière 
vieilles»  lu  vigueur  et  l'esprit  qu'il  avoit  en  «a 
jeunesse;  et  on  dit  au  contraire,  Il  n'est  si  bon 
cheval  qui  ne  dcv-iennr  rosse. 

On  dit  pmvcrbiiilenie-.t  et  G*urém.  ^près 
bon  vin,  bon  cheval,  punr  dire,  qu'Cn  honitu* 
qui  a  bien  repu,  eu  fait  mieux  aller  ton  chcviL 

3o. 


236 


CHE 


On  dit  provfrlHaifinent  et  fisurcm.  Il  nV>t 
«I  bon  cJ^evul  nui  ne  bronche,  pour  dire,  qu  It 
n'y  a  point  d'homnic  si  Siige,  si  hahiic,  «jui  ne 
fa&si;  qucUpic  faute. 

On  (lit  proverbialement  et  figiin'm.  Monter 
êur  SCS  qrands  chevuiu: ,  pour  dire,  ?c  mettre 
<Ti  colère,  parler  d'un  ton  de  voix  fier  et  élevé. 

On  dit  proverbialcnicnt,  A  cheval  donne, 
on  ne  regarde  point  la  bouche,  pour  dire,  qu'il 
ne  faut  pas  trouver  à  redire  à  un  présent  que 
l'on  nous  fait 

On  dit  proverbialement  et  Ggurcm.  d'Une 
eliose  ou  d'un  raisonnejnent  dont  quelqu'un 
«'appuie  fortement,  et  auquel  il  revient  tou- 
jours, que  C'est  son  cheval  de  bataille  ^  son 
grand  cheval  de  bataille. 

On  dit  proverbialement  et  fif^iuera.  Changer 

son  clievcl  borgne  contre  un  aveugle,  pourdire. 

Se  défaire  dune  mauvaise  chose  pour  une  pire. 

I        On  dit  proverbialement,  De  femmes  et  de 

chtvaiLX,  il  n'en  est  point  sans  défaut. 

On  dit  proverbialement  et  fij;urénient  d'L'n 
homme  qui  ne  s'étonne  point  de  ce  qu'on  lui 
dit,  des  menaces  qu'on  lui  fait,  H  est  hun  chc- 
Viil  de  IronipettCj  il  ne  s'élonne  point  pour  le 
bruit. 

On  dit  figurtîmcnt  d'Un  Iiomme  stupide, 
grossier,  brutal,  que  C'est  un  cheval,  un  gros 
cheval,  un  cheval  de  carrosse,  un  cheval  de  bat. 

On  dit  d'Un  homme  qu'on  charge  de  toutes 
les  afiàirea  difllciles,  fatigantes,  d'une  maison, 
d  une  socltlté,  qu'/i  est  le  cheval  de  bat. 

OnditpruVf  rbialemect.  Jamais  bon  cheval^ 
ni  TiiécKiitit  homme,  n'anioidu  pout  ullcr  à 
Home. 

On  dit  Ggurémeut  et  proveibinlemeTit,Qii' 
flnni  de  beaiuc  chevaux,  si  ce  ncst  le  Roi?  pour 
dire,  rju'Il  nest  pas  étonnant  qu'un  Ijonune 
I  iche  ait  de  beaux  meubles ,  une  bonne  table,  etc. 

On  dit  figiirément  d'Un  jeune  liomme  qui 
%  est  emporté,  et  qui  se  soustrait  ^  l'obéissance, 
à  la  discipline,  que  C^cst  un  cheval  èchapj:è. 

On  dit  figurument  et  familièremciU,  trïder 
son  cheval  par  la  giicue.  pour  dire,  Commen- 
cer une  affaiie  par  ou  l'on  d(  vroit  la  Gnir. 

On  dit  llgurémcnt  et  proveibialem.  Je  lui 
ferai  voir- (pie zon  cheval  nesl  gu'unebttCj  pour 
dire,  Je  '.uî  ferai  voir  qu'il  se  trompe  lourde- 
ment. 

On  dit  proverbialement  et  fîgnrém.  qu7l 
fait  toujours  bon  tenir  son  cheval  par  la  bride^ 
pour  dire,  qu'il  fait  bon  être  maître  de  son 
bien ,  d'une  ailîtire  ou  l'on  a  intér£-t. 

On  dit  prov(  rbialen.ent ,  qu'/i  est  bien  aisé 
'  d'aller  à  pied,  quand  on  tient  son  cheval  par 
la  bride. 

Cn  dit  proverbialement  et  figurém.  Fermer 
Vécurie  guand  les  chevaivr  sont  dehors,  pour 
dire.  Prendre  des  prccaulions  quand  le  mal  est 
arrivé ,  et  qu'il  n'en  est  plus  temps. 

On  dit  familièrement,  Ecrire  à  guii(jii'un 
une  lettre  à  cheval,  pour  dir«,  Lui  écrire  avec 
hauteur,  avec  menace. 

CntvAL  oE  BOIS ,  ,c  dit  dUne  figure  de  bois 
qui  est  ^  peu  près  falle  à  la  ressemblance  d'un 
cheval,  el  sur  laquelle  on  apprend  à  vollii^er. 


CHE 

Chi:val  de  bois,  est  aussi  une  pièce  de  bois 
sur  des  tréteaux,  laqiu-lle  e^t  taillée  en  arête, 
ayant  ime  tête  de  clieval.  On  s'en  sert  pour 
punir  quelquefois  des  Soldais.  Ce  Soldat  avoit 
jait  une  faute^  on  Va  mis  sur  le  cheval  de  bois, 
eu  l'ï  a  été  trois  heures. 

Cheval  de  fbise  ,  se  dît  cn  termes  de  Guerre, 
d'Uno  grosse  pièce  de  bois  traversée  de  longues 
pointes  qu'elle  présente  de  tous  côtés.  On  met 
les  chevawv  de  frise  à  une  brèche  pour  arrêter 
les  asiicgcans.  L'Infanterie  se  sert  aussi  de 
Chevaux  de  frise  plus  légers  en  campagne, 
pour  arrêter  la  Cavalerie. 

CflEVALMAr^iN,  est  Un  cheval  fabuleux,  qne 
l'on  leprésentc  ayant  le  devant  d'un  cheval  et 
le  derrière  d'un  poisson,  tel  (ju'on  en  voit  en 
quelques  Anti-jues  et  Médailles,  et  dans  les 
grotesques  et  les  ornemens  de  l 'Architecture  et 
de  la  Peinture. 

Chevaux,  au  pluriel,  se  prend  qiielquefi»ii 
pour  Des  gens  de  guerre  à  cheval.  Un  escadron 
de  deux  cettts  chevaux.  Une  armée  de  vinijl 
mille  hommes  de  pied  et  de  six  mille  che^^aïuv. 
Un  Capitaine  de  chevaux.  Un  dêtuciiement  di 
mille  chevauji. 

On  dit  Vingt  et  un  chevaux,  et  non  vintj 
et  un  cheval. 

On  donne  cn  Astronomie  le  nom  de  PeU 
cheval  à  une  constellation  de  rhémisphère  sep 
tentrional. 

CHEVAU-LÉOEns,  sc  disoit  autrefois  des  Ca- 
valiers légèrement  armés,  et  dont  les  chevau] 
4toient  sans  armure,  à  la  diUérence  des  Gen- 
darmes, qui  étotent  pesamment  armés,  et  qui 
avoient  des  chevaux  bardés  et  caparaçonnes. 
Présentement  ce  mot  n'est  en  usage  qu'en  par- 
lant de  quelques  Compagnies  d'Ordonnance. 
Les  Chevau-léners  de  la  garde  du  Roi.  Lei 
CI  evau-Légers  de  la  Reine.  On  disoit  aussi, 
Un  Chcvau-Léger,  au  singulier. 

(-IIRVAL1CU.  V.  n.  taire  plusieurs  allées  el 
venues ,  plusieurs  pas  pour  une  afi'aire.  Il  m'a 
bien  fait  chevaler.  J^ai  rhevalé  plus  de  six  mou 
pour  cette  affaire.  Il  est  vieux. 

On  l'emploie  activement.  Ainsi,  on  dit,Cnc- 
valer  un  mur,  une  maison,  pour  'dire,  Étayer 
une  maison,  un  mur  qu'on  reprend  sous  œuvre. 

CHEVALKRESQUl!:.  adj.  des  2  genres.  Qui 
appartient  <i  la  Chevalerie,  ou  qui  tient  de  la 
('hevulerie.  Bravoure  chevaleresque.  Franchise 
chevalercstfuc. 

CHEVALERIE,  s.  f.  Étal  de  Clievftlier.  Ce 
terme  se  disoit  autrefois  en  parlant  De  ceux 
qu'on  armoit  Ciïevaliers  avec  de  certaines  céré- 
monies. Etc'cst  dans  cette  acxpptioïKju'on  disoit 
d'Un  (chevalier  très-accompli,  (juc  C'ctoil  une 
jiiic  fleur  de  Chevalerie.  On  a  dit  aussi  dans  le 
même  s'-ns,  Des  actes  de  Chevalerie^  de  hauts 
faits  diurnes  et  de  Chevalerie ,  pour  dire.  Des 
aciions  de  valeur  et  dignes  d'un  brave  Cheva- 
lier; et  Les  lois  de  la  Chevalerie,  pour  diir , 
Les  lois  que  les  anciens  Chevaliers  étoienl 
abligcs  de  garder. 

Aiiiourd'hui ,  Chevalerie  ne  se  dit  gt:èreqne 
dans  cette  phi.ise.  Ordre  de  Chevalerie,  qui  se 
tlit  De  divers  Ordici  de  Chevaliers.  L'Ordre  du 


CHE 

5ûin(-Espri(,  VOrdre  de  la  Toison,  l'Ordre 
de  la  Jarretière,  sont  des  Ordres  deChevalerie. 
Les  Ordres  de  Chevalerie  d'Espagne. 

On  dit,  Chevalerie,  pour,  Extraction,  no- 
blesse de  race.  Cette  maison  est  d'ancienne 
Chevalerie. 

CHEVALET,  s.  m.  Sorte  de  supplice  panni 
les  Anciens.  Ce  mot ,  en  ce  sens ,  n'est  en  usage 
parmi  nou.s,  qu'en  parlant  Des  suppbces  que 
les  tyrans  faisoient  souflrir  aux  Martyrs.  71  fut 
condamné  à  être  mis  sur  le  chevalet. 

Chevalet,  seditaussid'Un  morceau  de  bois 
fort  mince,  qui  sert  k  tenir  élevées  les  cordes 
d'un  violon,  d'une  viole,  d'un  hith ,  d'un  cla- 
vecin, et  des  autres  iustrumens  h  cordes. 

11  se  dit  aussi  d'Un  instrument  de  iioîs,  suc 
le'iuel  les  Peintres  posent  el  appuient  leurs  ta- 
Ideaux  pour  y  travailler.  Mettre  un  tableau  sttr 
le  chevalet. 

Ou  appelle  Tableau  de  chevalet,  Un  petit 
lablcau,  ou  un  tableau  de  moyenne  gran- 
deur, qu'on  a  travaille  et  fini  avec  grand  soin. 

On  appelle  aussi  Chevalets ,  Les  étais  qii'oft 
met  aux  bàtimens  qxx'on  veut  reprendre  soire 
œuvre.  Et  en  général  Chevalet  se  dit  De  ce  qui 
^^crt  à  quelques  artisans  à  tenir  l'ouvrage  élevé,  el 
à  le  baisser  pour  Iravailler  plus  commodémeni, 

CHEVALIER,  s.  m.  Qui  a  l'état,  la  dignité, 
ou  un  Ordre  de  Chevalerie.  François  1^'  fut 
fait  Chevalier  par  le  Chevalier  Bayard.  On  di- 
soit autrefois.  Armer  Chevalier  ^  pour  diiB, 
Faire  Chevalier.  Présentement  c'est  un  litre 
que  prennent  dans  les  actes  publics  les  Orntil»- 
lionimes  les  pins  considérables,  et  qui  est  aw- 
<lessus  de  celui  d'Kcuyer.  Messire  tel,  Chevalier ^ 
Seigneur  d'un  tel  lieu. 

On  appelle  Chevalici' ,  Celui  qui  est  reçu 
avec  certaines  cérémonies  dans  un  Ordre  Mili- 
taire, ou  dans  un  Ordrr.  qui  n'est  qu'une  Asso- 
ciation établie  par  un  Prince  Souverain.  Che- 
valier du  Saint-F.sprit,  de  Saint- Michel ^  de 
Saint-Louis.  Chevalier  de  la  Jarretière,  de  la 
Toison  d'or.  Chevalier  de  Malte,  de  VAnnoti- 
ciade.  Chevalier  de  Saint-Lazare.  Chevalier  de 
S aint~J acguC'S.  Chivalicr  de  Calatrava.  Les 
Chevaliers  du  Satnl-Esprit  portent  le  cordon 
bleu.  L'Ordre  des  Chevaliers. Chapitre  desChe- 
valier-i.  Création ,  pronioiion  de*  Chevaliers. 
L'Ordre  des  Chevaliers  de  Saint-Michd,  du 
Saint-Esprit  j  de  Saint-Louis.  Faire  de»  Che- 
valiers. Créer  des  Chevaliers. 

Quand  on  dit  tout  court.  Chevalier  de  VOr* 
dre  du  Roi,  Cela  désigne  Un  Chevalier  de 
l'Crdrc  de  Saint-Michel;  quand  on  dit,  des 
Ordres  du  Roi,  on  entend  Un  Chevalier  de 
l'Ordre  du  Saint-Esprit,  parce  qu'il  l'est  dès- 
lors  et  en  même  temps  de  Sflini-Michel. 

On  appeloil  C/ievuhcrs  es  Loù,  Ceux  qui, 
par  leur  capacilé  dans  la  science  des  Lois,  par- 
vcnoient  i  élic  V.i.evanm. 

Dans  quelques  Ordies  Militaires,  il  y  n  des 
Chevaliers  nobles,  rt  d«'s  Clievaliers  servans. 

On  appelle  chez  la  Reine  et  cher,  les  Prin- 
cesse» de  la  Famille  Royale,  Chevalier  d'hon- 
neur,  Le  principal  Olllcier  qui  leur  donne  la 
main  quand  elles  marchent.  Chevalier  d'honr^ 


CHE 

MeuT  ie  U  Reine.  Chevalier  d'honneur  de  Ma- 
iame.  La  charqe  de  Chevalier  d'honneur. 

On  appelle  Chevalier  du  Guet,  LeConunan- 
dant  d  une  Coiiipa^nio  de  Gardes  <jui  l'unt  le 
guet  la  nuit  dans  Paru. 

Dans  les  Romans,  on  appelle  Chevaliers 
arant,  Les  ChcTallers  qui  alluii'ut  par  le 
moiidu  cliercliant  les  aventures  ,  clifkliaut  les 
■iccbans,  protéseant  les  opprimés,  et  soule- 
Qunt  riiouneur  et  la  licauté  de  leurs  Dames  en- 
»ers  cl  contre  tous.  Et  on  dit  encore  aujour- 
d'hui ,  qu't//i  homme  eut  le  Chevalier  d'une 
telle  Dame ^  pour  dire,  qu'il  lui  est  attacliè. 

On  dit  aussi,  Se  faire  le  Chevalier  de  quel- 
qu'un ,  poiu*  dire ,  Prendre  sa  dcfcnse  avec  cha- 
leur. 

On  appelle  figurc'ment  Cficvaher  (Tiiiiîuslrie , 
Un  homme  qui  vit  d'adresse  ;  et  ce  mot  seprcjid 
en  mauvaise  part. 

On  appelle  Chevaliers  de  l'Àr<juehuse,  De) 
Bourgeois  qui  forment  une  Compagnie  ,  et 
dont  l'objet  est  de  se  perfectionner  dans  l'art 
de  tirer  l'arquebuse ,  eu  disputant  un  prix. 

Chez  les  anciens  Romains,  L'Ordre  des  Che- 
valiers cloit  celui  qui  lenoit  le  second  rang  dans 
la  Hépul)lique  j  iis  portoient  un  anneau  d'or  au 
doigt  pour  marque  de  leur  dignité.  Ciceronetoit 
ne  Chevalier  liomain.  Les  Chevaliers  Ro- 
mains passaient  en  revue  avec  leur  cheval  dé- 
faut le  Censeur. 

Aux  échec»,  on  appelle  Chev.dicr  ou  Cava- 
lier ^  Une  des  pica:s  du  jeu.  La  marche duChe- 
valier  est  d^allcr  du  blanc  au  noir,  et  du  noir 
aubtanc^en  sautant  obliquement ,  et  nelaissant 
qu'une  case  entre  deux.  Les  Chevaliers  blancs. 
Les  Chevaliers  noirs.  Le  Chevalier  du  Hoi.  Lt 
Chevalier  de  la  Dame.  Il  faut  que  le  Roi  se  rfé 
place  ^iianil  le  Chevalier  lui  donne  échec.  On 
ne  couvre  point  l'échec  du  Chevalier. 

CHEV.iLI.NE.  adj.  f.  U  n'esten  usagequ'ec 
cette  plirase,  Bête  c/ievaline,  qui  veut  dire,  Vt 
cheval  ou  une  cavale. 

CIIEV.\N'CË.  5.  fera.  Le  bien  qu'on  a.  Il  a 
perdu  toute  sa  chevance.  l\  est  vieu.\. 

CI1EV'.\UCHÉE.  s.  f.  Yojngc  i  cheval  que 
sont  obligés  de  faire  certains  Officiers  potir  sa- 
tisfaire au  devoir  de  leur  charge.  Le.<.  Trésorien 
de  France,  les  Elus  ont  fait  leur  chevauchée. 
Le  Prévôt  ,les  Maréchatix  a  fait  sa  chevauchée. 
Procès  verbal  de  chev.iuchée.  U  n'est  d'usage 
qu'en  ces  sortes  de  phrases,  qui  sout  purement 
du  st)'le  de  Pr:ilique. 

CHEVAUCHER,  v.  n.  Aller  !i  cbevaL  U  esl 
vieux  ,  et  n'est  guère  d'usage  que  dans  ce»  deux 
phrases ,  C'ievuuc/ier  court,  c/icfauc/ier  long, 
pour  dire.  Se  servir  d'etriirs  courts  ou  long». 

Ou  dit  tigurémcnl ,  en  ternies  d'Imprimerie , 
que  Des  (ij ne»  e/icvauclient ,  jx)ur  dire ,  qu'EUe» 
vont  de  ttavcr». 

CIIE\  ECIEB.  i.  m.  Titre  de  dignité  dans 
quel  |ues  L^lisea, 

CIIE\  1:1.1:,  LE.  adj.  Terme  de  Blason.  Il 
se  dit  d'L'ne  léte  dont  le*  cheveux  sont  d'outre 
émail  ou  d'autn-  couleur  que  h  tOte.  Tt'led'ur- 
jeiii  chevelu  de  table. 

C:iEVEI.L',  UE.  adj.  Qui   porte  de   longs 


CHE 

clicvcux.  Les  peuples  seplcnlviouaux  sont  jlnS 
chevelus  que  ceux  du  miili.  U  se  dit  particuliè- 
renient,  au  propre,  en  parvint  ou  du  Roi  Clo- 
dion,  qui  a  clc  surnommé  le  Chevelu,  ou  de 
la  division  ancienne  des  Caulcs  ,  dont  une 
partie  j  suivant  la  distribution  qu'en  faïsolenl 
les  Romains,  est  appclce  La  Gaule  chevelue. 

On  appelle  Ggiuémi  nt  Racines  chevtlues^ 
Ces  racines  d'arltres  et  de  plantes  (jui  poussent 
des  filaniens  presque  aussi  délies  que  des  che- 
veux; et  Comète  chevelue,,  Une  Comète  qui 
jette  des  rayons  di;  lumière  en  forme  de  cheveux. 

Ghevklu.  s.  ni.  U  se  dit  Des  ix-tils  Glamcus 
attaches  aux  racines  des  arbres  lu  des  pluulcs, 
2t  qui -sont  aussi  dtilies  que  les  cheveux.  L( 
chevelu  des  arbres. 

CHliVELURE.  s.  t.  coil^clif.  Les  cheveux 
de  la  tôte.  yi^ol^  une  belle  chevelure.  Une  lonqitc 
chevelure,  Lne  chevchirc  bien  p^.itjncitj  mal 
oeiqnée. 

CuEVELunr,  se  dit  aiLssi  Des  rayons  des  co- 
mètes. La  chevelure  de  cette  comète 

En  Astronomie,  on  appelle  Chevelure  de 
Bèténice  ^  Une  consteliatioa  de  l'hèmi^phèrt; 
septentrional  proct:e  de  la  queue  du  Lion. 

Il  se  dit  au^s'ï  poétiquement  Des  feuilles  des 
arbres.  Les  arbres  ont  perdu  leur  chevelure. 

CHEVET,  s.  m.  Traversin,  long  oreiller sui 
lequel  on  appuie  sa  tèto  quand  on  est  dans  le 
lit.  //  s'endort  ainsitotquil  a  la  tête  s:ir  leche- 
vet.  Il  ne  peut  dormir ^  si  le  chevet  7i'e^t  bien 
haut.  Il  aime  le  chevet  bien  bas.  Entretenir 
quelqu'un  au  chevet  de  son  lit. 

Cn  dit  figuremcnt  et  provcrLialemeut  d'Un 
bomme  qui  débite  des  histoires  fabriquées  saus 
preuve  ,  qu7/  a  trouvé  cela  sous  son  chevet  . 
pour  dire,  qu'il  l'a  rt'rvc. 

On  dit  iu;urément  et  proverbi.ilement  De 
quelqu'un  ,  C'est  monépée  de  chevet^  pourdirJ, 
i^u'Ou  se  sert  'le  la  personnu  dont  on  parle  dans 
toutes  sortesd'afli.iies,  scit  pour  le  conseil,  soit 
pour  l'exécut'on. 

li  se  dit  aussi  Des  choses.  L'Iliade  d^Homère 
îtoit  lépée  de  chevel  d'Alexandre. 

Dans  certaines  t'élises,  on  appelle  Le  Che 
vet  de  V£(fUse,  La  panic  de  I  Église  qui  esl 
ilerri^re  le  maître  autel,  et  qui  est  plus  élevée 
pie  le  reste.  Le  Chevet  de  l'E(jlise  de  Suint- 
Denis.  Le  Chevet  de  l'Eqlise  de*  Sainte 'Gene- 
viève. 

On  appelle  Droit  de  chevet^  Une  certaine 
somme  qu'un  OlCcier  des  Compagnies  supé- 
rieures paye  à  ses  confrircs  quand  il  se  maijc. 

CHEVI^rRE.  s.  m.  Lîcou.  Chcvétrede  crin. 
Che^'étre  de  cuir.  U  est  \i<tux. 

CirevÈrnE,  se  dit  aussi  d'Une  pièce  de  bois 
dans  laquelle  ou  cnxtoile  les  soliveaux  d'un 
plancher. 

CiiEVÊTDE.  s.  m.  Terme  de  Cliirurgic.  Ban- 
dage dont  on  ïe  ftert  pour  la  fracluiv  et  la  luxa- 
tion de  la  mâchoire  inrérieurc. 

CHEVia'.  s.  m.  Poil  de  la  ittc.  U  ne  *c  dit 
qu'en  parlant  IK*  l'Iiomnic.  Ilestchauve^  il  n^a 
pas  un  chi'vnt.  Jl  ne  tombe  pas  un  cheveu  de 
notre  télé  sans  la  pa-mistion  de  Dieu,  Cela  e^t 
délié  comme   un  iheveu.   H  ne  s'en  faut  pai 


CHE  2^7 

Vepaisseur  d'un  cheveu  que  ces  deuî  choses-  là 
ne  se  louchent.  De  grands  cheveux.  Cheveu.x 
longs,  courts,  plats,  frisés.  Cheveux  blonds, 
bruns,  noirs,  chûtains  ,  rou-r,  cendrés,  gris, 
blancs.  Cheveu.-  bien  peignés,  crêpés,  ondes, 
anneles ,  tressés,  bouclés,  poudrés.  Cheveux 
fins,  doux,  rudes,  gros,  hérissés,  gras.  Pori-r 
les  citeveux  grands,  longs,  courts.  Faire  faire 
es  cheveux.  Peindre  ses  cheveux.  Faire  couper, 
faire  rafraîchir  ses  cheveux.  La  poudre  dé- 
graisse les  cheveux.  Deu-c  petits  gart;ons  qui  se 
prennent  aux  cheveux,  qui  se  tirent  aux  che- 
veux. S'arracher  les  cheveux  de  douleur,  de 
dcH'^poir.  Tirer,  quelqu'un  par  les  cJteveux. 
Vne  touffe  de  cheveu.x.  Une  poignée  de  che- 
l'iiic.  Cn  four  Je  clieveux,  de  faux  cheveuv. 
Un  bracelet  de  cheveux.  Une  bague  de  cheveu-v. 
Une  bourse  de  cheveux.  Une  tresse,  une  boucle 
de  cheveux. 

On  dit  proverbialement  et  figurém.  Fendre 
un  cheveu  en  (jrialrc,  pour  dire, Subtiliser  Iropw 
Et  on  dit  fignrénient,  qu't/ne  chose  fait  dresser 
les  cheveux  à  la  tête,  pour  dire,  qu'Elle  fait 
honneur. 

On  dit  aussi  figurémcnt  et  familicrem.  Tirer 
fiiir  Ici  cheveux  une  comparaison ,  une  inter- 
prétation, un  raisonnement ,  pour  dire,  qults 
sout  forcés  et  peu  naturels.  Un  raisonnement 
tiré  par  les  cheveux.  Il  y  a  de  belles  pensées 
dans  cet  Auteur,  mais  il  y  en  a  beaucoup  qui 
sont  tircas  par  les  cheveux. 

On  dit  figurémcul  et  proverblalem.  Prendre 
l'occasion  aux  chevcu.v,  par  les  cheveux ^  pour 
dire,  Pro6ter  de  l'occaMon, 

CHEVILLE,  s.  f.  Morceau  de  Lois  ou  de  fer 
qui  va  en  diminuant,  et  que  l'on  fait  entrer 
d.ms  un  trou,  ou  pour  le  boucher,  ou  j>our 
faire  des  asscicbljges,  im  pour  d'auires  usage», 
Llieville  de  fcois.  Cheville  de  f^r.  Cheville  car- 
rée. Cheville  ronde.  Crosse  cheville.  Cela  ne 
lient  qu'à  une  cheville.  Pendre  à  une  cheville. 

On  appelle  Cheville  ouvrière.  Une  grosse 
cheville  de  fer  qui  joint  U  train  de  devant  d'un 
carrosse  avec  la  flèche. 

On  dit  figtuémcnt  Du  principal  mobile ,  du 
principal  agent  d'uuc  aflàire,  que  C'en  est  la 
cheville  ouvriétc. 

Cn  appelle  aussi  C/;cviIle,  en  parlant  De 
luths,  de  violes,  de  violons,  etc.  Ce  qui  sert  à 
tendre  ou  à  détendre  les  cordes. 

Ou  dit  proverlialiment,  .4utant  de  trous, 
autant  de  chevilles;  et  cela  se  dit  dX'n  homme 
qui  trouve  i  tout  des  excuses,  des  défaite»,  de» 
réponses,  de»  expc'dicns. 

Ou  appelle  La  cheville  du  pied,  La  partie 
de  l'os  de  la  jamLe  qui  s'élève  en  bosse  aux 
Ji'ux  côtés  du  pied. 

On  dit  figuréracnt  et  familièrement  d'Un 
homme  comparé  j  un  autre  qui,  dan»  son 
Rcure,  lui  est  cxtrémeuient  supérieur,  qu'il  ne 
lui  fu  pas  à  la  cheville  du  pied. 

Figutvment,  eu  parlant  De  ver»,  on  appelle 
Cheville,  Tout  ce  qui  n'y  est  mis  que  pour  la 
mesure  ou  [wur  la  rime.  Ce»  fer»  soni  pleins  de 
chevilles. 

(^11  appelle  C'icville  à  tourniquet,  Va  bàlon 


238  C  H  E 

oagsé  dans  une  corde,  et  qui  fait  une  espace  de 
tourniquet  pour  terrer  la  corde  (jui  assure  la 
rfiargG  d'une  chairetti'. 

Au  jeu  de  l'Honibre,  du  Quadrille  et  du 
Tri,  on  dit,£lri;  en  cheville,  pour  din-,  IN'iiln: 
m  le  premier  ni  le  dernier  ou  carte. 

CHEVILLER,  v.  «..Joindre,  assembler  avec 
des  cheTillcs. C/icviKer  uii<  table,  une  armoire, 
une  porte,  etc. 

CHETir.LÉ ,  ÉE.  participe. 

On  dit  proverbialement  et  figurénient  d'Un 
Bonme  qui  résiste  .i  de  iî'-andes  maladies,  h  di;s 
blessures  dai-gcreuses,  qu'/I  a  l\lmc  clievilléi: 
dans  le  corps. 

On  appelle  en  Poésie,  Des  vers  chcviUh. 
Des  vers  qui  sont  chargés  de  niols-înutiies. 

Chetili.é,  en  termes  de  Blnson ,  se  dit  Des 
ramures  d'un  bois  de  cerf.  //  porte  d'a:,tir  à 
deux  lois  de  cerf ,  cluujue  hra}:che  chevdUc  c^-i 
àx  pièce»  à'ur(^ent. 

On  dit.  en  termes  de  Vénerie ,  Tiitc  de  rerj 
bien  chevillée.  Quand  elle  a  lieaucoiip  d'an- 
douillers  bien  ranges. 

CHE\TR.  V.  n.  Venir  i  bout  de  iiuclqu'un, 
lui  faire  faire  ce  qu'on  veut.  On  l'e  .ïiiuroit  che- 
vir  de  cet  enfant.  Lnisscz-le-moi  (jauverrcr ^ 
j'en  chevirai  bien.  11  est  populaire  et  vieux. 

CHÈVRK.  s.  f.  La  femelle  du  bouc.  Chèvre 
sauvage.  Troupeau  de  chèvres.  Lait  de  chèvre. 
Fromage  de  chèvre.  Poil  de  chèvre.  CmiieL  1  <!. 
poil  de  cï.èvrc.  La  chèvre  broute. 

On  appelle  Barbe  de  chèvre,  ou  barbe  de 
fcoiic.  Une  barbe  qu'on  laisse  venir  longue, 
rande,  sous  le  menton. 

Cn  dit  proverbialement  et  figuràn.  qii'Oi 
la  chèvre  est  attachée,  il  faut  qu'elle  y  broute 
pour  dire,  qu'I'  s'en  faut  terjir  à  la  condition 
k  la  profession  où  l'on  se  trouve  engage. 

On  dit  provcrbialem  et  figiiréni.  Prenfîre  la 
Jiévre,  pour  dire,  Se  f/.cl!cr,  se  dépiter  sans  sujet. 

On  dit  proverbialement  et  Ggurém.  Sauver, 
ménager  la  chèvre  et  le  chou ,  pour  dire ,  Poui- 
Toir  à  deux  inconvéniens  contraires.  71  a  tout 
perdu  pour  avoir  voulu  sauver  la  chèvre  et  le 
chou.  Il  veut  menaça'  la  chèvre  et  les  chou.T. 

Cn  dit  proverbialement  d'Un  liommc  qni 
Bi.mc  toutes  sortes  de  femmes,  quelque' laides 
qu'elles  soient,  qu'il  seroit  amoureux  d'une 
chèvre  coiffe. 

Çhèvt.É,  signifie  aussi  Une  macl.ine  propre 
h  élever  des  fardeaux,  drs  poutres,  etc. 

En  Aslrorcniic ,  on  appelle  Ch'.vre,  Une 
des  cocstcllalions  septentrionales.  On  donne 
aussi  ce  nom  à  ure  étoile  du  Cocher. 

CHEVREAU,  s.  m.  Le  petit  d'une  cliJvre^ 
71  bondit  comme  un  chevreau.  Un  quartier  de 
cl  cvrean.  On  l'appelle  imssi  Cabri. 

CHÈVRE-FEUILLE,  s.  m.  Sorte  de  piaule 
qui  porte  des  fenil'es  odorifér-intes,  et  dont  on 
se  STt  pour  li:s  berceaux  de  jardin  et  dans  les 
palissndes.  L'n  fcciccoii  (Je  c(  èfrc-feiii//e.  C/:cwc- 
feuillc  liomain.  Chèvre-feuille  printanier.  Pa- 
lissade de  chèvre-ff!uille. 

CHfc\'RE-PlED.  adject.  Qtii  a  des  pieds  de 
chèvre.  II  n'est  usité  qu'en  parlant  df  s  Satyre», 
Ha'on  appelle  Dieua;  Chèvre-pieds. 


CHI 

CITKVRKTTE.  s.  f.  La  fun  elle  tîucîicvreuiL  , 

On  appelle  aussi  C  evrette ,  Une  sorte  de 
petite  écrevisse  de  i:.er,  que  d'auUes  apptUeul 
Crevette. 

Il  se  dit  aussi  dX'n  petit  clicuet  bas,  tjui  csl 
lie  fer,  et  n'a  point  de  branc):c  devant. 

CHEVREUIL,  s.  m.  Espèce  de  IxUe  fauve, 
(jiii  est  beaucoup  plus  petite  que  le  cerf,  et  qui 
a  quelque  cliose .  île  la  fîgurc  de  la  chèvre. 
Courre  le  cf  cvrenll.  Faon  de  d.evteuiL  MeuU 
pour  le  chevreuil. 

CHEViUER.  ç'il  st.  m.  Oui  mène  paître  le* 
chèvres.  Le  Chevricr  du  l'ilhigc. 

CHEVRILLARn.  sul:st.  m.  Petit  chevreuil 
FaoD  de  Chcvrenc. 

'CHEVRON,  s.  ni.  Pirre  de  Lois  qui  sert  à  la 
couverture  d'une  maison,  et  qui  soutient  les 
lattes  sur  lesquelles  on  pose  la  luile  ou  l'ar- 
doise. 

En  termes  Je  Tîl 'Son ,  on  rippelle  C^evronj 
Deux  pièces  plairs  assembK;es,  dont  la  pointa 
est  tournée  vlms  le  J.ant  de  I'l'cu  ;  Chevio^i 
ïrise,  Qu.nnd  la  ponite  dVn  Ir.ut  «st  fendue, 
cn  sorte  que  les  j  iècc^s  ne  se  t-uch'.nt  que  pai 
un  de  leur*;  anL;!rs. 

CHEVRO'É,  ÉE,  adj.  se  dit  en  l'-rnie»  do 
Blason ,  Des  pièces  ou  de  tout  l'ecu  chargés  da 
chevrons. 

CHEVROTER,  v.  n.  Faiie  des  cluvreaux. 
Cette  cl  èvre  a  chevroté. 

CiiEVroTEn  ,  se  dit  ;iussi ,  pour,  Perdre  pa- 
lience,  se  dépiter.  Vous  me  feriez  chcvoter.  Il 
[îrenrî  plai::ir  à  vous  f  ire  chevroter.  Il  est  fa- 
milier. 

CHErnOTTU,  sîp;nifie  aussi.  Aller  en  bondis 
sent,  rller  par  sauts  et  par  lond^:.  Il  dicvrotc 
en  mai'C^iant, 

On  dit,qu't/n  ?(ommcr/uHTo(e  en  chantant, 
que  5a  voix  chcvraie.,  pGur  dire,  qu'il  chanta 
par  secousses  et  en  tremblotant. 

CHEvnorÉ,  lÏE.  particii>e.  C<~iàcnces  c/ieiro- 
lées. 

CHEVROTIN.  s.  m.  Peau  de  clicvrcau  cor- 
royée. Gantsi  àc  chcvrotin. 

CHKVROTLNE.  s.  f.  Pion  b  ^  tirer  le  chc- 
vreiiil.  i\Ion  fusil  est  charijé  de  chevrotines^  à 
chevrotine.'i. 

CHEZ.  prépo.sition.  En  l.t  maison  de. .. .  Au 

lo^is  de J'ai  élô   chez  imiu,  chez  mon 

pirc^  etc.  Chacun  e^t  maître  chez  soi.  /tUona- 
nous-en  chacun  chez  ncus.  Je  viens  de  chez  vo*.'^ 
d^auprès  de  chez  vous.  J'ai  passe  par  c'iea  vous. 

U  çîf^nific  aussi  Parmi.  Il  y  avait  une  cou- 
tume chez  la  GrecCy  chez  les  Romains ^  etc. 

Quelquefois  de  celï*  pn''po:.ition  ,  jointe  a 
un  pronom  personnel  ,  il  se  forme  un  nom 
substantif.  ^'fi'oiV  un  chez-so}.  Quand  j\mrai 
un  chez-nwi^  j^y  recevrai  mes  cimîs.  Hujnd 
vims  aurez  un  chez-vous ^  j'irai  vous  voir.  Il  a 
présentement  un  chez-lui. 

CHI 

CHIAOUX.  »,  rn.  Espèce  d'Huissier  chez  les 
Turcs. 

CHIASSE.  s.  f.  Écorne  de  mt'ioux.  Chiattt 
de  /<r,  de  cu;Vpi;,  ffc,. 


CHI 

On  appelle  Chiusse  de  mouche,  de  ver,  Les 
cxcréniens  de  la  mouclie,  du  ver. 

On  dit  fipurément  et  familièrement,  qu'Un 
homme  est  la  chiassc  du  genre  humain,  pour 
dire,  qu'il  est  txi-s- méprisable,  le  dernier  des 
hommes. 

CHICANE,  s.  f.  Subtilité  captieuse  cn  ma- 
tière de  procès.  Vilaine  chicane.  Etrange  c/ti- 
canc.  Ï7mc  pure  chicane,  une  franche  chicane. 
Chercher  des  chicanes. 

On  appelle  Gens  de  chicane.  Les  Praticiens 
subailernes,  comme  SerjjenSjProcureur»,  Juges 
de  Village. 

CmcA:»E,  se  prend  aussi  fi^i-ifmcnt  pour 
Les  sulitilitcs  caplicnses  dont  on  se  sert  dan» 
les  disputes  de  ITrole,  et  pour  les  contesta- 
tions mal  fondées  que  l'on  fait,  soit  au  jeu, 
soit  en  autre  chose.  Toutes  ces  raisons  ne  sont 
que  de  jmres  chicanes.  Vous  me  faites  là  urtc 
chicane.  Chercher  chicane  à  quelqu'un. 

CBiCANE,se  dit  aussi  d'Uue  manière  de  jouer 
aa  Mail.  Jouer  à  la  chicane.  On  le  dit  aussi  au 
Billard. 

CHICANER.  v.n.Uspf  cîechicane  en  procès. 
Ce  Procureur  ne  fait  que  chlrancr. 

Il  signifie  aussi  Se  servir  de  détours, de  sub- 
tilités captieuses  dans  les  contestations  mal  fon- 
dées qu'on  fait  en  diverses  choses.  //  ne  fait 
que  chicaner  au  jeu.  Il  chicane  sur  tout. 

H  est  aussi  actif , et  signifie, Tenir  quelqu'un 
en  procès  mal  à  propos.  Cet  homme  chicane 
tous  ses  i>oisins. 

Ou  dit.  en  termis  de  Guerre.  Chicaner  le 
terrain,  p<inr  dire,  I^e  dispulir  pied  a  pied;  et 
eu  ternies  de  Marine,  Chicaner  le  vent,,  pour 
dire,  I^  prendre  eu  louvoyant,  CD  faisant  plu- 
sicms  bordées,  L-mtôl  d'un  c6té,  tantôt  de 
l'autre, 

CHia\''Fn,  se  dit  nrssi  pour  Reprendre. cri- 
tiquer mal  lï  propos  et  sur  des  b.igatelles.  Il  ne 
faut  pas  chicaner  les  Poètes  sur  des  vétilles. 

On  dit  familièrement  d'Un  accusé  qui  se  dé- 
fend bien,  qu'il  cl  îcane  sa  vie. 

On  dit  figurément  et  f;mii!ièremenl  d'L'^ns 
chose  qui  n'est  pris  fort  cousidrrahle,  mais  tjui 
ne  laisse  pas  de  faire  de  In  peine.  Cela  me  chi- 
cane. Il  a  un  rhumatisme  qui  lechicane  depius 
lonq-temps. Cette  affaire  n'est  qu*  une  ha  g  a  telle, 
mais  elle  ne  laisse  pas  de  le  chicaner. 
Chicank,  kf..  participe. 
CHKUNERIE.  s.  f.  Tour  de  chienne.  C'est 
une  pure  chicanerie.  H  m'a  fuit  mille  thica- 
ner.es. 

CHICANEUR,  EUSK.  s.  Celui,  fille  qui 
cliicane,qui  aime  il  clnconer,  principalenieut 
en  aflaircs.  Vrai  chicaneur.  Grun.l  chicaneur. 
C'c:t  une  qrande  chicaniu  c. 

CIIIC.VN[EU,IÏ':RK.s.  Celui,  relie  qui  con- 
lesie .  qui  vétille  sur  les  nioindres  choses.  C'est 
un  chicanier  .un  itruirHicunicr.  Il  n'est  dus.aije 
que  d  ins  le  style  familier. 

On  l'emploie  aussi  adjectivement.  Cvlu  est 
chicanier,  pour  dire,  EnibaiT-issunl,  vétilleux  , 
difficile. 

CIIICIIE.  adj.  des  2  g.  Trop  ménager,  qtii 
a  d«  U  peine  à  dépenser  ce  qu'il  faujroh.  H 


CHI 

est  bien  chiche.  U  est  si  chiche!  Que  vous  éies 
chiche! 

On  dû  proverbifllemciil,  H  n'est  f'stin  tjut 
Ae  gens  chiches. 

Un  dà  fù.urenient,qu'C^n  homme  est  chiche 
de  ses  paroles^  chiche  de  ses  pas^  chiche  de  i'Cs 
peinesy  chiche  de  louancfesj  pour  tJîre,  qu'il 
n'aime  gui>i*  ^  parler,  f|u'il  n'aime  point  îi  agir 
pour  les  outres,  ni  J  donner  des  louanges. 

CaiCHF.s'gnifio  ai:ssi  Cliclif ,  mesijuia.  Chi- 
che récomp:i\se  de  ^-non  irn^'uil.  La  moisson 
sera  chiche.  On  disnit  Dn»r.^fois  Chiche- face, 
pour  ,  Uu  vi:>uge  maigre  cl  saua  couleur.  Il 
est  bis. 

Oo  appelle  Poisihîche ,V ne  espiîce  de  pois, 
que  <jueKjues-uns  nomment  autrement  Poi> 
jris.  Sumcr  dt's  pois  chiches. 

CHICHEMEM'.  adv.  Avec  avarice,  d'une 
manière  cliiche.  Donner  chichement.  Récom- 
penser cliichement  un  service  rendu. 

CHICON.  s.  m.  Laitue  Romaine. 

CHICOIIACÉ,  Éli:.  adjectif.  Terme  do 
Botanique.  U  se  dit  De  toutes  le.s  plantes  qui 
ticuncui  de  la  nature  de  lu  cîiicorce,  coaune  le 
pissenlit,  les  iailues,etc. 

GHlCUUÛi:.  s.  f.  Sorte  d'berLe  potagère 
que  l'on  nu-t  oïdinaircmeni  au  pot  «t  dans  les 
salades.  Chicvrce  blanche.  Chicorée  sauvane. 
Sirop  de  chicorée.  Eau  de  chicorée. 

CHICOT,  s.  m.  U  .-e  dit  d'Un  reste  d'arbra 
qui  sort  un  peu  de  terre,  coupe  ou  abattu  par 
lej  vent».  Cette  Jorct  est  toute  pleine  de  chicots. 

Il  se  dit  nuv^i  d  X'n  petit  morceau  de  hou 
rompu.  En  passant  par  la  forêt,  son  cheval  &e 
mit  un  chicot  dans  le  pici\ 

<.*n  appelle  ansii  Chicot ,  Un  morceau  qui 
reste  d'une  dent  rompue.  Il  ni^a  arraclié  une 
dent,  mais  il  rriVn  a  la  sac  un  chuot. 

CHICOTF.R.  y.  n.  Coulester  sur  des  baga- 
telles. U  e-U  populaire. 

CHICOTIN,  s.  in.  Certiîn  suc  amer  dont  ou 
frotte  le  bout  des  mamelles  dcï  uourrice&,  pour 
KTrer  les  enfans. 

On  appelle  ÏJranées  de  chicoiin.  Certaines 
dragées  foii  •imèrcs,  où  l'ou  a  mêle  du  cliicotin. 

CHIEN,  CHIENNE,  s.  Aninuil  domestique 
qui  aboie.  Gros  chien.  Petit  chien.  Chien  à 
qrandes  omîtes.  Celte  chienne  est  chaude,  est 
pleine  Chien  traitiey  (jui  mord  sans  aboyer. 
Chien  harffreux^  chien  enfa<^éyOU  autrcracnî. 
ciiJen  fsu.  C/i.tn  d'Artois^  chien  de  touîoqne. 
llaler  les  chiens  après  quA(ju'un.  Chien  de 
chasMy  chien  pour  le  loup,  pour  le  sanglier, 
chien  couchant.  Dresst:r  un  chten.  Chiltier  un 
chien.  Chien  courant.  Meute  de  chiens  pour  le 
lièvre^  pour  le  eaf,  pour  le  chevreuil.  Valet  de 
chiet.s.  Chien  iage,  qui  ne  kVmpocte  point 
»j»ri-*  le  (;tl.ier.  Couple/',  découpler  des  chiens. 
Lonuer  les  chiens.  Lâcher  les  chietts.  Faire 
chassa-  les  chiens.  Appeler  les  chiens.  Ce  Pi- 
queur  est  (oiijoiirj  à  la  quêue  des  chiens.  Les 
chiens  sont  en  ï/c/àul.  Remettre  les  chiens  sur 
Us  voies.  Les  chiens  n'ont  point  aujourd'hui 
de  sentiment.  Hompre  les  chiens,  c'est  le»  np- 
|iclcr  pour  le^  cmpèdier  de  coDliiiucr  la  cbai>e. 
t'uire  u'uiiiict  'u  curct.  anjc  chiens. 


CHI 

Chien,  se  dit  figurcmenl  Des  personnes  et' 
des  choses ,  par  injure  et  par  mépris.  Quel 
chien  de  Musicien!  Quel  chien  de  Pvete!  VoUù 
une  chienne  de  Musiqucy  de  Comédie.  Un  chien 
de  repas.  Il  vous  a  fait  un  beau  présent  de  chien. 
C'es-t  un  bel  ami  de  chien.  Un  beau  chicnd'auiî. 
L'ti  veau  chien  da  présent.  Il  est  du  style  familier. 

On  dit  proverbialement  et  bassement.  Cela 
n'est  pas  tant  chien ,  pour  dire,  Cela  n'est  pas 
trop  mauvais. 

Ou  dit  proverbiaîe-nent  d'Un  jeune  gurçon 
étourdi  et  folAtrc .  qu7/  est  fou  comme  un  jeune 
chien  ;  d'Un  homme  accoutumé iiqutlqucchose 
de  pénible,  qu7/  est  fait  ù  cela  comme  un  chien 
à  aller  à  pied,  à  aller  nu~tctc;  d'Un  homme  qui 
est  dans  un  emploi,  dans  uu  travail  qui  l'oblige 
à  une  continuelle  sujétion,  qu7i  est  là  comme 
UP.  chien  à  Vattache. 

On  dit  encore  proverbialcm. ,  Il  fait  comme 
le  chien  de  Jean  de  AiVcIIc,  il  s'e/i/iiit  nuand 
on  Vappclle, 

Ce  proverbe  vient  de  ce  qiie  Jean  de  Mont- 
morency, premier  du  nom,  Seigneur  de  Ni veHe, 
ayant  embrassé  le  parti  du  Comte  de  Charoîois  , 
le  piïre,qui  et  oit  dans  le  parti  opposé,  lil  faire  à 
son  llls  plusieurs  sommations  inutiles  de  reve- 
nir auprès  de  lui,  et  sur  le  refus  d'obéir  îl  le 
Iraiioit  de  chien. 

On  dit  aussi  piovcr})ialement,  Battre  (jud- 
qu''un  comme  un  chien,  l'étiiller  en  chien  cour- 
taud. H  est  las  comme  un  chien.  On  le  laisse 
comme  un  chien.  On  Va  traité  comme  un  chien. 

On  dit  prnvrrl)i.i]em''ul  ti  fi^urément,  Qui 
m^aime,  aime  mon  t:/a'en,  pour  dire,  que  Lors- 
i|u'on  alinc  quelqu'un ,  on  aime  tout  co  qui  lui 
appartient. 

On  dit  proverbialement  et  fîgurémont ,  qu7i 
vaut  autant  être  mordu  d'un  chien  que  d'une 
chienne  j  pour  dire,  qn'Kntre  deux  personnes 
ipii  nous  sont  également  indilTérentes,  il  im- 
porte peu  de  laquelle  des  deux  on  reçoive  un 
déplaisir. 

Cn  dit  proverbial.  Des  gens  qui  sont  ton- 
jours  en  dispute,  qui  ne  peuvent  vivrecnsemble, 
(|u"/is  s'accordent  comme  chiens  et  chats. 

ôa  dit  proverbialement  et  figurément,  Bom 
chiens  chassent  de  race,  pour  dire,  que  Les 
t'nfans  suivent  ordinairement  les  inclin:ttiniis  et 
fca  i'\enq)tes  tle  leurs  pérea  et  de  leurs  mères. 
^  On  dit  provLrbialement  et  fi^urémcnt,  que 
Tous  ït'S  chiens  qui  aboient  ne  mcrdent  pas, 
pour  dire,  que  Tous  ceux  qui  n:cnacent  ne 
font  |.i3  toujours  du  mal. 

Op  Jit  proverbialement  et  figurém*. ,  quX'» 
c/ii'fïi  harjncux  a  toujours  les  oreilles  déchi- 
rées, pour  dire,  qu'Un  homme  tpierelleur  at- 
trape toujouss  quelque  coup,  s'attire  quclqur 
mauvaise  nfTiire. 

On  dit  proverbialement  et  figurém..  Quand 
on  vent  noyer  son  chien  ,  on  dit  qu'il  a  la 
rage,  pour  dire,  que  Quand  on  veut  se  défaire 
de  quelqu'un,  on  lui  impute  quelque  faute. 

On  dit  provcrbialrmenc  cl  Ggtirément  d'Un 
homme  qui  a  le  principal  crédit  dans  une  com- 
pagnie ,  ou  dans  une  ni-iisuu  .  que  C'est  un 
thien  au  tjrund  conter. 


CHI  a3ç) 

On  dil  proverbialement  cl  figuri}m.,  Lors- 
qu'un homme  méchant  et  inutile  est  réchappé 
d'une  maladie,  (ju'II  moiinvit  ylulût  quelaue 
bon  chien  de  berner. 

On  dit  proverbialement  et  fmurément,  Be 
deux  liommi  s  qui  sont  en  débat  pour  emporter 
une  même  chose,  que  Ce  sont  deux  chiens  ap-cs 
un  os. 

On  dit  proverbialement  et  figurémenl,  Fairt 
lecliier  couchant,  pourdlre.l'latler quelqu'un, 
ticlier  de  le  gagner  par  des  soumissions  basset 
et  lampantes. 

On  dit  proverbialement  cl  figurement  Des 
pclils  garçons  qui  veulent  l'.iire  comme  les 
Uramlcs  personnes,  Us  veulent  fiire  comme  Us 
(jrunds  chiens,  ils  veulent  pisser  contre  la  mi»- 
riii//e. 

On  dit  provcrbialem.  et  fignrân.,  Pendant 
que  le  chien  pisse,  le  loup  s'en  va,  pour  dire, 
ipio  Ix'  moindre  retardement  l'ait  perdre  l'occ»- 
tion  de  tùr^;  les  choses. 

On  dit  proverbialement  el  figurera.,  quand 
un  homme  a  quelque  prétention  sur  quelque 
chose,  qu'/i  n'en  donneroit  pas  se  part  au.r 
elticns. 

On  dil  proverbialement  et  figiircment  d'Un 
homme,  qu'/i  ne  serait  pas  bon  à  jeter  aux 
fhicns,  s'il  disoil  ou  faisait  tille  ou  telle  chose, 
[lour  dire,qu'r,n  ce  cas-lJ  tout  le  monde  le 
liLunoroit  et  crieroil  après  lui. 

On  dit  proverbialement  et  fiinircm..  Battre 
le  cli:cn  devant  le  lion,  devant  le  loua.  Voyez 
fiATra--: 

On  dit  proverbialement  et  figurdm.  Rompre 
les"  r/iiefi>,  pour  dire,  Kmpéchcr  qu'un  discours 
ijui  pourroit  avoir  quelque  mauvaise  suite,  ne 
continue. 

On  dit  proverbialement  et  figurcmcnt  De 
Jeux  personnes  qui  ne  sont  pas  en  bonne  in'- 
lelligeuce,  que  Leurs  chiens  ne  chassent  pus 
tnscmhle. 

On  dil  proverbialement  et  fijurément,  qu71 
n^est  chasse  (jue  de  vieiuc  chiens,  pour  dire, 
qu'il  n'y  a  poirrt  d'hommes  plus  propres  au 
conseil  et  au.»  alTiires  ,  que  les  vieillards  qui 
ont  beaucoup  d'expérience. 

On  dit  proverbialement  et  ngurément  d'Un 
homme  qui  vient  à  contre  -  temps  dans  une 
ronqiagnic  ot't  il  embarrasse,  qu'il  vient  là 
comme  un  ciu'cri  atins  un  jeu  de  quilles. 

Or.  dit  proverbialeracnl  et  figurém. ,  qu'/l 
'II'  ptut  pas  se  moquer  des  chiens  qu'on  ne  soit 
.'.i-ri  du  villacfc,  pour  din^ ,  qu'il  ne  fiiut  ]>as 
M;i'[)r!sfr  un  dang<T  tant  qu'on  n'en  est  pas 
.  ucoro  entièreiucnt  sorti. 

On  dil  fumilien'ment  Des  clios's  qui  sont 
toutes  droites,  toutes  d'uni-  venue,  cpiind  elles 
devroienl  élrc  autrement.  Cela  est  tcut  d'une 
venue  comme  la  jambe  d'un  chien. 

On  dit  pioverbialemcnt  et  fi;urément  d'Un 
hnininc  qui  ne  (ivut  pas  se  servir  d'une  chose , 
et  qui  no  veut  pis  que  les  autres  s'en  St»rvcRl , 
qu'il  cft  comrfic  le  chioti  du  JarÂinio^  qui  ue 
manqe  point  de  choux,  el  n'en  Liisse  point 
manncr  aux  autres. 

Ou  dit  d'CJn  homme  d'uu  bel  cxtéci.  iir,  cl 


24o 


cm 


^i  paroît  hrav^,  mais  qui  ne  Test  pas,  C'ciT^ 
un  beau  chîen  s'il  voulait  mordre. 

On  dit  proverl)ia!pmehl  et  Cj;urém.,  Mena 
une  vie  de  chien  j  pour  dire,  Mener  une  vie 
misérable.  Kl  on  dit  d'Un  homme  dchauché  et 
libertin,  qu'/l  vit  comme  un  chien. 

On  dit,  Une  querelle  de  chien,  utî  bruit  de 
chien,  un  train  de  chien  ,  pour  dire,  Une  que- 
relle, un  bruit  coi^idcinblc. 

On  dît  familitrcment  TJe  deux  personnes 
Irès-unies  et  qui  ne  se  ffuitient  pas,  que  Cest 
S.  Roch  et  son  chien. 

On  dit,  en  style  de  l'I^^criture,  d'Un  pticheur 
qui  rctoïftbe  dons  le  crime,  que  C'est  un  chien 
oui  retourne  à  son  vomissement. 

On  dit  proverbialement  rlfij^urément,  Entre 
chien  et  loup,  pour  signifier  Celte  partie  du 
crépnscule  pendant  laquelle  on  ne  fait  qu'en- 
trevoir les  objets,  sans  qu'on  puisse  distinguer 
un  loup  d'un  chien.  //  étoit  entre  chien  et  loup, 
quand  nous  apeiçûmcs  je  ne  sais  quoi. 

On  dit  proverbialement  el  figurénient  d'Uïi 
homme  qui  médit  d'un  autre  qui  est  au-dessus 
de  tout,  et  à  qui  ses  injure?  ne  saoroient  nuii'C, 
que  C^Ci^t  un  chien  qui  aboie  à  la  Lune. 

Chien,  signifie  encore  Cettepi<^ce  qui  tient  la 
pierre  d'une  arme  à  feu.  Le  cliicn  dun  fusîl, 
d^un  pistolet. 

En  Astionomie.  on  donne  le  nom  de  Grand 
et  de  PetU  Chien  îideux  constellations  de  l'hé- 
uiisphôre  mtiridional. 

CI1Œ>DE?JT.  suhst.  m.  Espèce  d'herbe  qui 
rue  en  tone  qirantlîc  de  racines  lon;;ues  et 
ifl^écs,  et  que  les  chîcns  mangent  pour  se  pur- 
ger. Celte  terre  est  toute  pleine  de  chiendent. 
Les  racines  de  chiendent  sont  bonnes  à  faire  dé 
la  tisane. 

CHIEN-MAHIN.  s.  m.  Chien  de  mer.  Sortj 
de  poisson  de  mer,  dont  la  peau  est  si  rude, 
que.  lorsqu'elle  est  préparée,  les  Menuisiers  s'en 
servent  pour  polir  leur  ouvrage. 

CniENNER,  V.  n.  Faire  des  chiens.  H  se  dit 
De*  chiennes  quand  elles  mettent  bas.  Une 
chienne  qui  a  chienne. 

CHIEK.  V.  n.  Se  décharger  le  ventre  des  gros 
Cstcvcmens.  Il  est  bas. 

On  crie  par  raillerie  aux  masques  qui  courent 
au  temps  du  Carnaval ,  Il  a  chié  au  Ut;  et  on 
appelle  Un  vilain  masque.  Un  chie-en-Ut* 

Chieh,  est  aussi  quelquefois  actif.  Chîer  du 
ni  M  se. 

onié.  tr..  participe. 

CHIEUR,  EUSE.  subst.  Celui,  celle  qui  se 
dseliarge  le  ventre  des  gros  excrémens. 

CHIFFE.  5.  f.  Terme  qui  se  dit  par  mépris, 
en  parlant  d'Une  étoffe  foible  el  mauvaise.  Ce 
n'c<^t  In  que  de  la  chiffe.  3/ofi  comme  chiffr.  On 
le  dit  enssî ,  familîi^rcmcnt,  an  mora/,  en  par- 
lant d'Un  homme  d'un  caractère  foible  qui  re 
résiste  h  rien 

CFÎlFFON.s.m. Méchant  linge,  ou  méchant 
morceau  de  quelque  vieille  étoffe;  Vendre  des 
chiffons  j  chercher  des  chiffnms.  On  dit  'd'Une 
personne  très -mal  velue,  qu*JE//c  n'est  r*êtue  ^ 
Que  de  chiffons. 

pD  le  dit  par  extension,  d'Une  chotc  de 


CHI 

'quelque  apparence,  mais  de  peu  de  valeur.  Ce 

n'est  qu'un  chiffon. 

CHIFFONNER,  v.  a.  Bouchonner,  froisser. 

Chiffonner  du  Unae.  Chiffonner  un  habit.  Chif- 
fonner un  collet.  Il  a  été  dans  la  presse,  où  on 
l'a  tout  chiffonne. 

CniiTOSNÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit  familièrement,  l)ne petite  minechif- 
^'7inee,  en  parlant  d'Un  visage  peu  régulier 
t]ui  n'est  pas  sans  quelque  agrément. 

CHIFFONNIER,  1ÈRE.  s.  Celui  ou  ceWr, 
qui  ramasse  des  cliiflbns  par  la  ville. 

Chiffosniei\,  se  dit  figurcm.,  d'Un  homme 
qui  ramasse  et  qui  débite  sans  choix  tout  ce 
qu'il  enti  nd  dire  par  la  ville.  On  dit  aussi  figu- 
rénient d'Un  homme  vétilleux  et  tracassier, 
:jiie  C'est  un  chiffonnier ,  que  ce  n'est  quun 
vhiffonnier. 

CHIFFRE,  s.  m.  Caraclère  dont  on  se  sert 
pour  marquer  les  nombres.  Chiffre  Arabe. 
Chiffre  Romain.  Les  chiflies  Arabes  sont  o.  î  , 
2,3,4)5)6,^,8,9.  Les  clnfires  Romains 
le  forment  avec  les  caracltTCs  majuscules  de 
l'alphabet.  On  dit  Apprendre  le  chijfre.  Mettre 
le  chifj're  aux  feuillets  d'un  livre.  Il  s'est  trompé 
au  chifjre. 

On  dit  proverbialement  el  figurément  dXJn 
homme  qui  n'a  aucune  autorité,  aucun  crédit, 
ijuc  C'est  un  o,  un  zéro  en  chiffre. 

Chiffre,  se  dit  au,ssi  d'Une  manière  secrète 
d'écrire  par  le  moyen  de  certains  mots  ou  ca- 
ractères dont  on  est  convenu  avec  ceux  à  qui 
l'on  érriL  Écrire  en  chifj're.  Faire  un  chiff'ie. 
Changer  de  chiffre.  Donner  un  chiffre.  Le 
Commis'qui  a  les  chiffres.  Avoir  le  secret  du 
chiffre.  Avoir  le  chiffre  de  quelqu'un. 

On  appelle  La  clef  du  chiffre,  l'Alphaliel 
qui  sert  h  chiffrer  et  à  déchiffrer  les  dépùches 
mi'on  écrit  en  chiflre. 

On  appelle  figun'ment  Chiffre^  Certaines 
façons  de  parler  que  quelques  personnes  ont 
rnlre  elles,  et  qui  ne  sont  point  entendues  des 
outre».  C'est  un  chiffre  entre  eux. 

CRiFFnr,  se  dit  aussi  De  rarrangemcnl  de 
lieux  ou  de  plusieurs  leïires  c;q)itales  de  noms, 
entrelacées  l'une  dans  l'aulre.  Les  premières 
lettres  de  chaque  nom  sont  d'ordinaire  celles 
ritjc  ion  prend  pour  cet  efl'ct.  Faite  un  chiffre. 
Voilà  un  beau  chiffre.  Graver  un  chiffre  sur  un 
cachet.  Ils  gravèrent  leurs  chiffres  sur  l'écorce 
fîes  arbres.  H  r'n  point  rf'tirmes  à  son  carrosse.^ 
il  n'a  quun  chiffre. 

GHlFFliKR.  V.  a.  Marquer  par  chiflVes, 
compter  avec  la  plnme.  ISe  savoir  pas  chiffrer. 
Apprendre  à  chiffrer.  Un  homme  qui  chiffre 
bien.  Chiffrer  les  panes  d'un  reqistre. 

Il  signifie  aussi  Ecrire  en  chiffre.  Chiffre  i 
une  dépêche. 

Ciiii'FnK,  ÉE.  participe. 

CHIFFREUR.  s.  m.  Celui  qui  compte  bien 
avec  la  plume.  Il  faut  être  habile  chiffreur  pour 
être  bon  /irithmclicien. 

CHKINON.  5.  m.  Le  derrière  du  cou.  Le 
chiqnon  du  cou.  Voilà  un  beau  chiqnon. 

CHIMKUE.  s.  f.  Monstre  fdmieux  ,  nynnt 
le  devant  d'un  liouj  le  milieu  du  corjn  d'une 


CHI 

chèvre ,  et  le  derrière  d'un  dragon.  ÊelUroplion 
combattit  la  Chimère. 

On  appelle  figurément  Des  imaginations 
vaines,  et  qui  n'ont  aurun  fondement,  Oej 
chimères.  Avoir  des  chimères  dans  la  tête.  C'est 
une  pure  chimère.  Se  former  des  chimères.  Se 
repaitre  de  chimères.  Avoir  la  tête  remplie  de 
chimères.  Traiter  une  prétention  de  chimère, 
Voiiù  une  belle  chimère. 

En  parlant  De  certaines  origines  fabuleuses 
de  Maison,  on  dit,  que  C'est  la  chimère  dune 
telle  Maison.  On  dit  aussi  Des  visions  particu- 
lières d'un  homme,  sojt  sur  sa  noblesse,  soit 
sur  sa  valeur,  soit  sur  sa  capacité, etc.  que  C^est 
là  sa  chimère. 

CHIMÉRIQUE,  adj.  des  2  g.  Visionnaire, 
plein  de  chimères,  d'iniQgÎDations  ridicules  et 
Vaines.  Esprit  chimérique. 

Il  se  dit  aussi  Des  imaginalions,  des  prcteiv- 
tions ,  et  des  espérances  qui  n'ont  aucun  fon- 
dement solide  et  réel.  Prétention  chimérique. 
Dessein  chimérique.  Esjérance  chimérique. 

CHIMIE,  s.  f.  .Art  de  décomposer  ou  d'ana- 
liscr  le.",  corps,  et  de  les  recomposer  de  nou- 
rcau.  Enseiqncr  la  Chimie.  Etudier  la  Chimie. 
Cours  de  Chimie.  Secrets  de  Chimie.  Opération' 
de  Chimie. 

CHIMIQUE,  adj.  des  2  g.  Qui  appartient  à 
la  Chimie.  Opération  chimique  Remède  chi- 
mique. 

CHIMISTE.  8.  m.  Celui  qui  sait  bien  la  Chi- 
mie ,  qui  travaille  i  la  Chimie.  C'est  un  Chf* 
miste.  Un  excellent  Chimiste.  Les  princi/Krt 
Hes  Chimistf.s. 

CHINA.  Voyes  SgriNE. 

CHINCILLA.  s.  m.  Animal  du  Pérou,  de  U 
grosseur  d'un  écureuil ,  et  dont  la  pelleterie  rsl 
istimée. 

CHINOIS,  OISE.  ad).  Qui  vient  de  la  Chine, 
tpii  est  dans  le  goût  des  ou^Tages  de  la  f  hine- 
Tapisserio  chinoise.  Pavillon  chinois.  Citbincl 
chinois.  Jardin  chinois.  Goût  chinois. 

CHIOURME.  s.  f.  collcct.  Les  forçats  et 
nutres  qui  rament  sur  une  galère.  Une  bomie 
chiourme.  La  chiourme  de  la  Réale.  La 
rlùourme  de  la  Patrone.  Renforcer  la  Chiourme. 
Toutes  les  chiourmes  des  qaltres  de  France.  La 
chiourme  fit  force  de  rames. 

CHIPOTER,  v.  n.  Faire  peu  ii  peu,  lente- 
ment, el  à  divej-scs  reprises,  ce  qu'on  a  h  faire; 
vrtilier,  barguigner,  lanterner. /I  ne  fait  que 
chipoter.  Il  est  du  style  familier. 

CHIPOTIER  ,  ifCRE.  s.  Celui,  celle  qtii  vé- 
tille, qui  ne  fait  que  barguigner.  C'est  un  franc 
chipoticr.  Il  est  du  style  familier. 

CHIQUE,  s.  f.  Espèce  de  ciron  qui  cnire 
dans  11  chair. 

CHIQUENAUDE,  s.f.  Coup  que  l'on  donne 
du  doigt  du  milieu,  lorsque  après  l'avoir  plié 
et  roidi  contre  le  pouce,  on  le  l.ichc  sur  le  vi- 
sage, sur  le  ne?.,  etc.  Donner  une  chiquenaude, 
UTK  bonne  chiquenaude.  Il  se  plaint  qu'on 
la  battu,  on  ne  lui  a  pas  donné  une  chiqua 
naude. 

CHIQUET.  s.  m.  H  n'est  plus  J'u-^oge  tjue 
dans  le  discoias  familier, et  dans  cette  façou  de 


CHO 

parler  adverbiale.  Chi^ttct  à  cfnqucty  peur 
dire,  Peu  d  peu,  i  ar  p.-liie5  parcelles.  /Ver 
chi'fuet  à  chtijutt. 

CHIRAtJBK.  1.  f.  (On  pron.  Kiragrc] 
Terme  île  Médecine.  Goutte  qui  attaque  les 
mains.  Il  sr  dit  aussi  De  celui  et  de  celle  qui  en 
sont  dlluqués.  Il  est  de  peu  d'usaj;e. 

Cil  lUOGB  APHAIRE.  (  Prononcez  Kiro^'/vi 
vhairc.  )  adj.  des  2  g.  Qui  est  créancier  en 
vertu  d'un  acte  sons  seing  prive,  qui  nt-ni-. 
porte  point  h^potlu'que.  Ciéanclcr  chirof^'ra 
phaire. 

CHIROLOGIE.  s.  f.  (  Le  Chi  se  pron.uH  .1 
Ai.  )  Art  d'exprhner  le*  pensées  pur  des  uiou- 
Tciiiens  et  des  Heures  qu'en  fait  avec  les  fini;;b. 

CfllROMA>'ClE.  s.  f.  (  On  prououce  Kuo- 
mancie.  )  I.';trl  prétendu  dp  deviner,  de  pié- 
dire  par  l'inspection  de  la  maiu.  Savoir  la  Chi- 
romancie ^  les  règles  de  ht  Chij-oinancie.  Lu 
Chiromancie  est  une  science  frivole.  Quelques- 
uns  disent  Chiromance. 

CHIROMANCIEN,  s.  m.  (  On  prononce  Kt 
romuncien.)  Celui  qui  fait  profcseiou  de  prcJirc 
par  l'inspection  de  la  main.  Vn  Cfiironiaucicn. 

CHIRURGICAL,  ALE.  adj.  Qui  apparlieni 
à  la  Chirurgie.  Opérations  chirurçficales. 

Chirurgie,  s.  f.  An  qui  enseigne  à  faiif 
iïÎTerses  opérations  de  la  main  sur  le  corps  de 
l'homme,  pour  1j  guérison  des  blessures,  de.s 
plaies,  des  fractures,  des  abcès,  etc.  htudicr 
cil  Chirurgie.  Jppienàre  la  Chirurgie.  Savoir 
bien  la  Chirurgie,  Exircer  la  Chirurgie.  Pra~ 
tiquer  ia  Chmtrqie, 

CniRURGIE.X.  s.  m.  Celui  qui  fait  profcs- 
nou  de  U  Chirurgie,  qui  exerce  hi  CJiirur^ie 
Lu  excellent  Chirurgien.  Etre  entre  lei  maim 
des  Chirurgiens. 

CHIRURGIQtT.  adj.  des  2  g.  Qui  appar- 
tient à  la  Chirurgie.  Of;crfltionC/u'rur(^:(jue.UD 
dit  plus  coramunemcnt  Chirurgicale. 

CHISTE.  ;  On  prononce  Kisle.  )  s.  m.  Cap- 
sule membraneuse  dans  laquelle  la  matière  :{ui 
produit  les  tumeurs  est  souvent  reufcrmée: 
c'tsl  pourquoi  on  les  appelle  Tumeurs  cnkistécs. 

CHIURE,  s.  f.  U  ne  se  dit  que  Des  excrc- 
znens  que  font  les  mouches.  Un  miroir  plein  de 
ihinres  de  mouches.  De  ia  viande  où  il  y  a  des 
chiures  de  mouches, 

C  H  L 

CHLA.MYDE.  ».  f.  Espèce  de  manteaa  des 
Anciens,  retroussé  sur  l'épaule  droite.  La  chla- 
myde  ètuit  l'Iiubit  nrrlitaire  des  P:itricicns;  la 
to^e  ctoit  l'habit  qu'ils  portoient  dans  Rome. 

CHLORIS.  s.  m.  (.tiscau,  espèce  de  pinson. 

CHLOROSE.  ».  f.  Ternie  de  Médecine.  Ma- 
ladie drs  plies  couleurs. 

CHO 

CHOC  s.  m.  Heurt  d'un  corps  contre  un 
•utt«  co.~ps.  Rude  choc.  Choc  furieux.  Choc  de 
Àtux  vaisseaux. 

U  se  dit  ouîwi  Pc  U  rencontre  et  du  combat 
de  deux  Irnupcs  de  gens  de  guerre.  Le  choc  de 
deux  **cadron*f  de  deux  armées.  Les  ennemi* 
Tome  It 


CHO 

^jrerif  rerh'ersés  au  premier  choc.  Du  premîff 
choc.  îls  ne  soutinrent  pas  le  choc. 

H  se  dit  fif;urénicnt  d'Un  m^dlieur,  d'une 
disgrâce  qui  arrive  dans  la  fortune  d'un  homme. 
Il  a  rerti  un  rude  choc  daUs  sa  fortune.  On  dit 
aussi  d'Un  homme  qui  n  reçu  quelque  attaque 
fjchcuse  dans  sa  sauté,  qu71  a  reçu  un  rudd 
choc. 

On  dit,  Choc  d'intérêt  y  choc  d'opinions, 
pour  dire,  Dispute,  combat,  oppo^jitiun  d<î- 
clarée. 

CHOCOI^VT.  s.  m.  Composition  faite  de 
cacao,  de  sucre,  de  vanille,  de  cannelle  ,  etc. 
et  réduite  en  pâte,  et  qu'on  dissout  d'ordinaire 
dans  de  l'eau  bouillante  pour  en  faire  une 
boisson  agréable.  Prendre  une  tasse  de  chocolat. 
Faire  bien  mousser  le  chocolat.  Manger  des 
pdles  de  chi.colaly  des  pastilles  de  chocolat  ^ 
un  huton  de  chocolat.  Le  chocolat  est  une 
boisson  que  les  Espagnols  ont  apportée  du 
Mexique  en  Europe. 

CHOCOLATIÈRE,  s.  f.  V.'se  d'argent,  de 
tuivrc  ,  de  tt-rrc  ,  etc.  pour  faire  fondre  et 
bouillir  le  cIjocoIjI,  lorsqu'on  le  veut  prendre 
rn  boisson.  Une  chocolatière  ^argent. 

CHOEUR,  s.  m.  (  l'H  ne  se  prononce  pas.) 
Troupe  de  Musiciens  qui  chantent  ensemble. 
Un  excellent  chœur  de  Musique.  La  .liesse  fui 
chantée  à  quatre  chœurs  de  Musique.  Après 
qu'une  voix  a  fait  un  récit,  le  chœur  répond. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  morceau  de  Musique  à 
plusieurs  parties,  qui  est  clianté  par  le  chœur. 
tl  y  a  deux  beaux  chœur:i  dans  cet  Opéra.  Le 
yranier  chaur  est  exctlUnt. 

On  appelle  Les  neuf  Ordres  des  Anges,  Lej 
neuf  Chœurs  des  Anges. 

CiioEun ,  dans  les  pièces  dramatiques  des 
.Ancifns,  se  dit  d'Un  certain  nombre  de  gens 
intéressés  u  l'action,  qui  chantoient,  soit  dans 
le  cours  de  la  pièce ,  soit  entre  les  actes-,  et  dont 
:]uclqucs-uns  se  inéloient  dans  la  pitce  niénic. 
tt  y  parloient  dans  le  cours  des  actes  conmic 
Acteurs.  Cha'ur  de  Vieillards.  Chœur  de  Phc~ 
rii'cic'iMfs.  Chœur  de  Captifs.  Le  chœur  parois- 
toit  sur  le  théâtre  immcdialentent  après  le  pro- 
logue, et  n'en  sortoit  qu'à  la  fin  de  ia  pièce. 
Le  chœur  s'attachoil  ordinairement  à  observer 
le  principal  personnage  de  lu  pièce,  pour  le 
pî.iindrc,  le  louer  ou  le  hldmer^   . 

CîiûEtn,  signifie  aussi  La  partie  de  l'Eglisr 
uù  l'on  chante  l'Oflîce  Divin,  et  qui  est  séparée 
lie  relie  qu'on  appelle  la  Nef.  H  est  entré  dans 
le  Chœur.  On  a  fermé  le  Chœur,  Le  Chœur  est 
magnifiquement  orné. 

On  dit  absolument  Le  Chctur y  pour  dire, 
I^s  Prêtres  du  Chœur,  ceux  qui  clianti-nt  au 
Chœur.  Apres  quele  cé(éî>riiiit  a  fmi^  le  Chœur 
répond. 

On  appelle  Enfans  de  Chœur  y  Les  enfrjis 
qui  ch  iiitcDl  au  Chœur.  Maître  des  Enfans  de 
Chœur. 

On  appelle  dans  les  Couvcns  de  Gllrs,  Beli- 
gieuscs  du  Chœitr^  Dames  du  C/ueur,  Toutes 
les  Religieuses  qui  oc  sont  point  Soeurs  cuu- 
vetsTs. 

CHOIR,  v.  n.  U  ne  se  dit  ^ère  qu'J  PiuG- 


CHO  241 

nilif,  et  au  participe  Chu.  Tomber,  être  por:.! 
de  haut  en  bas  par  son  propre  poids,  ou  p.ir 
mquiUiou.  Prenez  garde  de  choir.  Se  laisser 
choir.  On  lui  donna  un  coup  qui  le  fit  choir. 
Chu,  LE.  participe. 

On  dit  proverbialement  qu't/n  homme  est 
chu  en  pauvreté  ,  soit  pour  signibcr  qu'Un 
homme  est  devenu  infirme  et  maladif,  «oit 
pour  donner  ^  entendre  qu'il  est  fort  déchu  dtt 
sa  première  fortune. 

Au  lieu  du  féminin  Chue,  on  a  dit  autrefois 
Chute  :  ce  qui  ne  s'est  conservé  que  dans  ces 
'"açons  de  parler  proverbiales.  Chercher  chape- 
chute,  trouver  c/u;pe-c/iufe,  qu'on  euqdoyoit 
autrefois  pour  dire,  Chercher,  trouver  quelque 
occasion  de  profiter  de  la  négligence  ou  du  niai- 
heur  de  quelqu'un  ;  et  qu'on  emploie  aujour- 
d'hui pour  dire,  Chercher  ou  trouver  quelque 
mauvaise  aventure. 

CHOISIR.  V.  a.  Élire,  préférer  une  personne 
ou  une  chose  h  une  autre  ou  à  pljsîeursdulres. 
Je  l'ai  choisi  entre  mille.  Le  Pioi  l'a  choisi  pour 
être  Gouverneur  d'une  telle  Place.  Choisir  des 
fruits,  des  étoffes.  Il  y  a  chez  ce  Marchand  de 
quoi  choisir.  Choisissez  des  deux.  Ces  choses 
sont  si  pareilles,  que  l'on  a  peine  à  choisir. 
C'est  une  nécessité  de  faire  cela  y  il  n'y  a  point 
à  choisir.  Vous  avez  encore  à  choisir  de  pren- 
dre ou  de  laisser.  Ils  le  choisiretit  pour  leur 
chef.  Choisir  bien  ses  amis. 

On  dit  proverbialement ,  5oui'eM!  aiijcïioisit 
prend  le  pire. 

On  dit  d'Un  homme  qui.  voyant  plusie-irs 
gens  da:is  une  troi-^pc,  ne  vise  qu'à  un  seul 
pour  tirer  sur  lui,  qu'/I  le  choibit  de  Tarif,  qu'i^ 
Va  choisi  au  ritibeu  de  la  troupe  pour  le  tuer. 

Choisi,  ie.  participe.  Soldats  choisis.  Pièces 
choisies.  Il  ne  va  dans  celle  maison  que  des 
qens  choisis. 

CHOIX,  s.  m.  Élection  ,  préférence  volon- 
tiiirement  donnée  X  une  personne  ou  ^  une 
chose  sur  une  ou  plusieurs  autns.  Faire  un 
bon  choix,  un  mauvais  choix.  C^est  un  choix 
digne  de  vous.  On  lui  a  donné  le  choix ^  laissé 
le  choix.  Je  laisse  cela  à  votre  choix.  Deman- 
der le  choix,  Remeltre  la  chose  au  choix  d'un 
autre  y  à  son  c/ioi.c  ef  option.  Un  autre  a  eu  le 
choix  de  cette  marchandise. 

CHOLA(;OGUE.  adjectif  des  2  genres. 
(  Pronon.  Kolagogue.  )  Tenne  de  Médecine. 
Qui  fait  couler  la  bile.  Lu  fumelcirey  la  scmti- 
monécy  Valves,  sont  cholagogues. 

11  se  prend  aussi  substantivement.  Il  faut 
faire  prendre  des  cholagogues  à  ce  malade. 

CHOLÉDOLOGIE.  sub^t.  f.  (  La  premicrt 
syllabe  se  prononce  Ko.)  Partie  de  la  Médecine 
qui  traite  de  la  bile. 

CHOLlDOv^HE.  a.lj.  m.  (  Prononcez  Ko.) 
Terme  d'Auatomie.  Le  canal  cholîdoquc.  Cest 
un  caïul  qui  conduit  la  bile  du  fuie  dans  f  iu- 
tcsliu  duodénum. 

CHÔMARI.E.  Qifj.  dit  %  genres.  Qui  se  doit 
cliûmcr.  Il  De  se  dit  que  Ucs  jours  de  Félcs. 
Ftte  ch'nnahXe. 

CHÔMAliE.  subit,  m.  L'espace  de  temps 
Qu'on  est  som  travailler,  On  déduit  le  chCmtuje 

3i 


24^ 


CHO 


nux  ouvriers  riii  oui  manqué  (le  se  bouvcr  à 
l'atelier.  On  pnye  tant  pour  le  chômaqe  d'un 
moulin  ,  quand  on  Vempêche  de  moudre. 

CnÔMER.  V.  n.  Ne  rien  faire,  faute  il'avoit 
2  travailler.  11  se  dit  proprement  en  iiarlani 
Des  ouvrier»  et  des  gens  de  travail.  U"  l'on 
oHi'rier  iic  (foit  point  chômer.  C'ait  dommaijc 
.lie  laisser  chômer  un  si  bon  ouvrier.  Kt  en  ce 
>ens  on  dil  d'Un  ouvrier,  qn'H  chôme  de  hc- 
sotjne,  pour  dire ,  qu'il  manque  de  travail. 

CHoiHEn,  se  dil  aussi  en  jiarlant  Dos  terres. 
Ainsi  on  dit,  que  Pc;  terres  chôment,  pour 
dire,  qti'On  les  laisse  reposer,  et  qu'on  n'y 
sl-me  rien.  /(  faut  laisser  chômer  les  terres  de 
temps  en  temps. 

On  dit  aussi,  qu'Un  moulin  chôme,  pour 
diTe,  qu'il  ne  lounie  point,  qu'on  n'y  noe.d 
jroint. 

Et  on  dit  ,  que  La  monnoie  chôme ,  pnni 
d"re ,  qïi'On  cesse  d*y  travailler  faute  île  ma- 
tiJrc. 

On  dit.  Chômer  de  quel.'jue  c'iose ,  poir  dire , 
Hîanquer  de  quel.jue  chose.  Il  ne  m'a  pas  laissé 
chômer  de  livres.  N'épargnez  pas  le  bois,  vous 
i;'. 71  chômerez  point,  on  ne  vous  en  lais^:era  pat 
chômer.  Il  est  du  style  familier. 

C.KoMEn.  V.  a.  Fitcr,  solenniser  un  jour  en 
cessant  de  travailler.  C:iôm€r  une  Fct-.  On  a 
ordonné  de  chômer  ce  jnur-là. 

On  dit  proverl.i:ileni,"nt,  Il  ncf.nil  point 
chômer  les  Fêtes  avant  qu'elles  soie:it  venues, 
pour  dire ,  qu'il  ne  faut  point  se  rcjouii ,  faire 
^cl.nf'^r  sa  joie  ponr  une  cliose  cul  n'est  pas 
encore  arrivée.  On  dit  encore  en  ce  sens,  (^u.nut 
la  Fête  sera  venue,  nous  la  chômerons. 

On  dît  proverbialement  et  fjgurcnniil  d'Ui: 
)iotrme  dont  on  n?  fait  nul  cas,  que  C'e.U  ur. 
Saint  qu'on  ne  chôme  point. 

C.HMtf.,  l'É.  participe. 

CirO:ynRri,LE.  s.  f.  (On  pron.  Condrille.] 
Plante  cliicoracée.  Elis  est  api'rilive  et  rafraî- 
chissante. 

r,HONnR0I.OfîIE.  sul.st.  f.  (On  prnnonc» 
Condroloqie.)  Partie  de  l'Analomie  qui  traitf 
d  -s  c:.rîila'5es. 

r.Hf)PIM!i.  s.  f.  Sorte  d:  vaisse^iu  qui  scr; 
d'ordinaire  à  mesurer  le  vin,  et  qn:tx>ntient  1.t  " 
.moitié  d'un-î  pinte.  Chopinc  d'étain. 

Il  se  j)rend  aussi  pourl.a  mesure  et  la  quan- 
tité de  vin  q-ii  est  contenue  dans  la  cliopîne.  /i 
hoit  ordinairement  une  chopine  à  son  repas. 
Tirez  chopine.  Boire  chopine  à  chcpine.  Payer 
chnpine. 

On  dit  provcrLialemcnt ,  jl7élfrc  pinte  swr 
chopine ,  pour  dire,  Vairc  di-l)auche  de  vin. 

On  Hit  au'si,  Chopine  d'eau,  chopine  di 
l'inaigre,  chopine  itoUvcs.  Il  fiiut  infuser  cd.i 
dart.s  une  chopine  d'eau.  Cela  tient  chopine. 

CH01?INER.  V.  n.  Boire  du  vin  fr&jiiem 
ment,  hoire  c'iopinc  Ji  rhop'nc.  Jl  nvoit  bien 
chnpiné.  Il  s'irmuse  à  chopine:;  Il  est  l>ns. 

CIIOI'PER.  V.  n.  Faire  un  fau'i  pas  en 
lieurtnnt  du  pied  contre  quelque  chose.  Il  a 
choppc  contre  une  pierre  qui  l'a  presque  fai: 
tomber. 

Cn  dil  figurdmcul  et  familiircm'nt ,   d'Un 


CHO 

hnmmf  qui  a  fait  une  fdiite  giossière,  qu'/i  a  ' 
choppé  lourdement. 

CnOQUANT,  AN'n^  ad).  Ofn.'ns;.nt,  des- 
;ip-éable,  dt^plaisanl.  Homme  choquant,  Mînt 
choquante.  Air  choquant.  DiVctfes  paroles  cho- 
quantes. Avoir  des  manières  choquantes. 

r.IlUQUKR.  V.  a.  Donner  un  c!ior,  Ijcurter. 
Si  et  qrand  vaisseau  vient  à  choquer  cette 
barque,,  H  la  brisera.  Choquer  le  verre  à  tahîc 
Vun  (ontre  Vautre^  ou  alisolumcnt,  Chonucr. 

(^iiOQUEn  ,  se  dit  aussi  en  parlant  Un  la  ren- 
contre et  du  combat  de  deux  troupes  de  f^rns 
de  giien-L*.  Quand  les  deux  armées  vinrent  à  $e 
choquer. 

Il  signiHc  fi;.;urômcnt,  Oiïènser.  7/  fait  cela 
pour  me  choquer.  Je  ne  saurois  entreprendre 
cela  sans  choquer  nn  tel.  Jl  se  choque  de  tout. 

Tl  signifie  aussi  fî^uivm(;nt ,  Dv-plaîre.  Tout 
ce  ijuil  fait  vie  choque.  Cette  fiçon  de  parler 
me  choque.  Ce  mot  me  choque.  Choquer  la  vue. 
Choqu&-  Voieille..  Dans  b  in.";n:e  sens  on  dit, 
Cda  choque  le  bon  sens^  la  hicnséance,  Vhon- 
neur,  pour  dire,  Cela  est  conîre  le  l)on  sens, 
contre  la  bienséanc:  ,■  contrt;  1  honneur. 

Cnonî^'É,  ÉE.  participe. 

CHOIÏKGE.  s.  m.  Olni  cjni  cli"?.  les  dvccs 
prc'sidoit  i  la  d-'-pense  des  s;ï(Tnc!cs.  (Dans  ce 
n:ot  et  dans  tons  les  suivans,  jusqu'à  Chose,  la 
première  syllabe  se  prononce  ho.) 

GHORKGRAPHIE,  ou  r,HORr:OGRA- 
Pmn.  s.  f.  An  de  noter  les  pus  et  les  figures 
d'une  danse. 

CHORÉVÊQUE.  s.  m.  On  apj)  Init  ainsi 
Qiicienncnicnl  certains  Prrlats  qui  faîsoienl 
ijue!;jues  fonctions  épiscopales  à  b  campagne. 
Les  savans  ne  conviennent  pas  des  fonctions  ni 
des  préroqalives  des  Chorcvêques. 

On  le  dit  encore  dans  quelques  Clinpitrei 
d'Ailcmagii.'.ponrniarqncr  une  certniiic  dignité. 

CHORION.  s.  m.  Ternie  d'Analomic.  Non; 
d'une  des  membranes  du  fœtus. 

CHORISTK.  s.  ni.  Ct:an!rc  du  Cbœur.  Vnt 
4iit>enue  chantée  par  ccur  Choristes. 

CTîOROCRAPHTE.  subst.  f.  De.crîptun, 
représentation  de  Pays. 

CîroROGRAPHIQîTE.  adj.  d.-s  5.  genres 
Qui  .npparticnt  à  la  r;l;oro;;raplne.  Descrip- 
tion choronrapliiiue.  Trhie  chorvqraphique. 

CHOROÏDE,  suhsi.  f.  Terme  d'AnnIor.ii'?. 
Tunique  de  l'œil  dans  laqi^'llc  ct;t  la  pruncU?. 
La  chotoidc  est  une  erpansion  de  la  memhranc 
du  cci-i'cau  appelée  Ple-mèrc. 

CHORUS.  Mot  emprunte  du  ï.ntin  ,  qui 
n'est  d"u.sagc  qu'en  celle  pl.rase,  Faire  chorus, 
en  parlant  De  plusieurs  pcr^onncsq-ii  cbantcnl 
roxfmblc  h  tdjle,  et  ordinaîremcnl  le  verre  à 
la  n.ain. 

CHOSE,  s.  f.  Ce  qui  est.  U  .se  dl  indiffO- 
rcmmcnl  de  tout,  sa  signi.ication  se  determl- 
nont  pir  li  matvre  dont  on  trait.*.  Dieu  g  crée 
tontes  cl^oscs.  Un  hon  am:  est  une  chose  bien 
précieuse.  La  close  du  mond.'  que  je  crains  le 

plus,  c'est Il  lai  a  dit  cent  choses  ohliqcantes . 

cent  c^'.cses  peut-  l&  ficher,  C  est  une  chose  5.1  j.s 
e.reniple.  Le  Ivllc  chose!  Jl  y  a  mille  j'oî/i* 
cÎMsesdAHs  cctouvraqe.  Les  choses  ne  iont  plus 


CHO 

dans  Vêtat  où  elles  étoient.  Létat  des  clios*; 
La  chose  a  change  de  face.  Faites  cela  sur 
toutes  choses,  avant  foutes  choses.  Il  lui  a  dit 
entre  autres  choses.  Toutes  choses  cessantes.  Lu 
chose  alla  micti.r  qu'on  ve  pensoit.  C^est  peu  de 
chose.  Ce  n^cst  pas  qrand'chosc.  Le  hvn  de  la 
chose  est  que...  C'est  pour  le  bien  de  la  chose. 

On  dit  provcrbialem. ,  A  chose  faite  conseil 
pris,  pour  dire,  qu'il  n'est  plus  temps  de  de- 
mander conseil  ,  quand  Ij  cliose  sur  laquelle 
on  devoit  dilibf'rcr  est  faite. 

]I  est  quclijuefois  opposé  aux  personnes.  CcIj 
se  dit  éfjalement  des  personnes  cl  des  choses. 

Ou  dil,  Vn  style  fort  de  clioses  y  vide  de 
choses, 

(^HOSE,  se  dit  aussi  pour  Bien,  po.^isrssinn. 
Soigner  sa  c/tose,  veiller  à  sa  chose,  il  est  fo- 
luilier. 

QuKLQOE  CHOSE,  s'cmploîc  sonvent  comme 
un  seul  mol  ;  alors  il  est  toujours  masculÎK*.  On 
m'a  dit  quelque  cJioce  qui  est  très-plaisant.  Avez- 
vous  lu  ce  livre?  Non,  fen  ai  lu  quelque  chose 
qui  m'd  paru  iion.  Quelque  cJ^cse  que  je  lui  ai* 
i/i(,  je  n^ai  pu  le  convaincre.  Et  souvent  I'h*!- 
jectit  suivant  est  prëcédd  d^;  la  particule  de. 
Quelque  chose  de  fîchcux  ,  quelque  chose  de 
merveilleux. 

CHOU.  s.  m.  Sorle  de  l.-gumc  qu'on  met  cr- 
dinaiiement  dans  le  pot.  Choac  blancs.  Choux 
rouget.  Choux  verts.  Choux  de  Milan.  Choux 
eahus.  Choux  pommés.  Chcu.z  gelés.  Chowt- 
\leurs.  Semer  des  choux,  Vlantcr  des  choux. 

On  dit  figurément  et  faniilii'-remenl  d'Un 
boinme  qui,  par  ordre  de  la  Cour,  est  envoyé, 
nu  qui  se  retire  volontairement  dans  sa  maisoD 
(le  campagne,  qu'Jn  Va  envoyé  planter  des 
choux,  qu'i7  est  al'é  planter  des  cJioux. 

Ou  dit  comnuinémcnl ,  que  La  gelée  n*csi 
bonne  que  pour  les  chour. 

On  dit  proverbialeni.,  que  Chou  pour  chou, 
Auhervilliers  vaut  bien  Paris,  pour  dire,  que 
Clmque  cbosc  est  rccommandablc  par  quelque 
i-ndruîl.  On  dit  aussi,  Cliou  pour  c/iou,  pour 
marquer  Une  parfaite  égalité  entre  deux  per- 
sonnes, entre  deux  cboscs.  Chou  pour  c/iOK  , 
cet  homme-là  vaut  bien  Vautre. 

On  dit  aussi  proverbi:ilcmcnt  ci  famiîièreni. 
Faire  ses  choux  qras  de  quel  pie  cJiose .,  pour 
dire,  En  faire  ses  délices,  en  faire  son  profil; 
Aller  tout  au  travers  des  chôme  ^  pour  dire, 
Agir  cn  étourdi;  Il  tn  fait  comme  des  chout 
de  son  jardin,  puur  dire,  Il  tu  dispose  à  sa 
ianta'.sic. 

On  dit  familitVement  d'Un  bomme  dont  In 
naissanco  est  inconnue,  qu  II  a  c:c  Ir,  nrc  tous 
un  choH. 

On  dit  provcrbiaîem.  qu'Une  chose  ne  vaut 
pas  tronc,  un  tronc  de  chou,  pour  dirc,qn*Ene 
ne  vaut  rien. 

Lin  dit  proverbialement  et  figurcm.,  SauvT 
la  d.cvre  et  la  choux.  Voyci  Chèvre. 

On  dil  proverbideme.il  d'Un  bomme  qui 
n'entend  rien  h  une  cbosc,  qnll  s'y  enienâ 
comme  â  ramer  des  chou.v. 

Cnoi'-cnof.  s.  m.  Terme  de  caresse  jwur 
leA  rufaus.  Il  est  faiiûlicr. 


cHn 

l»CTlT-ciior.  8.  ni.  Espoce  <lo  pAlissciic  on 
Je  §.'iteau.  Mantjer  des  peliU'cliou:: 

Ciiou  ,  CiioL-ti.  Tcrniw  de  Chasseur,  pour 
exciter  so»  chien  i  quiîlcr.  Chou-pillc,  aulrc 
Icrme  pour  exciter  le  chien  à  se  jeter  sur  le  gi- 
bier :  et  Cliou-pilU  est  aussi  le  nom  du  chien 
qui  n'est  bon  <jnc  pour  quêter  sous  le  fusih 

CllOV-DE-CUIKN  ,  CysoChamué  ,  ou  Meiicu- 
HiALE  SiCVAOE.  Piaule.  Elle  a  les  mêmes  pro- 
priétés que  la  Mercuriale  commune,  et  purge 
doucement 

Choo-Savet.  s.  m.  Plante  dont  l.i  racine  est 
une  esp(cc  de  gros  navet  chargé  de  quelques 
Cbr,  s  chevelues.  De  ce  uavet  part  une  tige  qui 
])ort?  des  feuilles  comme  le  c):ou  commun.  Cn 
coupe  sa  racine  par  tranches,  et  on  \i\  maniée 
dans  les  potage.) ,  et  de  plusicuis  autres  ma- 
u\hes. 

Chou-Rave  ou  Ceiou  de  Siam.  s.  m.  Piaule 
potagfcre,  f|ui  porte  le  premier  nom,  piucc  que 
Sa  tige  est  terminée  par  une  espèce  de  tête, 
dont  la  pulpe  approche  de  celle  de  la  rave.  Ou 
l'apprête  de  dillêrci;les  façons. 

(;|R)L'C,\S.  s.  m.  Espèce  de  Corneille  grise, 
q'ii  a  le  pied  rouge. 

CHOUETTE,  s.  f.  Oiseau  de  nuit,  qui  tient 
beaucoup  du  liibou  et  du  cbat-buant.  Cri  de 
lu  chvuetU. 

Cn  dit  communément,  Larron  comri:e  une 
ctioue'.te. 

On  dit  au  jeu  de  Piquet,  FuiVc  la  cl ouette, 
pour  dire,  Jou  r  seul  contre  deux  nu  contre 
|<lusienr<. 

Cq  dit  fi^urément  et  familièrement  d'Cne 
personne  qui  est  en  butte  aux  mépris  it  aux 
tailleries  des  autres, qu'K//e  est  Uur  clwuetie. 

CltOCOUI-X  s.  m.  Tenue  de  Jlarinc.  (Iros 
billot  de  bois  qui  sert  à  clr;q»ïe  brisure  des 
mâts,  nu-dessus  des  barres  des  hunes  ,  pour 
enilioitcr  les  nùts  l'un  dans  l'autre. 

f'IIOYER.  V.  -ict.  (  Il  se  conjugue  comn-e 
Em(;(o_>er.)  Conserver  avec  soin.  11  ne  se  dit 
gii/;re  qu'en  parlant  Des  personnes  chères  et 
délicates,  ou  des  choses  préeiiuses,  et  qni  peu- 
vent se  casser  ou  se  giter.  Celte  n;cj  e  c/;oic  foil 
ses  enfanf.  Vous  ttvn  de  belles  poiceltiiies^  il 
les  finit  bien  choya:  Choyer  des  nieufilc<. 

On  dit,  ie  choyer  liop,  ne  se  choyer  pas 
atrez^  pour  dire,  nvoir  trop  ou  trop  pt-u  d'at- 
teutiou  i  ce  qui  regarde  la  santé  et  les  aises  de 
la  vie.  n  n'e^I  pas  encore  bien  remi\  dj  sa  W'i- 
ladie,  et  s'il  ne  se  choie,  il  retombera. 

On  dit  aussi,  Choya'  (jnel(ju*un ,  pour  dire, 
Ménager  quelqu'un,  avoir  soin  de  ne  rien  dire, 
de  ne  rien  faiie  qui  puisse  le  cLoquer. 

CuotÉ ,  ÉE.  participe. 

Cil  n 

CHRf.ME.  s.  m.  (Dans  ce  mot  et  dans  les 
•uiv.ins,  i"»|u'aumot  Ciuc/iolcr,  on  ne  pro- 
nonce piiiit  l'II.)  Huile  sacrée,  mêlée  de  biumi', 
et  »erva:il  aux  o'irlioiu  qu'on  fait  dans  l'adiui- 
nUiralii.n  lie  quel  |Ue»S.ieremens,  it  eu  qu.  I- 
qups  iu!re»  cèrênionic»  de  l'ÉglUe.  Le  suint- 
Chré'ue. 

I'ro\erbialemeot ,  en  parlant  d'L'ne  cloit  ca- 


C II R 

p^htf  deponssrr  h  hoiit  h  patience  d'un  ïmmme, 
on  dit  .fjii'EI/e  fîi'oA rciittr  Chiéme et  Utiptènu'. 

CHKK.MCAU.  s.  ni.Soilc  de  peiilLoiii:eidi.' 
toile  fine,  qu'on  met  sur  la  tête  de  l'enfant 
après  l'onction  du  suint-Cl.rùn^e. 

CHRïinEV,  HlNM:.  a.li.  Oui  e,l  bnpliséel 
fait  proression  de  la  Foi  de  Jtsus-CHri-»T.  Le 
peuflc  chrétien.  Le  motule  chrétien. 

On  dit  auâsi,  L(i  Rclitjion  chrctienne  ,  lu 
Foi  ihrétienne^le  nom  c/iretiefijponr  dire,  La 
Rel'gion  ,  la  Foi,  le  nom  de  ceux  qui  sont  Chrc- 
liens.  Et  dans  le  même  sen$  on  dît,  La  morale 
chi  élieniic ,  mener  une  vie  chrétienne. 

Cu  appelle  par  excellence  le  Roi  de  Fnmue, 
Le  Rvi  T.èiChrélien^  Su  }Liies:c  TrcsChré- 
tiinne. 

CiinÉriEN,  est  aussi  subsUintif.  H  C;/  du  de- 
voir d'un  bon  ChréUcn.  Les  Chréiiens  sont 
ohliqés  à  une  qrande  pureté  de  vie.  La  Chré- 
tiens ont  fait  plusieurs  croisadci  contie  les  In 
'àdèle.^. 

On  dit  proverbialement  à  un  liomnie  qui  se 
lert  de  termes  cmbarrass/s  et  obscurs,  Parlez 
dirétien  j  pour  dire,  Ne  dites  que  des  cLo^cs 
ju'on  entende. 

BoN-CHiïÉTiES,est  une  sorte  de  grosse  poire. 
\l  a  heauconp  de  bon -chrétien  dans  svn  jar. 
din.  Compote  de  hvn  ch  clien. 

CniKÈ'ïlEyyE'MEyr.  alv.  D'une  manière- 
.-bretiennc.  Vivre  chiélicnnentent.  Mow  ir  .hré- 
ienncnent, 

CnUÉ'nENTF.s.  f.  (La  pt^nultieme  se  pro- 
nonce comme  dans  Chiéticn.)  \,r  p-xs  hu' 
^evt.  Les  h*  fidèles  fnendcent  ia  Çh\étienlé.C*es\ 
^Qur  le  bien  et  pour  le  repos  de  la  Chrétienté. 
Dans  toute  la  Chrétienté.  • 

On  dit  proverbialement  et  bassement  d'Un 
iiommc  dunt  les  sou'îers  et  les  bas  sont  usés  et 
[ici-Ci's,  qu'//  marche  sur  la  chrétienté. 

CilUIK.s.  f.  Terme  de  Rhclorique.  Narra- 
lion,  amplilîcalion  qu'on  donne  à  faire  aux  éco- 
liers. 

CirRTST.  s.  m.  (On  prononce  l'S  et  le  T 
d^jns  ce  mot ,  quand  il  est  seul  :  on  ne  les  pro- 
noi:ce  pas  dans  Jésus-Christ.  )  CuniST,  suivant 
sa  propre  si^niflralion,  veut  dire  Oinf,  Ct  lui 
tjui  a  reçu  quelque  onction;  mais  ou  oe  s'en 
sert  jamais  que  pour  si;^niiier  le  Messie  ;  et  c'est 
un  nom  qui  -jst  devenu  propre  à  rîotre-Scigneur. 

En  ente  acception,  on  le  fait  presfTue  lou- 
"ours  pr«!ccderdu  nom  de  Jésus.  yoîre-Seinnenr 
JÉSLs-CnmsT.  Nous  avons  été  rachetés  par  le 
sanq  de  JÉsus-CiinisT. 

Un  dit  en  parlant  De  tableaux,  XJn  Christ  ^ 
pour  dire,  Fne  ûgiire  de  Nolre-Seigncur  aita- 
c])é  îi  la  cmix.  Il  a  dans  son  Oratoire  un 
beau  C/iM>f,  une  belle  téîe  de  Christ. 

CIlRISTIi  MARINE,  s.  f.  SALICOT,  BA- 
CILE,  ou  FENOUIL  MARIN.  Plante  qui  croit 
sur  le  bord  de  lu  mer.  On  donne  vulgairement 
le  nom  de  I'us:,cpiare  ou  Pcrcepierre  à  une  t!e 
CCS  espèces.  On  mange  cctlt^'  dcniiùre  conGtv*  au 
vi::Qi^n'.  Toutes  sont  a[HTitivcs  cl  dissipent  les 
obstructions. 

CMlilsTLVMSME.  s.  m.  U  Loi  et  la  RHt- 
gioodc  Noire-ieî^jucur  Jlsuï-Chiust.  Le  Chris- 


GKR  aO 

UdiiL-inie  veut  an^oii  pardonne  à  ses  enritmii^et 
même  qu'on  les  aime, 

CHUO.U\TlQUE.  adj.  des  2  g.  Qui  pro- 
cède par  plusieurs  scnii-tobs  do  suite.  C/w'um<i- 
titpte  en  montant.  Chromatique  en  descendant. 
Genre  chromatique. 

Il  s'emploie  aussi  substanliveuunt.  //  y  ^i 
dans  cette  musitiue  du  Chiomatuiue. 

CHRONIQUE,  s.  f.  Histoire  drc^sie  suiv;'i.t 
l'ordredcs  temps.  Vici/!cC/iro/KVjtie. y^ncieunis 
Chroniques.  Chroniques  de  Saint-Deni*. 

11  y  a  des  mémoires  de  la  vie  de  Louis  XI 
qu'on  appelle  Chronitjnc  sc4tndaleus€.  Et  ûa 
appelle  flgurûment  Chroni(jue  scandaleuse.  Lez 
niaiivats  bruits,  les  discours  luédisans.  Cette 
femme  roudioil  passer  pour  ptude  j  mais  la 
Chroni(jue  scandaleuse  nen  parle  pas  ainsi, c:t 
parle  autrement. 

On  uppelle  L'ne  maladie  dronique^  Uno 
m;ilndicqui  diue  loug-tenqjs.  Ce  n'est  pas  une 
maladie  ai(juë,  c'est  une  maladie  chronique. 

CHRONIQUEUR,  s.  m.  Auteur  de  Cliroiii- 
q'ic.  Grand  C hroniqueur.  1\  vieillit. 

CHRUNOGRAMAIE,  ou  CHRONOORA- 
l'HE.  s.  m.  Inscription  dans  lacptclle  les  letîi-e» 
LURièrales  forment  la  date  de  révéneii.cnt  dont 
il  s'-'igit. 

CHRONOLOGIE,  s.  f.  Dottrinc  des  temps. 
Exacte  Chronoloqie.  Il  sait  bien  la  Chrono- 
logie. Cela  ne  s'accorde  pas  avec  la  bonne  Chro- 
nologie. 

CHRONOLOGIQUE,  adj.  des  a  g.  Qui  ap- 
partient J  la  cbronoîoj^ie.  Table  cht  onologiquc 
Ahreqé  chronoloq'quf. 

CIIRONOLO{nSTE.  s.  m.  Celui  qui  sait  la 
chronologie,  qui  en.;eigue  la  cl:rono!ogie,  qui 
ôcrit  sur  la  clironologie.  Vn  grand  C'/.ronc- 
logisle. 

CIIRONOLOGUE.  s.  m.  CluonoIoRislc.  C  V>I 
nu  qrand  Chronologuc.  Il  vieillit. 

CHRONOMÈTRE,  subft.  masc.  Nor  *  gi'nê- 
rique  des  inslrumens  qui  servent  à  m'>urci  le 
temps. 

CHRYSALIDE,  s,  f.  Étal  d'un  icscclo  rcn- 
fornié  dans  une  cojue,  sous  la  forme  d'une 
espèce  de  fùve,  avant  que  de  se  iransfornier  cv 
papillon.  Cet  insecte  est  en  chrysalide.  Cn  '.i 
nomme  aussi  A  ymp/ie. 

CHRVSANTHEMUM.  s.  ni.  IManie  qu'on 
cultive  dans  les  jardins,  à  cause  de  la  bcautô  de 
sa  ili  ur.  Ellf  est  d'un  jaune  doré. 

CHRVSO(;OLLE.  s.  f.  Matière  que  l'eau  en- 
traîne et  détaclie  des  mines  de  cuivre,  d'or, 
d'argent  et  de  plondj,  et  qui  étoîl  anparava;U 
adin'rciile  au  méul.  Cn  a  aussi  donné  ce  nom 
au  Borax. 

tlHRYSOCOME.  s.  f.  l»*inlc  aii.si  nonumc. 
p.irce  que  ses  llciirs  sont  d'un  jaune  don.'  cl 
irès-écl.itmt.  On  donne  e  core  ce  nom  à  plu- 
sieun  autres  plantes  d*u:i  j^cnrc  lrès-di(T^rcn(. 

CHRYSOLITE.  s.  f.  Pierre  prtcicusc  d'un 
j.une  d'or  niétô  d'une  légère  tciu!c  de  vcit. 

CHRYSOPRASE.  siib.t.  fém.  Pierre  prc- 
cieuKc  d'un  vert  cUir  m^le  d'une  nusiicc  de 
jaune. 


3i. 


244 


CI 

CHU 


CHUCHOTER  ou  CHUCIIETER  v.  n 
Parler  bas  h  l'oreille  de  quelqu'un  ,  pour  nVlre 
pas  entendu  de  la  conipai^nic.  Ces  qeti^  ne  font 
que  chuchoter.  Il  est  qucI(|uefois  nrtif.  C'""^no- 
îcr  quelques  mvts  à  Voreilîe.  Il  est  fiiniilicr. 

CHUCHOTKUR,  EUSE,  ou  CIIUCHE- 
TEL'R.  s.  Celui,  celle  qui  a  coutiiine  de  cliu- 
etioter.  Les  chuchoteuts  sont  iticomniodes  en 
compagnie. 

CHUCHOTEIÏIE.  s.  f.  Enlrclien  de  ceux 
^li  te  partent  à  l'oreille,  de  peur  d'être  enten- 
dus des  autres.  Il  y  c  eu  une  lonfjue  chucho- 
ta te  entre  cet  homme  et  cette  femme.  Il  e.st 
familier. 

CHUT.  (On  prononce  le  T.)  Particule,  dont 
on  se  sert  jwur  iinposf  r  silence. 

CHUTE,  s.  f.  Mouvement  d'une  chose  qui 
tombe.  //  est  tombé  de  son  haut,  et  a  fait  une 
lourde  chute.  Il  est  incommodé  d'une  cfiuie  de 
cheval.  Tl  fut  accahléparlacJiuted  une  maison, 
h'tic  chute  d'eau.  La  chute  des  eaux. 

On  appelle  Chute  d'humeurs^  Un  déhorde- 
.nicnt  des  humeurs  qui  tombent  du  cerveau. 

On  appelle  La  chute  des  feuilles^  La  saison 
où  les  feuilles  toiubcnt.  Il  mourut  à  la  chute 
*?r$  feuilles. 

Il  s  f  prend  figurcment  pour  Pisgrûce,  mei- 
lleur. Cet  homme  étoit  e.vtrêniement  eiet'e',  h 
voilà  tombe  ^  il  ne  se  relèvera  jamais  de  $a 
chute.  I 

Ou  appelle  Chute,  T. a  fin  d'une  petite  pièce 
de  Pots;c,  comme  d'un  Sonmt,  d'un  Madri- 
gal, d'une  Épigramnie,  etc.  La  chute  de  ce  Son- 
net est  lieureu^e,  n^est  pas  juste. 

On  dit  aussi,  La  chute  d'une  période,  pour 
dire,  La  cadence  et  l'iiarmonic  gui  Icrminenl 
une  période. 

On  dit  aussi,  La  chute  d^une  pièce  de  thed- 
Ire,  en  parlant  de  son  mauvais  succès. 

Il  se  prend  encore  figurémfnt  pour  Faut*: 
envers  Dieu.  La  chute  du  pienner  homme.  Lo 
chute  des  mauvais  Ange^;.  Se  relever  de  ses 
chutes  par  la  pénitence.  Etre  une  occasion  de 
chute  et  de  scandale. 

CH  Y  ' 

CHYf.E.  s.  m.  Suc  blauc  <jn!  se  fo-me  de  la 
p.'itlic  Ij  j>lus  subtile  tics  Mltiiiciiâ  (lij^crcs.  Le 
nltmcns  se  tournent  en  chyle. 

CIIVI.II'ÉUK.  aiJject.  d(S  2  genres.  Il  se  clil 
Des  vaisseaux  qui  porteai  le  cliyle. 

CIIYLII' ICAIIO.V.  s.  f.  Opération  par  1 1- 
cpielli;  ia  nature  fait  le  cliyle.. 

C  I 

CI.  adverbe  de  liuu,  <pii  marque  l'endroit 
oii  est  celui  qui  parle,  ou  du  moins  un  lieu  qui 
c&l  proche  de  lui ,  ou  une  eiiosc  pri^scotc.  Ac 
iiieiiiiuVe  ci-]oiiit.  Et  en  termes  de  Fnitiqiie, 
Les  Icnioiits  ci-présens. 

Il  DC  se  met  jamais  au  commencement  d'un 
di<cours  que  dons  les  épitaplics,  où  l'on  niel 
ordii:aircment  Ci-jll ,  cic. 

On  s'en  sert  aussi  dans  les  coniples  et  dans 


CIC 

les  parties,  où,  aprè.<î  avoir  mis  h  somme  tout 
au  long,  on  le  met  au  bout  de  la  ligne  avant 
que  de  cliifTrer.  Quatre  aunes  d'ètojfc  à  vinnl 
francs  y  ci  80  li\'. 

Il  se  joint  avec  lintcrrogant ,  Quest-ce?  et 
se  met  îmm*^diatement  après.  Qu'est-ce-ci? 

Il  se  joint  ou  avec  le  pronom  démonstratif, 
Celui,  Celui-ci^  Celle-ci,  Ceux-ci,  Cellcr-ci; 
ou  avec  les  substantifs, quand  ils  sont  prccédcs 
par  le  démonsiratif ,  Ce  ou  Cet  :  Ce  livre-ci. 
Cet  homme-cî, Cette  femme-ci  -ci  alors  il  s'op- 
pose quelquefois  11  l'advei-be  Lu  ,  qui  se  joint 
de  môme  au  pronom  déjnonslraiif.el  aux  noms 
sulïstantifs,  pour  fuin-  voir  que  la  cliose  dont 
on  parle  est  cloij^UL'C. 

Il  se  joint  encore  avec  la  pt-rposUion  Ptir  ; 
Et  l'on  dit,  Par~cî,  par-là,  pour  dire,  En  di- 
vers endroits;  et  ces  deux  façons  de  parler  vont 
toujours  ensemble.  Je  ne  sais  pas  la  pièce  touti 
entière,  je  n'en  ai  retenu  que  r^we/ijucs  lam- 
beaux par-ci  parAà.  Le  bois  ne  croît  pas  bien 
sur  ces  bruyères,  il  n'en  vient  que  quclquei 
brins  par-ci  par-là. 

Il  se  met  devant  les- propositions  Dr-sçiu , 
dessous,  devant,  après.  Ci- dessus,  ci-desscus. 
Ci-devant  gît  un  tel.  J^ai  dit  ci-dessus.  Nom 
avons  vu  ci-devant.  Nous  verrons  d-après.Cet 
trois,  Ci-de$su.ç,  ci-devant,  ci-après,  ne  s'em- 
ploient que  poiur  marquer  dans  un  discours  ci 
ijui  précède  ou  ce  qui  suit;  et  Ci-dessou."!  ne  se 
met  guère  que  dans  les  èpitaplies. 

Ci-CONTRZ,  terme  de  Cnmptalïililé,  qui  sert 
il  désigner  qu'Une  somme  sera  rajjportce  ea 
addition.  ' 

Ci,  se  met  encore  nprcs  la  proposition  î^nlrf, 
i!t  sert  à  marquer  le  temps.  Entre  ci  rt  demain 
il  peut  arriver  bien  des  choses.  Entre  ci  et  là  il 
y  a  encore  loin. 

C  IB 

CIBOIRE,  s.  m.  Vase  sacré  où  l'on  conserve 
les  saintes  Hosties  pour  la  Communion  des  Fi- 
ilèles.  Le  saint  Ciboire.  Donner  la  bénédiction 
nvcc  le  saint  Ciboire.  Serrer  le  saint  Cihoirt 
dans  le  I  ahernacle. 

(;iBOULE.  s.  f.  Petit  ognon  bon  h  mqnger 
m  salade  et  en  ragoût.  Les  ciboulrs  relèvent  te 
(joût  des  sauces. 

On  dit  proverliîalement  et  populairement, 
^farchand  d'oqnons  se  connoit  en  cH^oules , 
pour  dire,  qu'On  csl  difficilement  Ivonipù  sur 
les  clioses  de  sou  métier. 

CIBOULETTE,  subsl.  f.  diminutif.  Pctitr 
ciboule. 

CIC 

CICATRICE,  s.  f.  Marque  dfs  plaies  et  d;s 
uhères,  qui  reste  après  la  guerisim.  (C'est  une 
nouvelle  ptau  plus  dure,  plus  Idoncbc,  plus 
irrégu'ièrc,  moins  scnsibb*  cl  moins  poreuse 
quf  la  piCTiicre  )  Grande  cicatrice.  Glorieuse, 
honorable  cicatrice.  Il  a  h  corps  couvert  de  ci- 
catrices. 

On  dit  fî;;urrmcnl,  Quand  on  a  reçu  quelque 
grand  affront,  la  cicatrice  en  demeure  long- 
temps. 


CIE 

CICATRISER,  v.  a.  Faire  des  cicatriccê.  La 
petite  vérole  lui  a  cicalrisè  le  visage. 

On  dit  d'Uni-  plaie  presque  guérie,  cl  qui 
se  i^eprend,  Sa  plaie  commence  à  se  cicatriser. 

Cicatrisé,  ée.  participe. 

CICÉRO.  s.  m.  Caractère  d'Imprimerie,  qui 
est  entre  le  Saint-Augustin  et  !e  Petit-Romain. 

CTCÉROLE.  s.  f.  Espèce  de  pois  cliiclie. 

CICLAMEN.  s.  m.  Voyez  Pain  de  Pota- 
Ceac. 

CICUTAIRE,  ou  CIGUÈ  AQUATIQUE. 
s.  f.  Cette  pLmte  ne  diffère  de  la  <iguè,  que 
parce  qu'elle  ne  s'élève  pas  si  haut,  qu;-  sa  tige 
n'est  point  marbrée, et  qu'elle  n'a  pas  d'odeur. 

CiCL'TAinE  ODORANTE.  Voycs  Myurh.-s. 

CI  D 

CïL.  s.  m.  IMol  emprunté  de  l'Arabe,  qui 
Ei;.înifie  Cbcf,  r.iunniandimtj  Seigneur.  La  Tru- 
gédie  du  Cid. 

CIORE.  s.  m.  Boisson  faite  du  jus  de  pommes 
pressurées.  Gros  cidre.  Petit  cidre. Cidie  doux. 
Cidre  piquant.  Du  cidre  qui  sent  le  pouvî. 
Cidre  paré,  qui  a  fermenté. 

CIK 

ClEh,  s.  m.  fait  au  pluriel  CIEUX.  La  par- 
tie supérieure  du  monde,  qui  envirouKe  tous  les 
corps,  et  dans  laquelle  s?  meuvent  les  astres.  Les 
îtoiles  du  ciel.  Le  ciel  empyréc.  Le  ciel  est  bien 
itoilé.  Tout  ce  qui  est  sous  le  ciel.  Lever  les 
yeux  au  ciel.  Lever  les  mains  au  ciel.  L^élat  du 
cicL 

On  dit  quelquefois,  Le  ciel  de  la  Lune,  U 
ùcl  de  ^îars,  les  deux  des  Planètes:. 

On  dit  en  langage  poétique,  La  voûte  des 
rieikr,  pour  dire  ,  Le  ciel. 

Ciel,  se  prend  quelquefois  pour  les  astre»; 
tt  dans  ce  stns  on  dit.  Les  influences  du  ciel, 
pour  dire,  les  prétendues  influ'  nées  des  asttrs. 

On  dit  conimunénunt  Oe  deux  choses  entre 
lesquelles  il  y  a  une  grande  diirtTcncc,qu'E//cj 
conï  élo'gnées  comme  le  ciel  et  la  terre. 

On  dit  aussi  proverbialement,  pour  se  nio- 
Huer  dune  supposition  ridicule ,  Si  le  ciel  loin- 
boit  y  il  y  auroit  bien  des  alouettes  pri.^cs. 

On  dit  par  exagération,  d'Un  homme  q-i'on 
1  loué  G\tr.;orduiairenienl,  qn'O'i  l'a  elsve  jut- 
(juau  ciel,  jusqu'au  troisième  ciel. 

On  dit  proverbialement  et  figuremen'  .  Re* 
muer  ciel  et  terre,  pour  dire,  Faire  tous  ses  ef- 
forts, employer  toutes  sortes  de  moyens  pour 
[)arveniv  à  qu'Ique  chose. 

On  dit  fr^urément,  Voir  les  deux  a.ii»f?(i, 
pour  dire  ,  Avoir  une  grande  joie,  se  trouver 
dans  un  grand  bonheur. 

C;ei.,  se  prend  aus.si  pot.r  l'air.  C*.'.' .'crrin. 
Qiel  clair.  Ciel  obscur.  Ciel  doux.  Cicltempérc. 
La  roïce  du  cid.  Les  oise.uLr  du  ciVL  On  ne 
voit  ni  ciel  ni  terre.  Le  feu  du  dcl. 

On  dit  proverbialou'cnl, Ciel  rouge  au  ^cir, 
blanc  an  matin,  c'est  l'.  journée  du  pc^.ain , 
|Oîir  dire,  que  Cehi  présage  une  belle  journée 

(în  appelle  ordinairement  Le  tonnerre,  i« 
feu  du  ciel. 

CiFX,  signiOo  ci:>si  Le  séjom  des  Bienlru- 


CIG 

rriu,  le  Parailis.  Gagner  U  cie\.  Le  Royaume 
iti  cifuj.  .\o(r<  ?ért  ijui  ila  d<""  '«s  cieux. 
Noire  Seigneur  moitta  aux  cleiLT.  Lucifer  fui 
jnêcipité  (lu  ciel.  Le  chemin  du  ciel  est  la  pra- 
tique de  l Evangile. 

Il  se  prcud  aussi  pour  Dieu  m -nje,  pour  l.i 
Prc>vidcii«,  et  pour  la  volonic  divine.  Gr<U-e> 
au  cid.  Le  ciel  iirilé.  Le  ciel  l'a  l'culu.  C'est 
un  airèt  du  ciel.  C'etl  un  coup  du  ciel.  Le  ciel 
l'ortf  soit  propice!  Le  ciel  m^est  ttmoin.O  ciel'. 
Ô  juste  ciel  ! 

On  dit,  tes  mariaqes  sont  faits  au  ciel, 
pour  dire,  qu'ils  sont  résolus  par  la  Provi- 
dene% 

On  dit  en  termes  de  l'Écriture,  Vu  ciel  d'ai- 
rain, pour  dire,  Une  grand-'  sécliercsse.  Et  on 
•'en  sert  aiLssi  pour  dire,  Un  ciel  inexoral>Io, 
UD  ciel  sourd  aux  vœux. 

Ciel,  se  dit  aussi  pour  Climat,  pour  pays. 
On  a  beau  cliauqer  de  ciel ,  on  ne  c-ia'itje  point 
d'esprit. 

Ciel,  signifîe  au^>i  Le  dais  sous  lequel  on 
porte  le  saiut  Sacrement  îc  jour  delà  Fc.e-L)ieu, 
Porter  le  cieL 

Il  signifie  aussi  I.e  haut  d'un  lit.  Le  ciel  du 
lit.  Le  ciel  de  ce  lit  n'est  pas  assez  haut.  El 
dans  celle  acception,  comme  dans  la  suivante, 
on  dit  Ciels,  et  non  pas  Cieux,  au  pluriel. 

Ou  appelle,  en  lernies  de  Pcinlurc,  Le  ciel, 
les  cieh ,  La  pirtie  du  tableau  qui  représente 
l'air.  Ce  peintre  fait  bien  les  ciels.  Les  cieh 
dans  les  tapisseries  les  font  moins  estimer.  Il  y 
m  trop  de  ciel  dans  re<  tapisseries.  Fairepeîndre 
nn  ciel  att  plafond  d'un  cabinet. 

CIEIUJE.  t.  m.  Chandelle  de  cire  à  l'n.saf;« 
de  l'Eglise.  Un  qros  cierge.  Le  cierge  bénit,  Lt 
cierge  PascaL  Cierge  blanc.  Cierge  jaune.  Al- 
lumer un  cierge. 

On  dit  familièrement  d'Un  bomme  qui  est 
ou  qui  se  tient  extrêmement  droit,  qu'/l  esl 
droit  ronin;e  un  cierge. 

CicncE  DU  PÉnoL".  s.  m.  Plante  ainsi  nom- 
mée, parce  que  sa  lige  approclie  de  la  fijun: 
d'un  cierge,  ou  plutôt  d'un  flambeau. 

CIG 

CIG.4LE.  s.  f.  Espèce  d'insecCe  qui  rnle,  el 
qui  fait  un  bruit  aigre  et  importun  dans  Ici 
cliamps  durant  les  ardeurs  de  l'été,  l'clilc  ci- 
gale. Le  chant  de  la  cigale.  J'ai  oui  chanter  le.: 
rigoli-. 

fJCOGNE.  s.  f.  Espf-cc  de  gros  oiseau  de 
passage,  de  plumage  blanc  et  noir,  qui  a  un 
long  bec  rouge,  et  qui  fait  son  nid  sur  \r  liaul 
d"!  maisons.  On  conte  des  choses  merveilleuses 
de  la  Cigogne. 

On  api>rllc  proverbialement ,  Confei  de  la 
cigogne,  conics  n  la  cigogne.  Des  omies  labu- 
teui .  et  invcDlé«  i  plaisir. 

CIIH'E.».  r.  litrbc  vénéneuse  qui  rcMcmblc 
■u  persil.  Les  .llhènien:  se  servoiemt  souvent 
du  jus  de  ciguë  pour  faire  mourir  ceu.c  gui 
iloienl  condamnés  à  mort.  Et  quand  on  dil  , 
que  Les  -itlién  ens  firent  avaler  de  la  ciguë  à 
Socrate,  ou  entend  parler  du  jus  de  la  ci"uc. 


CTM 

CIL 

riL.  s.  m.  (l'L  est  mouillrf.  )  Le  poîl  dc$ 
paupitTcs.  Tl  se  dit  plus  ordin.iirement  au  plu- 
riel. Les  Cort1ia(jhwts  arrachèrent  les  cils  des 
paupières  à  RéffuUis. 

CILICK.  s.  m.  Kspèce  de  large  ceiDtnrc  qui 
est  fnite  d'un  tissu  de  poil  de  rhèvrc,  de  crin 
de  clicval ,  ou  de  quelque  nuti  e  poil  rude  el 
piquant  »  et  que  l'on  porte  sur  la  cliûïr  par 
mortiliralion.  Porti-r  le  cilicc.  Prendre  U  dlicc. 
^'e  ïTvêlir  d'un  dlice.  Pénitence  dans  le  clUcc. 
Le  cilice  étoit  le  vêtement  da  peuples  de  Cilide. 

CILLlifllENT.  s.  m.  Action  de  ciller.  U  ne 
se  dit  que  Des  yeux  et  â**s  paupières.  Jl  a  un 
cillcmcnt  d'ycu-v  continuel. 

CILLI^R.  V.  a.  Il  ne  se  dit  que  Des  yeux  cl 
;'("i  paupiL-res.  pour  signifier,  Los  fermer  ci  les 
rouvrir  dnns  le  nionicnl.  //  ne  fiit  <pte  ciller 
les  yeuv.  CHler  les  paupières. 

Il  se  dit  quelquefois  absolument.  On  lui  a 
tiré  un  coup  de  piftolet  atLV  ortHles^  et  il  n'a 
pas  seuler.tcnl  cdlé.  On  ne  peut  regarder  le  so- 
leil sans  ciller.  Personne  n*0!e  ciller  devant  /»i, 
[îourdire,  Personne  n'ose  remuer.  Il  esl  familier. 

Ciuj:r,  esl  aussi  verbe  nc;itn:';  et  alors  il 
ne  se  dit  que  Des  chevaux.  Ainsi  on  dit,  qu'C'n 
cheval  cille^  commence  à  ciller,  pour  dire,  qu'il 
fommencc  h  avoir  quelques  poils  blancs  aux 
[>aupi»Tcs,  au-d'ssus  des  yeux. 

CiLii:,  ÉE.  parlicipc. 

CI  M 

CIMAISE.  t'oyeiCi-BUiSE. 

CIMBALAIRE.  s.  f.  Plante  rampante  et  fort 
commune.  C'est  une  espèce  de  linaire.  On,  sa 
sert  avec  succt-s  de  ses  feuilles  contre  les  hé- 
monoides. 

tllMK.  5.  f.  Le  sommet  f  h  partie  la  plm 
liaule  d'une  montagne,  d'un  arbre,  d'un  ro- 
cher, etc.  La  cime  de  la  montagne  étoit  cou- 
verte de  neige.  Les  écureuils  montent  jiismtM 
la  cime  de>  plus  hauts  atbres. 

Cime,  en  termes  de  Botanique,  se  dit  aussi 
Du  haut  de  la  tige  des  arbres  ei  des  IjfTl)e8. 

CIMKNT.  s.  m.  Brique  ou  tuile  battue  on 
pîlt'e ,  donl  on  fait  une  cspt'ce  de  mortier.  Faire 
du  ciment.  Bdtir  à  chau-r  et  à  ciment.  Bassin 
de  fontaine  enduit  de  ciment.  .Vettrc  du  ciment 
rntre  les  pierres  d'une  muraille.  Le  ciment  des 
/lOmnms  cfoi't  d'une  perfection  iju^on  a  peine  à 
•galer. 

On  dit  proverbialem.  d'Une  aflaire  qui  esl 
faiie  solidement ,  ci  avec  toutes  les  formaliics 
nécessaires,  rn  aorte  qu'on  n'y  puisse  donner 
atleînle ,  qu'Elle  est  fnite  à  r/niiur  et  à  ciment. 

CIMK>TtR.  V. a.  Kmployer  du  ciment  dans 
lin  ouvr.ige  de  maçonnerie.  Cimenter  un  bassin 
de  fontainr.  Cimenter  du  pavé. 

Il  Sk^nilie  H^urcment ,  Confirmer,  aflcrmîr. 
Cimenter  la  pai.r  par  des  alliances.  Les  Mar- 
tyrs ont  cimente  la  Foi  par  lettr  sang.  Cimen- 
ter une  amitié. 

CiMFNTÉ,  is.  participe. 

CIMElKHKK.s.  m.  t^r.mdcontelis  repour!>c 
<jui  ne  tranch-  que  d'un  cûic.  //n  C' up  de   ci 


CIN  24s 

iBëfcrre.  Porter  le  cimeterre.  Être  armé  d'un 
cimeterre. 

CIMETIÈRE,  j.  m.  Lieu  destiné  à  enterrer 
les  morls.  Porter  un  corps  au  cimetière,  ïen- 
terrer  dans  le  cimetière. 

Fi;.;urément,en  parlant  d'Un  pays  dont  l'air 
est  mortel  pour  les  étrangers ,  on  d!t ,  que  C'est 
leur  cimetière. 

CIMIi^R.  s.  m.  L'ornement  qu'on  porte  au 
haut  du  casque.  Jl  ui-oit  une  telle  béte,  une  telle 
figure  peur  cimier. 

En  t(rm"s  de  RIason.  C'est  la  fijare  de  quel 
que  anira'd ,  ou  de  quelque  autre  cliose  qui 
se  met  au-dessus  du  timbre. 

Cj.MiEn ,  est  aussi  Une  pi'^cc  de  bœuf  cliar- 
nue,  prise  sur  le  quartier  de  derrière.  Une 
pièce  de  cim.er.  Du  cimier.  On  dit  aussi  Du  ci- 
mier de  cerf, 

CIMOLIE.  s.  f.  Espace  d'argile  qui  vient 
d'une  ile  appelée  Cimohs,  pTts  de  Créle.  Les 
Anciens  l'emplKyoient  aux  mêmes  usages  aiu- 
quels  sert  à  présent  la  terre  sigillée. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Matière  cinwlii 
au  dépûl  <|ui  se  trouve  sur  les  meules  à  aigui. 
:ifr.  En  ce  sens  il  est  adjrctif . 

CIN 

CIS.ABRE.  s.  m.  Combinaison  de  soufre  et 
de  mercure  qui  forme  un  corps  solide  'd'un 
beau  rouje.  Le  Cinabre  qui  se  trouve  tout 
formé  dans  le  Sfin  de  la  Icrrc,  s'appelle  Cinn- 
bre  naturel;  celui  qui  est  H.it  par  art  s'api>ellc 
Cinabre  artificiel. 

CIN'ER.MRE.  adjrct.  U  ne  se  dit  que  d'Une 
unie  qui  renferme  des  cendres  d'un  corjis  brfllc 
apri's  la  mort.  Urne  cinéraire. 

CIN'ÉR.\TION.  8.  f.  Réduction  du  bois  ou 
des  autres  corps  combustibles  en  cendres  par  la 
violence  du  feu. 

CINGLAGE.  s.  m.  Le  clicmin  qu'un  vais- 
leau  fait  ou  prut  faire  en  vingt-quairc  Ijcures. 

CINtîLER.  V.  n.  Naviguer  ^  pleines  voiles. 
Cinqlcr  en  haute  mer.  Nous  cingUtmes  à  l'Est, 
à  l'Ouest. 

Il  est  aussi  actif,  et  signiHe  Frapper  avec 
ijuclque  chose  de  délié  et  de  pliant.  Cingler  U 
visage  d'un  coup  de  fuel.  Il  lui  a  cingle  le  vi- 
sage d'une  houssine. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  vent  froid  et  perçant. 
Le  vent  cingle.  Il  fait  un  vent  gui  cingle  le 
visage. 

Il  se  dit  aussi  De  la  grêle,  de  la  neige,  de  la 
pluie,  dans  le  même  sens. 

Cl^GL^,  KE.  participe. 

CINNAMOME.  s.  m.  .Sorte  d'.iromalc.  On 
rroif  coKiniune'fncMt  gue  la  cannelle  est  le  ci:,^ 
namome  des  /anciens.  Voy.  C.\N!<EiLiEn. 

CINO  adj.  numéral  des  2  genr.  Le  nombre 
impair  ijui  i.st  entre  quatre  et  six.  La  liiiic 
finale  Q  ne  se  prononce  |»iut  quand  Cinij  «l 
suivi  immédiali-mcnt  de  son  substantif  com- 
mençant par  une  consonne.  Ci'i.'jc/ievrtur.  Cm'/ 
Cavaliers.  Cinq  garçons  el  cinj  files.  Les  cing 
sens  de  nature.  Les  cing  dot  gis  de  la  main. 
Cing  f>is.  Dons  tous  l.'s  autres  cas  le  O  se  pro- 
nonce. Espace  de  cing  ans.  Troii  et  Jcut  fint 


2/iG  CIP 

(rin(|.  Jlî  ètoietit  ci:i(j,  tvua  buvant  el  majiffeaut 

A  citi'j  pour  tt'iiî^ 

Il  est  aussi  quelquefois  subslaiitif.  Un  cinq 
àe  chi^'ie. 

Cn  îfppelle  Un  cinq  iiu  jeu  tïc  Cartes,  Une 
aslr  qui  a  cinq  marques,  Un  cint}  île  carreau. 
Mil  ciîi'i  de  trèjîe;  el  au  jeu  de  Dés,  Le  colé  du 
du  qui  esl.  niarqui:  de  rinq  points.  Amener  un 
cinq  aux  dés,  amener  deux  cinq. 

CINQUAiNTAlNE.  s.  f.  collectif.  Nombre 
d€  ciinpiante.  Vne  cincjmtr.taine  de  personnes. 
Une  cinquatitainc  de  pistolef. 

Ou  tiit  d'L'u  I  umnie  (jui  a  cinquante  ans  ac- 
coiiiplis  qn'il  a  la  cinquantaine. 

Cl'SOVA^TE.  adj.  numéral  des  2  fjenrcs, 
Nonibic  composé  de  cinq  dizaines.  Cinquante 
homme-^.  Cinquante  fois. 

CINOUANTKNIER.  s.  ni.  Celui  qui  rorn- 
mautîe  cinquante  hommes.  Il  ne  se  dit  t|n'en 
parliiil  de  la  .Milice  et  de  la  Police  dc3  Villes. 
On  fit  avertir  les  Cinquanteniers. 

(:I>'(JUA:NTIK.ME.  adj.  des  2  î^enr.  Nombre 
tl'ordie.  Le  cinquant:ènïe  chapitre.  L'article 
ctnquantiènie. 

Il  est  quel(|iiefois  substantif ,  et  signifie  La 
cinquantii>mo  partie  d  un  tout.  Il  a  un  cin- 
quantième dans  ce  truite.  Il  lui  en  appartient 
un  cinquantième, 

CINQUIÈME,  adj.  des  2  genres.  Nombre 
d'ordre.  Le  cinquième  Roi.  La  cinquième  fois. 
Il  est  le  cinquième. 

CiNQCitMEf  est  aussi  substantif,  et  signifie 
T^  cinquième  pnrtie  d'un  tout.  //  e.it  iiéritier 
pouf  un  cinquième.  Il  a  un  rinquicme  dans 
cette  l'erme. 

On  dit  absolument,  Lu  cinqu  ènie,  pour  dé- 
signer La  cinquième  classe  d'un  Collège.  Cet 
écolier  est  en  Cinquième. 

On  dit  aussi  d'Un  écolier  qui  étudie  dans  la 
cinquième  classe,  que  CVsï  un  Cinquième. 

CIiN'OUlÈMIiMlilNT.  adverb.  En  cinquième 
lieu.  Troisièmement,  quatrièmement^  cinquiè- 
viement. 

CINïRK.  s.  m.  Figure  en  arcade,  en  demi- 
cercle.  Bâtir  à  plein  cintre.  Cette  cave  est  en 
cintre.  Cintre  surbaissé. 

Il  s*j  prend  aussi  pour  Cette  arcade  de  bols 
51U*  l.icTuelle  on  bûlit  les  voûtes  de  pierre.  Otet 
le  cintre.  Poser  les  cintres.  Lever  les  cintres. 

Cinthe,  à  l'Opéra,  C'est  la  partie  du  plan- 
cher de  la  salle  qui  est  au-dessus  de  l'oicbeAtrc. 

CINTRER.  V.  a.  Faire  un  cintre,  bâtir  en 
cintre,  faire  un  ouvrage  en  cintre.  Cintrer  une 
galerie.  Cintrer  une  porte. 

Ci!<TnÉ,  ÉF,.  i>arlicipe.  Une  bordure  cintitc. 
Vpc  {jUcc  de  miroir  cintrée, 

CIO 

CîOUTAT.  ft.  Di.  Soi  le  do  raisin  ûmc»  sem- 
Mnhle  au  clias-iclos. 

C  I  P 

CIPPE.  s.  m.  Terme  d'Architecture  et  d'An- 
liqnfcirr.  Demi-colonne  s.ins  chapiteau,  sur  la- 
quelle on  gravoii  autrefois  des  Inscriptions. 


CIPt 

c  I  K 

CIRAGE,  s.  m.  Action  de  cirer,  ou  l'effet  de 
celle  aclioQ.  71  a  employé  beaucoup  de  temps  à 
ce  ciraqe.  Il  se  dit  De  la  cire  appli'juée  sur 
quelque  chose.  C  ra(jc  des  bottes,  des  toiles, 
des  ijants.,  etc.  etc. 

(]iiiAGE,se  dit  aussi  Des  par(]uets  qui  sont 
cirés. 

Cm>.GE,  en  Pointure,  Tableau  pci:it  in  ca- 
maïeu et  en  jaune. 

CIRCÉE.  s.  f.  Plante  commune  aux  envi- 
rons de  Paris.  A^îplljuée  extérieurement,  elle 
est  ■.■••solntive,  detersive,  vulnéraire. 

tlRGOMPOLAlRK,  adj.  des  2  genres.  Il  se 
dit  de  tout  ce  qui  environue  l»is  jwles  te rrctifres 
ou  célestes. /.es  ferres,  les  rncrs  circompolaiu-:. 
les  étoiles  circompolaires. 

CIRCONCIRE.  V.  a.  Je  circoncis.,  nous  cir- 
conciions.  Je  circoncirai.  Que  je  circoncisse. 
Couper  le  prépuce.  Il  éloit  ordonné  dans  l'an- 
cienne Loi  de  circoncire  les  enjiins  mdles.  Les 
Juifs,  les  Mahométuns  font  circoncire  leurs 
en  fans  mâles, 

CincoNCis,  iSE.  participe. 

C1RCU>CIS.  s.  m.  Celui  à  qui  ou  a  coupé 
le  prépuce. 

CIRCONXISIO>".  s.  f.  L'action  par  la  pielle 
on  circoncit.  La  circoncision  étoit  ordonnée 
dans  rfl.'icicnnc  Loi.  La  circoncision  des  Juifs. 

Ou  appelle  La  Fête  de  la  Circoncision,  L( 
jour  où  Ton  célèbre  la  Circoncision  de  Pfolrs- 
Seif^iieur,  qui  est  le  premier  jour  c'e  l'annc*. 

Cn  dit  fi_;urcra.  et  en  termes  de  l'Ecriture- 
Sainte,  La  circoncision  du  cireur,  la  circonci- 
sion des  lèvres,  pour  dire,  Le  retrancliement 
des  mauvaises  pens^'-es,  des  mauvais  désirs,  d(S 
pétroles  qui  peuvent  blesser  ou  la  rliarité  ou  la 
pudctu'. 

CUU:o>TÉRENCi:.  suhst.  f.  Le  tour  d'un 
cercle.  Tou(es  les  lianes  tirées  du  centre  à  la 
circonférence  sont  éqales  entre  elles.  La  circon- 
férence (/'(tu  grand  cercle  du  ciel,  d'un  qrand 
cercle  de  la  te/re.  La  circonférence  du  ciel,  de 
la  terre.,  d'un  alahe.  Les  Matitcniaticiens  divi- 
sent Il  circonférence  d'un  cercle  on  trois  cent 
soirante  deqrés, 

II  se  dit  aus:i  De  toute  sorte  d'cnceiuie, 
quoiqu'elle    ne   soit   pas  parfaitement  ronde. 
Cette  Ville  enferme  plusieurs  jardins  dans  sa 
circonférence.  Cette  Place  a  tant  de  toises  dan:.    :' 
sa  ctrconfctcncc. 

On  dit  cn  termes  de  Physique,  que  Le  sanq 
est  porte  du  centre  à  la  circonférence  par  /ej 
artères,  et  qn'il  est  rapporté  de  la  circonférence 
an  centre  par  les  reiHcs,  pour  tlirc  ,  qut;  Le 
cœur  pousse  le  sang  vers  les  extrémités,  et  que 
le  snng  revient  des  extrémiltfs  au  cœur. 

CIKCOINELEXE.  adj.  Il  n'est  d'usage  qu'a- 
vec le  mot  d'accent,  et  c  est  un  drs  trois  acccns 
de  la  Langue  (irtcque,  qui  a  la  ligure  d'un  / 
couché' — ^.  En  parlant  de  la  Langue  Franofiise, 
on  iippclle  Cirto«^t'-rc,  Un  accent  qui  e^t  fait 
comme  un  v  renversé  a,  et  qu'on  met  sur  cer- 
taines syllijjus.  pour  man[uer  qu'elles  sout  res- 
tées longues  epres  Id  suppression  dune  leltrc. 


CIR 

-       1.  est  aiis-'i  substantif.  Un  circonflexe. 

CIRCONLOCUTION,  s.  f .  P.Vipl.rase,  cir- 
cuit de  paroles.  User  de  circonlocution.  Grande 
circonlocution.  Parler  par  circonlocution.  La 
circonlocution  sert  souvent  à  l'Orateur, 

CIRCONSCRH>TION.  s,  f.  Ce  qui  borne 
et  qui  limite  la  circonférence  des  corps.  La 
circonscription  est  une  propriété  nalurelIemcnC 
inséparable  des  corps. 

CIRCONSCRIRE,  v.  a.  Donner  des  limites, 
mctlri;  des  bornes  ^  l'entour.  Dieu  est  un  £tre 
infini  qui  ne  se  peut  cuconscrire j  ni  par  les 
lieux,  ni  par  les  temps. 

On  dit  en  Géométrie,  Clrconsa'ire  une  ft- 
quve  à  uJi  cercle,  pour  dire,  Tracer  une  figure 
dont  les  côtés  touchent  le  cercle. 

CîKcoN.sCRiT,  ITE.  participe. 

CIRCONSPECT,  ECTE.  adj.  Décret,  re- 
tenu, qui  prend  garde  à  ce  qu'il  ùvl,  h  ce  qu'il 
dit.  Homme  fort  circonspect.  Circonspect  dans 
ses  actions,  dans  ses  paroles. 

CIRCONSPECTION,  s.  f.  Prudence,  rete- 
nue, discrétion.  71  ftut  user  d^une  grande  nr- 
ccnspection.  Il  a  apporté  beaucoup  de  cu'Cony- 
[jcction  dans  cette  ujfutre.  •^g'i',  parler  uvdc 
circonspection. 

CIRCONSTANCE,  s.  f.  Certaine  particu- 
larité qui  accompagne  un  fait,  une  nouvelle, 
ou  quelque  chose  de  semblable.  Circonstan^xs 
aggravantes.  Cii'constance  remarquable.  Jîe- 
marnuej*,  ofcseri^ep,  examiner,  peser  ïou(C5  les 
circonstances  de  l'action.  Les  circonstances  des 
personnes^  du  lieit,  du  temps.  Exposer  un  /ri:.', 
et  en  marquer  jusqu'aux  moindt£s  c'irconstan" 
ces.  Le  chou:  *ies  circonstances.  Souvent  t«s 
circo7tstances  changent  la  nature  des  doses. 

On  dit,  Se  déterminer  par  circonstance,  par 
opposition  UÀgir  par  pnticives-  et,  Loi,  i-ègle- 
ment  de  circonstances  y  pour,  Loi,  règlement 
que  les  circonstances  ont  paru  cxigrr,  et  qmï 
!es  principes  ne  permettent  pss  de  conser\  er. 

En  style  de  Pratique,  on  dit,  en  pavl:-nt 
d'Une  terre,  d'une  maison,  d'une  afiùiiv,  d'un 
procès,  Les  circonstances  et  dépendances,  pour 
iire,  Tout  ce  qui  en  dépend.  Terre  adjugée 
avec  ses  circortstances  et  dépendances.  Procès 
renvoyé  avec  ses  circonstances  et  dépendances. 

CIRCONSTANCIER.  v.  a.  Marquer  les  cir- 
constances. Circonstancier  une  affaire.  Cir- 
constuncier  un  fait. 

CincoNSTANciÉ,  KK.  participe.  Un  fait  bien 
circonstancié.  Relation  bien  circonstanciée. 

CIRCONVALLATION.  s.  f.  Fossé  que  les 
assiégeans  font  autour  de  leur  camp,  avec  des 
redoutes,  des  places  d'armes ,  et  autres  fortifi- 
c;ilions,  pour  se  garantir  des  attaques  du  de- 
hors, et  pour  empêcher  <[u'il  n'enlre  du  se- 
cours dans  la  Place  ai^slé-'e.  L-gnes  de  eir- 
convalliition.  Faire  la  circonvallation  d'un 
camp. 

CIRCONVENIR,  v.  a.  Tronqjcr  arlificieu- 
sement ,  par  des  circnlis  et  par  des  détours.  // 
croyoit  le  circotivcntr  par  ses  artifices.  Il  a 
circonvenu  ses  Juges. 

CincosvKNU,  ti:.  pai-tieipc. 

CIRCONVENllON.  s.  f.  Tromperie  oriifi- 


CJU 

oeiiS'\  U  V  a  eu  lU  la  circonvention  en  ccUi.  // 
d  tiiè  lie  circonvctilion. 

CIR0(»VUIMN,  INE.  adj.  Il  nVst  ^u'-rc 
d'usage  qu'au  pluriel  «  et  ne  se  dit  que  Des 
lieux,  dfs  ciioscs,  et  des  personues  coliecti- 
vcnicul,  qui  sont  proclie  et  autour  de  celles 
dont  on  parle.  Lieux  circorn'oisws.  Les  /Vo- 
vincea  circomvishus.  Les  jjeityiles  circonvoisins. 
J.tes  nations  circouvoisines»  Les  Paroisses  cîr- 
convoisines. 

ClKCONVOLimON.  Milî8l.  f.  II  se  dit  De 
p!u:tieurs  tour»  faits  «utour  d'un  centre  coni- 
tiiuo.  Faire  plusieurs  circonvolutions. 

CIIiCUIT.  s.  m.  (Ce  mot  est  de  trois  syl- 
labes.) linccinlc,  tour.  Le  circuit  th  la  Ville. 
Faire  le  circuit  des  murailles.  Le  circuit  dune 
Prov'tncc.  Vu  (ji  and  circuit.  In  lonrj  circuit. 
Cette  ville  a  une  (friiïtdc  lieue  de  circuit. 

On  dit  Ggurcnicut,  Circuit  de  paroles;  et 
cela  se  pn  ud  po;irToiil  ce  qu'on  dit  avant  qiie 
de  venir  au  fait.  Un  grand  circuit  de  paroles. 
Un  lonq  circuit  de  paroles. 

CIRt;ULAlRi;.  ndj.  des  2  ç:,eiiTCs.  Rond. 
Forme  circulaire.  Figure  circulaire. 

Il  s?  dit  aussi  de  ce  qui  va  en  rond.  Le  mou 
i Client  cirtulaive. 

On  appelle  Lettre  circulaire.  Une  lettre 
faite  pour  infornuT  diverses  personnes  duuc 
rnÊni---  cIjosc.  Ecrire  une  lettre  t:irculaire.  En- 
voyer ur»c  lettre  circulaire.  Expédier  des  lettres 
circnlaircs. 

CIRCULAIKEMKNT.  odv.  D'une  manière 
rirrullire,  en  rond.  Les  deux  se  meuvent  cir~ 
ciUairemenL 

CIRCULATION,  s.  f.  M.iuvcmcnt  de  ce  qui 
circule.  La  circulation  du  Si^ntj.  La  circulation 
de  la  sève  dans  les  plantes. 

On  appelle  fi;;uremcut,  Le  circulation  de 
l'argent,  I>€  mouvement  de  l'argent  qui  passe 
d'une  main  à  l'autre,  et  qui  le  f;tît  rouler  dans 
le  comm  Tce. 

CIRCCIJlR.  V.  n.  Se  mouvoir  circulùif- 
inent.  Il  se  dit  parlirulitrremcut  Du  sang.  Lt 
stuig  circule  dans  les  veines. 

On  dit  fipun'mcul ,  que  L'arqent  circule^ 
pnar  dire,  que  L'argent  roule,  qu'il  a  son  cours 
ordin.'iire  dans  le  commerce.  Fa're  circuler 
l'argent 

On  dit  aussi,  Fufre  circuler  des  hilletSy  poui 
dire,  Leur  donner  cours  dans  le  commerce. 

On  dit  ligurtjn.ent,  F  aile  circuler  une  /iis- 
toire,  nue  nuecditc ,  pour  dire,  La  rcpaudi'C. 

(JKE:..  s.  L  iM:iti(re  molle  et  jaunâtre,  qui 
rr«*r  du  iraviiil  d>*s  Abeill  .'s  après  qu'on  en  a 
cxprimr  le  miel.  CiVe  vicrqe.  Travailler  en  cire. 
j'uiii  de  cire.  Flambeau  de  cire  pure.  Cire  fon- 
due, litanehir  la  cire  à  la  rosée.  Colorer  la  cire. 
Scrlhr  en  cire  jjufie,  cm  cire  rouge  ^  en  cire 
verte  y  en  cire  bleue.  Les  Anciens  écrii'oient  sur 
r?et  tablettes  enduilex  de  cire.  Figure  de  cire. 
Paire  un  pittrait  en  cire. 

On  dit  dUn  Immnir  qui  a  la  jaunisse,  qu71 
Ml  jaune  comme  cire. 

On  dit  d'L'ii  jrune  cnranl  dou\  et  dir^V 
mte C'est  une  cire  moUs, pour  dire,  qu'Un  lai 
fera  prendre  tclkis  itiClioatio.is  qu'on  voudrii. 


Cl  S 

Il  se  dît  aussi  De  toute  personne  qui  rfçoit  faci- 
lement toutr  sorte  d'imprcssl^ms. 

On  dit  proverbialement  De  deux  Iiommcs 
qui  ont  \cs  mêmes  inclinations,  \cs  mûmes  hu- 
meurs, qu7/s  sont  éqauj:  comme  de  cire. 

On  dit  aussi  d'Un  habit  qui  CNt  fort  juste  à 
celui  qui  le  porte, qu'//  lui  va  comme  de  cire, 

CinE,  se  dit  aussi  De  la  bougie  qu'on  brûle 
dans  une  chambre.  Dans  cette  maison  on  ne 
brûle  que  de  la  cire. 

Il  se  prend  aussi  pour  Le  luminaire  d'une 
Éf^lise.  La  cire  appartient  au  Curé.  Les  funé- 
railles ont  coûte  tant  pour  la  cire. 

On  appelle  Droit  de  ciVc,  Certain  droit  qui 
se  paye  dans  la  Maison  du  Roi,  en  Ciiiiiicellnrit- 
et  ailleurs.  Certains  Officiers  ou*  droit  de  cire, 
pour  dire,  qu'on  leur  doit  donner  tant  de  bou 
gies,  tant  de  livres  de  bougie. 

CinE,  se  prend  riissi  figur-imcnt  pour  le 
Sceau  de  la  Ch;aicellerie.  La  rémission  est  ac- 
cordée, il  ne  faut  plus  que  de  la  cire. 

On  appelle  CiVe  d'Espagne,  Certaine  oom- 
posiliou  fiile  de  la([ue  et  autres  matières,  ù 
laquelle  on  donne  diverses  couleurs,  et  dont  on 
te  .sert  pour  «acheter  les  lettres,  etc.  Un  buton 
de  cire  d'Espagne. 

On  appelle  encore  Cire,  l'humeur  épaissie 
tl  jaune  qui  se  forme  dans  les  oreilles.  La  cire 
des  vreilles. 

CIRER.  V.  a.  Knduirc  de  cire.  CiVcr  des 
hottes,  de  la  toile,  des  gants. 

CinÉ,  éi:.  participe.  Toi7e  ciVfc. 

CIRIER.  s.  m.  Ouvrier  qui  tnivaille  en  cire. 

CIRUENK.  s.  m.  Espèce  d  cniphire  qu'ui: 
applique  sur  Ts  membres  fouK-s  ou  blessés  pni 
quchjuc  contusion,  sans  qu'il  y  ail  ouverture 
Un  bon  ciroëne.  Mettre  un  bon  cirocnc  sur  h 
partie  ojffnsèe. 

ClRON.s.  m.  Sorte  de  petit  insecte  qui  s'en- 
[^enJre  entre  cuir  et  riiair,  et  qui  est  presqiu 
inq)crcepliblc.  Tirer  des  cirons  avec  la  polntt 
(i'iine  épingle. 

On  dit  d'Une  chose  extrêmement  petitC) 
i\uElle  n^est  pas  plus  grosse  qu'un  ciron. 

Il  signiGe  aussi  La  petite  ampoule  qu'un 
ciron  fait  venir  i  la  main,  ou  ailleurs.  Percer 
un  ciron.  Crever  des  cirons. 

C!R<^>UE.  s.  m.  Lieu  destiné  chci  les  an- 
ciens Romains  pour  les  jeux  publics,  et  parti- 
culièrcment  pour  les  courses  de  cîievaux  et  de 
rhariots.  Les  Jeux  du  Cirque.  Remporter  h 
prix  l'uxjeux  du  Cirq  ic.  Les  Cirques  étoienl 
lie  fiqure  ot'alc 

ClRUHIi.  9.  f,  Enduit  de  cire  préparée. 
Une  bonne  cirure.  Une  mauvaise  cirure.  La 
cirure  des  bottes  empêche  quelles  ne  prennett 
Veau. 

C  IS 

C1.*^AILI,KR.  V.  a,  Icrmc  de  Monnoic. Cou- 
per avec  les  cisailles  les  pi 'ces  fausses,  lépcres. 
Ci.ini//cr*  des  pièces  de  monnoie  lUèrêeSf  de 
yeur  qu'elles  ne  demeurent  dans  le  commerce. 

CisAiLU:,  KE.  participe. 

CISAILLI"«S.  s.  f.  pi.  Gros  ciseaux  h  coape; 
df*  pbqu(.s  de  métal  ù  or  el  d'dn*cKt. 


CÎT        ■      p47 

7!  s^  (iit  ntissi  l)c<  roaniircs  qui  rfslent  de  In 
niiuinoie  ([u'oi*  a  faliriqncc.  Kt  eu  ce  seus  on 
dit  aussi  an  singulier,  De  la  cisaille. 

CISALPIN,  I.N'E.  adj.  Qui  est  en  dcçl  des 
Alpes. 

CISEAU,  s.  m.  Ferrement  plat  qui  Iranclie 
pnr  Ulules  bouts,  et  qui  sert  ù  travailler  le  hnis, 
le  fer,  la  pierre,  etc.  Ciseau  île  Sculpteur.  Ci- 
seau tle  Maçon.  Ciseau  lîc  Menuisier.  Ciseau 
il'Orlivre.  J.es  Statues  (îe  marhre  se  Iravcilleiit 
avec  le  ci.ieau.  Faire  émou:lre  un  ciseau. 

On  apjv'IIe  Ouvrage  du  ciVc(Hj,Lesouvr;igcs 
di-  ,Srnl[)iurc;  et  on  dit  d'Un  Imbile  .Sculpteur, 
qu'/lii  If  ciseau  admirable, le  ciseau  exceUcnl, 
savant,  délicat,  etc. 

CiscAL-x.  s.  m.  pi.  Instrument  de  foi  com- 
posé de  deux  brandies  L.obilcs  Iraiicliantes  i:n 
dedans,  et  joinlcs  ensemble  par  un  clou.  Une 
paire  de  ciseai.x.  Couper  une  élvfl'e  avec  des  ci- 
seaux, mettre  les  ciscaitx  àrdans.  Dr.  étui  ù 
ciseaux.  Ciseaux  à  faire  la  b.trbc  CioCiux  à 
Caire  les  cheveux.  Ciseaiur  de  Tailleur.  Cisca'ua^ 
de  Jardinier  pour  tondre  le  buis,  etc. 

On  dit  quelquefois,  Ciseau,  au  singulier. 
On  n^a  point  encore  mis  le  ciseau  dans  cette 
itofje.  Le  Chirurgien  lui  a  donné  trois  coups 
de  ciseau. 

Cïn  dit  poétiquement  ,  Le  ciseau  de  la 
Parque. 

(;ISKI-I"R.  V,  a.  Travailler  avec  le  ciseau. 
Ci.<eler  de  la  vaisselle  d'argent. 

Ciselé,  ^e.  participe.  Argent  ciselé,  raïf 
telle  ciselée. 

(  n  ajipclle  Velours  ciselé,  Du  veloui»  i 
ileius,  à  rairages. 

CISIil.ET.  s.  m.  Pitit  ciseau  dont  les  Orfit- 
vres ,  les  C  raveurs ,  les  .armuriers ,  etc.  se  ser- 
vent dai:s  leurs  ouvrages.  Travailler  auciselet. 
Cela  c:t  fait  au  cisclet. 

(;i.-iEI,liU'L  s.  m.  Ouvrier  dont  lemclicicst 
Je  ciseler.  C'est  un  excellent  Ciseleur. 

CISIilXRU.  s.  f.  L'ouvra-e  qui  se  fait  eo 
fiselanî.  La  façon  de  cette  l'aisselle  d'argent  est 
fort  chère  à  cause  de  la  ciselure. 

CISTE,  s.  m.  Plante  dont  quelques  espèce* 
croissent  d:ins  nos  Provinces  méridionales.  I.cs 
plus  icclicicliccs  sont  celles  qui  donucut  le  La- 
danuni,  sorte  do  go:i:iuo  odorante, dont  on  fait 
nsa;e  en  Mc'dccice. 

CISrOPHORE.  s.  m.  Ternie  d'.intiquaiic. 
Medaill."  où  l'on  voit  des  corbeilles.  Ces  iiiéd.iil- 
les  ctoicnt  frap]j('-es,  ."i  ce  qu'on  croit .  (lour  les 
1  '<jtes  des  Otgics  qu'on  cvlcbroit  en  l'Iioiiiieiir 
lie  Bùcclius. 

CIT 

aXADEM.E.  s.  f.  Forteresse  qui  commande 
i  une  ville.  Forte  Citadelle.  La  ville  est  prise, 
mais  la  citadelle  tient  encore.  On  a  bridé  la 
ville  par  une  citadelle.  Le  Gouvcrnew  d'une 
Citadelle.  Le.3  fossés,  les  remparts  d'une  Cita- 
delle. Pi'lir  une  Citadelle.  Raser  une  Citadelle. 

C!T.\J)1>' ,  INE,  s.  Bourgeois , liabilanl  d'uue 
Cilé.  U  i.'cst  gU'Ve  d'usage  qu'en  parlant  I>r» 
Iiabitaiis  de  cerlaiors  villes  d'Italie,  pour  ai^ni- 
Gcr  irux  qui  oe  sont  pas  du  cor]is  de  h  No- 


>48  CIT 

lilesse.  LeChancelier  île  Venise  est  foujoun  du 
Corps  des  Ciludins.  Les  CitatUns  ont  peu  de 
piirf  au  Gouvernement  de  la  Répuhliijue  de  Ve- 
nise. 

CITATION,  s.  f.  Ajournemcut.  En  ce  sens , 
il  n'est  guère  d'usage  que  dans  les  afliiires  Ec- 
cl(!siastiquis.  71  n'a  jwint  comparu  à  la  pre- 
mière cittiùon.  ylprès  les  trois  citations. 

Il  se  dit  anssi  De  l'ordre  que  le  Grand-Maître 
envoie  i  tous  les  Chevaliers  de  s-e  rcadre  à 
Malte  en  certaines  occnsions. 

Il  signifie  aussi  Allegaliou  d'un  passage.  Ci- 
tation d'un  passage.  .Vettre  les  citations  en 
marije,  à  la  wariji:.  Vue  fausse  citation.  Rem- 
plir un  discours  de  citations.  Des  martjcs  char- 
gées de  citations. 

CITÉ.  s.  f.  Ville,  (iraud  nonJire  deinaisons 
enfermées  de  murailles.  Grande  Cite.  Cite 
nombreuse.  Une  belle  Cité.  Jérusalem  s'appe- 
ioit  la  sainte  Ciié.  Son  plus  grand  usage  esl 
présenicinent  dans  la  poésie  et  dans  la  styl* 
(Wilo'nc. 

Cité,  te  prend  en  c]ucli(iies  villes  pour  L« 
partie  la  plus  ancienne  de  la  ville ,  et  où  esl 
l'Eglise  Episcopale.  On  du>ise  Paris  en  t'ii/e, 
Cité,  et  Université.  Il  y  a  tant  d'jEjfi-vcs  dam 
la  Cité. 

Il  se  dit  aussi  en  quelques  villes  non  Épis- 
copalcs  ,  de  la  partie  de  la  ville  où  est  la  prin- 
cip.ile  Eglise. 

Cite,  au  propre,  se  dit  De  la  circonscrip 
lion  locale  qui  comprend  la  coUeclion  des  Ci- 
i^yeiis. 

Droit  de  Cité  ,  C5t  proprement  Le  droit 
joa'a  tout  liomme  né  dans  une  Ville  ou  wii 
État  libre  ,  d'élire  ses  Reprcscnlaus  ou  sci 
Gouvcmans,  et  de  concourir  &  la  confection 
des  Lois. 

CITER,  v.  art.  Ajoimier  ,  appeler  pour 
eamparoitre  devant  le  Magistrat.  11  ne  se  dil 
guJre  qu'en  niatitre  Ecclésiastiijue.  Cilcr  quel- 
qu'un par-devant  le  Jaije.  Citer  en  Juganent. 
On  le  cita  au  Concile. 

On  dit  qu'Oii  cite  les  Chevaliers  à'Malte, 
pour  dire  qu'Du  leur  ordonne  de  s'y  rendre. 
On  cita  à  Malle  tous  les  Chevaliers,  parce  qui 
iUc  étoit  menacée  des  armées  du  Tuic. 

Citer  ,  si^nilie  aussi  Alléguer.  Citer  un 
Tpa'isage.  Citer  la  Loi.  Cilcr  Çaux.  Citer  juste, 
Citer  les  Auteurs  anciens. 

On  du  aussi,  Citer  son  Auteur,  pour  dire, 
Nommer  celui  de  qui  on  tient  une  nouveJle, 
Oti  qiielq''«  chose  de  semblable.  Je  vous  prie. 
ne  me  citea  pus.  Prolitez  de  l'avis  sans  atef 
personne. 

Cité  ,  tE,  participe. 

CITÉRIEUR  ,  ELRE.  adj.  Terme  qui  no 
etniploie  qu'en  Géographie.  Ce  qui  est  en  dé- 
jà, plus  pris  de  nous.  L'Inde  citéricure  est  en 
de-çà  du  Gange, 

CITERNE.  ».  {,  Réservoir  sous  terre  pour 
recevoir  et  garder  l'eau  de  pluie.  Eau  de  Ci» 
.  terne, 

CITEUNEAO.  s.  m.  Petite  citerne  oii  X'tti 
l'Eure  aTont  que  de  passer  dans  la  citerne. 

CinSE.  •.  m.  Vcyet  Cttui. 


CIV 

CITOYEN,  ENXE.  s.  llaliilant  a  une  Ville, 
d'une  Cite.  liidie  Citoyen.  Sutje  Citoyen.  On 
dit,  i\uUn  homme  «st  bon  Citoyen ,  pour  dire. 
que  C'est  un  liomme  zélé  pour  sa  P<itrie.  Il  a 
fait  le  devoir  d'un  bon  Citoyen. 

Le  iiom  de  Citoyen,  dans  une  arceptïon 
stricte  et  rigoureuse,  se  donne  à  l'hiibilant 
d'une  Cilé,  d'un  État  libre,  qui  a  droit  de  suf- 
frage dans  les  As.semblécs  publiques  ,  et  fail 
[)i;rtie  du  Souverain. 

On  appeloit  autrcft)!s  Citoyens  l\owatn<: , 
nou-seuleoient  ceux  qui  ctoicnt  ncs  à  Kunic, 
mais  aussi  ceux  qui  avoient  acquis  le  droll  et 
les  privilégies  de  Citoyen  liomaîn,  (puMipi'ils 
fussent  û'un  aiitre  pays.  Suint  Paul  ttuit  Ci- 
toyen Roniiiin. 

C:1T1UN  ,  WE.  adj.  Qui  est  de  coulrur  de 
citron. 

CiTT.ON.  s.  m.  Sorte  de  fruit  de  forme  ovale. 
de  couleur  jaune-pale ,  et  qui  tst  ^rl^in  de  jus. 
Ci(/'Oii  aigre,  citron  doux.  Jus  de  cïtroti.  Cou- 
leur de  citron.  Cliuir  de  citron  conlite.  Ecorcl 
de  citron  conHte. 

Citron,  se  dltaussi  De  la  couleur  àc  citron. 
Taffetas  citron  j  de  couleur  de  citron. 

CITRO^JNE  ,  EE.  adj.  Qui  sent  le  citron  ,  où 
_  ion  a  mis  du  jus  de  cilron.  Tisane  citronnée. 

CITRONNELLE,  s.  f.  Espèce  de  liqueur 
faite  avec  de  Teau-de-vie  et  du  citron. 

CITKO'NNELLE.  «.  f.  Voyez  Mi:msse. 

CITRONNIER,  s.  m.  L'arbre  qui  porte  U 
titron.  Fleur  de  citronnier.  Les  citronniers  ai- 
ment les  pays    '  aud\ 

CITROUILLE,  «.  f.  Sortf  de  friiit  qui  lïp- 
fient  extrt'inenicnl  gros,  et  qui  rampe  sur  la 
terre  avec  sa  tige  et  ses  (ruillcs.  Manrjcr  de  lu 
citrouille.  Pain  de  citrouille.  Potage  à  la  ci- 
trouille. De  la  citrouille  fricassée. 

On  dit  fif^uréro.  et  Lassem.  d'Une  grossï 
femme,  que  C'est  une  grosse  citrouille. 

CIV 

CIVADIËRE.  s.  f .  Voile  du  mM  de  beaupré. 

CIVE.  s.  f.  Plante  potapire.  On  compte  troij 
espèces  de  cives,  dont  la  plus  [jeiilc  se  uonmic 
Civette. 

CIVET,  s.  m.  Espèce  de  raj^oût  fait  de  chair 
de  lièvre.  Fdire  un  civet.  Manger  un  civet.  Un 
civet  de  lièvre.  Mettre  un  lièvre  en  civet. 

lliVETl'E.  s.  f.  Petite  iurbe  potagère, qu'on 
emploie  prinripalcnent  daas  la  salade, 

CIVETTE,  s.  f.  Animal  qui  ressemble  h  une 
grosse  fouine,  et  dont  oti  tire  uuc  sotte  de  ii- 
[uour  épaisse  et  odoriférante.  Lu  dvcttc  est  un 
UJiinial  fort  sauvage. 

On  appelle  aus"ii  Civette,  I.^  liquear  cpaissc 
H  odoriférante  qu'on  tïrc  de  la  civette.  Lrt  ci- 
/cttc  entre  dans  plusieurs  parfums.  Sentir  la 
rivclte.  L'odeur  de  la  civette  est  trop  forte  (fuand 
:llc  est  toute  seule. 

CIVIÈRE,  s.  f.  Espèce  de  brancard  sur  le- 
quel on  porte  li  bras  de  la  pierre,  du  fumier  1 1 
ics  fardeaux.  C/iari^T  de  la  pierre  sur  une  ct~ 
^  vière.  Cet  homme  cloit  fort  blcisétOn  le  rem- 
j    porta  sur  une  civière. 
-«       Oa  ditjjrovcrbial.  et  fi^urimcnt,  Crnï  û»iâ 


CIV 

bannière  et  cent  ans  civière,  pour  marquer  Les 
révolutions  et  les  changemens  de  fortune  fat 
arrivent  dans  les  maisons. 

CIVIL,  ILE.  adj.  Qui  regarde  et  qui  con- 
cerne les  Citoyens.  La  vie  civile.  La  société 
tivilc.  La  guerre  civile. 

Droit  (hviL,  .se  prend  pour  La  Jurisptii- 
dence  Romaine,  qu'on  appelle  autrement  Oroit 
Eciit.  Cours  de  Droit  Civil.  Professeur  en 
Droit  Civil. 

Civil,  en  terme»  de  Palai?,  se  dit  par  op- 
position à  Criminel.  Matière  ciiîle.  Proccs  civiL 
Ajfiirc  civile.  Lieutenant  Civil.  Partie  civile. 

On  appelle  Intérêts  civils.  Le  dédommage- 
ment dû  à  quelqu'un  sur  le  bien  d'un  crimi- 
nel, à  cause  du  tort  qu'il  a  soufieit  par  le  crime 
commis. 

On  appelle  Pequvte  ciVile, Une R(  quête  pré- 
sentée pour  renlérinemeut  des  lettres  qu'on  a 
obtenues  du  Prince,  afin  d'cire  restitué  contre 
un  Arrêt  contradictoire.  Présenter  une  Reijuète 
civile.  Se  pourvoir  p.ir  Requête  civile.  Revenir 
contre  un  Arrêt  par  Requête  civile.  Moyens 
dv  Hctjuête  civile.  Faire  juger  une  Regu.'tt 
civile. 

On  appelle  figurément.  Mort  civile.  Le  re- 
tranchement des  droits  et  des  fonctions  de  la 
société  civile,  en  conséquence  de  vœux  hohn- 
uels  faits  dans  un  Ordre  Rcli{;ieiix,  ou  d'une 
condamnation  à  mort  par  cimlumace.  ou  d'une 
tcnd.imnation ,  soit  aux  galères  perpétuellei, 
soit  il  un  bannissement  perpétuel.  Le  bannisse* 
ment  perpétuel  cmiwric  la  mort  civile. 

CïviL,siL;nirie  aussi  Cturtois,  honnête,  p©U, 
bien  élevé,  par  opposition  à  Rustique,  L^i 
homme  fort  civil,  l'ne  femme  fort  civile.  îl  faut 
itre  civil  à  l'égard  de  tout  le  monde.  Il  m'a  reçu 
d'une  manière  fort  civile. 

CIVILEMENT,  adv.  En  matière  civile,  en 
procès  civiL  Procéder  civilement.  Juger  civUe- 
mcîit.  Poursuivre  ctVî/emerit. 

On  dit,qu't/«  homme  est  mort  civilement, 
rx>rsqu'il  y  a  coutn;  bu  quelque  condamnation 
ipii  le  prive  des  droits  et  des  fonctions  de  la  su- 
rlété  civile.  Un  homme  intei'dit,  un  hommg 
banni  à  perpétuité ,  est  mort  civilement. 

On  dit  aussi  d'Un  Religieux,  d'une  Reb- 
gieuse,  qu'J/s  sonf  morts  civilement. 

Civilement,    signiGe   aussi   Honnêtement, 
avec  politesse.  ViVrc  civilement  avec  quelqu'un. 
Traiter  civilement.  Recevoir  civilement.  Aoïf 
parltr  civilement, 

CIVILISATION,  s.  f.  Action  île  civiliser,  ou 
état  de  ce  qui  est  civilisé. 

CIVILISER.  V.  a.  Rendre  civile  une  matière 
criminelle,  réduire  une  cause  criminelle  à  une 
procédure  ordinaire  et  civile.  Civiliser  un  proccs. 
Civiliser  une  cause  criminelle. 

Il  signifie  aussi  Rendre  civil ,  honnête  et  so- 
ciable ;  polir  les  mœurs.  Le  commerce  desGreci 
u  cie'î/i.sé  les  Barbares. 

En  parlant  d'Une  contcstatioB,  d'une  que- 
relle qui  commence  à  s'apaiser .  ou  d'une  nou- 
velle moins  fâcheuse  qu'elle  n'avoit  paru  d'*-* 
lx?nl,  etc.  on  dit,  qvi'KU*  se  civilise.  Cela  ^ 


CLA 

CiviuiÉ.ÉE.  participe.  V'i  procès  dvtlué 
ttt  peuples  civilifés.  Les  Nations  cwilisées. 

CniLITK.  j.  f.  Honnéietû,  courtoisie,  ma- 
DÛVe  lioiinêtc  de  vivre  cl  de  converser  dans  le 
monde,  hn  homme  plein  de  civilité.  Il  en  a  ».s'é 
ci-ec  beaucoup  Je  civililé.  Vumpier  île  civililè. 
Cela  est  contre  les  règles  de  ta  civilité.  Il  est  de 
la  civilité  de..... 

CiviuTi,  se  dit  Des  actions,  des  paroles  ci- 
viles, des  ooiiiplimcns  et  des  autres  seiiibliblcs 
devoir»  de  la  vie.  Fuire  civilité  à  ifttelati'uii. 
Foire  des  civililéi.  Recevoir  des  civilités  de  /,■ 
piirtde  quelqu'un.  Il  m'a  comblé,  il  m'a  acca- 
blé de  civilités.  Après  Us  premières  civilités  de 
purt  et  d'autre.  Il  a  mal  reçu  les  civilités  qu'on 
lui  a  faites. 

On  du  provi  rM.il.  d'Un  homme  ijui  manijuc 
aux  devoirs  les  plus  ordinaires  de  la  civilltù, 
i^u'Il  n'a  pas  lu  la  Civilité  puérile,  qui  est  le 
litre  d'un  ancien  Livre. 

CI\  IQUE.  aiij.  Il  n'est  d'usage  qu'en  celle 
plirase.  Couronne  Civique.  La  Couronne  Civi- 
que,  chez  les  Romains,  cloit  une  couronne  de 
clique  qu'on  dounoit  à  celui  qui  avoil  sauvo 
U  vie  à  un  citoyen  dans  un  assaut,  dans  uuc 
bataille. 

CL. 4 

CL.\B.\UD.  s.  m.  lise  dit  proprement  d'Un 
chien  de  cl.as.se  qui  a  les  oreilles  pendantes,  el 
qtii  se  recrie  mal  i  propos  sur  les  voies.  Le  Ve- 
neur n'a  point  de  créance  à  ce  chien,  c'est  un 
e'abaud.  ce  n'cA  qu'un  clul\^ud. 

On  dit  6garùnciit  et  par  injure,  en  pailnnt 
d'Un  homme  qui  parle  beaucoup  et  mol  i  pro- 
pos, que  C'est  un  clahaud.  Il  est  fmilicr. 

On  dit  fisun!m.  et  faniilièiem..  d'Un  chapeau 
«pri  a  lis  bords  pendaus,  qu'il  fait  le  clabaud, 
qu'i^  t<<  ciafciiiiJ.  Un  chapeau  m  cLbund. 

CL.VB.VUIJ.VOE.  s.  m.  Le  bruit  que  font 
plusieurs  cliiens  qui  clabaudent.  Le  clahaudaqe 
des  cliiens  da'is  un  chenil. 

U  se  dit  (LjUrr^mcnt  Du  bruit  que  font  de 
Taincs  paroles.  Je  ne  m'arrête  point  à  tous  ces 
tlabaudages. 

CL.4B.\UDER.  v.  n.  .\boyer  fréquemment. 
Il  ne  se  dit  au  propre  que  d'Un  cliien  de  chasse 
tjul  «Imie  ordinalrcm.ni  saqs  être  sur  1«  voles 
it  la  hèle.  Cn  chien  qui  ne  fuit  que  clibauder. 
Il  signifie  figurément ,  Crier ,  faire  du  (.niii 
K»!  à  propos  Cl  SUIS  sujet.  Cet  homme  ne  fuit 
que  clahauder.  Il  n'a  fut  que  clabauder  contre 
telles  personnes.  Il  <st  fiiiiilicr  aussi -bien  que 
les  deux  suivans. 

CI^B.VUDEKIE.  s.  f.  Criaillerie  importnne 
•t  S.1IIS  sujet.  Il  croit  Cemporter  par  ses  cL- 
iauderies  perpétuelles. 

CL.UJAUDEUR.  EU.SE.  ..  Grand  crinil- 
Wur,  celui  qui  crie  beaucoup  et  mal  à  propos. 
C«r  un  clahaudeur  éternel 

CIAJK.  ..  f.  Ouvrée  1  claire-voie  ,  en 
fonn*  de  carre  long.  M  fait  ordinairement  de 
bnni  do,i.T  entrel.ce..  Une  claie  i  nettoyer 
!..  halnts.  Lue  claie  à  passer  de  la  Urre  ù 
P'r.er  du  sable.  On  tralnt  sur  l„  duie  ce-.i.x 
qu<  cm  été  tués  en  duel,  p,  ,„;  „  „,„  ^z;,,,, 
Toiitr  /, 


C  LA 

;itr-n:^me.';.  On  se  sert  de  claies  à  la  guerre 
pour  faire  des  rciranchemens.  V.n  reU-anche- 
ment  juit  avec  des  claies. 

CI..1IR,  AIRE.  adj.  Eclil.int,  lumineux, 
qui  jette,  qui  répand  de  la  lumière.  Le  soleil 
crt  le  plus  clair  de  tous  les  Jstres.  La  lune  est 
claire.  Ls  feu  est  clair  de  sa  nature.  Ce  lois 
jait  un  feu  très-clair. 

En  ce  sens  11  se  prend  quelquefois  sulistan- 
tlvement.  Le  clair  de  la  lune.  .\ons  marchdmes 
toute  la  nuit  au  clair  de  U  lune.  Il  fait  clair 
<le  lune,  grand  da.r  de  lune,  un  beau  clair 
de  lune. 

CLAin,  signifie  aussi,  Çui  reçoit  beaucoup 
Je  jour.  Cette  lùjlise  est  bien  claire.  Ccltn 
elianibre,  celle  galerie  est  fort  claiie. 

Ou  dit  d.ir.s  ce  mime  sens,  Il  fait  bien  clair 
dans  celle  Egli.tc,  dans  celte  chairtbre. 

Ou  dit  aussi  absolument,  //  fait  clair,  pmii 
rfnc,  U  fait  jour.  Il  ne  fiisoit  pus  encore  cliii 
ijuand  nous  partîmes.  Ce  qui  s'entend  aus-i 
luolquefois  Du  clair  de  la  lune. 

CLAin,  signifie  aussi  Luisant  en  la  super- 

licie,  poli.  Des  armes  claircs.Vaisselle d'argent 

{•irtelaire.  Un  plancher  bien  clair  et  bienfioUé. 

On  dit  qu't  ne  Dame  a  le  teint  clair,  poui 

dire,  qu'Elle  a  le  teint  vif  et  ui.i. 

CL.A1I1 ,  en  matlire  de  couleurs  ,  signifie , 
Moins  foncé,  plus  approchant  du  blanc,  l'erl 
c(uir.  Piouge  clair.  Clair-brun, 

On  appelle  C/ewii.c  c/air-lruns,  Des  clic, 
veux  d'un  brun  moins  foncé;  et  on  dit  d'Uni 
fille  qui  a  les  cheveux  de  cette  sotie,  cpuLlk 
ut  cla-r-brune. 

On  appelle  Chiir-oVe.ir  parmi  les  peintres,  I 
Certains  dessins  où  il  n'y  a  point  de  mélan"! 
iautres  couleurs  que  du  blanc  et  du  noir  ou 
îuelque  autre  couleur  brune.  Il  a  ramassé  plu- 
ticiirs  dessins  de  clair-obscur,  faits  par  diff- 
rens  Maîtres. 

On  dit,  que  Lt  clair-obscur  ai  bien  obsen-'e 
dans  un  lafcJeaù,  pour  dire,  que  f^s  ombres  el 
la  huniCre  y  sont  bien  disiribuécs;  et  qu'Un 
PeiMire  entend  bien  le  clab-uhcur,  pour  dire, 
ïu'Il  sait  bien  placer  les  ombres  el  les  lumières. 
Clai.i,  se  dit  encore  en  Peinture,  Des  cou- 
leurs hautes  qui  représcnlent  les  joi:r«,  les 
parties  éclairées;  et  en  ce  s-n»  il  s'emplolo 
ordinairement  nu  pluriel  et  suhslamivenif  nt. 
Les  Clairs  sont  bien  entendus,  sont  m.,l  en- 
tendus  dans  ce  tableau. 

On  appelle  encore  ainsi  dans  les  ouvrages  do 
tapisjeric,  Les  laines  el  le  ••>ies  claires  qui 
iervenl  i  rehausser  l'ouvrage.  Cet  ouvrage  dt 
tapisserie  est  presque  achevé,  il  n'j-  a  plus  qui 
les  clairs  à  mettre. 

C'.«i3.signlfie  aussi  Transparent.  Veireelji'r. 
Des  vitres  lien  claires.  Clair  comme  cristal  rJl 
loche, 

11  signifie  aussi ,  Qui  n'est  point  trouble. 
Claire  fvntaine.  De  l'eau  claire.  Vin  clair.  Ce 
vin  n'est  pas  encore  dair.  Cela  est  clair  comme 
de  Ceau  de  roche. 

On  dit,  que  Le  temps  est  clair,  que  le  ciel 
est  clair  et  suc  n,  ^M^a  dire,  qu'il  n'y  a  aucun 
Du.ir,cen  lair. 


CLA  -4) 

On  dit,  Du  vin  tiré  ù  clair,  tire  au  clair, 
pour  .lire,  Du  vin  qui ,  claul  bien  reposé,  a  el4 
tiré  en  hnuleilles. 

Provcrhialement ,  en  parl.int  d'Un  homme 
qui  a  entrepris  quelque  chose  où  l'on  croit 
qu'il  ne  réussira  p.is ,  oc  dit,  qu'/l  n'y  fera  que 
de  l'eau  loule  claiie. 

CLAm,  s'ignifie  aussi,  Qui  a  peu  de  consis- 
tance. En  ce  sens  il  est  opposé  i  Épais,  et  il  ne 
se  dit  priipreraent  que  Des  choses  li]niJes.  Ce 
sirop  est  trop  clair.  Cette  bouillie,  celte  pwée 
est  Irop  claire. 

On  appelle  Lait  clair,  Le  pclit-lail. 
On  appelle  aussi  Chii'r,  Ce  qui  n'est  p.is 
bien  serré,  qui  n'est  pas  prés  à  prés.  Toile 
claire.  De  la  gaze  bien  claire.  Avoir  les  chcveu.c 
iiic.i  chiirs.  Les  blés  sont  fort  clairs.  Ce  bois  e.-l 
fort  clair. 

Clair,  se  dit  aussi  De  la  voix  et  dessoni, 
et  signifie  Xei  et  aigu.  Cet  enfuit  de  chaur  a 
la  voie  claire.  La  voie  des  femmes  est  ordi- 
nai.cment  plus  claire  que  celle  des  hommes. 

V.L.KIR,  signifie  figurément  Inlelligible,  aisé 
i  comprendre.  Idée  claire,  style  clair,  discours 
clair.  Une  erpressian  cla'uc.  Un  commentahe 
l'ien  clair.  Il  n'y  a  rien  de  si  clair.  Métioih 
tlaire  et  aisée.  U  s'est  expliqué  en  termes  [or t 
tlairs. 

U  signifie  aussi ,  Évident ,  manifeste.  5oii 
droit  est  clair  comme  le  jour.  La  raison,  la 
tonséquence  cn  est  claire.  PrMvc  claire,  claire 
lomme  le  jmr. 

On  dit  d'U.i  procédé,  de  b  ron  imie.  des 
liscours  éqiHVoques,  Ce  procédé,  cett.  con~ 
luite,  ces  discours,  ne  sont  pas  clairs  ;  d'Une 
liTjire  embrouillée,  hlle  n'est  pas  claire. 

On  dit  figurément,  quTn  lomme  a  Vtspr'it 
rlair,  pour  dire,  qu'il  a  beaucoup  de  netletd 
<ans  l'esprit,  dans  le  Jugement. 

On  appelle  Chnrs  «eni'iTi,  argent  dair. 
L'argent,  les  deniers  qu'on  peut  toucher  quand 
on  veut,  qu'on  peut  recevoir  aisémenu  II  s'est 
payé  des  plus  clairs  deniers  de  la  recelte.  C'est 
de  l'argent  clair. 

On  dit  d'Un  profil  évident  ,  incontesldble, 
Proft  clair.  U  gagne  clair  el  net  cent  mille 
francs  dans  cette  ajfiilrc. 

Clair,  s'emploie  aussi  adverbialement,  et 
signifie.  D'une  manière  claire  et  distincte.  Voir, 
cluir.  Entendre  clair. 

On  dit  figurém. ,  quTn  homme  voit  clair. 
voit  fort  clair,  pour  dire,  qull  a  l'esprit  pé- 
nétrant. On  ne  lui  en  fera  pus  aisément  accroire, 
il  tioil  fort  clair. 

On  dit  aussi  Cgun'ment,  qu'f'n  homme  en- 
tend fort  clair,  pour  dire,  qu'il  a  beaucoup 
d'inlelligcner ,  el  qu'il  entend  .'i  demi-n:ot.  Il 
ne  fiul  pas  beaucoup  iVciplieation  avec  lui,  il 
entend  fort  daii: 

On  dit.  Parler  clair,  pour  Sire,  Parler  avec 
une  voix  grêle  et  aiguë.  Il  parle  clair  comma 
une  femme.  Et  on  dit  figurément,  r.ir/er  chiir 
cl  nel,  porhr  haut  et  clair,  pour  dip:,  Parler 
friincliemchl,  el  sans  chetehcr  d'à  loucissement 
el  de  d.iour».  71  a  dt  son  senlimcnl  houl  et 
clair.  Il  s'en  est  crpliqué  haut  et  clair, 

3a 


aSo  C  L  A 

On  dit  aussi  rgurémcnt,  Semer  clair,  pour 
WiTC y  Répandre  la  famine  <îe  loin  îi  loin,  et  en 
moindiT  «luanlitc  qu'à  rordînairc. 

CLAIRK.  s.  f.  On  nomme  ainsi  dans  l'affi- 
nage I.ea  cendres  lavées,  ou  les  os  calcinés  dont 
on  se  sert  pour  faire  les  coupelles, 

CLAIREMENT,  adv.  D'une  manière  claire, 
nettement,  dislinclement.  De  h\  on  distincjue 
ciairsmeut  tous  les  vaisseaux  <}ui  sont  dans  le 
porl.  J'ai  distiufjuè  chiirenient  sa  voix. 

Il  signifie  figurcment,  D'une  mnnicre  intel- 
ligible. Parler  cUtircnient.  Expliquer  claire- 
nient  un  passage.  Il  m'a  dit  clairement  son  in- 
tention. 

Il  signifie  .tu.'isi,  Evidemment,  manifeste- 
nicnl.  Démontrer  clairement  une  proposition. 
J I  vrom-e  tris- clairement  ce  qu^il  dit. 

CLAIRET,  adj.  diminutif.  Il  ne  se  dit  pro- 
prement que  Du  vin  roui;e,  h  la  dislinclton  du 
hjtinc.  Vin  blanc  et  vtn  clairet.  Du  blanc  et  du 
tilairet. 

On  appelle  Eau  clairette ,  Une  liqueur  faite 
avec  de  l'eau-de-vie,  du  sucre,  etc. 

Clairet,  s.  m.  Terme  de  Jo;iilIier.  Pierre 
dont  la  couleur  est  Irop  fuihle. 

CLAIRE-VUIE.  s.  f.  Terme  de  Jardinage. 
Semer  à  claire-voie^  pour  dire,  Jeter  la  graine 
en  terre  le  iroius  épais  qu'il  se  peut. 

Ou  appelle  aussi  Claire-voie,  Les  claies  , 
les  mannequins  ,  et  auircs  ôuvraj^cs  d'osier  , 
dont  les  parties  sont  cloig  ices  les  unes  des 
autres.  Ce  panier  i-f  à  claire-voie. 

On  appelle  au'îsî  Claiie-voïe^  dans  un  parc 
ou  dans  un  jardin,  Une  ouverture  faite  à  rez- 
de  cliaussec  dans  le  mur,  et  qui  u'est  fermée 
que  par  une  grille,  ou  par  im,'  espùce  de  fossé 
nppclé  Saut- de  Loup. 

On  dit  aussi  De  tontes  sortes  de  tissus  qui 
ne  sont  pas  serres,  qu'//s  sont  faits  à  claire-voie. 

CLAIRIÈRE,  s.  f.  On  appelle  ainsi  dans 
«ne  forêt,  Un  endroit  tout-à-faii  dégarni  d'ar- 
bres./ï  y  a  tant  d'arpens  dans  celle  /oit'ï,  s^ans 
compter  les  clairières. 

CLAiniÉnE,  en  termes  de  Lingère,  Etidroits 
plus  clairs  que  le  reste  dans  les  toiles. 

CLAIRON.  5.  m.  Sorte  de  trompette  dont  le 
ion  est  aigu  et  perçant.  Trompettes  et  clairons. 
Le  son  des  trompette^;  et  des  clairons.  H  ne 
j'emploie  plus  qu'en  Poésie. 

CLAIB-SEMÉ,  El-:,  adj.  Qui  n'est  pas  bien 
serre,  qui  n'est  pas  près  à  près.  Du  bîc  clair- 
semé, de  l'avoine  clair-semée. 

On  dit  proverbialement,  que  J,\irnent  est 
clair- semé  chez  qtieltju'un  ,  pour  dire  qu'il  en 
□  fort  peu. 

Il  se  dit  aussi  fi'^urément  Des  ouvra-^es  d'es 
prit.  Ainsi  on  dii  d'Un  livre  on  il  y  a  qiiel<pies 
beaux  tr.iils,  mais  de  loiti  à  loin,  que  Lc^  beau- 
tés y  sont  clair-Aemée.:. 

CLAIRVOYANCE,  s.  f.  Saf^aeite  cl  péné- 
tration dans  les  aHuircs.  CVst  wi  liomme  liabiU 
et  qui  a  de  la  clairvoyance.  îHcn  ne  fauroit 
écliapper  à  son  exactitude  et  à  sa  clait  voyance 
II  vieiliiL 

CLAIRVOYANT,  ANTK.  ndj.  Intelligent^. 
ccUiré,  cl  pcuétraut  dans  les  atlài^-cs.  C'est  un 


CL  A 

homme  fort  clairvoyant.  Il  a  l'esprit  clair- 
voyant. Vous  ne  le  tromperez  pas,  il  est  trop 
clairvoyant.  C'est  une  femme  habile  et  clair- 
voyante. Ce  mol  ne  se  dit  qu'an  figuré, 

CLAMEUR,  s.  f.  Grand  cri.  Clameur  tu- 
multueuse. CLtmeur  publique.  li  s  éleva  une  cla- 
meur universelle.  Les  clameurs  d'uiiC  populace 
mutinée.  On  cntendoit  de  tous  côtés  de  nrandes 
clameurs.  Cela  excita  les  clameurs  de  Vassem- 
blée.  Les  clameurs  des  femmes. 

CiAMEun  DK  HAno.  Terme  de  Justice,  usité 
en  Normandie,  pour  dire,  Citation  dcvaut  le 
Juge.  JSonobslant  clameur  de  haio. 

CLAN.  s.  m.  Plom  qu'on  donne  en  t^.cnssc 
et  en  Irlande  à  une  tribu  formée  d'uu  ccrlain 
noniI)re  de  familles. 

CLANDESTIN,  INTÎ.  adj.  Qui  se  fait  en  ca- 
clieitc  et  contre  les  lois.  Il  n'est  guèie  dusage 
qu'en  ces  deux  phrases  :  Mariage  clandesliu. 
Assemblée  clandestine. 

Clandestine  ou  i,'Hi;nBE  cAcnÉE.  s.  f.  On 
!a  nomme  ainsi,  parce  que  ses  feuilles  sont  en 
panie  cachées  dans  la  terre.  On  l'appelle  en- 
core L'herbe  à  la  matrice  ,  parce  qu'ette  est 
bonne  pour  cerlairies  maladies  de  femines. 

CLANDESTINEMENT.  ,'.dv.  D'une  ma- 
nière clandestine,  en  cachette.  Ds  se  sont  ma- 
riés clandestinement.  Ils  complotèrent ^  ils  s'as- 
semblèrent clandestinement. 

CLANDES'imiTÉ.  s.  f.  Vice  d'un  mariage 
fait  clandestinement.  C'est  un  terme  de  Palais. 
La  cîandesiinité  empêche  la  validité  d'un  ma- 
ria fje. 

CLAPET,  s.  m.  Espace  de  petite  soupape 
qui  se  lève  et  se  baisse  par  le  moyen  d'une 
simple  cliarnicre.  Clapet  de  pompe. 

CLAPIER,  s.  m.  On  appelle  ainsi  Certains 
pelits  trous  creusés  exprès,  où  les  lapins  se  re- 
tirent. Un  clapier  bien  peuplé.  On  fatt  des  cla- 
piers dans  les  qarenncs. 

On  appelle  aussi  Clapier  ^Vnii  macliine  de 
hois  où  l'on  nourrit  des  lapins  domestiques,  cl 
qui  est  faite  îi  l'imitation  des  clapiers  de  ga- 
renr  c.  Faire  un  clapier  dans  un  qrenier. 

On  appelle  Lapins  de  clapier^  ou  simple- 
ment CliipivrSy  Les  lapins  élevés  dans  ces  sortes 
de  machines;  et  l'on  dit  d'Un  mauvais  lapin, 
qneCVs(  un  lapin  de  clapicr^uiï  franc  clapier. 

CLAPIR,  SE  CLAPU;.  v.  prun.  Se  blottir, 
se  tapir,  se  cacher  dans  un  trou.  Il  se  dit  parti- 
culièrement Des  lapins. 

Ci.APi,  lE.  participe. 

fXAQUE.  s.  f.  Coup  du  plat  de  la  main.  11 
n'est  guère  d'usage  que  dans  ctlte  o:jas<;,  C  ne 
claque  sur  les  fc-jse.<!. 

Claque,  est  eussi  Une  espace  de  spndale 
'|u'on  met  par-dessus  le  soulier,  pour  se  garan- 
tir de  rimniidilé  et  des  crf)ltcs. 

CLAOUEDENT.  s.  m.  Terme  d'injnre  et  de 
mépris,  qui  se  dll  d'Un  gueux,  d'un  misérable 
qui  tremble  de  fruid.  C'est  un  claquedeitt.  Il 
est  bas. 

Ct.AQUEDENr,  se  dit  aussi  pour  signifier  Un 
braillard,  un  Iiomnic  qui  parle  beaucoup  de 
lui  avec  jactance,  cl  souvent  conuc  la  vérité. 
Ce  ueA  qu'un  claquedcnt.  Il  est  familier 


CLA 

CLAQUEMENT,  s.  m.  On  dh ,  Claquement 
de  dents,  pour  signifier  Le  bruit  que  font- les 
dents  d'un  homme  qui  tremble  de  froid;  et 
Claquement  de  mains ^  pour  signifier  Le  bruit 
que  font  les  mains  en  les  frappant  l'une  contre 
l'autre. 

CLAQUEMURER,  v.  a.  Renfermer, resser- 
rer dans  une  étroite  prison.  Cet  homme  faisvit 
Vinsolent,  on  Va  claquemuré.  lia  été  claque- 
muré dans  les  petites  maisons.  Il  est  familier. 

CLA^rEHrnÉ ,  ée.  participe. 

CLAQUE-OREILLE,  s.  m.  Chapeau  dont 
les  bords  sont  pendons  et  ne  se  *.()nliennent  pat 
bien.  Il  est  bas,  et  quelquefois  il  se  dit  lyc 
l'homme  ainsi  coiffe. 

(iLAQUER.  V.  neul.  Faire  un  certnin  bruit 
ai;^i  et  rélatant.  Claquer  des  mains.  Un  char- 
retier qui  fuit  claquer  son  fouet.  Un  fouet  qtU 
claque  bien. 

On  dit  figurémcnt  et  familièrement,  Faire 
vlaquer  son  fouet ^  pour  dire,  Faire  valoir  sou 
Butorltc,  son  crédit,  etc. 

On  dit,  Ciar^uer  des  dents,  et  que  les  dents 
tlaquent^  Quand  les  dents  se  clioquent  par  un 
Iremblement  que  cause  le  froid  ou  b  peur. 
Lorsque  le  frisson  lui  prend^  les  dents  lui  cla- 
f lient,  il  claque  des  denf.^. 

On  dit  familièrement  à  l'actif  ,  Claquer 
quclquun  y  pour  dire.  Lui  donner  une  claque. 

CLAQUET.  s.  m.  Petite  latte  dans  un  mou- 
lin ,  qui  est  sur  la  trémie ,  et  qui  bat  avec  nruil. 
On  entend  le  bruit  du  claqueL 

On  dit  populairement  d'Une  personne  r\m 
parle  beaucoup,  La  langue  tui  va  comme  un 
claquet  de  moulin. 

CLARIFICATION,  subst.  fôra.  L'action  par 
laquelle  on  rend  une  litjueur  claire.  Lu  cli/ri- 
fîcation  d'une  liqueur.,  d'un  sirop. 

CLARIFIER,  verbe  aet.  Rendre  claire  une 
liqueur  qui  est  trouble.  Clarifier  un  sirop.  Cla^ 
rijier  du  sucre.  Il  y  a  plusieurs  nutniéres  de 
clarifier  le  vin. 

Ci,ARiriÉ,  ÉE.  parricipe. 

CLARINE,  s.  fém.  Soimette  qu'on  pend  nu 
coudes  animaux  qu'on  fait  paître  dans  les  forêts. 

CLARINETTE,  s.  f.  Sorte  de  Hautbois.  Il 
ie  dit  aussi  Deeclui  qui  joue  de  cet  instrumenl. 
C'est  une  excellente  Clarinette. 

CLARTi;.  subst.  f.  Lumière,  splen'dcut.  Lm 
rbu'ïê  du  jour.  La  clarté  du  soleil,  de  la  lune, 
des  étoiles.  Lire  à  la  clarté  du  feu.,  des  fiam- 
beaux.  Fuir  la  clarté.  Les  hiboux  fuient  la 
clarté. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  La  transjvv 
renée  du  vcne.  Il  y  a  des  vcncnes  où  Ion  fait 
le  l'crre  d'une  bien  plus  qrandc  clarté  que  dans 
les  auîies.  La  clarté  du  ve/re  augmente  le  prie 
des  lunetles. 

Claoté,  «ie  dit  figurémcnt  De  la  netteic  de 
l'esprit.  Parler^  écrire  avec  clarté.  Explique^ 
quelque  cho>^e avec  une  qrandc  clarté.  Il  faut  du 
la  rhirlc  dans  le  style.  Ces  principes  sont  d'u.ie 
grande  clai  te. 

On  dit  porti'|uen'enl,  Comnienrer  à  voir  la 
chirtc,  la  clarté  du  jour,  jK>ur  dire,  Nuilre  ;  e! 
Jouir  de  la  clarté  di  jour,  yo'jv  dire,  Vivre. 


GLA 

CLASSE,  s.  ft'iu.  L'ordre  suivant  Irqucl  on 
raoge  diverses  personnes,  ou  l'on  distiihue  di- 
Tcrsca  rliosii^.  Sur  les  côtes  de  France^  on  û 
distribué  les  matelots  en  plusieurs  dusses.  Il  y 
a  trois  classes  de  Grands  d'Espaff  ne.  VnGraml 
de  lu  première  classe.  Un  Grand  de  la  seconde 
classe. 

(^AjiSE,  se  dit  fi^^urémenl  Du  rang  qu'on 
donne  au  nierire  et  h  la  capacité,  par  r..ppoit  ii 
certaines  sciences,  k  certaines  professions.  Ainsi 
dans  ce  sens  on  dit  d  Un  ^raiid  'I  licolo^ien . 
d'un  excellent  Auteur,  d'un  cxcellrnt  Peintre, 
elc.  que  C'est  un  Thèolonien  de  la  prernivrc 
classe,  un  Auteur  de  la  première  classe ^  un  i 
Peintre  de  la  première  clnssc. 

Classe,  se  dît  aussi  Des  dlflerentcs  salles 
d"un  CoIIl'jjc  ,  dans  chacune  dosfjuellcs  .s'asseni- 
tlent  les  écoliers  qui  prennent  une  uiénic  leçon 
ious  un  marne  Maître.  71  y  a  six  classes  duni 
ce  Collége-là.  Le  Rêqcnt  de  la  classe.  Ces  deuA 
enjans  étudient  en  même  clause.  Au  sortir  de  It 
classe.  Dans  ce  sens-là,  en  parlant  Des  classes, 
011  dit,  La  seconde,  la  troisième,  etc.  sani 
ajouter  Clusse.  Il  est  en  seconde.  Il  est  en  qua* 
Irième.  Et  au  lieu  de  dire,  Lu  première,  on  dJ4j 
La  Rhétorique. 

Il  te  dit  aussi  Des  écoliers  qui  étudient  ex 
ménie  classe.  Le  Réqcnl  y  est  allé  avec  toute  ^ 
classe. 

Classe,  signifie  aussi  Le  temps  que  Il-s  «^co-  . 
lifrs  sont  assemblés  pour  prendre  la  leçon.  Ai 
contmencemenl  de  la  classe.  A  la  fin  de  la  classe 

Oîi  appelle  Lef  ha$ses  classes^  Celles  ou  loi 
commence  ses  éiuits. 

On  appelle  L'oiu'crfurc  fîw  cïds.îes ,  Le  tenip 
où  Irt  écoliers  rentrent  en  classe  après  les  va- 
canccs.  Il  est  revenu  pour  l'ouverture  d<:s  classes. 

On  dit,  Ouvrir  une  classe.  Lorsqu'un  Pio- 
fi'&seQr  commence  ii  fuire  des  leçons  dans  un 
lieu  ou  l'on  n'en  faisoit  pas  encore. 

CL.iSSER.  V.  a.  Ranj^cr  ,  distribuer  pu 
clu-^es.  Classer  des  matelots.  Classer  des  plantes. 

Classa,  tE.  participe. 

CLASSIQUE,  adj.  des  2  genres.  Il  est  prin- 
cipalement d'usage  en  cttc  phrase,  Auteur 
rlassique ,  c'cst-à-dirc ,  Un  Auteur  approuvé, 
et  qui  lait  autorité  dm»  une  certiine  maiicTc, 
Plulon ,  Aristote ,  lîomère,  Dêntosthène,  Cicc- 
ron,  Virgile,  Tiïe-LiVc,  etc.  sont  des  Auteun 
classiques. 

Ci-ASSigrE,  se  dit  aussi  quelquefois  De  ce 
qui  a  rapport  aux  classes  des  Collèges,  Devoir 
clatsiifue.  Exercice  classique. 

CLATIh.  V.  II.  Terme  de  Ch.^sse.  11  se  dil 
d'Un  chien  qui,  en  poursuivant  le  gibier,  re- 
double son  cri.  H  est  peu  usité. 

CLAUDE,  s.  et  a  Ij.  Sot.  imbécile.  C'est  un 
claude.  Il  n'e*t  pas  si  claude  qu'on  le  croit.  Il 
est  familier. 

(.L  VUDICATION.  i.  f.  Action  de  boiter. 

(,L.\\  K  \U.  s.  m.  Maladie  rontigieuse  qui 
attaque  les  I  rchi»  ci  le*  moulons  Quand  le 
claveau  se  met  dans  un  troupeau  de  moulons, 
il  y  fait  de  grands  rafaqe*. 

CLAVKCLN.  s.  m.  Iiutrummi  de  Musique  , 
qui  est  nne  espèce  de  longue  cpiuetic  u  un  ou 


CLA 

plusiein's  elavîere,  et  dont  les  cordes  sont  de 
mcla!  et  douilles.  Jouer  du  clavecin.  Toucher 
le  clavecin.  Accompagner  du  clavecin,  Piccet 
de  clavecin.  Clavecin  de  Flandre. 

On  appelle  Clavecin  à  ravalement,  Un  cla- 
vecin qui  a  quelques  louches  de  plus  que  les 
clavecins  ordinaires,  pour  exécuter  lu  musique 
qui  a  de  1  étendue. 

On  appelle  Clivccin  organisé,  Un  clavecin 
dont  le  clavi.T  f;iil  jouer  un  petit  orgue. 

(^LAVEI.K.  ÉIÎ.  adj.  Qui  a  le  claveau,  qm 
a  une  moluJi^r  contagieuse. 

CLAVELEI:;.  s.  f.  Claveau.  Les  hrchis  soni 
fort  sujettes  -ju  tue  et  à  la  cUivclée.  Plus  oc  le. 
moitié  de  son  troupeau  est  morl  dt  L  cl  ivelcc. 

GLAVéTI'E.  3.  f.  Ksptce  de  clou  plat  qu'ci 
p.-;5SC  dans  l'ouverture  iuJle  au  b  Mil  d'une  che- 
ville, d'un  bâton,  potu-  i.-j  arrc'tcr.  Mctt'i  uut 
i-h.i'ef/e  dans  u^e  clieviUe. 

CLAVICULE,  s.  f.  Terme  d'Anaiomie.  On 
tppellc  ainsi  chacun  des  deiLX  os  qui  fcrm.'ntlj 
poitrine  par  en  haut ,  et  qui  I  attachent  aux 
deux  épaules.  Ce  sont  deux  os  longs  situés  k  la 
partie  supérieure  et  latérale  de  la  poitrine.  La 
clavicule  droite,  la  clavicule  gauche.  Se  rompri 
la  clavicule. 

Clavicule,  signifie  aussi  Petite  clef , comme 
dans  le  litre  de  ce  Livre  atlrihué  f.msscment  4 
Salomon  :  La  clavicule  de  Salomon,  Il  n'csl 
d'usage  que  daus  cette  phrase. 

CLAVUCU.  s.  m.  Chaîne,  ou  cercle  d'acier 
ou  d'argent  servant  i\  tenir  plusieurs  clefs  cn- 
Mnible.  Claviei-  d'argent.  Clavier  d'ccier.  Vu 
demi  cemt  avec  le  clavier. 

Clavilh  ,  signifie  aussi  La  rangée  dfs  tou- 
tlies  d'une  épinette,  d'un  clavecin,  d'un  jeu 
d'orgues.  Cïuvier  d'é  >cne,  d'ivoire.  Simple  clu' 
rier.  Douhle  clavier. 

On  dit  d*Une  jeune  personne  à  qui  on  com- 
mence à  enseigner  le  clavecin,  La  pri^enter  nu 
clavier;  lui  mettre  les  doigts  sur  le  clavier. Elli 
possède  déjà  son  clavier. 

On  dil  d'Un  instrument  qui  a  beaucoup  de 
touches  et  fournit  beaucoup  d'accords,  qu'//  a 
un  clavier  fort  étendu. 

CLAUSE.  8.  f.  Dispcfilion  particulière  fai- 
i.int  partie  d'un  traité, d'un  Ldit.d'un  contrat, 
tl  de  toirt  autre  Acte  jmblic  ou  parlicuher.etc. 
Clause  crprcsse.  Clause  conditionnelle.  Mettre^ 
insérer  j  ajou'er  une  clause  dans  un  contrat. 
Gliiicr  une  clause  dans  un  acte.  On  y  a  mit 
de;  clauses  avantageuses  pour  lui.  Il  y  a  une 

clause  qui  tlil ,  qui  porte Satisfaire  aux 

clauses. 

La  clause  de  six  mois ,  est  Celle  qui  porte  l« 
pouvoir  réeiproiue  de  résilier  le  Lail  d'une 
maison,  en  avertissant  six  moi»  auparavant;  et 
on  apixlle  Bail  sans  clause,  Ijc  bail  où  cette 
clause  n'est  poiiiL 

On  aj)|K'lle  Clause  dérogatoire ,  Une  clause 
d'un  teslamenl,  jMir  laquelL-  le  testateur  dé- 
clare nuls  litUJ  les  leslamcnfi  qu'il  pourroil 
faire  ens  lite  ,  à  mo'ns  que  a-rtiinet  parole* 
Contenues  dans  cette  rhuise  n'y  soient  exprcs- 
Gémcut  in  éri-es. 

CL.VUSTHAL,  A  LE.  adj.  .\pparteDant  aa 


CLE  25i 

Cloicre  on  Monastère.  La  Uetix  claustraux.  La 
Jisdpinie  claustrale. 

On  appelle  Oljices  chustraiLr ,  Orlains  Bé- 
iii-ficLS  qui  sont  du  corps  d'une  Alibiye  ou 
d'un  Prieun!'.  lit  dans  un  Pj-ieurc,  on  appcH» 
Vrieur  claustral ,  I.c  Keligiuux  (jui  est  le  Supé- 
rieur des  autres. 

CL.WON.  s.  m.  Petite  claie  sur  lofjueile  ou 
fait  ordinairement  cgouller  des  fromages. 

(  )n  .ippclle  aussi  Clayon ,  Vnc  claie  ronde 
sur  laijucllc  les  Pitissicrs  portent  diverses  pi 
lisseries. 

CI.AYONNAtlE  ou  CLAVONAGE.  6.  m. 
Assemblage  fait  avec  des  picuK  et  des  lirancl.rs 
U'arbres  en  fonne  de  claies,  pour  soutenir  des 
iL-rres  et  les  empêcher  de  s'elrauler.  Il  faut  faire 
\à  un  clayonna(jc ,  île  peur  que  les  terres  ne 
lelnntlcnt, 

CLE 

CI.EF.  s.  f.  f  On  prononce  Clé,  même  de- 
rant  une  voyelle.  )  Instrument  fait  ordinairc- 
Dient  de  fer  ou  d'acier,  pour  ouvi^r  et  fermer 
>ne  serrure,  /'élite  clef.  Grosse  clef  Une  clef 
forée.  Les  ilents  d'une  clef  Fausser  une  clef 
Forcer  une  clef  Une  porte,  un  cojfrc,  une  ar- 
moire qui  ferme  i  clef,  à  la  clef  Dn  trousseau 
ie  clefs.  Une  fcmwe  qui  a  des  clefs  pendues  à 
la  ceinture.  Elle  a  les  clefs  de  tout.  Cela  est  en- 
fermé sous  la  clef  Cela  est  sous  la  clef,  sous 
les  clefs.  Porter  les  clefs  d'une  Ville  à  un  Prince. 
Toutes  les  Villes  encoyèrenl  au-devant  de  lui  ■ 
leurs  Mail  es  et  Echevins  lui  portèrent  les  clcfi. 
On  dit,  iju'L'iie  veutc  a  mis  les  clefs  sur  la 
fosse  de  son  mari,  pour  diiï,  qu'Elle  a  renonci 
i  la  cora.nuinauté,  parce  qu'en  effet  c'ctoit  au- 
Irefoin  avec  celle  form:dité  quelle  y  reocnçoit. 
On  appelle  Gcnlils/iommcs  <(e  la  clef  d'or, 
t:ert.iins  grands  Officiers  de  la  Cour  de  l'Em- 
perjur  ou  du  Roi  d'Espagne,  et  d'autres  Princes, 
qui  ont  dioit  d'entrer  dans  la  cliambre  de  ces 
Princes,  cl  qui  p.irlent  une  clef  d'or  i  leurccin- 
lure,  pour  manpie  de  ce  droit. 

On  dit  pro,crl>ialement  et  fisurcm.,  ylvoir 
la  clef  des  cha:nps,  pour  dire.  Eue  en  liberté 
d'aller  où  l'on  veut;  et  l'on  dit.  Donner  la 
clef  des  champs  à  un  homme,  pour  dire.  Le 
Ineltrv  en  liberté  :  ce  q;ii  s'applique  aussi  qufl- 
rjuefois  aux  animaux.  On  a  donné  la  clej  dis 
champs  à  ces  oiseaux. 

On  dil  figurémcnt  De  certaines  Places  forle» 
de  la  frontière,  que  Ce  sont  les  clefs  du  Royaume. 
Calais  est  une  des  clefs  de  la  France. 

t)n  dit  aussi  fi^^uréuj. ,  que  La  Grammaire 
est  la  clef  des  Sciences,  que  la  Loqique  est  la 
clef  dt  la  l'hilosophie,  pour  dire,  que  I^ 
Orammaire ,  qiu'  la  Lo;^i  juc  donnent  une  gi  aude 
ouverture  pour  ces  Sciences,  y  servent  d'intro- 
duction. 

Kt  dans  le  même  «ens  or.  appelle  Clef  d'un 
ouvrage,  clef  d'un  système,  O  qui  est  ucce.- 
laiiu  pour  «voir  rintelligeuce  duo  ouvrage, 
d'un  système. 

On  ap|Klle ,  eu  termes  d'Ardiilcclure ,  Clef 
de  riiilc,  La  pierre  da  milieu  qui  fcinx  la 
ïuAL'. 

3a 


aSî  CLE 

On  appelle  Clef  Je  p\slolel,  de  cnrabint, 
d'arcjuebusc  à  rouet,  I.'iiistruiucnt  avec  lequel 
oii  les  liande  ;  et  Clef  â'uue  montre,  Celui 
avec  lequel  on  la  monte. 

On  appelle  Clef  de  lit,  I.'instrunirnl  avec 
)c<]ucl  on  tourne  les  vis  jMjur  monter  ou  dc- 
iniuiter  le  Lois  de  lit. 

On  appelle  Clef  J'éfinette,  de  clavecin, 
I.'initrument  avec  quoi  on  tourne  les  chevilles 
d'une  épinrf.e  et  d'un  elavecin.pour  tendre  ou 
jwur  relûcljcr  les  cordes. 

On  appelle  Clff  d'im  pressoir,  La  vis  qui 
sert  i  serrer  ou  à  liiclier  le  pressoir. 

On  appelle  figurtment  Clef  de  meute.  Un 
excellent clii'U  fpti  relève  les  défauts  des autrei 
clilcns  de  1 1  meute  accoutumés  à  le  suivre. 

On appille aussi figurém. et familii'rem.  CUf> 
de  meule.  Ceux  qui ,  drns  les  compagnies,  en- 
ti-.iinent  ordl  uaii  cnicnt  les  autres  dans  leurs  avis. 

On  appelle  fi^urémcnt  CU-f,  en  termes  d« 
Musique ,  Certaine  marque  qui  sert  à  faire  cou- 
noUre  l'intonation  des  notes  par  rapport  à  Uul 
position.  Uy  3  trois  clefs  duns  la  ilusique:  U 
clef  de  G  rc  sol,  !ii  clef  de  C  sol  ut,  lu  clef 
d'F  ut  fa. 

On  dit  figiucni. ,  Les  clefs  de  Saint  Pierre, 
pour  dire,  L'auloritc  du  Saint  Siège;  Les  clefs 
des  trèjors  de  V T.rjlise ,  pour  diie,  Le  pouvoir 
d'accorder  des  indulgences;  et  La  puissunci 
des  clefs,  les  clefs  du  Paradis,  les  clefs  du 
Royaume  des  deux,  pour  dire ,  La  puissauct 
de  lier  et  de  délier. 

Clef,  en  parlant  De  certains  ouvnges  dnnl 
les  noms  sont  déguisés,  ou  qui  sont  (;crits  d'une 
maniia-c  énign:aliiiue,  se  dit  De  l'explicatioc 
des  noms  supposés,  et  des  termes  obscurs.  Avoir 
la  clef  d\tn  Uonian,  d'une  Satire,  ha  clef  di 
la  cabale.  La  clef  de  Raimond  Lulle.  La  clej 
de  Paraeehe. 

On  appelle  Clef  de  chiffre,  L'alplialiet  doi;| 
on  est  convenu,  et  qui  sert  à  cluirrer  ou  ù  dé< 
cliifller  les  dépêches  secrètes. 

CI.ÉM-VTITli.  s.  f.  Plante  qu'on  nomm< 
encore  Lhcrhe  niLTÇjiicux,  parce  qu'on  pré- 
tend qu'en  s'en  frottant  ils  font  paroitre  leuri 
membres  iivides  et  ulcérés.  On  cultive  dans  lei 
jardins  quelques  espèces  de  Clématites,  u  cause 
de  la  beauté  de  leur  fleur. 

Cl.ÉMliNCIi.  s.  f.  Vertu  qui  porle  i  par-  ' 
donner  les  offenses  et  A  modérer  les  ch'itinicns. 
Il  ne  se  dit  proprement  que  de  Dieu  ,  dci 
Souverains,  et  de  ceux  qui  «ont  dépositaires  de 
leur  autorité.  Clémence  divine.  Clémence  royale. 
J^a  clémence  e.st  la  vertu  des  Rois.  Ijyer  de  clé- 
mence envers  les  vaincus.  Avoir  recours  à  la 
clcmencfi  du  Prince.  Traiter  avec  clcnicncc. 
implorer  la  clémence  d'un  Jufje,  etc. 

Dans  liU  sens  un  prti  plus  élendu ,  on  dit 
d'Un  fils,  qu'/l  a  ictours  à  la  clémence  de 
ion  pcie. 

CLIÎMKNT,  KKTE.  odj.  Oui  a  la  vertu  de 
r.lémcnce.  Prince  clément,  'i^uini^iieur  clément. 
Père  clément.  Juqe  clément. 

On  dit  en  parlant  de  Dieu,  que  Dieu  cr.f 
cténient  et  nii:fCricor'Jic.'ij:,  pour  dire,  cju'll 
pardonne  aux  pécheurs  qui  ont  recours  à  lui. 


CLE 

CLEMENTINES,  adj.  f.  pi.  pris  substanti- 
cenicnt.  Recueil  des  Décrct.ilrs  de  Cit'ment  V, 
ù'it  piir  Jean  XXlI.  On  appelle  encore  CIc»«n- 
(inc.ç,  Un  recueil  de  pièces  apocryphes  fausse- 
ment  attribuées  i  Saint  Clément, 

CLEPSYDRE,  s.  f .  Horloge  d'eau  qui  servoit 
ordinairement  îi  mesurer  le  temps  chez  les  An 
ciens.  Elle  régloit  le  temps  accordé  aux  Orateurs, 
Plusiems  macliîncs   hydrauliques   des  An- 
ciens portent  aussi  le  nom  de  Clepsydre. 

CLERC.  8.  m.  (  Le  C  final  ne  se  pionnnce 
point.)  Celui  qui  par  la  tonsure  est  entré  dans 
l'Ét.'t  E'î?.!':^ias'jifue.  En  ce  sens  il  e.lt  opposé  h 
Inique,  ou  Lai.  //  est  déjcndu  de  meltrf  U 
main  sur  les  Prélres  ou  sur  les  Clercs.  Clcra 
tonsuré  d'un  tel  Diocèse. 

On  appelle  dans  les  Parlom-îus,  ComciUer- 
Clerc  f  Un  Conseiller  qui  est  jourvu  d'une 
charge  i.0ectce  aux  Ecclésiastiques. 

Ou  appelle  Clerc  de  Chapelle,  chez  le  Roi, 
cheB  la  Reine,  olc.  Un  Officier  de  la  Chapelle, 
dont  la  charge  est  d'y  servir  h  certaines  fonc- 
tions EcclesiasiiqueSj  sous  les  Auinûniers  et 
60US  li;s  Ciiapelûins. 

Ct-Enc,  signifioil  autrefois  un  homme  gradué, 
ou  du  moins  leltrdj  d'où  sont  venues  ces  façons 
de  parler  proverbiales  :  Il  est  habile  homme  el 
grand  clerc.  Les  plus  qrands  clercs  ne  sont  pai 
les  phz.-î  fins.  Il  nest  pas  grand  clerc  en  cetti 
matière.  Ce  nVs(  pas  un  grand  clerc. 

Ci.Enc,  signifie  encore  plus  ordinairemeul 
Celui  qui  écrit  et  travaille  sons  un  homme  dfl 
Pratique.  CÏltc  d'Avocat ^  de  Procureur ,  di 
i^utiiire.  Clerc  de  Greffe.  Clerc  du  I*alais.  Ou 
nppelle  Maître  Cla'c  chez  un  Avocat,  chez  un 
Procureur,  etc.  Olui  qui  est  le  premier  des 
Clercs  qui  iiovaillcnt  dans  leur  Etude. 

On  appelle  Vice  de  clerc.  Une  fauîe  qui  se 
irouve  dans  une  pièce,  par  l'ignorance  ou  pat 
l'inadvertance  d'un  Clcic. 

On  dit  proveibialcmcnt ,  Un  pas  de  clerc, 
pour  dire,  Une  faute  conmiise  par  iguoratïce  et 
manque  d'expérience.  C  est  un  pas  de  clerc.  Il 
a  fait  un  pas  de  clerc. 

Dans  les  Corps  des  Marchands,  des  î^léticn 
Bt  de  quelques  Communautés,  on  appelle  Clercs, 
Ceux  qui  portent  les  billets,  et  fout  les  autrea 
tommissions  pour  les  affairc.s  de  ces  Corpj. 
Clerc  dea  Drapiers.  Clerc  des  Orfèvres.  Kt  dans 
les  Paroisses,  on  appelle  Clerc  de  VO/l'uvre^ 
Celui  qui  a  soin  de  certaines  choses  qui  regar- 
dent l'OEuviP  de  la  Paroisse, 

On  appelle  rhez  le  Roi,  et  dans  la  Maison 
ie  quelques  grands  Princes,  Clerc  d'offîce. 
Celui  qui  a  la  charge  de  contrôler  ce  qu'on 
livre  pour  la  bouche  du  Prinoiî.  Contrôleur 
clerc  d'o'Jice. 

On  dit  proverbial.,  Compter  de  Cletc  ô 
Maître  (  et  en  cette  phrase  le  C  final  se  pro- 
nonce), pour  dir.'jNe  rendre  compte  que  de 
la  recette  et  de  l.i  dtpcm^e,  sans  dtre  charge  do 
rien  de  plus. 

En  parlant  de  la  Cour  de  Rome,  on  npj>rllc 
Clerc  de  la  Cham)  re  ,  Uu  Prélat  OOirier  de  la 
Chand)re  Apos((»!ùj  ic.  Il  y  a  plusieurs  Clcra. 
de  la  Chambre. 


CLÎ 

On  nommoit  autrefois  Clercs  du  socret , 
Ceux  qu'on  appelle  aujourd'hui  Sccre'taircs 
d'État. 

CLERGE,  s.  m.  L'Ordre  Ecclésiastique,  le 
Corps  des  Ecclésiastiques.  Le  Clergé  est  le  pre- 
mier des  b-ois  Etats.,  des  trois  Ordres  du 
Royaume.  Le  Clergé  de  Frajtce,  de  VÊglist 
Gallicane.  I/assemblée  du  Clergé.  Les  Agent 
du  Clergé.  Convoquer,  assembler  le  Clerqé. 
Tout  le  Clergé  de  cette  Province.  L'Evê(jue  à 
la  tête  de  son  Clergé.  Le  Clergé  séculier,  ht 
Clergé  régulier.  Le  Clergé  d'un  Diocèse.  L* 
Clergé  d'une  grande  Paroisse.  Le  Clerqé  ett 
fort  nombreux. 

On  appelle  iîenfes  dif  Clergé  ^  Le»  rentM 
Constituées  sur  le  Cierge'. 

CLÉRICAL,  ALE.  adj.  Appartenant  au 
Clerc,  à  rKcclésiastique.  L'Ordre  clérical,  J.m 
Tonsure  clericuïe.  Les  fonctions  cléricales. 

On  appi'Ile  Titre  clérical,  La  revenu  dont 
nhaque  Clerc  doit  faire  preuve  avant  d'èlre  or- 
donné. Voyez  Tithe. 

(:LÉRICALEME>T.  adv.  D'une  manière 
clcrirale.  Il  est  i>étu  fort  cléricalcment. 

CLÉRlCATURE.s.f.  L'état  ou  la  condiiioa 
du  Clerc,  de  l'Eeclésiastique.  Lettres  de  cléri- 
cature.  Droit  de  cléricaturc.  Privilèges  de  cî«- 
ricaturc.  Alléguer  sa  cléricature  pour  ctte  rNi- 
voyé  à  son  Juge  Ecclésiastique, 

en 

CLIENT,  ENTE.  s.  Celui ,  celle  qui  a  chargé 
de  sa  cause  un  Avoeat.  Il  ne  se  dit  juriptement 
que  des  Parties  à  l'éj^ard  de  leurs  Avocilc,  tt 
qu^Iquefois  des  Partie»  à  l'égard  de  leurs  Juge». 
lion  client.  C^est  mon  client.  Je  suis  sa  cUcr.ie, 
La  salle  de  ce  Magistrat  est  pleine  de  cliem 
aut  heures  de  V Audience. 

Il  se  disoit  autrefois,  cliei  les  Romains,  Pt 
ceux  qui  se  melloicnt  sous  la  proterlion  dei 
plus  puissans  citovens.  Les  cliens  rendoieni 
beaucoup  d^honncur  à  leurs  Patrons^  les  nc- 
compagnoient,  etc. 

CLlENTIilJ-:.  s.  f.  Nom  collectif,  pour  si- 
gnifier Tous  les  cliens  d'un  même  Seigneur.  Il 
avoit  assemblé  ce  jour-là  tonte  sa  clientèle. 

Il  signifie  aii&si  La  protection  que  le  Patron 
nrcorde  à  ses  cliçjis.  Cet  homme  est  sous  votre 
clientèle. 

CLIFOIRE.  s.  f.  Espèce  de  Seringue  qua 
font  les  enfaus  avec  un  bâton  de  sureau. 

CLlUNEMENf.  s.  m.  L'action  de  cli^^ner 
les  yeux  par  un  luouvcnietil  involontaire.  Il  se 
prend  ordinairement  pour  ITrie  mauvaise  ha- 
Idtude  de  cligner  les  yeux.  Il  est  sujet  à  un 
tlignemcnt  d'yeux.  Il  a  un  clignement  per- 
pàtuel. 

CLTGNE-MUSSETTE.  s.  f.  Jeu  d'enfani, 
dam  I.quel  l'im  d'eux  ferme  les  yeux,  tnndi* 
que  les  autres  se  cachetil  eu  divers  endruitâ  ou 
il  les  doit  cherclrer  pour  les  prendre.  Jouer  à 
cliifne-musi^ctle,  à  la  cligne-mussctte, 

CLIGNER.  V.  a.  Il  ne  se  dit  que  Ucs  yeux, 
et  u'esl  d'iLsnge  que  dans  ces  phrases,  Cligner 
les  yeuXj  cligner  i'cet/,  pour  dire,  rcruiT 
l'œil,  fermer  les  yeux  h  demi. 


CLI 

CucaÉ,  participe.  Tenir  Us  yeiix  cVujnês. 

CI-IG>UTr:MENT.  s.  m.  Mouvement  invo- 
Imitaire,  qui  fait  tju'ou  remue  comlrmcllrnierit 
fes  paupicres.  H  est  sujet  à  un  clujnotement 
à^ye'.uT  continueL 

CI.IGNUÏER.  V.  n.  Remuer  cl  l)aiascr  les 
paupivTcs  frequcnimcut .  coup  sur  coup.  Il  iie 
fait  auc  cUqnoler.  On  dit  aussi,  CUijnoler  des 
yeux.  L'excès  de  lumière  fait  cliqnoter  les 
yeuXy  Oblige  les  yeux  i clignoter. 

CLIMAT,  s.  m.  Tenue  de  Géographie.  Par- 
tie du  globe  de  la  terre,  comprise  entre  deux 
cercles  parallèles  h  rétju;ileur,  et  telle  que  le 
jour  du  solstice  (l'iltccsi  plus  louj;  d'une  dcmi- 
lieure  sous  le  second  de  ces  cercles,  que  sous 
le  premier.  Les  Anciens  ne  connoissoiVul  i^ué 
sept  climats.  Climat  mcridional ,  scptenlvional. 
La  Icire  se  divise  en  chnials  d'Iieures  et  en  cli- 
mats de  mois.  Les  Gcoqraphes  modernes  ne 
comptent  plus  par  climats,  mais  par  degrés  dt 
latitude. 

Il  se  ])rend  aiusi  pour  La  ligne  qui  marque 
Mir  le  globe  la  division  dis  climats.  Le  premier^ 
le  Kcond  climat  passe  par  un  tel  lieu. 

On  le  prend  d'ordiniiire  pour  Région,  pays, 
principutcnicut  eu  êi;ard  à  la  température  d« 
l'air.  Climat  chaud  ^  climat  tempéré,  doux^ 
afjTeaole.  Heureux  climat.  Changer  de  climat 
Passer  dans  un  autre  climat.  Les  climats  froids^ 
les  climats  chauds. 

CUMATÉRIQUE.  adj.  dc«  2  genr.  U  neM 
d'asn^c  que  diins  ces  phrases.  An  climaterique, 
année  climatcrique,  et  si;;nifie  chaque  fieptiènic 
«onée  de  la  vie  humaine,  et  particulièremenl 
la  soixante-troisième,  qui  est  le  neuvième  sep- 
téjiaire.  On  l'appellt;  La  grande  clima^é^ilple^ 
et  aK*iIriacnl  La  climatériquc.  Il  est  mort  dam 
êon  année  cUmatériiiue^  dans  sa  chmatéricjuc. 

Un  dit  par  cxlensinn,qiie  les  États  ont  leuii 
ûjmees  cUmatenaucSy  aussi-bien  aiie  les  hommes 

CLI>'.  s.  m.  Prompt  mouvement  de  la  pau- 
pière, qu'on  baisse  et  qu'on  relève  au  racnx 
instant.  U  n'est  d'usage  qu'étant  joint  à  OLil 
Ln  clin  d'œil.  Faire  un  cUn  d*œil  ,  se  faiii 
obéir  par  un  clin  d'œiL 

On  dit  oussi,  Faire  un  clin  d'œil  à  auel* 
quun,  pour  dire.  Lui  faire  un  signe  de  l'œil. 

On  dit  n^u'énicnt ,  En  un  clin  d^œil ,  et 
moins  d'un  cUn  (i'a*:/,  pour  dire,  En  un  mo« 
mcot,  en  fort  peu  de  temps. 

CL15CAILLE,  Gi  LNC.VILLERIE,  CLlN- 

CAILLIER.    V.    QUIKC&ILLE,    (^)UINCAIU.tllIE, 

<^>uiac\ii.uEn. 

CI.IMOUE.  odj.  de»  •?.  penres.  Il  se  dit  de 
reux  qui  recevoicut  le  baptcme  au  lit  de  h 
mort. 

On  dit  Médecine  clini(jue  ,  pour  dcsignci 
particiiUcrement  Celle  qu  exercent  les  l*rati- 
cicn*  auprès  du  lit  des  malades. 

Il  se  dit  au»*i  Des  Médecins  qui  visitent  les 
lualades,  par  opjh)sition  à  ceux  qu'on  consulte 
et  il  ceux  qui  ecri\cnt,  C'ett  un  Médecin  cU- 
nitftte. 

CMNOPODIUM ,  ou  FAUX  BASILIC,  s.  m. 
Voyez  BisiLiC 

(;i.IM^)UA^r.  s.  m.  Petite   lame  d*or  oa 


CLO 

d'argent  qu'on  met  dans  les  brodeiics,  les  den- 
telles, etc.  Il  y  a  beaucoup  de  clinaiiant  dans 
ces  galons^  dans  ces  denlcUes. 

On  appelle  aussi  Clifit^uiinf ,  Des  lames  ou 
feuilles  de  cuivre  qui  l)rillc!it  beaucoup.  Les 
habits  de  masques  y  de  ballets^  sont  ordinaire- 
ment chargés  de  clinquant. 

CusQLANT,  en  parlant  d'Ouvrages  d'esprit. 
sig;tiific  ligurémeot  F^ux  brillant,  et  se  dit  Des 
fausses  beautés  d'un  ouvrage.  Une  poési'i  pleine 
de  clinquant. 

CLIO.  Nom  de  la  Muse  qui  préside  îi  l'His- 
Icîre.  On  di:,  Un  elêce  de  Clio,  |X)ur  désigner 
L'n  homme  qui  s'adonnî  à  l'cludc  ou  à  la  com- 
position de  l'Hisloire. 

CLI(^>U.UlT.  s.  m.  Kom  d'une  pierre  très- 
csliniee  pour  bâtfr.  Le  Cliquart  comm;i  ce  à 
devenir  rare. 

CLI(^)UE.  s.  f.  Société  de  gens  qui  s'unis- 
sent pour  cabalcr  ,  pour  tromper.  C'est  une 
dangereuse  clique.  Il  est  de  la  clique.  Il  est  du 
style  familier. 

CLIQUETER.  V.  n.  Faire  un  bniit  qui 
imite  le  c!aquct  d'un  moulin  quand  il  est  eu 
niouvemci>t. 

CH<^)LETIS.  s.  m.  Bruit  que  font  les  armes 
en  cho<pianl  les  unes  contre  les  autres.  On  ou  i 
un  grand  cliquetis  d'armes.  Vn  cliquetis  dVpc'tv. 

CLIQUETTE,  s.  f .  Sorte  d  instrument  fait 
de  deux  os,  ou  de  deux  morceaux  de  boii 
(ju'on  se  met  entre  les  doigts ,  et  dont  on  tin 
quelque  son  mesuré,  en  les  battant  l'un  cootrt 
l'autre.  Jouer  dvs  cliquettes.  Cliquette  de  ladre. 
Les  Ordonnances  ohligeoient  autrefois  les  la- 
dites à  porter  des  cliquettes ,  ajjn  quon  se  dé- 
tournât de  leur  chemin. 

CLISSE,  s.  f.  Clayon.  Espèce  de  petite  claie 
faite  d'osier,  de  jonc,  et  propre  i  £iiie  égoutte! 
Jes  fromaj^es. 

Clivse.  Terme  de  Chinirgîc.  Petite  bande  de 
bois  ou  de  fer-blanc,  pour  tenir  en  état  les  oi 
fracturés. 

CLI.S.SÈ,  EE.  ad).  Qui  est  garni  de  clisst!. 
Bouteille  clissée. 

CI.nOKIS.s.  m.Pctite  partie  de  chair  rondi 
qui  est  dans  l'endroit  le  plus  élevé  des  parties 
naturelles  de  Li  femme. 

CLIVER.  V.  a.  Terme  de  Lapidaire.  Cliirr 
lin  diamant ,  Le  fendre  avec  adresse  ,  au  lieu 
lie  le  scier. 

Cuve,  ée.  participe. 

CLO 

CLO.AQUE.  s.  f.  Conduit  fait  de  pierre,  et 
voûte,  par  où  l'on  fait  écouler  les  eaux  et  les 
immondices  d'une  ville.  En  ce  sens-lh  il  n'est 
guère  en  usage  qu'en  parlant  Des  ouvrages  des 
Anciens.  Les  cloaques  des  Romains  subsistent 
(■ni'orc.  et  sont  bien  bâties  et  fort  hautes.  En 
François  on  dit  plus  ordinairement  EgouL 

Cloaque,  se  dit  aussi  d^Uu  lieu  destine  à 
recevoir  les  immondices  ;  vl  en  ce  sens  il  es", 
masculin.  Il  at  Ionise  datis  un  cloaque. 

On  dit  d'Une  maison  sale  et  infixte,  que 
C*cst  un  cloa'fitc. 

On  le  dit  aus^i  d'Une  persuuno  puintc. 


CLO 


253 


On  rapplique  figurrmeul  aux  vices.  Ctoa^u« 
d'ini^iureté.  Cloaque  de  toutes  sortes  de  vices. 

On  ap|ielie  au^siCfoiit^ue,  La  cavité  qui  sert 
à  la  fois ,  ù  la  poule  et  aux  autres  oiseaux,  d^a- 
nus  et  de  vagin, 

CLOCHE,  s.  fém.  Instrument  fait  de  métal, 
ordinairement  de  fonte,  rreux,  ouvert,  qui  v« 
en  s'élarçissanl  par  en  basset  au  milii  u  duquel 
d  y  a  un  battant  pour  tirer  du  son.  Grosse  clo- 
che. Petite  cloche.  Cloche  harmonieuse,  arqejt' 
tinCj  sourde,  fêlce.  Sonner  les  cloches  à  volée j 
en  branle.  Tinter  les  cloches.  Les  cloches  son- 
ncnt,  La  cloche  tinte.  Fondre  des  cloches.  3Toti- 
ter,  pendre,  té/uV,  baptiser  une  cloche.  A'oin- 
nicj*  une  cloche.  Partir,  convoquer,  aïsenibiCT" 
au  son  de  la  cloche. 

On  dit  proverbialement ,  C^csl  le  son  de» 
cloches  auxquclU^  on  fait  dire  tout  ce  que  l'on 
veut,  pour  dire,  C'est  une  chose  à  laquelle  on 
peut  donner  telle  explication  que  l'on  voudra. 

On  dit  proverbialement,  Fondre  la  cloche, 
pour  diro,  Prendre  une  dernière  résolution  sur 
une  affaire  qui  a  été  longtemps  agitJe,  en  ve- 
nir à  l'exécution.  Quand  if  O'inl  à  foudre  la 
cloche.  Il  est  tcmpft  de  fnndre  la  cloclic. 

On  dit  d'Un  homme  qui  est  fort  surpris  de 
voir  manquer  une  chose  A  laquelle  il  s'aiten- 
îloit,  ou  de  vo.T  arriver  un  malheur  imprévu, 
t|u'/I  est  étonné,  qu'il  est  penaud  comme  un 
tondeur  de  cloche. 

On  appelle  Gen(i'/s/iommes  de  la  cloche.  Les 
descendans  des  Maires  et  des  Éclicvins  de  cer- 
taines Villes  où  ces  Charges  anoblissent.  On  Ira 
appelle  ainsi,  parce  que  les  Assemblées  cù  cet 
OflSciers  s'élisent,  se  font  au  son  de  la  cioclii 

On  dit  figurément  el  familièrement,  Fairt 
ronner  la  grosse  cloche,  pour  dire,  Faire  l>ar- 
ler  ou  agir  celui  qui  a  le  plus  de  crédit  daitc 
une  aflaire. 

On  dit  qu'r"n  homme  n^est  pas  sujet  au  coup 
de  cloche,  pour  dire,  qu'il  est  lii)re  et  maître 
de  son  temps. 

Ci-ocuE,  si.;nifie  ausii  Certain  ustensile  de 
cuisine,  fait  de  fer,  de  cuivre,  ou  de  terre 
mit*',  en  forme  d'une  véritable  cloche,  poux 
faire  cuire  des  fruits.  La  cloche  est  toute  roug^. 
Des  poires  cuites  à  la  cloche  ou  sot:*  la  clocb€. 

Il  se  dit  aussi  Do  certain  vase  de  verre  qu'on 
met  sur  des  plantes  délicates,  comme  des  me- 
lons ,  des  concombres ,  etc.  ptTur  les  garantir  du 
froid. 

Cloche,  se  dit  pareillement  d*Une  ampouU 
nu  vessie  qui  se  forme  sur  la  première  peau. 
i' ne  grosse  c(c( ht.  lia  des  cloches  aux  pieds, 
ous  les  pieds.  Il  lui  est  venu  des  cloches  auv 
iMdiris  à  force  de  travailler. 

Les  Botanistes  appellent  Fleurs  en  cloàit , 
Certaines  fleurs  monopétales,  dont  la  figMi» 
.ipproclie  de  celle  d'une  cloche.  La  |I<ur  du  ii- 
fcron  est  en  cloche. 

A  CLOCUE-PiED.  expressif.  1  adverbiale.  Sur 
un  seul  pied.  Aller  à  cloche-}  led.  Sauter  à 
Ho<  hc-pied. 

CU)f:iIEMENT.  s.  m.  Action  de  boiter. 

CIX)CIIER.  ».  m.  BAlimcnt  de  ma^-onnerle 
ou  de  chaqieutc,  où  les  docliej  sont  pendues^ 


■^5i 


CLO 


M  qui  est  orxiinaiiemrnt  élevû  «iir  l'I'gllsf. 
Haut  clocher.  G  roi  clocher.  Clocher  jwinlii. 
Clocher  haut ,  élevé.  Monter  au  clocher.  Pff"- 
Jre  possession  d'un  Bénéfice  à  U  vue  du  clo- 
clier. 

On  dit  d'yn  homme  qui  n'a  jamab  voyagé, 
q\i71  n'a  jamais  perdu  de  vue  le  clocher  de  son 
villaqe. 

On  dit  d'Un  Curo,  que  Pour  la  jouissance 
de  ses  dîmes,  il  n'a  pas  (lesoi'n  d'autre  titre  cjue 
de  son  clocher. 

On  dit  proverbialement  et  figurimcnl,  d'Un 
Bcncficicr  qui  joait  p.ir  provision  d'iiD  Bi-ncfice 
qu'on  lui  conlesic,  qu71  se  tnit  des  pierres  du 
clocher  ;  et  d'Un  iiomnie  à  <];u  il  ne  resle  phis 
qu'une  ressource  qu'il  implois  du  mieux  qu'il 
peat,  qu'il  lire  du  clucher. 

Cix>cnEn  ,  se  prend  aussi  pour  une  Paroisse. 
Il  y  a  tant  de  clochcns  en  France, 

CLOCHER.  V.  n.  Boiter  eu  niarcliant.  Il 
cloche  hien  fort.  Clocher  du  pied  tb-oit  ^  du  céti 
di-oit.  Clocher  des  deux  côtés.  Il  est  familier. 

On  dit  figurénient ,  que  Dans  une  alfnire^ 
dans  un  raisonnement^  dans  une  comparaison^ 
il  y  a  quelque  chose  ijui  cloche,  pour  dire, 
qu'il  y  a  quelque  cliose  de  dcfoctucux.  On  dit 
dans  le  rn^me  sens  :  Ce  raisonnement  cloclic. 
Cette  comparaison  cloche.  Il  n'y  a  point  di 
comparaison  nui  ne  cloche. 

On  dit  provpihialement,  qu'il  ne  faut  pai 
clocher  deva/it  les  hoiteujc,  pour  dire,  qu'il  no 
faut  contrefaire  personne. 

On  tilt,  qu'l/'n  va's  cloche,  pour  dire,  que 
La  jwiesore  n'y  e.st  pas. 

CLOCHETTE,  a.  fem.  Uiminutif  de  cloclic. 
Petite  cloclie  qui  »e  peut  porter  à  U  main.  Pe- 
file  cIoc/iet(e.  Sonner  une  clochetle. 

CLOISON,  s.  fem.  Espice  de  muraille  dan» 
œuvre,  faite  de  charpente  et  de  maçonnerie, 
ou  de  plant  hes  seulement.  Faire  une  cloison. 
Approcher,  reculer  une  cloison.  Cloison  de 
liois.  Cloison  de  menuiserie.  Cloison  d'ais.  Cloi- 
son de  maçonnerie.  Leurs  chambres  ne  sont  sé- 
parées  que  par  une  cloison. 

Cioiso»,  en  termes  de  lîotTnique,  se  dit 
Des  membranes  qtti  di^'iJ2nt  l'intérieur  des 
fruits,  et  qui  forment  des  loges  et  de.  cellules. 

CLOISONNAGE,  ou  CLOISONAGK.  s.  m. 
Toute  sorte  d'ouvrage  de  cloison.  La  foise  de 
'rloisonnaqc  vaut  tant.  Les  chambres  de  ce 
loqis  ne  sont  séparées  que  par  du  cloisonnaje. 

CLOÎTRE,  s.  m.  Cette  partie  d'un  Monas- 
tère qui  est  faite  en  forme  de  galeries,  ayant 
quatre  eûtes,  avec  un  jardin  ou  une  cour  au 
milieu.  Le  cloître  des  Coiuleliers.  Le  cloître  des 
Chartreux.  Faire  la  Procession  autour  du 
cloître.  Se  promener  sous  le  cloître.  Uiltir  un 
doltre. 

CLOÎxnE,  50  prend  obsolument  et  indéHjûi- 
ment  four  Monastère.  Il  s'est  jeté  duns  un 
Cloître. 

Il  signifie  aussi  Une  enceinte  de  maisons  où 
logent  les  Chanoines  des  Églises  Cathédrales  ou 
Collégiales.  Le  Cloître  iVoIre-Damc.  I.c  Cloître 
Saint-Germain-VAuxerrois.  Le  Cloître  Saint- 
ilerry,  Saint-llonoré. 


CLO 

Ci-OÎthe,  se  dît  aussi,  en  parl-int  de  jardins, 
d'Un  espace  carré  I)ordé  d'arbres  nu  de  char- 
milles taillées  en  arcades  et  imitant  un  cloilre. 

CLOÎTRER.  V.  a.  Coiilraindn'  à  entrer  dans 
un  Monastère,  et  à  y  prendre  rh.il)it.  Les  p»- 
rens  de  cette  jille  résolurent  de  la  cloîtrer.  Se 
cloîtrer. 

Cloîtré  ,  ée.  participe. 

Il  signifie  aussi  Réduit  ù  garder  la  clûturo; 
et  en  ce  sens  il  ne  se  dit  que  Des  Religieuses. 
Depuis  le  Concile  de  Trente j  il  n'y  a  prer.nuc 
phts  de  Reli(jieuscs  (jui  ne  soient  cloîtrées. 

CLOÎTRUCR.  s.  m.  Religieux  fixé  dans  u- 
Monastère,  à  la  difll'renee  de  ceux  qui  ne  (imi 
.■juc  pas:ier,  ou  qui  ont  un  Ik-ncfice  ailleurs  on 
ils  sont  domicilies. 

CLOPIN-CLOPANT.  Expression  prover- 
biale, pour  dire,  En  clopin.int.  Aller  clopin- 
clopant.  Il  est  du  style  familier. 

CLOPINER.  V.  u.  Marcher  avec  peine  et  en 
cloclianl  un  peu.  Il  sVst  blessé  an  pied^  il  vu 
CTJ  clopinant.  Il  clopine.  Il  ne  fait  (jue  clopi- 
ner. Il  est  du  style  familier. 

CLOPORTE,  s.  m.  Esptce  'de  petite  btte  ou 
insecte,  qui  a  une  grande  quantité  de  pieds,  et 
qui  s'engendre  ordinairement  sous  li's  pierres 
ou  dans  les  muraiilcs.Dc/ii  ^Jouf/rc  de  cloporte. 
De  Vhuile  de  cloporte. 

CLOQUE.,  suhst.  f.  Espèce  de  maladie  qui 
attaque  les  feuilles  du  pêcher. 

CLORE.  V.  a.  Ce  verbe,  qn.mt  aux  tempt 
simples,  n'est  en  usage  qu'aux  tro.s  personnes 
da  singulier  du  présent  de  l'indiratif .  Je  clos, 
tu  clos,  (1  clùti  au  futur  de  l'indicatif,  Je  clo- 
rai; et  au  conditionnel  présent,  Je  c/orots. Fer- 
mer, faire  que  ce  qui  éloît  ouvert  ne  le  soit 
plus.  Clore  les  passaqcs.  Clore  les  yeiix  d'un 
homme  mort  ou  mourant.  Clore  lu  bouche. 

On  dit  figurément.  Clore  la  bouche  à  quel- 
ijuun.,  pour  dire,  L'empêcher  de  parler,  ou  le 
réduire  k  ne  pouvoir  répondre. 

On  dit,  Clore  Vœil^  pour  dire,  Dormir.  Il 
avoit  à  peine  clos  Vœil,  que  le  bruit ^  etc. Il  n'a 
pu  clore  l'œil  de  toute  la  nuit. 

U  est  qnelquciois  neutre  dans  la  troisième 
personne.  Une  porte ,  une  fenêtre  qui  ne  clôt 
pas  lien  ;  quand  vous  y  aurez  fiit  telle  chose, 
elle  clora  mieux.,  elle  clora  juste. 

Il  signifie  aucôi ,  Enfermer  et  entourer,  eit- 
vironntr  de  hiies,  de  murs  ,  de  fosSés,  etc. 
Clore  un  jardin,  un  parc.  Clore  un  bourg  ou 
une  ville.  Clore  de  haies  j  de  murailles. 

II  signifie  encore .  Achever  et  terminer.  Clore 
une  alfnire.  Cloreun  traité.  Clore  un  inventaire. 
Clore  un  état.  Clore  un  testament.  Clore  un 
marché.  Clore  un  t^rocès  verbal.  Clore  un 
râle.  Clore  un  compte.  Clore  un  Concdc^  une 
Assemblée. 

Clode  le  pas  dans  les  joutes  .^  dans  les  tour- 
nois, C'éloit  terminer  le  tournoi  :  comme  Ou- 
vrir le  pas,  C'étoit  commencer  le  tournoi. 

Clos,  ose. participe,  jporic  chu.  Ville  close. 
Jardin  clos  de  murailles. 

On  dit  A  huis  clos,  pour  dire,  A  portes  fer- 
mées. On  donne  quelquefois  des  audiences  à 
huis  clos  y  par  méruiQement  pour  Us  parties. 


CLO 

On  n^ipcllc  Pdques  cîo.ses,!^  I^iiuauche  qui 
suit  iramcdialement  celui  de  Pâques. 

Champ  clos.  Lice,  lieu  enfcrnitf  de  barrières, 
dans  lequel  doux  ou  plusieurs  personnes  vî- 
doient  autrefois  leurs  difTéreus  par  les  armes, 
et  avec  la  permission  du  Prince,  delà  Jufttice. 
Combattre  en  champ  clos. 

On  dit,  qu'6'n  homme  n  les  yeiu:cfos,pour 
dire,  qu'il  est  mort.  Il  n'eut  pas  sitôt  les  yeiLX 
clos,  que... 

On  dit  figurcment  d'Une  chose  qui  est  ae- 
rrète  et  cachée,  que  Ce  sont  lettres  closes.  C'cft 
lettre  close.  J e  ne  sais  pas  la  résolution  duCon- 
seii,  ce  sont  lettres  closes  pour  moi. 

Oii  dit  à  un  honnne.  Bouche  c/o>e. pour  lui 
donner  ù  entendre  qu'il  faut  tenir  une  chos» 
fort  secrète. 

On  dit  figurémenl ,  y'eu.r  e/us,  pour  dire. 
Aveuglément  et  sans  examiner.  //  y  est  allé  à 
yeiu:  clos.  Je  si(}nerai  yeux  clos  tout  ce  qut 
vous  voudtez.  On  dit  plus  ordinairement  les 
yetLX  clos,  les  yeux  ferméa. 

On  dit,  qu'i/n  pj'opriétaire  est  ohligé  de  te- 
tt ir  son  locataire  clos  et  com'crt,  pour  dire, qu'il 
riit  ohligé  de  lui  donner,  de  lui  entretenir  son 
logis  en  bon  état  do  clôture  et  de  couverture. 

On  dit  figur. ,  5c  tenir  clos  et  couvert,  pour 
illre ,  Se  tenir  en  lieu  de  sûreté,  de  peur  d'élrc 
pris.  On  le  cherche  pour  l'emjrisonncr ,  il  se 
iicndra  clos  et  couvert  durant  quelques  jours. 

On  le  dit  aussi,  pour  dire,  Cacher  .ses  pen- 
lées  et  ses  desseins.  Je  l'ai  voulu  faire  parier 
sur  cette  affaire,  mais  il  se  tient  rlns  et  ronvcrt. 

CI^XS.  s.  m.  Espace  de  terre  cultiva  elfenoé 
ie  murailles,  de  haies,  de  fossé-s,  etc.  Vn  clos 
de  vincft  arpcns.  Clos  de  vigne.  Clos  d'arhret 
iruitiers.  Faue  un  clos. 

CLOSEAU.  ».  m.  Petit  jardin  de  paysan  , 
clos  de  haies. 

CLOSSEMENT.  s.  m.  Voy.  Glocssement. 
Cri  naturel  «le  la  poule. 

CLOSSER.  v.  u.  Il  se  dit  de  la  poule.  Voy. 
Gloussei». 

(XOTUR^.  s.  f.  Enceinte  de  murailles  .  de 
haies,  etc.  Faire  une  clôture  autour  d'un  hois. 
d'un  préjClc,  La  clôture  de  ce  parc  est  eAdom- 
manée  en  beaucoup  d'endroits.  Cela  n'dl  en- 
ferme que  d'une  clôture  de  haies. 

11  se  prend  aussi  pour  1.,'obligation  que  les 
Religieuses  ont  de  ne  point  sortir  de  leur  Mo- 
nastère. Faire  vœu  de  clôture.  Garder  clôture. 
Garder  la  clôture.  Rompre  la  clôture. 

On  dit  aussi,  La  clôture  d'un  compte,  d'un 
inventaire,  d'une  assemblée. 

CLOU.  fi.  m.  Petit  morceau  de  ft-r  ou  d'autre 
métal,  qui  a  ordinairement  une  léle  el  une 
|>ointe,et*iuîsert  àalt-iclirr  ou  à  pendre  quelque 
chose.  Gros  clou.  Petit  clou.  Clou  bien  pointu. 
Clou  doré.  Clou  à  tctc,sans  tête,  à  grosse  tête, 
ctêté.  Clou  à  lutte  Clou  à  ardoise.  Clou  à  cro- 
r/ie(.  Clou  à  cheval.  Clou  de  charrette.  Cb'U  à 
mettre  50UJ  des  souliers.  Attacher  avec  des  clous. 
Ficher,  cogner ,  faire  entrer  un  clou.  Arracher 
un  clou.  Pendtc  ^ucli^uc  chose  à  un  clou.  Hiver 
un  clou.  Rabattre  un  don.  Le  fer  de  ce  cheval 
ne  lient  g:t'ù  un  clou,  in  canon  charqê  de  tèf' 


CLO 

âe  clous.  On  nppcUe  Clous  d'or  et  chus  far- 
^CTit,  De  cerlaiurs  petites  pcuntes  d'or  ou  d'yr- 
genl,  dont  ou  pifjue  des  boites  do  niootre  el 
des  ubatitres  pour  les  orner. 

On  appelle  Clou  àe  ;uff ,  Unclou  qu'un  cLe 
val  lencoiitre  en  niarclianl,  et  qui  lui  (<atr6 
"dans  le  pied.  Mon  cheval  a  pris  un  clou  de 
rue,  ou  simplement, /ï  ti  pris  un  clouj  il  est 
hoileiuc  d^un  clou  tic  rue. 

On  dit,  quX'MC  chose  ne  tient  ni  ù  fer  ni  à 
clou,  poiu  dire,  qu'EUc  est  mal  attacliée.  On 
dit  aussi  d'Une  cliose  qui  Si-rt  à  meubler  une 
niaisoQ,mais  qui  n'est  poiut  sccUc'c  diQS  la 
muraille .  et  quil  est  aisi:  d'ca  ôler,  qu'E/le  ne 
tient  ni  à  fer  nia  clou.  Mt  ou  dit  (j^urément. 
qxx'Vne  affaire  ne  ùcni  ni  à  fer  ni  à  c/ow,pour 
dire,  qu'LlIe  n'est  pa^  solideincnl  faite. 

On  dit,  qu7/  ne  mani^ue  pas  un  clou  à  un 
hdtimcntj  pour  dire,  qu'il  n'y  manque  rien. 

On  dit  fi;^urcment  et  fiuiiiliôrcment.  River 
le  clou  à  (jueliiu'un,  pour  dire,  Lui  repondre 
fortement,  vertement  sur  quelque  cliose  qu'il 

dit  mal  à  propos.  S'il  me  viiint  dire  que je 

lui  riverai  bien  son  clou. 

On  dit  proverbialement  et  Cgurcm..  quX'n 
clou  chasse  l' autre  j  pour  ilire,  qu'L'uc  nou- 
velle jiassiou  eu  chasse  une  autre.  L\inihitioi 
chasse  Vamour;  un  clou  chasse  Vautre.  Il  se  dit 
aussi  Des  personnes.  Un  tel  cloit  en  faveur 
auprès  de  ce  Pi'incCy  il  en  est  survenu  un  autre 
t^ui  Va  débusqué;  un  clou  chasse  Vautre. 

On  dit  aussi  pruverbiîlcm. ,  pour  marquer 
le  peu  d'estime  qu'on  fait  d'une  chose,  qu'Oa 
n  en  rfoniien»if  pas  un  cluu  à  :ioulJltt,  qu'elle 
ne  vaut  pas  un  clou  à  souj^Ui. 

Clou,  signifie  ir.j'isi  Ln  furoncle,  ou  ma- 
nière d'aposlume  (;ui  vient  au  corps  liuinain. 
Gros  clou.  Petit  clou.  H  lui  est  venu  un  clou. 
Son  clou  est  percé  ^  a  percé. 

Clou  de  oinoiLE.  s.  m.  Sorte  d'épicerie  qui 
vient  dans  les  lies  Moluqucs,  et  qui  a  lu  forme 
d'un  clou.  Essence  de  clou  de  girofle.  Vn  ciù'on 
piqué  de  clous  de  qirollc.  On  dit  quelquefois 
absolument  Clou,  pour  dire,  Clou  de  ^rolle. 
Acheter  de  la  muscade  et  du  clou. 

CLOUCOLIlDii,  s.  f.  Herbe  gris-dc-lin  qui 
vient  p.irmi  ics  blés. 

CLOUliJt.  V.  a.  Attacher  avec  des  clous 
Clouer  des  pentures  de  portes,  de  jtndtres 
Clouer  des  ais.  Clouer  des  lattes. 

CloOÉ,  ce.  participe. 

On  dit  liguréui.  d  Ln  homme  qui  uc  bouge 
d'un  Iieu,qu7/  y  eat  c/(jm<  ;etd'Cnhoinnie  fort 
assidu 4u  travail,  qu'il  est  cloué  sur  sa  besogne^ 
qu'il  est  tou\ours  cloué  à  son  bureau. 

CLOUTLU.  V.  n.  (iarnir. orner declous.  I]  ne 
te  dit  qurrn  parlant  De  ces  petits  cîoui  d'or  ou 
d'argent,  doul  on  garnit  les  boites  de  montre 
el  1-»  libalièics  pour  les  orner.  Clouter  um 
boite  de  montre.  Clouta'  une  tabatière,  un  étui 

Lu  jnaiicTcde  ceremonie.nn  dit, Ciouler  un 
carrosse t  faire  clouter  un  carrosse^  Lorspit 
dauflun  deuil  de  C-.ur  on  fait  garnir  rinrpcrial' 
de  son  Cârro&.sc  de  plusieurs  rai»g\  de  •;ros  clnuj 
bronii*».  Il  n'y  u  que  le  Rot  cl  la  FaniAU 
lioyale  qui  jussent  clouter  leur  carrosse. 


COA 

Clouté,  f.e.  participe. 

CLOUÏKRIE.  s.  f.  Commerce  de  «tous.  11 
JË  dit  aussi  Du  lieu  0:1  l'on  fabrique  les  clous. 

CLOUTIKR.  s.  m.  Faiseur  de  clous,  ou  qui 
vend  des  clous.  Marchand  Cloutier. 

C  LU 

CLUSE,  s.  f.  Le  cri  avec  lequel  le  Faucon- 
nier parle  h  ses  chiens,  lorsque  loiseau  a  remis 
la  perdrix  dans  le  buisson.  Cluser  la  perdrix. 
C'est  exciter  les  chiens  b  la  faire  sortir  du  buisson. 

CLY 

CLYMÈNK.  s.  f.  Plante  qui.  par  sn  tige, 
ses  fleurs  el  son  fruit ,  approche  d;  l'Épurée. 

CLVSÏÉRE.  subïît  m.  Lavement  desiine  .1 
débarrasser  les  entrailles,  qu  on  introduit  ii 
l'aide  d'une  seringue.  Clystèrc  laxatif  ,  rafraî- 
chissant. Prendre  ir.i  clystèrc.  Donner  un  clys- 
lère.  Rendre  un  clyslére,  Vn  clystère  qui  a 
bien  fait.  Ou  se  sert  plus  ordinairement  du  mot 
(le  Lavement ,  ou  de  celui  de  Reméd; 

COA 

COACTIF,  IVE.  adj.  Qui  a  droit  ou  pouvoir 
de  contraindre.  Puissance  coactive.  Pouvoir 
coactif. 

COACTION.  s.  f.  T.  rme  de  Morale  et  de 
Jurisprudence.  Contrainte,  violence  qui  ôte  la 
liberté  du  choix.  Vser  de  coaction.  Le  coactior 
prouvée  détruit  Vacte. 

COAUJUTEUR.  s.  m.  Celui  qui  est  adjoint 
k  un  Prélat,  pour  lui  aid.r  à  faire  ses  fonctions, 
et  qui  est  ordui.nrenient  dcsliné  à  lui  succidtM 
après  sa  mort.  Coadjutcur  d'un  Archevêque^ 
d'un  ÊvéquCy  d'un  Abbé.  Coadjutcur  d'Arles,  de 
Reims,  e(e.  Il  a  été  fait  Coadjuteur.  Il  a  le 
brevet  de  Coadjuteur,  les  bulles  de  Coadjuteur. 
Il  faut  qu'un  Coadjuteur  soit  sacré  sous  le  titre 
d'un  autre  Kvêché. 

On  appelle'  Coadjutew,  parmi  les  Religieux, 
Certains  Pères  ou  Frères  qui  ont  diflcrentes 
fonctions,  selon  ln  difiercnee  des  Ordres.  Le 
Père  Coadjuteur.  Le  Frère  Coadjuteur . 

COADJLTORERIE.  s.  f.  La  charge  et  di- 
gnité de  Coadjuteur  ou  Condjutrice.  La  Coad- 
jutorciie  d'un  Àrchevéciiéj  d'un  Evêché,  d'une 
Abbaye,  etc.  On  lui  a  donné,  il  a  eu  la  Coad- 
jutorene  de. . . 

COADJCTRICE.  s.  f.  Reli;ieu«ic  adiointe  à 
une  Abbcsse  ou  Prieure  pour  les  fonctions  de 
sa  place,  cl  qui  est  ordinairement  destinée  h 
lui  $uccédi:r  après  sa  mort.  Coiii/|H/rice  d'une 
telle  .ibhcssc.  Coadjutrice  d  utui  telle  Abbaye. 
Brevet  de  Coadjutrice. 

COAGLL-Vno.N.  s.  f.  Terme  didactique. 
L'état  dune  chose  coagulée,  ou  l'aclion  par 
laquelle  elle  se  coagule.  La  coaaufflf'on  du 
lautj.  La  coaf^ufad'ou  du  lait. 

COAGt'LliR.v.  a.  Cailler,  fipcr.fairequ'unc 
chose  liquide  prenne  de  In  consistance,  l'cpsis- 
sir  en  sorte  qu'elle  ne  soit  plus  lluide.  La  pré- 
sure coagule  le  Uiit.  Le  l'eniu  de  la  vipère  coa- 
gule le  sanq  dans  les  X'cines. 

<.)n  dit  aussi.  Le  tang  crtravasé  se  coanule. 
Il  De  se  dit  guhe  que  dans  le  sens  dtd:^ique. 


CGC  255 

CoAcULÉ,  fe.  participe. 

COAGUI.UM.  8.  m.  Terme  de  Clilmie.  Coft- 
giilalion  qui  résulte  du  mélange  de  quelques 
liqueurs.  L'eau  de  liviirionne,  mêlée  avec  du 
ifl  de  ttirtrc,  forme  un  coagalum.  On  le  dit 
aussi  Du  moyen  de  coaguler.  La  présure  est 
un  coaqulum. 

CO.\LISER  (Se),  v.  Il  ne  s'emploie  qn'evec 
le  pronom  personnel.  Se  réunir  pour  défendre 
une  cause,  une  opinion,  pour  fonncr  un  p;trti. 

C<).\LiriO>-.  5.  f.  Il  se  dit  en  Pl.ysique 
pour  signifier  l'I'nion  iniiine  de  plusienr»  sulis- 
lances.  U  se  dit  au  moral  De  la  réunion  de  dif- 
férens  partis,  de  la  ligue  de  plusieurs  Puis- 
s:niccs. 

CO.lSSKME^iT.  s.  m.  I.e  cri  des  grenouilles. 

COAS.SKll.  V.  n.  Mot  fait  pour  exprimer  le 
cri   que   font   les  grenouilles.   Les  jrenouillei 

CO(l.Ç:tCM(. 

COATI,  s.  m.  Animal  quadrupède  qui  est 
commun  eu  Amérique,  et  qui  est  de  la  grosseur 
d'un  cliat. 

COB 

COBAT.T  ou  COROLT.  s.  m.  Demi -métal 
dont  on  tire  l'arsenic.  Substance  minérale  qui 
a  la  propiiétc  de  donner  une  couleur  bleue  au 
verre. 

GOC 

COCAGNF..  5.  f.  Espèce  de  m.',t  fort  élevé, 
rond,  li^se  et  glii*ani,  au  haut  duquel  il  faut 
nion'er  sans  aucun  secours,  pour  déticlier  ce 
qu'un  a  plicé  h  la  cime  du  mât  C'est  un  jeu 
d'adresse  usité  dans  les  fêles  publiques. 

C(X^4GNE.  s.  f.  Son  usage  principal  est  en 
cette  phrase  ,  Pays  de  Cocaqne  ,  pour  dire  , 
Pays  fertile,  abondant  en  toutes  choses,  et  où 
l'on  fait  grande  clicre.  C'est  un  vrai  pays  de 
Cocaïne.  Il  est  do  style  familier. 

On  appelle  aussi  Cocagne,  Une  file  donnée 
au  peuple,  ou  il  y  a  des  distributions  de  viande  , 
et  des  fontaines  de  vin.  Donner  une  ccraqne. 

CCX:AUDE.  s.  f.  Nœud  de  rubans  qui  k 
met  au  reiroussis  du  chapeau,  et  que  les  sol- 
dats portent  ordinairement.  On  reconnut  à  leurs 
i-uciirdcs  qn^ils  cîoieMt  de  Varmée  de  France, 

On  dit  ligurém  ,  Prendre  lu  cocarde,  pour 
dire,  Entrer  ou  service  ,  se  faire  soldaL 

COCASSE. adj.  Qui  fait  ou  qui  ditdes  choses 
plaisantes,  risibtes.  U  est  familier. 

COCCIX.  s.  m.  Terme  d'.Anatoraie.  Petit  os 
qui  est  comme  un  appendice  de  l'oi  .tacrum, 
.1  l'extrémité  dui?iw'  '">  •*'  attacha. 

COCCUS.  t'oye;  Ki;n«ts. 

COCHE,  s.  m.  Espèce  de  chariot  couvert , 
dont  le  corps  n'est  pa^  suspendu ,  el  dans  leqitel 
on  voyage.  Mener  un  coclie.  Aller  en  eoeln. 
Cocties  publics.  On  a  établi  des  coches  pour 
aller  de  Paris  aftc  antres  villa  du  Royaume. 
Coches  de  Veriuillcs,  d'Orléans,  etc.  Aller  pnt 
le  eocht,  par  la  voie  du  coche,  ou  prendre  le 
coche.  Retenir  place  au  coche.  /Jonnrr  des 
arrhes  aa  coche.  Le  coche  Cil  ^>/eiM. 

Fij;un'meut  et  dans  le  slvlc  familier,  rn 
pariant  d'Un  'lomme  qui  a  déjà  piisquclqi» 


a56  C  O  C 

co^ngemcDl  J«iu  une  nfljlre,  on  dit,  qu'il  a  ] 
donna  des  arrhes  au  coche.  I 

On  dit  autsi  Le  coche,  pour,  Los  personnes 
^ui  «ont  dans  le  coche.  Le  coche  dîne,  couche 
an  telle  hélellerie.  Le  coche  a  été  volé. 

On  appelle  Coche  d'eau.  Certains  batcanj 
de  Toiture,  établis  pour  aller  d'une  ville  h  une 
autre.  Prendre  à  ferme  les  coches  d'eau.  Le 
tiiche  de  DIelun,  de  Sens,  etc. 

COCHE,  a.  f.  Truie.  Grosse  coche.  Vieille 
coche. 

On  appelle  fi^r<?m.  et  populnirem.  Une 
femme  exirémcment  grosse  et  grasse ,  L'ne  co~ 
fliia,  une  grosse  coche. 

COCIIE.  s.  f.  Entaillure  failc  en  un  corps 
lolîde.  Faire  une  coche  à  un  bâton. 

La  coche  d'une  arbalète.  C'est  l'entaillure 
qui  est  sur  le  fût,  et  .sur  laquelle  on  arrête  la 
«orde  quand  on  bande  i  arbalète, 

La  coche  d'une  flèche.  C'est  l'entaillure  qui 
CM  au  gros  bout  de  la  fli'clie,  et  dans  laquelle 
on  fait  ïntrer  Li  corde  de  l'arc. 

11  signifie  «issi  quelquefois  L"ne  marque 
qu'on  fait  sur  du  bois  pour  tenir  le  compte  du 
pain,  du  vin,  de  la  viande,  etc.  qu'on  prend 
i  crédit  :  le  bSton  sur  lequel  on  fait  cette  sorte 
4<  coclie,  s'appelle  Taille. 

COCIIEMAR.  Voyez  Cauchemaii. 
COCHE.MI.LAGE.   s.   m.   Dccoclion    faite 
»»PC  la  Cochenille,  pour  teindre  en  cramoisi 
ou  en  dcarlate, 

COCHENILLE,  s.  f.  Petit  insecte  qui  s'at- 
Ivlif  il  quelques  arbres  de  )  Vnùique.  Le  suc 
de  cet  insecte  donne  la  plus  helie  écarlaie  Ou 
a  souvent  confondu  la  Cochenille  avec  la  graine 
il'une  espèce  de  Chêne  vert ,  qui ,  avant  que  la 
Cochenille  fut  plus  commune  ,  «ervoit  à  tein- 
dre en  écarlatc.  Cette  graine  est  le  Kermès.  V. 
Keilmès. 

COCHENILLER.  t.  a.  Teindre  une  étoffe 
dan»  un  bain  fait  avec  de  la  Cochenille. 
CoCHENai.é,  tt.  participe. 
COCHER,  s.  m.  Celui  qui  mène  un  cocho 
ou  un  cerrosse.  Bon  cocher.  Mauvais,  méchant 
todier.  Cocher  sur.  Cocher  adroit,  nkiladroit. 
Cocher  hardi.  Cocher  ij'ii  r.iéne  bten  ,  qui 
tourne  bien,  qui  n'accroche  poi.il. 

On  appelle  Cocher  du  Corps,  '^  cocher  qui 
mène  le  carrosse  ou  est  nrdin.iirement  la  per- 
sonne du  Roi,  de  la  Rcipe,  de  Monseigneur  le 
DaTtphiu,  etc. 

CocHtîi  (Le).  »,  m.  Constellation  de  l'hc- 
mljplière  septentrional. 

CtJCHER.  V.  n.  Il  se  dit  Des  coqs  qui  cou- 
rrent  la  poule.  Il  se  dit  aussi  Des  niûlcs  de» 
oijic.iux  qui  couvrent  leurs  fcnjclles.  (  C6  es: 
long.  ) 

CicHÉ,  KE.  participe. 

COCHET,  s.  m.  Petit  coq,  poulet  h  qui  la 
«été  vient,  et  qui  commence  ^1  clianler.  Un  co- 
thet  et  une  poulette.  Chaponncr  des  cachets. 

<;OCIIEVIS.  t.  m.  Sorte  d'alouette  ayant 
une  huppe  sur  La  tête.  Vn  cochevia  qui  allante 
à  merveille. 

COCIILÊARIA.  ».  m.  Plante  qu'on  nomme 
(Mil  i/o-bc  aux  cuilltri.et  qui  porte  ce  demiei 


coc 


nom ,  parce  que  ses  feuilles  ont  la  formé  d'un 
niilleron.  C'est  un  aniiscorbulique  très-connu. 
COCHON.  s.ni.Porc. pourceau.  Coc/  on  de  lait. 
Cochon  d'un  an.  Cochon  gras.  Cochon  mairjre. 
Engraisser  un  cochon.  Tuer  un  cochon.  Saler 
un  cochon.  Mettre  un  cochon  au  gland,  à  l'en- 
grais. Garder  les  cochons.  Gardeur  de  cochons. 
Groin  de  cochon.  Des  oreilles  de  cochon.  Pied 
de  cocht  i  Langue  de  cochon. 

Il  y  a  celte  dliférence  entre  Cor/ion  et  Pour- 
leau,  que  Cochon  se  dit  de  cet  animal  à  tout 
ige  ,  mais  Pourceau  seulement  quand  il  est 
grand.  Ainsi  on  dit  bien.  In  cochon  de  lail. 
Et  h  truie  a  fait  de  petits  cochons,  mais  non 
pas  de  petits  pourceaux,  ni  un  pourceau  de  lait. 

On  dit  d'Un  homnie  qui  a  de  petits  veui . 
gu'//  a  des  yeux,  de  petits  yeux  de  cochon. 

On  dit  faniilléiement  d'Ln  homme  qui  ne 
l'ait  que  manger  et  dormir,  que  C'est  un  co- 
chon, un  gros  cochon,  un  vilain  cochon,  qu'i'l 
rȎ;ie  une  i;ic  de  cochon. 

Le  mot  de  Cochon  ne  s'emploie  au  fi^-uro 
îue  dans  mie  acception  populaire  ou  très-famii 
lière. 

On  dit  proverbialement  De  deux  personnes 
qui  vivent  ensemble  dans  une  extrême  familia- 
rité, qu'//s  sont  camarades,  amis  comme  co- 
chons. Et  on  dit  aussi  proverbialement,  H 
<entble  que  nous  ayons  gardé  les  cochons  en- 
temble;  et  cela  se  dit  par  un  liommo  qui  veut 
dure  sentir  à  son  inférieur  qu'il  en  use  trop  fa- 
uilierement ,  et  qu'il  s'oublie. 

CoCBOa-D  I5DE.  Sorte  d'animal  qui  est  un 
peu  plus  petit  quun  !ai  lu ,  e»  ^ji  grogne 
comme  un  codion. 

COCHO>'.  s.  m.  Tern  e  de  MiHallurgie,  qui 
désigne  un  mélange  impur  de  méti'  et  de  sco- 
ries, qui  bouche  quelquefois  les  fournoiux  où 
l'on  fait  fondre  les  métaux.  Dans  l'affinage  on 
s'en  sert  pour  désigner  1-  gonflement  ou  le  soi-- 
lèvement  des  cendres  dans  la  coupelle. 

COCHONNEE,  s.  f.  Ce  qu  une  truie  fait  dc! 
petits  cochons  en  une  portée.  Elle  a  fait  tant 
de  petits  cochons  en  une  cochonnée. 

COCHONNER,  t.  n.  Il  ne  se  dit  que  d'Une 
truie  qui  fait  de  petits  cochon».  La  truie  a  co- 
(honnc.  Elle  cochonnera  hienlot. 

On  l'emploie  activement  dans  un  autre  sens. 
5ui  est,  Faire  salement  et  grossièrement  un  ou- 
vrage. C'est  un  ignorant  qui  cochonne  la  fce. 
(ogne.  Voilà  qui  est  bitn  'ochonné.  licstfau^i- 
licr. 

COCHONTÎERIE.  ..  f.  Terme  populr.it-, 
pou-  dire.  Malpropreté. 

COCHONNE]',  s.  m.  Sorte  de  boule  i  douze 
faces,  sur  chacune  desquelles  il  y  a  de»  [loinls 
marquis  dep.-is  un  jusqu'à  douje.  Jouer  au  co~ 
l'honnct. 

Un  appelle  aussi  Cochonnet,  Ce  que  àcs 
gens  qui  jouent  h  la  boulo  ou  au  palet,  jelteiit 
devant  «ux  au  lia»«rd,pour  leur  scrvu-  de  but. 
Cochonnet  va  devant 

COCO.  t.  m.  Fruit  du  cocotier.  Ce  fruit  est 

gros  comme  un  melon,  et  quelquefois  davan- 

Uge.  Une  lo.<s€  de  coco.  Vn  chapelet  de  coco. 

I  L/>  Indiens  tirent  du  fil  de  la  première  icorct 


COD 

du  coco,  et  en  font  de  la  toi'îc.  /,a  chair  au 
coco  M(  agréable.  Il  y  a  dans  le  coco,  frau 
cueilli,  une  liqueur  bonne  à  boire. 

COCON,  s.  m.  La  coque  qui  enferme  le  ver 
à  soie  quand  il  a  achevé  de  filer.  Vn  cocon  de 
ver  à  soie. 

COCOTIER,  s.  m.  L'arbre  qui  porte  la  noii 
de  coca 

COCnON.  s.  f.  Ac'.ion  de  faire  cuire  dan» 
de  l'eau  bouillante,  ou  dans  une  autre  liqueur. 
Il  signifie  aussi  L'effet  de  cette  action. 

11  se  dit  proprement.  De  la  digestion  des 
«limens  dans  l'estomac.  Quand  l'estomac  est 
foi/lie,  la  coction  ne  se  fait  pas  bien. 

On  dit  aussi,  La  coction  des  humew  s.  Cela 
lert  à  la  coction  des  humeurs. 

On  dit  encore,  La  coction  des  métsu.r,  en 
parlant  De  la  manière  dont  les  mélaiu  se  pcr- 
leclinnnent  dans  le  sein  de  la  terre. 

COCL'.  s.  m.  Terme  de  dérision  et  un  pcn 
libre,  qui  se  dit  De  celui  dont  h>  femme  man- 
que à  la  fidélité  conjugale.  Il  est  cocu.  C'est 
UB  cocn.  Su  femme  l'a  fait  cocu. 

COCUAGE.  s.  m.  C'est  aussi  un  terme  de 
dérision  et  un  peu  libre,  qui  se  dit  De  l'état 
ï'un  homme  qui  est  cocu.  Il  soufre  patient, 
ment  le  cocuage. 

COCYfE.  s.  m.  Un  des  fleuves  de  l'Enfer, 
.wlon  la  Fable.  H  se  pi  eud  poctiqacment  pour 
l'Enfer  même. 

COD 

CODE.  ».  m.  Recueil,  cmipilalion  itei  Lois 
Constitutions,  Re.xrits  ,  ftc.  des  EmpcicuM 
Itomains.  Le  Code  Théodosien  ou  de  Théodos*. 
Le  Code  de  Justinien  .  qu'on  appelle  aussi  al>- 
mlument  Le  Code.  Dans  un  tel  titre  du  Code. 
f.e  Code  et  le  Digeste. 

11  se  dit  De  quelcjucs  compilaUons  des  Or- 
ionnances,  comme,  Le  Code  Henri.  Il  se  dit 
lussi  De  quelques  t)rdonnanc««  sur  des  ni«- 
lières  particulières  ,  oonune  :  Le  Code  Lwis. 
Le  Code  Civil.  Le  Code  Criminel  Le  nouveau 
Code.  Le  Code  de  la  Marine.  Le  Code  ^oà■. 
CODÉCI.'VIATEUJÎ.  s.  m.  Celui  qui  perçoit 
lies  dimcs  avec  un  autre  Décimatcur. 

COUÉTENTÈUR.  s.  m.  Terme  de  Jurispru- 
dence. Qui  retient  avec  un  autre,  une  somma, 
une  succession ,  un  héritage. 

CODICILLAIRE.  adj.  des  a  genres.  (Les  L 
ne  sont  p.is  mouilli's  dans  ce  mot  et  le  suivant.) 
Oui  est  contenu  dans  un  codicille.  Legs  rodi- 
ci//iiires.  Cliuse  codicillaiie.  Disposition  codi- 
c.llai-e,  cit. 

CODICILLE.  ».  m.  Disposilion  écrite,  par 

laquelle  un  testateur  ajoute  on  chin^çe  quelque 

chose  à  .son  testament,  i'iir  son  codicille  il  u  lé- 

voqué   trois   ou   quatre   aiticles  de  son   testa- 

\  ment 

CODILLE.  ».  m.  Terme  du  jeu  de  rnomlira, 
du  Tri,  du  Quadrill.-.  On  appelle  Gagner  ea- 
dille,  G.igner  kuis  avoir  fait  jouer. 

(X)DONAI'AIRE.  adj.  des  ï  genres.  Asso- 
cié, conjoint  avec  un  autre  dans  une  miine  do- 
ua tioo. 


COEJ 

COIiC 

CŒCWt  5,  m.  (On  prononce  Cêcôm.  ) 
Ternie  â'Anotomie  empnuitc  du  Latin.  lAin 
desgroâ  ioteslins. 

COE 

COEFFICIENT,  s.  m.  Terme  d'Algèbre.  On 
appelU:  ainsi  Le  nombre  ou  b  quanlitc  connue 
qui  est  nu-de%'ant  d'une  quanûic  «Igébrïtjue,  et 
«jui  )q  multiplie 

COE.Ml'TION.  &.  f.  Achat  réciproque. 

COERCIBLE.  adj.  des  2  genres.  Terme  de 
rbvsiqiie.  Qui  peut  ùtre  rassemble  et  retenu 
dius  un  certain  espace.  La  vapeur  iΣ  Veau  est 
coer  cible 

COERCmF.  ni:.  adjecL  Terme  de  Palais. 
Çui  renferme  le  droit  de  ctierciiion.  Pouvoir, 
cûiTcitif.  Puissance  cocrcilivc. 

COERCTl'ION.  suLst.  fera.  Terme  de  Palais. 
AjCtion  par  laquelle  on  exnpccbf  quelqu'un 
d'agir  contre  son  devoir.  I)roil  qu'on  a  de  con- 
traindre quelqu'un  ^  iàire  son  devoir.  Les 
Ahhés  Commendataires  n'ont  point  de  coerci- 
iion  HIT  les  Religieux. 

CO-ÉTAT,  s.  m.  Il  se  dit  dT"n  État,  dV.n 
Prince  qui  partage  la  souvcraînetL- avec  un  autre. 

COÉl'ERISEI.,  ELLE.  adj.  <;)ui  existe  de 
toute  éternité  avec  un  autre.  Le  Verbe  est  co* 
éternel  au  Père.  Quelques  Philosophes  Pùieni 
ont  cru  que  la  matière  élûit  coétcrnelle  à  Dieu. 

COEU 

CMiTTR.  s.  niasc  Partie  noble  de  l'animal, 
dans  laquelle  on  croit  conimimé nient  que  re'- 
«ide  le  principe  de  la  vie.  C'est  un  muscla 
creux  situé  dans  la  cavité  de  la  poitriue  ,  et 
jircsquc  tnns versai emcnt  couclié  sur  le  dia- 
jthragnie.  Il  a  en  quelque  sorte  la  forme  d'un 
cOnc  aplati  par  deux  côiés,  orrondi  à  la  pointe, 
et  ovalairc  à  la  base.  Le  moiivcmcul  du  caur. 
î^  hi^ïtenxcnl  du  cœur.Pahntutioii  âucécur.  Le 
rœur  est  le  premier  vivant  ^  et  le  dernier  mou- 
tant  Les  ventricules^ les  oreillettes ^  la  pointe, 
î.i  hase  du  cœur.  Il  Cft  blasé  j  frappe  au  cœur. 
I.e  cj-ur  lui  bat  Le  cœur  lui  palpite  Le  cœur 
lui  tressailloil  d'aise  y  de  joie.  La  joie  dilate  U 
cœur.  Epanouissement  de  cœur. 

On  dit  à'Un  liomme  qui  se  sent  fort  foible, 
furt  épuisé  et  abattu ,  qu7ï  a  le  cœur  mort. 

On  dit  auisi ,  que  Le  rin ,  la  tliériaquc ,  clc. 
y.; il  rei'cnip  le  cœur. 

On  dit  fiuniliÈreroent,  Tant  que  le  cœur  me 
f'.itlra  dans  le  rcnlï'c.  au  ventre ^  et  mieux, 
T^nt  que  le  cœur  me  battra,  pour  dire.  Tant 
iju    je  vivrai. 

On  dit  proverbialement,  pour  exprimrr  I-a 
liaine  niorlelle  qu'une  personne  porlc  à  une 
nutn-,  r]\kElle  voudroit  lui  manqer,  lui  avoir 
tnanijc  le  cœur,  lui  arracher  le  cœur. 

Lu  (;f»;Ln,  se  conMJùrc  quelquefois  comme 
le  sj!g''  (ifs  passions;  et  en  oc  sens  on  dit  tlX'n 
bomnie  :  Il  a  le  cœur  oppressé,  serré  de  dou- 
lenr ,  de  tristesse.  Le  cœur  navré,  outré ^  transi 
Le  cœur  enflainmé ,  embrasi  d'amour ^  âj  colère , 
ctf.  /(  a  le  cœursi'i  7  .  /»•  '■onirccniP.L  Le 
Tome  L 


COEU 

cû?ur  nros  de  soupirs,  de  dépit.  Le  cœur  plein 
d^amertume ,  dindinnation.  Il  a  le  cœur  gros, 
il  en  a  le  cœur  qros.  Le  cœur  lui  saigne.  Cela 
me  fait  saigner  le  cœur,  me  fuit  crever  le  cœur. 
Il  en  a  \c  cœur  ému.  Cela  le  tuuclic  au  cœur. 
Son  cœiw  naqe  dans  la  joie.  On  lui  toucha  le 
cœur.  Vous  Vasfez  frappé,  blessé  au  cœur.  Cela 
me  perce,  me  déchire,  me  fait  fendre  le  cœur. 
Il  gardait  cela  dans  son  cœur.  J'ai  gravé  cela 
dans  mon  ca'ur.  J'ai  cela  bien  avant  dans  le 
cœur. 

On  dit,  Avoir  à  cœur ^  prendre  à  cœu4  une 
affaire,  pourdire,  L'ancctiouncrexln':racment, 
s'y  inlérc&sor  fort 

Ou  dit  dans  le  même  sens,  qu'Une  a^aVc 
lient  au  cœur. 

On  dit  aussi,  qu'f/ne  chose  tient  au  cœur, 
pourdire,  qu'On  en  garde  le  souvenir,  parce 
qu'elle  a  déplu  et  qu'elle  cause  de  la  peine. 

On  dit,  Avoir  quelque  chose  sur  le  cœur  , 
pour  dire,  En  avoir  du  rcsscniimeut. 

On  dit, 5e ronger  Icca.'ur,  rontjcr  son  cœur, 
poui-  ilire ,  S'affliger,  se  chagriner,  se  tour- 
menter. 

CcEun,  se  dit  quelquefois  pnr  opposition  ^ 
l'esprit.  Ce  sermon  plaît  à  Vcsprit,  et  ne  tuuché 
point  le  cœur. 

On  dit  figurement,  amollir  ou  aliendrir  U 
cœur  de  quelqu'un,  pour  dire,  L'émouvoir,  la 
fléchir.  El  dans  le  même  sens  on  dit,  Von^  ma 
percez,  vous  me  crevez  le  cœur,  vous  me  faites 
crever  le  cœur,  pour  dire,  Vous  excitez  dans 
mon  Ame  un  grand  atteudrissemeal ,  une  grande 
pîtfé. 

On  dit  d'Un  ëvcnement  qui  rend  le  courage, 
qu'//  relève  le  cœur. 

On  dit,  qu'L'n  homme  a  le  cœur  endurci , 
que  c'est  un  cœur  endurci,  pour  dire,  qu'il  est 
leilemcnt  opiniâtre,  qu'on  ne  le  peut  fléchir, 
ou  qu'il  est  extrêmement  obstiné  dans  le  mal, 
dans  le  péché. 

Ou  dit  d'Un  homme,  qu'il  a  le  cœur  ou  un 
cœur  de  roche,  un  cœur  de  marbre,  un  cœur 
de  diamant,  un  cœur  de  bronze,  un  cœur  d'ai- 
rain, pour  dire,  qu'il  ne  peut  être  touché  ni 
de  pitié  ni  d'amour. 

On  dit,  Un  cœur  de  lion,  [x>ur  exprimer 
Le  courage;  Vncœur  de  poule,  pour,  La  pol- 
tronnerie; Un  cœur  de  tigre,  pour,  T>a  cruauté. 

Coenn ,  signifie  aussi  Les  inclinations  de 
l'âme;  cl  en  ce  sens  en  dit:  C*cst  un  bon  cœur. 
C'est  un  mauvais  cœur.  Il  a  le  cœur  franc.  Cœur 
acnércuj:.  Cœur  dissimulé.  Il  a  le  cœur  gilté, 
corrompu',  ctCimiliêrcmenl,  Cœur  pouri.  Cœur 
excellent.  Cœur  dur. 

On  dit,  qu'f.'n  homme  est  tout  cœur,  pour 
dire,  qu'il  est  Irès-généreux ,  et  qu'il  n'a  rien 
â  hii. 

CcEtn,  se  prend  quelquefois  pour  riCstt>- 
mac.  yial  de  cœur.  Il  a  mal'^u  cœur.  Cela  lui 
fiit  mal  an  cœur.  Le  cœur  lui  fait  mah  II  e.<( 
.^tijct  à  des  maux  de  cœur.  Le  cœur  lui  bondit. 
Le  cœur  lui  soulève.  Cela  lui  fait  soulever  le 
cœur.  J'ai  encore  mon  dîner  sur  le  cœur.  L'eau 
qut  j'ui  lue  tne  te  urne  tuteur  du  cccur ,  me  pèse 
sur  le  cœur. 


COEU  2Ô7 

On  dit  d'Un  Iiomme  qui  a  bu  trop  d'eau, 
qu'/i  a  le  cœur  no>é,  qu'i/  a  le  cœur  noyé 
dcau:  et  De  celui  qui  a  beaucoup  de  flegme, 
de  pituite,  qu'/i  a  le  cœur  noyé  d'eaux. 

On  dit  figurément ,  qu'L'/ie  chose  f:èse  sur 
le  cœur  à  un  homme,  pour  dire,  qu'EUe  lui 
cause  heaucoup  de  chagrin,  beaucoup  de  peine. 

On  dit  (lguréinent,qu'L'ne  chose  jiiit  mal  au 
cœur  à  quelqu'un,  qu'il  en  a  mal  au  cœnr, 
Ouand  il  la  voit  avec  déplaisir.  Cela  lui  fait 
qrand  mal  au  cœur.Pense:^vousqu^il  n\iit  pas 
bien  mal  au  cœur  de  voir  que 

On  dit  d'Une  liqueur  agréable,  qu'EUe  va 
au  cœur,  pour  dire.  qu'Elle  rejouit  et  qu'elle 
est  fort  agréable  au  goût.  Le  vin  d'Espagne  va 
au  cœur. 

On  dit  provcïbialement, 5e donner  au  cœur 
joie  ou  t(  cœur  joie  de  quelque  c?i05C,  pour 
dire,  En  jouir  pleinement  et  abondamment  ,s'cn 
rassasii-T. 

On  dit  populairement  et  figiuérocut  qu't/rt 
homme  a  bon  cœur,  ci  qu'il  ne  rend  tien, 
Quand  il  a  de  la  peine  à  restituer  ce  qu'il  n  pris, 
ou  ce  qu'il  retient  injustement. 

Ou  dit  aussi  figurément,/i  s'en  est  déchargé 
le  cœur,  il  en  a  le  cœur  net,  pour  dire,  )1  s'esi 
découvert,  il  a  dit  nettement  ce  qui  le  fâoJioit; 
il  s'en  est  cclaircî. 

Quand  on  est  en  peine  de  quelque  chose, 
et  qu'on  est  pressé  de  s'expliquer,  scit  pour 
demander  conseil,  ou  pour  confier  i quelqu'un 
la  peine  où  l'on  se  trouve,  on  dit,  Il  faut  çue 
je  vous  ouvre ,  que  je  vous  décharné  nia 
cceur, 

CcEUK.  s'gnifie  aussi  Courage,  //  a  du  cœur. 
Il  n'a  point  de  cœur.  Perdre  ca:ur.  ileprendre 
cœur.  C'est  un  grand  caur.  Vn  cfritv  qénéreux. 
Un  cœur  de  lion.  Un  cœur  luche.  Un  cœur 
bas.  Il  est  tout  cœw.  C^est  un  homme  de  peu 
de  cœur,  sans  cœur.  Cela  lui  a  enflé,  élevé, 
haussé  le  cœur  •  lui  a  abattu,  abaisi£  (e  cœur; 
lui  a  rendu  le  cœur.  Le  cœuj-  lui  manque.  Le 
cœur  lui  revient. 

On  dil  en  style  familier,  J*/c»rc,  rcmcttie 
le  cœur  au  centre  à  quelqu'un,  jx)ur  dire,  Lui 
donner,  lui  rendre  le  courage.  Je  lui  ai  mis  le 
cœur  au  ventre.  Il  étoit  cotisternéjmais  ce  petit 
avantage  lui  remit  le  cœur  au  ventre. 

On  dit  proverbial.,  Ftiirc  contre  Corinne  bon 
cœur,  pour  dire,  Ne  pas  se  laisser  ahattre  par 
la  contradiction  et  les  échecs. 

On  dit  aussi  proverbialement,  Il  a  le  cœur 
haut  et  la  fortune  basse. 

Coetn ,  signifie  encore  Force  et  vigueur.  Ce 
cheval,  cet  oiseau  est  en  cœur.  El  en  parlant 
d'un  malade,  on  dit,  qu'il  a  le  cœur  fcon,pour 
dire,  que  Son  courage  se  soutient,  quii  a  l-iï- 
corc  des  forces. 

CcEin,  signifie  aussi  Affixiion.  //  a  mis  là 
tout  son  cœur,  /l  lui  a  donné  son  cœur.  Il  a 
qaqnc  son  c.tur.  Il  a  le  cœur  des  peuples,  des 
iohlats.  Elever  son  cœur  à  Dieu,  lui  offrir  40» 
tœur.  Avoir , mettre  son  cœur  en  Dieu.  Il  a  »ii.< 
son  cœur  aux  choses  de  la  terre.  J'ai  faA  cela 
de  cœur  et  d'affection  ^  de  cœur  et  d\îme,  du 
meilleur  de  mon  cœur.  Je  l'aime  de  tout  mon 

3Î 


a58 


COKU 


aaw.  Il  a  le  cœur  à  l'ctuie,  aux  livra,  oiu 
armes,  au  jeu,  à  lu  débauche.  Il  a  le  canir  au 
nitlier.  Il  a  le  cœur  porté  à  cela. 

On  dit  aussi,  Il  a  fait  cela  de  bon  ccrur, 
pour  dire,  Volontiers,  avec  plaisir;  De  tout 
son  cœur,  pour  dire,  Avec  une  iri5s-graiide 
•fleclion  ;  «1,11  a  fait  cela  i  contre-ccrur,  pour 
dire,  qull  l'a  fait  contre  son  inclination. 

On  dit  proverbial,,  <ju'l7n  Iwmme  a  le  cœur 
nu  méfier,  pour  dire,  qu'il  affcctionDC  fort  ce 
qu'il  fait  ou  ee  qu'il  doit  faire. 

On  dit  aussi  proverbial.,  Qui  est  loin  (ici 
yeux  est  loin  du  cœur,  potir  dire,  qu'Ordinai- 
rement on  oublie  les  absens. 

On  dit  proverbialement ,  De  l'abondance  du 
coeur  la  bouche  parle,  pour  dire,  qu'On  parle 
volontiers  des  choses  dont  on  a  le  cœur  rempli. 
On  dit  figurément.  De  deux  personnes  qui 
s'enu-'aimei:t  fort,  que  Ce  nV<(  -ju'un  ca;ur,  on 
qu'ejlds  ne  sont  qu'un  cœur  et  qu'une  .1me. 

On  appelle,  par  manière  de  carcasi' ,  iJnc 
personne  qu'on  aime  bien,  Mon  c^i'ur,  mon 
vêtit  cœur,  mon  cher  cœur. 

On  appelle  L'ami  du  cœur,  Celui  que  l'on 
aime  le  plus  tendrement.  C'est  Vnmi  du  cœur. 
On  dit  proverbialement,  que  le  c(rur  en 
dit  à  quelqu'un,  pour  dire,  qu'il  est  d'iiiuneur 
à  faire  une  cliose.  Si  le  cœur  vous  en  dit.  Le 
cœur  vous  en  dil~il^ 

CoBin  ,  signifie  aussi  L'inléricor,  le  fond, 
les  dispositions  de  l'ûme.  Dieu  sonde  Içs  cœurs. 
Dieu  connolï  les  cœurs,  voit  le  fond  des  cœurs. 
iJieu  est  scrutateur  des  cœurs.  Vous  lisez  dans 
mon  cœur.  Il  ht  dans  les  replis  les  plus  cachéi 
iu  cœur. 

On  dit,  Lccrïurme  le  Jisoil  în'en,  me  l'ai'oil 
fcjen  dit ,  pour  dire,  J'en  avois  un  pressentiment 
On  dit  figurément,  qu'Un  homme  ouvre  son 
cœur  à  qttelquuu ,  pour  dire  ,  qu'il  fait  voit 
tout  ce  qu'il  a  d.ins  la  pensée  :  cl  l'on  dit  qn'/l 
parle  à  cœur  ouvert ,  Quand  il  parle  fr-inrlie- 
inent,  et  qu'il  déclare  tout  ce  qu'il  pense  sur 
nue  aflliire. 

On  dit  aussi.  Se  parler  cœur  à  cœur,  pour 
dire.  Se  parler  avec  la  plus  grande  franchise  et 
sans  aucune  réserve. 

On  dit  aussi ,  qu'il  a  le  cœur  sur  le  bord  da 
lèvres,  pour  dire  ,  qu'il  ne  dissimule  rien. 

On  dit, que  Le  c^rur  des  Rois  est  en  la  moin 
de  Dieu,  pour  dire,  qu'il  tourne  leurs  volontés 
comme  il  lui  pl.iit. 

Pau  cctun.  Façon  de  parler  a'dver})iale ,  qui 
signifie,  P^T  mémoire,  de  mùnoirc./ipprenrfre 
une  chose  par  cœur.  Savoir  des  vers,  une  orai- 
son, etc.  par  cœur.  Réciter  par  cœur. 

On  dit  aussi  provcrbialem.  et  en  style  fami- 
lier, qu'Un  homme  dtne  par  cœur,  <,>uand  on 
dine  sans  lui,  et  qu'on  ne  lui  garde  rien  i  manger. 
S'il  ne  l'icnl  ci  l'heure,  il  dinera  par  cœur. 
Vous  m'avei  fait  dîner  par  cœur. 

Coccn ,  est  aussi  Une  des  qurrtrc  couleiu's  du 
jeu  de  cirtes.  Roi  de  cœur,  Diz  de  cœur,  etc. 
Il  a  bien  du  cœur.  Il  a  trois  aeurs  dans  son 
jeu.  Son  point  est  en  cœur.  Il  rentre  par  cœur. 
C<ct'ii,  sigriûe  encore  Le  milieu  de  quelque 
rlio«e,  pirticuliéremeut  d'un  Étiileld'unc  Vill/> 


COF 

Le  caur  de  la  Ville.  Le  cœ\tr  (lu  Royaume.  Tl 
es/  logé  au  cœur  de  la  VilU.  L'ennemi  étoit  au 
cœur  du  Royaume. 

On  dit  aussi,  Au  cœur  de  l'hiver .,  au  cœur 
de  l'eïé, pour  dire,  Au  plus  fort  de  l'été, au  plus 
fort  de  l'hiver,  par  le  plus  graud  cbaud,  par  le 
plus  grand  froid. 

On  dit  aussi,  Cœur  de  cheminée,,  pour  dire, 
Le  milieu  de  la  cïieminée.  H  est  noir  comme  le 
cœur  de  la  cheminée. 

Il  signifie  aussi  La  partie  intérieure  du  tronc 
d'un  arbre.  Du  cœur  de  chêne.  Du  cœur  de 
noyer.  Du  cœur  de  poirier.  Une  table  faite  de 
cœur  de  noyer.  Cœur  de  cormier. 

Il  se  dit  encore  Du  milieu  d'un  fruit,  parti- 
culièrement d  une  pomme  et  d'une  poire.  Ceîle 
pomme  j  cette  poire  est  jâtée  dans  le  cœur, 

COEX 

COEXISTENCE,  s.  f .  Terme  de  Philosophie. 
Simultanéité.  État  de  plusieurs  choses  qui  exis- 
tent dans  le  n>êrae  temps. 

COEXISTER.  V.  n.  Terme  didactJrfue.  Exis- 
ter ensemble.  Les  Lutht-ricns  soutiennent  que 
le  pain  et  le  vin  coexistent  dans  VEucharistie 
avec  le  corps  et  le  sang  de  J.  C. 

COF 

COFFRE,  s.  m.  Sorte  de  meuble  propre  à 
lerrer  et  à  enfermer  des  hardes,  de  l'argent,  etc. 
It  qui  s'ouvre  en  levant  le  couvercle.  Grand 
co^re.  Pcïit  coffre.  Coffre  de  bois.  Coffre  de  fer. 
Loffrede  cuir. Coffre  de  tapùiscric.  Le  coffre  au 
linqe.  Le  coffre  à  I'uk-oiuc.  Coffre  de  nuit.  Vn 
coffre  plein.  Le  fond  du  coffie.  Mettre  dans  un 
coffre.  Enfermer,  serrer  dans  iSn  coffre.  Char- 
qer  les  coffres. Emballer  les  coffres.  Coffre  de  la 
Chancellerie. 

CoFFRE-POBT.  Ccst  un  coflVe  de  bois  fcrt 
cpais,  garni  de  fer  on  dedans,  et  qui  se  ferme 
rivec  de  grosses  serruns,  où  ion  serre  ce  qu'on 
j  de  plus  précieux.  Les  voleurs  sont  entrés  chez 
lui,  mais  ils  n'ont  pu  enfoncer  son  coffre-fort. 

On  appelle  Un  coffre  d'autel,  La  table  d'un 
autel  avec  Tarmoire  qui  est  au-dessous. 

On  appelle  Le  coffre  du  carrosse,  d'un  car- 
ro^T-e,  La  partie  d'un  carrosse  sur  laquelle  ou 
met  les  coussins  pour  s'asseoir  ,  et  qui  a  un 
couveide  qui  se  lève  et  s'abaisse  comme  celui 
d'un  coffre. 

On  dit  provcrl)ial('meift  d'Une  fille  qui  n'est 
pas  belle,  mais  qui  a  beaucoup  d'argent  en  niS- 
riagc,  qu*E(/L*  est  belle  au  coffre. 

On  dit  à  1.1  Cour,  Pi(juer  le  coffre,  pour 
dire,  Attendre  long-temps  dans  l'antichambre 
du  Roi,  d'un  gr:md  .Seignt  ur,  etc.  parce  qu'i  l:i 
Cour  il  y  a  beaucoup  d'endroits  ou  l'on  ne 
trouve  h  s'asseoir  que  sur  des  coffres. 

On  dit  fi;;urément,  Les  coffres  du  Roi,  pour 
dire.  Le  Trésor  Royal,  ri*'pari;ne.  Les  coffres 
du  Roi  sont  chargés  de  ces  dettes,  de  ces  pen- 
sions. Cela  entre  diirts  les  coffres  du  Uoi. 

CorrnE  signifie  aussi ,  en  termes  de  Chirur- 
gie ,  La  capacité  ,  l'espace  qui  est  enfermé  sous 
les  eûtes.  //  a  reçu  un  coup  d'épce  dans  le  coffre 
U  a  le  coffre  percé. 


COG 

On  dU  f.imilièrcraem,  et  dans  le  même  sens, 
qu'Un  homme  u  le  cojTre  bon. 

Les  Chasseurs  le  disent  Du  corps  de  la  béte 
fàurc.  Le  coffre  du  cerf. 

On  appelle  Un  grand  cheval  auquel  il  faut 
beaucoup  de  nourriture.  Un  coffre  à  avoine. 

On  dit  d'Uue  cavule,  qu'EI/e  a  un  ^rand 
coffre,  un  heau  coffre.  Quand  elle  a  les  flanc* 
fort  larges,  et  propres  pour  porter  les  poulains. 

On  dit  proverbialement  ,  qu't/n  homme 
s'^entend  à  quelque  cho.<«  comme  à  fa'ue  un 
coffre,  pour  dire,  qu'il  ne  s'y  cûlcnd  point  dn 
tout. 

On  dit  aussi  proverbialement,  7/  raisonne 
comme  un  coffre,  pour  dire,  Il  raisonne  mal. 

On  dit  proverbialement,  /{ire  comme  un 
coffre,  pour  dire,  Rire  à  gorge  déployée.  lU 
n'oient  comme  des  coffres. 

COFFRER,  v.  a.  Mettre  dans  un  coffre.  Il 
n'est  point  eu  usage  au  propre  j  mais  au  figure- 
il  signifie  Emprisonner.  //  u  fait  coffra  cet 
homme-là.  Il  a  été  coffré  ce  matin.  U  est  dti 
style  familier. 

CoFFftÈ,  ÉE.  participe. 

COFFRET,  s.  m.  Petit  coffre.  Coffret  d'é- 
caillé. Coffret  garni  d'argent. 

COFFRETIER.  s.  m.  Ouvrier  qui  fait  Hcs 
>oflre«. 

COG 

COGNASSE.  ».  f.  Coin  sauvage  ,  mo  ns 
p'os  et  moins  jaune  que  l'autre. 

COGNASSIER,  s.  m.  Arbre  qui  porte  des 
toius  ou  des  cognasses.  Greff  r  sur  cognassier, 

COGNAT,  s.  m.  Terme  de  Jurisprudence. 
(Le  G  se  prononce  durement  dans  ce  mol  et 
jans  le  suivant.)  Il  sr?  dit  eu  général  De  ceux 
qui  sont  unis  par  des  li -ns  de  parente  ;  et  quel- 
quefois il  signifie  singulièrement  Ceux  qui  sont 
|)arens  du  côté  des  femmes.  Les  Agnats  et  les 
Cognats. 

COGNAnON.  s.  f.  Lien  de  parenté  entpe 
Ions  les  descendans  d'une  même  souche. 

COGNÉE.  8.  f.  Outil  de  fer  acéré,  plat  et 
tranchant,  en  formi-  de  hache.  Bonne  cognée. 
Emmancher  \ine  cognce.Sa  cognée  est  déman- 
chée., est  bien  emmanchée,  est  éhréchée,  est 
imoussée. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  Jeter 
le  manche  après  la  cogrèe,  pour  dire,  Aban- 
donner tout  dans  un  mallieur,  au  lieu  de  son- 
f^er  i  y  apporter  du  rcniêde. 

On  dit  proverbialement,  //  est  allé  au  hois 
sans  cognée,  pour  dire,  U  a  entrepris  quelque 
ehoso  sans  se  munir  de  ce  qui  lui  étoit  néces- 
saire pour  réussir. 

On  dit  aassi  proverbialement .  flTrïIre  la  ro- 
gnée  à  l'arbre,  pour  dire.  Commencer  une  en- 
treprise. 

COGNE-FÉTU.  s.  m.  On  appclU  ainsi  pro- 
verbialement et  fiiniilièremenl  Celui  qui  sf 
donne  bien  de  la  peine  pour  ne  rien  faire  C*cA 
un  vrai  cogne- fctu. 

On  dit,  Il  ressemble  à  Cogne-felu .  il  se  fï« 
et  ne  fuit  rien.  Ucst  populaire. 

COGNER.  V.  a.  Frapper  fort  sur  nnc  cIjoiw 


COH 

pour  la  faire  entrer,  ou  pour  la  faire  joindra 
nv«  une  autre.  Cogner  un  clou.  Cocjner  une 
r/ifviWe. 

I!  signifie  aussi  simplement  Frapper.  Cognez 
contre  la  muraille,  sur  le  plancher.  Il  s'est. 
eoqné  la  tète  contre  la  muraille.  Cogner  à  la 
porte.  Il  cH  du  sljle  familier. 

U  se  dit  populairem.  pour,  Battre,  rosser. 
Il  s'est  fait  cogner  comme  il  faut.  Tu  te  feras 
cogner. 

Ou  dît  figurénicnt  et  faniilièrem.  Se  cogner 
la  tête  contre  le  mwr,  pour  dire,  Entreprendre 
une  chose,  ou  impossible ,  ou  dout  oa  u'est  pas 
capable. 

CocaÉ}  ÉE.  participe. 

COH 

COHABITATION,  s.  f.  Terme  de  Jurispru- 
dence. LltJt  du  mari  et  de  la  femme  qui  vivotit 
muemble.  Les  Juges  ont  ordonné  la  cohabita~ 
tion. 

COHABITER,  v.  n.  Virre  ensemble  comme 
mari  et  femme. 

COHÉRENCE,  subst.  f.  Terme  didacti<iue. 
Liaison,  uuioq^i  connexion  d'une  chose  avec 
une  autre. 

COHÉRENT,  ENTE,  adj.  se  dit  Des  partiel 
d'un  tout  qui  sont  lices  entre  elles,  et  du  tout 
lui  méiue  relativement  à  la  liaison  de  se^  par- 
ti''s.  Ce  raisonnement  eU  cohérent  tlaiis  toute: 
sa  parties. 

COHÉRlTreR,  ÈRE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
Ipt'ril'^  avec  un  autre.  Son  co/iiTiïier.  Entre  co~ 
ïierilierj.  Elles  sont  cohéritières. 

COHÉSION,  suhsi.  f.  Terme  de  Physique, 
Adliércncc,  force  par  laquelle  des  corps  sont 
uolù  entre  eux.  Les  parties  des  lif^ueia-s  grasaei 
ont  une  cataine  cohésion  gai  en  rend  la  sépa- 
ration moins  aisee. 

COnOBATlON.  s.  f .  Opération  de  Chimie . 
4{ui  cousiste  à  renverser  la  liqueur  provenue 
pur  la  dislillaliou  sur  la  substance  dont  elle  a 
•Wjà  été  tirée,  ou  sur  une  nouvelle  substance 
semblable  .1  celle  dont  elle  a  été  tirée,  que  l'on 
distille  de  nouveau.  Tirer  une  li(jueur  par  co- 
hobation. 

COHOBER.  V.  act.  Fortifier  cl  épaissir  une 
^ueur,  un  sirop  par  la  cohobatiou. 
Coooiw: ,  t£.  participe. 

CdHORIE.  s.  f.  Corjis  d'Infanterie  parmi 
la»  Romains.  La  cohorte  étoit  de  cim^  à  six 
tents  hommes.  Les  colories  Prétorienne*  étoieril 
ptai  fortes  gue  iet  cohortes  des  Lég'ujn^. 

On  s'en  sert  en  Poé5ie,pour  marquer  Toute* 
»>iteft  (Je  gens  de  guerre.  Les  vaillantes  c(y- 
hortts. 

CoBoDTEfic  dit  aussi  d'Cnc  troupe  de  toutes 
Mrtcs  àr  geiu.  Il  est  venu  là  avec  sa  cohorte, 
Ije  Pre^vt  se  transporta  là  ai'cc  toufe  sa  co- 
horte. 

COHCE.  5.  f.  tîn  appelle  ain«,i.  dans  quel- 
^ura  Provinces,  \je  lieu  ou  se  tiennent  les  pc- 
litcs  Justices.  La  cohue  d'un  tel  lieu.  Le  Pro 
cureur  étoit  à  la  cohue, 

Oo  appelle  figuremcnt  Cohue ^  Une  auem- 
bkee  où  tout  le  nio:.de  paHc  tumultoâircment 


COI 

et  en  confusion.  Je  ne  reu-r  point  «îlcr  à  cette 
assemblée- là  y  c^est  une  cohue  ^  ce  n^est  qu'une 
cohue. 

COI 

COI,  TE.  adj.  Tranquille,  calme,  paisible 
Il  n'est  guère  d'usage  qu'en  ces  phrases  :  Se  te- 
nir coi.  I)emeurer  coi.  Chambre  cotte,  pour 
dire,  Une  cliambre  bien  fermée  et  bien  chaude. 

COIFFE  ou  COEFFE.  s.  f.  Espt^ce  de  cou- 
verture de  l^te.  U  se  dit  princip^lâmjnt  IVs 
voiles  et  ajustemons  de  tête  des  femmes.  Une 
coiffe  de  tAffctax.  Une  coiffe  de  gaze.  Vn« 
coiiff  à  dentelle.  Coiffr  claire.  Coi  jfc  de  dessus, 
coiffe  de  dessous.  Une  femme  gui  prend  sa 
coiffe,  gui  prend  ses  coiffes,  Sjui  met  ses  coi/ - 
frsj  gui  attache,  gui  noue  ses  coiffes.  Lever, 
baisser  se>-  coiffes.  Oter  ses  coiffes. 

On  appelle  Coiffe  de  nuit,  ou  de  bonnet  de 
nuit ,  Une  coifTe  de  toile  i\ue  les  hommes  met 
lent  dans  leur  bouoel  de  nuit  ;  et  Coiffe  di 
chapeau.  Une  coifTe  de  taffetas  ou  de  treillis, 
dont  on  garnit  le  dedans  des  chapeaux. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  tristt; 
pt  mélancolique,  qu7i  est  triste  comme  un  bon- 
net de  nuit  sans  coiffe. 

On  appelle  aussi  Coiffe,  Une  certaine  mcni 
brane  que  quelques  enfans  apportent  sur  k'ur 
l<*te  en  venant  au  monde.  Cet  enjant  avoit  la 
coiffe  en  naissant. 

Coûte  ,  en  termes  de  Botanique  ,  se  dit 
d'Une  sorte  de  calice.  C'est  une  enveloppe 
rnince,  membraueuse,  souvent  conique,  qui 
rrabrasse  la  pnxtîe  de  la  fruclificalion ,  comme 
dans  le  blé  de  Turquie. 

COIFFER  ou  COEFFER.  v.  a.  Couvrir  la 
léte.  Les  Turcs  se  coiffent  d'un  turban  ^  les 
François  d'un  chapeau.  Les  Motnes  se  coiffent 
d'un  froc,  d'un  capuchon.  Ha  coiffe  ses  soldats 
d'un  casgue. 

CoiFFEn,  signifie  aussi  Orner,  parer  sa  tête 
de  ce  qui  sert  à  la  couvrir,  ou  de  ses  propres 
tbeveux.  Se  coiffer  avec  un  bonnet.  Se  coiffer 
avec  ses  cheveux.  Se  coiffer  en  cheveux.  Coiffer 
de  fleurs,  coiffer  en  plumes. 

On  dit,  qu'lnr  femme  se  coiffe  bien,  pour 
dire,  qu'Ellc  entend  bien  rujustement  de  sa 
tète;  et  d'Une  Coiffense ,  qu'£"i/e  coiffe  bien, 
qu*e//e  coiffe  à  mcrveilleSj  pour  dire,  qu'KlIe 
d^mne  un  I}oq  air  ^'i  tuutes  les  coiffures  des  fem- 
mes d'tnt  elle  se  m^le. 

On  dit  aussi,  (\u  Un  Perrugnicr  coiffe  bien. 
pour  dire,  que  I>ei  perruques  quil  fait  ont  de 
la  grâce;  etqu  (/"C  pcrru(jue  coiffe  bien,  qu'un 
chapeau  coiffe  bien,  pour  dire,  qu'ils  viennent 
bien  à  l'air  du  visage. 

On  dit,  Coiffer  une  hcuteille,  pour  dire, 
Mettr*  une  enveloppe  par-dess<is  le  bouchon, 
pour  empccbfT  que  le  vin  ne  s'évente. 

On  dit  en  termes  de  Chasse,  que  Les  chiens 
ont  coiffé  un  sanglier,  pour  dire,  qu'Us  l'ont 
pris  aux  oreilles 

Ou  dit  figuremcn*  et  familièreim.  Se  coiffer 
de  guelgunn ,  d'une  opinion,  pour  dire.  Se 
préoccuper,  s'entêter  de  quelqu'un,  d'une  opi- 
nion. Quand  il  k'est  une  fois  coxjfe  Xunc  opi~ 


COI  259 

tiion,  on  ne  le  peut  yimais  ramener.  Il  s'est 
allé  coiffer  de  cette  femme.  Elle  s'est  coiffée 
de  lui. 

Il  s'emploie  â  l'actif  dans  le  rocine  sens.  Je 
ne  sais  gui  l'a  coiffé  d'une  opinion  si  extrava- 
gante, pour  dire,  Je  ne  sais  qui  l'en  a  entité. 

On  dit  encore  figurcment  el  lamilièrement, 
quX'n  homme  se  coiffe .  qu'i/  est  atsè  à  coiffer^ 
qu'on  Va  coiffe,  pour  dire,  qu  II  boit  trop, 
qu'on  l'a  fait  trop  boire,  et  qu'il  y  paroit.  Cet 
homme  se  coiffe  souvent.  Il  ne  faut  que  tiois 
verres  de  vin  pour  le  coiffer. 

On  dit  aussi,  Coiffer  une  ligueur,  pourdire, 
I.a  mêler  avec  une  autre.  Coiffer  du  vin,  de  lu 
bière,  etc. 

Coiffé,  ée.  participe,  ^'nc  femme  coiffte 
en  paysanne. 

Ou  dit,  qu'(/n  enfant  est  né  coiffe.  Quand 
il  vient  au  monde  avec  une  sorte  de  membrane 
qu'on  appelle  Coiffe,  que  le  peuple  regaide 
comme  un  piésaj^e  de  bonheur.  C'est  pourquoi 
ou  dit  proverbialement  d'Un  homme  qui  est 
fort  heureux,  qu'/l  est  né  coiffe. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  qui 
fst  amoureux  de  toutes  les  femmes,  quelque 
laides  qu'elles  soieut,  i^u'/I  aimeroit  une  chèvre 
coiffte. 

Ondit  encore,  qu'Un  homme  est  bien  coiffé, 
Quand  il  a  les  cheveux  bien  plantes,  ou  qu'il  a 
Que  penu<jue  ou  un  chapeau  qui  lui  sied  bien. 

On  dit  d  Un  chien,  qu7I  est  bien  coiffe, 
Q'uand  il  a  les  oreilles  longues  et  pendantes. 

On  aopellc  Dit  inn  cniffe,  de  lu  iucre  coiff<  e. 
Du  vin,  de  la  bière  où  l'on  a  mêlé  quelque 
luire  liqueur. 

COIFFEUR  ou  COEFFEUR,  EUSE,  subst. 
Celui,  celle  qui  fait  métier  de  coiffer  les  fem- 
mes. Habile  coiffeur.  Cest  la  coiffeuse  à  lu 
mode. 

COIFFURE  ou  COEFFURE.  subst.  f .  Cou 
verture  et  ornement  de  tête.  Le  turban  est  la 
coiffure  des  Turcs. 

U  se  prend  ordinairement  pour  La  manière 
dont  les  femmes  se  coifll-nt  selon  le  pays  et  la 
mode.  Coiffure  à  la  mode.  Coiffure  à  bouchs. 

f^OIN.  «i.  m.  An^le,  l'endroit  où  se  fait  la 
rencontre  de  dcii-x  lignes  ou  de  deux  surfaces, 
soit  en  dedans,  soit  en  dehors.  Le  coin  d'une 
rue.  Le  coin  d^une  maison.  Le  coin  d'un  jardin. 
I.e  coin  d'une  chambre.  Le  coin  d'un  cabinet. 
Le  coin  d\ine  cheminée.  Le  coin  dun  champ. 
Le  coin  d'un  bois.  Le  coin  d'un  blé.  Se  cacher 
dans  le  coin  d'une  muison.  Serrer  quelque  chose 
dans  un  coin.  Un  petit  coin. 

On  dit,  Les  guatre  coins  de  la  terre,  les 
^unlre  coiru  du  monde,  les  guatre  coins  de  la 
France,  les  quatre  coins  de  la  ville,  pour  dire, 
Les  extrémités  de  la  terre,  de  la  France,  de  Wï 
ville,  les  plus  éloignées  entre  elles. 

On  dit,  Les  guatre  cqins  et  le  milieu  d'u>t 
pays,  d'un  bois,  etc.  pour  dire,  Tout  ce  qui  est 
contenu  dans  l'espace  d'un  pays,  d'un  bolc. 
Il  lui  a  fait  courir  les  guatre  coins  et  U  milieu 
du  Royaume.  J e  l'ai  cherché  dans  tous  les  quatre 
coitu  et  le  mibru  du  bois. 

On  dit  J  Un  homme,  qu'il  est  mort  au  com 

33. 


26o 


COI 


d'un  hoii,  d  une  huie,  pour  dire,  qû  II  est  mon 
sans  secours  rt  sans  assistance. 

On  dit  provcr]>ialenient,  qu'Un  liommc  ne 
lourje  (lu  coin  du  feu,  du  coin  de  son  feu, 
pour  (ilrc ,  qu'il  garde  presque  toujours  la 
maison. 

Ou  dit  aussi  en  style  familier,  ;'i  Un  lin«iinc 
qui  dit  (|uelque  cliosc  de  méprisant  ou  d'ofien- 
sant  d'un  autre,  Allez  lui  dire  cela  uu  coin  de 
son  feu,  ou  flIJe;  lui  dire  cela,  et  vous  chauf- 
fer au  coin  de  son  feu,  pour  dire,  qu'On  ne 
seroit  pas  bien  venu  h  lui  tenir  cel^ngage-Iilen 
un  lieu  où  il  seroit  le  maître. 

Proverbialement ,  en  parlant  d'Un  homme 
de  mauvais  nîr  et  de  mauvaise  pliysionomic, 
qui  demande  l'auniônc,  0:1  dit,  qu'il  a  la  mine 
de  demandei'  taumune  au  coin  d'un  hois. 

En  termes  de  jeu  de  Paume,  oj;  dit,  Teiii; 
son  coin,  Lorsque  deux  'liommes  qui  joucnl 
partie  contre  dcui:  autres,  dt-fendcnt  cliaciiii 
leur  côte. 

On  dit,  Jouer  aux  quatre  coins,  eu  p.Trlanl 
d'Uiî  certain  jeu  d'enfans. 

On  dit  fi!;iu-ément  d'Un  homme,  qu'il  tient 
bien  son  coin  dans  une  cowpannie,  pour  dire, 
qu'il  s'y  fait  estimer,  qu'il  s'y  fait  lîistinguer 
ïl  est  du  style  familier. 

On  dit,  Rejaïder  du  coin  de  rfl?i7,  poui 
dire ,  Regarder  à  la  dérobée  et  sans  faire  sem.. 
blant  de  rien.  On  dit  aussi  îi  peu  prés  dans  le 
ra«me  sens,  Faire  signe  du  coin  de  Vœil. 

CotN;  se  prend  quelquefois  pour  Une  pe- 
tite partie  ou  portion  d'un  logis.  Donnez-moi 
(juelque  fJin  où  je  me  finisse  accommoda:  71 
isl  loije  dans  un  pclil  coin. 

11  se  dit  aussi  d'Un  endroit  qui  n'est  pai 
euposé  à  lu  vue.  Jetez  cela  dans  un  coin.  Il 
s'ert  alla  chercher  dans  un  coin.  On  a  cher- 
ché par  tous  les  coins  du  logis. 

Coin,  se  dit  aussi  d'Une  tresse  de  faux  c)ic- 
veux  dont  on  se  sert  pour  garnir  les  côtés  de 
la  tcle,  lorsqu'on  a  les  clicveux  trop  chiii-s  ou 
trop  courts.  En  ce  sent  il  ne  .«•  dit  (ju'.iu  plu- 
riel. Il  porte  des  coins.  Elle  a  des  coins. 

Coiv.  s.  m.  Pièce  de  fer  ou  de  bois  tian- 
chanle  et  terminée  en  angle  aigu ,  et  qui  rsl 
propre  h  fendre  du  bois,  des  pierres.  Gros  coi». 
Petit  coin.  Coins  de  fer.  Coins  de  Inii.  Mettre, 
piquer,  planter  le  coin.  Faire  entrer  le  coin, 
les  coins  dans  une  pièce  de  hois  pour  la  fendre. 
Lorsque  le  coin  est  engagé,  on  le  dégage  avec 
un  plus  gros.  Dans  la  mécanique,  le  coin  est 
une  des  forces  mouvantes, 

Cliez  los  Anciens , on  appcloit  Coi.y  Un  corpi 
d'Infanterie  formé  en  pointe. 

On  appelle  en  Artillerie,  Coin  de  mire,  Un 
coin  de  bois  qu'on  met  sous  la  culasse  du  canon 
pour  le  pointer. 

On  dit  proverbialement,  Fui're  coin  de  menu 
lois.  Lorsque  pour  n.eitic  une  cliose  en  œuvre, 
on  se  sert  d'une  partie  de  la  même  chose. 

On  appelle  Coin,  La  partie  du  bas  dessinée 
en  pointe,  et  dont  l'extrémiié  inférieure  répond 
i  la  clicvillc  du  pied.  Vn  bas  à  coin  d'or,  à 
coin  d'argent. 

CoiR ,  est  aussi  un  terme  de  Mounoie;  et  il 


COL 

se  dit  d'Un  maiceau  de  fer  trempé  et  gravé, 
dont  on  se  sert  pour  marquer  de  la  morinoie 
des  médailles.  I.e  coin  du  Roi.  Le  coin   d'Es- 
pagne. Fau.v  coin.  Cette  monnaie  est  à  un  tel 
coin ,  marquée  au  coin  de... 

Il  se  dit  aussi  Ilu  poinçon  qui  sn-tàm.-fquer 
de  la  vaisselle.  De  la  vaisselle  marquée  au  coin 
de  Paris. 

On  dit  d'Une  méiiaillc  parfaiteiiicul  conser- 
vée, qu'£!îe  est  à  (leur  de  coin. 

On  dit  figuiénKiit,  qu'Une  chose  est  mar- 
quée au  bon  coin,  poiu-  dire,  qu'Ellc  est  des 
meilleures  de  son  espèce.  On  dit  d'Un  ouvrage, 
qu'71  est  frappé  au  coin  de  l'antiquité. 

COUV.  s.  m.  (  Il  s'écrit  aussi  Coisc  ,  maison 
ne  prononce  pas  le  U.  )  Gros  fruit  à  pépin ,  qui 
a  l'odeur  ferle,  et  la  peau  couverle  d'un  léger 
duvet.  Gros  coin.  Coin  bien  jaune.  Confitun 
de  coins.  Pâte  de  coins.  Sirop  de  coins.  Geléj 
de  coi  ts. 

Ou  dit  proverliialemcnt  d'Une  pcrsonue  qui 
3  le  t-i- 1  j-iunc,  qu'Eiie  «st  jaune  coniwe  ml 
coir. 

COmCIDEKCE.  s.  {.  Ktat  de  deux  cl.û.se, 
qui  coïncident.  La  coïncidence  de  deux  lignes, 
de  deux  surfaces. 

COÏ.NCinKNT,  EMTR.  adj.  Qui  coïncide. 
En  tonnes  d'Optiqxie,  Oui  loml.e  en  un  même 
point. 

COÏKCIÛEn.  v.  n.  Terme  de  Géomélne. 
S'njuster  l'un  sur  l'autre.  Ces  deux  lignes,  ces 
^etux  surfaces  coïncident. 

II  se  dit  au  h^uré,  en  parlant  Des  événemsn-. 
Ces  deux  circonstances  ont  coïncidé,  c'cst-i. 
dire,  Sont  arrivées  ensemble. 

COION.  s.  m.  Poltron  ,  lâclie ,  qui  a  le  cxul 
bas,  l'imc  servile,  et  capable  de  souffrir  lâclie- 
ment  des  indignités.  Grand  coion.  C'est  un 
colon.  Il  est  si  coion,  que...  Il  est  du  style  fa- 
milier et  libre. 

COÏONNER.  verl).  a.  Traiter  quelqu'un  en 
roion,lui  faire  quelque  indignité.  Se  moquer 
lie  lui.  Il  n'est  pas  homme  à  se  laisser  coionner , 
il  être  coionné.  Il  est  du  style  libre  et  familier. 

Il  est  aussi  neutre,  pour  signifier,  Dire  dej 
toionneries.  Il  ne  fait  que  coionner. 

CoioNNÉ,  ÉE.  participe. 

COÏONNERIE.  subit,  f.  Bassesse  de  cœur, 
lâelicté,  indignité.  Faire  des  eoionneriçs.  Il  a 
fait  loir  en  cette  occasion  sa  colonncrie. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  Sottise,  imper- 
tinence, badinerie.  A-ton  jamais  oui  parler 
d'une  pareille  coionnerie?  Il  nous  a  dit  cent 
coionneries.  Ce  mot  est  du  style  libre  et  fnniil. 

COÏT.  ,s.  m.  Accouplement  du  mâle  avec  l.i 
fcinc'Uc  pour  la  génération.  Les  aninmu^  dans 
le  coït,  dans  l'ardeur  du  coït, 
COITE.  Voyez  Coieite. 

COL 

COL.  s.  m.  Voyez  Cov,  qu.mt  3  la  partie 
du  corps  qui  joint  la  tète  aux  épaules. 

Coi-  s.  m.  Terme  dont  on  se  sert  d.ins  dlffe- 
reiitcs  phrases  par  analogie  i  celte  partie  du 
corps  humain  dont  on  vient  de  parler. 

On  appelle  Le  col  de  la  vessie,  le  col  de  la 


COL 

mabice.   Ce  qui  est  comme  leinboucLurc  de 
'  ces  parties. 

On  appelle  Coi  de  chemise,  col  de  raHat,  col 
de  pourpoint,  La  partie  supérieure  de  la  che- 
mise ,  du  rabat,  du  pourpoint ,  qui  embrasse  le 
cou. 

On  appelle  Col,  Une  espèce  de  cravate  tins 
pendans.  ta  mode  dt  porter  det  cols  n'est  pus 
ancienne. 

En  parlant  d'Un  passage  étroit  etitre  deux 
montagnes,  on  dit  toujours  Col.  Le  ColdePa- 
tuis.  Le  Col  de  Tende.  Mous  nous  saisîmes  de- 
cols  des  montagnes. 

COLARIN.  s.  m.  Frise  du  chapiteau  de  la 
colonne  Toscane  et  de  la  Dorique. 

COLATURE.  subst.f.  Terme  de  Pharmacie. 
.Séparation  d'une  liqueur  d'a"ec  quelque  impu- 
reté ou  matière  grossière.  C'est  une  Cltration 
moins  cvacle  que  celles  qui  se  font  en  Chimie. 
Culaturc  ^e  dit  aussi  De  la  liqueur  filtrée.  Co- 
latnrc  de  sirop  de  chicorée. 

COl/CHIQUE  ou  TiE-CHIEV.  s.  m.  Plante 
bulbeuse  qui  croit  dans  les  prés,  et  qu'on  cul- 
tive dans  les  jardins,  à  cau.se  de  la  beauté  de  sa 
fleur.  On  prétend  qu'elle  est  mortelle  aux  chiens. 
COLCOTAR.  s.  m.  C'est  la  substance  ter- 
reuse et  rouge  qui  existe  au  fond  de  la  comu£ 
i;ui  a  servi  à  distiller  l'huile  de  viirioL 

COLÉGATAlRE.  siihst.  m.  Voyeî  CoiiÉ- 
r..VTAIl\E. 

COLERA-MORBUS.  s.  m.  Mot  emprunté 
m  partie  du  Latin,  pour  signifier  Un  épaucbe- 
ment  débile  subit,  qui  cause  un  débordement 
par  haut  et  par  bas.  On  l'appeloit  vulgairement 
'rrousse-galant.  Il  a  eu  un  colera-morhus  fort 
violent.  Il  est  mort  d'un  cole.a-morbus. 

COI.KRE.  s.  f.  Passion  par  luquelle  l'imc  se 
sent  vivement  émouvoir  contre  ce  qui  la  blesse. 
Grande,  furieuse,  violente  colère.  Noble  co- 
lère. Suinte  colère.  Juste,  raisonnable  coîéic. 
L'effort  de  la  colère.  Les  effets  de  la  colère. 
I  ransport,  mouvement  de  colère,  cccés  de  c<y- 
lère.  L'ardeur,  la  violence,  la  chaleur,  l'impé- 
luosile'  de  la  colère.  Les  premiers  bouillons  de 
la  colère.  U  dit  cela,  il  fit  cela  en  colère,  tout 
tn  colère.  Etre  en  colère.  Se  mettre  en  colère 
contre  quelqu'un.  Entrer  eh  colère,  dans  une 
grande  colère.  l\mouvoir ,  exciter,  irriter,  al- 
lumer la  colère  de  quelqu'un.  Réprimer,  refré- 
ner, apaiser,  calmer ,  adoucir  la  colère  dcqucl- 
qn'un.  Être  enjlammé  de  colère.  Transporté  de 
colère.  La  colère  le  traiLiportc,  le  met  hors  dt 
lui-même.  Il  ne  parle  jamais  qu'en  colère.  At- 
tirer la  colère  de  quelqu'un  sur  soi.  Il  faut  que 
sa  colère  se  passe.  Il  faut  qu'il  décharge  sa  co- 
lère, qu'il  passe  sa  colère  sur  quelqu'un.  C^est 
la  colère  qui  lui  a  fait  dire  telle  et  telle  chose. 
Dès  qu'il  vit  son  ennemi,  il  sentit  sa  colcrg 
s'allumer. 

On  dit  figurément ,  La  colère  do  Dieu ,  la 
colère  du  Ciel. 

Colère,  se  dit   aussi  De  certains  mouvtv 
mens  impétueux  qui  paroisscnt  dans  les  ani- 
maux. Ce  ch:enétotten  colère. La  colère  du  lion. 
On  dit  aussi  figurément ,  que  La  mer  al  en 
colère,  pour  dire,  qu'EIle  est  fort  agitée. 


COL 

Coi£nE,e$t  aussi  adj.  dos  a  genres,  cl  si- 
gnifie, Qui  ni  tajet  &  se  mettre  eu  coliîre. 
Homme  colère.  Femme  colère.  Il  est  l-ien  colère, 
fort  colèrt. 

COLÉRIQUE,  adj.  des  2  g.  Enclin  h  la  co- 
lère. Etre  li' utK  humeur  coUrique.Ce  mot  n'csî 
(jUère  d'usage  que  dans  le  style  didaclitjuc. 

COLlAKT.s.ro.  Sorte  de  poisson  assc»  sem- 
blables à  la  Raie. 

CXJLIBRI.  6.  m.  Tris-petit  oiseau.  Le  coIiTiri 
vient  des  Indes. 

Il  se  Jll  aussi  familièreincnt  d'Une  persouna 
de  petite  taille,  et  qui  n'a  rien  que  de  frivuk- 
dans  le  car;ictcrc. 

COLlKKllIK.r.  8.  m.  Babiole,  bagatelle, 
comme  sont  des  marmousets,  de  petits  émaux, 
de  peliLs  va^cs  de  cristal,  etc.  Il  nu  que  des 
coUjîchcts  dans  son  cdhinel. 

Il  se  dit  aussi  Oe  certains  petits  orncmccs 
mal  places,  et  qui  n'ont  point  de  convcnanco 
et  de  rapport  avec  les  lieux  où  iU  sont  mis.  Un 
jnrdin  rempli  de  colifichets.  Des  maisons,  dei 
éqlixs  qothitjues  surchargées  de  colifichets. 

Il  se  dit  aussi  tîgurcnient  Uc  ccrtaius  pctiu 
crnemens  mis  mal  A  propos  dans  des  ouvraçel 
d'esprit.  Celle  pièce  cjI  pleine  de  traits  d'es- 
prit f  mais  qui  ne  sont  la  plupart  que  des  co 
Ujichets. 

Colifichet,  en  termes  de  IVIonuoic,  est 
Une  petite  machiDe  dont  se  servent  les  ajus- 
teurs et  les  taillercSses  pour  pouvoir  écouaiier 
les  pRrces. 

Cdl.lMACO.N.  s.  m.  Voie:  LniAços. 

COLIX-MAILLjVBD.  Sorte  de  jeu  où 

l'inx  des  joueurs  a  les  yeux  bandés,  et  s'ap- 
pelle Colin-Maillard.  Jouer  à  Colin-maillard , 
au  Colin-maillard. 

COLIQUE,  s.  f.  Soite  de  maladie  qui  cause 
des  tranchées  dan^  le  rentre.  Coliquebilieuse. 
Colique  hépatique.  Colique  venteuse.  Colique 
graveleuse  uu  néphrétique.  Colique  d'csiomac. 
Furieuse  colique.  Colique  de  Poitou,  des  Pein- 
tres, des  riombiers.  La  colique  le  tient.  Sa 
colique  est  passée. 

COLIR  ou  COLL  s.  m.  OfEcler  de  la  Chine, 
qui  est  un  Crnseur  universel,  et  qui  a  droit 
d'ejitrer  dans  les  maisons  pour  s'instruire  de  ce 
qui  »  y  passe. 

COUSÉE.  s.  m.  C'est  le  nom  d'un  célt-bre 
Amphitiiéùtre  de  Rome,  dont  il  subsi.sle  encore 
de  beaux  restes.  On  l'appeluit  anciennement  le 
Colassée ,  à  cause  de  la  statue  colossale  de  ?iéron , 
qui  cloit  prés  de  cet  endroit 

COLLABORATEUR,  s.  m.  Celui  qui  tra- 
vaille de  conctTt  avec  un  autre,  qui  lui  aide 
dans  ses  fonctions,  dans  Icxcrcicc  de  son  em- 
ploi. On  dit  aussi  au  féminin,  Collaboratrice. 

COLLAT .\1RE.  s.  ni.  (On  prononce  les  L.  ) 
Celui  j  qui  on  a  conféré  un  Bénéfice. 

COLLATERAL,  ALE.  adj.  (  On  prononce 
lei  I-.  )  Co  ti-rmc  n'est  d'usage  qu'en  parlant  do 
parente  et  de  succession  Lors  de  la  ligne  'di- 
recte, soit  descendante,  «oit  mceudante.  Ainsi 
00  appelle  i/crilitrcollaleral,  Un  héritier  qui 
ne  descend  point  de  eclui  dont  il  hérite;  et  on 
appelle  Li^iu  coKulciuli:,  La  ligne  dont  «et 


COL 

hcrÎDer  descend.  On  ap|>el!c  aussi  Succession 
collatérale  j  La  succession  qu  on  recueille  d  un 
pareul  c*i  ligue  collatérale. 

CoLLATÉBAL,  sc  picnd  aussï  substaDtive- 
ment  pour  Parent  collatcial.  C'est  un  collaté- 
ral. Il  n'ti  que  da  collatéraux  pour  héritiers. 
Un  collatéral  ne  peut  exclure  celui  qui  descend 
en  ligne  directe.  Tout  son  bien  est  allé  à  des 
collatéraux. 

On  appelle  en  termes  de  Géographie,  Pointa 
coUatéraiLT ,  Les  points  qui  sont  au  milieu  de 
duax  points  cardinaux.  Le  Nord-€st,  le  Nord- 
ouest,  le  Sudcst^  et  le  Sud-ouat^  sont  les 
quatre  points  collatéraux. 

COLLATF.L'R.  s.  ni.  (  On  pron.  les  L  dans 
ce  mot  ei  les  trois  suivaos.  )  Celui  qui  a  droit 
de  conférer  un  BcnéGce.  Collateur  ordinaire. 
Il  est  C'dlateur,  le  collateur  d'une  Cure  ^  la 
colltilciir  d'un  Prieuré ,  etc.  A  Véqard  des  Cures , 
le  Patron  n^est  que  Présentateur ^  VEvêque  eri 
est  le  Collateur. 

On  appelle  Collateur  ordinawef  ou  simple- 
ment Ordinaire.,  Celui  aui  de  droit  commun 
coofiÈrc  le  Bénéfice. 

COLL.\TIF,  IVE.  adj.  Qui  se  confère.  Il  ne 
se  dit  qu'en  matières  Dcnêiîciales.  Bénéfce  col* 
latif.  Dignité  collative. 

COLU4TIO>*.  s.  f.  Droh  de  conférer  un  Bé- 
néfice. Cette  collation  appartient  à  VEvêque^ 
dépend  de  VEvcque.  La  présentation  de  cetti 
Cure  ajjpartient  à  VAbbé,  et  la  collatiort  à 
VËvéque.  Ce  Prieuré  est  à  la  collation  d'un 
Ul  Abbé. 

On  dit  qu'C?n  Evique  ,  qu'un  Ahbèt  Ont  de 
belles  collations,  de  grandes  collatioi\Sf  potu 
dire,  qu'ils  ont  dioit  de  conférer  plusieurs  Bé- 
péfices  considérables. 

Il  sii^nifie  aussi  La  provision  du  Collateur. 
Avoir  la  collution  de  l'Ordinaire. 

CoLLATios.  Terme  de  Pratique.  L'action  pai 
laquelle  on  confùre  la  copie  d'un  écrit  avc< 
l'origiiial ,  ou  deux  écrits  ensemble^  pour  savoii 
s'il  n'y  a  rien  de  plus  ou  tle  moins  en  l'un  qu'en 
l'autre.  Une  collation  fidèle.  Il  a  fait  la  collu' 
tion  de  cette  copie  avec  l'original,,  sur  Vorigi- 
nal.  Faire  la  collalion  de  divers  exemplaires. 

Collation,  se  dit  aussi  De  ce  repas  légei 
qu'on  fait  au  lieu  du  souper,  particulièrement 
les  jours  de  jeûne.  Petite,  simple ^  légère  colla- 
tion. Bonne  collation.  Il  fait  cclUtion  d'une 
pomme j  etc.  Il  ne  prend,,  il  ne  manqe  ù  sa 
collation  qu'un  morceau  de  pain.  On  ne  soupe 
point  en  Carême,  on  ne  fait  que  collation. 

Il  signifie  aussi,  Tout  repas  qu'on  fait  entre 
le  diner  cl  le  souper.  Magnifique  y  superbe, 
ifomptueuse  collation.  Collation  de  viandes 
froideSy  de  confitures,  de  p^Uisserie,  etc.  Payer 
la  collation.  Donner  la  collation  à  quelqu'un. 
Apporter,  préparer  la  collation.  ïl  y  a  eu  bal 
et  grande  collation.  La  collation  du  Prédicateur. 

Bemar(|ueK  que  quand  ce  mot  est  employé 
dans  la  sigiiificjiion  d'Un  léger  repas,  on  ne 
prononce  I*'s  deux  L  que  comme  un  seul. 

COLLATIONNEB.  v.  a.  Cvonfértr  un  écrit 
•vec  l'origin-il,  ou  conférer  dcu.x  écrits  ensem- 
ble, oûu  de  vérifier  s'il  y  a  quelque  cliose  de 


COL 


afii 


plus  ou  de  moins  i  l'un  qu'i  l'autre.  Colln- 
tioiiiier  sur  l'ori'jinai.  Collad'onne;-  li  î'flrini- 
nal.  CoilulioM/ier  sur  les  Registres.  Il  a  colla- 
(ionne  cet  acte,  ces  pièces, 

CoixATiosxEn  ,  parmi  les  Libraires  ,  c'est 
Ejcaminer  si  un  Livre  est  entier  et  parfait,  et 
s'il  ne  manque  point  quelque  feuille  ou  feuillet 

CoiLATiosNEB,  se  iiict  auSji  absolument,  U 
signifie ,  Faire  ce  rep.is  qu'on  appelle  Collation. 
Il  a  collationné  légèrement  .et  dans  celle  ac- 
cepliou ,  les  deux  L  ne  se  prononcent  que 
comme  un  seul;  et  en  ce  .sens,  il  est  neutre. 

CoLL.VTioxsÉ ,  ÉE.  participe.  Il  a  la  m(-nie 
tigniCcalion  que  son  verbe  ,  quand  il  signifie 
Conférer.  Copis  cvllatlonnée  à  l'original.  Ex- 
trait collationné.  On  met  au  bas  d'un  acte, 
Collationné  à  Vcriginal  par. . . 

COLLE,  s.  f .  Matière  gluante  et  tenace,  dont 
on  se  sert  pour  joindre  deux  choses,  et  pour 
faire  qu'elles  tiennent  en.scmble.  Colle  de  fa- 
rine. Colle  d'amidon.  Colle  forte.  Colle  de 
poisson.  Colle  à  châssis.  Faire  de  la  colle. 
Fondre  de  la  colle.  Chaujfcr  de  la  colle.  Faire 
Icnîr,  ^ire  joindre  avec  de  la  colle. 

On  appelle  Colle  ,  parmi  le  petit  peuple  , 
Une  bourde ,  une  menterie ,  et  une  chose  con- 
Irouvée  à  plaisir.  Voilà  une  bonne  colle,  une 
franche  colle.  Il  lui  a  donné  une  colle. 

COLLECTE,  s.  f.  Levée  dis  deniei-s  de  la 
taille  et  autres  impositions  qui  se  font  par  as- 
siette. Faire  la  collecte,  t'n  collecteur  qiit  a 
dissipé  les  deniers  de  sa  collecte.  Du  temps  de 
sa  coIIltIc.  pendant  sa  collecte. 

On  appelle  Collecle,  L'Oraison  que  le  Prêtre 
dit  à  la  Messe  avant  l'Épîlre. 

COLLECTEUR,  s.  m.  Celui  qni  est  nomme 
en  chaque  Paroisse  pour  y  recueillir  les  tailles, 
ou  quelque  autre  imposition  que  ce  soit  qui  se 
lève  par  assiette.  Le  Collecteur  des  tailles.  Col- 
lecteur du  sel.  Les  Collecteurs  d'une  telle  Pa- 
roisse. Il  a  été  nommé  Collecteur  cette  annce-li. 

COLLECTIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Cram- 
maîre,  par  lequel  on  désigne  plusieurs  per- 
sonnes, ou  plusieurs  choses,  sous  un  nom  sin- 
gulier. Peuple,  multitude,  armée,  sont  des 
termes  collectifs. 

COLLECTION,  s.  f.  Recueil  de  plusicutï 
passages  sur  une  ou  plusieurs  matières,  lires 
d'un  ou  de  plusieurs  Auteurs.  En  ce  sens,  il  se 
met  plus  ordinairement  au  pluriel.  Faire  des 
collections.  Il  a  fait  une  bonne  collection  it' 
tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  remarquable  dans  cet 
Auteur, 

11  se  dit  aussi  d'Un  recueil,  d'une  conipila- 
tion  de  plusieurs  ouvrages,  de  plusieurs  elioses, 
qui  ont  quelque  rapport  ensemble.  Collection 
des  Conciles,  des  Canons.  Collection  d'anti- 
ques, de  médailles,  de  plantes,  de  coquilles ,  etc, 

COLLECnVE.MEM".  adv.  Dans  on  Kns 
collectif.  L'homme,  c'est  -  ii  -  dire  ,  Tous  les 
hommes,  pris  coKcclivement. 

COLLËUATAIRE.  s.  Celui,  celle  i  ^  un 
legs  a  été  lait  en  commun  avec  une  ou  plusieurs 
personnes,  ù  qui  tmc  même  chose  a  été  k-^éc 
conjointement. 

COLLÈGE,  s.  m.  (On  proooDCc  Coléy.] 


86-.  COL 

Cartaia  Corps  oa  Compa^ie  de  personnes  Do- 
ubles qui  5om  en  même  di^nilc.  Le  Collège 
<îe>  Ciirditiaiu:  y  ou  le  Sacré  CollcifL'.  Le  Cvî- 
lé^c  des  rjecteiirs^  des  Princes ,  des  Villts  dé 
l'Empire.  Le  Collège  des  Secrétaires  du  Roi. 

Collège,  signifie  aussi  Un  lieu  dtsiiné  pouï 
enseigner  les  Lettres  ,  les  Sciences,  les  Lan- 
gues, etc.  dans  lequel  d'ordinaire  denieurcnl 
plusieurs  Professeurs  ou  lï^-î^rns.  Collège  bien 
fondé.  Alier  au  CoUéije.  Etudier  au  Collêfje. 
Être  en  pension,  être  pensionnaire  dans  un 
Collège.  Mettre  un  enfant  au  Collège  ,  l'en- 
voyer au  Collège.  Il  est  lîcgent  au  Collège  de... 
Au  sortir  du  Collège.  Fonder  un  Collège.  Ren- 
voyer an  Collège. 

On  Qppoloit  Collège  Royal  ^  Un  Collège 
fondé  à  Paris  par  François  I^^ 

On  dit ,  Cela  sent  le  Collège  ,  pour  dire, 
Cela  a  un  air  de  pédanterie. 

COLLl^GI.U.,  ALK.  adj.  Il  n'est  guère  en 
usage  qu'au  féminin,  et  dans  celte  plirase, 
Ëqlise  Collégiale ,  qui  se  dit  d'un  (Jiapilre  di; 
(Chanoines  sans  Siège  l^-piscopul.  Le  CfiapUvi 
d'une  Eglise  Collècjiale.  Un  dit  aussi  Une  Col- 
légiale^ et  ce  mot  alors  est  substantif. 

COLLiiGUK.  s.  m.  (Un  prononce  Colègue.) 
Compa^noQ  en  dignité,  ou  qui  a  égale  puis- 
sance en  même  IV>igistraluie,  ou  même  JNégo- 
ciation,  ou  même  Commission,  comme  cicicnl 
autrefois  les  deux  Consuls  de  Rome,  et  comme 
sont  aujourd'liui  les  Présidens  en  n>érae  Cliara- 
bre,  les  Avocats  et  les  Procureurs  du  Roi  en 
mônic  Juridiction,  les  Ambassadeurs,  les  Dé- 
putés et  Commissaires  envoyés  ensemble  pour 
une  reême  aflàire.  Ce  mot  de  Collègue  se  dit 
De  ceux  qui  sont  en  petit  nombre,  comme  celui 
de  Confrère  de  ceux  qui  sont  d'une  Compagnie 
nombreuse. 

COLIJ:^R.  T.  a.  (On  ne  fait  sentir  qu'un  1 
dans  ce  mot  et  dans  les  quatre  suivans.  )  Join- 
dre et  faire  tenir  deux  choses  ensemble  avec 
de  la  colle.  Coller  des  châssis.  Coller  du  papier. 
Coller  des  ais.  Coller  une  image  sur  du  carton. 
Coller  une  pièce  d'èhène  sur  diantre  bois,  etc. 
•  Coifer  contre  la  muraille^  à  la  muraille.  Coller 
deux  choses  ensemble. 

CoLLEn ,  signifie  aussi  Enduire  de  coite.  /I 
faut  ioller  cette  toile  avant  (jue  de  Vimpnmer. 
Ce  papier  boU  ,  purce  cju'on  ne  Va  pus  bien 
coUè. 

On  dit,  Coller  du  vin,  povir  dire,  Y  mettre 
de  la  colle  de  poisson  r>our  l'éclaircii'. 

On  dit  (igurém.  et  fanuli'Tcm.,  Se  coller,  vtr^ 
telle  contre  un  mur,  pour  dire,  Se  tenir  droit 
oonlre  un  mur,  comme  si  on  j  étoit  attaché. 

On  dit  au  jeu  du  Billard,  Coller  une  btlle, 
ou  simplement  Co//cr,  pour  dtre,  Pousser  c)u 
placer  une  fnllc  de  manière  qu'elle  reste  inuno 
bile  tout  prés  de  la  bande. 

Collé  .  f.e.  parlicif>e. 

On  dit  figurément  d'Un  habit  bien  fait  «t 
qui  est  juste  à  la  mesure  dw  corps  ,  qu"/i  est 
toile,  qu'il  semble  collé  sw  le  corps. 

Ou  dit  aussi  d'Un  homme  qui  est  fcrnii"  et 
droit  i  cheval,  qu7/  est  collé  sur  sofl  cheval, 
coiU  sur  la  telle. 


COL 


COL 


On  ^t,  Avoir  les  yeux  coVts  sur  une  chose  ,      cette  partie  de  la  plante  ou  finit  la  racine ,  ot 
sur  tjuelque  personne ,   pour  dire,  La  regarder  j    ou  commeure  la  tige. 
attentivement  et  long-temps. 

Un  dit,  (]n\lJne  personne  a  la  bouclie  ou  les 
lèvres  collées  sur  nuelque  chose  ,  Quand  eli 


les  y  tient  long-temps  attacliéfs.  //  est  riort  la 
bouche  collée  sur  le  Cruciji.v.  Elle  demeura 
long-temps  la  bouche  collée  sur  le  visage  de  ra 
mère. 

On  dit,qu'ï/M  homme  est  collé  sursesUvres 
<^biand  il  est  fort  atlHclié  h  I  étude. 

On  dit  au  jeu  du  liiUard,  qu'Un  e.^t  collé  . 
que  la  bille  est  collée,  Lorsqu'elle  esl  placée 
pvts  de  la  bande. 

COLLRUETIK.  s.  f .  Sorte  de  petit  colin 
de  linge,  dont  les  femmes  se  servent  quelque- 
fois pour  se  couvrir  la  gorge  et  les  épaules.  Co/- 
lerette  de  batiste.  Collerette  de  gaze. 

COLLET,  s.  m.  Cotte  partie  de  l'habille- 
ment qui  est  autour  du  cou.  Collet  de  pour- 
point. Collet  de  manteau. 

Collet  ,  étant  mis  absolument  ,  se  prend 
pour  Cette  pièce  de  toile  qu'on  met  autour  du 
eou  par  ornement,  et  qui  s'appelle  autrement 
Rabat.  Collet  de  toile,  de  bati.^te,  d' Hollande. 
Collet  uni.  Collet  à  dentelle,  à  passement ,  etc. 
Grand  collet.  Petit  collet.  Empeser  un  collet. 
Attacher  un  collet.  Ajuster  un  collet.  Collet 
bien  mis.  C(dlet  bien  fuit.  Collet  chijlonnè. 

On  appelle  familièrement  les  Ecclésiasti- 
ques, Petits  collets.  Gens  à  petit  collet.  On  dit 
aussi  dans  ce  sen»,  Le  petit  collet,  pour  dési- 
gner Leur  ciat. 

On  appeloit  autiefoïs  Collet  monté.  Un  col- 
let où  il  y  avoit  de  la  carie  ou  du  fil  de  fer  pour 
le  soutenir  ;  et  on  dit ,  Du  temps  des  collets 
montés,  pour  dire  ,  Du  vieux  temps.  On  di( 
dans  le  même  sens.  Cela  est  collet  monté ,  fcien 
collet  monté,  pour  dire,  Cela  esl  antique,  ou 
pour  dire.  Cela  a  un  air  contraint  et  guindé. 

On  appelle  aussi  Un  homme  ou  une  f?ram« 
qui  affecte  une  gravité  outrée,  Un  CDlletmontc. 

On  dit,  LSuutcr  au  codct  aJ  (juclqu''un,  U 
p-endi-e,  le  saisir  au  coilct ,  pour  dire  ,  Le  sai- 
sir au  cou  pour  lui  faire  violence. 

On  dit  par  extension  ,  Prendre ,  saisir  quel- 
qu'un au  collet,  lui  mettiela  main  sur  le  collet, 
peur  dire,  L'arrêter  et  le  faire  prisonnier. 

On  dit  proverbialement  d  Un  profit  inopiné 
qui  vient  à  un  homme,  Voilà  mille  scus  de 
rente  qui  lui  sautent  au  collet. 

Un  dit.  Prêter  le  collet  à  quelqu'un^ -pont 
dire,  Se  présenter  pour  lutter  ou  combattre 
corps  il  corps  contre  lui.  Je  suis  aussi  fort  que 
lui,  je  lui  prêterai  le  collet  quand  il  voudra. 

On  dit  aussi  figurément  et  familièrement. 
Prêter  le  collet  à  quelqu'un, -pour  dire,  Lui  te- 
nir têie  en  quelque  chose  que  ce  soit.  Il  pré- 
tend être  un  grand  joueur  d'échecs  ^  je  lui  prê- 
terai le  collet  quand  il  vomb'a.  Il  fait  le  doc- 
teur,  je  lui  prêterai  le  collet  sur  quelque  ma- 
tière que  ce  soit. 

On  appelle  Co/ieldj  mouton,  collet  de  l'c.iu, 
La  pièce,  la  partie  ducouqu:  reste  après  qu  on 
,  en  a  ôtc  le  bout  le  phis  proche  de  la  télé. 

CoiXET,  en  termes  de  Botanique,  se  dit  De 


^  Collet  de  buffle.  Sorte  de  pourixjint  furt 
de  peau  de  buffle,  et  qui  est  k  grandes  basque» 
et  sans  manches. 

Collet,  signifie  encore  Une  aorte  de  lacs  k 
prendre  des  lièvres,  des  lapins,  etc.  7'endrc  un 
collet.  Prendre  des  lièvres  au  collet,  des  lapins, 
des  po-drii ,  etc. 

COLLETER,  v.  a.  Prendre  quelqu'un  um. 
collet  pour  le  jeter  par  terre.  Il  l'a  colleté.  lU 
se  colletèrent.  Ils  se  sont  colletés. 

Il  se  dit  aussi  Des  animaux.  Le  dogue  colleta 
le  loup. 

COLLETEn,  signiGe  aussi,  Tendre  des  collet* 
pour  prendre  des  lièvi-es,  des  lapins,  des  per- 
drix, etc.  Il  est  défendu  par  les  Ordonntincrs 
de  colleter.  En  ce  sens  il  esl  neutre. 

Colleté  ,  ée.  participe. 

Ou  dit  en  termes  de  Blason,  Colleté ,  collefe'e, 
tn  parlant  d'Un  animal  qui  a  un  colUer  d'uu 
»mail,  ou  d'une  couleur  difTéiente  de  ceUe  da 
torps.  Levrette  de  subie  colictée  d'argent, 

COLLEUR,  s.  m.  Celui  qui  fait  des  carions; 
celui  qui  colle  du  papier  peint  sur  les  murs 
d'une  cbambre. 

COLLIER,  s.  m.  Rangée  de  perles  ou  d  au- 
tres choses  de  même  nature .  que  les  femmes 
portent  au  cou  pour  se  parer.  Collier  de  grand 
|>îtx.  Collier  de  pa-les,  de  pierreries^  etc.  En- 
filer un  cullier.  Son  collier  est  déjilc. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  cercle  de  fer,  d'argent, 
ou  de  quelque  autre  matière,  qui  se  met  autour 
du  cou  des  esclaves,  ou  des  Mores,  ou  àes 
cliirns.  Mettre  un  collier  d'argent  au  cou  d'un 
More.  Mctt}'e  à  un  dogue  un  collier  garni  de 
clous,  de  pointes  de  clous,  pour  se  défendre 
contre  le  loup  et  quelques  autres  anirnuux. 

.  Proverbialement  et  figurément.  eu  parlant 
De  c]ucli|u'un  qui  a  une  grande  autorité,  un 
prand  pouvoir  dans  une  compaj;nie  ,  on  dit, 
que  Cest  un  des  grands  colliers,  un  des  gros 
collia's  de  la  compagnie. 

Colueh  ,  se  dit  aussi  De  cette  chaine  d'or 
qui  se  donne  à  ceux  qu  on  fait  (ihevaliers  de 
quelque  Ordre,  et  qui Is  portent  aux  joui's  de 
cérémonie.  Le  Collier  de  l  Ordre  du  Saint-Ei- 
prit,le  Collier  de  l'Ordre  de  VAnnonciade ; 
ou  simplement,  le  Collier  dé Saint-Mîchel^  du 
Saint'Esp}-it,  de  la  Toison,  de  VAnnonaade. 
Il  porte  le  Collier  de  l'Ordre,  etc. 

Collier,  se  dit  aussi  d'Une  marque  natu- 
relle en  forme  de  cercle,  qui  se  voit  quelque- 
fois autour  du  cou  des  animaux  et  des  oiseaux, 
et  est  dilTércnie  du  reste  de  leur  poil  ou  de  leur 
plumage.  Un  merle  au  collier.  Un  chien  noir 
qui  a  un  collier  blanc. 

CoLMEn,  est  aussi  La  partie  du  harnoij  de» 
clicvaux  de  charrette  ou  de  labour, qui  est  faite 
de  bois  et  reml>ourrée,  et  qu'on  leur  met  au 
eou  pour  tirer. 

Un  appelle  figurément  et  familiêremûnt , 
Collier  de  misèi-Cj  Un  ei»gagement  -^  un  état,  ft 
une  profession,  à  une  occupation  pénible  et  la- 
borieuse. Voi/(i  Us  vacances  finies,  il  faut  re- 
prendre U  collicr  tU  miscre.  On  dit  en  plai&an- 


COL 

tant  d'Un  homme  marié,  qu/l  a  pi»  (<  collier 
Je  misère. 

On  appelle  C/itval  ic  collier,  Va  cheval  qui 
«t  propre  .1  tirer;  vl  ou  dit.  Cheval  franc  du 
collier,  pour  dire,  qu'il  t>«  de  lui-même ,  sans 
<{a'il  soit  bewia  de  lai  donocr  des  coups  de 
fouet. 

On  dit  proterbialement  et  figtirém.  quT/n 
homme  eit  franc  du  collier,  pour  dire,  qu'il 
procède  franchement  en  toute  chose ,  et  qu'il 
«CTt  ses  amis  de  bon  ccenr  sans  se  faire  prier. 

On  dit  aussi  d  Un  homme  de  guerre,  qui  ne 
craint  point  de  s  exposer  dans  l'occasion  quand 
3  le  faut ,  et  qui  r  va  de  bonne  grice ,  qu7l  est 
tranc  du  collier. 

On  dit  fisurément  et  familii^rement.  Donne 
un  coup  de  collier,  pour  dire.  Faire  un  nouvel 
«dort  pour  réussir  dans  quelque  «ntreprbe. 

COLLIGER.  V.  a.  Faire  des  collections  dc! 
endroits  notables  d'un  Livre.  Il  a  collicjé  bien 
des  passages.  11  est  vieux, 

CouJOÉ ,  Éz.  participe. 

COLLINE,  s.  f.  (On  pron.  Colinc.)  Petite 
montage  qui  s'élève  doucement  au  -  dessus  d« 
la  plaine.  Longue  colline.  Pdile  colline.  Bell( 
colline.  Le  haut  de  la  colline.  Le  pied,  le  bai 
ie  la  colline ,  le  penchatM  de  la  cclline.  CiÀlint 
plantée  de  vignes. 

Les  Poètes  appeUent  Le  Parnasse,  La  double 
colline. 

COLLIQUATIF,  IVE.  adj.  (  Dans  ce  mot  el 
le  snivant.  au  a  se  prononce  coua.)  Terme  de 
Médecine.  Qui  accompagne  et  indicue  la  dé- 
eompotiiion  des  parties  fibreuses  et  glotineuses 
éa  sang.  5ueur  eolliguadVe,  etc. 

COLLIQC.iïlO.V  s.  f.  Terme  de  Médecine, 
Décompnaition  dc^  parties  nbreuses  et  glutï 
Denses  da  sang. 

COLLISION.  subsL  f .  Terme  didactique.  Ij 
choc  de  deux  corps.  Les  P hilosophes  cxpliguerd 
plusieurs  eff  ts  par  la  colliAion  des  corps, 

COLLOC4nO>".  s.  f.  Ti-rme  dc  Pratique. 
Action  par  la([uelle  on  ran£;e  des  créanciers 
daiu  l'ordre  suivant  lequel  ils  doivent  être 
pajéi.  On  a  fait  la  collocation  de  ses  créan' 
eien, 

(Jn  appelle  Collocation  utile.  Une  coilcca- 
lion  pour  le  payement  de  laquelle  il  f  a  dc«  de- 
niers suffisamment. 

Il  signifie  aussi  L'ortlre,  le  rang  dans  lequel 
chaque  créancier  est  colloque.  71  a  été'  payé  sui 
vant  sa  collocation. 

On  appelle  Collocation  de  Vargent ,  L'em* 
ploi  qu'on  fait  de  l'argent  en  le  plaçant. 

COLL<K,)L'E.  s.  m.  Dialogue ,  entretien  de 
deux  ou  de  plusieurs  personnes.  Il  n'est  guère 
en  us«se  qu'an  titre  d'  certains  livres  :  Les  Col 
Uxjues  d'Erasme;  ou  dans  le  style  familier.  /Ii 
•ni  enjemfle  de  fràjuens  colloques.  Ils  ont 
tenu  un  long  coUo^jue. 

C0U.0011.  se  dit  aussi  De  la  conférence  te- 
nue à  Poissy  entre  les  Catholiques  et  Us  ^eii, 
de  la  Religion  prétendue  Réformée.  Le  Col- 
logue  de  Poissy. 

rtjLIXJQL'ER.  ï.  0.  Placer. 

U   n'eu   plos  »i.  ••■■    liijaîf   qu>n   pnrlant 


COL 

Des  créancier»  qu'on  met  en  ordre,  afin  qu'ils 
puissent  touclar  leurs  deniers  sur  le  prix  d'un 
bi»'n  qui  »e  décrète  en  Justice.  H  a  été  colloque 
utilement.  On  l'a  eollot^ué  selon  l'ordre  de  son 
hypothèaue.  Il  a  été  collotjué  par  pfêférence, 

Cou-OQCÉf  ÉE.  participe.  Un  créancier  col- 
loque. 

COLLUDER.  T.  n.  Terme  de  Palais.  S*en- 
Cendre  arec  sa  partie  un  préjudice  d'uu  tiers. 

COLLUSION,  s.  f.  Intelligmce  secrète  entre 
deux  ou  plusieurs  parties  au  prcjudîce  d'un 
tiers.  Ccllusion  secrète.  Collusion  -ytiil/t;,  ma. 
tiifeste.  <'n  voit  bien  qu'û  y  a  collusion  e"lr 
eux,  qu'il  y  a  de  la  collusion. 

Il  se  dit  aussi  De  toute  intelligence  secrète 
dans  les  afiMres  pour  tromper  un  tiers.  On  Ai- 
wit  qu'il  y  aifoit  collusion  entre  les  chefs  des 
partis  contraires, 

COLLUSOIRE,  ad),  des  2  genres.  Terme  dc 
Pratique.  Qui  se  fait  par  collusion.  Cela  es\ 
collusoire.  Procédure  collusoire.  Sentence  col- 
lusoire, 

COLLUSOIREMENT.  adv.  D'une  manière 
collusoire.  Cet  arrêt  a  été  rendu  colluioircmcfit. 

COLLYRE,  subst.  m.  Remède  extérieur  (pii 
rapplique  sur  les  yeux.  Il  n'est  guère  d'usage 
qu'en  termes  de  Médecine.  Collyre  sec.  Coïi>T« 
liquide. 

COLOMBAGE,  s.  m.  Raii»de  soUtcs  posées 
à  plomh  dans  une  cloison  de  charpente. 

COLOMBE,  subst  f.  Pigeon.  Ce  mol  est 
lODsacré  à  la  Poésie,  et  au  slyle  soutenu.  La 
^nàre  colombe.  La  fidèle  colombe.  Jupiter  fut 
nourri  par  des  colombes. 

U  s'emploie  au  lieu  de  Pi^^eon ,  dans  toutes 
les  phrases  tirées  ou  imitées  de  rÉciiture-Sainte. 
Le  Saint-Esprit  descendit  en  forme  de  colombe 
sur  Aoïrc-ïSeirtncur  JÉscs-CanisT.  Les  femmes 
présenfoient  au  Temple,  le  jour  de  leur  puriR- 
cation,  une  paire  de  tourterelles  ou  de  colombes. 
Simple  comme  une  colombe.  La  simplicité  de 
'a  colombe,  L^Eglise  est  comparée  à  une  chasti 
colombe. 

COLOMBIER,  s.  m.  Bâtiment  en  forme  de 
tour  ronde  ou  carrée,  où  l'on  retire  et  nourrit 
des  pigeons.  Colombier  à  pied.  Colombier  bien 
qarni.  Peupler  un  colombier.  L'échelle,  les 
boulins  d^un  colombier.  Un  colombier  de  cinq 
cents  boulins  y  de  mille  boulins  ou  trous. 

On  dit  figurément  ei  proverbialem. ,  Faire 
venir,  attirer  les  piqeons  au  colombier,  pour 
dire.  Attirer  des  chalands,  des  personnes  qui 
apportent  du  profit. 

On  dit  aussi.  Chasser  les  pigeons  du  colom- 
bier, pour  dire,  Kluigner,  eflàroucber  ceux  qui 
apportent  du  profit  daus  une  maîsou.  Vous 
querella  ceux  qui  vont  acheter  chex  fous, 
c'est  chasser  les  piqeons  du  colombier. 

COLOMBIE,  s.  m.  Minéral  11  fte  dit  De  la 
mine  de  plomb  pure. 

COLOMB!>.  I>E.  adj.  Qui  est  d'une  cou- 
leur mcUn;;cc  rnlrc  le  roupe  cl  le  violet,  ap- 
prochant du  gris-de-lin.  Taffttas  colombin_ 
Soie  colombine.  Couleur  colom^îne. Ce  moi  est 
vieux  :  on  dit  aujourd'hui  Gorge  de  piqcon. 

COLO>'.   subst.   m.  Celui  qui  cultive  une 


COL 


z63 


terre.  On  donne  ce  nom  aux  habitans  des  Co- 
lonies. 

U  se  dit  par  extension  De  ceux  qui  cultivent 
des  terres  dans  quelque  Pays  que  ce  soit.  Ce 
Pays  manque  de  Colons. 

CÔLON,  s  m.  Terme  d'Anat.  L'un  Hes  gros 
intestins,  qui  suit  le  cœcum.  Le  colon  est  ordi- 
nairement le  siège  de  la  colique. 

COLONEL,  s.  m.  Celui  qui  commande  ui 
Régiment  de  Cavalerie,  d'infanteiie,  ou  de 
Draçons.  Colonel  du  Régiment  des  Gardes. 
Colonel  des  Suisses.  Lieutenant  Colonel. 

On  appelle  Colonel  Général  de  la  Cavalerie, 
Celui  qui  commande  toute  la  Cavalme  ;  Colonr  I 
Général  des  Dragons,  Celui  qui  commande 
tous  les  Dragons.  Lorsqu'il  y  a  un  Colonel  Gé- 
néral de  l'Infanterie,  les  Colonels  particulier! 
ne  prennent  que  le  litre  de  Mestres  de  Camp. 

CoLOSEL,  est  adjectif  dans  cette  phrase. 
Compagnie  Colonelle^  c'est-à-dtre,  La  pre- 
mière Compagnie  d'un  Régiment,  celle  qui  n'a 
point  d'autre  Capitaine  que  le  Colonel  ;  el  on 
dit  absolument  La  Colonelle,  pour  dire,  La 
Compagnie  Colonelle. 

COLONIE,  s.  f.  Nombre  de  personnes  de 
l'un  et  dc  l'autre  sexe,  que  i'on  envoie  d'un 
Pays  pour  en  fiabiler  un  autre.  Il  y  a  plusieurs 
colonies  Françoises  dans  le  youveau-Monde. 
Envoyer  une  colonie.  Etablir  une  colonie.  Les 
Romains  envoyoient  des  colonies  de  soldats 
vétérans  dans  les  Villes  qu'ils  avoient  conquises. 

Colonie,  se  dit  aussi  Des  lieux  ou  l'on  en- 
voie des  habitans.  Marseille  est  une  colonie  des 
Phocéens.  Cologne  est  une  colonie  des  RoWains, 
Les  colonies  d'Amérique. 

COLONNADE,  s.  f.  collectif.  Suite  de  co- 
lonnes rangées  pour  servir  d'ornement  à  un 
grand  édifice,  îi  une  place  publique,  ou  à  un 
beau  jardin.  La  colonnade  de  Saint-Pierre.  La 
colonnade  des  jardins  de  Versailles.  La  colon- 
nade du  Louvre. 

COLONNE,  s.  f.  Sorte  de  pilier  de  forme 
à  peu  près  cylindllque  pour  soutenu,  ou 
pour  orner  an  bâtiment.  Colonne  de  mflrl>r«. 
Colonne  de  bronze,  de  pierre,  de  bois.  Colonne 
dorée.  Colonne  torse.  Colonne  cannelée.  Co- 
lonne Corinthienne,  Colonne  Dorique,  etc.  Co- 
lonne isolée.  Colonnes  accouplées.  Dresser  une 
colonne.  Deux  rangs,  deux  ordres  de  colonnes. 
La  base,  le  fût,  le  chapiteau  de  la  colonne, 

ir  y  a  aussi  De  qrandes  colonnes  qui  sont 
indi-pendantes  des  bâtimens,  et  qu'on  élève 
dans  les  places  publique».  La  colonne  de  Tra- 
jan,  ou  la  colonne  Trajane,  etc. 

On  appelle  Les  deux  montagnes  du  Détroi 
de  Gil>raltar.  Les  colonnes  d'Hercule, 

Oa  appelle  Les  piliers  d'uo  Ut,  Le%  colonnes 
d'un  lit 

On  dit,  quTn  livre  est  écrit  ou  imprimé 
par  colonnes.  Quand  les  lignes  ne  «ont  put  de 
toute  la  largeur  de  la  page*  mais  que  U  pa^ 
cs^  divisée  de  haut  en  bas  en  deuxoo  plusieurs 
parties.  Dans  ce  livre- ci  il  y  a  frois  cvlonnxs 
à  la  page.  Il  est  imprimé  par  colonna,*  déux, 
à  trois  colonnu.  Ce  Dictionnaire  est  à  tto*i 
colonnes. 


2fiî  COL 

On  dit,  qu'l/'ie  armée  marche  sur  une  ou 
plusieurs  colonnes,  pour  dire,  cju'F.lIc  inarcle 
sur  une  on  sur  plusieurs  lignes  (jui  oui  peu  d« 
fiont  et  beiucoup  de  hauteur. 

On  appelle  fi^urém.,  Colonnes  de  VKgl'se, 
Colonnes  de  l'Etat,  Les  gran<ls  personnages 
qui  soutiennent  l'Église  et  l'Ktatpnr  leurvcrtu, 
jïar  leur  capaàtCi  par  leur  courage. 

On  dit  aussi  Cgurciiicnt  que  La  Paix  et  la 
.luslicc  sont  les  :leu.c  nlunnes  de  Vktat. 

On  appelle  aussi  Colonne,  en  terme»  Se 
Plivsique,  Une  quantité  de  matiiire  fluide  de 
figure  cylindrique,  quia  une  hauteur  et  une 
ftase  détermiiice-i  réellement  ou  par  la  pensfe. 
Colonne  d'air.  Colonne  d'eau.  Il  y  a  une  co- 
lonne d'air  qui  fèsc  conirc  la  colonne  de  mer- 
cure, soutenue  dans  le  baromètre 

COLOPHANE,  s.  f.  Sorte  de  résine,  dont 
les  joueurs  d'instrumensse  servent  pour  frotter 
les  crins  de  l'archet  dont  ils  jouent. 

COLOQUINTE,  s.  f.  Piaule  du  genre  des 
cunirLites ,  dont  le  fruit  est  moins  gros  et  a  des 
formes  très-variées;  tantôt  il  est  k côtes  eomme 
le  melon  ,  tanti"jt  il  est  long  et  lisse  comme  une 
poire,  et  bigarre  de  jame  et  de  vert,  mais 
distingué  par  soj  amcniune  et  sa  qualité  pur- 
ffalive.  Pomme  de  coloquinte.  Amer  comme  co- 
loauinle. 

COLORANT,  ANTE.  ndj.  Qu!  colore,  qui 
djnne  de  la  couleur.  Parties  colorantes. 

COLORER.  V.  a.  Donner  la  couleiu-,  de  Li 
{CTulcur.  Le  Soleil  colore  les  fruits,  colore  les 
(leurs,  les  tuiécs.  La  nature  colore  les  pien'C- 
ria,  colore  les  métaur,^  fi.  har.  de  coio:e<  U 
»scrre,  le  cn'.-^fuî. 

n  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Les  fiutts  se  colorent  peu  ù  peu  au  Soleil.  Les 
r^tisins  commencent  à  se  colorer. 

II  signifie  figurément,  Donner  une  belle  ap- 
jjarencn  à  quelque  chose  de  mauvais.  C()lo7'cr 
wie  injuitlce.  Colorer  un  mensonge.  Il  a  si  bien 
coloré  sa  faute,  sa  Idchelé, .... 

CoLonÉ,  i;e.  participe. 

On  appelle  Du  vin  qui  est  pUis  rouge  que 
p.iillet,  Du  vin  coloré.  Ce  vin  est  trop  paillct, 
ic  le  voudrais  plus  coloré. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  est  rouge  de 
•»»fcagc,  qu'/l  a  le  teint  coloré. 

On  dit  encore  au  ligure,  71  na  pas  même  un 
(i-rc  coloré,  Un  tilrt-  apparent. 

COLORIER,  v.  acl.  Employer  les  couleurs 
dans  un  tableau.  Colorier  un  tablcttu.  Ce 
Peintre-là  colorie  fort  bien,  mieux  qu'il  ne 
dessine. 

CoLOBit ,  ÉE.  participe.  Tableau  bien  co- 
lorié. 

COLORIS,  s.  m.  Ce  qui  résulte  du  mélange 
et  de  l'emploi  àcs  couleurs  dans  les  tableaux . 
principalement  pour  les  ligures  Iiiunaincs.  Co- 
loris (rais.  Cojorij  tendre,  vif.  Coloris  qui  est 
bien  de  chair.  Coloris  qui  a  bien  de  la  force. 
hô  coloris  fl'uu  tableau.  Le  colovis  d'un  tel 
Peintre  est  excellent.  CePeintre  est  estimé  pour 
son  coloris.  Ce  tableau  pêche  dans  le  colc.'i.'i, 
par  le  coloris. 

Un  dit  d'Un  beau  visage,  d'un  tcliit  frais  et 


COM 

vermeil,  Voilà  un  beau  coluris.  On  le  dit  aussi 
Des  fruits,  i'oi/à  des  pêches  d'un  beau  coloris. 

COLORISTE,  s.  m.  Terme  de  Peinture*. 
Peintre  qui  entend  bien  ie  co'ioris.  C'est  un  bon 
coloriste,  un  qrand  coloriste, 

COLOSSAL,  ALE.  adj.  De  p-andrur  déme- 
siircc.  Fiqurc  colossale.  Au  pluriel  il  n'est  d  u- 
sage  qu'au  l'éminin.  Des  statues  colossales. 

COLOSSE.  8.  m.  Statue  d*uae  grandeur  d^-- 
mesurée.  Le  Colosse  de  Rhodes. 

On  appelle  figùrdment  Un  Iiodiidc  de  foM 
^ande  stature,  Un  Colosse,  un  grand  Colosse 

COLOSTRE.  s.  m.  Terme  de  Médecine.  Prc 
mier  lait  qui  se  trouve  dans  ie  sein  des  fen.nit'â 
apTcâ  leur  délivrance. 

COLPORTAGE,  s.  ra.  Emploi,  ronction  de 
Cporteur. 

COLPORTER.  V.  act.  Faire  le  métier  do 
Colporteur.  C'est  porter  dans  les  rues  t-t  p:it 
les  campagnes,  dea  marchandises,  des  livres, 
des  papiers  publics ,  etc.  pour  les  vendre.  Il 
est  défendu  de  colporter  des  lures  imprimés 
sans  privilège.  Il  qacjne  sa  vie  ù  colporter. 

On  s'en  sert  au  figuré.  Colporter  une  his- 
toire scandaleuse ,  La  répandre  en  la  racoatant 
dous  les  maisons. 

Colporte  ;  le,  participe. 

COLPORTEUR,  s.  masc.  On  appelle  niusi 
certains  petits  Merciers  qui  portent  sur  leur 
dos  ou  devant  eux  ,  de  petites  marcliandiscs 
dans  des  mannes  et  dans  des  malles  pondues  à 
leur  cou.  On  donne  ce  nom  plus  ordinairement 
à  ceux  Kfiû  crient  et  qui  vendent  dans  les  rues 
(esEdits.  les  Amôls,  .t  piusicias  antres  sortes 
d'écrits  impiimés  avec  autorité  publique.  C'est 
un  Arrêt  aue  les  Colporteurs  crient  dans  les  rue^. 

On  le  dit  aussi  De  ceux  qui  vont  vendre  de^ 
livres  dans  les  maisons. 

COLURE.  s.  masc.  Il  se  dît  De  deux  grands 
cercles  qui  coupent  l'Equateur  et  le  Zodiaque 
en  quatre  parties  égales,  et  qui  servent  li  mar- 
quer les  quatre  saisons  de  l'anoce.  Colure  des 
Eijuinoxes.  Colure  des  Solstices. 

COLZA,  s.  m.  Espèce  de  chou  sauvage.  On 
en  sème  beaucoup  dans  l'Artois.  On  tire  de  sa 
graine  une  bulle  buune  à  brCtler,  et  ù  d'autres 
usages. 

COM 

COMA.  •-  'n.  TtTme  de  Médecim^  Bialad'^ 
soporeuse. 

COMATTiUX ,  EUSE.  adj.  Qui  produit  ou 
annonce  le  coma. 

COMBAT,  s.  masc.  L'.'tGlion  par  laquelle  on 
attaque,  ou  Ion  se  défend.*  Comhut  d'hotninc  à 
homme.  Combat  singulier.  Combat  d'une  armée 
contre  une  autre  armée.  Combat  doutciu:. 
Combat  à  ouU'ance.  Combat  opiniâtre.  Combat 
sanglant.  Combat  sur  terre,  Conil>at  sur  mer. 
Combat  naval.  Rendre  s  livrer  combat.  Attirer 
Vennemi  au  combat.  Tenter  la  fortune  du  com- 
bat. Soutenir  îe  combat.  Donntr,  hasarder  un 
combat.  Présenter^  accepter  îe  combat.  Au  fort 
du  combat.  Dans  la  chaleur  du  combat.  Ils  se 
rendirent  Sun-  combat.  Tenter  le  combat.  Finir 
le  comhat.  Evilci-  le  combat.  Ke'ta' itV  le  combat. 


COM 

Ondft,  fltre  hors  de  combat,  pour  dire. 
N'être  plus  on  état  de  combattre  :  et  il  &edil  nu 
propre  et  au  fii^iué. 

COMB,\T ,  est  moins  que  Bataille.  Ce  ne  fut 
(ju^un  comhat ,  ce  tic  fut  pas  une  bataille.  <Juet- 
quefois  cependant  il  se  prend  pour  Bataille.  Le 
tombât  a  été  rude  entre  les  deux  armées. 

Faire  un  comhat.,  ne  s'entend  que  d'Un 
tombât  singulier.  Il  s'est  fait  un  combat  en  tel 
lieu. 

Combat,  ee  dit  fij:urémcnt  De  certains  ctata 
d'agitation,  de  trouble  et  de  soulFranoc.  La  vie 
de  Ihomme  est  un  combat  perpétuel. 

CoiBAT,  se  dit  aussi  figurément,  Des  con- 
tr.'iiiétés  ,  de»  oppositions  qu'on  éprouve.  Il 
faut  rendre  bien  des  combats  pour  vaincre  ses 
passions. 

Combat,  se  dit  aussi  De  toute  sorte  de  con- 
testation et  de  dispute.  Comhat  de  civilité, 
d'esprit 

On  le  dit  De  l'opposition  et  de  la  corlrarictfi 
de  certaines  chose;*  entre  elU-s.  Le  combat  des 
humeurs  dans  le  corps.  Le  combat  des  élémens. 
Le  cembal  des  Tcnti. 

CoatBAT,  se  dit  aussi  De  c/^riains  Jeux  pu- 
blie» des  Aticiens  ,  comme  les  Jeux  Olympi- 
ques ,  les  Jens  da  Cirque ,  etc. 

COMBATTANT,  s.  m.  Homme  de  guerre 
rnarcljant  en  campagne  sous  les  ordres  d'an 
GcnéraLi  ne  armée  de  trente  mille  combnttaus, 

11  se  dit  aussi  en  parlant  d'Un  drs  sontenana 
on  des  assaîllans  d'un  Tournoi.  Qutindlesdeux 
eoinbaltans  furent  en  présence. 

On  dit  proverbial. ,  quan3  tont  le  monde  se 
retire  d'une  partie  de  jeu  ,  ou  de  la  danse  j  L» 
comhat  f\nit  faute  de  combaltuns. 

COMBATTRE,  v.  a.  i  11  se  conjugue  comme 
Battre.  )  Attaquer  son  ennemi ,  ou  en  soutenir, 
en  repousser  l'attaque.  Combattre  les  ennemis. 
Combattre  vaillamment.  On  a  combattu  iiail- 
lammcnt  de  part  et  d'autre.  Combattre  à  oip- 
trancc.  Combattre  de  près.  Combattre  de  loin. 
Combattre  de  pied  ferme.  Combattre  corps  à 
corps.  Comhatlre  à  pied.  Combattre  à  chevaL 
Combattre  arme.  Combattre  en  champ  clos. 
Combattre  à  Vépêe ,  au  pistolet.  Combattre 
contre  quelqu'un. 

On  dit  figurément  :  Combattre  les  diffîcuhés. 
Combattre  les  tentations.  Combattre  les  raisont, 
les  sentiniens,  les  opinions  d\iutrui.  Combattre 
les  vices.  Combattre  Ihérésie.  Combattre  une 
doctrine. 

On  dit  figurément,  qu'Z7n  remède  comhat 
un  mal,  pour  dirtj  qu'Jl  agit  fortement  contre 
le  mal. 

On  dit  aussi  figurément,  qu'Un  homme 
comhaien  lut'-mcmc,  pourilirc.  qu'il  rst  extrê- 
mement embarrassé  à  se  déterminer,  et  qu'il  se 
passe  en  lui  une  espèce  de  combiji.  J'ai  lor^j- 
tcmps  combattu  en  moirmême  avant  que  de 
prendre  mon  parti 

On  dit,  Combattre  ses  passions,  combattre 
sa  colère^  pour  dire,  Y  résister,  les  réprimer. 

On  dit  encore.  Combattre  contre  les  vents^ 
contre  la  faim^  la  soif  ;  et  dans  on  style  plus 
îoutemi,  Combattre  les  vents,  U  fntm,  etc. 


I 


COM 

On  dit,  Comhatlre  avec  quelqu'un^  (Je  ciVî 
htêy  d'honnctelc  et  de  politesse,  pour  dire, 
Disputer  à  tjui  sera  plus  civil,  plus  Iioiuiête, 
plus  poli. 

CoMiiATru,  UT.,  participr.  Opinion  comhat- 
tue.Sentintcns  comhuttus.  Pussions  combattues. 
Hêrt>ie  combattue.  Un  homme  combattu  en  lui- 
même.  Il  se  sentait  combuttu  en  lui-mvmc.  lln'ist 
guère  d'usage  <juc  dans  ces  sortes  de  phrases. 
COMBIEN,  adv.  de  quantité.  U  y  avoit  je 
ne  sais  combien  de  fjcns,  pour  dire,  Il  y  avoit 
uuc  grande  {juarititi.'  de  gens,  grand  nombre  de 
gens.  Comfc/en  Taȕ  cefu  .-*  pour  dire,  De  quel 
prix  est  cela  ?£n  combien  de  temps  !^  pour  dire. 
En  quel  espace  de  temps?  Combien  de  t:mps 
n*a-t-il  pas  fr.Hu? 

11  signifie  aussi  A  quel  poiut.  Si  vous  sa- 
viez combien  il  vous  aime.  Si  vous  saviez  com- 
bien cette  opinion  est  pernicieuse.  Combien  cet 
homme-là  est  au-desaus  de  Vautre  !  Il  est  in- 
croyable combien  cet  Auteur  a  fait  d'owiTnner. 
Combien  ,  se  met  quelquefois  substantive- 
ment. H  me  veut  vendre  sa  Chartje,  nous  en 
sommes  sur  le  combien,  il  est  du  si)  le  familitr. 
CoufiiEN  QUt:.  conjonciiou.  Encore  que, bien 
que,  quoi[|uc.  Il  est  vieux. 

COMBI.NAISO-N.  s.  f.  Assemblage  de  plu- 
sieurs choses  disposées  deux  à  deux  ;  et  p:>r  ex- 
tension,  Assemblage  de  plusieurs  choses  dispo- 
w^s  entre  elles  dans  un  certain  ordre.  La  com- 
binaison des  lettres.  Faire  une  combinaison 
Faire  des  combinaisons,  pour  voir  ï effet  que 
aeiiT  rhn«*<  c'Tsf!'n.')ïe  fe'ii'cnt  prnditi-c. 

CoMQf!rAlso!(,  en  Cliiraie,  est  l'Union  \n- 
lime  par  laquelle  les  punies  de  deux  toips  se 
joignent  pour  former  un  nouveau  corps.  Ce 
fliot  ne  doit  pas  être  confondu  avec  MclanQC. 
On  dit  Combiner  dans  le  même  sens. 

COMBINER.  T.  a.  Assembler  plusieurs  choses 
CD  les  disposant  deux  à  deux;  et  par  extension.- 
I«s  arranj;cr  de  toutes  les  manitTCS  dont  elles 
peuvent  être  arrangées  ensemble.  Conthiner  la 
nombres.  Combiner  des  ratsonnemens  ,  des 
preuves  y  les  incidens. 
CoMBisÊ,  ÉE.  participe. 
On  appelle  Armée  combinéCj  Une  armt?c 
Composée  de  dî-IV rentes  nations.  L'armée  com- 
htnèe  de  France  et  d'Espagne, 

COMDI£.adi.des  2  genres.  Il  ne  se  dit  pro- 
prement qii-'ï  Des  mesures  des  clioscs  sèches, 
comme  le  bit',  le  seigle,  la  farine,  ttc.etil  n'cbl 
d'aucun  usnge  en  parlant  De  la  mesure  des 
choses  liquides.  3/csure  comble.  Boisseau  ,  mi» 
not  comble  y  tout  comble. 

Figuri^m^nl,  en  parlant  Des  crimes  des  pé- 
cheuri.on  dit,  que  Ld  mesure  est  comble, 
pour  dire  ,  qur  L^urs  crimes  sont  montes  jus- 
qu'à l'cxcb.  Cl  qu'ils  ont  tout  à  craindre  de  la 
Tenj:ean.-c  divine.  La  mém-:  chose  se  dit  Des 
Lûtes  ou  des  torts  mub'pliûs. 

CO.^IBIJ'..  subst.  masc.  Ce  qui  peut  tenir 
au-dessus  des  bord»  d'une  mesure,  d'un  vais- 
•^■ou  déj.i  plein.  Le  romWe  d'un  bosscau,  diin 
miMol,  d'une  mettre.  Il  a  donné  cela  pour  le 
tomble. 

Comble,  signifie  aussi  Le  làitc  d'un   b:.ti* 
Tome  I, 


COM 

nirnt.  Le  comUcde  la  maison.  Maison  abattue^ 
minée  de  fiiid  en  comMe. 

On  dit  fij^urèinent,  qu't/n/.omme  est  ruiné. 
qu'on  Va  mille  de  fond  en  comble,  ]X)ur  dire, 
qu'il  a  perdu,  ou  qu'nn  lui  a  fait  perdre  tous 
ses  biens,  ou  son  crédit  et  son  honneur,  ou  tout 
cela  ensemble.  On  le  dit  aussi  d'Une  famille, 
d'une  Ville,  d'une  (Communauté,  etc. 

Comble,  signifie fgurément,  Le  dernier  sur- 
croît, le  dernier  point  de  quelque  cliuse,  parti 
culièrement  de  1  honneur,  de  \a  joie,  des  dé- 
siis,  de  l'afiliclioa  et  des  maux.  Parvenir,  urrû 
ver  au  comble  des  honneurs,  au  comble  de  lu 
fortune^  au  coniMe  de  ses  désirs. Ce  fut  le  com- 
ble de  nos  maiLV.  Le  comble  de  son  uffîictinn  , 
de  sa  douleur. 

Pocn  coMDix.  Façon  de  pirler,  quisigniuc, 
Pour  siu:croît,ct  dont  on  se  sert  eu  diverses 
phrases  par  exagération.  Il  tomba  malade,  et 
pour  comble  de  malheur^  pour  comble  de  dis- 
qrilce^  il  perdit  peu  de  temps  après  tout  son 
bien.  Après  avoir  qaqnè  la  batadlCf  pour  com 
hle  de  nloire^  il  prit  le  Général  ennemi  pt  ison- 
nier. 

COMBLEMENT,  s.  m.  Action  de  combler. 

COMBLER.  V.  a.  Remplir  un  vaisseau,  une 
mesure  jusque  par-dessus  les  bords,  tant  qu'il 
y  en  peut  tenir.  Combler  un  hois.*^eau.  Combla 
un  miiiot.  Combler  une  mc.'Utre^  lu  mesure. 

On  dit  figurénient,  Combler  une  personne 
de  biens  j  pour  duc,  Lui  faire  de  ginnds  biens.! 
Et  l'on  dit  à  peu  près  dans  le  même  sens  : 
font!  1er  ('e  binifiiiL.,Con'bb'r  de.  qracc<.Com- 
hler  de  fiveurs  Combtir  d'/ionnenrs.  Combler 
de  présent.  Combler  de  fclicité.  Combler  de 
joie.  Combler  de  qloit  e.  Combler  de  louunnes 
Combler  de  bénédictions. 

CoMBLEn  L\  MEsciiE,  sc  dit  aussi  figurém. 
pour  dire.  Commettre  qiiel(|ue  nouveau  crime 
nprés  un  grand  nombre  d'autres;  Caire  quelque 
nouvelle  faute  aprôs  la'juelle  on  :i'a  plus  de 
pardon  h  espérer.  Leur  rébellion  a  comblé  h. 
aies«re.  Ce  qui  a  comblé  la  mesure  j  c'est  lu 
dernière  faute  quil  a  faite. 

CcMBLEn,  signifîc  aussi.  Remplir  un  creux, 
un  vide.  Combler  un  fossé.  Combler  des  val 
lécs.  Combler  la  tranchée. 

CoMui.t,  KE-  participe. 

COMBLÉTE.  s.  f.  Terme  de  Chasse,  rente 
qui  est  au  milieu  du  pied  du  cerf. 

(OMBIULRE.  s.  f.  Filet  propre  i  prends 
des  Thons  ci  autres  grands  poissons. 

COMBUOER.  V.  a.  Remplir  d'eau  des  fu- 
inilles  pour  les  imbber,  avant  que  de  les  em- 
ployer. 

CoMBDr.É,  ÉE.  participe. 

COMBUSTIBLE,  «dj.  des  2  genres.  Qui  a 
la  propriété  de  brûler.  i1/a(icrc  combustible. 
La  poix.,  le  goudron,  le  soufre,  le  bois  sec.  les 
fruilles  sèches,  sont  dea  matière*'  Irèi- rompus- 
tibîcf.  Le  marbre,  les  pierres ^  ne  sont  pas  com- 
busliblci. 

COMBUSTION,  s.  f.  Action  de  brûItT  en 
tièremcnt.  CVjI  la  combustion  de  Vair  qui  fait 
la  flamme.  Lii  coniî>U5fion  des  cadavres  éloit 
trés-diKpendeiue  chez  les  liomains. 


COM 


265 


il  se  dit  d'L'n  incendie  qui  détruit  totale* 
ment  un  édiixc.  J\ti  vu  la  combustion  entière 
de  ce  puhli';. 

11  si;^nific,  dans  une  acception  trés-ordi- 
naire,  mais  (igurée,  Un  f;r;tnd  désordre,  un 
jirand  tumulte  «luî  s'e\ci(e  tout  d'un  coup  dans 
une  populace,  dans  une  grande  asscmblLC,  etc. 
Etrange  comhui<tion.  Horrible  combustion.  Ce 
fut  une  combustion  qér.érale.  Tout  le  Royaume 
étoit  en  combustion.  Il  a  mis  tout  iTAat^  toute 
la  V  lie,  toute  la  famille  en  combustion.  L'u- 
sage le  plus  ordinaire  de  ce  mot  est  de  s'en 
servir  avec  la  préposition  en.  Tout  le  Royaume 
étoit  alors  en  combustion.  Cela  mil  toute  la 
Province  en  combustion. 

COMKOIE.  s.  f.  Poëme  dramatique  ,  pièce 
de  Tbéitre,  dans  laquelle  on  représente  quel- 
que action  de  la  vie  comnuinc,  que  l'on  sup- 
pose s'être  passée  entre  des  personnes  de  con- 
dition privée.  Comédie  plaisante,  divertissante, 
injouéc,  bien  conduite.  Comédie  de  caractère. 
Comédie  d'intrigue.  Comédie  larmoyante.  Le 
nœud,  le  dénouement  de  la  Comédie.  Comédie 
tn  vers,  en  prose  j  en  cinq  actesj  en  trois  actes^ 
tn  un  acte.  On  a  purgé  lu  Comédie  de  tout  ce 
iju'elle  avoit  de  licencieux.  Faire  une  Comédie. 
Composer  une  Comédie.  Les  acteurs,  les  per^ 
tonnages  d'nnc  Comédie.  Le  sujet  d'une  Co^ 
mèdie.  La  Comédie  ancienne.  La  Comédie 
moyenne.  La  Comédie  nouvelle.  Comédie Fran. 
çoi^e.  Comédie  Italienne,  Espagnole.  Jouer  une 
Comédie.  Repié^'Cnter  une  Comédie. 

Comi'die.  se  prend  quelquefois  pour  L'art 
<ïe  composer  des  Comédies.  71  entend  fcicn  la 
Comédie.  La  C  médie  a  été  perfectionnée  par 
Molière. 

Comédie,  se  dit  généralement  De  toutes 
îortes  de  Pièces  de  Théâtre,  comme  sont  la 
Tragédie,  la  Tragi-comédie,  et  la  Pastoral--. 
Jouer  la  Comédie.  Représenter  la  Comédie, 
Voir  la  Comédie.  Aller  à  la  Comédie.  Être  à 
\a  Coméd-e.  Il  y  eut  Bal  et  Comédie.  Donner 
la  Comédie. 

CoMKDiE,  se  dit  G  purement  Des  ai  lioDs  qui 
mit  quelijue  chose  de  plaisant.  Je  crois  que  ces 
Messieurs  joRL*nI  la  Comjdie,  nous  donnent  U 
Comédie. 

On  dit  dans  un  sens  approchant,  qu't%i 
homme  donne  la  Comédie  au  public,  pour 
dire  ,  que  Par  sa  mauvaise  conduite  il  attire 
l'attention  du  public,  et  donne  lieu  de  parler 
de  lui  en  mauvaise  part.  El  dans  ce  sens  on 
dit  d'Un  homme  ridiciile  et  extravagant ,  que 
Partout  où  il  va ,  il  donne  la  Comédie. 

CoM^.DiE ,  signiGe  aussi  Ggua>mcnt  Feinte. 
Tout  cela  n'est  qu'une  pure  comédie.  Et  on  dit 
dans  ce  sens  d'Une  personne  dissimulée,  el  qui 
prend  à  tâctie  de  faire  paraître  des  senliinens 
différens  de  ses  scntîmens  véritabh-s.  que  C'est 
une  personne  qui  joue  bien  la  comédie. 

Comédie,  signifie  aussi  Ia:  lieu  ou  l'on  joue 
la  Comédie  pour  le  public.  //  loge  vis-à-vis  de 
la  Comédie,  Sa  maiion  est  bâtie  à  côté  de  ta 
Comédie. 

COMÊniRN  ,  lENM^  s.  Cehii  on  celle  dont 
la  profession  est  de  jouer  U  Comédie  ^ur  un 

34 


266 


COM 


théâtre  public.  Fuii  CtiméiUen.  K.rccUenl  Co- 
Diédieii.  .l/arii'iii.s  ComèdUii.  C'est  un  pitoyable 
Comédien.  Ce  Comédien  excelle  dans  le  co- 
mique^ mais  joue  mul  dans  le  sérieux^  dans  le 
Iraqitjue.  Comédiens  de  campagne.  Comédiens 
François.  Comédiens  Italiens.  Troupe  de  Co- 
médiens. Ce  Poëte  a  donné  sa  pièce  nnx  Comé- 
diens. Les  Comédiens  ont  affiché  une  l'ièce 
nouvelle. 

On  dit  fi^uronu'nt  dl'ii  lionime,  qii7l  es! 
Ion  Comédien,  pour  dire,  qu'il  feint  bien  des 
passions  et  des  sentime^s  qu'il  n'a  pas.  Et  en 
ce  sens  on  dit  d'f  n  hypocrite,  ou  d'un  homme 
qui  chantjc  de  conduite  ou  d'opinions  .«Ion  son 
intcrit  et  les  circonstances,  que  C'est  un  jiun  I 
Comédien. 

COJIESTIBLK.  adj.  d'JS  i  genres.  Qui  peut 
se  manger.  U  ne  se  dit  qii".  Oe  ce  qui  convlcnl 
à  la  nourriture  de  l'homire  ,  et  ne  se  prrnd 
guère  adjectivement  que  dans  ces  phrases  : 
henrée:.  comest(fc/e.s.  Vianda  et  autres  clwses 
comestibles. 

I.'usage  ordinaire  est  de  prendre  ce  mot 
.substantivement.  Le  comestible.  Des  comes- 
i.hks.  Vn  impét  sur  les  comestibles.  On  tioiivt 
chez  ce  Traiteur  toutes  sortes  de  comestibles. 
Les  comestibles  sont  rares  et  chei's  dans  cette 
Vlace.  [ 

COMÈTE,  .s.  f.  Corps  lumineux  qui  paroii 
exlraordinairemeut  dans  le  Ciel,  avec  une  tr.aî- 
nee  de  lumière,  h  laquelle  on  donne  tantôt  le 
nom  de  Chevelure,  tantôt  le  nom  de  lî.irbe,  et 
tantôt  celui  de  Queue.  Cor-.elc  cl.cvelue.  Co- 
mète barbue.  Comète  à  queue.  U  parut  une  co 
mêle.  0(1  im'I  une  comète.  Le  mouvemer.t  d'uiie 
comète.  Le  cours  d'une  conictc.  Le  peuple  crod 
que  les  comètes  sont  des  piésages  d'un  ci'euc- 
ment  funeste. 

On  appelle  en  termes  de  Hlason ,  Comète, 
Une  étoile  ^  queue  ondoyante  ,  qu'on  repré- 
sente avec  huit  rayons. 

Comète  ,  .signifie  aussi  Une  espace  de  jeu 
qui  se  joue  avec  des  cartes,  et  dont  nnc  porte 
particulièrement  le  nom  de  Comète.  Jouer  ci  la 
Comète. 

COMÈTE,  ÉE.  aJject.  Terme  de  Blason, 
qui  se  dit  Des  pièces  qui  ont  des  rayons  on- 
doyans  et  mouvar.s  du  chef;  au  lieu  que  les 
rayons  llamLojdns  sont  mouvaus  de  la  pointe 
de  l'écu. 

COMICES,  s.  m.  pi.  se  dit  en  pari  n.t  Des 
Asscraljlces  du  Fcuple  Houiaiu,  pour  (îlire  des 
ïla''istr.its ,  ou  pour  tialler  les  nlTaircs  impor- 
tantes de  la  Rëpublique 

COMINGE.  s.  f.  Bombe  d'une  grosseur  con- 
«idJrablc. 

CO'MinUE.  a!j.  des  3.  genres.  Qui  appar- 
tient à  la  Conié.lie,  prise  dans  le  premii  r  sens 
que  nous  avons  marque  ci-dessus.  Pièce  co- 
mique. Poëte  comique.  Sujet  comique.  !>tylc 
camique.  Celte  inlrijuc  est  tout-à- ftit  co- 
mique. 

Comique ,  signifie  aussi,  Plaisant,  propre  à 
faire  rire.  Visage  comiijue.  Aveutuie  comique. 
Koman  comique. 

U  est  aussi  substantif;  et  en  cette  acception, 


COM 

il  sipiifie  Genre  roniitjiic,  style  comitjue.  Cet 
Auteur  entend  bien  le  comijue. 

On  dit  dons  cette  acrcptlon ,  qn'l/n  Comé- 
dien n'est  hon  (jue  pour  le  comique j  pour  dire, 
qu'il  lie  joue  bien  (pie  U's  pcrsonna3cs  conii- 
ijnes.  C'est  un  hon  Comif^uf.  Les  Comiques  de 
cette  Troupe  ne  sont  point  hon^. 

COMIQUKMKNT.  adv.  Dur»  ninniLTe  co- 
mique. U  a  traité  ce  su]ct  comiquement. 

COMITE,  s.  m.  Oflicier  préposi":  pour  faire 
travailler  la  chiourmc  d'une  GaUVe.  C^est  un 
Comité.  Le  Comité  d'une  Galère.  Impitoyable 
comme  un  Comité. 

CDMVVÈ.  s.  nï,  Axsemhlée  de  personnoii 
commises  pour  l:i  discussion  de  certaines  af- 
fains,  de  certains  olijfts.  Il  s'est  tenu  plusieurs 
comités  sur  cette  afjhire. 

U  se  dit  anssi  farailii'Tcnicnt  d'Une  socictt* 
restreinte  h  un  petit  nombre.  Nous  souperom 
ce  soir  en  petit  comJê,  On  a  fut  une  lecture 
en  petit  comité. 

CO\TI\lA.  s.  m.  Terme  de  Mnsique.  DifTi*- 
rcnce  du  ton  majeur  au  ton  mineur. 

CoMMA  ,  en  termes  d'Imprimciie  ,  si;^nifie 
aussi  Une  espi-ce  de  ponctuation  qui'se  marqui' 
avec  denx  points  Tun  sur  l'autre. 

COMMANDANT,  adj.  Qui  commande  dans 
une  Place,  ou  qui  commande  des  troupes.  Les 
OlJlcicrs  conimandans. 

Il  Csl  plus  ordinairement  substantif.  iS'iI  ,■:;! 
fait  du  rfe.^ordre,  on  s'en  prendra  au  Comman- 
dant. Il  faut  parler  an  Commandant. 

C0M:MANDE.  s.  f.  Il  n'est  d'usaj^c  qu'en 
"c:ie  façon  de  p;'rlcr  adverbiale.  De  commande. 
Ainsi  on  dit  :  Ouvrage  de  commande ,  Bureau 
de  commandey  Meuble  de  comniandej  pour 
dire,  Un  ouvrnge,  un  bureau,  un  meuble 
qu'un  ouvrier  a  fait  evpr.';s  pour  quelqu'un  qui 
lui  en  a  donné  l'ordre. 

Ou  dit  p;ir  extension,  d'Un  ouvrage  qui  doit 
être  fait  d;ins  un  tcnips  prescrit,  que  CUst  un 
ouv.-iiqe  de  commande;  Une  maladie  de  com- 
mande j  pour  dire,  Une  maladie  feinte  et  sup- 
posce. 

COMMANDE. s.  f.  Procuration,  commission 
d'acbiïtcr  ou  de  négocier  pour  aiilrni. 

COMMANDEMENT,  s.  ni.  Ordre  que  donne 
relui  qui  commande,  qui  a  pouvoir  de  coni- 
maud.T.  Commandement  verbal.  Commande- 
ment par  écrit.  Il  a  fait  cela  par  votre  com- 
mandement. J'nhéls  à  ims  commandemcns* 

On  dit  au  Palais  Commandement  y  pouvdire, 
I/exploit  fait  par  un  Sortent  eu  veilu  d'une 
ol)li;;alion  ou  d'uu^  Sentence,  par  loqiu  I  il 
couirnaude  ou  nom  dn  Roi  et  de  la  Justice,  de 
()iy.',r,  de  videur  les  lieux,  etc. 

Co^:MA^DKME^T,  veut  dire  aussi  Autorit(', 
po'ivoir  de  commander,  ^l'oir  comnirtnrfcmcnt 
sur  (juclnu'un.  Il  a  le  commandement  sur  les 
troupes.  Cela  est  sons  son  commandement. 
Prendre  le  commandement.  Refuser  le  com- 
m.indcmeut. 

On  dit,  Avoir  le  commandement  d'une  Pro- 
vince, d'une  PiacCy  pour  dire,  Y  avoir  la 
qualtt<^,  la  place  de  Commandant, 

On  disoil  aiurefois  d'Un  Capitaine,    qn7/ 


COM 

avoit  le  commandement  beau,  pour  dire,  qu'il 
commandoit  de  bonne  gr,icc;  et  qu'/i  a  le  com~ 
mandement  rude,  pour  dire,  qu'il  est  altier  cl 
impérieux. 

On  dit  ironiquement  d'Un  liommc  qui  com- 
mande une  cliose  qu'il  n'a  pas  droit  de  com- 
mander, qn'Il  a  le  commandement  beau. 

On  dit,  Avoir  (juelque  chose  à  son  comman- 
dement j  pour  dire,  Pouvoir  s'en  servir  k  sa 
volonté.  Il  n'a  point  d'éijuipanej  mats  il  a  les 
carrosses  de  tons  ses  amis  à  son  commandement. 
Cn  dit,  qu'On  a  une  chose  à  commandement  ^ 
pour  dire,  qu'On  la  en  main,  et  qu'on  en  peut 
f.icilcment  disposer.  Il  a  tout  à  commandementy 
Varcjcnt,  etc.  \ 

Ou  dit,  qu't/n  homm:  j  le  Lcttn  à  com- 
mandement^ pour  dire,  qu'il  le  parle  comme 
sa  langue  naVurelle. 

On  appelle  Bdton  de  commandement  ^  Vn 
bâion  que  divers  Officiers  porlenl  [our  marque 
Je  loiu'  autorité. 

Les  Secrétaires  dTtat  prennent  d.uis  leurs 
t'tres  la  qualité  de  Secrétaires  (i'Klut  et  des 
Commandemens. 

On  appelle  St'crétaires  de^  Commandemens^ 
Les  principaux  Secrétaires  des  Princes  et  Prin- 
icsses  de  la  Famille  et  de  !a  Maison  Roy.de. 

On  appelle  Letbes  signées  en  Commande- 
ment, Des  Lettres,  des  Arrêts  signés  par  un 
Secrétaire  d'État. 

Commandement,  se  prend  encore  pour  loi, 
pour  précepte.  Eu  ce  sensondil  par  excellence, 
Les  dix  Commandemens  de  PiVii,  les  Corn- 
mandcracns  de  l'Eqlise.  Pécher  contre  le  pre- 
mier Commandement. 

COMMANDER,  v.  a.  Ordonner,  enjoindre 
quelque  cbose  à  quelqu'un.  Il  lui  a  commandé 
telle  chose.  C'est  Dieu  qui  l&  commande. 

On  dit  proverbialement  à  celui  qui  veut 
comma.idcr  quelque  chose  h  des  gens  qui  ne 
dépendent  pas  de  bii,  Commandez  à  vos  valets , 
pour  dire,  Vous  n'avez  rien  à  me  commander. 
On  dit  par  compliment  :  N^avez-vous  rien 
à  me  commander  pour  votre  service?  1*oni 
n*avez  (juM  commander. 

On  dit,  Commander  quelque  chose  à  un 
ouvrier,  à  un  artisan,  pour  dire,  Lui  donner 
ordre  de  faire  quehpie  cbose  de  son  n(*îticr.  Il 
a  commandé  un  habit^  des  soulierSj  etc.  Com- 
mander une  Iourte  chez  un  Pâtissier.  Com- 
mander un  dîner  à  un  Traiteur, 

CoMMANDEtî,  sij-r.ific  aussi,  Avoir  droit  et 
puissance  de  commander,  avoir  autorité,  em- 
pire; etcncc  sens  il  est  ut^utrc.  Le  Prince  corn- 
mande  à  ses  Sujets^  le  père  à  ses  enfnns ,  le 
maître  ù  ses  dome:tiques  ^  le  Capitaine  à  ses 
ioh'iAs,  etc.  Il  commande  dans  la  Ville  ,  dans 
la  Citadelle.  Commander  dans  une  Province. 
Commander  sur  mer.  Commander  en  maître, 
cn  Roi.  C'est  un  /Viure  ne  ^'o:ir  commrtrKÏcr. 
Il  faut  savoir  obéir  pour  savoir  bien  commander. 
On  dit  familiùrcnicuï ,  Commander  à  la  ba- 
qucttCy  pour  dire,  ('onimander  avec  un  empire 
absolu.  Il  se  dit  aussi  quelquefois  pour  dire, 
Comman.l.'  r  aven  liauteur,  avec  lîrrlé. 

Ou  dit  figuTcment  dans  les  cboses  de  Mo- 


COM 

iitlci  Commander  à  ses  passions.  Se  contmanJ.er 
à  $oi-ntéme. 

Un  dit  (i-urt-nient  ,qu"t/««  Place  forte  com- 
mande à  tout  un  Pays,  pour  dire,  qu'elle  le 
lient  eu  nsptct  Oa  dit  dans  le  nitrae  sens, 
quX'/id  garnison  comniand-:  à  toute  la  fion- 
tière. 

Ou  dit  aussi  !t  Puclif,  t^u'Une  éminencc, 
une  niontaqne  commande  un:  Place,  pour  dire, 
iiu'Elle  est  dans  une  situation  élevcc  d'où  l'on 
i>cul  tirer  dans  lu  Place  de  haut  en  bas  ;  cl  dans 
crtte  mt-nie  occoptiou  ou  dit,  que  La  Citadelle 
commande  la  Ville, 

CoMMANDt:n,  sii;itirie  aussi,  Avoir  le  com- 
maudenient,  l'autonlc.  Ainsi  on  dit ,  Commun- 
ier u  fie  armée,  pour  dire.  Avoir  le  coniman- 
dément  d'une  arnK'«.  Commander  les  armées 
du  Roi.  Commander  Vavanl-narde.  Comman- 
der Vaile  droite.  Commander  l'aile  gauche. 
Commander  un  Régiment.  Commander  uni 
troupe.  Commanda'  un  vaisseau.  Commander 
l'armée  navale.  Commander  une  Flotte  ,  une 
l^icadre. 

(^OAiMANOEn ,  se  dit  aussi ,  pour  dire ,  Mener 
k  la  guerre  une  troupe,  du  eoiiunaDdemciil  de 
Uquelle  on  est  cliargé.  //  commandoit  les  Dra- 
gons. L'OjJicier  (jui  commandoit  les  Coureurs. 
On  dit  aussi,  que  Des  gens  de  guerre  sont 
commandes  pour  une  action^  pour  une  attaque . 
pour  dire,qu'Cn  leur  a  donné  ordre  de  faire 
une  at  taque  ;  et  daos  la  même  acception  on  di  t  :* 
Le  Hégiinent  des  Gardes  fut  commandé  pour 
ouvrir  la  tranchée.  La  Maison  du  lîoi  est 
commandée  pour 0»  commanda  un  Capi- 
taine et  un  Lieutenant  par  bataillon.  Il  est  i: 
iemarquer,  que  Commander  ne  r."f;it  la  per  ' 
sonne  direcxenient  et  sans  préposition  ,  qut 
dans  ces  sortes  d'exemples  qui  ont  rap^rart  à  1- 
guerre. 

CoiniANoé,  it.  participe. 
COMMAM)i:iUl£.  s.  f.  Oa  appelle  ainsi  le 
Bénéfices  aSectés  à  l'Ordre  de  Milite ,  ou  à  quel- 
que autre  Ordre  Militaire.  t'neComnirtndc;it:rfe 
Malte  y  une  Commanderie  de  l'Ordre  Tentoni- 
que.  Une  Commanderie  de  Saint-Jacques,  de 
Saint-Lazare. 

COMMA.NDECU.  subst.  m.  Chevalier  d  un 
Ordre  Militaire  ou  llospitdier,  pourvu  d'un 
Btiuctiec  du  ni^inc  Ordre,  qui  lui  donne  le  titre 
de  Commandeur.  Commun^ieurde  Malte.  Com- 
tnandeur  de  Saint- Lazare.  Commandeur  de 
Saint- Louis.  Conimandcur  de  VOrdre  Teuto- 
nique. 

On  appcllt  Commu/tdL'Mrï  de  l'Ordre,  Les 
Ecclc»i«sii(|uc*  qui  ont  l'Ordre  du  JJaint- 
L^priu  Cummandeur  de  VOrdre  du  Saint- 
Esprit. 

OJMMANDITAIRI-  s.  m.  Celui  qui  a  une 
cnmDianJilc. 

COJIMA.NDITE.  ^  f.  Sociitcde  deux  Ma.- 
cliaiitjs,  dont  I  un  donne  «on  argent,  et  l'auln 
tes  Miins.  Société  en  commandite. 

COMAIE.  ad  T.  de  o,nip«raùoD.  De  même 
que,  ainsi  que.  lit  sont  fiiu  l'un  comme  l'oii- 
tre.  Cela  eit  froid  comme  jlnce.  H  at  hardi 
comme  un    lion.  Fa. Us   comme  cela.   Ccnina 


COM 

jVs^.crc.  Comme  Von  dit.  Comme  vous  voyez. 
Je  regarde  cela  comme  une  chose  non  avenue. 

Ou  dit  faniilicrcment ,  Comme  cela,  pour 
dire,  >"i  bien  ni  mal.  Comment  se  porte- t- il? 
Comme  cela. 

On  dit  faraîIi^rement,  en  parlant  De  qiicl- 
rju'un,  //  est  comme  cela,  pour  dir*»,  C'est  sou 
caractère ,  sa  luanî're ,  soo  nsag^ ,  eic. 

Eu  ce  sens  ou  l'emploie  quelquefois  pour 
commencer  une  comparaison.  Comme  le  Soleil 
efface  les  anùes  astres,  ainsit  etc. 

On  dit,  Comme  si,  pour  dire.  De  même  que 
si.  Il  me  vonloit  engager  dans  cette  afjîure  , 
comme  si  elle  eût  été  juste.  Il  me  presscit  de  le 
servir ,  comme  si  j'y  ctois  chhgc. 

Comme  aissi.  Terme  de  Pratique,  dont  on 
se  sert  dans  un  Traité  ,  dans  un  Acte,  dans  un 
Contrat,  peur  dire,  Et  pareillement,  et  tie  plus. 

//est  porté  par   le   Cotilrat,    que Commd 

aussi  que. . .. 

Co.^LME  EN  KFFET.  Fftçon  dc  parler,  dont  on 
se  sert  pour  confirmer  ce  que  t  on  a  dit.  S'il 
est  homme  de  bien ,  comme  en  effet  il  Vcst ,  1/ 
dira. . . . 

Comme,  signifie  quelquefois  Presque.  Il  e-t 
comme  insensé.  Il  est  comme  moit.  Cela  est 
comme  fait. 

Il  signifie  aussi.  En  quelque  façon.  La  lu- 
mièie  est  comme  l\ime  des  couleurs.  Il  me  fait 
tant  de  bien  qu'il  est  comme  mon  père. 

Il  signifie  encore,  De  quelle  manière.  Je  ne 
vcKis  dirai  point  comme  la  Ville  fut  emportée 
d^assaut.  Voici  comme  Vaffnire  .*:e  passa.  En  ce 
sens  il  se  dit  au:>si  [ar  exclamation.  Comnu 
vous  me  traitez  ! 

Il  signifie  encore,  En  venu  de  quoi.  O^fene:: 
un  ordre  comme  H  fout  qm  je  parte.  Il  est  du 
style  familier. 

Quehiues-uns  h  joignent  avec  Quoi,  ci 
disent.  Comme  quoi  avez-vons  fait  cela?  pour 
dire,  Comment  ar;z-vous  fait  cela?  En  cett* 
acception  il  n'est  plus  que  du  style  fimilicr. 

Il  signifie  aussi, En  qualité  de. Le  Pape  peut 
(tre  considéré  ou  comme  Cl  cf  de  VEglise,  ou 
comme  Prince  temporel.  J c  vous  dis  cela  comme 
votre  serviteur  et  votre  ami. 

IJ  est  encore  adverbe  de  temps,  et  signifie, 
I.orscîue.  Comme  le  Roi  étoit  à  Paris,  il  arri- 
va, etc.  Comme  je  faisoîs  telle  chose^  j'appris 
que,  etc.  Comme  ils  étaient  assemblés,  on  leur 
apporta  des  lettres. 

Il  est  au.ssi  conjonction,  et  signifie,  Parce 
que  ,  Yu  que.  Comme  il  a  toujours  aimé  le  bien 
public,  il  n'a  jamais  voulu  consentir ^  etc. 
Dans  cette  signification  il  c.st  quelquefois  suivi 
dc  la  particule  Aussi.  Comme  cet  homme  est  in- 
constant dans  ses  projets,  aussi  voit-on  quH 
réussit  rarement  en  quelque  chose. 

Co^ïME,  signifie  aussi,  Tant  que,  autant 
que.  Rien  n*anime  le  soldat,  comme  l'espoir 
du  pilLigc.  Rien  n^encouraqe  les  Geji%  de  Lettres, 
comme  dc  vujr  fes  (alens  en  honneur. 

CuM»R  AINSI  SOIT  QUE.  Façon  de  parler  qui 
a  vieilli,  pour  dire,  PuiJ'jnc,  d'aulanf  que.       %^ 

COMMEMOUAISO.t.  s.  f.  Terme  de  Tiiur- 
gic  dont  ou  »o  sLit  en  parlant  De  ]■»  mémoira 


COM  267 

que  l'î^-^Iise  fuit  d'un  Saint  ou  d'une  Sainte,  le 
jour  qu'on  célilirc  une  autre  Fôle.L^I^jïi'se/à/f 
commémoraison  tVun  tel  Saint.  La  comme'nio- 
raison  des  morts. 

COMMÉMORATION,  5.  f.  signifie  ïa  m^me 
chose  que  Commémoraison.  U  s'emploie  parli- 
eulièrement  en  parlant  Du  jour  des  Morts.  La 
commémoration  des  morts. 

On  dit  dans  l.'  style  familier,  et  en  plaisan- 
tant,.Vous  ai'onsfait  commémoration  de  vo^ts, 
[our  dire,  Nous  avons  fait  mention  de  vous. 

COM.ME.VCAyr,  ANTE.  s.  Celui,  celle 
qui  en  est  encore  aux  premiers  élémens  d'un 
art,  d'une  science.  Cet  Auteur,  ce  livre  est  trop 
fort  pour  un  commcnrant. 

CO:\I.ME>'CEMENT.  s.  m.  Ce  par  où  chaque 
chose  commence.  Bon  commencement.  Mau- 
vais commencement.  lîcurcnv  commencement. 
Au  commencement  du  monde.  Dès  le  commen- 
cement. Dans  le  commencement.  Depuis  le  com- 
mencement de  la  Monarchie.  Les  commence- 
mens  des  grands  Etats  sont  obscurs.  Le  com^ 
mencement  d'un  livre.  Lire  nn  livre  depuis  le 
commencement  jusqu'à  la  fin.  Le  commence- 
ment de  Vannée.  Être  au  commencement  Jii 
printemps.  Donner  commencement  à  quelqite 
chose,  etc.  Souvent,  de  petits  commenceniens 
on  vient  à  de  grandes  choses.  Cette  action  fit 
le  commencement  de  sa  fortune.  Un  beau  com- 
mencement d'année.  Un  heureiu:  commence- 
ment de  campagne. 

Or.  dit,  prendre  commenccmenf,  pour  dire, 
nommcncer.  Cette  Monarchie  a  pris  son  con^ 
mencement  dans  un  tel  siècle. 

Ac  COMMENCKMEST.  F'açon  de  parler  adver- 
biale. Au  commencemeni  Dieu  créa  le  Ciel 
ft  la  1  erre  :  et  alors  il  se  dit  d'une  manière 
nbsoluc. 

CoMMENCEMENS  ,  au  pluriel  ne  dit  Des  pre- 
mières leçons,  des  pTsmières  instructions  en 
quelque  Art,  ou  en  quelque  Science.  //  a  de 
bons  commenceniens  dans  les  Mathématiques , 
dans  la  Peinture,  etc. 

Commencement,  se  prend  aussi  pour  Prin- 
cipe, cause  première;  et  dans  ce  sens  on  dît. 
rjueOieu  e^t  le  commencement  et  la  jln  de  toutes 
choses. 

GOM.MENCER.  v.  act.  Faire  ce  qui  doit  ftrc 
fait  d'aborvl.  Commencer  un  bdtiment.  Com- 
mencer un  ouvrage.  Commencer  un  discours, 
etc.  Continuer  comme  on  a  eommenec'.  //  faut 
commencer  par  un  bout,  et  finir  par  Vautre. 
Il  a  commencé  par  où  il  filloit  finie.  Commen- 
cer à  bdtir,à  dîner.  Cet  enfant  commence  à 
lire,  à  écrire.  Il  s'emploie  aussi  avec  In  prépo- 
sition de.  Ce  Roi  a  commencé  de  régner  en  telle 
année.  Il  avoit  commencé  d'écrire  sa  lettre.  On 
comment^o'it  d'ouvrir  la  tranchée. 

Oq  dit,  qu't/n  homme  commaicepar  où  les 
autres  fïni<sent ,  jxiur  dire,  que  Les  première* 
cliosi**  qu'il  fait  égalent  les  actions,  les  progrès 
de  ceux  qui  travaillent  depuis  long-temps. 

On  dit,  Commencer  Vannée,  commencer  la 
journée  par  telle  ou  telle  c/ice,  par  faire  telle 
ou  telle  chose  ^  pour  dire,  que  C'est  la  première 
cli'*fte  qu'où  fait  celle  anncc-là,  c«:te  journée- 

3',. 


26S  COM 

1'».  Kt  on  dit  ù  peu  pn*s  dans  le  iti^-nic  sens. 
«juX' 'i  prince  a  commencé  son  rèijne  jiur  rtta- 
hisr  iV  bon  ordre  dans  son  r.tal. 

On  dit  auisi,  Commencer  Vannée,  commen- 
cer la  journée,  pour  dire,  Êtnr  tncoie  d.ins  les 
premiers  temps  de  l'année,  dans  ll^s  prcniiircs 
îieiurs  de  la  journée.  Kous  ue  faisons  (|«e  de 
com-ncnccr  l'année.  On  ne  fut  (juc  de  com- 
mencer la  campagne. 

En  parlant  d'Cn  homme  qui  a  donné  à 
quelqu'un  les  premières  leçons  ,  les  premiers 
counncnCLHiens  de  quelque  art,  de  quelque 
science,  et  qui  a  été  le  premier,  par  exemple, 
à  lui  mouircr  ^  faire  dis  armes,  à  monter  à 
rlicval,  à  danser,  etc.  on  dit,  que  C'est  lui  tfui 
Va  commencé.  Ce  Maître  à  danser  ncst  hu}i 
an  à  commencer  les  enfans. 

On  dit  aussi,  qu'Une /nourrice  a  commence 
un  enfant,  pour  dire,  qu  Elle  a  été  lu  prciniLTC 
!i  lui  donner  à  téter. 

Commencer,  s'emploie  aussi  qurLjucfois  aîi 
Siîlumcnt.  Ce  jeune  liomme  a  mal  commence. 
Je  n'avois  pas  commencé,  (ju  il  survint  (juel- 
nu'u?i  aiti  me  détourna.  Quand  commcnccrez- 
vous?  Par  où  commencerez- j'ous?  Je  comnien 
cerai  par-là.  Je  ne  fais  (jUC  de  commencer ^  (jue 
commencer.  S\l  conttnwt'  convne  il  a  commen- 
céj  1/  ira  loin. 

On  dit  provcrlnalement,  lY'd  pas  fait  (pu 
commence. 

Commencer,  est  aussi  neutre.  L'année  corn 
mençoit.  Le  Sermon  commence.  Ce  livre,  cctli 
harangue^  ce  .-Joiiffct  conifircnre  hicn.  La  C" 
médie  a  commencé  à  telle  heure.  Une  tellt 
\ro  ïtaqne  ,  nue  telle  forêt  commence  en  un  tel 
lieu,  en  un  tel  Pays,  auprès  d^unc  telle  Vdle. 

Il  s'emploie  aussi  quelquefois  inqiersoiinei- 
lement.  //  commence  dcjà  à  faire  jour.  Il  com 
mcnçoit  à  pleuvoir  aitand  ils  partirent. 

Commencé,  le.  participe. 

f:OMME?iDATAlIUi:.  adj.  d.s  9.  genres.  Qu 
possèile  un  Bénéfice  en  comniciidc.  Ahhé  Com 
mcnduta  re. 

r.OMMENDK.  s.  f.  Titre  de  Bénéfice  que  I 
Pape  donne  à  un  Ecclésiastique  nommé  par  ■ 
Roi  ,  pour  une  Abbaye  régulière  ,  avec  pii 
mission  au  Commendataire  de  disposer  des  frui' 
pendant  sa  vie.  La  Commende  est  une  dérotj" 
tion  au  dro  t  commun.  La  Commende  n^etc^t 
autrefois  (pte  l'administration  du  temporel  d'ui 
Bénéfice  ,  jus(pt'à  ce  tpie  le  Tiltilatre  eflt  éti 
nommé  ;  elle  nétoit  ordinairement  (pie  pow 
tix  moii. 

Ck^MMHNSAI..  adj.  Ce  mot  se  dit  propre- 
ment de  ccu\  qui  maiti;ent  à  même  t;d)le.  C  est 
mon  Commen.-ial^  nous  somme < CommcniuuLT  . 
mais  il  n'est  fjuère  d'usage  qu'en  'parlant  He: 
Officiers  de  la  Miison  du  lîoi.7/cs(  Commeusa 
de  la  Maison  du  Roi.  Les  Maîtres  des  Bupictc 
et  tous  les  Conseillers  dn  Grand  Consvil  son 
CommcnsaiLT,  sottt  réputés  Commensau.r  de  L 
Maison  du  Rot,  jouissent  dn  droit  des  Com 
ntensau.v.  Les  Commcnsaïuc  ont  droit  de  Com 
mluimu.i. 

CC^LAIRNSALITÉ.  subst.  fém.  Droit  de 
Gom-mensaux  de  la  ATaisoh  du  Hoi.  L^Acadc 


COM 

mie  Françoise  jouit  du  drtil  de  Comr.iensa- 
lité. 

COMMKNSrRAlïII.lTK.  ».  f.  Terme  do 
Muthéniatifpie,  Rapport  de  noniltrc  ;i  nombre, 
entre  deux  grandeurs  qui  ont  une  mesure  com- 
mune. 

COMMK.NSURAnr.E.  adj.des2genr.Termp 
de  Matliénialique.  Il  se  dit  de  deux  f^randeurs 
qui  ont  un  rapport  de  nombre  à  nombre,  ou. 
ce  qui  revient  an  même  ,  une  mesuro  com- 
mune. Tous  les  nombres  entiers  et  rompus  sont 
commcnsurables  entre  eux.  Linnes  commensu 
ruhles  entre  ell^'^.  Grandeurs  commensurablcs. 

CORniENT.  adv.  De  quelle  sorte,  de  quelle 
manière.  Si  vous  voulez  savoir  comment  la 
chose  sVsf  p;«'-eV. ,  je  vous  le  dirai.  Je  ne  sais 
comment  H  peut  subsister.  Comment  se  porte- 
l-il?  Comment  a-t-il  pu  se  sauver? 

Il  s'emploie  quehjueftjis  par  exclamation  et 
pour  marquer  letonnemcnt  où  l'on  estde  quel- 
que chose;  et  alors  il  se  dit  pour  signifier,  Eli 
quoi  1  Est-il  possible!  Comment.'  niai!teu/eu.r , 
avez- vous  bien  l'assurance  de  soutenir  cela? 


Comment!  est-il  donc  •< 


!   (jU 


il  soit  I 


rt? 


Il  se  dit  aussi  dans  la  signification  de  Pour- 
;uoi,  d'où  vient  que?  Comment  vous  ètes-voui 
jvisé  de  venir  ici?  Comment  s'est- ii  adressé  à 
nivi  plutôt  (pVà  un  autre? 

On  le  fuit  quelquefois  sulistanlif ,  Le  com- 
ment. J'iijnore  le  comment,  pour  dire,  La  ma- 
ière  dont  cela  s'est  fait. 

COMME:STAlIŒ.s.m.  fclaîrcisscmens,  ob- 
.ei valions  et  remarques  sur  un  livre,  pour 
en  faciliter  riiitellij;ence.  /'octe  Commentaire. 
Impie  Coximenluire.  Commentaire  sur  la  Bible, 
Commentaire  sur  Àristote  ,  sur  îlippocrate. 
Faire  un  Commentaire.  Faire  des  Commen- 
taires.Ce  fù-reest  .si  ohsinr  et  si  difjicile ,  (ju^on 
ne  le  peut  entendre  sans  Commentaire.  Il  It 
'itnt  lire  avec  un  Commentaire.  Le  Tcj^te  et  h 
Commentaire.  Cela  ii'a  pas  besoin  de  Commen 
hiire. 

Il  se  dit  figurémcnt  D"  l'interprétation  ma- 
igr.e  qu'on  donne  aux  discours  ou  aux  aetioni 
\  e  quehju'un.  Voilà  comme  je  Vai  oui  conter  ; 
■liJis  le  Commentaire  ajoute,  dit  (jne...  Il  fai- 
tes Commentaires  sur  les  actions  de  tout  le 
'iwnde.  On  fcroit  là-dessus  un  beau  Commen- 
taire. On  fît  bien  des  Commentaires.  On  ft  di 
vers  Commentaires  sur  cette  proposition  ~  là , 
sur  cette  puroie-/ù. 

CoMMENTAiiiES,  au  pluT.  Cc  mot  csl  parti- 
culièrement ûfT  ctc  aux  Mémoires  que  César 
nous  a  lai.ssés;  tl  quelques  Ecrivains  mo.'ernes 
«tnt  donné  le  même  titre  i  leurs  !\Iémoircs.  Les 
Commentaii es  de  César.  La  Commentaiies  de 
Montlur. 

I  COMMENTATEUR,  s.  m.  Celui  qtii  fait  un 
Commenlaire.  Bon  Commentateur.  Docte,  >«- 
vant  Commentateur,  Ennuycujc  Commenta- 
teur. I^cs  Commentateurs  de  la  Bible.  La  Com- 
mentateurs d'Àri.'.totc.  Les  Commtntalcur^ 
d  Homère. 

COMMilNTER.  verbe  actif.  Faire  un  rmn- 
ment-lire,  romnienïer  la  Bdle.  Co.nnicHer 
les  P.pltrcs  de  Saint   Paul.  Piusieurs  s.n.ins 


COM 

h.ommes   ont   commenfe   Homère.  Commenter 
i^irçjile. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Tourner  en 
mauvaise  part;  et  alors  il  se  met  toujours  avec 
la  préposition  sur.  îl  commente  sur  tout.  Je  ne 
crains  point  (pie  Von  commente  snr  mes  ac~ 
iionî.  Il  n'y  a  point  à  commenter  lih-dessus. 

Etant  mis  absolument,  il  signifie,  Ajouier 
malignement  à  la  vciité  de  la  chose.  Il  en  dit 
plus  (juil  n'y  en  a,  il  commente  un  peu. 

GOMMER.  V.  n.  Faire  des  companiisons, 
dire  qu'une  cliosc  est  comme  une  entre.  Vrai- 
ment, voilà  bien  comme.  Il  ne  jallvit  pas  com~ 
mer  si  désobliqeamment.  Il  est  du  style  familier. 
COMMERÇABEE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
peut  être  econmercc  avec  facilité.  Efjlts  com^' 
mcrçtiMes,  Billets  cammerçables. 

COMMEHÇANT,  A>TE.  s.  Celui ,  celle  qui 
trafique,  qui  commerce  en  gros.  Un  bon  Com^ 
mcvçant.  Un  riche  Commerçant. 

COMMERCE,  s.  m.  Trafic,  négoce  de  mar- 
chandises ,  d'argent ,  soit  en  gros,  soit  en  détail. 
La  b7»ee(c,  la  facilité  du  commerce.  Ltablir ^ 
rétablir  le  commerce.  Cela  fait  rouler  le  com- 
merce. Défendre,  interdire  le  commerce.  La 
l'aix  entrcticiiï  le  commerce,  fait  aller  le  com- 
mercCy  fait  fleurir  le  commerce,  met  de  Var- 
qcnt  duns  le  commerce.  La  fjuerrc  fait  cesser  le 
commerce,  rompt  le  commerce.  Le  commerce 
est  Inten-ompUj  perdu,  ruiné.  Le  commerce  va 
bleuj  nevaplus.Le  commerce  enrichit  un  Ltat^ 
est  la  richesse  d'un  Etat.  Le  commerce  du  Le- 
■uint.  Le  commerce  des  Ëpicerics.  Le  qranà 
commerce  de  Moscovit  est  de  fourrures,  etc. 
Le  commerce  des  soies,  des  toiles  y  des  cuirs. 
En  ce  pays-ld^  on  fait  commerce  de  (oufci 
sortes  de  marchandises.  Le  commerce  ne  de- 
mande  que  liberté  et  protection. 

CoMMr:RCE,  se  prend  quelquefois  pour  le 
Corps  des  (  ommcrçans  et  Kégocians.  Cette  Lin 
a  rcvoUé  totit  le  Commerce. 

On  dit  iigure'nient  d'Un  homme  qui  se  mè!c 
de  qun!(|uc  pratique  ou  intrigue  qui  tiVs!  pas 
!  onnéic,  i[nll  fait  un  mnra'in's,  u'>t  méchant, 
un  vilain  commerce,  un  honteux  commerce. 

CoMMEiiCK,  signifie  aussi  Communication  rt 
cnrrespondanre  ordinaire  avec  quelqu'un  ,  soi* 
pour  la  société  seulement,  soit  aussi  pour  quel- 
ques affaires.  Dans  le  commerce  de  la  vie.Dan< 
'c  commerce  du  monde.  Jvoir  commerce,  en- 
tretenir commerce  avec  {jucltju'un.IU  ontfjrand 
rommerce  ensemble.  Ils  sont  en  grand  com- 
merce Vun  avec  Vautre.  Je  suis  bien  son  servi- 
teur, mais  point  de  commerce.  Il  a  rompu  tout 
ommerce  avec  ce.'! Qens-l.i.  Quelcommerce  ont- 
■Is  ensemble?  Ils  entretiennent  comni  ce  de 
le;tres,  ou  par  letite^.  Il-  ont  commerce  de  nou- 
velles. Commerce  d'esprit.  Commace  de  Litté- 
rature. Commerce  de  fjaUmtcrie.  Commerce  in- 
nocent. Commcrt^e  suspect.  Commerce  stnndth- 

IctLT. 

On  dit,  ^roie  commerce,  être  en  commerce 
avec.  Et  il  s'entend  t-n  mauvaise  part,  quand 
un  ])arle  de  personnes  de  différens  sexes. 

Cn  dit,  quTn  ^lonmic  est  d'un  agréable 
commerce  ,   d'un   bon   commerce  ,  pour  dire, 


COM 

qu'il  est  d'agrcable  socK-lé;  ft  d'Vn  commerce 
sûr,  pour  (lire,  iju'On  peut  se  fier  ù  lui ,  qu'on 
peut  lui  confier  :>es  secrets. 

Oiï  dit,  Jeu  de  commerce,  pour»  Jeu  de 
cartes  entre  trois,  quatre,  jusqu'à  neuf  per- 
soimrs. 

COMMERCER,  v.  n.  Trafi([ucr,  faire  com- 
merce. Dei  Marchands  qui  commercent  dans 
le  Levant^  en  Espagne,  aujc  Indes. 

CO.MMKi'.CIAL,  AI.K.  adj.  Qui  appartient 
au  conimercc.  Purmi  Us  Pulitiques,  les  uns 
donnent  In  piéfirence  au  système  agricole,  les 
autres  au  système  commercial.  Les  effets  coni' 
merciuur.  Statuts  commerciaux. 

COMMl-Rt;.*. f.  Celle  qui  a  tenu  un  enfant 
sur  les  furits  ;  et  elle  a  ce  nom  tant  i  1  égard  de 
celui  avec  qui  elle  Ta  tenu, qu'à  l'égard  du  père 
et  de  la  nure  de  l'enfant. 

Co.MMLrE,se  dit au.-;si d'Une  femme  déliasse 
condition^  qui  veut  savoir  toutes  les  nouvelles 
du  quartier,  et  qui  parle  de  tout  à  tort  et  à  tra- 
vers. C'est  nue  commère,  une  vraie  commère^ 
une  franche  commère.  Il  est  familier. 

Ou  le  dit  aussi  par  extension ,  Oe  toute  autre 
femme,  de  quelque  couditiou  qu'elle  soit,  qui 
a  le  même  dt'fauL 

On  dit  aa\$i  familièrement ,  C^est  une  honm 
commère,  une  maîtresse  commère,  pour  dire, 
C'est  une  femme  hardie  et  rusce,  qui  va  à  ses 
fins  sans  se  mettre  et.  peine  du  rien. 

On  dit  proverbi.dcment  et  fanu'lièrrmcnt, 
que  Toiit  l'j  par  compère  et  par  commère, 
pour  dire,  que  Tout  se  fait  pjir  faveur  et  par 
recommandation. 

(;U.^I>IKTTANT.  s.  m.  Terme  de  Commerce. 
Celui  qui  charge  un  autred'une  afîàire. lise  dît 
aussi  en  termes  de  >'égociiition. 

COM*\ÏK'n"RE.v.  a.  (  Il  se  conjugue  comme 
Mettre,)  Faire.  En  ce  sens  il  ne  se  dit  qxie  De 
ce  qui  est  ptclié.  crime  ou  faute.  Cornmcttri- 
un  ciime,  une  faute,  une  méchante  action. 
Commettre  un  péché.  H  n*a  commis  en  cela 
tju  une  faute  légère.  Commettre  une  irrévérence 
dans  VÊglise.  C^esl  commettre  une  incivilité, 
aue... 

Il  signifie  aussi.  Employer,  préposer  poui 
up  tem]>s  ;  et  nlors  il  ue  se  dit  que  Des  person 
nés.  Commettre  un  lomme  à  une  chaîne,  à  un 
tmploi.  On  l'a  commis  à  IVrerciVe  d^une  telle 
ihargc.  Le  Roi  l'a  commis  pour  avoir  s'Àn  de... 
Ce  sont  des  gens  tjuon  n  commis  exprès  pour 
cela.  Oti  a  commis  un  tel  Juge  pour  informer. 

On  dit  en  I.  nues  de  Pratique,  Commettra 
un  Rapporteur,  pour  dire,  Donner,  nommer 
UD  Juf»-'  pourétr-  H-ippurteur  dans  une  affuire. 
C'est  Monsieur  le  Chancelier  gui  commet  le: 
Rapporteurs  au  Conseil,  l  n  tel  Maître  desHe 
gndti's  11  été  commis  pour  Rapporteur. 

On  dit  alufluraenl,  CV^t  iiiijourd'/iut  gUi 
Monsieur  le  Chancelier  commet,  pour  dire, 
C'est  aujourd'hui  que  Monsieur  le  Clianceiicr 
nomme  ceux  qui  doivent  rapporter  lesinsianccs 
devant  lui 

CoMvErrRE  ,  lignifie  encore  Confier.  J'ai 
Mmmit  cela  à  vos  soins.  Je  vous  en  ai  commis 
It  soin. 


COM 

On  dît,  Commettre  giteifuun  ,\ionr  dire, 
L'exposer  A  recevoir  quelque  mortification, 
quelque  déplaisir,  soit  en  se  servant  uia!  h  pro- 
pos de  son  nom  sans  son  aveu,  soit  autrement. 
Je  ne  veux  point,  s^il  vous  plaît,  gue  vous 
me  commettiez  là-dedans.  N^aycz  pas  peur, 
je  ne  vous  commettrai  point. 

On  dit  dacs  le  môme  sens,  5e  commettre , 
pour  dire,.SV\iioscrà  recevoi,- quelque  déplai- 
sir, à  tomber  dans  quelque  embarras.  Vn  Am- 
bassadeur se  commet,  guand  il  cxel-de  ses  pou- 
voirs. Vn  grand  Prince,  un  grand  Prélat,  un 
grand  Magistrat  se  commet  j  guand  il  s2  me- 
sure avec  un  homme  de  rien. 

Ou  dit  aussi,  Commcffrc  le  nom  et  Vautoritc 
de  gueîgn'uuy  pour  dire,  S'en  servir  en  des 
choses  qui  ne  le  méritent  pas,  ou  l'exposer  mal 
à  propos  à  recevoir  quelque  préjudice,  il  est  de 
la  prudence  d'un  Amhasf^adenr  de  ne  pas  com- 
mettre le  nom  de  son  Maître.  C'est  commettre 
Vautorité  du  Roi,  gue  d'en  user  de  la  sorte. 

On  dit  aussi  dans  im  sens  à  peu  prés  sem- 
blablcj  Commelire  les  tirmcs,  la  réputation 
des  aimes  du  Prince,  commettre  la  fortune  de 
l'État j  pour  dire.  Exposer  mol  à  propos  les 
armes  du  Priuce,  exposer  la  fortune  de  l'Iltai 
au  hasard. 

On  dit,  Commettre  deux  personnes  Vune 
avec  l'autre,  pour  dire.  Les  mettre  dans  le  Cis 
de  se  bnmillcr  ensemble.  Il  a  commis  le  père 
avec  le  fds.  Il  a  fait  des  rapports  gui  ont  pense 
les  commcltre  l'un  avec  l'autre. 

On  dit  aussi.  Se  commcHre  avec  qurlqu^nu 
pour  diie,  S'exposer,  se  mcitrc  au  hasard  d'a- 
voîr  une  aflàire,  un  de'nitlé  avec  lui.  Vous  fe- 
rez bien  de  ne  vous  pas  commettre  avec  lui, 
c'est  un  homme  dangereux. 

Co.M.Mis,  ISE.  participe. 

On  dit,qu't/n  homme  a  ses  causes  commises 
nue  lîeguctcs  du  Palais.  auxHeguètes  de  l'Ilô- 
fel ,  fir.  pour  dire,  qu'Eu  certaines  occasions  il 
.1  droit  d'y  plai.lcr  en  première  instance,  et  d'y 
attirer  les  procès  qu'on  lui  auroit  intentés  en 
d'.'iutrcs  Juridictions.  Les  Commensaux  de  la 
Maison  du  Roi,  les  Quarante  de  l'Académie 
rranroie^ont  leurs  catv^es  commises  aux  Rc~ 
guctes  du  Palais^  aux  Reguètes  de  l'Hôtel. 

COMMINATOIRE,  alj.  des 2 genres.  Ternie 
■Jk  Pratique,  qui  se  dit  d'L'n  acte  dans  lequel 
on  a  inséré  un*-*  clause ,  cunleitant  quelque  me- 
Fia«-e  en  cas  de  contr.ivenlion.  Clunse  commi- 
.u'oire.  Jugement ,  5en|t>ncc  commiMdfoiVc. 
Pc (ïïe  comminuîoii-c.  Cela  nat  on*;  commina- 
loire. 

CO'MMIS.  s.  m.  Celui  qui  est  chargé  par  un 
lutre  de  quelque  emploi,  de  cpjelquc  fonction 
Jiint  il  doit  lui  rendre  conqite.  Il  ne  se  dit 
;ufTC  que  He  ceux  qui  sont  employés  de  cette 
sorte,  ou  chex  les  Secrétain's  d'Etal,  ou  dans 
les  Einanres,  ou  dans  quelque  (îrcfle.  C  ommis 
du  Tiêsor  Royal.  Un  Commi*'  des  Aides.  Vn 
Commis  des  Gabelles.  Le  premier  Commis  d'un 
Secrétaire  d'Ltat.  Il  a  plusieurs  Commis  tous 
lui.  Il  est  Commis  itun  tel,  chez  un  tel.  PrC' 
mter  Commis  des  Finances, 

CU.MMIiE.   s.  f.  Terme  qui   n'est  duiage 


COM 


a6() 


qu'(n  mutiire  féodale.  On  dit.  Fief  tombé  en 
commise,  pour  dire,  Un  Fief  que  le  Seigneur  a 
droit  de  réunir,  faute  de  devoirs  rendus  par  le 
vassal. 

COMMISÉ:RA'nON.s.f.  Pitié,  miséricorde, 
sentlmena  de  compassion.  Cela  excita  une 
grande  commisération  dans  toute  V Assemblée. 

COMMISSAIRE,  s.  m.  Celui  qui  ett  commis 
par  le  Prince,  ou  par  une  autre  Puissance  )éj;i- 
time,  pour  exercer  une  foncti<Mi ,  une  Juridic-^ 
lion,  que  sans  cela  il  n'auroit  pas  droit  d'exerci  r. 
Les  Juges  ordinaires  lui  étoient  simpects,  il  a 
demandé  des  Commissaires  au  Roi.  Le  Roi  a 
donné,  a  nommé  des  Commissaires  pour  exa- 
miner, pour  juger.  Commissaires  du  Roi  aux 
Ltats  de  Languedoc,  aux  Etats  de  Bretagne, 
Le  Commissaire  du  P.oi  proposa  à  l'Assemblée.... 
Des  Commissaires  furent  nommés  pour  régler 
les  limites.  Donner  des  Commissaires  à  un  cri- 
minel d'Etat  pour  lui  faire  son  procès.  Le  Par^ 
lement  a  nommé  des  Commissaires  pour  ins- 
truire l'affaire  sur  les  lieux.  Il  a  nommé  tels  et 
tels  Conseillers  pour  Commissaires.  Le  Parle- 
ment a  nommée  a  député  un  Commissaire  pour 
ouir  les  Parties.  Commissaire  en  cette  partie, 
Commi.':saire député.  Commissaire  nommé  pour 
se  transporter  sur  les  Hcilt.  Commissaire  dé- 
parti dans  une  telle  Province, 

Dans  les  Parlemcns,  on  appelle  Commis- 
f^airc  de  la  Cour ^  Vn  (Commissaire  du  Parle- 
ment, ou  de  quelque  auirfi  Cour  supérieure. 
Le  procès  a  été  vu  par  la  Commissaires  de  lu 
Cour,  ■'  nVt  plu  f]uestion  gue  de  le  rapporter 
à  la  Chambre. 

Travailler  de  grands  Commissaires,  se  dit 
Lorsqu'un  certain  nombre  de  Conseilleis  avec 
le  Président  travaillent exUaordinaircmcnt dans 
le  Palais  m^nie.  h  l'examen,  à  la  discussion 
dune  aflaire;  et  TravaiUer  de  petits  Commis- 
saires, se  dit.  Lorsque  c'est  chez  le  Président 
que  lesConsi  iilers  s'assemblent  pour  travailler. 

On  dit ,  quX' ne  afftire  a  été  jugée  de  grands 
Commissaires,  et  qu'cïïc  a  été  vue  de  ^petits 
Commissaires 

Ou  appelle  encore  Commissaire,  Celui  qui  est 
établi  par  autorité  de  Justice  pour  gouverner, 
pour  ré^tr  des  biens  saisis  ou  mis  eu  sét{ueslre. 
Il  a  été  ordonné  gue  les  biens  en  giiestion  se- 
roieiit  régis  par  Commissairei:  L'Iiuîssier ,  le 
Serqcnt  établi C ommissaire  au  régime  des  biem 
saisis  par  Justice. 

Co.MMissAinE  aux  Saisies  réelfes.  Officier  qui 
est  commis  pour  avoir  soin  des  biens  saisis  réel- 
lement. 

COMMissAinE  au  C'i«/lc/i'(,  ou  simplement 
Commissaire.  OtHcicr  de  Police,  qui  a  soin  de 
faire  observer  par  les  Bourgeois  de  Paris  les 
Rf^iemens  et  les  Ordonnances  de  la  Pohce. 
Faire  sa  plainte,  porter  sa  plainte  devant  un 
Commissaire,  devant  le  Commissaire.  Il  a  ele 
assigné  de  Vordonnance  du  Commissaire.  Le 
Commissaire  a  mis  le  scellé.  Envoyer  gucrir  le 
Comuiissaire  du  guartier. 

CuM»i5SAinE  des  Guerrtê.  Officier  prrpo&c 
pour  avoir  soin  de  la  police  des  troupck  dans  U 
marclic,  leur  foire  faire  la  montre  et  ïcc  l'aifn 


270  COM 

paver.  Il  Ml  Commissaire  des  Guerres  (?iiris  iin'i? 
Ici  département.  Acheter  une  CharQC  de  Com- 
missaire des  Guerres. 

CoMMHSAinE  des  Vivres.  Officier  pnîposé  ou 
commis  pour  avoir  soin  dis  vivres  d'unt  anuce, 
ou  d'une  place  de  pucrre. 

CoiiMissAiBE  d\-lrtiUerie.  Officier  commis 
pour  servir  dans  l'Arlill.  rie,  et  pour  avoir  soin 
de  tout  ce  qui  eu  regarde  l'alicrail  et  l'tqui- 
pagc. 

Commissaire  de  Munne.  Ofticier  prcposi! 
pour  avoir  soin  de  ce  qui  concerne  les  vaisseaux 
c:  les  "altas,  et  pour  passer  en  revue  les  Offi- 
ciers et  les  mmpes  de  la  Marine.  Conirnis.^dire 
de  lu  Marine  du  J'onunf.  Comniissnire  de  lu 
Marine  du  Levant.  Commissaire  général.  Com- 
missaire ordonnateur. 

CoMsnssAinE  nénéi-al  de  la  Cdi'iiieric.  Olli- 
cicr  principal  qui  commande  la  Cavalerie  légère 
sous  l'aulorjté  du  Colonel  Général,  et  du  Mes- 
tre  de  Camp  Général,  ou  en  leur  absence;  et 
on  appelle  sou  Kéaimi lit  Le  Commissabe  Gé- 
nérât 

CoM.MissAinE  des  Pauvres.  Celui  qui  dans 
UM  paroisse  recueille  la  taxe  qu'on  y  a  faite 
pour  les  [uiuvres. 

COMMISSION,  s.  f.  Fait,  action,  cliose 
conmiise.  lùicescns  il  n'est  j^uére  d'usage  qu'en 
cette  plu  asc ,  J'eclie  de  commission.  On  l'oppose 
à  p(:rhé  d'omission. 

11  signifie  aussi,  Charge  (pi 'on  donne  .\  quel- 
qu'un de  faire  quelque  chose.  Cwnmisi^ion  ho- 
norable, agréable,  diljicile,  pénible,  lâcheuse. 
Donner  commission  à  (jueUju'un  de  faire  (jucl- 
mte  chose  ,  lui  donner  une  conimiss'.on ,  le  char- 
ger de  ijuehjiie  comniiision.  Faire  une  commis- 
sion. Exécuter  une  commission.  S'acijuitter  de 
sa  commission.  Outrepasser  sa  commission. 
Les  Ambassadeurs  ayant  exposé  leur  commis- 
sion. Il  a  reçu  commission  d'aller  en  tel  lieu. 
Révoquer  une  commission.  Elle  a  commission 
d'acheter  les  plus  belles  étoffas. 

On  dit  d'I'ne  personne,  que  C'c<(  elle  ijui 
fait  toutes  les  commissions  de  luPioi'ince.pour 
dire,  que  C'est  A  elle  qu'on  s'adresse  do  toute 
la  Province  pour  toutes  sories  d'impleises.  On 
dit  dans  ce  même  sens  :  On  lui  envoie  plusieurs 
commissions  et  point  d'argent.  Donnez  vos 
commissions  à  gui  vous  voudrez.  Je  ne  veux 
plus  me  mêler  de  vos  cojnmissions.  Elle  est  tou- 
jours chez  les  .Marcl.ands  pour  guclgue  com- 
mission, etc.  En  tontes  ces  sortes  de  phr.rscs  . 
Commission  se  prend  toujours  pour  Charge  d'a- 
cheter. 

On  dit  d'Un  laquais,  qu'il  fait  bien  les  coni 
missions  gu''on  lui  donne,  qu'il  fait  fort  bien 
des  commissions,  pour  dire,  qu'il  fait  hien  les 
message»  dont  on  le  cjiarge;  et  qu'il  est  allé  en 
commission,  pour  dire,  qu'il  est  allé  faire  une 
commission  dont  on  l'a  chargé. 

CoMMissioS ,  se  prend  aussi  pour  Un  Man- 
dement du  l*rinc«,  ou  une  Ordonnance  du  Ma- 
gistrat, ou  de  quel(|ue  autre  personne  ayant 
aulurilc  de  commettre ,  de  dépuler.  Commission 
rerbale.  Commission  par  écrit.  Il  a  obtenu  une 
fcmmission  du  Roi  adressante  à Expédier 


COM 

fine  commission.  Sceller  une  commission.  Sa 
commission  j?orte  (jue,..  Il  exerce  cette  charge 
en  rertii  de  la  commission  qu'il  en  a  obtenue^ 
en  vertu  de  sa  commission,  par  commission. 
Ohlenir  commission  d'un  Ju(je.  Il  demcndoit 
par  sa  reijuête  commission  pour  injoi-mer.  Le 
Parlement  a  décerné  commissliut.  La  commis' 
sion  s^adressc  eux  Juges  des  lieux.  Faire  en- 
registrer tine  ccmmisiicn.  Il  a  reçu  une  com- 
mission de  son  Supi'ticur^  dz  son  CâiCrai 
Qiumd  ils  furent  assemhlé.i^  il  leur  exposa  la 
ten'Atr  de  su  commi^ision.  Délivrer  des  com- 
missions pour  la  levée  des  tailles.  Délivrer  des 
commissions  pour  lever  des  troupes.  Expédier 
den  commissions  pour  de  nouvelles  levées.  Il  ti 
commission  de  Colonel.  Comittission  de  Colo- 
nel réforme. 

Il  se  prend  nussi  [intir  Un  emploi  «ju'o:! 
exerce  ,  comme  y  ayant  clé  commis  pour  un 
temps;  t-l  alors  il  s'oppose  à  Office,  Chargi*. 
Ce  n'est  pas  une  charge  j  ce  n'est  qu'une  corn 
mission  ,  qu'une  simple  commission.  ïl  a  la 
commission  généi-ale  des  vivres  en  Flandre. 
L'ne  commission  dans  les  Aides ^  dans  les  Ga- 
belles, Il  est  allé  en  commission.  On  Va  en- 
voyé en  ct)minission.  Le  temps  de  sa  commission 
expire  hientét.  Il  est  hors  de  sa  commiision.  /i 
est  de  retour  de  sa  commission.  Il  a  une  com- 
mission qui  ne  vaut  pas  grand^ chose.  C^estune 
commission  fort  lucrative.  Révoquer  une  com- 
mission. Oïl  lui  a  continué  sa  commission.  On 
l'a  continué  dans  sa  commission. 

f:0MMISS10>'NAlKi:.s.m.Ceiui(ruicstc!iar 
gc  d'une  comTr'ssionpom  quelque  p.-.rlicn lier.  Il 
n'est  {:;ïn"'re  d'usîiîjc  qu'en  mnlitre  dciii!i;<ic('  ;  et 
il  se  dit  princip.'ilemcntd'Un  cnrrespODfliintqui 
s'est  cliar^i;  de  laciiat  ou  du  dchil  de  quelques 
ninrcljiindiscs.  Ces  Marchands-là  (ïenni'nt  un 
Commissionnaire  datis  les  principales  Villee. 

On  appelle  aussi  Commissionnaires^  Des 
gens  qu'on  prend  au  coin  des  rues  pour  faire 
des  mcssai;es. 

COMMISSURE,  s.  f.  Terme  didactique,  qui 
se  dit  Ou  jioint  {l'union  de  quelques  parties  du 
corqis  luunain,  La  commissure  des  ucrfs  optt 
ques.  La  commissure  des  lèvres. 

COMMITTIMUS.  s.  m.  Lettres  de  Commit- 
timus.  (  Mot  I.alin  qui  sif^nifie,  Sous  commet- 
tons. )  Ternie  de  Clicinrcllerie.  On  appelle  ;iin>i 
Des  Lettres  de  Cliancellei le,  par  lesquelles  les 
rausrs  qu'on  a,  tant  en  demandant  qu'en  dé- 
fondant, sont  commises  en  première  instance 
aux  Requêtes  du  Palais  ou  aux  Reijuêlcs  de 
l'H-Jtel. 

On  îippelle  CommiKinuiS  du  grand  Sceau, 
Les  I.elires  qu'on  obtient  pour  les  causes  qtu 
sont  Lors  du  ressort  du  Parlement  de  Paris;  et 
C'onimi((im«.s  du  petit  Sceau.,  Celles  (pii  m: 
«ont  valaldes  que  dans  IVtenduc  d'un  Parle- 
ment. Des  Lettres  de  Committimus.  Faire  ex- 
pédier ^  faire  signijier  un  Committimus.  Il  fit 
renvoyer  la  cause  en  vertu  de  son  Committi- 
mus. F.voqncr  une  cause  en  vertu  (J'um  Com- 
miltimus.  Tous  les  Commensaux  de  la  Maison 
du  Roi  ont  droit  de  Committimus. 

On  appelle  auKsi  C*inxm>ttimus^  I.o  droil  de 


COM 

Commi(i;mi!S.  On  a  die  depuis  peu  le  Commit- 
timus à  plusieurs  Communautés. 

GOMMIITITUR.  s.  m.  Terme  de  formule, 
qui  se  dit  d'Une  Ordonnance  du  Conseil ,  pimr 
commellrc  un  Rapporteur.  Mettre  une  iie- 
guête  au  Conseil  pour  avoir  un  Committilur. 
Monsieur  le  Chancelier  a  mis  le  Commlttitur 
sur  la  Requête. 

On  appelle  Requête  de  Commlttitur,  La 
Requête  p;ir  laquell*;  on  demande  qu'un  Rap- 
porteur soit  commis. 

COMMOOAT.s.  m.  Terme  (le  Jurisprudence. 
Pièt  gratuit  d'une  cliose  qu'il  faut  rendre  en 
nature  ^[)r.!:s  un  certain  tcmp.s, 

COMMODE,  adj.  des  2  g.  Qui  est  aisé, 
propre,  convenable,  dont  l'usage  esl  utile  et 
r.icile.  Iltthit  commode.  Maison  conimode.  Cette 
voitu-e  est  fort  commode.  C'est  une  chose  bien 

commode  que  de Une  telle  sorte  dha}>tt 

est  commode  pour  le  chaud,  pour  le  froid. 
Cela  est  commode  pour  la  ville  ^  pour  la  cuiïv 
pagne.  Commode  dans  la  chambre^  dans  le  lit. 
Commode  à  ceux  qui  monleiit  à  cheval  ^  à  un 
homme  qui 

On  dit  fignrôment  qu't/u  homme  est  fort 
commode  dana  la  société ,,  commode  à  Vivre, 
pour  dire,  qu'il  est  d  une  société  douce  etaiséc, 
d"un  lion  commerce.  On  dit  dans  le  même  sens, 
qu'/Iti  l'humeur  commode,  Vesprit  commode. 

Co:mmode  s'emploie  aussi  porir  Trop  indul- 
gent, trop  facile.  Ainsi  on  dit  d'Un  niarï  i(Mi 
ferme  les  yeux  sur -la  mauvaise  conduite  de  sa 
femme,  que  ("V-t  un  mari  co'vmvde.  et  dX'ua 
Ftmnin  qui  donne  trop  de  Klicrlé  îi  sa  fille,  fjue 
C^est  nue  mère  commode. 

CoMMonE.en  matière  de  Morale,  veut  diii; 
quelquefois  Rel.'iclic.  Avoir  imc  dévotion  corn* 
mode.  Vue  morale  commode. 

On  dit  proverbialement  qu'Cnc  chose  est 
commode  comme  une chdmhrehasset  pour  dire  , 
qu'Elle  est  à  portée. 

On  appelle  aussi  Commode  ,  Une  ^^►•cc 
d'armoire  faite  en  bureau,  où  l'on  serre  du 
linge  et  des  habiu:.  £d  ce  seQS  il  est  eubstaiiur 
féminin. 

On  dit  au.ssi  substantivement  qu't/ïic/ènrrnc 
c:I  la  commode  d'une  tmlre.pour  dire,  q'i'LlIc 
est  sa  complaisante;  et  cela  ne  se  dit  qu'en  fuit 
de  g ilunteiie. 

COMMODÉMENT,  adv.  Avec  commoililti, 
d'une  mauivrc  commode.  Etre  loge  commodé- 
ment. Etre  vêtu  commodément.  Vous  pouvez 
faire  cela  commodément. 

COIvniODlTK.  s.  f.  Chose  commode,  état, 
situation  commode,  moyeu  rommode.  Un  c.ir- 
rosse  est  une  grande  commodité ,  d'une  grande 
commodité.  Les  dégagemcns  font  toute  la  com- 
modité d^une  maison.  Il  y  a  bien  des  commo- 
dités dans  cette  mai:on-là.  C'est  un  petit  a}'- 
partentent  où  f^un  a  toutes  ses  commodités.  On 
ne  sauroit  trop  acheter  sa  commodité.  Prendi^ 
ses  commodités.  Se  mettre  à  sa  commodité. 

CoM.MOoiT^;,  se  dit  aussi  d'UnC  voiture  cla- 
hlic  pour  aller  d'un  lieu  en  un  autre.  Prendre 
la  commodité  du  Messager,  du  coche,  du  bw 
[eau.  AvezvouMitîe  commodité  pour  aller  là? 


COM 

îl  se  liii  .Missi  en  géiicr:!  De  tout  moyen  qui 
fariiile  (lurlijue  chose.  Je  me  sers  de  la  com- 
modité (juc  m'ojj'ic  le  départ  de  Monsieur  un 
ici  t  pour 

On  dit  proverbialement,  On  n'a  pas  toufes 
tes  commodités  en  ce  monde. 

On  (lit  encore  d'Un  lionune  qui  ]  rend  ses 
lises  dt-s  qu'il  en  trouve  roccusion,  qu'il  prend 
t*s  commodités  où  il  les  trouve. 

On  appelle  Chaise  de  comtnodilé  j  fautcml 
de  commodité ^  Une  grande  cliiiise  à  bras,  bien 
garnie,  dont  le  dos  est  un  peu  renversé ^  et  ou 
l'o:!  est  fort  ù  son  aise. 

Coii^iODiTii,  signiûc  aussi  Le  temps  propre, 
l'occasion,  li  faut  prendre  la  commodilé  des 
9ens.  Prenez  votre  commodité.  Faites  cela  à 
votre  commodité. 

Il  se  prend  aussi  pour  I  n  proximité  des  lieux 
où  l'on  peut  aller.  La  commodité  de  Veau,  du 
hois ,  de  l'l:qlise,  de  la  promenade. 

On  appelle  Commodités ,  Les  aisances,  la 
privés  d'une  maison. 

CO:\niOIION.  s.  ï.  Terme  de  Médecinr. 
Êhranlenicnl  violent  au-dcdans  da  corp.s,  cau.sti 
par  une  chute,  ou  par  quelque  coup.  Il  y  a  ù 
craindre  que  ce  coup^  (pie  celte  chute  n'ait  fait 
commotion  au  cerveau.  Il  tomba  de  fort  hnut^ 
ce  qui  lui  djusa  une  curiiniufiuii  qcnétale  dans 
tout  le  corfys. 

Il  i.c  dit  aussi  De  l'agilation  excilcc  dans  le:* 
esprits.  Cetk' /loiii'ei/e,  cet  événement  causa  une 
ffraiide  cvnmolion  parmi  le  peuple. 

r.t)M\U'{\R.  T.  1.  KiIinnrîtT.  Il  nV-^t  cn."rr 
d  U5ar;e  quVn  cette  phrase,  Commuer  la  peine. 
Il  obtint  des  Lettres  du  Prince.,  qui  com- 
piuoient  lapcine  des  galères  en  celle  du  bannis- 
tement, 

CosiMrr,  i^E.  participe. 

COMIML'N,  UNK.  ndj.  Dans  l'acception  h 
plus  f»i'*ncr.ilf,  il  se  dit  Des  choses  à  quoi  tout 
V  monde  participe,  ou  a  droit  de  participer;  et 
r'cst  dans  ce  sens  qu'on  dit,  que  Le  ^'oleil, 
i'rtir,  Us  élêmens  sont  communs.  La  lumicn 
est  commune  à  tous  les  hommes.  Dans  nnc  ac- 
ception itiniiis  clenduCf  il  se  dît  Des  clioses 
doîil  l'usajc  appartient  a  plusieurs.  Un  puits 
commun.  L'ne  cour  commune.  Passaqc,  esca- 
lier, cf.emin  commun.  Cela  est  commun  à  (oui 
le  Bourq,  commun  aux  deux  mai.<ûns. 

CoMMi  s ,  se  dit  aussi  Oe  ce  qui  est  propre  ù 
dincrcnsnuiels;  et  c'est  dans  ce  sens  qu'on  dit, 
qufl  Le  boire  et  le  manger  sont  communs  à 
J'^orn.ne  et  aux  bétes.  La  vie  végétative  est 
commune  aux  animaux  et  aux  plantes.  Ennemi 
commun.  Intérêt  commun.  Pcrtl  commun.  Celte 
douleur,  cetle  jore,  m'est  commune  avec  tous 
lei  ^eris  Je  t'en.  Entreprendre  une  cho^e  à  frais 
rt>.iirnitrij.  J'ai  cela  de  commun  avec  lui.  Cette 
rtjr,ifc-ià  n'a  rien  de  commun  aver.  celle  dont 
il  s\igit. 

Ou  0 pp.  Ile  LîexT  communs,  en  Rhétorirpie, 
Tes  nomccs  g-MiéroUi  (|iit  iV.urnisseut  à  lOra- 
fiir  fcos  nr^uuicns  cl  ses  moyens.  ^ri.v/o(c  a 
donné  pluiieu'i  lieu.T  communs  pour  ccciter  la 
eompassivttj  l'horreur. 

Ou  a^ipclicau&u  Lieux  commuai,  Des  mo- 


COM 

tiërcs  Triviales  et  rebattues.  2'out  son  livre  est* 
rempli  de  Uetix  communs.  Ce  qu'il  y  a  de  meil- 
leur dans  ce  discours^  n'e-sl  qu'un  lieu  commun 
sur  les  Conquérons.  S ei-  sermons  ne  sont  que  des 
lieux  communs.  Employer  des  lieux  communs, 
i  II  recueil  de  Ueux  communs. 

On  appelle  5e/is  conimnn,  La  faculté  par 
laquelle  le  coninmn  des  hommes  )u^e  raison- 
nablement des  choses.  Cela  est  contre  le  sens 
commun.  Cela  rvpuqnc  au  sens  commun^  îi'a 
pas  le  sens  commini.  C'est  un  homme  qui  n'u 
pas  le  sens  commun. 

Faire  bourse  commune,  se  dit  Des  Ofliicien 
ayant  même  charge,  des  associés  qui  sont  en 
communauté  de  profit,  des  amis  qui  ont  mîi 
leur  argent  ensemble  pour  leur  dépense. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Faire  vic  corn- 
miine,  pour  dire.  Vivre  à  frais  communs. 

On  dit  aussi.  Faire  bourse  cofniniini:,  poui 
dire,  S'associer  dans  une  affaire,  pour  la  suivre 
à  frais  coimnuns,  et  en  part;iî:;cr  les  profils. 

On  dit  en  style  de  Not;iirc,  Les  fiturs  époux 
seront  uns  et  commnn.-î  en  biens,  pour  dire, 
iju'll  V  aura  communauté  de  biens  entre  euv. 

Commun,  signifie  aussi  Céiiérul.  Le  hvuit 
commun.  C'est  l'opinion  commune,  La  com- 
mune façon  de  parler. 

Uo  dit.  Le  droit  commun,  pour  duc,  I.l 
Loi  reçue  dans  un  ttat,  l'usage  qui  y  est  géné- 
ralement établi. 

On  appelle  en  termes  de  Jurisprudence, 
Délit  commun^  Un  délit  qui  a  été  commis  pai 
Tin  I''cil('si;:sliqui?,  et  qui  est  df  la  ronipi'-tcncc 
du  Juj;e  Ecclésiastique  ;  et  daus  cette  acception 
il  est  opposé  à  Cas  privilégié. 

Cosuius,  signifie  aussi  Ordinaire,  qui  se 
praliipie  ordinairement.  L'usage  en  est  for\ 
commun.  H  n'y  a  rien  de  si  commun  ^  rien 
n'c<t  plus  commun.  C'est  une  chose  bien  com' 
mune.  Cela  est  commun  parmi  les  getis  di 
guerre ,  entre  les  gens  de  querre.  Commun  entri 
les  bourgeois  j  parmi  les  bourgeois. 

CoMMUS,  se  dit  aussi  par  opposition  à  Dis- 
tin::;ué,  nohle,  et  signifie,  Vulj^aire,  bas.  Il  a 
l'utr  commun^  un  langage  commun j  des  mn- 
tiictes  communes. 

En  pnrlant  Des  termes  ordinaires  de  la  Lan- 
t,uc,  0:1  dit,  Les  mots  communs  de  la  Langue, 
par  opposition  aux  termes  qui  ne  sont  en  usjge 
qiic  dans  tes  Aiis  el  dans  les  Sciences. 

CoMStuN,  signifie  aussi,  Qui  se  trouve  aisé- 
ment et  en  abondance.  Les  bons  melons  sont 
fi>rl  communs  cette  année.  Les  bons  muscats 
sont  communs  en  LangnedoCjCn  Prt.vencc.Le.1 
herbes^  les  viandes  les  plus  communes. 

Exjtcdicr  en  forme  commune.  F.içon  de  par- 
ler prise  du  style  de  la  DaliTÎc  de  Uoinr,  et  qui 
signilif ,  Sans  i;ricc ,  sons  n-misc.  lille  s'emploii^^ 
li;;urémi'nt  en  divn-scs  p!iras>'s.  Ainsi  on  tlil 
d'L'n  homnic  ^  qui  ou  a  gagne  tout  son  argent 
en  liès-pcu  de  temps  ,  qu'Jri  Va  expédié  en 
forme  commune. 

On  dit  aussi  dTn  homme  mort  en  peu  d-' 
temps  entre  1rs  mnîns  de  plusieurs  mauvais 
Médecins,  qu'/is  Vont  expédié  en  fvrme  com- 
•tiune.  Ccl.t  U  est  qiic  du  st)  le  iamiher. 


COM 


271 


COïUfUN,  signifie  aussi,  Qui  est  de  peu  de 
valeur,  et  peu  csiini.ible  dons  son  espèce.  Vti 
Mai  chand  qui  n'a  que  des  marchandises  com- 
munes ,  ti es-  communes ,  qui  n'd  rien  que  de 
commun. 

U  signifie  aussi,  Qui  est  médiocre  et  peu  ev 
limable  daus  son  gcnie.  Il  a  futl  un  discours 
très'Commun.  C'est  un  Prédicateur  /ur(  com- 
mun, Vn  Auteur,  un  Poète  tjés-commun.  Une 
iru'cndon  commune.  Des  pensée:;  communes. 
Idée  commune.  Rien  de  plus  commun. 

On  dit,  qu'Une  terre  vaut  tant  de  revenu, 
année  commune,  ou  communes  années,  pour 
dire,  Bon  an^  mal  an,  en  compensant  les  mau- 
vaises année»  avec  les  bonnes. 

Co^LML'N,  est  aussi  substantif  masculin,  et 
il  se  dit  d'L'ne  société  entre  d'  ux  ou  plusiuar» 
personnes.  //  faut  prendre  cette  dépense  sur  le 
commun.  Ils  ont  mis  leur  bien  en  commun.  Ils 
l'tVi'nt  en  commun.  Ils  jouissent  de  la  succes- 
sion en  commun,  jusqu'à  ce  qu'ils  aient  fait 
leur  partage. 

On  dit,  qu'î7n  homme  vit  sur  le  commun^ 
Lorsque  n'étant  pulut  dune  société,  et  n'y 
ayant  contribué  en  rieu  pour  sa  part,  il  ne 
laisse  pas  de  vivre  aux  déi>ens  de  ceux  qui  en 
sont.  La  même  chose  se  dit  aussi  d'Un  homme 
accoulumé  à  vivre  sur  le  liera  et  sur  le  quart. 
Lt  I  oji  dit  proverbialement,  qu'/i  n'y  a  point 
d'dnc  plus  mal  bdtc  que  Idne  du  commun  j 
pour  dire,  que  Les  pailiciiUers  d'une  Commu- 
nauté songent  à  leurs  aflaues  au  préjudice  de 
cillt's  de  la  Communanlé. 

Commun,  signifie  aussi  Le  plus  grand  nom- 
bre, la  plus  grande  partie.  Le  commun  des 
hommes.  Le  commun  des  Philosophes. 

On  dit  figurémenl ,  qu't,  ne  pa'sonne  ou  une 
clio.e  est  du  commun^  ponr  dire,  qu'Llle  n'est 
pas  de  grand  mérite,  ni  de  grand  prix.  Cela  est 
du  commun.  Cet  ouvrage  n'est  pas  du  commun. 
C'est  un  homnK  du  commun.  Il  est  hors  du 
commun.  Il  passe  le  commun.  Il  est  au-  dessus 
du  commun.  Sa  charge  le  tire  du  commun. 

Dans  l'Ortice  Ec  lésiastjque,  on  appelle  I/C 
Commun  des  Apôties,  des  Martyrs,  des  CoH' 
Censeurs,  des  Vieigc\,  etc.  L'Uflice  général  des 
Ap'jtres,  des  Martyr?,  etc.  pour  qui  lÉglise  n'a 
point  réglé  d'OÛSct  particulier. 

On  dit  familièrement  el  îroui'|uemcnt,  d'Un 
homme  médiocre,  qu'il  est  du  commun  des 
martyrs. 

Commun  1  se  dit  aussi  Des  Domestiques  les 
moins  considérables  d'une  maison.  CVsl  du  vin 
du  commun ,  du  vin  pour  le  commun.  Le  dina' 
commun.  La  table  du  comtnun.  La  salle  du 
commun. 

Ou  appelle  Grand  Commun  ,  cher  le  Roi, 
Les  Gûtccs  destinés  h  la  nooniture  de  1j  plu- 
part des  Odicicrs  de  la  Maison  du  Roi  ;  et  on 
appelle  Petit  Commun,  Quelques  Ollîces  delà- 
elles  du  Grand  Conminn  pour  la  nourrituie  de 
ipi<*l  jucj  OQicit-rs  privilégiés  de  la  Maijon  du 
UoL 

Grand  Commun,  se  dit  aussi  Du  lieu  ou  ces 
Officiept travaillent,  et  qui  est  destine  jKmr  Ilui 
tugeniritt.  Etre  loge  au  Grand  Comuutn. 


yji  COM 

CONTMUNAL,  AI,E.  adj.  Qui  est  comiïinn 
mx  habitans  d'un  ou  de  plusieurs  Villages. 
Bic«  communal,  Propriélé  communaU'.  Voycï 

COMMCHAUX, 

COMMUNAUTÉ,  s.  f.  Soriaé  de  plusieurs 
personnes  qiii  vivent  cnsrmlile  sous  cerlauies 
Règles.  Une  Communauté  de  Rfhgu'ti-r.  Une 
Communauté  de  RcUfficu^cs.  VneCommunuuté 
dePrétres.  l' ne  Commun uutc  de  filles.  La  Com- 
munauté de  Saint-Suîpice.  Lu  Commnnuutê 
de  Sainte-Agnès.  Vivre  en  Communauté,  f.ta- 
hlir  une  Communauté.  Être  d'une  Commu- 
nauté. Entrer  danx  une  Communauté,  c'csl-li- 
dire,  dans  les  Maisons  Religieuses  ou  autres, 
où  l'on  vit  en  Communauté. 

On  àh^Dîna'  à  la  Communauté j  pour  dire. 
Dîner  au  Réfectoire  avec  les  autres. 

CoftUvuTNAtTÎ: ,  se  dit  aussi  De  ci  rlains  Corps 
Laïques,  qui  ont  fait  une  socii-tc  pour  îcurs  in- 
térêts communs.  La  Communauté  des  Piocu- 
reur^.  La  Communauté  des  A  otawes.  ^gtr  your 
les  intérêts  de  la  Communauté. 

On  appelle  aussi  Communauté .  I,»^  Corps 
des  liabitans  des  Villes,  Bourj;s  et  Villages 
Toutes  ies  Communautés  de  la  l'iovincc.  On  u 
taxé  à  tant  ces  Communautés.  Cette  Commu- 
nauté est  riche,  est  vauvre.,  etc. 

Communauté,  se  dit  aussi  De  la  socitHe  de 
biens  cntrp  deux  ou  plusieurs  personnes.  îly  a 
communauté  dt  biens  entre  le  mari  et  la  femme. 
Ils  aont  en  communaîUè  de  hiem.  Cette  femme 
a  tant  apporté  à  la  communauté.  Accepter  la 
comivinaulé.  lienoncer  à  la  communauté. 

COMJVIU.XAUX.  s.  m.  p(.  IMtnrages  où  les 
Iiahitans  d'un  ou  de  plusieurs  Villages  ont  droit 
d'envoyrr  leurs  troupeaux.  Acs  communaux 
d'un  tel  Bourg  ^  d'un  tel  Village. 

COMMUINI-:.  s.  f.  Le  Corps  d(?s  Bourgeois 
d'une  Ville,  ou  des  liahitaus  d'un  Bourf^,  oh 
d'un  Village.  La  Commune  d'un  tel  lieu.  La 
Commune  s^emut.La  Commune  prit  les  arme.'^. 
Il  ne  faut  pas  irriter  la  Commune. 

COM>tUNK,  se  prend  aussi  poiu'  Le  iiru  où 
s'assemblent  les  habitans.  Je  vais  à  la  Com- 
mune, à  la  Maison  commune,  pour  afjhire 
vressante. 

Communes,  au  pluriel.  Ce  mot  se  prend 
pour  Les  peuples  des  Paroisses  de  la  canq)agne. 
Assembler  les  Commune.  Soulever  les  Com- 
munes. VArrêt  enjoint  aux  Communes  de  lui 
courir  sus. 

Autrefois  on  apprloit  les  Milicos  Bourgeoises, 
et  les  Milices  de  la  Campagne,  Les  Communes. 

On  appelle  Chambre  des  Communes,  La 
seconde  drs  deux  Clianibres  du  l'arlemcnl 
d  Angleterre,  qui  est  conqiosce  des  Députes  des 
Comtés  et  des  Villes  du  Royaume, 

Il  se  dit  ausii  d'Une  certaine  étendue  de 
ictTC ,  où  un  ou  plusieurs  Bourgs  ou  \  illagcs 
ont  dro"t  d'envoytr  leur»  bestiaux  en  pûtnrc. 
De  grandes  communes.  Mener  paître  les  trou- 
peaux dans  les  communes.  Il  a  usurpé  sur  la 
commune. 

COMMUNÉMENT,  adv.  Oi^inoircmenl.  On 
ait  communément.  Cela  se  pratinue  commune- 


COM 

Il  signifie  aussi  Généralement.  On  en  parle 
communément  de  la  sorte. 

On  dit  aussi,  .1  parler  communément ,  rotn- 
munément  parlant,  pour  dire,  Selon  l'opinion 
commune ,  ou  selon  la  fuçoii  de  parler  ordi- 
naire. 

COMMUNL\NT.  s.  m.  Celui  «pii  communie. 
//  y  a  eu  tant  de  communians  à  Piiaues  dans 
une  telle  Paroisse. 

Il  signifie  aussi,  Ceux  qui  sont  capables  ^e 
communier,  en  Age  de  pouvoir  conuuniiicr.  Il 
y  a  tel  nombre  de  communians  dans  cette  Pa- 
roisse. 

COMMUMCABLK.  adj.  des  a  genres,  ^ui 
se  peut  communiquer^  de  quoi  on  peut  f.iirc 
part.  Il  est  de  la  nature  du  bien  d^ètre  comt..u~ 
iicable.  Le  souverain  pouvoir  n^est  point  une 
chose  communicabîe. 

On  dît,  qut  Deux  rivières  sont  communica- 
hles,  Ouand  elles  peuvent  être  joiutes  par  un 
eanal. 

On  dit  de  même,  que  Deux  appartcmens 
sont  communicfibleSf  pour  dire,  qu'On  peut 
faire  une  romuuniication  de  l'un  h  lautre, 

COMMUMCATIK,  IVK.  adj.  Qui  se  com- 
munique fdcilcmrnt.  En  ce  sens ,  il  ne  se  dit 
guère  qu'en  cette  plirase,  Le  bien  est  de  so. 
communicatif. 

On  dit  d'Un  homme  qui  se  communique  ai- 
sément, qui  fuit  part  de  ses  pensées,  de  ses 
ronnoîssauccs,  de  .'Cs  lumitTes,  qu'/ï  est  com- 
municatif; et  quand  il  fait  le  contraire,  (,u7/ 
n'est  guère  cc-ninianirafi/'. 

COMMUNICATION,  s.  f.  Action  Ae  com- 
nmiiiqiier,  ou  l'clK-'t  de  celte  action.  Communi 
cation  de  biens.  Communication  de  maux. 

On  dit,  Donner  communication  d'une  af- 
faire à  guelqu'un,  pour  dire.  Lu:  faire  part  de 
rc  qui  concerne  celte  affaire;  et  de  niènie. 
Avoir  communication  d'une  ajfuire,  d'un  traité 

U  signifie  aussi  Commerce,  familiarité,  ei 
rorr'ipondance. /Is  ont  grande  communication 
rnsemble^  Ils  ont,  ils  entri'ticnucnt  communi- 
cation de  pensées  et  de  sentiment  par  lettres  ou 
jiar  la  conversation,  Avo^r  ccmmuntcation  avec 
les  ennemis  de  WAat.Ils  ont  rompu  toute  com- 
munication. Défendre,  interrompre,  interdire 
la  communication ,  toute  communication, 

Kn  termes  de  Paliis,  Corn»r:Knjcalion  au 
Parguct,  C'est  rexpositioii  des  raisons  que  les 
avocats  des  Parties  font  devant  les  Gens  du 
noi.  Son  Avocat  allégua  telle  chose  à  la  com- 
munication. Les  Cens  du  PoioutprisyOntreçu, 
ont  eu  communication.  Communication  dc^ 
Parties,  se  dit,  Quand  h  s  Parties  s'cntre-com- 
uuuiiqneiil  liurs  pic-Ces  par  original,  ou  par 
copie.  //  m'a  donné  son  sac  en  communication. 
Je  n\ii  point  eu  communication  de  ses  pièces. 

<;oMMt  MCATiON,  se  dit  aussi  Du  mo;  eu  par 
lequel  deux  choses  se  comniuniquent.  Conmi»- 
niccilioM  d'une  chambre  ,  d'un  appartement, 
d'un  ccfpS'.le-logis  à  l'autre.  Porte  de  commu- 
nication. Degré,  escalier  de  communication. 
La  communication  des  deux  mers.  Le  Déttoit 
de  Gibraltar  fuit  la  communication  de  VOcèan 
et  de  la  Médita-raiiée. 


COM 

On  dit  en  termes  do  Physique,  La  commiém 
nieation  du  mouvement. 

Dans  l'An  Militaire,  Lignes  de  cornmiinf- 
calioK ,  sont  de  certains  fosses  ou  tranchées  que 
Ton  fait,  afin  que  deux  quartiers  de  l'année, 
lieux  attaques,  puissent  communiquer  cns)  m- 
ble  h  couvert,  et  s'enlre-seeourir. 

On  dit  en  ce  sens:  Pjahlir,  rompre  une 
communication.  La  communication  est  rétablie. 

Communication,  est  aussi  Une  figure  de 
Rhjtori(jue,  par  laquelle  l'Orateur  semble 
prendre  conseil  de  son  audiloire. 

COMMUNIER,  v.  n.  Recevoir  le  décrément 
de  rEucharistic.  Communier  dévotement,  di- 
gnement. Les  Prêtres  communient  sous  les  deux 
espèces.  Communier  à  Pdgues.  Communier 
toutes  les  bonnes  Fêtes.  Communier  à  sa  Pa- 
roisse. Communier  à  une  telle  Messe.  Cemmu' 
îiier  de  la  main  de  VKvègue,  de  la  main  de  son 
Curé. 

U  signifie  aussi.  Administrer  le  saint  Sacre- 
ment; et  en  ce  sens  il  est  ac'if.  C'est  :on  Curé 
nui  Va  communié. 

Communié,  ée.  participe.  Quia  reçu  le  saint 
Sacrement.  Il  e:;t  mort  bien  conjessc  et  com' 
munie. 

COMMUNION,  subst.  f.  Union  de  plusiruni 
personnes  dans  une  mùme  fui.  La  CotniuuniLn 
des  Fidèles.  La  Communion  de  l'Eglise  Ro- 
maine. La  Communion  de  VKglise  Grecgue^ 
etc.  Il  est  dans  la  Communion ,  hors  de  la  Com- 
munion de  V Eglise.  Il  s'est  séparé,  on  l'a  re- 
tranché  de  la  Communion  de  VEglire.  Il  n'es» 
p..  s  de  notre  Communion, 

îl  signifie  aussi  La  réception  du  Corps  d6 
Notrc-Seigneur  JÊsus-Chulst.  La  Sainte  Com- 
munion. Aller  à  la  Communion.  S'approcher 
de  la  Communi. 'U.  Se  préparer,  se  présenter  à 
la  Commun<on.  Faire  sa  première  Communion. 
Donner  la  Communion.  Faire  une  bonne  Com- 
munion. On  na  pas  voulu  le  recevoir  j  ï'uJ- 
mettre  à  la  Communion. 

On  appelle  aussi  Communion,  VAnt'.-nuxe, 
le  Vcrstt  que  le  Chœur  chante  pendant  que  le 
Prêtre  conunnnie. 

COMMUNIQUER,  v.  act.  Rendre  commun 

j I-aiie  part  de Un  corps  qui  commn- 

ni(pic  son  mouvement  à  un  autre.  Le  |<-»  roni- 
munitfue  sa  chaleur.  Le  Soleil  communigue  sa 
lumière  à  toute  la  terre. 

Ondilfigurcm.,  Communiguer  ses  lumières, 
SCS  pensées ,  ses  desseins  à  guelgu''un ,  pour  dire , 
Lui  faire  part  de  ses  lumières,  de  ses  pensées, 
de  ses  desseins  :  et  dans  le  m^me  «eus  on  dit, 
Comtv.unigucr  sa  joie,  sa  douleur.  On  dit  au.ssi 
<!ans  la  même  accep  ion  :  Dieu  nous  commu- 
ninuc  ses  grdces.  Dieu  communigue  ses  grÛcet 
à  gui  il  lui  plaît. 

Dans  toutes  ces  acceptions  ,  Communiguer 
se  met  aussi  avec  le  pronom  personneL  Le 
niomrmcnt  d'un  corps  se  communigue  à  un 
autre.  La  chaleur  du  feu  se  communigue  aux 
corps  cHvironn<ins.  Une  maladie  gui  se  com- 
munigue aisément.  Certains  maux  se  conimi*- 
niguent  en  ycu  de  temps.  La  joie  cl  la  douleur 
se  communiquent  peu  à  peu^ 


COM 

CoMMUsiQUEn ,  signifie  aussi,  Donner  com- 
muiiicition  de  quelque  chose.  Commun i(^uer. 
i«  affii»-cs  à  nn  am\.  il  ne  m'en  a  riVn  corn- 
munit^uê.Jc  Un  ai  communiqué  mon  intention, 
mon  secn't.  On  [nia  commun itfué  les  titres.  Les 
Amhassadems  se  communiquèrent  rcspective- 
mcKt  Iru/'j  pom'oirs.  Communiquer  les  pièces 
iVun  procès.  Communiquer  une  prrduction.  Kn 
ce  sens  il  est  aussi  neutre.  J'ai  communiqué  d'. 
crtte  affaire  avec  lui.  H  en  faut  conitnunittucr 
À  un  homme  intelliçjent.  H  a  fait  cela  sans  en 
communiquer  à  personne.  Le  Rapporteur  eu 
communiquera  avec  les  Commissaires.  On  en  a 
communiqué  aux  Cens  du  Rd. 

CoMML'NrQUKn ,  «signifie  encore,  Avoir  com- 
merce el  rolaUon.  Kn  ce  sens  i!  se  dit  nlisoUi- 
loenl.  Communiquer  avec  les  Savitns.  Conwiu- 
nitjuer  avec  les  ennemis. 

Il  se  mcl  aus,si  d-ins  ce  sens ,  avec  le  pronoiu 
personnel,  et  si^nilie,  Se  rendre  (amilier.eutrtT 
facilement  en  discours  et  en  conversation  avec 
«juelqu'un.  C'est  un  îwn  Prince  qui  se  commu. 
nique  aUément,  Les  Princes  d'Orient  se  com- 
muniquent  rarement  à  leurs  sujets.  Vous  voui 
communiquez  trop.  Il  ne  faut  pas  st  commu- 
niquer  à  tout  le  monde. 

On  dit,  que  Deu-r  appaitemens ,  deiu:  cham^ 
hresy  etc.  se  communiquent  par  un  corridor, 
par  une  qaïeric,  etc. 

On  dit  aussi, 'qu'l/ne  chambre  communiqw 
à  Vautre.  Cn  ce  sens  il  e^l  neitre. 

Co>niLî*iQUÈ,  ÈK.  participe. 

COMMirrATIF,  IVE.  adj.  Il  n'est  d'usa-c 
ffu'en  cciie  plimse.  Justice  commulattve ^  qui 
te  dit  iJe  la  Jusiice  -jui  regarde  le  coranieice, 
el  ou  il  s'agît  de  l'éclLin^e  d'une  cliosecontii 
une  autre,  cn  rendant  autant  qu'on  reçoit.  L.t 
JuMice  ccminutative  difftre  cn  ouclque  choiC 
de  la  Justice  dislrihutive. 

COM.MUTAïlON.  suhsL  fcm.  Clian^cnicnr. 
Il  n'eu  eu  us;ige  que  d.ins  cette  phrusc,  qui  sd 
dit  en  matière  criinin'^lle ,  Commutation  de 
peine. 

COMP.-VCrrÉ.  8.  f.  Terme  didarlique.  Qua- 
fild  de  ce  qui  est  compacte.  Il  n'y  a  point  de 
€ompacité  absoluCy  toute  matière  étant  poreu>c. 

COMPACriC.  adj.  des  2  gf'nres.  Terme  di- 
dackicpi^.  Qui  est  comlensé  ,  dont  les  parliez 
■onl  fort  serrées.  Corps  compacte.  Substance 
compacte.  Les  métaux  les  plus  compactes  sont 
iet  plus  pesons, 

COMPAGNE,  s.  f.  Fille  ou  femme  qui  a 
qttelque  liuison  d'amilie,  de  familiarité,  avec 
i»ie  autre  fille  ou  femme  de  même  condition  ^ 
ou  qui  UTl  avec  elle  dnns  la  même  m:iison  et 
dans  le  méntc  cniploL  C'icre  cof?ipaiinc.  Fidilc 
compagne.  C'est  sa  companne. 

CosiPA.iHE,  K  dit  aussi  d'L'nc  femme  mariée 
par  rippjft  à  son  mari.  Il  e>t  à  plaindre,  ii  a 
perdu  sa  comparine.  Dam  les  Leitres  laleules , 
W  Koi  rtp|H'lle  lu  Heine  sa  fcnunc,  -Votre  tns. 
cticre  Epou:  e  et  Compaqne. 

Co>rPA.;?(E,  w  dit  oa-^M  drt  Tourterelles.  On 
dit  que  La  TourU  relie  cjèrnil  quand  elle  a  perdu 
sa  eomptinnc. 

Co.vrAC9£ ,  se  dit  Qususi  fi^uix'uicnt  Dos 
Time  /, 


C  O  M 

cîios^s.  La  nièiilocnîé,  companne  du  vepos.  Les 
infjrmitèsy  companncs  de  la  vieillesst, 

COMPAGNIE,  s.  f.  Assemblée  de  plusieurs 
personnes  qui  sont  cn  conversation ,  ou  en 
quelque  espèce  de  société  et  de  liaison.  Bonne 
compaqnie.  il/aiiv'iiise  compaqnic.  Aimer  la 
conipaqnie.  Recevoir  compaqnie ^hez  soi.  Voir 
t'Onne,  r^auvaise  compagnie.  Saluer  la  com- 
pagnie. Compagnie  d'hommes.  Compagnie  dt 
femmes.  Sa  maison  est  le  rendez- vous  de  h 
bonne  compagnie.  Donner  entrée  à  quchpt''un 
dali  une  compaqnie.  Il  fut  bien  reçu  lui  el  so 
cor.ipagnie.  H  csl  aimable  en  compagnie.  Il  est 
honne  ctunpugnic^  il  est  de  bonne  compagnie, 
;l  a  le  ton  d^  lu  bonne  compagnie. 

On  dit  proverbialement,  H  vaut  viicu.v  être 
U'ul  qu'en  mauvaise  compagnie.  On  dit  aussi, 
fi  n'y  a  si  bonne  compagnie  qui  ne  se  sépare. 

On  dit  aussi  De  quelqu'un  que  l'on  voit  ra- 
rement, ou  qu'on  r*çoit  avec  quelque  ccrcino- 
aie.  Il  est  compagnie.  Vous  me  tn.itcz  conunc 
]i  j'étois  compagnie. 

Ou  dit  aussi  d'Un  subalterne  trop  familier, 
ju'/l  se  croit  compagnie. 

CoMi'AdNiE,  se  dit  encore  De  deux  pcr- 
lonnes  qui  sont  ensemble.  Tenir  compaqnie. 
faire  compagnie  à  quelqu'un.  Ils  vinrent  de 
compagnie.  A'oris  irons  là  de  compagnie. 

On  dit  qu'f/u  homme  est  eu  compagnie., 
pour  dire,  qu'il  est  occupé  avec  quelques  pei^ 
;onnes,  el  qu'il  y  a  du  monde  avec  lui. 

Ou  dit  figur.  Faus-^sr  compagnie  à  quel 
fu'un,  pour  dire.  Quitle-  une  conipngnie  où 
1  on  éioit  eiig..^'*',  uu  nianqier  à  s'j  trr»u<7cr 
junnd  ou  la  prom'.;.  li leur  faussa  compagnie. 

CoMPAtiSiE,  se  dit  aussi  d'Une  société  de 
llaioliands  ou  de  gens  d'affaires.  Former,  faire 
une  Compaqnie.  La  Compagnie  des  Indes. 

On  upiielle  lièglc  de  Compagnie,  Une  régie 
d'Ariilimélique  dont  on  se  sert  pour  partnger 
!e  gain  ou  la  perte  des  Associés,  suivant  1  inté- 
rêt qu'ils  y  ont. 

Compagnie,  se  dit  aussi  d'Un  Corps  ou  d'une 
Assemblée  de  personnes  étnllies  pour  de  cer- 
Jaines  fonctions,  et  principalement  d'un  Corp^ 
de  Magistrats.  Les  Compagnies  supérieures  , 
toiii'craines.  Le  Roi  a  mandé  les  Comp.ignies. 
Les  Compagnies  ont  harangué  leRoi^ont  reçu 
les  ordres  du  Roi.  Auguste.,  cé/efcre,  puissante, 
illustre  Compagnie.  Il  a  eu  tous  les  suffrages 
de  la  Compagnie.  On  mit  cn  délibération  dans 
la  Compagnie.  La  Compagnie  ordonna  que 

CoMPAGME,  se  dit  aussi  d'Un  nombre  de 
gens  de  guerre  sous  un  Capitaine.  Compagnie 
de  getts  de  piedy  ou  d^Injanterie.  Compaqnie 
de  Cavalerie.  Compagnie  des  Gardes  duCorps. 
Compagnie  de  Chcvau-  léga's.  Compagnie  de 
Gendarmes.  Compagnie  d'Ordonnance.  Com- 
pagnie de  Carabiniers  ^  de  DiagonSj  de  Fusi- 
iers.  Réqinient  de  tant  de  Compagnies.  La 
Compaqnie  Colonelle  d'un  Régiment  d'Infan- 
terie. Compagnie  dans  un  vieu.z  Corps.  Com- 
pagnie de  nouvelle  levée^  de  Grenadiers^  de 
-Milice.  Com^juj^riic  conip/é(f ,  bien  entretenue. 
Compagnie  /</r(e,  foible^  délabrée^  en  mauvais 
ordre.  Lever,  mettie  sur  pied  une  Compagnie. 


COM  t;7, 

Commander  ure  Compagnie.  Casser,  ïicenc'er 
•irie  Compaqnie.  La  lete ,  la  queue  de  la  Coro- 
pagnic.  Compaqnie  de  Cavalerie  bien  montée. 
Capitaine  d'une  Compagnie. 

En  ce  sens  on  dit,  'i'endrc  une  Compagnit' , 
pour  dire,  Se  démettre  eu  faveur  d'un  autre. 
pour  une  telle  somme,  du  droit  qu'on  a  suà- 
une  Compagnie  de  *ens  de  guerre  que  l'ou 
commande.  Et  on  dit  dans  la  même  acception  * 
Acleter  une  Compagnie.  Il  a  l'cntiii  sa  (^olr^- 
pagnie.  Il  s'est  défait  de  sa  Compagnie,  Ache- 
ter une  Compagnie  aux  Gardes. 

On  appelle  Compagnie  franche,  Une  Com- 
p.i;;nie  qui  n'est  incorporée  dans  aucun  Kégi- 
nicut. 

Vn  dit,  Une  compagnie  de  perdrix,  ou  de 
perdieaux,  de  faisandeaux,  pour  dire,  Une 
I)ande  de  perdrix,  etc. 

Kn  termes  de  Chasse,  on  appelle  Rêtes  df 
compagnie,  Les  sanglifrs  jusqu'à  l'.'ige  de  deux 
ou  trois  ans.  El  on  dit,  (pi  /îi  ont  quitté  les  com- 
pagnies, Quand  ils  commencent  îx  aller  seuls. 

On  dit  proverbialement  et  par  plaisnnterïe, 
qu'L'n  liomme  est  bètc  de  compagnie,  pour 
:lire,  qu'il  aime  la  société,  et  qu'il  se  laisse  fa- 
tJlement  mener  où  l'on  veut.  Il  fera  ce  q  le 
vous  voudrez,  il  est  bâte  de  compagnie. 

On  dit,  v^votp  la  compagnie  d'une  femme, 
pour  dire,  En  avoir  la  jouissance. 

COMPAGNON,  s.  m.  Camarade ,  atsccic , 
jui  est  joint  avec  quelqu'un.  Cher,  fidèle,  an- 
fien  compagnon.  C^est  son  compagnon.  Li 
compaqnon  d'un  tel.  Compagnon  d'école^  d  -- 
uir7ej  de  fortune.  Compagnon  tToifice.  Un  Re» 
\iqieur  qui  sort  avec  son  compaqion.  On  lui  a 
donné  un  tel  pour  ccmpaqnon.  Il  n'a  pas  he.- 
soin  de  compaqnon.  Jouer  à  qui  trompera  son 
compagnon.  Avoir  un  fâcheux  compagnon. 

On  dit  proverbi.'ilcment ,  Qui  a  compaqnon 
a  maître;  el  cela  se  dit  De  toutes  les  personnes 
rpii  vivent  ensemble  en  sociL-té,  et  principale- 
ment d'un  mari  et  dune  fcnuue. 

On  appcloit  autrefois  Conipfiqrioux  d^ainnes, 
LesClievaliers  qui  avoient  fait  ensemble  amilie 
particulière,  avec  protestation  de  ne  S-  quitter 
jamais. 

Ou  dit  de  même,  Travailler  à  dépêche  coni- 
paqnon ,  pour  dire,  Travailler  vite  et  négli- 
gemment, ne  cherclier  qu'à  finir,  sans 8C  mettre 
eu  peine  de  la  perfection  de  l'ouvrage.  Voi« 
avez  travaillé  à  dépêche  compagnon.  On  dit 
aussi,  C'est  un  ouvrage  fat  à  dipche  com- 
paqnon. 

C.OMPAGWO:*,  signifie  aussi  f'.gol.  CVft  nn 
homme  qui  ne  peut  soujfrir  ni  compagnon  ni 
maltie.  Traita-  de  pair  à  compagnon. 

Il  signifie  encore  Gaillard,  drôle,  éveillé. 
C'est  un  compagnon,  un  bon  compai^non.  Il 
fait  le  bon  compagnon.  Et  cn  dit,Ffliie  U 
compagnon  .,  pour  dire,  Faire  l'entendu. 

On  lit  fjmilirremeril  d'Un  soldat,  qu7l  «il 
qentil  compagnon,  que  cVd  u'i  ^cnfil  corn" 
jaqnon,  un  hardi  compagnon,  pour  dire, 
qu'il  est  liomnic  d'exécution  et  déterminé. 

On  diviu»i  familièrcmenl  d'Un  homme  qai 
est  cap.ibledcfiiire  de  mauvais  tour»,  que  C'iil 

33 


r^yi  C  O  M 

un  âanqtreux   compujnoii.   C  est  un   comyti- 

On  dit  aussi  familièrement  il  Un  Ii.unnie  qui 
«■st  pauvre  €t  de  bas  lieu,  que  C'est  nu  f^ctil 
contpannon.  Il  a  fait  une  (jrande  fortune,  de 
petit  contpannon  qu'il  étoit. 

CoMPAr.NON,  «ignilie  encore  Un  gnrçon  qui 
a  fait  sou  oppreulissngc  en  quel<inc  nictier  , 
mais  qui  n'est  p.is  pissc  mailrc,  et  qui  travaille 
pour  un  nuire.  Compagnon  Tiiilleur.  Compa- 
gnon Cordonnier.  Il  était  compagnon  chez  un 
tel  Maître.  Compagnon  dans  une  telle  bouligue. 
Ce  Tailleur  avait  tant  de  compagnons.  Il  paye 
ses  compagnons  au  mois,  à  la  semaine.  I.oucr 
ait  compagnons.    , 

COMPAfiNONACiE.  s.  m.  Le  temps  qu'un 
jeune  homme,  après  son  apprenlis^age,  tra- 
vaille ciie/.  un Maitre, avant  de  pouvoir  aspirer 
à  la  maîtrise, 

Compagnosagk.  Sorte  de  sociéti;  entre  d<-> 
compagnons  de  métier. 

COMl'AK.VliLi:.  aJj.  des  2  g.  Qui  .se  peut 
comparer,  qui  peut  être  mis  eu  comparaison. 
lin  liomnic  comparable  nux  plus  grands 
hommes  de  V  anli^ju.té.  Y  a-til  rien  de  com- 
parable à  cela? 

On  dit  qu'i/nc  close  n'est  pas  comparnblt 
nvee  une  autre,  pour  dire,  qu'Elles  sont  de  na- 
ture absoliiroenl  dilTérentc.  L'esprit  n'est  pas 
comparable  avec  la  matière,  etc. 

COMP.4R  VISON,  s.  f.  Discours  par  lequel 
on  mor;jue  la  ressemblance  qu'il  y  a  entre  deux 
rUoscs,  entre  diux  pirsoniies.  Comparaison  des 
Hommes  illustres,  Grecs  et  liomams. 

On  di:  quTne  cJiose  est  sans  comparaison , 
hors  de  comparaison ,  pour  dire,  qti'Jille  est 
exceilcnle  et  snns  pareille. 

5aiis  (-ompiiniisoii,  se  dit  rncon;  par  civi- 
lité et  par  resp'Ct ,  Iors<iu'oll  marque  le  ra])port 
que  deujt  personnes  d  une  condilion  fort  dis- 
piopoilionnce  ont  en  quelque  cijosc.  Il  a  jtiit 
sans  comparaison  comme  le  italet  de  la  Comédie. 
On  dit  proverbialement,  que  Toute  ror/i/>a- 
raisoii  est  odieuse,  pour  mar.juer,  qu'il  est 
dangertui  de  comparer  deux  personnes  en- 
semble, parce  que  l'une  des  imi  pourroit  s'en 
offenser. 

Ou  dit  aussi  piovcrbial.,  que  Toute  conipn- 
raison  cloche,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  point  de 
comparaison  qui  soit  pirfaite  en  tout. 

On  dit  encore  :  Trci'e  de  comparaison.  Point 
de  comparaison ,  s'il  vous  plait.  Il  ne  faut  pas 
faire  de  comparaison  avec  plus  grand  ipie  soi, 
pour  dire,  qu'Un  inférieur  i  e  doit  pas  traiter 
de  piir  ti  compagnon  avec  ceux  qui  sont  au- 
dessus  de  lui. 

On  dit,  Kji  comparaison ,  jiour  dire.  ,\ii 
prix,  à  l'égard.  Ce  nc^tiju'un  ignorant  en  com- 
paraison d'un  tel.  Cela  n'est  pas  cher  en  com- 
paraison de  ce  gii'on  le  paye  ailleurs. 

On  dit  aas.si  adveibi.il  ,  Par  comparai-an . 
pour  dire,  Ku  égard,  par  rapport.  La  plupart 
des  choses  ne  sont  bonnes  ou  mauvaises  tpie  par 
comparaison.  Cel*  n'est  blanc  (juc  par  com- 
nuratton  à  une  autre  c' ose  gui  n'est  pas  si 
blanclie. 


CoMPAnAisON,  signiGc  iitisM  SimilituiHe,  et 
ne  dît  De  celte  figure  dont  les  Orateurs  et  les 
Poètes  se  servent,  eu  comparant  une  chose  ou 
une  personne  à  qucUjue  autre,  pour  n(>j>ortcr 
de  la  clarté  oii  de  rornement  h  leur  sujet.  Belle 
comparaison.  Riche  comparaison.  Jl  y  a  de 
belles  comparai:=ioni  datis  Homère.  H  est  abon- 
dant, il  abonde,  H  est  heureux  en  comparai- 
sons. Cette  comparaison  at  jm^te,  est  bien 
prise.  Cette  comparaison  fait  «;ic  belle  imaqe, 
elle  vient  bien  au  sujet,  etc.  Il  a  tiré,  il  a  pris 
s.a  compiiraison  des  mouches  à  miel ^  du  lion, 
etc.  Toute  devine  doit  pouvoir  se  réduire  en 
comparaison,  n^st  proprement  qu\ine  com- 
paraison, 

GoMPAnAisos,  signifie  aussi  Le  parallèle 
qu'on  fuit  de  deux  personnes  ou  de  deux 
ciio5Cs,  pour  en  examiner  les  ressemblances  cl 
l.^s  dificrcncns.  Pour  faire  une  juste  comparai- 
son de  ces  deu.r  Auteurs,  il  faui.  considérer  en 
quoi  ils  se  ressemblent,  et  en  ^ici  ils  dilprcnt. 
Filtre  onipjraisor.  de  deux  personnes  ,ou  entre 
deux  personnes.  Vaire  comparaison  d'uns 
chose  avec  une  autre.  Ne  faites  point  entrer  cet 
homme-là  en  comparaison  avec  un  si  qran(\ 
personnune.  Mettre  une  chose  en  comparaison 
avec  une  autre.  Il  n'y  a  point  de  comparaison 
d'un  tel  à  un  tel,  ou  d'un  tel  avec  un  tel,  ou 
entre  un  tel  et  un  tel,  d\ine  telle  ehu.-ic  à  une 
telle  autre.     ■ 

On  appelle  Comparaison  d'écritures,  La 
confrontation  tju'on  Tait  de  deux  écritures  l'une 
avec  l'autre,  pour  juger  si  clies  sont  de  même 
main.  ICt  I  on  appelle  l'iùccs  ae  comparaison 
Des  pièces  reconnues,  qu'on  rapporte  pour  Ic! 
confronter  avec  d'autres  qui  sont  contestées. 

COMPAKANT,  AN'n:,adj.  tiré  du  verbe 
Comparoir.  Terme  de  Pratique,  pour  signi- 
fier,  Qui  comparoit  devant  un  Juge,  dcvani 
un  Notaire ,  etc.  Tels  et  teis  comparons  en  leiiri 
personnes.  Ladite  Dame  comparante  par  son 
Procureur. 

COMPARATIF,  IVI'..  adj.  Quand  on  le  fail 
précéder  de  l'aiticle,  il  devient  su!)Stautif. 

Comme  adjectif,  il  s'iqiplique  h  toutes  les 
choses  et  à  toutes  les  personnes  qu'on  peut 
r?nprorlier  et  mettre  eu  parallèle.  Tableau 
comparatif  des  richesses  des  nattons.  Les  força 
comparatives  des  armées  ennemies.  Les  noms 
comparatifs  des  Langues.  Adverbe  comparatif 
Lorsque  précédé  de  l'article  il  devient  subs- 
tantif,  c'est  un  terme  de  Grammaire. 

LcsGramninirieus  ont  observéqu'on  parloit 
des  choses  cl  des  personnes,  ou  sans  les  rap- 
procher, ou  en  les  compnrflnl,  ou  en  les  plaçant 
au  dernier  de^ré,  soit  de  supériorité,  soit  d'in- 
fériorité. 

De  ces  ivo's  points  de  vue,  iU  ont  fjit  trois 
degrôs,  qu'ils  ont  appelés,  le  premier,  I^e  Po- 
sitif ;  le  second ,  Le  Comparatif  ;  ic  troisième , 
i  e  Superlatif. 

Le  Comparatif  est  le  degré  întcrmédiair.; 
entre  le  l'ositif  et  le  Superlatif . 

Plus,  moiMt,  (iul<iM( ,  pw,  meilleur,  «ont  hs 
mots  qui  expriment  le  degré  ronqi^irutit.  Plus 
1  qrand^  moins  (jrand,  plus  fort^  moins  jorL 


COM 

Ces  expressions  du  Comparatif  se  mettent 
devant  les  adverbes  comme  devant  les  adjectif». 
Plus  heureusement ,  moins  heureusement. 

Quelquefois  le  degré  de  la  qualité,  et  la  na- 
ture de  la  qualité,  sont  exprimés  par  un  ccul 
mot  :  Meilleur,  pire;  mieux^  pis.  On  n'eu  con- 
noit  guère  d'autres  exemples. 

COMPARATIVEMENT,  adv.  Par  compa- 
raison à  qutlque  chose.  ïl  n'a  d'emploi  que 
dans  le  Didacliquc.  Ces  choses-là  ne  sont  bonnes 
ou  mauvaises  (^ue  comparativement. 

COMPARER,  v.  a.  Examiner  le  rapport 
qu'il  y  a  entre  une  chose  et  une  autre,  enirc 
une  personne  et  une  autre.  Comparer  X^îrcfili 
et  îlo.uvre,  Virqile  à  Homère^  Vinjile  avec 
Homère.  Quand  vous  aurez  comparé  ces  Au" 
tcurs,  vous  y  b'ouvercz  une  fîi^é/eiice  infinie. 
On  ne  sauroil  comparer  la  liqne  et  la  surfuce. 
GoMPAREr. ,  signifie  aussi  Égaler.  Il  n'y  a 
point  d'Eqîise  quon  puisse  comparer  à  Saint' 
Pierre  de  Rome,  Osez-vous  bien  voua  comparer 
l'i  un  si  qrand  Jiomme? 

CoMPAKEiï,  signifie  aussi.  Marquer  les  rap- 
ports de  ressemblance  entre  des  choses  on  drs 
personnes  qui  sont  de  nature  ou  d  espèce  dilTc- 
rente.  Hotnère  compare  Oiomcde  au  milieu  des 
TroyenSj  à  un  lion  au  milieu  d'une  bcrqerie. 
On  compare  les  conquérans  à  des  lorrens  im- 
pétueux. 

On  dit  en  termes  de  Pratijuc,  Comparer  fî« 
icritures  ,  pour  dire.  Les  confronter,  et  exa- 
miner si  elles  sont  de  même  main. 
Co.iiPAnn,  ÉE.  participe. 
COMPARutR.  v.  n.  Terme  de  Palais,  qui 
n'csi  guère  d'usage  que  dans  ces  phrases  :  hjre 
assiijné  à  comparoir  •  recevoir  une  assiqnation 
à  comparoir,  pour  dire,  Être  assigné  a  «e  pré- 
senter en  Justice, 

COMPAROÎTRE.  v.  n.  Paroitre  devant  un 
Ju;^e,  se  prcsenier  en  Justice.  Cotnparoitre  de- 
vant le  Tribunal  de  Dieu.  ComparoUre  en  Ju- 
gement, en  Justice.  ComparoUre  en  persotine^ 
personnellement. Comparoître  par  Procureur.  Il 
Il  été  assigné  à  comparoître  par -devant  teU 
Juges.  H  n'a  point  comparu. 

COMPARSE,  stdist.  f.  Entrée  des  quadrilles 
dans  un  Carrousel. 

On  applle  Comparses  au  ihé,itre  Les  pcr- 
sonna^^cii  muets  qui  ne  servent  qu'à  fipurrr. 

COMP.VHTniENT,  sul)st.  masc.  du  verU 
Cornparfir.qui  n'est  plus  en  usage.  Assemblage 
de  plusieurs  fi-un^s  disposées  avec  symétrie. 
Des  compartimens  de  margueterie.  Les  corn- 
pn.'lifnens  d*un  tapis,  d'une  broderie.  Partn-rc 
à  compartimens.  Compartiment  de  plafond. 

11  se  dit  aussi  De  certamef  dorures  à  petits 
fers,  qui  se  mettent  sur  le  plat  ou  sur  le  dos 
des  livres.  Livre  doré  à  compartimens. 

COMPARTITEUR.  s.  m.  Terme  de  PnlnÎB. 
Celui  des  Juj;es  qiii  a  ouvert  un  avis  contraire 
i\  celui  du  Rapporteur,  et  sur  l'avis  duquel  la 
Compagnie  s'est  partance.  Le  Rapporteur  tl  le 
Coinprtrtilfur  ont  été  à  une  tdle  Chunthtc, 
pour  fuirc  vida'  le  partage. 

C0M1'.\RUTU).\.  s.  f.  Term«  de  Palais. 
Action  de  com^iaioir,  qui  se  dit  d'Un  honmie 


COAI 

qui  se  préscutc  eu  Juslict*.  Faire  y  tleniande]: 
ucte  de  comparution.  Cvmyarution  pcrsoitncUc 

COIVIPAS.  s.  m.  Instrument  compose  ii« 
deux  pièces  qu'on  fipptllf  bmnclics  ou  janibcsi 
lesquelles  ^laut  jointes  par  une  clianiièie  au 
bout  d'eu  haut ,  peuvent  s'ouvrir  et  se  rcsseirft 
pour  mesurer  quelque  chose,  et  pour  décrira 
dea  cercles  ou  des  portions  de  cercle.  Compuî 
de  cuivre^  de  fer.  Compas  à  poinl;s  d*acicr. 
Compas  à  branches  recourhves  pour  prendre  Iii 
rnciure  des  épaisseurs  ^  ccll^  d'un  (jlobe.  Tour- 
ner^ ouvrir  le  compas,  Vouvo'turc  du  compas. 
Décrire  un  cercle,  un  denu-cercle  avec  le  com- 
pas. Mes^trer  avec  le  compas.  Tracer^  faire  une 
f^ure  au  compas ,  etc. 

Il  y  a  aussi  des  Compas  à  trois  et  ;i  quatre 
pointes  f  pour  divers  usages  dans  les  Matliéma- 
tiques. 

On  appelle  Compas  de  proportion ,  Un  ins- 
trument de  Matlh-niatique,  composé  de  deu\ 
règles  pluies,  jointes  par  un  de»  bouts,  qui 
peuvent  s'ouvrir  et  s«-  resserrer,  et  sur  les- 
quelles sont  marquées  des  lignes  avec  des  chif- 
fras, pour  servir  à  divers  usages  de  Géométrie. 

On  appelle  Compas  à  va'ge  ^  Une  longue 
règle  de  bois  ou  de  fer,  qui  porte  deux  pou- 
pceft,  dont  chacune  a  sa  pointe,  et  dont  l'une 
e«l  mobile  le  long  de  la  règle. 

On  dit  Ggurcment^  Faire  toutes  choses  par 
règles  et  par  compas ,  ou  par  compas  et  par 
meiwc  f  pour  dire,  Avec  une  grande  exacti- 
tude, une  grande  circonspcclion. 

On  dit  eiHore  li'^uiéineiu,  qu'i-^n  homme  a 
U  compas  dans  l'œilj  pour  dire,  qu'il  nirstue 
presque  aussi  juste  *i  l'ail  qu  il  le  pourruil 
iliire  avec  uo  compas. 

Compas,  en  terme»  de  Marine,  se  dit  De  b 
boussole  dont  on  se  sert  sur  les  vaisseaux  et  sut 
les  galères;  et  dans  cette  acception  l'on  dit  : 
Observer  le  compas.  Regarder  le  compas.  Le 
vent  a  fait  le  tour  du  compas. 

COMP.VSSKMKNT.  s.  m.  Action  de  cum- 
passer,  ou  l'clVct  de  cette  action. 

Il  ne  se  dit  guère  qu'au  lïyurê  :  Le  compas- 
semeut  de  son  discours  ;  le  compassement  de 
ses  actions  ;  et  il  désigne  ordinairement  une 
régularité  froide  et  aOccLÛe. 

COMPASSER.  V.  a.  Mesurer  avec  le  compas. 
/I  a  cractement  compassé  les  deqrésj  les  dis- 
tances dans  cette  carte. 

Il  liguiHe  plus  ordinairement.  Bien  propor- 
tionner une  chose,  //  a  bien  compassé  ses  allées. 
Cûmpasser  un  parterre. 

On  dit  on  termes  de  Guerre,  Compasser  des 
[eiLZ,  pour  dire,  Les  di«poser  de  miiiière  qu'ils 
fosacnt  tous  leur  eflet  en  mente  temj)s. 

Un  dit  figurément,  Compasser  ses  actions, 
tes  démarches^  pour  dire,  Ia:s  bien  régler. 

CoMfjCvsK,  LL  participe. 

On  dit  d  Un  hunimc,  qu'7I  est  bien  corn- 
pasx  en  ses  discourt,  dans  ses  actions^  qu'ii  est 
compasséy  e~ctrèmemcnt  compasié,  pour  dire. 
qu'il  est  fort  c\ac4  cl  furl  réglu;  et  on  le  dit 
le  lAii»  souvent,  |Jour  dire,  qu'il  en  exact  jus- 
qu'^  l'alLctaiion. 

COMPASSION.  I.  f.  Pitié,  commlaéraiion, 


COM 

mouvement  de  l'unie  qui  nous  rend  sensU^les 
aux  maux  d'autrui.  Avoir  compassion  de  la  mi- 
sère d\tulrui.  Avoir  pitié  et  compassion.  Avoir 
de  qrands  senttmens  de  compassion.  Être  tou- 
ché  de  compassion.  Emouvoir  à  compcaion, 
Eirt  ému  de  compassion.  Exciter  la  compas- 
sion. Vêlât  où  ces  pauvres  nens-là  soûl  réduitSy 
fait  compassion. 

Faire  compassion^  se  dît  figurémcnt  en  par 
lant  De  certaines  choses  qu'on  désapprouve. 
i^oilà  un  raisonnement  nnî  fait  comp.ission. 
C&jiue  vous  dites  là  fait  compassion. 

Compatibilité,  s.  f.  se  dit  Des  qualités 

qui  peuvent  se  concilier,  s'accorder  ensemble. 
Principalement  il  se  dit  en  Moi  aie,  Des  carac- 
tères et  de  1  esprit.  //  y  a  une  qraude  compati- 
bililé  d  humeur  entre  ces  dcu.v  personnes.  îi 
n'y  a  guère  de  compatibilité  d'esprit  entre  eux. 
Il  s'emploie  le  plus  souvent  avec  la  négative. 

Co-MPATiBiUTÉ,  se  dit  aussi  en  parlant  De 
Charges  et  de  Bénéfices;  et  il  se  dit  pour  mar- 
ijuer  que  deux  Ciiargcs  ,  deux  Bénéfices  sont 
li'une  nature  à  pouvoir  être  possédés  eu  même 
temps  par  la  même  personne.  On  a  juqé  la 
compatibilité  de  ces  deux  Charges.  H  n^y  a 
pas  de  compatibilité  dans  ces  deux  Bénéfices-là. 

On  appelle  Lettres  de  compatibilité  ,  Des 
Lettres  Patentes,  par  lesquelles  If  Prince  permet 
à  un  homme  de  posséder  en  même  temps  deux 
Charges  qui  ne  peuvent  pas  être  exercées  par 
une  même  personne.  Obtenir  des  Lettres  de 
compatibilité. 

COMPATIBLE,  adj.  des  5.  genres.  Qui  peut 
compatir  avec  un  autre.  Ces  deux  caractcres , 
ces  deux  esprits-là  ne  sont  pas  compatibles. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  Birnéfice  qui  peut  être 
possédé  avec  un  autre,  et  d'une  Cliarge  qui 
peut  être  exercée  avec  une  autre.  Ces  deux  Bé- 
néfices sont  compatibles.  Une  Cure  et  un  Ca 
rionical  ne  sont  pas  detix  Réiiéfices  compatibles. 
Une  Charge  de  Comptable  et  une  Charge  de 
la  Chambre  des  Comptes  ne  sotit  pas  compa- 
tibles, 

COMPATIR.  V.  n.  Être  touchtî  de  compas- 
sion poiu:  les  maux  d'autrui.  Je  compatis  à 
votre  douleur  y  à  voti'e  affliction. 

Il  signifie  aussi.  Souffrir  les  fautes,  les  foi- 
blcsses  de  son  prochaiu  avec  indulgence  ,  au 
lieu  de  s'en  fâcher.  //  faut  compatir  aux  infir- 
mités de  son  prochain.  Compatir  à  la  foibless'e 
humaine. 

CoMPATin,  se  dit  aussi  Des  personnes  et  des 
choses  qui  conviennent  l'une  avec  l'autre.  Ih 
ne  sont  pas  d'humeur^  d\ine  humeur  à  compa- 
tir aisément  easemble.  Il  est  si  bizatrc  et  d'une 
si  méchante  l.umeur,  que  personne  ne  peut 
compatir  avec  lui,  qu\l  ne  saurait  compatir 
avec  personne.  Pense^^'ous  qu* ils  puissent  coni- 
patir  ensemble^  L'esprit  de  Dieu  ne  peut  com- 
patir avec  celui  du  monde.  Ces  deux  projets  m 
peuvent  compatir  l'un  avec  Vautre.  lin  ce  sens 
il  se  met  plus  ordinairement  avec  la  négative. 

COMPATISSANT,  ANTK.  adj.  Qui  com^ 
patit,  qui  prend  part  aux  maux  d'autrui. 
Ca-ur  compatissant ,  âme  compatissante.  Jeter 
un  regard  compatissant.  Il  est  fort  compatissant 


COM  275 

COMPATRIOTE,  s.  des  2  genres.  Celui  ou 
relie  qui  est  de  même  patrie,  de  même  pays 
qu'une  autre  personne.  C'e.<î(  mon  com^H(rio(f. 
Filtre  du  bien  à  ses  compatriotes.  Aima-  ses 
compatriotes. 

COMPKr^DIUM  s.m.  (Pron.Com^entfi'omc.) 
Mot  emprui'rà  du  Latin,  qui  signifie  Abrégé. 
Le  compendium  de  la  Philosophie. 

COMPENSATION,  s,  f.  Estimation  par  la- 
quelle on  compense  une  chose  avec  une  autre. 
Ju.yte  compensation.  Compensation  équitable. 
Faire  compensation.  Compensation  de  dépens, 
lient  tant  par  compensation.  C'est  une  maximt 
de  Droit  ,qnecompensiitionn^alicii(juedeli(iuide 
àliipiide.Cela  doit  entrer  en  compensation  de  la 
perte  qu'il  a  faite.  Cela  mérite^  cela  demande 
une  compensation.il  n'y  a  pas  lieu  à  compen- 
sation. Il  lui  céda  cela  en  compensation. 

COMPENSER.  V.  a.  Foire  une  estimation 
par  laquelle  une  cliosc  tienne  lieu  du  prix 
d  une  autre.  Il  a  compensé  ce  que  je  lui  dévots 
iivec  ce  qu\l  me  doit.  Il  faut  compenser  les  dé- 
ftens  du  procès. 

Il  s*:  dit  aussi  Des  choses  ou  des  personnes 
dont,  le  bien  et  le  mal  étant  mis  en  balance,  le. 
mal  se  trouve  répare'  par  le  bien.  Ce  Fermier  a 
eu  de  bonnes  et  de  mauvaises  années  dans  sa 
recette  t  les  unes  compensent  les  autres.  Le  gain 
de  cette  année  compense  la  perte  de  la  précé- 
dente. Cet  homme  a  des  défauts^  mais  il  les 
compense  par  ses  bonnes  qualités.  Il  a  un  dé- 
faut que  rien  chez  lui  ne  compeui-e. 

Compensé.  ÉE.  participe.  V Arrêt  porte  dé- 
pens compensés. 

COMPKRAGE.  s.  m.  Terme  qui  se  dit  De  îa 
relation,  de  l'allinité  qu'il  y  a  entre  deux  per- 
sonnes qui  ont  tenu  ensemble  un  enfant  sur  les 
fonis  de  baptême.  Ils  se  voient  tous  Us  jours  ^ 
u)us  prétexte  de  compéraqe. 

Il  se  dit  aiLssi  De  la  relation  qu'il  y  a  enln^ 
le  parrain  ou  la  marraine  d'un  enfant,  et  le 
jière  ou  la  mère  de  l'enfant;  et  alors  celte  re- 
lation est  regardée  comme  une  alliance  spiri- 
tuelle, qui  empêche  que  le  parrain  ne  puisse  ie 
marier,  sans  dispense,  avec  la  mère  de  l'eu- 
tant ,  ni  U  marraine  avct  le  père.  Ils  rie  se  peu- 
vent marier  à  cause  du  compéraqe. 

(^OMPLKE.  s.  m.  Nom  qui  se  donne  par  un 
lionmie  et  par  une  femme  à  celui  qui  a  tenu 
^u^  les  fonts  quelqu'un  de  leurs  enfans.  et  ré- 
ciproquement par  h  panain  ou  par  laman-aine 
à  relui  dont  ils  ont  tenu  un  des  enfans;  comme 
anisi  par  la  marraine  Ji  celui  avec  lequel  elle  a 
tenu  un  enfant  C'est  mon  compère,  il  a  tenu 
un  de  mes  enfans.  C'est  mon  compère ,  j'ai  tenu 
un  de  ses  enfans.  Il  est  mon  a>m|èrc,  j'ai  tenu 
un  enfant  avec  lut. 

On  dit  proverbi;:lement ,  Tonf  se  fait  par 
comjière  et  par  commère,  |>our  dire,  que  Tout 
se  fait  par  faveur  et  par  rapport  aux  liaisons 
qu'on  Q. 

On  dit  famitièrenient  d'Un  homme  ,  qua 
C^est  un  com/jère,  pour  dire,  que  C'est  un 
homme  adroit,  fin.  qui  va  ùt  tes  intéiêts,  et 
dont  on  doit  se  défier. 

On  ditausïi,  que  C'est   un  l'on   compère^ 

35. 


a■jC^  COM 

pour  dire,  que  C'est  un  bon  compagnon,  un 
homme  de  l)onne  liunieur  et  agréable. 

CO.MPKTE.MMI-.M.  adv.  (  On  pron.  Com- 
yilamenl.)  D'une  maniore  eonipctcnte,  sudi- 
snnimcnt,  convenablement.  Il  est  de  peu  d  u- 
sage. 

COMPÉTENCE,  s.  f.  Le  droit  qui  renj  un 
Juge  compétent.  On  lui  dispute  h  cumpéteitcc. 
Faire  juger  la  compétence.  Ccli  n'est  pas  de  sa 
compétence.  Il  faut  auparamnl  juger  la  com- 
pétence. 

On  dit  fijurcmcnt  d'L'n  homme  qui  n'est 
pas  cap.ible  de  juger  d'un  ouvrage,  d'une  nia- 
lii.rc,  etc.  que  Cela  n'tst  pas  de  sa  compé- 
tence. 

Co-MPÉTESCE,  signifie  aussi  Concurrence  h  1  < 
même  cliose,  ou  prétention  d'ëgalile.  Il  n'y  et 
point  de  compétence  entre  le  Prince  et  son  Su- 
jet. Mettre  en  compétence.  Entrer  en  compé- 
tence. Je  ne  veux,  pas  qu'on  me  mette  en  com- 
pétence avec  un  tel.  Je  n'entre  point  en  cumps 
lence  avec  lui. 

COMPÉTENT,  ENTE.  adj.  (  On  prononce 
Compétant.)  <Jui  appartient,  qui  est  du.  En  ce 
sens,  c'est  un  terme  de  Pratique,  et  qui  n'est 
ijuere  d'usage  qu'en  cette  phrase,  Portion  com- 
pétente. Le  père  a  donné  à  chacun  de  ses  en- 
fans  leur  portion  compétente. 

Il  signifie  aussi  Suflisant.  Âge  compétent. 
Temps  compétent  pour  délibérer. 

On  appelle  Juge  compétent,  Un  Juge  qui  a 
droit  de  conncître  d  une  telle  affaire  ,  de  la 
jus<;r.  il  est  Juge  compétent.  Il  n'est  pas  Juge 
compétent  de  cette  matière.  Il  a  été  déclari 
compétent. 

On  dit  lii^urément,  qu'Un  homme  est  Jugi 
compétent  de  guelgne  c/iove,  pour  dire,  qull 
a  toute  la  connoissance  qu'il  faut  pour  eu  biec 
juger. 

On  appelle  aussi  Partie  compétente.  Une 
partie  capable  de  contester  en  Justice.  71  csl 
partie  compétente  en  cette  ajfnu'e.  Vous  n'êtes 
pas  partie  compétente. 

COiMPKTER.  V.  n.  Terme  de  Pratique.  Ap- 
partenir en  vertu  de  certains  droits ,  ou  C-lcc 
de  hi  rompi'tciice.  Ce  gui  lui  peut  compéter  cl 
appartenir  dans  la  successio'i  de  son  père.  Cette 
ajpiirc  ne  comf  cic  point  à  tel  Tribunal. 

CUMPliriTEUK.  s.  m.  Concurrent,  celui 
qui  prétend,  qui  brigue  la  mente  dignité,  la 
Blême  chaige  ou  le  même  emploi  que  brigue 
un  autre.  Puissant  compétiteur.  C'est  son  coiu- 
pcliteiir.  Ils  étaient  compétiteurs  au  Consuhit, 
à  l'Empire,  etc.  Il  aura  bien  des  compétiteurs. 
Dangereux  compétiteur. 

C0.1IPILATEUU.  s.  m.  Celui  qui  compile. 
Oruiid,  habile  compilateur.  Cet  Auteur  u'e>t 
gu'un  simple  compilateur. 

COIMPILATIOiN.  s.  f.  Recueil  ,  amas  de 
plusieurs  choses  mises  i:n  corps  d'ouvrage.  Ce 
liiTc  n'est  au  une  compilation. 

COMPILER.  V,  a.  Faire  un  recueil ,  un  amas 
de  divcrseô  choses  qu'on  a  lues  dans  le»  Au- 
teure.  Il  a  compilé  ce  (tu  il  a  b'ouvé  de  meil- 
leur dans  les  .lulcurs  sur  une  telle  matière,  il 
(Il  a  fuit  un  livre. 


COM 

Compilé,  êe.  participe. 

CO.AIPITALES.  s.  f.  pi.  Kêlts  que  les  Ro- 
maÏHS  cJIébroieiit  en  l'iioniicur  des  Dieux  do- 
mestiques. Les  Compitales  se  cèlêhroicnt  dans 
les  ciwicfours, 

COMPLAIO^ANT,  ANTK.  adj.  Terme  de 
Pralit|uc.  <^>ui  se  jï-laiut  en  Justice  de  quelque 
lori  qu'il  prétend  qu'où  lui  a  fait.  Il  est  coni- 
plaifjnant.  H  s'est  rendu  compïaiqnant.  Lu 
partie  complaiqnanle. 

Il  s'emploie  aussi  nu  substantif.  Le  corn- 
jiliiqnant.  Les  complaiqnans.  La  complai- 
qnanle. 

CO.MPLAINTK.  s.  f.  Plainte.  Terme  de  Pra- 
tique, dont  on  se  sert  principalement  en  ma- 
tière Béiïéïîclale.  îl  est  trouble  an  posse.<soive 
de  non  Bénéfice^  et  il  en  a  fi-nné  sa  conijîainte. 
Elle  demandeur  en  complainte. 

Complaintes,  au  pîuiicl ,  se  dit  quelque- 
fois pour  Lamentations.  Il  fait  de  grandes 
complaintes  sur  Ics^malheurs  des  temps.  A  quoi 
servent  toutes  ces  complaintes?  li  est  du  style 
familier. 

COMPLAlIlE.  V.  n.  S'accommo^ler,  se  con- 
former au  sentiment,  au  goût,  à  rhumeur  de 
quelqu'un  pour  lui  plaire,  acquiescer  c'i  ce  qu'il 
souhaite.  Je  veux  bien  vous  complaire  en  cela. 
Ce  (jue  j'en  fais,  n^est  purement  (juc  pour  Un 
complaire. 

Ou  dit,  Se  complaire^  pour  dire,  Se  plaire, 
se  délecter  en  soi-même,  en  ses  productions, 
en  SCS  ouvrages,  j  mettre  sa  satisfacTiou,  son 
plaisir.  Il  se  complaît  en  lui-même.  Il  se  com- 
plaît en  sa  personne.  Il  se  complaît  dans  tv-n 
ics  oitvraqt's,,  dans  tout  ce  qu'il  fait. 

COMPLAÏSAAIMEIVT.  adv.  Avec  complai- 
sance. Il  e!^t  entré  complaisamment  dans  mei 
vues.  Il  m'a  écouté  complaisamment. 

COMPLAISANCK.  s.  f.  Douceur  et  facilitd 
de  caractère,  qui  fait  qu'on  se  conforme,  qu'on 
acquiesce  aux  sentimens  ,  aux  volont(*s  d'au- 
trui.  La  complaisance  doit  êtîx  réciproque. 
Avoir  une  complaisance  /jonnêfe,  une  complai- 
sance raisonnable.  Il  fout  avoir  de  la  complai- 
sance ,  beaucoup  de  complaisance.  Ayez  cette 
complaisance-là  pour  lui.  Il  n'a  de  complai- 
fiance  pour  personne.  Sa  complaisance  le  rentl 
fort  aimable.  Il  ne  f  ut  point  avoir  de  basse, 
de  Idche  complaisance j  de  complaisance  a-imi- 
nelle.  Avoir  une  complaisance  aveufjle  pour 
quchpi\in  ,  une  coniplaisancc  fade. 

On  dit,  qu'(7n  homme  se  rcfjarde  avec  com- 
plaisance ,  qu'il  a  une  qrande  complaisance 
pour  tout  ce  qu'il  fait,  pour  dire,  qu'il  a  beau- 
coup d'amour-propre. 

Complaisances,  nu  pluriel ,  dans  les  termes 
de  l'Ecriture,  signifie  qu' Iquefois  Amour,  af- 
fetlion,  cl  dans  ce  .sens  Dieu  dit,  qu'/l  a  mis 
loiifes  ses  complaisances  en  son  FUs,  pour  dire, 
que  Son  Eils  est  l'ohjel  de  son  amour. 

Co:«PLAisAvcES,  au  pluriel,  se  prend  nu*;si 
pour  L'effet  et  les  marques  de  la  complai-nnrc. 
Avoir  de  qrandes  complaisances  pour  quel- 
qu'un. 

COMPLALSANT,  ANTE.  odj.  Qui  a  d<-  la 
complaisance  your  les  autivs.  Un  homv:e  com- 


COM 

plai:iant.  Un  esprit  doux  el  complaisant.  Hu- 
meur complaisante. 

Complaisant,  est  aussi  substantif.  ÏCt  dans 
cette  acception  l'on  dit,  qriUn  homme  n'ûimc 
que  les  complaisans ;  et,  qu't'n  homme  est  h 
complaisant  d'un  autre,  pour  dire,  qu*ll  est 
assidu  auprès  de  lui,  et  qu'il  s'attache  à  lui 
plaire  dans  quelque  vue  d'intérêt.  C*«t  le  com- 
plaisant, un  des  complaisans  d\tn  tel,  un  vil 
complaisant.  On  dit  aussi  dans  le  même  sens, 
qu'(7ne  femme  est  la  complaisante  d'une  autre. 
C'est  la  complaisante,  une  des  complaisantes 
rriine  ti'lle  dame. 

COMl*L\yT.  5.  m.  Plant  de  vigne  com- 
posé de  plusieurs  pièces  de  terre.  Un  bon  com- 
jdant.  Ln  noiii'Cuit  complant.  Des  vignes  de 
('on  complant. 

CO^IPLIC.MENT.  s.  m. Ce  qui  s'ajoute îi  une 
chose  pour  lui  donner  sa  perfection.  On  dit  en 
Théologie,  Complément  de  béatitude,  pour  ex- 
primer Le  comble  de  la  béatitude.  La  rèsurrec- 
tivn  des  corps  sera  le  conipUment  de  la  béatitude 
des  Saints, 

Co:HPLÉME\T,s?dit  enCompla])îlite.  Lcconv 
plément  de  la  somme.  Le  complément  de  la  dot. 
Cn  appelle  en  Géométrie, Com|:îémerit  d^un 
anejle^  L'exc^-s  de  C)0  degrés  sur  cet  angle.  Le 
cowplcment  de  3o  degrés  est  60  denrés.  Oii 
appelle  aussi  Compie'îïient  d'un  angle  à  180  dû- 
gré.<j  L'excédant  de  180  degrés  sur  cet  angle. 
Le  complément  à  180  deqies  d'uu  atigle  de  lOO 
i^cnrés  est  80  deqrés. 

O^  appelle  en  Crammaire  Complément^  Ce 
qui  sert  h  compléter  une  propo>ilion.  Les  ad- 
verbes sont  les  complimeiis  Je.,  verbe-:  et  de» 
adjectifs. 

COMPLET,  tlTE.  adj.  Entier,  nclievé,  par- 
fait, h  quoi  il  ne  manque  aucune  des  partie» 
nécessaires.  Un  habit  complet.  Couvre  complètt. 
A'omfcre  complet.  Victoire  complète.  Année  coni- 
plcte  el  révolue. 

Complet,  s'emploie  aussi  qtielquefois  subs- 
tantivement dans  ces  phrases  :  Lccomplct  d'un 
Régiment.  Passer  le  complet,  le  non-complet 
des  troupes. 

COMPLETEMENT,  s.  m.  L'action  de  rendre 
complet.  Le  complètement  des  hommes  de  rc 
Réqiment.  Le  complètement  des  compagnies 
luilituires. 

COMPLÉrEAIE^T.  adv.  D'une  manière 
»jnripl(''te. 

COMPLÉTER.  T.  net.  Rendre  complet.  Conf- 
flelt'r  un  recueil  de  médailles.  Compléter  un 
Régiment. 

Complété,  ee.  participe. 
Co:iIPLE\E.  odj.  des  2  g.  Terme  didac- 
tique,  opposé  à  Simple.  Il  signifie,  Qui  em- 
brasse plusieurs  a'ioscs.  Terme  complexe.  Idée 
comphwe.  Proposition  complexe. 

COMPLEXION.  s.  f.  Tempérament,  eons- 
tilutionducoips.  /ionne,  mauvaise com^jlarion. 
Robuste,  fnhle,  délicate,  forte  eomplcxion, 
Compïttn'on  me/rt;ifo(i(^iiC.CompIe,rion  bilieuse. 
Complexion  triste,  qaie,  etc.  Cela  est  contraire^ 
nuisible  ù  sa  complexion.  H  le  faut  traiter  se- 
lon sa  complexioru 


COM 

Il  signifie  oussi  Humeur,  iiiclination.  Il  eyf 
Wc  coinjAcvion  amoureuse  t  àe  complejcion 
triste  y  fl"'"î. 

CU.\U»LKXION>'É,  ÉE.  adj.  Qui  est  d'un 
ceruin  lempérajncnt. //  esthien  complexionnéy 
mal  comj-lcxiûttné.  Il  ne  vivra  pas  loutj-tempSy 
il  (it  mal  comple^ionné.  Ce  mot  n'est  gutre 
d'usage  que  pirmi  les  Médecins. 

CUMPLICATION.  s.  f.  jVsscmblage,  con- 
cours d(î  clioses  de  difierenlc  nature.  Il  ne  se 
dit  qu'eu  parlant  De  crimes,  de  maladies,  de 
mulii^urs-  Cet  homme  a  c  mmis  plusieurs  vols 
et  plusieurs  homicides  y  il  y  a  complication  di 
crimes.  Ce  m^daiie  a  la  qcutte  et  la  picrrey  il  y 
a  complication  de  maux.  Il  a  perdu  son  jlU 
et  son  bien  y  voilà  une  grande  complication  de 
malheurs. 

COMPLICE,  adj.  des  2  g.  Qui  a  part  au 
crime  d'un  autre.  Je  ne  suis  point  complice  dû 
ce  crime- iù.  On  a  arrêté  plusieurs  personnes 
aue  Von  croit  complices  du  même  crime. 

Il  csl  aussi  substantif.  Il  a  accusé  tous  set 
complices.  On  lui  a  donné  lu  nue^itiori  pour  lui 
faire  dire^  déclarer,  rét-c/er  ses  complices.  Il  a 
été  condanim-  à  mort  lui  et  ses  complices. 

COMPLICITÉ,  s.  f.  Participation  au  crime 
d'un  autre.  La  compiicitè  e^f  évidente,  est 
prouvée.  La  complicité  du  même  crime  les  avoit 
lirfiemcnl  Ifs  ensenihlcj  t^ue.... 

COMPLUi^.  s.  f.  pi.  La  dernière  partie  de 
L'Office  Divin,  laquelle  se  dilou  se  chante  aprèj 
Vêpres.  DiVc,  c^jnler  Compiles.  Alla-  à  Com- 
piles. 

COMPI.IMF.M'.  s.  m.  Paroles  civiles ,  obli- 
geantes, pleines  d'affection  ou  de  respect,  selon 
lesdivi-rscs  personnes  et  les  diverses  rencontres 
Compliment  sincère.  Compliment  a^ectueux. 
Compliment  de  remerciment.  Compliment  d{ 
ÙliciiaXion  y  de  condoïciince.  Compliment  bte.i 
froid,  bien  sec.  Ln  compliment  cm  nu -^eiir. 
Compliment  bien  tourné,  mal  tourné.  Compli- 
ment  hors  de  saison.  Faire  compliment  à  tiueU 
au'un.  Je  lui  fis  compliment  sur  le  çain  de  son 
procès,  sur  son  mariaqe,  sur  son  retour^  etc.  ï\ 
reçut  bien  mon  compliment.  Il  ne  reçoit  point 
de  compliment  là-dessus.  H  en  reçoit  les  com- 
plitnens.  Je  luijcn  ai  fait  mon  ccmpliment.  Il 
m'a  charcc  de  vous  faire  ses  complimeris.  Il  lui 
rendu  son  compliment.  C^cst  un  orand  faiseur 
de  complimens.  Il  est  importun  avec  ses  com- 
plimens ,  dans  ses  complimens.  Tout  son  dis- 
cours ne  fut  que  compliment,  qu'un  simple 
eomptiment.  Ce  n'etoit  pas  une  haranquCf  ce 
n'elf  it  quun  compliment.  Lettre  de  compliment. 
Lettre  pUine  de  complimens.  Des  complimens 
à  perle  de  vue. 

iJana  le  »lyle  familier  on  dit,  quX'n  corn- 
pfimi-n(  est  'bien  trouisé,  p^^ur  dire,  qu'il  es( 
couit  et  hicu  toiimt-. 

On  dit  làmititrremcnt»  Renqatuer  son  cwn- 
ptimcrl ,  [»oiir  dire ,  S'abstenir  tk  le  faire  parce 
qu*n  est  iiuitiîe  no  hors  de  propos.  //  ren- 
^akna  ton  compliment  Renqainez  voire  com- 
pliment, 

CoMrLiNETtT.  se  dit  d'Co  discours  snlennel 
«dresse  à  une  personne  rrv;  tue  d'autorité.  Ton- 


COM 

tes  les  Compagnies  ailétent  faire  complimeni 
au  Gouverneur. 

Compliment,  se  dit  quelcpiefois  à  contre-sens; 
et  étant  joint  avec  quelque  épithèlc  odieuse,  il 
se  prend  pour  Cu  discours  fâcheux  cl  désobli- 
geant. Vous  lui  avez  fait  là  un  mauvais  com- 
pliment Voilà  un  fâcheuse  compliment.  Il 
m'est  venu  faire  un  étranqe  compliment,  un  sot 
compliment. 

Dans  le  discours  familier,  pour  obliger  qunl- 
qxi'un  h  vivre  nvcc  meins  de  c^'rémonic,  on  dit: 
JSe  faisons  point  de  complimens.  Laissons  l. 
les  complimens,  trêve  de  complimeuSy  sanscon:- 
plimcnt,  s'il  vous  plait,  point  de  compliment. 

Sans  comvlintenl,  se  dit  au.ssi ,  pour  d'.re . 
franchement,  ouverlcmcnt ,  sons  détour.  Je 
lui  dis  sans  compliment,  quil  fillcit  qu^il  en 
passât  par-là.  Voulez -vous  que  je  parle  sans 
ccmpliment,  sans  tant  de  complimens?  Jevous 
dis  sans  compliment,  que  votre  ouvrage  est 
bon ,  fort  bon. 

Comi'li-mest",  est  c^uelqucfois  opposé  h  l'in- 
tention réelle,  aux  promesses  effectives.  Il  vous 
fait  des  offres  de  .service,  c'est  pur  compliment. 

CO^IPLLMKNTAIUli.  subst  m.  iSom  qu'on 
donne  dans  une  société  marcbanrie  à  celui  des 
Associes  sous  le  nom  dtique)  se  fout  toutes  les 
oper.ilions  de  commerce. 

(X)MPLI.ME>TEU.  v.  a.  Faire  complimeni, 
faire  d»'s  complimens.  Complimenter  quelqu'un. 
Comme  il  passoit  par  une  telle  Ville,  le  J/n- 
qistrat  alla  le  complimenta:  On  lenvoya  com- 
plimenter un  tel  Prince.  On  le  complimenta  dt 
la  part  de 

On  l'emploie  aussi  absolument.  Cerf  (ro;i 
comr  h'menfer.  xYe  perdons  point  le  temps  à 
comj  limcntcr.  Il  est  toujours  une  heure  à  uni 
porte  à  complimenter, 

CoMPL'MENTÉ,  EE.  participe. 

COMPI.IMKNTKL'H,  EUSE.  adj.  Qui  fait 
trop  de  complimens.  C'est  un  grand  complu 
menfenp, 

COMPLIQUÉ,  ÉE.  adj.  H  se  dit  propr«iiien( 
d'Cno  mabdie  dans  laquelle  il  y  a  diverses  es* 
pjces  de  maladies  mêlées  ensemble.  C'est  uni 
maladie  compliquées  une  fèvre  compliquée.  Cl 
sont  des  maux  bien  comphriués. 

On  dit  d'Une  machi.ie  qui  n'est  pas  simpl-v 
qu'/J/e  e:t  trop  compliquée,  que  les  rouages  en 
sont  trop  compliqués. 

On  dit  que  Le  sujet  d  une  pièce  est  bien  com- 
pliqué, trop  compliqué,  pour  dire ,  qu'il  n't  st  pas 
assez  simple,  qu'il  cmbr.issc  trop  d'événcmens. 

On  dit  aussi,  Une  alUiire  compliquée ,  pouf 
dire.  Une  affaire  .■w^-lée  avec  d'autres  ou  em- 
brouillée en  ellc-m*mc.  Il  y  a  du  criminel  et 
du  civil  dans  cette  affaire,  elle  est  f>rl  compli- 
que. Plusicws  crime%  compliqués.  VaiVi.iie  n^' 
s'cMtcnJ  pas,  elle  est  trop  compliquée. 

COMPLOT,  s.  m.  Mauvais  dessein  formé 
entre  deux  ou  plusieurs  personnes.  Complot 
pernicieux.  DangereiLX ,  détestable  complot. 
Kardi  complot.  Faire  un  complot^  ou  filtre 
complot.  Ils  aixtient  fait  complot  de  le  prendre, 
àe  le  tuer,  etc.  Us  étaient  de  complmt  avec  un 
(«L  Leut-  compLl  a  tté  découvctt 


COM  277 

COMPLOTER,  verbe  a.  Faire  un  complot, 
conspirer.  Ils  ont  comploté  sa  perte.  Ils  ont 
comploté  sa  mort.  Ih  complotèrent  sa  ruine. 
Ils  avoient  comploté  de  le  roler. 

U  s'emploie  souvent  absolument  et  sans  ré* 
Simc.  Ils  avoient  comploté  ememhle.  Ils  ont 
comploté  entre  eux.  Il  complota  avec  «a  tel. 

Comploté,  ée.  participe. 

COMPONCTION,  subst.  f.  Douleur,  regret 
d'.ivoir  ollùnsé  Dieu.  Grande  componction. 
Véritable  componction.  Une  vive  componction 
de  ses  fautes.  La  componction  de  cœur  est  né- 
cessaire pour  la  véritable  pénitence.  Vemander 
à  Dieu  la  componction  du  cœur.  Avoir  de 
qronds  senlimeris  de  componction, 

COMPONKNDii.  s.  f.  On  appelle  airsi  La 
composition  qui  se  fait  sur  les  droits  dus  à  \ù 
(.uuv  de  Rome,  quand  on  vent  obtenir  quel- 
que dispense,  ou  Ils  provisions  de  quelque  Bii- 
iiéricc.  VOjjicier  de  la  Componende. 

COMPORTEMENT,  s.  m.  Manière  d*agir, 
de  vivre,  de  se  compcrî-îr.  Il  n'est  pas  bien  r»- 
glé  dans  tous  ses  compoj temens.  l\  vieillit. 

COMPORTER.  V.  act.  Permettre .  souffrir. 
La  médiocrité  de  son  revenu  ne  comporte  pae 
la  dépense  qu^il  fait. 

Il  est  aussi  neutre.  La  dignité  du  Magistrat 
ne  comporte  pas  qu^H  s'abaisse  jusque-là.  Le 
caractère  d'/inibassadeur  ne  comporte  pas  qu'il 
en  use  autrement.  Le  Heu  ne  comporte  pas  quM 
i'j  l'OMS  entretienne  davantage.  L'occasion  ne 
comj  ortoit  pas  tant  d'étalage.  Le  sujet  ne  comr 
pcfl'ïotf  pas  tant  d'ornemens. 

C«-.Mi>onitn,  se  met  aussi  avec  le  piOiV-ni 
personnel,  et  signifie,  Se, conduire  et  en  user 
d  une  cert'iine  manit:re.  Il  s'e.it  bien  comporta 
Il  s'er.t  mal  comporté  dans  cette  a^aîre,  dans 
cette  umlrussade.  Il  s^est  comporté  en  bon  ami, 
en  homme  de  bien  dans  les  choses  que  je  lui  ai 
coiijiées.  Il  faut  espérer  qu'il  se  comportera 
mieux  à  V avenir. 

Ou  se  sert  aussi  du  root  Comporter,  en 
termes  de  Pratique ,  pour  marquer  L'ctal  am-jotil 
rst  un  héiitai^e,  une  miison,  etc.  Je  lui  ai 
vendit  cette  terre,  cette  mnison,  aijisi  qu^elU  s€ 
wc'iirsmt  et  cnmpcrts. 

CoMromÉ,  ÉF.  participe. 

(COMPOSÉ,  s.  masc.  Un  tout  formé  de  pliv 
sieurs  choses  ou  de  plusieurs  parties.  LViomma 
considéré  physiquement,  est  un  composé  de 
corps  et  d'âme.  Le  corps  humain  est  un  com- 
posé de  diff'rcntes  parties.  Le  Gouvirvement 
d\1nghterre  est  un  composé  de  J^onarchie  et 
de  République. 

Composé,  en  Chimie,  est  Un  corps  formé 
par  l'union  des  mixtes.  La  tlénaque  est  un 
compofé  de  plusieurs  drogues. 

COMPoSI-R.  V.  a.  Former,  faire  un  toutd« 
l'asseraltlagc  de  plusieurs  pr^rties.  Dieu  a  rom- 
posé  l'homme  d'un  corps  et  iCune  âme.  Toutes 
les  pièces  qui  cnm'onent  cette  machine.  Les 
Arothicaires  et  les  Chimistes  composent  leurs 
remèdes  de  jlusieurs  droques  mêlées  ensemble. 
Les  Fidèles  sous  un  même  Chef  composttit 
l'£f^li-ie.  Le  Sénat  et  le  PeUfMe  camrosoîent  la 
République  Romaine.  L'assemblée  des  Etats  du 


27»  COM 

Royaume  «t  composée  du  Clergé  ^  de  la  No 
blesse  y  et  du  Tiers-Etat. 

Composer  ,  sif^nifie  aussi ,  Faire  quelque  ou 
vnige  d'esprit.  Composer  un  livre.  Composer 
des  vers.  Composer  un  Panégyrt'pie.  On  dil 
abiolument,  //  compose^  pour  dire,  Il  travaille 
à  quelque  ouvriige  d'esnrit.  //  compose  avec 
soin.  Il  compose  avec  né(jliijcnce.  H  compose 
bien.  Il  compose  mal. 

On  dit  en  plaisantant  et  par  mépris,- d'Un 
homme  qui  s  amuse  à  de  vaines  imaginations 
et  il  des  rêveries  creuses,  qu'/l  compose  des 
Almanachs. 

On  dit  aussi,  que  T^es  Ecoliers  composent, 
pour  dire,  qu'ils  travaillent  h  leur  llirnie,  qu'ils 
travaillent  au  suicl  qui  leur  a  étc  donn<i.  Les 
êcûiiers  qui  composent  pow  les  places ,  (jui 
eomposent  pour  les  prix.  Composer  en  j  rose,  en 
verSf  en  grec. 

Composer,  en  Musique,  signifie,  Fairr 
quelque  air,  quelque  chant,  soit  qu'on  ne  fasse 
que  le  sujet,  soit  qu'on  fasse  le  sujet  avec  les 
parties.  Composer  un  air.  Composer  sur  la 
basse.  Composer  un  chœur.  Composer  une  chu- 
conne^  une  sarabande. 

Composer  sur  le  Clavecin^  sur  le  'fuorhe, 
signifie,  Se  servir  du  Clavecin,  du  Tuorbe 
pour  composer  en  Musique. 

Co-mi'Oseu,  en  termes  d'Imprimerie,  c'est 
Assem,!jler  les  caractères  pour  en  former  des 
mot3,  des  lignes  et  des  pafj;cs ,  suivant  la 
eopie.  Com/.'û.^er  un  mot^  une  ligne,  une  page. 
IjQ  feuille  u'cit  que  composée,  elle  n^est  pas 
tirée. 

On  dit,  5e;  composer,  compaer  sa  mine, 
son  geste^  sa  contenance ,  son  visage,  ses  ac^ 
(ions,  etc.  pour  dire,  Concerter  sa  mine,  son 
geste,  accommoder  sa  mine,  son  geste,  etc.  h 
l'état  où  l'on  veut  paroitre.  Prenez  garde  à 
vous  composer  lorsque  vous  serez  devant  les 
Juges.  Composez  vos  gestes,  vos  regards.  l\ 
faut  savoir  se  composer  selou  le  temps,  selon 
les  lieux. 

Composer,  est  aussi  v.  neutre,  cl  signifie, 
S'accommoder  ,  s'accorder  sur  quelque  difli;- 
renl,  en  traiter  h  l'amlatle.  Composer  avec  ses 
créanciers.  Composer  d'une  somme  qui  est  due. 
Composer  de  ses  mlérèls,  de  ses  droits,  de  ses 
prétentions.  Vous  me  devez  tant  ,  composons. 
Composons  en.^emhle.  Composons  à  iumiablc. 
On  ne  compose  point  avec  sa  conscience ,  avec 
les  principes. 

Co.vyosEn,  signifie  aussi,  Capituler,  conve- 
nir que  1  on  se  rendra  ,  que  Ion  rendra  une 
pince  sous  de  certaines  conditions.  Le  Gouver- 
neur se  pressa  trop  de  composer,  de  demander 
ii  composer.  Les  ennemis  ne  voulurent  jamais 
composer  qu^à  condition  que,  elc.  En  ce  sens 
oa  dit  plus  ordinairement  Capituler. 

CoMPOsi,  ÉE.  participe. 

On  dil,  qu.*Un  mol  est  composé j  pour  dire, 
qu'il  est  formé  de  deux  ou  de  plusieurs  mots 
jninls  cuscmlile.  Ainsi  Passe-temps,  justaucorps^ 
ïtint  des  mots  comi)oscs. 

Compose,  en  termes  de  Botanique,  con- 
\'ieiit  AUX  ilrtii^f,  avx  feuilles,  aux  tiges  et  aux 


COM 

racines.  A  l'égard  des  fleurs,  on  appelle  Fleurs 
'■'^mpo-'^ees, Celles  qui  sont  formées  par  l'assem- 
hlac;e  de  plusieurs  fleurons,  ou  demi-fleurons, 
ou  des  deiLX  e»:s*'mble.  Une  jcuilie  composée  est 
formée  par  plusieurs  folioles  attachées  à  un 
filet  commun.  Les  tiges  et  les  racines  compo- 
sées Sont  divisées  en  plusieurs  brandies  ou  ra- 
dicules. 

On  dit  d'Une  machine,  pour  le  mouve- 
ment et  pour  l'exécution  de  laquelle  il  fanl 
beaucoup  de  pièces  dillùrent^vs ,  t^u'LUe  e.sl 
amposée ,  fort  composte. 

lit  l'on  appelle  eu  Mécanique,  Mouvement 
composé,  Celui  qui  rusulte  de  plusieurs  aulrcj 
mouvemens. 

On  dit  qn  Un  homme  est  composé,  qnil  ol 
f'rt  composé  ,  pour  dire  ,  qu'il  a,  ou  qu'il 
aâucte  d'avoir  un  air  grave  ,  un  air  sérieux 
et  modeste.  Cet  homme  est  toujours  guindé  , 
toujours  composé.  Toutes  ses  démarches,  tuutei 
ses  actions  sont  composées.  Il  a  l'air  extrême- 
ment  sérieux  et  composé. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Un  visage  com- 
posé, un  maintien  composé. 

Eu  termes  de  Philosophie,  on  appelle  5ens 
composé ,  Le  sens  qui  résulte  de  tous  les  ter- 
mes d'une  proposition  pris  selou  la  liaison 
qu'ils  ont  ensemble;  et  on  l'appelle  ainsi  par 
opposition  k  Sens  divisé,  qui  se  dit  d'Une  pro- 
position dont  on  prend  scparénK^nt  les  termes. 
Ainsi  quand  on  dit,  que  Ce  qui  se  meut  ne  peut 
pas  èlre  en  repos,  cette  proposition  est  vraie 
lans  le  sens  composé  ,  parce  qu'une  même 
chose  ne  peut  pas  se  mou\  oir  et  t*tve  en  repoi 
en  même  temps  ;  mais  ell.*  est  fausse  dans  le 
stns  divisé,  parce  qu'une  chose  qui  se  meut  a 
pu  être  en  repos  auparavant,  et  y  peut  étrfl 
ensuite. 

COMPOSITE,  adi.  des  ?.  genres.  Terme  d* Ar- 
chitecture, qui  se  dit  de  l'Un  des  cinq  Ordres 
d'Ai( h. lecture  ,  ainsi  nommé  ,  parce  qu'il  esi 
roniposé  du  Corinthien  et  de  l'Ionique.  Ordre 
composite.  Chapiteau  composite.  On  appelle 
aussi  Ordre  composite,  Tout  Ordre  qui  est 
composé  de  plusieurs  Ordres  ,  soit  Dorique  . 
Corinthien  ou  Ionique;  et  dans  ce  sens  on  dil 
pireillemcnt  :  Un  chapiteau  composite.  Une 
hase,  une  corniche  composite. 

Il  s'emploie  aussi  au  substantif.  Le  compo- 
site se  met  au-dessus  du  Corinl/iien.  Le  chapi- 
teau du  composite.  Le  composite  participe  du 
Corinthien  et  de  VIoniqiie. 

GOMPUSITKUK.  s.  m.  Celui  qui  compose 
en  Musique.  Un  bon  compositeur.  C\'st  un  sa- 
vant compositeur,  un  habile  compo.^iteur. 

On  appelle  en  Jurisprudenci',  Amiable  com- 
positeur. Celui  qui  terniinf  un  diflcrent  entre 
des  Parties  à  des  conditions  équitables,  et  qui 
i>c  sont  pas  dans  la  rigueur  de  la  Justice. 

On  appelle  eu  ternies  d'iiiiprimerie.  Com- 
positeur, Celui  qui  assemble  ,  qui  arrange  les 
cariclèrcs  ]:our  en  former  des  mots,  des  ligiii's 
et  des  pages. 

COMPOSITION,  s.  f.  Action  de  composer 
quehpie  chose.  Être  occupé  à  la  composition 
d'une  machine,  d'un  ouvrage ,  etc. 


COM 

r  II  so  prend  aussi  pour  l'Ouvrage  même  qui 
résulte  de  cette  action  de  composer,  j)0ur  l'as- 
semblage de  plusieurs  parties  qui  ne  femt  qu'un 
tout.  La  composition  du  corps  humain  est  ad- 
mirable. Les  ressorts  qui  entrent  dans  la  com- 
position d'une  machins.  Toutes  les  parties  qui 
entrent  dans  la  composition  du  corps  humai'i. 

Composition,  en  termes  d'Imprimerie,  Ar- 
rangement des  caractères  pour  en  Cjrmer  des 
mots,  des  lignes  et  des  pages. 

Il  se  dit  aussi  Du  mélange  et  de  l'incorpora- 
tion de  certaines  drogues.  C'e(  Iputhicaiie  en- 
tend bien  ht  composition  des  remèdes.  Il  enbe 
telles  et  telles  diogues  dans  la  composition  d'un 
tel  remède.  Ce  pkirfum  est  d'une  excellente 
Composition. 

On  appelle  Composition,  Certaines  piép.nrn- 
tions  pour  imiter  certaines  choses  ,  connue 
Pierreries,  perles,  or  ou  argent. 

CoMPOsiTiow,  en  Grammaire .  se  dît  De  la 
ioncliou  de  certains  mots,  qui  en  change  ou  en 
modifie  la  signification,  comme.  Chef-d'œuvre, 
Crève-cœur,  Gentilhomme,  etc. 

Composition,  se  prend  aussi  pour  L'action 
de  composer  un  ouvrage  d'esprit.  Cet  auteur 
est  occupé  à  la  composition  d'un  nouvel  ou- 
vrage. Cela  lui  est  échappe  dans  la  chaleur  de 
la  composition.  Cela  est  d'une  composition  pé- 
nible et  dilJicHe.  Il  nous  a  montré  une  pièce  de 
sa  composition.  Un  Musicien  qui  chanle  une 
pièce  de  sa  composition. 

11  se  dit  encore  Des  ouvrages,  des  produc- 
lions  d'esprit.  Une  belle,  une  savante  composi- 
tipn. 

On  appelle  aitssi  Composition,  I.e  ihèmt 
que  fait  un  écolier  sur  le  sujet  qui  luiest  donné 
par  son  régent.  Une  composition  sans  faute. 
Une  composition  pleine  de  solécismes.  Compo- 
■  itioii  peur  les  pLices,  pour  les  prix. 

GoMPOsrnoN,  sii;nifîe  aussi,  L'ait  d'unir  les 
différentes  parties  de  la  Musique,  suivant  los 
règles.  //  ne  chante  pas,  mais  il  sait  bien  la 
composition.  Il  excelle  dans  la  compusitiou. 
Entendre  bien  la  composition.  Apprendre  la 
composition.  Pour  bien  accompagner^  il  faut 
tavoir  la  composition. 

En  termes  de  Peinture,  on  appelle  La  corn- 
punition  d'un  tableau,  L'art  et  la  manière  dont 
un  Peintre  traite  scn  sujet  dans  im  tableau.  Un 
tableau  d'une  savaite  composition.  La  compo- 
sition e,i  est  belle. 

CoMi'osrnos,  signifie  encore,  Aceommode- 
mcDt,  dors  lequel  l'une  des  dtux  Parties,  ou 
toutei  les  deux  ensemble,  se  rel.ichent  dune 
partie  de  leurs  prcteiitioiis.  Pur  composition 
faite,  je  lui  dois  tant,  i'emr  à  composition. 
Entrer  en  composition.  Venir  à  une  composi- 
tion amiable. 

On  dit,  C'est  un  homme  de  comfwsitiim,  de 
ïionne,  de  facile  composition,  pour  dire.  C'est 
un  homme  d'accommodement,  nn  hontme  a 
qui  il  e^t  aisé  de  faire  faire  et-  que  l'on  veut  ;  U 
est  de  dij^icile  composition,  pour  dire,  qu'il 
se  tient  trop  ferme,  qu'il  est  mid.iisé  de  lo  ré- 
duire au  point  où  Ton  veut. 

On  dit  d  Due  fille  ou  d'une  femme  qui  ac* 


COM 

cordi'  fiicilcment  se»  faveurs  ,  que  C'tsi  une 
fille  lie  bonne  composition,  de  facile  composi- 
tion. 

Composition  ,  en  termes  de  Giieirc,  signifie 
Los  convcMlion»  que  fait  une  Place  qui  se  rend. 
Cetle  Place  s'ett  rendue  par  composition.  Le» 
articles  d^  la  composition  portent  rjue....  Com- 
position honorable.  Composition  av,inlarjcu>e. 
iîccei'o/r  à  composition.  On  emploie  [ilus  oïdi- 
■lairemcnt  Capitulation. 

COMPOSTEUR,  s.  ni.  Terme  d'Impriraerie. 
Instrument  sur  lequel  le  Compositeur  arrange 
les  lettres. 

CO.MPOTE.  s.  f.  Kspi-rc  de  confiture  qu'on 
feit  avec  du  fruit  et  peu  de  sucre ,  et  qui  csl 
moins  mile  que  les  confitures  qui  se  font  poni 
être  gardées.  Une  compote  de  poires,  de  pom- 
mes, d'abricots,  de  cerises,  etc.  Une  co-npoK 
Iiien  faite. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  certaine  manière  d'ac- 
eonimoder  des  pigeons.  Unecompotedepigcons. 
Mettre  des  piqeonncaiu:  en  compote. 

On  dit  proverbialement  et  Iwssemcnt,  /'t'oi' 
les  yeux,  la  tète  à  la  compote,  en  conijote^ 
pour  dire,  Avoir  la  tite,  les  yeux  tout  meur- 
tiis,  tout  liviJe.<L 

On  dit  d'Une  viande  trop  bouillie,  qu'Elli 
est  en  compote. 

r.O.MPIlÈllK>'.SlBI.E.  adjecL  des  2  genres. 
Concevable,  intelligible,  qui  peut  être  com- 
pris, conçu,  entendu.  Il  ne  s'emploie  guérr 
qu'avec  la  nég.ilive.  Cela  n'est  pas  compréhen- 
sible. L'n  raisonnement  (jui  n'est  pas  comvrc- 
lenùhle.  Il  n'est  pas  compréhensible  conitiq. 
il  a  fait  de  dépenses  à  sa  maison. 

COMPRÉHESSION.  s.  f.  Faculté  de  com' 
prendre,  de  concevoir. //voir  la  compréhension 
aisée,  facile.  Il  est  de  dure  compréhension. 

Il  signifie  dans  le  style  didactique ,  Connois 
lance  cnli<'re  et  parfaite.  La  compréhension  de: 
Mystères  est  réseri'ée  à  l'autre  vie. 

CompiiP.iiE:isiON ,  signifie  aussi ,  La  tofiliti 
des  idées  rcnfermc.-s  sous  un  nom  appcUaliTov 
générique. 

CO>rpRENDRE.  V.  a.  f  11  se  conjugue  commi 
Prendre.  )  Contooir  en  soi ,  renfermer  en  sol 
Le  nliihe  de  la  terre  :oniprend  les  (juafrc  par. 
ties  du  monde.  L'Et^t^pe  compi'end  plusieun 
^ands  Royaunus.  La  France  comprend  plu. 
aieurs  Pruvi/f-CJ. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  Dos  choses  nmralr.^ 
La  Justice  t'n  (^énét'al  com;  rend  toutes  Id 
ferfu'.  la  Philosophie  comprend  la  Loqiijue. 
la  Morale,  la  Physique  et  la  Métaphysique. 

Il  signifie  aussi,  Tnirc  mention.  H  a  com- 
jn-is  dans  sa  quittance  tout  ce  qui  lui  ctoit  d:i. 
Jl  a  tant  de  irvaiu,  sans  y  comprendre  ce  qu'il 
tire  de  ses  charges.  Dans  le  dénombrement  de 
su  dettes,  je  n'rafendi  pas  comprendre  celles 
qu'il  a  faites  depuis  un  an,  je  comprends  scu- 
lenieiil  les  plus  unrirnnu.  Dans  tout  ce  que  je 
dit  là ,  je  ne  comprends  pas  telle  et  telle  chose. 

Cuuruc.iunE  .  daui  le  scu.  Cgaré  ,  C'i.sl 
avnir  une  cinnol  sancc  exacte  de  toules  Us 
idce.i  r.-nri.'ruu-rs  d.ins  uu  mot  gcueri.juc,  dans 
un  ju^ciucat  ou  dans  uu  ruisoDucmcul. 


COM 

Comphesdue,  sij^nifie  aussi  n.;ui-ciucut ,  Con- 
cevoir. Je  comprends  fort  bien  ce  (juc  vous  me 
dites.  Cela  est  dilJiclle  ù  comprendre  Vous  m 
comprenez  pas  la  difficulté  de  l'a'i'nii-e.  Pour 
vous  bien  faire  comprendre  Vétat  de  la  (jues- 
tion.  Je  ne  comprends  rien  à  sa  conduite.  Je 
ne  comprends  pas  comment  il  peut  faircj  com- 
ment il  ose  se  montrer.  Je  n'y  comprends  rien. 

On  dit  d'Un  liomme  (jiii  a  une  conduite  ex- 
traordinaire et  InziirrCj  ou  qui  ùh  do»  choses 
ijui  portt-'ut  dans  l'esprit  qijcltjiic  soilc  ilVrlon- 
nemcnl ,  de  surprise,  qu'On  ne  le  comprend 
pas.  Il  tient  une  conduite  si  bizane  et  si  con- 
traire à  ses  intêrètSy  nue  je  ne  le  comprends  pas. 
Je  ne  vous  comprends  pas. 

CoMPni-i.  isF,  participe. 

y  compris,  y  on  compris.  Espèce  de  fornïntc 
dont  on  se  sert,  pour  dire,  Hu  y  comprenant,  j 
sans  y  comprendre,  il  a  dix  mille  /ivres  de  re- 
venu, y  compris  les  profits  de  sa  charnel  non 
compris  la  maison  où  il  loqe, 

COMPilESSE.  s.  f.Liuye  en  plusieurs  dou- 
bles, <jUL'  les  Chirurgiens  niellent  sur  l'ouver- 
ture de  In  veine,  ou  sur  quelque  p^irlic  IjIcs^c 
3u  malade.  Appli(jucr  une  compresse.  Mettre 
une  compresse.  Serrer  la  compres.%e,  Mouiller 
\a  compresse. 

COMPRESSIBILITÉ.  s.  f.  La  qualité  d'un 
torps  qui  peut  être  comj)riinc'. 

CO-AIPRESSIBLE.  adj.  des  2  genres.  Ternie 
iidactique.  Qui  peut  ^ire  comprime.  L'air  est 
lompre.^sihle ,  Veau  ne  Test  pas. 

fXJATPKKSSlON.  s.  f.  Action  de  comprimer, 
ou  reflx't  qui  est  produit  dans  ce  qui  est  cora- 
prioié.  La  compression  de  l'air. 

COMPUIMI^R.  V.  a.  Presser  avec  violence, 
resserrer.  On  cemptimc  Vair  dans  une  nr(jue- 
hu^e  à  vent. 

On  dit  Ggurcment,  Comprimer  un  partie 
une  faction-,  poui'  dire,  L'empêcher  d'éclaterj 
d'agir. 

Cny.pnTMK,  Éi;.  participe. 

CU.MPRO.MIlTTRE.  V.  n.  (Il  se  conjugue 
comme  Mettre.)  Consentir  uciproquenient  par 
acij.  de  se  rapporter  sur  les  diflcrcns,  les  pro- 
rès  quon  a  *  ns<;inhle,  au  juf^emeut  d'un  ou  de 
plusieurs  arbitres.  Ils  ont  compromis  de  toutes 
leurs  a ''il  ire.',  entre  les  mains  d'un  tel.  Je  lui  ai 
offert  de  compromettre  là'^de&sus,  s'il  vouloit. 
Ils  ont  compromis  ^ur  tous  les  chefs  du  jrocès. 

Il  est  au:>Ai  ;.ctif  ;  et  ou  dit,  Compromettre 
quehpt'un.^  pour  dire,  Comme:tre  quehju'unj 
l'exposer  à  >c  trouver  dans  quelque  embarras, 
a  leccvoir  quelijuc  chagrin,  quelque  degoi'ït , 
suit  eu  se  servant  de  suu  nom  sans  son  aveu, 
soit  rn  l'ejaharTassant  dans  des  démêles,  dans 
des  allàircs.  y  ayez  pas  peur,  je  ména(jerai  si 
bien  les  choses  ^  t^ue  je  ne  vous  compromettrai 
pas.  Il  faut  prendre  tjarde  à  ne  se  pas  compro- 
mettre. Il  faut  éviter  de  se  compromettre. 

On  dit  à  peu  prLfl  dans  le  m£'ne  sens,  Cotn- 
promettrc  sa  dujnttèj  son  autorité^  sa  fortune^ 
pour  dire,  Ex[>oser  ta  dif^iitc,  sna  autorité,  u 
fortuno,  ù  recevnir  quelque  dccliel ,  quelque 
dimiuulion. 

Cuftiinu.Mis,  i^E.  piiticipe. 


COM  279 

COAIPROMIS.  s.  m.  Acte  par  IcniucI  deux 
personnes  promeiient  de  se  rapporter  de  leurs 
difTércns  au  jugement  d'un  ou  do  plusinuis  ar- 
bitre.s.  Faire  un  compromis^  Passer  un  comprCH 
mis.  Dresser,  siijner  un  compromis.  Mettre  en 
compromis.  On  ne  met  en  compromis  que  les 
affaires  douteuses  et  litigieu.^es.  Ce  nest  pas  là 
une  chose  qu'on  doive  mettre  en  compromis. 

On  dil  figun'ment,  Mettre  quelqu'un  en 
com pt  uni'. s  avec  un  autre,  pour  dire,  Le  com-i 
■tiomellrc. 

Et  l'on  dit  aussi  fi^urément  d ms  le  m^ma 
sens,  yiettre  la  diqnité,  Vautcrilc de  tniehiuan 

I  n  compromis. 

(A  OIPiARILITÉ.  s.  f.  (  Le  P  ne  s^"  prononce 
ni  ua:is  ce  moi  ni  dans  les  suivans.)  Ubllgatien 
1  rendre  compte,  étal  du  comptable.  La  comp- 
Uthih'.é  de  cette  charqe  est  immense.  Votre 
n.mptahilité  n*est  pas  embarrassante. 

COMPTABLE,  adj.  des  a  genre».  Qui  esi 
assujetti  h  rendre  compte.  Officier  comptable. 
Les  Trésoriers  sont  comptables.  Je  ne  veux, 
point  de  charge  comptable. 

<Jn  dit  au  figure,  .Yous  sommes  comptables 
à  la  patrie  de  nos  talens. 

On  appelle  Quittance  comptable, V ne  quit- 
tance eu  parchemin,  revètuedes  formes  néces- 
saires pour  être  .'jllouce  ù  la  Ch:im]>rc  dc« 
Comptes,  On  donne  des  quittances  coniptahlcs 
aux  paycu:  s  des  renies. 

CiiMPTAOLE  ,  s'empl«>ie  aussi  substanlivo- 
meut.  lc^  comptables  sont  sujets  à  être  rcc/ier- 
:/j<'-.  r%'*'f  ICI   hon  rnm'i-ftih'.c. 

COiMPTANT.  adj.  m.  Il  n'est  guère  d'usnga 
qu'eu  celle  phrase,  Argent  comptant  ^  qui  se 
dit  d'Un  argent  qui  est  en  espèces,  et  qu'on 
conq>tf' sur-le-champ.  Il  a  tant  en  argent  comp- 
tant. Il  est  riche  en  argent  comptant.  Payer 
argent  comptant. 

On  dit  fi^urémeut  d'Une  chose  promise,  et 
Ijui  ne  peut  manquer,  CV«(  de  Vargent  comp- 
tant. 

U  s'emploie  atissi  adverbialement,  Payer 
une  somme  comptant.  Payer  comptant. 

Dans  le  style  familier,  ou  dit  quelquefois 
qu'Un  homme  a  du  comp/an(, pour  dire,  qu'il 
est  riche  en  argent  comptant;  Voilà  tout  mon 
conipi.mt,  pour  dire, ^'oiU  toutceque  j'ai  d'e»- 
pô'ces;  Il  amassaungros  comptant ,  Une  grande 
somme  en  espèces. Eu  ce  sens,  il  est  substantif. 

II  l'est  encore, en  parlant  De  quelques  Bureaux 
du  Trésor  Royal.  Ainsi  on  appelle  Petit  comp- 
tant, Le  Bureau  ou  l'on  paye  les  sommes  au- 
dcjsous  de  mille  livres;  ctC»r(indcomp((jnf ,  Ijb 
Bureau  où  Ion  paye  toutes  Us  sommes  au-dca- 
SU5  de  mille  livres. 

On  dit  proverbialement,  Payer  comptant^ 
pour  dire,  Bendre  sur-Ic-champ  les  bons  ou  ic* 
mauvais  o'Iices  qu'on  a  reçus.  Il  s'empluie  plus 
souvent  eu  mauvai^^e  part  lia  prélrndu  me  pi- 
(utcr  par  ce  discours-  mais  je  Vai  bien  payé 
comptant. 

•  COMPFE.  9.  m.  Calcul,  nomlire.  71  sait  U 
(ompte  de  ton  argent.  On  a  donné  à  ce  sommo- 
lier  ic  linge,  la  vaisselle  par  compte  ,en  compte. 
J'ai  trouve  cent  veut  dans  cesac  jc'tit  lisotiyie. 


aSo 


COM 


Faire  un  compte.  Venir  à  compte.  Je  voui  /i-  v^ 
rai  voire  compte.  Sans  compte  ni  mesure. 

11  signifie  quelquefois  Un  petit  nombre  qiit 
Ion  jette  de  la  main,  et  qui  étant  plusieurs 
fois  réitériî ,  fait  la  somme  qiie  l'on  (icmantic.  A 
coiitptiT  aiiatre  à  quatre  ,  il  faut  vinijt-ciuq 
comptes  pour  faire  cent. 

11  signifie  aussi  Le  papier,  l'ccrit  où  l'on  a 
fait  le  calcul  cl  la  supputation  de  ce  qu'on  a 
nia  ou  qu'on  a  reçu ,  nu  de  tous  les  deux.  Bon 
compte.  Fidèle  compte.  Compte  exact.  Comptt 
final  I^re  de  compte.  Il  lui  demande  son 
compte,. -^es  comptes.  Qu'il  apporte  ses  comptes. 
Dresser  un  compte.  P,endre  un  compte.  Voir, 
examiner  ,  recevoir  un  compte.  Revoir  un 
compte.  Ouir  un  compte.  Délialire  un  compte. 
Les  débats  d'un  compte.  Oyanl  compte.  Vali 
der  un  compte.  Raison  de  compte.  Cette  partit 
tst  employée  dans  le  compte ,  a  passé  dans  U 
tompte.  Passer  quelque  chose  en  compte.  Pas- 
ter  à  compte.  Mettre  sur  un  compte.  Se  metlc- 
vas  cela  en  ligne  de  compte.  Rayez,  6tez  cela 
de  dessus  votre  compte,  lia  chargé  ses  comptes 
de  cela.  Assister  au  compte.  Vérifier  un  compte. 
Mettre  les  comptes  en  règle.  Le  compte  est  trè.i. 
hon.  Présenter,  ajjirmvr  un  compte.  Être  en 
compte  ouvert.  Avoir  un  compte  ouvert  avec 
quclau^un.  Apurer  un  compte.  Il  y  a  erreur  (4M 
compte.  Les  articles  d'un  compte.  Il  a  rendu 
compte,  rendu  ses  comptes:.  Arrêter  un  compte. 
Allouer  ïcj  articles  d'un  compte.  Compte  de 
tuiclle.  Compte  de  l'épargne.  Clore  un  compte. 
Le  compte  e-s(  clos.  Solder  un  compte.  P.clifiuat 
d'un  compte.  Aposiiller  ut»  compte.  En  fin  di 
corrpte.  Arrêté  de  compte.  Finilo  du  compte. 
Papier  de  compte. 

')n  dit  proverl)ialem(nt ,  Les  bons  comptei 
font  les  hons  amis. 

On  dit  aus-'.i,  A  tout  hnn  compte  rerenir , 
pour  dire,  qu'On  est  toujours  reçu  h  compter, 
il  calculer  de  nouveau. 

On  dit  proverbialement  ,  .'^Zanr^cr  à  bon 
compte,  manger  toujours  à  hon  compte,  hoirt 
à  hon  compte,  pour  dire,  Mander  cl  boire. sans 
ge  mettre  en  peine  de  ce  qu'il  en  coûtera,  ni 
qui  le  paiera. 

On  dit  aussi.  Boire,  manger,  rire,  se  divcr- 
tw  à  bon  compte ,  pour  dire ,  Sans  s'cmljnrrasser 
de  ce  qui  se  passe,  ni  de  ce  qui  peut  arriver. 
Dii'C/'fi.'îse::-Tou.':  à  hon  compte,  etc. 

On  dit,  qu't'n  homme  est  dchon  compte, 
pour  dire,  qu'il  est.  fidùle,  et  qu'il  ne  trompe 
point  en  comptant. 

On  dit  figurément,  Rendre  compte,  pour 
dire,  Rapporter  ce  qu'on  a  vu,  ce  qu'on  a  fait 
tn  "<ine  aflàirc ,  et  en  rendre  raison.  Je  vous 
rendrai  compte  de  celte  affaire.  Prènct  garde 
i  telle  cliose,  car  c'ett  vous  qui  m'en  rendrea 
compte.  Il  faut  rendre  compAc  à  Dieu  de  toutes 
ses  actions.  Rendre  compte  de  sa  conduite,  de 
son  administration.  On  vint  rendre  compte  au 
Oéncral  que  les  ennemis  jiarois.wient. 

On  appelle  Compte  rond,  dans  l'usage  com- 
mun et  populaire  ,  Un  nombre  composa  de 
dizainrj,  de  centaines  ou  de  milliers  sans  frac- 
(iut,  ûkr,  vin^l,  trente,  son!  (2e<  comptes  romis. 


COM 

Cent^  deux  cents  j  mille,  sont  des  comptes  ronds 
Vingt  et  un  n'est  jjas  un  compte  rond. 

Quand  on  compte  par  cspi-ccs,  on  ap^elL 
aussi  Compte  rond,  Vu  nombre  de  ces  espùce- 
sans  fniction.  Quatre  éciis  finit  un  compte  rond 
Quatre  ccu$  et  demi  ne  font  pas  un  compte  rond. 
Cinq  sous  font  un  compte  rond^  cinq  sous  cl 
demi  n'en  junt  pas  un. 

On  dit  fîgurénienl,  Au  compte  3e  (juchju'nn, 
pour  dire,  Selon  qu'il  suppose  !a  cliose.  A  votrc 
compte  y  cela  seroit  ainsi,  À  ce  compte-là  ,,  je 
vois  (ju*il  h'û  pas  tort. 

On  dit,  qu'Une  chose  est  sur  le  compte,  au 
compte  de  (quelqu'un,  pour  dire,  que  C'(st  à 
lui  à  la  payer.  Les  èlojjes  q'fun  tel  prend  seront 
sur  votre  compte.  La  nourriture  de  ce  cheval 
est  à  votre  compte.  Je  prends  cela  sur  mon 
compte.  C^est  pour  mon  comptt. 

On  dit,  ^lettre  une  HisfoiVc,  un  Livre,  etc. 
sur  le  compte  de  (juelqu^un ,  pour  dire,  Le  donner 
pour  en  être  l'Auteur  j  ei,  Mettre  une  aventure, 
faire  courir  une  histoire  sur  le  compte  de  quel- 
qu'un, pour  dire,  ■Faire  cioiic  qu'elU;  lui  e.4 
airivce. 

On  dit  aussi  figurénirnt ,  Prendre  sur  son 
compte,  jmur  dire,  Se  charger  de  fiiîre  ou  d'exé- 
cuter qucUpio  chose.  Ne  vous  mettez  point  en 
peine  de  lui  faire  des  excuses,  je  le  prends  sur 
mon  compte.     • 

On  dit  fignrf^ment  et  dans  le  siylc  familier, 
d'Un  Iiomme  h  qui  il  arrive  quelque  malheur, 
comme  d'êlre  biessé,  d  être  maltraité,  ou  de 
Ciiip  (iiuîlnne  perte  d'aig  ni  considérjible.  qu"// 
en  a  pour  son  compte,  que  c^e^t  pour  son  compte. 
S'il  vous  en  arrive  mal,  ce  sera  pour  votre 
compte.  Il  a  trouvé  des  (jens  qui  jouoient  mieiuc 
nue  lui,  et  quilui  en  ont  donné  pour  son  compte. 

On  dit.  Faire  le  compte  à  un  domestique, 
pour  dire,  Lui  payer,  en  le  renvoyant,  ce  qui 
lui  est  du  de  ses  gages;  Donner  à  un  ouvrier 
son  compte,  pour  dire,  Lui  payer  ce  qui  lui 
est  dû;  et  fijiureni.  Donner  à  quelqu^un  son 
compte,  pour  dire,  Le  traiter  d'artion  ou  de 
paroles,  comme  M  le  mérite.  Il  ne  se  prend 
qu*en  mauvaise  part. 

On  dit,  Faire  son  compte,  pour  dire,  Se 
proposer  ,  s'attendre ,  espéicr  qne ,  etc.  71 
croyait  que  ses  amis  l'assister  oient ,  il  piisoit 
son  compte  là-dessus.  iVc  faites  pas  votre  compte 
sur  les  promesses  de  cet  homme-là.  tl  fait  son 
compte  de  partir  demain.  Ces  expressions  vieil- 
lissent On  dit  mieux ,  Il  comptait  que  ses  amis 
Vas'iisteroicnti  ne  comptez  pas  sur  les  promessel 
de  Cet  homme-là  •  il  compte  partir  demain. 

Ondit,  -^voir  bon  compte,  faire  hon  compte. 
pour  dire.  Avoir  h  hon  marche,  faire  hon  mar- 
clié.  7/  a  eu  cela  à  hon  compte.  Ce  Banquier 
vous  fera  tenir  votre  argent  à  meillcw  compte 
qu*un  autre.  Ce  marchand  vous  fera  hon  compte, 
lions  fera  meilleur  compte  que  qui  qne  ce 
r^it.  On  dit  h  peu  pr'rs  dans  le  même  sens  , 
Vivre  à  hnn  compte,  pour  dire,  Vivre  ;\  hon 
marclié.  C'est  une  Ville  oit  l'on  v^  à  hon 
Kompte, 

(  n  dit  fi;'urêment.  Faire  son  confite,  trou- 
ver son  compte,  pour  dire,  Trouvrt  du  proCi 


COM 

et  de  ravantaje.  Il  a  hien  fait  son  compte  âan» 
cette  recette.  Il  a  hien  fait  son  petit  comptt 
dans  ce  traite.  Il  a  froni-e  son  compte.  J\e  cho- 
quez>  pas  cet  homme-là  j  ih>us  n'y  trouverez  pas 
votre  compte. 

On  dit  encore  figurément,  qu'f7n  homme  a 
son  compte,  pour  dire,  qu'il  a  ce  qu'il  désire, 
ou  qu'il  est  Lieu  dans  ses  alfaire.'»;  qu'C'a  hommt 
sait  bien,  entend  ï>icn  son  compte,  pour  dire, 
qu'il  entend  bien  ses  iulc'réls,  eî  qu'il  est  mal- 
aise de  le  surprendre. 

On  (lit  figurément.  Faite  compte,  tenir 
comptt  di,  quelque  personne,  ou  ^e  quelque 
chuse,  pour  dire,  L'estimer,  l'avoir  en  que!q\ie 
considération.  71  n'en  fait  pas  nrand  compte.  Il 
n^en  tient  pas  qrand  compte.  Il  en  fait  peu  dé 
compte.  Il  ne  fait,  ne  tient  aucun  compte  de  ce 
qu^on  lui  dit. 

On  dit  dUne  femme,  qu'£lL  ne  tient  pas 
compte  d'elle,  pour  dire,  qu'KlIe  neglif^e  sa 
figure,  son  ajustement.  Ou  le  dit  aussi  en  par- 
lant Du  peu  de  soin  qu'elle  a  de  sa  réputation. 

On  dit  d*Cn  homme  qui  est  bien  éloigné  de 
ce  qu'il  croyoit,  de  ce  qu'il  e^péroil,  qu'7I  est 
hien  loin  de  son  compte,  loin  de  son  compte. 

Ou  appelle  Bois  de  compte.  Le  bois  qui  se 
vend  à  tant  de  huches  par  corde. 

On  appelle  faiiiiliètement.  Compte  borqne, 
Vn  compte  mal  fait,  qui  n'est  pas  clair.  On  le 
dit  aussi  par  opposition  ù  Compte  rond.  ïrcir* 
tous,  douze  sous  siv  dcnia-s  sont  un  compte 
\>ornnc. 

Au  bout  du  rtnn/.fe.  Façon  de  j'-irler  fatrj 
lierc ,  dont  on  se  sert  à  \a  fin  d'un  discours,' 
d'un  raisonnement,  et  qui  signifie,  Tout  con- 
Bidéré,  après  tout,  ^^t*  bout  du  compte,  que  m' an 
peut-il  arriver?  Ju  bout  du  compte,  Hn'est  rieit 
tel  que  de  faire  son  devoir, 

À  compte.  Manière  de  parler  abrdg<ïe,  poiu- 
dîro. qu'On  a  donné  ou  reçu  quelque  choM^sur 
lu  somme  due.  lia  donné  mille  francs  à  compte, 
lia  reçu  c-inn  cents  francs  à  compte  sur  les  mi  Ht 
francs  qui  lui  sent  dus. 

À'Complt,  s'emploie  aussi  substaulivcmont 
dans  le  môme  sens.  71  n'a  reçu  qu'un  a-comptc. 
Je  lui  ai  donné  deux  à~compie.  Voilà  un  hou 
à-compte, 

Ceiamche  nts  Comptfs,  est  Une  Cour  supc- 
lieure,  h  laquelle  tous  les  Con:p[ables  qui  ont 
manié  les  deniers  du  Roi  rendent  cohipte  de  la 
recette  cl  de  la  dépense  des  sommes  qu  ils  ont 
reçues.  Président  à  la  Chambre  des  Comptes. 
Maître  des  Comptes.  Correcteur,  Auditeur  des 
Comptes.  Cela  est  passé,  vérifié, enregistré  à  la 
Chambre  des  Comptes.  Un  atrctde  laChamhte 
des  Comjtcs. 

COMPTE-PAS.  s.  m.  Voyez  OnoMÈTriE. 

COMITER.  V.  a.  Nombrcr,  calculer.  Comp- 
ter de  Vargcnt.  Comptez  combien  il  y  a  de  pcr- 
tonnes  là.  Compter  V heure.  Compter  les  heures. 
Compter  les  vuix.  Compter  les  suffrages.  Comp- 
ter les  soldais.  J e  les  ai  comptes  un  à  un.Comyler 
jusquà  vingt,  jusqu'à  cent.  Compter  sur  ics 
doiqts,  par  SCS  doiijts. 

On  dit,  Compter  purmi  ses  uïeux,  pftrmi 
ics  ancêtres,  |>oar  dire,  Avoir  n<;  nombrt.  oS 


C  O  M 

$*s  a. eux.  de  ses  .mcêires.  Il  compte  des  Rou 
parmi  ses  aïeux.  Il  compte  des  Maréiltatix 
Ue  France  et  des  ConnétMcs  parmi  ses  an- 
tétres. 

On  dit.  Compter  sur  queîfju  un,  ^our  âne. 
l'aire  fond  sur  lui,  comme  sur  un  liomnif  dont 
on  est  iissurv.  On  Hil  dans  le  m^^mt-  sens»  Comp- 
ter sur  ses  forces,  sur  sa  jeunesse j  sur  ses 
avandt  biens t  sur  son  crédit,  sur  son  savoir.  li 
ne  faut  compter  sur  rien  de  ce  (ju^H  promet. 
Compter  aue  vous  vous  en  trou%'erez  trèi-hicn. 

Il  signifie  aussi,  (Calculer,  supputer,  venir 
;i  compte;  et  alors  il  se  met  d'ordinaire  abso- 
lument. Voyons  ce  que  vous  avez  reçu,  ce  (jue 
vous  avez  mis,  il  faut  compter.  J'ai  compté 
avec  un  tel,  je  ne  lui  dois  rien.  Ce  n^est  pas  le 
tout  que  de  compter,  i7  jaut  payer.  Il  ne  veut 
ni  compter  ni  payer.  Jl  a  compté  par-devant 
un  Auditeur  des  Comptes.  Compter  de  clerc  à 
itialtre. 

Il  signifie  aussi  Rendre  compte,  el  alors  il 
Mî  met  avec  la  prjposition  de.  J'ai  compte  de 
î.i  dépense  et  de  la  recette.  Il  a  touché  cette 
j'jrtie,  et  en  a  compté  à  la  Chambre  des 
Comptes. 

Compter  par  tête,  compter  par  pièce,  se  dit 
iKins  les  hôlcllrrics  cl  les  autres  lieux  où  l'on 
lionne  k  manger,  et  o-'i  la  dépense  de  bouche 
tjuon  a  faite  se  r')mple  s"!..n  le  nombre  des 
personnes  qui  onl  man;;»'*,  ou  selon  \c  «ombre 
des  pifTes  qu'on  leur  a  fournies. 

On  dit  provcrbialcnicnl .  Compter  sans  son 
hi't^  Qui  con^  .te  !nns  son  hôte,  compte  deux 
fois,  pour  dire,  qn'On  se  trompe  quand  on 
ronipte  sans  celui  qui  a  intérêt  k  l'nOaire,  on 
qu'on  espère  ou  promet  une  chose  qui  ne  dépend 
piu  absolument  de  soi. 

On  dit  d'Un  homme  tfuî  marche  lentement, 
qa'H  compte  «cspas,- elon  dit ,  que //on  compte 
tous  les  pas  de  ijuel^u'un,  pour  dire,  qu'On 
l'observe  de  fort  prùs. 

C«>MiTEB,  si^ific  aussi.  Se  proposer.  rroLe. 
Il  compte  partir  demuin  ;  autrefois  on  disoit, 
Il  compte  as  partir.  Comptez  qne  vous  me  trou- 
verez toujours  prêt  à  voim  servir 

Il  te  prend  aussi  pour  Répuler,  estimer;  et 
■lors  il  se  construit  avec  la  proposition  ^jonr. 
Il  fiut  le  compter  pour  mort.  Il  compte  pour 
rien  iotis  les  services  qu'on  lui  rend.  Il  compte 
rela  pour  beaucoup.  Il  faut  compter  ce  Général 
pour  dix  mille  hommr^. 

CoMïTK,  ÉE.  participe.  -Vos  jours  sontcomp- 
:és.  Marcher  à  pas  comptés. 

On  dit  proverbi'ilenieiit  cl  fièrement.  lire- 
^lï  comptées^  fc  loup  les  manqe,  pour  dire,  que 
«ïuflque  soin  qu'on  prenne  de  compter,  de  gar- 
der de  certaines  choses,  on  ne  laisse  pas  d'être 
rxposr  h  en  perrlre  une  p.irtic. 

Oo  dit  nuui  proverhialpuicnt  et  fu;uréinenl, 
Tour  comfté,  tout  rabullu,  pour  dire.  Tout 
1  icu  consiilcK'. 

COMProïK.  5.  ta.  Sorte  de  table  oii  il  y  a 
cominu'iennut  un  tiroir  fermant  li  clef,  et  dont 
li^a  Marrliands  se  srrvenl  ,  toit  pour  complrr 
laur  argent,  soït  pour  le  ierrer. 

CoMPToiB,  se  dit  aussi  Du  Oureau  gàiûr*' 
Tome  /. 


cox 

de  Conuuerce  d'une  nation  en  Pavs  rtrtnigcr 
Les  llollandois  ont  plusieurs  comptoirs  dans 
les  Indes.  Toutes  les  nations  de  l'Europe  ont  des 
comptoirs  en  Asie.  Les  eomptuirs  appaj  tien- 
nent attx  nations,  et  les  factoreries  aux  3f«i- 
cliands. 

rOMinJLSER.  V,  a.  Terme  de  Pratique. 
Prendre  communication  des  Registres  d'un 
Officier  public,  en  verlu  d'Cne  Ordonnance 
du  Jii^e. 

CfiMPCLSÉ.  FE.  participe. 

COMPCISOIKF:.  s.  m.  Acte  de  Justice, 
portant  ordre  ;\  l'Oflicicr  public  de  cooununî- 
quer  ses  Registres.  //  fiut  avoir,  obtenir  un 
compuhoirc.  y_ 

COMPL'T.  s.  m.  Terme  de  Chronologie.  Il 
ne  s'emploie  qu'en  parl.int  Des  supputations 
de  temps  qui  ser\ent  A  rcgler  le  Calendrier  Ec- 
clésinstiqnc.  Le  Comput  Kcclèsiastique. 

COMPUTISTK.  s.  m.  Celui  qui  travaille  au 
Comput ,  et  à  la  composition  du  Calendrier. 

COMTK.  s.  m.  Celui  qui  e^l  revêtu  d  une 
certaine  digniti*  au-dessus  de  celle  de  Baron. 
Le  Comtt  de  Toulouse,  de  Flandre,  etc.  Comte 
et  Pair.  Comte  du  Samt-Empirc.  Comte  Pala 
lin.  Les  Chanoines  (ointes  de  Lyon.  On  l'i 
fait  Cinnte.  Couronne  de  Comte.  Il  prend  ht 
qualité  de  Comte,  etc. 

On  appelle  Comïw^e.  I.a  femme  d'un  Comte, 
ou  celle  qui  par  elle-même  ou  de  son  chef  pos 
sèdc  un  Comté. 

CO.MTÏ*!.  s.  m.  Titre  d'une  Terre,  en  v^rti 
duquel  rrlui  qui  eçt  *^'*if,u^nr  df^  i>  '!"(i:c  [nrri 
I.i  quafite  d'^  Oomtft.  L,  tjomtc  Ac  Champaqne. 
Le  Comté  d'Artois.  Comté -Pairie.  Otdlons 
est  Cos'té-PaiViV  ^ette  Tare  fut  érigée  en 
Conit'. 

On  le  f<iil  féminin  dans  cette  phrase ,  La 
Franche-Comté. 

CO.N 

(.ONCASSER.  r.  a.  Briser  et  réduire  en 
petites  parties  avec  le  marteau  ou  le  pilon, 
quelque  matière  dure ,  comme  le  sucre .  le  poi- 
vre, etc.  Concasser  du  poivre,  de  îa  carnelle. 

CoN'CASSÉ,  ÉE.  pa»"*îcipe.  Poivre  concafsé. 

CONCAVE,  adj.  des  •?.  genres.  H  se  dit 
d'L'ne  snrihce  ou  d'une  circojifércncc  courbe, 
pris*  du  c&té  qu'elle  est  capable  de  contenir 
quelque  chose.  Il  *sl  oppo«''  'i  convexe.  Miroir 
concave.  Il  est  lussi  substantif.  Le  roncoi-t' 
d'un  qlohe. 

CONCAMTE.  s.  f.  Cavité,  le  creux,  le  con 
cave  d'un  corps.  La  concavité  de  ce  globe. 
Concavité  profonde.  Les  concavités  du  cer- 
veau, du  crâne.  Les  concavités  d'une  mon- 
tagne, d'un  rocher.  Le§  concavités  de  la  tenc. 

CONCÉDER.  V.  a.  Accorder,  octroyer.   1! 

'  ne  se  dit  gut^re  que  Des  fp-âces,  droits,  privi- 

Ii.*ges,  etc.  qti'un  .Souverain  accorde  h  ses  sujets. 

Le  Roi  a  concédé  de  grands  privilèges  à  cette 

i'itte.   Ce   droit    lui   fut   concédé  par   un    tel 

Prince. 

'        Co!»cÉDK,  ÉE.  participe. 

'        CONCKVm  A  fïON.  sul«i.  f.  Terme  didac 

•iquc    L'irlioD  tie  concculrrr,  ou  l'ciTct  dr  '■^ 


CON 


28» 


qui  esl  co.xciitrd.  La  conceniratwn  àc  la  cha- 
Iwr. 

CosCESTHATioN-  ,  en  termes  île  Chimie ,  sf 
Ht  d'Une  n|)('i-.]t'on  par  Inquellc  on  rapproche 
ioui  un  nioindn'  \  ninnir  les  pailirs  d'un  corps 
fjni  dtoient  cten<!uos  dans  un  fluide. 

COriCENTKER.  v.  a.  Temu-  didactique. 
Riiinir  au  centre.  Le  <jr„H(f  p-oid  concentre  la 
i-Ualeur  nuturelle. 

On  dit  aussi,  i^M  rayons  du  40,'ril  se  m  . 
centrent  dans  ît  foyer  d'un  miroir  ardent. 

Oo  dit  aussi  au  figuré  ,  Concentrer  toute» 
«.-  affections  i.'afis  tin  leul  objet,  pour  dire, 
I.cs  rapporter  à  un  objet  unique. 

OoNCKSTut,  ÉE.  participe.  On  appelle  en  Clii- 
r.iÎK,  /fcidc  concentré.  Un  acide  trts-fort. 

On  dit,  qu'(/?i  l.omnic  est  concentré,  coii- 
cenfré  en  lui-même,  pour  dire,  qui]  ne  se 
commiioique  point,  qu'il  ne  laisse  rien  aperce- 
voir de  ce  qui  se  pas*»  dans  son  .ime. 

CO.NCENnïlOfE  adi.des  2  genres.  Ternie 
didactique.  Il  se  dit  He  divers  cercles  qui  ont 
un  niera?  cenlic.  Ccideux  rercles  sont  concen- 

tri'jUC!:. 

CONCEPT,  s.  m.  (On  prononce  le  P  d«.;» 
ce  mot  et  le  suivant.)  Terme  didactique.  Idée 
simple  vu-,  de  l'esprit,   ('ne  absirnclion  n'eA 
qu'un  concept, 

CO.NCEPTIOX.  s.  f.  L'action  par  laquelle 
on  enfant  CÀt  conçu  dang  le  ventre  de  sa  mère. 
/<n  temps  de  la  concciilion  de  Venfnnt.  Depuis 
lit  conception  jusiju'à  l'enfantement.  La  Fête 
ih'  i  r  Concepùnn  di-  li  S'iinfc-Vicrge. 

II  se  dit  .aussi  Des  femelles  des  animaux. 

Conception,  se  dit  figtin'mcnt  Des  pensées 
que  l'esprit  forme  sur  quelque  sujet.  Rare  con- 
ception. Riche  conceptiofi.  Voilà  une  plai- 
sante cotiception. 

II  se  dit  aussi  De  la  faculté'  de  comprendre 
et  de  concevoir  les  choses.  Il  n  la  conception 
i'â*e,  facile,  dure.  Cet  enfant  n'a  pas  de  con- 
ception, 

CO'CERNANT.  Qui  concerne.  Participe 
que  l'usage  a  rendu  indéclinable,  et  qui  signifie 
la  mémo  chose  qu?  Sw,  touchant,  au  sujet 
de....  Il  y  a  cette  difli-vencc  entre  C'uncernnril 
Dt  Totic/runt,  que  Conecrnnnf  doit  être  précédé 
d'un  sf-bûtsulif  auquel  il  ait  rapport ,  et  que 
ToHc'ïdKf  s'emploie  indilïen;mmcnt  h  la  suite 
il'un  subst.antif  ou  d'un  verbe.  J'ai  li  vous  dn-e 
quelque  cho^e  concernant  cette  affnire-là.  Vn 
^•"dit  concernant  telle  chose, 

CONCEKXER.  V,  a.  Regarder,  appartenu-. 

avoir  rapport  à Cela  concerne  i'o.s  intérêts 

Voilà  pour  ce  qui  vous  concerne.  Cela  concerne 
sa  charge.  ]l  n'innore  rien  de  ce  qui  concerne 
cet  art.  Cette  ajptlre  concerne  le  public.  Et 
pour  ce  qui  concerne  telle  chose ,  je  dirai 
que 

CoNCEnaÉ,  ÉE.  paniciijc.  Il  ne  .n'emploie 
pas  passivement  11  en  est  de  m^me  de  Concer- 
ner. Mais  Concerné  prend  le  :;enre  et  le  nombre. 
Une  femme,  des  femmes  diront  bien  :  Celle 
afffiire  m'iiiiroif  concernée,  nous  aurait  con- 
cernées, y'il  n'était  juts  venu. 

COS(;('.RT  s,  m.  Ilaniionie  formée  par  plu- 
3(> 


aSa 


CON 


*îeui"S  vois  ou  pnr  plusieuri  instrumens,  ou  ^Wï" 
le«  deux  ciisomble.  Beau,  atjréahU  cuucei't. 
Grand  concert.  Concert  de  voir^  d'instiumeia^. 
Faire  un  concert,  DonJier  un  concei't. 

CoHCEET,  se  dit  aussi  Du  lieu  où  l'on  en- 
tend un  concert.  y^Jîer  au  concert ,  ù  la  salle  du 
concert. 

On  Jit  figurcment,  Un  concert  de  louanijes; 
et  poLtii|uinienl .  Le  concert  des  oiseaux. 

CoscEnx,  signilic  aussi  figuii-ment,  Intelli- 
gence, union  de  plusieui^  pi  r50i:ncs  qui  cons- 
pirent ,  ipii  tendent  à  une  mime  fin.  ConccrI 
•Topinion.;.  Ils  étaient  de  concert  enscmbU: 
Agir  de  concert  ai'cc  (/uci.ju'iiii. 

De  concert,  se  dit  adverbialement,  poui 
dire.  d'Intelligence.  Ih  ont  fait  cela  de  concert. 

COCEItr.i.NT,  ANTE.  s.   Celui  ou  celle 
•        qui  chanïe  ou  joue  sa  partie  dans  un  cnnccrt. 
îî  y  avoit  douze  concertans. 

CONCERTER,  v.  a.  Répéter  ens'niblc  une 
pièce  de  musique,  pour  la  bien  exécuter  quand 
il  en  sera  temps.  C'est  une  pièce  de  niusitfue 
(ju'ib  ont  concertée  ensemble. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Faire  un 
concert.  On  concerte  souvent  chez  un  tel.  Ils 
cûncertent  ensemble. 

CoNCEUTEn,  signifie  aussi  figurcment,  Con- 
férer ensemble,  pour  exécutiT  un  dessein,  et 
pour  contenir  des  moyens  de  faire  réussir  un4 
alîhire,  une  intiigue.  Concerter  un  dessein, 
une  entreprise.  Concerter  iexécution  d'une  af- 
■  faire,  etc. 

En  l'P.  so-^t ,  '•>}  «Ymnlnip  :}vpr  le  pronoii- 
personnel.  7?$  se  concertèrent  lonjlemps  avant 
'lue  de  faire  telle  chose. 

CosCERTÉ,  KE.  participe.  V.n  dessein  concerté. 
Une  enti-eprise  bien  concertée.  Il  a  bien  paru 
oue  ces  gens-là  ctoient  venus  fort  concertes.  Ils 
se  trouvèrent  tous  contruirc^s  à  son  avis,  alors 
on  vit  bien  aue  c'étoit  une  pièce  concertée.  Des 
mesures  bien  concertées. 

GosCERTÉ,  signifie  figurera. .  Ajusté,  com- 
posé, trop  étudié,  afleeté.  Cet  homme-là  est 
fort  concerté. Elle  est  trop  concatée  en  sa  con- 
tenance, en  SCS  discours.  Prendre,  avoir  un  air 
eonccrtè, 

CO^"CERTC;.  subst.  m.  Ternie  de  Musique 
emprunté  de  Illalien.  Pièce  de  ivniplionie  , 
lailc  pour  être  exécutée  par  tout  un  orchestre, 
et  dans  laquelle  qucl(|ue  instrument  joue  seul 
de  temps  eu  temps  avec  un  sinjple  aceompa- 
fpiement.  Jouer  un  concerto.  Exécuter  un 
concerto. 

CONCESSION,  s.  f.  Le  don  et  l'octroi  qu  un 
Souverain  ou  un  Siigncur  de  quelque  Tenc, 
fait  de  quelque  priviiég3,  de  qucltjuc  droit, de 
quelque  gr.ice,  etc.  Ce  privilège  est  une  conces- 
sion d'un  tel  Roi.  Ils  ont  eu  ce  droit,  etc.  pai 
la  concession  d'un  tel  Prince,  d'un  tel  ^ri- 
qneur. 

CosCESsios ,  se  dit  «ussi  Des  trrrcs  que  le 
Souverain  donna  aux  particuliers  dans  une  nou- 
velle Colonie,  il  condition  de  les  défricher  c( 
cultiver.  On  lui  a  donné  une  concession  dant 
Tîle  de  Saint-Domingue. 

Co>xr.ssio>  Figure  de  Rluitorique,  par  la- 


CON 

qjTielIt'   oci    ucc  ■itle   ^  son  adversaire  ce  qu'on 
pourniit  1  .'i  dispiilcr.  On  dit  par  Concession 
Je  vous  passe,  qu'il  soiï  honnête  homme;  mais 
cela  le  reml-il  cuj^ahle  tic  son  emploi? 

CONCliSSIO>'NAlIU:.s.  m.  fxlui  qui  a  ob- 
tenu une  concession. 

CONCKTTI.  s.  m.  p!.  Mot  fuiimintc  de  l'Ita- 
lien. Il  se  dit  Des  pensées  brillanles  et  .sans  jus- 
tesse. A'o(/e  Lutiqiie  n^ainie  pas  les  Concetti. 

CONCEVAliLi-:.  îidj.  des  2  {;cnrcs.  Qui  se 
peut  concevoir,  comprendre.  Je  ne  sain  com- 
ment cela  se  ptHl  faire,,  cela  nest  pas  conceva- 
hlc.  Cela  csl-il  concevable .'  Cela  est  très-conce- 
K'uhle.  Ce  (juil  dit  est  j  Iw^  concevable  aue  ce 
(jue  vous  dite<. 

CONCEVOIR.  V.  a.  .Je  conçois.  7tf  corirri/ots. 
J'ai  conçu.  Je  concevrai.  QuH  conçoive.  Il  ne 
se  dit  proprement  que  d'Une  femme,  et  sii^ni- 
ili- ,  Devenir  grosse  d'enfant.  Les  Prophètes 
itvotent  annoncé  (fu'unc  Vicrqe  concevroit.  Il 
sVmpioie  d'ordi  nain*  absolument  et  s.ins  ré^iine. 
La  Sainte-Vienje  a  conçu  Wu  Saint-Espiit. 
Dès  l'instant  tpi'une  femme  a  conçu.  Vnt 
femme  qui  est  hors  d\îqfi.  de  concevoir. 

Il  se  dit  aussi  Des  femelles  des  animaux,  en 
parlant  De  l'espèce  eu  général.  Les  brebis,  les 
cavales ,  etc.  conçoivent  plus  ordinairement  an 
Printemps  qu'en  Automne. 

Concevoir,  se  dit  aussi  fif^iue'menl,  Des 
opérations  de  l'esprit,  et  si;;nifie,  Entendre 
bien  qnelqne  chose ,  en  avoir  une  juste  idée.  Jl 
onçois  bien  ce  que  vous  me  dites.  Je  ne  con- 
oiN  rien  à  cela.  C'est  une  chose  que  Von  pcu\ 
concevoir.  3e  ne  conçois  pas  qu'un  îiommesaqt 
puisse  s'oublier  jusquà...  Je  ne  conçois  pai 
comment  il  s'est  pu  tirer  d'une  si  mauvaise  af* 
faire. 

Kn  ce  sens  on  le  dit  aussi  absolument.  //  i 
l'esprit  vif  ^  il  conçoit  facilement. 

On  dit  aussi  :  Concevoir  de  l'espérance,  ou 
dea  espérances.  Concevoir  de  l'horreur,  du  dé- 
pit, de  la  hainCy  de  l'aversion.  Concevoir  da 
désirs^  des  soupçons.  Concevoir  de  l'amour,  de 
VestimCj  de  l'amitié,  de  l  inimitié  ^  du  mépris. 
Concevoir  de  la  jalousie. 

CoNCEVoin,  signilie  aussi,  Exprimer  en  cer- 
inins  termes. /i  falloit  concevoir  cette  clause  ^ 
celte  condition  en  termes  plur-  précis.  Cela  est 
conçu  en  tenues  formels. 

(ïoNçu,  LE.  participe.  Cet  articleéioit  conçi. 
en  termes  obscurs.  Cette  phrase  est  mal  conçue, 

CONCHUiDK.  s.  f.  Espace  de  ligne  cout1)C. 

CONCHYLIOLOGIE,  s.  f.  (On  pron.  Coii- 
hiliûloqic.)  Partie  de  l'IIintoiro  natunflle  qui 
truite  des  coquillages  de  nier, d'eau  douce  et  de 
terre. 

COXCH^TES.  s.  f.  pi.  (On  prna.  Ki.)  Co- 
quilles pclrifiées. 

CO>f:iEUGE.  s.  Celui  ou  celle  qui  a  la 
garde  d'un  Hôtel,  dune  Maison,  d' un  fiiiAteaii, 
d'un  Palais,  ou  d'une  Prison.  JLc  Conciercje, 
ou  la  Concierge  du  Chtltcau  de...  Le  Concierge 
de  la  maison  de  Monsieur  tel.  Le  Concierge 
d'une  Prison. 

CO^C^•:IU;EnUi:.  s.  f.  Lu  cliarge  et  com- 
rui^sion  de  ^ardiM  uu  Chjlcnu,  un  l'iilais,  une 


CON 

Maison,  un  Hôte!.  //  a  la  Concierqer te,  oa  cm 
lui  a  donné  la  Conciergerie  d'un  tel  Château, 
d'ujie  telle  Maison  y  etc. 

Il  signifie  aussi  La  demeure  et  le  logement 
d'un  Concierge.  La  Conciergerie  de  Fonlaino- 
bleau. 

Il  signifie  encore  en  quelques  endroits,  L« 
lieu  ou  les  Parlemens  tiennent  leurs  prisonnier* 
Jl  jut  mené  ù  la  Concierqerie.  Il  est  prisonnier 
auj:  prisons  de  la  Concierqerie. 

CO^'CILE.  fi.  m.  Assemblée  légilimeroem 
convtKjuee  de  plusieurs  Evêqucs  de  l'Église  Ca- 
tholique ,  pour  délibérer  et  décider  sur  des 
questions  de  Doctrine  ou  de  Discipline.  L'ft»- 
(.emblée  des  l'.véqnes  dune  Métropole  ,  s'ap- 
\n'\[c  un  Concile  Provincial.  Celle  des  Evéques 
de  toutes  les  Métropoles  d'une  Nation  ,  s'appelle 
un  Conct7t'  A'alionaï.  L'Assemblée  des  Evoques 
de  tous  les  Etals  et  Royaumes  de  la  Chrétienté, 
s'appelle  un  Concile  CËcuménique  ou  Général. 
Cortciïc  libre.  Concile  célèbre.  Le  saint  Concile. 
Le  sacré  Concile.  Les  quatre  premiers  Conui- 
les.  Les  Conciles  de  V Eglise  Orientale,  ou  Je 
l'Eglise  Grecque.  Les  Conciles  de  VÊqlise  Oc- 
cidentale, ou  f,aïine.  Le»;  Conciles  de  l  Egltte 
Gallicane,  etc.  Convoquer^  assembler  un  Con 
cilcy  le  Concile.  Tenir ,  célébrer  un  Concile. 
Indiquer ,  commencer .  ouvrir  un  Concile.  Con- 
tinuer, transférer  le  Concile.  Finir,  clore  le 
Concile.  Congédier,  dissoudre,  rompre  leCon- 
vile.  Fermer  un  Concile.  L^indiclion,  la  pubb- 
ratiàn ,  l'ouverture,  la  transhilîon  d'un  Con- 
cile.. Les  scks:ion.<i  d'un  Concile.  Les  Canons, 
les  décrets,  les  décisions  f  tet  actes  du  Concile. 
L'Eglise  assemblée  en  Concile.  Le  Président, 
le  Secrétaire  du  Concile,  etc.  Il  avoit  voix,  H 
avoit  séance  au  Concile. Cela  fntproposé,  agité 
et  résolu  au  Concile.  Le  Concile  ordonna,  <te- 
cernu.  Le  Concile  prononça  anathème.  Citer 
quelqu'un  au  Concile.  En  appeler  uu  futur  Con- 
cile. En  plein  CoJicde. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  Les  Oc-crets  vi 
les  Canons  qui  se  fout  dans  un  Concile.  Li- 
Concile  de  Trente  nest  pas  reçu  en  France, 
jiour  les  choses  de  pure  discipline.  Recueil  dtt 
Conciles.  Collection  des  Conciles. 

CONCILIABULE,  s.  m.  Aasembfce  de  Pr»- 
liits  Hérétiques,  hthisinaliques,  ou  illégitime- 
ment convoques.  Ce  n'c/oi(  pas  un  Cvncde , 
c'cloit  un  C'-mciliabule. 

On  a])pelle  aussi  ironiquement ,  Concilia- 
bule, Une  Asscnil)lée  de  gens  qui  pensent  \ 
faire  quelque  mauvais  complot.  Il  .•■e  trouva  a 
ce  Conciliabule. 

CONCILIANT.  ANTK.  adj.  Qui  est  prop 
à  la  conciliation.  Esprit  conciliant. 

CONCILIATEUR,  TRICE.  s.  C^lui,  celle 
qui  accorde  et  caiicilic  des  personnes  ensemble. 
Sage  Conciliateur.  S.  Louis  étoit  le  Concilia- 
teur des  Princes  Chréliens,  étoU  ConciliateL^ 
entre  les  Princes  Cht  éiicns.  Faire  office  de  Con- 
ciliateur entre  des  personnes  qui  sont  mal  en- 
semble. 

Ou  appelle ,  en  termes  de  Jurisprudence  . 

,  Conciliateur  des  Antinomies ,  Vn  .lurisconsuhrt 

qui  a  travaillé  pour  coucilicr  ensciuLlc  les  I-ois 


CON 

nui  paroisvul  contraires  les  unes  oni  autre». 
Cujas  est  un  des  grandi  Concilialiun  des  .'In-   ■ 
tinomiei. 

CONCU.lA'nON.  s.  f.  Action  de  concilier, 
r«union  do  personnes  qui  étoicnl  divisées.  Tra- 
vailler ti  la  conciliation  des  esprits.  Il  a  un  es-  ^ 
prit  de  conciliation.  ! 

Il  se  dit  dussi  De  la  concordance  des  passages 
•t  des  Loi»  qui  paroissent  conlrairvs.  La  conci-  ■ 
Italion  des  passages  d'un  Auteur.  La  concilia-  I 
lion  des  Lois.  | 

CONCILIKR.  T.  a.  Accorder  ensemble  des 
personnes  ou  des  choses  qui  .<ont  ou  qui  sem- 
blent être  contraires.  Concilier  les  esprits. Con- 
eilier  les  volontés.  Concilier  les  aeurs.  Conci- 
lier les  nations  ennemies.  Concilier  les  opinions, 
Ici  tènioiijnoges.  Chercher  à  tout  concilier.  Con- 
cilier des  .tuteurs.  Concilier  des  Lois.  Concilier 
deux  passaqes.  Concilier  un  auteur  avec  un 
autre.  Les  Jurisconsultes  sont  bien  embarrassés 
a  concilier  les  .4ntinomtes.  Concilier  les  écri- 
turts. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Il  faudroit  lâcha'  de  se  ccncilier.  Ces  gens-là 
ne  pourront  jamais  se  concilier.  Leurs  goûts 
ne  te  concilient  pas  ensemble. 

Cosciuin,  signifie  aussi  .Attirer,  acquérir, 
et  ne  se  dit  qu'en  pari.mt  De  la  disposition  fa- 
vorable des  espritÂ.  Il  lui  a  concilié  la  faveur 
du  Prince ,  les  tonnes  nrdceSy  Va/fection  de  sa 
compagnie.  Se  concilier  les  e^its.  Se  concilier 
it»  bonnes  grtlces  de  nuelau'un.  Cela  lut  a  con- 
r'iif  la  bienveillanfc  du  public.  Se  concilier 
f  amitié  des  honnites  gens.  Se  concilier  l'atlen- 
ti«n  des  auditeurs. 

CO!<cn.iÉ,  KE.  participe. 

CON'CIS,  ISE.  adj.  Qui  est  court,  resserré, 
qui  f.iil  entendre  beaucoup  de  choses  en  peu  de 
Riots.  Il  ne  se  dit  qu'en  matière  de  discours. 
Un  style  concis.  F.crire  en  style  concis,  d'un 
ityle  concis.  Il  est  concis  dans  tes  discours. 
Périodes  concises.  Auteurs  concis. 

CONCISION.  5.  f.  Qualité  de  ce  qui  est 
concis.  La  concision  du  style. 

CONCITOYEN,  ENNE.  s.  Citoyen  de  la 
uitme  Ville  qu'un  autre.  C'est  mon  concitoyen. 
Vos  concitoyens. 

CONCLAVE,  s.  m.  Le  lieu  oii  s'assemblent 
Ih  Curdinaux  pour  l'élection  d'un  P^pe.  Dés 
^uê  les  Cardinaïuc  furent  entrés  dans  le  Con- 
çla¥e.  Les  Cardinaux  s'enfermèrent  dans  le 
Conclave  un  tel  jour.  Gouverneur ^  3/arcclial 
Ju  Conclave.  On  dit  communément,  Qui  entre 
h'ajt  au  Conrliive^  en  .wxt  (.'art/i*ial,  ponrditi:, 
que  Le  Cjirdinnl  c|ui  piroit  d  abord  le  plus  pa- 
jwblc ,  est  rarement  -îlu  P:ipe. 

Il  «e  prend  aussi  pour  L'Ass»mblée  des  C.nr- 
dinnui  <|iii  IraTaillent  .i  lélcciion  d'un  Pape. 
Ce  Conclave  dura  longtemps.  Il  y  eut  bien  des 
Irigues  dans  le  Conclave.  La  relation  du  der- 
nier ;  onelave.  l  ne  (elle  faction  a  prévalu  dans 
te  Cuncliive. 

tu  dit,  Le  Conclave  d'un  tel  Pape,  pour 
dire,  le  Conclave  où  un  tel  Pape  a  été  élu.  Le 
Conciivt  de  lienoll  XIV. 

CONCLAVISTK.  ».  m.  Celui  qm  l'rnfrrme 


CON 

dans  )e  Concbve  nvoc  un  Cardinal.  Les  Prîvi- 
\ê(jes  des  Conclavistes. 

CONCLUANT,  ANTR.  :id^.  Oui  conclut. 
c|ui  prouve  bien  ce  <|u"on  veut  prouver.  Raison 
concluante.  Argument  concluiint.  I^renve  con- 
cluante. Passaqc  concluant. 

COKCLURK.  V.  actir.  Je  conclue ^  tu  con- 
clus^ il  conclut,  ou  conclud;  nous  concluons., 
vous  concluez  j  ih  concluent.  Je  conclunis.  ■  e 
conclurois.  Je  conclus.  Je  eonclutai.  Quil  con- 
clue. Que  je  conclusse ,  qu'il  conclût.  Achever, 
terminer.  Conclure  une  afftiire.  Conclure  un 
traité.  Il  a  conclu  le  murchc.  f^a  cho!^e  est  con- 
clue. Il  a  conclu  son  discours  pa}--là.  C'est  asicz 
délibérer,  il  faut  conclure. 

Ou  dit  j  Conclure  un  mariaije.  un  fraiie . 
une  afpnre.  pour  dire, Convenir  d'un  niariaj^<', 
PU  arrêter  les  conditions,  terminer  un  traite, 
une  nfiairc. 

Il  signifie  encore,  Tirer  une  conséquence, 
cl  inférer  une  chose  d'une  autre.  //  conclut  d*' 
là  que On  peut  conclure  de  cette  proposi- 
tion aue Qu'en  vouUz>-vous  conclure.^  Je 

n'en  conclus  rien  autre  chose,  sinon  nue 

On  dil,qu'f/«  argument  conclut  tien,  pour 
dire,  qu'il  est  en  bonne  forme,  et  que  la  con- 
rlusion  suit  nécessairement  des  propositions 
précédentes.  Cet  argument  conclut,  il  conclut 
bien,  il  ne  conclut  pa.^. 

On  dit  aussi,  qu'Une  raison ^  une  alléga- 
tion, une  pièce  conclut,  Quand  elle  prouve 
bien  la  chose  que  l'on  veuî  prouver.  CctU 
raison  ne  conclut  pas.  Ces  pièces  ne  con- 
rluent  rien. 

On  dit  en  termes  de  Pratique ,  Conclure, 
pour  dire,  Proposer  les  fins  de  sa  demande, 
après  avoir  déduit  le  fait  et  les  raisons.  L'Avo- 
cat conclut  à  ce  (^ue L'Avocat  Général  a 

conclu  à  la  mort.  Avocat,  conclues.  Cet  Avocat 
parle  facilement ,  mais  il  ne  sait  pas  conclure. 

CoNcr.ciïK,  se  dit  pour,  Juger,  donner  son 
avis.  Plusieurs  des  Ju^es  ont  conclu  à  la  peine 
de  mort. 

CoNCi.v,  TJE.  participe. 

CONCLUSIF.  IVE.  ad).  Qui  conchit,  qui 
termine  1  qui  finit.  Car  est  une  conjonction  cou- 
clusivc. 

CONCLUSION.  5.  fém.  Fin  dune  aflàire, 
d'un  discours.  La  conclusion  d\in  traité,  d'une 
afpiire.  Il  faut  venir  à  la  conclusion.  La  con- 
clusion fut  que 

lin  dit  (aniiliLTetnent,  qu'C-'n  homme  est  en- 
nemi de  la  conclusion,  pour  dire,  qu  II  es' 
malaisé  de  finir  une  aflàire  avec  lui. 

Il  signifie  auss'  La  consé<]ucnce  que  l'on  tire 
de  qpiclquc  raisonnement,  et  isurlout  d'un  ar- 
^unic>nt  I  II  forme.  Cette  conclusion  est  bonne. 
Sa  conclusion  ne  vaut  rien.  Sa  conclusion  est 
nulle.  Fausse  concliijiori.  Conclusion  juste. 

Il  signifie  quelquefuis  L'action  de  conclure. 
iVouf  toucfions  au  moment  de  la  conclusion. 

Cosci.usiOîfs.  au  pluriel,  se  dit  en  termes 
de  Pratique ,  pour  signifier  Ce  que  les  Parlie.s 
denjaodMDt  pur  des  Rcqui^tes,  soit  écrites,  toit 
verbales  ,  ou  par  d'autres  Actes.  On  m'd 
donné  tout  ce  (jue  je  demandoii  pa"  mes  con- 


COX  .83 

clusioiis.    On    lui   a  adjugé    ses  fins   et    ion 
clu.sions. 

On  appelle  Les  conclusions  des  Gens  du 
Roi,  Ce  que  les  Gens  du  Roi  demandent,  et  ;i 
juoi  ils  concluent  dan»  les  causes  oii  le  Roi  et 
le  Public  ont  quelque  intérêt,  conjmc  dans  le» 
Cluses  criminelles ,  dans  les  causes  des  mi- 
neurs, exc.L' Avocat  Général  a  pris  ses  conclu- 
sions. Le  Procureur  Général,  ou  le  Procureur 
du  Hoi  a  donne  ses  conclusions.  Ses  conclu- 
■iions  ont  été  suivies.  Il  faut  avoir  des  conclu- 
sions. Conclusions  favorables. 

CovCLisioN,  se  prend  ({nelcjnefois  adver- 
hi  dénient  d.ms  le  discours  familier,  pour  dire. 
Kiiliri,  bref,  etc.  Conclusion,  je  n'en  ferai 
rien. 

CONCOCTION.  s.  f.  lerme  didactique,  se 
dit  De  la  digestion  des  alimens.  Tel  remède  fa- 
cilite la  concoction.  On  dit  ordinairement  Coc- 
lion. 

CONCO.MBRE.  s.  m.  Espice  de  fruit  ou  de 
légume  de  forme  langue,  et  de  nature  froide 
it  aqueuse,  qui  vient  dans  les  j.-u-dins  sur  des 
couches.  Couche  de  concombres.  Potage  aux 
concombres.  Graine  de  concombres.  Semer, 
planter  des  concombres.  De  petits  concombres 
confits  au  vinaigre.  Salade  de  concombres. 

CoscoMBKE  SAi'VAGE.  Plante  qui  donne  des 
fruits  ovales,  guère  plus  gros  que  le  poure. 
L'extrait  de  ces  fruits  est  un  des  plus  forts  pur- 
gatifs qu'on  puisse  tirer  des  végétaux. 

COXCO:\nTANCE.  s.  f.  Accon>pagnemenu 
Il  se  (lit  d'I^ne  chose  qui  v.-i  de  compagnie  avec 
une  autre  (|ui  est  l.i  principale.  La  concomi^ 
tance  de  ces  deiur  projets  est  frappante. 

Son  usage  le  plus  ordinaire  est  dans  le  Dog- 
matligue,  et  dans  celle  phrase  adverbiale.  Par 
concomitance.  Le  sang  Je  Jksus - CnniST  dans 
l'Eucharistie  est  sous  Vespéce  du  pain  par  con- 
comitance. Le  Corps  Je  Jisis-CHiiiST  est  sous 
l'espèce  du  vin  par  concomitance. 

CONCOMITANT.  ANTE.  iidj.  Qui  accom- 
pagne. Il  est  du  Style  dogmatique,  et  ne  se  dit 
guère  que  dans  cette  phrase,  La  grâce  conco- 
mitante. 

CONCORDANCE,  s.  f.  Convenance,  rap- 
port. Il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  Des  Au- 
teurs Canoniques.  Il  y  a  une  ma'vei'leuse  con- 
cordance entre  les  V.vangéli'tes.  La  co/MOr- 
dance  des  Ecritures.  Il  se  dit  aussi  De»  Livret 
qui  sont  faits  pour  montrer  la  eoncottJance  des 
Ecritures ,  des  Lois ,  des  Coutumes.  La  concor- 
dance des  Evangiles. 

Coxcoud.^^ce  de  la  Bible.  Index  .ilpbabé- 
tique,  qui  contient  tous  les  mots  de  !a  Bible,  et 
ni.irque  les  endroits  où  ils  sont  Chercher  un 
passage,  un  mot  dans  la  Concordance. 

Coconn.tMCE,  en  (îramm.iire.  est  I»  ma- 
nière d"aecorder  les  moti  les  unsavec  lesautict, 
suivant  les  règles  de  chaque  I.angtie.  La  con- 
cordance du  substantif  et  de  l'adjectij. 

CONCORDANT,  s.  m.  Terme  de  Musique. 
Nom  qu'on  donne  .i  une  esp<^ce  de  voix  qui  est 
entre  la  uille  et  la  basse- taille,  et  qui  peul 
chanter  l'une  et  l'autre,  t'n  beau  concordmt. 

CONCORDAT,  j.  m.  Transaction,  accord, 
36. 


«84 


CON 


convention.il  se  dit  principalement  en  matières 
Ecclésiasti4iies.  Faire  un  ronr<  rdat.  Passer  nti 
concordat.  Un  concunlat  enli  c  VAbhé  el  Ifs  Rell- 
qitiu:.  Vn  concordat  liomuloquc  eu  Parh'vn'iit 
On  dit  iibsolniuent,  I.e  Cuncoriat,  en  par 
laiit  Oc  l'accord  fait  entre  le  Pipe  /.ecu  X  et  le 
Uoi  François  l''  toucliiinl  la  nomination  aux 
bénéfices  Coujistoriaux  du  Rojaunie  de  France. 
On  appelle  Concoi(/ul  6"tvmii"i(/He,  L'ac- 
cord lait  entre  la  Cour  de  i'.oriie  et  l' l'jnpiro,  lou- 
chant lesBcnedces  de  ri:nii'ire,sou.s  FrédericIII. 
COSCORDI"..  9.  f.  Union  i.'c  cœurs  el  de  vo- 
lonté», bonne  intellig.-uce  entre  des  psrsonaes. 
EnhcIfiiM-  la  concorde.Maintenir  la  concorde. 
lU  vivent  dans  une  (grande  concorde,  dans  une 
varfnile  concorde.  Cela  pourrait  altérer  la  con- 
eorc.e  qui  est  entre  eu,v. 

CONCORDER,  v.  neut.  Être  d'accord.  Ces 
deux  hommes  ne  pourront  jamais  concorder 
dans  une  afjitire.  Cela  }ie  concorde  pas  avec  ce 
aue  l'OHs  aviez  dit. 

CONCOURIR.  V.  n.  (Il  se  conjugue  connue 
Courir.'  Coopérer,  produire  un  elTet  conjointe, 
ment  avec  quelcjue  can^e,  <ju(rl<jue  af;cnt.  La 
qrdce  concourt  avec  le  libre  arbitre.  Dieu  con- 
court avec  les  a'éalures.  Dieu  concourt  avec  les 
causes  secondes.  Vous  ne  sauriez  venir  à  bout 
de  ccl.i,  si  un  tel  tie  concourt  avec  vous.  Tous 
1er.  Princes  d'Allemacjne  concourent  à  cefM 
ilection.  Il  n'y  a  concouru  ni  directement  ni 
hidirectement.  Concourir  au  bien  public. 

On  le  dit  aussi  Des  occasions  et  des  chose-) 
rpii  semblent  s'unir  pour  tendre  h  quelque  fin. 
Tout  a  concouru  à  sa  [brlunt ,  à  sa  perte ,  .etc. 
Concourir  à  son  élévation  ^  etc. 

Coscotnin,  signifie  aussi,  Être  en  <|ueli|uc 
égalité  d.:  droit  ou  de  mjritc  pour  dispute: 
quelque  ci:osc.  fes  deurc  pièces  d'élocpicnei 
concouren'.  piour  le  prix.  Kn  ce  sens  il  ne  s'i'ui- 
ploic  qu'avec  la  préposition  Ponr,  ou  alxsulu- 
ment.  Ces  dciuv  pièces  ont  concouru. 

On  dit,  que  Dcur  provisions  d'un  mimeBéné- 

lice  concourent,  Quand  elles  sont  de  u-.ême  date. 

En   termes  de  Pliysiqiuî  et  de  Gconictrie, 

Coiicoiu  ir  signifie,  Se  rencontrer.  Dcii-r  liijncs 

qui  concourent  en  un  point. 

CONCOURS,  s.  m.  Action  par  laquelU.'  on 
concourt.  Le  concours  de  Dieu  avec  les  crea- 
lures.Dteu  prête  son  concours  aux  hommes. Le 
concours  du  5o!eil,  (ics  .^slres,  avec  les  causes 
inÇéi  iei.,'es. 

On  d'tf,  Mcllie  au  concours  une  t'haie  de 
Théolog'.e,  de  Droit,  de  Médecine,  etc.  pour 
dire,  La  mettre  à  !a  dispute  »ntre  plusieurs 
pretcndans,  pour  la  donner  i  celui  qui  aura  le 
plus  de  capacité. 

Il  signifie  ausii  AlDucnce  de  n.onde  en  quel 
que  endroit.  Grand  concours  de  peuple. Grand 
concours  de  monde. 

Coscoo.'-.s,  se  prend  aussi  pour  Rencontre. 
On  dit  en  Physique,  Le  concours  des  uloiiic.'. 
On  dit  c>i  Grammaire,  Le  roiicturs  des  voyelles. 
CONCRF/r,  ÉTÉ.  adj.  Ternie  didactique.  Il 
le  dit  par  opposition  à  Ah  trait,  et  pour  expri- 
mer Le»  qualitcs  uiucs  h  leur  sujet, con)mcPier(.r, 
Savant,  Rond  :  au  lieu  qii'//bitroit  50,dit  Des 


COISf 

qualités  coDsidiirces  absu^umeut,  et  comme  sé- 
parées (le  leurs  sujets ,  Piété ,  Science,  llondeur. 
Il  se  dit  en  Chimie,  pour  exprimer  Um 
chose  fixée  ou  coagulée.  Le  sel  volatil  toncrel 
est  un  sel  fixé  par  quelque  acide. 

CONCRFIION.  s.  féni.  'renne  de  PUy^-ique. 
Amas  de  plusieurs  parties  qui  se  rétuiissent  en 
une  masse.  Coiicrétiun  saline.  Concrétion  pier. 
reuse. 

CONCUBINAGE,  .s.  ma«c.  Commerce  d'un 
liomnic  et  d'une  Temmc  qui  ne  sont  point  m.i 
rie's,ctqui  v  i  vent  enscndile  comme  s'ils  l'ôtoien  t. 
Cohcubinaijc  public.  Concubinuqe  scandaleu.c. 
CONCUBINAIRE.  s.  m.  Qui  entrelient  uue 
concul;ine.  C'est  un  concubinaire,  un  coticubi. 
mure  public. 

CONCUBINE,  s.  ''.  Colle  qui  n'étant  point 
mariée  avec  un  homme,  vit  avec  lui  comme  si 
elle  étoit  sa  femme.  Ce  u'est  pas  su  femme, 
ce.<t  sa  concubine.  Entretenir,  avoir  une  con- 
cubine. 

CONCUPISCENCE,  s.  f.  Inclinai  ion  de  la 
nattu^e  corrompue',  qui  nous  porte  au  mal  et 
aux  plaisirs  iUicilcs.  La  concupiscence  de  la 
chair'.  La  concupiscence  des  yeux. 

CONCUPISCIELE.  adj.  lerme  de  Pl:iloso- 
phic  scolasiiquc.  Il  n'est  eu  usage  que  dans  le 
Dogmali(pic  et  dans  celte  pîirase ,  Appétit  con- 
cupiseilile,  qui  signifie  L'appéiil  pai-  leipiel 
l'Jme  se  porte  vers  un  bien  sensible,  veis  un 
objet  qui  lui  plail;  cl  ou  l'oppose  à  L'appétit 
irascible.  Z.'umour,  la  joie,  etc.  appartiennent 
à  VapiJCtit  concupisc^hU 

CONCUKRt:\I.Mi:N C.  a.v.  (On  piononca 
Concur;anien(.)"arcoi)CiuTCucc.  Us  Ij'iljuoieiil 
eonciirrcmiiicnt  celle  C/iurje, 

Il  signifie  aussi  Conjointement,  ensemble. 
Il  faut  que  vous  aqis.iiez  concurreruuïL'nt  avec 
cet  homme-là. 

On  dit  aussi  eu  termes  de  Pratique,  Cci 
créanciers  viennent  eu  uritre  couctirrentment , 
pour  dire,  qu'ils  sont  en  même  rang. 

CONCURRi:  Ci;,  s.  f.  Prélemlon  de  plu- 
sieurs peisoiuics  il  la  même  cljose.  Jls  hri(juoieut 
ta  même  C'/mi  (je,  et  leur  concurrence  [It...  En- 
trer en  concun-tnce.  Kire  en  concurrence. 

On  dit,  Ju.«((n'ii  conrurrL'nec,  jusqu'à  la 
ccncui-rence  rfc,pour  dire,  .Tusqu'.'i  ce  qu  une 
certaine  somme  soit  remplie,  soit  enliôrenient 
acquittée.  Il  sera  obliijé  de  lui  fournir  en  de- 
niers, eu  terres,  ou  en  meubles,  jusqu'à  la 
concuirence ,  jusqu'à  concut^ence  de  ce  qui  lui 
est  dit  pour  sa  dot,  pour  son  paitaqe. 

'lONCURREN'l',  ENTE.  s.  Compétiteur, 
qui  poursuit  une  même  chose,  el  en  même  tcnip- 
qu'nn  antre.  Us  aspirent  au  même  emploi,  ils 
sont  concurrens.  Il  a  éloinné,  écarte  tous  ses 
eoncutrenr.  Il  ve  peut  soujiir  de  concurren.^. 
Il  y  a  plusieurs  concurrens  pour  celte  Chartje. 
CONCUSSION,  s.  f.  Vexation,  action  par 
bqnellc  un  Magistral ,  un  Officier  public  exige 
au-del^  de  ce  qui  hii  est  dn.  Horrible,  mani- 
feste concussion.  Il  est  accusé,  il  est  convaincu 
de  concussion,  il  a  commis,  il  a  fait  dhorri^ 
blés,  d'étrant'es  concussions. 

CONÇU  SIONNAIRE.   s.  mojc.  Celui  qu'' 


CON 

i'jit  lies  coocussions.  C'est  un  conciissiotinairt. 
-.  Concussionnaire  public. 

<:()>nAM\  \itlj:.  ;K]i.  dci  2  Rtmes.  (On 
lu;  prouonrr  pt.s  l'M  dons  ceraol  et Icisxvnns.) 
Qui  mérite  dVlrc  cuiulanmt;.  JWu.cime  condam- 
nable. Action  condamnable.  Il  est  condamnable 
dans  sa  ccnduitt»  Opinion  condamnable. 

CO>DAMISATIO>'.  s.  f.  Ju-emcnt  par  le- 
quel on  condmnne,  ou  l'on  esl  coHclainut*.  Il  y 
a  eu  condamnation  contre  lui.  Prononça-  con- 
damnation. Il  n'attend  que  $a  condamnation. 

Passer  condamnation^  C'est  consentir  que 
la  partie  adverse  oblicunc  jugement  hsoa  avan- 
tage. Subir  condamnation  j  C'est  acquiescer  k 
un  jugement  doQt  o.i  pourrait  appeler. 

On  dit  âgurément.  Passer  condamnation  ^ 
pour  diiHi,  Convenir  qu'on  a  tort. 

COINDAMJVER.  v.  a.  Donner  un  jnRcmcnl 
contre  quelqu'un.  Condamner  un  o'imtnel. 
Condamner  à  nwrt,  à  la  mort,  au  fouet ^  aux 
qaîères,  a«  bannissement.  Condamna-  imx  dé- 
pens, à  l'amende. 

Il  signifie  aussi  BlAmcr,  desapprouver,  reje- 
ter. Il  condamne  tout  ce  aue  je  fuis.  Je  con- 
damne cette  opinion.  Je  condamne  ces  vci'i, 
cette  pe/i.'cc,  celte  fa(;on  de  parln\  Se  cotidam- 
ner  soi-même.  Il  ne  faut  pas  It  condamner  sans 
Venlcndre. 

On  dit  figurémeut»  Condamner  une  porte, 
une  fenêtre ,  pour  dire ,  La  fermer  de  telle 
sorte  qu'on  ne  puisse  plus  l'ouvrir ,  eu  enipc- 
clier,  en  interdire  Vus.ige. 

CoNï^WNr.  iz.  parUciptî. 

CONDEJSSATIO.N.  s.  f.  Tenue  de  PIiyM- 
que,  qui  se  dit  par  opposiliou  à  Kure/ùclion, 
et  qui  signifie  L'.ictlon  par  laquelle  un  corps 
est  rendu  plus  d:nsc,  plus  compacte,  pins 
serrd.  La  conden.'-ation  de  Vair. 

CONDi:>'SER.  V.  a.  Rendit  plus  dense  , 
plus  compacte,  plus  serre.  Le  chaud  ratéfe  Us 
corps,  le  froid  les  condense.  H  y  a  des  ma- 
chines avec  les(iueUe.<  on  condense  Vair. 

On  dit  :  Vair  se  co»idense  aisément.  L^eau 
ne  saurait  se  condenser. 

Condensé,  ée.  pnrlicipe. 

CONDESCE^UANCIi:.  s.  f.  Complaisance, 
qui  fait  qu'on  se  rend  aux  sentimens,  aux  vo- 
Uwitcs  de  quelqu'uii.  Ldclie,  molle  condescen- 
dance. Sacje  condescendance.  Il  faut  de  la  con- 
descendance dans  le  commerce  du  monde.  Vous 
avez  trop  de  condescendance  pour  lui. 

GOIS'DESCU^DANT,  AWTE.  adj.  Qui  eon- 
descend  aux  volontés  de  quelqu'un.  Caractt:ie 
condescendant. 

CONDESCENDRE,  v.n.  Se  rendre  aux  scn. 
linicns,  à  la  volonté  de  quelqu'un.  Je  ne  puis 
condescendre  à  ce  (juc  vous  souhaitez  de  moi. 
C'ott  une  chose  à  quoi  il  ne  condescendra  j»t- 
mais.Il  a  condescendu  à  tout  ce  quon  a  voulu 
de  lui. 

On  dit  aussi,  Condescemb-c  aux  /c'l^/c■^<ci, 

aiLc  besoins  de  (juclipt''un-,  pour  dire,  Accorder 

quelque  cliosc  ^  SCS  besoins  et  i»  ses  foiiilc^sos. 

/]  faut  nuehpiefvis  condescendre  au  tfout  de  ses 

^  snfans. 

CUNDISCIPU:.  s.  m.  Compagnon  J'ôtude. 


relui  avec  *nii  on  étudie  daus  la  même  classe. 
Il  a  été  mon  cotulisciple, 

CONUITION.  s.  f.  La  nature,  Iclat  et  In 
qualité  d'une  chose  ou  d*ui»c  iicrsonne.  Lu 
L'ondition  tUs  closes  humuines  est  (Vétrc  péris- 
sabUs.  La  condition  des  Princes  les  ohlitje  à 
ylm  de  devoirs  ^wc  Ifs  antres  hommes.  Cette 
marchandise  n'a  pus  les  conditions  quelle  doit 
avoir.  Cela  n^est  pas  de  la  condition  requise. 
Sa  condition  est  malheureuse  dans  les  conjonc- 
tures où  il  se  trouve. 

CosuiTiON ,  signifio  aussi  L'étQt  d'un  liomnic 
considtT^  par  rappoit  à  sa  naissance;  et  en  ce 
sens  on  l'emploie  d'ordinaire  avec  h  préposi- 
tion de.  Etre  de  grande  condition  ,  de  condi- 
tion relevée,  de  médiocre  condition,  d^hçnnctc 
condition j  de  fcussc  condition^  de  condition 
fCrvile.  Il  fuit  trop  de  dépense  pour  su  condi- 
tion. Cela  est  au-dessus  de  sa  condition.  Il  est 
de  condition  à  pouvoT  asytrer  à  cette  Chai-qe. 

On  dit  absoUniicot,  Homme  de  condition, 
pour  dire,  De  naissance.  Il  est  homme  de  con- 
dition. Il  sent  bien  son  homme  de  condition. 

Il  sii;ni6e  encore  I^n  profession,  l'ctal  'ont 
on  est.  C/i<iciifi  doit  vivre  selon  sa  condition. 

Il  se  prend  aussi  pour  Comcslicitc.  Bontu 
condition.  Mauvaise  condition.  Il  est  en  con- 
dition. Il  cherche  condition.  Je  lui  aî  trouve 
condition.  Il  a  change  de  condition.  Ce  valet 
ai  hors  de  condition.  Il  est  dans  une  bonne 
tondilion.  En  ce  dt-roicr  sens  on  le  dît  d'ordi- 
naire absolument. 

Ci>\ni  MON,  .-iiguiûc encore  les  clauses, cïiar- 
p,ttj  obligations,  moyennant  lesquelles  on  fait 
quelque  chose.  Vne  condition  avantageuse. 
Rude  condition.  Douce  ,  onéreuse  ,  fâcheuse 
condition.  Condition  7iéres'<:aire.  Condition  im- 
possible. Accorder  des  conditioiis.  Obtenir  des 
catiditions.  Ils  se  sont  rendus  à  des  conditions 
honorables  ,  (î  des  conditions  raii^onnablea. 
Vous  lui  imposez  une  condition  bien  dure. 
0  est  une  condition  sans  laipicllv  l'acte  n\iu~ 
roit  pus  été  fait.  Les  conditions  de  leur  traité 
iont. .  .  .  Il  y  uvoit  cette  condition.  Cette  con- 
dition étoit  portée  dans  le  contrat  j  dans  le  tes- 
tament ^  dans  la'  capitulation,  .'.pposer  une 
condition  à  un  contrat^  ù  un  marché.  Je  vous 
iti  accordé  cela  à  telle  condition  ^  à  condition 
que.  .  .  . 

On  dit,  Je  vous  ai  vendu  cela  sous  cou/i- 
lioii,  je  mous  l\ii  donné  sous  couditioft,  piur 
dire,  (ju'On  le  garantit  .  et  «ju'on  s'engage  à 
lo  reprendre,  s'il  n'e>i  p:is  l'r  la  <jua!ité  (;u'il 
faut. 

On  dit,  Baptiser  sous  condition,  poi:r  signi- 
fier La  manière  d'administrer  Ir  Haplcjne  à  un 
enfant,  lorsqu'on  ddule  s'il  i  i  lé  laptisc,  s'il 
est  rivant,  ou  lorsque  sa  fii^iire  est  telle  qu'on 
ue  sait  pus  s'il  est  homme, 

Cosuino»  «ine  qud  non.  Formule  latine 
adoptée  dans  le  langage  ,  |>our  signifier  Vue 
condition  dont  rien  ne  peut  dispenser.  C'est  ht 
•ondilion  sine  qud  non. 

CosniTio^i,  si^niflc  ouAsi  Le  parti  av..nt.i- 
geux  ou  d.!*jTsnlftgru\  que  l'on  fait  à  quel- 
qu'un d«D«  une  atfiiiiv.  Bonne  condition.  Cou 


CO!V 

tjuion  m'untageuse.  Je  tous  ferai  votre  coniii- 
(ion  si  bunne,  ijiie...  Dans  relie  aljinre .  votre 
condition  estla  meilleure.  In  mienne  est  la  pire, 
l  est  en  meilleure,  ou  ei  pire  condition. 
On  dit.iju'f.'"  homme  n'est  pas  de  pire  con- 
dition (juun  antre,  jmm'  ilire,  qu'il  csl  en 
droit  de  prétendre  les  iniiincs  choses  que  lui , 
d'élre  traité  aussi  favoraliieineiit  que  lui. 

CONDITIONNÉ,  ÉK.  adj.  Qui  a  les  condi- 
tions requises.  Vnrchandises  bien  conditionnée:, 
niitl  conditionnées.  Des  draps  bien  condition- 
nés. Livres  bien  conditionnés. 

On  dit  fijjurément  et  fr.iiiliirenient ,  d'I.n 
liOiiinie  fort  ivre,  îl  ^."I  bien  conditionné. 

CCNDIIIONNKL,  EIA.K.  adj.  Qui  [unte 
de  certaines  clauses  ou  contlilions,  innvennani 
lesquelles  une  cliosc  se  doit  faire.  Celle  pro- 
messe n'est  pas  piue  et  simple,  elle  est  condi- 
tionnelle. Notre  traite  mi  /loîrccojifrut  csl  cun- 
litionnel. 

CONDITIONXKI.UiMENr.adv.  .Vccrl.iines 
conditions ,  5  la  cliarj;c  de...  Je  rie  vous  ai  pro- 
mis cela^je  ne  nie  sni<  obliati à  cela  nue  condi- 
tionnelleinent.il  fut  institue  iéritier  condition- 
nellcineKl. 

CODITION.VEU.  V.  a.  Donner  à  une 
chose  les  qualités  requises.  Conditionner  un 
iicle,  bien  conditionner  une  étoffe. 

(loNDiriONNÈ.  £e.  participe. 

r.O.\DOI.ÉiJXCE.  s.  f.  Il  n  est  gu,rc  dosage 
qu'en  ces  phrases,  Compliment  de  condoléance, 
lettre  de  condoléance ,  c'cst-.i-dirc,  Compliment 
i|ui  se  fait,  lettre  qui  s'écrit  pour  lénicii^ner  la 
part  qu'on  prend  a  la  douleur  de  quelqu'un. 
Nous  avons  été  lui  faire  nos  complimens  de 
condoléance.  Ton.  sck  amis  lui  ont  écrit  des 
lettres  de  condoléance  siu-  la  mort  de  son  fils. 

CO^ÎDOil.  s.  ni.  Ciseau  du  Pérou ,  le  plus 
grand  des  volatiles,  car  il  a  jiisqu'.i  vingt-cinq 
pieds  d'envergure. 

CO>nOci,Om ,  se  COSDOULOm.  vcrh. 
prori.  Parliciper  à  la  douleur  de  quelqu'un,  té- 
moigner qu'on  prend  part  ,'i  son  déplaisir.  Se 
i-undouloir  avec  ijiiehju'un.  !1  ne  se  met  qu'.'i 
l'infinitif,  et  il  est  vicuv. 

(.ONDUCTEUR.IRICE.  s.  Celui,  celle  qui 
ronduit.  Moïse  était  le  conJucleitr  du  Peuple 
de  Dieu.  Conducteur  de  la  Jeunesse.  Conduc- 
teur du  troupeau.  C'est  un  tel  qui  fait  tout 
dans  cette  Compatjnie.  c'est  le  conducteur  de 
lu  barcjue.  C'c<l  la  Coni'uctrice  de  toutes  ce- 
jeunes  filles. 

On  apiK'Ile  en  Chimrgie,  Conih/clcur,  Im 
instrument  dont  on  se  S' Il  dans  l'opération  de 
la  taille. 

On  appelle  Conrfiicleur,  Un  corps  par  le- 
quel la  matière  électrique  se  dirige  et  se  trans- 
met d'un  pnin;  .'i  un  autiv,  sans  se  disjwrser. 

CONDL'CnOX  s.  f.  L'action  de  i-rendr,-  1 
loyer.  Il  n'est  d'us.ige  qu'au  Palais. 

COM)rin::.  v.a.  Mener,  guider, Lire  aller. 
Il  se  dit  De^  hcnuncs.  ConJui'rc  quelqu'u  i. 
Conduire  un  aeeujle.  Conduire  des  voyaneun. 
Il  prit  des  ijuides  ijui  le  conduisiient. 

Il  se  dit  Des  animaux.  Conduire  des  chevaiLC,  ■ 
conduire  des  mulets,  conduire  un  troupeau. 


CON  28.' 

Il  se  dit  lies  choses  inanimées.  Conduire  des 
vivres ,  conduire  du  vin  ,  des  marchandises. 

On  dit  aussi,  Conduire  l'eau,  pour  dire,  I^ 
faire  aller  d'un  endroit  ii  un  autre  par  des  ri- 
goles, par  des  canaux;  Conduire  une  ligne, 
pour  dire,  La  faire  passer  par  dilTérens  poinu. 
Conduire  lu  mnin  d'un  écolier  ijui  apprend  à 
écrire. 

Il  signifie  aussi,. \  voir  inspection  sur  un  ou- 
vrage, en  avoir  la  direction;  et  en  ce  sens  il  se 
dit  Dcf  ouvrages  matériel.  Conihiire  un  bJtt- 
ment.  Conduire  un  travail.  Conduire  une Irun- 
elice.  Conduire  un  ctivruqr. 

Il  se  ilit  aussi  Des  choses  morales  et  des  ou- 
vrages d'espriL  Conrhiire  un  dessein, une  entre 
}>ru-.e,  une  intrigue,  [l  a  bien  conduit  ou  m:d 
conduit  cette  u'ji'ii/c. 

On  dit,  Coiirîuii-e  quelijue  chose,  conduire 
un  ouvrage  à  sa  jïcr/ècl ion,  pour  dire,  Le 
rendre  parfait,  accompli,  y  mettre  la  dernière 
main. 

Co.VDUiBE,  signifie  aussi,  Commander  et 
servir  de  Chef,  régir,  gouverner.  Conduire 
une  armée, une  jlotte,un  vaisseau,  une  barque. 
Moise  conduisit  le  Peuple  d'Israël  Ce  Général 
sait  bien  conduire  une  armée.  Conduire  des 
troupes.  Conduire  l'avant-garde.  Conduire  l'ar- 
riére ban.  Conduiri  des  ouvriers.  Ce  père  con- 
duit bien  sa  famille.  Conduire  une  maison. 
Son  Maître  à  éct  ire  lui  conduit  la  main.  Con- 
duire une  horloge.  Conduire  un  chariot.  Il  a 
bien  conduit  sa  fortune.  Couduirela  conscience 
de  quelqu'un.  Condiiiic  quelqu'un  daus  sd«  a'' 
faires.  C'est  un  lA  qui  le  conduit.  Ce  peuple  In 
est  dillicile  à  conduire. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel.  Se 
eonduii-e:  et  il  signifie,  Se  comporter.  Il  se 
conduit  bien.  Il  se  conduit  mal.  Il  sait  bien  se 
conduire.  Cette  jemnie  s'est  toujours  bien  <;oii- 
duife. 

Un  (lit  jjroverbiairm.  et  figurJm.,  Conduire 
bien  sa  barque,  pour  dire.  Conduire  bien  tes 
allàires,  sa  fortune. 

CoDuiiiK,  signifie  aussi,  Accompagner  quel- 
qu'un par  honneur,  par  civilité,  par  occasion, 
ou  pour  silreté.  Cet  Àmbassadew  fut  conduit 
Il  l'Audience  par  un  tel  Prince,  par  un  Maré- 
chal de  France.  J'ai  affaiie  en  ces  quartiers-là, 
je  vous  y  conduirai,  je  vous  conduirai  jusque- 
là.  Il  avait  peur  de  ses  ennemis ,  il  se  fit  con- 
duire. Se  laisser  conduire.  Ces  valets  vous 
conduiront.  H  est  allé  condute  une  voiture 
d'argent.  Conduire  un  convoi- 

Co?«DLinE.  se  dit  encore'  De  l.i  raison  et  des 
liassions  personnifiévs.  La  rais.tt  le  conduit. 
Ses  passions  le  conduisent .  Il  se  laisse.conduii'e 
par  son  intérêt. 

CosoiiT, iTE. parlicipt.  Vnepiécc de thidlre, 
une  intrique  bien  conduite. 

CONDUIT,  s.  m.  luyau,  canal  par  lequel 
coule  el  passe  quelque  chose  de  liquide,  de 
lluidc,  de  l'eau,  de  l'air,  etc.  Conduil  «ouler- 
ruin.  Conduit  de  pierre  ou  de  plmib.  Leconduit 
d'une  lontaine.Conduit  d'eau.  Faire  un  conduit. 
Faire  passer  par  un  conduit.  Boucher  un  con- 
duit. Ces  eaux  se  déchargent  ou  m  partent  par 


»8(i 


CON 


vu  tel  t'Oiif?uit.  Lt^  conduits  par  où  la  hilc  se. 
tiêvharqe.  Les  conduits  de  Vuritie.  Il  a  la  cnu- 
diiits  bouchés,  obstrués,  les  ron^ïiiits  resserres. 
Vn  tel  médicament  resserre,  ouirc  les  conduits. 

CO-NOUITK.  s.  f.  Action  de  conduira,  dt? 
■icnrr,  de  guider  quelqu'un,  fjre  cluircfc  de  la 
œnduite  d'un  (H'eiu/lc,  de  la  conduite  d'un 
rtinvoi.  La  œnduite  d'un  troupeau. 

On  dit,  qn'Vn  tel  est  chanjé  de  la  conduite 
d'un  Ambassadeur,  Quand  il  est  cliarj;*-  de 
l'aller  recevoir  sur  la  froniit'-tc,  ou  dr  l'y  recon- 
duire, en  lui  faisant  fournir  sur  la  route  les 
Toitures  et  les  vi\Tes  néressaircs. 

Il  se  dit  aussi  De  rcxccutJon,  de  la  direction 
Hun  ouvrage,  d'un  projet.  La  ron(îui(c  d'un 
Poëme  dramatique,  d'un  Poemc  épique.  Avoir 
Il  conduite  d'un  bâtiment,  d\in  travail,  d'une 
tranchée.  Avoir  la  conduite  d'une  horhxje. 
prendre  la  conduite  d'une  entreprise.  Se  charcjer 
de  la  conduite  d'une  afpiire,  d'un  procès. 

Conduite,  se  dit  aussi  Du  commandement 
iur  les  peuples,  et  du  Gouvernement ,  soit  po 
liliquc,  soit  niililaire,  soit  ccclcMastlque.  FArc 
(harqé  de  la  conduite  d'un  fjrand  htat.  Avoir 
la  conduite  d'une  armée,  d'un  rcçjimcnt.  Etre 
iliarqé  de  la  conduite  d*un  Diocèse^  d'une 
Paroisse,  de  la  conduite  des  âmes. 

U  se  dit  aussi  De  l'inspection  qu'on  a  sur  les 
mœurs,  sur  les  actions  de  quelqu'un.  Etre 
charqé  de  la  conduite  d\in  jeune  Prince,  d'un 
■jeune  SeinT}eur.  Prendre  la  conduite  d'un  jeune 
homme  f  en  abandonner  la  conduite.  Ce  jeune 
}iomme  est  sous  ma  conduite. 

CowDCiTE,  sedit  aussi  De  la  manière  d';igir, 
do  la  façon  dont  chacun  se  gouverne.  Bonne 
conduite,  mauvaise  conduite,  sage  conduite. 
Conduite  imprudente.  Conduite  équivoque.  Con- 
duite déplacée.  Conduite  dèploruble.  On  ne 
comprend  rien  à  sa  conduite.  Bldmer  la  con- 
duite de  quelqu'un.  On  ne  peut  rien  trouver  ù 
1  edire  à  su  conduite.  La  confîuitcde  rctft'|ernnic 
(j  toujours  été  saqe.  C^est  à  vous  à  répondre  de 
sa  conduite. 

i  >n  dit,  qu'f/«  hommea  de  la  conduite,  pour 
dire,  qu'il  a  une  conduite  sage  cl  prudente;  et 
au  contraire .  qu'f/n  homme  n\z  point  de  ro«- 
duile,  qu'il  na  nulle  conduite,  que  c'est  un 
homme  sans  conduite,  qu'il  manque  de  cori* 
duite,  pour  dire,  que  C'est  un  inqiruHent ,  que 
c  est  un  liomnic  qui  se  gouverne  tr-Js-imprudcm- 
ment  en  toutes  clioses. 

Conduite,  en  parlant  Des  eaux,  »c  dit 
JlJnc  suite  de  tuyaux  ou  d'aqueducs,  qui 
portent  d'un  lieu  à  un  autre  les  eaux  d'une  fon- 
taine, d'un  étang,  elc.  Ccffc  conduite  a  coûté 
btaucoup  d'arqenl.  Cette  conduite  est  de  deux 
ee/its  loues. 

CONDVLE.  s.  m.  Terme  d'Anatomie,  qui 
se  dit  en  général  De  toutes  les  c'mincnces  dcîi 
articulations.  />cj  Condyles  du  fimur.  Les  Con 
dy\et  du  tibia  ^  etc. 

CO>'DYIJ_)MK.  s.  m.  Excroissimce  de  cliaii, 
Il  te  dit  particulièrement  De  celles  qui  pio 
Tiennent  du  virus  vénérien. 

CONK.  s.  ni.  Terme  de  M.iïIi(*nintJ'pie.  Py- 
xumde  ronde,  corps  solide,  dont  U  byc  «M 


C  O  N 

iMi   rrriJe ,   et  qui  se  lennitic   en  pointe.  Les 
vains  de  sucre  sont  faits  en  cône. 

On  appelle  Conc  droit,  Celui  dont  l'axe  csl  ^ 
perpendiculaire  ii   In   base;  et  C6ne  oblique, 
V.eUù  dont  l'axe  est  oblique  sur  la  base. 

CÛNK.  ï.cs  Botanistes  enq)runt<i;t  ee  terme 
de  la  Géométrie,  pour  défuiir  rciiainos  parties 
des  plantes  qui  ont  la  figure  d'un  lône  ;  et  pai 
cette  raison,  ce  mot  est  parlicullèrenieut  con- 
sacré aux  fruits  lies  pins,  des  sapins,  etc.  qui 
sont  appelés  Arbres  conilères. 

Cô\E.  «.  ni.  Moule  de  fer  fondii,  de  forme 
conique,  dans  lequel  oo  verse  les  métaux  fon- 
dus, pour  séparer  la  partie  métallique  de.s  sco- 
ries. 

COFAlîUr.A'nON.  s.  f.  Entretien  fami- 
lier. Il  ne  se  dit  qu'on  plaisanterie.  Ils  ctoienl 
en  confahulation. 

CO^TAIîULER.  V.  n.  S'entretenir  familié- 
renient.  Il  n'est  eu  usage  que  dans  la  conversa- 
tion familière,  et  ne  se  dit  qu'en  plaisanterie. 
Ils  confabuUuent  ensemble. 

COiNFECTION.'  s.  f.  (Certaine  composition 
faite  de  plusieurs  drogues,  pour  servir  de  médica 
ment.  Bonne  conjection  chimique.  Conjcction 
d'hyacinthe.  Conjection  d'allicrmès.  Faire  unû 
conjection.  Mettre,  dissoudre  quelque  drogui 
dans  une  conjection.  Cette  conjection  est  com- 
posée de. . . . 

On  dit  en  termes  de  riiitiquc.  La  conj'cc^ 
lion  d'un  papier  terrier,  la  confection  d'un  in- 
ventaire, pour  dire.  L'action  de  faire,  de  com- 
poser un  papier  terrier,  un  inventaire.  Tni- 
raïUer  à  la  cou  jcction  d'un  papier  terrier.  Aprè$ 
ia  confection  de  Vtnventaire. 

Ou  dit  tiussi ,  La  confection  d'un  canal, 
ï/'iin  biitiment,  d'un  chemin,  etc. 

Confection,  se  pnnd  aussi  pour  Aclicve- 
nicnt.  Jusqu^à  parfaite  et  entière  confection. 

CONFËDÊRA TIF,  IVE.  adj.  Qui  concerne 
une  alliance  entre  des  Etats,  une  ligue  entrfl 
1er.  mécontens  d'un  Etat.  Un  traité  confèdéra- 
tif.  Vue  forme  de  Gouvernement  confedérative. 

C0>'FÉDÉRATIU>.  s.  f.  I.igue.  nlliance. 
Confédération  bonne ,  ferme ,  stable.  Se  joindre, 
s'unir  par  confedérulion.  Il  y  a  confédération 
ertre  ces  deux  Etats,  entic  ces  deux  Itots.  Re- 
nouveler une  eonj'edcriition.  Entrer  en  confé- 
d('ri.tion.  Ce  Prince  étoit  de  la  confédéral  ton. 
Ils  étoient  dans  la  confédération.  Traité  de 
ccTi fédération.  Ob.^erver  les  articles  d'une  con- 
fédérutior. 

U  se  dit  aussi  Des  ligues  que  font  entre  euxj 
dans  quelques  Ivtnts,  les  Sujets  mécontens.  La 
dernière  confédération  de  Varmée  de  Lithuanie. 

CONFÊDICRÉ,  ÈE.  adj.  Allié,  joint  par 
traité  d'alliance  avec  quelqu'un.  Leskoyaumcs. 
les  Rois  .  les  Princes  conj'èdérés.  Les  Nations 
confédérées. 

Il  est  auisi  substantif  plur.  5t'Courir,  assis- 
ta' ses  confédérés.  Abandonner  ses  confédérés. 
CONFÉDivRER,  se  C(  (NFÉDERER.  v. 
pronom.  Se  liguer  cnsend>le.  Se  confcdétet 
avec  quelqu'un.  Ils  se  confedérèrcnt.  L'armée 
de  Pologne  se  confedéra. 

CONFÉRENCE,  s.  f,  La  cofiïparaisoii  que 


CON 

l'on  fait  de  deux  clioscs,  pour  voir  en  quoi  cl!e« 
conviennent,  et  en  quoi  elles  dificrent.  La  cm- 
férence  des  Ordonnances ,  des  Coutumes.  Con- 
férence des  temps,  etc.  Conférence  des  tcxtu. 
Conférence  des  passages. 

Il  signifie  encore  L'entretien  que  deux  ou 
plusieurs  personnes  ont  ensemble  sur  quclqur 
aflàirc  ou  matière  sérieuse.  Grande,  docte  con- 
férence. Ils  eurent  de  longues  conférences  en- 
semble. iVoucr  une  conférence.  Tenir  confé- 
rence. Entrer  en  conférence  avec  quelqu'un. 
La  conférence  jut  assignée  à  un  tel  jour.  L« 
conférences  pour  la  paijc.  Les  conférences  pour 
les  limites.  Se  rendre,  se  trouver  à  une  confé- 
rence. La  conférence  fut  rompue,  jut  renouét 
Des  conférences  Académiques. 

CONFERER.  V.  a.  Comparer  deux  el)0»e« 
pour  juger  en  quoi  elles  couvit-nnent ,  et  en 
quoi  elles  différent.  Il  se  dit  particulièrement 
Des  Lois,  Ordonnances,  Coutumes,  matière» 
de  Littérature,  Arts  libéraux,  elc.  Conférer  le* 
Lois  Grecques  avec  les  Lots  Romaines.  Confé- 
rer les  Ordonnances.  Conférer  les  Coutumes. 
Conférer  un  yluteur  ai-ec  un  autre.  Conférer 
des  passages.  Conférer  les  temps.  Conférer  ict 
Chionologistes.  Confàrer  deux  manuscrite. 

(U>NFÈnEn  signifie  aussi,  Donner,  accordci. 
Conférer  des  honneurs ^  des  digniles,  des  char 
qcs,  des  grâces.  Plus  les  Princos  ont  de  qr^cci 
à  conférer,  plus  ils  sont  puissans. 

On  dit  ,  Conférer  un  Bénéfice,  pour  dire, 
Pourvoir  à  un  Bénéfice  vacant.  Conférer  -iui  /a 
nomination  d'un  Patron  hcrlri-iastique .  d  u» 
Patron  Laïque.  Conférer  de  plein  droit.  Il  a  k 
droit  de  conférer  tels  Bénéfices. 

On  dit  aussi  dons  les  choses  saintes  :  Confé- 
rer les  Ordres  sacrés.  Les  Sao'emens  confacnt 
la  grâce.  Dieu  confère  la  grdce. 

CoNF^-nER  ,  est  aussi  neutre,  et  signifie  . 
Parler  ensemble,  raisonner  de  quelque  affaire, 
tie  quelque  point  de  Doctrine.  Aou$  avons  :^ou- 
vent  conféré  ensemble.  L*  a  ff  lire  est  importante. 
elle  mérite  que  nous  en  conférions  à  lois'i.  il 
en  a  conféré  avec  un  tel.  Les  Ambassadeurs 
confèrent  sur  la  Paix.  Ils  ont  conféré  de  Unr^ 
afjitires  communes. 

Conféré  ,  ée.  partîripe. 

CONFESSE,  s.  La  confcsaion  qu'on  Piil  m 
Pr^lie.  U  n'a  ni  genre,  ni  article,  et  ne  «  me* 
jani.iis  qu'avec  queKpies  verbes,  comme  ccux- 
ri  ;  Aller  à  confesse.  Etre  à  confesse.  Retoumtr 
à  confesse.  Il  incnt  de  confesse.  Il  va  àconfçpte 
il  uti  tel  Prêtre. 

CONFESSER,  verb.  act.  Avouer,  demeurer 
d'accord.  Conj'esser  la  vé'  ité.  Confessez  ce  qai 
en  est.  Il  est  vrai,  je  le  con  .sse.  Il  a  confcsK 
sa  faute,  son  crime.  On  l'a  appliqué  à  la  ques- 
tion, il  n'a  rien  conjessé,  il  a  tout  confctfé. 
Il  confesse  qu'il  e.'it  vaincu.  Il  se  confine 
vaincu.  Je  soussigné  recotinois,  et  confesse 
(ii'oir,  etc.  Je  vous  confesse  que  fai  tort.  J'm 
tort .  je  V0U5  le  confe-^se 

Ou  dit  figurénienl  il  f.unilièrement .  qu'l/u 
/  omme  conjcsse  la  detle,  pour  dire,  qu'il  con- 
fesse qu'il  a  tort. 

On  dit  proTcrbinleiM  u! ,  qiir.  Quel(pt\n  st 


eanftut  an  renard,  pour  dire.  quTl  dit  ses  sf- 
«reus  i  un  honunc  plus  lin  que  lui ,  qui  en  ti- 
rera avant.ii;c. 

On  dil.  Cunfcsser  Jtsos- Christ,  confesser 
la  Foi  de  Jesis-Cbwst,  pour  dire,  Avouri 
qiic  l'on  csl  Clin!tien,£iire  profession  puLliijue 
de  U  Foi  de  JÉsis-Cnnisr,  jus|u'i  sViposer 
ju\  persécution».  Confesser  Je  cirur  et  de  bou- 
che, de  c.eur  comme  de  hcuche. 

(.'o^FES5En .  signifie  aussi,  Dt'cbrcr  stts  pc- 
ciiéâ,  soit  au  Prêtre  lians  le  Sacrement  de  Pé- 
uitunce,  soit  ^  Dieu  seul  dans  quelque  prière 
particulière.  Confessa'  ses  péchés.  Confessa-  ses 
fjutes. 

On  dit  aussi  :  5e  Confesser  à  Dieu.  Se  Con- 
fesser à  un  Prêtre.  Il  faut  se  confesser  au 
tnoitu  une  fois  Van.  Vous  avez  fait  telle  chose, 
vous  en  êtes  vous  confessé? 

Lorsque  l'on  dit  simplement.  Se  confesser. 
cela  s'entend  toujours  De  la  Confession  sacra- 
fueutelle  que  l'on  fait  au  Prêtre. 

Co?ii'EssKiï ,  signifie  aussi,  Ouïr  un  p<înilent 
BQ  cunfcssiou  ;  ft  en  ce  sens  il  est  toujours  ac- 
tif. Le  Prêtre  qui  l'a  confessé.  Un  Prêtre  (jui 
confesse  un  grand  nombre  de  pénitens.  Vn 
Prêtre  qui  con/esse  bien.  Vn  Prêtre  qui  ne 
f?Qji/ejse  point ,  qui  n'a  pas  les  pouvoirs  pow 
confesser. 

CosiTCSSï,  ix.  participe. 

On  dit,  qu't'rie  ^iile  confessée  est  à  demi 
pardonnée  .  jKiitr  dire  ,  quTne  faute  qn'on 
avoue  en  devient  plus  pardonnable. 

On  dit  aussi.  qu*6"n  homme  est  n:ort  bien 
confessé,  pour  dire ,  qu'il  n'est  mort  <ja 'après 
s'être  liien  ct^nfcsso,  et  avoir  donné  toutes  les 
inanjucs  d'un  bon  Chrétiecu 

CONFESSEUR,  s.  inasc.  Dans  l'usage  de  la 
|irizuitiv-e  Eglise,  c'ctoit  Celuiqui  aroitconfcss''- 
'dostainmcut  la  Foi  de  JÉstîs-CHnisT  jus'|u"ù 
fouflrir  les  lourmens  sans  mourir.  Depuis ,  l'É- 
glise a  honore  de  ce  nom  tous  les  Saints  qui 
u'oot  point  été  Martyrs,  ha  Fête  d'un  Confes- 
seur. Ct  n'est  pas  un  Mortel- ,  c'est  un  Con- 
feiteur. 

CosFE«»Em,  se  dit  aussi  Du  Pri'tre  qui  a 
poUToir  d'ouir  en  Confession ,  et  d'absoudre. 
Bon  y  discret ,  sage  Confesseur.  Confesseur  ap- 
proui*.  Sévère  Confesseur.  Confesseur  doux, 
indulgent.  Vn  tel  est  son  Confrs.eur.  Le  Con- 
fesseur XuntCommunautède  Religieuses.  Dire 
ses  péchés  à  un  Confsseir.  Se  jeter  aux  pieds 
i'un  Confesseur.  Le  Confsseur  lui  a  imposé 
■ne  telle  pénitence. 

CONFESSION,  s.  f.  .Atcu,  déclaration  que 
I  on  fait  de  quelque  chose.  Confession  sincère. 
franche  ,  l'ni^énue.  Confrssion  forcée  ,  exlor- 
quie.  t'oui  demeurei  d'accord  par  votre  propre 
confemon  que. Désirez-vous  une  plus  am- 
ple, u  ne  plus  entière ,  plus  franche ,  plus  expresst 
tonftts'ion ,' 

La  conf.sàon  d'un  criminel,  est  Ce  qu'il 
roLfe&s"  dcrjiit  le  juge. 

On  du  eu  lunnes  de  Droit,  Diviser  la  Con- 
fctiion,  pour  dire,  l*reo<ltc  une  partie  df  ce 
qu'un  Iiomme  confesse,  el  rejeter  l'antje. 

CoSr£u:ua  de  Foi,  Docl  ration,  ripo!4lion 


CON 

faite  de  Louche  ou  par  ccril ,  de  la  fol  que  l'on 
professe.  La  coti](Uiûn  de  foi  de  telles  Eqltscs.  ,  ' 
En  mourant  il  fit  sa  confession  dt  foi. 

En  ce  sens  on  dil  quelquefois  Confession 
iihsolument,  sans  ajouter  de  foi.  La  Confes- 
sion d'Aushour.j.  La  Confession  des  Ealtses 
Réformées. 

CoSFEssioN,  se  (lit  aussi  De  U  déclaration 
que  le  pénitent  fjil  de  sis  pëclies,  soit  publi- 
quement, soil  .'i  un  Prêtre,  soit  k  Dieu  seul. 
Confession  publique.  Confession  sacramcntule 
ou  sacrantcnlcUc.  Confession  Jiiricu/dirc,  Faire 
sa  confession  à  Dieu  seul.  Faire  sa  confession 
BU  Prêtre.  Faire  une  bonne  confession^  une 
coujessiou  gcntrale.  Si  la  confession  n'e.4  en- 
fière,  elle  est  nulle.  Confession  sacrilège.  Ouïr, 
entendre  en  confession,  dans  le  Tribunal  de  la 
concession.  Le  sceau  de  la  confession.  Le  sctrel 
de  la  confession.  Réx-èler  la  confession.  ïl  y  a 
matière  de  confession  j  à  confession.  Le  Tribu- 
nal de  la  confession. 

On  dit,  Confier  quelque  chose  à  quelqu'un 
sous  le  sceau  de  la  confession,  pour  dire,  A 
condition  qu'on  gardera  le  secret  inviola- 
blâment. 

CONFESSIONNAL,  s.  m.  Siège,  sur  lequel 
le  Prêtre  se  met  pour  entendre  en  confea^ion 
les  pénitens  qui  sont  à  genoux  aux  deux  eûtes, 
sur  deux  espèces  de  pne-Dieu.  Il  sortoit  du 
Confessionnal.  On  a  fait  plusieuis  Confession- 
naux en  cette  Eglise. 

CONFIANCE,  s. f.Espérdnce  ferme  en  quel 
îu'ui. ,  en  quelque  chose.  Avoir  confiance, 
prendi'e  confiance,  une  i^rande  confiance^  une 
ferme  confiance,  une  exUéme  confiance  en 
quelqu'un.  Mettre  sa  confiance  en  Dieu.  J^at 
grande  confiance  en  vous,  en  votre  secours. 
Sotte  confiance.  Aveugle  confiance.  Entière 
confiance.  Vaine  confiance.  Mettre  sa  confiance 
dans  les  richesses.  MetlJ'e  sa  confiance  en  soi- 
même,  en  ses  propres  forces. 

Confiance  ,  se  dit  aussi  De  l'assuranoe  qu'on 
prend  sur  la  probité ,  sur  la  discrétion  de  quel- 
qu'un; et  dans  ce  sens  on  dil  aussi-bien  que 
dans  le  premier  sens  :  Prendre  confiance  en 
tjuelqu'un.  Lui  parler  avec  confiance.  Il  a  abuse 
de  la  confiance  qu*on  avoit  en  lui. 

On  dit,  qa't/n  homme  a  la  confiance  du 
Prince,  pour  tiire,  que  Le  Priuce  se  coa£e  en- 
lièrenieut  en  lui;  el.  Donner  sa  confiance  a 
quelqu'un,,  placer  mal  sa  confiance,  pour  dire, 
Se  con6er  à  quelqu'un ,  se  conlier  à  un  liomnic 
indiï^ne  de  la  confiance  qu'on  a  en  lui. 

On  appelle  Homme  de  confiance.,  L'homni  : 
qu'on  emploie  ordinairement  dans  les  afDiirci 
les  plus  délicates  et  les  plus  secrèics.  C'est  son 
homme  de  confiance.  On  dit  aussi,  Vne  per- 
sonne de  confiance,  pour  dire,  Une  perM>unL; 
en  qui  on  se  conûe.  Envo>'fr  une  personne  ..'*: 
.confiance.  Faire  parler  de  quelque  affaire  p'iT 
une  personne  de  confiance. 

Cos>iA5CE,  se  prend  auisi  quelquefois  pour 
Cnc  liberté  lionncle  qu'où  prend  en  certaines 
occasions.  Aboider  quelqu'un  avec  confiance. 

l\  se  preuH  encore  piiur  Sécurité,  hardies**'. 
Parler  en  pnhUr  avec    une   grande  confiance. 


CON  .87 

Aller  au  combat  avec  confiance. Se  piTsentei-  au 
péril  avec  confiance. 

Confiance,  s'emploie  aussi  quelquefois  poiu 
Présomption;  et  en  ce  sens  on  dit,  qut  « 
homme  a  des  airs  de  confiance,  que  c*csf  u» 
homme  plein  de  confiance,  pour  dire,  qu'il 
marque  de  la  présomption. 

CONFUNT,  ANTE.  adj.  Disposé  i  Is  corv- 
fiance.  Cet  homme  n'est  pas  assez  confiant.  L'n 
caractère  confiant. 

Il  signifie  aussi  Présomptueux.  C'est  un 
homme  bien  confiant.  Il  a  lair  confiant. 

COMIDEM.MEM.  adv.  En  confidence.  Je 
vous  di:i  cela  confidemment. 

CONFIDENCE,  s.  f.  La  part  qu'on  donne 
PU  qn'on  reçoit  d'un  secret.  Faire  confidciue 
de  quelque  chose  à  quelqu'un.  Il  m'a  fait  cuti- 
fdence  de  son  dessein.  Etre  bien  avant  dans 
la  confidence,  entrer  dans  la  confidence  de 
quelqu'un.  Parler  en  confidence.  Traiter  en  con- 
fidence. 

On  dit,  Fdire  une  fausse  confidence  à  quel- 
qu'un^ pour  dire,  Lui  dire  en  secret  quel<jue 
diosc  de  faux,  dans  le  desseiu  de  le  tromper. 

Confidence,  siguifie  aus«i,  Une  conventiou 
secr.'te  et  illicite,  par  laquelle  un  homme  donne 
un  Bénéfice  à  un  autre,  à  la  charge  qu'il  lui  ru 
ilonnera,  ou  qu'il  lui  en  laissera  la  disposilioH 
DU  le  revenu.  Tenir  un  Bénéfice  en  confidence, 
pflr  confidence. 

CONFIDENT,  ENTE.  s.  Celui,  celle  à  .jui 
l'on  confie  ses  plus  secrètes  pen'»<-t'S.  C'est  ï*'Ii 
tonjident.  C'at  sa  confidente  Jl  ètcit  le  H'/i- 
^dent  de  toute  Vintrique.  Il  fut  tj'ahi  par  ton 
confident.  Confident  discret.  Sa  pliu  cher' 
confidente. 

On  appelle  aa  Théâtre ,  Confident ,  Confi- 
dente, Certains  personnages  subalternes  daa* 
les  Tragédies,  auxquels  le  Poêle  donne  plus  ou 
moins  de  part  à  l'action  et  au  dialogue,  et  qui 
communément  sont  changés  des  récits.  Cora.<- 
min  e>t  un  Confident  dans  la  Tragédie  de 
Zaïre,  Céphîse  une  Confidente  dans  la  Tragé- 
die d'Andromaque.  Les  rôles  de  Confident  et 
de  Confidentes  forment  un  emploi  à  part.  In 
tel  joue  Us  Confidens,  etc. 

Les  mois  de  Confident  et  de  Confidente 
^'emploient  quelquefois  figurément  dans  tle:> 
vers  de  galanterie,  en  parlant  Des  rochers,  des 
bui^,  etc. 

CONFIDENTIAIRE.  s.  m.  Qui  lient  un  Ké 
néficc  par  confideuci-.  C'est  un  confidentiaire. 
H  a  été  déclaré  confidentiaire. 

CONFIDENTIEL,  ELLE.  adj.  Terme  de 
Négociation,  qui  signifie  Tout  ce  qui  se  dil  e« 
confidence ,  par  opposilinn  h  une  dcclaiatioii 
niinislcrielle. 

CONFIDEVnW. LEVENT,  adr.  D'une  rat- 
uiêrc  confidentielle  ,  en  confidence.  Cela  ni'« 
été'  dit  confidentiellement ,  et  non  pas  o/Jiciefc- 
mcnL 

CONFII'R.  T.  a.  Commettre  quelque  clioae 
^  la  fidélitt:  et  au  soin  de  i|uel(|u'uD.  Confier 
un  dépôt.  Cofyfier  un  .teci'Ct  û  un  ami.  Je  vpiu 
ai  confié  ce  nue  favo:$  de  plus  précieux  ei  de 
plus  cher.  Le  Roi  lui  a  confié  l'utimiitiiUatiun 


aîj» 


CON 


Je  In  J«5(ire,  (?c>-  Finances.  Confier  une  Place, 
la  ^fense  tVittic  Place,  le  qouvernement  d^uite 
Provitice.  Conj'ter  l'éducation,  la  conduite,  ht 
personne  d'un  jeune  Prince  à  un  saqe  (îon 
verneur.  Elle  a  confié  sa  j'tUe  à  utie  de  sc^ 
tttniei. 

II  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel , 
et  signifie.  S'assurer,  prendre  condnncc.  Je  me 
confie  en  la  Prm'idence  de  Dieu.  Il  i'est  conjié 
en  ies  amis.  Se  confier  en  soiniême.  Se  confier 
en  ses  forces. 

CosriÉ,  ÉE.  p.iriicipe. 

CONFIGURA IIOX.  s.  f.  Forme extërieure, 
ou  surface  qui  borne  les  coips,  et  leur  donne 
une  liyure  parliculitre.  La  diffirente  confiqu- 
ration  deS  corps.  Lu  </i\'erse  configuration  des 
pard'ej. 

H  s'emploie  surtout  en  Physique  et  en  Clii- 
>nie  ,  en  parlant  Oes  parties  ténues  et  insen- 
sibles, qui  échappent  à  la  vue.  La  confiqura- 
iion  des  cristaux  salins. 

CONFIGURER,  v.  a.  Figurer  l'ensemble. 

CosFiccnÉ ,  ie.  participe. 

CONFINER.  V.  n.  Toucher  aux  confins  d'un 
pays,  d'une  terre,  etc.  La  France  confine  avec 
VF.spaqne.  Les  terres  confinent  à  la  forêt. 

Il  est  aussi  actif,  et  signifie.  Reléguer  dans 
un  certain  lieu.  On  l'a  Cunjiné  dans  une  lie. 
On  Va  conjiné  dans  un  Monastère. 

On  dit,  Se  confiner  dans  sa  Proinnce,  dans 
une  soHtude,  pour  dire,  S'y  retirer  volontaire- 
ment 

^oxriNÉ,  f.E.  participe 

CONFINS,  s.  m.  pi.  Les  limites,  le^;  '^xtré- 
init^d'nn  Pays.  Sur  les  confus  du  hoyaume, 
de  la  Province.  Réqhr  les  confus  d'un  F.lat. 
Les  confus  d'un  Diocèse.  Les  confins  d'une 
Juridiction. 

CONFIRE.  V.  a.  Je  coiifs.,  lu  coups,  il  con- 
pt  ;  nous  confsons ,  vous  confisez,  ils  confi- 
sent. Je  confsois.  Je  confs.  J'ai  conft.  Je 
confirai.  Confis.  Qu'il  confise.  Assaisonner  et 
fjire  cuire  des  fruits,  des  fleurs  ou  des  le'- 
gumes ,  et  les  faire  tremper  dans  certain  suc , 
dans  certaine  liqueur  ,  qui  pénètre  tont-h-fait 
la  substance  et  qui  s'y  incorpore.  Confre  ait 
sucre,  au  miel,  à  l'eau-de-vie.  Confre  au  vin 
doux  .^  au  vin  cuit.  Confre  au  caramel.  Con- 
fire au  sel  et  au  vinaicjre.  Confre  des  ahricots, 
des  es'iscs,  des  coins,  du  verjus,  de  Vécorcc 
d'orange,  de  citron,  etc.  Confre  des  concom- 
hres,  du  vourpier,  de  la  perce-pierre  ,  de  la 
scorsonère. 

CoNriT,  ITK.  participe. 

<>n  dit  De  certains  fruits,  qu7/.^  sont  confts 
sur  Varhre,  Quand  ils  sout  extrêmement  mûrs 
et  cuits  par  le  soleil. 

On  dit  aussi  fi(;urément  et  familièrement  , 
qu't'nc  pcr.otine  est  toute  conlilc  en  dévotion, 
pour  dire,  qn'Elle  est  dans  les  grandes  Pra- 
liqiu'.s  de  ta  dévotion . 

CO.NFIRMATIF,  IVE.  adj.  Qui  confirme. 
L'Arrél  confrmatif  de  la  Sentence.  Lettres 
Patentes  confirmallves  d'un  Privilège. 

CONFIRMATION,  s.  f.  Ce  qui  n^nd  une 
chose  ferme  et  stable.  La  conOrmat'ion  d'uru 


CON 

Sentence,  iVun  Jrn-t.  Ohlenir  Hes  J.cîtres  rie 
confirmation.  "Payer  le  droit  de  confirmation. 
Confirmation  de  privilèges,  de  droits,  de  pré^ 
roqative^,  d*honoraircs .  etc. 


CON 


Il  se  dit  aussi  De  la  nouvelle  ei  ])lus  expresse 
assurance  d'une  chose  qui  avoit  déjîi  été  débi- 
tée pour  vraie.  Eiilièrc  con^iniuilion.  Pour 
plus  grande  confrmation.  La  confrmation 
d'une  nouvelle,  La  confirmation  d'une  pro- 
messe. On  m'a  dit  telle  chose,  j'en  ai  eu  la 
confirmation  de  tel  endroit,  j'en  ai  reçu  la 
confrmation.  Le  courrier  en  a  apporté, on  en 
attend  la  confrmation.  Cela  a  hesuin  de  con- 
frmation, mérite  co?ifrmation. 

En  termes  de  R!jétoric,-ue,  /  •  contirmatton 
i'st  Cette  parue  du  discocus  iratoire  qti  suit  la 
narration,  et  par  laqaeuo  ou  prouve  ce  qiiç 
l'on  avoit  avancé. 

CoSFiiiM\Jio>.  Un  des  sept  Sacreniens  do 
l'Efjlise,  par  leq'iel  les  Chrétiens  sont  confirmés 
dans  la  giàce  reçue  pu  Baplcme.  Le  Sacrement 
de  Confrnuition,  L'Evéque  seiilpeut  donner  l. 
Confrmation.  Recevoir  la  Confnr.aiwr>. 

CONFIRW.R.  V.  a.  Rendre  plus  ferme, 
plus  stable,  afleimir  davantage.  Cela  m'a  fort 
confrmé  dans  mon  opinion,  dans  la  croyance 
fjue  y  avais.  Ce  miracle  le  confirma  dans  la  Foi 
Chrétienne,  Il  fut  confrmé  dans  son  dessein 
pur  une  telle  rencontre,  par  l'exhortation  d'un 
tel.  Sa  santé  se  confrmé  de  jour  en  jour.  Cette 
expression  vieillit  dans  --edernîjrsens.  AuPhy- 
siquc,  on  dit  Aj%rmir .,  et  i.  -j  pas  Conprme- 
Ce  terrain  s'affermit 

II  se  »li:  â  j.Tu  près  Uans  le  même  s-*ns,  en 
parlant  Des  droits,  privilèges  et  concessions 
que  les  Etats,  Princes  et  Seigneurs  continuenl 
a  leurs  Sujets  par  de  nouvelles  Lettres.  Le  Pape 
a  confirmé  le<  privilèges  de  ces  Religieux,  Lt 
Roi  a  cunfrnié  les  droits  et  les  privilèges  de 
cette  "Ville,  de  cette  Coinwunautè,  Le  Roi  les 
a  confrmé^  dans  leurs  droits  et  pi-èrogative^ 
par  ses  Lettres  Patentes. 

CoNnn-MEn .  sig?nfie  ,  Donner  des  assurances 
nouvelles  et  plus  expresses  d'une  chose  qui  avoil 
déjà  clé  débitée  pour  vraie.  J'avais  déjà  oui 
dire  cela, ori  vient  de  me  le  confirmer.  J'ai  reçu 
une  lettre  gui  me  confrine  cflte  nouvelle.  On 
nous  avoit  écrit  telle  chose,  mais  cela  ne  se 
conf.;me  pas, 

11  signifie  aussi.  Apporter  de  nouvelles 
preuves,  de  nouvelles  raisons,  pour  appuyer 
une  proposition  qu'on  avoil  avancée.  /(  a  cou 
frme  cette  l'èrité  par  de  grandes  autorités. 

CoM'itLMEn ,  se  dit  aussi  avec  le  pronom  per- 
sonnel. Je  nie  confrmé  dans  cette  résolution. 
Cette  nouvelle  ne  se  confirme  pas, 

r.osrinMEn.  signifie  aussi.  Conférer  le  Sa- 
crement qui  forlilie  dans  la  grilce  reçue  au 
Rapléme.  //  n'rifjfiaid'cnl  iju'im.r  Evêques  de 
confrmer.  C'est  un  tel  Evégue  qui  l'a  confr 
me.  Il  n'a  pas  encore  été  confirmé. 

On  dit  en  termes  de  Tliéologie,  que  Dieu 
ron^ime  en  tjnlce  ,  pour  dire,  qu'il  accorde 
une  surabondance  de  grâce,  qui  met  en  étal 
de  persévérer  dans  la  ju.stice, 

CtwrinMÉ ,  lit.  participe. 


CCSF1.SCABI.F,.  adj.  des  2  prar....  ^ui  isi 
sujet  à  coj.fiscalion.  l'oute  marc'iundi,\e  de 
contrehtmne  est  cnnfscahle.  Toute  nuirch'au- 
dise  gui  doit  des  droits,  et  gui  n'a  point  été 
déclarée,  est  coufscahle, 

CONFISCANT.  adj.  Teime  de  J.uispru- 
denec.  Sur  qui  il  peut  échoir  confiscation.  Cnc 
Communauté  qui  possède  une  terre  sans  avoii 
paye  les  droits  d'amortissement  ou  Roi,  et 
ceux  d' indemnité  au  Seigneur  ,  doit  donne 
au  Seigneur  un  homme  vivant  ,  moiir«;i(  ei 
confscant. 

CONFISCATION,  s.  f.  Action  de  confis- 
quer, adjudication  au  fisc.  Le  bannissement 
perpétuel  ,  et  la  condamnation  à  mort ,  eni 
portent  confscation  de  hieii.s.  À  peine  de  eon- 
fscution  des  ciemplaires  contrefaits.  Les  Poy> 
où  con[i.sc(iti"oii  a  lieu. 

Il  signifie  aussi  Les  biens  confisqués.  Le 
Roi  lui  a  donné  la  confscation  d'un  tel. 

CONFISEUR  ,  EUSE.  s.  Celui  ,  celle  qui 
confit  des  fruits  ou  autres  cijoses  avec  du  sucre , 
di  raid,  etc.  Il  a  un  Ojjicier  ^ui  est  bon 
Confseur.  Excellent  Confscur.  Une  excellente 
Confiseuse. 

CONFISQUER,  v.  a.  Adjuger  au  fisc  pour 
cause  de  crime  ou  de  contravention  aux  Or- 
donnances. On  a  confisqué  tous  ses  liiens.  On 
confsque  le.i  marchandises  de  contrebande, 
Confir.queJ-  corps  et  biens. 

On  dit  en  termes  de  Palais ,  Qui  confistjue 
le  corps,  confisijtie  Te.;  6ici.'S,  pour  dlic.  qn« 
La  condamnation  i  mort  cniporie  la  coufison- 
tlii  I  cfs  l,:cn-.-. 

On  dit  en  tcriucs  de:  Ci;utuine,  qu'tTn  t'O*' 
sal  qui  dénie  son  .Kc'.gneurj  confisque  .so'i 
Fiej  ;  et  dans  celle  p.'uase,  Confsque  signi- 
fie, ;:end  confiscalde. 

CoNi'i.sQVÉ,  ÉK.  p.irlicipc.  Diens  confisqués 
au  proft  du  Roi.  Ou  dit  familièrement  d'Un 
iiomnie  dont  la  santé  csl  désespérée,  que  C'e.-t 
un/jomineco;i^S(jiié.  On  le  dit  aussi  d'Un  homme 
doiit  la  fortune  est  ruinée. 

CONFITEOR.  s.  m.  Prière  qu'on  fait  avaut 
que  de  se  confesser,  ^  la  Messe  «t  en  d'autres 
occasions.  Dire  son  Confiteor. 

CONFrrURE.  s.  f.  Fruits  confit*,  racinïs 
confites  au  sucre  ou  au  miel.  Bonne  confture. 
Fxceitente  confture.  L'abricot  fait  une  bonne 
ritnfture.  Il  se  dit  presque  toujours  au  pluriei. 
Oes  conftures  de  Gènes,  de  Bar,  etc.  De  bon- 
nes conf turcs.  Des  conftures  sèches.  Des  con- 
ftures liquides,  nouvelles,  vieilles.  Conftures 
moitiés,  cl-.aiicies.  candies.  Des  conftures  à 
mi-sucie,  Coniitures  musquées,  ambrées,  gla- 
cées. Faire  des  conftures.  Quand  des  conf  turcs 
sont  mal  fi'ttes,  elles  se  décuisent.  U.ne  boite 
de  conftures,  in  pot  de  conftures.  Tourte  de 
conf  Unes, 

(iONFITURIER,  Il'CRi;.  s.  Celui  ou  celle 
qui  vend  des  confiturts.  C'est  un  Conf  tuner , 
un  Marchand  Conflurter, 

CONFLAGR  \Tli.N.  s.  fém.  Embrast-ment 
général.  Terme  didacli'{iie,  qui  ne  se  dit  guère 
'  I  que  daiLS  ces  phrases  .   ta  confagrution  d'une 
*  planctic    du  fjit.hc  fc'  '  <•  '  c,  etc. 


CON 

rONFLlT.  subsi.  m.  Clioc,  combat,  Ruele 
ro»i/Ii(.  Snuçjhmt  conflit.  Le  conflit  de  deux 
aimées.  En  ce  sens  il  est  vieux. 

Il  signifif  aussi  figurém. ,  Contestation  entre 
diverses  JuriJictioiis,  Jont  cliacunc  se  Teut  at- 
lril)ucr  In  connoiMance  d'une  aflàire.  Formei 
lia  conflit  de  Juridiction.  H  y  a  un  conflit  de 
Juridiction  entre  h  Prêsidial  et  le  Prévôt  des 
Maréchaux.  Règlement  sur  un  conflit  de  Juri- 
aictioti. 

CONFLUENT,  s.  m.  L'endroit  où  se  joignent 
deux  rivières.  Cette  Ville  est  bâtie  au  confluent 
Ue  deux  rivières. 

CONFLUKNT,  ENTE.  ad).  Terme  de  :\Ie- 
decine,  On  dit ,  Vue  petite  vérole  conflucntc , 
dont  les  boutons  sont  confluensj  pour  dire, 
Une  petite  vérole  fort  abondante,  dont  lesjjraius 
se  toucbcnt  et  se  communiquent. 

CONFONDRE,  v.  a.  Mtïler,  brouiller  plu- 
lieurs  choses  ensemble.  Dans  le  Chaos,  tout 
les  élémens  étaient  confondus. 

11  signifie  aussi.  Ne  pas  faire  distinclioii 
entre  des  personnes  et  des  choses  diÛcrentcs, 
Prendre  une  personne  ou  une  chose  pour  un( 
autre.  îl  ne  faut  pas  confondre  Vinnoccnt  et  It 
coupable,  l'innocent  avec  le  coupable. 

Comfosdue,  signifie  aussi  j  Convaincre,  en 
causant'de  la  honte;  réduire  h  n'avoir  rien  ù 
nîpondrc.  Voilà  un  raisonnement  propre  à  h 
confondre.  Cette  déposition  a  confondu  l'accusé. 

Il  signifie  aussi  Mettre  en  desordre,  couvTir 
<lu  honte.  Dieu  confond  Vorqueil  des  superbes. 
''it-ri  se  ylutt  à  conf:>ndre  les  vains  projets  des 
tiommes. 

On  dit  en  termes  de  civilité,  pour  sedéfendrc 
de  quelque  louange  excessive,  Vos  louanges  mi 
confondent.  On  dit  aassi,  Ce  que  vous  me  dites 
lu  meconfondy  pourdiic,  Meparoit  incroyable. 

On  dit,  Se  confondre  y  pour,  Se  troubler, 
s'embrouilter.  Ces  détails  sont  fvtt  embarrassée 
de  circonstances  y  on  s'y  confond.  Il  est  un  peu 
confondu  dans  son  rulsonnenient. 

Oo  dit  Qusu  familicreincnt ,  Se  confondre 
en  excuses,  en  respects ^  en  cérémonies,  pour, 
Mulliplier  les  céréuiooics,  les  excuses,  les  res- 
pects. 

Confondu  ,  ue.  participe. 

CONFOR.MATION.  s.  I*.  Manière  dont  un 
corps  ufganisé  est  conformé.  La  conformation 
àes  piriies  d'un  corps.  La  conformation  de. 
orgnnes.  Cette  maladie  vient  d'un  vice  de  con- 
fot  nation. 

Ou  appelle  Vice  de  conforniatijon  dans  un 
aniijifll,  Ce  qu'il  a  de  dufcclucux  dani  la  dis- 
position des  parties  de  son  corps. 

CONFORME,  adj.  des  a  g.  Qui  a  la  même 
forme,  qui  est  scmblahlc,  qui  ressemble.  La 
copie  est  conforme  à  Voritjinal.  Ces  écritures 
sont  conformes.  Son  humeur  est  conforme  à  la 
vôtre.  Mener  une  vie  conforme  à  sa  profession. 
Son  hahit  n  est  pas  conforme  à  sa  profession. 
Ses  marurs  ne  sont  pas  conformes  à  sci  doctrine. 

CONFOIïMi::\n:NT.    ad#.   D'une   manière 
confornH:.  Il   /'U'   procéder  confarmcmcnl   à 
une  telle  Déclaration,  à  VOrdoniïance.  Vivre 
confontùtiiuit  à  :cn  ot.it. 
Tome  1. 


CON 

CONFORMER,  verb.  a.  Rendre  conforme. 
Conformer  sa  ine,  ses  actions  à  la  doctrine  de 
l  FAHingile,  Conformer  ses  sentiment  à  ceux  du 
Prince.  Se  conformer  à  la  volonté  de  Dieu.  Se 
conformer  aux  inclinations,  aux  façons  de 
l'ivre  de  (juelqu^uru 

CosFonMÉ,  ÉE.  participe.  Il  est  aussi  adjec- 
tif, en  parlant  De  la  nia'jièrc  dont  les  parties 
d'un  corps  organisé  sont  disposées  entre  elles. 
Ainsi  l'on  dit,  quX'fi  corps  est  bien  ou  mal 
conformé  y  relativement  à  sa  nature  ou  à  sades- 
liiiiition. 

CONFOimiSTE.  s.  m.  Celui  ou  celle  qui 
r.iit  professi()n  de  la  Religion  dominante  en 
Angleterre.  On  y  appelle  y  on -conformistes , 
Towi  ceux  (jui  sont  d'une  autie  Communion, 

CON  FOU. MIT  f''.  suhst.  f.  Rapport  qu'il  y  -t 
mire  les  chose»  qui  sont  conformes.  Coufvr- 
mitê  d'inclinations.  Conformité  de  seutimcns. 
Conformité  d'humeurs.  Conformité  d'esprit. 
Conformité  d^ArrétSy  de  Traités. 

On  dit,  La  conformité  à  la  volonté  deDieu, 
pour  dire,  La  soumission  de  sa  pr<ipre  volonté 
\  celle  de  Dieu. 

En  cosfoumité.  Manière  de  parler  adver- 
biale, pour  dire,  Conformément  à.....  Vous 
m'aviez  donné  tel  ort/re,  j'ai  éa'it,  j'ai  agi 
l'n  conformité. 

CONFORT,  subst.  m.  Secours,  assistance. 
Donner  aide  et  confort.  Il  est  vieux. 

CONFORTATIF,  IVE.  ad)ect.  Qui  fortifie, 
qui  est  corroboratif.  Remède  confortatif. 

Il  est  iinssi  substantif.  La  Thériaque  est  un 
excellent  confortatif. 

CONFOHTATlÔN.  subst.  f.Conoboration, 
action  de  fortifier,  état  de  ce  qui  est  fortifié. 
Un  estomac  affoibli  a  besoin  de  confortation. 
Cela  est  bon  pour  la  confortation  des  nerfs  j 
pour  la  confortation  des  parties.  Il  n'est  guèra 
(l'usage  que  dans  ces  sortes  de  phrases. 

CONFORTER,  v.  a.  Fortifier,  corroborer. 
Cela  conforte  l'estomac^  conforte  le  cerveau. 

Il  signifie  aussi  Encourager,  consoler.  Con- 
forter les  affligés.  Conforter  les  mourans.  Il 
commence  à  vieillir  en  ce  sens. 

CoNFonTÉ,  ÉF.  participe. 

CONFRATERNITÉ,  s.  fém.  La  relation.  le 
rapport  quil  y  a  entre  des  personnes  qui  sont 
dune  nu-nie  Compagnie,  d'un  même  Corps.  À 
cause  de  la  confraternité ,  en  considération  de 
la  confmternité. 

CONFRÈRE,  s,  masc.  Un  de  ceux  qui  cora- 
poscnt  une  Compagnie  de  personnes  associéei 
]  our  quelque  exercice  de  pitlt*.  Les  Confrères 
du  Saint  Sacrement. 

Il  se  dit  aussi  De  ceux  qui  sont  d'une  m^mo 
Compagnie  ,  d'un  même  Corps.  Ils  sont  tous 
deux  Conseillers  au  Parlement,  tous  deux  de 
l'Académie,  ils  sont  Confrères.  .Vous  avons  un 
nouveau  Confrère. 

CONFRÉRIE,  s.  f.Compagniedc  personnes 
associées  pour  quelques  exercices  de  pieté.  La 
Confrérie  du  Sutnt  Sacrement.  MarquilUer  de 
Confrérie.  înUonuier  de  Confrérie. 

CONFRONTATION,  s.  f .  L'oclîon  de  con- 
froutcr  des  }>ersonnes  les  unes  aux  autres.  Il  ne 


CON 


28g 


té  Hit  qu'en  matiiSre  crimineÛe ,  çu  parlant  ou 
des  témoins  que  l'on  confionte  à  un  accuse,  mi 
des  accusés  que  l'on  confronte  enseml)le.  Réco-, 
lement  et  cotifronlalion  de  téimins. 

Il  se  dit  aussi  De  l'exiinicn  qu'on  fait,  ou  do 
deux  écritures  en  les  conqiarant  ensemble,  ou 
de  diU'érens  passages  que  l'on  conlTre  l'uu  avec 
l'autre.  La  confrontation  des  écritures.  Par. 
la  confrontation  des  passages,  il  vérifia  nue... 

CONFRONTER,  v.  a.  Il  se  dit  eu  parlai 
Des  personnes  qu'on  met  en  présence  les  unj, 
des  autres ,  pour  voir  si  elles  conviendront  cft 
quelque  fait  dont  il  s'agit.  Confronter  den:t 
personnes  ensemble.  Il  vieillit  en  ce  sens  :  oa 
dit  plus  communément,  Ahouclier  deux  ncr* 
sonnes  j  les  mcllrc  en  face  l'une  de  Vautre. 

Il  se  dit  plus  particulièrement  en  termes  de 
Palais ,  en  parlant  Hes  témoins  et  des  accusés 
iju'on  fait  cotnparoitre  les  uns  devant  les  au- 
tres pour  les  interroger.  Confronter  les  témoins 
à  l'accusé.  Dés  que  les  témoins  lui  eurent  été 
confrontés':  Il  a  été  con/î-onlc. 

CosmoNTEn,  signifie  figurémcnt.  Conférer 
une  chose  avec  une  autre  ,  examiner  deux 
clioses  en  même  temps,  pour  les  comparer  en- 
semble. Confronter  deux  écritures.  Confronter 
deux  étoffs  Vune  avec  l'autre.  Confronter 
deux  clioses  ensemble.  Confronter  la  copie  à 
l'oriqinal. 

CosinoNTK,  ÉE.  participe. 

CONFUS,  USE.  adj.  Confondu  l'un  nvee 
l'autre,  brouillé,  mêlé  ensemble  sans  ordre. 
Le  chaos  n'était  qu'un  assemhlatjc  confis  det 
iîéniens. 

On  dit,  Un  cri  confus,  un  bruit  confus, 
pour  dire,  Un  cri,  un  bruitfoi*mé  par  plusieurs 
personnes  dont  ou  ne  distingue  pas  les  voix. 
On  entendit  un  cri  confus,  un  bruit  conf:s\ 
et  on  dit  encore,  Vn  bruit  confus ^  pour  dire, 
Un  bruit  incertain,  sur  tuie  cliose,  sur  un  fait, 
dont  on  ne  siit  aucune  particularité  bien  dis- 
liuctc.  Il  court  un  bruit  confus. 

On  dit  aussi  en  parlant  d'Une  persopne  qui 
réunit  plusieurs  droils,  que  Tels  et  tels  droits 
sont  confus  et  réunis  en  sa  personne.  En  ce  sens 
il  signifie  Confondu. 

Co.Nrus  ,  en  parlant  d'Fsprit ,  d'ouvrages 
d'esprit,  signifie,  Obscur,  embrouillé.  Esprit 
confL-^j  savoir  confus.  Ce  discours  est  si  coii^lii, 
rju'on  ne  saurait  l'entendre.  J'ai  lu  autrefois 
cet  ouvrancj  je  n'en  ai  qu'une  idée  conlusc. 

CoNiLSjSe  dit  aussi  pour  signifier  Honlcux, 
eniBhrrnssé ,  soit  que  la  bonté  et  rend>arras 
viennent  d'une  faute  commise,  soit  qu'ils  vien- 
nent seulement  de  modestie.  Ha  été  tout  confus 
quand  il  a  vu  qu'on  l'avoit  pris  sur  le  fait  11 
est  demeuré  confus.  Il  étoit  tout  confus  de 
l'honneur  qu'on  lui  fnisoit.  Je  suis  confus  de 
vos  bontés. 

C0NFUS!-:MENT.  adv.  D'une  manière  con- 
fuse. On  a  (oui  mis  confusément  dans  se  ma> 
son.  J'en  ai  entendu  parla-  confusément. 

CONFUSION,  s.  f.  Mélange  confus,  «n- 
broulllemenl.  Il  a  (o*(  brouillé,  il  a  mis  (mil 
en  confusion.  Il  y  a  bien  de  I4  confusion  Juiix 
son  cabinet 

37 


290  C  O  N 

11  signifie  aussi  ni-soidre,  trouble  dans  les 
choses  nioralis.  Il  y  rètjiic  un  esplt  de  dèwnhe 
<t  lie  confiisiùn.  Duns  des  Icmys  de  confusion 
et  de  trouble. 

Il  se  dit  aussi  pour  signilîrr  I.ii  lioiiH',  s"i' 
qu'on  prenne  liontc  diiis  le  sens  il7i;"onimie, 
soit  'ju'on  prenne  lionte  ilans  le  sens  de  Pudeur. 
On  lui  a  fait  une  grande  confusion,  en  lui  re- 
prochant sa  IJchelé.  Cela  la  couvert  de  confu- 
sion. Il  a  eu  la  confusion  de  ne  pouvoir  répon- 
dre à  cet  artjument.Je  l'avoue  à  ma  confusion. 
Vos  louanges,  vos  boules  me  donnent  de  la 
eonfusion. 

CosrDStON,  se  dit  aussi  ùtlne  grande  ;ibnn- 
dance  de  clioses,  d'une  grande  multitude  de 
persoiHtes.  îl  y  avoit  à  ce  repas  une  grande 
confusion  de  mets.  Il  y  a  une  grande  confusion 
Je  monde  sur  la  place. 

En  confusion.  Façon  de  parler  adverbiale. 
Oonfuscnient ,  sani  ordre,  d'uuc  manière  cou 
fuse.  Marcher  en  confusion.  Les  troupes  sur- 
prises par  l'ennemi,  et  n'ayant  pas  le  temps  de 
se  ranger  en  hataiUe,se  battirent  en  confusion, 
et  le  repoussèrent. 

Il  signifie  aussi,  En  abondanee.  Vousy  Iroii- 
vercs  de  foui  en  confusion. 

CONFTJT.\TION.  s.  f.  Voye;  Réfutation. 

CONGE,  s.  m.  Ancienne  mesure  pour  les 
liquides.  Le  Congé  romain  était  une  mesure 
empruntée  des  Grecs. 

CONGÉ,  s.  m.  i-ennission  d'aller,  de  venir, 
de  se  leurcr.  Donni.r  congé  à  un  soldat,  !iji 
dojiner  concié  pour  un  temps,  lui  donner  un 
congé  absolu.  Il  a  obtenu  son  congé.  Accorder 
des  congés  à  des  Ofjiciers.  Des  Ol]iciers  qui 
sont  partis  de  l'armée  sans  congé.  Le  lioi  a  en- 
voyé les  congés  à  !\jrniee.  Le  General  a  congé 
derevenir.  L\'l mbassadeur  a  demandé  un  congé. 

Il  se  dit  aussi  De  la  permission  qu'on  donne 
à  un  domcstiejue  de  s'absenter  pour  quelque 
temps.  Il  a  demandé  congé  pour  guelgucs  jours 
à  son  maUre. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  d'Un  donuslique 
qui  demande  ù  se  retirer  tout-à-fait,  ou  que 
son  maitre  renvoie;  et  en  ce  sens  on  joint  d'oc-' 
dinaire  l'adjectif  possessif  avec  le  mot  de  Congé. 
J'ai  demandé  mon  congé.  Un  domestique  gui 
demande  son  contjé.  Son  nudfrc  lui  a  donné 
son  congé.  Un  domestique  qui  s'est  retiré  sans 
congé. 

On  dit  proverbialement,  que  Pour  hoirc  de 
tcau  et  coucher  dehors,  on  ne  demande  congé 
à  personne. 

UoNNEn  À  quelqu'un  CONoi,  se  dit  aussi 
ginéraiement,  Lorsqu'on  déclare  ou  qu'on  fait 
connoître  li  quelqu'un  qu'il  doit  se  retirer,  se 
désister  de  quelque  chose.  Il  alloit  librement 
dans  cette  maison,  mais  depuis  peu  on  lui  a 
donné  son  congé.  'H  recherchoit  celle  fille  en 
mtu-tage,  mais  on  lui  a  donné  son  congé. 

On  "dit  au  contraire,  Prendie  son  congé, 
prendre  congé,  T/)rsqu'une  personne  se  désiste 
d'cUe-niéine,  .\bandonne  la  partie,  le  mareln5. 
J'ai  pris  mon  congé,  sans  attendre  qu'on  me  le 
âonnât 

Ou  dit  que  Le  propriétaire  d'une  maison  a 


CON     . 

Sonné  conqé  à  son  locataire^  pour  dire,  qu'il 
lui  a  signifie  qu'il  ait  à  soilir  dans  un  certain 
temps. 

On  le  dit  aussi  d'Un  locataire  à  IVgard  du 
propriétjire.  Il  ne  veut  plus  loncr  là,  il  a  dotiné 
con^c  à  son  hôte.  Signifier  le  conné.  Accepter 
le  congé.  Congé  pour  Pâques,  pour  A'oël,  etc. 
CONGK,  signifie  aussi  L'cxeniptiou  (pi'on  ac- 
corde aux  écoliers  d'aller  en  clas,sc.  Jours  tic 
congé.  Le  Recteur  a  donné  congé  pour  cette 
après-dinée .,  pour  un  jour,  pour  d^ux  jours. 

CoNct,  signifie  aussi  Une  permission  d( 
faire  passer  du  vin,  des  marchandir^cs,  apri^i 
avoir  payé  les  droits. 

Prendre  congé,  signifie  Aller,  a^ant  que 
de  partir,  saluer  les  personnes  h  qui  l'on  doii 
h(auroupde  respect,  il  prendre  leurs  orJres. 
Il  part  pour  Varniee,  et  il  a  déjà  pris  congé  du 
Roi  y  ou  simplement,  Il  a  pris  congé. 

On  le  dit  aussi  De  l'adieu  qu'on  dit  'i  ses 
amis,  quand  on  va  en  voyage.  H  part  dam 
deux  jours,  et  il  est  allé  prendre  congé  de  se- 
aints. 

On  dil ,  qu'f/n  Auihassadvur  a  eu^  a  pri> 
son  andience  de  congé ,  pour  dire ,  qu'il  a  eu  1 1 
dernière  audience  publique  qu'il  devoit  avoir 
avant  son  dépnrt. 

Congé,  ïenne  de  Pratique,  dont  on  se  sert 
quand  le  demandeur  ne  conjparoissant  point, 
le  défendeur  demande  congé  ;  et  pour  profit , 
d'une  renvoyé  de  la  demande  qu'on  lui  fait. 

CONGÉAliLE.  adj.  des  2  genres.  Terme  de 
Coutume.  ÎI  se  dit  d'Un  Domaine  où  le  Sei- 
gneur peut  toujours  rentrer.  Doutâmes  con^ 
géahles. 

COiVGÉDlER.  v.  a.  Renvoyer  quelqu'un, 
lui  donner  ordre  de  se  retirer.  Il  a  congédie  sa 
domestiques.  Congédier  des  troupes.  Congédier 
un  Anihassadeur.  L'Asscmhlêe  fut  congédiée.  Il 
recherchoit  une  telle  fille  en  mariage,  mais  ou 
Va  congédié. 

Congédié,  ée.  participe. 
CONGÉLATION,  s.  f.  L'action  par  laquell 
le  froid  durcit  les  liqueiirs.  La  congélation  de 
l'eau   est   plus   ou  moins  prompfe,  suivant  le 
degré  du  froid.  Congélation  commencée.  Con- 
gélation parfaite. 

îl  se  dit  aussi  De  l'état  où  sont  les  liijueurs 
étant  congelées.  JL'cnu  est  plus  dilatée  dans  sa 
congélation  que  dans  sa  fluidité. 

Il  se  dit  encore  De  certains  corps  fluides  qui 
viennent  à  se  durcir  par  quelque  cause  que  ce 
soit.  Il  y  a  de  U'ès- belles  congélations  dan^ 
cette  giolte.  Cet  homme  a  fait  un  amas  de  plu 
s-.eurs  belles  congélations. 

CONGELER,  v.  a.  Il  se  ilit  de  l'action  par 
laquelle  le  froid  durcit  les  liqncurs.  Le  grand 
froLil  congèle  Veau. 

Il  signifie  aussi,  Figer,  coaguler.  Il  y  ^  des 
poisons  qui  congèlent  le  sang. 

Il   se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel 

dans  l'un  et  dans  l'outre  sens-  L^cau  se  congèle 

par  le  froid.  Le  houHlon  de  jarret  de  vtau  si 

congèle  en  un  moment. 

Congelé,  ée.  paitidpe. 

CONGÉNÈRE,   adj.   des  2  genres.  Ternie 


CON 

d'Anatomie.  On  appelle  muscles  congénères 
ceu\  qui  concourent  à  un  même  mouvement. 
Us  sont  oppose^  aux  nniseles  antagonistes ,  qui 
ont  des  mouveimus  contraires.  En  Botanique, 
on  appelle  Congénères,  f.es  plantes  qui  sont 
de  même  genre. 

CONGESTION,  s.  i'.  Terme  de  Médecine. 
Amas  d'humeurs  qui  se  fait  lentement  dans 
quelque  partie  solide  du  corps.  La  congestion 
diffère  de  la  fluxion,  en  ce  que  celle-ci  se  fait 
plus  prompteinenl  et  avec  inflammation. 

CON(il.\I15K.  s.  m.  On  donnoit  ce  nom  aux 
distributions  extraordinaires  que  lesEmpere'.irs 
f.iisoient  faire  au  Peuple  Romain,  en  argent  o 
(Ml  denrées. 

CONOLOBATION.  s.  f.  Terme  de  Rl.élo- 
rique,  qui  exprime  la  réunion  de  plusieui-s 
preuves ,  de  plusieurs  argumens  entassés  les 
uns  sur  les  autres. 

CONtiLOBÉ,  ÉE.  ad).  Terme  d'Anawmie. 
1!  se  dit  De  plusieurs  glandes  réunies  qui  n'en 
i'ont  qu'une,  dont  lâ  surf.!ce  est  unie.  Glandes 
eùtiqlobecs. 

COSGLOMÈRft,  Èi;.  «dj.  Terme  d'Anato- 
mie. II  se  dit  Des  glandes  ansassées  en  pelotons, 
et  réunies  sous  une  même  membrane.  Glander 
conglomérées. 

CONGLOMÉRER,  v.  a.  Terme  didactique 
pris  du  Latin.  Jleltre  ensemble ,  amasser.  Il  ne 
t'emploie  que  chez  les  Physiciens. 

CoSGLOMt:RÉ ,  ÉE.  participe. 

CONGLUTINATION.  s.  f.  Action  par  la- 
quelle une  chose  est  rendue  gluante  et  vis» 
queuse,  ou  l'effet  de  cette  action.  La  conghttî- 
nation  du  sang,  des  humeurs. 

CONGLUTINER.  v.  a.  Rendre  une  liqueur 
L;luante  et  visqueuse.  Ce  poison  congluline  le 
sang. 

Cdsglutisé  ,  ÉE.  participe. 

CONGRATULATION,  s.  f.  Action  par  la- 
quelle on  témoif^ne  à  quelqu'un  la  joie  qu'on 
ressent  du  bonheur  qui  lui  est  arrivé.  Conqrrt- 
tulalion  publique.  Compliment  de  congratula- 
lion.  Il  vieillit.  On  dil  plus  souvent,  Felicilo- 
tion. 

CONGRATULER.  V.  a. Felic'rter  quelqu'un, 
se  réjouir  avec  lui  de  quelque  bonheur  j  de 
quelque  avantage  qui  lui  est  arrivé,  et  lui  en 
faire  complimi-nt.  Il  Va  congratulé  sur  la  noij- 
sanee  de  son  fils ,  sur  son  mariage.  Ou  dit  plus 
souvent,  Féliciter. 

CoNcnATLLÉ,  ÊE.  participe. 

CONt;RE.  s.  m.  Sorte  de  poisson  de  mer 
sembbible  à  une  anguille.  Congre  noir.Congie 
blanc.  Couper  un  congre  par  tronçons. 

CONGRP.GANI.STE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
est  d'une  Congrégation  Laïque  ,  dirigée  par  de» 
Ecch'-sinstiques  régidiers  ou  séculiers. 

CONGRÉGATION,  s.  f.  Compagnie,  corps 
de  plusieurs  personnes  religieuses  ou  sécu- 
lières, vivant  sous  une  même  régie.  Conijreja- 
lio;i  Réguliàe.  Congrégation  Séculière.  Con- 
grégation célèbre.  Congrégation  d'Hommes. 
Congrégatinn  de  Filles.  Les  Bénédictins  de  la 
Cougréqalion  de  Saint-Maur.  La  Congréga- 
tion de  l'Oratoire,  des  Pères   de   la   Doctrint 


GON 

Chriticnne,  etc.  Les  C h anoiTies Réguliers  de  la 
Conqrégatiun  de  France. 

CO!iGK£4;Ariox,  se  dit  ausci  De  certaines 
Coufrt^rif»  di-  dévotion  sous  l'invocation  de  l;i 
Saiotc-Vierse.  Êtie  de  la  Concjtécjation  de  la 
Vierge.  Etre  de  la  Congre tjutton. 

On  dil,  La  Cotiqtétjation  des  Fidèksj  pour 
dire,  L'tgUse  Cniverselle, 

CosGnKCATiOSj  en  parlant  De  la  Cour  de 
Rome,  se  'dît  d'Une  Assemblée  de  Cardinaux 
ei  de  Prélats,  soit  permamnte ,  soit  nommée 
d  office  pour  quelque  c.-is  particulier,  et  desti- 
née d  examiner  ceriaincs  affaires  qui  lç*r  sont 
atlribuces.  71  se  tint  sur  ce  sujet  une  Cougré- 
tiation  de  Cardinaux.  Une  Congrégation  de 
prélats.  Vue  Congrégation  d'Etat.  La  Con- 
grégation du  Saint-Office.  La  Congrégation 
des  Rites.  La  Congrégation  de  la  Propa- 
gande. 

CONGRÈS,  s.  m.  Assemblée  de  plusieurs 
Ministres  de  difltrcntes  Puissances  qui  se  sont 
tendus  dans  le  uicmc  lieu  pour  y  conclure  la 
paix-,  ou  pour  y  concilier  les  intérêts  de  leurs 
Maîtres.  Le  Congres  d'Vtiecht.  Le  Congrès  de 
Cnmhrai. 

CoNcnÈs,  se  dit  aussi  De  l'Assemblée  dc^ 
Beprédcntans  des  États-Unis  d'AnitVique. 

CONGRtS.  s.  m.  Épreuve  de  la  puissance 
ou  impuissance  des  gens  mariés,  qui  étoit  or- 
donnée atitrefois  par  Justice  eu  certaines  occa- 
sions, et  qui  a  été  supprimée.  Ordonner  le  con- 
grès. Venir  an  congrès.  Siihir  le  congrès.  Le 
congrès  a  été  aboli.  Le  congres  étoit  une  preuve 
fort  inceitaine. 

CO'CRC,  UE.  adj.  Suffisant,  eonvenable. 
En  ce  sens,  il  n'est  guère  d'usage  qu'en  cette 
phrase.  Portion  congrue,  qui  se  dit  De  la  pen- 
sion annuelle  que  les  gros  Déciniateurs  sont 
tenus  de  payer  aux  Curés.  La  portion  congj-uc 
est  comme  la  lég-.lime  des  Ciirê.<.  Cure  à  por- 
tion congrue. 

Co>Gnu  .iT.,  se  dît  aussi  en  termes  de  Gram- 
maire; et  dans  celte  acception  on  dit.  quX^i« 
phrase  est  congrue,  pour  dire,qu'KIle  est  «Ion 
les  régies  de  la  Grammaire. 

Un  dit  auys'i ,  Réponse  conqrue,  pour  dire, 
Aépuiise  prtcise. 

COGRUITt;.  s.  f.  ConTcoance.  Il  se  dit 
aussi ,  en  Théologie ,  De  l'efficacité  de  la  grAce 
de  Dieu  qui  agit  sans  détruire  la  liberté  de 
l'homme. 

CO>GrCMENT.  adv.  D'une  manière  con- 
grue, il  ne  parle  point  îdégamment ^  mai4  U 
parle  tlongrûment. 

On  (lit  figurément  d  t'n  homme  qui  parle 
peniiicrauienl  d'une  aflàire.  qu'il  en  parle  con- 
grûmcnt. 

COMFtRE.  adj.  des  2  g.  Terme  de  Bota- 
nique.Il  se  dit  Des  arbresdontle  fruit  nppioclir 
de  la  fignn-  dun  cône,  tels  que  sont  ceux  du 
Pin ,  du  S.ipin ,  du  Piréa .  etc. 

Il  *e  dit  aussi  Ors  fleurs  de  certaines  planter 
qui  appnKhcut  de  U  figure  du  cùne.  Fleun 
conipre*. 

COMQUK.  adj.  de»  q  r.  Qui  a  U  figure  d'un 
cûne.  Miroir  conifjue.  Cadran  conintie. 


CON 

Il  signifie  aussi,  Qui  appartient  au  cône. 
Sections  coni(jues. 

CONJECTURAL,  ALE.  adj.  Qui  n'est  fondé 
fjue  sur  des  conjectures.  Ce  n'est  (juune  preuve 
conjecturale.  La  Médecine  est  une  science  con- 
jctturale^  un  art  conjectural. 

CONJECTURALEMENT.  adverbe.Parcou- 
jecture.  Il  ne  parle  de  cela  gue  conjectura- 
Icnient. 

CONJECTURE,  s.  f.  Jugement  probable, 
opinion  que  l'on  fonde  sur  quelques  apparences 
louchant  une  chose  obscure  et  incertaine.  Forfe 
conjecture.  Puissante  conjecture.  Foible^  lé- 
gère, vaine  conjectwe.  Conjecture  trompeuse ^ 
bien  fondée,  mal  fondée.  Tirer  une  conjecture 

de y^p|>u^er   une  conjecture  sur Voilà 

ma  conjecture.  Je  n'en  parle  gue  par  conjec- 
ture. Si  ma  cf^njecture  ne  me  trompe.  Toutes 
les  conjectures  vont  là.  Cet  art  n'est  fondé  guc 
sur  des  conjectures. 

CONJECTURER,  v.  a.  Inférer,  juger  sur 
des  probabilités,  par  conjecture.  On  m'a  dit 
telle  chose,  ft  de  là  je  conjecture  sa  perte.  Je 
conjecture  gue  cela  arrivera.  Un  Médecin  ne 
fait  souvent  gue  conjecturer.  Ce  gue  je  conjec- 
ture de  là ,  c'est... 

Conjectlué,  ée.  participe. 

CONJOINDRE.  V.  a.  Joindre  ensemble.  U 
ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  De  mariage. 
Conjoindrc  par  mariage.  Il  ne  faut  pas  que 
l'homme  sépare  ce  gue  Dieu  a  conjoint. 

Conjoint,  iste.  participe, 

U  est  aussi  subslfntif  ;  maïs  alors  il  ne  se  dil 
qu'au  pluriel  et  en  termes  de  Pratique ,  poui 
signifier  Le  mari  et  la  femme.  Les  conjoints. 
Les  futurs  cotijoints.  L^un  des  conjoints. 

Conjoint,  terme  de  Musique.  On  appelle 
Degré  conjoint  y  La  marche  d'une  note  à  celle 
qui  la  suit  inimédîatcnient  dans  la  gamme,  soit 
en  montant,  soil  en  descendant. 

CONJOINTEMENT,  adv.  Ensemble,  l'un 
avec  l'autre,  de  concert.  Agissons  conjointe- 
ment en  cette  affaire. 

CONJONCTIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Gram- 
maire. Qui  a  la  force  de  conjoindrc.  U  n'est 
gm^rc  d'usage  qu'en  parlant  De  certaines  Parti- 
cules conjonctives.  Et,  ni,  iont  des  particules 
conjonctives.  LeQue  est  guclguef'ois conjonctif . 

a)NJONCnON.  s.  f.  Union.  Il  se  dit  en 
parlant  De  l'union  de  l'homme  et  de  la  femme. 
Conjonction  par  mariage. 

En  termes  d'Astronomie,  on  dit,  Conjonc- 
tion de  deux  planètes^  Quand  deux  planètes  se 
irncontrent  à  notre  cg.ird  dans  le  même  point 
de  quelque  signe.  Saturne  et  Vénus  e'foient  en 
conjonction.  La  conjonction  du  Soleil  et  de 
Mercure.  Ouaud  on  dit  id)>olument,  La  con- 
jonction de  la  Lune,  on  entend  la  rencontre  tle 
!a  Lune  avec  le  So'eil  dans  le  m^-me  point  du 
Zodiaque.  Quand  la  Lune  est  en  conjonction  ^ 
elle  n'est  pas  visible. 

Conjonction  .  est  aussi  Une  partie  d'Orai- 
son ,  qui  joint  les  mrnilïTcs  du  discours.  Ou, 
est  une  conjonction  disjoncttve.  Mais,  est  une 
conjonction  adversative.  Et,  est  une  conjonc^ 
lien  copulative. 


CON  r^pi 

CONJONCTIVE,  s.  f.  Terme  dAnaton.ie. 
Nom  d'une  des  membranes  de  I  œil,  <|ui  forme 
ce  qu'on  appelle  I-e  blmc  de  l'œil. 

CONJONCTURE,  s.  f.  Occasion,  retxumtre 
de  circonstances,  état,  disposition  où  se  trou- 
ventdiverses  chnscs  en  même  temps.  Heurausç^ 
fhtalc  conjoncture.  La  conjoncture  est  /<jvora- 
hle.  Cela  est  arrivé  dans  itnc  fâcheuse  conjone- 
tare.  Il  prit  la  conjoncture  du  départ  du  Hoi. 
Dans  les  différentes  conjoncturçs  de  la  vie. 

CONJOUIR,  s£  CONJOUIR,  v.  pron.  Se 
réjouir  avec  quelqu'un  de  quelque  chose  d'a- 
gré;ibIo,  d'avantageux  qui  lui  est  arrivai.  .411er 
se  conjouir  avec  un  père  du  m<iriuge  de  son  f\ls. 
Se  conjouir  avecguelgu'un  d'une  gr(îcc  qu'il  a 
reçue  du  Roi.  Il  esl  vieux. 

CONJOUISSANCE.  s.  f.  Marque  que  l'on 
donne  i  quelqu'un,  de  la  joie  qu'on  p  d'un 
bouhi-urqui  lui  est  arrivé.  ConwUmens  de  con- 
jouissa/it'i'.  Lettre  de  conjouissance.  Il  vioillil. 

CONJUGAISON. s. f. Terme  de  Grammnirc. 
Jonction,  assemblage  des  dilTérentes  icrmiiîai- 
sons  d"un  verbe.  Conjugaison  réquUért.  Con^ 
jugaison  anomale^  irrégulière.  On  divise  Of  di- 
nairement  les  Verbes  latins  en  gu.itre  difli-ien- 
tes  conjugaisons.  Il  y  a  plusieurs  méthodes  pour 
div'iser  les  conjugaisons  dc4  Vertes  François. 

On  appelle  en  termes  d'Anatomie,  Cok/k- 
gaison  des  nerfs  j  La  conjonction  de  certi:iiieâ 
paires  de  nerfs. 

CONJUGAL,  ALE.  adj.  Qui  concerne  l'a- 
nion  entre  le  mari  et  la  femme.  Le  lien  conjii* 
qal.  I/'tfjf.'ctinn ,  Vitmtlié  conjugale.  L'amour, 
conjugal.  Le  devoir  conjugal.  La  foi  conjugale. 

CONJUGALEMENT,  adv.  Selon  l'union  qui 
doit  être  entre  le  mari  et  la  femme.  Vivie  con- 
jugalement. 

CONJUGUER.  V.  a.  Terme  de  Grammaire. 
Assembler  ou  réciter  Us  dlfi'ércntes  tnflexioiw 
et  terminaisons  que  reçoit  un  verbe  selon  les 
tenips  cl  les  modes,  suivant  les  règles  de  la 
Gnmmaire./I  sait  décliner  et  conjuguer.  Con- 
juguer un  verbe.  Conjuguer  par  les  règles. 

Il  se  niel  aussi  avec  le  pronom  jirrsonnel  en 
ces  exemples  :  Ce  verbe  se  conjugue  ainsi,  se 
conjugue  par  tous  ses  temps. 

CONJUGUK,  ^E.  participe. 

CONJURATEUR.  s.  m.  Celui  qui  forme, 
qui  conduit  une  conjuration.  Dunqcrcujc  con- 
juruleur. 

On  le  dit  aussi  quelquefois  De  prétendus 
Magiciens  qui  se  servoicnl  de  certaines  paroles, 
soit  pour  conjurer  les  Déiuons,  soit  pour  con- 
jurer une  tcnuiéte.  t'onjuruft'ur  des  Dénions. 
ConjnroU'iir  des  tempêtes. 

Conjuration,  s.  f.  Conspiration;  com- 
plot contre  l'État,  contre  le  Prince.  Ilorrihle 
conjuration.  Faire  une  conjuration.  Tramer 
itne  conjuration.  Découvrir  une  conjuration. 
Une  conjuration  formée.  Il  étoit  de  [a  conju- 
ration. Tous  ceu.T  gui  entrèrent  dans  la  conju- 
ration. La  conjuration  de  C  titdi'in. 

CuNJi'itATiOK,  se  dit  nuMÏ  Des  parolet  dont 
de  prétendus  Magiciens  m*  servent  pour  con- 
jurer les  Démons,  l'or^c,  U  peste,  la  lem- 
(H-te ,  etc 

37. 


aga 


CON 


On  dît  qnolquefoia  Conjuration^  au  pluriel, 
dans  le  sens  De  piièrv.  Employa  Un  yrièies, 
les  conjurutions. 

CONJURER.  v.a.Pricrinstanimcm.Jtf  t'ous 
conjure  de  faire  cela.  Faites  ccla^  je  vous  en 
eonjure,  je  vous  conjure.On  y  njoute  la  consi- 
dération des  choses  saintes,  ou  de  celles  qui  sont 
les  plus  chfcres  h  celui  que  Ton  liric.  Je  vous 
conjure  au  nom  de  Dieu.  It  It  ar^jura  par  tout 
CJ  ^li'it  fli'Oif  de  vlus  cher  nu  monde,  par  Va- 
mour  de  la  Patrie,  par  le  souvenir  de.  .  .  . 

Il  signifie  alIs^i  Exorciser,  se  servir  de  cer- 
taines prières  pour  chasser  les  dùnons.  Conju- 
rer le  D'uible,  Esprit  immonde  ,  je  le  conjure 
vai'  le  sacré  nom  de  Dieu. 

CosjtJHEn,  se  dit  aussi,  eii  parlant  De  In 
superstition  de  ceux  qui  croient  que  par  des 
paroles  ils  peuvent  chasser  les  maladies,  la 
tempête,  les  serpens.  Des  geru^  (jui  prétendent 
avoir  le  secret  de  conjurer  la  fièvre',  de  eonju 
rer  les  oraqes. 

On  dit  figurément  ,  Conjurer  la  teniycte  , 
pour  dire  ,  netourner  par  prudence  ,  par 
adresse  ,  un  ni.illjeur  dont  on  est  inena<"e.  Ce 
prînce^voyant  une  armée  de  cincjuante  mille 
hommes  prête  à  entrer  dans  ses  Etals,  trouva 
moyen  de  conjurer  la  tempête. 

CoNJiREn,  signifio  aussi,  Former  un  com- 
plot avec  une  ou  plusieurs  personnes,  contre 
l'État  ou  contre  le  Prince.  CatiHna  conjura 
conti-e  la  Répuhliquc.  Cinna  conjura  contre 
yiuquste,  El  dans  cette  acception  il  s'emploie 
souvent  absolument.  César  ('(oit  toujours  prêt 
â  conjurer. 

On  dit  aussi,  Conjurer  contre  (jnclqu^un^ 
pour  dire,  Agir  de  concert  avec  d'autres  contre 
les  intérêts  de  quelqu'un.  Il  s'emploie  aussi 
avec  le  régime  direct.  Conjurer  la  ruine  de  sa 
patrie. 

On  dit  pareillement  d'Une  personne  seule 
qui  a  forme  un  mauvais  dessein  contre  quch^iie 
personne  particulière,  Jl  semble  que  cet  homme- 
là  ait  conjuré  j^otie  perte. 

CosJUiiÉ,  LE.  participe. 

l\  est  quelquefois  substantif;  et  l'on  appelle 
Les  Conjurés,  Ceux  qui  sont  entres  dans  unr 
conjuration.  On  se  saisit  des  Conjurés.  C'esl 
un  des  Conjurés.  Il  n'est  gui;rc  d'usage  qu'au 
pluriel. 

COJSINETAliLE.  s.  m.  Ou  appeloit  aino  en 
France  le  premier  Officier  militaire  de  la  Cou- 
ronne, qui  nvoil  la  coniniandemcut  gém-ral  des 
orméc5.  Le  Conntîahle  de  France.  La  Ckarqe 
de  Connétahh.  Le  Roi  le  fit  Connétable ,  lui  a 
donné  Vépée  r'    Coiinélable. 

CoNNErADLE,  ost  aussi  Un  litre  de  dignité 
qui  se  donne  en  d'autres  Royaumes  à  quelques 
personnes  de  qualité,  dans  la  maison  desquelles 
il  est  héréditaire.  Ainsi  en  Espagne  il  y  a  un 
Connétable  de  Ca^ttlle^  un  Connétable  de  Na- 
varre. Et  à  Rome,  l'aîné  de  la  Maison  Colonne 
s'appelle  Le  Connétable ^  comme  étant  Conné- 
table héréditaire  du  Roynime  de  tapies. 

CoîWÉTADLE,  est  aussi  snbslantif  féminin, 
lorsqu'on  parle  De  la  femme  d'un  Connclablc. 
Madame  lu  Connétable. 


C  O  N 

CO^■NÉTADLIE.  s.  f.  La  JuriJ^lion  des 
Maréchaux  de  France  sur  les  gens  de  guerre, 
ei  sur  ce  qui  regarde  la  guerre,  tant  au  civil 
qu'au  fiiminel.  Le  Siège  de  lu  Connétablie  est 
à  Parts.  Lieutenant  de  la  CofUic/aMie.  Archet 
de  la  Connétablie. 

CONSKTADUK  ,  sc  dit  au.^si  De  la  Juridiction 
des  Maréchaux  de  France,  pour  les  afTaîres  qui 
regardent  le  point  d'honneur.  La  Connétablie 
se  tient  chez  le  Doyen  des  Maréchaux  de 
France,  comme  repiésentant  le  Connétable. 

CONNEXE,  adj.  des  2  genres.  Terme  de 
Palais,  qui  sc  dit  Des  choses  qui  ont  une  cer- 
taine liaison  les  imes  avec  les  autres.  Affaires, 
matières  conncres. 

CONNEXION,  s.  f.  JJaison  qui  de  cer- 
taines choses  ont  les  unes  avec  les  autres.  On 
ne  voit  pas  la  connexion  de  ces  deux  idées,  de 
ces  deux  propo'^itions.  Il  n^existe  aucune  con- 
nexion entre  ces  principes^  ni  entre  les  consé- 
(juences  quon  en  tire. 

CONNEXITE.  Sv  f.  Rapport^  liaison  aperçue 
entre  deux  objets,  entre  deux  idées.  Il  y  a  une 
grande  connexité  entre  la  îMorolc  cl  la  Juris- 
prudence. 

CONXIL.  s.  m.  Lapin.  En  cette  île-là  il  y  a 
force  connds,  lièvres,  etc.  Il  est  vieux. 

CONNILLER.  v.  n.  Chercher  des  subter- 
fuges et  des  ruses  pour  esquiver,  suit  dans  la 
dispute,  soit  dans  un  procès.  }l  ne  jéj  ond  pas 
directement^  H  ne  procède  pas  frayichemcnl ^  il 
ne  fait  que  connillei.  J\  est  populaire. 

C0NMVE:NC.-:.  s.  f.  Complicilc  ^'.ir  tol'- 
ïance  et  dissimulation  d'un  mal  qu'on  doit  ou 
qu'on  peut  empêcher.  Connivence  manifeste, 
La  connivence  du  Maqistrat,  des  Juges.  La 
connivence  du  père  a  été  cause  du  désordre  dû 
ses  enfans.  Agir  de  connivence. 

Il  se  prend  aussi  quelquefois  pour  Coni- 
plicité.  Ils  étaient  de  connivence  cnsembU 
pour,  etc. 

CONNIVER.  V.  il.  Participer ,  en  dissimu^ 
lant,  à  un  mal  qu'on  peut  et  qu'on  doit  empê- 
cher. Vn  magisb-atqui  connivc  (ni.cconciissrons 
d'un  Greffier,  d'un  Procureur j  qui  connive 
avec  un  Greifier^  un  Procureur.  Il  ne  voulut 
pas  se  déclarer  ouvertement ,  mais  il  conniVoil 
avec  lui.  Un  Trésorier  et  un  Contrôleur  qui 
connivent  ensemble.  Vn  père  qui  connive  atuv 
débauches  de  ses  enfans. 

CONNOISSABLE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
est  aisé  îi  eonnoître.  Il  est  fort  changé,  il  n'est 
pas  connoissable.  Il  u'est  guère  d'usage  qu'avec 
la  négative. 

COXNOISSANCE.  s.  f.  Idéa,  ïiotion  qu'un 
a  de  quelque  chose,  de  qurlqne  pereonnc.  La 
connois.<ii.icc  du  bien  et  du  mal.  La  connoir- 
sance  de  Dieu.  N\tvoir  aucune  connoissance 
d'une  affiiire.  Cela  est  de  ma  connoissance, 
de  la  connoissance  de  tout  le  monde.  Cela  est 
venu  à  ma  connoissance.  Je  n'en  ai  aucune 
connoissance, 

CossoissANCE,  se  dit  aussi  De  l'exercice  de 
c'tte  faculté  par  laquelle  l'ime  connoit  et  dis- 
tingue les  objets;  et  dans  ce  sens  on  dit,  qn'(/fi 
/lomnie  a  perfîu  loiile  cu/inoissunce;  qu'il  n'ii 


COIN 

plus  de  .sentiment  ni  de  coîinoissancc  j  qu'il 
s*est  trouvé  mal ,  mais  sans  perdre  connoissance  j 
qu'uïi  transport  au  cerveau  lui  a  ôté  toute  con-t 
Jioissance  •  qu'il  a  eu  coMfioi.s5ûncc  jusqu'à  la 
mort. 

On  dit,  Prendre  lonnoissance  d'une  chose, 
d'une  ajpiire,  pour  dire.  S'informer,  vouloir 
savoir  ce  que  c'est.  Jl  a  l'ouhi  prendre  connois- 
sance de  cette  'afjairc.  Ce  n'est  pas  à  vous  i^ 
prendre  connoissance  de  mes  actions. 

On  dit,  Parler  en  connoissance  de  cause^ 
agir  avec  connoissance  de  cause,  pour  dire, 
Parler  et  agir  avec  une  entière  connoissance  de 
ne  que  l'on  dit,  et  de  ce  que  Ton  fait. 

On  dit,  qu'l/n  homme  a  une  grande  con- 
noissance des  affiiresj  pourdire,  qu'il  s'entend 
très-bien  eu,  affaires  ;  et  qu'/I  a  grande  con- 
noissance des  tableaux,  des  pierreries,  pour 
dire,  qu'il  sc  counoît  bien  en  tableaux,  en 
pierreries. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  qu'f/n 
homme  a  une  grande  ronnois-sunce  des  livres; 
et  on  dit,  qu'/i  a  une  grande  connoissanos  de 
rilisloire,  pour  dire,  qu'il  sait  très-bien  l'His- 
toire. 

Connoissance,  signifie  aussi,  L'habitude, 
liaison,  rel.ilion  qu'on  a  avec  quelqu'un.  Cet 
homme  est-il  de  votre  connoissance?  A  cause 
de  notre  ancienne  connoissance. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes  avec  lesquelles 
on  a  des  liaisons  ou  des  relations.  Faire  de 
nouvelles  connoissances.  On  doit  préférer  ses 
amis  à  ses  connoissances.  Il  n^est  yis  mon  amt, 
il  n'est  que  ma  connoissance.  Je  n  ai  aucune 
connoissance  auprès  de  ce  Juqe-là.  Je  vous 
donnerai  toutes  mes  connoissances. 

On  dit,  Il  n'y  avoit  personne  de  connois- 
sance à  la  promenade,  au  spectacle,  etc.  pour 
due,  qu'il  n'y  avoit  aucune  de  ces  personnes 
qui  sont  géuéralement  connues  dans  le  monde. 

On  dit  sans  article,  Faire  connoissance  avec 
(|»e/(^u'j*n ,  et  avec  l'article.  Faire  la  connois- 
stince  de  quelqu\tn.  Il  a  fait  connoissance  avec 
un  Savant.  Il  a  fait  la  connoissance  d'un 
grand  Littcriitcur. 

On  appelle  Pays  de  connoissance,  Un  lieu , 
une  maison  ou  l'un  connoit  ceux  qui  y  sont,  et 
où  l'on  est  connu;  et  dans  ce  sens,  en  parlant 
figurément  des  compagnies  oii  l'on  trouve  des 
personnes  que  l'on  connoit,  des  livres  et  dos 
langues  qu'on  entend,  on  dit,  qu'On  est  en 
pay.t  de  connoisiance.  Quand  il  etitra  dans  cette 
mûisort,  il  fut  ravi  de  se  trouvcf  en  pays  de 
connoissance.  Il  se  trouve  en  pays  de  connois- 
sance dans  toutes  les  Bibliothèques.  A  présent 
que  vous  parlez  une  Lanquc  que  j'entends^  je 
mis  en  pays  de  connoissance. 

On  dit,  qu'Un  homme  a  hien  des  connois- 
sances, de  grandes  connoissances,  de  profondes 
connoissances ,  pour  dire,  qu'il  sait  beaucoup, 
qu'il  possède  beaucoup  ilc  sciences. 

CoNsoissANCK-i ,  SC  dit  aussi  en  termes  de 
Chasse,  pour  Certaines  marques  imprimées  par 
le  pied  de  la  bête  qu'on  chasse,  et  auxquelles 
on  reconnoit  l'-'igo  et  la  grosseur  de  celte  bête. 

CON>OISSEMENT,  s.  m.  Terme  du  Coin- 


CON 

meice  do  Mer.  Déclariitioii  contenant  l'état  des 
inarchnmiiscs  qui  sont  d;iii9  un  vaiisetiu  ,  de 
ceux  à  qui  elles  appartienuent ,  et  des  lieux  nù 
on  les  porte,  si-uce  du  C-ipitainc  et  de  rÉcii- 
vain.  On  ne  trouva  sur  ce  vaisseau  ni  corinoïs- 
sement  ni  passe-port. 

CONiNObSEUR,  EUSE.  s.  Celui ,  celle  qui 
se  counoit  h  quelque  chose.  Si  vous  dites  <^ue 
ee  diamant  est  d'une  belle  ci.u,  oous  n^êtes  pas 
connoisseur.  C'est  un  grand  connoisseur  en  ta- 
bleaujc.llestbon  connaisseur  en  chevaux.  Faire 
le  connoisseur.  Faire  la  coniioisseuse.  Je  ne  me 
cannois  point  en  ces  sortes  de  choses/à ,  je  m'en 
rapporte  au.t  connoisseurs.  Elle  est  cannois- 
seuse^c'est  une  tonne  coJinoUseuse  en  diamans. 

CosscissEtn  ,  se  dit  adjectivemcut.  Il  parte 
un  œil  connoisseur  sur  ce  tableau. 

CO^NOÎTRE.T.a.  Avoir  dans  l'esprit  l'idée, 
la  notion  d'une  chose  ou  d'une  personne.  Con- 
noitre parfaitement ,  imparfaitement.  Connaître 
à  tond.  Je  ne  le  cannois  (jue  de  nom,  de  vue. 
Je  le  cannois  bien.  D^oit  le  connaissez- vous? 
Je  le  cannois  pour  Vavoir  vu  en  tel  endroit.  Il 
me  connut  à  la  voix,  à  la  démarche.  Je  con- 
nais sa  manière.  Son  style  est  aisé  à  connoitre. 
Je  le  cannois  pour  ce  iju'il  est.  Je  connois  bien 
cet  homme.  Il  a  bien  trompé  du  mande,  an  ne 
le  connaissait  pas.  Con:iais-tai  toi-même ,  est 
une  des  belles  maximes  de  Vandenne  Philoso- 
•phie.  Connoitre  le  bien  et  le  mal.  Cet  enfant  ne 
connaît  pas  encore  ses  lettres.  Vous  ne  connais- 
sez pas  vos  forces.  Il  eonnoil  son  foihle.  Je  ne 
parle  point  de  ce  que  je  ne  connois  pas.  Faire 
eonnottre  sa  façon  de  penser.  Il  fit  connaître 
aui  il  étoit.  On  lui  refusa  l'entrée  f  il  se  fit  con- 
noitre. A'e  lui  donnez  pas  à  connoitre  <jue,.. 

CoNNOrmc,  signifie  aussi,  .4 voir  une  firando 
prnli<jue,  un  faraud  usa^^e  de  certaines  choses, 
s'y  entendre  fort  Itien,  C'est  un  homme  <jui 
connoit  bien  la  guerre.  îl  ^s(  bon  Officier  de 
Marine,  il  connolt  fort  bien  la  mer.  Vn  homme 
<jui  connoit  bien  le  mande  et  la  Cour.  Il  con- 
naît bien  les  bons  livres,  les  pierreries ,  les  ta- 
hleaux.  C'est  un  grand  Physicien  ^  il  connaît 
hien  les  plantes,  les  métaux,  les  minéraux. 

Il  signiHe  aussi.  Avoir  quelques  liabitudes 
avec  quelqu'un.  Connaissez-vous  quchpi^un  de 
mes  Juges?  Je  nen  connais  pas  un.  Il  catinoît 
tout  le  monde.  Je  vous  le  ferai  connaître.  Je 
ne  conuois  point  cet  hamme-là,  ni  ne  le  veux 
connoitre. 

Ou  dit  en  style  de  l'Ecriture-Sainte ,  Con- 
Tiotlre  une  femme,  ou  la  connaître  charnelle- 
nicnt,  pour  dire  ,  Avoir  habitation  avec  elle, 
Adam  connut  Ei*c. 

Co9>uirnE«  signifie  aassi  Discerner  les  nb- 
}et$,  \l'a  distinguer.  Je  ne  Vai  vu  iju^une  fois . 
mais  je  le  connoUrois  entre  mille.  La  nuit  étoit 
SI  noire^  <fu'on  ne  pouvutt  connoî(rc  personne. 

Cosîtoirnc,  signifie  encore  Sentir, éprouver. 
On  ne  conno/t  point  r/iù'cr  à  la  Martinique.  Les 
Anciens  ne  connoissoient  pas  la  petite  vérole. 

CoanoÎTiiE,  signifie  aussi,  Avoir  pouvoir, 
aaloritc  de  juijer  de  quelques  matières  j  en  ce 
sens  il  se  construit  toujours  ovcc  Je,  ou  un 
cquivulent.  Ce  J"'^<.*  connoït  des  matières  cî- 


CON 

îles  et  criminelles.  Il  en  connoîf  en  première 
installée.  Il  en  connoit  par  appel.  Il  ne  peut  '* 
pds  cufiri()(fre  dc  cela. 

On  dit,  (ju'L'n  homme  ne  connoit  personne, 
pour  dire,  qu'il  n'a  nul  é^ard,  nulle  considc- 
r.'tiou  pour  personne.  Quand  il  est  guestion 
dintérvt,  îl  ne  connoit  plus  personne.  DcpHi:i 
qu'il  est  en  place  ^  il  ne  cannait  plus  ses  amis. 

On  dit,  A'e  connoïtre  point  de  Supérieur, 
ne  connaître  point  (îf  A/aï(rc ,  pour  dire ,  N'a- 
voir point  dc  Supérieur,  n'avoir  point  de  Maître, 
ou  pi'ctcndre  n'en  point  avoir,  et  ne  vouloir  pas 
s'y  soumettre.  ÎLt  ou  dit  farnihi-rement  dms  le 
même  sens,  en  parlant  d'Un  libertin,  qr'//  ne 
connoit  ni  Dieu  ni  diable. 

En  parlant  De  certaines  Lois,  de  certaines  ' 
Coutumes  qui  ne  sont  point  admises,  qui  ne 
sont  peint  rsçues  en  certains  Pays,  on  dit, 
qti'On  ne  Us  y  connoït  point.  En  ce  Pays~lù 
on  ne  connoit  poinf  la  Loi  Salique ,  êp  n^y 
co'moîl  point  le  Droit  jRomairt. 

On  dit,  5e  connoitre  en  quelque  chose,  ou 
ù  quelque  chose,  poui"  dire,  Savoir  en  bien 
juger.  Il  se  connoit  en  gens.  Il  se  connaît  en 
mérite,  en  poésie.  Il  se  connaît  en  pierreries^ 
en  tableaux.  Il  ne  s^y  connaît  point  du  tout. 

Ou  dit  aussi,  qù'(/n  homme  ne  se  connoî\ 
point,  pour  dire,  que  L'orgueil  lui  fait  oublier 
ce  qu'il  est.  Et  on  dit  aussi  qu'/I  ne  se  connaît 
plus,  Lorsque  quelque  passion  le  met  hors  de  lui. 

On  dit  encore,  5e  ^'«lire  connoitre.  Caton  si 
fit  connaître  de  bonne  heure  par  sa  passion 
pour  la  liberté. 

CosNU,  CE.  participe.  Il  est  connu  dc  tou*.  h 
mande.  Ce  nom  m'est  connu,  nous  est  connu, 
leur  est  connu. 

CONOIDE.  subst.  m.  Ternie  de  Géométrie. 
Coqjs  ou  solide  qui  tient  de  la  figure  d'un  cône, 
Et  dont  b'  sommet  est  en  pointe  ou  arrondi. 

CONQUE,  s.  fera.  Grande  coquille  concave. 
On  voyoit  dans  ce  tableau  Vénus  portée  sut 
une  conque. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Canqiie  ù  certaines 
coquilles  en  spirale,  dont,  suivant  la  Fable, 
les  Tritons  se  servoient  comme  de  trompettes. 

Conques  ASAxiFfeuES.  s.  f.  plur.  H^pcce  da 
coquilles. 

On  les  appcloit  AnatipreSf  parce  qu'on 
croyoit  autrefois  qu'il  s'y  formoit  des  canards. 

CONQUERANT,  s.  m.  Qui  a  conquis  beau- 
coup de  Pays,  qui  a  fait  de  grandes  conquêtes. 
Mexandre  a  été  un  grand  Conquérant. 

On  dit  figurémcnt  et  familièrement  d'Un 
honinii',  d'une  femme,  qui  se  présentent  avec 
une  pariu-c  dont  ils  semblent  tiivr  avantage", 
qu7b-  ont  l'air  conquérant. 

CONQUERIR.  V.  a.  (  Il  se  conjugue  comme 
Jcqnérir,  et  n'est  glu'în.' d'usa,  qu'à  l'infinitif, 
au  passé  défini  et  aux  temps  composes.  )  Ac- 
quérir par  les  nm^s.  Conquérir  une  Ville,  un 
Pays,  une  Province,  un  Royaume.  Alexandre 
conquît  l'Asie.  César  a  conquis  les  Gaules. 

Ou  dit  nu5si ,  Conquérir  l amitié,  les  bonnes 
.  grâces  de  quelqu\tn. 

CoNQtis,  KV..  participe.  Vne  Province  con- 
quise. Le  Pu.ys  conquis.  Les  Villes  conquises. 


CON  293 

CONQUÊT,  s.  ni.  Terme  dc  Jurisprudenre, 
Acquêt  fait  durant  la  communauté  cnlre  !e 
mari  et  la  femme.  Il  st:  joint  toujours  avec  jc- 
quêt.  Elle  a  sa  part  dans  les  acquêts  et  canqucls. 

CONQUÏtiTE.  s.  f.  L'action  dc  conquérir, 
nu  la  cliose  conquise.  lùwc  la  conquête  d^un 
Pays.  Belle,  grande,  glorieuse  conquête.  Gar- 
der ses  conquêtes.  Agrandir  son  Etat  par  des 
conquêtes.  Pays  de  conqmUe. 

Ou  dit.  Vivre  comme  dans  unPays  de  ccn- 
<fuctc,  pour  dire,  Vivre  à  discrétion. 

Conquête  ,  se  dit  fîgurément  en  termes  dc 
galanterie.  La  conquête  d^un  amant.  Cette 
beauté  fait  tous  les  jours  de  noui'cïles  conquêtes. 

On  dit  aussi  :  Cet  homme  a  des  qualités  ai' 
niables,  il  a  fait  ma  conquête.  Je  suis  sa  con- 
quête. J'en  veux  faire  ma  conquête. 

CONQUf:TEU.  V.  a.  Conquérir.  Il  est  vieux, 

CONSACRANT,  adjcct.  masc.  Qui  sacre  un 
ICvéque.  L'hvêque  consacrant.  Il  est  aussi 
Bubstantif.  Le  Consacrant. 

CONSACRER,  v.  actif.  Dédier  à  Dieu  avec 
L-ertaines  cérémonies.  Consacrer  une  Eglise ,  nn 
Autel,  un  Calice.  Consacrer  une  personne  à 
Dieu.  Se  consacrer  à  Dieu.  Se  consacrer  an 
leivice  des  Àutcb. 

Il  rignifîe  aussi,  Donner,  de'vouer  à  Dieu, 
sans  observer  aucune  cérémonie  particulière. 
Après  tant  de  temps  donné  au  monde,  il  a  con' 
sacré  le  reste  dc  ses  jour*  à  Dieu. 

On  dk  figurément,  Consacrer  à  quelqu'un 
son  temps  j  ses  veilles,  ses  soins,  pour  dire,  Lui 
dévouer  son  temps,  ses  veilles,  etc. 

On  dit  encore  dans  lo  même  sens  :  Consa~ 
crer  sa  jeunesse,  sa  vie,  etc.  à  VMiide,au  Bar- 
reau, à  la  guerre  t  à  l'exercice  des  armes,  elc. 
Se  consacrer  à  l'étude  des  Langues,  des  Belles- 
Lettres,  de  la  PJiilosophîe.  Consacrer  son  ar- 
gent à  se  former  une  bibliothèque. 

On  dit,  que  L'Eglise  a  consacré  un  mot, 
pour  dire,  qu'Elle  l'a  déterminé  à  une  signifi- 
cation particulière,  hors  de  laquelle  il  n'est 
pnint  d'usage.  Ainsi  les  mots  de  Consubstantiol 
et  de  Transsubstantiation ,  sont  des  mots  con- 
sacrés, en  parlant  De  la  divinité  du  Verbe  et 
de  l'Eucharistie. 

On  dit  aussi,  que  L'usage  a  consacré  une 
phrase,  une  façon  de  parler,  pour  dire,  que 
L'usage  l'a  étabUe,  et  qu'il  n'y  faut  rien  chan- 
ger, quoiqu'elle  soit  quelquefois  contre  les 
règles  de  la  Langue,  comme  :  Lettres  Royaux. 
l  aut  vient  à  point  qui  peut  attendre. 

CowsACnEii,  se  dit  encore  particulièremrni. 
De  ce  que  fait  le  Prêtre,  lorsqu'il  prononce  les 
paroles  sacramcntales  en  vertu  desquelles  le 
Torps  et  le  Sang  de  Jésus-Ciiiust  sout  ré-cllc- 
ment  sous  les  cspi-ccs  du  pain  et  du  vin.  Le 
Prêtre  consacra  autant  d'Hosties  qu'il  y  avoit 
de  Cammunians. 

CossAcnÉ,  ÉE.  participe. 

CONSANtiUIN.  fldj.  m.  Parent  du  c6té  pa- 
ternel. Il  n'est  guère  d'usage  que  dans  celle 
phrase;,  Frcrc  consanguin,  qui  signifie  Frèn? 
de  père,  et  qu'on  dit  par  opposition  k  Frè:e 
utérin.,  qui  signifie  Frère  de  niére.  Il  ne  se  dit 
guère  qu'on  termes  de  Jurisprudence. 


agi 


CON 

'CONSANCUINITÉ.  s.  f.  (  l'U  fait  dipli 
tliODgue  avec  l'I.  )  Parenté  dn  côt6  du  pire 
Degré  de  consanquinité. 

CONSCIIÎNCE.  s.  f.  Lamiôrc  inlcrieiire 
«enlimer.t  intérieur  par  lequel  l'iiomme  se  ren( 
témoignage  à  lui-même  du  liii-n  et  du  mal  'ju  i 
fait.  Conscience  timorée.  Co>"cience  dcUcate 
Conscience  scruyiiUu^c.  Conscience  tenih-e 
Bonne  conscience.  Conscience  erronée.  Délica- 
tesse ie  conscience.  Scrupule  de  conscience 
Remords  de  conscience.  Levt^rdeh  conscience 
Le  cri  de  la  conscience,  le  trihunal  de  la  con 
science.  Directeur  de  conscience,  l.e  for  de  h 
conscience.  Liberté  de  comci'enrc.  Conseil  di 
conscience.  Faire  quelque  chose  pour  l'acquit 
de  sa  conscience.  Cela  se  peut  faire  en  siheK 
de  conscience.  Votre  conscience  ne  vous  re- 
prochc-t-ellerien?  Àcjir  contre  sa  conscience 
Varier  contre  sa  conscience.  Parl^  selon  se 
conscience.  TrouMer  les  consciences.  Cela  n'esl 
propre  qu'à  alarmer  les  conscietices. 

On  appelle  Cris  de  conscience,  Certaines  dif- 
ficultés ou  (juestions  sur  ce  que  la  Religior 
permet  ou  défend  en  certains  cas.  Propose.-  un 
cas  de  conscience.  Uésoudre  un  cas  de  comcicnce 

On  dit,  qu'Un  homme  a  de  la  conscience 
qu'il  est  homme  de  con.ïciencejpour  dire, qu'il 
est  attentif  à  ne  rien  f.iirc  qui  puisse  blesser  sz 
conscience  ;  et  on  dit  ou  contraire,  qu'/l  esl 
sans  conscieni-e ,  qu'il  n'a  point  de  conscience. 
On  dit  aussi  dans  le  stjle  familier,  qu'/l  a  la 
conscience  large,  pour  dire,  qu'il  ne  regarde 
pas  de  bien  prés  à  ce  qui  concerne  son  rlevoit 
On  dit  aussi,  qu'H  n'a  pas  la  conscience  nette, 
pour  dire,  qu'il  se  sent  coupable. 

On  dit  comniunémenl ,  Faire  conscience 
d'une  rliose,pour  dire,  Faire  scrupule  d'une 
diose,  ^atcc  qu'on  croit  qu'elle  est  contre  les 
bonnes  mœurs,  contre  la  raison,  contre  la 
bienséance.  Je  ferais  coasciencc  d'avoir  corn- 
merce  avec  un  îionnne  si  décrié.  Je  fais  con- 
science de  vous  importuner  si  souvent  de  /i 
même  chose. 

On  dit  dans  le  même  sens  -.Il  y  a  de  la  cim- 
science  à  faire  telle  close.  C'est  conscience  de 
faire  telle  chose.  Il  y  a  de  la  conscience  à  jouer 
contre  un  homme  qui  ne  sait  pas  le  jeu.  C'est 
conscience  de  le  laisser  dans  Verreur  oit  il  est. 
IVe  ^'iitfes  ^)us  cela,  il  y  auroit  conscience. 

On  dit  :  Je  nicls  cela  ,  je  laisse  cela  sur  votre 
conscience.  Je  m'en  remets^  je  m'en  rapporte  à 
votre  conscience.  Vous  aurez  cela  sur  votre 
conscience  f  pour  dire,  .Si  vous  agissez  en  cela 
contre  votre  conscience,  vous  en  répondrez  de- 
vant Dieu.  Et  m  dit,  qu'Un  homme  a  dit  tout 
ce  qu'il  avoil  sur  sa  conscience,  pour  dire, 
(pi'll  n'a  rien  caché  de  ce  qu'il  savoit,  de  ce 
«pi'il  avoit  sue  le  cœur. 

Conscience,  se  dit  en  Métaphysique,  de  l.i 
coiuiuissance  qu'on  a  d'une  vérité  par  le  sen- 
timent intérieur.  Les  hommes  ont  la  conscience 
U  leur  liberté.  Conscience  intime. 

En  conscience ,  en  bonne  conscience.  Façon 

'     de  parler  adverbiale. En  vérité,  selon  les  rfrgles 

de  la  conscience.  Je  vous  le  dis  en  conscience. 

Ce  Marchand  vend  en  conscience,  il  ne  surfiiil 


CON 

j)oint.  En  honnc  conscience^  poiivez-i^oiis  me 
demander  ce  prix?  Vous  êtes  ohligé  en  con- 
science à  cela,  de  faire,,  etc. 

En  conscience ^  en  ma  conscience^  sur  ma 
conscience.  Espèce  de  serment  en  usage  dans 
le  langage  familier. 

CONSCIENCIEUSEMENT,  adv.  D'une  ma 
ni(>re  consciencieuse,  avec  conscience,  en  con 
science,  ^^ir  consdencieuscmeni.  Faire  un  pui 
tags  consciencieusement. 

CONSCIENCIEUX,  EUSE.  adj.  Celui,  cHl. 
qui  a  la  conscience  délicate.  C'est  un  hcmtuc 
consciencieux.  Il  est  consciencieux  jasrjHcin 
scrupule. 

CONSf^RIT.  adj.  m.  Il  n'est  d'usn-;e  qu'en 
pnrlant  des  Sénateurs  Romains.  Les  Pries 
conscrits. 

CONSÉCRATEUR.  s.  m.  II  signifie  la  mômf 
chose  que  Consacrant. 

CC^'SÉCRATION.  s.  f.  Action  par  laquelle 
une  chose  esl  consacrée.  La  consécration  d'unt 
Eglise,  d^un  calice. 

On  appelle  absol.  et  par  excellence,  LaCon* 
sècration,  L'aclion  par  laquelle  le  Prttre  con- 
sacre,quand  ilcélébrela  Mess-J.  4vaTit  laConsé- 
cration.  AfircslaConsccratior..  LaConsécratton 
étant  faite.  Les  paroles  de  la  Consécration. 

CONSÉCUTIF ,  IVE.  adj.  Qni  est  de  suite. 
U  ne  se  ditguèrr qu'au  pluriel ,  et  dans  le  style 
de  Jurispnidencc ,  en  parlant  Des  choses  qui  se 
suivnnt  immédialement  dans  l'ordre  du  temps. 
On  a  publié  les  hans  par  trois  Dimanches  con- 
sécutifs. Troi"  Fêtes  couiccutivcs.  Trois  jour<- 
consécutifs.  lî  rapporte  trois  haux  conse'cut ifs. 
CONSÉCUnVEMENT.  adv.  Tout  de  suite, 
imncôdi. lie  ment  après,  selon  l'ordre  du  temps. 
Il  a  eu  consécutivement  trois  grandes  malo' 
dies.  Il  a  exercé  consécutivement  trois  grandei 
charges. 

CONSEIL,  s.  m.  Avis  que  l'on  donne  à  quel- 
qu'un sur  ce  qu'il  doit  faire  ou  ne  pas  faire. 
Uon ,  sage.,  prudent  conseil.  Conseil  salutaire. 
Mauvais,  pernicieux  y  dangereux  conseil.  Con- 
seil intéressé,  désintéressé.  Conseil  violent.  Il 
Vit  Vauteur  de  ce  conseil.  Donner  conseil,  un 
conseil.  Prendre  conseil.  Suivre  le  consed  de 
auclnu'uH.  Croire  un  conseil.  Il  îie  prend  çon- 
'>eil  nue  de  sa  tête,  de  son  amour,  de  son  inté- 
rêt, ou  de  son  avarice.  Je  ne  demande  pas 
votre  conseil  sur  cela.  C'est  un  conseil  à  lui 
donner.  C^est  un  homme  de  bon  conseil.  Je  ne 
ferai  rien  nue  par  conseil,  nue  par  bon  con- 
seil.Il  m'a  aidé  deses  bons  conseils.  Il  a  rejeta' 
tous  mes  conseils. 

Proverbialement,  en  parlant  d'Un  conseil 
qu'on  ne  veut  pas  suivre,  on  dit,  Ce  con.'ieil- 
là  est  bon,  mais  îl  n'en  faut  guère  user. 

On  dit  encore  proverbialement,  que  La 
nuit  donne  conseil ,  porte  conseil,  pour  dire  , 
qu'il  ne  faut  pas  prendre  son  parti  l  la  liite  . 
et  qu'il  faut  se  donner  le  loisir  d'y  faire  ré- 
llexion;  et,  À  nouvelles  ajfaircSy  nouventLt 
conseils,  pour  dire,  qu'il  faut  relier  ses  r<-so- 
lulions  suivant  les  différenles  ocrurronces,  les 
>  diflcrentes  conjonctures  des  aS'aires;  A  parti 
pris,  point    de    conseils,    pour  dire,  qu'il  esl 


CON 

inutile  de  donner  des  conseils  h  un  homme  qui 
a  pris  son  parti. 

On  appelle  Conseils  i^vcinoélî^ucs.  Les  con- 
seils que  l'Évangile  donne  pour  parvenir  ^  une 
plus  grande  perfection  ;  et  en  ce  sens ,  Conseil 
l'oppose  à  Précepte,  comme  dans  ces  phrases  : 
Ce  n^est  pas  un  précepte, ce  n^est qu'un  con^fil. 
Cela  n^est  pas  de  pr  ceptCf  cela  n'est  que  tlt 
conseiL 

Conseil  ,  se  prend  quelquefois  pour  Hïfso- 
lution,  parti.  Ne  ni'en  parlez  plus,  le  conserl 
en  est  pris.  Je  ne  sais  nue}  conseil  prendre. 

CoasEiL,  est  aussi  un  nom  qui  se  donne  gé- 
néralement A  certaines  assemblées  établies  pue 
raulorité  du  Prince,  soit  pour  les  afiàîres  im- 
portantes de  l'État,  soit  pour  l'administration 
(le  la  .Justice,  Ainsi  eu  l'rance  ily  a  diveisCon- 
seîlsdecette  nature, comnte:  Le  Conseil  d'Etat, 
DU  le  Conseil  d'en  haut.  Le  Conseil  des  Dépê~ 
ches.  Le  Conseil  des  Finances.  Le  Conseil  de 
Commerce.  Le  Conseil  Privé,  ou  le  Conseil  des 
parties.  Un  Arrêt  du  Conseil  d'État. 

On  appelle  aussi  Conseil,  hti  réunion  habi- 
tuelle d'un  certain  nombre  de  Gens  de  Loi, 
que  des  Princes  du  Sang,  ou  de  grands  Sei- 
gneurs, choisissent  pour  diriger  leurs  aflaircs. 
Le  Conseil  de  M.  le  Prince  de  Conti,  le  Con^ 
ieil  de  la  Maison  de  Bouillon,  etc. 

Quand  on  dit,  Un  Avocat  au  Conseil,  un 
Greffier  du  Consed,  un  Huissier  du  ComeH; 
vlaider  au  Conseil,  se  pourvoir  au  Conseil, 
'.te  à  la  suite  du  Conseil ,  on  entend  parler  du 
"onst'il  des  Parti'^s.  Et  quand  on  dit  ,  qu't/n 
tel  est  entré  au  Conseil,  cela  re  s'entend  que 
du.  Conseil  d'iitat. 

On  appelle  Grand  Conseil,  Une  Compa- 
gnie supérieure  qui  n'a  point  de  territoire  ,et 
qui  est  établie  pour  connoître  de  certaines  af- 
faires, comme  de  ce  qui  regarde  les  Prévôts 
des  Murcchaux,  desdifférensqui  naissent  entre 
les  Présidiaux ,  des  matières  bcnéfîciales  j  et  des 
contrariétés  d'Arrêts. 

On  ai>pelle  Conseil  de  Ville,  Un  Conseil 
ét.ibli  pour  connoître  et  ordonner  des  affaires 
de  la  Mlle.  On  en  a  parlé  au  C onseil  de  Ville. 

On  appelle  Conseil  de  Guerre,  L'Assemblée 
r[ue  Tiennent  les  Officiers  (;énéraux  d'une  ir- 
mcc  ,  ou  les  Ollicier? principaux  d'un  déioche- 
ment,  dune  Place  de  guerre,  pour  délibérer 
sur  le  parti  qu'on  doit  prendre  en  certaines 
coujonctiucs. 

On  appelle  aussi  Conseil  dcGuen-c,  VÂs- 
semblce  que  tiennent  les  Officiers  d'un  Régimenl 
ou  d'un  autre  Corps,  pour  l'exercice  de  la  Jus- 
tice Militaire. 

Dans  les  Juridictions,  La  Chambre  du  Con- 
!ccf!,  est  la  Chambre  où  l'on  juge  les  proc-'s  par 
écrit;  et  en  ce  sens  on  dit.  Appointé  auConseil. 

CoNSEn-,  se  dit  quelquefois  De  ceux  de  qui 
on  prend  conseil.  Vn  tel  est  son  conseil.  C'est 
tout  soJt  conseil.  Le  malade  tst  en  péril,  s^n 
Médecin  ordinaire  dema'ndc  du  conxil. 

On  dit  proverbialement  d'L'n  homme  qui 
prend  prompicmeQt  sa  résolution  ,  sans  con- 
sulter personne,  qu'/l  a  bientôt  assemblé  9on 
'conseil. 


CON 

En  lerniM  de  P»lais,  l'AToeat  que  la  PartU 
roiisultc  ,  s'nppclle  Son  conseil  ;  el  on  dit , 
Aller  au  conseil,  pour  dire,  Aller  consulter  un 
A^'OcaI.  Le  conseil  at  d'avis. . . . 

En  parlant  des  Decrcude  la  Providence,  ou 
dit,  Les  comeils  de  Dieu.  H  faal  adorer  les 
eonseiU  de  Uieu.  Les  comeils  de  Dieu  sont  im 
pcnètrables.  £tcs-vous  entrés  dans  le  conseil  de 
Dieu.' 

rOSSKILLEH.  V.  a.  Donner  couseil.  75ie/i 
conseiller ,  mal  conseiller.  Conseiller  sagement. 
Qui  l'Ouï  a  conseille  cela-*  Je  ne  voudrais  pas 
lui  conseiller  de  faire  telle  cltose.  Qui  sont  ceux 
oui  le  conseillent  '  Je  vous  le  conseille  en  ami. 
Conseiller  à  (jueltiti'un  de  faire  une  cho.ie. 
Conseiller  une  chose  à  tjueltjuun.  Conseiller  la 
pair.  Conseiller  la  querre.  Bien  conseiller 
/futUju'un ,  le  imil  conseiller. 

On  disoit  autrefois,  5e  conseiller  à  quel- 
tfuun^  pour  dire,  Prendre  les  conseils,  suivre 
les  conseils  de  qitélqu'un.  11  esc  inusité. 

CoRSEOLÉ ,  É£.  participe. 

CXJNSEIL'LER,  ÈRE.  ».  Qui  donne  conseil. 
Sage,  bon  conseiller.  Mauvais  conseiller.  Celui 
qui  l'ous  a  donné  ce  conseil  est  un  niauvait 
conseiller.  Il  n'a  été  ni  l'auteur  ni  le  conseiller 
de  cette  entreprise.  Le  désespoir  est  un  maiwait 
fcon^iller,  La  passion  est  une  conseillère  daU' 
qereuse. 

Il  signiGc  aussi  principalement.  Des  Jugei 
lîtablis  pour  rendre  justice  dans  uneCompagni<? 
rcgl<!e.  Conseiller  d'Etat.  Conseiller  au  Pnile- 
Xiietit,  à  Li  G  rand'Chiiinhre  ,  ait.c  Enquêtes, 
aux  Requ^tu.  Cou^eiller  Lai.  Conseiller  Clerc 
Conseiller  à  le  Cour  des  Aides,  ^  li  Cour  dct 
Rlunnoies ,  au  Présidial  de.,  .au  Bailliage  de... 
Conseiller  au  Trésor,  aux  Ea-jx  et  Forêts,  à 
l'Amirauté. 

On  appelle  Conseillera  «Tlionneur,  Ceux  qui 
ont  séance  et  voix  délibcrative ,  quoiqu'ils 
n'aient  point  de  charge;  Conseiller  honoraire ^ 
Celui  qui,  après  vingt  ans  d'exercice,  vend  sa 
cliarge,  et  obtient  des  Lettres  de  vctcrancc. 

On  appelle  Conseillers  -  nés  ,  Ceux  qui  ont 
dioit  de  séance  au  Parlciucnten  vertu  de  leur 
dignité.  L'Arelievégue  de  Pnris  ,  l'Abbé  de 
Cluni,  e(  !'.^lilie'  de  Saint-Denis,  sont  Conseil 
lers-nés  du  Parlement. 

Conseiller  du  Roi,  est  aussi  Un  titre  d'hon- 
neur attaché  à  certains  Oflices,  etqi-e  prennent 
aussi  les  lilvéques. 

On  dit  proverhialement,  Ici  les  Conseillers 
n'ont  point  de  gages  ,  pour  dire  à  ceux  qui 
s'ingèrent  de  donner  des  conseils,  qu'ils  ne 
duiveot  point  en  donner,  ou  qu'ils  ont  tort 
d'en  donner. 

CoaSENTANT,  AXl'E.  adj.  Qui  consent. 
Le  mari  est  consentant.  La  femme  présente  cl 
contentante.  En  6tes-vous  eonsenlunt.'^U  ne  si 
dit  guèrt  qu'en  termes  de  Pratique. 

CONSE.Ni  EMK>'T.  >.  m.  AcquicKcracnt  h 
quelque  cljosc.  Conientemenl  i  crfcal.  Consen- 
tement tacite.  Consentement  par  écrit.  Consen- 
tement forcé.  Consentement  lolontaire.  D'un 
coiuiiun  eonjciUeinent.  Consenfrnicnl  niulucl. 
uiiauinM,  Donner,  rcfmer  son  conicntaucnt  li 


CON 

ijuel^Me  clxo&c.  Arracher,  extorque  le  consen- 
tement de  queltfu^un.  Le  consentement  des  deux 
parties  est  nécessaire  pour  un  mariage.  Il  sVi( 
marié  sans  le  consentement  de  son  père.  H  a 
donné  ion  consentemt:nt  par  cent.  Cela  ne  n'est 
pas  fasl  de  mon  conAcntemenl.  Il  veut  faite 
ce  mariage,  mais  ce  n'est  pas  de  mon  con^ 
setttemenl. 

CONSENTIR.  V.  n.  Acquiescer  à  quelque 
chose,  adhéicr  A  U  volouté  de  quelqu'un, 
irouver  l)on  ,  voululr  bien.  Les  parens  ont  con- 
senti à  ce  mariage.  Pour  moi,  je  u'y  puis  con- 
fcntir.  Je  ny  co'iscnïirai  jamais.  Je  consens  à 
tout  ce  (jue  r.^us  voulez.  Je  consens  à  votre 
demande.  Je  consens  que  vous  fassiez. . . . 

Ou  dit  commuDèaient,  Qui  ne  dit  mot, 
consent. 

W  est  quelquefois  actif;  et  alors  il  n'est 
^iiéie  d'usQ£;c  tjue  dans  la  Pratique.  Consentir 
\a  ventCj  Vadjudication  d'une  terre. 

CosstSTi ,  lE. participe. Il nest gucrc d'usage 
qu'au  Palais.  Jppointcinent  con:enti  par  la 
Parties. 

C0>'SÉQUE:\IMEHT.  adv.  D'une  manière 
ijui  marfjue  ïa  juste  liaison  que  des  proposi- 
lioDS  ont  les  unes  avec  les  autres.  Raisonner 
conscipieniment. 

On  dix  j  Agir  consèquemment ,  parler  con- 
séqucmment ,  pour  dire,  Agir,  parler  confor- 
mément à  SCS  vues,  û  ses  principes. 

ïl  signifie  aussi ,  Par  une  suite  raisonnable 
et  naturelle.  On  a  découvert  qu'il  avoit  intelli- 
gence avec  les  ennemis  t  tt  conséquemment  on 
l'a  arrêté. 

En  cette  acception  ,  Conséquemment  peut 
Être  suivi  de  la  préposition  à.  Il  a  conduit 
Vafjhire  conséquemment  à  ce  qui  avoit  été 
réglé. 

CONSÉQUENCE,  s.  f.  Conclusion  tirée 
d'une  ou  de  plusieurs  propositions.  Tirer  une 
conséquence.  La  conséquence  quon  en  tire  est 
juste.  La  conséquence  est  fausse.  La  consé- 
quence est  mal  tîiée.  ?iier  une  conséquence. 
Prouver  une  ccns€(juenc€. 

Il  se  prend  aussi  pour  Importance.  Vn 
fionime  de  conséquence.  Un  homme  de  peu  de 
conséquence.  Une  affaire  de  nulle  conséquence. 
Une  terre  de  conséquence.  Une  place  de  con- 
séquence. Une  charge  ,  un  emploi  de  corisé- 
qnence. 

Il  se  dit  encore  Des  suites  qu'une  action  ou 
quelque  autre  clio^  peut  avoir.  Un  exemple 
d  dangereuse  conséquence.  Cela  peut  avoir 
d'étrangci  conséquences.  Et  dans  le  même  sens 
00  dit  d'Une  chose,  c^u'Elle  tïreroit  à  consé 
quence,  pour  dire,  qu'il  y  auroit  à  craindre 
qu'on  ue  s'en  prévalût. 

Sans  conséquence^  Façon  de  parler  adver- 
biale ,  dont  on  se  sert  en  divers  sens.  C'est 
quelquefois  pour  marquer  qu'il  ne  faut  pas 
prendre  à  bi  rigueur  co  qui  vient  d'un  Itonunc 
qui  ne  nuirile  aucune  attention.  Ou  s'en  sert 
aussi  quelquefuis  pour  marquer  qu'il  oe  faut 
pas  prendre  .1  In  rigueur  certaines  libertés  que 
se  {Hrrniei  une  peraouue  qui  est  comme  en  jxh; 
scàsiou  de  dire  ou  de  lair»  tout  ce  qu'il    lui 


CON  295 

plaît,  sans  qu'on  s'en  lùche;  et  dans  ce  sens  on 
■  dit,  Tout  ce  iju'il  dit  est  sans  consetyiienre ,  il 
lie  faut  pas  s'en  fâcher. 

Il  se  dit  auisi  en  parlant  De  certains  privi- 
lèges qui  sont  tellement  attachés  à  la  nais- 
sance ,  Il  la  dijjnitù  et  au  mérite  de  certiincs 
1  ersonucs,  que  ce  qu'on  fait  en  leur  consKIéra- 
lion  ,  ne  peut  tirer  à  conséquence  pour  les 
autres.  Ce  ^u'on  fait  pour  certaines  gens  est 
sans  conséquence  pour  d'autres.  Dans  ce  sen« 
on  dit,  qu  (/ne  grice  est  sans  conséquence, 
[mur  dire,  qu'KlIe  ne  doit  pas  cire  prise  pour 
exemple. 

Un  dit,  qu'C/n /jommc est  stins  conséquence, 
pour  dire,  qu'On  Le  doit  pa»  prendre  garde  à 
se.s  discouis. 

On  dit  aussi  en  matière  de  galanterie, 
qu't/ji  homme  est  sans  conséquence  ,  Lors- 
qu'il est  d'une  réputation  et  d'un  Jgc  qui  met- 
tent à  l'abri  du  soupçon  les  fcxmnes  avec  les- 
quelles il  est  lié. 

Es  cossÉQUESCE.  Façon  de  parler  adver- 
biale. Conséquemment.  J'ai  reçu  votre  Lettre, 
et  j'agirai  en  conséquence.  11  se  construit  aussi 
avec  im  réj^ime.  En  conséquence  de  vos  ortlres, 
de  vos  avis ,  etc. 

CONSÉQUENT,  ENTE.  adj.  Qui  raisonne, 
qui  a^^it  conséquenunent.  Cet  homme  est  con- 
séquent dans  ses  discours,  dans  ses  projets, 
dans^^a  conduite. 

CONSÉQUENT,  s.  m.  On  appelle  ainsi  en 
tenues  do  Logique  ,  la  seconde  proposition 
[luii  i'.iitliyinrmc  ,  dont  la  première  s'appeUf» 
l'Antécédent.  Ce  conséquent  est  absurde,  ainsi 
Vantécédent  ne  peut  pas  être  vrai. 

En  termes  de  Mathématique  ,  Conséquent 
ee  prend  pour  le  second  terme  d'une  raison  ou 
d'un  rapport.  Dans  la  raison  de  trois  à  quatre, 
trois  est  l'antécédent  ,  et  quatre  est  le  consé- 
quent, 

Pau  cosséqdest.  Façon  de  parler  ad- 
verbiale ,  qui  siguiCe  Donc  ,  par  une  suite 
natovelle  et  nécessaire.  Le  soleil  est  levé,  et 
par  conséquent  il  fait  jour.  C'est  votre  père, 
et  par  conséquent  vous  lui  devez  le  respect. 
Vous  me  l'avez  promis,  et  par  conséquetit  vous 
y  êtes  oblige. 

II  se  met  quelquefois  absolument  dans  la 
conversation  ,  et  alors  on  sous-c:ileud  la  con- 
clusion qui  résulte  naturellement  de  la  pre- 
mière proposition,  "l'oits  m'avez  donné  votre 
parole,  et  par  conséquent .  pour  dire.  Et  par 
conséquent  vous  êtes  obligé  de  la  tenir. 

CONSERVATEUR,  TRICE.  s.  Celui,  celle 
qui  conserre.  Le  Prince  est  par  état  le  con- 
servateui'  des  biens  et  de  la  liberté  de  ses  sujets. 
Les  formes  conservatrices.  Dans  cet  exemple, 
il  est  udjcclir. 

CoNstnvATEVii,  est  aussi  Un  litre  de  dignité 
et  'de  charge.  ConsertMfi-ur  des  privilèges  de 
V  C nivcrsité.  J lige  conservateur  de  Lyon.  Con- 
trôleur et  Conservateur  des  Hypothèques. 

CONSERV.VnON.  sul»t.  fera,  .\etion  par 
laquelle  unechose,  une  jKrsonne  est  conservée, 
ou  l'elTet  de  celte  action,  .^yez  soin  de  la  con- 
Krvalion   de  ces  fruits.   La   conservation  de 


296  CON 

outlque  cJiose.  Chacun  a  soin  ê»  a#  conserva- 
tion. J'ai  fait  cela  pour  votre  conservation, 
pour  la  conserva  lion  de  la  Province,  etc.  Il  "< 
songe  au'à  la  conja-vation  île  sa  sanlé,  (jua  sa 
propre  conservation.  Veiller  à  la  consert-ation 
de  ses  itroils,  de  son  lien,  de  sa  réputation,  de 
ses  privilèges.  Je  lui  dois  la  conservation  de 
ma  vte. 

On  dit  eu  termes  d'Art,  <inDn  Tableau, 
une  Statue,  une  Médaille,  sont  d'une  belle 
conservation,  pour  dire,  qu  Ils  sont  bien  en- 
tici-s,  bien  conserves. 

On  appelle  La  Conservation  de  Lyon,  Uua 
trc-s- ancienne  Juridiction  établie  ii  Lyon  pour 
juger  les  nflaires  de  commerce. 

CONSEIiVATOIIlE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
conserve.  Il  est  d'usage  surtout  au  Palais,  h  ne 
ippcsition,  un  scellé,  sont  des  actes  conser- 
vatoires. 

CO^'SErxVATOIRE.  s.  m.  En  Halle,  c'est 
«ne  École  gratuite, où  l'on  élève  des  enfans 
pour  la  Musique.  On  appelle  aussi  (rori,çcrvu- 
(eirc,  Une  mnison  où  l'on  retire  des  filles  or- 
pliclines  ,  des  filles  et  des  femmes  pour  les  pré- 
server de  la  dcbauclie. 

COXSEUV13.  s.  fcm.  Espèce  de  confiture 
faite  de  fruits,  d'bcrbcs  ,  de  fleurs,  ou  de 
r  iclnes.  Con.'icrvc  de  roses  de  Provins.  Conserve 
de  Provins.  Conserve  de  violettes,  de  fleurs 
d'orange,  de  framloises,  de  citron,  d'ah.l.ithe. 
Conserve  de  hctoine.  Prendre  de  la  conserve. 
Cette  conserve  est  bonne  pour  le  poumon. 

CoNscnvE,  est  aussi  un  terme  de  Marine.  ' 
nu(  se  dit  dtln  vaisseau  qui  lait  route  avec  un 
aulie,  pour  le  secourir,  ou  pour  en  être  secouru 
dans   l'occasion.  Ce  vaisseau  ayant   pei-i(u  sa 
conserve. 

On  dit,  que  Deux  vaisseaiuc  vont  de  con- 
serve, pour  dire,  qu'ils  vont  de  compagnie,  et 
qu'ils  fout  route  ensemble. 

CoNS^nvE».  s.  f.  pi.  Sortes  de  lunettes  qui 
i;ro''Vissent  peu  le.s  objets,  et  couservenl  la  vue. 
71  se  sert  de  conserves.  H  prit  ses  conserves.  Il 
met  des  conserves, 

CONSERVER,  v.  a.  Garder  avec  soin,  ap- 
liortcr  le  soin  nécessaire  pour  empéclier  qu'une 
cl.osc  ne  se  g.'ite,  ne  dépérisse,  t'onseiver  de^ 
fruits,  conserver  des  meubles,  consa'ver  des 
habits. 

On  dit  d'Un  liommc  qui  a  beaucoup  'le  soin 
de  sa  santd,  que  C'est  un  homme  qui  a  grand 
soin  de  se  consa-ver,  qu'il  se  conservera  long- 
temps. 

On  dit  aussi  d'Une  femme ,  qu'Elle  a  grand 
soin  de  conserver  son  teint ,  pour  dire  .  qu'I:",lle 
a  grande  attealion  à  ce  qui  regarde  la  beaul 
de  son  teint. 

On  dit ,  Consnvn-  son  pays,  conserver  ses 
lares,  pour  dire,  Les  garantir  de  tout  ce  qui 
peut  y  apporter  quelque  dommage. 

On  dit  aussi,  Conserver  la  mémoire  d'un 
bienfait,  d'une  injure,  poiu"  dire,  S'en  souve- 
nir; et  Con.^crver  sa  réputation ,  son  honneur , 
pour  dire,  ^lainlenir  sa  réputation,  son  lion- 
iicur,  «ans  aucune  taclic;  Con.'ia-ver  sa  tétc, 
tf        .j  tète,  jKiurdire,  Cons'.'rver  son  juge- 


CON       ; 

ment,  soit  dans  la  vii  illcsse,  soît  dans  des  cir- 
constances critiques;  Conserver  ses  droits,  ses 
p-iviléqes  y  pour  dire,  Empêcher  qu'on  n'y 
donne  atteinle;  Conaerversa  haine^  son  amouj-j 
pour  dire.  Ne  pas  cesser  de  liaïr,  d'aimer. 

On  dit  à  peu  près  dans  le  nK^mc  sens,  Con- 
servcz-tuoi  l'os  î'ofines  qrâces^  l'honneur  de  vof 
hoiiucs  (jnlccs  i  et  en  parlant  d'Un  limime  qui 
se  brouille  aisifnneut  avec  ses  amis,  que  C'csi 
un  homme  (jiii  ne  conserve  pas  ses  amis^  qui  m 
sait  pas  conserver  sçs''anus. 

On  dit  aussi,  Se  conserver ,  pour  dire,  Se 
conduire  si  bien ,  si  sagement  en  un  temps  dif- 
ficile, ou  entre  des  personnes  ennemies,  ou  de 
contraire  humeur,  que  l'on  ne  se  mette  mal 
avec  personne.  On  u  bien  de  la  peine  à  se  con- 
server entre  deux  partis  si  aninxés  Vun  contre 
l^autre. 

On  dit  erKore,  Les  fruits  d'I-ltè  ne  se  con- 
>^crvent  pas,  pour  dire ,  qu'ils  se  gâtent  bientôt  ; 
Les  vins  fumeujc  se  conservent  lonij-tenips,^ 
pour  dire,  qu'ils  aie  dépérissent  pas  si  vite  que 
les  autres. 

CONSEnvEH,  en  parlant  Des  troupes,  est 
npposé  à  I.iccncici.  Après  la  poix,  on  liccnciit 
tels  et  tels  RéqîmenSj  et  on  n'en  conseri'H  (juc 
l-iut. 

CoNSEUVKR ,  signifie  aussi ,  Ne  pas  se  déf-ir*^ 
lie.  Il  a  conservé  ses  anciens  Domcstinnes.  Il  a 
vendu  SCS  li^fres,  ses  meuhles;  il  n'a  conservé 
vue  ceux  qui  luicloicnl  absolument  nécessairfis. 

Conseuvé  ,  KK.  participe. 

On  dit  d  Une  Terre  dont  le  Scipneur  fait 
tarder  lâchasse,  qu'Effe  est  htcn  conservée. 

On  dit  d'Une  nëdaille,  d'un  tableau .  d'un 
monumtnt  antique,  qu'/Is  sontbien  conservés. 
[)oar  dire,  qu'ils  ont  encore  toute  leur  beauté, 
toute  leur  fraîcheur. 

Où  dit  dans  le  iLcme  sens,  d'Une  personne 
il'un  âge  avance,  qui  a  encore  un  air  de  fraî- 
cheur et  de  santé,  qn'Elle  est  bien  conservée. 

CONSIDÉRABLE,  adj.  des  2  f;enres.  Qui 
iloît  cire  considt'rc,  qui  est  important,  de  con- 
iéquence,  dont  ou  doit  faire  cas.  Baisons  con- 
'.idérabies.  Cela  n'csf  pas  considérable.  C'est 
un  homme  fort  considérable.  Il  s^esl  rendu  con~ 
iidérablc.  Il  tient  un  rang  considérable.  Ce  mol 
s'emploie  moinj  fréquemment  en  parlant  des 
personnes. 

Il  se  dit  aussi  par  vapport  à  la  grandeur,  au 
nombre,  h  la  quantité,  etc.  Ouvrage  conside- 
riddc.  Somme  considérable  Vrpense  considé- 
rable. Arntée  considérable.  Maladie^  blessure 
considérable. 

CONSIDI-.RAIÎLEMENT.  adv.  Beaucouj». 
//  a  perdu  cojisidcrablcmenl  dans  cette  ajfnre. 
Ce  travail  est  considérahlemcnt  avancé.  Il  fut 
considérrtWcmcnt  blessé  dates  ce  combat. 

CONSIlJÉRANT,  ANTE.  ad).  Circonspect, 
qui  a  beaucoup  d'i'gards.  Il  vieillit ,  et  n'est 
gutTC  d'usage  qu'avec  qunique  adverbe,  et  dans 
CCS  phrases  du  discours  familier  :  Vous  niâtes 
guère  coniiidérant.  C'est  une  pirsonne  extré 
mentent  considcranie.  ] 


CON 

d'un  Décret,  etc.  Le  considérant  ùc  celte  Loi 
est  très-bien  fait. 

CONSIDÉR.\'riON.s.f.  Action  par  laquelle 
on  considère,  on  examine.  Cela  est  digne  de  ■ 
consi,iération.  Cela  mérite  considération,  de-- 
mande  une  longue  considération,  beaucoup  de 
considération. 

En  ce  sens,  il  signifie  au  pluriel,  Réflexions, 
observations.  Consulérations  sur  le  Commerce  ^ 
sur  les  Finances,  etc.  etc. 

11  signifie  aussi,  Circonspection,  attention 
dans  la  conduite;  et  dans  ce  sens  on  dit  d'Un 
liomme  imprudent,  que  C'est  un  homme  qui 
agit  sans  considcralion,  qui  n'apporte  aucune 
considération  dans  tout  ce  qu'il  dit,  dans  tout 
ce  qu'il  fiil. 

11  signifie  aussi,  Raison  ,  motif.  71  a  fait  cela 
par  telle  considération.  Il  y  a  été  obligé  par  de 
grandes  considérations .  Diverses  considérations 
l'y  ont  porté.  Il  y  a  été  obligé  par  des  considé' 
rations  d'iionncur  et  d'intérêt, 

CoNsiuÉiiATioN,  se  dit  aussi  De  l'égard  qu'on 
n  pour  quelqu'un.  C'est  à  votre  considération 
iju'il  en  a  usé  si  bien.  C'est  en  votre  considéra- 
lion  qu'il  l'a  fait.  Si  ce  n'étoit  la  considération 
\Vun  tel. 

On  dit,  Mettre  en  considération,  faire  entrer 
m  considération,  prendre  en  considération, 
four  dire.  Avoir  e^ard.  Le  Roi  n  mis,  It  Rot 
jéra  ent7'er  vos  services  en  considéiallon. 

CoNSini'nATinK  ,  se  dit  aussi  Des  égards 
qu'obtiennent  les  talens,  les  vertits,  ou  qu»  la 
lignite  et  le^  eIi.^l-î;ps  attirent,  ^'e^t  un  hn,nmp 
îe  grande  considération ,  qui  j'es?  ocijuts  une 
qrande  considération ,  nui  a  heaucoap  de  con- 
lidération.  Il  est  en  haute  considération  ,  en 
grande  considération.  Il  n'a  nulle  considéra- 
tion dans  le  monde.  On  n'a  nulle  considera- 
Hon  pour  lui.  C'est  une  charge  qui  donne  peu  de 
tonsiilération.  lia  perdu  toute  sa  considération. 

On  dit  d'Un  homme  de  peu,  ou  peu  connu, 
[ne  C'est  un  homme  de  peu  de  considération, 
lie  nulle  considération.  C'est  un  homme  sans 
ronsidération  dans  le  moniîe.  sans  consiilérn- 
lion.  On  dit  d'Une  chose  de  peu  de  valeur,  que 
C'est  une  chose  de  peu  de  considération. 

CONSIDÉRÉ-MENT.  adv.  Avec  prudence, 
4VCC  circonspection.  Il  faut  agir  considCréntent 
dans  celte  affiire. 

CONSIDÉRER,  v.  a.  Regarder  attentive- 
ment. Con-siilércr  un  bâtiment.  Considérer  un 
tableau.  J'ai  long-temps  considéré  cet  homme- 
là  pour  le  mieux  reconnoitrc.  Je  considé}oit 
son  qcslc,  son  maintien,  etc. 

11  signifie  aussi ,  Examiner  avec  attention.  71 
fuit  bien  considérer  les  choses  avant  que  de 
s'engager.  Considérez,  je  l'ous  prie,  telle  chose. 
Quand  vous  aurez  tout  considéié,  tout  fcieu 
considéré,  vous  trouverez  que...  Considérez  un 
peu  ce  que  vous  faites.  Considérez  en  l'ous- 
nie'nic.  'Pons  ne  considérez  pas  le  Iraviiil  qu  il 
y  a  dans  cet  ouvrage.  C'est  un  homme  qui  ne 
considère  rien. 

Il  signifie  aussi,  Peser,  apprécier.  Consi^é- 


CONSIDÉRAM".  s.  niasc.  Remarques,  ré       re;  quels  avantages  il  vous  reviendi  a  devoirs 
Qc.xjoni  qui  précèdent  le  d'spositif  d'une  I.oi,""'fconnc  conduilc. 


CON 

I!  signifio  aussi.  Avoir  ^gard.  Considérez  les 
\on(js  serifices  qu'il  vous  a  rendus.  Ce  Juge 
lie  considère  ni  les  personnes^  ni  les  recomman- 
dations. 

U  sii^iifie  rnnore,  Estimer,  faire  cas.  //  c.sl 
considéré,  il  est  fort  considâê  à  la  Cour.  Vous 
le  déviiez  considérer  davatita(je.  Je  ne  consi- 
dàe  ni  sa  fortune,  ni  ses  richesses.  Je  ne  con- 
iidèie  que  son  mérite.  On  dit,  C'est  un  homme 
que  je  considère  beaucoup  ;  iLiais  ce  n'est  qu'eu 
purlaot  doses  iufcricurs. 

ConsiDÉnÊ,  tu.  pariicipc.  Tout  bien  con- 
sidéré. 

On  dit  en  termes  de  Pratit]ne,Ce  considéré, 
il  vous  plaise. 

CONSIGNAT  AIRE.  s.  m.  Dépositaire  d  uno 
somme  cousigtiée.  Le  Consiguataire  dclivre  les 
deniers, 

CONSIGNATION,  s.  fém.  Dépôt  juridique 
<ie  quelque  argent  ou  d'autre  chose,  fait  entre 
les  mains  d'une  p':rsonne  piil)!ique.  Faire  une 
consignation  au  Greffe.  Il  n'a  pas  assez  d'ar- 
gent  pour  la  consignation  au  on  lui  demande. 
Pour  le  droit  de  la  consignation ,  de  consigna- 
tion. Le  ReccK'Cur  des  consignations.  Le  Bureau 
des  consignations. 

On  appelle  Les  Consignations^  Le  Burenu 
puMic  où  l'en  porte  l'argent  déposé  p;ir  au- 
lorilé  de  Justice.  Porter  son  argent  aux  Con-- 
lignations. 

CONSIGNE.  $.  f.  L'ordre  ou  l'esp^-ce  d  iris 
tiuction  rjiie  donne  h  une  sentinelle  celui  qui 

TI  se  dit  Qtiiki  dans  les  Pinces  de  guerre, 
d'L'n  liomnR"  qui  se  tient  aux  portes,  pour  te- 
nir un  rc;^i5tre  exact  de  tous  les  éliangcrs  qui 
murent  dans  la  Place. 

Consigner.  T.  a.  Meure  certaines  sommes 
de  deniers  en  dépût  t  ntre  les  mains  de  la  Jus- 
lice  ou  de  quelque  particulier  ayant  litre ,  pour 
Ctrc  délivrées  vu  temps  et  lieu  ii  qui  il  appir- 
tiendra.  Coiisioner  de  l'argent  au  Greffe^  chez 
ttn  .\o(airc»  etc.  Si  vous  ne  i^oulez  pas  rece- 
voir votre  argent,  je  le  consignerai.  Pour  sor- 
tir de  prison^  il  a  consigné  la  .tonime  pour 
laquelle  on  Vavoit  arrêté.  Il  a  consigné  l'ar- 
gent pour  ftiire  juger  son  procès.  Je  suis  con- 
venu de  lui  donner  cent  pû.toles.^  s'il  fait  telle 
chose,  et  pour  cela  je  les  ai  consignées. 

Un  (lit.  Consigner  en  papier,  pour  dire, 
Donner  un  billet  portant  obligation  de  la  somme 
que  l'on  doit  consigner. 

Ou  dit  aussi,  Consigner  dans  ses  ouvrages 
une  action, un  événement, pour  les  transmettre 
à  la  po%tèrité.  Ce  fait  héroïque  sera  consigné 
dans  Vhistoire. 

CoBSiOER,  signiSe  ausîi.  Donner  Fordro 
ià  une  vfdclie,  ou  U  une  seniim  lie.  On  lui  a 
consignt'  de  ne  laisser  entrer  personne.  On  lui 
a  consigné  d'empêcher  les  carrosses  de  pa$:.er. 

On  dii  Ggtirémcnl,  Je  l'ai  consigné  à  ma 
parte ^  jiour  dire,  J'oi  donne  ordre  qu'on  ne  le 
Ui&sât  point  entrer;  et  quelquefois  pour  dire, 
J'ai  donné  ordre  qu'on  le  laissât  cnircr. 

Co!(Sic?iÊ,  ir..  parliripc. 

Consistance,  s.  f.  L'otat  cû  sont  ccr- 

Toiue  I, 


CON 

taiues  clioses  Huides  lorsqu'elles  deviciioent 
ipaisscs,  et  qu'elles  prennent  un  certain  degrt, 
de  solidité.  Celte  compositicn  n^a  pas  assez  de 
consistance.  Il  faut  que  cela  ait  plus  de  consis- 
tance, il  faut  y  donner  un  peu  plus  de  consis- 
tance. De  la  gclee,  du  blanc-manger  qui  n'ont 
pas  assez  de  consistance. 

Ou  dit  Jiussi  lîc  certaines  clioses  qui  n'ont 
pas  encore  acquis  le  def,Té  de  solidité  (ju'cUcs 
doivent  avoir,  qu7:ï/('s  n'ont  pas  encore  tout6 
leur  consistance j  qu'e//cs  ne  sont  pas  encore 
parvenues  à  leur  état  de  consistattce. 

On  dit  aussi  d'Un  terrain  mouvant,  sablon- 
neux, marécagciu:,  et  dont  les  parties  ne  se 
tient  pes  'rso  nent  tiu.*3inble  pour  ca  faire  un 
corps  solide,  que  C^est  un  terrain  qui  n'a  point 
de  consistance. 

Consistance,  signifie  aussi  Etat  de  stabilité, 
lie  pcnuanence.  Les  choses  du  monde  n'ont 
point  de  consistance. 

On  dit  à  peu  prés  en  ce  sens,  que  Le  temps 
tju\l  fait  n'a  point  de  consùffmcc,  pour  dire, 
iju'll  y  a  peu  de  stabilité  dans  le  temps,  que  lo 
lemps  est  mal  assuré.  El  on  dit  aussi,  que  Les 
afjr.ircs  d'un  Etat  n'ont  point  de  consistance, 
pour  dire,  qu'ElIes  sont  d;ins  une  situation  où 
il  y  a  tonioiii-s  quelque  révolution  h  craindre. 

On  dit  aussi  .qu't  n  esprit  n'a  point  de  con- 
sistance, pour  dire,  qu  31  n'est  pas  ferme  dans 
les  re'solutions,  dans  ses  opinions,  tic.  et  qu'il 
în  change  aisément. 

On  dit.queLe.'î  animniLv,  les  arores^  etc. 
nnf  danii  leur  ■itjc  de  co'isïstance,  dans  leur 
îtat  de  consistance,  Quand  ils  sont  dans  un 
jtat  ou  ilstie  croissent  ni  ne  diminuent.  Toutes 
les  choses  du  monde  ont  leur  état  d'accroisse- 
ment^ de  consistance  et  de  diminution. 

On  dit  C^urément,  que  Les  affiires  sont 
ians  unétat  de  cor.xi'sf(mce,poiu"  dire,  qu 'Elles 
Jont  dans  une  situation  h  ne  pas  changer  sitôt. 
Consistance  ,  se  dit  aussi  De  ce  qu'une 
Terre  contient  dans  son  étendue,  tant  pour  la 
loi  de  la  terre,  que  por.r  les  droits  qui  lui  np- 
pjirliciinent.  Donner  un  état  de  la  consi':;ldncc 
d'une  Terre. 

On  dit  aussi,  La  consistance  d'une  succès- 
ûon  ,  pour  exprimer  Tcut  ce  qui  Ja  compose. 

CONSISTANT,  ANTE  adj.  Qui  consiste. 
l'ne  terre  consislmitt:  en  bois,  en  terres  laboU' 
-ahles^  présj  etc. 

CoNsisTAHT,  en  ïMiy^ique,  signiGe,  Qui  a 
[{uelque  degré  de  solidité.  Les  corps  consis- 
lans  se  transportent  plus  aisément  que  les 
(luidcs. 

CONSISTER.  V.  n.  Il  se  dit  De  rétat  dunq 
chose  considérée  en  son  être,  ou  en  ses  pro- 
priétés et  qualités,  ou  en  ses  paUics.  La  pa~ 
fcction  de  Vllomme  consiste  dans  le  bon  usaqi 
de  sa  raison.  La  vertu  de  cette  plante  consistai 
en  telle  qualité.  Le  de%'oir  d'un  Juqe  ronsi^tc  à 
bien  rendre  la  Justice.  Son  revenu  consiste  en 
rentes.,  en  Me*,  etc.  Une  piècede  terre  qui  cou- 
suie  en  tant  d'arpens.  Cette  maison  consiste  en 
une  cour,  tant  de  salles,  tant  de  chambres. 

En  p.irl  int  de  rv.  qu'il  y  a  de  princip.il  et  dç 
plii^   important   d^ms   une   aHàirc ,  dan*i   uut  > 


CON"  297 

question ,  dans  une  diûicullé,  on  dit,  Le  tout 

consiste  à  sciroir 

On  dit,  La  vertu  consiste  âuns  un  juste  mi- 
lieu ,  pour  dire ,  (ju'Il  faut  pardcr  la  niodëratiun 
en  tout,  et  s'éloigner  également  des  cxlrêiuei. 

CONSISTOIRE,  s.  masc.  On  appelle  ainti 
rAsscn)blce  des  Cardinaux ,  convoquée  par  le 
Pape,  pour  les  consult(T  et  leur  demander  lenr 
avis  sur  quelques  oQàires  importâmes.  Cela  fut 
résolu  en  jtlein  Consisluirc.  Les  prcconisations 
d'Ëvdchéi  se  fout  dans  U  Consistoire.  Lorsque 
h  l'ujic  fait  des  Cardinaux,  il  Us  déclare  dans 
le  Consistoire.  Le  l'apetintConsistoire.  Entrer 
tm  ComisïoiVc.  Au  sortir  du  Consistoire. 

Cosi.sToinE ,  ee  dit  aussi  Du  lieu  où  se  tient 
urdinairemcnt  cette  assemblée. 

CoxstsTomE,  se  dit  aussi  en  parlant  De 
l'Assemblcc  des  Ministres  et  des  .Anciens  de  la 
r»elij;iou  prétendue  Reformée  ,  pour  délibérer 
lies  afiàires  de  leurs  l'iglises.  Les  anciens  du 
l'o/i.'iisloirc.  On  se  plaignit  de  lui  au  Consistoire. 
On  le  manda  au  Consistoire.  Il  fut  repris  en 
]lein  Consistoire. 

CXJNSISTORIAL,  ALE.  adj.  Qui  appartient 
lu  (Consistoire  que  le  Pape  tient.  Conijrèqation 
:onsistoriale.  Matière  consisloriale.  Jugement 
Consisloria/.  Les  Officiers,  les  Avocats  Con- 
iisloriaux. 

On  appelle  Bénéfices  consîstoriaux  ,  Les 
Evécliés,  Abliayes  et  autres  Bénéfices,  dont  les 
Wiles  sont  demandées  et  expédiées  par  voie  de 
Consistoire. 

CONSISTORIAI.F'VIENT.  ndv.  En  ror-sis- 
Viirc ,  seloi  les  formes  du  Consistoire.  Cela  fut 
^(jé  consistorialemen  t. 

CO>S()L.\BI.E.  adj.  des  2  genres.  Qui  peut 
ïscevoir  consolation  ,  qui  se  pt^ut  consoler.  tS'a 
)erlc  est  si  grande,  qu'il  n'est  pas  consolable. 
le  croyez-i'ous  consolable? 

CO.\SOLAST,  A.ME.  adj.  Qui  console.  Ce 
fue  vous  me  ditesl'i  n'est  guère  consolant.  C'est 
me  chose  bien  consoluî^te  dans  ses  mallicurs, 
juc  de  ne  se  les  être  point  attirés  par  sa  fonte. 
Les  promesses  de  la  Religion  sont  bien  conso- 
lantes pour  les  malheurciLT. 

CONbOLAïEUR  ,  TRICE.  s.  Celui,  cell.; 
ijui  apporte  de  la  consolation.  Dieu  est  le  eoii- 
lolaleur  de  nos  âmes,  le  consolateur  des  mal- 
heureux, des  malades,  des  affligés.  Il  a  été 
toute  sa  vie  le  consolatcw  des  prisonniers,  des 
malades.  L'Église  appelle  le  Saint-Esprit,  Le 
«msolufedr,  /'£sj)ri(  consoiuteur.  La  Saintt- 
i'ierge  est  le  consolatrice  des  aijiiqés. 

COJiSOLATIF,  IV  L.  adj.  Propre  à  consoler. 
Il  se  dit  Des  personnes  et  des  clioses.  Cat 
homme  n'est  pas  consolatif.  Cette  nouvelle  est 
coitsolative.  U  n'est  que  du  style  familier. 

CONSOL.Vri().N.  sulisL  f.  Soulagement  qu. 
l'on  donne  à  l'atUiction,  ÎL  la  douleur,  au  de- 
plaisir  de  qtielqu'uD.  Grande  consolation. 
Of'Uce  consolation.  Consolations  spiritueïUs, 
Donner,  apporter  de  la  consolation.  Recevoir 
de  la  consolation.  Ecrire  une  lettre  de  cotisola- 
lior..  Grand  sujet  de  consolation.  Faites  cela 
pour  ma  considation. 

Co.Nsoi-tTios,  je  dit  aussi   d'Ln  Ttritable 
38 


298  C  O  N 

sHJet  de  satisfaction  et  de  joie.  C'est  unegrande 
consolation  à  nn  père,  pour  un  pèr;,  de  voir 
ses  enfans  se  porter  au  bien. 

II  se  dit  quelquefois  De  la  chose  )U  de  la 
personnequl  console. Lu Pliilosopîiie  -  Isacon- 
«jlalion,  ta  seule  consolation.  Voiu  i'es  toute 
ma  fon,to!a(ion.  Je  n'ai  point  d'autr  3  ;omo/u- 
lioii  que  vous.  Dieu  est  toute  ma  col  ailation. 

On  appelle  Consolation,  h  l'HoBbre,  au 
Qtjadrillt ,  et  autre-:  jeui  d.'  cartes,  «  1  tribut 
que  paye  le  joueur  qui  a  demandé  l  ■  juer,  et 
qni  perd. 

COSSOL.ATOIRE.  adj.  des  2  g.  TiesliDC  j 
consoler.  Discours  consolatoire.  Il  es  .  rieuï. 

CONSOLE,  s.  f.  Pièce  d'ArcIiitecX  t« ,  sail- 
lante et  ornée,  qui  sert  à  soutenir  uni;cornicl)C, 
un  fronton  de  croisëe,  etc.  Toute  la  |a,,'e  du  bi~ 
timtnt  étoit  ornée  de  consoles  qui  cS.ttcnoicnt 
des  bustes  de  marbre.  Pour  l'orrgtent  des 
chambres,  on  se  sert  de  consoles  de  Sois  doré, 
.le  marbre,  etc.  sur  lesquelles  on  met  «iiiironies, 
des  per.JuIes  et  des  porcelaines. 

CONSOLER.  V.  a.  Soulager,  ado  :  ir,  dimi- 
nuer l'affliction,  la  douleur  d'une  '^^icrsonne, 
soit  par  des  discours  ,  soit  par  des  s  £as,  ou  de 
quelque  autre  manière  que  ce  soit  <  jCiisoler  les 
ufflich,  les  malades.  Conaoler  par  l  &-es.  Il  ne 
•e  peut  consoler  de  la  pei-le  qu'il  e  faite.  Il 
se  console  avec  ses  amis.  Se  consola  avec  Dieu. 
On  n'a  pas  eu  de  peine  à  le  consc  S".  Il  s'est 
fcienlot  consolé,  il  est  déjà  tout  con  ole. 

CossoLÉ ,  ÊE.  participe. 

CONSOLTOANT.  suhsi,  ci  .ndi.  laasc.  Ceqnl 
affermit  et  cicatrise  les  parties  di  èccs  d'une 
blessure.  Les  baumes  sont  des  consjfîWons.  Dei 
médicamens  consolidans. 

CONSOLIDATION,  s.  f.  État  Tt  la  chose 
consolide'e,  action  par  laquelle  ui  3  dette  pu- 
blique est  consolidée.  II  ne  se  dit  gi  Sre  au  pro- 
pre qu'en  termes  de  Cliirurgie.  Lt  ;  :onsolida- 
tion  d'une  plaie. 

On  dit  en  termes  de  Pratique  ,  i  a  consoli- 
dation de  l'usufruit  à  la  propriété ^ pour  iVirc , 
I.a  réunion  de  l'usufruit  à  la  propiîité. 

CONSOLIDER,  v.  a.  Rendre  feaue,  rendre 
3oIide.  Il  ne  se  dit  guère  au  pro'ips  que  Des 
plaies.  Cette  plaie  est  rejointe,  mci^on  n\i  pu 
encore  la  consolider. 

On  dit  figurcmciit,  Consolider  znc  union, 
consolider  un  traité,  potirdire,  Al.'ènnir  une 
union,  aflemiir  un  traité. 

On  dit ,  en  termes  de  PratiquCi  Consoli^icr 
Vu.'iu fruit  à  ta  propriété,  pour  t'éif^.  Réunir 
l'usufruit  h  la  propriété.  C'est  aussi  :issigner  un 
fonds  pour  assurer  le  pajg'emeni  ifTone  dette 
publique. 

CossoLmÉ ,  ir..  participe. 

CONSOMMArEL'R.  s.  m.  Ce^i  qui  con- 
somme. Les  Cultivateurs  et  les CortKimmateurs. 
Il  signifie  aussi.  Qui  perfectionne.  iisus-CHnisi 
fît  l'auteur  et  le  consommateur  dt  Kotre  fui. 

CONSOMMATION,  s.  f.  Action  de  consom- 
mer. Achèvement,  accoinplisscn'.ert,  perfection. 
La  consommation  d'un  ouvrage,  i.a  consom- 
malion  des  Prop/iétîes.  La  consonM^ition  d'une 
affaire.  Coiucninalion  d'un  sacriffce. 


CON 

Fn  parlant  Du  droit  qu'un  Pntron  Laïque 
ou  Ecclésiastique  a  de  uommer  à  un  Bénéfice, 
on  se  sert  du  mol  de  Consommation,  pourdîre, 
que  L'usage  qu'il  a  fait  de  son  droit,  est  con- 
sommé. Les  provisions  (î'uri  Dénéftce  font  pour 
cette  fois  la  consommation  du  droit  de  Col- 
lateur. 

On  dit,  La  consommaliun  des  siècles,  poni 
dire,  La  fin  des  siècles,  la  fin  du  monde. 

On  dit  aussi,  La  consommation  du  mariitfjc, 
pnxirdire,  La  première  fois  que  k*  maii  et  la 
femme  habitent  ensemble  après  la  beuèdiclion 
nuptiale. 

Consommation,  se  dit  aussi  Du  grand  usnf;c 
qui  se  fait  de  certaines  cboses,  de  certaines 
denrées.  Grande  consommation  de  hois^  de 
hléj  de  sel.  Impôt  sur  les  consommations. 

Consommation,  en  termes  de  Commerce, 
signifie  Débit,  distribution  des  marchandises. 
Les  Marchands  disent  qu'il  n'y  a  pas  de  con- 
sommation., Quand  le  commerce  ne  va  pas. 

CONSOMMÉ,  s.m.  Bouillon  fort  succulent 
d'une  viande  extrêmement  cuite.  Bon  con- 
sommé. Faire  un  consommé.  Prendre  un  con- 
sommé. Il  ne  vit  eue  de  consommés.  Vti  con- 
somme de  pcrdrijc.  Un  consommé  de  chapon. 

CO^'SOMMKR.  V.  a.  Achever^  accomplir, 
mettre  en  sa  perfection.  Consommer  un  oii- 
waqe,  une  ajfaire.  Dieu  consomma  en  six  jours 
louvraqe  de  la  Création. 

On  dit  en  termes  de  Jurisprudence,  quXVi 
homme  a  consommé  son  droit ,  que  son  droil 
zst  consomme  1  Ouand  le  droit  (lu'on  a  en  quel- 
que chos^a  eu  son  effet.  Ce  CoUaUur  r  r---:- 
sommé  son  droit  par  la  nomination  (î'nn  tel 
Le  droit  dercti-ait  d\in  Seiqneur  est  consommé, 
quand  il  a  reçu  ses  lods  et  ventes. 

On  dit.  Faire  consommer  de  la  viande^ 
pour  dire.  La  faire  tellement  cuire,  que  pres- 
qrie  tout  le  siic,  toute  la  substance  soit  dans  le 
bouillon.  Prenez  une  rouelïe  de  veau,^  un  cha- 
pon, etc.  et  faites  consommer  tout  cela. 

Co55o:M^irJî ,  se  dit  aussi  Des  choses  qui  se 
détruisent  par  l'usage,  cnmmfï  vîn .  viande, 
bois,  et  toutes  sortes  de  provisions.  Consom- 
mer des  denrées.  Consommer  des  fourrages. 
Consommer  des  provisions  de  bouche. 

Consommé,  ée.  participe. 

Il  signifie  aussi  Parfait.  iSijq«se  consommée. 
Vertu  consommée.  Science  consommée. 

On  dit,  quX'n  ?iorame  est  consomme  en 
science,  en  toute  sorte  de  ."tcicncrs,  pour  diif. 
qu'il  est  fort  savant 

GONSOAIPTIF,  IVK.  ndj.  Il  se  dit  Des  re- 
mèdes propres  à  consumer  les  humeurs,  ie^ 
chairs,  etc. 

Il  s'emploie  aussi  substantivement.  Un  con- 
somptif. 

CONSOAIPnON.  5.  f.  Il  se  dit  De  certaines 
choses  qui  se  consument.  //  se  fait  une  grande 
consomption  de  hois  dans  ce  fourneau.  La  l'ic- 
time  fut  hrt'ilée  jusqu''à  Ventièrc  consomption. 
La  consomption  des  espèces  sacramentelles  duns 
VEucharistie. 

Il  signifie  aussi,  Certaine  espèce  de  plithisie 
fort  ordinaire  eu    Angleterre,  qui  cou.uime  Vl 


CON 

desséche  le  pi)umon,  les  entrailles,  et  toute  U 
substance  du  corps.  Il  est  malade,  il  se  meurt 
de  la  consomption.  Etat  de  consomption. 

On  dit  aussi  d'Une  personne  qui  dépérit, 
qu*E/Ic  est  malade  de  consomption, 

CONSO>'>'ANCF.s.  f.  Accord  de  deux  sons 
dont  l'union  plait  à  l'oreille.  L'unisson,  l'oc- 
tave, la  quinte^  sont  des  consonnances.  Con- 
sonnance  parfaite.  Consonnance  imparfaite. 
Varier  les  consonnances.  Consonnance  de  mots 
dans  ta  prose.  Consonnance  de  rimes  dans  la 
poésie. 

Il  signifie  aussi,  Uniformité,  ressemblance 
de  son  dans  la  terniinaisoc  des  mois  qui  riment 
ensemble.  Consonnance  parfaite, Consonnance 
imparfaite 

COW SONNANT,  adj.  Terme  de  Musique. 
Qui  est  fixiraé  par  des  consonnances.  Accord 
consonnant. 

CONSONNE,  adj.  f.  U  se  dit  De  toutes  les 
lettres  de  l'alphabet  qui  n'ont  point  de  son 
d'elles-mêmes,  et  ne  se  peuvent  prononcer 
qu'étant  jointes  à  des  voyelles.  L'alphabet  est 
composé  de  lettres  voyelles  et  de  lettres  con- 
sonnes. 

Il  est  aussi  substantif.  Les  iioyellcs  et  les 
consonnes.  L'x  est  une  double  consonne. 

Quand  une  consonne  est  redoublée  au  mi- 
lieu d'un  mot,  on  n'eu  prononce  qu'une  ordi- 
n:i\vewenl.Ahbé y  accabler^  accorder,  accuser^ 
affamer^  affermir,  affranchir,  aggraver ,  aller, 
allier  y  allumer  y  apparaître  y  apporter ,  arracher^ 
arroser,  a^riVer,  attacher,  attirer,  bor.net, 
oommettre ,  communauté  ,  connofire,  diction- 
naire, enflammer,  etc.  On  pronoute  .4hé y  aca- 
hier,  afamer,  agraver,  aluma' y  aparoUre,  arî- 
l'cr,  atdcncrj  tonet ,  dictionaire,  enfldmer .etc. 

CONSORTS,  s.  m.  pi.  Terme  de  Pratique. 
Ceux  qui  ont  intérêt  avec  quelqu'un  dans  un 
procès,  dans  une  affaire  civile, etc.  On  Va  con- 
itamnéluiet  ses  consorts  à  payer  solidairement. 

CONSOUDE.  s.  f.  Plante  h  fleur  monopé- 
tale. Elle  est  vulnéraire,  et  tire  son  nom  de  la 
vertu  qu'elle  a  de  consolider  les  plaies.  Onl'em- 
l)loïe  aussi  dans  les  pertes  de  sang. 

CONSPIRANT,  ANIT.  adj.  En  mécanique, 
Les  puissance»  conspira nte>',  sont  Celles  qui 
ai^issenl  sousla  mfrme  direction,  et  qui  concou- 
rent à  produire  le  même  cflet. 

CONSPIRATEUR,  s.  m.  Celui  qui  conspiic 
pour  quelque  mauvais  dessein,  principalement 
contre  les  Princes,  contre  ll-lat,  contre  les 
personnes  publiques.  C'etûit  un  des  conspira- 
teurs. 

C0NSPrR.\T10N.  s. f.Cotijuration,  dessein 
formé  secrètement  p.ir  plusieurs  personnes 
contre  l'État,  contre  les  Puissances  auxquelles 
ou  doit  obéir.  Grande  ^  dangereuse ,  horrible 
conspiration.  Conspiration  contre  l'Etat,  con- 
tre la  vie  du  Prince.  Ourdir,  tramer,  faire  ^ 
machiner,  former  une  conspiration.  Il  est  le 
chcfjVautcurj  le  conducteur  de  la  consj^iration. 
Découvrir  une  conspiration. 

Il  se  dit  aussi,  en  parlant  De  quelque*  affai- 
re* particulières  ,  mais  presque  toujours  en 
mauvaise  part.  Il  y  a  une  coM-^piratian  cent  c 


CON 

ifoui.  On  a  fait  une  conspiration  pottr  lui  faite 
avo'u- ,  pour  lui  faire  perdre  une  telle  charge. 

CONSPIRER.  V.  n.  Être  unis  d'rsprii  et  de 
voloDlti  pour  quelque  dessein  bon  ou  mauvais. 
Conspirer  unanimement.  ÎU  cou^pirent  tous  à 
même  f.n.  Ib  conspirent  nu  bien  public.  lU 
conspirent  ensemble  pour  rétablir  Vordre  et  la 
iuttice.  Tout  le  monde  conspire  à  la  fortune,  à 
la  ruine,  à  la  destruction  de.».  Ils  conspirèrent 
ensemble  pour  s'opposer  à  ses  procfrès.  Ils  ont 
conspiré  contre  vous,  contre  lÊtat. 

CoitsPiiiEn  ,  se  dit  aussi  Des  clioscs  qui  con- 
tribueol  au  môme  effet.  Tout  conspire  à  la 
qloir$  du  Aoi,  ù  la  félicité  de  l'Etat.  Tous  les 
éxénemens  de  cette  année  ont  conspiré  au  bon- 
heur de  l'Empire.  Tout  conspire  à  mon  bon- 
heur. Tout  conspire  contre  mes  intérêts,  Mes 
inclinations  cotispitent  avec  vos  volontés. 

Il  c>t  aussi  actif.  Ils  ont  conspiré  la  ruiru* 
de  l'Etat  II  a  con.<piré  ma  mort,  conspire  ma 
perte. 

CoMSPinER,  quaihl  il  est  dit  absolument,  si< 
gnifie  toujours,  l'aire  une  conspiration  cootr< 
l'État,  ou  contre  le  Prince.  On  eut  avis  que  Von 
conspiroit  dans  cette  i'Ule, 

Co!<spinE,  EE.  participe. 

CONSPUER.  V.  a.  Cracher  sur  quelque 
oltoce.  Il  est  familier  ,  cl  ne  s'emploie  qu'an 
figuré,  |M}ur  dire,  Mépriser  d'une  façnn  mar- 
quée. Cet  ouiTui^c  a  été  honni  et  conspiu: 

CosàPLÉ.  ÈE.  participe. 

CONSTAMMENT,  adv.  Avec  const.ince,  fer- 
metc.  per-ioviTwncc.  -^oujjrir  constamment,  ai- 
mer eonsiamment.  S'attacher  constamment  à 
(jaelque  chose.  Suivre  constamment  un  dessein. 
A'icT  constamment  un  fait.  Soutenir  constam- 
ment ce  qu'on  a  avance. 

Il  signiGe  aussi,  Certainement,  indubitable- 
nieotj  assurément,  invariablemeut.  Je  ne  suii 
pas  s'il  a  fait  telle  chose  y  mais  constamment  tl 
a  dit.  ..Cette  nout'ene  est  constuinment  vraie. 
Les  astres  suivant  constamment  leur  cours. 

CONSrAN(JC.  s.  t.  Vertu  par  laquclL-  lame 
ett  Qlîèrniie  coutre  les  cltoscs  qui  sont  capables 
de  rébraaler,  telles  que  la  douleur,  l'adversité. 
les  toumiens,  etc.  Grande,  bille,  rure,  admi- 
rable, nierifï//e/i-se  ,  irifinciMe  ,  inébranlable 
constance.  Montrer,  témoigner ,  faire  parottie 
sa  constaitccj  de  la  constance.  Opposer  sa  cons- 
tance à  la  douleur,  à  la  fortune,  eic.  Souffrir^ 
endurer  avec  constance.  U  a  eu  bien  de  la  cons- 
tance, La  fjrtune  a  ejcercéy  a  éprouvé  la  cons- 
tflnce  de  ce  Philosophe.  La  constance  affermit 
I  nomme, soutient i'/iorrme  contte  les  adversités. 

On  le  prend  aussi  quelqucfuis  pour  Persc- 
Téroxice.  Il  a powsuivi  ce  dessein  uvec  beaucoup 
de  constance.  J(  a  eu  bien  de  la  constance  de 
ne  se  point  lasser  pendant  un  si  long  temps.  Il 
mime  avec  constance.  La  constame  de  son 
cmour,  de  son  amitié. 

CONSTANT.  ANl-E.  ad).  Oui  a  de  la  con»- 
UDCc,  de  1.1  r.  rmriL-  dans  te  mallit-ur,  dnn»  les 
douleurs.  //  a  mcnUé  une  dmc  constante  dans 
In  plus  grands  maujc.  Constant  dans  les  tour- 
nais. Cofistunl  d.ins  son  mai.  //  cil  /trmc  et 
constant  dans  l'advenHé. 


CON 

^  U  signiGe  aussi,  Cerlain,  iodobitable.  Il 
n'en  faut  pas  douter,  la  chose  est  constante, 
très-constante.  Il  est  très-constant  que...  Cela 
est  coristiirit,  passe  pour  constant.  On  me  l'a 
dotiné  pour  ronstunt.  C'est  une  vérité  constante 
parmi  les  Philosophes,  parmi  les  Politiques,  etc. 
Il  signifie  encore .  Persévérant ,  qui  ne  cbange 
pas.  Il  Cff  constant  dans  ses  desseins,  dans  son 
travail.  Constant  dans  la  foi.  Constant  en 
amour,  dans  son  amour.  Une  constante  vo- 
lonté. Une  ferme  et  constante  résolution.  U  a 
l'esprit  très-constant. 

En  Géométrie,  on  appolle  Constantes.,  I^s 
quantités  qui  demeurent  toujours  les  mêmes, 
par  opposition  aux  quantitéi  variables  qui 
changent  conlinticllement. 

Il  se  dit  aussi  flgurém.  De  toutes  les  cl)osi^ 
qui  demeurent  toujours  ou  long  t"nips  eu  même 
otaL  Fortune  jixc  et  constante.  Etat  constant 
et  immuable.  Tout  chunijc  en  ce  monde,  il  n'y 
a  rien  de  constant.  Constante  prospérité.  Sant: 
constante. 

CONSTATER,  v.  a.  Établir  la  vérité  d'un 
fait  par  des  preuves  certaines.  //  faut  constate/ 
ce  fait  avant  que  d'en  tirer  aucune  induction. 

Constaté,  tE.  participe.  Ce^I  un  fait  bien 
consdifé.  //  est  constaté  par  un  grand  nombre 
de  pièces  f  de  preuves,  d'ccpérienccs. 

CONSTELLATION,  s.  fém.  (On  pron.  Us 
deux  L.  )  Asseiublaj;e  d'un  certain  nombre 
fl'cioilrs  fixes,  auquel  on  a  supposé  une  figure, 
soit  d'bommcs,  soit  d'animaux,  et  donné  un 
nom  pour  le  distinguer  des  autres  assemblages 
de  même  espèce.  Les  Astronomes  ont  divisé  U 
Ciel  en  dljfcrentes  constellations.  On  appelU 
Signes,  les  douze  constellations  qui  composen\ 
le  Zodiaque.  La  constellation  de  la  Vierge.,  da 
Taweau,  etc. 

On  dit,  qu't/n  homme  est  né  sous  une  heU' 
reuse,sousane  malheureuse  constellation,  pour 
dire,  qu'il  est  beureux  nu  malheureui. 

CONSTELLÉ,  ÊE.  adj.  (Onpiononce  les  L.) 
Qui  est  fait  soiu  certaine  constellNiioB.  yîanean 
constelle.  Pierre  con.iellée.  C'est  une  supasli- 
tion  de  V.istrologie,  que  d'attribuer  des  vertus 
à  des  anneaux  constellés. 

CONSTER.  T.  n.  impers.  Être  évident ,  être 
rcrtiin.  n  ne  s'emploie  guùre  qu'au  Palais,  où 
l  ou  dit ,  71  conite  de  cela.  H  conste  que. . . . 

CONSTERNATION,  s.  f.  Éionnemenl  ac- 
compJigné  d'abattement  de  courage.  Grande., 
■•jctjême ,  générale  consternation.  Cela  causa 
une  telle  consternation  dans  les  esprits,  dans  la 
Ville —  Cette  perte  jlit  suivie  d'une  cotister- 
nation  universelle.  Tout  le  monde  étoit  datis  la 
dernière  conslerntifjun. 

CONSTERNER,  t.  a.  Frapper  d'étonne- 
meiit,ct  abattre  le  cuura^e.  Cette  nouvelle  se- 
loit  capable  de  constancr  les  esprits.  Cette  perte 
Us  a  tous  consternés.  Il  en  (ut  tellement  cons- 
terné que 

CoiisTEBii: .  i-E.  participe. 

Od  dit.  Consterné  de,  eu  parlant  Du  choses 

qui  causent  la  conslcroation  :  Il  sera  consterné 

de  cette  mort,  de  cet  événement  ;  et  Constci  aé 

par  ,  Quand  on  veut  exprimer  lei  scniimens 


CON  ,9j) 

iotcricon  qui  produisant  U  consteniaiion.  Il 
fut  consterné  par  une  crainte  ejrcessiVf. 

CONSTIPATION,  s.  f.  Ctat  de  celui  qui  «, 
coustipé.  t'iie  si  lontjue  constiputwn  est  dan- 
gereuse. 

CONSTIPKR.  T.  ..  Resserrer  le  venlre  de 
IcUo  sorte,  qu'on  ne  peut  alK^r  librement  i 
la  selle.  Ces  fruits  -  là  ,  ces  sortes  de  viandes 
constipent  ceux  qui  en  mangent.  Il  en  est  cons- 
tipé. 

Co.iSTipÉ,  KE.  participe. 
CONS  ITTU.\>(T,  ANTE.  adj.  Celui  ou  celle 
qui  coustilue.  Il  ne  se  dit  guère  que  dans  les 
.'ictfs  où  l'on  constitue  Procureur.  En  outre  ie- 

nit  sicur  constituant  lui  a  donné  pouvoir  de 

r.O.N.STITL'Kli.  V.  .1.  Composer  un  tout.  Il 
so  dit  De  plusieurs  clioses  unies  ensemLle  pour 
former  un  tout .  comme  en  étant  les  parties 
L'Jme  et  U  corps  comliluent  l'homme.  La 
matière  et  la  forme  constituent  le  corps  phy- 
siifue.  Ce  qui  constitue  le  Poenic  Dramati- 
que, est.... 

CossTtTUEii ,  signifie  aussi ,  Faire  consister 
en  ...  .  Les  Philosophes  conslt'uent  l'essence 
lie  I  homme  dans  la  raison.  Ils  constilutiit  le 
souierain  bien  dans  la  vertu.  En  ce  sens  il  est 
du  style  didactique. 

Il  signiGe  encore  ,  Mettre  ,  établir.  Je  fui 
constitue  mon  Procureur.  Il  est  constitué  ci» 
dignité.  Qui  vous  a  constitué  Juge? 

On  dit  en  termes  de  Palais,  Constituer  ijufj. 
ijn'un  p-isonnier ,  pour  dire,  I,e  mettre  en 
prison. 

On  dit  aussi,  Constituer  un  homme  en  frais, 
en  dépense ,  [xmr  dire ,  Être  cause  qu'il  lait  des 
frais ,  de  la  dépense. 

On  dit,  Constituer  une  rente,  constitiirr 
une  pension  y  pour  dire.  Créer  une  renie,  une 
pension.  Il  ni'u  constitué  une  rente  de  tant  au 
denier  vingt,  sur  le  plus  clnir  de  son  hicn.  Il  a 
constitue  à  son  fils  une  pension  de  telle  sonwu, 
pour  lui  tenir  lieu  d'aliniens. 

On  dit  aussi,  Constituer  une  liot,  corutituei- 
une  telle  somme,  un  tel  héritage  en  dot,  pour 
dire,  Établir  ucc  dot,  assigner  une  dot  sur  tels 
deniers,  sur  tel  héritage. 

GoîisriTUÉ ,  ÉE.  participe.  Ln  tout  constifui.' 
de  telles  et  telles  parties.  Homme  constitué  en 
dignité.  Tout  son  bien  est  en  rentes  censli- 
(uéc5. 

On  dit  aussi  ,  qu'L'n  homme  est  bien  ou 
mut  constitué  ,  qu'il  a  le  corps  bien  ou  n*al 
constitué,  pour  dire,  qu'il  est  de  bonne  ou  de 
mauvaise  compleiioi'  ,  qu'il  est  bien  ou  mal 
conforme  au  dedans. 

CONSTITUTIF ,  IVE.  ad).  Ce  qui  conjlilu»> 
esseulirllcmcnt  une  chose.  La  divisibilité  est  une 
prop-iélc  constitutive  de  l'étendue. 

Oa  dit  aussi.  Titre  conslituti/  .  pour  dire, 
Le  titre  qui  établit  un  droit. 

CON.sniUTION.  s.  f.  Composition,  tu 
fi'nne  et  lu  nuitièrc  rnircnl  dans  la  constitu- 
tion du  corjis  naturel. 

n  se  dit  aussi  Pe  l'étahUMenient ,  de  la  créa 
tion  dune  iciite,  d  une  pciiiion  ;  et  les  rentes 
ntOoKs  I  .ippcUiiut  des  CoinlMuiions.  Vn  coo- 
38. 


'Joo  CON 

tnit  Je  coMsIrdition.  //  a  pour  cent  mille  IiVrcs 
de  constitutions.  Il  a  mis  la  plus  qran^e  partie 
de  son  bien  en  constitutions, 

CosSTiTUTioK ,  signifie  aussi  Orilonnance, 
Ijo'i,  Règlement.  Bonne,  sage,  sainte  constitu- 
tion. Les  Constitutions  des  Empereurs.  Les 
Constitutions  Impériales.  Les  Constitutions 
Canoniques.  Constitutions  /Iposloliqm.'!.  Les 
Constitutions  fi'iui  Ordre  Reliyieux.  Faire  des 
Constitutions.  Enfreindre,  vivier  les  Consti- 
tutions. Recevoir  une  Constitution.  Celte  Ité- 
publioue  étoit  gouvernée  par  de  bonnes  Cons- 
titutions. La  Constitution  d'un  tel  Empereur 
porte  que 

On  dit,  La  Constitution  d'un  Ëtat, pour 
éire  La  forme  de  son  Gouvernement,  et  ses 
Lois  Ibndameniales.  La  Constitution  de  l'Etat 
Monarchique  exige  que,  etc. 

U  se  dit  aussi  Du  tenipi-ranirnt,  et  de  h 
eomplexîou  du  coqjs  luiniaîu.  Bonne ,  Çorti 
constitution.  Il  est  de  bonne  constitution,  dt 
mauvaise  constitution. 

On  dit,  La  constitution  de  l'air,  pour  dire, 
L'elat  de  l'air. 

On  dit  encore,  La  constitution  des  parfiet 
du  corps  humain .  pour  dire ,  L'ordre  et  l'arran- 
gement des  parties  du  corps  humain. 

CO>STITUTIO>'>EL ,  ELLE.  adj.  Appar 
tenant  à  la  Constitution,  conforme  aux  prin- 
cipes de  la  constitution  de  l'Etat.  Cet  acte  n'est 
pas  constitutionnel.  Ces  vues  sont  très-consti- 
iiilionwUes. 

COV-'IRTCTEUR.  s.  m.  Terme  d  A  uio- 
uiîe,  qui  se  dit  De  différens  muscles  dont  l'ac- 
tjnn  est  de  resserrer  quelpie  partie.  Les  cons- 
tricteurs du  pharynx.  Lc<  constricteurs  di 
vagin. 

CONSTRICTION.  s  f.  Terme  de  Pliysîqu-, 
Besserrement  des  parties  d'un  corps. 

CO'STHISGKNT,  ENTE.  adj.  Qui  res- 
serre. 

CONSTRUCTEUR,  s.  m.  Celui  qui  cons- 
truit. Constructeur  de  vaisseaux.  Cet  Archi- 
tecte est  bon  Constructeur. 

CONSTRUCnON.  s.  f.  Action  de  cons- 
truire. On  a  interrompu  la  construction  de  c6 
fcillimcnt.  ' 

11  signifie  aussi  l'Arrangement,  la  disposi- 
tion des  parties  d'un  bâtiment.  La  constrnclion 
de  ce  Palais  est  purlliitement  belle  et  solide. 
Cet  homme-là  entend  bien  la  construction  den 
vaisseaux. 

11  se  dit  fi;;urcment  d'Un  ouvrage  d'esprit. 
La  construction  de  ce  Poème  n'est  pas  régu- 
lière, n'est  pas  heureuse. 

CoNSTHOCTiON ,  cu  tcrmcs  de  Géométrie ,  se 
dit  De  la  figure  qu'on  trace, et  des  lignes  qu'on 
tire  pour  résoudre  un  problème. 

CoxsrnnCTion,  fi^unînient  et  en  termes  de 
Grammaire,  signifie  L'arrangement  des  mots 
suivant  les  règles  ot  l'usage  di:  la  Langue.  La 
corulnicli'un  de  celte  phrase  est  fort  bonne, 
'•égulière,  est  vicieuse,  louche.  Il  ny  a  pas 
là  de  comti'uclton.  Défaut  de  construction,  etc. 

CON.STRUIRE.  v.  a.  B.itir,  faire  un  édifice. 
Co'islrui'rc   une   maison,   un  palais.  Il  a  fait 


CON 

eonstrui're  deux  panllons.  Cela  est  solidement 
construit.  Cela  est  constniit  avec  de  bons  maté- 
riaux. On  dit  aussi  :  Consduire  un  vaisseau. 
Construire  une  galère. 

CoNsTnciRE,  figurémi-nt  et  en  termes  de 
Grammaire,  signifie.  Arranger  des  mots  sui- 
vant les  régies  et  l'usage  de  la  Langue.  Cons- 
truire une  phrase.  Cette  période  est  bien  cons- 
truite. 

On  dit  figii renient,  Construire  un  Poiine, 
pour  dire,  Arranger, disposer  toutes  les  parties 
d'un  roe"nie.  Pour  bien  construire  un  voëme, 
il  faut  avoir  beaucoup  d'imagination  et  de  ju- 
gement. Ce  Poëmc  a  été  construit  avec  beau- 
coup d'art. 

Construit,  ite.  participe. 

CONSUBSTANTI  VLTTÈ.  s.  fom.  Terme  de 
Théologie.  Unité  et  identité  ds;  substance.  Lc:~ 
Ariens  niaient  laconsiibslanlialité  duFils  avec 
le  Père. 

CONSUBSTANTIEL.ELLE.  adj. Terme  dj 
Théologie,  dont  on  se  sert  en  parl.iut  Des  per- 
sonnes do  la  Trinité,  pour  dire,  qn'EUes  u'oni 
qu'une  seule  et  même  substance.  Les  trois  per- 
Munes  de  la  Trinité  sont  consubslaiiliciies'.  Li 
Fils  est  consubstantiel  au  Père. 

CONSUBSTA>TIELLEME>T.  adv.  Terme 
de  Théologie.  Le  Fils  est  consubstiintiellenie:i\ 
un  avec  le  Père. 

CON.SUL.  s.  m.  L'un  des  dfux  Magisirati 
qui  Bvoient  la  principale  autorité  dans  U  Ué- 
piîhlique  Romaine,  et  dont  les  fonctions  ni 
duroi<*nt  cni*un  an.  Créer ,  faire,  élire  des  Con- 
mts.  Continuer  un  Consul.  Il  a  ttd  fo'i\ 
fois  Consul.  Il  éto'it  Consul  pour  la  troisiéml 
f)is.  En  l'année  que  Cicéion  et  Antoine  étoieiû 
Consuls. 

Consul,  Officier  envoyé  par  S"ii  Prince  en 
divers  Poi^ ,  Échelles .  et  autres  lieux  de  con;- 
mcrce,  pour  juger  des  affaires  du  négoce,  entre 
ceux  de  sa  Nation.  Ces  Officiers  se  désignent  pai 
le  nom  de  la  Puissance  qui  les  envoie.  Consul 
de  France  à  Sniyrne.  Le  Consul  du  Grand- 
Caire,  d'Alep. 

En  certaines  Municipalités  du  Royaume,  on 
appelle  C'o.':suïs,  Ceux  que  l'on  nomme  Éclic- 
vins  h  Paris  et  en  quelques  autres  lieux.    ■ 

On  appelle  aussi  h  Paris,  et  en  quelques 
autres  \'illcs.  Consuls,  Certains  Juges  pris  du 
nombrfj  des  ^iarchands  et  >"égocians,  pour  ju- 
ger proniplemenî  des  différens  qui  surviennt^iit 
sur  les  matières  des  lettres  et  billets  de  change 
pour  fait  de  marchandises.  Il  a  été  assigné  par- 
devant  les  Consuls,  par-devant  les  Juges-Con- 
suls. Par  Sentence  des  Consuls. 

CossLLs  .  signifie  aussi  La  Juridiction  ,  T^ 
Tribunal  des  Consuls.  Dans  cette  dernière  <':c- 
ception  l'on  dit  :  Il  a  une  affaire  aux  Consuls. 
Il  l'a  fait  assigner  au.c  Consuls. 

CÔN-SULAIRE.  adj.  des  2  g.  Qui  appartient 
nu  Consul  Romain.  Dignité  Consulaire.  La 
Faisceaux  Consulaires. 

On  appelle  Famille  Consulaire.  Celle  ot'i  il 
y  a  eu  un  Consul  Roinain  ;  et  Consiilnirc,  Ce- 
lui qiii  a  été  Consul. 

En   parlant  des  anciens  Romsir.s,  un  np- 


CON 

pclls  Provinces  Consulaires  ,  Celles  oix  l'on 
n'envoyoit  pour  Cominandans  que  des  pex^ 
sonnes  de  dignité  consulaire. 

CoNsuLAiiiE,  signifie  aussi.  Qui  appartient 
à  la  Juridiction  des  Consuls.  Et  dans  ce  sens  oci 
dit  populaiicment,  en  parlant  d'Un  débiteur 
qui  n'ose  sortir  de  sa  maison,  dans  la  crainte 
d  être  mis  en  prison,  en  vi  rtu  d'une  Sentence 
des  Consuls,  qu'il  a  la  gout'.e  consulaire. 

COSSULAIREMENT.  adv.  À  la  manière  des 
Juges-Consuls.  Demani/c  jugée  consulairemcnt, 

CONSULAT,  s.  m.  Dignité  de  ConsuL  De- 
mander, briguer,  obtenir  le  Consulat. Le  Con- 
sulat étoit  la  première  dignité  dans  la  Répu- 
bfique  Romaine. 

Il  signifie  aussi  Le  temps  pendant  lequel  on 
cxcrçoit  la  charge  de  Consul.  Sous  le  Consulat, 
pendant  le  Consulat  d'un  tel.  Son  Consulat  a 
été  remarquable  par... 

On  appelle  aussi  Consuiat,  L'emploi  des  Of- 
ficiers établis  dans  les  Ports  étrangers,  et  dont 
il  est  parlé  ci-dessus.  Il  a  obtenu  le  Consulat 
d' Alexandrie.  Il  brigue  le  Consulat  du  Caire. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Consuiiit  à  l'em- 
ploi des  Officiers  Municipaux  qui  portent  le 
nom  de  Consul. 

CONSULTjLNI".  adj.  m.  Celui  qui  donne  avis 
t  conseil.il  se  dit  principalement  des  Avocats, 
Et  en  ce  sens  on  appelle  Avocat  consultant , 
Celui  qui  ne  plaide  plus  au  Barreau  ,  et  qui 
donne  seulement  son  avis  quand  on  le  con- 
«ulte.  n  se  dit  aussi  Ces  Médecins.  Uédecin 
I onsutlani  ilii  Ro.'. 

Il  S'emploie  quelquefois  substantivement. 
Un  tel  n'était  pas  des  consultans. 

CONSULTATION',  s.  f.  Conférence  que  l'on 
lient  pour  consulter  sur  queKjue  a  flaire  ,  sur 
une  maladie.  Grande,  longue  consultation. 
Faire  une  consultation.  Ils  firent  long-temps 
en  consultation.  Les  Médecins  n'ont  rien  ré- 
iolu  après  une  longue  consultation.  Les  Ave- 
cals  sont  entrés  en  consultation.  Il  lui  faut  tant 
[jour  sa  consultation ,  pour  son  droit  de  con- 
sultation. On  appelle  au  Palais,  Le  banc  Set 
Consultations,  la  Chambre  des  Consultations , 
le  pilier  des  Consultations ,  Les  lieux  oh  l'on 
trouve  les  Avocats  ConjuUanSiCt  ou  l'on  va 
pour  avoir  leurs  avis. 

Coxst,iTJTios,si^nifie  aussi  L'avis  par  écrit 
que  les  Avocats  ou  les  Médecins  donnent  tou- 
chant l'iiffaire.  touchant  la  maladie,  sur  laquelle 
nn  les  consulte.  J'ai  produit,  j'./i  fiit  voir  la 
consultation  de  cet  Avocat ,  de  ce  Médecin.  Il 
a  signé  sa  consultation.  Il  se  dit  aussi  De  l'avis 
demandé.  71  ;c/io/l(lit  ?»icr  à  ma  consultation. 

CONSULT.-VnVE ,  adj.  f.  qui  n'est  d'usage 
(jue  d  ns  cette  phrase.  Avoir  voix contullativo, 
pour  dire,  .4 voir  le  droit  de  dire  son  avis, mais 
sans  que  cet  avis  soit  compté  dans  les  délibé- 
r  liions  de  la  Compagnie.  Les  Evéques  ont  voix 
(Jclitéralive  dans  les  Conciles;  mais  les  Doe- 
teurs  n'y  ont  que  vo'ix  consultative. 

CONSULTE K.  v.  a.  Prendre  avis  ,  conseil, 
ou  instruction  de  quelqu'un.  Consulter  l'Ora- 
cle. Consulter  les  Devins.  Consulter  les  Avocats. 
Consullcr  les  Médecins.  Il  a  consullé  les  Ex- 


CON 

fcrii.Va  comullé  les  Docteuis,  consulte  l 
Cusuistes  sur  ces  points-/".  Mêmoie  à  consul- 
te: Se  consulter  soi-même. 

On  dit  dans  le  même  sens  :  Consulter  les 
asbef.  Curi<u!li'i-  ses  livres. 

On  ilil  ligiirùmcnt,  Consulter  sa  conscience, 
consulter  ses  forces,  consulter  son  devoir,  pour 
dire.  Examiner  si  la  conscience,  si  ks  forces, 
si  le  devoir  pcrmetleul  de  faire  ce  qu'on  pro- 

p<ksC. 

On  dit  dans  le  même  sens  :  Consulter  ses 
intérêts,  son  (joui.  Je  n'ai  rien  à  vous  dii  e  là- 
dessus,  c'est  à  vous  à  vous  consulter.  Consultez 
votre  goût ,  consultez  vos  intérêts. 

On  dit  Cguri'mcnl  ,  Consulter  le  miroir, 
consulter  son  miroir,  pour  dire,  Se  regarder  , 
l'ajuster  au  miroir. 

On  dit  fi^ui-ém.  et  faniilièrem.  Consulter  son 
chevet,  pour  dire,  Se  donner  le  temps  de  dt-li- 
bcrer  sur  une  cliose ,  passer  la  nuit  avant  (]ue 
de  se  déterminer. 

Cossi'LTEn,  s'emploie  aussi  alisoliunent,  el 
signiBc,  Conférer  ensemble,  délibérer.  Ils  con- 
sultèrent ensemble.  Il  eu  veut  consulter  avec 
ses  amis.  Les  .ivccats  ont  co:isu/(c  sur  cette 
aiihire-lù.  Les  Médecins  ont  consulté  sur  sii 
maladie.  Il  consulta  Irés-lon^-lemps  avant  qui 
de  s'engager. 

CoNSLLTEit ,  se  dit  aussi  De  la  cliose  sur  la-< 
quelle  on  prend  conseil.  Consulter  une  ajpiirc, 
une  nialddie.  Kn  ce  sens  il  se  dit  aussi  au  paS' 
sif.  Celte  affaire  a  été  consultée  aux  meiUeun 
Avocats.  Celle  maladie  a  été  consultée  au.v  plm 
grands  Médecins. 

CossiiTÉ,  ÉE.  participe. 

CONSULTEUR  du  Samt-Ojjice.  s.  m.  Doc. 
leur  commis  par  le  Pape,  pour  donner  son  avi( 
stir  quelques  matières  qui  regardent  la  Foi  ou 
la  Discipline.  Il  y  a  eu  plusieurs  Consulteun 
du  Saint-Ojjice  gui  ont  donné  leur  avis  sur.... 

CO>'SUM.VNT,  ANiE,  adj.  Qui  consume 
Un  feu  consumant. 

CONSUMER.  V.  a.  Détruire,  user,  réduire  à 
rien.  Le  feu  consuma  tout  ce  grand  édifice  en 
deux  heures  de  temps.  La  l'icliiue  fut  cotisu- 
Niée  par  le  jeu.  Le  temps  consume  foutes  choses. 
Il  consume  tout  son  bien  en  débauches.  Il  o 
consumé  son  patiimoine.  La  rouille  consume 
le  fer.  Les  ennuis  le  consument.  Cette  maladie 
le  consume. 

11  aignilîe  aussi,  Employer  sans  réserve.  J'ai 
oensumé  tout  mon  teiiij)s  à  cet  ouvrage. 

On  dit  Se  consumer  ,  pour  dire ,  Dissiper 
son  bien,  détruire  sa  sanié,  etc.  Il  se  consume 
en  prmcès,  en  dépenses,  etc.  Il  se  consume  d'eu 
nui  et  de  tristesse.  Se  consumer  en  regrets. 

On  dit  aussi  absolumeut,//  se  co/isii  rue,  pour 
dire,  11  dépérit ,  soii  par  le  tra»  ail,  soit  par  le  cba- 
grin,  soit  par  quelque  &nuseintcriaircei active. 

CossiMi-,  LK.  participe. 

COM.\Cr.  s.  w.  (  I.I.S  deuv  co.isoimes  fi- 
nale* se  prononceuL  )  Altoudicnieil  de  deux 
corps.  Il  n'est  en  usa^e  que  dans  le  didactupie. 
L<  conlarl  de  dcuc  corps.  Le  point  de  ronlucl. 

COS'l'AGIEU.V,  EUiE.  au|.  Qui  se  prend 
et  se  oonunui  iqiie  [  ir  conlai^iou.  6'iic  j.'cvie 


CON 

conta  i'iaise.  Un  mal  contac^ieiuc.  La  pcsic  e.( 
une  maUidie  contagieuse. 

On  le  ilil  aussi  (igurémcnt  Du  vice,  ilc  l'cr- 
icur,  de  la  rcbellion,  de  rherésie,  et  de  lout;:. 
les  clioscs  moralement  mauvaises  ou  f;îcli;  uses 
t[iii  se  omimuniqueut  par  la  -fréquentaiion ,  ou 
piir  rexcmpic.  Une  erreur ,  une  passion  ,  unt 
conversation  contagieuse.  Un  ejceniple  conta- 
qieiLC.  Tout  le  monde  le  fuit,  on  diioit  <juc  son 
malheur  est  contagieux. 

CO>"rAG10N.s.f.CoiMnunicaliond'uuo  ma- 
ladie inalij^ne.  Ce  mal  se  prend  par  contagion. 

Il  si^iiiiic  souvent  aussi  La  maladie  qu'on 
nomme  Peste.  Gratide  contagion.  Il  y  a  de  la 
I  onta(}ion  en  tel  Pays.  La  contagion  sst  Jt/ns 
une  telle  Ville.  La  contagion  a  dépeuplé  cette 
Province.  Du  temps  de  la  conUig'-on.  Il  est  ma- 
lade de  la  cuntagiotJ* 

En  ce  sens  il  se  dit  figurément  Du  vice,  de 
l'liéresif,et  ;mtres  choses  peiiiicieiiscs.  L'htjre- 
iie  est  une  contaqion. 

Il  se  dit  aussi  figiirémenl  De  toutes  les  mau- 
vaises choses  qui  se  comiaimiqut'nt  par  la  frc- 
ijucntalion,  ou  par  l'exemple.  La  contagion 
des  mauvaises  nuEurs,  La  contagion  du  vicCy 
Je  Vhcrésie. 

COM'AMINATIUN.  s.  f.  Souillure.  Conta- 
mination légale.  Suivant  la  Loi  de  Moise,  H  y 
avoit  plusieurs  sortes  de  contaminations.  Il  est 
vieux. 

COÎîTAMir^ER.  V.  a.  Souiller.  Dans  la  Loi 
de  Moïse  ^  ceux  (jui  touchaient  les  morts  ,^  qui 
mwqeoicnt  des  animaux  qu'elle  avoit  declaréi 
immondes ,  étaient  contaminés.  Il  est  rieux. 

Contaminé,  êe.  participe. 

Conte,  s.  m.  Narration,  récit  de  quelque 
aventure  ,  soit  vraie,  soît  fabuleuse,  soit  sé- 
rieuse, soit  plaisaute.  Il  tst  plus  ordinaire  pour 
les  fidjuîeuses  et  les  plaisanles.  Un  conte  bien 
long.  Un  bon  ,  un  mauvais  conte.  Un  conte 
pour  rire,  divertissant,  agréable  ^  ennuyeux  , 
ridicule  ,  plaisant ,  fait  à  plaisii:  Un  vieux 
conte.  Le  conte  est  véritable.  Faites-nous  un 
peu  le  conte  de  ce  gai  airiva  là.  On  fuit 
d'étranges  contes  de  cet  homme-là.  C^cst  un 
homme  gui  fût  un  conte  de  bonne  gnîce,  gut 
fait  ben  un  conte.  H  ajoute  au  conte.  Il  cnu 
hellit,  il  enrichit j  il  enjolive  le  conte.  Il  ajuste 
un  peu  le  conte.  Vous  oubliez  telle  particula- 
rité, elle  est  encore  du  conte.  Ce  n'est  pas  une 
véritable  histoire,  c'est  un  conte.  Ce  sont 
des  contes.  Faire  des  contes.  C'est  un  grand 
/(liseur  de  contes.  Il  nvut  amuse  ici  avec  ses 
contes. 

Un  appelle  proverbial.,  Conte  de  bonne 
femme,  conte  de  vieille,  contes  d'enfans,,  conte 
de  ma  mère-Voie j  conte  de  la  cigogne,  conte 
de  peau  d  dne ,  conte  à  dormir  debout ,  conte 
jaune,  bleu,  conte  borgie.  Des  fables  ridi- 
cules^ telles  que  sont  cc]I^^  dont  les  vicilUs  gens 
cntrclieiineiit  (  l  aaiUM>ni  les  cufaiis. 

Ou  Jippellc  Contecn  /'uir.  Un  conte  qui  n'a 
nucnu  rondement,  ni  aucune  apparence  de  vé- 
rité ;  elConte  gras.Uacoiile  licencieux  et  trop 
libre.  U  est  populairi*. 

Ou  dit  aussi  ramiliàciXicmet  irouiqucmout 


CON 


3oi 


VoUû  i»t  beau  conte,  voilà  de  beaux  contes , 
en  parlant  Uc  choses  qui  ne  mérilent  pas 
d'être  crues. 

CO>-TEMPI.AT;:lR,TRICE.  s.  Celui, celle 
qui  contemple.  U  se  dit  principalement  De  ce- 
lui qui  contemple  de  la  pensée  seulement.  Un 
Contemplateur  pcrpéluel,  un  grand  contem- 
plateur. Contemplateur  des  merveilles  de  X^icii, 
des  Si'crets  de  la  nature. 

CONTEMPLATIE,  IVE.  adj.  Qui  s'attacha 
à  contem[iler  de  la  pcuséo.  Homme  fort  coU'- 
Icmplutif.  Philosophie  contemplative.  Une  dr- 
i'ote  contemplative. 

On  appciîu  Vie  contemplative,  Celle  qui  au 
passe  presque  toute  dans  la  mcdiiation;  et  alors 
elle  est  opposée  à  la  vie  active.  S^adonr.er  à  la 
vie  contemplative. 

Ou  dit  substantivement,  Les  contemplatifs , 
en  parlant  De  ceux  qui  se  dûvoUenl  i  la  vie 
d'oraison  et  de  méditation. 
-  CONTEMPL.VrU»'.  s.  f.  Action  par  la- 
quelle on  contemple,  soit  des  yeux  du  corps, 
sok  de  ceux  de  l'esprit. Pro/omie,  grande,  per- 
pétuelle, dévote  contemplation.  Il  est  toujours 
en  contemplation.  La  contemplation  des  choses 
divines.  S  adonner  à  la  contemplation.  Iai  con- 
templation des  astres. 

En  contemplation,  se  dît  dans  les  anciCiu 
contrats  et  traités,  pour  dire,  En  considéra- 
tiou.  Les  dcujc  Princes,  en  contemplation  de 
la  paiXf  ont  relâché  de  leurs  prétentions.  Le 
Koi,  en  contemplation  de  ses  services,    lui    a 

accordé Le  père,   en   contemplation  de 

rette    alliance ,    de    ce    mariage ,    a  cédé ,   u 

iiunne.' 

CONTEMPLER,  v.  a.  Considérer  allcnlive- 
nient,  soit  avec  les  yeux  du  corps,  soit  avec 
ceux  de  l'esprit.  Il  y  a  long-temps  gue  je  con- 
temple cet  homme  sans  le  pouvoir  reconnoitre. 
Contempler  un  bâtiment, un  tableau,  etc. Con- 
templer le  Ciel.  Contempler  les  astres.  Contem- 
pler la  grandeur  et  les  perfections  de  Dieu. 
Contempler  les  choses  divines. 

Lorsque  Contempler  06t  employé  Absolu- 
ment et  sans  régime,  il  se  prend  toujours  dans 
la  signifîcation  de  Méditer.  C  est  un  iioninie  gui 
f  asse  sa  vie  à  contempler. 
CoNTtNPLL,  i.z.  participe. 
CO.N TEAIPOR.AJN ,  AINE ,  adj.  Celui,  celle 
qui  est  du  même  temps.  Les  Auteurs  contem- 
porains. Histoire  contemporaine.  On  appelle 
Historiens  contemporains ,  Les  Auteurs  qui  oiK 
ik:rit  les  choses  qui  se  sont  passées  daus  Icui 
temps. 

Il  est  aussi  substantif.  C'tat  mon  contempo- 
rain. Aoiis  suintnes  contemporains, 

CONTE-MPORANEITÊ.  ».  f.  Exi>icucc  de 
deux  ou  de  plusieurs  pei>>onne5  daus  le  mime 
temps. 

CONTEMPTEUR,  s.  m.  (On  prononce  le 
P  dans  ce  mot  el  le  suivant.  )  Qui  niépri:^. 
Cuii/i'.niptcur  des  Dieux.  U  n'est  que  du  style 
soutenu. 

CoMI:MPTIBLE.  adj.  des  a  g.  Vil  cl  mn- 
prisablc.  Il  s'est  rendu  contcmptiile.  C'ctl  un 
homme  vil  et  contcmplible.  Il  vieillil. 


302 


CON 


CONTEMANCE.  s.  fém.  Capacitr,  étendue. 
Ce  vaisseau  est  de  la  contenance  de  tant  de 
tonneaux.  Ce  parc  est  de  la  contenance  dr. 
cent  arpens. 

Contes A>CE ,  signifie  aussi  I.e  oiainticn  ,  la 
ponure,  la  manière  de  se  tenir.  Bonne  con- 
tenance. Mauvaise  contenance.  Contenance 
qrave  ,  sérieuse.  Contenance  forcée.  Conte- 
nance ridicule.  Contenance  embarrassée.  Il  ne 
sait  quelle  contenance  Unir,  quelle  contenance 
faire. 

On  dit,  quTnt-  personne  n'a  point  de  con- 
tatance.  pour  dire.  quElle  ne  s.iit  de  quelle 
innni^re  9"  tenir. 

On  dit,  Perrfre  conlenimcc,  pour  dire,  Cesser 
tout  j  coup  d'avoir  sa  contenance  naturelle  par 
rembarras  où  l'on  se  trouve.  Et  l'on  dit  lie 
certaines  choses,  qu'On  les  porte  par  conte- 
nance, quelles  savent  de  contenance,  pour 
dire,  qu'On  no  les  porte  pas  par  uecesslté,  mais 
Dour  le  bon  air,  pour  la  bonne  Rràce.  Une 
femme  qui  porte  un  éventai/  par  conlenance.  Il 
porte  cela  par  contenance.  Cela  lui  sert  de  con 
tenance. 

On  dit  figurénicnt,  Faùe  lionne  contenance, 
pour  dire ,  Témoigner  de  la  résolution ,  de  la 
fermeté.  Les  ennemis  faisaient  bonne  conte- 
nance. 

CONTENANT,  .\>TK.  ndj.  <Jui  contient, 
qui  renferme  en  soi.  /  a  mesure  est  la  partit 
contenante,  et  la  liqueur  est  la  clicse  contenue. 

n  SI,  prend  aussi  substantivement.  Le  conte- 
nant est  plus  qrand  que  le  conieint. 

CO.^TK.ND.V-NT,  ANTK.  adj.  Concurrent, 
conipctiteur,  qui  dispute  quelque  cliose  avec 
un  autre.  11  n'est  guère  d'usage  à  l'adjectif  qu« 
dans  lesplirases  suivantes:  Les  Princes  cunten- 
dans.  Les  Parties  contendantes.  Il  j'emploie  plu! 
ordiuafrenicnt  au  silbsLintil".  /'  y  avait  trois 
coniendans.  Les  conlendans  (jui  c."!piroîen(  au 
prix  de  la  course.  Il  se  dit  plus  ordiinirement 
au  ploiicl  et  au  masculin,  qu'au  sinyilicr  et  au 
féminin. 

CON'l"E>'IR.  V.  ».  (Il  se  cor.'iuuue  comniB 
Tenir.)  Comprendre  dans  certain  espace.  dan< 
certaine  élendiie.  Ce  muid  contient  tant  dt 
pintes.  Ce  selicr  contient  tant  de  boisseaitr. 
Ce  parc,  cette  pièce  de  terre  cciitient  tant  d\ir- 
peiu.  Cliamp  contenant  tant  de  perches.  Tout 
ce  nui  est  contenu  sous  les  cieu.T. 

Contenir,  se  dit  aussi,  en  parlant  iie  ma- 
titrci  de  doctrine,  d'érudition,  qui  sont  com- 
prises dans  un  Livre,  dans  un  Traité,  etc.  Le 
symbole  de  la  Foi  contient  douze  articles.  Ce 
livre  contient  toute  la  doctrine  de  Platon.  Son 
ouvraqe  contient  toutes  les  opinions  de  Gas- 
sendi, de  Descartes. 

On  dit  aussi  à  peu  près  dans  le  mfme  sens: 
!..aCharité  contient  toutes  les  vertus.  La  défi- 
nition contient  le  genre  et  la  différence. 

t-OBTEMB,  signifie  aussi,  Retenir  dans  cer- 
taines bornes.  Ces  digues,  tes  levées  ont  été 
faites  pour  contenir  les  rivières  dans  leur  lit 

On  dit  figurém. ,  Contenir  quelqu'un  dans 
le  devoir,  le  contenir  dnnt  Vobéissance.  Et  I'od 
dit  absoltimcQt  dans  le  même  sens,  Contenir 


CON 

Cl aeltjn'un.  O.i  ne  sauroU  le  contenir.  On  di* 
au-ssi ,  Contenir  ses  passions,  pour  ilîre,  Ixi 
réprimer.  B 

Un  dit  aussi ,  Se  confeniV,  jwur  dire,  Se  re- 
lenir ,  s 'eaipêcher  de  faire  paroîtrf  quelque 
sentiment  vif,  Pl  parliculiêrenient  sa  colère. 
Quand  je  l'entendis  parhr  de  la  sorte  ^  j'eus, 
bien  de  la  peine  à  me  contenir.  Peu  s'en  fallut 
qu'il  ne  s'tmporUU ..  néanmoins  il  se  contint. 

Se  contenir,  signifie  aussi,  Se  modérer  sur 
les  choses  qui  peuvent  être  préjudiciables  à  l.i 
santé.  Tout  le  monde  n'a  pas  la  forcede  se  con 
tenir.  Il  est  difficile  de  se  contenir  parmi  tant 
d'occasions  de  péché.  Les  ]\Iédecins  lui  ont  dé 
ffndn  le  -vm,  les  laqoiits^  mais  il  ne  peut  .rc 
contenir.  Il  est  plu.^  facile  de  s'abstenir  que  de 
se  co7itenir. 

Contenu,  ue.  participe. 

CONTENT,  ENTE.  adj.  Celui,  colle  quia 
l'esprit  satisfait.  Un  homme  content.  Il  est  con 
tent  de  sa  condition^  de  sa  fortune,  de  ses 
biens.  Il  est  cOTitent  de  peu  de  chose.  Elle  est 
vonlente  de  tout.  Il  vit  content.  Il  a  le  cœur 
content.  Il  ne  sera  jamais  content  qu'il  ne 
voie....  On  ne  Vavoit  jamais  vue  si  contente. 
Avoir  Vesprit  content.  A 'élre  confcnf  de  rien. 

On  dit.  Avoir  Vair  co)itentj  le  visaqe  con- 
tent y  pour  dire.  Faire  paroître  sur  son  visage 
la  satisfaction  de  son  esprit.  Et  l'ou  dit  prover- 
bialement, Il  est  heurciu:  ^  (jni  cvt  content;  il 
est  riche^  qui  est  conlcnt. 

On  dit,  Etre  confcnf  de  quelqu'un  ,  pour 
dire,  Être  satisfait  de  lui,  dn  son  pîoréclc,  dr 
sa  conduite.  J'ai  vu  un  homme  bien  content  ai 
vous.  Vous  devez  être  content  de  lui. 

On  dit  aussi,  Être  content  de  queliiue  c/iose, 
pour  dire,  En  être  satisfait.  //  n'est  pas  content 
de  votre  procédé.  Les  ouvriers  ne  sont  pas  con- 
iens  de  leur  payement.  Il  faut  les  rendre  con- 
tens.  Il  doit  être  content  de  sa  fortune. 

On  dit  aussi,  Etre  content.,  pour  dire, 
Af;réer,  acquiescer,  consentir.  Je  suis  conten 
(/•'  faire  telle  chose  y  pourvu  que  vous....  Je  suis 
content  de  vous  céder  celle  terre  .^  à  la  charge.. .. 
Si  vous  vouleZj  j'en  suis  bien  content. 

On  dit,  qu'Un  homme  est  bien  conïcnï  de 
lui-même,,  est  content  de  sa  personne,  de  sa 
l  dite  personne.,  pour  dire,  qu'il  s'estime  beau- 
joup,  qu'il  n  très-honne  opinion  de  lui-nu'îme. 

CONTENTEMENT,  s.  m.  Joie,  plaisir,  sa- 
tisfaction. Il  y  a  bien  du  contentement  à  vivre 
en  honnête  homme.  Ses  enfans  lui  donnent  du 
contentement.  Recevoir  du  contentement.  Je 
vous  donnerai  contentement.  Vous  aurez  con- 
tentement. Un  homme  inquiet  n'a  jamaU  u 
wai  contentement. 

On  dit  proverbiaîcment ,  Contentement  passe 
richesse,  pour  dire,  que  I^  satisfaction  de  l'es 
prit  est  le  p'.as  grand  de  tous  les  biens. 

On  dit.  Ce  n'est  pas  contentement,  pour 
dire,  Cela  ne  suffit  pas,  je  ne  suis  pas  satisfait 
de  cela.  "Vous  ne  m'ofj'iez  que  cela,  ce  n'est  pas 
contentement. 

CONTENTER,  t.  a.  Satisfaire,  rendre  coii- 
-  tent.  Jl  faut  peu  de  chose  pour  le  contenter.  Ix 
peu  de  bien  qu'il   a   le  contente.  Personn':   w. 


CON 

saurait  le  contenter.  C'est  un  homnii  qui  con- 
tente tous  ceux  qui  ont  affaire  à  lut.  Contenter 
des  oui-ritTs,  des  domestiques  en  les  payant 
bten.  Ces  sortes  de  gens  sont  dilJicile»  à  con- 
tenter. 

Il  s'emploie  souvent  avec  le  pronom  per- 
sonnel. Se  contenter  de  sa  fortune.  Il  ne  faut 
pas  être  insatiable,  il  faut  se  contenter.  Con- 
tentez-vous de  cela,  je  vous  prie.  Se  contenter 
d'unehonnète  médiocrité.  îl  faut  se  contenter 
de  ce  qu'on  a.  Se  contenter  de  peu.  On  pcur- 
roit  se  contenter  à  moins. 

Il  signifie  aussi,  Plaire,  donner  de  la  snlis- 
faction  à  quelqu'un.  Ce  jeune  homme  contente 
bien  ses  parens^  contente  bien  son  maître.  Cela 
m'ei  fort  contenté.  Jamuis  jiersonne  ne  m'a  pu 
ronienfer  sur  ce  sujet.  On  ne  saurait  contenter 
tout  le  monde. 

On  dit,  qu  Tne  raison,  qu'une  preia*  con- 
tente., ou  necontenfe  point,  pour  dire,  qu'EUcs 
satisfont  l'esprit,  ou  qu'elles  ne  le  salîsXont  paa. 

Il  signifie  encore.  Apaiser  quelqu'un  en  lui 
donnant  quelque  chose.  Cet  homme  ira  se  plain- 
dre partout^  si  on  ne  le  contente. 

Contenter  ,  se  dit  aussi  Des  passions  et  des 
w-QS.  Cette  musique  contente  fort  les  oreilles.. 
Ces  objets  contentent  ejctrémement  les  yeux. 
Contenter  les  yeux.  Contenter  ses  appétits. 
Contenter  sa  passion.  Cette  charqe  a  conttnié 
ton  ambition.  Contenter  ses  désirs.  Conttnttr 
ta  curiosité. 

Contester,  s'emploie  encore  avec  le  pro- 
^onI  personnel  ,  pour  dire,  Ne  vouloir  ou  ne 
pouvoir  pas  faire  plus  que  ce  qu'on  a  fait,  en 
demeurer  là.  Je  me  contente  de  lui  avoir  prêté 
de  Varqentde  ma  bourse ,  mais  je  ne  veux  point 
le  cautionner.  Vous  devriez  vous  contenîer  de 
lui  avoir  été  son  bien,  sans  en  vouloir  encore 
à  son  honneur  y  à  sa  vie.  Contentez^^fous  de 
m'avoir  trompé  une  fois.  Ne  vous  contentezpas 
d'y  être  allé  une  fois.,  utais  allez-y  si  souvent 
ijue  vous  le  trouviez. 

Contenté,  ÉE.  participe. 

CONTENTIEUSEMENT.  adv.  Avecconlen- 
lion,  avec  dispute,  de'bat. 

CONTENTIEUX,  EUSE.  ad}.  Qui  «l  ea 
ilébat,  qui  est  di^iput^.  ou  qui  peut  être  di»- 
putf^.  Un  dj'oit  contentieux.  Un  Bénéfice  oon- 
tentieux.  La  terre  dont  est  question,  est  con- 
tentieuse  entre  tels  et  tels.  Ce  point  est  conten- 
tieux entre  1er  ThéoloqienSj  entre  les  Philoso- 
phes. C'est  une  afjiiire  contenticuse. 

Il  signifie  aus-si,  Qui  aîme  À  disputer,  d  ood- 
tester.  C'est  une  humeur  contenticuse ,  un  esprit 
contentieux. 

On  appelle  JuriV/i'ction  rontendcuse,  LaJa- 
ridiction  des  Juges  naturels  et  ordinaires ,  qui 
jiigrnt  des  procès  entre  t(;s  parties  contendantes. 

CONTENTION,  s.  f.  iVbnt,  dispute.  Il  y  a 
natière  à  contention.  C'est  une  source  de  con- 
tention éternelle.  Il  est  ennemi  de  toitte  conten- 
tion. Il  s'émut ,  il  V  eut,  il  survint  début  et  cou- 
tention  entre  tels  et  tels. 

Il  signifie  aussi ,  Chaleur  ,  Vf5hémence  dans 
la  dispute.  Ils  disputèrent  de  part  et  d'autre  avec 
l  taucvup  de  contention. 


CON 

Ou  dit,  Contention  ij'«pri'( ,  pour  dire, 
(Jrande,  extrêmi;  application  d'esprit.  Il  tru- 
l'jii/e  à  cela,  il  s'y  applique  avec  grande  con- 
tention d'c<prit.Lu  conljcntion  d'esprit  altcresa 
santé. 

CONÏEIitJ.  s.  m.  Ce  i|ui  est  niif<  rnié  dans 
quelque  chose.  Ternie  diiiactiquc, /^e  contenant 
est  plus  grand  que  le  contenu. 

n  sigoilie  aussi  Ce  que  contieut  un  ùcril,  un 
(liM-Durs.  Le  contenu  de  sa  lettre.  Le  contenu  de 
l'Arrêt.  Je  vous  dirai  le  contenu. 

COSTER.  V.  n.  Narrer,  faire  un  coûte  ,  soit 
vrai,  soil  fabuleux,  soit  sérieux,  soit  plaisant. 
Conter  une  h'istoire.  Conter  des  histoires.  Con- 
ter des  fables.  Conter  comment  une  chose  s'est 
passée.  Contez-nous,  je  vous  prie,  ce  que  vous 
avez  vuj  ce  qui  s'est  fait.  Contcz-nous-en  le  dé- 
tailjles  particularités.  On  conte  que...  J'ai  oui 
conter  à  un  tel.  Il  m'a  conté  de  fil  en  aiguille 
toute  son  ajpiire. 

On  dit,  qii'r/ii  homme  conte  bien,  pour 
dire ,  qu'il  uarre  bien ,  qu'il  fait  a|;réablenienl 
un  récit. 

On  dit  familîôrcm.  qu't/»  homme  en  conli 
âe  belles,  qu'il  conte  des  sornettes,  pour  dire, 
qu'il  dit  beaucoup  de  ctioses  à  tort  et  à  travers, 
sans  uécessité  et  hors  de  propos.  On  dit  daus  le 
même  sens,  //  nous  en  conte. 

Oo  dit  proverbialement,  Conter  des  fagots. 
pour  dire ,  Conter  des  bagatelles  ,  des  choses 
frivoles,  ou  fausaos  et  sans  vraiseniblauce. 

On  dit  aiussi  familièrement, £n  contera  une 
femme,  lui  router  fleurettes,   pour  sisuiHer 
Lui  dire  des  douceurs,  des  galanteries.  II  en 
conte  à  une  telle.  Elle  s'en  laisse  conter.  't'o«( 
lui  en  voulez  conter. 

On  ^it  dcns  le  mime  sens,  Conter  ses  rni- 
lons  à  une  femme  ,  pour  dire,  Lui  parler  d< 
galanterie. 

CoaTK ,  ie.  participe. 

CONTESTABLE,  ad j.  des  2  genres.  Qui  peu! 
être  contesté.  C'est  une  majcime,  une  opinion 
frèi-contestable.  Cela  n'est  pas  contestable. 

CONl-ESTAST,  ATIE.  adj.  Celui,  ccIU 
^ui  conteste  en  Justice.  Les  Parties  contes- 
tantes. 

Il  se  prend  aussi  substantivement.  Les  deia 
contestons. 

COSTESTATION.  s.  f.  Dispute,  débat  sui 
quelque  chose.  Former  une  contestation,  h 
s'est  élevé  une  contestation.  Une  Tare,  un  Bé 
néfiee  qui  est  en  contestation.  Us  ont  été  long- 
temps en  contestation.  Contestation  en  Justice 
/l  aime  lu  con(ej<a(ion.  Ce  point,  cet  arlicli 
est  en  contestation. 

CONTESTE,  s.  f.  Terme  de  PalSis.  Procès, 
conlMtiiion.  Les  Juges  sont  en  conteste. 

CONTESTER,  v.  a.  Disputer,  ddbattrc  quel 
qut  chose ,  soit  en  Justice  ou  autrement.  Il  mi 
.oMlesIf  ma  qualité.  Il  conteste  ce  testament 
On  lui  conteste  cette  succession,  cette  tare.  On 
ne  peut  ««ij.ier  une  caujc  licfoiis  qu'elle  «< 
ronlcilee,  c'est  il- Jire,  depuis  qu'on  s'est  pré- 
sente en  jugement.  Contester  une  jx-opostlion 
H  se  plalt  à  corUotcr.  C'est  un  urlicle  qui  es: 


cox 

CoStesté,  ée.  participe. 

CONTEUR ,  EUSE.  s.  Celui  on  celle  qui  a 
rhaliitiide  de  faire  des  cornes  dans  la  société. 
Conteur  agréable.  Contew  ennuyeux. 

Quand  i)n  l'emploie  seul,  il  se  prend  sou 
vent  en  mauvaise  part,  et  signifie,  Celui  ou 
celle  qui  débile  îles  faiissclcs  ou  des  fariboles 
A'c  croyez  pas  ce  (juil  vous  dit,  c'est  un  con 
teur,  c'est  une  conteuse.  Un  conteur  de  sor- 
nettes, de  chansons ,  de  fleurettes.  Il  est  du  slvU 
familier. 

On  appelle  ]''-overbiaIement ,  Conteur  di 
fagots ,  Un  lionime  qui  conte  des  bagatelles  ei 
des  niaiseries,  ou  qui  dit  des  choses  fausses. 

CONTEXTUliE.  s.  fém.  Terme  didactique. 
Tissure,  ciichainement  de  plusieurs  parties  qui 
forment  un  corps,  un  tout.  La  conlcrliire  des 
itMscles,  des  fibres.  . 

On  dit  figurcmeut,  La  contcj-ture  d'un  dis- 
cours ,  d'un  ouvrage  d'esprit. 

CONTIGU,  UE.  adj.  Qui  touche  une  chose 
sans  qu  il  y  ait  rien  entre-deux.  AJaisons  , 
chambres  contiguës.  Deu.v  jardins  contigus. 
La  yormandic  est  contiguë  à  la  Bretagne.  Mi 
maison  est  contiguë  à  la  vôtre. 

CONTIGUITfi.  s.  f.  (l'U  et  11  font  deux 
syllabes.  )  ll'tat  de  deux  choses  qui  se  touchent. 
La  contiguïté  des  terres  de  ces  dcwc  maisons... 
La  contiguité  des  Provinces. 

CONTINENCE,  s.  f.  Empire  qu'exerce  sur 
lai -même  celui  qui  s'abstieut  îles  plaisirs  de 
l'amour.  Le  don  de  continence.  Garder  la  con- 
tinence. Observer  la  continence  dans  le  mariage. 
La  continence  de  Scîpion. 

CONTINENCE,  s.  fem.  Capacité,  étendue. 
Connoïtre  la  continence  d'un  vase.  Mesurer  la 
continence  d'un  champ. 

CONTINENT,  ENTE.  adj.  Qui  a  la  vertu 
de  continence.  Il  est  fort  continent. 

CONTINENT,  s.  m.  Terme  de  Géographie. 
Grande  étendue  de  Terre  ferme  que  la  mer 
n'entoure  pas  de  tous  les  côtôs.  Les  Géoara- 
phes  divisent  le  monde  entier  en  deiu:  grands 
continens;  celui  de  l'ancien  monde,  qui  com- 
prend lEurope,  l'.4sie  et  l'Afrique;  et  celui  du 
nouveau  monde,  qui  comprend  l'.imérique  mé- 
ridionale et  l'.imérique  septentrionale.  On  dit 
que  la  Sicile  étoit  jointe  autrefois  au  conti- 
nent de  l'Italie.  L'Angleterre  est  séparée  du 
continent  de  l'Europe.  L'Angleterre  et  l'E- 
cosse ne  font  qu'un  mlmt  continent.  La  Hlorée 
est  jointe  au  continent  par  un  Isthme. 

CttNTINGENCE.  s.  f.  K  n'jest  guère  d'usage 
que  dans  les  phrases  suivantes,  Selon  la  con- 
tingence des  affaires,  selon  la  contingence  des 
cas,  pour  dire.  Selon  que  le»  aflàires  tourne- 
ront, selon  ce  qui  arrivera. 

Dans  le  langage  didactique  ,  Conlinnence 
est  oppose  i  Nécessité. 

On  appelle  en  ttéoraclne,  Angle  de  contin- 
gence ,  L'angle  que  ùûl  une  ligue  droite  avec 
une  ligne  courlie  qu'elle  touche  ;  ou  celui  que 
lonl  deux  lignes  c«urbe<  qui  se  touchent  an  un 
point. 

CONTINGENT,  ENTE,  adjectif.  Casuel , 
ijui  peut  arriver,  o;i   n'arriver  pas.  C'e:l  une 


CON  -{oS- 

cfcosc  contingente,  sur  laquelle  H  ne  fai:t  pus 
'  compter. 

En  termes  d'École,  on  appelle  Futur  con- 
tmijcnl.  Ce  qui  peut  arriver  ou  n'arriver  pas; 
et  P/-Of)osi(ious  contingentes.  Celles  qui  énon- 
cent une  chose  qui  peut  être,  ou  n'être  pas. 

On  appelle  Portion  contingente.  La  part  et 
l>onlon  qui  peut  appartenir  à  quelqu'un  dan.s 
m  partage.  Il  se  dit  aussi  De  la  part  des  frais 
communs  d'une  société  ,  et  auxquels  chacun 
doit  contribuer  à  proportion  de  l'intérêt  qu'il 
y  a. 

CosTiNcEST,  s'emploie  aussi  au  subsiautil , 
l>oiirdire,  La  part  que  chacun  doit  recevoir, 
"Il  la  part  que  chacun  doit  fournir.  Il  Ui  re- 
vient tant  de  celle  succession  pour  son  contin- 
gent. Chaque  Prince  d'Allemagne  contribue 
pour  un  cei'tain  contingent,  soit  en  argent, 
soit  en  hommes,  doit  /i.uruir  tunl  pour  son 
cofitinneut. 

CONTINU,  UE.  adj.  Dont  les  parlies  ne 
sont  pas  divisées  les  unes  des  autres,  et  s'entre- 
liennent.  Il  se  dit  également,  et  De  l'élenduo 
d'.in  corps  non  divisé,  et  de  la  durée  d'un 
temps  non  interrompu.  Dans  la  première  ae- 
reption,  il  n'est  guère  d'usage  que  dans  le  style 
didactique,  et  dans  les  phrases  suivantes:  Quiin- 
lilé  continue.  Etendue  continue.  Parties  conti- 
nues. Dans  la  seconde  acception  ,  il  est  d'un 
usage  plus  étendu.  Dix  jours  continus  de  pl.iie. 
l'iévri  conlinue.  Travail  continu.  Etude  con- 
tinue. Dix  ans  de  guerre  conlinue.  Vn  bruit 
continu. 

On  appelle  disse  continue  ,  en  termes  de 
Musique,  La  partie  'de  la  Musiqu*  qui  est  la 
plus  basse,  et  qui  sert  continûment  île  liasc  cl 
de  fondement  aux  autres  parlies. 

CoïTiNU,  se  dit  aussi  substantivement;  mais 
Bans  cette  acception  .  il  n'est  d'usage  que  dan» 
le  stylo  didactique.  Les  parti»  du  continu.  Le 
continu  est  divisible  à  l'infini. 

CONTINUATEUR.s.m.Ilneseditqued'un 
Auteur  qui  continue  rou\Tage  d'un  autre. 
Sponde  est  le  continuateur  de  Baronius. 

CONTINUATION,  s.  f.  U'action  par  laquelle 
on  continue,  et  la  durée  de  la  chose  conti- 
nuée. La  continuation  d'un  ouvrage.  U  a  trou- 
vé beaucoup  de  diffrultès  dans  la  continu  ilion 
de  ce  travail.  La  continuation  de  la  guerre.  Lk 
continuation  des  troubles. 

Il  signifie  aussi  La  chose  continuée.  La  ecn- 
tînuation  d'une  muraille.  La  continuation  des 
Annales  de  Baronius., 

CON'ITNUE.  s.  f.  Dnnie  sans  interruption. 
Il  ne  s'emploie  qu'adverbialement.  A  la  conti- 
nue,  pour  dire,  A  la  longue,  h  force  de  conti- 
nuer. //  travaille  d'abord  avec  ardeur,  mais  à 
la  continue  il  se  ralentit.  A  la  continue  il  se 
lasse. 

CONITNUEL,  ELLE.  adj.  Qui  dure  tant 
interruption.  Travail  continuel,  i'iuie  conti- 
nuelle. Chaleur  continuelle.  Guerre  conti- 
nuelle. 

CONTINLTCLLEMENT.  adv.  Assidûment, 
toujours.  Il  étudie  continuellement.  Il  jouccon- 
linucllenicnl.  Ils  se  qiurelleni  contiouilUment. 


Soi  TON 

CONTINUER.  V.  a.  Poursuivre  ce  qui  es( 
eoramencé.  Continuer  un  travail.  Conlinuei 
ses  éludes.  Continuer  un  Poème.  Cimtiniia 
une  Histoire,  un  discours.  Continuer  son 
voyaqe.  En  continuant  ses  demandes,  il  pré- 
tend cjue  ....  Continuer  à  faire,  à  dire,  de 
dire,  de  faire. 

n  signifie  aussi,  Persévérer  dans  une  liabi- 
lude.  Continuez  à  lien  faire,  et  vous  vous 
en  trouvac-..  lien.  Si  vous  continuez  à  hoiie, 
vous  ruinerez  votre  sanle. 

11  signifie  aussi  Prolonger.  Continuer  une 
liqne,  une  allée,  etc.  Continuer  une  terrasse, 
une  galerie,  une  muraille. 

Cn  dit  dans  ce  sens,  Ces  montagnes  se  con- 
tinuent depuis  tel  endroit  justjuW  tel  autre, 
pour  dire,  (ju 'Elles  se  prolongent. 

II  sisniCo  aussi ,  Prolonger  i  (jucl^u'un  h 
«osscsiion  de  quelque  chose.  On  lui  a  cunlinuè 
les  privilèges  rie  sa  charge.  Coiilinuez-hii  vo\ 
bienfaits.  0^l  lui  a  continué  sa  pension.  Conti- 
nuer un  haïl  à  un  Fermier,  à  un  Locataire. 

On  dit  aussi  dans  le  mèiue  sens,  Continue: 
quelqu'un  dims  une  cljarge,  dans  un  emploi. 
On  la  continué  Prévôt  des  Marchands.  Conti 
nuer  un  Recteur.  Continuer  une  Suj^érieure. 

CosTiscEU ,  se  dit  absoliinienl  dans  la  signi 
(îcatioQ  de  Pouisuivre  ce  qu'on  a  commencé.  1\ 
lie  peut  pas  continuer.  Continuez,  je  vous  prie. 
CosTisuEn,  signifie  .lussi  Durer,  ne  cesseï 
pas  ;  et  alors  il  est  i.iHlic.  La  pluie,  le  mauvaii 
temps  conlii.ue.  Je  crois  (juc  ce  mal.  rjuc  celti 
Qucrrt'  'I*'  :o;iîinttcra  p^is. 

Tl  slpiilie  aussi  S'étendre  se  prolonger.  Cellt 
t6te,  cette  clialne  di  mondiqnes  conliiiue  de- 
puis un  tel  endroit  ju.igu'à  un  tel  autre. 
f;o:<TiNDÉ.  ÉE.  participe. 
.CONTIMIITÉ.  s.  f.  (U  <t  I  font  deux  syl^ 
labes.  ]  Liaison  des  parties  du  continu,  /.u  con- 
tinuité des  parties. 

En  ternies  de  Médecine,  ou  appelle  5oliilioii 
de  continuité,  La  division  que  fait  une  plaie  .'i 
quelque  partie  du  corps  animal.  Le  coup  (juil  a 
rc(,«  n'est  qu'une  contusion,  il  n'y  a  po:nt  de 
.•:oIu£iori  de  continuité. 

V.  signifie  .lussi  Hurée  continue.  Dans  la 
continuité  du  travail.  La  continuité  des  mau.r. 
En  Liltcratuic,  on  appelle  Coiilinuilé,  La 
liai:.on  de  toutes  les  parties  du  discours,  ou 
d'un  Pocnic ,  soit  épique,  .soit  dranialique, 
quand  rien  ne  nuit  6  la  narration  ni  à  la  mar- 
che de  l'oclion.  Ce  Vubme seroit  parfait,  si  des 
incidens  qui  le  fout  languir,  n'intirrompoicnt 
lu  conlinuilé  de  l'action. 

Eu  Philosophie,  on  appelle  Loi  de  conli- 
nuilé, La  Loi  suivant  laquelle  aucun  change- 
ment ne  s'exécute  dans  U  nature,  que  p.nr  dé- 
lurés iusensibles. 

CONTINÛMENT,  adv.  Sons  interruption, 
îl  y  faut  travailler  continûment.  Il  écrit  conti 
miment  depuis  le  matin  jusqu'au  soir. 

Continuel  continûment  didïrenl  de  Conli- 
niicl  et  con/inuci/cHicnt,  cn  ce  que  Continu  et 
cufitiniimctit  8C  disent  Oes  choses  qui  ne  sont 
pas  divisées  ni  interrompues  depuis  leur  eoni- 
mcncemea:  jusquà  leur  lin;  et  que  Cunlmucl 


C  O  i\ 

et  continuellement  se  disent  aussi  De  celles  (jiif 
sont  interrompues,  mais  qui  recommencent  soa- 
\cnt,  et  à  peu  d'intervalle;. 

CorïTONDAîNT,  ANTI::.  adjcct.  Termfî  <i<v 
Cliirurgie.  Qui  blfssc  sans  percer  ni  couper, 
mais  eu  faisant  des  contusions,  comme  un  bû- 
ton,  une  massue.  Instrument  contondant. 

CONTORNIATE.  adj.  f.  On  donne  ce  nom 
à  des  Médailles  de  cuivre,  terminées  dans  leur 
circonférence  par  un  cercle  d'une  ou  de  deux 
lignes  de  largeur,  continu  ivec  le  nu'-tal.  quoi 
iju'il  semble  en  être  détaché  par  une  rainun' 
assez  profonde  ,  qui  rèj;ne  à  rcNlrémité  du 
champ  de  l'un  et  de  l'autre  côté  de  la  Médaillr. 
COm'ORSION.  s.  f.  Mouvement  vioUni , 
procédant  d'une  cause  intérieure,  qui  tord  les 
muscles,  les  membres  d'une  personne.  Lu  co- 
donc  cause  iDtorrihles,  de  cruelles  contorsionf-. 
Le  mal  de  mève  fait  faire  de  furieuses  contor- 
sions. Une  contorsion  universelle  de  tous  la 
membres. 

CoNTOnsiON  ,  se  dit  aussi  Des  fp*îmaces  et 
lies  gestes  forcés  que  certaines  gens  font  quel- 
ijuefois  en  parlant  îivcc  vébéraeuce.  Un  Orai 
iL'ur  qui  se  démène^  et  fait  des  contorsions  con 
hnuellcs. 

Il  se  dit  en  Peinture,  De  l'attitude  outrée  d< 
»urps  ou  du  Tisrtge;  et  passivement,  De  l'ét-i 
i"une  chose  qui  fst  de  travers.  Il  faut  remédie 
\  la  contorsion  du  cou. 

CONTOUR,  s.  m.  Terme  de  Peinture  et  à\ 
îculplure.  (^e  qui  termine  une  figure,  ou  1(( 
;i:in;es  d'une  ficn'^*  Un  lean  rontcK':  Le  co-  • 
.twr  de  cette  fiqure  est  admirable.  De  heaui 
pntours.  Des  conloujs  hardis^  hien  cMenduii 
Oes  contours  êlétjaTis. 

On  dit  aussi  :  Le  ccnlour  d'une  colonne.  /.( 
ronfowr  d'un  dôme. 

Il  se  dit  encore  De  inulcs  sortes  d'eiu:einlei 
I.e  contour  de  Paris,  d  une  forêt,  etc. 

CONTOURNER,  v.  n.  Terme  de  PcinUire 
de  Sculpture  et  d'Architecture.  Donner  à  tun 
figure  ou  h  un  ouvrage  d'Architecture  le  ccn- 
lour qu'ils  doivent  ovoii.  Savoir  h:cn  contow 
ner  une  faure.  Il  auroit  fallu  contourver  ci 
has  autrement.  Contourner  les  feuillages  de  U 
rampe  cCun  cscai'Cr. 

Co>toctvné,  te.,  participe, 
pris  absolument,  il  es  dit  De  ce  qui  est  dfl 
travers,  mal  tourné.  Une  tadh  cnntourn<ïe. 

CONTRACTANT,  ANTE.  :  dj.  Celui,  cellrt 
qui  contiacre.  Il  faut  de  la  bonne  foi  entre  ici 
Partiet>  conti-actantes. 

Il  s'emploie  ••^ussi  quelquefois  nu  suhstantif. 
Les  conlractans.  Cn  des  contractons. 

CONTRACTE,  edj.  des  2  genres.  Terme  de 
Grammaire,  qui  se  dit  quand  deux  voyelles  sfi 
joignent  en  iinc.  Les  Grecs  ont  beaucoup  de 
verbes  contractes, 

CONIRACIT.R.  V.  a.  Faire  une  convention 
avec  quelqu'un. .Conlracïer  mariage^  un  ma- 
riage. Contracter  alliance.  Contracter  une  obli 
gatum. 

On   dit,  Conlracter  des  dettes,  pour  dire. 
V  Foire  des  dettes,  s'cndeiter. 

Il  se  met  'juelqui'fois  absolument.  Contrit . 


CON 

ter  avec  guchju'iin.  Contracter  par-devant  No- 
taire. Contracter  sous  le  scel  du  Clidlelet  da 
f^oris.  Il  est  mineur  f  il  n^cst  pas  capable  de 
contracter. 

CoNTRACTEH,  se  dit  oussî  Des  maladies  qui 
Bc  gagnent  par  une  esp^ce  de  contagion,  ou  par 
quelque  autre  cause  que  ce  soit.  Contrucfer  une 
maladie.  C^Cfit  une  maladie  qu'il  a  contractée  à 
V  armée. 

Il  se  dît  pareillement  Des  habitudes  qui  s'nc- 
ijuiùrent  par  dés  actions  réitérées.  Contracter 
de  bonnes  ,f  de  mauvaises  habitudes. 

U  se  dit  aussi  Des  liaisons  qui  se  forment 
Milre  deux  personnes  par  une  coulinuelle  fvé- 
i;ueutalioD.  Co7itracter  amitié.  Contracter  fa- 
miliarité avec  guelqu^un. 

Sk  coNxnACTEn,  terme  de  Physique,  qui  se 
jWl  Des  muscles  et  des  nerfs  qui  se  raccourcis- 
sent et  se  resserrent.  Les  muscle.'i  cau<tent  le  mou- 
vement des  parties  en  se  contractant. 
Contracté.  Ée.  participe. 
CONTRACTION,  s.  f .  Terme  àf  Physique , 
qui  se  dit  Du  raccourcissement  qui  arrive  aux 
nerfs  ou  aux  muscles  lorsqu'ils  viennent  h  se 
retirer.  Lasystole  du  cœur  consiste  dans  sa  con- 
traction. Contraction  iiolontaire,  ronlracd'on 
involontaire  des  nmsc/c5.  Une  grande  contrae~ 
ùon  de  nerfs. Cette  flujcion,  cette  blessure  causa 
îa  contraction  d'un  tel  muscle. 

l\  est  aussi  usité  en  Grammaire,  où  il  signH 
£e.  Ta  réduction  de  deux  syllabes  en  une, 
rnmmc  en  ces  mots,  Àoùt^  paon,  pion,  Laon, 
ju'on  prononce.  Ont.  pn'i,  fan,  L^n. 

CONTRACTUEL,  ELLE.  adj.  Qui  est  8tW\ 
|u!('  p.ir  contrat.  Substitution  ,  institution  con* 
lactuellc. 

CONTRACTURE.  5.  f.  Terme  d'Architec- 
lurc.  Rctrccissement  qui  se  fait  dans  la  paitie 
lupérirure  d'une  colonne. 

CONTRADICTEUR,  s.  m. Celui  qui  contre- 
(lit.  Cet  avis  a  eu  beaucoup  de  contradicteurs. 
Il  n'a  pas  troui'é  de  contra^itctcur. 

En  Jurisprudence,  Légitime  conti-adicteur, 
ist  Celui  qui  a  qualité  ou  intérêt  pour  contre- 
llire.  Vn  inventaire  de  mineurs  se  fait  avec  U 
mbrogé  tutew,  gui  est  le  légitime  contradic- 
teur. 

In  acte  sans  contradicteur  ^  Un  acte  par 
défaut,  sans  que  les  Parties  intéressées  y  aient 
été  appelées. 

CONTRADICTION.  5.  f.  Action  de  contre- 
dire, opposition  -tux  sentimens  et  aux  discours 
lie  quelqu'un,  discours  par  lequel  on  combat 
l'avis  d'un  autre.  Cet  avis  a  été  reçu  de  tout  \e 
monde  sans  contradiction.  Les  grands  n'aiment 
pas  la  contradiction. 

lùi  tri-nies  de  Philosophie  on  dit,  quUne 
chose  implique  contradiction,  lorsqu'elle  reu- 
tennc  eu  même  temps  I;iUirmalive  et  la  nég.>- 
livc.  Être  ei  n'tHrr  pas,  implique  contradiction. 
On  dit  aussi,  qu7/  y  a  contradiction  entre 
deux  propos it ion i ,  lorsqu'Elles  sont  tcllemenl 
nppos(*c»  l'une  à  l'autre,  qu'il  est  impossible 
que  l'une  et  l'autre  soiant  vraies  cn  niôm« 
temps.  Jl  y  a  une  manifeste  contradictio't  dins 
tc  qu'il  dit.  Contradiction  apparente. 


CON 

On  «ppellc  r.iftrit  de  contmàtctton  ,  Dn 
homme  qui  onlitiaiicmcnl  n'est  pas  de  l'avis 
dei  nnlri's,  C'cjt  nu  esjuit  (le  contradiction. 

CDNTr.AUiCrOIRK.  adj.dfs  -J.  genres. Qui 
contredit.  Il  n'e»t  guère  en  us:ise  qu'en  cer- 
taiues  phrases  du  style  did!.ctique.  Ainsi  on 
dit,  que  Deiu:  propositions  sont  contr'ulictoi- 
reâ,  pour  dire.qu'Elles  expriment  des  clioses 
di;e<  lenientiipposécs  l'une  à  l'autre,  et  dont  il 
laul  necesjoirenient  que  l'une  soit  vraie,  et 
TautTL  fausst  On  dit  aussi ,  qu'l/ne  proposid'on 
est  contratlicloit e  M  Vautre,  ou  la  contradic- 
toire de  /'autre,  pour  dire,  que  l'Une  nftirme 
ceque  l'autre  nie.  On  appelle  aussi  Termes  con- 
tradicloues ,  Des  termes  diredement  opposés 
l'un  à  l'autj'e,  comme  oui,  et  riun  ;  nnil ,  et 
liici. 

CosTiiADiCTOtnE,  se  dit  au.^i  des  Jugemens 
rendus  apn's  que  toutes  les  Parties  ont  cld 
Oîiics,  ou  après  qu'elles  ont  produit.  Sentence 
contradictoire.  Arrêt  contradictoire.  Juqemeiit 
contradictoire. 

COJirU.VDICTOIREMEyr.  adverb.  D'une 
manière  contradictoire.  Ces  deiuz  propositions 
sort  contradictoiremciit  opposêa. 

CosTnAnitTOinEJiEST,  en  style  de  Palais,  se 
dit  Des  Jugemens  rendus  après  avoir  oui  les 
Parties,  ou  «près  qu'elles  ont  produit;  et  il  se 
dit  par  opposition  à  un  Jugement  rendu  par 
dcfauL  Vn  Arrêt  rendu  contradictoiremcnt. 

C;L)>rfi.\I(;>'.VBI.E.  aJject.  des  2  genres. 
Tenue  de  Palais.  <Jm  peut  #lrc  contraint  Ji 
l»-»\fr.  TcuT  qui  ont  orcepté  de<  lettres  de 
ehanrfe  sont  contraijnahks  par  corps. 

CONTR.il.NDRE.  T.  a.  Je  contrains,  tu 
tentraîns f  il  contraint;  nous  contraignons, 
vous  contraignez,  ils  contraignent.  Je  contrai- 
qncis,  nous  contraignions.  Je  contraindrai 
Ctititrains.  Je  contraignisse.  Contraignant. 
Obliger  quelqu'un  par  force,  par  violence,  ou 
nar  quelque  considération  qui  en  tient  lieu ,  à 
Dire  quelque  chose  contre  son  gré.  La  nécessité 
Vy  a  contraint.  On  Vy  contraindra  par  force. 
On  le  contraignit  de  faire,  ou  li  faire  telle 
chose.  On  le  contraignit  à  cela.  La  Ville  fit 
cmitrainte  de  se  rendre. 

On  dit  proverbialement ,  La  nécessité  con- 
traint la  Loi,  pour  dire,  que  La  nécessite  con- 
traint de  passer  pardessus  les  Lois. 

CosTiiAijnnE,  se  dit  aussi  en  termes  de 
Pratique,  pour  dire,  Obliger  par  Justice  de 
payer.  Corttrai'nf/re  nuelnuun  par  voie  de  Jus- 
tice^ par  Justice.  Contraindre  par  saisie  de 
l'ier.s,  par  corps  et  autres  voies.  Si  vous  ne  me 
pn-,  n ,  Je  vou-f  (1(01  conlrai'nti/'c.  Les  Sergens 
wil  clé  dm  lui  pour  le  ronlrainiire.  Conlr.iin- 
drt  quelqu'un  pour  les  dépens  du  procès,  pour 
une  dette. 

C.aytn.KiSDZt,  signifie  au.ssiquelqiu-fois.sim- 
)>lrraenl,  Ciéner  quelqu'un,  l'obliger  par  quel- 
■  jiu-  considération  à  l'alistrnir  de  quelque  chose, 
i  se  refuser  qui-!.|ue  chose.  Je  'ne  prétends  pas 
vous  cbntraindre.  C<la  me  contraint. 

On  dit  aussi ,  .'■e  contraindre,  pour  dire ,  Se 
pftin-.  K  fiireer,  se  retenir.  Il  u  eaniraint  de- 
fu'it  ee»  personnes-lii.  Il  est  fort  libri  de  :om 

TblllC  I. 


coisr 

vatnrel ,  mais  il  snit  bien  se  contraindre  tjuand 
il  fTi  csi  besoin...  Ne  vous  couUaiqnez.  jjaspou: 
moi ,  je  vous  prie. 

Il  signilie  aussi  fi;^ii renient ,  Serrer,  presser, 
moltrc  ^  Iciroit.  Cet  habit  y  cette  chaussure  le 
contraint  si  fortj  ï/hc.  ...ii  veut  bâtir  en  un 
eniîroitoù  il  sera  fort  contraint  par  la  situation. 
CosTRAi5T,  AisTE,  participe. 
CO^îTRAINT,  AlM'K,  a.Ijcct.  Gène.  U  est 
opposé  à  libre,  h  naturel.  Jl  71 'a  pas  Vair  na- 
turel, il  a  l'air  contraint.  Posture  conlrrti'ntc. 
Ln  niouvemeut  coutrninl.  Il  n  y  a  rien  de  con- 
traint dans  ses  actions,  dans  ses  manières. 

Il  signifie  aussi  Serré,  mis  X  l'ctroil.  Con- 
traint dans  son  hnhit.  Contraint  dans  ses  hottes. 
En  ce  sens,  il  scdiinnssi  Desclioses  iniminn'es. 
La  iivicrc  est  fort  serrée,  f^t  contrainte  entre 
CCS  niontimnes,  cnfre  ces  rocliers.  La  mer  est 
contrainte  dans  ce  détroit,  entre  ces  îles. 

On  dit  aussi  fiqnrémcnt  :  Style  contraint. 
'Çers'fication  contrainte. 

On  appelle  liasse  contrainte,  en  Mn.siqiip. 
Une  basse  ^  lcif|uellc  le  Composileur  .-tssni<'tlil 
les  antres  parties,  et  qui  se  ropète  ordinaire- 
ment de  quatre  mesures  en  quatre  mesures. 

CONTRAINTE,  s.  f.  Violence  qu'on  cxcrco 
rontrc  quelqu'un  ,  pour  lui  faire  faire  quelque 
fhosc  malgré  lui.  Employer  la  contraiiite. 
l/.ser  de  contrainte.  Faire  quelque  chose  par 
contrainte.  Aqir  sans  contrainte.  La  grande, 
1(1  dure  contrainte  où  il  est. 

Il  signifie  aussi  L'état  de  celui  ^  qui  on  fail 
::ette  violence.    * 

CoNTnAiSTE,  se  dit  aussi  De  h  ret^ntic  que 
le  respect  et  la  consid.'ratinn  obligent  d'avoir. 
i^ous  le  tenez  en  contrainte.  C'est  une  nrandc 
jontrainte  que  d*étre  ohliné  de  se  taire  en  de 
jertaincs  occasions.  Il  est  dans  une  ejclrente 
tontrainte. 

Il  se  dit  pareillement  De  la  p^ne  où  l'on  est 
quand  on  est  trop  serré  dons  ses  Imbits,  dans 
les  souliers;  et  j^éncrafcmentde  tout  ce  qui  met 
trop  à  l'étroit,  "{^otre  hahit,  vos  souliers  vous 
tout  trop  étroits^  vous  devez  être  dans  une 
qran de  contrainte.  Comment  pouvez-vous  souf- 
frir cette  contrainte?  Son  style  sent  la  con- 
trainte de  l'art,  de  rimif<ifion.  Ses  vers  sentent 
la  contrainte  de  la  rime. 

Ku  termes  de  Jniisprudenre  ,  on  appelle 
Contrainte j  Un  acte  en  vertu  duquel  on  peut 
conirnindre  un  homme  en  son  corps,  ou  en  ses 
biens.  Contrainte  par  saisie  de  biens.  Con- 
trainte par  corps. 

CO>"TnAlRE.  adj.  des  2  genres.  Opposé.  Il 
se  dit  également  Des  clio^cs  physiques  et  des 
clioses  morales.  Directement  contraire.  Tota- 
lement contraire.  Le  froid  et  le  chaud  sont  con 
traires.  Avoir  le  vent  contraire,  lu  fortune 
contraiie.  La  vertu  et  le  vice  sont  contraires. 
Deux  Arrêts  contraires.  Ces  passaqes,  ces  loi^ 
sont  conlraiies.  Cela  est  contraire  à  la  Loi  de 
Dieu  y  à  l'honneur,  aux  bonnes  maurs.  Con- 
traire à  la  vérité.  Cela  est  contraire  à  ce  que 
vouK  en  aviez  dit, 

lise  dit  aur.si  Des  perwnrcs.  Cest  unlio-nmC 
qui  m*a  toujours  été  contraire.  En  cela  von 


CON 


3o5 


êtes  contraire  à  vous-même.  Ce  sont  des  nenB 
qui  ont  toujours  clé  contraires  l'un  à  l'antre 
qui  ont  toujours  été  de  parti  contraire. 

U  signifie  encore,  Nui-»ible.  Il  y  a  des  ait- 
mens  qui  sont  contraires  aux  bilieux.  Le 
vin  vous  est  contraire.  Un  remède  contraire  à 
la  poitrine. 

H  s'emploie  aussi  subslantivement  ,  et  si- 
gnifie Une  rliose  opposée.  'Vous  m\wcz  dit  le 
contraire.  Je  vois  tout  le  contraire  de  ce  qu'on 
m'avoit  promis.  Je  soutiens  le  contraire.  Je 
l'uiis  prouverai  le  contraire.  J'en  demeure  d'ac- 
cord, je  ne  dis  pas  le  contraire.  Notre  traité 
porte  le  contraire.  Il  fait  tout  le  contraire  de 
ce  qu'il  avoit  dit.  Il  a(jit  tout  au  contraire  de 
ses  ancêtres. 

On  dit,  Aller  au  contraire  d'une  chose,  pour 
dire,  S'y  opposer,  y  contredire.  On  en  demei^e 
d'accord,  personne  ne  va  au  contraire.  Allez- 
vous  au  contraiie  de  cela?  Il  est  du  style  fami- 
lier. 

En  Philosophie,  on  appelle  Les  qualiirs  qui 
sont directemeiil opposées  sous  unméme genre, 
Les  contra  ires,  comme  sont  le  froid  et  le  chaud, 
l'humide  et  le  sec  ,  le  blanc  et  le  noir  ,  etc. 
Deux  contraires  ne  peuvent  subsister  enscmhle. 
Le  ch.iud  est  le  contraire  du  froid. 

On  appelle  en  Logique,  Proposition.^:  con- 
traires, Celles  qui  énoncent  des  clioses  oppo* 
s;ic9  ,  de  mani  TC  cependant  qu'elles  peuvent 
èlre  fausses  toutes  deux,  quoiquVites  ne  puis- 
sent pas  Ctre  toutes  deux  vraies;  fomme.  T"u* 
homme  est  vertuewc  ^  tout  homme  est  vicîcu^-* 

Au  cosTnAinc.  odv.  Tout  autrenicm,  d'ona 
manière  opposée.  Vous  dites  que  cela  arriva  de 

la  sorte-  au  contrainij  il  airiva  que Tant 

s'en  faut  que  ctla  soit  ainsi ^  qu'au  contraire.... 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Défense  au 
contraire.  Lorsqu'on  se  réserve  h  alléguer  en 
temps  et  lien  des  raisons  contraires  aux  pré- 
tentions d'une  autre  personne;  et  on  appelle 
Faits  contraires ,  Des  faits  opposés  les  uns  aux 
autres.  Les  Parties  sont  appointées  en  faits 
contraires.  Il  y  a  des  contredits  en  faits  con' 
traires. 

CONTR.4RIANT,  ÀNTE.  adjectif.  Qui  est 
porte  par  caractère  à  contrarier.  Esprit  contra- 
riant. Humeur  contrariante.  Il  est  contrariant. 

(ONTRARIER.  v.  a.  Dire  ou  faire  le  con- 
traire de  ce  que  les  autres  disent  ou  font.  Il  me 
contrarie  toujours.  C'est  un  homme  qui  ne  veut 
point  être  contrarié.  Vous  vous  contrarier 
vous-même.  Cela  se  contrarie. 

Il  se  met  quelquefois  absolument.  Vous  ne 
faites  que  contraria: 

Il  signifie  quelquefois,  Faire  obstacle.  s'o|»- 
poser  à  quelqu'un  d;)ns  ses  desseins,  dans  ses 
volontés.  Il  me  contrarie  en  tous  mes  Waîcins, 
diins  /oH(  ce  que  je  veux  entrcpreudte. 

Co!<TnAniÉ,  ifi.  pBrticii>e.  //  fit  contrarié 
par  le  vent.  Il  eut  le  vent  contmirc  à  la  mute 
qu'il  vouloit  tenir. 

CONTRAHIÉTÉ.  ».  f.  Opposition  mire  des 
choses  contraires.  U  se  dit  également  aa  propre 
et  ou  figuré.  Grande,  manifeste  contrariété, 
La  contrariété  qui  est  entre  le  froide:  le  chattJL 


3o6 


CON 


La  '•ontrartété  des  élémens.  Contrariété  d'/iu* , 
tTuurs ,  de  comj)lexions ,  de  desseins  y  d'opinions , 
de  sentiniens.  Contrai  iètê  de  Lois.  Contrarwte 
S  Arrêts.  Comment  poiirrcz-i'oiu  accorder  celte 
tsontrariété  de  passa(jesy  de  ioi's,  etc.  U  y  ^  ^^^ 
CDntrariêtè.  La  contrariété  (jui  est  entre  ces 
d-zux  esprits. 

l\  signifie  irassi  Oh»(ado,  cmpèchcinenl  ;  ol 
ftji  ,co  sens  il  s'emploie  plus  ordiuaireinent  au 
pluriel.  Il  trouva  de  fjrandcs  contrariétés  à  ce 
tiu'U  prctendoit.  Cette  jTroposition  recevra^ 
épronvuu  bien  des  contrariétés.  Cette  affaire  a 
Tiossè^  mais  après  beaucoup  de  contrariétés. 

CONTRASTE,  s.  jn.  Opiiosition.  Contraste 
de  caractères.  Contraste  de  sentimcns.  Conti  astf 
d'ombre  et  de  lumière. 

Il  se  dit  au5si  en  termes  de  Peiotiire  cl  de 
Sculpture,  pour  signifier  La  diflTérence  et  l'op- 
^Kteition,  soit  entre  le  caractfTc  des  f!|];ures,  soit 
enlie  leurs  altiludes,  soit  entre  les  particsdune 
nïânen^ure,soit  entre  les  couleurs.  Ce  Peintre 
entend  bien  le  contraste  j  les  contractes.  Voilà 
de  savans  contrastes. 

Ou  dit  aussi,  Contraste  de  passions  y  pour 
dire,  Combat  de  passions,  passions  opposées. 
U  y  a  dans  celte  Tragédie  un  contraste  de  pas- 
sioris,  (jui  fait  un  très-bel  effet.  L'ai't  des  con- 
trastes, pour  dire,  L'art  d'allier,  de  concilier  ' 
les  ron trustes. 

COMiL\STER.  T.  n.  Être  en  opposition. 
5a  conduite  contraste  avec  .^on  état.  Ces  deujt 
personnes  conlrnslent  ^l'en  ensemble. 

OorïTnAsrrn.  v.  a.  Terme  de  Pcininre  et  de 
Sculpture.  Faire  nn  contraste.  Il  faut  être  un 
habile  Peintre  pour  savoir  contraster  les  tctes^ 
et  lew  consetver  en  même  temps  Vair  naturel. 

On  dit  aussi  fignrénirnt  ,  en  p;iiiaut  d'Un 
Poème,  que  Le  Poète  a  bien  fait  conti aster  set 
pasonnafjcs. 

CosniASTEn,  se  dit  en  Arcliiteciure,  pour 
4ire,  Éviter  la  répétition  de  la  même  chose. 
À  la  qrande  galerie  du  Louvre,  les  frontons 
contrastent,  ils  sont  alternutv.-cment  cinlj-és  et 
anqulaires. 

Contrasté,  ée.  participe.  Des  figures  bien 
contrastées.  Des  caractères  bien  contrastas. 

CONTUATi  s.  m.  Pacte,  couveniion,  traite 
entre  deux  ou  plusieurs  personnes,  et  rédige 
par  écrit,  sous  rauloiitc  publique.  Contrat  d« 
bonne  foi.  Contrat  de  vente.  Contrat  d'acoui- 
sition.  Contrat  d'échange ^  de  donation,  de 
constitution.  Contrat  de  rente.  Conlraf  de  ma- 
riagCy  etc.  Dans  le  mariage,  il  y  a  le  Sacre- 
ment et  ie  contrat  civil.  Contrat  conditionnel. 
Contrat  pur  et  simple.  Contrat  frauduleux  , 
fait  en  fraude  des  a'cancicrs,  etc.  Contrat  si- 
mulé, faux,  valide,  ou  invalide,  défectueux. 
iibcilfi.  Ce  contrat  est  nul.  Casser,  annuler 
un  contrat.  Ratifier,  (rf>prouva- ,  valider  un 
contrut.  Exécuter  un  contrat.  Prévenir  contre 
un  contrat.  Apposer,  mettre  une  condition  à 
un  contrat.  Signer  un  contrat.  Signtr  à  un 
conlmt.  Un  contrat  en  bonne  forme.  Contrat 
solennel,  authenligue.  Faire  un  contrat.  Dresser 
un  contrat.  La  minute  d\tn  contriit.  La  qrosse 
d'un  coHlirtt,  Minuter  un  contrai.  Giossoyer 


CON 

un  contrat.  Tïomologuer  un  contrat.  Enregis- 
trer, sceller  un  contrat.  Jn<iinuer  un  contrat. 
Passer  un  contï'at.  Tels  ?iotaircs  ont  passé  ce 
contrat.  Contrat  passé  par-devant  tels  Notaires. 
Faire  la  lecture  d'nri  contrat.  Si(}nifter  ou  faire 
nignijier  un  contrat.  Les  termes,  les  clauses, 
les  conditions  d'un  contrat.  ?iotre  contrat  porte 
cela.  Cela  est  porté  par  notre  cûntjal.  Produire 
un  contrat. 

Contrat,  dans  une  signification  plus  éten- 
due, se  prend  quelquefois  pour  Toute  conven- 
tion faite  entre  deux  ou  plusieurs  personnes; 
et  dans  cette  acception  l'on  dit.  Contait  verbal, 
contrat  tacite. 

CO>'TUAVKVnO?J.  s.  f.  Infraction,  action 
par  laquelle  on  cûnlrcvicut  h  une  Loi,  à  une 
Onlonuance,  à  un  Arrêt,  à  un  Traité,  ou  à  un 
(>outrat  qu'on  a  fait.  Cest  une  contrfivc/ilion 
manifeste  au  traité  de  Pulc,  au  Contrat,  ù 
l'Acte  de  société  que  nous  avons  fait  ensemble. 
Il  est  accusé  de  conlnjvenliun  à  l'Ordonnance, 
aux  Êdits.  C'est  une  contravenlum  à  Varrét. 

CONTRE.  Préposition  servant  h.  marquer 
Opposition.  5e  battre  ccfiitrc  guclqu'un.  Avoir 
procès,  avoir  querelle  contre  son  voisin.  Mar- 
cher contre  Vennemi.Cela  est  contre  Vhonneur^ 
contre  VEtat.  Cela  est  contre  le  bon  sens,  contrt 
toute  sorte  de  raison ,  d'apparence.  Lutter  contrt 
la  mauvaise  fortune.  De.<  sujets  qui  se  reVoItcnl 
contre  icur  5o(ii'crûin.  /donner  de  la  tête  contré 
une  muraille.  Qu'ave%-vous  ù  dire  contre  cela? 
Je  n'ai  rien  à  dire  contre.  Cette  opinion  est 
contre  la  Sainte- Ecriture.  Quand  on  fit  ccttt 
proposition  tout  le  monde  .^'éleva  contre.  Poiti 
moi,  je  suis  contre.  Envers  et  contre  tous. 

On  dit  aussi  :  Parler  contre  sa  pensée.  Àgb 
contre  ses  intérêts.  Faire  une  chose  contre  sot 
inclination,  son  caractère,  sa  volonté. 

Il  sii^uifie  aussi,  Malj;ré,  sans  avoir  égard 
Il  a  fait  cela  contre  mon  sentiment,  contn 
l'avis,  contre  la  volonté  de  tous  ses  parens, 
contre  les  défenses  qu'on  lui  en  avoit  faites. 

On  dit  figurém. ,  Elever  autel  contre  autel, 
pour  dire,  Faire  un  schisme  dans  l'Église.  K 
signifie  aussi,  Oi)poser  Tautoiité  d'une  per- 
sonne puissante  h.  l'autorité  d'une  autre  per- 
sonne qui  n'est  pas  moins  puissante. 

On  dit  proverbialement,  CVsl  le  pot  de  terre 
contre  le  pot  de /cp,  pour  dire,  C'est  une  per- 
sonne sans  crédit,  sans  force,  qui  a  aflàire  3 
une  nuire  personne  qui  en  a  beaucoup. 

On  dit  encore  figurem^nl  cl  f;uuilicremcnl, 
Aller  contre  vent  et  marée ^  pour  dire,  S  em- 
barquer dans  une  aflàire  malgré  li)Ulcs  les  dilli- 
cuh<^. 

Au  jeu  'de  la  R^tc ,  Faire  contre,  se  dit, 
Lorsqu'un  des  joueurs  faisant  jouer,  un  des 
autres  déclare  ensuite  qu'il  joue  ousiii.  Viniu.j 
celui  qui  fait  contre  vient  à  pcrdrCy  il  perd  le 
double  de  ce  qu'il  aurait  pu  gagner.  Vous 
n'avez  pas  assez  beau  jeu  pour  faire  contre. 

En  celle  acception,  on  appelle  Le  contre, 

Celui   qui  fait  contre;  cl  l'on  dit,  Le  contre 

paye  double.  Ri  alors  il  f  st  pris  subsliuilivenu'nï. 

CosTnE,  s'emploie  aussi  iubslantivementco 

d'autres  sens.   On  parle   dii-ersenient  de  cette 


COX 

affaire,  il  faut  savoir  le  pour  et  le  contre.  La 
chose  n'est  pas  sans  dijficulté,il  y  a  du  pour 
et  Ju  contre, 

CosTHE ,  signiGe  aussi.  Auprès,  proclic. 
5a  maiion  est  contre  la  mienne.  J^étois  ussïs 
contre  lui,  J'élois  tout  contre.  Ce  champ  est 
contre  le  hois. 

Un  dit  aussi.  Attacher  (juelijue  chose  couCrc 
la  muraille,  pour  dire,  L'allachcr  à  la  mu- 
rai lie. 

Centre,  entre  dans  !a  composition  de  plu- 
sieurs mets.  On  va  rapporter  ceux  que  l'usage 
a  autorisés. 

COJSTRE-ALLÉE.  «.  f.  Allée  latérale  et  pa- 
rallile  li  une  allée  principale. 

CO.MKE-AMmAL.s.  m.  Le  troisième  OflS- 
cier  d'une  rlotte,  d'une  Armée  navaU-,  sulK>^- 
Uonné  à  l'Amiral  et  au  Vice- .Amiral,  il  n'y  a 
point  en  Frcnce  de  Contre- Amiral, 

Il  se  dit  aussi  Du  Vaisseau  comiriandl!  par 
b  Contre -Amiral.  Cet  Oj^icicr  servoit  sur  U 
Contre-Anùral.  Pa^nllon  de  Contre-Amiral, 

CONTRE- APPIÎOCHES.  s.  f.  plur.  'lYo- 
vaux  des  assiég<is  pour  aller  au-dcvunt  de  ec>ux 
des  assiégeans. 

COiNTRE- BALANCER  r.  a.  !1  se  dit  De 
lieux  forces  opposées,  dont  l'ujic  balance  l'autre. 
Un  poids  qui  en  contre-balance  un  autre.  Ces 
deux  poids  se  contre-haUncent  nwliienc/nent. 
11  signifie  au  Moral,  Compenser,  et  il  se  dit 
proprement  eu  parlant  De  l'égaiile  de  foi  ce,  de 
valeur,  de  mente,  etc.  qui  e,l  entre  de-  r.LoM» 
opposées.  Ses  raisons  contre -balai,:cnt  la 
l'nfres.  Ses  bonnes  qualil£s  contre-iulu/uenc 
ses  défauts, 

COINTREBANDE.  s.  f.  Terme  qui  se  dit  D? 
toutes  les  choses  dont  le  Souveraio  a  dciendu 
lie  trafiquer,  de  faire  commerce.  Dan»  ce  sens, 
i>n  appelle  toutes  ces  sortes  de  choses, Des  mar 
vhandi^cs  de  contrebande.  On  dit  aussi,  qw: 
C'est  de  la  contrebande.  Un  vaisseau  chartjé  de 
contrebande. 

On  dit,  Faire  In  contrebande,  pour  dire, 
l'aire  commerce  de  marchandises  de  conlr»- 
IkiiuIc. 

I  i^urcmcut  et  familièrement,  en  pailajit 
d  Un  homme  qui  embarrasse  dans  une  compa- 
gnie, ou  auquel  on  ne  se  fie  point, on  dit,  qu-ï 
C'est  un  homme  de  contrebande. 

CONTREBANDIER,  1ÈRE.  s.  Celui,  celle 
qui  fait  la  contrebande.  Des  contrehandicr»  ont 
itc  condamnés  aiur  galères, 

COMRE-i5ASSE.s.f.  Grosse  Basse  de  tto- 
lon  .  sur  laquelle  on  juuc ordinairement  b  partie 
de  la  liasse,  une  octave  plus  bas  que  sur  la 
Risse  de  violon  commune. 

Un  appelle  aussi  Contre- Basse,  L'espèce  de 
vois  d'homme  qui  est  i.i  plus  basse  de  lonte». 
Une  forte  Contre-Basse, 

COiNTIUi-BATTERlE.  s.  fèm.  Balleile  de 
canons  op\)ostc  à  une  autre.  La  baltcr  le  ayant 
clé  dressée  ,  ies  ennemis  Jireiil  aussUôl  une 
contre-batterie, 

II  se  dit  aussi  figurément,  De  ce  qu'on  (ait 
pour  i'opiHiser  aux  menées  de  ceux  qai  nous 
sont  contraires.  Il  y  avoit  une  forte  indijua 


CON 

contre  lui,  mnis  il  /Il  JOiis  main  une  contre 
batterie  pour  la  détruire, 

COM'KIMÎOL:  1  r.ll.  t.  «.  Appuyer  un  mut 
d'un  «une  mur,  posé  i  ongles  droits. 

C<)%rnF.-EOiTÉ,  £E.  participe. 

CON  rare  VRKKH.  v.  ».  s'opposer  directe- 
iireul  à  (iucli|u'uii.  i  ses  scntimeiis,  à  ses  il«s- 
sciiis.  i  I  le  contrecarre  en  toutes  choses.  Il  éloit 
tout  puissant  dans  sa  compagnie,  on  a  suscité 
un  tel  pour  le  contrecarrer. 

CoïTKECAnnÉ,  ÉE.  participe. 

CO.MRE-CHARMK.  s.  ta.  Charme  con- 
traire, qui  détruit  ou  ciitptchcun  autre  charme. 

COS TRE-Cn.iSSIS.  >.  m.  Châssis  de  verre 
ou  de  papier  cpic  l'ou  met  devant  le  chdssis 
ordinaire. 

CON  IRi-COEU R. s. m.  Pla(|uc  de  fer  qu'on 
attache  contie  te  milieu  du  mur  de  la  cheminée 
pour  le  conserver, et  pour  rcuvoycr  la  clialeur. 
Cotitre-cœur  fie  cheminée, 

CoirmE-COEOn.  Il  ne  se  dit  «u  propn: ,  que 
dans  celle  phrase,/!  conbo-cœur.  Faire  uni 
chose  à  conlre-c%ur ,  pour  dire,  Faire  une  chos« 
k  regret,  avec  répugnance. 

CONTRE-CULP.  ».  m.  Répercussion  d'un 
corps  sur  un  autre:  La  halle  a  dontw  contre  la 
muruille,  cl  il  a  été  blessé  du  contre  coup. 

U  signifie  au>si,  L'impression  d'un  coup  faita 
à  une  p.irtie  opposée  i  celle  qui  a  été  frappe*e. 
Il  fut  blessé  au  front  j  et  mourut  du  contre-coup. 
Le  conlrc-coup  est  souvent  plus  danijeieux  (jui 
le  coup. 

'  CoNTPE  ■C0T*P,  se  dit  aussi  figurement ,  I.ors. 
que  le  malheur  de  quelqu'un  porte ,  retombe 
bur  un  autre.  Si  on  ruine  cet  homme- là,  U 
eontr^-coup  portera,  retombera  sur  vous.  Vous 
en  sentirez  le  contre- coup.  Cela  reviendra  lur 
votu  par  contre-coup. 

COKTRE-DANSE.  s.  f.  Sorte  de  danse  viv» 
cl  légère,  qui  a  ses  ûj^urcs  propre*,  et  où  plu- 
sieurs personnes  figurent  ensemble.  On  finit  U 
bol  piw  des  contre-dan.:es.  Orininairement  Ici 
contre-danses  sont  des  danses  de  villane. 

IXJNTKEOIRE.  v.  acl.  On  dit  i  la  seconde 
personne  du  pluriel  du  présent  de  lindicitir, 
■V'ouj  coH(rc(li.<e;.  .\  l'i^jard  du  reste,  il  se  con- 
jugue comme  Dire.  Dire  le  contraire.  Coiilre- 
diie  (fueliju'un.  Contredire  une  proposition.  Cet 
Auteur  te  contredit  en  beaucoup  d'endroiLs.  Il  se 
contredit  lui-même.  Voiis  vous  contredisez.  Les 
hommes  se  contredisent  muluellenienl,  se  con- 
tredisent les  uns  lei  autres. 

Il  se  dit  (bsolument.  Cet  homme  aime  à 
toniredire.  Il  contredit  éternellement. 

CosTiiEDini;,  en  Icrnies  de  Palais,  signifie. 
Foire  des  écritures,  pimr  délniire  les  moyens 
ou  le»  raisons  donl  la  partie  adverse  se  sert. 
Il  n'y  a  (ju'une  pièce  à  contredire  dans  ce 
pocis.  Le  mo^en-Id  ne  mérite  pas  d'être 
contredit 

f^»TrEDiT,  nr.  participe. 

CONTRELLSANT,  \TI  1  E.  adj.  Qui  aime  i 
contredire.  Col  un  opril  conCrciiisunl ,  unf 
fcunieui  foulrei/;jiinlir. 

CONTREDIT.  «.  m.  Réponse  que  l'on  fait 
contre  oc  qui  a  lilc  dit.  t'tti  est  sans  contredit. 


CQN 

CoNTnEDiTî:,  ou  pluriel,  t»rme  de  Palais. 
flcriluirs  servant  dv.  réponses  à  la  production 
(le  In  partie  ntivcrse.  Fournir  des  contredits. 
Les  dits  et  contredits. 

Sans  COSTiiEDïT.  Manière  de  parler  adver- 
biale. Certainement,  sans  di^icullé. 

COKïRi^K.  s.  f.  Certaine  étendue  de  Pays. 
Lrt  grêle  n*a  pas  tjitic  toute  la  province,, elle  na 
êtc  que  par  contrées.  Ce  sont  les  meilleures  tcrrei 
de  la  contrée. 

lise  jïreiid  aussi  duns  une  acception  plusgé- 
ncnde.  Toutes  les  contrées  de  l'Asie.  Errer  da 
contrée  en  contrée. 

CONTRIvKCtiANGE.  suhst.  masc.  Change 
mutuel.  On  m'a  donné  dir  bouteilles  de  vin,, 
j'ai  donné  en  contre-échange  trente  bouteilles 
ae  cidre. 

COM'RE-ENQUÈTE.  s.  (.Enquête  opposée 
u  celle  de  la  Partie  advrrse. 

<:OMRl*:-KPREUVE.  s.  fera.  Estampe  ou 
ile>sin  qu'on  tire  sur  uue  estampe  fraicbemeul 
iniprinicc,  ou  sur  un  dessin  au  crayon,  et  qn 
marque  les  mêmes  traits,  mais  à  reliours.  Il 
côté  droit  paroissant  îi  gauche.  Tirer  une  conï/o 
épreuve. 

CONTRE -ÊPREU VER.  v.  act.  Faire  un( 
conirc-éprcxivc. 

CosrnE-ÉPnEDVÉ,  Ée.  participe. 

CO>TIlE-ESPALIER.  subst.  uiasc.  Rangé( 
d'arbres  tailles  en  espjillcr,  et  pîanltie  vis-ù-vii 
d'un  espalier,  une  hIIcc  ou  une  plate -bamli 
entre -deux.  Vn  contre-  espalier  de  ptcho."^ 
Contre- espalier  bi;n  e.tposc.  Ce  contre-espaliet 
tst  à  hauteur  d^appni. 

CONTREFAÇON,  s.  f.  Terme  de  Négoce, 
qui  se  dit  De  la  fraude  qu'on  fait  en  contrefai- 
sant ou  l'impression  d'un  livre,  ou  la  manu- 
facture d'une  élofiè,  au  préjudice  de  ccilx  qui 
FQ  ont  le  di'oit,  le  priviléijc.  Il  a  été  condamné 
pour  contrefiK^on. 

CONTREFACTEUR,  s.  masc.  Cchu  qui  est 
toupiiblo  de  contrcfaclion.  Il  ne  se  dit  guère 
tjue  Des  tloftes  et  des  livres.  H  a  été  puni 
comme  contrefacteur. 

CONTREFACnON.  s.  f.  V.  CoKTnF.F*ços 

CosTURFACTiON,  sc  prend  aussi  quelquefois 
dans  le  sens  d'Imitation  plaisunte,  ou  avec 
charge,.  Il  a  U  t<i/ent  de  la  contre  faction. 

CONTREFAIRE,  v.  actif.  (U  se  coningue 
comme  Faire.)  Imiter,  représenter  quelquo 
personne  ,  quelque  chose.  Contrefaire  quel' 
(fu'un.  Contrefaire  la  voix,  Vécriturej  le  seing, 
les  gestes  d'un  autre.  Contrefaire  le  cliarit  du 
Rossignol. 

CosTHKFAinE,  se  dit  plus  ordinairement  en 
mauvaise  part,  De  celui  qui  copie  le«  autres  , 
dans  le  d*'ss'-in  de  les  tourner  en  ridicule.  Cette 
femme  se  rend  odieuse j  elle  contrefait  tout  le 
monde.  L'habitude  de  contrefaire  les  autres  est 
dangereuse. 

On  dit,  Contrefijre  un  livre ^  pour  dire,  Le 
faire  imprimer  au  préjudice  de  celui  qui  en  a  le 
privih'i^e,  le  droit 

On  dit  aussi.  Contrefaire  des  draps,  des 
étoffes  ,  poiu-  diie  ,  Imili  r  U  fabriqua  d'un 
autre  ouvrier. 


CON  3o7 

CosTjCFAiiiE,  si,',niiie  aussi  D<fgui5cr.  Coi»- 
trcfiire  son  écriture.  Contrefaire  la  foix.  On 
dit  aussi  5c  conlre/iiire,  pour,  Déguiser  aou 
caractùic.  On  ne  peut  pas  se  contrefaire  long- 
temps. 

11  signifie ati.ssi.  Rendre  dilTirmect  défigtiré. 
//  il  eu  des  convulsions  qui  lui  oui  contrefait 
tout  le  visarje. 

CoMUEi'AiT,  AiTK.  pnrticipp. 

On  dit,  qu't'n /lonifKe  est  tout  contrefait, 
qu'il  a  la  taille  toute  conïrc/ïiitc,  pour  dire, 
qu'il  n  la  taille  toute  dilTonne. 

COSTIIEFAISEUR.  subst.  masc.  Celui  qiii 
contrefait.  C'est  un  excellent  contrefaiseur  d'u- 
nimaïuT. 

CO.N  TRE-FINESSE.  s.  f.  Finesse  opposée  i 
une  autre ,  donl  on  se  sert  contre  une  personne 
ijui  use  elle-même  de  fmesse.  User  de  contre- 
finesse. 

COSTRE-FORT.  s.  m.^Iurcontre-houtanl, 
servant  d'appui  à  un  mur  chargé  d'une  terrasse 
DU  d'une  vov'ile. 

CONTRE-FUGUE,  s.f.  Terme  de  Musiqnc. 
Fu;^ue  dont  la  marelic  est'  contraire  k  celle 
d'une  auli'c  qu'on  a  établie  auparavant. 

CONTRE-G.iKBE.  s.  f.  Espèce  de  forlifica^ 
lion  au-devant  d'un  bastion,  d'uue demi-lune, 
ou  d'un  autre  ouvrage.  Attaquer  une  contre- 
cjaj'de,  emporter  une  contre-garde. 

CONTRIMlÂTltR.  s.  m.  H.'.ticr,  ou  grand 
ehencl  de  cuisine ,  qui  a  des  crtchcts  ou  d^s 
chevilles  de  fer  en  dedans  comric  en  dehors. 

CONTRE-n'HlCATIO^.  s.  f.rermede.Mi.i. 
Becinc.  Indication  cenirairc  aux  autres  indica- 
lions.  ' 

CONTRE-IOUR.  s.  m.  L'endroit  opposé  au 
pand  jour,  où  le  jour  ne  donne  pas  à  plein. 
jLes  femmes  aiment  d'ordinaire  le  conlre-jour. 
Il  s'emploie  plus  ordinairement  dans  ccttA 
phrase  adverbiale,  A  contrejour.  Se  mettre  à 
contre-jour.  Vous  ne  sauriez  bien  juger  de  ce 
tableau^  vous  ne  le  voyez  qu'à  contre-jour , 
vous  êtes  à  conb'c-jour. 

CONTRE-LATl'E.  s.  f.  I.atlc  qu'on  pose 
perpendiculairement  entre  denx  chevrons,  et 
^ui  est  plus  longue  et  plus  épaisse  que  les  lattes 
ordinaires. 

CONTRE-LATTER.  v.  a:  Garnir  deconli-e- 
hittes. 

CoNmE-iATTÉ,  ÉE.  participe. 

COKTRE-LETTRi;.  s.  f.  -Acte  sccift,  par 
lequel  on  déroge  en  tout  ou  en  partie  à  ce  qui 
est  porté  par  un  premier  aclc  public.  L'obliga- 
tion est  simulée,  il  y  a  une  contre-lettre.  Don. 
ner  une  contre-lettre.  Le  bail  est  de  six  mille 
francs,  mais  il  y  a  une  contreletlre  de  cinij 
cents  livres. 

COSTRE-'HAÎTRE.  a.  m.Onicicr  Marinier, 
qui  commande  sous  le  Maitie. 

CosTnE-MAÏTiiF ,  dans  les  grandes  Manufac- 
tures, est  Celui  qui  dirige  les  ouvricis ,  qui  a 
la  vue  sur  eux. 

CONTRE.MANDER.  v.  n.  Ré»-o<pirr  l'ordre 
qu'on  a  donné.  On  le  dit  Di-s  personnes  et  de» 
choses.  Lr  Roi  ovoil  immi^c  cri  Ojfiiicr,  il  l'a 
contrenuindé.  Il  avoit  demandé  son  carrosse  ^ 


?o8 


CON 


il  Va  coiitrenuiniîé.  Il avoil  commanâé  undlner, 
il  Va  cotitrematuîé. 

CoNTHEMANDÉ,  £e.  participe. 

CONTKE-MARCHli.  ».  f.  Il  se  dit  en  par- 
lanld'Gue  armée  qui  fait  une  niarclie  contraire 
ou  opposée  h  celle  quVUe  pnroissoit  vouloir 
foire.  L'armée  avoU  pris  sa  marche  vers  une 
telle  Place,  et  tout  d'un  coup  on  lui  fit  faire 
une  contre-marche;  elle  se  rabattit  sur  une 
autre  Place. 

COMIiE-MAUÉE.  s.  f.  ÎM^rcc  opposée  à  la 
iiiapcc  ordinaire. 

CONTlîK-.MAr.QrK.  s.  f.  Seconde  marque 
apitosce  à  un  l)aIIot  de  marchandises,  ou  ù  de 
!n  vaisselle  d'jirgont.  Fiii/c  une  contre-marqui 
à  de  la  vaisselle  (Vargcnt. 

Il  se  dit  .'uissî  d'Un  second  billet  que  donne 
le  portier  d  uu  Spectacle. 

CONTHi:-.MARf^)UER.  V.  a.  Apposer  une 
seconde  marque.  Coutrc-marfiuer  un  ballot  de 
viarcliandiscs.  Jm  vaisselle  d'avncni  où  les  Or~ 
pvrcs  mellent  leur  uianine,  doit  être  contre- 
marquée  du  poinçon  de  la  Communauté, 

CosxnE-.'MAnQt/É,  LE.  paiiicipe. 

CO.VIRK-MtIVE.  s.  f.  Ouvrage  souterrain 
r;uc  l'on  fuit  pour  éventfîr  la  ntiae  de  l'ennemi. 
et  pour  en  empcc!ierrelK.'t.Lc5  cnncm/sai'oie/il 
^(lit  une  contre-mine  sous  le  bastion.  Les  mi- 
neurs de  la  mine  et  de  la  contre-mine  se  ren* 
contrèrent. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  mine  pratiquée  sous  Ici 
])astions  et  sous  les  dehors  d'une  Place,  poui 
faire  snuter  les  ennemis,  en  cas  qu'ils  vinsseni 
à  s*y  lo^er.  L.nhdtissant  la  Fluce^  on  avoit  fai 
une  coutrc-mine  sous  chaîne  bastion. 

CONTRE-INÎINER.  v.  a.  Faire  des  contre. 
mines.  Les  asf:ie(jés  avoient  contre-miné  ce  bas- 
tion. Tous  les  dthors  de  la  Place  nvoùnt  eU 
contre-  minés. 

On  dit  fîgnrément,  Contrc-minerles  me/iée: 
de  (juelqu'unj  poiu:  dire,  S*y  opposer,  les  em- 
péciici-  de  réussir. 

Cusrr.E-MiN£,  ^E.  pariicipe. 

GONTRE-MIXEt'R.  s.  m.  Celui  qui  tra 
vaille  à  une  conire-minc. 

CONTRE-MONT.  Façon  de  parler  adv.  En 
liant.  Gravir  contre-mont ^  pom-  dire,  Monlet 
une  montagne.  Il  se  dit  aussi  en  parlant  De  cq 
qui  vient  à  être  renversé ,  de  telle  sorte  que  ce 
qui  cioit  en  bas  se  trouve  en  liaul;  et  il  n'esf 
guùre  d'usage  que  dans  celle  phrase,  Tomber  à 
la  renverse  les  pieds  contre-mont.  Il  est  vieux. 

On  dit,  t{\i  Un  bateau  va  à  contre-mont ^ 
Lorsqu'il  remonte  la  rivière. 

CONTRE-MUR.  s.  m.  Mur  qu'on  l)iîtit  tout 
le  long  d'un  autre  pour  le  forlilier, potir  le  con. 
server.  Faire  un  contre-mur  à  une  /erru.ssc. 

CONTJIE- MURER,  v.  a.  Faire  un  cxnitre- 
inur.  Lu  Coutume  obline  à  contrc-murcr  les 
privés,  les  titres,  etc. 

CosrnE-MUiu:,  le.  participe, 

CONTRE -ORDRI::.  s.  m.  Kévocaùon  d'un 
ordre.  Il  avoit  eu  ordre  de  partir^  mais  il  a 
rcfii  un  contre-ordre. 

CONTRE -PARTIE,  subst.  fém.  Terme  de 
Musique,  qui  se  dit  dUnc  pirlie  de  Musique 


CON 

opposée  h  une  autre.  La  basse  est  contre-parlii 
du  dessus.  ' , 

Il  se  dit  plus  ordinairenicnl  ï)c  la  partie  qui 
sert  de  secoiui  dessus.  Faire  une  contre-partie 
à  un  air.  Chanter  la  contie-pai-tic.  Jouer  la 
contre-partie. 

CONTRE -PESER,  v.  o.  Contrebalancer, 
servir  do  conlro-poids.  il  est  priuripalcment 
d'usa<;e  au  figuré.  Ces  raisons-là  sr'it  trop  fai- 
bles pour  pouvoir  contre-peser  les  autres. 

Contiïe-pesé  ,  .ÉE.  paitlcipe. 

CONTRE-PIED.  s.  m.  Terme  de  Chasse, 
qui  se  dit, Lorsque  les  chiens  étant  tombés  sur 
les  voies  de  la  bclc,  prennent,  pour  la  suivre, 
le  chemin  qu'elle  a  fait,  au  lieu  de  prendre  ce- 
lui qu'elle  tient.  Les  chiens  avaient  priz  h 
contre-pied  du  cerf  ,  du  sannUer. 

Il  signifie  figtirement  Le  contraire  de  qncVjuc 
chose.  Il  fait  tout  le  contre-pied  de  ce  (ju'on  lut 
a  dit.  Il  prend  toujours  le  contre -pied  de  a 
(ju'i'l  fandroit  dire,  de  ce  qu'il  fiudroit  faire. 
C'esl  jusfcnient  le  contre-pied  de  ce  que  vaut 
disiez.  Il  ne  se  dit  point  au  pluiicl. 

CONTRE-POIDS,  subst.  m.  Poids  servant  à 
contre -balancer  d'autres  poids.  Contre -poidi 
dliorloqe.  Contre-poids  de  lonrnebroche. 

On  appelle  aussi  Contre-poids ,  Un  long  bâ 
ton  dont  les  Danseurs  de  corde  se  servent  pom 
se  tenir  plus  aisément  eu  équilibre,  quand  ib 
dansent  sur  la  corde. 

CosTDE  -  POIDS ,  se  dit  figurément  Des  îiflec- 
tîons,  des  qualités  bonnes  ou  mauvaises,  et  c» 
général  de  toutes  les  clioscs  morales,  politi- 
ques, etc.  qui  servent  à  en  contre- balance! 
d'autres.  Son  avance  met  un  étranqe  contre' 
poids  à  toutes  ses  bonnes  qualités.  Sa  lâcheté 
tert  de  contre-poids  à  son  insolence  ^  à  son  or- 
(jiieil,  à  sa  cruauté.  La  crainte  de  Dieu  est  un 
puissant  contre-poids  à  nos  mauvaises  inclina^ 
lions.  Dans  la  République  Romaine^  la  puis- 
sfl7ico  Tribuniticnne  élûit  le  co}itrc-poids  de  la 
puissance  du  Sénat. 

CON'IRE-POIL.  s.  m.  Le  rebours  du  pnii, 
le  scnscoulnùre  à  celui  dont  le  poil  est  couché. 
Voufi  prenez  le  contre-poil. 

A  contre-poil.  Façon  do  parler  adverbiale. 
Tout  au  contraire  du  sens  dont  le  poil  est  natu- 
rellement couclié.  Faii'c  la  barbe  à  contre-poil. 
Etriller  un  cheval  à  contre-poil. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  Du  sens  contraire  îi 
celui  dont  le  poil  d'un  drap  est  couch;';.  Net- 
toya'j  ver(jetcr  un  drap^  un  manteau  à  contj'C- 
poil.  Biosser  un  chapeau  à  conlic-poil. 

On  dit  li^urén^ent  et  populaJrcm.  Prendrt 
une  affaire  à  contre-poil ,  pour  dire,  La  pren- 
dre dans  un  sens  contraire  à  celui  dont  clic  doit 
être  prise.  Les  Juqcs  ont  pris  celte  ajptirc  à 
contre-poil.  Dans  cette  affaire,  il  a  tout  pris  à 
contj-e-po:J, 

CONTREPOINT,  s.  m.  Terme  de  Musique. 
C'est  l'accord  de  deux  ou  jjlusienrs  chants  dlf- 
férens.  Dans  le  Contre-point  simplcj  les  ditle- 
rena  clianLs  vont  toujtuirs  ensemble  note  pour 
note.  Dans  le  Contre-point  fi«inc,  ils  font  tics 
fugues,  des  contre  fugues,  etc.  C'est  un  contre- 
point f'rt  lien  ti-availlc. 


CON 

CONTRE-POINTEH.  v.  a.  Il  se  dît  De  Cer- 
tains ouvrage?  de  toile  ou  de  tafiijtas ,  qu'on 
pique  di;s  deux  eûtes  avec  liii  fil  on  de  la  soie. 
Contre-pointer  une  cotu-a-ture.  Contrc-piùnter 
nue  jupe.  Conlic-poinler  du  taffetas. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  batterie  qu'on  oppose  A 
une  auiri*.  Contre-pointer  du  canon. 

Il  se  dit  fij^un'-iupiit  pour  Contredire,  contre- 
carrer, if  prend  plaisir  à  le  contre-pointer  en 
tout  ce  (ju'il  dit. 

Co\rnE-poiNTi;,  ÉE.  participe. 

CONTREPOISON,  s.  ni.  Antidote,  remède 
tiuî  rnipêclie  l'cffei  du  poison.  H  seroit  mort 
fans  le  contre-poison  qu*ûn  lui  a  donné.  La 
lliériaque  est  un  excellent  contre-poiwn. 

On  le  dit  aussi  nu  ii;;nré.  Ce  livre-là  est  le 
cotilre-poison  des  nouvelles  Hérésies. 

CO.N  TRE-PORTE.  s.  f.  Seconde  porte  pour 
re  mieux  défendre  contre  l'ennemi,  ou  pour  ss 
(;arai;tir  du  vent, 

CONTRE -RUSE.  s.  f.  Ruse  opposée  ù  une 
jutre.  Employer  une  contre-rurc. 

CONTRE-SANUI.ON.  subst.  m.  Courroie 
rlouée  sur  l'arçon  de  la  selle  du  ciieval.  et  dans 
hquelle  on  passe  la  houtle  de  la  sangle  pour 
l'arrêter. 

CONTRESCARPE,  s.  f.  Terme  de  Forlifica. 
lion.  C'est  la  pente  du  mur  extérieur  du  fossé, 
relie  qui  regarde  la  Place.  On  comprend  sou- 
vent sous  ce  nom  le  chcniiu  couvert  et  le  glacis,. 
.-iltanna'  la  contj-escarpe.  Emporter  la  contre». 
carpe, 

CONTRE-SCEL.  s.  m.  Sorte  de  petit  r-eini , 
jui  s'appcie  sur  le  petit  tiret  de  part-ljemîa 
ioul  on  se  sert  pour  nltacher  îles  Letlirs  ai«l- 
lées  en  f  Jrmcclleric.  C'cs  Pièces  ont  été  misa 
IOI/.Ç  le  contrc-scel.  Le  contre-scel  y  a  été  ap- 
posé. Des  Pièces  attacliees  sous  le  contrc-scel  de 
Li  CItancellerie, 

CONTRE-.SCKI.LER.  v.a.  Mettre  le  conlif. 
jccî.  C'est  lui  qui  contre-scelle  les  Letljes. 

CoSTi\t-scii:i.i.É,  tE.  particip:-. 

COKTRE-SEING.  s.  m.  Signature  de  celui 
jui  contre-signe. 

On  dit.  Avoir  le  contie- seing ,  pour  ilire, 
.\voir  le  droit  de  contre -signer  de  son  nom  les 
lettres  et  les  paquets;  et,  Avoir  le  contre  si'irig 
d  un  HlinirAre,  pour  dire.  Avoir  le  eacûet  duo 
Ministre,  et  le  pouvoir  do  conti'e.«igner  de  sou 
nom. 

CONTRE -SENS.  s.  m.  On  ajipcllc  «insi  un 
(cns  contraire  nu  sens  naturel  d'un  discoui-s, 
d'une  proposition,  d'une  ])lirase,  etc.  Vous  in- 
terpréta mal  ce  que  j'c  dis,  ^'olis  p'cnez  U 
contre-sens  de  mes  paroles. 

Il  se  dit  eucoie  I)e  tout  sens  diiU'rent  du 
Kcns  véritable  d'un  texte,  d'*ii»  di.scours,  etc. 
Celle  Iriidiiclio/i  est  pleine  de  contre-senx  Ce 
Lecteur,  cet  Acteur  fait  des  contresens. 

CoNTiiE-scNs,  se  dit  aussi  en  p.Trlant  Des 
élolli-s,  du  linge  et  autre*  clioscs,  pourniaïquir 
qu'elles  ne  sont  pas  du  sens  et  du  coté  qu'elles 
doivent  être.  En  faisant  ce  manteau  on  a  p-ri 
le  contresens  de  l'éloîf-. 

Il  se  dit  fi;;uiénieiit  Pes  adîiires.  Il  prend 
toujours  le  contresens  d'une  ajfiire. 


A  contre-sens.  Façon  de  parler  advciljiale, 
qui  ieinploie  dans  touU»  ks  significations  de 
Contre -sens.  JKx/jliijiier  un  discours  à  conlre- 
teas.  Employer  une  itojft:  à  contre- sens.  Une 
dentelle  cowje  à  contresens.  Il  a  pris  celle  af- 
faire à  contre-sens.  Jouer  un  rôle,  lire,  décla- 
mer à  contre-sens. 

CKSfRIi-SKiSER.  V.  0.  Signer  en  qiiaiilé 
de  Sccreuire,  au-dossouâ  de  celui  au  non»  du- 
quel Ici  Ifltrcs  sont  expédiées.  C'onlrc-SÊj'icr 
un  hrei'et.  Conire-siqner  des  Lettres  patentes. 

(IoNTnE-siG>En  ,  se  dit  aussi  en  parlant  Des 
lettres  qui  viennent  des  lîureaux  des  ]MiiiiHlres 
ou  des  Secrétaires  d'Ltat,  et  sur  l'enveloppe 
desijuelles  on  met  le  nom  du  Minisire  ou  du 
Secrétaire  d'État  de  chez  qui  elles  viennent. 
Le  commis  a  contre -siqné  cette  lettre.  Vn  pa- 
quet conlrc-sinné  est  franc  de  porL 

CnrTnE-si.sÉ,  ÉE.  participe. 

CONTKK-TEMPS.  s.  m.  Accident  inopiné 
qui  traverse  le  succès  d'une  aflàire,  et  qui 
rompt  les  mesures  qu'on  avoit  prises.  Il  est 
ttrrwè  des  contre- temps ^  d'étramjcs  contre- 
temps dans  cette  aÇti.iie.  Il  a  essuyé  bien  dci 
contre-temps. 

Ou  dit,  Tomber  dan%  un  contre-temps^  dam 
des  contre-temps,  pour  dire,  Tf>mber  dans  des 
circanstanccs  fâcheuses,  qui  diirangeut  les  me- 
sures qu'on  avoit  prises.  Il  signifie  aussi.  I-'aire 
quelque  chose  dans  une  coujoncture  Iuut-à-lài| 
contraire,  et  en  pren-mt  mal  son  tejups. 

CoSTUE-TEMPS.se  dit  aussi  d'Un  certain  pas 
de  dunso.  On  fait  des  contre- le^ps  dans  le 
;nenuet. 

À  contre-temps.  Façon  de  parler  adverbiale 
Mal  i  propos,  en  prenant  mal  son  temps.  Pan 
la'  j  contre-temps.  Aqir  à  contre-temps. 

CO>TBE-'nHER.  V.  a.  Terme  dont  on  5< 
leit  en  parlant  d'estampes,  et  qui  se  dit  lors- 
que sur  une  c>tampc  fraichcmcnt  tirée,  on  en 
tire  une  autre.  Conire-ttrer  une  estampe. 

On  dit,  Contj-e-tirer  un  tableau^  conti-e-tiref 
un  plan,  contre  -  tirer  une  carte,  pour  dire, 
Les  copier  trait  pour  trait  par  le  moyen  d'une 
toile  fine,  d'uu  papier  huilé,  d'un  canevas,  etc. 
qu'on  met  deisu». 

roTrnE-TiBÉ,  ÉE.  participe. 

CU>  rRK\'.UJ.AltON.  s.  f.  Fossé  et  TC- 
tranchcmcTit  qu'on  fait  autour  d'une  l'Iace  as- 
siégée pour  empêcher  les  sorties  de  la  garuison. 
Lignes  de  rontrn-allation. 

COKTRKVKNA.Vr,  A.NTE.  adj.  Qui  con- 
■rericol.  Terme  de  IVatiquc.  '1  n'est  guère  d'u- 
sage qu'au  «ul.stnnlif.  À  peine  aux  contreve- 
nani,  contre  les  conticvenans. 

OWTREVtMU.  v.  n.  A-ir  contre  quel- 
que loi,  quelque  coutume,  ou  quelque  obliga- 
tion qu'on  a  coniractéc.  Co/ilrcimir  aux  Com- 
man.lcmens  de  Dieu,  au  précepte  de  la  Charité. 
Coiitrcvenii-  aux  Ordonnança^ ,  aux  Edits. 
Quiconque  y  conlrev.endra  ,  etc.  Conlievenir 
à  une  clame  du  contrat.  H  prétendait  n'amir 
poiiil  contrevenu  à  la  Loi, 

a».Vl'Ri;\  KNT.  •.  m.  Sorte  de  grand  Tolcl 
(k-  bû« ,  qui  s'ouvre  et  qui  se  fennc  par  le  de- 
hor»  de»  fcnétroé,  urroul  à  g.iruiitir  du  vent  cl 


CON 

de  la  pluie,  ne.  Fni're  niellie  lîes  contiecenls  i 
toutes  les  fcne'trcs  d'un  loqis.  Ferma'  des  contre- 
vents. Ouvrir  des  contrevents.  Il  faut  raccom- 
moder ce  contrevent. 

CONTRE-VÉRrrÉ.  ».  f.  Ce  qu'oq  dit  pour 
^tie  entendu  dans  un  sens  contraire  à  celui  que 
'  les  paroles  portent.  Ainsi ,  dire  ironiquement 
d'Cn  homme  reconnu  pour  poltron,  qu'ii  est 
brave,  c'est  dire  une  contre-vérité.  Il  y  a  des 
gins  (jui  ne  louent  et  qui  ne  bliîment  ijue  pcir 
des  contre-véritéi. 

CONÏRHiUAllLE.  s.  m.  {  Les  lettres  U  A 
font  2  syllabes.)  i'crmc  de  Finances.  Celui  qui 
doit  contribuer  au  payement  des  impositions, 
des  dépenses  conununcs.  Il  est  principalement 
il'usage  en  parlant  De  ceux  qui  payent  la  taille. 
On  fn  ufie  imposition  sur  tous  les  contribuables. 
CONTRIDUKR.  t.  n.  (Les  lettres  U  E  font 
i  syllabes.)  Aider  en  quelque  façon  que  ce  soit 
l  l'exécution,  au  succès  de  quehjue  dessein,  de 
^neltjuc  entreprise,  y  avoir  pari.  Contribuer 
i  la  fortune ,  à  Vavuncement  de  quelqu^un. 
Contribue;'  au  qain  d^une  bataille.  Contribuer 
rii  bon  succès  des  alJUires.  J'y  contribuerai  dt 
non  côté.  H  y  a  contribué  de  ses  soins.  Con- 
'.ribua'de  ses  dénias  au  bdliment  d'une  Eqlise. 
CosTniBfER,  signifie  aussi.  Payer  extraor- 
jinairement  quelque  somme  pour  1rs  nécessités 
publiques.  Ils  ont  contribué  pour  les  ponts  et 
ibaussée^.  Toute  la  Province  a  contribué  pour 
ïcntrclien  des  qens  de  qucrr.:  Cotitribuer  au 
iûu  la  livre,  au  marc  la  livre. 

U  se  dit  aussi  eu  p.-irlant  Des  sommes  qu'on 
piyc  aux  ennemis  ,  pour  se  g.irantir  du  pil- 
lage, et  des  autres  exécutions  militaires.  Toul 
ie  pays  conliibue.  Cette  Ville  a  contribué.  Il  t 
fait  contribuer  toute  la  Province. 
CoSTBiBuÉ,  ÉE.  participe. 
CO_NTRIDLTIO.\.  s.  f.  Levée  extraordinaire 
faite  par  autorité  publique.  Les  vilhines  ont  payé 
tant  par  contribution. par  forme  de  contribution. 
Il  s«  dit  aussi  De  ce  qui  se  paye  en  temps 
lie  guerre  par  ordre  du  Général  en  pays  enne- 
mi. Payer  les  contributions.  Faire  payer  la 
contributions.  Mettre  tout  le  Pays  à  contribu- 
tion, sous  contribution.  Les  contributions  ont 
fourni  aux  frais  de  la  nttcrre. 

En  termes  de  Pr.itique,  on  appelle  Contri- 
liulion  au  sou  la  livre,  Cj:  que  chacun  des  co- 
litrilier»  paye  il  proportion  de  la  part  qu'il  a 
dans  la  .«ticccssiou. 

CO.NTRISTER.  v.  a.  Affliger ,  causer  du 
cliagrin.il  ne  faut  pas  contrister  ses  amis.  Cette 
nouvelle  l'a  fort  contristé. 
CoSTnisrÉ,  ÉE.  partici|)e. 
COMRIT,  ITE.  adj.  Terme  de  Théologie. 
Oui  a  un  grand  regret  de  se*  péchés.  Un  acur 
contrit. 

t;oNrniT,  se  dit  aussi  par  une  espèce  de 
plai.vanteri'3,  pour  dire ,  Triste ,  oittigc,  morti- 
fié. Il  étotl  bien  contrit  de  cette  action.  L'itme 
contrite. 

CI).NTRiriU?J.  s.  f.  Regret  d'avoir  péché, 

it  qui  a  pour  priiici|ic  l'amour  de  Dieu,  faire 

un  acic  de  contrition.  Des  actes  de  contrition. 

CUSniOLE.   s.   m.    Registre   qu'on    lient 


CON  3o9 

pour  la  vérification  d'un  rôle ,  d'un  autre  re- 
gistre, etc.  Le  contrôle  du  sceau.  Le  contrôle 
des  exploits.  Cela  a  passé  au  contrôle.  Tenir  (e 
coiiti'ijle.  Faire  le  contiôle. 

CoNTiioLE,  se  dit  aussi  pour  Le  droit  qiw 
l'on  paye.  J'ai  satisfait  au  droit  de  contrôle  de 
ces  exploits.  J'ai  payé  le  contrôle  de  ces  oclcs. 
CoNTniSiE,  signifie  aussi  L'office  de  celui  qui 
tient  le  contrôle.  Le  contrôle  des  i  inances.  Il 
y  a  un  contrôle  à  l'Hôtel  de  Ville. 

Co.STnÙLE,  signifie  aussi  La  marque  qu'on 
imprime  sur  les  ouvrages  d'or  et  d'argent, pour 
faire  fui  qu'ils  ont  payé  les  droits,  et  qu'ils 
sont  au  titre  fixé  par  la  lx>\.  Cette  pièce  de 
va'uselle  est  suspecte,  elle  n'a  pas  le  contrôle. 
La  rame  du  Contrôle  de  l'or  et  de  l'arqenl, 

CO-\rRÔLER.  V.  a.  Mettre  sur  le  contrôle. 
Fiii're  contrôler  des  pièces.  Faire  contrôler  des 
exploits.  Contrôler  des  quittances  de  finances. 

Costholeu  ,  signifie  encore ,  Mettre  le  con- 
trôle sur  les  ouvroges  d'or  et  d'argent.  Il  a  fait 
contrôler  sa  vaisselle. 

CosTKÙLEn ,  signifie  figurémeni ,  Reprendre, 
criliquer,  censurer  les  actions,  les  paroles  d'au- 
Irui.  Il  se  dit  plus  ordinairement  d'un  Censeur 
chagiin  et  injuste.  Quel  droit  ave:^vous  de  U 
condû'Ier.' Vous  contrôle;  tout  ce  qui  se  fait 
dans  sa  maison.  Je  ne  contrôle  point  vos  ac- 
tion:. Il  contrôle  sur  tout. 

CosTaÙLÉ,  ÉE.  participe.  Quittance  contrô- 
lée. E.iploit  contrôle.  "Vaisselle  contrôlée. 

COJf  IKÔLEUR.  subst.  m.  Olficicr,  dont  la 
charge  est  de  tenir  eoritr''il-"  de  Certaines  choses. 
Confrôleur  Gérjral  des  Finances.  Contrains 
Général  des  BJtimens.  Contrôleur  à  la  C/'ar^ 
ccHerie.  Contrôleur  Général  de  la  iiiaîson  da 
Roi,  itc  la  Maison  de  la  Reine.  Contrôleur  de 
l' arcjenterïe. 

On  appelle  dans  la  Maison  de»  Princes, 
Contrôleur ,  L'OiEcicr  qui  exerce  i  peu  prés  les 
mêmes  fonctions  qu'exerce  le  Maitre  d 'Hôtel 
dans  la  maison  des  particuliers. 

Il  se  dit  aussi  figurément  et  en  mauvaise 
part,  De  celui  qui  se  mêle  de  censurer,  de  ooï> 
Irôlcr  les  actions  d'autrui.  Il  fait  le  contrôleur 
chez  moi.  Il  se  dit  aussi  au  féminin.  C'est  une 
coiiL-olciisc  perj  étudie.  U  est  familier. 

CONTROUVER.  v.  a.  Inventer  une  Cms- 
$clê  pour  nuire  à  quelqu'un.  C'est  un  fait 
'ju'on  a  controuvé  poiw  le  perdre.  Il  n'y  a  pas 
un  mot  lie  irai  à  tout  cela,  ce  sont  toutes 
cJto.:es  conlroinves, 

CosTnoLvÉ,  ÉE.  participe. 
CONTROVERSE,  s.  f.  Cébnt.  dispute, 
::onlestation  sur  une  question,  sur  une  opi- 
nion, etc.  Grande  controva'se.  Cela  est  hors 
de  controverse,  passe  sans  controverse.  U  ne 
faut  point  mettre  cela  en  controverse.  Les  an- 
ciens Rhéteurs  proposaient  des  sujets  de  con- 
troverse. 

Il  se  dit  plus  ordinairement  Ve  la  dispute 
qui  a  pour  obji't  des  points  do  Fui.  entre  les 
Catholiques  et  les  Ilérétiqucs.Trji^  un  fxiifit 
de  controverse. Il  est  versé  dans  les  nuiliàes  de 
controverse. 

On  dit,  £ludicr  la  controverie,  pour  dire. 


3io 


CON 


Kliidier  les  matières  de  controverse;  ft,  Pré- 
eiier  la  conlroi'B-se,  pour  dire,  Eclnircir  dans 
la  chaire  les  points  de  Doctrine  qui  sont  eu  con- 
testation latre  les  Catholiques  et  les  Héré- 
tiques. 

controversé;  ÉE.  ad).  nispiiK*,  de- 
battu  de  part  et  d'aulrc.  C'«l  "»  ;'"'"'  ™"- 
trm'ersé  dans  la  Ecoles,  contrM'crsé  parmi  les 
Docteurs.  Une  matière  controncrscc. 

CÛNTROVERSISTE.  s.  m.  Celui  qui  lr»iie , 
pur  écrit  ou  autrement,  des  matières  de  coniro- 
rerse.  C'est  un  célèbre,  un  zélé  Controi-crsiste. 
Il  ne  se  dit  qu'en  matière  de  Religion. 

COMO.M.^CE.  s.  fi'in.  Terme  de  Procédure. 
[>c  refus,  le  défaut  que  fait  une  Partie  de  rc- 
ijondre,  de  coniparoitrc  au  Tribunal  du  Juge 
par-devant  lequel  elle  est  appelée  pour  crime. 
Il  a  été  condamné  par  contumace.  Faire  jujer 
la  contumace.  ]'ur(jcr  la  contumace. 

CONTUMACE,  adj.  des  2  g.  Accusé  qui  ne 
oomparoit  point  après  avoir  été  cité  en  Justice. 
Il  est  contumace.  Elle  a  clé  déclarée  contu- 
mace. (Ces  mots,  Coridimace,  contumacer  , 
ne  sont  en  usage  que  dans  le  style  de  Pra- 
tique.) Ou  dit  aussi  substantivement,  Vn  con- 
tujnace. 

CONl'tJM.4CER.  V.  a.  Instruire  la  contu- 
mace, poursuiiTC  l'instiuclion  di-  la  contiunace. 
Il  s'est  lais.'sé  contumacer.  Faire  contumacer 
un  criminel,  un  désateur. 

CoBTi^ACt ,  fr..  participe. 

CONTUMAX.  Voycs  Costitmace.  adj. 

CONTIIS.  USE.  adi.  Terme  de  Chirurgie. 
Meurtri ,  froissé ,  sans  être  entamé.  Il  ne  se  dit 
qu'en  parlant  Des  chairs,  des  muscles.  Vne 
partie  contuse.  Avoir  un  muscle  conlus. 

CONTUSION,  s.  fém.  Meurtrissure.  Libère 
contusion.  Horrible  contusion.  Il  reçut  dans 
sa  cuirasse  un  coup  de  mousnuct  oui  lui  fit  unfl 
grande  contusion.  Plaie  avec  contusion. 

COKVAINC.VNT  ,  ANTE.  adjcct.  Qui  a  la 
force  de  convaincre.  Cet  m-qument  est  convain- 
cant. Cette  raison ,  cette  ej:périence  est  con- 
rmincante.  Ce  cj^te  vous  dites  est  convaincant. 
Cette  preuve  est  convaincante. 

CONV.MNCRE.  V.  a.  fil  se  conjugue  comme 
Vaincie.)  Réduire  quelqu'un  par  le  raisonne- 
ment, ou  par  des  preuves  sensibles  et  évidentes, 
h  demeurer  d'accord  d'une  vérité,  d'un  fait. 
Convaincre  quelqu'un  d'une  vérité.  Le  con- 
vaincre par  de  bonnes  raisons.  Je  Vai  convaincu 
par  celle  raison.  Il  se  convaincra  par  expérience. 
Se  convairu~re  soi-même  par  ses  yeux.  J'ai  fait 
ce  que  j'ai  pu  pour  le  convaincre.  Se  laisser 
convaincre  à  Vevidence. 

Od  dit,  Convaincre  un  acnisc  de  quelque 
erime,  c'est -îi- dire,  Prouver  par  des  preuves 
juridiques  et  suffisantes  à  un  homme  prévenu 
d'un  crime,  qu'il  a  fait  le  crime  dont  on  l'ac- 
cuse. 

CosvAiïCc ,  nE.  participe. 

.i^ffeinl  cl  convaincu.  Formule  que  les  Juges 
emploient  dans  les  Sentences  criminelles.  Il  a 
été  de'clfirc  atteint  et  convaincu  de  meurtre,  de 
vol,  etc. 

CONVALESCENCE,  robjt.   t.  État  d'un* 


CON 

prr*;nnnc  qiii  relève  de  maladie.  Prompte  oon- 
valcscence.  Parfaite  convalescence.  Entière , 
^Aeine  convalescence.  Être  en  convalescence- 
Entrer  en  convalescunce. 

COXA'ALKSCENTjENTF..  adi.  0"i  reli^ve 
de  maladie ,  et  revient  en  sanltf.  Etre  convates- 
cent.  Je  suis  hîen  aise  de  te  savoir  convalescent^ 
Je  le  voir  convalescent  y  de  lavoir  convoles- 
cente. 

CONVENABLE,  adj.  des  2  genres.  Propre, 
(.orlable ,  <jiii  convient.  Cet  emploi  mVsï  pas 
convenable  à  ses  talens.  Il  a  faît  un  mariiufc 
convenable.  Faire  une  déyense  convenable  à  sa 
fortune. 

Il  se  prend  aussi  pour  Conforme  et  projxor- 
tionné.  Ce((e  bonne  action  a  eu  une  récompense 
convenable. 

Il  se  prend  encore  pimr  HLCcnl,  qui  rst  It 
propos ,  expédient.  Il  n'est  par.  convenable  à  un 

homme  sncje  de S'il  est  convenable  que  j'y 

aille,  je  suis  tout  prêt. 

CONVENABÏ.EMRM'.  adv.  D'une  m^n\àri 
convenable.  Il  en  parla  convenablement  au 
!^ujet.  Il  répondit  convenablement. 

CONVENANCE,  s.  f.  Rapport,  conformité. 
Ces  choses-là  n'ont  point  de  convenance  lune 
avec  Vautre,  entre  elle^.  Quelle  convenance  y 
a~t~\l  entre  des  choses  si  difft'rentes?  Pour  bien 
discourir  des  choses^  il  en  faut  obsaver  le: 
convenances  -et  les  dijjtrences.  Convenanci 
d'humeur,  de  caractère,  de  (joût,  etc. 

Convenance,  se  prend  aussi  pour  Bien- 
séance, décence.  //  rr'y  auroii  pas  de  conve- 
nance à  en  user  de  là  sorte. 

On  appelle  Raisons  de  convenance,  Dei 
raisons  qui  sont  probables  et  plausibles,  et  qui 
ne  sont  point  démonstratives. 

On  appelle  aussi  Baisons  de  convenance^ 
Des  raisons  de  pure  bienscance. 

Convenance,  se  dit  aussi  Des  rapporls  d'âge, 
d'ét.Tt.  de  fortune,  de  caractère.  Faire  un  ma- 
riaqe  de  convenance.  C'est  par  des  raisons  ds 
convenance  (ju'Hs  se  sont  liés  ensemble. 

CONVENANT,  s.  m.  On  a  appelé  ainsi  La 
ligue  ou  la  convention  que  les  Kcossois  firent 
ensemble  pour  maintenir  leur  Relif^ion  tcllfl 
rpi'clle  étoit  en  i58o,  et  qu'ils  rcriouvelircnt 
en  i()38.  Sinner  le  convenant ,  icfusa-  le  con- 
venant, casser  le  convenant. 

CONVENANT,  ANTE.  adject.  Confornw, 
bienséant,  sorlable.  Il  est  vieux. 

CONVENIR.  T.  neuL  Demeurer  d'accord. 
(Dans  ce  sens  il  se  conjugue  comme  Venir, 
avec  l'auxiliaire  £oc,  et  s'emploie  avec  la  pré- 
position De.)  Je  conviens  de  ce  que  vous  dites; 
mais  convenez  aussi  quil  n'est  pa9  juste  que.... 
Ils  sont  convenus  de  se  trouver  en  tel  lieu.Con- 
icncz  devos  faiu*  Convenir  d'un  arbitre,  d\tn 
article,  du  temps,  du  Heu.  Convenir  du  pn.r 
de  quelque  chose. 

Il  signifie  aussi,  Être  conforme,  .nvoir  du 
rapport.  Cela  convient  à  ce  que  vous  disiez.  La 
déposition  du  second  témoin  ne  convient  pm 
avec  celle  du  premier.  Leurs  dépositiom  con- 
viennent en  tout. 

CosvESin ,  en  Grammaire  et  en  Logique,  se 


CON 

dit.  Quand  l'attrllmt  convient  au  sujet.  L'épia 
thète  convient  à  la  chose. 

Il  signifie  encore,  Être  propre  et  sortablc. 
11  se  conju;;ue  dans  ce  sens  avec  l'auxiliaire 
Avoir,  et  s'emploie  avec  la  préposition  à.  Cette 
maitjfn  m^a  convenu^  et  je  suis  convenu  du 
prix.  Cette  charqe ,  cet  emploi  lui  conviendi-oit 
fort.  Il  ne  votis  convient  pas  de  p/arler  si  ftèrc- 
mfn\  Ces  empressenicns  ne  ronvicnncni  pas  à 
votre  dicjnité.  Ce  sont  des  plaisirs  qui  convieth- 
netv2  mal  à  un  homme  de  votre  dqe.  Cet 
loucnges  ne  me  conviennent  nullement.  Ces 
figures  ne  conviennent  pnnt  au  sujet.  Ce  valet 
ne  tne  convient  pas.  etc. 

On  dit,  que  Deujc  personnes  se  conviennent, 
poirx  dire,  que  Leur  état,  leur  caractcrc,  etc. 
ont  du  rapport. 

n  si-nific  aussi.  Être  expédient,  être  à  pro- 
pos. On  délibéra  long-temps  sur  ce  qu'il  con- 
venait le  plus  de  faire,  ou  d'aller  aux  ennemis, 
ow  de  les  attend)  e.  Dans  ce  sens  il  ne  s'emploie 
gucre  qu'impersonnellement. 

Convenu, DE.  participe. On  dit  passivement:" 
Entre  nous,  c'est  chose  convenue.  C'est  chose 
convenue  entre  toutes  les  Parties  intéressées. 

CONVEN'nCULE.  s.  m.  Petite  assemblée. 
Il  &e  prend  toujours  en  mauvaise  part,  pour 
AîWiniblée  secrète  et  illicite,  et  même  d'un  petit 
nombre  de  personnes.  Ce  ne  fut  qu\in  Con- 
venticule.  Les  Conventicules  sont  défendus. 

CONVENTION,  s.  f.  Accord,  pacte,  qiw 
deux  ou  plusirnrs  personnes  font  ensemble. 
roïit'enfion  (ari(c,  Axprcsse,  verbale,  par  écrit 
llîcnt  fait  une  convention  entre  eux,  que  cdui.J 
/.<3  c'oni'end'on  étoit  que...  Je  tiens  la  conven- 
tion. Je  m'en  tiens  à  la  convention. 

On  appelle  Conventions  matiimoniales ,  ou 
nljsolunient  Coni-cntni/is,  Les  articles  arror- 
Hés  à  une  femme  par  son  contrat  de  mariaiir, 
rt  ce  qui  lui  appartient  par  la  disposition  des 
Lois,  ou  de  la  Coutume.  On  ne  peut  empêcher 
liPî-S  femme  de  demander  ses  coru'cnfjons. 

CONVENTIONNEL,  ELLE.  adj.  Qui  su p- 
pOû£  Convention.  Valeur  conventionnelle. 

On  appelle  Bail  conventionnel^  Celui  qui  se 
fait  du  consentement  libre  des  Parties,  par  op- 
|>osiiiou  h  Bail  judiciaire,  qui  se  fait  par  auicy- 
lilc  d('  Justice. 

CONVENTIONNELLEMEN1\  adv.  «ou» 
convention. 

CONA'ENTUALITÉ.  s.  f.  L'état  d'une  Mai- 
BOn  Keli;;ieu3e  où  l'on  vit  sous  une  Règle. 

CONVENTUEL,  ELLE.  adj.  Qui  est  du 
Convent,  qui  appartient  au  Couvent. 

Ou  appi  Ile  ^^ssemhlée  conventuelle  ,  L"A.^ 
i;mblée  composée  de  toute  la  Communauté  du 
Couvent  ;  Messe  conventuelle.,  La  Messe  où  as- 
iiiatc  tonte  la  Communauté  des  Religieux;  et. 
Mcnsc  conventuelle,  La  portion  du  reventi  de 
l'Abbave  qui  apparticiu  ù  la  Coninmnaulé  des 
Religieux.  Le  revenu  des  Offices  claustraux  a 
été  joint  à  la  ISÎcnse  conventuelle. 

On  appelle  Prieure  conventuel^  L*n  Prieuré 
où  il  y  a  des  Religieux;  et  on  appelle  Conveu- 
tucU ,  I,es  Religieux  qui  ont  droit  de  demeurer 
totijours  dans  le  même  Couvcut,  i  la  dilTérencc 


CON 

(le  ceux  qui  n'y  -rtiin  *|iie  pour  peu  de  temps, 
comme  pendant  la  convocation  dun  Ciiapitrc. 
Les  BeUijieiu:  de  dehors  vuuloient  élire  un  Ge- 
neral d'entre  eitx,  mais  Us  Conventuels  s'y  op- 
posèrent 

Dans  l'Ordre  de  Saint  Frinrois,  on  appelk 
Conventuels,  I^$  Gjrdfliers  <jui  n  ont  pas  cm 
brasse  la  Réforme  des  Ûbservanlina. 

CO>Vli>TW:LLi:MENT.  aJv,  En  Com- 
miiuaulc,  jcIod  les  règles  et  l'usage  de  la  so 
ciété  Religieuse.  Vivre  conventitellement.  Des 
Reiiilieux  conventucUement  assembles. 

CO'VEKiiEiNCE.s.f.  Terme  de  Géomclrir. 
Position  récipro(pie  de  deux  lignes  (jui  vont  en 
s'approchaut. 

Cowveucence.  En  Dioptrlquc,  c'est  la  dis- 
poûlîoD  des  rayons  d'un  corps  lumineux,  qui 
Tont  en  sapprocbanl ,  jus4u'i  ce  qu'il»  *« 
réunissent  tous  en  un  point. 

CUNVERC;K>T,  E>TE.  adj.  c'est  l'opposa 
de  Divergent.  En  Géométrie,  on  donne  ce  nom 
à  des  lignes  qui  vont  en  s'approcliant  I  une  da 
l'autre.  Lignes  convcrqenles. 

Kn  Dioptrique,on  appelle  Convergcns ^  Les 
/ayoti5  de  Ltuuicie  qui  vont  en  s'approcliant 
jiour  tendre  à  un  niênic  centre.  Les  verres  con- 
vexes rendent  les  rayons  converqens  ^  les  con- 
caves les  rendent  diveraens. 

CONVERGER,  verbe  neuL  En  Dioptrique, 
Les  rayons  convergent ^  pour  dire,  qu  Ils  sap- 
prochcut  el  vont  se  réunir  dans  un  munie 
puinL 

COW\'ERS,ERSE.adi.  Il  n'est  nudre  d'usage 
qiir  c.>iis  ces  plir.tses,  Frère  convers^  Situt 
converse,  rui  se  diNpiUd'Un  Religieux  ou  d'une 
religieuse,  qui  ne  sont  employés  qu'aux  œu* 
vrcs  serviles  du  Monastère. 

ConvfRSE.  adjcct.  fém.  On  dit  en  I.o.;ique, 
qu'{/ne  proposition  est  converse  d'une  autre, 
lorsque  de  l'attribut  de  la  première  on  fait  lu 
ftujet  de  la  seconde,  et  du  sujet  de  la  première 
l'attribut  de  la  seconde.  Celte  proposition  , 
Tout  «  qui  est  matière  cjï  impenct/a6lc,  est  la 
converse  de  rcUe-ci,  Tout  ce  qui  est  impcnc- 
IraMe  est  maticrr. 

CONVERSATION,  s.  f.  Entretien  familier. 
Conversation  agtèablej  douce,  aisée,  enjouée^ 
badine^  sêiieu^e,  galante  j  intéressante.  Con- 
versation ennuyeuse,  lonque,  sèche,  aride. 
Kntrcr  en  conve/sation.  Etre  en  conversation. 
Lier  couversatlon.  Renouer  conversation.  Re- 
prendre la  conversation  où  elle  en  ètoit.  Rele- 
ver la  conversation.  Se  plâtre  à  la  conversa- 
tion. Ktre  à  la  coni-erstition,  pour  dire,  Y 
jwcndrc  part.  Par  forme,  par  manière  de  con- 
versation. C'est  un  /lomme  de  bonne  convcr- 
satwn.  Aouiflivns  eu  une  longue  conversation. 
Rompre^  inta-rompre  une  tonversation.  Lo 
foiuTrulion  tourna,  tomba  sur  telle  chose.  Lu 
roni*ej talion  roinnien(^oi(  à  languir,  à  mourir, 
il  la  rêcUaufft,  la  ranima ^  la  soutint.  Il  four 
Hil  b<iiucoup  à  la  conversation.  Cette  plaisan 
leric  pcwf  piuttr  en  conversation.  Le  ton  de  U 
conversation.  I^  style  de  la  conversation. 

CONVERSER,  r.  n.  S'cotcclenir  f^iilièrc 
iiicut  avec  quciqu  un.  St  ptiire   à   cunverse\ 


CON 

avec  les  Gens  de  Lettres.  Ils  conversoient  en-  1 
icmble  fort  familièrement. 

On  dit  figurément,  Converser  avec  les  livres, 
converser  avec  les  morts  ,  j:oiu"  dire  ,  S'appli- 
quer à  lu  lecture,  à  l'étude. 

CONVERSION,  s.  fcui.  Trausmuiation.  La 
conversion  des  mêtaiLc. 

Conversion,  se  dit  aussi  d  Un  simple  chan- 
gement de  forme.  La  conversion  des  espèces.  Il 
se  dit  aussi  en  parlant  Des  rentes,  qui,  étant  à 
un  certain  denier,  sont  mises  à  un  auire  plus 
bas  ou  plus  liant.  La  conversion  des  rentes  du 
denier  vingt  ou  denier  vingt-cinq. 

Conversion,  en  Jurisprudence,  Change- 
ment dun  acte  en  un  autre.  La  conversion 
d'appel  en  oppo^lion.  La  conva'sion  d'une 
obligation  en  rente,  etc. 

CoNVEnsioN,  se  dit  aussi  d'Un  raouvemenl 
que  l'on  fait  làire  aux  troupes.  Conversion  à 
d/'oite,  à  gauche.  Quart  de  conversion. 

H  se  dit  aussi  en  matière  de  Religion  et  de 
Morale  ,  et  signifie  Changement  de  croyance, 
de  sentiniens  et  de  mœurs  ,  de  mal  en  bien. 
prier  Dieu  pour  lu  conversion  des  Infidèles, 
pour  la  conversion  des  îlêrétiquesj  your  ï.i 
conversion  des  pécheurs.  Demander  à  Dieu  la 
conversion  des  âmes.  Travailler  à  la  conversion 
des  pécheurs. 

En  I.ogicjuc,  ou  appelle  Conversion,  Le 
:Laugemeiit  d  ur.c  proposition  en  sa  converse, 

CONVERTIIÎfj:.  ad),  des  9.  genres.  Il  se  dit 
i'L'ue  cljose  susceptible  d'être  convertie  en 
me  autre.  Ce  billet  est  convertible  en  argent. 

En  Logiijue,  il  s-,-  dit  d'Une  proposition  qui 
^cut  devenir  la  converse  d'une  autre.  Cetti 
proposition  :  Tout  ce  qui  est  malièrc  est  impé* 
nctrable,  est  ooDvcrtilïlc  en  celle-ci  :  Tout  cl 
7ui  est  impénétrable  e>ï  matiàe. 

Il  se  dit  aussi  en  matière  de  Commerce  ei 
ic  Finance,  d  Un  effet  qui  peut  être  changé 
toulre  un  auti-c.  Un  billet  convertible  en  argent. 

CONVERTIR.  V.  acL  Changer,  transmuer 
Quc  cliose  en  une  autre.  Il  y  a  des  Chimistes 
^ui  prétendent  quon  peut  convertir  les  métaux 
imparfaits  en  or.  Aux  Noces  de  Cana,  JÉsus- 
riiiMST  converlit  teau  en  vin.  Dans  le  Mystère 
ic  lEuchariitie,  lepain  et  le  x>in  sont  convertis 
\iu  Corps  et  au  Sang  de  Jl^cs-Christ.  Vn  hou 
tstomac  convertit  tout  en  bonne  nourriture.  L'n 
méchant  estomnc  convcriil  tout  en  bile  et  en 
mauvais  suc.  Tout  ce  qu'il  prend  se  convertit 
en  bile. 

Il  se  dit  aussi  Du  changement  qui  se  fait  de 
nei-laines  choses  dans  le  commcrte^  dans  les 
ùllàircs. Conve/lir  une  obligation  en  cont/'dt  de 
constitution.  On  a  converti  les  rentes  sur  les 
particuliers  du  denïcr  dit  ~  huit  au  denier 
vingt.  Il  a  converti  tvutei  ses  p.arcrics  en 
vaisselle  d  arqent. 

Il  se  dit  figuniineDl  en  m.itière  de  Religion 
el  de  Murale  ,  cl  ti.;nific,  Faire  clianger  de 
croyance,  de  scntiincns  et  de  mttfurs,  de  mal 
en  bien.  Convertir  Ici  Païens,  les  idolâtres. 
Convertir  les  IIcj  cliques.  Convertir  les  pécheurs. 
Ces  peuples  se  sont  coni-ertij  à  la  Foi. 

Il  se  dit  uusbi  ubsoluniciit  atcc  le   pronom 


CON  3n 

personnel ,  pour  dire .  Changer  de  croyence ,  dfi 
seutimens,  de  mœurs  j  et  il  s'enteud  toujours 
d'Un  changement  de  mal  en  bien.  Ce  pécheur 
î'esf  converti.  Il  s'est  converti  dans  sa  dernière 
maladie. 

On  dit  aussi  dans  le  discours  ordinaire,  Con- 
vertir quelqu'un,  jjour  dirc,I,c  faire  changer 
de  résolution  ou  d'opinion  sur  quelque  chose. 
JVii  f(tit  tout  ce  que  j'ai  pu  pow  lui  faire  rom- 
pre son  voyage,  mais  il  n'y  a  pas  moyen  de  le 
convertir.  C^est  un  homme  converti,  poui'  dire, 
qu'Où  l'a  fait  changer  d  opinion. 

On  dit  dans  le  style  de  l'J-icolc,  que  Deux 
termes  se  convertisscnf ,  Lorsqu  ils  se  ]>cuvcnt 
dire  réclproqueni:nt  l'un  de  l'autre.  Etendue  et 
divisibilité,  sont  deux  termes  qui  se  convertis- 
sent. 

Conveuti,  ic.  participe. 
11  s'einpiuie  aussi  au  .substantif  dans  cetts 
phrase  seulement ,  pour  signiGer  une  personne 
louverlie  à  la  Religion   Catholique,  Les  nou* 
fecuLX  convertis,  les  nouvelles  converties. 

CONVERTISSEMENT.  s.  m.  ChangemenU 
11  n'est  guère  d'usage  qu'en  matière  d'affaires, 
it  de  fal>rique  de  monnolc.  Demander  le  con- 
tcrtissement  d'tuie  obligation  en  contrat  de 
constitution.  Le  convertissement  des  espèces  de 
monnoie. 

CONVERTISSEUR,  s.  m.  Celui  qui  réussit 
Aaiis  la  conversion  des  unies.  Ce  Missionyiaire 
itoit  un  grand  convertisseur.  Il  n'est  que  du 
Uyle  f.imilier. 

CONVEXE,  n  Ij.  des  ?.  i^'cnrcv  Tl  se  .iit  iN:  !a 
jurfacc  extérieure  de  tout  ce  qui  est  oourLÂ.  U 
l-it  opposé  à  Concave.  Vn  corps  convexe.  ÏJn 
niroir  convexe.  Le  côté  convexe  d'une  ligne 
ourbcy  d^ une  parabole,  d'une  ellipse. 

CONVKXïTI'"..  s.  f.  Le  tour  ou  la  supcrGcie 
ïxlt'rieure  de  ce  qui  est  convexe.  La  convexité 
i  un  globe,  d^un  miroir  ardent.  La  convexité 
i'une  ligne  courbe. 

CONVICTION,  s.  f.  L'ciTct  qu'une  preuve 
(videnlc  produit  dans  l'esprit.  J^tre  dans  une 
tntière  conviction.  Avoir  une  entière  conviction 
des  vérités  de  la  Religion. 

U  se  dit  aussi  De  la  preuve  évidente  et  indu- 
bitable d'une  vérité,  d'un  fait.  On  a  lonq  temps 
douté  de  la  rùciilation  du  sang,  maïs  l\xrpe- 
iieice  nous  en  a  donné  une  conviction  entière,. 
On  l'accuse  de  vol,  on  V  accuse  de  divers  crimes, 
et  on  en  a  des  convictions  en  main.  En  l'oift 
|j  conviction.  On  a  (roiii'C  diins  ses  papiers  la 
coni'iclion  de  son  intclliqence  avec  les  ennemis. 
Ce  qu'il  a  dit  sans  y  penser,  fournit  une  con- 
viction contre  lui. 

CONVIER.  V. a.  Inviter. Conviera  un  festin, 
aux  noces,  au  bal.  Convier  à  une  assemblée 
On  Va  convié  de  s'y  trouver,  à  s'y  trvuvcr,  dt 
faire  telle  chose,  à  faire  telle  choie.  On  y  a 
convié  les  Ambassadeurs  y  les  Compagnies  Su- 
j)éricures ,  etc. 

Il  sigiiilje  aus8i.  Exciter.  Toufe<  ces  choMs 
icusy  convient.  La  qloire,  U  raison,  lettre 
devoir  i>ou5  y  convie.  Le  beau  lemps  vous  con- 
vie à  la  promenade. 

CoNVik  ,  LE.  participe. 


3i2  CON 

Il  est  birn  souvent  sulistanlif  ;  et  alors  il  ne 
se  dit  qui-  de  ceux  qui  sont  invites  à  un  festin. 
Il  a  hien  reçu  ,  bien  truite  les  conviés.  Il  n  était 
pas  des  conviés,  du  nombre  des  conviés. 

f'OWlVE.  s.  m.  Celui  qui  est  invité  et  qui 
se  trouve  h  un  repas  avec  d'ouircs.  JTous  Jes 
convives  étaient  de  honne  humeur.  Il  était  du 
Homhre  des  convives. 

On  dit  d'Un  Iiomtne  ngréable  .'i  table,  Que 
c  est  un  bon  convive. 

CONVOGAïK»-.  s.  r.  Action  de  ronvoquer. 
La  convocation  d'une  Assemblée,  des  Pairs, 
d'un  Concile,  des  pAuls. C'est  lui  oui  doit  faire 
In  convocation  de  l'Assemblée. 

CONVOI,  s.  m.  se  dit  de  l'Assemblée  qui 
ncoompagne  un  corps  mort  qu'on  porte  à  la  sé- 
ptiltup' avec  les  cérémonies  funè))rcs.  Un  rjrand 
convoi.  Uamajuifique  convoi.  Aller  au  convoi. 
Assister  au  convoi,  fjre  du  convoi. 

Cosvot,se  dit  en  Urmes  de  Marine,  d'Un 
on  do  plusieurs  vaisseaux  de  guerre  qui  escortenl 
des  vaisseaux  marcliands.  On  a  donné  un  vais, 
seau  à  telle  fotle  pour  lui  savir  de  convoi. 

lise  dit  aussi  d'Une  flotte  marchande  ave( 
son  escorte.  Le  convoi  de  Smyrne.  Le  convoi 
^Alexandrie. 

Cosvoi,  se  dit  aussi  d'Une  quantité  de  mu- 
nitions et  de  vivres  ou  d'argent,  etc.  qu'on 
mène  dans  un  camp,  dans  une  ville  assiégée,  etc. 
Préparer  un  grand  convoi.  Le  siège  éloil  fort 
avancé,  mais  il  y  est  entré  un  grand  convoi 
L'escorte  qui  accompagne  un  convoi. 

On  dit  eu  termes   de  guerre  ,  qu'Cn  coriTOi 
'    a  été  battu ,  pour  dire ,  que  L'escorte  qui  ao- 
eoDijMgnoit  le  convoi  a  hé  défaite. 

CONVOITABLE.  adj.  des  a  genres  QiJ 
pont  être  convoité,  qui  est  désirable.  Un  étal 
eonvoitable.  Il  vieillit. 

CONVOITKK.  V.  a.  nésirer  avec  avidité, 
•Tec  une  passion  dc'iV-gWe.  ConTOifer  ardem- 
ment. Convoiter  les  riche!.ses.  Convoiter  le  bien 
d'cutnii.  Convoiter  la  jlmme  de  son  prochain. 
Convoi  rÉ,  ÉE.  participe. 
CONVOITEUX,  EUSK.  adj.  Oui  convoite. 
Etre  con-joiteux  de  gloire,  convoiteiur  d'hon- 
neur ,  roni-Ofteux  de  richesses  ,  du  bien  d'au- 
Irui.  U  vieillit. 

COSVOmSE.  s.  f.  Désir  immodéré  ,  cupi- 
dit.!.  Co;ii.o:(i-'c  effrénée,  déréglée.  La  convoi- 
tise des  richesses.  La  convoitise  des  honneurs. 
Regarder  queUpie  chose  d'un  œil  de  convoitise. 
COXVOI,ER.  v.  n.  qui  ne  se  dit  guère  que 
dans  cette  plirasc,  Coiii'ofcr  en  secondes  noces. 
en  troisièmes  noces,  pour  dire,  Se  marier  pour 
la  seconde  fois  ,  pour  la  troisième  fois. 

Dans  cette  phrase,  qui  est  du  style  familier. 
Coni'olcp  ne  s'emploie  qu'avec  la  prepo-sition 
en.  VnU  il  régit  la  préposition  d  dans  ceiteautre 
qui  est  moins  en  usage.  Concoier  à  un  second 
mariage, 

CoHTOLEU,  se  dit  aussi  quelquefois  absolu- 
ment par  une  espèce  dcllipsc.  Celle  veuve  ne 
«•'<•  pas  long. temps  sans  convoler.  Elle  a  con- 
vole. Il  est  du  stjle  fimilier. 

CONVOOUER.  V.  a.  Faire  assembler  par 
wionu!  juridique.  Convoque,  un  Concile.  Con- 


C  ()  O 
'i.07uer  les  Ëtats.  Convo-uerlc  Parlement 
C'elod  au  Consul  à  convoquer  le  Sénat.  La 
Dwte  jut  dûment,  légitimement  convoquée.  La 
compagnie  étant  cctraor.Una.rement  convo- 
quée, etc. 

Convoqué  ,  iz.  participe. 

CONVOYEK.  V.  a.  (Il  se  conjugue  comm, 
employer.  )  Accompagner,  escorter.  Il  n'esl 
guère  d'usage  qu  en  termes  de  Marine.  Con- 
voyer  des  vaisseau.x  marchands.  Ou  dit  aussi, 
Faire  convoyer  un  train  d'artillerie. 

Convoyé,  ÉE.'pariicipe. 

CO.XVULSIIMVE.a,lj.Qui,efaitaveecon. 
vulsion  ,  qui  est  accomp.ir.né  de  convulsion 
Mouvement  convulsif  Pouh  convul-if 

CoyvmsiF,  se  dit  aussi  De  ce  qui  donne  d.s 
convulsions  ;  mais  dans  cette  acception  ,  c'est 
plutôt  un  terme  de  Médecine  que  du  discours 
ordinaire.  Vémélique  est  convnkif.  L'ellébore 
est  convulsif. 

.CONVULSION.,,  f.  .Mouvement  irrégulier 
et  involontaire  des  muscles  ,  avec  .secousse  cl 
violences.  Grnurfe,  violente,  furieuse  convul- 
sion. Convulsion  épilcptique.  Tomber  en  con- 
vulsion. Être  en  convulsion.  Dans  le  fort  de  la 
convulsion.  Etre  sujet  ù  des  convulsions.  Avoir 
des  convulsions.  Il  mourut  dans  les  convul- 
sions. 

CoNVciSTos,  se  dit  ûgurément  Des  empor- 
temens,  elToits  extraordin.aircs  qu'on  fiiit  pour 
quelque  chose.  La  seule  vue  d'un  homme  qui 
demande  de  l'argent,  donne  des  convulsions  i 
un  avare. 

CONVULSIONNAFRF.  adj.  des  2  genre, 
et  substantif.  Qui  a  des  convulsions.  On  donn« 
ce  nom  à  quelques  fanatiques  modernes. 

coo 


COOBLIGÉ.  s.  m.  Celui  qui  est  obligé  avec 
un  ou  plusieurs  antres  dans  un  contrat,  dans 
une  oblig.itiou.  7/  a  été  condamné  à  payer, 
sauf  son  recours  sur  ses  coobligés,  contre  ses 
coohligés.  Défenses  d'attenter  ù  sa  personne, 
ses  biens,  ses  cautions  et  ses  coobligés.  Phrases 
l'.c  formule  dont  on  use  dans  ha  .Arrêts  rendus 
en  faveur  des  débiteurs  que  la  Justice  prend 
sous  sa  pioleclion. 

COOPÉKATEUR  ,  TRICE.  s.  Celui  ,  celle 
qui  opère  avec  quelqu'un.  Il  s'emploie  surlout 
d.ins  les  matières  de  pieté.  Les  Ministres  de 
l'Eglise  sont  Us  coopérateurs  de  Jésis-Chiust 
I  COOPERA TIO.N.  i.  {.  Action  de  celui  qui 
[  co-ipère.  Di'cn  ne  nous  sauve  qu'avec  notre  coo- 
pération. 

COOPÉRER.  V.  n.  Opérer  conjointe- 
ment avec  quelqu'un.  Coopérer  i  la  conversion 
de  quelqu'un.  J'y  ai  coopéré  avec  lui.  Je  n'y  ai 
point  coopéré.  Coopérer  au  succès  d'un  dessein, 
d'une  entreprise. 

COOPTATION,  s.  f.  Admission  exlraonli- 
nairc  dans  un  Corps,  »<:comi>agnco  de  dis- 
pense. La  cooptation  dans  l'Université  de  Pu- 
ris  cul  (icu  en  faveur  de  N.  Couture. 

COOPTKU.  verbe  act.  Admettit  quelqu'un  . 
dans  un  Corps  en  le  dispensant  de  quelqu'une  ^ 
des  conditions  n.cessairss  pour  y  entrer.  LU- 


COP 

niversitè  de  ParU  coopta  Pierre  UallcY  m 
Coopté,  tt.  participe. 
COP 

COPAIIU.  s.  m.  Baume  qu'on  tire  par  inci- 
sion, d'un  arbre  chi  Brésil  appelé  Copaiba.  1  es 
propriétés  du  Copahu  sont  il  ,«.„  pr;.s  les  mimes 
lue  celles  des  baumes  de  Tollu,  du  Pérou,  et 
niènic  du  baume  de  la  .Mecque. 

COPAL.  s.  m.  Comme  dune  odeur  agréable 
îu'on  tire  par  incision  de  plusieurs  espfaes 
d  nrbrcsde  la  nouvelle  Espagne.  Le  copal  ent,, 
dans  la  composition  du  vernis 

Crjp.VRTAGEANT,  ANTE,  adj.  et  s.  Celui, 
relie  qui  partage  avec  un  autre.  Il  se  dit  Do 
foules  les  iiersonnes  qui  partagent'dans  une  as- 
«ocialion  quelconque.  Puissance  copartageante 
llentier  copartageant.  Donner  à  chacun  det 
copartageans  la  part  qui  lui  peut  appartenir. 

COPEAU,  s.  m.  Éclat,  moroeau  de  bois  que 
In  hache,  la  doloi^e,  le  rabot,  ou  quelque 
autre  instniment  tranchant,  font  to.mber  du 
hois  qu'on  abat,  ou  qu'on  met  en  œuvre.  Gro, 
copeaux.  Menus  copeaux.  Copeaux  de  hctre. 
uniler  des  copeaux. 

On  appelle  Vin  de  copeau.  Le  vin  nouve.iu 
que  l'on  fait  passer  .sur  des  copeaux. 

COPERMUTANT.  s.  m.  Il  .se  dit  De  chacim 
àc  ceux  qui  permutent  ensemble  leurs  Beiié- 
£ces. 

COPHTE  ou  COPTE,  subst.  m.  Nom  qu'on 
hnoc  aux  Chrétiens  originaires  d'Egypte,  et 
îui  sont  la  Secte  des  Jacobites,  ou  Eutichécns. 
On  nomme  aus.i  Cophte  l'ancicnua  Laneue 
Égyptienne. 

(:0P!E.  subsL  f. Écrit  fait  d'après  un  autre. 
Fukle  copie.  Copie  exacte,  mauvaise  copie, 
copie  collationnée  à  l'originaL  La  copie  d'un 
contrat,  d'un  exploit.  Copie  figurée.  Qui  est  sur 
du  papier  de  ia  même  grandeur,  avec  les  mêmes 
rspaces  et  les  mêmes  ratures,  s'ilyen  a.  Lacopit 
d'un  manuscrit.  Donner  copie.  Prendre  copii: 
Faire  une  copie.  Tirer  copie.  Retenir  copie. 
Garder  copie.  Vous  n'avez  que  la  copie  de  vos 
litres,  et  il  en  a  les  originaux.  La  pièce  n'c.<l 
pas  si  rare,  il  y  en  a  cent  copies.  On  en  a  dis- 
tribué plusieurs  copifs. 

Copie,  se  dit  aussi  De  l'imitation  exacte  des 
originaux  de  l'cinture.  Sculpture  et  Gravui-. 
Avoir  des  copies  des  meilleurs  originaia: .  des 
meilleurs  tableau.T.  Une  copie  tirée  sur  l'origi- 
nal.  Copie  de  copie.  Ce  n'est  pas  un  original, 
ce  n'est  qu'une  copie.  La  copie  ne  le  cède  guère 
à  l'original.  Une  copie  de  l'Hercule  Farnèse. 
Une  copie  de  /a  Venus  de  Mèdicis.  Une  copii 
du  Titien. 

On  dit  d'Un  homme  qui  ne  réussit  p.ns  ii  eu 
imiler  un  autrcqui  est  excellent  dans  son  genre, 
que  C'est  une  méchante  copie  d'un  fort  bon 
original. 

On  dit  en  style  familier,  d'Un  homme  siiv- 
gulièrcmenl  ridicule,  que  C'est  un  original 
sans  copie. 

En  termes  d'Imprimerie,  on  appelle  Copn, 
Lient  sur   lequel  l'Imprimeur  compose.    Le 


COQ 

Compositeur  ne  pas  asi:^  de  copie  pour  ache- 
rc/  lu  fciiUle. 

COPllOR.  V.  a.  Faire  une  copii .  Il  se  dll 
«iSalemciit  De  loulis  ks  copies  (|u  on  tire  dmii: 
cfrilurc,  d'un  lablcau,  d'une  statue,  etc.  Co- 
pia- liiléUment,  JUijemment.  Copiez-moi  vite 
Cille  pièce.  Copier  un  contint,  un  crpluit. 
Coi  ier  un  écrit  mol  à  mot.  Copier  un  luhleau. 
Copier  une  statue.  Copia-  un  bas-relief.  Celte 
pièce  est  bien  copiée.  Ce  (tome,  ce  palais  es: 
copié  sur  un  tri  bntiir-tnt. 

Il  sigDtfîe  fîgurc'raeotf  Imiter,  exprimer  par 
l'imilatioa,  les  actions,  les  j^estes,  les  manières, 
le  style  de  quelqu'un.  Il  s'attache  à  copier  ce 
qu'il  y  a  de  nKilleur  dans  son  modèle. 

On  dit,  Copier  uny/«leiir,pour  dire,Ticlicr 
de  l'imiter.  Il  se  prend  ordiiuirenicnt  en  mau- 
vaise pari.  On  dit  aussi,  Copiei-  lu  nature^  pou/ 
dire,  Imiter  la  nature.  Un  tel  Peintre,  un  tel 
Poète  a   bien  copié  la  nature. 

Il  signifie  aussi  Contrefaire  quelqu'un  \in' 
dérision.  Cet  liomme  a  un  (jrand  talent  pout 
copier  les  c/ens. 

Copier  ,  avec  le  pronom  personnel,  5e  copier, 
te  dit  d'L'n  Peintre  qui  se  répète,  qui  n'est  pai 
varié  dans  leâ  altitudes,  dans  son  ton. 

Copié,  ijL.  participe. 

COPIE VSi:.ME>"r.  adv.  Avec  abondance, 
beaucoup,  iîoiie  copiewenienl.  Manqer  copieu 
ffment.  Criner  copieusement.  Il  n'est  guèrï 
d  U6.i^e  <juc  dans  ces  sortes  de  plnases. 

COPIEU.X  ,  EUSE.  adj.  Alrandaot.  Il  ne  s! 
dit  ^ttiTcqur'dan.t  le»  plirisr*  sriiv.-inles  ■  Fairt 
un  repas  ccf'teu.x.  Faire  une  é^'acuation ,  uni 
telle  copieuse. 

CCPISrE.  s.  m.  Celui  qui  copie  en  q'ielqtil 
genre  que  ce  soit.  Vn  bon  copiste.  L'n  cvcel 
lent  copiste.  Vn  méchant  copiste.  Ce  n'eslquus 
copiste.  Mon  copiste. 

On  dit  d'L'n  Peintre  qui  ne  fait  que  copiei 
les  tableaux  des  autres,  que  C'est  un  copiste, 
q-ic  ce  n'est  qu'un  copiste. 

On  dit  d'Un  bon  Auteur,  qu'//  a  fait  de 
maitvtiis  c^jiisles,  pourdire,  que  Plusieurs  écri- 
v.iins  otit  tiiclié  de  l'imiter,  mais  sans  succès. 

COPItOPlilÉTAlRE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
possède  par  indivis  avec  uu  autre,  une  m  tison, 
luic  terre ,  etc. 

COPl'ER.  V.  a.  Faire  bntlre  le  ballant  de  U 
ctorhe  seulement  d'un  cote.  Copter  la  cloche. 

Copré,  LE.  participt'. 

COPUI.ATUMVE.  adj.  Terme  de  Gram- 
maire, qui  sert  à  lier  les  mois.  Conjonction  co- 
pulatii-e.  Et,  esl  une  conjonction  copulalii-e. 

COPULATION,  s.  f.Conjouclio.T  de  l'Iiomme 
et  de  la  femme  pour  la  génération.  Dans  le  lan- 
Ç'ge,  ou  ne  l'emploie  guère  qu'avec  CliarueL 
l.a  €  pt.'jilion  cJiurneKc  cji  ,Ufent!ue  hors  U 
t»ar*c^e. 

COPULE.  ».  f.  Terme  de  Logicpie.  Il  signi- 
fie 1  •  not  qui  lie  le  sujet  avec  l'attribut. 

COQ 

COO.  i.  m.  (On  prononce  le  Q.  )  Sorte  d'oi 
•eau  d<>meslii{ue  ipii  esl  le  ni^tle  de  la  |>oule. 
Pioi:  Cl'].  Un  jeune  co'j.  6'ii  vieux  coti.  CrcU 
Titme  /. 


COQ 

f?c  co^.  Fiiîrc  battre ,  faire  jciiter  des  coqs.  Un 
comhiit  lU  coas.  Le  chant  dit  coq.  Au  premier 
chuut  du  coq.  Plumer  de  coq. 

Ou  appelle  Coq  de  bruyère,  Une  espèce  de 
coq  sauvage  qiiï  se  noiiirit  dans  les  bniyèrcs. 
On  appelle  Coq  d'Inde  (On  ne  prononce  pas 
le  q),  Une  rsp«jce  d'oiseau  domestique  plus 
j^ros  que  le  coq.  On  ajipcllc  Coq-fitisan ,  Jje  fai- 
san mâle.  On  le  dit  aussi  du  niûlc  de  la  perdrix. 
Il  ne  faut  tuer  que  les  coqs. 

Ou  dit  familièrement  d'Un  homme  à  qui 
par  quelque  èinotioii  subite  le  sang  nionle  au 
visage,  qii'//  est  rouqc  comme  un  coq. 

On  appelle  figurémentct  famililTement  Coq> 
Un  homme  qui  est  le  principal  en  quelqu;'  en- 
droit ^  qu'on  y  distingue  au-dessus  des  autres  à 
cause  de  son  cr-dit,  ou  de  ses  richesses,  ou  de 
f(ucl((ue  antre  avantage.  Il  e-ii  le  coq  de  son 
villa-fe.  C  est  un  coq  de  Vuroissc.  C'est  le  coii 
du  villaqe. 

On  dit  provrrbialcnienl  d'Un  Itomine  qui 
est  fort  à  son  aise  dans  quelque  lieu,  qu7I  e:l 
Iii  comme  un  coq  en  pâte.  Quelques-uns  le  di- 
sent aussi  dUn  horame  qui  est  enveloppé  d'o- 
reillers,  de  couvertures,  etc.  en  sorte  qu'il  ne 
peut  se  remuer  qu'avec  peine. 

On  appelle  aussi  Coq  ,  cette  fi;;ure  de  co(\ 
qu'on  met  sur  la  pointe  des  clochers  des  Kgli- 
ses,  et  qui  sort  île  girouette.  Le  coq  d'une  tclli 
hqlise.  Il  faut  voir  où  est  tourne  le  coq,  pour 
favoir  de  quel  côté  vient  le  vent. 

Cn  appelle  Coq  da  Jardins ,  une  Plante 
Irùs-odorante.  Elle  est  bonne  contre  les  maui 
i'eitomac.  et  plusvurs  autres  •naladies. 

Ou  appelle  Coq  d'une  montre  ,  La  pièce 
d'une  montre  qui  couvre  et  soutient  le  balan- 
cier ,  el  le  lient  ferme. 

COQ-A-I>"A>U.  s.  m.  indéclinable.  Discourj 
i]ui  n'a  point  do  suite,  de  liai.son  ,  de  raison.  I\ 
vi'a  répondu  par  un  coq-à-l'anc.  Faire  un  coq 
.i-/'((ne.  Il  fait  toujours  des  coq~à-Vdite.  Il  esl 
du  st\lc  Cnnilicr. 

COQUARDK.  Voyez  COCARDE. 

COQUE,  s.  f.  Enveloppe  extérieure  de  l'œuf. 
Le  poussin  héquetoit  déjà  la  coque.  Les  pou- 
lets ^  les  perdreaux  courent  au  sortir  de  la  co- 
^ue.  Manqer  des  a  ufs  à  la  coque. 

11  se  dit  auxs!  De  l'enveloppe  lij^nruse  de  la 
noix.  Coque  de  noix.  Je  n'en  dunnerots  pas 
une  coque  de  noix. 

CoytE,  en  tenues  de  poto nique,  se  dit  De 
l'enveloppe  de  certains  fruiu  OD  de  certainei 
semences. 

U  se  dit  aussi  De  l'enveloppe  oti  se  ren 
ferme  le  ver  à  soie  quand  i)  veut  6ler,  auss 
bien  que  plusieurs  autres  insectes.  Ce  Vf"  n 
foi'e  comrience  à  faite  sa  coque. 

On  dit  proverbialement  et  par  rcprocK:, 
qu'Un  jeune  garçon  ne  fait  que  sortir  de  la 
coque  y  |>onr  dire  ,  que  Ce  n  est  encore  qu*in 
enfant.  H  ne  fait  que  sortir  de  la  coque ^  il  il 
fait  déjà  Ventcndu. 

COQUKCI(;UUE.s.f.seditenslJefan'lier 
Des  choses  fricotes,  cliinieiiiiui-s.  Il  nous':,'.ent 
compter  des  coqueciqrucs  ,  des  coqucciq'ues 
de  me-.  Il  raisonne  towmc  une  coqncciij'  te. 


COQ  3i3 

COQUEIJCOT.  s.  m.  Esp-cc  de  pavot.  Le 
coquelicot  routje  et  simple  croit  parmi  les  bits. 
Sirop  de  coquelicot.  On  cultive  dans  les  jar- 
ilins  du  coqtu.licol  qui  est  double  et  de  diQ'é- 
rentes  couleuiS. 

COQUEI.OUUnE.  s.  f.  Plante  qui  par  sa 
lige  et  j)ar  sra  ileurs  approche  de  l'Anémone. 
les  Jardinie^l  appellent  aussi  Coquelourdc, 
Une  certaine  csjHfce  de  Lychnis. 

COQUELUCHE,  s.  f.  Capi.chon.  Il  est  vieux. 

On  dit  fi;j.irenicut.  familièrement  et  par  al- 
lusion  a  la  coqueluche  dont  on  >e  coiQliit  , 
fju't/ne  lersonne  est  la  coqueluche  de  la  Cour, 
de  la  Ville,  du  quartier  ^  pour  dire, qu'Elle  est 
fort  en  vog'^e, 

C'cstau.si  le  nom  d'Une  main  licépide'mique, 
espèce  de  rhume  qui  cause  dei»  loux  vio- 
lentes. //  a  en  la  coqueluche.  Il  est  malade  de 
la  coquehyjie. 

COQUliLUCHON.  s.  m.  Espèce  de  capu- 
dion.  Ci.'^ueluchon  de  Moine.  Il  porte  un  ro- 
qucluchty.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  plaisanlcrie, 

COQUEM.VR.  s.  m.  Espèce  de  jmt  de  lenc 
vernissé,  ou  de  cuivre,  ou  d'élain ,  ou  d'ar- 
gent, e:C.  ayant  une  anse,  et  scr^-ant  ordinai- 
rement h  faire  bouillir  ou  cliauffcr  de  l'eau,  de 
la  tisaae  et  autres  clioses  semblables.  Faiic 
Itouillir  dcVeaUj  de  la  tisane  dans  un  coquemar. 

CCQUEIlETou  ALKEKENCI.  s.  m.  PUnc 
fort  cammune  dans  les  haies.  Elle  porte  une 
hdic  Eîolle  qui  devient  une  vessie  mugeUre. 
Les  Médecins  emploient  celle  baie  dans  les  ma- 
ladies de  la  vess'e. 

COQUERICO.  s.  m.  Chant  du  coq.  Le  coq 
ehaita  coquerico. 

COQUET,  ETTE.  adj.  Qui  fait  le  galant, 
tju!  cherche  à  plaire,  h  donnet  de  l'amour  j 
plu-rieurs  femmes  à  la  fois.  Il  ne  fit  jamais 
d'homme  si  coquet.  Il  a  Vespiit  coquet.  L'ne 
femme  coquette,  bien  coquette. 

11  se  met  quelquefois  subslamîvenxent.  Cerf 
vn  coquet,  une  vraie  coquette.  Une  coquette 
Çxfft-e,  une  vieille  coquette^  une  franche  co- 
quette. 

COQUETER.  v.n.  Être  coqu-t,  ou  coquette, 
'aire  le  coquet,  la  coquette,  etc.  //  ne  fait  que 
■oqueter.  Elle  ne  s'empêchera  jamais  de  ccf- 
fjueter.  Elle  coquète  tout  le  jour  avec  tout  le 
monde.  U  est  familier. 

C(JQUET1ER.  s.  ra.  Marchand  d'œufs  et  de 
volailles  eu  gros. 

CoQUETiEit,  est  aussi  Un  ustensile  de  table, 
où  l'on  met  un  œuf,  [lour  le  manger  à  la  coquo. 

COQUFriTERlE.  s.  f.  Manières  on  paroles 
employées  U  dessein  de  plaire,  d 'al  tirer  «  d'en- 
gager. Il  y  a  bien  de  la  coquetterie  duns  toutes 
ses  manières.  Dire  des  coquetteries.  Faire  ttts 
coquetterie-*  à  quelqu'un.  Il  n'y  a  eu  entre  eux 
que  de-la  coquetterie. 

COQU1EI-.4GE.  ».  m.  Ternie  collectif.  Petit 
poisson  û  coquille,  ou  testacé.  Le  menu  peuple 
des  côtes  de  la  mer  vit  de  coquillanes.  Tonte 
cette  cdïe  e^t  pleine  de  coqutllnges.  U  y  a  ttes 
coqudlaqc^  de  mer,  d'eau  douce  et  de  terre. 

Il  signifie  aussi  Un  aiuas  de  coquilles.  Lnt 
qrotte  de  coquillages. 

4o 


3ii  COQ 

Il  sigiiinc  (jiielijiiefois  l.'espècc  de  coquille. 
Le  co(^mlUu^€  lU  /il  pourpre  est  bcim^  est  rare. 
Coijiiillatje  doré,  marqueté,  etc. 

COQUILLE,  s.  f.  CouvertiTtv  nu  roque  des 

liiTiaçuiis,  etctt:si)oisson.<iquc  les  .N,il«r»Iistesa[>. 

pellent  Teslacés;  comme  les  moules,  pourpres, 

limas  <ie  mer,  etc.  Les  coquilles  sont  univalves, 

liivalves,  ou  mullivalvcs.   Les  univ-alves  sont 

(l'une  teulc  pièce,  les  bivalves  de  deux  pièces, 

et  les  mullivalvcs  sont  de  trois,  de  cinq  ou  de 

douze  pièces.  Toutes  les  coquilles  de  terre  sont 

univalves  ;  celles  d'eau  douce  sont  univalves  ou 

bivalves.  Les  coquilles  de  mer  sont  des  trois 

esi>ices.  Belle  co(jiiitk.  Coquille  dorée.  Coquille 

:    ù   vis.   Co(juiHe  dentelée.    Coquille   de  nacre. 

j    Amasser  des  coquilles.  Ramasser  des  coquilles, 

'.    faire  une  coifcction  de  coquilles.  Il  est  curietux 

'    en  coquilles.  Les  l'élcrins  de Saint-J acnues  en 

!     Galice,  et  ccu.r  du  Mont-Saint  Michel  en  .\or- 

viandie,  rapportent  des  coquilles  à  Icurchupcuu. 

Des  écliarpes  semées  de  coquilles.  Vase  fait  en 

coquille.  On  portait  autrefois  des  nardcs  d'épée 

en  coiiuille.Oui'rane  en  coquille.  On  ne  dit  ni 

Coquille  de  tortue,  ni  coquille  d^l.uUre. 

C^OQLiLLE ,  se  dit  aussi  Des  coqties  d'œufs  cl 
de  noix,  principalement  tpiand  elles  sont  rom- 
pues, cassées. 

On  dit  proverbialement,  ficufrer  dans  sn 
coquille,  pour  dire.  Se  retirer  d'une  enlreprisc 
téniciaire,  abandonner  nn  propos  hasardé,  se 
remettre  i\  sa  place  après  avoir  tenté  d'en  sortir, 
ou  y  être  remis  pir  l'effet  d'une  menace. 

l*uur  dire,  qu'Cnc  persoruie  est  fort  jeune, 
on  dit  familièrement,  qu'E/fe  ne  fait  que  sortir 
de  la  coquille 

On  dit  ]>roverbialement  à  nn  Iiomme  qui, 
voulant  en  faiie  accn.irc  à  quelqu'un,  s'adresse 
sans  le  savoir  à  plus  fin  que  lui  :  À  qui  vendez^ 
vous  vos  coquilles  ?  Portez  vos  coquilles  à 
d'autres.  Portez  vos  coquilles  ailleurs.  C'esi 
vendre  des  coquilles  à  ceiir  <jiii  viennent  de 
Saint-Michel. 

On  dit  proverbial., qu't/7i  homme  veudlien 
ses  coquilles,  fait  bien  valoir  ses  coquilles. 
pour  dire,  qu'il  fait  bien  valoir  sa  inarcliau- 
dise,  son  travail.  Ce  Marcliand-là  vend  bien 
ses  coquille.^. 

COQUlLLIKR.s.ni.  Collection  de  coquilles 
ou  le  lieu  oii  on  les  rasseniLle. 

COtJCIN ,  I>"l"..  s.  Terme  d'injure  et  de  me- 
pris,  commeFripon,  maraud. Ce»!  un  coijuin-, 
une  coquine.  Vn  tour  de  coquin. 

Ou  dit  aussi  par  injure  et  par  mépris  :  C'est 
un  beau  coquin,  un  btn  coquin,  un  plaisant 
coquin.  Un  méchant  coquin,  un  qrand  co- 
quin, pour  dire,  Infime  et  lâclie.  C'est  un  co- 
quin qui  trahiroit  son  meilleur  ami  pour  le 
moiudic  intéiit.ll  a  fui  comme  un  coquin.  On 
la  traité  comme  un  coquin. 

On  dit,  dans  un  sens  plus  ou  n^oins  élendu 
d'Une  femme  débauchée  et  d'une  femme  qui 
trompe  beaucoup  d'amans,  que  C'est  une  cc- 
quine. 

Le  met  Co'jum  s'emploie  aussi  quelqnefoi 
en  pljisaiiierie,  sans  aucune  idée  d'injure  ni 
do  mcpns. 


COR 

Cotjuis ,  s'emploie  quelque^ lis  adjective- 
ment; et  dans  cette  accipiion,  il  n'est  puère 
d'usage  que  dans  ces  phrases  du  style  familier, 
Un  métier  coquin,  une  vie  coquine,  qui  se 
disent  d'Un  emploi  oii  l'on  sa  plait,  parce  qu'il 
n'y  a  presque  rien  à  faire ,  et  d'Une  sorte  do 
vie  douce,  molle  et  fainéante  à  laquelle  on  s'ac- 
coutume. 

COQULNERIE.  s.  fém.  Action  de  coquin. 
Il  m'a  fait  une  coquinerie  du  premier  ordre.  Il 
est  familier. 

COR 

COR.  subst.  mase.  Sorte  de  durillon  (jui 
vient  aux  pieds.  Avoir  un  cor  aux  pieds,  à  un 
doigt  du  pied.  Couper,  arracher  les  cors  des 
pieds. 

COR.  s.  m.  ïnstnmient  h  vent,  courbé  en 
spirale.  Cor  d'airain.  Cor  d'arnent.  Embou- 
cher le  cor.  Sonner  du  cor.  Donner  du  cor.  Au 
son  du  cor. 

A  con  ET  À  CRI.  Expression  adve.rh.  En 
ternies  de  Véneiie,  Chasser  à  cor  et  à  cri,  si- 
gnifie, Chasser  à  grand  bruit.  Il  a  droit  de  chas- 
ser à  cor  et  à  cri  dans  une  telle  forêt. 

On  dit  figiirémenl  Vouloir ,  demander ,  pour- 
suivre une  cliose  à  cor  et  à  cri,  pour  dire, 
Vouloir,  demander,  poursuivre  une  chose  !i 
toute  force. 

COR.VIL.  s.  m.  Sorte  d'arbrisseau  qui  croit 
dans  la  mer,  qui  durcit  lorsqu'il  est  tiré  de 
l'eau,  el  qui  est  ordînairenient  rouge.  Corail 
roUfje.  Corail  pdle.  Corail  blaric.  Corail  noir. 
Branche  de  corail.  Vn  chapelet  Je  corail.  Det 
bracelets  de  corail.  Houqe  comme  corail.  Lei 
Chimistes  tirent  un  sel  du  corail. 

Leà  Poêles  disent  d'Utie  belle  bouclie,  que 
C'est  une  bouche  de  corail,  que  ce  sont  det 
lèvres  de  corail. 

CoitAiLj  fait  au  plur.  Coriia.r.  Ainsi  en  par- 
lant d'Un  curieux  qui  a  plusieurs  belles  pièces 
de  corail  dans  son  cabinet,  on  dît,  qu'//  a  de 
beaux  coraux,  des  coraux  très-rares. 
I  CORALliNE.  s.  f.  Plante  qui  croît  sur  les 
rochers  baignés  par  la  mer.  Elle  est  pierreuse 
■orame  le  corail,  branchue  et  composée  de  pe- 
tites pièces  allachces  les  unes  aux  autres.  Elle 
lune  odeur  de  marée, et  une  saveur  très-salée. 
Elle  est  bonne  conlrc  les  vers  des  enfaiis^ 

CtJKALLL\,lNE.  adj.  "Juiest  rouge  comme 
corail.  Ou  s'en  servoit  auinlbis  eu  Poésie  dans 
les  phrases  suivantes  ,  Tioiuhts  corallines  , 
Lèvres  corallines.  Présentenient  il  n'est  plus  en 
usage. 

CORIiEAU.  s. m.  Gros  oiseau  d'un  plumage 
itolr,  qui  est  carnassier,  cl  vit  ordinairemenl 
de  charogne.  Gros  corbeau.  Xoir  comme  un 
corbeau.  Entemlre  croasser  les  corbeaux.  Le 
croassement  des  oorbeaiLV.  Sei  vir  de  pdture  aux 
corheau.r.  Les  corbeaux  font  leurs  niils  sur  les 
plus  hauts  arbres. 

On  appelle  (igurémcntCori)C(iH.r,reux  qui, 
d-ins  un  temps  de  contagiou,  enlèvent  les  prs- 
liféréSiSoit  pour  les  porter  1  l'Ilopilal,  soit 
pour  les  enteiTer. 

On  appelle  eu  termes  d'.VrcliilecInrQ,  Cor- 


COR 

Iiciiu ,  Une  grosse  pierre  ,  ou  pièce  de  bois  mise 
en  faillie,  ]X)ur  soutenir  une  poutre. 

On  appelle  aussi  Cordenu  de  fer,  Cenaia 
morceau  de  fer  qui  est  scellé  dans  la  muraille, 
et  qui  sert  à  soutenir  une  pièce  de  bois  sur  la- 
quelle portent  les  solives;  et  en  termes  de  Ma- 
rine ,  Croc  de  fer  pour  accrocher  les  vaisseaux 
de  l'ennemi. 

Les  Astronomes  donnent  le  nom  de  Cor- 
beau  h  une  constellation  de  l'iiéniisphère  méri- 
dional. 

CORBEILLE,  s.  f.  Espère  île  panier  fait  or- 
dinairement  d'osier.  Une  corbeille  à  mettre  des 
fleurs.  Une  cor-beille  de  fleurs.  Une  corbeille  de 
fruits.  Une  corbeille  couverte.  Une  corbeille 
découverte.  .Metlre  des  fruits  dans  une  cor- 
beille. 

On  appelle  alwolument  La  eorbeilk  ,  L« 
bijoux  que  l'époux  futur  envoie  dans  une  cor- 
beille à  la  personne  qu'il  doit  épouser. 

C'est  aussi  Un  ornement  eu  Architecture, 
en  Seulptiire  et  en  Jardinage. 

CORlilI.LARD.  ,s.  m.  Kom  qui  se  donne  4 
un  grand  bateau  établi  pour  aller  de  Paris  à 
Corbeil.  On  appelle  aussi  du  même  nom,  Cei^ 
taius  grands  carrosses  h  huit  personnes  ,  dont 
on  se  sert  chez  les  Princes  pout  voiiui-er  les 
gens  de  leur  suite.  Le  Peuple  appelle  encore 
«insi  Un  chariot  i  transporter  les  morts. 

CORBILLAT.  subst.  masc.  Le  petit  du  ror- 
lieaii. 

CORBILLON.  s.  m.  Espèce  de  petite  cor- 
beille. Le  coihillon  du  pain  bénit.  Mettre  U 
main  dans  le  cor-billon.  Le  cor-billon  d'un  Pâ- 
tissier. Un  corbillori  d'oubliés. 

On  dit  proverbialemeut  et  fi'.^urémenl,CAiir». 
qenient  de  corbiUon  fait  appétit  de  pain  bénit, 
jjour  donner  i  entendre  qu'il  y  a  une  espicc 
de  ragoût  dans  le  changement.  On  dit  dans  le 
même  sens  ,  C/ianjenient  de  corhillon  fait 
trouver  le  pain  bon. 

Coubillos,  se  dit  aussi  d'Une  espèce  de  jeu, 
où  les  joueurs  sont  obligi's  de  répondre  en  ri- 
mant eu  On. 

CORIiW.  s.  m.  Corlxaii.  En  ce  sens  il  est 
vieux,  et  n'est  plus  d'usage  qu'en  celle  phrase, 
liec-de-corbin  ,  qui  se  dit  d'Une  sorte  d'anno 
que  portoient  les  rent  Geulilshomiecs  de  b 
Maison  du  Roi,  epii  pour  ce  sujet  éloiei.l  nom- 
més Gciitils/ioni/nes  au  bee-de-corbin. 

On  appelle  aussi  Bec-de-cOrbin,  Certaines 
caui.es  dont  le  bout  qui  se  tient  dans  lu  main 
est  recourbé  au  lieu  d'être  en  [>omme. 

CORn.\GE.  s.  m.  colle,  lif.  Toutes  les  co»- 
des  qui  .servent  îi  la  manœuvi-e  d'un  vaisseau, 
d'une  galère.  Cordaqe  d'un  vaisseau.  Le  cor- 
daqe  d'une  galère.  Avoir  des  cordages  de  re- 
chiinne.  Magasin  de  cordages.  Gros  cordaie. 
Menu  cordage.  Cordage  de  chanvre.  Cor-daoe 
de  coton.  Le  canon  donna  dans  les  cordages  , 
coupa  les  cordages. 

Il  se  dit  aussi  Des  cordes  qu'on  emploie  .1 
des  trains  d'artillerie,  ou  ^  faire  des  maebiues. 
/(  faut  bien  du  cordage  dans  un  équipage 
d'artillerie.  Elever  une  machine  avec  des  cor- 
dages. 


COR 

ConnAGE,  se  dit  «juelijuefois  ilUiic  stulo 
corde.  Ce  rorilnje-lii  n'est  pas  asse:  /uiL 

Il  se  dit  aussi  De  la  manière  de  inesunr 
avec  une  corde  le  bois  qu'où  ai>[ielle  Bois  de 
corde.  Le  toit  «I  bon,  mais  on  vous  a  lromf)i; 
au  cordage.  Le  cordage  (Wt  bon.  Le  cordayc  at 
mauvais. 

CHU  DE.  J.  f.  Tortis  ûit  ordinairement  de 
cl)anvre,  et  «jucitjucfois  de  cotou,  de  laine,  de 
soie  ,  d'écorce  d'jrbrcs  ,  de  poil ,  de  crin  ,  de 
jonc  et  dautrcs  nioliéres  pliantes  et  flexibles. 
Grosse  corde.Pctite  corde.  Corde  menue.  Corde 
déliée.  Longue  corde.  Corde  à  trois  cordons. 
Filer,  tordre  une  corde.  Àliaclier,  serrer  avec 
une  corde.  Cela  était  pendu  à  une  corde ,  lie 
d'une  corde.  Prisonnier  lié,  gairotté  de  cordes. 
£tendre  du  lintje  sur  une  corde,  sur  des  cordes. 
Corde  à  puils.  Pont  de  corde.  Soulier  de  corde. 
Echelle  de  corde.  Couper  la  corde  d'un  ha- 
UaUy  d'une  cloche. 

On  appelle  Tabac  en  corJe,  Du  tabac  i]ui 
est  ou  qui  a  été  corde. 

On  appelle  Corde  de  jeu  de  paume  ,  Une 
grosse  corde  qui  est  tendue  au  milieu  d'un  jeu 
de  paume ,  et  qui  est  garnie  de  iilets  jusqu'en 
bas;  et  dans  ce  sens  on  dit  :  Mettre  sous  la 
corde.  Friser  la  corde,  Jdettre  argent  soui 
corde. 

On  dit  figurcment  et  familièrement  d'L'ne 
aflàire,  <ju'£(le  a  passé  à  jleur  de  corde,  pour 
dire  ,  qu'il  s'en  est  p«u  fallu  qu'elle  n'ait  nj-Mt- 
que. 

<>n  dit  aussi  (î;;un'ment  et  proverbialement. 
Iju't/u  homme  a  frisé  la  corde,  (^uand  il  s'en 
est  peu  fallu  qu'il  n'ait  perdu  son  procès,  qu'il 
n'ait  manqué  son  aflàire. 

On  appelle ■  Cor<le  d'estrapade,  I,a  cordi 
arec  laquelle  on  guindé  ceux  qui  sont  condam- 
nés ^  avoir  l'estrapade  ;  et  en  ce  sens  on  dit , 
/donner  trois  coups  de  corde  à  un  soldat,  poui 
dire,  I.e  ;;uinder  trois  fois  en  liant,  et  le  laisser 
alltr  de  toute  sa  pesanteur  à  lui  pied  près  de 
terre. 

On  dit  proTCrbialemcnt  et  fisurénicnt, 'V'ons 
l'errc;  beau  jeu  si  la  corde  ne  ro?iipt,  pour  dire, 
Vous  verrez  des  choses  fort  snrprcnjntes  dans 
telle  afl'aire,  dans  telle  entreprise,  si  les  moyens 
dont  on  se  sert  pour  y  parvenir  ne  nianquenl  pas. 
On  dit  figurcment ,  Tirer  sur  la  même  corde, 
pour  dire,  S'rrjtendre,  agir  de  concert,  lors- 
qu'on est  plusieurs  intéressés  à  un  succt^s  qui 
doit  être  commun  à  tous. 

ConoE,  se  die  aussi  d'Cn  gros  cable  t'ndu 
en  l'air,  r\  attaclic  par  les  deux  bouts,  sur  le- 
quel certains  bateleurs  dansent  ;  et  c'est  dans  ce 
sent  qu'on  dit  :  Danser  sur  la  corde.  Aller  voir 
les  Jtifueurs  de  corde. 

On  dit  aussi  G°urémcnt  et  fàmilièrcmcnl 
dans  le  m6ine  sens,  qu't/n  'lomme  danse  sur 
la  corde,  pour  dirî,  qu'il  est  engaj;é  dans  une 
affaire  linsardiuse,  dans  une  situation  embar- 
rauantc,  inci:rtaine,  où  il  court  ris-|ue  à  tout 
moment  de  succonilicr. 

Coauc,  se  pn  nd  pour  Le  supplice  de  la 
potence.  Cela  nientc  la  corde.  Il  a  échappé  la 
i,'orde  C'est  un  homme  échapfé  de  la  corde. 


C  O  R 

rt  dans  ce  scîis  on  dit  fijuréinsnt  qu'l'n 
homme  a  frisé  la  corde ^  pour  dire,  qu'il  a 
pense  cLrc  pcudu. 

Od  dit  aus»if  La  corde  au  cou,  en  parlaiii 
De  ceux  qui  font  aineiidc  lionorablc.  îl  a  fait 
liuimide  honorable  la  corde  au  cuu. 

El  fr^uccmcut  un  dit,  5e  rendre  la  corde  au 
cou,  venir  la  corde  au  cou,  De  ceui  qui  se 
soumettent  saus  aucune  condition  à  la  merci 
du  Vainqueur,  du  Prince,  du  Supérieur.  Ces 
assiéqés  se  rendirent  la  corde  au  cou.  C'est  aussi 
5C  rendre  soi-niùrac  l'instrumeut  de  sou  m.il- 
Iieur,  de  sa  perle. 

On  appelle  Les  mauvais  garnemens  et  les 
ûbus,  Gens  de  suc  et  de  corde;  et  il  se  dit,  par 
extension,  De  tous  les  scélérats. 

On  dit  proverbialem.  d'Un  homme  qui  est 
Ijciireux  au  jeu,  qu/I  a  lîe  la  corde  de  pendu. 

On  dit  li^urémcnt  et  dans  la  conversation, 
Mettre  la  corde  au  cou  à  (jHel(ju'un^  pour  dire, 
I.e  meilre  en  danger  d  élre  jiendu.  La  trop 
(jrandc  indulgence  de  son  père  lui  a  mis  lu 
corde  au  cou. 

On  emploie  aussi  fi;;uréiu.  la  même  façon  de 
parler,  pour  dire,  Être  cause  de  la  ruine,  de*  la 
perle  de  quelqu'un. 

On  dit  cucoïc  ii_:;uivni.  d'Un  homme  qui  lait 
des  actions  qui  le  pouriunt  mener  au  gibet, 
qu7l  file  sa  corde. 

On  dît  proverl>iûlement,  qu7i  ne  faut  joint 
parler  de  corde  dans  la  maison  d'un  pendu, 
pour  dirCj  qu'il  ne  faut  point  parler  des  choses 
dont  les  rapports  directs  ou  indirecu;  pcu\enl 
rniïïarr.ib^er  ou  huiuil.ei  des  personnes  prc- 
tentes. 

On  dit  en  parlant  d  Une  afialre  dangereuse- 
ijue  Le  fouet  et  la  corde  en  sont  dehors  ^  pour 
dire,  qu'il  n'y  a  point  de  peine  alBiclive  ^ 
rraindre. 

Corde,  se  dit  aussi  Du  tortis  de  clianvre, 
île  crin,  ou  d'autres  matières,  dont  on  garni; 
les  arcs  et  les  arbalètes.  Mettre  une  corde  à  nu 
trc.  Changer  une  corde.  Tendre  la  corde.  Bnn- 
ier  la  corde,  i.a  corde  était  trop  bandée,,  elle 
lompit.  Il  ne  faut  pas  tenir  la  corde  si  tendue. 

On  dit  proverbialement  et  figurem.  qu't  n 
lioinme  a  deux  cordes  à  son  arc ,  piusienrs 
rorrî^s,  plus  d'une  corde  à  son  arc,  pour  dire, 
i|u'il  a  plusieurs  moyens  pour  parvenir  à  son 
but.  à  ses  Hn&. 

ConDE,  se  dit  aussi  en  [triant  De  plusieurs 
insl rumens  de  Musique,  il  y  a  des  cordes  de 
boyau,  li  y  en  a  de  métal.  Corde  de  luth.  Corde 
de  l'iolon.  Corde  d'épinette.  Corde  de  hoytiii. 
Corde  à  boyau.  Corde  d'acier.  Corde  d'arqcnt. 
Corde  d'or.  La  grosse  corde,  etc.  Puquet  de 
cordes.  Corde  de  Rome.  Corde  fausse  y  sourde. 
Les  cordes  noueuses  et  écorchces  ne  sauroicnt 
servir.  Pincer  la  corde.  Hausser  y  baisser  une 
corde.  Détendre  les  cordes  d'un  luth.  Toucher 
délicatement  la  corde.  Il  pince  bien  les  cordes. 
Il  touche  bien  les  cordes.  Il  fuit  parler  Icf 
cordes.  Flatter  la  corde,  c'est  la  toucher  déli- 
catement. Il  a  un  jeu  fort  y  il  gourmande  les 
cordei. 

Corde,  en  termes  de  Musique,  signifie  La 


COR 


3i5 


note  bu  I«  ton  qu'il  faut  loucher  et  entonner, 
et  se  dit  De  tous  les  intervalles  de  Musique. 
La  quinte  a  cinq  cordes  ou  cinq  sons,  il  siguitie 
aussi  Accord.  Cette  pièa  a  de  belles  cordes. 

On  dit  figurem.,  Ne  touchez  pas  cette  corde, 
il  ne  faut  pas  toucher  celte  corde-là,  pour  dire. 
Ne  pariez  pas  de  telle  chose,  parce  qu'il  y  an- 
roit  du  danger,  de  liiiconvénient  pour  voufc. 

Ou  dit  proverbialement ,  Toucher  la  grosse 
corde,  pour  u'ire,  Toucher  le  point  le  plus  iiu- 
purtanl  d'une  oiTaire.  Vous  avez  touclié  la  grosie 
corde. 

On  appeJoit  Corde  de  monfrc,  Une  coide 
de  boyau  qu'on  mcltoit  autrefuis  aux  moulti-s. 
Cette  montre-là  est  au  bout  de  sa  corde,  elii  u 
jïlé  toute  sa  corde. 

On  appelle  Corde,  La  tension  d'un  muscle, 
causée  par  ulcère,  inflammation,  clc.  Il  avoit 
mal  à  la  jambe,  au  brasy  et  il  y  senfoit  ute 
corde  qui  le  ItVoit. 

En  parlant  Des  maladies  des  clievaux,  o!i 
appelle  Corde  de  farcin,  La  tension  que  le 
farcin  cause  aux  parties  qui  eu  sont  attaquées. 
ConuE ,  en  termes  de  Céoméirie ,  est  la 
Ligne  droite  qui  se  termine  à  deux  points  de 
la  circonférence  d'un  ceicie,  sans  passer  par 
le  centre,  et  qui  divise  le  cercle  en  deux  parties 
inégales,  qu'on  appelle  Segmens. 

Coude  de  drap.  Ce  sont  les  fils  dont  il  est 
li.ssu.  Ce  drap  a  la  corde  bien  Une.  Le  drap 
d'Espagne  a  la  corde  bien  grosse.  Brûle%  ce 
drap  si  vous  en  voulez  voir  la  corde.  Son  habit 
est  tout  pelé,  il  montre  la  corde. 

On  dit  aussi  figurément  et  proverbialement, 
iju'C^n  homme  montre  la  corde.  Lorsqu'il  sou- 
tient mal  sus  prétentions  en  quelque  genre  que 
re  soit;  t^  d  Une  finesse  grossière  et  facile  îi  dé- 
louvrir,  Cela  montre  la  corde. 

Cordk,  se  dit  aussi  d'Une  certaine  quantité 
de  bois  à  brûler, qu'on  mesure  avec  une  corde. 
Cent  cordes  de  bois.  Bois  de  corde,  proprement, 
Bois  neuf. 

CORDEAU,  subst,  m.  Petite  corde  dont  se 
servent  les  Maçons,  les  Jaidinicrs,  les  Ingé- 
nieurs. Des  allées  tirées  au  cordeau.  Aligner 
une  muruiiie  au  cordeau.  Tracer  un  travail, 
un  Fort  in-ec  le  cordeau.  Placer,  faire  conduire 
le  cordeau.  Tenir  le  cordeau.  Un  tel  Ingénieur 
tenait  le  cordeau  à  rouveilurc  de  la  tranchée. 

CORDKLEH.  v.  actif.  Tordie  en  forme  de 
corde.  Cordeler  des  cheveux. 
Cordelé,  ée.  participe. 
CORDELEITE.  s.  f.  Petite  cord.-.  Un  groi 
câble  garni  de  cordelettes  par  le  bout.  Ln  pa- 
quet de  cordelettes. 

CORDKLIER.  s.  masc.  On  appelle  ainsi  en 
France,  Ceux  des  Religieux  de  Saint  KTançois, 
qu'on  nomme  autrement  Les  FriTCS  Mineurs. 
Ce  mot  n'est  placé  ici  que  pai-cc  qu'il  entre 
dans  plusieurs  phrases  de  la  Langue.  Couvent 
de  Cordeliers.  CordcUer  Conventuel.  Cordelier 
de  l'Observance,  ou  Cordelier  Observantin.  Il 
s'eit  fuit  Cordelier.  Ces  licligieux  sont  appelés 
Cordch'ers,  à  cause  de  la  corde  dont  iL  sont 
ceints. 

Oo  dit  populairetncnt  d'Un  bomrae  qui  oc 

4o. 


3i6 


COR 


fait  scrupule   de   rien,   -]u7l   a   lu  conscience 
large  cummc  lu  nianclie  d'un  Cordelier. 

On  dit  comniunémenl  et  par  une  mauvaise 
équivoque  ,  en  parlant  d'Un  liomnie  ivre  , 
.ju'/l  est  gris  comme  un  Cordelier,  parce  que 
les  Cordelier»  éloient  autrefois  velus  de  gris. 

On  dit  proverhialoinent  et  (igun'm.  qu'Un 
liomme  fnrie  Z,.iliii  ifeiMnl  les  Cordeliers,  pour 
-  dirc.qu'li  paiU-  «îime  chose  devant  des  per- 
sonnes qui  l'cntendenl  beaucoup  mieux  que  lui. 
On  dit  proverbiales. ,  //lier  sur  la  haqitenée, 
.iiir  |j  mille  îles  Corddas,  pour  dire,  Aller  à 
pied  un  bf'on  à  In  main. 

COKDEUÈKE.  subsL  f.  Corde  à  plusieurs 
nœuds.  Ce  mot  n'est  guère  usité  qu'en  terim-s 
de  Blason.  La  Reine  Anne  de  Bredigiie  enloiiru 
son  écii  d'une  cordelière. 
i  On  appelle  aussi  Cordelière,  Ccrt.aine  peilie 
tresse  à  plusieurs  nœuds, que  les  D.inies  pmleni 
quelquefois  au  cou.  C'est  aussi  Un  ornemciii 
■    d',\icliilccturc. 

COUDELLE.  sul  st.  fem.  Sorte  de  petite 
corde,  cordeau  qui  s'emploie  au  tirage  des  ba- 
teaux. 

CORDER,  v.  a.  Faire  de  la  corde.  Corder 
du  chanvre.  Le  gros  chanvre  ne  se  corde  pas  si 
bien  ijiie  le  chanvre  délié. 

On  dit  aussi,  Corder  du  tabac,  pour  dire. 
Metlredu  tabac  en  corde, en  roulant  et  tordant 
ensemble  les  feuilles. 

On  dit  aussi,  Corilfr  du  bois,  pour  dire.  Le 
mesurer  h  la  corde.  Corder  ilu  liois  iieii^.  Cor- 
der  du  loi»  flollé.  Le  bois  Uirtu  ne  se  corde  pus 
si  bien  que  l'aube.  On  ne  corde  jias  le  bois  de 
compte. 

ConDtn,  se  dit  aussi  Des  raves,  lorsque  la 
saison  commence  à  s'en  passer,  et  qu'il  s'y 
forme  en  dedans  comme  une  espèce  de  corde. 
Les  raves  commencent  à  se  corda'. 

ConDÉ,  ÉE.  participe.  Une  corde  bien  cor- 
dée. Voie  de  hois  mal  cordée.  Raves  cordées. 

CORDER lE.subst.  féin.  I.ieu  où  l'on  (ait  di 
la  corde,  oit  on  la  garde  quand  clic  est  faite; 
l'art  de  la  faire.  Une  corderie  couverte.  Uni 
ccrdeiic  découverte.  Une  lonnue  corderie.  L^arl 
de  la  corderie  est  fort  utile. 

CORDT.VL,  ALE.  adj.  Propre  à  conforter  U 
cœur.  Bt-euvane  cordial.  Potion  cordiale.  Pon- 
dre cordiale.  Le  vin  vieux  est  cordial.  C'est  un 
reniéde  cordial. 

Il  est  quelquefois  substantif.  Le  hézoard  est 
un  bon  cordial.  De  bons  cord:au.v. 

ConoiAL,  signifie  aussi  fi,^ur(?ment ,  Çlui  csi 
plein  d'aflcction  ,  qui  procède  du  fond  du  cœur  ; 
et  dans  ce  sens  on  dit,  /Inwur  coidial,  affec- 
tion cordiale. 

On  dit  aussi  d'I'n  l:omme,  que  Ce  I  un 
ami  cordiul,  que  c'est  un  homme  franc  et  cor- 
dial, pour  dire,  que  C'est  un  homme  qui  csl 
plein  d'une  véritable  tendresse  pour  ses  amis. 

CORniALEMENT.  adv.  De  tout  son  cœur, 
affectueusement,  d'une  manière  cordiale.  Je 
vous  aime  cordialement.  Il  m'a  parlé  cordia- 
lement et  en  ami.  Vivre  cordiulenient  avec  se* 
amis .  SCS  voisins. 

Ou  tfll,  if  ni»  7iiil,^u'uii  corJiulrmcn!,  pont 


C  0 1\ 

dire.  I.e  liair  de  <;rand  cœur,  cl  avec  une  sorte 
de  plaisir. 

CORDIALITÉ,  s.  fém.  AfTection  tendre  et 
sincère.  Cfrande  cordialité.  Parler^  procéder 
avec  cordtaUtê. 

rOKDIKR.  s.  m.  Artisan  dont  le  métier  est 
de  laîre  des  cordes,  de  ïa  corde. 

COUDON.  s.  m.  Une  des  petites  cordes  dont 
une  pius  grosse  corde  est  compost-e.  Une  corde 
à  trois  cordons.  Filer  les  cordons  rf'unc  corde. 
Le  cordon  n'est  pas  assez  (or«. 

C:onDON,  se  dît  nussi  d'Une  corde  faite  de 
fil  i!n  coton  on  de  soie.  Un  cordon  de  fil.  Da 
cvi  dons  de  soie. 

CoiiDOs.  se  dit  aussi  Dt;  la  tresse,  du  tissu 
fjui  s'einploi(?  à  serrer  la  forme  d'un  chapeau  et 
.1  le  tenir  en  f-tatjCt  quelquefors  seulement  h 
l'onicr.  Le  cordon  d'un  chaf^enu.  Un  cordon 
lie  soie.  Un  cordon  J'or.  Un  cordon  de  dia- 
innns,  de  a't/i ,  de  crêpe.  Un  cordon  rond.  Un 
rvrdoii  plat. 

On  appelle  aussi  Cordon.,  I.c  ruban  qui  sert 
\  ii(T,  à  altnclier  où  ^  pendre  (pieitjuC  chose. 
Lier  aire  un  cordon.  Nouer  avec  un  cordon. 
Porter  une  croix  pendue  à  un  cordon.  Cordon 
de  sonnette.  Les  cordons  d^unc  bourse. 

On  dit  figiuémcnt  et  familièrement,  Tenir 
les  cordon  J  de  la  bourse .,  pour  dire,  Avoir  lad- 
n;?:iislration  de  l'arg^^nt. 

On  appelle  Corï^ort  bleu^lji  ruban  large, 
moiré  et  bleu  ,  auquel  est  attachée  la  Croix  dfl 
l'Ordre  du  J^aint-Ksprit.  Le  Roi  lui  a  donné  le 
CorJon  hlcu.  Il  vorte  le  Cordon  bleu.  Le  Ro) 
n'a  ptis  fuit  de  Cordons  hlcus  cette  avnée.  Il 
vaque  plusieurs  Cordons  bleus.  Et  l'on  appclla 
indinairement  un  Chevalier  du  Saint -Iispiit, 
Un  Cordon  bleu.  Il  est  C^>rdon  bleu.  Il  sa 
trouva  dans  cette  asi^emblée  (fuatre  oucinqCor^ 
dons  bleus. 

On  appelle  pareiilrnicnl  Cordort  roune,  Un 
ruban  large,  moiré,  rt  couleur  de  feu,  auquel 
est  attachée  une  Cni^  de  l'Ordre  de  Saint- 
I.ouis.  Le  Roi  a  donné  le  Cordon  rouge  à  tj'ois 
Maréchaux  de  Camp.  On  OfptUe  ceux  qui 
portent  ce  Cordon  ,  Commandeurs  de  l'Ordre 
lie  Saint-Louis;  ou  les  appelle  aussi  Cordons 
voucjes. 

ConnoN,  se  prend  aussi  pour  Cnè  petite 
cordelette  bénite  quiï  portent  ceux  qui  sont  de 
C(  r'aiiies  Coufréri*».  Le  Cordon  de  Saint-Frun- 
çots  d'Assise,,  de  Saint-François  de  Paule.  H 
est  de  la  Confrérie  du  Cordon. 

f  ionnos  ,  se  dit  aus,si  d'Un  ranr;  de  pierres 
en  saillie,  qui  rèj^ne  tout  nulour  d'une  mu- 
r.iillc  ou  d'uu  h'ttiineDt.  Un  bastion  rcvitu  jus 
nu  au  cordon. 

C)n  appelle  aussi  Cordon,  Le  pet't  l>ord  fa- 
çonné qui  est  autour  d'une  y'tict'  de  niounoir. 
Le  cordon  de  ce  louis  d'or  a  cle  ro(jne. 

Ku  termes  d'Anûtomic,  on  appelle  Cordon 
ombilical,  Le  lien  qui  atUiclic  l'enfant  au  pla- 
centa par  le  nombril. 

Kn  termes  de  (Jucrre,  on  ap[>fMe  Cordon, 
Une  suite  de  postes  garnis  de  troupes,  qui  sou' 
&  portée  de  se  donner  la  main. 

En  termes  de  Jardinage,  on  appelle  Cordon 


COR 

de  gazon  ^  Une  bande  de  gazon   qui   règne  le 
long  de  queli]ue  plate- bande. 

CORDONXER.  V.  act.  Tortiller  en  manière 
de  cordon.  Cordouncr  de  la  filasse  de  chanvre, 
Cordonncr  de  la  fdasse  de  lin.  Cordonncr  des 
cheveux j  pour  dire ,  Entourer  d'un  ruban  des 
cheveu\  qui  sont  tortillés. 
Coudosné,  ke.  participe. 
CORDONNERIE,  s.  f.  Le  métier  de  Cor- 
donnier. Passé  Maître  en  Cordonnerie.    ' 

Il  se  dit  aussi  Du  lieu  où  l'on  vend  des  sou- 
liers, des  bottes.  Acheter  des  souliers  à  la  Cor^ 
donncrie. 

CORDONNET,  s. m.  Petit  cordon  ou  tresse, 
ou  petit  ruban,  pour  attather  ou  pour  enfiler 
quelque  chose.  Cordonnet  pour  mettre  à  des 
chemises,,  à  de$  rabats.  Du  cordonnet  pour, 
enjiler  des  chapelets.  Un  patpiety  une  hotte  de 
cordonnet. 

CORDONNIER,  .subst.  m.  Artisan  dont  le 
métier  est  de  faire  des  souliers,  pantoufles , 
hottes,  et  autres  pareilles  chaussui^es.  MutlfC 
Cordonnier.  Bon  Cordonnia'.  Cordonnier  qui 
chausse  bien.  Cordonnier  jour  homme.  Cor* 
(lonuier  pour  femme. 

On  dit  figurcment  et  proverbialement,  que 
Les  Cordonniers  sont  les  plus  mal  chaustêi , 
pour  dire,  qu.?  Souvent  ceux  qui  sont  d'une 
profession,  négligent  d'en  faire  usage  pour  eux- 
mêmes. 

CORÉE  ou  CHORÉE.  s.  m.  Pied  d'un  vtn 
r^rec  ou  Lalin.  ïl  est  composé  d'une  longue  et 
d'une  brève.  On  l'appelle  aussi  Trocfcee 

CORIACE,  adj.  des  ?.  grra-ej.  Qiti  r«l  dot 
comme  da  cuir.  On  dit  d'Une  viamle  dîire  cl 
malcuite,  difficile  à  mâcher,  qu'E//e  est  coriace» 

On  (lit  Ggurément,  dans  le  style  familier, 
d'Un  homme  avare,  dur,  i/ifficile,  et  dont  nn  n 
de  la  peine  à  tirer  quelque  cliose,  que  C'est  un' 
homme  coriace.  Il  est  coriace. 

CORIACÉE.  adj.  des  3  genres.  Il  se  dit  Des 
substf<nces  dont  Ui  consistance  approche  de 
celle  du  cuir. 

CORIAIMRE.  s.  m.  Pied  d'un  vers  Groc  ou 
Latin.  Il  est  composé  dcdcux  brèves  eniredeux 
longues. 

CORIANDRE,  s.  f.  Plante  ombellifère.  Ehe 
donne  une  semence  qui  sent  la  punaise,  lors- 
qu'elle est  fraîche,  et  qui  est  très-a^rr.'blc  au 
goût,  lorsqu'elle  est  sèche.  On  en  fa-t  des  dra- 
géts,  et  on  Temploîe  aussi  en  mëd^cJne.  De 
bonne  coriandre.  Des  dragées  de  rorian.  frc,  ou 
absolument,  De  U  coriandre.  On  dit  que  la 
coriundrc  est  bonne  pour  la  digestion. 

CORINTHIEN,  adj.  m.  Il  se  dit  en  parbmt 
nuqiintiièmeordred'ArcIiiterliu-e.  L'ordre  Co- 
rinthien et  le  plus  rie.  c  des  ordres  d'ArcSi- 
tecture. 

CORME  ou  SORBE,  s.  m.  Fruit  très-acide, 
fait  en  forme  de  petite  poire.  Les  gens  de  cam- 
pa;:yie  en  font  une  sorte  de  boisson. 

CORMIERouSOlîIÎIEH.s.  m.  (îrand  aibre 
fnùtier  qui  porte  des  cormes.  Le  hois  de  cor' 
mier  est  fort  dur. 

CORMOR.VN.  s.  m.  Espèce  d  ois-'au  aqui- 
tique ,  qui  a  le  cou  fort  ïouy,  et  les  iambes  fort 


COR 

liâmes,  et  f\\ii  vit  nnlinaircment  de  poî«on. 
On  se  sfrt  lies  cornwrans  poiirfféclicr. 

CORNAf;.  s.  ui.  Terme  de  Kelation.  Con- 
ducteur df  rKl/'(>l)ant. 

C(H'.NAI.I>'K.  9.  r.  Pierre  pr»'-ci<  \ise  roi»f;e 
ft  un  peu  trnnspitrcntc.  Tête  cjnwée  sur  une 
coniiiliiie.  Cachet  de  cornaîinc,  U  y  a  des  cor- 
nalines de  plusieurs  couleurs.  Cornaline  san- 
guine. Cornaline  de  vieille  roche. 

CORN'AnD.  s.  m. Terme  d'injure,  qui  se  dit 
De  celui  dont-  la  femme  s'est  abandonnée  .A  un 
autre.  Il  est  has. 

(X)ïtXK.  s.  f.  Partie  dure  qui  sort  de  la  l^te 
de  qncl(|ucs  animaux,  et  qui  leur  s'-rt  de  dé- 
fense. Grande  corne.  Petite  corne.  Corne  lisse, 
ou  Itsscc.  Corne  raboteuse,  aifjuë^  pointue. 
Corne  èmoussêc.  Corne  platCy  torse,  recourbée, 
cannelée.,  recoquillée,  tortillée.  Les  animaux 
tjui  ont  des  cornes,  qui  jortent  cornes,  nui 
sont  armés  de  cornes.  Bctes  à  cornes.  Un  jeuni' 
taureau  à  qui  les  cornes  viennent  ^  à  qui  la 
cornes  poussent.  Corne  de  taureau ^  de  vache, 
de  bélier,  de  dain.de  Vcornc ,etc.  Un  taureau 
qui  donnCs  qui  frappe  de  la  corne,  qui  est  dan- 
rtcreru:  de  la  corne.  Scier  les  cornes  à  un  tau- 
rciM»,  lui  rembourrer  les  cornes.  Le  taureau 
l'enleva  sur  ses  cornes.  Le  bélier  heujte  de  ses 
cornes.  Etre  Mes^ed'un  conpdecorne.  Prendre. 
altdcfier  une  fct'le  par  les  cornes.  Des  ouvrages 
faits  de  corne.  Jabatiirede  corne.  Un  peigne 
de  corne.  Une  lanterne  de  corne.  Un  couteau 
emmanché  de  corne,  dont  le  manche  est  de 
eorr.c 

On  dit  figuft'ment ,  j4ttaqucr  le  taureau ^  la 
hèle  par  les  cornes,  prendre  le  hieuj  par  les 
corner,  pwir  dire,  Eiitainer  une  aÛàire  par  le 
côte  le  plus  diliieîle.   ' 

Od  dit.  Donner  un  coup  de  corne  à  un 
eheval,  pour  dire,  Saîi;Der  un  cheval  ï  la  mû- 
choire  supérieure  du  palais,  avec  le  bout  d'une 
corne  de  cerf  ou  d'-  chcvreuiU 

ConvE  de  ceif.  On  ne  se  sert  jamais  de  celte 
expression ,  en  parlant  Du  bois  et  de  la  tôle 
d'un  cerf;  eîlc  n'est  d'usngCfjuc  dans  tes  phrases 
suivantes.  Un  couteau  emmanché  de  corne  de 
cerf  De  la  raclure  de  corne  de  cerf.  De  la  gelée 
de  corne  de  cerf 

Corne  de  cerf,  se  dit  aus;i  d'L'nc  cipt-ce  de 
plante  dont  on  se  sert  dan;  h  Médecine.  Celle 
qui  se  cultive  dans  les  jcrdins  se  mange  en 
salade. 

On  appelle  aussi  Corne  j  La  partie  dure  qui 
est  au  pied  du  cheval,  du  mulet,  de  TÛne,  etc. 
E^'»  ce  sens  il  m:  se  dît  qu'au  singuliei.  Ce  che- 
val est  diff.ci\e  à  ferrer,  il  a  la  corne  mauvaise. 
H  a  (il  corne  bonne,  la  corne  ferme,  dure, 
moî*e.  «njelle  à  s'éclater.  Telle  chose  fait  ve- 
nir, fait  croître  la  coriiCj  rndurcif,  ramolltt 
lu  corne. 

Cn  ippeïle  Corne  d^ahondancc  ,  ou  Corne 
d\4matl'rrc,  L'ne  corne  qu'on  repn'><-'ntc  pleine 
rie  loules  vorit's  de  fruits  et  de  fleurs,  et  (pie  la 
rahlf  sup[>«»se  avoir  vtv  «rraclKM;  ou  de  la  tclr 
de  lo  clnvre  Anirililur.  qui  avoii  nourri  Jupi- 
lei ,  ou  de  celle  dAeliéloiîs,  lotsfiucî.nii  iraus 
fbnué  eu  Uureau  il  fut  vaioco  par  llacule. 


COR 

Cornes  d'abondance.  Sur  les  Médailles,  Dr 
a  donné  des  cordes  d'abondance  aux  Divinixts, 
uitr  Génies  y  aux  Héros  bienfaisans. 

On  appi  Ile  aussi  Cornes,  Certaines  pointes 
<|ui;  les  limaçons,  quelques  scrpeus  et  quelque:» 
insectes  portent  sur  la  télé.  Les  limaçons 
montrent  leurs  cornes,  resserrent  leurs  cornes. 
Les  cerfs-volans  ont  des  cornes. 

On  dit  fifjurément  et  funiilièrement ,  qu'f'/i 
homme  porte  les  cornes  .  qu'i/  a  des  cornes, 
pour  dire ,  que  Sa  femme  lui  est  infidèle. 

On  dit  aussi,  Faire  les  eor»ic.î  à  nuchiH^t'i , 
pour  (lire,  Taire  par  déri>ion  avec  ileux  doigti 
un  si^ne  qui  représente  les  cornes.  //  lui  fit  la 
cornes. 

On  dit  figurément  et  familièrement ,  Mon- 
trer les  cornes,  pour  dire,  Se  mtîllre  en  état  de 
se  d(,'f(!ndi-e. 

On  dit  proverbialement  d'Un  liorame  fjui 
est  fort  suipris  de  (juelque  rliose  d'iiinpiiié, 
que  Les  cornes  lui  cn  sont  venues  à  la  tête. 

Dans  un  Iionnet  Carré,  tel  (pie  le  portint  les 
Tcrh'siastiijucs,  les  Docteurs,  les  Ma;islrals, 
on  appelle  Cornes,  Certaines  petites  crêtes  qui 
s'élèvent  sur  le  bonnet.  Un  bonnet  à  trois 
cornes,  ù  quatre  cornes.  Les  cornes  d'un  bon- 
net carré. 

On  appelle  aussi  Les  pointes  du  croissant, 
Les  cornes  du  croissant. 

En  termes  de  Fortification  ,  on  appelle  Oh- 
vrage  à  co'-ne ,  Un  ouvrage  avance  hors  du 
corps  de  la  Pince,  et  qui  consiste  en  une  cour- 
tine et  en  deux  demi-bastions. 

ConNE  D*A.VMON.  Termc d'IIisloirc  naturelle. 
Espace  de  pierre  roulée  cl  recourbée  en  forme 
de  corne  de  bélier. 

CORNÉE,  s.  f.  La  première  des  tuniques  de 
l'fiBil.  La  cornée  est  offnsée, 

CORM'.K.  s.  f.  Pierre  de  la  nature  du  jaspe. 

CORBEILLE,  s.  f.  Oiseau  noir  comme  xm 
cori  eau,  mais  de  moindre  grosseur.  Jeune  cor 
neiîle.  (ne  bande  de  corneilles.  Le  cri  de  la 
corneille.  Voler  la  corneille. 

On  appelle  Corneille  cmmantelée ,  Une  sorte 
de  corneille  qui  a  une  p:irlic  du  corps  noire,  C- 
Ic  reste  ^risrilre. 

On  dit  proverbialement  et  bassement,  d'Un 
l'omme  qui  se  porte  à  faire  quelque  chose  avtc 
chaleur,  et  avec  plus  de  force  que  de  circoiis- 
prctiou  et  d'adresse,  qu'/i  y  va  de  cnl  et  de 
téU  comme  une  corneille  qui  abat  de»  ncîx. 

Parmi  les  Gens  de  lettres,  on  dit  d'Un  Au- 
îeur  qui  a  fait  un  ouvrage  composé  de  plusieurs 
nîorceaux  pris  dans  d'autn,'s  ouvrai;*'^  ,  cpie 
C'est  la  coi'neille  t^EsopCj  ou  lu  corneille  de  h 
Fable. 

CORNEILLE.  ».  f.  Plante  dont  il  y  a  plu- 
sit  urs  ispi-ccs.  Les  unes  sont  cultivées  dans  les 
jardins,  à  cause  de  la  l>eauté  de  leur  fleur,  et 
les  autres  sont  employiîes  ru  Mf'-dccinc.  On 
nomme  encore  celle  plante  CilA.<sc-DOssc,  04i 

LT-IMACHtE. 

CORNEMUSE,  s.  f.  Sorte  (Tinslruraent  de 
Musicpic  îi  vpnt,  composé  de  deux  tuyaux,  et 
dune  pMU  de  mi>u;on  ,  qu'on  enfle  par  le 
moycti  du  premier  tuyi-»  opp/^'é  Torle-vcnf. 


COR  3i7 

La  cornemuse  est  un  instrument  ruyùnne. 
Jouer  de  lu  cornemuse.  Enfler  une  cornemuse. 
COKM'H.  V.  neutre.  Sonner  d'un  cornet  ou 
d'une  corne.  Le  vacher  a  corné  dès  le  matin. 
J'ai  entendu  corner  dans  les  bois. 

Oii  dit  par  dérision ,  d'Un  homme  qui  sonne 
ma!  du  cor,  ou  qui  cn  itnporUme  les  voisins, 
qu7/  f"'  fait  que  corner. 

'/mii>i  n,  signifie  encore,  Pari»  r  dans  un 
ror;iH  .  ]H.ur  se  fhire  entendre  à  un  sourd. 

( 'n  (l.t  d'Une  personne  qui  publit;  avec  im- 
|.ortnnilc  q.elque  cliose  ,  quel<iue  nouvelle  , 
qu'/;/'e  ne  fait  que  corner  cela  partout.  Il  a 
cor;ié  celle  nouvelle  pur  toute  U  Ville.  En  ce 
Rius  il  est  actif,  et  il  ne  s'emploie  que  dans  le 
style  familit-T,  ainsi  que  dans  toutes  les  phmses 
suivaiUes. 

On  dit,  Corner  attx  oreilles  de  quelqu'un^ 
pour  dire,  Lui  insinuer,  lui  sug^érer  avec  im- 
portunité  quelque  cliose.  //  a  obtenu  cela  dd 
lui,  il  l'a  fait  résoudre  à  cela,  à  force  de  lui 
corner  aux  oieilles.  Et  dans  cette  acccpti  i  il 
est  neutre. 

OnditH;3;iirémcnt  au  neutre,  que  Les  oreilles 
cornent,  Quand  on  a  des  bourdonnemens  daus 
les  oreilles.  Les  orcil!e.«!  me  cornent. 

Ou  dit  encore  figurément,  d'Une  personne 
qui  entend  de  travers  ce  qu'on  lui  dit,  que  Les 
oreilles  lui  cornent.  En  ce  sens-là,  lorsqu'on 
veut  faire  entendre  h  quelqu'un  qu'on  u  fort 
parlé  de  lui,  ou  dit  aussi  figurément  et  prover- 
bialement, que  Les  oreiïîes  doivent  lui  avoir 
bien  corné 

ConNÉ,  EE.  purticipe. 

CORNET,  s.  nu  Petit  cor,  ou  petite  trompe. 
Grand  cornet.  Petit  cornet.  Cornet  d'argent^  etc. 
Cornet  de  yostHlon.  Cornet  de  vacf-.er. 

On  appelle  Cornet  à  bouquin ,  Une  espèce 
l'e  flûte  coirlxT,  qui  est  faite  ordinairement 
de  corne.  Joua-  du  cornet  à  bouquin.  Un  joueur 
de  cornet  à  bouquin. 

Cornet,  se  dit  aussi  d'Un  petit  instrument 
tu  forme  d'entonnoir,  dont  les  sourds  mettent 
le  petit  bout  dans  l'oreille  pour  entendre  plus 
facilement.  Il  est  si  svurdqu'il  n'entend  qu'avec 
un  cornet. 

ConSET,  se  dit  pareillement  l'e  la  partie  de 
l'écritoire  dans  laquelle  on  met  de  l'cuere.  Cor- 
net de  corne.  Cornet  de  cuivre.  Cornet  de  plomb. 
Cornet  d'argent.  Mettre  de  Vencre  dans  le  cor- 
net. Cornet  d'encre,  pour  dire,  Un  cornet 
rempli  d'encre. 

Il  se  dit  au,i^i  d'Un  morceau  de  papier  rouJé 
m  fonuc  de  cornet.  Un  cornet  dêpiceSj  de 
dragées.  Un  cornet  de  papier. 

U  se  dit  aussi  d'U-ne  espèce  de  petit  vs«e  de 
corne  ou  d'ivoire,  dans  le  juci  on  remue  1?« 
dés,  etc.  Mettre  les  dés  dans  le  cornet.  Jeter  Us 
dés  avec  le  cornet. 

Con\ET,  se  dit  aussi  d'Une  csi^-ce  d'oublié  ■ 
tortillée  en  forme  de  cornet,  f'n  pfiif  d»  cornets. 
Manger  dj  drncts.  Tremjer  des  cornets  dans 
du  vin, 

COR  NETTE,  s.  f.  Sorte  de  coifliirc  dont  les 
femmes  se  s<*rvent  dans  leur  déshabilla.  Cori 
nette  à  dentelle.  CorRcUe  de  nuit. 


3i8  COR 

CoiLSErxt,  est  au-ssi  Luc  longue  et  lirge 
)>aiidc  lie  tafltla»,  (juc  les  (;oiiscilleis  un  Pnrle- 
lueiit  portoicnt  aulicfuU  au  cou,  pour  inarciue 
d'iiomiciir,  et  t|uc  François  Premier  accorda 
aux  Professeurs  du  Clolléye  Uoyal  de  l'aris. 

ConstxiE,  se  disoit  autrefois  IJe  léicndnid 
d'uno  Coinpagnie  de  t:avalerie  ou  de  Clievau- 
I.cscrs.  Il  se  disoit  aussi  De  la  troupe  même , 
luais  il  u'estplus  Ruère  en  usage. 

COBKETTK  BiASCHK,  tc  dit  Du  preuiict  Rc5- 
pinicnt  de  Cavalerie  de  France,  qui  est  le  Kcgi- 
luenl  du  Colonel  (général  de  U  Cavalerie.  Il 
est  Lieutenant,  il  est  C'ipiluine  dans  la  Coi- 
nclte  liluiicJie.  La  CorneUe  bluiiche  a  ordre  <le 
marcher. 

COBNEITE.  s.  m.  Officier  d'une  Compagnie 
de  Cavalerie  ou  de  Dragons,  qui  est  cliarj^é  de 
porter  letenilnrd.  Cornetlc  du  Uleslra  de  Camp 
de  la  Ciivalerie.  H  est  le  jjliis  ancien  Cornclic 
du  Hcqiment. 

CoHNtTTE  ,  se  dit  aus-si  d'Un  (,>flicliT  de 
certains  corps  de  la  Maison  du  Uoi ,  mais  (jui 
ne  porte  point  l'étendard.  Il  es!  Cornellc  dans 
la  première  Compaqtiie  des  JUouscfuetaires.  Les 
emplois  de  ces  Officiers  s'appeloicnt  iiareille- 
ment  Cornette ,  et  se  vendoient.  Acheter  une 
cornette  dans  les  Chevau-Léqers, 
CORNEUR.  s.  m.  Celui  qui  corne. 
CORKICHE.  8.  !.  Ornement  d'Arcnitecture 
ce  saillie,  qui  est  au-dessus  de  la  fiise,  et  qui 
sert  de  couronnement  à  toute  sorte  d'ouvrages 
d'Arcliitecturc.  Corniche  Corinthienne.  Cor- 
niche Dnvique.  Corniche  lonujue. 

On  appelle  aussi  Corniche,  Une  espèce  d'or- 
nement eu  saillie,  qui  règne  dans  une  chambre 
imme'diatemcnt  au-dessous  du  plafond  ,  au  haut 
d'une  cbeminée,  d'une  armoire ,  etc. 

CORNICHON.  8.  ra.  Petite  cortie.  Les  corni- 
chons d'un  chevreau. 

On  appelle  aussi  Cornichon,  Les  petits  ron 
eombres  propres  à  conlire  dans  le  vinaigre, 
Vne  salade  de  cornichons.  Confire  des  corni 
citons. 

CORNlK.a.  adj.  Qui  est  à  la  corne  ou  .'i 
l'angle  de  quelque  chose.  Pied  cor-nicr. 

Oa  appelle  ainsi  Les  pilastres,  les  jwteaiix 
qui  sont  dans  l'cncoignme  d'un  h.ilimeut,  les 
piliers  qui  soutiennent  l'impériale  d'un  car- 
rosse, les  gros  arbres  qui  marquent  les  bornes 
des  ventes  et  des  coupes  de  bois. 

CORNIÈRE,  s.  f.  Canal  de  tuiles  ou  de 
plomb,  qui  est  l  la  jointure  de  deux  pentes  de 
toit ,  cl  qui  en  revoit  les  eaux.  U  est  aussi  ml- 
jectif.  Uae  jointure  cornière. 

CORNl/ORr-S.  s.  f.  pluriel.  Équcrrcs  de  fer 
attachées  »ux  angles  du  coûte  dune  picssr 
d'Inipriracric. 

COBNILL.iS.  a.  m.  Le  petit  d'une  corneille. 

CObXOdII.Li;.  s.  f.  Ijc  fruit  du  Cornouiller. 

CORNOUILLER,  s.  m..4j-|jredur,  qui  porte 

vil  fruit  longuet  en  façon  d'oUve.  Cornouiller 

injle.  Cornouiller  femelle. 

CORNU,  UE.  adj.  <,)ui  a  des  corne».  Béte 
cornue.  Satyre  cornu. 

U  se  dit  aussi  fi;;urcmeiu  De  certaine*  choses 
<]iii   ont  plusiaun  angle*,  plusieurs  poimok 


COU 

Celle  pièce  âe  terre  est  cornue.  Vit  }Hiin  cornu.  ^ 

On  dit  proverl)ialcim"nt  et  pojmlalrenienl. 
A  mal  L'u/oiirner,  ou  fuit  les  yuins  curnus^  ]>oiir 
(lire,  que  Le  niauvuis  succès  d  une  uÛ'uirc . 
d'une  entreprise,  vient  ordinaitcment  de  ce 
qu'on  s'y  csl  mai  pris  d'abord. 

On  dit  fij^iucmcDt  et  faniilirremcnt  ,  De^ 
raisons  cur/jucs,  des  raisonnemeiis  cornus,  pum 
dircj  De  iué<:haDlc'â  raisons,  des  raisonnenirns 
qui  ne  concluent  pas;  cl  Des  visions  cornues, 
pour  dire,  Des  idées  (biles  et  cxirava^anlcs. 

CORMJE.  a.  r.  Vaisseau  de  Chiiuic  ,  de 
verre ,  de  terre  ou  de  fer.  11  est  ren/lu  et  ar- 
rondi par  un  côté,  cl  par  l'autre  il  a  un  tuyau 
recourbé  que  l'on  nomme  Col.  On  s'en  sert 
pour  disLÎUer  \iis  corj)s  qui  demandent  un  iVu 
violent. Cor/iuc  tst  synonyme  de  lielortc.  Voy. 
Hetoute. 

COKOLI^IIIE.  8.  m.  'icnnc  ditl^ictiquc.  Ce 
qu'on  ajoute  par  suvAbondancc  ,  ulin  de  lorli- 
(ier  encore  davantaj;e  les  raisons  dont  on  s'est 
servi  pour  prouver  une  pr<)j)osition.  A  ce  aiii  a 
été  (/((,  on  I  eut  ajouter  pour  corollaire... . 

Il  se  prend  communément  en  Matlit-mati- 
que  ,  pour  La  conséquence  qu'on  lire  d'une  ou 
de  plusieurs  propositions  déjà  dvmontrées. 

CUROxNAlK!':.  ajj. Terme  d'Analomie.  Il  se 
dit  de  deux  artères  qui  prennent  leur  ori^^îne 
de  l'aorte,  et  qui  portent  le  i-anj;  dans  la  subs- 
tance du  cœur. 

COKO'AL,  ALE.  adj.  Terme  d'Anatomie, 
i]ui  se  dit  de  L'os  situé  à  la  partie  antérieure  du 
crâne,  il  forme  celle  partie  de  Ja  factr  qu  on 
appelle  Front,  d'où  îl  est  aussi  nommé  Frontal 
On  dit  aussi  ,  Suture  coronale ,  Artère  coro 
nale. 

ÇORONILLE.  s.  f.  Arbuste  qui  croît  en 
Espagne  et  dans  les  Pays  chauds.  On  le  ijommo 
ainsi,  parce  que  ses  Heurs  ont  la  forme  d  une 
■  petite  couronne.  Elles  sont  i)onnes  pour  ré- 
soudre et  cliasser  les  vents.  On  donne  aussi  le 
nom  de  Coro;iii/e  hcrbacve  à  une  petite  plante 
fort  commune,  et  qui  a  les  mêmes  caractères. 
COlUH>RAL.  s.  m.  Linge  bénit,  que  le  Pré 
tre  élcnd  sur  l'Autel,  jxjur  mettre  If  Calice 
:lessus,  et  ensuite  l'Hostie.  Blanchir,  empeser 
les  corporaax. 

CORPORATION,  s.  f.  Association  autori- 
sée par  la  Puissance  publique  ,  et  formée  de 
[ilusieuis  personnes  qui  vivent  sous  une  police 
commune  iclûtivement  à  leur  pix^fession.  Lei 
Art%  et  Métiers  forment  des  Corporations  dis- 
iinctes, 

CORPOREL,  ELLE.  adj.  Oui  a  un  cor])s 
Dieu  n'est  point  corporel. 

Il  si^iiilic  aussi  ,  0*''  appartient  au  corps  . 
qui  concerne  le  corps.  Pluisir  rorporeL  %\»t: 
ne  sontjcz  qu  aux  choses  corporelles,  i'nni' 
c  )rp(yrcUc.  Punition  corporelle. 

OJRPOKKLLEMENT.  adv.  D'une  manière 
corporelli-,  qui  a  rapport  au  corps.  Punir  cor- 
porcllemcnt.  U  est  au«i  opposé  à  Spirituelle- 
ment. Mant^cr  ,  recevoir  le  Corps  (h  Aotre- 
5cif/ncur  Jtjcs-CHnisT  réellement  et  corporel- 
le  ment. 

COMPOUltTEh.   V.  ».  Tcrrac  didactique 


COR 

Donner,  snpjmser  un  cori)S  à  ce  qui  n'en  a 
point.  //  y  a  eu,  des  Héréliques  ipù  corpori' 
iioicnt  les  Anqes. 

Il  signifie  aussi  ,  Mettre,  Gxer  en  corj»  les 
parties  éparses  d  une  substance.  Corporij'ier  des 
(jlohules  de  mercure. 

CoRPORiFiÉ,  LE.  p;irlitipe, 
CORPS,  s.  m.  Sul>>t.mce  étendue  et  impé- 
nétrable. Corps  naturel.  Corps  physique.  Corps 
simple.  Corps  mixte.  Corps  i-iVanï.  Corps  com- 
posé. Coijjs  solide.  Tout  corps  a  trois  dimen- 
sious,  ïonouwr,  largeur  et  profondeitr.  Corps 
sphérique.  Corps  aérien,  léqcr ^  pesant,  dia- 
phane, tranr.parent ,  opaque ^  compacte,  dense, 
rare,  spongieux.  Les  corps  célestes.  Les  corps 
suhlunaires.  Les  corps  èlémetitaires.  Le  mclanqe 
des  corps.  Les  corps  ne  peuvent  se  pénétrer  las 
uns  les  autres.  L'impcnétrahilité  des  corps. 
L'extension  des  corps.  Les  corps  sont  corrup- 
tibles. Les  êtres  ayant  corps, qui  ont  corps, qui 
ont  un  corps,  qui  n'ont  point  de  corps.  Un 
Anqe  n'est  pas  corps,  c'est  un  esprit. 

CoRi'S,  se  dit  en  particulier  Du  corps  ani- 
mé, c'esU-à-dire ,  qui  a  une  âme.  Corps  -vivant. 
L\inimal  est  composé  de  corps  et  d'dme,  du 
corps  et  de  Idme.  L'dme  est  attachée,  est  unie 
au  corps.  Quand  l'dme  est  détachée,  séparée 
du  corps,  est  sortie  du  corps.  Les  parties  du 
corps.  Les  joinluies  du  corps.  Les  membres  du 
corps, 

CoBPS,  eu  égaril  à  la  taille  et  h  la  conforma- 
lion  de  rbomme.  Corps  bien  formé ,  bien  pro- 
l'ortionné.  Corps  malhdti.  Il  a  le  corps  tout 
entrepris.  Il  tient  le  corps  droit.  Vn  heautnrps^ 
Un  vilain  corps.  Ce  jeune  iiomme  prend  du 
corps. 

ConPS,  eu  égard  aux  cierciees.  7/  a  le  corps 
bon.  Le  corps  souple.  Le  corps  dénoué,  acjtle. 
Il  porte  bien  son  corps.  Il  porte  son  corps  de 
travers. 

Conps ,  eu  égiird  à  la  santé.  J5on  corps.Cor^s 
bien  constitué,  mal  constitué.  Corps  fluet  et 
délicat,  robuste,  atténué,  cvtenué ,  mafc[icje, 
cacochyme,  confisqué,  de  bonne  piîfe,  replet. 
Corps  de  fer.  C  est  un  mauvais  corps.  Les  ma- 
ladies qui  rtrriiMJnl  au  corps  humain.  J'ni  le 
rorps  si  douloureux. Cette  viande  nourrit  bien, 
elle  fait  bon  corps. 

Cofti'S,  par  rapport  à  la  luue  et  aux  com- 
bats. On  Va  saisi,  on  Va  pris  au  corps.  Ils  se 
sont  pris  corps  à  corps.  Ils  bittoicnl  corps  à 
corps.  Je  le  combattrai  corps  à  corps.Ii  avinfjt 
plaies  sur  le  corps.  Un  c/icv«i  lui  a  passé  sur  le 
corps. 

On  dit  encore,  //  n  JJog"c  «bi  à  la  sueur 
de  son  corps,  c'est-à-dire,  En  travaillant  et  en 
[)rcnant  beaucoup  de  peine.  Macéierson  corps. 
Traiter  durement ,  traiter  délicatement  son 
cortis.  Lef  exercices  du  corps.  Il  a  perdu  ie 
corps  et  les  biens.  Un  vaisseau  qui  a  pcri  corps 
et  biens.  Confiscation  de  corps  et  de  biens.  Je 
connois  sa  fidéhté,  j'en  rcpondrois  corps  pour 
corps.  Il  s'y  veut  oblujcr  corps  et  biens.  Let 
Juqcs  ont  ordonné  qu'il  seroit  pris  au  corps. 
Sami  au  corps.  Pris  et  appréhendé  au  corps.  Ils 
ont  d^crnc  cuntre  lui  prise  de  cerps, donne u/i 


I 


COR 

décret  de  frUc  de  corps ^  Vont  condamné  yat 

corps  au  payement  de Condamnation  par 

corps.  Contrainte  par  corps. 

À  COUPS  PEBDU.  Expression  adverb.  Sans 
a-ainle  du  danger. /i  se  jetaà  corps  perdu  dajii 
la  mtlt'f,  dans  le  danger. 

On  dit  d'Un  homme  qui  s'est  dévoue  cn- 
tiércnieni  i  un  autre,  qu7I  s^est  donné  àhii 
corps  et  âinc. 

On  dit  proverbial.  dX^n  homme  qui  tniTaiUe 
beaucoup,  qu7/  se  tue  le  cvrps  et  Vâme.  Et  il 
•kï  di(  plus  ordinairement  de  <  eux  quîtravailltnt 
«m  beaucoup  de  fruit. 

On  dit  faniiliùrenirnt,  qn'L'n  homme  fiil 
hon  marché  de  son  corps ^  pour  dire,  qu'Ai  ex- 
pose facilement  sa  vie  aux  danj^crs. 

On  dit  aussi  dUuc  fille  qui  s'abandonne^ 
qu  ,EÏ(e  fait  fvlie  de  son  corps. 

On  dit  figurêm.  et  provciMalement.  quTn 
homme  a  le  diable  an  corps,  pour  dire,  qu'il 
est  mtfchant  ,  furieux.  Il  ne  fait  que  quereller 
et  battre  tout  le  monde ^  il  a  le  diable  au  corps. 
On  remploie  quelquefois  par  ctounerafnt  ,pnur 
dire,  qu'Un  liomnie  monlre  beaucoup  d'a- 
dresse, de  courage,  de  force  ou  d'esprit.  Je  nt 
gais  OH  il  prend  tout  ce  {fu''il  dit  ^  tout  ce  qu^ii 
fait  est  prodig'eux,  je  crois  qu'il  a  le  diable 
au  corps. 

On  dit  d  Un  homme  qui  n'a  ni  esprit  ni  vi- 
gueur ^  C'est  un  pauvre  corps^  Le  pauvr$ 
corps  ! 

On  dit  populairement  d'Un  homme  plai- 
«nnt .  que  ('Vs(  nu  drâle  de  corj^^  un  plaisant 
corps  y  un  tare  corps. 

On  dit  fi;;un'nicnt,  qu'l'^ri  homme  a  fii\ 
Quelque  choiC  en  son  corpj  dc/^niiiint,  peut 
dire,  qu'il  l'a  fail  contre  son  gré,  pour  éviter 
ou  plus  grand  mal.  Si  fy  ai  cOTisenti,  ça  lien 
été  en  mon  corps  défendant.  Croyez  qu'il  tit 
fera  cela  nuVn  son  corps  difendant  ;  et  en- 
core plus  communcmenl,  A  son  corps  dé- 
fendant. 

On  dit,  qu'Un  homme  n'est  pas  traître  à  son 
corpj,  pour  dire,  qu'il  ucs'epargnc  rien,  qu'il 
ne  se  pliint  rien.  Il  est  famiL'cr. 

On  dit ,  qu'l/n  homme  fait  corps  neuf.  Quand 
•^>rès  une  Inn^uc  maladie  sa  san*?  se  rélablil, 
cl  que  son  coqis  semble  être  renouvelé. 

On  dit  ausii  Des  cïievaTrt  qu'on  a  mis  aux 
herbes,  qu'/Zt  font  corpf  renf. 

Corvs,  se  prend  quelquefois  pour  T^  partie 
du  corjia  humain  qui  est  entre  le  cou  et  les 
hanclies.ct  qui  rsî  corajre  le  ironc.  ZI  a  le  corps 
bien  fiiit ,  ni#iis  les  jan'JKs  un  peu  trop  courtes. 
Il  a  le  corps  long,  le  ccrps  tout  de  travers.  Il  a 
le  corps  et  les  mcm/>rf3  hien  proportionnés. 

Tonrs,  se  prrnJ  dans  un  sens  plnj  étroit. 
pmir  F„i  cnpacilê  du  Oiq^s.  Il  a  un  coup  dV^tv 
dans  le  corps.  Je  i>o'u  passerai  mon  éyée  dtk 
travers  du  corps,  Icri.'  au  travers  du  corps.  Il  a 
un  abcèt  dunt  le  corps.  H  eut  le  corps  percv  de 
trois  balles.  Il  a  fcit  de  son  corps  une  boutique 
d^ Apothicaire,  poor  dire,  qu'il  a  pr»  beaiicou|i 
de  medorines. 

On  dit  qut-IqiK  (îiis  et  famnitrm^pnt .  qir'/I 
faut  VOL-,  qu'on  rc*ra  ce  qu'un  l.omme  n  dam 


COR 

le  corps  y  pour  dire,  quOn  verra  ce  qu'il  peut 
faire,  ce  qu'il  est  capable  de  faire. 

i:n  opprochairt  de  ce  sens  ,  Corps  signifie 
figurûnient ,  La  principale  partie  de  certaines 
dioses  artilicicllcs ,  sur  laquelle  loulcs  les  auïres 
posent ,  et  sont  5  son  égard  ce  que  les  mnmbres 
sont  îi  l'égard  du  corps.  Ainsi  Un  corps  de  Luth 
est  la  partie  cieuse  d'un  Luih,  sans  comprendre 
le  manche;  Le  corps  d^un  vaisseau j  d'un  na- 
vire, C'est  im  navire  sans  ponts,  mAls,  voiles, 
cordages,  ni  ancres;  Vn  corps  de  cœrosse, 
C'est  la  partie  du  carrosse  qui  est  suspendue; 
I.e  corps  d'une  Place  ou  d'une  Forteresse ^C'cst 
la  Place  ou  Forteresse  considérée  sans  ses  dehors. 
Les  assiégcans  m'oienf  pi  is  la  dehors,  et  étoicnt 
tittachés  au  corps  de  la  Place.  Le  corps  d\in  livre, 
Kst  lo  livre  sans  la  Préface,  les  annotations,  ni 
les  taï)les;  Le  corps  d'une  lettre^  Est  la  lettre 
Bans  les  complimcns  de  forme,  la  date,  la  sij^na- 
lure,  etc.  Le  corps  de  la  lettre,  en  matière  d'é- 
criture, est  Le  principal  trait  dont  la  lettre  est 
formée. 

On  appelle  aussi,  Le  corps  du  soleil,  de  la 
lune  et  des  autres  planètes,  Le  globe  ou  le  dîs- 
ipic  de  ces  planètes.  Il  découvrit  une  tache  dam 
le  corps  du  soleil.  On  l'oît  des  cavités^  des  cmi- 
ncnces  dans  le  corps  de  la  lune. 

On  appel'e  au^si  Corps  d'arbre,  La  li^e 
d'un  arbre;  et  Corps  de  pompe j  Le  tuyau 
d'une  pompe. 

Conps,  est  aussi  Celte  partie  de  cerlaina 
babillemens,  qui  est  depuis  le  cou  jusqu'à  la 
reinture.  Corp5  de  cuirasse.  Corps  de  jupe. 
Corps  de  robe.  Les  manches  d'un  corys.  Ci 
corps  est  trop  lonrj ,  trop  large,  trop  étroit. 
Elargir,  étrédr  un  corps.  Un  corps  de  jupt 
piqué,  garni  de  haleine.  Corps  de  baleine,  ou 
luiïfiné.  Corps  rembowié,  pour  cacher  les  dtî- 
fauts  de  la  taille;  Cor^-s  de  /èr,  que  l'on  croit 
piMpre  à  empêcher  que  la  taille  ne  se  g.*ite. 

(loni's  MOHT.  Cadavre,  cor^îs  privé  de  vie. 
il  ne  se  dit  que  Du  corjis  humain.  La  cam- 
pagne étoit  toute  couverte,  (oufe  jonchée  de 
corps  motis. 

Conps ,  se  prend  aussi  quelquefois  pour 
Corps  moil,  pour  cadavre.  Ensevelir  les  corps. 
Mettre,  porter  un  corps  en  terre.  Enterrer ^  in- 
/iiimei-  un  corps.  Jeter  de  l'eau  bénite  sur  le 
corps.  Dire  un  service  sur  le  corps.  Le  corys  fui 
porté  en  tel  lieu.  Suivre,  accompagner  le  corps. 
Le  corps  fut  mis  en  dépôt  en  une  telle  Chapelle. 
Ouvrir  un  corps.  Embaumer  un  corps..  Dissé- 
quer un  corps.  Faire  riinutomic  d'un  corps.  Le 
corps  fut  crposé,  La  résurrection  des  corps. 

On  dit  proverbialement  dlJnc  belle  femme, 
nu  d'un  homme  bien  fait,  mais  qui  mancpie 
d'esprit,  que  C*csl  un  corps  sans  âme. 

Ou  dit  aussi,  qu'l/H.MûqiVrut  sans  autoritc , 
qu'u'tt'  iirméc  sans  chcf^  est  un  corps  sans  âme. 

Conps-SAIST,  est  le  cor|>s  d'un  Saint.  On 
Irotivu  danscette  Eglise  plusieurs  CorpsSatnts. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  qu'on 
enlève  de  vive  forte,  promptement,  et  sans 
^u'il  oit  le  loisir,  ni  le  moyen  de  résister, 
■ju'Om  rt'uféiv  comme  un  corps  saint.  On  disoil 
ori^naircmcat  Ca/iorsuin,  parce  ^u'oQ  avoit 


COR  3i9 

fait  enlever  dans  une  nuit  les  usuriers,  dont  la 
plupart  cioicnt  venus  de  Cahots  à  Paris,  sou» 
le  Pontificat  de  Jean  \XtL 

ConPS  (.toniEux,  s**  dît  De  l'état  d'un  corps 
qui  est  dans  la  gloire  céleste.  Le  corps  glorieuse 
est  impassible. 

On  dit  ahuslvi-ment  et  famîliiîrcmcnt,  en 
parlant  d'Une  personne  qui  e<.t  long-temps  sans 
éprouver  certains  besoins  corporels,  que  C'est 
un  corps  glorieux^  qu'il  est  corps  glorieux. 

Coni'S,  se  dit  figurément  De  la  société,  de 
l'union  de  plusieurs  personnes  qui  Vivent  sous 
mêmes  Ix>is,  mêmes  Coutumes,  mêmes  règles. 
Grand,  pitts.-iunt  Corps.  L'Etat,  la  I^épu- 
bliijue,  le  I^cyaume  est  un  corps  politique. 
Cette  Proviuce  fut  unie  au  Corps  de  l'État. 
L'Eglise  est  un  Corps  mystique,  dont  Jéstjs- 
CnniST  est  le  Chef,  cl  dont  les  Fidèles  sont  les 
membres. 

Il  se  dit  plus  particulièrement  De  certaines 
Compagnies  particulières  dans  l'État  ou  dans 
ri-glise.  Le  Corps  du  Clergé,  de  la  iVoMessc, 
du  P(.r/ement ,  de  V Université.  Les  six  Corps 
des  Marchands.  Les  Corps  de  Métias ,  etc. 
Auquste  Corps.  Corps  cousidcruhlc.  Le  Clergé 
vtuit  le  premier  Corps  du  Jioyaume.  Le  Corps 
de  Ville,  ce  sont  les  OiTxiers  de  l'Hûlel  de 
Ville.  Le  Parlement  y  alla  en  Corps.  Quand  h 
Piirlemcnt,  quand  la  VUlc  marcîie  en  Corps. 
Ils  y  assistèrent  en  Corps,  Il  n'est  pas  de  ce 
Corps-hî.  Il  a  été  agrégé  au  Corps,  reçu  dans 
leCorps.  Telles  gensnefonl  point  Corps,  point 
de  Corps.  Les  Merciers  sont  un  Corps  réparé 
des  Drapiers^  font  un  Corfs  à  yait,font  Ccrtw 
(1  part.  Il  e^;t  mem&re,  un  des  membres  de  ce 
Corps.  Les  diffrrens  Corps  de  l'Etat.  Le  Corps 
de  lu  Magistrature,  Les  Co^pa  Milttaires.  Le 
Corps  Municipal,  etc. 

Cours ,  se  dit  aussi  d'Une  armée  entière,  ou 
d'un  certain  nombre  de  gens  de  gueire.  Corps 
d'armée.  Corps  considérable.  L'armée  en  Cqrps. 
Marcher  en  Corps  d'armée.  L' armée  éloil  divisée 
en  detur ,  en  trois  Corps.  Il  commnndoit  un 
petit  Corps,  le  plus  grand  Corps.  Corps  déta- 
ché, séparé,  avancé.  Corps  de  réserve,  de  ha-- 
taillcj  d'Infanter'e,  de  Cavalerie.  Coï*ps  de 
François,  d'Etrangers.  Ce  Corps  étoit  composé 
de  ....  Corps  de  deux  mille  hommes.  Corps  de 
troupes. 

On  le  prend  quelquefois  pour  Un  Régiment, 
pour  une  troupe  qu**lcon(fue ,  qui  forme  une 
corporation  particulière  et  distincte  des  autres. 
Le  Corps  de  Ut  Gendarmerie,  des  Carabiniers, 
etc.  Il  est  aimé  dans  son  Corps.  Les  Copitaings 
ont  ordre  de  se  rendre,  de  rester  au  Corps.  V'i- 
nie  de  Corps. 

On  dit  aussi.  Le  Corps  du  Génie,  le  Corp* 
d'Artillerie,  de  V.lrtillcrie^  pour  signilier.  La 
corporation  dvs  Ingénieurs,  etcefle  dest^nou- 
uieis.  Bombardiers,  Mineurs,  Sapeurs,  etc. 

Ou  apjwlle  i-'ieux  Corps,  \.cs  six  Rtgimtiis 
d'irdunlerio  Françoise  h  s  plu»  ouf  iens.  Le  R*- 
qiment  de  Picardie  est  le  plus  nncteti,  Jf  p-e- 
micr  des  Vieux  Corps. 

Conps-DK-oAftDK.  Certain  nomî^re  de  Sol- 
dats poses  en  un  liru  ^Hinr/<ii«  garde.  Corps- 


3ao  COR  COR 

ie-garieava'ncé.LeCorpi.ieijardeae  là  porte, 'f' grosseur.   Grande  corpulence.  Grosse  eorpu 


de  la  harrlère,  elc  Poser,  mettre  an  Corps-de- 
garde.  L'jlarme  est  au  Corps-de-rjcrJe.  Il  sur- 
prit, il  força,  il  enlei-a  le  Corps-de-yarJe. 

11  se  dit  aussi  Du  lieu  où  l'oo  éiabUt  l:s  Sol- 
Bats  qui  composent  la  parde  d'un  poste.  Sort 
logis  seruoil  de  Corps-dc-gardi.  Les  Soldats 
posèrent  lews  armes  au  Corps-de-garde. 

Dnapi^lle,  .Vols,  rai7l<n«,  piiiisonleries 
de  Corps-de-garde,  Des  niols,  des  railleries 
grossières,  basses,  sales. 

Conps-DE-iocis,  se  prend  ordinairement 
pour  Cue  étendue  de  bâliuicnt  composée  de 
plusieurs  pièces,  et  considérée  séparément  des 
pavillons,  ailes  et  autres  acconipagnenicns qu'il 
[wurroil  avoir.  Petit  corps- de -logis.  Beau, 
grand  corps- de- logis.  Gros  corps-dc-logis. 
Corps-de-logis  double.  Corps-de-logis  de  de- 
vant, de  derrière.  Il  y  a  dans  cette  maison 
deux  corps  -de-  logis.  Ces  deux  ailes  occompa- 
qnent  bien  le  corps-de-logis. 

On  dit  aussi.  Corps  d'Hôtel,  pour  dire, 
Corps-de-lOj^is.  Il  n'est  usité  qu'en  termes  de 
Pratique. 

Coups,  se  dit  aussi  figurément  Du  recueil, 
de  l'assemblage  de  plusieurs  pièces  d'un  ou  de 
divers  Auteurs,  1-  squcUcs  font  un  ou  plusieurs 
tomes.  Corps  de  Droit  Civil.  Corps  de  Droil 
Canon.  Le  Corps  des  Poêles  Grecs.  Le  Corpt 
des  Poètes  Latins.  Le  Corps  des  Historiens 
d'Espagne,  des  HUloriens  d'Allemagne ,  etc. 
de  l'Histoire  Bizantine,  C'est  un  beau  Corps, 
un  grand  Corps  d'Histoire,  il  faut  ramasser 
t»utes  ces  pièces  ft  en  faire  un  Corps.  Le  Corpt 
de  l'Histoire  de  France  par  du  Chêne. 
Corps  étranger.  Voyez  ÉT3ASger. 
Coups,  se  dit  aussi  en  parlant  De  la  solidité 
et  de  l'épaisseur  de  certaines  clioses  qui  soni 
ordinairement  un  peu  minces.  Ce  parchemin , 
ce  papier  na  pas  de  corps,  n'a  pas  assez  dt 
ecrps.  Vne  étoffe  gui  a  du  corps.  Un  chapeau 
gui  a  du  corps.  Cette  lame  li'cpée  est  bien 
mince,  elle  n'a  point  de  corps. 

il  «e  dit  encore  De  la  consislaiicc  des  choses 
liquides ,  qu'on  fait  cuire  et  épaissir  par  le  feu , 
ou  autrement,  comme  l(S  sirops,  les  ongneus. 
les  emplâtres.  Ce  sirop  n'est  pas  assez  cuit,  il 
n*3  pas  a-sez  de  corps.  Il  lui  faut  donner  plus 
de  corps.  Cet  onguent,  cet  emplâtre  a  trop  peu 
de  coips. 

1'  te  dit  aussi  De  la  force  et  de  la  vigueur 
de  certains  vins  ,  de  certaine.*  liqueurs.  Un 
r'in  gui  a  du  corps,  gui  n'a  point  de  corps,  gui 
n'a  guère  de  corps ,  gui  prend  du  corps. 

On  dit  figurément  et  proverbialimenl,  Preii 
dre  l'ombre  pour  le  corjs,  pour  dire,  Prendra 
l'apparence  pour  la  réalité,  prendre  ce  qui  est 
apparent  pour  ce  qui  est  réel  et  solide. 

Ou  dit  aussi  ptoverbialcmcul ,  que  L'envie 
êuit  la  vertu  conime  l'ombre  suit  le  corps. 

Cuars,  dans  les  devises,  est  la  figure  rcpré- 
•eolée  ;  tt  on  appelle  Aiie,  Les  paroles  qui 
raccompagnent.  Le  coi-ps  dt  cette  devise  est  fort 
hon,  maii  l'i2me  n'est  pas  heureuse. 


lence.  Un  /itmme  de  cette  corpulcncc-là  mange 
beaucoup. 

On  dit  aussi,  Vn  Itomme  de  petite  corpu- 
lence. 

CORPUSCULAIRE,  adj.  Terme  didactique. 
Qui  est  relatif  aux  corpuscules,  aux  aloraes.  Il 
n'est  guère  d'usage  que  dans  cette  phrase  , 
Physique  ou  Philosophie  corpusculaa-e ,  pour 
dire ,  Celle  qui  prétend  rendre  raison  de  tout 
i)ar  le  mouvemeut  de  certains  corpuscules. 

CORPUSCULE.  ».  m.  l'erme  de  Physique 
Petit  corps.  Les  atomes  s0Ut  des  corpuscules.  Le 
mélange,  la  rentenire de  plusieurs  corpuscules 

CORRECT,  ECTK.  adj.  Oii  il  n'y  a  point 
lie  fautes.  Il  se  dit  De  l'écriture  et  du  langage. 
Ce  Livre  est  fort  correct.  Ilenftt  faire  une  copie 
correcte.  Son  Imgage,  son  discours,  son  style 
est  fort  correct.  Cette  plirase  est  correcte,  n'est 
pas  correcte.  Telles  éditions  sont  fort  correctes. 

On  dit  aussi,  qu'Un  Auteur  est  correct ,  ou 
peu  correct,  pour  dire,  qu'il  e.st  exact  ou  peu 
exact  dans  les  faits  ,.dans  les  dates,  d.uis  lis 
Qoms  qu'il  rapporte .  dans  son  style. 

On  dit  d'Un  Peintre,  que  Son  dessin  esl 
rorreci,  pour  dire,  que  Sou  dessin  est  selon 
toutes  les  règles. 

CORRECTEMENT,  adv.  Sans  faute,  con- 
ibrmémcDt  aux  règles.  71  écrit  correctement.  U 
^arle  correctement.  Il  imprime  correctement 
U  dessine  correctement, 

CORRECTEUR,  s.  m.  Celui  qui  coirige  , 
|ui  reprend-  5éi*ére  Correcteur 

ConiiECTEuti  n'iMPAiHenie. Celui  qui  corrige 
les  épreuves.  Bon  Correcteur.  Correcteur  exact. 
CoiTecteur  né^ii^ent. 

Dans  1»  Chambre  iTes  Comptes ,  il  y  a  des 
OBîcicrs  qu'on  appelle  Correcteurs.  7i  est  Cor- 
recteur des  Comptes.  Il  a  acheté  un  O^fce, 
une  Charge  de  Correcteur. 

Les  AJiulmes  appellent  Correcteurs,  Les  Su- 
périeurs de  leurs  Plaisons.  Le  Père  Correcteur. 

CORRECTIF,  s.  m.  Ce  qui  a  la  venu  de 
leirp-jrer,  de  corriger.  Le  sucre  est  le  correctil 
âA  citron.  Il  faut  mettre  un  peu  d'anis  pour 
serv'ir  de  ccrrectif  au  séné.  C'est  son  correctif. 

On  ?DpelIe  figurément  Coi  tcctif  ,  Certain 
adouc'uisement  qu'on  emploie  dans  le  discours, 
^oui  faire  pi-sscr  quelque  projHisition,  ou  qucl- 
•|ue  expression  trop  l'orle.  ou  trop  hardie  :  par 
exemple.  En  quelque  façon,  s' il  faut  ainsi  dire, 
pour  ainsi  dire,  s'il  m'est  permis  d'user  de  ce  mot. 
Celte  proposition  est  trop  hardie,  elle  a  besoin  de 
quelque  correctif. 

CORRECTIOjV.  a-  f.  Action  de  corriger. 
Cela  nierrie  correction.  Ijégére  correction.  Sé- 
vé:e  conection.  Rude  correction. 

Il  se  dit  Des  cliosm  morales  et  politiques. 
La  correction  des  défauts.  La  correction  des 
abus.  Cela  a  besoin  de  'nrreclion.  La  conec- 
tion des  mœurs.  La  correction  des  erreurs. 

11  se  dit  aussi  Des  changemens  qu'on  fait 
dans   les  ouvrages   de   la  main  ou  de   l'esprit 


il  poiu  les  perfectionner.  Cette  pièce  a  besoin  de 
"9 ,: —    ri  .-  ^    j—  -t _..;  J J-«f 


COItPULKSCi;.  s.  (.  La  taille  di   l'homme''  correction.  Il  y  a   des  choses  qui  demandent 
(uBliiierée  |>ar  rapport  à  u\  grandeur  et  à  it      correction.  Vuliecuiirctionn'e^l  pas  bunne.  La 


COR 

correction  d'un  tel  critique  sur  un  Ici  pnssagt 
de  Pline,  d'Aiistote,  elc.  Il  veut  gu'on  lise  ce 
passage  d'une  autre  sorte,  et  je  trouve  sa  cor- 
rection bonne,  cite  étoit  nécessaire.  Celle  copie 
étoit  pleine  de  fautes,  il  a  fallu  y  faire  de 
grandes  corrections. 

Dans  l'Imprimerie,  on  dit,  La  conection  des 
épreuves.  Et  l'on  appelle  aussi  Corrections,  Cs 
que  l'on  a  écrit  &  la  marge  ou  entre  lignes  d'une 
épreuve  ou  d'un  manuscrit  pour  les  corriger. 

Conr.ECTios  ,  signifie  aussi  Réprimande  et 
adraonitioi) ,  soit  d'un  égal  envers  son  égal , 
■.oit  d'un  supérieur  envers  son  inférieur.  Cor- 
'■eclicn  charitable.  Correction  fraternelle.  Cor- 
rection paternelle.  Douce  conection.  Sévère 
correction.  Je  lui  ui  fait  une  petite  correction. 
Cela  mérite  correction. 

Il  signifie  quelquefois  Chitimenl,  peine.  // 
II  été  long-temps  en  prison ,  sa  correction  a  été 
\nen  rude,  a  été  trop  forte.  Le  père  use  de  cor- 
reclion  enfers  s4s  en  fins,  le  maitrt  envers  ses 
valets.  Il  a  subi  la  correction. 

Ou  appelle  Maison  de  correction,  Les  lieux 
ilcstincs  à  enfermer  par  autorité  publique  les 
personnes  qui  se  comportent  mal,  et  surtout  ks 
jeunes  personnes  dcrcglces  et  de  mauvaixo 
mœurs.  On  l'a  mis,  on  l'a  mise  dans  la  maison 
de  conection.  Dans  celle  Ville  il  y  a  deux 
maisons  de  correction,  l'une  pour  les  hommes ^ 
et  l'autre  pour  les  femmes. 

Il  «e  prend  quelquefois  potn-  I,c  pouvoir  cl 
l'autorité  de  reprendre  et  de  eli-ltier.  Les  enfans 
loril  sous  la  correction  du  père.  Je  r.e  suis  pas 
tous  sa  correction 

Sauf  corieclion,  sous  correction.  Manl*r3 
de  parler  adverbiales.  On  emploie  ce  terina 
lorsqu'on  craint  que  quelque  chose  qu'on  dit 
ne  déplaise  à  la  compagnie  devant  qui  l'on 
parle,  et  à  laquelle  on  veut  ténioigncr  respect 
et  déférence.  Messieurs ,  je  maintiens,  sauf 
correction .  que  cela  est  faux.  Et  les.Vvociils  en 
plaidant  disent  souvent,  Sous  correction  de  la 
Cour,  sauf  correction  de  la  Cour,  ou  siniple- 
mcnt,  sotts  correction,  sauf  correction. 

ConriECTiON,  se  prend  aussi  pour  le  Bureau 
où  les  Correcteurs  des  comptes  travaillent.  Le 
compte  e.t  à  la  correction. 

ConnECXioN ,  signifie  aussi  La  qualité  de  ce 
qui  est  coirect.  Cet  ouvrage  a  beaucoup  de 
correction.  Correction  du  style. 

ConRECTiox,  signifie  aussi,  Pureté  de  lan- 
gage. //  parle,  il  écril  avec  une  grande  correc- 
tion. Le:  Ecrivains  François ,  depuis  Malherbe, 
ont  mis  dans  leurs  ouvrages  une  grande  cor- 
rection, pour  dire,  qu'ils  ont  suivi  plus  scru- 
puleusement les  règles  de  la  Grammaire. 

On  appelle  en  termes  de  Peinture,  Corre.'^ 
lion  de  dessin,  L'exacte  observation  des  pro» 
portions,  et  b  juste  disposition  des  figures,  gi\- 
rendent  le  dessin  correct  ,  indépendamment 
du  coloris,  Raphaël,  le  l'oussin,  se  sont  rliSln.- 
nucs  par  la  correction  du  dessin. 

CunnBCriON,  figure  Je  Rhétorique,  par  la- 
quelle l'Orateur  se  repr  nd  pour  dire  quelque 
chose  de  (dus  fort,  ou  niémc  toute  autre  choi« 
que  ce  u"''l  vient  Je  dire.  Jt  l'aime  :  ^ue  dut 


c  ou 

}«,  o'ftner?  je  Vîdoldtre.  Safortune,  f/tic  dis-jg,^ 
ta  vertu  Vcleva  au  vîus  hmut  ilegic. 

CoRntCTiON,  en  Pharmacie,  ae  dit  De  I.i 
préparulion  d'un  médicament,  par  larjuelle  oi- 
ôte  ou  Ion  diminue  les  (jualilés  nuisibles  dci 
siioguts  c|ui  y  cnlient. 

CORRKrnoNNEL,  ELLE.  adj.  Qui  ap- 
oartifDt  ;\  la  coirection.  Juridiction  convc- 
tiunnelle. 

CORREGIDOH.  s.  m.  Oflicicr  de  Justice  en 
i-'spagne.etdiius  les  Pays  soumis  ù  ce  Royaume. 
I.e  Corréqidor  est  le  Chef  de  lu  Justice  dfins  les 
Vi{les  d'.-imértijm'  mumif^es  nu  Hoi  d^ Kspaqne, 

CORRKf.  \'nF,  IVE.  adject.  Tennc  didac- 
ti(pie.  Qui  maniuc  une  relation  commune  et 
tëciproipie  entre  deux  choses.  Les  termes  de 
pi'Te  et  (/)'  fils  sont  des  ferries  corrélatifs. 

COKRKLAriC)>'.  s.  ï.  Relation  rcciproque 
enlre  deux  choses.  Il  d  est  d'usage  que  dans  le 
didactique.  Les  termes  de  père  et  de  fils  empor- 
tent corrélation. 

CORRESPONOAJîCE.  s.  f.  Rapport,  rela- 
tion entre  les  personnes,  entre  les  clioscs.  //  y 
a  entre  eux  une  parfaite  correspondance  d^opi- 
nion$.  Il  y  a  dans  Vhommc  et  dans  plusieurs 
animaiLt  beaucoup  de  correspondance  entre  les 
orqanes  de  la  (jênération  et  ceiur  de  la  voir. 

Connt<POM)ASCE.  se  dit  aussi  De  la  relation 
que  des  Marchands  ont  les  uns  avec  les  autres 
pour  leur  commerce.  Ce  Marchand  a  corres- 
pondance dans  loufe;  les  Villes  de  l'Europe. 
Avoir  correspondance  ^  entretenir  corref^von- 
dance^  établir  une  correspondance  dans  les 
Pay;  étranqers.  Etre  en  carres-  ondame^  ronii 
yre  toute  correspondance  avec  (juclc^n'un. 

Il  se  dit  gcncralemenl.  Des  diffen-nies  rela- 
lirMis,  des  dilÎL-ientes  liaisons  que  des  personnes 
i«it  ensemble.  Aous  avons  eu  lonq-temps  cor- 
respondance de  lettres.  Entretenir  correspon- 
dance avec  des  Gens  de  Lettres.  Je  ne  l'eitr 
fwinl  de  corrttpondancc  avec  cet  homme-là. 
.-/voir  des  correspondances  suspecies. 

ConnEspoNDANCE,  se  dit  aussi  Des  lettres 
niâmes.  J'ai  lu  la  correspondance  de  ces  deu:t 
AJiniàtres.  J^ai  lu  la  correspondance  de  cet 
Ambassadeur. 

CORRÏÎSPUNDANT,  AN'Œ.  adj.  Il  se  dit 
De*  cliosfs  qui  se  corrt-'spondcnt.  Angles  cor- 
Ttspondans  j  lignes  correspondantes. 

ConnE'iPONDAar.  s.  m.  négociant,  oti  Ban- 
quier, qui  est  en  correspondance  réj'lt'C  avec  ni 
autre  Négociant,  ou  Banquier,  sur  des  objets 
'l":  commerce  ou  dt  baDi{uc.  Bon.  fidèle  corres- 
f'Ondant.  Il  a  des  currespondans  dans  (ouïes  les 
A'iiies  de  commerce.  Son  correspondant  lui 
mande  que. . . 

On  appi'lle  ausai  Corrc'îpondflrit,  Celui  avec 
qui  on  est  en  socii'tc  dai«  un  commerce  réglé 
de  lutln-a,  |K>ur  aflaires  ou  pour  nouvelles.  J'ai 
un  bon  cotre.^fondant  dans  tel  Pays.  Vn  cor- 
respondant bien  informé. 

CORUKSPOMÏRE.  v.  n.  Répondre  de  «a 
part,  c'cst-j-dirr,  par  ses  jeniimens,  par  se* 
ociion*.  etc  t'or/e  pondre  à  Vaff,  ction  de  quel- 
qu'un. Je  i*ous  ai  rendu  toutes  sortes  de  Î>om> 
•fficei^  mais  vous  n'y  avez  pas  correspondu. 
Tome  l. 


C  o  w 

Cet  enfant  ne  correspond  pas  aux  hennés  în- 
Jentions  de  ses  purens. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  qui  se  rapportcni , 
Tpit  sym^tîisent  ensemble.  Ces  deux  puwUous 
se  correspondent. 

X:ORRIDOR.  s.  m. (On  prononce  Condor. 'i 
Kspcce  de  galerie  étroite  qui  sert  de  pnssrtg- 
pour  aller  à  pltisïcuis  appartemens. 

C()RKK;i:K.  v.  a.  Ôlcr  un  défaut,  des  dé- 
fauts. Use  dit  Des  personnes  et  des  choses.  Il  uVi 
riri'(/n  défdnt,  mais  il  sera  fort  difficile  de  Vcn 
corriqer.  Il  fst  sujet  au  tim,  cIc.  il  ne  s'en  cor- 
jincrti  jamais.  Il  m'a  envoyé  son  livre,  son 
ncëmc  pont  le  corrinir.  Il  a  iti-u,  corrigé  et 
augmenté  son  livre.  Corriger  un  plan  ,  un 
dessin,  des  vers ^  une  pièce  de  ISÎustguc.  Cette 
copie  nu^il  avoit  transcrite  ètoit  tou'.e  pleine 
de  fautes,  j\ii  bien  eu  de  la  peine  à  li  corriga'i 
)c  Vai  corrigéû  sur  l'original.  Les  Modernes 
ont  corrigé  les  Anciens  en  phisieurs  choses. 
C\\'-t  lui  qui  a  corrigé  les  épreuves  d'un  tel 
livre.  Il  ne  faut  pas  tirer  la  feuille  gu^clle  ne 
\oit  corrigée.  Corrigez  celte  liumeur  violente. 
Corriger  les  fautes^  les  défauts  d'un  ouvrage, 

ConniGEi»,  signifie  aussi  Réparer.  Corriger 
Yinjustice  du  iort. 

On  dît  d'Un  joueur  adroit  et  fripon,  qu'/l 
torriqe  la  fortune. 

Il  signifie  aussi,  Reprendre,  châtier,  punir. 
C'est  au  supérieur  à  corrufcr  ses  in  ferieiu-s.  Le 
l'cre  corrige  ses  enfans.  Le  Prieur  corriqe  t-a 
Religieux,  etc.  Il  a  besoin  dV'(rc  corrigé. 

1)  se  pn  nd  aussi  pour  'l'cnipû-cr  ;  et  en  ce 
sens  il  se  dit  Des  alimeiis,  des  humeurs  et  des 
drogues.  Il  faut  corriqer  la  crudité  de  l'eau 
avec  un  peu  de  vin.  L'acide  du  citron  se  cor- 
rige par  le  sucre.  Corriger  Vacrimonie  de  la 
h. le  pur Corriger  les  humeurs  peccnntes. 

CoRnir.É.  LE.  participe. 

CORRIGIBLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  peut 
î  tre  corrigé.  Il  ne  se  dit  guère  qu'avec  la  néga- 
tive. Cet  homme  n'est  pas  corrigible.  Il  se  dit 
plus  ordinairement  Di;s  mœurs. 

CORROROR ATU'%  IVE.  adj.  Qui  a  la  vertu 
i!c  corroborer.  Remède  coiToboratif.  Tablettes, 
pnudreSj  potions  conoboratives.  Il  ne  se  dit 
quVn  parlant  De  remèdes  ou  d'alimeos. 

Il  est  quelquefois  substantif.  L  n  corrobora- 
tif.  Se  servir  de  corroborât  ifs. 

CORROBORATION.  s.  i.  Action  de  corro- 
borer .  ou  l'état  de  c«  qui  est  corroboré.  On  a 
travaillé  avec  succès  a  la  corroboraiton  de  son 
estomac. 

CORROBORER,  v.  a.  Fortifier,  donner  des 
forces  .\  quelques  parties  de  l'animal,  princîpa. 
lemcnt  di:  l'bonimc.  Le  vin  corrobore  l'esto- 
mac. Il  ne  se  dit  qu'en  parl.ml  De  lenudcs  et 
d'alimens. 

Il  se  met  quelquefois  absf^tumeat.  Le  vin 
sa't  à  corroborer. 

ConnoBon^.,  tz,  participe. 

CORHODANÏ,  A^TE.  adj.  Qui  est  capable 
t'e  ronger,  de  percer,  de  consumer  le»  parties 
■■olidcs. 

Ct'RRODKR.  T.  n.  Rongr-r,  manger.  Il  10 
dit  Des  humeurs  nialigne>,  et  des  drogues  ou 


COR 


33 


autres  choses  qui,  prir  une  certaine  acrimcnie, 
ou  par  une  (juolite  causlique.  rongent,  brûlent 
quelque  partie  du  corps  animal ,  ou  de  quelque 
autre  corps  solide.  Le  poison  lui  a  corrodéles  in- 
testins, le$  entrailles.  Une  humeur  mordicante 
et  maligne  a  corrodé  la  partie.  Cette  eau- forte  ^ 
re  dissolvant  n'a  fait  que  corroder  légèrement 
ce  nietfil. 

Connoi))Ë,  ée.  participe. 

COR  ROT.  s.  ih.  La  façon  -jue  le  Corroyeur 
donne  aux  cuirs. 

Il  signifn;  aussi  Un  massif  de  terre  glaise 
pour  retenir  l'eau.  Faire  un  corroi. 

GORIUjMPRE.  v.  a.  (Il  se  conjugue  comme 
Rompe.)  Ciller,  altérer,  cliangcr  eu  mal.  Le 
grand  c!:aud  conompt  la  viande.  La  fièwe 
corrompt,  la  marse  du  sang ,  corrompt  les  hu- 
meurs. Cela  avoit  corrompu  l'air. 

Il  se  dit  figuréraenldims  les  choses 'morales, 
ei  signifie,  Changer  d'un  bon  état  en  un  mau- 
vais. Corrompre  les  nururc  d'un  jeune  homme. 
Les  mauvaises  compagnies  corrompent  les 
mœurs  j  corrompent  l'esprit  des  jeunes  qens. 

On  dit,  La  aainte  corrompt  le  plaisir  ^  pour- 
dire,  Le  trouble,  le  diminue. 

On  dit,  Corrompre  une  fdle,  une  (cmme, 
pour  dire,  La  débaucher;  Cor/onipreHn  Juge^ 
pour  dire.  L'engager  par  argent,  ou  par  quel- 
que autre  moyen  que  ce  soil,  A  juse*"  contre  sa 
conscience;  Corrompre  des  Gardes^  pour  dire, 
Les  gagnrr,  et  les  faire  agir  contre  leurdevoirç 
Corrompre  dcs  témoins.,  pour  dire,  Les  enga- 
ger par  .agent  ou  antrenieni  :i  porter  un  faux 
témoignagt:.  Ce  Jwjjc  ^ces  témoins,  ces  Gardes 
se  sont  laissé  corrompre.  Corrompre  par  ar- 
gent ^  par  faveur. 

Il  se  dit  figuréinent,  en  parlant  d  Un  texîe. 
d'un  passade  qu'on  altère.  Il  a  corrompu  ce 
passage.  On  croit  guc  le  texte  est  corrompu  en 
cet  endroit. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  Pe  langage  ,  dr 
»ty]e.  La  lecture  des  mauvais  Auteurs  corroinpi 
le  style. 

Cor.noMPRE, signifie  aussi,  Altérer  la  foi-me 
la  figure,  l'état  de  certaines  choses.  Ainsi  on 
dit  :  Corrompre  la  forme  d'un  chapeau.  Un 
corps  de  jupe  gui  commence  à  se  corrompre. 
Cela  lui  corrompra  la  taille. 

CoBROMPRE. s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  Quand  la  masse  du  sang  vient  une 
fois  à  se  corrompre.  La  viande  se  corrompt 
guand  on  la  garde  trop.  L'air  se  corrompt  par 
les  chaleurs  excessives. 

Il  s'emploie  aussi  en  parlant  Des  mœurs.  Les 
mœursse  corrompent  facilement  par  la  fréquen- 
tation des  mauvai.KCs  compagnies.  Le  siècle 
commence  fort  à  se  corrompre. 

Il  se  dit  cneorc  en  p;ïrlant  De  langage.  La 
Langue  Latine  commença  à  se  corrompre  peu 
de  temps  après  Auguste. 

ConnoMPU,  lE.  participe. 

On  dit,quel7((ibVn,/'£5pajnol  etle  Fran- 
çow  sont  du  Latin  roTtompu.  pour  dire,  que 
Ces  Lan:;ues  sont  fonnées  du  I.oiin  qu'on  a  al- 
ti'ré ,  changé. 

On   dit  :  .Iftrnri   corrompucf.  homme    cor- 

41 


332  COR 

rompu.  Nations  corrompues  par  la  m<^llesse. 
^lot  corrompu  pur  tiisage.  Raison  corrompue 
par  les  victs  ,  par  les  préjugés,  ;  ar  lu  supers- 
tition. 

COUKOSIf,  1\  !•:.  adj.  Qui  rongi-,  qui  en- 
tame les  corps  sur  Icsijul'Is  il  est  :i|iiili(iuc-  ^"- 
llimé  corrosif.  L'arsenic  est  corrosif.  Humeur 
corrosive. 

Il  est  aussi  siibstniilif.  l 'lie  chose  est  un 
puissant  corrosif.  Le  Chirur<jicn  a  mis  un 
corroiif  sur  la  chair  merle  ;  crni  la  manger. 
Il  y  faut  employa-  les  conosi/s. 

iJOIlRO.SII<N.  s-  f.  I"iction  o»  l'cflit  de  ci' 
qui  csl  rorrosif.  Cette  humeur ,  ce  poison  fit  une 
nranJe  corrosion,  La  coriosion  de  l'oslomuc  est 
au  indice  de  poison. 

COnUOVlili.  T.  a.  Parer,  repasser,  manier, 
ratisser,  adoucir  des  cuirs,  cl  leur  donner  le 
dernier  apprêt.  CoiTOjer  des  peau-c  de  vache. 

ConnoïEn,  signifia  aussi.  Battre  et  pétrir  de 
la  terre  glaise,  aliu  d'en  faire  un  massif  tjui 
tienne  l'eau. 

On  dit  aussi ,  Corroyer  un  bassin  de  fon- 
taine, un  canal,  etc.  pour  dire,  Y  mettre  un 
massif  de  terre  j^laise  corroyée  pour  retenir  Teau. 

On  dit,  Corroyer  le  /cr,pour  dire,  Le  battre 
.'i  cliaiid  prêt  .'i  fondre;  Corroyer  le  bois,  pour 
dire,  Kn  ùtrr  a'superlicie  grossière  ;  Corroya- 
du  mortia- ,  pour  dire ,  Mêler  ensemble  la  chaux 
et  le  sable. 

Connovi:,  i.^.-  participe. 

CORROYI'.UU.  s.  m.  Artisan  dont  le  métier. 
«■st  <Ie  conover  les  cuirs. 

CORRUDE.  s.  f.  Esptee  d'asperge  s'V-.age. 
Kllc  croit  parmi  bs  baies  et  les  '""'^....«lilles,  et 
a  les  mêmes  propriétés  f]uc  ''....^ierj^e  cultivée. 

CORRUPTiùUa,Tf..^,r-.  5.  Celui  ou  celle 
rjiii  con'ompt  Vuf^A^i,  les  moeurs,  le  goût.  Les 
corruptcur*_  '<  ^f  témoins  sont  encore  plus  cou- 
pabb^.  ■■'.te  les  fau.v  témoins  mêmes.  Cette  femme 
Z,<une  dangereuse  corruptrice  de  la  jeunesse. 
Il  est  aussi  adjectif,  l/rt  langage  corrupteur. 
Une  doctrine  corruptrice. 

CORRLPTIBIMTÉ.  s.  f.  <,)ualilé  par  la- 
quelle un  corps  physique  est  sujsl  à  corruption. 
La  corruptibilité  est  attachée  à  tous  les  corps. 

CORRCITIBLE.  adj.  dis  2  genres.  .Sujet  à 
c  rruption. /I  n'y  arien  sous  le  Ciel  nui  ne 
toit  corruptible.  Les  corps  les  plus  humides  sont 
les  plus  corruptibles. 

Il  signifie  figurémenl,  Qui  peut  se  lais.ser 
corrompre  pour  faire  quelque  chose  contre  son 
dc''oir.  C'c:U  un  homme  (jui  n'cit  corruptible 
ni  ar  rr ,  ni  par  argent.  C'est  un  Juge  très- 
ccr.'uptiMe, Ilc^t  plus  d'usage  avec  la  négative. 
CORRUPTIOM.  s.  fém.  .AluJration  dans  les 
qualités  j>rincipales,  dans  la  substaacc  d'une 
chose.  La  corruption  de  la  viande.  Iji  corrup- 
tion .-/c  l'aip.  Cela  tend  à  corruption.  La  cor- 
ruption du  sang,  des  humeurs.  Il  y  a  des  terres 
où  les  corps  se  consa-vent  long-temps  unis  cor- 
ruption. 

Il  se  dit  encore  pour  Putréfaction,  pouri- 
lurc.  On  a  cru  long-temps  i^ue  les  vers  s'engen- 
droient  de  corruption. 

U  se  dit  aussi  dans  le  didactique,  Ue  l'altc- 


CDfl 

ration  qui  arrive  dans  un  corps  physique,  et 
qui  est  la  gcnt'ralion  et  lu  j)ri  duclioii  d'un 
auirc.  Qiiehjucs  PhUosoj  fn  i  tit  dit  (jue  la  cor- 
luj  tion  d^une  chose  est  Li  tjunéralioii  d'une 
antre. 

U  se  dit  figure'incni  De  toute  dépravation 
dans  les  mœurs,  et  priiicipalemenl  de  celle  qui 
r('j:;ardc  la  Justice,  la  fidêUtd,  la  pudicité.  La 
cormptioji  des  mœurs.  La  corruption  du  siècle. 
La  corruption  de  la  jeun^se.  i  a  corruption  du 
cœur  de  l'Jiomiiic.  Il  y  a  en  lui  un  fonds  de 
corjuption.  Le  monde  n'est  que  corruption.  L  n 
■luije  soupçonné  de  ccrruplion. 

Il  se  dit  aussi  Lîes  cb.ingenicns  vicîcrix  qui 
se  trouvent  dans  le  texte,  dans  uu  passa;^e  d  un 
livre.  //  y  a  corruption  dans  ce  tcj:tc-là. 

Ou  4it  quX  n  mot  se  dU  par  corruption, 
[lour  dire,  qu'il  a  étû  altéré.  I>ms  cette  phrase, 
./  hcuH  prêcher  à  qui  n'a  cœur  de  hicn  faire. 
Cœur  se  dit  par  corruption  poiu-  Cnrcj  c'est-à- 
ilire,  Jsnvie. 

CORS.  s.  m.  i)lur.  Terme  de  Vénerie  et  de 
Blason.  Il  se  dit  Des  cornes  qui  sortent  des  per- 
ches du  cerf.  Un  cerf  de  dix  cors,  ou  plus 
communément.  Un  cerf  dix  cors ,  peur  dire. 
Un  cerf  de  moyen  âge. 

CORSAGE,  s.  m.  I<a  taille  du  cvrps  humain 
ilepuis  les  épaules  iusqu'au\  hanches.  Zîeaucor- 
sane.  Joli,  (jcntd  corsuqe.  Haut  de  corsaqe.  Le 
c-orsaqc  dclic. 

Il  se  dit  aussi  Des  chevaux.  Ce  cheval  a  un 
heau  corsa(je. 

CORSAIRE,  s.  m.  Celui  qui  commande  un 
vaisseau  armé  en  c(jiuae,  ei  qui  a  une  comjnis- 
BÎon  de  quelque  Puissance.  Corsaire  de  Saint- 
Wflio.  On  nomme  ainsi  quelquefois  un  Pirate. 
Les  Corsaire?  d'Ahjcr.  il  fut  pris  par  le^  Cor- 
saires. ]l  tomba  entre  les  mains  des  Corsaires. 

On  appelle  aussi  Le  vaisseau  monté  par  un 
Corsaire,  Un  vaisseau  corsuûe, ou simph  nient, 
Un  corsaire. 

On  dit  figurém.  qu't  n  homme  est  un  \trai 
corsaire,  pour  dire,  qu'U  est  dur,  impitoyable. 
inique. 

CORSELET,  s.  masc.  Corps  de  cuirasse  que 
portoient  les  piquiers. 

QJRSET.  subst.  m.  Corps  de  cotte  de  Villa- 
geoise. il/e(tre  «n  corset.  Cor.set  de  tajfetos. 
Corset  à  fli'ur.'^. 

ConsET,  32  dit  aassi  d'Un  petit  corps  ordi- 
nairement de  loilc  piquée  et  sans  baleine,  que 
les  femmes  mettent  lorsqu'elles  sont  en  dé^ha- 
hiUé. 

CORIEGK.  a.  ma&c.  Suite  de  personnes  qui 
accompagnent  uc  ^rand  î)«igtieur.  un  Ambus- 
sadcur  dans  des  fonctions  publiques,  et  dans 
les  cérémonies,  jx>ur  lui  faire  honucur.  Grand 
''ortéqe.  Nombreux  cortéqe.  Cortège  de  car- 
rosses.  Jamais  Ambassadeur  n\i  eu  un  plu.s 
beau  cortéqe.  Etre  du  cortéqe.  Grot^ir  le  cor- 
téqe. Faire  cortéqe.  Aller  en  cortège,  Im'itcr 
uu  corIC(je.  Couper  le  cortège. 

CORTiCVL,  ALE.  ad;.  U  ne  «e  dit  '^uère 
([UC  de  la  partit;  extérieure  du  cerveau  et  du 
arvelct.  La  substauce  corticale. 

CORTUSE-  i'oyci  OnuLLE-D'oi.ns. 


GO  S 

CORUSCATION.  s.  f.  Terme  de  Physifiue. 
Eclat  de  lumière.  La  coruscflMon  d'un  fWétéore. 

CORVIùABLE.  adj,  des  a  genres.  Il  ne  s'em- 
ploie fjuêre  que  substantivement,  en  parlant 
Des  sujets  ou  des  vassaux  sujets  à  des  corvées. 
On  a  commandé  les  corvéables. 

CORVÉE,  s.  f.  Certain  travail  et  service  dû 
par  le  Paysan  ou  Tenancier  à  son  yci^ncur , 
soit  en  journées  de  corps,  soit  en  journt^s  ds 
chevaux,  de  Itceufs  et  de  harnois.  Corvée  OPih- 
nairc.  Grande  corvée.  Fdcheuse  corvée.  Il  doit 
tant  de  corvées  au  Seigneur.  Il  sert  en  corvée. 
Il  fait  faire  sea  fnns  et  curer  ses  fossés, etc. par 
corvées.  Exiger  des  corvées.  Ce  Seigneur  est 
assez  biirbare  pour  charger  ses  paysans  de  cor* 
vèes  e.viraordinaij-es.  Il  fait  travailler  à  cor' 
vèes .  à  la  corvée. 

Ou  appelle  figurém.  Corvée,  Toute  action, 
tout  travail,  soit  du  corps,  soit  de  l'esprit,  au- 
quel on  se  soumet  à  regret  et  avec  peine.  Ce 
que  je  fais  est  un  travail  ingrat,  c'est  une  cor- 
vée^ une  vraie  corvée,  une  pure  corvée.  Ce  n^est 
qu'une  corvée  pour  moi.  Je  me  fusse  bien  pasué 
de  celte  corvée.  Exemptez- moi  de  cette  corvée. 
Epargnez -moi  cette  corvée.  C^est  une  longue  ^ 
une  rude  corvée, 

CORVEE  ITE.  s.  f.  Petit  bâtiment  Uç^er,  dont 
Du  se  sert  ordinairement  ^n  mer  pour  aller  à  la 
découverte.  On  a  envoyé  plusieurs  coi-veïtei 
four  découvrir  l'urmée  ennemie. 

CORVB.Oi TE.  s.  masc.  Nom  qu'on  donnoit 
sus  Prêtres  de  C^bùlc  ,  qui  dansoient  au  too 
des  flûtes  et  des  tambours. 

CORVMBE.  s.  m.  Terme  de  Botaniqur.  U  se 
dit  Des  Heurs  de  certaines  plantes,  qui  portent 
aux  sommités  de  leurs  tii^es  un  assemlila£;e  de 
petites  Hfurs  ramassées  en  fornte  de  bouquets. 
Lesjleurs  de  lierre  sont  composées  de  coiYmhes. 

GORY.MBIKÈRE.  adj.  des  2  genres.  Terme 
de  Botanique.  Qui  purie  des  corymbes. 

CORYPHÉE,  subst.  m.  Terme  emprunté  du 
Grec,  et  qui  signifie  Celui  qui  étoit  à  la  léle 
jes  Chœurs  dans  Ils  pièces  de  Tfa('5tre. 

U  se  dit  aussi  ligurémcnt  l-le  celui  qui  «• 
distingue  le  plus  dans  une  secte,  dan»  une  pro- 
fession. Epictètc  a  été  dans  son  siècle  le  Cory- 
phée des  Stoïciens.  Pétrarque  étoit  leCoryphèe 
des  PoiUes  de  son  iemps. 

COS 

COSAQUES,  s.  m.  pi.  Peuple  de  l'Ukraine, 
qui  sert  dans  les  troujws  de  Russie  et  de  Po- 
logne, les  Cosaques  farmotit  une  cavalerie  lé- 
gère. Les  Cosaques  dit  Don. 

CO-SKC.LME.  s.  f.  Terme  de  Géométrie. 
I,a  sécante  du  complément  d'un  angle  îi  90  àe- 
^réjt.  La  co-sécante  de  3o  degrés  cil  lu  séeai^e 
de  60  degrés^ 

CO- SEIGNEUR,  s.  m.  Terme  relatif.  Celui 
ijui  possède  une  Terre,  un  Fief  avec  un  autre. 
;  h  sont  Co-5ciijnfHr.':.  Il  est  Co-Seigneur  d'une 
telle Pojoisse  avec  un  tel.  Les  CoSeigneurs  ont 
loiéi'ent  des  procès  enscnibU  pour  les  droits  ho- 
norifiques. 
,  CO-SINUS.  s.  m.  Terme  de  (iconiétric.  I  c 
rfnus  du  coniplénienl  dua  angle  ii  yo  degré-. 


cos 

Lt  co-iinus  le  3o  dfjré»  est  U  stiius  de  60 
tlegrés. 

COSMÉTIQUE,  ti).  de»  »  genres. Terme  de 
Pliariiiiicie,  qui  «e  dit  De»  drogues  qui  servcni 
i  rcnilwllissi-ment  de  la  |v;iu.  Les  taïur  île 
fleurs  de  jives,  de  lis,  etc.  le  lait  viiijinnl.  lt 
r/irnim,  etc.  sont  des  préparations  ccsmctiijues. 

Il  s'cmpbic  aus.si  substanlivemcnt  Les  3/c'- 
Jccins  vrétt:ntlcnt  itiic  les  coirnctiqufs  nuisent  à 
l,t  santé. 

COSMOGOME.  s.  f.  Sriciire  ou  système  de 
la  funn.ilioii  de  l'I'niver*.  La  Cosmogonie 
d'Hésiode. 

COSMOGKAl'IIi:.  s.  m.  Qui  sait  la  Cosn  o- 
jrapliie.  5(iv'<iri(  i^ostnographe. 

COSMOtiRAPHIK.  subst.  f.  nescription  du 
monde  entier.  Il  sait  tiVn  lu  CosmogrupUit. 

COSMOCJRAPHIQUE.  ailj.  des  2  genres. 
Ap|iarlcii»nt  à  la  Cosmogiiipliie.  Dejicn'plioii 
Cosmoqraphitjue.  Table  Cosinographicjuc. 

COSMOLOGIE,  subst.  f.  Terme  didacliquc. 
.Science  des  Lois  générales  par  lesquelles  le 
nonde  physique  est  gouverne.  Triii<e  de  Cos 
nioloqie. 

COSMOL(XiIQUK.  adj.  des  î  genres.  Qui 
iippartieot   .i   la   Cosmologie.  Essai  Cosntvlo- 

3'V"- 

COSMOPOLITE,  s.  m.  Citoyen  du  monde. 
M  se  dit  De  celui  qui  n'udopte  point  de  p.nlrie 
Vn  Cosmopolite  regarde  l'univers  comme  sa 
patrie. 

COSSE,  s.  f.  Enveloppe  de  certains  légumes, 
e«mme  iiois,  frvrs,  lentilles,  vesce,  etc.  C'c-^x' 
iurt,  tendre,  ferme,  longue.  Cosse  de  puis. 
Des  pois  en  cosse.  Des  jèves  en  cosse. 

On  appelle  Pois  sans  cosse ,  Des  pois  dont  la 
ooftse  est  si  tendre  qu'on  la  peut  manger.  On  les 
;<ppelle  autrement.  Pois  goulus. 

r.assE,  se  dit  aussi  en  parlaiU  Du  fruit  de 
quelques  arbustes.  Cosse  de  ()ena'I. 

(BOSSER.  T.  neut.  Il  se  dit  Des  béliers  qui 
licurtcnt  de  la  léle  les  ans  contre  les  autres. 

COSSON.  s.  niasc.  Espace  de  petite  vermine 
(]ui  g.'ite  le  blé.  Ae  cosson  s'est  mis  dans  le  hlé 
dt  celle  jrnnije. 

Cosso>.  Bouton  de  la  viorne. 

COSSU  ,  LE.  adj.  Oui  a  beauconp  de  cosse. 
U  se  dit  spécialement  des  pois  et  des  Rves.  /)ei 
pois  bleu  cossus.  Des  jcvcs  bien  cossues. 

On  dit  populairement  d'Un  homme  qui  dit 
iSes  choses  peu  vraisemblables  ou  inipertineD- 
tas,  qu'/l  e/i  fonic  de  bien  rus-^ies. 

On  dit  (igmement  et  proverbialement ,  /  n 
mvnme  cossu. bienciissu,  [tour dite.  L'n  homme 
riche,  et  qui  est  bien  dans  ses  afTaires.  On  dit 
4ans  le  même  sens,  Une  maison  bien  cossue, 
pour  dire.  Une  niai.son  opulente. 

COSTAL,  ALE.  adject.  Terme  d'Anatontir. 
Qui  appartient  «u»  cotes.  Il  y  a  huit  vertèbres 
costales. 

CO.STUME.  ».  m.  Mot  pris  de  lltalien,  et 
qui  sigiiiric  1rs  usages  des  dillérens  temps,  de» 
difièr  ns  li'cn.  rrlatib  aux  objets  extérieurs 
•««quels  1  Peintre  est  obligé  de  se  eonfumier. 
Caraei ,  .ifcseiver,  négliger  le  costume.  Pécher 
ctntte  h  cotiume.  L'Ëeole  Romaint  a  micMi 


C  o  T 

observé  îe  costume,  que  V Ecole  Lombarde.  Il  se 
dît  surtout  Des  habîllcmciis. 

Il  se  Hit  aussi  en  parlant  Vtcs  Poèmes,  de> 
pit-crs  drantatitjues,  des  fictions  ,  des  liis 
toires,  etc. 

COSTUMKB.  V.  a.  nalnller,  v6iir  selon  !e 
costume.  Ce  Peintre  costume  bien  ses  person- 
nages. Cet  .'îclcur  se  costume  bien. 

CosTiMÊ,  ÊE.  pnrticipc. 

COT 

OO-TANGKNTE.  s.  f .  Terme  âe.  Gi^oind- 
Irie.  l.a  tiiir^cnte  du  conipliimciit  d'un  anglr 
h  f)0  degrés,  la  co-tanqcntc  de  3o  dcqrès  est 
la  tanjente  de  (>o  deqrés. 

COTE.  s.  i.  (I,a  première  syllal)e  est  brève.) 
Il  signitjc  la  manjuc  DuiiK-iale,  dont  on  se  sert 
poiu"  mt-ttre  en  ordre  les  pièces  d'un  procès, 
li'un  inventaire,  etc.  Ces  pièces  sont  sous  la 
tote  A,  50US  la  cote  B.  La  cote  trois,  la  cote 
fjitatre. 

On  appelle  Cote  mal  taillée.  Une  composi- 
lion,  une  convention,  qu'on  fait  en  gros,  sur 
plusieurs  sommes,  sur  plusieurs  preienlîons, 
RU  lieu  d'entrer  dans  la  discussion  paniculièro 
il"  rlinque  cliose.  Vous  tivez  des  prétentions  Us 
uns  contre  les  aittres  ;  il  faut  faire  de  tout  cela 
une  cote  mal  taillée. 

Cote,  signifie  aussi  quote-part.  Payer  su 
cote. 

CÔTE.  s.  f.  (  La  première  syllabe  est  lon- 
;;ue.  )  Os  courbé  et  plat,  qui  s'étend  depui-- 
l'i-pine  du  dos  jusqu'à  la  poiirinn.  I.c<  Tiaic 
rotes  sont  celU'S  d'en  haut,  qui  aboutissent  A 
Iq  poitrine;  Les  fausses  cotes  sont  celles  d'en 
bas,  qui  n'aboutissent  point  au  sternum.  Câte 
de  hceuf ,  de  cbeval.,  de  baleine.  Il  a  une  cSte 
froissée.  Il  s'est  froissé  une  côte.  Dieu  firma 
Kve  d'une  câte  d'Adam. 

On  dit  d'Un  clieval  qui  est  fort  maigre , 
qu'On  lui  compteroit  les  cStes.  Et  cela  se  dit 
aussi  d'Un  homme  extrêmement  maigre. 

CÔTE,  signifie  aussi  Ggurcment  on  quelques 
phrases, Ligne  et  extraction. iV^ons  sommes  tous 
de  la  côte  d'.'idam. 

On  dit  populairement,  Mesurer  les  côtes, 
pour  dire,  B.-.ltre  à  coups  de  bâton,  de  plat 
tl'cptfe  ,  de  nerf  de  bauf ,  ou  de  quelque  chose 
qui  plie  en  frappant. 

On  dit  ailssi,  Rompre  les  côtes,  pour  dire, 
Ballrt-  h  outrance.  Il  est  bas. 

On  dit  piovcrbialement  cl  fi^urèm.  Serrer 
les  côtes  à  un  Itomme,  pour  signifier  qu  On  \c 
presse  vivement,  qu'on  le  poursuit  avec  clia- 
Ipur,  pour  l'obligfT  il  faire  quelque  chose.  Il 
ne  vouloit  pat  payer,  on  lui  a  ti  bien  serre  les 
c^Ics,  que 

Cf'iTE  A  COTE.  Façon  de  parler  adTerbiale,  À 
côté  l'un  de  l'autre.  Ils  ulloient  câte  à  côte.  Ils 
marchoient ,  ils  étaient  ciHe  à  côte.  Côte  à  côte 
d'un   tel. 

C6t£.  se  dit  aussi  De  plusieurs  chose*  qui 
ont  quelque  rcsteinblauce  avec  les  eûtes  de> 
[  animaux.  Côte  de  melon ,  côte  de  citrouille,  etc. 
Côte  de  luth. 

On  appelle  Côtes  d'un  vais»eau.  Le» pièces 


C  O  T  3:,3 

qui  sont  jointes  îita  quille,  et  «jui  montsn  jus- 
qu'au plal-bord. 

On  dit  proverbialement  à*Va  homme  qui  se 
pique  mal  à  propos  d'une  liautc  noblesse, 
qu7ï  s'iimjfjine  être  dtj  la  côte  de  St.  Louis. 
On  le  connoU  bien,  il  n'est  pas  de  la  côte  de 
St.  Louis. 

CÔTE,  signifie  aussi  Le  [icnchant  d'une  mon- 
tagne et  d'une  rolline.  lîclle,  fertile,  agréable 
côte.  Côte  rude.  Côte  de  TÎijuobles.  Côte  plantée 
de  J<iqnes,  de  bois. Côte,  d'un  tel  endroit,  d'uni/ 
telle  moritaqne.  Le  long  de  la  côte.  Sur  la  côte. 
Sur  le  liaul  de  la  côte.  Au  bas  de  la  cote.  Lue 
côte  bien  roide. 

Mi-c<1te.  Il  n'e.sl  d'usage  que  dans  ci'tle  fa- 
)on  de  parler  adverbiale,  À  mi~côte.  Une  mai- 
ton  bâtie  à  mi-cÔte. 

Cote,  si|;nlfie  encore  Les  rivages  de  la  mer. 
Côte  pleine  d'écueils,  pleine  de  banct.  Fâ- 
theuse,  dangereuse  côte.  La  côte,  ou  les  côten 
de  France,  d'Angleterre,  t-tc.  La  France aplus 
de  cinq  cents  lieues  de  côtes.  Les  côtes  de  VO- 
cenn,  de  la  Méditerranée,  etc.  L"* armée  ua\fale 
yarut  à  la  côte,  sur  la  côte, sur  nos  côtes.  Don- 
ner à  la  côte.  Briser  à  la  côte.  Ranger  la  côte. 
Son  vaisseau  vint  s^échoucr  à  nos  côtes.  Il  est 
ichoué  sur  la  côte.  Le  vent  lcpous<!a,  le  jeta  à 
\a  cote,  5ur  la  côte.  Il  rasoit  la  côte.  Ils  décoiL~ 
ynretit  la  côte,  etc.  Les  matelots  crièrent  côte. 
Les  pirates  qui  courent  nos  côtes.  ?icttoyer  lec 
rôles  de  corsaire<i.  Les  habitans  des  côtes.  Toutes 
les  côtes  etoient  en  armes.  On  alluma  des  feux 
le  lonçj  des  côtes.  Des  batteries  qui  défendent 
la  câte. 

On  appelle  Gardes  -  côte$.  De»  vaisseaux 
armés  pour  défendre  les  eûtes. 

COTÉ.  s.  m.  La  partie  droite  ou  gauche  de 
l'animal,  depuis  Taisselle  jusqu'à  la  hanclie. 
Côté  droit.  Côté  gauche.  Le  côté  hti  fait  mal. 
Il  a  un  mal  de  côté.,  mal  au  côté,  un  point  au 
Cité,  un  point  de  côté.  Il  rci^ut  un  coup  d'épce 
dans  le  côté.  Il  est  blesse  au  côté.  Il  était 
couché  sur  le  ci!>(c.  Se  meffre  les  mains  sur 
les  côtés. 

On  dit  familièrement,  (\uVn  homme  est  sur 
e  côté,  pour  dire,  qu  II  est  bhsse.  oi  sî  mal, 
qu'il  ne  se  peut  remuer  qu'à  peine.  Le  voilà 
sur  le  côté  pour  six  mois.  Il  re<^ut  une  bles- 
sure, et  il  fut  trois  mois  sw  le  côté. 

On  dit  aussi  figuréramt.  Cet  homme,  ce 
Marchand  est  sur  le  côté,  pour  dire,  que  Se» 
affaires  sont  en  fort  mauvais  dtat,  qu'il  est 
proclur  de  sa  ruine. 

On  dit  aussi  d'L'u  Courtisan  qui  eomnienrc 
!i  perdre  sq  faveur .  son  crédit ,  qu'il  est  sur  le 
•ôté. 

On  dit  aus^^i.  Jeter,  mettre  quelqu'un  sur  U 
côté,  pour  d^rc.  Le  coudier,  le  rrtïversrr  par 
terre  mort  ,  ou  dangereusement  blesse.  H  lui 
donnu  un  grand  coup  d^épée,  et  le  jeta,  le  mif 
sur  le  côté. 

CÔTÉ,  dans  une  tti^nificatinn  pbu  Aendiie  , 
nc  prend  aussi  pour  Toutr  la  partie  droite  ou 
;;  luohe  de  l'animal,  et  de  tout  coq>s  !«olide.  Il 
ètoit  perclus  de  tout  le  côté  gauche.  Il  boite  des 
deiLT   côtés.   J'éfoii   à   son   côté.   Je  vis  qu'ii 

41. 


324 


cor 


mnrchoit  à  son  c6té^  à  ses  côtés.  Il  a  l'èpée  au 
côté.  Il  porte  ï'é;  ée  an  cutè.  Du  côté  de  l'c- 
pée.  Les  deu.t:  côtés  de  Vautel. 

Cn  dit  fjniilitTenient.  Se  tenir  les  côtés  de 
rire,  pour  i4irc,  Rire  avec  excts. 

On  dit  fif^urcmeu;  et  familiihïïmcnt,  qu'Un 
homme  a  mis  quelque  .'.hose  du  côté  de  lepee^ 
IJOur  dire,  (ju'Il  n  mis  a  couvert  quelques 
sommes  .  quelques  deniers,  soit  tju'il  ait  fait  ce 
giiÎQ  lejjiuiucmout,  ou  par  rrnudc.  Il  a  ahan- 
.'onnc'  sËù  biens  à  ses  cvéuiic'ers ,  mais  il  a  mis 
quelque  chose  du  côté  de  l'épée,  ïl  se  dit  plus 
wdJnairorïient  cn  mauvaise  part. 

Un  dit  Cr^uréwcnt  et  familièremeut,  Mettre 
un  tonneau,  un  muid  sur  le  côté ^  pour  dire. 
Le  vider. 

Od  dit,  qu'Un  navire  est  sur  le  côté,  pouc 
dire,  qu'il  est  sur  le  sable, renversé  sur  le  côté, 
ccLoué. 

Cn  dit,  ^lettre  un  vaisseau  sur  îc  côte, 
poiu-,  Le  can'ner,  le  radoid)er,  etc. 

CÔTÉ,  sij;nifie  cussi  Kudroit,  partie  d'une 
cV*îse.  Attaquer  la  Place  du  côté  le  plus  foihle. 
De  ce  côté]'^.  On  y  y\.Ht  entrer  par  deux  côtés. 
On  y  ahorie  de  tous  côtés ,  de  tout  côté,  on 
n'y  aborde  d'aucun  côté/  Il  n'est  jamais  à  la 
maison  ,  i7  c.s-t  toujours  de  côté  et  d^autre^  pour 
apprendre  des  nouvelles.  Il  va  de  côté  et  d'uu- 
Ire.  De  ce  côté-là  je  ne  crains  rien.  De  quelque 
côté  que  vous  considériez  Vajpnre.  Il  ne  sait 
de  quel  côté  tourner.  Meltez-vous  du  côté  du 
feu.  De  quel  côte  vient  Voraqe?  De  quel  côte 
vient  le  rcul  ?  Le  vcnl  s*est  tourné  du  côté  du 
Midi,  du  Septenîiion,  etc.  Il  est  venu  du  côté 
d'Espaqne.  Ils  sVn  sont  allés  chacun  de  leur 
côté.  Il  n'y  a  point  d'union  entre  eux,  chacun 
tire  de  son  côté. 

On  dit  figuvcuierl  et  proverbialement,  Voir 
de  qu.el  côté  rtcnl  lèvent,  pour  dire,  Kxami- 
qer  en  qutletat  sont  les  aflàires,  pour  se  déter- 
miner et  prendre  son  parti,  selon  les  circous- 
tances.  ** 

On  appelle  Les  has  côtés  d\ine  Eql'tsCj  Les 
ailes  basses  qui  sont  h  coté  de  la  nef.  Par  ana- 
logie, Le  côté  qaucliC ,  le  côté  droit  d'un  na- 
i'irc,  d'un  bâtiment. 

CÔTÉ,  se  dit  aussi  en  parlant  Des  étoffes. 
Mettez  celte  étofjl'  du  beau  ,  du  bon  côté.  Le 
côté  de  Tenvcrs,  de  Vcndroit. 

On  le  dit  fii;iu:émeut  Des  iwirsonnes  et  des 
choses,  il  ^e  fait  toujours  voir,  il  se  montre 
par  le  beau  côtéj  par  le  bon  côté.  Vous  devriez 
regarder  la  chose  par  le  bon,  par  ie  meilleur 
coté.  Il  renarde  tout  par  le  mauvais  côte.  On  a 
tourne  son  ajpiire  de  tous  les  côté.'.. 

Côté  ,  signifie  encore  I^  ligne  de  parenté. 
Ils  sont  parcns  du  côté  du  père,  du  côté  de  la 
mère.  Il  étoit  mon  cousin  du  côté  de  sa  ijrand- 
mère  maternelU.  Le  côté  paternel.  Le  côte  ma- 
ternel. Il  est  de  sor.  côté  et  ligne.  Un  propre  de 
tôté  cl  ligne. 

On  dit  d'Un  liomme,  qu7/  est  de  fe/le  fi- 
mille  du  côté  gauche,  pour  dire,  qu'il  est  Ijû- 
urd. 

CÔTÉ,  signifie  encore  Parti.  Le  côté  du  Roi. 
Le  côté  ih^  cuncmis.  C'est  le  côté  le  plus  juste. 


cor 

Le  bon  côté.  Il  a  Dieu  de  son  côté.  Il  se  ran- 
gea, il  se  mit  d'un  tel  côté.  Tous  ceu.t  qui 
etoient  de  son  côté.  De  quel  côté  etes-7rous?  Je 
suis  du  côté  de  la  justice,  de  la  raison.  Je  ne 
suis  ni  pour  un  côté  ni  pour  l'autre^  ni  d'un 
côté  ni  d'un  autre.  D'aucun  côté.  Il  se  met  du 
côté  du  pins  fort.  Il  a  les  rieurs  de  son  côté. 
Mettre  les  rieurs  de  son  côté. 

Kn  Géométrie,  on  appelle  Côtés  d'une,  fi- 
q'ire,  Les  ligncsqui  en  forment  le  contour. 

À  CÛTi:.  préposition.  Au  côté ,  à  droite  ou  j 
fj.iuclie,  et  auprès.  Se  m?ltre  à  calé  de  quel- 
quun.  À  côté  du  village  j  à  côté  du  but.  Il  est 
uussi  adv.  Marcher  à  côté^  être  à  côté.  Quand 
vous  serez  arrivé  en  tel  lien,  n'allez  pas  tout 
droit  j  mais  prenez  un  peu  à  côté.  Le  coup 
passa  à  côté,  etc. 

On  dit,  Donner  il  côté,  pour  dire,  S'éloigner 
du  but.  Il  se  dit  au  propre  et  au  fij^uré.  Kn 
tirant,  il  a  donné  à  côté.  Il  s'est  trompé  danx 
cette  affaire,  H  a  donné  à  côté.  lia  passé  à  côté 
de  la  diljicullé. 

On  dit  figurémcnt,  qu'Un  homme  e.t  à  çiAé, 
ou  marche  à  côté  d^un  autre,  pour  marquer 
L'égalité  de  naissance,  de  mérite,  etc.  Molière 
marche  à  côté  de  Plante  el  de  Térence. 

De  côté.  adv.  De  biais,  de  travers,  oblique- 
ment. Il  regarde  de  côté,  il  mardie  de  côté,  H 
va  de  côté.  Il  faut  vous  tourner  un  peu  plus  de 
côté.  Sa  maison  n'a  qu'une  vue  de  côté. 

Oa  dit  figurëment,  Regoj'der  de  côté,  pour 
dire,  Regarder  avec  dédain,  ou  ressentiment , 
ou  embarras,  .'e  ne  sais  ce  que  je  lui  ai  fait, 
mais  il  me  regarde  de  coté. 

On  dit  aussi,  Mettre  une  chose  de  côté,  pour 
dire,  La  mettre  en  reserve,  et  en  dérober  la 
connoiss.ince  aux  autres.  Et  fif^urénicnt,  pour 
dire,  Omettre  d'en  parier.  Je  »iet.ç  de  côté  tous 
les  reproches  auc  j'aurois  à  vous  faire. 

On  dit  encore,  Laisser  une  chose,  un 
homme  ôe  côté,  pour  dire,  Abandonner  (au 
mjolns  pour  un  temps)  une  chose,  uu  bommc, 
ncgbgcr  de  s'en  occuper.  J\ii  laissé  mon  procès 
de  côté  pour  venir  ici.  Peut-on  laisser  de  côte 
un  si  bon  Officier? 

COTEAU,  siibst.  m.  PoDoIianl  d'une  colline. 
Agiéable,  fertile  coteau.  Coteau  planté  de 
vignes. 

Il  se  dit  aussi  pour  Li  colline  même  prise 
dans  sa  longueur.  Les  coteoidx  dun  tel  pays. 
Le  long  du  coteau.  Sur  le  haut  du  coteau.  Sur 
le  coteau.  La  rivière  passe  au  pied  du  cotciin. 

COTI-LETTE.  subst.  fém.  Côte  de  ctîruins 
anim:iux,  comme  xuoutons,  veaux,  agneaux, 
cocbous,  elc.  Il  ne  se  dit  que  lorsque  l'entlroil 
où  5ont  les  côtes  est  srparé  de  l'animal,  et  que 
liîs  côIl's  sont  séparées  les  unes  des  autres.  Met- 
lez-nous  des  côteleltes  sur  le  gril,  à  la  poèlc . 
*  en  ragoût.  Ces  cdleic((cs  sont  tendres,  dures. 

COTIill.  V.  a.  Marquer  suivant  l'ordre  des 
tlellres  ou  des  noiiibrcs.  Coter  des  pièces.  X-cs 
i  \otaircs  ont  coté  el  paraphé  ces  pièces. 

On  dit  aussi,  Co(cr  un  chapitre,  un  article, 
un  verset,  elc.  pour  dire,  Marqu' r  le  numéro 
d*nn  cbnpitre,  d'un  article,  d'un  vfsat,  elc. 
Coter  à  la  marge. 


>  COT 

Coté,  ÉE.  participe.  Il  a  coté  Procureur^ 
«  pour  dire.  Il  a  déclaré  par  exploit  que  tel  Pro- 
cureur occuperoit  pour  lui. 

COTEIUK.  s.  f.  Espèce  de  société,  de  com- 
pagnie. Il  se  dit  p  :rticulicrcment  dans  le  style 
familier,  De  certaines  compagnies  de  quartier, 
de  famille,  de  parties  de  plaisir,  elc.  Tels  et 
tels  sont  de  même  coterie.  Faire  cotetie  avcj 
quelqu\tn. 

COTlîURNK.  s.  m.  Sorte  de  cltaussure  dont 
les  Acteurs  se  servoient  anciennement  pour 
jouer  le  tragique.  Et  c'est  de  1^  qu'on  dit  figu- 
rément,  Chausser  le  cothurne^  pour  dire,  l'aire 
des  Tragédies. 

On  dit  aussi  d'Un  homme,  qu'il  chausse  le 
cothurne,  pour  dire  ,  qu'il  prend  un  style,  un 
Ion  élevé  et  palbétique  dans  un  ouvrage,  dans 
une  occasion  qui  ne  ie  demande  pas. 

COTIER.  adj.  Qui  a  la  connoissance,  la 
pratique  d'une  côte.  Pilote  côtier.  Il  se  prend 
aussi  substantivement.  Ce  Pilote  est  bon  côtier. 

COTIÈIŒ.  s.  f.  Suite  de  côtes  de  mer.  Il 
croise  sur  cette  côtitre-là.  Ces  cutières  sont 
snjcifes  à  un  tel  vent. 

CÔTiÈnE,  signifie  aussi  Une  planche  de  jar- 
dinage, qui  va  un  pei\  en  talus,  et  qui  est 
ordinairement  adossée  à  une  muraille.  Cctt£ 
cdtière  est  propre  peur  des  pois. 

COTIGNAG.  subst.  masc.  (On  ne  prononce 
pas  le  C  final.)  Sorte  de  confiture  iàitc  avec 
des  coins.  Boite  de  cotiqnac.  Cotignac  d'Or- 
léans. 

COTILLON,  s.  m.  Cotte  de  dessous.  Cotillon 
de  serge.  Cctillon  de  flanelle,  de  hasin. 

Ondit.quX'n /loi'urie  aime  le  cotillon,  pour 
dire,  qu  II  est  adonné  aux  grisettes, qu'il  aime 
les  femmes.  Il  est  populaire. 

C'est  aussi  Une  sorte  de  danse.  Daiiser  U 
cotillon. 

COTUÎ.  v.  a.  Meurlrir.  Il  est  populaire,  et 
ne  se  dit  qu'en  parlant  Des  fruiis.  La  grêle  a 
coti  ces  poires,  ces  pommes. 

CoTi,  IE.  participe. 

COTISATION,  s.  f.  Action  de  cotiser,  ou 
imposition  faite  par  cote.  Cotisation  d'impôti. 
Cotisation  d'aumônes  pour  les  pauvres.  Cotisa- 
lion  volontaire.  Cotisation  forcée.  Cette  cotisa- 
tion a  donné  beaucoup  de  peine.  Voilà  une  ro- 
ii<atioii  mal  faite. 

COTLSER.  y.  n.  Taxer,  imposer  à  quel- 
qu'un, régler  la  part  qu'il  doit  payer  de  quel- 
que somme.  On  l'a  cotUé-à  tant.  Il  faut  que 
chacun  se  cotise  selon  ses  facultés. 

CorisÉ,  LE.  participe. 

COTISSURE.  s.  f.  Meurtrissure.  U  ne  «e  dit 
jue  Des  fruits.  La  cotissure  empêche  que  1rs 
fruits  ne  soient  de  garde. 

COTON,  subst.  masc.  I^spèce  de  laine  qui 
•  ientsur  un  arbuste  qu'on  nomme  Cotonnier. 
C'ofou  de  Chypre.  Coton  des  Indes.  Coton 
fm. Coton  déhé.Coton  filé.  Coton  cordé.  Coton 
vpluché.  J)allc  de  coton.  Toile  de  coton.  Bas  d« 
coton.  Matelas  de  coton.  Mettre  du  coton  dans 
une  éciitoire.  Papier  de  coton.  Couverture  de 
\  coton. 

U  signifie   aussi  Une  espèce  de  duïti  qui 


COT 

Tient  sur  de  certains  fruiti,  et  même  sur  les 
boutons  de  la  rose  et  de  quelques  plantes. 

On  appillc  aussi  Colon,  Certaine  bourre 
qui  enveloppe  le  bourgeon  de  la  vigne  et  iIc 
quelques  autres  arbres. 

11  se  dit  figuràneut  et  poeliquemcnt  Du  poil 
follet  qui  vient  aux  joues  et  au  menton  di's 
jeunes  ^ens.  Son  menton  comjnen^oit  à  sw  cou- 
vrir du  premier  coton. 

Ou  dit,  qu'Une  étoffe  jette  sen  colon,  <?ii 
oAon,  pour  dirp,  qu'Elle  jette  une  espace  de 
bourre,  de  duvet,  qui  ressemble  à  du  coton. 

On  dit  figurement  et  proverbialement,  d'Un 
lionuiie  dont  la  réputation  ou  les  afîîiircs  sont 
ruindcs,  qu'/I  jette  un  viUiln  coton.  Kt  ironi- 
quement, H  jette  là  un  beau  coton. 

COTOX.NER.  V.  n.  Il  se  joint  toujours  avec 
le  pronom  personnel,  et  se  dit  Des  choses  qui 
commencent  &  se  couvrir  d'un  certain  petit 
colon  ou  duvet.  Ses  joues  commencent  à  se  co- 
tonner.  11  est  peu  usité  en  ce  sens. 

U  se  dit  encore  plus  particuli^rement  Des 
étoffes  sur  lesquelles  s'élève  certaine  bourre. 
Le  drap  d'Espaqne  se  colonne.  Celle  toile  s'est 
edonnée. 

On  dit  aussi,  que  Les  artichauts,  les  raves, 
quelques  fruits,  comme  les  pomnies,  se  co- 
tonnent,  pour  dire,  que  Leur  substance  dc- 
▼icut  mollasse  cl  spongieuse  comme  du  colon. 

CoïOSNK,  F.E.  parlieî]xr.  U n'est  guire d'usage 
que  dans  cette  phrase.  Chcvciuv  cotonnés,  pour 
dire.  Très  coia-ls  et  *«&s-friscs.  comme  eeux 
des  '.V'è«res. 

COTONraCX.EUSE.  adj.  Qui  est  devenu 
mollasse  et  comme  spon;;ieux.  U  se  dit  princi- 
I  ulenieut  Des  raves,  des  artichauts,  des  pommes, 
e<  autres  fruits.  Raves  cotonneuses.  Pommes  co. 
tanneuses.  Pêches  cotonneuses.  Poires  coton- 
neuses. 

COÏOSSIEH.  6.  m.  .\rbuste  qui  porte  le 
colon.  71  y  a  beaucoup  de  cotonniers  aux 
Indes. 

COTONNINE.  s.  f.  Sorte  de  toile  faite  d« 
fçros  coton,  de  laquelle  on  fait  des  voiles  pout 
lc£  galères,  t'oile  de  cotonnine. 

CtïTOYKR.  V.  a.  .Aller  côte  à  côte  de  qucl- 
qu  un.  Il  me  i  oloj  oil.  .Vc  souffrez  pas  quH 
vous  côtoie  à  la  procession.  Un  vassal  ne  doit 
pas  outoyer  son  Seitjncur. 

Il  signifie  aussi ,  Aller  tout  le  long  de.  ïi 
faut  cijioyer  toujours  la  forêt.  Côtoyer  la  ri- 
vière. L'armée  des  ennemis  céloyçil  la  nôtre. 
Leurs  ijalèrescôloyoient  un  tel  pays,  càtoyoienl 
ii'i  terres.  Ils  ri'osèreni  picnilre  le  larne,  et  ne 
firent  que  côtoyer. 

O  )TRET.  s.  m.  Petit  làisccau  court  ,  com- 
pose <!c  morceaux  de  liois  de  ii  •  Jiocre  grosseur, 
et  lie  par  les  deux  bouts.  Coirel  de  bois  rond. 
Coirel  de  bois  de  hitre.  Cotret  de  chèneau ,  de 
ho'ts  blanc.  Cotret  relié.  Une  charge  de  cotrets. 
Un  cent,  un  millier  de  coirets.  Bâton  de  cotret. 

On  dit,  Ch'ilrer  des  eotiels,  pour  dire.  En 
oter  quel(|ues  b.'ilons. 

On  dit  familièrement,  qu'f 'n  homme  est  sec 
romnw  un  coirel,  pour  dite,  qu'il  est  fort 
Diaigre  et  dérl;amé. 


COU 

1  On  oppelle  figurément  et  populairement, 
'  Des  cou|  s  de  blton.  De  l'huile  de  cotret. 

COrrE.  s.  f.  Jupe.  La  partie  de  l'iiabille- 
ment  des  femmes,  qui  est  plissée  par  le  liant, 
et  qui  va  depuis  la  ceinture  jusqu'à  terre.  Il 
ne  se  dit  plus  (jne  de  l'habillaneat  des  femmes 
de  bisse  condition,  ('ollc  de  paysanne.  Cotte 
<le  drap,  de  serge,  de  (tanelle,  de  basin.  IMc'.tre 
sa  cotte. 

On  dit  proverbialement.  Donner  la  colle 
l'crte,  pour  dire,  Jeter  ime  fille  sur  l'herbe  en 
folâtrant  avec  elle. 

Cotte  d'.^iimes.  Casaque  que  lesChevaliers, 
les  ijomnies  d'.\rnies  mettoient  autrefois  par- 
dessus leurs  cuirasses.  Les  Hérauts  en  portent 
encore.  Utï  Héraut  revêtu  de  sa  cotte  d'armes. 

Cotte  ue  piailles.  Cbeniîse  faîte  de  mailles 
ou  petits  aiuieaux  de  fer.  On  l'appelle  autre- 
ment, ./«r^t/e  de  mciilles.  Armé  d^nne  cotte  de 
mailles. 

On  appelle  Cotte  morte,  parmi  quelques 
Religieux,  L'argent,  les  biibits,  les  meubles,  et 
toute  la  dépouille  d'un  Religieux  après  sa 
mort.  L'Abbé  a  la  cotte  morte  des  Moines.  Un 
tel  Reliqieu.v  a  laissé  une  bonne  colle  morte. 

CCT11 EKON.  s.  m.  Petite  cotte  courte  et 
étroite.  Cotlerori  à  pointes.  Cotteron  de  frise. 

COTULA.  s.  f .  Plante  radiée,  qui  se  par- 
tage en  plusieurs  rameaux ,  dont  chacun  porte 
à  son  sonnnet  une  fleur  jaune.  On  la  dit  vulné 
"aire  et  astringente. 

CO-TUTEUR.  s.  m.  Celui  qui  est  cl^arp; 
n'une  tutelle  avec  un  autre. 

COTYI.E.  s.  fém.  .Sorte  de  mesure  romaine 
pour  les  liqueurs.  Elle  conteuolt  neuf  onces 
romaines. 

COTVLE.  s.  m.  Terme  d'Anatomie.  Cavité 
d'un  os  daus  laquelle  un  autre  os  s'articule. 

COTYLÉDON ,  ou  ÎToiHBnn.  de  "S'énus.  s. m. 
Plante  qui  croit  sur  les  rochers  et  sur  les 
vieilles-  murailles.  On  lui  attribue  les  mômes 
vertus  qu'à  la  Rliubarbe. 

COTYLOÏDE.  adj.  Tenne  dAnalômie.  Il  se 
dit  De  la  cavité  de  l'os  des  iles,  dans  laquelle 
l'os  du  féniur  s'articule.  La  cûi'ite'  eotyîoide. 

COU 

COU.  s.  m.  La  p.irtic  du  corps  qui  joint  la 
tète  aux  épaules.  Long  coù.  Grand  cou.  Gros 
cou.^lvoir  un  mal  de  cou.  Avoir  mal  au  cou. 
Mouclioir  de  cou.  Un  tour  de  col  ou  lour  de 
cou.  ivo'v  le  cou  de  travers.  AViongei'  le  cou. 
Tordre  le  cou  à  un  poulet.  Il  a  pensé  se  romji  o 
te  cou.  Se  casser  le  cou.  Pencher  le  cou.  Char- 
ger quelque  chose  sur  son  cou.  Porter  sur  son 
cou,  à  son  cou.  Le  chignon  du  cou.  La  riunne 
du  cou. 

Ou  dit  d'L'ne  pcrM)nue  qui  u  le  cou  long  et 
grèlc,  qu'£/fe  a  U  cou  d'une  qrue. 

On  dit  proTcrbialement  d'Une  personne  qui 
porte  uu  gr.ii.'i  fardeau  et  d'autres  choses  . 
qu'£Ue  en  a  ^on  cou  chargé. 

On  dit.  Sauter  au  càu,  se  jeter  au  cou  rfj 
quelqu'un,  pour  dire,  L'endjra.vser  avec  beau- 
coup  àr  lejidn  -se.  beaucoup  d'affertion. 

On  dit  po|'u!aircmcul,  qu't/n  homme  sera 


COU  35.-, 

penfîu   par  son  cou,  pour  dire   simplement, 
qu'il  sera  pemlu. 

On  dit  pamii  le  peuple,  Prendre  ses  jambes 
à  son  cou,  pour  dire.  Partir  sur  l'heure  ,  ou 
s'mfiiir.  //  prit  ses  jambes  à  son  cou,  et  sVn 
alla. 

On  dit,  Couper  le  cou  à  (j»e/(ju'«n,  pour 
dire ,  Sc-parcr  sa  iHe  de  son  corps ,  lui  Iranchej 
la  lète.  Il  fut  condamné  à  avoir  le  cou  coupe. 

On  dit  (îgiircmcnt.  Rompre  ou  casser  ïe  cou 
(i  un  homme ^  pour  dire,  Lui  rendre  de  mau- 
vais offices  qui  ruinent  sa  fortune. 

Ou  dit  d'Un  Jiomnie  qui  est  tombé  et  qui 
s'est  Messe,  qu7I  s'est  cas$é  le  cou. 

Ou  dit  aussi,  quVn  homme  $'est  cas&é  U 
cou,  pour  dire,  qu'il  a  ruiné  ses  âfîàircs,  sa 
fortune; 

Kt,  Rompre  le  cou  à  un  projet,  pour  dire, 
Kmpècher  qu'il  ne  réussisse,  le  dire  échouer. 
Dans  la  Poûsie,  pour  tïvitcr  la  rencontre  des 
voyelles,  on  dit,  Col  au  lieu  de  Cou.  On  le  dit 
onssi  dans  quelques  phrases  du  langage  ordi- 
naire. Coi  tors.  U  a  le  col  court 

Ou  dit,  Le  col  ou  le  cou  d'une  toufei7/e,  le 
col  ou  le  cou  d'un  matras,  pour  désigner  C.ctie 
partie  longue  et  étroite  par  où  on  emplit  et  on 
vide  ces  vases. 

On  dit  aussi,  Cou  de  chemise ,  tour  de  cou  . 
mouchoir  de  cou. 

COUARD,  s.  m.  Poltron,  qui  n'a  point  de 
courage.  Ce.si  un  franc  counrd.  Il  est  vieux. 

COUARDISE.  suLst,  f.  Timidité,  lûchrié, 
poltronnerie.  On  lui  i.  reproche  sa  couardise. 
Il  vieillit. 

COUCHANT,  adject.  Qui  se  couciie.  Il  n'est 
eu  usage  que  dans  ces  deux  plinses  :  Chien 
couchant,  et  so/et7  couchant. 

Chies  col-chant.  Espècede  chiende  chasse, 
qui  se  couche  ordinairement  sur  le  ventre 
pour  arrêter  les  perdri.x,  les  cailles,  Ie«  lièvrog 
rt  autre  gibier.  Dresser  un  chien  couchant.  H 
chasse  avec  le  fusH  et  le  chien  couchant,  avec 
la  tirasse  et  le  chien  couchant.  Ce  chien  cou- 
chant est  hon  au  poil  et  à  lu  plume. 

On  dit  proverbialemcp.t  qu'f 'n  homme  fittt 
le  chien  couchant  j  que  c'est  un  hvn  chien  cou- 
chant, ponrdire,  qu'il  sait  bien  faire  l'hunihlc 
et  le  soumis  auprès  de  quelqu'un  jKuir  venir  .1 
ses  fins. 

Soleil  cournAWT,  se  dit  Du  soleil,  quand 
il  est  près  de  descendre  sous  l'horizon.  Il  arriva 
au  soleil  couchant.  Depuis  le  soleil  levant  jus- 
qu'au soleil  couchant. 

On  dit  proverbialement  et  figurémenl,qu' On 
adore  plutôt  le  soleil  levant  (jue  le  soleil  cou- 
chantj  pour  dire,  que  L'on  con.sidère  plutôt  la 
puissance  miissante,  la  faveur  uaissante,  que 
celle  qui  est  sur  le  déclin. 

Couchant,  est  aussi  subfitaniif,  et  signifie, 
La  partie  orcidentile  de  la  terre.  Une  telle  ré- 
qion  est  au  couchant,  vers  le  couchant.  Du  le- 
vant au  couchant.  Entre  I^nudi  el  lecouclumt. 
Du  co'lc  du  couchant. 

Il  signifie  nu.vi  quelquefois  L'endroit  ou  le 
soleil  se  courhc.  Le  couchant  d'hiver,  U  ron- 
c^ant  d  etc.  Maison  cjrposôe  an  couchant. 


3a6 


COU 


COUCHC.  s.  f.  LU.  En  ce  sens  il  est  de  peu 

d  usage  dans  le  langage  ordinaire;  m;ûs  on  s  en 
sert  dans  la  Pocsie,  et  diins  (jue'.qncs  façons  d<- 
parler  consacrées, comme,  La  couche  jinpti<iic^ 
la  couche  royale. 

Il  se  prend  quelriucfoîs  pour  Le  seul  l)ois 
d'un  lit.  Couche  de  bois  lîe  noyer,  etc. 

On  dit  figmcmcnt,  Souiller  la  couche  de 
tjitel(ju'un,  pour  dirc^  Ahuser  de  sa  femme. 
Souiller  la  couche  nuptiJe. 

On  dit  aussi .  en  parlant  De  quelqu'un  ,  les 
f}uiU  de  sa  coiu/r-,  pour  dire,  Les  fruits  de 
sou  mariag  ,  ses  «-'uians. 

Couche,  ijenitie  aussi  Letevips  pendant  Ic- 
ijuel  les  femmes  Jcmeurent  au  lit  h  cause  de 
I  enfanlemenï.  Cette  [emme pendant  ses  couches, 
etc.  Elle  étoit  en  couche.  Elle  ft  ses  couches  en 
tel  emhoit.  Elle  a  acheté  un  tel  anieuhlement 
iwfir  ses  couches^  pour  ses  premit.i es  couches. 
Elle  est  relevée  de  couche. 

Il  se  prend  aussi  précisément  pour  L'enfan- 
tement. Heureuse  cvache.  Fdcheuse  couche, 
^lauvaise  couche.  Ce  mal  lui  est  demeure  d  une 
couche. 

On  appelle  Fausse  couche ,  Une  couclie 
avant  terme.  Cette  femme  a  fait  une  [aussi 
couche.  Elle  a  été  très-malade  d'une  fausse 
couche. 

On  dit  figuréroent,  Fausse  couche,  «n  par- 
iint  d'Un  projet  avorté.  Nous  avons  fait  fausse 
LOUche,  Ps'ous  avons  mal  réussi. 

CotcuE,  se  dit  nussi  Dvs  linges  dont  on  rn 
veioppc  les  petits  eufans.  On  a  donné  à  la 
Nourrice  une  douzaine  de  couches.  Changer  un 
enfant  de  couches.  Couche  à  dentelle. 

Couche  ,  en  termes  de  Jardlnaf;*; ,  se  dit  Des 
planches  relevées,  el  faites  ordinairement  de 
funiier  mt^Ic  avec  de  la  terre,  pour  semer  cer- 
taines fleurs  qui  viennent  de  graines,  des  me 
loas,  des  concombres,  du  pourpier,  et  autres 
licrbages  et  légumes,  Couc/ie  de  fricolors,  de 
bcUedames.  Faire  des  couches.  J'ai  de  hon$ 
melons  sur  cette  couche-là.  Il  faut  échaujfir 
cette  couche-là  avec  de  nouveau  fumier.  Semer 
iur  couche.  Garantir  les  couches  avec  des  pail- 
lassons et  des  brise-vents. 

On  appelie.Couc/)e  sourde^  Celle  qui  ne  s'é- 
lève point  au-dessus  delà  superficie  de  la  terre. 

Il  se  (lit  encore  De  certaines  choses  qu'on 
met  par  lits,  particulièrement  des  fruits,  des 
mcdicamens,  et  des  viandes  dont  on  veut  faire 
quelque  composition.  Il  faut  mettre  une  couche 
de  fraises  y  puis  une  couche  de  (jrvseillcs,  puis 
une  couche  de  sucre.  Une  couche  de  frunihoises. 
Une  couche  de  pommes  de  rainette.  Couche  de 
heiwre.  Couche  d^herbes  jines.  Couche  d'ahri- 
tois.  Une  couche  de  lard^  etc. 

CoLCHE,  si£;nitle  aussi  L'enduit  qu'on  fait 
avec  des  couleurs  ou  des  métaux  [>our  peindre, 
bronzer  ou  dorer.  La  première  couche.  Simple 
couche.  Double  couche.  Il  faut  donner  trois 
couches  de  blanc  à  huile,  à  détrempe.  Couche 
d'or,  d^argent. 

CouCRE,  signifie  aussi  à  de  cci-tains  jeux  . 
comme  au  Lansquenet,  Ce  qu  on  met  sur  une 
carte.  La  moindre  couche  devoitêtre  d'une  pis- 


COU 

tôle  y  la  plus  haute   de   huit  pistoles.   On   dit, 
Tant  de  couche  et  de  belle,  pour  dire,  qu'On  . 
met  tant  sur  ia  carte,  et  que  celui  qui  est  prii 
paye  tant  ù  ceux  qui  ont  encore  leur  carte. 

CoccHES  LIGNEUSES.  On  appelle  ainsi ,  eu 
ternies  d'Histoire  naturelle, C(;rlains  cercles  li- 
çneuxque  l'on  remarque  quand  on  coupe hori- 
ioutaleniL-nt  ua  ironc  d'arbre, et  qui  marquent 
h  crue  de  chaque  année. 

COUCHÉE,  s.  f.  Le  lieu  où  on  loge  la  nuit 
en  faisant  voyage.  La  dînée  est  en  tel  endroit  , 
ti  la  couchée  est  en  un  tel  lieu.  Il  y  a  tant  jus- 
auà  la  couchée.  Nous  nous  rencontriîmcs  à  la 
ccuchée. 

Il  signifie  aussi  ïx:  souper  el  le  logcmeut  des 
voyageurs  dans  rhôtellerir.  H  nous  en  coûta 
tant  pour  notre  couchée. 

COUCHER,  v.  a.  Mettre  quelqu'un  au  lit , 
le  déshabiller,  l'aider  à  se  mettre  au  lit.  Cou- 
cher un  etifant^  un  miiladc.  Ces  valets  cou- 
chent leur  maître.  Ces  femmes  de  chambre  sor- 
tiront (juaiid  elles  auront  couc/ié  leur'  maU 
fresse.  Le^  plus  proches  parentes  couchent  la 
mariée. 

Coucher,  signifie  aussi.  Étendre  de  son 
long  sur  la  terre,  sur  un  lïl,  etc.  J>(iint  Lau- 
rent fut  couché  sur  un  gril.  On  coucha  ce 
5amf  sur  des  charbons  ardens.  Saint  Louis 
en  mourant  voulut  qu^on  le  couchât  sur  la 
cendre, 

CoccHEii.  V.  n.  signifie.  Être  étendu  pouv 
prendre  sou  repos.  Coucher  dans  un  lit,  dans 
(/(•s  draps ^  enire  deux  draps.  Coucher  sur  un 
matelas,  sur  la  plume.,  înollement,  durement 
Coucher  sur  la  dure  j  sur  une  paillasse,  sur  U 
terre  y  à  terre,  à  plate  terre,  sur  le  ventre^  sut 
le  dos  y  sur  le  côté.  Coucha'  tout  huhillc. 

Avec  le  pronom  personnel ,  Se  coucher ^ 
signifie,  Se  mettre  au  lit,  on  s'tîlendre  tout  de 
son  long  sur  quelque  chose.  Ils  se  sont  couches 
f^irl  tard.  Il  s'est  couché  par  terre. 

Col  CHER  ,  se  prend  quelquefois  pour,  I.o 
°er  la  nuit  eo  quelque  endroit.  Il  coucha  dam 
une  hùtelhrie,  à  Vhotellcrie.  Ils  allèrent  cou- 
cher  ù  tant  de  lieues  de  Paris. 

Il  signifie  aussi,  P'»8Ser  la  nuit  en  quelque 
endroit  .  en  y  prenant  du  repos.  Coucher  de- 
/iors.  Coucher  dans  la  rue.  Coucher  au  cabcwct. 
Coucher  en  ville.  Il  couche  ordinairement  ou 
il  soupe.  M 

On  dit  en  ce  même  sens,  Coucher  dans  un 
bateau  ,  dans  un  carrosse,  etc.  pour  dire,  Y 
p.'isser  la  nuit.  71  ne  put  arriver  en  tel  endroit  , 
il  fut  obligé  de  couclicr  dans  son  canosse.  Ih 
ne  purent  aftordcr  à  f/.use  du  mauvais  temps  . 
ils  couchcjent  dans  le  bateau. 

En  ce  sens  on  dit  figurénirnl.  Coucher  à  h. 
belle  étoile;  et  populairenimt;  Coucher  à  Ven- 
^eignr  de  la  lune  ^  pour  dire,  Couclier  de- 
hors. 

On  dit  figurémcnt  et  proverl»îalementqu't/n 
homme  a  couché  dana  sou  ftmrreau  commt 
l'épée  du  Roi,  ou  simplement,  qu'il  a  couche 
dans  son  fourreau ,  pour  dire ,  qu'il  a  couclié 
tout  vêtu. 

On  dit  proverbialement,  que  Poui  Lvirf.  di 


COU 

Veau  et  coucher  dc/ior«,  il  ne  faut  demander 
conae  à  personne. 

On  dit  familièrement,  qu't/nc  porte,  qu'une 
maison,  qu'une  fenêtre  a  couché  ouverte j  pour 
dire,  qu'Elle  n'a  j>oint  été  fermée  de  tonte  la 
nuit. 

On  dit,  Coucher  avec  une  fcmme^  pour 
dire,  Avoir  commerce  avec  elle.  Il  y  a  plus 
d'un  an  que  ce  mari  ne  couche  plus  avec  sa 
femme. 

On  dit  proverbialement  et  bassement  À  Un 
homme  qui  refuse  une  oflie  qu'on  croit  rai- 
sonnable, St  vous  n'en  voulez  point,  couchez- 
vous  auprès. 

On  dit  proverbialement.  Comme  on  fait  son 
lit  on  se  couche,  pour  dire,  que  Selon  qu'on 
dispose  ses  aflàires,  on  s'en  trouve  bien  ou 
mal. 

On  dit  Du  Soleil  et  des  autres  Astres, qu7ï$ 
se  couchent,  qo'i/s  sont  couchés^  pour  dire, 
qu'Us  descendent  ,  qu'i's  sont  descendus  sous 
riiorizon.  Ij€  Soleil  se  couchera  dans  demi- 
heure.  Il  y  a  une  heure  que  la  Lune  est  cou- 
c  liée. 

On  dit,  qu'Un  vwuvhuir  de  coo*  une  cra- 
vate ,  un  collet  de  manteau^  se  couchent  bien  . 
pour  dire,  qu'ils  prennent  un  bon  pli,  el  s'a- 
justent comme  il  faut  sur  la  personne. 

CoucHEn,  v.  a.  signifie  aussi  Incliner.  Cou- 
rtes un  peu  votre  papier,  vous  écrirez  plus 
tommodèmeni. 

On  dit,  Coucher  par  teire,  coucher  sur  le 
tarreau,  pour  dire.  Renverser,  tuer.  Il  coucha 
ion  homme  par  terre.  Il  lui  donna  un  crin^ 
coup  d'épée,  et  le  coucha  sur  le  carreau.  Les 
tHnemis  s'aQançoient ,  on  ft  une  décharge  sur 
euxyqui  en  cùucha  cinquante  par  terre. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  inanimées.  Lu 
grêle,  la  pluie ,  couchent  les  blés,  les  herbes. 
Coucher  un  sarment,  un  cep  de  vigne.  Cou- 
cher les  branches  d'un  arbre  en  terre,  pour 
faire  de  nouveaux  plaats. 

Il  se  dit  aussi  Des  dentelles  et  autres  choA^s 
icmhlables,  qu'on  étend  de  plat  sur  quclqn^ 
ôtolTo.  Coucha^  des  galons,  couciter  une  den- 
telle  sur  une  étoffr, 

CoucUEiï.  signifie  aussi, en  parlant  Des  cou- 
leurs ou  de  l'émail,  Étendre  une  couleur,  en 
mettre  une  couche  sur  quelque  chose.  Cou- 
cher une  couleur.  Couc/ier  de  l'or,  de  l'ar- 
gent sur 

Ou  dit,  Coiic/>erprtrcfrt(.pour  dire,  Metlte 
|)ar  écrit. Ce  n'est  pas  assez  de  dire  cela,  il  faut 
U  coucher  par  éoit.  Il  couche  bien  par  écrit, 
|)our  dire, qu'il  écrit  d'un  bon  style.  En  ce  der- 
nier sens  il  vieillit. 

On  dit,  Cou^r' er  dans  un  Acte,  ou  dins 
quelque  autre  pièce  d'Ecriture,  pour  dire.  In- 
sérer dans  un  Acte.  La  clause  est  couchée  tout 
au  long  dans  le  testament,  dans  le  contrat. 
Le  Greffier  coucha  cet  atttrlc  dans  Us  /^e- 
ni.ïtres,  cfc. 

On  dit,  qu'Onu  couché  quelqu'un  sur  fétat 
des  pensions  ^  sur  Vétat  de  la  Mat.^on  du  Hoi , 
pour  due,  qu'On  l'a  employé  sur  l'ctAt,  etc. 

On  dit  aussi,  Couder  ei  recette,  en  dépense^ 


cou 

pour  (lire, Employer  un  article  sur  IVlat  ae  In 
ircette,  ou  lie  l.i  il4'[>eiisc. 

On  dil  (ipiiréininl  cl  familièreiTient .  Coiifîicr 
une  fcou(eil/e  Mir  Je  côté,  pour  dire,  I.a  vidi-r  ; 
rt  on  dit,  fpiE/le  est  couchée  $ur  le  c6lc,  pour 
dire,  quElle  est  vide. 

On  dit.  Coucher  en  (otie,  pour  dire,  Mirer 
avec  une  nrme  â  fcii.  Je  l'avais,  déjà  couché  en 
joue.  Il  le  tenoit  couché  en  joue  jwur  le  tirer. 

On  dit  fîgurémentel  ^amiIi^^eme^t,  Coucher 
en  joue ,  pour  dire ,  Observer ,  avoir  en  rue 
queli|iie  personne  o>i  quelque  chose  sur  la- 
quelle on  a  des.spin.  Il  aspire  à  cette  charcjc ,  ù 
cette  place.  Il  recherche  cette  f]lle  eu  mariiiqe, 
il  V  a  lonn-tcmps  nti'i/  la  couche  en  joue.  Il 
étoit  i{:ins  un  coin,  il  la  rcgardoit ^  il  la  cou 
ehoit  en  joue. 

Coiciikh,  signiGe  aussi  Mettre  au  Jeu.//  t'iï 
grtjnd  joueur ^  il  cvtche  cent  pistoles  sur  une 
earle.  Il  couche  qros. 

On  dit  G^iuénient  et  familièrement.  Coucher 
gros,  pour  dire,  Hasarder  beaucoup,  quoi'jur' 
ce  soit  liors  du  jeu. 

On  dit  aussi  ligurément  et  familièrement , 
epx^Vn  homme  couclte  nros,  pour  din  ,  qu'I) 
promet,  ou  qu'il  avance  des  choses  cxlraordi 
oaîres,  et  au-dessus  de  tes  forces.  71  ne  parle 
(Jue  de  cinquante  mille  livres  de  rente ,  i! 
couche  tyrcs. 

On  dit  figurement.  et  dans  le  discours  fa- 
milier. Vous  couchez  qros ,  ou  l'ous  ne  couchez 
pas  (jros,  pour  dire.  Vous  vous  engagei  trop, 
ou  vous  ne  vou^i  en^-i^ez  guère. 

Covai,  it.  participe. 

On  dit,  y4  jnleil  couché ,  pour  dire,  Un  peu 
a|>c^  que  le  soleil  est  couché. 

On  di!  aussi  ;  Avant  soleil  couché.  Après  so- 
leil couché. 

On  dît  proTcrbialeltient ,  qu'On  est  plu.^  cou 
arc  que  dehimty  pour  dire,  que  Te  temps  que 
dure  la  vie  est  peu  considéraiilc  au  prix  de  celui 
qui  la  suit. 

COCCHER.  s.  m.  Action  de  se  coucher.  I\ 
koit  à  son  coucher.  Il  se  Irouic  au  lever  et  au 
coucher  du  fioi'.  On  lui  a  apparié  le  vin  du 
toucher. 

On  dit  aussi.  Le  coucher  du  -Soleil  tl  <?e« 
Astres.,  pour.  Le  temps  ou  ils  se  cachent  sous 
riioriion. 

On  appelle  Le  petit  coucher  du  Roi,  1,'os- 
p««  de  temps  qiii  reste  depuis  (pie  le  Roi  a  pris 
«  e^ieniiv? .  et  donné  le  bonsoir,  jusquVi  ce 
qn'il  se  mette  nu  lit.  Vn  tel  étoit  au  petit  cou- 
rrier ilu  Roi ,  nu  simplement ,  Au  petit  coucher.  , 
Il  n'est  pas  du  petit  coucher.  Cela  fut  dit  au 
petit  coucher  du  Roi. 

f;occntii,  siguiKe  aussi  1,'usa^e  du  lit,  la  ' 
façon  dont  ou  <st  coudii',  soit  bien,  soit  mal. 
/(  ne  lui  colite  rien  pour  son  couc'ier,  pour  le 
coucher.  Il  tst  délicat  pour  le  boire,  pour  le 
mantjer  et  pour  le  coucher.  | 

IftVA  .11 1  ;  R .  V  m.  La  gamiture  d'un  lit,comme  ' 
«otela»,  lit  de  pliunc,  etc.  Vn  bon,  un  mau-  | 
rais  eoucher.  j 

COUf  JIKTTE.  I.  f.  Petit  lit,  peUtc  couche  | 
•MU  pilier*  et  tans  rideaux. 


COU 

r:OUr,IIEUR,  EUSE.s.Qui  couche  avecmi 
aulrc.  Bon,  commode  coucheur.  M am'aiSy  mè-\' 
chant,  incommode  coucheur.  C^esl  une  mau- 
vaise, une  méchante  couchcuse. 

COUCHIS.  s.  m.  Poutre,  sable  et  tciTC  qui 
sont  sous  le  pave  d'un  pont. 

COUCI-COUCI.  Tcr/ne  familier,  pour  dire, 
À  peu  près,  teUemeut  quellement.  Je  suis  con- 
tent de  vous  couci-couci.  Vous  faites  votre  de- 
voir COUCî  coucï. 

COUCOU,  s.  m.  Oiseau  grxis  comme  un  pi- 
geon, qui  a  tiré  sou  nom  de  son  clianl.  J'ai  oui 
chante.'  le  coucou. 

CoucoD,  en  termes  de  Jardinage,  se  dît 
d'Un  fraisier  qui  fleurit  beaucoup  et  ne  produit 
point  de  fruit. 

cor  1)1-;.  s.  m.  La  partie  extérieure  du  bras 
A  l'endioit  où  il  se  plie.  //  êtuit  appuyé  sur  son 
coude .,  sur  le  coude.  H  lut  donna  uji  coup  de 
coude.  Il  a  les  coudes  fort  pointus.  .Man(jer  avec 
SCS  amis  en  liberté  les  coudes  sur  la  table. 

On  dit  (ïgurément  et  bassement,  Hausser  le 
coude,  pour  dire.  Boire  beaucoup.  On  dit  aussi 
familièrement,  qu'Ion  homme  a  haussé  le  coude. 
pour  dire,  qu'il  a  trop  bu. 

COLDE,  se  dit  encore  De  l'endroit  de  la  inan- 
rhc  qui  couvre  le  coude.  Son  habit  ne  7Jaut 
rien,  il  a  les  coudes  percés  j  il  est  percé  par 
les  coudes. 

On  dit  figurémcnt ,  qn'Vne  muraille  fait 
un  coudcj  pour  dire,  qu'I^lle  fait  un  angle  ex- 
térieur. 

On  h  dit  encore  d 'Une  rivière.  La  Seine  fait 
un  coude  en  cet  endiuiL 

COUDK,  EK.  ad].  Oui  fait  un  coude.  BeaU' 
coup  d'outil:i  sont  coudés. 

COUDKE.  9.  f.  sî;^ni(îc  Toute  l'clendue  du 
bras  depuis  le  coude  jusqu'au  bout  du  doît^t  du 
milieu.  En  ce  sons  il  ne  se  dit  que  dans  les 
phrases  suivantes  :  /ivoir  ses  coudées  fmncfies, 
pour  dire,  Avoir  la  liberté  du  mouvement  des 
bra.^,  les  pouvoir  étendre  à  droite  et  à  gauche. 
Quand  il  est  à  tahlcj  il  veut  avoir  ses  coudées 
franclics. 

On  dit  aussi  fîgurcmcnt  et  familièrement , 
qn'Uii  homme  a  ses  coudées  franches,  pour 
dire,  qu'il  n'est  point  contraint  ni  £;l^né  en  ce 
qu'il  veut  faire.  Il  peut  faire  son  porc,  son  hd~ 
timerit  aussi  grand  qu'il  voudra^  il  a  ses  cou- 
dées franches.  Personne  ne  contrôle  plus  ses  ac- 
tions^ il  n'est  plus  en  tutelle,  il  a  ses  coudées 
franches. 

CoroEE.  ».  f.  Certaine  mesure  ou  longueur 
prise  sur  IVfîndue  qu'il  y  a  depuis  le  coude  jus- 
qu'au bout  du  doigt  du  milieu  ,  cl  qui  est  d'un 
pied  et  demi.  Cette  murai'//c,  cette  colonne,  cfc. 
ai^oif  tant  de  coudées  de  haut,  étoit  de  tant  de 
coudées  f  avait  tant  de  coudées  en  hauteur,  t-ji 
îarfcur. 

COCDE-PIEn.  «t.  m.  Lap.irticsupérictiredu 
piedquisc  joint  j  la  jambe.  Le  coude-pied  droit, 
le  coude-pied  gauche. 

COUDER.  V.  a.  Plier  en   forme  de  coude, 
CotiJer  une  htvre  de  fer,  couder  une  rtanc' e. 
En  faire  lo  coude.  Coiirfcr  une  tranche  de  viqr.e^  ^ 
L£  pUor  en  tnv^h  obtti». 


COU  3"^ 

Ci:T'Dé,  f:E.  participe. 

COUDOVEK.  V.  a.  Heurter  qiulqu'uu  du 
coude.  Pourejuci  m*(i-t-il  coudoyé? 

CODDOTÉ,  FF.  participe. 

COUDR.'VTI'',.  s.  f.  lieu  p!ant6  dccouârtktnu 
coudriers.  Dans  la  coudrait. 

COUDRE,  s.  m.  Arbre  qui  porte  des  noi- 
settes. Coudre  franc.  Bois  de  coudre.  Baguette 
de  coudre.  Cerceaux  de  coudre. 

COUOilE.  V.  a.  Je  couds,  tu  couds,  H  coud; 
nous  rousonj.  Je  couioiV  J'm  cousu.  Je  cousis. 
Je  coudrai.  Couds.  Que  je  coiisisse,  qu'il  cou- 
sît. Cousant.  Attacher  et  joindre  deux  ou  plu- 
sieurs choses  ensemble  avec  du  fi! ,  de  la  soie  , 
etc.  passée  dans  une  aiguille  ou  outre  clioie 
semblable.  Coudre  proprement  et  habilement. 
Coudre  deux  choses  ensemble.  Coudre  une 
chose  avec  une  autre.  Coudre  du  linge.  Coudre 
en  linge.  Coudre  des  manclettesà  unechemise. 
Coudre  des  boutons  à  un  habit.  Bottes  bien 
cousue^.  5ou/icrs  bien  cousus,  etc.  Coudre  des 
cahic's  ù  un  livre.  Coudre  une  plaie^  les  bords, 
les  lèvres  d\tne  plaie.  Coudre  à  grands  points , 
à  points  rabattus.  Il  s'est  piqué  en  cousant.  Ce 
Tailleur  coud  bien.  Cela  est  cou.'iu  avec  de  gros 
fil.  avec  de  la  soie,  etc.  Cousu  à  la  hâte,  mal 
cousu.  Coudre  *ne  pièce  à  un  habit. 

On  dit  figurément  et  famibèrement,  d'Un 
mal  airivc  ou  près  d'arriver,  qu'On  ne  sait 
(juelle  pièce  y  coudre,  pour  dire,  qu'On  ne  sait 
quel  remède  y  apporter.  QuelU  pièce  y  cou- 
drons-r.ous? 

On  dil  fi:;i)n'nienl ,  Coudre  la  peau  du  re- 
nard 1  celle  du  Uon ,  pour  dire ,  Jointîre  la  ruf-e 
à  11  force. 

Cn  dit  figurément,  Coudre  des  passager. 
Cinq  ou  si.v  passages  qu'il  avoït  cousus  eu^eru- 
ble,  faisaient  tout  son  discours. 

Cousu ,  CE.  parlîcipc. 

On  dit  figurément  et  familièreinenl.  Des  fi- 
nesses cousues  de  fi  blanc,  pour  signifier,  De* 
finesses  grossières  et  aisées  &  reconnoiire. 

Ou  dit  d'Un  liabii  bien  fait  et  bien  jnste  suc 
quelqu'un,  qu'/Iscmtïc  qu'il  soit  cousu  sur  lui. 

On  ditd'Un  cheval  maigre  et  efllQnqué,qu'/l 
a  les  flancs  cousus;  et  d'Un  luiuune  euéoué, 
qu'f  /  a  les  joues  cou.'iucs. 

On  dit  d"Un  bommc^qu'/I  est  tout  camu 
de  pistoles ,  tout  cousu  d'èciu! ,  tout  cousu  d'or 
e(  d'rtrryerit,  pour  dire,  qu'il  n  l^aucoup  d'ai^ 
gent  comptint.  Il  e^t  familier. 

(  n  dit  d'Uu  homme  couvert  de  Hrssures, 
qu'//  est  tout  cousu  de  coups.  Il  est  familier. 

Ou  dit  d'Un  homme  qui  a  le  visajc  fort 
'marqué  de  petite  viVolc.  qu'//  cn  a  le  visaije 
tout  cousu. 

On  dit  figurément  et  familitTcmeni ,  Bouche 
cousue,  pour  dire,  (îardei  le  secret,  ne  parité 
point,  ne  dites  mot.  Faites  ce quil  vousplaiiti, 
mais  surtout  bouche  cotisue. 

COUDREITE.  subsl.  fém.  Citudriic.  Il  est 
vieux. 

COUDRIER,  ou  COUDRE,  s.  m.  Arbre  qui 
porte  de5  noi«ettrs,  etqtii  s'appelle  auui  Noi' 
sctiir.  Coudrier  franc.  Coudùa-  enté, 

COUEJOE.  s.  f. Veau  de  pourer-iu.  Courun* 


Sî8 


COU 


il«  larâ.  Grosse  couenne.  Frotter  avec  île  U 
couentie. 

Il  se  dit  aussi  De  la  peau  des  marsouins.        V 

COUKIV>T.UX,  ELSE.  a3j.  Qui  est  de  lit 
nature  de  la  coucmc.  Un  satitj  coueiineiix. 

COUETTE,  s.  f.  I.il  de  pUinie.  Couette  bien 
jileine,  bien  remjilic.  Il  ist  vicu-t. 

COULAGE,  s.  m.  Perte,  diminution  des 
liijueurs  qui  sccoiilent  des  loiineaux.  Le  cou- 
lune  d'une  pièce  de  vin.  Hlaichcindises  sujettes 
i  coulage. 

COULAMlNIEyr.  -T'iv.  Tl'une  manière  cou- 
lante, aist'e,  qui  "'a  ri'u  de  rude.  Il  se  dit  Des 
discours  et  des  ouvrages  de  prose  et  de  vers.  // 
purle  coiiUmmcKt.  Cela  est  écrit  couliimment. 

COULANT.  A.N  i  E.  adj.  (lui coule  aisément; 
et  il  se  dit  dans  le  propre  et  dans  le  Kgiiré.  Huis 
seau  coulant.  Style  coulant.  Ses  vers  sont  bien 
coulans.  Sa  veine  est  coulante.  Ce  vin  est  cou- 
lant. 

On  appelle  N":ud  coulunf,  Un  nœud  qui  se 
«erre  et  desserre  sans  se  dénouer. 

On  dit,  Unvin  cuulantj  pour  dire,  Ajjréable 
il  boire ,  et  qui  passe  aisément. 

On  dit  d'Un  homme  avec  qui  il  est  facile  de 
traiter  les  aflaircs,./e  l'ai  trouvé  assez  coulant. 
71  faut  être  coulunl  en  afj'nires. 

COULANT,  s.  m.  Diamant  ou  pierre  pré- 
cieuse que  les  femmes  portent  pour  orncmcnl 
il  leur  cou,  et  qui  est  enlilé  à  un  cordon  de 
«oie ,  en  sorte  qu'on  le  peut  hausser  et  baisser. 
Cette  Dame  avoit  un  couiaui  de  (jrand  vrir. 

COULÉ,  s.  m.  en  !\îusique,  se  dit  Itirsque 
t~  Toix  ou  l'es  ii3Strumcns  passent  d'une  notf  â 
une  autre,  en  faisant  une  espèce  de  liaison 
entre  ces  notes. 

ConLÉ ,  est  aussi  Un  pas  de  danse.  Faire  un 
eoulé. 

COULÉE,  s.  f.  Terme  d'Écriture.  Caractère 
d'écrituic  penché,  dont  toutes  les  lettres  sfl 
tiennent,  et  qu'on  appelle  Coulée,  dislinguce 
de  la  Ronde.  Il  est  aussi  adjectif  féminin,  (/ne 
écriture  coulée, 

fiOULER.  V.  n.  Fluer.  Il  se  dit  Des  clipsès 
liquides  qui  suivent  leur  pente.  Ce  ruisseau, 
celte  fontaine  coule  dourement  ,  lentement  , 
-  coule  da  source,  co'.de  dans  la  praitie,  coule 
sur  des  caillowc^  sur  des  qraviers,  etc.  La  ri- 
vière coule  le  long  des  miirinl/c;,  coule  alen- 
tour^ tout  autour  de  la  ville^  coule  vers  le 
midi,  vers  le  nord.  Le  sariq,  la  sueur  Ini  cou- 
luit  le  long  du  7'isage,  coulait  abondamment. 
Les  larmes  lui  coulent  dcsycur.  Il  est  enrhumé, 
le  nez  lui  coule.  Cette  chandelle  est  de  mauvais 
suif  y  elle  coule.  Le  sang  qui  coule  dans  les 
veines.  Cette  encre  est  trop  claire,  elle  coule 
trop.  Elle  est  trop  épaisse,  elle  ne  coule  pas  bien. 

On  dit  d'Un  tonneau,  d'un  vase,  etc.  qu'/l 
coule,  Quand  il  est  percé,  ou  qu'il  n'est  pas 
bien  joint,  en  sorte  que  la  liqueur  qui  ai 
dedans  s'en^it.  Ce  muid,  ce  bai-il  coule.  Il 
coule  de  toutes  parts. 

On  dit,  eu  parlant  d'Un  ouvrage  de  fonte 
qu'on  a  jeté  en  moule,  que  La  statue,  que  lu 
cloc.'ie  a  coulé,  pour  dire,  <]iie  Le  nietal  s'est 
^■.■a1p^«  par  quelque  fente  faite  au  moule. 


COU 

On  cîit,  (ju'O'n  navire ^  t^u  un  vaisseau  coule 
à  iund,  coule  bas,  pour  dire,  qu'il  s'enfoncp  " 
dans  l'eau. 

On  dit  aussi  flclivcment  qu'On  coule  à  fond 
un  vaisseau,  pour  dire,  qu'On  le  fait  submer- 
ger. Atta(fiier  lui  vaisseau  et  le  couler  à  fond  a 
coups  de  canon. 

On  dit  fîgurcmcnt,  Coule}  (judqu^un  à  fond 

dans  la  dispute  ^  poui'  dire.  Le  réduire  h  ne 

savoir  que  répoiulre;  et  Couler  une  matière  ù 

fo'fdj  Dire   sur   un   sujet  tout  ci;  qu  on  peut 

ire,  sans  rien  omettre. 

On  dit  aussi  fij;urrracnt.  tju'O/i  a  coule  un 
homme  à  fond^  qu'il  est  coulé  à  fond  ^  pour 
dire,  qu'Où  a  ruiné  sou  crédit,  sa  fortune,  etc. 
Cet  homme  avoit  un  nrand  crédit  ^  un  qraml 
poste,  etc.  à  la  Cour,  ou  Va  coulé  ti  fond^  îl 
est  coulé  à  f'ud. 

On  dit  aussi  Des  choses  solides  ,  quEllcs 
coulent,  peu-  dire,  qu 'Elles  glissent,  qu'elles 
s'icliappent.  f.'êchellc  7i''avoii  pas  assez  depi&d, 
elle  coula.  Comme  il  passait  par  la  rue,  une 
luile  coula  d^un  foit,  et  lui  tomba  sur  la  tête. 

On  dit,  que  La  vujne  cou!e,Quaud  le  raisin 
qui  comnienrolt  ù  se  nouer  tomlie  ou  se  dessi";- 
clie.  La  viqnc  ctoit  belle,  mais  elle  a  couié,  lu 
pluie  Va  fait  couler.  Les  vignes  ont  coulé. 

On  ledit  aussi  De  certains  iruits,  comme  des 
melons,  des  figues,  etc.  Les  melons  ont  coulé. 
Les  faites  ont  coulé,  etc. 

CoVLZi\,'sc  dit  aussi  figurement  Du  temps 
^ui  passe.  Les  jouis,  les  on/it-cs,  les  siècles 
rowli'nt  insensiblement,  coi-îcut  si  vite.  Letcmps 
coule  doucemenl. 

On  dit  d'Une  période,  d'uti  vers,  qu'/ïj 
coulcnf  bien  ,  pour  dire,  qu'il  ne  s'y  trouve 
rien  de  rude,  v'  qui  blesse  l'oreille. 

On  dit  encore  De  tout  ce  qui  est  dit  ou  e'crii 
naturcllenicnt,  d'une  manière  aisée,  que  Cela 
coule  de  source. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  que  quelqu'un  fait  ou 
dit  fonfornu-ment  à  son  génie,  naturellement, 
de  l'alionduïice  du  cœur,  par  un  fonds  de  ca- 
pacité, de  sincérité.  Il  dit  des  choses  fort  con- 
solantes à  cette  personne,  cela  coule  de  source. 
Il  parle  très -savamment,,  cela  coule  de  source. 
Il  a  fait  beaucoup  de  charités,  cela  coule  de 
source. 

On  dit  aussi,  que  Les  liqueurs  délicieuses j 
les  bons  utns  coulent  aqréablement ,  pour  dire 
qu'on  les  boit  avec  plaisir. 

On  dit,  quT  n  rasoir  coule  bien,  {>our  dire, 
qu'il  rase  doucement,  légèrement,  qu'il  n'est 
point  rude. 

CocLEn,  signifie  aussi  en  termes  de  danse. 
Glisser  doucement.  Dans  cette  danse-là,,  on  ne 
fait  (lue  couler.  Faites  deux  pas  y  et  coulez. 

Kt  on  dit  aussi,  Couler  un  pas,  pour  din:. 
I.e  niarqu(;r  légèrenient. 

On  dit  do  même  en  termes  de  Musique , 
Couler  une  note,,  plusieurs  notes,  pour  dire. 
Les  passer  U*;j,i*rement. 

On  le  dit  aussi  Des  personnes  qui  passent 
sans    Cùie   de   bruîl,  crainte  d'être    aperçues. 
Coulez  lu'tc   le  lontf    de  cette   muraille.    Ces   , 
troupes  coulèrent  à  la  j'oveur  de  la  nuil,  U  |d 


COU 

faveur  du  hoîs^  coulèrent  le  long  des  fossés.  €C 
entrèrent  dans  la   Place.   Le   lièvre  a  coulé  le  • 
long  de  la  haie. 

En  ce  sens,  il  se  met  aussi  avec  les  pronoms 
personnels.  Je  me  coulai  le  long  de  la  muraille. 
Il  se  coula  par  derrière  la  tapisserie.  Il  s'est 
coulé  dans  la  presse.  Coulez-vous  doucement 
parmi  ïeS  autres. 

Ou  dit  d'Un  liomme  qui  dans  son  discourt 
(l'a  parle  d'une  chose  que  légèrement  et  en 
passant,  qu'/I  n'a  fait  gue  couler  sur  ce  fuity 
sur  cette  circonstance ,  etc. 

Couj.ER.  V.  a.  Passer  une  chose  liquide  au 
travers  du  linge,  du  drap,  du  sable,  etc.  Cou* 
1er  du  lait  dam-  un  couloir.  Couler  la  lessii^e. 
Couler  de  l'hypocras  dans  une  chausse.  Couler 
un  bouillon.  Couler  au  travers  d'un  linge. 

On  dit.  Couler  une  glace^  pour  dire,  En 
faire  couler  la  matiôrc  fondue,  sur  une  tablo 
prcpcrce  e.\près.  Le  secret  de  couler  les  places 
est  récent. 

Couler  ,  signifie  aussi  fîgurément ,  Faire 
'.■Jisser  adroitMucnt  ,  mettre  doucement  en 
'piclque  endroit,  ou  parmi  quelque  chose. 
Il  a  coulé  ce  mot  subtilement  dans  la  clause, 
ju  cette  clause  dans  le  contrat.  Il  en  faudrait 
couler  un  mot  dans  votre  discours,  dans  voire 
lettre.  V.  lui  en  a  coulé  deux  jnots  à  Voreille. 
En  comptant  de  Vargent^  il  y  coula  guelques 
pistolet  fau:fses.  Il  coula  Ce  billet,  cette  pièct 
parmi  les  autres  papiers.  Il  a  coulé  la  maiii 
dans  ma  poche.  îl  lui  coula  des  louis  d'or  dan» 
{a  main. 

Com.Ê,  en.  participe. 

COULP^UR.  s.  f.  Impression  que  fait  sot 
fœil  la  lumière  réfléchie  par  la  suiface  de» 
corps.  Les  couleurs  simples.  Les  couleurs  com- 
posées. Couleur  naturelle.  Couleur  artificielle. 
Couleur  claire.  Couleur  sombre  brune,,  obs- 
cure. Couleur  éclatante.  Couleur  voyante. 
Couleur  haute.  Couleur  gaie.  Couleur  vive. 
Couleur  ti-iste,  morne.  Couleur,  modeste,  fan- 
tasque. Couleur  forte.  Couleur  enfoncée,  char- 
gée. Couleur  faible.  Couleur  fausse.  Couleur 
tcgcre.  Couleur  rude.  Couleur  douce.  Coulenr 
passée,  effacce,  ternie.  Couleur  fironC  sur  le 
brun,  sur  le  bleu,  etc.  Couleur  mêlée.  Couleur 
changeante.  Couleur  fuyante.  Couleur  tran- 
chante. Couleur  à  la  7nodc.  Ce  vin  a  la  cou- 
leur  malade.  Couleur  uoi're,  blanche,  grise ^ 
rouge,  vette,  violette,  jaune j  incarnate,  isor- 
bellc.  Couleur  de  feu  ,  d'amarante.  Couleur 
amarante.  Couleur  de  rose.  Couleur  de  rose 
sèche,  de  chair,  aurore,  de  citron,  de  gris- 
de-lin.  Couleur  de  musc.  Couleur  d'olive  ,  de 
feuille  morte,  de  ramoneur  ,  de  ventre  de  bi- 
che, etc.  Cette  étoffe  est  de  telle  couleur.  Di~ 
veis'Jicr  les  couleurs.  VariétJ  de  couleurs. 
.Vtiler  les  couleurs.  lUélange  de  couleurs. 
]\uance  de  couleurs.  Assortir  les  couleurs.  Il  y 
a  proportion  entre  les  couleurs.  Cette  etojfe  n  a 
pas  bien  pris  la  couleur.  Teindre  en  couleur 
de Mettre  en  couleur  r>r»nner  de  la  cou- 
leur. Cette  étofjl'  a  perau  sa  couleur.  On  ne 
porte  plus  de  cette  couh-w,  de  ces  couleurs. 

Cn  dit  aussi  au  masculin  ,  Le  couleur  de 


cou 

/en,  U  couJew  de  rose^  de  c/iaiV,  âe  citron; 
pour  dire,  Ce  qui  a  la  couleur  du  feu,  de  la 
rose,  etc.  Et  après  un  substantif,  il  s'emploie 
comme  adjectif;  Vn  ruban  cffitleur  de  feu,  d'un 
trcs'heuu  couleur  de  jeu. 

Ou  dit  pioverWalcmcnt  d'Un  liommc  qui  se 
mêle  de  juger  d'une  chose  qu'il  ne  sait  point, 
dorrt  il  n'a  aucune  connoissancc  ,  qu7ï  eu 
l'une  ,  qu'i7  en  parle  comme  un  avcunîe  diS 
couleurs, 

CoixEim*  se  prend  quelquefois  en  parlant 
d'ï%loflcs  et  d'habits,  pour  toute  autre  couleur 
que  le  noir,  le  gris,  le  blanc,  etc.  //  ne  s'ha- 
bille guère  de  couleur.  Il  ne  porte  plus  le  noir. 
U  a  pri^  un  habit  de  couleur.  Elle  est  en  habit 
de  couleur.  Elle  a  renoncé  à  la  co»Ieur,c'est-à 
dire,  Elle  ne  porte  plus  que  le  noir  ou  d'autres 
couleurs  modestes. 

CouLrcn ,  Drogue  dont  on  se  sert  pour  !a 
peinture  et  pour  la  Teinture.  Broyer  les  cou- 
leurs. Mêler  les  couleurs.  Préparer  y  appliqua', 
coucher,  asseoir,  poser  les  coulettrs.  Avant  que 
de  dorer  ce  lambris ,  ii  le  faut  mettre  en  cou- 
leur, Mcfirc  la  première  couleur.  Bien  manier, 
bien  employer  les  couïeur^.  Adoucir  les  cou- 
leurs.  Amortir  les  couleurs.  Ranimer  les  cou- 
leurs. Rehausser  j  relever  les  couleurs.  Les  cou- 
leurs s''affoiblissent  ,  se  passent.  L*air  manne 
tes  couIeur5.  Mettre  un  plancher ,  du  par- 
quel  ,  clc  en  couleur.  Ce  peintre  entend  bien  le 
mélange  j  la  fonte  des  couleurs. 

(-OLLEtns,  au  pluriel,  se  prend  quelque- 
/ois  pour  La  liwéc  dont  on  haliillt*  1rs  Pap;cs, 
Cochers,  Laquais,  etc.  Il  a  des  couleurs  maqni- 
Jîques,  des  couleurs  bizarres^  fantasques ,  bien 
particulières.  Couleur  du  Roi.  Ce  l'aqCy  ce 
Laquais  n'ai'oit  pas  encore  les  couleurs.  Il 
vieillit  On  emploie  plus  ordinairement  le  mot 
Livrée. 

On  appelle  en  Peinture  ,  Couleurs  amies  , 
Celles  qui  ne  se  font  point  paroîlre  rccipro- 
({ucraeuldut'C5. 

CoDi,EL'n,  en  lerines  de  Blnson,  se  dit  Des 
cinq  couleurs,  azur,  gueules,  sinople,  snhlc 
et  jtourpre.  Couleur  sur  métal.  Métal  sur  cou- 
leur. 

CoiTLErn  ,  se  prend  aussi  particulièrement 
pour  Le  leint.  Bonne  couleur ,  mauvaise  cou- 
leur. Couleur  vermeille.  Couleur  paie,  hlémCj 
morte.  Couïfiir  plombée  ,  livide  ,  oliviUre  , 
brune.  Il  se  port^  bien,  la  coulettr  lui  est  reve- 
nue. H  a  repris  sa  couleur.  Belles  couleurs. 
Cette  personne  a  de  belles  couleurs. 

CotiLCcn,  se  priipd  aussi  pour  X^  rougeur 
qui  survient  au  visage  pour  quelque  cause  jia- 
turrllc  ou  nccidcntelle.  Il  est  haut  en  couleur. 
Ca  couleur  lui  monta  au  visage. 

On  .ipjiclle  Pâles  couleurs,  Une  maladie  des 
Jeunes  lilles,  qui  leur  rc:id  le  Icint  j  aie  tr 
jaiuic. 

CoLXfCn,  se  dil  aussi  en  pailant  Des  vian- 
des quorv  rôtit,  el  du  pain  et  dcN  pjtîsscrics 
qu'on  met  au  four,  pour  marquer  la  couleur 
•jue  ces  chosci  dniv.  nt  «voir  quand  rïlts  sont 
ru itcA  comme  il  faut.  Faites  du  feu  clair ^  afin 
que  ces  viandes  prennent  couleur.,  afm  de  leur 
Tomf  l. 


COU 

donner  couleur.  Ce  pain  n*a  point  de  couleur. 
Cette  tourte,  cette  croûte  n'a  pas  assez  de  cou- 
leur, Ct  rôti  a  bien  pris  couleur. 

On  appelle  Couleur,  aux  jeux  des  cartes, 
Le  ])ique,  le  trèfle,  le  cœur  et  le  carreau.  De 
quelle  couleur  tourne  t-il?  De  quelle  coiilfur 
est  la  triomphe?  J'ai  des  quatre  couleurs  dans 
mon  jeu.  Je  nai  point  de  cette  couleur.  Il  re- 
nonce à  la  couleur. 

Au  jeu  du  I^insqucnet,  on  dit,  Prendre 
couleur,  pour  dire,  Kiitrer  au  jeu  et  couper. 
Prenez  couleur.  H  a  pris  couleur. 

On  dit  fif^urL-meul,  Prendre  couleur,  pour 
dire  ,  Se  décider  ,  se  déclarer.  Ce((t:  alftiivi 
commence  à  prcndie  une  bonne,  une  tnauvaisi 
couleur. 

On  dit  fi,;urenicnl  et  familial  ement,  Repren- 
dre Ci-iuleur,  pour  dire  ,  Rentrer  nu  faveur,  ré- 
tablir sa  fortune. 

On  dit  aussi  d'Un  liomm*  qui,  après  un4 
long!ic  retraite ,  repnroit  dans  le  monde ,  re- 
vient à  la  Cour,  qu7/  a  repris  couleur. 

CouLECiVj  signifie  fi^iu-émeut  Prétexte,  ap' 
parencc.  Il  l'a  trompe  wus  couleur  d'amitié, 
Il  s*est  rendu  maître  de  Vaffaire  sous  couleuf 
de  le  servir.  A  cela  il  n*y  a  ni  couleur  ni  appa- 
rence de  vérité. 

Il  se  prend  quelquefois  plus  e'troitcmeni 
pour  Une  raison  apparente  dont  on  se  sert 
poui'  couvrir  et  pallier  quelque  mensonge  ou 
quelque  mauvaise  action,  afm  de  persuader  c« 
qu'où  désire.  Cela  le  choquera  d\tbord,  si  vous 
n'y  donnez  quelque  couleur.  Voilà  une  cou- 
leur bien  spécieuse.  Couleur  plausible.  Une  fot\ 
mauvaise  couleur.  Revêtir  un  mensonge  di 
belles  couleurs.  Il  sait  bien  donner  une  coulcuf 
spécieuse  à  ce  quSl  dit,  à  ce  qu'il  fait  de  plu: 
mal.  Nos  passions  changent  la  couleur  de: 
objets. 

On  se  sert  du  mot  Couleur,  en  parlant  Du 
style,  pour  désigner  le  caractère  des  ornemens, 
leur  choix,  et  leur  cfiet.  Un  style  sans  couleur. 
Son  style  a  une  couleur  brillantej  magique, 
austère,  antique. 

COULEL^'RE.  s.  f.  Espèce  de  reptile  di, 
genre  des  serpens.  Couleuvre  de  haie,  de  buis- 
son. Couleuvi  c  d^eau.  Grosse  ,lonque  couleuvre. 
Peau  de  couleuvre.  Oeufs  de  couleuvre.  Il  se 
glisse  comme  une  couleuvre. 

C>n  dit  proverbialement  et  figurément  d'Un 
homme  (juiacu  bien  des  dégoûts, deschagrins, 
sans osers'en  plaindre,  qu'/hi  bien  avalé, qu'on 
lui  a  bien  fait  avaler  des  couleuvres, 

COULEUVREAU.  subst.  niasc.  Petit  de 
couleuvre, 

COULrXVT^ÉE,  ou  BRIOINE.  s.  f.  Plante 
sarmenli-u-se  et  fort  conununr.  Ou  emploie  sa 
racine  dnus  l'h^dropisle ,  et  dans  quelç^ues 
autres  maladies. 

COULEVRCfE.  s.  f.  Pièce  d'artillerie  plus 
longue  que  les  canons  ordinaires.  Cette  coule- 
vrine  est  de  tant  de  pieds  de  longueur.  Une  cou- 
lan-ine  qui  porte  (rc*-Ioiu.  À  la  portée  de  la 
coulcvriue. 

On  dit  d'Une  maison,  d'une  terre.  iin'Kllrs 
iont  sous  la  coulen'ine   d'une  Place,    Quocd 


3og 


COU 

elles  en  sont  si  proclies ,  qu'elles  en  peuvent 
être  ou  défendues  ou  incommodées. 

On  dit  figurcuient  cl  f.iiuiiiiremcnt  i  l'u 
homme  <jui  a  son  liien  dans  le  voisinage  duo 
plus  puissant  que  lui,  T'ous  avez  un  puissant 
voisin,  soiyei  (jiie  vous  clés  sous  sa  cou- 
Icviiiie, 

On  dit  aussi  figurément  et  familii'remcnt , 
r^ut'ii  /lomnie  est  sous /u  coiilevrinc  d'un  autre, 
[Kiur  dire,  qu'il  est  en  quelque  sorte  dans  sa 
fcpcndance  par  sa  charge,  par  son  emploi,  etc. 

tXHJLIS.  s.  m.  Suc  d'une  chose  consoinmèe 
i  force  de  cuire,  passé  par  une  tlaniine,  par 
an  linge,  etc.  Couds  de  cliapon.  Coulis  de  per- 
ilii.r.  Coulis  de  pois.  Coulis  d'écrevisses. 

Il  est  quelqni'fuis  adjectif,  et  n'est  d'usage 
^ue  dans  celte  phrase,  Vcnl  coulis,  qui  signifie 
un  vent  qui  se  glisse  au  travers  des  fentes  et 
•les  irons.  //  vient  un  vent  coulis  par  cette 
furie.  Je  szns  un  vent  coulis  ijui  me  donne  sur 
l'épaule.  Les  vents  coulis  sont  danqcreiix. 

COULISSE,  s.  fém.  Longue  rainure  par  la- 
quelle on  fait  couler,  aller  et  revenir  un  châs- 
lis,  une  fenêtre,  une  porte  de  bois,  etc.  Faire 
une  coulisse.  Graisser  la  coulisse. 

CoiLissE,  se  dit  aussi  Du  volet  qui  va  ct 
vient  dans  ces  rainures,  ct  dont  on  se  sert  poui 
fermer.  Fermez  cette  coulisse. 

Coulisse,  se  prend  aussi  pour  Ces  pièce6  da 
lécorations  que  l'on  fait  avancer  et  reculer 
dans  les  changemens  de  théâire.  Le  feu  prit 
IU.C  coulisses.  Les  coulisses  n'allaient  pas  fci'eiv 

U  se  prend  aussi  pour  Le  lieu  où  ces  cou» 
lissfs  sont  placées  aui  cotés  du  théâtre.  Pert-^ 
dant  toute  la  pièce  il  fut  dans  les  coulisses. 

lin  termes  d'Imprimerie ,  Coulisse  de  qalée, 
tst  une  pièce  de  bois  sur  laquelle  le  Composi- 
leur  arrange  ses  lignes. 

COULOIR,  subst.  masc.  Écuelle  ordinaire- 
ment faite  de  bois ,  qui,  au  lieu  de  fond,  a  une 
piicc  de  linge  par  où  on  coule  le  lait  en  le 
lirnnt. 

CoLLOin ,  se  dit  aussi  d'Un  passage  de  déga- 
gement d'un  appartement  à  un  autre. 

Il  est  aussi  terme  d'Analomie.  Les  cohloirs 
de  la  bile. 

COLLOIRi;.  s.  f.  Vaisseau  propre  h  laisser 
passer,  h  faire  égoulter  la  partie  la  pbis  liquide 
ou  le  suc  de  <|uelque  5ul>slance  qu'on  veut  en 
séparer.  Couloire  d'Apothicaire.  Couloir»  de 
pressoir, 

COULPE.  s.  f.  Faute,  péclié.  Il  n'est  en 
usage  que  dans  les  iiiatièies  de  Religion.  Il  si- 
gnifie la  souillure,  la  tache  du  péché  qui  prive 
le  pécheur  de  la  grûce  de  Dieu.  Par  hi  conÇes^ 
sioii  la  coulpe  est  remise,  et  non  pas  la  peine. 
Le  grand  amour  de  Dieu ,  la  charité  parfaite 
emporte  lacoulpeel  la  peine,  délivre  de  la  coulpe 
ct  de  la  peine. 

On  dil  pruTcrbialemcnt,  quand  on  a  regret 
d'avoir  fait  quelque  chose,  qu'On  en  dit  sa 
coulpe.  Cela  m'est  êchapjté,  J'm'ouc  ma  fiute^ 
je  m'en  repens,  \'en  dis  ma  couipe. 

COULURE,  s.  f.  Il  se  dit  eo  parlam  Dm 
grains  de  la  grappe  qui  tombent  ou  te  dess^ 
client  quand  le  raisin  commence  i  se  nouer. 

4a 


33o 


COU 


La  vigne  est  sauvée  de  lu  gelée,  il  n'y  a  plus 
que  lii  coulure  à  craindre. 

CouicnE ,  se  dit  aussi  De  la  portion  du  mé- 
tal qui  s'échappe  du  moule  où  la  fonte  est  jclw. 
COUP.  s.m.  Impression  que  fait  un  corps 
sur  un  aittre  en  le  frappant ,  le  perçant.  le  di- 
visant, etc.  Granil  coup.  Pelit  coup.Riule  coup. 
Coup  léçjer.  Coup  pesant.  La  force,  la  pesan- 
teur du  coup.  Coup  qui  entre  bien  amnt.  Coup 
de  poing.  Coup  de  pied.  Coup  de  cognée,  de 
hache,  de  marteau.  Coup  de  piei-te,  d'èjKC,  de 
subre,  de  poignard,  de  lance,  de  pique,  de 
flèche,  de  hallcharde.  Il  a  reçu  un  coup  de  fu- 
sil, de  mousquet,  de  pistolet.  Il  a  eu  le  hras 
emporté  d'un  coup  de  canon.  Coup  de  bec. 
Coup  de  dent.  Coup  de  griffe.  Coup  de  pale. 
Coup  de  coude.  Coup  debdton.  Coup  de  gaule. 
Coup  d'éperon.  Coup  de  fouet.  Coup  de  barre. 
Coup  de  rasoir.  Coup  de  laitcetle,  de  bistouri. 
Coup  de  fleuret.  Coup  d'esiramaçon ,  de  pointe. 
Coup  de  foudre.  Coup  de  vent.  Donner,  frap- 
pa- ,  poi'Ier ,  allonger  un  coup.  Recevoir  un 
coup.  Détourner  un  coup.  Parer,  esquii^ci-  un 
coup.  Jl  s'est  donné  un  grand  coup  contre  lu 
muraille,  contre  un  arbre.  Cela  fut  abattu  à 
coups  de  marteau,  de  cognée,  etc.  Il  fut  uiiadu, 
terrassé  d'un  coup.  71  cul  un  coup  dans  le  bras, 
sur  la  tète,  etc.  Coup  mortel.  Coup  favorable. 
Coup  dans  les  chairs.  Coup  qui  ne  fut  qu'cj- 
flcurer  la  peau.  Le  coup  de  la  mort.  On  lui  a 
donné  cent  coups  après  sa  mort.  Charger  de 
coups.  Assommer  de  coups.  Roua-  de  coups.  Il 
tira  sur  lui,  mais  il  manijua  sou  coup.  Aller 
UttE  coups. 

Coup  ,  se  prend  aussi  pour  La  marque  dei 
coups  qu'on  a  reçus.  Il  est  tout  couvert ,  tout 
percé  de  co-ups.  Il  a  tant  de  coups  sur  lui,  sur 
son  corps. 

Cotrp  orfcc.  Voyez  OnsE. 
On  appelle  Coup  de  feu,  La  blessure  faite 
p  r  une  arme  à  feu. 

On  dit  populairement  d'Un  homme  qui  a  étci 
battu,  qu'il  a  été  le  plus  fort,  qu'il  a  puric  lei 
coups. 

On  appelle  Coup  dans  l'eau,  coup  d'épéc 
dans  l'eau,  Vnc  action,  un  eflort  inutile. 

On  dit.  Sans  coup  ferir ,  pour  dire.  Sans  se 
battre,  sans  tirer  aucun  coup.  On  a  pris  celte 
Place  sans  coup  fèrù-. 

On  appelle  figurémcntet  familièrement.  Un 
coup  de  bec,  un  coup  dedenf,  un  coup  de  lan- 
gue. Une  médisance,  une  raillerie  piquante, 
etc.  Cet  homme  est  dangereiur ,  incommode 
dans  le  commerce,  il  donne  toujours  des  coupt 
de  heCjdes  coups  de  dent ,  des  coujx  de  langue. 
On  appelle  Coup  de  grâce, Le  dernier  coup 
que  l'exécuteur  donne  i  un  patient,  afin  qu'il 
ne  languisse  pas  davantage; 

Et  figuicmcnt ,  Le  dernier  coup  qu'on  porte 
à  quelqu'un ,  pour  achever  de  le  perdre. 

On  dit ,  Frapper  les  grands  coups  dans  une 
affaire,  pour  dire,  Employer  les  moyens  sûri 
et  décisif). 

Ou  appelle  Coup  de  Mnj  ,  L'épanchcment 
qui  se  fait  dans  le  cerveau  par  la  rupture  su- 
lùie  do  quelques  vaisseaux  sanguins. 


COU 

Coup  rounnÉjSe  dit  dans  PEscrîmc, Quand 
cliacun  des  deux  hommes  cjui  se  LaUoiU  donne  . 
un  coup  et  en  reçoit  un  autre  eu  mùme  temps. 

On  dit  fijjurémcnt  et  familièiemeut,  Porter 
un  coup  fuurré ,  pour  dire ,  Utnidre  eu  secret  un 
mauvais  oflTice  à  quelqu'un. 

Cn  dit  figuvcmcnt ,  Délourncr  le  coup ,  rom- 
pre un  coup-,  pour  dire,  Empéclier  qu'une 
chose  préjudiciable  ne  se  fasse. 

On  dit  aussi  figurémtnt,  Faire  son  coup  . 
manquer  son  coup^  pour  dire,  Réussir,  ou  ne 
pas  réussir  dans  soïi  enticprîse,  exécuter  ou 
ne  pas  exécuter  son  dessein.  (  Il  s'emploie  phis 
ordinaiiement  en  mauvaise  port)  j  cl,  Rabattre 
les  coups,,  pourdire,  Adoucir  une  aflaire,  apai- 
ser les  esprits,  cmpiJclier  iju  ils  ne  s'aigrissent. 


Ou  dit  aussi  :  Un 


up  (le  veique.  Un 


coup 


de  pinceau,  Vncoup  â'œil.  Un  coup  de  plume 
Un  coup  d\irchet.  Uncuup  de  ailJlct.Vn  cou^i 
de  qouvcrnail. 

Ou  appelle  Coup  de  mum, 3  la  guerre, Unt| 
attaque  subite,  imprévue,  et  qui  réussit. 

On  dit  aussi,  qu'C/n'ePhicca  êtépriscd'un 
coup  de  main,,  pour  dire,  qu'Klle  a  été  prise 
sans  canon.  Cette  Place  ne  craint  point  lei 
coups  de  mdiit,  elle  est  à  Vahri  d\n  coup  de 
main. 

Coup,  se  dit  encore  De  b  décliarge  et  du 
bruit  que  font  les  armes  h  feu  lorsqu'on  k-s 
tire.  Lct  Forteresses  saluent l'I^icn dard  Royal 
de  tant  de  coups  de  canon, etc. À  Vcntrcc  d'un 
tel  Prince j  on  fit  une  salve  de  cent  coups  de 
canon  et  de  dix  mille  couvs  de  mouaquct. 

On  appelle  Coup,  La  charj^e  d'une  oiMS  j 
feu.  Les  soldais  avoient  chacun  dix  coups  à 
tirer. 

On  appelle  Coup  de  tonnerre,  Le  bruit  qui 
accompagne  ou  suit  un  éclair;  et  on  dit,  qu'C« 
homme  a  été  tué  d'un  coup  de  tonnerre^  d'un 
coup  de  foudre,  pour  dire,  quil  a  été  tué  du 
tonnerre. 

On  dit,  par  ironie,  d'Une  personne  qui  di- 
vulgue tout  ce  qu'elle  fait,  qu'EI/e  est  secrèti 
comme  un  coup  de  tonnerre  ^  comme  un  cou f 
de  canon.  U  est  *du  style  familier. 

On  appelle  Coup  de  partance,  Le  coup  d'' 
f-anon  qu'on  tire  qiiai:d  une  flotte  «m  un  vais- 
seau part.  À  la  pointe  du  joiw  on  tira  le-cov^ 
de  partance. 

On  dit,  Tirer  à  coup  perdu-,  pour  diie, 
Tirer  sans  viser  à  aucun  but  certain. 

Coup  de  tilet.  C'est  le  jet  du  Glet  dans 
l'eau,  pour  prendre  du  poisson.  ïl  a  pris  tout 
ce  poisson-là  J'un  coup  de  jîlct.  Bon  coup  de 
fîlct.  Halhcureux  coup  de  f\lct,  Achctcj-  un 
coup  de  filet. 

On  dit  figurémcnt,  lorsqu'on  a  enveloppe 
Cl  pris  plusieurs  voleurs,  ou  plusieurs  ennemie 
tout  ik  la  fois ,  qu'O»  Us  a  pris  d'un  coup  de 
lllet. 

On  dit  Cgurcmenl,  Coup  de  marteau^  coup 
de  cloche^  pour  dire,  Son  de  la  cloche,  de 
rliorlogc.  Dc} 'aidez-vous  de  l'/iturc,  £tcs-vous 
sujet  à  un  coup  de  maitcau,  à  un  coup  de 
cloche  ? 

Coup,  se  dil  encore  De  certaines  manières 


COU 

de  jouer,  et  de  certaines  rencontres  qui  se  font 
dans  le  jeu.  Ainsi  on  dit  à  la  Paume  ;  Coup 
d"* arrière-main.  Coup  coupé.  Coup  de  nrillc, 
de  dedans.  Coup  d'aïs.  l'H  dans  tous  les  jeux  : 
Coup  de  bonheur.  Coup  de  malheur.  Coup  de 
partie.  Il  a  un  coup  sûr. 

On  appelle  figiircment,  Un  coup  d«  partie^ 
Un  coup  important  qui  décide  du  succès  d'une 
grande  affaire.  En  anctant  les  séditieux,  on  a 
fait  un  coup  de  partie. 

On  dit  proverbialement  et  fij^urcraent  d'Unc 
chose  qu'on  a  faite,  qui  vaut  bien  la  peine 
tju'on  y  a  prise,  que  Le  coup  vaut  Iti  halle ^ 
;juc  le  coup  vaut  Varqent. 

Ou  appelle  aussi,  Coup  de  fortune  y  coup  de 
bonheur,  coup  de  malheur.,  coup  d'aventure  y 
coup  de  hasard^  Va  événement  extraordinîiire 
et  imprévu 

Coup,  se  dit  aussi  quelquefois  d'Un  mou- 
vement impétueux,  comme  du  vent  qui  souffle 
sur  la  mer,  d'une  tempête.  Coup  de  vent.  Coup 
de  tempête.  Un  coup  de  mer  écarta  lews  vais'. 
seaux ,  les  jeta ,  les  poussa  sur  les  côtes. 

Coup  de  Soleil.  II  se  dit  de  l'impressioo 
violente,  et  quelquefois  morlelle,  que  le  grand 
soleil  fait  en  certaines  circonstances,  sur  ceux 
i£ui  s'y  trouvent  exposés. 

Coi:?,  se  dit  aussi  Des  actions  Immaincs. 
Grand  coup.  Beau  coup.  Coup  important  , 
d'importance.  Heureux  coup.  Coup  imprévu. 
Voilà  un  coup  d'étourdi,  un  coup  de  nuilhahilë 
fiomme.  C'est  un  coup  de  désespoir.  C*est  un 
méchant  coup.  Un  mauvais  coup.  Il  a  fait  là 
un  mauvais  coup,  de  mauvais  coups.  Si  on  le 
['0U5se  à  bout,  il  fera  un  coup  de  sa  main. 
Coup  hardi,  déterminé,  méchant.  Il  a  fait  ce 
coup-là  de  sa  tète,  sans  prendre  conseil  de  per- 
tonne.  Ce  sont  là  de  vos  coups. 

On  appelle  Coup  du  ctfl,  coup  d'en  haut  , 
coup  de  la  Providence  ,  Quelque  évdncmenl 
merveilleux  qu'on  ne  devoit  pas  attendre  DaCu- 
rellemeut 

Ou  appelle  Coup  d'ami.  Un  service  qu'on 
rend  à  son  ami  dans  une  occasion  fort  impor- 
lauie  ;  Coup  de  maître ,  Un  coup  d'habile  ' 
homme;  Coup  d'£tal^  Un  coup  utile  au  bien 
de  l'iitat;  et  Coup  de  léte,  Un  coup,  d'un  grand 
jugement. 

Coup  de  tetSj  se  dil  aussi  d'Une  aclion 
ptourdic;  et  l'on  dit  souvent,  Un  coup  de  sa 
ttte,  dans  ce  dernier  sens. 

On  appelle  iîgurément.  Coup  d'Etal ,  coup 
de  partie.  Une  aclion  qui  décide  du  succès 
d'une  grande  affaire. 

On  dit  proverbialement,  et  par  allusion  ^ a 
duel  où  Jariwc  toa  La  Ch.itaigneraie  par  un 
coup  imprévu,  71  hxi  a  donné  un  coup  de  jar- 
nac,  le  coup  de  jmrnac ,  pour  dire,  Il  lui  a  nnt 
un  mauvais  tour  auquel  il  ne  s'attendoil  pa», 
et  qui  la  mis  en  très-mauvais  état,  qui  l'a 
ruiné ,  qui  a  détruit  sa  fortune.  Il  s'cnlcnd  un»- 
jours  en  mauvaise  part. 

Ou  appelle  Coup  d'essai  ^  La  première  Of> 
lion,  le  premier  ouvrage  par  lequel  on  doone 
Jes  marques  de  ce  qu'on  est  capable  de  iâiro. 
On  dit  /^2urém.  et  I-unilièitm.,  Cet  liomfte 


cou 

a  un  coup  3e  liaclie,    {nui  diic,  rju'Il  a  un 
graiu  de  fuite. 

On  dit  C^Lircment,  l'n  coup  ik  fvtuln,  un 
coup  Je  m.issiic,  pour  signifier  Qiiclcjuc  cvénc- 
menl  impriïvu,  cloon.int,  accablant,  etc.  CctU 
nouvelle  a  été  pour  lui  un  coup  de  foudre ,  un 
coup  de  massue.  Lu  rcpiimunde,  les  menaces 
qu'on  luifit,  furent  pour  lui  un  coup  de  massue. 
CotP  DE  TiiÉÂTnE,  se  dit  d'Un  cliniigenient 
subit  de  décorations,  ou  d'une  scène  ii  tacjucUe 
on  ne  s'attend  pas.  On  dit  aussi  au  fij;iiré,  Son 
arrivée  a  été  un  coup  de  titèàtre.  Voy.  ThÉathe. 
On  dit  encore,  Coup  de  théâtre  y  coup  im- 
prévUj  pour  dire ,  Un  événement  inattendu  (jui 
eliangc  tout  à  coup  la  situation  des  person- 
nages ,  soit  en  bien  ,  soit  en  mid. 

On  dit  proverbialement  et  figurénient.  Faire 
d'une  pierre  deux  coups ,  pour  dire ,  Venir  i'i 
bout  de  deux  choses  par  un  seul  moyen. 

On  dit,  qu'L^nc  chose  porte  coup^  pour  dire, 
qu'Elle  tire  h  conscijucncc. 

Coup,  signifie  aussi  Une  fois.  Un  coup,  deu.x 
coups  f  trois  CQupSf  etc.  Le  premier ,  le  second^ 
le  troisième  coup,  etc.  de  lui  pardonne  pour  le 
coup.  Pour  ce  coup-là.  C'est  assez  pour  ce  coup, 
pour  un  coup.  Uoirt  un  coup,  rfeiix  coups.  Un 
coup  de  vin.  C<nui  ne  se  peut  faire  en  un  coup 
se  fait  en  deux.  C'est  à  ce  coup,  etc.  Je  vous  U 
donne  en  trois  coun.*:.  Il  a  en<1ore  trois  coups  à 

J0lli,T. 

On  dit,  Boircàpetits  coups,  pour  dire,  Boirt? 
L-u  petite  (juantilc  à  chaque  fois;  Boircun^ranA 
t-t'U;i,  pour  dire,  Boire  beaucoup  en  une  seule 
ibis. 

On  appelle  Cou;  s  de  dés,  Les  diffi-Tentej 
combinaisons  que  les  dés  peuvent  faire.  Il  a 
fait  un  beau  coup  de  dés.  Il  a  trois  coups  de 
dés  contre  lui.  , 

On  dit  dans  plusieurs  jeux,  Rompre  le  coup, 
pour  dire.  Rendre  le  coup  nul. 

On  le  dit  aussi  fii^urcment  pour  dire,  Empé- 
cliev  l'exécution  d'un  projet. 

Au  jeu  du  Trictrac ,  on  dit ,  Coup  el  dés,  pour 
dire,  que  La  primauté  appartiendra  ù  celui 
qui  amcDcra  le  dé  le  plus  fort  dans  le  trictrac. 

Cocp,  est  encore  d'usage  dans  plusieurs 
piiroscs.  On  dit,  Donner  un  coup  de  peigne  à 
ta  perruque,  pour  dire,  La  peigner  légéreuKnt; 
/l  n'y  II  plas  iju'uu  coup  Je  pinceau  à  donner 
à  ce  tableau,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  presque 
plus  rien  h  dire  pour  le  finir;  Donne;  un  couf 
•tail  êur  cet  ouvrage,  pour  dire,  Jetci-y  les 
jeux. 

On  dit,  Cette  maison  plaît  au  premier  coup 
J'mit,  pour  dire,  que  Sou  premier  asi»';!  fait 
pUisir;  Le  coup  d'œil  d'une  terrasse  est  c7iar- 
luiiiit,  pour  dire,  qu'On  découvre  de  I^  une 
Tuc  agnoLIc;  Ce  Gcnéial  a  le  coup  d'œil  ex- 
ecllcnt,  jiour  dire,  qu'il  connoit  d'abord  tout 
l'aTautage  qu'il  peut  tirer  de  la  situation  des 
lieux,  et  de  la  Ui*posiliun  ou  des  inouvcmeus 
de  J'cniuani. 

On  dit  aussi  dans  le  style  familier.  Donner 
un  coup  lii-  chapeau,  pour  dire,  Saluer.  Celu 
ne  fous  coûtera  qu'un  coup  de  chapeau. 

On  AU  auMi  de  luCnip,  U  n'y  a  qu'un  eaup 


COU 

(î«  piciî  JusijiiVi  un  ciTldi'n  eiiilroil,  pour  dire, 
qu'Un  y  peut  aller  en  peu  de  temps.  Donne': 
un  coup  de  pied  jusque-là. 

Coir  DU  noi ,  et  coup  sec  ,  sont  des  termes 
du  jeu  de  Billard. 

'l'ouT  À  COUP.  adv.  Soudainement,  en  un 
moment.  Celte  maison  est  tombée  tout  à  coup. 
Ce  mal  l'a  pris  tout  à  coup,  comme  ilypensoit 
le  moins. 

Tout  d'un  coup.  adv.  Tout  en  une  fois.  Il 
ijacjna  mille  écus  tout  d'un  coup.  Il  ^(  sa  for- 
lune  tout  d'un  coup. 

A  COCP  sûn.  adv.  Certainement.  Vous  me 
tr-oufcrc"  à  coup  sur. 

Coup  sur  coup,  adv.  Immédiatement  liin 
nprès  l'autre.  Il  lui  a  envoyé  deux  Courriers 
ioup  sur  coup.  Il  lui  est  survenu  je  ne  sais 
:omhicn  de  malheurs  coup  sur  coup.  Il  a  eu 
'rois  maladies  coup  sur  coup. 

Arni:s  coup.  adverLe.  Trop  tard,  et  après 
[u'uiie  cliose  est  faite,  est  arrivée.  Vous  voulez 
p'oduii'C  des  pièces  quand  votre  procès  est  jugé, 
c'est  après  coup. 

À  TOUS  COUPS,  adv.  À  tous  propos,  souvent. 
H  vient  à  tous  coups  me  quereller.  Il  tombait 
à  tous  coups. 

Poun  lE  COUP,  À  CE  COUP.  adv.  Pour  celte 
fois-ci.  Pour  U  coup,  pour  ce  coup-ci,  il  ne 
m'échappera  pas.  On  dit  aussi,  yi  ce  coup,  dans 
ce  scDS-lix. 

Engoue  un  coup.  adv.  Enc«re  une  fois.  Il 
s'emploie  principalement  lorsqu'on  répète  avc^ 
vivacité  ce  qu'on  a  déjà  dit.  Encore  un  coup. 
je  vous  dis  que. . . . 

COUPABLE,  adjectif  des  2  genres.  Qui  a 
conunis  quelque  faute  ou  quelque  crime.  Ex- 
trêmement coupable.  On  l'a  accusé  de  telle 
chose,  il  en  est  coupable.  C'est  le  plus  coupa- 
ble de  tous.  Il  est  coupable  d'un  tel  crime.  On 
ia  trouve,  il  s'est  trouvé  coupable.  S' il  s'enfuit, 
il  se  rendra  coupable. 

U  est  aussi  quelquefois  substantif.  Souvent 
l'innocent  prflit  pour  le  coupable. 

COUPANT,  ANTE.  adj.  Qui  coupe,  qui 
tranche.  Un  outil  coupant, 

COUPE.'s.  m.  Pas  de  danse,  mouvement 
de  celui  qui,  en  dansant,  se  jette  sur  un  pied, 
et  passe  l'autre  devant  ou  derrière. 

COUPE,  s.  f.  se  dit  d'Un  bois  sur  pied  que 
l'on  coupe,  ou  qui  est  destiné  !x  être  coupé. 
La  coupe  des  bois,  d'un  bois  taillis,  d'un  bois 
de  haute  futaie.  La  coupe  s'en  fait  de  neuf  ans 
en  neuf  ans,  de  douze  ans  en  douze  ans,  de 
cent  ans  en  cent  ans,  etc.  Il  y  a  tant  d'arpcns 
à  la  coupe  de  cette  uniicc.  Celle  coupe  est 
bonne,  est  nictfleur-e  que  la  précédente.  J'ai 
vendu  la  coupe  tant.  Ce  bois  n'est  pas  en  coupe. 

Il  se  dit  13e  certains  fruits  que  l'on  coupe, 
pour  voir  s'ils  sout  bons,  il  m'a  vendu  ce  we- 
Icn  à  la  coupe. 

On  le  d>t  Des  monnoics  que  l'on  coupe  , 
j.uur  voir  si  elles  soûl  bonnes.  On  n'a  reconnu 
la  fauuctc  de  cette  monnaie  qu'à  la  coupe.- 

On  dit,  qu'fnc  c(o^-  «1  dure  à  la  cu'ipc, 
pnurdiri',  qu'Elle  rôsislc  au  ciseau,  et  qu'en 
la  courant  ou  s'oper;oil  qu  elle  est  duro. 


COU  33i 

Il  se  dit  aussi  De  l'endroit  par  où  l'étoile  est 
ioupée.  Ce  di-ap  est  beau  à  la  'coupe.  Voyez  lu 
coupe  fie  ce  drap.  La  coupe  des  cheveux. 

Il  S'  dit  encore  De  la  façon  dont  on  taille 
l'ctolTc,  le  cuir,  etc.  Ce  justaucorps,  cet  Jiabit 
ne  va  pas  bien ,  la  faute  en  vient  de  la  coupe. 
Ce  Tailleur  a  la  coupe  bonne.  Ce  Cordonnier 
a  lu  coupe  bonne. 

On  le  dit  aussi  Des  pierres  ;  et  il  signifie ,  ou 
la  faion  ou  l'art  de  les  tailler  :  Il  entend  bien 
lu  Coupe  des  pierres;  il  a  j'ait  un  Traité  de  la 
coupe  des  pierres  ;  ou  l'action  même  par  la- 
quelle on  les  taille.  La  coupe  de  C(Ss  piei-res  est 
diffcik. 

Coupe  ,  en  Architecture  et  en  Charpenlerie. 
Représentation  d'iui  édifice,  d'un  b.itiment  (4e 
terre  ou  de  mer.  Coupe  perpendiculaire.  Coupe 
l'urizontale  d'un  navje,  dun  moulin. 

On  dit,  La  coupe  d'un  cintre,  d'un  dôme, 
la  coupe  tl'un  escalier,  pour  dire.  L'inclinaison 
des  joints,  des  voussoirs  d'un  arc. 

Coupe,  se  dit  aussi  au  jeu  des  Cartes,  pour 
La  séparation  qu'un  des  joueurs  fait  d'un  jeu 
do  cartes  en  deux  parties,  après  que  celui  <(ui 
donne  a  mêlé.  Je  ne  veitx  pas  être  sous  sa 
coupe,  Il  a  la  coupe  mallieureuse. 

On  dit  Gguré.^lcnt  et  familièrement ,  i'e 
trouver  .^ous  l<i  coupe  de  quelqu'un ,  pour 
dire,  Avoir  affaire  à  quelqu'un,  être  sous  sa 
dépendance,  et  exposé  aux  cflcts  de  son  rcs- 
sentirncut,  iS'il  tombe  jamais  sous  ma  coupe. 

On  dit  figurément,  La  coupe  d'un  ouvrage, 
d'une  )''ii'n:  ih:  ihéillrc,  ijonrdire.  Sa  dislriliu- 
tlon.  On  dit  d'Un  Poêle,  que  La  coupe  de  sort 
vers  est  facile. 

COUPE,  s.  f.  Tasse,  sorte  de  vase  ordinai- 
rement plus  large  que  profond.  Coupe  d'urgent. 
Coupe  il  or,  Je  vermeil  doré.  Coupe  Je  criJluL 
Boire  dans  une  coupt. 

Il  signifie  dans  le  Dogmatique,  La  Commu- 
nion sous  l'espèce  du  vin.  Les  Laïques  avoieiil 
autrefois  l'usage  de  la  coupe.  On  accorde  la 
coupe  aux  Rois  le  jour  de  leur  sacre.  Le  retran- 
chement de  la  coupe. 

Ou  dit  figurément.  Boire  la  coupe  jusqu'à 
ta  lie,  pour  dire,  Essuyer  une  morlificatiou 
toute  entière,  un  mallieiu'  avec  tous  les  dé- 
goûts qui  peuvent  l'accompagner. 

Coupe,  en  -Istronomie,  est  le  nom  d'Uite 
constellation  de  l'hémisphère  méridional. 

COUPE.AU.  s.  masc.  Sommet,  cime  d'une 
montagne.  Il  était  sur  le  coupcau  d'une  mon- 
taqna. 

On  dit  en  Poésie,  Lit  montagne  au  doublé 
coupcau,  pour  dire,  Le  Parnasse.  Il  vieillit. 

COUPE-CU.  s.  m.  Il  se  dit  au  Lansquenet, 
quand  celui  qui  donne  ne  fait  pas  une  seule 
carte, et  amène  lasicruic  la  première.  U  vieillit. 
On  dit  présentement  Coupe-gorge. 

On  dit.  Jouer  à  coupe-cu ,  pour  dire  ,  Kc 
jouer  qu'un  coup,  qu'une  partie  sans  donnCï 
revaiiclic.  Jouons  deux  pistules  à  coupC'CU, 

CI)UP1<:-GURGE.  s.  m.  Lieu  oti  il  est  dan- 
gereux de  passer  .^  cause  des  volcun.  Ne  passa 
pas  dans  ce  buis,  c'est  un  coupe-aoïge,  un  vrai 
coupe-gorqc 

4a. 


335  COU 

On  appelle  Ggurtment  Coupe- jjorïje,  Une 
Académie  de  jeu  où  l'on  trompe.  A'uNfs  pas 
jouer  en  cet  endroit  ,  c'est  un  franc  coupe- 
tforeje. 

Il  se  dit  au5si  De  toutes  sortes  d  endroits  ou 
il  se  commet  ordinaîremL-nt  quelque  injustice 
on  quelque  friponnerie.  Celte  Jnridii'tion  est 
un  vrai  coupe-qorqe.  Ce  cabaret  est  un  vrai 
coupe-gorge. 

Coui'E-conGE ,  se  dit  aussi  au  jeu  du  Lans- 
quenet, quand  celui  qui  tient  les  cartes  amène 
sa  carte  l.i  première,  ce  qui  lui  fait  perdre  tout 
ce  qu'il  peut  perdre  de  cette  mainhi.  Vn  tel  a 
coupé  j  il  lui  a  donne  un  vilain  coupe-ijorge.  J'ai 
fait  un  vilain  coupe-gorge. 

COUPE-JARRKT.  s.  m.  Brigand,  assassin, 
qui  ne  porte  iVpce  qu'à  dessein  de  se  battre,  de 
maltraiter,  ou  de  faire  insulte  h.  ceux  qu'il  ren- 
contre. //  a  Vair  d'un  coupe-jarret.  Il  est  tou~ 
joiws  accompagné  de  coupe -jarrets. 

COUPELLE,  s.  f.  Petit  vaisseau  eu  forme 
<le  tasse  fait  avec  des  cendres  lave'es,  ou  des  os 
calcinés.  On  s'en  sert  pour  purifier ,  par  l'acliou 
du  feu,  l'or  et  l'argent  des  autres  métaux  avec 
lesquels  ils  sont  allies.  La  Grande  Couj>elU 
sert  à  faire  en  grand  ce  qui  se  fait  en  petit  dam 
la  Petite  Coupelle.  Le  fourneau  qui  sert  à  cei 
opérations  s'appelle  Fourneau  de  Coupelle.  On 
dit,  Coupeller  et  passera  la  coupelle.  La  grande 
coupelle  s'appelle  Casse,  et  n'a  de  commun 
avec  la  petite  que  les  matières  dont  elle  est  faite,- 
sa  couverture  et  son  fourneau  ne  n^semljlenl 
point  h  ceux  de  la  prliie.  Mettre  de  Vor  à  la 
coupelle.  Cet  or  a  passé  par  la  coupelle.  Cet  ar- 
gent a  été  mis  à  la  coupelle. 

On  appelle  L*or  et  l'argent  du  plus  haut  litre, 
Or  Je  coupelle.,  argent  de  coupelle. 

Oa  dit  figurémeiit,  Mettre  à  la  coupelle^ 
passer  à  la  coupelle,  pour  dire,  Mettre  i  une 
rigoureusi?  épreuve,  passer  par  un  examen 
sévère. 

COUPER.  V.  a.  Trancher,  séparer,  divisci 
un  corps  continu,  avec  quelque  cliose  de  tran- 
cliunt.  Couper  en  deux.  Couper  en  niorccaur. 
Couper  pin*  pièces.  Couper  du  pain.  Couper  di 
la  viande.  Il  s'est  coupé  jusquà  Vos.  On  lui  a 
coupé  un  bras,  une  jdmhc.  Couper  le  cou.  Cou- 
per la  tête  à  gnciqu^tn.  Couper  le  ne;,  Ie.<! 
oreilles.  Couper  le  poing.  Couper  les  hlcs.  Cou- 
per les  hois.  On  coupe  ce  bois  de  neuf  ans  en 
neuf  ans.  Coupa'  les  chcveujc,  les  ailes.  Cette 
itoffc  a  été  coupée  à  la  pièce. 

Il  est  aussi  neutre,  'i^oHà  un  couteau,  un 
Tttsoir  (jui  coupe  bien. 

CoirPEn,  si^iifie  quelquefois.  Tailler  sui- 
vant les  règles  de  l'art.  Il  entend  bien  à  couper 
les  pierres.  Couper  un  /i(i/ji(,  un  manteau.  Cou- 
per une  robe. 

On  dit,  Couper  la  bourse  à  quelnu^unj  pour 
rfirc.  Lui  voler  adroitement  sa  Lourse,  ou  les 
autres  clioscs  qu'il  avoit  sur  lui. 

Ou  dit  figurcmcnt,  Conpcr  la  bourse  à  quel- 
qu'un,  pour  dire,  Tirer  de  l'argent  d'une  per- 
sonne qui  n'a  pa^  beaucoup  d'envie  d'en  don- 
ner. Il  s'est  laissé  couper  la  bourse  pour  avoir 
la  paix.  Il  s'est  laissé  couper  la  bourse  pour  se 


COU 

délivrer  des  imporlunités  de  celle  .personne.  Il 
est  familier. 

On  dit,  Couper  la  gorge,  pour  dire,  Tuer, 
massacrer.  Les  voleurs  lui  coupèrent  la  gorge. 
Ce  Valet  coupa  la  gorge  à  sonMuUre  dans  ^on 
lit.  Il  coupo:tla  gorge  auxpassans^à  ses  liâtes. 
Ces  Troupes  entrèrent  danz  la  Ville,  cl  cou- 
pèrent la  gorge  à  toute  la  garnison. 

Ou  dit  dans  le  même  sans,  maïs  faniiliêrc- 
raent,  Couper  le  sifflet. 

On  dit,  que  Des  soldats  se  coupent  la  gorga 
l'un  à  l'autre^  pour  dire,  qu'ils  s'enlre-lucnl. 
Si  vous  n'allez  apaiser  la  querelle^  iU  .■;».■  cuw 
peront  la  gorqc. 

On  dit  aussi,  5e  couper  la  gorge  avec  aueh 
(ju'un, pour  dire,  Se  iKitlrc  en  duel  avec  lui.  J« 
me  veux  couper  la  gorge  avec  mon  ennemi. 

On  dit  fij^urément.  Couper  la  gorge  à  quel- 
qumij  pom-  dire,  Faire  quelque  chose  qui  U 
perd.  Si  vous  ne  payez  ce  pauvre  homme,  si 
vous  le  mêliez  en  prison,  vous  lui  coupez  h 
gorge.  Ce  procès.,  celte  mauvaise  affaire  lui  a 
coupe  la  gnrqe  à  lui  et  à  ses  en  fans. 

On  dit  figurémcm  et  familièrement  d'Une 
raison,  d'une  pièce  qui  détruit  les  prétentions 
de  quelqu'un,  qu'£/fe  lui  coupe  la  gorge.  On 
dit  dans  le  même  sens.  Vous  vous  coupez  la 
gorge  par  cette  pièce,  par  cette  raison. 

Un  dit  en  menaçant  quelqu'un,  qu'On  lui 
coupera  bras  et  jambes,  qu'on  lui  coupera  les 
jarrets,  les  oreilles,  le  nez,  etc. 

On  dit  figurément,  qu'On  a  coupé  bras  e* 
jambes  à  fiur-lim^m ,  pour  dire,  qu'On  lui  a  fait 
une  injustice  énorme,  criante,  etc. 

On  dît  aussi  :  l^  fait  un  vent  de  bise  qu 
coupe  le  visage  Ses  lèvres  sont  toutes  coupcc. 
du  froid. 

CoLPER,  signifie  quelquefois  Traverser,  di- 
viser. Une  chaîne  de  montaqncs  coupe  touti 
cette  Province.  Il  y  a  quantité  de  canaux,  de 
liaies  qui  coupent  ce  Pays-là. 

On  dit,  Couper  Veau,  pour  dire,  Feudrc 
l'eau  en  nageant. 

Coupeu  dans  le  vif,  se  dit  Des  Chirurgien! 
qui,  en  faisant  leurs  opérations,  coupent  juS' 
que  dans  la  chair  vive.  //  faut  couper  dam 
le  vif. 

Cocpeu  dans  le  vif ,  se  dit  aussi  au  figuré, 
peur  dire,  Toucher  h.  ce.  qui  est  le  plussensibl.-. 
Il  a  coupé  dans  le  vif. 

Ou  dit  en  termes  d'Escrime,  Couper  la  me- 
swe,  pour  dire,  Déj^ager  la  mesure. 

On  dit,  Couper  du  viji,  pour  dire,  Mêler 
deux  ou  pinsiiMirs  vins  ensemble;  Couper  son 
vin,  poiu'  dire,  Le  mêler  avec  de  l'eau. 

On  dit)  Coup.'r  chemin  à  quchju^m,  jK)ur 
dire,  Se  mettre'au- devant  de  lui  sur  son  cJie- 
min ,  pour  l'empêcher  de  passer. 

On  dit  iigurément, Cou^i-erc/icmin  à  unmul. 
pour  dire,  En  arrêter  le  cours,  empêcher  qu'il 
ne  continue.  Il  faut  couper  clicmin  ù  cette  fiè- 
vre, à  cette  hciésie\  à  ce  procès.  H  faut  couper 
le  mat  dans  sa  racine.  Il  faut  couper  court  ù 
cette  intrigue. 

On  dit  aussi  absolument,  dans  le  mcnie 
sens,  Couper  quelqu'un,  pour  dire,  Le  trnvc?- 


COU 

Sir,  le  passer,  le  devancer,  A'ous  marchioni,  et 
son  carrosse  nous  coupa. 

Cn  dit  fi^urement  et  proverbialem.  Couper 
l'ia-bc  sous  le  pied  à  quelqu'un,  pour  dire  ,  Le 
supplanter  avec  adresse. 

On  dit  aussi  en  ce  sens,  Couper  pied.  Il 
faut  couper  pied  à  cet  abus,  pour  dire ,  En  ar- 
rêter le  cours. 

On  dit,  Couper  pai  le  plus  court,  par  le 
plus  court  chemin,  par  ce  sentier,  pour  dire, 
Aller  par  le  chemin  le  plus  court ,  etc. 

On  dit.  Couper  les  vivres  à  une  armée ^  à 
'uie  Ville  assiégée,  poiu-  dire,  Fermer  les  ave- 
nues, pour  empêcher  qu'on  ne  lui  porte  des 
vivres. 

On  dit  flguiément ,  Couper  les  vivres  ù  oucl- 
qu\in.  pour  sif^niCcr,  Lui  retraccbei  l'argent, 
les  moyens  de  subsister,  etc. 

On  dit.  Couper  les  eaux  ù  une  Place  assié- 
gée, pour  signifier,  qu'On  coupe  les  canaux, 
les  conduits  des  fontaines  qui  portent  de  l'eau 
ù  la  Ville. 

On  dit  en  termes  de  Guerre,  Couper  les  en- 
nemis, pour  dire,  Se  mettre  entre  une  partie 
lie  leur  arme'e  et  une  autre  partie,  ou  entn 
leur  arméa  et  la  Place  qu'ils  couvroienL  Les 
assiégés  ayant  fait  une  sortie ,  furent  coupes 
yar  les  nôtres.  Leur  avant-garde  ayant  passe 
la  rivière,  passé  un  tel  défilé,  nos  gens  la  cou- 
lèrent. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Couper  la 
rommuniciîtion    d'une   Ville  ^   d'un    quartier 
i'our  dire ,   Se  poster    de  manière   qu'on   ne 
puisse  y  envoyer  du  secours. 

On  dit,  Couper  le  pu,  couper  un  incendie, 
|ourdirc,En  arrêter  la  conununication  d'un» 
maison  à  une  auu-e;  Couper  les  s&tis,  en  Mu- 
sique, pour  dire,  I\Iarqucr  un  silence  entre 
ritaquc  son  dans  les  expressions  'de  douleur, 
irubaltrment  ou  d'admiration. 

On  dit  fi^urenicnt  et  familièrement,  Ccnper 
court,  pour  dire,  Abréger  un  discours,  faire 
une  réponse  en'  peu  de  mots.  Je  lui  coupai 
iourt.  Monsieur,  point  tant  de  discours,  cou- 
rez court. 

On  dit  aussi,  Couper  la  parole  à  quelqu'un, 
pour  dire,  L'interrompre  en  prenant  la  parole, 
ou  lui  imposer  silence. 

On  dit  ù  la  Paume,  Couper  un  coup,  pour 
(lire,  Pousser  la  balle  de  manière  qu'elle  no 
fasse  point  de  bond. 

CoupEH.  en  termes  de  Chasse,  se  dit  Des 
chiens  qui  abandonnent  la  voie  pour  devancer 
la  bête  ;  ce  qui  est  un  défaut. 

Coi-i'ER,  à  la  Danse, C'est  faire  une  certaine 
manière  de  pas.  Coiqjci,  coule:;,  etc.' 

On  dit  aussi,  Couper,  au  jeu  des  Cartes, 
pour  dire,  Séparer  un  jeu  de  cartes  cn  deux  , 
avant  {|uc  celui  qui  a  la  main,  donne.  J'ai 
battu  les  cartes,  coupez,  courez  net.  Il  n\s{ 
pas  permis  de  ne  couper  qu'une  cai-te. 

Un  dit-  Couper  un  cheval,  pour  dire.  Le 
iili.'itrer. 

Ou  dît,  que  /.e.:  sanglots,  les  soupirs  cou- 
pent la  voix,  pour  dire,  qu'il»  font  perdit  la 
p.irwle. 


cou 

On  dit,  qu'Un  homme  se  ccupe,  pour  dire , 
qu'il  se  contri'Jit  et  se  déiiieiil  lui-niùiue  daus 
«es  discours.  Il  s'tfsl  coupé  Jans  son  intenotja- 
toire,  d'iii  ses  répons».  On  se  coufc  aisément 
tfuand  on  ne  dit  pas  la  vente. 
,  Ou  dit,  qu'l/n  cheval  se  coupe,  Quand  il 
s'euliT-lailIc  des  pieds  de  deva;it,  ou  des  jjieds 
de  dcrrit-TC. 

Ou  die,  que  Deux  lignes,  Jeux  chemins  se 
coupent ,  pour  dire ,  qu'ils  se  croisent ,  qu'ils  se 
Iruverseut. 

Cot;pcA  I  se  dit  aussi  au  jeu  du  Lausqueuct. 
pour  dire ,  Prendre  cnrtc  et  se  mctuc  au  nom- 
bre des  joueurs.  Il  coupait.  !l  ne  coupait  pas. 

Coupé,  ée.  p.irlicipe. 

On  appelle  Pays  coupe,  Va  Pays  qui  est 
traversé  d-  l'.sscs,  de  canaux  et  de  rivières. 

Style  coupé,  est  Un  style  dont  les  périodes 
sont  courtes  et  peu  liées. 

Ou  dit  d'Une  St.nnce,  qu'£(/e  est  hien  ou 
mal  coupée,  selon  que  les  repos  y  sont  bien  ou 
mal  observés. 

On  appelle  Lait  coupé,  Du  lait  m£lc  avec 
de  l'eau. 

On  dit.  Carrosse  coupé,  pour,  Du  carrosse 
qui  n'a  qu'un  fond  sur  le  derrière;  Un  c'icrai 
coupé,  pour,  Un  cheval  houppe  ou  cliitré. 

Un  dit,  eu  termes  de  Blason,  Coupé,  parti, 
tranché,  etc. 

COL'PEnE'r.  subsL  m.  Sorte  de  couteau  d« 
bouclieric  et  de  cuisine,  fort  large  et  propre 
pour  couper  de  la  viande.  Il  a  coupe  cettt 
viande  avec  un  couperet 

CoBPznrr ,  cbcz  les  Emailleurs,  Culil  d'a< 
cita'  pour  couper  les  filets  d'email. 

COUPEROSE,  s.  f.  Espèce  de  minéral  sy- 
notiyme  de  vitriol  martiaj,  Coupejose  verte. 
Couperose  blanchi:. 

COUPEROSÉ,  Ée.  adj.  Il  se  dit  d'Un  vi- 
sage glté  de  bourgeons  et  d~  rougeurs.  Il  a  le 
visage  couperosé.  Il  est  tout  couperosé. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes.  Celte  fcmmt 
est  toute  couperosée. 

COUPE -TÈTE,  subst.  m.  Sorte  de  jeu  que 
jouent  les  cufans,  eu  sautant  de  distance  en 
distance  les  uns  par -dessus  les  imtrcs.  Ils 
jouent  à  coupe-tête. 

COUPEUR,  EUSE.  s.  Qui  coupe.  Il  se  dit 
De  ceux  qui  coupent  les  gnppcs  en  vendange 
Il  a  loué  (ieu.r  hottcurs  et  dix  coupeurs. 

Il  se  dit  aussi  IJc  ceux  qui  jouent  au  Lans- 
quenet. Il  y  avoit  tant  de  coupeurs. 

On  appelle  Coupeur  de  bourses ,  Un  filou , 
qni  co-.ipe  la  bourbe,  ou  qui  dérobe  subtile- 
ment l'argent  et  les  autres  choses  qu'on  peut 
avoir  sur  soi. 

CLIUPLE.  ».  f.  Deux  choses  do  même  espèce 
qu'on  met  ensemble.  Une  couple  iCceufs.  Une 
couple  il<i  chapons.  Une  couple  de  bottes  de 
con^itit-i:!.  Donnez-m'en  une  couple.  ] 

Il  ne  se  dit  jam.iis  Des  choses  qui  vont  ne-  ' 
o<!M.ilrcn;™t  ensemble,  comme  les  souliers,  le»  ' 
bas,  les  gants,  etc.  nuis  alors  on  dit,  l/'iic  I 
puire. 

Il  signifie  «uni  Ixhcu  dont  on  attache  deux 
tbiens  de  chasse  euseuddc.  Ou  est  lu  coiq>Je  de 


COTJ 

ces  chiens?  Ils  ont  rompu  leur  couplc.Ih  vont 
bien  en  couple, 

11  &e  dit  aussi  De  deux  personnes  unies  en- 
smiblf  par  nmour  ou  par  marin«e;  et  alors  il 
est  masculin,  lieau  couple.  Heureux  couple. 
Couple  fidèle.  Voilà  un  beau  couple  d'amant. 
Ce  seroit  donimaçje  de  séparer  un  si  heau 
couple. 

COUPLER.  V.  act.  Attaclier  des  chiens  de 
cliasic  avec  une  roupie  pour  les  mener.  //  faut 
coupler  ces  chiens.  Ces  c'^  aqneuls  étotent  cou- 
plés. 

Il  signifie  aussi,  Loger  deux  personnes  cn- 
Bcmlile,  dons  les  ooc.isionsoù  les  loi^enicns  sont 
mnrquL'.s  par  des  PLirccliaux  des  logis.  Il  n'y 
avoit  pas  où  loger  tout  le  monde  séparément, 
on  coupla  les  Ojicicrs  de  la  Maison  du  Roi. 

CocrLÉ,  ÉE.  participe. 

COUPLET,  s.  m.  Certain  nombre  de  vers, 
espèce  de  Stance  qui  lait  le  tout  ou  quelque 
partie  d'une  clianson.  Vn  couplet  de  chanson. 
Cette  chanson  n^a  qu'un  couplet,  est  de  quatre 
couplets. 

CooPLET,  en  termes  de  Serrurerie*,  se  dit  De 
deux  pâtes  de  fin-  k  queue  d'aronde,  unies  par 
deux  cbaruières. 

COUPLETER.  V.  a.  Faire  une  chanson,  des 
couplets  contre  quelqu'un.  Il  est  familier. 

CoLPLETÉ,  ÉE.  participe. 

COUPOUÏ.  s.  masc  Instrument  dont  on  se 
sert  dans  la  fabrique  des  monnoics,  et  en  dîflt:- 
reas  arts  et  métiers,  pour  couper  et  rof;n(T. 

COUPOLE.  «î.  f.  L'intérieur,  la  p.irtie  cou- 
cave  d'un  Dôme.  La  Coupole  de  cette  Ëqlise  esf 
bien  pciiite.  La  Cou^-olc  de  VEglise  de  Saint- 
Pierre. 

COUPOJÎ.  s.  m.  Petit  reste  d'une  pièce 
d'éiofle  ou  de  toile.  Vn  coupon  de  toile  dt 
batiste. 

Il  se  dit  aussi  Des  papiers  portant  inrc- 
rèts,  et  dont  on  coupe  une  partie  à  chaque 
dcbcancc. 

COUPURE,  s.  f .  Séparation ,  division  faite 
dans  un  corps  coutinu  par  quelque  chose  de 
coupjut  cl  de  tranchant.  Vne  grande  coupure. 
J'ai  une  coupure  au  doigt.  Il  y  a  une  coupure 
à  cette  ctojjey  à  ce  cuir. 

CoLPunE,  se  dit  en  termes  de  Guecrc,  Des 
rciranchemeus,  fossés,  palissades,  etc.  qui  se 
font  dans  un  ouvrage  derrière  une  brèche, 
pour  s'y  défendre.  Les  assiégés  furent  chassés 
de  la  brèche,  mais  ils  avaient  fait  des  coupures 
qui  anétérent  les  assiégcans.  lU  avaient  fait 
une  bonne  coupure.  On  saigne  une  rivière,  des 
étangs  et  des  maraii  par  des  coupures. 

COUR.  s.  f.  Espace  à  découvert,  enfermé 
de  murs  ou  de  bàtimens,  qui  est  ordinairement 
à  l'cDlrLe  de  la  maisoD  ,  et  en  fait  partie. 
Grande  Cour.  Petite  Cour.  Avant-cour.  Cour 
de  devant.  Cour  de  darière.  Cour  pavée,  sa- 
hleCy  gazonnee.  Cour  de  cuisine.  Cour  carrée. 
Cour  en  ovale.  Cour  oi'ale.  Maison  bâtie  entre 
cour  et  jardin.  Cour  à  fumier.  Cour  où  les 
carrosses  tournent.  Toute  la  Cour  étoit  pleine  , 
de  carrosses. 

Ou  appelle  Dassc-cow  ^  La  cour  d'un  cliù- 


COU 


333 


leau  ou  d'une  grande  nuisou ,  et  qui  est  desti- 
née, soit  au  lo-cmcnt  des  bas-Officiers  ,  soit  i 
y  mettre  les  équipages  ;  on  y  nourrit  à  la  cain- 
pigne  de  la  volaille  et  des  bestiaux.  Servante 
de  basse-cow. 

On  appelle  fi^urément  et  familièrement  , 
Une  nouvelle  de  basse-cour.  Une  nouvelle  dé- 
bitée p.w  d  s  gc-is  qui  ne  sont  point  à  portée 
d'en  avoir  été  bien  informés. 

COUR.  s.  f.  Les  Officiers  ,  les  principaux 
.Seigneurs  qui  accompagnent  ordinairemeut  an 
Roi,  un  Souverain.  Cour  Royale.  Cour  Impé- 
riale. La  Cour  du  Roi,  de  VEmpcreur,  du 
Pape.  La  Cour  de  Rome.  La  Cour  de  France, 
d'Espagne.  Helle  Cour.  Grande  Cour.  Grnssa 
Cour,  l'élite  Cour.  Cour  galante.  Cour  splcn- 
dide  ,  mognijigue.  La  vieille  Cour.  Le  Roi 
tient  sa  Cour^  en  tel  endioit.  La  Cour  est  par- 
tie, demeure,  va,  etc.  Le  lioi  et  toute  sa  Cour. 
Avoir  une  charge  à  la  Cour.Vie.llir  à  la  Cour. 
C'est  la  fleur,  c'est  l'orn:ment  de  la  Cour.  In- 
trigues de  Cour.  Faire  fortune  à  la  Cour.  Il 
est  fort  connu  à  In  Cour.  Il  s'est  avancé  à  la 
Cour.  Les  Marchands  suifanl  la  Cour.  Vn 
Seigneur,  une  Dame  de  lu  Cour. 

On  dit,  Un  homme  de  la  Cour;  c'est  un 
homme  gui  a  l'air,  le  ton  de  la  Cour;  les  gens 
de  la  Cour,  en  parlîint  de  Ceux  qui  suivent  la 
Cour,  et  <jui  vivent  ù  la  manière  de  la  Cour: 
m  lis  lorsqu'on  supprime^l'arlicle,  et  qu'on  dit. 
Homme  de  Cour,  il  se  prend  quelq'.-.efois  en 
mauvaise  p.irt. 

On  dit  aussi  poi'tiqiirinrnr  ,  La  Cour  cé- 
leste ,  pour  signifier,  le  Paradis. 

On  dit  communément,  Effronté  comme  un 
Page  de  Ccw: 

Cocu  pîénièie.  Assemblée  solcncelle,où  nos 
Rois  avoicnt  accoutume  d'inviter  les  Grands 
du  Royaume,  même  les  Seigneurs  Etrangers, 
auxquels  ils  donnoient  .ludience  pidilique.avcc 
toute  sorto  de  fêles  et  de  réjouissances.  Le  Roi 
tenoit  Cour  plénière.  Il  y  eut  alors  Cour  plé- 
nière. 

On  dit  figurémcDl  et  familièrement,  à  Une 
personne  chez  qui  l'on  trouve  plus  de  monde, 
plus  grande  compagnie  qu'à  l'ordinaire,  l'otxs 
avez,  vous  tenez  aujourd'hui  Cour  plénière. 

Coun ,  se  prend  quelquefois  pour  Lo  suite 
d'un  grand  Seigneur,  d'un  Prince  ,  quoiqu'il 
ne  soit  pas  Prince  Souverain.  C'n  tel  est  de  la 
Cour  d'un  tel  Seigneur,  d'un  tel  Prince,  etc. 
Les  petites  Cotirs  ont  leurs  intrigues  austi-hien 
(jue  les  grandes. 

n  s*  prend  aussi  pour  le  Lieu  oii  est  le  Sou- 
verain avec  sa  suite.  //  a  écrit,  dépêché  à  la 
Cour.  AdrtKsez  vos  lettres  à  la  Cour^ 

11  se  prend  e&C(>re  plus  particulièrement 
pour  le  Souverain  et  son  (Conseil.  Recevoir  un 
ordre  de  la  Cour.  Il  lui  a  été  dépêché  un  ordre 
de  la  Cour.  La  C^'ur  lui  a  envoyé  un  Cour- 
rier. La  Cour  ne  veut  pas  que.  .  . .  Il  a  peur  de 
cho(]uer  la  Cour.  Il  dépend  aitièrement  de  la 
Cour.  Il  s'est  dé\'ouè  à  la  Cour.  Il  est  hien ,  il 
est  mal  à  la  Cour.  Il  se  maintient  bien  à  la 
Cour. 

Il  se  prend  aussi  pour  L'air  et  la  maoiùtr 


334  ^OU 

de  vivre  ik  la  Cour.  Il  eiileiid,  il  sait  hien  sa 
Cour.  Esprit  de  Cour.  Vrai  homme  ie  Cour. 
C'eit  un  /loninie  de  lu  vieille  Coui.  L'air  de  la 
Cour.  L'esprit  de  la  Cour. 

Il  signifie  encore  Les  respccU  et  les  assidui- 
tés qu'on  rend  J  quelqu'un.  Ffli're  sa  Cour  nu 
Roi.  Faire  la  Cour  aux  Graïuh.  Il  y  a  long- 
temps qu'il  fait  la  Cour  à  cette  Dame.  Il  fait  la 
CouràsesJujes.J'ai  ké  tout  le  matin  chez 
un  tel,  j'y  ai  fait  ma  Cour  tout  à  loisir.  C'est 
mal  faire  sa  Cour,  (]ue  de  porter  de  mauvaises 
nouvelles. 

On  dit,  Faire  la  Cour  de  quclfi'un,  pour 
dire  Lui  rendre  de  bons  oHices  nuprès  de 
quelqu'un.  Vous  avez  besoin  d'un  tel,  je  lui  in 
iiicn  fait  votre  Cour. 

On  dit  aussi,  Je  dirai  telle  chose  à  un  tel. 
l'en  feraimaCour,  pour  dire,  Je  lui  dirni  uni' 
chose  qui  lui  plaira,  et  qui  me  rendra  agréiiMc. 
On  appelle  proverb.  Eau  bénilc  de  Cour,  les 
vaines  promesses ,  les  caresses  trompeuses,  et 
les  coniplimens  tels  qu'en  font  les  gens  de  Cour. 
We  iiotis  assurez  pas  sur  tout  ce  (fu'il  vous  a 
promis,  c'est  eau  bénite  de  Cour,  c'est  de  Veau 
bénite  de  Cour.  Donner  de  Veau  bénite  de  Cour. 
On  appelle  Amis  de  Cour,  Des  aniis  sur  qui 
l'on  ne  peut  guère  compter. 

Ou  dit  proverbialement  d'Un  lieu,  d'une 
maison  oii  chacun  veut  commander,  et  où  il 
u'v  a  que  de  la  confusion,  que  Ces!  !<i  Cour  du 
Roi  Pelîtul. 

Ou  dit,  >ii>oir  bouche  à  Cour  chez  le  Roi, 
cher,  un  Trince,  peur,  Avoir  rlroit  de  manier 
aux  tables  entretenues  parle  Roi ,  parle  Prince. 
Vn  tel  Olpcier  de  la  liaison  du  tioi  a  de  (jros 
appaintemens ,  et  bouche  à  Cour. 

COUR.  s.  f.  Siège  de  Justice  où  l'on  plaide. 
Cour  Ecclésiastiijue.  Cour  Laïque.  Cour  de 
Parlement.  Cour  de  Aides.  Cour  des  Hlonnoies, 
etc.  Cour  Supérieure,  Cour  Présidiale.Cela  fut 
jucjé  en  Cour  d'Eglise.  Cela  va ,  cela  se  doit 
plaider  à  la  Cour  des  Monnoics,  à  la  Cour  des 
Aides,  etc.  Arrêt  de  la  Cour.  La  Cour  a  or- 
donncparAn  et.  La  Cour  a  ordonné  et  ordonne. 
On  appelle  Cours  5oui'e™iHc«, Celles  où  les 
affaires  se  jugent  en  dernier  ressort  et  sans  ap- 
pel ;  et  Cours  subaliei-nes ,  Celles  dont  les  juge- 
mens  peuvent  être  casses  et  portes  i  une  Cour 
supérieure. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Mettre  hors 
de  Conr,  ou  hors  de  Cour  el>  de  procès,  pour 
dire,  Renvoyer  les  Parties  ,  ou  une  des  Parties, 
comme  n'j  ayant  pas  sujet  de  plaider.  On  mil 
les  Parties  hors  de  Cour.  Il  avoit  voulu  inter- 
venir an  procès,  mais  il  n'avoit  aucun  droit, 
on  Va  mis  hois  de  Cour.  On  appelle  ce  Jugc- 
ment-li ,  Un  hors  de  Cour. 

COURAGE.  ».  m.  Disposition  par  laquelle 
l'âme  se  porte  i  entreprendre  quelque  chose  de 
liardi,  de  grand,  eu  ii  repousser,  ou  à  soufTiir 
quelque  chose  de  fâcheux ,  de  difficile.  Grand 
courane.  iVobic  courage.  Bon  courage.  Courage 
franc.  Courage  élevé  ,  haut  ,  ^cr  ,  invincible, 
indo''.ipfiiI>/e ,  héroïque.  Couraqc  mtlle  ,  viril, 
ferme,  intrépide.  Courage  martial.Pcu  décou- 
rage. 5on  peu  de  couraqc.  Donner  courage,  du 


COU 

coumcjt.  Prendre,  repreiuîrc  courage.  Perdre 
conraae.  Perdre  le  courage.  Exciter  j  enflam- 
mer y  êchaufjl'r^  i-éveillcr .^  ranimer ,  fléchir  le 
courage,  Gluccrj  refroidir, abattre,  abaisser  le 
courage.  Relever,  hausser j accroître ^  augmen- 
ter le  courage  à  quelquhin.  Le  courage  lui  est 
revenu.  Cela  lui  fera  revenir  le  courage.  Le 
courage  lui  man  que.  Manque  de  courage.  Faute 
de  courage.  Signaler  son  courage.  C'est  un 
hrave  Soldat ,  il  a  du  courage.  Son  courage  le 
perdra.  Il  a  plus  de  courage  que  de  force.  Les 
plaii^irs  amollissent  le  courage. 

Il  se  dit  quelquefois  absolument  par  ma- 
niôre  de  particule  exlmrtalive.  Courage,  mes 
amis.  Couraqc  ,  Soldats. 

On  dit  proverbinleinont,  quand  on  apprnrîie 
de  la  fin  de  quelque  lr;i\  ail ,  Il  n'y  a  plus  (;i(.' 
churaqc. 

Il  se  (Ht  Des  animaux  liardis,  comme  sont 
les  lions ,  les  sangliers ,  los  chiens  ,  les  chevaux, 
les  aigles,  etc.  Ce  chien  a  hien  du  couraqe.  Le 
lion  est  celui  de  tous  les  animaux  gui  a  le  plu<! 
de  courage. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  Aifectlou.  Je 
vous  servirai  de  grand  courage ,  de  bon  cou- 
raqe. Il  y  alloit  de  grand  courage.  Il  n\i  pa.^ 
fait  cela  de  bon  courage. 

Il  se  dclerniine  qticliîuefois  on  mnuvaisr 
part  par  des  cpilhètes.  Foit/c  coui'age.  Courag^' 
mou.  Courtioe  brutal. 

Il  se  prend  aussi  quelquefois  pour  Sentiment , 
passion,  mouvement.  Il  a  gagné  cela  stir  son 
courage.  H  "'w  su  vaincre  son  courage.  Si  fen 
croyoïs  mon  courage. 

On  dit,  qu'i»  grand  courage  dédaigne  de 
se  venger,  que  les  grands  courages  ne  se  lais- 
sent point  abattre  par  l'adversité .  pour  dire, 
qu'Un  grand  cœm",  qu'une  ûme  noble  dédaigne 
de  se  venger;  que  les  grands  cœurs,  que  les 
âmes  nobles  ne  succombent  point  à  la  mau- 
vaise fortune. 

Il  si^ifie  quelquefois  ,  Duretc  de  cœur. 
Auriez-vous  bien  le  courage  d'' abanâonnep  vos. 
en  fans?  Je  n'ai  pas  le  couraqe  de  refuser  cela 
à  mon  ami.  Le  traître  eut  le  courage  de  livrer 
son  meilleur  ami. 

On  dit,  Ten  ir  son  conraqe,  pour  dire,  Persister 
dans  son  ressentiment,  dans  son  dépit,  dans  sa 
liainc,  dan.s  sa  colère.  Il  avoit  juré  qu'il  ne  la 
rcvcrroit  '^amaiSj  il  n'a  pas  tenu  son  courage. 
Il  est  familier. 

(^OUKAGEUSEMEVr,  «dv.  Avec  couraj^e, 
avec  hardiesse.  //  s^yest  porté  courageusement . 
fort  courageusement.  Il  s'est  battu,  H  s'est  dé- 
fendu couraqeusement.  Il  a  souffert  les  tour- 
mcns,  fe  mort  courageusement. 

COURAGEUX,  EUSE.  adject.  Qui  a  du 
courage  et  de  la  hardiesse.  Il  est  fort  courageuse, 
courageux  au  dernier  point.  Il  est  trop  coura- 
geux pour  reculer.  Les  dogues  sont  fort  coura- 
geux. L'énw'illon  est  petit,  mais  fort  courageux. 
On  dit  aussi  figurement ,  Trait  courageux , 
action  courageuse  j  discours  courageux. 

COURAMMENT,  adv.  Rapidement,  avec 
facilité.  Cela  est  écrit  couranwuint.  Il  Ut  cou- 
ramment. Aller  couramment. 


COU 

COURA>T,  ANTK.  adject.  Oui  court  De 
l'eau  courante ,  c'est-à-dire,  De  l'eau  vive  qui 
toule  toujours.  Un  ruisseau  courant. 

On  dit  figurément  :  Vintèrêt  courant,  le 
terme  courant,  l'année  courante,  le  pri.v  cou- 
rant. Acheter  des  denrées,  des  marchandises  ai» 
pix  couinnt.  Le  mois  courant.  On  le  dit  aussi 
quelquefois  simplement,  sans  dire  !e  mois.  Le 
quati-e,  le  cinq  du  courant.  En  ce  sens  il  ne 
s'emploie  que  dans  le  commerce. 

On  appelle  Toise  courantCj  aune  courante, 
etc.  La  mesiure  de  quelque  chose  que  ce  soit  par 
toises,  ou  par  aunes,  en  lonsucnr,  sans  avoir 
éj^ard  à  la  hauteur.  Ce((e  muraille  a  tant  de 
toises  courantes.  Faire  marché  à  la  toise  coit- 
rante.  L'aune  courante  de  cette  tapisserie  vaut 
t.  ut. 

Il  est  quelquefois  substantif.  Le  courant  de 
.'eau,  pour  dire,  Le  fil  de  l'eau. 

Un  courant  d'eau.  C'est  un  canal  ou  un 
ruisseau  qui  court.  Il  y  a  un  courant  dcau  qui 
|i  it  moudre  des  mouUn$. 

En  termes  de  Marine,  on  appelle  Courons, 
Certains  endiolts  de  la  mer,  où  l'eau  court  ra- 
pidement d'un  certain  côte.  Le  courant  emporta 
le  vaisseau  de  ce  côté-là.  Il  y  a  de  dangereux 
courans  sur  cette  côte.  Il  y  a  sur  mer  des  cou- 
rons généraux  et  des  courans  particuliers. 

On  dit  figurément.  Le  courant  du  marclté, 
pour  dire.  Le  prix  artuel  que  se*  vendent  les 
denrées.  Je  ne  7'endrai  pas  ma  marchandin 
que  je  n'aie  vu  le  courant  du  marché. 

On  appelle  Le  courant  des  affaires.  Les 
ofTaires  ordinaires,  par  opposition  aux  nîTàïrcs 
extraordinaires  qui  surviennent.  C'est  le  cou- 
pflnf ,  c'est  le  train  des  afjhires. 

On  dit.  Être  au  courant  des  affaires ^  des 
nouvelles,  pourdire,  Conuoitre  ce  qui  se  passe, 
ït  les  nouvelles  qui  se  débitent. 

On  dit,  Le  courant  du  monde,  pour  dire, 
La  manière  ordinaire  du  monde.  5e  gouverner 
selon  le  courant  du  monde.  Se  laisser  aller  au 
courant  du  monde. 

H  signifie  aussi  en  matière  de  rentes,  Le 
terme  qui  court.  Je  vous  quitterai  tous  les  arré- 
rages du  passé ,  pourvu  que  vous  me  payiez 
ïc  courant.  Je  vous  remets  les  arrérages  sans 
préjudice  du  courant. 

Tout  -  COURANT,  adv.  Sans  hésiter,  »ans 
peine,  facilement.  Il  lit  toul-cowant.  Il  récita 
cela  tout~coia-ant  II  joue  mieux  que  lui,  il  U 
quqne  tout-courant.  Ce  Livre  se  vend  un  tel 
prix  tout-courant.  Aller  tout-courant. 

COURAINTE,  s.  f.  Espt-ce  de  danse  grave. 
CouraJifc  simple.  Courante  figurée.  Danser  une 
courante.  Mener  une  courante. 

Il  signifie  aussi  Le  chaut  sur  le«juel  on. me- 
sure les  pas  d'une  courante.  Faire  une  courante. 
Composer  une  courante.  Jouer  une  coitriinfe 
sur  le  violon,  sur  le  luth.  Donnez-,nous  une 
eourantcf 

Cochaste,  se  dit  populairement  pour  Dô- 
voiemcnt,  diarrhée.  Il  a  la  courante. 

COURBATU,  UE,  adj.  se  dit  d'Un  chevai 
<jui  n  a  pas  le  mouremcnl  des  jambes  bien  libre, 
pour  avoir  été  morfondu  après  un  trop  gntnJ 


cou 

travail.  Vous  avez  tiup  ichaufp  ce  cheval,  il 
en  esl  courbatu. 

11  se  dit  ((ucliiuefois  Des  personnes.  Je  ou 
sens  tout  courhntu, 

COURU  A  ru  RE.  «uist.  fera.  Maladie  du 
cheval  courl.atii.  Quand  on  vend  un  cheval, 
on  le  doit  garantir  de  pousse,  morve  et  courba- 
tu! e. 

Il  se  dit  aussi  quelquefois  en  parlant  Des 
liommcs,  pour  signifier  Uue  lassitude  doulou- 
reuse. Sa  maladie  commença  par  une  courba- 
ture. 

COURBK.  adj.  des  2  genres.  Qui  n'est  pas 
droit,  et  qui  approche  de  la  furinc  d'un  arc. 
Lii^ne  courbe.  CoKf  litjnf  est  courbe. 

On  dit  aussi  absolument  en  Géométrie,  Vne 
courbe,  pour  siguiGcr,  Une  ligne  courbe. 

Couhbe.  s.  f.  Certaine  pièce  de  bois  qui  sert 
aux  ouvrages  de  charpenterie  ,  et  principale- 
ment aux  vaisseaux. 

Il  signifie  aussi  Certaine  enflure  qui  vient 
ffux  jambes  dcsciievaux.Cec/icvala  une  courbe. 

COURBER.  V.  a.  Rendre  courbe  une  chose 
^ui  étoit  droite.  Courber  en  arc.  Le  trop  (frantl 
faix  a  courbé  cette  pièce  de  bois,  cette  poutre. 
La  vieillesse  Va  courbé,  l'a  tout  courbé.  Cour- 
ber un  arc  pour  le  bander.  Courber  une  règle. 

11  s'emploie  quelquefois  neulralcm.  Il  cour- 
boit  sous  le  faix. 

On  l'emploie  figurcnient  pour.  Céder,  plier 
sous  la  volouté  d'uu  autre.  Tout  est  courbé  de- 
vant ce  seul  homme.  Je  ne  veux  point  me  cour 
ber  devant  l'idole. 

II  s'emploie  aussi  aTec  le  pronom  personnel. 
n  iict'i'eni  vieux,  il  commence  à  se  courber. 

CounBÉ,  ÉE,  participe.  Courbé  de  vieillesse. 
Il  est  tout  courbé.  Vous  deviendrez  tout  courbé. 
Il  se  tient  tout  courbé. 

CtJURDETTE.  t.  f.  Terme  de  Manc-r,  iMou- 
Tenieut  que  le  ciieval  l'ait  en  levant  également 
1«  deux  pieds  de  devant,  et  se  rabattant  aussi- 
tûC  Courbette  Ihjule,  Courbette  basse.  Petite 
courbette.  Commença'  par  une  courbette.  Faire 
faire  des  cowbettes  à  un  cheval,  le  mania-,  le 
faire  aWn-  à  courbclles. 

Pour  dire,  qu'Un  homme  est  r.impant  et 
bas  d^'vant  quelqu'un,  on  dit  qu'/l  fait  des 
courheltes.  Il  est  du  style  familier. 

COURBURE,  s.  f.  Influxinn,  pli,  étal  d'une 
cliose  courl>ec.  Celle  pièce  de  bois  c  plus  de 
curtrbure,  moins  de  courbure,  etc.  Courbure 
d'une  jaute  de  roue.  Courbure  d'un  arc.  La 
courbure  de  cette  poutre  vient  d'avoir  été  trop 
thargée. 

COURCAILLET.  s.  m.  Cri  des  cailles,  petit 
iAIltl  qui  imite  ce  cri,  et  qui  sert  à  les  attirer. 
Prcailre  des  cailles  avec  le  courcaillet. 

CULRCIVE.  s.  f.  Demi-pont  que  l'on  fait 
do  l'avant  ,1  l'arriére  de»  deux  cotes  de  certains 
kklinieiis  qui  na  sont  pai  pontés. 

COUREE,  s.  f.  Terme  ilc  Marine.  Composi- 
bnn  de  niif ,  ds  soufre,  de  résine ,  ctc,  dont  ou 
botte  le*  Taiuoaiix  p,  ur  tes  voyagea  de  long 
couri. 

COUREUR.  ».  m.  Qui  rat  léger  ï  la  «-nurse, 
qui  ae  pique  Se  Lien  courir.  C'est  la  meilleur 


COU 

coureur  rjii'on  ait  jamais  va.  Jamais  ton  cou- 
rcur  ne  fut  pris. 

Il  signifie  aussi  Celui  qui  va  et  vient,  qui 
est  souvent  par  la  ville,  ou  en  voyage.  C'e^f 
un  grand  coweury  un  coureur  perpétuel^  on 
ne  le  trouve  jamais  à  la  maison.  Il  n'a  fatl 
toute  sa  vie  que  voyager,  c'est  un  coureur. 

On  appelle  Coureur,  Un  domestique  qui 
couiE  à  pied ,  cl  dont  on  se  sert  pour  laii e  des 
int;ssaf;es  avec  grande  diligence.  Cet  Ambassa- 
deur a  beaucoup  de  coureurs.  Les  Turcs  font 
porter  des  nouvelles  avec  grande  diligence  par 
des  coureurs. 

Ou  appelle  Coureur  de  hague^  de  téte^  Celui 
qui  court  la  hague ,  le»  tètes.  C'est  un  bon  cou- 
reiw  de  bagues ,  un  bon  coureur  de  tètes. 

On  dit,  quXu  /tomme  est  un  coureur  de 
nuit,  po:ir  dire,  qu'il  se  retire  irop  tard,  et 
qu'il  fait  de  la  nuit  le  jour. 

On  appelle  Coureurs  â\nventaires  ,  Ceux 
qui  sont  dans  lliabittide  d'aller  à  tous  les  în- 
ventaircsi  et  on  dit  dans  le  même  sens,  Cou- 
reurs de  sermons,  ctc.  Il  est  familier. 

Coureur  de  vin.  Officier  de  la  Maison  du 
Roi ,  qui  a  soin  de  porter  du  vin  partout  où  le 
Roi  va. 

CounF.tn,  signifie  Un  cheval  de  scile,  qui 
pour  l'ordinaire  est  hongre,  qui  a  la  queue 
conpco,  et  la  taille  légère  et  déchargée.  Beau 
coureur.  Grand  coureur.  Ce  coureur  est  vite, 
est  rude.  Il  étoit  monté  sur  un  coureur.  Il  avoil 
tant  de  coureurs  en  son  écurie. 

Cor:tEt:ps ,  au  pluriel,  se  dit  il  !a  guerre, 
Des  Cavaliers  détacliés  du  gros  en  grand  ou 
petit  norobic,  soit  paur  découvrir,  soit  pour 
uUcr  h  U  petite  guerre.  Un  paili  de  coureurs. 
Les  coureurs  de  leur  armée,  de  la  garnison , 
etc.  Ccn  est  pas  leur  armée^  leur  avant-garde,  ce 
nesont  que  des  coureurs,  que  quelques  courews. 

COUKKCSE.  s.  f.  Fille  ou  femme  prosti- 
tuée. C'est  une  coureuse,  une  infâme.  Il  ne 
voit  que  des  coureuses.  Une  coureuse  de  rcni-- 
parts. 

COURGE,  s.  f.  Sorte  de  plante  rampante. 
Huile  de  Courges.  Celles  qui  sont  longues  et 
en  forme  de  bouteilles,  s'itppellcnt  vulgaire- 
ment  Gourdes  ou  Calebasses. 

COURIER.  V-oycz  CounniEi». 

COURIR ,  ou  COURRE,  v.  n.  Je  cours,  tu 
cours  j  il  court;  nom  courons,  voos  ccarez,  ils 
courent.  Je  courois.  Je  courus.  Je  courrai.  Je 
courrois.  Cours.  Quil  coure.  Que  je  courusse. 
Aller  di:  viicsse  et  avec  in-.peuositc.  Courir 
légèrement.  Courir  de  toute  sa  force.  Ce  chei^al 
court  vite  comme  un  cerf.  Cet  homme  court 
comme  un  basque.  Courir,  courre  la  poste.  Il 
est  parti ,  courez  après.  Couru*  ù  toute  hriàc . 
à  bride  abattue,  à  toutes  jambes. 

Courre,  oc  s'emploie  que  dans  ccrtaîocs  fa- 
çons de  parler  que  l'usage  autorise.  On  dît., 
Courre  le  cerf ,  courre  le  lièvre  ,  courre  lu 
bague. 

Coumn  ,  siu;nilie  aussi  quelquefois,  Aller 
plus  vite  que  le  pas.  Vous  allc%  trop  vite,  vous 
ne  marchez  pas,  vous  courez.  Courir  au  ft:ii. 
Courir  au  Médecin.  Courtr  au  rcm^ Je 


COU  335 

Cu  dit  proverbialement,  quand  un  lioniuie 
va  cu  quelque  lieu  avec  ardeur,  avec  joie, 
qu'/l  n'y  va  pas,  qu'il  y  courl,  qu'il  y  cowt 
comme  à  la  noce. 

On  dit ,  Courir  aux  armes  ,  pour  dire , 
Prendre  les  armes  en  hùte  pour  quelque  alar- 
me, on  pour  quelque  occasion  pressante. 

Il  se  dit  figureincnt  De  toute  action  précipi- 
lie,  de  tout  ce  qu'on  fait  trop  vile.  Il  faut 
aller  bride  en  main,  on  ne  fait  pas  les  affaires 
en  courant. 

Ainsi  l'on  dit  d'Un  homme  qui  lit,  qui  ré- 
cite ou  prononce,  ou  qui  écrit  trop  vile,  qu'/l 
court.  Lisez  doucement ,  ne  courez  pas.  Il  écrit 
cela  en  courant.  Il  ne  faut  pas  dire  son  Bré- 
viaire en  cournnt. 

On  dit  proverbialement,  Ce  n'est  pas  le 
tout  ijue  de  courir  ,  il  ^ml  partir  de  bonne 
heure,  pour  dire,  que  Ce  n'est  pas  asser.  de  su 
bâter;  mais  que  quand  on  veut  réussir  dans 
une  entreprise ,  il  faut  prendre  ses  mesures  de 
loin. 

On  dit  figuréraent,  quTn  liomme  court  à 
l  h.véclié,  au  bdtaii  de  Maréchal  de  France,  au 
chapeau  de  Cardinal,  etc.  pour  dire,  qu'il  est 
dans  le  chemin  de  parveuir  bientôt  à  l'Évé- 
ché ,  etc. 

On  dit,  Courir  à  sa  perle,  courir  à  sa 
ruine,  à  son  malheur,  pour  dire,  Se  conduire 
d'une  manière  à  se  perdre ,  â  se  ruiner  promp- 
tcmcnt. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Courir  au  péril, 
courir  au  précipice  ;  et  familièrement  d'Un 
liomrae  qui  se  ruine,  qu'/l  court  à  l'Hôpital', 

On  dit  proverbialement.  Courir  après  son 
éteuf ,  pour  dire,  Prendre  bien  de  b  peine 
pour  recouvrer  un  bien,  un  avantage  qu'on  a 
laissé  échapper.  J'ai  retenu  cet  argent-là  par 
mes  mains,  parce  tiue  je  ne  veux  pas  cowcr 
api-és  mon  éteuf. 

On  dit  aussi.  Courte  après  son  argent,  pour 
dire,Conlirmer  A  jouer  pour  regagner  ce  qu'où 
a  perdu. 

On  dit.  Courir  après  les  honneurs,  les  ri- 
chesses, la  fausse  gloire,  etc.  pont  dire,  Le» 
rechercher  avec  ardcur.^ 

Il  est  quelquefois  actif,  et  signifie  alors. 
Poursuivre  à  la  coui-se  avec  dessein  d'attraper. 
Courir  quelqu'un  pour  le  prendre,  le  courir 
l'epee  dans  les  rems.  Courre  ou  courir  U  cerf , 
le  lièvre,  le  daim.  Il  a  droit  de  courir  le  cerf 
sur  ses  terres.  Ce  lièvre  a  été  souvent  couru. 

COL'itin  ,  en  termes  de  Miu-inc ,  &i°nifia  , 
Faire  route.  Courir  des  bordées,  C'est  aller  al- 
ternativement ît  droite  et  à  gauche,  quant]  le 
vent  c:t  presque  debout 

Cocnin,  se  dit  Des  eûtes,  des  torres  ,  dea 
rochers  et  des  moulagncs  qui  s'étendent  d'tus 
lieu  i  xsn  autre.  Celle  cdia  cowl  d«  l'Est  à 
VOucst  Vespace  de  trois  ou  quatre  Ucucs,  Ces 
montagnes  courent  du  ?iord  au  Sud,  en  pegio- 
qeant  de  grands  continens. 

On  dit.  Courir  un  Bénéfice,  |)our  dire,  Eu- 
▼oyet  un  courrier  ï  celui  qui  a  In  oouiiuatioo 
du  liéncfice,  pour  ctro  le  premier  i  1»  dc- 
mandor. 


336 


COU 


On  dit  aussi,  Courir  un  Bénéfice^  courlf 
rite  Charcje ,  pour  dire,  Le»  poursuivre  avec 
«rdciir. 

Ou  dit  CD  termes  de  Chasse,  Laisser  courre^ 
pour  dire  ,  Découplcr  les  cliiens  après  l.i  bote. 

On  fait  même  un  substnniif  des  deux  infini. 
ùùy  Laisser- courre  y  qui  sigiiifie  Le  lieu  ou 
l'on  découp'e  les  chiens.  Quand  ils  furent  au 
hiisser-coun'e. 

On  dit  d'Un  beau  pays  commode  pour  I;i 
chasse,  que  C'est  un  î't;i"  courre. 

On  dit,  Courre  un  cheval^  pour  dire,  Le 
faire  courre  à  tonte  bride,  étant  monte'  dessus. 
Voulez- vous  courre  votre  cheval  contre  le 
mien  ? 

On  dît  figurcment,  Coutir  fortune  de 

courir  lisnue  de courir  hasard  de pour 

dire, Être  en  pâ"ilde Il  court  jurlune  d'être 

chassé,  de  "pcnbe  son  bien.  Il  court  risque  de 
la  vie.J\\i  couru  hasard  de  me  tuer. Vous  cou- 
rez risaue.  Ce  mal  peut  bien  m'ur/'iVcr,  j'en 
courrai  le  risque. 

On  dit  aussi,  Courir  des  risques ^  courir  des 
chances,  pour  dire,  Être  exposé  ;\  des  périls,  îi 
des  éve'ncmens. 

On  dit.  Courir  même  fortune,  pour  dire. 
Être  dans  les  mêmes  inlcréts,  dans  la  même  si 
tnation  d'aflaires. 

On  dit,  qu'Un  homme  court  une  belle  for- 
tune, la  carrièi-e  de  la  /ôrtwne,  (^uaiid  il  est  en 
passe  de  parvenir  à  quelque  cliosc  de  f;rand. 

Cocnin,  signifie  aussi.  Ravager,  piller.  Ce< 
Tioupcs  ont  couru  une  telle  Province-  Les  Pi 
rates  courent  la  mer .  Courir  le  plat  pays. 

On  dit.  Courir  le  bon  bord,  pour  dire, 
Pirater;  et  figuréraent  dans  le  di.scour»  fami- 
lier ,  pour  dire  ,  Fréquenter  h-.s  mauvais  lieux. 

On  dit,  Courir  le  pays  y  courir  le  monde, 
pour  dire,  Voyager.  Il  a  bien  couru  le  pnys, 
t'oriru  le  monde.  Il  a  couiu  toute  la  France. 

On  dit  absolument,  Il  a  bien  couru,  pour 
dire,  lia  bcauconp  voyage'. 

On  dit,  Courir  le  bal,  pour  dire.  Aller  d'un 
bal  à  un  autre ,  aller  en  plusieurs  assemblées  où 
l'on  danse. 

On  dit,  Courir  les  rneUs.'î,  pour  dire,  Aller 
de  visite  en  visite  chez  les  Dames, 

On  dit  en  termes  d'Ordonnances  et  de  Décla- 
rations, Courre  ou  courir  su5,  pour  dire,  Se 
«l'îr  sur  quelqu'un  pour  l'arrêlqr,  ie  maltraiter, 
}e  luer.  Tout  le  monrfc  lui  court  sus.  LesPcysam^ 
se  sont  soulevés  et  oui  couru  sus  aux  Troupes. 
Il  y  a  un  Arrêt  qui  enioint  aiut  Coniniuric.>  de 
courir  iusaux  qcns  de  guerre  qui  s'éloiqucront 
de  leur  route. 

On  dit,  Courir  sur  le  marché  de  quelqu'un. 
pour  dire ,  Kncbiîrir  sur  un  autre ,  tAcber  d'avoir, 
prétendre  emporter  ce  qu'un  autre  marchande. 
Je  voulois  acheter  cela  y  pourquoi  venez-vous 
tourir  sur  mon  marché? 

On  dit  aussi  figurément,  Courir  sur  le  m.ir- 
e/ic,  courir  sur  les  brisées  de  que'.quun^  pour 
dire ,  Vouloir  emporter  sur  quelqu'un  une  chosi; 
a  laquelle  il  a  prétendu  le  premier. 

Courir  au  plus  pressé ^  S'occuper  de  ce  qui 
importe   davantage  daus  le   mumcntj   Coitiir 


C  O  U 

aux  armes  y  S'armer  proniptcment,  se  disposer 
à  combattre. 

On  dit  aussi,  Courir,  soit  dans  un  vcritaîile 
combat,  soit  dans  quelque  tourrïoi,  joute,  ou 
autre  exercice  sembbiblc.  Ils  baissèrent  la  lance, 
et  coururent  Vun  contre  Vautre.  Courir  en  lice 
dans  la  carrière.  Courir  la  baquc.  Courir  la 
quintaine.  Courre  le  faquin.  Courir  les  têtes. 
Courir  les  taureaux.  Ceux  qui  couroient  donc, 
les  Jeux  Olympiques.  Il  courut  avec  lui  dans 
cette  carrière. 

On  dit  hi^urémcni  De  personnes  de  dignité 
i'g;ile  .qui  sont  dans  le  i  mêmes  emplois ,  qn£Ue>i 
courent  lu  même  c(i.  n'èrc,  pour  dire,  qu'Klies 
nul  les  mêmes  préieiHiuns.  Cicéron  et  Uortcn- 
sius  couroient  la  même  carrière. 

On  dit,  Courir  après  des  fnttomes  ,  pour 
dire,  Se  livrer  h  des  espérances  ou  ii  J-*^  crainlea 
im'igiuaires,  eu  négligeant  le  réel. 

On  dit  familièrement  Donner  à  courre  à 
quelqu'un,  pour  dire,  Le  mettre  dans  l;i  néces- 
site de  faire  bien  des  pas,  de  se  donner  bien  des 
mouvemens. 

Cot-mn ,  signifie  encore ,  Aller  çà  et  III,  sans 
s'arrêter  long-temps  en  chaque  endroit.  Il  ne 
faittsue  courir.  Il  court  depuis  le  matin  juspu'flu 
soir  y  on  ne  le  trouve  jamais  chez  lui 

On  dit  pcpulain'mentet  dan?  le  même  sens. 
Courir  la  prétentaine. 

On  dit  d'Un  homme  qui  est  troublé  d'es- 
prit, et  qui  est  tout-à-fait  exU'avagant.  qu'il 
est  fou  à  cowir  les  rues,  à  coune  les  champs. 
Ou  dit  fani''ièrement  qu't/ne  norn'e//e  court 
les  rues ,  pour  dire,-  qu'EÎle  est  suc  de  Joui  le 
monde. 

On  dit,  Courre,  courir  le  quilledou  ^  pour 
dire,  Aller  en  débauche.  Il  ne  fait  eue  courir 
le  quilledou.  Il  est  po])ulaire. 

Counin ,  signille  aussi  Couler.  U  se  dit  Des 
ruisseaux  et  rivières,  et  des  choses  liquides, 
comme  le  sang,  le  vin,  l'huile,  etc.  Veau  qui 
court.  Le  sang  agité  court  dans  les  veines'.  J''ai 
senti  une  humew  qui  nie  courait  entre  cuir  ci 
chair. 

Il  se  dit  encore  Du  temps.  Le  temps  court 
inseusd'lc.nent.  Letcrme  qui  court.  L'année  qui 
court.  Il  court  sa  vinqiicm-^  année. 

On  dit,  qu't/ne  c/io.<;f  court  à  sa  fin-,  pour 
dire,  qu'Klle  n'a  pas  loiig-tt-mps  h  durer.  Ma 
provision  de  bois  court  à  sa  fn.  Cette  maladie 
courï  à  sa  fin. 

On  le  dit  d'Un  certain  tenue,  au  bout  du- 
quel se  doit  payer  ou  elTcciuer  quelque  chose. 
On  lui  a  donné  trois  mois  de  temps  qui  courent. 
Je  nai  que  quinze  jours  ^  vous  m'amusez  par 
vos  artificeSj  cependant  le  temps  court.  Ses 
gages  courent  depuis  un  mois. 

On  le  dit  principalement  Des  intérêts  de 
l'argent  constitué.  La  rente  coîirt  de  tel  jour. 
L'intérêt  de  cette  somme  court,  court  toujours. 
Les  arrérages  courent. 

Cornin,  signifie  aussi,  Être  en  Togue.  La 
mode  qui  court.  Cette  chanson  courait  par  la 
,  ville. 

On  dit.  Au  temps  qui  court,  pour  dire,  Au 
temps  prdseoL 


COU 

On  dit,  L'avis  qui  court,  pour  dire.  L'avis 
qui  a  le  plus  d(;  voix  dans  tmc  délibération  qui 
n'est  pas  achevée. 

On  dit  encore,  Faire  courir  des  bruîls  ^  il 
court  un  mtiuiviis  bruit,  pour  dire,  Rêpandie 
des  bruits,  un  mauvais  bruit  s'est  rdpandn. 

On  dit  aussi ,  qu'il  court  bien  des  maladies. 
Il  court  beaucoup  de  fièvres  malignes ^  de  pe- 
tites  véroles  y  de  rhumatismes ,  etc.  pour  dire, 
qu'il  y  en  a  beaucoup. 

On  dit,  Faire  courir  un  Livre ,  un  fllnni- 
festCj  pour  dire,  Le  répandre  dans  le  public 

On  dit  aussi  à  table, f'uirc  courir  une santc. 
pour  dire,  La  faire  boire  par  tous  les  convWes. 
Faites  courir  celte  santé.  C'est  la  santé  d'un  tel 
qui  court. 

On  dit,  Faire  courir  la  voix,  pour  dire, 
Demander  les  avis  à  ceux  qui  composent  une 
Assemblée. 

On  dit,  Faire  courir  U  î>i7ïe(,pour  dire, 
Envoyer  un  billet  pour  avertir  ou  assembler 
ceux  qui  ont  intérêt  'i  quelque  affaire.  Et  on  dit 
d'Un  homme,  que  iS'on  billet  court  citez  les 
Notaires,  pour  dire,  qu'il  cherche  de  l'argent 
à  emprunter. 

On  dit,  que  Les  billets  d'un  liomme  courent 
SUT  la  place,  pour  dire,  qu'On  cherche  à  s'en 
défaire. 

On  dit  aussi,  Faire  courir  le  billet  chez  la 
Danquiers ,  c/iC3  les  Orféires ,  pour  dire  ,qu*On 
fait  donner  avis  de  quelques  choses  vol^,  de 
quelques  lettres  de  change  perdues. 

On  dit  d'L'nhununc  recherché  par  les  Dames, 
que  Les  Vr.rrirs  le  courcr.l. 

Cornu,  UE.  participe.  Qui  est  lioursuîvi  à 
la  course.  Un  cc-f ,  un  b'évre,  un  daim  couru. 
Un  -l'o.V'io*  couru  par  le  P rêvât ,  par  les  Ar- 
chers. 

On  dit,  Un  paya  couru  par  les  ennemis^ 
pour  dire,  Un  pays  où  les  ennemis  font  des 
courses. 

On  dit  figurémtnt.  Couru.,  pour  dire,  Re- 
cherché, suivi.  Ce  Livre  est  rare  et  curieux,  il 
est  fort  couru.  Ce  Prédicateur  est  fort  couru. 
Il  n'y  a  pas  assez  de  telle  marchantme^  tant 
elle  C5t  cowue. 

COURLIS  ou  COURLIEU.  s.  m.  Oïsoa» 
atiunliqne  qui  est  bon  îl  manger.  Il  y  a  U 
grand  et  le  petit  Courlis. 

COURONM:.  s.  f.  Ojncment  qui  entoure  U 
lête,  et  qui  est  fait  de  branches,  de  fleurs,  ou 
cliosi^s  scmnhJïles,  pour  marque  d'honnciu-, 
ou  en  signe  de  jcîc.  Couronne  de  laurier  ^  de 
lierre,  d'olivier,  de  fleurs,  de  roses.  Couronne 
(/"e(oi/t's,  que  les  Peintres  mettent  au-dessus 
de  la  tête  de  la  Vierge  ;  Couronne  de  rayons^ 
qu'ils  mettent  sur  U  tête  des  Saints.  Les  Ro- 
mains récompensoicnt  les  belles  actions  par  di- 
verses couronnes  :  Couronne  tiiomphalcj  mu- 
rale, obsidionale,  civique,  vallairc,  rostraU, 
GagncTy  mci  itcr  une  couronne.  Les  Grecs  de 
cernaient  des  couronnes  aux  citoyens  qui 
avaient  rendu  quelqtte  service  considérable  à 
leur  patrie. 

En  ce  sens  on  le  dit  figurcment  De  la  glotro 
que  les  Martvrs  acquièrent  en  moiu-ai)t  pouf 


cou 

la  fou  Ta  couronne  du  Mmtyre,  Il  a  reçu  la 
couronné  tlu  Martyre. 

On  le  dit  aussi  De  la  béatitude  (luc  DieL 
donne  à  3cs  Suînb.  La  couronne  de  gluuc. 
La  couronne  de  justice.  La  couronne  dci 
Saints. 

CounONNE,  se  dit  aussi  De  rorncmcnt  de 
titc  <juo  les  Rois,  Princes  ou  Seigneurs  portent 
pour  marque  de  leur  di<;nité,  ou  «jui  est  mar- 
que sur  leurs  amioirics.  Couronne  Impériale, 
Royale,  Ducale.  Couronne  de  ContiCj  de  Mar- 
quis ,  de  Baron.  Couronne  à  fleurons.  Couroum 
perlée.  Riche  couronne.  Cvu'-onne  enrichie  de 
pierreries.  Couronne  fermée ,  telle  C|Ue  la 
portent  l'Empereur,  les  Rois  de  France,  d'Es- 
pagne, etc.  Couronne  ouverte,  telle  q^uc  la 
portent  les  autres  Souverains  qui  n'ont  pas  le 
îitre  de  Rois,  etc.  Porter  une  couronne.  .Mettre 
une  couronne  sur  la  tête. 

On  appelle  par  excellence,  La  conronnt 
à'épines  ,  Celle  que  l'on  mit  sur  la  icle  d< 
Notre-Seigneur. 

On  dit,  La  triple  couronne,  pour  marquer 
La  Tiare  du  Pape. 

CounosSE,  se  prend  figurcmenl  pour  Sou- 
Tcraineté.  Il  luia  mis  une  couronne  sur  la  tête, 
c'est-à-dire,  U  l'a  fait  Souverain.  Il  lui  a  o/e, 
tut  a  ravi  la  couronne.  A  son  avènement  à  la 
couronne.  Il  aspire j  il  prétend  à  la  couronne. 
H  dispute  la  couronne.  H  a  aifermi  sa  couronne. 
H  a  renoncé  à  la  couronne.  Quitter,  ahdiquct 
la  couronne,  céder  la  couronne  à  un  autre. 
Pvdre  lu  couronne.  Héritier  de  la  couronne. 
Héritier  présomptif  de  la  couronne* 

Il  se  prend  aussi  pour  l'Ktatqui  est  gouverna 
par  un  Roi.  La  couronne  de  France.  Lu  cou- 
ronne d'Espagne.  Les  couronnes  du  Xord.  Ci 
droit  est  un  des  plus  beaux  fleurons  de  sa  cou' 
ronne.  Il  a  relevé  l  honneur ,  l'éclat  de  la  cou- 
ronne, il  a  ébranlé  la  couronne.  Les  Charqes, 
les  Officiers  de  la  couronne,  sont  le  Connétable, 
le  Chancelier,  etc.  Le  Domaine  de  la  couronne. 
Les  droits  de  la  couronne.  Maiion  et  couronne 
de  France.  L'Etal  et  couronne  de  France. 

Oa  dit,  Traiter  de  couronne  àt  couronne, 
pour  dire.  Traiter  de  Souverain  îi  Souverain. 
Od  le  dit  aussi  ngurément,  et  par  manière  de 
raîllenc,  en  parlant  Des  personnes  particu- 
lières, lorsqu'un  inférieur  veut  tmilcr  avec  son 
supérieur,  comme  s'il  cloit  son  (%al. 

On  dit  Du  principal  avantage  deque1<[u'un  , 
q\ic  C'est  le  plu$  beau  fleuron  de  sa  couronne  ^ 
et  De  celui  qui  a  perdu  de  ses  honneurs,  qu7i 
a  perdu  bien  des  fleurons  de  sa  couronne. 

C0L'EO5<(E,  se  dit  encore  De  la  tonsure  clé- 
ricale que  l'on  fait  sur  le  haut  de  la  tète  des 
gens  dlij^lise.  Couronne  d'Evéque,  de  Prêtre. 
de  Diacre,  de  ReliQieux,  etc.  Il  scst  fait  faiic 
la  couronne, 

CocnossE,  se  dit  au<ui  d*Une  sorte  de  Cha- 
pelet qui  u  a  qu'une  dizaine.  Couronne  de  U 
Vierge, 

On  appelle  aussi  Couronne,  I.n  partie  la 
pWs  basse  du  paturon  d'un  cheval. 

Ii>s  Â&lronomet  appellent  Cou/ on  ne  5t'^/en 
trionale  cl  Couronne  australe,  Deux  constella- 
Tome  i. 


COU 

tîons,  dont  l'une  est  dans  rhcmûphfire  septan- 
•^  tnonal,  tt  l'autre  dans  riiéniisphère  austral. 
On  appelle  aussi  Couronne,  Une  sorte  de 
Météore  (pii  paroit  en  forme  de  cercle  lumincu:i 
autour  du  Soleil  ou  de  la  Lune. 

COURO^^EME-\T.  ?.  m.  Cérémonie  pour 
couronner  les  Souverains.  Le  couronnement  du 
Pape,  de  l'Empereur,  du  Roi,  de  la  Reine,  etc. 
Il  assista  au  couronnement  de 5on  cou- 
ronnement se  fit  en  tel  lieu.  La  cérémonie,  le 
jour  du  couronnement 

On  appelle  Coiu'onnemcnt  d'un  vaisseau, 
La  partie  du  vaisseau  qui  est  au-dessus  de  la 
poupe. 

On  dît  aussi.  Le  couronnement  d'un  hJti- 
luenï,  pour,  La  partie  supérieiue  d'un  bàlinicnL 
Cela  se  dit  aussi  d  LUi  ornement  qui  termine 
h  partît:  supérieure  d'un  mcuMc,  d'un  vase. 
l'efd  forme  un  beau  couronnement.  Ce  couron- 
Dcmcnï  est  mes(juin. 

Il  signifie  aussi  ûgurément,  L'accomplisse- 
Jient,  la  perfection  de  quelque  chose.  Cetti 
télébre  action  fut  le  couronnement  de  toutes  lei 
tutres.  Pour  couronnement  d'une  si  belle  vie. 
t'c$(  le  couronnement  de  l'œuvre. 

On  dit  en  termes  d'Accoucheur,  de  Sa.;e- 
lemmc,  L'enfant  w(  au  couronnement,  puur 
ilirc,  Est  près  de  venir  au  monde,  est  à  f  entrée 
ic  la  m.itrice. 

COURONNER,  v.  a.  Mettre  une  couronne 
pir  la  tête.  Couronner  cf/ni(jui(j(jf(i(;nc  le  prix, 
lu  (jui  a  fait  (juelcjue  belle  action.  Couronner 
:'ne  victime.  Couro-mer  de  fleurs,  de  laurier., 
ie  myi  te.  Couronner  d'une  couronne  d'or,  d'un^ 
ronronne  d^argent.  Couronner  un  Pape,  un 
Roi,  un  Prince.  Ils  l'élurent  et  le  couronw- 
tent.  Il  fut  saoe  et  couronné. 

On  dit  figuréniont,  Couronner,  pour  dire, 
Taire  honneur  ,  iTtrCompnnser.  Couronna-  la 
vertUj  le  vice.  Dieu  couronne  les  Martyrs,  let 
Maints.  lU  sont  couronnés  de  gloire.  Sa  vertu 
fut  couronnée,  ^'cst-cepas  couronner  le  crime, 
(}ue  d'élever  un  si  méchant  hofnmo  à  cette  di- 
jni'fe'/ 

Il  signiBe  aussi  fîgurémenl ,  Apporter  la  der- 
nière perfection,  mettre  le  dernier  ornement  w 
ijuelquc  chose.  Cette  dernière  action  a  couronné 
toutes  les  autres.  Il  a  couronné  sa  vie  par  une 
généreuse  mort.  Le  succès  a  couronné  son  c/i- 
ïrc|;r(se. 

On  dit  proverbial.,  La  ^n  couronne  Vœuvre. 
CounossEn,  si*  dit  pour.  Environner.  Pli*- 
siettrs  coteaux  couronnent  cette  l'if/e. 

Se  couno^EB,  S'orner,  s'embellir.  Le  Cic\ 
se  couronna  d'étoiles  après  cet  affreux  orage. 
Dans  les  Fêtes  champêtres,  les  jeunes  Berge' 
res  se  couronnoient  de  fleurs. 

CoLnuSNKn,  se  dit  aussi  Des  choses  sur  les- 
quelles l'on  peint  ou  l'on  grave  des  couronnes, 
pour  ornement,  ou  pour  manjue  de  dif^nilé. 
Sonécuétoit  couronr.é  iC une  couronne  de  Duc, 
dz  Comte,  etc.  S**  chiffte*  sont  couronnés  de 
lauriers ,  de  fleur». 

Ou  dit,  que  Desarhia  se  couronnent,  pour 
^  dire    que  Des   arbre*  vielllîswnt,  et  (fu  It  se  .i  ( 
dc:£»ècheut  pa^  *    %ète. 


COU  337 

CocnoSNfi.  f.E.  participe.  Le  port  al  cou- 
ronne de  /idules  moii[aijncs ,  pour  dire,  Est  cu- 
vironnd. 

On  appelle  en  termes  (l'Architecture  mili- 
lairc ,  Ouvrage  couronné,  Un  ouvrage  ivancé 
vers  la  canipaçjiie,  fait  en  forme  de  couronne, 
(unir  défenilre  les  approcl:es  d'une  l>iace.  Ou 
riippclic  aussi  Ouvrtiqe  à  couro/me. 

Ou  iippello  Ic'i  KmiicrcuEsct  les  Rois,  7'c(cs 
coiiroiwices.  La  République  de  'Venise  a  la 
honneurs  des  Icles  couronnées. 

Ou  ai-prllc  y^i-fcre  couronné,  Celui  qui  ne 
pousse  plus  qu'à  l'exlreniiié  de  ses  branches; 
et  Cheval  couionné,  L'n  cheval  qni  s'est  sou- 
vent lilcssii  aux  genoux  en  lonibaut.ct  h  qui  le 
poil  du  fjenou  est  tombe.  Ce  cheval  ne  vaut 
rien,  il  est  couronné. 

COUKKIEll.  subst.  m.  Celui  qui  court  \n 
poste  pour  porter  les  deptclies.  C'est  le  meil- 
leur courrier,  et  ijni  fatt  le  plus  de  dilicjence. 
iourricr  ordinaire.  Courrier  extraordinairt. 
Courrier  du  Cuhinet  du  Roi,  un  siinplemeul 
Coiin-ier  du  Cabinet.  Recevoir,  envoyer,  ilé- 
féclier,  expédier,  faire  partir  un  courrier.  Il 
ist  arrivé  un  courrier.  Courrier  d'un  tell'rincc. 
Le  courrier  de  Lyon.  Le  couirier  de  Flanilrc. 
Le  courrier  de  Rome,  etc. 

Il  se  prend  aussi  pour  Tout  homme  qui  court 
la  poste,  quoiqu'il  ne  porte  aucune  dépéclie. 
Vous  n'êtes  guère  bon  courrier.  J'ai  rencontré 
[fuatre  à  cinij  courriers.  Toute  la  route  cloit 
olctnc  de  courriers. 

COURRItRK.  8.  f.  Il  no  se  dit  Ruère  qu >« 
Poésie.  La  Lune  est  appelée  V inégale  Courriel  e 
ies  nuits. 

COURROIE,  s.  f.  Pii'cc  de  cuir  conpée  ru 
long, étroite, et  qui  sert  à  lier,  h  attacher  quel- 
que chose.  Attacher  avec  des  courroies.  Mettre, 
attacher  des  courroies.  Les  courroies  d'une  cut~ 
lasse.  La  courroie  des  souliers.  Nouer,  dénouer 
les  courroies.  SeiTer,  Idcher  la  courroie. 

On  dit  proverbi.ilcment  et  figurèmcnt ,  Éten- 
dre la  courroie,  pour  dire,  Étendre  ses  thoilH. 
It  les  pousser  au-delà  des  bornes  de  l'équité.  // 
I  bien  fallu  allonger  la  courroie  pour  en  iiesir 
\à.  Ses  droits  n'iroient  pas  si  haut,  s'il  n'avoit 
rtendii ,  allongé  la  courroie. 

On  dit  ar.^si  figurcment.  Serrer  la  conn-oie 
à  (pielgu'un,  pour  dire,  Rétrécir  ses  nioyciij. 
H  aurait  voulu  plus  d'urgent ,  nuiis  on  lui  u 
serre  la  couiroie. 

On  dit  proverbialeniciu./'\iirc  ihiciiir  lï'iiii- 
lnii  larje  courroie,  pour  diie.  Être  libéral  du 
bien  d'autrui. 

On  dit  par  une  façon  de  parler  tirée  de  V(i- 
crilure-Sainte,  que  (,,'iie/(^(riiii  iiVst  pas  digne 
de  dénouer  la  cowroic  des  souliers  d'un  autre. 
jwur  dire  ,  qu'il  est  beaucoup  au  -  de>s(>iM 
de  lui. 

C0URR0UC>:R.  t.  «.  Mettre  en  courroux, 
irriter.  Ses  crimes  ont  coiaroucé  le  Ciel  contre 
lui.  Craindre  de  courroucer  les  Puissaïues.  Le 
Prince  est  courroucé.  Sou  plus  grand  usage  est 
dans  le  style  soutenu. 

Il  est  uavsirefltclii.  Dieu  se  courrouce  contre 
Us  mèchans. 


3^38  COU 

l)n  le  Jlt  aussi  (igiirûincijt  De  la  mer.  (^)uaHii 
Iii  ma-  se  coiuroiice,  est  courroucée. 

CoinnOLCÉ,  Ée.  participe.  FIoIs-  courroucé.'. 
COURROUX,  s.  m.  Colère.  .Son  plu»  q,™u] 
usj><<c  est  dans  le  style  soutenu  cl  diins  lu  Poé- 
sie. Juste  courroux.  Le  courroiir  de  ])ieu.  I.c 
cit.iriou.x  du  Ci'cl.  Le  courroux  d'un  Prince  , 
d'un  pie.  Etre  en  courroux.  Entrer,  se  mettre 
en  cuurroux.Éviter, apaiser,  fuir  le  courrou.r. 
Irriter,  provociuer  le  courroiLV.  Qui  pourrait 
soutenir  ion  courroux? 

Il  se  dit  aussi  De  quekiues  animaux  nolil.s 
cl  fcroce.'i.  Le  courroux  du  lion,  du  lauri'au. 
lie  lélé]ihimt,  etc. 

li  se  dit  aussi  fièrement  De  la  mer  aj^ilc»? 
jior  la  tourmente.  Le  courroiu;  de  Ui  mer.  Les 
flots  en  courroux. 

En  ce  même  sens  ,  on  dit  politiquement ,  /.c 
eourroitr  de  Neptune. 

On  dit  aussi  poétiquement  :  Le  courroux  du 
Ciel.  L'Enfr  en  cowroivx:. 

COURS. s. m.  Flux,  mouvement  dequelque 
chose  de  liquide.  11  se  dit  particulièremint  De 
l'eau  des  rivières  et  des  ruisseaux.  Cours  rupidc. 
Cours  lent.  Cours  impétucu.x.  Arrêter,  empê- 
cher, retarder,  détourner,  couper,  rompre  h 
cours.  S'opposer  au  cours.  Il  faut  <^ue  les  cau.T 
steut  leur  cours.  La  rivière  a  pris  son  coun 
par-là.  Le  cours  de  cette  rivière  est  Ion  j  de  plut 
de  tjualre  cents  lieues.  Son  cours  est  insensible. 
Donner  cours  à  Veau. 

On  le  dit  aussi  Des  mauvaises  Lnmenrs  dan. 
le  corps  des  animaux.  //  faut  que  celte  humeui 
ait  son  cours.  /[  faut  lui  doiuier  cûuxs. 

Un  appelle  Cours  <!eiJt"nlre,  Le  dévoiemeni 
ou  le  flux  do  ventre. 

Cotns,  se  dit  encore  Du  mouvement  réel 
ou  apparent  du  Soleil  et  des  Astres.  Le  cours 
du  Soleil,  de  la  /-une.  Le  cours  des  Astres  est 
renié.  L'Astronomie  traite  du  cours  des  Astres. 
Le  cours  apparent  du  Soleil  est  d'Orient  eu 
Occidetit. 

On  le  dit  Du  temps ,  des  années ,  de  la  vie. 
Pendant  le  cours  de  dix  ou  douze  ans.  Finir, 
aclever  le  cours  de  sa  vie.  La  mort  en  coupa. 
en  intarompit  le  cours.  Le  cours  de  ses  années. 
Le  cours  de  son  rétine.  Suivant  le  cours  de  It. 
nature. 

On  appelle  en  termes  de  Marine,  Les  lon;;s 
voyages  sur  mer ,  et  en  Pays  fort  éloignés, 
Voyaaes  de  lonq  cours. 

Couns,  se  dit  aussi  fif^urémenl  Des  afïîiires. 
Tious  verrons  (juel  cours  prendra  cette  aûiiirc. 
Arrêter,  retarder  le  cours  d'une  ajjtxire,  d'un 
procès.  Suspendre  le  cours  de  la  Justice. 

Il  signifie  aussi  Progrès.'Le  cours  de  ses  vic- 
toires. Le  cours  de  son  bonheur,  de  ses  mal- 
heurs. Le  cours  du  mal.  Le  mal  a  pris  son 
cours.  Il  faut  (juc  le  mal  ait  son  cours.  Arrêter 
le  cours  d'une  dangereuse  doctrine.  Couper 
cours  à  la  faction,  aux  erreurs  qui  se  glissent. 
Le  cours  des  opinions.  Se  laisser  alla-  au  coun 
de  TopinioM. 

Cn  dit,  Donner  cours n  un  bruit,  pour  dire, 
Aider  j  le  répandre.  Don  nei'  cours  à  une  opinion, 
^iunprejHQé,  à  une  maxime,  pour,  L'accréditer. 


COU 

Couns,  signifie  çncore  I/ctude-que  l'on  fail 
de  suite  en  toutes  les  parties  d'une  science.  // 
a  fait  son  cours  en  Philosophie^  ou  de  Philo- 
sophie, en  Théologie^  cn  Médecine,  en  Chimie. 
en  M athémalif^ues j  Aans  un  tel  Collège,  sous 
un  tel  Maître.  A  lu  fin  de  son  cours  il  s'est  fait 
passer  Maître  es  Arts.  Un  tel  Régent  commen- 
cera cette  année  un  cours^  le  coun  de  Philo- 
soph  ie. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  Les  écrits  dans 
tc5'|uels  est  conteuui;  la  icience;  et  d'Une  sullc 
de  leçons  sur  une  niatiùn'.  Cours  abicqè.  Cours 
complet.  J\ii  fait  transcrire,  j'ai  fait  relier 
mon  cours.  Un  tel  Réq:'nt  a  fait  imprimer  son 
cours  de  Philosophie. 

Oouns,  se  dit  encore  Des  clioses  qui  sont  en 
vogue.  Cette  chanwn ,  ce  bruit  eut  cours  pen- 
dant gvxlcpie  temps.  Les  dentelles j  les  passe- 
mens  ont  cours  y  n'ont  plus  de  cours. 

On  le  dit  aussi  De  la  monnoie.  Cette  mon- 
noie  a  cours,  n'n  plus  de  cours.  La  somme  a 
été  payée  en  louis  d^or,et  d'ofqent  et  monnoie, 
le  tout  bon  et  ayant  cours-.  Donner  coitrs  à  Ui 
monnoie  étrangère,  etc. 

On  (lit  iîgurcment,  qu'f/iic  chose  ^  une  ma- 
nière^ un  moty  n'a  cours  gw-  parmi  la  popu- 
lace, guc  dans  la  Province,  pour  dire,  qu'Ellei 
ne  sont  d'usage  que  parmi  le  l);«s  peuple,  etc. 

On  dit.  Le  cours  du  marché,  pour  diie,  L« 
prix  auquel  se  vendent  les  choses  dans  le  mar- 
che. Je  ne  vendrai  ni  n'acitclcrai  nen,  gue  jt 
n'aie  vu  le  cours  du  marché 

On  le  dit  aussi  figurém.  pour  signifier  I/etni 
et  la  disposition  d'une  alTairc .  et  des  personnel 
qui  la  traitent.  Nevous  engagt^z  point  si  vite  en 
ce  parti,  en  telle  afj'tûre  ;  voyez  auparavant  U 
cours  du  marché,  le  cours  de  la  place. 

Couns,  sit^nifie  aussi  I/étendue,  sans  avoii 
cj^ard  à  la  Iiauleur.  Une  tapisserie  de  sic  aune 
de  cours. 

Corns,  signifie  aussi  Un  lien  agréable,  des- 
tiné ou  choisi  ordinaii'cmcnt  auprès  des  grandej 
\illes,  pour  s'y  promener  en  carrosse.  Il  y 
itvoit  plus  de  ciug  cents  carrosses  au  cours.  Li 
rours  est  beau  de  ce  côté-là.  Le  cours  est  cn  un 
tel  endroit.  Jl  va  souvent  au  cours. 
I  COUKSK.  s.  f.  Action,  mouvement  de  relui 
[tii  court.  Course /ec^èic.  Lo'ifjuc  course.  Cours; 
/  énihlc.  Jl  est  lécier ii  lu  course,  vite  à  la  course, 
î'rendre  le.i  lièvres,  les  chevreuils  à  la  course. 
Les  courses  des  Jeux  Olympiqua,  etc.  La 
course  des  chevaux,  des  chariots,  etc.  Il  a 
gagné  le  prie  à  la  course,  îc  prit  de  la  course. 
Il  a  fourni  sa  course  d^une  même  force,  d'une 
même  vitesse.  Course  de  tournois.  En  trois 
courses  il  rompit  trois  lances.  Il  a  fait  une  belle 
coursc.  Course  de  bague.  Course  de  létes ,  etc. 
À  ïoufcs  les  courses  il  a  remporté  le  prix.  H  la 
gagné  de  deux,  de  trois  courses.  Il  saule  bien 
ums  prendre  su  course, 

Il  se  dit  pour.  Célérité,  vigueur.  Rien  ne 
peut  arrêter  ce  Conguérant  dans  sa  course. 
Cet  Orateur,  cet  Historien  est  rapide  dans  sa 
course.' 

On  dit  aussi  poétiqueraenl  :  La  course  du 
Soleil.  La  course  de  la  Lune.  La  course  prcci- 


COU 

pitée  du  temp!(.  Le  Soleil  va  fi:iir  sa  course, 
pour  dire,  Le  jour  va  finir. 

CounSK.  Acted'IioslilitL*  que  l'on  fait  cn  cou- 
rant les  mers, ou  en  entrant  dans  le  pays  enne- 
mi Les  ennemis  font  des  courses  ju^^u'en  tel 
lieu.  LesGalèrcs  de  tel  endroit  font  des  courses 
surunetelle  mer,  sur /es  cotes  de...i,Le$  Pirates 
font  des  courses  dans  la  Manche. 

On  dit,  qu'C^n  Capitaine,  un  Vaisseau^  est 
en  course,  armé  en  course,  qu'une  G(ji''rc  est 
allée  en  course,  pour  dire,  que  Ce  Capitaine, 
ce  Vaisseau,  etc.  est  sur  mer,  est  armé  pour 
courir  sur  les  eimemis. 

CounsE,  se  dit  aussi  Des  voyagea  qu'on  fiiit 
pour  quelqu'un.  J'ai  fait  mille  courses  pour 
son  ufftiire.  Il  a  travaillé  pour  nioi,  rnjis  il  s'e9i 
bien  fait  payer  de  ses  courses. 

On  appelle  Course ,  Ce  que  gagne  le  courrier , 
ce  qu'on  lui  donne  pour  les  frais  du  voyage,  et 
pour  récompense  tle  sa  peine.  Ce  courrier  a  eu 
cent  pistoles  pour  sa  course. 

Course,  se  prend  fij^urément  pour  Le  cours 
de  quelque  emploi  ou  de  quelque  travail,  ^près 
«voir  passé  par  divers  emplois,  il  termina  sa 
course  par  VÀmbassade.^Sa  course  fut  longue 
et  pénible.  Il  a  heureusement  fourni  sa  course^ 
achevé  sa  course. 

On  le  dit  aussi  Dfla  durée  de  la  vie.  71  a  fui 
sa  coune  en  héros,  Il  est  mort  en  héros. 
COUKSIK.  s.  f.  Voyez  CounsiEr.. 
COURSIER,  s.  m.  T<rme  usité  plus  paiti- 
culi^renicnt  en  Poi-sîe.  (Jiand  cheva!  de  bdle 
t-iillc,  propre  pour  les  batailles  et  les  louinois. 
CourvjVr  de  Naples.  Grand  cour sier.  Monté "^ur 
un  coursier. 

CornsiEn  ,  cn  termes  de  Marine ,  C'est  le  pas- 
sage de  la  proue  ii  la  poupe  dans  une  galère 
entre  les  bancs  des  Forçats,  ^e  promener  sur  le 
coursier.  Le  poste  du  Comde  est  sur  le  coursier. 
On  dit  aussi  La  coursie. 

CounsiF.n,esl  aussi  l,e  canon  qui  est  »ous  le 
coursier,  et  dont  la  bouche  sort  par  la  proue. 

COURSIÈRE.  s.  f.  Pont-levis  qui,  pendant 
le  combat ,  sert  à  communiquer  d'une  partie  du 
vaisseau  h  l'autre. 

COUR.SO-V.s.  m.  Brandie  de  vigne  taillée 
et  raccourcie  à  trois  ou  quatre  yeux.  Branche 
d'arbre  de  cinq  ou  six  ponces,  que  le  Jardinier 
conserve  lorsqu'il  est  oblige.^  de  couper  les 
autres. 

COURT,  COURTE,  adj.  Qm  a  peu  de  lon- 
gueur. Il  c-it  opposé  à  Long.  Trop  court.  Bien 
court.  Fort  court.  Un  peu  court.  Extrêmement 
court.  Chcvctuv  courts.  Queue  courte.  Cerises  à 
courte  gueue.  Cheval  à  rourle  rjueuc.  lia  le  cou 
fort  rnrirf,  le  cou  court.  Jîabit  court.  Manteau 
court.  Robe  courte.  Ce  bus  est  un  peu  hop 
couj'I,  est  bien  court.  Des  chausses  courtes.  Cet 
animal  a  les  jambes  courtes,  Véchine  courte. 
Les  Chasseur»  dirent,  Longue  levrette  et  court 
lévrier.  U  a  un  bras  plus  court  gue  Vautre.  Il  n 
les  bras  trop  courts  pour  sa  tadlc.  Il  a  le  nés 
co«r(,  le  nez  trop  cotirt.  Coia-t  hdton.  Courte 
épée.  Canon  coin-t  et  renforcé.  Ilcrbc  courte. 
Mesure  courte.  Bride  courte.  Êtricrs  courts.  Ils 
sont    trop    courts    fCun  point.   Courte   boule. 


cou 

Court*  paume. Court  fétu.Courte  paille. Cuurte 
pitance. 

On  dit  proverbialement,  À  vaillunt  hommt 
«•OUI  te  épte,  (loiir  ilirc,  qu'Un  vaillant  bommi- 
n'a  pas  iMsuin  J'unesi  longue epécqu'unaulrc. 
et  que  II'  courage  y  supplée.  Ivt  on  dit  fi^uic 
ment  cl  fiuiilicrcnienl  d'Cnlionuiic  qui  n'a  pas 
assez  de  crédit  ou  assez  de  force  pour  réussir 
dijns  quelque  entreprise ,  que  5oii  epce  est  trop 
courte. 

On  dit  d'Une  personne  ,  qu'l^île  c,<l  courte, 
Lorsqu'elle  a  la  taille  petite  et  cntassi-c.  Il  est 
qros  et  eu  irl.  Cette  jeiuiiie  est  cuurte  et  en- 
tiisséc. 

On  dit,  qu'C'n  homme  a  lu  vue  courte ,  pour 
dire,  qu'il  ne  voit  pas  de  loin.  Il  se  dit  aussi, 
dans  le  sens  ligure j  d'Un  lionime  qui  a  l'es- 
prit borné. 

On  dit  aussi  figurément ,  qw'Uue  close  est 
trop  courte  f  Quand  elle  ne  peut  parvenir  jus- 
qu'où on  voudroit  qu'elle  parvint.  La  science 
humaine  est  courte.  La  prudence  hjimaine,  la 
prévoyance  humaineest  trop  courte.  Voti-e  pou. 

voir  est  trop  court  pour Vous  avez  les  bras 

trop  courts  pour  alleindre  lii.  Ses  moyens  sont 
trop  courts. 

Ou  dit  :  Le  chemin  le  plus  court ,  le  plus 
court  chemin.  Allez  par-là ,  c'est  votre  plus 
courte  c'est  le  plus  court.  Il  est  plus  court  de 
la  nioîlié,  le  plus  court  de  tant  de  lieues.  Il  est 
arrivé  le  premier  y  parce  tjutl  avoit  pris  le  plus 
court. 

On  dit  aassi  figurément.  Le  chemin  le  plm 
eourt,  ou  simplement,  le  plus  cnurl,  pour  s.i- 
guiGer  Le  moyen  i!e  terminer  plus  prompte- 
nienl  quelque  cliose.  Pour  arriver  à  voire  tut, 
tofir  soitir  de  cette  affnire^  etc.  le  plus  court  et 

U  meilleur  est  de  faire C'est  là  votre  plus 

court ,  c'est  le  plus  court  pour  vous. 

On  dit  proverbialement.  Le  cliemtn  le  plus 
tofiq  est  ijueUptefuis  le  plus  courte  pour  dire, 
qu'Eu  ne  se  liàtanl  point  trop ,  on  trouve 
moins  d'obstacles ,  et  ou  arrive  plus  tùt  à  son 
but. 

CocRT ,  tignifie  aussi  Bref ,  qui  oc  dure 
putrc.  En  hiver  les  jours  sont  courts.  En  été 
les  nuits  sont  courtes.  La  vie  de  Vhomme  e.^t 
courte.  Vie  courte  et  bonne.  Vous  ne  donnez 
ifue  huit  jours ,  le  terme  est  bien  court.  Un  ser- 
mon bien  court  Courte  Messe.  L'épiijramine 
doit  itre  courte.  Les  apoplithcgmes  doivent  être 
courts.  IlaranqUe  courte.  Courte  haranque. 
Harangue  courte  et  bonne.  Courte  haleine. 

On  dit  proverbiolcujent,  Courte  prière  pe- 
rattre  le»  Cieux. 

i>u  dit  proverbialement  <ju'C'n  homme  est 
revenu  avec  sa  courte  honte,  pour  dire,  qu'il  a 
reçu  un  alTront,  un  refus;  qu'/l  s'en  e,l  re- 
luu.'-nc  avec  sa  courte  honte,  ]x)ur  dire,  qu'il 
Da  pas  réussi  d-ins  sa  négociation. 

Cn  dit  d  Un  Prédicateur,  d'un  Avocat,  etc. 
qn'/l  e»l  court,  pour  dire,  qu'il  e^t  succinct, 
«pi'il  ne  parle  pas  long-temps.  Ce  J'rédiculeur, 
cet  Avocat  fut  court,  il  est  court  en  ses  écrits. 
On  ne  saurait  être  plus  court. 

Od  dit  d'L'u  bomiue  de  plaisin  qtii  mange 


COU 

sa  forHine,  et  ruine  sa  santc,  Il  la  veut  faire 
courle  et  lionne. 

On  dit  figurément,  qu'Un  hotnmc  est  court 
d'ar(jentj  court  de  jlnance,  pour  dire,  qu'il  a 
peu  d'ari^cnt.  //  ne  put  demeurer  lonq-temps  d 
Paris  ^  il  ctoit  court  d'arqent. 

On  dit  encore  fjgiu-ciucnt ,  qu'Un  homme 
est  court  de  mêmoirCy  qu'il  a  courte  mémoire^ 
pour  dire,  tju'Il  marK|uc  de  mémoire;  et  qu'il 
a  l'esprit  court,  qud  a  Vintelliqcnce  courte , 
pour  dire,  qu'il  «  l'esprit  fort  borne. 

Ou  dit  fi*;iirem. ,  que  Les  vues  d'un  homme 
sont  courtes  y  pour  dire,  qu'il  manque  de  pré- 
voyance. 

CoLUT,  se  dit  adverbialement. //  lui  coupa 
les  cheveux  bien  court  y  fort  court,  trop  coiwi, 

s:  court  que Il  a  attaché  son  cheval  trop 

rourt.  Cela  est  pendu  trop  court.  Cette  période 
vst  coupée  trop  court.  Il  ajîni  Ircp  court.  Tour- 
ner court. 

Quand  on  veut  abréger,  on  dit.  Pour  vous 
!c  faire  court,  pour  le  faire  court.  Il  est  popu- 
birc. 

Ou  dit  proverbialement  d'Un  bomme  qui  a 
i-tc  pendu,  qu'/i  a  été  pendu  haut  et  court. 

On  dit,  Couper  court  à  quelqu'un,  poiu 
dire,  Le  quitter  brusquement,  et  hii  faire  une 
réponse  décisive  qui  i'euq)êclie  de  continuer 
ion  discours.  Et  on  dit  absolument,  Couper 
court,  pour  dire,  Al>réger  son  discours. 

On  dit,V/  s*en  est  retourné  tout  court  y  pour 
dire,  Aussitôt,  dans  le  même  temps. 

On  dit  iif^urément,  qu'Un  homme  se  trouve 
to»rl,  (^)uand  il  ne  peut  parvenir  h  quelque 
dessein.  C'est  folie  à  vous  d'entreprendre  cela, 
vous  rous  trouverez  court.  Ses  amis  lui  ont 
manqué,  et  il  s'est  trouve  court,  trop  courf. 

Ondit,  qu'Un  homme  demeure^  reste  court, 
tout  court  dans  quelque  discours^  Quand  il 
perd  ce  qu'il  vouloit  dire,  et  ne  sait  plus  où  il 
cn  est.  Ce  Prédicateur ,  dans  son  discours ,  cet 
Avocat,  dans  son  plaidoyer ,  etc.  est  demeuré 
court,  tout  court.  Il  ne  manque  pas  de  har- 
diesse ^  il  n'est  point  homme  à  demeurer  cowt. 

On  le  dit  aussi ,  Quand  un  homme  est  si 
pressé  par  des  objections,  ou  si  convaincu, 
qu'il  ne  sait  que  répoudre.  On  Vaccabla  telle- 
ment  de  raisons,  qu'il  demeura  court. 

On  dit  fif^urém. ,  Tenir  quelqu'un  de  coiwt  , 
pour  dire.  Lui  donner  peu  de  liberté.  Il  n'est 
pas  lout-à-fait  prisonnier ,  mais  il  est  tenu  de 
court.  La  mère  tient  cette  fille  de  court.  Cet  en- 
fant est  libertin^  il  le  faut  tenir  de  court. 

On  dit  tigurémeut ,  Prendre  quelqu'un  de 
courte  Quand  on  le  pre.sse  sans  lui  donner 
assez  de  temps  pour  satisfaire.  Il  n'y  a  que 
deux  jours  que  le  terme  e:^t  échu,  vous  me 
pressez,  c'est  me  prendre  de  bien  court,  Vom 
me  prenez  un  peu  de  court. 

On  dit  proverbialement,  //  sait  le  cowt  et 
le  Ivng  d'une  ajf'uire,  pour  dire,  Il  en  sali 
toute.i  Ici  pirticularilés;  Twer  au  court  bJton 
avec  queli^u'un,  pour,  E\i;;er  de  lui  son  droit 
avtc  rigueur;  Les  plus  coiutes  folies  sont  /es 
meilleures ,  ]x>ur  dire,  Il  est  sage  de  se  retirer 
prompieuient  d'une  uiauTuîsc  ûIKiire. 


COU  33c^ 

COURT.\(;E.  subst.  niasc.  L'entremise,  lu 
n^ndation  d  un  Courtier.  Faire  le  coitrtaqe 
des  vins.  Se  mêler  du  courtage.  Droit  de  cour- 
tage, S.ilaire  qu'on  donne  ii  ceux  qui  font  le 
courtage. 

COURTAUD,  AUDE.  s.  Celui,  celle  qui  est 
de  taille  courte,  gro.sse  et  entassée.  Il  ne  se  dit 
cn  ce  sens  que  Des  hommes  et  des  femmes.  Vn 
gros  courtaud.  Une  grosse  courtaude. 

Ou  appelle  Courtauds  de  boutique,  ou  sira- 
plenjent  Courtauds,  Ixs  garçons  de  boutique 
eliez  les  Marcliands.  C'est  un  Courtaud  de  bon. 
tifue.  Celi  est  bon  pour  les  Courtauds.  U  ne  se 
dit  que  par  mépiis. 

On  appelle  aussi  Coiirl«H<J,  Un  cliev.il  au- 
quel on  a  coupé  les  oreilles  et  la  queue.  Il  ctoit 
monté  sur  un  courtaud. 

On  appelle  aussi  Chien  courtaud.  Un  cliien 
auquel  on  a  coupé  la  queue  et  les  oreilles. 

On  dit  proverbialement,  Etriiler ,  frotter 
(jueliju'un  cn  chien  courtaud,  pour  dii-e  ,  Le 
bien  battre. 

COURTAUDER.  v.  a.  Couper  la  queue.  Il 
ne  se  dit  que  Du  cheval.  Il  a  fuit  courtauder 
son  cheval. 

CouiiTAtnjÉ,  ÉE.  participe. 

COURT-BOUILLON,  s.  m.  Manière  d'.ip- 
prêter  le  poisson.  Vne  carpe,  un  brochet  au 
court-bouillon. 

COURTE-BOTTE,  s.  m. Terme  badin,  ponr 
dire.  Petit  homme.  Il  est  populaire. 

COURTE -HALEINE,  s.  f.  Maladie  qu'on 
nomme  autrement  VAsthme. 

COURTE-P AILLE,  s.  f.  ■Poyci  Paille. 

COURl^E-PACME.  Voyez  Paujie. 

COURTE-POINTE,  s.  f.  Couveitnre  de  pa- 
rade, écliancrée  et  ])iquée  avec  ordx'c  cl  pro- 
fx>rtîon.  La  courte-pointe  est  fort  belle. 

COURTIER,  s.  m.  Enlrcmelteur.  Qui  s'en- 
aemet  des  ventes  et  achats  de  certaines  mar- 
chandises, principalement  de  vin  ou  de  che- 
vaux, ou  de  faire  prêter  de  l'argent  sur  la  place. 
.Ilallre  Courtier.  Courtier  juré.  Courtier  de 
change.  Courtier  de  vin.  Courtier  de  chevaux. 
Je  n'ai  que  faire  dcCourtiers.Jeneveux  point 
passa-  par  la  main  des  Courtiers. 

On  appelle  par  raillerie,  Courtier,  ou  Cour- 
tière de  mariage,  Ceux  qui  se  mêlent  de  faire 
des  mariages. 

C;OUll  T1LIi':RE.  s.  f.  Espèce  d'insecte  qui 
se  forme  dans  le  fumier,  et  qui  fait  beaucoup 
de  dégât  dans  les  jardin,^, 

COURTINE,  s.  f.  Rideau  de  lit.  Courtine  de 
(lumus.  i^'ernier,  tirer  les  courtines.  En  ce  sens 
il  vieillit 

CuiJitTtNC,  signifie,  cn  termes  de  Fortifica- 
tion, Le  mur  qui  est  entre  deux  bastions,  et 
qui  eu  joint  les  flancs.  La  courtine  ctoit  trop 
longue,  et  ne  pouvoit  pas  être  bien  défendue. 

COURTISAN,  s.  niasc.  t^>ui  est  attacha  i  la 
Cour,  qui  frt*f[ucDtc  Ja  Cour.  Bon  Couitisan. 
Vietix  Courtisan,  C'est  un  adroit,  un  habile^ 
un  fin,  un  rusé,  un  sage  courtisan.  Hlauvats 
Courtisan. 

U  sigtiifie  aussi,  Celui  qui  courtise,  qui 
ihcrehe   à   plaire.   Oo   dit    De   l'amant  d'uni 

43. 


34o 


COU 


femme,  qrie  C'est  son  courtisan.  Cette  femme 
n'a  point  d'umii,  mais  des  courtisans. 

On  appelle  aussi  Courtisan^  Celui  qui  rend 
h  quelqu'un  des  iissiduités ,  pour  en  obtenir 
quelque  avantage.  Ceux  (^ui  ont  des  emplois  ù 
donner,  à  procurer ^  ne  mantiuent  point  de 
courtisans. 

COURTISANE,  s.  fum.  On  donnoit  ce  nom 
aux  femmes  puhliquos  chez  les  Anciens,  et  on 
les  appelle  encore  ainsi  en  Italie.  Les  Courti- 
saties  de  Venise.  Les  Courtisanes  de  Home.  Il 
fait  l'amour  à  une  Courtisane.  Il  entretient 
une  Courtisane.  Et  par  extension,  on  le  dit  De 
toutes  les  fcjimes  de  mauvaise  vie  qui  sont 
un  peu  considérables,  et  au-dessus  des  cou- 
reuses. 

COURTISER.  V.  act.  Faire  la  cour  à  quel- 
qu'un dans  l'espérance  d'en  obtenir  quelque 
chose.  Cet  homme  vous  courtise  fort.  Il  n'est 
pas  d'humeur  à  courtiser  personne ,  s'il  n'en  a 
besoin.  Il  courtise  ce  vieillard  pour  avoir  sa 
succession.  Il  ne  se  dit  pas  Du  sujet  à  l'égard  du 
Souverain. 

On  dit,  Courtiser  les  Dames,  pour  dire, 
Être  assidu  auprès  des  Dames,  chercher  h.  leur 
plaire.  Il  est  galant,  il  courtise  les  Dames.  Il  y 
a  lonq-temps  quil  courtise  une  telle.  Il  est  du 
style  familier. 

On  dit  figurcment ,  Courtiser  les  ]\Iuses^ 
pour  dire,  Se  plaire,  s'adonner  aui  Belles- 
Lettres,  pniticuliJrcment  h  la  Poésie. 

CounTisÊ,  ÉE.  participe. 

COURTOIS,  OISE,  aciiecl.  Civil.  e;rarieux, 
tant  ftn  ses  discours  qu'en  son  accueil,  et  cii 
toutes  ses  actions.  Fort  courtois.  Courtois  aiu 
Dames,  Il  n*est  guère  courtois.  Il  est  peu  cour 
(OIS.  Il  vieillit. 

On  appeloit  autrefois  Àrme^  courtoises j  Ici 
armes  dont  on  se  servoit  dans  les  Tourno's, 
parce  que  la  pointe  et  le  tranchant  en  i-toienl 
émoussés,  et  qu'elles  n'e'toicnt  point  meurtrières. 
Les  armes  de  guerre  étoient  appelées  Arme\ 
émoulues. 

COURTOISEMENT,  adv.  D'une  manii-rc 
couitoisc.  Il  Is  reçut  fort  courtoisement.  Il 
vieillit. 

COURTOISIE,  suhst.  f.  Civilité,  bon  oŒcfi 
qu'on  rend  h  quelqu'un.  Il  l'a  traité  avec  beau 
coup  de  courtoisie.  Je  vous  remercie  de  votre 
cowtoi-iie.  11  est  familier. 

COUSIN,  INE.  s.  Il  se  dit  De  ceux  qui  son! 
issus,  soit  des  deux  frères. soîl  des  deux  sœurs. 
soit  du  frère  ou  de  la  sœur.  Cousins  qermaimt. 
I.cs  enfans  de  ceux-ci  s'ai)pcllcnt  Cousins  rs.^«j 
de  germain.  Les  autres  qui  sont  plus  éloignés, 
s'appellent  CofisinsflH  troisième  ef  au  quatrième 
degré,  etc.  Bon  cousin.  C/iei*  cousin.  C'e.^l  mon 
cousin  y  ma  cousttte.  Nous  sommes  cousins.  Oe 
fjuel  côté  sont-ils  counns  ? 

En  France,  le  Roi  dans  ses  Lettres  traitoîi 
de  Cousin.'i,  non-seulement  le*  Princes  de  son 
sang,  mais  encore  plusieurs  Prince»  dtranr;ers,' 
les  Cardinaux,  les  Pairs,  les  Ducs,  les  Marê- 
rlidux  de  France,  les  Grands  d'Espagne,  et 
quelques  Seigneurs  du  Royaume. 

On  dîsoil  proverhi;dement ,  Tous  Gentils- 


COU 

hommes  sont  cousins,  et  tous  vilains  sont  com 
pères. 

CoDSiNj  se  dit  quelquefois  fi^urémcnt,  De 
ceux  qui  sont  bons  amis  et  en  bonne  intcllï- 
gfMice.  Si  vous  faites  telle  chose,  nous  ne  se- 
rons pas  cousins.  U  est  familier. 

On  dit  proverbialement  et  dans  le  style  ti- 
milicr.  Si  telle  fortune  m'arri\.'oit ,  le  Roi  ne 
seroit  pas  mon  cousin ^  pour  dire,  Je  m'estime- 
rois  plus  heureux  que  le  Roi. 

On  dit  par  raillerie  et  en  style  burlesque, 
qu't'n  homme  est  mangé  de  cousins,  ou  qu'il 
a  toujours  des  cousins  chez  lui,  Quand  plu- 
sieurs (ienlilshommes  de  campagne  ,  sous  pré- 
texte de  parenté  ou  d'amitié,  viennent  l'impor- 
tuner et  munf;er  cliez  lui. 

On  appelle  Uu  mouvais  vin,  Du  chasse- 
cousin. 

COUSIN,  subst.  masc.  Sorte  de  moucheron  ' 
piquant,  et  fort  importun.  L^n  cousin  le  vini 
^iguer  à  la  joue.  Les  cousins  Vont  fort  impor- 
tunè,  l'ont  tourmenté  toute  la  nuit.  Mangé  dt 
cousins. 

COUSINAGE,  subst.  m.  La  parente  qui  est 
entre  cousins. /Is  s'appellent  cousins,  je  ne  sais 
d'oit  vient  ce  cousinage.  Il  est  entré  d^ns  ccttt 
niurson  sous  prétcjrte  de  cousinage. 

Il  se  prend  aussi  pour  Toute  l'assemblée  de< 
parens.  Il  pria  tout  le  cousinage.  Il  est  du  style 
familier. 

COUSINER.v.  a.  Appeler  quelqu'un  cousin. 
Il  vous  cousine,  de  quel  côté  est  -  il  votre  cou- 
un-'  Je  ne  sais  s'ils  sont  parens,  mais  ils  se 
cousinent. 

Il  se  dit  aussi  dans  le  style  familier,  Dei 
petits  Gentilshommes  de  campagne  qui  voni 
visiter  les  autres  plus  riches,  pour  vivre  quel- 
<jue  temps  chez  eux.  Comment  peut -il  vivn 
avec  si  peu  de  biens?  il  va  cousitwr  chez  Vun. 
chez  l'autre.  Il  s'est  accoutumé  à  cousiner.  Ec 
ce  sens  il  est  neutre. 

On  dit  proverbialement  De  deu\  personnel 
d'humeur  opposée,  qu"Ê//cs  ne  cousinent  pa. 
ensemble. 

CorsiNÉ,  ÉE.  participe. 

COUSlNlfcRE.  s.  f.  Sorte  de  gaxe  no-it  oe 
entoure  un  lit,  pour  se  garantir  des  cousins. 

COUSSIN,  s.  m.  Sorte  de  sac  cousu  de  toin 
les  côtés,  et  rempli  de  plume,  ou  de  bourre, 
ou  de  crin  .  etc.  pour  s'apiniycr,  ou  pour  s'as- 
seoir df'ssns.  Coussin  de  drap.  Coussin  de  vc^ 
lours ,  etc.  Coussin  de  carrosse.  Coussin  qu'on 
met  sur  lu  selle  d'un  cheval^  pour  y  être  assis 
plus  mollement.  Coussin  qu'on  met  deiriéic  la 
sellcj  pour  porter  quelqu'un  eu  trousse,  en 
rroupe,  oir  pour  y  mctlio  une  malle  ou  une 
valise. 

COUSSINET,  s.  m.  Petit  coussin.  Il  faut 
mettre  un  coussinet  dirrière  la  selle  pour  por- 
ter la  valise  la  malle.  Un  coussinet  de  senteur. 
Cous.tirief  i^u'on  met  soiv;  la  cuirasse^  etc. 

COÛT.  s.  m.  Ce  qu'une  chose  coûte.  Il  n'est 
plus  guère  d'a.sage  que  dans  cette  phrase  de 
Pratique,  Les  frais  et  loyaux  coûts. 

Ou  dit  proverbialement,  que  Le  coût  fait 
perdre  le  qoût,  pour  dire,  que  La  trop  grande 


COU 

dépense  qu'il  faudroil  faire  pour  avoir  une 
chose,  en  ôte  l'envie.  • 

COUTANT,  adj.  Il  n'a  point  de  féminin,  et 
n'est  d'usage  qu'en  celte  plirase,  Le  prix  coû- 
tant. Je  vous  le  donne  au  prix  codtani  ^  pour 
dire.  Au  prix  qu'il  m'a  coûté. 

COUTEAU,  s.  m.  Instrument  composé 
d'une  lame  et  d'un  manche,  et  qui  sert  à  cou- 
per, surtout  à  table.  Couteau  tranchant.  Cou- 
teau épointé.  Couteau  ébréché.  Couteau  pliant. 
Couteau  à  gaine.  Couteau  à  ressort,  à  virole. 
Couteau  à  lame  d'arqent,  à  lame  d^or.Couteau 
de  cuisine ,  de  table ,  de  poche.  Couteau  à  manchs 
d'ivoire,  d'argent.  Couteau  de  toilette.  Coufeaw 
de  palette.  L'alumelle,  la  lamCf  la  pointe,  le 
tranchant,  le  dos  d^un  couteau.  Couteau  de 
Paris,  de  Chutelleraut ,  de  Moulins,  etc.  Cou- 
teau à  deux  lames.  Couteau  d'argent.  Couteau 
d'or.  EmoudrCj  aiguiser  un  couteau.  Emmaji- 
chcr  un  couteau.  Il  lui  a  donné  un  coup  de 
couteau.  Il  lui  a  donné  du  couteau  dans  U 
ventre.  Il  tira  le  couteau  sur  lui.  Il  lui  mît  le 
couteau  à  la  gorqe. 

On  appelle  proverbialement,  Couteau  pen- 
dant ^  Un  homme  qui  en  accompagne  toujours 
un  autre,  et  qui  est  pr.'t  à  le  servir  en  toute 
occasion.  Un  tel  est  toujours  avec  lui,  c'est  son 
co:iIeau  pendant. 

On  dit  figurcment.  Mettre  couteaux  $ur  ta- 
lle,  pour  dire,  Donner  h  manger. 

On  dit  figurcment  et  familièrement,  Atgui- 
scr  les  couteatLT  ,  pour  dire,  Se  préparer  au 
:ombnt  on  à  la  dispute. 

0.n  dit  familièrement  ,  que  Des  gens  sont 
aux  ëpées  et  aiix  couteaux,  (^)uand  ils  sont  en 
grandt;  querelle,  en  grande  inimitié,  ou  en 
gi'and  procès.  Ils  en  sont  aux  épces  et  aux  cou- 
teaux, aux  couteaux  tirés. 

On  dit  aussi  familièrement.  Jouer  des  cou- 
teaux, pour  dire.  Se  battre. 

On  dit  proverbialement  aux  enfans  à  qui 
l'on  refuse  quelque  chose ,  On  vous  en  don" 
nera  de  petits  couteaux  pour  les  perdre. 

Couteau,  signifie  encore.  Une  courte  cpire," 
ipi'on  porte  au  côté.  //  ne  porte  qu'un  couteau. 
Il  avait  du  désavantaqe  en  cette  rencontre, 
piircc  que  son  ennemi  avoit  une  epée  de  lon- 
aii:-ur,  et  lui  n'avoit  qu'un  couteau. 

CnuTEAU-DE-CHAssE.  C'cst  Une  courte  éj>ée 
qui  d'ordinaire  ne  tranche  que  d'un  côté,  pour 
couper  les  branches,  quand  on  brosse  au  tra- 
vers des  bois. 

On  appelle  Couteau  de  tripière,  Un  couteau 
qui  tranche  des  deux  côtés. 

On  dit  proverbialement  et  figurénicnl ,  De 
celui  qui  dit  du  bien  et  du  mal  de  la  môme 
personne,  (jnc  C'est  un  couteau^e  tripière^  un 
couteau  à  deux  tranchans  ,  un  couteau  qui 
tranche  des  deux  côtés. 

COUTELAS.  9.  m.  Sorte  d'épce  courte  et 
large,  qui  ne  tranche  que  d'un  côté.  Cotttela$ 
bien  tranchant.  Coutelas  de  Damas.  Vn  coup 
de  coutetas.  Il  lui  a  fendu  la  Ute  d^  son  cottU- 
las,  avec  son  coutelas. 

COUTELIER  ,  ÈRE.  s.  Celui  ,  celle  dont  Is 
métier  est  de  faire,  de   vendre  des  couteaux t 


cou  ^ 

cUeniix  ,  rasoir»  ,  lancettM  ,  canift  ,  et  autres 
instrumeoi  Ir  >i)clians.  Bon  Coutelier.  Mattrt 
Coutelier,  Curfon  Coutelier.  Il  est  Coutelinr  à 
Paris. 

CODTELIÈBE.  ».  f-  ^':t^u  dans  lequel  on 
met  plusieurs  couteaux.  Une  couldiére  pour 
demi-douzaine,  ou  pour  une  douzaine  de  cou 
(t'.ifix.  Ce  nVï(  pas  la  coutelière  de  ces  cou- 
teaux-là. Il  n'est  plus  guère  d'usage. 

COL'TKI.LKRIE.  s.  f.  Métier  de  Coutelier. 
Art  de  faire  dos  couteaux,  des  ciseaux,  des  ra- 
•oirs,  etc.  Il  entend  bien  la  Coutellerie. 

On  appelle  .■lus^i  Coutellerie  en  {;enér.il.  Les 
ouvrages  que  font  ou  débitent  les  Couteliers.  Il 
te  fait  beaucoup  de  coutellerie  à  Moulinn. 

COUTER.  V.  n  Être  acheté  un  certain  prix. 
Coûter  peu.  Coûter  beaucoup.  Coûter  dur.  Se 
coûter  nuèrc.  Coiiter  trop.  Cela  coûte  plus  qui: 
cela  ne  rduf.  Combien  vous  coûte ,  ijuc  vou^ 
coûte  cette  étoffe,  ce  vin,  ce  cheval,  cette  mai- 
toit,  cette  terre,  etc.  ?  Cela  a  coûté  cent  écus. 
L'entretien  d'un  cheval,  d'un  carrosse,  coûtt 
tant.  Il  lui  en  a  coûté  son  bon  ai-qent.  Je  veiut 
avoir  cela  ,  quoi  qu'd  coûte,  quoi  qu'il  en 
coflfe.  Cela  lut  coûte  bon.  Ces  biens -là  ne  lui 
coûtent  quérc. 

11  signifie  aussi,  Être  cause  de  dépense,  de 
perte ,  de  douleur,  de  peine ,  de  soin.  iVe  plai- 
dons point,  les  frccèt  coûtent  trop.  Tous  frais 
fait* ,  il  m'en  coûte  tant.  H  coûte  beaucoup  à 
biUir.  Il  a  fait  une  folie  ifui  lui  a  coûté  cher, 
tfui  lui  coûte  son  bien.  Il  lui  en  a  coûté  un  bras 
pour  avoir  été  à  la  guerre.  Il  vous  en  colitera 
ta  vie.  Il  vous  en  coûtera  la  tête.  Il  ne  vous  en 
coûtera  qu'une  saiqnée.  Cette  perte  lui  a  coûte 
bien  des  soupirs,  des  larmes.  Cette  sottise  lui 
coûte  cher.  Cette  place  qu'il  obtient,  lui  a  coûté 
biin  des  bassesses.  C'est  trop  acheter  le  plaisir 
d'un  moment,  quand  il  coiUe  un  long  re- 
pentir. Cet  ouvraqe  lui  coûte  bien  des  veilles. 
Cette  recherche  lui  a  coûté  bien  du  temps,  lui 
conte  un  grand  soin,  un  grand  travail.  Lu 
peine  qu'il  m'en  coûte.  Cette  ode,  cette  ha- 
rangue a  dû  lu:  coûter. 

On  le  met  <|uclquefois  absolument  et  sans 
régime.  Tout  coule  en  ce  monde.  Les  procès, 
les  voyages  coûtent. 

On  dit  figurémcnt,  qu'L'ne  cJiose  ne  coûte 
guère  à  un  homme,  pour  dire,  qu'il  ne  la  mé- 
u.ige  point,  qu'il  la  prodigue.  Vraiment  l'ur- 
jeiij  ne  lui  coule  guère.  Ce  Général  expose  ses 
koupu  à  tout  moment,  les  hommes  ne  lui 
coûlenl  guère. 

On  dit,  que  Rien  ne  coûte  à  un  homme, 
priur  dire  ,  qu'il  n'épargne  rien,  ou  .ju'il  i.e 
trouve  rien  de  ridicule.  Huiind  il  estumoureii.r, 
quand  il  est  question  d'obliger  ses  amis,  rien 
ne  lui  coûte. 

Ou  dit  on  contraire,  que  Tmit  lui  coûte. 
p.>nr  dire,  qu'il  a  de  la  peine  ï  faire  tout  ce 
q  l'il  fait.  Il  fait  plaisir  à  regret,  tout  lui  coûte. 
Il  n'a  aucune  facilité  à  écrire,  tout  lui  colite. 

On  dit,  //  m'en  coûte  de  vous  donner  cet 
avis,  d'avoir  à  vous  faire  des  reproches,  pour. 
J'en  suis  affligé,  je  suis  obligé  i  quelque  eH'ort 
pour  m'y  résoudre. 


COU 

■  COÛrEUX,  EUSE.  adj.  Qui  eu^tis-e  X  de 
la  dépense.  Les  voyages  sont  cotlleiL\.  Le  fjoût 
lies  tahlemu:  est  coùteiLX, 

COUTU^R.s.m.Ouvnerqiii  fait  dcscouiils. 

COUTIL,  s,  m.  (On  ne  pioiionce  pas  1*L. ) 
Espèce  de  toile  faite  de  fil  de  chanvre  ou  de 
lin,  qui  est  lissée  cl  fort  serrée,  propre  pour 
faire  des  lits  de  plume,  des  laies  d' oreiller, 
des  tentes  ,  etc.  Coulil  de  Flandre.  Coutil  de 
Bruxelleis  de  yormandicy  etc. 

COUTRK.  s.  m.  Fer  tranchant  qui  fait  pnriie 
dr  la  cliarme,  et  qui  sert  ;i  fendre  la  terre  quand 
on  labnurc.  Contre  tranchant. 

COUTUME,  s.  f.  Habitude  contractée  dans 
les  mœurs,  dans  les  nianit'res,dans  les  discours, 
dans  les  actions.  Uonne  coutume.  Mauvaise  cou- 
tume. Sotte  coutume.  Vilaine  coutume.  Prendre, 
ijuitter  une  coutume.  Se  défaire  d^tne  coutume. 
//  a  la  mauvaise  coutume  de  faire  des  qrimaccs. 
Cela  lui  a  tourné  en  coutume.  Il  s'en  est  fuit 
une  coutume.  On  fait  beaucoup  de  choses  par 
coutume. 

On  dit.  Avoir  coutume)  avoir  de  coutume,, 
pour  dire»  Avoir  accoutumé-  Il  avoit  coutume^ 
il  avoit  de  coutume.  Le  dernier  est  vieux. 

On  dit  absolument  :  //  en  use  comme  de 
coutume.  Il  est  plus  gai  tjue  de  coutume.  Il  se 
porte  mieiLX  que  de  coutume.  Il  s'est  levé  plus 
tard  que  de  coutume. 

CouTLME,  se  dit  quc'lquefois ,  De  ce  qui  a 
passe  en  quelque  sorte  d'obligation,  ou  d'en- 
gagement, parce  qu'on  l'a  souvent  pratiqué. 
Cela  s^est  tourné  en  coutume.  Purce  (/u'on  lui 
a  foiifflrt  cela  une  fois,  il  le  veut  tourner  en 
coutume. 

On  dit  proverbialement  :  Une  fois  n\st  pas 
coutume.  //  ne  faut  pas  perdre  les  bonnes  cou- 
tumes. 

CocTCME  ,  s'emploie  aussi  nj;urémcni,  en 
parlant  De  ce  qui  arrive  souvent  aux  choses 
inanimées.  Ce  pommier  a  coutume  de  donner 
beaucoup  de  fruits.  Cette  cheminée  a  coutume 
de  fumer  quand  le  vent  du  midi  souffle.  /,« 
pierres  qui  viennent  d'ctrc  (iVc'cs  de  la  carrière 
ont  coutume  de  se  fendre  à  la  gelée. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  qu'on  pratique  ordinai- 
rîment  en  de  certains  Pays,  et  en  de  certaines 
choses.  Vieille  coutume.  Ancienne  coutume. 
C'est  la  coutume  d'un  tel  Pays^  d'une  telle 
Ville ^  de  se  réjouir ^  de  danser  un  tel  jour,  de 
sofe/iniscr  telle  jétc i,  de  faire  telle  ceVcmonic, 
telle  réjouissance^  etc.  C'est  fa  coutume  en 
France  de...  Cette  coutume  s^est  introduite,  s'est 
autorisée^  s'est  abolie.  La  coutume  nVsï  plus  de... 
n'en  est  plus.  La  coutume  étoit  Que...  C'ctoit  une 
tau:  unie  reçue.  Il  a  ramené  l'ancienne  coutume. 
Cela  est  vaiu  en  coutume^  passé  en  coutume. 

H  signifie  plus  particulièrement  Certain 
droit  municipal  qui ,  s'rtant  antorisé  par  l'usage 
et  par  Ki  commune  pratique  d'une  Ville,  d'une 
Province  nu  d'un  Cantnn  ,  y  tient  lieu  et  a 
force  de  Loi.  Coutume  qénérale  d'une  Province. 
Coutume  de  yormandie^  de  Champagne.  Cou- 
tume de  Pari<.  Coutume  /ora/c,  ou  d'un  lieu 
particulier.  Réformer  la  Coutume.  Uêdiger  par 
"-rit  une  Coutuirt,  tU  se  sont  mai  tes  suivant 


COU  341 

la  Coutume  de  Paris.  Une  telle  Coutume  est 
y  favorable  aux  femmes^  cette  autre  est  desavan- 
tageuse aux  puînés.  Vous  trouverez  cela  dans 
la  Coutume  de...  La  Coutume  de...  porte  que... 
Un,  tel  article  de  la  Coutume.  Il  a  commenté 
la  Coutume.  Il  a  éa'it  sur  la  Coutume.  C^est 
un  point  de  Coutume.  Suivant  la  disposition 
de  la  Coutume.  Ce  n'est  pas  un  Pays  de  Droit 
écrit ,  c'c5t  un  Pays  de  Coutume. 

On  appelle  absolument,  La  Coutume  d'un 
i'a>  s,  Le  Recueil  du  Droit  Coutumier  de  quel- 
que Pays.  //  il  commenté  la  Coutnme  du  Ni- 
vernais, de  Bretagne,  de  Normandie.  Il  faut 
se  régler  selon  les  Us  et  Coutumes  du  Pays. 

Coutume,  sîf^nifie  encore  quelquefois,  Cer- 
tains droits  et  inipûlsqui  se  payent  en  quelques 
passades  et  ailleurs.  Payer  la  coutume.  La  cou- 
tume qui  se  lève  en  tel  endroit  sur  le  vin^  sur 
les  bateaux,,  sur  les  vivres,  etc.  Coutume  de 
Boyonne.  Cotttume  deBordeaux.  Il  est  Fermier, 

de  la  Coutume  de Cette  marchandise  doit  la 

coutume,  ne  doit  point  la  coutume. 

COUTUMIER,  1ÈRE. adj.Qdi a  accoutumé 
de  faire,  etc.  Il  est  coutumier  de  mentir.  Il  Cit 
familier. 

On  dit,  quT/n  ?iomme  cf  coutumier  du  fait, 
pour  dire,  qu'il  est  accoutumée  faire  certaine 
chose. 

CuuTi"MiEn.  signifie  aussi,  Qui  appartient 
à  11  Coutume.  Droit  Coutumier.  Pays  Coutu- 
mier. On  appelle  ainsi  Un  Pays  qui  se  gouverne 
par  un  Droit  nmnicipal;  et  il  se  dit  par  oppo- 
sition a'i  Pays  de  Dmit  écrit. 

COUTUMIER.  suhst.  m.  Livre  contenant  W 
Droit  municipal  d'une  Ville,  d'une  Province, 
ou  d'un  Canton.  Le  grand  Coutumier.  LeCou- 
(umier  Ge'nera/.  Le  Coutumier  de  Norjtiandie, 
Le  Coutumier  de  Champagne. 

COUTURE,  subst.  f.  Asscmldage  de  deux 
choses  qui  se  fait  par  le  moyeu  de  l'aiguille  ou 
de  l'alêne,  et  a\-ecdu  fil,  de  la  soie,  etc.  Grosse 
couture.  Coutuie  menue,  fine,  ronde.,  plate. 
Dof.blc  couture.  Couture  d'habits,  de  linge ^  de 
gants,  de  bottes,  de  souliers,  etc.  Faire  une 
couture.  Une  robe  sans  coulure.  Linceuls  f 
draps  sans  couture.  On  n'en  voit  point  la  cou- 
ture. Cette  couture  ne  paroit  point.  C'est  la  coït- 
ture  qui  vousblesse.  Il  faut  rabattre  la  couture, 
3U  les  coutures. 

On  dit  populairement  îi  Un  homme  qui  a 
un  hal)it  neuf,  en  le  frappant  par  manit-re  cic 
phiisanierie,  qu7l  lui  faut  rabattre  les  coutures. 

CoL'TCitE,  signifie  aas&i  L'action  et  l'art  de 
coudre  en  linge,  en  drap,  ou  autres  clofles. 
Cette  couture  est  aisée,  est  jx'nible.  Elle  ne 
veut  pas  quitter  la  couture. 

Il  signifie  aussi  La  façon  dont  une  chose  est 
cousue,  ou  bien  ou  mal.  Belle  couture.  Couttire 
malpropre.  Voilà  une  vilaine  couttêre. 

CouTCiE  j  se  dit  aussi  De  la  cicatrice  qiii 
reste  d'une  pliie,  soit  qu'elle  ait  été  rerousiu* 
ou  non  ,  ou  mùme  des  grandes  marques  que 
Ui>se  In  petite  vérole  sur  le  visage.  Grosse  cou- 
ture. Vilaine  couture.  Il  en  a  encore  la  roulure 
$ur  le  vidage.  Il  a  le  vitaqe  tout  plein  de  cou- 
tares. 


342  cou 

Oa  dit  Ggurém.,  qa'Vne  armée  a  été  Jèfalle 
à  plate  couture,  pour  dire,  «ju'EUc  a  été  eutiè- 
l'cineut  défaite. 

COUTURÉ,  ÈE.  adj.  Qui  porte  dos  mar- 
ques el  dc3  indgnlités  scnibld>lrs  h  des  coutures. 
H  est  tout  ccaliiré  de  petite  vérole. 

COUTDP.ItR.  subst.  mj.  Qui  fait  métier  de 
coudre.  Don  couturier.  Mauiuiis  couturier.  Il 
n'est  guire  en  usage. 

En  Auatoniic,  Couturier  est  le  nom  d'un' 
muscle'de  la  jmibe. 

COUTURI.'iftl':.  s.  f.  Qui  travaille  en  cou- 
ture, soit  de  linge  ou  d'habits.  Habile  coutu- 
rière. Couturière  eu  linge.  Couturière  pour 
femme ,  pour  enfans ,  c'est-ù-dîre ,  Qui  fait  des 
liabits  de  femme,  d'eufans. 

COL'VALN.  subst.  masc.  Semence  des  pu-, 
naises ,   et  de   quelques  antres   insectes.    Les 
fourmis  chercJient  avec  avidité  le  couvain  des 
punaises. 

COUVEE,  s.  f.  Tous  les  œufs  qu'un  oisc.ui 
couve  en  même  temps,  ou  les  petits  qui  on 
sont  édos.  îl  y  avait  tant  d'œufs  à  la  couvée. 
Cette  poule  a  amené  quinze  poussins  d'unt 
convce.  La  poule  et  toute  sa  couvée.  Cn  serpent 
monta  dans  le  nid  et  mannca  la  méi-e  et  la 
couvée. 

Il  signifie  au&si  fignrénient,  familii'rcmcnt, 
cl  le  plus  souvent  cn  mauvaise  part,  Engeance. 
Le  père,  la  mère,  les  enfans  sont  Icns  [ripons, 
toute  la  couvée  n'en  i^aul  rien. 

COUVENT,  s.  m.  Maison  Religieuse,  Mo- 
nastère. Coiii'i'nl  de  Capucins,  de  Chartreux. 
Couvent  de  jilles.  Se  mettre,  se  jeter  dans  un  ' 
Couvent.  Entrer  dans  un  Couvent.  Sortir  dn 
Couvent.  Menacer  une  fille  du  Couventt  de  U 
mettre  au  Couvent,  de  l'enfermer  dans  un 
Couvent. 

CoavEST,  se  prend  aussi  tris-souvent  pout 
Tous  les  Religieux  ou  toutes  les  Religieuses  qui 
iout  dans  un  même  Monastère.  C'est  un  Cou. 
¥ent  bien  rérjlé.  Tout  le  Couvent  s'assembhi 
pour  l'clcclion  de  VAhbesse.  La  moitié  du  Cou. 
¥tnt  etoit  pour  un  tel  Religieux ,  l'autre  moilii 
vouloit  un  autre  Supérieur. 

COUVER,  V.  a.  se  dit  Des  oiseaux  qui  se 
tiennent  sur  leurs  œufs  pour  les  faire  ccloic. 
Les  oiseaux  cor^vcnt  leurs  natifs.  Cette  poule  a 
ttouvé  tant  d'œujs.  On  lui  a  fait  couver  des  œufa 
de  cane. 

Ou  le  dit  quelquefois  absolument.  C'est  la 
laison  où  tels  oiseaux  couvent.  Cette  femme  a 
tant  de  poules  ijui  couvent.  Mettre  des  poules 
couver.  Cette  poule  veut  couvei'. 

Un  dit  fîgiiréiucDt  et  familièrement,  Couwr 
quelqu'un  des  yeux,  pour  dire,  L'observer  et 
!•  regarder  avec  tendresse  et  alTeclion,  et  ne 
s  eu  pouvoir  lasser.  Cette  mère  aime  si  fort  son 
fils,  sa  fille,  quelle  ne  les  voit  pas  à  demi,  elle 
les  couve  des  yeux. 

Un  dit  aussi  figurèment  :  Ccl  homme  couve 
de  mauvais  desseins.  'Tout  cela  couve  une  gueire 
civile,  couKC  quelque  grand  malheur. 

Couvin,  est  «nssi  neutre,  et  se  dit  figut«- 
■iioit  Dcj  choses  qui  sont  cachées,  qui  ne  pa- ' 
loissenl  point,  et  qui  peuvent  se  dccouvtii 


COU 

V  quelque  temps  après.  En  ce  sens,  il  se  dit 
principalement  Du  feu,  de  quelques  vapeurs, 
des  humeurs.  Le  feu  couve  suus  la  cendre. 
Cette  vapeur  maligne,  ce  mauvais  air  se  giirdi] 
dans  une  balle  de  laine,  dans  un  paquet  de 
linge,  et  couva  long-temps.  Cette  mauvaise  hu- 
meur couve,  se  couve  dans  les  entrailles.  En  ce 
sens  il  est  aussi  actif.  Vos  entrailles  convoient 
cette  liumcur  maligne.  Vous  couvez  une  grande 
maladie. 

Ou  le  dit  aussi  Des  choses  morales,  comme 
d'une  ccnspiralion,  d'un  dessein,  d'une  guerre. 
Cette  conspiration  couve  depuis  long -temps. 
Cette  guerre  s'est  allumée,  elle  couvoll  depuis 
long-temps.  Sa  haine,  son  amour  a  long-temps 
couve  dans  son  cn;ur. 

On  dit  (jgiu-éimnt  ,  U  faut  laisseï'  couver 
■  ela,  pour  dire,  Il  ne  faut  pas  se  Ijiler. 

11  s'emploie  ansii  quelquefois  avec  le  pro- 
iiuni  personnel.  Il  se  couve  quelque  chose  de  /orl 
r/uniyercii.r.  //  se  couve  là-dessous  je  ne  suis  quoi. 

Couvé  ,Éi:.  participe. 

COUVERCLE,  s.  m.  Ce  qui  est  fait  pont 
couvrir,  ce  qui  sert  à  couvrir  un  pot,  un 
colTie,  une  boile,  une  cassette,  une  marmite  , 
DU  quelqne  vase.  Le  couvercle  d'un  pot.  Cou- 
ven-le  à  pot.  Couvercle  d'une  écuelle.  Couver- 
de  d'un  cuvier,  L'n  couvercle  à  lessive.  Mettre, 
attacher  un  couvercle  sur Attacher  un  cou- 
vercle à. . .. 

COUVERT,  s.  m.  La  nappe  avec  les  ser 
fiettes,  couteaux  et  cuillers,  etc.  dont  on  cou- 
frc  la  table  et  le  bufièt.  AleKre  le  couvert.  Han- 
ner  le  couvert. 

Il  se  prend  plus  particulièrement  pour  L'as- 
siette, la  serviette,  etc.  qu'on  sert  pour  chaquo 
personne.  Il  tient  grande  table,  il  y  u  tant  di 
couverts.  Mettez  encore  un  couvert  pour  Mon. 


COU 

que  n'est  pas  si  dangereuse  de  ce  colc-hi,  on  y 
peut  aller  à  couvert. 

On  dit  aussi ,  Être  à  couvert  d'un  luis,  d'un 
marais,  d'une  rivière,  etc. 

On  le  dit  figurèment,  pour  signifier.  Être 
en  sûreté.  £fre  à  couvert  de  ses  ennemis. 
Etre  à  couvert  de  la  nécessité,  de  la  mauvaise 
fortune. 

On  dit  figurèment,  Mettre  son  bien  ,  ses 
fffets  à  couvert,  pour  dire.  Les  cacher.  McKre 
>n  réputation  à  couvert,  à  l'abri  de  tout  sou<>- 
çon.  Son  liouneur  est  à  couvert.  Rien  ne  met  à 
couvert  de  la  calomnie. 

COUVERTE,  s.  f.  Émail  qui  couvre  une 
terre  cuite  mise  en  œuvre.  Il  se  dit  particnlio- 
lemcnl  De  la  porcelaine.  La  pâte  d'une  bonne 
porcelaine  doit  être  sans  sels ,  et  la  couverte  sans 
métau-c. 

COL'V  ICin'E.MENT.  adv.  Secrètement  et  eu 
racbettc.  Il  faisoit  semblant  de  le  vouloir  ser- 
vir, mais  couvcrlemcnt  it  lui  rendoil  de  man- 
iais offices.  Il  a  fait  cela  si  couvertemeiit ,  qu'on 
n'en  a  jamais  pu  rien  deviner. 

COUVERTURE,  s.  f.  se  dit  lie  certaines 
ilioses  qui  servent  il  en  couvrir  d'autres.  Coii- 
terture  d'une  maison.  La  couverture  était  de 
ihaumc,  de  tuile,  d'ardoise,  de  plomb,  etc. 
Abattre  la  couverture.  Travailler  à  la  couver- 
ture. Relever  la  couverture. 

CofVERTuiu:,  quand  il  est  dit  ab^oInment, 
('entend  d'Une  couverture  de  lit.  Couverture 
5/ie.  Couverture  double.  Couveilure  de  laint, 
ic  soie.  Couverture  de  coton.  Couverture  de  la 
Chine.  Couverture  piquée,  etc.RemcItrela  cou- 
verture. Il  est  mauvais  couclieur ,  il  tire  tout» 
lu  couverture  à  lui,  les  é-aps  et  la  couverture. 
On  l'a  berné  dans  une  couverture. 
,    On  dit,  Faire   la    couvej-ture,  pour  dire, 


.\près  que  le  lit  est  fait,  replier  le  drap  et  la 
On  appelle  encore  Couvert,  Un  étui  garni  f,  couverture  pour  se  coucher. 


il'une  cuiller,  dune  fourchetic  et  d'un  cou 
leau.  Couvert  de  vermeil  doré.  Il  port:  tou- 
jours son  couvert  à  la  campaqne. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  cuiller  et  d'une  four- 
rheite  n'unies.  Une  douzaine  de  couverts  d'ar- 
gent à  fiel. 

CouvEr.T,  signifie  aussi  Un  lieu  ,  une  re- 
traite, un  logement.  Donner  le  couvert  à  quel- 
qu'un.Si  f  avais  le  couvert  pour  cette  nuit  dam 
celte  maison.  Il  n'y  est  pas  nourri,  il  n'a  qiu 
le  couvert. 

Il  signifie  aussi  ,  Lieu  planté  d'arbres  qui 
donnent  de  l'ombre.  Il  n'y  a  point  de  rouvcri 
dans  te  jardin.  Allons  Jiercher  le  couvert. 

Couveut  ,  se  dit  aussi  pour  signifier  L'en- 
velojipe,  l'adresse  d'im  paquet.  Cela  est  arrivé 
franc  de  port  sous  le  couvert  d'un  Ministre.  On 
dit  mieux,  A  l'adresse. 

A  COUVERT.  Façon  de  parler  adverbiale. 
Lieu  ou  l'on  peut  se  garantir  des  injures  du 
temps.  /(  ne  craint  point  la  pluie,  le  mauvais 
temps,  il  est  à  couvert.  Il  s'est  mis  à  cou- 
vert. Quand  on  c.U  à  couvât  de  l'orage  ,  de  la 
pluie. 

On  dit  aussi,  £,lrc  à  couvert,  se  mettre  à 
COiulf/U  du  canon ,  de  la  mousqueterie.  L'atta- 


Couveutude  de  mulet,  couverture  de  fuur- 
qon,  couverture  de  charrette,  de  chariot,  C'est 
une  pièce  de  drap,  de  toile,  de  tapisserie,  ou 
antre  chose  que  l'on  met  sur  le  mulet,  sur  In 
charrette, etc.  pour  les  couvrir. £.es  armes  d'un 
tel  sont  sur  la  couverture  de  ses  mulets.  Cou- 
verture de  chevaiLX. 

On  dit  aussi  ;  Couverture  de  chaises,  de  siè- 
ges. Couverture  d'un  livre.  Couveiture de  vélin, 
de  veau,  de  basane,  de  maroquin,  de  chaqrin. 
Couverture  dorée.  Riche  couverture.  Il  n'a  ja- 
mais vu  ce  livre  que  par  la  couverture. 

CouvEnrniE,  signifie  figurèment  Prétexte. 
5ous  couverture  d'amitié.  Il  cherche  une  cou- 
verture à  son  crime.  Quelle  couverture  peut- 
il  donner  à  cette  méchancetés L'I.ypocrisie  sert 
lie  couverture  à  bien  des  crimes. 

COUVEHl'URIER.  s.  m.  Marchand  ou  ar- 
tisan qui  fuit,  qui  vend  des  couvertures.  Mar- 
chand couverturier. 

COU  VET,  s.  m.  Pot  de  terre  ou  de  cuivre, 
avec  une  an.se,  qui  sert  ù  mettre  de  la  cendre 
chaude  et  des  chai  Iwiis,  et  que  les  femmes  met- 
tent sous  elles  l'hiver. 

COUVEUSE,  s.  f.  Qui  couve.  CeUe  poule 
est  une  bonne  couveuse. 


cou 

COUTÏ,  adj.  m.  se  dit  d'Un  œuf  à  <ïcniî 
couve ,  ou  f-âlé ,  pour  avoir  été  garde  trop  lonj;- 
temps.  Dans  celle  omelette,  il  y  a  (jue^ue  œuf 
couvi  ffui  la  qdte. 

COUVKK-CHKF.  ».  m.  Sorte  de  coiffure  'de 
loile  que  portent  les  paysannes. 

En  (;liiruri;ie,  Couvre-chef ,  est  Un  bandage 
dont  on  se  sert  pour  envelopper  la  tète. 

COUVRE-FEU.  s.  ni.  Ustensile  de  cuivre 
ou  de  fer,  qu'on  met  sur  le  feu  pour  le  couvrir 
et  le  const  ncr  la  nuit. 

Il  se  dit  aussi  Du  coup  de  cloche  qui  dans 
certains  lieux  marque  i  In  tire  de  se  retirer. 

COUVKE-PIKD.  s.  m.  Sorte  de  petite  cou- 
TCrture  deloll'e,  qui  ne  setcnd  que  sur  une 
partie  du  lit,  et  qui  sert  à  couvrir  les  pieds. 
CoHwc-pied  d'ifidtenne.  Couvi c-picd  de  tajjt'- 
tas  pifjHC.  Couvre-pied  d'éib-edon. 

COUVKEUR.  s.  nî.  Artisan  dont  le  mctict 
est  de  couvrir  des  maisons.  Couvreur  en  ar- 
àoùe,  en  tuile  ^  en  cliaume,  etc.  Il  y  faut  faiii 
monter  le  Couvreiu:  MaiUe  Couvreur,  Compa* 
«non  Cottvreur. 

COUVRIR.  V.  a.  Je  couvre,  tu  couvres,  l 
ccrivre;  nous  couvrons,  vous  couvrez^  ils  cou- 
vrent. Je  couvrais.  Je  couvris.  Je  couvrirai. 
Couvre.  Qu'il  couvre.  Que  je  couvrisse.  Cou- 
vrant. Mettre  une  chose  sur  une  autre  pour  U 
cacl.er,  la  conserver,  l'ornerj  etc.  Couvrir  um 
statuCy  un  tableau.  Couvrir  une  maison.  Cou- 
vrir de  terre  les  racines  d'un  arbre.  Couvrir  un 
plat.  Couvrir  un  poL  Couvrir  de  chaume,  dt 
tuile,  d'ardoise.  Couvrir  d'or,  d'arçjcnt.  Cou- 
viir  un  coffre  de  cuir.  Couvrir  un  livre  de  par 
chemin,  de  velwi,  de  veau.  Se  couvrir  le  vl 
sage.  Il  se  couvrît  de  son  manteau.  Couvtir  da 
chaisci  de  toile,  de  serne,  etc. 

On  dit,  CournV  un  malade,  pour  dire 
Augmenter  le  nombre  des  couvertures  ,  soii 
pour  le  j;arantir  du  froid,  soit  [»our  lui  procu- 
rer une  sueur. 

On  dit ,  Couvrir  le  (eu, pour  dire,  Mettre d» 
la  cendre  dessus  pour  le  conserver. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personne! 
La  terre  commence  à  se  couvrir  de  (leurs,  à  s. 
couvrir  d'herbes  j  de  neige. 

On  dit.  Couvrir  un  momon,  pour  dire,  .Ac- 
cepter, recevoir  le  défi  d'un  momon;  et  Cou- 
vrir une  carte,  pour  dire,  Mellre  une  carte  sur 
une  autre,  ou  autrement,  mettre  de  l'argent 
sur  sa  carte. 

Il  S'*  dit  aussi  pour  signifier.  Mettre  une 
dv^sccnf^randequanlité  sur  une  autre.  Couvrir 
un  habit  dW,  darqent,  de  clmguant,  de  bro- 
derie, de  pastemcns.  Couvrir  la  mer  de  nauires. 
Couvrir  In  campagne  de  qens  de  guerre ,  de 
mort.<.  Couvrir  une  table  de  pistoles.  Il  vint  un 
boulet  de  canon  gui  le  couvrit  de  terre.  Il  êtoit 
couvert  de  tnng  et  de  poussière.  Cet  homme 
êtoil  tout  couvert  de  UprcCouvrir  une  table  dt 
pLits. 

Couvnin  ,  sif;nific  aussi  Revêtir.  Couvrir  les 
pauvres.  Celle  femme  est  si  pauvre,  gu'Ale  nu 
pas  de  guoi  '-e  couvrir. 

On  dit  fi;;uri5rcenl.  Couvrir  de  honte,  d'o^. 
probrCf  de  con^iijion,  d'irfamie,  pour   dirr. 


COU 

Causer  beaucoup  de  honte,  déslionorer.  Je  (e 
couvrirai  de  confusion ,  d'une  grande  con- 
fusion. 

On  dit  d'Une  pièce  d'ÉIo  juence  ou  de  Poé- 
sie ,  et  d'une  pièce  de  Théâtre,  qui  a  été  fort 
applaudie,  qu'EI/e  a  été  couverte  d'upplaudis' 
semens. 

On  dit  figiu*ément,  Se  couvrir  de  lauria's, 
te  couvrir  de  gloire,  pour  signifier,  Acquérir 
beaucoup  de  {gloire. 

On  dit  pnpul.iirement.  Couvrir  la  joue  à 
gucLpt^un,  pour  dire,  Lui  donner  un  souf- 
(let.  S'il  me  soutient  cela,  je  lui  couvrirai 
la  joue. 

On  dit,  que  Le  c/cl,  que  le  temps  se  couvre, 
ipic  l'horizon  se  couvre,  pour  dire,  qu'il  se 
hrnuillc,  s'i»I>scurcit  par  des  nuages.  Le  temps 
lomnieuce  à  se  couvrir. 

On  dit  figurénient,que />'/iori;ort  se  couvre, 
pour  dire,  qu'il  se  manifeste  des  obstacles, que 
jcs  difficultés  se  préparent. 

Cocvnin ,  signifie  figurément  Cacher,  dissi- 
muler, il  sflit  bien  couvrir  ses  desseins.  Il  couvre 
bien  son  jeu.  Il  sait  hîen  couvrir  ses  défauts.  I\ 
couvre  sa  passion.  Cette  mode>^tie  apparetiU 
couvre  une  grande  vanité. 

On  dit.  Couvrir  une  enchère , -ponr  dire, 
Encîiérir  au-dessus  de  quelqu'un. 

On  diljtSV  couvrir  d\tn  prélcxtc,  couvrir  sa 
fiutCj  pour  dire.  S'excuser.  7/  veut  se  couvrir 
de  ce  prétcvtc.  On  pourrait  couvrir  sa  faute, en 
disa'it  gue - 

On  dit  proverhinlement  rt  fi;^urénient .  Se 
:cuvrir  d'un  sac  mouillé,  ];our  dire,  Se  servir 
l'une  exaise  vaine,  et  qui  aggrave  la  faute  plu. 
V't  nue  de  la  diminuer. 

On  dit  en  termes  de  (iuerre,  Se  couvrir  d'un 
\uis,  d'une  colline,  d'une  éminencej  d'un  ma- 
rais, etc.  pour  dire,  Se  poster  près  d'un  b/iis, 
i*un  marais,  elr.  en  sorte  qu'on  ne  puisse  être 
itt;iquéqucMlifficilement  de  ce  coté- li.  On  dil 
i'L'ne  citadelle,  qu'Kl/e  couvre  toute  la  ville. 

On  dit  au  Trictrac,  Se  couvrir,  pour  dire, 
Placer  une  seconde  dame  sur  une  fliïche  qui 
a'cn  avoit  qu'une. 

On  dit  aussi  en  termes  de  Ouenc,  Couvrir 
ta  marche,  pour  dire,  Ca'lier  sa  marche.  Un 
hon  Oénéraî  doit  savoir  cottvrir  sn  marche. 

On  dit  fip;uremcnt,  qu'(7u  homme  sait  cott- 
vrir sa  marche,  pour  dire,  qu  ï!  sait  caclier  ses 
desseins,  alîer  adroitement  5  ses  fins. 

Se  couvnin,  signifie,  ftlettre  son  chapeau 
sur  sa  tttc.  //  se  couvre  devant  le  Roi.  Il  se  cou- 
vrit le  premier.  Couvrez-vous.  ]\ïonsieur. 

On  dit,  qu'Un  Jmha:.sadeur,  un  Grand 
d'Espagne  se  couvre  deviint  le  liai,  pour  dire, 
i|u'Il  a  droit  de  se  couvrir  devnnt  lui. 

Couvnin, se  dit  aussi  Des  animaux  qui  s'ac- 
couplent avec  leurs  femelles.  C'est  un  cheval 
d'E<pagne  gui  a  couvert  cette  cavale.  Cette 
chienne  a  été  couverte  d'un  êpagneul.  H  faut 
faire  couvrir  celte  cavale. 

CorvrnT,  EnxE.  participe,  hcucîle  couverte. 

Ou  dit,  Cuuvot  de  piaii:s,pour  dire,  Btes».- 
en  beaucoup  d'endroits; et  au  sens  figuré:  Cou 
vcil  de  honte.  Couvert  de  cumcj. 


CRA 


343 


CotrvEriT,  signifie  aussi  Dissimulé,  cac\ié. 
Un  homme  couvert.  Haine  couverte.  Ennemi 
couvert. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  qii'On  «I 
ohlige  àe  tenir  son  localnire  clos  et  couvert, 
pour  dire,  que  La  maison  iloit  être  bien  entra- 
tenue  <lc  couverture  et  de  clôture. 

Et  l'on  dit  figurement,  qn'f/ri  homme  s€ 
tient  clos  et  couvert,  poiu-  dire,  (ju'Il  ne  se  ha- 
sarde guèr»' ,  et  qu'il  se  communiijue  h  peu  de 
gens. 

(loivEiiT,  .signifie  aussi  Vêtu,  p.nrc.  Il  n'est 
couvert  que  de  simple  serje.  Il  est  tnujours  hlen 
couvert.  Il  est  tout  couvert  d'or  et  d'arqent. 
FAle.  doit  toute  couverte  de  pierreries. 

On  (lit,  <ju'(/n  homme  est  couvert  de  qloire, 
pour  dire,  (|u'Il  a  acquis  beaucoup  de  gloire  en 
([uclquc  occ.ision.  Ce  Général  courut  de  yrands 
j,éiils  en  celle  campatjne,  en  cette  bataille,  U 
en  revifiï  cotfi'crï  de  qloire. 

On  dit  d'Un  honmic  dilTamé  et  perdu  de  ré- 
putation, qu'Zf  est  couvert  de  mépris,  du  mé- 
pris JJuhlic  :  qu'il  s'est  couvert  de  boue  dans 
bien  des  occasions. 

On  dit  aussi  :  Coiii'crl  de  louanqcs.  Couvert 
di  risée.  Couvert  d'opprohrc.  Visaqe  couvert  de 
roujeur,  pour  dire,  Oonvcrt  de  honte. 

Un  dit  figure'ment  et  proverbialem.  Servir 
quelqu'un  à  plats  couverts,  pour  dire,  Lui 
rendre  de  mauvais  offices  secrèlement. 

On  appelle  Mots  couverts,  paroles  couvertes, 
Les  mots  aml>igus  et  qui  carhent  un  autre 
sens  que  celui  qui  se  prêscnle  d'abord.  .le  lui 
fis  entendre  en  mots  couverts,  ou  à  mots  coït, 
verts ,  que. . . . 

On  appelle  Vin  couvert.  Du  vin  fort  rouge, 
qui  est  d'une  couleur  fort  chargée.  Voilà  du 
vin  qui  est  trop  couver-t. 

On  appelle  Poyî  couvert.  Un  poys  rempli 
de  bois, 

CRA 

CR.\BE.  s.  m.  Poisson  de  mer  h  coquille, 
du  genre  des  crustacés,  qtii  ressemble  à  une 
araignée. 

CK.VIÎIER.  siibst.  m.  Oiseau  d'Amérique, 
C|Ur  se  nouirit  de  crabes,  et  qui  ressemble  au 
Héron. 

CRAC.  AJot  qui  exprime  le  bruit  que  font 
certains  corps  durs,  secs  et  selides,  soit  en  s« 
frottant  vinicmmcnt,  soit  en  éclatant.  71  fit 
crac.  J'entendis  crac,  c'ctoit  une  solive  qui 
t'clatoit.  Ce  mot  est  du  style  familier. 

On  dit  familièrement  Cric-crac,  pour  ex- 
primer Le  bruit  de  quehjus  chose  qui  se  biîsc, 
ou  qui  se  froisse  subitemcn'.. 

CnAC,  est  aussi  une  interjection  familier') 
qui  marque  la  soudaineté  d'un  fail,  d'un  éy^ 
Dément.  Crue,  (e  voilà  parti, 

CnAC,  e»!  aussi  Le  nom  d'une  maladie  des 
oîse.tux  de  proie. 

CRACII.\T.  suhst.  mnsc.  Le  flegme  ou  Ia 
I  iluite  que  l'on  crache.  Gros  crachat.  Vilain 
crachat. 

On  dit  pnïverbinlemenl,  qu'Une  maiwtÈ  eyf 
lillic  de  boue  et  de  crachat ,  pour  dire ,  qu'Ella 


344 


CRA 


n'Ht  pas  solidement  bltie,  et  qu'on  j  a  em- 
ployé de  médians  matériaux. 

On  dit  proverhialeniint  d'Un  Lomme  mal 
licureuz,  qu'/!  te  noieroit  ilam  son  crachat. 

CRACIlliMENÏ.  ».  m.  Action  |wr  laquelle 
on  craclie.  Crac?ienicrit  continuel.  Crachement 
lie  sanq. 

CRACHER.  V.  a.  Pousser,  jeier  deliors  In 
salive^  le  flegme,  ou  outre  cliose  qui  inconi 
mode  dans  la  gorge,  d.ins  la  houclie,  ou  dans 
le  poumon.  Il  crache  ilu  sanij.  Il  crache  le 
sanq,  H  crathe  son  poumon^  .sf.*:  ^;oumons.  /' 
voulut  noiUer  à  cette  viande,  mais  le  premie 
morceau  <juUj'rit,  il  le  cracha. 

Il  se  prend  souvent  absolument.  //  ne  pir 
(jue  cracher.  Il  crache  toute  h  nuit.  Ne  crache 
pas  sur  moi.  ii'il  m'avoit  dit  cela ,  je  lui  auroi 
craché  ai-:  ncs,  craché  au  visaqe. 

Ou  dit  proverbialement  ,  qu  Un  homme 
crache  contre  le  Ciel,  Quand  il  parle  contre 
nieu,  ou  contre  des  Puissances  si  grandes,  qu( 
l'injure  qu'il  pense  leur  faire ,  retombe  tout^ 
(ur  lui. 

On  dit  aussi  figurément  et  familièrement. 
Cracher  des  injures,  pour  dire,  Injurier,  din 
beaucoup  d'iDJi^es.  / 

On  dit  proverbialement  et  par  raillerie,  Cra- 
clicr  du  Latin,  craclicr  du  Grec,  pour  dire, 
Parler  Latin,  parler  (irec  mal  à  propos.  ' 

On  dit  de  même,  Cracher  des  sentences,  de^ 
proverbes,  des  anecdotes,  pour  dire,  Le»  pro- . 
4i;;u(,f  ;1  tout  propos  dans  la  conversation. 

<  Ml  dit  iiroverbialemrnt  et  populairement, 
CracKer  au  hassin,  pour  dire.  Donner  de  l'ar- 
Ijent  poor  contribuer  à  quelque  clioie.  Il  faut 
bien  qu'il  crache  au  bassin  pour  aider  à  mariei 
ta  tiiéce. 

CnACHÉ,  F.E.  participe. 
Ou  dit   figurément  et   familiircmcnt  d'Un 
bomme  qui   ressemble  fort  h  son  père,  6"esl 
son  fière  tout  craché. 

OiACHEUR,  EU.SE.  subst.  Celui  ou  celit 
qui  craclie  souvent.  Cesl  un  vieux  crachenr, 
un  jrand  cracheur. 

("R.iCIIOlR.  ».  m.  Petit  vase  d'argent,  df 
faience,  ou  d'autre  matière,  d»ns  lequel  on 
crache.  Crachoir  d^arqent. 

On  appelle  aussi  Crachoir,  Une  espèce  do 
boite  sans  couvercle,  remplie  de  sable,  qu'on 
met  dans  les  Eglises  ,  cabinets  ,  etc.  pour  y 
cracljer.  Les  crachoirs  sont  fort  en  iksaqe  dam 
la  Hollande. 

CRACIIOTE.MENT.  s.  m.  Action  de  cra- 
cbotcr.  //  a  un  crachotement  perpétuel, 

CRACHOTER,  v.  n.  fréquentatif.  Cracbei 
souvent  et  peu  &  la  fois.  Il  ne  fait  que  cra- 
choter, 

CRAIE.  $.  f.  Sorte  de  pierte  tendre ,  qui  csi 
lilancbc  et  propre  à  marquer.  Cela  eut  blanc 
comme  craie.  Un  morceau  de  craie.  Marquer 
oi'cc  de  la  craie.  Tracer  avec  de  la  craie.  Le 
Maréchal  des  (ojit,/cs  Fourriers  marquent  les 
loyis  avec  de  la  craie,  et  écrivent  sur  les  portes 
les  noms  de  ceux  qui  doivent  y  lo^er.Marquer 
d  la  craie. 

Il  to  prend  aussi  alisolumcnt  ponr  La  mat- 


CRA 

que  que  fait  le  Maréchal  des  logi»  sur  la  porte, 
niettre  la  n'aie.  Effacer  la  craie.  Contrefaire 
la  craie.  Celle  maison  n'est  point  sujette  à  la 
craie,  elle  est  exempte  de  la  craie.  Loger  à  la 
craie. 

CRAINDRE.  V.  a.  Je  crains,  tu  crains,  il 
craint;  nous  craiqnons,  vous  craignez,  ils 
craignent.  Je  craignais,  vous  craigniez.  Je 
craignis.  Je  crainéai.  Crains.  Que  je  craigne. 
'Jue  je  craignisse.  Craignant.  Iîcd.)uler,  ap- 
I>réliendcr ,  avoir  peur.  Craindre  le  péril 
Craindre  la  mort.  Craindre  le  tonneire.  C'est 
un  homme  qui  ne  craint  rien.  Je  crains  qu'il 
n'en  arrive  faute.  Il  craint  d'être  découvert. 
Je  ne  le  crains  guère.  Je  le  crains  moins  que 
len.  b'n  homme  de  bien  ne  craint  rien.  On  U 
eraint  comme  le  feu,  comme  la  foudre.  On  II 
■raint  plus  qu'on  ne  l'aime.  Ce  cheval  craini 
l'éperon.  Cet  aiiinuil  craint  L'eu  i. 

On  dit  J'amilièrcmeT^td'Uan.écLanl  Ijonuue, 
d'Un  lionmie  déterminé ,  qu'il  .ic  crninl  ni 
Dieu,  ni  Diable. 

Il  se  met  quelipiefois  absolument.  On  l'a  ac- 
coutumé à  craindre.  Cela  lui  apprendra  i 
craindre.  Je  crains  pour  vous.  On  voit  bien 
qu'il  craint. 

CnAiNunK,  se  prend  aussi  pour.  Respecter, 
révérer.  Craindre  Dieu.  Craindre  son  péri. 
Craindre  sa  mère.  Il  est  naturel  de  craindre  c( 
iju'on  aime.  C'est  un  himime  a'aiqnant  Dieu. 
On  dit  figurément,  qu'C'n  bon  i)ai.«cau  n( 
trainl  <jue  la  terre  et  le  feu,  pour  dire,  qu'l 
'y  a  rien  il  craindre  [xjur  te  viiisseau,quc  d'é 
chouer  ou  d'être  brûle. 

On  dit,  que  Des  arbres  ne  craignant  point 
le  froid,  pour  dire,  que  I*  froid  ne  leur  esl 
point  contraire. 

Cn.MST,  AiNTE.  participe.  C'est  un  médisant, 
fort  craint  dans  le  pay. 


CRA 

fecter  une  Sme  forte,  comme  la  crainte  de  li 
mort,  de  l'infamie  ,  etc. 

De  crainte  de,  de  crainte  que.  Façon  de 
parler  qni  sert  de  conjonction,  et  qui  signifie  , 
De  peur  de,  de  peur  (pie.  De  crainte  d'étje  sur. 
pris.  De  crainte  qu'on  ne  vous  trompe. 

On  dit  aussi  simplement ,  Crainte  d'accident, 
crainte  de  pis. 

CRAINTIF,  IVE.  adj.  Timide,  peureux, 
sujet  à  la  crainte.  AadircI  craintif  Ame  craiii- 
liVe.  Animal  craintif  II  est  craintif  de  .«on  no. 
Im-c!.  On  a  rendu  cet  enfant  trop  craintif 

CRAINIIVEMENT.  adv.  Avec  crainte.  // 
vgit  si  craintivement  en  toutes  choses.  Il  parle 
vaintivement.  Il  est  de  peu  d'usage. 

CRAMOISI,  subst.  m.  Sorte  de  teinture  qui 
•end  les  couleurs  oii  on  l'emploie  plus  vives  et 
|!us  diinililes.  Etofl'e  teinte  en  cramoisi. 

Cn.\Moisi ,  se  dit  .ibsolument  d'Un  rouge 
)lus  foncé.  Voiiii  un  beau  cramoisi. 

Cbamoisi  ,  lE.  adj.  Qui  est  teint  en  cramoisi. 
Velours  cramoisi.  Soie  cramoisiii.  Rouge  crr- 
tloisi.  Violet  cramoid. 

On  dit  proverbialement  et  figure'm.  qu'L'n 
domine  est  sot,  qu'il  est  laid  en  cramoisi,  pour 
dire,  qu'il  est  extrêmement  sot,  extrêmement 
laid. 

CRAMPE,  s.  f.  Contraction  convulsivc  et 
iouloureuse,  qui  se  fait  sentir  principalement 
i  la  janilx!  et  au  pied.  7/  lui  prit  une  crampe  en 
tageant. 

Goutte  -  CBAMPE  ,  se  dit  d'Une  espèce  de 
(oiitte  snliite  ,  et  oui  dure  peu.  Crmiipe:  etf 
Bor«  yris  adjectivement 

CRAMPO.N.  s.  m.  Pièce  de  fer  rtwourbé'.a 
kue  ou  plusicure  pointes,  qui  sert,  dans  les 
Mivra'.;es  de  Mafonnerle,  de  Cliarpenlerie.  ou 
le  Menuiserie,  ii  alt.icher  fortement  quilipie 
ihosc.  Crampon  de  fer.  Gros  crampon,  ./llii- 


CRAINTE.  s.  f.  Appréhension ,  peur,  pas-  I   ther   avec   un  crampon.  Mettre  un  crampon. 

n    AVf.>t/^a    .^ane     1'-'..»,..    n....    l'I .  „      J'-._>      _.     .    1       '.  f""   _  I  .     . 


sion  excitée  dans  l'âme  par  l'image  d'un  mal 
venir.  Grandecrainle.  Juste  crainte.  La  crainti 
du  clultimenl.  La  crainte  de  la  mort.  La  crainU 
de  l'enfer.  La  crainte  des  jugemens  de  Dieu. 
Donner,  inspirer,  imprimer  de  la  crainte  à 
quelqu'un.  Jeter  de  la  crainte  dans  l'esprit, 
dans  Cime.  Je  lui  ai  ôlé  cette  crainte,  je  l'ai 
délivré  de  celte  crainte.  Verdie  la  crainte. Per- 
dre toute  crainte.  C'est  un  Iwmme  sans  craint» 
et  sans  jmdeur,  sans  aucune  crainte. lllui  faul 
donner  de  la  crainte,  le  retenir  par  la  crainte, 
le  tenir  en  crainte.  C'est  la  crainte  qui  lui  a 
fait  faire  cela.  La  crainte  l'a  troublé.  Il  éloit 
troublé  de  crainte.  Il  esl  toujours  en  crainte. 
Il  vit  dans  la  crainte.  Crainte  respectueu.se.  71 
y  a  une  crainte  salutaire.  La  crainte  de  Dieu. 
.Yeoir  in  crainte  de  Dieu  devant  les  yeu.c.  La 
cniinlc  de  Dieu  est  le  commencement  de  la  sa- 
gesse. Si  ce  n'éloit  la  crainte  de  Dieu.  Si  la 
crainte  de  Dieu  ne  le  retenoit.  Il  ne  vous  dit 
pas  toutes  ses  craintei.  Le  iinii  courage  n'est 
pas  toujours  crcmpt  de  crainte. 

On  appelle  Crainte  servile,  La  cr.iinte  qui 
nait  de  la  seule  appréhension  du  chiltiment; 
Cruinle  |i/iii/c.  Celle  qui  nait  d'amour  et  de 
respoa;  et  C;uin!c  grave,  Celle  qui   peut  «f- 


Ccla  est  tenu  par  un  crampon. 

On  appelle  aussi  Criimpc-n,  Un  bout  de  fer 
recourbé  qu'on  fait  exprès  aux  fers  de  clie»al, 
juand  ou  veut  ferrer  les  chevaux  à  glace. 

CRAMPONNER,  v.  act.  Attacher  avec  un 
rrampon.  7/  ^lul  cramponner  cette  pièce  de 
bois.  Cramponnez  bien  celle  serrure. 

Il  se  dit  avec  le  pronom  pci-soiinel.  5e  Cram. 
ponner,  pour  dire.  S'attacher  fortSEienlà  >jUel- 
ipie  chose  pour  n'en  être  point  arraché.  71  »e 
cramponne  si  fort  à  ces  harreau.c ,  qu'on  ne 
peut  l'en  tirer. 

On  li'it,  Cramponner  tics  fers  à  cheval,  (>our 
dire,  Y  faire  des  crampons. 

On  dit.  Cra'iipoM/icr  un  cheval,  pour  dire. 
Ferrer  un  cheval  avec  des  fars  à  crampon. 

Crampo.n.né  ,  ÉE.  participe. 

On  dit  proverbialement  et  £gurém.  qn't'n 
homme  a  l'âme  cramponnée  dans  le  corps, 
pour  diie,  qu'il  a  la  vie  dure. 

CnAMPONNÉ,  se  dit  en  Bl.ison ,  Des  pièces 
qni  ont  à  leurs  extrémités  une  demi-polcncc. 

CR-\MPUNNEr.  s.  m.  Petit  crampon. 

CRAN.  s.  m.  Entailiure  eu  bois,  en  fer,  ou 
autre  oerps  dur,  jxiur  accrocher  ou  arrêter 
puclquc  chose  i'aiic  rin  cran.  Le  cran  iun% 


CRA 

urhaUle.  Hausser  ou  baisser  une  cièmaillire 
fl'»'i  cran,  .-/vuiicer  ou  retarder  une  montie 
J'jn  cru  ri. 

On  dit  fiyiirémenl  et  familièiiment ,  que  Lu 
forlur.e,  lu  réputation,  lii  santé,  IVspil  (tuii 
lir^mrne,  baissent  d'un  cran,  pour  dire,  qu'ils 
ilimiuuciit,  baissent,  commencent  ù  diniiriuer. 

CnAN  ,  tenue  d'Iini)rimeric.  Pctilc  profon» 
dcur  ou  caoal  vers  le  bas  de  chaque  caractère. 

CR.4N.  Voyez  Raifout. 

CRAKE.  s.  niasc.  Le  tèt  de  l'honiine  et  dei 
nntros  «nimaux,  l'os  de  la  t£te  de  l'Ijonirae, 
qui  contient  le  cerveau,  La  capacité  du  crâne. 
Les  sutures  du  crdnc.  Les  trous,  la  cavité  du 
crilne.  La  partie  antérieure,  la  partie  posté- 
rieure du  crdne.  Les  deux  tables  du  crjne. 

CRAPAUD,  s.  m.  Espèce  d'animal  venimeux 
qui  ressemlile  h  la  Grenouille.  Crapaud  de 
terre.  Crapaud  de  marais.  Gros  crapaud.  Vi- 
iain  crapaud.  La  bave  d'un  crapaud.  Le  venin 
d'un  crapaud. 

On  dit  iigurénicnt  et  familièrement  d'Uo 
homme  fort  laid.  C'est  un  vilain  crapaud. 

On  dit  proverbialement  d'Un  ljon)mc  qui 
fait  le  dispos,  et  qui  ne  l'est  guère,  quTt  .'^aule 
'omnie  un  crapaud. 

On  dit  proverbialement  et  bassement  d'Un 
lionmie  qui  n'est  guère  pccunieux ,  qu'il  est 
ch-irijc  d'arqent  comme  un  crapaud  de  plumes. 

CKAPAÛl).-i.lLLE,  s.  f.  qui  si-  dit  par  cor- 
ruption du  mot  CnÉPODÀiu.£.  Sorte  de  crêpe 
fort  dclié  et  fort  clair.  Une  coijf'j  de  crapau- 
ùaille 

CR.iPAUDTfiRE.  s.  f.  Lieu  où  se  trouvent 
beaucoup  de  crapauds. 

On  appelle  figurénient,  Une  crapaudiére , 
Va  lieu  bas,  humide,  sale,  malpropre,  ct<v 

CRAP.VUDI>"E.  s.  f.Espùce  de  pierre  qu'on 
rroyoit  autrefois  se  trouver  dans  la  tête  d'un 
crapaud,  et  qui  est  une  dent  ou  un  palais  de 
poisson  piftrihé.  Une  crapaudine  bien  vivcEn* 
chdssff-  une  crapaudine. 

CR.4PAUDINE,  ou  SIDÉRITIS. s. f.PIante 
qui  croît  conmiuncment  daa5  les  lieux  incultes. 
Elle  est  vulnéraire  :  on  l'emploie  intérieure- 
ment et  extérieurement. 

Cit.vPArDiN£,  se  dit  aussi  d'Un  morceau  de 
1er  ou  de  bronze  creux,  dans  lequel  entre  le 
gond  d'une  porte. 

On  appelle  aussi  Crapaudine,  Une  plaque 
de  plomb  qui  se  met  à  l'entrée  d'un  tuvan  de 
bassin,  de  réservoir,  etc.  pour  empêcher  que  les 
crapauds  ou  !e»  ordures  n'y  entrent. 

A  LA  ChAPAUDrsE.  Terme  de  cuisine  qu'on 
emploie  en  parlant  ïîe  pigeons  ouverts,  aplatis 
et  rôtis  sur  le  gril.  Mettre  des  piqcons  à  la  cra- 
paudine. Muncjer  des  pincviis  à  la  crapaudine. 

CRAIMIUSSI.N.  ».  Il  se  dit  d'Un  tri-s-petit 
homme  contrefait  11  se  dit  aussi  d'Une  Icmme, 
et  n'eu  i|ue  de  la  conversation  familière.  Ce 
a'est  (ju'un  mif<ou.uiii,  une  o-afiou.<sine. 

CR.VPULE.  s.  f.  Vilain  excès  de  boire  et  de 
raajiser  qui  est  pas»c  en  habitude.  //onlcii.<c, 
vilaine  crapule.  Il  aime  la  crapult.  Il  se  pln'il, 
il  e>l  plongé  dans  la  crapule.  Il  est  dans  un< 
cr.ipule  continuelle. 
1  orne  /. 


G  R  \ 

On  dit,  Vivre  dans  \a  ciaptih,  pour  dire, 
qu'On  se  livre  sans  choix  et  sans  modtfralion 
aux  plaisirs  de  l'nmour,  de  la  taWe  et  du  jeu. 

On  se  sert  aussi  de  ce  mot  faiiiilièrcment, 
pour  designer  Ceux  qui  vivent  dans  la  crapulcr 
Wiiiez  pas  avec  ces  libertins ^  ce  sont  des  cra- 
pules. 

CRAPULER.  t.  neut.  Être  dans  la  crapule. 
C'est  un  homme  ijiii  ne  fait  que  crapu/cr,  oui 
aime  à  crapulcr.  Il  crapule  jour  et  nuit, 

CRAPULEUX,  EUSE.  odject.  Qui  aime  la 
crapule. 

CRAQUELIN,  s.  m.  Espèce  'de  gûleau  qui 
craque  sous  les  dtrnls  lorsqu'on  le  mange.  Cr<i- 
qucîin  aux  nii[s.  Craquelin  au  beurre.  Faire 
des  a'aqaclins.  Manqer  des  craquelins. 

CRAQUEMENT,  subst  3i.  Le  son  que  font 
certains  corps  en  craquant,  /^vez-vous  oui  U-^ 
craquement  de  celte  poutre?.  Un  a'aquemcnt 
h  dents. 

CRAQUER,  V.  n.  se  dit  pour  exprimer  Le 
'iruit  cjuc  font  certains  corps,  en  se  frottant 
riolcmment,  ou  en  éclatant.  Les  vis  du  près- 
ioir  craquoient.  Le  plancher  est  si  charge,  qut 
les  poutres  en  craquent.  Ce  Ut  craque.  Vn  coujt 
ie  vent  rompit  le  mât,  on  Ventendit  craquer. 
Cet  homme  est  si  sec.  que  les  os  lui  craquent.  I\ 
(iiit  craquer  ses  dotais  en  lestirant.  LcscïoiîIcs, 
(c  biscuit,  craquent  sous  la  dent. 

On  dit  popuUiH-cment,  Craqusr,  pour  dire, 
Mentir,  liàblcr,  se  vanter  mal  h  propos  et  faus- 
tcmcnt.  C^est  un  homme  qui  ne  fait  que  craquer. 

CRAOUERIE  s.  f  IVrrae  faïuilicL  et  po- 
pulaire. Menterîc,  hâblerie. 

CRAQUÈTI:MENT.  s.  m.  Convulsion  dans 
les  muscles  des  mâchoires.  Voy.  CnAQUEivresT. 

CRAQUETER,  t.  n.  freq.  de  Craquer.  Il 
jignifie,  Craquer  souvent  et  avec  petit  hruil. 
Quand  on  jcltc  du  self  du  laurier  dans  le  feu,, 
»«  l'entend  craqueter. 

CnAQCETF.ïi,  se  dit  aussi  pour  exprinier  Le 
:n  de  quelques  oiseaux.  On  entend  craquetef 
les  Ciijo(jnes. 

CRAQUEUR,  EUSE.  subst.  Celui  ou  celle 
f]ui  i^e  fait  que  meniir  et  se  vanter  faussement. 
C^est  un  qmnd  craqueur ,  une  qrande  cru- 
qrieuje.  Il  est  populaire. 

CK  iSS.  Voyez  SYSÉnÈfE. 

CRA.')3A>E.  8.  fûm.  Sorte  de  poire  de  bor 
goût. 

CRASSE,  s.  f.  Ordure  qui  s'amasse  sur  la 
p'.'au,  dans  le  poil  de  ranimai,  ftc.  La  crasse 
de  la  tête,  La  crasse  des  mains.  Il  ei:t  plein  d€ 
crasse. 

On  dit,  La  crasse  des  niclaux,  pour  dire 
Certcine  ordure  qui  srt  des  métaux  quand  on 
les  fond. 

On  dit  ûj;iirémeDt  et  familièrem.  La  crnsst 
du  Collège^  la  crasse  de  l'Ecole,  pour  signifier 
La  nisliciic  et  le  ddiàut  d  politesse  de  ceux 
:]ui  ont  toujours  dcmouré  dans  le  Coll<.'g<*,  cl 
qui  n'ont  puÎTC  frci|ucnhi  le  monde.  C'e  jcunt 
homme  a  encore  toute  la  crasse  du  Collêne. 
Cela  sent  la  cras-^e  de  VEcole. 

On  dit,  (]m'  Un  homme  est  né  dnrs  la  cratse. 
four  dire,  qu'il  «st  d'uoc  oaUsaace  trêb-bassc. 


CRA  345 

CaVssE  ,  se  prend  aussi  <^e\qujfoiî  pou; 
Une  avarice  sordide.//  a  toujours  vécu  dans  la 
crasse. 

Chasse,  adjectif  qui  n'est  d'usage  qu'au  fé- 
minin.  Grossier,  épais.  Humeur  crasse  et  vif- 
ijueuse.  Matière  crosse  et  épaisse. 

Il  se  dit  aussi  figurément  dans  cette  plu-ase 
ff)norarice  crasse,  qui  signifie  Une  ignoiauce 
grossière  et  inexcusable. 

CRA.SSRS.  s.  f.  pi.  11  se  dit  Des  écailles  qui 
se  séparent  de  quelques  métaux,  lorsqu'on  les 
frappe  à  coups  de  marteau. 

CRASSEU.X,  EUSK.  adj.  Plein  de  crasse, 
couvert  de  orassc.  3/(iins  cras^CM.'îe.'!.  Clteveux 
crasseux.  Barbe  crasseuse.  Il  es>  tout  crnsseiur. 
Bonnet  criwscuj-.  Calotte  crasse  jse. 

On  le  fait  quelcpiefois  substantif.  Vn  cras- 
teux.  Vilain  crasseux.  Petite  crasseuse,  pour 
dir(!,  Solope,  malpropre. 

On  dit  aussi,  Crasseux,  pour  Sordidement 
avare.  Il  vit  en  a'asseux. 

CRATl'^RE.  s.  m.  Espèce  de  tasse  îx  boire  , 
en  îisnge  chn  les  Romains. 

On  appelle 'aussi  Crdfère  ,  l.a  p.irlie  supé- 
rieure d'un  volcan,  ou  la  bouche  par  laquella 
il  vomit  sa  lave,  ses  feux,  sa  feimée  et  ses  cen- 
tres. Le  cratère  du  Vésuve,  de  l'Etna.  BeaU' 
:oup  de  montaqnes  de  V/iuvergne  et  du  Vivar 
rais  ofj'rent  de  vastes  cratères. 

(R.VnCULER.  V.  a.  Terme  de  Peinture  et 
Je  (iravure.  Réduire  par  le  moyen  de  plusieur» 
r.rreaux,  un  tableau  ou  un  dessin  pour  le« 
-opier. 

CnATicBi.É,  ^n.  participe. 

CR.\^'.\^".  s.  masc.  Oiseau  .aquatique  de  la 
grosseur  du  canard,  e»  dont  le  plumage  est 
noir.  C'est  aussi  le  nom  d'un  coquillage  qui 
s'attache  aux  vaisseaux  qui  sont  long -temps  à 
la  mer. 

CRAVATE,  s.  mase.  Cheval  de  Crontle.  tes 
cravates  sont  des  chevaux  de  qrand  travail. 
Cheval  cravate. 

On  appelle  aussi  Cravates  ,  Certaine  Milice 
à  cheval.  Compaqnie,  Réqinicnt  de  Cravates. 

CR.\V.4i'l'E.  s.  f.  Linge  qui  se  met  autour 
du  cou,  qui  se  noue  par -devant,  et  dont  les 
deux  bouts  jwndent  sur  la  poitrine.  Cravate  de 
mousseline.  Cravate  à  dentelle.  Cravate  de  taf- 
fetas noir. 

CRAYON,  s.  m.  Petit  morceau  de  pierre  de 
mine,  ou  de  quelque  antre  matiéie  colorée, 
propre  à  marquer ,  ï  écrire ,  à  tracer  et  à  des- 
siner. Crayon  blanc.  Crayon  de  mine.  Crayon 
de  sanguine.  Crayon  de  charbon.  Crayon  de 
pastcL  Crayon  rouge.  Crayon  bleu.  Crayon  de 
Hollande,  etc.  Ecrire,  tirer  une  ligne,  mar- 
guer,  dcsiner  avec  un  ciayon,  avec  le  crayon. 
Aiguiser  le  crayon.  Manier  le  crayon.  Dessir 
tracé  uu  crayon.  Portriiil  fait  au  crayon. 

Il  signifie  encore  Le  portrait  dune  per- 
sonne fait  avec  le  crayon,  il  a  fait  le  crayon 
dun  tel. 

Il  signiHe  aussi  figurément  La  description 
qu'on  tiit  de  quelque  personne.  Vous  nous 
avez  bien  dépeint  cet  homme-là ,  vous  en  avn 
fait  un  fidèle  crayon. 

■4  » 


3.i6 


CRE 


Il  se  prenil  aussi  |ioiir  La  première  idée  , 
ou  la  premier  dessin  d'un  tnbJeau  qu'on  trace 
avec  du  crayon.  Il  n'a  pas  encore  commence  ce 
tMeau,  a  n'en  a  fait  (ju'un  cniyon.  Cmyon 
mossiir.  I.éçjer  crayon. 

Tl  se  dit  aussi  figurément  ,  11"  ouvrages 
desprit.  Celle  jnecc  nest  pas  achevée,  ce  n'est 
encore  tju'un  crayon,  ijuim  premier  crayon, 
(ju  un  Jéijcr  crayon ,  iju'un  crayon  imparfait , 
(ju'im  jhihle  crayon. 

CRAYORNER.  V.  actif.  Dessiner  avec  du 
crayon.  Crayonner  une  télc,  un  hras ,  une 
}i:ain,  un  arbre. 

Il  signifie  aussi,  Dessiner  grossiènnient , 
mettre  seulement  les  premiers  traits.  Cela  n'es! 
(juc  crayonné. 

CnAYuNNÉ,  ÉE.  participe. 

CRAYONN'EUR.  s.  masc.  Qui  crayonne.  Ce 
n\st  pas  un  Peintre,  c'est  un  Crayonneiir. 

CRAVONNEUX,  EIJ.SE.  adj.  De  la  nature 
du  crayon.  Pierre  craj-oniieuic.  Terre  crayon- 
lieuse. 

CRE 

CRÉANCE,  s.f.  En  poliliiiuo,  I.'instruclion 
secrète  qu'un  Souverain  confie  à  son  Minislri 
pour  en  traiter  avec  un  autre  Souverain.  71 
lui  exposa  sa  créance.  Est-ce  là  toute  imln 
créance? 

On  appelle  iellre  (îe  créance,  ou  Zîellre  en 
créance ,  Une  Lettre  qui  porte  une  crcauce ,  un« 
Lettre  qui  ne  contient  autre  chose,  sinon  que 
l'on  peut  ajouter  foi  h  celui  qui  la  rend.  Cel 
Jmhassaieur  a  présenté  ses  Lettres  de  fréance. 
On  appelle  aussi ,  tcllrc  de  créance ,  Cell« 
qu'un  Banquier  ou  un  Marchand  donne  i  un 
Voyageur,  comme  Letirc  de  change  ou  de  crij 
dit,  quand  il  aura  besoin  d'argent.  Il  a  de\ 
Lettres  de  créance  sur  Boston,  sur  Hamhourcj, 
On  dit  en  termes  de  Vénerie  ,  Chien  di 
bonne  créance,  pour  dire ,  Un  chien  sûr  ;  et  e» 
termes  de  Fauconnerie  ,  Oiseau  de  peu  dl 
créance,  pour  dire.  Un  oiseau  peu  sur. 

CR1-;ANCE.  s.  fe'm.  Dette  active.  5ii  crénnci 
tsï  d'un  tel  jour.  5a  créance  est  bonne  ,  (-.<! 
ancienne.  On  lui  conteste  sa  créance.  Faiii 
apparoir  de  sa  créance, 

CRÉANCIER,  1ÈRE.  s.  Celui,  celle  à  qui 
il  est  ài\  de  l'srgent ,  ou  quelque  autre  chose 
qui  se  peut  estimer  à  prix  d'argent.  Créancier 
imporlun ,  rude  ,  f.lcheur.  Premier  créancier. 
Dernier  créancier.  Ancien  créancier.  Créan- 
cier privilénié ,  hypothécaire.  }l  est  créancier 
d'une  telle  succession,  d'un  tel  pour  la  somme 

de C'est   un   de  mes   créanciers.   Elle  est 

créancière.  Il  s'est  accommodé  avec  les  créan- 
ciers. Cette  terre  fut  vendue  à  la  poursuite,  au 
profit  des  créanciers.  On  a  fait  Vonbe  des 
créanciers.  Abandonner  son  bien  à  ses  crean- 
tiers. 

CRÉÂT.  5.  m.  Celui  qui  sert  de  sousK.cuyer 
dans  une  Académie  à  monter  à  cheval.  Il  ctnit 
Créât  dans  une  tulle  Académie. 

CREATEUR,  s.  m.  Qui  crée  et  tire  du 
néant.  Oieu  cit  le  Créateur  de  toutes  choses. 
Le  'ioufciain  Créateur  dt  toutes  alioscs. 


CRE 

Ou  à\t,  Recevoir  son  Créateur^  pour  dira, 
Recevoir  la  sainte  Commuuion.  Il  a  reçu  au- 
jourd'hui son  Créateur. 

Il  30  dit,  pîir  extension,  Oe  et  lui  qui  a  in- 
venté <!ans  quelque  genre  qtit?  ce  soit,  //onièrtf 
cs(  renarde  comme  le  créutenr  du  /  Vcinc  cjnquc. 

Il  s'emploie  au.si.i  adjectivement.  Génie 
créateur. 

Cr»KATlON.  s.  f.  Action  par  laquelle  Dieu 
crée.  la  créuiion  du  monde.  La  crvaîioji  de 
l'homme. 

Il  se  prend  aus'^i  fif^urcment  pour  in  non 
vel  établissement  d'C^Oices  ,  de  Charges  .  de 
rentes,  etc.  On  a  fait  de  nouvelles  créations 
d'0[Jices.  f.a  création  d'une  rente.,  d'une  pen- 
sion. Ëdit  portant  création  de....  Le  pape  fil 
une  création  de  Cardî'.iauJc.  Tel  Cardinal  est 
de  la  création  d'-xn  tel  Pape. 

On  ait  aussi  d'Un  mot  nouveau ,  que  Ce  I 
un  mol  ie  noiifenc  création. 

CRl'i:ATURE.  s.  f.  Un  Être  créé.  Les  créa- 
tures aniTiée.s'.  Les  créatures  inanimées.  L\4nijs 
est  la  plus  noble  des  créatures.  Une  créature 
intellectuelle.  La  puissance  de  Dieu  érlote  dam 
les  plus  viles  créatures.  Dieu  est  admirable  dans 
$cs  créatures.  Le  pécheur  quitte  le  Créateur  pouf 
s*attacher  à  la  créiititrc. 

lî  se  prend  pnrlirulitTement  pour  Personne. 
Cet  homme  est  la  meilleure  cré:ilure  du  monde. 
Vous  êtes  u:ie  éti anqc  crcature.,  une  maudiu 
créature. 

Il  se  dit  plus  ordinairement  Des  femmes  cl 
ilr-s  enfaiis.  Cet  enfant  est  une  julic  créature. 
une  aimifbU  créature.  X^oilà  une  belle  créature. 
C*est  une  fort  bonne  créature.  Pourquoi  maltrai- 
ter cette  créature?  Sale,  vilaine  créature.  C^esl 
une  créature  de  mauvaise  vie. 

CnÉATcnE  ,  se  dit  quelquefois  par  méprit 
Celte  créature-là  le  ruine.  Aimeriez-vous  cetti 
cjcii(H>-e-lù.'Il  se  dit  aussi  par  familiarité.  Cctic 
créature  me  plaît  fort. 

Il  se  dit  fif^urément  d'Une  personne  qui 
lient  su  fortune  et  son  élévation  d'une  autre. 
C*esï  la  créature  d'un  tel.  Cet  homme  a  heau- 
coup  de  créatures  y  s'est  fait  beaucoup  de  crc.i- 
lures. 

On  le  dit  pjirllculièrrment  De.s  Cardinaux, 
[Kiiir  dire,  qu'ils  ont  été  créés  par  un  H'I  P.Tpr. 
Les  créatures  d*'in  tel  Pape  sont  les  plus  jort^ 
dans  le  Conclave,  c'est-à-dire,  Sont  les  Cardi- 
naux les  plus  forts,  etc. 

CREBEIÎ.  s.  m.  Fruit  d'un  arbre  du  même 
nom.  U  croît  dans  l'île  de  Java.  Son  fruit,  qui 
a  la  forme  et  1 1  grosseur  du  poivre  loni;,  entre 
dans  plusieurs  compositions  médicinales. 

CRÉCELLE,  s.  f.  Moulinet  de  bois  qui  fait 
un  bruit  aigrelet  dont  on  se  sert  au  lieu  de 
cloches  le  Jeudi  et  le  Vendredi  de  b  Semaine 
Sainle.  donner  la  crécelle. 

CRÉCERELLE,  s.  f.  Espèce  d'oiseau  àc 
proie.  La  crécerelle  ff  lit  d'ordinaire  son  niddans 
les   vieilles  murailles  j  dans  les  vieilles  tours. 

CRÉClIK.S.f.  La  mangeoire  des  bœufs,  drs 
brebis  cl  antres  animaux  semblables.  .Wcffrc  du 
foin  y  du  fourraqc  dans  une  crèche. 

On  appelle  La  crèche  ^  la  sainle  crèche  ^  La 


CRE 

crèche  où  Notre  Feignenr  fut  mis  au  moment 
de  sa  naissance  dans  l'ctable  de  BelMcem.  La 
crèche  de  Notrc-Seifjneur.  Le  Fils  de  Dieu  a 
j'oril»  naître  dans  une  crèche. 

CRÉUENCE.  s.  f.  Sorte  de  petite  table  qui 
est  au  côté  de  l'Autel,  et  où  l'on  met  les  bu- 
rettes, le  bassin  et  les  autres  clioses  qui  servent 
h  la  Messe,  ou  !i  quelque  cérémonie  ecclésiasti- 
ijiic.  Il  y  a  ordinairement  dctix  crédences  atuz 
côtés  de  y  Autel. 

CREOIRïLITE.  s.  f.  Tenne  dogmatique.  Il 
n'est  ^urre  d'usage  qu'en  cette  phrase,  Motifs 
de  crédibilité .,  pour  dire.  Les  motifs  que  l'ou  a 
poiu"  croire  que  la  Religion  Chrétienne  est  vraie. 
CREDIT.  9.  m.  Réputation  où  l'on  est  d'être 
snlv.'dile  et  d''  bien  payer,  (jnï  est  cause  qu'on 
trouve  aisément  h  emprunter.  Bon  crédit.  Grand 
:rédit.  Il  a  crédit ,  bon  crédit  chez  les  Mar- 
l'irtnds,  sur  la  place.  S'il  avait  besoin  décent 
nille  écusj  il  les  Irowfcroif  sur  son  aédit.  Il 
naintient  bien  son  crédit.  Il  conserve  bien  son 
:rèdit.  Cette  affaire  compromet  son  crédit  ^  a 
ruiné  son  crédit.,  l'a  juiné  de  crédit. 

Cni'xiT,  se  dit  aussi  en  parlant  Des  papiers 
ou  effets  de  Commerce  qui  ont  plus  ou  moins 
de  cours  sur  la  plare  parmi  les  >'égocians.  Les 
billets  de  cette  Compagnie  prennent  oédit^ 
Les  actions  de  cette  Banque  sont  remontées  de 
crédit. 

On  appelle  Lettie  de  crédit.  Une  lettre  dont 
le  porteur  peut  toucher  de  l'argent  de  ceux  ù 
qui  elle  est  adressée.  De  bonnes  lettres  de  a-édit. 
Lettre  de  crédit  limitée.  Lettre  de  crédit  illi- 
mifée. 

On  (lit,  Faire  crédit,  donner  à  crctîif,  pour 
dire,  Donner  des  marchandises,  des  denrées, 
sans  en  exiger  sur  l'iicure  le  payement. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens  :  Prendre 
des  marchandises  ^  des  étoffes  à  crédit  Vendre^ 
acheter  à  crédit. 

On  dit  proverbialement,  Fave  crédit  depuis 
In  main  jusqu'à  la  bourse,  pour  dire,  Ne  dire 
nucun  crédit. 

On  dit  provcrbialem.,  que  Crédit  est  mort,  ^ 
pour  dire,  qu'Or,  ne  vent  plus  prêter. 

À  ciiÉDîT,  signifie  quelquefois.  Inutilement, 
en  vain ,  sans  profit.  Personne  ne  vous  sait  gre 
de  ce  due  von$  faites,  vous  travaillez  à  crédit. 
Vous  vous  tuez  à  crédit.  Vous  vous  donurz  de 
lu  peine  à  crédit.  Vous  consumez  votre  fcfupt 
vt  votre  bien  à  crédit. 

U  signifie  aussi,  Sans  preuve,  snns  fonde- 
ment. Vous  dites  cela,  vous  avancez  cela  à 
crédit,  quelle  preuve  en  avcz-vous? 

Crédit,  signifie  figurément  Autorité,  pou- 
voir, considération.  Il  est  en  crédit,  en  grand 
crédit.  Il  a  grand  crédit.,  beaucoup  de  oédit 
dans  sa  Compagnie ,  à  la  Cour,  parmi  les 
Elranqers,  en  un  tel  Pays.  Il  s'est  mis  en 
crédit  par  un  tel  moyen.  Cela  l'a  mis  en  crédit^ 
lui  a  acquis  du  crédit.  Son  crédit  peut  bcai^ 
coup.  Il  y  a  employé  tout  son  crédit.  Il  a  tout 
cela  par  le  ci'édit  d'un  tel.  Il  a  perdu  beaucoup 
de  son  crédit,  tout  son  crédit.  Il  est  bien  déchu 
de  son  nédit.  Son  crédit  Ci,t  bien  dimintic.  Se 
ici'vir  de  son  crédit.  Abuser  de  son  crédit. 


CRE 

On  dit  aussi,  ./voir  du  crédit  sur  Ve^prit  de 
«(.celi/u'iin,  pour  dire.  Avoir  du  pouvoir  sur 
son  esprit 

CRÉDITKR.  V.  a.  Terme  de  Négoce.  L'n  .Ve 
ijociant  crédite  ijuf/i)u'u7i ,  (^)u  uid  il  éft  il  sur 
son  journal  ou  sur  son  grand  livre  ce  qu'il  doit 
à  quelqu'uu  »  ou  ce  que  lui  a  paye  quel- 
qu'un. 

Ou  dit,  Créditer  sur.  Je  suis  crédité  sur 
Hambourg,  J'ai  un  aédit,  des  Lettres  de  crédit 
sur  cette  Place. 

Ciii:dité,  ée.  participe. 

CRî^DO.  s.  ni.  Le  syiuLole  des  Apùtres,  qui 
CCiUiient  les  articles  principaux  de  la  Foi. 

CniinULK.  adj.  des  ï  gcures.  Qui  croit 
trop  facilement.  Esprit  crédule.  Homme  cié- 
dulcy  trop  crédule.  Quoi!  vous  clcs  si  crédule... 
Le  peuple  est  crédule. 

CHliDULITÈ.  s.  f.  Facilité  à  croire  sur  un 
fondement  bien  lé;;er.  Grande  crédulité.  Sotte 
crédulité.  Vous  iivez  trop  de  crédulité.  Il  abu- 
soit  de  lii  crédulité  des  peuples. 

CniiEiî.v.  a.  Tirer  du  nc^ant,  donner  l'être, 
faire  une  cliose  de  rien.  Dieu  a  ciéé  le  Ciel  et 
la  Terre.  Quiitid  Dieu  créa  te  monde.  Di^u  a 
créé  toutes  cïwscs  de  rien. 

Il  se  dit  aussi  l.)(^  choses  dont  les  liommes 
sont  les  inventeurs.  H  a  crée  soit  aii.  Les  Pcëla 
ont  créé  les  Dieux,  La  Cantate  est  un  gcnrt 
iioiivclleirieiit  créé. 

On  dit  ijgurémcnt,  Ciéer  des  Charnes,  des 
Olpcei,  et  outres  clioses  semblables,  pour  dire, 
Ktahlir  de  nouvelles  (Jiargcs,  de  nouve.iux 
Offices.  Le  Roi  a  créé  par  son  Édit  tant  de 
Chiirnes  de  Secrétaires  du  Roi,  tant  d'Offices 
d'Elus.  On  a  créé  une  nouvelle  Charge  pour 
un  tel 

On  dit,  Créer  des  dettes,  pour  dire,  F.i're 
des  dettes,  contracter  des  dettes.  Il  a  bien  créé 
dis  dettes  depuis  la  mort  de  sa  femme. 

Ou  dit  aussi,  Créer  une  rente,  une  pension, 
pour  dire,  Constituer  sur  soi  une  rente,  une 
Iiension.  il  a  créé  cette  rente  sur  tous  ses  biens. 
Il  lui  a  créé  un<;  pensiort  sur  le  plus  clair  de 
son  bien. 

On  dit  cnrorc ,  Créer  une  pension  sur  un 
Eéneftce.  Et  cela  se  dit  proprement  lorsque  le 
Pape  octroie  lélabli.sscment  d'une  pension  sur 
un  Bénéfice.  On  oéa  une  pension  sur  un  Ici 
Evcché,  sur  une  telle  Abbaye. 

CnÉÈ,  ÉE.  participe.  Un  (tre  créé.  Des  Of- 
fices créés  de  nouveau.  Une  rente  créée.  Une 
pension  créée  sur  un  Bénéfice.  Un  art  nouvel- 
lement créé. 

ClîL.-iHJLLÈRE.  s.  f.  Instrument  de  cui- 
sine, ordiuaircmcnl  de  fer,  qu'on  altaclic  1  la 
cliuuinee,  et  qui  tert  .1  y  pondre  les  cliaudi-oas, 
les  marmius,  etc.  /'«lc(e  crém.iiKérc.  Grosse 
crémailtcre.  Pendre  la  crémaillère.  BavMr , 
haiiurr  lu  Ci-émail/ére  dun  cran  ,  de  dciui 
crans.  Crémaillère  à  trois  branches. 

CjiÉ.MAni.i.iiE,  se  dit  aassi  Des  fers  qui  «e 
mettent  à  certain-  s  cliaiies  ei  lit  s  de  rcpo»,  jinur 
alxisMr  ou  relever  le  dossier.  CAiiise  ù  cré- 
maillire. 

ïlndil  proverbialeiDcnt,  quand  un  lioEUse 


CRE 

va  tenir  nicnage,  ou  qu'il  change  de  logis, 
i|u'0*(  iro  vendre  la  cremaUlàe  chez  Inij  pour 
lire,  qu'on  ir;i  faire  un  repas  chez  lui,  pour 
cclchrcr  son  (.'lablisscment  dans  sa  maison. 

CRi:.MAlLI,ON.  .^.  masc.  Pclilc  créinaillL^re 
qui  t'accroche  à  une  plus  f;randc. 

CRÈME,  s.  f.  La  partie  la  plus  grasse  dn 
lait,  de  laquelle  on  fait  k-  Leurre. Bonne  crème. 
Crème  uonvellc.  La  première^  la  petite  crème, 
ou  crème  douce.  Ln  plat  de  crème.  Manger  de 
la  crème.  Fromage  de  crème.  Fromage  à  la 
crème.  Tarte  à  la  crème.  Voilà  de  la  crème  atit 
est  aigre.  Cette  vache  est  bonne,  son  lait  rend 
bien,,  fait  bien  de  la  crème.  Il  a  bien  de  la 
crème.  Crème  fouettée-,  crème  frite.  Crème 
brûlée.  Crème  aux  pistaches^  etc.  Cet  Officier 
Çait  fort  bien,,  entend  fort  bien  les  a-èmes. 

(^itLME,  se  dit  aussi  De  certaines  liqueurs, 
ronnnc  étautdcs  cxlnùts  piccieuxdts  meilleurb 
iViiils.  Crème  des  Bai,budcs. 

Un  appelle  fiijurcnicnt  Crème ^  Ce  qu'il  y  a 
do  meilleur  en  quelque  chuse,  comme  dans  un 
ouvraj;e  d'esprit,  ou  dans  une  affaire  d'inlerél. 
Il  a  extrait  cet  Auteur  a^'cc  soin^  il  en  a  pris 
\,ute  la  crème.  Il  n'y  a  p'us  rien  à  gagner  en 
vite  ajjaiie^  en  ce  traité,  un  iel  en  a  pris  toute 
.(  ciéme,  en  a  eu  toute  la  ciême.  Il  fsl  du  styie 
raniiticr,  ainsi  que  les  deux  articles  suivans. 

On  appelle  figurcment  Crème  jouettèe ,  Un 
discours  où  il  n'y  a  que  de  belles  jiaroles,  et 
point  de  substance ,  ni  rien  de  solide. 

On  dit  aussi  d'Un  ]:oniine  qui  a  quelque 
:;hose  d*a:;ïrnble  dans  l'esprit,  mai.s  qui  n'a 
nulle  solidité,  que  Ce  n'est  que  a'ème  fouettée. 

On  appelle  Crème  de  tartre.  Une  sorte  de 
»el  tiré  du  tartre  de  vin.  La  crème  de  tartre  est 
a}critivc.  Il  lui  faut  donner  de  la  crème  de 
lartre  ,  le  purger  avec  de  la  crème  de  tartre. 

CRÈMENT.  s.  m.  Ternie  de  Granunatrc. 
Â.ngnieutation  d'une  ou  de  plusieurs  syllabes 
qui  survii-nnenC  à  un  mot  dans  la  formation 
ivs  temps  d'un  verbe,  ou  des  cas  duo  nom, 
dans  les  Langues  qui  ont  des  cas. 

CRKMER.  V.  n.  se  dit  Du  lait  qunnd  il  fait 
Je  la  crème.  En  cte  le  lait  crème  pins  quen 
Ij/ver.  Le  lait  de  cette  vache  crème  bien,  ne 
r.cme  guère. 

CRK.MIliRE.  s.  f.  Femme  qui  vend  de  la 
trùme. 

CRENEAU,  s.  m.  Une  de  ces  pièces  de 
maçonnerie ,  qui  sont  coupées  en  forme  de 
dents,  et  séparées  lune  de  Taulre  par  inter- 
valles égaux,  au  haut  des  anciens  murs  de  Ville 
ou  de  ChAteau.  Les  créneaux  d'une  mnnnlle. 
Etant  morilc  au  liant  du  mur,,  H  s'attacha  à  un 
créneau.  Il  embrassa  un  créneau  qui  tomba  sur 
lui.  Attacher  les  échelles  aux  crèneat&x.  On 
pendit  le  Capitaine  du  Château  aux  créneuur. 
Ucgarder  par  les  créneaux.  Tirer  par  les  cn- 
ncaux, 

aU'::>EI..\GE.  subst.  m.  Cordon  ùàl  sur 
i*»'pais&car  d  uue  pièce  de  monnoie. 

CRE>Kl.ER.v.iO.  Faire  des  créneaux,  façon- 
ner eu  forme  de  créneaux.  Crénela-  une  mu- 
raille Créneler  une  roue  de  machina 

CnÈMiL-.  ■£.  pirlici|)c. 


C  R  E  347 

C'est  aussi  un  terme  de  Blason.  Pal  crénelé. 
Croiv  crénelée. 

CRÉNELURE.  subst.  f.  Dentelure  ùihc  eu 
créneaux.  //  y  a  des  failles  de  plantes  et  da 
dentelles  gui  sont  en  crénelurcj  à  crénelure. 

CHEOLE.  s.  m.  et  f.  >'om  qu'on  donne  A 
un  Européen  d'origine  qui  est  ne  en  Amérique. 
Un  créole^  une  créole. 

CIÎEPE.  s.  m.  Sorte  d'étoffé  un  peu  frisée 
et  fort  clair**,  qui  est  faite  de  laine  fine  ou  de 
soie  crue  et  gommée.  On  en  fait  de  toutes  sortes 
de  couleurs,  mois  ordinairement  il  est  noir.  On 
s'en  .seit  pour  le  deuil.  Gros  crt^pe.  Un  cordoR 
de  crêpe.  Une  coiffe  de  crêpe.  Un  bandeau  de 
crêpe.  Un  voile  de  crêpe.  Ceinture  de  crêpe. 

Il  y  a  aussi  une  sorte  de  crêpe  qui  n'est  pas 
frisé,  et  qu'on  appelle  par  cette  raison,  Crêpe 
lisse.  Les  femmes  s'en  servent  ordinairement 
pour  leurs  coiffV'S. 

W  se  dit  absolument  Du  Crêpe  qu'on  met 
fiu  chapeau  quand  on  jiorte  le  deuil.  //  porte 
un  crêpe  à  son  chapeau.  Une  portepas  legrand 
deuil,  d  n'a  qn^un  cordon  de  a'épc,,  un  a-épe 
tortille. 

CRI^.PE.  s.  f.  Pûtc  semblable  à  celle  des  bei- 
gnets, et  qu'on  fuit  cuire  en  1  étendant  f.UT  Ja 
poêle. 

CRÊPER.  V.  a.  Friser  en  manière  de  crêpe. 
Cicpcr  une  étoffe.  Crêpa'  des  cheveux. 

Ou  dit  aussi ,  .Se  crêper.  Ses  cheveux  com~ 
nicncent  à  se  crêper. 

Cni*:i'É,  ÉE.  participe.  Etoffe  crêpée.  Crêpe 
rrcpi'..  fri^.i'ctix  crf.pêf.  Chcvclnre  rrêj}ée. 

CRÊPT.  s.  m.  L'enduit  (;ui  se  fait  sur  nne 
muraille  avec  du  mortier  fiit  de  chaux  et  de 
;;ros  .sable.  Il  faut  mettre  un  crépi  sw  celte  mu- 
radie.  Il  faut  donner  un  crépi  à  celte  muraille. 

CUEPIN.  s.  m.  11  n'est  d"n<;agc  que  dans  ce» 
façons  de  parler  populaires  :  Perdre  son  sainl- 
cièpin. porter  t'-jut  son  sumf-ere'pm, piour  dire. 
Perdre,  porter  tout  re  qu'on  a.  Cette  taçon  de 
parler  vient  de  ce  que  les  Cordonniers  qui  cou- 
rent le  pays,  portent  leurs  outils  dans  un  sac 
qu'ils  appellent  Un  saint-crépin. 

CRÉPIXE.s.  f.  Sorte  de  frange  qui  est  rissne 
et  ouvrai;ée  par  le  haut.  Crépine  d'argent.  Cré- 
fHue  d'or  e(  d^arqent.  Crépine  de  soie.  Riche 
crépine.  Grande ,  petite  crépine.  La  crépine  dUtn 
lit.  Crépine  de  soie  torse.  La  crépine  d'un  car- 
rosse, d'un  dais,  d'une  tapisserie  de  velours^ 
de  daman. 

CREPIR.  V.  act.  Enduire  une  muraille  de 
mortier  fuit  de  chaux  et  de  gros  sable.  Il  f.ut 
crépir  celte  muraille. 

On  dit,  Crépir  du  cuir ,  pour  dire,  Lui  faire 
venir  le  gr-iiii  ;  et  C'rcpïr  le  crin .  pour  dire ,  Le 
faire  bouillir  dans  l'eau  pour  le  friser.     ^ 

CuEfi,  lE.  p.irtiripr.  Muraille  crépie. 

CREPISSUKE.s.f.  I-c  crépi  d'une  muraïUe. 
Cette  crépissure  étoit  nécessaire  pour  conicrver 
cette  mun'.ille, 

CREPITATION,  s.  f.  Bruit  redouble  diuw 
flamme  vive  qui  pétille. 

CRKPODAU.LE.  Voyez  Caapaudaille. 

CREPON,  s.  m..<orte  d'étoffe  de  laine  ou  de 
Mie.  qui  est  un  peu  (risée,  cl  qui  ressemble  au 

44 


348  CRE 

crêpe,  mab  qui  est  beaucoup  plus  épaisee. Cre 
jion  de  laiiif.  Ciéjnm  de  soie,  llahit  de  crépon.  ^ 
Manleaii  de  crépon.  Crépon  de  Castres. 

CRÉPU,  UE.  adj.  Crêpé,  fort  frise.  Les 
.'Vènres  ont  les  c/ievcm crépus. Uni'  se  Jil  giiîre 
que  Des  clieveux. 

CRÉPUSCULE,  s.  m.  Lumière  qui  reste 
après  le  Soleil  couclié  jusqu'i  ce  que  la  nuit  so!t 
entièrement  fermée.  H  y  omit  encore  nn  pen  de 
crépuscule.  Les  crépuscukf  d'été  sont  plus  lontjs 
en  France  (jucn  Italie. 

Il  signifie  aussi  Le  temps  qui  est  depuis  1.-: 
fin  de  la  nuit  ju-squ'au  lever  du  Soleil.  Le  cré- 
puscule du  mutin. 

CRÉ(^)UIER.  s.  m.  Prunier  sauvage.  Il  est 
resté  terme  de  Blason.  Le  créquier  en  Blason, 
ressemble  h  un  chandelier  à  sept  branches. 

CRESSON,  s.  m.  Sorte  d'herbe  antiscorbu- 
tique qui  croit  dans  les  eaux  vives,  et  qu'on 
mange  ordinairement  crue.  Crcssoti  de  ruisseuu, 
d&  fontaine. 

On  cultive  aussi  du  cresson  dans  les  jardins. 
Cresson  alénois.  Cresson  frisé.  Cresson  sauvafje. 
Cresson  à  feuLlle  d^oseillc. 

CRESSONNIÈRE,  s.  fém.  Lieu  où  croit  le 
cresson.  Si  vous  voulez  trouver  du  cresson^  d 
y  a  une  cressonnière  en  tel  endroit. 

CRÈTE,  s.  fém.  Certain  morceau  de  ehait 
pouge  et  ordinaiiement  dentelé ,  qui  vient  sur 
la  tête  des  coqs  et  des  poules,  et  de  quelcjucs 
autres  oiseaux  qui  api)rnchent  de  cette  espèce. 
Befle  cre'le.  Grosse  crête.  Vouhle  crête,  Crète 
pendante.  Ce  coq  a  la  crête  droite.  Il  haisse  la 
crête.  Un  pâté,  un  potaqe  iivcc  des  crêtes 
de  coq. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  la  hupe  que 
quelques  oiseaux  ont  sur  la  tête.  La  crête  d'une 
alouette. 

On  e^pelle  aussi  Créle,  Ccire  partie  relevée 
qui  se  trouve  sur  la  tète  de  quelques  serpens, 

CnêrE,  se  dit  aussi  De  cette  rangée  d'anl-tes 
que  quelques  poissons  ont  vers  la  tête. 

On  appelle  Crête  de  morue.  Un  certain  en- 
droit du  dos  de  la  morue  vers  la  tête. 

On  appelle  aussi  Créfe,  Le  haut  de  la  terre 
qui  est  relevée  sur  le  bord  des  fosses  dans  les 
champs.  La  crête  d'un  fossé. 

lise  dit  aussi  De  la  partie  la  plus  élevée  d'une 
montagne,  d'un  rocher.  Il  n'a  pu  monter  jus- 
iju'i  la  crête  du  rocher. 

CnÈTE ,  signifie  encore  Une  pièce  de  fer 
éWvée  en  forme  de  ci  été  sur  un  habillement  de 
tête.  La  O'ête  d'un  morion ,  d'an  arnul ,  d'un 
casnue. 

On  dit  figurcnient  et  familièrement,  Liver 
[a  ci-éte,  pour  dire,  S'enorgueillir,  s'en  faire 
accroire,  ilcoinmencc  à  lever  la  crête  et  à  voulait 
faire  l'entendu. 

On  dit  aussi.  Baisser  la  eréfc,  pour  dire, 
Perdre  de  son  orgueil,  de  sa  vigueur,  de  se» 
forces. 

On  dit  encore  figiuénient  et  familièrement, 
Rabaisser  la  crête  à  quclnu'un,  lui  donner  .sur 
'  la  crête,  pour  dire,  Raljattre  l'orgueil  de  (juel 
qu'un,  le  mortifier. 

CRÉTEDECOQ.  $.  f .  Espèce  de  pédiculairc 


CRE 

irès- commune  daui  les  prés.  Voy.  i?LDiCULAmE. 
CRÊTE,   ÉE.    participe  du  verbe  Crcfer^ 
qui  n'est  point  en  usage.  Un  coq  bien  crcté. 

CRETONNE,  s.  f.  Sorte  de  toile  blanche. 
Des  chemises  de  cretonne. 

CREVAiLLE.s.  f.  Rei>as  ou  l'on  se  pique 
(îe  manger  avec  excès,  et  comme  pour  se  crever, 
ïl  est  populaire. 

CREVASSE,  s.  f.  Fente  qui  se  lait  à  nnc 
cijose  qui  s'enlr'ouvre  ou  qui  se  crève,  il  y 
nvoit  une  a^evu^se  à  la  muraille.  La  grande 
sécheresse  fait  Ùcs  crevasses  à  la  terre.  Avoir 
des  crevasses  aux  pieds ^  aUx  mainn.  Il  n'esl 
guère  d'us.tge  que  dyns  ces  sortes  de  phrases. 

CREVASSER,  v.  a.  Faire  des  crevasses.  Le 
froid  lui  a  crevassé  les  mains.  La  trop  grande 
sécheresse  fait  crevasser  la  terre. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Cette  muraille  commence  à  se  crevasser. 
CnEVASSÉ,  EL*,  participe. 
CRÉVE-COEUR.s.m.Granddéplaisir,  grande 
douleur  niôlee  de  dcpït.Quel  crève-cœur!  C'csl 
un  grand  crève-cœur  de  i;oiV...li  est  familier. 

CREVER.  V.  a.  Faire  éclater,  rompre,  faire 
rompre  avec  un  effort  violent.  Le  débordement 
des  eaux  a  crevé  la  digue.  La  pesanteur  de  la 
terre  creva  la  muraille.  La  trop  grande  charge 
de  poudre  crèveja  ce  canon,  Cr&ver  un  sac  à 
furcc  de  le  remplir.  Crever  unehotte,  un  souUer^ 
un  bas  en  sechaussant.  Un  gros  poisson  creva 
les  filets.  Crever  h  fiel  d'un  poisson  en  Vôven- 
trant.  Crever  une  -vessie,  une  huhe,,  lui  apos- 
lume.  Crever  Us  yeux 

On  dît,  Crever  un  chcvot,  pour  dire,  Le 
fatiguer  si  fort  qu'il  eu  meure,  ou  qu'il  en  soit 
ontré. 

On  dit  aussi,  Se  crever.de  travail^  de  fatigue^ 
pour  dire,  Travailler  avec  excès,  s'outrer  de 
travail. 

On  dit  familièrement,  qu'Z/ne  c/iosc  crève 
les  yeux,  Quand  elle  est  en  vue,  et  que  nc;in- 
moins  on  ne  la  voit  pas.  't-'ous  cherchez  votre 
gant  y  le  voilà  ,  il  vous  crève  les  yeux. 

On  dit,  qu't/ne  chose  crève  le  cœur.,  pour 
dire,  qu'Ellc  cause  une  grande  compassion  mùUie 
i|U(  Iqnefois  d'horreur.  Ce  spectacle  me  creva  le 

C'-UV. 

On  dit  proverbialement  dms  le  numc  sens. 
Crever  le  cœurà:^uel(ju'un.  J'otoisjort  cv.  colère 
con&e  /m,  -mais  il  me  creva  le  cœur  par  Ui 
excuses  qu'il  me  fit. 

CiïEVER ,  sif;nilje  aussi  figurêment  et  fanii- 
litrcment,  Soûler.  Il  les  creva  de  bonne  chère. 
3-e  ne  s^viirois  plus  manger^  voidez-vous  me 
crever  ? 

Il  se  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel.  Si- 
crever  de  boire  ut  de  manger. 

On  dit  aussi  absolument,  Se  crever^  pour 
dire,  Boire  et  manger  avec  excès. 

CnEVi:n.  V.  n.  S'ouvrir,  se  rompre  par  uir 
effort  violent.  Le  canon  creva  dès  le  second 
coup.  La  homhc  creva  en  l'air.  La  grenade  lui 
a  crevé  dans  les  mains.  Son  fusil  lui  creva  à  la 
chasse.  Ce  sac  crèvera^  si  vous  l'emplissez  tant. 
La  nue  est  près  de  crever.  Vorage  crèvera 
bientôt.  Ce  tuyau  est  trop  foiblCy  il  est  à  crain. 


CRE 

dre  qu'il  ne  O'ève.  L'aposlume,  lu  huhe  r.'est 
pas  encore  prés  de  crever. 

On  dit  par  exagération ,  Crever  de  Qraisse. 
Ou  dit,  Crever  de  chaud ,  pour  dire,  Avoir 
excessivement  chaud;  et  Creva-  de  rire j  pour 
dire,  Rire  avec  excès. 

Ou  dit  figurénient.  Crever  dans  sa  ptau^ 
eret'er  dans  ses  panneaux,  pour  dire ,  Etre  gras 
à  pleine  peau,  à  ne  plus  tenir  dans  ses  habits. 

On  dit  aussi  figurénient,  Crceer  de  biens ^ 
pour  dire,  Regorger  de  biens. 

On  dit  encore  figurément,  Crever  d'orgueil, 
(le  dépit,  de  rane,  d'cni'ie,  pour  dire.  Être 
rempli  d'orgueil  ,  de  dépit,  etc.  Toutes  ces 
phra-ses  sont  du  style  familier. 

GnEVER,  se  prend  aussi  quelquefois  poiu", 
Mourir  de  quelque  mort  violente,  ou  simple- 
ment pour ,  Mourir  ;  et  en  ce  sens  il  est  fami- 
lier, n  avala  du  poison ,  el  il  en  creva.  C'est 
une  médecine  à  faire  crever  un  cheval. 
CnivÉ ,  ÉE.  participe. 

Ou  dit  d'Ua  gros  homme,  d'une  grosse 
femme  ,  que  C'est  un  (jros  crevé ,  une  m-osse 
crevée.  Manqer  comme  un  crevé.  Ronfler  comme 
un  crevé.  Rire  comme  un  a-cvé.  Il  se  dit  par 
mépris;  et  dans  ces  phrases  il  est  substantif. 

CREVETTE,  s.  f.  Priile  cerevisse  de  mer, 
qu'on  nonmie  dans  quelques  endroits  SaU~ 
coque. 

CREUSEMENT,  s.  m.  Action  de  creuser. 
Peu  usité. 

CREUSER,  v.  a.  Caver,  rendre  creux.  Creu- 
sa- la  terre.  Creuser  une  pierre,  l 'eau  creuse 
la  pierre.  Creuser  un  tronc  d'arlre.  Creuser  la 
fondemens  d'une  maison.  Creuser  un  puits. 
Creuser  une  carrière,  etc. 

Il  signifie  figurément,  .\pprofondir  quelque 
chose,  pénétrer  bien  avant  dans  quelque  chose. 
CreiLser  un  sujet,  une  question. 

Il  se  met  aussi  absolument  et  sans  régime. 
Creuser  en  terre.  Creuse>  sous  terre.  Creuser 
dix  pieds  en  tare.  Creuser  bien  avant.  Creuser 
jusque  sous  les  fondemcns.  On  trouva  un  tré- 
sor en  creusant.  On  trouva  de  l'eau  à  force  de 
creuser. 

On  dit  aussi,  Creuser  dans  une  matière, 
dans  une  affaire.  Personne  n'avoit  jamais  tant 
creusé  dans  cette  science.  Il  a  creusé  jusqu'au 
fond  de  cette  affaire. 

On  dit,  qu'L'n  hoflime  s'est  creusé  le  cer- 
veau, pour  dire,  qu'il  s'est  donné  beaucoup  de 
peine,  de  fatigue  à  approfondir  certaine  ma- 
tière. 71  s'est  creusé  le  cerveau  à  chercher  la 
pierre  philcscphate,  la  quadrature  du  cercle. 

On  dit  aussi  figurément,  qu'f/n  Aomiiic 
creuse  son  tombeau,  qu'il  se  creuse  son  tom- 
beau, pour  dire,  qu'Un  homme,  par  ses  excès, 
altère  sa  santé,  qu'il  se  rend  lui-même  la  cause 
de  sa  mon. 

CREUSET,  s.  m.  Vaisseau  de  terre  dans  le- 
quel on  fait  fondre  les  métaux.  Êproiii'ci ,  épu- 
ra' l'or  et  l'arijent  dans  le  creuset.  Passer  par 
le  creuset. 

On  dit  figurément  ,  que  La  vertu  J'iin 
liominc  a  été  mise  au  creuset ,  poiu-  dire,  qu'Ellc 
a  passé  par  toutes  soiles  d'épreuves. 


CRE 

Oo  dit  û  peu  ])rès  dans  le  même  sens 
r.prouver  une  pensée  au  creuset  de  la  raison 
CeCte  pensée  s'éi'u;iore  ui»  creuset  du  bon  sais. 

CREUX,  ECSE.  adj.  Qui  a  une  cavité  in 
térieure.  Ce  hiitoii  est  creux.  Cette  statue,  celt. 
colonne  est  creuse.  Ce  pilier  n'est  pas  massif 
il  est  creux  en  dedaus. 

On  dit,  qu'Un  homme  a  les  yeux  crei*x 
pour  dire,  qu'il  a  les  yeux  fort  enfonct's  dan: 
la  tite. 

On  dit  aussi  famititTemcnt,  qu'il  a  le  ven 
Ire  creux,  le  venti'e  bien  creiLZ ,  pour  dire. 
qu'il  a  besoin  de  manger. 

On  dit  d'Un  repas  où  il  n'y  a  pas  suiCsam- 
nient  ù  manger  pour  quelqu'un,  qu'//  n'y  en  a 
pas  pour  sa  dent  creuse.  Il  est  ilu  sljlc  familier. 

On  le  dit  aussi  figiirdmcnt  en  parlant  d'Un 
gain  qui  ne  suffit  pas  h  lavidilt  d'un  homme. 

Ou  dit  en  ternies  de  Chasse,  Trouver  buis- 
son creu.x,  pour  dire,  Ke  trouver  plus  dans 
l'enceinte  la  hcle  qu'on  avoit  détournée. 

On  dit  aussi  âgur^ment  et  familièrement , 
qu'Où  a  trouvé  buisson  creux  ,  pour  dire  , 
qu'On  n'a  pas  trouve  la  personne,  la  chosti 
qu'on  chcrchoit. 

CiiEUX  ,  signifie  aussi  Profond.  Vn  foss'i 
bien  creux,  creux  de  deux  pieds,  de  trois  pieds, 
La  rivière  est  fort  creuse  en  cet  endroit.  Elll 
n'est  pas  creuse  à  deux  pas  de  là.  In  antn 
creux.  Chemin  creux. 

On  dit  aussi  qu*t7»  corps  sonne  creux,  pour 
dire,  que  Le  sou  qu'il  reud  indique  qu'il  rcii- 
fcrnie  un  esparc  vide. 

Il  signifie  encore  Visionnaire  ,  chimérique 
Es/rit  creux.  Cerveau  a-eux.  Cervelle  creuse, 
Idée  creuse.  Imagination  creuse.  Celte  vision, 
cette  pensée  est  bi~n  creuse. 

On  dit  figurémcnt  ,  Viande  creuse  ,  Ucf 
nourritures  le'gères ,  par  opposition  à  des  nour- 
ritures solides. 

Et  on  le  dit  aussi  familièrement,  Des  choset 
qui  ne  sont  point  de  la  nature  des  altmens.  Li 
plupart  des  lomans  sont  une  viande  bien  creusl 
poiw  tesprit. 

On  dit  encore  figurément  et  familiiremenl 
d'Un  homme  qui  se  remplit  l'esprit  d'imagina* 
lions  ciiinierique-^elde  vaines  espérances,  qu'ii 
se  repaît  de  viandes  creuses. 

Ou  dit,  qu't'n  homme  songe  creiLV,  ne  /ùil 
<jue  songer  creitt,  pour  dire,  qu'il  révc  pro- 
fundémcnt  à  des  choses  chimériques  ;  et  eu  ces 
plirascs,  Ciciii  se  prend  adverbialement. 

Sosoe-chevx.  Voyez  SoscE. 

CREUX,  s.  m.  Cavité.  Fui;c  un  creux.  Ca- 
cher  (juclcfue  chose  dans  un  creux.  Tomber  dam 
un  creux.  Le  creux  d'un  arbre  Le  creux  d'un 
rocher. 

On  appelle  Le  creux  de  la  main,  I,a  cavitù 
qui  se  fait  dans  la  paume  de  la  main ,  en  la 
pliant  nn  peu  ;  et  Le  creux  de  l'estomac,  Cett' 
oovité  extérieure  qui  e»t  entre  l'estomac  et  lo 
|K)itrine. 

t)u  dit  aussi  populairement,  d'Un  homme 
qui  ciianlc  la  liasse,  et  qui  drscend  à  un  ton 
furt  l>a>,qu'fl  a  un  beou  creux,  un  qranj 
creux,  que  c'cjl  un  fccau.  cj  eux,un  ton  creu*. 


CRI 

CuEUX)  sigiùâe  encore,  Un  moule  dont  on 
se  sert  [jour  mouler  ,  on  pour  imprimer  quel- 
que (igurc  de  relief.  Un  creux  de  jAdb'e.  Vn 
creux  d'acier.  Graver  en  creux. 

CR  l 

CRI.  S-  m.  Voix  liante  et  poussée  avec  cf- 
fori.  Grand  cri.  Horrible  cri.  Épouvantable 
cri.  Cri  aigre.  Vn  cri  aigu  et  perçant.  Vn  cri 
douloureux.  Jeter  un  cri.  Faire  un  cri.  Pcus- 
ser  un  grand  cri.  ^f*entends  un  cri  II  fit  un  cri 
tn  ntOurant.Lcs  cris, les  lamentations  des  fem- 
mes. Lccri  dcsauimaux.il jetait  les  hauts  cris. 
Il  fit  un  cri  qui  (ut  entendu  de  hip.n  loin.  Cri 
d'allé(jrcsse.  Cri  de  joie. 

Cm,  se  dit  encore  De  la  voix  ordinairi:  dv 
certains  oiseaux. 

Un  dit,  que  Le  cri  de  la  corneille  annonce 
de  la  pluie.  La  chouette  a  un  vilam  crt\  un 
triste  cri. 

Il  se  prend  Iij;urément  pour  Les  plaintes  et 
les  gcniisseniens  des  pei-sonnes  qui  sont  dans 
l'oppression.  Dieu  entend  les  cris  des  veuves  et 
des  orphelins. 

On  dit  aussi  Ëgurement,  Le  cri  de  la  na- 
lurcy  le  cri  de  Vamour  maternel. 

Ciu  de  guerre  j  ou  simplement  Cri.,  se  prend 
pour  Certains  mots  qu'une  Nation,  une  Ville, 
une  Maison  illustre  porloil  écrits  dans  ses  dra- 
peaux, sur  les  cottes  d'armes  ^  et  que  les  gens 
de  guerre,  marchant  sous  ses  bannières,  avoient 
uccoulumc  de  ciicr  en  allant  aux  combats.  Il  se 
l'inrr  encore  nniourd"luii  au-dessus  des  armoi- 
ries, etc.  CVi  de  guerre.  Le  cri  des  François 
etoitj  Mont-joie  Saint-Denis;  Lea-i  de  la  Mai- 
son de  Bourbon^  Notre-Dame. 

Il  signifie  aussi  La  proclamation  de  la  part 
du  Mai^ibtrat,  pour  défendre  ou  ordonner  quel- 
que chose.  Cri  pour  ordonner  ou  empêcher  h 
cours  d'une  monnaie.  Vn  cri  public.  Il  est  dé- 
fendu par  cri  public... 

Il  sii;jiiGe  encore  Le  ton  dont  on  crîe  dans 
les  rues  plusieurs  sortes  de  choses  pour  la  com- 
modité du  public.  Les  cris  do  Paris. 

(>n  dit,  iamilièrement,  qu'On  n*a  qu^un  cri 
après  une  personne.,  pour  dire,  qu'Où  la  sou- 
haite, qu'on  l'attend  avec  impatience. 

On  dit  aussi,  qu'/ï  n*ya  gu'uncri  sur  quel- 
que chose^sur  une  personne,  pour  dire,  que 
CiiQCun  en  parle  de  ta  même  manière-,  et  plus 
communément  en  mal. 

On  dit,  Chassera  cor  et  à  criy  pour  dire, 
Chasser  à  grand  bruit,  avec  le  cor  et  les  cLiens. 
Il  a  droit  de  chasser  à  cor  et  à  cri  dans  cette 
forêt. 

Gn  ditfîgurcmentetrainilièreroent,  Deman- 
der r|ijc/(|ii'«n  à  cor  et  à  cri,  pour  dire.  Le 
chercher  en  demandant  partout  de  ses  nou- 
velles. 

CRIAlLLIîR.  V.  n.  Faire  des  cris  répétés, 
importuns,  et  sur  des  objets  de  peu  d'impor- 
tance. Cette  femme  criaille  toujours  ^  elle  criaille 
ïOfis  cesse  après  ses  domestiques.  Si  vous  ne  le 
contentez,  il  sera  toujours  à  votre  porte  à 
criaillerait  ne  fait  que  criailler.  Il  nVst  que  d:i  J 
style  familier,  ainsi  fjuc  les  deux  mot5  suivons. 


CRI  34o 

CRIAILLERIE.  s.  f.  Cricrie  qui  recommence 
souvent.  Je  suis  las  de  toutes  vos  crtaillcrics. 
Que  cette  criailleric  est  fatigante  ! 

CRIAILLEUR  ,  EUSIi.  s.  Celui,  celle  qui 
criaille.  Grand  ciiailleur,  C^est  un  criailleury 
une  criailleuse. 

flRlANT,  ANTE.  adj.  Qui  excite  à  se  plain- 
dre hautement,  hcriei.  trie  injustice  criante. 
Cela  est  criant. 

CRLVRD,  ARDE.  adj.  Qui  crie,  qui  se 
[)laint,  qui  gronde  souvent  pour  peu  de  sujet. 
C'e^it  un  grand  criard.  Vous  êtes  une  criarde. 
Il  e^t  criard  de  son  naturel.  Il  est  d'une  /(«- 
mcur  criarde. 

On  appelle  Dettes  criardes  ,  De  menues 
dettes  pour  service,  founiltureSi  aliroens,  etc. 

On  appelle  OiVeaua:  criards.  Ceux  qui  crient 
Eouvenl;,  Les  oiseaux  niais  sont  criards.  Leneai 
et  la  corneille  sont  des  oiseaux  criards. 

CRIBLE,  s.  m.  Instrument  fait  pour  l'ordi- 
naire d'une  peau  nttachéeau-'dedans  d'un  cercle, 
et  percée  de  plusieurs  petits  trous,  pour  séparer 
le  bon  grain  d'avec  le  mauvais,  et  d'avec  les 
ordures.  Grand  crible.  Petit  crible. 

On  dit  proverbialement  De  quelque  chose 
de  percé  en  quantité  d'endroits,  qu'//  est  percé 
comme  un  crible. 

CRIBLER.  V.  act.  Nettoyer  le  blé  avec  le 
crible,  CriMer  du  blé. 

Cribla,  ke.  participe. 

On  dit  Bgurément  d'Un  homme  qui  est  cou- 
vert de  blessures,  qu7I  est  criblé  de  coups,  de 
blestiurf^s. 

CRIBLEUR.  9.  m.  Celui  qui  crîb'e. 

CRIBLE  UX.  adj.  Terme  d'Anatomie.  On 
appelle  Os  cribleux,  un  petit  os  qui  est  au 
haut  du  nez,  et  qui  est  percé  comme  un  crible, 
pour  laisser  passer  plusieurs  petites  fibres. 

CRIBLUIÎE.  s.  f.  Le  mauvais  grain  et  les 
ordures  qui  sont  séparées  du  bon  grain  par  le 
crible.  On  donne  les  criblures  aux  volailles. 

CRIBRATiON.  s.  f.  Tenue  de  Chimie.  Sé- 
paration qui  se  fuit  des  parties  les  plus  délides 
des  médicamens,  tant  secs  qu'humides  ,  ou 
oléagineux,  d'avec  celles  qui  sont  les  plus  gros- 
BÏère.^. 

CRIC.  s.  masc.  (On  ne  prononce  point  le  C 
final.)  Espèce  de  machine  à  roue  de  fer  avec 
une  manivelle,  propre  à  lever  de  terre  quelque 
fardeau ,  et  dont  on  se  sert  ordinairement  pour 
soulever  le  train  d'un  carrosse. 

CRIC.  s.  m.  (.On  prononce  le  C  final.)  Poi- 
gnard des  Malais. 

CRIC-CRAC.  (On  fait  sentir  le  C  à  la  fin  de 
chaque  syilabe.)  !\Iot  qu'on  dit  pour  exprimer 
le  bruit  que  fait  une  chose  qu'on  déchire, qu'où 
casse. 

CRIÉE,  s.  f.  Proclamation  en  Justice  pour 
vendre  des  biens.  Mettre  une  la'rc,  une  maison 
en  criée  II  s^cst  opposé  aux  criées. 

CRIER,  v.  n.  Jeicr  un  ou  plusieurs  cris.  Ne 
faitci  pas  crier  cet  enfant.  Lais.s£z-lc  crier,  Ji 
i-ric  de  toute  sa  force.  Il  crioit  si  fort,  que...  I) 
doit  faire  h  l'imparfait  et  au  subjonctif,  Notis 
criioîUy  vous  criiez^  etc. 

Oudit  familiêrem.  Il  criciicommc.unperduy 


350  CRI 

comme  un  [ou,  comme  un  enraçé.   Il  crie  il 
vleine  lele.  Il  crie  comme  si  on  Vécorcl.oit. 

On  dit  proverbialement ,  fl  crie  comme  un 
uveuqle  (fui  a  y,erilu  son  btllcn.  Crier  à  tue  tele. 
Il  se  prend  quelquifois  activement.  Crier  les 
hauts  cris.  Crier  une  sentence. 

On  dit  familièrement.  Plumer  la  poule  sans 
la  faire  crier,  pour  dire.  Exi;;er  des  choses  qui 
ne  sont  p.is  dues,  d'une  riiaiiiire  adrorile,  sans 
bmil  et  s.ms  éclat  ;  exercer  qwlque  vexation 
eu  ctoulTant  les  plaintes. 

On  dit,  que  Les  hoyaiur  crient  à  (fueliju'un, 
Ouand  il  se  fait  dn  bniit  dans  ses  entrailles. 

Il  se  dit  (îgurément  d'Une  cliose  dure  ,  qui , 
«c  frotl.nnt  rudement  contre  d'autres,  rend  un 
son  ai"re.  Cette  porte  crie.  L'essieu  de  ccllt 
cl.anetle  crie.  Les  roues  crient. 

CniEn,  signifie  aussi,  Prononcer  quel.|ucs 
paroles  d'un  ton  de  voix  élevé.  Il  ne  saurait 
{ilisjnitcr  sans  crier.  Pensez-vous  l'emporta'  sur 
moi  c  force  de  crier?  C'est  à  qui  criera  le  plus 
haut,  le  plus  fort. 

On  dit:  Crier  mur  armes,  ù  la  cjar^^.  Crier 
lue,  lue.  Criei'  à  Vaide,  au  secours.  Crier  au 
meurtre.  Crier  au  volew:  Crier  au  feu.  Criei 
miséricorde.  Crier  merci.  Crier  famine.  On  ilil. 
Crier  à  l'inju-ïlice,  pour  dire,  Se  plaindre  liau 
tement  d'une  injustice. 

CniKii,  signifie  aussi,  Se  plaindre  hautement, 
avec  aigreur.  Le  peuple  crie.  Tout  le  monde 
crie  de  cela,  conVe  cela,  crie  contre  un  tel. 
Vnis  hvez  crier  toute  la  Province.  Il  e.'t  alU 
crier  à  ses  Juçjcs.  Criez,  faites  grand  bruit. 

On  dit  proverbialement  d'Un  liuiume  qui 
fait  dn  bruit,  et  qui  se  plaint  du  mal  qu'il  n'a 
pas  encore  reçu ,  qu'il  resremhle  au.x  anguilles 
de  Melun,  il  crie  avant  qu'on  lécorche. 

CniER,  Rllmcr  publiquement.  Les  Prédica- 
teurs, dans  les  Chaires,  crient  contre  le  vice. 
Il  crie  partout  contre  moi.  Faire  crier  après  soi. 

On  dit  fignréin. ,  que  Le  sanrj  du  Juste  cric 
vengeance,  pour  dire,  qu'il  demande  ven- 
geance. 

Il  signifie  quelquefois  Gronder,  réprimander 
quelqu'un  en  élevant  sa  voix.  U  fera  crier  sa 
(oniiiic.  Laissez-la  crier.  Elle  a  lieu  crié  après 
lui.  Il  ne  fait  que  crier. 

On  dit  aussi  Crier,  pour,  Donner  conseil. 
ïl  y  a  lonq-temps  que  je  lui  crie  d'être  saqe. 
de  prendre  qarde  à  lui.  Je  n'ai  cessé  de  lui 
crier  de  chanqer  de  conduite. 

CiuEK ,  signifie  aussi,  Faire  un  certain  cri, 
soit  pour  rallier  dan5  un  combat,  soit  poui  té- 
moigner sa  joie  dans  quelques  autres  occasions. 
Les  Fr«i>i;ois  crioicnt  3Ioiil-joie.  On  cric  par 
toutes  les  rues.  Vive  le  lioi.  On  aie.  l'ii.u. 
Crier,  le  lîoi  hoit.  .\utrefois  dans  les  réjouis- 
sances publiques,  on  crioit  iVoël. 

On  dit  proveiliakuneiit,  Cn  a  tant  crié 
Tîocl,  qu'il  est  7'enu,  pour  dire,  qu'On  a  tant 
demandé  et  désiré  une  chose,  qu'elle  est  ar 
rivée. 

Cmr.n,  signifie  aussi.  Proclamer  par  auto- 
rité ie  Justice.  On  a  crié  à  son  de  trompe  qu'on 
eût  à  ne  plus  porter  d^armcs  à  feu,  etc.  Il  fat 
cric  dt  par  le  Roi  que 


CRI 

Il  signifie  aussi,  Procbinfir  en  public,  scit 
pour  vendre,  soit  pour  retrouver  quelque 
clmse;  et  en  ce  sens  il  est  actif.  On  a  crié  du 
vin  (î  cinrj  sous,  L'Huissîer  a  déjà  crié  ces 
maihles.  Faire  crier  des  e'p  ts  yerdus. 

Il  se  dit  Des  choses  que  l'on  va  vendre  on 
nclietcr  jiar  les  mes.  Crier  de  la  salade.  Crier 
des  yommea^depetifs  i:âtés^vtc.  Crier  de  vicnn- 
cluipeaitjc,  de  vieiu:  huhits.  Cticr  à  Veuii. 

Oài  dit,  Crier  à  son  de  trompe,  aîer  à  îuut . 
criera  trois  hrsefs  joi(rs,pour  dire,  Citer  de. 
criminels,  et  It-ur  ordonner  de  comparoître  de- 
vant les  Ju^es  dans  le  temps  marqué. 

On  dit  en  Normniul-f.  Crier  huro  sur  qia-I 
f|u*«fi.ou  sur  (juel(juc  chose,  pour  dire, Le  s;ii- 
sir  ou  ram'îler  cn  disant  le  mot  de  haro. 

On  dit  fif^urcnicnt  et  familièrement,  Crier 
haro  sur  quelcju'urij  pour  dire,  Le  poursuivre 
;ivcc  injures ,  faire  rumeur  contre  lui. 

Cri  Kl,  KE.  purticîpe. 

CRÏErkïK.  s.  f.  Le  bruit  qu'on  fait  en  criant, 
ftoit  que  l'on  conteste  .on  <juc  l'on  rOprimande, 
soit  que  l'on  se  plaigne  h  liaute  vo'w.  Crier it 
mipoiUtne.  Faites  cesser  celte  cricrie.  Qui 
(jaques. -vous  avec  toutes  vos  a'ia'ies  ?  Il  esl 
familier. 

CRIEUR,KUSE.  s.  Celui,  celle  qui  crie,  qui 
fait  du  bruit.  Quel  crieur  est-ce  là?  Faites  tuirt 
ce  O'îeur,  cette  crieuse.  CVst  un  crieur  pcr- 
j)étuel.  Un  crieur  incommode.  Une  crieuse  in- 
supportable. 

Il  sif^niiie  encore  Certains  OfTiciers  qui  al- 
loicnt  autrefois  crier  par  !a  Ville,  pour  avertii 
qtril  V  :i^  nil  (juclque  cîiose  à  vendre ,  que  Von 
avoit  perdu  qud.jue  chose,  ou  que  Ton  eut  h 
prier  Oicu  pour  quelqxï'un,  et  ù  se  trouver  h 
ses  funérailles.  Leurs  principales  fonctions  sont 
présentement  d'inviter  aux  funérailles,  et  d'a- 
voir sein  de  la  tenture  et  de  la  plupart  des  cù- 
rémonics. 

(in  appelln  aussi  Jracs-Crieurs,  Certains 
Oniciers  qui  publient  des  Édits,  etc.  au  son  des 
trompettes. 

CiuF.un ,  se  dit  aussi  De  ers  pcns  qui  vont 
crier  des  fruits,  de  ^neilles  bardes,  etc.  17" 
<"ricwr  de  moutarde.  Une  crieuse  de  vieux  cha- 
pctiu.r. 

CRIME,  s.  m.  Mauvaise  aciion  que  les  lois 
punissent.  Crime  capital.  Grand  crime.  Crime 
atroce,  délcstahle.  Crime  énorme. Crime  inouï, 
noir,  irrémissible.  Commclfrc,  faire  un  crime. 
Punir  un  crime.  Pardonner  un  crime.  Abolir 
un  crime.  L'ahoUtion  d\tn  crime.  Ln  peine,  la 
punition  d'un  crime.  Accuser  d'un  crime.  Con- 
vaincre d'»n  crime.  Sujyposer  un  a-ime.  Im- 
puter un  crime.  Imputer  à  crime.  Se  purrjcT 
d'un  crime.  Il  fut  condamné  pour  crime  de — 
pour  ses  crimes.  Il  esl  dijpimé  par  ses  a'imcs. 
C'c^I  un  homme  noirci  de  crimes,  tout  couvert 
de  criwcx ,  prévenu  de  crimes  ^chargé  de  crimes , 
endurci  dans  le   crime.,  vieilli   dans  le  crime. 

Atteint  et  convaincu  du  crime  de Ce  crime 

fut  éteint  et  aboli  par  les  Lettres  du  Ptincc, 
par  prescription.  Ce  o'ime  a  été  couvert  par 
l'amnistie.  On  Va  absous  d'un  tel  crime.  Ce 
crime  dcmeureia-t-il  impuni?  Criuie  de  I.csc- 


CRI 

l\!ajeslé.  Crime  d'Etat.  Crime  de  péculat,  d'a- 
dultère, derapt  Crime  de  faux.  Crime  de  fausse 
'  monnaie ,  etc. 

On  dît.  Faire  un  crime  à  (Quelqu'un  de  quel- 
ffue  chose,  pour  dire,  Imputer  à  crime. 

On  dit.  pour  excuser  ou  diminuer  qudqne 
l'uiUe,  que  Ce  n'ci.l  j-as  un  ijrand  crime.  Quoi.' 
est-ce  un  crime? 

Dans  la  conversation  ordinaire,  on  se  sert 
du  mot  de  Crime,  pour  exagérer  les  fautes  lê- 
gV-res.  C'ej-t  un  crime  ijue  d\t.>uir  laissé  pei-dre 
CCS  manuscrits,  fjue  d'avoir  abattu  de  si  bcau.v 
arbres.  Vous  7i'ai'e;  pu  sans  ciimc  mantjuer  à 
une  si  ailcienne  amitié,  à  une  liaison  si  res- 
pectable. 

U  signifie  anssi  Péclié  mortel.  C'estun  crime 

devant  Dieu  que  de Notre-Seirjueur  Jksus- 

Christ  a  porté  la  peine  de  nos  crimes.  Ce  pé- 
cheur fait  pénitence  de  ses  crimes.  C*est  un 
homme  qui  vit  dans  le  crime ^  dans  l'habitude 
du  crime. 

CRIMINALISER.  v.  a.  Rendre  criminel.  Il 
ne  se  dit  qu'en  termes  de  Praliipie,  lorsque  d'un 
proci!;s  civil  on  en  fait  un  criminel.  Criniinali- 
ser  une  alJaire, 

CniMiNALisÉ,  ÉE.  participe, 

CRIÎVTT^ALISTE.s.  m.  Auteur  (jui  cciit  sur 
les  niati'"'res  criminelles.  Il  se  dit  aussi  d'Un 
homme  nui  est  très-instruit  en  Jurisprudence 
criminelle.  C^est  un  bon  Criminalistc ,  un  sa- 
vant Criminaïiste, 

CRI.MUVEL,  ELLE.  adj.  Conpnble  de  quel- 
que crime,  quia  fait  un  crime.  Homme  crimi- 
nel,  ft'mme  criminelle.  Il  est  criminel.  Il  est 
fort  criminel.  Il  seroit  criminel  devant  Dieu  et 
dewint  les  hommes. Ilest  criminel  de  Lèse-Ma- 
jesté. Ce  seroit  être  criminel  d^lUtat.  Tous  ceux 
qui  sont  accusés  ne  sont  pas  criminels.  Se  ren- 
dre criminel. 

<  )n  dit  aussi ,  Des  yeux  criminels ,  des  mains 
crimitielles j  des  v,x-u.v  criminels. 

Il  signifie  quelquefois  Condamnable,  con- 
traire aux  lois  divines  et  humaines.  Action  , 
pensée  criniineîU.  Désirs  crimi:ieh.  Attache- 
ment a'iminel.  Passion  criminelle. 

Criminel,  se  dit  aussi  De  tout  ce  qui  re- 
garde la  procédure  qu'on  fait  contre  ceux  qui 
sont  accusés  de  crime.  Procès  criminel.  Jufje 
criminel.  Lieutenant  criminel.  Matière  crimi- 
nelle. Anhire  criminelle.  Intenter  nue  action 
criminelle.  Tournelle  criminelle.  Code  crimi- 
nel. Ordonnance  criminelle. 

CniMiNEL,8e  prend  aussi  substantivement, 
Un  (jrand  criminel.  Un  insigne  criminel.  Il- 
lustre criminel.  Juger,  condamner ,  punir  un 
criminel. 

U  se  dit  aussi  De  quiconque  est  pre'venu  de 
quelque  crime.  La  prison,  les  cachots  où  Ton 
met  les  criminch.  Interroger  un  criminel. 

U  est  aus.M  (juel<pu:fuis  substantif  en  par- 
lant De  matière  criminelle,  ou  de  procf'-dure 
criminelle.  Tourner,  picndre  une  ajj'''i''e  nu 
criminel. 

En  ce  sens  on  dit  proverbialement  et  fiç;urtf- 
inent,(]u'6n  homme  prend  i^uchpw  chose  an 
erimincl.  pour  dire,  «jull  s'en  lient  ofiensé;  cl 


CRI 

qu71  i'fl  d'ahonl  au  criminel,  pdur  dire,  qu'il 
[u^e  maligncntcnt  tie  quelque  chose  sur  l;i 
inuincli*e  apparence. 

CUniIM:i,Li:Mi:.\r.  nilv.  D'une  manicro 
crjraineli!.-.  Aimer  LrimitieUement, 

On  (lit,  Poursuivre  une  affaire  crimincUc- 
ment^  poursuivre  <fueltju'un  criminellement, 
|K>ur  dire ,  L*a  poursuivre  en  Justice ,  par  pro- 
ct'durc  crinunelle. 

On  dit  encore  ,  Expli(^uer  crimincUcmcni 
mulque  chose  y  en  juqer  crimineUement ,  pour 
(lire.  L'expliquer,  rinicrprélcr  à  crime,  en 
mauvaise  paru 

CRIN.  s.  m.  Poil  loni;  ci  rude  qui  vient  au 
rou  et  h  la  queue  des  chevaux  et  de  quelques 
autres  ciBiniaux.  Crin  long^  notr^  blanc.  Le 
crin  du  cou  du  cheval.  Le  crin  de  la  (fueuc. 
Tresser  le  crin  y  faire  le  crin,  peigner  le  crin 
d'un  cheval.  Ce  cheval  a  le  crin  beau^  les  crim 
pendans.  Cheval  à  tous  crins ,  Qm  a  tous  sa 
crins.  Se  tenir  j  s^altuchcr  aujc  crins  d'un  chc- 
vaL  Les  crins  d'un  lion.  Faire  bouillir  du  cnti 
pour  l'employer.  Sommier  de  crin.  Matelat 
ùe  crin.  Garnir  un  matelas  de  crin.  Cordon 
de  crin.  Bouton  de  crin. 

O.i  dil^  prendre  au  crin ,  ou  aux  crins, 
pour  dire.  Prendre  quel<ju'un  aux  cheveux.  St 
prendre  aux  crins  ,  se  dil  De  deux  lionuncs  qui 
se  prennent  aux  cheveux.  Je  vis  l'heure  (fu'ili 
s^alloient  prendre  aux  o'ins.  Ils  se  sont  prit 
aux  crins  y  et  se  sont  long-temps  battus.  Il  c>l 
funilier. 

CRIXIER.  s.  m.  Artisan  qui  accommode  I< 
Clin.  <]ui  le  prépare  pour  ctie  employé. 

CHIMÈRE,  s.  f.  Tout  le  crin  qui  est  sur  U 
cou  d'un  cheval  ou  d'un  lion.  La  crinié'e  d'ui 
lion.  Le  lion  ragtssoit  et  secouoit  sa  crinière 
Jl  avoit  la  crinière  toute  hérissée.  Lmiiqui) 
épaisse  critiière. 

Il  se  dil  Gguri-mcnt  H  par  mépris  d'Uue  vh 
l:iinc  chevelure,  d  "une  vilaine  perruque.  Grani 
crinière.  Voilii  une  vilaine  crinière. 

C.ÏWSOy.  s.  m.  Petit  ver  fin  comme  un  cho 
veu,  qui  s'engendre  sous  la  peau. 

CRIQL'C  s.  f.  Petite  baie,  ou  anse  en  en- 
foncement dans  les  tencs.  cù  de  petits  vais- 
seaux peuvent  se  nieltre  à  l'abri. 

CUK^IUET.  s.  m.  Petit  clieval  foihie  et  de 
vil  prix.  Vn  petit  crtr^uet.  Il  étoit  monté  sur  un 
criquet.  Ce  n'est  qu'un  crti^ueL 

CRISK.  s.  f.  Kflurl  de  la  natiu-c  dnus  les 
maladies,  qui  produit  un  changement  subit  et 
marqué  en  bien  ou  en  mal.  Bonne  crise.  Mau- 
vaise crise.  Cri^e  imparfaite.  Crise  favorable. 
Jour  de  crise,  Attendte  la  crise. 

CmsE ,  te  prend  figurt-ment  pour  Le  mo- 
ment |>crillem  ou  décisif  diiTic  rlHiirc.  On  dit 
dans  ce  sens  :  Les  affaires  sont  dans  la  a'ise. 
'X'oilà  le  momenl  de  la  crise. 

CRLSPATlON.  &.  f.  Resserrement  qui  arrive 
aux  partirs  CTtcrieurcs  dc^  clioses  qui  se  con- 
iraclrnt  et  »c  rident,  par  l'approche  du  feu.  ou 
par  qucl<]ue  autre  ciuie. 

Il  se  (lit  cnrnn*  en  Médecine,  dTn  n-.ouve- 
nrenl  à  peu  prè*  pareil  qui  arrive  dons  les  en- 
UaiUcj,  dAus  Ic^DerlÀ,  etc.  etc. 


CRI 

CRISPER.  V.  a.  Causer  de  la  cnspalîoD.  Il 
fait  un  froid  ijtii  crispe  les  nerfs.  Il  s'emploie 
avec  le  pronom  personnel,  5e  crisper. 

CniSPÉ,  ÉE.  pailicipe.  y/i-oir  les  nerfs  crispés. 

CRISSER.v.a,  se  dit  proprement  Des  dcnli 
quand  elle*  font  un  bruit  aigre,  lorsqu'on  lei 
serre  et  grince  fortcmeuL 

CRISTAL,  s.  m.  Pierre  transparente,  et  qui 
en  se  formant  aflecle  une  figure  régulière  c( 
dctermiuée  dans  ses  parties.  Le  cristal  de  ro- 
chc  est  blanc  et  transparent  comme  de  l'eau.  /I 
y  a  des  cristaux  de  diffarcntes  couleurs.  Tailler 
du  cristal,  des  morceaux  de  cristal.  Chandelier 
lie  cristal.  Il  a  (juantilé  de  beaux  cristaux, 

U  se  prend  aussi  pour  Une  espèce  de  verra 
qui  est  net  et  clair  comme  le  vrai  cristal.  Ci  is- 
fal  de  Venise  y  de  Bohème.  Des  verres  de  cris- 
tal. Ce  lustre  ncst  pas  de  cristal  de  roche,  H 
n'est  que  de  cristui  fondu  ou  factice.  Servir  des 
fruits  sur  des  cristaux. 

On  dit  poétiquement,  Le  crLtal  des  cnux, 
le  cristal  des  fontaines. 

Cristal,  en  termes  de  Chimie,  se  dit  De 
rcrtaines  matières  congelées  en  forme  de  cris- 
tal. CrisfrtI  de  tartre.  Cristal  minéral. 

CRISTALLIN  ,  INE.  adj.  Qui  est  clair  ci 
transparent  comme  du  cristal.  Il  ne  se  dit  guêr« 
çue  IjCs  eaux.  Des  eaux  cristallines  ,  pour 
i'ire.  Des  eaux  extrêmement  claires  cl  pures. 

CRISTALLIN,  s.  m.  On  appelle  ainsi  L'une 
ies  trois  humeurs  de  l'œil.  Le  cristallin  di 
\œil. 

<  hi  dit  aussi,  Le  premier  cristallin^  le  second 
cristallin  jCn  parlant  Des  cieux,  dans  le  système 
lie  Ptolomée. 

CKISIALLISATION.  s.  f.  Opération  pa( 
laquelle  les  parties  d'un  sel  ou  d'uine  pierre, 
ijui  é-toient  dissoutes  dans  im  liquide,  se  rap- 
proclicnt  pour  former  un  corps  solide  d'unn 
figure  régulière  et  déterminée.  Crisltil/isntiuu 
naturelle.  Cristallisation  iirt:f  délie. 

Dans  VHistoire  Naturelle,  on  appelle  Crij- 
tallisations  ^  (Certains  amas  de  pierres  d'om 
forme  régulière  et  constante. 

CRISTALLISER,  v.  a.  Congeler  en  manière 
lie  cristal.  Cristallisez  ce  suc^  cette  eau. 

On  dil  aussi ,  x"airc  cristallUa-  un  sel  ;  et  en 
re  s  ns  d  est  neutre. 

Il  se  dit  plus  souvent  avec  ie  pronom  pn- 
lomud.L'ctiii  qui  passe  par  ces  soitcs  de  terres. 
de  rochers  f  se  a'istallisc.Les  sels  ce  cristidlisent. 

CnisTALLisi:,ÉE.  participe. 

CRITERIUM,  s.  m.  Mot  emprunté  du  La- 
tin,  et  qui  n'est  guère  eu  usage  que  dans^  !« 
Dogmatique  ,  poiu-  itignifier  La  marque  i  la- 
quelle on  recounoifjû  vériié,ct  d'autres  ohjcis 
nt'llcctu'ds.  L'évidence  est  le  critérium  de  la 
vérité. 

CRITIQUABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  peut 
être  justement  critique.  Les  meilleurs  ouvrage^' 
sont  critiquables. 

CRITIQUE,  adj.  des  2  genres.  Terme  da 
Médecine.  U  se  dit  Du  jour  ou  il  arrive  ordi- 
nairement quelque  crise  dans  certaines  mali- 
dics.  Jour  critique.  Le  tcftlièmc  ei  le  Mcui'ici»e 
sont  des  ^uurs  cruiques. 


CRO  3ôr 

On  appelle,  Temps  critique  pour  les  femmes. 
Celui  où  elles  perdent  leurs  règles. 

Ou  dit  par  extension,  Les  momens  critiques 
de  la  vie,  le  moment  critique  d'une  affaire.  On 
dit  aussi,  qu*-  Le:  temps  sont  critiques,  que  ïe« 
ctVconsttinces  soni  critiques. 

Il  se  dit  encore  d'Une  dissertation  ,  d'un 
ni('nioirc ,  où  l'on  examine  avec  soin  u;i  ou- 
vrage d'esprit  pour  en  porter  son  jugement. 
Dissertation  critique.  Observations  a'itiques. 

Ou  le  dit  aussi  dUne  disposition  à  censurer 
trop  légèrement.  Esprit  critique.  Humeur  ci' 
hquc. 

CniTiQUE,  est  aussi  substantif  maseurin,  et 
lignifie  Celui  qui  examine  des  ouvrages  d'es- 
prit pour  en  porter  son  jugement,  les  expli- 
jner,  les  ëclaircîr,  etc.  Don  critique.  Méchant 
tritique.  C'est  un  critique  fort  judicieux. 

Il  signifie  encore  Censeur,  celui  qui  trouve 
il  redire  à  tout.  C'esl  un  critique  flcheux. 

CRITIQUE,  suhsl.  f.  L'art  de  juger  d'un 
Mivragc  d'esprit,  d'érudition,  de  littérature.  // 
rsl  habile  dans  la  critique.  C'est  un  homme  qui 
I  la  critique  sùve.  Exercer  sa  critique  sur  un 
vuvrage.  Soumettre  un  écrit  à  la  critique  de 
ijuclquun. 

li  se  prend  aussi  pour  La  discussion  des  failjf 
obscurs,  des  dates  incertaines,  de  la  pureté  des 
lexles,  de  l'aullienticité  des  manuscrits.  Il  fal~ 
loit  beaucoup  de  critique  pour  écrire  cette  his- 
toire-là. 

Il  signifie  encore  Une  dissertation,  un  écrit 
^n:«.  lequel  on  examine  un  ouvrage  d'esprit.  /^ 
9  fait  la  critique  d'un  tel  Poëme.  Sa  critifue  a 
}le  imprimée.  La  critique  est  aisée  ^  mais  l'art 
ist  difficile. 

U  se  prend  quel(|uefuis  en  mauvaise  part,  et 
ignifie  Une  censure  maligne  de  la  conduite 
j'autrui,  de  quelque  chose,  ou  de  quelque 
Hîviagc  d'esprit.  Rien  n'échappe  à  sa  critique. 
du  lieu  de  loua'  cet  ouvrage,  il  en  a  fuit  la 
tritique,  il  en  a  fait  une  critKjne  omére. 

CRITIQUER,  r.  a.  Censurer  quelque  chose, 
r  trouver  h  redire.  Critiquer  un  oinrage.  Vcus 
jritiqucz  ce  vets-là  mal  à  propos.  Il  critiqtte 
les  actions,  la  conduite  de  tout  le  monde.  C'est 
m  homme  qui  critique  tout.  Critiquer  un  ta- 
ileau.  Critiquer  un  bâtiment. 

CniTiQli:,  LE.  participe. 

CRO 

CROASSEMENT,  s.  m.  Le  cri  des  corbeaux. 

CROASSER.  V.  n.  Il  se  dit  Du  cri  des  cor- 
beaux. Les  corbeaux  croassent. 

CROC.  s.  m.  (Plus  communéntent  le  C  final 
ne  se  prononce  point.)  Instrument  de  fer  ou  d« 
bois,  etc.  il  une  ou  plusieurs  pointes  recour- 
bées, dont  on  se  sert  pour  y  peiMire  ou  pour  v 
attaclicr  quehpie  cliosc.  Croc  de  fr.  Cro:  r^- 
bois.  Grand  aoc.  Croc  de  cuisine.  Pendre  de 
la  viande  au  croc.  Croc  bien  qarnu 

On  dil  figiirêment  et  proverbiatem.,  Mette 
les  armes  au  croc,  pendre  son  é^}ée  au  croc. 
(wur  dire.  Quitter  le  métier  de  la  guerre 

On  dil  aussi  fcgurcment,  qu't/n  procès  est 
au  croc  f  qu'on  t'a  yendm  au  crcc,  pour  â'r.î*- 


.5S2  C  R  O 

qu'on  ne  If  jwiiisuit  j)lus,  qfu'on  a  suspendu 
ici  procédures. 

Cnoc,  est  aussi  Lui'  longue  perche,  nu  bout 
de  Inquellc  il  y  a  une  pointe  de  fer  avec  un 
crocliet.  Croc  it  Batelier.  T'ver  avec  un  croc. 

On  appelle  Crocs,  De  f,T«ndes  moustache! 
recourbées  en  forme  de  crochet. 

On  appelle  à  Paiis  et  en  quelques  aulrei 
Villes,  Les  ciocs  de  la  Ville,  De  grands  crocs, 
dont  on  se  sert  pour  arrêter  le  cours  du  feu, 
en  abattant  les  endroits  ou  il  a  pris. 

On  appeloit  j^njucbiuc  à  croc,  Une  sorte 
d'arquebuse,  dont  le  canon  l'toit  fort  gros,  el 
qu'on  arrêtoit  en  l'accrochant,  afin  qu'elle  ne 
repoussjt  point  celui  qui  liroit. 

Cnoc,  se  dit  aussi  De  certainos  3ents  de 
quelques  animaux.  Ce  mdtin  ade(jrands  crocs. 
Les  crocs  d'un  cheval. 

Et  il  se  dit  figuréinent  Des  suppôts  de  mau- 
vais lieux  et  de  jeux  défendus.  11  est  du  di» 
cours  libre. 

CROC -EK- JAMBE,  s.  m.  Tour  de  lutte 
pour  faire  manquer  le  pied  i  celui  avec  qui  oi 
est  aux  prises,  et  pour  le  faire  tomber.  Jl  lui  t 
donné  Je  cioc-cn-jàmbc. 

Il  signifie  figurcment  et  familièrement ,  L'a 
dresse  avec  laquelle  on  supplante  quelqu'un 
on  le  fait  déchoir  de  s(s  droits,  de  sa  place, 
ou  de  ses  prétentions.  Il  éloil  bien  auprès  di 
Prince,  mais  un  tel  lui  a  donné  le  croc~cn- 
jambe.  7i  n\i  pas  si  bien  établi  sn  fortune,  cjuii 
n'aiî  à  craindie  (^ueltjue  croc-en~jand)e. 

Cboc.  Cle  C  final  se  prononce  forlement. 
Mot  du  slyie  ianuliei  ,  servant  a  evpnn.er  !'- 
bruit  que  les  choses  sèches  etjdures  tjiit  soui 
la  dent  quand  on  les  nia:ige.  Cela  ji'it  crol 
sous  la  dont. 

CROCHE,  adject.  des  2  genres.  Qui  esl 
courbe  et  torlu.  Il  a  la  jambe  croclic,  le  genot 
croche. 

CROCHE,  s.  f.  Certaine  note  de  Musi  juc 
Une  croche.  Double  croche.  La  double  ciocJit 
vaut  la  moitié  d'une  croche. 

CROCHET,  s.  m.  Petit  croc.  iCioc/ic(  de  fa: 
Grand  crochet.  Un  crochet  à  pendre  de  la 
viande.  Crochet  bien  garni.  Crochet  de  Senu- 
rier,  pour  ouvrir  une  porte  quaiid  on  en  a 
peidu  la  clef.  Un  crochet  à  pendre  une  montre. 
Un  crochet  d'acier.  Un  crochet  d'or.  Un  cro- 
chet de  diamans. 

On  appelle  Clou  li  croc/ic( , Celui  dont  cm  sr 
sert  pour  suspendre  une  estampe,  un  litbleau. 

11  est  quehjuefois  diminutif  de  Croc.  /.e.i 
crochets  ou  les  crocs  de  dents  d'un  cheval. 

On  dit  figurcment  et  pioverbial"mcnt.  Aller 
riiix  milres  sans  crochet,  pour  dire,  Enlreprr;i- 
dre  quclqtie  chose,  sans  avoir  tout  ce  qu'il  fuul 
poiu"  l'exécuter. 

On  dit,  Faii-e  un  crochet,  pour  dirc,Chan. 
ger  subitement  sa  route ,  en  prenant  de  côté.  /' 
a  fait  un  crochet  pour  m'évila\ 

CnocHET.  Inslniment  de  Chirurgie.  11  y  en 
a  de  deux  sortes  ;  l'un  pour  tirer  la  tcle  du  fœ- 
tus restée  dans  la  matrice  ;  l'autre  pour  exlraii  o 
les  picrrf's  dans  l'opération  de  la  tiûlle. 

Ccocntr,  signilie  encore  Un  instrumi'rt    i 


,  pcsef,  qu'on  nomme  auireinent,I/n  pesortfUuc 
rotnuine.  ïl  a  pesé  cela  avec  le  crochet. 

il  str  dit  aussi  Diî  certaines  Jents  aiguës  el 
perçantes  de  (juelques  animaux,  spécialement 
des  chiens  ot  des  clicvaux.  Les  crochets  com- 
mencent à  pousser  à  ce  cheval ,  à  ce  chien. 

On  appelle  Crochets,  au  pluriel,  Ce  que  les 
Portefaix  s'attachent  sur  le  dos  avec  des  brc- 
telles ,  pour  porter  plus  aisémeut  leurs  fardeaux. 
Porta-  les  crocliets. 

On  dit  proverbiaieiiient  et  fîgiu-emcnt,  Étrs 
sur  ses  crochets  j-éirc  sur  les  crochets  tle  (juel- 
(juun^  pour  dire,  Vivre  à  ses  dépens  »  vivre 
lux  dépens  de  quelqu'un. 

On  dit  dans  le  niên:c  ssns,  Dîner  ensemble, 
thacun  sur  ses  croch  ta,  pour  dire.  Chacun 
payant  sou  écot. 

On  appelle  Crochets  j  en  termes  d'Imprimé- 
lie,  Des  figures  courbes,  pour  marquer  une  pa- 
lentlièse. 

On  appelle  aussi  Croc/ieXs, Certaines  Ggureg 
recourbées,  qui  scrveut  à  lier  enscmJjlc  àeux 
>a  plusieurs  articles. 

Dans  la  coiffure  des  femmes  ,  on  appella 
Croc/iefs,  De  petites  boucles  de  cheveux,  ou 
laturels  ou  posticlics,  qu'elles  mettent  sur  la 
l'ont  auprès  des  tempes.  Vos  crochets  sont  lîéi 
^isés. 

CROCHETER,  v.  a.  Ouvrir  un»;  iK)rte  ,  un 
pffre,  etc.  avec  un  crochet,  avec  intention  de 
ïoler,  ou  à  quelque  auire  mauvais  dessein.  7i 
»  O'ocheté  une  porte.  Je  le  surpr'i:>  (pii  cruc/ie- 
loit  "ton  coffre. 

CnocuETE,  !!.£,  participe. 

CROCHKTEUH.  s.  m.  Portefaix,  c^uipmU 
ïes  crocljcls.  CharcuT^  dccharcjer  un  croche- 
leur.  Lu  charge  d'un  a-ocheteur.  Fort  commi 
un  crochetcur.  Des  injures  de  crochcleur.  Mo 
ncr  une  vie  de  crochetcur. 

On  appelle  familiôrenvnt  Santé  de  croc'.e- 
Icur,  Une  santé  forte  et  robuste. 

CnociiETEUR,  se  dit  aussi  De  celui  qui  cro* 
uhetlejmais  en  ce  sens  il  ne  s'emploie  qu'avec 
une  addition,  comme,  Croc/ïfifeur  de  serrure, 
i:roc/iCieur  de  portes. 

CROCHU,  VE.  adj.  Croclic.  Cela  est  cro- 
r/m,  tout  crochu.  Doigts  crochus.  Mains  -cro- 
chues. 

On  dit  figurénï.  et  proverbialement,  qu'L'n 
homme  a  les  mains  crochues,  pour  diic,  qu'il 
est  fort  sujet  à  dérober. 

CROCODILE.  8.  m.  Animal  amphibie  à 
quatre  pieds,  couvert  d'écaillesj  de  la  .figur(! 
d'un  lézard.  Il  y  a  des  crocodiles  dans  le  Ai/ . 
dans  le  Ganqc  et  dans  plusieurs  autres  fleuves. 
Grand  crocodile.  La  peau  d'itn  crocodile.  Dc^ 
œufs  de  crocodile. 

On  îippellc  Larmes  de  crocodile ,  Les  lavmes 
par  lesquelles  on  veiU  émouvoir  quelqu'un 
pour  Je  tromper.  A'c  vous  laissez  pas  toucher 
aux  larmes  de  cette  femmCj  ce  sont  des  larmes 
de  crocodile. 

CJIOLRE.  V.  a.  Je  crois,  tu  cr^is,  il  croit; 

nous    croyons,  vous   croyez ^   iU   croient.  Je 

,    croyoisj   nous    croyions  ^   vous    croyiez,   ils 

frpyoicnt.  Croi,  ou  crois.  Que  .je  ovotc,  nue 


CRO 

nons  croyions.  Que  je  crusse,  que  ta  cr'««n, 
(]uil  crût  ;  tjue  nous  crussions,  tjn'i/s  crussent, 
,  Croy(in(.  E  ;timer  une  chose  véritable,  la  tenir 
pour  vraif.  Croire  légèremcnL  Croire  sans 
preuve.  Croire  facilement.  Croire  certainement, 
fermement.  J\n  de  lu'peine  à  croire  cela.  Je  le 
crois  bien.  Je  n'en  crois  rien.  Il  croit  cette  re- 
lation, ce  conte,  etc.  Il  croit  cela  comme  VE" 
i'angile,  comme  article  de  foi.  Ne  croyez  rien 
de  tout  ce  fjuil  vous  dit.  C'est  un  homme  dé- 
fiant, il  ne  croit  <|uc  ce  (juil  voit.  Il  ne  faut 
pas  être  si  facile  à  croire.  Qui  l'aurait  jamais 
cru?  Vous  ne  sauriez  croire  combien....  Cela 
est  aisé  à  croire.  Je  le  crois  bonnement.  Vont 
en  croirez  ce  quil  vous  plaira. 

Il  signifie  encore,  Estimer,  penser,  présu- 
mer, nvoir  opinion  que Je  crois  cela  bon. 

Je  ne  crois  pas  cela  de  lut.  Je  crois  tout  de  hti. 
Je  le  crois  capable  de  tout.  Je  l'avois  toujours 
cru  sage.  Le  croyez-rwus  homme  d'honneur  ? 

11  signifie  encore,  Ajouter  foi  5  quelqu'un. 
CroyC3-uoiis  cet  homme-là  ?  Je  vous  crois. 
C'est  un  menteur  avéré,  on  ne  le  croit  plus. 
Croyez-moi j  ne  faites  point  cela.  Il  ne  a'oit 
yoint  les  Médecins.  J\n  croirai  des  Arbities, 
(les  Avocats, 

CnoiitE,  se  joint  quelquefois  &  la  particabi 
en.  En  a'oire  quelqu''un.Il  n'en  sera  pas  cro. 

CriomT;,  signifie  encore  avec  un  autre  ré- 
gime, Donner  sa  confiance  à  quelqu'un,  ou  sa 
troyance  à  quelque  chose.  C-oire  aux  Astro* 
hqucsj  aux  J\lédecins.  Croire  au  rapport,  au 
ièmoiqnage  de  quelqu  un.  Croire  auxrevenunSf 
luiJL  esprits^  atLx  miroctes. 

CnoiHE,  s'emploie  avec  le  pronom  pci-sonnri. 
Cet  homme  se  croit  habile.  Il  se  croit  oblige  ne 
iaire.,..  Je  m'en  crois  ù  peine. 

CnoiBE.  v.  n.  Avoir  la  foi,  et  recevoir  avec 
soumission  d'esprit  tout  ce  que  l'Église  cnsci- 
jçne.  .4  lu  première  prédication  des  Apôtres^  les 
juifs  crurent.  Cet  impie  ne  croit  point. 

On  dit  :  Croire  en  Dieu,  en  Jésus-Cbri&t. 
Croire  au  Saint-Esprit, 

l\  est  aussi  actif.  Croii'C  les  mystères,  les  a»- 
hcles  du  Symbole.  Les  Chrétiens  aboient  tout 
te  que  l'Église  enseigne.  Croire  VEvangHc. 
froi?c  VEglisc  Catholique,  la  Conimiinion  des 
Maints,  etc. 

CnD ,  UE.  participe. 

CROISADE,  s.  f.  Ligue  fàiie  contre  les  In- 
fidèles et  les  Hérétiques,  ainsi  nomnitie,  parte 
(jue  ceux  qui  s'y  engagcoienl  pnrtoient  une 
croix  sur  leur  babit.  Prêcher  la  Croisade.  Pu- 
blier la  .Croisade.  A  la  première  Croisade,  hn 
Croisade  contre  les  Àlbiqeois,  conb'e  les  Maures 
etc.  Il  étoit  Chf^f  de  lu  Croisade^  Légat  de  lu 
Croisade.  Dans  le  temps  des  Croisades. 

CROISÉE,  s.  f.  Fcuttre,  ouverture  qu'oh 
laisse  dans  le  mur  d'un  bâtiment,  pour  donnrr 
du  joiir  au  dedans.  Faire  une  croisée.  Il  y  n 
tant  de  croisées  dans  ce  bâtiment.  Tant  de  croi 
secs  de  face.  Les  croisées  y  sont  bien  prati- 
quées, bien  ouvertes.  Grande  .croisée.  Demi- 
croisée. 

Il  se  prend  aussi  pour  La  menuiserie  gamii 
do  verre ,   qui  sort  i  fermer  cette   ouvertnrf 


CRO 

Placn  une  croisée  Peindre  une  Croisée.  Vitrer 

une  croisée. 

CROlSIîMIiNT.  s.  m.  Actîuo  de  deux  corps 
qui  »c  croisent. 

CUOISKK.  V.  act  Metire,  disposer  quchjue 
cliose  en  furme  de  croix.  Croiser  les  hras.  Croi- 
ser la  jambes.  Croiser  leséf-éeSj  les  baïonnettes. 

On  lin -.Croiser  les  soies  ^  pour  dire,  Les 
tordre  légèrement  avec  un  moulin  ;  Croiser  une 
étoffe^  La  travailler  U  quatre  niarclies;  Croiser 
les  branches  J'unurfcre,  Les  iaire  passer  les  uucs 
sur  les  autres. 

JI  signifie  aussi  Traverser.  Un  lièvre  qui 
croise  le  chemin.  Je  le  vis  devant  moi  qui  croi- 
$oit  le  cJiemin. 

On  dit  Des  navires  ormes  en  guerre,  qu'y  fi 
croisent,  qu*i/s  croisent  sur  telles  côtes,  sur 
telles  tners,  pour  dire,  que  Sur  ces  mers,  ou 
près  des  eûtes,  ils  vont  et  viennent  pour  de- 
couvrir  les  vaisseaux  ennemis,  et  leur  donm-r 
la  chasse.  //  y  a  des  vaisseaux  qui  croisent  dam 
la  Manche  j  qui  croisent  depuis  un  tel  endroit 
jusqu'à  un  tel  endroit. 

Un  dit  aussi,  que  Deux  chervins,  dciuc 
lignes  se  croisent^  pour  dire,  que  Deux  che- 
mins, deux  lignes  se  coupant,  se  traversent;  ci 
que  Deux  personnes  se  croisent  j  qu-ind,  IJe 
deux  personues,  l'une  va  pur  un  clicmiu, 
l'auLTC  pni  un  autre.  C«  detuc  courriers  se  sont 
croisés ,  Se  sonl  :*__i*Titix-5. 

Un  dit  lj;;urenient  Croiser  quelqu'un,  pour 
diie,  Le  traverser  dans  ses  desseins;  et  qne 
DeiLX  personnes  se  croisent  dans  leurs  pré(eri- 
/ionj,  pour  dire,  qu'elles  se  traversent. 

CroisKB,  sii;niHe  aussi,  Rayer  en  passant  la 
plnme  sur  quelque  écriture.  H  m'a  a-oisé  troii 
uu  quabe  articles  tout  de  suite.  Il  lui  a  a'oisé 
telle  chose  dans  les  parties  de  son  compte. 

CnoisER,  est  quelquefois  neutre,  et  se  dit 
Des  rol)es,  des  habits,  des  rabats,  etc.  dont  les 
coiés  passent  l'un  sur  l'autre.  Cette  camisole  nt 
croise  pas  asuz  par-devant.  Votre  rabat  croi^t 
trop,  etc. 

Se  CRuiSEn.  S'engager  par  un  vœu  solennel 
ditns  une  Croisade,  et,  pour  marque  de  ce  vœu, 
porter  une  croix  sur  ses  habits.  La  plupart  des 
Princes  se  croisèient  ,  lorsque  Saint  Louls  .-c 
croisa.  Ceujf  qui  $e  croisèrent  contre  les  /al- 
bigeois. 

Cnoi-i^,  tr.  participe. 

Il  te  dit  au!»si  Ocïs  étofles.  Étoffe  croi^^ée^ 
terge  croisée,  pour  dire,  Lue  étoflc,  une  serge, 
dont  U  trame  et  la  chaîne  se  croisent  d'une  cer- 
taine manière  :  eu  ce  sens,  il  m.*  prend  quelque- 
fois substantivement,  Du  croisé  de  soie. 

On  ap|>ellc,  en  teimcs  de  Guerre,  Un  jeu 
cvoi>e,  Olui  qui  charge  1  ennemi  en  tête  cl  eu 
queue,  et  qui  le  bat  de  difll'rens  cites. 

Un  dit  familiéremeol,  Demeuro-,  se  tenir, 
avoir  les  bras  croisés  ,  pour  dire  ,  Demeurer 
oisif,  ne  se  [Mïint  remuer.  Tout  le  monde  tra- 
vaille^ il  n'y  a  que  vous  qui  avez  les  bras  crvi^és^ 
qui  vous  tenez,  qui  demeurez  les  bras  ctoisé^^. 

Un  appelle  Rimes  croisées^  Des  rime»  aller- 
néts;  et  Vos    crot*c^  ,   Ceu\  dont   le»   rimes 
•ont  alternées. 
Tomt  /, 


CRO 

Cn  appelle  Les  Croisé^,  Ceux  tpi  ont  pns 
la  croix  pour  la  gucne  suinte.  Eu  ce  sens  il  est 
subslunlif. 

Croisé,  en  termes  de  Danse,  se  dit  d  L'n  pas 
qui  se  fait  en  allant  de  côté.  Il  est  substûntif. 

CRUISIïTTE.  s.  f.  Plante  ainsi  nommée 
parce  que  ses  feuilles  sont  disposées  le  bmg  des 
tiges  en  forme  de  croix.  Elle  est  de  peu  d'u*»agc 
en  Médecine. 

CROISEUR,  s.  m.  Capitaine  d'un  vaisseau 
rn  croisière,  qui  .jdc  »ur  i<ae  côte  pour  hi 
garder,  observer  renncmî  ,  ou  pour  pir;:ter. 
iVos  croiseurs  ugus  donnèrent  tel  avis.  Sur 
l'avis  de  nos  croiseius^  nous  nous  approchâmes 
de  lennenti. 

CRUlSlfJlE.  s.  f.  II  signifie  pour  les  vais- 
leaux,  l'action  de  croiser,  et  l'espace  dans  lequel 
on  croise.  La  croisière  a  duré  trou  moi^.  La 
Manche  est  une  mauvaise  croisière. 

CROISILLUN.s.  m.  La  traverse  d'une  croix, 
d'une  croisée.  La  Croix  de  Lorraine  a  deux 
c/-oi>il/ons.  Celte  croisée  a  deux  croisiIIon.s, 
troijf  croisillons. 

CRUISSA>CE.  s.  f.  Augmcnlation  cn  gran- 
deur. Age  de  croissance.  Ce  jeune  garçon  n'd 
pas  encore  pris  sa  croissance.  Cet  arbre  n\i 
pas  encore  toute  sa  croissance. 

CRU1SSA^T.  s.  m.  La  figure  de  la  nouvelle 
Lune  jusqu'.\  son  preujier  quartier.  Le  crois- 
iant  de  la  Lune.  La  Lune  est  dans  son  crois- 
sant. Les  cornes  du  croissant. 

On  oit  ligurément  et  poétiquement,  L^Em- 
pire  an  Croissant,  pour  diie,  L'Enipire  à\\ 
Turc.  4battre  îe  t/Otssanlj  arborer  la  Croix  à 
la  place  du  croissant. 

Croissant,  signifie  aussi  Certain  înstrumeni 
de  fer  qui  est  fait  en  forme  de  croissant,  el 
dont  les  Jardiuieis  sft  servent  pour  tondre  te:i 
palissades. 

On  appelle  aussi  Croissant,  Une  brancha 
de  fer  recouibée,  qu'on  scelle  dans  les  iaïubagcs 
des  ehemirices,  pour  y  meltie  les  pelles  à  feu  . 
les  pincettes,  etc. 

On  donne  aussi  !e  même  nom  aux  branches 
recourbées  de  fer  ou  de  cuivre,  dont  on  se  sert 
pour  arrêter  les  portières  et  les  rideaux  de  fe- 
nêtre. 

CROISSANT,  ANTE.  adj.  On  dit  :  5c</ilion 
croissante.  Taxes  croissantes.  Le  peuple  est  op- 
primé par  des  taxes  toujoiws  croissantes.  L'im- 
pôt va  toujours  croiMaiif. 

CROISURE.  subst.  f.  Tissure  d'une  étoffe 
croisée. 

CROIT,  s.  m.  Augmentation.  Il  se  dit  De 
l'augmentation  d'un  troupeau  par  lu  niissance 
des  petits.  Le  cheptel  se  donne  à  perte  et  à  ci  oit. 

CROITRE,  v.  n.  Je  croii,  tu  crois,  H  croît; 
nous  croissons,  vous  croissez,  ils  croissent.  Je 
croissois,  etc.  J'ai  crû,  etc.  Je  ctùsy  etc.  nous 
crûmes,  etc.  Je  croîtrai,  et^.  Crotï,  crovisez, 
etc.  Que  je  cioisse.  Je  eroitroisy  etc.  Que  je 
crusse  ,  etc.  Croissant.  Devenir  pluA  grand. 
Croître  bien  vite.  Croître  en  peu  de  temps,  à 
vue  d'ieil,  insensiblement.  Croître  à  certaine 
hauteur.  Se  laisser  aoltre  la  barbe,  les  che- 
veux.   Les   W6es,    Ici  atbrcs  croissent.  Cdie 


CRO 


333 


pluie  a  hien  fait  croître  les  blés.  Les  animaux 
croissent  jusqu'à  certain  âge. 

On  dit  proveibiûlement  et  par  plaisanterie  , 
Des  enfans  qui  croissent  beaucoup,  Mauvaise 
hahe  croit  toujours. 

On  dit  proverbialement  d'Une  jeune  pfr- 
fionne  qui  devient  tous  les  jours  plus  belle , 
qu'£/ic  ne  fait  que  croître  et  embellir. 

On  dit  encore  figurémentet  proverbialement 
De  pliLsieurs  choses  qui  vont  cn  augmeutani, 
qu'L"//fs  ne  {ont  que  ooltre  et  embellir. 

On  rapplique  iiussi  quelquefois  en  plaisan- 
t&nt  !i  plusieurs  cliosts  mauvaises.  //  se  débau' 
che  tous  les  jours  de  plus  en  plus,  cela  ne  fiit 
que  croître  et  embellir. 

Croître,  signifie  aussi ,  Augmenter  de  quel- 
que façon  que  ce  soit.  La  rivière  est  crue,  a  crû. 
Les  pluies ,  les  neiges  Vont  fait  croître.  La  Lune 
commence  à  croître.  Les  jours  croissent.  Sa 
fièvre  croît  tous  les  jours.  Celte  dartre,  cet  éry- 
sipèle  croît.  Ce  mal  croîtra  ,  ira  toujours  en 
croissant,  si  on  n'y  prend  garde.  Les  marées 
croissent  dans  VEquinoxe.  Sa  faveur  croit  tous 
les  jours.  Croître  en  rci'tu  et  en  sagesse.  Elle 
croit  tous  les  jours  en  beauté.  Le  bruit  croît. 
La  sédition  cioissoit.  Ce  pai-tij  eette  faction 
croit. 

Il  signrfîe  encore ,  Multiplier.  Le  genre  /ju- 
main  crut  si  fort  en  peu  de  temps.  Sa  familU 
est  bien  crue,  a  bien  crû,  il  a  sic  enjans.Son 
armée,  ses  ti'oupes  croissent  dlicure  en  heure. 
Ses  biens  croissent. 

Il  se  dit  aussi  Des  herbes,  de«  plnnir».  des 
fruits,  etc.,  et  alors  il  signifie  Venir  et  être 
produit.  Il  croit  de  bon  blé  sur  cette  terre.  îl 
croit  du  lin  en  ce  Pays-là.  Il  n'y  croit  ni  blé 
ni  vin.  Ce  Pays  est  bon,  il  y  croit  tout  ce  fjii'iï 
faut  pour  la  vie;  toutes  soifes  de  plantes  y 
croissent.  Cette  espèce  d'herbe  croît  dans  les 
plaines,  dans  les  marais,  etc. 

Croître,  est  actif  eu  Poésie,  et  signifie 
Augmenter.  Cet  honneur  vacroîtreson  audace. 

Crû,  ue.  participe. 

CROIX,  s.  f.  Espèce  de  gilwt  où  l'on  alla- 
choit  autrefois  les  criminels  pour  les  faire  mou- 
rir. Le  supplice  de  la  croix,  La  croix  étoit  le 
supplice  des  voleurs,  des  esclaves,  etc.  Lacroix 
a  été  sanclifée  par  la  moit  Je  J^sus-CanisT. 
L'Empereur  Constantin  défendit  ^u'on  punit 
les  criminels  par  le  supplice  de  la  croix.  Jésus* 
Christ  est  mort  en  croixpour  le  salut  du  genre 
humain.  Il  a  souffert  la  mort  de  la  croix.  Les 
bras  de  la  croix.  Le  pied  de  la  croix.  L'ins- 
cription de  la  croix.  Quand  J.  C.  étoit  en  croix  j 
quand  il  futélcvé  en  croix ,  étendu  sur  lacroiv, 
attaché  su/-  la  croix,  mis  en  croix,  cloué  sur  la 
a-oix.  L'arbre  de  la  croix.  Notre-Seiqneur 
étant  étendu  sur  l'arfire  de  la  croix.  Saint 
Pierre  fouffrit  le  martyre  de  la  croix. 

On  dit.  Le  mystère  de  la  Cnoùr,  le  saa'ifce 
de  la  Croix,  pour  signifier,  Le  mystère  de  no- 
tre Rédi'mplion ,  par  la  mort  que  JLSLS-Ciiiii»r 
loufTiil  sur  la  croix. 

Un  appelle  La  vraie  Croir ,  la  SainteCroix, 
3a  abtolumcnl,  U  Croie,  Ijc  bou  de  la  (.loix 
jÙ  >'olic-Scigni.ur  fut  htïacbc.  Vinveiilium  dt 

43 


354  <^  1^  O 

I<i  Croix.  L'ExtiUali:in  de  lu  Croix.  Du  loii 
de  la  vraie  Croix.  Adorer  la  vraie  CroLv. 

On  dit,  MetUe  ses  injures, son  ressentiment 
aux  jjieds  de  la  croix,  pour  dire,  I-e*  oublier 
pour  l'aniour  de  JriCS-CiiiiisT  criicifiL-. 

Cnoix.sedit  au^si  Ues figures  de  bois, d'or, 
d'argent,  dVtoffe,  de  broderie,  elc.  faites  porir 
représenter  la  rroix  de  Ji:sDS-CHnisT.  On  forte 
la  croix  à  (ii  l'rvcession.  Le  Curé  y  alla  ai-cc 
la  cpoix  et  la  bannière,  te  bdton  de  la  croix. 
Mettre  nné  croir.  élever  une  croix  en  (jneL/uu 
endroi:.  Croie  d'or.  Croix  d'iir(jent.  Jlter  ù 
l'adoration  de  lu  Coix.  Croi.c  dorée.  Croie  de 
'  diamam.  Civie  d'Ewqiie.  Croix  Arcliièpi.'^œ- 
pale.  Croix  pectorale.  Mettre  des  aoix  sur  les 
nrands  chemins  f  dans  les  carrejoitrs.  Arborer 
la  croix.  Planter  la  croix. 

On  dit,  en  termes  d'Arcliitee'ure,  qu'f  ne 
Enlise  est  btHieen  croix  nreaiue,  Quand  les 
branches  de  la  croix  qu'elle  forme  sont  égales  ; 
etqu'EIle  est  en  CPOLT  lutine,  Quand  la  brauclie 
inférieure  est  plus  longue. 

On  appelle  Croij  iJu  .Suint-Espril,  Croix  de 
Wnltc.  Croùc  de  Saint-Louis,  Croix  de  Saint 
J^atare,  Croix  de  Saint- iilicnnc  ,  De  petitei 
Croix  d'or  i  liuit  pointes,  <[ue  jrortcnt  les  Che- 
valiers de  ces  Ordn's. 

On  appelle  Le  Si(jne  de  la  Croix,  l^e  signe 
que  les  Chrétiens  font  avec  la  main  en  forme 
de  croix,  en  disant.  Au  nom  du  Père,  et  du 
Fils,  et  du  .Saint-Esprit.  Fuire  le  signe  de  l,i 
croLX  en  se  levant,  en  se  couchant,  etc.  Fairt 
le  st'jne  de  la  croie  sur  le  front,  sur  les  lèvres. 
'  Quand  je  vis  entrer  cet  /lonii.ie-lù,  je|is  un 
grand  siijne  de  a-oix.  Ce  dernier  ne  se  dit  quj 
pour  marquer  la  surprise  oi'i  1  on  est ,  et  la  peut 
que  l'onJa.  Il  e,t  du  sljle  familier. 

Quand  on  voit  arriver  quelque  chose  kqud 
on  ne  s'ailendoit  pas,  on. dit  populairement, 
qu'/l  faut  faire  une  croie  à  la  cheminée. 

On  dit,  ^foir  les  jambes  en  croie,  poui 
dire,  -ivoir  les  jambes  l'une  sur  l'autre. 

CflOix,  signifie  fi,mjvément ,  Une  affliction 
que  Dieu  nous  envoie.  Il  jaut  (]ue  chacun 
porte  sa  croix  en  ce  niomlc.  C'est  une  tjrandt 
croix  au'tine  mauvaise  ^ninic.  D  eu  lui  . 
envoyé  cette  croix.  Il  a  eu  bien  des  croi.ï  er; 
sa  rie. 

On  appelle  Croi.r  de  Sainl-.4ni'ié ,  eu  croi 
de  Bonrnoqne j  Une  croix  fuite  eu  forme  de  f 
lettre  X. 

On  appelle  aussi  Crnir  de  Saint- André  . 
Deux  pi'iecs  de  bois  jointes  en  forme  de  sautoir, 
»ur  lesquelles  on  roue  les  eriminels. 

On  appelle  aussi  Cioi.r  de  Saint- Antoine. 
Cue  croix  qui  est  faite  en  forme  de  T;  Cro.ar 
de  Lorraine,  Celle  qui  n  deux  traverses. 

PnESDBE  LA  cnoi\  ,  se  dit  De  ceux  qui  s'en- 
gageoient  autrefois  par  un  vœu  solennel,  d'.il- 
Icr  faire  la  guerre  aux  Infidèles  ou  aux  Hcrcli- 
ques,  et  r|ui,  pour  marque  de  ce  vœu,  ptir- 
toienl  une  croix  sur  leurs  habits.  Vn  nombre 
injini  de  Centilshommcs  prir-nl  la  croix. 

Ou  appelle  Croi.r,  Un  des  côte»  d'une  pièce 
de  monnoie ,  parce  que  la  croix  ed  ordinaire- 
ment imprinicc  dessus.  Lt  dans  ce  sens  on  dit 


CRO 

proverbialement,  N^avoir  ni  croix  ni  pile, 
pour  dire,  N'avoir  poiiU  d'argent. 

Jouer  à  croi.r  ou  pile,  sj  dit  Lorsqu'on  fait 
tourner  une  pièce  de  monnoie  en  l'aîr  ,  et 
qu'on  parie  qu'elle  tombera  de  l'un  ou  de  l'ou- 
ire  cùit'\ 

On  dit  familièrement ,  en  parîunt  d'Une 
cLose  dont  on  ne  se  soucie  guère  ,  qu'Or»  la 
jetleroit  volonlicrs  à  croix  ou  pile,  à  croix  ou 
à  pile. 

On  dit  proverbiaicreeut  et  fainilièrement . 
Recci'oir tjuehju'ùn  avec  lacroixet  la  haiinièie, 
pour  marquer  Une  réceplion  Iiononble  ;  71 
faut  l'aller  clierchcr  avec  la  croix  et  ia  hannièrCy 
pour  (lire,  qu'On  a  de  la  peine  k  l'avoir. 

CHOIX  DE  PAH  DIEU.  s.  f.  L'a  b  c,  ou 
Alphab'-'t  pour  apprendre  à  lire.  Cet  enfant 
sait  déjà  bien  sa  a-oix  de  par  Dieu.  Il  est  en- 
core à  la  a'oix  de  par  Dieu.  Achetcz-luî  une 
croix  de  par  Dieu. 

Il  se  prend  fii^urément.  pour  Le  commence- 
ment de  quelque  chose,  ^cus  veut-on  renvoyer 
à  la  croir  de  par  Dieu? 

CROMORNE.  s.  ro.  Tuyau  des  jeux  de  l'or- 
gue à  l'unisson  de  la  trompette. 

CRON.  s.  m.  fiom  donné  par  les  Natura- 
listes il  un  sable  ou  amas  de  jwHites  coquillei 
rjui  se  trouvent  dans  le  sein  de  !a  terre. 

CRO>'K.  s.  m.  Tcriixe  de  Marine,  MacbiiK 
qui  sert  dans  les  ports  de  put  pour  charger  d 
dccliarf^er  les  Navires. 

CROQUANT,  s.  m.  Un  liomrae  de  néant, 
an  misérable.  C'est  un  croquant.  Ce  nVst 
qu*un  croauant ,  un  pauvre  cioquant.  ïl  est  fa- 
milier. 

On  appelle  Crofjuans^  Ortains  paysans  qtii 
se  révoltèrent  en  Guienm'  sous  Henri  IV  cl  soui 
LouU  XÏII.  La  révolte  des  Croquans. 

Croquant,  ante.  adj.  Qui  croque  sous  l;i 
dent.  Biscuit  crotjuant.  Tourte  crotjuanle.  On 
dit  aussi  absolument,  Une  cro(juante,  pour 
dire,  Une  tourte  croquante. 

CUOQUE-AU-SEL.  Façon  de  parler  ad- 
verbiale. Manger  quelque  chose  à   la  croquc- 

CROQUE-NOTK.  s.  m.  Ou  appelle  ainsi 
Un  Musicien  de  peu  de  taleris,  mais  qui  lit 
coiirjimincnl  la  musique  la  plus  dillirile. 

CKOUUKR.  V.  n.  Il  se  dit  Des  rbo^es  dures 
ou  siVlie>  qui  font  du  bruit  sous  la  dent  qu.tnd 
):i  les  mange.  Du  pain  d'épice,  une  (ftmhlvttc 
qui  croque  fOus  la  den*.  Ces  morilles  sont 
pleines  de  qravier  ,  elles  croquent  sous  li'J 
dents. 

CnoQDEn.  V.  n.  Manger  des  clioses  qui  font 
du  bruit  sous  la  dent.  Croquer  des  pralines. 

On  dit,  /V'en  croquer  que  d'une  dent.,  pour 
dire,  N'avoir  pas  ce  qu'on  désire.  Vous  n'eu 
croquerez  que  d'une  dcnt^  Vous  ne  l'aurez  pas. 

Il  s'étend  aur.si.  dans  le  style  familier,  i^ 
toules  sorles  de  choses  qu'on  mange  avidement 
et  en  entier,//  croqua  deux  poulets  en  moins  de 
rien.  Et  (i^uiement  d'Une  jfune  et  Julie  per- 
K>nne,  (\\iKllc  est  jolie  à  croquer. 

CiiOQUKn,  m  termes  de  Peinture,  signifie, 
Dessiner  ou  peindre  grosiièreuK  nt  et  à  li  liûte, 


CRO 

en  sorte  que  le  dessia  ou  le  tableau  ne  soitpa» 
fini.  Ce  luMeuu,  ce  dessin  n'est  auc  a'oqué. 

Il  se  dît  fiï^ure'ment  des  Ouvrages  d'esprit 
qui  ne  sont  ptts  encore  achevés,  et  oix  l'on  n'« 
pas  mis  la  dernière  main.  Il  n'a  fait  aue  cro- 
quer  ce  Poëmc. 

CnoQDEB  LE  MAnMOT.  Voycz  Mahmot. 
Cnoçi'É,  V-E.  partici{>e. 
CROQUET,   s.   m.   Sorte  de  pain  d'épicî 
mince  et  sec 

CROQUIGSOIE.  s.  f.  Kspèce  de  chique- 
naude j  coup  donné  sur  la  tête  ou  sur  le  net. 
Donner  des  crotjuiqnoîe^. 

CROQUIS,  s.  m.  Terme  de  Peinlure.  Es- 
«{uisse,  première  pensée  d'un  Peintre.  On  re- 
connotl  dans  un  simple  croquis  l'habile  homme 
ou  l'iijnoraiil. 

(^nOQUïS ,  se  dit  aussi  des  Ouvrages  d'esprit 
restés  imparfaits.  Je  n'ai  jeté  sur  le  papier 
qu'un  croquis  de  mes  idées.  Je  reviendrai  sur 
ce  croquis  ,  ptJur  dire  j  J'achèverai  cet  ou- 
vr.i£;e. 

CROSSE,  s.  f.  Bâton  pastoral  d'Évê<jue  ou 
d'Abbé.  Crosse  d'or.  Crosse  d'arnent.  Crosse  de 
ho'is.  Il  olficia  ai.ec  la  crosse  et  la  mitre. 

Crosse  d'arquebuse  j  ou  cro.ssc  de  mousquet , 
Est  dans  une  arquehuse  ou  dans  un  mousquet, 
la  pallie  conrlie  du  fût  qu'on  appuie  contra 
l'épaule  en  tirant.  Il  l'a  assommé  .i  coups  li: 
crcs.se  d'arquebuse.  On  lui  donna  le  moricn 
avec  la  crosse  du  mousquet. 

CnossE,  signifie  aus-ijC-  rl:iin  bâton  courbé 
jtnr  le  l.out.  avic  quoi  es  ei;f;ins  ont  accou- 
tumé ,  durant  le  froid  principalement  ,  d( 
pousser  une  balle .  une  pierre ,  elc. 

CROSSE,  KM.  adj.  Qui  a  droit  de  porter  Li 
crosse.  Vn  Abbé  crosse  et  mitté. 

CHO.SSER.  T.  n.  Pousser  une  balle,  une 
pierre,  etc.  avec  une  crosse.  Cet  enfant  est 
allé  crosser.  Les  petits  garçons  uimenC  fort  à 
crosscr. 

Cnossm ,  se  dit  aussi  figurément  et  familiè- 
rement, pour  dire.  Traiter  avec  un  grand  mé- 
oris.  C'ejl  un  homme  à  crosser.  U  est  actif  dans 
ce  sens. 

CnossÉ .  ÉE.  participe 

CROSSETTE.  s.  f.  Terme  d'Agi ieulture. 
liranchc  de  vigne,  de  figuier,  etc.  où  on  laisie 
un  peu  de  bois  de  l'année  précéilentc.  On  em- 
ploie les  crossettes  pour  faire  des  boutures. 

CRO.SSEUn.  s.  m.  Qui  crosse.  Celte  allée 
est  pleine  de  crosseurs. 

CRi/'IAPHITE.  adj.  Il  se  dit  d'Un  muscle 
des  tempes,  qui  sert  au  mouvement  de  la  m.i- 
clioire  inférieure. 

CROÏTi;.  s.  f.Tîouc,  mélange  de  la  pnus- 
sitrre  et  de  l'eau  de  la  pluie  dans  les  rues  et  sur 
les  chemins.  Aller,  courir,  trotter  par  les  crot- 
tes. Les  rues  sont  pleines  de  crottes.  Il  fait  bien 
de  la  crotte  dans  les  rues.  Il  y  a  de  la  crotte , 
Hti  pied  de  crotte  sur  votre  habit.  H  l'a  trofiu; 
dans  les  crottes. 

CnoTTE,  se  dit  aussi  De  I«  Bcnte  de  certains 
animaux,  comme  brebis,  chèvres,  lapins,  sou- 
ri», etc.  Crolle.':  de  brebis,  crottes  de  chèvres,  etc. 
CROlTER.  V.  a.  Salir  avec  la  crottci  Vom 


CRO 

erotltrez  votre  robe,  si  i*ous  la  laitrez  trainer. 
^'entrez  pas  là  avec  vos  hottes,  vons  crotterez 
toute  ta  chtimbrey  tous  îts  meubles. 

Il  aVmpIoic  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
il  s'est  autté.  Vvus  vous  crotterez. 

CnoTïK,  ÉE.  parlicipc.  On  dit  Crotté  comme 
un  harbet,  crotté  jusqu'à  l'échiné,  crotté  jus- 
au'iiu.r  oreilles. 

On  liil  d'Un  mccliant  Poêle,  que  C'est  un 
Poète  crotté. 

Ou  dit,  qu'il  fait  bien  crotté  dans  les  rues, 
iKiur  dire,  que  Les  rues  sont  bien  sales. 

CROPHN.  s.  ni.  On  appelle  ain^i  Les  ex- 
crcmens  des  clicvaux ,  dc^  nioulous  et  de  quel- 
ques autres  anim.iux. 

CROULANT,  AME.  adj.  Qui  croule.  Édi- 
fice croulant. 

CKOULEMFAT.  3.  .-n.  ÉbouUmcnt.  Le 
crou/cfncMl  d\tn  bastion^  d'une  '.crrusse. 

CROL'LIÎR.  V.  n.  Tomber  en  s'aflàissant.  Lu 
tare  croula.  Terre  marécaqeuse  nui  CT'OuIc  som 
les  pieds.  Ce  hiîtimenl  croule. 

CnotLEU,  en  ternies  de  Marine,  se  dit  acll- 
vcment ,  et  signiûe  Rouler.  Crouler  un  bdti- 
nient  ^  C'est  le  lancer. 

CKOL'HER,  IKRE.  adj.  U  se  dit  Des  Icries 
dont  le  fond  est  mouvant.  Dc5  Iotcs  croulières. 
Des  prés  crouliers. 

CROUPADE.  s.  f.  Terme  de  Manège.  Saut 
plus  relevé  «jue  la  courbette. 

CROUPE,  s.  f.  La  p,-irlie  de  derrière  qui 
comprend  les  lianclies  et  te  haut  des  fesses  de 
certains  aoimauXf  principalement  des  IkIcs  ()c 
uiuiaure,  de  cliarge.  Bel'e  croupe.  Ce  cJtcvul 
u  a  point  de  croupe ^  n'a  «;uerc  de  croupe.  Il  a 
la  croupe  de  mulet  j  c'est-ù-dirc.  pointue  et  ai- 
^\û.'.  l  lest  blessé  sur  la  croupe.  Il  porte  j  il  ne  parti 
jtotnt  en  croupe.  Ce  Cavcdicr  mit  sa  jcmme, 
tivvit  sa  femme  em  crottpe.  il/onïer  en  croiqjc. 
Clieval  chatouilleux  sur  la  croupe. 

Ou  dit  uussi  ,  Gaqncr  la  croupe  du  cheval 
<U  son  ami  y  pour  dire,  L'approclier  par  der- 
rière. 

CnoL'PE,  se  dit  aussi  Du  haut  d'une  mon- 
lo:;ne  piolongée,  et  qui  n'est  pas  à  pic.  Ce  r/iu- 
leuu  est  situé  sur  la  croupe  d'une  montagne. 

Oq  appelle  Croupe,  Un  inu-rôl  que  l'on 
donne  dans  Iw  bénéfices  d'une  place, ou  d'une 
entreprise  de  Cnancc. 

CROUPE  ,  ÉE.  adj.  Cheval  bien  cioupé  , 
Qui  a  une  belle  croupe. 

CROUPIER,  s.  m.  Celui  qui  est  de  part  au 
jeu  «Tcc  tjuelqu'un  qui  lient  la  carte  ou  le  dé. 
"  "  3**!/'**  heaucoup  an  jeu,  mais  il  n'en  pro- 
fit* rv-  ;eui,  il  a  bien  des  croupiers.  C'est  un 
hon  croupier  qu'un  tel,  il  corneille  bien.  À 
U  charge  t^ue  les  croupiers  ne  conseilleront 
point. 

On  appelle  aussi  f  rouyiicr  ,  à  la  Bn?(«'lie . 
CxUii  fjui  asftisic  le  Banquier,  et  qui  l'avcriit 
des  cartes  qu'il  pnsse. 

On  le  dit  «usai  Oc  ceux  qui  pWtenl  de  l'ar- 
fenl  aux  gens  d'affaires,  et  qui  oui  pari  au 
profit 

CROUPir.RE.  s.  f.  Mnrcenu  de  ctiir  nm- 
boarr<!,  que  l'on  pi^u*  suus  la  queue  d'un  clio- 


CRO 

val,  d'un  mulet,  cic.  et  qiîi  tiem  à  In  selle,  an 
oât,  au  liarnois.  WelL-e  une  croupitre  à  une 
selle.  MetUe  une  croupière  à  un  chevid.  Serrer 
la  croupière  d'un  cheval. 

On  dit  iïgnrémcnt  et  proverbiaiem.  Tatlicr 
des  croupières  à  tpielijuun,  pour  dire,  Pour- 
suivre vivement  quehju'un,  lui  donner  bien 
des  affaires.  Je  lut  taillerai  bien  des  croupières. 

CROUPION,  s.  m.  L'extrémité  inférieure  de 
l'échiné  de  l'homme.  Se  démettre  le  croupion. 

Il  se  dit  plus  communément  De  cette  partie 
où  tient  la  plume  de  la  queue  d'un  oiseau.  Le 
croupion  d'un  poulet-d' inde ,  d'un  chapon. 

CROUPIR  ,  V.  n.  se  dit  Des  liquides  qui 
sont  dans  un  (it'tt  de  repos  et  de  con  tipiiou.  Les 
eaiLx  qui  croupissent  deviennent  puantes. 

On  le  dit  De  quelques  solides  qui  se  n.r- 
p  mpcnt  dans  une  eau  stagnante.  De /û  pûiUe 
qui  croupit  dans^unc  mare. 

U  se  dit  aussi  Des  cnfans  au  maillot,  et  des 
personnes  malades  qu  on  n'a  pas  soin  de  chan- 
ger assez  souvent  de  linges.  Cet  enfant  croupit 
dans  son  orchire,  croupit  dans  ses  lanijes.  Il  ne 
faut  pas  laisser  aoupir  un  malade  dans  lo 
iuleté. 

Ou  dit  figurément,  Croupir  dans  le  vice. 
dans  l'ordio-e,  dans  le  péché,  dans  l'oisiveté, 
pour  dire,  Y  demeurer  long-temps. 

CnOLPi,  lE.  participe. 

CROUPlSSAiNT,  AME.  .-.dj.  Eaux  a-ou- 
pis.utntes. 

CROUSTILLE,  s.  fém.  (Lrs  deux  L  sont 
mouillés  dans  «e  niot  et  les  trois  suivans. ) 
Petite  croûte  dc  pain.  Donnez-lui  encore  une 
iMMtstHle.  Il  est  familier, 

CROUSTILLER,  v.  n.  Manger  de  petites 
croûtes  pour  boire  après  le  repas,  et  pour  ^tre 
plus  long-temps  à  table.  H  se  mit  à  croustiller. 
U  est  du  style  familier. 

CROUSTILLtX'SEMENT.  adv.  D'une  ma- 
nière bouffonne  et  plaisante.  Il  est  populaire. 

CROUSTILLEUX ,  EUSE.  adj.  Il  n'est  en 
usaf;c  qu'au  figuré,  pour  dire.  Plaisant,  drôle. 
Voilà  qui  est  crou.'cti/ieuj:.  Ct(  homme  est  crous- 
tillcujc.  Des  contes  croustillcux.  Il  est  populaire. 

CROUTE,  s.  f.  La  partie  extérieure  du  pain 
durcie  par  la  cuisson.  Croiifc  de  pain.  Crotîle 
épaisse.  Croûte  dure.  Croûte  brûlée.  Du  pain 
oii  il  y  a  bien  de  la  croûte.  Ce  pain  est  tout  en 
ooii(c.  Ce  n^est  que  croûte.  Vous  mamjez  toute 
la  croûte,  et  vous  laissez  la  mie. 

On  dit  familièrement,  Casser  la  croiue,  une 
croûte  avec  quelqu\tnj  pour  dire,  Manger  ami- 
calement et  sans  farou  avec  lui. 

On  dit  proverbialement,  A'e  mander  que 
des  croûtes,  pour  dire,  Fjiire  muuvutsc  chère. 
C'est  un  avare  qui  ne  mange  que  des  croûtes 
pour  épargner. 

On  appelle  aussi  CrorJïe.  Fa  pJte  cuite  qui 
enferme  la  vinnde  d  un  p.ité,  d'une  tourte,  etc. 
Croûte  d'un  pâté.  Crontc  |I/ie.  Croûte  bise. 
Croiiïe  jeuilletée.  La  croûte  de  dessus.  Lever  lu 
croûte  d'un  pâté. 

On  domi'î  encore  le  nom  de  Croûtes  absolu* 
ment,  à  de  ç^roê  inorccnux  de  pain  où  il  v  a 
pluA  de  croûte  que  dc  mie.  cl  qu'on  a  fait  mi- 


CPU 


355 


tonner  long- temps  a\ec  du  liouillon.  Servir 
des  croûtes.  Maitqcr  une  croiîlc  au  pot, 

CnoùrR,  se  dit  aussi  De  tout  ce  qui  s'attache 
et  se  durcit  sur  quelque  cho^c.  On  a  mis  de  la 
mie  de  pain  sur  ce  chapon  pow  y  faire  une 
croûte.  Il  s'est  fait  une  croûte  de  tartre  autour 
du  muid.  Lorsqu'on  est  long-temps  sans  remuer 
le  blé,  il  s'y  fait  une  croule  qui  aide  à  le  con- 
server. Quand  une  gale  sèche ,  il  s'y  fait  une 
croiile,  DriMS  la  sécheresse  y  îl  se  forme  sur  la 
terre  une  crorîle  qui  la  rend  dilficiie  à  ïttfconrer. 

On  dit  d'Un  homme  couvert  de  gale,  que 
Son  corps  n'est  qu'une  croiîïe. 

CnoC'TE  ,  se  dit  aussi  d'Un  n  auvMS  tableau. 
Ce  Peintre  ne  fait  que  des  croûtes.  Ce  portrait 
est  une  7'raic  croûte. 

CRGÛTELEITE.  s.  f.  U  a  la  même  signiû- 
cation  que  Croiisïi/fe. 

CROUPIER.  8.  m.  Mauvais  Peintre  qui  ne 
fait  que  des  croûtes. 

CROLTO:^.  s.  m.  Morceau  de  croûte  de 
pain.  Donnez-nwi  un  croiifon. 

CROYAlil.E.  adj.  des  2  genres.  Qui  peut 
3U  qui  doit  être  cru.  Cela  est  aoyahle.  Cela 
n'est  pas  croyable.  C'est  un  homme  croyable. 
l^ous  e!es  Partie,  vous  n'êtes  pas  croyable.  Il 
n'est  pus  croyable  combien  il  y  eut  de  gens 
tués  à  ce  combat.  Il  n'est  pas  croyable  que... 

CROYANCE,  s.  f.  Pleine  conviction,  per- 
suasion intime.  Telle  est  ma  croyance.  Il  se 
prend  aussi  pour  Opinion.  Cela  cA  arrivé 
contre  la  croyance  de  tout  le  monde.  Cela 
passe  toute  croyance. 

On  dît  aussi,  Avoir  croyance  en  quelqu'un^ 
en  ce  qu'il  dit ^  en  ce  qu'il  annonce. 

Il  signifie  encore.  Ce  qu'on  croit  dans  une 
Religion.  La  croyance  des  Chrétiens.  La 
croyance  des  Juifs.  Notre  croyance  est  bonne 
et  sainte.  Les  articles  de  notre  croyance. 

CROYANT,  AÏVTE.  s.  Celui,  celle  qui  croit 
ce  que  sa  Religion  enseigne.  Il  n'est  guère 
d'usage  qu'eu  ces  phrase»  :  Abraham  est  appelé 
le  Père  des  Croyans.  Les  Califes  prenaient  le 
litre  de  chefs  des  Croyans. 

CRU 

CRU.  s.  m.  Terroir  où  quelque  chose  croît. 
Il  n'est  guère  d'usage  que  dans  ces  phraces.  Du 
vin  de  mon  cru,  de  son  cru,  dc  votre  cru.  Ce 
vin-Vt  est  d'un  bon  cru.  On  dit, Du  vin  du  cru, 
pour  dire,  Le  vin  que  recueille  dans  son  terroir 
le  maitrc  de  la  maison.  Ou  le  dit  nn>>si  du  ïAé 
et  dc  toutes  les  autres  denn'cs.  Ces  denrées 
.<o»t  de  mon  cru.  Ce  foin  est  de  mon  cru. 

Cnu  .  se  dit  [Kïur  Acaoi&senicnt.  Ces  arbres 
ont  bien  poussé,  voilà  le  cru  dc  cette  année. 

On  dit  fi;.;urémcnt  et  familièrcnicul.  Cela  est 
de  votre  cru,  pour  dire.  Cela  vient  do  vous, 
vous  avez  inventé  cela  Dans  cette  compilation, 
il  n'y  a  rien  de  votre  cru,  |>uur  dire,  Il  n'y  a 
rien  (jue  vous  nyez  ajoute. 

CRU,  UE.  adj.  (,)ui  n'est  point  cuil.  Viande 
crue.  Chair  crue.  Pomme  crue.  Des  fruits  crus. 
Voilà  qui  ett  encore  tout  cru.  Ctfu  se  mange  à 
demi-cru. 

On  appelle  Cuir  cru,  Celui  qui  n'est  pai 

4i. 


356 


CRU 


préparé;  et  Chamr   cru,  Celui  qui  n'a  pis  été 
ticmpc  daus  l'eau. 

On  appelle  aussi  Soie  nue,  Celle  qui  n'est 
ni  lavée  ni  teinte.  Plusieui^  disent ,  Soie  ecrue. 
On  dit  en  ternies  de  Médecine,  que  Les  Im- 
mturs  sont  oues,  les  urines  saut  crues,  pour 
(lire.  qu'Elles  ne  sont  pM  suffisamment  cuites 
par  la  duleur  nalunllc. 

Il  signifie  aussi,  Diflicilc  à  digérer.  Ce  fruit 
est  lii<;n  cru  sur  l'estomac.  Le  concombre  es! 
trop  au,  il  n'en  faut  (juére  manrjcr. 

Ou  appelle  Eau  crue.  Celle  qui  ne  dissout 
pas  le  savon,  et  qui  ne  cuit  pas  les  leyinnes 
L'eau  crue  n'est  pas  fuvorahle  ù  la  Aic/estion. 

il  se  dit  figurém.  d'Un  discours  qu'on  tieni 
oqiielqu'un,  où  ilyaquelque  cliose  de  faclieux 
qu'on  ne  prend  pas  la  peine  d'adoucir.  Une 
parole  bien  crue.  Voilà  un  discours  bien  cru. 
Cela  est  bien  cru.  Il  lui  a  fait  une  réponse  forl 
crue,  [l  lui  annonça  cette  nouvelle  toute  crue.  . 
Il  se  dit  aussi  fignrément  et  faniilièrcmenl 
d'Une  produetion  d'esprit  qui  n'est  pas  cucort 
dans  l'état  où  elle  dciit  être,  qui  est  encore  in- 
forme. Il  n'a  pas  encore  bien  ilirji'ré  cela,  il  a 
mis  sa  pensée  toute  crue  suc  le  papier. 

A.  cnu.  Façon  de  parler  adverbiale,  pour 
dire.  Sur  la  peau  nue.  liotlé  à  cru.  Cbam-.si 
à  au.  Armé  à  cru.  DIonler  un  cheval  à  cru. 

ClUTAUTE.  3.  f.  Inliumanilc,  inclination  à 
répandre  ou  à  voir  répandre  le  sang,  à  faire 
soufljir,  ou  i  voir  souffrir  les  autres,  ou  à  les 
traiter  durement.  Grande  cruirute.  Avoir  de  la 
cninuié.  K:''ereer  sa  cruanté  sur  des  innocena. 
Sa  cruauté  n'a  point  de  bornes.  Traiter  ses 
ennemis  avec  cruauté.  Vaer  de  cruauté  envers 
mtelnu'un. 

Il  signifie  aussi  Action  cruelle.  Insitjm 
crniinté.  Fairedes  cruautés.  E.rercer  des  cruau- 
tés. C'est  une  cruauté  inouïe,  ijue  ce  f|u'o>i  leur 
fait  soujfrir. 

On  dit,  La  cruauté  du  sort,  du  destin,  dt: 
la  fortune,  d'une  MaUres-<e. 

Il  se  prend  simplement  pour  Une  cliose  fâ- 
cheuse et  insupportable.  Quelle  crur.ulé  de  se 
voir  trahi  par  ses  amis!  C'est  une  ci  ricjulc.  Une 
étranqe  cruauté. 

<  RUCHF..  s.  f.  Vase  de  terre  ou  de  grés ,  .1 
anse,  et  qui  a  orilinalrement  le  ventre  large  et 
le  cou  étroit.  Grande  cruche.  Petite  cruche. 
Cruche  pleine  d'huile ,  pleine  d'eau  j  ou  cruche 
d'hw.ll,  cruche  d'eau.  Mettre  de  l'er.u,  porter  de 
Veau  dans  une  cruche.  Cette  a'uche  est  jebje. 
Casser  une  cruche.  La  cruche  ù  Vhuile ,  c'esl- 
!i-diie,  dcsiince  \  miixre  de  l'iiuilc. 

On  dit  proverlvialemcnt,  Tiint  l'n  la  cruche 
à  Veau,  (jii'ii  lit  fin  elle  se  casse,  ,pi'enfn  elle 
\         se  brise j  pour  dire,  qu'A  force  de  s'cx[ioscr  au 
danger,  à  la  fin  on  y  demeure,  on  y  péiil. 

On  dit  figurém.  et  faniilièrein. ,  qn'  Un  homme 
est  une  auche,  pour  dire,  qu'il  (wtsiupide, 
sol.  C'est  une  cruche.  Vont  tournicnterez  tant 
votre  enfiint,  que  vous  le  ferez  devenir  ciuchc. 
que  vous  le  rendrez  a  uche. 

CI'UCHlîE.  s.  f.  Ce  aue  pant  contenir  une 
(ruche.  Une  ci  ueh^e  de  lin. 

a!UCIH>>'.  t.  m.  Putitc  cruche. 


CRU 

CRUCUL,  ALE.  a-ij.  Fa'it  cncroix.  Il  nVst 
piière  d'usage  qu'en  celle  phrase,  Inciaion  cru- 
ciale. 

CRUCIFÈRE,  adj.  des  5.  genres.  Ternie  da 
Bolaniiiue.  Il  ae  dît  Des  plantes  dont  les  fleurs 
sont  disposées  en  iiirme  de  croix,  comme  dan^ 
le  cresson  ,  le  cliou  ,  le  tlilaspi ,  etc. 

On  appelle  Colonne  ci'uciprej  Une  colonne 
surmontée  d'nne  croix. 

CRUCIFIEMENT,  ou  CRUCIFIMENT.  s. 
D».  L'action  de  cvuciiier,  le  supplice  de  la  croix. 
Le  crucifiement  de  yotre-Seiqncuv. 

Il  se  dit  aussi  Des  tableaux  où  le  crucifie- 
ment de  JÉsi'S-CHnisT  est  représente.  Le  cruci- 
fiement de  Lebrun  ,  de  Ruhens. 

CRUCIFIER.  V.  a.  Altacber  à  une  croix, 
nieiire  en  croix.  Les  Juifs  crucifièrent  Noire- 
Seignenr, 

On  dit  figurement,  Etre  crucifié  avec  Jisus- 
■Christ,  pour  dire,  Êtri  cnlièirmcnt  mort  au 
monde. 

On  dit  par  exaç;t^rahnn ,  Je  me  ji'rois  rruci- 
fier  pour  cela,  ppuv  dire,  Je  .sotiflVirois  toutes 
choses  pour  cela. 

On  ilit  aussi,  C'est  un  homme  qui  se  ferait 
crucifer  pour  ses  ami>* ,  pour  dire  ,  C'est  un 
lionime  qui  fcroit  tonlos  choses  pour  eux. 
Cr.uciriÉ,  ÉE.  participe, 
CRUCIFIX.. s.  ni.(r.\  ne  se  prononce  point.) 
Fif:;ure  oit  représentation  de  JÉsus-CHnisT  at- 
laché  à  la  croix.  Beau  Crucifix.  Crucifix  d*or, 
d'arqent,  d^n'otre,  cïc.  Se  mettre  aux  pieds 
\ht  Cr  cHir 

'  On  dit  proverbialement  Des  hypocrites,  des 
dévots  outres,  qu'i/s  vont  dans  les  E(jli^n 
manqer  les  crucifx  ;  qn'lls  sont  des  mangeur  a 
de  crucifix. 

<  On  dit,  McVre  les  injures  qn\m  a  renies^ 
melb-e  ses  ressenlimens  atuv  pied^  du  Crucifix^ 
[tniir  dire,  Oublier  pour  Tamour  de  JÉsrs- 
Chuht  crucifie,  ses  ressenlimens,  les  injnrefl 
i|u'on  a  reçues. 

CRUD.  adj.  Voyez  Cnu,  ue. 
CRUDITÉ,  s.  f.  (finalité  de  ce  qui  est  cru. 
La  crudité  des  fiuits.  Lu  crudité  de  Veau.  La 
crudité  du  melon,  des  coins,  de  la  châtaique, 
est  plus  danqereuse  (^itc  celle  des  autres  fruits. 

Il  se  prend  aussi  pour  Incîi;^f5(ion,  pour  dt-j 
hur.'.eurs  crues,  enj^endrées  d'ins  l'eslomac.  Cei 
viandes  euncndrent  des  crudités,  causent  dei 
crudités.  Il  a  des  crudités  d'estomac. 

On  dit,  l\J{inqer  des  crudités,  pour  dire^ 
Manger  des  mets  crus  et  indigestes. 

On  dit  aussi,  La  crudité  des  humeurs,  pour 
dire,  La  mauvaise  qualité  des  humeurs  (jui  ni: 
fconl  pas  digérées. 

CniDiiE,  se  dU  en  Pcintiirr-,  Des  lumières, 
des  couleurs  trop  entières  et  trop  fortes. 

CRUE.  s.  f.  Augmeutalion.  La  crue  de,^ 
eaiLr.  Les  qraudcs  crues  arrivèrcttt  en  telle  sai- 
son. La  crue  du  A'i/.  Une  qrande  crue  d'eau. 

Cnui;  ,  se  dit  aussi  De  l'augmentation  des 
tailles,  La  crue  de  la  taille.  La  crue  des  tailles. 
Nouvelle  crue  sur  les  tailles. 

CnuE  ,  se  (lit  auasi  pour  Croissanre  .  aug- 
.ncntation  de  ^nindcur.  Cet  arbre  a  pris  toute 


'CRY 

sa  crue.  Par  extension ,  il  se  dit  aussi  Des 
hommes.  Cet  enfant  n'a  pas  pris  encore  touîa 
sa  crue. 

CnuE,  signifie  aussi,  en  termes  de  Prati'|ue 
et  en  fait  d'inventaire  ,  Le  cinquième  denier 
au-dessus  de  la  prisée.  //  a  en  ces  meubles  pour 
1(1  pvi:-ée  et  pour  la  crue;  il  les  a  eus  pour  la 
pri:;ei;  et  sans  a'ue. 

CRUEL,  ELLE,  adject.  Inhumain  ,  impi- 
toyable, qui  aime  le  sang,  qui  prend  plaisir  A 
faire  souflrir,  ou  k  voir  souffrir.  Homme  cruel. 
Cruel  f^TdU.  Ces  peuples-là  .wnt  sanvaqcs  et 
cruels.  Ai'oir  Vdme  cruelle,  l'humeur  cruelle. 

Il  se  dit  aussi  De  quelques  animaux.  Le  ti(jre 
est  une  héte  cruelle. 

On  dit  encore  dans  ce  sens,  Destin  cruel, 
fortune  cruelle. 

Il  sij:;nilie  aussi  Fâcheux,  douloureux,  în- 
supporlable.  C^est  un  cruel  mal,  un  cruel  siip- 
plice,  une  cruelle  mort.  Cela  est  cruel.  Cest 
une  cruelle  situation.  C'est  une  chose  cruelle 
(juc  d'être  abandcnné  de  ses  amis.  Il  a  fait  cette 
(innée  un  cruel  hiver.  Il  lui  a  fait  un  cruel 
aifront.  On  lui  fit  de  cruels  reproches. 

On  dit  familièrement  et  en  style  de  galan- 
terie ,  d'Une  femme  qui  n'écoule  point  ses 
amans  ,  qu'Elle  est  cruelle.  C^cr.t  une  beauté 
crue//e,et  quand  elle  est  de  facile  coni{iosiliou, 
on  dit,  quElle  n'est  pas  cruelle. 

On  dit  aussi  d'Un  houune  qui  fail  le  drdai- 
gneux  à  l'égard  des  femme.-.,  qu71  fait  bien  U 
cruel. 

On  dit  encore  d'Un  liomnic  ennuycnv.  in* 
commod',fachcu\,qu'/les(un  cruel  homme, etc. 
On  le  dit  aussi  Des  choses,  dans  le  même  senS. 

CRUELLEMENT,  adv.  Avec  cruauté  ,  d'une 
manière  cruelle.  Il  l'a  traité  cruellement.  Il  l'a 
fait  mourir  cruellement.  Ht  a  cruellement  battu. 

CRLMHiST.  adv.  D'une  manière  dure,  sans 
tju'on  prenne  soin  d'adoucir  ce  qu'il  y  n  de  ia- 
cl  eux  dans  ce  qu'on  a  îl  dirt3.  H  m\i  dit  cela 
si  crûment.  Il  lui  est  allé  dire  tout  crûmcaf 
que....  Dire  criîmenl  de  fn'cheuses  vcj'ites. 

CRURAL,  ALE.  adj.  Ternie  d'Anatomie.  Il 
se  dit  Du  muscle  extenst^nr  de  la  jambe,  cl 
il  une  artère  ainsi  que  d'une  veine 'de  la  cuisse. 
Le  muscle  crural.  L'artère,  la  veine  crurale. 

CKUSTACÉ,  ÉE.  adject.  Terme  d'IIisloire 
Naturelle.  Il  se  dit  IVs  animaux  qui  sont  cou* 
veits  d'une  enveloppe  diu'c,  mais  flexible,  di- 
\  i^ce  par  des  jointures. Le /lomnnl  est  austace* 
L'/crevisse  est  crustacéc. 

Il  est  aussi  substantif.  L'écrevisse,  le  ho- 
mard, les  crabes  sont  du  (fcnrc  des  crnstaccf. 

CRUZADE.  subst.  f.  Monnoic  d'argent  de 
Portugal,  de  k»  valeur  d  environ  deux  livre*  d< 
Fran'.'e. 

CR  Y 

CRYPTE,  n.  f.  Lieu  souterrain  où  l'on  cïi-« 
(eire  les  morts  dans  certuines  Eglises. 

CRYPTOGR,\PHIE.  s.  f.  Voyez  Stlg.vîi 

CRYST.AX.  VovesCniSTAU 


CUE 

cso 

C-SOL-irr.  Ttrme  de  Musitme,  par  lequel 
on  désigne  la  note  ut.  La  clef  de  c-spl-ut.  Le 
ton  de  c-sol  ut.  Cet  air  est  en  c-sol  ut. 

eu  B 

CUBE.  5.  mi  Corps  solide  cjui  a  six  faces  car- 
réo»  éjoles.  Fijiire  posée  sur  un  cuhe. 

Il  est  c|UcKiiicfi)is  adjectif.  Pied,  toise  eube. 
Racine  cube. 

CUBIQUE,  ndj.  des  î  genres.  Qui  appar- 
licnl  au  cube.  Figure  cubique. 

CUBITAL,  .MA'.,  adject.  Qui  appartient  au 
coude.  Muscle  cubital,  Act/'  ciiliilii'.  Jilére 
cubitale. 

CUBITUS,  s.  m.  Terme  d'.Vnalomie ,  em- 
prunté du  I.atin.  Os  de  l'avant -bras,  long, 
în-u4;ulirromcnt  triangulaire,  et  dont  lextré- 
uiilé  supérieure  se  termine  par  deux  apophy- 
ses, dont  l'une  forme  le  ooiule. 

CUBOÏDli.  s.  musc.  Tcnne  d'Anatomie.  On 
appelle  ainsi  un  des  os  du  tarse. 

eue 

CUCUBAI.E.  s.  masc.  Plante  qu'on  nomme 
encore  La  Paresseuse  ou  la  Couchée ,  parce 
qu'elle  est  rampante.  Elle  porte  de  petites  baies 
noires  et  molles.  On  l'emploie  dans  les  pertes 
de  sang. 

CUCURBlTACft,  ÉE.  adj.  Terme  de  Bota- 
niipie.  Ce  mot  vient  du  Latin  Cucurbita  ,  Cale- 
basse, el  «e  ilit  IVs  plantes  dont  les  fruits  ap- 
prochent de  ceux  de  la  courge,  du  melon,  du 
putii'on ,  de  la  calebasse ,  etc. 

rUCURBITAINS.  s.  m.  pi.  'Vers  plats  qui 
ressemblent  i  dt's  pépins  de  Courge.  Les  cucur. 
hitaim  sont  des  portions  du  ténia. 

CUCURBITE.  s.  fém.  Vaisseau  d'ëtain,  de 
cuivre  ou  de  verre,  dans  lequel  on  met  les 
$ub5tancc*s que  l'on  veut  distiller,  et  au-dessus 
duquel  on  adapte  le  chapiteau. 

CUE 

CUF.ILLE'n'E.  s.  f.  (On  prononce  Keuil- 
lelte.  )  Il  se  dit  Des  fruits  que  l'on  relire  tous 
les  ans  dune  lene.  La  cueillette  des  olives. 
Quand  il  aura  fait  sa  cueillette.  La  cueillette 
est  bonne  ceffe  anne'e. 

Il  signifie  aussi  quelquefois  L'amas  de  de- 
n'irrs  que  l'on  fait  pour  les  pauvres,  ou  potir 
qucl'|ne  œuvre  pieuse  ou  publique.  Faite  unt 
ctieinetfe  pour  les  pauvies.  On  a  fait  une  cueii 
Iclle  pour  rcl'Jlir  If  Presdjtére.  La  cueillette  a 
e)e  qrande,  a  été  bonne,  a  été  petite. 

(iUKIH.IR.  v.  a.  (*>n  prononce  Keui'IIi'r.) 
Je  cueille.  Je  cueillais.  Je  aucillis.  Je  cueilltn'iii. 
J«'  cdcillei-oif.  Que  je  ciici//e.  Que  je  cueiUi:'se. 
Cueillur.t.  Dclacl)er  des  fruits,  des  fleurs,  des 
légume»  <!c  leurs  brandies  ou  de  leurs  tiges. 
Cueillir  dei  frulti,  des  fleurs.  Cueillir  des  le- 
tjuines.  Crir.llir  un  touijnel.  Cueillir  des  poires, 
des  pommes,  des  rotes,  etc.  Des  fruits  prêts  à 
cueillr,  cueillis  à  la  main,  nouvellement  cueillis. 

On  dit ,  Cueillir  des  pulinri ,  c «ciIIt  des 
lauriers,  poui  dire,  Rcoiiiorter  des  victoires. 


CUI 

Cleiili,  iz.  participe. 

CUIilLLOlR.  s.  m.  (On  prononc*^  KeuiUoir.) 
Panier  dans  lequel  on  met  le*  fruils  que  l'on 
cueille. 

eu  I 

CUILLER,  ou  CUILLÈRE,  s.  f.  Ustensile 
(le  table,  dont  on  se  sert  ordinairement  pour 
manger  le  pot.ii^e.  CiùUer  d'arqent,  de  vermeil 
doré.  Une  cuiller  et  une  fuurchctte.  Une  dou- 
zaine de  cuillers. 

CtlLLEU,  est  aussi  un  ustensile  de  cuisine 
servant  à  drtsscr  le  potnf;*',  cl  ù  divers  auucs 
usages.  Cuiller  de  hois.  Cniller  à  pot.  Cuiller  à 
potajje,  à  raqoiU.  Cuiller  fi  oïivtrs. 

Il  y  a  aussi  des  cuillers  dont  les  artisans  se 
servent  pour  les  usa(;cs  particuliers  de  leur  art. 
Faire  jvndre  du  jdomb ,  de  la  puix-iésine  datu 
une  cuiller  de  fer. 

CUILLERÉE,  snbst.  f.  Ce  que  contient  une 
ruiller.  L  ne  cuillerée  de  jwtaqe.  Une  cuillertt 
de  bouillon.  Une  cuillerée  de  sirop. 

CUILLERON.  s.  m.  La  partie  creuse  d'une 
cuiller. 

(Xili-ehos,  se  dit  encore,  en  Bofanïque, 
Des  parties  qui  ont  la  forme  d'une  cuiller.  Pé- 
tale cveiix  en  cuHleron. 

CUILLIER.  s.  m.  Oiseau  appelé  vulgaire- 
ment Spatule,  parce  que  son  bec  est  large  k 
l'extrémité,  el  qu'il  rcssenilile  à  une  cuiller, 
ou  plutôt  à  une  spatule.  Il  a  Ixraucoup  de  rap- 
port avec  le  Hëron. 

CUllSE.  s.  f .  Terme  de  Cliimie.  Vaisseau  d« 
tcne  qui  sert  h  distiller  l'eau-forte. 

CUIR.  s.  masc.  La  peau  de  l'animal.  Il  a  It 
cuir  dm'  et  rude.  Des  serostfes,  des  hunieun 
ctni  viennent  entre  cnîr  et  chair.  Vdne  el  U 
mulet  ont  le  cuir  extrêmement  épais  et  dur. 
Cuir  uni.  Cuir  tendu. 

Il  se  dit  plus  ordinairement  De  la  peau  dej 
animaux,  quand  elle  est  «éparée  de  la  cliair  el 
corroyée.  Cuir  de  vache. Cuu-  cru,  c'est-à  dire, 
qui  n'est  pas  préparé.  Préparer  des  cuirs.  Pas- 
ser,  ûcrommoJcr  des  ruirs.  Cuir  du  Levant. 
Cuir  d^Anqletcrre.  Cuir  de  Hongrie.  Cuir  de 
Russie  y  qu'on  appelle  autrement,  de  Jloussi. 

On  dit  proverbialcni.  Entre  cuir  el  c/ifltr, 
pour  dire,  Secrètement,  sans  oser  éclater.  Ju- 
rcr  enti-e  cuir  et  chair.  Enrager  entre  cuir  el 
cfiair. 

On  dit  proverbialement,  Du  cuir  d\iutrui 
faie  large  coioroiV,  pour  dire,  Être  libéral  du 
bien  d'autrui. 

CtiR  BOUfiiT.  Cuir  ruit  et  préparc  p«ur  en 
faire  quelque  ustensile.  fiou(ci7Iec{t' cuir  Iiouilfi. 
Seau  de  cuir  houilU. 

CL'ÏR.'VSSE.  s.  f.  Principale  partie  de  l'nr- 
ninrc  qui  est  ordinaiienicnt  de  fer,  et  qui  cou- 
vr  •  le  coqjs  par-devant  el  pnr-dern«re,  depuis 
les  épnult'S  jusqu'^  la  ceinture.  Bonne  cuira<.u'. 
Cuirasse  légère^  pesante.  Cuirasse  à  Véprcuve^ 
li  i'cpreuve  du  pisfolcf,  du  mousquet.  Il  eut  sa 
cuirasse  percée,  faussée  d'un  coup  de  pistolet.  Le 
coup  r,e  fit  que  blanchir  sur  sa  cuirasse,  fit  une 
tctine  n  sa  cuirasse.  Endosser  la  cuirasse.  Pren- 
dre la  cuiras: e.  Etre  armé  de  cuirasse.  Il  a  fou- 


CUI  .^57 

jours  lu  cuirasse  sur  le  dos.  Le  devant  j  le  Wer- 
nérc  de  la  cuiroi^e. 

On  dit,  Le  défaut  de  \a  cuirasse,,  ponr  dire, 
Où  la  cuirasse  finit.  Il  fut  hl'ssé  nu  défaut  de 
la  cuirasse.  Il  trouva  le  défaut  de  la  cuirasse. 

On  dit  figurcment,Le  défaut  de  la  cuirasse, 
pour  dire,  L'endroit  foîble  d'un  liomme,  tl'un 
écrit.  Il  a  trouvé  le  défaut  de  la  cuirasse. 

On  dit  figurément,  Endosser  la  cuirasse, 
pour  dire,  Prendre  le  parti  des  armes.  Un  tcl^ 
depuis  la  mort  de  son  alué,  a  quitté  .«es  Béué- 
ficcs,  et  il  il  endossé  la  cuirasse.  Vorci  le  prm- 
tempSy  il  faut  endosser  la  cuirasse. 

CUIRASSl^: ,  ÉE.  adj.  Qui  porte  la  cuirasse. 
Il  marche  toujours  cuirassé. 

11  se  dil  aussi  figurément,  pour  dire,  Un 
bomme  bien  préparé  à  tout.  Il  croyoit  le  sur- 
pri'M(/rc,  mais  il  Va  trouvé  bien  cuirassé. 

CUIRASSER.  V.  a. Revêtir  quelqu'un  d'une 
cuirasse.  //  faut  cui*'asser  vos  Cavaliers. 

(XiR-VSSÉ,  ÉE.  participe. 

CUIRASSIER,  s.  m.  Cavalier  arme  de  cui- 
rasse. Il  avoit  tant  de  Cuirassiers.  UnRégiment 
de  Cuirassier^. 

CUIRE.  V.  a.  Préparer  les  alimcns  par  lo 
moyen  du  feu  ,  pour  les  rendre  propres  à  man- 
ger. Iln'y  a  pas  là  assez  de  feu  pour  faire  cuire 
ces  viandes.  Un  trop  grand  feu  brûle  les  vian- 
des, au  lieu  de  les  cuire. 

CcinE,  signifie  aussi ,  Préparer  par  le  moyeu 
du  feu  ou  de  la  chaleur  certaines  cboscs.  pour 
les  rendre  propres  a  l'usaj^e  qu'on  en  vciil  faire. 
Cuire  de  i"  brique,  du  plâtre,  de  la  chaux^ 
Cuire  du  fil,  de  la  soiû 

Il  signifie  aussi,  Faire  cuire.  On  cuîsoit  du 
fuiin  dans  toutes  les  villes  pour  les  troupes.  Ce 
Boulanqer  cuitbeaucoup de  pain  tous  les  jours. 
Un  fourneau  à  cuire  de  la  brique. 

Il  se  met  quelquefois  absolument ,  pour  , 
Cuire  du  ^'ù\n. Les Boulanqers  ne  cuisent  point 
un  tel  jour.  Tous  les  habitons  de  ce  village  sont 
obiiqés  d'aller  cuire  au  four  banal. 

On  dit  proverbialement,  et  par  menace, 
i'ous  viendrez  cuire  à  mon  fuur^  pour  dire. 
Vous  aurez  quelque  jour  afiaire  de  moi. 

Il  se  dit  aussi  Des  fruits  que  le  Soleil  mûrit. 
C^est  le  Soleil  qui  eut  tous  les  fruits.  Le  Soleil 
n'est  pas  assez  chaud  en  ce  pays-là  pour  bien 
cuire  les  niclouj. 

U  se  dil  aussi  De  l'acuon  de  la  clialeur  natu- 
relle sur  les  viandes,  ou  sur  les  humeurs.  Il  y 
a  des  viandes  que  l'c.^iomac  a  peine  à  entre. 
Quand  la  chaleur  naturelle  aura  cuit  ces  Au- 
meurs-là.  La  guimauve  al  bonne  pour  cuire  le 
rliume. 

U  est  aussi  neutre.  Le  souper  est  au  /î'u ,  il 
Cfjt'f.  //  faut  (|.'ie  cela  cuise  dans  le  jus.  Mettre 
cuire,  faire  ntiic  un  cKdpon.  La  tui'.e.  la  bri(^ue 
ne  fouroit  cuire  dans  ce  fourneau.  Mettre  de» 
raifins  cuire  au  jt'ur ,  au  Solal. 

On  dit  Hc  ccrtiins  légumes,  comme  de» 
jxiis,  des  (ïvcs,  etc.  qu'/Is  cui>cnt  bien,  01 
qui/s  ne  cuisent  pashien  ,j^ur  dire,  qu'ils  sont 
faciles  ou  difficiles  .1  cuire.  En  ce  sens  il  c^t 
neutre. 

On   appelle  popuj.iircmcnt   Un   bouie-ùjut' 


358 


GUI 


ciiiVe,   Celui   qui   mange   tout,   qui    disàijir 
^     touL 

CfME,  V.  D.  signifie  aussi,  Causer  une  dou- 
Ifur  âpre  et  aii^uë,  telle  qu"cst  celle  que  cause 
luic  hriiKirc  ou  une  ëcorchurc.  Jn  rtte  suu 
hnilc,je  me  suis  écorchç  la  main, cela  me  cuit. 
La  main  me  cuit  Les  yciuc  nw  cuisent,  ils  me 
cuisent  comme  du  feu. 

On  dit  6gtu-ément  d'Une  douleur  ou  d'une 
cJtaleur  excessive  tju'on  e'prouve  :  La  tête  me 
ruit.  On  cuit  au  Soleii  L'ardeur  du  Soleil  est 
si  grande  qu'on  cuit  au  grand  air. 

On  dil  proverbialement,  Tiop  ijratler  cuit. 
trop  Jiarlcr  nuil. 

Ou  dit  fij;uri'nirnt  et  faniiliôicnient  :  //  vous 
en  cuira  quelque  jour  ;  il  m'en  cuit,  il  pourrait 
bien  vuHS  en  ciaVe,  pour  dire,  Vous  vous  en 
repentirez;  je  m'en  repens,  vous  pourrez  Lien 
vous  en  repentir. 

CciT,  ITE.  participe.  Du  vin  cuit.  De  la 
crème  cuite.  Des  yruncs  à  demi  cuites.  Les  hu- 
vieurs  cuites. 

On  dit  proverbialement  qu'L'n  liumme  a  du 
pain  cuit,  pour  dire,  qu'il  a  du  Lien,  qu'il  est 
i  son  aise. 

On  dit  a!issi ,  qu'Cn  Jiomme  a  du  pain  cuit, 
pour  dire,  qu'il  a  une  bonne  provision  de  ce 
qui  lui  est  nécessaire.  CePreJicateur  a  deux  on 
trois  Carêmes,  il  a  du  pain  cuit. 

On  dit  proverbialement,  Lifcer(e'c(pum  ciiil, 
pour  (lire,  que  Les  deui  plus  prauds  Mens  sont 
d'cire  libre,  et  d'avoir  ce  qui  est  nccessaire  à 
lu  vie. 

'  CUISANT,  ANTF,.  adj.  Apre,  piquant,  aigu. 

Un  froid  cuisant,  une  douleur  cuisantc.On  le 
[  (dit  auisi  Des  peines  d'esprit.  Des  soucis  cuisans, 
âa  remords  cuisans. 

CUISINK.  s.  f.  L'endroit  do  la  maison  où 
Ton  apprête  et  où  l'on  fait  Cuire  les  viandes. 
Grande  cuisine.  Cuisine  claire,  obscure.  Il  faut 
placer,  mettre  la  cuisine  en  cet  end)oit.  Bat- 
terie de  cuisine.  Servante  de  cuisine.  Ecuyer, 
chef  de  cuisine.  Garçon  de  cuisine.  Aide  de 
cuisine. 

On  dit,  Faire  la  cuisine j  pour  dire,  Apprê- 
ter à  manger. 

On  dit,  Bonne  cuisine  f  maiqre  cuisine. 
pauvre  cuisine,  pour  dire.  Bonne  chère,  mau- 
vaise chère.  C'est  un  homme  oui  cherche  les 
bonnes  cui-sines.  Il  ne  haute  que  les  maisons  oii 
il  y  a  bonne  cuisine. 

On  dit  aussi,  en  pailatit  d'One  maison,  qm; 
La  cuisine  y  est  bien  froide,  quelle  n'y  csl 
guère  échauffie,  pour  dite.  qu'On  y  fait  ni.iu- 
vaise  clitre. 

On  dit  3usaî , Faire  aller,  faire  rouler  la  cui- 
sine, pour  dire,  Avoir  soin  de  ce  qui  regarde 
la  dépense  ordinaire  de  la  table,  donner  ordre 
que  la  tal>le  aille  Lien;  et  Fonder  la  cuisine, 
pour  dire,  Pourvoir  à  ce  qui  regarde  la  subsis- 
tance, la  nourriture.  Dans  les  nouveaux  éta- 
blissemens,  il  faut  commencer  par  fonder  II 
cuisine. 

On  dit  populairement,  5c  ruer  en  cuisine, 
pour  dire,  Manger  beaucoup  et  avidement,  ou 
fiire  beaucoup  de  dépense  en  boBue  cIimc, 


CUI 

y  Cn  dit  G^urcment  et  proverbialemèntqu't/n 
homme  est  charge  de  cuisine,  poiu-  dire,  qu'il 
est  fort  (;ras ,  et  qu'il  a  im  gros  ventre. 

On  appelle  aussi  Cuisine,  Une  petite  boite 
longue  à  diffi'rcns  corapartimens,  oii  l'on  nicl 
différcns  ingrédiens  propres  pour  les  ragortts, 
et  que  cert;iines  gens  portent  sm-  eux.  Un  tel  a 
toujours  sa  cuisine  dans  sa  poche. 

On  appelle  familièrement,  Latin  de  cuisine. 
Un  très-mauvais  Latin. 

Cuisine,  signifie  aussi  L'art  'd'apprclcr  lis 
viandes,  et  de  faire  la  cuisine.  Il  apprend  ta 
cuisine.  Il  .sait  lien  la  cuisine.  Cuisine  bour- 
tjeoise.  Nouvelle  cuisine. 

On  ap|irlle  aussi  La  cuisine.  Les  OlTrJirs 
qui  senicnt  dans  une  cuisine.  //  a  mené  sa  cui- 
tine  avec  lui.  Il  a  laissé  sa  cuisine  à  Puiis. 

CUISIi\EK.  V.  neul.  Apprjler  les  viandes, 
faire  la  cuisine.  Ce  g(iri;ini  cuisine  un  feu,  cni 
une  assez  bien.  Il  est  familier. 

CUISINIUR,  llilîE.  s.  Celui,  celle  qui  fait 
la  cuisine, qui  apprête  à  manger. fion cuisinier. 
Hiufu'uis,  mécïianl  cuisinier.  Garçon  cuisinier. 
Il  n'a  qu'une  cuisinière.  Elle  est  très-bonne  cui- 
ujt^ère. 

CUISIMÈRE.  s.  f.  Ustensile  de  fer -blanc 
qui  sert  ii  faire  rnlir  la  viaude. 

CUISSARD,  s.  m.  La  partie  de  l'armure  qui 
touvroit  les  cuisses.  Les  cuissards  n'ont  com- 
mencé d'êb-een  usage  que  vers  i.Soo. 

CUISSE,  s.  f.  P.irlie  du  corps  d'un  animal 
depuis  la  hanche  jusqu'au  jarret.  La  cuisse  d'un 
lomme  ,  d'un  cl:eval  ,  d'un  bœuf,  d'un  cerf. 
Une  cuisse  de  cluipon  ,  de  perdrix.  Cet  homme 
a  mal  à  la  cuisse,  a  la  cuisse  rompue.  L'os  dt 
la  cuisse. 

Cuisse,  se  dit  aussi  De  certains  fruits  coujiéj 
>)ar  quartiers.  Une  cuisse  dt  noU. 

CUISSON,  s.  f.  Action  de  cuire,  ou  de  faire 
ruirc.  Il  a  eu  tant  pour  la  cuisson  des  viandes, 
tant  pour  la  cuisson  de  chaque  pain.  Il  man. 
que  à  ce  pain  un  peu  de  cuiss07i. 

On  appelle  Pain  de  caisson,  Lep.iin  de  mé- 
nage  que  l'on  fait  chei  soi. 

Ci'issos,  sigoiGe  aussi  La  douleur  qu'on 
îcnt  d'un  mal  qui  cuit.  Je  sens  une  liomble 
cuisson  dans  ma  plaie. 

CUISSOT,  s.  masc.  Cuisse  de  cerf,  de  che- 
vreuil, de  sanglier,  etc.  Il  ne  se  dit  qu'en  par- 
Imt  De  venaison. 

CUl.STKK.  s.  m.  Nom  qui  se  donne  ordinai- 
remi  ni  p;ir  injure  aux  valets  de  Collège.  Un 
Cuistre  de  Collège.  Ce  n'est  qu'un  Cuistre, 

CtiSTnE  ,  est  aussi  Une  injure  dont  cn  se 
sert,  pour  dire.  Un  homme  pédant  et  grossier. 
L'est  un  cuistre,  un  cuistre  fieffc. 

CUITE,  s.  f.  Cui«soa.  Il  se  dit  Des  briques, 
des  tuiles,  de  l;i  chaux,  et  d  lulreA  choses  scm- 
lilables.Ln  première  ruile.  La  seconde  cuite ,  elc. 
CUIVHIi.  s.  m.  Métal  rongedlie  quand  il  est 
pur.  On  l'appelle  aussi  Cuivre  rouge.  Le  cuivre 
j'nune,  qui  s'appelle  aussi  Laiton,  est  du  cui- 
vre rouge  qui  i:st  devenu  d  uue  couleur  jaune, 
parce  qu'on  l'a  allié  avec  du  zinc.  Le  cuivre  noir 
e«t  .-^clui  qui  n'.i  p.is  encoie  été  parfaitement 
purifié.  Le  cuiii.;  lic  iû.<iltc  est  celui  qui  a  été 


CUL 

entièrement  purifié  des  autres  me'taux  av«  le<. 
quels  il  ctolt  joint.  Plaque  de  cuivre. Fontaint, 
cuvette,  chandelier,  chenets  de  enivre.  Monnaie 
de  cuivre. 

Cdivue  viEnoE,  Celui  qui  sort  de  la  mine  , 
qui  n'a  point  eu?  fondiu 

CUL 

CUL.  s.  m.  (  l'L  ne  se  prononce  point ,  et 
on  le  supprime  quelquefois  dans  l'écritme.)  Le 
derrière,  celte  jiartie  de  1  homme  qui  comprend 
les  fusses  et  le  fondement.  Il  tomba  sur  son 
eul,  .sur  le  cul.  Il  était  assis  sur  son  cul  commt 
un  singe.  Renverser  cul  par-dessus  tête.Ilcourl 
comme  s'il  avoit  le  feu  au  cul.  Etre  à  cul  nw. 
.S'iisseoir  à  cul  nu.  Il  hii  a  donné  des  coups  d» 
pied  m(  cul,  du  pied  au  cul. 

*)n  dil,  Avoir  le  cul  sur  la  selle,  pour  dire, 
!  Ire  à  cheval.  Ce  Général  est  vigilant  et  infa- 
t'igable,  il  a  toujours  le  cul  su-  la  selle.  Les  en- 
nemis  s'étant  avancés,  on  tint  Conseil  de  guérie 
le  cul  sur  la  selle. 

On  dit  famihèremcnt  :  Cul  par -dessus  tête. 
La  tête  emporte  le  cul.  La  léle  en  bas,  le  cul  en 
haut 

On  dil  proverbialement.  Etre  à  cul,  pour 
dire,  Ne  savoir  plus  que  devenir,  n'avoir  plus 
Je  ressource. 

On  dit,  qu'Une  voiture  est  à  cul,  qu'on  l.i 
met  à  cul,  pour  dire,  qu'Elle  est  versée  ou 
qu'on  la  verse  par  le  derrière. 

On  dit  proverbialement  et  lîgurément  :  Don- 
ner dit  pied  au  cul  à  un  valet ,  pour  dire ,  Le 
ch.isser  d«»»on  service. 

On  dit  ])rovcrbij|(Tment  d'Un  homme  qui 
le  lourmcnle  exlrémemeut  pour  venir  à  bout 
dequelque  chose,  qu'il  y  va  de  cuLet  de  têtt; 
iju'il  yva  de  cul  et  de  tête  comme  une  cornei'.tt 
qui  abat  des  noix. 

On  dit  proverbialement  qu'l/n  /ionim«  mol». 
Irc  le  cul,  qu'on  lui  Doit  le  cul,  pour  dire,  que 
Ses  babils  ne  valent  rien,  et  sont  tout  décliiréj. 
On  dit  aussi  proverbialement  et  figui-énmnt, 
d'Un  homme  qui  a  témoigne  de  la  foililesse 
I<u-squ'on  attcndoit  beaucoup  de  son  courage, 
de  sa  fermeté.  L'on  croyait  qu'il  ferait  paioi- 
)re  du  courage,  il  a  montré  le  eut. 

Ou  dit  figurément  et  faïuilièremenl ,  d'Un 
homme  qui,  ayant  fondé  son  espérance  sur 
lieux  choses  diU'ércutcs,  ne  réussit  dausaurunr, 
i|u'/l  se  (rout>e,  qu'il  est,  qu'il  ilcmciiie  entre 
deux  selles  le  cul  à  terre. 

On  dit  provcrbialemeni  et  popul.iiremeni 
(l'Un  honimo  qui  joue  et  qui  perd  tout  ce  qu'il 
a  ,  qn'/l  pa-droit  son  cul,  s'il  ne  tenoit. 

On  dit.  Jouera  cul  levé,  pom-  dire,  Jouer 
les  uns  après  les  autres ,  en  sorte  que  celui  des 
joueurs  qui  ne  joue  point,  prenne  la  place  de 
celui  qui  perd. 

On  dit  proverbialement  et  populairement, 
q\i' In  homme  lire  le  cul  en  an  iére, pour  dire, 
qu'il  a  de  la  peine  à  se  résoudre  à  faire  une 
chose. 

On  dil,  Arrêter  quelqu'un  sur  cul,  le  met- 
tre à  cul,  jK)ur  dire.  L'arrêter  tout  court  Leur 
Cavaler'ie  venait  au   galop,  mais    l'Infanterie 


cul; 

au  tUe  trouva  dans  an  fossé  Vairita  sur  cul. 
li  est  du  style  Himilier. 

On  appelle  familièrement  ,  Ciil  de  jihmh, 
Va  homme  sédentaire,  ou  qui  travaille  assidu- 
incm  daus  son  cabinet,  i  son  bureau,  etc. 

Cui. ,  se  dit  aussi  De  qurli|ucs  animaux.  Le 
cul  ifun  singe.  Ces  orloluiis,  ces  cailles  ont  le 
cul  bien  gras. 

On  dit.  Faire  le  cul  de  poule,  pour  dire, 
Faire  la  moue  en  avançant  les  lèvres  el  en  les 
pressant. 

Col,  sif^niHe  aussi  L'aïuis  par  où  l'animal 
décharge  son  ventre.  Le  cul  d'un  homme,  d'un 
cheval,  d'une  vache,  d'une  poule,  etc. 

On  dit  proverbialement  et  bassement  d'Cne 
personne  qui  a  grand'peur,  qu'On  lui  bouche- 
rait le  cul  d'un  grain  de  nti//t't. 

On  dit  figurénientel  bassement,  d'Un  homme 
qui  a  fait  quelipic  grande  perle,  qui  a  rc^u 
quelque  grand  dommage,  qu'/I  en  a  dans  le 
cul. 

On  dit  bassement  et  proverbialement,  Bni- 
ser  le  cul  à  aui-l(ju'un  ,  pour  dire,  Marquer 
une  soumission  servile  et  lâche. 

Oudilprovcrbialenuul,  71  ne  fini  pas  vou- 
loir peter  plus  haut  que  le  cul,  pour  diie,  qu'il 
ne  faut  pas  enireprcndre  de  faire  plus  qu'on  ne 
peut.  Il  rtui  peler  plus  haut  que  le  cul. 

Cil  dit  pioveibiilenicnt.  Venir  guclgu'un 
au  cul  et  aux  chausses,  pour  dire.  Le  tenir  de 
iM.-iiiière  qu'il  ne  jjuisse  échapper.  Les  Sergens 
le  lenoieut  au  cul  et  aux  chausses. 

Il  s'enipble  «rssi  au  figuré,  pour  dire,  qu'On 
examine,  qu'on  agile  quelque  chose  qui  con- 
cerne quelqu'un ,  ses  biens,  sa  vie,  son  hon« 
neur.  A  l'heure  guil  est,  les  Juges  le  liennenl 
au  cul  el  aux  clutusses.  On  le  tenoit  au  cul  et 
aux  chausses  dans  cette  compaqnic. 

On  appelle  Cnl,Le  derrière  d'une  charrette. 
]\Jetlez  cela  au  cul  de  la  charrette.  H  fut  lié  au 
cul  d'une  charrette ,  et  fiuetti  par  les  carre- 
fours. 

On  dit ,  nielire  une  charrette  à  cul,  poui 
dire,  La  mettre  les  limons  en  haut. 

Cil,  se  ilil  aussi  De  plusieurs  autres  thoseï 
dilTéienies.  Le  cul  d'un  verre,  d'une  houtedle, 
d  une  lampe,  d'un  baril,  d'un  muid.  d'un  ton- 
neau ,  d'un  pot ,  iCun  tambour ,  d'un  chaudron  , 
d'une  poile,  d'un  pi.nier,  d'une  hotte,  d'un 
chapeau ,  etc. 

On  dit.WelIre  un  niiiiil,  un  tonneau  sur 
cul ,  1  our  dire ,  Le  lever  sur  son  fond ,  ou  jiour 
dire,  le  vider. 

On  appelle  Cul-do-sac ,  Vne  rue  qui  n'a 
point  d  ISSU". 

On  appelle  Cul  d'a/'(i'i-fiiiu(,  La  partie  la  plus 
moelleuse  de  l'artichaut,  el  qui  en  fait  le  fond. 

On  appelle  Cul-de-lunifie, Certain  ornement 
d'Architecture,  qui  pend  du  planclier  ou  de  la 
rofttc,  et  (jtiî  se  termine  en  pointe. 

Ou  appLlIc  auski  Cu/s-dc-lum/ e,  Certains 
fleurons  ou  ornemens  que  K-s  Imprimeurs  met- 
tent ^  1.1  fin  d'un  livre,  d'un  chapitre,  etc. 

On  appelle  Cul  ife  )ulle,0-hil  qui  étant  privé 
de  l'usage  des  iainlpc»  et  des  cuis>cs,  a  le  cul 
d.ins  une  jiilte.  C'iJl  un  cuI-Jc  jallc 


CUL 

On  le  drt  aussi  d'Un  homme  qiû  a  perdu 
l'us.igc  de  .SCS  jambt'S ,  et  qui  ne  p<'ut  marcher. 

Oii  npplîe  Cul  àe  basse- fusse,  Vn  ciichol 
creusé  dar  s  l;i  basse-fosse  mcmc. C'est  un  sccté- 
ru(,  lî  le  fiKt  mettre  dans  un  cul  de  basse-fosse. 

CULASSE,  s.  f.  La  partie  de  dcrriÎTe  d'un 
canon.  Canon  renforcésur  la  culasse.Le  canon 
crci'ti  par  ht  culasse. 

Il  se  dit  aussi  Des  mousquets,  des  fusils  et 
Jcs  pistolets.  Démon  (er  lu  culasse  d'un  mous- 
quet. 

CULKT'TK.  s.  f.  Certain  saut  qu'on  fait, 
n)ett;iiU  la  ti^lc  en  bas  et  les  jmihcs  en  h:mt, 
pour  relonibcr  de  l'autre  côte.  Faire  la  culbute. 

I!  se  pr<'nd  quelquefois  pour  Chute.  En  des 
cendant  le  deqré^il  a  fait  une  horrible  culbute. 

On  dit  fi.'urémehl  d'Un  homme  qui  d'une 
grande  foilune  est  l<inibe  dans  la  pauvreté, 
dans  la  disgr.1ce,  (ju'/(  a  fait  une  grande  cul- 
bute. 

CULBUTKR.  V.  a.  Renverser  quelqu'un , 
renverser  cul  par-dessus  tête.  /[  Va  poussé  ru- 
dement ^  et  Va  culbuté.  Il  le  culbuta  de  haut  en 
bus  du  deqré,  du  haut  d'une  montaqnc.  LaCa- 
valcrie  prit  les  ennemis  en  flanc ^  et  les  culbuta. 

On  dit  figurenient,  Culbutct'  un  homme, 
pour  din'.  Le  ruiner,  détruire  sa  fortune,  etc. 

Il  e>t  quelquefois  nenti-e,  et  sii;nifîc,  Tom- 
ber eu  faisant  la  cull)Ute.  //  jil  un  faujc  vas^ 
el  culbuta  du  haut  en  bas  du  dcfjrè. 

On  dit  aussi  fignre'mt'nt ,  Lulbtilcr^  pour  dire, 
P.xre  ruine',  perdre  sa  fortune.  Ce  Banquier  a 
culbuté. 

Culbuta,  ée.  panidpe. 

CULBUTIS.  m.  Amas  confus  de  choses 
culbutées.  î!  est  fumiticr. 

CULEE,  s.  f.  Grosse  masse  de  pierre  qui 
soutient  la  voûte  de$  dcrniùresarclies  d'un  pont, 
et  tonte  leur  poussée. 

CULIER.  adj.  m.  11  n'est  en  usage  qu'on 
cette  phrase,  Boyau  culier.  On  appelle  ainsi 
Le  gros  boyau  qui  se  termine  à  l'anus. 

CULIÈRE.  s.  f.  Sanj^lc  de  cuirqu  on  attache 
au  derrière  du  cheval  pour  empiîcher  la  selle 
Je  couler  en  avant. 

CULMINATI05.  suhst.  fém.  Terme  d'As- 
tronomie. Moment  du  passage  d'un  astre  par  le 
méridien. 

CULOT.s.m.  L'oiseau  ledemier  tcloî  d'une 
couvée.  On  donne  aussi  le  nom  de  Culot  an 
dernier  né  des  autres  animaux  ,  et  fumilit're 
ment  parmi  les  hommes  au  dernier  né  d'une 
fantillr. 

On  appelle  encore  fi^urdramt  cl  familière- 
ment I^  dernier  re^u  d'une  compagnie ,  Le 
culot  de  la  compagnie. 

Cli.ot,  est  aussi  La  partie  métallique  qui 
reste  au  fond  d'un  creuset  apri-s  la  fusion,  et 
qui  s'est  séparée  des  scories.  On  nomme  encore 
Culot  y  Un  |>etit  plateau  cylindri(|uc  de  terre 
cuite,  sur  lequel  on  |»ose  le  creuset  dans  le 
foiirnr.in,pourlc  garantir  de  l'action  trop  vive 
du  feu. 

On  nppellc  Cu/o(,  La  parli'î  inférieure  des 
lampfs  d'Pf»(ise. 

CL'LUXTE.  s.  r.  La  partie  du  vctcmcnl  q»n 


CUL  35.9 

couvre  depuis  la'cciuture  jusqu'aux  genoux. 
Culotte  de  drap.  Culotte  de  velours. 

On  appelle  Culotte  de  hœuf,  Le  derrière  da 
cimier;  Culotte  de  pirjcon,  La  partie  de  derrière 
d'un  pif;eon;  La  culotte  d'un  pistolet,,  Le  fer 
ou  le  métal  rond  et  creux  qu'on  attache  au  bout 
(le  la  poignée  d'un  pistolet. 

CULTE. s.  m.  L'honneur  qu'on  rend  à  Dieu 
par  des  actes  de  Religion.  Culte  divin.  Cultt 
Religieux. 

On  appelle  dans  la  Théologie,  Culte  de  La- 
trie,,  hf  culte  d'adoration  qu'on  rend  à  Dieu 
seul;  Culte  de  Oufte,  Le  culte  de  vénération 
qu'où  rend  aux  Saints  ;  et^Culie  d'Uypenlulie^ 
Le  culte  qu'on  rend  i  la  Sain  le -Vierge. 

On  dit ,  en  parlant  De  ridoUlrie  :  Le  eultt 
des  Idoles.  Le  culte  des  faux  Dieux,  Les  Chi- 
nois rendent  à  leurs  ancêtres  une  espèce  de 
culte. 

On  dit  d'Un  admirateur  des  Anciens,  qu'il 
a  pour  eux  une  espèce  de  c»Ue. 

CULTIVABLE,  adj.  des  2  ?;enre9.  Propre  à 
la  culture.  C'est  «ri  teirain  gui  ncst  pas  culti- 
va ^ic. 

CULITVATEUR.  s.  m.  Qui  cultive lo  terro. 
Ce  pays  mangue  tle  cultivateurs. 

CULTIVER.  V.  a.  Faire  les  travaux  néces- 
saires pour  rendre  la  terre  plus  fertile,  el  pour 
améliorer  ses  prodiiciions.  Cultiver  un  cAampL 
Cultiver  un  jardin,  les  vignes^  les  plcntts. 
CuïIiVer  son  champ. 

On  dit  figurénienl,  Cultiver  les  science»^ 
cultiver  les  arts,  pour  dire.  S'y  adonner^  t'y 
exercer,  s'v  perfectionner. 

Ou  dit  Gginémeiil,  Cultiver  Vcprît,  cultiver 
la  mémoire,  pour  dire,  Les  exercer,  apporter 
du  «oin  à  les  perfectionner. 

On  dit  aussi,  Cultiver  la  connoissenee ,  Va- 
mitié,  la  bienveillance  y  Vajffrclion  de  guelgu^un, 
cultiva-  ses  amis^  pour  dire,  Prendre  les  soins 
tn'cc.ssaircs  pour  conserver ,  entretenir ,  aug- 
menter la  connoissancc,  l'amitio,  la  bienTcil* 
lance  de  (fuclqu'un. 

On  dit  cncnie  dans  le  ni^me  sen^,  C'esl  un 
homme  qu'il  faut  cultiver,  pour  dire,  C'est  un 
homme  dont  il  faut  ménager,  entretenir  !ï 
bienvcill:mce. 

Cn.TïVÉ,  te.  participe. 

CULTURE.  3.  f.  Les  travaux  qu'on  emploie 
pour  rendre  la  terre  plus  fertile,  et  pour  amé- 
liorer ses  productions.  La  culture  des  champs, 
La  culture  des  vignes,  des  plantes,  des  fleurs. 
Travailla' y  s'adonner  à  la  culture  de.,..yfban- 
donner  la  crifture  de...La  culture  dans  tel  payg 
est  bonne,  excellente,  admirable,  mauvaise, 
négligée. 

On  appelle  Pays  de  grande  culture  y  Cent 
où  clic  se  fait  avec  des  chevaux  ;  el ,  par  oppo- 
sition. Pays  de  petite  rultiue,  Ceux  où  elle  se 
fait  de  loutc  autre  manière. 

Ci'tTtnK,  se  dit  égilemci^t  nu  figuré,  Du 
soin  qu'on  prend  des  arts  et  de  l'c^priL  La  cul- 
ture des  at-ts,  la  culture  de  Vespnt.  Un  esput 
iiuiurel  et  sans  culture. 


36o 


CUR 

eu  M 


CUMIN.  5.  m.  Planle  ombellifôre.  Elle  n 
une  odeur  vive  et  très -forte,  sans  être  dés- 
a^iL'iible.  La  gr:iiDecleciiiniit  facilite  la  digestion 
et  dissipe  les  vents.  Quelques-uns,  par  cette 
raison,  eu  mettent  dans  le  pain  et  dans  le  fro- 
mage. 

CUMULATIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Juris- 
prudence. Qui  se  fait  par  accuinulation.  Druil 
cumululif. 

CUMULATIVEMKNT.  adv.  D'une  nianiire 
cumulative,  par  accunuilation. 

CUiVIULER.  v.  a.  Assembler,  riîunir  plu- 
sieurs objets.  Cumuler  plusieurs  droits  ptmi 
fortifier  une  prétention.  Cumuler  plusieurs 
nenres  de  preuves. 

CU.MCLÉ,  ÉE.  participe. 

.*  CUN 

CUNÉIFORME,  «dj.  des  2  genres.  Terme 
d'Anatomie.  Troisième  os  du  premier  rang  du 
rarpe.  On  donne  aussi  ce  nom  h  trots  os  du  tarse. 

CUNETTE  ou  CUVETTE,  s.  f.  Ternie  de 
Fortification.  Fossé  de  dix-huit  à  vini;t  pieds 
de  large ,  pralicjué  dans  le  milieu  d'un  fosse  sec. 

CUP 

CUPIDE,  adjcct.  des  a  genres.  Qui  a  de  li 
cu^ndité.  On  dit,  C  eut  un  homme  cupide,  poui 
dire,  qu'il  désire  sans  modération  d'acquérir  dci 
xichesses. 

ClPIOrrr.  s.  f.  no^;-  immodéré,  convoi- 
tise. Grande  cupidité.  Cupidité  insatlabCe. 

CUR 

CURABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  peu| 
dire  guéri.  I7ne  maladie  curable. 

CURAGE,  s.  m.  Action  de  curer,  de  net- 
toyer, ou  l'effet  de  cette  action.  Le  curaye  d'un 
puits. 

CUR.4GE.5.  IB.  Espèce  de  Persicaire,  plante 
qui  croit  dans  les  endroits  marécageux.  On  la 
nomme  aussi  Poivre  d'e4iu.  parceque  sa  saveur 
est  Icre  et  linllante.  On  en  fait  grand  usage  en 
Médecine,  surtout  pour  l'hydropisie. 

CUR.iTELLE.  s.  f.  Pouvoir  et  charge  de 
Curateur.  //  est  Honmié  à  la  curatelle.  On  lui 
donna  la  curatelle  de. ..Il  est  encore  en  cura- 
telle. Il  est  sous  la  curatelle  d'un  tel.  Il  a  pris^ 
îl  a  accepte  la  curatelle  de  son  neveu,  la  cura- 
lelle  de  la  succession  vacante.  Il  s'est  fait  dé- 
charqer  de  la  curatelle.  Les  hiens  de  la  cura- 
telle. Il  a  un  privilège  qui  l'exempte  de  tutelle 
et  de  curatelle 

CUR.iTEUR.  s.  m.  Celui  qui  est  établi  par 
J.us:ice,  soit  pour  administrer  les  biens  d'un 
mineur  émancipé,  ou  d'un  majeur  qui  n'est 
pas  capable  de  les  gouverner  lui-même,  soit 
pour  régir  une  succession  vaca'nte,  ou  une 
chose  abandonnée  Etuhlir ,  élire,  nommer, 
créer  un  Curateur.  Le  Curateur  d'un  mineur, 
d'un  l'urieuj:,  d'un  prodi(juc ,  d'un  imbécile. 
Curateur  à  la  démence.  Il  lui  faut  donner  un 
Curateur.  Curateur  a  ta  succession  vacante, 
auje  liens  vacant   Curateur  ad  hoc. 


C  U  II 

On  dit  aussi  en  termes  de  Palais,  Curaleur 
aux  causes;  et,  Curateur  au  mort.  Curateur 
du  mort.  Celui  que  le  Juge  nomme  d'office 
pour  défendre  la  cause  d'un  homme  accusé  de 
s'être  défait  lui-môme. 

Ou  appelle  aussi  en  termes  de  Palais,  Cura- 
teur au  ventre.  Celui  que  le  Juge  nomme  d'of- 
fice pour  veiller  aux  intérêts  d'un  enfant,  dont 
la  mère  est  enceinte  au  temps  du  décos  de  son 
mari. 

On  dit  d'Un  homme  qui  fait  des  dépenses 
excessives  ,  et  qui  gouverne  mal  sou  bien  , 
in'll  lui  faut  donner  un  Cwateur. 

CURATIP,  IVE.  adj  II  se  dit  De  certains 
remèdes.  Les  remèdes  curatifs  suivent  les  re- 
mèdes préservatifs. 

On  dit  aussi,  Indication  curalive,  méthode, 
rurative.  L'indication  curalive  détermine  II 
^Icdecin  à  employer  Ut  méthode  curative,  les 
remèdes  curutif^i. 

CURATION.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Trai- 
tement  d'une  maladie,  d'une  plaie.  Métliodc 
de  curatton. 

CURATRICE,  s.  f.  Celle  <(ui  a  la  curatelle 
Elle  est  curatrice  de  son  mari,  de  ses  enfans. 

CURCU.MA  ,  SoucHET,  ou  SArnAS  d'ikde. 
».  m.  Planle  dont  la  racine  est  jaune.  On  s'en 
sert  dans  la  jaunisse,  l'hydropisie  et  quelquei 
outres  maladies. 

CURE.  s.  f.  Soin ,  souci.  En  ce  sens  il  n'esi 
^uère  d'usagé  que  dans  quelques  phrases  fami- 
lières. J'ai  beau  lui  donnei'  de  bons  avis,  i>  n'en 
a  cure. 

On  dit  proveilïialemcnt,  A  beau  parler  nui 
n'a  cwe  de  bien  faire,  en  parlant  d'Un  lu>nimi! 
qui  donne  de  belles  paroles  sans  se  soucier  de 
les  tenir.  On  dit  aussi ,  On  a  beau  parler  à  nui 
n'a  cure  de  bien  faire,  pour  dire,  qu'il  est 
inutile  de  donner  des  conseils  î»  celui  qui  n'en 
.  veut  pas  profiter.  Le  peuple  dit  Cctur  au  lieu 
de  dire. 

U  signifie  aussi  Traitement ,  pansement  d« 
quelque  maladie  ou  blessure.  Belle  cure.  Grande 
cure.  Cure  heureuse,  merveilleuse,  admiruble. 
Cure  pulliative.  Cure  imparfaite.  Cure  diljicite. 
H  a  entrepris  cette  cure.  Il  n'a  pas  réussi,  il 
n'a  pas  été  heureux  en  cette  cure.  Ce  Chirur- 
qien  a  fait  là  une  belle  cure. 

CrnE,  signifie  encore  Un  Bénéfice  ayant 
charge  d'âmes,  et  la  conduite  spirituelle  d'une 
Paroisse.  BonneCure.  Cure  deVillci<]e.  Donner, 
conférer  une  Cure.  Nommer,  présenter  à  une 
Cure.  Desservir  une  Cure.  Résiqner,  permuter 
une  Cure.  Les  Cures  obliqcnt  à  résidence.  Vnc 
Cure  à  portion  congrue. 

CURÉ.  s.  m.  Prêtre  pourvu  d'une  Cure. 
Bon  Curé.  Curé  de  Paris.  Curé  de  Villugc. 
Curé  d'un  tel  lieu  ,  d'une  telle  Paroisse.  Le 
Curé  et  les  Paroissiens.  Curé  primitif.  Curé 
anlwdde. 

On  dit  proverbial. ,  que  C'est  GrosJean  qui 
remontre  à  son  Curé,  pour  dire,  que  C'est  un 
ipnor.-int  qui  veut  instruire  un  homme  qui  en 
sait  plus  que  lui. 

CURE-nE?»r.  «.  m.  Petit  instrament  Sont 
on  se  cure  les  dents.  Cure-dent  J'or,  d'argent. 


CUR 

Se  faire   un   cure-dent    d'une  ilw'e ,   d  un» 
paille,  d'un  brin  de  fiwuil. 

Ct'RKE.  s.  f .  Pâture  qu'on  donne  au»  cliien» 
de  chasse,  en  leur  faisant  manger  la  bêle  qu'il» 
out  prise.  Faire  curée.  Donner  la  curée  au.v 
chiens.  Curée  de  lièvre.  Cwée  de  cerf.  Sonner 
la  curée.  Il  se  trouva  à  la  curée. 

On  dit,  Défendre  la  curée,  pour  dire,  Em- 
pêcher à  coups  de  giule  que  les  chiens  n'ap- 
prochent trop  tôt  de  la  curée. 

Faire  cuivék,  se  dit  aussi  Des  chiens,  lors- 
que, sans  attendre  le  Veneur,  ils  mangent  la 
hète  qu'ils  ont  prise.  Avant  que  le  Veneur  fit 
arrivé,  les  chiens  avaient  déjà  fait  la  cwée  du 
lièvre. 

On  dît,  Mettre  les  chiens  en  curée,  pour 
dite.  Leur  donner  plus  d'ardeur  >i  la  chasse, 
par  la  curée  qu'on  leur  fait.  Et  l'on  dit  dans  le 
même  sens,  qu'//s  sont  çn  curée. 

On  le  dit  aussi  figurém.  Des  hommes ,  Lors- 
que le  butin  ou  le  profit  qu'ils  ont  fait  les  anime 
davantage  îi  quelque  entreprise.  Ce  petit  avan- 
tage a  mis  les  troupes  en  curée,  elles  sont  en  curé(.^ 
Le  projit  qu'il  a  trouvé  d'abord  en  cette  affaire 
Va  mis  en  curée.  Il  est  très-dpre  à  la  cwée. 

CURE-OREILLE,  s.  m.  Petit  instrument 
propre  à  curer  l'oreille.  Cure-oreille  d'or,  d'.ir- 
gent ,  d'ivoire. 

CURER.  V.  a.  Hetl-oyer  queique  chose  de 
in^eux,  comme  un  puits,  un  fossé,  un  canal, etc. 
et  en  ôler  les  ordures,  la  terre,  etc.  Curer  un 
fossé,  ou  les  foisés.  Curer  un  canal.  Curer  un 
-■tanq.  Curer  u:}  puits.  Cut er  un  égout.  Curer 
un  privé. 

On  dit  aussi,  5e  curer  les  dents,  se  curef 
l'oreille.  .Actuellement  on  dit  mieux ,  Se  nettoyer 
las  dents,  les  oreilles. 

Curer  la  charrue ,  La  nettoyer  avec  le  curoif  ; 
Curer  une  vigne  en  pied,  Otcr  du  cep  des  vi- 
gnes tout  le  IkjIs  inutile. 
CcnÉ,  ÉE.  participe. 

CUREITE.  s.  f.  Instrument  de  Chirurgie, 
rn  forme  de  petite  cuiller  allongée.  On  s'eii  .sert 
pour  tirer  et  ramasstfr  les  Iragmens  de  pierres , 
l.'tbles,  etc. 

CUREUR.  s.  m.  Qui  cure,  qui  nettoie.  Il 
n'est  guère  d'usîtge  que  dans  cette  phrase,  Cu- 
reur  de  puits. 

CURl.VL,  .\LE.  adjectif.  Il  se  dit  De  te  qui 
rnnccrne  une  Cure.  Fonction  curiale.  Droits 
curuiu.v. 

CURIE,  s.  f.  Subdivision  de  la  Tribu  chez 
les  Romains.  Homulus  partagea  le  Peuple  Rû~ 
main  en  trois  "Tribus,  et  chaque  Tribu  en  dix 
Curies. 

CURIEUSEMENT,  advcrb.  Ai-ec  curiosité, 
soigncu-seracnt ,  exactement,  .ipprcndre  curieu- 
sement. S'informer  ,  s'enquérir  curiem-ement. 
Observer  curieusement.  Rechercher ,  voir,  lire 
curieusement.  CoFiseiver  curieu.seme/it  nuelnue 
chose- 

CURIEUX,  EUSE.  adj.  Qui  a  beaucoup 
d'envie  et  de  soin  d'ap^weiidre,  de  voir,  de 
posséder  des  choses  nouvelles  ,,  rnrt's  ,  excel- 
lentes, et:.  Fort  curiei4a\  F.rt reniement  cur  iciu. 
Curieiu:   de  savoir.  Curieux  de  voir.  Il  veut 


CUR 

taui  voir,  tout  savoir j  il  est  curieu-r.  H  crt  eu- 
rîeux  (?e  fleurs,  de  tuUf^es.  Curieux  Ae  nouvelles. 
Curieux  de  peintures ,  de  tableaux ,  de  mtdaïUes. 
Curieuse  de  livres.  Elle  est  curieuse  en  !  ahits^ 
curieuse  en  linge.  - 

Ct'liiELx,  scilil  aussi  Des  choses,  ctsi^^nifir, 
Sare,  nouveau,  cxlnioidiiiiiire,  excellent  il.nis 
»on  j;tnie.  Cette  remarc^ue  est  curieuse.  Ln  bi- 
jou ciu-ieux.  Travail  curieux. 

(o  dil,  qut/"  li^re  est  curieux  ^  qu'un  ca- 
binet est  curieux,  pour  dire,  qu'Un  livix-  . 
qu'uu  cabinet  est  ivmpLi  de  choses  rares  cl  cu- 
rieuses. 

U  te  prend  quelqQefuis  en  mauvaise  part. 
et  se  dit  d'Un  homntc  tjui  veut  indiscrclement 
pcnttrer  les  secrets  d'aulrui.  Vou5  venez  écou- 
ter à  ma  porlCy  vous  i'tes  bien  curieiux.  Ne 
soyez  pas  si  curieux  que  de  fouiller  dans  mes 
papiers. 

CtitiEux ,  s'emploie  aiLssi  quelquefois  commr 
substantif;  et  alors  il  signifie,  Celui  qui  prend 
pUisir  à  fiiire  amas  de  choses  curieuses  et  rares 
ou  ct-'.ui  qui  a  une  grande  connoissance  de  ces 
tories  de  choses.  Le  cabiiict  d'un  curieux. C^est 
an  homme  ijui  est  tous  les  jours  avec  les  eu 
ricux. 

On  dit  aussi  substanliTemenl  :  Cwieux 
inniscret.  Ciu-ieux  impertinent.  Je  hais  lei 
curieux. 

CUR  ION.  s.  m.  Prêtre  institué  par  Romulus, 
pour  avcir  soin  des  Fêtes  et  des  Sacrifices  par- 
ticuliers j  chaque  Curie. 

CUKI<,.-:rriC.  s.  f.  Passion,  désir,  empresse 
ment  de  voir,  d'apprendre,  de  posséder  des 
cbosu  rares,  singulières,  nouvelles,  etc.  Grande 
curiosité.  Louable  curiosit'.  Curiosité  blâmable. 
Sotte  curiosité.  Curiosité  impertinente,  indis- 
erète.  Curiosité  défendue.  ïl  eut  la  curiosité  de 
voyager^  la  curiosité  de  voir,  d'tntendj-e,  etc. 
Il  a  peu  de  curiosité^  trop  de  curiosité.  Aller 
par  curiosité'  eu  tjuelgue  lieu.  Satisfaire^  con- 
tenter sa  cun'oîité.  Sa  curiosité  n'est  que  pour 
Us  tableaux,  les  médailles ,  etc. 

U  sr  prend  encore  plus  particulièrement 
pour  Une  trop  grande  envie  ,  un  trop  •;rand 
©uiprcssemtmt  de  suvoïr  les  secrets,  les  afTiirei 
d'aulnii.  C'est  avoir  trop  de  curiosité,  gue  de 
vouloir  pénétrer  dans  le  secret  de  ses  amis  mal- 
gré eux. 

U  signifie  aussi,  Chose  rare  et  curieuse.  H 
a  un  cabinet  plein  de  curiosités.  F.n  ce  sens  il 
C5i  plus  d'us  15c  au  pluriel  qu'au  singulier.  On 
dit  ce|M.>ndmit^  Ctt  liomme  donne  dans  la  eu- 
riositéy  pour  dire,  Dans  la  rccliercbe  des  cutin 
tités. 

CUROIR.  ».  m.  Bùton  avec  lequel  le  labou- 
reur cure  la  chimie. 

CURSliUR.  s.  m.  Terme  de  Mal!icmatic|uo 
Prtit  corps  qui  glisse  dans  uni-  fcn:e  ou  cou 
liise  pr.-iliquce  au  milieu  d  une  lame  ou  d  ui" 
rtgle. 

CURSIVE,  «dj.  qui  ne  •'emploie  qu'au  IV- 
minin,  cl  dan»  ces  phrucs  du  .st)'lc  diplomati- 
que ,  Lettres  cursiW*,  écrilwe  cumive  ^  pour 
dire,  Lettres  cou  r^iotes ,  ccriturt  courante.  Voy. 
CociiAvr. 
Juni«  /, 


CTT  V 

CURUI.E.  adj.  des  2  £;enrrs.  ïl  s'emploie 
principalement  en  parhuit  <i  Une  chaire  à  l'ii- 
ia';e  de  certains  Magistrats  lioniains.  Chaire 
Curute. 

CURURF^.  s.  f.  pluriel.  Ce  qu'on  trouve 
au  fond  d'un  puits,  d'un  égoîil,  d'une  more 
qu'on  des.sèche,  d'une  cour  qu'on  nettoie. 

CURVIJ.IGMC.  adj.  des  7.  <;enies.  Qui  est 
formé  par  des  iii^nes  courbes.  Figure  curvi- 
ligne. 

CUR  VITE,  s.  f.  est  ia  mOnie  close  que 
Courhire.  Ce  dernier  mol  est  aujourd'hui  plus 
isitc. 

eus 

CUSCUTE.  Voy«t  Bxr9l.~  ..-rttoiNE. 

CUSIODE.  s.  f.  tli:leau.  Il  est  vieux  pour 
*i::nifier  Des  rideaux  de  lit  ;  et  il  n'est  guère 
d*u^ag«î  qu'en  parlant  Des  ridi-aux  ou  courtines 
qu'on  met  dans  certaines  Eglises  ù  côte  du 
.Maître  An  tel. 

On  dil  proverbialement  et  figurcmcnt  dans 
le  premier  sens,  Donner  le  fouet  sous  la  eus- 
iode^  pour  dire,  Châtier  en  secret. 

CtsTODE,  se  prend  aussi  pour  La  couver- 
turc  ou  le  pavillou  qu'on  n.cl  sur  le  cibf  ire  on 
Ion  garde  les  Hosties  consacrées. 

CUSTCDI-NOS.  s.'  m.  Confidentinire  qui 
^tardc  un  liêuéficc  ou  un  Office,  pour  le  rendre 
h  un  autre  en  rertaln  temps  ,  ou  qui  n'en  n  que 
le  lilre,  et  lui  en  laisse  le«  fruits,  ne  faisant 
que  prêter  son  nom.  //  fait  tenir  ses  bénéfices 
por  des  Cu^todi  nos  V  ''«(  /c  Cuslodi-nos  d'un 
!«/.  Il  est  do  nyle  familier. 

C  UT 

CUTANÉ,  ÉE.  adjectif.  Qui  appar- 
lient  à  la  peau.  La  gale  est  une  maladie  cu- 
tanée. 

CUTICULE,  s.  f.  Terme  d'Anatomie.  Petite 
peau  très-miace.- 

CUV 

CUVE.  s.  f.  Orand  vaisseau,  communémeuf 
]f  bois,  qui  n'a  qu'un  fond,  et  Jont  on  se  s^ri 
>rdlM;iiremeiit  ^  fouler  la  v<  ndange.  !l  se  dil 
l'issi  de  quelques  autres  v,^is^raux  h  peu  près 
le  môme  .la*  ire,  dont  on  se  sert  pour  faire  de 
Il  bière,  et  pour  iiivers  autres  usages.  Cuve  de 
vendange.  Relier  une  cuve. 

On  appelle  Les  fossés  d'un  Chileau,  d'une 
Ville,  Fossés  à  fond  de  cnvCy  (^)uand  ils  sonl 
revêtus  des  deux  cûttjs  ••  pied  droit. 

On  dit  pro\erbiiilrment  (l  familièrement, 
néjeuner^  dîner  à  fond  de  cuve  ^  pour  dire, 
Jejeuner.  dincr  amplement. 

CUVEAU.  s.  m.  Pelitc  cuve.  Un  cuveau 
•i  ^  ru  pour  ma  vendange. 

CUV  El':,  s.  f.  Ce  qui  se  fait  de  vin  à  la  fbis 

ns  une  cuve.  (Srande  cuvée.  Cuive  de  tant 
le  muidx.  Ces  deiLX  mnids  sont  de  la  même 
uvce.  C'est  de  la  première,  de  la  seconde  cu- 
vée. Il  a  fait  tant  de  cuvées  de  vin. 

CD  ilil  provcrbiali-nient  et  figur<-ment.  En 
voici  d'une  autre  citvée,  lotstjue  après  uo  tonte 


CYG 


36 1 


plaisant  qu'on  a  fait, quelqu'un  ajnuiciin  autre 
conte. 

(;UVEI.A(;K.  s.  m.  c'est  l'opeiaiion  par  la 
quelle  on  revêt  dr  pinnclics  ou  de  solives  l'in- 
1<  liinir  des  puits  qui  dcsceii  'eut  dans  les  mines, 
pour  enipfcJier  l'el  otdenieiit  dis  terres  et  de« 
rocl  es.  Faites  en  sorte  tjuc  le  cuifelaqe  toit 
solide. 

eu  VELER.  V.  a.  I-'aire  un  cuvclage.  Cui^eler 
le  puits  ifune  mine. 

Ci  VEi.E,  ÉE.  p.articipi.. 

CUVEIt.  V.  n.  Demeurer  dans  la  cuve.  Il  nr 
se  dit  que  Vu  vin  ■  u'on  y  laisse  avec  la  grappe, 
durant  quelques  joor.,.  pour  se  faire.  C'est  du 
vm  tjtii  m'((  point  cuvé.  Il  n*a  pas  assez  cuvé. 
U  le  faut  laisser  cuver  tlavitntane. 

On  dit,  Cuver  son  viu  .  |:oiir  dire,  noimii , 
npnscr  apr^  avoir  bu  avec  exr6s ;  et  alors  il 
est  actif.  Il  cuve  son  vin.  Il  f,mt  lui  laisser  cu- 
ver son  vin. 

On  dit  fi^^urcnicnt  et  fiiniliircnier.t  ,  d'Un 
lionimc  qui  est  extrcmeuicnt  en  coK^re,  qu'il 
lui  faut  laisser  cnt'er  son  vin  ,  pour  dire,  qu'il 
lui  faut  laisser  passer  sa  colère. 

Cuvé,  ée.  participe.  Le  vin  trop  cuvé  sent 
la  rafle. 

CUVETTE,  s.  f.  Petite  cuve.  Il  se  dit  ordi- 
nairemeiU  d'Un  vase  dont  on  se  sert  pour  ne 
laver  les  mains,  ou  pour  d'aufres  usaf^es.  Cu- 
relic  de  cuivre.  Cuvette  d\n-tjent.  Cuvette  de 
marbre. 

CUVIER.  s.  m.  Cuve  où  l'on  fait  h  Icssiv.-. 
Grand  cuvier. 

CY  .V 

CY.\'1"I1E.  s.  ni.  Mesure  Romaine,  qui  con- 
tcnoit  autant  de  vin  qu'on  en  pouvoit  boire 
d  un  seul  trait. 

C  Y  C 

CYCLAMEN.  Voyez  Paln-de-Pouhczai;. 

CYCLE,  s.  m.  Cercle,  période.  Le  Cycle 
solaire  est  de  28  années.  Le  Cycle  lunaire  est 
de  15  ans.  Le  Cycle  de  l'indiction  est  dt 
1  5  ans. 

CYCLIOUE.  adj.  des  2  genres.  11  se  dit  Ue» 
Poètes  qui  composent  de  petits  ouvrages,  tels 
que  les  chansons.  Il  se  dit  au5si  dc9  Poésies 
mêmes. 

CYCLOIDE.  s.  f.  Terme  de  Géoméuie. 
I.ignr  courbe  que  décrit  un  point  de  la  circou- 
ference  d'un  cercle  qui  avance  en  roulant  sur 
un  plan.  La  Cycloide  a  de  très-belles  pio- 
priélés. 

CYG 

CYGNE,  s.  masc.  Gros  oiseau  .iquatique  de 
plumage  blanc,  et  qui  a  le  cou  fort  long.  /  lutne 
de  cygne.  Le  duve!  d'un  cygne.  Peau  de  cygne. 

On  dit  d'Un  liomme  qui  a  la  barbe  et  les 
elieveux  tout  blancs,  qu'il  est  blanc  comme  un 
cygne. 

On  appelle  fi-urcmenl,  C'ianl  du  Cyqne. 
Ia'  dernier  ouvrage  qu'un  grand  Poète,  qu'an 
lionurte  âjuacat  a  fait  peu  de  terni»  °vant  su 

40 


36a 


GYM 


On  donne  aux  grands  Poêles  le  nom  de 
Crjiic.  Ainsi  on  a  apprlé  Virgile  le  Cygne  Je 
Manloue,  et  Pindarc  Le  Cygne  T'  vh<nis. 

CvGSE,  (le)  est  aussi  Une  consiellatioa  de 
rijérciijilière  scplenlrional. 

C  YL 

CYLINDRR.  s.  m.  Corps  de  fi3>irc  lonsue  et 
rocde,  et  d'égale  gro*eur  pnrioui.CjlmWfe  de 
verre.  Cylindre  (te  marbre.  Miroir  en  cylindre. 
Cadran  sur  un  cylindre. 

Oa  donne  aussi  le  nom  de  Cylindre  à  un 
gros  rouieau  de  pirrre  o«  de  bois,  dont  on  se 
sert  pour  ecrasar  les  molles  d'une  terre  Ijbou- 
rée,  pour  r.plaiiir  les  allées  des  jardins,  ou  les 
aires  dcî  gnn;;es.  71  fnul  faire  passer  le  cylin- 
dre sur  as  allées. 

CrusDi'.E  ou  Uoin,EAt!.  s.  masc.  Kom  d'une 
classe  de  coquillages. 

Cn>I>DRIQUE.  ad),  des  2  genres.  Qui  a  la 
forniû  u'uc  cylindre.  Miroir  cyliniiriijne. 

CYM 

CYSI.^ISE.  s.  f.  Terme  d'jVrchitcrture.  La 
partie  qui  est  !i  l'exlrcmilé  de  la  coniiclie,  et 
qui  la  termine.  Celle  cjmr.isc  est  bop  petite. 
Crniaise  droite.  Cymaise  lenversée. 

CYMLULE.  s.  f.C'étoil  cliei  les  Aurions  un 
instrument  de  Mu.siqiie  fait  d'airain. 

Aujourd'hui  nous  appelons  Cymbales,  Deux 
plats  de  cuivre  que  l'on  fait  frapper  l'un  contre 
Vautre.  Jouer  des  cymbales. 

CYMIi.  s.  f.  VojeiCiME. 


GYS 

c  Y  N 

CYMQUE.  adj,  des  2  genres.  Épitlii^te  don- 
née à  une  .Secte  de  Pliilosoplies,  à  qui  on  re- 
proclîoit  d'fire  niordans  et  sans  pudeur, comme 
les  chiens.  Dtogcne  Pliilosophe  cyninue. 

(.YNiQUE,  signifie  aussi.  Impudent,  obscène. 
Discours  cynlfjuc.  Vers  cyniques. 

Il  est  aussi  substantif.  C^est  un  cynique. 

CYSISMI^  «.  mise.  Nom  de  la  doctrine  des 
Pliilosophes  cyniques.  Le  Cjnisme /il  (le  jrurids 
proqrès  dans  la  ijrèce.  C'est  aussi  Le  Cïra-.'tcre 
du  Cynique ,  l'impudence.  Le  Cynisme  de  sa 
conduite  es!  révoltant. 

CYNOGLOSSE.  Voye=  LAsoie-de-Ciiif.v. 

CYNOSIIRE.  s.  f.  Kom  d'une  constellation. 
On  l'appelle  encore  la  Pelite-Oursc. 

;  C  YP 

[        COTRES,  s.  m.  .Arbre  toujours  vert  qui  s'é- 
R've  droit  et  en  pointe.  Allée  de  cyprès.  Palis- 
sade de  cyprès.  Bols  de  cyprès.Pommc  de  cyprès. 
,        Les  Anciens  nielloient  des  branches  de  cy- 
!  près  sur   les  tombeaux;  et  de  li  vient  qu'en 
j  Poésie,  Cyprès  se  prend  quelquefois  pour  le 
I  symbole  de  la  mort.  Les  Irisles  cyprès.  Les  cy- 
près j'uiiéhrcs. 

CiTRlMC.  s.  f.  Xom  que  les  Poète»  donnent 
i  Vénus. 

GYS 

1 

1        CYSTHEPATIQUE.  adject.  des  2  genres. 

I  Terme  d'Anatomie,  qui  se  dit  Du  conduit  qui 


CZA 

porte  la  hi]p.  du  foie  dans  la  vésicule  du  ficL 
Condnit  cyslhépati(jue. 

CVS'J"I<^)UliS.  s,  f.  pliir.  pris  adji'clivcment. 
Terme  d'Anatomie.  C'est  le  iinm  cjucn  (ioiiue  à 
des  artères  qui  vicimcnt  de  Ihépuiique,  tl 
vont  à  la  vésicule  du  fiel. 

CY  T 

CYTISE,  s.  masc.  Arbrisseau  qui  porte  des 
fleurs  Icgumincnses.  On  le  cultive  dans  les  jar- 
dins, 'h  cause  de  la  beauté  et  de  la  durée  de  se» 
fleurs.  On  le  taille  en  boule,  ou  l'on  en  fait  de* 
palissades.   Les  Jardiniers  le  uoniincnt  Trijo' 

C  YZ 

CYZICiiNE.  s.  m.  Nom  qu'on  donnoil  rli» 
le.î  Grecs  h  une  grande  salle  exposée  au  î^ori 
C'eloit  à  peu  près  ce  qu'on  ap))eioit  Céna^U 
cliex  les  Latius. 

CZA 

CZAR.  s.  nL  Titre  qu'on  donne  au  So  ive- 
rain  de  Ruswe. 

CZARIENXE.  adj.  f.  Il  ne  se  dit  guère  qat 
dans  cette  phrase,  Sa  Majesté  Czartcnne. 

CZARINE.  subst.  fera.  Titre  qu  on  donne  «. 
réi>ouse  du  Souverain  de  Russie ,  ou  à  la  Pii<\- 
cesse  qui  en  est  Souveraine  de  son  chef. 

CZAROWITZ.  s.  m.  Fils  de  Czar. 


D 


DAG 

|j.  Lettre  consonne.  La  quatrième  lettre  de 
l'Alpliabet.  Il  est  substantif  masculin.  Voilà  un 
I)  mal  (orme. 

D,  .^  la  fin  d'un  mot,  devant  un  autre  mot 
qui  commence  jinr  une  voyelle,  se  prononce 
soavenl  comme  un  T.  C'est  un  grand  affron- 
kiir.  Un  grand  homme,  un  grand  tcuycr, 

D.A 

n.K,  Particule  qui  ne  se  met  jamais  quSprè» 
une  affirmative  ou  une  négative.  O'.il-da.  \ennî- 
ja.  Anciennomenl  il  s'écrivoit  Dea.  Il  eôt  du 
•tfle  familier. 

D  A  B 

D'ABORD,  adv.  Voyez  Aoono. 

DAG 

D.\GTYLE.  s.  m.  On  appelle  ainsi .  en  par- 
lant de  la  Poésie  Grecque  ou  Latine,  un  pied 
.le  vers  qui  est  de  trois  syllabes,  dont  la  prc- 
tn'iire  esi  lon3uc ,  et  les  doux  atilres  îont 
hrhyn. 


DAG 

D  AD 

D.VD.'l.  s.  ni.  Terme  dont  se  servent  les  en- 
fans  et  ceuï  qui  leur  parlent ,  et  qui  signifie  un 
cheval.  Ln  petit  dada.  Aller  à  dada. 

DAD.AIS.  s.  m.  On  appelle  ainsi  On  niais, 
nn  nigaud,  un  homme  décontenancé.  C'est 
un  f'ii.iais .  un  grand  dadais.  îi  cat  du  style  fa- 
milier. 

DAG 

DA(;L'1;.  5.  f.  Espèce  de  poignard.  Donrer 
des  coups  de  dag'te. 

On  dit  proverbialement  et  figurémcnt  d'ITn 
homme  qui  a  l'esprit  grossier,  et  qui  veut  faire 
lerm,qu'//  est  fin  comme  une  dague  de  plomb. 

DACiUER.  V.  a.  Frappir  de  coups  de  dagne. 
Jl  le  ft  daguer  dans  son  Ut.  11  est  vieux. 

DAGCEn  ,  en  Fauronnerie,  signifie.  Voler  de 
toute  sa  force;  et  en  Vénerie,  L  action  du  cerf 
qui  s'accouple  avec  la  biche. 

Daoié,  ée.  parlicipe. 

DAGUKS.  s.  f.  pliu-.  Premier  bois  du  cerf, 
QVÙ  ae  vient  qu'il  )t:  «econdc  .innée. 


DAI 

D.iGLLT.  s.  m.  Jeune  cerf  qui  est  i  sa  pri- 
mière  tète. 

DAI 

DAIGNER.  T.  n.  Avoir  pour  agrcabie,  s'a- 
baisser jusqu'.'i  vouloir  bien.  Il  est  toujours  suivi 
d'un  infinitif.  Il  demande  quo  vous  dcignie-. 
l'écouler.  Il  n'a  pas  daigné  lui  faire  réponse. 

DAIIM.  s.  m.  Espèce  de  bêle  fauve  d'une 
grandeur  moyenne  entre  le  cerf  et  le  chevreuil. 
i''ite  comme  un  daim.  Des  gants  de  daim,  lid 
daims  ont  leur  bois  plat. 

D.AINE.  s.  f.  Femclbdudaim.  LfsCliasstun 
prononcent  Dine, 

DAIS.  s.  m.  Espi'ce  de  [wéle  £iit  en  fornio 
de  ciel  de  lit, avec  un  dossier  pendant,  que  I  o» 
tiriid  dans  l'apparlenKiit  des  Princes ,  des  Duci , 
des  Ambassadeur»,  clc.  Avoir  U  dais,  lendre 
Hti  dais. 

On  appelle  aussi  Dais,  Le  poélc  qu'on  leM 
aux  Églises  sur  le  grand  .Vulel. 

On  appelle  aussi  Dais,  Certain  (loéle  sou- 
tenu do  deux  ou  de  quatre  petites  colonnes, 
sou»  lequel  on  porte  le  Saint  Sacrement ,  »«r- 


J)AM 

Miit  d.nos  les  Processions,  et  que  l'on  pi. sente 
aux  Kois  i  leur  entrée  solennelle  dans  Us  \  ilies 
Les  FclifK'in'i  portoient  le  dais. 

On  ;ipiJern'  liant  dais,  le  Uni  élevé  sur  le- 
quel le  Kni  ou  la  Reine  se  nieltent  dans  lis  ce- 
K.-nioni.>  publiques,  soit  qu'il  y  ail  un  dais 
J*>su»,  soit  qu'il  n'y  en  ait  point 

D  A  L 

DALER.  Vojcs  Taler. 

DALLE,  silhst.  f.  Tablellc  de  picne  dure, 
Couvrir  une  terrasse  de  dtiilcs. 

Dalle  dr  poiwon.  Voyez  Darse. 

DALMATlQUi".  s.  f.  Espèce  de  tunique. 
1.9  vêtement  que  portent  les  Diacres  et  les  ^"ous- 
Diacres  par-dessus  l'aub*:^  quind  ils  servent  le 
Prfiiru  à  la  Messe.  Le  Diacre  et  le  Sous-Diacre 
revêtus  de  leurs  dalmati(ju£s.  Les  Rois  de 
France^  à  la  cérémonie  de  leur  Sao-e*  sont 
tevctus  d'une  dalmtittfjue  sous  leur  manteau 
loy  ni. 

DALOT.  s.  ai.  Cnnal  pour  faire  écouler  les 
*aux  d'un  navire. 

DAM 

DAM.  s.  m. (On  prononce  Dan.)  Dommage. 
Il  n'est  f;ucre  d'usage  qu'en  ces  façons  de  parler 
idvcibiales  :  À  ion  dam.  A  votre  dam.  À  leur 
Àem. 

V.n  parlant  De  la  peine  des  damm^,  en  tant 
qu'ils  sont  prives  de  la  vi:;ioa  béaliGque,  oc 
ioppelle  I^a  peine  du  dam,  par  oppositioD  à 
X^  pen:e  du  sens. 

DAMAS,  s.  m.  ((;n  ne  pronoDCC  point  VS.] 
ÉCoSè  de  «oie  h  (leurs,  ainsi  noinnie'e,  parct 
que  la  manufacture  en  est  venue  de  Damas, 
Ville  de  Syrie.  Damas  de  Gènes,  de  Veiisc, 
de  Lutines.  Gros  damas.  Damas  cramoisi^ 
jannCy  vert.  Diimas  cramoisi  et  blanc.  Damai 
de  deux  couleurs.  .1/euMe  de  dama.-.  Lit  dt 
damas. 

Damas,  se  dit  aussi  d'Une  espèce  de  prunci 
Jont  le  plunt  est  venu  de  la  Ville  de  Damas. 
Prune  de  Damas.  Damas  musqué.  Damas  rouge 
Ifamas  blanc.  Damas  noir.  Damas  oris.  Danitit 
violet. 

On  appelle  /icier  de  Damas^  Un  acier  d'une 
trempe  excellente,  «idont  il  se  fait  un  grand 
débit  à  Damas,  in  sabre  d'acier  de  Dat»t's 
Un  dit  en  ce  sens,  Mon  sabre  est  un  vrai 
Damas. 

DAMASUMUM.s.m.ouFiÛTE  de  Behckh 
Plante  qui  rroîi  dans  les  lit  ux  aq.ialiqucs.  (/esl 
une  eijwcc  dr  Renoncule.  On  ne  l'emploie  qu'.' 
Icxlriicur,  comme  presque  toutes  les  plinlcs 
de  ce  f-enre. 

DAMASgUINER.  v.  a.  Inrru.K-rd.'  l'or  oi 
de  I  or*' nt  dans  du  fer  ou  de  l'acier  prep.rr 
pour  le  rca-Toir.  Damu.ujuiner  une  éfée.  un. 
tfitrde  d'ffêe.  Damai(^uiuer  d'or.  Damasquine 
d'uigeut. 

Damahqi  iNE,  £t.  paniciix-.  Couteau  damas- 
quitté.  Garde  damasquinée.  Cuiiuxc  damas- 
quinée. Pistolets  danwsquinés. 

DAMASgUUNERIE.  é,  f.  L'art  de  dama»- 
quiner. 


DAM 

D.A^LASQUI>'EUR.  s.  m.  Celui  qui  damas- 
quine. 

DAMASQUINTJRE.  s.  f.  Le  travail  de  ce 
qui  est  damasquiné.  La  damasquinure  de  cette 
êpée  €At  jvrt  i'clle. 

DAM.ASSER.  V.  a.  Fabriquer  une  étofle  ou 
du  linj;e  en  façon  de  damas. 

Damassk,  èe.  partit  ipe.  Il  se  dit  principa- 
.cinent  Du  linge  de  table,  qui  est  ou  h  O'-'ui^ 
ou  à  personnages.  Linge  damassé.  Serviette 
damas.^éc. 

Damassé  ^  se  dit  aussi  substantivement , 
pour  dire,  Du  linge  damasse.  Un  savtce  de 
damassé. 

DAMASSURE.  subst.  f.  L'ouvmgc  du  linge 
damasbe. 

DAMI^.  s.  f.  Celle  qui  possède  une  Seigneu- 
rie, qui  a  droit,  autorité  et  eonimandenientsnr 
des  vassaux.  Elle  est  Dame  d'un  tel  heu.  Elle 
en  est  Dame  et  Maîtresse.  C'est  la  Dame  du 
Village.  C'est  la  Dame  dit  Château.  Ces  Reli- 
gieuses sont  Dames  de  la  Paroisse. 

DAMEf  est  aussi  un  .simple  titre  que  l'on 
donne  par  honneur  aux  femmes  de  qualité. 
Haute  et  puissante  Dame.  C'est  une  grande 
Danii.  Elle  fiit  la  Dame,  elle  fait  la  grande 
Dame.  Les  Dames  de  la  Cour, 

On  appelle  Dame  d'/ionne«r,  Damed'atour, 
Dame  du  lit.  Dame  tUi  Palais,  Oes  Dames  qui 
sont  revêtue*  de  certaines  charges  qui  leur 
douncnt  ces  sortes  de  titres. 

Dake,  est  aussi  un  titre  qui  se  donne  aux 
Religieuses  des  Abbaves.  el  de  c^-rtnines  anircv 
communautés,  et  aux  Chanoinesses.  LesDames 
de  FontevraulL  Les  Dames  de  Chelles.  Ler 
Dames  de  Poissi.  Les  Dames  de  Remiremont. 

On  appelle  parmi, les  ntênics  Religieuses, 
Dames  du  C/io?»r,  Celles  qui  ont  séance  dans 
les  slalles  haines  du  chœur,  à  la  distinction  des 
Novices  qui  sont  dufts  les  basses,  et  des  ^''ceurs 
converses  qui  n'out  clé  reçues  que  pour  le  scr- 
ricc  de  la  Maison. 

Dame,  se  prend  aussi  dans  un  sCns  plus  gé- 
néral ,  et  s'étend  à  toutes  les  femmes  et  à  toutes 
fcs  filles  d'une  condition  un  peu  honnête.  Etre 
••IV  l  avisc  les  Dantes.  Aimer  les  Dume».  Etre 
aimé  des  Dames,  Plaire  aux  Dames.  LesDama, 
de  la  i^illc.  Les  Dames  de  la  Province,  Les 
'  Uinies  de  l:i  halle. 

Aux  courses  de  bague,  la  première  course 
■;t  appelée  La  course  pour  la  Dames,  et  n'est 
p.jinl  comprise  dans  le  nombre  de  relies  qu'on 
Initcnutir  pour  le  prix.  C'e<t  pour  les  Dames, 
i'^oilà  pour  les  Dames.  La  même  chose  se  pra- 
ti  jue  1  la  paume;  et  Ton  appelle  i  es  Dames, 
le  premier  roup  qui  se  sert  sur  le  toit ,  et  qui 
n'est  compté  pour  rien.  VoUi  pour  les  Dames, 
i^oilà  l'cs  Dûmes.  Je  n'ai  pas  en  mes  Dnmes. 

Dame,  se  dit  aussi  Des  femmes  de  la  plas 
liii&se  condition  ;  et  alors  c'est  comme  une  es- 
l)t-ce  de  litre  qu  ou  leur  donne,  et  qu'on  joint 
oujoun  .1  leur  nom,  soit  cm  parlant  d'elles, 
»oil  eu  poHaul  h  elles.  Dante  Françoise.  Dame 
.\icole. 

A  parler  ex.ncicmcnl.  le  nom  <!c  Dame  ne  se 
donne  aux  fdlcs  quVn  pimant  Des  filles  du  Roi 


D  A  M  363 

{voyez  Madame),  et  des  Demoiselles  à  <;ui  le 
Roi  en  a  duinié  le  lïrevet.  Brevet  de  Dame. 

En  style  de  Chevalerie,  on  appelle  Damt, 
Celle  h  qui  un  Clievalier  a  consacré  ses  soins  et 
SCS  exploits.  Il  a  rompu  des  lances  pour  su 
Darne.  La  Datne  de  ^es  pensées. 

Da.me,  est  encore  Lue  espèce  d'adverbe  qui 
^ert  à  aSirmer  ou  à  marquer  de  la  surprise. 
Dame,  si  vous  ne  vous  arrêtez.  Dame,  vous 
m'en  direz  tantj  que  je  ne  saurai  plus  que  ré- 
pondre. Il  ist  populaire. 

Dame,  est  aussi  im  mot  dont  on  se  scit  vu 
divers  jeux.  .Ainsi  on  appelle  Drtmcs,  Certaine*, 
petites  pièces  pintes  et  rondes,  les  unes  blan- 
ches, 1er  autres  noires,  et  avec  lesqucllc»- on 
joue  sur  un  écliiquier.  Jouer  aux  dames. 

Aller  à  <^jfï(e,  C'est  |x>usscr  une  pièce  jus- 
qu'aux dernières  cases  du  côlé  de  celui  contre 
!jui  on  joue,  -e  suis  à  diimc. 

Ou  appelle  Dti»ic  duniée,  Une  pièce  qu'on 
fait  aller  à  dame,  et  sur  laquelle  on  en  mer 
une  autre. 

On  appelle  aussi  Dame,  Chacune  des  pièces 
avec  lesquelles  on  joue  au  trictr;ic;  et  elles  sont 
.le  même  fîmicc  que  les  précédente'!. 

D.^MF-S  nAiîATTLts.  Sorte  de  jeu  qu'on  joue 
ïur  le  Iriclrac  avec  les  raèines  pièces.  Jouci'ûux 
■James  rabattues. 

Dame,  au  jeu  des  P-chccs,  est  la  seconde 
pièce  du  jeu.  Dame  blancfie.  Dame  noire.  La 
dame  est  la  meilleure  pièce  des  échecs.  Donner 
tchcc  au  Roi  et  à  la  dame.  Donner  la  daine. 

On  Hit  aux  )  rhers  .  /illcr  d  dame,  pouc 
dire,  Pousser  im  pîon  jusqu'aux  dernièros 
rases  du  côté  conti-aire  ;  et  alors  le  pion  de- 
vient dame. 

Dame,  se  dit  auisi  au  jeu  des  Cartes,  en 
parlant  Des  quatre  cartt.'S  sur  lesquelles  est 
peinte  la  figure  d'une  dame;  et  on  donne  U  ces 
fig'ircs  le  nom  de  Dame  de  caur ^  Dame  de  pi- 
que. Dame  de  trèfle,  et  Dame  de  carr<^an.  Avoir 
une  ti'er'ce,  une  quatrième,  une  quinte  de 
Dame.  Jvoir  un  quatorze  de  Dames.  Ecarta' 
une  Dame.  Jouer  une  Dame.  Il  a  les  quaUe 
Dames. 

DAME-JEA.\NE.  s.  fém.  Espèce  de  grcs  e 
bouteille  ,  qui  sert  à  garJer  cl  à  transporlor  du 
vin  et  autres  liqueurs. 

DAMER.  V.  acl.  Il  se  dit  en  parlnnt  Du  jeu 
de  Damts,  lorsqu'un*^  pièce  ayant  clé  poussa 
jusrpi'anx  dern  ères  cases  du  côté  contraire,  on 
met  pour  marque  de  cela  une  aulrc  dame  par- 
dessus. Me  voilà  M  damfy  diinies-itioi.  Ma  pièce 
est  à  dame,  damez-la.  Une  dame  damée  peut 
aller  en  tout  sens. 

Ou  dit  figurcmeut  cl  proverbialement  ,  Da- 
mer le  pion  ci  quclqu\tn,  pour  dire,  Rempor- 
ter un  avantage  sur  quelqu'un,  en  coiiCum'Dce 
avec  lai.  //  préicndoit  e-rceller  en  re!a,  mais  il 
a  trouve  un  honi'itc  qui  lui  a  damé  le  pion. 

Da^:É,  fe.  partieip  . 

DAMEKEf.  s.  m.  Onap|>ellc  ainsi  Un  jeune 
homnti-  qui  lait  le  Iw.m  ,  ci  qui  alTL-elede  satîi- 
cLer  à  plaire  aux  Dames.  Ces!  un  damerct.  Un 
vieu.x  damerct. 

DAMIER,  s.  m.  licbiquier,tAbtier distingue 

4G- 


%\ 


BAN 


par  un  certain  iioniltre  <ie  cutl's  Manc!»  *  I  noh":^, 
(jue  l'on  apprllc  Cases.  Le  damur  ordinaire  est 
cnmi!Osé  de  soivinite-ijuatre  carrés,  jiu  jeu  dc' 
nittues  Polonaises  il  est  de  cent. 

OAiiiiEn.  Coqujil.ige  marqueté  de  cirrcs  de 
diverses  couleurs,  comme  uu  jeu  de  daiiies. 

DAMNABLE.  ndj.  des  2  «genres.  (On  n'v 
prononce  poiiït  l'M,  non  pins  (|ue  dnns  ton 
les  dérivôs  du  vcrlie  i  amncr:  mais  il  alion^ir 
la  première  syllîil)o.)  Qui  peut  attirer  la  dam- 
nation et  cruelle,  qui  peut  faire  mt-rÎKr  les  peine? 
de  l'Entfr.  Une  opinion  damnahîe.  Vue  uciion 
damuiûde. 

Damnable,  dans  un  sens  pins  étendu,  signi- 
fie, r<'!nicien\,  ilctestable,  uboniinaï)lc.  Avan- 
cer dea  nin-ri'ues  damnables ,  des  proyo-^itions 
dam:>ahles.  Dessein  damtudde.  Une  entreprise 
daninaJde. 

nAlMNAItl.ICMKNT.  adv.  D'une  manièiï 
dflnniablc.  Il  a  tdnisé  damnablcment  de  lu  con- 
fiance qu'on  avvil  en  lui. 

DAMjNATION.  s.  f.  La  punition  des  dam- 
nés. La  damnation  éternelle,  Sw  peine  di 
damnation. 

DAISEVER.  V.  a.  Punir  des  peines  de  l'Enfer 
Die»  damnera  les  médians.  Kn  parlant  d'Uni 
cliosc  qui  ptîut  cire  cause  qu'un  iionimc  soil 
damne,  ou  dit  (^l'Elle  le  dainuera. 

Lorsque  Dantuer  est  (inployé  avec  le  prn- 
noni  personnel,  îl  signifie.  S'exposer  à  rtre 
dnniné,  a  méritor  les  peines  de  l'Enfer,  i'ouj 
Tons  datTiuez.  Il  se  damne. 

En  parUnl  d't'ne  cliosc  dont  nn  est  t%t!  *•- 
uirment  tourmenlé,  on  dit  p:ir  cx-if^rration  ,  H 
•  lans  le  style  familier.  Cela  nn-  [croit  damner 
Il  a  une  femme  (jui  le  fc.it  damner. 

Damné,  Éc.  participe.  i>oufj'iir  ronnnc  ujn 
âme  damnée. 

On  dit  lîj^nrcment  et  faniilièrenieut ,  dX't 
lionime  entièrement  dt^voud  à  toutes  les  volon- 
tés d'une  personne  puissante,  que  C'est  son 
ûiue  damnée.  C'est  Vame  damnée  d''un  tel. 

DamnÊ,  est  aussi  substantif.  Sotàfji  ir  comm( 
un  damné.  Les  damnés. 

DAMOISEAU,  DjVMOïSEU  s.  m.  Titro 
qu'on  donnoit  autrefois  à  de  jeunes  Princes.  îi 
de  jeunes  Gentilsliommcs.  En  ce  sens  il  est 
vieux,  cî  îl  ne  5*c<»t  conservé  qu'en  quelques 
tSi;igneuries ,  comme  en  celle  de  Comniercy, 
dont  le  Seij^ntur  prend  le  litre  de  Damoiseau 
de  Commercy. 

Uamoi>i:au,  ne  s?  dit  plui*  que  pnr  ironie, 
en  pailant  d'Un  liomm;'  qui  fait  le  beau,  le 
(•alanl  anpr.:s  des  femmes,  cl  su  donne  pour 
boinnie  à  bonnis  fortunes. 

DAMOISEELE.  s.  f.  'litic  qu'on  donne  am 
filles  Nobles  dans  les  Acfes  publics.  DamoiselU 
telle ^  jillc  mineure.  Ladite  Damoiselle. 

llois  de  (Ci  usage,  on  drl  toujours /)c;iioi- 
selle.  Voy.  Demoiselle. 

DAN 

DANCHlt:,  EK.  adj.  Terme  de  Hlason.  Il  se 
»Hl  Des  pièces,  telles  que  le  pal,  le  cIh  f ,  la 
fa-ec,  lor.s^|u'eUes^0ilt  tenniuces  ;<;ar  dcs  pointes 
ca  furmc  dt  dents. 


DAN 

DANDIN.  s.  m.  Niais  et  sans-  rnnten«iice. 
1  Un  qrand  dandin.  Un  vrai  dandin.  Il  est  du 
style  familier. 

DANDINEMENT,  fiubst.  masr.  l/action  de 
dandiner. 

D.^NDiNER.  V.  n.  Balancer  son  corps  faute 
de  contenance.  H  ne  fait  (jue  dandiner.  Il  s'en 
va  dandinant.  Il  est  du  style  familier. 

On  le  dit  avec  le  pronom  personnel.  Il  nû 
fait  que  se  dandiner. 

OANCiEIÏ.  s.  m.  iV-ril  ,  risque,  ce -qui  est 
ordinairement  suivi  d'un  inaUieur,  ou  qui  ex- 
posa à  une  perte,  h  un  dommnf'e.  Grand  dan- 
tjf.r.  Panqer  c\'ident.  Danijer  imminent.  iS'ex- 
poser  au  dantjcr.  Se  mettre  en  danqzr.  Etre  en 
ïanqer  de  mort  on  de  mourir.  Courre,  courir, 
un  (jrand  danqcr.  Hors  de  danqer.  Bravei'  lei 
daucjers.  Affionter  les  dutiqers.  Se  sauver  du 
danqer.  Tomber  dans  le  danqer.  A'e  pas&ei 
pu5  là  ,  il  y  a  du  danqer.  Il  y  a  du  danqer 
\t  passer  par  la  forêt,  elle  est  pleine  de  l'O- 
\c>trs.  Il  n'y  a  point  de  danqer  à  passer  la 
nVièrc  ,  elle  est  calme.  Cela  est  sans  damjer. 
Il  est  fiors  de.  danqer. 

Il  sif;ni6e  quelquefois  Inconvénient.  Il  n'y 
a  point  de  dnnqer  d'entrer,  vous  ne  dérangerez 
l'crsonue.  Qmd  danqcr  y  a-t-il  de  lui  parler? 

DANGEREUSiAlENT.  adv.  Avec  danger. 
\tnqcicuscment  blessé.  Danqereusement  ma- 
lade. 

DANGEREUX,  EUSK.  adj.  IVrilleux.  qui 
met  en  danger,  qui  expoïc  au  danj^er.  Un  mal 
lanqeretir  Mahidie  ditnqetv.use.  nie^-iuie  dait- 
certuse.  Cela  est  rf'iine  dangereuse  conséquence. 
Il  est  daiiqereux  de  s'enarer  la  nuit  dans  le; 
lorcts. 

<)ndilqu'(/n  homme  e<t  d:uîgereux,  pour 
liire,  qu'il  y  a  du  dniv^er  d«  se  fier  à  hii.  d  a- 
voir  comnn  ree  avec  lui.  //  e-<t  di}iiqcreux  de  K 
lier  avec  cet  hommc-lù. 

On  appelle  aussi  Un  Lomme  dangcrcujc,Vi 
homme  que  l'on  croit  propre  à  plaii-e  «ux  Da- 
mes, et  à  ^'eo  faire  aimer. 

DANS.  Prt'position  de  Hcu>  En.  Êfre  danj 
la  chambre^  Entrer  dans  la  chambre.  Mettre 
quelque  chose  dans  une  ras^etit,  etc.  Un  coup 
d  e^)ée  dans  la  cuissg.  Uéyée  hi't  est  entrée  bien 
avant  dans  le  corps.  Ce  pasfaqe  est  dans  un  tel 
Auteur.  Vo^ez  En. 

On  s'en  sert  aussi  pour  m.irijuer  j£  temps. 
f)ans  la  même  année.  Dans  trois  jours  d  ici. 
Dans  quel  temps. Dans  ixtuibien  detemps.Dant 
peu. 

On  s'en  sert  pareillemonî  pour  ninrquer  L'é- 
tat,  la  disposition  du  corps,  de  l'esprit,  des 
mœurs,  de  la  foriune.  Il  étoit  dans  Vaccès  de 
sa  ficvrfi.  Etre  dans  une  posture  contrainte. 
Etre  dans  un  grand  embarras.  Dans  la  colère 
où  il  est.  Il  est  dans  Vattcnte^daus  V espérance, 
il  est  dans  une  extrême  dotilew.  Il  est  dans 
cette  croyance.  Il  vil  dans  l'oisiveté.  Il  est  dans 
ie  Ministère,  dans  la  Bobc,dansl'2!lpéc.  Il  est 
dans  la  disgrâce,  dans  Us  larmes,  dans  la 
joie,  dans  le  dou/c,  dans  le  dessein^  etc. 

Il  se  prend  <juel  jucfois  pour  Avec.  /'  «  fait 
'  cela   dans  la  pensée   d'en  tira'  de   /'uti/;k-.    Il 


DAN 

faxsoii  cela  dans  le  dessein,  dans  la  vue  de  $'è. 
tahlir. 

Il  se  prend  aussi  pour  Selon,  il  entend  cela 
dans  le  sens  de  Saint  Augustin.  Cela  est  vrai 
dans  les  principes  d'Aristote.  Il  prend  ce  pas- 
sage dans  le  droit  sens,  dans  le  sens  moral, 
dans  la  pensée  de  V.iuteur. 

DANSE,  s.  f.  Mouvement  du  corps  qui  se 
faiten  cadence, îi pas  niesures,ctordinairemerX 
au  son  des  instrumens  ou  de  la  voix.  Danse 
haute.  Danse  figurée.  Danse  noble.  Aimer  la 
diinsc.  Entrer  en  danse.  Commencer  la  danse. 
Mener  la  danse. 

On  dit,  Avoir  l'air  à  la  danse,  pour  dire. 
Avoir  beaucoup  de  disposition  ii  Lien  danser  j 
tt  fi;urcn;«nt  el  familièrement  on  dit.  Avoir 
Vair  à  la  danse,  pour  dire,  Avoir  une  {grande 
disposition  à  ia  chose  dont  on  parle.  Ainsi  en 
parlant  d'Un  jeune  homme  qui  a  une  grande 
disposition  à  la  guerre,  on  dit.  qu'//"a  extrê- 
mement Vaij'  à  la  danse.  Ce  jeune  homme  n'a 
pas  l'air  à  la  danse.  U  est  beaucoup  pbis  usité 
uu  ll^uré  qu'au  propre. 

Dawse,  se  dit  aussi  d'Un  air  à  danser.  DrtM- 
ser  toute  sorte  de  danses.  La  courante  est  une 
danse  qrave  et  majestueuse. 

Commencer  la  danse,  mener  la  ddn.'^e.sedîc 
proverbialement  et  figurémcntDc  celui  qui  est 
le  premier  i  faire  ou  à  souflnr  quelque  chose, 
en  quoi  il  est  suivi  par  les  autres.  iSous  nout 
battrons  l'un  après  Vautre,  et  «'est  vous  (^ui 
commencerez  la  danse. 

Entrer  en  dunse.  signine ,  Se  me'Tr  du 
nombre  de  ceux  qui  dansent,  ou  en  rond,  o« 
lies  danses  tigurL-es.i/t-nfjcfe  deruiereu  dante. 

Entrer  en  danse,  se  dit  proverbialerai-nt  ei 
H^urémrnt.  pour  dire,  S'engaf^er  dans  une  af- 
faire, dans  une  iutrif^ue,  d;rns  une  gueire  û  la- 
quelle on  n'avoit  pris  d'abord  aucune  pari , 
dont  on  n'avoit  été  que  spectateur'.  Ce  Vrluoe 
a  évité  tant  qu'il  a  pu  de  se  mêler  dawi  cette 
guerre;  mais  enfn  il  est  entré  en  danse. 

On  dit  proverbialement,  Après  la  panse 
vient  la  danse,  pour  dire,  qu'Après  avoir  fait 
bonne  chère,  on  songe  i  d'autres  plaisirs. 

Danse,  signifie  ausr.i  La  manière  de  danser. 
71  a  une  danse  contrainte.  Il  a  une  dame  no- 
ble, libre.,  aisée, 

DANSER,  v.  n.  Mouvoirlecorpsen  cadencr. 
à  pas  mesures,  et  au  swide  la  voix  ou  des  ins- 
tninien.s.  Damer  avec  grdce.  J'ai  beaucoup 
dansé  au  dernier  bal.  Danser  en  cadence^  hors 
de  cadence. 

Il  ejt  aussi  actif.  Danser  une  courante,  une 
sarabande.  Danser  un  branle.  Danser  une  bour- 
rée. Danser  toute  sorte  de  danses.  Danser  wi 
ballet. 

On  dit  proverbialement  et  figurcment ,  Faire 
danser  quelqn^un,  pour  dire,  Donner  bien  de 
l'exercice  ,  bien  de  l'embarras  h  quelqu'tîn  , 
pour  le  rcthiire  A  ce  qu'on  veut.  Il  croit  m'é- 
chappa-, mais  je  le  ferai  danser,  je  le  ferai 
danser  sans-  vioîon.  Et  dans  le  même  sen»  on 
dit  :  //  la  dan.^cra,  il  la  dansera  tout  le  pre- 
,  mier.  Je  la  lui  ferai  danser  tout  du  long.  S'il 
c  fait  danssr,  il  paiera  les  violons. 


DAR 

On  dit  fisiirément  cl  proverbialement, 'jiiT'n 
konime  dausf  sur  U  cordcj  pour  dire  qii  Ilisl 
dans  n:ic  silu.itîon  délicate  et  pt-nlle-s.-. 

Onilit  rmin'mcnl  et proverl)i;iI»infni,qtrrM 
komme  ne  ^ml  sur  (^uel  picA  (/iHi.ïer,pciur  diiv, 
qu'il  est  dans  un  état  où  il  ne  sait  plus  que 
faire,  qu'il  ue  sait  plus  que  devenir. 

On  dit  provcrbialenieut ,  Toujours  va  tjui 
Aanse,  pour  dire,  qu'il  n'inq)orle  pas  de  bien 
danser,  pourvu  qu'on  danse;  ei  (igurcnienl  on 
dit,  Toujours  va  t^ut  tîtm.^e^en  parlant  d'Un 
lionime  qui  ù\t  le  mieux  qu'il  peut  ce  qu'il  a  à 
faire,  mais  tant  bien  que  mal. 

On  dit  provcrbialcnicut  d'Un  vin  très- vert, 
C'est  du  vin  à  faire  danser  les  chè\'res. 

IlANsÉ,  il:,  participe.  Un  hallct  bien  dansé. 

UANSKUR,  KUSK.  subst.  Celui,  celle  qui 
danse.  Il  n'yai'oit  (ju'wn  danseur  à  la  prcmiète 
tntrée.  ]l  y  avoit  quatre  danseurs  et  quatre 
danseuses  à  la  seconde. 

Il  se  prend  plus  ordinaiiemcnt  pour  Celui 
qui  a  accoutumé  de  danser,  ou  qui  fait  profes- 
sion de  danser.  C'est  un  Ion  danseur,  un  qriind 
danseur.  Les  danseurs  doivent  avoir  l  oreille 
bonn^.  //  a  avpris  du  meilleur  danseur  de 
France. 

DA!i«iEun  DE  conDK,  Kst  un  liommc  dont  In 
liTofcâsion  est  de  dauser  sur  la  corde. 

DAR 

DARD,  suhst.  masc.  Sorte  d'arme  qui  se 
tancT  avec  la  maîn.  Jeter  un  dard.  Lancer  un 
dard. 

Haud.  en  termes  de  Jardinage.  V.  Pistil. 

nAr»DA>'AIKE.  s.  m.  Nom  qu'on  donnoit 
aociennement  h  un  monopoleur. 

DAIïUIïiR.  T.  a.  Tancer  nue  arme,  on  quel- 
que autre  chose  ,  comme  ou  lanceroit  nn  dard. 
Darda'  un  javelot.  Darder  wi  potqnard. 

Quelquefois  il  se  prend  fignrément.  Le  acleii 
dardoit  ses  rayons.  D^irder  un  renard. 

UAnoEn,  si^niHe  aussi,  Fi-npper,  blrsseï 
oroc  un  d^rd.  Darder  une  haleine,  etc. 

Darof:,  ée.  participe. 

DABIOLE.  s.  f.  Pelile  pièce  de  pâtisserie. 
tlniiqer  de*  darioles. 

DARIOIXITK.  9.  f.  Terme  d^int  on  se  ser- 
vnit  auuefois  pour  sigoiner  la  conûdvntc  d'une 
héroïne  de  roman. 

DARIOUK.  s.  fém.  -Ancienne  monnoie  des 
rers**s  en  or  et  en  argent,  frappée  sons  l'un  des 
Darius.  Ijc  nom  de  Darique  s'est  donne  depuis 
p4r  extension  ^  l'or  qui  s'est  trouve  au  litre  de 
ci%  nmiinoies. 

DARNE,  s.  fcm.  Tranclu*  d'un  poisson,  tel 
qu'*  le  saumon  ou  l'alose.  Une  darne  de  sau- 
mon ^  une  darne  d\ilose. 

D.VRSIC.  stiLit.  f.  La  partie  intcrioure  d'un 
Port ,  laquelle  te  ferme  avec  une  rhaino ,  et  ou 
l'on  a  accoutumé  de  n-iirer  les  (Jal.res.  ri  d'nu 
irc»  petits  It.Uiiiien».  La  darse  de  Marsetlle.  Lu 
darse  de  Harcelone.  La  darse  de  Gènes.  Lu 
darse  de  Livoume.  La  tjrande  darse  de  Toulon. 
Lm  peUte  darse  de  Toulon. 

DARTRK.  ».  fém.  Maladie  de  peou.  Dartre 
i*nl;éc.  Dartre  farineuse.  Dartre  uù-c.  h'aiie 


DAT 

sécher  une  Warlre.  Emyêchei'  qu'une  dartie  ne 
■'étende.  Faire  rentrer  une^lartrc. 

DARTRF.UX,  la'SK.  adiect.  Qui  est  de  la 
nature  des  dartres.  Humeur  dartreuse. 

DAT 

DATAIRK.  s.  masc.  Officier  de  la  Cour  de 
Home,  qui  préside  i  la  Dattrie. 

DATE.  s.  f.  Ce  qui  marque  le  temps  et  le 
liju  ou  une  lettre  a  clé  écrite,  où  un  acte  a  été 
passe,  etc.  La  date  dUtne  lettre ^  d'un  contrat, 
d'un  arrct ,  etc.  ]\Iettre  la  date.  De  fraîcf  e 
date.  De  nouvelle  date.  De  vieille  date.  Il  pro- 
duit une  lettre  en  date  d'un  tel  jour.  Fausst 
date.  Leltie  sans  dote.  La  date  est  de  Londres^ 
et  du  cinq  Juin. 

On  dit  d'Une  amitié  contractée  de  longue 
mûin,  qu'/llle  c.^t  d'ancienne  date;  et  on  dît 
aussi ,  qu't/n  évé«i;meri!  est  d'ancienne  date  , 
rjuand  il  y  a  lonj^-tenips  qu'il  est  arrivé. 

DATE,enmaiii;rc  bénéliciaie.  se  dit  Du  jour 
de  rcnregislrenicnt  d'une  supplique,  poiir  ob- 
tenir un  Béfléilce  en  Cour  de  Rome.  Ainsi, 
Prendre  dnte,  prendre  une  date  d  un  tel  jour, 
signifie,  Faire  enregistrer  ce  jour-là  une  sup- 
plique :  on  dit  d^ms  le  même  sens.  Retenir  uns 
datCf  retenir  plusieurs  dates. 

Date,  se  dit  aussi  en  matière  civiJe.  Rete 
niV  une  date  chez  nn  iVoInire,  c'est-ù-dire, 
Retenir  le  joui-  auquel  on  veut  qu'un  contrai 
loil  passé. 

On  dit  aussi  fî-^urément,  Prendre  dote,  re- 
'<nir  (/i;f(î.  pour  (lire.  Prendre  un  rcrtaîn  temps 
pour  faire  ou  pour  exiger  quelque  chose.  Je  ne 
puis  aller  dincr  aujourd'hui  chez  vous^  mui's  u 
fetiens  date  pour  la  semaine  prochaine. 

,On  dit  aussi,  Prendre  date ^  pour  dire. 
Constater  l'époque  on  l'on  a  fait  quelque 
cliosc,  ou  l'on  a  annoncé  son  droit,  ou  l'on 
se  propose  de  fiire  tjuelque  chose,  -''ai  pru 
date  avant  vous^  je  dois  vous  être  prêpré. 

D.4rER.  T.  a.  Mettre  la  date.  Doter  nnt 
lettre^  un  arrêt,  un  contrat ,  une  expédition . 

On  dit  figurémcnt.  Dater  de^  pour  dire, 
Commencer  à  compter  sur  une  rliose.  Datons 
du  ptenuer  de  ce  mois  pour  mci  appointemens 

0:i  di:  aujsi  figuréifler/t  (ju'i/n  homme  date 
de  loin,  pour  dire,  qu'il  parle  d'une  chose  ar- 
rivée depuL**  ion£;-tcmps;  et  cela  ne  se  dit  ordi- 
nairement que  qaondcelui  qui  en  parle  a  pu  en 
Lire  témoin,  et  qu'arec  quelque  reproche  de 
vieillesse. 

i)at^;,  ke.  participe. 

DATI:RIK.  s.  fém.  r^  lieu  et  le  Tribimal  de 
Rome  où  s'expédient  les  Actes  pour  les  Béné- 
fices non  consistoriaux ,  et  quelquefois  les  autres 
Bénéfices  et  les  dispenses.  Cela  a  passé  en  Da- 
teric.  Il  a  obtenu  des  lettres  à  la  Datcrie. 

Dateiue.  est  aussi  Loflfice  de  Dataire.  Le 
Pape  a  dtrfirié  la  Datcrie  à  un  tel  Cardinal. 

DA'I  IF.  9.  m.  Terme  de  Grammaire.  Le  troi- 
sième c'is  ru  Crée  cl  en  I^tin. 

DATIO.  s.  f.  Terme  de  Drrjît.  Iji  Dation 
difT-ru  de  la  Donation  en  ce  que  celle-ci  est 
gratuite. 

D.VnSMr].  s.  m.  RépélitioD  ennujeuic  de 


DE 


365 


syi.anyiues  pour  exprimer  la  même  chose  Je 
.me  rt  jouis  beaucoup^  je  .çin's  bien  aise,  je  suis 
content^  je  suis  satisfait  de  votre  arrivée^  etc. 
Ces  phrwes  sont  des  Datismes. 

DATIVE.  r.dj.féu).  Il  nVst  d'usage  que  Jane 
crttc  phrase.  Tutelle  (^flCit-Cj  par  opposilioD  & 
Tutelle  testamentaire. 

DATTE.s.f.  ÎjC  fruit  du  palmier.  Les  Pèreê 
du  désert  vivoient  de  dattes. 

DATHER.  s.  m.  Palmier  qui  porte  le» 
dattes. 

DATUIŒ.  s.  f.  plante.  C'est  une  espèce  de 
Slraraonium;  elle  eu  a  toutes  les  pernicieuse* 
qualités.  On  ne  lirsse  p.is  cependant  de  la  cul- 
tiver dans  quelques  jardins,  k  cause  de  Inlwînui*: 
de  sa  fleur. 

D  A  V 

DAUBE,  s.  f.  Sorte  dassaîsonncment  qu'on 
fait  à  de  certaines  viandes.  Dindon  à  la  daube. 
Gi(fot  à  la  daube.  Faire  une  daube. 

Il  se  prend  aussi  pour  La  viande  qui  est  ns- 
snisonnée  do  cette  sorte.  5en'ir  une  daube.^an- 
tjei-  une  daube.  Une  diiube  froide. 

DAUBER.  V.  Qci.  Battre  à  coups  de  potng. 
On  Va  daubé.  Ces  Ecoliers  se  sont  bien  dauhéi 
Il  csi  populaire. 

Il  si;;niâe  figurcnienl  Railler,  parler  mal  de 
quelqu'un.  On  le  dauba  bien  danr  cette  con*- 
paqnic.  C'est  ur.  homme  qui  daube  tout  le  monde. 
Il  est  du»style  familier. 

Daché,  èe.  participe. 

DAUBEUR.5.  m.  Qu'  raille,  qui  mndii-  M 
tst  ihmilicr. 

DAUPIIIX.  suhst.  m.  Sorte  de  gro«  pois- 
)on  de  mrr.  Il  a  «le  In  ressemlilance  avec  le 
marsouin. 

On  appelle  Dauphin^  Le  fils  aine  des  Roij 
île  France.  Le  Duuphin.  Les  Dauphins  de 
France.  On  appelle  Dauphine.  La  femme  du 
Daupliin. 

Les  Astronome»  appellent  Dauphin,  Une 
lousietlation  de  riiémisplièrc  septentrional. 

DAURADE.  Voyez  DonAOK. 

D'AUTAi^T.  Voyez  Autast. 

D  A  V 

DAVANTAGE,  adv.  Plus.  Je  n*c}i  dirnipai 
^uvantatje.  Le  cadet  esi  riV/;c,  mais  Vainc  Vat 
Itivantaqe.  Cela  me  plait  dcvantuqc  Je  n'en 
uiis  pus  davantaqe.  J'ai  cru  pouvoir  faire  pour 
vous  davantage.  Je  vous  ainierois  bien  davan- 
tage^ Cl  vous  étiez  raisonnable. 

Il  50  dit  aussi  pour,  Plus  lon;;-lcrops.  Vo.-u 
cites  trop  pre^é,  ne  i  estez  pas  davantuffc. 

DAVIER,  s.  m,  liisUiinieut  de  DcjiUste,faJt 
en  forme  de  tenaille  courbée,  dont  on  se  ^rt 
pour  arraclicr  les  dents. 

D  i: 

DE.  Pn^po^ilion  servant  A  marquer  platienr* 
rapports  dilfér.-ns. 

De,  sert  à  spc'ciûcr  la  matière  dont  une 
chose  est  lailc.  Une  tabatière  d'or.  Une  table 
de  mnibre. 

De,  e»t  souvent  partitif,  ou  particule  en' 


56e 


DE 


tractivc.     Vtï    morceau    He    pain.    Un    txrn 
Ac  vin. 

Il  Mt  aussi  particule  distînctivc.  Un  trait  di 
oouraqe.  Vf»  prodine  de  vertu. 

De,  marque  le  rapport  d'apparlenniicr.  Le 
livre  de  Charles. 

Oe,  se  dit  pi.ur  Vfuùjtit  ou  Duvunt.  Il  e  i 
parti  de  jour.  H  est  arrivé  de  nuit. 

De,  se  dit  pour  louchant,  S ttr.  Parlon:>  th: 
«ctle  affaire. 

Uk,  se  dit  [lour  A  cause  de.  Je  suis  bien  aise 
de  sa  fhrtnne. 

i)E,  se  dit  pour  P-t.  //  est  aime  de  tout  le 
monde. 

De,  s'emploie  aussi  pour  spécifier  Les  qua- 
lités personuelles.  Un  homme  d^esprit  ,  de 
eœur  j  de  fcicH,  de  sens.  Il  désigne  encore  Le 
lieu  qu'on  habite,  la  profession  qu'on  exerce, 
l'oriijiuc,  etc.  Un  J.owme  de  la  ville.  Des  qens 
de  la  campaqnc.  Un  homme  de  cabinet-,  -de 
lettres,  de  mer^  de  rivière,  de  pied^  de  cheval, 
de  peine.  Un  homme  de  peu  de  jurlunCy  de 
nVn,  de  îiuiin,  etc. 

Il  sert  quelquefois  h  llci-  un  substanùf  avec 
un  ndjectif ,  et  forme  alors  une  espèce  de  galli- 
cisme. Un  fripon  d''€nfant;  un  drôle  de  corps; 
une  coatiine  de  femme. 

Il  exprime  aussi  La  destination.  Salle  de 
spectacle.  Habit  de  cérémonie.  Cour  de  Justice. 
Cheval  de  bataille. 

On  le  met  aussi  devant  quelques  adverbes 
ou  pr(;posilions.  De  près.  De  luin.  D'aujonr- 
d'/iui.  D'iilev 

Xl  Cït  adverbial,  étant  }oint  à  quelques  subs 
tnniifs.  Di  trav'irs.  De  côté.  De  concert.  Di\ 
conserve.  De-çà.  De^là. 

U  se  met  souvent  devant  linfuiiiif  des  ver- 
bes, soit  après  un  verbe,  comme  ;  Cesser^ 
acUcvet  de  dire;  Uîcher,  s^efforccr  de  faire,  etc. 
îioil  Après  un  nom  :  Il  est  malaisé  d'èlic  jeune 
et  soQe.  Il  était  capable  d'entreprendre.  Il  a  la 
ficuîté^  le  pouvoir  de  prêcher.  .  .  . 

Oc.  Fréposition  de  liçu.  //  est  venu  de 
Lyon  en  tant  de  jours. 

De,  se  dit  pour  Depuis.  De  Rome  à  Lyon  , 
i7  y  a  ttnit  de  lieues. 

On  dit,  Combler  de  biens,  rempli  de  béné- 
dictions, privé  de  tous  ses  sens,  las  de  lire,  us 
sommer  de  coups.  La  discussion  de  lous  leâ 
autres  emplois  du  mot  De  appartient  ^  la 
Grammaire. 

Dk  par,  espèce  de  fornmle,  pour  dire,  An 
no:-  f'e,  par  l'autorité  df.  De  par  le  Roi.  Di 
par  Monseigneur. 

\)\i.  s.  m.  Petit  morceau  d'os  ou  d'ivoire»  de 
figure  cubique,  ou  à  six  fjces,  dont  chacune 
est  marquée  d'un  diQ'creiit  nombre  de  points, 
depuis  un  juscju'h  six,  et  <)ui  sert  à  jouer.  Des 
dés  bien  mrtrr|iics.  Des  dés  écornés.  Une. balle 
de  dés.  .louer  aux  des  ^  aux  trois  des.  Pipet'  la 
dés.  Déi  char(jés. 

Ou  dit,  Àvoi''  le  dé,  pour  dire,  louer  le 
pTcmiiT;  Fliiltcr  le  de,  pour  dire,  Poussrr  !<■ 
dé  doucement, dans  l'cspéranci  d'amener  moins 
de  points;  Rompre  le  dé  y  pour  dire,  Arriilcr 
les  dés  quiiU'l  ils  sortent  du  rornct,  .iHu  d'en 


DEB 

'  rendre  le  coup  nul;  Faire  ipiitter  le  dé,  pour 
dire,  Faire  ab;iudonner  le  dii. 

On  dit  figurément  et  funiilièrement .  Fluiler 
le  de,  pour  dire,  IVguiser ,  adoucir  quelque 
rhose  de  ficneux  par  ik'S  termes  qui  en  cachen! 
une  pallie,  ou  qui  font  le  mil  moins  gi'and. 
ICn  lui  annonçant  cette  nouvelle,  il  a  flatté  U 
dé.  A'c  flattez  point  le  dé. 

On  dit  fi;;urcmcnt  et  fu:nîlièrement,  Tenir 
le  dé  dans  une  Compagnie,  pour  dire,  .Se  ren- 
lire  le  maître  de  la  convi  rsaiion.  Il  veni  tou- 
jours tenir  le  dé. 

(;n  dit  aussi  fij^ur.'nient  et  fànulièrement, 
Faire  nudte.r  le  de  à  qwe/r^u'un,  roninJT  le  dé, 
pour  dire.  L'obliger  à  cû'ler,  l'obtijcr  U  renon- 
cer à  quelque  entreprise. 

<)n  dit  fànulièrement ,  Je  jetterais  cela  lï 
trois  dés,  je  joucrois  cela  à  trois  dés,  pour 
marquer  L'indinfi-renec  où  l'on  est  du  choii 
(ju'on  [leut  luire  entre  deux  ou  plusieurs  choses. 

Ou  dit  proverbialement  et  fii:urcmcnt,  Li 
dé  en  est  jeté  y  pour  dire,  qu'Un  a  pris  son 
[larli ,  qu'on  o.st  résolu  ù  faire  telle  chose. 

On  dit  familièrement,  .4  vous  le  rie, -poui 
ilii-e,  C'eM  il  vous  h  parler,  î\  répondre,  h  agir 

DÉ,  eu  pariant  d'Archiicetuve,  se  dit  d'un 
cube  de  pierre,  de  bois  ou  <le  marbre  (]ui  fail 
la  partie  du  milieu  d'un  piédestal.  Le  piédesta 
est  composé  d'une  base,  aun  dé  et  d\ine  cor^ 
niche. 

\)é.  se  dit  d'Un  nelit  cube  de  pierre  sur  le- 
quel on  met  des  vases.  Mettre  des  dés  de  pierrt 
•:ntnrn-  d'un  part&'re. 

I)î-  s.  m.  Petit  iostrunient  de  cuivre  ou 
d'auti-c  métal,  dont  on  se  (^iirnit  le  bout  d:i 
iloij', .  et  quelquefo-s  le  milieu  du  doi;'t,  poui 
rnqu'nher  qu'il  ne  .soit  l)lcssd  de  l'aiguille  ei 
cousant.  Dé  d'or^^d'argenl,  etc.  Dé  à  coudre. 

D  E  A 

ni':ALBATIO>'.  s.  f.  Chfingemint  dr  cou- 
leur noire  en  blanche,  par  la  force  du  feu, 

DE  lî 

Ol'lBACLAGE.  s.  mnsc.  Action  do  débûcler. 
Trav.iil  de  ceux  qui  dèb.tclcnt. 

LÉBACLE.  8.  f.  Amas  de  glaçons  qui  arri 
vent  avec  impétuosité  dans  un  dcgcl  subit . 
après  qu'une  rivière  a  été  prise  long-temps.  Lti 
rivière  qrossit,  tout  le  monde  se  prépare  à  la 
''cbdcle.  La  débâcle  a  fuit  périr  bien  des  ba- 
teaux. 

DiiiACLE,  se  dit  cussi  Du  déi)arrassemenl 
d'un  Port,  quand  on  relire  les  vaisseaux  videi 
pour  approcher  du  rivnç^e  ceux  qui  sont  char 
gt;s.  Il  y  a  un  temps  précis  et  ordonné  puur  le. 
déhûcle  du  Port. 

DLBACLEMENT,  s.  m.  se  dit  du  mnmeni 
de  la  débâcle  des  glaces,  et  de  l'action  de  débj 
cler  des  vaisseaux,  des  bateaux.  Il  y  a  beau- 
coup de  balcau:v  (jui  ont  péri  par  le  débdcle- 
nient  de  la  rivière. 

DEBÂCLEU.  v.  a.  Ouvrir,  débarrasser.  Dé 
bdclcr  des  bateaux ^  une  port*,  une  fenêtre.  Ce 
I  mot  c.st  populaire. 

Il  est  aussi  neutre,  et  s«  dit  d'L'nc  rivière 


DEB 

(juand  les  j^laccs  viennent  h  se  rompre  el  à 
suivre  le  cours  de  l'eau.  Lu  nV.i'fi;  a  débâcle 
cette  nuit. 

Dr.BACLi^,  ÉE.  participe. 

DÉB.VCLEUR.  s.  m.  Ofticier  de  Ville,  qui 
ronuitande  sur  les  Ports  quand  il  iaiit  débàder. 
//  ^aul  demander  au  Débdclenv  (juaiid  il  serif 
temps  de  déhâcler. 

El^BAGOULER.  t.  n.  Dire  indiscrètement 
tout  ce  qui  viL'nt  à  la  bouche,  [l  diba(}oula  Tout 
ce  cju'il  avoit  sur  le  cccur.  \\  est  bas. 

Dlbagoulé,  ée.  participe. 

DEBAGOULEUK.  s.  m.  Celui  qui  parle  m 
iMscrètement. 

I)1;BALLER.  V.  a.  Diifaîrc  une  balle,  un 
ballot,  tirer  cpielques  bardes  d'une  balle.  On 
\Cii  pas  encore  déballé,  mes  meubles. 

DÉBALLÉ,  ÉE.  participe. 

DÉBANDADE.  8.  f.  Ce  mot  n'est  d'usa-c 
)ue  d^^ns  cette  façon  de  parler  adverbiale,  A  la 
iébandade  ,  qui  signifie  Confusénjent  et  saos 
►rdre.  On  dit,  qu't/ns  arniec,  que  des  troupes 
l'c.'i  vont  à  la  débandade,  pour  dire,  qu'Ellc» 
j'en  vont  en  confusion,  sans  garder  aucun  ordre. 

On  dit  aussi  fîgurémcut,  Mettre  tout  à  la 
Ubandadcj  laisser  tout  à  la  débandade,  pour 
iire,  Abandonner  le  soin  de  son  bien  oudequcl- 
pic  affaire  comme  une  chose  désespdrée.  ViVre 
i  la  débandade j  C'est  ne  mettre  aucune  suite, 
lacune  règle  dans  ses  mœurs  et  dans  sa  conduite. 

DKBA^OEMEM'.  s.  m.  Action  de  déban- 
ie-T.  Il  se  dit  principalement  Des  troupes.  Il  y 
vit  un  d 'ha  II  dément  qénérnl. 

DÉBANDER,  v.  a.  Détendre.  Débander  un 
lire  y  un  pi.stolct. 

On  dit  (igurément,  Se  déJiunder  Vcsprit, 
pour  dire,  Donner  nu  pc'i  de  relAchc  A  son  es- 
prit après  une  longue  application.  Et  on  dit , 
([ue  Le  temi.'S  se  débande,  Lorsiju'il  commence 
il  s'adoucir,  ît  se  relâcher  après  une  foite  geler. 

DÉBANDER  ,  signifie,  ôter  une  bande.  Déban 
der  une  plaie. 

On  dit,  Débander  (juehju'Hn .,  pour  dire, 
Lui  ôter  le  bandeau  (ju'on  lui  amis  stu-  les  yeux. 

D:':banuer  ,  se  dit  aus.si  en  parlant  Des  armes 
ilont  le  ressort  se  détend  de  lui-même.  Son 
liisil  se  débanda.  Son  arbalète  s^étoit  débandée. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  troupe  degcn6de;.;uerri; 
ijni  .se.vépaie  d'un  Escadron  ou  d'un  BalailIo:i 
confusément  et  s;.ns  ordre.  Le,:  founafjcurs  .«f 
débandèrent  trop  tôt.  Les  Soldats^e  débandè- 
rent ^our  aller  pilhr. 

!l  se  dil  encore  d'Un  coips  de  gens  de  guerre 
qui  se  disperse  sans  ordre,  pour  s'enfuir  ou 
pour  se  retirer.  Toute  l'année  se  débanda.  Ce, 
Réqimeul  se  débanda. 

DruANOÉ.  ÉE.  participe. 

DLDANOUKK.  V.  a.  lenne  de  jeu.  Gagner 
roui  l'argent  qu'un  Iiauquier  a  devant  lui.  // 
/lit  déban(jué  uii  phaiaon. 

DÉBAW^^uÉ,  LE.  parlitij'c. 

DÉBAPIL^^ER.  V.  a.  II  ne*l  guère  d'usuge 
qu'en  ceitc  phrase.  //  se  jrroit  plutôt  débapti- 
er  fjue  de  fiiic  telle  chose,  pour  dire.  Il  rcnon- 
ceroil  plutôt  h  son  Bapi^nic.  U  est  du  style  b- 
luilier. 


DEB 

On  dit  Bussi  familicremenl ,  Se  débaptiser 
pour  dire,  Cliaii!;er  de  nom. 

Dluav  1  isÉ  .  lit.  (lailiciix'. 

DEBAiSliUUILLIiR.  v.  a.  Nctlo\nr  ,  ô:er 
ee  qui  salit ,  ce  i]ui  rend  sale.  Il  ne  se  dit  guèri 
que  Ou  visage.  DébarhomUer  ud  enfant.  !-e 
Jébarbouiller  le  visage.  Allez  vous  débar- 
bouiller, 

OtuAnBOCiLiÉ,  ÉE.  participe, 

IjKK.UiCVDOUIl.  s.  m.  Lieu  marqué  pour 
ic  débarquement  des  i«:irclMîKli.scs  d'uu  vai^- 
»eau. 

DÉB.lRD.VCiE.   s.  m.  Action  de  débnrdcr. 

OÉBARDEK.  v.  a.  Tirer  du  bois  de  dessus 
les  listeaux,  ou  de  la  rivière,  cl  le  poilcr  sur 
le  bord.  Débarder  des  colrels.  Débarder  un 
Iraiii  de  bois  flotté. 

DtDAKDEn,  en  tcrmcsdcForéts, Transporter 
ies  bois  hors  du  taillis  où  ils  ont  été  coupés, 
•fia  que  les  voilures  n'y  entrent  pas,  ee  qui 
eadominageroit  les  nouvelle»  pousses. 

UÉDAnDÉ,  ÉE.  f ariicipt. 

UI'^U.ARIlliCR.  s.  m.  Homme  de  journée 
qui  débarde.  Débardeur  de  bois.  Vous  Irou. 
Mrez  assez  de  débardeurs  sur  le  Port. 

DÉBARQUEME>T.  subst.  m.  Action  pat 
laquelle  on  débarque.  Le  liebarqnement  des 
mtrchandises.  Le  déharijuement  des  troupes. 
On  dit.  Des  troupes  de  débarquement,  pour 
dire,  Des  troupes  destinées  pour  taire  une  des- 
cente cir  pavs  ennemi. 

DI-.IIA1'>(,.H.E1Î.  V.  n.  Sortir  d'un  vaisseau 
nu  J'un  .mari'  b.'ilinieul.  iVoiis  débarquâmes  en 
td  endroit,  à  un  tel  Port. 

On  dit.  Au  débarquer,  pour  dire.  Dans  ]i 
tnnps  même  du  débar  luemcut.  Il  se  Irotifu  ci 
débarquer.  On  l'atlendoit  au  débarquer. 

DÉBASQDEn,  estaussi  actif,  et  signifie.  Tirci 
faire  sortir  hors  d'un  vaisseau  ou  d'un  auti 
bâtiment  qui  est  arrivé  au  lieu  de  sa  destiualioi 
Ou  débarqua  l'Infanterie.  Débarquer  du  canol 
Débarquer  des  marchandises. 

DÉDAnouÉ,  Éç.  participe. 

UÉBAngrÉ,  ée,  est  aussi  «djcclif,  mais 
n'est  pière  d'usaqe  qu'éL-uit  employé  siihnta  . 
liTcment  dans  cette  plirase,  Ln  monveau  débc  . 
fiie,  qui  se  dit  d't'n  homme  nouvelieme  t 
arrivé  de  la  Province.  Il  a  toujouit  iair  d'i  i 
nouveau  débarqué. 

1)1';BAHR\S.  j.  m.  Cesaalion  d'cmljartt  ;, 
4élivranc-dc  cequifniJ>irrasso<t.  Il  est  faniilî  r. 
Les  voilà  partis,  c^est  un  grand  débarras. 

DÉUARUASSliMEM.  «.  œ.  Action  de  (  é 
barraxser. 

Ul.  n  A  RKASSKR.  T.  a.  Ôter  l'embarras.  J  et 
d'eml»arras.  Il  se  dit  au  propre  cl  au  ligure,  el 
souvent  avec  le  pronom  personnel.  De6an*as  er 
les  rues,  les  c/iemin5.  Il  ne  sait  comment  se  i  é- 
barrasser  de  ses  créanciers.  Il  s'est  débam  ic 
Je  quantité  d'importuns.  Il  était  accablé  d'i  f- 
faires,  mais  il  s'en  est  déhaiTassé.  Il  a  h  en 
Jébarraisé  ses  afj'.iires  depuis  peu.  5a  léte  et  n- 
menre  j  se  débarrasser.  Mon  esprit  est  dél  ii  - 
rmtè  d'inquiétude.  La  Ucligior.  se  débarr  ssc 
dej  pratiques  superstitieuses. 

UiiDAnBAMt:,  i-C  participe. 


DEB 

DKBARRER.  v.  a.  ÙUr  in  l)arre.  Dêbarrtt 
une  porte. 

]li.HAanÉ,  ÉE.  participe. 

DKBAT.  s.  m.  Différent,  conlesiniion.  Être 
en  achat  de  t^nelque  close.  ^'eitrèCituljnc  chvsf 
en  Jcbat.  Vider  un  débat.  Ap  liser  un  débat.  U 
s'éleva  de  grands  débuts  sur  ce  sujet  au  Parle- 
ment d^Anqleterre.  Lnlrevoisins  il  y  a  toujoun- 
ifuelqucs  débuts. 

Un  dit  en  termes  de  Prntique,  Un  débat  de 
compte.,  pouv  dire,  Une  contcstiilion  formre 
contre  (jutlquc  article  d'un  compte.  Fournir 
des  débats  de  compte.  Faire  juejer  les  débats 
d'un  lontptc. 

ÎZn  parlant  De  deux  hominrs  qui  onl  quelque 
fontcslalion  ensemble,  on  dit  proverlûalemenl, 
A  eux  le  débat ,  e»ïre  eux  te  débat .  pour  dire, 
iju'On  ne  V(  ut  point  se  mettre  en  peine  de  leur 
«iifîcrenl. 

DKBÂTEil.  V.  a.  Ôîcr  le  l>at.  Débâter  wt 
mulet,  un  cheval j  un  due. 

DédÀté,  Ée.  participe. 

DÉBATTRi:,  V.  a.  (U  se  conjugue  coranic 
Battre.)  Conlcslep,  di.sputer.  Débattre  une  tjncS' 
tient  ""C  cause.  Débattre  un  compte.  Débuttrt 
les  ar(tclc5  J'ufi  compte.  Nous  avons  débattn 
plus  d'une  fois  ce  point  contesté.  Cette  opinion 
n'a  été  nue  trop  long-tcmps  débattue. 

Se  DKBATTnE.  T.  proDom.  S'agiter,  se  tour- 
menter. Se  dêlntttre  comme  un  possédé,  comme 
un  forcené.  Se  débattre  des  pieds  et  des  mains. 
Un  cheval  qui  se  débat.  Un  poisson  nui  se  débat 
dans  Veau.  Ln  oiseau  de  proie  qui  $<'.  débat  sut 
le  j:r.:vj. 

Un  dit  proverbialement.  Vous  vous  débattez 
ou  vous  vous  battez  de  la  chape  à  l'h.vêque, 
pour  dire ,  Vous  contestez  sur  une  chose  sur 
laquelle  vous  n'avez  ttucun  droit 

DÉBATTU,  CE.  participe.  Compte  bien  dé- 
batln  .  cause  bien  débattue ^  pour  dire.  Compta 
inen  examiné,  cause  bien  discutée. 

DtBAUCFTE.  s.  t.  Dérèglement,  exc/s  dans 
le  boire  et  dans  !c  niangec.  Grande  débauche. 
Faire  la  débauche.  Faire  débauche.  Aimer  la 
débauche.  Faire  (luelque  choie  par  débuuclic, 
par  esprit  de  dibauchc.  C'ist  une  débauche  con- 
tinuelle. 

]\  se  prend  encore  pour  Tncouiinenceouin'c. 
C'est  un  hommeplonne  dans  la  dcbauche.C'esl 
un  homme  perdu  de  débauches.  VHaîne  dé- 
barxhe.  Sale  dchuicche.  Porter  à  la  débaucln: 
Se  jeter  daiis  la  débauche.  Fuir  les  oceasiom 
de  débauche. 

Dkbaoche,  se  prend  aussi  pour  L'action  de 
«e  livrer  aux  plai-.iis  de  la  table;  et  dans  celle 
acception  on  dît,  Faisons  un  peu  la  débauche. 

(Jn  npi>cllc  Débauche  d'espritou  d'tmaqina- 
tion,  Un  usnge  dérègle  de  l'cspril  ou  de  ï'ima- 
:;înalion.  Les  dcbauche.s  de  lecture  etd^esprit  nt 
'.ont   quère  moins  dangereuses   que  celles   da 

Sc'/Uf. 

DÉBAUCHER,  t.  a.  Jeter  dans  la  dfa)anc)<c. 

'.TUS  le  vice.  Les  mauvaises  compagnies   Vont 
débauché.  La  trop  grandelibcitc  r.e  sçrt  qu'à  , 
déttiuc/icr  les  jeunes  gcuf.  C^eM  la  fiiuéantife 
qui  ta  débaurhé.  Dcbaurlisr  une  fdie. 


DEB  36; 

JI  si<^nifie  aussi,  Corrompre  la  ftdelitë  de 
quelqu'un.  /I  essaya  de  débaucher  les  trowict. 
On  lui  débaucha  .se^  .toiiJuts.  On  lui  a  débau- 
cJé  un  de  ses  domestiques. 

Il  sigriiGe  encore.  Détourner  quelqu'un  de 
son  devoir.  Débaucher  un  ouvrier  de  son  tra- 
vail, de  sa  besogne.  Il  se  dit  aussi  .dans  ce  sens, 
à  l'iibsidu.  Débaucher  un  ouvrier. 

Il  si^nide  aussi  simplement,  Kaire  quitter  uu 
travail,  une  occupation  surieuse  pour  uu  diver- 
tissement Iionnèlc.  Je  viens  voius  débaucher , 
pour  vous  débaucher.  Nous  voulons  vous  dé- 
baucher Vun  de  ces  jours.  Laiisez-vous  débau- 
cher. Il  faut  le  débaucher,  îc  mener  à  la  cam- 
pagne. 

(Jn  dit  aussi  en  bonne  et  en  mauvaise  part. 
Se  débaucher.  LaUsez  là  les  affaires  pour  un 
jour  ou  detLTy  et  débauchez-vous.  La  mauvaise 
compagnie  est  souvent  causeque  les  jeunes  gens 
r.e  débauchent 

DiBAucHi':,  tE.  participe. 

U  est  quelquefois  substantif ,  et  alors  il  sipii- 
fie  Un  homme  abandonné  à  la  débauche.  C'est 
un  débauché.,  un  qrand  débuuchéyun  vieux 
débauché.  Ce  sont  des  débauchés.  On  dit  d'Un 
homme  qui  est  agréaJile  dans  la  débauche  de 
table,  que  C^esi  un  agréable  débauché. 

DKBAUCUKUR,  KU8E.  s.  Celui,  celle  qui 
débauche.  C^cst  un  dcbauchtur  de  filles.  Cette 
femme  est  une  débaucheuse. 

Di'.TWiT.  s.  m.  Terme  de  Finance.  Ce  qu'un 
coinplnblc  doit  après  l'arrêlé  de  son  couipl''. 
Le  débet  d'un  compte.  Payer  sa  charge  eu  ûé- 
hets,  si,';nilic,  La  payer  eu  se  tiiirijifaat  d'ac- 
quitter les  dettes  de  celui  qui  la  vend.  C'f.'.c 
partie  est  un  débet  de  quittance.  Débet  de  chu. 
La  charqc  de  Receveur  des  débets. 

DEBU- FER.  V.  a.  AfToiblir ,  déranger,  giier. 
Il  ncsl  guère  d'us.'^e  que  diins  eette  phrase, 
^fre  lout  débilp, 

DÉBiPrÉ,  tE.  participe.  Visage  débiffà,  esto- 
mac débifjl-.  qui  sedisent  d'Un  Iiomme  qui  p-i- 
roit  aOuibli  par  quelque  cxoîs,  qui  a  le  vis;i;^' 
abattu.  Il  se  dit  aussi  d'Un  estomac  qui  ne  i\in 
pas  bien  ses  fonctions.  H  a  Vestomac  tout  d--- 
biffr.  Il  est  du  style  familier. 

DEBILE,  adj.  des  ?.  genres.  Foible,  affoihii . 
qui  niiinque  de  forces.  U  ne  se  dit  pière  qu'on 
parlant  De  l'homme,  l,  n  malade  nui  est  encore 
débile.Jcmcscns  tout  débile  aujourd'hui.  Avoir 
Vestomac  débile ,  les  juin^es  débiles. 

Il  s'applique  poétiquement  aux  choses  coninwî 
aux  pcisonms.  Enfant  définie.  Arbrisse4iH  dé- 
bile. 

On  dit  aussi  fii^un-ment,  Avoir  le  cervcatt 
débile.,  pour  dire,  .Vvoir  l'espnl  fuiblc;  et, 
Avoir  la  mémoire  débile,  pour  dire,  .Avoir  peu 
de  mémoire. 

Di':BlLEMENT.  adv.  Dune  mani^ic  débile. 

DÊBILIÏATION.  s.  f.  Alluiblisscmiut.  O- - 
^ififiifion  de  nerfs. 

DÎIBILirÉ.  s.  f.  Foadcssc.  Débilite  de  cer- 
veau. Une  qrande  débilité  de  nerfs ^de  jambes, 
d'estnmac.  Une  grande  débilité  de  vue. 

DKBILïTKr!  v.  0.  Rendre  débilf,  Ccin  dr 
bilite  les  nerfs,  l'cprit,  la  iiic,  i'ejfoKicic. 


368 


DEB 


DésiLiTÊ,  ÉK.  participe. 

DÉBIT,  s.  m.  Vente,  trafic.  Détil  de  liriifis, 
de  dentelle!!.  MuicluiniUses,  hofj'.s  de  dcbit.  de 
bon  débit,  de  mauvais  délit.  Cela  n'est  pus  d, 
débit.  Il  se  fait  un  fjrand  débit  de... 

On  dit  ligmcnieiit,  (ju7/ii  hamnic  a  un  beau 
débit,  qu'il  a  le  débit  aisé,  le  débit  agréable, 
pour  dire,  <|u'Il  parle  avec  fccilitc  et  avec 
grJce.  Et  pour  exprimer  le  conir.iire,  on  dit, 
Vn  débit  pénible,  désagréable,  etc.  Il  est  du 
«tyle  fiiinilier. 

DÉBIT,  en  Musiijnc.  Manière  rapide  de  rendre 
«o  rôle  de  chant,  en  y  mettant  beaucoup  de 
Taricté. 

DÉBIT.  Exploitatioo  du  bois  selon  ses  diverses 
deslin,itions,  comme  in  poutres,  en  merrain, 
en  cerceaux ,  etc. 

DEBITAIT,  ANTK.  s.  Celui,  celle  qui  dé- 
bitequelque  marchandise.  V n  débitant  de  lahar 

DÉBITER.  V.  a.  Vendie.  Débiter  des  mar- 
chandises.  des  denrées,  des  blés,  des  vins.  Dé- 
biter en  gros,  en  détail. 

On  dit  figurémeni  et  dans  le  style  familier, 
<]u'(/n  homme  débile  bien  sa  marcfiandise , 
pour  dirCj  qu'il  parle  bien,  ([u'il  lait  bien  un 

Ou  dit,  dans  le  même  sens,  Débiter  son 
rSle ,  débiter  un  discours. 

I  96  dit  ea  .Musiijut;,  pour.  Rendre  un  rôle 
de  cbaut  avec  rapidité,  avec  précision  etvariitc. 

On  dit  aussi  Ggurément,  Débiter  des  nau- 
«elies,  débiter  des  mensoncjcs,  pour  dire.  Ré- 
pandre des  nouvellcç,  des  mensonges. 

DÉBITEK ,  se  dit  De  la  nianifcte  d'exploiter 
les  bois.  Oébiler  le  tois  en  pluncîies,  en  nia- 
i6-iert,  etc. 

II  se  dit  aussi  Du  marbre ,  des  pierres ,  etc. 
DÉBITÉ,  ÉE.  participe. 

DÉBITECR,  DEBITEUSE.  s.  C.e'mi,  celle 
nui  débite.  Il  ne  se  dit  (pie  dans  le  ù^uii  et  eu 
mauvaise  part.  C'est  un  çjrand  débiteur  de 
rujui'elles,  de  fariboles,  de  sornettes.  C'est  uni 
arande  débiteu^e  de  mauvaises  nouvelles. 

DKBITli.CJR  ,  DKBITKICi;.  s.  Celui,  celle 
ijui  doit.  Bon  il>  liileiir.  Débiteur  solvable.  Il  est 
mon  débiteur.  Elle  est  votre  débitrice. 

DÉBLAI,  s.  m.  Il  se  dit  De  rcnlèvement  des 
«erres  pour  mettre  un  terrain  de  niveau  ,  on 
pour  l'élever  au  dessus  du  niveau.  En  ce  eeni 
il  est  opposé  à  Kenililai.  Il  se  dit  aussi  Du  ter- 
lîWL  ,  du  lieu  qu'on  débarrasse  ,  qu'on  déblaie. 
Déuin\eT-moi  ce  terrain. 

ij  se  dit  fi;.^urcnient  dans  ce.^  piirases,  Beau 
déblai,  voilà  un  beau  déhlai,  pour  marquer, 
qu  On  est  bien  heuieux  d'être  défait  de  quel 
qu  un,  ou  de  quelque  cbose  qui  incommodoit. 
Il  est  familier. 

DÉBLATKREK.  v.  n.  Déclamer  long-temps 
et  avec  violence  contre  quelqu'un.  Il  a  passé 
deux  heures  à  déblatérer  contre  moi.  Il  est  de 
peu  d'usa°& 

DEBLAYER,  v.  j>.  Débarrasser.  (Usccon- 
iigi'i;  comme  Payer.)  On  dit.  Déblayer  da 
Irrres,  pour  dire,  Le»  oler  d'un  endroit.  On  dit 
•uui-,  Déblayer  un  terrain,  une  maison,  une 
(ii/fe,  une  eoiir,  une  rue,  pour  dire,  Débor- 


DEB 

ras«îcr  un  U^rrain,  une  maison, .ime  salle,  uno 
cour,  une  rue,  des  choses  qui  y  sont  en  désor- 
dre et  qui  les  embarrassent. 
DÉBLATK,  ÉE.  participe. 
DKlîI,0(^ïUER.  V.  a.  Ti^rnic  d'Iraprimeric. 
Utcr  les  lettres  bloquées  et  renversées,   pour 
les  remplacer  comme  il  faut. 
DÉBLOQUÉ,  VL.  participe. 
Dl'IÎUIRK.  s.  m.  Le  mauvais  u,onl  qui  reste 
de  quelque  liqueur  après  qu'on  l'a  bue.  Du 
vin  qui  a  du  déboire^  qui  a  quelque  JcboiVc, 
un  déhoij'e  aifrcux.  Liqueur  qui  laisse  du  dé- 
boire. 

Il  se  dit  figurém^ent  Du  chai^rin  et  du  dé;^ont 
qui  suit  ordinairement  \cs  plaisirs.  Les  plaisin 
ont  leur  dehotre. 

li  ic  dit  aussi  Des  déi;oùt3,  des  sujets  de  fâ- 
cherie, et  des  inorliûcations  que  donne  un  su- 
périeur. C^esl  un  homme  qui  fui  «  donna  de 
f.Scheux  déboires.  1 1  a  éprouve  bien  des  déboires. 
DÉBOÎTKMIiINT,  s.  m.  se  dit  en  parlant 
Des  o5  qui  sont  déplacés  ou  disloquée.  Le  dé- 
'  oîtement  dun  os. 

Dl'^nOÎTLR.  V.  a.  Dislofjucr.  Il  ne  se  dit 
propri-ment  que  Des  os  qu'im  accident,  un 
rflbrt  l'ail,  sortir  de  leui  place.  La  chute  qu\l  is 
(uitc  lui  a  dêboité  un  os. 

Il  se  dit  aussi  avec  le  pronom  prrsonnel. 
Les  os  ne  se  déhoitent  pus  sans  beaucoup  de 
douleur, 

•DÉBOÎTE.»,  se  dit  aussi  en  parlant  Des  ou- 
vrages de  TTienuiserie  et  d'assemblage  qui  vien- 
nent à  se  dcioindrc.  A  force  de  pousier  lo  porte. 
on  ia  toute  déboîtée 

On   dit  encore  dans   celte  acception,   Vm 
cloison  qui  se  déboîte. 
Déboîté,  ée.  paclicipe. 
DÉBONDKR.  v.  a.  Ôter  la  bonde.  Débonder 
un  étanq.  Débonder  un  tonneau. 

Il  est  aussi  neutre ,  et  sif^nifie ,  Sortir  arec 
impétuosité,  avec  abondance.  L'eau  a  débonde 
cette  nuit  par  une  ouverture.  Il  s'emploie  aussi 
avec  le  pronom  personnel.  L'etano  s'est  débonde. 
On  dit  aussi  figurément  et  familîtrement , 
Les  pleurs  qu'elle  avait  foiKj-tcnips  retenus,  de- 
hondcient  à  la  /in.  Aptes  avoir  lonq-temps  re- 
tenu m  colère,  il  fallut  enfin  débonder. 
ntBCMJÉ,,  ÉE.  participe. 
DLbUNDOÎNMîR.  v.  actif.  Ùter  le  bondou 
d'un  nmid,  d'ua  tonneau.  l'otir  remplir  le  ton* 
neau  .  ii  jaul  ic  i^chondonnir. 
Di.nuNuoNNÉ,  ÉE.  participe. 
I)i:iiUNNAlRE.  adj.  des  2  f^eores.  Doux  et 
bon  ;;vec  ibiblosse.  Humeur^  caractère  débon- 
'i(t>>î,  Dous  le  style  sérieux,  en  parlant  Des 
personnes,  il  ne  se  dit  que  Des  Princes.  C'est 
un  Prince  débontutire.   Louii- le -Débonnaire. 
fiors  de  là  il  ne  se  dit  guère  t^i'en  moquerie. 
pour  donner  un  ridicule,  t  'est  un  homme  dé- 
bonnaire. 

i)n  appelle  familièrement,  Un  mari  dchon- 
natre,  Un  mari  qui  sonOVe  patiemment  la 
Tiauv.iise  conduite  de  sa  femme. 

Di;iiO>NAlRIiîVIENT.advcrb.  Avec  bonté, 
avec  donciur.  Le  vainqueur  les  n  traités  dé 
bontuiiremtnt.  Il  viciUit. 


DÊBONiNAlRETÉ.  s.  f .  Bonté ,  douceur.  Le 
vainqueur  les  a  traités  avec  dèboniniireté.  Q 
vieillit 

Dl'iB<JRD.  s.  TU.  Dél  ordement.  Il  ne  se  dit 
qu'en  termr'S  de  Médecine.  Dêbord  dt  bile.  Dr- 
bord  d^humeui-'^. 

DÉBORDEMENT,  s.  m.  Action  par  laquclSj 
une  rivière  se  déborde.  Le  débordement  du  NiL 
Le  déhordemeni  de  la  Seine. 

Il  se  dit  aussi  Des  liumears.  Avoir  un  débor- 
dement de  fcWe,  un  débordement  d'humeurs,  Oo 
appelle  DéhorÀement  de  cerveau  ,  Une  chute 
extraordinaire  de  pituite  qui  coule  du  cerveau 
cl  des  conduits  salivaires  par  le  nez  et  pai  la 
buuclic. 

On  dit  ffjuréni.,  Vn  débordement  ^injure: 

On  appelle  figurémeni.  Débordement^  L'ir- 
ruption d'un  Peuple  barbare  dans  un  Pays  où 
il  veut  s'établir.  Le  débordement  des  Barbares 
dans  VEmpire  Romain. 

DÉQouDEMENT,  signiBc  aussi  figurémeni  Dis- 
lolution,  débauche.  Etranqe,  scandaleux  dé- 
hordcment.  i-'iwe  dans  le  débordement  ,  dans 
un  cjrand  débordement.  Le  débordement  de  lei 
Ni  mrs. 

DÉBORDER,  v.  n.  Sortir  hors  du  bord.  Il 
se  dit  proprement  Dcsvivïi-vcs.  Quand  les  ueiqes 
fondent^  la  rivière  déborde.  La  livière  a  dé~ 
honle  deuc  fois  cette  année.  La  rivière  est  dt*- 
l/ortiée.  Lei  pluies  ont  fait  déborder  cet  élanq. 

Se  DÈfloiiDEii.  Jl  signifie  la  même  chose  que 
Déborder.  La  rivière  se  déborde  La  Seine  s'est 
débordée. 

II  se  dît  aussi  Des  humeurs  du  corps  Tiulfiam, 
et  particulièrement  de  la  bîle.  Les  humeurs  te 
sont  débordées.  La  bile  se  déborde. 

On  dit  fi^urément,  5e  déborder  en  injures, 
pour  dire.  Exhaler  sa  colère  en  injures,  vomir 
des  injures. 

OLBORDtin,  se  dit  aussi  Des  habits  >  des 
étoffés,  quand  le  bord  de  l'une  ptsse  celui  de 
l'autre.  Cette  franqe  déborde.  La  doublurt 
déborde. 

Dr.BonoEn  ,  se  dit  aussi  .ictivement  en  terme» 
de  Guerre.  lorsqu'une  ligne  de  troujjes  a  plus 
defrontelplus  d'élendueque  la  ligne  qui  lui  eat 
opposée.  La  première  liqne  des  ennemis  dcbor- 
('.oit  la  nôtre.  L' avant- (jarde  de  notre  jlolte  dé- 
bordait celle  des  ennemis.  Il  se  dit  aussi  Do 
tout  corps  qui  en  déborde  un  aulic  qui  lui  e%t 
parallèle. 

DÉBonDER,  est  aussi  neutre,  et  signifie.  Se 
détacher  d'un  vaisseau  qu'on  avoit  abordé. 
Après  l'dbordaqe  il  ne  put  déborder. 

On  dit  aussi  dans  le  jnème  seu».  Se  dcbot- 
der.  iVoiis  fimea  tous  nos  ejjorts  fiow  nous  dé- 
border. 

DÉBORDER,  v.  a.  Ôter  le  bord.    ''■'" 
une  jupe,  un  chapeau. 

DÉBonoi^,  tv..  p;iriicipe.  Il  s'emploie  figuië- 
mcnt  comme  adjectif  ,  et  signifie  Déhauché  . 
dissolu.  C'est  un  jeune  homme  fort  déborde. 
Une  femme  débordée.  Mener  une  vie  débordée 

DÉBOSSER.  V.  c.  Terme  de  Muine.  It  »e  dit 
du  Cible  dun  vaisseau,  dont  on  démarre  I. 
"^osse  qui  le  relient. 


DEB 

DÉBOSSÉ,  ÉE.  participe. 

DÉBOTTI-Ul.  T.  a.  Tirer  les  belles  i  quoi- 
qu'un. Son  valet  la  débotté.  Se  déboîter,  Otcr 
ses  bottes. 

On  Ir  <]it  aussi  subslantivement.  Le  débottei 
du  Roi.  //  se  trouva  au  déhotter. 

DÉBOrrÉ,  ÉE.  participe. 

11  e»t  pris  qiielqucfiiis  siibstanlivcment.  Lr 
débotté  du  Roi.  Se  trouver  au  déboîté. 

DKliOUCIIÉ  ou  DKBOUCHER.  s.  m.  Voie 
CTiverle  pour  arriver  à  une  place,  !i  un  emploi. 
L'EqliieJ'h.pée  et  la  Rohcsont  trois  débouchés   ■ 
ou  debout  hers  pour  vos  eii/ims.  \ 

Il  signiHe  aussi  L'cxtriJinittr  d'un  défilé, d'un   ; 
col  de  monldj^ues.   I.'cnnemi  nous  attendait  au    1 
dêtioucié  ou  au  ^?etouc/ier.  Ilscprend  alors  dans 
le  même  sens  que  Débouchement ,  sortie. 

On  dit  fi^urénieut,  Tiouvcr  un  débouché 
pour  des  billets, des  marchandises ,  dont  on  n'a- 
voit  point  encore  trouvé  l'emploi,  ni  le  débit. 

.Voyel  DÉBOLCHEMKST. 

11  se  dit  aussi  pour  .Moyen ,  expédient.  C'ier. 
clef  un  débouché  pour  se  tirer  d'aj^nire,  d'em- 
barras,  I 

DÉBODCHEMENT.  s.  m.  Action  de  dcbou-    ' 
ciicr.  Le  f^bouc/iement  des  cfinauj:. 

nÉDOuCHEUEST,  signifie  aussi,  Le  pas-M^e 
d'i'.ii  endroit  resserré  dans  un  lieu  plus  ouvert. 
I.' armée  fut  attaquée  au  débouchement.  Il  se  dit  ! 
;iu«i  au  bguré  i)Oui'  Expédient,  moyen  de  se  j 
ficl'aire  utilement  de  billets,  de  marchandises, 
vu-,  dont  il  n'est  pas  aisé  de  faire  un  bon  em- 
1  ■•!  ou  OC  tiouver  le  de'blt.  On  a  trouvé  un 
JeTtoucïicment  pour  ces  billets.  On  chercne  un 
dèhouchsmenl  pour  ces  marchandises. 

nÉBOUCHER.  V.  a.  Ôter  ce  qui  bouche. 
Déboucher  une  bouteille.  Déboucher  les  che- 
mins, les  pasraijes, pour  dire,  Les  débarrasser, 
m  ôt«r  les  obstacles. 

On  dit,  .lu  i/éfioiiciier  d'un  défilé, au  débou. 
cher  des  monlannes,pour  dire,. Via  sortie  d'un 
défilé ,  au  sortir  des  montagnes.  El  alors  l'infi-  , 
ninf  est  emploNé  comme  substantif.  ! 

li  s'emploie  aussi  absolument.  V Armée  dé-  ': 
boucha.  i 

DÉBOUCiiEn ,  en  termes  de  .Médecine ,  signifie 
l'^Tacuer,  ^ler  les  obstiuclions.  Cette  médecine  ; 
vous  débouchera.  I 

DÉBOfCHEn.v.n.Sortir  d'un  endroit  rcssern-   j 
^our  passer  dans  un  lieu  plus  ouvert.  L'.irniee 
déboucha  des  moniatjnes  dans  h  plaine.  | 

DÉaotCHK,  ÉE.  participe.  ! 

DÉBOUCLER,  v.  act.  Dé^aser  de  sonatlaclia 
l'ardillon  d'une  bt>ucle.  Déboucler  une  cui' 
r  ISS4,  Déboucler  un  ceinturon.  Déboucler  des 
''ollines.     ' 

Il  t'emploie  aussi  avec  li'  pronom  personnel 
''on  soulier  s'est  débouclé. 

Ou  dit,  /)ci>ouclfr  une  jument,  pour  dire, 
tilcr  U'i  lioueirs  qu'on  lui  avoit  mises,  pout 
em|>^cher  qu'elle  ne  fût  saillie. 

Ou  dfi,  Dehuucler-  de.  cheveiu: ,  déboucler 
;ine  perruijHC .  pour  dire,  En  défaire  les  bouclo>, 
dofruer  des  cheveux,  défi-iter  une  perraque. 

UEaoocLK,  tt-  participe. 

DEBUULLLL  <.  m.  Tenus  de  Tcintnri»- 
To,      I. 


D  E  R 

Opération  pour  éprouver  la  qualité  du  teint 
d'une  L'iuffe.  ou  pour  lui  rendn;  sa  premiùre 
blanclieur  Mettre  une  étoffe  au  débouiUi. 

DKBOLMLLlR.v.a.Faire  bouillir  des  eclian- 
tillons  d'ctofFc  dans  l'eau  avec  certnins  ingré- 
diens,  pour  éprouver  si  la  teinture  de  rétofla 
rst  bonne  oa  dod. 

Di:BOUfU.i,  lE.  participe. 

DKIÎOU(^)UEME>T.  s.  m.  La  sortie  d'un 
vaisseau  hors  d'un  détroit. 

DICBOUQUKK.  v.  n.  Terme  de  Marine.  Sor- 
tir d'un  diWroit,  d'un  canal. 

I)î:iîOURIiEU.  V.  a.  Ûtcr  la  bourbe.  Déhonr- 
î>cr  uii  bassin  d'eau.  Débourher  un  fûssé.  Dé- 
bonrbcr  un  ctanq. 

On  dit  aussi,  Débourher  une  voiture.,  pour 
"lire,  La  tirer  do  la  i)Ourbc;FiiiVcrfétourl'tT  un 
f>oiV:;o;i ,  pour  dire,  I.e  mcllre  dans  de  l'eau 
claire,  pour  qu'il  perde  son  i;oût  de  bourbe. 

DÉBounuÉ.  ]':e.  participe. 

UÉIÎOL'UUEK.  V.  a.  Il  signifie  au  propre, 
Ôlcr  la  bourre.  Débouirer  un  fusH.  Hors  cette 
plirase ,  il  n'iist  gnrie  dusagequ'au  figuré.  Ainsi 
l'ou  dhy  Débouirer  un  jeune  Jiomme,  pour 
dire,  Lui  faire  perdre  le  mauvais  ton  ,  les  mau- 
vaises manières,  l'air  embarrassé  qu'il  avolt,  et 
le  former,  le  façonner.  Mettre  un  jeune  homme 
dans  le  monde,  dans  les  bonnes  compa(jnies, 
tooUr  le  débottrrer. 

On  dit  aussi ,  De'fcourrcr  un  chc\^al,  poui 
iTîrc,  Commencer  à  Tassouplir,  ù  le  rendra 
propre  aux  usages  auxquels  ou  le  destine- 

rtBouiinÉ,  ÉE.  participe. 

Di:BOURi>t:.ML.\T.  subst  m  Action  de  dé- 
bourser. 

DÉBOURSER,  v.  a.  Tirer  de  l'argent  de  sa 
bourse,  pour  faire  quelque  payement.  Il  a 
acheté  une  terre  ^  et  il  l'a  p..\ée  sans  rien  dé- 
bourser. Retirer  de  (jutlquun  Varqent  qu'on  a 
déboursé  pow  lui. 

DÉnoLRSÉ,  ÉE.  participe.  Il  n'y  a  rien  à  ra- 
battre là-dessus^  cest  un  arijent  tléhowsé. 

DÉBounsÉ^sVmpIoie  aussi  substantivement , 
pour  dire,  L'argent  qu'on  a  déboursé.  Il  faut 
tant  au  Procureur  pour  son  déboursé.  Le  Tail- 
leur ne  demande  que  son  déboursé.  Le  Procu- 
reur c  donné  un  mémoire  de  ses  déboursés. 

DEBOUT,  adv.  Sur  pied,  sur  ses  pieds.  71 
est  debout.  Se  tenir  dehvut,  f.alf:er  quelqu'un 
debout  y  pcui  dire,  ^e  pas  lui  proposer  do 
s'asseoir. 

On  dit,  ^(re  debout,  pour  dire,  Être  I.ors 
du  lit,  i^tre  levé.  Tou(  son  monde  vtoit  debout 
dès  le  matin.  U  se  porte  niiciLc.  il  est  debout. 
Et  on  dit  ab'-olunieut ,  Debout ,  quand  on  veut 
faire  lever  des  gens  qui  sont  couchés  ou  assis. 

Dedol'T,  se  dit  Du  bois,  lorsqu'on  le  met 
de  sa  hauteur.  Mettre  du  bois  debout.  On  dit 
dans  \r  Ultime  sens.  Mettre  un  tonneau  dt. 
fcoul,  pour  dire,  Le  mettre  sur  un  de  ses  fonds. 
Et  on  dit  d'Un  ancien  lûlinienl,  qu'il  est  en- 
core debout,  |)(tur  dire,  qu  11  subsiste  encore. 

On  dit,  que  Des  marchandises  passent  de- 
bout par  une  i'ifïe,  Lorsqu'elii4  y  passent  sans 
décharger.  La  marchandises  qui  passent  debout 
pavent  moins  de  dioit  que  les  autres. 


DEB  3()9 

On  dit  figurénicnt  et  faniiliènment  d'Uu 
homme,  qu7/  ne  saurait  tomber  que  debout^ 
pour  dire, qu'il  a  tant  de  ressources  dilTcientes, 
que  si  lune  lui  manque,  l'autre  ne  lui  man- 
quera pas. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  fatigué  qui  s'as- 
soupit, qu7l  dort  tout  debout.  Faire  des  contes 
a  dormir  debout,  pour  dire,  Des  fables,  des 
récits  ennuyeux,  des  contes  en  l'air. 

i)EBotT.  Tcrm."!  de  Marine.  U  se  dit  d'Un 
vent  absolument  contraire.  Sous  avions  le  vcni 
debout. 

DÉBOUrea.  v.  a.  Terme  de  Pratique.  Dé- 
clarer par  Sentence,  par  Arrcl,  que  quelqu'un 
est  déchu  de  la  demande  qu'il  a  faite  en  Jus- 
tice. Il  a  été  débouté  de  sa  demande,  de  son  op- 
position ,  de  SCS  prétentions.  Les  Arrêts  por- 
tent :  La  Cour  Va  débouté  cl  déboute. 

Dkbouté,  éi:.  participe. 

DÉBOUTONNER,  v.  a.  Ôter,  faire  sortir 
les  boutons  d'une  boulonnière  ou  d'une  ganse. 
Déboutonner  sa  soutane,  son  justaucorps.  On 
dit  aussi  dans  le  même  sens,  Se  déboutonner. 
pour  dire,  Déboutoiuier  sa  soutane,  sa  veste, 
son  justaucorps. 

On  dit  fi^urcmcnl  et  fumilièrement,  Se  dé- 
boutonner avoc  ses  amis,  pour  dire.  Parler  H- 
bremeut  avec  eux,  leur  ouvrir  son  cœur,  leur 
dire  tout  ce  qu'on  pense. 

DÈBOtiTONNL,  LE.  participe.  J ustaucorps  dé- 
boutonne. Cet  homme  est  toujours  déboutonné. 

Ou  dit  proverbialement,  Rire  à  rentre  dé- 
boutonne ,  povu'  dire,  Kii^e  excessivement;  et 
Mancjer  à  ventre  déboutonné,  pour  dite,  Mr-i:- 
ger  avec  excès. 

DÉBRAILLER,  Se  oÉonAiLLun.  v.  pronom. 
Se  découvrir  la  gorge,  l'estomac  ,  avec  quelque 
indécence.  Se  debraillcr  devant  tout  le  monde. 

DÉBnAiLi.É,  ÉE.  participe.  Un  homme  tout 
débraillé,  une  femme  toute  débraillée. 

DEBREDOUILLEU,  v.  a.  Terme  du  jeu  de 
Trictrac,  pour  dire,. Faire  ôter  la  bredouille, 
ou  empêcher  quun  homme  ne  puisse  gagner 
partie  double.  Je  vous  débredouille.  Se  débie- 
douiller. 

D^onEDOUiLLÉ,  iE.  participe. 

DÉBRIDER.  V.  a.Ùter  la  bride  ït  un  chcva'u 
Il  ne  faut  pas  sitôt  débrider  ce  cheval. 

U  »>e  dit  aussi  absolument,  et  il  s'y  joint 
alors  une  idée  de  repos,  de  cessation  de  mou- 
vement. Il  est  temps  de  débrider.  Toute  la  Ca- 
valerie i>enoit  de  débrider  ,  quand  tout  d'un 
coup  on  vit  paroltre  les  ennemis.  Faire  dix 
lieues  sa:\s  débrider. 

Sans  DÉsnioEn  ,  se  dit  figurément  et  fami- 
lièrement, pour  dire,  Tout  de  suite,  et  sans 
interrn]iti<  n.llaf  arlé pendant  trois  heuftt sans 
dtbiider.  J'ai  dormi  stpt  heures  saiu  débrider. 
Il  est  làm'lier. 

DLBiuDEn,  se  dit  aussi  figurément  dans  le 
style  tamiher  ,  en  parlant  De  certaines  chose* 
qu'on  fait  avec  une  extrême  précipitation. 
Voyez  comme  il  débride.  Il  a  bientôt  débridé 
ton  Bréviaire. 

DÉBiiiDÉ ,  ÉE.  participe. 

DÉBKIS.  s.  m.  Les  reste\  d'un  vaisseau  qui 
47 


3^0 


DR  13 

a  fait  naufrage ,  d'un  bùtinieut  ruiné .  d'iui  pa- 
lais dctruit,  il'uuc  ville  saccagëe.  71  ne  put 
rien  muver  du  débris,  des  débris  de  son  inits- 
statt.  Tout  ce  Cfuil  put  recueillir  du  déhns  de 

son  naufriitjc,  fut Cette  inlle  n'offre  ;  /us 

que  les  Irisies  débris  de  maisons  réduites  en 
cendres. 

On  dit  figur^nient  et  familicTcinent,  Les  dc- 
biïj  d'un  souper,  les  débris  d'un  fitté,  pour. 
Les  restes  d'un  souper,  d'un  pâté. 

DÉBiiis,  se  dit  iijiuronicnt  Du  bien  qui  reslc 
à  un  houime  apris  un  grand  revers  de  fortune, 
et  des  troupes  qui  restent  après  la  défaite  d'une 
armée,  d'un  régiment,  etc.  /(  lui  reste  encore 
des  biens  du  débris,  des  débris  de  sa  fortune, 
fivec  ce  qu'il  put  ramasser  du  débris  de  l'armée, 
il  ft  tête  aux  ennemis. 

DÉBnis ,  se  dit  aussi  Du  dégât  que  Je  grandi 
trains,  de  grands  équipages  font  dans  U'S  ]j»V 
tsileries.  On  ft  donner  tant  à  l'Iivte  pour  II 
iébris. 

DÉBROUILLEMENT.  subst.  m.  Action  d( 
démêler,  de  débrouiller  une  chose  embrouilla 
Il  est  e^vacl  et  habile,  il  faut  lui  laisser  le  dé 
fcroiiillemcnt  de  celte  affaire.  Il  fera  /oil  (jiVl 
ce  débrouillement 

DÉBROUILLER,  v.  a.  Démêler,  meltif 
l'ordre  dans  les  choses  qui  étolent  en  confusion. 
Les  Poètes  disent  que  V Amour  débrouilla  li 
cht.os.  Débrouiller  des  papiers  qui  sont  mal  er 
ordre. 

DÉnnouiLLEn,  se  dit  figurëmrnt,  en  parlani 
D'.')(l;ines .  (V  questions,  d'intrigues,  et  de  ma- 
i<!re»  semblables,  pour  dire,  Les  démêler,  lel 
éclairclr.  C'est  ^n  chaos  d'a'finres  trés-di^ftcile' 
à  débroudler.  Cette  a  jfiiire  n'est  pas  encorehie» 
débrouillée  dans  ma  tète. 

DÉDnofiLi.K,  KE.  participe. 

DÉBRUTIR.  V.  a.  Dégrossir,  oter  ce  qu'il 
y  a  de  plus  rude  et  de  plus  l)rut.  Il  se  dit  prln» 
cipalcnient  Des  glaces  de  miroir.  Uébrutir  urn 
ijlace.  Débrutir  un  marbre. 

DÉnnuTi,  lE.  participe. 

DÉBUCHER.  V.  n.  Soriir  du  bois.  Il  so  dil 
Des  bêtes  fauves  qui  sortent  de  l'endroit  di' 
bois  où  elles  s'clolent  retirées.  Le  cerf  n  di- 
bûché. 

U  s'emploie  aussi  substantivement.  Il  si 
trouva  au  débucher. 

DÉBUSQUEMENT.  s.  m.  L'action  de.dé- 
husfpier.  • 

DÉBU.'-QUr.K.  verb.  a.  Chasser  quelqu'un 
d'un  poste  avanlageux.  Les  ennemis  s'étoienl 
postés  sur  une  hauteur,  on  les  en  débusqua  d 
coups  de  canon. 

U  signifie  figurcment,  Déposséder  d'un  él.Tt, 
d'un  emploi  avantageux  ;  et  cela  s'entend  ordi- 
nairement d'un  concurrent,  d'im  rival  qui  en 
dépossède  un  autre.  /I  éfoi'ï  entré  dans  le  Mi' 
nistère,  dans  tes  Finances,  mais  on  l'en  a  dé' 
hitsqué.  Il  avoit  plus  de  part  qu'aucun  autre  à 
la  f)i(î/ivci/!aïirt*(/c  ce  Prince,  un  nouveau  venu 
l'a  déhiLsquc.  U  est  du  style  familier, 
Dkdusqijé,  ki-:.  participe. 
DI-^BUT.  s.  m.  Le  premier  coup  5  certains 
jruT,  eomuic  au  mail,  au  billaid,  à  la  boule, 


DEC 

etc.  Vvilà  uu  heati  début.  Faire  un  beau  début 
\\  se  dit  piir  extension ,  Des  autres  jeux. 

On  dit,  quTne  boule  est  en  beau  début ^ 
pour  dire,  qu'On  ta  peut  aisément  ôter  du  but. 
ou  d'anpri's  <Iu  but. 

DÉBDT,  se  dit  tî^urdment  Duconunencenirnt 
d'une  enlrpprisc,  d'une  airairc.  d'iui  dlsrours, 
(icB  prcniifis  actes  qu'on  fait  dans  une  profes- 
sion. Voilà  un  beau  début ,  un  mauvais  début. 

Il  se  dit  particulièrem.  Des  premiers  temps 
employés  par  les  Comédiens  pour  essayer  leuis 
talens  sur  l'un  des  théâtres  de  la  Capitale.  H  a 
obtenu  un  ordre  de  début.  Son  début  a  duré 
tj'ûis  mois,  Un  râle  de  début. 

DÉBUTANT,  ANTE.  s.  Celui,  celle  qui 
dtbute.  Il  se  dit  principalement  Des  Comé- 
diens. Le  debulaitt  et  la  dcbutaute  ont  été  loii 
applaudis. 

DÉ3UTER.  V.  n.  Jouer  le  premier  coup  il 
certains  jeux,  comme  au  mail,  lu  la  boule,  etc. 
[l  a  débuté  par  un  beau  coup.  U  se  dit  par  ex- 
lension ,  De  tous  IfS  autres  jeux. 

U  signifie  fîgurémcnt,  Faire  les  premiL-rei 
ilt?marclies  dans  un  genre  de  vie,  dans  une  en- 
ireprise;  Faire  les  premiers  actes  dans  unfl 
profession,  les  premiers  pas  dans  une  carrière. 
Il  a  mal  débuté  dans  le  monde.  Cet  homme  t 
bien  débuté  à  la  Cour.  Il  débuta  par  un  lonçj 
discours.  Voilà  bien  débuté.  VoUà  mal  débuté. 
Un  Comédien  (jui  débute. 

DÉ3UTEÏI,  est  aussi  actif,  et  signifie,  ôtel 
du  but,  d'auprès  du  but.  Débuter  uuf  boule. 

DÉauTÉ»  YT..  pariiripfi 

DKC 

DE-ÇÀ.  Voyez  Ça. 
'       DÉCACHETER,   v.   a.   Ouvrir   ce  qui  est 
rachelé.  Décacheter  une  lettre^  un  puijuet. 

DÉCACHETiS,  ÉE.  participe. 

DI'-CADE.  s.  f.  Dizaine.  Espacededix  jours, 
première ,  seconde ^  troisième  Décade. 

Di-CAOE,  .se  dit  aus.si  d'Un  ouvrage  composa 
i!e  plusieurs  parties,  dont  cliacune  contient 
dix  livres.  Les  Décades  de  Tite-I.ive. 

DÉCADENCE,  s.  f.  Disposition  û  la  chute, 
à  la  destruction,  état  de  ce  qui  tend  à  sa  ruine, 
commencement  de  ruine.  Ce  palais  s'en  va  en 
décadence.  Tomber  en  décadence.  Aller,  en  dé- 
cadence. 

Il  se  <lit  figuremsut  De  mut  ce  qui  va  vers 
;;on  déclin,  de  tout  état  qui  devient  moins  avan- 
tageux, moins  agrcrd>Ie.  La  décadence  de  VEm- 
pire.  La  décadence  des  ajjiiires  d'un  État.  La 
décadence  des  Lettres.  Sa  santé^  ses  afptires 
vont  en  décadence.  La  décadence  du  Commerce. 
Un  crédit  <jui  va  en  décadence.  Une  maison  ou 
famille  qui  tombe  en  décadence. 

DÉC.\(;ONE.  s.  m.  Figure  qui  a  dix  angles 
et  dix  côtés.  Un  décagone  régulier  a  ses  ancjlcs 
t'ï  ses  côtés  énaïux.  Un  décatjone^  Un  ouvr:'};o 
compose  de  dix  bastions.  U  est  aussi  adjectif. 
Un  bassin  décaqotu:. 

DÉCAISSER.  V.  a.  Tirer  d'une  caisse.  Il 
faut  décaisser  ces  (H'anqers.  Quand  on  aura  dé- 
caissé toutes  ca  muvchandvics. 

DÉCAISSÉ,  ÉE.  participe. 


DEC 

DÈCALOGUE.  s.  m.  Les  di\  Commandc- 
mens  de  Dieu ,  les  dix  Comniandeuiens  de  la 
Loi  donnée  à  Moïse.  Les  préceptes  du  Décch- 
loque. 

DftCALQ'UER.  v.  act.  Tirer  une  contre- 
épreuve  d'un  dessin, 

DÉCALQOÉ ,  KK.  participe. 
DÉCAlMÉROiN.  s.  m.  U  se  dit  d'Un  ouvrage 
composé  de  parties  distribuées  en  dix  journées. 
Le  Décaméron  de  Bocace. 

DÉC.4MPEMENT.S.  m.  L'action  de  décam- 
per. Le  décampemenl  se  fit  avec  précipitatioiu 
Une  heure  aprésle  décampement. 

DI^CAMPER.  V.  n.  Lever  le  camp.  Varmée 
fat  ohliqée  de  décamper.  Dés  que  l'armée  eut 
d^-campt.  On  décampa  au  point  du  jour. 

U  signifie  figurément  et  familièrement,  Se 
retirer  proniplcment  de  quelque  lieu,  s'enfuir. 
fl  vous  craint  extrêmement  ;  dés  qu'il  vous 
voit,  il  déeatnpc.  Quand  il  sut  que  les  Archers 
le  (herchoient ,  il  décampa  bien  vite. 

DÉCANAT.  s.  m.  Dignité  de  Doyen.  Le  Dé- 
canat  du  sacré  CoUcne.  Il  se  prend  aussi  quel- 
ijuefois  pour  Le  temps  de  la  durée  de  celle  di- 
gnité. SoM  Décanat  a  duré  ti'ois  ans. 

DÉCANT.VnoiîJ.  s.  f.  Action  par  laquelle 
!e  Chimiste  verse  quelque  liqueur  en  inclinant 
doucement  le  vaisseau. 

DÉCANTER,  v.  a.  Terme  de  C.liimie  et  de 
Pharmacie.  "Verser  doucement  une  liqueur  au 
tond  de  laquelle  il  s'est  fait  un  dépùt. 
DÉCANTÉ,  ÉE.  participe. 
DÉCAPER.  V.  a.Tirme  de  Chimie.  Enle<«r 
le  vert-de-gris  du  cn'vre.  Décaper  du  culvrt. 
Décapé  ,  ée.  participe. 

DÉCAPER.  V.  n.  Terme  de  Marine,  Passe» 
nn  cap.  Ce  vaisseau  a  décapé.  ?ious  avons  di' 
tapé. 

DÉCAPITATION. s.  f.  Action  de  décapiter. 
Voyn  Diîcou.ATiON. 

DECAPITER.  T.  a.  Décoller,  couper  la  lèie 
i  quelqu'un  par  ordre  de  .Tustice.  On  l'a  dù- 
hipilé. 

DivCATiTÉ,  ÉE.  participe. 
Dl'.CARRELER.v.a.Ôler  les  carreaux  d'un» 
rlianibrc.  Il  a  fait  décarrelcr  sa  chambre. 
DrcARBELÉ,  ÉE.  participe 
DÉc:ASYLLABE.  adj.  des  a  genres.  { l'S  « 
li:  son  fort.  )  Il  se  dit  Iles  vers  françois  de  dix 
syllabes. 

DÉCÉDER.  V.  n.  Mourir  de  mort  naturelle. 
11  ne  se  dit  que  Des  personnes.  Il  décida  un  Ici 
jour. 

DÉCÉDÉ,  ÉE.  participe. 
DÉCÉLEMENT.  s.  m.  Action  de  déceler. 
DÉCELER.  V.  a.  Découvrir  ce  qni  est  cachi!. 
Il  se  dit  Des  choses  et  dis  personnes.  Déceler 
un  secret.  Déceler  un  crime.  Il  s'était  caché 
chez  son  ami,  on  l'a  décelé.  Il  ne  veut  pas  Mrs 
connu, nel'alle-:,  pas  déceler.  Son  embaircu  ili- 
rela  son  et  imc. 

DÉCELÉ,  ÉE.  participe. 

DÉCEMBRE,  s.  m.  Le  dernier  mois  de  l'an. 

née,  ainsi  nommé,  parce  qu'il  éloit  le  dixième 

i  de  l'année  Romaine.  Le  mois  de  Décembre.  Le 

|)rcm;er  du  Dccembie.  Cela  arriva  en  Décembre. 


DEC 

DÉŒyiSIFW'Iadv.  Dune  manière  dcccnlt. 
Il  est  vêtu  fort  dccemment. 

DÉCEMVIR.s.  m.  Ce  root  n'est  en  usa-i 
qu'en  parlant  De  l'Histoire  Romaine,  on  il  se 
dit  d'iu  de»  dix  Magistrats  crert  par  la  lU'j)»- 
bliquc  tfri  diverses  occasions.  Les  premiers  De- 
cenii  iVi  frenl  les  Lois  des  Jouz£  TMes.  /,« 
fioiivoir  des  Décemvirs. 

Dl'iCEMVIKAL,  AI.E.  adj.  Qui  appartient 
aux  Dccemvirs.  Colle'jc  décemi'iral.  Autoriti 
dècenii'irale. 

niXE.MVIRAT.  s.  m.  Dignii.'  de  Dcccmvir 
il  signifie  aussi  Le  tonips  (jne  durcit  cette  di- 
gnité. 

DÉCENCE,  s.  f.  Bienséance,  honnêteté ext^. 
ricure.convcniincenvcc  leslieux,  les  temps  et  les 
personnes.  Il  n'est  pas  de  la  décence  de  jcire 
telle  chose.  Cela  nest  pas  dans  la  décence. 

DÉCENNAL,  ALE.  adj.  Qui  dure,  ou  qui 
revient  tous  les  dix  ans.  On  donnoil  le  nom  de 
Décennales  aux  lêles  célébrées  tous  les  dix  ans, 
rt  dans  lesquelles  on  faisoit  des  vœux  pour  les 
Empereurs.  Manislrature  décennale.  Fêtes  dé- 
eennales.  Vteuar  décennaiu:. 

DECENT,  ENTE,  adjcclil'.  Qui  est  dans  les 
Icrmcb  de  la  décence,  selon  les  rèjïlcs  de  V.i 
biensé.mce  «t  de  l'ijoiuiéteté  extérieure.  /(  n'ai 

pas  décent  à  un  Mngtstrat  de Etre  en  hahtt 

décent. 

DÉCEPTION,  s.  f.  Tromperie,  séduction. 
Cela  s'est  fait  sans  fraude  ni  déception.  1]  n'est 
i;uére  d'usa;;e  qu'au  Palais. 

ni-T;EHNr.lî.  v.  a. Ordonner  iuridiqnoiin  mI. 
ordonner  par  lutoritc  publique.  Décerner  un 
ajournement  personnel.  On  a  décerne  de  {jrandci 
peines  contre  eux.  Décerner  des  récompenses. 
Lt  Sénat  lui  décerna  le  triomphe. Le  Sénat  dé- 
cerna les  honneurs  divins  à  Auguste. 

DÉCEKXÉ,  ÉE.  partici|>e. 

DÉCÈS,  subst.  niasc  Mon  naturelle  d'une 
personne.  Le  jour  d£  ton  décès.  Après  son 
ilicé^ 

DÉCEVABLE.  adject.  des  2  genres.  Sujet  i 
ttn  trompa 

DÉCEVANT,  ANTE.  adject  Qui  trompe. 
Espoir  décevant.  Propos  décevant.  Paroles  dé- 
celantes. 

DÉCEVOIR.  V.  a.  Je  déçois,  lu  Jéçois,  il 
ilfçoil  ;  nouj  décevons  ^  vous  décevez,  ils  dé- 
çoivent Je  décevois.  Je  déçus.  Je  décevrai.  Dé- 
çois. Qu'il  déçoive.  Que  je  déçusse.  Je  décevrais. 
i)éavarif.  .Séduire,  tromper  par  quelque  cliosa 
lie  ip^cieux  et  d'engageant.  Ca  propositions  ni 
tendent  t^u'à  vous  décevoir.  Ses  efpéranccs  ont 
été  lieçues. 

DÉCO ,  or.,  participe. 

UÉcnAÎNEJKNT.  ».  m.  Ih  n'cM  d'usn^e 
;ue  dans  le  fi^ré,  et  si^^niGe  EmportemenI 
4  xtrt'nie,  qui  s'exprime  pardis  dis<~ours  violeni 
oudc0  paroles  injurieuses.  //  est  dans  un  perpé- 
tuel déchaînement  contre  nous.  On  ne  vit  ja- 
nuiu  un  pjrcii  liéchalnemcnL 

DÉCHAÎNER.  T.  .et  ôter,  détacher  de  la 
chaioc.  On  ilécliaina  les  captifs.  Déchaîner  wi 
cAien. 

Il  sigoiGe  riguremcni.  Exciter,  animer,  irri- 


DEC 

xi  conlre  (jueliju'un.  H  déchaîna  tonte  la  ce- 
haie  contre  lui. 

On  dit  fi;^urênienl  et  avec  le  pronom  per- 
sonnel. Se  déchaîner  contre  (jiiel(ju'un ,  pour 
Jire,  S'einporlcr  ouverleinentj  avec  violence, 
i-unlre  lui.  Je  ne  sais  pourquoi  U  se  déchuîna 
■  /ur(  contre  vous. 

On  dit  aussi  fiîjurcm.,  en  pathmtd'Ungrand 
ijr.!f;e,  qu'/ï  scmhloit  (jue  tous  les  vents  fussent 
dtchtihiés, 

niiCHAÎNÉ.  FE.  participe. 

On  ditd'Lii  nu'cliaut  Iiommc  qui  se  permet 
toul,  et  qui  uc  garde  aucune  mesure,  C'est  un 
lïiafcle  décha'^iè. 

DÉCIIAM'KR.  V.  n.  Il  «tdu  style  familier. 
Changer  de  ton  ,  rabattre  de  ses  vretenlions. 
ie  ses  espérances,  de  sa  vanité.  Il  nVst  gUL-re 
i'usage  qu'eu  ces  façons  de  parler  :  Il  a  bien  eu 
î  déchanter.  Il  faudra  déchanter.  Il  espérait 
VI  tirer  de  grands  avantages^  mais  il  y  aura 
}ien  à  déchanter.  Je  le  ferai  bien  déchanter, 

DÉCIlAPRRON>'ER.  y.  act.  Ôter  le  chape- 
ron. Il  ne  se  dit  que  Dos  oiseaux  de  proie. 

DÉCBAPtnoNst,  ÉE.  parlicipe. 

DKCHARGE.  s.  f.  L'action  par  laquelle  on 
Iccliarj^e  des  hardes,  des  ballots,  des  roarchan- 
iLscs.  ^e  trouvera  la  déduirqe  d'un  ballot.  Les 
)Us.saqcrs  sont  obligés  de  faire  la  décharge  de 
it'firs  marchandises  en  tel  endioit. 

Il  se  dit  aussi  Des  hateaux,  des  charrettes, 

ies  hHi'S  de  somme  sur  lesquelles  des  mar- 

lliandiscs  sont  chargres.    Se  trouver  à  la  dé- 

hurqi'  de  li  charrette,  à  la  décharge  du  ha- 

kau,  etc. 

7)ÊcHAnoE,  se  dit  aussi  De  plusieurs  coupj 
â'armes  à  feu,  comme  de  mousquet,  de  canon, 
Hc.  lorsqu'on  les  tire  tout  à  la  fois.  Àprèi 
avoir  essuyé  la  première  décharge  des  ennemis, 
on  alla  à  eujc  Vcpèe  à  la  main.  Ils  firent  d'à- 
hord  une  furieuse  décharge.  Une  décharge  de 
moiu<:queta'ie.  La  décharge  d'une  batterie  de 
tanon&. 

On  dit.  Une  dicharge  de  coups  de  bâton, 
pour  diri',  Des  bastonnades. 

Il  signifie  aussi  L'acte  par  lequel  on  dé- 
rliarg''  quelqu'un  d'une  obligation,  d'une  re- 
devance, d'une  chose  dont  il  cloit  chargé.  Dé- 
charge bonne  et  valable  On  ne  saurait  lui  rien 
demander,  il  a  sa  décharge.  On  lui  a  donné 
une  décharge  de  tout.  On  iravaiVe  a  rctiv 
décharge. 

DÉCHAROE,  est  aussi  Ce  que  les  témoins 
disent  pour  décharger  un  accusé.  Informer  à 
charge  et  à  décharge.  Ils  ont  tous  parlé  à  votre 
décharge,  La  déposition  dci  témoins  est,  fnil 
la  décharge  de  Vaccusé. 

DÉ^nAncE,  est  aussi  L'endroit,  le  trou,  le 
tuyau,  la  grille,  par  laquelle  l'eau  d'une  fon- 
taine ,  d'un  étang ,  d'un  canal ,  se  décharge.  La 
fontaine  a  sa  décharge  à  lungt  pas  de  ià. 

On  dit  aussi,  La  déchgrge  des  humenrs^ 
pour  dire,  L'écoulement  des  liunjeur»  du  eorps 
humain. 

On  appelle  encore  Décharge  dans  une  mai- 
I  son,  Vu  'ieu  ou  l'on  serre  ce  qui  u  e^t  pas  d  un 
ijHaec  ordinaire. 


DEC  S71 

DÉCHAnGE,  signifie  aussi  Soulûgcmenl.  C\sl 
une  décharge  considérable  pour  lEtat.  H  est 
odieux  de  faire  sa  fille  Religieuse  pow  la  dé- 
charge de  la  famille. 

Un  dit,  La  décharge  de  la  conscience j  pour 
dire,  L'actjuit  de  I.i  conscience.  Je  vous  en  aver- 
tis pour  la  décharge  de  ma  conscience. 

DÉCHARGEMENT,  s.  m.  Action  de  dé- 
charger. 

DÉCHARGER,  v.  o.  Ôter  un  fardeau  du 
lien  où  ri  éloit.  Déchurga'  des  miu-chandi^^e;. 
Décharger  des  ballot.-. 

On  dit  aussi  ,  Dccliârger  un  crocheteur^ 
pour  dire.  Lui  ôler  le  iordeau  qu'il  porte.  El 
dans  I2  même  acception  on  dit  :  Décharger  un 
mulet ,  un  clicval  ,  une  charrette.  Décharger 
un  plancha-  gui  est  trop  charge. 

On  dit  familièrement,  Décharger  le  plan- 
cher, pour  dire,  Sortir,  se  retirer. 

On  dit  familièrement ,  Décharger  son  esto' 
mac,  décharger  son  l'cntrc,  pour  dire.  Soula- 
ger son  estomac ,  soulager  son  veuire  ,  par 
quelque  évacuation.  On  dit  aussi.  qu'L'ne  dro- 
gue décharge  le  cerveau,  pour  dire,  qu'Elle 
dégage  le  cer^-eau ,  qu'elle  le  soulage  des  hu- 
meurs qui  l'inconimodeiil. 

On  dit  figurémcnt,  Décharger  son  cœur, 
pour  dire,  Découvrir,  dt-clarer  avec  frandiise 
les  sujets  de  douleur  ou  de  plainte  que  l'on  a. 

On  dit  ,  Décharger  sa  conscience  .  pour 
dire.  Satisfaire  à  quelque  chose  à  quoi  l'on  est 
DU  1  on  se  croit  obligé  en  conscience.  Je  dis 
cela  pour  décharger  nui  rnnsricnce.  d'eu  dé- 
charge ma  conscience ,  et  j*en  charge  la  vôtre. 

On  dit  aussi  Cgurémenl  ,  Décharger  guel- 
cuUin  d\in  soin,  de  quelque  commission ^  de 
quelque  chose  de  pénible,  poui"  dire,  L'en  dis- 
penser ,  l'en  délivrer. 

On  dit ,  Se  décharger  d^une  affaire  sur 
quelqu'un.,  pour  dire,  Lui  en  remettre  je  soin. 

On  dit,  Décharger  un  arbre,  pour  dire.  En 
couper  quelques  branches ,  ou  en  ôter  det 
fruits,  quand  il  est  trop  cliargc  de  bois  ou  de 
fruits. 

On  dit,  Décharger  une  arme  à  feu,  pour 
dire.  L?  tirrr.  Il  fout  avoir  hi  plus  grande  at- 
tention de  décharger  ses  fusils  et  ses  pistolets 
avant  de  rentrei  chez  soi.  On  dît  aussi  la  môme 
chose,  pour  dire,  En  ôter  la  charge  avec  un 
lirtî-bourre.  Son  fusil,  son  pistolet  a  raté  phi- 
sieurs  fois '^  il  fut  uhliijé  de  le  décharger. 

On  dit  familièrement ,  Décharger  un  coup 
de  poing,  un  coup  de  bdlon,  un  coup  de  sabre, 
pour  dire,  Donner  de  toute  sa  force  un  coup 
de  poing,  un  coup  de  bâton,  un  coup  de 
sobre. 

Ondit,Dec/iarqcr  sa  bile, sa  colère  sur  quel- 
qu'un, pour  dire,  Lui  faire  sentir  les  effets  de 
sa  colère.  U  étoit  irrité  contre  sa  femme ,  il  a 
déchargé  sa  colère  contre  se>  enfans. 

DÉcuABCEn,  signifie  aussi,  Tenir  quitte, 
déeJarer  quitte  ,  délirrer  d'une  redevance  , 
d'une  demande,  d'une  dette,  d'un  impôt.  Il 
me  demandait  telle  chose,  j'en  ai  été  déchargé 
par  arrât.  On  ta  dcrhargé  de  Vatsignation.  Il 
''est  fait  décharger  de  la  (iite//c  de  ce  mituur* 

4;. 


3^2  DEC 

il  n  été  valahlcnicitt  déchargé.  CeVc  Province 
étoit  fort  chargée  de  tailles,  on  I  u  un  peu  de- 
charqve. 

Ou  dit,  Décharger  un  rtristre,  un  contrat, 
une  minute j  pour  dilrc,  Y  intllre  nue  quittaucc 
de  w  qu'où  a  reçu. 

On  dit,  Décharqer  un  accusé,  pour  dite, 
Porter  ténioigtiûj;e  en  5;i  *"iivcur,  dire  des 
clioscs  qui  vont  à  le  justifier.  Ils  Vavoienl 
charqê  d'ahoid  ,  mais  ensuite  ils  Vont  d^- 
ahargé. 

On  dit  aussi  eu  terme»  de  Jurisprudence, 
Dcchataer  d'iia:usation ,  pour  dire,  Prononcer 
par  un  jui^euiLMit  qu  un  atxuse  est  nnioccut  du 
délit  qu'on  lui  avoit  impute.  De  ces  deux  accu- 
sés Vup  a  été  mis  hors  de  Cour,  Vautre  a  éli'. 
décharné  de  V  accusation  ^  d'accusation^  de 
toute  accusation. 

Ou  dit,  quX^ie  rivière  se  d^char<je  dans  UU'' 
nutre,  dans  la  me/\pour  dire,  qu'KlIe  y  entre 
qu'elle  s'y  jette. 

On  dit,  qu'(/ne  couleur  se  Jéc/mn^'e,  pom 
dire  ,  qu'Elle  se  déteint  ,  et  devient  inoiu'; 
chargée. 

Déchargé,  êe.  participe. 

On  dit,  i[n'Un  cheval  est  déchargé ,  <.[vl  il es\ 
déchargé  d' encolure ^  pour  dire, qu'il  a  la  taillt. 
fine,  l'encolure  fine, 

DÉCHAIîr;i:UK.  s.  m.  Celui  qui  dccliarge 
les  marcha tidiscs.  Les  déchargeurs  de  dessus  it- 
Ports.  I^ansl' Artillerie, on  a})[)elle  l'-échargeur. 
Un  OlKcier  qui  a  soïn  de  décharger  les  poudre; 
et  les  nulrc'»  munitions. 

DÊCHAHNER.  v.  ;i.  Ôter  la  cîiair  de  dessui 
le»  os.  Décharncr  un  cadavre. 

Il  se  dit  aussi  fif^urémcnt ,  pour.  Dépouiller 
d'agrémcnset  d'oraemens.  En  voulant  trop  raf- 
finer sur  la  langue,  en  la  décharné. 

1\  signifie .trssi  Amaigrir, ôter  l'endionpoint. 
Cette  maladie  Va  fort  décharné. 

DÉCHARNIîR.  verb.  act.T(rme  de  Faucon- 
nerie. Voyez  Leurre. 

DÉCHARNÉ,  ÉE.  participe.  Son  plus  grand 
usageestdaus  la  signification  d'Amaigrir.  Corps 
décharné.  Visage  décharné.  Bras  décharné. 
Main  décharnée. 

On  dit  figuréincnt  Vn  style  décharné,  pour 
dire,  Un  style  trop  sec. 

DÉCHAU^ri::R,  v.  act.  se  dit,  en  termes 
d'Agriculture,  d'Une  terre  qu'on  cultive  avec 
la  l>èc]ic,  ou  la  charrue,  pour  la  défricher  el 
enterrer  ce  qui  reste  de  chaume  après  la 
moisson. 

On  le  dit  luissi  d  Une  terre  en  friche,  et  qui 
n'a  point  encore  été  cultivée:. 

DKCHAU.SSI-:ME?JT.  s.  m.  Se  dit  De  la  fa- 
çon qu'on  donne  aux  arbres  et  aux  vignes, 
quand  on  les  laboure  au  pied,  et  qu'on  ôlc 
quelque  peu  de  la  terre  qui  est  sur  les  racines. 

DÉCHAUSSER,  v.  act.  Ôtcr,  tirer  les  bas 
ou  les  souliers  à  quelqu'un.  Déchausser  son 
maître. 

H  s'emploie  aussi  avec  te  pronom  personnel. 
Se  déchausser. 

On  dit  aussi ,  Dec/inwsser  des  orhreu,  pour 
dire ,  ôtcr  b  terre  qui  est  autoiw  du  pied.  Les 


DEC 

lavincs  ont  déchaussé  ces  arbres;  Les  Jardiniera 
déchaussent  les  arbres  pour  mettre  du  fumier 
au  pied. 

On  dit,  Déchausser  les  dents,  pour  dire,  Les 
découvrir  et  les  détacher  de  la  gencive.  Il  ne 
faut  pas  se  frotter  les  dents  rudement,  parcf 
ijue  cela  le-  déchausse.  Ses  dents  se  déchantent. 

On  dit  fij*uiémentet  familièrement,  qu't/n 
homme  h^est  pas  digne  d'en  déchausser  un 
autre,  pour  dire,  qu'il  est  d'un  mérite  fort  in- 
t  ;neur. 

DÉCHAUSSÉ ,  ÉÊ.  participe.  On  appelle  Carnic:> 
Décliaussés ,  Les  ('armcs*quî  ne  portent  point 
de  bas,  et  qui  n'ont  que  des  sandales. 

On  les  appelle  aussi  par  corruption, Carmes 
Déchinuv. 

OÉCHAUSSOÏR.  s.  m.  Insti-ument  de  Chi- 
iTirgie,  qui  sert  à  .séparer  les  geucivcs  d'autour 
Jl'S  dents  qu'on  veut  arracher. 

DÉCÏIÉ.\JVCE.  s.  fém.  Perte  d'un  >|rnit.  A 
peine  de  déchéance.  Déchéance  de  droits.  De 
vhéance  de  privilèges. 

DECRET,  s.  lii.  Diminution  d'une  chose, 
1)11  en  elle-même,  ou  en  sa  valeur.  Il  y  a  du 
déchet  dans  la  fonte  des  monnoies.  Il  y  a  du 
déchet  sur  le  prix  de  certaines  espèces,  quand 
on  les  emporte  en  Pays  étranaer.  îl  faut  avoir 
soûl  de  remplir  les  tonneaux  de  vin  de  temps 
en  temps,  à  cause  du  déchet.  Il  y  a  toujours  du 
déchet  surle  nn  et  sur  le  hlé  nu'on  garde  trop 
iong-temps. 

DIX  HEVEL;^R.  v.  act.  Mettre  en  désordre 
la  f  !h".  rinre  de  que!  [n'un.  Cet  denr  femntes  en 
se  battant  se  sont  toutes  deux  déchevelées, 

Di'cnEVEi.É,  ÉE.  participe. 

DKCHIKFRARLE.  adj.  des  a  g.  (  On  n« 
prononce  qu'un  F  dans  ce  mot  et  les  trois  sui- 
vons. )  <^)ui  peut  ûtre  décliiffré.  Un  chiffre  (ju\ 
n'est  pas  déchiifrahli'.  Cette  lettre  n'est  pas  dé- 
cliijfrahîe.  Cela  cst-H  déchiffrable? 

DÊCillFFREMEM'.  s.  m.  Explication.  Il 
se  dit  De  l'action  de  déchifiler,  et  de  la  chos« 
même  qui  est  déchiffrée,  y/pporfei-moi  le  dé- 
chilpement  de  cette  lettre.  Par  le  déchiffrement 
de  cette  lettre^  on  apprit  que 

DECHIFFRER,  v.  a.  Expliquer  ce  qui  est 
l'crit  en  ch'itCve.  Dcchijfrer  une  lettre.  Un  chiffre 
malaisé  à  décfiiffrcr. 

H  bignifie  figurémcnt,  Lire  ce  qui  est  mal 
écrit  et  malaisé  à  lire.  Cela  est  si  mal  écrit,  que 
je  ne  le  .Maurois  déchifjrcr.  Déchiffrer  de  vieux 
titres.  Déchiffrer  des  inscriptions  anciennes 
prescpie  elfiicées. 

II  se  prend  encore  figurémcnt  dans  la  con- 
versation, pour,  Pénétrer  dans  une  aflairc  obs- 
cure, démêler  quelque  chose  d'enil>arr.TSsé,  de 
secret.  Cette  a'f'ire  étoit  d^/ici/e,  il  nous  Va 
i>ien  déchiffrée.  Je  ne  saurais  déchiffrer  toute 
cette  intrigue. 

On  dit  aussi  figurémcnt.  Déchiffrer  quel- 
qu'un, pour  dii*e.  Pénétrer,  faire  connoitre  un 
homme  en  découvrant  ses  inclinations,  et  ce 
<pu  hii  est  arrivé  de  plus  secret.  Il  se  prend 
plus  ordinairement  en  mauvaise  part.  On  a 
parlé  de  lui  dans  une  compagnie  o'i  on  Va  bien 
déchiffié. 


DEC 

ÛÉCHUFnÊ,  ÉE.  participe. 

DÉCIIIFFREUR.  s.  m.  Celui  qui  a  la  clef 
d'un  chiffre,  qui  est  charge  du  déchifilement. 

îl  se  dit  aussi  De  celui  qui  a  le  talent  de  de- 
chifircr  des  lettres  sans  en  avoir  lechiflVe. C'es( 
un  grand  décliijjreur,  un  excellent  déchijltew. 

DKCHIQUEIER.  v.  a.  Découper  en  faisan' 
iliverscs  taillades.  Déchiqueter  la  peau.  Déchi- 
queter la  chair. 

Ori  dit,  Déchiqueter  une  étoffe ^  pour  dire, 
V  faire  diverses  petites  taillade-. 

DÉCHIQUETÉ,  ÉE.  participe. 

DÉCHIQUETURi;.  s.  f.  Il  ne  se  dit  guère 
que  Des  taillades  qu'on  fait  'i  une  étoffe.  Il  ne 
faut  puint  de  déchiqueture  à  cet  habit. 

DI'.CHlRAiJE.  s.  m.  Action  de  défaire  un 
Uain  de  bois  flotte,  de  désasscmbler  les  plan- 
ches qui  composent  un  bateau.  Déchirauc  dé 
trains.  Déchirage  de  bateaux. 

DÉCniREMI':NT.  s.  m.  L'action  de  déchi- 
rer. Le  déchirement  des  habits  étoit  une  març^ 
de  douleur  et  d'indignation  parmi  les  Juifs. 

On  dit  aussi  au  figuré,  La  colique  cause 
quelquefois  des  déchiremens  d'entrailles. 

On  appelle  Déchirement  de  cœur.  Une  dou- 
leur vive  et  amère. 

DÉCHIRER,  v.  a.  Rompre,  mettre  en  pièces 
sans  se  servir  d'instrument  tranchant  II  ne  se 
dit  au  propre  que  des  étoffes,  de  la  toile,  du 
papier,  du  parchemin,  de  la  peau,  des  chairs, 
et  des  choses  de  cette  nature.  Déchirer  utie 
lettre.  Déchirer  un  contrat,  une  promesse.  Dé- 
chirer un  habit,  un  manteau.  J.cGrand-Prètre 
déchira  ses  vétemens.  Déchirer  une  plaie.  Oh 
le  déchira  à  coups  de  fouet.  Déchirer  à  bellet 
dents.  Il  s'est  déchiré  toute  la  main. 

Proverbialement ,  en  parlant  d'Un  hommi 
qui  ne  s'est  pas  fait  trop  prier  pour  faire  ce 
qu'on  désiroit  de  lui,  on  dit,  (]ull  ne  s'est  pas 
fait  déchirer  le  manteau,  qu'i7  ne  s'est  pas  fait 
dècliirer  son  nianteim  pour  cela. 

On  dit  figurémcnt  De  certaines  douleni-s 
vives  et  aiguës,  qiCElles  déchiu-nt  l'estomac^ 
qu'elles  déchirent  le>  entrailles. 

On  dit  encore  figurémcnt,  qu'f/nc  chose  dé- 
chire le  cœur  y  les  entrailles,  pour  dire,  qu'Ellc 
émeut  très-douloureuscinent,  qu'elle  excite  une 
grande,  une  vive  compassion.  Cette  mère  voyant 
wuifrir  son  fils  J  sesenioit  déchii'Cr  les  entrailles. 

On  dit  figurémcnt,  qu'Un  fjat  est  déchiré 
par  diverses  factions,  que  VEglise  est  déchu-ée 
par  un  .^chisme. 

On  dit  aussi  figurémcnt  dans  le  même  sens, 
que  Les  passions  opposées  déchirent  le  coeur ^ 
décliirent  Vdme;  que  les  remords  déchirent  la 
conscience. 

DÉcninER,  signifie  aussi  figurém.  Offenser, 
outrager  par  des  médisances,  par  des  calom- 
nies. Déchirer  son  prochain.  Déchirer  la  répiu 
tation  de  son  prochain. 

DÉCHinÉ,  FE.  participe. 

On  dit  (|u  (7u  homme  est  tout  déchiié,  pour 
dire,  que  Ses  habits  sont  tout  déchirés. 

On  dit  qu X'nc  femme.,  qu'une  fille  n*est  pas 

.k  trop  déchirée,  n'est  pas  (arif,  pas  .^i  <?c'cfcii«, 

pour  dire,  qu'Ellc  ncst  pas  laide,  qu'elle  fM 


DEC 

»8ei  jolie.  Tl  se  dît  aussi  dUne  femme  d'un 
rmain  âi^e,  qui  conserve  encore  des  restes  da 
t«auté.  Il  est  du  style  familier. 

On  dit  provcrlMalrmt-nt,  (lu'f'n  chien  har~ 
;nfit.r  ii  toujours  les  oreilles  lîéchirécs ,  pour 
diir,  (|n"Un  (]ucrpllciir  a  toujours  des  nfTalres 
dé.'i.if^rrablps. 

DKCIHKI'RK.  3.  r.  Mupture  Taite  ou  declii- 
rmïl.  //  Y  tl  une  déchirure  à  votrehahit.  Rocconi- 
moJer  une  déchirure.  La  déchirure  dune  plaie 
se  reprend  plus  aisément  qu'une  simple  coupure. 

\)ÉC}Wl}{.  r.  n.  Je  déchois^  tu  déchois,  il 
déchoit;  nous  déchoyons^  vous  déchoyez,  ils 
déchoient.  Je  déchus.  Je  décherrai.  Que  je  dé- 
chusse. Je  dccherroîs.  Que  je  déchoie^  que  tu 
déchoies.  Tomber  dans  un  état  moins  l)on  que 
celui  où  Von  ctoit.  Dédwir  de  son  rang  ,  de 
sœi  i)Oste.  Il  est  bien  déchu  âc  son  crédit,  de  sa 
faveur.  Il  est  fort  déchu  de  sa  réputation.  Il  est 
fort  déchu  dans  Vesttme  du  puhUc.  Depuis  ce 
moment  il  a  déchu  de  jour  en  jour.  Us  sont  dé- 
chue de  leurs  privilèges. 

Oc  dit  d'Un  liomme  avance  cd  âge,  qu7l 
commence  à  déchoir^  Lorsque  le-S  facultés  du 
corps  et  de  l'esprit  commencent  «k  s'afibiblif 
eo  lui. 

DÉCBOtn,  sedit  aussi  quelquefois  Des  choses; 
d  alora  il  signKîc,  diminuer.  Son  crédit  com- 
mence à  déchoir.  Dans  la  décadence  de  l'Em- 
pire Romain,  l'éloquence  commença  bientôt  à 
déchoir.  Déchoir  de  ses  espérances. 

Urchu,  lE.  participe. 

DÉCHOUKK.  V.  B.  Trnue  de  Marine.  ne!e- 
vor ,  remettre  à  Ilot  uu  vaisseau  eclioué. 

DÉCflouÊ,  i.E.  participe. 

DÉCIDÉ^ÏEM'.  adverbe.  D'une  manière  dé- 
ddée. 

L>ÉCIDER.  V.  a.  Piésoudre  ,  déterminer, 
porter  son  jugement  sur  un«  chose  doulense  ou 
csontesté-c,  r)t"ci(/er  une  affaire^  une  question^ 
«n  poinf  de  Droit. 

Il  sif;niGe  aussi ,  Terminer  une  contestation, 
ou  l'-ifTiirc  qui  est  ca  conteslatioD^  y  mettra 
fin.  Décider  un  différent,  le  dâcider  par  uni 
bataille. 

On  dit,  Décider  quel qii* un ,  "pour  dire,  Ijs 
déterminer.  Cette  raison  m^a  décide  à...  Cesl 
lui  qui  m'a  décidé  à... 

Il  s'emploie  neutralemcnt,  pour  dire,  Or- 
donner, dispo^e^.  C'est  à  vous  à  décider  de  mti 
fortune.  C'est  à  vous  à  en  décider.  Les  Juqa 
^écidcnf  de  la  l'ie  et  de  la  fortune  des  hommes. 
Décider  de  tout  y  sur  tout  à  tort  et  à  travers. 

U  s'emploie  encore  nculr.ilement,  pourdire. 
Porter  son  jugement  avec  trop  de  préstimplioii 
<t  de  confiance.  C'est  un  homme  qui  aime  à 
dcrxder,  qui  décide  trop  hardiment. 

n  se  dit  aussi  ovec  le  pronom  personnel, 
poNir  dire»  Prendre  son  parti.  Décidez-vous 
danr.  Il  $'est  décidé  trop  légèrement.  Il  a  hieu 
de  la  peine  à  se  décider. 

DÉcinK,  zv..  participe. 

On  dit,  qu't/n  homme  est  décidé,  qu'il  a  le 
caractère  décidé,  pour  dire,  qu'il  est  d'un  ca- 
tBclAre  ferme,  et  qu'il  i  des  priiicip^t  dont  il  no 
l'ÀCATta  point 


DEC 

DÈCÎ'M.VBLE.  adj.  des  a  genres.  Qui  est  su- 
jet  aux  décimes. 

DÉCIMAL,  ALK.  adj.  Terme  d'Aritliméti 
que.  Il  n'est  gut>re  d'usage  que  dans  ces  phra- 
ses. Fraction  décimale,  pom  signifier,  Une 
fraciîon  dont  les  parties  sont  des  dixièmes,  des 
rentièmes,  des  niillii'nies,  etc.  d'tuiite;  et  Cal- 
cul décimalj  Y^ouT  signifier,  Le  calcul  de  ces 
sortes  de  fraclions. 

On  dit  aussi  substanlivement  au  féminin. 
Une  décimale,  pour,  Une  fraction  décimale. 

DKC^IMATEUU.  s.  m.  ne  se  du  que  De  ct- 
lui  qui  a  droit  tle  lever  la  dime  dans  une  Pa- 
roisse. Principal  déciniateur.  Gros  dccïmattur. 

DÉCIMATK»'.  s.  f.  Action  de  décimer.  La 
décimation  des  t^oUlats.  On  en  vint  à  lu  déci- 
mation  de  toute  la  Lètfion, 

DÉCIMIi.  s.  f.  La  dixième  partii'  des  reve- 
ntis  ecclésiastiques  levée  pour  quelque  aflairc 
importante  à  la  Religion  ou  à  l'Etat.  Le  second 
Concile  de  Lyon  ordonna  une  Décimepour  si-r. 
ans. 

DÉCIMES,  s.  f.  plur.  Ce  que  les  Bénéficiers 
payent  tous  les  ans  au  Roi  sur  le  revenu  de 
Iciu-s  B'UiéficeSH  Décimes  ordinaires.  Décimes 
iwtraordinaires.  Imposer  les  Décimes.  Payer 
ies  Décimes.  Receveur  des  Décimes.  Sergent  des 
Décimes.  Une  quittance  des  Décimes. 

DÉCIMER,  y.  a.  Dcdix  soldats  qui  ont  mé- 
rité d'être  punis  ,  suivant  les  lois  de  la  guerre, 
D'eu  punir  qu'un,  selon  que  le  sort  en  décide. 
Décimer  une  Compagnie,  Décimer  un  Régi- 
utnit. 

Di'Ci:»^,  ÉE.  paiiicipe. 

DÉCINTRER,  v.  a.  (Jler  les  cintres  d'une 
t'oùtc.  On  ne  ^écinfre  les  voiifes  que  quand 
(lies  sont  bien  sèchea. 

DÉciNTni:,  ée.  participe. 

DÉCINTREMETr.  s.  m.  Action  de  décin- 
trer. 

DÉCISIF,  IVE.  adj.  Qui  décide.  La  pièce 
décisive  d'un  procès.  Le  point  décisif  de  la 
cause.  Un  Jugement  décisif.  Vn  combat  déci- 
sif. Une  bataille  décisive. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes.  C'est  un 
homme  décisif.  Il  est  uu  peu  trop  décisif.  Le 
jcines  gens  sont  ordinairement  plus  décisi..'. 
■u'tl  ne  jaudroit. 

On  dit  aussi,  .(o^oir  l'esprit  décisifs  le  ton 
d'-Cisif  :  cl  dons  ces  deux  piirases,  Décisif  se 
prend  toujours  en  mauvni'j"  part. 

DÉCISION,  s.  f.  Ré.-ol-Jtion,  jugement  II 
se  dit  égalemenlet  ï>?s  personnes  qui  décident 
n  des  matii>re9qui  sont  décidées.  Cela  est  cou- 
tr'iire  (l'ix  décisions  des  ConcHes.  On  attend  ii 
décision  dif  Roi.  La  décision  des  Docteurs  fut... 
Une  Jécision  de  Droit.  La  décision  d'une  af- 
faire. La  décision  d'un  Dogme.  La  décision 
d'un  cas  de  conscience.  Les  décisions  de  la  Rote. 
La  décision  d'une  question  dépend  de  la  ma- 
nière dont  elle  est  posée. 

DÉCLSIVEME>T.  adv.  Dune  manière  <.'  - 
tisiTC.  Parler  décisivement. 

DÉCISOIRi:.  odj.  m.  Terme  do  Pratique.  Il 
^  ne  se  dit  qu'en  parlant  du  serment  d'une  Par- 
V    tic  qui  d'ci'îclc  ■lifl'én'rit  en  que^tion.  5erme»i( 


DEC  373 

iécisoire.  tl  ne  sera  pas  si  harii  quand  li  <n 
faudra  venir  au  serment  dicisoire. 

DKCLAMATEUR.  s.  m.  Qui  déclnmc.  On 
siipeloit  ainsi  LcsanciensRlit'leursqui  faisoiciit 
lies  exercices  d'éloquence  dans  leurs  écoles. 

On  dit  aujourd'hui  d'Dn  liomme  qui  récite 
en  public,  que  C'cxt  im  bon  dcclamateur ,  un 
miiuvais  déclamntcur.  l'.t  dans  ce  scn»  on  n'i 
i-^ard  (in'au  ton  et  aux  (;e\trs. 

On  dit  d'Un  Orateur  qui  a  plus  de  soin  d» 
'lioix  des-  paroles  et  de  la  prononciatiou ,  que 
des  pensées  et  de  la  composition  ,  qtie  Ce  n'est 
qu'un  déclamatenr.  El  on  appelle  Style  de  dé- 
ditmateiu-,  1,'n  style  ampoulé  et  plus  Gguré 
qu'il  ne  convient  au  sujet. 

On  dit  anssi,  Ton  déchimateur,  style  décla- 
muleur.  Et  drins  ce  sens  il  est  adjectif. 

DliCLAJLVnON.  V  f.  La  prononciation  et 
l'action  de  celui  qui  déclame.  La  déclamation 
est  une  des  principales  parties  de  l'Orateur. 
At'oir  la  déclamation  belle,  noble,  aisée.  En- 
tendre bien  Varl  de  la  déclamation.  Avo'ir  la 
déclamation  froide  et  mauvaise. 

DtciAMATios,  se  dit  aussi  d'Une  pièce  d'é- 
loquence composée  poiu-  être  déclamée.  Les  dé- 
clamations de  Quintilien.  Les  déclamations  de 
5énèi(iic  le  père.  Les  déclamations  du  CoUéqe. 

Il  se  dit  aussi  Ile  rafK'Ct-ition  des  termes  pom- 
peux et  figurés  dans  un  ouvrage  et  dans  un  sujet 
qui  ne  le  com|>orte  pas.  //  a  niélê  trop  de  dé- 
clamation dans  cette  pièce.  Une  àéclamat'on 
de  Colléqe. 

Il  se  prend  encore  pour  Invective.  .Sofi 
Plaidoyer,  snn  Factum  ne  contient  aucui< 
raison  solide;  c^e^it  une  déclamation  conti- 
nuelle, ce  ne  sont  que  des  déclamations  contre 
sa  Partie. 

DÉCI-AM.AÏOIRE.  adj.  des  2  Rcnre.s.  (,>ui 
appartient  à  la  déclamation,  yfrt  déclamatoire. 

U  signifie  aussi ,  Qui  ne  renferme  que  des 
déclamations.  Style  déclamatoire.  En  ce  sens  il 
ne  se  preijd  qu'en  niauraise  part. 

DÉCEAI\1ER.  V.  act.  Prononcer,  rA;iter  X 
haute  voix  et  d'un  ton  d'Orateur.  Déclamer  des 
vers  de  Virrjilc.  Déclamer  une  Oraison  de 
Cicéron.  Déclamer  en  public.  S'exercer  à  de- 
clamtr.  Vn  Prédicatew ,  un  Acteur  qui  déclame 
'  l'eu. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie  InTectiver, 
parler  avec  clialcur  contre  quelqu'un  ,  contre 
quelque  chose.  //  c^échuiic  (ouiours  contre  les 
personnes  en  place.  Déclamer  contre  le  vict. 
Déclamer  contre  le  Itixe. 

I)ÉC[.AMK,  LE.  participe.  Discours  bien  dé- 
clamé. 

DÉCLARATIF,  IVE.  ndj.  Terme  de  Pra- 
tique, qui  se  dit  d'Un  .Acte  par  lequel  on  dé- 
clare f(uel.|ue  clio.sc.  Il  n'est  guèied'ïisagequ'eii 
eertaines  phrases.  Il  rapporte  un  titre  qui  n'est 
pas  attributif  du  Droit,  mais  seulctTKnt  décla- 
ratif. 

DECLARATION.  1.  f.  Action  de  déchirer. 
Disccuirs,  acie  par  lequel  on  déclare.  Déclara- 
tion publique,  authentique ,  tolenrulle.  Depuis 
la  ditclaration  de  son  mariaqc.  Déclaration 
d'amour,   l'ahe   une  dtclarat'tun  it amour,  et 


374  BEC 

simplement,  une  àécUrution.  Il  ne  veut  jioint 
Je  cela,  il  en  fait  sa  tlcclùration.  Je  vous  fais  ' 
ma  àéclaration  que....  Déclaration  au  jjrojit 
aun  tiers.  Faire  sa  dichiralion  au  Grcff-. 

DiicLABArios,  signifie  aussi  Loi,  Oitlon- 
noncc,  Consliimion  du  Trince  eu  inlerim-la- 
lian  d'uQ  Édit.  Déclaratitm  ihi  livi  vcnfiéf  en 
Parlement,  enreyiitrce  i-n  Parlement.  Le  Roi, 
par  sa  Déclaration  d'un  tel  jour ,  enjoint  ..... 
En  vertu  ac  la  Déclaration  du  Roi.  Le  Roi  a 
donné  une  Déclaration  sur  VEdit  d'un  id  mois. 

On  appelle  Déclarat'on  de  guerre,  L'AcU: 
public  par  lequel  une  Puissance  déclare  l^i 
gnerre  i  une  autre.  La  déclaration  de  la  ijuern 
fut  suiVi'e  de.... 

Dt'cLAiiATios ,  en  terme»  de  Pratiijue,  n 
mend  aussi  quelquefois  pour  Dénomljrenicnt , 
énumôratioii.  Donner  une  déclaration  de  son 
bien.  Donner  la  déclaration  d'une  miiison, 
d'une  terre.  Déclaration  de  dépens.  Déclara^ 
tion  censuelle.  Donner  par  déclaration. 

DÉCLARATOmE.  adj.  des2  gcurcs.  Terina 
de  Pratique,  qui  se  dit  d'Un  Acie  par  lequel 
ou  déclare  juridiquement  quelque  chose.  Acte 
déclaratoire.  Sinlence  déclaratoire. 

DliCIARIÎR.  V.  a.  manifester,  faire  connoitre. 
JJc'clnrer  ses  intentior.s  à  (juclqu'un.  Il  lui  dé- 
clara ses  desseins.  Il  déclara  qu'il  prétendoit,... 
li  a  déclaré  son  mariane,  après  l'avoir  tenu 
U>nq-tenips  secret.  On  lui  fit  déclarer  ses  com- 
plices. 

En  parlant  d'Un  Souverain,  (hi  dit,  qu7I  (i 
déclaré  le  jour  de  son  départ,  qu'il  a  déclaré 
un  dessein,  etc.  pour  dire,qu'll  a  pi-bliqne^ 
ment  annoncé  qu'il  p;irliroit  nn  tel  jour ,  qu'il 
nvoitun  tel  dessein,  etc. 

Il  srgnifie  aussi,  Manifester  par  acte  public , 
par  autorité  pulilique.  Il  a  été  déclaré  atteint 
et  convaincu  d'un  tel  crime.  On  l'a  déclaré  cri 
ininel  de  Lèse-Majesté.  Son  muriacje  a  été  dé- 
claré nul. 

On  dit.  Déclarer  la  ijuerre,  pour  dire,  Dé- 
clarer qu'on  va  prendre  les  armes,  et  faire  dei 
actes  d  liaîtilité  contre  une  Puissance.  On  en- 
voya des  Hérauts  déclarer  la  guerre. 

Se  DïCLABEn.  V.  prou.  Sexpliqucr.  Il  ni 
veut  point  se  déclarer  là-dessus.  Il  s'en  est  dé- 
claré hautement. 

U  signifie  encore  ,  Se  manifester  ,  se  fair» 
connoitrc.  La  maladie  se  déciara.  La  petite  vé- 
role se  déclare.  La  victoire  s'est  déclarée  pour 
nous.  Il  s'est  déclaré  VÀuteur  d'un  tel  livre. 
Le  Public  s'est  déclaré  pour  lui,  pour  son  sen- 
timent, pour  son  opinion. 

Il  signifie  aussi,  Faire  connoitre  par  quel- 
"ns  démonstration  publique,  qu'on  donne  rai- 
j>n  k  une  personue  contre  une  autre.  Ces  dcit.t 
hommes  ayant  eu  querelle,  toute  la  Cour  se  do 
dura  pour. ... 

Il  signifie  encore.  Prendre  parti  dans  unr 
cuene  commencée.  Une  partie  de  l'Allcmaijne 
j*  déclara  pow  les  Suédois. On  força  ce  Frinc£ 
à  te  déclarer. 

D^LAsÉ ,  £e.  participe. 
DftCLlC.  s .  m.  Espèce  de  bélier  propre  il 
enfoncer  dea  pieux. 


DEC 

DÉCLIN,  s.  m.  I/ùlal  d'une  chose  qui  peu- 
clie  vers  sa  fin.  Le  lUclin  du  jour.  Le  déclin  de  • 
l'd(je.  Le  dùclin  dune  nudadie.  Le  dcclin  de  la 
Çwvrc.Le  dccliti  de  la  Lune.  Le  déclin  de  '"Em- 
[lire  Romain.  Sa  fortune  est  sur  son  déclin. 
Cette  htauté  est  sur  son  déclin. 

Declis,  se  dit  aussi  Ou  irssurl  d'une  arnid 
ù  feu,  par  Idjucl  le  chien  d'un  jjisloU-l,  d'un 
fusil.,  vient  à  s'ahallrc  sur  le  bassinet.  Le  dcclin 
vint  à  se  lâcher  y  à  se  dchander, 

DKCLINAIÎLK.  adj.  des  a  genres.  Ternie  de 
(ii-iimniaire.  <^>iii  ptiit  ctic  décliné,  ^'om  dcclî- 
nable. 

DÉCUIVAISON.  s.  i.  ïemi?  de  Gran)maire. 
Manière  de  faire  passer  les  noms  par  tous  les 
cas,  dans  les  Langues  qui  ont  des  cas.  Il  n'y  « 
f^oint  en  François  de  cas^  ni  par  conséquent  de 
déclinaisons  proprement  dites. 

DÉCLINAISON,  est  aussi  un  ternie  d'Astrono- 
mie. Il  se  dit  Des  Astres  eu  parlant  de  leur 
éloij;nement  de  l'Éiiuatcur.  Déclinaison  aus- 
trale. Déclinaison  boréale.  Et  eu  parlant  De 
l'aiguille  aimantée,  il  sif;nifie  son  éloignement 
du  îs'ord,  du  pôle  ,  à  l'ivst  ou  à  l'OuesL 

DÊCLINAjNT.  adj.  Il  n'est  guère  d'usage 
ïjue  dans  cette  phrase,  Cadran  déclinant,  qui 
6e  dit  d'Un  cadran  qui  ne  r^-yarde  pas  diroctc- 
tnent  quelqu'un  des  points  cardinaux. 

DÉCLINATOlRt:.  adj.  des  2  genres.  Terme 
âe  Pratique.  Il  n'est  guère  d'usage  qu'en  ces 
phrases,  E'xccptions  déclinutoires ,  F ins  décli- 
nafoires,  qui  s^  disent  Des  moyens  qu'on  allè- 
î;ue  pour  dérhui-r  une  Jurldittïou. 

Il  est  aussi  sul)stantif  masculin.  Faire  sioni. 
fier  un  déclinatoirc. 

DÉCLINIiK.  V.  n.  Déchoir,  j)encher  v<rs  sa 
fin.  Le  jour  commence  à  décliner.  Ce  malade^ 
cet  liomme  décline  tous  les  jours.  Sa  jièvre  dé- 
cline depuis  peu.  Ses  forces  déclinent  beau- 
coup. Il  va  en  déclinant.  Sa  jortunc  va  en  dé- 
vlinant. 

On  dit ,  en  parlant  de  la  Boussole ,  que  L\ii- 
(juille  décline  de  liint,  pour  dire,  qu'Elle  s'é 
loignc  de  tant  de  degrés  du  Nord. 

Et  l'on  dit  aussi ,  en  parlant  Des  Astres  , 
iju'/is  déclinent,  pour  dire  ,  qu'ils  e'éloignenl 
de  l'Equateur. 

DÉCLINER.  V,  a.  Ternie  de  (irammaire. 
l'^aire  passer  un  nom  par  tous  ses  cas,  dans  les 
Langues  qui  ont  des  cas,  telles  que  la  Grecque 
et  la  Latine. 

Décimer  son  nom,  sigi.ifie  familièrement. 
Dire  son  nom  dans  un  lieu  où  l'on  n'est  pas 
connu.  Il  fut  obligé  de  décliner  son  nom. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Décliner  une 
Juridiction.,  pour  dire,  Ne  vouloir  pas  rccon- 
noitre  la  Juridiction  d'un  Tribunal. 

En  termes  de  Gnomonique,  on  dit,  qu'I7n 
mur   décline  ,   Lorsqu'il   s'écarte   un  peu   du 
point  cardinal  qu  il  regarde  le  phis.  Ce  mur  de 
clinc  d\in  dcqré  duMidi  au  Couchant. 
DÉcusÉ,  ÉK.  participe. 
DÉCLIVITÉ,  s.  f.  Situation  d'une  chose  qui 
.  tst  en  pente.  La  déclivité  d'un  terrain. 

DÉCLOUE.  V.  a.  Ôter  la  dùture.  Il  a  été 
condamne  à  déclare  son  champ,  son  parc. 


DEC 

DiiCLos,  OSE.  participe.  Qui  n'est  plus  clos, 
ou  dont  une  partie  de  lu  clôture  est  loinhée.  U 
ne  se  dit  que  des  lieux  qui  sont  ordinairement 
clos.  Ce  )!orc  esl  déclos  en  plu.^ieurs  endroits. 

DIÎCLOUEH.  V.  a.  Détacher  quelque  chose 
en  arracliaut  li^s  clous  qui  lallachcnt.  Dé- 
cloue/- des  ais,  des  planchée.  Cela  est  tout  dé- 
cloué. 

DÉCLOUÉ,  fE.  participe. 

DÉCOCHEMEM'.  s.  m.  Action  de  décocher 
une  Uèche. 

DECOCni'.ll.  V.  aclif.  Tirer  une  flèche,  un 
irait  avec  l'arbalète,  ou  autre  machine  sembla- 
ble. Décocher  une  flèche. 

DÉCOCHÉ,  ÉE.  participe. 

DÉCOCl'lON.  s.  f.  &)mposition  médicinale 
qu'on  obtient  en  faisant  Imuillir  dans  l'eau  des 
drogues  ou  des  plantes  médicinales.  Boire  une 
décoction.  Faire  une  décoction  de  mauve.  Met- 
tre infuser  du  séné  dans  une  décoction  de  chi- 
corée. Faire  de  la  décoction  pour  un  lavement. 

DÉCOIFKEK.  V.  act.  Ôter,  défaire  la  coif- 
fure d'une  femme.  Sa  femme  de  chambre  la 
décoijjhit 

U  signifie  aussi,  Déranger  les  cheveux,  les 
mettre  en  desordre.  />c  Tcnt  ta  toute  décoiffée. 
Vous  allez  vous  décoiffa: 

U  se  dit  aussi  en  parlant  De  deux  (cmmci 
ijui  se  prennent  aux  cheveux  en  se  querellant. 
Elles  se  sont  prises  au.c  cheveux ,  et  elles  se  «ont 
iécoiffces  l'une  l'autre. 

On  dit,  Décoiffer  une  bouteille,  pour  dira, 
Uter  l'enveloppe  de  fil.nssequi  cntonte  le  bou- 
ihon;  et  par  extension,  La  boire,  la  vider. 

DÉCOIFFÉ ,  KE.  participe. 

DÉCOLLATION,  s.  f.  (On  pronon.  le»  L.) 
action  par  laqtielle  on  coupe  le  cou.  Ce  mot 
n'est  guère  en  usage  que  pour  signifier  le  mar- 
tyre de  Saint  Jean- Baptiste.  La  décollation  de 
Saint  Jean. 

DÉCOLLER.  V.  act.  Couper  le  cou  h  quel- 
qu'un. On  ne  décolloit  auti-efois  en  France  que 
les  Gentilshommes. 

DÉCOLLÉ,  ÉE.  participe. 

DÉCOLLER,  v.  act.  Séparer,  détacher  un» 
chose  qui  étoit  collée.  Dcroller  du  papier.  Dt- 
coller  une  estampe.  La  pluie  décolle  les  châssis. 

Il  se  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel.  Des 
ais  qui  se  décollent.  La  bordure  du  tahUau  t'est 
décollée. 

On  dit  au  jeu  du  Billard,  Décoller  une  bille, 
pour  dire ,  L'éloigner  de  la  bande. 

DÉCOLLÉ,  ÉE.  participe. 

DÉCOLLETER,  v.  a.  Découvrir  la  gorge  et 
les  épaules. 

Il  s'emploie  aussi  au  neutre.  Vous  avez  la  un 
habit  qui  décolleté. 

DÉCOLLETÉ,  ÉE.  participe.  V ne  femme  trop 
décolletée,  toute  décolletée. 

On  appelle  Habit  trop  décolleté ,  Va  habit 
qui  n'embrasse  pas  eiaclemcut  le  cou. 

DÉCOLORER.  V.  a.  Ôter  la  couleur,  cflàcei 
In  couleur.  La  niuludie  Va  toute  décolorée.  Lii^ 
vinaiare  décolore  les  lèvres. 

DÉcoLOiiÉ,  ÉE.  participe.  Qui  a  perdu  sa 
'couleur.  Vn  teint  décoloré.  Des  fleurs  Jécolo- 


DEC 

r«<.  Des  lèvres  décolorées.  Des  fruits  décolorés. 
Un  tableau  décoloré.  * 

DÉCOAIBRER.  V.  act.  Ôter  les  décombres, 
l«  immondicos,  les  dcbria,  les  plûtras  qui  i-in- 
Iwrrassenl  un  terroin,  cl  qui  bouchent  quelque 
passade.  Décombrer  une  rue  y  un  passage,  etc. 
Décomhrcr  le  pied  d^ une  mwaHU: 

DtcoMBnÉ,  EE.  participe. 

DÉCO^IBRKS.  subst.  m.  pi.  Les  pierres  et 
menus  plilras  de  nulle  valeur,  qui  (Irmeurent 
apr^s  qu'on  a  abattu  un  bàtimcRt.  //  ftiul  jain 
enlever  les  décombres, 

DÉCO>IPOSKR.  V.  actiî.  Tenne  de  Chimie. 
Réduire  un  corps  5  ses  principes,  ou  suparer 
les  parties  dont  il  est  composé.  C'^st  la  même 
chose  qu'Analiser.  /-es  Chimisles  décomposent 
les  corps  m'u:lcs  par  le  moyen  du  /eu,  et  les  ré- 
solvent en  soufre,  sel.  mercure,  etc. 

Il  s'uniploie  aussi  lïgurement.  Décomposer 
une  idée,  un  discours j  ctc, 

DÉcoMPosEn  ,  en  Mécanique.  Déccmposer 
le  mou'.'emeut  d'un  corps,  C'est  clifltiger  co 
mouvement  eu  deux  ou  plusieurs  autres,  dont 
on  peut  supposer  qu  il  est  formé. 

Il  se  dit  aussi  en  Méd^îcinc.  La  fièvre  dccom 
pose  lit  sifKj,  L'atténue,  le  dissout. 

Décomposé,  ée.  participe. 

DÉCOMPOSITION,  s.  f.  Terme  Ue  Chimie. 
Dissolution,  résolution  d  un  corps  mixte  dait^ 
ses  principes.  La  décomposition  d'un  corps 
mucte. 

On  dit  aussi  au  Bguré,  La  décomposition 
dUine  idée    d^un  discours 

DÉCOMPOSITION,  en  Mécanique.  On  appelle 
Décomposition  d'un  mouvement .  L'action  de  U 
dt'composer. 

Décomposition,  en  Médecine,  se  dit  Des 
humeurs  du  corps  humain  que  la  firrrc  ou  la 
maladie  résout  en  nn  Huide  plus  atténue.  Dé- 
composition du  sanq  ,  des  humeurs. 

DÉCOMPTE,  s.  m.  (  On  ne  prononce  pas  le 
P  dans  ce  mot  et  le  suit.  )  Ce  qu'on  a  à  prendre 
et  à  rabattre  sur  uuc  somme  qu'on  paye.  Quand 
le  Trésorier  a  avancé  de  t^rnent  aux  troupes, 
il  en  fait  le  décompte  à  la  fin  du  mois.  îl  y  a 
tajit  de  décompte. 

Oq  dit,  Faire  le  décompte,  pour  dire.  Ra- 
battre sur  une  certaine  somme.  Il  se  dit  aussi 
p<iur.  Faire  hi  supputation  de  ce  qu'il  y  a  à  ra- 
battre. En  renvoyant  un  domestique,  on  dit 
^u'Ort  lui  a  fuit  son  décompte. 

Oa  dit  G511  rément,  qu'On  trouvera  bien  du 
ile.ompie  dans  cette  affaire^  pour  dire,  qu'ElIc 
lie  sera  point  aussi  avantageuse  qu'on  l'eApèrc. 
Il  attend  cent  mille  francs  de  cette  affiirCj  maii 
il  y  trouvera  bien  du  décompte. 

DÉCOMPTER,  verbe  .ict.  Rnbailtc  d'une 
«oiume.  Sur  ce  qu'on  lui  doit,  il  faut  décomp- 
ter ce  (ju'ii  a  reçu  On  a  décompté  nux  soldats 
.«r  quon  leiu-  avoit  avancé  pour  leur  paye. 

DÊcoMPTEn,  signifie  figurément.  Rabattre 
de  l'opinion  quoi  avoit  d'une  chose,  d'une 
pctonnc.  Il  s  riuploic  dorJinairc  absohuncnl, 
et  n'est  gu.  rc  d'us.igc  qui  linfinitif.  Il  crdt 
avoir  heaueotip  de  bien-  mais  il  trouvera  à  dé- 
compttr.  Il  y  lura  bien  à  décompter.  Il  avoit 


DEC 

de  jrnii(?M  prétentions  ;  ninis  il  a  eu  li  décomp- 
ta-. On  leur  avoit  donné  une  cp-ande  idée  de  lui , 
mais  ils  o:it  bien  trouve  u  (Recompter. 

DÉCOMrri,  ée.  participe.  Une  somme  dé- 
comptée. 

DÉCONCERTER,  v.  aci.  Troubler  un  con- 
cert de  voix  ou  d'iusïrnniens.  J/  ne  fiut  nu'unc 
TOLT  discordante  pour  déconcerter  toutes  les 
autres.  Un  Musicien  cjui  bat  mal  la  mesure, 
déconcerte  tout  lorchestrc^  toute  la  symphonie. 

Il  ,sii;ni(i('  figurcincnt,  Rompre  les  rr.esum 
pri.î'^s  p.ir  une  on  par  plusieurs  personnes.  Cet 
accident,  cette  surprise  les  a  forl  déconcertés , 
a  jort  déconcerté  les  mesures  de  cet  homme. 
Lelte  victoire  déconcerta  les  alités.  Les  ennemis 
jurent  déconc'.rîés  de  cette  alliance. 

il  sij;nifie  aussi,  Troubler,  interdire,  faire 
perdre  contenance  ^  qtiek]u'un.  Il  arriva  une 
chose  fjui  le  déconcerta  fort.  Il  faut  peu  declosc 
|)onr  le  déconcerter. 

DKCONCEnxEn ,  s'emploie  aussi  avec  le  pro- 
nom personnel,  d'est  un  homme  qui  se  décon- 
cei'te  aisément. 

DtcoNCEiiTÉ,  ÉE.  participe. 

DECONFIRE.v.  a.  Défaire  entièrement  dans 
une  bataille.  Déconfire  les  ennemis.  11  est  vieux. 

On  dit  figurément  et  par  plaisatiteiie,  Dé- 
confïrc  quelqu\tn ,  pour  dire ,  Le  réduire  à  ne 
ravoir  plus  que  dire ,  ni  quelle  contenance 
lenir.  Ce  discours  l'embarrassa ,  il  fut  tout  dé- 
confit. 

DÉCONFIT,  ITE.  parti tipe. 

DÉrOM'ITI'RH.  snbsl.  T.  Entière  débita 
Grande,  horrible,  furieuse,  sanglante  dècon- 
jifure.  La  découjiturc  des  troupes.  Il  est  vieux. 

On  l'emploie  quelquefois  dans  le  burlesque. 
Ainsi  l'on  dit.  Il  y  avoit  à  ce  repas  quantité  ds 
ijihier,  force  pûtes,  etc.  on  en  ft  une  belle  dé- 
l'on/iture. 

Il  se  dit  Ê;.;u\ément  et  familièrement,  De  la 
ruine  entière  d'un  Négociant  ou  d'un  homme 
d'alTaires.  La  banqueroute  qu'on  luia  faite  a  été 
cause  de  sa  déconfiture ,  et  Je  la  ruine  de  tous 
les  créanciers, 

DÉcovriTUSE,  lenne  de  Pratique,  signifie 
Banqueroute,  faillite,  état  d'un  débiteur  dont 
les  biena  ne  sont  pas  suffisans  pour  payer  ses 
ilclle».  Le  privilège  de  premier  saisissant  cesse 
dans  le  cas  de  déconfiture. 

DECONFORT.  s,  m.  Désolation,  découra- 
gement d'une  p'  rsonnc  qui  se  voit  sans  secours. 
U  est  vieux. 

DÉCONFORTER,  t.  «.  Décourager.  Cela  l„ 
extrêmement  décunforté. 

Il  s'emploie  aussi  aveo  le  pronom  person- 
nel, et  .signifie,  Perdre  courage,  s'aflliger,  se 
désoler.  Plus  on  essaie  de  le  cutisoler,  plus  il  se 
défonforte. 

DÉcoîii'onTÉ,  Éi.  participe. 

DÉCONSEILr,ER.  v.  acL  Dissuader,  con- 
seiller de  ne  pas  dire  quciquecliose,  en  détour- 
ner pnr  ses  raisons,  pur  ses  avis.  Je  ne  lui  cor.- 
seille,  ni  ne  lui  déconseille  celle  entreprise. 

Il  se  dit  auMi  De  la  personne.  //  fera  ce 
qu'il  voudia  .  je  ne  le  conseille^  ni  ne  le  ié- 
eonseiUe. 


DEC  Zy:^ 

■      PÊcossEiiLÉ,  is.  participe. 

DÉCONSTRLIRE.  v.  act.  Désassemblcr  l« 
parties  d'une  machine,  d'un  discours,  d'une 
phras».  Décoristraircunemae/iinepourlatrariî- 
fiorler  ailleurs. Pour  jugei'  de  l'e.xaclituded'uii£ 
phrase  poétique,  il  5«//i(  Je  la  déconstntire.  En 
déconslruisanl  cette  phrase,  on  lui  [ait  perdre 
son  énergie. 

Dlcoxstkuit,  itk.  paiiicipe. 

DÉCONTENANCER,  v.  act.  Faire  iierdre 
contenance  .'i  quelqu'un.  On  lut  a  dit  des 
choses  qui  l'ont  décontenancé.  Il  est  aisé  à  dé- 
contenancer. 

On  dit  aussi.  Se  décontenancer,  pour  dire. 
Perdre  contenance,  communément,  par  liuii- 
Jité,  par  embarras.  Ce  jeune  homme  se  décon- 
tenance Irés-aisément. 

DÉcosTEMAscÉ.  e'e.  p.irticipe.  Qui  a  pcrd.i 
contenance,  ou  qui  de  soi-même  n'eu  a  point. 
Quanii  il  est  eu  compagnie,  il  est  tout  décon- 
tenancé, 

DÉCONVENUE,  s.  f.  Malheur,  œauvai.s 
uiccés.  //  m'a  conté  sa  déconvenue.  11  u'est 
plus  d'usage  que  dans  le  stjlc  familier. 

DÉCORATEUR,  s.  m.  Qui  fait  des  décora- 
lions  pour  des  fêles,  pour  des  Théâtres.  Vn 
habile  Décorateur, 

DÉCORATION,  s.  f.  Embellissement,  ori«- 
ment.  Il  se  dit  principalement  Des  orneineiw 
fl'Architecture  ,  de  Peinture  et  de  Sculptun'. 
F(iir«  plusieurs  ouvraqcs  pour  la  décoration  de 
lu  Ville.  Il  a  laissé  tant  par  testament  pour  .^ 
décoration  de  Vl^.qlïse, 

On  appelle  Décorutiou,  eu  parlant  du  Tiiéà- 
Ire,  La  représentation  qu'on  v  vot  des  lieux 
ou  l'action  est  supposée  se  jwsser.  Les  décora- 
lions  d'un  tel  Opéra  sont  très-belles,  La  déco- 
ration du  premier  acte, 

DÉcon,VTiON,  se  dil  aussi  par  rapport  aux 
personnes,  et  significj  Marque  d'honneur,  de 
dignité.  Le  Roi,  avant  que  de  l'envoyer  en 
Ambassade,  l'a  fait  Chevalier  des  Oriles,  pour 
lui  donner  une  dî-coration. 

DÉOORDER.  v.  a.  Détortillcr  une  corde  , 
séparer  les  cordons  dont  elle  est  composée.  Dé- 
corder  un  l'ieux  cdble, 

DÉconnÉ,  ÉE-  participe. 

DECORER,  v.  a.  l>rner,  parer.  Décorer  un 
Théâtre,  un  Temple,  un  Edifice  public,  un 
Salon,  etc.  Le  Théâtre  étoit  magnifiquenieni 
décoré.  Il  ne  se  dit  proprement  que  des  Théâtres, 
des  places  et  des  autres  lieux  publics. 

DÉcoBEn,  se  dit  aussi  en  parlant  Des  tilrw, 
des  dignités  que  l'on  confire  à  des  [wrsonnes 
pour  les  honorer.  La  Pairie  dêcoi  e  une  Maison. 

DÉcnni.  ék.  participe. 

DÈCORTICATION.  s,  f.  Action  d'écorcer 
ott  de  prier  des  branches,  dc5  racines,  des 
graines,  et  :. 

DECORUM.  ».  m.  Terme  purement  Latin , 
qui  D'est  guère  d'usage  qu'en  celle  phrase. 
Garder  le  décorum,  qui  signifie,  Garder  le» 
bienséances. 

DÉCOUCriER.  verbe  neui.  Conclicr  liors 
de  chez  soi,  hors  d.i  logis  où  l'on  a  accnuiuniii 
'e  coucher.  Depuis  huit  jours  il  a  dicu,:ché 


376  DEC 

trois  fois.  Il  ne  veut  point  que  ses  valets  àé- 
eouchent. 

On  tiil,  cju't/n  homme  ne  âécouche  ^-oinf 
^avec  sa  jfmmCj  pour  dire,  <]u'll  couche  tou- 
jours dans  le  même  Ut  que  sa  fomme. 

H  fst  aussi  actif,  et  signifie,  I-lti'c  cause  que 
quelqu'un  quhlc  le  Ht  où  il  cimchc.  Il  ne  faut 
jamais  découcher  son  hute,  Le  maître  de  la 
moison.  Je  n\ii  garde  de  vous  dccoucher. 

rÉcoucHÉ,  EL',  paiticipe. 

DECOUDRE.  V.  n.  (H  se  conjugue  comme 
Coudre.  )  Oéfaire  une  couture ,  ce  qui  est  cousu. 
Découdre  la  dvnhbirc  d'un  habit.  Découdre  un 
habit.  Découdre  de  la  dentelle,  etc. 

Il  se  dit  fi^^urcment  d'Uue  plaie  en  lone, 
comme  celle  que  fait  un  sanglier  en  décliiraiu 
le  yeutrc  d'un  cliïen.  Le  sanglier  d^un  cou^) 
de  défense  a  dccowu  le  ver.ire  à  un  de  nos 
e/iic'-.s. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  dont  la  couture 
vient  îi  se  défuire.  Cela  commence  à  se  découdre. 
Une  doiihlure  aui  s'est  décousue. 

On  dit  figurcment  et  faniilitneui.,  que  Des 
affaires  se  décousent,  commentent  à  se  dé- 
coudre. Quand  'lies  commencerit  Ji  aller  mat. 

On  dit  aussi  figurcment,  en  p:irlant  De  deux 
nmis  qui  se  refroidisscnl  l'un  pour  lautre,  que 
Leur  aniitiê  commence  à  se  découdre. 

DÉcouonE,  est  aussi  neutre;  et  dans  celte 
acception  il  n'est  d'usa;;e  qu'avec  la  particule 
erïj  et  en  parlant  fif^iu'.'înent  cl  provcrhialeni. 
Des  personnes  qui  se  délcrminenl  et  se  dis- 
posent à  quelque  combat,  i*i  iiiiehjiie  ediilc-r».! 
000,  a  des  jeux,  a  des  exercices  qui  sont  unfl 
tnanière  de  combat.  7!.'!  en  veulent  découvre.  Il 
est  résolu  de  lui  faire  tirer  Vépêe,  il  en  veut 
découdre.  Apportez. nous  dcA  cartes,  un  trictrac, 
je  rois  bien  nue  ^lonsieur  en  veut  découdre. 
Hé  bien!  il  ne  veut  point  d'accommodement ^ 
il  veut  plaider  j  il  en  faut  découdre.  Allons, 
voulez-xious  (jue  nous  fassions  deux  coups  de 
fleuret  ?  Voulez  -  vous  que  nous  e^i  décou- 
sions? 

DÉCOUSU,  DE.  participe.  On  dît  an  figiiti-, 
d'Un  Style  qui  n'a  point  de  liaison,  (jue  C^est 
au  style  décousu.  Il  ne  -fi  a  tenu  que  des  propos 
décousus. 

DÉCOULANT,  ANTE.  odj.  Qui  découle. 

DÉCOULIiMENT.  s.  m.  Flux,  mouvement 
de  ce  qui  découle  lentement,  peu  à  peu  et  de 
suite,  de  baut  en  bas.  Le  découlemeiit  des  hu- 
meurs. Le  découlement  île  la  pîtutlc.  Il  n'est 
mère  d'usage  qu'en  ces  plinses. 

DÉCOULER.  V.  n.  Couler.  Il  ne  se  dit  que 
Des  choses  liquides  qui  tombent  peu  à  peu  et 
de  suite.  Il  s'est  fait  une  Unère  pinûre,  et  il  en 
découle  du  sang.  Veaudécouloit  peu  à  peu.  Lc^ 
eaux  y  les  humeurs  qui  découlent  du  cerveau 
dans  Vestomac^  sur  la  poitrine. 

Il  se  dit  aussi  fi^urement  Des  choses  spiri- 
tuelles et  morales.  Dieu  fuît  dccoulei-  sur  nous 
les  grdces  en  abondance.  Les  biens  et  les  maiu: 
découlent  d'un  même  principe. 

DECOUPER.  V.  a.  0)Ujier  par  morceaux. 

n  te  dit  Des  pièces  de  viande  telles  que  la 
volaille  et  le  gibier,  qui  peuvent  se  sépai*er  pîtt 


DEC 

membres.  Découper  un  pdiAct^  un  chapon  ^  un 
lei'raut.  < 

Il  se  dît  aussi  Des  étofTcs  que  l'on  coupe 
avec  art  à  petites  taillades,  soit  qu'on  enlève  la 
pi(>ce,  soit  qu'on  ne  rcnU-\  e  pas.  Découper  du 
drapj  du  satin,  du  taffetas^  etc.  Découper  une 
jupe,  un  pourpoint. 

Ou  dit,  Découper  des  cartes  à  jouer  y  du  pa- 
^  icr ,  du  parchemin ,  pour  dire.  Les  couper  de 
manière  que  ce  qui  en  reste  rej>r('sentc  quelque 
figure. 

On  dit,  Découper  une  image,  une  estampe, 
pour  dire,  Séparer  les  figures  uu  foud,  pour 
les  appliquer  sur  un  autie  fond. 

DtcoiirÉ,  ÉK.  participe. 

DÉCOUPEUR,  EUSE.  s.  Ct^lui,  celle  qui 
travaille  eu  découpure. 

DÉCOUPLE  ou  DECOUPLER.s.nLTerme 
de  Vénerie.  L'action  de  dclacber  les  chiens 
pour  qu'ils  courent  après  la  bêle.  Au  premier 
découplé.  Au  premier  découpla: 

DECOUPLER.  V:  a.  Détacher  des  chiens 
couplés.  Il  ne  se  dit  i^uère  qu'en  parlant  Des 
chiens  courans,  qu'on  mène  attaches  deux  ^ 
deux.  Découplé}'  des  chiens.  Dès  cm'ou  fut  arrive 
au  rende-.- voua,  on  découpla  les  chiens.  On  dit 
aussi  et  sans  régime,  Dès  t^uan  jut  arrivé  sur 
la  bruyère,  un  décvnpla. 

On  dit  fîgurément  et  familièrement,  Décou^ 
pler  des  gens  après  queh^unn^  pour  dire,  Lu- 
cifer des  i^cn»  après  quelqu'un  pour  lui  faire  de 
la  peine,  .'''il  me  fdche,  je  découplerai  sur  lui, 
]f  lui  décuuj.'icrat  dus  ijcns  i/ui  /'iacommo(?eron( 
cof^nie  il  faut.  J e  decouplerai  les  Sergens  après 
l.i 

OÉcoi.'Pi.t,  ÉE.  participe. 

On  dit  aussi  d'Un  jeune  homme  de  belle 
taille,  qu'//  est  bien  découplé.  Vn  drôle  bien 
découplé.  Il  est  du  styl^"  familier. 

DÉCOUPURE,  s.  f .  Petite  taillade  faite  pour 
ornement  à  queitjue  ctofFo,  à  de  la  toile,  à  du 
papier,  etc.  Découpure  fine.  Découpure  grof^- 
siére.  Faire  de  la  découpure.  Travailler  en  de 
coupure.  Faire  un  meuble  de  découpure  d^étofji. 

On  donne  aussi  le  nom  de  Découpure  îi  la 
chose  même  qui  e;;t  deccupée. 

DÉCOURAGEMENT,  s.  m.  Perte  de  cou- 
rage, abattement  de  cneur.  Ce  Général  voyant 
le  découragetnent  de  ■^'',s  soldats,  leva  le  siège 
Il  a  abandonné  celle  entreprise  par  décourage- 
aient. Tonihtr  dans  le  découragement. 

DÉCtJURAGER.  v.  a.  AI)altre  le  couraf;e. 
ôler  le  courage.  Décourager  ipielquun.  Cet 
accident,  cette  surprise  découragea  fort  les  sol 
dais.  Il  y  a  de  quoi  se  décourager. 

Il  signifie  aussi,  Faire  perdre  l'envie,  le 
couragcde  faire  quelque  chose.  //  est  décourage 
de  t)-avaiUer,  découragé  du  travail.  Ses  amis 
l'en  ont  décourage  :  il  vaut  mieux  dire,  L'en 
ont  de'j^oûté,  l'en  ont  dissuadé. 

DKCOtnAGK,  Éi;.  participe. 

DÉt^UURS.  subst.  m.  Décroissemcnt  de  la 
Lune.  La  Lune  ctoit  en  son  plein  avant-hier, 
:llc  est  a  cette  leure  en  décours. 

Il  se  dit  aussi  Da  déclin  des  maladie&.  La 
fiùvre  étott  en  son  décours. 


DEC 

DECO  USURE,  s.  f.  L'endroit  décousu  de 
.iiueK[Uo  linge,  ou  de  (pielque  étoffe.  Cela  n^est 
pas  déchiré,  ce  n'est  qu^une  décousure. 

DÉCOUVERTE,  s.  f.  Action  de  découvrir, 
ou  la  ehose  même  qu'on  a  découverte,  qu  on  a 
trouvée.  Travailler  à  la  découverte  d'un  trésor, 
d'nnc  mine,  à  la  découverte  des  secrets  de  la 
Médecine  y  à  des  découvertes  de  Physique, 
d'Astronomie.  Depuis  la  découverte  des  Indes. 
Wnléi  une  grande  déiouva'te.  C'est  lui  qui  a 
fait  cette  découverte.  ?iouvelles  découvertes. 

On  dit  en  termes  de  Guerre,  Aller  ou  en- 
voyer à  la  découverte  du  pays,  à  la  découverte 
des  ennetr.iSj  à  la  découverte. 

DÉCOUVREUR,  s.  m.  Celui  qui  fait  ou  qui 
a  fait  une  découverte.  Colomb  est  le  véritable 
découvreur  de  VAmèrique. 

DÉCOUVRIR.  V.  a,  (Use  conjugue  comme 
Coumr. )  ôter  ce  qui  couvroH  ou  une  chose, 
ou  une  personne.  Decouirir  un  pot,  un  plat, 
un  panier.  Découvrir  une  maison.  Découvrir  un 
homme  qui  est  datis  son  Ut.  Découvrir  Vos  pour 
voir  s'il  n'est  poin(  offensé.  Découvrir  les  ra- 
cines d'un  arbre. 

DÉcocvniR  ,  signifie  quelquefois  ,  Laisser 
voir ,  ou  bisser  trop  voir;  et  dans  cette  accep- 
tion il  ne  se  dit  guère  qu  eu  parlant  Des  fem- 
mes. JJnc  jciume  qui  se  découvre  la  gorge. 

Ou  dit,  Découvrir  son  jeu,  pour  dire,  lais- 
ser voir  ou  n, outrer  ses  caries;  et  l'on  dit  figu- 
rément  d'Un  Iiomme,  qu'/i  découvre  son  j,eu, 
Lorsqu'il  joue  de  manière  qu'il  donne  con  jeu 
h  connoilre. 

Ou  dit  ?ussi  en  parlant  d'affaires ,  qu'LV 
homme  a  découvert  son  jeu,  pour  dire,  qu^l  a 
donné  à  connoitre  ses  desseins,  et  les  moyens 
qu  il  emploie  pour  les  exécuter. 

On  dit,  5e  dccouirir,  pour  dire,  Oter  son 
chapeau  ,  son  bonnet.  5e  découvrir  devant 
quelqu^in. 

On  dit  en  ternies  d'Escrime,  qu't/n  liommc 
se  découvre,  qu'il  se  découvre  trop,  pour  dire, 
qu  II  donne  trop  de  prise  h  relui  contre  qui  il 
se  bat,  qu'il  ne  se  met  pas  bien  en  garde. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  est  dans  une 
tranchée,  ou  dans  un  autre  lieu  exposé  aux 
coups,  qu'il  sedécouvre  trop,  poiu  dire,  qu'il 
s'expose  trop  aux  coups. 

On  dit  eu  termes  de  Guerre,  De'couirir  la 
frontière,  pour  dire,  La  dég.'irnir  de  forces; 
et  dans  une  action  de  guerre  qui  se  passe  ea 
plaine,  qu'O»  (i  trop  découvert  l'infanterie , 
pour  dire,  qu'un  a  trop  fait  éloigner  la  cava- 
lerie qui  la  rouvroit. 

Ou  dit,  qu'Une  Place,  qu'iiuc  Vil/c  est  dé- 
couverte, Quand  celles  qui  étoient  les  plus 
avancées  et  qui  la  couvroiciil,  ont  été  démo- 
lÏLS,  ou  qu'elles  on!  élé  prises  par  l'ennemi. 

On  dit  aux  Échecs.  Découvrir  une  pièce, 
pour  dire,  La  dégarnir  des  pièces  qui  la  dc- 
vroicnl  couvrir;  et  ou  dit  aussi  quelquefois  , 
Découvrir  une  j'iéce,  pour  dire,  La  dégaf^er  de 
ce  qui  l'empéclroit  d'ai^ir. 

tin  dit  iiu  inctrao,  Découvrir  une  dame, 
pour  dire.  Laisser. une  dame  seule  dans  une 
casr,  en  sorte  quelle  peut  être  baltuc;  cl  ûant. 


DEC 

M  vnémc  sens  on  dit,  Découvrir  son  jeu   se  de- 
couvrir, 

DÉCoivnin,  si;;nifîc  figurcmcut,  Pnrvcnir  S 
connoîiie  ce  qui  cioil  tenu  caclié.  J'iii  lUcou- 
val  Sun  dessein.  On  a  dècoin'cri  le  inys/èfe. 
J'ai  ticcouvert  sa  fourbe.  Je  découvrirai  le  lar- 
rou.  Découvrir  une  conspiration  ,  un  ccmylot. 

Il  si:;iiîfie  nussi ,  Déclarer  ce  qu'on  tenoit  se- 
cu't ,  ce  qu'on  tciioit  c?c(ic.  //  m'a  découvert 
son  secret.  Je  n'ui  découvcit  cela  ù  personne. 
Je  me  suis  découvert  à  lui.  Je  lui  ai  découvert 
mon  cœur.  Un  accitsé  qui  a  découvert  ses  com- 
plicei.  Découvrir  ses  sentimens. 

On  dit  figurcmcntiqu'r/n  homme  se  décou- 
vre trop,  pour  dire,  qu'il  donne  nop  h  con- 
nodre  ses  aflàircs,  ses  secrets,  ses  sentîmens. 

DÉCOrvnin,  sii;nifip  aussi,  Commencer  d'a- 
perc'voir.  Quand  ih  eurent  navinué  tant  de 
jours  ^  ils  découvrirent  un  tel  cap.  On  décou- 
vrit les  vaisseaux  de  l'armée  ennemie.  On  n'eut 
pas  marché  une  lieuCj  qu'on  découvrit  la  tête 
de  Varmée  ennemie. 

On  dit  de  ni^me  figurément ,  .îu  bout  de 
t^uelque  temps ,  je  dccotwrîs  quil  me  Irompoit. 

DÉcotJViur,sedil  aussi  en  parlant  nesmincs» 
des  carrit'rciî ,  et  des  pays  qui  n'iivoicnt  pas  été 
connus.  Découvrir  une  mine  d'or,  d^arncnt. 
etc.  Découvrir  une  carrière  de  marbre^  de 
pierre,  de  plâtre.  Découvrir  une  terre  nouvelle, 
un  pays  inconnu.  Découvrir  une  source ,  de-i 
taux.  Découvrir  de  nouvel/es  étoiles.  Quand  les 
Indes  furent  dccoui-ertes.  Quand  on  découvrit 
rc  Bré*tl.  le  Japon  .  etc 

H  se  dit  ai'.ssi  en  parlant  iJcs  nouvelles  con- 
Doissances  qui  s'acquirrcnl  sur  des  personnes. 
r  :  çurdes  clioses.  O"  lui  découvre  tous  les  jours 
de  nouvelles  dettes.  Découvrir  des  secrets ,  de.ç  vé- 
rités de  la  nature,  d.ms  laJSlédecine ,  dans  quel- 
ques sciences.  C^est  un  tel  qui  a  découvert  la  cir- 
iulationdnsanq^quiadécouvertlesveineslaclées. 

Ou  dit  figiircmcnt  el  pro%'erbialemcnt,  Dé- 
couvrir le  pot  aux  roses,  pour  dire,  Découvrir 
ri-  qu'il  y  a  de  secret  dans  qnclqnc  intrigue.  71 
croyait  que  son  intritjue  étoit  bien  cachée; 
mais  enjin  on  a  découvert  le  pot  aux  roses. 

DÉcontiiT,  EU  TE.  participe. 

En  ccmies  de  Pratique,  on  dit.  Offrir  une 
scntme  d'ar(j''.nt  à  deniers  découvej'ts,  deniers 
u  découvert,  pour  dire.  Kn  deniers  cnmptans. 

On  appelle ,  en  termes  de  Jardiri;ii^e,  Î7mc 
tller  découverte.  Une  allé**  dont  les  arbres  ne 
«  joif^nfnl  point  par  en  h-iut. 

Et  00  appelle  Pays  découvert.  Un  pays  où 
il  y  a  peu  d'arbres.  La  Beauce  est  un  ;-'ys  fort 
découvert. 

A  DÉcouvtBT.  exp.  ndv.  Sans  être  couvert.  Il 
n  yavott  ni  portes  ni  jenétres  à  cette  maison,  nous 
étions  à  découvert.  Se  promener  à  découvert. 

A  DÉcoivEnr,  se  dit  auMi  en  Irmies  de 
Guerre,  pour  dire.  Sans  que  rirn  mette  'i  cou- 
vert, paranlisse  du  feu  de  l'eMncnii.  Ih  allèrent 
à  déeouvat  attaquer  la  demi-lune.  On  ètoit  à 
ilecoui>er(  dans  la  tranchée. 

Il  signifie  Gj;urément,  Minifc^trnicnt.  clii- 
rMpent,  «;ini  ambigoité.  71  lui  dit  la  chose  i.  ut 
à  découvert. 
Tome  l. 


DEC 

A  visage  découvert.  Façon  de  parler  adver- 
f.îale  el  ijgurce,  pour  dire,  Ouvertement,  sans 
.K'g;.iscn)c:m,  sans  dctniir. 

Un  dit  dans  le  mf'mc  sens,  Se  montrer  a 
découvert. 

DÉCRASSER,  v.  a.  Ùter  la  ciasse.  Décras- 
■cr  /es  mains.  Décrasser  la  t.Ue.  Décrasser  lu 
peau.  Les  bains,  les  ètitves  servent  à  décrasser. 
Ccttpdte  décrasse  parfaitement  bien. 

On  dit,  7)écr(*sser  (lu /inné,  pour  dire.  En  ôtrr 
avec  une  preniic^re  eau  ce  qu'il  a  de  plus  sale, 

n£cnAssKH,  se  dit  lî^urénicnt  ."ïn  diverses  ac- 
-épiions.  Ainsi  on  dît  d'Un  liomnic  qui  a  êtc 
riin!  élcviî,nu  qui  n'a  point  encore  vu  le  monde. 
f[u*!l  lui  faut  faire  voir  bonne  compagnie  poui 
le  décrasser,  c'est-h-dire ,  pour  le  polir;  d  Von 
lit  d'Uu  Iiommc  de  nasse  extraction  qui  a 
jiclietd  une  charge  considcr.:ble,  ^u'Il  l'a  ache- 
tée pow  se  décrasser.  Il  n'est  que  du  stvle  fa- 
riiilier. 

DtcrtAssK,  ^E.  participe. 

IJÉCKKDITKMENT.  s.' m.  Action  de  dccrc. 
ililcr. 

DKCRl'iDITER.  v.  a.  tJter  le  crédit,  faire 
perdre  le  crédit.  La  mauvaise  foi  décrcdite  un 
Marcliand.  Il  est  décrcdite  tout-à~fa't. 

Il  signifie  fîj^urcnicnt.  Faire  perdre  à  quel- 
qu'un la  considération,  rautorïlé,  l'cstinie  où 
il  étoit.  Cffte  action,  ce  procédé,  ce  bruit  Va 
étrangement  décréditc.  Il  s'est  décrédité  par  sa 
mauvaise  conduite. 

Il  se  met  .Tiissi  avec  le  pronom  personnel. 

On  d'.  d'Une  opinion  qui  vient  i  n'avoii 
phis  de  cours  après  en  avoir  eu  bcauconp, 
qu'M/c  commence  à  se  décréditer ',  et  lors- 
qu'un remède,  après  avoir  été  fort  employé, 
vient  à  l'être  Ix'aucoup  moins  ,  on  dit  aussi, 
rue  C^est  un  remède  décrcdite, 

DÉcnÉDiTÉ,  ÊE.  participe. 

Dl'XRlblT,  ITE.  adj.  Vieux  et  cassé.  Cet 
homme  est  décrépit.  Femme  décrépite.  VicUlt 
décrépite.  Vieillesse  décrépite.  Age  dén'épit. 

DÊr:RÉPITAT10N.  s.  f.  En.Cbimie,  il  se 
dit  Du  pc'tiHemeni  ou  du  bruit  que  font  quel- 
ques sels  dans  le  feu.  Qu^ind  on  jette  du  sel 
marin  dans  le  /c»,  le  bruit  i^u'il  fait  s'appelle 
Décrépitation. 

DÉCnÉprrATios,  signifie  aussi  La  calcination 
d'un  srl  ,  jusqu'à  ce  qu'il  ne  ptille  plus.  El 
l'on  dit  alors,  7)m  sel  décrépite ,  faire  décrépiter 
du  sel 

nÉCRÉPïTER.  r.  a.  Décrépiter  le  sel,  U 
faire  sécher,  le  calciner  jusqu'i  ce  qu'il  ne  pi^ 
tille  plus  nu  feu. 

Il  s'emploie  sans  réj;ime ,  pour,  Pétiller, 
faire  du  bruit.  Le  sel  marin  décrépite  ^uand  on 
le  jette  uu  feu. 

DÉcnépiTK,ÉE.  participe. 

DÉCRÉPITUDE,  s.  f.  Ktoi  de  vieillesse  ex- 
irénic;*ctat  d  un  vieillard  cassé.  Etre  dans  la 
décrépitude  y  dans  a  danicre  décrépitude.  Lu 
mauvaise  santé  de  ce  jeune  I  omme  l'a  réduit  à 
un  vér-itahle  état  de  décrépitude. 

DECRET.  .1.  m.  Ordre,  ordonnance,  jugev 
mcnl,  loi.  Les  décrets  éternels.  Les  décrets  de 
la  Providence  Divine.  Le»  décrets  du  Ciel  L'n 


DEC  377 

àécrei  du  Pape.  Les  décrets  de  l'Église,  Les 
^  décrets  de  Sorbonne. 

Déchet,  se  prend  plus  particulièrement 
pour  Une  Ordonnance  du  Matjistrat,  qui  perte 
•  irdinaircment  prise  de  corps  .  ou  saisie  de 
biens.  Décret  de  prise  de  corps.  Décret  d'ajonr. 
nement  personnel.  Purqer  le  Vcref.  Vcn^i- 
une  ten'e  par  décret.  Maison  mise  en  décret. 
Cette  maison  est  en  décret.  Faire  le  décret  d'une 
lerrt.  Cela  a  passé  par  décret.  Décret  'orc.-. 
Décret  volontaire. 

On  appelle  Le  décret  y  Un  recueil  d'anciens 
Canons  des  Conciles  ,  de  Constitutions  des 
Pajies,  et  de  Sentences  des  Pères.  Le  décret  de 
Gratien.  Les  Commentateurs  du  décret. 

DÉCRET AEE.  s.  f.  Épitrc,  lettre  cerile  par 
les  anciens  Papes,  p^iiu"  faire  quelque  règl*^• 
ment.  Le  recueil  des  Décrétales.  Les  fausses  Dé' 
crétales, 

DfXRÉTER.  V.  a.  Terme  de  Palais.  Décer- 
ner un  décret.  Déci'^tcr  de  prise  de  corps ,  d'à- 
journcment  personnel.  Décréter  contre  queU 
qu'un.  On  dit ,  !K:cré.ler  une  mai-ori  ^  une  (citc, 
pour  dire,  En  faire  le  décret  pour  le  p^yemenl 
des  créanciers  et  pour  la  sûreté  des  acheteurs. 

DiicnÉTÉ,  LE.  piirticipe. 

DICCRI.  s.  m.  Cri  public,  par  lequel  on  dé- 
fend le  cours  de  quchpies  monnoics,  ou  le  dé- 
bit de  quelque  marchandise,  comme  des  den- 
telles, des  passemens.  Le  décri  des  dentelles 
d'or  et  d'argent.  Le  décri  des  ctojcs  des  Indes. 
Son  plus  grand  usag^  e.st  pour"  la  diminution 
ou  poi*r  la  suppression  des  nonr-nies.  On  lui  a 
fait  un  ïemboursement  la  vieille  dn  l'écrî. 

U  signifie  aussi  figiu-ément,  Perte  de  répu- 
tation et  de  crédit.  Il  est  dans  le  décri.  Cela  Va 
mis  tout- à -fait  dans  le  décri  Tomhtr  dans  \ç 
décri. 

DECRIER.  T.  a.  Défendre  le  cours.  l'us.i^^e 
de  quelque  chose  par  cri.  On  a  décrié  une  telle 
^orte  de  morwoe,  les  testons,  les  doubles,  les 
quarts  d'écHSj  etc.  Décrier  les  dentelles,  /i*s 
j'assemens  d'or  et  d'argent.  On  a  décrié  les 
itofjls  des  Indes.  Son  p'us  grand  nsago  est 
pour  la  dimimition  ou  la  suppression  de  cer- 
taines nionnnies. 

Il  signifie  figurément ,  Dccrcdiler,  ôlcr  la 
réput.ilion  el  l'estime.  //  en  dit  beaucoup  de 
mal,  et  le  décne  partout.  lia  fait  une  action 
'^ui  Va  fort  décrié.  Il  s'est  décrié  lui-ntéme.  Il 
est  décrié  tout- à -fait  parmi  les  Marchands^ 
parmi  les  Etrangers,  dans  sa  Compagnie.  Cette 
femme  s'est  fort  décriée  par  sa  mauvaise  con- 
duite. Il  est  décrié  comme  fausse  monnoie.Celn 
a  fort  décrié  :^on  ouvrage. 

DÉr.niÉ,  ÊE.  participe.  On  dit,  Vn  homme 
décric,  pour  dire,  Un  homme  perdu  de  répstd- 
t  ion. 

El  on  dit.  Une  conduite  décriée,  pour  dire, 
Une  niauTiisc  conduite  connue  et  désapprou- 
vée de  tont  le  monde. 

DICCRIRK.  T.  art.  (Il  se  conjugue  comme 
TCrrirc.  )  Repré>enter,  dé|>eindrc  par  le  di»- 
,  rours.  //  nous  a  bien  dcciit  ce  Pays-là.  ce  Pa- 
lais. Ce  Poète   déa'it   bien   une  bataille,  une 


ICP"^J^ 


48 


.'.78 


DEC  DED 

On  dit  eo  r.eoniéirie,  Décrire  une  courbe.  DF.CUSSATÏON.  s.  f.  Ternie  de  GtomL^trie 

nour  dire    la  tracer.  V  ^^  d'Oplique.  Concours,  lencoutic  de  deuj:  ou 


DÉcniiiE,  Donner  une  idée  gciicrale.  //  y  *' 
catiiines   choses  (ju'on  ne  <ïi'/ini(  pas  cxuctc- 
mcrif  j  on  se  couteulc  de  les  décrire. 
DÉcniT,  iTE.  participe. 
DÉCROCHER,  v,  a.  Détacher  uue  chose  nui 
ctoit  accrochc'e.  Décrocher  une  tapisseiie. 
DÉcnocMK,  ÊE.  participe. 
DÉCROIRK.  V    act.  Ne  croire  pas.  Il  n'est 
gu^Te  d'usa{;c  qu'eu  rq)po5ant  au  mot  Croj'rc, 
et  dans  cette  phrase.  Je  ne  crois  ni  ne  décrois. 
Il  est  du  style  familier. 

DÉCROlSSEMENT.  s.  m.  Diminution.  Le 
décroisscment  de  la  rivière.  î.e  d'  ^roissenient  des 
jours. 

DÉCROÎTRE.  V.  n.  (Il  se  conjugue  comme 
Croître.)   Diminuer.    La   rivière  dècroU.   Les 
jours  sont  hten  (lécrns.  Après  la  iSt-inl- Jeun, 
les  jours  commencent  à  décroître, 
DÉCRU ,  UE.  participe. 

DÉCROTTER,  v.  a.  Ôter  la  crotte.  Décrot- 
ter des  hottes.  Décrotter  des  souliers.  Décroller 
des  habits. 

DÉcnoTTÉ,  ÉE.  participe. 
Df%CR01TEUR.  s.  m.  Celui  qui  décrotte. 
DÉCROTTOIRE.  s.  f .  Sorte  de  brosse  dont 
on  se  sert  pour  dccrotter. 

On  dit  familièrement  d'Uue  personne  qui  a 
la  p''au  rude,  qu'KÏ/e  a  la  peau  rude  comme 
des  dê.crottoires. 

I)E(UiUICR.  V.  a.  Préparer  du  fil  p:ir  uuv, 
lessive  avant  la  teinture. 
DÊCRCÉ,  Et.  participe. 
nÉCRÛMENT.  s.  m.  Action  ut;  dôorner. 
DÉCRUSEMI:NT.  ».  m.  Action  de  décruscr. 
DÉCRUSER.  V.  a.  Mettre  des  cocons  dans 
l'eau  bouillante,  pour  en  dévider  la  soie  avec 
facilité. 

DÉcnvsi  ,  Éi:.  1  artieipe. 
DÉCUIRE.  V.  a.  C.orrigor  l'excès  de  la  cuis- 
son. Il  se  dit  Des  sirops  et  confitures,  où  l'on 
met  de  l'eau,  pour  les  rendre  plus  liquides, 
quand  ils  sont  trop  cuits.  Ce  sirop  est  trop 
épais.  Il  faut  le  décuire. 

On  dit ,  que  Les  confitures  se  décuisent , 
pour  dire,  que  Faute  d'avoir  ct<î  assez  cuites, 
elles  se  liquélient  trop. 
DÉCUIT,  rrE.  participe. 
Df'.CUPLE.  s.  m.  Dix  fois  autant.  îl  a  (juffnè 
dans  cette  affnirc  le  décuple  de  ce  quil  avoit 
avance. 

Tl  s'emploie  au''Si  adjectivement,  t^ne somme 
décuple.  Vue  (jitantilé  décu}di'  d'une  autre. 

DÉCUPLER.  V.  a.  Auj;mcnter  de  dix  fois 
nutart.  Pour  décupler  une  somme  ^  on  y  ajoute 
un  zéro.  Il  a  décuplé  son  hîen  depuis  dix  ans, 
Il  est  dix  fois  plus  ricbe  qu'il  n'ctoit  il  y  a 
dix  ans. 

Dkcuplé,  éc.  participe. 
DÉCURIE,  s.  f.  Ou  appeloit  ainsi,  chm  les 
Romains,  TJne  tioupc  de  dix  sold^as,  ou  de 
dix   autres  hommes  ,  sous  un   Ofiicier  qu'on 
nomn:oit  Décurion. 

DÉCURÏON.  s.  m.  Celui  qui  commandoit 
«ne  troujK.  de  'lix  soldais  chez  les  Komaiiis. 


lie  plusieurs  lignes.  Point  de  dècussation. 
DED 

DÉDAIGTNER.  v.  act.  Mar<]U(T  du  dcdaiii. 
Vous  nous  dedaKjnez  bien,  'i'oui  d^-daïquez 
mon  amitié.  Il  dédaiijne  mes  services. 

Il  s'emploie  aussi  au  neutre.  Il  dédai(jne  de 
nous  servir.  Il  a  dédttiqné  de  nous  parler. 

DÉDAIGNÉ,  ÉE.  participe. 

DÉDAIGNEUSEMENT,  adv.  Avec  dëdain, 
d'.unc  manière  dédaigneuse.  Regaider  dédai- 
qneuFcriXcnl.  Traiter  dédainneusement, 

DEDAir.NEUX,  EUSE.  adj.  Qui  marque 
(lu  dédain.  Des  renards  dêdaiijncux.  Avoir  Vair 
dédaigneux,  la  mine  dédaigneuse.  Caraclère 
dédaigneux.  Humeur  dédaigneuse.  Beauté  jiéie 
et  dédaigneuse. 

Il  est  aussi  substantif.  Faire  le  dédaigncu.r. 

DÉDAIN,  s.  maso.  Sorte  de  mépris  vrai  ou 
[iffecté,  exprime  par  l'air,  le  ton  et  le  maintien. 
liecevoir  avec  dédain.  Il  tèmoifjna  heaHC<ntp  de 
dédain.  Essuyer  les  dédains  d'un  grand  Sei- 
gneur. 

DÉDALE,  s.  m.  Lubyrinlîjc.  Lieu  où  l'on 
s'égare,  où  l'on  se  perd,  à  cause  de  l'embarras 
des  détours. 

On  le  dit  aussi  figurément.  Cela  vous  enga- 
gera dans  un  dédale  de  procefïures.  Le  dédali 
des  lois. 

DEDAMER,  v.  n.  se  dit  an  jm  des  Dames, 
''irvqii'iin  ioucnr  déplacf^  une  des  daups  qui 
nccopent  le  ran;:;  qui  est  le  plus  procKe  de  lui. 

DEDANS,  adv.  de  lieu.  !l  est  là- dedans. 
Entrez  là-dedans.  En  dedans.  Par  dedans.  Un 
hdtlment  doit  cire  commode  en  dedans,  et  ré- 
[/«lier  en  dehors. 

On  dit  figurément  cl  familirreincut  d'Un 
homme  qui  est  encore  i:. certain  du  hon  ou  du 
mauvais  succès  d'une  afruiie,qu7/  n'est  encore 
ni  dedans  ni  dehors. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  timide 
il  montrer  son  savoir,  qu'//  a  Vcspril  en  de- 
dans. 

Quelquefois  il  est  préposition.  H  passa  "par 
dedans  laVillc^  par  dedans  la  maison,  etc.  Ou 
i:e  l'emploie  guère  de  la  sorte  que  dans  ces 
phrases. 

DEDANS,  suhst.  m.  La  partie  intérieure  de 
i]ue!nue  rhosc.  Le  dedans ^  les  dedans  d'une 
ruaison.  Le  mal  vient  -îu  dedans^  est  au  de- 
dans. 

On  dit  dans  les  cour.'TS  de  Bague,  Avoir 
deu.x  dedans,  trois  dedans,  pour  dire.  Avoir 
cmp'^rlé  d^ux  ou  trois  fois  la  bagne. 

Le  dcdfm.ï,  Ïcî  dedans  d'un  jeu  de  Paume , 
C'est,  tlaijs  quekjues  jeux  de  Paume,  une  pe- 
li;e  galerie  ouverte  qui  est  à  îun  d«  deuv 
houts.  Jeu  de  Panne  à  dcd'ins. 

DÉDICACE,  s.  f. Consécration  d'une  E-lisc. 
Faire  la  Dédicace  d'une  Efjlise.  La  Fête  de  la 
Dédicace  de  l'Efjli.'^c  de  Soint-Pierre. 

On  nppi  lleau.ssîDéiiicacc,Lu  F£te  annuelle 
>  ({ui  se  fait  en  mémoire  de  la  consécration  d'une 
Église. 


DED 

On  (?tt  aussi,  La  Dédicace  d'une  statue. 
Dkdica(E,   se   dit    aussi   Dr  l'adresse  d'un 
livre,  qu'on  fait  à  quelqu'un  par  une  épilrp  ou 
par  une  inscription  à  la  tète  de  l'ouvrage.  Un 
livre  où  il  n'y  a  point  de  dédicace. 

DÉDICATOIRE.  adj.  Ce  mol  n'est  m  usage 
tpi'avec  épilre  :  Êpltre  dédicatotre,  (jui  se  dit 
De  l'épître  qu'on  met  h  la  tHc  d'un  li\rc  pour 
le  dédier  h  quelqu'un. 

DEDIER.  V.  a.  Consacrer  au  culte  divî». 
Dédier  une  Eglise,  un  Autel,  une  Chapelle. 

On  dit,  Dédier  un  livre,  un  ouvrage  à  ^uci 
guun.  Lorsqu'on  lui  adresse  un  ouvrage  par 
une  épître  ou  par  une  inscription  à  ta  tête  du 
livre. 

DÉDIÉ,  ÉE.  participe. 

DI^DIRE.  v.  a.  Il  fait  à  la  seconde  personne 
du  pluriel  du  présent  de  l'indicatif,  tous  dédi- 
ses. À  l'égard  du  reste  il  se  conjugue  comme 
Dire,  Desavouer  quelqu'un  de  ce  qu'il  s'est 
nvancê  de  dire  ou  de  faire  pour  nous.  Je  ne 
vous  en  dédirai  pas.  Vous  n^en  serez  pas  dédit. 
[\Je  voudriez-vous  dédire?  N'allez  pas  me  dé- 
dire. 

Si:  DKDinE.  Se  rétracter,  dire  le  contr.drc  de 
ce  qu'on  a  dit,  desavouer  ce  qu'on  a  dit.  Les 
témoins  se  sont  dédits.  Vous  avez  dit  du  nml 
d'uu  (cl,  vous  êtes  obligé  de  vous  en  dédire. 

Se  dÉdif.e,  signifie  aussi,  Ne  tenir  pas  id 
parole.  Il  nous  avoit  promis  cela,  il  s'est  d-dit. 
Il  avoit  ofi'rl  cent  écus,  il  s'en  est  dédil. 

Ou  dit  fiî^iirémpnt.  d'Un  horairic  trop  en- 
f^agé  dan.s  une  afifaire  pour  ne  pas  la  pou.-'Mi  ■" 
bout,  qu'/l  ne  peut  sVn  déd'tc.  Ce  G.'uét  ul 
t'est  trop  avancé,  il  faut  qu'il  donne  bataille, 
il  ne  sauroit  plus  s'en  dédire. 
DÉDIT,  ITE.  participe. 

DÉDIT,  s.  masc.  Révocation  d'une  pftiolc 
ilonnce.  //  a  son  dit  et  sun  dédit.  Il  est  familier. 
Il  se  prend  aussi  quelquefois  pour  La  peine 
dont  on  est  convenu  entre  deux  ou  plusieurs 
personnes,  contre  celui  qui  se  dédira.  Il  y  a 
un  dédit.  Un  dédit  de  mille-  écus.  Il  y  a  tant 
p  mr  le  dédit.  Payer  le  dédit.  Il  y  a  cent  louit 
de  dédit. 

DÉDOMMAGEMENT,  s.  m.  Réparation 
d'un  dommage.  Il  faut  tant  pour  mon  dédom- 
maqemcnt. 

DÉDOMMAGER,  v.  a.  Indemniser,  réparer 
le  dommage.  Dédommagez-moi.  Si  vous  ne  mt 
dédommanez,  je  vous  ferai  un  procès. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
5e  dédommager  d'un  côté  de  ce  qu^on  a  perdu 
de  Vautre.  J'y  ai  perdu  en  cela,  mais  je  m'en 
dédommagerai. 

DÉDOMMAGÉ,  Ee.  participe. 
DÉDURER.  v.  a.  Olcr,  cOàccr  la  dnnire  eu 
partie,  dintinucr  de  la  dorure.  A  fotce  de  tou- 
cher à  ce  cadre-là  j  vous  le  dédorez. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  peisonnej, 
et  signifie,  Perdre  de  la  dorure  peu  à  peu.  De 
la  vaisselle  de  vermeil  qui  commence  à  se  ile- 
.h>rcr. 

DÉDonÉ,  LE.  particip(!. 
DÉDOUBLER,  v.  a.  Ôlcr  la  doublure.  Dé- 
doubler un  Itahit,  un  manteau. 


DEF 

On  dit  niissi ,  en  terin.  s  de  Guerre ,  DcJuu- 
Her  les  rangs ,  Us  jiles. 

On  dit  aussi,  Dêtiouhkr  un  régiment,  une 
compnjnie  ,  pour  dire  ,  Partn-^er  un  rùsi""""' 
en  deux  réginiens,  une  conniagnie  en  (l<ux 
cnmpagnies  ;  DiJouhler  une  pierre,  La  séparer 
en  deux  dans  tnite  sa  longueur. 

DÉDOOBii ,  *E.  participe. 

DÉDUCTION,  s.  f.  Sousirartion.  On  lui  a 
payé  (uni  en  i!«l"clior>  du  ;  rincipal  La  suc-  \ 
teaion,  déduction  faite  dei  fr^iis,  monte  à  telll 
êomme. 

Il  signifie  aussi ,  Narration  ,  énumëration  en 
détail.  Faire  une  lo7inue  déduction  de  ses  rai- 
sonSj  de  ses  malheurs.  \ 

DÉDUIRE.  V.  a.  Rabattre,  fiiire  soustrac- 
tion. Il  en  faut  déduire  ce  <jue  vous  avez  dé- 
pensé, reçu.  Il  en  fr.ut  déduire  les  frais. 

Il  signifie  aussi ,  Narrer .  racoi.ter  au  long  cl 
par  le  menu.  Déduire  son  fait,  ses  raisons. 

11  signifie  aussi  InKrer,  tirer  comme  consé- 
quence. Celte  consé(juence  est  mal  d'-duite, 

DÉDiii,  iTE.  participe. 

DÉDUIT,  s.  m.  Divertissement.  11  est  vieux. 
Il  ne  se  diroit  plus  qu'en  stjle  liadin  et  bur- 
Ics'iue. 

DEE 

DÉESSE,  s.  f.  Di  initc  falmleuM  de  sext 
féminin.  La  Déesse  Junon.  La  Déesse  Cérés. 
Les  trois  Déesses.  Diane  la  Déesse  des  forêts. 

On  dit  d'Une  belle  femme  qui  a  l'air  et  le 
port  majestueux ,  i^u'E/le  a  le  port  d'une 
Détsst. 

DEF 

nÉF.icHER,  SE  DÉF.iCHER.  v.  pron. 
S'apaiser  apri^s  s'être  mis  en  colère.  11  n'est 
puère  d'usage  (ju'en  certaines  phrases  prover- 
biales. S'il  est  fi!clté,  (fu'il  se  défiche.  S'il  se 
fiche,  il  aura  la  }  eine  de  se  défdcher.  II  aura 
deujc  peines .  de  se  ficher  et  de  se  défdcher. 

DéfÂcbÉ,  Ée.  participe. 

DKFAII.L.VNCE.  s.  f.  Foiblesse,  cTanouis* 
sèment,  pâmoison.  Tomler  en  défaillance.  Il 
lui  a  pris  une  défaillance.  Il  est  en  défaillance. 
Avoir  de  frétjuentes  défaillances. 

On  appelle  Défaillance  de  nature,  I.'état  où 
est  une  personne  qui  vient  ii  s'alfoiblir  par 
vieillesse  ou  autrement.  Ce  n'est  point  maladie, 
r  est  défaillance  de  nature. 

DÉFAILLANCE,  en  Chimie,  se  dit  d'Un  corps 
iolidc  que  l'humidité  de  l'air  rend  liquide.  On 
dit.  De  Vhuile  de  tartre  par  défaillance  ;  C'est 
du  sel  de  tartre  devenu  liquide  5  la  cave. 

DÉFAILLANT,  ANTE.  s.  lenne  de  Pro- 
li(|ue.  Qui  manque  il  comparoilre.  i  se  trouver 
^  l'assignation  donnée  en  Justice.  Le  défaillan.. 
a  été  condamné. 

DEF.4ILLIR.  V.  n.  Il  n'est  plus  guère  usité 
qu'au  pluriel  du  présent,  A'ous  défaillons;  à 
l'impartait ,  Ji-  dé/iiilloii  ;  au  prétérit .  Je  dc- 
faUlu.  j'ai  difiilli;  et  à  l'infiniiir,  Défaillir. 
Manquer  Cell.-  race  a  déf.illi  en  un  tel.  Il 
ermjnoi'fntijiie  le  jnur  nr  vint  à  leur  défuillir 
avant  •juiUpuiMnl  «irriKr.  Toutes  chofes  corn- 


DEF 

mcnçoienl  à  leur  défaillir.  Il  vieillit  dans  tous 
et' s  sens.  ■ 

II  .sijiiiifie  aussi,  Dept'rîr,  s'uffoiMir.  Se  | 
ftirces  (îcfaiUent  tons  les  jours,  commencent  à 
Jt-/àifhr.  Kii  ce  sens  on  dit ,  quX'n  homme  se 
sent  d^'piillir,  \Mixr  iWrc,  qu'il  «:■  sent  loniitci 
vn  luiltltsse,  <nt  seulement,  qu'il  sent  que  sev 
forces  d.ii.i'MH'nt. 

DI*''KAIRK.  V.  0.  (  n  s?  eonjuguc  comme 
Faire.  ]  Détruire  ce  qui  est  fait.  Faire  qu'un* 
chose  ne  soit  plus  ce  (|u"elle  itoit.  Ce  que  l'un 
fitit,  l'autre  le  Hêfait.  In  Jiœud  qu'on  ne  pettt 
défaire.  Défaire  un  mariage.  Défaire  un  mar- 
ché. Alcxiindrc  ne  pouvant  défaire  le  nœud 
gordien ,  le  coupa. 

Il  iigmfie  aussi,  Faire  mourir.  Celle  mal- 
h^v.reuse  a  défait  son  fruit,  son  enfant.  Se  dc- 
f  're  soi-même. 

Di^FAinE,  en  parl;int  de  Troupes,  de  ^ens 
de  Guerre,  signifie,  Mettre  en  déroute,  tailler 
en  pif?ces,  remporter  un  grand  avantage.  .1yrè> 
^.voir  défait  les  Ennem.s.  La  flotte  des  Enne 
mis  fut  défaite. 

On  dit  (ignremcnt,qu'î/nc;'C/ son  ne,  qu'une 
t'Jtose  eu  défait  une  autre,  pour  dire,  qu'Klle 
IVfîacc  p;ir  plus  d'éclat,  par  plus  de  Iieiiuté, 
par  plus  (le  mérite.  Quanff  e//e  orriVe  au  hal, 
vile  défait  toutes  les  autres  femmes.  J.e  diamant 
défait  (ou(C5  les  autres  pierres  précieuses.  Cet 
homme  défait  tous  les  auties  par  la  supériorité 
de  son  esprit. 

On  dit  aussi,  qn'i/ne  maladie  a  bien  dèfai: 
((•'  /lOMime,  qu'i;Ile  l'a  bien  changé,  bien  atté 
nu^jbien  amaif5ri.  El  on  dît,  que  Du  vin  se 
défait,  pour  dire,  qu'il  s'afToîblit,  qu'il  n'esl 
plus  de  la  même  bonté  qu'il  étoit,  Ce^:  sortes  dt. 
\'in.>  là  ne  sont  pas  de  garde^  ils  se  d.'-jont  ai- 
sément. 

DÉi'AiRE,  si^nifie  aussi,  Délivrer,  dégager. 
Défaites-moi  de  cet  importun.  Se  défaiie  d'un 
fJcheux.  On  a  eu  bien  de  la  peifte  à  s'en  dé- 
faire. Se  défaire  d'une  méchante  nuhttnde . 
dune  passion ,  d' une  fausse  opanon.  Trop  d'ha 
hitude  du  vice,  donne  trop  de  peine  à  s'en  dé- 
faire. On  se  défait  rarement  de  ses  vieux  pré- 
jugés. Il  a  bien  eu  de  la  peine  à  se  défaire  de 
sa  fièvre. 

On  dit,  Se  défaire  d'un  domestique^  pour 
dire,  Le  mettre  dclic^i  ,  le  congédier;  et ,  Se 
t.cpûre  de  son  ennemi^  pour  dire,  Le  fiire 
mourir. 

On  dit  ^  peu  prii  en  ce  sens,  Défaites-vous 
de  cela,  défaites-'itcus  de  ce  mot'là^  défaites- 
vous  de  CCS  manières-là ,  de  ces  façons-U  ,  pont 
(lire,  Désaccoutumex-voiis  d'agir,  de  parler 
ainsi. 

Un  ilit  aussi,  Se  défaire  d'une  chose,  jKiur 
dire,  L'aliéner,  et  en  transjwrlcr  le  droit  et  la 
possession  U  un  autre.  Un  Marchand  qui  se  dé- 
fait de  sa  marchandise.  Se  défaire  d'un  cheval, 
d'un  carrosse.  Il  veut  se  défaire  de  sa  maison  , 
<!e  sa  charge.  Il  y  a  long  temps  qu'il  s\n  est 
défait.  Ou  dit  aiL%si,5e  défaire  d'un  Bénéfice. 
pour  dire,  I.e  rt^igner,  ou  s'en  démettre. 
Dit.vii.  AiTK.  participe. 
Il  sigitiHc  au5si,  .'Vmaigri ,  attéDué ,  abattu. 


DEF  379 

Je  l'ai  vu  avec  un  visage  fort  défait.  Depuis  sa 
maladie  il  est  tout  défait.  Je  l'ai  vue  maigrtj 
yalc  et  défaiie. 

DKFAITE.s.  f.  DiToute  d'une  armée,  ou  de 
quelques  troupes.  .^/)rès  i>.  dêjuitc  des  ennemis. 
Df'^u'te  eniiëre.  Santjlantc  défaits. 

l'Éi-AiTE,  signiHe  au  ii ,  DéJjîl,  facilité  de  M 
défaire  de  quiclquc  cliosc  Ces  ni(ifL'nuufii.sc$-Ià 
sont  ^e  déjaite. 

On  dit,  qu7'n  chevtil  est  de  déf  ite^de  belle 
défaite,  pour  dire  ,  qu'il  c«i  de  belle  apparence, 
et  qu'il  sera  aise  de  le  bien  Tendre. 

DÉFAITE,  si;;nifie  nusai,  Excuse  artificieuse. 
n  m'ii  donné  une  défaite.  Il  a  toujours  des  de- 
faites  prê'es.  Voilà  une  mauvaise  défaite.  C'est 
une  défaite. 

DÉFALCATION,  s.  f.  Déduction,  retran- 
rhrment.  Sur  le  produit  de  cette  terre,  il  faut 
faire  la  défalcation  des  faux  frais. 

DÉFALQUr.K.  v.  a.  Rabattre  d'une  somme, 
déduire.  Il  lui  doit  cent  éciLs ,  H  en  faut  défal- 
quer ce  qu'il  a  payé  pour  lui. 
DKrAi.QUÉ,  i'e.  participe. 
DÉFAVEUIL  s.  f.  Cessation  de  faveur.  Il 
est  tombé  en  défaveur.  La  défaveur  des  effets 
de  banque. 

DÉFAVORABLE,  adj.  des  2  g,.  Qui  n'est 
point  favorable.  Ce  Juge  m'a  été  dé[avorable 
dans  mon  procès.  Ce  cas  est  défavorable.  Le 
Jugement  lui  fut  défavorable. 

DÉI  AVOKABLKMEiNT.  adv.  D'une  ma- 
aif^ic  Hicheuse,  défavoru])Ie.  Il  a  été  traité  bien 
ùéfivoriihlcment.  On  l'a  juré  défavorablement. 
DÉFAUSSER,  se  DÉFAUSSER. v.  pron. 
Terme  de  plusieurs  jeux  de  Caries.  Il  se  dit  Du 
joueur  qui,  n'ayant  pas  de  la  couleur  dans  la- 
quelle on  joue,  \vl\f  celle  de  ses  cartes  qu'il  rr- 
;^arde  connue  la  moins  utile. 

DÉFAUT,  s.  m.  Imperfection.  Défaut  légct . 
Défaut  incorrigible.  Défaut  naturel.  Défaut 
qui  vient  d'accident.  Avoir  un  défaut.  Chacun 
a  ses  défauts.  Ccnnoître,  avouei'  ses  défauts. 
Corriger  ses  défauts.C'est  un  défaut  personnel. 
Il  ny  a  personne  sans  défaut.  Cet  homme-là  a 
bien  des  défauts,  n\i  pas  un  défaut.  Il  y  a  bien 
des  défauts  dans  cet  ou\rage.  Défaut  d'esprit, 
de  jugement,  de  mémoire.  Mettre  quelqu'un  en 
défaut,  le  trouver  en  défaut. 

DÉFAUT,  se  dit  aussi  pour  signifier,  Absence, 
manque,  privation  de  quel<jue  ]>ersonne,  de 
quel<pie  chose.  Eu  ce  sens  il  ne  se  dit  guère 
tju'cu  cette  phrase  adverbiale,  ./u  défaut,  à  dé- 
faut,\touT  dire,  Au  lieu, à  la  place.  Prendre  de 
nouveaux  ouvriers  pour  suppléer  au  défaut  des 
anciens.  Si  à  son  défaut  je  vous  puis  servir  ^ 
vous  nave%  qu'à  dire. 

Il  signifie,  en  (ermcs  de  Pratique,  !\Ianque- 
meut  à  l'assignation  donnée.  Faire  défaut.  Don- 
ner un  défaut.  Juger  un  défaut  Condamner 
piu-  défaut.  Faire  rabattre  un  défaut. 

On  apjx'lle.  Le  défaut  des  côte^ ,  L'tndmit 
où  se  (crmineul  le*  cote».  H  a  été  blessé  au  dé- 
faut des  côtes. 

On  appebe  Le  défaut  Je  Irt  cuirasse,  L'in- 
terv.dle  qui  est  entre  la  caira&se  et  les  autres 
pièces  de  l'arroure  qui  s  y  jui^jneut.  El  ou  dit 

48. 


38o 


DEF 


fi^urémeul  et  funiilivi-i-ment  hc  défitul   de   l 
atij-assc,  pour  <liio,  ho   foiblc  d'un  liomnic,v 
l'endroit  par  lequel  on  peul  venir  plus  ûis<'»ierit 
à  IjGUt  de  lui. 

DÉFAUT,  est  aussi  un  terme  de  (".Ii  isse.  On 
dit,  que  Les  chiens  sont  en  livfunt^  pour  dire, 
qu'ils  ont  perdu  les  voies  de  la  bé(c;  ol  ou  dit, 
i{\\lU  ont  bien  rt'Itvé/Ly/epKfj  pour  dire,  qu'Us 
se  sont  bien  reir.is  sur  Its  voies. 

DÉI'AUTS,  au  plnr.  en  parlai. l  Des  \^Icnipiis  . 
signifie,  Les  emlroils  du  dessus  ou  de  la  dou- 
blure d'un  habit  qui  ur  sont  pas  apparens. 

DÉFKr:AT10>.  snbst.  f.  Terme  de  Cbimie 
cl  dePh.irniacle.  ntq;uralion  d'une  liqueur, qui 
se  fait  par  la  cbule  spoutance  des  pjilics  qui  la 
reiuloient  trouble. 

DKl-  I1CTII*\  adj.  Terme  de  Grammaire,  qui- 
ne  s'applîqnt  qu'aux  verbes,  et  qui  se  dit  d'un 
verbe  qui  n'a  pas  tous  ses  temps  ou  tous  ses 
modes.  La  Laïque  Françoise  a  beaucoup  cîe 
•verfccj  Aêfcctifs. 

DKFKCTION,  s.  fem.  Abaudouncmcnt  d'un 
parti  auquel  on  est  lié.  Il  se  dit  De  sujets  qui 
abandonnent  leur  Prince,  de  troupes  qui  aban- 
donnent leur  Général,  d'alliés  qui  abaiulonnenl 
leurs  alliôs.  Après  la  f/e/t'rfiou  ih  ces  Iroitjres, 
il  ne  fut  plus  en  vtat  de  disi  uter  VKnipireà  sou 
ennçtni.  Ce  Prince  fui  efjiayé  de  la  dcfcclion 
presque  qênèrale  de  ses  sujetsr 

Il  se  dit  pour  Eclipse.  La  dél.'clion  de  la 
Lune,  du.  Soleil. 

l)KFi:CTUEUSEME?ÎT.  adv.  D'une  ma- 
nière di;roctu."Usp. 

DÉFECTUEUX,  EUSE.  allj.  Çuî  manque 
des  conditions  requises.  Des  marchandises  dé- 
fectueuses. Di's  vuvraqez  déjecluciLC.  On  lui  a 
vendu  des  hVre.s"  qui  sont  la  plupart  défcc- 
tueiu:. 

Il  se  dit  nnssî  en  style  de  Pratique.  Un  acte 
défectuen.v.  Un  inventaire  dcfcctueiuc.  UneprO' 
êuction  défectueuse.  L^ acte  étoit  défectueux  j  en 
ce  que La  Sentence  étoit  défectueuse. 

DÉFECTUOSITÉ,  s.  f.  Vice,  imperfection, 
défaut,  minquement  en  quelque  chose.  Ce  cou- 
trat  est  plein  de  dêfccluosités.  Les  défectuosités 
de  ce  bâtiment  sont  sensibles.  C'est  une  tie^fc- 
tuusué  considérable. 

DÉFENDABLE,  adj.  des  2  g.  Qui  peut  élre 
défttudu  contre  lennemi  ou  contre  l'adversaire. 
Cctfe  phicc,  ce  poste  n'est  pas  défendable.  Cette 
paitic  d^échecs  n'est  pas  défendable. 

DÉFENDEUR,  ERESSE.  s.  Terme  de  Pa- 
lais. Celui  ou  celle  ^qui  on  fait  une  demanda 
en  Justice.  Il  est  opposé  à  Demandeur, 

DÉFENDRE.  V.  a.  Protéger,  soutenir  quel 
qu'un,  en  s'opposant  à  ce  qu'on  fait  ou  i  ce 
qu'on  dit  contre  bu.  Déjendie  sonami^i'es  con- 
citoyens, $on  Piince.  Il  s'est  bien  défendu.  Il 
Va  tué  en  se  défendant,  à  son  corps  déjendanl. 
Défendre  su  patrie j  sa  vie,  son  /icnncur,  sa 
came,  les  intérêts  de  son  ami. 

Ou  dit  d'Un  l.ouune  qui  a  peu  de  bien,  et 
qui  soutient  un  procès  où  il  s'a^it  de  tout  ce 
qu'il  a,  qu7I  dcjcnd  son  pain.  Il  est  familier. 

On  dii,  Dcj'c/uic  une  Plc.cc,  pour  dire,  Uc-  \ 
siitcr  j  ocyjc  qui  vcuknt  s'en  rei:d;e  nialtrea, 


DEF 

s'opposer  aux  nmemis  qui  l'attaq'UPnt.  Et  on 
dit  d'Une  Place  aisce  h  déH-ndre,  et  dont  l'at- 
taque est  très-difficile,  qu'Z'!/e  se  défend  d'elle 
même.  On  dit  aussi,  qu'L/ne  batterie  défend 
Ventrée  d'un  Port,  pour  dire,  qu'Elle  empcclie 
qu'on  n'y  puisse  entrer  qu'eii  risquant  beau- 
coup. 

DÊFESnnE,  signifie  aussi  Garantir.  La  mon- 
tagne di-fcnd  cette  maison  du  froid^  du  vent 
du  ^iord. 

Oti  dit  fîi;urcment  et  proveibialem. ,  Faire 
(juetiue  chose  à  son  corps  dêli-nda)it,  pour  riiic. 
Faire  quelque  chose  avec  répugnance,  avec 
coutrainle. 

Se  DKi'ESDnE,  siiînifie,  S'excuser  de  fiiire 
quelque  chose  à  quoi  on  voudroit  nous  oblij^er. 
On  le  ronloit  obliger  d'aller  là  ,  mais  il  s^en 
est  défendu.  On  lui  uonïoit  donner  cette  com- 
mission, il  s^cst  toujours  dcjcndu  de  Vaccepter. 
Il  se  défendait  d'abord  de  faire  ce  qu'on  souhai- 
toit  de  lui'  mais  enfn  on  Ven  a  prie  de  si  bonne 
grucfi,  qu'il  n'a  pu  s'en  défendre. 

Se  DiiiFEsbuE,  veut  dire  aussi,  Se  disculper, 
nier  quelque  chose  qu'on  reproche.  On  Vaccuse 
d\ine  telle  chose,  mais  il  s'cu  défend.  On  dit 
qu\l  est  marié,  il  s'en  défend  tiès-jort. 

Il  sigiiiii''  encore,  Se  garantir.  Les  femmes 
mettoient  des  masques  pour  se  défendre  du  hdle. 

Sz  vûiT.yDr.E ,  signifie  aussi,  Soutenir,  re- 
pousser une  attaque.  Se  défendre  contre  un 
voleur,  un  assassin. 

Sedéiendiîcde. Setenirengarde.  Défendez^ 
vous  des  armes  de  celte  femme. 

Défendre,  signifie  aussi,  Prohiber,  Inter- 
dire quelque  chose.  Défendre  les  duels  ^  le  port 
des  armes.  Défendre  l'or  el  Vargent  sur  les  ha- 
bits. Défendre  quelque  chose  sur  peine  de  la 
vie,  Véfvndre  sa  maison,  sa  porte  à  quelqu'un. 
La  viande  est  défendue  en  Curilme.  La  raison 
nous  défend  de  faire  une  injustice.  On  lui  dé- 
fendit le  vin.  J'ai  dî-fendu  que  vous  ^ssiez  telle 
chose. 

On  dit  d'Une  étoffe  qu'on  mairlanJc,  Cctl» 
étoffe  est  bonne,  il  n'y  a  qu'à  se  défendre  du 
yrixj  poup  dire,  qu'il  n'y  a  qu'à  disputer  sur 
le  prix. 

Dkfendue,  en  termes  de  Palais,  sij^nîUc, 
Fournir  des  diTenses  aux  demandes  de  sa  l'artie. 
Il  a  été  condamné  faute  de  déffndtc. 

DÉFKNnu,  ue.  participe.  P/ure/iàrn/t;|è;uiue. 
Cause  bien  défendue.  Livres  défendus.  Des  mar- 
c':iandiscs  défendues.  Armes  défendues.  Adam 
nangea  du  fruit  défendu. 

On  dit  proverbialement  et  figurémcnt,  Bier. 
attaqué,  bien  défendu,  pour  dire,  que  De  pari 
t-l  d'autre  les  choses  se  sont  passées  avec  la 
même  vivacité,  et  un  avantage  égal. 

DÉFENS  ou  DÉFENDS,  s.  m.  Terme  des 
Eaux  et  Forêts.  Il  se  dit  dans  cette  phrase, /j oui 
en  défcns,  Dont  la  coupe,  ou  l'enlrt^e  des  bes- 
tiaux, est  défendue. 

DEFENSE,  s.  f.  Protiction,  soutieni,  appui 
qu'on  donne  à  quelqu'un  contre  ses  ennemis,  i 
quelque  chose  contre  ceux  qui  l'attaquent. 
Prend}  e  les  armes  pour  îa  défense  de  son  l'uys^ 
de  la  Rcli''ion.  S'iJimer  pour  la  commune  dé- 


DEF 

fense,  jour  sa  propre  défense.  La  def  use  de  sa 
cause.  Prendre  la  déjifnse  de  Vinnocent. 

Où  dit,  5e  mettre  en  défense,  pour  dire.  Se 
mettre  en  état  de  se  défendre;  et,  £trc  hom  de 
défense,  pour  dire,  >""ètre  plus  en  état  de  se 
dcfendrc. 

On  dit,  qu*(/n  homme  a  fait  une  hfUe  dé' 
fense  dans  une  Place,  pour  dire,  qu'il  a  fait 
une  belle  résisinnce. 

Ou  dit  aussi  au  figuré,  //  11  fait  une  belle 
défense,  pour  dire,  11  a  résisté  loug-temps  .'i  ce 
qu'on  lui  proposoit. 

On  dit  aussi,  i[n  Une  Place  est  de  défense, 
jH)ur  dire,  qu'Elle  peut  soutenir  un  siège;  et 
un  dit,  qu'i!^/ie  est  en  état  de  défense,  pour 
dire  ,  qu'Elie  est  bien  fortifiée  et  bien  munie. 

On  dit  encore  dans  une  signification  à  peu 
piès  pareille,  qii't/n  bois  est  en  défense,  pour 
dire,  qu'il  est  eu  tel  elat  qu'on  ue  doit  plus 
empêcher  les  bestiaux  d'y  aller.  Voyez  Dlfens. 

Il  signifie  aussi  Prohibition.  Défense  de 
porter  de  Vor.  Faire  des  défenses.  Publier  des 
défenses. 

Défe:ïses,  au  plur.  terme  de  Pratique.  Il 
signifie  ce  qu'on  répond  par  écrit  ù  la  demande 
lie  sa  Partie.  Donner  ses  défenses.  Fournir  des 
défenses.  Ou  dît  aussi  en  style  de  Pratique, 
Défenses  au  contraire,  pour  dire,  qu'Où  laiss* 
la  liberté  à  une  des  Parties  de  répondre  par 
écrit  à  ce  qui  a  pu  être  dit  à  sou  préjudice. 

Défenses,  signifie  aussi  Le  jugemeut  qu'on 
ol>ticnt  pour  empêcher  l'exécution  d'un  autre 
jugement,  etc.  Cbtenir  des  défense.^.  Jvotv  des 
défenses.  Faire  signifier  des  défenses.  Un  Arrêt 
de  défenses,  de  défew.e.  Faire  lever  des  dé- 
fenses. 

Défenses,  terme  de  Fortification,  se  dit  De 
tout  ce  qui  soitàgaraniiretconviir  les  ouvrages 
et  les  soldats  qui  défendent  une  Place.  Aballrf 
les  défenses,  ruiner  les  déjenses  d'une  Place. 

DÉFENSES,  signifie  aussi  Les  deux  deutsd'cu 
bas  qui  sortent  de  la  gueule  du  sanglier,  ci 
dont  il  se  sert  pour  se  défendre.  Les  défenses 
du  sanglier. 

DÉFENSEUR,  s.  m.  Celui  qui  défend,  qui 
fioutient,  qui  protège.  Défenseur  de  la  Foi,  de 
la  Justice.  Vous  avez  en  lui  un  bon  défi-nsew. 

DÉFENSIF,  IVE.  ndj.  Fait  pour  h» défense. 
Truite  défensif.  Armes  défensives.  Ligue  défen- 
sive et  ofjhnsive. 

Il  s'emploie  quelquefois  substantivement. 
Être  sur  la  défensive,  *^e  tenir  sur  la  défensive, 
pour  dire,  Ne  faire  sinq)Ieuicnt  que  se  défendre. 

DÉfensif,  se  dit  cncoie  Dr  certains  remèdes 
topiques  qu'on  applique  pour  empêcher  une 
inflammation. 

DÉFÉQUER,  v.  a.  Terme  de  Chimie.  Olrr 
les  fèces,  les  impuretés  d  une  liqueur. 

DÉfÉquÉ,  ee.  parlieipe. 

DÉFÉRANT,  AME.  adj.  Qui  défère,  qui 
cide.  Esprit  doux  cl  déférant.  Humeur  douce 
et  déférante.  VA  en  parlant  Des  personnes,  Jf. 
Vai  toujours  trouvé  déférant  à  ce  que  fai  dé- 
siré de  lui. 

DÉFÉKI.NCE.  s.  f.  Condescendance,  .^voir 
de  ladt/creutc  poir  Vâge^pour  le  mérite,  pour 


BEF 

U  d'ujnilè  de  quelnuttn.  hti  rendre  ik  grandes 
dèp- renées. 

ni'.t'ÉRK.NT.  adj.  On  appelle,  dans  le  sys- 
tème de  Ptoltmii^e,  Cercles  dêférens ,  ceux  ([iii 
portpnt  la  iMjiiMf  avec  son  t-picycle.  On  appell.- 
aussi  en  Anatomic,  Vaisseaux  dcférem ,  cr:i\ 
(jui  portent  la  semence  dans  1rs  testicules-. 

nÉt:tRENT,seditsul>stantivenient,enl(Tmes 
Hr  MonnoieSf  des  marques  qui  indiquent  le 
lieu  de  la  fiibrication  ,  ic  Direct»  ur  et  le  Gra- 
veur. 

OKFKBER.  T.  actif.  Donner,  iltfcerner.  Les 
Romains  ont  déféré  les  honneurs  divins  à  lu 
■plupart  de  leurs  Empereurs.  Le  peuf de  Romain 
défera  le  Consulat  à  Scipion^  et  ihonueur  du 
Triomphe  à  Ponipie  avant  ^'df}e.  Les  Cardt- 
iiditc  lui  déferèirrA  le  l^ontificat.  Les  Sénateurs 
et  la  Noblesse  de  Pologne  lui  déférèrent  lu  Cou- 
ronne. Il  n'est  guère  d'usnf^e  qu'en  parlant  Des 
dignilcs,  des  honneurs,  dont  une  multitude 
■  dispose  en  faveur  d'un  particulier. 

On  dit  aussi^  Déférer  le  serment  à  tjuelquun, 
pour  dire.  S'en  rappoi'ler  à  son  serment. 

Il  signiÊe  J:us,si  Oênoneor.  Déféra^  (quelqu'un 
en  Justice,  déférer  à  VIn(fuisition. 

DÉiÉnEî'.  V.  n.Ct'drr.con'Iesrendre.  Déférer 
fi  quclquun.  Déférer  à  VilgCy  à  la  dignité^  à  la 
oiicilrfc.  au  mérite  de  (juel.pt'un;  au  .Tenti'mcnt. 
au  jugement  y  à  Vavisy  à  l'opinion  dc.<  autres. 

Titi'inty  EE.  participe. 

DEI'KKLEa.  \erl;e  ;xt.  T(>rme  de  Clarine. 
Ocployer  Ifs  voiles. 

Diii^-EBLÉ,  KC.  pnrhrin*'. 

D!\FERriER,  v.  a.  TI  n'est  guArc  d'usnge  a'i 
pri-'pre  que  pour  signifier,  Oter  In  fer  du  pie  1 
d'un  rhe\al,  ou  d'une  autre  b^e  de  monture 
Défirrer  un  cheval  des  quatre  pieds. 

DÉiEnnEn  ,  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel,  et  se  dit  tant  Des  fers  d'un  cheval, 
lorsqu'ils  tomîient.quedt' la  fcrnire  dun  lac  ï. 
d'une  aignillcite,  lorsquellevii  nt  îi^c détacher, 
il  se  défaire.  Si  ce  cheval  vient  à  se  déferrer  en 
chemin  t  il  se  perdra  le  pied.  Vn  laccl  qui  st 
déferre. 

On  dit  figurément^  Se  défcn^er,  pour  dire, 
Se  dreoncert*.T,  demeurer  interdit.  Il  se  défern 
titscment. 

On  dit  figurémeiu  et  familièrement,  Défer- 
te",  pour  dire,  Hendre  muet,  confus,  interdit 
C  r<t  un  homme  qu'on  déferre  aisément. 

i)ÉFEnnt,  ^E.  participe. 

*'>n  dit  populairement,  qu't?»  homme  est 
dif'-rré  d'un  œil,  Quand  il  en  a  prrdu  un. 

DKFET.  s.  m.  Terme  de   F.ihr.iirie.  Il  ne  sr 
dit  gut^rc  fpi'au  pluriel,  drs  feuilles  superflues 
et  dépareillées  d'une  édition,  dont  on  ne  peut 
n»  foriTT  un  exemplaire  complet. 

nKFI.  s,  m.  Appel,  provocation  aueombnt. 
et  qui  se  fiit,  soit  de  vive  voix,  soit  par  écrit, 
soit  par  gcMes.  Vn  cartel  de  déft.  Envoyer  un 
défi  à  qu'lqu'un.  ï\  hù  jit  un  céfi.  Porter  un 
def. 

On  le  dit  aussi  ,  par  exlrnMon  ,  De  toute 
sorte  de  prorocutSon.  Je  lui  ai  fuit  un  défi  à  h 
'Time,  «u-r  échecs.  Acrepter  le  défu 

UÉriANCK.  s.  f.  Soupçon  ,  crainte  d'ôlrc 


DEF 

trompé,  f.tre  dans  la  défiance.  E»f i\*t  en  défian' 
.  ce.  .'ivoir  de  la  devance,  (oncevoir  delà  défiance. 

On  dit  proverbialement,  que  La  défiance 
est  mère  de  sûreté j  pour  dire,  que  Pour  ne  pas 
être  trompe,  il  ne  f::nt  pas  se  confier  trop  légè- 
retnent. 

DÉriANCE  ,  signifie  aussi  ,  Le  doute  ,  la 
crainte  que  quelque  chose  n'ait  pas  toutes  les 
qualités  nccessiiiies  pour  un  certain  efiTct.  Avoir 
une  juste  dcfiaiicc  de  ^cs  proijres  forces. 

DKFIAîtT,  ANTK.  adj.  Soupçonneux,  qui 
craint  toujours  qu'on  ne  le  trompe.  C'est  un 
homme  défiant,  une  fcmnie  fort  défiante. 

DKFICIT.  s.  m.  (On  prononce  le  T.)  Mot 
enipruiitc  du  Latin  ,  pour  signifier  Ce  qui 
manque.  Il  y  a  un  nrnnd  déficit  dans  les  fi- 
nances^ les  revenus  de  VEtnt.  Il  faut  tant  pour 
combler  le  déficit.  Il  y  a  plusieurs  déficit  dans 
cet  ini'en(<itre.  Ce  mot  ne  prend  puinf  d's  au 
pluriel. 

DÉFIER,  v.  a.  Provoquer  quelqu'un  au 
combat.  Il  Vcuvoya  déHer  par  un  Gentil- 
homme. Autrefois  un  Prince  qui  dèclaroit  la 
niterrey  envoyait  défter  I'flu(re  pnr  un  Héraut. 

DÉFiEn,  se  dit  aussi  De  toute  autre  sorte  de 
provocation  entre  deux  personnes.  Ainsi  on 
dit  De  deux  joueurs ,  qu7/5  se  sont  déficit  au 
trictrac  y  au  piquet  j  etc.  que  Deiix  hommes  se 
sont  déliés  éi  qui  courra  le  miciuv,  à  qui  sait- 
tera  le  mieiLC.  Défia'  quelqu^m  à  boire ,  à  la 
•'««nu*. 

DÉriER.  signifie  aussi ,  Mettre  quel  [u'nn  a 
ni<  faire,  lui  rli'rlarcr  qu'on  ne  le  craint  point. 
VoK.«!  dites  que  vous  me  ferez  un  procès,  je 
vous  en  défie ^  je  ï'ons  défie  de  le  fiirc. 

Proverbialement  .  lorsqu'un  homme  pro- 
pose de  faire  (juclque  chose  d'extravagaïil  .  et 
qu'il  demrnde  si  on  l'en  défie,  on  dit,  qu'//  m 
faut  jamais  défier  un  fou. 

Dkfikii,  se  prend  aussi  dans  un  sens  plus 
doux.  Ainsi  on  dit.  Je  vous  défie  de  deviner  qui 
m'a  dit  telle  chose ,  pour  dire,  Vous  no  sauriez 
jamais  deviner,  etc.  Je  le  défie  d'être  plus 
j'otrc  serviteur  que  moi,  pour  dire.  Il  ne  san- 
roit  être  plus  votre  serviteur  que  je  le  suis. 

DKFié,  ûz.  parlieipe. 

D'ini:!»,  or»»p'oyé  avec  \v.  pronom  person- 
nel ,  signifie,  Se  donner  de  garde  de  quelqu'un . 
parce  qu'on  lui  connoit  peu  de  fidélité,  peu  i]c 
incérité.  C'est  un  homme  dont  il  faut  se  défter 
Je  me  défte  de  ses  caresses. 

On  dit,  Se  défier  de  soi-même,  se  défier  d 
ses  fnrces  ,  se  défier  de  son  expril  y  pour  dire. 
>*avoir  p;)S  grande  confiance'  en  soi-m6me,  en 
«les  propres  forces,  en  sa  capacité. 

SEDÉriEi»,  signifie  ausU ,  Se  douter,  pré- 
voir. Je  ne  me  serois  jamais  défié  que  vous 
dussiez  me  manquer  au  besoin. 

DÉFIGURER.  V.  a.  (i.Ucr  la  figure,  rendre 
diflbrme.  Défigurer  une  statue^  un  ttihleau.  La 
petite  vérole  Vn  tout  défiguré. 

Il  $c  dit  figurCmenl  Des  Cuvrages  d'esprit. 
//  a  voulu  corriger  ce  livre,  il  a  l'ouht  traduit  c 
cet  ottvr-ige ,  et  il  l'a  défiguré. 

DÉrir.rnÉ.  ty..  participe. 

DÉFILE,  suhsi.  m.  Passage  étroit  oii  il  ne 


DEF  JS, 

peut  passer  tjuc  peu  de  personnes  de  froni. 
Un  pays  (fe  lUfll-:,  jilein  de  tlêfiVs.  Les  liori- 
^  pes  <|Ui  étoicm  à  U  (i?(c  du  difU.  S'eiitjatjcr 
dans  un  di-fili:  Se  rendre  mallrc  d'un  dcfil'. 
S'asi'irer  d'un  déf.li,  du  difdf. 

On  le  dit  aussi  fi^urtnicnt  d'Une  siluaiioTi 
embnrraisante.  //  s'est  trouve  rfuiis  un  étranne 
d.fU: 

nÉFILER.  r.  «.  Ôter  le  fil ,  le  cordon  .jui 
ctnit  passé  dans  quelque  chose.  Difiler  de:, 
perles ,  déÇiler  un  cnlUcr,  un  chapelet. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  person- 
nel. 5on  collier  s'est  dc'/ilc.  Ce  chiipelet  va  re 
'di-jilcr. 

On  dit  fisurémcnl  et  dans  le  style  faniili'r, 
rjue  Le  chapelet  se  défile  ,  ou  s'est  défdé , 
Quand  de  plusieurs  personnes  qui  e'toient 
liées  ensemble  d'amilic  ou  d'intérêt,  quel- 
(jues-iuifs  viennent  à  être  désunies  succcssi- 
lenient  par  quelque  acrident  que  ce  soit. 

DÉFiLEn.  V.  n.  Aller  l'un  aprts  l'autre  ,  en 
sorte  qu'il  y  ait  peu  de  personnes  de  front.  Il 
ne  se  dit  proprement  qu'en  parlant  d'Une  mar- 
clic  de  troupes.  Le  passaqe  devint  si  ctroil  , 
(|»c  les  soldats  ne  pouvoicnt  d-^ftlcr  que  detux  à 
dettr.  » 

Il  se  dit  aussi  Du  mouvement  qu'on  fait 
faire  'i  des  troupes  pour  le.s  voir  plus  en  délail. 
.Iprès  la  revue  ijénérale,  on  j'it  défiler  les  trou- 
pes par  Conïpaqntcs. 

DÉFiLÉ,  Éc.  parlieipe. 

DÉFINIR.  V.  a.  marquer  ;  de'terniinrr.  V.n 
re  sens  il  n'est  ï;uèrc  d'u.sat^e  iju'en  i).irlant  Dit 
icmps,du  lieu  qu'où  fixe  pour  qudque  chose. 
Dieu  n  défini  le  temps  et  !.•  lieu  anijucl  cela 
arrivera. 

Il  signifie  aussi  Expliquer  l'essence  et  1™ 
nature  d'une  chose  par  son  genre  et  par  si 
clilTérenc".  On  défnlt  le  triangle,  une  figure 
qui  a  trois  eûtes  et  trois  angles.  On  définit  les 
idées  ahsliaites  et  composées;  on  rfécril  les 
objets  sensibles;  on  énonce  les  idées  simples. 

Oa  dit.  Définir  un  homme,  pour  dire,  Ià* 
faire  connoitrc  par  ses  qualités  ,  bonnes  ou 
mauvaises.  Définissez-moi  un  peu  cet  hontmc- 
là.  Je  vais  vous  le  définir  en  dciuc  mois.  C'est 
un  hoimne  si  inégal,  qu'on  ne  saurait  le  dé- 
finir. 

DÉPixin,  signifie  aussi,  Décider.  Il  se  dit  en 
'  malièr"  dogmatique.  Le.!  Conciles  ont  défini 
que...  Le  Concile  a  défni  là-dessus  que... 

DÉriNi,  lE.  participe.  Les  questions  défnies 
par  IT.ijlise.  Vn  nombre  défini.  Une  quantité 
définie,  lln'y  apoint  de  temps  défini  pour  cela. 

En  termes  de  C)rammaire,on  appelle,  quoi- 
que  peut-être  improprement.  Prétérit  défini, 
I.o  prétérit  composé  de  l'indiratif  d'un  vcrlx" 
.r.ixili.iirc  H  du  participe  d'un  autro  verbe, 
cunime,  J'oi  lu,  j'ai  fait,  faidit, et  les  autres 
semblables. 

DKFIXITELK.  subit,  m.  On  appelle  ainsi 
dans  quelques  Oidr.-s  Religieux,  Celui  qui  est 
préposé  pour  assister  le  (ii'm'ral  ou  le  Provin- 
cial Jniis  r.ndminisirat'on  des  oITaires  de  l'Or- 
dre. Définilcur  Ccnéral.Définiteur  Provincial. 

nKFIMTU',  IVE.   adj.   Oui  décide,  q«i 


382  DFF 

juse  le  foQfl  d'un  procès.  11  n'est  guère  d'usage 
ejti'i'ii  ces  sortes  de  pltrases  :  Arrêt  àQfmiilf. 
Sentence  (it'/îniIiVe.  Jutjement  di-jlnitif. 

Es  DÉFINITIVE.  Terme  de  Palais  Pir  Juge- 
ment définitif.  U  a  ^agné  son  afj'.nre  en  défi- 
nitive. 

DKFINIÏION.  s.  f.  Explication  de  la  nature 
d'une  chose  par  son  genr3  it  par  5.a  difîcrence. 
Dcfmition  juste, exacte.Défnitiun  claire^  nette, 
obscure,imparfiile.  Les  règles  de  la  définition. 

On  appelle  Dcftuiîion  Je  mers, Celle  (jui  ex 
plique  leur  :iign: finition  propre  ;  Jt  Définition 
de  choses.  Celle  qni  H.'.-.i!^  ies  priacipaux  at- 
tributs d'une  chose,  pjur  eo  fiirc  connoitie  la 
nature. 

Il  sigoifie  aussi,  en  matière  dogmatique. 
iVcision  f  règlement.  Avant  la  di-fînition  du 
Cnnc'le  sur  cetit:  mofiè;-e. 

DÉb'IKITIVEiVÏEM'.  adv.  Kn  jui^cmenl  dé- 
itnilif.  Cette  afjaire  a  été  jugée  ^/înttartm/.j 

DÉFLAGRATIOÏN.  s.  f.  Terme  de  Cliimio. 
qui  désigne  rop:''ralion  par  laquelle  un  coi-ps 
cHt  brûlé. 

DKFLRGM.A'nON.  snbst.  ïcm.  Aclioi  do 
df'tlegmer 

DKFrEGMi:n.v-.  a.  Terni"  ih  Chinue.  En- 
lever la  partie  fle;;niatique  on  aqutusc  d  une 
substance.  Dêjleniner  de  î'csprit-dc-vin. 

DÉh'i.EGMÉ,  ÉE.  participe. 

DÉFLEURIR,  v.  n.  Il  ne  se  dit  qu'en  par- 
l.int  Des  arbre<!  qui  viennent  h  perdre  lem 
fleur.  Quand  la  vùme  vint  à  défleurir. 

Il  est  aussi  actif,  et  s[;nifie,  Faire  tomber 
la  fleur  qui  étolt  aux  arbres.  An  felcfet  le  mr.''- 
vais  rertt  ont  dèflewi  tmts  les  abricot-a'^. 

On  dit  en  parlant  De  certains  fruits ,  qu'On 
les  défletirit,  lorsqu'en  les  touchant  on  en  ôtfl 
Itt  fleur.  Vous  touchez  cea  prunes,  vom^  les  dé- 
fleurissez. 

DÉFLEUni,  rE.  participe. 

DÉFLEXION. s.  f.  Terme  de  Physique.  Ac- 
tion par  laquelle  un  corps  se  détourne  de  son 
chemin  en  vertu  d'une  cause  étrangère.  Il  se  dit 
particulièrement  Des  rayons  de  Uiinière.  La  de- 
flexion  des  rayons  de  lumière. 

DÉFLORATION,  s.  f.  Action  jwr  laquelle 
•n  6te  à  une  fille  sa  virginitfi.  Il  ne  parut  au- 
cune marauc. ,  aucun  sfiinc  de  défloration. 

DlvFLORER.  T.  c  Ôtcr  la  fleur  de  la  virgi- 
nité. Il  est  ù  remar']u"r  que  ce  verbe,  ni  son 
participe,  ni  Dé|ïorotion  ,  ne  se  disent  que  dans 
les  informations  et  dans  les  procédures  de  Jus- 
'ice. 

Dkfjoré,  ee.  participe.  , 

DEFONCEMENT.  s.  m.  Action  de  défoncer. 

DÉFONCER.  V.  a.  Il  est  surtout  d'usage  en 
parlant  De  futailles,  de  tonneaux ,  etc.  et  il 
ti^nific,  Oter  les  douves  qui  servent  de  fond. 
Df'fonrer  un  niuid.  Défoncer  un  baril. 

On  dit  aussi  ,  Défoncer  un  terruin,  pour 
dire.  Le  fouillera  la  profondeur  de  deux  au 
trois  pieds,  en  ôter  le^  pierres  et  les  i^ravois. 
et  y  mettre  du  fiiniier.  ou  de  bonnes  terres 
fc  la  place  des  mauvaises;  Déloncer  un  cuir  de 
vache,  pour,  I.e  fouler  aux  pieds,  après  qu'on 
Vi  Hiouitle. 


DEF 

DÉroNCÉ,  ÉE.  participe. 
DÉFORÎVIER.   V.   û.   Gâter  ja  forme,  cor- 
rompre la   forme  d'une  cliose.  Déformer  un 
chapeau.   Déformer    nn    souliei:    Il    ne  se   dit 
guère  que  dans  res  phrases,  et  s'emploie  aussi 
avec  le  pronom  personnel,    i'ofre  cfiapeau  se 
déforme.  Vos  .sonh'crs  se  sont  déformés. 
DÉFORMÉ,  ÉE.  paiticipc. 
DKFOURNER.  v.  a.  Tirer  d'un  foux.  Dé 
founter  du  pain, 

U  signifie,  en  termes  de  Billard,  Faire  passer 
sa  bille  dans  la  passe  par  l'endroit  opposé  à 
?elui  de  la  sonnette,  lorsqu'elle  étoit  passée 
auparavant  par  l'autre.  îl  faut  se  défourncr 
pour  buter.  Vous  êtes  /ourmer,  il  faut  vous 
défourner, 

DÉFOinïNÉj  Ée.  participe. 
DÉFRA\'ER.   V.   a.   Payer  la   dépense  de 
quelqu'un.    (Il  se   conjugue  comme   Payer.) 
Défrayer  nuelaunn.  îl  l'a  reçu  en  grand  Sei- 
qnetir,  et  l'a  défrayé  avec  tout  son  train.  Dé- 
frayer un  Prince.  Défrayer  un  /imbassadcuv. 
On  dit  K^llrcmcnt  et  funiilièrem  ,  Défrayer 
lu  compagnie ,  pour  dire,  L'enlret*  nir,  l'amu- 
ser. On  se  sert  aussi  de  la  mtme  phrase  dans 
un  s  ns  moins  favorable,  pour  dire,  Faire  rire 
la  compln^nie  ;  et  plus  ordinnircment  encore, 
pour  dire ,  Servir  de  risée  à  lu  compagnie. 
DÉFnAYÉ.  ÉE.  participe. 
DÉFRICHEMENT,  s.  m.  Ce  qu'on  fait  poui 
mettre  un  terrain  en  état  d'être  cultivé.  Ce  pays 
abonde   en  blé  depuis    les   dcfrichemens  gu'on 
y  a  faits. 

r^Frr.TCriFMEVT ,  Sf  dit  aussi  D-  l'endroit 
[ju'on  délViche,  ou  qu'on  a  défriché.  Le.<  dé- 
frichemens  réu>\îis'enl,  ont  bien  réussi  à  la 
Guyane. 

DÉFRICHER,  v.  a.  U  .se  dit  dUne  terre  in- 
culte dont  on  arrache  les  méchantes  herbes, 
les  arbres,  les  broussailles  et  les  épines,  pour 
la  cultiver  ensuite.  Défricher  un  champ.  Défit- 
cher  une  teire.  i'éfrirher  un  héritage.  Donner 
lies  terres  à  défricher  ditts  des  pays  nouvelle- 
ment découverts. 

Il  se  dit  fi;^urément  Des  choses  que  Ton 
roramence  à  cultiver  et  h  polir  par  l'étude. 
Amyot  est  un  des  premiers  gui  ont  défriche 
notre  Langue. 

\\  signifie  aussi  ,  Éclairoir ,  démêler  une 
cbosc  embrouillée  et  épineuse.  Cette  affaire 
était  bien  épineuse^  il  l'a  défrichée.  Défricher 
une  matière. 

DÉfbichÉ,  Ée.  participe  Terre  nomeHement 
f^'*^icnêc. 

DÉFRICHEUR,  s.  m.  Celui  qui  défriche. 
Les  défricheurs  ont  joui  long-temps  des  terres 
qu'ils  ont  défrichées. 

DÉFRISER.  V.  a.  Défaire  la  fiisure.  fi- 
Icmps  humide  défrise  les  cheveux.  Il  s'emploie 
iius'^i  avec  le  pronom  personnel.  Les  chcvcuc 
se  défrisent  quand  le  temps  e$t  humide  o»  plu- 
vieu  r. 

DÉFnisÉ,ÉP:.  participe.  Vous  êtes  tout  défrii^é, 
OÉKHONCER.  v.  a.  Déplisser,  ôler  les  plis 
d'une  étoffe  ou  d'une  toile  froncée.  Dêfroncer 
U  col  d'une  chemise.  Défroncer  une  jnpe. 


DEG 

On  dit  fi;;urém..  Défroncer  le  sourcil,  pour 
^  dire,  f^e  dériiler  le  front,  prendre  nu  ;iir  serein. 

Df:FiioN(:É,  ÉE.  participe. 

Di':FRO()UE.  s.  f.  La  cotte-morte,  la  dé- 
pouille d'un  iMoine  non  reformé,  d'un  Bénéfi- 
cier régulier;  les  biens-meubles  qu'un  Moine, 
qu'un  Bénéficier  régulier  laisse  en  mourant.  La 
défroguc  de  ce  Moine  est  bonne.  Sa  défroque 
appartient  à  l\{bhé.  La  défroque  d'un  Cheva- 
lier de  Mdlle  pj-ojés  appartient  à  son  Ordre. 

Il  se  dit  aussi  en  style  familier,  par  exten- 
sion, Des  biens-meuhles  de  IotU  autre  particu- 
lier, lorsque  quelqu'un  en  profite  sans  que  ce 
soit  par  succession.  C'est  un  tel  gui  a  en  toute 
sa  défrotjue. 

DÉFROOUER.  v.  a.  Il  ne  se  dit  guère  qu  en 
niiuvaise  part,  en  parlant  d'un  Religieux  qui 
quitte  riinbit  de  Moine  et  la  profession  mona- 
cale, pour  passer  dans  im  autre  état.  On  tra- 
vaille à  le  défronuer.  Il  se  met  aussi  avec  le 
pronom  personnel.  Un  Moine  gui  est  parvenu 
à  se  dèfi'oauer.  Vu  Moine  qui  a  bien  envie  de 
se  défroguer, 

DÉFROQUÉ,  Ée.  participe. 

DÉFUNT,  TE.  adj.  Qui  est  mort.  11  n'est 
guère  d'usage  qu'en  quelques  phrases.  Le  Roi 
défunt.  La  défunte  Reine. 

DÉFUST,  TE,  s'emploie  plus  ordinaîrenu'Dt 
comme  substantif.  Les  enfnns  du  défunt.  Le 
pauvre  défunt^  la  pauvre  défunte.  Prier  Dieu 
pour  les  défunts, 

DE  G 

DEGAGEMENT,  s.  m.  Action  par  laquelle 
une  chose  est  déça.^ée,  l'étal  d'une  chose  qtii 
est  dégagée.  Il  se  dit  au  propre  et  au  figuré. 
Dégagement  de  la  poitrine.  Le  détjagement  de 
sa  parole. 

On  appelle  Dégagement ,  dans  une  maison , 
dans  an  appartement,  Une  issue  secrète  et  dé- 
robée qui  sert  ii  la  commodité  du  logement. 
Chaque  chambre  a  son  dégagement.  Un  esca- 
lier de  dégagement.  Une  porte  de  dégagement. 

On  appelle  Dégagement  ,  en  termes  d'e*- 
rrime,  L'action  de  dégager  1  ejiée. 

DÉG.\GER.  V.  a.  Retirer  ce  qui  étoit  en- 
•;agé,  ce  qui  avoit  été  donné  en  hypothèque, 
en  nantissement,  en  ga<î;c.  //  a  dégage  peu  à 
peu  ses  terres  par  son  économie,  pat  son  bon 
ménage.  Dégager  des  pierreries.  Degaga-  de  la 
vaisselle. 
1  On  dit,  Dégager  un  soldat ^  pour  dire,  dé- 
tenir son  congé  A  prix  d'argent. 

On  dit  figurément,  Dégager  sa  parole,  pour 
dire,  Retirer  une  parole  donnée  sous  des  con- 
ditions qui  n'ont  pas  été  remplies.  On  dit 
aussi,  Dégager  sa  parole ^  pour,  Tenir  sa  pa- 
role, s;itisfaire  \  sa  parole.  Je  vous  avois  pro- 
mis votre  argent  un  tel  jour,  je  viens  dégager 
ma  parole,  le  voilà.  On  dit  aussi  h  peu  prèi 
dans  le  même  sens.  Dégager  sa  foi,  dégager  sa 
promesse. 

On  dit,  Df^goifcr  son  cœur,  pour  dire,  Se 
retirer  de  l'en^agemeut  où  Ton  étoit  avec  une 
femme. 

On  dit ,  Dégager  la  tête  ,  dégager  U  poi- 


DEG 

Irincy  pour  dire,  Rendre  la  poitrine,  rendre  la 
lùie  plus  irbre  ,  la  débarrasser,  la  soulaj;er  de 
ce  qui  rincommode.  Il  avait  la  poitrine  fort  eu 
qaqée,  on  lui  ii  donné  un  remède  <jui  la  lut  a 
dcqaq^e  cntièretre^it, 

DÉGAi.Kn,  si^nitie  aussi,  Dcbarrasscr  en  rt- 
liranl  d  un  lieu  une  personne  'jui  s'y  trouvoii 
rn"a;;éc,  qui  T  tfloii  enibiirrassée.  Il  l'a  dêgatjé 
ilu  mtlitu  de  ses  ennemis.  lia  eu  de  la  peine  ù 
se  dèaaqer  de  dessous  son  cheval.  H  ne  pcuvoit 
%t  dêqaqer  de  la  prcss.e. 

Un  ilil  en  termes  d'escrime,  Dcqaqer  le  /Ît, 
ou  simplement  Déqaqer ^  pour  dire,  I-'aire  un 
mouvement  qui  rende  1  cpéc  libre. 

On  dit,  Déijatjer  un  appartement  ^  pour 
dire,  Lui  donner  une  antre  issue  que  la  princi- 
pale. Il  a  dC'fjaijé  son  appartement  par  un  cor- 
rii'or,  par  un  escalier  dérobe. 

Kt  eu  p.viaut  d  Va  Jiabit  qui  fait  bien  pa- 
roitre  la  tiiille  de  la  personne  pour  qui  il  est 
fait, ou  (^it,  qu7l  dètjacje  la  taille. 

DÉCACÉ,  ÉE.  participe. 

Un  dit  aussi,  Taille  dégagée  ^  air  dégage, 
pour  dire,  Taille  aisée,  air  aisé.  Et  on  dit  fami- 
'lèremcnt,  quX'n  ho.nme  a  des  airs  dégagés^ 
pour  dire,  qu'il  a  des  airs  un  peu  trop  libres. 

On  appelle  Degré  dégagé.,  Un  petit  dfgrt 
dans  une  maison,  oui  sert  d'i:>sue  secrète  ù  nu 
apparîtment. 

Un  appelle  aussi  Chamhr;  dégagée  ^  Vnt 
cbazubre  qui  a  uuc  autre  issue  que  la  prin- 
cipale. 

'M;G.\LN'LI.  s.  r.  Il  ne  se  dit  que  dans  cette 
phrase  proverbiale,  basse  et  îionique  ,  D'une 
belle  degatne.,  pour  dire,  d  Cne  luçon  ,  d'une 
manière  maussade.  Voi/ù  (lui  est  d'une  belle 
dégaine.  Voilà  un  homme  d'ute  belle  dégatne. 

DEGAINCR.  V,  a.  'nrer  une  epéc  du  four- 
reau. Quùi'jue  ce  vcrlje  »oil  acîif .  on  ne  l'em- 
ploie guère  qu'en  suppiiin  mt  le  r.  i^imcjcomnia 
dans  cet  exemple.  H  faut  drgm'ner.  Quand  ci 
vint  à  dégatna:  Ce  fanjarun  ue  frappe  j  ai 
comme  il  degatne. 

On  dit  figurément,  qu't'n  homme  n'aimé 
guère  à  dégatner  ;  et  substantivement ,  qu7l 
ei(  brave  jusguau  déguincr  ,  pour  dire  ,  que 
C'est  un  Iiominr  qui  fait  le  br.ivc,  et  qui  ne 
l'est  pas  dans  l'occasion. 

On  le  dit  au.vsi  l.e  tous  c^tix  qui  ont  promis 
merveilles  en  quelque  soitc  d'alTaire  que  cr 
•oit,  et  qui  ne  font  rien  nuaud  il  faut  agir.  /. 
m'avoit  promis  de  me  servir  ;  mais  il  n'en  t. 
riei  jait^  il  a  été  brave  justju'au  dégainer.  O- 
nwit  n'est  d'usage  que  dans  I;  style  fainiiitr. 

l)Kr,Awi,  ÉE.  participe. 

OKGANTEP.  v.a.  Ôtcr  les  gants.  St  di 
ganter.  Dégantez -moi ,  je  ne  sauroû  me  dé- 
ganter. 

DÉr.ATxt.  ÉE.  participe. 

DEGARNIR,  v.  a.  ôter  la  garniture  ùc 
quelque  clio«e.  Dégarnir  une  robe,  une  che- 
mue ,  un  lit. 

Il  signifie  au«i ,  Ôirr  les  meiibîcs  d'une 
maison,  dune  cli-milce.  //  a  dcqarni .  fait 
dégarnir  sa  mai>on  de  campagne  pendani 
Vhiver. 


DE(t 

On  dit  aussi,  Dégarnir  une  Place.,  pour 
dire,  tJler  une  partie  considérable  de  la  garni- 
son ou  des  munitions.  On  a  assiégé  une  telle 
Place^  parce  qu'elle  étoît  dégarnie.  On  fit  le 
piocèx  à  un  tel  Gouverneur^  parce  gu'il  avait 
dégarni  sa  Place.  Les  ennemis  furent  obligéi 
de  dégarnir  leurs  Places.^  pow  me((*e  une  ar- 
mée en  campagne. 

Un  dit  aussi  ,  Se  dégarnir  ,  pour  dire,  Se 
vêtir,  te  couvrir  plus  légèrement  qu'on  n*c;oit. 
Il  s^est  enrhume  p:)ur  s'être  d.'tjumi  trop  tôt. 
Sa  tète  se  dcgitrnît  de  cheveux. 

Onditaussi,  Dégarnir  un  arbre,  pour  dire, 
Hn  ôter  les  branches  iuutiîes  qui  vieuneni  ni^il. 
7/  faut  dégarnir  votre  Jtbricotier.  Vos  pêchers 
se  dégarnissent,  pour  dire,  perdent  leurs 
blanches. 

Degawsi,  ie.  participe.  La  Place  est  dé- 
(.amie.  Plusieurs  de  vos  arbres  sont  trop  di-- 
garnis. 

OEGAT.  s.  m.  Ruine,  :avjge,  perte  jjrivce 
par  une  force  majeure,  par  pne  cause  violente, 
comme  lempotc,  gi'è'",  ';ens  de  guerre,  ttc.  La 
grcle  a  fait  un  grand  t^égut  dans  les  vignes.  On 
a  envoyé  des  gens  de  guerre  pour  faire  le  dégdt 
dans  celte  Province.  Les  bêles  fauves  font  bien 
du  dégût  dans  les  terres.  Le  passage  des  troupes 
dans  celle  Province  y  a  causé  beaucoup  de 
dt(j  ils. 

Il  se  dit  aussi  De  h  cousonimaiion  de  den- 
rées,  de  vivres  qui  se  fait  avec  désordre  et  sans 
économie.  On  fait  un  qrand  di-gdt  de  bcis  dt 
vin  dans  cette  m/ti'<off. 

On  dît  absolument.  Fale  le  dégdt,  pour 
dire.  Ravager,  dévaster 

DÉGAUCHIR,  v.  act.  Terme  propre  à  cer- 
l;iins  métiers.  Dresser  un  ouvrage  eu  bois ,  en 
[)ierre,  etc.  en  retrancliant  ce  qu'il  a  d'irrc- 
gulier. 

DÉoAUCHi,  îT.  participe. 

DÉGAUCIIIS.SEMEM'.  s.  masc  Action  de 
dégauchir. 

DE(iEL.  subst.  m.  Fonte  de  la  silace,  de  In 
neige,  pjf  radoucissement  de  Pair.  Le  dégel  est 
venu  tant  à  coup.  Le  temps  s'est  adouci,  nom 
aurons  du  dégel.  Au  premier  dégel.  Il  n'y  a  de 
franc  dégel  guavcc  de  la  pluie.  Le  vent  est  au 
dégel  ^  towne  au  dégel. 

OECiELLR.  T.  act.  Faire  qu'une  chose  qui 
éloit  i^t'iée,  C(ss  ■  de  l'clre.  Le  vent  Qu'il  a  fait 
depuis  peu^  a  dégelé  la  rivière. 

Il  est  aussi  neutre.  La  rivière  dégèle,  com 
mence  à  dégeler. 

Il  se  dit  pins  ordinairement  à  l'impersonnel. 
Il  dégèle.  Quand  il  viendra  à  dégeler. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  peiïonnel. 
I/eau  de  fiiitaine  commence  à  se  dégeler. 
^*îettre  du  fruit  dans  de  Veau  pour  le  faire 
•iéijcler. 

DÉcEt.Ê.  te.,  participe. 

DÉt;ÉM':RATIO\.  s.  fém.  Étal  de  ce  q»û 
dégénère.  La  dégcnératian  des  plantes,  des 
animaux^  des  races ^  des  espèces. 

DÉGÉNÉnER.  V.  n.  S'abâtardir,  ne  suivre 
jiiiA  la  vertu,  les  bon»  exemples  de  ses  ancétrcî. 
U  se  construit  avec  la  pr^^pcrtion  de.  Il  a  de- 


DEG 


38-; 


généré  de  la  valeur  ie  ses  aïeux.  Dêgénàer  it 
jcj  uncélres.  Déçjénirer  de  la  piété  de  ses  pèi  es. 
On  dit  aussi ,  qu't/n  homme  dégénère,  pour 
dire,  qu'il  vaut  nioius  qu'il  ne  valoit  autrefois. 
//  fut  un  Héros  dans  sa  jeunesse,  mais  il  dé- 
ijénéra  dans  la  suite.  Cet  Ecrivain  a  bien 
dcqénéré. 

Ou  le  dit  aussi  absolument.  Les  cnfans  dt. 
grands  hommes  dégénèrent  ifuelquefois.  Celle 
race  est  dégénérée. 

On  dit  aussi ,  que  Les  animaux  dégénèrent , 
pour  dire,  qu'ils  ne  sont  p«s  Je  Unième  beau  te, 
qu'ils  n'ont  pas  les  méniej  bonne:  qualités  que 
les  animaux  dont  ils  »iennint.  Et  on  dit,  que 
/)es  piailles  dégénèrent,  qu'c/les  commeiiceiil  n 
dégénérer,  pour  dire,  qu'Iilles  cessent  de  por- 
ter d'aussi  bon  fruit  qu'au  conujieucemcnt. 

CLOiiNLiiEn,  employé  avec  la  prépositifiv 
en,  se  dit  eu  parlant  Dis  clioscs  qui  cliangini 
de  bien  en  mal,  de  mal  eu  pis,  ou  de  mal  ra 
moins  mal.  L'Etal  popuLùre  dégénère  souvent 
en  Anarchie.  La  querelle  de  Pompée  etdcCésur 
dégénéra  en  gua-re  civile.  La  guerre  de  In 
Fronde  dégénéra  en  plaisanterie.  Le  style  pom- 
peux dégénère  guelguefoir.  en  galimatias. 

On  dit  aussi  qu't^ne  maladie  dégénère,  suit 
pour  dire,  qu'EUc  se  cliange  en  ime  maladie 
moins  violeulc  ;  soit  pour  dire  ,  qu'EUe  si 
change  en  une  maladie  plus  violente.  L'apo- 
plexie dégénère  quelquefois  en  paralysie,  l.e. 
cours  de  i;eu(ie  dégénèie  tiis-souvent  c;i  d,.- 
(enlerie. 

IlÉGÉaÈni,  ÉE.  participe.  Espèce,  iéqénerce. 
Plante  dégénérée 

DÉ(;iNG.\>DÉ,  ÉE.  adj.  Il  se  dit  dans  le 
style  familier ,  d'Cne  personne  dont  la  conte- 
nance et  la  démarche  sont  mal  assurées,  comme 
si  elle  étoit  toute  disloquée.  C'est  un  homme 
tout  dégingandé.  Elle  est  toute  dégingandée. 

DÉGI.ÙER.  V.  a.  Oter  la  glu,  débarrasser 
de  II  glu.  5e  dégluer  les  mains.  Cet  oisenu  n'a 
pu  se  dégluer. 

On  dit.  Se  dé^iluer  les    yeux,  pour   dire, 
Otcr  la  chassie  qui  colle  I  s  paupii'ris.  L'eau 
tiède  déglue  les  yeux. 
Utmxi,  i.t    participe. 
DÉGLUTITION,  s.  f.  Teinie  de  .Médecine. 
.Vciion  d'avaler. 

D^;G0BII,LI:R.  v.  a.  Vomir  le  vin  et  les 
viandes  qu'on  a  prises  avec  excès.  Dèqobillei- 
son  dUw.  l'éjohiller  sous  la  tahle.  II  est  bis. 
DÉuOBnxK,  ÉE.  participe. 
DKGOI)lbr.I.S.  subst.  masc.  f.c  vin  et  les 
viandes  dfgobillés.  Cela  sent  le  dégobillit.  Il 
est  bas. 

I)É(iOISER.  V.  act.  Chanter.  H  ne  se  dit  pro- 
prement que  Du  chant  des  oiseaux  ;  mais  en  ce 
sens  il  n'est  plus  giiôr^  en  usage. 

Dans  le  lîguré.  il  signiGe,  Parler  plus  qu'il 
ne  faut,  dire  ce  qu'il  ne  faut  pas  dire.  Il  a  dé' 
goisé  tout  ce  qu'il  sait.  Il  est  familier. 

On  le  dit ,  dans  le  ni^mo  sens,  d'l"n  prison- 
nier dont  on  tire  des  vérités  qu  il  auroit  intérêt 
de  cacher.  I-'n  ce  s.'-ns  il  est  neutre.  Ce  prûo'i- 
iiier  a  Jcjni.x.  Ou  l'a  fait  déqeittr.  Il  c^t  lo- 
pnUire. 


38  i  D  K  G 

I  in  dil  ciiciiic ,  Celle  jcmme  aime  à  lUglnsci, 
iKjur  dire,  (|u'ElIe  aime  trop  à  parler. 

DïGOisi;.  KE.  participe. 

DÉGOlUiKMENÏ.  s.  m.  Action  de  dégor- 
ger, épanclicincnt  des  eaux  cl  des  immondices 
retenues.  Le  dejorjemcnl  il'un  iijout,  d'un 
tuyau,  d'un  wi'er,  d'utie  (joutlière. 

II  se  dit  aussi  Du  déliordcnieut  et  de  1  epan- 
rhcment  de  la  bile  cl  des  autres  liuincurs.  Le 
./éjorjemeni  des  Immew  s.  Il  lui  survint  un  de- 
cjornement  de  bile. 

11  se  dil  au-ssi  Des  dlofl'cs.  Le!,  moulins  à  jun- 
ior, scri-cnl  au  dèyorgement  des  draps,  Ils  en 
jtïiit  les  giais-ses,  etc. 

DÉCiOR(!KR.  V.  act.  Débouclier,  débarr.is- 
ter  un  passage  cugorge.  Il  fnidrvil  dé<jorqcr 
cet  évier,  ce  tuyau,  cet  égoul. 

Il  est  quelquefois  neutre.  Si  cet  éçjout  vient 
une  fois  à  dégorger,  il  cmjunnûra  tout  le 
quarliei:  Les  ravines  d'eau  uni  fait  dvtjor^er  cel 
élan{j. 

On  dit,  que  Le  poisson  se  décjorrje,  pour 
dire,  qu'il  se  purge  du  goût  de  la  marcc,  ou 
de  la  senteur  de  la  bourbe.  Le  poisson  se  dé- 
qorge  quand  il  est  quelque  temps  dans  l'eau 
claire  et  couroïKc.  Z,cssniimons,(es  a!ose.viju'on 
(jrcnd  (Inris  la  mer,  n'ont  pas  si  bon  joiit  que 
l-s  poissons  de  même  nature  qui  se  sont  déqor- 
nés  dans  les  rivières.  Celte  carpe,  celle  tancJie 
sentira  la  bourbe,  il  la  faiiuvit  faire  décjorger 
dans  un  réservoir. 

H  se  dit  en  termes   de   Manufacture ,  pou( 
dire.  Laver  les  laines,  les  :oies,  les  étoflis.  etc. 
puur  en  faire  sertir  ce  qu'il  y  a  de  .supciilu. 
UÉcnatit,  i;E.  participe. 
DÉ(iOriiR.  V.  a.   népl-iccr,  cliasser  quel- 
qu'un de  son  poste.  On  l'a  dégoté.  Il  a  été  Jt- 
golé.  Style  burlesque  cl  fan)ilier. 
DÉCOTE,  tE.  participe. 
DÉGOURDIR.  V.  a.  Redonner  du  niouve- 
nient,  de  la  chaleur  ù  ce  qui  étoit  engourdi  par 
le  froid ,  ou  par  quelque  autre  cause.  5e   de- 
qourdir  les  mains,  les  jambes.  Se  detjowdir 
ù  la  promenade  après   avoir  été   long  -  temps 
assis. 

On  dit, Foire  dégourdir  de  l'eau, pour  dire. 
Faire  cliaufTur  idgàreuient  de  l'eau,  pour  lui 
lUer  sa  grande  froideur.  Il  faul  faire  dégourdir 
cette  eau.  lit  dans  cette  plirase.  Dégourdir  est 
utoitre. 

DÉGOOroiB  ,  .se  dit  aussi  iigurénient  et  faïui- 
liiTemcnt  en  parlant  d  Un  jeune  bomuie ,  pour 
dire.  Le  façonner,  le  polir,  par  le  lomniercc 
du  inonde.  Ce  jeune  homme  a  besoin  que  le 
commerce  du  monde  le  dégourdisse.  Il  com- 
mence à  se  dégourdir. 

Di^GOunoi,  >E.  participe. 
Il  se  prend  aussi  substantiTement.  C'esl  un 
dégourdi.  Lin  bomine  h  qui  ou  n'en  fait  poiut 
•ecrojp  .  Il  <at  familier 

UI;oOUKDIS.SL.MI';NT.  ».  m.  Action  par 
Uquclle  les  membres  engourdis  reprennent  du 
mouvemeot,  de  la  chaleur,  etc.  Le  dégourdis- 
sèment  commence  par...  Le  dcgourdissement  sf 
fait  sentir  par  un  ptcotcment  dans  les  nerfs 


n  E  G 

d''.ipiicùl.Il  a  un  si  rjraud  (îéqoiih,tpt'ilnc  sa». 
roit  maïKjcr  de  rien.  Il  n\ipUis  de  fièvre^  mais 
il  lui  est  resté  du  drqout. 

I!  sr.  dit  aussi  De  l.i  rcpugnancequ'onapour 
certains  alimens.  //  lui  a  pris  un  dcqoi'tt  pour  la 
vtundc.Il  iivoit  autiefuis  uncjrand  dcijoùtpour 
le  j'iM.  //  a  du  dcnoùl  pour  le  poisson. 

Il  signifie  figurûm.  L'aversion  qu'on  prend 
pour  une  chose,  ou  pour  une  pcrsoniic.  Il  lui 
a  pris  un  furieux  déqout  pour  cette  personne. 
L'invertitude  qu'il  a  trouvée  dans  la  Médecine, 
lui  en  a  donne  du  déijoût.  Avoir  du  déqout 
yvut  Vclude.  Il  a  un  qrand  déqoùl  pour  le 
rnontlc. 

Il  signifie  ei.cort  fif^urcment,  Déplaisir,  cliii- 
jjiiu,  mortification,  //  a  eu  hïcn  des  dégoûts  à 
la  Cour.  On  lui  a  donne  hien  des  déqoûts,  WV- 

]ra^iqes  déqoùtSy  tant  de  deqoûts  que Il  a' 

tu  hien  de.'i  déqoûts  à  essuyer.  On  lui  a  donne 
liM  juricux  dcqoût. 

Df-GOÛTÀM',  A^TK.  adj.  ^ni  donne  du 
di^oût.  Viande  déqoUtante.  ]\lalj)royrelc  dc- 
tjodtante. 

Il  signifie  figurement,  Qui  donne  de  l'avcr- 
jiou,  de  la  répugnance.  C'est  un  homme  d.'qoù- 
Innl.  Il  a  des  manières  déqoùtantes. 

Il  signifie  encore  figiirémenl,  Qui  cause  du 
déplaisir.  Il  arrive  bien  des  choses  dêçjoûtanta 
dans  la  vie. 

I  DÉGOÛTER.  T.  a.  Ut.r  l'appetil,  faire  per- 
lire  le  goût.  Si  vous  lui  donnez  tant  ù  manjer, 
vous  le  dé(joùta-ez. 

l\  signifie  aussi  figuréroent,  Donner  de  Vé- 
ioigncnicnl  pour  une  personne,  pour  une  chose; 
faire  cju'ou  cesse  de  trouver  une  personne,  une 
chose  i» sou  gn.-.  Il  aimoit  fort  cette  femme.,  mais 
on  l'en  a  déqoùté.  Il  voudroit  cette  Charcje, 
mais  le  prix  l'en  a  dêqoûlé.  Qi^jnd  vous  le  con 
iioUrez  bien,  vous  en  serez  bientôt  déqoûté.  On 
Va  déqoùlé  de  la  qucrre,  d^allcr  à  la  guerre.  /I 
i\$t  déqoùté  de  tout. 

DÉcorxEn,  se  met  aus.sî  avec  le  pronom 
personnel,  et  signifie,  Prendre  du  dégoût,  de. 
l'aversion.  Il  s'est  dégoûté  de  celte  maison ,  de 
cet  emploi.  Il  s'en  est  déqoùté  de  lui-même.  Il 
est  aisé  de  le  dégoûter  de  et  métier-là. 

DlgoCté,  ék.  participe. 

II  est  qucKpiefois  suhslantif ,  comme  dan. 
rctt''  phrase,  Faire  le  dégoûté,  qiii  signifie. 
Taire  le  difficile,  le  délicat. 

Di;0(_)UrrANT,  A>rK.  adj.  I^Hù  dcgoulie. 
[En  ce  sens  la  syllabe  gou  est  l)rcvc,  et  plu- 
sieurs prononcent  de  »ans  artrnl  )  Ce  linge 
n^est  pas  sec,  il  est  encore  tout  dégouttant.  Sa 
chemise  étoit  toute  dégouttuntc  de  sueur.  Il  ctoit 
{uut  déqouttant  de  sanq. 

Dl':GOUn'i:K.  v.  u.  Coulcr  goutteàgoulte. 
J.a  sueur  lui  déqoultoit  du  front.  Le  sang  lui 
déqouttoit  du  nez.  Cette  cave  est  si  humide, 
que  l'eau  y  dégoutte  toujours,  qu^il  y  dégoutte 
toujimrs.  Faire  dégoutter  du  lard,  du  beunc, 
mr  de  la  viande. 

Il  se  dit  aussi  Dc$  choses  par  où  l'eau  uu 

quelque    autre    liqueur  dégoutte.   //  pleuvint 

Jk  tantôt,  les  toits  dégouttent  encore.  Les  cheveux^ 


DhGOÛT.  i.  m,  Miiuquo  de  goAi ,  manque      h  front .  lui  Jcjouricnl  de  sueur. 


DEG 

On  dil  proverbialement  el  figur.'-mi  ni.  qn'.-î 
la  Cour,  (^'auprès  des  Grands,  s\l  n'y  pleut , 
il  y  dégoutte,  puur  dire,  que  Si  on  n'y  fiiirpas 
toujours  giiinde  fortune,  au  moins  on  en  tite 
quelque  grâce,  quelque  avantage. 

Ou  dit  aussi  proverbialement  et  figurêmcnt, 
S'il  pleut  sur  moi,  il  dégouttera  sur  vous,  pour 
dire,  S'il  m'arrivp  quelque  chose  de  bien  ou  de 
mal,  vous  en  aurez  votre  pari.  Et  on  dil  aussi 
proverbialement  et  figurêmcnt  dans  le  même 
sens,  Quand  il  pleut  sur  le  Curé,  il  dégoutte 
sur  le  Vicaire. 

DÉ(;RAD.VnON.  s.  f.  Destitution  ignomi- 
nieuse du  grade,  de  l'étal  où  l'on  est.  Le  Roi. 
a  fait  défendre  à  tous  les  Gentilshommes ,  à 
peine  de  dégradation  de  Noblesse Dégrada- 
tion des  armes.  La  dégradation  d'un  Ojficicr 
de  qucrre.  Dégradation  de  Magistrature.  La  dé- 
gradation d'un  Magistrat.  Dégradation  des  Or- 
dres sacrés.  On  ne  procédoit  à  la  dégradation 
d'iui  Prêtie.  que  quand  il  étoit  condamné  à  mort. 

DKGnAOATio.N ,  signilie  aussi  Le  dégât  con- 
sidérable qu'on  fait  dans  d<  s  bois,  dans  un  hé- 
ritage. Il  a  fait  de  grandes  dégradations  dan$ 
ces  bois.  U  fit  faire  un  procès  verbal  des  déqra^ 
dations  qui  avoient  été  faites  dans  cette  terre. 

U  signifie  aussi  Dépéiîssemcnl.  Dégradation 
d*un  bâtiment,  d'un  mw ,  etc.  par  vétusté,  ou 
par  quelque  accident,  comme,  inondation, 
ircmblemeni  de  terre,  etc. 

U  ^e  prend  aussi  au  figuré  pour  Avilisse- 
tuenl.  La  déqradation  des  urnes  est  une  suitË 
fie  la  servitude. 

Il  signifie  aussi  I/afitiiblissement  de  U  Iii< 
roière  ci  des  couleurs  d'un  l.'^bleau.  La  deqro' 
dation  des  couleurs  est  hien  entendue  dam  ce 
tableau.  Un  Peintre  qui  entend  hien  la  dé- 
gradation des  couleurs,  de  la  lumière  et  «.'r's 
ombres. 

DÉGRADER,  v.  a.  Démettre  de  quelque 
crade  par  Justice,  et  avec  (Iererl;tines  formalités. 
Déqrader  un  Gentilhomme,  le  dégrader  de 
Noblesse.  Dégrader  des  armes  un  homme  de 
nuerre, pour quelqueldcheté commise.  Dégrader 
un  Magistral,  un  Officier  de  Justice  y  pow 
rause  de  concussion,  ou  pour  quelque  autrt 
iujet  consxdérahle. 

l)ÊGRADKi\ ,  se  dit  quelquefois  dans  un  sens 
pius  doux.  Ainsi  on  dit,  que  C'est  dégrader  un 
homme,  que  de  lui  refuser  les  honneurs  qui  lui 
sont  dus. 

DÉGRAUEn,  SE  DÉGnADEB, OU  figuiê.  Signifie 
AviUr,  s'avilir.  La  flatterie  dégrade  égait- 
ment  les  Princes  et  les  flatteurs.  Le  flatteur  m 
dégrade  par  ses  basses  complaisances. 

On  dit,  Véqrada-  des  bois,  dét^rader  une 
maison.^  un  héritage,  pour  dire,  Y  faire  quel- 
que dégât  considérable,  ou  les  lai-;ser  minet 7. 
les  laisser  dépérir  par  négligence. 

En  termes  de  Peinture,  Dégrader  sipiific 
Diminuer,  afTuiblir  insensiblement  la  lumière 
ou  les  couleurs  d'un  tableau.  La  lumière  est 
bien  déqradée  dans  ce  tableau.  Les  couleurs  y 
%ont  bien  dégradées. 

Dtan\M:,  tz.  parlicipe. 

DÊGRAEER.    v   a.   Détacher    une   a^rule. 


DEG 

«Jéfairp  le  crocliet  d'une  3;,'i.ifc  de  l'endroit  ou 
il  est  psssé.  Dtqrafcr  un  liabit,  une  jupe. 
DÉ&nAyi: ,  KE.  participe. 
DEGKAISSAGE,  im  Df-XJ^AISSF.MKNT. 
s.  m.  Action  de  dégraisser  les  laines,  les  ôiofli's 
de  laine.  Ces  lainet  onl  besoin  d'un  don  dé- 
t^ruissaje. 

IIËGRAISSER.  V.  a.  Ôter  la  gr.iisse  de  (iiiel- 
i^uc  cliose.  Dégraisser  le  pot.  Déqruisser  le 
hvuillon. 

On  dit  aussi,  Dégraisser  îc  vin,  pour  dire, 
lui  ôter,  au  moyen  de  quelque  in^^^;^lient,  la 
graisse  dont  il  se  charge  eo  \  i('illiN.sauL 

Il  signifie  aussi,  Oter  les  tacljesquela  graisse 
a  faites.  Donner  un  hnbil  à  dégraisser.  Dé- 
graisser un  chapeau.  On  dit  aussi.  De jraisser 
tu  c'tei'eikT.  La  poudre  dégraisse  les  cheveu.v. 

On  dit  fi^iiréni.  et  popidaireni. .  Dégraisser 
un  homme,  pour  diie,  Lui  oter  une  partie  des 
fraudes  riclies.>e.s  qu'il  avoit  mal  acquises.  Ce 
Financier  ai'oit  fait  de  prodigieux  gains,  mais 
un  l'a  bien  dégraissé. 

DÉonAissEti,  se  dit  aussi  en  parlant  Du  mau- 
vais effet  que  les  torrens  et  les  ravines  d'eau 
foQt  sur  les  terres  labourables,  en  emportant 
cç  qu'il  y  a  de  plus  projjrc  à  les  rendre  l'crtitcs. 
Les  ravines  dégraissent  les  terres, 
,DÉGi!AL-isÉ,  ÉE.  participe. 
nÉGRAISSELIt.  s.  m  Qui  dcgrais.se  les 
Iwliils,  le»  ciofles.  Porter  un  habit,  une  jupe, 
ou  Dégraisseur. 

DÉGRAVOIMEST.s.m-Effctduneeaucou 
(.■nie  qui  dé^ravoie,  qui  dectiausse  des  murs 
des  pilolis ,  etc. 

Di^GR.WOYER.  V.  a.  Dé^.ader.  déchausser 
de»  pilotis,  des  murs.  L'eau  a  dcgra^-oy-é  ce  mur. 
nÉcnAVOYÉ,  ±E,  participe'. 
DEORÉ.  s.  m.  (Plusieurs  prononcent  et 
écrivent  degré.  )  L'escalier  d'un  l>.'itiment.  L'n 
grand  degri.  Un  petit  degré.  Un  degré  de  dé- 
gagement. Le  grand  dt-gré  du  Palais.  Un  degré 
datLe  et  aisé.  Un  degré  extrêmement  roide. 

DEcnÉ ,  signifie  aussi  Une  marcIie.  .l 'onter 
les  degrés.  Descendre  les  degrés.  Des  degrés  de 
pie.-re,  d«  degrés  de  bois.  Les  degrés  d'un 
perron.  Les  deqréi  d'un  escalier. 

Degré,  «c  dit  figurément  Des  Emplois,  des 
Qiarges,  des  Titres,  des  Dignités  par  ou  on 
l'iléve  successivement  ii  de  plus  grandes.  Il  c<t 
parvenu  là  par  degrés.  Il  a  passé  par  tous  les 
degrés.  Par  tous  les  degrés  de  la  Milice,  H  s'est 
tlav  de  degré  en  degré.  Cet  emploi  fut  le  pre- 
mier degri  de  sa  fortune,  de  su  faveur.  Il  est 
dans  un  haut  degié  d'élévation. 

Dan»  l'Lnivcrsité,  on  appelle  Degrés,  Ij; 
grade  de  Maiire  «  Arts,  celui  de  Bachelier, 
celui  de  IJcencic',  e«lui  de  Docicur;  et  dans  ce 
sens  on  dit  :  Prendre  <es  Jejres  dans  IVniver- 
siié.  Il  a  tous  ses  degrés. 

DEonÉ,  te  dit  aussi  pour  marquer  I.a  diflc- 
renre  île  plu»  ou  de  ninius.que  ks  l'hilosopljes 
fiippovi.t  dan»  les  qualités  sensibles.  Dejjré.. 
de  citaleur.  de  froid,  de  lichercsse.  d'humidité, 
de  /nrre,  de  mouvemeni,  de  vitesse,  etc.  Eu 
porl.un  Des  opérations  de  Chimie,  et  de»  autres 
qu'on  fait  par  I»  moyen  du  feu ,  on  dit,  Savoir 
Tome  I, 


DKG 

âonner  les  deqris  du  fcn^  pour  dire,  bavoir  â 
quel  point  il  fau:  que  le  feu  lok  arieut  pour 
Iiii'ii  faire  l'opération  qu'on  se  propose. 

On  apptlle  aussi  Dcgrc^j  Les  dilTûrentcs 
parties  da:js  lesquelles  le  linroiuùtre  et  le  Tlicr- 
niumètrc  sont  divises ,  et  qui  servent  à  marquer 
dans  le  prenticr  la  pesanteur  Lctuellc  de  l'air. 
et  dans  le  >t*cond  le  plus  ou  le  moins  de  froid 
et  de  cliaud.  Le  Baromètre  est  dccendu  à 
vingt-sept  degiis.  Le  Thermomètre  est  mcntè 
à  trente  deqrts. 

F.n  parlant  Des  qualiti'îs  morales  bonnes  ou 
mauvaises,  on  dit.  Le  ph^i  haut  denréy  le  der- 
nier deqre,  lesiiy.rémedeqré,,  le  s n'v.";rii  in  deqrè,, 
pour  dire,  Le  comble  de  ces  ffualit(is,  ce  qu'il 
y  a  d'txcessif  ou  déminent  dans  les  unes  et 
dans  les  autres.  Etre  insolent  au  dernier  deqié. 
Porter  l'insolence,  jusan'aii  vins  haut  denrc. 
Etre  parvenu  au  plus  haut  degré  de  Vèloguence. 
Etre  hhcral  au  suprême  degré.  Etre  parvenu 
au  souva-ain  degré  de  la  gloire.  Monter  par 
degrés  au  plus  haut  point  de  vertu  y  de  perfec- 
tion^ dlionneur  ^  de  réputation. 

On  appelle  Degrés  de  comparaison  ,  en 
Grammaire,  Le  positif,  le  comparatif  et  le 
superhitif .  Voyez  ces  trois  mots. 

DtcnÉ,  en  parlant  De  parenté  et  de  consan 
ç;uùiitc,  se  dit  pour  martpier  la  proximité  ou 
IVloigncmcnl  qu'il  y  a  entre  parens,  îx  l'égard 
de  la  tige  qui  leur  est  coimnune.  Parcns  au 
premier,  au  second  degré.  Les  parcns  au  cin- 
tjuième  degré  n'ont  pas  besoin  dt  d.su'nsi 
pour  sr  tnaricr  en^emhle. 

On  appelle  absolument  Degré  de  Juridic- 
ïion,  tout  Tribuii.-iU  soit  Kcclésiaslique,  soit 
Laïque,  dont  on  peut  appeler  à  un  autre.  //  eu 
est  encore  à  ce  premier  degré  de  Juridiction.  Il 
y  a  en  France  deux  degrés  de  Juridiction  entre 
un  Evêque  et  le  Pape,  savoir,  le  Tribunal  du 
Métropolitain .  et  celui  du  Primat,  /ivant  gnc 
Vappel  de  la  Sentence  (Van  Prev6t  puisse  être 
porté  au  Parlement^  il  faut  quelle  passe  par  un 
autre  degré  de  J  uridiction  ^  et  tju^elle  sot  portée 
à  un  Pré.'iidial. 

Deghé,  en  Pbysique,  est  employé  pour  ex- 
primer La  quantité  de  masse,  de  vitesse,  dq 
mouvement  ou  de  force  du  coq>s.  Degré  de 
masse.  Degré  de  vitesse.  Degré  de  mouvement 
proportionnel  ju  degré  de  Vi$npulsion. 

DEcnL,  en  Géométrie,  se  dit  Ue  la  trois 
cent  soixanlièms  ;ï«trtJc  de  la  circonférence  d'un 
cercle.  Le  quart  de  cercle  a  90  degrés.  Cn 
angle  de  4j  degrés.  Degré  de  latitude.  Degré 
de  longitude.  Chague  signe  du  Zodiaque  oc- 
cupe '.\o  degrés.  Le  Printemps  commence 
quand  le  soleiC  entre  dans  le  premier  degré 
dWr'ics. 

DKCiRKIiR.  V.  a.  Uterlesa;;nîsd"un  vjisseau. 
Di-cntK,   KE.  participe,    i^ais-icau    dégrçé, 
Qui  a  pirdu.  ou  auquel  on  a  ôtc  ses  a^^. 

DliCilUXiOLEH.  V.  n.  lîcsccndrc  avec  prê- 
cipitAtiun.  et  souvent  plus  vite  qu'où  ne  vou- 
droiL  //  a  dégringolé  les  montées.  On  lui  a  fuit 
dégringoler  l'esculia:  Il  a  dégringolé^  dégrin- 
golé jusqu'en  bas.  Il  n'a  fait  que  dégringoler.  l\ 
est  du  st>lc  familier. 


DEG  38;^ 

DEoniNcOLF. ,  i'k.  p.iiticii>e. 
DKGROSSIU.  v.  a.  Il  u  fst  en  usa^«  an  pro- 
pre qu'en  parbnt  Des  ouvrages  de  mcnuinerie 
et  de  sculpture ,  [wur  dire .  ôter  le  plus  gros  de 
la  niatitirc  pour  conmienccr  «1  lui  faire  recevoir 
la  forme  que  l'ouvrier  lui  veut  donner.  Dé' 
grossir  un  bloc  de  marbre. 

Il  se  dit  figurément  Des  oflaires,  pour  dire. 
Commencer  i  les  éclaircir,  à  les  débrouiller.  /( 
faut  détjrossir  un  peu  les  matières  avant  que  de 
les  traiter  à  fond.  Dégrossir  la  besogne. 

Dégrossir  une  épreuve^  terme  d'Imprimerie, 
La  lire  la  première  foisj  et  en  ôter  les  pUu 
f;rosscs  fautes.  On  dégrossit  les  épreuves  avant 
de  les  envoyer  à  l'/^utcitr. 
Dr.Giios'ii,  IF.,  participe. 
DÉGUENILLI-:,  LK.  adj.  Celui,  ceDe  dom 
les  habits  sont  en  lambeaux.  //  e^t  (oui  dégue- 
nillé. Je  Vai  vue  toute  déguenillée. 

DKGUERPIR.  V.  a.  IVrme  de  Pratique. 
Abandonner  la  possession  d'un  immeuble.  Vé- 
guerpir  un  héritage^  une  mtji^son.  une  rente; 
et  absolument  :  Jl  a  été  obligé  de  déguerpir.  Il 
faut  déguerpir. 

On  dit  figurément  dans  le  discours  familier, 
Dégucrp-.r  d^un  lieu^  pour  dire,  Sortir  d'un 
lii.-u  par  qu-'Iquc  motif  de  crainte.  On  l'a  fuit 
déguerpir  de  sa  place.  Je  le  ferai  bien  dcgucipir. 
Et  dans  ce  sens  il  est  neutre, 
DÉc.uEnPi,  lE.  participe. 
DÉGUERPISSKI\IENT.  s.  m.  Abandonne- 
mcnt  de  la  possession  d'un  immcnbî".  Le  dè.t 
7'n'' ri'i  ■'''î!*''Jf  d'un  héritage. 

Dr;GUEULEI\.  V.  n.  Vomir,  rendre  gorpc. 
//  dêgueula  sous  la  table.  II  ne  se  dit  que  d'Ln 
\omissemenl  qui  vient  d'excès  de  déliauchc.  Il 
est  bas. 

Dl-:(;UIGNO]NER.  T.  a.  Ôter  le  suif;:»on  ,  le 
mallicur.  11  se  dit  principalement  au  jeu.  Ce  beau 
coup  m\i  déguignoné.  Il  est  du  style  familier. 

DÉGUISEMENT,  s.  m.  L'état  où  est  une 
personne  déguisée.  Malgré  son  déguisement,  j« 
le  reconnus  bien. 

Il  se  dit  aussi  figurément.  La  vérité  se  re- 
ronnott  malgré  les  artifices  et  les  dêguisemcns. 
Il  a  beau  se  sa-vir  de  déguisemens.  Parlez-moi 
sans  déguisement, 

DICGUI.SER.  y.  a.  Travestir  une  personne 
de  telle  sorte,  qu'il  soit  difficile  de  la  rreon- 
noitrc.  On  le  déguisa  en  femme.  Il  se  déguisa 
en  Marcliand^  en  Moine,  etc.  Une  fausse  barhe 
déguise  bien  un  homme.  Se  mettre  un  emplétre 
sur  Va'il  pour  se  déguiser. 

On  dit.  Déguiser  sa  voix ,  pour  dire,  Ne 
parler  pas  avec  le  snn  de  sa  voix  naturelle; 
Déguiser  son  écriture,  pour  dire.  Écrire  d'uH 
autre  caractère  que  son  caractère  ordinaire  ; 
Déguiser  son  style  y  pour  dire,  Composer  dans 
un  style  difTcrcnc  du  sicfi  ;  et  Déguiser  les 
viandes  j  pour  dire.  Les  assaisonner  de  telle 
sorte,  qu'on  ait  de  la  peine  h  les  reconnoitre. 

Ou  dit  n^urcment,  Déguiser  la  réritc,  dé- 
quiser  le  /iiit,  |H>ur  dire,  Raconter  MVtc  cbnf.e 
uuirt'ment  qu^clle  n'est,  dans  l'iDicntion  de 
surprendre  ceux  ïi  qui  l'on  parte.  Ou  ne  ï-ott-^ 
dif  pi:;  (eut,  on  vous  déguise  le  fait.  Je  ne 

.'.9 


38G 


DEFI 


vous  àéguiicrai  ri.ii.  Pour  ne  vsus  rien  iè- 
iiiiisa'.  lit,  Tiéaidier  son  amh\ùor\,  su  pcrjlitic, 
pour  dire ,  LL•^  cacher  sous  des  apiiannces  con- 
traires. 

On  dit  aussi  6gurément,  5c  «ipjui'.wr,  pour 
dire,  Se  montrer  tout  autre  qur  l'on  n'est.  Cet 
homme  II  fait  touUs  sortes  'le  /•tvsonnnjes,  il 
te  décjuise  en  mille  mnniéref. 

DÉeiiSK,  ïE.  participe.  H  I"'  assassiné  par 
Jes  gens  déguisés. 

On  dit  aussi ,  Vertus  déguisées ,  vices  dégui- 
tés,  ambition  dégaisée. 

DÉGUSTATION,  s.  f.  Essai  qu'on  Ciit  des 
ligueurs  en  les  goir.int. 

DE  H 

DÉHÂLER.  V.  a.  (l'H  s'aspire.)  Ôter  l'im- 
pression ijuc  le  liùle  a  faite  sur  le  teint.  Celte 
eim,  cetts  pommade  Va  bien  déhdlêe.  Il  s'em- 
ploie au  neutre.  Ccîii  délullc.  Cela  est  fctvi 
pour  déhdler.  Et  avec  le  pronom  personnel, 
£'(le  garde  la  chambre  pour  se  dchàler. 
DÉHÂIÉ ,  ÉE.  participe. 
DÉHANCHÉ,  )';E.  adj.  Qui  a  les  hanches 
rompues  ou  disloijuées.  Il  se  dit  Des  hommes 
et  des  chevaux.  Cet  homme  est  tout  déhanché. 
Un  cheval  tout  déhanché. 

l\  se  dit  aussi  Cgurement  De  ceux  qui  mar- 
olieiit  sans  être  fermes  sur  leurs  hanches. 

DÉH  AKUER.  t.  a.  Terme  de  Chasse.  Lichcr 
les  chiens  qui  sont  liés  quatre  îi  quatre,  ou  six 
à  six. 

DÉHAEDÉ ,  ÉB.  participe. 
TlEH.\RNACHEME!ST.  s.  m.  (l'H  s'aspire.) 
Action  d'ôter  le  harnois  d'un  cheval  de  trait. 
Le  déharnarhcment  de  ses  chevaux  l'a  empêché 
de  venir  plus  tôt. 

DÉHARNACHER,  v.  a.  (  l'H  s'aspire.)  Ôter 
le  harnois  à  un  cheva!  Se  trait.  Le  oocher  n'a 
pas  encore  déharnaché  ses  chevaux, 
DÉHAnsACHÉ,  ÉE.  participe. 
DEHORS,  adv.  de  lieu.  Hors  de.  Il  est  op- 
posé à  Dedans.  Il  est  allé  dehors.  Cela  avance 
trop  en  dehors.  Porter  la  pointe  du  pied  en 
dehors. 

On  dit ,  Medre  un  dcmesli<)ue  dehors,  pour 
dire,  Le  chasser,  lui  donner  son  congé.  /(  a 
mis  ce  la(juais  dehors. 

On  dit.  Porter  la  pointe  du  pied  en  dehors. 
pour  dire  ,  IVIarchor  de  manière  qu'il  y  ail  plus 
de  distance  entre  les  deux  pointes  des  pieds 
qu'entre  les  talons. 

On  dit  familitrenient  ,  qu'f/r»  )iomme  ne 
Mit  s'il  est  dedans  ou  dehors,  pour  dire,  qu'il 
est  incertain  de  l'iîlat  de  ses  affaires ,  de  la  si- 
tuation où  il  est  auprfs  de  certaines  per- 
sonnes, du  parti  qu'il  prendra,  de  l'opinion 
qu'il  doit  embrasser,  etc.  Il  ne  sad  s'il  est  de- 
dans ou  dehors  avec  ce  Prince.  On  ne  saurait 
deviner  cet  homme,  on  ne  sait  s'il  est  dedans 
ou  dehors.  Il  n'e.<(  ni  dehors ,  ni  dedans. 

Dehous  ,  est  aussi  qu'  Iqucfois  préposition. 
II  passa  par  dehors  la  ville  ,  En  ce  sens  ,  U 
h'mI  guère  d  usape  qu'en  cette  phrase,  et  quet 
que»  auim  semblables. 

DEHORS,  s.  m.  La    partie   extérieure   de 


DEJ 

quelque  cliose.  Cette  maison  j:aroU  helîe  par 
dehors  ,  par  le  dehors.  Le  mal  n'est  qu'au 
dtliors. 

On  appelle  Lex  dchor.'i  d'un  château,  J'une 
maison,  Les  avenups,  a\ant-cour,  parc,  etc. 
qui  font  partie  du  total  d'une  m.iison. 

<ln  dit,  Les  dehors  d*unc  Plucc ,  pour  dire, 
Les  fortifications  extérieures,  les  ouvrages  dé- 
ïacliés  de  la  Place.  Les  dehors  de  cette  Ville 
sont  honSj  mais  le  corps  de  la  Place  ne  vaut 
ï'ien.  Il  y  a  de  beaux  dehors,  de  bons  dehors  à 
cette  Place.  Garder^  défendre  les  dehors.  Ga~ 
qner ,  prendre,  emporter  les  dehors.  On  em- 
porta les  dehors  l'épée  à  la  maîn.  Faire  des  de- 
hors à  une  Pluce.On  a  *-cvéfu  les  dehors. 

On  dit  aussi  fifçurénient.  Les  dehors ,  pour 
dire,  Les  app;ireiices.  //  (jarde  bien  les  dehors. 
Sauver  les  dehors.  Il  cache  une  âme  double 
sous  de  beaujc  dehors,,  sous  des  dehors  trom- 
peurs. 

DEI 

DÉICIDE,  s.  m.  Ce  mot  n'est  en  usage  qu'en 
parlant  des  Juifs,  qui  condamnèrent  à  mort 
Notrc-Seigneur.  Les  Juifs  ont  commis  un  Déi- 
cide. Tunte  la  postérité  des  Juifs  a  été  punie  du 
Déicide  commis  par  leurs  pères. 

DÉIFICATION,  s.  f.  Apothéose.  Action  par 
laquelle  on  déifie.  La  déification  d'Hercule.  La 
'déijicatioj\  d'Enée.  La  déification  d^ Auguste. 

DÉIFIER,  V.  a.  Admettre  au  nomlire  des 
Dieux.  îlerculefut  déifié  sur  le  moût  Ghta.  Les 
"Romains  faisaient  une  cérémonie  particulière 
pour  déifier  leurs  Empereurs. 

DiliriÉ,  ÉE.  participe. 

DÉISME.  9.  m.  Système  de  ceux  qui ,  reje- 
tant toute  sorte  de  révélation,  croient  seule- 
ment l'existeiKe  de  Dieu.  Être  soupçonné  de 
déisme. 

DÉISTE,  s.  des  a  genres.  Celui  ou  celle  qui 
rcconnojt  un  Dieu ,  mais  qui  ne  reconnoit  au- 
cune Religion  révélée.  C'est  un  Déiste. 

DÉITÉ.  s.  f.  Dieu  ou  Déesse  de  !a  Fable. 
Les  Déités  terrestres.  Les  Déités  infernales.  Il 
n'est  guère  d'usage  que  dans  la  poésie, 

DEJ 

DÉJÀ.  adv.  de  temps.  Dès  cette  heure,  dès 
^  prcscnt.  Avez-vous  déjà  fait?  E-^t-il  déjà 
quatre  heures?  Le  Courrier  est-il  déjà  arrivé? 
Quoi!  vous  voilà  déjà  revenu?  Quoi!  déjà? 

W  si};nifie  aussi,  Di's  l'hcire  dont  on  parle. 
Déjà  le  Soleil  êtoit  sw  l'horizon.  La  Place  ttoit 
déjà  prise  quand  H  arriva. 

W.JXy  signifie  aussi  Auparavant;  et  c'est 
diiiLS  cette  acception  qu'on  <lil  :  J'avais  dcjà  vté 
chez  vous  pour  vous  voir.  Je  vous  ai  déjà  dit 
ce  que  je  penwis. 

DÉJECTION,  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Les 
cxcréniens,  les  selles  d'un  malade.  Les  dcjec- 
lions  marquent  que  sa  maladie  sera  lonijuc, 

DÉJETER,   SE   DÉJIMER.  v.  pron.  Il  se 
dit  Du  bois  qui  se  tourmente,  qui  se  ronrlx-, 
s  enfle  et  s'étend.  Le  boi.'^  vert  se   dcjctte  pK 
que  le  .^cc.  Ces  ais  se  sont  âéjctes, 

DÉJETÉ,  ÉE.  participe. 


DEJ 

DÉJEUNER.  V.  n.  Il  se  dit  du  repas  qu  on 
fait  le  matin  avant  le  diiicr.  Il  n'a  point  encore 
déjeuné.  Déjeuner  d^un  pdlé.  Fuites  déjeuner 
un  tel.  Doytnez-lui  à  déjeuner.  Il  a  bien  mérité 
de  déjeuner.  Les  enfans  déjeunent  de  bon  ap- 
pétit. 

DÉJEUNER  ,  ou  DÉJEUNÉ,  s.  m.  Le  repas 
qu'on  fait  le  matin  avant  le  diner.  Vn  bon  dé- 
jeuner. Un  mauvais  déjeuner.  Qu'avez-vous 
mangé  à  votre  déjeuner!  Un  bon  déjeuner 
vaut  bien  un  méchant  dîner. 

On  appelle  OéjeHficf-Jîner ,  Un  grand  dé- 
jeuner qui  tient  heu  de  diner. 

Proverbialement,  en  parlant  d'Un  bien  qui 
peut  aisément  être  dissipe  en  très-peu  de  temps, 
on  dit,  qu'/ï  n'y  en  a  pas  pour  un  déjeuner. 
Et  dans  ce  sens,  on  dit  d'Un  prodigue,  d'un 
d'Lisipateur  qui  se  dépèche  de  manger  son  bien , 
(]u7/  n'en  a  pas  pour  un  déjeuna-.  La  même 
phr.ise  se  dit  en  parlant  d'Une  chose  dont  on 
croit  qu'on  viendra  facilement  à  bout ,  ou  qu'on 
regarde  comme  trop  foible  pour  pouvoir  résis- 
ter long-temps.  Ainsi,  en  style  familier,  on  dit 
d'Une  Place,  d'une  Armée  qui  est  trop  foible 
pour  résister,  qu'il  ny  en  a  pas  pour  un  bon 
déjeuner. 

On  appelle  par  extension,  Déjeuner,  Une 
espèce  de  petit  plateau  garni  d'une  tasse,  d'uue 
soucoupe,  etc.  Un  déjeuner  de  porcelaine. 

On  dit  figurement  et  familicrcmcnl,  d'Une 
étoffe  dont  la  cotdeur  se  passe  aisément,  que 
C'est  un  déjeuner  de  Soleil. 

DÉ.IOINDRE.  V.  a.  Faii-e  que  ce  qui  êtoit 
joint  ne  le  sriit  plus.  Il  ne  se  dit  queDefc  ouvra- 
ges de  Menuiserie ,  de  Cliarpenterie  et  de  Ma- 
çonnerie. C*cst  le  hdle  ^  le  Soleil  qui  a  dèjvint 
ces  ais.  Cela  est  toait  déjoint. 

On  dit  aussi  :  Ces  ais  se  déjoignent.  Les 
pierres  de  cette  voûte  commencent  à  se  dê- 
j  oindre. 

DÉJOINT,  TE.  participe. 
DÉJOUER.  V.  a.  On  dit  familièrement,  Dé- 
jouer flut'^u'im.pour  dire, Nuire  h  l'eftet  qu'il 
se  propose  dans  ses  discours,  dans  ses  actions, 
dans  ses  démarches  ;  et  en  ce  sens,  Déjouer  esî 
actif.  Déjouer  un  projet,  déjouer  un  complot, 
pour  dire,  En  arrêter  les  effets,  en  empéclier  la 
suite. 

On  dit  aussi  au  neutre ,  et  familièrement ,  Dé- 
jouer, pour  dire,  N'être  pas  à  son  jeu,  jouer 
plus  mal  qu'à  l'ordinaire. 
DÉJorÉ,  ÉE.  partici{>c. 
DÉJUC.  s.  masc.  Le  temps  du  lever  des  oi- 
seaux. Il  s'est  dit  aussi  De  celui  des  hommes.  Il 
est  vieux. 

DÉJUCHER.  V.  neutre.  Il  ne  se  dit  propre- 
ment que  Des  poules,  (|uanti  elles  sortent  du 
juchciir.  Les  poules  déjuchoicnt.  Elles  sont  dct 
juchées. 

Il  signifie  aussi  fîgurément ,  Se  déplacer  d'UQ 
lieu  haut  et  élevé.  Je  vous  ferai  bien  déjucher 
de  là.  Il  n'est  que  du  style  familier. 

En  ce  sens  il  est  aussi  actif.  •/«  vous  déju- 
crierai  bien  de  là'haut. 


DEL 

c 

DKL 

DELÀ.  Voyn  U. 

DÉLABREMENT,  s.  m.  État  d'une  clrnse 
délabrée.  5a  maison  el  ses  meubles ,  (oui  est  dans 
un  tjranii  délabremenl.  Le  délahrcmenl  de  ses 
uffiures  Le  délabrement  de  sa  santé. 

DÊLiEKEK.v.  a.  Déchirer,  metirc  en  Inm- 
ï)e:»ux.  À  force  de  tendre  et  de  détendre  cette  ta- 
pisserie^ on  l'a  toute  déliibree. 

U  se  dit  figurcnient  d'Une  armée.  Les  fa- 
tigues, le  manque  de  vii'reSj  ont  furt  délabré 
Mil  armée. 

Dclabué,  £e.  participe. 

On  dit  aus.si  :  Vn  bten  délabre.  Une  maison^ 
une  terre  délabrée. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  ruine,  que  Ses 
affaires  sont  délabrées;  d'Un  homme  infirme 
et  l.'tnguissant ,  <|ue  Sa  santé  est  délabrée.  Et  on 
dit,  qu'Cn  homme  est  bien  délabré,  pour  dire, 
<jue  Son  hal)it  est  tout  déchire. 

On  dit  encore,  Vnc  réputation  délabrée. 

DÉLA(;ER.  V.  a.  Défaire  un  bat  qui  est 
passe  dans  les  œillets  d'un  corps  de  jupe.  Dé- 
lacer  un  corps  de  jupe. 

On  dit  aussi , Déiuccr  une /èmme, pour  dire, 
Défaire  U  lacet  de  son  coqjs  de  jupe.  Llle  est 
évanouie,  il  faudroit  la  délacer, 

DÉLACÉ,  ÉE.  participe. 

DÉLAL  s.  m.  pelardcment,  remise.  Long 
délai.  Demander  y  obtenir  un  délai.  Donna-, 
prendre  du  délai.  Sa.ns  plus  de  délai.  Pour 
tout  délai. 

DttLAlSSEMENT  s.  m.  Manque  de  tout 
«ec'mrs,  de  toute  assi^tance.  Ses  parens  et  sa 
amii  l'ont  abandonné ,  il  est  dansun  ntand  dé- 
laissement, dans  un  entier  délaissement. 

On  dit,  en  termes  de  Pratique,  Le  délaisse- 
ment d'un  /le'rifa'/c,  pour  dire,  L'abandonne- 
ment  d  un  héritage. 

DLLAISSER.  v.  act.  .abandonner.  Dieu  ne 
délaisse  jamais  ceux  tfui  espèrent  en  lui.  Elle 
ne  l'a  jamais  délaissé.  Elle  se  Iroui'e  délaissée. 

On  s'en  sert  en  termes  de  Pratique,  pour 
di"c.  Quitter  une  chose  dont  on  étoit  en  pos- 
session. En  con-xtfuence  de  l'Arrêt,  il  lui  a  dé- 
laissé cet  héritage.  Il  fut  condamné  à  lui  guitter 
et  délaisser  la  possession  de..... 

On  dit  aussi  en  termes  de  Pratique  :  Dé- 
laisser une  action  commencée.  Délaisser  des 
poursuittx. 

DÉLAISSÉ,  ÉE.  partici|>e. 

DELARDER.  v.  act.  Terme  d'.\it:hitecture. 
Con|»r  n'uliquemcnt  le  dissous  d  une  marche 
d  i-calitr ,  ou  piquer  avec  le  marteau  le  lit  d'une 
pierrt*. 

DÉI..VEDÉ,  ÉE.  participe.  Marche  d'escalier 
délardée, 

DÉLASSEME.NT.  subst  m.  Repos,  relichc 
qu'un  prend  pour  se  délasser  de  quelque  travail. 
Après  tant  de  travaux,  il  faut  du  dcUssemenl. 
Lt  jeu  ii<  iJoil  être  ^u'un  Jélastemenl.  L'espri: 
n  besoin  de  délassement, 

DÉLASSER,  y.  a.  Ôt«r  la  lassitude,  faire 
qu'on  no  soJI  plus  his.  Le  lonmieil  délasse.  Le 
(eu  dclaae.  Cl:::ngemenl  d'occupation  délasse 


DEL 

Yesprit,  Si  dèlasier  d'une  loufjue  futiqte,  d'une 
lonque  apjdication.  Se  coucher  pour  se  de- 
lassa' . 

nixAssÉ,  ÉE.  partici[)e. 

DELATEUR,  s.  m.  Accusaieur,  dt^noncia- 
teur.  Les  DéUtteurs  jurent  f(^t  communs  sous 
le  règne  de  Tibère.  Les  Délateurs  sont  odieux. 
On  fit  punir  le  Ocîateur.  In  Délateur  secret  est 
plwi  dangereiu:  ijuc  les  Délateurs  publics. 

DÉLATION. s.  f.  Accusation,  dt-nonciation. 
Cet  Empereur  cul  trop  d^é'jard  aux  délations. 
On  ne  doit  point  décider  de  la  vie  ci'un  hommt 
sur  une  simple  délation. 

DKLAlTKIt.  V.  a.  Ùicf  les  lattes  do  dessus 
un  toiu  On  a  dîlatlê  lout  ce  toit. 

DiÎLATTÉ,  ^E.  participe. 

OKLAVl':,  ÉE.  adj.  Il  se  dit  Des  couleurs 
foibles  cl  blafardes.  Ce  bleu  est  trop dêlaw  L'^e 
pierre  délavée.  Chez  les  JoailHtrs,  pierre  dont 
la  couleur  est  foihïe. 

DÉLAVANT,  s.  majc.  Remède  qui  rend  les 
Iiuniiurs  plus  fluides.  Les  délayons  s' emploient 
dans  la  plupart  des  maladies. 

DÉL.\VKMEM.  s.  m.  Action  de  délayer. 

DELAYKK.  7.  a.  ôJircnapfr.  (  Il  seconjugur 
tomme  Payer.)  Délayer  de  la  farine.  Délayer 
des  œufs. 

DklatÉ,  £E.  participe. 

DÉLECTABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  plnit 
t>6aacoup.  trcs- agréable.  Lieu  délectable.  Rien 

n'est  si  délectable  que Mets  délectable.  Vn 

vin  délectable.  Un  séjour  délectable. 

DELECTATION,  s.f.  Plaisir  qu'on  savoure, 
^*on  i;oiiif  avec  rcûexion.  Grande  délégation. 
Faire  (Quelque  chose  avec  délectation.  Boire  , 
manqer  avec  délectation.  Prendre  trop  de  dé- 
lectation aiLv  choses  du  monde. 

DKLECTF.R,  v,  a.  Divertir,  réjouir.  Quand 
vn  veut  se  mortifier,  il  faut  éviter  tout  ce  aui 
délecte  les  sens.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  style  de 
Moralp  mystique. 

^E  DÉLECTER.  V.  pron.  Prendre  beaucoup  de 
plaisir  à  quelque  chose.  Se  délecter  à  l'Etude, 
QiLt  Beaitx-.irts,,  à  V Agriculture.  Il  se  délecte 
i  peindre.  Il  ne  se  dit  guère  que  dans  le  style 
familier. 

DÉLECTÉ,  ÉE.  participe. 

DÈLEG.ATIO'.  subst  fcm.  Commission 
ilonnéc  i  quelqu'un  pour  connoitre.  pour  ju- 
ger, et  geBcralcment  pour  agir  au  nom  d'un 
autre. 

DÉLÉ(;ATi05f  se  dit  aussi  d'Un  Acte  par  le- 
quel on  donne  à  une  personne  une  somme  à 
FïCevoir  d  une  autre.  Foire  une  délégation  sur 
un  Fermier.  Donner  une  délégation.  Avoir 
tme  délégation.  Faire  accepter  une  délégation. 

DÉLÉGUER,  v.  act.  Députer,  commettre, 
envoyer  quelqu'un  avec  pouvoir  d'agir,  d'exa- 
miner ,  de  juger ,  etc.  Déléguer  quelqu'un 
pour  connoitre  de  guclgue  chose.  Le  Pape  j 
délégué  des  Juges  pour  cette  ajfnire, 

DÈLÉt.LEn,  se  dit  aussi  en  parlant  Des  run<^ 
qu'on  assigne  pour  le  pavement  d'une  dclt'  . 
Déléguer  une  dette.  Déléguer  une  somme.  Dé- 
léguer un  {unds  pour  le  payenieui  d'un  en  cn- 
cicr. 


DEL  387 

On  (lit  aussi  dans  ce  sent  ^  Déléguer  un 
Fermier. 

DÉLÉGUÉ,  ÉE.  part.  Il  est  aussi  substantif, et  ^i- 
gnifir .-Député,  celui  qui  n  reçu  une  dé^é^ntipu. 

DÉLESTAGE,  s.  m.  Action  de  délester,  ou 
déchargement  du  lest  d'un  vai.s$eau. 

DÉLESTER,  v.  a.  Ùter  le  lest  d'un  vaisseau. 
On  a  fait  délester  les  vaisseaux. 

DÉLESTÉ,  ÉE.  participe. 

DICLESTEUR.  s.  m.  Celui  qui  est  cliargé  de 
fain;  délester  Ie.s  vaisseaux. 

DÉLÉTÈRE,  adject.  des  a  genres.  Oui  tue  , 
ipii  couse  la  mort.  Des  plantes  délétères.  Des 
sucs  délétères. 

DÉLIBÉRANT,  ANTE.  adj.  Qui  délUjùre. 
Assemblée  délibérante. 

DÉLIIiÉRATIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Rhé- 
loriijue.  Il  se  dit  De  ce  genre  de  discours  dans 
lequel  rOrateur  se  propose  de  faire  prendre 
ou  rejeter  une  résolution  dans  une  aBàirc  pu- 
blique mise  en  délibération.  Cet  Orateur  ex oelle 
dans  le  genre  délihératif. 

On  dit.  Avoir  voix  délibérative ^  pour  dire, 
Avoir  voix  de  suffrage  dans  les  dc]i}>érations 
d'une  Compagnie.  Voi.r  délibérative ,  est  op- 
posé ù  Voij:  consultative. 

DÉLIBÉRATION,  subst.  f.  Discussion  faile 
entre  plusieurs  personnes  pour  prendre  une 
résolution.  Longue  d<lihcrativn.  Mine  délibé' 
ration.  Melt  c  une  affaire  en  délibération.  On 
mit  en  déhbération  si.... 

Il  signifie  aussi  Résolution.  La  délibératicn 
du  Cott.'^eil  fut  que. . . .  Par  délibération  du 
Con.'^cil.  Prendre  une  délibération. 

DÉLIBÉRÉAIENT.  adv.  D'une  manière  dé- 
libérée. Marcher  délibérément. 

Dl^LIBERER.  v.  neut.  Examiner,  consulter 
en  soi-même  ou  avec  les  autres.  Il  a  long- 
temps délibéré  sur  ce  qu\l  devoit  faire.  On  a 
long -temps  délibéré  sur  cette  affiire.  Il  a  été 

long-temps  à  délibérer  si Il  n'y  a  lieu  à  dé- 

Ubérei' ,  il  ny  a  pas  à  délibérer.  Délibérer 
d'une  chose.  Délibérer  sur  une  matière.,  sur 
une  question,  sur  une  affaire  importante. 

Il  signifie  aussi.  Prendre  une  résolution,  se 
déterminer.  J'ai  délibéré  de  faire  telle  chose. 
On  délibéra  d'aller  uu-c  ennemis.  Il  fut  délibéré 
dans  le  Conseil. 

DÉi.iBÉné,  ÉE.  participe.  L'a^rirc  mûrement 
délibérée.  Délihéié  un  tel  jour. 

On  dit,  C^est  une  chose  délibérée,  pour  dtre. 
C'est  une  chose  arnlée ,  conclue.  On  dît  aussi , 
Faire  une  chose  de  propos  délibéré,  pour  dire, 
.\  dessein ,  exprès ,  aprt''5  y  avoir  bien  pensé. 
On  le  dit  presque  toujours  en  mauvaise  parL  // 
lui  a  rendu  ce  mauvais  office  de  propos  délibéré. 

U  est  aussi  adjectif .  et  signifie,  Aise.  libre. 
Jl  est  bien  délibéré.  Il  a  l'air  délibéré.  Marcher 
d'un  pas  délibéré. 

Il  est  nusM  substantif  en  termes  de  Pratiqua, 
cil  portant  De  la  dernière  résolution  que  des 
Juges  doivent  prendre  sur  Icxaroen  des  pièces. 
Ou  a  ordonné  un  délibéré  sur  le  registre. 

On  dit  aussi,  Délibéré  sur-le-champ,  Lors- 
(jue  les  Juges,  après  I.i  plaidoirie, se  iéaDi9>ciit 
pour  délilicrcr  à  buis  clos. 

49- 


388 


DEL 


DÉLICAT ,  ATE.  ad  j.  Fin ,  agréable  ou  goul. 
'Mets  délicat.  ViuiuJe  délicate.  Vin  délicat.  Cet 
homme  fait  une  cliéie  fvrt  délicale.  Il  tient  une 
table  très-délicate. 

Il  sigurfic  figurémcnt,  Qui  juge  finement 
de  ce  qui  regarJe  les  sens  ou  l'esprit.  Goal  dé- 
licat. Oreille  délicate.  Jujemenl  délicat.  Esprit 
délicat. 

11  signifie  aussi  figuicmcnt,  DilTicilc  i  eon- 
icnler,  soit  pour  les  choses  des  sens  ,  soit 
pour  celles  de  l'esprit.  Vo»..  e'M  bien  délirai. 
Il  ne  faut  pas  être  si  délicat.  Kt  substantive- 
ment, Les  délicats  sont  malheureux. 

DtLic.iT.  Délie,  fin.  Il  est  opposé  k  Grossier. 
Teint  délicat.  Peau  délicate.  Travail  délicat. 
Ouwaoe  délicat.  Sculptuic,  ciselure,  gravure, 
ntiniature  délicate. 

On  dit,  qu'Un  ouvrier  a  la  main  délicate, 
pour  dire  ,  qu'il  travaille  avec  une  grande 
adresse ,  une  grande  légèreté  de  main.  On  dit 
aussi  dans  le  même  sens,  qu'il  a  le  ciseau,  le 
pinceau  délicat. 

On  dit  figurcment,  qu'L'ne  pensée,  qu'une 
louanne  est  délicale,  pour  dire,  qu'Mlle  est 
louruôe  et  exprimée  d'une  manière  fine  et 
adroite. 

On  dit,  qu'f-'nc  c?JOse  est  délicate  à  manier. 
pour  dire ,  qn'U  ne  faut  pas  la  manier  rude- 
ment. 

On  dit  encore  figurcment.  <\\i'Une  ajftiire, 
qu'une  matière  est  délicate  ù  tfiii/er,pour  dire. 
qu'LUe  est  difficile  ou  dangereuse.  //  est  ençjajé 
àans  une  affiiire  dcliculc.  Il  s'est  lire  d'un  pas 
bien  délicat.  La  conjoncture  est  déliciile. 

DÉLICAT  Foible,  qui  peut  recevoir  aisément 
quelque  altération.  U  est  opposé  à  Robuste 
Tenipérame/if  rféiicat.  Sanlé</élic«(e.  Co/islilu- 
«ion ,  coniplexion  rft'iicate.  Cet  enfmt  est  ex 
trtmemenl  délicat.  Avoir  la  vue  délicale. 

On  dit,  qu'Une  personne  a  le  sommeil  déli- 
cat, pour  dire  que  Le  moindre  bruit  l'éveille. 
On  dit  proverbialement  et  en  pliisa.ilcric  , 
d'Lu  liomme  qui  aime  trop  ses  aises,  et  qui 
trouve  que  la  moindre  chose  l'incommode , 
qu'il  est  délicat  et  blond. 

On  dit  figurément,  qu'Un  /lomme  est  déli- 
cat sur  le  point  d'honneur,  pour  dire,  qu'il 
est  aisél  choquer  sur  le»  choses  qui  regardent 
Vhonneur.  Il  est  c.'iatoiiincux  cl  délicat  sur  le 
point  d'honneur.  On  dit  aussi  à  peu  prt';s  dans 
le  même  sens,  qu'Un  homme  est  délicat  sut 
l'amitié. 

On  dit  oussi,  qu'Un  lonune  est  exlrcmc- 
menl  délicat  sur  ce  <)ui  regarde  ses  amis,  pour 
dire,  qu  II  ne  soulTre  pas  qu'on  dise,  qu'on 
fasse  rien  contre  eux. 

Ou  dit  encore  figurémcnt,  qu'Une  personne 
a  la  conscience  délicate ,  pour  dire,  qu'EUe  a 
une  conscienet  aisée  ii  blesser,  qu'elle  se  fait 
scrupule  des  momdrcs  choses. 

L)ÉLiC.\TEMi:.\T.  adv.  Avec  délicatesse, 
d'une  manière  délicate.  £ïre  élevé  délicatement. 
Se  traiter  déiicatenicnt.  Juger  délicatement  de 
tout  Cela  est  (raviiifle  dj/iculenicrit.  Il  faut  ma- 
nier cela  delicatcnicnf.  Cet  Auteur  a  traité  ce 
sujel-Ia  deJicalemenl.  il  a  passé  ceia  délicate- 


DEL 

ment,  Cdie  affaire  veut  être  îriiUée  délicate- 
ment. 

DÉLICATER.  V.  a.  Tr.iitcr  avec  des  soins 
trop  délicais,  accoutumer  îx  la  moilcsse.  On 
(jiUe  les  enfans  à  force  de  les  dtUciiter.  Vous 
vous  délicatez  trop.  Il  ne  faut  pas  tant  se  di-- 
licatei. 

DÉLICATE,  ÉE.  participe. 
DELICATESSE,  s.  f.  QiipHté  d'uue  cliose 
ou  d'une  personne  délicale.  Il  s'emploie  d:;Ds  h 
plupart  des  sens  de.  Délicat.  La  délicatesse  du 
vin,  des  viandes^  de  la  tonne  c/(Crc,  de  la 
table j  consiste  en....  Délicatesse  de  goût.  Grande 
délicatesse  d'orc.lle.  Délicatesse  de  jugement, 
d'esprit.  Délicatesse  de  teint.  La  délicatesse  de 
la  peau.  La  délicatesse  d'un  ouvrage  de  la  main. 
Grande  délicatesse  de  pinceau.  Il  a  beaucoup 
de  délicatesse  dans  ce  (^u^il  écrit,  dans  tout  ce 
(ju'ii  dit.  La  délicutcs.-:e  d^une  pensée.  C'est  une 
alftiire  (^ui  veut  être  traitée  avec  grande  délica- 
tesse. Il  faut  ménager  cela  avec  beaucoup  de 
délicatesse.  Délicatesse  de  tempérament.  La  dé- 
licatesse de  sa  sauté  ne  lui  permet  pas La 

délicatesse  de  sa  complexton.  Avoir  une  extrême 
délicatesse  sur  le  point  dlionncur.  On  ne  sau- 
roit  avoir  trop  de  délicatesse  sur  de  certaines 
choses.  Avoir  une  grande  délicatesse  de  con- 
science. 

DÉLICATESSE,  Se  pppnd  encore  (juelquefois 
pour  ^loUesse.  Cet  enfant  est  élevé  avec  trop 
de  délicatesse.  Garder  le  Ut  par  délicalessc,  C'es\ 
une  trop  grande  utltcatesse  à  un  homme  ^ 
^ue  de,.,. 

On  dit  au  pluriel,  Les  délicatesses  de  la 
Langue,  pour  dire,  Les  finesses  de  la  Langue; 
Les  délicatesses  de  la  table  j  pour  dire ,  Les  meu 
ilc'licats. 

DÉLICES,  S.  f.  pi.  Plaisir,  volupté.  Les  dé- 
lices des  sens.  Les  délices  du  Paradis.  Les  dé- 
lices de  Vesprit.  Les  délices  de  la  campagne.  Il 
fait  toutes  ses  délices  de  l'étude.  Ce  sont  ses 
délices.  Mettre  ses  délices  à  faire  guel(^ut  chose. 
Goûter  les  délices  de  la  vie.  Etre  noJirri  dans 
les  délices.  Se  plonqa-  dans  les  délices.  Il  en 
fiit  ses  plus  chères  délices,  ik  n}£ttoii'nt  leurs 
délices  à  vivre  ensemble. 

On  dit  de  l'Empereur  Titus,  qu'il  étoit  les 
délices  du  genre  liumam. 

On  dit  quelquefois  Délice  au  singulier;  et 
ilors  on  le  fuit  masculin.  C'est  un  délice.  C'est 
un  grand  délice.  Quel  délice! 

DKLICIEUSKMENT.  advorb.  Avec  délires, 
d'une  manière  dciicieu.te.  Vivre  déHcicu&cmcrl 
tS'oiis  y  passiimes  quinze  jours  délicieusement. 
Ou  boit  délicieusement  à  la  ^lace  dans  lesPays 
chauds, 

I>ÉLICIEUX,EUSE.  adiccL  ExUèmemcm 
agréable.  Vin  délicieux.  Mets  délicieux.  Par-- 
fums  délicieux.  Lieux  délicieux.  Entrelien  dé- 
licieux. Conversation  délicieuse.  Musiffue  dAi- 
cicuse.  Wiener  une  vie  délicieuse. 

DÊLICOTEU.  V.  qui  ne  s'en. ploie  qu'avec 
le  pronom  jK-rsonncl.  Terme  de  i\Ianéj;e.  Il  se 
(lit  d'Un  cheval  qui  se  dJlait  de  son  licou.  Ce 
cheval  est  sujet  à  se  déli coter ,  il  faut  lui 
mettre  une  sougorge. 


DEL 

^)I^L1I!;,  ÉE.  adjecL  CJrélc,  nijnrc,  mena. 
Taille  déliée.  Etoffe  déliée.  Toile  déliée.  Fd 
délié.  Un  trait  de  plume  fort  délié. 

On  dit  substantivement ,  en  termes  d'I.cri- 
turc,  Le  délié,  par  opposition  au  Plein.  La 
lettre  o  a  deux  pleins  et  deux  déliés. 

On  dit  figurcment ,  qu't/n  homme  cit  délie. 
qu'il  a  l'esprit  délié,  pour  dire,  qu'il  a  beaiA 
coup  de  finesse,  d'espnt,  d'ijabilclc,  de  pénc- 
tralion,  d'adresse.  C*est  un  esprit  délié.  (Test 
une  femme  fine  et  déliée.  Il  se  prend  quelquefois 
eu  mauvaise  part. 

DÉLIEN.NES.  adj.  f.  pi.  11  se  dit  dfs  FMrs 
célébrées  à  Athènes  en  l'honneur  d'Apoîîon. 
La  mort  de  S ocrate  fut  différée  par  respect  pour 
les  Fêtes  Détiennes. 

DÉLIER.  V,  a.  Détacherj  défaire  ce  qui  lie 
quelque  chose.  Délier  une  gerbe.  Délier  un 
fagot. 

Il  se  prend  aussi  pour  Dcnouer.  Délier  des 
cor  dons  j  des  rubans. 

l\  signifie  de  même  et  pris  absolument,  en 
termes  de  Théologie,  Absoudre.  L'Eglise  a  le 
pouvoir  de  lier  et  de  délier.  C'est  aux  Evéquest 
aux  Pasteurs  à  lier  et  à  délier. 

On  dit  aussi  figurcment,  Délier  d'un  ser- 
ment, pour  dire,  En  dégager,  .\ufle  Puissance 
na  le  dj-oit  de  délier  les  sujets  du  serment  de 
fidélité. 

DÉLIÉ,  ÉE.  participe. 

DÉLINÉATION.  s.  f.  Description  faite  avec 
de  simples  lignes,  avec  de  simples  traits.  La 
simple  délitiéation  fait  voir  Vétendue  de  celte. 
PJare. 

DÉLINQUANT,  adject.  Terme  de  Praiiq  rc, 
qui  n'est  guère  d'usage  qu'au  substintif.  Qui  a 
commis  un  délit  Punit-  un  délinquant.  Les 
délinquans. 

DÉLINQUER.  v.  n.  Faillir,  contaevenir  à 
la  Loi.  Terme  de  Pratique,  qui  n'est  guère  d  u- 
sage  qu'au  prétérit.  On-  punira  ceux  qui  ont 
délinqué.  En  quoi  a-t-H  dclinqué? 

DÉLIRE. s.  m.  I^^arcment  d'esprit  causé  par 
maladie.  Long  délirt.'.  Cet  homme  est  tombe  en 
délire,  est  dans  le  délire.  Il  est  sujet  à  des  dé- 
lires. On  espère  que  son  délite  cessera  avec  la 
fièvre. 

On  dit  figurcment  :  Le  délire  des  passions , 
de  l'esprit,  de  l'imagination,  etc.  Un  beau 
délire. 

DÉLIT,  s.  m.  Terme  de  Pratique.  Crime. 
Grand  délit.  Délit  énorme.  ComrïU'((rc  un  délit. 
On  appelle  Délit  commun,  Tout  crime conv 
mis  par  un  l:xxlésia8tiq'ic,  et  dont  la  connois- 
sance  appartient  de  droit  au  Juge  Ecclésiastique. 
On  appelle  Le  corps  du  délit,  le  corps  de 
délit  j  Ce  qui  constate  le  crime  qui  a  été  com- 
mis, comme  en  malière  d'homicide,  un  cada- 
vre; en  matière  de  vol,  une  effraction.  On  fc 
dit  par  opposition  aux  Circonstances.  Avant 
que  de  condamner  un  criminel,  il  faut  que  le 
corps  du  délit  soit  constant,  c'est-à-dire,  qull 
faut  qu'on  soit  assuré  que  le  crime  dont  il  s'a- 
git 0  été  commis. 

On  dit.  Etre  pris,  surpris  en  flagrant  délit ^ 
pour  dire,  Éire  pria  sur  le  fait. 


DEL 

DÉLITER.  V.  a.  Poser  les  pierres  d.ins  nn 
autre  seui  que  celui  quelles  ont  dans  la  car- 
rière. Il  ne  faut  pas  déHler  les  pierres  ;  elles  s;- 
dégradent  i^uantl  elles  sont  dclitêes.  Le  marbre 
se  pose  en  tout  sens,  et  ne  peut  être  délité. 
DixiTÉ,  ÉE.  participe. 

DKLITKSCENGE.  •.  f.  Terme  de  Médecine. 
ReHux  subit  de  l'hunienr  morbifujuc  de  de- 
liors  en  dedans,  qui  fait  disparoitre  tout  d'un 
coup  une  tumeur. 

DliLIVR.'V>'CE.  s.  f.  Action  par  laquelle  on 
délivre.  Heureuse^  entièiCy  parfaite  dèlivr'ance. 
C'est  lui  aui  a  procure  l'otre  délivrance  ^  aui  a 
contribué  à  votre  délivrance.  La  délivrance ^es 
Captifs  ,  d'un  Prisonnier.  La  di^livrance  du 
Peuple  de  Dieu.  L'anniversaire  j  la  Fête  de  la 
délivrance  d'une  Ville. 

Ou  dit,  qu'Une  femme  a  eu  une  heureuse 
délivrance  ,  pour  dire  ,  qu'Elle  est  accouchée 
beuretiser;i'*nt. 

Il  si;;niDc  aus^i  Livraison  ,  action  par  li- 
qnellc  on  livre  quelque  chose  entre  les  mains 
de  quelqu'un.  On  ne  U  payera  t^u  après  une 
pleine  et  endcre  délivrance  .t'js  titres,  des 
pièces^  des  fonds ^  etc.  Quand  la  délivrance  des 
viaj'chandises  aura  été  faite.  Il  s'est  opposé  à  la 
délivrance  des  deniers.  L'exécuteur  iestamen- 
taire  doit  faire  la  délivrance  des  legs. 

DÉLIVRK.  s*  m.  Arrière -faix,  enveloppe 
da  fœtus.  Le  délivre  d'une  femme. 

DÉLr\*RER.  V.  a.  Mettre  en  ia>erté,  affran- 
chir do  quelque  mal ,  de  quelque  incommodité. 
/!  délivra  son  Pays  des  tyrans  ,  du  jouQ  des 
Barbares.  Il  airOit  été  pris  par  les  Turcs,  on 
Va  dèlipré  en  payant  sa  rançon.  Il  fut  délivré 
d'entre  leurs  mains  ^  de  leurs  mains.  Délivrer 
de  prison^  de  captivité.  Délivrer  les  Captifs^  les 
Prisonniers.  La  Ville  fut  délivrée  de  la  peste. 
Il  est  délivré  de  la  fèvre,  délivré  de  crainte.  Il 
a  été  délivré  d'un  grand  péril.  On  m'a  délivré 
d'une  grande  inquiélude ,  d'un  grand  fardeau. 
Il  est  délivré  des  misères  de  cette  ine.  Délivrer 
une  âme  du  Purgatoire.  Je  vous  délivrerai  de 
celte  peine.  Ctt  homme  est  foi-t  incommode  ^  je 
voudrais  bien  en  être  délivré.  Quand  me  déli- 
vrerez-vous  de  ce  méchant  procès? 

DKUVBEit,  en  parlant  d'Une  femme,  signifie 
Arcoudier;  et  dans  ce  oeos  ob  dit,  La  sage- 
femme  gui  Va  délivrée.  On  dit  aussi  dans  ce 
mùmeseas^qu'Vne  femme  est  }i4ureusement  dé- 
livrée, pour  dire,  qu'Elle  est  heureusement  ac- 
couchée. 

On  dit  aussi  J  ins  un  sens  un  peu  diTûrent, 
qu  Vue  |tvniiu:  «n(  accouchée,  maU  n:i'i'iie  n'e.-it 
pas  enttcrement  délivrée ,  [wur  dite  que  L'ar 
ri^e-taix  n'csl  pas  encore  venu. 

I)t.LlV^Ell,  ai-nifif-  aussi  Livrer,  mettre  cn- 
Ue  I«  mains.  Délivrer  de  la  marchandise.  On 
lui  a  fait  délivrer  par  ordre  du  Rui  tant  de 
guinta-ix  de  poudre^  tant  de  sacs  de  blé^etc. 
Délivrer  un  meuble  au  plus  offrant  et  dernier 
ettchérisscur.  Délivrer  de  l'argent,  des  deniers. 
On  lui  a  délivré  les  deniers  du  prix  de  la 
vente.  Délivrer  des  commissions  pour  lever  des 
getii  de  guene.  Délivrer  des  papiers,  des  titres 
(1  queliiu  un.  Délivrer  des  cxpéduions. 


DEL 

On  dît,  Délivrer  des  ouvrages  à  un  Entre- 
preneur, à  un  Maçon,  pour  dire.  Donner  des 
ouvrages  à  un  Entrepreneur,  à  un  .Maçon.  l'i 
on  dit,  qu't/n  Entrepreneur  doit  délivrer  des 
omrages  dans  un  certain  temps  ,  pour  dire, 
qu'il  les  doit  rendre  parfaits  et  acbevéâ  dans  ce 
tenips-Iù. 

DtLivRÉ,  ÉE,  participe. 
DÉLIVR&UR.  s.  m.  On  appelle  ainsi  Celui 
qui,  dans  les  magasins  du  Roi,  est  cliargè  de 
délivrer  aux  troupes  les  rations  de  fourrage  . 
de  biscuit',  celui  qui,  dans  le  nium-ge,  distribue 
l'avoine,  etc. 

DÉLOGKMMNT.  s.  m.  Aciion  de  déloj;cr. 
//  faut  quil  sonne  à  une  autre  maison  j  car  le 
temps  du  l'.éloijcment  appr-oche. 

Il  se  dit  aussi  Du  départ  des  gens  d*;  guerre 
logés  par  étape.  Le  drlogeiucnt  des  troupe?. 

Il  se  prend  aussi  <[uelqiiefuis  pour,  Décam- 
penienL  Le  dclogemenf  de  cette  division  s'est 
fuit  à  la  hâte. 

DELOGER.  V.  a.  Quitter  un  logement, 
sortir  d'un  logement  pour  aller  loger  ailleurs. 
H  déloge  à  la  Saint-Remi. 

DÉLOGEn,  se  dit  aussi  dans  le  même  sens, 
en  parlant  Des  troupes  logées  par  étape.  Le  Ré 
giment  a  dcloaé  à  la  pointe  du  jour. 

Il  signiûe  aussi  quelquefois  Décamper.  LV^ 
proche  de  Vennemi  les  a  fait  déloger  bien  vite. 
Quand  ils  surent  que  l'ennemi  étoit  plus  fort, 
ils  délogèrent  sans  trompette,  à  la  sourdine. 

On  dit  aussi  figurcment  et  familièrement, 
né'ofjer  sans  trompette,  pour  dire.  Sortir  doi- 
cernent  et  sans  bruit  du  lieu  où  l'on  est,  soit 
par  discrétion ,  soit  pour  ne  pas  payer  ce  qu'on 
doit,  soit  pour  éviter  ime  peine,  un  dangci 
dont  on  est  nicnacé. 

DÉLor.En,  signiiîe  encore,  Sortir  d'un  lieu. 
d'une   place   qu'on  occupe.  Délogez  de  là  au 
plus  vite,   c^st  ma  place.  Je  vous  fsrai  bien, 
déloqer  de  là. 

Il  est  aussi  actif;  et  alors  il  signifie,  Ôtcr  un 
!o;ement  îi  quelqu'un,  lui  faire  quitter  son  lo 
gement,  son  appartement.  Je  ne  veux  pas  vous 
déloger.  Je  n'ai  garde  de  7>ous  déloger: 

Il  signifie  encore,  en  termes  de  Guerre, 
Faire  quitter  un  poète.  Les  ennemis  s'étoieni 
postés,  s'étoient  retrand es  en  tel  endroitjmais 
on  les  en  a  délogés  à  coups  de  canon. 

Il  signifie  aussi,  Faire  sortir  quelqu'un  d'une 
place  commode  où  il  s'éloit  niis.  Ils  s'étoient 
mis  sur  les  premiers  bancs,  mais  on  les  en  a 
délogés. 

Di-'xor,^.,  ÉE.  participe. 
DÉLOYAL,  ALE.  adj.  Perfide,  qui  n'a  ni 
foi,  ni  p.irole,  qui  compte  (xiur  rien  les  cnga- 
gcnieiis  1rs  plus  forts.  Jmi  déloyal.  Il  faut  éire 
bien  déloyal  pour  tromper  son  ami  ^  son  bien- 
faiteur. 

DÉLOYALEMENT.  adv.  San»  foi  ,  avec 
pcrfi.lic.  //  en  a  usé  le  plus  déloyalcnient  du 
monde» 

DELOYAUTf^  s.  f.  Manque  de  foi,  infidé- 
lité, perfidie.  Insigne  déloyauté.  Étrange  de*, 
fo^aulé. 

DELTOÏDE,  adj.  Terme  d'Anatomie ,  qui  sû 


DEM  38o 

ilit  d'un  iMiiscle  (jui  siTt  h  élever  les  bia»  en 
haut. 

DELUCîE.  s.  ni.  Grande  inondation.  11  *e 
(lit  principalement  Du  déluge  universel,  qii'ou 
upielle  aussi  absolument  Le  lié/uje.  Avant  le 
ilcliije.  Après  le  JéUtije.  Le  déluge  de  Deuca- 
lion.  Les  Américains  parlent  d'un  déluqe  ar- 
rive autrefois  dans  leur  Pays.  Les  pluies  ont 
eli  si  grandes,  (ju  elles  ont  fait  une  espèce  de 
dclunc. 

On  dit  G^urément  et  poétiquement  :  Vn  dé- 
luijc  de  /l'ii.  Le  monde  doit  péril-  pio-  un  délune 
de  fu.  Un  déluge  de  maux.  Un  déluqe  de  pa- 
roles, d'injures.  Vn  déluge  de  sang.  Vn  déluqe 
■  c  larmes.  Un  déluge  de  pleurs. 

t-)u  dit  proverbialcm. ,  Après  moi  le  déluge, 
pour  dire,  qu'On  ne  s'embarrassera  pa»  de  ce 
ijui  .irrivera  quand  on  n'y  sera  plus. 

HÉI.UTER.  T.  a.  Otcr  le  lut  ou  l'enduit  qui 
servoit  à  fermer  un  vase  destiné  à  aller  «u  fen. 

UÉLUTÉ ,  ÉE.  participe. 

DEM 

DÉMAGOGIE,  s.  I.  Ambition  de  dommcr 
dans  une  faction  populaire. 

DÉMAGOGUE.  8.  m.  Chef  d'une  faction 
populaire. 

DÉM.\IGRIR.  v.  n.  Devenir  moins  maigre. 
//  ii'esl  pas  engraissé,  mais  il  est  démaigri,  il 
n'est  gue  démaigri. 

l\l  se  dit  en  termes  de  Maçonnerie  et  de 
Charpentcrie,  pour,  Betrancher  quelque  chose 
iuiir  jiierrc,  dune  pièce  de  bois.  En  ce  sens  il 
ist  actif. 

DïMAioni ,  lE.  participe. 

U:;MAII,L0TTEU.  v.  a.  Ôter  du  maillot. 
Dénitillotler  un  enfa/it. 

L)K.«Aai.OTré ,  le.  participe. 

DK.M.VIN.  adv.  de  temps,  servant  à  marquer 
II'  jour  qui  suit  immédiatement  celui  où  l'on 
l'st.  Son  procès  se  juge  demain.  Il  arrive  de- 
main, demain  mtitin.  Ihmain  au  matin,  de- 
main au  soir.  Il  m'a  remis  à  demain.  A  demain 
toutes  choses  nouvelles.  Adieu  jùscfu'à  demain. 

On  dit  proverbialcm. ,  À  demain  les  affaires, 
pour  dire,  qu'On  les  remet  à  une  autre  fois. 

Quelquefois  on  l'emploie  substantivemenL 
Avant  gue  demain  soil  passé.  Vous  avez  tout 
demain  pour  y  songer.  Demain  est  un  jour  de 
Palais,  un  jour  de  Fcte. 

UI-:.'\L4!SCUESIEN T.  s.  m.  Action  de  déman- 
cher, état  de  ce  qui  est  démanclie.  Le  ditnan^ 
cl-.ement  d'une  cognée,  d'un  balai. 

On  dit  aussi  Demfliic-/icrin'n(,  pour,  L'action 
lie  j>ortcr  la  maiu  vers  le  haut  du  violun  ou  du 
violoncelle,  vers  !c  chevalet.  Le  démanchemcnt 
est  difficile. 

DÉMANCHER,  v.  a.  Oter  le  manche  d'un 
instrument.  Démanchei-  une  cognée,  un  cou- 
teau. Démancher  un  balai. 

Ou  dit  .lussi  avec  le  pronom  |>crsonnel ,  Une 
cognée  (^fti  se  démanche.  Vn  balai  <uii  se  dé- 
manche. 

\)iM\ycia.n  ,  Se  nùiAKCn»  ,  se  dit  aussi 
G>;urcmenl.  Il  y  a  guelgue  chofC  qui  se  dé- 
manche dans  cette  uj".iire,  jKiur  due,  quil  y 


3r70 


DEM 


a  quelque  chose  qui  conunence   à   mal  aller.* 
Ce  viirti  commence  à  se  démancher  y  pour  dire. 
(juil  romnience  à  se  dt^&uiiir,  il  se  delnxire.  Il 
e«t  du  style  familier. 

DÉMANCHER,  signifie  missi,  Avancer  la  main 
vers  le  haut  du  mouche  du  violon  ou  du  vio- 
loncelle. Il  démanche  aisément. 

DÉMANCHÉ,  ÉE.  participe. 

DEMANDE,  s.  fôm.  Action  par  laquelle  on 
demande.  Votre  demande  est  juste.  Il  fait  tom 
les  jours  de  nouvelles  demandes.  J'ai  satisfait 
rî  .ta  demande. 

On  appelle  Demande  alisohiment  ,  La  'dé- 
nnrclie '[tie  fait  lui  tiers,  pour  demander  une 
(illc  en  mariage  h  ses  parens.  C'est  l'oncle  du 
marié  <jui  a  fait  la  demande 
■  Il  $ii;niûe  aussi  La  chose  demandée.  On  vous 
A  nccortie  votre  demande. 

Demande  ,  signifie  aussi  Question.  La  rc- 
lonse  doit  être  conforme  à  la  demande.  Caté- 
shisme  par  demandes  et  par  réponses. 

Il  se  dit  aussi  De  l'action  qu'on  intente  en 
lustlce ,  pour  obtenir  une  cïiose  à  laquelle  on 
n  droit.  Demande  en  complainte.  Demande,  en 
rép.iration  d'honneur.  Il  a  été  déboute  de  sa 
demande.  Foi  mer  une  demande. 

On  dit,  en  parlant  d'Une  chose  où  l'on  ne 
trouve  point  de  diftirultô  :  Belle  demande. 
VuUà  une  belle  demande! 

On  dit  aussi  provcrbi;dcment ,  À  folle  de- 
mande ^  à  sotte  demande  point  de  réponse. 

DEMANDER,  v.  art.  Prier  quelqu'un  d'ac- 
corder quelque  chose.  Je  vous  demande  t'otre 
amitié^  votre  secours^  votre  piolection.  Il  lui 
a  demandé  la  vie.  Je  vous  demande  au  nom  di 
Dieu Je  voui  demande  en  tjrdce De- 
mander audience,  une  audience.  Demander 
pardon.  Demander  quartier.  Demander  grdce. 
Je  vou^  demande  de  m'écouter. 

DEMANDEtt,  ie  dit  aussi  Des  clioscs  pont 
lesquelles  on  s'adresse  ît  la  Justice.  Demander 
un  rèqlement ,  un  renvoi ,  un  répit  y  du  temps. 
Demander  une  provision.  Demander  communi- 
cation des  pièces.  Demander  compte  d'une. 
affaire.  Demander  U  payement  d'une  datlc 
Demander  réparation  d'honneur.  On  demande 
qu'il  uit  à  vider  ses  mains. 

Ca  dit,  Demander  la  howse^  pour  dire, 
Exîj*''r  par  violence  l'argent  qu'un  homme  a 
sur  lui. 

On  dit  d'Un  homme,  qu'/i  ne  demande  pas 
niiCKjr,  pour  dire,  qu'il  est  fort  content  de  ce 
qu'un  lui  propose. 

On  dit  dans  le  même  sens,  faut-  il  d-m.tn- 
der  à  un  malade  s'il  veut  santés 

On  dit  proverbialement,  Qui  nous  doit 
nous  demande^  pour  dire,  qu'On  auroit  sujet 
de  se  plaindn.'  de  la  personne  qui  se  plaint. 

On  dit,  Il  ne  demande  qu'amour  et  sini- 
plc*.«e,  en  parlant  d'Un  homme  qui  porte  dans 
l'i  société  de  la  bienveillance  et  de  la  candeur, 
et  qui  en  demande  le  retour. 

On  dit,  //  ne  dcirwinde  que  plaie  et  hosse  ^ 
en  i)arloni  d'Un  liomnie  qui  iC  pl.iil  dans  le 
trouble,  et  qui  en  est  toujours  pour  les  p:iitia 
v'olen*. 


UEM 

DEM.\yi)En,  veut  dire  aussi,  Chercher  quel- 
rju'un  pour  le  voir,  pour  lui  parler.  //  estt'enu 
un  tel  au  loqisvous  demander.  Demandez-vou% 
quelqu'un?  On  vous  demande. 

On  dit,  Demander  son  pain^  sa  vie^  pour 
dire,  Demander  l'aumône. 

Demandf.h,  se  met  aussi  al)solïimeni.  //  de- 
mande toujours.  Il  va  demander  par  les  mai- 
sons. Il  demande  à  tout  le  monde.  H  dcnmndt 
de  varie  en  porte.  Depuis  qu'il  est  à  la  Cour^  il 
ne  fait  que  demander. 

Dejiandeu,  est  quelquefois  suivi  de  la  pré- 
position à  avec  l'infinitif.  Demander  à  boiie. 
Il  demande  à  entrer  y  à  parler  ^  à  faire  la 
preuve,  à  être  admis  dans  VOrdic  du  Saint- 
Esprit. 

Demandeii.  L'iterropier  quelqu'un  pour  ap 
prendre  de  lui  quelque  chose  qu'on  veut  savoir. 
Je  vous  demande  si  vous  viendrez.  Demander 
des  nouvelles.  Je  ne  vous  demande  pas  l'otrc 
^ecrct.  Il  lui  a  demandé  son  nom,  sa  de- 
meure. Demandez-lui  d'où  il  vient.  Demander 
le  chemin. 

On  dit  familièrement ,  en  parlant  d'Une 
chose  dont  on  ne  sauroit  rendre  raison ,  De- 
maJidez-nioi  pourquoi. 

Dem\nder.  Désirer,  exij^er.  Ce  que  vous 
\iites  là  demande  c.rplication.  Cela  demande  de 
ijrands  soins.  L^étudc  des  Sciences  demande 
une  qrande  application.  La  viqne  ne  demande 
que  du  beau  temps.  Cette  affaire  demande  un 
homme  tout  entier.  Il  ne  demande  qu'à  faire 
bonn    chère. 

On  dit  familièrement,  quT'n  habit  en  âc- 
mande  un  autre^  pour  dire,  qu'il  comni'ncc 
à  être  vieux,  et  qu'il  n'est  plus  en  état  d'être 
porté. 

Demandé,  ék.  participe. 
DEMANDEUR,   EUSE.  s.    Qui    demi.ndo 
i[uelque  chose,  importun,  qui  fait  métier  de 
demander.  C'est  un  demandeur  perjiétHel.  C'c-'t 
une  demandeuse.  Je  fuis  les  demandeurs. 

Demaudeur  ,  en  termes  de  Procédure ,  est 
celui  qui  intente  un  procfrs,  qui  forme  une  de- 
mande en  Justice.  Un  tel  demandeur  contre 
un  tel.  Demandeur  en  Hequète  cu-i/c,  en  cas- 
sation d'.-irrct.  Son  féminin  e^t  Demanderesse. 
•  DÉMANGEAISON,  s.  f.  Espace  de  pirote- 
ment  entre  cuir  c!  cliair.qui  excite  à  se  gntler. 
Grande  dè'uanqeaison.  Perpétuelle  démangeai- 
son. Sentir  des  démanneuisons.  Il  hii  pnt  une 
telle  démanqeaison  à  la  tête,  etc 

On  dit  figurémeiit  et  familièrement,  >4t*oir 
une  qrande  démanqeaison  d'écrire ,  déman- 
qeaison de  parler,  démantjcaison  de  plaider, 
de  se  battrCj  pour  dire.  En  avoir  une  envie 
iinmûdcrée. 

DÉMANGER,  v.  neut.  et  impers.  Eprou- 
ver une  démangeaison.  La  tête  lui  démancfe. 
Quand  le  temps  vient  à  c/iurmer,  sa  plaie  lui 
démanne,  ISIes  dartres  me  démanqent.  _ 

On  dit  proverbialement  et  figurcment,  que 
Les  poin-js ,  les  mains ^  les  doiqts,  les  pieds ,  la 
lanque.  dêmanqcnt  à  un  homme,  pour  dire, 
qu'il  a  i;r.inde  envie  de  se  b.itirc,  d'écrire,  de 
vnler.  d'aller,  de  parler. 


DEM 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  fait  tout  ce 
qu'il  faut  pour  se  faire  battre,  que  Le  dos  lui 
démanqe. 

On  dit  figurément  et  proverbialement,  que 
L*on  gratte  un  homme'où  il  lui  démanqe, 
pour  dire,  qu'Où  fait  ou  qu'on  dit  quelque 
riiose  qui  lui  plah,  et  h  quoi  il  est  extrêmement 
sensible. 

DÉMANTÈLEMENT,  s.  m.  L'action  de  dé- 
manteler, ou  l'état  d'une  Place  démantelée. 

DÉMANTEÏJ:R.  v.a  Démolir  les  murailles 
d'une  Ville.  On  démantela  cette  Ville  en  puni' 
tion  de  sa  révolte.  Démanteler  une  Place. 

Di^MANTELÉ,  ÉE.  participe. 

DÉMANTIliULER.  v.  act.  Rompre  la  m.'i- 
clioire.  Il  n'est  plus  d'usage  au  propn; ,  et  il  ne 
se  dit  qu'au  figuré  et  dans  le  style  familier,  en 
parlant  Des  meubles  et  autres  ouvrages  d'art, 
dont  les  parties  sont  ou  rompues,  ou  tellement 
dérangées,  qu'ils  sont  hors  d'état  ^e  servir. 
Cette  armoire  est  dêtnantibiûee.  Ce  lournebro- 
che  est  tout  démantibulé. 

DÉMANTIBULÉ,  ÉE,  participe. 

DÉMARCATION,  s.  f.  Ce  mot  s'est  dit  ori- 
ginairement De  la  ligue  qui  fut  tirée  sur  U 
Mappemonde  pour  séparer  les  possessions  Es- 
r)agnoles  hors  de  l'Europe  des  possessions  Por- 
tugaises. Liane  de  démarcation. 

U  se  dit  en  général  au  propre,  De  toute 
liL;ne  qui  sert  à  marquer  les  limites  des  posses- 
sions d<;  différentes  Puissances. 

Il  se  dit  au  fi-^urc.  Des  limites  qiu  sépa- 
rent les  droits  de  deux  Corps  ,  de  deux  Puis- 
noces,  etc. 

DÉ.MARCME.  8.  f.  Allure,  manière,  façon 
lie  marcher.  Il  l'eiioil  »'i  vous  d'une  déniarci'.e 
frère,  d'une  démarche  lente,  contrainte,  em- 
barrassée. Je  connus  bien  à  sa  démarche  qu'il 
avait  quelque  chose  dans  l'esprit. 

Il  se  dit  aussi  au  figuré,  et  sijj^îfie,  La  ma- 
nière d'agir  dequelqu'un  dans  uneaffain'  ,dans 
son  procédé,  sa  conduite.  On  observe  toutes  set 
démarches.  Il  a  fait  une  fausse  démarche.  S'il 
fait  une  fois  cette  démarche,  il  est  perdu.  La 
démarche  est  hardie.  On  juqera  de  toutesa  con- 
duite par  sa  première  démarche, 

DÈMARIER.  V.  a.  ï-éparer  juridi<|uemcnt 
deux  époux, soiten déclarant  leur  niariajîe  lud, 
Boit  en  le  rompant  par  le  divorce.  //  y  ai-oit  les 
nullités  à  leur  mariaqe.,  on  les  a  dejnuncs. 

Il  se  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Se  dèmtiricr.  Il  voudroit^  ils  voudraient  bien 
se  démarier. 

DÊMAniÉ,  ÉE.  participe. 

DÉMARQUER,  v.  a,  tJter  une  mnirjue. 
Démarquer  un  livre.  Démarquer  une  c/wssc  au 
jeu  de  la  paume. 

DÉMAftQiÉ,  ÉE.  participe. 

DÉMARRER,  v.  act.  Icrme  de  Marine.  Dé- 
tacher. Il  faut  démarrer  le  canon. 

U  signifie  encore,  dans  le  langage  familier. 
Changer  de  place.  A'c  llénlarre^  pas  de  là.  Depuis 
qu'il  demeure  dans  cette  "naùton..  H  n'en  est 
point  démarré,  il  n'en  a  pas  démarre. 

Il  signifie  aussi  Partir;  et  alors  il  est  neulrt, 
et  il  se  dit  proprement  De»  vaisseaux  qui  par- 


DEM 

tcnt  du  Port  Let^aisseuu  ilêmarra  par  un  heuu 
tempi.  iVous  (Itinarrames  lïu  Fort  un  ttl  jour. 

DÊMAnnÉ,  £E.  participe. 

DÉMAS(,>UliR.  V.  a.  Oter  à  quelqu'uu  \v 
masque  qu'il  a  sur  le  visage.  C'est  faire  une 
iiisulu  à  un  homme  ^ui  est  en  niiis(/ue,  tjue  de 
le  démasouer.  Elle  se  démasqua  en  entrant. 
Pas  un  des  masques  ne  se  voulut  démasquer. 

Ou  dit  purement ^  Démasquer  un  /lomme, 
pour  dire  ,  Le  faire  comioitre  U'I  qu'il  est.  Cet 
homme  veut  paroitre  ce  qu'il  n'est  pas^  je  vais 
le  démasquer. 

On  dit  aussi  fij^urement,  qu'Un  homme  se 
démasque  lui-même,  ^our  diie,  qu  II  se  fjit 
cocQoitre  poui'  ce  qu'il  est. 

DÉMASQUÉ,  ÉE.  participe. 

UÈMAIER.  V.  a.  Abattre,  rompre,  ôter  \i: 
mAt  d'un  vaisseau.  En  cinq  ou  six  coups  de 
canon ,  il  a  démJté  ce  vaisseau.  C'est  la  tempête. 
le  vent  qui  Vu  démilté.  On  a  tléniiîté  les  vais- 
seaux darrs  le  Port. 

Ud  dit  d'Un  vaisseau  dont  la  tempête  a 
rompu  les  mâts,  qu7i  a  démâté.  H  u  démuti: 
dumdtde  misaine.  Il  a  démâté  de  tous  ses  mâts. 
Et  alors  ce  verbe  est  ueulrc, 

DÉMÂTÉ,  ÉE.  paitJcipc. 

DÉMKLË.  subât.  m.  Querelle,  contestation. 
Grand  démêlé.  Fâcheux  démêle.  Us  ont  eu  en- 
semble  un  démêlé.  Leur  démêlé  est  jini. 

DLMtLER.  T.  a.  Tirer  cl  séparer  les  choses 
qui  sont  mêlées  ensemble.  Démêler  les  ijrains 
les  utis  d'avec  les  autres.  Démêler  les  cheveux. 
Drtnêlti  fin  /ii. 

Il  se  dit  figurément,  et  signifie,  Distinguer. 
/(  est  quelquefois  bien  difjicile  de  démêler  le 
vrai  d'avec  le  /aux,  le  vrai  du  faux.  On  ne  dé- 
mêle pas  aisément  le  vrai  dévot  d'avec  Vhypo- 
erite. 

Il  signifie  ena>re,  Apercevoir,  reconnoitre. 
On  eut  de  la  peine  à  le  démêler  dans  la  foule. 

On  dit  en  termes  de  Chasse  ,  Démêler  les 
voies  de  la  héle,  pour  dire,  Reconnoitrc  les 
nouvelles  d'avec  les  anciennes. 

Il  signibc  encore  ti^urémcnt.  Débrouiller, 
êclaireir.  Démêler  une  affaire.  Démêler  une 
dilJicultéi  un  point  d'Histoire.  Démêler  une 
iatrique. 

On  dit  d'Cn  homme ,  qu7l  n'est  pas  aisé  à 
démêler,  pour  dire,  qu'il  n'est  pas  aisé  de  con- 
iiuUre  son  ciiractèrc,  ses  vues,  ses  projets. 

Un  dit  aussi  ligurémcnt  avec  le  pionom  per- 
sunucl,  5e  démêler  d'une  affuire^  se  démêler 
d'un  combat,  se  démêler  d'un  embarras ^  pour 
dire,  S'en  tirer,  s'tn  dt^g.iger  heureusement.  Il 
sut  habdement  se  démtler  de  cet  embarras.  On  lu- 
avoit  suscite  beaucoup  d'affiireSj  mais  il  s'en 
pst  heureusement  démêlé.  Ce  prisonnier  se  dé- 
mêla d'entre  la  mains  des  Archers. 

Un  dit  aussi  figurémcnt  il  proverbialcroenl, 
Démêler  une  fusée,  pour  dire ,  Dérouiller  uw 
inlri;;uc,  une  aflàire. 

DtMLi.Kn , signifie  aussi, Conlcaicr, quereller, 
débuure.  Qu  avez^vous  ù  démêler  ensemble  ?  i  L 
ont  loujouri  quelque  chose  à  démêler  l  un 
avec  Vautre. 

Ututti,  it.  participe. 


DEM 

DKMKMBREMEM*.  s.  m.  Action  de  6é- 
moiiilirer.  U  ne  se  dit  qu'au  (îgure.  Le  démem- 
brement de  celle  terre  en  a  bien  diminué  le  prix. 
Il  (Tnil  que  par  le  démembrement  de  sa  Terre, 
dosa  Charije,  il  en  tirera  plus  d'arqent.  Plu- 
sieurs Monarchies  se  formèrent  du  démembie- 
ment  de  V Empire  Romain. 

Il  signifie  aussi  La  chose  démembrée.  Ce 
Fief  est  un  démembrement  d'une  telle  Terre, 
d'un  tel  Duchc. 

1)1  MEMaUKU.  v.  a.  Arracher,  séparer  les 
nu^mlires  d'un  rorps,  le  mettre  en  pièces.  Les 
Bucchimtcs  déchirèrent  et  démembrèrent  Pen- 
thée.  H  se  feroit  plutôt  démembrer  et  mettre  eu 
pièces. 

U  se  dit  aussi  figurément  Des  parties  dun 
coip^  poliliqu(^,  el  signifie,  Détacher  nue  par- 
lie,  sép;trer  en  plusieurs  parties,  retrancher. 
Ce  Prince  ne  souffrira  pas  qu'on  démembre 
ainsi  son  Elut.  On  a  démembré  cette  Terre,  el 
on  eu  a  détaché  plusieurs  Fiefs.  Cette  Province 
a  été  démembrée  de  VEmpive.  Ce  Fief  a  été 
démembté  d'une  telle  Terre.  On  a  démemhté  sa 
Charqe,  pour  attrdmer  à  d'autres  Charges  une 
partie  de  ses  fonctio.is. 

DÊMEMBiiK,  tK.  participe. 

DEMl-INAGE.MK.M'.  s.  m.  Transport  de 
meubles  d'une  maison  à  une  autre  où  l'on  va 
loger.  Uhivcr  n'est  pas  une  saison  favorable 
pour  les  démcnagemens. 

D^IMÉNAGER.  V.  a.  Uter,  retirer  ses  meu- 
bles d'uue  maison  d'où  l'on  déloge  ,  pour  les 
transporter  dans  une  autre  où  Ion  va  s'établir. 
7/  (1  déniénaqé  tous  ses  meubles,  tous  ses  livres. 
Use  (lit  aussi  absolument. //  a  dcménaqè  depuis 
huit  jours.  La  fin  du  terme  approche,  il  faut 
penser  à  déménaqer. 

Il  se  dit  fit;urcment  et  familièrement,  pour, 
Sortir  du  lieu  où  l'on  est  ;  cl  cela  ne  se  dit 
guère  que  lorsque  l'on  en  fait  sortir  par  force. 
Allons,  ailonsy  dèménaqez  tout  à  l'heure. 

Dkménagiî,  èe.  participe. 

DKMENCK.  s,  f.  Folie,  aliénation  d'esprit 
//  lit  en  démence.  Il  est  tombé  en  démence. 
C'est  une  démence,  une  vraie  démence.  Il  y  a 
de  la  démence  à  cela. 

U  se  dil  particulièrement  d'Une  véritable 
aliénation  desprit,  déclarée  telle  par  les  Méde- 
cins ou  par  les  Juges. 

DÉME>'ER,  verbe  qui  s'emploie  avec  le 
pronom  personnel.  Sa  débattre,  s'agiter,  se  re- 
muer violemment.  M  l'on  voyoït  comme  il  se 
démène!  Il  se  démène  comme  un  possédé.  Il 
sest  ben  démené  pour  cette  affaire.  Il  est  du 
«tylc  familier 

DEMENTI,  s.  m.  Paroles  ou  discours  par 
IcsqueU  on  dit  4  un  liomme  qu'//  en  a  mcnli. 
ou  liicn  que  ce  qu'il  afiimie  n'est  pas  vrai,  est 
faux.  Il  lui  donna  un  démetiti.  Je  lui  donnerai 
cent  démentis ,  ïil  me  dit  cela.  Recevoir  un  dé- 
menti. Souffrir  un  démenti. 

DÉME-NTi  ,  signifie  figurément ,  I>e  désapré- 
ment  que  reçoit  un  homme  de  n'avoir  pu  venir 
k  bout  de  qiK'lquc  chose.  //  a  entrepris  cela, 
et  je  crois  qu'il  en  aura  le  démenti.  Je  n'en  au 
rai  pas  le  démenti. 


DEM  5;,r 

DK.Mi;NTIR.  V.  a.  Dire  A  quelqu'un  qu'il  a 
menti,  lui  soutenir  qu'il  n'a  pas  dit  vrai.  S'il 
dit  cela  ,  je  le  démentirai.  Quoi  !  voudriei^ 
vous  me  démentir? 

DÉHENTin,  signifie  aussi,  Faire  voir  qu*unc 
chose  n'est  pas  vraie,  que  quelqu'un  n'a  paa 
dil  vrai ,  être  d'un  avis  contraire ,  le  conti  e* 
dire.  C'est  une  chose  que  Vexpérience  dément 
tous  les  jours.  Cet  homme  s'est  démenti  lui^ 
même.  Il  dit  aujourd'hui  une  chose,  et  demain 
il  se  démentira.  Un  tel  a  rendu  de  fort  bons 
temoiqnaqes  de  vous,  cjardez-vous  bien  de  le 
démentir. 

Ou  dit  figurément,  Démentir  sa  naissance, 
son  caractère,  sa  profession ^  etc.  pour  dire, 
Faire  des  clioses  iudignes  de  sa  oaiisancci  de 
son  caractère ,  de  sa  profession. 

Se  DKME>rin,  signifie  figurément,  S'écarter 
de  son  caractère.  L'homme  vraiment  vertueux 
ne  se  dément  jamais.  H  sera  toujours  homme 
de  bien  ,  il  ne  se  démentira  pas.  Cet  ouvrage 
ne  se  dément  pointj  il  est  partout  de  la  rperne 
force. 

Il  se  dit  aussi  figurément  Des  bâlimens,  de 
la  menuiserie  et  de  la  charpente,  et  pour  lors  il 
signifie  ,  Se  dégrader  s  se  déjoindrt;.  Ce  bdli- 
mcnt-/(i  se  d.'ment.  La  muraille  copimence  à  se 
démentir.  Cette  cloison,  ce  lambris  se  dément. 
DÉMEsri,  lE.  paitieipe. 
DKMflKlTE.  s.  m.  Ce  qui  peut  attirer  l'im- 
probatiou ,  ce  qui  nous  expose  à  pi  rdre  la 
bienveillance  de  quelqu'un.  Où  est  le  démérite 
de  cette  action.'  On  m'en  a  fait  un  démérite  uu. 
près  de  vous. 

DEMERIIER.  v.  n.  Faire  quelpie  eho*ie 
qui  prive  de  la  bienveillanc»,  de  raffcction  de 
quelqu'un.  Je  n'ai  point  démérilé  auprès  de 
vous. 

Il  s'emploie  dans  le  Do-matique.  pour  dire, 
Faiic  quel'jue  cliosc  qui  prive  de  la  grice  de 
Dieu.  Il  a  Vusage  de  raison,  il  est  capable  dt 
mériter  et  de  démériter.  Pour  tnériter  et  dèmé' 
riter,  il  faut  agir  avec  Uhei-té. 

DÉMESURi-:,  ÉE.  adj.  Qui  cxcAde  la  me- 
sure ordinaire.  C'est  un  homme  d'une  grosseur 
démesurée. 

U  s'emploie  aussi  dans  les  choses  moratea, 
pour  signifier  Extrême ,  excessif.  C^est  un 
honwie  d'une  ambition  démesurée.  Il  a  une  en- 
lic  démesurée  de  vous  voir. 

I)EMESURl!:.MENT.  adv.  D'une  manière 
démesurée,  excessivement.  Cet  homme  est  dé~ 
mcsurément  grand,  démesurément  ambitieux. 

DEMETTRE,  verbe  act.  (  U  se  conjugue 
comme  èïettre.)  Disloquer,  ôier  un  os  de  «a 
place.  Se  démettre  le  bras.  On  lui  a  démis  U 
poignet  en  jouant. 

Il  s'emploie  encore  avec  le  pronom  person- 
nel, [M)ur  tlirc.  Se  défaire  d'une  charge,  d'un 
tinph)i ,  d'une  diguiié.  //  s'est  démis  de  sa 
Charge  en  faveur  d'un  teh  U  s\st  démit  de 
son  Abbaye  entre  les  maïns  du  Roi.  On  Vohli- 
qea  d  se  démettre  de  sa  Charge.  Il  s'en  est 
démis  de  lui-même,  Diocléticn  se  démit  de 
V  Empire. 

Dûiis,  isE.  participe. 


Sga  DEM 

1)I^:MEUBLEMEXT.   s.   m.  Action  de  dé- 

menbler. 

UI::MKUBLER.  v.  a.  Dégarnir  de  meubles. 
DcmcuUa-  une  maison.  5a  chambre  »s(  dc- 
meuhUe. 

DÉMKCULÊ,  ÉE.  parlicipc. 

DEiVlEURANT,  ANTK.  adj.  Qnî  est  logé 
en  tel  ou  tel  endroit.  À  Monsieur  tel,  demeu- 
rant dans  la  rue  de..,,  à  l'enseigne  de....  Au 
heu  où  elle  est  demeurante.  Ce  dernier  est  de 
Pratique. 

Au  DE.MEL'RAUT.  fldv.  Au  TCStc ,  au  surplus. 
AncicniR-  façon  de  parler,  dont  on  se  sert  en- 
core dan-s  le  style  familier. 

DK.MEUKK.  s.  f.  Ilahitalion  ,  domicile,  lieu 
où  l'on  iiiibile.  Belleyacjréahle  demeure.  Triste, 
«oniirc,  vilaine  demeure.  Choisir^  établir  sa 
demeure  (juelcjue  part.  Changer  sa  demeure. 
Chancjcr  de  demeure. 

Il  5if;[iifie  aussi  Le  temps  pendant  lequel  on 
liabitc  en  un  lieu.  Il  n'a  pas  fait  lonfjiie  de- 
meure en  ce  licu~là. 

h-E.\TKVWZ,  signifie  aussi,  État  de  perma- 
nence, dans  ces  piirascs ,  C'clii  n^est  pas  à  de- 
ïïieurc,  cela  n  est  pas  fait  à  demeure,  en  par- 
lant d'Une  cliose  qui  ue  doit  pas  demeurer  en 
l'état  où  elle  est. 

Un  dit.  Labourer  à  demeure,  pour,  Donner 
le  dernier  labour  avant  de  semer;  Semer  à  de- 
meure, pour,  Ucpan'.îre  la  semence  où  elle  doit 
rester.  On  sème  à  demeure  le  persil  y  le  cerfeuil, 
Voqucn. 

CiLMi:uiiE,  en  termes  de  Palais»  se  dit  Du 
letardemcnt  du  temps  qui  court  au -delà  dn 
t«mie  où  l'on  doit  payer  ou  faire  quelque  autre 
cliosc.  Ainsi  on  dil,qu'l/n  /tomme  est  en  de- 
meure avec  ses  créanciers,  Lorsqu'il  ne  les  sa- 
tisfait pas  au  temps  qu'il  a  pioniis.  Et  l'on  dit 
dons  le  même  sens,  qu'L'n  liomme  est  en  de- 
meure envers  son  ami, ou  envers  (juelque  autre, 
<^)uand  il  ne  satisfait  pas  h  ce  qu'il  leur  doit ,  el 
qu'il  ne  leur  rend  pas  les  bienfaits,  les  plaisirs 
qu'il  en  a  reçus. 

DEMEURER,  v.  n.  Faire  sa  demeure.  De- 
meurer à  la  campaqne.  Demeurer  à  la  ville.  Il 
i.'eiJieurc  dcins  une  telle  rue.  Il  demeure  à  l'hcu. 
Il  iensei(jnc  de  VÊcu.  Il  a  demeuré  sî.r  moi.s  à 
J\Iajihid.  \'.u  ce  sens  il  se  construit  avec  le  vcrhc 
Avoir. 

Il  sif^nifie  figurcment,  Être  pcrminent.  Il 
demeure  toujours  dans  le  même  état.  Cet  arc  de 
triomphe  n'est  pas  fait  pour  demeurer.  Il  faut 
(jue  toutes  choses  demeurent  en  leur  entier.  Il 
est  demeuré  en  chewin. 

Demeiceh,  Rester.  H  ny  est  rien  demeure. 
Il  en  demeurera  plus  de  la  moitié.  Il  ne  lui  est 
rieJi  demtnré  de  tant  de  biens  (fu'il  avoit. 

On  dit.  Demeurer  en  arrière,  demeurer  en 
reste,  pour  dire,  Rester  débiteiu. 

On  dit,  H  est  demeuré  deux  mille  hommes 
tur  la  place^  pour  dire,  qu'il  y  a  eu  deux  mille 
hommes  de  tues. 

On  dit  aussi  :  Dcmciircr  infcrdil.  l'cmr.urer 
tf-nfus.  Demeurer  tnulife.  Demeurer  fidèle.  De- 
meurer  froid.  Demeurer  neutre.  Demeurer  en 
|(4iX.  demeurer  court.  Lemeuro'  les  Iras  c:o-- 


DEM 

SCS.  Demeurer  à  ne  rien  faire.  Demeurer  d'nc 
cord.  Demeurer  au  filet.  Demeurer  perclus  dt 
ses  membres. 

On  dit  De  celui  qui  a  paru  tout  c'ionné  sur 
une  nouvelle  qu'on  lui  a  apprise,  qu7l  est  de- 
meuiè ,  qu'i/  en  est  demeuré  Immobile  dclon- 
nement. 

On  dit,  en  parlant  De  choses  qu'il  est  dan- 
gereux décrire,  La  parole  vole,  et  l'écriture 
demeure. 

On  dit  proverbialement  d'Une  cliose  qu'on 
Q  perdue  quelque  part,  qnKlle  y  est  demeuriC 
pour  les  qaqe'-. 

On  dit  aussi  familièrement  d'Un  liomme 
ijui  a  été  sevU  arrêté  parmi  plusieurs  autres  qui 
se  sont  échappés ,  qu'/l  y  est  demeuré  pour  le- 
ijages. 

On  dit  d'Une  chose  qu'on  a  avalée,  qu'2î.'//e 
est  demeurée  sur  le  cœur,  sur  Vestomac,  pour 
dire,  qu'Elle  cause  des  soulùveniens  de  cœurj 
des  maux  d'estomac,  ou  qu'elle  pèse  sur  l'es- 
tomac. 

On  dit  aussi  figurémcnt  d'Une  personne  qui 
çonstTve  du  ressentiment,  que  Cela  lui  est  de- 
meuré sur  le  cœur. 

On  dit  figuromcnt,  La  victoire  nous  est  de- 
meurée, Vafj'iont  leur  en  est  demeure,  pour  dire, 
Nous  avons  eu  la  victoire,  ils  en  ont  eu  l'af- 
front 

Demecheb,  signifie  aussi  Tarder.  Il  a  de- 
meuré îonq- temps  en  chemin.  Sa  plaie  a  de- 
meuré lonq-temps  à  quérir,  à  se  feimer. 

11  signifie  aussi  S'arrêter.  Demeurez  là  jus- 
qu'à mon  retour.  Le  cjrrossi  demeura  au  mi- 
lieu du  chemin  sans  pouvoir  avancer. 

On  dit  figurcm.  qu'Un  homme  est  demeuri 
en  beau  chemin,  pour  dire,  qu'il  a  manqué  ù 
faire  fortune,  lorsqu'il  y  avoit  le  plus  d'appa- 
rence qu'il  y  réussiroit  ;  ou  à  pousser  une  af- 
faire, lorsque  le  succès  lui  en  paroissoit  certain. 
On  dit  aussi  dans  ce  même  sens  :  Il  ne  faut 
pas  demeurer  en  si  beau  chemin.  C'est  ui 
f:omme  qui  n'en  demeurera  pas  là. 

On  dit  aus^i  figurcm.  quVnc  affiire  n'c 
demeurera  pus  là,  pour  dire,  qu'Klle  poun'a 
avoir  des  suites  liouncs  ou  mauvaises.  La  même 
chose  se  dit  encore  d'Une  personne  qui  a  reçu 
rjuelque  oSense ,  Ior^■qu'on  croit  qu'elh  pous- 
sera loin  son  ressentiment. 

On  dit  fig"jrement,  en  p.irlantJDe  l'endroit 
ou  l'on  a  discoutinué  quelque  discours,  qu'I- 
que  icclurc,  Où  en  êtes- l'élis  demeuré?  Voilà 
où  noiLs  en  sommes  demeures. 

Lorsqu'il  s'agit  de  choisir  entre  plusieuiï 
ebos***  .  on  dit  figurément  De  celle  quon  pré- 
fère aux  autre? ,  Dcmeurons-en  là  ,  demeurons- 
en  à  celle-là,  pour  dire,  que  C'est  celle-là  qu'il 
faut  choisir. 

On  dit  figurément ,  Demeurons  -  en  là ,  pour 
dire,  K'en  parlons  pas  davantage: et  cela  se  dit 
ordinairement,  lorsqu'on  voit  que  la  conlest:i- 
lion  s*t'cbaun"o  tiop,  el  qu'on  craint  qu  elle 
n'aille  plus  loin  que  l'on  ne  vnudroit. 

On  dit  d'Une  pnsonne  dont  on  présume 
qu'elle  fera  plus  qu'elle  n'a  fait,  soit  en  bien, 
soit  en  mal,  ^n'EUe  n'en  demeurera  pas  là. 


DEM 

On  dit  figurément  et  familièrement,  Demeu- 
rer sur  la  bonne  bouche ,  Lorsque  dans  plu- 
.t  BÎeurs  choses  qui  ont  affecté  les  sens  ou  l'esprit, 
la  dernière  touche  plus  agréablement  que  les 
autres ,  et  que  l'on  s'y  arrête. 

On  dit  aussi,  Demeurer  sur  son  aprêtit, 
pour  dire,  Se  retenir  de  manger,  quand  on  a 
encore  appétit. 

On  l'emploie  aussi  dans  le  figuré  et  au  fami- 
lier, pour  dire,  qu'On  quitte  avec  regret  la 
compagnie  de  quelque  jiersonne  agréable,  quel- 
que chnse  cjui  fait  plaisir. 

Demeurer  dans  une  Haramjue ,  dt'ns  un 
Sermon^  etc.  C'est  lorsqu'en  prononçant  une 
Harangue,  un  Sermon,  etc.  que  l'on  a  appris 
j)ar  cœur,'  on  vient  à  manquer  tellement  di^ 
mémoire,  qu'on  ne  sauroit  plus  continuer  ce 
qu'on  avoit  à  dire.  Il  est  demeuré  au  mih'eu  de 
sa  Ilaranfjue.  Il  demeura  court  ^  tout  court  au 
com,mencement  de  son  Sermon. 

Demeuué,  ék.  participe. 

DEMI,  lE.  adj.  singulier.  Qui  contient,  qui 
fuit  la  moitié  d'un  tout  divisé  en  deux  parties 
égales.  Eu  ce  sens  ,  lorsqu'il  se  met  après  le 
substantif,  il  se  construit  en  genre  avec  le  subs- 
tantif,  et  il  est  ordinairement  procédé  par  un 
nom  de  Donil)re  avec  la  particule  et.  Vn  pied 
cl  demi.  Une  aune  et  demie.  Une  heure  et  de- 
mie. On  dit,  Midi  et  demi.  Minuit  et  demi, 
pour  dire ,  Demi  -  heure  a2)rès  midi ,  après  mi- 
nuit. 

Mais  lorsque  Demi  précède  le  substantiT, 
alors  il  est  toujours  indéclinable.  Un  demi» 
pi'ii.  Une  demi-aune ,  etc.  Demi~pî(jue.  Demi^ 
pi stole.  Demi-queue  de  vin.  D^ux  demi-pistolet. 
Dcmi'Cent.  Demi-(juarleron.  Demi-livre.  Demi- 
bain.  Demi-bastion.  Demi-cercle,  Demi-colôtine. 
Demi-douzaine.  Demi-file.  Demi-heure,  Demi~ 
lune.  Demi-tim.  Demi-queue ,  etc.  etc. 

On  dit.  Entendre  à  demi-mot,  pour  dire, 
Entendre  ce  qu'un  homme  veut  dire,  quoiqu'il 
ne  s'explique  pas  entièrement. 

À  ijl>u.  phrjsc  adverbiale.  En  partie ,  à 
moitié.  Faire  les  choses  à  demi.  S'énoncer  à 
demi. 

On  dit  aussi,  Voir  à  demi.,  pour  dire,  Voir 
superfHÎcIlcmenL 

Demi,  se  met  quelquefois  avec  la  conjonc- 
tion à,  à  la  suite  de  qui  Ljues  mots  qui  déno- 
tent une  mauvaise  qualité;  et  alors  il  signifie. 
Oui  enchérit  sur  cette  qualité.  Mais  en  ce  sons 
il  n'est  d'usage  (pie  dans  quelques  nianit  rcs  de 
parler  proverbi.des.  .1  fourbe,  fourbe  et  demi. 
A  trompeur,  trompeur  et  demi.  A  munlcur, 
menteur  et  demi. 

On  s'en  sert  aussi  proverbialement  en  coita 
façon  de  parler,  En  Diable  et  demi,  pour  dire, 
Excessivement.  Battre  ijnelgu'un  en  Diable  et 
demi. 

Dkmi  ,  se  met  encore  devant  plusieurs  subs- 
tantifs, qui  dénotent  quelque  qualité;  et  alors 
il  signifie,  (Jui  participe  i  celte  qualité.  Ainsi 
l'Antiquité  a  apiK'lé  Demi-DieiLC,  Ceux  qu'elle 
erovoil  participer  di-  la  nature  divine,  comme 
les  Faunes,  le»  >'vniphcs',  et  les  hoiMmes  qu'on 
crovoit  nés  d'un  Dieu  cl  d'une  morielle.comme 


DEM 

Hercule,  Rncclius,  etc.  Kt  l'on  appelle  poéti- 
quement Demi-Dieu,  Un  homme  qui  semble 
participer  en  (luelque  sorte  de  la  Divinité  pat 
Iq  grandeur  de  ses  actioos. 

On  dit  piir  mépris,  Un  demi-Savant,  poiir 
dire,  I.'n  homme  qui  n**  *ail  rien  qu'à  demi .  ou 
qui  présume  s.tvoir  beaucoup,  quoiqu'il  sache 
peu. 

Od  dit  dnns  le  même  sens,  Vn  demi-talent , 
ru  parlant  d'Un  homme  qui  n'a  p.is  tout  ce  qui 
caractérise  un  vrai  talent. 

On  dit  de  même,  //  m  j  en  a  pas  à  demi, 
l>our  dire,  Il  v  eu  q  beaucoup.  C'est  le  ion  et 
les  circonstances  qui  dctmninent  le  sens. 

D2MI ,  se  met  aussi  devant  plusieurs  adjec- 
tifs, et  ^i^^nifie  Presque.  //  esf^cmi-cuit.  Il  est 
demi~fon ,  demt-mort. 

DE:\iit;,  féminin,  s'cnqjîoie  quelquefois  ab- 
solument au  substantif,  pour  signifier  Demi- 
heure;  et  alors  il  reçoit  un  plupc!.  Ainsi  on 
dit,  Cette  horloge,  cette  montre  sonne  les 
licnres  et  lei  demies.  La  demie  est' elle  sonnée^ 

DEMI-FLEUUON.  Vvyez  FLEunos. 

DE.MI-KUNE.  s.  f.  Terme  de  Fortificrtiion. 
On  appelle  ainsi  Un  ouvrnge  fait  en  triangle 
dans  les  dehors  d'ime  Place  de  guerre,  au- 
devant  de  la  courtine  de  la  Place,  et  5cr\-ant  h 
couvrir  la  contrescarpe  et  le  fossé.  Attaquer, 
défendre,  prendre  une  Demi-lune,  Faire  un 
logement  sur  la  Demi-lune. 

DEMI- MET.il..  s.  m.  Substance  minérale 
qui  a  phisieurs  des  propriétés  des  vrais  mét-iux, 
sans  pourtant  avoir  leur  fixiti'  ni  leui  durtllilé 
Les  demi  métaux  sont  l'Antimoine,  le  Bismuth^ 
le  ZinCj  VArsenic,  le  Cohalt. 

DE.Ml-SETIER.  s.  masc.  Petite  mesure  de 
liqueur,  qui  contient  le  quart  d'une  pinte.  L  n 
demi-setier  de  vin. 

11  se  prend  aussi  pour  I.a  quantité  de  liqueur 
contenue  dans  le  demi-setier.  -Vous  n'avons  bu 
chacun  que  notre  demi-setier. 

On  dit  encore.  Un  demi-setier  d'oiiVes, 
parce  qu'on  les  vend  à  cette  mesure.  Acheter 
11/1  demi-setier  d'olives. 

I)I^:MISSI0N.  s.  f.  Acte  par  lft[ue!  on  se 
démet  de  quelque  Chirge,  Gouvernement,  Di- 
gnité. Démission  volontaire.  Démission  forcée. 
On  n'fl  pas  l'ouiu  'ccevoir,  l'ou/u  accepter  sa 
détn  ssion.  Faire  une  démission  pure  et  simpla 
dune  Abbaye  entre  les  mains  du  H.oL  Faire  sa 
aémission  d'une  Charge  entre  le^  mains  du 
Roi^  en  faveur  de  quelqu'un.  On  lui  a  demandé 
sa  démission.  Il  a  été  obligé  de  donner  sa  dï- 
mission, 

DÉMISSIONNAIRE,  s.  Celui  ou  celle  en 
faveur  de  qui  s'est  faite  une  démission. 

DEMOCUATE.  $.  m.  Celui  qui  est  attaché 
ouT  principct  de  la  Démocratie. 

DKM(><_:KATIE.  8.  f.  (On  pron.  Démocra- 
tie.) Gouvernement  où  la  souveraineté  résid* 
<lan5  le  Peuple.  La  Démocratie  est  sujette  à  de 
grands  ineom.vniens.  (j'n  Gouvernement  mélc 
i Aristocratie  et  de  Démocratie.  La  République 
d'Athènes  étoit  une  pure  Démocratie,  Quelques 
Cantons  Suisses  sont  de  véritables  Démocratie.^. 

DEMOCnATI(^)UE.  adj.  de»  3  «eures.  Qui 
Tome  I. 


DEM 

nppariient  h  la  D'-niocraiic.  Êlal,  Gouverne- 
ment Démocratique.  Le  Gouvcincment  d'A 
thènes  fut  lonq-tcmps  Démocratique. 

DEMUCnATlf^)UEMENT.  advcrhe.  D'une 
manière  démocralique. 

DlOlOlSELLE.s.  f.  Terme  devenu  commun 
îi  toutes  les  filles  d'iionnétefaraîlle,  et  par  lequel 
on  les  distingue  des  femmes  mariées.  Une  jolie 
Demoiselle.  Une  Demoiselle  bien  faite.  C*est 
une  Demoiselle  bien  née,  bien  élevée. 

iJEMoiSEt.LE.  signiRe  aussi  Une  fdie  née  d< 
parens  nobles. /:  lie  e5(  l'ien  Demoiselle.  Elle  est 
Demoiselle. 

On  appelle  Demoiselles  y  Des  poules  de  Wu- 
midie.  On  a  <ipporte  des  Denioisellcs  à  la  Mé- 
nagerie de  Versailles.  On  appelle  aussi  de  ce 
nom  Ceitnins  insectes  vnlnns  qui  ont  le  corps 
fort  lon^,  les  yeux  foit  gros,  et  qu-ttre  ailes. 

On  apprJle  aussi  D€moi}:eUe,  Une  pièce  de 
bois  ronde,  haute  de  trois  ou  quatre  piids. 
ferrée  par  un  bout,  et  dont  le?  Paveurs  se  ser- 
vent pour  enfoucfic  les  pavés.  Ou  l'appelle  au- 
Irement  Hie. 

DEMOLIR,  v.  a.  Détniire,  abattre  pièce  à 
pièce.  Il  ne  se  dit  que  Des  bûlimens.  Démo- 
lir un  édifice,  un  Temple.  Démolir  une  maison. 

Dkmou,  ie.  participe. 

DI:MOUriON.  suhst.  fém.  L'action  do  dé- 
molir. La  démolition  de  cette  tour  coûtera 
beaucoup. 

Il  sii;niric  aussi  Les  matériaux  qui  restent 
de  ce  qu'on  démolit.  Les  démolitions  de  ce  M- 
iimeut  ont  été  bien  vendues.  Il  ne  se  dit  en  ce 
sens  qu'au  pluriei. 

DI-IMON.  s.  m.  Diable,  malin  Esprit.  Li 
Démon  lui  a  inspire  cela.  Les  ruses  du  Démon. 

On  dit  fi^urénicnt  et  familièrement,  d'Une 
personne  qui  ne  fait  que  tourmenter  les  autres, 
que  C'est  un  Démon  ,  un  vrai  Démon  ,  un  Dé- 
mon incarné. 

On  dit  aussi  familièrement  et  en  bonne  part, 
d'Une  personne  qui  a  beaucoup  d'esprit,  qu'EHe 
u  de  l'esprit  comme  un  Démon. 

On  dit  familièrement.  Faire  le  Démon , pour 
dire,  Tempêter, 'faire  du  bruit,  donner  de  la 
|>eine.  Il  est  là-dedans  (jui  fait  le  Démon.  Cet 
z:ifant  a  fait  le  Démon  toute  la  nuit^  cest  zin 
vrai  petit  Démon. 

Quelquefois  il  se  prend  dans  le  sens  des  An- 
ciens, pour  Génie,  Esprit,  soit  l'on,  soit  mau- 
v.iis.  Ainsi  on  dit  encoie,  le  Démon  de  Sn- 
crate.  Un  s'en 'sert  aussi  en  d'autres  faisons  de 
parler.  C^est  un  hon  Démon  qui  m*a  iîispiré 
cela.  Quel  Démon  vous  agite?  Le  Démon  de 
la  guerre,  le  Démon  des  combats.  En  ce  sens 
il  n'est  plus  guère  d'usage  qu'en  Pof'sie. 

DÉMO.NL4QUE.  adj.  des  a  -icurcd.  Qui  esl 
possédé  du  malin  Esprit.  Une  fûmme  démonia- 
que. Il  est  démoniaque. 

Il  s'emploie  aussi  suhstnntivemenL  Un  Dé- 
moniaqne.  Une  Démoniaque.  Les  Démoniaques 
dont  il  est  parlé  dans  l'Evanqile. 

il  se  dit  aussi  familièrement  au  Hgurt':,  pour 
lire,  Une  personne  qui  esl  colère,  emporté*, 
,  ,  j>assionné-e.   C'est   un  Démoniaque.  Ce  ï  une 
vraie  f)émoniaque. 


DEM  3q3 

Df.MONOGRAPriE.  s.  masc.  Auteur  qui  a 
'  écrit  sur  les  IVmons. 

DKMO\OMAME.  s.  fém.  Traité  sur  ks  be- 
rnons. La  Démonomanie  de  Bodin. 

DÉMONSTRATEUR,  s.  m.  Celui  qui  dë- 
monlre.  Démonstrateur  en  Anatomie,  en  Bo- 
tanique. 

DÉMONSTRATIF,  IVE.  adj.  Qui  démon- 
ti^e.  Il  ne  se  dit  qu'en  parlant  Des  preuves  par 
lesquelles  on  démontre  quelque  ehosc.  Argu- 
ment démonstratif  Preuve,  raison  démonstra- 
tive. Cela  est  démonstratif.  Il  a  prouvé  sa  p*o- 
posiNon  par  un  argument  démonstratif.  Il  en 
a  apporté  une  preuve  démonstrative. 

Il  se  dit  atissi  De  tclui  des  trois  genres  d'É- 
loquence qui  a  pour  objet  la  louange  et  le  blâme. 
Les  trois  genres  d'FAoquence  sont,  le  DémonS' 
tratif ,  le  Délihératif  et  le  .! udiciaire.  Cela  est 
hon  j  cela  ne  iniut  rien  dans  le  genre  démons- 
tratif 

On  dit  aussi  simplement,  Cela  est  bon  dans 
le  Démonstratif  ;  et  alors  il  s'emploie  substan* 
livenient. 

On  appelle  en  Grammaire,  Pronom  démons-* 
[ratif.  Un  pronom  qui  sert  ^  indiquer  quelque 
those.  Cchii-/«,  celle-ci,  sont  des  pronoms  dé' 
monsti'atifs. 

DÉMONSTRATION,  s.  f.  Preuve  évidente 
Pt  convaincante.  Démonstration  claire,  nette ^ 
invincible  ,  incontestable.  Faire  une  démoui- 
Iration.  Faire,  la  démonstration  fi'unc  proposi- 
tion. Il  a  trouvé  la  démonstration  de  ce  pro- 
hlème.  Démom-tration  Mathématique. 

Il  si;.;nifie  aussi,  Marque,  témoiguagc.  Il  lui 
Çait ,  il  lui  donne  tous  les  jours  de  granàef.  dt- 
monstrations  d'amitié.  Après  tant  de  dcmons* 

tralions  de  sa  mauvaise  volonté Il  en  a 

donné  desr/érnonsïrntions  publiques.  Malgré  sa 
retenue  ordinaire^  il  donna  quelque  démons- 
h'ation  d'impatience. 

On  appelle  aussi  /-?c'mons(rn(i'ori,  Les  leçon* 
que  donnent  qu»:!ques  Professeurs,  en  faisant 
voir  la  clio.sc  même  qu'ils  expliquent.  Faire 
une  démonstration  d' Anatomie  sur  un  cadavre. 
On  fait  u'ie  démonstration  de  Botanique  au 
Jardin  des  Plantes. 

DÉMONSTRA nVEMENT.  adverbe.  D'ime 
manière  démonstrative  et  convaincante.  Prou- 
ver quelque  chose  démonstrativement. 

DÉMONTER,  v.  a.  i-'éparer  quelqu'un  de  sa 
monture.  Il  a  rencontré  des  voleurs  qui  Von\ 
démonté.  Ce  Cavalier  fut  démonté  d'un  C9up 
de  canon  qui  tua  son  cheval. 

Ondi(,qu't^i  r/jcvul  a  démonté  son  homme, 
pour  dire,  qu'il  l'a  jeté  par  terre. 

On  dit ,  Démonter  un  Capitaine  de  xtaisseau, 
pour  dire,  Lui  »'iter  le  commandement  de  sou 
vaisseau,  du  vaisseau  qu'il  monloU. 

DÊMOîiTEn,  en  parlant  De  meubles,  de  ma- 
cliincs  et  d'ouvrnf^es  de  mniu,  signifie,  Désa»- 
sembler  les  diflerentes  parties  qui  les  com- 
posent. Démonter  une  qrue.  Démonter  une  hov' 
loge,  une  montre.,  un  fusil.  Démonter  un  lit 
une  armoire.  Démonter  un  earrosst  ,  un»: 
chaise  de  poste.  Démonter  des  pierreries^  de* 
diaru4in^ 

5o 


Sgii  D  K  M 

On  iVil,  DimonUr  un  canon,  pour  dire, 
L  otCT  de  dessus  son  affût.  On  fut  oblii;é  île  dé- 
titoiitei  tout  (u  ciiJioii  pour  le  faire  passer. 

On  dit  uiissi,  /'éiiionlcr  un  canon,  une  bat- 
terie, pour  dire,  les  roeltre  à  coups  de  canon 
hors  dëlat  de  tirer,  de  servir.  Ce  Caiiuumei 
est  si  adroit ,  (fu'en  moins  de  rien  d  denioiitc 
tout  le  canon  des  ennemis,  il  démonta  (oiilfs 
leurs  batteries. 

Figurcnicnt,  en  i«rlanl  d  Un  lionimo  qui, 
apnSs  avoir  joni  lons-ienipsd'nnc  Lioinie  santé, 
devient  inconiuiodé  et  valctudin;iirc ,  on  dit, 
que  La  machine  commence  à  se  ilciiionter. 

DiMONTiin,  signifie  fi^urJincnt,  Mcllie  eu 
désordre, dt-roncericr,  nielirc  horsdelalda,:;ir, 
de  répondre.  Celle  objection  le  iJéinondi  li'ii- 
bard.  Il  fat  dcmontè  dès  le  premier  nrijument. 
Ce  Ministre  a  démonté  la  politique  des  ennemis. 
Cela  lui  démonta  io  cervelle. 

Fignrément,  en  pwlant  Des  gens  qui  sont 
exlrtmeniint  ■naitrcsdo  leurrtsage,  et  qui  font 
p.iroilre  de  !a  joie,  de  In  tristesse,  de  l'espii- 
lanre,  ou  de  la  cr.iinte,  selon  qu'il  convient  !l 
leurs  inliTèts,  on  dit,  qu7ls  se  démontent  le 
visane,  qu'ils  dcmontcnl  leur  visage  comrrH 
il  leur  plait ,  qu'ils  o»(  îles  visages  qui  se  dé- 
montent. 

DÉMONTÉ,  ÉE.  participe. 
DÉ.MOlVTRAIil.R.  ai.j.  des  2  geures. Terni» 
didactique.  Qui  peut  itre  dcinontré.  Celle  pro- 
position est  déiiionirable. 

DÉlWDNTP.Ell.  V.  a.  Prouver  d'une  manière 
évidente  et  conv.àncante,  par  des  roiisôqiicnrr'; 
aeccssaircs  d'un  principe  incontestable.  Dc- 
ntontrer  une  vérité,  une  proposition,  un  pro- 
blème. Démontrer  clairement,netlement,  invin- 
ciblement, d'une  manière  invincible.  Je  lui  a\ 
démontré  que  tAle  chose  ne  pouvait  être  autre- 
ment. 

li  signifie  aussi,  Tcinoîgner  par  des  niar<piei 
extérieures.  Le  calme  de  son  visage  démonlri 
la  paix  de  son  dme.  Les  cris  de  cet  enjant  dc- 
monlrent  qu'il  souffre. 

Kn  .\natoniie ,  en  Botanique,  en  ïlisloii\' 
oaturclle,  on  se  sert  du  mot  Démontrer  poui 
dire,  Faire  voir  aux  yeux  la  cliosc  dont  o;i 
parle,  comme  les  parties  du  corps  humain  ,  Ici 
plantes,  etc. 

DÉ.MONTi\i'; .  LE.  paiticipe. 
DKMUHUKli.  V.  n.  Quitter  prise  après  avoir 
mordu.  11  se  dit  particulièrement  Des  chiens, 
des  loups,  etc.  Le  chien  prit  le  sanglier  à  l'o- 
reille, et  ne  dcn:ordit  point.  Les  dogues  d\-in- 
gleterre  ne  acmordent  jamais,  ils  se  laissent 
I  lulôl  tuer  que  de  démordre. 

Il  signifie  fi^urcment  et  familièrement.  Se 
Hépartir  de  rpielquc  entreprise,  de  quelque  des 
sein,  aljindonner  une  opinion,  un  avis  qu'on 
foutenoit  Bvcc  cli.Ticur.  /l  n'a  poinl  voulu  ile- 
morilie  <?e  celle  pour-suile.  Vous  "ves  licnu 
faire,  vous  ne  l'en  ferez  pas  démordre.  Je  Ven 
/enii  bien  démordre.  Il  n'en  démordra  point. 
C'est  un  opiniâtre,  il  ne  déniord  jamais. 

UtLMUUVOlR.  V.  a.  lermi;  de  Palais.  Faire 
que  quchpi'iin  se  d.'îsislc,  se  déporte  de  quelque 
prélcniioii.  Il  nesl   guère  d'usajj  qu'à  1  inll- 


DEN 

nitif.  Rien  ne  Td  pu  lUmouvoir  de  cette  pré- 
iention. 

Dkmu,  ue.  participe.  Il  est  vieux. 

DÉMUNIR.  V.  a.  Otcr  les  munitions  d'une 
Place.  Cette  place  est  menacée  y  il  ne  faut  pas  la 
tlémunir. 

DÉMUNI,  lE.  participe. 

DÉ.MTJIIEK.  V.  a.  Ouvrir  une  porte  ou  une 
rcni'trc  qui  iHoil  uinriie,  ûter  la  niaronncrie  (jui 
les  bouclioit.  //  faut  déminer  celte  porte. 

DÉMURÉ,  ÉK.  participe. 

■  DEN 

CliNAlRE.  adj.  des  2  genres.  Qui  a  rappoiï 
au  nombre  dix.  Nombre  diiiaire.  Artthmétiipn 
dt'.naire. 

DiLNANTIU,  se  DKNATNTIK.  V.  pron. 
'l'ernie  lîe  Jurispru-lcnce.  Abandonner  les  assu- 
rances, les  nantisscmens  qu'on  avoit  reçus.  On 
dit  aussi.  Une  faut  pas  se  (ÏL-nantir,  pour  dire, 
Se  dépouiller  de  ce  qu'on  a. 

DÉ.VATrKn.  V.  a.  Défaire  une  natte.  De- 
natter  des  cheveux.  Dênatter  les  crins  d''uii 
chenal. 

DÉNATTÉ,  ÉE.  participe. 

DÉNATURER,  v.  act.  Chanf^er  la  nature 
il'une  chose.  Il  se  dit  principalement  dans  cetta 
phrase,  Dénaturer  son  hicn^  pour  dire.  Vendre 
ses  propres  pour  l'aire  des  acquêts  dont  on  ait 
l:i  libre  cUspooition.  Il  a  dcnalurê  son  bien. 

On  dit  rtussi,  Dénaturer  des  mots,  pour 
dire,  Eu  changer  l'acception;  nénalurer  une 
(|iiest!ûii,  poiu-  dire.  Chanurr  l'.'t.^t  de  la  ques- 
tion; Dénaturer  un  fiit.  pour  dire.  En  chanî^cr 
les  principales  circonstances;  et  dans  les  ou- 
vrages d'cspiit,  et  eu  termes  Dramatiques,  Dé- 
naturer les  qenreSy  pour  dire,  Les  traiter  autre 
ment  qu'ils  ne  doiveat  être  Uaités. 

DÉSATunÉ,  ïE.  participe.  Ces  biens  ont  clc 
dénaturés. 

U  est  aussi  i:diectîrf  et  signifie,  Qui  manqua 
J'affèction  et  de  tendresse  pour  ses  plus  proches 
jjftrcn.s.  Enfant  dénaturé  Fils  dénaturé.  Vèri 
dénaturé.  Mère  dénotuiée. 

U  signifie  aussi,  Qui  est- conhaïre  aux  sen- 
limcns  naliU'.îU  d'aHectionet  de  tendresse.  Ccî/ 
ur;e  action  bien  barbare  et  bien  dénaturée. 

D;^^DRITE.  s.  f.  Terme  d  Histoire  natu- 
relle. Pi«  rro  sur  laquelle  on  trouve  des  accvtiens 
qui  rcprcst  iitent  des  buissons,  des  arbrisseaux 
formés  raiurellemont. 

DÉNÉCiATIO.N.  s.  f.  Terme  de  Jurispru- 
dence. Action  par  laquelle  ou  dénie  quelque 
chose  en  Justice. //  persiste  dans  sa  dénégation, 
nènéijation  formelle. 

DÉNI.  s.  m.  Refus  d'une  chose  dur.  U  n'est 
fjuère  d'usage  qu'en  ces  phrases  :  Dé»i  d'ul.~ 
mens.  Déni  de  Justice.  Déni  de  renvoi.  Lors- 
qu'un fils  refuse  de  nourrie  son  père^c'csl  déni 
d'alimens.  Lcr.iou  un  Jur^e  refuse  de  prononcct 
sur  une  Uct^uête ,  c'est  déni  de  Justice.  Lorsipi'un 
June  refuse  de  renvoyer  au  Tribunal  compé- 
tent une  crusc  dont  il  ne  peut  pas  connollw, 
c'est  déni  de  renvoi. 

DÉMAISER.  V.  actif.  Rendre  qm  Iqu'u» 
moins  niais, moins  simple,  plus  tîu,  phu  nisc, 


DEIS 

qu'il  n'ctoit.  //  é(oi(  fort  simple,  mais  iaCour 
l'a  un  peu  déniaisé.  Les  afJHires  Vont  déniaisé. 
Il  s'est  déniaisé  en  fort  peu  de  temps.  H  se  de' 
niaisera  dans  le  monde.  Ce  mot  n'est  que  du 
style  familier. 

On  dit  aussi,  Déniaiser  oueïipi'un^  pour 
dire,  Le  tromper.  Et  cela  se  dit  principalement 
en  parlant  d'Un  hcmmcdcla  simi)iictté  duquel 
ou  abuse,  soit  au  jeu,  soit  en  quelque  autre 
occasion,  il  avoit  cint^uante  pistoles  dans  sa 
poc/ie,  les  filous  Vont  déniai>é.  Il  s'est  laissé 
déniaiser. 

DÉNIAISÉ,  ÉE.  participe. 

Il  est  aussi  ((uck^uefois  substantif  ;  et  alors 
il  si^nilic  Un  homme  adroit  et  ru>é.  C  est  un 
déniaisé. 

DÉNICHER.  V.  a.  Ôler  du  nid.  Déntclier  des 
oiseaux  j  des  fauvettes  y  des  sansonnets. 

U  .^if^nifie  iigurément,  l'aire  sortir  par  force 
de  quelque  poste ,  de  quelque  endroit  ;  et  en  ce 
sens  il  ne  se  dit  guère  qu'en  parlant  d'Unr 
bande  de  voleurs,  d'nnc  troupe  d'ennemis.  // 
y  avoit  des  voleurs  dans  ce  Château,  on  les  a 
dénichés.  On  envoya  des  gens  pour  dénicher  les 
ennemis  de  ce  poste.  U  est  du  style  familier. 

Ou  dit,  Dénicher  une  statue ^  un  Sfiiut.pour 
dire,  L'ùter  de  sa  niche. 

Il  s'eniploie  aussi  pour,  Trouver,  découvrir 
la  demeure,  la  retraite  de  quelqu'un  avec  quel- 
que; difHculté. 

DÉNicHEn  ,  est  aussi  neutre,  et  signifie,  S'é- 
vnder,  se  retirer  avec  précipitation  de  quelque 
lieu.  Il  a  déniche  lu  nuit.  Allons,  il  faut  denù 
cher.  Les  ennem:s  emtnt  peur,  ïîs  dénichèrent 
aussitôt.  Les  fauvettes  ont  déniche. 

DÉnicuk,  ÉE.  participe. 

Ou  dit  pi-overbialemcnt.  Les  oiseaux  sont 
déniches,  pour  dire,  que  Les  personnes  qu'oD 
cherche  en  quelque  endroit  ne  s'y  trouTcnc 
plus. 

DENICHEUR,  s.  m.  Celui  qui  déniche  les 
petits  oiseaux.  Vnpetit  dénicheur  de  moineaiuc. 
U  n'est  [;uère  en  usa^e  au  propre. 

On  dit  fignrément  et  familièrement  l.  n  dé- 
nicheur de  merles,  pour  dire,  Un  homme  fort 
ardi'nt,et  fort  appliqué  ù  rechercher  et  à  àé- 
rouvrir  tout  ce  qui  peut  contribuer  h  son  plai- 
sir, et  fort  admit  à  en  proiitn. 

DÉNIER.  V.  n.  Nier.  En  ce  sens,  il  n  est 
j^ucre  d'usaîje  qu'en  ces  phrases  :  Denier  un 
fait.  Dénier  un  crime.  Dénier  une  dette.  Dénier 
un  dépôt.  Il  a  tou'  confessé  à  la  (jucstion,  main 
!  ors  de  U'i  il  a  tout  dénié, 

U  signifie  aussi,  Refuser  ipicKpie  cliose  que 
la  bienséance,  riiouncteté,  l'i'qnité  et  la  justice 
ne  vculeul  pas  qu'on  refuse.  .Vc  me  déniez  pas 
votre  secows.  On  lui  a  dénié  les  alimeii.*:.  On 
Itiia  dénié  toute  justicc.Si  vous  demandeztelU 
cho.Cy  elle  ne  vous  sera  pas  déniée. 

DÉNir.,  ÉE.  participe. 

DENIER. s.  m.  Espèce  de  monnoie  de  cuivre 
l'nlant  la  douzième  partie  d'un  sou,  qui  est 
aussi  monnoie  de  roiiq)ic.  Sit  deniers.  Trois 
(leiiicr.t.  Cehi  ne  vaut  pas  un  denier.  Cet  homme 
ti*a  pas  un  dénia-  lutillunt.  Payer  ju.fpt' an  der- 
nier denier,  llcndru  compte  à  livres ,  tous  et 


j)EN 

iienierSy  pour  dire, lieaJre compte  nvcc  Va  plus 
grande  exnctiludc. 

Ou  dit  piovcrbiiilenwiit  d'Une  clicsc  qui  n 
clé  mise  en  In-aucoup  meilleur  l'-tat  (ju Vile  ii'u- 
roit,  (jM"£ilt*  vtiut  miciur  tlenler  tjit't'Ue  ne  va- 
loit  niiiiUe. 

Di;NiEn  À  Dreu,  se  dit  De  ce  qu'on  donne 
pour  arrhes  d'un  marché.  Il  m'a  loue  sa  mui- 
ron^  et  il  en  a  ret^u  le  (îenier  à  Dieu. 

DnsifcR .  se  dit  aussi  De  toute  somme  d'or  ou 
d'argent.  t""c  (jruntîe  somme  de  deniers  ^  en  de- 
tiierf.  Il  a  été  as.iignê  mr  les  premiers  denien 
de  eelte  recette.  Les  deniers  Royaux.  Lus  de- 
niers publics.  Divertir  les  deniers.  Deniersreve- 
nant-hons.  Les  plus  clairs  deniers.  Payer  fi" 
der.iers  ou  en  (quittances.  En  ce  sens,  on  dit 
d'Un  liomm-  qui  a  tiré  un  f;rand  profit,  qui  a 
reçu  une  f;rande  somme  d'argent  de  quelque 
afiàire,  qu'il  en  a  tiré  un  qrand  denier j  un 
bon  denier. 

Deniba  ,  se  dit  aussi  De  l'intérêt  d'une 
somme  principale.  Et  c'est  dans  ce  sens  qu'on 
dit,  Wetïrc  son  arqent  au  denier-vinqt ,  pour 
dire,  Le  donner  à  rente  pour  en  tirer  la  ving- 
tième partie  tous  les  ans.  On  a  réduit  les  rentes 
à  un  tel  denier.  î  ne  terre  vendue  au  dcnivr- 
ii ent e ,  à  un  (îenier  (rcsfli'antageux.  Les  lods 
et  ventes  dune  telle  terre  sont  au  douzième  de- 
nier. 

On  appelle  Le  denier  du  Roi,  le  denier  de 
f' Ordonnance,  Le  deuicr  au'^uel  il  est  permis 
par  l'Ordonnance  du  Roi  de  mettre  son  nrgpiil 
ù  rente,  ou  auquel  on  estime  les  intéivls  qui 
■ont  adjugeai. 

l>ENiEn,se  iHit  aussi  d'Une  ceriaiue  part 
qu'on  a  dans  une  afiairc.  dans  un  tmiléjà  pro- 
portion-de  Inquelle  on  partage  le  ^&m  ou  la 
perte.  Ainsi  ou  dit,qu 7/n  homme  a  un  denier 
dans  une  firme  ^  pour  dire,  qu'il  y  a  la  dou- 
zième partie  d'un  vingtième;  «t  qu'il  y  a  deux 
deniers,  pour  dire,  qu'il  y  a  deux  douzièmes 
parties, 

Dehiei»  de  poids.  Terme  de  Monnoie.  Un 
denier  pèse  vin(jt-<jnatre  (pains.  Il  y  a  vin^l- 
tjuatre  deniers  dans  une  once. 

DEMEn  DE  Fiî»,  ou  DE  Loi.  Terme  de  Mon- 
noie, qui  sert  à  mnrijuer  le  deç^é  de  bonté  de 
I  argent.  Le  denier  de  un  se  divis:^'  eu  douze 
parties.  L'argent  pur  s'appelle  de  l'ar(jent  à 
douze  deniers.  S'il  y  a  une  douzième  partit 
d'aUia(je,  il  s'appelle  de  V  argent  à  onze  deniers. 
On  évalue  la  honte  de  l'iu-gent  par  deniers  ,  et 
celle  dr  l'or  par  carats. 

On  dit  p-ovcibiolement ,  Vendre  t^nehjuUin 
à  beaux  deniers  comptant.,  pour  dire,  Trahir 
quelqu'un  pur  inlér^-t. 

Ou  dit  <iussi,que  L'on  mettroit  bien  son  de- 
nier à  une  chose,  pour  dire,  que  Si  rUe  <toit  h 
vendre,  on  en  frroil  volonliere  l'acquisition. 

On  apptile  proverbialement,  Denier  de  la 
«rufe,  Te  qu'on  donne  en  le  prenant  sur  son 
D&eMdire.  I.c  denier  de  la  veuve  est  l'aumôm 
du  pituvre. 

DtsiEn  SAi-tT-PiEniit.  Nom  du  tribut  que 
rAnf;lctrrrp  payoit  autrefois  nu  Pâpc. 

UK.\|(inL..Mi:>  1.  j   m.  Aciioo  de  dénigrer. 


DEN 

Vous  en  parles  avec  trop  de  dénigrement, 
'ferme  de  dénigrement. 

DKMGiîER.  V.  a.  Cbercbcr  .^  diminuer  U 
réputation  de  quelqu'un,  le  prix  de  quelque 
cbn.se  .  A  les  rendre  ridicules  et  méprisables. 
Dêniqrer  la  réputation  d'un  homme.  Il  n'en 
parla  ipte  pour  le  dénigrer.  Dénigrer  les  ou- 
vrages de  guel(juun. 

DÉNir-ni:,  ÉE.  participe. 

i:)Ê>(>:\IliHEMENr.  s.  m.  Compte  délailU-. 
voil  de  iiersoniirs,  soit  de  choses.  Tous  les  cinn 
ans  on  jitisoit  à  Home  le  dénombrement  des  ci- 
toyens. Faire  le   dénombrement  de  sa  passes- 

Gl'oflS. 

DÉNOMontMENr,  se  dit  aussi  en  pnilant  Ou 
détail  qu'un  Vassal  donne  à  son  ^>igncur  de 
tout  ce  qu'il  tient  de  lui  eu  Fief.  Donner  un 
cvcu  et  dénombremGnt  d'um  ferrft.  Donner  par 
vveu  et  dénombieincnt.., 

DKNOMBKKR.  v.  a.  Faire  un  dénombre- 
ment. On  a  dénombré  tous  les  hidjitans  de  cette 
\aroisse. 

DÉNOMBUÉ,  >:e.  participe. 

DKNOMlXATLLR.s.m.  Terme  (i'Arithmc- 
llque.  C'est,  des  deux  nombres  qui  expriment 
>ne  fraction,  celui  qui  se  i»ouve  au-clcîsous. 
\)ans  la  fraction  -^  le  dénominateur  est  ^. 

Dl-:^OMl>'ATiF,IVt:.  ad).  Qui  dénomme. 
Vn  terme  dénominatif. 

\^ÈyOMîy.\rioy.  s.  r.  Désignation  d'une 
|crsonne  ou  d'une  rho.se  par  un  nom  qui  en 
Kprime  l'ctni,  l'espèce,  la  qualité,  etc.  Dan: 
les  /irt\  et  dauf!  lc.<  .Sr -cricc^:.  il  rc  faut  rien 
thanger  sans  nécessité  aux  dénominations  re- 
mues. Les  choses  prennent  leur  dénomination 
ûe  ce  r^u' elles  ont  de  plus  remarauable,  ou  di 
ylus  essentiel. 

En  Mathématique ,  on  dit ,  Rêduii  e  des  frac- 
lions  à  même  dénomination ,  pour  dire,  Leur 
ilonner  le  même  dénominateur. 

l)f:NOMSlER.  V.  act.  Terme  de  Pratique. 
Nommer  une  personne  dans  un  Acte  de  Justice. 
H  faut  dénomma-  toutes  les  Parties  dans  un 
drrét.  Il  n'est  pas  dénommé  dans  linforma- 
lion. 

OÉNOMMÉ,  ÉE.  participe. 

DENONCER,  v.  a.  Ddclnrer ,  faire  connoîtrc, 
indilier. 

On  dit  aussi,  Dénoncer  une  pa'sonne,  poui 
•lire.  En  déclarer  publiqu^îraeut  le  nom  suivant 
rerlaines  fonncs  pnacriles.  ^insi  ,  en  parlant 
d'Un  homme  qui  a  encouru  la  peine  de  l'cx- 
comniunication  ,  on  dit,  qu'il  a  été  dénoncé 
pour  sjcommuMié. 

Il  iiignifie  aussi ,  Déférer  en  Justice.  Dt'm'n- 
cer  un  coupable.  Dénoncer  (juelt^u'un  au  Ma~ 
gistrat.  Dénoncer  un  livre  ,  une  proposition 
comme  /lerelidue. 

(^u  appli  jue  aussi  ce  mot  à  la  sig::ifiration 
faite,  en  Justice,  de  quelque  procédure. 

On  dit  aussi  d'Un  soldat  qui  a  dt^scrté,  que 
Son  Capitaine  Va  dénonce  pour  déserteur^  qu'il 
est  dénonce. 

Oknoïccé,  ie.  participe. 

l)K>u>ClAniUn.  t.  m.  Cehii  qui  drfètt 
quelqu'un,  quelque  chose  en  Justice.  Se  len- 


DEN  395 

drc  dénonctnteur.   Le   tiers  applicable  nu   dé- 
nonciat(ntr. 

DÉNONCiATIOPï.  8.  f  Déclaration,  publi- 
cation. 

Il  9i|;niric  aussi  ,  Délation  ,  accusation.  Le 
dénonciateur  eut  tant  pour  le  prix  de  sa  dé- 
nonciation. 

OÉNarATION.  s.  f.  Désignation  d'une 
chose  par  certains  sigmïs. 

DÉNOTER.  V.  a.  Désii^ner,  marjuer.  // 
n'es!  pas  nommé ,  mais  il  est  tellement  dénoté 
flii'on  le  connaît  aisément. 

Il  signifte  aussi  Indiquer.  Dans   les  fièvret 
intermittentes ^  le  frisson  dénote  l'accès. 
DÉNOTÉ.  £e.  participe. 
DÉNOUER,  V.   a.   Défaire  un  nœud.   Dé- 
nouer un  ruban.  Dénouer  des  cordons.  Czla  est 
noue  si  fort  y  gu^on  ne  le  saurait  dénouer. 

Il  signidc  figurément,  Rendre  plus  souple, 
plus  agile.  Les  exercices ^  la  chasse,  la  danse j 
Vescrime,  dénouent  le  corps,  îes  membres. 

Il  signifi-'  aussi  figurément,  Démêler,  déve- 
lopper; et  il  se  dit  principalement  en  ])arbnt 
d'Une  pièce  de  théâtre,  dont  le  nœud,  dont 
l'intrigue  vient  h  se  démêler  vers  la  fin.  Ce 
Poète  a  bien  dénoué  l'intrigue  de  sa  Comédie. 

DKNOiEn  ,  se  dit  avec  le  prom)m  personnel. 
d'Un  uciud  qui  vient  à  se  lûrher,  h  se  défaire. 
Ce  ruban  s'est  dénoué.  Voilà  votre  ruban  gui 
se  d'-noue. 

Il  siç;ni!io  figure'ment,  Devi-nir  plus  souple. 
Les  jiimb^s  de  ce  cheval  se  sont  bien  dénouées 
Les  chevaux  napolitains  ne  se  dénouent  gu  à 
f'.r  ou  sept  ans.  Ce  jeune  homme  éSoit  lourde 
pesant,  mats  il  commence  à  se  dénouer. 

On  dit  eussi,  qu'[7n  enfant  ."<  dénoue^  qu'i/ 
commence  à  .te  dénouer,  pour  dire,  Qi:e  les 
parties  de  son  corps  qui  e'ioicnt  nouée».,  com- 
mencent à  se  dégager,  h  prendre  ia  forme,  re- 
tendue et  le  jeu  qu'elles  doivent  avoir. 

Il  signifie  encore   figurément.  Se  démêler. 
le  développer;  et  il  se  dit  principalement  De 
l'intrigue  dune  pièce  de  tliéàlre.  L'intrigue  de 
cette  Comédie  se  dénoue  fort  bien. 
DfcNotÊ,  EE.  pailicip". 
DÉNOÛIMENT.  s.  m.  Il  u"est  d'usag-  qu'ai: 
figuré.  Il  se  dit  De  ce  qui   termine   l'action, 
en  démêlant  le  noeud  d'une  pièce  de  theîlre. 
Le  dénoùment  de  cette  pièce  est  heweux^est  na 
lurel.  Le  dénoùment  de  cette  pièce  ne  vaut  rien 
Ou  dit,  Le  dcnoûment  (Tune  difficulté,  pour 
dire,    La   solution   de  cette   dilliculté.  On   dit 
aussi,  en  parlant  D'aflliire,  d'intrigue  de  Cabi- 
net ,  Le  dénoùment  d'une  affaire  ,  d'une  in- 
trigue. 

DENRIîiE.  s.  f.  Tout  ce  qui  se  vend  pour  k» 
nourriture  et  l'entretien  des  hommes  et  d-t 
onimaux.  Acheter  des  denrées.  Mettre  le  prix 
aux  dcnréts.  Grosses  denrées ,  menues  denrées. 
On  dit  d'Une  marclmiidise  qui  ne  vaut  rieu, 
que  C'est  une  nuui-iii:c  denrée;  et  d'une  Chot^c 
qu'on  veut  vendre  trop  cher  ,  que  C  V«t  une 
chère  denrée. 

On    dit    gdnL'ralement  ,    en    parlant    dTn 
homme  qui  vend  bien  ce  qu'il  ■  &  vendre,  que 
Cet  homme  v.  nd  bien  sa  denrée. 
Sq. 


3y5  DEN 

DENSE,  a'dj.  des  2  !;cnre8.  Terme  dùlacii 
que.  Kpais  ,  compacte  ,  dont  les  parties  sont 
serrées.  Corps  dense.  L'eau  est  plus  dense  qw 
Vair.  Il  est  opposi!  îi  Riiic.  j 

DENSITI^:.  s.  f.  Terme  didactique.  Qualiti  .j 
de  ce  qui  est  dense.  Ln  densilè  des  corps.  Les 
corps  sont  plus  ou  moins  pesans  ,  scion  (ju  ih 
ont  plus  ou  moins  de  densité. 

nENT.  s.  f.  P( lit  os  qui  tient  .\  la  mjilioirc 
de  l'animal,  et  qui  lui  s<tI  à  incinor  les  allniens 
et  à  les  mâcher.  On  dislinqne  les  dents  en  dents 
molairci,  dents  canines  et  dents  incisives.  On 
dit  aussi  :  Dent  aillèrc.  Dent  mlichelière. 
Grosse  dent.  Dent  de  dessus  ou  d'en  haut, 
dent  de  dessous  ou  d'en  bas.  Dents  de  dci'cnt^ 
de  derrière.  De  belles  di^nls.  Des  dents  blan- 
ches. Dents  bien  yangce.i.  Dents  ijui  ont  été 
bien  arranqées.  Dents  jaunes,  cariées,  gâtées, 
vourîes.  Une  dent  creuse.  L^alvéole  d^unC'dent. 
Le  mal  de  dents.  Avoir  mal  aux  dents.  Se  la- 
ver,  se  nettoyer,  se  curer  les  dents.  Cela  blan- 
chit les  dents.  Une  dent  qui  branle.  Il  lui  e.l 
tombe  une  dent.  Un  arracheur  de  dents.  CeU 
aqace  les  dents,  déchausse  les  dents.  Avoir  lei 
dents  aqacees.  Les  dents  percent  à  cet  enfant^ 
les  dents  lui  viennent.  Claquer  des  dents.  Lei 
dents  lui  claquent. Claquement  de  dents.  Serrer 
les  dents.  Grincer  les  dents.  Grincement  di 
dents.  Tirer  avec  les  dents.  Les  dents  d'an  chicn^ 
d'un  brochet,  d'une  vijjère.  On  met  des  dents  A 
loup  aux  hochets  des  enfans.  On  connoït  l'^'ijt 
des  chevaux  aux  dents. 

On  .ippelle  Denl.';  de  lait,  Les  première-' 
dents  qui  viennent  aux  enfans  quand  ils  sont 
encore  en  nourrice .  et  qui  commencent  à  tom- 
ber vers  les  sept  ou  huit  nns. 

On  appelle  au.s.si  Dents  dcsaqcsse.  Les  quatre 
dernières  molaires  qui  viennent  entre  vingt  et 
trente  ans. 

On  appelle  Fausses  dents,  Des  dents  artifi- 
cielles qu'on  met  à  la  pl.icc  de  celles  qui  man- 
quent. 

Ou  dit  ordinairement ,  que  La  plupart  des 
enfans  meurent  aux  dents,  pour  dire,  qn'lU 
meurent  quand  les  dents  leur  viennent. 

l'igiuémcntel  familièrement,  iVocoir  pns  de 
riiioi  niel(t-e  sous  sa  dent,  sous  la  dent,  C'est 
n'avoir  pas  de  quoi  vivre. 

Manger  de  toutes  ses  dents.  C'est  manger 
vite  et  beaucoup. 

Parler  entre  ses  dents ,  C'est  ne  parler  pris 
fts«cz  liant  ni  assez  distinctement  pour  Êtra 
bien  entendu. 

Prendre  le  frein  aux  dents  ,  h  mors  aux 
dents,  se  dii  au  propre  d'Un  clicval  qui  s'em- 
porte. 

Il  se  dit  aussi  figiu-émcnt,  pou:  dire,  Se- 
couer k  joug  de  la  règle,  de  la  loi,  de  la  bien- 
sc-ince;  et  dans  ce  .sens,  ou  dit  J'IJn  jeune 
tionnue,  qu'il  a  pris  le  mors  aiLC  dents,  pour 
dire ,  qu'  I  s'est  jttc'  dans  ]:•  libertinage ,  dans  la 
débauclie.  U  est  du  style  familier  dans  toutes 
Km  acceptions  figurées. 

On  dit  aussi  G^vircmenl,  Prendre  le  twci: 
aux  rlcnls,  pour  dire,  S'emporter  pcr  iT.pa- 
licnce  ,  s'oiliaucliir   de   toute  CMitra'ne    Cd.  | 


homme,  après  avoir  beaucoup  enditjé  île  (jueU 
(ju^un,  a  pris  le  mors  aux  dents. 

Prendre  le  mors  aux  dents  j  se  dit  encore 
figurcmeut  De  celui  qui ,  jiprùs  avoir  ncgli^c 
quelque  temps  sou  devoir  ou  ses  alTaires,  s'y 
porte  ensuite  avec  ardeur.  Il  étudie  à  présent 
comme  il  faut,  il  a  pris  le  mors  aux  dents. 

FigurénicrU,  Montrer  les  dents  à  (juchju'un, 
r;'est  lui  rôsisler,  lui  faire  tête,  lui  u'-moif^iifr, 
par  des  réponses  ft-nues  et  ïuciiav^utes,  qu'on 
n'en  veut  pas  soufïnr  davantot;e  de  lui. 

Fij^uronieiit,  Etre  sur  les  dents,  se  dit  Des 
Jiomnie.-i  et  des  auluiaux  liarassés  el  abattus  de 
lassitude.  Ce  cheval  c$t  sur  les  dents.  Mettre 
sur  les  dénis,  se  dit  aussi  dans  le  même  sens. 
Le  long  travail  Va  mis  sur  les  dents. 

Figurément  et  familic-Tcment,  Avoir  la  mort 
entre  les  dents-.  C'est  ^tre  près  de  mourir. 

Rire  du  bout  des  dents.  C'est  s'efTorccr  de 
rire,  et  n'en  avoir  point  d'cnVie, 

Donner  un  coup  de  dent  à  (jueltjuun^  C  esi 
niudire  de  lui,  dire  quelque  mot  qu!  l'oITensCi 
qui  le  pique.  Tomhcr'soûs  la  dent  de  quelqu'un. 
Déchirer  qnclquun  à  belles  dents. 

On  dit  figurém.  dX'n  homme  qui  ne  donne 
qu'avec  peine,  que  Quand  on  lui  dcmandt 
(fuel(juc  chose,  il  semble  quon  lui  arrache  une 
dent. 

iS'c  pas  desserrer  les  dents.  C'est  ne  pas  dire 
un  seul  mot  dans  une  occasion  de  parler. 

On  dil  proverhialem.  d'L'n  liunune  à  qui  il 
vient  du  bien  sur  la  fui  de  ses  jnurs,  qu'i/  lui 
vient  dit  bien  lorsqu'il  n\i  plus  de  dcnta.  On 
dit ,  Donner  des  noiaettes  à  ceur  qui  n*onl  plus 
rîe  dents ^  pour  dire,  Donner  quelque  cîiosc  à 
un  homme  qui  n'est  plus  en  état  d'en  profiter. 

Et  faniili';rem.  Avoir  les  dents  bien  Ioniques, 
C'est  ^ire  fort  afianié,  aprrs  avoir  été  long- 
temps sans  mangvT. 

Proverhialcmenl ,  en  parlant  d'Une  chose 
qu'il  est  impossible  de  faire,  on  dit,  que  Ccsl 
7'ouloir  prendre  la  Lune  avec  les  dents^  qu'on 
prendroit  plutôt  lu  Lune  avec  les  dents. 

On  dit  proverbialement,  Avoir  une  dent 
contre  (picl qu  un ,,  yonr  dire,  Avoir  de  l'aui- 
lîiosite  contre  quelqu'un;  et  Avoir  une  dent 
de  lait  contre  (juelquuUf  pour  dire,  Avoir 
une  ancienne  aniniosite  conli-e  lui. 

On  dit  provcritialemeul  d'Un  grand  men- 
teur, qu'/ï  ment  com^nc  un  arracheur  de  dents. 

Provcrhialemeut  et  figurément ,  prtur  dire, 
que  Ouelqu'un  ne  doit  pas  prétendre  à  une 
chose,  on  dit,  qu7l  n'en  tatera  ^  qu'il  n'en 
cassera,  qu'il  uen  rroquera  que  d'wnc  dent. 

Proverbialement  et  figurément,  pour  mon- 
trer qu'(Jn  ne  se  met  point  en  peine  de  quelque 
cliose  de  fi^cheux ,  el  qu'on  ne  laissera  pas  d'agir 
comme  U  l'ordinaire,  on  dit,  qu'On  n'en  perdra 
pas  un  coup  de  dent. 

On  dit  proverl)ialemcntcl  figurdmcnt  d'Unç 
personne  qui  mange  beaucoup,  et  à  qui  onpré- 
r.cntc  peu  de  chose  h  manger,  qu7/  ny  en  a 
pas  pour  sa  dent  creuse. 

On  dil,(]u't7rt  ^lonime  est  armé  jusau'au.r 
dcntsy  pour  dire,  qu'il  est  charge  d'armes  plus 
qa'-xi  n'a  acccuLiuné  de  rètrc. 


DEN 

On  (lit  aussi  proverbialement  et  en  plaisan- 
>  lerie,  d'Ln  liomnie  qui  sait  beaucoup,  qu'/l 
est  savant  jusqu^aux  dents. 

On  dit  jiruverblalement  el  populairement 
d'Une  vieille  fenune  décrépite,  que  C'est  une 
vieille  sans  dents. 

On  dit  aussi,  Il  y  a  lonq-temps  qu'il  n'a 
plus  niiil  aux  dents ,  poiu-  dire ,  Il  y  a  long-lcmpi 
qu'il  est  niiîrt. 

Malijré  lui,  mahjré  ses  dents.  Façon  de  par 
1er  adverbiale  et  familière,  pour  dire,  En  déi)it 
de  lui  cl  de  ses  partisins. 

On  dit  (i^urément  et  familièrement,  Parler 
des  grosses  dents,  pour  dire,  Parler  fortement 
à  quelqu'un ,  sans  garder  de  mesures. 

On  appelle  Dents  d'Eléphant,  Les  défenses 
de  ri:;icpliant,  qui  est  ce  qu'on  appelle  de 
l'ivoire  quand  on  l'emploie  i  quelque  ouvrage. 
Ce  navire  éloit  chargé  de  beaucoup  de  dents 
d' Eléphant. 

Dent,  se  dit  .Tussi  De  plusieurs  clioses  qui 
unt  des  pointes,  et  qui  sont  faites  à  peu  près 
in  forme  de  dents.  Les  dents  d'un  pciqne, 
d'une  scie,  d'une  herse,  d'un  rdteau ,  d'une 
lime,  d'une  roue  d'/iorloje,elc. Cepcigne  a  une 
tient  rompue. 

Il  se  dit  aussi  Des  brèches  qui  sont  au  tran- 
thanl  d'une  lame.  Ce  couteau  ne  vaut  rien,  il 
a  des  dents. 

Dest-de-Ciiies.  Plante  ainsi  nommée, paitx; 
ijue  sa  racine  a  quelque  ressemblance  avec  la 
lient  de  cet  atiinial.  Sa  fleur  est'  tu  lis  et  assez 
belle;  on  la  cultive  dans  les  jardins. 

Dent-de-I^ios.  Voyez  Pissenlit. 

Dent-de-Loup.  Espèce  de  clieville  de  fer 
qui  sert  i  arrêter  la  soupente  d'une  voilure.  U 
se  dit  aussi  d'Un  petit  instrument  qui  .sert  à 
polir  le  papier. 

DENTAIRE,  s.  féni.  Plante  ainsi  nommée. 
parce  que  sa  racine  est  conmie  dentée.  Ou 
compte  plusieurs  espèces  de  Dentaires  j  quel- 
ques-unes sont  employées  en  Médecine. 

DENTALE,  adj.  fém.  11  se  dit  De  certaine» 
consonnes  (ju'ou  ne  peut  prononcer  sans  que  la 
lan;^ue  louche  les  dents.  D,T,  etc.  sont  des 
lettres  dentales, 

DI^NTIC,  LE.  adj.  Qui  a  des  dents.  IJ  n'est 
d'usage  qu'en  parlant  De  certaines  choses  qui 
on!  des  ])oiutes  (ju'on  appelle  des  dents.  4insi 
ou  appelle  Iluue  dentée,  Une  roue  comme  sont 
que!(iucs-unes  des  roues  d'une  horloge,  d'un 
moulin,  ou  de  quelques  autres  machines. 

Dentk.  Terme  de  Bolaniquc.  Découpé  en 
pointes  serrées  les  unes  contre  les  autres.  Il  se 
dit  Des  pétales,  des  feuilles  et  des  calices  àei 
plantes.  Le  calice  des  fleurs  de  Vulivier  est 
denté. 

DENTÉE,  s.  f.  Coup  de  dont.  Il  ne  se  dil 
qu'en  parlant  Des  coups  de  dents  qu'un  lévrier 
donne  à  une  Iiètc  qu'on  chasse.  Le  lévrier  a 
donné  une  dentée  au  loup.  Il  se  dit  aussi  Des 
coups  que  le  sanglie-r  donne  avec  ses  défenses. 
Le  sanqlier  a  d'une  déniée  e'^'enlrc  un  chict, 
un  c^*evaL 

DENTICLAIIU;,  ou  nrnBC-Ai'x-CA.xCEM , 
ou  Pj.AtiBAoE.  s.  f.  piaille  qui  se  plaît  dan»  Je' 


DEN 

Pays  chauds.  Elle  rst  odoranle  et  amôrc.  Elle   * 
•ouloge  le  mal  de  dents.  1 

DENTEt.É  ,  ÉK.  adj.  Qui  est  taillé  en  forme 
de  dents.  Roue  deiile/«. 

Destelé  ,  en  termes  de  Botanique,  ne  dif- 
fère df  Derilé,  qu'en  ce  que  le»  pétales,  les 
feuilles  et  les  calices  dentelés  ont  leurs  dJcou- 
purcs  moins  ^alfs  et  plus  écartées  que  ceux 
qui  sont  dénies.  La  feuille  de  l'orme  est  den- 
telée, 

DENTELER,  v.  a.  Faire  des  entailles  en 
fonce  de  dents. 

DENTELLE,  snbst.  fem.  Sotte  de  passcniont 
ainsi  nommé,  parce  que  les  prcmitTCS  qu'on  fil 
éloient  dentelées.  Pcnlellc  de  fil,  de  soie,  d'or, 
d'arqent.  Il  se  prend  plus  ordinairement  pour 
La  dentelle  de  fil.  Dentelle  à  hriilcs ,  à  réseaux. 
lHanchetles  à  dentelle  ,  mimclu-llcs  de  dentelle. 
Porter  de  la  dentelle.  Remplir  de  la  dentelle. 
Une  faiseuse  de  dentelle. 

DENTELURE,  s.  f.  Ouvrage  de  Sculpturo 
fait  en  forme  de  dents,  ou  dentelé. 

On  le  dit  aussi  dans  l'usage  ordinaire ,  Dei 
elioscs  faites  ou  découpées  en  forme  de  dents 
Il  (il  plusieurs  dentelures  à  un  morceau  de  cuir, 
à  une  hande  de  linge. 

DESTICULE.  s.  m.  Sorte  d'ornement  d'Ar- 
cliileclure,  consistant  en  plusieurs  petites  pièce! 
coupées  carrément  et  également.  Les  dcnticulet 
sont  ajfictès  à  l'Ordre  Ionique. 

DENTIER,  s.  m.  Rang  de  dents.  Cet  hommi 
a  un  hcau  dentiei'.  Celle  f,mme  a  un  vilain 
dentier.  U  est  familier. 

DENTIFRICE,  s.  m.  Rcniide  propre  à  frot- 
ter et  nettoyer  les  dcnt«.  Les  Deiftifrices  soni 
ucs,  mous  ou  lii^uides, 

DENTISTE,  s.  m.  Chirurgien  qui  ne  s'oc- 
cupe qtie  de  ce  qui  concerne  les  dents.  Un  bon, 
un  habile  denlisic.  Il  est  aussi  adjectif.  Chirur 
jien  dentiste. 

DENTITION,  s.  f.  Terme  de  Médecine.  La 
s<»rtie  naturelle  des  dents  depuis  l'enfance  jus- 
qu'i  l'adolescence. 

DENTURE,  s.  f.  Ordre  dans  lequel  les  dents 
sont  rangées.  î-^ne  helle  denture. 

Dentihk,  en  Horlogerie,  Le  nombre  de 
dents  qu'on  donne  à  chaque  roue.  La  qrandg 
roue  rêqle  la  denture  des  autres. 

DÉNUDATION.  s.  f.  Terme  de  Chirurgie. 
État  d'un  os  qui  paroît  à  dccouvcirL  La  dénu  ■ 
dation  c.<l  assez  orJinoire  dans  les  fractures. 

DKNUER.  V.  a.  Priver,  dégarnir  des  choses 
iiéceséaires ,  ou  regardées  comme  nécessaires.  ïl 
•'est  dénué  de  tout  pcw  ses  enfans.  Il  ne  veut 
pas  se  dénuer  d'arqent.  La  fortune  Va  dénué  de 
tout. 

rtr.fvi ,  iz.  participe. 

Il  est  aassi  adjectif,  et  signifie,  Dépounu. 
Dénué  durjcnl,  de  hien:  et  de  toutes  choses. 
Dénué  de  toutes  sortes  de  secours.  Dénué  d'as- 
sistance, de  support,  de  conseil.  Dénué  d'es- 
prit, d'entendement,  de  bon  sens.  Dénué  de 
arjce,  d'aqrcnient. 

DÉnCmKNT.  s.  m.  Dépouillement,  priva- 
tion. Il  est  dans  un  yond  deiiiniieMl  de  toutes  ' 
J otts.  Déri'imcitt  de  (oui  secours  spirituel. 


DEP 

D  KP 

DliPAQURTER.  v.  o.  Défaire,  développer 
un  jîaquet.  Dépaqueter  des  har3es.  Dépaqueter 
des  lettres.  Dépaqueter  des  tnarch-^.ndîses. 

DÉPAQtTîTÉ,  rx.  participe. 

OLPARI^II.LEU.  V.  a.  Ôter  riinc  de  deux 
!>u  de  plusieurs  clioses  pareilles.  Je  ne  veiLX 
pas  dépareiller  ces  deux  vaxes.  Quia  dépareillé 
ces  qants  ?  Dépareiller  des  livrer.  Il  viauquc 
un  des  volumes  à  cette  Histoire,  elle  est  dépa- 
reillée. 

DÉPAnEiLi.É,  ÉE.  participe. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  ouvrage  dont  on  a  tous 
lus  volumes,  mais  d'éditions  ou  de  formats  dif- 
férer s. 

DÉPARER.  V.  0.  Oter  ce  qui  pare,  lin  ce 
sens  il  n'est  ^t^re  d'usage  qu'en  parlant  Des 
paremens  exlraorJiuaires  d'un  Autel.  Le  scr- 
l'icc  achevé,  on  dépara  VAutcl. 

Il  signiBe  aussi,  Rendre  moins  agréable.  La 
Çaçon  dont  elle  se  met,  la  dépare  fort.  Un  pa- 
l'illon  qui  dépare  toute  la  maison. 

D^-PAnt,  ÉE.  participe. 

DÉPARIER.  V. a. Ùicrrunc  des  deux  choses 
qui  font  une  paire.  Dépanor  des  qants,,  da 
souliers,  de^  hasy  des  manchettes. 

On  dit,  Déparier  des  pifjeons ,  pour  dire, 
Oter  d'ensemble  des  pigeons  qui  sont  appariés. 

DÉPAniÉ,  ÉE.  participe, .1/c5  qants^  mes  che- 
vaux sont  dêp(iric-<:. 

DÉPARXKR.  V.  n.  Cesser  de  parler.  Il  ne  se 
lit  qu'avec  la  De'g,7tive.  et  dans  le  style  fami- 
lier. Ainsi  on  dit,  Il  ne  dêpai'le  point,  il  n'a 
pas  déparlé,  pour  dire,  Il  ne  cesse  point  de 
parler,  il  n'a  point  cessé  de  parler. 

DÉPART,  s.  m.  Action  de  punir.  Le  jour 
du  départ.  Avant  son  départ.  Après  son  d'par!. 
On  dit,  J^fre  sur  son  départ,  pour  dire.  Être 
près  de  partir,  /iviincer,  retarder  son  départ. 
Ce  vaisseau  n\ittcnd  que  le  vent  pour  sou  rc- 
y  art. 

Dkpapt,  en  termes  de  Cliimie,  se  dit  De  la 
lôparation  de  deux  corps ,  et  en  particulier 
de  celle  de  l'or  d'avec  l'ari;ent  par  l'eau-forte. 

DÉPAnTA(;nil,  v.  ».  Terme  de  Palais,  qui 
6C  dit,  Lorsque  dans  une  Cliamhrc  de  Juges, 
deux  avis  difTérens  étant  appuyés  par  un  égal 
nombre  de  voix,  on  a  recours  à  une  autre 
rliambre  pour  juger  le  partage.  Vautre  avoil 
cié  partagée  dans  la  première  des  Enquêtes, 
on  a  été  à  la  troisième  pour  la  départager. 

DÉPAnTAcÉ,  F.E.  participe.  *' 

D1*:PARTE.ME>T.  s.  m.  Distribution.  Il  se 
dit  en  diverses  occasions,  et  de  diverses  choses. 
Ain>i,  en  parlant  D'S  quartiers  qu'on  distribue 
Dux  troupes,  on  dit,  qu'On  a  envoyé  le  âépar' 
'.emcnt  des  quartiers  au.z  ti'oupcs  ;  et  en  par- 
iant Des  tailles,  on  dit,  qu'On  a  fait  le  dépar- 
tement générai  des  tailles  ;  et  qii'On  a  envoyé 
une  commission  à  un  Intendant  pour  faire  le 
département  des  tailles  dans  sa  Généralité. 

On  dit  aussi .  en  parlant  Des  difTércntes  par- 
lies  des  afl'.ilres  d'Étal,  distribuées  entre  1<  s 
quatre  Secret  lirrs  d'Élot.etdrs  ditTcrcntcs  Pio- 
vinces  dont  ii  counoissancc  leur  est  altribuce  : 


DEP  ?,.j7 

Vn  Ici  Secrétaire  d'Etat  a  U  département  de  bi 
guerre.  Celui  qui  a  le  déparlenienl  de  la  ma- 
rine. Cette  frovince  e^t  du  département  d'un 
tel  Secrétaire  d^Etat^Cela  est  dans  son  départe- 
ment. On  a  distrait  teite  chose  de  son  départe- 
ment. 

DÉPAHTEMENT,  sc  dit  aussi  Des  li"ux  dépar- 
tis et  dislribucs. Et  dans  ce  sens,  en  parlant  Ite 
ni.irine,  on  dit  :  Le  département  de  Brest.  Le 
département  de  Toulon.  Toita  les  Officiers  de 
Marine  ont  eu  ordfe  de  se  rendre  chacun  n  leur 
département. 

On  dit  dans  le  mtine  sens,  Vajfuire  est  ar- 
rivée dans  le  département  d'un  tel  Secrétaire 
d'Etat  j  d*un  tel  Intendant. 

DÉPARTIE,  t.  f.  Départ.  Dure,  cruelle  de- 
partie.  \\  est  vieux. 

DICPARTIR.  V.  act.  Distribuer,  partager. 
Dieu  départ  ses  grâce:»  à  qui  il  lui  platt.  Il  a 
laissé  une  telle  somme  pour  la  départir  aux 
\:auvres  de  sa  Paroisse.  Cela  a  été  départi  entre 
tous  les  hahitans. 

On  dit,  en  terme*  de  Palais,  On  a  départi 
les  procès  aux  Chambres  des  Enquêtes,  pour 
dire.  On  les  a  distribues. 

Se  DÉPAnrin.  Se  désister.  Il  s'est  départi  de 
<a  demande.  Il  ne  se  départira  jamais  de  ses 
prétendons.  Pourquoi  voulez-vous  qu'il  s'en 
départe?  C'est  une  opinion  dont  il  ne  veut 
point  se  départir. 

On  dit,  5c  déptfrfiV  de  son  dcfOir,pour  dire, 
S'cloigntir,  s'écarter  de  son  devoir,  manquer  à 
ce  qu'on  doit.  El  dans  celle  arreplion  il  n'es» 
guère  d'usage  qu'avec  la  négative.  Il  ne  s'wt 
jamais  départi  de  son  devoir.  Je  ne  me  départi- 
rai jamais  de  Vohéissance ,  du  respccl  que  je 
vous  dois,  de  ce  que  je  lu  us  dois. 

DÉPARTI,  lE.  participe.  On  appelle  Comms- 
saires  départis  dans  les  Provinces ,  Ceux  que  le 
Roi  y  envoie  pour  les  affaires  de  Justice,  Po- 
lice et  Finances,  et  qu'on  appelle  ordinaire- 
ment Intendant. 

DÉPASSER.  V.  a.  Il  se  dit  eu  parlant  d"Uu 
ruban,  ou  de  quelque  autre  chose  semblable, 
([u'on  a  passé  dans  une  boutonnière,  dans  ua 
œillet,  et  qu'on  relfrc  ensuite.  Dépasser  un 
yuhan. 

On  dit  au  jeu  de  BilWd,  Faire  dépas'^er 
une  bille,  pour  dire,  Eairc  repasser  la  bille  qui 
avoit  déj;\  passe. 

DÉPAssEtt ,  se  dit  aussi,  pour.  Passer  outre , 
passer  au-dct^.  Ainsi,  en  parlant  d'Un  vaisseau 
;pii  en  vouloït  joindre  un  autre  pour  l'atta- 
quer, mais  qui  a  été  porté  un  peu  plus  loin,  on 
dit,  qu'/I  le  dépassa,  qu'il  se  trouva  Vavoir  dé- 
passé. 

On  dit  Des  hommes,  des  chevaux  qui  cou- 
rent, qui  marchent  ensemble,  que  L'un  dc' 
passe  Vautre,  Lorscju'il  le  dcvaDcc. 

Di^PASsÉ,  ÉE.  participe. 

DÉPAVER.  V.  a.  Arracher,  oter  le  pavé  fjui 
est  en  œuvre.  L^ic  ravine,  un  débordement  n 
dépavé  la  chausféc.  Les  charrois  ont  dépavé  le 
grand  chemin.  Faire  dépaver  une  cour. 

D;'p\vt.  Êc.  n:irticipe. 
'i     UÊPAVSER.  V.  a.  (On  pro.ionceD'pc'il",; 


Tirer  quelqu'un  de  son  Pays,  el  le  faire  passer 
(t.tos  un  outre.  Ccsf  un  jeune  homme  <jiii  se 
vcrd  dans  f^u  famille,  dans  le  lieu  de  sa  iiatS' 
sancc;  il  faudroit  le  dépnyrer  et  Verwuyer  nd- 
Uttrs.  Il  n'a  pas  le  mauvais  accent  de  sa  Pro- 
vince,yarce  quon  Va  dépayui  de  bonne  heure. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Cette 
famiUe  s'est  dépaysée.  On  l'a  obligé  à  se  dî- 
puyser. 

Ou  dit  figurtûuent  ,  Di-payscv  ,  uchjunu  , 
pour  dire.  Le  lirer  cl'u"  li^ii  où  il  pourroiï 
avoir  quelque  avanM|;c.  Il  conuolt  trop  bien 
son  Billard,  il  y  fjivjnera  toujours;  il  faut  un 
peu  le  dépayser  cl  k  faire  jouer  ailleurs.  Il  u 
trop  d'amis  dans  ce  Parlement^  il  /i.ut  le  dé- 
payser. 

ILn  matière  de  dispute,  on  dit  ausii  figuré- 
iiieol ,  Dépayser  queUju'un  ^  pour  dire,  Le 
nicllrc  sur  quelque  «ujel  où  il  ne  soit  pas  si 
profond,  sur  lequel  il  ne  soît  pas  si  préparé. 

Un  dit  aubsi,  Dépayser  un  homme ^  pour 
dire,  I.'éloij^ner  de  la  chose  qu'on  traite,  lui 
donner  de  fausses  idées,  pour  cnipfichcr  qu'il 
ai'  connoissancc,  qu'il  ul-  soit  au  faildequclqu« 
afTaire. 

DÉPAYSÉ,  É^.  participe. 

DP-PÉCEME.NT.  s.  m.  Action  par  laquelle 
on  met  en  pièces.  Le  Boucher  fit  le  dî-pcccmenl 
de  SCS  bœufs. 

DÉPECKR.  V.  a.  Mettre  en  pit;ces,  eu  mor- 
ceaux'. Dépecer  de  la  viande.  Dépecer  un  vieux 
bateau,  un  vieux  carrosse.  Dépecer  de  vieilles 

DévECÉ,  Éfi   participe. 

DÉPECEUR.  subst.  ni.  Celui  qui  achète  Ici 
vieux  bateaux  pour  les  dépecer. 

DÉPtCHE.  «.  f.  Lettre  concernant  les  af« 
f.iires  jjubliques.  Les  dépêches  des  Ambassa* 
deurs.  Le  Roi  a  ordonné  à  V/imbassadcar  par 
sa  dépêche  contresignée  du  Secrétaire  d' Etat.,^ 
Il  a  reçu  sa  dépêche.  Sa  dépêche  portoit  que. .m 
Il  a  fait  un  paauct  de  toutes  ses  dépêches. 

Il  se  dit  aussi  au  pluriel ,  Ues  lettrc3  que  lej 
N^gocians  et  les  Banquiers  écrivent,  chaqu« 
ordinaire  )  à  leurs  Corrcspondans. 

On  dit  provpfbiakment  et  populairement 
d'I'n  liomine  qui  est  mort,  et  dont  on  est  bien 
iieureux  d'élvc  défait,  que  C^cst  une  bonne  dé- 
pêche j  poar  dire,  que  C'est  une  bonne  défaite 

nÉPê''aEs.  (Conseil  des)  Voyez  Conseil. 

Df-PÊCHEK.  V.  n.  Expédier,  faire  promp- 
tenicul ,  haler.  îl  faut  dépêcher  cet  ouvrage.  ]l 
faut  dépêcher  cette  besogne.  Ce  dernier  est  fa- 
milier. Dépêchez  ce  gue  vous  avez  à  faire.  On 
dit  aussi  absolument,  Dépéchez ^  dépêchons;  et 
dans  l'acception  dont  il  s'agit  dans  cet  article, 
Dépêcher  ue  se  dit  guère  que  dans  le  style  fa- 
Diilier. 

Il  signifie  aussi.  l'xprdier  quelqu'un,  l'eu- 
vojci"  eu  dilii"ence  avec  des  ordres,  I*  renvoyer 
:<vcc  des  expéditions  qu'il  attend,  i  éptcher  un 
Courrier  en  Italie^  i^ers  un  Prince,  à  un  Prince. 
OnadcfKché  aujourd''}iui  un  Courrier  à  Rome. 
Cet  i  ommc  attend  répon.ie,  H  fmt  le  dépêcher 
promptcmcnt.  Uaps  cette  acception,  on  dit  auss' 
ub&oiuoicul,  Dépêcher  j  puu'^dire,   Expédiei 


DEP 

un  Courrier,  l'envoyer  en  diligence.  On  a  dé- 
pêché à  Uome. 

DÉPtcuEii  QUEr,QL*uSj  s'emploie  aussi,  pour 
dire.  S'en  défaire  en  le  tuant,  soit  dans  un 
combat  singulier,  soit  aiîlrcmcnt.  lU  $c  batti- 
rent tous  deux ,  et  tun  eut  bientôt  dépêché 
Vautre.  ]1  est  familier. 

Eu  parlant  d'Ln  Métiecin  CTitre  l  s  mains  de 
qui  on  a  vu  mourir  lïcaucoup  de  malades,  on 
dit,  qu'/i  en  a  beaucoup  dî^pêché. 

On  dit  aussi,  Travailler  à  dépêche  compa- 
gnon^ pour  dire,  Travailler  vite  et  négligem- 
ment. 

On  dit.  Se  battre  à  dépêche  compagnon^ 
pour  dire,  Se  I)ailrj^  sans  quartier. 

Il  s'emploie  aus^i  avec  le  pronom  personnel, 
et  sigrifie,  Se  liJter.  Dépêchez-vous.  Dites-hn 
gu  il  S",  dépêche.  Il  se  dépêche  U.  plusgu'd  peut. 
Dépêchez-vous  de  pat  tir. 

Dti'i^CHi';,  ÉK.  participe. 

DKPEI>'ÎJRE.  v.  a.  Décrire  et  représenter 
par  le  discours.  Il  dépeint  les  choses  si  vive- 
ment ^  gu'il  semble  qu'on  le^  voie^  gu'on  croil 
les  voir.  Dépeindre  un  combat  ^  un  naufrage. 
Dépeindi'C  le  caractère  d'un  homme.  Dèpeindri 
la  vertu  avec  tous  ses  charmes.  Dépeindre  U 
in'ce  avec  toutes  ses  horreurs. 
,  DÉPEINT,  ri;.  p;«ticipe. 

DÉPENAILLÉ,  ÉE.  adj.  Déguenillé,  rou- 
rert  de  baillons. 

Il  se  dit- aussi  d'Une  personne  mise  nê«Ii- 
f;cmnient,  de  m;:nicrc  que  les  tiiiU-rentes  parties 
de  .son  habillement  neparoissent  pas  tenir  en- 
t  -mble. 

On  :  ■..'  l/yTiréiUC!!*  et  familièrement,  en  par- 
lant d'Une  personne  donî  la  âgure  es£  Uélrie  et 
presque  dctruiîe,  que  ia  fgure  est  bien  dépe- 
naillée, 

DÉPEN  AI  ELEMENT,  s.  m.  État  d'une  per 
sonne  dépenaillée 

DÉPENDAMMENT.  adv.  Avec  dépendance, 
il* jnc  manière  dépendante.  Cela  se  fera  dépen- 
aammcnt  de  telle  chose.  Liante  agit  souyeni  dé- 
l^endamnient  des  organes.     ' 

DEPENDANCE,  s.  f.  Sujétion ,  subordina  ■ 
lior?.  Les  Sujets  sont  dans  la  dépendance  de 
leurs  Souverains.  Les  enians  doivent  demeurer 
dans  la  dépendance  de  leurs  pères. 

U  se  dit  aussi  Des  Terres  qui  relèvent,  qui 
dépendent  d'une  autre.  Cette  Terre  est  de  la 
dépendance  de  la  mienne.  Cela  est  de  ma  de 
pendancCj  de  la  dépendance  dun  tel. 

DÉPENDANCES,  au  pluriel,  se  dit  De  tout  ce 
qui  fait  partie  d'une  Teire,  d'un  héritage,  d'une 
maison,  et  de  tout  ce  qui  appartient  à  une  af- 
faire, ou  à  quelque  autre  chose.  Vendre  une 
Terre  avec  tontes  ses  appartenances  et  dépen- 
dances. Je  sais  cette  ajjhire  et  touteè  ses  dépen- 
dances. On  hti  a  adjugé  cette  Terre  avec  .es 
circonstances  et  dépendances. 

DÉPINDANT,  ANTE.  adj.-ct.  Qui  dépend. 
C'est  un  homme  entièrement  dépendant  d'un 
tel.  C'est  une  affaire  dépendante  rf'unc  autre. 

U  signifie   aussi,   Qui  relève.    Un  Fief  dé- 
^  pendant. 

On  dit  eu  termes  de  Marine,  qu'Ln  rota- 


DEP 

seau  vient  en  dépendant^  Lorsqu'étani  au  vecat 
d'un  autre  vaisseau,  il  s'en  approche  en  tenant 
toujours  le  veut.  Tomber  en  dépendajit ,  C'est 
arriver  h  petites  voiles. 

DÉPICNDKF,.  v.a.  Détacher,  ôler  une  chose 
de  l'endroit  où  elli  éloit  pendue.  Dépendre  un 
tableau.  Dépendre  une  enseigne, 

DÉPESDi;,  UE.  participe. 

DEPENDUE.  V.  n.  Être  sous  la  domination 
ou  sous  l'autorité  de  quelqu'un.  Les  Sujets 
dépendent  des  Rois.^  les  cnfans  de  leurs  pèrea. 
Les  domestiques  dépendent  de  leurs  Mattjts. 
Les  soldat.^  dépendent  de  leurs  Olficicrs.  Je  ne 
dépends  pas  de  vous. 

1 1  signitie  aussi  simplemeut,  Être  subordonné 
il  quelqu'un.  Les  ]\lagistrats  subalternes  dé- 
pendent des  TribunaiLi:  supérieurs.  Les  Procu- 
I  curs  du  Roi  des  Justices  subalternes  dépendent 
dt'^  Procureurs  Généraïuc  des  Parlcmens. 

On  dit.  Cela  dépend  de  moi,  pour  dire,  Je 
Buis  en  pouvoir  de  le  faire  ,  ou  de  ne  le  pat 
faire. 

Dépendue,  se  dit  aussi  en  matière  de  Fiefs, 
rt  signifie,  Uelevcr.  Cette  Terre  y  cette  Châtcl^ 
lente,  dépendent  dfun  tel  Marquisat j  etc. 

On  dit  en  matière  ]>énéficiale,qu'f7n  Prieuré, 
iju'unc  Curc^  dépendent  d\ine  Abbaye,  pour 
dire,  que  La  nomination  eu  appartient  au  Ti- 
lulairc  de  rAbl)aye. 

LÉPENDHE,  signifie  aussi  Provenir,  procéder. 
L'c/t\"  t  dépend  de  la  cini.vc.  La  maturité,  h 
lonté  du  fruit  dépend  du  Soleil  ^  de  la  honte  da 
lerroiV,  etc. 

DÉPENDRE,  veut  dire  aiissi,  S'ensuivre.  Le 
tonclusion  dépend  des  prémisses.  Cette  démons 
tration  dépend  d'un  tel  principe. 

DÉPENDUE,  se  disoit  autrefois  pour  Dépen- 
ter.  Il  n'est  plus  d'usage  en  ce  sens  que  dans 
ces  plirases  proverbiales  :  Qui  bien  gagne  et 
bicndépendj  n^a  que  faire  de  bourse  pour  saTêr 
son  'irncnl. 

On  dit,  Jtsuis  à  vous  à  vendre  el  à  déptn- 
dre^  pour  dire,  Vous  pouvez  absolument  dis- 
poser de  moi. 

DEPENS,  s.  m.  pi.  Terme  de  Pratique.  La» 
frais  qu'on  fait  à  quelque  chose.  Il  a  employé 
beaucoup  d'argent  à  la  poursuite  de  cette  affaire^ 
mais  d  aura  peine  »i  tirer  ses  dépens. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  avanoB 
en  âge,  que  Plus  de  la  moitié  de  ses  dépens 
sont  payés.  Et  on  dit  aussi  proverbialement, 
qu'^'n  homme  gt^gne  bien  ses  dépens^  pour 
dire ,  que  Par  ses  services  il  apporte  autant  d'u- 
tilité qu'il  coûte  îl  noiu-rir  et  à  payer. 

On  dit  figur-iment,  Kaj're  la  guerre  à  ses  dé- 
pensy  pour  diw,  Eairedans  l'exercice  d'un  em- 
ploi, ou  dans  la  poursuite  d'une  affaire,  dci 
avances  ou  des  frais  à  quoi  l'on  n'est  gtoint 
obligé. 

Hors  de  ces  S4>rl*s  de  phrases.  Dépens  ne 
s'emphiie  guère  dans  une  acception  générale, 
qu'en  certaines  plir.ises adverbiales  avec  ht  pré- 
position (1 ,  comme  :  Servir  à  ses  dépens.  Vivre 
nu.v  dépens  d'auîrui.  S'enrichir  au.z  dépens  du 
public. 

On  dit  aussi  danb  une  acception  figurée  :  5e 


DEP 

divertir  aux  dépens  ^autrui  îl  est  devenu  sage 
à  ses  dépens.  H  ne  faut  rUn  faire  aux  dépens  ;  ' 
de  son  /iOJin«ur,  de  sa  réputation,  de  sa  con- 
science. Je  le  servirois  aux  dépens  de  mon  sautj, 
aux  dépens  de  ma  vie. 

DÉPENS,  en  U-rmes  de  Pratique  .  signifie  . 
ï.cs  frais  (jui  se  font  dans  la  iwui^uite  d'une 
afliiiri'.  Condamner  aitx  dépens^  à  tous  di-pens , 
dommages  et  intérêts.  Payer  îe^  défcns.  Taxer 
les  dépens.  Taxe  de  dêyens.  Refonder ,  Vuiuider 
des  dépens.  Sans  dépens.  Dépens  réservés, 
l'épens  compensés.  Déclaration  exécutoire  de 
dépens. 

On  dit,  qu'f/ii  /;omnie  a  gagné  son  procès 
sans  dépens  y  pour  dire,  que  Sa  Partie  n'a  point 
été  condamtiée  A  lui  remboiu^er  ses  frais  ;  et 
.  vec  dépens  j  pour  dire  le  contraire. 

On  dit  proverbialement  et  Ggure'ment  d'Un 
liommc  qui  a  fait  de  la  dépense  dans  la  pour- 
suite d'un  dessein  qui  ne  lui  a  pas  réussi,  qu'il 
a  été  condamné  aux  dépens. 

DÉPENSE,  s.  f.  L'argent  qu'on  emploie  à 
quelque  chose  que  ce  puisse  être.  Grandé^de- 
pense.  FoUe  dépense.  Dépense  excessive  ^  en- 
ragée. Dépense  léglée.  Dêpeme  ordinaire.  Dé- 
pense extrcorditiaire.  Dépense  de  honcrc.  La 
dépense  de  ménage.  Cet  homme  fait  une  leUe^ 
une  grande  dépense.  Fonrair  à  la  dépense. 

Ou  dit,  Faire  la  dépense,  pour  dire,  Être 
«barge  Cu  dt-t.til  de  ce  qui  se  dépense  dans  nu 
ménage, dans  une  maison;  Faire  de  la  dépense. 
|>our  dire,  Faire  beaucoup  de  jL'pcnse  ;  Se 
mettre  en  l'épcnse,  po^ir  dire.  Faire  une  dé- 
pense qui  n'est  p.'is  ordinaire  ;  et  Faire  une  âé- 
pense  sourde,  pour  dire,  Faire  une  dépense  se- 
crète qui  ne  parojt  point. 

DtPE.tsE  ,  se  dit  aussi  Des  articles  d'un 
compte,  qui  conlicunent  ce  qui  a  clc  dépensé, 
déboursé  par  celui  qui  rend  le  compte.  Porter 
en  dépense.  La  dépense  ^c  monte  à  tant.  Passer 
en  dépense.  Payer  sa  dépense.  Coucher  en  dé- 
peme.  Cela  est  iiNoué  dansla  dépense. Chapitre 
de  dépense.  La  dépense  excède  la  recette. 

On  dit  figurc'ment  et  faniilit'rement,  Faire 
une  grande  dépense  d'esptitj  pour  dire,  Em- 
ployer ou  l'ialcr  mal  h  propos  de  l'esprit, 

DtPKNSE,  signifie  aussi.  Le  lieu  où  dans  les 
maisons  particulières  on  serre  ordinairement  le 
fniit,  la  vaisselle  et  le  linge  qui  servent  pour 
la  table.  Serrez  cela  dans  Ut  dépense.  On  le 
nomme  YOlfice  dans  les  jurandes  Maisons. 

Il  se  dit  aussi  dans  les  vaisseaux,  Du  lieu  où 
Ton  dMtril'Ue  les  vivres. 

DISPENSER.  V.  ad.  Employer  de  l'argent  ^ 
quelque  chose,  /i  a  dépensé  tout  son  argent 
comptant,  a  dépense  son  bien  mal  à  propos.  Il 
dépense  tant  par  nu. 

i>n  le  met  aussi  ubsolument.  Il  aime  à  dé- 
penser. H  dt'pen  e  en  habits,  en  chiens^  en  ih-z 
vaux,  etc.  Il  dépense  à  tout. 

On  dit  l^imi'.iùr^ment  dCn  ïiommc  qui  est 
nul  infurnii'  des  faiu  qu'il  devroil  savoir,  qu7( 
ne  dépense  guère  en  espions. 

Dlpe^isé.  liv .  participi'. 
DÉIM:?i.SIEU  .  ltHE.  adj.  Qui  aimcexc  ssi- 
v«ir«Ki  ta  d?i>ciï^,  qui  dôpenwexccsMvemcnt. 


DE? 

Vn  fiomme  fort  dépensier.  Une  femme  fort  dé- 
pensière. 

Il  s'emploie  aussi  substantivement.  C'est  un 
nrand  dépensier.  C'est  une  grande  dépensière. 

En  qiielqties  CommuiKinlés  Religieuses  ,  on 
ar.prlle  Le  Dépensier ,  Celui  qui  est  cliargû  du 
soin  de  U  dépense  de  toute  la  Cummitnautc.  Le 
Dépensier  d\tn  vaisseati^  I>e  niaitie  valet  qui 
distribue  len  vivres. 

DÉlMlRDniON.  subsl.  f.  Terme  didactique. 
Perte  qui  cause  dcpérissemcnt.  Il  n'est  f,iière 
d'usage  que  dans  ces  plirascs  :  Déperdition  de 
substance.  Il  y  a  déperdition  de.  substance. 

EnCliiniic,  lorsqu'après  avoir  fait  dissoudre 
l*or,  Vi'-'^ent,  etc.  on  ne  retire  pas  toute  lu 
matière  qu'on  avoit  mise  et  qu'il  s'y  "irouvc 
quelque  déchet,  on  dit,  qu7/  y  a  déperdition. 

DIsPÉIUR.  V.  n.  Dimi.rier,  foudre  ,  3'aflbi- 
blir,  se  ruiner.  Il  laissn  -^épétir  l'armée.  Var- 
irce  dépérit  journeli'^ni*;«t,csi  xlepenCyadcpcri. 

DÉPtiun  ,  signifie  aussi,  Déchoir,  aller  en 
ùccadence,  toniLer  en  ruine.  C\M  un  homme 
qui  laisse  tout  dépérir  dans  ses  terres.  Voilà  nue 
maison  qui  dépérit  faute  i^être  cniretenue. 

Ou  dit  d'Ch  lu>inme  dont  la  santé  va  tou- 
jours en  diminuant,  qu7I  dt'péri(,quo  sa  santé 
dépérit  à  ï'uc  d'œil, 

DÉi»tiun,  se  dit  aussi  en  parlant  De  preuves, 
d'effets,  de  meubles,  de  hiHels,  de  dettes,  etc. 
Ainsi  eu  nialière  criminelle,  on  dit,  (juc  Les 
preuves  dépérissent  par  la  hnfjueur  du  temps, 
pour  dire,  qu'.V vec  le  temps  elles  deviennent 
plus  fnibîc^.  pntft-  '(ue  les  témoins  meurent. 

On  dit  aussi, que Lc5  ejj'ets  d'une  succession 
dépérissent ,  que  rîes  meubles  dépérissent ,  poui 
dire,  qu'ils  <'evieunent  de  nioindic  valeur. 
qu'ils  se  détériorent,  qu'ils  s'usent.  El  on  dit, 
que  Des  dettes  (fépérûxcrif,  pour  dire,  qu'Ellei 
deviennent  plus  dîftieilrs  à  recouvrer. 

DtPt.ni.  lE.  participe. 

DI^PÉniS.-EMK>T.  s.  m.  Etat  de  décadence, 
de  dégradation,  de  mine.  Le  dépérissement  di 
casante.  Toutes  ces  maisons  sont  dans  un  grand 
dé'rét  issement ,  faute  de  soin.  Le  déf}érissement 
de  ses  meubles.  Le  dépérissement  des  effets  de 
cette  succession. 

On  dit  en  Jurisprudence,  Le  dépérissement 
de.^  preuvcsj^oMT  dire,  L'altcraliou  ou  la  perle 
de  ce  qui  peut  servir  à  constater  un  fait.  Le  dé- 
périssement des  preuves  conti'c  un  accusé. 

DÉPÊTRKIÎ.  T,  a.  Déhniraiscr,  dégager.  11 
ne  se  dit  au  propre,  que  Des  pieds  quand  ils 
sont  embarrassi^s.  Se  dépêtra'  d'un  bourbier. 
Dépêtrer  un  cheval  qui  s^cst  embarrassé  dans 
tes  traits. 

Il  signifie  figuréirent.  Délivrer,  tirer  d'em- 
barras. Il  n*a  pu  se  déj^êt  cr  des  mains  de  cet 
homme-là.  Se  défctrcr  d'un  importun.  Et,  (n 
parlant  de  quelque  euibarras  que  ce  soit  ,  Il 
aura  bien  de  la  peine  à  s*en  déj-^frtr.  En  ce 
sens  il  n'est  d'usigc  qi:c  dans  le  discoars  fi 
mi  lier. 

DÉph-nA,  FE.  participe. 

DÉPEUPLKME>T.  s.  m.  Artion  par  la- 
quelle on  dépeuple,  ou  étal  d'un  pays  d^peu- 
p|p.  Loj  guerres  continuelles  entrent  le  dèpeu- 


DEP  399 

plemcKt  des  Etats.  Le  île; eup/em€r.t  ie  VJsii 
est  l'cff  t  du  tjouvcrnement  violent  i.'cs  Turcj. 

UKPKUrLKR.  V.  a.  Dégarnir  un  pays  cl'Iia- 
liitans,  eu  (!iniiniier  exircinenieiit  K:  nombre. 
Lu  guetTe  et  la  peste  ont  dépeuple  ces  Vi'o- 
i'iticcA- là.  L^erpuUion  des  Morisques  et  le 
Ccmnierce  des  Indes  ont  dépeuplé  VEspague. 

On  dit.  Dépeupler  un  étung ,  pour  dire,  I>e 
dé^ninir  de  lu  plus  grande  partie  du  poisson. 

Ou  dit  aussi,  Dépcuflcr  un  pnys  de  gibier, 
dépetipler  une  garenne  de  îtipins,  un  colombier 
de  pigeons. 

On  dit  aussi,  Dépeupler  une  forêt,  une  pt- 
pinièie,  pour  dire,  Eo  Ûrcf  beaucoup  il'arhres, 
beaucoup  de  plants. 

nûr[-:LPLÉ,  ÉE.  participe. 

DÉPlliCKR.  V.  a.  Démembrer. 

Vifii.cii,  KE.  participe. 

DiiPlLATIF,  IVE.  adj.  Qui  fuit  tomber  le 
poil ,  les  clieveux.  Un  Uniment  dépilatif.  Une 
pommade  dépilative. 

DÈPILATION.  s.  f.  Action  de  dépiler,  oh 
I  flcl  de  celte  action. 

DÉPILATOIRE,  s.  ra.  Drogue,  pâte  pour 
dcpiler.  Appliquer  un  dépilatoire. 

DI^PII.ER.  verbe  <iui  s'emploie  avec  le  pro- 
nom personnel. 

Il  se  dit  d'Un  animal  tpii  p'rd  sr>n  foll. 
Cet  animal  se  dépite.  Il  se  disoil  autrefois  dans 
le  même  sens  qu  Epilcr.  Voyez  I->t;,Eiu 

Diptii;,  if.,  parti; ipe. 

DHPIQUER.  V.  a.  Ôler  i  quelqu'un  l'i.f.- 
niciir  qu'il  .T  de  quelque  cliose,  faire  qui!  n'en 
soit  plus  piqu(î.  Le  gain  de  ce  piicès  l'a  dépi- 
qué de  toutes  ses  pertes.  Il  cherche  à.st  dépi- 
quer. II  n'est  que  de  la  conversation. 

nri'iijuÉ,  LE.  p.irtiripe. 

DICPKSI'ER.  r.  a.  Découvrir  ce  qu'on  veut 
lavoir,  en  suivant  les  pistes  de  epielqu'un.  On 
tut  quelque  peine  à  dépister  cet  intrigant. 

Mi-Pjsri:,  LE.  parlicipe. 

DI'.PIT.  s.  ni.  Chagrin  mêlé  de  coltre.  J'ai 
un  vrai  dépit  de  ce  qu*il  a  fait.  Il  ia  fait  pour 
me' faire  dépit.  Concevoir  un  dépit,  on  du  dé- 
fit. Faire  quelque  close  par  dépit,  ou  de  dépit. 
Quand  il  en  devroit  crever  de  dépit  ,  je  reux 
que 

Ou  dit,  En  dépit  de  lut,  pour  dire,  Alalgr.'; 
lui.  J'en  viendrai  à  bout  en  dépit  de  lut.  en 
dépit  de  tout  le  monde.  Cn  dit  aussi .  En  dépit 
quil  en  ait ,  pour  dire  ,  !VIaIgré  qu'il  en  ail. 

On  dit  aussi.  Il  ilcrit  en  dépit  du  bon  sens, 
il  fait  des  vers  en  dépit  de  Mtneive  ,  en  pnr- 
lant  J'Un  uiLcliant  Tirivain  ,  d'un  niauvsii 
Poète. 

DÉPITER,  .SE  DÉPITER,  v.pron.i-'cliclicr, 
se  mntiner,  ou  agir  par  dépit.  Il  s'est  dépile 
de  ce  que  vous  lui  avez  dit.  Il  se  dépite  contre 
le  jeu. 

On  dit  pioverbialemenl ,  5e  dépiter  contre 
son  ventre,  Quand  par  dépit  ou  par  buiueuc 
on  se  pritc  de  nanger. 

On  dit  aus..i  figiui'menl.  Se  dépiter  contre 
son  ventre,  pour  dire.  Faire  par  dépit  el  p.'.r 
bnmeur  une  ç!  ose  qui  peut  nous  nuire. 

Il  est  ijuelqueruis  iciif  ,  io:nine  dans   in 


4oo  l)  K  P 

plirasfi  :  C>:ll«  lehulf.ide  le  dèpila.  Celh  ferle 
r.r  iléoilé,  il  n'ii  point  joue  depuis.  En  paiUmt  i, 
De»  aiifaiu ,  on  dit  qn<|i|nefois ,  Xc  <(tpi(e=  ("' 
ret  m  fuit,  pour  ilii»;,  >e  lui  donuei  pas  occa- 
■  ion  lie  se  muliiier. 

DtPiTÉ,  if..  poruVipe 

DEPLACEMENT,  s  m.  Action  par  IocjhcIIc 
on  Ol=  une  chose  de  sa  place,. on  U  d'ange  de 
pJacc.  Le  dcpUccment  des  bornes.  Le  déplace- 
ment des  meubles.  Le  déplacement  des  mois 
peut  iîre  de  grande  cunséquence. 

11  se  dit  aussi  Dis  personnes.  Ces  lUplacc- 
nieiis  conliniic/s  me  fatiguent. 

DfTLACER.  v.a.CIcr  une  chose  d.-îa  plate 
an'elleoccupoll.  Dc';)''"^"''"  ''^''■«■')  des  chaiset^. 
!\'e  déplacez  rien.  Que  personne  ne  se  déplace 

On  dit  aussi,  Oe/)lucer  tjuelft'un,  pour 
;!ire  Prendre  lj  pl.ice  qu'il  occtipoit.  Vous 
e''icx  là,  je  n'ai  garde  de  vous  déplacer.  Je  ne 
lieux  déplacer  personne. 

il  signifie  Ggurénicnt,  0(er  à  quelqu'un  sa 
place,  son  emploi,  pour  y  mettre  une  autre 
personne.  Un  tel  Ministre  na  pas  voulu  dé- 
placer les  créatures  de  son  prédécesseur. 

On  dit  en  terims  de  Pratique,  Déplacer  des 
iiieulilcs  ,  pour  dire  ,  Les  transporter  d'une 
maison  dans  une  autre  par  autorité  de  Justice. 
?fon-5«uleiiienl  on  lui  a  calsi  ses  meubles,  mais 
de  plus  on  les  a  déplacés.  La  Sentence  portoit 
tfue  les  meubles  seroient  saisis  sans  déplacer. 

DÉPL.\CF. ,  i:r.  participe. 

Il  signifie  aussi,  Tilal  place,  placé  dans  un 
no»ie  qui  ne  convient  pas.  nu  auquel  on  n'co," 
.vis  propre  ;  et  li  se  dit  De  la  cnose  comme  oe 
la  personne.  Cet  hopwie  dans  la  noui'ellc  cliarge 
iju'il  exerce  paraît  déphicé.  Il  y  a  dans  cette 
pièce  beaucoup  de  traits  ïiiillun.'i,  mais  la  plu- 
part déplacés.  Il  lui  tint  un  propos  tout-à-fait 
déplacé. 

DÉPLAIRE.  V.  n.  Etre  desagniable.  Il  a 
quelaue  chose  lui  déplaît.  Elle  n'est  pas  belle, 
mais  elle  ne  déplaît  pas.  Cela  lui  déplaît  à  la 
mort. 

Il  signifie  aussi ,  l'àclicr ,  donner  du  cliagrin. 
Je  ne  dis  pas  cela  pour  vous  déplaire.  Ce  que 
j'en  fais  n'est  pas  pour  vous  déplaire,  ce  n'est 
pas  pour  vous  déplaiie.  Il  est  au  désespoir 
d'ai'oir  été  assez  malheureux  pour  vous  dé- 
plaire. Il  craint  de  vous  déplaire  en  faisant 
cela.  Votre  procédé  déplaît  à  tvut  le  monde 
Cela  me  déplaît. 

Dans  ce  dernier  sens,  il  s'emploie  aussi  îm- 
pcrsouncUcment.  Il  me  déplaît  fort  d'être  oblige 
>i  cela.  Il  lui  iié/ilfl(t  extrêmement  que  les  choses 
se  soient  passées  de  la  sorte.  Il  ne  vous  déplaira 
pas  que  '^c  m'en  aille. 

Ne  vous  déplai.^e,  ne  vous  en  déplaise.  Façon 
de  parler  faniiliéic,  dent  on  se  sert  quand  on 
veut  marquer  qu'on  ne  demeure  pas  d'accoid 
((ccc  qu'un  autre  dit.  La  chose  ne  se  passa  pas 
ainsi  i  ne  voiLS  en  déplaise,  ne  vous  déplaise. 

DÎPLAiftE,  s'eiïqilf-ic  aussi  avec  le  pronom 
personnel,  et  signifie ,  S'ennu}'cr,  se  chagriner, 
s'attrister.  Il  se  déphdt  diiik:  ce  lieu,  il  s'y  de- 
fiait  à  la  mort.  Il  aime  la  solitude,  il  se  déplaît'^ 
ir  ccmpa^nic.  Jr  ne  me  deplairois  pus  ici. 


Dry 


DEP 


Il  se  dit  aixssi  Hes  animam:.  Les  troHf.ea'tt,      J(:pIoral>Ic.    Il    s*est    conduit    dcplorahlement 
«  lîépUiisent  dans  ce  lieu-là.  ijr  àjns  celte  affaire.  Il  a  plaide  mon  ajjiiire  dé' 


On  dit  fîgurcmcnt,  que  Des  plantes  se  dé- 
plaisent en  un  endroit ^  pour  dire,  que  Le  soi 
ou  l'exposition  de  ce  licu-là  ne  leur  est  paa 
propre. 

DÉPLATSANCE.  ».  f.  Éloignenient ,  répu- 
f^nance,  dtrgoûl.  On  ne  IVmploîi'  gutrc  que 
dans  celle  plirniij  ,  Prendre  (^uchjuiin  en  dé- 
plaisance. 

OKPLAlSAiVT,  AKTE.  odj.  I)<îsQgreal)lc, 
qui  fAclic,  qui  chrj^rinc.  Un  homme  déplaisant 
Fiaurc  dcplais-jut :..  ?.'  ir.icre  déplaisante.  C'e^»- 
lu  chose  du  monc'.j  Ui  plm  déplaisante.  Il  n'y  a 
rien  de  .>l  déplaisant  que  cela*  Rien  ne  n^cst 
plus  déplaiMint.  Il  Ciî  déplaiaant  de  perdre  toit- 
\ours.  jîaiîon  déplaisante.  Séjour  fort  déplai- 
sant. 


plorahlement .,  c'est-à-dire,  Très-mal. 

DÉPLOREK.  V.  a.  Plaindre  avec  de  grands 
sCDtimens  de  compassion.  Il  ne  se  dit  guère  qu** 
Des  choses.  Dî'plorer  la  misère  humaine.  Dè- 
pliSver  le  malheur  du  temps.  Déplorer  la  dlê- 
(jrdcej  la  perte,  la  mort  de  (Quelqu'un. 

DÈiT-oné,  ÉE.  participe. 

On  dit  figurément  au  P;il.'iis,  iju'Unc  affnir: 
est  dcpîorce,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  plus  aucun  • 
espérance  de  la  faire  réussir. 

UÉPLOYEME.NT.  s.  m.  (On  prononce  Dà- 
yloiment.)  Action  de  déployer,  ou  état  de  ce 
fjui  est  déployé.  Le  deployement  des  bras  , 
tl'unc  étoÛc,  d^unc  armée  ^  d'un  corps  df 
\ronpes. 

DKPLOVER.  V.  a.  (Il  6C  conjugue  comme 


DhlPLAlSIU.  s.  m.  Cliagrin,  doidcur  d'es-  1    Employer.)   Étendre,   déplier.    Déployer   îts 


pntj  affliction.  Déplaisir  sensible.  Déplaisir 
mortel.  J'ai  beaucoup  de  déplaisir  de  votri 
mal.  Cela  me  donné  un  (jrand  déplaisir,  C'esl 
avec  déplaisir  «ire  je  me  vois  contraint  de  vom 
en  parler.  Je  ne  saurais  assez  exprint€r  le  dé* 
plaisir  qwe  j'en  ai. 

Il  signifie  aussi  Mccontenlement.  Recevait 
du  déplaisir.  C'est  un  homme  (fui  /n'a  fait  ml 
sensible  déplaisir.  Causer,  donner  de  qranili 
déplaisirs.  Je  ne  crois  pas  vous  avoir  jamaii 
fait  aucun  déplaisir.  Son  fils  ne  lui  a  jamait 
donné  aucun  snjel  de  déplaisir. 

DÉPLAXTEIl.  V.  a.  Oler  uu  arbre  ,  uni 
plante  de  lerre  pm  -  le.s  phmtrr  ailleurs.  Dé- 
pMUter  un  nojtr.  Déplanter  un  jeune  arhre. 
Déplanter  des  laitue.^.  Déplanter  des  tulipes. 
Déplanter  des  œillets.  Cet  iiomn.c  ne  fait  qui 
planter  et  déplanter. 

DriT-ANTÉ,  KE.  participe. 

DÉPLANTOIR,  s.  m.  Oui  il  avec  quoi  on 
déplante  des  racines  ou  des  plantes. 

Dli]PLIER.  V.  a.  Étendre  ime  chose  qui  étoit 
pliée.  Déplier  une  serviette^  dcpUer  du  linçjc, 
déplier  des  étoffes. 

On  dit  d'Un  Man^liand  qui  a  (ait  voir  tout 
ce  qu'il  avoit  de  ineilieur  dan*  sa  l)outK|ue, 
i[ull  a  déplie,  qu'ori  lui  a  fait  déplier  toute  sa 
marchatidise. 

Dlplié,  ke.  participe. 

DÉPLISSER.  V.  a.  Défaire  les  plis  d'um 
dloiTe,  d'une  toile.  Il  ne  se  dit  qu'en  parlaiX 
Des  plis  faits  à  raif^uillc.  Léplisser  une  jupe. 
Déplisser  des  manches. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Ainsi  on  dit,  i[u  Un  habit  se  déplisse  ^  pou 
dire,  que  Les  plis  s'en  défont. 

DÉPLISSÉ,  KE.  participe. 

DÉPLORABLE,  adject.  des  2  genres.  Qui 
mérite  d'Otre  déploré,  qui  cs(  digne  de  compas- 
sion, de  pitié.  Il  ne  se  dit  guère  que  Des  choses. 
Il  est  dans  un  état  dêpforable.  C'est  une  chosû 
déplorable  que  l'état  où  il  est.  Sa  condition^ 
son  sort  est  déplorahU. 

tn  Po<*sic,  et  même  en  général  dans  le  sl\le 
soutenu,  il  se  dit  nussi  Des  personnes.  Famille 
diplorahle.  Déplorafde  victime  de  la  tyrannie. 

DÉPLOïtVULL.MLA?:.  ad».  D'une  manière 


itendards.  Quand  les  Aigles  déploient  leurs 
ides.  On  majcha  aux  ennemis  enseignes  dé' 
filoyées.  Voguer  à  voiles  déployées. 

On  dit  figurémcnt,  Déployer  toute  son  çlo- 
ptencc,,  tout  son  savoir,  toutes  ses  forces ,  etc. 
pour  dire,  Employer  tout  ce  qu'on  a  d'élo- 
quence, de  savoir,  de  forces;  et  Déployer  tous 
res  charmes,  pour  dire,  Élalcr  tous  sescharmr.y. 

On  dit,  Rire  à  qonje  déployée ^  pour  dire. 
Rire  de  toute  sa  force. 

Dépi.otm:,  ke.  participe. 

DÉPLUMÉ,  ÉE.  adj.  .V  qui  les  plnmcs  w.U 
lonibées,  ou  bien  ^  qui  on  les  a  ôtées. 

DÉPLUAIEH-  V,  a.  Ôler  les  plume.*;.  D,- 
plumer  un  m^eau. 

Ou  dit  aussi,  6'e  dépiumer,  pour  dire,  Per- 
dre ses  plumes.  Les  oiseaux  se  déplument  ptn 
dant  la  mue. 

DÉPLUMÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit  figurcmcul  et  populairement,  qu'Un 
homme  a  l'air  bien  déplumé,  Quand,  aprts 
ivoir  eu  l'extérieur  de  l'opulence,  il  a  celui  de 
ta  misère. 

DÉPOLIR.  V.  act.  Ôter  le  poli  de  quelque 
diose.  Le  jeu  dépolit  le  marbre.  On  dépolit  des 
vlaces  de  jenétres  ou  des  vitres  pour  rendre  la 
lixmière  plus  douce  et  moins  éblouissante. 

DÉPOLI.  lE.  participe. 

DÉPONENT,  adject.  m.  Terme  de  Gram- 
maire ,  dont  on  se  sert  en  parlant  Des  verbei 
J,atiris  qui  ont  la  signilication  active  et  la  ler- 
rniiiai.'ion  piissive.  i^erhe  déponent, 

DÉPOPULATION,  s.  ï.  État  dun  pays  dé- 
peuplé. La  dépopulation  d'une  Province. 

DÉPORT,  s.  m.  Terme  de  Pratique.  Il  n'cK 
gm'-re  d'usage  qu'en  ces  phrases  :  Payer  sans 
déport;  payable  sans-déport,  qui  signilie.  Sans 
délai ,  sans  retardement ,  sans  sortir  du  lieu  où 
l  on  (St.  Il  fat  condamné  à  payer  l'amende  sans 
déport. 

On  appelle  encore  Déport ,  Le  droit  qu'un 
Seigneur  Féodal  a  de  jouir  du  revenu  d'un  Fief 
la  première  anuL-c  après  la  mort  du  possesseur. 
Le  droit  de  déport  est  différent  selon  les  Cou- 
tumes des  Iieu.r. 

Ou  appelle  aussi  Déport,  Le  droilquonl  eu 
certaiss  lieux  les  Evéqueô,  le»  Archidiacres  vju 


DEP 

«uircs,  de  jouir,  |j  prcmièra  année,  clii  revenu 

dis  Ciircs  vucinus.  Le  Jroit  de  Ji;  uit  n'u  j>,;s 

Iteu  liitns  toiis  U's  Dtvtè^es. 

DÉPLiUTATIO.N.  s.  r.  CVloil  ilaiis  l'«iicieniit 

P.omc  iiM  I>aniiis*>enieiit  pcrj;étufi,  a\ec  inlcr- 

dictioti  du  Rii  et  de  l'eau. 

DÉPUUrt.MENT.  s.  m.  Conduite,  mœurs, 

.nniiitTc  de   vivre.    Déportemcttt    scandale'i.r. 

Veiller  sur  les  tîéportentens  de  quelau^in.  Elle 

a  été  chaisce  four  ses  mauvais  tUporleinens.  Il 

ne  se  prend  qu'en   mauvaise  pan,  et  ne  se 

dit  guère  au  singulier. 

DÉPORTER,    SE    DÉPORTER,  v.   rcflLC. 

Se  désister,  se  dép.Trtir.  5e  déporter  de  ses  pré- 
tentif>ns.  Se  déporter  de  la  reclieiche d'une  lilU: 
Il  s'est  déporté  de  la  poursuite  de  ce  procès,  </t 
celle  alpi  ire.  Se  déporter  d'une  accusation  iju'on 
a  intentée.  Un  Juge  doit  se  déporter  du  Jiiije- 
menl  d'un  procès,  quand  il  y  a  intérêt.  Le  plus 
grand  usage  de  ce  mot  es.t  au  Palais. 

DipoiiTEn,  signifie  activement,  Eanuir  dans 
DD  lieu  éloigné. 


DEPOSANT, 


DEP 

On  dir,  «juTii  homme  est  le  dépositaire  rffj 
^eci  ets  de  fjuehpi'un,  pour  dire,  «]u'II  en  sait 
tous  les  secrets  ,  qu'où  lui  eu  a  l'ait  conG 
deucc. 

On  appelle  De/.o.'iiliiiVc,  chez  los  Religieux 
et  les  Religiifuscs ,  Celui  ou  celle  qui  a  la  garde 
de  l'argent. 

l)KI'OS^nO^.  s.  f.  Destitution,  privation 
d'une  Charge,  d'un  OIEce, d'une  Dignité,  d'un 
Emploi.  La  déposition  d'un  Oj]icicr.  La  dépo- 
sition d'un  Kvdrjue.  La  déposition  du  Sultan. 
La  déposition  de  cet  Empereur  fat  suivie  de 
ntierres. 

DÉposrnoN,  signifie  aussi  Ce  qu'un  témoin 
dépose  et  affirme  par-devant  le  Juge  qui  l'en- 
tend. Déposition  l'urmeUe.  Par  la  déposition 
des  témoins,  etc.  La  déposition  d'un  tel  léiiioin 
poMe...  Les  dépositions  des  témoins  le  charnent. 
Les  dcpositions  lues  et  oiiics.  Il  a  varié  daas  su 
déposition.  Ouir  une  déposition. 

DÉPOSSÉDER,  v.  a.  Ùvr  la  possession  de 
quelque  chose  i  quelqu'un.  On  l'a  dépossédé  di 


ASTE.  adjcct.  Oui  dépose  et  |  sa  mai.'ion ,  de  sa  cliurae,  de  son  hcritanc.  Dé- 

1 T.I -/_.'....•_._     J-      '.    .  'I  I       ,  .  ^.     ...  «^ 


aOlnne  devant  le  Juge.  Tels  et  tels  témoins  dé- 
posans.  Telles  et  telles  femmes  déposantes. 

Il  e>t  aussi  substantif.  Tous  les  déposans 
disent  la  même  chose.  Et,  l'ius  n'en  suit  ledit 
déposant,  Formule  de  Pratique,  dont  ou  se 
sert  aussi  en  conversation  familière,  pour  mar- 
quer qu'on  ne  sait  rien  de  plus  que  ce  qu'on 
vient  de  dire, 

DEPOSEli.  V.  a.  Destituer, ùtcr d'une  digni- 
té, d'un  emploi.  On  le  dépo.«ii  de  sa  Charqc .  de 
ton  Emploi.  Il  méritt  iju'on  le  dépose.  Déposer 
un  Pape,  un  Empereur ,  un  Evêaue. 

DÉposEA,  signifie  aussi.  Confier  à  quelqu'un, 
lui  renie.ttre./)é/JO.<er  une  .«oninieenl/r  les  mains 
d'un  de  ses  amis.  Déposer  un  contrat,  un  testa- 
ment chez  un  Notaire,  déposer  <ies  pièces  jus- 
lifcatives.  Déposer  de  l'argent  au  Greffe.  Dé- 
po-.erson  autorité  ent}-e les  mains  de guclnu'itn. 
Il  signifie  aussi.  Quitter  une  dignité,  une 
charge.  Sylla  déposa  lu  Diclulure. 

DÉPOstn  ,  se  dit  aussi  dt  «corps  mort  qu'on 
met  en  déjuji  dans  une  Église,  jusqu'il cequ'on 
le  transporte  en  un  autre  lieu. 

On  dit  figurénicnt,  qu'L'n  homme  dépose 
ses  secrets  dans  le  sein  de  son  ami,  pour  dire, 
qu'il  lui  confie  ses  secrets. 

DÉi'osEn ,  signifie  encore.  Dire  comme  U- 
nioin  ce  qu'on  sait  d'un  fait.  Tels  et  tels  ont  dé- 
poté contre  lui  Les  témoins  ont  déposé  en  sa 
faveur,  ont  déposé  (lue...  Déposa  d'un  fait. 
Dan»  ce  sens  il  est  neutre. 

Dérosui ,  le  dit  aussi  Des  liqueurs  qui  lais 
»ent   dcf  parties  grossières   et   hétérogènes  au 
fond  d'un  Viiiurau.  Celle  ecu  a   déposé  lieau- 
fiTip  lie  sable.  Ce  vin  a  déposé  beaucoup  de  lie. 
On  du  •Uolumcni  :  Celle  lujueur  a  beaucoup 
Jcficsé,  Les  urines  dépotent. 
DtpusE,  it.  participe. 
DEPUSllAIltE.  ».de»  a  genres.   Celui  ou 
celle  &  qui  on  cn-ifie  un  dipot.  Fidèle  déposi- 
taire. Le  lUpoulaire  de  cet  urgent.  Le  déposi- 
taire de  cet  papiat,  de  ces  meubla.  Elle  c.t  nni 
l»c/'o*ilijire. 
7  Ofiie  i. 


posséder  f^nelrju'uri  de  son  Bénéfice. 
Dkpossédé  ,  ÉE.  participe. 
DÉPOSSESSION,  s.  f.  Il  n'est  guère  d'usage 
qu'eu  style  de  Pratique,  .iction  de  déposséder. 
Ce  Dciieficier  attribue  sa  dépossession  à  ses  en- 
nemis. Vn  acte  de  dépossession. 

DEPOSTER.  V.  a.  Chasser  d'un  posie,  le 
faire  abandouncr.  L'ennemi  avait  occupé  ce 
poste,  cette  position,  on  le  dèposta.  Il  jil  tous 
ies  e//vrlj  pour  le  déposter. 
DÉfOSTÉ,  £E.  participe. 
DEPOT,  s.  m.  Ce  qu'un  j  confié,  donne  en 
garde  à  quelqu'un,  pour  élre  rendu  ou  enq)loyé 
.1  la  volonté  ou  suivant  l'uuention  de  celui  qui 
l'a  donne.  Le  dépôt  est  une  chose  sacrée.  Uévé- 
ler  un  secret,  c'est  violer  un  déliât  saaé.  ÎS'icr 
un  dépôt.  /Ibuser  d'un  dépôt.  Rendre  fidèlement 
un  dépôt.  On  a  ordonné  que  le  dépôt  seroi. 
porté  i.u  (irelfp.Oarilerreligieusement  ledèpôt. 
Convertir  un  dépôt  à  son  usage.  Mettre  de  l'ur- 
gent en  dépôt.  Avoir  un  dépôt. 

Di  loT,  se  prend  aussi  pour  L'actior.  de  dé- 
poser, et  pour  la  convention  faite  en  déposant 
quilciuc  chose  entre  les  mains  de  quelqu'un. 
La  loi  du  dépôt.  Le  dépôt  est  un  contrat  de 
bonne  foi.  Violer  la  foi  du  dépôt.  Dépôt  volon- 
tuile.  Déliât  judiciaire.  Dépôt  ordonné  en  Jus- 
tice. 

Eu  parlant  d'Un  corps  qu'on  dépote  eu 
(;uclque  Eglise,  en  attendant  qu'on  le  puisse 
poitiT  dans  le  lieu  destiné  pour  sa  sépulture, 
on  dit,  qu'On  l'a  mit  en  dépôt  dans  cette 
Eglise. 

Ou  appi-lle  £)e;iôl,c!iei  quelques  Religieu- 
ses, Un  collie  où  l'on  met  l'aiçeut  de  la  Coui- 
niunaulé. 

On  appelle  aussi  Dépôt,  Le  lieu  des  Archi- 
ves publiques.  La  Chambre  des  Comptct  est  le 
dépôt  public  des  priiicipauxtitres  du  Royaume. 
On  appelU-  encore  Dépôt.  Le  lieu  où  l'on  dé- 
pose du  sel,  du  tabac,  juv|u'ii  et  qu'ils  soien; 
>oiliiros  aux  lieux  de  leur  distribution. 

Dipi'rr,  eu  termes d.'  Méduiiiie  et  dcChinir- 


DEP  4ot 

gie,  se  dit  d'En  a:nas  d  humeurs  qui  se  la:t  en 
quelque  eiuhoit  du  corps.  Il  faut  donner  en- 
core un  coup  de  ciseau  en  cet  endroit ,  il  s'y  fa.t 
un  dépôt.  On  l'a  purgé  pour  évacuer  le  dépôt. 

Ou  appelle  Dépôt  d'urine.  Le  sédiment  des 
urines,  lorsqu'elles  ont  été  gardée»  quelque 
temps. 

On  appelle  aussi  Dépôt,  Le  sédiment  que 
des  liqueurs  laissent  au  fond  d'un  vase. 

DÉPOCnilER.  V.  a.  (Jtcr,  fjire  t..nibcr  la 
poudre  des  cheveux,  d'une  perruque.  Lèvent 
l  a  tout  depoudré ,  lui  a  dépoudré  toute  sa  per- 
ruque. 

DÉPOinnÉ,  ÉE.  participe. 
DEFOUIÏ.LIC.  s.  f.  La  peau  d'un  animal. 
Ce  mot  n'est  pro])renieiit  d'usage  dan»  celto 
acception,  qu'en  parlant  Des  serjwns  et  de»  in. 
sectes  qui  se  dépouillent  de  temps  en  tenqis  de 
leur  peau.  La  dépouille  d'un  serpent.  La  dé- 
pouille d'un  ver  à  soie.  La  dépouille  d'u.ie 
araignée. 

Les  Poètes,  en  parlant  De  la  peau  du  lion 
dont  Hercule  étoit  revêtu,  disent,  La  dépouille 
du  lion  de  .Véniée.  Et  dans  le  style  soutenu. 
Dépouille  se  dit  aussi  De  la  peau  de  toute  sorte 
de  bêle  féroce,  lorsqu'elle  est  arrachée.  La  dé- 
pouille d'au  tigre.  La  dépouille  d'un  léopard, 
d'une  panthère.  Dans  le  même  style,  on  appelle 
Ix  coq)s  d'un  homme  après  sa  mort.  Sa  dé- 
pouille mortelle. 

DÉpoKiLLC,  signifie  au.ssi  Ce  qu'on  remporte 
de  la  prise  d'une  ville  ou  du  gain  d'une  bataille. 
"  '.  remporté  de  riches  dcvnnillrs  sur  /e<  enne- 
mis, de  glorieuses  dépouilles.  Et  on  dit  4  "i, 
.\uteur  qui  pille  les  autres,  qu'il  s'en-icha, 
qu'il  se  pare  des  dépouilles  d'autrui.  Se  revêtit 
des  dépouilles  d'autrui. 

DÉPOciLLE  ,  se  dit  aussi  De_  la  récolte  de» 
fruits  de  l'année.  La  dépouille  de  cette  année 
est  bonne.  Vendre  la  dépouille  de  son  jardin , 
de  SCS  vignes. 

Ce  dit  figurément  d'Un  homme  qui  a  eu  a 
Charge,  le  Bénéfice,  la  succession  d'un  autre, 
qu'/i  a  eu  sa  dépouille.  Ils  ont  partagé  sa  lié- 
pouiKc.  La  dépouille  des  Chevaliert  de  Malte 
appartient  à  l'Ordre. 

DÉPOUILLE.MEN'r.  «.  m.  Étal  de  relui  qui 
est  dépouillé  de  ses  biens  ou  qui  s'en  est  prue 
lui-même.  Je  l'ui  Irouté  duns  un  dépcuillcmeiit 
absolu.  La  teudrcve  de  ce  père  pour  ses  enfant, 
l'a  réduit  à  un  dépouillement  déplorable. 

D£pouii.LE.MKST.  signifie  aussi  L'état  abrège, 
I  extrait  qui  se  fait  d'un  inventaire,  d'un  compte, 
d  uu  piocès,  d'un  ouvrage,  etc. 

DÉPOLILI.ICR.  V.  a.  Déshabiller,  oter  à 
quelqu'un  les  haliits  dont  il  est  vêtu.  Les  vu- 
leurs  l'ont  dépouillé,  l'ont  dépouillé  de  tou<  set 
habits.  Se  dépouiller  soi-même.  Il  s'est  dépouillé 
pour  se  jeter  dans  l'eau, 

Dlpoiiij.::o,   se  dit   aussi   en   parlant  Des 
animaux'dont  ou  oie  la  peau,  pour  les  apprê- 
ter. Déjioiuller  un  lièvre.  Dépouiller  un  iipiii. 
Il  se  dit  auAsi  De&  auimauK  qui  quittent  leur 
peau.  Les  icr^ieiu  le  dé/ioui'ficnl  loiu  (es  u'it. 

U  se  dit  en  parlant  De  tout  Ce  qui  découvre 
I.i  chair  ou  les  us ,  et  dans  ce  sens  ou  dit  ;  O-t 


4>)2 


DEP 


lui   jeta  lie  Veau  honillunte  (jui  lui  dryouilla 
toute  la  jambe,  l/os  est  entièrement  dêfwuillc 

DtpouiLi.ER  ,  se  dit  Des  arbres  lorsqu'ils 
perdent  leurs  feuilles.  L'/nVcr  dcponille  les 
arbies  de  leurs  feuilles.  Les  arbres  se  dépouillent. 

Il  signifie  (igurément,  Priver,  dernier.  Dé- 
pouiller un  homme  de  tout  son  hieu,  le  dé- 
pouiller de  sa  chiutje,  se  dépouiller  eu  faveur 
de  quelqu'un.  Dépouiller  un  Prince  de  ses 
Etats. 

On  dit  proverhialement  et  figuremcnt,  qu7i 
ne  faut  pas  se  dépouiller  avant  que  de  se  cou- 
cher ^  pour  dire,  qu'il  m;  faut  pas  se  dépouiller 
de  son  bien  de  son  vivant. 

DÉPOL'iLi^tu  ,  se  dil  fif^urémCDt  en  parlant 
Des  sentinicns,  dos  opinions,  des  passions  dont 
on  se  défait.  Il  faut  avoir  dépouillé  toute  hu- 
manité pour.,..  Se  dépouiller  de  passton,  de 
haine,  d'envie.  Se  dépouiller  de  toute  prévention. 

Dépouilla'  le  vieil  homme ,  se  dépouiller  du 
7Heil  honimey  terme  de  riCcrilurc-Snintc,  pour 
dire,  Quiuer  les  înelinatious  de  la  nature  cor- 
rompue, ses  vieilles  liabilucics  criminelles. 

DÉPOuaj,îi:R,  signilie  nussi ,  Recueillir,  ffa 
parlant  des  fruits  ùe  la  terre.  Le  Fermier  a  dé- 
pouillé^ Van  passé,  pour  mille  écus  de  blé.  C'est 
encore  à  lui  à  dépouiller  celte  année. 

On  dit  aussi,  Dépouiller  un  compte,  ^oui 
dire.  En  examiner  la  recette  et  !a  dépense,  eu 
faire  un  extrait.  Kt  on  dit,  Dèpoîtiller  un  in- 
ventaire, un  livre^  etc.  pour  dire,  En  faire  lUi 
étjt  ubrégc.  un  extrait. 

DÉporiLLÉ,  ÉK.  participe. 

Jouer  au  Roi  dépouillé,  SorU?  de  jeu  cà  l'on 
ôte  pièce  à  pièce  les  habits  de  celui  qu'on  a 
fait  le  Koi  du  jeu.  Et  figurem.  quand  ou  a  dé- 
pouillé un  homme  de  tout  son  bien,  on  dil 
qu'On  a  joué  au  Roi  dépouillé. 

DÉlHJt'UVOlR.  V.  a.  Dégarnir  de  ce  qui  esf 
nécessaire,  il  n'est  guère  en  usage  qu'au  pré^ 
térit  et  à  l'infinitif.  //  ne  faut  pas  dépourvoi 
de  munitions  une  Place  de  querre.  Se  dépour 
voir  d'argent.  //  «'«-I  dépourvu  de  tout  poi 
avancer  ses  en  fans. 

DÉPOUiivc,  UE.  participe. 

On  dit,  qu'l/n  homme  est  dépourvu  de sen 2 
d'esprit,  de  raison^  pour  dire,  qu'Ii  n'a  po::x'. 
de  sens,  d'esprit,  etc. 

Ati  DÉPOUnvu.  Façon  de  parler  odvcrbir.lr. 
Sons  itrc  pounu  des  choses  nécessaires,  sat.s 
eue  préparé.  Si  vous  me  prenez  au  dîjtourvti, 
je  vous  ferai  mauvaise  chère.  H  Vu  pris  au  dî- 
powvu.  O'  ne  le  prendra  jamais  au  dé}xni7\u. 

D!:PK.\VATION.  s.  f.  Cormplion.  La  t'é- 
pravation  du  siècle,  des  mœurs.  Dépravation 
du  noût.  Le  siècle  est  tombé  dans  une  (jraiide 
dépravation. 

Dl'iPRAVER.  V.  oct.  Corrompre,  perv-fttir. 
La  leclue  des  mauvais  Auteurs  lui  a  dépravé 
le  qoiit. 

DÉpnAVK,  tt.  participe.  Gâté,  corroffipu. 
Goilf  dépraw.  Volonté  dépravée.  Juqemcnt  dé- 
prtivé.  Mfurs  dépravées.  Siècle  dépravî.  Jeu- 
nesse dépravée. 

DKrHKÎ'.ATIF,  IVr:.  t.dj.  Terme  do  Tbito- 
logic ,   qu»  n'est  d'i-s-igc  qu'en  celte  p'irasc 


DEP 

Forme  déprécative ^  qui  se  dit  de  la  Kianiùre 
d';idm  cisirer  quelques-uns  des  Sacremens  en 
forme  le  Prière.  Ciiez  les  (irec^,  la  forme  de 
VAbst^iion  est  déprécative,  étant  conçue  en 
ces  t<n3es,Q«e  Dieu  vous  u^solfc;  Au  lieu 
que  (f  lis  l'Église  Latine,  ou  dit  en  forme  dé- 
clara'h  e,  Je  vous  absous.  La  forme  des  parolet 
du  ^(L:remcnt  de  VE.xtréme-  Onction  est  dé- 
préci-:Cve. 

r-^PRÉCATîON.  s.  f.  Figure  oratoire,  par 
laqut'Ie  ou  souhaite  du  bien  ou  du  mal  àquel- 
qu'iU*.  Il  signifie  aussi  Une  prière  faite  avec 
soua'ssion  pour  obtenir  le  pardon  d'une  faute. 

EXilPRKCILR.  v.act.  Mettre  une  chose,  une 
perscnne  au-dessous  de  son  prix,  en  rabai,sser 
la  wleur,  le  niërite.  L'éprêcier  le  mérite  d\iu- 
tj'i/.?.  Déprécier  un  ouvroije^  une  actien. 

tÉPUÉciÉ,  ÈE.  participe. 

tiKPKÉDAXEUR.s.  m.  Qui  fait  ou  permet 
iii3  iéprédalions.  Ce  Ministre  est  un  fjrand  dé- 
pj\(lateur.  Il  se  prend  aussi  adjectivement.  Un 
Mitiistre  déprédateur. 

DÉPRÉDATIO.X.  s.  f.  Vol,  ruine,  pilla^o 
fiiic  avec  dégAt.  Depjedution  dans  une  maison. 
fîofïs  un  Etat.  La  déprédation  des  Finances. 
C'est  une  déprédation  manifeste. Durant  un  tel 
M  inistère  tout  étoit  au  pilla  ne ,  c'était  une  dé- 
VËcdation  universelle.  La  déprcdatiou  des  biens 
un  pupille. 

DEPRÊDER.  ▼.  a.  Piller  avec  dégât.  Peu 
shé. 

DépnÉDÉ,  ÉE.  participe. 

DP:pr'-:M)Ri:.  v.  a.  Détacher.  (Il  se  cnn- 
fui^iie  comme  Prendre.  )  Ces  deiur  dogues  étoîcnl 
tellement  uchcnis  Vun  contre  ^'nafre,  flu'ori 
eut  toutes  les  peines  du  monde  ù  les  déprendre. 

Il  se  met  aussi  avec  \f  pronom  personnel,  vt 
veut  dire,  Se  dégager.  Cet  oiseau  s^étoit  pris  ô 
la  (jluj  et  ne  pouvoil  s'en  déprendre. 

Il  se  dit  nu  figure.  Il  est  tellement  attaché  à 
rette  personne,  qu'il  ne  suuroit  s'en  déprendi-e. 
Il  se  déprend  dilJicilement  de  ses  opinions. 

DÉPRis,  ISE.  participe. 

DKPRESSION.  s.  f.  Terme  de  Physique. 
Abriissenicnt. 

Il  s'emploie  aussi  au  fij^uré.  Vivre  dans  la 
dépression 

DKHRKVKNIR.  V.  a.  Ôter  à  quelqu'un  ses 
pieventioiis.,  Je  Vfi  tiouvé  prévenu  contre  vous, 
j'ai  fait  Ci.  que  j'ai  pu  pour  le  depi evcnir. 

Il  s'cnq>loie  aussi  a\ec  le  pronom  personnel, 
et  signifie ,  <^)uitter  st  prevcnlio:i.  Il  faut  se  rit.- 
^:F*cveniV  en  matière  de  reiigio.i.,  pour  Vcjcami 
lier  avec  succès. 

OKpr.ÉVENU,  inî.  particijw. 

DIlPRI.  s.  m.  Terme  de  Pratique,  dont  on 
se  sert  en  parlant  de  la  remise  qu'on  dmianuc 
iiuicigneurdu  Fief, pour  les  lodsctvenlcsd'unc 
tene  qu'on  veut  acquérir. 

DÉPRIER.  V.  a.  Envoyer  s'excuser  envers 
les  personnes  <pi'on  nvoil  invitées,  les  conti-e- 
ninnder.  O'i  les  cvoit  priés, on  les  a  cni'oye  de- 
prier.  Il  est  stuvcnu  une  affaire  qui  a  rompula 
partie j  cl  il  a  fallu  déprter  tous  ceux  qu'on 
avoit  prié.-. 

DEpniÉ,  ÉE.  participe. 


DEP 

DtPRIMF.K,  T.  a.  Rabaisser,  iiiellré  au-> 
dessous  de  sn  valeur.  Cet  homme  a  du  mérite, 
et  cependant  fous  le  déprimez.  H  ne  le  faut  pas 
tant  déprimer  (jrie  votis  faites.  Les  envieux  se 
dépriiHent  les  uns  les  autres. 

Dkphimé,  ÉE.  participe. 

DEPIUSER.  V.  act  Téniol;;ticr  qu'on  fait 
peu  de  cas  d'une  chose.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en 
parlant  De  marclinndlses.  Si  vous  ne  voule% 
point  acheter,  du  moins  ne  dèprisez  point  notra 
marchandise. 

DÉfnisr   ÉE.  participe. 

DÉPUCÉleR.  y.  a.  Ôter  le  pucelage. 

DÉPDCEIÉ,  ÉE.  participe. 

DEPUIS.  Prëposltion  de  temps ,  de  lieu  et 
d'ordre.  Je  vous  attendrai  demain  detmis  cinq 
heures  (usijii'à  six.  La  France  s^étend  depuif 
le  Rhin  jusqu'à  VOcéan.  Je  les  ai  tous  vus  de~ 
puis  le  premier  juscju^au  dernier.  Tous  les  Au~ 
teurs  qui  ont  écrit  depuis.  Vous  ites  venn 
depuis  mor.  Jt  ne  l'ai  point  vu  depuis  son 
retour,  depuis  un  temps  infini,  depuis  lonq^ 
temps  j  depuis  votre  dernière  lettre. 

Il  se  construit  souvent  avec  la  particnle 
Que;  et  alors  il  ne  se  dit  jamais  rjue  du  temp». 
Depuis  que  vous  êtes  parti.  Depuis  que  je  t*: 
Val  vu.  Depuis  que  je  vous  ai  vu. 

Depuis,  est  .aussi  advrrbe  lîe  tenips.  Je  nr 
l'ai  point  vu  depuis.  Qu'est-il  arriw  dep-fi,' 
Je  n'en  ai  point  ouï  parler  depuis. 

Dans  ce  sens  on  dit,  Depuif  peu,  pour  dire, 
Depuis  peu  de  temps;  et  Depuis  quand?  pou 
dire,  Depuis  quel  Icnips'' 

DEPIRATIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Medr. 
rinc.  Qui  est  propre  à  dépui-cr  le  sang.  Re- 
niètifi  dcpwatif.  On  l'emploie  aussi  substanti- 
vement :  Vn  dépuratif. 

DÉPUR.\T10N.  s.  f.  Tenne  de  Médecine 
rt  de  Chimie.  Action  de  dépurer,  ou  l'elTet  d:* 
relie  aclion.  La  dépuration  d'wi  métal,  d'une 
liqueur ,  du  sanq. 

DKPURATUIRE.  adj.  dos  2  genres.  Qui 
sert  ù  dépurer.  Machine  dépitratoire.  Fontaine 
ilépurutoirc.  Remèdes  dcpuratoires. 

DEPUHKK.  V.  a.  Rendre  plus  p«r.  Dépurer 
un  mètiilj  une  liqueur.  Déjntrer  le  sanq. 

Dkpi  nÉ  ,  ÉE.  parlieii^e. 

DÉPUTATIDX  s.  f.  Envoi  d'une  ou  plu- 
sieurs personnes  avec  commission.  Oq'.'ttifi.  .« 
oleiuicde.  Depiilnlioii  de  sir  ou  sqil  fier. 
sonnes. 

Il  se  prend  .lussi  quelquefois  pour  !c  corj» 
des  Députes.  Députation  nomhense.  Toute  ia 
DèpuUition  a  été  d\ivis fut  admise. 

DiJPUTÉ.  s.  m.  Celui  <]ui  est  envoyé  par 
un  I  rince,  pur  une  connnnn.nute,  ou  prr  une 
Cou;pa;;nie,  pour  Tesiiplir  (luelcjue  rominissiofl. 
La  Députés  de  la  Piovince.  Envoyer  des  Dé- 
putés. Les  Députés  du  Tiers-Etal.  Les  Dijulés 
de  lu  Noblesse.  Les  Députés  du  Clmqf.  La 
l.éputés  des  Communautés.  Envoyer  des  Dé- 
putés au  Roi.  Un  Député  à  la  Chamhe  du 
Ccmmcrce. 

DÉPL'TER.  V.  a.  Envoyer  avec  romniission. 
Il  ne  se  dit  point  d'un  simple  particulier  ijn: 
envoie,  mais  d  un  Corps  ou  d'une  personne  on 


DER 

autorité.  Députer  vers  le  Roi  Députer  au.r 
iluls.  La  Proi'iricd  a  député  un  tel  fnjur  re- 

prisjnler. . . .  Le  Chapitre  députa Le  Rvi  a 

dtpulè  tels  el  tels  pour  faire  savoir  sa  vulviili. 
DÉîLTÉ ,  tE.  participe. 

DER 

DÉIRACLNEMENT.  s.  m.  Action  par  la- 
quelle on  arraciie  ce  qui  est  plante,  ou  l'état 
Je  ce  qui  est  déraciné.  Le  déracinement  des 
fonches  de  cette  avenue  a  coûté  beaucoup.  Le 
déracinement  de  cet  arhre  marque  que  le  vent 
étoii  bien  impétueux. 

DÉR.VCINEK.  V.  a.  Tirer  de  terre,  arra- 
cbcr  de  terre  un  arbre,  une  plante  avec  ses  ra- 
cines. Déraciner  un  :irbre.  Les  grands  venlSj 
Us  oraijes  djrtcinent  quelffucfois  les  arbres. 

Il  se  dit  aussi  pour  Cerner,  couper  autour. 
il  rferticùie  bien  les  cors  auc  pieds.  Quel' 
quefvis  le  dentiste  déracine  la  dent  avant  dû 
la  tirer. 

On  dit  figurément,  Déraciner  un  mal.  pour 
dire,  I^  guérir  entièrement.  //  est  dijpcilc  de 
déraciner  un  mal  invétéré. 

DinACi5ER  ,  se  dit  aussi  figurémcnt  Des 
mauvaises  routiinies.  des  opinions,  dvs  mé- 
cliantes  habitudes.  On  aura  bien  de  la  peine 
i  déiaciner  cet  abus  ,  celle  opinion  ,  celle 
erreur, 

UÉn.\ci>É,  tE.  participe. 

DÉR.\DER.  V.  n.  'l'erme  de  Marine.  11  se 
dit  d'Un  vais^au  qui  quitte  La  rade  où  il  nvoil 
luoiiillé. 

DtR.ilSOS.  s.  f.  Défaut  de  raison,  manière 
de  penser  ou  d'agir  déraisonnable.  Il  est  d^une 
déraison  à  n'y  pas  tenir.  Cet  Jiomme  donne 
dans  un  excès  de  dératson  qui  n'est  pas  conce- 
vable. Sa  conduite  et  ses  pytpos  sont  une  dérai- 
son perpétuelle. 

DÉR.\l.SOXNARLE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
ne  s'accorde  p;is  avec  la  raison,  qui  est  con- 
traire i  la  raison.  C'est  un  homme  Ivut-à-fait 
déraisonnable.  Des  conditions,  des  propositions 
déraisonnables. 

DÉBAISONKABLEMEKT.  adv.  Sans  rai- 
son. Je  n'ai  jamais  ouï  parier  si  déraisonna' 
hlanenL 

DÉRAISONNER,  v.  n.  Tenir  des  discours 
diTiués  de  raison.  C'est  «n  homme  q-di  dérai- 
sonne tans  cesse.  Il  ne  fuit  que  déraisonner. 

DÉRANGE.MEKT.  s.  m.  Désordre,  étal  dei 
clioscj  dérangées.  Le  dérangement  de  mes  livres 
est  caase  que  je  ne  saurais  l'vus  donner  celui 
<)ue  nous  me  Jeniuiiile:. 

Il  se  dit  aussi  au  figuré.  Cet  homme  est  ruiné, 
Il  y  a  un  grand  dérangement  dans  ses  affaires. 
Cela  cause  du  dérangement  dans  sa  !anlé.  Il  y 
a  biei  du  dérangement  dans  son  esprit.  Le  dé- 
r  ngement  de  ses  affaires,  de  sa  santé.  Le  c.é- 
rangement  des  saisons, 

DERAMiER.  t.  «.  ôler  de  son  rang,  de  sa 
place.  Dcriinjer  des  papiers.  Déranqcr  des 
Ji«T«.  Déranger  des  meubles.  On  dit  aussi.  Dé- 
ranger une  chaml're,  un  cabinet,  |iour  dire, 
Déplacer  ce  qui  e>i  d'dant.  Vous  avez  dérangé 
toute  ma  ch.unbie. 


DER 

On  dit  aussi  fîgurcment ,  Dérannpr  ,"pour 
dire,  Troubler,  lirouiller,  mettre  en  désordre. 
Cet  acculent^  ce  p:'ocèi  a  dérauqti  tous  mes 
desseins,  toutes  mes  ajfaiics.  Celo  m^a  louK  dé- 
ra  nqè. 

On  dit  encore  d'Un  liomroedont  Inconduilc 
n'est  plus  aussi  rê^^Ice(]u  elle  réloil  auparavant, 
i]u'/i  se  dérange. 

DÉnANGÉ  ,  ^.E.  participe.  On  dit,  qu'Un 
homme  est  déruntiè  duns  sa  conduite^  dans  ses 
ajfaircs^  ou  nl>solunieDt ,  quH  est  diirangc, 
pour  dire,  qu'il  est  déréglé  dans  sa  conduite, 
(juc  ses  iifTaiics  ne  sont  pas  en  bon  état.  On  dit 
aussi,  qu7/  est  dcranqé  chez,  lui,  diuwi  sa  mai- 
son^ pour  dire,  que  Ses  m.'*ubles  n'y  sent  pas 
arranj^és  propi  cnieiit  et  avec  5oin. 

ÙÊllATÉ,  I::E.  adj.  Il  se  dit  nu  propre.  De 
ceux  à  qui  le  préjugé  populiife  suppose  qu'on 
a  ôlé  la  nie,  tsls  que  les  Coureurs. 

11  signifie  figurément,  Gai,  enjoué,  éveillé, 
rusé,  aWte.  Un  jjetit  qarçon  dératé,  l'ne-fjelite 
\ille  dérutèCj  pour  dire.  Qui  en  sait  plus  qu'on 
n'en  sait  à  son  A'^e.  On  le  fait  quelquefois  sulis- 
tanïif.  C'est  nn  dératé.  C'est  une  dératée.  Il  est 
du  style  familier. 

nEKIiCHKF.  adv.  Une  seconde  fois,  une 
autre  fois,  de  nouveau.  Il  vieilIiL 

nÉRlUn.KMENT.  s.  m.  Désordre,  opposi- 
lion  aux  régies  de  la  Morale.  Vivre  dans  le  di-- 
rctflenientf  dans  un  étranqe  déréqîement.  Le 
dcrc^l'nzi*it  de  sa  vie.  Le  déréglcnieiil  de  ses 
mœurs.  Le  dérénlement  de  son  esprit.  Il  trouva 
^ettt  nai.'^n  dans  itn  grand  dérèglement. 

Il  se  dit  aussi  De  ce  qui  est  horsviu  cours 
ord'"  -ire  des  cltoses  de  la  nature  ou  de  1  art. 
Le  dérèglement  des  saisons.  Le  déj-êqlement  du 
pouls.  Le  déréqlement  des  humeurs.  Le  dérè- 
glement d'une  montre,  d'une  horloqe. 

nKRn;GI.K.ME>r.  adv.  Saus  règle.  Il  vit  si 
dérèglement ,  que... 

DÉRÉGLER,  v.  a.  Mettre  hors  de  la  rcsie, 
hors  des  rèj^lcs.  H  a  dèiéglé  toute  la  compa- 
gnie. Il  nous  a  tous  déréglés.  Le  froid,  le 
chaud.,  Ihumidité,  dérèglent  les  horloges^  /tv^ 
^enduits ^  les  montres. 

On  dit  (i*urément,  qu'Un  seul  homme  r 
tout  déréglé  y  que  son  exemple  a  déréglé  la  com- 
pagnie. 

Il  se  met  aussi  ovec  le  pronom  personnel, et 
^i<;ni(ie,  Se  déranger,  agir  contre  le  cours  ordi- 
naire des  choses  de  la  nature  ou  de  l'art.  Poitr 
peu  qu*il  mange  trop^  son  estomac  se  dérèqle. 
Une  montre  qui  se  dérègle  pendant  le  dégel. 
Le  temps  se  dérègle.  Son  pouh  s'est  déréglé. 

On  dit  proverbialement.  Il  ne  faut  qu'un 
maitvais  Moine  pour  dérégler  tout  le  Couvent. 

DÉnKCLE,  L£.  participe. 

Il  est  aussi  adjectif,  et  signifie,  Qui  nVsi 
pas  dans  la  rè^le,  qui  »sl  contraire  aux  rv-gles 
de  b  ^h)rale.  C'est  un  homme  fort  dâéqlè  dans 
ses  nurtu-s.  Ses  mtrurs  sont  fort  déréglées.  Me~ 
ner  une  vie  dérèqlèe.  Avoir  une  passion  dérè- 
g/ce.  Des  der.irs  déréglés.  Une  conduite  dérèqlèe. 

11  se  dit  encore  De  ce  qui  n'est  pis  selon  le 
cmirs  ordinaitc  des  choses  de  la  nnLure  ou  de 
l'art,  i  n  temps  dèiéglé  Avoir  le  pouh  dérègle. 


DER  4o3 

Appétit  déréglé.   Une   horloge  déréglée.    Une 
montre  déréglée. 

DERIDER.  V.  a.  Oler  hs  rides,  faire  passer 
les  rides.  Pommade  pour  dérider.  La  joie  déride 
le  front.  Un  coup  de  huu  vin  va  lui  dérider'te 
front. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel ,  ci 
signifie figurémenl lYendre  tpielque plaisir. lise 
poitcroit  mieuXj  si  de  temps  en  temps  il  $t  dé- 
ridoit  le  front.  Cet  homme  est  si  sévère^  que 
son  front  ne  se  déride  jamais. 

DÉniDÉ,  ée.  participe. 

DERISION,  s.  f.  Moquerie  amère.  Tourner 
en  dérision.  Faire  quelque  chose  en  dérision. 
Dite  qutlque  chose  par  dérision.  C'est  ui 
homme  qui  tourne  tout  en  dérision.  C'eA  une 
dériiion. 

DÉRIVATIF,  lVE.adj.  TorToe  de  Médecine 
O  qui  détourne  l'humeur.  Il  ne  se  dit  guèic 
qu'cp  cette  phrase,  Saiqnèe  dérivative. 

DÉRIVATION,  s.  f.  L'orit;ine  qu'un  raot 
tire  d'un  autre.  Savez~^*ou^  la  dérivation  dt 
ce  mot  ? 

DÉnivATiO!».  Ternie  de  Médecine.  Déitmr 
qu'on  fait  prendre  au  sang  ou  à  quelque  hu- 
ïnetir. 

DÉRIVATION.  Terme  d'Hydraulique.  Détour 
qu'on  fait  prendre  aux  eaux.  Canal  de  déri- 
vation. 

DÉRIVE,  s.  f.  Terme  de  Marine.  Le  silia-i 
que  f:*it  un  vaisseau  que  les  vents  et  les  cou- 
rans  détournent  de  la  route  quil  tient.  -A'mi* 
nous  laissiîmes  aller  à  le  dérive.  Dnn«  ip  «■"t:, 
lorsque  le  détour  que  le  vaisseau  fait  ]  orte  pu 
chemin  qu'il  veut  faire,  on  dit,  que  La  dénve 
vaut  la  route. 

DÉRIVER.  V.  n.  SVIoigncr  du  bord,  du  ri- 
vage. Dès  que  le  bateau  eut  dérivé.  Il  est  temps 
de  partir^  dérive. 

Il  signilie  aussi,  en  termes  de  Marine,  S'é- 
ryrtcr  de  ta  route  qu'on  lient  en  mer.  iYous 
trouvâmes  que  les  courans  oeoiVnt  fait  dériver 
le  vaisseau  de  di.t  Ueues.  Le  pilote,  pour  nt 
pas  donner  sur  le  rocher,  fut  obligé  de  laisser 
dériver  le  vaisseau. 

DÉnrvEn,  signifie  aufci,  Venir  de,  tirer  sou 
origine  de.  Ce."!  de  là  que  dérivent  tous  leurs 
malheurs.  De  là  sont  dérivées  tant  d'erreurs  , 
f((nt  rf7iére'si'es,cic.  Il  faut  remonter  à  la  source 
d'où  dérivent  tant  de  préjugés. 

Il  se  dit,  CD  ternies  de  Grammaire,  Da 
mois  qui  tirent  leur  origine  de  quelque  autre. 
Un  tel  mot  dérive  de  celui-là.  D'oit  failes-X'ous 
dériver  ce  mot?  Ce  mot  est  dèi  ivé  de  V Arabe. 

On  dit  quelquefois  en  ce  dernier  sens,  Déri* 
ver^  pour.  Faire  dériver;  et  alors  il  se  prend 
activement.  D'où  dériver -vous  ce  mot  -  lu  ?  J, 
le  dérive  du  Grec, 

On  dit  activement,  On  a  dèriiv  ces  euux  dts 
sources  voÏmmcs  ^our  les  faire  tomber  dans  ce 
canal. 

DKnivÉ,  ^:e.  participe. 

Il  e>t  auârsi  substantif;  ot  alors  on  ne  s'en 
sert  qu'en  termes  de  Grammaire.  Le  lerbe 
Couru*  et  ses  dérives.  Amitié  est  un  dérivé 
d'.Vnii. 

5i. 


EERMOLOGIIi.  s,  f.  Tcrrnc  d'Anotomir 
1-1  partie  de  la  Soniatologic  qui  traite  de  la 
peau. 

DERNIER  ,  ÈRE.  adj.  Qui  est  apits  tous 
les  .lutrcs,  ou  opiis  quoi  il  n'y  '"  p'"»  '■''^"-  '' 
«mVe  toujours  le  dernier.  Il  éloil  «ssis  le  der- 
nier à  la  table.  Il  «»(  le  dernier  de  la  classe 
C'est  le  dernier  de  sa  race.  Dans  les  derniers 
temps  de  sa  vie.  Remlre  le  dernier  soupir.  Ren- 
.  'are  les  derniers  devoirs.  Je  vous  le  dis  pour  la 
dernière  /oi<.  Le  dernier  jour,  le  dernier  du 
mois.  Dire  le  dernier  adieu.  Il  a  employé  jus- 
qu'au dernier,  ji:s<ju'à  son  dernier  sou.  Faire 
un  dernier  effurl.  En  dernier  lieu.  En  dernière 
instance.  La  dernière  année  de  la  guerre.  Der- 
:    nier  mot. 

Pc  On  dit,  L'année  dernière,  pour  dire,  L'au- 
ïîce  qui  prtcrdc  imipedialement  celle  eu  l'on 
parle.  On  dit  de  même,  Dimanche  dernier, 
Lundi  dernier.  Dans  celte  acception  ,  on  met 
toujours  le  substantif  le  premier  ;  mais  dans 
les  autres  on  met  ordinairement  l'adjcclif  avant 
le  substantif.  Dans  la  dernière  ussemhlèe,  dans 
la  dernière  querre. 

Op.  dit,  Mellrc  la  dernière  main  à  quelque 
chose,  pour  dire,  Aciiever  (juelqne  chose  de 
telle  manière  que  l'on  n'y  louche  plus. 

On  dit  de  Brutus  et  de  Cassius.  que  C'é- 
toient  les  derniers  des  Romains  ,  pour  dire , 
que  C'c'toicnt  1»'S  derniers  qui  avoient  combattu 
pour  la  liliertc  de  la  République  Romaine. 

DrnNiER  ,  se  prend  aussi  quelquefois  pour 
Ce  qu'il  y  a  d'extrême  en  charpie  penre,  foit 
rn  bien,  soit  en  mil.  Arrivé  au  dernier  dcrjré 
'rie  la  perfection,  .le  lui  ai  les  dernières  ohlicja- 
lions. Ccin  est  d.i  dernier  ridicule.On  Vu  Iraitt 
avec  la  dernière  indignité. 
I  Dans  celte  acception,  on  dit  d'Un  homme, 
nue  C'est  le  dernier  des  hommes,  pour  dire, 
que  C'est  le  plus  indigne,  le  plus  vil  des  hom- 
mes; et  d'Une  femme,  que  C'est  lu  dernière 
des  créatures. 

On  dit ,  j^voir  les  dernières  faveurs  d'une 
femme,  pour  dire,  En  avoir  la  jouissance. 

nEc>iEn,se  prend  aussi  quelquefois  suhs- 
lanlivement.  Ainsi  en  parlant  De  certains  jeux 
de  mains,  on  dit,  A'c  vouloir  jamais  avoir  U 
dernier,  pour  dire ,  Ne  vouloir  pas  souïTrir 
d'être  tonclié  le  dernier. 

En  prirhinl  aussi  d'Un  liouime  qui  vent  lou 
jours  répliquer  dans  une  dispute,  on  dit  H^iu- 
r;ment  cl  famlli'remcnt,  que  Ces»  un  homme 
mni  ne  vent  jamais  avoir  le  dernier. 

DEnsiEti  ,  .se  dit  aussi  De  chacune  de  ces 
deux  ouvertures  de  la  g-ilerie  d'un  jeu  de 
Paume ,  qui  sont  les  plus  tioijnie»  de  la  corde. 
Chasse  o-x  dernier.  An  dernier  la  balle  la 
gagne.  Au  dernier  la  balle  l.i  perd.  Fdçans  de 
parler  dont  on  s<.'  sert  Si  la  Paume. 

DERNIÈREMENT,  adv.de  temps.  Depuis 
peu,  il  n'y  a  pas  long-temps.  Il  arriva  derniè 
re-nent  un  étrange  accident. 

Dl';HOnv:R.  v.  a.  Ôter  la  robe.  U  ne  »e  dit 
gutrc  dans  celle  nccr'ption  que  Des  fèves  de 
mirais,  qu'on  a  dépouill'res  de  leur  première 
ci.vcloppc.  Fèves  dérobées. 


DER 

DKROBKR.v.  a.  Faire  un  Inrrin  ,  premlrc 
en  cachette  ce  qui  apparlieni  ii  anirui.  Dérober 
unehowse^  un  manteau.  l'Are  enclin  à  lîéroher. 

En  pnrlantdTn  lioinmc  qui  ;i  acquis  du  bien 
par  des  voies  légitimes,  mais  avec  beaucoup  de 
peine,  on  dit  familièicment ,  que  S'il  a  du 
f'icn,  il  ne  l'a  pas  dérobé. 

On  dit  d'un  Auteur,  qu'lt  Jérofcc,  Quand  il 
prend  dans  un  autre  quelque  pensée,  quelfjue 
période,  quelques  vers,  et  qu'il  se  les  appro- 
prie. //  n^y  a  rïcn  de  bon  dans  son  livre  que  ce 
qu'il  a  dérohc.  C'est  un  hardi  plantaire  j  il 
dérobe  des  chapitres  entiers. 

On  dit,  Dérober  la  (floirc  de  quelqu'un,  dc- 
rober  -i  quelqu'un  la  qloire  d'une  belle  action, 
pour  dire,  Lui  ôlcr  la  ^loîre  qui  lui  en  est  duc. 

On  dit  qiiclquoi^>is,  Dérober  quelqu*un, 
pour  dire,  I.e  voler.  Est  bien  larron  qui  larron 
dérobe. 

Di:noBEn  ,  sif^niHe  quclqu**ftiis  Soustraire. 
Dérober  nv  criminel  h  la  Justice..  Dérober  un 
i.ommc  à  la  colère  du  Prince^  à  la  fureur  du 
peuple.  Dérober  quelque  chose  à  la  cannois- 
sance  des  Juqes.  Dérober  quelque  chose  à  la 
vue  de  quelqu'un.  Dans  ccUe  acception,  en 
parlant  d'Une  armée,  on  dit,  cm'Ellc  a  dérobé 
une  marche^  pour  dire,  qu'Ell'  a  fait  une  mai- 
clie  sans  que  l'armée  ennemie  s'en  soit  aperçue. 

On  dit  aussidans  le  discours  familier,  qu'(7n 
?iomnic  a  dérobé  sa  marche.,  pour  dire,  qu'il 
est  allé  d'un  côté,  qnoicju'il  i  ût  fait  entendre 
qu'il  vouloit  aller  d'un  autre. 

On  dit  aussi  figurément,  en  parl.mt  d'Un 
Iionune  qui  caclie  les  moyens  dont  il  6C  sert 
pour  aller  à  ses  fins,  qu7/  dérobe  sa  mai-che. 

On  dit  aussi,  Se  dérober  d'une  compacjme , 
et  simplement,  Se  dérober ,  pour  dire.  Se  re- 
tirer d'une  compagnie  sms  dire  mot,  sans  qu'on 
s'en  aperçoive. 

Se  D^:nOTïF.n,  signiHe  aussi,  Se  sauver  de 
quelque  chose,  Tévilcr.  /(  se  déroba  n  ses  coup.^. 
Il  se  déroba  à  la  pours-.tîte  des  ennemis,  aux 


api 


ilaudis5i 


;  du 


pu'^li 


En  parlant  d'Un  obj^t  sur  leqxiel  on  arrête 
les  yeux,  et  qu'on  cesse  peu  h  p"u  de  voir,  ou 
parce  qu'il  s'éloigne ,  ou  parce  qu'on  s'en 
éloigne,  on  dit,qu'/ï  se  dérobe  à  la  wie.  Le 
viisseau  se  déroba  en  peu  de  temps  à  l'a  vue. 
Dès  qu^on  eut  mis  à  la  voile  ^  tou^  lc<i  objets  du 
rivaqe  se  dérobèrent  à  la  vue.  On  dit  aussi  (]uA 
mesure  que  le  jour  hal^-'-c,  les  objct.^  se  dérobent 
insensiblement  à  la  vue. 

On  dit,  qu'Un  cJieval  se  dérobe  de  dcssou. 
l'homme^  pour  dire,  que  Tout  d'un  conp  cl 
par  un  nionvctncnt  irrégulier,  il  s'échappe  de 
dessous  l'homme.  Ce  cheval  es!  liès-bon,  mais 
H  a  le  .''"/rtuf  de  se  dérober  de  dessous  l'honvnc. 

On  dit,  6e  dérober  un  rcpas^  pour  dire. 
S'ahsienird'un  repa>  qu'on  a  accoutumé  de  faire. 

DûnoDÉ,  ÈE.  participe. 

On  appelle  Escalier  dérobé,  Un  escalier  qui 
sert  à  déL5a;;cr  un  oppnricment,  pour  y  pnu 
voir  entrer  cl  en  pouvoir  sortir  sans  être  vu. 

On  appelle  Fèves  dérobées,  Des  ftves  qu'on 
a  d.'pouilli^'cs  de  l^ur  prcmitTe  p^au. 

On  dit,  quX'n  homme  fait  une  chose  à  ics 


DER 

heures  dérobées.,  pour  dire,  qu'il  pr  nd  sur  ses 
occupations  ordinaires,  le  temps  de  h.  faire. 

Àladéhobke.  phr.  nd/.  En  cachette.  Il  s'en 
est  allé  à  la  dérobée.  Ils  ne  se  voient  ^u'ti  la 
dérobée. 

DÉROCHER  ou  DÉROQUER.  v.  a.  Terme 
de  Fauconnerie.  Il  se  dit  des  grands  oiseaux, 
qui,  poursuivant  des  bêtes  à  quatre  pieds,  les 
obligent  quelquefois  de  se  précipiter  du  haut 
d'un  rocher. 

DÉnoCHÉ^ÉE.  participe.  ' 

DÉROGATION,  s.  f.  Acte  par  lequel  le  Roi 
déroge  à  un  Edit,  h  une  Loi ,  etc.  ou  les  parti- 
ruliers  h.  un  Contrat,  ^  un  Testatnent  qu'ils  ont 
fait.  Cet  Edit  subsiste  en  entier,  H  n'y  a  point 
eu  de  déroqation.  Citlc  cbinsc  n'emporte  point 
de  déroqation  à  une  disposition  précédente. 

DÉRO(;AroiRE,  adj.  des  a  genres.  Il  ne 
se  dit  que  Des  actes,  ou  des  clauses  par  les- 
quelles on  déroge  h  un  Acte,  ii  un  Edit,  etc. 
Acte  dérogatoire.  Clause  dérogatoire. 

DÉROGEV>XE.  s.  f.  Action  par  laquelle 
on  déroge  à  la  noblesse.  On  l'a  mis  à  la  taille 
à  cause  de  sa  deroqcancc.  Quand  H  y  a  dffro- 
qeauce,  il  faut  des  réhabilitations^  il  n'est  d'u- 
sage qu'en  style  de  Cbinccllcric, 

DÉROGEANT,  ANTE.  adjccl.  Qui  déroge. 
f^n  ac(c  pos'éneur  décojca'it  au  premier.  Des 
(iclions  dérogeantes  à  la  noble  se.,  a  noblesse. 

DÉROGER,  V.  n.  Statuer  quelque  cliose  de 
contraire  en  tout  ou  en  partie  à  ce  <  iii  avoit  été 
statué.  Le /?oi,  par  sa  Déclaration  d'un  tel  j'oii.", 
a  dcrofjé  à  son  J-.dtt  du. . . . 

DÉnoGEn,  signifie  aussi,  Faire  quelque 
chose  de  contraire  à  quelque  acte,  à  quelque 
convention,  à  quelque  contrat.  J.esdeux  parties 
ont  dérogé  à  leur  contrat.  Déroger  à  une  tran- 
saction par  une  autre^  aux  chiures  d'une  so- 
ciété. Déroger  à  ses  droits.  Lc$  privilèges  dé- 
rogent au  Droit  commun. 

On  dit.  Déroger  à  noblesse  y  ou  simplement 
Déroqer ,  pour  dire,  Faire  quelque  chose  qui, 
par  1rs  Lois  du  pays,  fait  déchoir  de  la  noblf^je. 
Prendre  des  terres  à  ferme,  tenir  boutique,  etc. 
c^est  déroge."  à  nobles<c.  Il  étoit  de  nvhle  race, 
mais  son  aïeul,,  son  père  a  dérogé. 

DÉROÏOIR.  V.  net.  Diminuer,  ôter  le  roi- 
deur.  //  faut  mettre  ce  linge  devant  U  feu  pour 
le  déroidir. 

]|  s'emiiloic  aussî  fi  purement.  5on  cjrdctcre 
commence  à  se  déroidir. 
D::notDî,  ie.  participe. 
DV.ROMPRE.  V.  n.  Terme  de  Fanconncrift, 
Il  se  dit  d'un  oiseau  do  proie ,  qui ,  fondant  sur 
un  aulre,  le  heurte  si  rudement,  qu'il  rompt 
son  vol  et  le  fait  lomher. 

Dr,ROU(;lU,  V,  act.  Oter  la  rongeur.  KlU 
(xvo't  ie  vi<agc  tout  rouqe  de  Ij  petite  vc-.ole, 
un  mois  de  temps  l'a  entièrement  dérougie. 

Uest  answ  neutre,  et  signifie,  Devenir  moms 
rou-^e.  Cela  dérougira  à  Vair.  Le  r.a  ne  lui  a 
prts  dérouji. 

Il  s'emploie  aussi  dans  le  même  son»  arec 
le  pronom  personnel.  Ccbi  commence  à  se  dé- 
rouflir, 

Dcnouci,  IE.  parl'wipc. 


DER 

niÏROUlI.I.KR.  T.  act.  Ô'.er  la  ronlllf.  Dé- 
rouiller ildi  arma.  Dérouiller  des  fiisiclels. 

Il  se  dit  aussi  avec  se.  Le  fer  se  dcrouiUe  peu 
i  peu  à  force  d'être  manie. 

Dir.oiii.LEii,  se  dit  aussi  figurémcnt  et  fa- 
milièrcm.  Ainsi  eu  parlant  d'Un  jeiicie  homme 
que  le  commeree  du  monde  a  façonné  ,  a  poli , 
un  dit,  que  Le  commerce  du  monde  l'a  dé- 
rouillé. 

On  dit  aussi  figurt'mcnt  aver  le  pronom  pci- 
sonuel,  que  L'esprit  se  déroudle  dans  le  cjranà 
monde  t  dans  le  commerce  du  grand  monde. 

DÉnoctLLÉ ,  F.E.  participe. 

DÉROULER,  vcrlw  a.  Étendre  ce  qui  étoil 
roule,  et  le  nielUe  de  son  lon^.  Dérouler  une 
étoffe.  Dérouler  un  vieux  titre. 

I)Énoi;i.É,  ÉE.  participe. 

DKUOUTIi.  s.  f.  Kuilc  de  troupes  qui  oui 
été  di^fjile.%,  qui  ont  clé  rompues,  ou  ipii  onl 
pris  1  épouvante  d'elles  mtmts.  Grinde  déroule. 
C'est  dans  la  déioute  que  se  fnit  !c  plus  jr.iiiJ 
carnage. 

DinocTE ,  se  dit  fi^urémenl  Du  dépérisse- 
ment, du  renversement  loVal  des  alTaires  d'un 
homme.  La  déroute  des  a jf lires  de  ce  Mar- 
chand. La  dércute  de  ses  affii'tres,  dcsa  fortune. 
Ses  affaires  sont  en  déroute.  Cet  arcidenl  ii 
mis  In  dé.c»le  dans  ses  u^iiircs,  ii  mis  ses  af- 
flues en  déroute.  On  dit  aussi ,  en  pirlaiil 
d'Un  Marchand,  d'un  Ncgicianl,  Diyuù  su 
déroute. 

On  dit  aussi  figurément ,  Mettre  un  liommt 
m  l'èruule'  pour  dire,  I,e  presser  vivemeni 
(!ans  une  dispute ,  dans  une  ronversation ,  et  !« 
meure  hors  (l'état  de  répondre. 

DÉROUTER.  V.  act.  Tirer  quelqu'un  de  sa 
route,  de  son  chemin.  A'oiis  étions  dans  le  che- 
min ,  vous  nous  avez  déroutés. 

Il  signiOe  aussi  figurément.  Rompre  les  me- 
sures que  quelqu'un  prenoil,  et  qui  le  condui- 
soient  .'i  son  lait.  La  disfjrtUe  de  ce  iWinistre 
ni'd  dérouté.  Il  ne  sait  plus  quel  parti  prendre^ 
il  est  tout  déroulé. 

Il  signifie  aussi  Déconcerter.  Ce  (ju'on  lui  a 
dit  l'a  dérouté, 

DrnoiTf.,  it.  pariieipe. 

DLRRIKKE.  Préjwsi  ion  locale  opposée  j 
1.1  pr'-|>osilion  Devant  ^  el  qui  marque  ce  qui 
est  apr^s  une  chose  ou  nne  personne.  Derrière 
1(1  inuiion.  Derrièie  le  jardi^i.  Dariére  la  porte. 
Derrière  le  coffre.  Derrière  la  tapisserie.  Il  {toit 
astis  derrière  vous.  Ils  fuyaient  i  toute  hide 
sans  regarder  derrière  eux.  Il  a  grand  nombre 
de  Laquais  derrière  lui,  derrière  son  carrosse. 

Il  se  met  quelquefois  alisoliwneni  et  sans  ré- 
gime, et  il  Cil  alors  advrrlir.  Je  l'ai  laissé  bien 
loin  derrière.  Regarder  derrière.  Marcher  der- 
ri'-<e.  Qu'importe  que  cela  soit  devant  ou  der- 
tiè  c?  C'est  un  t.jllre,  il  m'ii  frappé  par  der- 
rière. Ciirpt- de -logis  de  deiricrc.  Porte  de 
t^erricre.  Le  tra'in  de  derrière  d'un  carrosse 
d'un  cUeval. 

On  appelle  G;;uri'ment  el  f.imiliirem.  Vorte 
de  derrièe,  li.e  rtlinppoioire,  un  f.iui-fuv.int 
On  ne  saurait  tiaiter  lûrentenl  avec  cet  homme- 
là ,  it  a  toujours  queljuepale  de  dariéte. 


DES 

On  dit,  qu  On  a  mis  une  chose  sens  ievanl 
daTière,  pour  tlirc,qii'On  a  mis  derrière  ce  qui 
devolt  lire  dcvjnt.  il  a  mis  sa  robe  sens  devant 
derrièrt'. 

On  s'tn  sert  aussi  figurément.  pour  dire, 
qu'On  a  renversé  l'ordre  de  quelt{ue  cliosc. 
Tous  les  chapitres  de  ce  /iVrc  sont  sens  devant 
dcnièrt. 

On  dit  figurément.  Laisser  tjvel^u'un  bien 
loin  derrière,  [>our  dire,  Le  surpasser,  avoir 
beaucoup  d'avantage  sur  lui.  Ils  ont  été  cqaux, 
mais  enfin  il  Va  laissé  bien  loin  derrière. 

On  dit  en  Morale,  //  ne  faut  pan  rc{jarder 
derrière  soi,  pour  dire, que;  Lorsqu'on  est  dans 
le  bon  clicmiu,  il  faut  avancer  toujours,  qu'il 
faut  continuer  quand  on  a  bien  comnicncu. 

DEniuÈriE,  est  aussi  un  nom  substantif,  el 
signifie  Ijï  partie  poslcrieurc.  Le  derrière  de  la 
miti-ion,  le  da-rière  d'une  charrette.  Il  occupe 
le  deriière  du  logis.  Il  est  logé  snr  le  derrière. 

DEiiniÈiiE ,  signifie  aussi  Cette  partie  do 
ri?omnJe  qui  ci.  npreud  les  fesses  et  1p  fonde- 
ment. S^écoicher  le  derrière.  Montrer  le  der- 
rière. 

On  dit  figuiémcnt  et  populairement  d'Ca 
liomni*'  qui  n'a  pu  tenir  des  choses  qu'il  s'cioil 
va:itc  de  faire,  qu7l  a  montre  le  derrière. 

On  dit  figiircmcnt  et  populairement,  qu't^ii 
homme  fuit  rage  des  pieds  de  derrière,  poui 
ilirc,  qu'il  fait  tous  ses  cfloiLs,  qu'il  met  toul 
rn  us  ige  pour  réussir. 

DLRVIS  ou  DERVICHE,  s.  m.  Espèce  de 
loiuc  cliez  les  Tuics  Ce  mot  signifie  Pauvre. 

DES 

DES.  Particule  qui  tient  lieu,  par  contrac- 
tion, de  la  préposition  De,  et  de  l'article  plu- 
riel Les.  Des  se  met  avec  les  noms  tant  mascu- 
lins que  féminins,  soit  propres,  soit  appella- 
lifs.  Les  ma.ximes  des  Philosophes.  Il  est  so^tl 
des  prisons.  La  famille  des  Césars. 

Des,   est  aussi   partitif,  et  s'emploie   pa( 

ellipse.  Il  y  a  des  hommes  (jui des  Savant 

£|iii  souïiVnnenï  ....  El  c'est  comme  si  l'on  di- 
soit.  Il  y  a  <|ucI«jHes-uns  des  hommes,  qui.... 
quchpies'Uns  des  Savans,  gui.,.. 

Quand  il  est  employé  dans  le  sens  partitif, 
el  que  le  substantif  pluriel  est  précédé  d'un 
ndjertif,  on  ne  dil  pas  Des,  mais  De.  .Ainsi  il 
faut  dire.  De  savans  Auteurs, d'cjccellvns  fruit-i, 
quoiqu'on  dise,  Des  Auteurs  savans,  des  fruits 
crccllcns.  On  dil  cependant  Des  jeunes  gens , 
des  bons  motSf  etc.  parce  que  Jeunes  gens  y 
bons  mots,  etc.  sout  regardés  comme  un  seul 
mol. 

Après  l>ien,  signifiant  beaucoup^  on  met 
Des,  quoiqu'on  mette  De,  apr^  beaucoup  cl 
peu.  liien  des  spectateurs  ^  beaucoup  de  specta- 
teurs, peu  de  spectateurs. 

Il  se  dil  aussi  pour  Plusieurs.  Il  a  été  des 
années  saia  le  voir.  On  y  voit  des  milliers 
d'aihres. 

DÉS.  Depuis.  Préposition  de  temps  et  de 
lieu.  Dès  l'enfance.  Dès  hier.  Dés  Orléans.  Dès 
sa  sowce, 

Dts ,  remploie  auiji  pour  désigner  Ud  temps 


DES  4o5 

fixe  et  procliain  duni  l'avenir.  J'y  travaillerai 
dés  demain,  dès  la  semaine  prochaine. 

Dis,  se  construit  aussi  avec  gue,  ci  il  se  dit 
Du  temps.  Dès  gue  le  soleil  fui  levé.  Dés  guii 
parut.  Dès  gue  je  serai  arrivé. 

DÈS  QDE,  se  prend  aussi  pour  Puisgue.  Dès 
gue  vous  en  tombez  d\tccord.  Dès  que  vous  le 
souhaitez. 

Dès-là.  Voyez  LÀ. 

DÊSABU3EMENT.  s.  m.  Action  de  dcsabu- 
syr,  ou  rcîlèt  de  cette  action. 

DÉSABUSER,  v.  a.  Détromper  de  quelque 
fausse  croyancr.  Vous  êtes  dans  l'erreur,  je 
vous  veux  désabuser.  Je  le  croyais  homme  de 
bien,  mais  j'en  suis  bien  désabusé.  Désabuse^ 
l'ous  de  croire  que  Von  s'occupe  de  vous. 

Ou  dil,  Se  désabuser  d'une  chose,  en  être 
desabuse,  pour  dire,  Se  détromper,  être  dé- 
tiompé  de  1  estime  qu'on  y  fiiiaclioii.  Etre  dés- 
alusc  des  grandeurs.  Désubusez-vous  de  cela. 

DÉSABUSÉ,  ÉE.  participe. 

DÉSACCORDER,  v.  a.  Détruire  l'accord 
des  cordes  d'un  instrument  de  Musique,  Il  a 
désaccordé  mon  îutJi.  La  chaleur  a  désaccordé 
le  clavecin, 

DÉSACCORDÉ,  ÉK.  participe. 

DÉSACCaUPLER.  v.  a.  Détacher  les  unes 
des  autres  des  c!ioscs  accouplées. 

DÉSACCourLÉ,  LE.  participe. 

DÉSACCOUTUMA.NCE.  s.  f.  Perle  de  quel- 
que  coutume  ou  de  quelque  habitude. 

DESACCOUTUMER,  v.  act.  Faire  perdre, 
faiiâ  quitter  une  coutume,  une  habitude.  On 
aura  bien  de  la  peine  à  le  désaccoutumer  du 
vin.  Il  se  désaccoutume  du  jeu.  Il  s'est  désac- 
coutumé de  jouer.  Désaccoutumez-  vous  de 
mentir. 

Dfisaccoutcmk,  ée.  participe. 

DÉSACIfALA>DER.v.a.  Éloigner  les  clm- 
lands,  faire  perdre  les  pratiques,  éloigner  ceuT 
qui  ont  accoutuméd'aclietcrcliezun  Marchand. 
Ce  mauvais  bruit  a  fort  dcsac'ialandé  ce  Mar- 
chandf  désachalandé  sa  boutique, 

DÉSACHALAVor,  ÉE.  participe. 

DÉSAFFOURCHER.  v.  u.  Tenne  de  Mih 
rinf".  Lever  l'ancre  d^affairche. 

DÉSAGIIÊAULE.  adj.  des  a  g.  Qui  dcplaîl. 
Fa-sonne,  figure^  humeur  désagréable.  Cette 
viiitCy  ce  dw.cours^  cette  noui-elie  lui  a  été  fcrl 
désagréable.  Cela  est  désagréable  à  voir  y  à  en- 
tendre,  à  s^entendrc  dire.ïlesl  désagréable  d'a- 
voir ajfairc  à  des  gem  dilJicullucux, 

DÉSAGRÉABLEMENT,  adv.  Dune  ma- 
nière désagrcaldc.  Parler  désagréablement.  Ri'e 
désagréablement. Passer dc.'agréablement  sa  vie 
à  ne  savoir  gue  faire.  Il  est  fort  âcsaqréable- 
ment  en  ce  Hcu-là. 

DESACJREER.  v.  neut.  Dcplnirc,  n  agréer 
pa'..  Si  cela  ne  l'eus  désagr^e  pas, 

DÉS.VCREER,  V  a.  se  dïl  en  termes  de  Ma- 
rine, d'Cn  vaisseau  doill  on  ûtc  les  agrès,  les 
voi'cs,  te9C«irJages  et  ;:u:rcs  choses  nccL'ssniics 
pDur  la  manœuvre;  d'un  vai:iseaii  qui  a  [»cr.iu 
ta  agrc.t  par  accident  ou  dans  uu  combat. 

DûsAGncc,  ir.  parli(i|}c. 

DÉSAGRÊ.MEM.  s,  m.  O-osc  dcsagréabU, 


iùG 


DES 


•ujet  ile  cliagrln ,  d'ennui ,  de  dégoût.  C'est  un  ' 
arand  âésaqiément  ijue  (i'm'oir  des  procès.  Il  « 
eu,  essuyé  de  qrands  dcsaqréniens  dans  ies 
fonctions  de  sa  Char(je.  Il  a  rei;u  là  un  qrand 
désa<jrémerit.  Il  s'est  attiré  bien  des  dtsagre- 
mens.  Il  y  a  bien  dn dèsa(fién}cni  à  se  mêler  de 
vos  afptiies.  On  n'en  a  que  du  di-sagrement. 

UÉsAcnÉMEVT,  6c  dil  aussi  U's  défauts  de 
la  personne.  Elle  est  belle,  miiis  elle  ne  laisse 
pas  d'avoir  quelquo  désaqrémeni  dans  le  visage. 
Celle  tacite  au  vis  ige  est  un  grand  désagiément. 
H  a  un  désagrément  dans  ses  manièresqui  gdtc 
tout  ce  qu'il  dil. 

DKSÀJUSTER.  V.  n.  Foire  qu'une  chose 
ctsse  d'être  dans  l'arransomcnt,  dans  la  posi- 
tion où  elle  cloit,  et  où  elli'  devoit  être.  Vous 
avez  disajuslé  mon  lélescop».  Désajuster  un 
canon. 

On  dit,  qu't/n  cheval  rst  dèsajusié,  pour 
dire  .qu'il  ne  lait  plus  le  manège-  aTec  la  mèni« 
justesse. 

DÉSAjnsT^,  ÉE.  participe. 

DÉSALTÉRIÎR.  v.  act.  Apaiser  la  soif.  L« 
vin  mêlé  avec  de  l'eau  désaltère  mieux  que  l'eau 
toute  pure. 

DÉsALTÉnÉ,  iz.  participe. 

OÉSANCRKR.  v.  n.  Lever  l'ancre.  On  va 
partir,  l'ordre  est  donne  pour  désancrei'. 

DÉSAPPAREII.LER.  v.  a.  Ôter  une  ou  plu 
sieurs  clioses  du  nombre  de  colles  qui  étoient 
pareilles.  Dcsiippareiller  des  chcvau.r ,  des  vases. 
On  dit  i)lus  oïdiuaircnient,  Oépareillei-. 

En  termes  tic  Marine,  il  sipnifie  le  cortraire 
d'Avvareitkr. 

DtsAPPAnEiLLÉ,  ÊE.  participe. 

DF^.SAPPARIER.  v.  a.  Détruire  ou  enlcTCI 
le  mile  ou  la  femelle  de  deux  oiseaux  apparies. 
On  a  désapparié  ces  pigeons,  ces  perdrix. 

DÉsAPPAni^,  iz.  participe.  Perdrix  désap- 
p^iées. 

DÉSAPPOINTER,  v.  actif.  Ôter  du  rAle,  de 
l'état  des  Soldats  ou  Officiers  de  guerre  entre- 
tenus. De'soppoinler  un  Soldat,  un  Capitaine. 
Il  est  vieux. 

Désoppoinlcr  une  pièce  d'éloffr,  en  lennrs 
de  Commerce,  Couper  Iss  points  de  fil  ou  de 
ficelle  qui  liennent  eu  état  les  plis  de  cette 
pièce. 

DtsAPPOUiTÉ,  fx.  participe. 

D1':SAPPRENDRE.  v.  a.  (  Il  se  conjugue 
comme  Prendre.  )  OuMier  ce  qu'on  avoit  ap- 
pris. //  a  désappris  tout  ce  qu'il  savoit.  Cet  en- 
fant, bien  loin  d'apprendre,  désapprend  tous 
les  jours.  J'ai  désappris  à  danser. 

DÉSArpnis,  i.SE.  participe. 

DÉSAPPROBATEUR,  TRICEL  odj.  Qui 
désapprouve  par  caractère ,  par  lialiitude.  Es- 
prit, coinclérc  disapprobateur. 

Il  se  prend  aussi  substantivement.  C'est  un 
disapprobateur  éternel. 

DÉSAPPHOBATION.  8.  f.  Action  de  d&op- 
prouver.  Votre  désapprobation  Va  chagrine. 

Df:SAPPROPRIATIO>'.  siitst.  f.  Terme  de 
Pratique.  Action  par  laquelle  on  abandonne  la 
propriété  d'une  cliose. // n'en  viendra  pas  aisé- 
runi  à  la  désappropriation  de  ses  biens. 


DES 

i  DÉSyVPPROPRIER,  se  DIÎSAPPftOPRlER. 
V.  pronom.  Renoncer  à  lu  propriété,  sVn  dé- 
pouiller. 

Dksappuophié,  ÉE.  participe. 

DÉSAPPROUVER,  v.  a.  BlAmer,  condam- 
ner, trouTcr  mauvais.  Tout  le  monde  désap- 
prouve sa  conduite.  C'est  une  action  (^u^on  a 
désapprouvée  qénéralement.  Je  tic  désapprouve 
pas  ce  quil  a  fait, 

DïisAppnouvé,  ÉE.  participe. 

DÉSARÇON?JER.  v.  a.  Mettre  liors  des  ar 
çons.  Un  Citvaiicr  sur  une  seUe  rase  est  aisé  à 
désarçonner.  Son  c}ic\'al  en  sautant  l'a  d^sal- 
çonné. 

Il  se  dit  ri';urcnienl  et  Ciïmiliî'remrnt ,  et 
ii^ific ,  CoitibnJre  oucl'pi'un  d.ins  une  disputa, 
le  mettre  liors  d'état  de  répondre.  Ce  Pfiilusu- 
plie  eut  hienlôt  désarçonné  :ûn  adversaire. 

DESArvçONNF.,  ÉE.  participe. 

DÉSARGENTER,  v.  a.  Ôter  l'-ir^ent  d'une 
chose  qui  ctoit  ari;cntée./>c[eu  a  desarejenté  rcfi 
llambeaiix.l]  est  plus  usitë  au  paiticipe.  Flam- 
beau désargenté. 

On  dit  familièremenl  ,  Désargenter  (juei 
aWiin,  pour  dire,  Le  dégarnir  d'argent.  On 
vous  a  bien  dcsarqenté. 

DÉSAR&E1SIK,  ÉE.  participe. 

DÉSARMEMENT,  s.  m.  Action  par  laquelle 
on  fait  quitter  les  armes  à  des  gens  de  guerre 
ou  auties.  Le  désarmement  de  la  garnison  fut 
le  premier  article  di  la  capitulation.  On  ordon- 
na le  désarmement  des  habitant. 

11  sipiiifie  aussi  I.p  IVpncienient  df.s  qeris  d'i 
guerre.  On  convint  du  désarmement.  Les  Plaça 
ne  furent  rendues  (ju\iprès  le  dé:^armcment. 

On  dîlj/-e(/es«rmcnienl  d'un  vaisseau^  poni 
dire,  L'action  par  laquelle  on  en  ôle  les  armes 
et  les  agrès. 

On  appelle  Désarmement .  en  termes  d'Es- 
crime  .  L'action  par  laquelle  on  se  saisit  de 
lepée  de  son  adversaire.  Tenter  le  dé^c.rmement. 
En  venir  au  désarmement. 

DÉSARMER,  v.  a.  Dévêtir  Tarraure  Je  liar- 
nois  de  t^uerre.  Api-ès  le  combat  il  se  fit  désar- 
mer par  son  Ecuyer.  Il  alla  se  désarmer.  ' 

Il  signifie  aussi,  Oter  les  armes  ù  qiiclqn'un 
malgré  lui.  Le  Gouverneur  de  la  X\Hc  a  des- 
armé les  Bourgeois.  Il  se  battit  contre  un  tel^ 
et  le  désarma. 

DÉsAhmer,  .s'emploie  aussi  absolument;  cl 
dans  cette  acception  il  signifie. Poser  les  amies. 
congédier  les  troupes  ,  et  cesser  de  faiie  la 
{»uerre.  Toutes  les  Puissances  bcllitjcrantfs  ont 
désarmé.  On  na  pas  encore  rcqlc  rjui  dcsar-i 
meroit  le  premier. 

En  p.'irlant  De  vaisseaux  de  •guerre,  on  dit. 
qu'On  (1  désarmé  des  luiisseaux ,  des  galèrcf  ; 
et  absolument,  qu'On  a  désarmé^  pour  d:re. 
qu  Un  a  déj^arni  des  vaisseaux  de  leur  artillerie. 
de  leur  équipage,  de  leurs  aj^r^-s,  et  qu'on  les 
n  laissés  dans  le  port  ;  qu'on  a  mis  à  terre  les 
matelots  et  ia  chiourmc  d'une  galère  dans  tel 
port;  et  diins  clteplirasc,  De.Çrtrmcr est nenirr. 
4  Dt^ARMEn ,  s'emploie  aussi  fîpurénicnl.  Ainsi 
on  dit,  Désarmer  la  colère  de  Dieu,  pour  dire, 
Apaiser  la  colère  de  Dieu  ;  Dcsarnur   la  ven- 


DES 

geance,  pour  diiP,  F'aire  cesser  IcsmouvemciU| 
les  sontimcns  de  vcn;;euncc 

On  dit  aussi,  qu'/.'»  homme  s'est  laissé  déy- 
armer  par  les  soumissions  d'un  autre,  peut 
dire,  qu'il  s'est  laisse  apaiser. 

DÉSAHMÉ,  ÉE.  participe. 

DÉS-^RROl.  s.  m.  Diwordre  dans  les  aflaires, 
renversement  de  fortune.  Il  n'est  d'usapc  qu'a- 
vec les  prépositions  en  et  dans.  Être  en  désar^ 
loi.  Ses  affaires  sont  dans  un  qrand  désarroi, 
dans  un  étrange  désarroi.  Mcttreune  troufcen 
disarroi. 

DK.SASSEMBLER.T.  a.  Siparcrce  qui  ctoit 
joint  par  assemblage.  Il  ne  se  dit  f^ut-re  <[u'en 
parlant  Des  pièces  de  rbarpenterie  et  de  imnui- 
bcric.  On  a  désassemhlé  cette  charpente.  Il  faut 
disassenthler  tles  tablettes  à  livres  pour  les 
transporter. 

DÉsAssEJtBi.i,  ÉE.  participe. 

DÉSASSORTIR,  v.  act.  Ôter  ou  déplacer 
quelqu'une  des  clioses  ((ui  ovoicnt  été  assorties. 
On  a  désassorti  mes  porcelaines,  mes  (fiainans. 

DÉs.vssoKTi,  lE.  participe. 

DÉSASTRE,  s.  m.  Accident  funeste,  m»l- 
licur.  C'est  un  qrand, un  étrange  désastre  pour 
cette  famille,  pour  ce  Pays-là.  Quel  désastre  ! 

DÉS.^STREUSEMENT.adv.  D'une  manière 
désastreuse.  La  fête  «fini  (ié.îasIrCH.'cment. 

DESASTREUX,  EUSi:.  adj.  Funeste,  mal- 
heureux. Il  est  principalement  d'usage  dans  la 
Poésie  et  dans  le  style  souti  nu.  JEi't'/iement  dc- 
sastrettx.  Mort  désastreuse. 

DÉSAV.VN'TAtJE.  s.  m.  Inf.'riorilé  e n  quel- 
lue  genre  que  ce  soit ,  conihat ,  dispute  ,  dc- 
rnMé,  concurrence,  conq>étence.  etc.  Ainsi  on 
ilit,  que  L'I itfanterie  a  bien  du  disavantage 
m  rase  campagne  contre  la  Cavalerie.  Pren- 
dre, voir  les  qens  à  leur  désavantaqe.  Il  se  dit 
bussi  Des  choses.  I}e  disavantaqe  du  poste.  Le 
désavantaqe  des  armes.  Le  désavantage  du 
vent. 

Il  signifie  aussi ,  Préjudice ,  dommage  ;  et 
c'est  dans  ce  sens  qu'on  dit  :  H  ne  se  passera 
rien  en  cela  à  votre  désavantaqe.  L'affaire  a 
tourne  à  leia'  désavantage. 

DÉSAVANTAGEUSKMETr.  adv.  D'une 
manii^re  désavantageuse.  //  parle  désavantu- 
qcusement  de  vous.  Vous  jugez  désavantcgeu- 
sèment  de  lai.  Il  s'est  marié  désavantageute- 
ment. 

DÉSAVANTAGEUX,  EUSE.  ad).  Oui 
cause  ou  qui  peut  causer  du  désavantage,  du 
préjudi.-e,  du  dommage.  Vue  telle  clause  de  ce 
contrat  vous  est  désavantageuse.  Les  discours 
qu'il  tient  partout  vous  sont  fort  dé.avanla- 
qeiLc.  Prrrli  désavantagea r.  Mariage  dcsavan- 
tiincur.  Ses  affaires  sont  dans  une  situation 
désavantageuse. 

Poste  désavantaqeur,  se  dil,  i  la  gjierre, 
d'Dn  poste  mal  choisi,  ou  mauvais  par  la  si- 
tuation ,  et  où  il  est  nial.iisc  que  des  troupes 
puissent  se  défendre. 

DÉSAVEU,  s.  m.  Dénégation.  Il  fil  un  dés- 
aveu de  tout  ce  qu'il  avoit  dit.  J'en  ui  son  des- 
aveu firmel. 

Il  se  du  aussi  De  la  déclnraliou  qu'on  fait} 


DES 

lorsqu'un  homme  ayant  fait  ou  dit  quelque 
tlioje  au  nom  d'un  autre  ,  celui  au  nom 
duquel  il  a  .1^1,  dcclwe  que  c'est  contre  son 
intention  et  sans  son  ordre.  Cela  est  sujet  ,) 
désaveu. 

r  se  dit  aussi  fi;;urcmerit,  De  tout  clionge- 
mcDt  de  conduite.  Sa  nouvelle  vie  est  un  dei- 
oi-eri  fvrmel  île  sa  vie  passée. 

DKSAVEU(iI.KR.  v.  a.  Tirer  quelqu'un  de 
laveusleinciit ,  le  délroini>er  d'une  erreur,  le 
(guérir  d'une  passion.  U  n'est  d'usage  qu'au 
figuré.  Il  est  eiifm  dcsavtuglê,  on  Va  tiré  d'er- 
reur. 

Di^AvrcGii,  KE.  participe. 

DÉSAVOUER.  V.  a.  Nier  d'avoir  dit  on 
fait  quelque  chose.  'Poiis  l'iu'ei  dit,  vous  n'o- 
seriei  le  désavouer.  Je  ne  dimvoue  pas  (jue  j'c 
n'en  aie  éié  fiché.  Je  ne  d^-sm-oue  yas  que  j'en 
«1  t(e  /.it/ic. 

Il  signifie  aussi ,  Ne  vouloir  pas  ri'connoilrc 
une  cliasc  pour  sienne.  Désavouer  un  ouvrage. 


Déiavouer  son  sein{j.  sa  sitj 


nature.  Désavouer 
auelqu'an  pour  son  parent  Cette  niére  dénatu- 
rée a  déiavouc  son  enfunt.  Si  vous  étiez  ca- 
pable de  cela ,  ie  vous  désavoua-vis  pour  mon 

Il  si^iufie  aussi ,  Déclarer  qu  oa  xi  a  pris 
donne  i>rtlrc.  Dé<uvout'r  u/i  Ambasftiih'iir,  da- 
avoucr  ce  qu'un  Anihassudeur  a  /dit,  se  dit 
l-orsqn'un  Prince  doctarc  que  c€  que  son  Ani- 
hnssailciir  a  ibit  en  son  noni,  il  l'a  fait  sans 
imliu  et  conireïon  intention. 

On  d!l  ;ni!wi .  Ucs<i\fOiter  un  Procureur,  dés- 
avouer ce  ifu'un  Procureur  a  dit  ou  fait^  pour 
dire,  Dcdarer  qu'un  Procureur  a  agi  sans  ordie 
et  contre  rinlention  de  sa  Partie. 

UE^iAVOft,  lE.  participe. 

ni:SCKLLi:H.  v.  a.  Dcucher  ce  qui  est 
tc«ilé  en  plJIre.  V  faut  desceller  ces  qonds. 

Descellcii.  ùlcr  Le  sceau  d'un  acte  *  d'un 
titre, 

He^  CEI  LÉ,  IX.  participe. 

Di:S<^'j!:NDAM:t:.  s.  f.  Extraction.  Il  dit 
qu'il  e^l  de  telle  rucc,  mais  il  ne  prouve  pas 
bien  sa  descemiitrice.  La  qcnêalc^ie  et  dcscen- 
dunce  d'un  lA. 

DESCE>1>A>T,  A>TE.  adj.  Terme  d'Ana- 
tomic.  Oui  drscend.  Aorte  descendiititc. 

En  termes  d'Astronomie,  on  appelle  Sifjncs 
ascendans^  Ijes  ^i;^us  du  Zodto'jue  pnr  les- 
quels le  Soleil  paroit  Tuonlcr;  et  Sitjues  des- 
cendant. Ceux  par  lesquels  îl  p;iroit  descendre. 

Il  si;j;nUje  ligureinent ,  Qui  i!5t  i<uu ,  qui  (ire 
son  origine  d'une  per^nuDe,  d'une  race.  Il  ne 
.'e  dit  guiTC  nu  singulier.  Les  descendant  d'A- 
Vniiuim.  Lei  desceiidatis  de  Saint  Lvuii.  L( 
maiiuge  est  défendu  entre  tous  les  ascen.-f(in.< 
r*  Aescenduns  tn  liane  directe.  Alors  U  est  subs- 
taiilif. 

On  dit,  en  parlant  de  Céii(falo:;ie ,  Ligne 
âcM-end^rute^  ixmr  diie,  I>a  posirrilc  «îe  quel- 
qu'un ;  cl  Liijne  atcenûante,  pour  dire.  Les 
anct'ln»  de  quelqu'un. 

l)i:>ï;i:.M>ltK.  v.  n.  Aller  de  1  aut  en  Ins. 
/V*reii.ïie  rf'iiuc  montunne  ditns  U  jdttinc. 
Descendre  de  sa  cUatnhit.  Descendre  d'un  ar- 


DES 

?'re,  du  haut  d'une  maison.  Descendre  de  che- 
K-aly  de  carrosse,  d'un  bateau.  Descendre  à 
terre.  Descendez  là.  Descendre  de  de^.'îuv  un 
^cfiofaud.yotie-Seigneur  descendit  aux  Enfers. 
/a'  Saint-Esprit  desccndti  sur  ies  apôtres  en 
langue-:  de  feu.  Elie  fit  desceKiie  ^-e  (tu  du 
Ciel.  Il  êtoit  niontéy  il  est  denendu.  Le  Oa/o- 
n.èb'e  a  descendu  de  (luatre  deqrts  pendant  la 
journée. 

Il  se  dit  géntT.iiomenf  De  tout  ce  qui  tend, 
ou  qui  est  porte,  poussé  de  iiaut  ou  bas.  Les 
choses  pesantes  descendent  en  bas.  Les  rivières 
descendent,  vont  toujours  en  descendant  dcpui- 
leur  source.  Les  bateaux  qui  descendent. 

Il  signifie  aussi,  S'étendre  de  liant  «i  bas. 
Ses  cheveux  lui  disccndent  jusqu'à  la  ceinture. 
Il  a  un  manteau  qui  lui  descend  jîtsquaiix 
ï.i.'ofis. 

Ou  dit  figuréraent  en  termes  de  >Iusiq*ae, 
Descendre  d'un  (ou,  d'une  quinte,  pour  dire, 
Baisser  d'un  ton,  d'uue  quinte,  etc. 

On  dit  r^^urément.  Descendre  dans  le  par- 
ticulier, dans  le  détail  d'une  chose^  pour  dire, 
Kn  rapporter,  en  examiner  les  particularités, 
l(  s  circonstuHCts. 

On  dit  aussi,  Descendre  y  pour,  Faire  udê 
irruption  à  main  armée  par  mer. Les  Sarrasins 
descendirent  en  Espatjne. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  irruption  qui  se  fait 
[>;u-  terre,  quand  on  vient  d'un  Pays  qui  est 
rcj;ardé  comme  plus  élevé.  Les  Goths^^  les 
Lombards  desctndirent  en  Italie. 

On  dit,  que  La  Justice  a  descendu  dans  un 
lieu,  Quand  les  Magistrats  s'y  sont  transportés 
jMjur  qi'elcjue  opération. 

Eu  termes  de  Généalogie,  Dtscenr^re  vt^ul 
dire,  Être  issu,  tirer  son  orij-inc  d'une  per- 
wnne,  d'une  race.  //  det^cend  des  anciens  Rois 
d'un  tel  Pays.  Il  descendde  Chai'lentaqne.  Les 
François  descendent  des  G  et  m.iins.  Les  Gtnéa- 
\oqistes  vous  feront  descendre  d''où  il  vous 
ylaira.  Descendre  de  mdle  en  mâle  en  drxtite 
ligne.  Il  descend  de  telle  Maison  par  jemnu^s. 

On  dit  fî^urément,  Descendre,  poiu-  dire, 
Déclioir  d'un  rang,  d  une  fortune  où  l'on  e'toil 
r!ev<î.  Quand  on  est  parvenu  à  rtne  charqe  si 
éminente,  il  faut  craindrededescendre.il  vaut 
mieux  monter  que  descendre. 

Ce  verbe  se  met  aussi  avec  le  régime  d'un 
verbe  actif.  Descendre  une  montagne.  Des- 
tcudre  les  degrés,  l'escalier,  Us  escaliers.  Les 
bateaux  qui  descendent  la  rivière. 

Oiidil  «n  t^ïrmcs  de  Guerre,  que  Dca  trozipes 
dcs'^endent  la  garde  ^  qu'elles  descendent  la 
tranchie,  pour  dire  ,  qu'Elles  en  sortent,  et 
qu 'elles  sont  relevées  par  d'autres. 

lÏKSCCîinnu  ,  est  qnelquefuis  cflectivemenl 
actif,  et  signilie,  Ôter  d'un  lieu  baut,  mettre 
plus  bas.  Descendez  ce  tablam.  Il  faut  des- 
cente e  cela  }  lit%  bas.  Detccndre  du  vin  à  }a 
ca</e.  On  a  descendu  la  chdsse  d'un  tel  Saint 
jour  Lt  porter  ai  procession.  Descendre  lUi 
/;ommcdec/icvii/.  On  a  drsceiiÀu  plusieurs  pas- 
sagers dans  lute  i'c.  Dt^ceudre  un  i'aûse<(U 
d'uue  rivière,  d'un  port.  Le  foire  sortir  de  la 
civière,  d'un  port- 


DES  407 

Descendu,  ue.  paiticipe. 

DESCENTE,  s.  1.  Action  de  descendre,  on 
par  laquelle  on  licsccnd.  La  descente  de  Aotic- 
Seigneur  aux  Enjers.  La  descente  du  Saint- 
Esprit  sur  les  Àpôties. 

A  la  descente.  Façon  de  parler  dont  ou  &9 
sert,  pour  dire,  Au  moment  où  descend  la  per- 
sonne au-devant  de  laquelle  on  va.  //  allu  le 
compiitnenter  à  la  descente  du  carrosse.  H  lui 
donna  la  main  à  la  descente  de  Vcsc^lier.  Il 
alla  le  recevoir  à  la  descente  du  vai6sedi:,.ii  Ir. 
descente  de  la  montagne. 

De,<c£nxe,  signifieau&si  L'action  par  laqubll» 
ou  descend  (pielque  chose.  La  descente  de.  la 
châsse  de  Sainte  Geneviève. 

On  aptMrlle  Desctute  de  Croix^  La  represen- 
tation  de  Kotre-Seîgneur  qu'on  détaclie  de  la 
Croix.  Il  a  acheté  une  belle  descente  de  Croix. 

U  sijunifie  aussi  La  pente  jwr  laquelle  on  des- 
centL  Celte  montagne  ct,t  fort  escarpée,  cet 
escalier  est  trop  dru:t,  la  (descente  en  est  rudt, 
bien  roidc,  bien  diljicile.  Celte  montagne  est 
rude  à  la  descente. 

Descente,  se  dit  aussi  De  la  visite  d'un  lieu 
où  l'on  se  transporte  p;ir  auloiité  de  Justice. 
Oh  a  ordontié  une  descente  sur  les  Ucux,  qu'il 
y  sera  fait  une  descente  et  vue  de  lieux. 

Descente,  se  dit  aussi  De  l'irruption  des 
cnncn/b  par  terre  ou  par  nier.  La  descente  des 
ISormands  dans  Ui  ^eustrie,  des  Goths  en 
Italie.  Les  Anglais  firent  une  descente  en 
Flandre. 

On  dit,  qu*Ori  travaille  à  la  descente  da 
fossé, qu'on  iait  la  desccnle  du  /o!Ksè,pour  dire, 
qu'Où  fait  les  préparatifs  cl  les  travaux  ui- 
cessaires  pour  [^arvenirà  se  loger  dans  les  fossés 
d'uue  Place  assiégée. 

Descente,  siguilie  nussi ,  Hernie,  rupture, 
incommodité  qui  consiste  dans  le  déplacement 
^es  lH»yaux.  Il  a  Une  dcscenle  qui  l'mtj^che  de 
monter  à  cheval. 

DESCRIPTION,  s.  f.  Discours  p-^r  lequ*:;  ..n 
décrit ,  on  dépeint.  Il  y  a  de  belles  det-criptuint 
dans  cet  Historien,  datts  ce  Poète.  La  descrip- 
tion d'un  Palais,  d'une  luuùon,  d'un  jui'din, 
d'une  tempête,  des  effets  d'une  passion.  Fuiic 
une  description. 

l'E.scmi'Tios  ,  ^e  dit  De  l'inventaire  (^<i. 
comprtnj  le  i.onibrc  et  la  qualité  des  meiibi.es 
qui  se  trouvent  dans  une  maison.  Le  Notaire 
fit  la  description  des  meubles. 

Ou  appelle  aussi  Description^  Un  livi'e  qtù 
contient  l'élat  présent  d'une  Province.,  d'uu 
Royaume,  d'une  partie  du  monde.  De»aiptioii 
de  l'Egypte,  de  l'Afrique,  etc. 

On  appelle  en  PliiloiOpliie ,  Description  » 
Vne  défiui'.ion  iuqxirfaite.  Ce  n'est  pas  une  dé' 
jiniticn,  ce  ncst  qu'une  description. 

DESEMBVLLAGE.  s.  m.  Ouverture  d'une 
caisse  ou  d'un  ballot,  eu  ût«uit  la  tuile  d'eni' 

balbsï. 

IltSF.MBAU.ER.  V.  e.  Déiùte  une  balle, 
rt  rn  tirer  ce  qui  étoit  cniLolli:.  On  a  détail 
hwJU'  ecs  fuarclundifes. 

Ukst'jxuAi.ti. ,  is..  p-irticipe. 

ULi>i:.\UJ.Vi<iU;t.:MU<i'.  *.  m.   Action  de 


.■îog  DES 

AÎMinbarquer.  Le  cWseniharquemenl  des  mar-  \ 
chaiiilscs,  ifs  troupts,  des  chevaux.  Le  descm- 
bwquement  fut  bientôt  fait. 

niiSEAIDARQUER.  v.  n.  Tirer  liors  du 
vaisseau.  A'ous  avions  ciiibarijia'  des  murchaii- 
dises  à  Marseille,  il  vint  un  contreordi-e  ,  il 
iliUitt  les  désemharqua: 

DÉSEMiiAnQUK,  ÉE.  participe. 

nÉSEMBARRASSK,ÉE.ailj.Kxemptd'8iB- 

barras ,  ipii  n'est  point  enil.arrassé.   Vn  style 
désimhan'assé. 

DESEMBOURBER,  v.  a.  Tirer  liors  do  la 
bourbe.  Il  faut  dèsembourber  ce  carrosse,  ce 
bateau. 

DÉsEMBOi'iiDÉ ,  ÉE.  participe. 

DÉSE.Ml'ARER.  v.  n.  Aliaiidonncr  le  lieu 
où  l'on  est,  en  sortir.  Les  ennemis  (jiii  cloiciil 
devant  une  telle  Place  ont  désemparé.  Tous  les 
habilans  désemparèrent  à  l'arrivée  des  (jens  de 
guerre.  Je  n'ai  point  désemparé  de  la  Ville. 
Tenez-vous  là,  et  n'en  désemparez,  pas  ijue  je 
ne  rei'ienne.  Il  est  queltpiefois  actif.  Désem- 
parer la  Ville.  Déscmpmer  le  camp. 

En  termes  de  Marine,  on  dit  il  1  actif ,  Dés- 
emparer un  rni.ïseuu,  pour  dire,  Ledcmâter, 
ruiner  les  manoeuvres,  et  le  mettre  liors  d'étal 
de  servir.  Il  eut  bientôt  désemparé  le  vaisseau 
eiinenii.  Ce  vaisseau  fut  désemparé  à  coups  de 
canon. 

DesempaiiÉ,  ée.  participe.  Un  vaisseau  dés- 
emparé, Qui  a  jierdii  ses  agrès. 

ULSEMPE:!iNl';,  ÉE.  adj.  Vieux  mot  qiii 
«iini(.(.)t,  D(?SQrn\  de  plumes.  /'  va  lomme  un 
(rail  d^semneiinc,  pour  dire,  Il  va  de  travers, 
tans  avoir  ce  qu'il  faut  pour  réussir. 

DÉSEMPE.SER.  v.  a.  Ôter  l'empois  d'un 
liugc  en  le  faisant  tremper.  Il  fuut  désempeser 
cette  coiffure,  ces  manchettes. 

Désempesé,  ée.  participe. 

DESEMPMR.  v.  a.  Vider  en  partie,  rendre 
moins  plein,  faire  qu'une  chose  qui  i5toit  pleine 
le  soit  moins.  Il  faut  désemplir  ce  coffre,  il  est 
trop  plein. 

Il  est  aussi  r.eutre  ;  et  alors  il  n'est  !;u^ro 
d'usage  qu'avec  quelque  p.arlicule  négative.  Sa 
maison  ne  disemplit  poiut  de  mon  le ,  ne  des- 
emplit point.  Sa  cour  ne  désemplit  pas  de  car- 
roises.Ce  canal  ne  désemplit  point  dans  le  plus 
fort  de  l'été.  Il  est  si  riche,  ijue  son  coffre,  sa 
bourse  ne  désemplit  point  ,  tjucl(juc  dépense 
^u'il  fisse. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel ,  et 
sÏTifie,  Devenir  moins  plein.  Ce  canal  étoil 
pleir.  d'eau,  mais  il  se  désemplit  tous  les  jours. 
Sa  bourse  .se  désemplit. 

DÉSEMPLI ,  lE.  participe. 

DÉSEMPKISONNER.  v.  a.  Mettre  liors  de 
prison.  On  l'emprisonna  hier,  et  on  le  désem- 
prisonnj  une  heure  après. 

DÉsEMpnuONNÉ,  ÉE.  participe. 

DESENCHANTEMENT,  s.  m.  Aciion  par 
iiquclle  on  désencliante.  Le  dnencliantemcnt 
u  réussi. 

DfiSENT.IlANTI'.R.  r.  «,  Rompre  lenclinn- 
iciiicnt,  le  faire  6nir.  Le  peuple  croit  que  les 
Sorciers  peuvent  enchanter,  et  déseiic/iunter. 


DES 

Il  se  dit  au  figuré,  pour  signifier,"  Guérit 
qui^lqu'un  d'une  passion.  On  aura  bien  de  U 
peine  à  désenchanter  ce  jeune  homme. 

DÉSENCHANTÉ,  tt.  paiticipc. 

DÉSENCLOUER.  v.  a.  Tirer  un  clou  du 
pied  d'un  clicval,  de  la  lumière  d'un  canon, 
etc.  On  dit ,  qu'On  désencloue  un  clieval , 
Quand  on  lui  ôte  un  clou  qui  le  faîsoit  boiter. 
Un  dit,qu'0/i  i.'esenc/oue  ini  cunofi ,  pour  dire, 
qu'On  ôte  le  clou  qui  avoit  été  enfoncé  dans  hi 
lumiùre.  Il  faut  faire,  désencloucr  ce  c/ifiui/.  Il 
est  très-dilficile  de  désenrloiier  un  canon. 

D^sENCLOUÉ,  ÉE.  participe. 

DÉSENFLER,  v.  a.  Kaire  qu'une  chose  cn- 
llée  cesse  de  l'être.  Désenfler  wi  ballon. 

M  est  aussi  neutre  ,  et  sîf^nlfie ,  Osser  d'être 
çnflé.  Son  bras  commence  à  désenfler.  Le  vct- 
r?  "x  bien  désenflé. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Son  bras  se  désenfle. 

DÉSENFLÉ,  ÉE.  participe. 

DI-'^ENFLURK.  s.  f.  Cessation  d'enflure.  Ce 
malade  est  bien  déienjlé .,  mais  la  désenjlurc 
n'est  pas  complète. 

DÉSENIVRER.  V.  a.  (EN  se  prononce  an.) 
l'aire  passer  l'ivresse.  Le  sommeil  ia  desenivre. 

Il  est  aussi  nrutre;  et  dans  cette  acception 
pn  dit,  qnUn  homnie  ne  désenivre  jjoint^  pour 
ilirc,  qu'il  est  toujours  ivre. 

DesenivuÊ,  ze.  participe. 

DÉSENNm'ER.  v.  a.  Dissiper,  classer  l'en, 
nui.  Jouons  pour  nous  désennuyer.  Se  dcsen^ 
n  ya\  Chercher  à  it  dé^etuiu  er  En  dé.  en- 
nuyant les  autres,  il  se  désennuie  lui-mcme, 

DÉSENNUYÉ,  i*E.  participe. 

DKSENRAYER.v.  a.{Ilse  conjuf^uc  comma 
payer.  )  Oter  la  corde  ou  la  chaîne  qui  enipc- 
clie  que  la  roue  d'une  voiture  ne  tourne.  Pré- 
sentement le  chemin  est  plat^  il  fiut  desen- 
rayer cette  roue. 

On  dit  aussi  absolument  et  sans  régime,  il 
faut  désenrayer. 

DésENnAYÉ,  ÉE.  participe 

I>KSE>'RIIUMER.  v.  act.  ôter  le  rhume  . 
faire  cesser  le  rliunic. Ce  siropm'a  dé.ienrhumè. 
lî  s\'st  dé^enrhumé. 

DÉsENitHiiMÉ,  ÉE.  participe. 

Dr-',SENUOUER.  v.  act.  Ôter  l'onrouemiuit. 
Le  sirop  de  miJrcs  Va  desenroué.  Se  déscwoner 
en  bnvaut  de  Veau  fraîche. 

DÉ'îENnouÉ,  ÉE.  participe. 

Di^SENSEVEIJH.  v.  act.  Ôter  ï«  lin^o,  la 
toile  qui  enscvelissoit  un  iiioit.  On  Vu  desense- 
vcli  pour  le  faire  visiter  par  les  Chirurgien». 

D  ES  EN  SE  V  ELI ,  lE.  participe. 

DÉSENSORCELER,  v.  acu  Délivrer,  guérir 
de  rcnsorcellemeni. 

Il  se  dit  au  fii^uré.  Il  a  une  passion  violente 
pour  cette  femme  ^  on  ne  peut  le  désensorceler. 

DÉSENSoncELÉ,  ÉE.  participe. 

Dl':SENSOHCELLEMENT.  s.  m.  Action  de 
désensorceler.  Il  n'y  a  (jue  le  peuple  qui  croie 
les  ensorcellemens  et  les  désensor:eUcmens. 
I  DÉSENTlVlT.U.  V.  act.  Tirer  quelqu'un  de 
rcntôtemrnt  où  il  est  On  ne  saurait  le  dcsctitc- 
ter  de  cette  f<:mme.  C'est  une  opinion  dont  il 


DES 

fiitt  e!-sayer  de  le  désentêteij  dont  il  ne  peut 
désentéter. 

DisENTÉTÉ,  ÉE.  participe. 

DÉSERT,  EUTE.  adjcct.  Inhabité,  ou  qnj 
n'est  guère  fréquenté.  Lieu  déaert.  Ville  déserte» 
Campagne  déserte. 

On  dit  au  Palais,  qu*f7n  appel  est  désert^ 
Quand  celui  qui  l'a  interjeté,  ne  la  pas  releva 
par  lettres  dans  les  trois  niuis. 

Il  est  aussi  substantif  masculin,  et  signifie 
Un  lieu  désert.  Désert  sauvage.  Désert  effroya- 
hle.  Les  déserts  de  la  Libye.  Les  déserts  de  la. 
Tl.ébaide.  Se  confuer,,  se  retirer  dans  les  dé~ 
serts.  Les  Pères  du  désert.  Les  Turcs  Ont  fait 
de  vastes  déserts  des  plus  belles  Provinces  de 
VAsic. 

DÉSERTER,  v.  a.  Abandonner  un  lieu.  La 
ijuei-re  et  la  peste  font  déserter  les  Villes  et  les 
Provinces.  On  lui  fit  tant  d'affronts ,  au* il  fut 
ûMiqé  de  déserter  la  Province. 

Il  est  aussi  neutre.  La  fumée  me  fera  déser- 
ter de  la  maison. 

Ou  dit  aussi  absolument.  Cela  me  fera  dé* 
serter.  Cet  homme  est  si  impertun,  gu^il  me  fera 
déserter. 

Il  se  dit  aussi  proprement  Des  soldats  qui 
abandonnent  le  service  sans  congé.  Déserter 
Varméti.  Déserter  le  service.  Dans  celle  accep- 
tion il  se  dit  suitout  absolument.  On  passa  par 
les  armes  ceiLC  qui  avaient  déserté.  On  dit  eu-, 
core,  //  a  déserté  d'un  tel  Régiment. 

On  (lit  aussi  familièrement,  Déserter  à  Ver*' 
nemi,  pour  dire,  Passer  h  l'ennemi.  L^  soldat 
qui  déierle  à  Venncmi  ou  en  /nctioii,  doit  ctni 
puni  de  mort. 

DÉSEUTÉ,  ÉE.  parlioipe.  U  n'est  d'usage  qiw 
dans  le  premier  sens.  Les  Campagnes  sont  dé- 
sertées pendant  la  guerre. 

DÉSERTEUR,  s.  m.  Soldat  qui  abandonne, 
qui  quitte  le  service  sans  congé.  C'est  un  déici.m 
tcur.  Les  déserteurs  sont  condamnés  à  mort. 

DÉSEnTEïTn ,  se  dit  aussi  figurément.  Déser- 
teur de  la  Foi.  On  dit  aussi.  Déserteur  de  la 
bonne  cause,,  du  bon  parti. 

On  appelle  en  stjle  familier,  Vn  Déserteur ^ 
\n  homme  qui  ahandonne  une  compagnie, 
une  partie,  etc.  ou  qui  y  manque,  s'y  étant  eu- 

g-'f;-^'- 

DÉSERTION,  s.  f.  AbandonnemcTit.  II  ^ 
dit  principalement  Des  soldats  qui  abandonnent 
It^  service  sans  congé.  Le  crime  de  désertion  est 
puni  par  les  Ordonnances  militaires.  La  doser- 
don  des  soldats  avoit  affoibli  Varmêe.  Jl  y  a 
une  grande  désertion  dans  une  telle  armée. 

Il  se  dit  ftussi  figurémcnl,  A'ous  ne  vouspnr'. 
donnerons  pas  votre  désertion. 

Déseition  d'appel.  Terme  de  Pratique.  Aban* 
donnemcnt  d'appel,  fanle  de  le  relever  dans  le 
lenips  presciit, 

DÉSESPÉRADE.  s.  f.  Il  n'est  d'usage  que 
dans  des  phrases  proverbiales,  pour  dire,  A  h 
manière  d'un  désespéiVr.  Il  s\n  va  à  la  dcsespé- 
rade.  Se  battre  à  la  déscspéradc.  Jouer  à  la  dti- 
cspvrade. 

DÉSESPÉRANT,  ANI'E.  ûJjcct.  Qui  ieile 
dans  le  désespoir,  qui   lounc  un  grand  chagrin. 


DES 

Cela  est  désespérant.  Cette  pensée  est  désespé- 
rante. 

DKSESPKRKMENT.  adverb,  Kpcrduinent, 
STec  cic»;s.  Il  est  désespérément  amotiicux. 

DKSi'.Sl'LREH.  V.  d.  Perdre  l'espcrancej 
cesser  li'cspcrcr.  J^  désespère  de  venir  à  bout  de. 
celte  afpiire.  Les  Médecins  désespèrent  de  sa 
auérison.  Après  ce  coup-là ,  je  desespère  de  <ja' 
qner  lu  partie.  Je  désespère  de  la  partie.  Déses- 
pérer de  la  miséricorde  de  Dieu.  Désespérer  de 
ton  salut.  Désespérer  d*  la  Hêpublique. 

On  dit,  qu'On  désespère  d'un  mulade,  pour 
dire,  qu'Oo  n'a  point  d'csptTancc  de  sa  gucrî- 
*oii  ;  qu'On  désespère  d'un  jeune  homme,  pour 
dire,  qu'On  n'espfcre  pas  qu'il  se  corrige. 

Di:sESPÈr.En  ,  est  aussi  actif  ,  et  signifie , 
Tourmenter,  afHiger  au  drrnicr  point.  Cela  me 
f^rsespére.  Vous  me  désespérez  par  vosri(jueurs. 
Il  ne  faut  pas  désespé.er  un  homme. 

l!  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel,  et 
signifiCjSc  lourmentcr. s'agiter  avec  de  grandes 
démonstrations  de  douleur.  Il  l'icnl  d\ipprendre 
la  mort  de  son  fils.,  il  se  désespère.  Il  se  dés- 
espère au  point  de  vouloir  adcHler  sur  sa  pvo 
pre  vie. 

DÉsESPÉnÉ,  LE.  participe.  Une  affaire  déses- 
pérée. 

On  dit,  L'n  malade  désespéré^  pour  dire,  Si 
xnalado  qu  on  n'en  attend  (jue  la  mort. 

On  dit,  qu'(,'n  homme  est  désespéré  des  Mé- 
ieems.  j>our  dire ,  que  Les  IMtdecins  n'ont  plus 
aucune  espérance  de  sa  gucrison. 

Oa  dit  d'Une  personne  incorrigible,  quElk 
est  déespèrce. 

Il  se  prend  aussi  substantivement.  Ainsi  on 
dit,  Il  court  comme  un  désespéré.,  il  crie  comml 
un  désespéré t  pour  dire,  Avec  violence,  avec 
excès. 

On  dit,  Un  désespéré^  P**^^  dire.  Un  fu- 
lienx.  En  ce  sens  on  dit  :  5e  battre  en  déses~ 
peré.  Aqir  en  désespéré.  Jouer  en  désespéré. 

<Ûn  dit  figiuT^mcnt  et  par  exagération.  Être 
dé^-'spéré ,  pour  dire.  Être  ftclit?,  avoir  re;;reL 
Je  tuis  désespéré  de  vous  avoir  fait  attendj-e. 

Df-'SESPOm.  s.  m.  Perle  d'espérance.  Le 
desespoir  de  réussir  dans  cette  ajfnire  l'a  ohliqè 
à....  Quelquefois  le  désespoir  redouble  le  cou- 
rafje.  Vn  noble  désespoir  est  quelquefois  une 
ressource. 

II  veut  dire  aussi.  Abattement  de  i'.inie,  qui 
ne  croit  pas  pouvoir  surmonter  un  m-il  qui  la 
presse.  Tomber  dans  /<■  {ié^esyair.  H  est  dans  le 
dernier  désespoir.  Réduit  au  désespoir. 

On  dit  Ggurénicnt  et  par  emp-ration,  Être 
•»  désespoir^  pour  dire,  Être  bien  fâclit?,  avoir 
bien  du  déplaisir.  Je  suis  au  désespoir  de  ne 
pouvoir  faire  ce  que  vous  désirez  de  moi.  Il  est 
mu  déicspoir  de  cet  accident.  Et ,  Me((rc  au  de^ 
«ipoir,  po»ir  dire.  Causer  un  grand  déplaisir. 
Celfc  nouvelle  me  met  au  dé  espoir. 

Dv^t^mir,  se  prend  aussi  qurl^iuefois  pour 
O  qui  cause  le  d'espoir  mOnie.  La  j.  rtm.c  de 
€t  mêc^tint  homme  est  le  ^^tspoir  des  jent  de 
iutn.  C'est  là  mon  désespoir. 

Il  ic  dit  aussi  Des  chose»  qui  boni  en  un  si 
Wtt  degré  d  excellence,  qu'elle»  pAb^enl  i^our 
Tmme  i. 


DFS 

tnimit.iMcs.  L'IUade  d'Uomère  est^  dit- on ^  h 
'  désespoir  de  tous  les  Poètes.  LU\(jlise  Je  Saint- 
Pierre  de  Rome  est  le  désespoir  de  tous  les  Ar^ 
chitectes. 

DÉSHABILLÉ,  s.  masc.  Les  bardes  de  nuit 
dont  on  se  sert  quand  on  est  déshabillé.  En  ce 
sens  il  n'est  guère  d'usage  qu'avec  la  préposi- 
tion en  ou  dans.  Elle  étoit  en  déshabillé.  Elle 
est  fort  johc  dans  son  léshahUlé.  Il  n'est  guère 
d'usa;;e  qu'en  parlant  di  s  femmes. 

Il  sïi;nific  plus  particuli''n'ment  Un  habille- 
ment dont  les  femmes  se  scrvnt  peur  garder  l.i 
chambre. /Clie  a  fût  faire  un  déshabillé  maqni 
fi  que. 

On  dit  figun'rnient.  Se  mcrtrer  dans  son 
déshabillé ,  paraître  dans  son  déshabillé^  pour 
dire,  Se  montrer,  paroitre  tel  que  l'on  est,  sans 
art,  sans  aflectation. 

DÉSHAIilLLKK.  v.  a.  Oiet  a  quelcju  un  les 
habits  dont  il  est  vêtu.  Déshabiller  un  malade 
pour  le  mettre  au  lit.  Dites  à  mon  valet  qu^il 
me  vienne  déshabiller.  Déshabillez-vous  vous 
même.  Allez  vous  déshabiller.  Il  se  déshabille. 

On  s'en  sert  quelquefois  neulralenient  en 
supprimant  le  pronom  personnel,  //  a  été  troi 
mois  sans  déshabiller.  Il  est  familier. 

On  dit,  qu'Un  Prêtre.,  qu'un  l^vêque.,  si 
déshabillent  y  qu'on  les  déshahdU^  ponr  dire, 
qu'ils  quittent  leurs  ornemens. 

On  dit,quX'ne  personne  se  déshabille ^pout 
dire,  qu'Elle  quitte  lliabil  de  ville,  pour  sr 
meltre  plus  h  son  aise  en  robe  de  chambre. 

UrûHAciLiE,     E    p.Trt^'^'qïe- 

DÉSHAmTËjÉE.adj.  lira  du  verbe  Désha- 
hiter,  qui  n'est  plus  en  usage.  Qui  cesse  d'étro 
habité,  qui  n'est  plus  habité.  Pays  déshahité. 
Maison  déshahitée. 

DJ'-SHABITUER.v.a.  Désaccoulumrr,  fairr 
perdre  l'habitude.  Il  faut  le  dishabituer  de  cela. 
Tachez  de  vous  en  déslmbituer  de  bonn  ■ 
heure. 

DÉsHABiTtÉ,  ÉE.  participe. 

DÉSHÉRENCE,  s.  fém.  Terme  de  Droit,  Il 
s'emploie  en  parlant  T>u  droit  qu'a  un  Seigneur 
Haut- Justicier  de  s'emparer  dun  bien  situé 
dans  sa  lusticc,  faute  d  héritiers.  Droit  de 
déshérence. 

DÉSHÉRITER,  v.  a.  Priver  de  sa  succession. 
Vn  père  peut  en  certains  cas  déshériter  ses  en- 
fans.  Son  père  Va  menace  de  le  deshériter. 

DÉSHÉniTÉ,  Et   part'cipe. 

DESHEURER.  v.  a.  l)éran;^er  les  heures 
ordinaires  des  occupations.  Je  crains  de  vous 
dèsbeurer.  Cette  visite  me  désheure.  Style  fa- 
aitier. 

On  dit  aussi,  Se  désheurerj  [>our  dire,  Si 
déranger di?  SCS heiu'es  ordinaires.  Style  familier. 

DfeSHON^'ÊTE.  nd).  des  a  g.  Qui  est  contre 
la  puiieur ,  contre  la  bimse'ance.  Pensées  déshon- 
nêies.  l*arole$  Jeshonnêtcs.  Actions  déshon- 
nite^.  Gestes  déshonmUes.  Livres  dé'ihonnétc-. 
Hanter  des  compagnies  déshonnétes.  La  lietir 
dâihonnétes. 

DESHO>NÉTE^tENT.  adv.  D'une  manière 
dcshonn<-<e,  contre  riionnêiet^,  contre  la  pu- 
deur. /*'•'  Icf  dc.JionnCtement., 


DES  4oî^ 

DÉSHONNÈTETÉ.  s.  f.  Qualité  de  ce  qui 
est  déshonnéte.  Il  n'est  guère  en  usage. 

DÉSHONNEL'K.  s.  m.  Ilonlc,  opprobre. 
Tenîp  à  déshonneur.  Vn  jeune  homme  qui  fait 
déshonneur  à  ses  parens.  Vous  pouvez  répondi  e 
de  luij  il  ne  vous  fera  point  de  d£shonnew ,  il 
ne  vous  fera  point  déshonncnr. 

Ou  dit  en  sty'e  familier,  Prier  une  femme 
de  son  déshonneur^  pour  dire,  La  solliciter 
rontre  lu  chasteté.  Et  Bgure'nient  et  par  plai- 
6anterie  on  dit,  C'e«t  me  prier  de  mon  déshon- 
neur  y  pour  dire,  C'est  vouloir  exiger  de  moi 
une  chose  que  je  ne  dois  pas  faire. 

DÉSHONOKABLE,  adj.  des  2  g.  Qui  caufc 
du  déshonneur.  Action  déshonorable.  Fonctiot^ 
dé.Jwnorable. 

DÉSHONORER,  v.  act.  Perdre  d'honneur 
it  de  réputation,  dîflamer.  Déshonorer  quel- 
»pi'un  par  des  médisances.  Vous  le  déshonorez 
(iiic  t'os  discours.  Cette  action  l'a  déshonoré. 
Vous  vous  déshonorez  par  votre  conduite.  O» 
ilit  d'Un  homme,  qu'//  déshonore  sa  famille ^ 
|)Our  dire,  qu'il  fait  des  actions,  qu'il  ment 
une  vie  qui  fait  déslumneur  ù  sa  famille.  Et  on 
ilit.  Déshonorer  ses  ancêtres^  la  mémoiTC  de 
les  flnrt'tres,  pour  dire.  Dégénérer  de  la  vertu 
lie  ses  ancêtres,  fuirc  déshonneur  h  leur  mô- 
nioire. 

On  dit,  Dé  honorer  une  fcvimCy  une  flUj 
pour  dip-,  Lui  ravir  l'honneur,  eu  abuser, 

DÉ--noNonÉ,  ék.  participe. 

DÉSICNATIF,  IVK.  adj.  Qui  désigne,  qt« 
ipccifie.  Les  raisins  sont  un  attribut  dé'signat if 
de  Bacchus. 

DÉSIGNATION.  .<.  f.Dénotalion  d'ouC  pcfc 
tonne,  d'une  chose  par  des  expression»,  psr 
des  marques  qui  la  font  coimoitre.  Ceffe  dcsù 
qnation  est  si  précise^  ou'on  ne  sauroit  s'y 
tromper. 

Il  signifie  aussi,  Nomination  et  d^sliiiation 
rxpresse.  II  mourut  après  avoir  fait  la  déii(fna- 
tion  de  son  successeur.  On  fiisoit  la  désignû- 
tion  des  Consuls  quelque  temps  avant  leur 
élection. 

DÉSIGNER.  V,  act.  De'noler  une  personne, 
une  cbose  par  des  expressions,  par  des  mar- 
ques, par  des  symboles  qui  la  font  connoîlre. 
Il  ne  Va  point  nommé  dans  son  discours;  mais 
l  Va  si  bien  désigné  y  qu'on  l'a  aisément  re- 
connu. Qu  avez- vous  voulu  désigner  pas  'là? 
Cet  hiéroglyphe  nous  désigne  telle  chose.  Ce 
vent~là  désigne  de  la  pluie.  Ce  pouls  désigne 
iwi  abcès.  Il  nous  a  si  bien  désigné  les  /leiu, 
au'on  ne  sauroit  s'y  méprendre. 

DÉsi6*<En  ,  signifie  aussi ,  Marquer  prccisé- 
menl.  Dciiqne^moi  le  temps  et  le  lieu  y  et  je  ru. 
manquerai  pas  de  m^y  trouver. 

DÉsn.REii ,  se  dit  aussi  co  parlant  Des  per- 
sonnes qu'on  destine  à  quelque  dignité,  à  quel- 
querharge.  Ondéstgna  les  Conscls  pour  Vannée 
suivante.  Vn  tel  Empereur  désig'ta  .m  tel  pour 
ion  Successeur. 

DÉsio-ït  ,  ÉE.  participe.  Consul  désigne. 
Préteur  uétigné.  Vn  tel  est  dési.jné  pour  cette 
place. 

DÉSINCORPORER.  v.  a.S<*pnrcr  unechose 
5a 


4io 


DES 


du  corps  nurjuel  elle  avoit  été  incorportre.  Les 
Terres  unies  ou  Domaine  ne  se  peuvent  ilêsin- 
corporer  t^ric  fcr  tchunne.  On  avait  incorpora 
cette  Cotnpiujtiie  dans  un  tel  Réijtincnt ,  on  l  a 
dêsiucorpvrve. 

DÉsiisconponÉ,  ée.  participe. 

DÉSINENCE.  5.  f.  Terme  de  (Jranimaire. 
Terminaison.  Les  cas  des  noms  lutins  sont  or- 
dinairement distintjiics  les  uns  des  autres  par 
Uur  désinence. 

DÉSINFATUER.v.a.  Désabuser  un  lioimno 
d'une  chose  ou  d'une  personne  dont  iletoitin- 
iatue.  C'est  une  chimère  dont  vous  aurez  bien 
de  la  peine  à  le  désinfutuer.  Il  ne  voit  plus  cette 
femme-là,  il  s'en  est  désinfatué. 

DÉsiNFATi  K,  ÉE.  participe. 

DK.SIIVrECTLR.  v.  a.  Purger  d'un  mauvais 
/»ir  ou  de  vapeurs  ini'cctes.  Vôsiiifcctcr  un  vais- 
seau ^  des  étahlcs.  Désinfecter  des  hardes^  du 
linge. 

DÉsiMECTK,  ÉE.  parlicipr. 

DÉSlNFECnoN.  s.  ï.  Aninn  par  l.iqu--lJc 
on  ôte  l'infectiou  d'un  lii'u.  En  temps  de  peste ^ 
on  travudle  à  la  désinfection  des  m«i.Non$,  des 
cjfets  et  des  viarchandises. 

DÉSI^TÉKRSSRME^■T.  s.  m.  Dtlachcment 
de  sou  propi  c  intérêt.  Parfait  désintéressement. 
Grand  désintéressement.  Entier  désintéresse- 
ment. C'e.sï  un  homme  d'un  grand  désintéres- 
sement. Il  a  fuit  paraître  un  extrême  désinté- 
ressement. 

DÉSIi\TÉRESSÉ:\IENT.  adverl.e.  Sans  au- 
cune vue  d'intérêt,  i/c  tous  en  parle  trés-désin- 
têressêmeïit. 

Dr,SINTC;:RESSER.  v.  a.  Mettre  quelqu'un 
liors  d'intérêt,  en  le  dédonnnaj^cant  de  ce  qu'il 
perd  ou  d«  ce  qu'il  csi)énMt.  lié  hlen ,  Tous  n'^ 
perdrez  rien,  on  vous  désintéressera.  îl  a  dés- 
intéressé tous  ceux  ipti  nv'oJcnï  part  à  celte  af- 
faire, nui  avaient  des  droits  à  faire  valoir. 

Dé-^ïstÉhkssé,  Èe.  pjrticipe. 

Il  est  aussi  ndjictir;  cl  dans  cette  acception 
ii  se  dit  De  relui  (pii  no  fait  rien  par  le  molif 
de  son  intérêt  particulier.  C'est  un  Itommc  désin- 
téressé s'il  en  fut  jamais. 

Il  se  dit  encore  d'Un  homme  qui  n'r.st  tou- 
ché d'aucune  passinnde  vengeance, dafl'cction, 
de  liainc,  etc.  Juge  désintéressé.  Il  re<jarde  cela 
iTun  œil  désintèi'essé j  avec  un  esprit  désinté- 
resiL 

On  dit  aussi  dans  la  même  acception ,  Une 
conduite  désintéressée  ,  une  action  désinté- 
lessécj  des  centimens  dc-swiléressés,  pour  dire, 
Une  conduite,  une  action,  des  scnlimcns  hors 
de  tout  soupçon  d'intérêt  personnel. 

BÉSIH,  s.  m.  (Plusieurs  fout  muet,  surtout 
dans  la  conversation  ,  l'c  de  la  premii:rc  syllabe 
de  ce  niol  tl  de  ses  dérivés;  mais  cette  pronon- 
ciation n'est  pas  régulière.)  Souhait,  mouve- 
ment de  la  volunté  vers  un  bien  qu'on  n'a  pas. 
Désir  ardent,  violent,  extrême.  Désir  déréglé^ 
insnliahlc.  Foible  dsir.  Vain  désir.  Brûler  de 
désir.  Contenter^  satisfaire,  assouvir  son  désir^ 
*M  dx^sirs.  Un  qrand  désir.  Exciter  des  désir.^. 
Au  gre  àe  ses  désirs.  Selon  ses  dé9irs.  Vn 
«jT'i/nd  déiit  de  gloire. 


DES 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Au  désir  de 

.l'Ordonnance,  au  désir  de  la  Coutume,  pour 
ilirc,  Suivant  l'OrdonnaDce,  suivant  la  Cou- 
tume. 

DÉSIRABLE,  adj.  des  a  genres.  Qui  mériic 
d'être  désire.  De  toug  les  biens  ^  la  santé  est  le 
plus désiralde.  Vn  état.,  une  situation  désirable. 
Une  femme  fort  désirable. 

DÉSIRER.  T.  a. Souhaiter,  porter  ses  désirs 
wn  quelque  bien  qu'on  n'a  pas.  Désirer  les  ri- 
chesses. Déi-irer  la  santé.  Désirer  ardemment. 
Désirer  avec  passion.  îl  ne  désii'oit  rien  tant 
'pic  de //  seroit  à  désirer  que.,,. 

On  dit,  Désirer  de  faire  (fuelque  chose,  et 
désirer  faire  quelque  chose;  mais  dans  ces  sortes 
lie  phrases,  où  Désirer  est  mis  devant  un  verbe 
à  l'infiiiilil ,  liis.ii^e  le  plus  ordinaire  est  d'j' 
joindre  la  parliculc  de.  Je  désire  foit  ùe  vous 
terfir, 

DÉsiîtEiî,  se  dit  aussi  pnv  exienslon,  en  par- 
lant Du  bien  qu'on  souljiiiie  à  quelqu'un.  Je 
vous  désire  toute  sorte  de  prospérités. 

On  dit,  qu'//  y  a  quelque  ciiose  à  désirer 
dans  une  personne,  dans  un  ouvraqe,  etc.  pour 
ilire,  qu'il  y  manque  quelque  chose.  Il  est 
honnête  homme,  mais  il  y  a  encore  quelque  chose 
à  désirei'  en  lui.  Il  y  a  de  certaines  choses  à 
désirer  dans  cet  ouvrage.  Cet  ouvrant  tie  laisse 
rien  à  désirer. 

DÉsinÉ.,  Éç.  pariicipr'. 

DÉSIREUX,  EUS;:,  adj.  Qui  désire  ave<: 
irdcur.  Désireux  de  gloire,  dlionneui\  Li 
peuple  est  désireux  de  nonvcanfr.  Il  n'est  gurrt 
d'usage  que  dans  le  style  soutenu. 

DÉSISTEMENT,  subst.  m.  L'action  de  M 
ilésister,  soit  verbalement,  soit  par  écrit,  o« 
l'acte  par  lequel  on  se  désiste.  Il  a  fait  son  dé' 
sistement  à  l'Audience.  Il  a  fait  siqnijier  sol 
désistement.  Désiitement  de  plainte.  Désisteinei\ 
d'appel. 

DÉSISTER,  .SE  DÉSISTF.R.  v.  pron.  S< 
déporter,  se  départir  de  quelqtie  chose,  y  re- 
noncer. Se  désister  f/'wnc  poursuite.  Se  désista 
d^itne  prétention,  d'une  demande,  d'une  en- 
tr  éprise. 

DÉS  LORS.  ndv.  Dès  ce  moment-lii,  dès  a 
teinps-lîi.  Je  vis  bien  dés  lors  tiuil  i^oudroit..... 
Dès  lors  il  commença  à  faire.... 

On  dît,  en  termes  de  Palais,  Dès-ù-pre'scril 
comme  dés  lors,  dès  maintenant  comme  dèi 
lors,  en  parlant  d'Une  chose  à  venir  sur  la- 
quelle on  donne  par  avance  une  parole  prt-cise. 

DE.SMuLO(;iE.  s.  f.  Terme  d'Anatomio. 
Parlic  de  laSomalologie  qui  traite  des  liganiens. 

DÉSOBÉIR.  V.  n.  Refuser  d'obéir  à  celui 
qui  a  droit  de  commander.  Désobéir  au  Prince. 

Dksouli,  ie.  participe.  Je  ne  veux  pointétrc 
désobéi.  Dans  cette  phrase,  Désobéi  est  pris 
passivement. 

DÉSOBÉISSANCE,  s.  f.  Refus  d'obéissance 
envers  celui  à  qui  l'on  doit  obéir.  Désobéis- 
sance criminelle.  Persister  dans  la  désobéissance. 
Les  Factieux  entretiennent  les  peuples  dans  la 
désobéissance. C\'st pûw  une  seule  désobéissance 
iju'i't  a  été  puni. 

Il  se  dit  aust>i  M}  pluriel.  Les  désobéissances 


DES 

de  cet  enfant  donnent  lieu  de  croire  qu'il  sera 
fort  mutin. 

DÉ.SOBÉISSANT,  ANTE.  adj  Qui  déso- 
béit. Fils  désobéissant.  Fille  désobéissante.  Su' 
jets  désohéissans. 

DÉSOBLIGEA^niENT  adv. D'unemaniére 
désobligeante. 

DÉSOBLIGEANCE.  s.  f.  Disposition  i  dés- 
obliger. Il  est  d'une  désobligeance  insuppor- 
table. 

DÉSOBLIGEANT,  ANTE.  adj.  Qui  dés- 
oblige. Un  homme  désobligeant.  Une  pasonne 
désobligeante.  Action ,  manière,  fw^on,  parole 
désobligeante.  Procédé  désobligeant.  U  lui  a 
fait  une  réponse  désobligeante. 

DÉSCBLIGE.R.  v.  a.  Faire  de  la  peine,  du 
dépl.ûsir  îl  quelqu'un.  Il  m'a  fort  désobligé, 
désuhligc  sensiblement ,  extrêmement.  H  ne  faut 
désoldiger  personne. 

Dlsouligk^,  ÉE.  participe. 

DÉ.SOBSTRUCTIF.  s.  m.  Terme  de  Méde- 
cine. Remède  qui  guérit  les  obstructions. 

DÉSOBSTRUER,  v.  a.  Terme  de  Médt<:inc. 
Détruire  une  obstiuclion.  Dcsobsiruer  le  joie, 
les  entrailles. 

On  dit  par  exiension  et  familitTCmenl ,  Dés- 
obstruer une  rue,  un  canal,  un  pas^i-gc,  pour 
dire.  Dégager  une  rue,  un  canal,  un  passage, 
de  ce  qui  l'embarrasse. 

DksobsïiïLÉ,  ÉE.  participe. 

DÉSOCCUPATIO^.  s.  f.  État  d'une  pei^ 
sonne  désoccupée.  La  désoccupution  est  une 
des  plus  grandes  peines  de  ceux  qui  ont  été 
dans  les  grandes  plaça. 

UÉSÔCCUPER,  SE  DÊSOCCUPER.  vfib, 
prou.  Se  débarrasser,  se  défaire  de  ce  qui  uc- 
rupoit.  Il  est  plus  usité  au  participe. 

Dksoccl'pé,  ÉE.  participe.  Homme  dé>ac- 
cupa.  Esprit  désoccupé.  Vous  me  trouverez  dès- 
occupé. 

DÉSOEUVRÉ,  l^E.  adj.  Qui  n'a  rien  à  faire, 
quiucsnitpoiiils'orruprr. /m  visited'unhommt 
désœuvré  est  fatigante.  Il  est  tout  désœuvré.  Lt 
Umps  pèse  au.c  gens  désœuvrés. 

DKSOEUVRI'.MENT.  s.  m.  État  dune  [«r- 
sonne  désœuvrée.  //  passe  sa  rnedaiis  le  dcœit- 
yrement. 

DÉSOLAîiT.  ANTE.  adj.  Qui  désole,  qui 
rause  une  grande  alBiclion.  Ce  que  vouî  dito* 
là  est  désolunt.  Une  nouvelle  désolante. 

DÉSOLATEUR.  s.  m.  Qui  désole,  qui  m- 
vago,  qui  détruit.  Ce  Conquérant  fut  le  dé:iol*- 
Icur  de  l'.isie. 

DÉSOLATION. s. f.  Ruine  fntiêrc,  destruc- 
tion, lïonible  désolation.  La  peste  a  causé  une 
grande  désolation  en  ce  Pays-là.  C'est  une  di- 
•iolation. 

Il  signifie  aussi,  Exirêmc  a(Biction.  Cette 
nouvelle  Va  mis  dans  une  grande  désolation. 
Toute  cette  famille  est  dans  une  extrême  dôso. 
lation, 

DÉSOLER,  v.  a.  Ravager,  ruiner,  déir:iire. 
Désoler  un  Pays,  une  Province. 

11  signifie  aussi  .C:iuser  une  grande  .imirii»». 
La  perte  de  ce  poré.^  nie  désole. 

Eu  parlant  De  la  supériorité,  de  rnranUj» 


DES 

tju'uuc  pcrsoune  prend  sur  une  autre,  soil  dans 
une  conlesl.ition  .  soit  autrement,  on  dit  famî- 
Uèremout,  cju'//  le  dcsole ,  iiu'  il  lu  dcsuléc. 

DÉSOLÉ,  ÉE.  pariicipe. 

DÉSOPlL.VnF,  IVE.  adj.  Trmie  i\e  Méde- 
cine. Qui  est  propre  à  désopilcr.  Il  u't'st  pnùn: 
d'usai^c  que  dans  cette  plirase  ,  Remède  désopi- 
liittf. 

DÉSOPILATÏO*.  s.  f.  Debouchemcnt  de 
quelque  partie  opik'e.  Un  remède  excellent  pour 
L  dêsopiiation  de  la  rate. 

DÉSOPILER.  V.  a.  Dehourhcr,  dt^truire  les 
obstructions,  lesopilations.  Il  a  la  vate  qouflée. 
il  la  faut  dêsopiler.  Ces  ntédicamens  ont  la 
vertu  de  dêsopiler. 

On  dit  par  extension  et  familièrement ,  d'Une 
chose  qui  réjouît,  qui  fait  rire,  qa'Elle  dèso- 
pile  la  rate. 

DÉsopaK,  ÊE.  participe. 

DÉSORDONNÉ,  ÉE.  adj.  Qui  nesi  point 
dans  l'ordre,  déréglé,  qui  est  sans  ordre.  C'est 
un  homme  désordouné  dans  sa  conduite.  l\Je~ 
fier  une  vie  désordonnée.  Une  maison,  une 
Communauté  désordonnée. 

\\  signifie  aussi  Excessif.  Une  passion  dés- 
ordonnée pour  lâchasse.  Un  appétit  désordon- 
ne.   Une  faim  désordonnée, 

DÉSORDON.VÉMENT.  adv.  Dune  manière 
ciésordonoée  ,  avec  beaucoup  de  licence  et  de 
désordre,  l'ivre  désordonuèment.  Il  s'emploie 
plus  ordinairement  pour  signifier,  Excessive- 
ment. 71  aime  le  jeu  dcsordonnémetït. 

DflSORDRE.  s.  m.  Manque  d'ordre,  rciner 
9Cmeot,  dérangement,  confusion  des  choses  qui 
ne  sont  pas  dans  l'état,  dans  le  rang  ,  dans  la 
disposition  où  elles  dcvroicnt  ^'Lre.  'Voilà  une 
chambre,  une  bibliothèque  en  grand  désordi'e. 
Tous  mes  papiers  sont  en  désordre.  La  coiffure 
de  cette  femme  est  en  désordre.  Le  désordre  s'est 
mis  parmi  les  Troupes  des  ennemis.  L'Armée 
ennemie  s'est  retirée  en  désordre. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  morales.  Ses  af- 
faires sont  en  désordre.  Le  désordie  s^tst  mis 
dans  ses  affaires.  Il  y  avoït  un  qrand  désordre 
dans  les  Finances.  L^hitendant  a  trouvé  la 
Propince  en  désordre. 

11  se  dit  ausii  De^  personnes  qui  sont  dans 
\e  rie*  et  le  dérèglement,  /(  a  toujours  i«écu 
dans  le  désordre.  Cette  femme  est  dans  le  dés' 
ordre. 

J\  signifie  aussi.  Trouble,  embarras,  égare- 
ment d'esprit.  Il  a  l'esprit  en  désordre.  Les  pas- 
s'Ofu  méfient  le  désordre  dans  Vdme,  Le  dés- 
ordre où  la  colère  Va  mis.  Il  fut  surpris.,  et 
parut  tout  en  désordre.  Il  lui  fit  un  argument 
4/Hi  le  mit  en  désordre.  Le  désordre  de  son  es- 
prit, de  ses  idées,  parift  en  ce  gue... 

U  «iguifie  encore,  PiUa-e,dcg;.L  Ses  troupes 
•ni  passé  sans  faire  aucun  désordre. 

DÉsoBDBE,  ».-  dit  encore  Du  trouble  ou  de 
\%  dJ»«uùon  qui  sunicnt  entre  des  personnes 
«aies.  Cette  famille  doit  unie,  un  bgn-  intérêt 
y  û  mis  le  détordre. 

On  ditpoétiqiwmrnl  :  Désort^re  lyrit/ue.  Vn 
b««ii  disordre.  Un  désordre  pindarique. 

DtSORGAMSATlON.  suhe,t.   fcm.  Actiou 


DES 

de  désorganiser,  ou  état  de  ce  qui  est  désorga- 
nisé. 

DÉSORGANISER.  v.a.Pciruirc  les  organes 
La  même  cause  qui  organise  les  corps  patt  la 
désorganiser.  Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  Les  corps  animés  se  désorqanisent 
avec  le  temps. 

DFsonoANisÉ,  ÉE.  participe. 

DÉSORIENTER,  v.  a.  l!  n'est  d'usage  au 
propre  que  pour  signifier,  Faire  perdre  la  con- 
noissance  du  véritable  côté  du  Cic-l  où  le  So- 
leil se  lève,  par  rapport  au  Pays  où  l'on  est  , 
ou  dont  on  parle.  Nous  étions  sans  boussole , 
Il  brume  acheva  de  nous  désorienter. 

On  dit  en  général  et  figurém- m.  De  quel- 
iju'iin  qui  ne  reconnoit  plus  son  chemin,  qu7I 
est  désorienté. 

Il  signifie  figurément,  Mettre  un  homme  en 
désordre  ,  le  déconcerter.  //  n  entend  gue  îa 
chicane  du  Palais  •  si  vous  voulez  le  désorien- 
ter ^  tu-ez4e  de  là.  Quand  un  homme  de  Pro- 
vince vient  à  la  Cour,  il  est  tout  désorienté.  Il 
fait  le  Savant  j  mais  guand  on  le  met  sur  gueî- 
qiie  question  un  peu  difficile ^  on  le  désorietUe. 

I)>:soniENTF..  EE.  participe. 

DÉSORMAIS,  adv.  de  temps.  Dorénavant, 
depuis  ce  moment-et ,  â  l'avenir.  H  est  temps 
désormais.  Je  suis  désormais  trop  vieux.  Je  ne 
sortirai  plus  désormais  si  tard. 

DÉSOSSEMENT.  s.  m.  Action  de  désosser. 
Faites  il' défossement  de  ce  dindon,  de  cette  carpe. 

DESOSSER.  V.  a.  ôter  les  os  de  quelque 
animal  potir  en  mettre  la  chair  pr  pMe  ou  en 
hachis.  Désosser  un  lièvre.  Désosser  un  dindon. 

DÉSOSSÉ,  EE. participe.  Lièvre  désossé. Dinde 
désossée.  Il  se  dit  aussi  en  parlant  De  certains 
poissons  dont  on  a  ôté  les  arêtes.  Carpe  désos- 
sée. Brochet  désossé. 

DÉSOURDIR.  V.  a.  Défaire  ce  qui  a  été 
ourdi.  Il  est  de  peu  d'usage.. 

DÉsotnDi,  lE.  participe. 

DESPOTE,  s.  m.  Qui  gouverne  arbitraire- 
ment. U  se  dit  encore  Des  Gouverneurs  de  cer- 
tains É^^ts.  Despote  de  Servie. 

DESPOTIQUE,  adj.  des  2  genre».  Absolu 
et  arbitraire.  Un  commandement  dcspotigue. 
Jutonté  despotigue.  Pouvoir  despotigue.  Gou- 
vernement dcspotigue. 

DESPmiQUEMENT.  adv.  Arec  une  auto 
rite,  un  pouvoir  despotique.  Gouverner  </e$po- 
tiguemcnt. 

Dl'ISPOTISME.  s.  m.  Pouvoir  absolu  et  ar- 
bitraire. Le  despotisme  s'introduit  dans  tous  les 
Ftats  gui  subsistent  long-temps. 

Despotisme,  se  dit  figurément  De  l'autoiité 
qu'on  s'arroge  sur  les  hommes  et  sur  les  choses. 
Ce  journaliste  prétend  exercer  son  despotisme 
sur  nos  meilleurs  Ecrivains.  Ce  père  établit  le 
plus  grand  despotisme  dans  sa  maison^sur  tous 
tes  domestigues. 

DESPLMATION.  s.  f.  Terme  de  Chimie. 
Action  d'ûter  l'écume  qui  se  forme  à  la  surface 
d'un  fluide. 

DESPtMER.  T.  n.  Terme  de  Chimie.  (Jlcr 
1  écume  ou  toute  autre  impureté  qui  a  été  té- 
porcc  d'un  Uquide  par  1j  Ibrce  du  feu. 


DES  4" 

De.spu.me,  ék.  participe. 

DESSAISIR,  ^E  DESSAISIR,  y.  pronom. 
Relâcher,  ubandonner,  laisser  prendre  ce  que 
Ion  avoit  en  sa  passession,  en  ses  mains. 
QiKind  on  a  de  bons  gages^  de  bons  nantisse- 
mensj  H  ne  faut  pas  s'en  dessaisir.  Un  homme 
gui  se  dessaisit  des  deniers  gue  l'on  a  saisis 
entre  ses  mains,  court  risgtie  de  payer  deux 
fois. 

Dessaisi  ,  ic.  participe.  Je  l'ai  trouvé  desiuin 
du  dépôt  gue  je  lui  avois  confié. 

DESSAISISSEMENT,  s.  m.  L'action  par  la- 
quelle on  se  dessaisit.  Le  dessaisissement  des 
meubles  du  locataire  fait  perdre  uu  propriétaire 
son  privilège. 

DESSAISONNER.  t.  a.  Terme  d'AgricuI- 
tuie.  Ne  pas  suivre  l'ordre  des  anoées  qu'on  a 
accoutumé  d'observer  pour  la  culture  des 
terres,  et  eu  déranger  le*  différentes  soles,  se- 
mant de  l'avoine  où  il  faudruit  semer  du  blé, 
et  du  blé  où  il  faudroit  semer  de  l'avoine,  et 
laissant  en  jachères  celles  qui  devroient  être 
ensemencées.  Pur  les  baux  à  ferme,  on  défend 
ordinairement  aux  Fermier$  de  dessaisonner 
les  terres. 

Dessaisossé,  ée.  participe. 

DESSALER,  v.  actif.  CHer  la  salure ,  faire 
qu'une  viande,  qu'une  sauce  soit  moins  salée. 
Dessaler  de  la  morue,  du  hateng.  Dessaler  une 
sauce  trop  salée.  Bien  des  gens  ont  cherclté 
le  secret  de  dessaler  parfaitement  Veau  de  la 
mer. 

Dessalé  .  f.z.  participe. 

On  dit  d'Un  homme,  que  C'est  un  dtssc.le, 
pour  dire,  que  C'est  un  homme  fin,  msé.  U  est 
populaire. 

DESSANGLER,  v.  a.  Lûcher  ou  défaire  le* 
sangles.  Dessangler  un  cheval, 

Dessauglé,  Ée.  participe. 

DESSÉCHANT,  ANTE.  adj.  Qui  dessèche. 
Un  vent  desséchant.  Vue  crhalaison  desté- 
chante. 

DESSECHEMENT,  s.  m.  Action  de  dessé- 
cher, et  quelquefois  l'état  d'une  chose  dessé- 
chée. Il  a  entrepris  le  dessèchement  des  marais 
Je  Vai  trouvé  dans  un  dessèchement  qui  fait 
craindre  pour  sa  vie. 

DESSECHER,  v,  a.  Rendre  sec.  Le  grand 
hâle  dessèche  la  terre. 

Il  signifie  aussi.  Mettre  h  sec.  Dessécher  les 
fossés  d'une  Ville.  Dessécher  un  marais.  On 
dit  aussi  ,  Dessécher  un  étang  y  soit  pour  en 
pécher  le  poisson,  soit  pour  en  mettre  les  terres 
en  labour. 

En  parlant  De.s  choses  qui  dissipent  tmp 
l'huniidité  du  [M>un)oii  ou  du  cerveau,  oirdit, 
qu'£"ï/es  des^^èchent  le  poumon  ,  qu'elles  des- 
sèchent le  cej'veaUy  ou  absolument ,  qu'eUei 
iie.*.«éc/ient. 

On  dit  figurément,  que  L'étude  des  sciences 
abstraitcj  dessèche  Vesprit.  On  dit  aussi  en 
termes  de  spiritualité,  Dessécher  le  corur,pour 
dire,  Diminuer  le  goût  de  la  piété. 

|)E.s>KCtiEit ,  se  dit  en  termes  d'aOinage,  et 
signifie,  LV-sonir  le  plomb  et  l'élain  d'avec  U 
cuivre  qui  a  servi  i  l'affînâge.  On  dcss<che  aus4l 

5i. 


4l2 


DES 


les  pleine»  d'argent  en  les  faisnnt  pnsser  au  feu  , 
pour  faire  évaporer  le  mercure  où  Ton  auroir 
pu  les  tremper  ,  afin  de   les   rendre  plus  p<' 
sftiircs. 

Desséché,  ée,  participe.  Des  marais  Jcsse- 
f/iéï.  Une  poitrine  flesséchi'e.  Un  homme  des- 
séché. 

DESSRFN.  s.  ni.  Intrnlion  de  faire  quelque 
chose,  projet,  rcsoliuion.  Beau  dessein.  Grand 
dessein.  Dessein  généreux,  noble ^  extraordi- 
naire, ntechantjpcrntcienx,  bizarre,  etc.  Faire 
un  dessein.  Formi:r  un  dessein.  Avoir  dessein. 
Faire  dessein  devoyatjer.  Changer  de  dessein. 
Cacher  son  dessein.  Exécuter  ton  dessein.  7i 
ne  va  pas  là  sans  dessein.  Il  y  va  avec  dessein. 
Il  a  du  dessein.  Il  y  a  du  dessein  à  cela,  il  y  a 
là  du  dessein.  Il  est  v^nti  dans  un  bon  dessein, 
dans  nn  mauvais  dessein j  à  mauvais  dessein. 
Avoir  de  grands  desseins.  Venir  à  bout  de  se? 
desseins.  Renvaserj  traverser^  ruiner  les  des- 
seins de  quelqu'un.  Il  est  là  dans  le  dessein  df 
faire...  ht  dessein  de  l'armée  e^t  d'aller  en  tel 
lieu.  Le  dessein  en  est  pris.  Eventer  le  dessein 
des  ennemis.  Les  ennemis  ont  dessein  sur  telle 
Place.  Il  y  est  allé  de  dessein  prémédité.  Il  a 
entrepris  cela  de  dessein  formé. 

Desîkin  ,  se  prend  aussi  pour  Le  projet,  le 
plan  d'un  ouvrage.  Le  dessein  d'un  PoëmCy 
d'une  Tragédie,  d'un  tableau. 

A  DESSEIN,  adv.  Tout  exprès.  Je  Vai  fait  à 
dessein.  Je  ne  Vai  pas  fait  à  dessein ^  Je  l'ai  fait 
sans  dessein. 

U  an  mot  aussi  n\oc  Tinfinitif  d'un  verbe, 
précédé  de  la  particule  de.  Il  va  là  à  dessein 
de  lui  parler. 

\\  s'emplnîe  aussi  avec  la  particule  que,  de- 
vant le  subjonctif.  Ce  qu'il  en  dit,  c^est  à  des- 
sein que  vous  en  fassiez  votre  projit. 

DESSEIN,  s.  m.  Ternie  d'Art.  Voy.  Dessis. 

DESSF.l.LER.  v.  a.  Ôter  la  selle  de  dessus 
un  cheval.  Ce  cheval  a  trop  chaud,  il  ne  faut 
pas  le  desseller  sitôt. 

Dessellé,  ée.  participe. 

DESSERRE,  s.  f.  U  n'est  d'usage  qu'c? 
cette  phrase,  Être  dur  à  la  desserre,  pour  dire, 
Avoir  de  la  peine  à  donner  de  l'argent,  i  payée. 
U  est  du  st\le  familier. 

DESSERRER,  v.  a.  Relâcher  ce  qui  est  serré. 
Cette  ceinture  vous  serre,  desserrez-la.  Desser- 
rer un  lien,  un  nœud. 

Desserrer  les  dents  à  quelquUin,  C'est  lui 
fjire  ouvrir  par  force  les  deux  mâchoires,  lors- 
f|ue  par  convulsion  ou  autrement,  il  les  tient 
extrêmement  serrées  l'une  contre  l'autre. 

On  (lit  figurcment  et  faniilitremcnt,  qu'f/nc 
personne  n'a  pas  dessa-ré  les  dents  de  tout  le 
jour ^  qu'on  n'a  pu  lui  faire  desseirer  les  dents, 
pour  dire,  qu'EUe  n'a  pas  dit  un  mot,qu"on 
n'a  pu  loblif^er  à  parler. 

Un  dit,  Desserrer  un  coup  de  pied,  un  coup 
de  fouet,  un  sou jP et  y  pour  dire,  Donnrr  un 
coup  de  pied,  un  coup  de  fouet,  un  soufllet 
avec  violence.  Il  est  familier. 

Desserji^,  Ée.  participe. 

DESSERT,  s.  m.  Le  fruit  et  tout  ce  qu'on  a 
accouiiunô  de  servir  5  t«bl«  avec  le  frui^  On 


DES 

avoit  apporté  le  dessert,  du  dessert,  un  bon 
dessert.  Ou  dit  plus  rommuncment ,  Le  fruit. 

Va  ancien  proverbe  dit,  Entre  Piîques  et  la 
PentecolUe y  le  dessert  est  une  croûte. 

DïiSSEBTE.  s.  f.  Les  viandes,  les  nicls 
qu'on  a  desservis,  qu'on  a  ôtés  de  dessus  la 
table.  La  desserte  de  la  table  du  Roi  se  porte 
au  Cerdeau.  Donner  la  desserte  aux  valets, 
iiuoc  pativres. 

Desseïïte,  se  dit  aussi ,  en  parlant  Des  fonc 
lions  qui  sont  indisnensablemcnt  attachées  au 
service  d'une  Cure,  d'une  Chapelle.  H  ne  se  dit 
guÎTC  que  Du  service  que  rend  à  une  Église  un 
Prêtre  commis  h  la  place  du  Titulaire.  Com- 
mettre à  la  desserte  d'une  Cure,  d*une  Cha- 
pelle. Il  a  tant  pour  la  desc*erïc  de  cette  Cha- 
\'eUc. 

DESSER'I'IR.  V.  a.  Dégager  une  picrri?  pré- 
cieuse, une  pierre  gravée,  un  porti'ait,  de  ce 
qui  les  retient  dans  ime  monture  de  métal. 

Desseuti,  ie.  participe. 

DESSERVANT,  s.  m.  Celui  qui  dessert  un 
Bénéfice  à  la  place  du  Titulaire.  Ou  a  nommé 
un  l'esservant  d  cttte  Cure. 

DESSERVIR.  V.  a.  Ôter,  lever  les  viandes, 
les  plats  dcdessusla  table.  Desse;-fC3  les  viunde5. 
A-t-on  desservi  la  viande  du  Roi?  Et  absolu- 
ment :  Desservez.  On  a  desservi. 

DESSEnvin ,  signifie  aussi,  Nuire  à  quel- 
qu'un, lui  rendre  de  mauvais  offices.  7/  a  fait 
tout  ce  qu'il  a  pu  pour  me  desservir.  Il  vous  a 
desservi  auprès  d'un  tel. 

DFssEnvin  ,  en  parlant  De  certains  Bénéfices, 
Biguifie,  Acquitter  les  charges  qui  y  sont  îndis- 
pensablement  attachées.  Desservir  une  Curr. 
Faire  desservir  une  Chapelle.  L  Eve  que  a 
commis  un  tel  Prêtre  pour  desservir  une  telle 
Eglise  en  Vahsence  du  Curé. 

Desservi,  ie.  participe. 

DESSICCATIF,  IV E.  adj.  Terme  de  Méde- 
cine. Qui  a  la  vertu  et  la  force  de  dessécher. 
Eau  dessiccative.  Un  onguent  dessiccaiif.  Cette 
herbe  a  une  vertu  dessiccative.  On  appelle  en 
Peinture, /fui/es  dessiccaltVes, Certaines  huiles 
propres  à  faire  sécher  les  couleurs. 

DESSICCATION,  s.  f.  Terme  de  Chimie. 
Opération  qui  consiste  h  enlever  ù  des  substances 
l'eau  ou  l'humidité  qu'elles  contiennent, 

DESSILLER,  v.  a. Ouvrir.  Il  ne  se  dit  qu'en 
parlant  Des  yenx  ef  des  paupières.  Ses  pau- 
pières étoicnt  tellement  collées  ensemble,  qu'on 
a  eu  de  la  peine  à  les  destiner.  (  Quelipies  Au- 
teurs écrivent  Décillcr,  parce  que  ce  mot  vient 
de  Cil.  ) 

On  dit  figurément,Dessi/ïcr  les  yeux  àqiteî- 
ipi'un,  puur  dire,  Le  déironii«'r,  le  désabu>er 
sur  quelque  chose,  lui  faire  voir  clair  sur  quel- 
pie  chose  dont  il  ne  s'apcrcevoit  pas. 

Dessillé,  ée.  participe. 

DESSIN,  s.  m.  Terme  d  Art.  Il  se  dit  De  la 
représentation  d'une  ou  de  plusieure  figures, 
d'un  paysage ,  d'un  morceau  d'Architecture,  etc. 
soit  nu  crayon,  soit  h  la  plume.  Un  porte- 
feuille plein  dt  beaux  dessins^  Des  dessins  de 
Raphaël,  du  Guide,  de  Jule  Romain,  Des  des* 
sins  de  Calot, 


DES 

11  K  prend  oussi  pour  L'art  qui  enseigne  i 
l)ien  faire  ces  siirles  de  rcprcsenlalions.  Et  dans 
ce  sens  on  dit,  Montrer  le  dessin ^  nppreudre  le 
dessin  ,  jiossàler  bien  le  dessin. 

On  dit,  Les  arts  du  dessin,  pour  désigner 
Les  arts  dont  le  dessin  fait  la  partie  essentielle, 
comme  la  Peinture,  la  Sculpture,  etc. 

Il  se  dit  aussi  Delà  simple  délinéation  et  dcj 
contours  des  figures  d'un  tableau.  Dessin  cor- 
rect, exact.  Le  coloris  de  cev  figures  est  bien 
i^ntendu,  mais  le  dessin  n'est  pas  correct.  Vn 
Peintre  (jiii  entend  bien  le  dessin,  ijui  excelle 
dans  le  dessin. 

11  se  prend  «ussi  pour  Toute  l'ordonnance 
d'un  tableau.  Le  dessin  de  ce  tableau  est  beau , 
mais  il  est  mal  erêcutê. 

Dessin,  se  dit  pareillcineul,  en  pariant  Du 
pian  d'un  biUinjent.  Fuir.;  fiire  le  dessin  d'un 
hûtimeni  par  un  habile  Architecte.  Son  Archi- 
tecte lui  a  fait  voir  plusieurs  dessins  pour  la 
maison  au  il  veut  butir. 

DES.SIN.U'KUR.  s.  m.  Celui  dont  la  pro- 
fession est  de  dessiner.  Bon  Dessinateur.  Grand 
Dc.«inriti'ur.  Mauvais  Dessinateur.  Dessinateur 
correct.  Ce  Peintre  est  bon  Coloriste,  mais  il 
n'est  pas  De.«ina(ei<r,  pour  dire,  qu'il  n'est  pas 
bon  Dessinateur. 

C'est  aussi  l^e  titre  d'une  Cliar(;e  et  d'un 
emploi  ;  et  c'est  dans  cette  acception  qu'on  dit  : 
Dessinateur  du  Roi.  Dessinateur  pour  les  Bal- 
lets, pour  les  jardins^ 

DESSINER.  V.  a.  Faire  le  premier  Irait  d'un* 
figure,  ic  Titien  n  dessiné  cette  jigurc.Defsiner 
hardiment ,  correctement. 

Il  se  dit  aussi  De  tout  ce  qu'on  représente 
sm"  le  papier  avec  le  crayon  ou  avec  la  plume. 
Dessiner  une  ftqure  d'après  nature,  Des.-iner 
un  paysat^e^  le  dessiner  de  fantaisie.  Dessiner 
d'après  lantiijuc.  Dessiner  une  tète.  Dessiner 
une  main. 

Dessiné,  £e.  participe.  L'ne  figure  bien  des- 
sinée. 

DESSOLER.  V.  a.  Ôler  la  sole.  Dessaler  un 
cheval,  un  mulet,  etc.  Ce  cheval  a  pris  un  clom 
lie  rue,  il  a  fnllu  le  dessoler, 

llEssoLKn,  sinnific  aussi,  Dessaisonner . 
i:hanj^ei  l'ordredes  solcsd'iine  terre  labourable. 
//  n'est  pas  permis  à  unFcrmier  de  dessoler  les 
terres  de  sa  ferme, 

Dessolé,  ée.  participe. 

DE.SSOUDER.  v.  a.  Ôter,  fondre  la  soudure. 
Dessonder  les  branches  d'un  chandelier. 

Il  se  joint  le  plus  souvent  avec  le  pronom 
personnel  Le  fer-blanc  se  dessoude  fictlement 
au  feu. 

Dessoudé,  ée.  participe. 

DE.S.SUÛLER.  T.  act.  Faire  cesser  l'ivresse. 
On  prétend  auc  la  soupe  à  l'oqnon  dcsjoîîle 
et'n.x  aui  ont  trop  hu. 

Il  est  aussi  verb.  neut. ,  et  signifie,  Cessnt 
d'être  ivre.  Il  ne  dMsoùlc  jamais.  U  est  po- 
pulaire. 

Dessoiié,  ée.  p.irticipe. 

DESSOUS.  m\v.  de  bcu .  qui  sert  ."i  marquer 
La  situation  d'une  cbose  quifstsous  une  autre. 
Voyei  sur  la  table  ,  cherchez  dissut  uu  ilesfouj. 


DES 

On  le  chachoit  sur  le  Ut,  il  étoit  âessouf;.  C- 
dessous  ait.  Comme  on  vara  c'i-^cssous. 

Il  est  quelquefois  employa  comme  préposi- 
tion, el  i\-^u't^e ,  Sous.  J'ai  cherché  inutilement 
dessus  et  dessous  le  Ut.  On  Va  pris  par-dvssous 
let  hras.  On  a  tiré  cela  de  dessous  la  tahle. 

Dessous,  est  quelquefois  subsumiif,  et  si 
grffie ,  La  partie  de  dessous  d'une  chose.  Le 
dessous  d'une  tahle ,  d'une  étoff'.  Voilà  le 
dessous.  Le  dessous  est  plus  beau  (jue  le  dessus. 

On  appelle  Le  dessous  des  cartes,  La  partie 
colorée  des  cartes  qui  reste  caclice  quand  on 
donne  ou  qu'on  coupe.  Il  est  maladroit;  (juand 
il  donnCf  il  montre  le  dessous  des  cartes. 

On  dit  fij-urémenl  et  famili»  rement ,  Voir, 
savoir  le  dessous  des  cartes,  pour  dire,  Aper- 
cevoir, connoitre  les  ressorts  secretsd'unpafraire. 
d'une  intri;^ue.  Il  en  sait  là-dessus  plus  quun 
autre,  il  a  vu  le  dessous  des  caries. 

On  dit  aussi,  Il  y  a  dans  cette  affaire  un 
de&sous  de  cartes;  ou  absolument,  un  dessous. 

On  dit  fi;^urrment,  qu'L'n  homme  a  eu  k 
dessous,  qu'on  lui  a  donné  du  dessous  en  (juel- 
aue  affaire,  pour  dire,  qu'il  a  eu  du  dcsavan- 

Au-DEssocs.  Préposition  de  lieu  et  d'ordre. 
Plus  bas.  Ce  villa  ne  est  au-dessous  de  Paris, 
par  rapport  au  cours  de  la  rivirre.  Être  assis 
au-dessous  de  qnelqu^un.  Etre  Ioqc  au-dessous 
de  quelqu'un. 

On  dit  îi  la  mer,  qu*Un  vaisseau  est  au-des' 
mus  du  vent  d'un  autre  vasssenu ,  pour  dire 
que  Cet  nuire  vnîsseiu  a  le  vent  sur  lui. 

On  3it  fi;;urement,  quT'n  ^omme  est  au- 
dessous  d'un  autre  en  mérite^  en  dignité^  en 
qualité^  en  richesses,  etc.  pi^ur  dire,  qu'il  lui 
est  inférieur  en  toutes  ces  choses",  et  qu7l  esl 
au-dessous  de  sa  place,  pour  dire,  qu'il  n'est 
pas  en  état  <le  la  b!cn  remplir. 

On  dit  fiEuremcnt  ,  quTne  chose  est  au- 
dessous  de  t^iielquun,  pour  dire,  qu'elle  n'est 
pas  dign^  de  lui.  71  ne  veut  point  de  cet  eni' 
ploi,  il  le  croit  trop  au-dessous  de  lui. 

Au-dessous  ,  pris  figurément  ,  signifie 
Moindre,  selon  un  certain  onire,  soit  lie  nom- 
bre, soit  de  durée.  Les  Romains  enrôlèrent 
tous  i*î  hommes  au-dessous  de  cinquante  ans. 
Tous  les  nombres  au-dessous  de  dix.  Il  est  au- 
dessous  de  tjente  ans.  Les  plus  a1-cicns  titres 
qu*il  produit  sont  au-dessous  du  quatorzième 
mècle.  Tout  ce  qui  est  au-dessous  de  mille  livres. 

Au-dessous,  s'emploie  :iuasi  adTcrbnlcmeut 
et  sans  régime,  et  dims  cette  acception  il  ne  se 
dit  guère  que  dans  les  phrases  suivantes  :  Tous 
les  locataires  qui  étaient  Ivjés  au-dessus  de  lui 
et  au  dessous.  Ilirode  fit  tuer  tous  les  enfnrjs  dt 
^Jge  de  deiLT  ans  et  au  dessons. 

pAD  DESSOCS.  Préposition.  Sous.  Par-dessotis 
lu  table,  par -dessous  (puire.  Il  esl  aussi  m'- 
Twbe.  Prcnez^te  par-dessous. 

OESSrS.  adTfTl>e  de  lieu,  qui  sn-t  îi  mar- 
quer La  aitu.ilion  d'une  clio»*  qui  est  sur  une 
autre.  Ce  qui  est  'ous  la  tahle  mettez-le  dertiis. 
Cela  est  dessu*.  Il  nest  ni  dessus  ni  de*font. 

Q  est  aïKii  employé  comme  préposition. 
Utéc  cclu  de  dtuus  le  buft.  Il  n'est  ni  dessus 


DES 

ni  dessous  fa  tahle.  Il  uvoit  deux  pieds  d'eau 
I  '  par-dessus  la  tête. 

Dessus,  est  aussi  substantif;  et  alors  il 
si;;iuGe  ,  Le  Heu  supérieur.  Les  corps  les  plus 
légers  prennent  le  dessus.  Dans  ce  corps- de- 
loqis,  un  tel  occupe  le  dessus,  et  moi  le  dessous. 
Le  dessus  de  la  main.  Le  dessus  de  la  tête.  Le 
dessus  d^une  table.  Le  dessus  d'un  livre.  Le 
'essus  d'un  pain. 

Dessus,  se  dit  figurément  De  quelque  avan- 
taï^e  remporte.  Aous  avotis  eu  le  dessus  dans  ce 
combat. 

On  die  figurément  De  quelqu'un  dont  la 
santé  a  été  long-temps  languissante,  et  qui  se 
rétablit,  qu7/  commence  à  prendre  le  dessus. 
La  maladie  a  été  violente,  mais  la  nature  a  pris 
le  dessus. 

On  appelle.  Le  dessus,  La  s-iscription,  l'a- 
'resse  d'une  lettre  ou  d'un  pnquet  de  lettres. 
Mettez  le  dessus  de  cette  lettre.  Il  ouhlioit  de 
mettre  le  dessus  à  cette  dépêche. 

En  termes  de  Marine,  Gagner,  prendre  h 
dessus  du  i^ent ,  être  au-dessus  du  l'ent,  C'est 
^c  pincer  ou  demeurer  entre  le  lieu  d'où  le  vent 
souffle,  et  le  vaisseau  sur  lequel  on  prend  ou 
Ion  conser\c  cet  avantage. 

Dessus,  signifie,  en  termes  de  Musique,  La 
partie  qui  est  la  plus  haute,  et  qui  est  oppost-c 
.'i  la  basse.  La  busse  de  cet  air  me  plait  fort, 
mais  je  n'en  aime  pas  le  dessus.  Premier  des- 
sus. Second  dess'is.  On  dit  d'Une  personne  qui 
chante  le  dessus,  que  C'est  un  dcsstis.,  un  beau 
dessus  ,  un  bon  dessus.  Et  on  appelle  Dessus 
de  viole,  dessus  de  violon ^  La  viole  ou  le 
violon  sur  quoi  on  joue  le  dessus.  On  le  dit 
5ussi  De  la  personne  qui  en  joue. 

Paîi-de^sus.  Préposition.  Sur,  au-delà,  par- 
Jclà,  outre.  //  porte  un  flros  manteau  par-Jes- 
sus  snn  juj'taucorps.  Par 'dessus  les  murailles. 
Je  lui  ai  donné  die  pistoles  par-dessus  ce  que 
je  lui  (îevois.  Il  est  riche,  il  est  jeune,  et  par- 
dessus cela  il  est  sage. 

En  parlant  d'Un  grand  embarras  d'afifaires, 
DU  dit  figurément  et  familièrement,  qii'On  en 
a  par-dessus  les  yeux^  par-dessus  la  tète. 

On  dit  aussi  proverbialement  et  figurément 
d'Une  chose  qu'on  a  achetée  trop  cher,  que 
C''c5/  l'avoir  achetée,  V'ivoir  payée  par-dessils 
les  maisons.  Et  en  voulant  finir  un  conte  qui 
n'c  point  proprement  de  fin,  on  dit  provcrbia- 
kracnt  et  figuré/nent ,  Je  jetai  mon  bonnet 
par- dessus  les  moulins,  et  je  ne  sais  plus  ce 
qu'il  devint. 

On  dit  proverhinlement  et  populairement. 
Pardesrus  l'épaule,  pour  dire.  Point  du  tout 
Il  l'a  payé  par-dessus  l'épaule. 

Il  est  au'i.'i  adverbe*.  On  lui  a  donné  ce  qu'il 
demandait ,  e(  quelque  close  encore  par-dessus. 

On  Tppelle  Par-dessus  de  viole,  Un  inslru- 
monl  plus  petit  que  la  viole,  et  qui  monte  plus 
tiauL 

Ac  -  DE^si'î.  Préposition.  Plus  haut  qu'un 
rulre  lieu,  qu'rin  nuire  corps.  Ju-dcssus  de 
deux.  Au-dessus  de  la  montagne,  .lu-des^^ii^ 
les  nues. 

Il  signifie  aussi  Par-delà.  Ma  est  au-dessus 


DES  ^3 

^    de  ses  forces,  au-dessus  de  son  qénie.  Ce  pro- 
dige est  au-dessus  de  la  nature. 

Ou  dit  figurément,  quTn  Aomme  w(  au- 
dessus  de  ses  affaires,  pour  dire,  que  Sa  fortune 
est  bien  établie,  et  qu  il  a  plus  de  bien  qu  il 
n'en  dépense. 

On  dit,  qu'l/n  homme  est  au-dessus  da 
louanges  j  pour  dire,  qu'il  n'y  a  point  de 
louanges  qui  égalent  son  mérite,  ou  qu  il  n'est 
point  touché  des  louanges. 

On  dit  encore,  qu'l/n  fiomme  est  ou-desstu 
de  la  calomnie,  au-dessus  de  Venvie,  pour  dire. 
'jue  La  calomnie,  que  l'envie  ne  lui  peuvent 
nuire. 

En  parlant  De  la  fortune  et  des  aflfaires  de 
quelqu'un,  on  dit,  <]u'//  est  au-dessus  du  vent, 
pour  dire,  que  Ses  -ifTaires  sont  en  si  bon  âtat , 
qu'il  n'a  plus  rien  h  craindre. 

On  dit  aussi  d  Un  lionuïie  qui  ne  se  met 
point  en  peine  de  tout  ce  qu'on  peut  dire,  qui 
ne  se  soucie  point  des  bienséances  du  monde, 
qu'//  s'est  mis  au-dessus  de  tout  ce  qu'on  peut 
dire  de  lui,  qu'/i  s'est  mis  au-dessus  des  bien- 
séances, qu7I  s'est  mis  au-dessus  de  tout. 

Il  est  quelquefois  adverbe.  Il  occupe  le  pre- 
mier étage,  et  ses  domestiques  logent  au-dessus. 

LÀ-DESSUS,  pour  dire,  Sur  cela,  5  ces  mots, 
dans  le  moment,  etc.  Là-dessus  il  nous  quitta. 

DESTIN,  subsl.  m.  Fatalité.  Les  Philosophes 
Païens  appeloient  ainsi  L'enehaincment  nécca- 
saire  et  inconnu  des  événemens  et  de  leurs 
causes.  Destin  irrévocable.  Destin  immuable. 
Et  les  Poètes  entendoicnt  par-là  L^ne  puissance 
ïi  laquelle  les  Dieux  mômes  ctoJenl  soumis. 
L'ordre  du  Destin.  L'arrêt  du  Destin.  Le  Uvre 
du  Destin. 

Les  Poètes  disent  paiement,  Destin  et  Des- 
tins. Le  Destin  ennemi,  les  Destins  favorables. 

Destin,  se  prend  aussi  pour  Le  sort  parti- 
culier de  chaque  personne,  ou  de  chaque  chose, 
rt  pour  ce  qui  arrive  aux  hommes,  indépcn- 
domment  de  leur  volonté,  de  bien  «»u  de  mal. 
On  ne  peut  fuu-  son  destin.  C'est  le  destin  des 
grands  hommes.  C^est  le  destin  des  arands 
Etats. 

DESTINATION,  s.  f.  L'emploi  d'une  per- 
sonne ou  duce  chose  pour  un  objet  ou  un 
nsage  déterminé.  La  destination  des  deniers. 
Suivant  la  destination  qui  en  avoit  été  faite. 
Remplir  sa  destination. 

On  dit,  Se  rendre  à  sa  destination,  pour 
dire.  Se  rendre  au  lieu  où  l'on  est  appelé  pour 
remplir  qnet>{ite$  fonctions.  La  destination  de 
cette  escadre  est  pour  l  imcrique.  La  flotte  est 
arrivée  à  sa  destination. 

Il  s*emi>lnie  aussi  dans  le  sens  actif.  On  ne 
doit  pas  changer  la  destinati'm  des  Fondateurs. 

DESTINÉE,  s.  f.  Destin.  11  en  plus  en  usage 
en  pros'"  que  Destin  ;  el  il  se  prend  souvent 
pour  Icflet  tlu  Destin.  F*ilaïcdcjlinée.  Le  cours 
des  dc.'-tinées.  Heureuse  ou  m^il/ieurcuic  des- 
tinée. Remplir  ses  destinées.  Les  caprices  des 
Ron  font  les  destinées  des  peuples. 

On  dit  mmmuncment ,  qu'il  faut  suivre  sa 
deî'i'u'c,  qu'on  ne  peut  ftir,  qu'on  ne  peut 
vaincre  sa  destinée. 


4«4 


DES 


On  dit,  finir  sa  destinée^  pour  dire,  Finit 
M  vie. 

DESTINER.  V.  a.  Déterminer  la  destination 
d'une  persoune  ou  d'une  chose.  Il  a  destine  ccl 
argent  pour  acheter  une  maison.  H  "  desUm 
oei  argent  aux  pauvres,  ou  pour  les  pauvres. 
Destiner  ses  enfans  à  VEghse. 

OtSTiNEn,  se  prend  (juclqnefois  au  neutu,'. 
pinir  signifier  Projeter,  avoir  dessein,  se  pro- 
poser de  faire  cjuelque  chose.  J'ai  destiné  de 
faire  un  voyage. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Il  st 
destine  au  Barreau,  à  la  Guerre,  etc. 

Destiné,  ée.  participa. 

On  dit,  qu'L'fi  liommc  étoit  destiné  à  une 
chose,  pour  dire,  <pie  Son  destin  l'y  portoit. 
Cet  Itomme  étoit  de.'^tine  à  une  grande  fortune. 
Un  homme  destiné  au.x  grandes  choses.  Il  se 
dit  anssi  De^  choses.  Un  lieu  destiné  aux  jeux 
e4  aux  ris,  pour  dire.  Préparé. 

DESTITUABLE.  adj.  des  2  penr.  Qui  peut 
être  destitué.  Officier  destituable.  Ofjicicr  non 
deâtituahle  à  volonté. 

DESTITUER,  v.  act.  Déposer,  ôtcr,  priver 
quelqu'un  de  la  charge,  de  1  emploi,  ae  la  fonc- 
tion qu'il  exervoit.  Z)cslituer  un  Officier.  On 
Va  destitué  de  son  emploi^  de  sa  commission. 

DE-sxrrt'É,  ée.  participe. 

On  dit,  qu'(/n  homme  est  destitué  de  tout 
aecours ,  pour  dire,  qu  II  m.intjue  de  tout  se- 
'      cours.  Destitué  de  bon  sens,  de  raison,  etc. 

DESTITUTION,  s.  f.  Déposition,  privation 
d'une  cliarge,  d'un  emploi,  d'une  conmiîssion 
Depuis  sa  desfitutio/i ,  il  ne  se  miile  de  nen. 

DESTRIER,  s.  m.  Vieux  mot  qui  sif^nifioil 
un  cheval  de  main,  de  batailtc.  Il  étoit  opposa 
û  Palefroi  .>  qui  ctoit  un  cheval  de  cérémonie. 

Di::STRUCTEUR.  s.ibst.  maso.  Celui  qui 
détruit.  Les  Grecs  furent  les  destructeurs  de 
Troie. 

Il  se  dit  aussi   De  ceux  qui  rompent,  qui 

bri.>ieut  et  qui  font  du  ravage  dans  une  maison, 

*       dans  un  village,  dans  une  ville,  etc.  hes,  soldats 

et  les  valets  d'année  sont  de  grands  destruc- 

leuis. 

U  se  dit  aussi  figuréracnt.  Cet  homme  a  été 
le  destructeur  de  sa  maison  par  ses  folles  dé- 
penses. Ce  Prince  a  été  le  destructeur  de 
VHérésic 

Il  se  prend  aussi  adjeclivemeut.  Un  animal 
destructeur.  On  dit  lif;uréuieut ,  Un  système 
destructeur. 

DESTRUCTIBILITf:.  s.  fém.  (^>ualité  de  ce 
qui  peut  êtro  détruit. 

DESTRUGTir,  IVE.  adj.  Qui  drtrult,qui 
«ia<e  la  destruction.  Principe  destructif.  Cause 
destructive.  Doctrine  destructive  d«  toute  mo- 
tale. 

DESTRUCTION,  s.  f .  Ruine  totale.  La  des- 
truction du  Temple  de  Jérusalem.  La  destruc- 
tion de  Carthagc. 

U  se  dit  figurtimeiu  Ds  plusieurs  choses.  La 
(fcjtrurtion  d'une  famille.  La  destruction  d'un 
Etat.  Cela  a  cause  la  destruction  de  cette  Pro- 
vince. La  mauvaise  conduite  des  f^res  amène 
Il  destruction  des  familUs.  Travailler  à  la  dcs^ 


(rtc.i'on  de  Vlîcré.^ie,  dc^  Hérésie-^.  Ces  maxime^ 
tendent  à  la  destruction  de  hi  morale. 
^  DÉSUÉTUDE,  subst.  f.  (On  prononce  le  à 
comme  s'il  étoit  double.)  U  se  dit  Des  Lois, 
Kè{;lemiiis,  etc.  qui  sont  en  quelque  manière 
anéantis  par  le  non-usage.  Cette  Loi  est  tombée 
en  désuétude. 

DESUNION,  s.  f.  Séparation  des  parties  qui 
ronq>oscnt  un  tout.  Il  ne  s'emploie  guèn' qu'an 
figure  pour  Mésintelligence,  division.  La  divci- 
•iité  d'intérêts  cause  la  désunion.  C'est  ce  (pii  a 
mis  la  désutiion  dans  la  famille. 

Il  signifie  aussi  Démcnibrcment  ,disjon(ii'ui. 
La  désunion  de  ces  deux  Prébendes^  de  ces 
deux  Cures,  de  ces  Charges,  de  ces  Fiefs. 
Sentence  ^  Arrêt  de  désunion.  Bulles  de  dés- 
union. 

DÉSUNIR,  v.  a.  Disjoindre,  séparer  ce  qui 
étoit  uni.  Désunir  un  Fief  d^une  Terre.  Dés'- 
unir  un  Prieuré  d^une  Cure.  On  ai'oit  uni  ces 
deux  Charqcs,  on  veut  les  désunir. 

Il  signifie  figurémcnt,  Rompre  la  bonne  in- 
telligence, l'union  qui  est  entre  des  personnes. 
C'est  Vinlérêt  qui  unit  et  désunit  les  Princes. 
Travailler  à  désunir  les  factieux^  à  rompre 
leur  liquc.  S'ils  se  désunissent ,  ils  sont  perdus. 

DÉSUNI,  t£.  parlicipe. 

On  dit,  en  termes  de  Manège  ,  Un  cheval 
désuni  j  pour  dire,  Un  chcviil  qui  traiue  les 
hanches,  qui  galope  ii  (nn\, 

DET 

DÉTACHEMENT,  s.  m.  État  de  celtû  qui 

est  détaché  d'une  passion,  d'une  opinion,  tWiv 
sentiment,  de  tout  ce  qui  peut  trop  attacher 
l'e-^prit  et  le  cœur.  Être  dans  un  entier  déta* 
chcment  de  toute  espèce  d'intérêt.  Être  dam 
un  parfait  détachement  des  choses  du  monde. 

DÉTACHEsiEST,  en  termes  de  Guerre,  se  dit 
D'un  certain  nombre  de  gens  de  guerre  qu'on 
tire  d'un  corps  plus  considérable  pour  quelque 
dessein.  Faire  un  détachement  de  mille  hommes. 
Il  commandoit  ce  détachement.  Être  d'un  dé- 
lâchement. 

DÉTACHER,  y.  a.  Ôter  les  taches.  Détacher 
un  habit.  Liqueur  qui  sert  à  détacher.  Pierre  à 
détacher. 

DÉTACHER,  v.  a.  Dégager  une  pcrsonnf 
ou  une  chose  de  ce  qui  railachf)it.  Détacher 
un  forçat.  Détacher  un  chien.  Détacher  une 
tapisserie.  Détacher  un  tableau.  Détacher  h 
fruit  d'un  arbre. 

Il  signifia  aussi  Oter,  défaire  ce  qui  sert  à 
attacher.  Détacher  une  épingle.  Détacher  une 
agrafe.  Détacher  un  ruban. 

DÈTACHicn ,  prend  quelquefois  le  pronom 
personnel,  et  dans  cette  acception  il  se  dit  tant 
des  choses  attachées,  que  de  celles  qui  servent 
à  les  attacher.  Vne  jarretière  qui  se  détache. 
Votre  manteau  se  détache.  Vn  pignon  qui 
commence  à  se  détacher  des  deux  murs,  Vn 
ruban  qui  s'est  détadtê.  Vn  clou  qui  va  se  dé- 
tacher. 

DÉTACHEn,   *e   dit  en  parlant  Des  aflairca 

^  qu'on  sépiire  de  celles  avec  lesquelles  elles  sont 

ioûitcft  vt  fuut  en  quelque  sortv  un  m^me  corpti 


DET 

/)éï(ic/ier  une  Ferme  du  nouveau  bail  d  uite 
Terre.  Ce  Traitant  a  détaché  une  telle  afjuirv 
de  son  traité. 

Il  se  dit  en  parlant  Des  troupes  qu'on  tire 
d'un  corps  d'armée  ,  des  soldats  qu'on  tipe 
d'un  rf'îgimeut ,  d'une  compagnie ,  etc.  pour  quel- 
que dessein.  On  détaclia  mille  chevaux  pour 
investir  la  Place.  On  détacha  tant  d'hommei 
par  régiment,  par  compaqnie.  Détacher  des 
Coureurs.  Deux  Cavaliers  se  détachèrent  pour 
faire  le  coup  de  pisto/e(. 

On  dit,  qu'C'n  Prévôt  a  détaché  des  Arcko'i 
après  des  i^oleurs,  pour  dire,  qu'il  a  envoyé 
lies  Archers  après  eux  pour  les  prendre. 

DÉTACHER  ,  se  dit  figiu-ément  en  parlant  Des 
engagemens,  des  occupations,  des  passions, 
des  alîectiuns  qu'on  quitte  après. y  avoir  été 
long-temps  attaché.  On  ne  saurait  le  détacher 
de  cet  engagement.  Détacher  son  ^rprit  d'une 
opinion,  d'un  système j  d'une  pensée.  Dans 
cette  acception  ,  il  s'emploie  aussi  avec  le  pio- 
nora  personnel.  /?  s'est  détaché  de  la  passion 
qu'il  avait.  H  s'est  détaché  peu  à  peu  de  cette 
femme.  Se  détacher  du  jeu.  On  dit,  Se  détacher 
du  monde ,  pour  dire ,  Se  dégager  des  choses  du 
monde. 

En  termes  de  guerre  et  de  marine  .  Se  dé- 
tacher, signifie,  Se  séparer.  Ces  rSgimens  se 
détachèrent  du  corps  d' armée.  Ces  vaisseaux  ss 
détachèrent  de  la  (lotte. 

DÉTACHEn,  en  termes  de  Peinture,  C'est 
tlonner  de  la  rondeur  aux  objets  d'an  tableau^ 
it  en  faire  apercevoir  les  contours. 

DÉTAciic.  KC.  partîfipc. 

<  Jn  appelle  en  termes  de  iôrlification ,  Pièces 
détachées,  Celles  qui  ne  tiennent  point  au  corps 
de  la  Place. 

DETAIL,  s.  m.  Terme  de  Commerce,  en 
parlant  De  marchandises.  On  ne  s'en  sert  guère 
qu'en  cette  façon  de  parler  adverbiale  :  £n  dé- 
tail. Vendre  en  détail,  débiter  en  détail^  pour 
dire  ,  Vendre,  débiter  par  le  menu  ,  au  poids, 
à  l'aune,  à  la  petite  mesure.  Il  est  opposé  ù 
vendre  en  gros.  Marchand  en  qroseten  détail. 

DÉTAIL,  en  parlant  d'afiairc.  est  daas  le 
récit  qu'on  fait  de  quelque  chose,  signifie, 
tout  ce  qu'il  y  a  'de  circonstances  et  de  parti- 
cularités dans  l'aflàire  dont  il  est  question.  Il 
TOUS  a  fait  un  long  détail,  un  qrand  détail^ 
un  détail  bien  exact  de  cette  affaire ,  du  siège 
de  cette  Ville.  Il  nous  a  raconté  cette  histoirt 
fort  en  détail.  Il  a  donné  au  publu  une  rela- 
tion de  cette  bataille,  avec  un  détail  exact  des 
circon^tunres.  Il  nous  a  fait  un  lonq  et  en- 
nuyeux détail  de...  Je  1-ous  raconterai  V affaire 
en  qros  sans  entrer  dans  le  détail ^  sans  àts- 
ccndre  dans  le  détail.  Entrer  dans  des  détails 
ennuyeux.  Tous  ces  détails-là  ne  eervent  de 
rien.  Rien  ne  plait  tàint  dans  les  rcliitions,  que 
les  détails,  quand  ils  sont  faits  avec  choix. 

On  dit,  qu'l/n/iommccnïcndïc détail, qu'il 
est  homme  de  détail^  P*^'^  dire,  qu'il  ne  lui 
échapjpe  rien  des  circonstances,  des  particula- 
rités d'une  aflàire,  qu'il  étend  sa  counaiisancc 
jusqu'aux  moiiulrcs  chose»  qui  regardent  les 
affaiiïs  dout  U  M  mêU. 


DET 

DÉTAILLER,  v.  a.  Couper  en  pièces.  Dé- 
tailler un  boeuf,  un  mouton  à  la  boucherie. 

Il  ee  dit  principaleinint  De  certaines  chose» 
qu'on  partage  par  petites  poitions ,  et  qu'où 
dKtribuc  par  le  menu.  Il  n'a  jm  vendre  ses 
marchandises  en  gros,  il  a  été  contraint  de  les 
détailler. 

On  dit  aussi, /)é(ui//tT  une  noui'elle,  pour 
ilire,  La  raconter,  la  débiter  avec  toutes  sca 
circonslanees. 

DÉTAILLÉ ,  ÉE.  participe. 

DÉT.iILLEUR.  s.  m.  Terme  de  Commerce. 
Marchand  qui  vend  en  détail.  Il  est  opposé  à 
Marchand  grossier  ou  en  gros. 

OÉTALAGë.  subst.  œasc.  Action  de  dé- 
isler. 

DÉT.\LER.  t.  a.  Ôter.  resserrer  la  mar- 
chandise qu'on  a\*oit  étalée.  Cerïui'nj  Mar- 
chands  éttilcnt  leurs  marchandises  le  matin,  et 
les  détalent  le  soir. 

Il  se  met  aussi  absolument. /^a /ôi're  estante, 
les  Marchands  ont  détalé.  Le  Commissaire  les 
a  fait  dctaler, 

II  signifie  figurément  et  populairement ,  Se 
retirer  de  quelque  endroit  promptenunt  et 
malgré  soi.  Quand  il  sut  tjue  j'allais  à  lui ,  il  ne 
in'attenJit  pas,  il  détala  bien  înte.  Je  le  ferai 
bien  détala-.  Comme  il  a  détulé  !  E&alor$  il  est 
neutre. 

DÉTALÉ ,  ÉE.  participe. 

DRTALI^GLER.  y.  d.  Ternie  de  Marine. 
Oter  le  cMc  d'une  ancre. 

DÉTEIUDRE.  v.  a.  Faire  perdre  la  couleur 
A  quelque  chose.  Le  l'inaitjre  déteint  les  étoffes. 
Le  Soleil  dête:nt  toutes  les  couleurs. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Une 
couleur  (jui  se  d^-teint  aisément.  Ces  draps-là  ne 
K  déteignent  point. 

DÉTEiîiT,  EiNTE.  participe. 

DÉTELER.  V.  a.  Je  dételle.  J'ai  dételé.  Je 
détellerai.  Détacher  des  chevauT  ^ui  étoient 
attelés.  11  se  dit  Do  toutes  les  bêles  qu'on  attelle 
Un  Cocher  (jui  dételle  ses  chevaux.  Vn  LaboU' 
reur  qui  dételle  ses  btrufs. 

On  le  dit  aussi  absolument.  Dételc%.  Il  n'a 
pas  encore  dételé. 

DÉTELÉ,  ÉE.  participe. 

DÉTENDRE,  v.  a.  Relâcher  ce  qui  étoit 
tendu.  Détendre  une  corde.  Détenibe  un  arc. 
Détendre  un  ressort. 

On  dit  encore.  Détendre  une  tapisserie, 
p«ur  dire,  L'ôter  du  lieu  où  elle  ctoit  tendue. 
Et  dans  un  sens  à  peu  prts  pareil,  Détemlrc 
un  lit,  détendre  une  tente.  El  on  dit  aussi.  Dé- 
tendre une  chambre ,  détendre  un  appartement. 
pour  dire.  Détendre  les  tapisseries,  le  bt  et  les 
autres  meubles  d'une  ctiaiid>re  ,  etc. 

DtrrENDiic,  se  dit  aussi  alisnlumenl .  soit  en 
parlant  D(5  tapisseries  tt  des  chambres  qu'on 
détend,  comme  :  On  a  détendu  dans  toute  h: 
maison;  on  détend  dans  toutes  le»  rues  quanii 
le  Saint  Siu-rcnient  est  passé;  soil  en  parlant 
l>«»  tentes  ei  .bt  p  iTilloni  qu'on  détend  quand 
une  année ilév.iniiH-.  On  avoitdéjà  détendu  dans 
Ivul  le  camp. 

Og   dit   rijurémenl,  Pélenilre  ton   esjrit, 


DET 

pour  dire .  Se  reUclier  rcsprit  après  des  occu- 
patious  qui  demaDdoient  trop  d'attention.  i  ' 

Detfndu,  tE.  participe. 

DETENIR.  V.  a.  Retenir  injustoment,  rete- 
nir rc  qui  n'est  pas  ^  soi.  Détenir  le  bien  d\tu- 
trui.  Ceux  qui  détiennent  les  effets  dune  suc- 
cession. 

On  dit,  Détenir  que^u'un  en  prison^  pour 
dire,  Le  nicltre,  le  retenir  en  prison,  soil  jus- 
tement, soit  iniuslPinent. 

DÉTENU ,  UE.  participe.  Il  se  dit  d'Un  homme 
ou  arrêté  en  prison ,  ou  malade  au  lit.  Il  eit 
di'tenu  en  prison.  Il  est  détenu  prisonnier.  Être 
détenu  au  Ut, 

DÉTENTE,  s.  fcm.  Petite  pièce  de  fer  ou 
d'acier  qui  sert  au  ressort  des  armes  à  feu  pour 
tirer,  pour  faire  partir  le  coup.  Le  pistolet  est 
bandé,  ne  touchez  pas  à  la  détente,  le  coup 
parttroii. 

Il  se  dit  au.ssi  De  l'action  qtie  fait  celte  sorte 
de  ressort  quand  il  vient  à  se  détendre.  //  est  il 
craindre  que  ce  ressort  ne  serompeà  la  détente. 
Un  fusil  qui  est  dur,  qui  est  fort,  qui  est  aise 
ù  1(1  détente. 

DÉTENTEUR.  TRICE.  s.  Terme  de  Pra- 
tique. Celui,  celle  qui  tient,  qui  possède  un 
héritage.  Léqitime  détenteur.  Injuste  détenteur. 
Fuites  assinricr  les  détenteurs  de  ces  iéritaqcs- 
là.  Elle  a  été  condamnée  comme  détentrice  des 
biens  de  la  succès:  ion. 

(Jn  appelle  Tiers  détenteur.  Celui  qui  est 
acluellenicnt  en  po.ssession  d'un  bien  qui  avoit 
été  liypotliéqué  ù  un  autre  par  celui  qui  le  pos- 
sédoit  auparavant. 

DÉTENTION,  s.  f.  L*état  d'une  personne, 
d'une  chose  arrèle'e  et  saisie  par  Justice.  Depuis 
sa  détention.  Àpiés  une  lonque  détention,  ha 
détention  d'une  personne  en  prison.  La  déten- 
tion d^tn  hi.'.n.  Une  détention  injuste. 

DÉTERGER.  V.  a.  Terme  de  Médecine.  Net- 
toyer, emporter  ce  qui  étoit  adhèrent.  Détcrner 
une  plaie.  Deterqer  les  intestins. 

DKTFnGÉ,  ÉE.  participe 

DÉTÉRIORATION,  suhst.  f.  L'action  par 
laquelle  on  détériore  quelque  chose  ,  et  l'élat 
de  la  chose  détériorée.  Tout  Locataire  est  res- 
ponsable des  détériorations  faites  durant  son 
bail.  Il  y  a  de  qrondes  détériorations  dans 
cette  teiTCf  tout  y  esl  dans  une  étranqe  dété- 
rioration. 

DÉTÉRIORER,  v.  actif.  Dégrader,  gâter, 
rendre  pire.  Détériorer  un  héritage.,  une  terre, 
une  maison.  Détériorer  sa  condition.  On  a 
laissé  détériorer  ces  marchandises.  Il  ne  se  dii 
guère  qu  en  termes  de  Palais,  ou  en  parlant 
d'affaires. 

lïtriniortF,  ïe.  participe. 

DE'IT.RMINANT,  ANTE.  ad).  Qui  dctrr- 
minc.  qui  sert  j  délcnniner.  Ce  motif  est  dé- 
terminant. C'est  une  raison  déterminante. 

DÉTERMI>  \ TUMVE.  adjectif.  Terme  dr 
Grammaire.  Il  se  dit  De  inritccqni  détermine 
la  signifiealinn  «l'un  mot.  Duns  cette  phnisr . 
La  lumière  du  Stdeil,  Soleil  est  le  mot  délo- 
miiiatif  de  lumi*'re. 
.      DtTERMi>ATlON.  «uhst.  f.  ï.a  ivsohiUon 


DKT 


4i5 


qu'on  prend  après  avoir  balancé  entre  deu\ 
partis.  Je  n'attends  que  sa  détermination.  On 
lui  demande  une  prompte  détermination. 

DÉTEiLMiSATios,  cti  tcmies  de  Philosophie, 
est  I/artîon  pnr  laquelle  une  chose  égaleracHt 
r;ipable  de  plusieurs  qualités,  est  déterminée  û 
en  recevoir  l'une  pUiiôt  que  l'autre.  La  déter- 
mination de  la^ynatière  au  ntaiwenient  ne  peut 
venir  que  de  Dieu. 

On  appelle  aussi  plus  particulièrement.  Dé- 
termination du  mouvefrienl ,  Ce  qui  détermine 
un  corps  qui  est  en  mouvement  à  aller  d'un 
côté  plutôt  que  d'un  autre.  La  déta-mination 
du  nioui'eme'it  peut  chanqer .,  quoique  la  force 
du  mouvement  demewe  la  même. 

DÉTERMINÉMENT.  adverbe.  Résolument , 
absolument.  //  Va  voulu  déterminément. 

Il  signifie  quelquefois.  Expressément,  prc- 
ri-iément.  Je  vous  avois  marqué  déterminément 
ce  quil  y  avoit  à  faire. 

Il  veut  dire  aussi,  Courageusement,  hardi- 
ment. Les  troupes  allèrent  déterminément  à 
l'assaut. 

DÉTERMINER-  v.  a.  Décider  en  matière  de 
Doctrine,  de  Jurisprudence, de  Gouvernement. 
C'esï  un  point  que    IT.nlise   a    déterminé.    Le 

Concile  déterinina  que La  Jurisprudence 

étoit  douteuse  là-dessus,  mais  la  dernière  Or- 
donnance du  Roi  a  déterminé  ce  qu'il  falloit 
jufja: 

DÉTEiiMi!SEn  ,  sif^nifie  aussi ,  Résoudre,  for- 
mer une  résolution,  prendre  une  résolution.  Il 
a  déta'miné  de  rebâtir  sa  maison,  il  a  déter- 
miné cela,  dans  son  esprit.  Vous  avez  l'esprit 
bien  irrésoh/,  (iéïerrainc!>vous  à  quelque  chose. 
Je  ne  me  détermine  à  rien. 

Il  signifie  aussi,  Faire  résoudre.  f;iire  pren- 
dre une  résolution.  Il  étoit  irrésolu  sur  le  parti 
qu'ildevoit  prendre,  cette  nouvelle  le  détermina. 
C'est  moi  qui  l'ai  déterminé  à  cela.  Il  étoit  in- 
décis, mais  il  s* est  déterminé. 

En  termes  de  Philosophie,  Ot*(erminer  si- 
gnifie, Donner  une  certaine  (pialîté,  une  cer- 
taine façon  d'être,  à  ce  qui  de  soi-même  n'a 
pas  plutôt  celle-li  qu'une  autre.  La  plupart  des 
philosophes  tiennent  que  la  matière  est  indiffé- 
rente au  repos  ou  au  mt  uvemcnt ,  et  qu'il  faut 
une  cawie  qui  la  détermine  à  Vun  ou  à  l'autie. 
Qu'est-ce  qui  détermine  ce  corps  à  se  moueotr 
en  liqm  courbe  plutôt  qu'en  ligne  droite  j' 

On  dit,  Déterminer  un  mot  à  un  sent.  ■ 
tine  si^ni/icafionf  pour  dire.  L'employer  pré- 
cisément dans  une  telle  signification,  Icrejilrein- 
(irc  îi  cette  signification.  Ce  mot  est  équivoque 
de  lui-même,  mais  ce  qui  précède  et  ce  qiti  suit 
le  déterminent  nécessairement  au  sens  qu« 
vous  lui  donnez,  en  déterminent  le  sens. 

Un  dit  aussi ,  Dcïermin.T  le  .tticcès  d'un  «t- 
ncment.d^une  afjîiire^  d'une  négociation.  La 
htitaille  étoit  dottleuse^  la  valeurduGétièral  en 
détermina  le  sucrés. 

DÊTEnvi^É,  tp.  participe. 

Il  c.sl  nnsst  adjectif;  et  dans  cette  aereption 
il  signifie.  Oui  est  entièrement  adonné  à  qiiel- 
(pie  chose  :  et  c'c>t  dans  ce  sens  qu'on  dît  d*Un 
homme  qui  aime  cxtrémcnr  nt  la  chass»* ,  îr  \ra , 


arfî  DET 

o"  li  table,  et  qui  s'y  abandonne  sens  mena 
l^eineul,  avec  fureur,  que  C'est  un  cfiasieur 
délennhu' ,  un  joueur  ilètermini- j  un  hn-eui 
déterminé. 

Il  signifie  aussi  Un  homme  liapli,  coiira- 
"<»ux. ,  et  qu'îiucun  péril  n'cffiaie.  t^"  sotant 
déterminé.  Il  s'emploie  aussi  sul)sl;iiitivcment , 
etsi|;nitie,  Mécliant,  emporté,  et  capable  de 
tout  faire.  H  ne  faut  pus  le  ficher,  c'est  un  dé~ 
itrminé.  C'est  un  franc  délerminc,  un  vrai  dê- 
Urminé.  Cet  enfant  est  un  petit  déterminé. 

DkrtBMiNÉ,  se  dit  aussi  Des  ciioses  dans  le 
•en*  de  liardi,  résolu.  Une  action  déterminée. 
Un  air  déterminé. 

En  Matïiemati^uc,  on  appelle  Problème  dé- 
la  miné  ^  Celui  qui  n'a  qu'un  certain  nonibn; 
de  solutions  possible». 

DETKliRER.  v.  act.  Exluui.er,  retirer  un 
corps  de  la  sépulture.  Sur  le  bruit  (juc  cet 
homme  était  mort  de  poison^  on  Vu  déterré.  On 
a  fià  déterrer  le  corps  pour  le  visiter. 

Il  signifie  fif;arénicnt,  Découvrir  une  cl)os« 
qui  étoit  caoliéc  ,  diîcouvrir  une  personne  qui 
ne  vouloit  pas  être  connue.  Déterrer  un  trésor. 
Déterrer  un  litre,  une  pièce  authentique.  Ji 
ne  tais  oit  H  a  déterre  ce  secret.  Il  s^étoit  retirî 
dans  un  endroii  où  il  pensât  é(^e  bien  ciicne, 
mais  on  le  déterra  bientôt.  Elle  ne  pensoit  pat 
nu'on  la  connût^  mais  on  déterra  bientôt  qui 
elle  étoit. 

DÉTBnnÉ,  ÉE.  participe^ 

Il  s'emploie  quelquefois  substantivement, 
comm'  t.n  cette  phrase,  Il  a  le  visiicjc  d'un  de- 
term 

DÉITIRSIF,  Hïi.  adj.  Terme  de  Médecine 
Oui  nettoie.  q\ii  purifie.  Remède  détersif.  Me- 
decine  dètersive.  Il  se  prend  aussi  substantive- 
ment. Un  excellent  détersif 

DÉTESTABLE,  adj.  des  2  genres.  Exécrable, 
qui  doit  être  détesté.  Il  se  dit  Des  personnes  c( 
des  choses.  Un  crime  détestable.  Le  plus  détes- 
table de  tous  les  crimes.  La  seule  pensée  en  est 
détestable.  Il  a  des  ma.rimes^  des  opinions  dé- 
testables. C'est  un  homme  détestable. 

DÉTESTABLE,  sc  dit  aussi  par  exagération, 
De  tout  ce  qui  est  très-mauvais  dans  son  genre. 
Il  fait  de-^  vers  dètcstublcs.  Vin  détestable. 

DÉIESTABLEME^T.  adverb.  Très  -  mal. 
Chanter  détetitablement.  Ecrire  détestablement. 

DÉTESTATION.  s.  f.  L'horreur  qu'on  a  de 
quelque  chose.  La  dêtestation  du  péché.  La  pé- 
nitence enferme  une  sincère  dêtestation  du 
pèche. 

DE'1*ESTKR.  V.  a.  Avoir  en  horreur.  Dé- 
tester ses  pécliés.  Déteatcr  son  crime.  Détester 
les  désordres  de  sa  vie  passée.  On  ne  peut  trop 
délester  cette  action.  L'infjratitudede  eet  homme 
fait  (ju'on  le  déteste. 

Oo  dit  encore  familièreinent ,  Déld-tcr  sa 
vie,  pour  dire,  Maudire  les  misères,  les  mal- 
Ucun»  de  si  vie. 

On  dit  aussi  provorbialem.  qu'î/.n  homme 
ne  fait  que  jurer  et  détester,  pour  dire,  qu'il 
ne  ûj(  que  blaspliémcr.  Et  alors  il  ekt  Jicutre. 

Oktutk  ,  ÉK.  participe. 

1-tTïRER.  T.  a.  Étendre  en  tiram.  Oètircr 


D  M  T 

des  dentelles,  uti  rabat.  Délirer  du  linq^y  ii» 
mouchoir  de  cou  sur  la  platine.  Dvtircr  du 
ruban.  Détirer  du  taffetas. 

DtriuÉ,  Ék.  participe 

DÉTISKR.  Y.  a.  Il  n'est  d'usage  qu'en  cette 
phrase,  Détiser  un  jeu,  qui  signifie,  Lever  les 
tisons  du  feu,  les  éloigner  l'un  de  l'.iutre,  et  les 
séparer,  afin  qu'ils  ne  brûlent  plus. 

DÉTisi:,  ÉE.  participe. 

DÉTONATIOM.  s.  f.  Terme  de  Cliimie.  In- 
flammation violente  et  subite  accompagnée  de 
bruit,  telle  que  celle  de  la  poudre  i  canon  et 
du  nilre.  La  détonation  du  nitre. 

DETONER,  V.  n.  en  Chimie,  signifie.  S'en- 
flammer subitement,  avec  bruit.  Faire  détoner 
du  nitre. 

DÉTONÉ,  ÉE.  participe.  Du  nitre  détoné. 

DETONNER,  v.  n.  Sortir  du  ton  quon  doit 
garder  pour  bien  chanter.  Il  n'est  pas  matti-t 
de  sa  t'OLC,  il  dctunne  à  tout  moment.  Il  a  Vo- 
reille  juste,  il  sent  bien  quand  on  détonne.  Il 
ne  s'accorde  pas  avec  les  autres,  H  détonne. 

DÉTONNE»,  s'emploie  aussi  au  figuré.  On  dit 
eu  parlant  dl'u  ouvrage  d'esprit,  qu'7i  y  a  dei 
choses  qui  détonnent,  pour  dire,  qu'il  y  a  des 
t•ho^es  qui  ne  sont  pas  dans  le  ton  général  d« 
l'ouvrage. 

DÉTONNÉ,  ÉE.  participe. 

DÉTORDRE,  v.  a.  (Use  conjugue  coram« 
Tordre.)  Remettre  dans  son  premier  êlat  cj 
qui  ctoit  tordu.  Détordez  ce  linqepour  Vétentlre, 
Détordre  une  corde. 

Oii  d\  Se  détordre  le  pied»  le  hras,  le  poi- 
gnet ^  pour  dire.  Se  faire  du  mal  au  pied,  ati 
hras,  au  poïi^net .  par  une  extension  violente  d« 
quelque  nerf  ou  de  quelque  muscle. 

DÉTonDU,  VK.  participe. 

DÉTORQUER.  V.  act  Détourner.  Il  n'est 
guère  d'usage  qu'en  cette  plirnse,  Detorqucr 
un  passaqe,  qui  signifie,  Donner  à  un  passage 
un  sens  diflTéreut  du  naturel,  et  une  explication 
forcée,  pour  s'en  servir  à  favoriser,  à  établit 
son  opinion.  Détorquer  un  passage  pour  ap- 
puyer une  opinion  erronée. 

DÉTonQLÉ,  ÉE.  participe. 

DÉTORS,  ORSE.  adj.  De  lu  soie  détorse. 

DÉTORSF  s.  f.  Ternie  de  Chirurgie.  Vio- 
lente extension  d'un  r^U'^cle,  d'un  nerf  ,^i  se 
fait  par  quelque  accident.  U  s'est  donné  une 
détorse  au  pied.  Il  a  une  dllorse  au  poignet. 
Entorse  est  plus  usité. 

DÉTORTILLER.  v.  a.  Défaire  ce  qui  étoit 
tortillé,  le  remettre  dans  le  premier  étal  où  il 
fc<oit.  Dctortillcz  ce  ruban,  ce  cordon ^  etc.  Je 
ne  sais  comment  vous  avez  tortillé  cela,  je  ne 
saurais  le  déturtdlcr. 

DÉTonTjLu: ,  ée.  participe. 

DÉTOUPILLONNER.  v.  a.  Ôtcr  les  toupi\- 
lons  d'un  oranger. 

DÉTouPii.tosNÉ,  ÉE.  participe. 

DÉTOUR,  s.  ni.  Sinuosité.  La  rivière  fait  là 
un  détour,  fait  plusicws  détours. 

Il  signifie  aussi  Un  endroit  qi»i  Ta  en  tour- 
nant. //  y  a  un  détour  à  droite,  à  gauche.  Il 
Vattendit  à  un  détour.  Le  détour  de  la  rue. 

Il  se  dit  au^t  d  Un  cii  -min  (pi  éIo:i4W  du 


DET 

droit  chemin.  I^'allez  pas  pnr-M ,  vous  prenez 
un  trop  fj'rand  détour.  C'est  un  détour  de  plus 
d'une  Iteue,  il  y  a  plus  d'une  lieue  de  détour. 

On  dit  fiuurénient  en  matière  d'afiuires, 
Prendre  des  détvurs  ^  de  arands  détows,  de 
longs  détours,  pour  dire,  Employer  adroite- 
ment des  discours  qui  semblent  regarder  une 
autre  matière  que  celle  qu'on  a  envie  de  traiter. 

On  dit  aussi,  Les  détours  du  cœur,  les  dé- 
tours des  passions-, pour  dire,  Les  replis  secrets 
du  cœur,  les  moyens  cachés  des  passions.  Sur- 
prendre la  vérité  dans  les  détours  du  cœur, 
dans  les  détours  que  suivent  les  passions. 

n  signifie  aussi  figurémeut,  Adresse,  subti- 
lité, pour  éluder  un  péril,  pour  venir  à  bout 
de  ce  qu'on  veut  faire.  //  ni  a  donné  d'un  dé- 
tour. Je  connOLs  ses  tours  et  détours.  Il  a  gagne 
son  procès  par  un  détour  de  chicane, 

DÉTOURNER,  v.  act.  Éloigner,  farter, 
tourner  ailleurs.  Détourner  quelqu'un  de  son 
chemin.  Cela  vous  détourneroit  de  votre  c/i*- 
min,  vous  en  détourneroit  trop,  vous  détour- 
neroit de  plus  d*une  demi'lieue.  Le  peuple  croit 
qu'il  faut  sonner  les  clo:hes  pour  détourner 
l'oraqe.  Détourner  ï'euu,  le  cours  de  l'eau.  Dé' 
tourtier  la  vue  de  dessus  quelque  objet. 

Détouhneb,  s'emploie  souvent  avec  \c  pnv 
nom  personnel.  «Se  détourner  de  son  chemin  ^ 
se  détourner  du  chemin  de  quelqu'un,  H  né 
voudroit  pas  s'en  détourner  d'un  pas. 

Oa  dit,  Se  détourner  de  soncheniin,  ou  ab- 
solument, 5e  détourner,  pour  dire,  Prendre  ox 
i  dessein,  ou  par  hasard^  un  chemin  plus  loni 
que  le  chemin  ordinaire.  Je  i^e  3ui's  détourrfy 
de  trois  Ueues  pour  vous  venir  voir.  Il  s^egara 
et  se  détowna  de  trois  lieues. 

On  dit  figurémeut ,  Détourner  le  sent  d'un 
passage,  d'une  loi,  d\tn  mot,  pour  dire,  Lui 
donner  une  signification,  en  faire  une  applica- 
tion différente  de  celle  qu  il  doit  avoir. 

DÉTounNEn.  signifie  aussi ,  Soustraire  frau- 
duleiisement.  Il  a  détourné  les  papiers  de  la 
succession,  il  en  a  détourné  des  effets. 

Il  signifie  figuTi  incnt ,  Distraire  de  quelque 
occupation.  Cela  ma  détourné  de  mes  études, 
de  mes  affaires.  J'ai  peur  de  vous  détourner. 
Détowner  quelqu'un  de  son  devoir.  Détour- 
ner son  esprit,  sa  pensée,  d'un  objet  désa- 
gréable. 

Ilsignifiequelquefois  figurément, Dissuader. 
//  vouloit  vous  faire  un  procès,  je  l'en  ai  dê- 
lourné.  Tâchez  de  le  détourner  de  ce  dessein-là, 

DÉTOinsEn,en  termes  de  Chasse,  signifie, 
Remarquer  l'endroit  où  est  une  bête  k  la  repo- 
sée, pour  la  courre  ensuite  ,  la  chasser.  Détour- 
ner un  ce/f  Détourner  un  sanglier. 

DÉTOunNER.  v.  n.  <^)uitter  le  droit  chemto. 
Quand  vous  5crc2  arrivé  à  une  aour,  détour- 
na à  gauche. 

DÉTOunNÉ,  ÉE.  participe 

On  dit.  Des  rues  détournées .  des  chemins  dé- 
tournés, pour  dire.  De  petites  rues  qui  sout 
peu  fréquentées,  des  chemins  écartés. 

On  dit  figiirénu'nt,qu'l/n  /lomniepicnd  Jm 

S  chemins  détournés,  pour  dire,  qu'il  se  conduit 

avec  fincMe.  Et  on  appelle  Louange  détournée 


DET 

Cne  {oaauge  dclicjii:  et  fiiic ,  qui  ne  s'adresse 
pas  ilirectciiieat  à  la  personne  qu'on  a  iiitcu- 
tiou  de  louer. 

DRTRACTER.  V.  n.  JKdire,  parler  mal  de 
quelqu'un.  La  churilé  ne  veut  pas  qu'on  dé- 
tracti  de  son  prochain.  On  emploie  aussi  c« 
verbe  activement. 

DÉ'fRAC'l'EL'R.  s.  ni.  Qui  médit,  qui  af- 
fc-cte  de  rabai.'.ser  les  avantages  de  quelqu'un, 
le  nuirile  de  quelque  chose.  C'est  un  détracteur 
d'Homère,  des  Anciens.  Les  détracteurs  de  la 
l'Itilosophie.  Il  ne  faut  pas  écouter  les  détrac- 
teurs. 

DÉTRACTION,  s.  f.  Médisance.  La  dctrac- 
tion  contre  le  prochain  est  contraire  à  la  cha- 
nté. 

nÈTRA>GER.  T.  a.  Terme  de  Jardinage. 
Cbasser  les  animaux  qui  nuisent  aax  plantes, 
II  ^ut  dt'ïrun^er  les  nuilots, 

DÉrnASGÉ,  ÉE.  participe. 

DÉTR.IQUER.  v.  a.  Faire  perdre  à  un  elie- 
val  SCS  bonnes  allures,  son  allure  ordinaii-u 
Celui  i^ui  a  monté  ce  cheval,  Ta  tout  détraffué 

DÊTRAQUEn,  se  dit  aussi  en  parlant  d'Uni 
machine,  d'une  montre,  pour  dire  ,  La  déré. 
jjler,  (aire  qu'elle  n'aille  plus  ccmnie  elle  doit 
aller. 

Ou  dit  Egurcmcnt,  qu'Un  aliment  détraqm 
l'estomac,  pour  dire,  qu'il  dévoie  l'estomac,  t» 
l'empêche  de  lairc  ses  fonctions  ordinaires. 

D£rnAQi;EB,  se  dit  aussi  figurément  et  fa- 
milièrement, pour  dire.  Détourner  d'un  train 
Je  vie  réglée,  d'une  occupation  louable.  Il  /ic 
faut  qu'un  mauvais  Reliijieux  pour  détraque! 
toute  une  Communauté. 

DÉTnAoUEii,  s'emploie  aussi  avec  le  pro- 
nom persomiel  ;  et  en  ce  sens  on  dit  :  Cetli 
montre  se  détraque.  Sa  machine  se  détraque. 

DÉTOAgcÉ,  ÉE.  participe. 

Dfri'RE.'MPE.  s.  f.  Terme  de  Peinture.  Cou- 
leur délayée  avec  de  l'eau  cl  de  la  ijomme,  el 
dont  on  se  sert  pour  peindre.  La  détrempe 
s'elpice  aisément  avec  de  Veau.  Ce  tableau 
n'est  pas  peint  en  huile,  il  n'est  qu'en  dé- 
trempe. 

On  appelle  aussi  Détrempe^  Une  peinture 
en  détrempe. 

On  appelle  proverbialement  et  familière- 
ment. Un  mariage  en  détrempe,  Un  commerce 
t  riminet ,  sous  quelque  apparence  de  mariage. 

DETIŒMPKR.  v.  a.  Délayer  dans  quelque 
liqueur.  Détremper  de  ta  farine  avec  desaufs, 
i^vec  du  lait.  Détremper  quelque  chose  dans  du 
l'in  blanc.  Détremper  de  la  chaux.  Détremper 
des  couleurs.  Détremper  son  vin  dans  beaucoup 
d'eau. 

DïTnEMrEn,  signifie  aussi,  Ôler  la  trempe 
A  de  l'acier ,  en  le  faisant  rougir  au  fcu ,  et  en 
le  laissant  refroidir  peu  'a  peu.  Détremper  de 
l'acier.  Détremper  un  couteau. 

DÉTSEMiÉ ,  ÉE.  participe. 

DETRESSE,  s.  f.  Angoisse,  pmndc  (leinr 
â'espriL  11  se  dit  aus«i  pour  Une  situation  mal- 
heureuse, uncmUirros  pressant,  un  péril  imnji 
oent.  Cruniie  ddresie.  ktre  dans  une  qrunJf 
dctreue,  dans  une  cttrême  détresse. 
Tvmt^  I. 


DET 

On  dit,  en  termes  de  Marine,  Signal  de  dê~ 
tresse,  pour  exprimer  Le  sij^naî  qui  annonce 
qu'un  vaisseau  esl  en  danger  et  a  besoin  de  se- 
cours. On  le  dit  figurcm.  pour  désigner  Toute 
action  qui  fait  présumer  qu'une  personne  est 
dans  un  embarras  pressant.  Lu -vente  de  sa  terre 
est  un  signal  de  détresse, 

DÉTRIMEWT.  s.  m.  Dommage,  préjudice. 
Grand  détriment.  Notable  détriment.  Celu  va  ^ 
cela  tourne  au  détriment  du  puhlic.  Causer . 
recevoir  un  notable  détriment.  Cela  va  au  dé- 
triment  de  sa  bourse. 

DÉTRIMENT,  en  tcrmcs  d'Histoiie  ^Naturelle, 
se  prend  pour  Dcbris,  Iragmeni.  Cette  monta- 
qne  est  toute  formée  de  détrimens  de  végétaux. 

DÉTROIT,  s.  m.  Lieu  où  la  mer  est  sern-'e 
enlre  deux  terres.  Le  Détroit  de  OihruUur.  Le 
Détroit  de  ^laqellan. 

H  se  dit  aussi  Des  passages  serres  entre  les 
montagnes.  Dans  les  Alfjes  il  y  a  des  détroits. 
Les  détroits  sont  aisés  à  garder.  Dans  les  dé- 
troits des  montagnes. 

DÉTnorr,sedit  aussi  d'Une  étendue  de  pays 
soiuuis  ix  une  Jurid'iction  temporelle  ou  spiri- 
tuelle. Un  Juge  hors  de  son  détroit.  Ce  mot 
est  peu  en  usage;  on  dit  plus  ordinairement  en 
ce  sens,  District. 

DKTROMl'EK.  v.  a.  Désabuser,  tirer  d'er- 
reur. Vous  avez  une  telle  opinion  ^  je  veux 
vous  détromper.  Je  veux  vous  détromper  dt 
cet  homme-là.  Il  se  fioit  à  ce  fripon j  i'aî  en 
bien  de  la  peine  à  l'en  détromper. 

Se  dêtrompeu.  v.  prou.  Sortir  d'erreur,  st 
désabuser.  Il  «  eu  de  lo  peine  à  s'en  détrom~ 
per.  On  se  dt-trompe  en  vieillissant.  Détrom- 
pez-vous. 

DÉTROMPÉ,  ÉE.  participe. 

DETRONER.  V.  a.  Chasser,  déposséder  du 
Trône.  C'est  ce  cjui  fut  cause  gu'on  détrôna  le 
nouveau  Prince.  Ceux  qui  avoient  le  plus  con- 
Irihué  à  détrôner  le  Prince^  furent  Us  premiers 
à  le  rétablir  j  à  le  faire  rappeler. 

DÉTRÔNÉ,  ÉE.  partici^ie. 

DÉTROUSSER,  v.  a.  Détacher  ce  qui  ctoit 
Iroussé,  et  le  laisser  pendre  en  bas.  Détrousser 
une  robe. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  Des  personnes 
mêmes.  Les  Dames  se  détroussent  pour  entrer 
dans  les  lieux  qui  demandent  du  respect. 

DÉTROUSSER,  signilîe  fgurcment  ,  VoKt  , 
enlever  par  ^nolenc*;  l'argent  et  les  hardes  de 
quelqu'un.  Ce  Marchand  trouva  des  voicurf 
qui  le  détroussèrent.  On  Vu  détroussé  par  la 
chemins.  Détrousser  les  passans.  It  est  du  style 
familier. 

DÈTROissÉ,  ÊE.  participe. 

On  dit,  Faire  visite  en  robt  Jéb'ous.'ce, 
pour  dire,  En  cérémoDie. 

DÉTROUSSEUR,  s.  maso.  Voleur  qui  dé- 
iroussc  les  passans. Lesdé(rou55curs firent  pris. 
Il  est  vieux. 

DÉTRUIRE. T.n.  Démolir,  abattre,  ruiner, 
renverser  un  édifice.  DcIrmVf  un  Palais,  une 
Fortcrejse,  une  Eglise ,  etc.  Le  temps  àéliuit 
les  plus  solides  bûtimens.  Le  débordement  de  la 
riviàe  a  détruit  son  potager. 


DEU  417 

Il  6C  dit  rif;uiém('nt  de  plusieurs  clioses.  /  ^ 
mauvais  ordre  détruit  /e?  familles,  détruit  les 
maisons.  Le  temps  détruit  toutes  choses.  L\1ge 
détruit  la  beauté.  Ce  raisonnement  détruit 
toutes  les  objections  qu*on  avoit  faites.  Toutes 
les  Il^ésies  ont  été  détruites  ou' cond'imnées 
par  les  Pérès  et  par  les  Conciles.  Détruire  une 
faction.  Détruire  la  fortune  de  quclquun.  Les 
Barbares  ont  détruit  VEmpîre  Romain.  Pour 
prétendre  à  la  sagesse,  il  faut  détruire  ses  vices. 

On  dit,  qu'On  a  déti'uit  un  homme  dans 
l'esprit  de  quelqu'un,  pour  dire,  qu'On  l'a  dé- 
trédité  entièrement-auprés  de  quelqu'un. 

DtrnciRE,  s'emploie  avec  le  pronom  per- 
sonnel au  propre  et  au  figuré.  Ces  hâtimens  se 
iJetruisent  tous  les  jours ,^  fiute  de  réparations. 
Cette  opinion  se  détruit  d'elle-même.  C^est  un 
jini.T  bruit  qui  s'est  détruit  de  lui-même. 

DÉTRUIT,  iTE.  participe. 

DETTE,  s.  f.  Somme  d'arj^ent  qu'on  doit. 
Ancienne  dette.  Nouvelle  dette.  Petite  dette. 
Grosse  dette.  Méchante  dette.  Contracter^  créer ^ 
faire  des  dettes.  Payer ^  acquitt&'  une  dette, 
lies  dettes.  S^il  se  trouve  insolvable  ^  je  perdrai 
ma  dette. 

On  appelle  Dette  active  j  Une  dette  qu'on  a 
droit  d'exiger  de  quelqu'un  ;  Dette  passive  j 
relie  qu'ouest  oblige  de  payer;  Dette  hypo- 
Oiécaij-c.,  Une  dette  hypothéquée  sur  une  mai- 
(on ,  sur  une  terre ,  sur  une  charge  ;  Dette  pri- 
niéfliee,  Une  dette  pour  laquelle  on  a  un  pri- 
vilège spécial  ;  et  Dette  exigible.  Une  dette  qui 
le  peut  exiger  .ictnellemcnL 

On  appelle  fanailièrenicnt  Dettes  vêreuser, 
Celles  dont  le  payenient  est  fort  incertain. 

On  appelle.  Dettes  o'iardes ,  Les  petites 
sommes  qu'on  doit  à  des  (ouvriers,  à  des  Mar- 
chands, et  qui  les  font  crier  quand  on  ne  les 
paye  pas. 

On  dit,  qu*l7n  homme  est  accable  de  dettes, 
^crdii  de  dettes,  ahhné  de  dettes.,  qu'il  a  des 
dettes  par-dessus  la  tête,  pour  dire,  qu'il  a 
heaucoup  plus  de  dettes  que  de  bien.  Et  pro- 
verbialement :  Qui  épouse  la  veuve,  épouse  les 
dettes.  Cent  ans  de  chagrin  ne  payent  pas  un 
sou  de  dettes. 

On  diî,  Avouer  une  dette,  avoutr  la  dette, 
pour  dire.  Avouer  qu'on  doit  la  somme  lioni  ij 
est  fjuestion  ;  et,  jVier  une  dette ^  désavouer  une 
dette,  pour  dire,  >icr  qu'on  doive. 

On  dit  figurément  et  famihèrement,  qu'Ui 
homme  avoue  la  dette,  conf:ssc  la  dette,  nie  la 
dette  ,  pour  dire  ,  qu'il  confesse  ou  qu'il  ni« 
ju'il  a  tort;  qu'il  convient  duji  fait  qu'il  vou- 
loit  cacher,  ou  qu'il  le  nie. 

DBU 

DEUIL,  s.  m.  Aflliclion,  tristesse,  lon^c 
douleur.  Quand  le  Roi  mourut,  tous  les  peuples 
en  témoiaiicrcnt  un  grand  deuil. 

Il  se  prend  aussi  pour  L'habitnoir,  IncrC'pc, 
les  carrosses  drapés,  la  livrée  des  gens,  la  ten- 
ture des  appartemcns,  et  tout  ce  qui,  à  Vcxlé- 
rieur,  caractérise  la  tristesse  ii  J'occ-uion  de  la 
mort  d'un  parent,  ou  de  ceux  dont  on  hérite, 
ou  de  quelque  autre,  comme  Rois,  Priiiceé  ■ 

53 


4:8  DEV 

Maîtres.  Vflii  de  Heuil.  S'hahiller  He  <hnil. 
Prendre  le  deuil.  Etre  en  deuil.  Quitter  le  ileuil. 
Habit  de  deuil.  Grand  deuil.  Petit  deuil.  Porter 
le  deuil.  Deuil  de  Cour. 

Deuii.  ,  signifie  encore  la  dépense  ijui  se  fait 
pour  prendre  le  deuil.  On  donne  une  somme 
au.c  veuves  pour  leur  deuil.  Il  y  "  des  Officiers 
à  qui  le  Roi  paye  leur  deuil. 

11  signifie  aussi  Les  étofles  ordinairement 
noires,  dont  on  tend  une  chambre,  une  Église. 
Tendre  une  chnmhre,  une  F.ijli^:,  de  deuil. 
Carrosse  de  deuil. 

Il  si"nifie  aussi  Les  parens  qui  assistent  aux 
funér.iillcs  de  quelqu'un.  Vo;)onsfJa.'isef  le  deuil. 
Mener  le  deuil.  On  prie  ordinairement  une  per- 
sonne qualifiée  pour  mener  le  deuil. 

Deiil,  se  prend  aussi  pour  Le  temps  que  le 
deuil  dure.  On  a  abrcijé  Its  deuils.  Le  deuil  des 
veuves  ne  dure  plus  quun  an. 

DEUTKHO- CANONIQUE,  adj.  des  2  g 
Ou  api>tlle  ainsi,  Ceux  des  livres  de  l'.Vncien 
Testament  qui  ont  été  mis  plus  lard  qiie  les 
autres  dans  le  Canon  des  Écritures. 

UEUTKRONOMp;.  s.  m.  Nom  du  cinquième 
livre  du  Peutaleuque. 

DEUX.  adj.  Nombre  qui  double  !'unit<!. 
Deux  hommes.  Deux  femmes.  Deux  à  deiir 
DciLv  à  la  fois.  Deux  fois  autant.  De  deux  jours 
en  deux  jours.  De  deux  jours  l'un.  Je  les  ai  vus 
tous  deux  ensemble. 

Deux,  est  quclqiu-fois  substantif.  Vn  deux 
de  chiffre.  Effacez  ce  dciLx.  Vn  deux  de  cœur, 
de  pique. 

On  dh  en  termes  de  Bl.-.son,  Deux  et  un. 
pour  dire,  Dciix  en  chef , et  un  en  pointe.  Il  y 
a  dans  Vécu  de  France  trois  fleurs  de  lis,  deu.x 
et  un. 

On  dit  au  Trictrac,  Amener  double  deu.r. 
pour  dire,  ,\mcner  un  douille  de  deux  ;  et  aux 
trois  dés,  on  appelle  Rafle  de  di:u.r,  Lorsque 
chacun  des  trois  dés  e,'.<  sur  le  point  de  deux. 

On  dit,  Paiiarjcr  en  deux,  pour  dire,  ,Sépa 
rer  en  deux  parties;  Donner  des  deu.r,  poiu 
dire ,  Appuyer  en  même  temps  les  deux  épe- 
rons; et  au  jeu,  Porter  ses  deitr,  pour  dire. 
Jouer  seul  contre  deux. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  Porter 
SCS  deux,  pour  dire,  Exercer  deux  fonctions 
différentes.  A  deux  de  jeu.  Voyez  Jeu, 

DEU.XiftME.  odj.  des  2  g,  (  l'X  s'articule 
comme  Z  dans  ce  mot  et  le  suivant.  )  Nombre 
d'ordre.  Second,  Il  loge  au  deuxième  étage ,  à 
la  deuxième  chambre. 

DEUXIÈMEMENT,  adv.  En  second  lieu. 

DEV 

DÉVALER,  V.  a.  Faire  descendre  quelque 
chose.  Dévaler  du  vin  à  la  cave.  Il  n'est  plus 
guère  d'usage  que  p.irmi  le  peuple,  dans  celle 
acception  et  les  suivantes.  • 

11  se  dit  atîssi  De  la  porsnniTe  qui  m  d'un 
lieu  haut  k  un  lieu  bas. Dei-uler  les  degrés.  Dé- 
valer une  montagne. 

Il  est  aussi  neutre  dan»  cette  nrcepiion  : 
Quand  on  a  bien  monté,  il  faut  déi-aler.  Dé- 
taltr  dt  ta  chambre. 


DEV 

DcvalÉ,  ix.  p;irtici{>c. 
DÉVALISER.  V.  a.  Voler,  dérober  à  quel- 
qu'un SCS  bardes,  son  éqiiipnge,  //  a  trouvé  au 
coin  d'un  hois  des  voleurs  qui  Vont  dévalise. 

DÉVALISÉ,  ÉE.  participe.  Voyatjeur  dcva- 
lisé.  Courrier  dévalisé. 

DEVANCER.  V.  act.  Gagner  11-  tlcvrint ,  pix*- 
venir  quelqu'un  en  arrivant  avant  lui,  le  prc- 
ci'îder  par  sa  dllif^encc.  Devancer  (juehjuUin  à 
lu  course.  Il  a  devance  le  Courrier.  Je  jiiVn 
allais  TOUS  voir  ^  mais  vous  m'avez  devancé. 

Il  sij^nific  aussi  simplement,  Précéder  d.'itis 
l'ordre  du  temps;  et  c'est  dan»  ce  sens  qu'on 
dit  :  L'aurors  devance  le  lever  du  Soleil  ^  de- 
vance le  Soleil.  Les  signes  qui  doivent  devancer 
le  jour  du  Jurjernent. 

Il  signifie  aussi,  Précéder  quant  au  rang.  Je 
l'ai  toujours  devancé  eh  pareille  cérémonie. 

On  dit,  Ceux  qui  nous  ont  devances.,  pour 
dire,  Ceux  qui  ont  vécu  quelque  t<;nip.s-  avanl 
nous.  On  le  dit  aussi  De  ceux  qui  nous  ont  pré- 
cc'dés  en  quelque  charge. 

Devancer,  se  dit  figurement,  et  signifie, 
Surpasser,  avoir  l'avantage.  iN'ous  commcn- 
(^dmes  à  étudier  ensemble  ^  mais  vous  m'ares 
bien  devancé. 

Devawcé,  ée.  participe. 
DEVANCIER,  UTyI*:.  s.  Prédécesseur,  qui 
a  été  avant  on  autre  dons  une  Cliarge.  Je  tiens 
cela  démon  devancier,  de  mes  devanciers. Cette 
Ahbessc  ne  fait  qu'imiter  sa  devanciète. 

Au  pluriel ,  il  se  prend  quelquefois  pour 
Aïeux,  Ancêtres.  Imitons  Vexemple  de  nos  de- 
va  scier  s. 

DEVAJÎT.  Proposition  de  Heu.  Vis-5-vis,  à 
l'opposite  de  la  partie  antérieure  de  quelque 
cliose.  lîeqarder  devant  soi.  l\lettcz  cela  devaul 
le  pu.  Otez-vous  de  devant  mon  jour. 

Devant,  est  aussi  préposition  d'ordre,  cl  il 
est  opposé  à  Après.  C\'st  mon  Ancien.,  il  mar- 
che devant  moi.  Il  a  le  pas  devant  moi. 

En  ce  sens  il  se  dit  souvent  absolument. 
Courir  devant.  Si  vous  êtes  si  pcs.-îe,  courez 
devant.  Il  a  le  pas  devant.  Mettez  cela  devant 
ou  deiTicre.  devant  ou  après. 

On  dit  provcrbialemcnr,,  Les  premiers  vont 
devant,  pour  d're,  que  d'ordinaire  Les  plus 
diligens  ont  l'avantage. 

Devant,  signifie  encore,  En  présence.  Il  a 
yrêché  devant  le  Roi.  Cela  ftt  dit  devant  plus 
devinât  personnes j  devant  des  témoins.  Neditcs 
rien  d't'ujnt  lui,  c'est  un  homme  qui  redit  tout. 
Je  vous  jure  dwanlDicu.  Nous  comparoîtron-^ 
tous  devant  Dieu.  Quand  il  fut  devant  sesJu^es. 
On  dit,  qu't/nc  a'jiire  est  devant  tels  ou 
lels  Juges j  pour  dire,  qu'ElIe  a  été  portée  à 
leur  Tribunal,  quVllc  y  est  pendante.  L'ajfnirc 
a  été  jK^rtce  devant  les  M aréchaux  de  France. 
On  dit,  qu*(7n  homme  est  devant  Dieu. 
pour  dire,  qu'il  est  mort  ;  et  par  une  esp^^c  de 
raillerie  et  de  contre- vériti-,  ou  dit  d'Un  nir- 
cbant  bnrnmr-  qui  est  mort .  que  Cest  une  belle 
urne  devant  Dieu. 

On  dit   adv.  rbJnlemrut,    Ci-devant,   pour 
*  dire,  Precédemraenl.  Commt   nous   avons  dit 
ci'devant. 


DEV 

Devatît,  est  aussi  substantif  ;  et  alors  il  si- 
gnifie, La  partie  auierieure  d'une  cliosc,  d'une 
personne.  Il  bdtit  siv  le  devant  de  sa  maison. 
Il  est  loqé  sur  le  devant.  Votre  c^ie^aï  est  blessé 
sur  le  devant.  Le  devant  d'un  carrosse.  Le  de- 
vaut  d'un  pourpoint.  Le  devant  d'un  manteau. 
Le  devant  d'une  jupe,  d'une  rohe.  Vn  devant 
d  Autel.  Mettre  le  devant  derrià-e.  Mettre  une 
chose  sens  devant  derrière. 

On  dit,  Aller,  envoyer  au-devant  de  quel- 
qu'un, pour  dire,  Aller,  envoyer  à  la  rencontra 
de  quelqu'un.  On  alla,  on  envoya  au-devant 
de  luipour  le  recevoir.  Il  vint  au- devait  de  moi. 
Aller  au-devant,  se  dit  figurement,  pour 
dire,  Prévenir,  Aller  au-devant  du  mal.  Il  va 
toujours  au-devant  de  tout  ce  qu'on  peut  sou- 
haiter de  lui.  Je  sus  que  c'était  une  chose  qu^il 
fouhaitoit  de  moi,  j'allai  au-devant.  Aller  au- 
devant  d'une  objection. 

On  dit  populair.  d'Un  liomme  qui  grossit , 
qu'/i  hdtit  sur  le  devant. 

On  dit,  Prendre  le  devant,  gagner  ledevantj 
pour  dire,  Partir  avant  quelqu'un  ;  et  figurc- 
inent,  Prendre  le-.devans,  pour  dire,  Prévenir. 
Quand  il  sut  que  je  me  voulais  plaindre,  il 
prit  les  devans.  Si  vous  ne  prsnez  les  devuns 
dans  celte  afjuire,  vous  êtes  perdu. 

DEVANTIER.  s.  m.  Tablier  que  portent  les 
femmes  de  basse  condition.  Elle  portoit  des 
iei'hes  dans  son  devantter.  Il  est  populaire, 

DEVANTIÈRE.  s.  f.  Sorte  de  long  tablier 
ou  de  jupe  fendue  par-derrière,  que  les  femmes 
portent  quand  elles  nionteul  à  clicvnl  jambe 
de-ç.'i.  Jambe  de-là. 

DÉVASTATEUR,  TRICE.  adjecl.  Quidô- 
vaste.  Un  torrent  dévastateur.  Une  armée  dé- 
vastatrice. Il  se  dit  aussi  substantivement.  Les 
Espagnols  ont  été  les  dévastateurs  du  Nouveau 
Monde. 

13ÉVASTATION.  s.  ï.  Désolation,  ruine 
d'un  pays.  La  dévastation  des  Provinces  d'Oc- 
cident fui  causée  par  l'invasion  des  Barbares, 

DÉVASTER.  V.  a.  Désoler,  ruiner  un  Pays, 
le  rendre  înhabit.iblc  pour  long-temps.  Les 
Turcs  dévastèrent  la  Grèce. 
DÉVASTÉ,  ti\.  parliripc. 
DÉVIU.OPPÉE.  s.  f.  Terme  de  Géométrie. 
Un  appelle  ainsi  La  courbe  par  !e  développe- 
ment de  laquelle  ou  peut  supposer  qu'une  autre 
rombe  es*  formée. 

DÉVELOPPEMENT,  s.  m.  Action  ou  effet 
lie  développer.  Il  s'emploie  au  propre  et  au 
figuré.  Le  développement  d'un  plan  par  les  faces 
et  les  projils.  Le  développement  d'un  sys- 
tème ,  etc. 

DÉVELOPPER,  v.  a.  Oter  l'enveloppe  de 
quelque  chose,  ou  déployer  une  chose  enve- 
loppée. Développer  une  tapisserie.  Développer 
du  drap,  des  habits.  Dvveloppcr  un  paquet  de 
linge. 

II  signifie  aussi  figurcm. ,  DcbrouîUer  DevC' 

loppcr  un?  afpiirc  bien  embrnudlée.  Développer 

une  diJiicultè.  On  a  développé  le  mystère. 

DÉVELorpÉ,  Ée.  partici|>e. 

DEVENIR.  V.  ncut.  (  Il  $e  conjugue  comme 

Venir.)  Commencer  i  àtre  ce  qu'on  D'ëtoit  pu. 


DEV 

Devenir  qraud.  Da-enir  maiijre.Dc  riche  qu'il 
etoit ,  il  devint  pauvre.  Il  est  devenu  tout  hlanc 
en  peu  de  temps.  Devenir  savant  ^  ju/oiio:,  sage, 
dévot,  etc.  Devenir  fiicheux. 

On  (lit communément,  Je  ne  sais  ce  que  tout 
ceci  deviendra,  [>our  marquer  L'incertitude  où 
l'oQ  est  de  ce  qui  doit  arriver,  de  !a  chose  dont 
OD  parle.  Et  on  dit  ù  peu  près  dans  le  même 
sens  :  Que  deviendi'ui-je^  Que  deviendra  tout 
le  bien  qu'il  a  amasse?  Que  deviendront  vos 
promesses,  si  vous  m'abandonnez  ?  Que  sont 
devenus  vos  ser mens?  Que  devieudroient  tant 
de  belles  espérances,  s'il  venait  à  moutir?  On 
dit  aussi.  Que  devenez-vous?  pour  dire,  Où 
âUcz-voua?tjue  voulez-vous  faire  ?  On  dit,  Que 
voulez-vous  devenir  ?  pour  dire,  Quel  purti 
voolei-vous  prendre?  quelle  profession  vou- 
lei-vous  embrasser?  On  dit,  qu'L'Mc  chose  de- 
vient à  rien,  pour  dire,  qu'Elle  seréduiîùrien, 
qu'elle  s'tîvaporc. 

Devenu,  ce.  participe. 

DÉVERGOiNDÉ,  ÉE.  adj.  Qui  mène  publi- 
quement une  vie  licencieuse,  qui  ne  met  au- 
cune pudeur  dans  son  liberlinaj^c.  Il  est  du  style 
familier.  Vn  jeune  homme  dévergondé.  Cette 
fille  est  lien  dévergontUe.  On  dit  substantive- 
ment,  C'^sl  une  dévergondécy  une  grande  dé- 
vergondée. 

DEVERS.  Préposition  dte  lieu.  Du  côté  de. 
Jl  est  allé  (jueïi^ue  part  devers  Lyon.  Il  e:it  de 
deva-s  Toulouse.  Il  demeure  en  Languedoc  de- 
vers Montpellier. 

nEvr.ns  a  vieilli  ;  Jiujourd'liui  on  emploie 
Vers.  //  est  vers  Lyon.  Il  demeure  vers  Tou- 
louse. 

DEVEnSjSe  joint  quelquefois  avec  la  prépo- 
sition Par  ;  et  alors  il  n'est  guère  d"usa;^e  qua- 
Tcc  les  pronoms  personnels,  et  sert  à  nianjuer 
possession.  Retenir  des  papiers  par-devers  soi. 
Tenir  le  hon  bout  par-devers  soi. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Se  powvoir 
par-devers  le  Juge,  pour  dire  ,  Se  pourvoir  à 
(oa  Tribu nab 

DÉVICftS,  ERSE,  «dject.  Se  dit  en  termes 
d'Arts,  De  tout  corps  qui  n'est  pns  d'aplomb. 
Ce  mur  est  dé\'ers. 

Deveiis,  est  aussi  substantif.  //  faut  mar- 
quer ce  bots  suivant  son  dévers,  c'e5t-«i-dire, 
•uivant  sa  pente  ou  son  ^aucliissement. 

DEVERSER,  v.  n.  Pendier,  incliner.  Un 
mur  qui  déverse, 

DÉVERSER,  est  aussi  ttctiî .  Déverser  une  pièce 
de  bois,  La  [wnclier.  l'incliner. 

Di. VERSÉ,  LE.  participe.  Du  bois  déversCjesl 
Du  boi»  qui  est  gnuclie. 

IU,\  ERSOIR.  s.  m.  L'endroit  de  la  con- 
duite de  l'eau  d'un  moulin,  où  Tcau  se  perd 
quai^  il  y  CD  a  trop. 

DÉVÈl'IR.  ▼.  aci.  (Il  se  conjugue  comme 
Vêtir.  )  Il  n'est  ^crc  d'usage  qu'avec  le  pro- 
nom personnel.  Se  dégarnir  d'])ai>its.  Il  est  dan 
iereux  de  se  dévêtir  titât 

Se  DÉVKTin,  se  dit  Ggurcment,  en  style  de 
Tratiquc,  pour  .Se  dessaisir  d'un  bîcn  ,  I  abuu- 
donner  au  doitatiiire  ou  ^  l'acquéreur. 

DÈvtTC.  Lt.  iirriicipc. 


DEV 

DÉVÈTISSEMENT.  s.  m.  Tirme  de  Juris- 
pnidence.  Démission.  Le  dêv-'lusement  de  ses 
biens  en  faveur  de  ses  enfans. 

DtViATIO'.  s.  fém.  Détour,  aclioD  paria- 
quelle  un  corps  se  détourne  de  son  clicmin. 
J'ai  descendu  la  rivière  sans  aucune  déviation. 
Il  se  dit  figurérocnt  dans  le  même  sens.  Il  a 
juivi  sans  déviation,  dans  toute  sa  conduite, 
les  principes  qu'il  s\st  faits, 

DÉVIDER,  v.  a.  Mettre  en  ccbeveau  le  fil 
([ui  est  sur  le  fuseau.  Dévider  le  fl  que  Von  a 
filé. 

Il  signifie  aussi,  IMettrc  en  peloton  le  ftl  qui 
est  en  écbcveau.  £//t;  d  (îévûic  (rois  écheveaux 
ùont  elle  n'a  fait  qu'un  peloton. 

DÉVIDÉ,  ée.  participe. 

DK VIDEUR  ,  EUSIv  adj.  et subst.  Ouvrier , 
ouvrière  qui  dévide  des  fils,  ries  laines,  des 
soies ^  ou  en  pelotons,  ou  en  écbeveaux. 

DEVIDOIR,  s.  m.  Instrument  dont  on  se 
sert  pour  dévider.  Mettre  un  écheveau  sur  le 
dcvidotr. 

DÉVIER.  V.  n.  So  détourner,  être  détourne 
de  la  route  qu'on  a  prise.  Il  se  dit  figurémenl. 
//  ti'a  jatnais  dévié  des  principes  de  la  justice. 

Il  s'emploie  quelquefois  dans  le  même  sens 
aveclepronom  personnel. ieï/tVic/-  de  la  bonne 
route. 

DEVIN,  s.  m.  Celui  qui  se  donne  pour  pré- 
dire les  clioses  à  venir,  et  découvrir  les  clioses 
cpcliée*.  Consulter  les  Devins.  Aller  au  Devin. 
Les  Devins  sont  des  imposteurs.  On  dit  prover- 
bialement d'Une  chose  qui  est  assez  connue, 
qu'il  ne  faut  pas  aller  au  Devin  pour  en  être 
in.^truit.  On  excommunioit  autrefois  au  Prône 
les  Devins  et  les  Devineresses. 

DEVINER.  V.  a.  Prédire  les  choses  à  venir. 
L*art  de  deviner  est  une  chimère.  On  ne  sau- 
rait deviner  l'avenir. 

Il  s'emploie  plus  ordinairement  pour  dire, 
Juger  par  voie  de  conjecture.  Devinez  ce  qae 
fai  fait  aujourd'hui.  Devinez  d'où  je  viens. 
Devinez  combien  cda  me  coûte.  Il  a  deviné  ma 
pensée.  Son  écriture  est  si  peu  lisible,  qu'il  faut 
qu'un  mot  fasse  deviner  l'autre. 

On  dit,  Deviner  une  éniqme,  un  logogri- 
phe,  etc.  pour  dire,  En  trouver  le  mot 

On  dit  figurém.  d'Une  cbosc  obscure,  C'est 
une  énigme  à  deviner. 

On  dit  aussi  d'Une  personne  (jui  s'exprimi- . 
qui  écrit  avec  obscurité,  qu'/i  faut  toujvujs  ii 
deviner. 

On  dit  d'Une  cbosc  qui  est  claire  d'clle- 
rajinc,  qu'/l  n'y  a  pas  à  deviner;  et  provcr- 
bialemcni,  d'Une  cliose  dont  on  suppose  que 
celui  à  qui  l'on  parle  ne  se  douteroit  jamais. 
Je  vous  le  donne  à  deviner  en  du.,  en  cent; 
et.  Devinez  le  reste,  jïour  dire.  Juges  du 
reste. 

On  dit  aussi  proverbialement,  d'Un  liomme 
qui  parle  d  une  cliosc  connue  de  tout  le  niondi', 
comme  d'une  dcwuverte  nnuville,  qu7i  de- 
vine les  t'êtes  quand  elles  sont  venues. 

Dr.vi.NL.  Et:,  participe. 

l'EVIM'-HlCSSE.  s.  f.  Femme  qui  se  mêle 
de  pivditc  les  chose»  ù  venir,  et  de  découvrir 


DEV  4,9 

le»  choses  cacliLcs.  On  ne  croit  plus  aux  Devi- 
neresses. 

DEVINEUa.s.  m.  Devin.  C'est  un  leau  De- 
vineur,  un  grand  Devineur,  un  habile  Devi- 
neur,  un  plaisant  Devineur.  H  fat  le  Devineur. 
Il  n'esl  en  usage  que  dans  ces  plirascs  du  style 
familiei:, 

DEVIS,  s.  m.  Propos,  diseours,  enlrotieii 
fjiitilicr.  Joyeux  devis,  li  est  vieux. 

Devis,  se  dit  aussi  d'Un  état  détaillé  des 
«iiviagcs  d'Architecture,  de  Blenuiscrie  ,  de 
Mtiionncrie,  etc.  et  de  la  dépense  cpiil  y  faut 
faire.  Dci'is  trucl.  Faire  un  devis.  Donner  le 
devis  d'une  maison  à  hillir.  I.e  devis  de  l'Ar- 
chitecte ou  du  Maçon.  Le  devis  du  Menuisier. 
Le  devis  du  Serrurier, 

DÉVISACiER.  V.  a.  Défigurer,  déchirer  le 
visage.  Ce  c!iat-là  vous  dévisarjera.  Quand  cette 
femme-là  est  en  furie  ,  elle  dévisagerait  un 
Itomme. 

DivisAcÉ,  ÉE.  participe. 

DEVISE,  s.  f.  Figure  accompagnée  de  pa- 
roles, exprimant  d'une  manière  allégorique  e'. 
courte,  quelque  pensée,  quelcpic  sentiment. 
On  appelle  La  ligure  représentée  dans  une  de- 
vise, Le  corps  de  la  devise;  et  on  appelle  Les 
paroles ,  L'âme  de  la  devise. 

Une  des  diflérences  de  ïa  devise  et  de  l'cni- 
blème,  c'est  que  dans  la  devise  on  n'admet 
guère  les  coi-ps  humains. 

Toute  devise,  pour  être  juste,  doit  faire  une 
comparaison  ;  et  les  paroles  de  la  devise  doivent 
convenir  dans  le  propre  au  rnrps  qui  v  est  r**- 
prt's^nté ,  et  dans  le  figuré  à  ce  qu'on  veut  ex- 
primer. Belle  devise.  Devisa  injéiiicusc.  Faire 
une  devise.  Graver  une  devise.  Choisir  une  de. 
vise.  Tous  les  Chevaliers  du  Cairousel  portoient 
chacun  une  devise.  Il  a  pris  telle  devise.  La 
devise  de  Louis  XIV  étoit  un  Soleil  qui  éclaire 
un  monde,  avec  ces  mots,  Nec  pi,LniBis  impak. 

On  se  sert  aussi  du  mot  de  Devise ,  pour 
signiiier  quelque  chose  de  conforme  à  l'humeur, 
à  la  profession,  ou  h  la  résolution  qu'on  a  prise; 
comme  :  Paix  et  peu.  Plutôt  mourir  aue  c/uin- 
fjer.  Chacun  à  son  tour,  etc. 

DEVISER,  v.  n.  S'entretenir  familièremeDI. 
Ils  devhoieiit  en^ùtnble.  Ils  s'amiuoient  à  devi- 
ser. Il  est  du  style  familier. 

DliVOIEMENf.  s.  m.  (On  pruDouce  De- 
\-oiment.)  Flux  de  ventre.  Il  a  le  dévoiemcnt. 
Les  raisins  lui  ont  donné  le  dévoiement. 

DÉ\  OILEMEiNT.  s.  m.  Action  par  laquelle 
on  découvre  ce  qui  étoit  caché  sous  des  voiles. 
Le  iféi'ui^emcnt  des  Mystères.  Le  dévoilement 
des  fiqurcs  du  'i^'ieiu:  Testament  ne  s'est  fait 
iju'à  la  venue  du  Messie. 

UI'A OILER.  V.  a.  Hausser,  relever  le  voile 
d'une  Religieuse.  Dans  certains  Monastères,  il 
c>t  défi-ndu  aiuv  Religieuses  de  u  dévoiler  au 
Parloir  II  s'omploic  quelquefois  pour  dire, 
Relever  une  Religieuse  de  ses  vœux. 

Il  signifie  fijurément.  Découvrir  une  cliose 
qui  étoit  cachée ,  qui  étoit  secrète.  On  a  dévoiU 
le  mystéie. 

DÉvoii.i,  ÉE.  participe. 

DEVOIR,  v.  a.  Je  doit,  lu  doit,  i7  doit; 
Jà. 


/«a 


YM 


DEV 


nous  devons,  vous  devez,  ils  doivent.  Je  devoia. 
Je  dus.  J*ai  dû.  Je  devrai.  Je  devrois.  Que  je 
doive.  Que  je  dusse.  Être  oblige  à  payer  qucl- 
*]ue  chose,  soit  argent,  soitdfnixTS,  Dn^'Oir  une 
somme  d'arqent.  Devoir  viillc  écus  de  rcrUe. 
J^evoir  par  obligation.  Devoir  ynr  contrat  de 
constitution.  Devoir  tant  de  seticrs  de  blé  de 
rente.  Devoir  plus  (Ju'oh  n\i  vaillant. 

On  dit  provcibialenicnt  d'L'n  homme  qui 
doit  beaucoup,  qu7/  doit  plus  d'arfjent  (^uit 
n'est  tjrosy  tju'i/  doit  à  Dieu  et  au  monde,  qui/ 
doit  au  tiers  et  au  quart. 

On  dit  aussi  proverbialement,  Qui  doit  a 
tort,  pour  dire,  que  La  Loi  est  toujours  contic 
ïo  dcbiteuf  ;  et,  Qui  a  terme  ne  doit  n'en,  pour 
dire,  que  fjuand  on  doit  quelque  choschunccr- 
l.iiu  terme,  ou  n'cit  obligé  de  p.iycr  qu'à  le 
chcance  du  terme. 

Ou  dit  encore  proverbialement,  Quand  on 
doit  ,  il  faut  payer  ou  agréer.  Et  cela  se  dit 
ordinairement  en  parlant  De  ce  qu'on  doit  à 
un  marchand,  k  un  ourrier,  pour  dire  ,  que  Si 
on  ne  les  paye  pas  eu  argent  comptant,  il  faut 
du  moins  arrêter  leiu's  parties,  leurs  mémoires, 
et  leur  donner  quelque  assurance  pour  leur 
piiycmeDt. 

On  dit  proverbialement  ,  Qui  nou$  doil 
nous  demande^  pour  dire,  que  Souvent  celui 
qui  a  tort  est  le  premier  à  se  plaindre. 

On  dit  proverbialoment  et  frgurcmeut  d'Un 
homme  qiii  n'est  joinais  content  de  ce  qu'on 
fuit  pour  lui ,  qu'// croit  îoujours  (ju'on  lui  en 
doit  de  reste 

On  dit,  7Ï  m'en  doit,  pour  ^ire,  lî  m';: 
oQense,  il  m'a  ùnt  un  tour,  je  m'en  vengerai. 
On  dit  dans  ie  mthnc  sens,  Je  lui  en  dois. 

On  dit  aussi  Pe  deux  hommes  qui  onî 
d'ausâî  mauvaises  qualités  l'un  que  l'autre,  m 
qui  out  eu  t-galement  des  torts  h  legard  l'un 
de  l'autre,  qu'//s  ne  s'en  doivent  nuère. 

DEVoin ,  signifie  au.s$i,  Être  obljgé  h  quel- 
que chose  par  la  Loi,  par  la  Coutume,  par 
rhoimételé,  ou  pnr  la  bienséauce.  Le  Va^^sai 
doit  hommage  à  son  Seigneur.  Un  fth  doit 
respect  à  son  ycre.  Un  bon  C'itoycn  doit  ohéis- 
tance  aux  Lois  ,  un  Sujet  à  son  Prince.  Dc- 
^\r  une  visite  à  (juehju'un.  Un  homme  d^hon- 
neur  doit  tenir  sa  purole.  Vous  devriez  vous 
conduire  autrement.  Il  ne  i^cvroit  pas  aban- 
donner ses  païens. 

UEVOin,  se  dit  aussi  pour  marquer  qu'il  y 
a  une  csptcc  de  justice  ,  de  raison  ,  qu'une 
chose  soit,  ou  qu'il  y  a  une  espèce  d'apparence 
qu'une  choie  est  ou  qu'elle  sera.  Un  bon  ou- 
vria'  doit  être  plus  employé  qu'un  autre  ,  et 
doit  être  payé  flus  grassement.  À  la  vie  (pu 
mène  cet  hommclà,  il  doit  être  bien  riche.  On 
doit  avoir  bien  froid  en  hiver  guand  on  est 
/nul  vêtu. 

Il  se  dit  aussi  pour  marquer  qu'Une  chose 
arrivera  infuiHihlcnjent.  Tous  les  hommes  doi- 
ifent  mourir.  Le  terme  de  son  ban  doit  e.vpirei 
dans  deiLX  jours. 

Il  50  dit  aussi  De  ce  qu'on  croit  simplement 
qui  firrivcra,  ou  de  ce  qu'on  regarde  conmir 
«taut  probablement  vrai.  Le  Courrier  doit  être 


DEV 

ici  dans  peu  de  jours.  Il  doit  fuirc  beau  à  la 
campagne. 

U  se  dit  aussi,  pour  marquer  L'intention 
qu'où  a  de  faire  quelque  chose.  Je  dois  aller 
demain  à  la  campagne. 

On  dit  proverbialement,  Va  ou  tu  pein-, 
mourir  où  tu  dois. 

Devoir  ,  s'emploie  avec  le  pronom  person- 
nel. On  se  doit  à  soi-même  de  rcwcctev  la 
bienséances.  Je  me  devois  de  faire  cette  dé- 
marche. 

Dû ,  UE.  participe. 

DEVOIR,  s.  m.  Ce  h  quoi  on  est  obligé  par 
la  Loi,  par  la  Coutume,  par  rhonnètetc,  pnr 
la  bienséance,  ^'acquitter  de  son  devoir.  Rem- 
f.lir  ses  devoirs.  Satisfaire  à  son  devoir.  Ccl 
Ojpcierj  ce  Pasteur  fait  bien  sou  devoir.  Il  iu 
manque  jamais  à  son , devoir.  C'est  votre  de- 
voir. Tous  les  devoirs  de  la  vie  civile.  Les  de- 
voirs de  l'amitié.  Les  devoirs  de  la  bienséance. 
C'est  un  devoir  indispensable.  Devoir  d'un  pèrl 
de  famille.  Le  devoir  conjugal.  Les  devoirs  ré- 
ciproqucs.  Les  devoirs  des  Sujets  envers  U 
Prince  y  et  du  Prince  envers  ses  Sujets.  On  ca1 
/ieurcr(.r  lorsqu'on  se  fait  un  plaisir  de  son  de- 
voir. Ce  Magistrat  contient  le  peuple  en  son 
devoir.  Faire  le  devoir  de  Capitaine  et  celui  di 
Soldat.  Faire  son  devoir  de  bon  Chrétien. 

On  appelle  au  Collège,  Devoir,  Le  thème, 
la  version  et  les  autres  choses  que  le  Re'genl 
donne  h  faire  à  .sa  classe.  Cet  écolier  n'a  poin\ 
apporté  son  devoir. 

On  dit.  Etre  dans  son  devoir^  <;«;  meltrt 
dans  son  devoir, pour  dire,  Se  tenir  dans  l'étal 
où  l'on  doit  être  devant  les  personnes  à  qui  on 
doit  du  respect.  On  dit  aussi,  Être  à  son  de- 
voir ,  pour  dire ,  f-^tre  à  son  poste, 

jRenïrer  dans  son  devoir ,  pour  dire,  Se  re* 
mettre  dans  l'obéissance,  dans  la  subordination 
dont  on  s'ctoït  écarté. 

Banqer  quelqu^in  à  son  devoir,  pour  dire. 
L'obliger  à  l'aire  ce  qu'il  doit. 

On  appelle  Derniers  devoirs^  Les  honneur* 
funèbres,  les  cérémonies  qu'on  fait  aux  enter- 
rcmcus. 

On  dit  par  compliment ,  J'inii  l'ous  rendu 
mes  devoirs,  pour  dire,  J'irai  vous  rendre  vi- 
site. On  dit  aux  gens  fort  supérieurs,  J'irai 
vous  rendre  mes  jwpecfs. 

On  dit,  Se  mettre  en  atvcir  de  faire  um 
chose,  pour  dire.  Donner  des  marques  qu'on  a 
dessein  de  la  faire,  se  mettre  en  ctat  de  la  faire- 
commencer  à  la  faire.  //  se  mit  en  devoir  d'exe- 
cuier  sa  promesse. 

On  dit,  Remplir  le  dei-oir  conjugal,  pour 
dire.  Satisfaire  îi  l'intention  du  mariage. 

On  appelle Ocfoirs  seigneuriaux jCfi  qui  est 
dû  par  le  Vassal  h  son  Seigneur  de  Fief,  Satis- 
jaire  aux  devoirs  seigneuriaux. 

On  appille  Devoir  Pascal,  Ln  Communion 
que  chaque  Chrétien  doit  faire  tous  les  ans  i  sa 
Paroisse  aux  Fûtes  de  Pâques. 

DE  VOLE.  s.  f.  Terme  du  jeu  des  Cartrs, 
<|ui  se  dit  lorsque  la  p(  rsonne  qui  f.iit  jotier  nt 
lait  aucune  levée.  Il  est  oppose  il  Vole.  Il  pen- 
sait gagner,  et  il  a  fait  la  dévole. 


DEV 

DEVOLU,  UE.  adj.  Acquis,  ccliu  par  cer- 
tains droits  seigneuriaux.  Droit  dévolu.  Terre 
dévolue  à  la  Couronne. 

On  (iil  iiussi  en  ternies  de  Palais,  Procès  dé- 
volu à  la  Cour. 

DÉVOLU,  s.  m.  Ce  mot  n'est  d'usage  qu'en 
parlant  d'Un  Bunclice  vacant  par  l'incapacité 
ecclésiastique  de  celui  qui  en  est  en  possession. 
Et  on  dit  dans  cette  âcccplion ,  Prendre  un  Dé- 
volu, obtenir  un  Dévolu,  poiu-  dire,  Prendre, 
ojjlenir  en  Cour  de  Rome  les  Provisions  du  Bé- 
néfice qu'on  prt'-tcnd  être  ainsi  vacant  ;  et,  Jeter 
lin  De'i'oiii,  pour  diiï!,  Faire  signifier  la  Provision 
obtenue.  On  dit  .lussi  à  peu  près  d.ins  la  m(me 
acception  :  Un  Bénélice  tombé  en  Dévolu.  PUiî- 
dcr  un  Dévolu.  Avoir  un  Bénéfice  par  Dévolu. 

DÉVOLUTAIRE.  s.  niasc.  Qui  a  obtenu  un 
Dévolu.  Vont  Dévolutaire  est  odieux^ 

UÉVOLUTIF,  IVE.  adj.  Il  se  dit  principa- 
lement d'Un  appel  qui  saisit  de  la  connoissance 
d'une  alTuire  un  Juge  supérieur.  Appel  dévo~ 
lutif. 

DEVOLUTION,  s.  f.  Acquisition  d'un  droit 
dévolu.  Cette  Terre,  cette  Seinneurie  appar- 
tient an  Roi  par  dévolution.  Droit  de  dévolu- 
tion. 

DÉVORANT,  ANTE.  adj.  Qui  dévor«.  Déle 
dci'oranfc.  Lion  dévorant. 

On  dit  aussi  figurcment:  Esfoninc  dévorant. 
Sentir  un  feu  dévorant.  La  flamme  déwrante. 
.■ippétit  dévorant.  Flammes  dévorantes.  Il  a  un 
feu  dévorant  dans  les  entrailles.  Et  on  appelle 
Air  dévorant.  Un  air  extrômemcnt  subtil,  et 
[ui  est  dangereux  pour  les  personnes  qui  onl 
ia  poitrine  délicate. 

DÉVOIUOU.  V.  act.  Il  ne  se  dit  nu  propre 
[u'en  parlant  Des  béics  féroces  qui  dêchircirt 
rur  proie  avec  les  dents.  Les  hctes  l'ont  dévoré, 
H  a  été  dévoré  par  les  lions ,  par  les  tifjres ,  etc, 

11  se  dit  aussi  au  propre  en  parlant  d'Un 
trocodile ,  d'un  brochet.  Les  crocodiles  dévo- 
rent quelquefois  des  hommes.  Les  hochets  se 
Icvorent  les  uns  les  autres^  dévorent  les  autres 
voissons. 

On  dit  d'Un  liomme  qui  mange  goulumeul, 
ûvidcment,  qu'il  dévoie  :  Il  ne  mange  pas,  il 
dévore  ;  et  d'Un  liomme  pressé  d'une  violente 
faim  ,  que  La  faim  le  dé,rore. 

On  dit  figurcment,  Le  temps  dévore  tout,  U 
feu  démre  tout ,  pour  dire,  que  Le  temps,  que 
le  feu  détruit  tout.  Et  les  Poètes,  on  parlant 
d'Une  violente  passion  d'amour,  disent,  Le  feu 
qui  le  dévore. 

On  dit  figurcment  d'Un  homme  qui  sciais»» 
consumer  d'ennui,  de  chagrin,  que  L'ennui, 
que  le  chnniin  le  dévore. 

On  dit  aussi  figurémcnt  d'Un  homme  qui  lit 
beaucoup  et  avec  une  grande  arilcur,  qu'/i  nt 
fit  1)115  les  livres  j  mais  quil  les  dévore. 

Ou  dit  d'Un  homme  qui  tient  le»  yeux  fixe- 
ment attaché*  sur  une  personne,  qu'/t  hi  no 
vore  des  yeux.  Et  on  dit.DcvorcP  une  chose  cj» 
espérance,  pour  dire,  Iji  regarder  comme  n« 
doutant  point  qu'on  ne  In  possède  bientôt. 

En  style  de  l' écriture -Sainte,  et  en  parlanl 
d'Un  Pays  où  ceux  qui  y  demeurent  uc  vivei* 


DEV 

fia  d'ordinaire  long  -  tnipi ,  ou  Jit,  que  C'c»l 
une  terre  ijiii  dévore  ses  hubîtans. 

On  dit  d'L'n  Iiommi.'  qui  vient  h  bout  courn 
geusemeut  des  dillicultcs  qui  se  rencontrenl 
dans  ses  ctudes,  qu'/l  dévore  les  di//.'cu!(es ;  ti 
de  celui  qui  retient  ses  larmes  quand  elles  soin 
près  de  s'ccliuppcr,  ou  qui  caolie  le  ressenti- 
ment d'un  affront ,  qu71  dévore  ses  larmes  . 
qu'il  dévore  un  affront. 

DÉVOUÉ,  ÉE.  participe. 

nfiVOT,  OTE.  adj.  Pieux,  attacha  au  ser- 
vice de  Dieu.  Etre  dévot.  Les  personnes  dévotes. 
Les  âmes  dévotes.  Les  commencemcns  de  la  vie 
dévote  sont  pleins  d^épincs^  nais  les  suites  en 
sont  douces.  Être  dévot  à  la  Vierrje.Aioir  l'air 
dévot,  l'extérieur  dévot. 

On  cppelle  Lesferam-s,  Le  sexe  dévot. 

Il  signiâe  aussi,  Ce  qui  excite  h  dévotion. 
Citant  dévot.  Oraison  dévote.  Lieu  fort  dévot. 

DÉVOT,  est  aussi  suLstintif .  On  ne  peut  tro  i 
estimer  les  vrais  dévots.  Les  faux  dévots  sotii 
danijereux.  Faire  le  dévot.  Ordinairement  quand 
on  dit ,  Un  dévot ,  les  dévots ,  on  entend  parle; 
De  ccui  qui  font  profession  de  dévotion,  et  q« 
ne  sont  dévoti  qu'en  apparence.  Ae  vous  y  ^ic; 
pas,  c'est  un  déi'Ot. 

On  dit,  en  parlant  d'L'ne  femme  qui  esl 
sous  la  direction  d'un  Ecclésiastique,  qu'Ll/i 
est  une  de  ses  dévotes. 

DÉVOTEMENT,  adv.  D'une  manière  dé- 
vote et  pieuse.  Prier  Dieu  dévotement.  Enten- 
dre dévotement  la  Messe, 

njivariEU.X,  EUSE.  adj. (Les lettres  ti  st 
prononcent  ci  dans  ce  mot  et  dans  les  deux  sui 
vjns.  ;  Dévot.  C'est  un  homme  fort  dëiotieux. 
Il  est  vieux. 

DÉVOTIEDSEJJEST.  adv.  Dévotement,  t 
est  vieux. 

DEVOTION,  s.  f.  Pieté,  attachement  au  se» 
vice  de  Dieu.  Vraie  dévotion.  S'adonner  à  U 
dévotion.  Se  mettre  dans  la  dévotion.  Etre  dam 
la  déi'otion,  dans  une  (jrande  dévotion.  Excitei 
à  la  dévotion.  Donner  de  la  dévotion.  înspirei 
de  la  dévotion.  Faire  (Quelque  chose  par  dévo- 
tion. Avoir  dévotion  à  un  Saint,  à  une  Église. 
Tahleau  de  dé^Ktlion.  ?i'avoir  point  de  dévotion. 
Être  sans  dévotion.  Sa  dévotion  est  bien  re- 
froidie. 

On  appelle  Fête  de  dévotion ,  jeûne  de  dévo- 
tion. Une  Fête,  un  jeûne  qu'on  observe  par 
imre  dévotion ,  et  que  l'Église  n'a  point  com- 
m^indé. 

On  appelle  Livres  de  dévotion.  Heures  de 
devalion,  Des  livres  qui  contiennent  des  priè- 
res ,  des  oraisons  mystiques ,  etc. 

On  dit  proverbialement,  qu'il  n'est  dévo- 
tion ifue  de  jeune  Prêtre,  pour  dire,  qu'On  n'.i 
jainaLs  plus  d'ardeur  dans  uno  profession ,  dans 
une  entreprise ,  que  lorsqu'on  la  commence. 

Il  se  prend  aussi  pour  Ixs  exercices  de  la 
dévotion.  Il  est  en  dévotion.  Je  vous  ai  vu  en 
dévotion.  Je  n'ai  pas  voulu  interrompe  votre 
dévotion. 

Il  se  prend  au  pluriel  ponr  La  communion. 
Faire  ses  dévotions.  On  dit  autrement,  Faire 
SAIS  bon  jour. 


DEX 

Il  sii^aifie  figuréuient,  Une  eutière  disposi- 
tion à  faire-la  volonté  de  quelqu'un.  Cet  homme- 
là  est  à  ma  dévotion.  Tout  ce  tju'il  a  est  à  ma 
tvo'.ion. 

On  dit  aussi ,  L'offrande  esl  à  dévotion , 
pour  dire,  A  volonté;  et,  À  l'offrande  qui  a 
dévution,  pour  dire.  Va  à  l'offrande  qui  veut. 

DÉVOUIOIENT.  s.  m.  (On  prononce  Dé- 
t'oûinenl.  )  Abaitdonnement  entier  aux  volontés 
d'un  autre,  disposition  h  le  servir  en  toute  oc- 
casion. Il  s'isl  donné  <1  ce  Prince,  à  ce  Minis- 
tre avec  un  entier  dévouement.  H  sert  ses  amis 
avec  un  dévoucmci.t  sam  exemple. 

DÉvoiœnEXT.  Créitonie  religieuse  usitée 
chez  les  Anciens,  et  particulièrement  cliez  les 
Romain;,  p.-.r  LiqucUe  on  Ciîoyen  s'offroit  vo- 
lontaireiu  uit  aux  Divinités  infernales  ,  pour 
ïàire  retomber  sur  sa  télé  certain  malheur  dont 
la  République  se  croyoit  mi  uacéc.  Le  dévoue- 
ment de  Cod}'u-ij  celui  aV-s  i'écius,  sont  célè- 
bres dans  l'Histoire. 

DEVOUER.  V.  a.  Dédier,  consacrer,  donner 
sans  réserve.  Il  a  dé\*oué  ses  enfans  au  service 
ie  la  Patrie,  au  service  du  Prince.  Il  s'est  cn- 
lièrenient  dévoué  à  un  tel.  Les  deux  Dcciui 
père  et  fils  se  dévouèrent  à  la  mort  pour  leur 
Patrie,  et  simplement,  se  dévouèrent  pour  leur 
Patrie,  pour  dire,  qu'ils  se  livrèrent  h  une 
mort  certaine,  pour  le  setrice  et  pour  la  gloire 
de  leur  Patrie. 

On  dit,  qu'Un  homme  est  entièrement  dé- 
voué à  un  autre,  pour  dire,  qu'il  est  prêt  à 
suivre  ses  volontés  en  toutes  choses. 

DÉVOUÉ,  ÉE.  participe. 

DÉVOVEIÎ.  V.  act.  (Il  se  conjugue  commo 
Employer .)  Détourner  de  la  voie,  du  chemin. 
Ce  quidel'a  dévoyé. Il  ne  savoit  pas  le  chemin, 
il  s'est  dévoyé.  En  ce  sens  il  vieillit  :  on  dit 
mieux  Eçjarer. 

On  dit  Agiuément  et  familièrement,  qu'Pn 
homme  s'est  dévoyé  du  chemin  de  la  vérité, 
pour  dire,  qu'il  a  quitté  le  bon  chemin,  leche< 
min  de  la  vérité. 

Dévoïfh,  se  dit  aussi  pour  marquer  L'effet 
ordinaire  des  indigestions.  Ces  alimens  Vont 
dévoyé.  Ces  fruits  l'ont  dévoyé.  Celte  hois^n 
lui  a  dcvoyc  l'estomac. 

On  dit ,  Dévoyer  une  ligne .  un  tenon  ,  un 
tuyau  de  cheminée,  etc.  pour  dire.  Les  détour- 
ner de  la  ligne  droite. 

DÉVOTÉ,  ÉE.  participe. 

On  appelle  eti  teimes  de  .Maçonnerie,  Un 
tuyau  dévoyé ,  Un  tuyau  de  cheminée  qui  , 
après  avoir  monté  verticalement,  se  détourne 
de  sa  ligne  droite. 

Il  s'emploie  quelquefois  au  substantif,  et 
alors  il  se  dit  De  ceux  qui  ne  sont  pas  dans  l.i 
voie  du  salut.  Et  c'est  dans  cette  acception 
qu'on  dit ,  Bamener  les  dévoyét, 

DEX 

DEXTERITE,  sobsl.  f.  Adresse  de  la  main. 
Avoir  de  la  dextérité  à  enchâsser  des  dianuins. 
Il  joue  des  gobelets  avec  une  nrande  dextérité. 

Il  se  dit  aussi  figurcmcnt  De  l'adresse  do 
l'espriL  Awir  de  la  dextérité  à  manier  les  af- 


DIA  4ar 

faires.  Ha  conduit  cette  intrigue  avec  beaucoup 
de  dextérité. 

DEXTRE.  nibst.  f.  Main  droite.  Assis  a  la 
dejctrc  de  Dieu,  à  la  dextre  du  Tout-puissant , 
à  la  dextre  du  Père.  Il  ne  se  dit  qu'en  ces  sortes 
de  phrases ,  où  même  il  est  vieux. 

Eu  termes  de  Blason,  on  dit,  Le  cdié  dexire, 
pour  dite.  Le  coté  droit;  À  dextre,  pour  dire, 
À  droite. 

UEXTREJIEST.  adv.  Avec  dextérité.  Il  a 
fût  cela  fort  dtxtrement.  Il  est  du  style  fa- 
milier. 

DEXTROCnÉRE.  ».  m.  Terme  de  Blason, 
il  se  dit  d'Un  bras,  soit  nu,  scit  garni  d'un 
fanon. 

DEY 

DEY.  s.  m.  Le  Chef  du  Gouvernement  de 
l'unis.  Vassal  du  Grand  Seigneur. 

DIA 

DI.\.  Mot  dont  lïs  charretiers  se  servent 
pour  faire  aller  leurs  cllc^-aux  à  gauche,  comme 
Hs  se  servent  du  mot  Hurhaul  pour  les  faire 
iller  à  droite. 

Ou  dit  proverbialement  et  populairerflent , 
en  parlant  d'Un  homme  à  qui  l'on  ne  sauroit 
faire  entendre  ra'ison,  qu'il  n'entend  ni  à  Di», 
ui  à  Hurhaut. 

On  dit  aussi  proverbialement  et  populaiic- 
ment  De  deux  personnes  qui,  éiaut  cbargéus 
d'une  aflàirc,  la  conduisent  par  des  voies  opp<v 
iées,  que  L'une  tire  à  Dm.  et  l'autre  à  J/ur- 
hniil. 

DIABÈTES,  s.  m.  Fréquence  d'urine. 

DLU3ÉTI.QUK.  adject.  des  a  geni«s.  Qui  a 
une  frétpience  d'urine. 

DIABLE,  s.  m.  Démon,  Esprit  malin,  mau- 
vais Ange.  Diable  d'Enfer.  Etre  possédé  du 
Diable.  Ui.e  tentation  du  Diable.  Chasser  les 
Diables.  Invoijuer  les  Diables.  La  puissance  du 
Diable. 

Diable ,  dans  tous  les  articles  suivans  et 
ilans  ses  dérives ,  est  du  style  populaire  ou  ln- 
niiliur. 

On  dit  d'Un  homme  inquiet,  qui  roule  tou- 
jours dtios  sa  tête  quelque  dessein  contraire  au 
repos  des  autres  ou  au  sien, que  Quand  il  dort, 
le  Diable  le  berce,  ou  absolument,  Le  Diable 
le  berce jRt  proverbialement  et  Bgurément,  que 
Les  menteurs  sont  les  enfans  du  Diable. 

On  dit  aussi  famiUèremeut ,  qu'Une  chose 
fit  allée  li  tous  les  Diables,  pour  dire,  qu'Un 
lie  sait  ce  qu'elle  est  devenue.  On  dit  aussi , 
l^onner,  envoyer  quelqu'un  au  Diable,  à  toui 
Us  Diables,  à  tous  les  cinq  cents  Diables,  pour 
dire.  Le  maudire,  le  rebuter  avec  colère,  avec 
ludiguation. 

Ou  dit  d'Un  mccliant  holbme,  Il  ne  craint 
ni  //l'eu  ni  Diable. 

Ou  dit  provcrl'ialemcnt  et  ngurémcui,  que 
LcDiableêtvit  beau  quand  il  éto't  jeiute,  pour 
dire,  que  La  jeunesse  a  toujours  quelque  clio>c 
d'agréable,  même  dans  les  personnes  ks  plus 
l.iidcs  ;  et  l'on  dit  De  quelqu'un  qui ,  aprea 
avoir  etc  libertin,  devient  dévot  sur  ses  vi£u:s 


;i..2  DTA 

jours,  Qunnd  le  DlahU  fut  vieux,  il  se  ft  Er- 
mite. 

On  dit  nussi,  en  pnrlant  De  ijuclque  ncci- 
ileut  qui  surprend ,  de  queliim'  Rmiid  vacarme , 
1(116  Le  Diable  est  aiLV  vaches.  Quand  il  arrive 
de  grands  mouvcmcnj,  de  p.nmls  malheurs, 
on  dit,  Les  Diulles  sont  déclinlncs. 

On  dit  encore,  F.mV..  le  DiMe  contre  quel- 
qu'un, pour  dire,  Taire  du  pis  qu'on  peut 
contre  lui;  Dire  le  Diahh:  ,U  cfuelquun,  pour 
dire  ,  Le  déd.irer  impitoyablement  ;  et,  Jl  n'est 
;-uj  li  DiMc  qu'il  est  noir,  pour  dire,  11  n'est 
pas  si  niécljonti|uil  paroit  ;  Il  /Jn't  le  vulel  du 
Diable,  pour  dire,  Il  fait  plus  qu'on  ne  lui 
commande. 

On  dit  De  certaines  choses ,  qu'/l  ne  se  faut 
vas  âonner  au  Diable  pour  les  faire,  pour  dire, 
qu'EUes  sont  faciles. 

On  dit  proverbialement ,  Tirer  le  Diable 
par  la  queue,  pour  dire,  Avoir  de  la  peine  à 
vivrii 

On  dît  aussi.  Il  vaut  mieiix  tuer  le  Diahlc, 
que  le  Diable  nous  tnc,  pour  dire  que,  dans  le 
cas  de  défense  personnelle ,  11  vaut  mieux  tuer 
son  ennemi ,  que  de  s'en  laisser  tuer. 

Ou  dit  d'Une  chose  qu'on  croit  impossible, 
Celii  se  fera  si  le  Diable  s'en  mcle  ;  et  d'Une 
chose  qu'on  est  hit  n  résolu  de  faire ,  Cela  sera  , 
ou  il  faudra  que  le  Diahlc  s'en  mcle.  On  dit  en- 
core, Veuille  Dieu,  vcudlc  Diahlc,  je  n'en 
aurai  pas  le  démenti. 

On  dit  proverbialement ,  te  Diahlc  n'est 
pas  toujours  à  la  porte  d'un  pauvre  homme, 
pour  dite,  qu'Un  homme  malheureux  ne  l'es! 
pas  toujours. 

Ou  dît  aussi  par  mépris  ou  par  aversion,  Fi 
au  Diable;  et  par  chagrin  ou  par  dëpit ,  Le 
Diable  s'en  pende. 

On  dit  par  forme  de  serment,  Je  me  rfonne 
au  niable,  que  le  Diable  m'emporte,  si  cela 
n'est  p«'  comme  je  le  dis. 

On  dit  aussi ,  pour  marquer  qu'on  désap- 
prouve quelque  action,  quelque  discours,  elc. 
Que  Diable  avez-vous  fait^  Que  Diable  avez- 
vous  dit?  À  qusi  Diable  s'amuse-l-il ? 

On  dit  encore,  en  parlant  d'Un  homme  mal 
mis,  ou  en  désordre,  qu'/I  est  fait  à  U  D:uble  : 
d'Une  chose  m.al  faite,  qu'EI/e  est  à  la  Dialdc: 
Il  nous  a  donné  un  raqoùl  à  la  Diable;  et 
d'Une  chose  trte- mauvaise,  qu'Elie  ne  vaut 
pas  le  Diable. 

Diable  ,  se  dit  figurcment  d'Un  méci  ani 
Ijomme.  C'est  un  Diable,  un  Diable  inciirn  ■. 
Et  dans  cette  acception  on  dit, Faire  leDiable. 
faiic  le  Diahlc  à  quatre,  pour  dire,  S'cmpor 
ter,  faire  du  vacarme ,  du  désordre. 

On  dit  aussi, Fiiirc  leDiable  à  quatre,  pour 
dire.  Faire  des  merveilles  dans  quelque  occa- 
sion.  Dans  celte  affaire  il  fit  leDiable  à  quatre. 
On  dit  aussi  figurénicnt,  C'est  le  Diable, 
c'est  I«  le  Diable,  poiu  dire,  C'est  là  ce  qu'il  )' 
a  de  fâcheux,  di-  (lilTicile  dans  celte  afljire. 

On  dit  aussi  figurémcnt  d'Un  homme  extr.i- 
ordinaire  dans  ses  mœurs,  dans  ses  mani6r''s, 
tr.h  en  bonne ,  «oit  en  mauvaise  part ,  C'est  un 
Oiuhle,    c'est    un  DiiiMe   d'homme; -et   d'Un 


DIA 

honmip  qui  entend  cxlrêmempnl  Iiien  la  cîii- 
c.iiiP,  que  C'est  un  Diable  en  procès. 

On  dit,  C^est  un  bon  Diable,  pour  dire, 
(/(!st  iiii  bon  garçon  ;  C'tïsf  un  méchant  DiahU, 
pour  dire,  Il  est  (in  et  malin  ;  Oest  un  Diahlc 
d'EnfiTy  pour  dire,  Un  mccliant  liommc.  On 
dit  «u.s.-îî.  Un  pauvre  Diahle,  poui-  dire,  Vt\ 
misénible,  un  f^neux. 

On  dit,  f|u'r'/i  }wmTne  a  leDîahle  au  ror-^is, 
pour  dire,  qu'il  a  bpountup  d'adresse,  d'esprit, 
de  force,  elc. 

On  dit  d'Un  liomme  grand,  fort  et  puissant. 
C'est  un  nrand  Diahle. 

On  dit  de  niAnie,  ^'ne  diahle  d'ajpiire^  une 
affitire  du  Diahle ^  une  dilJicuU^  de  Diahle,  un 
Jifi'iïe  de  ncao(re,  elc.  pour  dire,  Une  nu'clianle 
iifliiîie,  un  mccliant  négoce,  etc. 

On  dit.  Au  Diahle  le  projit  (^uc  j'en  ai  lire, 
pour  dire,  qu'On  n'a  tiré  aucun  profit  de  l'af- 
faire dont  ou  parle  ;  Au  Diable  celui  i^ui  le  fcra^ 
pour  dire,  que  Personne  n'osera  ou  ne  pourra 
tiiirc  ce  dont  il  s'agit. 

En  Diable.  Fa9i>n  de  parler  ndverl)i;ilc  cl 
familière.  Fort,  extr^-mcmcnt.  Frapper  en  Dia 
hle.  Menteur  en  Diahle. 

On  dit  en  ce  niênic  sens, En  Diable  et  demi, 
îl  l'a  hallii  en  Diahlc  et  demi. 

On  dit  en  ce  nu^nic  sens  :  Comme  le.  Diable^ 
comme  tous  les  Diables.  Il  Va  haltu  comme  le 
Diahle.  Il  ment  comme  tous  les  Diahlvu. 

Diable, est  quelquefois  interjection.  Ditifcîe.' 
comme  vous  y  allez!  Diable!  cela  n'est  pas 
aise  à  faire. 

DIABLEMF.NT.  Adverbe  dont  on  ne  se  sert 
que  drins  le  discours  familier,  pour  dire,  ex- 
cessivement. Cela  e'^t  diablement  chaud.  Voilà 
une  femme  diablement  laide.  Tl  est  diablemcnl 
fort  sur  ses  principes. 

DIAlîLFIUIi:.  s.  f.  Sortilège,  maléfice.  Jl  y 
a  là  de  la  diablerie.  Il  se  mêle  de  diablerie.  La 
diablerie  de  Loudiui. Kip^r  extension,  il  se  dit. 
dans  le  style  familier,  Des  mauvais  cfluts  dont 
f-n  ne  connoit  point  la  cause.  Il  y  a  r^uel(jue 
diablerie  là-dedans. 

On  appelle  aussi  par  extension,  O'S  préten- 
dues ])o?sf'Ssions,  les  soicclleries ,  des  Diable- 

riC:i. 

DlAIU.FSSE.  subst.  f.  Terme  d'injure  qui 
se  dit  ordinairement  d'Une  mcclianle  femme, 
acariâtie.  C'e..(  une  diablesse,  une  vraie  dia- 
blesse. 

On  dit  nussi  dans  le  style  fainiliir.  Vnc 
bonne  diablesse,  pauvre  diablesse,  méchante 
diahlcs.^e.,  dans  le  même  sctî«  qu'on  dit,  Bon 
Diahle,  pauvre  Diahle  ,  méchant  Diable, 

Diablesse,  s'emploie  aussi  adjeclivcnuiH. 
Cette  femme  est  bien  diablesse-,  pour  dire,  Ksi 
I)ien  mr-oliante. 

niAHI.K/.OT.  Sorte  d'exclamation  du  Im 
ga;;c  familier.  Vous  pensez  qu*on  doive  vous 
croire, DidMcroI,  c'est-à-dire,  Je  ne  suis  point 
asscT,  sot  pour  cela.  Vous  conseillez  de  faire 
pc'Ih,  Diahkzot,  c'cst-ù-dire ,  Je  ne  suis  pniir, 
assez  sot  pour  le  faire. 

DIABLOTIN,  s.  m.  On  appelle  ainsi  une  p.- 
lite  Gqure  de  Dialile.  Un  tableau  oit  Von  a  re- 


DIA 

présenté  des  Diables  et  des  Diablotins  qui  (ci- 
(enf  5(iint  .'întoine. 
1      On  dit  fi^urém.   d'Un  mé'chant  petit  en£int, 
Cet  enfant  est  un  vrai  petit  Diablotin. 

Ou  appelle  Diablotins  ,  Certaines  petites 
tablettos  de  chocolat  c<:>uvertes  de  dragues  de 
nonpareiUe. 

niAHOLlQUE.  adj.  des  2  genres.  Qui  est 
du  Diable,  qui  vient  du  Diable.  Tentation  dia' 
hoUque.  Sucjqestion  diabolique. 

11  se  dit  figurcment  De  tout  ce  qui  est  ex  • 
tr(^mement  méchant  dans  son  genre.  Ksprit  dia^ 
Ixdique.  Méchanceté  diabolique.  Artiftce  diabo- 
lique. La  poudre  à  canon  est  une  invenfi'ofi 
diabolique.  Il  nous  a  menés  par  un  chemin 
diabolique.  On  nous  sei'vit  un  raqoiit  diubo- 
liqne. 

niADOI.IQUEMENT.  adv.  Par  une  md- 
cthancctc  diabolique.  C'est  urte  chose  diaholi' 
((iiemeni  inventée.  C'est  une  calomnie  forgée 
diaboliquement.  Conjuration  machinée  diabo- 
liquement. 

DI.4CARTHAME.  s.  m.  Terme  de  Médecine. 
Électuairc  purgatif  qui  tire  son  nom  de  la 
moelle  du  carrliame. 

DI.\CHILOIV.  s.  m.  Empliitre  composé  de 
raurilages. 

DlACOnp,.  s.  m.  Sirop  composé  de  léles  de 
pavots  bL'incs. 

I>I.\CONAT.  s.  m.  I,e  second  des  Ordres  sa- 
crés. Ftrc  promu  au  Diaconat. 

UIACOXESSE.  s.f.  On  .appeloil  ainsi ,  dans 
la  primitive  liglise,  Les  veuves  ou  les  filles  de«- 
tintles  à  certains  ministères  ecclésiastiques.  Les 
Diaconesses  servoient  autrefois  à  déshabiller  les 
femmes  et  les  filles  qu'on  baptisoit  On  disoil 
aussi  Diaconisse. 

D1.\CRIÎ.  s.  m.  Celui  qui  est  promu  au  se- 
cond des  Ordres  sacrés.  C'est  au  Diatre  à  lire 
l'Evanijile.  Faire  Diacre  à  in  Grnnd'.l/ejse. 

DI.\DliM!;. s.  m. Sorte  de  bandeau  qui  rloit 
la  marque  de  la  Royauté  parmi  les  .anciens,  cl 
dont  les  Rois  se  ceignoicnt  le  front.  Ceindre  le 
Diadème.  Porter  un  Diadème.  Ceindre  sa  li!te, 
son  front  d'un  Diadème.  Orné  d'un  Diadème. 

Dans  la  Poésie  ,  Diadème  s'emploie  pour 
Royauté. 

DlAfiNOSTlQUE.  adj.  des  2  genres.  (  On 
prononce  Diaçjuenostiquc.  )  Terme  de  Méde- 
rinc.  Il  se  dit  Des  signes  et  des  symptômes  qui 
indiquent  la  nature  et  le.s causes  d'une  maladie. 
Les  sinnes  diaqnosliques  de  la  fièvre. 

Il  est  aussi  substantif.  Cet  enfant  a  tous  les 
diaqnnstiqties  de  la  petite  vérole. 

I)IA(;Oîi.\L,  AbE.  adj.  Terme  de  Malhé- 
niatiquc.  Qui  va  d'un  angle  d'une  Cgiu-C  rccti- 
ligne  ,'i  l'angle  opposé.  Vnc  ligne  diagonale. 

On  dit  substantivement,  I.O  (iiaijouaJc.pour 
ilire,  I.a  ligne  qui  va  d'un  angle  d'un  parallé- 
logramme, ou  en  général  d'une  figure  quclcon- 
c[ue,  .^  l'angle  opposé. 

DlAGO.^ALEME>'T.  adv.  D'une  manière 
diagonale.  Vnc  liqne  qui  coupe  un  plan  dia<jo- 
nriïcmcnl.  ^ 

OlAtiRf'.nE.  s.  m.  Préparation  de  scammo- 
née  avec  du  cojn  et  du  soufre. 


DIA 

DIALECTE,  s.  m.  Langage pailicuHerd'iuic 
Ville  ou  d'une  Province,  cicrivc  de  h  Langue 
générale  île  In  Nation.  La  Lawjue  Grecque  a 
fiiffèrens  dialectes.  Le  dialecte  .itttque.  Le  dia- 
lecte Ionique.  Le  dialecte  Doriijuc.  Le  dudectc 
Ëolique. 

DIALECTICIEN,  s.  m.  Qui  sait  la  Dialec- 
li<jue,  qui  s'applique  particulièrement  ^  l'étude 
de  la  Dialectique. 

(>n  dit  d'Un  homme  qui  donne  ^i  ses  raison- 
ncniens  une  forme  méthodique,  que  C'est  un 
bon  Dialecticien,  un  grand  Dialecticien ^  un 
excellent  Dialecticien, 

DIALECTIQUE,  s.  f.  Logique.  Art  de  rai- 
sonner. La  Dialectique  est  la  première  partie 
de  la  Philosophie.  Cela  ne  peut  pas  se  soutenir 
en  bonne  Dialectique.  Il  n'y  a  pas  de  Dialec- 
tique dans  ce  raisonnement. 

DIALECTIQUEMENT.  adv.  En  Dialecti- 
cien. Il  raisonne  diulectiqucment. 

DLVLOGIQUE.  adj.  des  2  g.  Qui  a  la  form« 
du  dialogue. Platon  adonn^àscs  ccritsla  jomu 
dialoqique. 

DIALOGISME.  s.  m.  L'art,  le  genre  du  dia- 
logue; l'emploi  des  formes  du  dialogue. 

DIALOGISTE.  s.  m.  et  fém.  Celui,  celle 
qui  fait  un  dialogue. 

DIALOGUE,  s.  m.  Entretien  de  deux  ou  de 
plusieurs  personnes.  Ils  ont  eu  un  lonq  dia- 
loque  ensemble.  Je  n'aime  pas  tous  ces  dialooues. 
En  ce  sens  il  ne  se  dit  guère  que  dans  le  style 
familier. 

Il  se  prend  particulièrement  pour  Un  cntrc- 
tlci  par  écrit  de  deux  ou  de  plusieurs  pcr- 
sonnes.  Les  dialogues  de  Platon ,  de  Cidron, 
de  Lucien.  Les  dialogues  des  Morts.  Faire  un 
dialogue.  Composer  des  dialogues.  On  dit  d'Un 
Auteur  dramatique,  qu'/i  entend  bien  Vart  du 
dialogue^  pour  dire,  qu'il  fait  bien  dialoguer 
ses  personnages. 

DLALOGUER.v.aci. Faire  parlcrentre  elles 
plusieurs  personnes.  Il  n'est  guère  d'usage  qu'au 
passif.  Cette  scène  est  bien  dialoguêe^  pour 
dire ,  que  Les  Interlocuteurs  y  parlent  convena- 
blement au  sujet,  qii'ils  se  répondent  juste,  ou 
6*interromp4*ut  à  propos. 

DiAi.o&t'É,  ÉE.  parliciiïc. 

DI.VLTHEK.  s.  m.  On;^uent  compost'  de  di 
vers  ingTf'diens,  et  prïnclpalenient  du  uutciinge 
de  guîni;tu\e. 

DIAMANT,  s.  m.  Pierre  précieuse,  In  plus 
bnlLantc  et  la  plus  dure  de  tou'.es.  Diamant 
hrut.  Diamant  taille.  Diamant  brillant.  Dia- 
mant (l'une  belle  eau.  Diamant  rose, à  facettes. 
Diamant  en  titble.  Ce  diamant  jette  beaucoup 
ae  feu^  a  beaucoup  de  feu,  a  beaucoup  d'éclat. 
Ce  dtamant  est  bien  mis  en  a*(iiTC.  Diamant 
jaune.  Diamant  incarnat.  Table  de  diamant. 
Chaîne  de  diumuru.  Rose  do  diamans.  Agrafe 
de  ditimans.  Bouton  de  diamans,  Epée  de  dia- 
mans. Pointe  de  diamant.  Poudre  de  diamanî. 

On  appelle  Diamant  rosette^itu  Diamant 
rose.  Un  diamant  taillé  \  facettes  par-dessus, 
cl  plat  par-dcssou-î ;  et  Dianu.nt  brillant,  Ur 
diaumnt  taillé  à  facettes  por-dcSÂOut  comme 
por-dcAsuA. 


DIA 

On  donne  aussi  le  nom  de  Diamant  h  Cer- 
taines pierres  qui  ressemblent  aux  diamans. 

Ou  dit  proverbialement  .'i  Un  homme  qu'on 
vent  encourager  par  une  forti;  récompense  à 
fyjrc  ce  qu'o'i  veut  de  lui,  qu'Où  lui  donner.. 
une  poignée  de  diamans. 

DL\'\IA>TAIRE.  s.  m.  Ouvrier  qui  taille 
les  diamans,  et  qui  en  fait  iraGo.  On  dit  plus 
communément  Lapidaire. 

DIA.MAIÎGAIÎlTO.N.s.m.  Médicament  dont 
les  perles  font  le  principal  ingrédient. 

DIAAIKTRAL,  ALE.  adj.  Appartenant  au 
diamètic.  Il  n'est  guère  d'usage  qu'.iu  fémiuin , 
et  dans  cette  phrase,  Ligne  diamétrale. 

DlAMf'TKALEMENT.  adv.  D'uu  bout  du 
diamètre  i  l'autre.  Les  deux  Pôles  sont  diamé' 
(rarement  opposés  Vun  à  Vautre^ 

Il  se  dit  figurémeut,  taut  Des  personnes  qui 
ont  des  scntimens,  des  humeurs,  des  intérêts 
directement  contraires, que  des  choses  morales, 
ri  des  propositions  qui  sont  contraires  l'une  îi 
lautie.  L'avarice  et  la  prodinalité  sont  diamc 
iralcmcnt  opposées.  Ces  deujc  propo:iitions  son' 
diamétralement  opposées.  Ces  deux  hommes  sont 
diamétralement  opposés.  Leurs  intérêts  sont 
diamétralement  opposés. 

DIAMK'JRE.  s.  m.  Ligne  droite  qui  va  d'un 
[loint  de  la  circonférence  d'un  cercle  à  un  autre 
I  oint  en  j).-issant  par  le  centre.  Ce  cercle  a  tant 
ie  pieds  de  diamètre. 

DIAMORUM.  s.  m.  Sirop  de  mûres  propre 
pour  les  gargarismes. 

DIANE,  s.  ft'm-  Terme  militaire.  Il  n'est 
d'usage  que  dans  cette  phrase, Bflïfre  la  diane, 
qui  se  dit  Lorsqu'on  bat  le  tambour  à  la  pointe 
du  jour  pour  éveiller  les  soldais. 

DIANTRE,  s.  m.  Mot  Irès-faniilîcr  dont  on 
se  sert  pour  éviter  de  prononcer  le  moldcDiahle. 
Au  diantre  soit  le  fou. 

Dï.\NUCUM.  s.  m.  Rob  fait  avec  des  noix. 

DIAPALME.  s.  m.  Terme  de  Pharmacie. 
Onguent  dessicc-itif  fort  en  usage ,  et  qu'on  em- 
ploie pour  résoudre  les  fluxions. 

DIAPASME.  s.  m.  Poudre  propre  h  parfu- 
aier  le  corps. 

DI.U*ASON.  s.  m.  Terme  de  Musique.  Éten- 
ilue  des  sons  qu'une  voix  ou  un  instrument 
[ifut  parcourir,  depuis  le  ton  le  plus  bas  jus- 
ipi'au  plus  haut.  Cet  ûiV  sort  du  diapason  de 
la   voix, 

DIAPÉDÈSE.  s.  m.  Terme  de  Méde.ine. 
llrupiion  du  sang  par  les  porcs  des  vaisseaux. 

DLVPHANE.  adj.  des  2  genres.  Terme  de 
Physique.  Transparent,  qui  donne  passage  ^  I.j 
lumière.  Corps  diaphane.  L'eau  est  diaphan<- 
Le  crif-ttil  est  diaphane. 

DIAPIlAyÉITÉ.  s.  f.  Terme  de  Physique. 
Qualité  de  ce  qui  est  diaphane ,  transparence. 
La  diaphanéité  du  verre. 

DIAPHÉME.  s.  m.  Élecluairc  purgatif  , 
dont  les  diltes  font  le  principal  ingrédient. 

DIAPHOUETIQUE.  ndjeclif  des  a  génies. 
Terme  de  Pharmaric.  Il  se  dit  Des  rcmt\lcs  qui 
agissent  par  la  transpiration,  qui  purgent  les 
humeurs  en  ngisvanl  par  les  sueurs. 

DLU'nRA<;ME.  s.  lu.  Tenue  d'Anatomic, 


DIC  423 

C'est  un  muscle  très-large  et  fort  mince ,  situi! 
à  la  base  de  la  poitrine  qu'il  sépare  d'avec  le 
lias-Tcntrc,  Le  dianfirannic  sert  à  la  respira- 
tion. 71  II  reçu  un  coup  ijiti  lui  perce  le  dia- 
phragme. 

DiApiinACME,  en  termes  de  Botanique,  se 
dit  d'Une  cloison  transversale  qui  coupe  uira 
^i!iq^e,  ou  un  autre  fruit  capsulaire. 

DIAPRIC,  ÉE.  Participe  du  verbe  Dinprcr, 
qui  n'est  plus  gutre  d'usage  qu'en  Poésie,  et 
comme  terme  de  Blason.  Varid  de  plusieurs 
coulcur.i.  Il  y  a  une  espèce  de  prunes  violettes 
qu'on  appelle  Pruiiej  diaprées. 

UIAPRUN.  s.  m.  Électunire  dont  les  prunes 
lunt  la  base. 

DlAPRURE.  s.  f.  Variétë  de  couleurs.  La 
dlaprure  des  près.  Il  est  vieux. 

niARRIlEK.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Dc- 
voioinent,  flux  de  ventre.  Avoir  la  dianhcc. 

UURTHRO.se.  s.  f.  Terme  d'Anatomie. 
C'est  une  articulation  mobile,  faite  par  des 
lêles  reçues  dans  des  cavités  plus  ou  moins 
profondes,  qui  permettent  aux  os  un  mouve- 
ment en  plusieurs  sens. 

DIASCORDIUM.  s.  m.  Opiat  dit  de  b  plant* 
appele'e  Scordium. 

DI.\.SEIiESTE.  s.  m.  Electuaire  purgatif, 
dimt  le  scbeste  est  la  base. 

DLVSÈNE.  s.  m.  Électuaire  dont  le  seué  Ciit 
la  base. 

niASOSTIQUE.  s.  f.  Nom  qu'on  dopi^î  à  la 
Me'dccinc  prcservative. 

DIAS'IW.SE.  subst.  m.  Terme  d'.^natomie. 
Mot  liri!  du  Grec,  et  qui  renferme  la  n:Cme 
idée  que  celui  de  Luxation  dans  notre  langue. 

ni.V.STOLE.  s.  f.  Terme  d'.Vnalomic.  Mou- 
vement naturel  et  ordinaire  du  cœur  lorsqu'il 
se  dilate.  C'c^f  dans  le  ntouvenient  de  la  dia~ 
i'tolc  ijue  le  sang  des  veines  entre  dans  le  cœur. 
La  systole  et  la  diastole  du  cœur. 

DI.\STVLE.  s.  m.  Terme  d'Arcbitecture. 
Édifice  dont  les  colonnes  sont  éloignées  l'une 
de  l'autre  de  trois  de  leurs  diamètres. 

niATICSSARON.  s.  m.  Terme  de  Jlédccine. 
Remède  composé  de  quatre  ingrédiens,  et  qui 
s'emploie  contre  les  maladies  froides  du  cer- 
\eau  et  de  l'estomac. 

DiATEssAnos,  est  aussi  un  terme  de  .Musi- 
ijue  ancienne,  qui  désigne  L'intervalle  auquel 
mnus  donnons  le  nom  de  Quarte. 

UIATOMQL'E.  adj.  des  a  genres. Terme  de 
ÎMusique.  Qui  pi-ocède  par  Ics'tons  natun'Is  de 
la  gamme.  Chant  diatonique.  Genre  diato- 
nique. 

DUTOMQUEMEin'.  adv.  Suivant  l'ordre 
diatouique. 

tHATRAGACANTE.  s.  m.  Élrelu.iire  dont 
le  principal  ingrédient  est  la  gomme  adragant. 

Dl.VTRlBE.  s.  f.  Dissertation.  Il  s'emploie 
principalement  dans  le  gi'urt'  ix>léniique,  et  dé- 
signe quelquefois  Une  critique  nmèrc  et  vio- 
lente. 

DIC 

niCÉLIE.Ç.  s.  f.  pluriel.  Sor.c  de  ùiccs 
ou  de  scènes  libres  conservées  de  l'anc-cuiie 


12Î  DIC 

■omiidie.  On  nommoit  Diccllsles,  les  farceurs 
i[ui  jouoient  ces  sortes  de  pièces. 

DICIIOniiE.  s.  m.  (On  prononce  Dicorée.) 
Terme  de  Grammaire  nucicnne.  C'est  ie  nom 
-jue  les  (irccs  et  les  Latins  dminoicnt  J  ■-■n  P'cd 
compose  de  deux  cliorces  ou  nochces. 

DICHOT(^SIE.  adj.  (  Un  prononce  Dico- 
lome.)  Terme  d'Asironomic.  Il  se  'dit  De  la 
iuns  quand  on  n'en  voit  q"c  la  moitié.  La  lune 
est  dichotonie. 

DICHOTOMIF,.  s.  f.  (  On  prononce  Di'coto. 
mie.)  Terme  d'Astronomie.  Étnt  de  la  lune 
•juand  on  n'en  voit  que  !a  moitié. 

DICT.V.ME.  s.  m.  Sorte  d'herbe  qu'on  dit 
avoir  la  vertu  de  gui-rir  les  ploies.  Les  An- 
ciens ont  dit  que  qnand  le  cerf  étoit  blesse 
d'une  fltclie,  il  ailoit  clierclier  le  Dictame,  et 
que  dfrs  qu'U  3n  avoit  m.ingi- ,  le  fer  lomboit 
de  sa  p'.aie.  Le  Dictame  lîe  Crète. 

DICTAMliN.  s.  m.  Mot  emprunte  du  Latin, 
et  qui  en  conserve  eu  François  le  sens  et  la 
prononciation.  On  dit  en  Morale,  /-e  dicliimen 
de  la  conscience,  pour,  Le  sentiment  intérieur 
de  la  conscience. 

DICTATEUR,  s.  m.  Magistrat  unique  el 
souverain ,  qu'on  nommoit  extraordinairement 
à  Rome,  du  temps  de  la  République,  en  cer- 
taines occasions  importantes,  et  seulement  pour 
un  certain  temps.  Fa!'ii«  f"l  fait  dictateur  dam, 
(.1  querre  contre  Ànnihal.  Jules  César  fut  fait 
Dictateur  pcrjKluel. 

Oi.  dit  Ëgiu-dment  et  familièrement  d'Un 
lîomr-  î  fju'  a  un  ton  tranchant,  ab«-^lii ,  qu'/t 
prcïirf  un  r'oM  de  Dictatenr. 

OîCTATURE.  s.  f.  Dignité  de  Dictateur 
Exercer  la  Dictature.  Sylht  ahdicjua  la  Dicta- 
ture. La  Dictature  n'éloit  ordinairement  con- 
férée que  pour  sic  mois.  Ayrès  la  mort  de  Julef 
César,  la  Dictattire  fd  abolie  par  F.dit  puhlic 
I  DICl'ÉE.  I.  -f .  Ce  qu'on  dicte  pour  étie  écrit 
■50  r.iême  temps  par  un  seul  ou  par  plusieurs 
auti2S.  Voici  la  dictée  d\iujourd'hni ,  pour 
dire  ,  Voici  ce  que  le  Professeur  a  dicté  aujour- 
d'hui: La  dictée  a  été  longue,  pour  dire,  que 
Le  Professeur  s  dicte  long-temps  ;  Ce  Commis 
écrit  bien  sous  la  dictée,  pour  dire,  qu'il  écrit 
exactement  et  promplcment  ce  qu'on  dicte. 

DICl'ER.  V.  actif.  Prononcer  mot  i  mot  ce 
qu'un  autre  écrit  en  même  temps.  Dicter  une 
lettre  à  son  Secrétaire.  Un  Ré(jent  cjuidic'.e  un 
tfn'me  à  ses  Ecoliers. 

II  signifie  aussi,  .Suggérer  à  quelqu'un  ce 
qu'il  doit  dire.  On  a  dicté  à  cet  accusé  toutes  tes 
réponses  om'jI  a  faites. 

Il  sign'fiefigurémcnt.  Inspirer, soit  en  bien, 
toit  en  mal.  La  raison,  h  icns  commun  nom 
dicte  cela.  La  nature  nous  dicte  que  nous  de 
vous  aimer  nos  partns. 

Il  signifie  aussi,  Prescrire.  Dicter  des  lois 
des  ordres. 

Dicté,  ée.  participe. 

DICTION,  s.  fém.  l'iloculion.  La  p.nrtie  du 
ityle  qui  regarde  le  choix  des  paroles.  Diction 
Hénante.  Diction  pure.  Diction  vicieuse. 

DICnONS AIRi:.  ».  m.  (  On  ne  prononce 
ipi'un  N.)   Vocabuliirc.   Recueil   de  tous  'ics 


inoLs  d'une  Langue,  mis  par  ordre.  Diction- 
naire  François.  Diclionnnuirc  Latin.  OirïïoM- 
nairc  Italien.  Dictionnaire  Espaqnol.  Diction- 
naire par  ordre  alphabétique.  Dictionnaire  par 
Voriîre  des  racines  ^  par  racines. 

On  dit  dXTn  mauvais  Traducteur,  tpx'll  fait 
sa  traduction  à  coups  de  Dictionnaire. 

DiCTioXNAmE,  se  'dit  aussi  De  divers  autres 
recueils  faits  par  ordre  alphabetîfjue  sur  de-, 
luntières  de  Pot-sie,  de  Gcograpliie,  d'Histoire 
etc.  Dictionnaire  Poétique.  Dictionnaire  Jlis- 
toriaue.  Dictionnaire  Géoffraphique.  Un  Dic-' 
tionnaîre  de  Marine.  Dictionnaire  de  rimes. 

On  dit  figurément  d'Un,  homme  qui  a  dca 
connois.'iances  très-dtcndues ,  et  qu'il  conmmni- 
f]ue  aisément,  que  C'est  un  Dictionnaire  vi- 
vant. 

DICTON,  s.  maso.  Mot  ou  sentence  qui  a 
passe  en  proverbe.  Un  vieux  dicton.  De  hciius: 
dictons. 

Dicton,  est  aussi  Une  raillerie,  un  mot 
plaisant  et  piquant  contre  quelqu'un.  Le  sali- 
rifjue  donne  à  chacun  son  dicton.  Il  est  du 
style  familier. 

DICTUM.  s.  masc.  Mot  empnintë  du  Latin. 
Le  dispositif  d'une  Sentence,  d'un  Arrfit,  cette 
partie  d'une  Sentence  ou  d'un  Arrêt  qui  con- 
tient ce  que  le  Juge  prononce  et  ordonne.  Le 
dictum  d'une  Sentence,  d\in  Arrêt. 

DID 

DIDACTIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui  csl 
nropre;'iVinstrU(tion.OrJredid«Tcîi(ïwe  Terr  r< 
didactiques.  Dans  h  rjcnre  didactique.  Poënit 
didactique. 

On  dit  aussi  substantivement,  Le  didacti- 
qne^  pour.  Le  genre  didactique.  Ce  mot  n'cil 
en  usaqc  que  dans  le  didactique. 

DIE 

DIÉRKSK.  s.  f.  Ternie  de  Grammaire,  qui 
>ignirie  I.^  division  d'une  diphtliongue  en  deus 
sjlld)es.  Les  Latins  disoient  par  diérèse  aulai 
pour  aulae. 

DIKR VILLE,  suhst.  masc.  Arbrisseau  qui 
ressemble  au  Syringa.  11  y  a  encore  une  autre 
pbinte  de  ce  roia  ,  cfui  porte  un  fruit  pyra- 
midal. 

DIÈSE  ou  DIESIS.  s.  m.  Terme  de  Musique. 
Sorte  de  marque  qui  ,  e'tant  mise  devant  une 
note,  fait  b-iuseer  la  noie  d'un  demi -ion.  On 
dit  aussi  adjcclivement ,  Cette  note  est  dièse  ^ 
pour  dire,  qu'Klle  doit  être  haussée  d'un 
demi -Ion. 

DIESER.  Y.  a.  Terme  de  Musique.  Marquer 
d'un  dièse.  Il  faut  diéser  cette  note. 

DiÉsÉ,  ÉE.  participe.  Piotc  dièscc. 

DTÈn-;.  s.  f.  Régime  de  vivre  qui  règle  le 
l>oirc  et  le  manger.  On  lui  a  ordonné  une  diète 
exacte. 

On  4't>  Faire  diète,  pour  dire.  S'abstenir 
de  manger ,  ou  manger  peu. 

Dii:TE.  se  dit  aussi  dUne  Assemblcïe  des 
fJtaU,  5oil  en  AIIcma;;ne.  soit  en  Pologne,  soil 
en  Suède.  La  Dirtc  de  VEmpire.  Convoquer  la 
Diète.  Assembler  lu   Dicte:-  Rompre  la  Diète 


DIE 

Dicte  qir.'jralc.  Diète  particulière.  Lu  Dîeta 
d'un  Cercle  de  VEmpire. 

Dù:te,  se  dit  aussi  De  ceri.iines  Assemblée» 
qui  se  tiennent  dans  quelques  Ordres  Religieux 
cna>fi  deux  Chapitres  Généraux,  pour  ce  qui 
rei;arde  leur  discipline. 

DIÉTÉTIQUE,  adj.  des  9.  g.  Terme  de  Méde- 
cine. Il  se  dit  Des  choses  relatives  à  la  diéie. 

UIÉTINE.  s.  f.  Diêlc  i.^uiîcuHùre.  Les  Diè~ 
t'ines  de  Pologne. 

DIEU.  s.  m.  Le  premier  el  le  souverain 
f;ire,  par  qui  tous  les  autres  existent  et  sont 
i^ouvernes.  Dieu  est  le  Créateur  du  Ciel  et  de 
la  Terre.  Dieu  est  tout-puissant^  tout  hon^  tout 
miséricordieux.  Dieu  est, la  souveraine  saqesse. 
Dieu  est  appelé  dans  l'Kcriture-Saintc,  le  Dieu 
des  ArméeSj  le  Dieu  des  vengeances^  le  Dieu 
(Ic5  misericor(?cj,  le  Dieu  jaloux.  Les  attributs 
de  Dieu.  La  toute-puissance  de  Dieu.  La  ma-' 
]cstc  infinie  de  Dieu.  Le  culte  d^adoration  n'est 
dû  qu'à  Dieu  seul.  Il  n'y  a  qu^un  seul  Dieu, 
un  seul  Dieu  en  b-ois  personnes.  Le  Fils  de 
Dieu.  JÉsus-CHnisT  est  Dieu-homme.  LaVierqe 
est  appelée  la  Mère  de  Dieu.  C'est  une  qrâce  dt 
Dieu,  une  hcnédiction  de  Dieu,  un  don  de 
DicH,  une  jirotection  visible  de  Dieu.  Faire 
quelque  chose  pour  la  qloire  de  Dieu  ,  pour 
l'amour  de  Dieu.  Croire  en  Dieu.  Aimer  Dieu. 
Honorer  Dieu.  Prier  Dieu.  Louer  Dieu.  De- 
mander pardon  à  Dieu.  Invoquer  le  Nom  de 
Dieu.  Se  recommander  à  Dieu.  Servir  Dieu. 
Avoir  recours  à  Dieu.  Mettre  sa  con^.ance , 
îon  espérance  en  Dieu.  Prendre ,  recevoir  lotîtes 
rJioses  de  la  main  de  Dieu.  Avoir  la  iraiitte  âc 
Dieu  devant  les  yeux.  Elever  ses  enfans  dans 
la  crainte  de  Dieu.  Se  conformer  à  la  volonté 
de  Dieu.  Se  resiqner  à  la  volonté  de  Dieu. 
Rendre  qloire  à  Dieu.  ViVre  sc\}n  Dieu.  Cest 
un  homme  de  Dieu.  C^est  un  homme  tout  de 
Dieu  y  tout  en  Dieu.  Dieu  Va  touché.  Dieu  la 
îasité.  Cfffnscr  Dieu.  Jurer  Dieu,  Blasphémer 
le  Nom  de  Dieu.  Prendre  le  Nom  de  Dieu  en 
vain.  C^cst  une  chose  teirihle  que  de  tomher 
entre  les  mains  du  Dieu  vivant.  Dieu  rendra  à 
chacun  selon  ses  œuvres.  Le  hras  de  Dieu  n'est 
pas  raccourci.  On  reconnoit  en  cela  le  doiijt  de 
jyteu.  Il  leur  annonça  de  la  part  de  Dieu,  qu-: 
s'ih  ne  chanqeoient  de  vie,  etc. 

On  dit  d'Un  homme  mort,  quH  est  devunl 
Dieu;  et  ironiquement  d'Un  méchant  homme 
jnort.,  que  C'est  une  belle  âme  devant  Dieu. 

On  dit  provcrbiaicmcpt,  La  voix  du  peuple 
est  la  Voix  de  Dieu,  puor  dire, que  Dordinaire 
le  serilimont  du  publie  est  fondé  sur  la  vérilé; 
Toiil  va  comme  il  plait  à  Dieu,  pour  dire, 
qu'on  laisse  tout  aller  à  l'abandon  ;  et ,  Ce  que 
femme  reuf.  Dieu  lèvent,  pour  dire,  qu'Ordi- 
nairement les  femmes  veulent  forUnient  tout 
ce  qu'elles  veulent,  qu'il  n'est  pas  bcilc  de  les 
faire  changer  de  volonté. 

Dieu  fc  veuille.  Plût  à  DieiL  Dieu  vous  en- 
tende. Dieu  vous  veuille  bien  ouïr.  Dieu  m'en 
qarde.  Dieu  m'en  préserve.  À. Dieu  ne  plaiic. 
l^açons  de  parler  ordinaire»,  pour  marquer  Le 
désir  ou  1.1  crainte  que  l'on  a  de  quelque  c':.  we. 

S'il  pla'.t  il  Dieu.  Façon  de  parler  condi- 


DIE 

tionnelle,  dont  on  se  sert  en  parlant  Des  choses, 
on  qu'on  souhaite,  ou  qu'on  a  Intenlion  do 
faire.  H  en  récinijtpera ^  s'il  plaît  à  Dieu.  Je. 
fais  état  de  partir  après  dirnain ^  s'il  pUiU  à 
Dieu.  Hjins  celte  munie  acception  on  dit  oussi. 
Avec  l\iide'de  Dieu,  et  Dieu  aidant.  Mins  rt-tle 
dernière  façon  de  parler  n'est  que  du  si)  le  fa- 
milier. 

Dieu  vous  bénisse.  Dieu  x>ous  contente.  Dieu 
vous  assiste.  Dieu  vous  soit  en  aide.  Kaçons  de 
parler  ordinaires  it  familières,  lorsque  quel- 
«ju'uu  élerniie,  et  lorsqu'on  veut  marquer  h  un 
pauvre  qu'on  nu  rien  à  lui  donner. 

Dieu  vous  conserve.  Dieu  vous  conduise. 
Dieu  vous  le  rende,  Kaçons  de  parler  ordi- 
naires ,  quand  on  souhaite  du  bien  ù  quelqu'un , 
ou  qu'on  le  remercie  do  celui  qu'jn  en  a  re(,u. 

Dicii  vou^  garde.  F;içi>n  de  parler  populaire, 
eu  abordant  quelqu'un. 

Grâce  à  Dieu.  Dieu  merci.  Façons  de  pailtr 
ordinaires,  par  lesquelles  on  marque  que  l'on 
leconnoit  tenir  une  chose  de  la  bonté  de  Dieu. 

On  dit  pruverhialcnient  d'Un  homme  à  qui 
il  est  arti/ti  quelque  Ix-.'ihcur,  sans  qu'il  y  ait 
rien  contrihuû  par  ses  soins  et  par  son  travail, 
que  Cela  lui  est  venu  d:  ta  ardce  de  Dieu,  lui 
est  arrive  de  Dieu  gruce. 

Dteu  merci  et  vous.  Dieu  merci  ef  *.  vous. 
Façons  de  parler,  dont  le  peuple  se  sert  par 
manii-re  de  civilité,  ou  par  reconnoissdnce  en- 
vers celui  à  qui  il  paile. 

Au  nom  de  Dieu.  Pour  l'amour  de  Dieu, 
Termes  dont  on  u<^e  comnmne'menl  quand  un 
prie  instamment  quelqu'un  de  quelque  chose. 

Bon  Dieu',  ijrand  Dieu!  vrai  Die».' Termes 
d'admiration,  d'étonnenicnt,  d'affirmatiou. 

Sur  mon  Dieu.  Devant  Dieu.  Dieu  m\s\ 
témoin.  Dieu  m'en  est  It'moin.  Termes  d'aflii- 
iu.<tion  et  de  serment. 

Ainsi  Dieu  me  soit  en  aide.  Formule  don! 
on  se  sert  quand  on  prèle  serment  en  metl.iiit 
le*  mains  sur  le  Livre  des  Évan^^iles. 

Dieu  sait.  Façon  de  parler  ordinaire,  qu'on 
emploie  pour  ossurL-r  fortement  ce  qu'on  veni 
dire.  Dieu  sait  si  vous  vous  divertirez  bien. 
Dieu  sait  si  vous  serez  bien  reçu.  Dieu  sait 
comme  vous  vous  réjouuez.  Nous  étions  dans 
cette  compagnie  tous  ^ens  de  bonne  humeur^ 
Dieu  sait  la  joie. 

Pour  ulfirmerfju'on  n*a  point  fait  une  chose, 
ou  dit  quelc|ncfois  ;  Dieu  sait  si  je  Vai  fait. 
Dieu  sait  si  j'en  ai  eu  la  pensée.Si  j'en  ai  eu  la 
pensée.  Dieu  le  sait.Si  je  l'ai  fait. Dieu  le  sait. 

Dieu  le  sache.  Façon  de  parler  commune, 
pour  marquer  L'incertitude  ou  l'on  est  de  quel- 
que cho»e.  Ce  gui  en  arrivera^  Dieu  le  sache. 
Vous  me  denuindez  ce  gue  je  deviendrai^  Dieu 
le  sache.  Un  dit  aussi  dans  le  mémo  sens,  Die» 
le  êiiit. 

Dieu!  Bon  Dieu!  mon  Dieu!  Sorte  d'excla- 
Tnation.  Mon  Dieu,  gue  va-t-il  aniver!  Bon 
Dieu,  ayei  pitic  de  moi!  DieUy  guel  malheur! 

Par  la  arAcc  de  Dieu.  Termrs  dont  les  Vr'm 
««  Souverains  «  servent  dans   leurs  Tirrcs  , 
pour  mar-|ucr  qu'ils  i*r  ticuueot   liur»  Luis 
^e  de  Uieu, 
T»me  i. 


DIF 

On  dit  proverbial em eut  d'Un  Piince  Souve- 
rain qui  n'en  reconnuit  aucun  autre  au-dessus 
de  lui,  qu'/i  ne  relève  gue  de  Dieu  et  de  son  ipce.  '  ' 

On  appelle  comnuMirm.  l'Hoslic  consacrée. 
Le  bon  Dieu.  Ou  lève  le  bon  Dieu.  On  va  porter 
,e  hou  Dieu  à  ce  malade. 

On  .'ippellc  aussi  La  Fête-Dieu ,  et  non  p.is 
La  Fête  de  Dieu ,  La  Fêle  du  Saint  Sacrenienl; 
et  un  Hôpital  fondé  pour  des  m.ilades,  un 
Uôtcl-Dieu. 

On  dit,  Me  toute  personne  ijai  a  nn  grand 
a:tacliemejit  à  quelque  c'iose  que  ce  soit, 
qii'i, Ile  en  fait  son  Dieu.  Il  n'aime  gue  les  ri- 
chesses ^  il  en  fait  '•on  Dieu.  Ce  sont  des  gen-i 
gui  font  U'ur  Dieu  de  leur  ■l'enlrc. 

Ou  dit  fixement,  en  parlant  Des  Rois,  des 
l'rinces  Cou'?rain»,  et  de  ceux  qui  ont  beau- 
coup l'auîori'.?  ef  de  pouvoir,  que  Ce  ront  les 
Dieux  de  la  Teire. 

L'l*lcrilure-Sainte  appelle  aus&i  figurcii-.cnt , 
Des  Dieux,  Les  hommes  qui  ont  l'autorit- . 
J'ai  dit  y  vous  êtes  des  Dieux.  Il  sera  amené 
devant  les  Dieux^  c'est-a-diro.  Devant  \cs 
Jiiges. 

Mitu,  se  dit  encore  absolument  Ucs  fausses 
divinités  que  les  Pnicus  adoroieiit.  /,e.';  Dieux 
des  Gentils.  Les  faux  Dieux.  Jupiter  est  /c 
maître  des  Diexi ,  le  père  des  hommes  et  des 
Dieux.  Mars  est  le  Dieu  dt  la  Guerre.  Apollon 
est  le  Dieu  de  ht  /'oési'c.  Les  Dieux  du  premier 
ordre.  Les  Dieu.c  in  fcrnciux.  Les  Dieux  marins. 
Le  combat  des  Titans  contre  les  Dieux,  Cybclc 
est  appelée  la  mère  des  Dieux,  ^acn'/îe/'  aux 
Dieux.  /ien^J^ser  /cs  lemples  des  DieiLV.  Metti  i 
au  rang  des  Dieux. 

Dieux!  grands  Dieux!  Sorte  d'exclamation 
païenne,  pour  marquer  la  surprise  et  l'élonnc- 
nient. 

DiEL-DONSÉ.  Surnom  qu'on  donne  à  quel- 
ques Princes,  lorsqu'on  reï:;arde  leur  naissance 
comme  une  chose  miraculeuse,  et  comme  une 
^ràce  du  Ciel ,  accordée  particulièrement  aux 
vœux  des  peuples. 

DIF 

DIFFAMANT,  A>TE.  adj.  i)ui  diffame, 
ijui  est  dit,  qui  est  fait  pour  diH'umer.  Discour:, 
difjamans.  Paroles  dijjamantes.  Cela  est  bien 
dijjamant. 

ItirFAMAiKUii.  i.  m.  Celui  qui  diffante 
j'.ir  des  parolL-s  ou  des  acrits.  Difjumattur  pu- 
blic. Insigne  difjjiwiatntr. 

DIFFÀ.MATIO.N.  s.  f.  L'action  pat  laquelle 
on  diifame  quelqu'un.  L<i  diffamation  du  Pro- 
chain est  un  grand  péché.  Il  na  pu  soufj'rir 
une  si  cruelle  dtijamatton. 

DlFF.ViMAlOIKE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
difTnne,  qui  est  fuit,  qui  est  dit  pour  dînàmer. 
Libelle  difjamatoù'C.  Ecrit  difjamatoire.  Dis- 
cours difjiimatoire.  Les  faiseurs  de  libelles  dif- 
famatoires sont  punissables  par  les  Lois. 

DIFFAMFH.  v  act.  DtVrier,  déshonorer, 
perdre  de  réputation  II  l'a  dijjumé  dans  toutes 
IcJ  compagnies.  Il  l'a  dijfamc  pat  «*  écrit*. 
C'est  .se  difjamer  sot-mime^  gue  d'écrire  pour 
diffiiner  les  auLes» 


DIF  /faà 

DiiTAMÉ,  i't.  participe. 

DiiFAsiÉ,  se  dit  en  termes  de  Blason.  d'Lfn 
animal  sans  queue. 

DIFFFRLAIMHNT.  adverbe.  Diversement, 
d'nnc  maniùre  difl'ûcnle.  Il  a  rapporté  l'alf:ire 
diffremment  de  ce  gu^ellc  s'est  parsée.  Us  en 
parlent  loiu  deux  fort  di0remment.  Les  Pi  in- 
les  agissent  dtffi'remtner't  des  particuliers. 

DIFFiîUKNCE.  a.  fem.  Diversité,  dissem- 
blance, distinction.  Grande  dijjlrcnce.  D///c- 
rence  notable^  csfenliellc.  Lè'ière  djjèience. 
Il  y  a  grande  différence  entre  l'un  et  l'autre, 
de  Vun  à  Vautre^  de  l'un  avec  l'mttre.  Diffé- 
rence de  personnes.,  de  sexe,  d'âge.  Ne  fairc^ 
ne  mettre  aucune  différence  entre...  La  diffé- 
rence n'est  pas  bien  marquée.  Telle  chose  fnd 
la  différence  d'une  autre. 

On  dit  aussi,  Faire  de  la  différence ,  ladif- 
/t'icMce,  pour  dire.  Faire  la  distinction  d'une 
chose,  d'nnc  personne.  Je  connois  ces  tableaux  ^ 
ces  personneSy  fen  sais  faire  la  diffirencc. 

lin  Logique,  Différence  sij^niHe  La  qualité 
essentielle  qui  distingue  entre  elles  les  espèces 
d'un  même  ^eairc.  Une  defuition  est  composée 
de  genre  et  de  différence.  Dans  celle  définition, 
L'ùme  est  une  substance  iMcor/Jore//c,  Su!)stance 
est  le  7enrc;c(  Incorporelle  est  la  difftrenee 
qui  constitue  l'ài.ie,  et  qui  )a  distingue  des 
substances  coi porelleg.  Différence  spécifigue. 

Fn  termes  de  Mallieinatique,  on  appelle 
Différence.,  L'excès  dune  quantité  sur  une 
autre.  Lu  dijjlrence  de  6  et  de  ^  est  2.  On  ap- 
I)elle  aussi  D ii]'<' renées ,  Le^  quantiles  infîui- 
nient  petites,  ou  quantités  diifércnlieMe». 

DIFFÉRENCIFR.  V.  a.  Distinguer,  nie.'ftb 
de  la  diflcrence.  Ccïd  sert  à  les  diffrencttr . 
Une  bonne  définition  doit  différencia'  Je  genr* 
de  l'espèce. 

On  dit  en  Mathématique,  Différencier  unt 
guantilé,  pour  dire,  En  prendre  la  partie  infi- 
niment petite. 

DiFi-ÉHENCiK,  ÈE.  participe. 

DIFFÉRENT,  ENTE.  adj.  Divers  ,  dissci&. 
blable,  qui  n'est  point  de  même.  Ils  sont  dif- 
fercns  d'humeur  ..de  langagr.  Ils  sont  difflrens 
d^ opinion  y  de  sentiment.  Opinions  dtifcrentes. 
"^IcEurs  diffirentes.  Ce  sont  choses  bien  diffè- 
retites.  Ce  mot  a  plnsiturs  'tens  difftrens. 

On  dit  proverbialement  De  deux  choses 
(lui  sont  e\lr'niienient  différentes,  qn  Elles  sont 
différentes  comme  le  jour  et  la  nuit. 

DIFFERENT' ou  DIFFEREND,  s.  m.  Dé- 
bat. contesMlton,  querelle.  Ils  ont  eu  différent 
ensemble.  Il  faut  leur  laUser  l'idcr  leurs  d.jjé- 
tens.  Faire  naître  un  différent.  Apaiser  j  n»ou- 
pir  un  différent. 

Il  signifie  aussi  La  chose  contestée.  Il  faut 
•utrtager  te  différent.  Il  faut  partager  le  dif- 
joenl  par  la  moitié. 

DIFFERENfIEL,  ELLE.  adj.  Terme  de 
Mathématique.  Il  n'est  guère  d'usage  que  dans 
CCS  j>hra>es.Qu(miiîé  i/i^/i.TCMÏic//e,  peursi^nï- 
lier,  Une  quantitf^  intîniment  petite;  et  Calcul 
différentiel,  pour  si^uiËcr  Le  calcul  de  cm 
sortes  de  rjuaiilit/s. 

On  dit  aiik&i  substantivemeol   au    /iiaiin;u, 

54 


4-.fi  D  I V 

Une  âiffermiielle,  pour  dire,    Une    qiiaiiliti' 
tiinércrilipllp. 

OlKKKRliR.  V.  a.  Kelwrder,  rcniitlre  à  "" 
autre  temps.  Différer  une  o//.  l're.  I«  Wi//Ji«'  ''i' 
jour  en  ;our,  i/e  joiu'  li  autre.  Dij^^reriini-ayc- 
ment.  Il  est  aussi  neutre.  Ne  ilifliie-  }'oiul  d'y 
uiler.  Me  différez  point  de  donner  ordre  à  vos 
..//iM(«.  A'e  différez  point  de  vous  conveilir. 
Partez  sans  différer. 

On  dit  prov.  C\'  fi  est  différé  ncst  pas  perdu. 
DirFÉiiÉ.ÉE.  paiiicipe. 
Dn'riiniin.  v.  ii.  f'.tie  divers,  cire  dissenjbln- 
1.1c ,  n'être  pas  de  in6nic.  Ils  différent  en  un 
point.  Ils  conviennent  en  plusieurs  clioses, 
muia  ils  différent  en  cela.  (  i>  AuriirMe  ii'i'c;  no 
diffère  en  rien  de  la  bête. 

DU  riCII.K.  adj.  des  ?  genres.  Qui  est  mal- 
aise, qui  donne  de  la  peine.  Une  entreprise 
difficile.  Cela  est  dijlicile  à  faire,  in  Auteur 
difficile  à  entendre.  Ce  (crie  de  l'Ecriture- 
Sainte  est  difficile  à  crpliquer.  Un  homme  de 
difficile  accès  ,  Je  difficile  ahurd.  Un  lieu  de 
difficile  accès.  Un  clieval  difficile  à  ferrer.  Ce 
métal  est  difficile  à  travaille-,  à  manier.  Un 
homme  difficile  à  fjouverner.  Un  mot  difficile 
à  prononça- ,  à  retenir.  H  est  d'une  liumeur 
difficile.  Cette  affaire  est  de  difficile  discussion. 
Homme  difficile  à  coiiteiilei.  Difficile  en  -on 
iiiatttjcr. 

On  dit  absolument,  ^u'Un  'umnie  e.4  dif 
/irilc,  fort  difficile^  pour  dire, tju'll  est  malaise 
à  co'Ucntcr.  lit  on  appelle  Tcmjis  difficiles.  Les 
temps  de  guerre,  de  desordres  ,  tir   troubles, 
de  disette ,  etc. 

Ouditd'Uii  lionime.qa'/!  t  eu  une  îi;«"es.se 
difficile,  pour  dire.  i|U  .  a  eu  dans  sa  jeunesse 
des  passions  qui  lui  unt  Hiit  faire  des  f.uites.  On 
le  dit  aussi  d'Uu  iionune  qui  a  Leaucoup  pjii 
dans  sa  jeuncs*e. 

On  dit  proverbialement  et  fisnrcni. ,  qu't/n 
Iioninie  e<t  difficile  à  ferrer,  à  chausser,  pour 
dire,  qu'il  est  dillicile  d'obtenir  de  lui  ce  qu'on 
souhaite,  de  lui  persuader  ce  qu'on  veut,  t;o 
qu'on  désire,  qu'il  est  peu  accounnodanl. 

niFFICII.KMlîST.  adv.  Avee  dilTicuIlé , 
avec  peine.  Vous  ne  sourie!  passer  pnr-là  rjiie 
ili/[irii(;menl.  Il  entend,  il  parle  difficilement. 
Il  compose  difficHeinent.  Il  marcl.c  difficile- 
ment. On  clianije  difficilement  de  caractère, 
d'opinions  et  de  picjutjés. 

DIl-I'lCUL'l'l:;.  s.  f.  Ce  qui  rend  une  chose 
(lillieilc,  ce  qu'il  y  a  de  dinicilc  en  ({ntdijue 
iliose  ;  empêchement  ,  travers"  ,  opposition  , 
obstacle.  Létjére  difficulté.  Petite  difficulté. 
Cetteafftire  est  pleine  de  difficiillcs.  Vous  (ri  ii- 
veieidela  diffuiillé  à  uhleiiir  cela.  Dijficnllé 
de  parler,  de  respirer,  d'avaler.  Difficulté  d'u- 
riner. Difficulté  d'urine,  l.tt  difficulté  des  che- 
mins, des  pa.ssaijcs.  Surmonter  toutes  sortes  de 
difficultés.  Former  une  difficulté.  /Ipportcr  une 
difficulté.  Examiner ,  lever,  lésoudie  une  diffi- 
cntlé.  Proposer  une  difficulté.  Faire  naître  des 
difjiciilléi.  Passer  par-dessns  une  difficulté,  Lf 
noeud,  le  point  de  la  difficulté.  Il  y  a  bien  des 
difftcidtés  dans  cet  Auteur ,  dans  ces  passages. 
On  dit  iju't'iK  c/ijie  r,e  touffie,  ne  reçoit 


DIF 

point  àe  di f^i culte ,  p(»nr  dire,<fii  II  u'y  a  point 
de  (lidirultt!  qui  s'y  oppose;  qii'tyne  a'jdire  ne  ^ 
.souffre point  de  dijJlcuUê,  pour  diR',([u"Oii  ne 
voit  rien  (jni  puisse  ou  qui  doive  en  empêchci 
le  siicci'S  ;  qu'Une  proposition  ne  soulJ)c  point 
de  dilJicuiti',  pour  dire,  qu'I-^lle  est  incontes- 
table. 

On  dit,  Faire  àijyiculté  de  quelque  cliose , 

pour  dire,  Y  avoir  delà  répugnance,  en  fiiln- 

;  scrupule.  Il  y  a  des  qen.s  qui  ne  font  difTiculii' 

I   de  rien,  il  fait  difficulté  de  se  charger  de  l\if- 

i  /«"■'■■ 

j  On  dit  aussi,  i'aire  difjieuUé^  faire  des  dijji- 
cultés  sHr  quelque  chose,  jurmer  uuc  dilhculté^ 
j  des  dijjiculté-';,  pour  dire,  Alléguer  des  raisons 
I  contre.  Votre  Rappot  leur  fait  quelque  difficulté 
1  sur  l'tffre  ajfnire.  C'^st  un  homme  qui  fait  des 
I  difficnllés  sur  tout. 

Ou  dit  pio^'erbialemeut  et  fij^urém.,  qu'C/» 
Jiommc  est  le  père  des  difficultés ,  pour  dire, 
qu'il  ;illi"-gne  des  dilficultés  sur  toutes  clioscs. 

DiiTiCui.Ti':  ,  Obscurité,  endroit  difficile  j 
entendre.  Le*  Conimentaleurs  pcsse/JÏ  rapide- 
ment sur  les  difficultés.  , 
Il  se  dit  aussi  pour  Contest;itîon.  Ces  deux 
amis  sont  en  froideur  y  ih  ont  eu  quelque  diffi- 
culté ensemhlc.  Style  Tuinilier. 

Sans  difficulté.  Façon  de  p.trler  adverbiale. 
Indubitablement,  sans  doute.  iS'j  vous  avez  ces 
qens-là  pour  roiis,  sans  diff.cultc  vous  sere-i  le 
plus  fort. 

rjH-FICULTUKUX,  EUSE.  adject.  Qui  se 
vend  d-ffîcile  sur  tout,  qui  allègue  des  difficul- 
tés, qui  fait  des  difficultés  sur  toutes  clioses. 
C^cst  un  homme  fort  difficnltueux.  C^est  un 
esprit  dijf\cultiic}ii .  Il  ne  se  dit  que  Des  per- 
sonnes. 

DIl-TOKME.  adjectif  des  2  génies.  Laid, 
défij^urè.  qui  n'a  pas  la  ii2;ure  ou  les  propor- 
tions qu'il  dcvroit  avoir.  Vuiaqc  difforme.  Cela 
le  rend  tout  difforme.  Ce  hatim.^nt  est  dif- 
forme. 

Il  se  dit  (igufénient  Des  clisses  morales. 
Rien  li'ext  si  difforme  que  le  vice. 

DIFFORMRR.  v.  a.  Terme  de  Palais.  Ôter 
la  forme.  Difformes-  une  médaille,  une  planche. 
Ou  a  ordonné  que  ces  coins  seroicnt  difformes. 
Il  est  défendu  aux  Orfèvres  de  difformer  les 
luonrioic. 

Dn-TOn:\;É,  tu.  papticipp. 
DJFroiîMlTK.  s.  i'.  Défaut  dans  les  propor- 
tions. Cela  fiit  une  grande  difformité. 

Il  se  dit  figurômcnt  Des  clioSes  morales.  La 
difformité  du  vice. 

DIFFKACTIOX.  s.  îéi».  Terme  -l'Optique. 
Inflexion  ou  d/lour  que  subissent  Ips  rayons  de 
lumière  en  rasant  l.i  surface  d'im  corps 

DIFFUS,  USE.  odj.  Oui  o.-.t  long,  qui  est 
trop  étendu  dans  ses  discours.  Cet  homme  plaide 
btcn,^  Mi.n'.-;  il  est  diffus. 

On  oppcllo  Style  difpiSy  Un  st^le  lài'Iie  et 
trop  olciiHu. 

DIFFUS1-:]\IENT.  adverbe.  D'une  mani.te 
diflusc.  Il  parle  diffitsément. 

DIFFUSION,  s.  f.  Terme  de  Pliysîqwe.  Il  se 
h\t  des  fluides  en  pnrlanl  De  l'action  de  «e  ré- 


DIG 

pandre,   ou   de   l'état   de  ce  qui  est  repondu. 
Diffusioii  de  lumière,  de  lu  lumière. 

il  se  dit  fif^urément  Du  discours,  du  style, 
lorsqu'il  est  trop  abondant  en  paroles.  Son 
style  est  clair,  mais  il  y  a  un  peu  trop  de  dif- 
jusiën.  On  le  dit  aus?i  Des  Ecrivains.  On  re- 
proche de  la  diffusion  à  cet  Auteur. 

DIG 

DIGASTRIQUE.  ad).  Il  se  dil  De  rert.iin^ 
muscles  qui  ont  comme  deux  ventres.  Le  mus- 
cle digastrique  de  la  mdchoire  inferietiJ'e. 

DIGERER.  V.  a.  Faire  la  coction  des  uli- 
mens  qu'on  a  pri-s.  Digérer  les  viandes  y  les  ali- 
mens.  Son  estomac  est  joildc,  il  ne  diqère  put 
bien. 

Ou  dit  ,  qae  Des  humeurs  ,  des  urines  ne 
sont  pas  diijéréesj  pour  liire  ,  qu 'Elles  ne  sont 
pas  dans  l'état  où  clhs  doivent  être. 

Il  sif^nifie  figurénienl ,  Examiner,  discu'cf 
une  alfaire,  la  réduire  par  la  niédilalion  dans 
l'ordre  ,  dans  l'état  où  elle  doit  être.  Diqérer 
une  affaire.  Digérer  ce  qu^on  a  à  dire.  Il  y 
a  de  bonnes  choses  dans  ce  Livie-lù  -,  mais 
elles  sont  mal  digérées. 

Il  signifie  aussi  figurcmenl,  SoufîVir,  sup- 
porter quelque  chose  de  fâcheux.  Il  ne  peut 
digérée  le  mauvais  traitement  quon  lut  a  fait. 
Cela  est  bien  dur  à  digérer.  Digérer  un  af- 
front, 

DiGÉiftn.  V.  n.  Terme  de  Cbimie.  Être  mi« 
en  digtstion.  On  fait  diqérer  ces  matières  à  un 
(eu  lent 

DitiKné,  ÉE.  participe. 

DIGESTE,  subst.  m.  Recueil  des  décisions 
des  plus  fameux  Jurisrunsultes  numaiai  , 
compose  par  ordre  de  l'Empereur  Jusiiuien, 
qui  leur  donna  force  de  EoJ.  Les  Lois  du  Di- 
geste. Le  Digeste  est  divisé  en  cinquante  livres. 
Voyez  Pandectes. 

DUilvSTEUR.  s.  m.  Macliine  ou  vase  pro- 
pre à  cuire  promptcnienl  d''s  viandes,  et  h  tirer 
de  la  gelée  des  os  mêmes.  Le  Digesteur  de 
Papin. 

DIGESTIF,  IVE.  adj.  Qui  aide  h  la  diget- 
tion.  Poudre  diqestive.  Remède  digestif. 

Il  est  aussi  substantif,  t-'ri  bon  digestif.  Di- 
gestif spécifique.  Il  a  l'estomac  foible^  il  lui 
faut  des  digestifi. 

On  appelle  aussi  Digestifs  Ce  qui  mûni 
les  plaies  et  les  amène  à  suppuration.  Ln 
fente  d.  chèvre  est  un  bon  digestif  pour  les 
plaici. 

DIGESTION,  s.  f.  Coction  des  viandes  dans 
l'csloniac.  Faire  digestion.  Cela  aide  à  la  di- 
qestion  ,  trouble,  empêche  la  digestion.  Ce$ 
viandes  sont  de  facile,  de  dijficile,  de  dure  di- 
gestion. 

Dir.rsTiON.  S.  f.  ferme  de  Gbiniic.  Opcrn- 
tion  cliimique,par  laquelle  certaines  matières 
mêlées  ensemble  sont  préparées  par  une  fer- 
mentation lente  i\  une  dissolution  parl'uitc. 
Mettre  des  plunta  en  digestion. 

DiGcvriON,  Disijosilion  de»  apn-ii.^mes,  dct 
^  nlïcès  à  mûrir,  à  entrer  en  êuppnrution.  Les 
tumeurs  des  cnfans  sont  de  facile  digvsiion. 


DIG 

On  dit  figun-ment»  qu't/n  mauvais  ttaite- 
ment  est  de  dure  dtijestion,  pour  dire,  qu'il 
est  difficile  h  supporter. 

On  dit  aussi,  qu'Une  eutreprise  est  de  dure 
digestion,  pour  dire,  qu'Elle  est  difficile,  pé- 
nible; et  dX'n  livre,  <ja'Il  est  de  diue  difjes^ 
tiori.  pour  dire,  qu'il  est  diilicile  à  enlendrc, 
Dcnilile  ù  lire. 

lïKJlTALE.  s.  f.  Plantf  ainsi  nonmiLe  . 
parce  que  sa  fleur  appi-oche  de  la  figure  d  un 
dir  à  coudre. 

niGiTÉ,  ÉE.  adjectif.  Terme  de  Botani- 
que. Découpé  en  forme  de  doigts. FcMiNt's  ditji- 
léei. 

DIGNE,  ad},  des  2  genres.  Qui  mérite  quel- 
i]iie  chose.  Dinne  de  louanqe,  de  récompense. 
Digne  de  mépris,  de  vunttioti.  C  cM  un  homme 
digne  de  mort,  de  la  wort.  Diqnc  de  la  corde, 
de  la  roue.  Digne  de  grdce,  de  pardon.  Il  étoit 
digne  d'un  meilleur  traitement,  d'une  meil- 
leure fortune,  d'un  meilleur  sort.  Sa  fortune 
est  digne  d'envie.  H  n'est  pas  digne  de  c-etlc 
ChargCy  de  cet  Emploi.  Digne  d'être  aimé, 
adoré.  Il  n'est  pas  digne  gu'on  le  tegarde.  Il 
ij*C5t  pas  digîie  de  l'ivre. 

Ondit,quX'"  hommeest  digne  de  croyance, 
digne  de  /ôi,  pour  dire,  qu'il  mcrilc  qu'on  lui 
donne  croyance,  qu'on  ajoute  (oi  ii  ce  «ju  il  dit. 
Témoin  digne  de  foi. 

On  dit  dTn  fcrt  honnête  homme,  qtï€  CV';(  un 
digne  homme:  et  d*Un  bommc  irès-capable  de 
Iwen  remplir  un  emploi,  que  C'est  un  digne 
sulet 

On  dit,  qu'C7n  homme  a  fait  une  action 
digne  de  lui;  et  on  le  dit,  soit  en  bien,  soit 
eu  mal,  selon  les  qu:dités  de  celui  do  qui  l'on 
parle. 

On  dit  dans  le  mcnie  sens  :  Cela  est  digne 
de  lui.  Vn  fils  digne  d^un  tel  père.  C^est  une 
thgne  récompense  de  ses  travaux. 

OKiNRMENT.  adv.  Selon  ce  qu'on  mérite. 
Je  ne  vous  en  saurois  remercier  diijncmentj 
assez  dignement.  H  a  été  dignement  récom- 
pensé. 

On  dit,  qu'Ln  homme  s^acguitte  dignement 
de  sa  charge,  s*y  comporte  dinncmerit,  pour 
dire,  qti'Il  s'en  acquitte  très-bien,  <ju'il  s'y 
comporte  tiès-bion;  et  qu't'n  homme  fait  di- 
gnement les  choses,  pour  dire,  qu'il  les  fait  no- 
blement, 

DIGNITAIRE,  s.  m.  Celui  qui  jouit  d'une 
liisnité  dans  un  Ghapilrc. 

DIGNITÉ,  s.  fi-m.  Mtrile,  importance.  La 

dignité  de  la  matière  'eguiert La  dignité  du 

su^et.  Selon  la  dignité  du  !.ujet. 

On  dit^qii'O'n  homme  parle  avec  dignité^ 
[>our  dire,  qu'il  p.-irir  d'une  manière  grave, 
noble,  digne  du  caractèn*  qu'il  soutient,  et  de 
1  aflairr  qu'il  traite. 

Ou  dit  dans  ce  même  tca'i  :  j4 g ir  avec  dignité. 
Faire  le^  choae\  avec  dignité.  Il  y  a  beaucoup 
de  dignité  dans  se*  manières. 

Il  si^nifi"  aiL«i,  ÈléTation  ,  disliLciinn  ^mi- 
nrote.  Soutcir  Ui  dignité  de  %on  rang.  Cela  ne 
répond  pas  à  la  dignité  de  son  caractère. 

DiCîiiTÊ.  Cli.irj^c,  Ollia.cor*n(crd>Ie.  Geanf^e 


DIL 

dignité.  Souveraine  dignité.  Suprême  dignité. 
Nouvelle  dignité.  Etre  constitué  en  dignité. 
Par%-cn'u-  aux  dignités.  Dignitî:  Ecclésiastinue. 
Dignité  F.pi.'tcopale. 

On  appelle  Dignités,  en  qiielque3  Églises. 
(Certains  lïéni-fin  s  auxquels  est  iinneiccquel<]iii> 
partie  de  la  Juridiction  Kccli'*si;isiique,  quelque 
prééminence,  ou  quri(|ue  foiirtinn  partinilière 
dans  les  Chapitres,  comme  civile  de  Frevût.  de 
Doyen,  de  Trésorier,  d'  /\rchidiarre,elc.Ei  dans 
le  Cliœtir ,  comme  celle  de  Chantre ,  etc. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes  qui  possèdent 
ces  Bénéfices.  Il  y  a  des  Cathédrales  où  toutes 
les  dignités  portent  la  robe  rouge  •  d'autres  où 
il  n'y  a  gue  la  premici'e  dignité. 

DIt;KEhSIO.\.  s.  f.  Ce  qui  est  dans  un  dis 
cours  hors  du  principal  sujet.  Digression  en- 
nw^cnsc.  Longue  digression.  Courte  digrcfision. 
Digression  agréable,  h  aire  une  digvtssioJi.  Cet 
Auteur  est  plein  de  digressions  inutiles. 

IMCiVE.  s.  fcni.  Amas  de  terre,  de  pierres, 
de  bois,  etc.  pour  servir  de  rempart  contre 
renu.  et  principalcmenl  contre  les  flots  de  In 
mer.  Faire  une  digue.  Ouvrit- une  digue.  liomvre 
la  digue.  Couper  la  digue.  Lei<  digues  de  Hol- 
lande. 

Use  dit  .iu  Gi;uré  pour  Ohslaclc.  Quelle  digue 
opposer  à  une  licence  si  effrénée? 

DIL 

DILACÉR.'VnON.  subst  f.  Action  de  dila- 
êrer. 

DILACRÏÎF.R.v.a.  Déchirer  quelque  chose. 
mettre  en  pî^ces  avec  violence. 

Dii.ACKnFj  ÉE.  participe. 

DU. APIDAnON.'s.f.Dépinse  folle  et  dés- 
ordonnée. 

DILAPIDER.  V.  a.  Dépenser  follement  et 
avec  <lés(nHre. 

Dilapidé,  èe.  parlicip*. 

DII.ATABlUTl!:.  s.  f.  Ternie  de  Physique. 
Propriété  de  ce  qui  est  dilatable.  La  dilatabi- 
lité de  l'air. 

DILATABLE,  adj.  des  i  g.  Ce  qui  est  sus- 
cepiible  de  dilatation.  L'air  est  dilatable. 

DU.  \TArR)>.s. f.  Extension, iclâchemenl. 
Lii  dilatation  d'une  memh-ane.  Lu  dilatation 
d'une  plaiCy  de  l'mr. 

inLATATt)lRE.  adj.  des  a  ;.  Pris  suhsian- 
'ivemenl.  Instrument  de  Chirurgie  dont  on  se 
■vfrt  |)our  ouvrir  et  dilater  une  plaie,  agrandir 
une  ouverture.  Il  y  en  a  de  plusieurs  cspèce.s. 

lOILATER.  V.  a.  Elai^ir,  étendre.  Dilater 
une  plaie.  La  chaleur  dilate  les  pores.  La  tris- 
tesse resserre  le  cwiir,  mais  I(i  joie  le  dilate. 

Ou  dit,  que  L\iir  se  dilate  par  la  chaleur, 
pour  dire,  qu'il  occupe  un  plus  grand  espace. 

Dilate,  tE.  participe. 

DILA1UIRK.  ndj.  de»  2  g.  T«nne  de  Palais. 
Oui  tend  h  prolonger  un  procès,  h.  relarder  le 
jugement.  Exception  dilatoire. 

DILAVER.  V.  ■.  Différer,  leraetin-  à  un 
Mitre  trmp5.  Dilayer  un  payement.  DUaver  uh 
juijement,  etc.  Il  se  dit  plus  souvent  quand  il 
s'agit  d'iitlàires.  Il  vieillit. 

Il  est  qurlqiirfoiï  neutre;  et  alors  il  ligniâe, 


DIL  4»7 

User  de  remise.  C'est  un  hommegitldiUtye  tou- 
jours, il  ne  fait  gue  dilayei: 

DiLAYÉ,  ÉE.  participe. 

DlLECTlO^.s.  f.  Amoup.  charité.  Terme 
de  dévotion.  La  dilcction  du  prochain.  C'est 
aussi  un  ternie  dont  le  Pape  rt  l'Kmprreur  se 
servent  en  écrivant  à  certaiits  Princes.  Salut  et 
dtlertion.  J'ai  écrit  à  votre  dilertion. 

DILKMME.  s.  m.  (On  prononce  Dilème.) 
Sorte  d  argument  qui  contient  deux  ou  pln- 
sieurs  propositions  différerUes  ou  contraires, 
dmit  on  laisse  le  clioix  h  l'advnrsairc  pour  le 
conviiincre  également,  soit  qu'il  adopte  Inné 
ou  l'otiire.  Dilemme  sans  répligue. 

DILIGKMMICNT.  adv.  Piomptement,  .avec 
diligence.  I  raviiller  diligemment.  Il  est  venu 
fort  diligemment. 

Il  signifie  aussi.  Avec  soîn  ,  exactement.  J'ai 
recherché^  crumiiié  dih'qenimenf.  Ku  ce  sent  il 
esL de  peu  d'nsigc. 

DILIGENCÏ!;.  s.  f.  (On  ])rononce  Jan  dans 
re  mol  et  les  suivnns.  )  Prompte  exécution. 
7V(H'(ii//er  avec  diligence,  en  diligence^  *n 
grande  diligence.  Aller  en  diligence.  User  de 
diligence. 

On  dit,  Faiie  diligence,  faire  grande  dili- 
(jence,  \joiu'  dire,  Faire  une  chose  promple- 
nienl.  Travadiez  à  mon  aljiiirey  surtout  faites 
diligence. 

On  le  dit  plus  ordinairement  Des  voyages. 
CeCouirier  a  fait  diligence, a  fait  grande  dili- 
gence. 

En  termes  H'.AfTiîres .  Diligence  RΫ;nîfî# 
Poursuite.  Faire  ses  diligencet.  Faute  de  iili^ 
gence  ,  l'instance  périt  an  bout  de  trois  ans. 
Son  plus  grand  usa;j^e  est  au  pluriel. 

On  dit,  Faire  acte  de  diligence,  pour  dire, 
Marciuer  <jue  l'on  s'est  mis  en  devoir  de  faire 
quelque  cho^e. 

1 1  fii;nific  quelquefois.  Soin .  recherche  esacle. 
J'ai  fait  diligence j  toutes  mes  diligences  pour 
le  trouver,  pour  venir  à  bout  d'un  tel  dessein. 

DiLiGKNCf:,  se  dit  aussi  Des  voilures  de  ba- 
teaux ou  de  carrosses  qui  vont  plus  vile  que 
les  voitures  oïdinnires.  La  diligence  de  Lyon, 
La  diligence  d'Auxerrc.  Envoyer  des  pagucts 
par  la  diligence.  Partir  par  la  diligence.  Pren- 
dre la  diligence. 

Ou  dit  figurcment  et  familièrement  d'Uu 
lomme  très'lent  dan»  ce  qu'il  fait,  que  C'est 
la  diligence  embowhéc. 

DILIGENT,  ENTE.  adj.  Prompt  i  faire  les 
choses,  expcdilif.  ]\1essager  diligent.  Courrier 
diligent.  Valet  diligent,  etc. 

Il  signifie  aussi ,  Soigneux ,  laborieux,  vigi- 
lant. Ecolier  diligent.  Diligent  en  ses  affaires. 

DiLUiENTER.  v.  n.  Agir  aver  diligence. 
//  faut  diliijenter.  Il  est  d'un  plus  grand  usage 
avec  te  pronom  personnel.  Il  faut  se  dilinenter. 
il  faut  vous  diligenter. 

Il  est  quelquefois  actif.  Il  faut  dHiqenter 
cette  affaire,  cette  impression,  etc. 

Dlî.rVlEN,  KNNE.  adj.  t^^oi  a  ropport  au 
délugr.  En  parcourant  les  montagnes,  on  trouve 
*  encore  les  traces  des  eaux  diluviennes,  ou  des 
inoMihitioris  gui  les  ont  coiii^ertei. 

54. 


/yj.8 


DIM 

DIM 


DIMACHliRK.  s.  ni.  Gladiateur  qui  coiu- 
Ijatluit  avec  deux  poi^tiardit  oit  deux  cptei. 

DI.MANCUIi.  s.  111.  Premier  jour  de  la  se- 
maine, consacré  parliculièrïment  au  service  de 
IJieu ,  et  qu'on  appelle  U  jour  du  Seigneur.  Le 
pieinierDimaiic/ie  du  mois,  de  iJicnt.  ae  Ca- 
rime.  Dimanche  da  P.'i-n.::<'.r.  Ùimanclie  de 
I',1(jues.  Uimanclie  de  Qiiasimodo.  Il  faut  en- 
tendre la  MesiC,  et  assister  autant  iju'on  le 
;)eu(  au  jeivice  divin  tous  les  Dimanches.  Il 
faut  sanclifer  le  Dimanclie.  Le  Prâne  se  fait 
tous  les  Dimanches  dans  les  Paroisses. 

Un  appelle  Dimanche  rjras ,  Celui  qui  pré- 
cède le  Mercredi  des  Cendres. 

DÎM  I'".  s.  f  .'C'est  ordinairement  La  dixiinic 
partie  des  grains ,  des  vins,  des  fruits  et  d'autres 
dioses  qui  se  payent  i  l'iiglise  ou  aux  Scigusurs. 
l'ayer  /i-;  dîmes.  Lcfer  les  dîmes.  Il  a  lu  dlme 
de  toutes  CCS  terres-là.  ^fprmcr  les  dîmes. 
Dîmes  inféodées.  La  dime  des  liés,  du  vin,  etc. 
Il  y  a  des  dîmes  qui  font  la  treizième  partie, 
la  douzième,  etc.  Les  Juifi  payoient  la  dlme 
aux  Lévites. 

On  appelle  Grosses  dimes,  Les  dîmes  qu'on 
lève  sur  1rs  gros  fruits,  comme  le  blé  et  le  viu; 
Menues  diiiiei,  Celles  qui  se  lèvent  sur  le  menu 
grain  cl  sur  lo  menu  bétail;  et  Vertes  dîmes, 
Celles  qu'on  lève  sur  les  légujnes,  le  clian- 
vre,  etc. 

UIMESSION.  s.  f.  Ktendue  des  corps.  Li 
corps  soliile  a  trois  dimensions,  la  longueur, 
la  larqeur  et  la  jyrofoiuîeur.  Il  a  yris  toutes'  les 
dimensions  de  ce  bâtiment. 

Ou  dit  fi^uréni.  et  familièrement,  Prendre 
des  dimensions  dans  une  ajfaire,  pour  dire, 
Prendre  les  mesures  nécessaires  pour  réussir. /i 
a  échoué  dans  :un  projet,  parce  qu  il  n\tvuit 
vas  bien  pris  ses  dimensions, 

ULMliR.  V.  n.  Avoir  droit  de  lever  la  dinn 
en  un  lieu.  Cet  Abbé  dlme  dans  tous  ces  Vd' 
loges. 

Il  se  dit  aussi  en  parlant  De  celui  qui,  ac- 
tuellement, lève  la  dime.  On  n'a  pas  dlmé  en 
ce  champ-là.  Il  est  allé  dlnier  au  pressoir. 

DiuÉ,  KE.  participe. 

DÎMKUR.s.  ni.Celuiqui  recueille  les  dimcs. 
Ol'iieur  d'un  tel  lieu. 

DI.MlMJER.v.  a.  Amoindrir  quelque  chose, 
411  relrauclier  une  partie.  Diminuer  la  portion. 
Diminua'  sa  dépense. 

Il  se  dit  aussi  dans  les  choses  inorales.  5ori 
iiial/ieiir  a  diminué  son  crédit.  Sa  mauvaise 
conduite  a  diminué  son  autorité.  Sa  çjrandc 
dépense  a  diminue  son  bien. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Devenir  moin- 
dre. La  fièvre  diminue.  Sa  vue  diminue.  Ses 
forces  diminuent.  Les  jours  diminuent  dés  la 
Saint- Jean.  Diminuer  de  prix.  Diminuer  à 
vue  d'œil. 

Il  se  die  aussi  Des  personnes.  Cet  enfant 
tombe  en  charlre  et  diminue. 

DiuisL'É,  r.E.  participe. 

DIMIM'TIl',  IVK.  adj.  fcrnic  qui  diminue 
ou  adoucit  la  force  du  mot  dont  il  est  forme. 


DTN 

Fillette,  femmelette,  nmourette,  sont  Aes  ex- 
pressions iliminutiveSf  sont  de.f  termes  diminu- 
tifs des  mots  de  hille^  de  femme  et  d\imour. 

Il  est  aussi  suhslantif.  ViVi//o(  et  doucet 
sont  des  diminutifs  de  Vieux  et  de  doux. 

On  dit,  qn'Une  chose  est  le  diminutif  d'une 
autre^  pour  dire,qu'Kile  est  cii  ])i;lit  ce  que 
I  antre  est  en  grand.  Ce  jardîn-lù  est  un  dimi- 
nutif du  jardin  des  1  mleries. 

DIMINUTION,  subst.  f.  Amoindrissement. 
rab'iis,  relranclienicnl  d'une  partie  de  quelque 
tihose. Grande  diminution.  Uiminittion  considé- 
rable. Diminution  de  taxe.  Diminution  de  pri.T. 
Faire  diniiuutior,.  Ce  Fermia-  demande  dimi- 
nution^ demande  di  la  diminution.  Cette  Pa- 
toissc  prétend  diminuliù'  ie  taille,  prétend  de 
la  diminution.  Son  tuioru}  a  souffert  auelauc 
diminution.  iHminution  des  tspèces. 

Ou  appelle  en  fermes  de  Musique,  Dimîmt- 
l.on,  Une  rspùcc  d'orncnicut  du  dinut,  exprime 
nussi  p^r  le  mot  de  Roulade. 

DIMISSOIRIi.  s.  m.  L-ttrcs  par  lesquelles 
un  livêque  consent  qu'un  de  st  s  !;io<''sains  soil 
promu  ù  la  (.ilcrîcalure  uu  aux  Okiàx*.-.  jiar  un 
nutre  l^véque.  Donner  un  Dinn^soire.  Obtenir 
un  Dimissvire. 

DlIVnSSOiUAL,  ALE,  adj.  Il  n'est  d'usage 
iju'eD  cette  phrase,  Lettres  diniis:orialcSj  pour 
dire,  Des  Lettres  qui  contiennent  iin  Dimis- 
loire. 

DIN 

DINANDERIE,  s.  f.  se  dit  De  tontrs  sortes 
d'ustensiles  de  cuivre  i;iune.  La  Dinunderie 
lire  son  nom  de  Dinaut,  Ville  du  Pays  de  I.ie|:;e. 

DINDE,  s.  f.  Ou  appelle  ainsi  quelquefois 
Une  pou  ie  d'Inde.  ^  ous  avons  une  bonne  Dinde. 

DINDON,  subsl.  m.  Coq-d'Indc.  Garder  les 
dindons.  Dindon  ù  lu  daube.  Dindon  froid. 

Ou(iit  ïamilièrcui.  :  Bète  comme  un  dindon' 
colère  j  qourmand  comme  un  dindon. 

DINDONNEAU,  s.  m.  Petit  dindon ,  jeune 
roq-d'Inde.  Les  dindonneaux  sont  difjiciles  à 
élever. 

DINDONNIER,  tUE.  s.  Gardeur,  gardeuse 
Je  dindons. 

Ou  appelle  par  mépris,  Di/uïoHMie/e,  Unç 
Demoiselle  de  campagne. 

DINÉE.  s.  f.  Le  repos  ou  la  dépense  qu'on 
fuit  ù  dîner  dans  les  voyages,  tant  pour  Itommcs 
i|ue  pour  chevaux.  Il  nous  enacoùté  tant  pour 
la  d'inéc. 

Il  sii;uilic  aussi  Le  lieu  où  l'on  va  diuer  en 
voya^^eant.  Il  n'y  a  plus  t^u'une  lieue  d'ici  à  la 
I  dincc.  Pour  rdler   coucher   en  cette  Ville,    la 
,  dlnée  est  à  un  tel  Vilhiffe. 
I        DINEK.  V.  neut.  Prendre  un  repas  vers  le 
milieu  du  jour.  Nous  avons   bien  dîné.  A^oux 
I  avons   mal  dtné.   Donner'  à   diner.   Inviter   à 
J  diner.  Apporter  à  diner.  Chercher  à  dîner. 
j       On  dit  proverbialement,  S'il  est  ric/ie,  ffu'il 
dine  deiux:  fois. 

Ou  dit  aussi  communément  d'Un   bonin.e 
qui  ne  se  rend  point  ù  l'Aubci^c  à  l'hiure  du 
repos,  et  qui  ne  laisse  pas  de  payer,  que  Son  y 
assiette  dinc  poui  lui. 


DIP 

En  parlant  d'Un  bomme  ennuyeux  et  in- 
commode, on  dit,  71  me  semble  t/iie  j'ai  rfîné 
(juand  je  le  vois.  Il  est  populaire. 

DisÉ  ,  ÉE.  participe ,  qui  ne  s'emploie  ;;uèrc 
que  passivement  ,  comme  dans  cette  plirasc 
proverbiale  ,  Oui  s'attend  à  i'éciielic  d'autnii 
est  souvent  bien  mal  dîné. 

DINER,  ou  DÎNÉ.  s.  m.  Rcp.-is  qu'on  6it 
vers  le  milieu  du  jour.  Grand  diner.  Bon  di- 
ner. Diner  magnif.que.  Durant  le  diner.  À 
l'heure  du  dina'.Sur  l'heure  du  diner.  Aller  an 
diner  du  Roi.  Après  diner.  Après  le  diner.  .1 
l'issue  du  diner. 

Il  se  prend  aussi  pour  La  viande  et  les  au- 
tres mets  qui  composent  le  dîner.  Le  diner  est 
prêt.  Le  diner  se  (jiite,  se  refroidit,  est  froid. 
Apporter  le  diner.  Servir  le  diner.  Le  diner  est 
sur  table. 

DINEUR,  s.  ni.  Celui  dont  le  repas  prinei- 
p.nl  est  de  din'T. 

Il  signifie  aussi  jMangeur;  et  en  ci;  sens  il 
n'est  guère  d'usage  qu'en  celte  plir,TSC,  C'est 
uu  beau  dîneur,  pour  dire,  Un  grand  mangeur. 

DIO 

DIOCÉSAIN  ,  AINE.  s.  (Les  voyelles  i  o 
fout  deux  syllabes  dans  ce  mot  et  les  suivons.  ) 
Qui  est  du  Dioeèso.  Diocésain  de  Laon,  d'Or- 
léans, etc.  Les  mandemeus  d'un  Evéque  sont 
adressés  à*  ses  Diocésains. 

On  dit  ,  Evèque  Diocésain  ,  pour  d'.re  , 
Evoque  du  Diocèse  dont  on  parle.  L'Evéqui 
D'uiC'Jsain  vrécède  tonjmfrs  les  autres  Pvéques 
dans  son  Diocèse.  En  ce  cas  il  est  adjectif. 

DIOCESE,  s.  m.  Certaine  e'tenduc  de  paTs 
sous  la  Juridiction  d'un  Kvéque.  Grand  Dio- 
cèse. Diocèse  de  Paris.  Faire  la  visite  de  son 
Diocèse.  Diocèse  bien  réqlé.  Il  y  a  tant  de  Pa- 
roisses dans  ce  Diocèse. 

DIONY.SIAQUES.  s.  f.  pluriel.  FcK»  diM 
les  Grecs  en  l'Iionneur  de  Bacclius. 

DIOPl'RiyUE.  s.  f.  Science  qni  est  une  des 
parties  de  l'Optique,  et  qui  explique  les  efieis 
(K-  la  réfraction  de  Ui  lumièrs.  Un  traité  de 
Dioptrique, 

D  IP 

DIPHl'HONGOE  ou  DIPHTONGUE  (.  f. 
i'ermc  de  Grammaire.  Réunion  de  plusieurs 
voix  qui  ne  font  qu'une  svllahe  d'usage,  comm*» 
Jins  les  mots  Ciel,  nuit,  oui.  On  appelli'  en- 
core comniunénicnt  et  improprement  Diph- 
tlionnue ,  I^ri  réunion  de  plusieurs  voyelles  qui 
ne  forment  qu'un  son,  commi-  dans  h'eu  ,  eau. 

DIPLOÉ.  s.  m.  'l'crinc  d'.Vnaloniie.  Subv 
tance  spongieuse  qui  sépare  les  deux  tables  d*: 
crûne. 

DIPLOMATIE.  3.  f.  Science  des  rapports, 
des  intérêts  de  Puissance  à  Puissance. 

DIPLO.U\TI(,)L'E.  s.  f.  Ou  appelle  ainsi 
L'art  de  rcconnoitrc  les  Diplômes  autlienti- 
ques.  Lu  Diplomiiliquc  a  été  bien  perfectionnée 
dans  le  dernier  siècle.  La  Diplomatique  donne 
lieu  à  de  qrandes  disputes  entre  les  Savuns.  U 
s'emploie  aussi  adjectivement  iîerueil  àiplo- 
maliq-te. 


DIR 

Op  dit  de  même.  Le  Corps  Diplomatique, 
en  parlant  coUcctiveiiient  Des  Ministres  étran- 
gers qui  rcsldcnl  auprès  d'une  Puissance. 

DIPLÔME,  s.  m.  Charte,  acte  public.  Vn 
Diplôme  de  CFiiirlemai;nc.  Dans  quelques  États 
oo  appelle  encore  Diplôme  ,  Les  Lettres  pa- 
tentes du  Souverain. 

DIPTÈRK.  s.  m.  Terme  d'Architecture.  Édi- 
fice entouré  de  dcu.T  rangs  de  colonnes,  et  qui 
CD  a  Lait  à  h  face  de  devant,  et  autant  ù  celle 
de  derrière. 

DIPTIQt'ES.  s.  m.  pluriel.  Registre  où  l'on 
coDservoit  clicz  les  Anciens  les  noms  des  Con- 
suls, des  Magistrats,  etc.  Il  y  avoit  aussi  des 
Diptiqucs  dans  les  anciennes  Églises. 

D  1  R 

DIRE.  V  ,  a.  Je  dis,  tu  dis.  il  dit;  nom 
êisons,  vous  dites,  ils  disent.  Je  disois;  nous 
disions.  Je  dirai ,  tu  diras ,  il  dira  ;  noii.s  di- 
rons. Dis.  Je  dirois.  Que  je  dise.  Que  je  disi^e. 
Disant.  Exprimer,  énoncer,  expliquer,  faire 
entendre  par  la  parole.  Dite  du  bien,  du  mai 
de  quelqu'un.  Il  dit  son  a\'is  ,  son  sentiment. 
Il  ne  dit  pas  tout  ce  qu'il  jeiise.  Il  dit  tout  ce 
qu'il  sait.  Il  ne  sait  ce  qu'il  dit.  Laissez- le 
dire.  Je  vous  Vavois  bien  dit.  C'est  bien  dit. 
Dire  un  ïecrcf.  Dire  des  duretés,  des  injures, 
des  extravaqances  j  des  saletés^  des  impiétés. 
Die  ses  raions. 

En  Poésie,  Dire  se  dit  pour  Chanter,  ra- 
conter. Je  dirai  vos  exploits. 

Il  signifie  aussi  liéciter.  Dire  sa  îeçon.  Dire 
ta  harangue  par  coriir.  Dire  ses  heures  ,  sou 
chapelet,  son  bréviaire. 

On  dit  proverbialement,  Cela  va  sans  dire , 
cela  s'en  va  sans  diie,  pour<lire,  que  La  chose 
est  certaine,  incontestable,  qu'elle  n'a  pas  !je- 
«oin  d'être  expliquée. 

On  dit,  Dire  la  Messe,  pour  dire,  Ce'lelirer 
la  Messe. 

On  se  sert  de  cette  façon  de  parler.  On  dit, 
pour  signifier,  C'est  la  commune  opinion,  ou 
le  bruit  qui  court ,  c'est  la  façon  de  parler  ordi- 
naire. 

DiDE,  se  dit  figuiémcnt  De»  actions,  des  re 
gards,  etc.  Mes  yeux,  mes  regards  vous  disfn\ 
que  je  vous  aime.  Sa  contenance,  son  trouble, 
sa  confusion,  disent  assez  qu'il  est  coupable. 
Jdon  silence  vous  en  dit  assez. 

Due,  signifie  quelquefois  OlTiir,  proposer. 
J'ai  trouvé  toutes  ces  étoffes  si  chères,  que  je 
n'en  ai  rien  dit.  iN'ous  n'avons  garde  de  conve- 
nir du  prix  de  ce  drap,  si  vous  n'en  dites  rien. 
Dites-en  un  prix  raisonnable,  si  vous  voulez 
que  j'achète. 

DinE,se  prend  aussi  quelquefois  pourJuger. 
Les  avis  sont  si  partagés  sur  celle  affiiirc. 
qu'on  ne  sait  qu'en  dire.  Je  ne  sais  que  dire  de 
tout  cela. 

On  dit.  Dire  des  douceurs,  des  fleia-eltes  à 
■ne  femme,  pour,  La  louer  sur  sa  beauu: . 
•iir  son  mérite,  lui  parler  d'une  manière  ll.it- 
letue. 

Dini  le  stjlc  fjmilicr,  on  dit.  Dire  à  quel- 
qu'un son  fut,  pour  signifier,  Lui  fiirc  les  rc- 


DIR 

proclics  (ju'il  mërile;  Dire  pis  (jue  pendre  de 
(jitehpi'tin^  pour  dire,  En  parler  très-mal. 

On  (lit  ngiirem.,  quUne  chose  ne  dit  rien, 
pour  dire,  qu'Elle  ne  signifie  rien  ;  qut?  dans  la 
place  où  elle  est,  elle  ne  .sert  de  rien.  Icb  or~ 
neniens  dans  ce  tahîeun  ne  disent  rieu. 

F.t  a  peu  près  dans  le  même  sens  on  dit 
d'Une  femme  qui  a  de  beaux  yeux,  mais  qui 
ne  sont  pas  animés,  Elle  a  de  heaiLV  yciLVj 
mflis  ils  ne  disent  rien. 

On  dit  aussi  iigurément  et  fiunilièrcincnt, 
Le  cœur  nie  le  dit,  pour  dire,  J'en  ai  quelque 
^nci'ieiiûmenl.  Le  cccnr  me  dit  que  cela  airîvera. 

On  dit  familièrement,  Si  le  cœur  vous  en 
dit  y  pour  dire,  Si  vous  en  avez  envie.  Nous 
ironf:  là  .  si  le  cœur  vous  en  dit.  Le  cœur  vous 
en  dit-il  ? 

Il  se  prend  encore  fiç^rémciit  pour,  r.iîrt' 
connoitre,  signifier.  Cela  vent  divc  que.... 
t^oris  rite  reqardez  froidement .  t^tie  voidez-vcns 
dire  par-là  ?  On  dit  nhsolamenl  :  C^ eut  à- dire. 
Qu^est-ce  à  dire?  Et  c'est  !a  nirme  cliose  que 
si  on  disoit  :  Cela  siqnijie.  Qu^est-ce  que  cela 
signifie  ? 

DiuE,  signifie  quelquefois  Prédire.  Uivt  à 
m\.el(\nun  sa  Confie  avcnfure. 

TixoLVEn  À  DiiiE  ,  signifie  ,  Trouver  qu'il 
manque  quelque  ciiose.  On  a  trouvé  à  dire  à 
celte  somme.  Il  s^y  e.<t  trouvé  à  dire  un  êcu.  Il 
se  dit  aussi  Des  personnes.  On  vous  a  trouvé  à 
ilire  dans  cette  compaqnie. 

TnoLVEn  À  diiïe  ,  si*;nifie  encore,  Trouver  h 
•  éprendre,  (/ne  trouvez-vous  à  dire  à  celte  ac- 
tion? ou  mieux,  Que  trouvez-vous  à  redire  à 
cette  acùon? 

On  dit  encore,  Qu^en  voulez -i)ous  dire? 
pour  dire,  Qu'y  ti'ouvcz-vous  à  leprendre? 

On  dit.  Il  y  a  bien  à  dire^  pour  signifier. 
Il  s'en  faut  beaucoup.  U  y  a  bien  à  dire  que  je 
n'aie  mon  compte, 

\{  signifie  encore ,  Il  y  a  grande  différence.  Il 
y  a  bien  à  dire  entre  ces  deux  personnes.  Il  y 
(1  tout  à  dire. 

On  dit,  /(  n'y  a  pas  à  dire  ^  il  faut  mnr- 
cher^  pour  dire,  U  n'y  a  pas  de  résistance  h 
f:iire. 

On  dit,  quand  on  fait  quelque  légère  plainte, 
un  léger  reproche  en  peu  de  mots,  Cela  soit 
dit  en  passant. 

On  dit  aussi  familièrement, 5'ii  vient  à  bout 
de  ce  quHl  a  entrepris,  je  Virai  dire  à  Rome, 
pour  dire,  qu'On  crcit  la  chose  impossible,  ou 
irès-dillicile. 

On  dit  d'Un  homme  qui  écoule  les  autres, 
et  ne  parle  point,  S'il  ne  dît  mot,  H  n'en  peu  e 
pas  moins. 

On  dit,  C'crt  tout  dire,  pour  tout  dire,  pour 
dire  en  un  mot;  et  cela  sic;nifie  ,  qu'il  n'y  n 
rien  qui  mc  soit  renfermé  dans  la  phrase  qu'on 
vient  de  dire  ou  qu'on  va  dire, 

(^1  dit  eurorc  par  une  nianîtTe  de  compli- 
ment popul.iîre,  Cela  vous  plaît  à  dtVe,  pour 
marquer,  qu'On  ne  conviml  pas  A  ce  qui  c>[ 
dit  par  manière  de  flittlerie.  Il  se  dit  aussi  par 
manière  de  refus.  Il  prétend  que  je  le  paye; 
m^iis  cri  i  lut  vhilt  à  <.'<re. 


DÎR  429 

On  dît  figurémentet  familièrement,  qu'f/n 
'/nomme  dit  W'or,  pour  signifier,  qu'il  parle 
bien,  surtout  quand  il  parle  selon  nos  senii- 
mens  et  nos  inlcrcts. 

Kn  style  poétique,  A  la  fin  du  discours  d'uii 
personnage,  on  met  souvent,  Il  (ht,  pour,  Il 
parla  ainsi,  après  qu'il  eut  ainsi  parlé. 

lit  dans  la  convcrsatinn  on  dit,  J'ai  fhl,pouc 
marquer,  qii'On  n'a  plus  lien  .1  dire. 

On  diroit  d'ufhfoUy  d'un  homme  iwc,  Lo- 
cuiii.i  familière,  pour  dire,  qu*\  €n  juger  par 
les  .-îclions,  les  discours  d'un  homme,  on  i; 
croiroit  ivre  ou  fou.  Ou  eût  dit  d\in  démo- 
niaque^ quand  il  récïtoit  ses  vei'S. 

Dire,  s'emploie  avec  le  pronom  pirsonncL 
îl  se  dit  votre  parent,  pour  dire,  Il  prétend» 
il  assure  qu'il  est  votre  parent, 

Di.iom  mieuv,  façon  de  parler  adverbiale. 
//  c^l  l'.îvocat  des  pauvres;  discn.';  mietix,il  en 
est  le  père. 

Dire, se  prend  qi.el(iuefuis  substantivement 
rn  termes  de  Pratique,  pour  ce  qu'une  des  Par- 
lies  a  avancé.  On  a  inséré  dans  le  pi-océs  verbal 
le  dire  du  défendeur.  Le  dire  des  témoins.  An 
dire  des  Experts.  Au  dire  des  Anciens,  etc. 

On  dît  aussi  en  conversation  :  An  dire  de 
\out  le  monde.  Prouver  son  dire. 

On  dit,  Le  bien-dire,  pour  dire,  I/élégancc 
dans  le  discours. 

On  dit  familièrement,  qu'L'u  homme  est  sur 
son  bien-dire,  sur  son  beau-dire^  pour  signi- 
fier, qu'il  est  en  train  de  parler  :  et  ordinaire- 
ment il  se  dit  d'Un  homme  qui  aHrcle  de  bi^n 
parler.  Aiusi  il  ne  se  prend  guère  qu'en  roau- 
\  aise  part. 

On  disoit  autrefois.  Un  homme  bie}i-disant, 
pour  diic,  Qui  parle  avec  éU>qu(nce,  avec  élé- 
gance. Mais  il  ne  se  dit  plus  que  pir  raillerie. 

Soi-disant. Terme  de  Palais,  qu'on  emploie 
ijnand  On  ne  veut  pas  reconnoitre  les  qualités 
'|ue  prend  quelqu'un.  Vn  tel  soi-disant  U-gu- 
iaire,  soi-disant  héritier. 

Il  se  dit  a.issi  par  raillerie  on  par  me'pris. 
Vn  td  soi~disant  Docteur,  soi-disant  Gen- 
tilhomme. 

Dit,  ite.  participe. 

Ilsii;nifie  quelquefois  Surnommé.  CAoï'lwV, 
ciit  le  Saqe. 

Il  se  joint  aussi  avec  les  articles  cl  les  pro- 
noms, tl  a  la  force  du  relatif  pour  les  choses 
nu  pour  les  personnes  dont  on  a  parlé.  U  n'e&l 
r;uèrc  d'usage  qu'en  style  de  Pratique,  de  for- 
mule. Ledit  tel.  Ladite  maison.  Mondit  Sei- 
gneur. Sondit  procès  verbal. 

Dans  le  même  sen^  il  se  joint  encore  aux  ad- 
verlw's  Sus,  dessus,  devant,  après,  etc.  Susdit. 
Ci-dessus  dit.  Ci-devant  dit.  Ci-après  dit,  etc. 

DIRECT,  ECTE.  adj.  (C»u  prononce  le  C.) 
Droit.  3/oiift'iMcnt  direct.  Rayon  diiecl. 

On  dit  en  termes  d'.Vstronomie ,  qu'C7ii 
.istre  a  un  mouvement  direct,  pour  signifier, 
qu'il  se  meut  d'o^xidcnt  eu  orient,  et  suivant 
les  signes  du  i'«'diatjuc.  Et  en  lermos  d'Op- 
lique,  Vn  rayon  direct,  par  opposition  à  Vn 
royon  réfléclii. 

Ou  appelle  co  tenues  de  Généalogie,  Lujng 


43o  DIR 

directe,  La  ligne  des  a^ceadaus  et  des  descen- 
(ians,  pour  lo  distinguer  de  h  ligue  coUnl^Tale. 
H  descend  d'un  tA  en  liijnc  dtrecte.  Successior 
en  ligne  directe. 

On  a()i)elle  Seigneur  direct.  Le  Seigneur 
immédiat  dont  une  terre  reU'-ve;  et  Seigneurie 
directe,  Les  droits  d'un  Seij^ucur  sur  un  herî- 
u^e  fjui  relève  directtnneut  de  lui. 

On  appelle  dans  une  Histoire,  d.ins  un 
Pocinct etc. Harangue  (directe, Quand  TAuieur 
rapporte  un  discours  ,  comme  si  la  personne 
pailoi»  e!le-n.ême;  et  on  le  dit  par  opposition  5 
I>i,seours  indirect.  L'Ecriture- Sainte  est  reni- 
idic  de  disccmr.t  directs^  de  harangues  directes, 
lîoinére^  Virgile  et  /es  anciens  ilistorieus  sont 
pleins  de  harangues  diiectes. 

DïHKCTE.  ",.  t\  L'étendue  du  Fief  tl  un  Sei- 
gneur direct.  Cette  muison  est  dans  U\  Directe 
d'un  tel. 

DiKECVEMll^T.  adV-.  Tout  droit,  en  ligne 
dJi  ecte.  Les  deux  pôles  sont  divictemenl  oppo^^és. 

On  dit  liguromeut,  S'adresser  diiectement 
■(rtpje/^u'uii  ,pour  dire,  Ne  point  cherclicr  d'en- 
tremise pour  parler,  pour  se  plaindre  à  quel- 
<]'i'un.  Il  s'est  adressé  directement  au  lîoi.  Il  vu 
directement  à  son  but. 

On  dit  figurément,  Dwec(eme«f  oppose, 
pour  dire ,  Entièrement  opposé.  Ces  deux 
hommes  sont  directement  opposés  dans  hurs 
sentimens. 

DIRECTEUR  ,  TRIGK.  subst.  Qui  conduit, 
qui  nîgle.  Le  Directeur  d'une  entreprise,  d'un 
OUvr.tiic,  d'u"-  affaire,  ritrerteur  Gênerai.  Di- 
recteur des  Gabelles.  Directeur  des  C''éancieri 
d'une  succesûon.  Directeur  Gi^nêrul  des  For- 
tifications. Directrice  d'une  trouve  de  Comé- 
diens. 

Oi.  a\i\}i:\\e  Directeur  de  conscience  ^  ou  sim- 
plement Directeur  y  Celniqui  conduit  une  per- 
sonne ,  (jui  a  soin  de  la  conscience  de  quel- 
qu'un. Il  si;  dit  aussi  d'Une  personne  qui  pré- 
side à  de  certaiucs  Compagnies.  Le  Directeur 
de  L'académie 

niRECTiON.  s.  f.  Conduite.  Sous  la  direc- 
tion d'un  tel.  prendre  lu  direction  de  guelque 
ajpiire.  Il  a  la  direction  île  plusieurs  con- 
sciences. 

On  dit  d  Un  jeune  liommi.,  relairvement  à 
SI  conduite,  quTI  a  pris  une  bonne  ou  une 
mauvaise  direction. 

On  appelle  Direcliun  des  Finances,  ou  sim- 
plement Direction,  Les  assemblées  du  Conseil 
qui  se  tient  pour  régler  les  .ifliiircsdes  Finances 
du  Roi.  Grande  Direction.  Petite  Direcliun. 
jirrét  donné  à  la  Direction. 

On  appelle  Diiectiun  de  Créanciers,  Lue 
as.seinblée  de  (hcanciers  qui  se  fait  pour  ie|;ler 
les  affaires  d'une  succt'ssion  abandonnée ,  on 
d'atitres  bie.'is  ;iban(lonné9,  afin  de  payer  le<t 
dettes. 

On  app;;lle  Direction  des  Gabelles,  Direc- 
tion des  Douanes,  L'emploi  du  l)irect<;ur,  et 
Ir  l'ays  où  s'étend  sa  Commission. 

On  dit  6gurcmont,  An  dîrectinn  de  Vinten 
lto»,pour  dire,  L'action  par  laquelle   on    di-J^ 
ri^e  son  intention.  Direction  d'iMtcntionv 


DIS 

Od  appelle  Dnccfion  de  laîmant,  La  pro- 
priété qu'a  l'aimant  de  tourner,  dès  qu'il  est 
&uspendu,  un  de  .ses  pôles  vers  le  Pôle  Arrti- 
(pie.  Les  aiguillei:  aimuntées  ont  la  mêmedircc- 
siun  que  la  pierre  d'aimant. 

niRiCCTOIKE.  s.  m.  Ordre  pour  régler  la 
manière  de  dire  l'Office  et  la  Messe  pour  l'année 
■tûoirante. Il  se  dit  encore,  dans  plusieurs  Pays, 
d'Une  espèce  de  Tribunal  chargé  dune  direc- 
ticn ,  soit  civile,  soït  militaire. 

DIRIGER.  V.  a..  Conduire,  régler.  Diriger 
une  Compagnie,  une  conscience  j  une  Maison 
Religieuse. 

On  dit,  Diriger  son  intention,  pour  dire- 
Rapporter  ses  actions ,  ses  vues  à  une  (In  dé- 
terminée, et  plus  ordinairement  h  une  bonne 
fin. 

On  (lit,  Diriger  ses  pas, sa  course,  son  vul, 
ses  reijardsj  etc.  pour  dire^  Tourner  d'un  cer- 
tain côté  ses  p:is ,  sa  course ,  etc. 

DmiGi'i:,  ÉE.  participe. 

DIRIMANT,  AiNTE.  adj.  Terme  de  Droil 
Canonique.  Empêchement  dirimant ,  c'est-ù- 
dire,  Défaut  qui  emporte  la  nullité  d'un  ma- 
riage. 

Dl  S 

DISCALE,  s.  f.  Terme  de  Conmierce.  Dccliei 
dans  le  poids  d'une  marchandise,  produit  par 
l'évaporation  de  son  humidité.  La  discale  d'une 
botte  de  soie  qui  est  séc/iec. 

DISCERNEMENT,  s.  m.  Distinction  qu'on 
Ijit  d'une  chose  d  avec  une  antre.  On  ne  sau- 
roit  faire  de  SI  loin  le  discernetnent  des  couleurs. 

Il  se  prend  Ggiirément  pour  La  faculté  do 
bien  distinguer  les  choses,  et  d'eu  juger  saine- 
ment. Esprit  de  discernement.  Il  a  beaucoup 
de  discernement.  Juste  discernement.  Il  y  a  du 
discernement  dans  cette  critique. 

DiSCKPiNER.  V.  a.  ULstingner  une  clior»' 
d'une  autre, ou  en  juger  par  comparaison.  Dis 
cerner  le  flatteur  d'avec  lami^  le  bon  du  mnu 
i>ais,le  vrai  du  fiux^le  bien  dhivec  le  mal. 
L'obscurité  de  la  nuit  empêche  de  discerner  les 
objets.  Le  microscope  aide  à  discerna'  les  plu.^ 
petits  ubjsts. 

DiscEtiNÉ,  KE.  participe. 

DISCIPLE,  s.  m.  Qui  appiend  d'un  maître 
ijuelqut  science,  ou  quelque  art  libéral.  C'est 
mon  di:;c':ple.  Exercer,  instruire  ses  disciples. 

On  ap(.\-'lle  Disciples  de  jKsus-CBHiST,Ceux 
qui  suivent  la  Doctrine  de  Jtsus-CHRIST ,  et 
principalement  les  Apôtres. 

On  appelle  Disciples  de  Platon,  d\4ristoîe. 
Les  Philosophes  qui  suivent  leur  doctrine; 
Disciples  de  Saint  Augustin,  de  Saint  Thomas, 
Les  Théologiens  qui  suivent  la  doctrine  de 
.Saint  Augustin  ,  de  Saint  Thomas. 

DISCIPLINABLK.  ad),  des? genres.  Docile, 
ciipahle  d'être  discipliné,  aisé  à  discipliner.  Cef 
homme  n'est  pas  disciplinablc.  L'éléphant  est  de 
tous  les  animaux  le  plus  disciplinable. 

DISCIPLINE,  s.  f.  Institution,  instruction  , 
irducatioii.  i'oifcs  êtessous  la  discipline d^un  bon 
Maître.  Elevé  sous  une  bonne  discipline.  Il  y 
a  des  animau.i:  capables  de  discipline. 


DIS 

Il  se  prend  aussi  pour  Règlemenl ,  ordre, 
conduite.  La  discipline  Ecclesiastunn'  et  Reh- 
.  gieuse.  La  discipline  Militaire.  Discipline  Aca- 
démique. Rigoureuse,  exacte  discipline.  An- 
cienne discipline.  Rétahlir  la  vigueur  de  l  an- 
cienne discipline.  Vivre  dans  la  discipline. 
Cette  compaqnie  garde,  observe  scrupuleuse- 
ment su  discipline.  Ces  Religieux  se  sont  main- 
tenus dans  leur  ancienne  discipline. 

On  appelle  aussi  Discipline,  Un  fouet  de 
coidelettes  ou  de  chaînes,  dont  les  Religieux 
et  les  personnes  dévotes  se  servent  pour  se 
mortifier,  ou  pour  châtier  ceux  qui  sont  sous 
li'ur  conduite.  Ces  pénitens  avaient  leurs  dii- 
ciplines  à  la  main. 

Il  se  prend  aussi  pour  Les  coups  de  disci- 
pline. Ordonner  la  discipline.  Donner  la  dis- 
cipline. Se  donner  une  rude  discipline.  Jl  a 
mérité  la  discipline.  Prendre  la  discipline. 

DISCIPLINER.  V.  a.  Instruire,  régler,  for- 
mer. Discipliner  les  gens  de  guerre.  Discipliner 
une  Maison. 

Il  signifie  aussi,  Donner  la  discipline.  Quel 
ques  Religi-eux  se  disciplinent  deux  fois  la  se- 
maine. Il  a  été  discipliné  en  plein  Chapitre. 

DisCiPUNÉ,  KE.  participe.  Soldats  bien  dis- 
ciplinés, mal  disciplines.  L  ne  Compagnie  bien 
disciplinée. 

DISCOBOLE,  s.  m.  Athlète  qui  faisoit  pro- 
fession de  l'exercice  du  i.)isque  ou  Palet. 

DISCONTINUATION,  s.  f.  Interruption. 
cessation  pour  un  temps  de  quelque  action  ou 
de  quelque  OMvrage.  Travailler  à  qitehpie  chose 
fans  discontinuation.  Jl  ne  continua  pat  cet 
ouvrage,  et  celte  discontinuât  ion  fut  cause.... 
La  discontinuation  de  la  guerre^  du  commerce. 

DISCONTINUER,  v.  a.  Ne  poursuivre  pas 
I''  qu'on  aroit  commencé.  l'intenompre  pour 
ijnelipie  temps.  Disrondnuer  un  ouvrage,  un 
!'i/l(menï.  Discontinuer  ses  études.  Discontinuer 
de  faire,  de  jnirler,  de  travailler. 

Il  se  prend  aussi  neutralement,  cl  se  dit 
Des  choses  qui  ont  duré,  et  qui  cessent  pour 
bii  tenqis.  La  pluie  a  discontinué.  La  guerre 
u'a  pas  discontinué  pendant  vingt  ans. 

I)i>coNTiSLÉ,  ÉE.  participe. 

DISCONVlî^VANGE.  s.  f.  Manque  de  coii- 
venance,  dificr*cnce  ,  disproportion,  ii-égafité. 
Il  y  a  une  grande  disconvenance  entre  eux. 
Diuonvenancc  d\îge,  de  qualité,  d'humeur,  etc. 

DISCONVENIR,  v.  n.  Ne  pas  convenir,  ne 
pas  demeurer  d'accord  d'une  chose.  Vous  ne 
sauriez  disconvenir  qu^H  ne  vous  ait  parle,  ou 
qu'il  vous  ait  parlé.  Vous  ne  sauriez  disconve- 
nir de  m'avoir  dit...  Disconvenez^vous  du  fait? 
Peut-on  disconvenir  d'une  chose  si  évidente!' Il 
n'en  est  pas  disconvenu. 

DISCORD.  s.  m.  Diseunle.  Il  est  vieux,  et 
ne  se  souffi-c  plus  guère  qu'eu  vers. 

DISCORD.  adj.  Qui  n'est  point  d'accoid.  Vn 
clavecin  discord. 

DISCORDANCE,  s.  f.  Qualité  de  ce  cjui  est 

discordaitt.  Discordance  des  sons,  des  couleurs, 

des  parties  d'un  édifice;  et  au  figuré, /)iscor- 

^  danec  des  espritt,  des  caractères.  Que  de  ài*- 

cordance  dans  les  opinimiê  des  hommes! 


DIS 

DISCORDANT,  ANTK.  .kIj.  Qui  n'ost  point 
d'accord,  ou  qu'on  ne  peut  que  diflicilement 
accorder.  Voix  (iiscordunlt\  Instrument  dis- 
tordant. Ton  iliscordant. 

On  dit  aussi  Cgiirément,  Des  humetirs  dis- 
cordantes, pour  dire,  Des  Humeurs  iiironipa- 
tihle^. 

DISCORDE,  s.  f.  Dissension,  division  enlic 
doux  ou  plusieurs  personnes.  Vne  cruelle  dis- 
corde. Perpétuelle  discorde.  I.m  discorde  se  mit 
parmi  eux.  Semer  la  discoïde.  Nourrir j  entre- 
tenir, fomenter  la  discorde.  Ce  sont  des  dis- 
coïdes perpétuelles. 

Discorde,  est  aussi  le  nom  d'une  Divinité 
fal)ulcusc ,  qui  pn'-side  aux  dissensions.  Les 
flamhetuLx  de  la  Discorde.  La  Discorde  jeta 
au  milieu  des  Dieux  une  pomme  d'or^  qui  j  l 
entre  eux  un  sujet  de  dissension. 

On  iipptllc  figureineat,  Pomme  de  discorde. 
Ce  qui  est  un  sujet,  une  cause  de  division. 
Cette  prétention  de  préséance  sera  toujour, 
xour  eux  une  pomme  de  discorde. 

DISCOIÎDKlî.  V.  n.  Ttmie  de  Musique. 
Être  distordiuiL 

DÎ.SCOVREUR,  KCSE.  s.  Grand  parleur. 
grande  parleuse.  Il  se  prend  ordinairement  en 
mauvaise  part, et  se  dit  d'L'ne  personne  qui  dit 
des  choses  en  Tnir,  ou  qui  promet  des  c!iosi;s 
qu'elle  ne  tiendra  pas.  Ce  n'est  quun  discou- 
reur,  ce  n^est  au'une  discoureuse. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  parle  facile- 
ment et  assez  ogre'ublemèut,  mais  «ans  grande 
solidité,  tpic  C^cst  un  beau  discoureur  :  p{  q  i7' 
fait  le  beau  discoureur,  pour  dire,  qu'il  aSècle 
de  bien  parler,  ou  qu'il  se  plaît  i  parler  long- 
Icjnps. 

DISCOURIR.  V.  n.  (Il  se  conjugne  romme 
Courir.)  Parler  sur  une  matière  avec  quel'jue 
étendue.  Discourir  d'une  o/JûiVe,  sur  une  uf* 
faire.  Sucrate  passa  le  deniicr  jour  de  sa  vie  à 
discourir  de  l'immortalité  de  l'unie ,  5ur  Vint- 
mortalité  de  Vdme. 

Ou  dit,  qu't'M  fiomme  ne  fait  (^ue  discourir, 
pour  sii;uifier,  qu'il  ne  dit  que  des  choses  fri- 
*ole«  ft  inutiles. 

DISCOURS,  s.  m.  Propos,  asaenibl.ige  de 
paroles  pour  expliquer  ce  que  l'on  pfnse.  Dis- 
cours familier , éloquent  y  soutenu^  fleuri,  concis, 
velièmeiit ,  etc.  Discours  impertinent,  cxlrava- 
tjant.  Discours  à  pale  de  vue.  Long  discours. 
Il  faut  retrancher  les  discours  superflus.  Il 
tient  d'étrancjcs  discours.  J*ai  compris  pai^votrc 
discours.  Vous  faites  des  discours  en  l'air.  In- 
terrompre le  discours.  Reprendre  le  fil  du  dis- 
cours. 

On  dit,  C'est  uri  autre  discours,  pour  dire. 
n  ne  s'agit  pas  de  cela. 

On  dit  auAsi  simplement,  Discours,  pour, 
Vain  discours,  discours  frivole.  "Vous  me  pny- 
vKttez  monts  et  mai^ilUs  :  discours,  ce  n'est 
ijue  dùruurs. 

Il  se  pn-nd  pour  Une  pièce,  pour  une  com- 
position que  Ton  fait  sur  quelque  sujet,  soit  en 
prose,  soit  en  vers.  //  a  fait  un  beau  discours 
fur  cel(e  matière.  Lu  discours  r  élevé,  prcnû  dite. 
Discourt  en  vas. 


DfS 

DISCOURTOIS,  OliE.  subst.  Qui  n'est  pas 
courtois.  Il  ne  s'emploie  guère  qur  d;ms  cette 
|)Iiiiise  :  niscuurloîs  Citevulier.  l!  est  vieux. 

l)ISC;C-.,'KTOISIE.  s.  f.  Mau.jue  de  cour- 
loisir.  Il  vieillit. 

OI.SCIUIDIT.  s.  111.  l-'iniiiiutloi .  perte  de 
cr.'dit.  Les  hilhli  d'un  tel  tombent  dans  le  dis- 
crédit.  Ses  lettres  de  change  sont  iluiis  le  dis- 
crédit. 

l)ISCRi;Drri;,  l';r;  adj.  Q«i  es:  loinh:-  en 
discrédit.  Piiyier  discrédite,  .actions  de  liimijur 
disci  éditées. 

DISCRET,  l'-TIi!.  ndj.  Avisé,  prudent,  judi 
cicux,  retenu  dans  ses  paroles  et  dans  ses  ac- 
tions, qui  sait  se  taire  et  ne  parler  cju'6  propos. 
Il  est  sxlrcmemeiit  discret.  Il  ne  se  dit  guère 
que  Des  personnes,  et  rarement  des  choses,  si 
ce  n'est  dans  cette  plirase,  Il  en  a  usé  d'une 
manière  tout-ù-fait  discrèlc. 

On  dit  aussi,  qnUn  homn:i.  e.st  discret., 
pour  dire,  (]u'Il  est  fidèle,  et  'pi'il  sait  garder 
le  secret. 

DisciiET.  Titre  d'Iionneur  pour  les  Prêtres 
et  pour  les  Docteurs.  Vénérable  et  discrète  ver. 
t^onne. 

Dans  quelques  Maisons  Religieuses,  on  ap- 
pelle Pères  discrets,  Mères  discrètes,  Les  Keli- 
i^ieiix  ou  Religieuses  qui  entrent  dans  le  conseil 
du  .Snpe'rieur  oti  de  la  Supérieure.  //  y  avoit 
tant  de  Pércs  discrets,  tant  de  Mères  discrètes 

On  appelle  en  termes  de  Mallicniatique, 
Quantité  discrète.  Celle  qui  est  opposée  h  h 
Continue,  et  qui  est  composée  de  plusieurs 
parties  séparées  les  unes  de»  autres,  comme  le) 
nombres. 

On  appelle  Pe li'(e  vérole  discrète,  Celle  dont 
les  boulons  ne  se  touchent  point. 

DISCRÈTEMENT,  adv.  Dune  manière  dis- 
Crète,  sagement.  En  user  discrètement.  Parler 
discrètement. 

DISCRÉTION,  s.  f.  Judicieuse  retenue,  cir- 
conspection dans  les  actions  et  dans  les  paroles. 
//()ir,  pnrltT  avec  discrétion.  Il  a  beaucouji  de 
discrétion.  Il  n'a  point  de  discrétion.  Son  zèle 
est  sans  prudence  et  »ons  discrétion. 

On  dit,  que  Les  solda' s  vivent  à  discrétion. 
pour  dire,  qu'ils  viveut  chez  leure  Ilotes  sans 
dixiplinc  ,  et  sans  autre  règle  que  leur  vo- 
lonté. 

On  dit  aussi,  5e  rendre  à  discrétion.  Lors- 
qu'on se  soumet  .1  la  volonté  et  qu'on  se  ren(* 
à  la  mcici  du  Vaiu<|ucur. 

On  dit  aussi,  5e  niettie  à  la  disaétion  de 
ijuetiju'un,  pour  dire.  qu'On  se  livre  entière- 
'ucnl  ï  la  volonté  de  quelqu'un. 

On  dit  aussi,  qu'On  se  remet  à  la  disa-élion 
de  (jneli/ii'uti,  pour  dire,  qu'On  se  rapporte  au 
jugement  de  qucKju'un  pour  une  afTaire,  d.nns 
la  f.onfiance  qu'on  a  en  sa  sagesse. 

On  app  ile  6 ne  discrelion ,  Ce  qu'on  gi.'e 
ou  ce  qu'on  joue,  sans  le  maïquer  précisémeni, 
et  qu'on  laisse  .1  la  volonté  de  celui  qui  perJi:; 
Giigncr,  perdie  une  discrétion. 

DLSCRIi'roiRE.  ».  jn.  Lieu  oii  se  tiennent 
les  assemblées  des  Supérieurs  du  certaines  Com- 
munautés. 


DIS  4,^. 

DISCULPATION.  8.  f.  Action  de  disculper. 
>ou  de  se  disculper. 

DISCUUER.  V.  «et  Ju.-.dfier  d'une  fanUf 
imputée.  Ses  amis  l'ont  disculpé  de  ce  qu'on  lai 
imputoit.  Cette  dernière  action  la  pleinement 
disculpé  dtins  le  public. 

11  se  met  plus  souvent  avec  les  pronoms  per. 
sonnels.  //  s'en  est  disculpé.  Je  veux  me  discNl- 
per  eni'ers  lui. 

DisCLTPÉ,  ES.  participe. 

DISCURSIF,  IVE.  Terme  de  Logique.  Qui 
tire  une  proposition  d'une  autre  par  le  raison- 
iicnicr.t.  L'homme  a  la  faculté  discur.^ive. 

Dl.SCUSSIF,  IVE.  adj.  Terme  de  Médccise. 
Il  se  dit  Des  remèdes  qui  résolvent,  qui  dissi- 
pent les  liumeurs. 

DISCUSSION,  s.  fém.  Examen  ,  rccliciclie 
exacte.  Une  ajjiiire  de  discussion,  de  longue 
discussion. 

On  dit  aussi,  Faire  une  discussion  de  biens, 
pour  dire.  Une  recherche  et  vente  en  Jus- 
lice  des  biens  d'uu  débiteur.  Après  discussion 
faite.  Et,  Sans  division  ni  discussion.  Clause 
qu'on  a  coutume  de  mettre  dans  quelques  co.i- 
trats. 

Discossio.f,  se  prend  aussi  pour  Dispute, 
contestation.  Ils  ont  eu  une  grande  discussion 
ensemble.  Il  a  eu  une  discussion  au  jeu. 

DI.SCUTER.  V.  a.  Examiner  une  question, 
une  aflàire  avec  soin,  avec  exactitude,  et  en 
bien  considérer  le  pour  et  le  contre.  Discuter 
un  j,oint  de  Droit.  Il  a  bien  discuté  la  vérité  de 
ce  fiit.  Discuter  une  aifnire.  Votre  affaire  a  cd- 
lien  discutée. 

On  dît  aussi ,  Discuter  les  biens  d'un  rfébi- 
teur,  pour  dire,  Les  recherclicr  et  les  faire  ven- 
dre en  Justice. 

On  dit  aussi,  Discuta'  un  homme,  pour 
dire,  Discuter  les  biens  d'un  homme.  Il  fuit 
discuter  le  principal  obligé  avant  que  d'alùt- 
quer  la  caution. 

DISERT,  ERTE.  adj.  Celui,  celle  qui  paile 
aisément,  et  avec  quelque  élégance.  Il  est  pUi- 
lél  disert  qu'il  n'est  éloquent.  Il  est  fort  lîiscil. 

DISERTEIMENT.  adv.  Dune  luanièrc  di- 
serte. //  a  parlé  disa-lement. 

DISETTE,  subst.  f.  Nécessité,  manque  de 
queique  chose  nécessaire.  Disette  de  vivres. 
Grande  disette.  Disette  de  toutes  choses.  Dans 
une  telle  Langue,  il  y  a  une  grande  disette  de 
mots. 

DISETI'EUX,  EUSE.  adj.  Qui  manque  des 
choses  nécessaires.  Il  est  vieux. 

DISEUR,  EUSE.  s.  Celui,  celle  qui  dit.  Il 
ne  se  dit  guère  que  dans  ces  phrases  :  Diseur 
de  bons  mots.  Diseur  de  nouvelles.  Diseur  de 
riens.  Disetw  de  bonne  aventure.  Diseur  de  sor- 
neltef.  Diseuse  de  banalellcs. 

On  dit  ramilièreincnl ,  in  beau  di^eiu  ,  en 
parlant  d'Un  homme  qui  afTecle  de  bien  pailci. 
On  dit  proverbialement ,  L'entente  est  au 
diseur,  pour  dire,  que  Celui  qui  parle  ciiti'nd 
bien  ce  qu'il  veut  dire,  cl  qu'il  y  a  queiqi;;* 
chose  de  cache  que  lui  seul  entend. 

DISCR.ÏCE.  s.  f.  Perle,  privation  des  bonnet 
grâces  d'une  iH-rsoiiuc  puiseaute.  On   u£  sait 


432  DIS 

W'oM  rient  sa  disgrâce ^  la  cause,  U  'uitt  âe  sa 
tUsqrdce.  Tomba'  en  âisgrâce.  Encouru  la  lUs- 
gruce  du  Prince.  Durant  sa  disfjriice. 

Il  signiûi:  aussi,  Infortune,  niallieiir.  Il  lui 
r.<t  an'wé  une  dis(jrûce.Voilù  une  clrunfje,  une 
cruelle  disartice. 

DLSGttÂCE,  sigTiifie  Mauvaise  f^rice  dans  le 
niaintien,  la  démarclu-,  la  manière  de  parler. 
Cette  femme  est  jolie,  viais  elle  a  de  lu  dis- 
ejriice  dans  la  taille.  Celte  Actrice  est  pleine  </. 
disgrâces. 

On  le  dit  aussi  fiqurcn..  dans  le  même  sens. 
Cet  homme  vict  de  la  disgrâce  dans  le  bien 
même  (ju^il  fait. 

DISGUACIEU.  V.  act.  Cesser  de  favoriser 
quelqu'un,  le  priver  de  ses  bonnes  j^rices.  Le 
Hoi  Vil  disgracie.  Son  imprudence  le  fit  dis- 
fjracier. 

Disgracié,  tt.  participe. 
Un  dit,  qu'^u  homme  est  disgracié  de  la 
nature j  ou  simplement,  Disqracte,  pour  dire, 
yu'll  a  quelque  cbose  de  défigure,  d<'diflornie  en 
sa  pcrsonue.  //  est  fort  disgracie  de  la  iiuture. 
On  nesawoitvoir  une  per.sunnc  plus  disgraciée. 
DisGRAClK ,  s'emploie  aussi  suLslanlivcmeuL 
Les  disgraciés  occupent  souvent  les  autres  du 
lécit  de  leurs  disijràces. 

DIStillAGlLÙSLlMENT.  adverb.  D'une  ma- 
iiicre  disgracieuse. 

DISGUAClIiUX,  EUSK,  adj.  Qui  est  dés- 
a;;réable.  Un  Jiomme  disgradeiLt.  Une  aventure 
disgracieuse.  Cela  est  bien  disgracieux. 

OlSGKLGAnON.  s.  f.  Terme  de  Pliiloso- 
r.liîe  sco!asti'-jue.  Le  blanc  cause  îa  àisiiréga- 
tion  de  la  vue,  c'esl-à  i.lire,La  blesse  ei  l'égaré, 
à  cause  des  rayons  tjiii  la  frappent  de  tous  les 
côtes 

DISJOINDRE.  V.  a.  Séparer  des  choses  qui 
étoieut  jointes.  Il  ne  se  dit  point  Des  choses 
matérielles. £)i5Joifif?rc  nnc  nisfnnce  en  Justice. 
Disjoint,  ointi:.  participe. 
lîn  Musique,  on  appelle  Degré  disjoint,  Ln 
niàtclie  d'une  noie  à  une  autre,  qui  nu  la  suit 
pas^imOQ^iatemcnt  dans  la  ganune. 

•niSJOiXCTII',  IVK.  adj.  Terme  de  Gram- 
maire. Conjonction  disjonctive.  Particule  dis- 
jonctive.  Conjonction  ,  particule  qui .  eu  joi- 
gnant les  incml^es  d'un  discours,  sépare  les 
choses  qu'on  dit,  et  n'en  affirme  qu'une  inde 
tcimincuïcnt.  Ou,  soit,  ni,  sont  des  particule 
disjonclives. 

On  dit  quelquefois  substantivement,  L^ie 
*Iis|onc(i*i'c ,  pour,  Une  particule  disjonctivc. 

DISJONCTIOrî.  s.  r.  séparation.  Disjonc- 
tion de  deux  instances. 

DISLOCATION,  s.  f.  Déboîtement  dun  oh. 
Oq  dit,  en  termes  de  Guerre,  La  dislocation 
d'une  armée,  jwnr  dire,  I.n  séparation  des  dif- 
f(-i ens  corps  d'une  armée,  lorsqu'on  les  distri- 
bu»'  dans  dinerens  cnntonneniens  ou  garnisons. 
DISLOQU'.K.  V.  a.  Démettre,  duboiler.  H 
K  dit  Des  os  qu'on  fait  sortir  de  leur  place. 
Disloquer  les  os. 

*)u  dit  Tussi,  Disloqua-  le  bnis,  disloquer  U 
pouce,  pour  dire,  Disloquer  les  os  du  bras,  Ics^  ^ 
o«  tiu  ^>oui:e. 


DIS 

On  dit  figuvément  et  ^millèrément ,  Cela 
lui  a  disiocjué  la  cervelle,  pdur  dire,  Cela  lui  a  i 
mis  l'isprit  hors  de  sou  assiette. 

I)iSLU(,iiÉ,  Ée.  participe. 

DISPARATE,  s.  f.  Mot  emprunté  de  l'Espa 
^iiol.  Ecart,  inégalité,  nujaquo  de  rapport  ou 
de  suite  dans  la  conduite  ou  dans  les  discours. 
Quelle  disparatt!  hiranqe  disparate.  Il  n'y  a 
point  de  disparates  :;ans  îne'(jii/ites,  mais  il  peut 
y  avoir  des  inégalités  sans  disparates. 

Il  est  aussi  adjectif.  i'oi7ù  de*  choses  bien 
diiiparates,  pour  dire,  Des  choses  qui  ne  vont 
point  ensemble,  qui  n'ont  ancua  rapport. 

DISPARITÉ,  s   f.  Inégalité,  différence  qui 
se  rencontre  entre  des  choses  qui  se  peuvent 
comparer,  il  y  n  bien  de  la  disparité,  trop  de 
de  disparité.  La  disparité  est  graMde  entre  a 
choses,  sntre  ces  personnes. 

IîlSPAJUTIO]S.  s.  f  Action  de  disparoilrc. 
5(1  disparition  subite  alarma  sa  fa^i'.Me.  La  dis- 
parition d  une  comète. 

IMSPAROITRE.  v.  neut.  Cesser  de  paroitre. 
L\înge  disparut  après  lui  avoir  parlé.  Le  fan- 
tôme a  disparu  à  nos  yeux.  Cette  comète^  ce 
météiirc  a  disparu.  Le  jour  commence  à  dUspu- 
roitrc.  Il  a  disparu  de  la  Cour. 

DiSPAiioixnEjsigniGe  aussi,  Se  retirer  promp- 
lement,  se  cacher.  On  le  pressait  de  payer  ^  il 
disparut.  Vn  tel  a  fait  banqueroute,  et-* a  dis- 
paru. À  Vappro-che  de  nos  troupes,  les  ennemis 
dispca-urent. 

Il  se  dit  fij;uicm.  dUne  chose  qu'on  avoit, 
et  *iui  toul  d'un  coup  ne  se  tiouvc  plub../'iit'ois 
des  (jantSy  Us  ont  disparu  Quia  pris  Vargeni 
cjui  étcit  sur  cette  table  ^  Je  n'ai  fait  que  tour- 
ner la  icte,  ilcst  disparu,  il  a  disparu. 

Disi'AiiC,  i;i:.  participe. 

DISPENDIEUX,  EUSE.  adj.  Ce  qui  ne  se 
fait  qu'avec  beaucoup  de  dépense.  t7;ie  entre- 
prise dispendieuse. 

DISPENSAIRE,  s.  m.  Terme  de  Médecine. 
Nom  qu'on  donne  aux  livres  qui  traitent  de  la 
[nanicrc  de  préparer  les  remèdes. 

DISPENSATEUR,  TRICE.  s.  Qui  distri- 
bue. Sage,  juste  dispensufcur  des  bienfaits  du 
Prince.  Bonne  dispensait  ic£. 

DISPENSAI'IOK.  8.  f.  Distiibution.  Sage 
dispensalion.  Juste  dispensation.  Dispensalion 
des  fp'dces. 

DISPI:NSE.  s.  f.  Exemption  de  la  riglc  or- 
dinaire. Dispense  de  la  Loi,  de  la  Coutume. 
Dispense  (f'«nc.  Dispense  de  bans.  Dispense  de 
résider.  Demander ,  accorder  dispense^  une  dis- 
pense, des  dispenses.  Obtenir  dispense  en  Cour 
de  Uome.Ii  a  eu  sa  dispense  de  Rome.  Dispense 
du  Pape. 

Ou  dit  :  Dispense  de  manger  de  la  viande; 
dispense  d'épouser  une  parente ,  etc.  pour  dire  , 
Permission  de  manger  de  la  viande,  d'épouser 
sa  parente,  etc. 

DISPENSER.  V.  a.  Exempter  de  la  régie  or 
dinaire,  faire  une  exception  en  faveur  de  quel 
qu'un.  Diupensci-  d'aller  à  la  guerre.  Dispenser 
quelqu\in  de  faire  sa  charge.  Dispenser  de 
.a   loi  commune  f   de   la  règle.  Dispenser  du 


DIS 

On  dit. pour s*cxcuser  poliment  de  îaire  ano 
cliose,  Dispensez-moi  de  faire  cela. 

Dispenser  ,  avec  le  pronom  personne! ,  se 
dit  Des  permissions  qu'on  se  donne  soi-même. 
5e  dispenser  de  ses  devoirs,  ^e  dispenser  d'aller 
a,  etc.  Se  dispenser  de  faire  une  chose. 

DiSPESSEn,  signifie  aussi,  Départir,  distri- 
buer. Dispenser  les  grâces  du  Prince.  Dîspen' 
.'■er  les  trésors  du  Ciel.  Les  Ecclésiastiques  sont 
obligés  en  conscience  de  bien  dispenser  les  re- 
venus de  leurs  Bénéfices. 

DiSPEssil,  ÉE.  participe. 

DISPERSER.  V.  a.  Répandre,  jeter  ci  et  U. 
Disperser  de  Vargent,  des  présens,  etc. 

Il  se  dit  aussi  Des  personnes,  et  sîgniEe, 
Les  séparer, en  les  mettant, en  les  envoyant  eu 
divers  lieux.  Disperser  de*  troupes,  des  soldats. 

Il  signitie  aussi,  Mettre  en  désordre,  dissi- 
per. Disperser  un  troupeau.  Les  Juifs  furent 
dispersés  après  la  destruction  du  Temple. 

DisptnsL,  ÉE.  participe. 

DISPERSION,  ê.  f.  Action  de  disperser,  ou 
par  l;iqueUe  on  est  dispei-sé.  La  dispersion  est 
une  des  peines  dont  Dieu  menaça  et  punit  les 
Juifs.  La  dispersion  des  Juifs  a  été  prédite  par 
les  Prophètes  et  par  Notre- Seigneur  dans  l'E- 
vangile. 

DISPONDÈE.  s.  m.  En  Poésie  Grecque  et 
Latine,   Double  spondée.  Voyez  Spondée. 

DISPONIBLE,  ad),  des  2  genres.  Il  se  dît 
Des  biens  dont  on  peut  disposer.  Vn  rtvenu 
disponible.  Une  somme  disponible. 

DISPOS,  adi.  m.  Lé-er ,  a-ile.  Il  ne  se  di 
proprement  que  Des  hommes.  On  ne  peut  pms 
être  plus  dispos  à  son  iîge.  Gaillard  et  dispoi 

DISPOSER,  v.  a.  Arranger,  mettre  les  chose» 
dans  un  certain  ordre.  Disposer  mal.  Mal  diV 
poser.  L^Architecte  a  bien  disposé  les  appaitù' 
mejis  de  celte  maison.  Dieu  a  disposé  dans  un 
ordre  merveilleux  toutes  les  parties  de  l'Uni- 
vers, îl  a  bien  disposé  les  parties  de  son  dis- 
cours. Il  avoit  bien  disposé  ses  tJ'oupes.,  son  ar- 
tillerie. 

Disposer  ,  si^ifie  aussi ,  Préparer  h.  quelque 
chose,  engager  quelqu'un  îi  faire  ce  qu'on  sou- 
Jiaite  de  lui.  Je  l'ai  disposé  à  vous  demander 
pardon.  Disposer  un  malade  à  recevoir  ses  Sa- 
crcmens.  La  grJce  dispose  les  cœurs.  Disposer 
un  homme  ù  la  mort.  Se  di.sposer  à  la  mort.  St 
disposer  à  un  voyage.  Il  est  disposé  à  faire  tout 
ce  qu'il  vous  plana.  Je  les  ai  laissés  qui  se  dit- 
posoient  à  vous  venir  voir.  Disposer  favorabl»' 
ment  les  esprits. 

On  dit  aussi.  Disposer  quclqu^tn  pour  U 
bain,pourla  purgation ,  pour  prendre  les  caax, 
poiu  dire,  Le  préparer  h  se  baigner ,  ^  se  pur- 
ger, â  prendic  les  eaux. 

DisposEn,  se  dit  aussi  Des  choses  que  l'on 
piépare  pour  queltjue  occasion.  On  a  dispoae 
ce  licu-là  peur  le  Bal,  pour  la  Comédie.  On  a 
di:^pusé  toutes  choses.  On  a  tout  dispose.  On  a 
disposé  les  appartcmens  de  ce  Chdteau  pour  y 
recevoir  le  Prince.  Disposer  les  ajjîiircs. 

Dispose»,  est  aussi  neutre  ;  et  eu  ce  cas  'd 
signifie,  l'aire  de  quelque  chose  ou  de  quei- 
qu'uu  ce  ^ue  l'on  veat.  Disposer  de   son   fcie* 


DîS 

par  testament.  Disposer  de  ses  enfans.  Je  ne 
•iispose  pas  Je  moi  comme  je  voudrais.  Vous 
croyez  iju'on  dispose  de  lui  comme  on  veut,  et 
voitsvous  trompez.  îldispose  de  tout  dans  cette 
maison.  Vous  en  pouvez  absolument  disposer. 
Je  ne  puis  disposer  <jue  de  reijiii  m\ippartient. 
On  dit ,  que  Dieu  a  disposé  d^une  personne, 
pnur  dire,  *]uc  Cette  personne  est  niortt'.  //  a 
été  quinze  jours  malade,  et  Pieu  en  a  disposé. 
On  dit  proTerbiaIcment ,  L'homme  propose 
ft  Dieu  dispose,  pour  dire,  que  >"os  desseins, 
noj  projets  tournent  souvent  tout  autrement  que 
nous  n'avions  pense;  et  pour  dire  .inssi,qnc 
Les  hommes  forment  des  desseins,  mais  que  te 
succ<s,  l'dvënc^ntnt  dépend  de  Dieu. 

Dispose»,  sii^nifie  encore.  Aliéner  ,  soit  p.ir 
Tente,  soit  par  donation,  ou  autren:enl.  //  a 
disposé  de  celte  Teire,  de  sa  maison,  de  tout 
ton  bien.  Les  mineurs  ne  peuvent  dispeser  d: 
leur  bien. 

Disposé,  ke.  participe. 
On  dit,  Vn  homme  bien   disjx-séj  mal  d'y- 
posé  pour   nnefau'un ,  pour  dire,  Un   liommn 
bien  intentionné,  malinicnlionné. 

DlSPOSnil" ,  IVE.  adj.  Préparatoire  ,  qui 
dispose  à  quelque  cliose.  Kcnié(/e  dispositif.  Il 
n'est  ^uère  d'us.Tge  qu'en  cette  plirase. 

11  est  aussi  substantif, ptsi;^nil&e  Le  Prononce 
d'une  Sentence ,  d'une  D(?cIaralion ,  d'un  I^dit . 
d'uo  Arrêt  rédigé  par  écrit.  Le  dispositif  de  li 
Sentence,  de  l'Arrêt,  de  l'Edit  ,  porte....  O: 
terme  sert  à  distinguer  le  Prononcé  du  Vu  d'en 
Arrêt ,  du  préaml>ulc d'une  Déclaration  ou  d'un 

DISPOr-ITlOW.  5.  f.  Arrangement ,  siniau'on. 
La  disposition  desparties  du  corps,  des  orqanes. 
La  disposition  de  ces  lieux-là  ctoit  telle.  La 
disposition  d'un  jardin,  d*un  tableau,  dune 
ai'chiteclure  de  biitiment.  La  disposition  dei 
troupes.  La  disposition  de  la  bataille.  La  dispo- 
sition de  son  dt'scoiirj.  La  disposition  des  scéne:i 
est  heureuse  danscette  Tragédie. La  disposition 
d'un  Poème. 

On  dit.  Ce  Général  ai'oil  fait  une  belle  (îi<- 
j  osition.  pour  dire,  qu'il  avoit  habilement  dis* 
|»osé  son  ai  mec  pnur  combattre. 

On  appille  en  ltbétoriqucnispo.si"(ion,  L'ar- 
rangement des  parties  dont  un  disours  esi 
compose.  La  Rhétorique  a  trois  parties,  Vin- 
vention,  la  disposition  et  Véloculion. 

Il  signifie  aussi  L'action  par  laquelle  on  dis- 
pose de  quelque  cîiose,  cl  l'efl'rt  qui  en  résulte. 
Par  la  disposition  de  son  bien,  par  la  disposi- 
tion qu'il  jît  de  son  bien.  Il  a  fait  une  saqe 
disposition. Selon  la  disposition  qu'il  en  a  faitt 
tn  mowant.  Il  a  laissé  la  disposition  de  ses  af. 
foires  <!  un  (ci. 5uifnn(  lu</i.<posi(iori  de  la  Loi. 
Disposition  testamentaire. 

Il  signifie  encore  Jjc  pouvoir,  l'autorité  de 
d'isposcr  d'une  clio  c.  Il  n'csl  pas  en  ma  disytt- 

sition  de  loin  icn^ier Celii  cil  en  ma  di.^- 

poiid'on  entière,  en  ma  diijwi'fion  absolue.  Cela 
n'est  pat  en  ma  disposition.  Je  vous  offre  (uni 
«  ijiii  est  en  ma  disposition.  Cet  .-Ibhé  a  la  dis- 
posit'mn  de  plusieurs  he,m.r  Binéficei.  Tout  est 
m  In  disposition  de  Dieu. 
Tome  l. 


OIS 

On  dît,  .\  la  disposition  y  pour  dîrc,  Dans 
la  dépendance»  avec  pouvoir  d'en  disposer.  I\ 
est  eittièrcmetit  à  la  disposition  d'un  tel.  Ct/ii 
est  à  ma  disposition.  Il  a  des  qens  à  sa  dispo 
^ition.  Tout  est  à  votre  disposition.  Mettre  une 
somme  d'argent  à  la  disposition  de  quelqu'un. 

Disposmos  ,  signifie  encore  Incliiintion  , 
^énie ,  aptitude.  C*cst  un  enfant  qui  a  beau- 
coup de  disposition  au  bien.  Il  a  de  grandes 
dispositions  à  Vctudc,à  la  danse^pour  la  danse, 
à  la  musique,  pour  la  musi'jue.  P^^aturellemcnt 
on  n'a  que  trop  de  disposition  au  mal.  Oa  dit 
lussi  absolument,  Cclen/ànt  u  des  dispositions, 
beaucoup  de  dispositions  ^  ipniit  dire ,  <i\x'î[  an- 
nonce des  talcns. 

Il  se  dît  encore  Des  sonrîmrns  rii  l'on  est  i 
i'.'^ird  de  quelqu'un.  C'est  un  h'>mn>e  nui  a  de 
très-bonnes  dispositions  pour  voif^.  Je  lai  laissé 
dans  une  dispo^'AÎ^n  très -favorable  pour  ce  qitt 
vous  renarde. 

U  se  dit  aussi  De  l'état  où  l'on  est  h  IV-gtid 
ii(,'  fju-'Kjue  cliose,  du  desiiin,  de  la  irsolulion 
'{ue  l'on  a  de  faire  quelque  cliose.  Je  i'ai  laisse 
dans  la  disposition  de  sortir.  Il  étoit  en  dispo- 
sition de  vous  venir  voir.  Il  se  mettoit  en  dis- 
position de  travailler. 

Il  se  dit  De  ce  qui  dénote  quelque  pirpara- 
lion  ,  quelque  aclieminement  à  quelque  chose 
lie  proclinin.  Voilà  un  pouls  qui  marque  de  la 
disposition  à  la  fièvre.  Ces  jluxions-lâ  sont  des 
t  ispositions  à  la  goutte.  Il  paraît  dans  l'air  de 
'.1  disposition  à  li  plaie. 

On  dit  en  termes  de  MiiloinplnV  scoUsti- 
qne.  Disposition  prochaine  pour  dire.  L'étal 
prochain  ou  est  une  chose  poux  recevoir  une 
nouvelle  qualité,  une  nouvelle  forme.  On  dit 
dans  un  sens  contraire,  Disposition  éloignée. 

On  dit,  î\tre  en  bonne  disposition  ^  pour 
dire,  Se  porter  hien;  et  Eti'e  en  mauvaise  dis- 
position .  pour  dire,  se  porter  mal. 

DISPROPORTION,  s.  f.  Inégalité,  discon- 
venancc  ,  manque  de  proportion  entre  difië- 
rcntes  choses  ou  entre  ics  parties  d'une  niên?c 
chose.  Il  y  a  une  grande  dispro^  vrtion  entre 
ces  deux  clioses-là.  Quelle  di^^proportivn  y 
trouvez  ~  vous  ?  Il  y  a  entre  eux  une  grande 
disproportion  d'iige,  de  qualité  ,  de  rang  ,  de 
m'rite. 

DISPROPORTION^!:,  tE.  adj.  Qui  man- 
que de  proportion ,  qui  o'a  pas  de  convenance. 
Leurs  âges  sont  fort  disproportionnés,  Vn 
mariage  disproportionné.  Ces  paitages-la  sont 
bie'^  disrt'ojjortionncs. 

l)I.SpUT.\i;rE.  adj.  des  2  genres.  Çui  peut 
fttre  disputé.  Ceïfe  question  est  disputable.  Cela 
n'est  pus  disputable. 

DISPCTiî.  s.  f.  Débat, contestation. Crrtndu 
diyute.  Ils  sont  toujours  en  dispute.  Avoir  dis 
pute  e/iîcmWe.  Avoir  dispute  contre  quelqu'un. 
Opiniâtre  dans  la  dupuîe.  La  chaleur  de  la 
dispute. 

Il  se  dit  aussi  Des  actions  publiques  qui  se 
font  d.ins  \rs  (ToIcs  pour  agiter  des  quf.stions. 
Disputes  publiques.  Ouvra'  la  dispute.  Aaistcr 
aux  disputes. 

DISPCi  ta.  V.  0.  Être  to  délai,  aroir  coo-  ^ 


DIS  4;53 

Icslatidn.  Disputer  contre  quelqu'un.  Disputer 
criteniMi;.  fis-  tjispuient  perpétueUcmeiiL 
On  le  dit  alisoluuicnl.  /(  aime  li  disputer. 
On  se  .sent  aus^i  de  ce  mot  pour  dire,  que 
IK's  cliosea  ou  des  personnes  paraissent  a\oir 
des  qualités  si  égales,  que  l'on  ne  sait  laq-Hia 
l'emporte.  Ces  deux  femmes  disputent  de  beau- 
té., desprit,  de  laideur.  Ces  deux  Maisons  dis- 
putent de  Noblesse.  A'éron  et  Domitien  dispw- 
tent  de  cruauté. 

On  dit,  Le  disputer  à  quelqu'un  en  valeur. 
m  éi-udition  ,  en  richesses  ,  etc.  pour  dire  , 
I-'égaler. 

On  dit  proverbialem..  Disputer  sur  la  pointe 
d'une  aitjuille,  pour  dire.  Disputer  pour  di;s 
clioscs  de  rien,  disputer  pour  des  cliosea  Ic- 
tères. Disputer  de  la  chape  à  l'Evcquc. 

DispuT£ii,  signifie  aussi.  Agiter  des  qucs- 
lions  de  part  et  d  antre.  Disputer  sur  une  telle 
proposition.  Ce  Bachelier  a  disputé  en  Sor- 
l'ontie. 

Dispurnn,  est  aussi  verbe  actif.  Contester 
poiu  emporter  ou  pour  conserver  quelque 
.•bose.  Disputer  un  prix,  une  Chaire  de  Pro- 
fesseur. Disputer  un  rang,  une  qualité.  Il  lui 
dis:pule  le  pas,  la  préséance.  Disputer  l'Empire. 
Oispulcr  ia  vie,  son  bien,  son  honneur.  DiS' 
\niter  le  terrain.  Disputer  la  victoire.  Disputa 
un  poste. 

rigurément  Disputer  le  tarain ,  signifie  ,  Se 
défendre  pied  à  pied,  et  aussi  bien  qu'il  ie  piui 
dans  quelque  contestation  que  ce  soiL  Ce  «''.- 
canenr  a  hien  disputé  le  te  rain. 
Disputé,  *e.  participe. 
DI.SPUTEUR.  s.  m.  Qui  aune  ù  dispuser,  > 
tontredire.  Grand  disputew.  Ardent  disputeur. 
Uisputeur  opiniâtre. 

UISQCE.  subst.  m.  Soitc  de  palet  que  les 
.Vnciens  dans  leurs  jeux  et  dans  leurs  eierciccs 
jctoient  aji  loin ,  pour  faire  paroilre  leur  force 
et  leur  adresse. 

Ce  terme  est  aussi  en  usage  en  parlant  Dis 
.Astres,  parce  qu'à  nos  yeux  ils  paroissent  ronds 
et  plats  comme  un  disque.  Le  disque  du  Soleil. 
Le  d'isque  de  la  Lune. 

DisyiE,  en  tel  mes  de  Botanique,  se  dit  De  la 
p'trlie  des  fleurs  radiées  qui  en  ott:upe  le  centre. 
DISQUISITIOX.  i.  f.  Kiainen  ,  recLercbe 
exacte  de  quelque  vérité  dans  les  sciences.  Oa 
ne  s'en  sert  que  dans  le  didactique.  Se  livrer  a 
des  d'isquisi'.ioiis  pi  iloiophiques ,  m.tthémati- 
ques.  .'ailleurs  on  dit  Rechercr.e. 

DISSECTION,  subst.  f.  Action  de  celui  qui 
dissèque  un  corps,  ou  l'état  d'un  corps  diftcé- 
rpié.  Faire  une  dissection.  Assister  à  une  dissec- 
tion. Dissection  anatomique. 

DI.SSEMBI.ARI.E.  odjoct.  des  a  gcnr«.i.  Qui 
u'ct  point  semblable,  qui  est  différent.  Ces 
deux  frères  sont  bien  dissemblables.  Ces  deux 
caractères  sont  fort  dissemblables.  Qu  il  est  dis- 
semblable à  lui-même^  Les  hommes  sont  sou- 
vent hien  dis-'cmblables  d'ei^T-mimes.  Il  c-t 
hien  diisemblable  de  ce  qu'il  efoil. 

I)LSSEMBI..\..NCE.  s.  f.  .Manque  de  resscm- 
blanre.  Il  y  a  une  arandc  dissemblance  entre 
ces  deiLx  frètes,  quoique  jumeujx. 


m 


DIS 


DISSÉMINER.  V.  actif.  Répandre  ç.\  et  là. 
h'Autexir  àe  la  itufure  a  tUssèmint  hi  lumière 
dans  Vespacc,  le  feu  dans  les  corps.  Il  se  prend 
plus  comimvnémeiil  au  moral.  Disséminer  les 
erreurs  par  des  écrits. 

Disséminé,  ée.  participe. 

DISSENSION,  subst.  f.  Discorde,  querelle 
causée  par  l'opposition,  par  I-i  diversité  des 
sentimens  ou  des  intérêis.  Cela  causa  de  (jj-ande& 
tUssensious  dans  VEtat,  Vi\re  en  dissension, 
.'ipai^er  Us  dissensions.  Disscnsioti  dotnesliijue. 
Dissensions  ciVi/w. 

DISSÉQUER.  V.  actif.  Terme  dr  Cliinirgir. 
Ouvrir  le  corps  d'un  animal  pour  en  fjirc 
l'anatomie. 

On  ledit  aussi  par  extension,  eu  p;irbnl  Des 
smipies  et  'des  fruits.  71  a  disséqué  une  telle 
plante. 

DissÉQt'É,  ÉE.  participe. 

DISSÉQUEUR.  s.  m.  Celui  qui  disscquc.  Il 
ne  se  dit  j^ère  qu'avec  un  adjectif.  Ln  hon, 
un  hahile  Dîssêquetir.  Dissénueiir  très-adroil. 

DISSERT ATEUR.  s.  m.  Celui  qui  disserte. 
Il  ne  se  prend  guère  qu'en  m.iuvaise  part.  C'est 
un  ennuyeux  disscrtateur. 

DISSERTATION,  subst.  f.  Discours  où  l'ou 
examine  soigneusement  quelque  matière,  quel- 
que question,  quelque  ouvrage  d'esprit,  etc. 
Sai'ante,  exacte^  judicieuse  dissertation.  Faii^ 
une  dissertation  sur  (juelque  point  d'IUitoire, 
sur  quelque  point  d'érudition. 

DISSERTER,  v.  n.  Faire  une  dissertation 
Jl  a  savamment  disserté  sur  un  tel  point  d\ 
Chronolonie. 

DISSIDENT,  s.  m.  bC  dit  Des  scolaires  qui 
ne  sont  pns  de  la  religion  dominante.  Les  Dis- 
sidens  de  Polonne.  Les  Presbytériens  sont  da 
Vissidens  en  ÀmjXelen-e. 

DiSSIÎVnLAiRE.  adj.  des  2  genres.  Tcrmf 
didactique.  Qui  n'est  pas  de  môme  genre,  à^ 
m£'me  espèce.  Il  se  dit  par  opposiïio:i  îi  Simi- 
Xaire.  Parties  dissimilaires ,  comme  les  os ^  l(t 
artères,  les  muscles. 

DISSIMULATEUR,  subst.  masc.  Qui  dis- 
simule.  Les  plus  grands  politiquts  sont  Ut 
plus  profonds  dissimulateurs.  Il  est  de  pei 
d'usage. 

DISSIMULATION,  s.  f.  Déguisement.  Art, 
soin  de  cacher  ses  scniiinens,scs  desseins.  Sa(j\ 
dissimulation.  Dissimulation  arlifiùcuse.  Li 
feinte  est  encore  pire  que  la  dissimulation, 

DISSIMULER,  v.  a.  Caclier  ses  sentimens, 
ses  desseins  ;  ou  ,  par  une  conduite  réservée,  ni 
pas  les  laisser  apercevoir.  Diystmu/er  sa  haine, 
son  amour,  sa  doulenr. 

Il  se  prend  aussi  absolument.  Savoir  dissi- 
muler. Uai-t  de  dissimuler.  La  prudence  veut 
qu'on  dissimule  quelquefois. 

Il  signifie  cussi.  Faire  semblant  de  ne  pa^ 
remarquer,  de  ne  pas  ressentir  quebjuc  cbosc. 
Di^tsimulcr  une  injure,  un  affront,  etc. 

DissiMLxÉ,  ÉE.  participe. 

DISSIMULÉ,  EE.  adj.  Fin,  couvert,  arti- 
ficieux, qui  ne  laisse  pas  apercevoir  ses  senti- 
mens, ses  desseins.  Homme  dU$imulè  j  esprit 
dUsiiuuléj  caractère  diisimulè. 


DIS 

Il  est  quelquefois  substantif.  C'est  une  di's- 
simulce. 

DISSIPATEUR,  TRICE.  subst.  Dépensier, 
prodif^ue,  qui  dissipe  beaucoup  de  bien.  Un 
grand  dissipateur.  C'est  un  dissipateur  ,  une 
dissipatrice, 

DISSIPATION,  s.  f.  Évaporaliun,  consomp- 
tion, destiiiclion  ;  Taction  par  laquelle  une 
cliose  se  dissipe.  La  dissipation  des  esprits.  Il 
se  fait  une  grande  dissipation  d'esprits.  La  dis- 
sipation des  biens.  La  dissipation  des  finances. 
Dissipation,  dans  un  sens  moral,  se  dit  Do 
l'état  d'une  persoune  dissipe'e.  Être  dans  la 
dissipation.  Vivre  dans  la  dissipation,  La  dis- 
iipation  est  contraire  au  recucilleuiait  que  de- 
mande la  vie  dévote. 

DISSIPER.  V.  a.  Disperser , écarter,  défaire, 
détruire , consumer.  Le  ioL'il  diseipeles  nuaqes, 
les  brouillards,  les  ténèbres.  Dissiper  une  ar- 
mée. Dissiper  son  bien ,  son  patrimoine.  Il  a 
tout  dissipé.  L'exercice  dissipe  les  mauvaises 
humeurs.  Les  esprits  animan.v  se  dissipent  par 
trop  de  travail. 

Dissiper,  Distraire.  Le  tumulte  des  alj.  ircs 
dissipe  l'esprit. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Ces 
vapeurs  se  sont  dissipées. 

On  dit  fismémeiu,  Dissiper  les  factions^ 
les  cabales,,  etc.  pour  dire,  Les  apaiser,  les 
faire  cesser. 

Ou  dit  dans  le  même  sens,  Dissiper  de  faux 
bruits,  dissiper  des  illusions,  poui  dire.  Les 
détruire. 

Dissipé,  ée.  participe. 
On   dit,  qu'L'n   homme  a  l'esprit   dissipe, 
poiu"  dire,  qu'il  ne  donne  d'uilentîon  ni  à  ce 
qu'on  lui  dit,  ni  îi  ce  qu'il  fait, ni  îicc  qu'il  dit. 
On  appelle  aussi,  Un  hoi7ime  dissipé,  Un 
homme  trop  répandu  dans  le  monde,  et  plus 
ticcupé  de  ses  plaisirs  que  de  ses  devoirs. 
On  dit  aussi  de  même,  Une  vie  dissipée. 
DISSOLU,  UK.  adj.  Il  ne  se  prend  que  dans 
le  sens  moral,  et  signifie,  Impudique,  dcbau- 
rlié.  C'est  un  homme  fort  diitsolu.  Une  femmi 
très-dissolue.  Dissolu  dans  ses  mœurs.  Dlssoh 
dans  ses  paroles. 

Il  se  dit  au.ssi  Des  choses,  et  signifie  Lascif, 
qui  porte  au  dérèglement.  Mots  dissolus.  Chaii' 
^ons  dissolues.  Paroles  dissolues.  Vie  dissolue. 
DISSOLVANT,  ANTE.  adj.  Terme  de  Cl.i< 
mie.  Qui  a  (a  vertu  de  dissoudre.  De  ces  acide\ 
il  faut  prendre  le  plu^  dissolvant.  Qualité  dis- 
solvante. Jy  esprit  de  vitriolcsl  un  acide  des  plu\ 
dissolvans. 

DISSOLVANT,  s.  m.  Corps  propre  iï  opérer 
luie  dissolution.  C'est  un  synonyme  de  .Vcns- 
Iriie.  L'eau  est  le  dissolvant  des  sels,  L*can  est 
un  grand  dissolvant.  L'eau  rÎHjalc  est  le  dissui- 
vant de  /'or. 

DISSOLUBLE.  adj.  des  2  g.  Il  n'est  dusa-c 
qu'en  Cliimie.  Qui  peut  ttrc  dissous.  Ce  métal 
rsl  dissoluble. 

Dl.SSOLU:Mi:Nr.  adv.  Dune  manière  dissn- 
lue.  Vivre  dissolumcnt.  Parler  dissolument. 

DISSOLU ril",  IVF.  adj.  Terme  de  Méde- 
I  inc  et  de  Cbimie.  Qui  a  la  vertu  de  dissoudre. 


DIS 

Remèdes  dissolutifs.  On  dit  en  ce  sens,  Vertu 
dissolutive,  pour,  Qui  a  la  faculté  de  di»- 
soudre. 

DISSOLUnON.  s.  Km.  Séparation  des  par- 
ties d'un  corps  naturel  qui  se  dissout.  La  dis- 
solution d'un  composé.  La  dissolution  des  corps. 
La  cïissoluïion  des  simples,  des  métaux,  etc. 
La  corruption  du  corps  se  fait  par  la  dissolu- 
lion  des  parties.  Il  y  a  des  dissolutions  qui  s€ 
font  par  la  Chimie. 

Ou  dit  aussi,  La  dissolution  du  corps  et  de 
l'dme,  pour  dire,  La  séparation  du  corps  €t 
de  Tâme. 

On  dit,  La  dissolution  d'un  marlaqe,  pour 
[lire,  La  rupture  du  lien  conjugal.  Chez  les 
Protestans,  l'adultère  est  une  cause  légitime  d« 
la  di.sso/u(ton  du  mariage. 

On  dit  fi;^urément,  que  Lh  corruption  des 
mœurs  amène  la  dUsolulion  de  l'ordre  social; 
que  L'esprit  d'innovation  tend  à  la  disrolittlnn 
des  Empires. 

DissoLLTiON,   signifie  encore,    Débauche, 
dérèglement  de  moeurs;  et  il  se  dît  plus  p.irt) 
culièrcment  De  ce  qui  regarde   rinconlinencc. 
La  dissolution   dans    laquelle    il   vit.    Il   s*cst 
^dongé  dans  toutes  sortes  de  dissolutions. 

Dissolution,  en  Chimie,  est  L'opération 
par  laquelle  les  parties  d'un  corps  solide  sont 
séparées  les  unes  des  autres  par  un  fluide  avec 
lequel  elles  se  combinent.  Mettre  en  t/iisoliition. 
r'(iij-e  une  dissolution. 

DISSONANCE,  subst.  f.  Terme  de  Musique. 
Faux  accord.  La  septième  est  une  dissonance» 
Sauver  une  dissonance.  On  sduvc  une  disso- 
nance par  un  bon  accord  qui  la  suit. 

On  dit  fîgurément.  Dissonance  de  ton  dans 
[e  style,  pour  exprimer  Le  mélange  disparate 
du  ton  sérieux  et  du  badin  ^  du  noble  et  du 
uivial. 

DISSONANT,  ANTE,  adj.  Qui  nest  poiut 
d'accord,  qui  n'est  pas  dans  le  ton.  Il  ne  se  dit 
iju'en  Musique,  et  en  parlant  Des  Toi x  et  des 
iustrumens.  Cette  voix  est  dissonante.  Cet  ins- 
trument est  fort  dissonant. 

DISSOUDRE,  v.  a.  Je  dissous  ;  nous  dissol- 
vons. Je  dissolvois.  J'ai  dissous.  Je  dissoudrai. 
Dissons.  Dissolvez.  Que  je  dissolve.  Je  dlssou- 
droif.  Dissolvant.  Pénétrer  im  corps  solide,  et 
en  détacher,  en  séparer  toutes  les  parties.  L'eau 
régale  dissout  l'or.  Dissoudre  du  cristal  minéral. 
L'eau  dissout  le  sucre,  dissout  le  sel.  On  a  dis- 
sous ces  di-ogues  avant  que  de  les  mettre  dans 
le  remède.  Les  eaux-fortes  f/issoli't'ut  les  métaux. 

On  dit,  DUsoudie  un  mariage,  pour  diiï, 
Le  rompre,  faire  qu'il  ne  subsiste  plus.  Parmi 
irs  Catholiques ,  il  ny  o  que  la  mort  qui  puisse, 
dissoudre  le  mariage. 

DxssoiTDRE,  s'emploie  avec  le  pronoHi  per- 
sonnel. Le  sucre  se  dissout  dans  l'eau.  Ce  sel  se 
dissout  dilficilcment. 

C'est  mal  j  propos  que  quelques  personne* 
ronfondent  les  mots  Dissoudre,  Délayer  et 
Fondre.  Le  fer  se  dissout  dans  l'cau-forte^ 
c'cst-.i-dirc,  Se  combine  avec  elle.  La  terre  u 
délaye  dans  l'eau  ^  vt  ne  s'y  dissout  point.  Un, 
métal  se  fond  dans  le  feu. 


DIS 

On  dit  aussi,  quf/ne  société  se  âissout,  pour 
dire,  qu'Kllc  se  rompt,  se  dissipe,  se  8;':par(.-. 

Dissous,  ouTE.  participe. 

DISSUADKR.v.  a.  Détourner  quelqu'un  dv 
Vexcculion  d'un  dessein,  le  porter  îi  ne  («s 
exécultT  une  résolulion  prise  //  in'olt  (fud'un; 
envie  d\ntr éprendre  ce  voyage ^  mais  ses  ani's 
Ven  ont  dissuadé.  Il  alîoit  s^ennancr  dans  de 
mauvais  procès ^  si  ses  parcns  ne  l'en  a\  oient 
dissuadé.  On  Va  dissuade  de  partir. 

Ce  verbe  s'emploie  toujours  avec  les  deux 
régimes,  le  ri^*;inie  direct  à  l'ég.ird  de  la  per- 
sonne, et  le  régime  indîrcctà  l'égard  des  choses. 
Dissuader  {jiiehjuun  de  quelque  chose. 

Dissuadé  ,   Ée.  participe. 

DISSUASION,  suhst.  fém.  EfTit  des  dis- 
cours .  des  oraisons  tjuî  dissuadent  L'Ornleiw , 
dans  le  genvc  dêlibératifj  a  deax  principuu.v 
objetSj  la  persuasion  et  la  dissuasion.  Il  e»l  de 
peu  d'usagp. 

DISSYLLABR.  adj.  des  2  i;cnrrs.  Terme  de 
Orammaire.  Qui  est  de  deux  syllabes.  Mot 
dissyllahc. 

Il  s'emploie  aussi  substantivem.  Ce  vers  Cft 
composé  de  plusieurs  dissyllabes. 

DISTA>'CK.  s.  f.  LVspacc ,  l'intervalle  d'un 
lieu  ^  un  autre.  La  distance  des  lieux.  La  dis- 
tance d'nne  ville  à  l'autre. 

On  le  dit  aussi  Du  tcnips.  La  distance  des 
temps.  Il  y  a  une  grande  distance  depuis  VEm- 
pirc  des  Assyriens  jusqu'à  Vempije  des  Romains. 

Il  se  prend  figurcnicnt  poui  Diflcrcnce.  //  y 
a  grande  dittaticc  crifrc  le  Souvennn  et  son 
Sujet.  Il  y  a  une  grande  distance  de  son  esjrit 
à  celui  d'un  autre.  Du  Créateur  à  la  créature ^ 
la  distance  est  infinie. 

On  ditt  Tenir  à  distance,  pour  dire,  Em- 
pôcLer  d'approcher.  Le  Général  tcno.t  toujours 
l'ennemi  à  distance. 

On  le  dit  aussi  figurément  pour  exprimer 
Une  certaine  réserve  d'orgueil  ou  de  dignit-, 
qui  repousse  la  familiarité.  Ce  Prince,  quoiijHc 
afjiible  et  ïrtm,  a  dans  ses  manières  quelque 
chose  qui  tient  toujours  à  distance  ceux  qu' 
Rapprochent. 

DISTANT,  AXTE.  adj.  Éloigné.  Ces  deux 
Villes^ne  sont  distantes  l'une  de  l'autre  que  i/ti 
tant... 

Il  se  dit  aussi  Du  temps.  Ces  deux  époque» 
ne  sont  pas  fi>rt  distantes  Vune  de  l'autre. 

DISTENDRE.  V.  a.  Causer  une  tension  trop 
grande,  viuleote.  Celle  humeur  distend  les  par- 
tie noisin^s. 

Distendu,  ci.  participe. 
DISTENSION,  s,  f.  Terme  de  Cliirurgie.  Il 
■e  se  dit  qu'en  parlant  Des  ncrls  qui  sont  trop 
tendus.  Distension  de  nerfs. 

DISTII.L.XTEUR.  s.  m.  (On  ne  prononce 
qu'un  L  d^ns  ce  mot  et  les  quatre  suivans.  ) 
Celui  dont  U  profession  est  d;'  dislUler  dr- 
(!cun,  des  herbes,  clc.  Uabile  Distillateur. 

DISTILLAI  ION.  s.  f.  Opération  chimique. 
\^\r  laquelle,  ^  l'.iidc  du  fou.  on  si'par-  des  va- 
;H.-urs  ou  des  liqueurs  de  quclqu  s  sub-tanrcs 
rvnfcrmées  dam  dps  vaisseaux.  Mettre  uni 
l»lante  en  distillation.  Faut  une  dislitfah'on. 


DIS 

Il  signifie  aussi  La  chose  dlslillcc.  Distilla~ 
(ions  précieuses.  Voilà  de  belles  dislilUitions. 

DISTILLATOIPiK.  adj.  drs  j.  gcmes.  Qui 
sert  î»  distiller,  propre  aux  distillations.  Vr.e 
î't's.si'e  distillatoire. 

DISTILLER.  V.  a.  Faire  une  distillalion, 
tirer  par  l'alambic  le  suc  de  quelque  chose. 
Distiller  des  herbes^  des  (leurs. 

On  dit  figunenient ,  Distiller  quelque  chose , 
pour  dire,  L'épancher,  le  répiindre,  le  verser. 
Distiller  sa  rage.  Distiller  du  venin  sur  quel- 
qu'un. 

Il  est  aussi  neutre,  pour  dire,  Dégoutter, 
rouler.  On  vit  des  gouttes  d^eau  qui  distilloient 
de  la  voûte. 

D1ST15.LÉ ,  éf.  participe. 

DISTILLERIK.  s.  f.  Lieu  o^i  l'on  fait  des 
'listillalions  en  grand. 

IHSTINCT,  INCTK.  adj.  DifTérent.  séparé 
d'un  autre.  Ce  sont  deux  choses  bien  distinctes. 
Il  Idul  que  les  articles  d'un  compte  soient  bien 
distincts. 

Il  signifie  aussi,  CWiv  et  net.  Un  son  dis- 
incï,  une  voix  distincte.  Vue  vue  distincte. 
En  ta'mes  clairs  et  distincts.  Idée  distincte. 
\otion  distincte. 

DISTINCTEMENT,  adv.  Netlenienl,  claire- 
ment.  d'une  manière  distincte,  //  prononce,  li 
^)(;i7e  distinctement.  Il  vous  a  déclaré  son  in- 
tention distinctement. 

DISTINCTIF,  IVK.  adj.  Qui  distingue.  Ca- 
ractère disttnctif.  Une  marque  distihctive. 

DISTINCTION,  s.  f.  Division,  séparation. 
l'icrire  tout  de  suite  sans  distinction  de  chapi- 
tres. Bible  imprimée  sans  distinction  de  i>ersits. 

Il  signifie  aussi,  Diflcrence.  Faire  distinction 
de  Vami  et  de  l  ennemi.  Offenser  tout  le  mondii 
sans  distinction.  Faire  distinction  des  per 
sonnes.  Faire  la  distinction  des  di-oits  de  quel- 
qu'un d^avec  ceux  d'un  autre.  On  a  tout  passé 
au  f\l  de  Vépée,  sans  di.<^tinction  d'dge  ni  d.' 
wxe.  Je  fais  grande  distinction  entre  Vun  c. 
l'autre.  Il  faut  ftiire  distinction  de  Gentil 
homme  à  Gentilhomme. 

Il  signifie  aussi  ,  Préférence,  prérogative, 
sin-ularilé  avantageuse. /i  aime  les  distinctions 
Traiter  quclquun  avec  distinction.  Les  dis- 
tinctions plaisent  à  celui  qui  les  reçoit  ,  et 
offensent  les  auU-cs.  Distinction  très- flatteuse. 

On  dit  d'Un  Iiomme  qui  s'est  distingué  dans 
son  état  par  son  ine'ritc,  que  C'est  un  hotv:c 
d'une  grande  distinction.  Un  Olficicr  de  dï.-- 
tmction. 

On  appelle  aussi  Les  personnes  distinguées 
p.ir  la  naissance,  ou  par  les  dignités,  Des  per- 
sonnes de  distinction. 

11  se  dit  aiLssi  Des  choses  qid  distiagucut. 
Action  y  emploi  y  charge  de  distinction  ,  d'une 
grande  distinction. 

DisTi>'crio5,  signifie  aussi  L'explication  do 
divers  sens  qu'une  proposition  peut  recevoir. 
Bonne  y  mauv,ti:c  distinction. 

On  appelle  Distinction  de  l'Ecole^  Une  dis- 
tinction en  usage  dans  les  disputes  de  l'h^ole. 
Ce  répoudiint  .^e  tita  d'ajjaire  par  une  disline- 
iion  bien  subtile. 


DIS  435 

DISTINGUER,  v.  a.  Discerner  par  la  vue, 
par  l'ouïe,  ou  pîir  les  autres  sens.  Il  éloit  déjà 
si  Iiii'd,  qu'on  ne  pouvoit  plus  distinguer  les 
objets.  Nous  étions  si  éloignés,  que  nous  n« 
pouvions  distinguer  la  cavalerie  d'avec  l'infan- 
terie^ un  chien  d'avec  un  loup.  Distinguer  la 
fausse  monnaie  d*aft'c  la  bonne.  Il  se  connoîf 
si  bien  en  monnoie,  quH  distingueroit  un  éen 
faux  entre  mille.  Distinguer  les  sons,  les  voix, 
les  odeurs. 

Il  signifie  aussi,  Discerner  par  l'opération 
de  resprit.  Distinguer  le  bien  et  le  mal.  Dis- 
tinguer l'ami  d'avec  le  (lutteur. 

U  signifie  .'lussi  Diviser,  séparer,  marquer  li 
dlfierence.  Il  faut  distinguer  les  divers  chefs  de 
son  accusation.  Il  faut  bien  distinguer  les  inté- 
rêts des  Princes.  Distinguer  les  temps ^  les  qua- 
lités., les  âges,  les  lieux. 

On  dit  dans  l'Ecole,  Distinguer  une  propo- 
sition ^  pour  dire,  Marquer  les  divers  sens 
ipi'clle  peut  recevoir. 

On  dit.  Distinguer  quelqu'un  ^  pour.  Le 
liailer  avec  distinction.  Dés  qu'il  parut  à  la 
Cour^  le  Prince  le  distingua  d'une  manière 
^utteusc. 

On  dit,  que  La  vertu,  le  mérite,  la  nais- 
uincc  ^  les  charges,  les  alliances,  etc.  distiu' 
uucr.t  un  /lonimc,  pour  dire,  qu'Ellcs  l'clùvcnt, 
ju'elles  le  tirent  du  commun. 

On  dit  aussi,  quT/n  homme  s'est  distingue 
\ar  sa  valeur ^  pour  dire,  qu'il  s'est  signalé. 

Distingué,  ée.  participe.  Mérite  distingué. 
Qualité  distinguée.  Emploi  distingué.  ?iais-- 
fancc  distinguée. 

DISTIQUE,  s,  ir.asc.  On  appelle  ainsi  deux 
rcrs  Lalius  ou  deux  vers  Grecs  qui  renferment 
un  sens.  Voilà  un  beau  distique.  Ce  distique  a 
été  fait  pour  servir  d'inscription, 

DISTORSION,  s.  fém.  Êt^it  d'une  partie  du 
rorps  qui  se  tourne  dun  seul  cûlé  par  la  relaxa- 
lion  des  muscles. 

DISTRACTION,  s.  f.  Démembrement,  se- 
|>aration  d'une  partie  d'avec  son  tout  On  a  de- 
tiandé  distraction  de  cette  Terre.  On  a  fait 
iistractton  du  Fief.  En  ce  sens  il  ne  se  dit 
Ki'en  parlant  d'atlùires. 

DisxnACTiON,  signifie  aussi  L'inapplication 
i'unc  personne  aux  choses  qui  la  doivent  occu- 
]er.  Il  est  sujet  à  des  distractions  dans  ses  prié- 
tes.  Il  a  de  fréquentes  distractions. 

DISTRAIRE.  V.  aci.  (Il  se  conjugue  comme 
Traire.)  Tirer,  séparer  une  partlcd'un tout, clc. 
Si  on  décrète  cette  Terre.,  il  en  faudra  disti'nirc 
tel  fief.  Sur  cette  somme  il  faut  distraire  tant. 
De  ces  papieis,  il  en  faut  distraire  ceux  qui 
regardent  une  telle  succession.  En  ce  sons  il  ne 
se  dit  guère  qu'en  ternu's  d'aflàires. 

DisriiAmn,  .».i;^nifie  aussi,  Détourner  de 
quelque  application.  Il  m^est  venu  distraire  de 
mes  études.  Il  cherche  la  soUlude .  ajin  qu'on 
ne  puisse  le  distraire  de  son  travail,  le  distraire 
dans  ses  prières.  La  moindre  choêe  le  distrait. 

Il  signifie  encore,  iX'Inurner  d'un  dfsseiii, 
d'une  résolution.  Il  est  tellement  résolu  lî  faire 
\  ce  voyaqe,  que  rien  ne  l'en  peut  distraire.  On 
dit  mieux  Détourner, 

55. 


436 


DIS 


Distrait  ,  \IT6.  participe. 

H  est  aussi  idjectif ,  et  se  dit  d'Un  liomme 
qui  n'a  point  d'attention  i  «  qu'on  lui  dit. 
C'est  un  homm  distrait.  Il  est  ^'terneUement 
distruit.  Femme  distraite.  Esprit  distrait. 

DISTRIBUER,  v.  a.  iVparlir,  p^.rtager  entre 
plusieurs.  Distribuer  une  somme  d'artjcnt.  Dis. 
Iribuer  des  aumânes.  Distribuer  h  butin  au.x 
soldats.  On  a  distribué  des  commissions  pour 
faire  des  tjens  de  guerre.  DUti  ibuer  les  çirilces  . 
les  récompenses,  les  charijes,  les  bonneurs.  Le 
foldats  de  celte  compatjnie  ont  été  distribué. 
dan:,  d'autres  compagnies. 

DlsrniOPEn ,  s'emploie  au«i  avec  le  pronom 
neisonnel.  Le  santj  se  disti-ibue  du  cœur  dans 
les  artères.  Celte  source  se  Aisiribue  d,iis  (oiis 
les  ijaartio.'i  de  la  Ville. 

On  dit  en  termes  de  Palais,  Distribuer  un 
procès,  pour  dire,  Le  donner  i  un  Conseillci 
pour  (ju'il  le  rapporte.  Le  Président  a  dislribui 
votre  procès  à  un  tel. 

Di.sTnrBDEB ,  signifie  aViSsi  Diviser,  disposer, 
ranger.  Cet  Auteur  a  fait  im  beau  traité,  il  eu 
a  bien  distribué  la  malièir;  il  a  distribué  niri 
art  toutes  les  parties  de  son  sujet.  I.islribuc^ 


pur 


rdre. 


On  dit  en  Peinture,  Di%':!bucr  les  jours  cl 
les  ombres.  Les  jours  et  les  ombres  sont  bicu 
distribués  dans  ce  tableau. 

DisTniiiUin.  Terme  d'Impi'inicric.Voy.  Dis 

TnlBUTlOS. 

DisTRiEuÉ,  KE.  participe. 
niSTRUiUTEUU,  TUICE.s.  Qui  distribue. 
Distributeur  i,'e.s  nraces,  des  rcco'npenses. 

DISTRIIîUTIF,  IVE.  adj.ct.Qui  distribue, 
qui  partage. /-a  Jitstice  distributivcest  ceï/e  (jm 
ordonne  des  peines  et  des  i-écompcnses. 

On  le  dit  aussi  en  termes  de  Orammairc  el 
de  Logique ,  par  opposition  à  Collectif.  Cett: 
proposition ,  Les  jeunes  gen.':  sont  inconsidérés. 
est  vraie  dans  le  sens  collectif  ,  mais  elle  esl 
fausse  ^tant  prise  dans  un  sens  (listril)utir. 
parce  qu'elle  n'est  pas  sans  exception.  Parti 
cules  distributives.  'lautôt  est  quelquefois  par- 
ticule dislrDiutive.  Tiinti'ï  il  lit,  tantôt  il  écrit. 

DISTRIBUTION,  s.  fem.  L'action  de  distri- 
buer, ou  l'efTet  de  cette  nclion.  Distribution  du 
butin.  Faire  la  distribution  des  procès.  Vistri 
hutîon  de  deniers.  Distribution  des  prix.  Fairj 
un  état  de  di.itribution. 

On  appelle  en  termes  de  Pr.'jtique,  Ordre  de 
d'.stribution ,  Le  rôle  qui  se  fait  des  criianciui'S 
sur  un  bien  adjugé  par  décret, 

DiSTRiBOTios.  Figure  de  Rlictorique ,  qui 
partage  et  distril-.ue  par  ordre  les  principales 
qualités  d'un  sujet. 

Eu  Peinture ,  Une  belle  distribution ,  rs( 
Une  belle  ordonnance. 

Dans  riinprimciie,  Di.<li  iîiuli'on,  est  L'ac- 
tion de  replacer  dans  leurs  propres  cassctins  les 
différentes  Icltres  d'une  forme  qu'on  vient  df 
cirer. 

On  apprile  attvsi  Dùli  i.''u(i'o)i ,  Les  deniers 
(ju'on  distribue  aux  Ctianoines,  5  cause  do  leur 
pn^ence  actnelte  au  .service  diiin.  llcccvoir 
douille  distribution.  Distribution  iiiiiiiuclli;. 


DIV 

niSTRIBUTIVEMENT.  aiîv.  Tonne  de  lo- 
gique. Dans  le  sens  distril>utif. 

DISTRICT,  s.  m.  TcrnuJ  de  Pratique.  Éten- 
due de  JurîdicttoD.  Un  June  ne  j>eiil  juqer  hors 
de  son  district. 

On  dit  fif^iu-cnT'nt,  Cela  n^est  pas  de  mon  dis- 
trict,  pour  dire,  Cely  n'est  pas  de  lua  compé- 
tence, il  ne  ni'.ippartient  pas  d'en  juger. 

DIT 

DIT.  s.  m.  Bon  mot,  apophtliegme.  Un  dit 
nottihle.  Les  dits  et  faits,  les  dits  et  gestes  des 
Anciens.  Il  n'cjt  f;uLre  d'usage  liors  de  Ih. 

On  dit  proverbialenacnt,  Il  a  son  dit  et  son 
dédit j  pour  dire,  Il  clinn^e  d'avis  (|naDd  il  \u\ 
plaît,  il  rétracte  sa  parole,  il  est  sujet  ^  se  dé- 
dire. 

DIT,  DITE.  adj.  Prononcé.  C'^^st  une  cho.<s 
dite.  Ce  mot  signifie  aussi,  Surcominé.  Guil 
laume ,  dit  le  Ronx. 

DITHYRAMBE,  s.  m.  EspÙcc  de  Poésie  con 
sacrée  à  Baccluis.  L'enthousiasme,  le  désordre, 
l'iuégalité  des  mesiu-es ,  caraciérisoient  ce  genn 
lie  Poiime. 

DrniYRAI\r^I9UE.  adj.  des  2  genres.  Qui 
appartient  au  Dîtîiyrambe. 

DITON.  s.  m.  Terme  de  Musique.  Intervalle 
composé  de  deux  tons.  La  tierce  majeure  est  un 
diton  composé  d^un  ton  majeur  cl  d'iui  ton  mi- 
tieur.  Le  diton,  chc'^  les  Grecs,  éloit  compc^ 
de  deux  tojis  majeurs  et  éqau.T, 

DIU 

DIURÉTIQUE,  adj.  des  -i  genres.  Apéritif, 
qui  fait  uriner.  Hcmèdc  diurctiquc.  Le  vm 
blanc  est  diurêticjue. 

il  ?e  prend  quelquefois  substantivcm.  C'c:;l 
un  bon  diwcti(^ue. 

DïURJfAL.  s.  m.  Livre  de  prières  qui  con- 
tient l'Office  Canonial  de  chaque  jour,  à  Te.\- 
cepLÎon  des  Matines ,  et  quelquefois  des  Laudes. 
Diurnal  Romain.  Diurnal  à  lusage  de  Paris. 

DIUR>'E.  adj.  des  2  genres.  Terme  d'Astro- 
nomic.  D'uu  jour.  Le  mouvement  diurne  de  h 
Terre. 

DlV    * 

DIVAGUER.  V.  neut.  S'ecartcr  de  l'oLj^I 
d'une  question  dans  la  discussion,  dans  la  <ûii- 
vcrsalioji.  (.'et  hvmme-lù  ne  suit  ncn,  et  ne  fuit 
(jue  dii'aguer. 

DIVAN,  s.  m.  On  appelle  ainsi  en  Turquie, 
Le  Coaseil  du  Grand  Seigneur.  Cela  fut  pro- 
posé an  Divan. 

DIVE.  adject.  fcin.  Vieux  mol  qui  signifioil 
Déesse.,  Divine. 

DIVERGENCE,  s.f. Terme  dcGcoméuie  cl 
d'Optique.  Situai  ion  de  deux  lignes^ 'de  deux 
rayons,  qui  vont  en  s  ccarlant. 

DIVERGENT,  EN  l'E.  adj.  Terme  de  G.  o 
métric  et  d'Opliqur*.  On  dotuie  ce  nom  à  des  li- 
qnes  qui  vont  en  s'écartant  l'une  de  l'autre. 
lAqnes  divernc.ntcs.  Hayons  diva-qcns. 

DIVERS,  E.RSE.  odject.  DifiTJrent,  dissem- 
blable, qui  est  d-  nature  ou  de  qualité  dilTé- 
iciile.  Ils  soûl  de  divers  scntimcns,  d^opinion 


DIV 

diverse.  Divers  tempèramens.  Diverses  itroposi- 
liori.';. 

Il  signifie  aussi  Plusieurs.  ÏI  a  parlé  à  di- 
verses personnes.  À  diverses  fois.  En  divers 
temps.  En  dïverr  lieux. 

DIVERSEMENT,  adv.  En  diverses  manières, 
diCTéremraent.  Les  Historiens  en  parlent  diverst- 
metit.Onpeut  expliquer  cela  diversement. Cette 
nouvelle  a  été  reçue  diversement  dans  le  monde. 

DIVERSIFIER,  v.  act.  V^irier,  dianger  de 
plusieurs  façons.  DiVersifîiîr  des  viandes.  Dtvcr- 
sifier  les  attitudes  des  figures  dans  un  tableau. 
Diversifier  ses  études^  ses  exercices.  Diversifier 
Vcnlretien .,  la  coJiversation.  Les  pièces  de  Ci: 
parterre  sont  aqréablement  diversifiées.  Cet  Au- 
teur a  fort  diversifié  son  Poëmc. 

DiVERSU'iK,  ÉE.  participe. 

DIVERSION,  s,  f.  Action  par  laquelle  on 
ilétoiune.  Il  est  entre  dans  le  pays  des  enHenu.s 
pour  faire  diversion.  Il avoit  une  qrande  fluxion 
sur  les  yeux,  et  on  Va  saicjnê  pour  faire  divcr- 
ùon  de  l'hunieur.Ces  deux  amis  cofumeriçotcnt 
(î  disputer  atqrenient ,  un  tiers  a  parlé  de  nvu- 
vellcs  pour  faire  diversion. 

On  dit  figurément,  que  L'on  vient  plus  aisé- 
ment à  bout  des  passions  par  la  diversion,  ^nepav 
l'opiniâtreté  ou'o/i  a  à  les  combattre  directement. 
Ce  jeune  homme  a  été  guéri  de  son  atnour  par 
la  diversion  que  fait  dans  son  cœur  le  désir  de 
Ia  gloire.  Voyez  vos  amisj  cela  jera  diversion 
à  votre  douleur. 

DIVERSITÉ,  s.  f.  Variété,  différence.  Di- 
versité de  Religion,  de  vie^  de  fortune.  Diver- 
sité d'objets ,  d'occupations ,  d'esprits ,  d*/i»- 
meurs  ,  d'opinions  ,  etc.  Êlrangc  diversité, 
/igréable  diversité.  Quelle  diversité  ! 

DIVERTIR.  V.  a.  Détourner,  distraire.  Di- 
vertir quelqiùnn  de  ses  occupations.  Il  avoil  un 
tel  dessein,  je  l'en  ai  diverti.  Eu  ce  sens  il 
vieillît. 

Eq  matière  de  Finances,  on  dit,  qu'^rf 
homme  a  diverti  les  deniers,  pour  dire,  qu'il 
les  a  employés  à  un  usage  différent  de  leur  des- 
tination. Il  a  diVerli  les  dénias  du  Roi.  On  a 
div&ti  le  fonds  sur  lequel  j'étoU  assigné.  Cette 
partie,  cette  somme  a  été  divertie. 

Il  se  dit  qutlquefois  pour.  Voler,  dérober. 
Ce  ConiHiis  a  diverti  les  deniers  de  sa  recette. 

On  dit  aussi,  iJivertir  les  effets  d'une  suc- 
ccssicu ,  pour  dire,  En  frusti'er  ceux  à  qui  ils 
appartiennent. 

DiVEiïTin,  signifie  aussi.  Désennuyer,  ré- 
jouir. Il  faut  le  d'vcrtir,  Alhns  le  divertir. 

Se  i>ivi:nTm.  Se  re'jouir,  prendre  du  plaisir. 
Ces  jeunes  gais  se  divcrli^sscnt  à  jouer  à  Ut 
paume.  Ces  i\Icssi»urs  se  divertissent  à  mes  de- 
pens.  Diverlissez-vous  à  qutlijuc  chctse. 

Diverti  ,  ie.  participe.  Deniers  divertis. 
Somme  diveitlc.  Fonds,  enfuis  divertis.  Il  n'eal 
gutre  d'usage  qu't  d  ce  sens. 

DIVERTISSANT,  ANTE.  ndj.Qui  diverUt, 
qui  réjouit,  q»d  récrée.  Les  Spectacles  sont  di- 
vcrlissana.  Esprit  divcrlissant.  Humeur  diver- 
tissante. C'est  un  homme  très-divertissnnt. 

DÏVEKTISSK:\n::NT.  s.  masc.  Récréation, 
piuisir.   Il  se    prend   ordiunirenicnl  pou*    Un 


DIV 

plaisir  honnête.  La  chasse  est  un  gra!ii?  diver- 
tissement. Prendre  du  divertissement.  La  l\Iu- 
sicjue  est  un  honnête  divertissement.  Il  prend 
Vétude  comme  un  divertissement. 

On  appelle  dan»  les  Opcns. Divertissement, 
Les  fêtes  de  danse  et  de  cliaut  qui  font  partie 
de  chaque  acte  dans  un  Opéra  ,  ou  qui  le  tci> 
minent.  Les  divertissemcns  de  cet  Opéra  sont 
l/ien  amené'.  Il  se  dit  au5!.i  en  parlant  De  U 
Comédie.  C*eir  une  Comédie  avec  des  divertis* 
icnie"s. 

On  appelle^  Divertisst.ncnt  de  deniers,  di' 
l'C/'fissemt'nt  de  fi.nds ,  L'emploi  qu'on  fût  d'un* 
somme  d'urgent  à  un  usa;4e  diflcrent  de  celui 
auquel  elle  cloit  destinée. 

DIVIDENDE,  s.  m.  Terme  d'.\rithm(-tiquc. 
Nombre  ù  diviser  selon  la  rè};lc  de  division. 

Dividende,  est  aussi  un  terme  aflt'cté  aui 
Compagnies  de  Ci^mmerce.  et  il  sii;ni(ic,  Lt 
portion  d'intérêt  ou  de  bénélice  réglée  pour 
chaque  action,  .soit  à  la  jîn  de  l'année,  soit  à 
des  époques  plus  r.qiprochécs. 

DIVIN,  IMC.  adj  Qui  ".n  de  Dieu,  qui  ap- 
partient i  Dieu.  Les  attributs  divins.  La  puis- 
sance divine.  La  Providence  divine.  La  cjrdci 
divine.  Le  culte  divin.  Le  service  divin.  L'OlJlci 
divin.  Les  Romains  rendaient  des  honneurs  di. 
vins  à  leurs  Empereurs.  Déférer ,  décsrner  (ei 
honnetws  divins. 

On  apiwlle  Les  trois  personnes  de  la  Tri- 
nité, Les  Personnes  Divines, 

On  appelle  Le  FilsdeDieu.LeVcriicDii'm. 

Divi;».  «e  d'ï  n'Ti'rrrnrn*  Oc  re  qui  simîble 
être  au-dessus  des  forces  de  la  nature.  Il  y  i 
là  rjucl(jue  cltose  de  divin. 

Il  se  dit  aussi  figurément  De  ce  qui  est  très- 
excellent  dans  son  genre.  Ouvraqe  divin.  Beaui^ 
divine.  Le  divin  i'iaton.  C^est  un  homme  diri'n, 

DIVINATION,  s.  f.  L'an  pritendu  de  pré 
dire  l'avenir.  Lu  diviwilion  a  toujours  été  con- 
damnée par  l'P.'jlise. 

Il  signifie  aussi  Les  moyens  dont  on  se  scr* 
voit  poOT  deviner,  ]  our  prédir;'.  Les  Pcîeni 
avaient  plusieurs  sortes  de  divinations  ^  la  divi- 
nation par  le  vol  des  oifeaux,  la  divinaltot 
par  Vinspecliun  des  entrailles  des  victimes ,  etc. 

DlVIN.\TOIUi;.  adj.  des  2  genres.  Il  se  dil 
De  la  science  pn'rtcnduc  des  Devins  et  dei 
moyens  qu'ils  emploient.  Art  divinatoii-e.  Ba- 
guette divinatoire, 

DIVINE.MENT.  adv.  Par  la  venu  divine, 
par  la  puissance  de  Dieu.  Les  Prophètes  divi- 
nement inspires.  La  conrcftion  du  Fils  de  Dieu 
a  été  opérée  divinement  dan'  le  sein  de  la  Sainte 
Vierae. 

11  signifie  figurément  et  par  exagération, 
Eirellemmenl,  parrailenicr.l.  Ce  Sculpteur  tra- 
vaille divinement.  Il  chante  divinement.  Ilécril 
divinement.  Il  joue  du  Luth  divinement.  Divi- 
nement lien. 

uî\  INISLR.  V.  a.  Ficconnoiire  pour  divin. 
Les  Païens  divini'oitnt  les  O  actes. 

On  ledit  figurémenl  pour,  Eialler  outre 
mesure.  C'est  un  enlhoutîttste  tfui  divinité  tout 
ce  qiiil  aime, 

Oivism:,  ic.  participe. 


DIV 

DIVINITÉ.  8.  féni.  Essence  divine,  nature 
divine.  Lti  iUviiitté  au  Verbe. 

Il  se  prend  aussi  pour  Dieu  même.  A'ier  la 
Dipinité^  ne  point  recoiinoltre  de  Divinité. 
c'est  renoncer  à  toutes  les  lumières  de  Ui  j'aison. 

U  se  prend  aussi  pour  Les  faux  Dieux  des 
Païens.  ï^es  Divinités  des  eaux.  La  Divinité  du 
lieu.  Les  Divinités  des  forêts.  Les  Divinité.^ 
momies,  hes  Divinités  allégoriques. 

On  s'en  sert  encore  figun^ment  et  aliusive 
ment  eu  Poésie,  quand  on  parle  d'une  bellr 
femme.  C'est  une  Divinité.  La  Divinité  cjui 
j'iiiîove. 

DIVIS.  U  est. oppose  à  /jidiVi5.Voy.  Indivis 

DIVISER,  verbe  actif.  Partager,  séparer 
ujic  chose  eu  deux  ou  plusieurs  pnrtics.  Diviser 
un  nombre^  une  qrandeur^  une  quantité.  Ct 
Royaume  est  divisé  en  tant  de  Provinces.  Diviser 
un  discours,  une  htranque.  Diviser  une  somme 
entre  phtsieurs  personnes ^  en  plusieurs  parties. 

Il  signifie  figurémcnt,  Mettre  en  discorde, 
desunir,  ^intérêt  a  divise  cette  famille.  Ih 
sont  divisés  en  sectes,  en  factions.  Divisa-  la 
esprits. 

Divisé,  ée.  participe. 

DIVISEUR,  s.  m.  Terme  d'Arilliniéti(jue. 
Nombre  par  lequel  on  en  divise  un  plus  grand. 
Quand  on  veut  partager  cent  en  dix,  dix  est 
le  diviseur,  et  cent  est  le  dividende. 

niViSICILITÉ.  subst.  f.  Terme  didactique. 
Qualité  de  ce  qui  peut  être  divise',  La  divisibi- 
lité de  la  matièie. 

DTVISIBEE.  adi.  des  2  genres.  Qui  se  pcul 
diviser.  Plusieurs  Philosophes  di^^ent  que  la 
matière  est  divisible  à  Virtjini. 

DIVISION,  s.  fém.  Séparation,  partage.  La 
division  d'un  héritage.  La  division  d'un  fîi's- 
coiirs,  d'un  scrnion.  La  division  d\ine  somme. 

Cu  appelle  Division ,  en  termes  de  Rhétori- 
que, La  distribution  qu'un  Orateur  fait  de  son 
discours  en  pluiiieurs  parties,  La  division  doi\ 
être  claire,  et  renlinner  tout  le  sujet. 

On  dit,  en  termes  de  Pratique,  Sans  divi- 
sion ni  discussion,  pour  dire,  Solidairement 
l'un  pour  l'autre ,  ct  un  seul  pour  le  tout 

Il  signifie  figurcment,  Désunion,  discorde. 
il  y  a  division ,  de  la  division  entre  eux.  Mettrt 
de  la  division,  mettre  la  division  dans  une  fa- 
mille. Il  y  a  grande  division  en  cetteVille.  Dc: 
frères  en  division, S etnsr  h  division  Fomenter, 
cntrcttnir  la  division. 

D1V1510S,  se  prend  aussi  pour  Une  des  q\ia 
tre  premitres  régies d'AritIinnîliquc,ct  sipnînc. 
La  r-jglc  selon  laqut-Ue  nu  divise  une  somme, 
un  payement,  un  tout  en  plusieurs  parties.  Lcs 
quatre  premières  règles  d^ArithmCtique  sont. 
V.idditton  ,  la  youstraclion ,  Li  .l/ii/fi^)(icali'on . 
la  Division.  Il  sait  la  Multiplication,  mais  ii 
ne  soit  ^05  encore  la  Division.  Il  ne  sait  pat 
fii\rc  lit  Division. 

Division,  cd  termes  de  Guerre,  se  dît  Des 
partie*  d'une  Arro-e  entière  qui  est  campée  en 
ordre  de  bataille.  La  division  de  la  droite ,  la 
division  de  la  qauche,  la  division  du  centie. 
Les  O  jeter:  GéttèraiLT  ont  chacun  leur  peste 
fi.ze  à  quelqiinne  des  divisions. 


DIX  437 

Il  se  dit  encore  Dtrs  parties  distinctes  d'un 
bataillon  qui  défile,  soit  par  dinii-rang,  soit 
par  quart  de  rang.  Le  poste  des  Officiers  subal- 
ternes est  dans  les  divisions. 

En  termes  de  AlariuCj  on  appelle  Division, 
Un  certain  nombre  àc  v^iisscuix  d'une  Armée 
navale,  qui  sont ordinairenienl  commandes  par 
un  Officier  Général.  Un  tel  commondoit  notre 
division. 

Division  ,  terme  d'Imprimerie,  Voy.  TinET. 

DIVORCE,  subst.  m.  Séparation  de  deux 
l'poux  par  la  rupture  légale  du  mariage.  Le 
riii'orce  étoit  en  usage  parmi  les  Juifs  et  la 
Romains.  Le  divorce  n'est  point  permis  dans 
le  Christianisme,  suivant  la  doctrine  catho- 
lique. 

U  se  prend  quelquefois  figure'mcnt ,  pour  Les 
simples  dissensions  qui  naissent  dans  le  ma- 
riage. Ce  mari  ct  cette  femme  sont  dans  un 
continuel  divorce. 

U  s'applique  même  aux  dissensions  entre 
les  amis.  Cet  homme  csï  de  si  m(UiV(u'5C  hu- 
rneur,  quil  est  en  divorce  avec  tous  ses  amis. 

Il  se  prend  figurenienl  pour  Vue  sép;irulion 
volontaire  d'avec  les  choses  auxquelles  on  étoît 
fort  îittaché.  il  a  fait  divorce  avec  ics  plaisirs, 
avec  le  monde. 

DIVULGATION,  s.  f.  Action  de  divulguer, 
ou  état  d'une  chose  divulguée. 

DIVUL(;UER.  V.  a.  Rendre  public  ce  ^Ih 
n'éloit  pas  su.  Divulguer  un  secret.  Une  heure 
après  que  la  nouvelle  fut  arrivée,  elle  fut,  di- 
vulguée partout  j  on  la  divulqua  par  ioitit  Ij 
Ville. 

Dn'ULGLÉ,  ÉE.  participe. 

DIX 

DIX.  adjectif  numéral  des  2  genres.  Nom- 
bre pair  compoi«J  de  deux  fois  cinq ,  et  qui  suit 
immédiatement  le  nombre  de  neuf.  l.'X  dans 
ce  mo*.  se  prononce  comme  un  Z  devant  une 
voyelle.  Dix  arpens.  Dix  écus.  Dix  hommes. 
Devant  une  consonne,  ou  une  Icitrc  aspirée,  il 
ne  S3  prononce  point.  Dix  Cavaliers.  Dix  Fan- 
tassins.  Les  dix  Commandemens  de  Dieu.  Dix 
Jlcros.  Quand  il  est  final,  ou  qu'il  est  suivi 
d'un  repos,  il  se  prononce  fortement  comme 
un  S  initial.  A^ows  sommes  dix.  Ils  éloient  dix 
bien  huvans  et  bien  mangeans.  Il  se  pionono^ 
de  même  étant  joint  à  certains  nombres,  Dix- 
scpt.  Dix -huit.  Dix  ~  neuf.  Soixante  et  dii'. 
Quatre-vinqt-dix. 

Il  est  quelquefois  substantif.  Un  dix  de 
carreau.  Quatorze  de  dix.  Un  dix  en  chijfre 
romain. 

Dans  le  discours  ordinure  ,  il  se  prend 
pour  dixième.  Innocent  X.  Clcment  A'.  Le 
dix  du  mois.  Le  dix  de  la  Lune.  Le  dix  de  sit 
maladie. 

On  dit,  Mettre  son  argent  au  denier  dix,  à 
dix  pour  cent,  pi^urdire,  En  tirer  le  dixième 
denier  d'intérêt, 

DIXIÈ.ME.  adj.  de»  7.  genres.  (On  prononce 
Dizième.)  Noin]>re  d'ordre.  Le  dixième  jour, 
La  dixième  fois. 

Il  est  aussi  substantif,  cl  signifie  La  dixième 


^38  DOC 

partie  d'un  tout.  Il  est  hèrhier  pour  un  dixième. 
Il  a  un  tîixlcnit:  dans  cetU  affaire, 

Dl.Mft.MllMKNT.  adv.  En  dixième  lieu. 

DIXME.  Voyez  DÏme. 

DIZ 

DIZ.VIN.  ».  m.  Ce  cjui  est  compose  du  nom- 
bre diA.  11  se  dit  Di's  ouvr.isi'S  de  Pocsie  com- 
poses lie  dix  vers.  Faire  un  diiuin.  Celte  ode 
contient  tant  de  dizains. 

11  se  dit  au-isi  d'Un  clinpelet  compose  de  dix 
RTiiins.  Les  Cli^'^aliers  du  Saint-Esprit  sont 
ohliqés  de  dire  tous  les  jours  leur  dizain.  (On 
ccrivoit  autrefois  Diau in, ainsi  que  Dixaine  et 
Dixenier. 

DIZAINE,  s.  f.  Tolal  de  clioses  ou  de  per- 
sonnes composé  de  dix.  Une  dizaine  d'écus. 
Compter  par  dizaine.  Le  ihapelet  est  composi' 
de  cinq  dizaines.  La  Ville  de  Paris  est  divisée 
en  tant  de  quartiers, et  chaque  quartier  en  tant 
de  dizaines. 

On  liit  aussi  en  termes  d'AritliinL-litjuc  , 
A'ornî^re,  dizaine,  centaine. 

DIZEAU  s.  m.  Il  se  dit  d'Un  tas  du  dix  ger- 
bes, di'  dix  botti's  de  foin.  Un  dizeau. 

DIZENlEIl.  s.  m.  (On  dit  aussi  Dizainier.) 
Chef  d'une  dizaitie  ,  ou  qui  a  dix  peisounes 
îous  «a  charge.  C'est  un  nom  de  cei  tains  oOi- 
cicis  de  Ville.  Les  Quarteniers ,  les  Dizcuiers, 
etc.  de  Fans. 

DLA 

D-L.\-IAÉ-  Tcimn  àr  I\jus!qiir  .  p  )r  kqn<l 
on  désigne  le  !on  de  ré.  Le  ton  de  D-la-rè.  Cet 
air  est  en  D-la-ré. 

DOC 

OOCILE.  adj.  des  2  genres.  Qui  est  propre 
à  recevoir  instruction,  ou  quia  de  la  disposi- 
tion à  se  laisser  coiuluiro  et  gouverner.  A  (Jfurel 
dofile.  Esprit  docile,  lluinctir  docile.  Enfant 
docile.  V.n  homme  furt  docile  aux  leçons  de  son 
maître.  Docile  au  joua.  L^Orateur  doit  rendre 
son  Auditeur  docile  et  attentif. 

DOCILEMENT,  adv.  Avec  dociliti-.  .écouter 
docilement. 

DOCILITÉ,  s.  f.  Quilitd  par  laquelle  on 
est  docile;  disposition  naturelle  à  êlro  instruit, 
il  se  laisser  guaverner.  Il  a  une  qrande  de- 
cilité. 

DOCIMASTintJE  ,  ou  DOCIMASIE.  s.  f. 
Terme  de  Chimie.  L'art  d'essayer  en  petit  les 
mines  ,  pour  sivoir  les  métaux  qu'elles  con- 
tiennent. Elle  dilTére  de  la  Mét.TlIur^ic,  qui 
s'occupe  chi  travail  des  mines  en  yr.ind. 

DOCTE,  adjectif  des  2  genres.  Savant.  Un 
homme  docte.  Le  docte  Saumaise.  On  dit  aussi, 
Un  livre  docte,  une  docte  dissertation^  pour 
dire, Qui  contient  beaucoup  de  savoir,  d'éru- 
dition. 

Il  se  met  aussi  substantivement.  Les  docleti 
Ht  sont  pas  d'un  tel  avis. 

DOCTI■;ME^^. adv.  Stivammcut. d'une  ma- 
nière docte.  Il  prcc'.c  doclcmeni.  Traiter  doc- 
tentent  une  matière. 

Il  f  emploie  plus   comniuiicmcnt   dans   un 


DOD 

sens  îionujue.  7/  nous  ti  fToiivê  iloctemeiU  les 
t'cVifé^  les  ;  lus  triviales. 

DOCTEUR.  8.  ni.  Qui  est  promu  dans  une 
Université  au  plus  ïiaui  (kgrd  de  quelque  Fa- 
cultd.  Docteur  en  Tliéoîoijie.  Docteur  en  Droit. 
Docteur  en  "Médecine.  Dormeur  de  Sorhonnc, 
de  Navaire.  Docteur  en  Théolonie  de  la  Fst 
culte  de  Paris.  Prendre  le  bonnet  de  Doctcti-. 
Etre  rcrn  Docteur. 

On  appelle  Doctcur~Ré(jent^Vnl)ociCMv>\r.: 
enseigne  publifpienient. 

Il  se  dil  ;iiissi  en  style  familier  d'Un  lionmi' 
docto,  quoiqu'il  n'ait  pas  été  reçu  Docteur.  / 
est  fort  savant  en  tcUe  science^  il  y  est  Doclcu} 
Ce  n'est  pas  un  qrand  Doctew\ 

Il  se  dit  dans  le  même  style,  d'Un  iiahil 
l-omme  en  quelque  espèce  de  chose  que  ce  soil 
f'Uoiquc  ce  ne  soit  pas  une  science.  C*est  un 
(jrand  Docteur  aux  Echecs.  Il  faut  donne 
r;fte  alfaire  à  conduire  à  un  tel  j  c'est  u 
Docteur. 

DOCTORAL,  ALE.  adj.  App;>Uonant  an 
Uortenr.  Rohe  doctorale.  Bonnet  doctoral. 

On  dit  fif^urémcnt  et  dans  un  sens  de  cri 
lique,  t/n  ton  doctoral^une  morgue  doctorale 
pour  exprimer  Le  ton  tranclianl,  la  vanité  ri 
liicule  do  certains  savans, 

DOCTORAT,  s.  m.  De;;rc,  qualité  de  Doc 
leur.  //  est  parvenu  au  Doctorat. 

DOCTORERIE.  s.  f.  Acte  qu'on  fait  en 
rlieologic  pour  ^tre  reçu  Docteur.  //  a  dispute 
à  la  Doctoreric  d'un  tel. 

rOCTRINAL,  ALE.  ridj.  Terme  de  Tlir- 
!o;;ie.  Il  zc  dit  Des  avis,  des  sentiniens  que  les 
Doctr'urs,  les  Universités  donnent  en  matière 
de  doctrine,  de  mœurs,  etc. .'iw:*  doctrinal,  ju- 
(jemcnt  doctrinal. 

DOCTRINE. s. f.  Savoir,  érudition.  Grande 
doctrin<j.  Profonde  doctrine.  Doctrine  consom- 
mce.  Cet  liomme  a  beaucoup  de  doctrine.  Ce 
livre  est  plein  de  doctrine. 

Il  se  prend  aussi  pour  Maximes,  scntimens. 
iMiseïgnenicns.  lionne,  saine  doctrine. Doctrine 
orthodoxe .  faurst,  dangereuse.  Il  cnsciqne  une 
honnc  doctrine.  Cela  est  conforme  à  la  doclrim' 
de  VEvancjile.  La  doctrine  de  Platon.  La  doc- 
trine d'Arisiole.  La  doctrine  de  iSaint  Auàus- 
tin,  de  Saint  Thomas,  etc. 

DOCUMENT,  s.  m.  Terme  de  Pratique. 
Titres,  preuves  par  écrit,  enseignement.  Vieua 
docwncns.  Anciens  documcns.  Titres  et  tit- 
cnmcns. 

DO  D 

DODÉCAÈDRE,  s.  m. Terme  de  Ge'omclrie. 
Corps  solide  rc;^uIicr,donl  la  surface  est  formée 
de  douze  pentagones  réguliers. 

DODÉC.KJOIVE.  s.  m.  Terme  de  Gcomé. 
trie.  Figure  lerjninée  par  douze  eûtes.  Dodéca- 
gone ri-.pilier. 

nODINER,  SE  DODINER.  V.  n.  Se  dorlo 
ter,  avoir  l>eaucnup  de  soi,  de  sa  personne.  Ce. 
paresseux  ne  fait  que  se  dodiner.W  est  familier. 

Donistn.  Terme  d'JIorlogerir.  Avoir  du 
mouvement.  Ce  balancier  dodiue  bien,  pour,, 
A  un  I;nn  moiivcincnt. 


DOG 

DOl-O,  s.  m.  Mot  du  langage  familier,  dont 
en  se  sert  en  parlant  aux  enfans,  ci  qui  n'est 
d'usaj^etjuc  dans  ces  phrases, Fdire  dodo, pour 
dire,  Dormir;  Aller  à  dodo,  pour  dire,  Aller 
dormir,  aller  se  coucher. 

DODU,  UE.  adj.  Gras,  potelé',  qui  a  l>eau- 
coup  d'embonpoint.  //  est  dodu.  Cette  femme 
est  dodue.  Des  pigcom,  dodus.  Il  est  du  style 
ianiilicr. 

DO  G 

DOGAT.  s.  m.  Dignité  de  Doge.  Temps 
(ju'onaété  Dogf;.  Le  Dogat  de  Venise  est  à  l'ie. 
Le  Dogat  de  Gènes  est  de  deux  ans. 

D0(;E.  s.  m.  On  appelle  ainsi  le  Chef  de  la 
népuMiquc  de  Venise,  el  celui  de  la  Répuldi- 
que  de  Gènes. 

DOGMATIQUE,  adj.  des  ?  g.  Qui  regard*» 
les  dogmes  de  la  Religion.  Terme  dogmatique. 
Style  dogmatique. 

On  dit  ahsoliunent,  Le  doqinatique .^  pour 
■  lire,  Le  style  dogmatique.  Ce  terme  nVst  d'u- 
■  ige  que  dans  le  donmatiquc. 

On  appelle  Ton  dogmatique.  Le  ton  d'un 
Iiommc  qui  affecte  de  dogmatiser.  Il  parle  tou- 
jours d  un  ton  doqmatique. 

On  appelle  P/ji7oso|i/iC  <?o(^mnt iV^ue  ,  Celui 
qui  établit  des  dogmes  dans  la  Philosophie. 
Lc-S  philosophes  dogmatiques  sont  opposés  aux 
Philosophes  sceptiques. 

D0<;MATIQUE!\IKNT.  adv.  D'une  manière 
ilogniatique.  Truitcr  une  matière^  une  ques 
tion    doamnti finement. 

On  dit  d'Un  homme  qui  parle  d'un  ton  dé- 
cisif et  sentencieux,  qu7i  parle  dogmatique- 
ment. 

D0(;MATISER.  v,  n.  Enseigner  une  doc- 
trine fausse  ou  dangereuse;  et  il  se  dit  princi- 
palement en  m:ilière  de  Religion.  //  dogmatise. 
îl  se  mêle  de  dogmatiser.  Il  est  défendu  de 
doqmatiser. 

Dur.MATisEn  ,  signifie  aussi  Débiter  ses  opr- 
iiions,  ses  raisonncmens  d'un  air  trop  dcciaf , 
1 1  en  liomme  qui  veut  R-genter.  Il  dogmatise 
îiernellement.  Il  dogmatise  sur  tout.  On  est 
ennuyé,  de  l'entend.re  dogmatiser. 

DOtaiATLSEUR.  s.  m.  Celui  qui  a  i''iahi- 
[utle  de  prendre  nn  ton  dogmatique.  H  s« 
prend  toujours  en  mauvaise  part.  Ccst  un 
qrand  doqmatiseur. 

DOOLVTISTE.  s.  masc.  Qui  étahlii  dc« 
dogmes,  qui  dogmatise. 

DOGME,  s.  m.  Point  de  doctrine,  enseigne- 
ment reçu,  et  servant  de  n'-gle.  Il  se  dit  princi- 
palement en  matière  de  Religion.  Les  dogmes 
de  la  Religion.  Les  dogmes  de  la  FqÎ  sont  im- 
muable.<i,  mais  la  discipline  peut  recevoir  des 
rhanqemens.  On  dit  aus5i.  Les  dogmes  de  la 
Philosopliic.^  pour  dii-e,  Les  vérités  .'juc  lo  Phi- 
osophie  enseigne. 

DOGUE,  s.  m.  Espace  de  chien  gros  et  cou- 
rageux, dont  on  se  sert  pour  garder  des  mai- 
sons, dc«  b-iffies-cours,  ou  pour  faire  des  com- 
bat» contre  des  taureaux  et  des  bêles  féi\)e«. 
Gros  dogue.  Dogue  d'.inqlcterrc. 
\     DOCriN  cl  DOGUINE.  s.  M.de  et  femelle 


»    / 


DOI 

(ie  petit»  dogues.  Les  doguins  et  les  doguines 
i^ apprivoisent  aisément, 

DOI 

nOiGT.  s.  m.  (On  ne  prononce  point  le  (;. 
Partie  de  la  main,  ou  du  pied  de  l'iionmie 
Doigts  longs,  courts  y  menus,  etc.  Les  cinr 
doiqts  de  la  main.  Les  doiifts  du  pied.  Le  ^ro 
doiqt.  Le  petit  doigt.  Le  doigt  du  milieu.  Le- 
ongles  des  doigts.  Les  jointures  des  doigts.  He 
muer  les  doigts.  Faire  a-atiuer  les  doigts.  Jl  u 
une  bague  au  doigt.  Compter  par  ses  doigts. 
Compta'  sur  ses  doiifts.  Je  voudrois  gu\l  m'en 
eût  coûté  un  doigt  de  la  main  et  guc  cela  jiît 
arrivé,  ne  fit  pas  arrivé.  Il  "c  5  en  falioii 
qu'un  travers  de  doigt  gue  le  coup  ne  jtit  au 
eceur.  Cette  sauce  est  exceUente,  on  s'en  lèche 
Us  doigts. 

Il  se  dit  De  quelques  animaux.  La  main. 
Us  doigts  du  singe.  Doigt  de  canard  ,  de  bc- 
é-asse^  etc. 

Doigt,  se  prend  aussi  pour  marquer  Une 
petite  mesure  qui  contient  à  pc»  yz^s  l'épais- 
seur d'un  pouce.  Il  ne  s'en  faut  gue  deiue 
doigts  qu'il  ny  en  ait  une  aune.  Vépie  lui  en- 
tra de  deux  doiqts  dans  le  corps.  La  riviàe  est 
crue,  est  plus  haute  de  quatre  doigts  qu'elle 
h*étoit  hier.  En  ce  sens  on  dit,  Vn  doigt  de 
vin,  un  petit  doigt  de  vin.  Donnez- moi  du 
^nn,  mais  je  n'en  veux  ou'uri  petit  doigt.  Don- 
nei-m'en  encore  un  doigt.  Je  ne  veux  boue 
qu'un  doigt. 

On  dit  iiussi  provrrhinlpment  <  t  fi^iirément 
d'Un  homme  dont  on  se  moque  publiquement, 
qu'On  le  nionOc  nu  doigt. 

On  dit  proverlîialrnî.  et  figurém. ,  Touche* 
à  quelque  chose  du  bout  du  doigta  pour  dire. 
Ln  êlre  bien  proche.  On  dit  dans  le  mêm« 
sens,  Êtie  à  deux  doigts  de  sa  ruine,  pont 
dire,  Être  proclie  de  sa  ruine. 

On  dit  proverbialement  et  figurem.,  Donner 
sur  les  doigt:,  pour  dire,  Châtier,  faire  souflFnr 
quelque  peine,  quelque  dommage ,  quelque 
ronfusion.  On  dit  au  même  sens,  Il  a  eu  sur 
les  doigts. 

On  dit  proverbialement  et  fi;;urcm.,  Il  s'en 
mordra  les  doiqt<,  pour  dire.  Il  s'en  repentira. 

On  dit  provrrbiiilcmeot  et  figuicm. ,  Avoir 
de  l'esprit  au  bout  des  doigts,  pour  dire,  Être 
adroit  aux  ouvrages  de  la  main  ;  et ,  Cet  homme 
a  de  l'esprit  iuiiiu'au  bout  des  doigts,  pour  dire, 
qu'il  fait  paroitrc  de  l'espi't  jusque  dans  les 
plus  petites  choses. 

On  dit  proverbialement  et  fîgurcment  d'Une 
personne  qui  a  devine  quelque  rhose  de  secret 
et  de  caché,  qu'E/Je  a  nus  le  doigt  dessus. 

On  dit,  en  termes  de  iKcrilnre-Sainte,  Le 
doigt  de  Dieu  est  id^  Quand  il  arrive  quelque 
cvénrmcni  cxtr-iordiniiire  et  singulier  par  la 
pcrnuAMon  p.irticulicre  de  Dieu. 

On  dit  tijçiirtment  et  populairement,  en 
parlant  d'Une  itHàirc, qu'On  y  a  mis  les  quatre 
doigts  et  U  pouce,  ptmr  dire,  qu'On  y  a  em- 
ployé tous  les  moyens  cju'on  pouvoit  avoir 
pour  la  faire  réussir 

On   dit  proTcrbintemcnl  et  Ggurûnent  De 


DOL 

deux  personnes  exlrùniemcnt  unies  d'amtti^  : 
Ils  sont  comme  les  deux  doigts  de  la  main-  ce 
sont  les  deux  doigts  de  la  miiiti. 

On  dit  proverbialement  et  figurt^mcnt ,  Il  ne 
faut  pas  mettre  le  doigt  entre  le  bois  et  l'écoree. 
pour  dire,  qu*ll  ne  fauî  pas  trop  s'ingérer 
di»u<  les  démêles  entre  proches,  comme  m~ri  cl 
femme,  frère  et  soeur. 

On  dit  proverb.  d'Un  homme  qxii  ne  travaille 
point,  qu7ï  ne  fait  œuvre  de  ses  die  doigts. 

On  dit  provcrbinlrmenl  et  fij;urénient  d'Un 
lomme  (|ul  sait  fort  bien  quelque  chose  pnr 
mémoire,  qu7i  le  sait  sur  le  bout  du  doigt. 

On  dit  figurénicnt,  /:,"ïre  servi  an  doigt  cl  à 
i"^:7,  pour  dire,  l^lrc  servi  ponctuellement  cl 
avec  grande  exactitude. 

On  dit  proverlnalenient  et  figurément,  Tou- 
cher au  doigt,  faire  toucher  au  doigt,  au  doigt 
et  à  l'œil,  pour  dire,  Voir  eviiicniment.  ou  faire 
voir  avec  évidence. 

Ondit,qu't/"C  nionfrc  va  au  doigt  et  à  l'œil, 
pour  dire,  qu'lillc  est  fort  mauvaise,  et  qu'elle 
I  besoin  qu'on  touche  souvent  iTaiguillc  pour 
la  mettre  siu:  l'heure  qu'elle  doit  marquer. 

Cd  dit  aux  cnfans,  pour  leur  faire  croire 
qu'on  sait  la  vérité  de  quelque  cliose  qu'ils  ne 
viulent  pas  dire,  Mon  petit  doigt  me  l'a  dit. 
Je  sais  ce  que  vous  avez  fait,  mon  petit  dcijt 
me  Va  dit. 

En  termes  d'Astronomie,  ou  appelle  Doigt, 
La  douzième  partie  du  diamètre  du  Soleil  ou 
do  la  Lune,  Cette  éclipse  de  Lune  ne  jut  nue  de 
ipiai"-'  'hitgt^, 

DOIGTER.  V.  û.  En  Musique,  hausser  et 
baisser  les  doif^ls  sur  un  instrument,  pour  ap- 
prendre à  en  jouer.  Pour  jouer  de  la  musette, 
il  faut  commencer  par  bien  doigter. 

DoioTEO  ,est  aussi  substantif  masculin.  Sur 
les  inslrumetis  à  manche  ,  le  principal  du 
doigter  consiste  dans  les  différentes  positions 
de  la  main. 

DOIGTIEK.  3.  m.  Ce  qui  sert  à  couvrir  un 
doigt,  t/ndotqtierdecutr.  Undoigtierde  linge. 

DOL 

DOL.  s.  masc.  Vieux  mot  qui  n'est  plus  en 
usage  qu  au  Palais.  U  si.^nifiî  Tromperie  , 
fraude.  Sans  dol  ni  frauda.  Il  y  a  eu  dol  dans 
le  contrat 

DOLKANCK.  s.  f.  Plainte.  Son  principal 
usage  est  au  plurie!,  et  il  n'est  plus  que  du 
style  faniilier.  Faire  ses  doléances.  Conter  ses 
dolé.inces.  De  grandes  doléances. 

On  opp-:Ioit  autrefois  Doléances  ,  Les  de- 
mandes ou  représentations  contenues  dans  le^^ 
cahiers  des  Etats  (iénéraux  oti  |*roviMci  lux, 
pour  demander  le  redressement  de  quelque 
grief,  l.i  diminution  ou  la  suppression  d'an 
iuipjt ,  etc. 

DOLEMMENT.  adv.  D'une  manière  do- 
lente. Il  parloit  dolemment.  Il  est  familier. 

DOLE.NT,  ENTE.  adj.  Triste. omij;c,plniu- 
lif.  Il  fait  U  dolent.  Il  est  si  dolent.  Un  visage 
dolent.  Une  mine  dolente.  Un  ton  dolent.  Une 
voie  dolente.  Il  te  dit  phis  ordinairement  en 
Ti!'_isanlÇTie, 


DOM  439 

DOLER.  v.  a.  Terme  d'An.  Kt-akr.nplj- 
nlr,  rendre  luiie  la  super&cie  d'un  morce.-iu  de 
bois.  Il  faut  doler  ces  planches.  Ces  planches 
n'ont  pas  été  bien  dulées. 

DolÉ,  ék.  participe. 

DOLIMAN.  s.  m.  Habit  Turc  en  usage  ait 
Théâtre. 

DOLOIRE.  s.  f.  Instrument  de  Tonnelier, 
qui  sert  ù  unir  le  bois.  Egaler  le  bois  avec  une 
doloue.  C'est  aussi  Une  pièce  du  Blason. 

DOM 

DOM,  ou  DON.  Titre  d'honneur  qui  vient 
ilu  Latin  Dominas.  Il  n'est  d'usiif^e en  François 
ijiie  pour  certains  Ordres  Reli;^ieux,  et  on  l'é- 
Eiit  alors  par  un  m,  conformément  à  l'^lymolo- 
i^ie.  Ce  titre  se  Hnnne  eu  Espagne  aux  séculiers, 
il  n'étoit  autrefois  en  usage  que  pour  la  haute 
Noblesse.  Il  est  devenu  presque  aussi  commua 
que  celui  de  Monsieur  en  France.  11  se  joint 
toujours  aux  noms  de  baptême  Espagnols,  et 
jamais  aux  noms  de  famille.  On  dit.  Don  Juan 
de  Tolède,  Don  Luis  de  Haro;  aru  lieu  que 
nous  disons  en  François ,  Dom  MabUlon ,  Dom 
Calmet.  Les  Espagnols  écrivent  toujotirs  Don 
par  un  n.  LesPortugab  au  contraire,  l'écrivent 
avec  un  m  y  moins  pour  conserver  l'étymologie, 
[jue  parce  qu'aucun  mot  Portugais  ne  se  ter- 
ruine  par  un  n.  Ce  titre  ne  s'est  pas  encore  avili 
en  Portugal.  Il  y  est  beaucoup  moins  commun 
i]u*en  Espagne. 

DOMAI>'E.  subst.  m.  Bien,  fonds,  héritage. 
Cela  e.^t  du  domaine  d'un  tel.  Voilà  où  fnit 
son  domaine.  Celui  qui  paye  U  cens  au  5ei- 
gjieur  de  la  terre,  a  le  domaine  utile  :  et  le  Ssî- 
gneur  à  qui  on  paye  le  cens,  a  le  domaine 
direct.  Domaine  du  Roi.  Domaine  de  la  Cou- 
ronne. 

On  dit  absolument.  Le  Domaine^  pour  dire. 
Le  Domaine  du  Roi,  le  Domaine  de  la  Cou- 
ronne. Heceveur  du  Domaine.  La  Chambre  du 
Domaine.  Cela  a  été  réuni  au  Domaine.  Le 
Domaine  est  inaliénable.  Fermier  du  Domaine. 

DOMAMAL,  ALE,  adject.  Qui  est  du  Do- 
maine. Biens  domaniaux.  Droit  domanial. 
Rentes  domaniales. 

DOMIC.  s.  m.  Ouvrage  d'Architecture  élevé 
rnrond,  en  forme  découpe  renversée,  an-dessus 
d'un  éiiifice.  Le  dôme  d'une  Eglise.  Le  dâmeda 
Val-de-Gràce.  Le  dôme  des  Invalides.  Ce  pa- 
villon est  fait  en  dôme. 

DOMKRIE.  9.  f.  'litre  que  prennent  (jnel- 
ijucs  abbayes,  qui  sont  ouquictoicntdes  espèces 
d'Hôpitaux. 

no.MESTIClTÉ.  s.  f.  r:iai  de  domestique. 
Ce  téowin  n'a  pas  été  reçu  à  déposer  en  favatr 
de  son  maître,  à  cause  de  la  domesticité. 

DOMESTIQUE,  a.ii.  des  2  genres.  Qui  est 
de  ÎA  maison,  qui  appotiienl  à  la  maison.  Ser- 
vitew  domestique.  Les  ajjiiiies  domestiques. 
Les  Dieux  domestiques. 

Il  se  prend  subslantivemenrt  pour  Les  servi- 
teurs de  la  maison.  Mon  domestique.  Mes  do- 
mestiques. Vous  devez  répondra  de  vos  domes'- 
iiques. 

Il  s'emploie  aussi  au  féminin ,  pour  désigi^E 


44o  D  O  M 

Une  servante.  J'ai  envoyé  ma  iomcstijue  au 
marché.  Hfi  une ilomesliqne  inteUiijcnteel  fidèle. 

Il  se  prend  aussi  C)l!ectivemci:l  pour  ïous 

•  les  Serviteurs  d'une  maison.  lia  chantjé  tout  son 

Aomestirjue.  Ha  un  nombreux  ilomestiijue.  M  or. 

Jomeslii/iiC  sd  réduit  à  un  vuit  et  «ne  servante. 

11  se  prend  nussi  pour  l.'iiilcrieur  de  la 
maison.  Je  ne  veux  point  iju'm  se  mêle  de  mon 
domesliriue.  Je  ne  i'eu.v  pas  qu'on  sache  ce 
<jiii  se  l'ait  dans  mon  doiiicstiijue,  c'est-A-dire ,  Ce 
qui  se  passe  chez  moi.  H  aime  son  domc^tiijue. 

Do.MESTiQiE,  est quelquofoisoiipo.se  il  ICtran- 
c«r.  Guerres  dumeatique^.  Exemple  dunieslitiue. 
Chxqriu  domestique. 

Il  se  dit  Mussi  Des  adiiii.nux  privés  qui  df- 
meuient  dans  les  miiisons.  /,e  chien  est  un 
antm-tl  dumcstique. 

DO,Ml.t.TiyUi:MENT.  adv.  À.  l.i  nianièn 
d'uu  douiestique.  il  est  al((ic/ié(Joniesti(jucnicM( 
ii  u»  tel  Seigneur. 

Il  sif;nilio  iJiissi,  Faniiliérement.  7/  vit  do- 
mestiijuemcnl  avec  nous. 

VOillCUAi..  s.  II).  H  se  (lit  Do  la  maison, 
du  lieu  qu'une  personne  a  clioîsi  pour  son  ha- 
bitation oïdin.iire.  Election  de  domicile.  Siqntfiè 
à  sa  personne  en  son  domicile.  Siquifié  à  do- 
micile. Il  a  êtahli  son  domicile  à  Paris.  C'est 
un  homme  sans  domicile.. 

DOMICILIKR,  SE  DOMICILIER,  verb. 
WSflcchi.  Terme  de  Prjtiquc.  S'habituer.  Il  n'est 
fjuère  d'usage  que  dans  les  temps  formés  du 
participe.  /(  s'est  domicilié  en  cette  Ville.  Il  est 
<Iojnici/ii',  pour  dire.  Il  a  iinn  doineure  certaine. 

DOMiciLUÈ,  ÉE.  participe. 

DOMINANT,  ANÏK.  adject.  Çui  domine. 
Psssion  dominante.  Humeur  dominante.  Goiil 
dominant. 

On  dit  Cgurém,  qu'il  y  a  dans  un  ouvrait 
une  idée  dominante  à  laquelle  tout  est  subor- 
donné. Cet  homme  est  obsédé  d'une  idée  domi- 
nante qu'il  ramène  à  tutU. 

On  appelle  Fief  dominant,  Seiqneur domi- 
nant, l.e  riefet  le  ."-eisneur  de  qui  relève  un 
aune  Fief  ou  un  autre  Seigneur. 

DOMINAUrE.s.f.  Terme  de  Musique. C'est 
la  note  qui  fait  la  quinte  au-dessus  de  la  note 
tonique  ou  fondamentale.  Dans  le  mode  d'ut, 
soi  e.U  la  dominante. 

El  oa  appelle  Soits-dominantc,  La  note  qui 
fait  la  quarte  au-dessus  de  la  tonique.  Dans  le 
jnot  d'ut,  fa  est  la  sous-dominante. 

DOMINAI  KUJi.  s.  m.  Qui  domine,  qui  n 
autorité  et  puissance  souveraine.  Insolent  do- 
minateur. Dominateur  de  l'univers.  U  m:  s'em- 
ploie fiuère  f|xie  dans  le  stjle  soutenu. 

DOMINATION,  s.  fém.  Pui.ssance,  empire, 
autorité  souveraine.  Oominalion  tyrannique. 
injuste.  Vivre  sous  la  domination  du  Turc, 
l'surper  la  domination,  htendre  sa  domination, 
il  n'y  a  jamais  eu  de  dontinution  plus  dure, 
plus  douce  que  celle  de.,.. 

DoMisATiOK.  en  lan^.ige  mystique,  est  un 
des  Ordres  de  la  Iliérarcliie  des  Anges.  Puis- 
•:mcci.  Trônes,  Dominations. 

UtjMlMCK.v.  n.  Commander,  avoir  autorité 
et  puissiiHce   absolue   sur   quelque    ehos^.   il 


D  O  M 

domine  sur  toute  l'f.qypte.  Dominer  sur  lo 
mers.  Il  aime  à  ilominer,  il  veut  toujours  do- 
miner. 

Il  se  dit  fijrurément  Do.  ce  qui  parnît  le  plus 
parmi  plusieurs  choses,  de  ce  qui  se  fait  le  plus 
remarquer,  de  ce  qui  est  le  plas  fort.  Cette  fi- 
gure domine  dans  ce  tableau.  L'incarnat  do- 
mine dans  cette  étofJ}\  Le  poivre  domine  tinn.i 
cette  sauce.  Im  bile  àoinine  dans  son  tctnpc'ru 
ment. 

ïl  se  dit  figurémcint  Des  lieux  e'ievcs  d'or. 
'on  découvre  une  grainîe  étendue  de  pays.  Ce. 
c/kj'IciUI,  cette  tour  aonunt  scr  touts  la  j-iiii.^ 

l\  se  dit  au&si  Des  lieux  qui  en  titrnncnt 
d'auU'cs  en  sujétion.  La  Cituddlc  domine  sur 
■a  Ville. 

Ou  dit  aussi  figurciu.  i^t,  Il  faut  (pie  la  rai- 
son dornfie  sur  les  passit  is  ,  domine  dam 
toutes  nos  actions.^  pour  dire,  que  La  raison 
doit  être  la  maîtresse,  et  régler  nos  passions  et 
nos  actions. 

Il  s'emploie  aussi  activement.  Cette  mon- 
hi'jne  domine  la  Ville.  Il  faut  tjue  la  raison  do- 
mine les  passions, 

HoMiNii,  KE.  participe. 

DOMiMCAlJX,  AINE.  s.  Religieux  et  Reli- 
{;ieuse  de  l'ordre  de  Saint  Doniinî(|ne. 

DOMI>'lCAL,  ALI-:,  adj.  Qui  appartient  au 
Scif^neur.  L^Oraison  Dominicale ,  (Test  lu  Pa- 
tfr,  Prière  que  Notre -Seigneur  enseign.i  à  ses 
«)isciples. 

On  appelle  Lettre  Dominicale^  La  lettre 
;ni  nianiue  d-ms  le  (Calendrier  le  jour  du  Sci- 
niciir,  c'est  ù-dire ,  l.c  Dimanche.  Le  Cycle 
des  lettres  dominicales  est  de  vincjt-huit  ans. 

On  dit.  Prêcher  la  Dominicale.,  l'rêchci' 
les  Dominicales^  en  parlant  d'Un  Prédicateur 
ijui  prêche  les  Sermons  des  Dimanches  dans 
ttuc  Église. 

DOMINO,  s.  m.  On  appelle  ainsi  Le  camail 
noie  que  les  Kcclcsiastiques  portent  pendant 
l'hiver.  Les  Prêtres  ont  (Quitté  leur  domino. 

.  On  appelle  Domino  ,  Uue  sorte  d'hahit  de 
Ii:il.  Domino  de  tafjitas  bleu. 

On  donne  aus<;i  ce  nom  à  un  jeu  qui  se  jono 
avec  des  espt-ces  de  dés  d'ivoire  on  tl'os  ,  où 
les  points  ne  tont  marqués  que  sur  unj  des 

Î'^KCS. 

DOMINOTKHIE.  s.  f.  Marchandise  de  pa- 
pier marbré,  et  autres  papiers  colores. 

OOMIXOTILK.  s.  m.  M.irchand  de  Domi- 
noterie  et  Est-impes. 

DOMMAGE.  5.  m.  Perte,  détriment,  préju- 
dice. Grand.,  notable  dommage.  Causer  du 
dommafje.  Cela  me  porte  dommage.  Cela  lui 
fait  dommage  de  cent  mille  francs.  Faire  du 
dommaifc.  Recevoir  du  dommage.  Eprouver  un 
qrand  dommage.  Réparer  un  dommage. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Dépens,  doni- 
m.a(jes  et  intérêts. 

On  dit  absolnm'-nt,  C'est  dommage j  c'est 

(jrand  donimanc.  cV's(  bwn  dommage ,,  c'eut  un 

grand  doninmjc,  pour  dire,  (iVst  une  chose 

ijclieuse  ,  c'est  nu  grand  m-dhiur,  c'est  une 

.  grande  perte. 

i'n  dit  aussi  pai  ir>r.îc,  et  comme  pji  «•'i* 


DON 

espèce  de  défi,  C'est  dommage  ou'il  ne  fasse 
cela,  c'est  dommage  qu'il  ne  se  joue  à  moi, 
pour  dire,  S'il  osoit  se  jouer  à  moi,  s'il  oîoil 
faire  cela ,  il  s'en  repentiroit 

DOMMAGEABLE,  adj.  des  a  genres.  Oui 
ipporte  du  dommage.  Dommageable  eu  pu- 
blic. Cette  entreprise  lui  a  été  fort  dommageable. 

DOMPTABLE,  ad),  des  2  genres.  (On  ne 
fait  plus  sentir  le  P  dans  la  prononciation, 
l'iusieurs  même  écrivent  nuiourd'liui"  Dvmta- 
blc.)  Qu'on  peut  dompter,  (ju'on  peut  adoucir. 
L'adresse  renddomptahlci:  les  animaux  les  pliu 
liiruurlies.  Ce  cheval  est  domptable  présente- 
ment. .Son  plus  grand  usaf^c  est  avec  la  néga- 
tive. Ce  cheval  n'e^it  pas  domptable.  Ce  jeune 
homme  n'est  plus  domptable. 

DOMPTElî,  ou  DO.VITER.  v.  «.Subjuguer, 
réduire  sous  son  obcissance,  vaincre,  surmon- 
ter. Dompter  une  nation.  Dompter  les  peuples. 
Hercule  dompta  /es-  monstres. 

On  le  dit  aussi  Des  animaux,  et  il  signifie, 
Les  assujettir,  fcur  faire  perdre  leur  férocité. 
Dompter  un  cheval^  un  taureau. 

On  dit  figurémenl ,  Dompter  ses  passions, 
dompter  sa  colère,  son  courage. 

Dompté,  ou  do.mté,  ée.  participe. 

DOMPTEUR  ,  ou  DOMTEUR.  s.  m.  Qui 
dompte.  On  appelle  Hercule,  Le  dompteur  des 
monstres.  Dompteur  des  nations.  Il  ne  se  dit 
point  absolument. 

DO.MPTE-  VENIN ,  ou  ASCLÉPIAS.  •.  m. 
Plante  ainsi  nommée ,  parce  qu'on  la  regarde 
rnuime  un  i>rrserv:ilif  contre  le  venin.  Eïlc  '  t 
sudorifique,  et  on  lui  attribue  plusieurs  antr« 
vertus. 

DON 

DON.  s.  m.  Présent ,  gratification  qu'on  fait 
à  quelqu'un.  Faire  un  don  a  quelqu'un.  Lui 
faire  don  de  quelque  chose.  Donner  en  pur 
don.  Je  n'ai  pas  acheté  ce  livre,  c'est  un  don 
de  l'Auteur.  Don  irrévocable. 

On  appelle  Don  mutuel,  La  donation  mi>- 
luelle  que  se  font  le  mari  et  la  femme  de  l'usu- 
fruit de  leur  bien,  dont  le  survivant  doit  jouir. 

On  appelle  Don  du  Roi,  Certaines  gr.ice» 
utiles  que  le  Prince  accorde.  Il  a  eu  l'avis  de 
cette  aubaine,  et  il  en  a  demandé  le  don  au  Roi, 
il  en  a  obtenu  le  don  du  l!oi.  Il  en  a  le  don. 
Enregistrer  un  don. 

On  appelle  aussi  Don  gratuit ,  le  don  que 
les  AsseuiWées  du  Clergé,  ou  les  Etats  des  Pro- 
vinces, font  au  Koi. 

Ou  dit  proverUalcment ,  qu  il  n'y  a  point 
de  plus  bel  acquêt  que  le  don. 

Ou  appelle  Dons  du  Ciel,  Dons  de  la  na- 
ture. Dons  de  la  grâce,  Dons  de  Dieu,  Dons 
du  Saint-Esprit,  Les  avantages  qu'on  a  refus 
de  Dieu,  de  la  nature,  etc.  Le  Ciel,  lu  nature 
l'a  doué,  l'a  enrichi  de  ses  dons.  Les  dons  de  la 
qrâce  sont  infiniment  plus  estimables  que  les 
dons  de  la  nature.  La  Foi  est  un  don  de  Dieu, 
un  don  du  Ciel  Le  don  ij  Langues.  Le  don  de . 
vropliétie.  C'e.-^l  un  beau  dos  rie  nnlure,  i/u'une 
lienritusc  mémoire. 

On  appelle  aussi  Don,  Une  certaine  apti- 


DON 

3i\de  cpion  a  i  quelque  ciiosf.  //  c.  h  don  (te 
hieri  yttrler.  Le  àon  de  lu  parole.  Le  don  de  Ve- 
hqueuce.  Il  a  h-  don  de  plaire  à  tout  le  vionde. 
Je  n*ai  pas  le  don  de  deviner. 

On  (lil  en  plaisantant,  qu'Une  femme  a  h 
'don  des  larmes,  pour  Jire,  cju'lillc  pleure 
quand  elle  vaut. 

On  dit  aussi  par  ironie,  Il  a  le  don  de  dé- 
plaire, le  don  de  se  faire  halvde  tout  le  monde. 
DON.  Voyez  Dom. 

DONATAlKi:.  suhst.  des  2  genres.  Celui  ou 
celle  à  qui  on  n  fait  une  donation. 

nO-NATI'-Vn  ,  TRICE.  &  Celui  on  ccHe  qui 
a  'ai:  une  donation. 

PONATH^N.  s.  f.  Don  qui  se  fait  p.ir  quel- 
que octc  public.  Donation  entre-vifs.  Donation 
à  cause  de  mort.  Donation  pure  et  simple.  Do- 
nation conditwnnAle.  Donation  irrc^ocahle. 
'Faire  une  donation.  /ît'foqaer  une  donation. 
Casser  une  donation.  Accepter^  itisinucr  une 
donation. 

DONC.  Conjonction  qui  sert  i  marqnei  /a 
conclusion  d'un  raisonnement.  Il  respire  j  donc 
il  vit.  Je  pense  ^  donc  je  suis. 

On  s'en  sert  quelquefois  au  commencement 
(lu  Jiscourfi,  par  une  (îgtu-e  de  Rhétorique. 
,  ,        «  ». 

Dire  un   auuvCAii  Ubeur  a  tei  armei  s  apprcte. 

DONDOX.  s.  f.  On  appelle  ainsi  familière- 
Tnenl  Une  femme  ou  une  fille  qui  a  beaucoup 
</'«n)))onpnint,  et  de  la  fraiclieur.  ^'ue  grosse 
iloni/ofi.  i' ne  bonne  qrosse  donàon. 

nONJON.  s.  mnsr.  Parlie  la  plus  (Iiile  et  l.i 
plus  élcv&;  d'un  Château,  et  ijui  est  orcliuaire- 
imnt  en  fjrnie  de  tour.  1-e  donjon  de  Vin- 
cennes  ,' 

DOSJOSNÉ,  ÉE.  adj.  Terme  de  lilason.  Il 
te  dit  Des  tours  ou  châteaux  qui  ont  d'  s  tou 
relies. 

DONNANT,  ANTE.  adj.  Qui  aime  "i  don- 
ner. Son  plus  grand  usage  est  avec  la  négative 
71  n'est  pas  donnant.  La  bonne /êmnie  n'est  pas 
donnante. 

E»  DoicsAST  DossAST.  Expression familière, 
qui  s'emploie  lorsqu'on  ne  veut  donner  une 
cliose  qu'i  n  rrcerant  une  autre  chose. 

DDNNK.  s.  f.  Action  de  distribuer  les  c.irles 
au  jeu.  Il  ne  faut  pas  crMinger  sa  donne.  Perdre 
ta  lionne. 

DtJNNF.R.  V.  a.  Faire  don,  faire  jinSsenl  îi 
quelqu  un  ,  le  gr.itifier  de  quelque  clio.se.  Don- 
ner lilïéralemeut.  C'eft  un  hoinnc  qui  donne 
tout  ce  au'U  a.  Il  donne  tout  son  bien  au.z 
pauvres.  Donner  qucLiue  chose  pour  étrennes. 
Donner  Us  ctrennes.  Donner  une  bague.,  des 
rutiini,  etc.  Dotiner  un  liéncpce.  Le  Roi  lui  a 
flunri^  une  pension. 

Ou  dit,  Donner  l'aumône,  pour  dire,  Don- 
ner d''  l'argeut  ou  quelque  autre  chose  par  au- 
mône, ptr  chvilc. 

Ondt,  Donner  un  festin,  une  fcte,  une 
toUtttion,  donner  le  t>al.  pn  ir  dire,  Régaler 
quelqu'un  d'un  festin,  d'un  bal,  dune  Jîtc, 
ric.  Oa  dit  dans  le  niènie  sens:  Donner  à  dîner. 
Doni  «f  ô  manger.  Donner  à  souper.  Donnet 
Ij  connle. 

Tome  l. 


DON 

Or?  yit  nrovcrbialenient,  On  ne  donne  rien 
pour  rien. 

On  dit,  qu'(/n  homme  donneroit  sa  vie, 
son  sanij  pow  ses  amis,  pour  dire,  qu'il  sacri- 
fieroit  sa  vie,  qu'il  rcpf>ndroit  son  sang  pour 
iamour  d'eux. 

On  dit  familirremeut  d'Un  liommc  extrême- 
ment libéral  et  cliaritablcj  qu7l  donneroit  jus- 
ou'à  sa  chemise. 

On  dit  proveibialemoat ,  À  donner  donner  ^ 
à  vendie  vendre^  pour  dire,  que  (^uand  on 
vc'id.  il  n  est  point  question  d'user  de  libira- 
"'.té;  et  que  quand  on  d^nne,  il  ne  faut  point 
faire  aciieler  ce  qu'on  donne. 

On  dit  au.ssl  prov?rVialenient ,  ^ui  liànne 
ti'tj  donne  deux  fois,  pour  dire,  que  Ix  méiitt 
d  une  grûce  redouble^  quand  on  la  tait  promp- 
te me  ut. 

On  dit  provcrbialemenî. ,  T'ous  avez  donné 
des.va'ges  pour  vous  fou-zUery  pour  dire,  Vous 
avci  fourni  vous-même  les  moyens  de  vous 
aire  du  mal. 

Donner  ei  retenir  ne  vaut.  Termes  de  Cou 
tume,  pour  dire,  que  Celui  qui  fait  une  dona- 
tion ne  p:ut  pas, sous  jx^ine  de  nullité,  ajouter 
nue  clause  qui  en  delmise  l'efiTct.  Cela  a  passi- 
en  proverbe,  pour  dire,  qu'On  ne  peut  retenir 
ce  que  l'on  donne. 

Ou  dii,  5e  donner  ù  fyufb^ît'un,  pour  dire, 
Se  mettre,  s'altaclier  au  service  de  quelqu'un. 
Il  s  est  donné  à  un  tel  ^eiijneur. 

Se  donner  à  quclu'un,  signifie  aussi,  Se 
mettre  sous  sn  domination  Ces  peuple^  se  don 
nèrent  anx  Romains.  Les  Génois  se  donnèrent 
à  Charle<  iV. 

l>n  dit  tl'LInr  rbose  facile  à  fiire ,  aisée  A  de- 
viner. qu7!  ne  faut  pas  se  donner  au  diable 
pour  la  faire,  pour  la  deviner. 

(îndit  proverbial,  et  bassoraent  d'Une  cliose 
où  l'onespîîre  avoir  part,qu'Ofi  n^en  donneroit 
pas  sa  part  aiux  chiens. 

Donner,  signifie  encore  simplement  Livrer, 
mettre  entre  les  mains.  Donner  wnptujitet.  Don- 
ner des  lettres.  Donner  des  papiers  à  un  Jiomnie 
d'affaires.  Donner  un  sac  à  un  Procureur. 
Donner  de  Varqent  pour  aller  au  marché.  Don- 
ner en  dépôt.  Donner  en  garde.  Donner  des 
marchandises  à  crédit j  à  intérêt. 

On  dit,  Donner  une  f?i05c  à  Vessai,  à  Té- 
prcHve ,  pour  dire ,  La  donner  à  quelqu'un  pour 
qu'il  l'essaie,  qu'il  l'éprouve  avant  que  de  l'a- 
clieter.  On  mVi  donné  ce  cheval  à  l'essai.  On  m' a 
donné  cette  montre  à  t'epreuve. 

Ou  dit.  Donner  sa  lille  en  marirge  à  quel 
(ju'uu  ;  et  simplement.  Donner  sa  ftllc  à  qucl- 
qii'iin ,  pour  dire ,  La  mai  ier. 

On  dit  nu  jeu  drs  cartes,  Donner  beau  jeu, 
donner  vtlain  jeu, pour  dire,  Donner  des  cartes 
propres  h  faire  gagner, À  faire  perdre;  et  on  dil 
absolument,  Donner^  pour  dire,  Donner  le 
nomiu-c  de  r-ulcs  qu'il  faut^crux  avec  qui  l'on 
joue,  et  à  soi-ra^'uic.  A  qui  est-ce  à  donner  ?  Je 
vien^  de  faire,  c'est  à  vous  à  donner. 

On  dit  figurément.  Donner  beau  jeu  à  quel- 
qu'un ,  pour  dir',  Lui  foire  des  avances,  lui 
ufirir  des  fdcilil'Js  pou'    réussir  dans   quelque 


DON 


54» 


cboàe.  Cette  f-r.imc  lui  donnait  hcau  jeu  ^  il  n'a 
pas  su  en  profiler. 

On  dit  aussi  :  Donner  des  assurances,  des 
gages,  des  siîrcïc's.  Donner  des  otages.  Donner 
caution.  Donner  un  répondant. 

Donner,  se  prend  aussi  quelquefois  pour, 
Apporter,  présenter.  Donner  à  lavei:  Donner 
à  hoire.  Donnez-nous  à  nianqer.  Donnez  des 
sièges.  Donnez-  moi  des  hahits.  Donner  un 
bouillon. 

Il  signifie  encore  Payer.  Je  n'en  veux  pas 
donner  plus  de  dix  écas.  Combien  voulez-vous 
que  je  vous  en  donne?  Combien  donnez-vont 
à  t'os  ^CTis  par  jour?  Combien  leur  donnez- 
vous  de  gages,  pour  leurs  gages?  Donner  des 
appointemens. 

Il  si^iifie  encore,  Causer,  procurer,  faire 
avoir.  Cela  lui  a  donné  la  fièvre ^  lui  a  donné 
de  qrandes  douleurs.  Donner  du  chagrin,  du 
dépit.  Donner  du  plaisir.,  de  la  satisfaction ,  de 
la  joie.  C'est  moi  qui  lui  en  ai  donné  la  con- 
uoissflnce.  Donner  de  l'admiration.,  de  la  jalou- 
•iie,  de  rémululion.  Donner  de  l'amour,  de  /\i- 
version,  de  la  haine,  de  la  dévotion.  Cela  hiî 
donna  envie  d'étudier.  Ce  vent  nous  dori/;era 
de  la  pluie.  Dotmet  de  l'appétit,  du  dégoût. 
Donner  des  espérances.  Donner  occasion.  Don- 
ner sujet.  Donner  lieu.  Donner  matière  de 
discourir,  à  discourir.  Donner  bonne  opmiou 
de  soi.  Donner  de  bonnes  impressions.  Cela  lui 
a  donné  de  Ve.prit,  Cela  donna  du  cœur,  du 
courage  aux  troupes.  Donner  une  mauvnife 
idée,  une  fau^';e  idée  de  queUpic  chose.  Cet*i 
affaire  lui  a  donné  bien  de  la  peine.  Je  vous 
demande  pardon  si  je  vous  ai  donné  la  petne, 
la  fatigue  de  venir.  Donner  de  la  j-éputation , 
du  crédit.  Cela  lui  donnera  des  afjliires,  de  fd- 
cheu^es  affaires.  Donner  une  bonne  forme  an 
gouvernement.  Donner  part  à  quelqu'un  dans 
une  affaire  d'intérêt.  Donner  de  V occupation , 
de  l'exercice,  di  la  besogne  à  quelqu'un.  Lui 
donner  de  la  hardiesse,  de  l'assurance.  Don- 
ner prise  sur  sot.  Donner  la  ^ne,  la  naissance ^ 
la  mort.  Donner  place.  Sa  charge  lui  donne 
rang,  lui  donne  séance,  lui  donne  voix  délt- 
hérative. 

On  dit,  Donner  cours  à  quelque  chose,  à 
une  nouvelle,  à  une  opinion,  pour  dire,  La  di- 
vulguer, la  faire  courir. 

On  dit ,  Donner  un  bon  lonr  à  quelque  chose, 
pour  dire,  L'exprimer,  l'expliquer  beureusc- 
mcnt,  l'eY^oser  de  manière  qu'elle  soit  reçue 
r.ivorablement. 

On  dit,  Donner  de  la  pente  à  un  terrainy 
pour  dire,  Faire  eu  sorte  qu'il  ait  une  certaine 
pente. 

On  dit,  Donner  le  branle  à  une  afVaire, 
pour  dire,  Mettre  une  aflairc  en  mouvement, 
la  Caire  commencer. 

On  dil  aussi,  Donner  jour  à  une  affaire, 
pour  dire ,  Faire  nailrc  l'idée  ou  l'nccasioti 
d'une  nffaire,  d'ime  entreprise;  et  Donner  du 
jour  à  une  affaire,  pour  dire,  Exlaircir  ce 
qu'il  y  a  d"ol»sctir,  la  ilvbrouiller. 

On  dit  fij^urên.eut,  Donner  la  vie,  potu 
dire.  Causer  une  icnsibte  joie  qu'on  n'uticii- 

5G 


443  R  O  N 

doit   poiiit;   et   Doiiiicr   (.1    iiioil,  pour  dire,  J 
Diiiser  un  extrême  déplaisir.  Celle  loii'ie  nou- 
velle lui  donueru  la  vie.  JVe  lui  parlez  pas  ih 
cela t  vowi  lui  donneriez  la  mort. 

DossEK,  signifie  aussi,  Accorder,  cctroycr. 
Donner  permisi^ion.  Donner  congé.  Il  ne  sau- 
roil  vous  payer ,  si  vous  ne  lui  donne:,  da  temps. 
donner  du  délai.  Donner  du  répit.  Donner 
terme.  Donner  mainlevée.  Donnez-moi  (jiiel- 
que  relâche.  Donnez-moi  seulement  le  loisii: 
Donnezr-lui  un  peu  de  repos.  Donner  la  vie  à 
son  ennemi.  Le  Itoi  a  donné  grâce  ù  ce  crimi- 
nel, lui  a  donné  sa  grâce.  Donnez  cela  à  mon 
ressentiment,  à  ma  douleur.  Je  vous  donne  lu 
liberté  de  faire  ce  q'ie  vous  voudrez.  Je  vous 
donne  h  liberté  du  choix,  ou  je  vous  en  donne 
le  choir.  Je  vous  donne  à  choisir  des  deux. 
ou  siiuplenicnl.  Je  vous  donne  ù  choisir.  C'est 
un  homme  qui  donne  beaucoup  à  son  plaii^ir . 
il  donne  tout  à  son  plaisir,  ou  absolument,  H 
donne  à  son  plaisir.  C'est  un  Juge  incorrup- 
tible, il  ne  donne  rien  aux  scllicitatious ,  à  la 
faveur.  Je  lui  donne  ma  l'oûc.  Je  lui  donne 
mon  suffrage.  Je  voua  donne  nmn  de  cau^e ,  ou 
Je  vous  donne  gagné. 

Il  signilic  aus^i  Altribuer.  A  qui  en  donne- 
t-on  la  faute?  Tout  le  monde  lui  donne  le  tort. 
.i  gui  donnc-t-on  cet  ouvrage?  On  lui  eu 
donne  tout  le  blâme,  tout  Vhunneur,  toute  la 
i^loirc. 

On  dit,  Quel  âge  donnez-vous  à  celle  femme? 
Jiour  dire ,  Qiicl  ."ige  croyez-vous  qu'elle  ait? 
On  '.'•  lui  donneroit  pzs  plus  de  trente  ans. 
.  71  se  prend  ericore  en  piesi;  urs  auues  sens 
difflrcns,  qui  ont  si  peu  de  rapport  les  uns 
aux  outres,  «luil  faut  les  expliquer  séparcmcni. 
Ainsi  on  dit.  Donner  un  coup  de  poing,  un 
souijiet.  UJI  coup  de  bâton,  un  coup  de  pied, 
pour  dire,  Trapier. 

On  dit,  Donner  un  démeriti ,  pour  dire.  Dé- 
mentir quelqu'un. 

Donner  Ve.Tclusion ,  donner  Vab'.(dution  . 
donner  la  bénédiction,  pour  diie,  Exclure, 
absoudre ,  béuir. 

Donner  avis,  donner  part'de  guclijue  chose 
C'est  avertir,  il  m'en  a  donné  la  niuvelle. 

Donner  des  louanges,  pour  Louer.  On  di 
aussi  dans  ce  même  .sens,  Donner  de  i'enceîi.s 

Donner  des  preuves,  des  marques  ,  C'esi 
faire  counoitrc  par  les  cfT.  Is.  Tl  a  donné  de 
preuves  de  Si^n  courage,  des  maïques  de  sa  fdé 
Uté. 

Donner  assurance,  C'est  tssurcr. 

Donner  croyance.  C'est  ajouter  fui. 

Donner  un  livre,  un  oi^rage  au  publ'.c 
C'est  le  rendre  public,  le  faire  impiimer. 

Donner  le  nom  à  un  enfant,  C'est  le  (enii 
sur  les  fonts. 

Donner  parole,  donner  sa  parole,  C'<  si 
prometîrc,  cng-iger  sa  for.  Il  ne  faut  pas  donner 
des  paroles,  si  oit  ne  les  veut  tenir.  Pour  des 
paroles,  il  lions  en  dcnnera  assez. 

I  onner  ordre  à  quelque  chose.  C'est  y  poiu'- 
vtir. 

Donner  con;ciI  ,  doniicr  des  conseils  ,  de> 
dfii,  C'est  conseiller  ;  et,  Donner  ioii  cuiKci', 


DON 

son  avis  par  écrit ,  C'est  rédiger  par  écrit  son 
conseil ,  son  avis. 

Donner  la  loi,  C'est  imposer  la  loi,  com- 
manilor.  Donner  le  ton  y  soit  au  propre,  soit 
au  fiï^urc.  Voyez  Ton. 

Donner  exemple,  donner  l'exemple.  Être  le 
prciîiif  r  h.  faire  nuclriue  chose  que  d'jutres  font 
ensuite;  et  il  se  dit  en  bien  et  en  ni;il. 

Donner  bon  exemple ^  C'est  avoir  une  cou- 
diii^e  exemplaire.     - 

Donner  un  Arrêt,  une  Sentence,  C'est  ren- 
dre un  Avrôt,  une  Sentence,  les  f;dre,  les  pro- 
noncer. 

Donner  ila  homes  à  ses  désirs,  à  son  ambi- 
tion ,  C'est  borner  son  ainbilion  ,  ses  désirs. 

Donner  classe,  donner  la  chasse,  C'est 
poursuivre.  Donner  chasse  à  un  vaisseau. 
Dofincr  la   chasse   &ux   dinemis. 

Donner  une  cassade,  des  cassade'i,  C'est 
faiifi  accroire  queiqu'j  close  de  faux.  Il  est  fa- 
milier. 

D(*iner  une  haie.,  des  tnics, C'est  faire  croire 
j  fjucltju'un  une  cliose  absiu'dc  pour  se  moquei 
tic  lui.  Il  est  fimilicr. 

Donner  la  main.  C'est  tendre  U  main.  Don 
nez  un  peu  vofie  main.  Donner  la  main  à  uni 
fcmhie.  C'est  lui  aider  h  inarcl;er.  Donner  la 
main,  signifie  aussi  Épouser.  Il  est  prêt  ù  lut 
donner  la  main.  Il  sigriifie  encore,  Céder  l^ 
pas,  la  place  d'Itonneur.  Donner  la  main  chei 
soi.  On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Donner  la 
porfc,  donner  le  pas. 

Donner  les  mains  à  ipiclpic  chose,  sîjjnine, 
Y  acquiescer,  y  consentir. 

Donner  jour  y  donner  I  eure ,  C'est  assigner. 
mar(^ucr  un  certain  Jour,  une  certaine  lieure 
Je  lui  ai  donné  jour  à  uusrdi.  Jl  m'a  dvnni 
heure  à  l'issue  du  dîner.  Donner  rendez -vous. 
Donner  assignation.,  C'.'St  marquer  un  cer- 
tain lieu  où  l'on  se  doit  trouver.  On  dit  aussi. 
Donner  assignation,  pour  dire,  Assigner  par 
un  exploit  à  ooniparoilrc  par-devant  le  Juge. 

Donner  le  hor.jiw,  le  bonsoir^  C'cit  sou- 
haiter le  I;onjonr>  le  Loi, soir.  Je  vous  donne  h 
^icnjonr,  le  bonsoir ,  termes  de  salulalion  fa- 
liilière. 

Le  donner  beau,  se  dît  au  jeu  do  la  Paume, 
du  Billard,  lorsqu'on  doni.c  lieu  à  celui  conti-e 
jui  l'on  Joue,  de  faire  un  beau  coup.  Je  vous 
le  donne  beau.  W  se  dit  aussi  fij^urénient  et  fa 
iiiliirement  ,  De  toutes  les  occasions  qu'on 
Innno  i  <]ue!qu*un  de  faire  facilement  quelque 
.  liose. 

(Jn  dit  aussi  quelquefois  dans  le  même  sens 
'-il  donner  belle;  inu'is  il  se  dïl  plus  ordinaire- 
ment comme  une  façon  de  pnrltr  familière, 
pai  laquelle  on  repiocbe  à  qunlpi'un  qu'il  vput 
al  user  de  noire  crédulité.  Vous  nous  la  donnez 
belle,  Vous  noua  en  \oudiîez  bien  faire  ac- 
:roirc. 

Donnrr  son  temps  ,  C'est  employer  son 
temps.  Il  donne  tout  son  tcnips  à  l'étude.  U 
donne  toute  la  ni.itniée  aux  afjaires. 

Donner  audii-.ice,  (îonMû'«!/fnlion,Kcouter 

Donner  carrière  à  un  cheval^  C'est  lui  faire 

prendre  la  carrière,  le  pousser  à  toute  bride 


DON 

dans  la  carrière.  Et  fii^urémeut.  Donner  cûiv 
rière  à  son  esprit ,  C'est  donner  l'essor  à  soa 
esprit.  On  dit  aussi  dans  le  même  sens.  Se 
dotmer  carrière  ^  se  donner  du  ho7i  temps. 

On  dit  aussi  familièrement,  Se  donner  au 
cœur  joie  de  (juclgue  chose,  s  en  donner  à  cœur 
ion;,  et  s'en  donner  tout  son  soîll^  pour  dire. 
Prendre  son  plaisir  de  quelqut  cliose  sans  au- 
îunc  retenue. 

On  dit,  Donner  de  Vair  à  une  chambre, 
pour  dire,  En  ouvrir  les  fenêtres  ou  les  portes, 
afui  que  l'air  y  entre.  On  dit  aussi  dans  le 
même  sens,  5c  donner  de  Vair.  Ouvrez  ces  (ô- 
nt'Ires,  cela  nous  donnera  de  Vaîr,  non::  don-* 
ncra  un  peu  d'air, 

i:c  donner  des  airs,  C'est  aflfecter  des  ma- 
nières au-dessus  de  son  état ,  faire  l'important.' 
Voyez  Ain. 

On  dit,  Se  donner  garde,  se  donner  de 
(jarde  de  gucUpt'un,  pour  dire,  Se  défier  de 
quelqu'un.  Se  donner  de  garde  de  faii-c  queU 
ipie  e/iose ,  C'est  s'empôcherj  s'abstenir  de  faire 
quelque  chose. 

On  dit,  En  nonnej'  à  garder,  ponr  dire, 
En  faire  accroire.  On  dit  aussi  dans  le  mâme 
sens,  mais  populairement.  En  donner  d'une. 
Il  nous  en  a  donné  d'une. 

On  dit,  Donner  à  penser ,  à  songer,  pour 
dire,  Donner  à  quelqu'un  sujet  de  penser.  Cela 
lui  (lonufl  fort  à  penser. 

On  dit.  Donner  à  entendre,  pour  dire, 
Faire  entendre,  iàire  compreiulic.  Il  lui  donna 
à  entendre  que. ... 

Donner  à  discourir,  donner  à  parlci',  pour 
dire,  Donner  sujet  de  discourir,  de  pailer;  tt 
il  se  prend  toujours  en  mauvaise  part.  Cette 
femme  donne  bien  à  parler  d'elle. 

On  dit,  Donner  ci  courre ^  donner  bien  de 
Vexercice,  pour  dire,  Susciter  des  embarras, 
des  affaires  à  quelqu'un.  Je  crains,  s'il  enti'e- 
prend  cette  ajjaire,  qu'on  ne  lui  donne  bien 
•ï  courre,  qu^un  ne  lui  donne  lien  de  Vexer- 
rue. 

On  dit.  Donner  à  connoilrc ,  pour  dire, 
Faire  connoitre  ;  et  Donner  à  deviner,  pour 
dire,  Déiier  de  deviner.  Jf  vous  le  donne  en 
vingt  fois  à  deviner.  Je  le  donne  au  plus  jin  a 
deviner. 

On  dit  au.ssi  dans  le  môme  sens,  Je  le  donne 
au  plus  I  abile  à  mieux  faire^  pour  dire,  Je 
^{•C^e  le  plus  habile  de  faire  mieux.  Voilà  un 
?onp  bien  l.enrcux,  je  vous  donne  en  dix,  en 
vintft  J  en  cent  à  en  faire  un  semblable,  ou 
4ini|dement  ,  Je  vous  le  donne  en  dix  ,  c'esl~à» 
éire.  En  ilix  coups,  en  dix  fo-s. 

On  dit  proverbialement  rt  familièrement, 
ni'O.i  donneroit  sa  tttc  à  couper^  pour  mar- 
t;ucr  qu'On  est  bien  certain  de  ce  qu'on  dji.  Je 
donnerois  ma  tête  à  couper  que..,. 

On  dit,  Se  donner  le  soin,  la  peine,  la  prt- 
ticnee,  pourdire,  Prendre  le  soin,  la  peine,  elp. 

On  dit  popuhiiienienl,  Se  donner  du  mtnu, 
pour  dire ,  Se  donner  du  bon  temps. 

On  dit.  Se  donnej'  Vhonneur,  pour  dire. 
S'attribuer  l'Iionneur;  tt  il  s'emploie  aussi  en 
plusieurs  manières  de  parler  qui  sont  toutes  de 


Do:^ 


(U)n?ifrai 


civilité   et   (le   conipliniciit.    3c   me 
VUotineikr  (le  vous  voir,  etc. 

Ou  (lit  en  icTitics  de  Clinsse,  Donne.-  le  cerf 
aiLX  chiens j  pour  dire,  Tancer  le  cerf. 

On  dit,  Donner  les  chiens  y  dans  le  nu*mc 
sens.  On  donna  les  chiens  à  propos.  On  donna 
la  vieille  meute. 

Donner  le  feu  trop  chaud^  trop  ardent  à  la 
viande,  C'est  la  faire  rôtir  à  trop  grand  feu. 

On  dit  aussi ,  Donner  le  four  trop  chaud  à 
du  imi'n,  à  de  la  pâtisserie. 

Donner  Vnlarme,  pour,  Al.iriner.  //  leur 
donna  l'alartnc  bien  chaude.  Il  se  dit  aussi  (i- 
gwrcment.  Kt  Ion  dit,  H  Ih  leur  donna  Heu 
chaude. 

Do:<Mvn,  s'emploie  aussi  tivs-smivent  dans 
un  sens  neutre,  et  signifie,  Heurter ,  fn'ppcr, 
loMchcT.Donnercontrc  un  écucil. Donner  contrv 
un  hanc  de  sahlc.  Donnery  se  donner  de  lu 
tête  contre  la  wuruille  en  lomhant. 

On  dit  fi^Miréin.  et  fainilièreni.,  Se  donna 
de  \a  tête  contre  les  murs ^  pour  dire,  Prendre 
inutilement  beaucoup  de  peine.  C^cst  se  donna 
de  la  tête  contre  Us  murSj  que  d'entreprendre 
de  le  persuader, 

Onditaussi  figurcmcnt,  Ncsavoir  où  donner 
de  la  tête,  pour  dire,  Ne  savoir  que  faire,  que 
devenir,  ne  voir  faicun  remède  à  ses  aHùirivs. 

On  dit  encore  figurcmcnt,  Donner  du  nez 
en  ferre,  pour  dire,  Manquer  son  entreprise 
V.X  ou  dit  d'un  Ne'gociiinl,  qu7/  a  donnédu  nc3 
t't  terre,  I^ur  dire,  qu'il  est  ruiné. 

Ou  dit  fnijiili  Tcm.,  Donner  sur  les  oreille*:, 
pour  dire,  Maltraiter  ,  battre.  Donna-  ne  î'épùf 
dans  le  ventre,  C'est  percer  un  homme  d'un 
coup  d'i'pre  dans  le  ventre. 

On  dit,  Donner  des  éperons  à  un  chevid . 
donner  des  deux^  pour  dire,  Appi.yer  les  dcu\ 
cpcrons  dans  le  flanc  d'un  clievul.  Donner 
d'estoc  et  de  taille.  C'est  frapper  d'estoc  et  ih 
uille. 

On  dit  aus<ii  absolument  et  simplement 
Donner j  pour  dire,  Aller  îk  la  clia;^e  ronir< 
l'ennemi.  Dès  quon  eut  entendu  le  si(jnal^  on 
donna  de  toutes  parts.  Les  troupes  donnèrent 
tête  baissée.  Ils  donnèrent  sur  les  ennemis^  et 
les  enfoncèrent. 

On  dit  fij^uremcnt,  Donner  tête  haisfée  danf 
(quelque  ajjuire,  pour  dire,  L'entreprendre  avec 
clialenr,  sans  être  retenu  par  aucune  considé- 
r.iliott 

On  dit  aussi  figurcmcnt  el  bassem.  Donner 
de  ml  et  de  tête,  pour  dire,  Employer  toulci 
tcj  forcrs,  toute  son  industrie. 

On  dit  encore,  Donner  à  toitt,  pour  dire. 
Entreprendre  indifK;remment  toutoi  choses. 
C'est  un  iiomnie  qui  ne  s'attache  ù  rien  de  pnr- 
t  culier^  ^tii  n'u  point  de  but  certain,  il  dunm 
à  tout.  Od  le  dit  au5si  d'L'n  honimcquidépens( 
en  toutes  »ortes  de  curiosités. 

Cn  dit  nussi,  'ju'Cn  homme  donne  dans  la 
luUimens,  dans  les  lahleaux ,  pour  dire,  qu'il 
fjit  dcpen>e  cn  lûtimens.  en  lal)lcaux. 

On  dit.  Donner  dans  U  libertinage^  dans  h 
crupuie^  dam  le  jeu,  etc.  jjour  rlire.  Se  livrei 
au  lilKrhnage,  ^  la  crapule,  «ugoiitdu  jeu,  ctc 


DON 

On  dît,  Donner  nu  but ,  pour  dire.  Frapper 
le  î)Ut,  toucher  le  but.  Us  (iroien(  au  blanc,  il 
n'y  en  eut  (juun  qui  donna  ou  hut. 

On  dit  figurémeut,  Donner  au  hut,  pour 
dire,  Rencontrer  juste,  trouver  la  diîlîcuUé 
d'uTie  afTaîre,  deviner  l'intention  de  quelqu'un. 

Ou  dit,  que  Le  soleil  donne  à  plomb,  poui' 
dire,  qu'il  darde  ses  rayons  à  plomb  ;  et  que 
fx  renf  donne  dans  les  voiles,  pour  dire ,  qu'il 
souflle  dins  les  voiles. 

Ou  dit  nj:;nrL'nient,  Donner  à  pleines  voiles 
dans  un  sentiment,  dans  un  parti,  ctc.  pour 
dire,  Y  citrer,  l'embrasser  avec  chaleur. 

On  dit  fij^art'iii.  etfamil. ,  Donner  encore  un 
(ovp  de  collier,  pour  dire,  Faire  un  nouvel  efliHt. 

On  dit,  que  Du  v'.n  donne  dans  la  ictc, 
pour  dire,  qu'il  entête. 

])onner  datis  une  emhnscady' ,  C'est  lombir 
dans  une  embuscade.  On  dit  dans  le  mér.iesfns: 
Donner  dans  les  ennemis.  Il  battait  la  campa- 
gne avec  cent  chcvaur ,  et  il  donna  sans  y  pen- 
ser dans  un  parti  de  cinq  c^nts  chevaux  qui 
l'enveloppèrent. 

Donner  dans  le  picc.e ,  dim  le  pan^icau,  se 
dit  Des  animaux  qui  tombent  dans  un  piège, 
daus  un  p:iimeau,  etc.,  cl  figurément  De  c;ux 
•jui  se  laissent  tromper.  //  a  donné  dans  le 
piège.  Il  a  donné  clans  le  panneau  quon  Itti  a 
tendu. 

On  dit  absolument  dans  le  même  sens,  Don 
ncr  dcdatis.  On  lui  ^>oulut  faire  croire  telle 
chose,  il  donna  dedans.  Il  n'est  que  du  stylr 
fiuiiiiier. 

On  dit  h  peu  pnH  dans  le  même  sens,  Don- 
ner W.ins  /erid(Vw/e,  pour  dire,  Tomber  dans 
quelque  chose  de  ridîcuie. 

Donner  dans  le  sens  de  quelqu'un,  C'est  se 
lencoutrcrde  son  sentiment,  ou  s'y  conformer. 

On  dit  i'onnerde  l'Altesse,  de  l'Excellence , 
du  Monseiqneur  à  quelin^ni,  pour  dire.  Trai- 
ter quelqu'un  d'Altesse, d"K\relIenee,  de  Mon- 
seigneur, lui  attribuer  ces  titres.  Et  l'on  dit. 
Donner  du  respect  à  quelqu'un  à  qui  Von  écrit, 
pour  dire,  Tenniner  sa  lettre  avec  la  formule  . 
le  suis  avec  respect. 

OoNSF.ii ,  signifie  encore ,  en  parlant  Des 
fruits  de  la  tcire.  Rapporter  abondamment.  Les 
blés  ont  assez  bien  donné  cette  année.  Les 
vins  de  Champagne  nont  pas  donné,  n'onf 
guère  donné. 

Donné,  tr..  participe. 

On  dit  proverbialement,  À  cheval  donne  on 
ne  regarde  point  à  la  bouche,  pour  dire,  qui' 
faut  recevoir  les  présens  tels  qu'on  les  fait. 

En  Malliématique  ,  on  appelle  Qiuvttitéi 
donnée*:,  ou  simplement  Données,  I^s  quan- 
tités connues,  dont  on  se  sert  dans  la  solution 
d'un  problême,  pour  trouver  les  quantités  in- 
connues. 

DO>'NEUR,  EUSE.  s.  Ccbii  ou  celle  qui 
donne.  Il  n'est  gu^rc  en  usage  que  dans  le  style 
f.unilicr.  Donneur  de  galhanum.  Donneur  d'eau 
bénite  de  Cour.  Donneuse  d'avis. 

DO>  T.  Particule  de  grand  usage,  qui  se  met 
pour.  Deqm,  duquel  et  de  laquelle,  ou  des- 
quels et  dc.quellr^.   Dieu  dont  nous  admirons 


DOR  443 

Us  œuvres.  La  n\itnrc  dont  nous  ignorons  les 
secrets.  Les  pays  dont  notts  n'avons  point  de 
connoissancc.  Les  h^ros  dont  il  tire  son  ori- 
gine. 

Il  se  dit  aussi  pour.  Avec  lequel,  avec  la- 
qsellc,  avec  lesquels^  ou  avec  lesquelles.  Le  nv 
•jimc,  la  règularilé  dont  il  vit.  Il  vaut  nùcux 
dire,  Avec  lequel,  avec  laquelle,  etc. 

Il  .se  dit  encore  pour  De  quoi.  Ce  dont  je 
vus  ai  parle. 

!)()>'ZELLK.  s.  fém.  Terme  de  mépris,  q\ii 
siguifie  Une  fille  ou  une  femme  d'un  titat  mé- 
diocre, et  dont  les  mœurs  sont  suspectes.  Il  est 
du  sl)lc  familier. 

D0W.ELI.E,  est  aussi  le  nom  d'L'n  poisson 
de  mer. 

DO  R 

DORADK.  s.  1.  Sorte  de  pDissoD  de  mer,  qui 
a  des  écailles  de  couleur  d'or. 

Douade,  est  aussi  le  nom  d'Une  Constella- 
tion. Voyez  Xipni.\s. 

DOR  VDILLA.  s.  f.  Voyez  CrâKnAC. 

DOR !:;>' AVANT,  adverbe  de  temps,  par 
conlraclion  de  D'orcs-en-ai'(mt  ,  c'est-à-dire, 
De  ce  moment  cn  avant ,  désormais ,  i  l'avenir. 
/!  veut  que  dorénavant  il  y  ait  plus  d'ordre 
dans  sa  maison.  Je  suis  rcsoîu  de  vivre  doréna- 
vant.... 

DORER.  V.  actif.  Enduire  d  or  moulu,  ou 
couvrir  de  feuilles  d'or.  Dorer  un  calice,  de  la 
l'tiîsse/fe,  un  plafmd,  des  bois  de  chaises,  ctc. 
Do'er  un  Uvrc  sur  tranche.  Dver  à  petits  fen. 
à  petits  filets.  Dorera  phin  or.  Dora' une  pilule. 
Dorer  au  feu. 

On  dit  proverbialement  et  figurem. ,  Dorer 
la  pilule:  et  Cela  se  dit  ordîn^iiremcnt,  I.ors- 
qu'on  lûclie  d'iidoucîr  ou  de  déguiser  à  quel- 
qu'un, par  des  apparences  spécieuses,  l'amer- 
tume de  quelque  disgrâce,  ou  que  par  de  bcll"'! 
paroles  ou  de  belles  espérances  on  essaie  de  lui 
rendre  un  refus  moins  désagréable. 

On  dit  poétiquement,  que  Le  soleil  dore  la 
cime  des  montagnes,  pour  dire,  qu'il  les 
éclaire  de  ses  rayons. 

On  dit  aussi ,  que  Les  moissons  commencent 
à  se  dorer,  pour  dire,  qu'ElIes  commencent  à 
jaunir. 

DoriEn,  terme  de  Piltissicr,  Mettre  du  jaune 
il'ctuf  déiayd  sur  de  la  pâtisserie.  Dorer  un 
p<'itî\  un  gâteau,  du  pain  au  lait. 

Dent,  KE.  participe.  Ceinture  dorée.  Tapis- 
série  de  cuir  dore. 

On  dit  proverbialement,  lionne  renommée 
vaut  mieiur  que  ceinture  dorée.  Ce  provcrî>c 
fait  allusion  au\  ceintures  dorées  que  portoient 
autrefois  cn  France  les  courtisjnet  cl  tes 
'cmmes  de  mauvaise  vie. 

On  appelle  Va'mell  doré,  De  îi  vaitscue 
d'argent  doré.  Un  service  de  vermeil  dore. 

On  dil  proverbialcuicnt  et  dans  le  stvic  fa- 
milier, d'Un  lionuncqui  a  des  habits  tout  cou- 
v»rts  d'or,  tout  cliargés  d'or,  <ju'/I  est  dore 
comme  un  culire. 

Doré,  se  dit  aussi  Dos  choses  qui  sont  id'im 
jaune  brillant.  Jeune  doré.  Les  cheveux  d  un 
5t>. 


444  DOR 

hlooà  (lorè.  Du  pourpier  dorf.  Des  carpes 
aortes. 

Ou  appelle  en  termes  de  Vénerie,  Des  fu- 
mées dorées  f  Des  fuintîes  'de  ct-if  (jni  sont 
jaunes. 

DOUEUR,  EUSE.  s.  Celui  ou  ccUc  dont  1. 
métier  est  de  dorer.  C'est  tm  bon  doreur.  Do- 
rem-  sur  hoU^  en  cuivre,  en  fer.  Doreur  de 
livres. 

DORIEN.  ad),  m.  H  se  dit  en  parlant  d'Un 
des  modes  de  la  ^'Musique  des  Anciens,  et  d'un 
dialecte  de  la  I,an^nc  Grecque. 

DOlîlÇUE.  adj.  des  a  g.  Il  se  dit  d'Un  des 
cinq  Ordres  d'ArcIiitecture.  L'Ordre  Dorit^ue. 
On  dit  encore  :  Une  colunnc  Dorique,  d'archi- 
tecluie  Doritjuc. 

On  dit  aussi  Le  dialecte  Dorique^  Un  des 
cinq  dialectes  eu  usage  parmi  les  Cirées, 

UOIÎLOTER.  V.  a.  Dclicaler,  traiter  dL-lica- 
tenieut,  avec  complaisance.  Cf((c  nitre  durlotc 
son  enfant.  Il  est  du  style  familier. 

iSe  dorloter,  £e  délicaler,  clieichcr  ses  aises. 
C'est  un  homme  qui  se  dorlote. 

DoiiLOTÉ,  ÊE.  participe. 

DORMANT,  AiM'E.  adj.  Qui  dort.  Il  est 
aussi  sul)stanlif ,  et  ne  se  dit  que  Des  Martyrs 
qu'on  appelle  Les  sept  Dormans. 

On  !^ppelle  Eau  dormante,  De  l'eau  rjui  ne 
coule  point;  i-^rre  dormant  ^  chûssis  doimant^ 
TJn  cLissist  un  verre  qui  ne  s'ouvre  point; 
Vcne  dorniiinty  pont  dormant,  Un  pont-lcvis 
qui  ne  se  lève  point,  et  un  pêne  qui  ue  peut 
s'ouvrir  ni  se  fermer  qu'avec  la  clef, 

DORMEUR,  EUSE.  s.  Celui  ou  o-lle  qu^ 
dort,  ou  qui  aime  ^  dormir.  //  faut  rêveillei-  ci 
dormeur.  C'est  un  grand  dormeur. 

DORMEUSE,  s.  f.  Ou  a  donné  ce  uom  à 
une  voiture  de  voyaf;e  constioiilc  de  manière  à 
former  une  espèce  de  lit  pour  dormir. 

DORMIR.  V.  n.  Je  dors,  lu  dors,  il  dort: 
nous  dormohSy  vous  dormez,  ils  dorment.  Je 
dorniois.  Je  dormis.  Je  dormirai.  Dors.  Que 
je  dorme.  Que  je  dormisse.  Dormant.  Reposer, 
élre  dans  le  sommeil.  Dormir  d\in  profoiic 
sommeil.  Lormir  le  jour,  la  nuit,  jour  et  nuit. 
ou  de  jour,  de  nuit.  Il  re  dort  ni  jour  ni  nuit. 
Il  dort  profondémeJit. 

Ou  dit,  Dormir  d'un  bon  somme,  de  hou 
*ommc,pour  dire,  Dormir  d'un  sonunei!  tran- 
quille; et  Dormir  un  bon  som;.ie,  pour  dire, 
Dormir  long-temps.  Dans  cette  dcruitirc  plira^' 
il  s'emploie  activement. 

Ou  dit,  Dormir  la  qrassc  matincCj  pour 
dire,  Ne  se  lever  que  bien  tard;  et  Dormir  dt 
jour,  p(mr  dire.  Dormir  pendant  le  jour. 

On  dit  fi;.;urément,  quiinJ  on  veut  penser  à 
qui'Ique  afl'aire  pour  prendre  sou  parti,  qu'/^j 
faut  dormir  dessus. 

Ou  dit  proverbialement  et  figuiemenl.  Qni 
dot  t  diiic,  pour  dire, que  Le  sonmicil  lient  lien 
de  nourriture. 

Doii.Miii,. signifie  fi^iu-eracnt,  Agir  négligem- 
ment, laisser  perdre  sjs  droits  faute  d'agir. 

Ou  dit  eu  matière  féodale,  que  Quand  It 
vassal  dort,  le  Seigneur  veille,  et  que  Le  vas- 
tal  veille  quand  le  Seigneur  dort,  pour  dire, 


DOR 

que  Quand  l'un  des  deux  nét^ligc  d'user  de  ses 
droits,  l'aiure  en  profite. 

On  dit  figurément,  qu't7«  homme  ne  dort 
pas,  pour  dire,  que  Non-seulement  il  ne  né- 
glige pas  SCS  intcrûts,  mais  aussi  qu'il  cherche 
à  se  prévaloir  de  toutes  les  occasions  dont  il 
peut  profiter. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  qu'/i 
ne  faut  pas  réveiller  le  chat  qui  dort,  pour 
dire,  (ju'Il  ne  faut  pas  renouveler  une  méchante 
affaire  qui  paroit  assoupie. 

On  dit  proverbialement  Des  discours  en- 
nuyeux, et  qui  ne  méritent  point  d'attention, 
que  Ce  sont  des  contes  à  dormir  debout. 

Des  enfdns  disent,  que  Leur  toupie  'jue 
leur  sabot  dort.  Lorsque  la  toupie,  le  sabol 
tourne  si  vile  que  le  mouvemei.t  eu  est  imper- 
cfcplil>le. 

On  dit  proverbialement  et  figurt'menl  Dor- 
mir comme  un  sabnt,  puur  dire.  Dormir  pro- 
fondément, et  sans  aucun  mouvement. 

On  dit,  qu'On  laisse  dormir  un  ouvrage, 
pour  dire,  qu'Où  le  garde  pendant  quelque 
temps,  pour  le  juger  plus  saineiiÉcnt  quauil 
l'imagination  sera  refroidie. 

On  ditj  qu'Où  laisse  dormir  une  afj'aire, 
pouf  dire,  qu'On  ne  la  poursuit  pas,  qu'on  ne 
la  réveille  pas. 

DoiiMin ,  se  dit  figurém.  Des  eaux  qui  n'ont 
point  de  mouvement,  ou  dout  le  mouvement 
ust  imperceptible.  Il  fait  bon  pêcher  aux  en- 
droits où  Veau  doit. 

On  dit  i)roveri)iulemenl ,  //  n'*y  a  point  de 
pire  eau  que  celle  qui  dort ^  pour  dire,  qu'il 
n'y  a  point  de  gens  plus  dangereux  que  ceui 
ijui  ne  font  pas  paroitre  leur  mauvaise  volonté, 
ieui"  haine,  ou  qui  sont  moines  et  taciturnes. 

On  dit  proverbialen'rCiU ,  en  parlant  d'Un 
homme  à  qui  quelque  bonne  fortune  arrive 
ijuaiid  il  V  pense  le  moins,  que  Les  biens  lui 
viennent  en  dormant. 

On  dit,  eu  parlant  d'Un  usage  pratiqué  en 
rcrlaines  Provinces,  jCuix.sc;*  dormir  1\ ohlesse , 
Lor.qu'un  Gentilhomme  qui  veut  faire  com- 
merce, déclare,  pour  ne  point  perdre  sa  No- 
hlesse,  qu'il  n'entend  faire  le  commerce  que 
'uraut  un  certain  temps. 

DoRiMin  ,  s'emploie  quelquefois  subslanlive- 
nient.  Cela  l'occupe  à  tel  point  quil  en  perd  le 
dormir. 

DORMITIF  ,  TVE.  adj.  Qui  provoque  à 
<lormir.  On  lui  a  donné  dans  sa  maladie  da 
remèdes  confortatijs  et  dorniitifs.  Une  potion 
dornittlve. 

Il  est  aussi  substantif.  L'Optum  est  un  dan- 
gereux dormitif. 

DURONIC,  s.  m.  ou  DOROMQUE.  s.  f. 
Pliinte  radiée.  Sa  racine  pn.sse  pour  être  mor- 
telle aux  chiens  et  aux  vaches.  Quelques  Mé- 
decins soutiennent  qu'elle  l'est  aussi  pour  les 
httnunes.  D'autres  la  croient  salutaire,  et  l'em- 
ploient en  certaines  occasions. 

DORSAL,  ALE.  adj.  Terme  d'Anatomie. 
Qui  appartient  au  dos.  On  désigne  surtout  par 
ce  nom  les  muscles  du  dos.  Muscles  dorsaitr 
On  dit  aussi  substantivement  Le  grand  dorsal. 


DOS 

DORTOIR,  s.  m.  On  appelle  ainsi  dans  les 
Couvens,  un  lieu  où  couchent  lis  Religieux  ou 
les  Religieuses.  Vu  beau  dortoir.  Coucher  au 
dortoir.  Le  dortoir  n'eïoit  pas  autrefois  par- 
tu(je  en  petites  chambres  ou  cellules  comme  il 
l'est  aujourd'hui. 

DORURE,  s.  f.  Or  fort  mince  applique!  sur 
la  superficie  de  quelque  ouvrage.  Voilà  de  belles 
dorures.  Il  entre  bien  de  Vor  eu  toutes  ces  do- 
rures. Tant  pour  la  dorure  de  ces  plafonds. 
Pour  la  dorure  de  son  carrosse. 

Il  se  pieud  aussi  pour  L'art  d'appliquer  les 
feuilles  d'or.  Cet  ouvria'  entend  bien  la  dorwe. 

DORVCIIMUM.  s.  m.  Plante  lëguuiineusc. 
KUe  csl  détersive  et  asuingente, 

nos 

DOS.  s.  m.  I^a  partie  de  derrière  de  l'animal  ^ 
depuis  le  cou  jusqu'aux"  reins.  Le  dos  d'un 
Itonimej  d'un  cheval,  d'un  mulet ^  d'un  âne. 
Il  éloit  couché  sur  le  dos.  Dos  courbé ,  voûté. 
L'épine  du  dos.  Il  portait  un  homme  sur  soit 
dus.  Il  lui  a  mis  le  harnais  sur  le  dos.  Il  a  en 
tout  le  joui'  les  armes  sur  le  dos. 

On  dit,  qu'Cn  homme  n'a  pas  une  chemise 
à  mettre  sur  son  dos,  pour  dire,  qu'il  est  ex- 
trêmement pauvre. 

On  dit  familièrement  De  gens  qui  aiment 
leurs  aises  et  la  bonne  chère ,  qu'/k  veulent 
avoir  le  dos  au  feu,  et  le  ventre  à  table. 

On  dit  proverbialement,  Faire  le  (jros  dos, 
pour  dire  ,  Faire  1  homme  important ,  le  ca- 
pable. 

On  dit  encore  figurément  et  familièrement, 
îliellre  (oui  .sur  le  dos  de  (lueltju'un,  pour  dire, 
Se  décharger  sur  lui  de  tout  le  faix;  Cela  est 
iur  son  dos,  c'est-à-dire,  A  sa  charité;  Battre 
dos  et  ventre,  c'est-à-dire,  Extrêmement. 
Tourner  le  dos,  signifie  ,  S'en  aller.  Vo«« 
n'aurez  pas  le  dos  tourné,  vous  n'awez  pus 
tourne  lé  dos,  t^u  il  ne  se  souviendra  plus  de 

iH}US. 

11  signifie  aussi  ,  S'enfuir.  Tourner  le  dos 
dans  une  bataille.  Tourner  le  dos  aux  Ennemis. 

On  dit  ftgurdnicnt ,  louruer  le  dos  à  (jucl- 
ijii'un,  pour  dire,  I.e  quitter,  l'abandonner. 
Dans  la  mauvaise  fortune  la  plupart  de-  amis 
vous  tournent  le  dos.  La  foi  tune  lui  a  (ouilie' 
le  dos. 

Od  dit  aussi  figurém.  Parler  (jueliju'un  sur 
son  dos,  pour  dire.  En  itrc  importuné;  et 
L'avoir  toujours  sur  le  dos,  pour  dite,  En  eue 
sans  cesse  obsédé,  poursuivi. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  qu't'n 
liommc  a  bon  dos,  pour  dlic,  qu'il  est  asseï 
Mche,  assci  fort  pour  portrr  tout  ce  qu'on 
voudra  lui  imputer,  lui  imposer.  Il  ne  se  soucie 
(fuére  de  cette  taxe,  il  a  bon  dos.  Il  ne  s'em- 
barrasse quère  des  injures  dont  on  le  charge, 
d  a  bon  dos. 

Ou  dit,  Avoir  (quelqu'un  à  dos,  se  mettre 
tiui'.qu'un  à  dos,  pour  dire,  L'avoir  pour  en- 
nemi ,  s'en  faire  un  ennemi. 

On  dit,  qu'On  a  mis  des  tjcns  dos  ù  dos, 
pour  dire, que  Dans  un  accommodement  qu  on 
0  fuit  enlie  eux,  on  les  a  renvoyés   chacun 


DOT 

de  leur  côté  ,  sam  donner  aucun  avawage  a 
I  un  sur  l'auU'e. 

On  dit  d'Un  homme  qui  souffre  qu'on  le 
ireilc  mal  sans  se  ficher,  ni  se  plaindre,  (ju7i 
JC  laisse  maïujer  h  laine  sur  U  dos. 

Dos,  se  dil  aussi  figurénient.  Le  <los  d'un 
couteau,  c'est  La  partie  opposée  au  tranrhanl. 
Le  dos  d'un  Iwre,  c'est  Le  derrière  d'un  livre, 
iîcrire  nu  dos  d'un  papier,  c'est-1-dire,  Sur  le 

revers.  Ce  titre  était    coté  au  dos Le  dos 

d'une  chaise,  I.a  partie  sur  laquelle  on  s'appuie 
le  dos.  Siéqe  à  dos 

Dos  d'Xse  ,  On  dit,  qu'l/ne  c'iose  ejl  en  dos 
'd'ilne,  Quand  elle  est  eu  talus  de  deux  eûtes. 
Toit  en  dos  d'âne. 

•  DOSE.  s.  f.  Certaine  quantité  de  chacune 
des  drogues  qui  entrent  dans  la  composition 
d'un  remède.  On  ne  saurait  bien  composer 
un  remède,  si  on  n'en  sait  la  dose.  Frcicrire  !.i 
Joie. 

On  le  dit  aussi  De  diverses  autres  choses  pai 
extensiou.  Dose  de  sucre,  de  poivre,  etc.  .' 

Dose,  se  dit  aussi  De  chaque  prise.  Prcndri 
une  dose  de  rhubarbe.  Il  faut  partager  ce  bol , 
et  renictie  en  plusicrirs  cioses. 

On  dit  aussi  ,  y^uqnienter  ou  fîiininuer  la 
dose,  dans  les  choses  ordinaires  de  la  vie, 
comme  le  boire  et  le  manger.  Aous  n'avons 
guère  à  manger,  il  faut  augmenter  lu  dose  , 
doubler  la  dose. 

On  dit  aussi  Bgurément  et  familièreraeut , 
Une  dose  d'amour,  une  dose  de  jalousie. 

DOSRR.  v.  a.  R(v:ler  l.i  quantité  et  les  pro- 
portions des  ingrédiens  qui  entrent  dans  un( 
coiDposition  médicinale.  Celte  métlecine  est  bien 
dosée. 

DosiÉ ,  ÉE.  participe. 

DO.SSr'.KET.  s.  m.  Terme  d'Architecture. 
Petit  pilastre  saillant. 

DOSSIKR.  i.  m.  Partie  d'une  chaise  ou  d'un 
banc  qui  sert  ^  appuyer  le  dos.  Z-eHossier  d'une 
chaise,  d'un  banc. 

On  appelle  aussi  Dossier  d'un  lit.  Une  pièce 
de  bois  fort  large  qui  joint  les  deux  colonnes 
de  derrière.  C'est  encore  la  pièce  d'étoffe  qui 
ceuvrc  le  derrière  du  lit. 

DossiEn ,  se  dit  en  Pratique,  De  plusieurs 
pièces  ou  procédures  attachées  sous  nne  même 
cote  ou  étiquette.  Le  Juge  a  ordonné  que  la 
dossiers  des  Pat  lies  seroient  mis  entre  ses  maint 
pour  juger.  Oonne^nioi  (e  dossia'  de  celte  pro 
céJiu  e ,  cote  A ,  etc. 

DOT 

DOT.  I.  f.  (  Le  T  se  prononce  tant  au  plu- 
riel qu'au  >in;{ulier. }  Le  bien  qu'une  fcininc 
•j>pnrtc  en  nuiiage.  A.vigncr  la  dul.  Donner 
en  dut.  Constituer  une  do(.  Assura-  lu  dot.  Payei 
la  ifol.  Il  n'est  guét«  d'usage  ou  pluriel ,  ex- 
cepté en  parlant  Oc  ce  qu'on  donne  i  un  Mo- 
nutère.  I(>r«<|u'une  fille  se  lait  ReUgicu.se.  Les 
£oU  des  Hcli(jitutes. 

IMJT.-IL ,  Al,i;.  odj.  Ce  qui  appartient  i  la 
dot.  Cc/u(i(ulion  dolule.  Fonds  dotal.  Denier 
dotaux  ,  Qui  ont  été  apportes  pat  la  femme 
■n  dot. 


DOU 

DOTATION,  s.  ï.  Action  de  doter.  On  le 
dit  aiis>i  Du  fonds  assidue  pour  doter  un  éta- 
blissement. La  doUitiun  lîc  vct  h.Lpitid  est  en 
/cm/s  de  terre. 

DOTER.  V.  a.  Donner  5  une  lillc  de  quoi  se 
marier.  Ce  ^ère  a  dote  sa  j'sVe  de  dix  miîîe  éctis. 
Cette  fiUe  entrunï  en  Rclifjinn  a  été  dotée  de 
telle  somme.  Dolcr  de  pauvres  filles. 

Il  signifie  aussi,  Assign'T  .  assurer  un  cer- 
tain revenu  ù  quelque  Beut-fire  ou  Commu- 
nauté. Doter  une  ÊjU^e^  une  ChapelUy  un 
Collège. 

DOTt,  ÉE.  participe. 

UOXJ 

DOUAIRE,  s.  m.  Ce  que  le  mari  donne  à  s.i 
('cmine  en  faveur  du  myriade  qu'il  contra<:lo 
avec  elle,  et  pour  eu  jouir  en  cas  quelle  lui 
sunive.  Asst(jner  le  douaire.  Douaire  ccutu- 
micr,  c'est -h -dire,  Établi  cl  oidouné  p&v  la 
Coutume.  Douaire  préjix  ^  est  Celui  q'ip  di-^- 
cun  assigne  ù  sa  volonté.  Le  douaire  est  propre 
aux  cnjans. 

DOUAITvlER,  s.  m.  terme  de  Pratique,  se 
dit  d'Un  enfant  qui  se  lient  au  douaire  de  sa 
nKTi',cn  reuonrant  h  la  succession  de  son  pure. 
Un  enfant  ne  peut  être  douairier  et  héritier 
tout  ensemble. 

DOUAîRiKRE.  s.  f.  Veuve  qui  jouit  du 
[iou.iirc.  Duchcssc  douuiricre  de...  Il  ne  se  dit 
que  Des  personnes  d'un  rang  distingué.  Reine 
Douairière.  Princesse  Dounirière. 

DiUJANE.  s.  f.  Lieu  où  l'on  est  obligé  de 
porlrr  les  marchandises  pour  acquitter  certains 
droits.  Aller  à  la  Douane.  Acijuitter  un  halloi 
à  la  Douane. 

Il  se  dit  aussi  Des  droits  qui  se  pawnt  aux 
lUireaux  de  la  Douane.  Payer  la  Douane.  Les 
l'ouanes  sont  excessives  en  certains  Pays.  Les 
bananes  des  Ambassadeuts  sont  exempts  de 
Douanes.  Auqmentcr  les  Douanes.  Commis  à 
la  Douane. 

DOUANIER,  s.  niasc.  Celui  qui  est  préposé 
pour  visiter  les  marchandises  que  l'on  porte  à 
la  Douane,  et  pour  recevoir  les  droits  qu'il  iaut 
(ju'elies  payent.  Les  Douaniers  du  Caire^  de 
Con:itantiiicple. 

DOUBLAGE,  s.  m.  Tenue  de  Marine.  Se- 
cond bordaj;e  ou  rcvclenienl  de  planclicsou  de 
cuivre,  qu'on  met  îi  des  vais  eaux  destinés  i 
des  voy.i^es  de  long  cours. 

DOUBLE,  adj.  des  l  genres.  Qui  vnul ,  qui 
pèse, qui  contient  une  fois  autant.  Il  est  oppo:,é 
à  î>iniple.  Double  louis.  Double  ducat.  Double 
pi^tole.  Double  portion.  Corps-delonis  double. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  plus  forics  ,  de  plus 
«;rnnde  vertu  que  les  autres  de  lUtînie  nature. 
£ncrcdotiHc.  Double  bière.  Cutholicon  double. 

Dans  les  Rubriques  Ecclésiastiques ,  ou 
appelle  Fêtes  doubles  ^  Certaines  Féics  dont 
roUicc  est  plas  solennel  que  dans  plusieurs 
autres.  Et  on  les  appelle  Doubles,  poiu-  les  dis- 
tinguer des  simples  et  de^  semi-doubles.  Dou- 
ble majeur.  Double  mineur. 

Il  se  dit  encore  De  deux  choses  semblables 
qui  sQut  en  luénic  endroit.  Double  porte.  Dou- 


DOU  445 

ble  croisée.  Double  ciidssis.  Double  semellt^ 
Soulier  à  double  couture. 

On  appelle  Acte  double  y  Celui  dont  on  fait 
deux  originaux  semblables,  pour  en  laisser  un 
tratre  les  mains  de  cliacune  des  Parties  intéres- 
sées. Bail  double.  On  met  à  la  fin  de  pareils 
actes,  fait  double  entre  nous. 

On  appelle  Double  bidet  ^  Uu  bidet  qui  est 
de  plus  haute  taille  que  les  bidets  ovdinaires. 

On  dit,  iVoiicr  ti  Joa^'e  nœud,  pour  dire, 
A  deux  nœuds;  cl  Ferma-  une  porte,  nne  cos- 
se/ïe,  etc.  à  d.  uble  ïoiir,  pour  dire,  La  fcimcr 
d  deux  tours. 

On  dit  d;uis  le  style  familier,  Double  co- 
(^uin ,  double  fripon  yetc.  pour  dire,  Grand  co- 
quin ,  ^rand  fripon. 

£u  Matliéniatiquc,  on  appelle  2îaixon  dou~ 
t/e.  Le  rapport  de  deux  quantités,  dont  l'unu 
est  double  de  l'autre.  iGcsI  ù  8  en  ruisondou^ïe, 

Double,  signifie  figurément  ,  Dissimulé, 
traître.  Coeur  double.  Esprit  double.  Ame  douhU, 

Ou  appelle  Un  mot  à  double  entente,  La 
mot  qui  a  deux  sens  différeus. 

DociiLi:, est  aussi  substantif,  et  signifie  Une 
fois  autant.  Payer  le  double.  Condamna'  nu 
double. 

On  remploie  de  même,  pour  exprimer  La 
copie  d'un  acte,  d'un  traité,  etc.  On  dit,  Le 
double  de  l'acICj  du  traité^  etc. 

On  donne  aussi  substantivement  le  nom  de 
Double  Qnx  Acteurs  et  Actrices  qui  remplacent 
dans  les  rûîes  ceux  qui  en  sont  chargésru  pre- 
mier. Cet  Aitew  n'est  qu'un  double.  La  piécd 
a  été  jouée  par  le  double. 

On  appelle  en  termes  de  Musique,  Le  dou- 
ble d'un  air,  Le  môme  air,  qu'on  figure  sur  le 
simple,  par  l'addition  de  plusieurs  notes  qui 
v;jrient  et  ornent  le  chant.  Le  double  des  Folits 
d'Espanne.  C'est  ce  qu'on  appelle  aussi  Varia' 
lions. 

On  dit.  Au  double j  pour  dire,  Beaucoup 
plus.  îl  lui  a  fait  un  déplaisir^  il  le  paiera  au 
douhîe.  Vous  m'avez  rendu  un_  bon  ojficej  je 
vous  le  rendrai  au  double. 

On  appelle  aussi  Double  de  compte.  Un  des 
originaux  de  compte  que  le  comptable  garde 
eulre  ses  mains. 

Cu  dit,  .^/ct(rc  une  chose  en  double, -pour 
dire,  La  replier  sur  elle-même.  Mettre  unt  sa*-i 
viette  en  dvuble. 

On  dît  aussi,  Mettre  les  morceaux  en  dou- 
l'ie,  pour  dire,  .Mangerai  la  ]i,Ue. 

Oîi  dit  encore  :  Le  double  d'un  corps-delo' 
qis.  On  a  mis  toutes  les  qarde-robcs  dans  le 
double. 

On  dit  proverbialement  et  G3;tirémcnt,Jowfr 
h  quitte  ou  à  doulle^  à  quitte  ou  double,  pour 
diic,  Hasarder  tout  pour  se  tirer  d'une  alTaiFc; 
Parier  double  contre  simplcy  pour  dire,  Parier 
deux  contre  un. 

Ou  appelle  au  Trictrac,  Gafjner  parie  dvit- 
Me,  LorSfiu'on  prend  douze  puints  do  Miite. 

DOUBLE,  s.  ni.  £.spôcc  de  nionuoîc  qui  vo- 
loit  deu\  deniers,  et  dont  les  six  faisoicnt  un 
soti.  Un  double.  Donner  un  double.  LouUc 
tuui  non. 


4:iG         non 

On  dit,  Il  y  a  tont,  et  pas  un  i!oii!)ie  avec. 
pour  dire  ,  Piisilavantage.  Kt  jmr  inoprisondit. 
Cela  ne  vaut  pas  un  double.  Je  n'en  donneron 
pas  un  double. 

DOIIBLEAC.  s.  m.  Tenue  d'ArcIiilccture. 
Aic-doubleau,  voûte  qui  joint  un  pilier  à  un 
autre, 

IJOUBLE- FEUILLE,  s.  f.  Plnnte  dont  !a 
fliur  est  irrcguli^re,  disposi^e  en  ùpi ,  et  appro- 
chante de  ccllu  de  I  Orcliis. 

DOUBLF.IMKNT.  ativ.  Pour  deux  raisons, 
en  deux  manières.  Doublement  bldmMc.  Il  en 
est  doublement  puni.  Doublement  oblicjé. 

DOUULEMKNT.  s.  ni.  Tenue  de  Pratique, 
qni  n'est  gutre  d'usage  que  dans  les  afl^iin-s  do 
Finances,  et  dont  on  se  sert  dans  les  cncliires, 
pour  dire,  lUie  fois  autant.  Enchà-ïr  par  dûu- 
hlement  et  par  tiercemenl. 

lise  dit  en  termes  de  Guerre,  pour,  Aug- 
'.■ocntation  des  rangs  et  des  files  d'un  bataillon. 

DOUBLER.  V.  a.  Mettre  le  double,  mettre 
une  fois  autant.  Doubler  le  nombre.  Doubler 
tordinaiie,  la  (ii'jieii^e,  les  gardes.  D jubler  la 
somme. 

On  dit,  Doubler  le  pas,  pour  dire,  Aller 
plus  vite;  Doubler  le  sillare,  pour  dire,  Faire 
plus  de  chemin. 

On  dit  en  termes  de  Mirine,  Doubler  le  cap, 
pour  dire ,  Passer  au-delà  du  cap. 

Il  signifie  aussi  ,  Joindre  une  elofTc  contre 
l'envers  d'une  autre.  DoiiWer  un  manteau,  un 
justaucorps ,  une  casa<jue.  Doubler  de  velours, 
de  panne,  de  ratine. 

On  dit  de  même,  Doubler  un  vaisseau, 
poivr  dire ,  Lui  faire  un  doublage  de  cuivre  ou 
de  planches. 

On  appelle  Doubler  un  corps- de- loçjis  , 
Quand  on  joint  un  autre  corps-de-logis  à  la 
face  de  derrière  de  celui  qui  est  dcj.'i  fait. 

On  dit  en  termes  de  guerre  ,  Doubler  les 
ranrjs,  doubler  les  files,  pour  dire,  V  mettre  le 
double  de  ce  qui  a  coutume  d'y  être. 

On  dit  aussi  au  Théâtre,  Doubler  un  rvle, 
ait  Acteur ,  pour  dire.  Jouer  un  rôle  au  dLfaul 
de  r.Acleur  <|ui  en  est  chaigé  en  premier. 

On  dit  cncon;  au  jeu  de  Billard,  Doubler 
une  bîlic ,  Qu.ind  .  en  ia  faisant  toucher  contre 
un  des  bords  du  Billard,  on  la  fait  revenir  plus 
près  du  bord  opposé.  Doubler  une  bille  au  mi- 
lieu, au  coin. 

On  emploie  aussi  ce  verl;e  îi  l'absolu dins  rt 
m^me  sens.  Doubler,  Doubler  au  milieu. 

On  dit  au  jeu  de  Paume  ,  que  La  balle  a 
doublé ,  Quand  elle  a  touché  deux  fois  la  terre  ; 
et  alors  il  est  neutre. 

noCBLÉ,  ÉE.  participe. 

Eu  Matjierratique,  on  appelle  Raison  dou- 
blée. Une  r;;ison  de  carrés.  Ainsi  iG  est  à  4  en 
nison  doulilée  de  4  ^  >  ,  c'est-à-dire,  comme 
ic  carré  de  4  ^st  au  rarré  de  ?.. 

On  l'emploie  sul)sl.iutivement  au  jeu  de 
Billard.  On  dit,  Voilà  un  beau  doublé,  en  deux 
sens,  pour  dire.  Voilà  une  bille  qui  est  belle  à 
doubler,  ou  qui  a  été  dou})li'e  ad.'oilement 
Quelques-uns  (ta-ivent  Doublet,  mais  on  pro- 
l;otice  Double, 


DOIT 

DOUBLET,  s.  m.  Deux  morceaux  Je  cristal 
mis  l'un  sur  l'autre,  iivec  une  feuille  colorc^e 
entre-deux,  pour  imiter  les  cmcraudes,  les  ru- 
bis, clc.  Doublet  du  Temple.  Ce  nest  pas  une 
cmerauiïe^  ccst  un  douhîet. 

On  appelle  aussi  Doublet ,  au  jeu  de  Tric- 
trac, Qu;tnd  les  deux  des  amènent  les  mêmes 
poît?is.  //  ne  peut  qunncr  que  par  des  doublets. 
il  n'amène  que  des  douhletfi.  Deux  six,  deux 
quatre  funt   un  doublet. 

DOUBI.F.TTE.  suhsl.  féni.  Un  des  jpux  de 
rOri^ue,  qui  sonne  l'octave  au-dessus  du  près- 
tant. 

DOUBLON.  sul>st.  m.  F^sjièce  de  monnoic 
d'EspMgnc,  (]ui  est  d'or,  et  qut;  nous  appcloti'' 
Pistole.  Doublon  d'Espaqnc. 

Doublon,  en  termes  d'Imprimerie,  est  Une 
faute  qui  consiste  à  composer  deux  fois  de  suite 
un  ou  plu>i';urs  mots. 

DOUBLURE,  s.  f.  L'étofTe  dont  une  autre 
est  doublée.  La  doublure  dhtn  manteau,  d'unt 
robe  de  chor.ibre. 

On  dit  proverbialement  et  (i;;urrnirnt,  Fin 
contre  ftn  n'est  pas  bon  à  faire  doublure^  poui 
dire,  qvi'On  ne  doit  pas  entreprendre  de  trom- 
per aussi  fin  que  soi,  ou  que  l'on  n'y  réussit  pas, 

DOUCEÂTUE.  ad),  des  2  genres.  (On  pro- 
nonce Douçui-e.)  Qui  est  d'une  douceur  huL.*. 
Cela  a  qtielaue  chose  de  doiicedtre.  Un  <jo  i\ 
doucedlre.  C^est  une  eau  douceâtre. 

DOUCEMENT,  adv.  D'une  manière  douée 
7/  faut  marcher  doucement  dans  la  cnambri 
d'un  nudadc.  Heurter  doucement  à  la  porte. 
c'est-h-dirc ,  Avec  peu  de  l)niit.  Àllez-y  plus 
doucement.  Il  faut  traiter  doucement  les  vain- 
cus. Reprendre  quelqu'un  doucement  de  ses 
fautes.  Je  lui  fis  doucement  la  querrede  ce  que... 
On  peut  vivre  doucement  à  la  campatjne  pour 
peu  de  chose.  Ce  cheval  aalope  fort  doucement. 
Celte  ajj'iiire  veut  être  traitée,  veut  être  maniée 
doucement,  c'esl-i-dire,  Délicatement.  Il  faut 
sV  i>rcnc]re  doucement.  On  craiqnoU  quil 
n'arrivât  quelque  désordre  dans  l'Assemblce  • 
mais  toutes  choses  s'y  passèrent  jort  doucement , 
c'esi-îi-dire,  Foit  paisildanent.  C'est  une  chose 
qu'il  faut  faire  doucement,  c'esl-a-dire,  Sour- 
ilenieiit ,  sans  éclat. 

Il  signifie  aussi,  Commodément,  agrcahle- 
nient.  Vivre  doucement.  Passer  le  temps  douce- 
ment dans  son  cabinet ^  dans  la  colîtude,  avec 
(cs  Inrcs  ou  ses  amis. 

On  dit,  après  do  £;r:uid- s  donlcurs,  qu'On 
fit  bien  doucement ^  rioiir  dire,  ou'on  est  fort 
soulagé 

Il  signifie  cusii,  Lentement.  Vum  marchez 
bien  doutthicnt.  Lt  Cocher  allait  doucement 
dans  hs  m<.uvais  chemins.  Le  carrosse  allait  st 
doucement  que  nous  jumcs  deux  heures  à  jaiii 
utie  lieue. 

I!  signifie  nussi ,  Médiocrement  bien.  Coin 
ment  se  porte  ce  nuilade?  Tout  doucement. 
Àvnncez-vous  cette  ajjiùre?  Tout  doucement. 

On  dit  proverbialement  ,  Aller  doucement 
en  bcsojnc.  ]J  t;intôt  il  signifie,  Sagmicut, 
mûrenient ,  sans  rien  précipiter  ;  taulût  il  signi- 
fie, Lâchement,  niollement. 


r>ou 

On  dit  aussi,  Doucement^  par  une  sorte  de 
réprimande  ou  de  conseil.  Doucement^  vous 
parlez  trop  haut,  vous  vous  échauffvz  trop. 

DOUCEREUX,  EUSE.  adj.  Qui  est  doux 
sans  être  ajiréable.  Vin  doucereux.  Liqueur 
doucereuse.  Fruits  doucereux. 

Use  dit  fi^urémcnt  Des  personne?,  et  des 
clioses  qui  sont  particulièrement  propres  aui 
personnes,  etsij;nifie,  Qui  paroit  trop  doux  et 
airccté.  C'est  un  homme  douce:  eux.  Il  a  'l'air 
dûucereiuT.  La  mine  doucereuse. 

On  dit  diiss',  Des  vers  doucereu.Vj  une  lettre 
doucercmej  des  choses  doucaeuscs ,  ponr  dire, 
Des  \ers,  une  lettre,  des  piopos  d  amour,  mais 
d  un  aniiiur  fade. 

DuuCEiiEUX  ,  est  aussi  substantif.  C'c.\L  un 
doucereux. 

On  dit  d'Un  homme,  qu7/  fait  le  douce- 
reux auprès  des  /èmmcs,  pour  dire. qu'il  cher- 
che i  leur  plaire  par  des  galanteries  fad^-s. 

DOUCET,  E  ITE.  adj.  Diminutif  de  Dour, 
Il  no  se  dit  que  Des  personnes,  et  il  n'est  guère 
d'usage  que  dans  ces  1  xcmples  familiers  :  Faire 
le  duuccî.  Faire  la  doucette.  Mine  doucette. 

DoucET,  ETTE,  est  aussï  quelquefois  subs- 
tantif. C'est  une  petite  doucette. 

DOUCETTE,  s.  f.  Sorte  de  ÎVIâclic.  Voyez 

MÂCME. 

DOUCETTEÎVIENT.  adv.  il  s'emploie  dans 
le  langage  populaire  dans  le  même  sens  que 
Doucement.  Il  s'en  allait  tout  doucettement. 

DOUCEUR,  s.  f.  Qualité  de  ce  qui  est  doux. 
Il  s'emploie  au  propre  et  an  Henri-  dans  la  plu» 
part  des  sens  de  Doux.  La  douceur  du  sna't^ 
du  lait.  Douceur  fade.  La  douceur  dhin  par- 
fum, La  douceur  de  l'haleine.  La  douceur  de  la 
voix.  La  douceur  de  la  peau.  La  douceur  dti 
yeux.  La  douceur  des  reqards.  Une  grande 
douceur  de-visage.  La  douceur  du  temps.  La 
douceur  de  l'air,  La  douceur  du  sommeil.  Lu 
douceur  du  repos.  Goûter  la  douceur  de  la  vie. 
Les  douceurs  de  la  eociété.  La  douceur  de  U 
liberté.  La  doticcur  de  commander.  La  douceur 
du  commandement.  C'est  une  grande  douceur 
(le  vivre  avec  ses  amis.  La  solitude  a  ses  dou- 
ceurs. Douceur  d'esprit.  Douceur  de  mœun. 
Les  douceurs  de  la  vie.  Les  douceurs  trom- 
peuses du  siècle. 

On  dit,  La  douceur  du  slyle^  en  parlant 
d'Un  style  qui  plait,  qui  altaclic.  Fcnêlou  et 
ilarine  ont  une  grande  douceur  de  style. 

U  se  prend  plus  parlicnliércment  et  d'une 
manièi-c  absolue,  pour,  Façon  d'agir  douce, 
et  éloignée  de  loiite  sorte  de  violence.  Naturel 
enclin  à  la  douceur.  Tout  par  douceur,  et  rien 
par  force.  Gauvemcr  les  peuples  avec  douceur 
avec  un  espi'it  de  douceur. 

On  dit.  Conter  des  douceurs.,  dire  de*  dou- 
ceurs à  une  femme,  poiu-  dire,  La  cajoler,  lui 
(lire  des  choses  llaltcuses  et  galantes,  comme  si 
l'on  étoit  amoureux  d'elle.//  dit  des  douccun  1 
toutes  les  femmes. 

On  dit  d'Une  afr.ure  dont  on  a  lire  quelque 
profit,  dont  on  a  eu  quelque  argent,  qu'On  eu 
a  eu  quchpce  douceur.  U  est  du  style  familier. 
Cela  lui  a  valu  quelque  douceur.  Les  ttenies- 


DOU 

tlaucs  cnt  hlen  de  fa  peine  datis  cette  maison, 
mais  ils  ont  beaucoup  de  Jouceru'S,  pour  dire, 
De  profits ,  de  gratifications. 

DOUCHE.?. Km. Épanchenient  de  certaines 
eaux  chaudes  et  niincniles  qu'on  fait  tomber  de 
hnut  sur  une  partie  malade  pour  la  soulager, 
pour  la  f^up'rir.  Donner  la  douche.  Recevoir  la 
douche.  Prendi-e  la  douche, 

DOUCHER.  V.  a.  Donner  la  douclie.  Je  me 
fitai  doucher.  On  m'a  douché  le  fjenou. 

DoiciiK,  ÉE.  participe. 

DOUCIXE.  s.  f.  Terme  d'Architecture,  Mou- 
Jure  ondoyante  nioilic  convexe  cl  moîtiti  con^ 
cave. 

DOUEI.LE.  s.  f.  Terme  d'Architecture.  11  se 
dit  De  la  coupe  des  pienes  propres  i  faire  des 
voûtes,  de  la  courbure  d'une  voûte. 

DOUER.  V.  a.  Terme  de  prali(|iic.  Donner, 
assigner  nu  douaire.  Il  a  doué  sa  femme  d\ine 
telle  somme,  d'un  tel  revenu. 

DoUED,  si;:;nific  aussi,  Avanlajjor,  favoriser, 
pourvoir,  orner.  Il  ne  se  dit  que  Dos  avantages. 
que  des  (;rAres  qu'on  reçoit  du  Ciel,  de  la  iia- 
tui«.  Dieu  Va  donc  d'une  grande  vertu,  d'une 
grande  sagesse^  d'une  grande  patience.  La  na- 
ture l'a  dvuê  d'un  grand  esprit  j  de  diva's  lalens, 
a  doué  cette  fille  d'une  grande  beauté, 

DocÉ,  ÉE.  participe. 

DOUUXACiE.  s.  ro.  Terme  de  Manufacture. 
Mauvaise  fabrication  dVlofTe^qui  provient  de 
ce  que  toutes  les  trames  ne  sont  pas  de  la  même 
C{nalit6. 

noUU.I.E,  s.  f  IMTnche  creux  d'une  baïon- 
nette ,  du  fer  d'une  pique ,  etc. 

DOUILLET,  ETTE.  adj.  Doux  et  mollet, 
tendre  et  dclic^t.  Cela  est  bien  dotùUet.  Un 
oretllcr  bien  dotiillet.  Il  a  la  peau  douillefte. 

Il  signifie,  Délicat  avec  aflTectation  ,  et  ne  se 
dit  que  Des  personnes.  7/  est  si  douillet. 

Il  est  aussi  substantif.  Il  fait  le  douillet .  c^st 
un  doiiil/e(,pour  sii^nificr  Un  homme  qui  aime 
se5  aises  f  qui  se  dorlote. 

On  dit  d'Un  liommc  qui  a  la  goutte  au  pied, 
et  qui  j  n  encore  de  la  fciblesse,  qu'il  a  encore 
le  pied  douillet. 

DOUlLLETlE^rENT.  adv.  D'une  manière 
douillelle.  Doiiif/ettcmenf  couché  sur  nnbon  lit. 

DOULEUR,  s.  f.  Mal  que  souffre  le  corps 
ou  l'esprit.  Doff/ciir  de  télé  ^  d'estomac.  Les  don- 
leurs  de  la  goutte  ^  de  l'enfinlement.  Douleur 
vive  y  rtt.^uë,  amère,  sensifde,  cuisante,  mor- 
telle, Vfofcnte.  Accahlé  de  douleur.  Atteint  de 
donlenr.  Pénétré  de  douleur.  Apaiser  ^soulager  j 
mod:rer  la  douleur.  Sentir  la  douleur.  Causer 
de  In  douleur.  La  perte  de  son  fils  lui  a  causé 
bien  de  la  duiileiir. 

On  dit  proTi'ibialf ment,  Pour  un  pinisir., 
m  Ile  duii/«iii-i,  |»oHr  dire,  que  Si  on  a  queiqiie 
nliii^ir  d.iiis  h  vie,  il  est  suivi  de  mille  amer- 
tumes. 

On  dit  aussi  pmverhi  .lemcnt ,  À  la  Chan- 
deleur Us  grandes  douleurs,  pour  dire,  I^ 
grand  froid. 

On  tlit  provcrbi-il.  Douleur  nitr  vaincus. 

rW)UI.(.IJ»,  (l  nvcc  le  pronom  pep«>n.  se 
DOULOin.  T,  Se  pliiudre.  Il  est  vieux. 


DOU 

D0UL0UREUSE:mENT.  adv.  Avec  dou- 
leur. Il  se  plaignoit  doulow'cusement. 

DOULOUREUX,  EUSE.  ndj.  Qui  cause  de 
la  douleur,  qui  mai'quc  de  la  douleur.  Une 
plaie  douloureuse.  Ln  mal  douloureiLT.  Cette 
perte  m'a  été  bien  douloureuse.  Cris  doulou- 
reux. Plainte  douloureuse. 

l\  se  dit  aussi  Des  parties  du  corps  f;ui  sont 
si  sensibles,  qu'on  n'y  sauroit  toucher  sans  cau- 
ser de  la  douleur.  Il  a  le  pied  douloureux. 

On  dit  fisurcmcnt  :  L'histoire  douloureuse 
de  ses  malheurs.  Le  spectacle  douloureux  des 
souffrances  d^ autrui.  Séparation  douloureuse  de 
deux  amis. 

DOUTE,  s.  m.  Incertitude.  Etre  en  doutt. 
Laisser  en  doute.  Il  n'yapoint  de  doute.  Doute 
bien  on  mal  fondé.  Il  lui  reste  encore  quelque 
doute.  I^'uvoir  aucun  doute.  Lever  un  doute. 
Jlcsoudre  un  doute.  Former  un  doute.  Laisser 
•tn  doute.  Cela  est  hors  de  doute. 

Oïl  dit  absolument,  T^ul  doute ^  point  de 
doute  (pie  cela  ne  soit. 

On  dit ,  Mettre  en  doute  ^  révoquer  en  doute 
un  fait  y  pour  dire,  En  douter. 

Sans  doute,  se  dit  adverbialement  pour 
Assurcmcnt.  Viendrez- vous  demain?  Sam 
doute.  Il  si'^nifie  aussi,  Selon  toutes  les  appa- 
'rcnces.  Il  arrivera  sans  duute  aujourd'hui.  Il  se 
joint  quelquefois  avec  que.  Sans  doute  qu'il  n'a 
pas  songé  à  ce  qu'il  disoit,  quand 

Doute,  signifie  quelquefois,  Crainte,  ap- 
préhension. Dans  le  dùuie  d\in  événement  fd- 
chetLv,  il  faut  prendre  ses  précautions. 

Il  i3  aussi  quelquefois  le  sens  de  Scrupule. 
Ce  cas  de  couseieure  n'a  piWe'tesii'tenL'cIairci, 
qu'il  ne  me  reste  encore  quelque  doute. 

DOUTER,  v.  ucut.  Être  d;jns  l'incertitude. 
Douter  de  quelque  chose.  Douter  de  tout.  Ne 
douter  de  rien.  Je  doute  fort  que  cela  so't.  Je 
doute  qu'il  Vienne.  J'en  doute.  Je  doute  si  je 
vartirai  demain. 

DouTF.n,  suivi  du  ijue,  lorsqu'il  est  em- 
ploya en  proposition  né|;ative,  doit  être  sutvi 
de  la  particule  A'e  ,  qui  dans  ce  cas  n'est  pas 
une  négation.  On  ne  doute  pas  qu'il  n'arrive. 

On  dit  d'Un  homme  hardi  \i  décider  sur  des 
mnlières  de  Doctrine,  ou  sur  des  aiïàir^s  im- 
portante;, ou  qui  fait  des  entreprises  haiar- 
(lécs.qu*nncdo»(e  de  n'en. Ondit  absolument. 
Cet  homme  ne  doute  jamais. 

Il  s'emploie  souvent  avec  le  pronom  person- 
pel.  et  alors  il  signifie  quciquefuisj  Croire  st^r 
^uclqui"  apparence,  conjecturer,  soupçonner. 
II  se  doufoil  bien  qu'on  en  viendroit  là.  Je 
m'en  suis  toujours  bien  douté.  Il  a  été  pris  dan 
le  temps  quH  ne  se  doutoit  de  rien  y  lorsqu'il 
*Vn  doufoii  le  moins.  Elle  s'en  est  bien  doutée. 
H  ne  se  doutott  pas  qu'on  eût  des  preuves  contre 
lui.  Il  s'en  e>(  bien  douté. 

DOLTEUSEMENT.  adv.  Avec  doute.  //  en 
parle  douteuscment. 

DOUTEUX,  EUSE.  adj.  Incertain,  dont  il 
yn  lieu  de  douter.  L'n  succès  douteux.  Vue  af- 
faire douteuse.  Sou  droit  est  fort  douteux.  Rc- 
piUation  douteuse.  Probité  douteuse. 

Il  se  dit  aus&i  Des  personnes  dont  on  ne  peut 


DOU 


44; 


pas  trop  s  cssurer,  sur  qui  Ion  ne  peut  pa* 
trop  compter.  Dans  cette  Chambre  il  y  a  troii 
Jutjes  (|Ui  5on(  pour  moi,  trois  contre ^  et  les 
qutiire  autres  douteux. 

Il  se  prend  aussi  pour  Ambigu.  C7uc  réponse 
douteu.<e. 

On  dit,qu'C/ne  pic^-c  d'or  ou  d'argent  est 
douteuse  y  Lorsqu'il  y  a  lieu  de  soupeouner 
qu'elle  est  fausse ,  soit  du  côte  du  métal,  soit 
du  côté  de  la  fabrique. 

On  appelle  en  termes  de  Grammaire,  Nonxs 
douteu.c.  Ceux  que  les  uns  mettent  ou  mascu- 
lin  ,  cl  d'antres  au  féminin. 

DOUVAI.N.  s.  maso.  Bois  propre  i  faire  des 
douves.  In  millier  de  douvain. 

DOUVE,  s.  f.  Piancîje  qui  sert  ii  la  cobs- 
tniction  d'un  tonneau.  Ces  arhrcs-là  sont  pro- 
pres à  faire  des  douves. 

DOUVE,  s.  féni.  riante.  On  en  distingue  de 
deux  soiles,  la  grande  et  la  petite.  Toutes  deux 
sont  une  espèce  de  renoncule.  Elles  croisseot 
dans  les  lieux  humides,  et  causent  aux  mou- 
lous,  lorsqu'ils  eu  mangent,  une  inflammation 
d'entrailles  qui  les  fait  périr. 

DOUX,  OUCî:.  adj.  Qui  est  d'une  saveur 
qui  lait  ordinairement  une  impression  ai;rôable 
au  goût,  qui  u*a  rien  d'aigre,  Marner,  de  pi- 
quant, d'/iprc  ou  de  sale.  Le  lait^  le  miel,  le 
sucre  ^  sont  dou.v.Oranqc  douce.  Amande  douce. 
Huile  d'amandes  douces,  La  plupart  des  njins 
d'Italie  sont  doux. 

On  appelle  Vin  doux.  Le  vin  qui  n'a  pas 
encore  cuvé. 

On  dit,  qu't/n  potage  est  trop  doux ,  et 
qu'une  sauce  c.'it  trop  douce ,  pour  dire,  qu'il 
n'y  a  pas  assez  de  sel. 

On  appelle  Sauce  douce  t  Une  sauce  faite 
avec  du  sucre  et  du  vinaigre. 

On  appelle  Eaux  douces,  Toutes  les  eaux 
(les  rivières,  d:'S  fontaines  et  des  laci,  par  op- 
position aux  ciiux  d'  la  mer  qui  sont  salées. 
Poisson  d'eau  douce. 

On  dit  proverbialement,  que  Ce  qui  est  am«f 
li  lu  bouche,  est  doux  au  cœur. 

11  se  dit  aussi  i)e  tout  cequifaîtune  iropre»- 
lion  aj;reuble  sur  les  autres  sens,  et  qui  n'a 
rien  d'ai*;rc,  de  piqmnl ,  ni  de  rude.  Senteur 
doues.  Haleine  douce.  Doux  parfum.  Voit 
doHCî.  Son  doux.  Douce  hannonie.  Douxniur- 
murc.  Le  doux  murmine  des  eaux.  Vn  parler 
doux.  Un  doux  regard,  l'n  doux  souris.  Un 
doux  maintien.  Avoir  les  yeux  doux.  Avoir  la 
j  eau  douce.  Cela  est  doux  au  toucher.  Lime 
douce.  Doux  ramage.  Un  jour  doux.  Une  lu- 
•nièrc  douce. 

On  appelle  Taille-donce,  Une  gravure  faite 
fur  des  planclies  de  cuivre  avec  le  hurin  oti 
avec  l'cau-foite. 

On  appelle  Tui/Ics-doucM,  Des  gravures  ti- 
rées sur  CCS  sortes  dr  phinches. 

On  dit,F(ure  les  yeux  doux,  pour  dire, 
Conq»oser  ses  rc^ardsdc  telle  sorte  quclpsyeux 
en  paroisNcnt  plus  doux.  Et  l'on  dit,  Faire  les 
yeiLC  doux  à  une  /emmc,  pour  dire  ,  Lui  le- 
rouigner  de  l'amour,  lui  rendre  des  soins. 

Ondit,(ju'Cn  c'icvai  crf  fort  doH.r,   pour 


/Î48  D  O  U 

dire,  qu'il  ne  fatigue  point  le  Cavalier.  On  d'I 
de  même,  Ce  che^'al  a  les  allures  fut  douces. 
(!c!  moiivemens  doux.  On  dit  aussi,  qu'Un  che 
val  est  doux,  pour  dire  ,  (ju'Il  n'est  pas  fringant 
ni  ombrageux,  etc. 

On  dit  aussi, qu'Une  voilure  est  dmu-e, pour 
dire,  qu'Elle  ne  fatigue  pas.  Le  carrosse  n'est 
pas  une  voiture  asse:,  douce  pour  un  blessé,  il 
faut  une  litière  ou  un  brancard.  Les  carrosses 
à  ressorts  sont  bien  plus  doux  que  les  autres. 

On  dit  aii.ssl ,  qu'Un  escalier  est  doux  . 
qu'une  rnondijne  a  une  pente  douce,  pour 
dire  qu'ils  ne  sont  pas  rudes,  qu'il  (si  fjcilc 
lie  les  monter. 

Doix,  en  parlant  De  la  consliliuion  de 
l'air,  signifie,  Oui  est  d'une  tenipcraturc  agrra 
ble,  qui  n'est  ni  trop  cliaud,  ni  trop  froid,  cl 
qui  est  calme.  In  air  doiur.  Un  temps  doiuc.  Il 
fait  bien  doux.  V ne  douce  température  de  l'uii. 

On  dit ,  Un  doux  zépliyr,  pour  dire  ,  Un 
petit  vent  frais  et  agréable;  et  l  ne  pluie  douce 
pour  dire,  Une  pluie  menue  plus  cLaiide  que 
froide,  qui  tombe  sans  orage. 

Il  se  prend  a'!'.si  quelquefois  pourTranquille. 
Vn  doux  sommed.  Le  doux  silence  des  bois. 
Un  doux  repos.  Mener  une  vie  douce.  Il  n'a 
plus  ni  fèvpt  ni  douleur,  il  est  maintenant 
dans  un  état  plus  doux,  dans  une  situation 
assez  douce. 

On  dit  aussi  :  Une  douce  mélancolie.  Une 
iouce  langueur.  Une  mort  douce. 

Doirx,  se  dit  figurera.  De  l'iiumeur  et  de 
'''rsurît,  et  signifie,  Humain,  traitablc,  aflàble  . 
Ijcnin,  clément;  cl  il  est  opposé  li  rude,  farou 
clie,  fâciieux,  sévire,  Tiolcnt.  F.sprit  doux. 
Humeur  douce.  Naturel  doux.  Homme  doux 
et  traitable,  doux  et  afjahle.  Il  a  les  imUna- 
tions  douces.  Il  est  doux  comme  un  ntjneniL 
C'est  un  homme  d'une  douce  conversation. 
doux  et  complaisant.  Les  esprits  doux  se  font 
aimer  de  tout  le  monde.  Un  châtiment  doux. 
Une  douce  pun'ition.  De  doux  reprochée.  Une 
raillerie  douce.  Une  (jaictè  douce. 

On  dit  d'Un  vin  agrdable  ù  boire  et  fiinicux 
qu'7!  est  dont  et  traître. 

On  dit  aussi  d'Un  homme  qui  a  rexlérieur 
lionnètc  et  agréable,  et  l'esprit  daiigrieux  cl 
inécliant,  qu'/ï  est  dou.x  et  traître. 

On  dit,  t  n  style  doux,  pour  dire.  Un  style 
qui  n'a  rien  de  rude,  qui  est  aisé  et  coulant 
Cet  Auteur  a  le  style  doiur.  Cela  est  assez  bien 
écrit,  le  style  en  est  doue  et  coulant.  Ses  vers 
iu  sont  pas  si  doux  nue  sa  prose. 

On  dit.  Un  Gouvernement  doux,  des  peines 
douces,  une  Religion  douce. 

On  appelle  Une  vue  douce.  Une  vue  qui  a 
d'agréables  repos,  comme  des  prairies,  de  pc- 
tils  bois  qui  .sont  à  une  médiocre  dislance. 

Ou  appelle  Dillel  doux,  Va  billet  de  galan- 
terie. 

On  appelle  Donccj  paroles ,  Des  paroles 
ubiigcantes,  flalteuxîs,  'lu  de  galanterie. 

Doux ,  se  dit  encore  De  tout  ce  qui  fait  une 
impression  agréable  sur  l'esprit.  //  n'y  a  nen 
de  Si  doux  gue  de  vivre  avec  ses  amis.  C'est 
Jine  cho-ie  bien  douce  que  l'indépendance.  C'est 


DOU 

t^iielcjûe  chose  (îc  hien  (Ioilv  que  la  llherté  II  est  -y^ 
bien  doiLx  d*ètre  en  état  'le  faiie  plnisir  à  tout 

le  monde.  Jl  m'est  bien  doux  de  i'oir  o'ie 

Rien  ne  rend  la  vie  si  douce  mie  la  société  et  le 
commerce  de  nos  amis. 

Doux ,  se  (Ut  aussi  Des  métaux  dont  les  par- 
lies  sont  bien  Yiées,  H  qui  se  plient  aîsernent 
sans  se  ca.sscr.  Le  cuivi'e  jlti  est  doux  ,  mais 
l\illia(jc  le  rend  ai(jre.  Le  fer  le  plus  doux  csf 
le  plus  propre  à  fnre  de  Vacier. 

Tout  doux.  Façon  de  parier  ailTerI)i.ile 
dont  on  se  sert  pour  reprendre  quelqu'un  qui 
s'emporte  trop.  Tout  doux,  tout  doux,  s\'l 
i)ou.<  plaît. 

On  dit  fami'in-emcnt  d'ijii  Ijcima"  à  qu' 
l'on  a  fait  quchiue  oHcnse.  et  qui  pt.r  ha-sscs^c 
ilTime  n'en  l,t';nioigne  aucun  rcssent.mfnt, qu'il 
Il  avalé  cela  doux  comme  lait. 

On  Is  dii  aussi  d'Un  lionime  vîiin  qui  ajoute 
iis^'m-^nl  foi  aux  flalteiios  les  plus  excessives; 
n  d'un  licnime  simple  A  qui  l'on  fait  aisément 
accroire  les  choses  les  plus  éloignées  lic  la  vc- 
litc. 

On  dit,  Filer  doux,  pour  dire.  Demenrev 
d-ins  la  retenue,  dans  !a  soumission  îi  l'égard 
lie  quelqu'un  que  l'on  craint,  soufiVir  paliem- 
mect  une  injuie.  Ces!  un  homme  avec  qui  il 
faut  jiler  doux.  Je  le  ferai  bien  iiler  doux. 
Quand  il  s'entenàit  menacer  y  il  f\la  doux. 

Entre  dàiut  et  hatjard.  Façon  de  parler  prcv 
verbiale ,  pour  diie  ,  Moitié  rude  et  xnoitii- 
doux.  Des  jeitc  eritre  doux  et  Jiafjard.  Cela 
signifie  aussi,  Ni  bien  n'  mal  jet  plus  souvent 
rnrore.  Avec  nn  niéconlcntement  ilé^uîsé  sous 
une  apprirenre  di*  douceur.  Comment  Va-t-il 
reçu?  Kutre  doux  et  haqard. 

DOUZATN.  s.  m.  Petite  pièce  de  nionnoie 
qui  valoit  douze  deniers. 

DOUZAINK.  s.  fém.  collectif.  Nombre  de 
douze,  assembliise  de  clioses  de  même  nature 
iiu  nombre  de  douze.  Une  douzaine  de  che- 
mises, t  ne  douzaine  d'assiettes.  'Vendre  des 
scrvielfes  par  douuiine  ,  à  la  douzaine.  Nous 
étions  une  douzaine  à  tahle.^ 

Il  se  prend  dans  le  style  familier,  pour,  Un 
aombre  indéterminé.  Vne  douzaine  d'amis,  de 
personnes. 

On  dit  fif:;nréinent  et  familièrement ,  A  L 
louzaine,  d'Une  chose,  d'une  personne  com- 
mune, de  peu  de  valeur,  de  peu  de  considéra- 
non.  Vn  Poète  à  la  douzaine,  Vn  Peintre  à  l" 
■  'oHzaine. 

On  dit  uiissi,  Il  ne  s'en  trouve  pas  à  la  dou 
zaîne.,  ou,  Il  n'y  en  a  pas  treize  à  la  dou 
'aine,  pour  dire,  U  ne  s'en  lr<'uve  pas  coninm 
né  ment. 

DOIJZR.  adj.  nnméral  des  a  genres.  Nombre 
qui  contient  dix  et  deux.  Les  douze  A(}âtrcs. 
Les  douze  mois  de  Vannée,  Les  douze  Signes 
du  Zodiaque.  Nous  étions  dottze  à  table. 

Quelqucfoi.";  il  se  prend  pour  doniifnne. 
.Vou.<  avons  aujourdliui  le  douze  du  mots.  Le 
douze  de  la  Lune.  On  dit  aussi,  Louis  douze , 
pour,  Louis  douzième,  qui  est  un  de  nos  Kois. 
Oî  mot  n'est  guère  en  us;igc  ea  ce  *ens-U  ^ua 
dans  CCI  exemples. 


DRA 

un  dit  en  termes  de  bibrairic,  Vn  li<^c  in' 
douze  ,  Lorsque  la  fouille  est  pliée  en  d^uza 
feuillets. 

On  l'empldie  aussi  dans  ce  sens  suLstai)tîve<i 
ment.  Ç^est  un  in-douze. 

D0UZIK;ME.  adj.  des  2  genres.  Qui  est  im- 
médiatement aprts  l'onzième.  Le  douzième  da 
mois.  La  douzième  année.  îl  est  le  douzième  dt 
la  troupe. 

U  est  quelquefois  substantif.  Dans  cette  af' 
faire  il  est  pour  un  douzième. 

DOUZIÈMEMENT,  adverbe.  Ea  douzième 
lieu. 

DOY 

DOYEN.  5.  m.  T-e  plus  ancien-^n  réception 
dans  un  Corps ,  dans  une  Compaf;nie.  Le  Doyert 
du  Parlement.  Le  Doyen  des  Maîtres  des  Re- 
quêtes. Le  Doyen  des  Docteurs  en  Théolotjit. 
Doyen  de  VAcadémie  Françoise. 

On  appelle  Doyen  du  5acre  Collège,  Le  ï)re- 
mier  Cardinal  Évéque. 

Il  se  prend  plus  particulièrement  pour  Un 
titre  de  dij^nilé  ecclésiastique.  Le  Doyen  d'un 
Chapitre,  Doyen  d'une  Colléqiale.  Le  Dqfyen 
de  Notre-Da  ne. 

U  se  prend  encore  pour  Un  titre  de  dignité 
dans  les  Facultés  de  l'Université.  Doyen  de  la 
Fnculté  de  Théologie.  Doyen  de  la  Facitité  âé 
Médecine. 

U  se  prend  aussi  qijelquefots  pour  l£  plrtt 
aacion  selon  l'âge ,  le  plus  .mcien  dans  une  90- 
riélé.  Si  vous  n'avez  qi'f  Vd(jc  que  -ï'^uç  i/»''"<» 
je  suis  votre  Doyen.  On  donne  la  phts  htW» 
chambre  au  Doyen  de  la  pension. 

DO\'ENNÉ.  s.  m.  La  dignité  de  Doyen  dans 
une  Église.  Pouri-u  d'un  Doyenné. 

On  appelle  en  quelques  endroits,  Doyenné^ 
La  maison  du  Doyen. 

Il  y  a  une  espèce  de  Poires  qu'on  appelle 
Pou  es  de  Doyenné. 

DRA 

DR.\CnME.  s.  f.  (On  prononce  et  on  peut 
ûcrire  Draqme.)  Espèce  de  monnoic  d'argent 
dont  se  sen^oient  les  Grecs  ,  et  qui  pesoit  la 
buitiôme  partie  d'une  once.  On  s'en  sert  pré- 
sentement pour  signifier  ce  poids.  Vnedt-achme 
de  casse.  Deux  drachmes  de  séné.  L'vcu  d'or 
pèse  une  drachme. 

DHACUNCULE.  s.  m.  Petit  ver  qui  s'en- 
tendre sous  la  peau.  On  le  nonmie  aussi  Cri- 
non.  Les  Dracuncules  causent  de  tjrandes  dé- 
mangeaisons. 

DRAGAN.  s.  m.  L'cxtrcmiié  de  ta  poupe 
d  une  galère. 

DHAGÉE.  s.  f.  Amande,  pisiaclie,  aveline 
et  petits  fruits  couverts  de  sucre  durci.  Dragée 
musquée.  Boîte  de  dt-aqécs. 

On  appelle  aussi  Dragée^  I.e  menu  plomb 
dont  00  se  sert  pour  tirer  aux  oiseaux.  Gro.'se 
dragée,  petite  draqée,  menue  dragée. 

On  appelle  encore  Draqèc,  Un  mélange  de 
divers  grains  qu'on  laisse  eroitrc  tu  IicrLe  pour 
le  donner  aux  chevaux. 

On  dit  d'Un  fusil  qui  ne  porte  pas  son  plomb 


DP,  A 

h'iea  tené  et  bitu  ensemble,  iju7/  écarte  tu 
dragée. 

On  dit  figiirciiicnt  et  popiibircnndit ,  Eciir- 
ter  la  driuiée^  potir  dire,  LaîsstJr  ûchapper  de 
petilcs  pnrlics  de  salive  en  parlant. 

DK.VGEOIK.  ».  m.  Espicu  de  boile  ordi- 
nairement d'argent,  dans  laquelle  ou  servoil 
autrefois  des  dragées  sar  b  fin  du  n  pas. 

DRAGKO.N.  s.  ni.  Bouture,  Lour^eon  qui 
pousse  au  pied  des  arbres  et  <les  plunlcs.  Dra- 
qion  de  vitjne^  drageon  d^œillet, 

DRAGEO.NXER.  v.  u.  Pousser  des  dra- 
geons. , 

DRAGOMAN.  s.  m.  Voyez  OnocuAN. 
DRAGON,  s.  ni.  Espèce  de  monstre  ii  qui  l.i 
fable  donne  des  griffes,  des  ailes  et  une  queue 
de  serpent.  Le  dragon  qui  gardait  le  jardin  da 
Respérides. 

On  appelle  flgurcni.  et  faniilit:r(:ni.  Dragon  , 
Les  personnes  d'iiunieur  fàclicuse  et  acariâtre. 
Celle  femme  est  nn  vrai  dragon, 

U  se  dit  aussi  familiéreni.  Des  petits  enfans 
quand  ils  sont  mutins  tt  mécliaus.  C'est  un 
vraij  c'est  nn  petit  dragon. 

On  appelle  faniilièrciiiint  Dragon  de  vertu , 
Une  feniiiiedont  la  vertu  est  austire  et  farouche. 
En  sljle  oratoire.  Le  Dragon  infernal,  se 
prend  pour  le  IJémon. 

Il  signifie  aussi  Une  t.iclie  qui  vient  dans  la 
prunelle  des  veux  des  lioinnics  et  des  chevau.t. 
/(  a  un  dragon  dans  l'œil. 

On  appelle  Dragons,  Une  sorte  de  troupes 
(Tui  roml>.:ttcnt  tantôt  .i  pied,  tanlôl  à  i:lieval. 
I^j  dragons  d'une  armée.  Une  Compagnie  de 
dragons.  Capitaine  de  dragons.  Colonel  de  dra- 
gons. Colonel  général  des  dranons. 

Les  Astronomes  appellent  Drai;on  ,  Une 
ciiusiellallon  de  i'IiéniispliLre  Ixiréal.  Et  1  on 
appelle  La  tcte  et  la  queue  du  Dragon,  Les 
deux  points  opposés  où  l'Écliptique  est  coupée 
par  l'orbite  de  la  Lune. 

URAGO.NNAIJE.  s.  f.  On  a  donné  ce  nom 
.iiix  persécutions  faites  sous  Louis  XIV  aux 
l'rotcstans  pour  l'exercice  de  leur  culte,  parce 
qu'on  y  eniployoit  des  dragons.  Cn  ne  l'ein- 
[iloie  guère  yu'au  pluriel. Les  diagonnades  des 
Cévennes, 

DRAtiONNÉ.  a.lj.  Terme  de  Blason.  Il  se 
dit  Des  aninuim  représentés  avec  une  queue  de 
dr.igon. 

DRAGUE,  s.  f.  Insinimcnl  fait  eu  pelle  re- 
roui  bée.  qui  sert  à  tirer  des  sables  des  rivières, 
et  à  curer  des  puiu. 

On  appelle  au>si  Drague,  Lorgc  avec  la- 
quelle on  a  fait  la  bière.  On  donne  Li  drogue  à 
manger  aui  clietiau,r. 

lil!  \>L\TIf,)tE.  adj.  des  2  genre,.  Il  se  dit 
1)1  s  ouvrages  qui  sont  faits  poiu-  le  Tl.éilre,  et 
qui  représentent  une  action  tragique  ou  comi- 
que. Poème  <(rumuli(jue.  Pièce  nrunidri,;i,e.  // 
reiujil  duiii  le  genre  dramaligue,  Vn  Pcète 
Diamaligue. 

Il  fsi  quelquefois  jiUiitantif ,  et  signifie  }j: 
P'nre  dr.intUqiie.  //  rcu,,,I  dans  le  Urama- 
liifue. 

Il  sVlend  aussi  k  d'aut:es  ouvrages  qui  ni 
Tome  l. 


DR  A 

sont  pas  faits  pour  le  Tliéâtre,  et  où  l'ilmniT 
quitte  le  récit  pour  faire  p^iilir  les  pcrsonnoges 
qu'il   iuiroduit.  Le  Dramatigue   fait   une   des 


grandes  beautés  des  écrits  de  Platon 

DliAJLVTIS'fE.  s.  m.  Qui  compose  des  ou- 
vrages de  TliéiMre. 

DRAME,  subst.  m.  Poème  compose  pour  le 
Tliéàlrc,  et  représentant  une  action,  soit  comi- 
que, soit  tragique.  L'unité  d'action,  l'unité  de 
temps  et  l'unité  de  lieu,  sont  les  principales 
régies  du  Drame. 

DRAP.  s.  m.  Espèce  d'étoffe  de  laine.  Bon 
drap.  Drap  jin.  Gros  drap.  Drap  d'Angleterre, 
de  Beiri,  d'Espagne,  Une  aune  de  drap,Aclie- 
ter,  vendre  du  drap.  Faire  du  drap.  Habit  de 
drap.  Tailler  en  plein  drap. 

On  dit  aussi,  Dnip  d'or,  drap  de  soie  ;  mois 
quand  le  mot  de  /j'nipest  mis  seul,  ou  entend 
toujours  qu'il  est  de  laine. 

On  dit  proverbialement  et  lîgurém.  qu't/n 
homme  peut  tailler  en  ple.n  drap,  Quand  il  a 
amplement  et  abondamment  tout  ce  qui  peut 
servir  h  l'exécution  d'un  dessein,  d'un  plan, 
d'un  projet,  il  a  bien  mal  placé  sa  maison  pour 
un  homme  gui  pouvait  tailler  en  plein  drap. 

On  dit  proverbiolem.  et  ligurem.  La  lisiért 
est  pire  que  le  drap,  pour  dire,  que  Les  habi- 
tans  des  frontières  de  quelques  Provinces  aux- 
quelles on  attribue  certains  défauts,  sont  en- 
core pires  que  ceux  du  dedans  du  pays. 

Ou  dit  encore  proverbialement  et  figurera. 
Au  bout  de  l'aune  faut  le  drap,  pour  dire, 
qu'il  n'y  n  rien  dont  on  ne  trouve  la  fin  ;  (|u£ 
les  choses  vont  jusqu  où  elles  |)euvent  aller. 

On  dit  proverbialement  et  liijurénient  d  Un 
homme  qui  ne  paye  pas  une  chose  qu'il  a  ache- 
tée, ou  qui  retient  une  chose  qui!  a  vendue, 
i]u'/l  tient  avoir  le  drap  et  l'argent. 

(  n  appelle  Drap  de  pied,  Uue  pi'ce  de 
drap,  lie  velours,  etc.  qu'on  étend  siu-  le  prie- 
Dieu  des  personnes  du  premier  rang,  et  qui 
leur  sert  de  marchiqiied. 

On  appelle  Drap  mortuaire.  Une  pièce  de 
drap  ou  de  velours  noir,  etc.  dont  on  couvre  la 
bière  ou  le  cciiotaplie  au  service  des  morts. 

DnAP,  signifie  aussi  Un  bnceul,  une  grande 
piicc  de  toile  qu'on  met  dans  le  lit  pour  y  coii- 
ilier.  Drap  de  dessus.  Drap  de  dessous.  Draps 
tiCi-finl,  Paire  de  draps.  Draps  blancs,  Oraps 
blancs  /.•  <eii'ive.  Clwufftr  des  draps.  Draps  de 
deux  lés.  Draps  sans  couture. 

On  dit  familier. 5e  riellre  entre  deux  draps, 

pour  dire,  Se  couctitr,  se  mettie  dans  un  lit. 

On  dit  proverbialement .  que  Le  plus  riclie 

n'emporte  qu'un  drap  en  nuurant,  non  plut 

que  le  plus  pauvre. 

On  disoit  autrefois  proverbialement.  Mettre 
quelqu'un  en  de  beaux  draps  blancs ,  poiu 
dire,  Parler  désavantageusemcnt  de  quelqu'un , 
s'aclinrnei'  i  en  dite  du  mal. 

On  dit  aussi  prorerbiolement  cl  ligurément, 
tJie  dans  de  beaux  draps,  te  mettre  daiu  de 
beaiLe  draps,  pour  dire,  Se  trouver,  se  mettre 
dan»  une  situation  embarias»antc,  périlleuse, 
dont  il  est  difficile  de  s«  tiier  sans  quelque 
lomnia;;c. 


DRF  44g 

On  dit,  qii  l,  n  malade, un  enfant  ne  se  son- 
tient  non  plus  qu'un  drap  mouillé,  pour  dire, 
qu'il  ne  peut  se  soutenir. 

DR.4PE.iU.  s.  m.  Haillon,  vieux  morceau 
de  linge  ou  delolfe.  Le  papier  se  fait  avec  de 
vieux  drapeaux  de  linge.  Ramasser  des  dra- 
peaiLV. 

DnAPEAtnc,  au  pluriel,  se  dit  De  ce  qui  sert 
à  emniaillotter  un  enfant.  Séclier  les  drapeaux 
d'un  enfant. 

DnAPEAO  ,  signifie  aussi  L'enseigne  d'un 
Régiment,  d'une  (iimpagnie  d'Infauterie.  ^e 
rendre  au  drapeau.  Se  ranger  sous  le  drapeau. 
Combattre  sous  le  drapeau.  Bénir  des drapeauc. 
On  a  porté  à  Xotre-Dame  des  drapeaux  tja'on 
avait  pris  au.v  ennemis. 

On  dit,  qu't/n  /lom/ne  a  un  drapeau,  qu'on 
(«1  a  donné  un  drapeau ,  pour  dire  ,  qu'il  a  un 
emploi  d'Enseigne  d.ins  rinf'ai.-erie.  Drapeau 
Colonel. 

On  dit  figurément,  5e  ranger  sous  les  dra- 
peaux de  quelqu'un,  pour  signifier.  Prendre, 
einbrassci  son  parti. 

DRAPER.  V.  a.  Couvrir  de  drap.  Il  ne  se  dit 
au  propre  que  Des  carrosses ,  des  liti'TCs  et  des 
chaises  à  porteurs,  qu'on  couvre  de  deuil.  Dra- 
pei'  un  carrosse,  diaper  une  chaise. 

Il  se  dit  au.ssi  absolument.  Les  Princes,  les 
Ducs  drapent.  Le  liai  drape  de  violet. 

Eu  termes  de  Peinture  et  de  t'cul[>tur«,  ou 
dit,  Draper  une  figure,  pour  dire.  Habiller 
une  figure,  repiéseutiT  ies  babillcmens.  Le  ta- 
lent de  bien  draper  ett  iir<:~rare. 

Il  signifie  fignrémenl,  Censuier,  railler  for.'  ' 
lenient  de  quelqu'un  ,  en  dire  du  mal.  H  ne 
faut  pas  drapa-  les  absens.  On  l'a  bien  drape. 
Il  est  du  style  familier. 

DnAPÉ,  ÉE.  participe.  Vn  carrosse  drapé. 
Ou  appelle  Bas  drapés  ,  Des  bas  de  laine 
préparés  d'une    telle  manière,  qu'ils  ressem- 
blent à  du  drap. 

UnAPÉ  ,  cn  termes  de  Bntani(]ue ,  se  dit  Des 
feuilles,  des  fleurs  et  des  ti^es  de  quelques 
plantes  qui  les  ont  velues,  épaisses  et  d'un 
ti.ssu  serré.  Les  feuilles  du  bouillon-blanc  et  les 
fruits  de  la  pivoine  sont  drapés. 

DRAPERIE,  s.  féni.  .Manufacture  de  drap, 
métier  de  faire  des  draps.  Travailler  en  drapej  ie. 
11  signifie  aussi  Diverses  soiies  de  draps,  il 
y  a  grand  trafic  en  draperie  en  celte  \'ilte. 

Il  signifie  cn  termes  de  Peinture  et  de  Sculp- 
ture, La  ri?présenlatiou  des  étoffes  et  des  ba- 
bils. Il  faut  que  les  draperies  indiquent  le  nu 
aux  principaux  allachcmens. 

DRAPIER,  s.  m..M..rcliand  ou  Fabricant  de 
dr.iji.  .Uu;e/iii/iJ  Drapier.  Les  Règlemens  fiiits 
puur  les  Drapiers. 

DRASTK^lUE.  ailj.  de»  2  genres.  Il  se  dit 
Des  remèdes  qui  agissent  avec  violence. 

DRAVE  ou  DIUBA.  s.  f.  Plante  crucifet», 
qui  croit  aux  poys  cJinuds.  Elle  est  apcrilive, 
incisiva  et  caiminative, 

DR  I-: 


DRl-;cnE.  ».  f.  Mair:  de  l'orje  qui  s'emploie 
pour  i'airc  de  la  bière. 


45o  DRE 

DRESSER.  V.  act.  lever,  tenir  droit .  faire 
tenir  droit.  Dre<ser  la  tite.  Ce  chetal  itresse  les 
areilUi.  Ce  cheval  se  dresse  sur  Us  jntds  de  der- 
rière. Vous  vous  courbez,  drcsscz-vous.  Dresser 
un  mitt.  Dresser  des  (juilles. 

Il  signifie  aussi  Krigcr,  élever.  Dresser  des 
Statues,  des  TrOj,lé;s,  des  Autels. 

On  dit.  Dresser  un  ht,  pour  dire,  Moiucr, 
icudre  un  lit;  Drct^er  une  tente,  pour  dire, 
Tendre  une  lente;  et,  Dresser  un  échafaud, 
pour  dire.  Construire  un  écliafaud. 

J.1  siouiflc  encore,  Aplanir,  rendre  uni.  Dres- 
ifr  une  allée,  une  terrasse,  un  parterre. 

Cn  dit,  en  termes  de  Menuiserie,  Dresser 

une  planche,  un  poteau,  une  rètjle,  pour  dire  , 

Les  unir,  les  aplanir,  les  mettre  en  ligne  droite. 

On  dit  aussi,  Dresser  une  palissade,  pour 

dire,  l.a  tondre  avec  le  croissant. 

il  se  dit  aussi  Du  linge.  Dresser  un  mou- 
clioir  de  cou.  Dresser  des  rubals,  pour  dire,  Les 
Itpasser. 

On  dit  encore, Dresser  un  huffft ,  pour  dire, 
L'arranger,  le  g.irnir  de  sa  vais-.cHe. 

On  dit,  Dresser  le  polaye,  dresser  le  fruit, 
dres  cr  du  fruit,  pour  dire,  Préparer  le  po- 
tage, préparer  lu  fruit  ctlenic/tlre  en  état  d'être 
servi. 

On  dit  aussi ,  Dresser  une  halterie  de  canon, 
pour  dire.  Mettre  une  batterie  cn  état. 

On  dit  figxuément,  Dresser  une  batterie, 
pour  dire,  Prendre  des  mesures  pour  réussir 
dans  quelque  projet.  Il  a  dressé  une  grande 
laiterie  pour  ofilenir  celle  Cl'arqe.  Dresser  ses 
batteries  contre  (jneliju'ut:.  pour  (jnefiju'un. 
On  dit,Drc.«er  un  piège, pour  dire, Tendre 
'  *  un  picgc.  On  a  dressé  un  piège  pour  prendre 
des  loups. 

On  dit  figurément ,  Dresser  un  piège  à  ipicl- 
qu'un,  pour  signifier.  Faire  ou  dire  cpielquc 
cliosc  pour  tâclier  de  le  faire  tomber  dans  (jnel- 
que  inconvénient.  On  dit  dans  le  même  scTis  ; 
Dresser  des  embûches.  Dresser  une  embuscade. 
Cn  dit,  Dresser  un  plan,  dresser  le  plan 
d'un  ouvrage,  <lresser  la  minute  d'un  acte, 
pour  dire ,  Faire  un  plan  ,  fiire  la  minute  d'un 
acte;  Dresser  un  projet,  dresser  des  articles, 
pour  dire,  Mettre  des  arlicles,  un  projet  par 
écrit;  Dresser  un  Contrat,  une  Obligutitm, 
une  Requête,  etc.  pour  dire.  Mettre  un  Con- 
trat, une  Obligation,  une  Requête,  etc.  dans 
la  forme  nécessaire  ;  et ,  Dresser  un  mémoire , 
dretser  des  mémoires,  pour  dire,  Ecriit!  des 
mémoires.  Ou  dit  aussi  :  Dresser  une  iiislruc- 
lioii  pour  un  Ambassadeur.  Dresser  la  Carte 
d'un  Pays. 

Il  signilie  aussi.  Tourner  droit  vers  quelque 
endroit.  Dre.(.<cr  lu  jroiie  d'un  vaisseau  vers — 

/(  dressa  sa  marche   du   cùtc Dresser  sa 

route  vers  le  Aord. 

On  dit  figurénient.  Dresser  son  intention, 
pour  dire,  Oiiigcr  sc»n  intention.  ' 

UntssEn,  signifie  encore,  Instruire,  forniei-. 
façonner.  Dresser  un  écolier,  le  drascr  ci  la 
uc.-li»,  Il  la  piété.  Cet  enfant  est  di-essé  de  banne 
main.  Dresser  un  valet  li  sa  mode.  Dresser  un 
toldal.  Dresser  un  clicvaL  Dresser  un   cheval 


DUO 

pour  le  manège.  Dresser  un  oiseau.  Diesser  un  1 
citien  couchant,  le  di-esiei'  pour  tirer, le  dresser 
à  rapporter ,  le  éesser  à  la  d.  asse. 

Dresser  ,  est  quelquefois  neutre.  <tn  dit  ù- 
ptrénient.  Les  cheveux  lui  dre.Sièrent  à  la  tête, 
pour  dire,  Il  eut  liorreur  de  ce  qu'il  ouït;  cela 
lui  fit  liorreur.  Ce  récit  fuit  dresser  les  cheveux 
à  la  tète,  et  absolument,  fait  dresser  les  che- 
veux. 

DiLZisi,tE.  participe. 

DR  I 

DIUI.I.E.  s.  m.  (  On  mouille  les  L.)  On  dit 
familièrement.  C'est  un  don  drille,  pour  dire, 
C'est  un  bon  compagnon  ;  C'est  un  pauvre 
df  ilie,pour  dire, C'est  un  pauvre  malheureux; 
et,  C'est  un  vieux  drille,  pour  dire,  C'est  uu 
soldat  qui  a  de  l'e.ipérience ,  qui  a  vieilli  dans 
le  service;  et  quelquefois  pour  dire.  C'est  un 
vieux  libertin.  Drille,  signifioit  autrefois  Ijn 
soldat. 

DRILLE,  s.  f.Cliiffon  de  toile  qui  sert  i  faire 
du  papier. 

DRILLER.  V.  n.Coiuir,  aller  vite  et  légère- 
ment. Voyez  comme  il  drille.  11  est  bus  et  de 
peu  d'usage. 

DRO 

DROGM.ilN.  s.  m.  C'est  le  nom  qu'on  donne 
aux  Interprètes  et  aux  Trucbemans  dans  let 
Éclielles  du  Levant.  Quelques -ims  écriveni 
Droauenifiu. 

'  DROGUE,  s.  f.  Sorte  'de  marchandise  que 
vendent  les  Epiciers,  et  dont  li  plus  grandi 
partie  sert  ù  la  Médecine.  Vendre  des  drogues 
Acheter  des  drogues.  La  plupart  des  bonnet 
droijiics  tiennent  du  î.evant.  Le  séné  est  uni 
drocjue  nui  entre  dans  plusieurs  remèdes. 

On  dit  liguiément  d'Un hommequi sait  biei 
faire  valoir  ce  qu'il  dit,  ce  qu'il  fait ,  qu'il  fait 
bien  valoir  sa  drogue,  q-.i'i!  débile  bien  .<cl 
drogues.  Il  est  du  sljle  familier. 

DnOGUE,  se  dit  encore  figiirément  et  fami 
lièrenient  De  ce  qui  est  mauvais  cn  son  espèce. 
J'ai  donné  de  bon  argent,  et  il  ne  m'a  donn( 
ijiie  de  méchante  drogua,  gue  de  lu  droijuc, 
c'i'st-ii  dire.  Il  ne  m'a  donne  rien  qui  vaille. 
Ces  tableaux  ont  peu  de  valen-;  c'est  de  lu 
drogue. 

On  dit  (igun-ment  et  ironiquement,  Voil'i 
de  bonne  drogue,  pour  signifier,  <|ue  Ce  qu'on 
nous  offre,  ce  qu'on  veut  nous  donner  pour 
l;on ,  ne  vaut  rien. 

DROGUER.  V.  act.  Médicamenter,  donner 
trop  de  remèdes ,  purger  avec  des  drogues.  71  y 
a  déjà  long-temps  gu'ori  ne  [ail  gue  le  droguer. 
On  l'a  trop  drogué. 

On  l'emploie  aussi  avec  le  prou,  personnel. 
/!  se  drogue  trop,  c'est  ce  ifui  ruine  sa  santc. 
llnocui;,  ÉK.  participe. 
DROGUERIE,  s',  f.  Terme  générique,  qui 
signifie  loule  sorte  de  drogues.  Les  impMs  inii 
sur  la  droguerie  cl  sur  lépicei-ie. 

DROGUET.  ».  m.  Espèce  d'élolTe  faite  or- 
dinaiicmcnt  de  laine  et  de  fil.  Droguel  de  l'oi- 
tou.  Drogue!  ray'.llabit  de  droguel.  Klic  vdlu 


DRO 

de  simple  dj-oguet.  On  fait  nuss;  du  droguft  lii 
soie. 

DROGUIER.  s.  m.  Cabinet,  armoire  où  l'on 
mctdiflérentessortis  de  drogues.  Un  lel  curieux 
a  un  beau  drogmer. 

On  le  dit  aussi  dTnc  boite  portative.  Il  faut 
garnir  ce  droguier  pour  le  porter  en  cnmpni^rir. 
DROGULSTE.   s.  m.  Vendeur  de  drogues. 
]\I,irchand  droguiste. 

DROIT,  OITK.  adj.  Qui  n'est  pas  courlw, 
qui  va  d'un  point  5  un  autre  par  le  plus  court 
chemin.  Ligne  dï-oile.  Celte  rue  est  jurt  droite. 
De  droit  fil.  En  dioite  ligne.  La  rivière  est 
droite  depuis  un  tel  Villaqi  jii.squ'ii  une  telle 
"Pille.  Voilà  le  droit  chemin,  le  plus  droit  che- 
min. 

11  signifie  aussi, Perpendiculaire  à  l'horizon, 
qui  ne  penche  ni  de  côté  ni  d'autre.  Se  tenir 
droit.  Ce  mur  n'est  pas  droit,  il  penche  dun 
câlè. 

On  dit  familièrement  et  proverbialement, 
i]u'6'n  bomnie  est  droit  comme  un  cierge  , 
comme  uu  jonc,  peur  dire,  qu'il  se  tient  fort 
droit. 

On  dit  dans  le  même  sens  ,  Droit  comme  une 
Statue. 

Il  signifie  quelquefois,  Qui  n'est  pas  roiichc, 
qui  est  debout.  5e  tenir  droit  sur  ses  pieds.  De- 
meurer droit  en  son  séant.  Celle  fgure  seroit 
beaucoup  mieux  droite  gue  penchée. 

DnoiT,  signifie  encore  ,  Ce  qui  est  opposé  i 
gauche;  c'est  dans  l'homme  le  coté  du  foie.  La 
main  droite.  Le  bras  droit.  Le  pied  droit.  Le 
côté  droit.  Prendre  sur  la  droite.  L'aile  droitt 
d'une  Armée. 

3/iircbe  iii  droite,  biiltc  la  gauche.  Terme 
de  eommandenieul  de  guerre. 

Ou  dit.  Donner  la  droite  à  (|iicl(|u'»n,  pour 
dire,  I.e  mettre  à  sa  droite  pour  lui  faire  hon- 
neur. Et  dans  le  même  sens,  on  dit  aussi  :  Dis- 
pidT  la  droite.  Céda-  la  droite.  Prendre  lu 
droite. 

On  dit  cn  termes  de  l'f'x^rilure-Sainte,  que 
/Éïts-CnniST  est  assis  à  la  droite  de  Dieu  son 
Père,  pour  dire, que  Dieu  son  Père  l'a  glorifié, 
et  lui  a  communiipié  tout  son  pouvoir. 

L'Évangile  dit,  Quand  on  fait  VaumiSne.  il 
ne  faut  pas  gue  la  main  gauche  sacre  ce  tjue 
fnil  la  droite,  pour  dir.-,  que  Dans  les  bonnes 
œuvres  il  faut  éviter  roslenlation. 

On  dit  figurénient  d'Un  homme,  qu7l  et 
le  bras  droit  d'un  tel,  pour  dire,  que  C'est  re- 
lui dont  un  tel  .se  .sert  le  pins  souvent  et  le  plus 
efficacement  dans  les  grandes  occasions. 

À  DHOITE.  Façon  de  parler  adverbiale  ,  qui 
si'^uifie,  ;V  main  droite,  'f'oiuncr  il  droite.  Se 
placer  à  droite. 

A  droite  et  à  gauche.  De  tous  cotés.  Frapper 
à  drôle  el  à  gauche.  Prendre  à  droite  et  à 
gauche. 

Dnorr,  s'gnifi^  figurément  Juste,  équitable, 
sincère.  C'est  un  bon  Juge,  un  homme  droit  et 
incorniplible.  Avoir  l'intention  droite,  l'dme 
droite,  le  cirur  droit.  Cela  est  contraire  à  la 
droite  raison.  C'est  un  homme  droit,  incapable 
de  biaiser. 


DRO 

On  dit,  quTn  iionune  a  l'esprit  droit  ^  le 
uns  droite  pour  dire,  qu'il  ptusc  bien  sur 
chaque  cbosc. 

DUOIT.  s.  m.  Ce  qui  est  juste.  En  ce  sens 
ou  dit,  qu'(/ne  chose  est  contre  tout  droit  et 
raison,  pour  dire,  qu'Elli;  est  înjuslc  et  dérai- 
sonnable. 

llsignifîeaussi  Justice.  Fa  ire  fl/ott  lî  chacun. 
Conserver  le  droit  des  Parties. 

On  dit  provcriiialenicnt,  Bon  droit  a  besoin 
d'aidCf  pour  di.e,quc  Les  mcilk'urcs  aflàircs 
ODt  besoin  dVlre  sollicitées,  dctre  appuyccsde 
quelq'ie  cnJdit. 

Il  se  prend  ausiï  pour  I.aI.oi  écrite,  ou  non 
écrite.  Cela  est  de  droit  divin^de  droit  hnmaut. 
de  droit  positifs  de  droit  commun.  Le  droit 
uatarel.  Le  droit  des  gens.  Le  droit  ci;i7.  Le* 
drutt  Crtnori.  Le  dioit  coutumicr.  Le  droit  écrit. 
Le  droit  Romain,  Le  droit  François.  Droit  ci- 
vil. Droit  canonique.  Maxime  de  droit.  Point 
de  droit.  Question  de  droit.  Il  faut  distaujucr 
le  droit  et  le  fait. 

On  dit,  qu'l/iie  chose  est  de  droit  étroit, 
pour  dire ,  qu'il  faut  l'observer  u  la  rigueur. 

Il  se  prend  aussi  pour  Jurisprudence,  htu- 
dier  le  Droit.  Savoir  le  Droit.  Enseiqner  le 
Droit.  Doctew  en  Droit.  Docteur  en  Droit 
Canon. 

Dnorr  ,  se  prend  encore  pouc  Aulnritt5, 
pouvoir.  De  droit.  Deplein  droit.  Les  Romains 
tii*oierit  droit  de  vie  et  de  mort  sur  leurs  es- 
claves. Il  a  droit,  H  est  en  droit  de  dire  ce  quil 
lui  ^jlaira. 

Il  signifie  encore,  Préienlion  fondée  sur 
quelque  litre,  et'  qui  appartient  .j quelqu'un  en 
Tertu  d'un  titre  légitime.  J'ai  droit  là -dessus. 
J'ai  droit  sur  cette  Terre.  Droit  litigieux.  Re- 
noncer à  sondroit.  Sefairedroit  sur  une  chose. 
Céder  ,  Iransporlcr  ses  droits.  Poursuivre  son 
droit.  Exercer  ses  droits.  Faire  valoir  ses  droits. 
?iêijliqer  ses  droits.  Se  relâcher  de  ses  droits. 
Reliîcher  de  son  droit.  Avoir  droit  à  une  p/ace, 
à  une  succession.  Accumulation  de  dj-oil.  Vfcr 
de  son  droit.  Cela  lui  appartiefit  de  droit. 
Droits  seigneuriaux j  fcodaux.,  honorifiques. 
Droits  curiaux.  Droits  du  Roi.  Droit  de  péagCy 
de  chaujjaqe,  de  patronage ,  etc.  Droit  li'uu- 
haine.  Droit  de  représaille.  Droit  de  réversion. 
Droit  de  bienséance.  Droit  d'ancrage.  Drot  de 
pèche.  Droit  de  chasse,  de  colombier^  etc. 

On  dit  proverbialement,  Surabondance  dt 
d-'oit  ne  nuit  pas, 

Oo  dit  en  termes  de  Jurisprudence,  Chacun 
-n  droit  soi,  pour  dire,  Chacun  pour  ce  qui  le 
ooiiccrne  et  selon  les  droits  qu'il  a. 

On  dit  eu  te  unes  de  Pratique,  qu'Une  file 
est  usante  et  jouissante  de  ses  tlroits^  pour  dire, 
qn'Elle  est  ninjcure,  et  qu'elle  a  l.i  (li»j)Otiilion 
de  ton  bien. 

On  dit  proverbiulcment.  Où  il  n'y  a  rien, 
le  Roi  perd  tes  drcits,  pour  dire,  qu  II  est  inu- 
tile de  deuiinJcr  à  des  gens  in«oi\ablc6  le 
pavement  de  ce  qu'il»  doivint. 

On  dit  prnvcrbinlemrnt  ci  fiî;urénicnt ,  C'eA 
Udroildu  jeu,  pour  dire.  C'est  l'ordre,  l'u>n|;e. 

Il  signiGc  ausii  I*rvro;;alive,  |  r.viléjc.  l?ro:î 


DRO 

d'ti'tnesse.  Droit  de  bourgeoisie.  Droit  de  corn- 
mittimus. 

DnoiT,  se  dit  aussi  Ce  toutes  les  imposilioDs 
établies  pour  les  besoins  de  l'État.  Droit  sur  U 
vin,  sur  le  bois.  Payer  les  l'.roits.  Frauder  les 
droits. 

Il  veut  dire  aussi,  Salaire  qu'on  taxe,  qui 
est  ordonne  pour  certaines  vacations.  Le  droit 
du  contrôle.  Le  droit  de  la  signature  d'un 
Arrêt.  Le  droit  de  co.isnlttition.  Dn.it  de  pic- 
sence. 

On  appelle  Droit  d'avis,  Ce  que  l'on  donne 
à  un  lionnne  qui  a  donné  l'avis  d'uut:  allàire 
avant"g''usc. 

À  BON  DnoiT.  Façon  de  paner  adve<]>:alc, 
pour  dire,  Avec  raison,  avtc  justice.  C  est  i) 
bon  droit  qu'il  se  plaint  d\in  tel. 

À  TOUT  on  À  DnoiT.  Autre  fa;ou  de  jiarlcr 
adverbiale  ,  pour  dire  ,  -Sans  examiner  si  une 
chose  est  juste  ou  injuste. 

DROIT,  adv.  Dirtctement,  par  le  pliisrourl 
chemin.  Aller  droit  au  but.  Aller  tout  droit.  Ce 
chemin  mène  tout  droit  à  Paris.  Tirer,  viser 
droit.  Il  m'a  donné  droit  dans  l'œil,  ou  lonl 
d/'oit  dans  VœiL 

On  dit  fiî^urëment,  qu't/n  homme  va  iboil 
à  ses  fins.  Il  va  droit  en  besogne.  Cet  hommi 
ne  va  pas  droit. 

On  dit  figure'mcnt,  Je  vous  ferai  bien  mar- 
cher droit  ■  et  faniiliùrenieul,  charrier  droit  ^ 
pour  dire,  Je  vous  ferai  bien  faire  votic  devoir. 

DIlOITEMI£>"T.  adv.  ËquitahlenK-nt.  Agir 
droitemcnt.  Marcher  droilement  en  toulei 
tkoses. 

Il  signifie  aussi  Judicieusement.  Il  yenst 
droitcment.  Il  juge  droitemcnt  de  tout. 

DROITIER  ,  1ÈRE,  adject.  Çui  se  sert  de  U 
main  droite.  U  est  oppose  à  Gaucher. 

DROITURE.,  s.f.  Équité,  justice,  rfctiludc. 
Grande  droiture.  Agir  avec  drottur'e.  Droiture 
de  cœur.  Droitwe  d'intention.  Cela  est  contre 
toute  sorte  de  droiture  et  d'équité. 

En  DnoiTunE.  e\prcs.  adv.  Direclement,  p-ir 
la  voie  ordinaire.  Il  faut  lui  envoyer  cela  en 
droiture.  Je  lui  ci  fait  tenir  toutes  vos  lettresen 
droiture.  Ecrire  en  droiture.  Cet  avis  ne  nous 
est  pas  venu  en  droitwe.  On  a  dit  autrefois  , 
À   droiture. 

DROLE,  adj.  des  2  genr.  (iailiard,  plaisant. 
Cet  homme-là  est  bien  drôle.  Voilà  qui  est 
drôle.  Un  conte  foit  drôle.  Il  tst  du  style  fani, 

Oo  remploie  aussi  subsl.-intivcmenl,  et  roii 
dit  familièrement^  Vn  drôle  de  torps^  pour 
dire.  Un  homme  fort  plaidant. 

On  dit  d'Un  homme  lia,  délié,  dont  il  faul 
se  défier,  que  C'est  un  drôle  bien  rusé. 

On  dit  au^i  Un  petit  drôle,  pour  signifier, 
Un  enfant  éveillé  cl  matin. 

DnÔLE.  se  prend  souvent  en  mauvaise  part 
Cn  dit  familirreinentd'Un  polbson  ,  d'uu  n)iiu' 
vais  sujet,  d'un  homme  qu'on  méprise,  C'est 
un  drôie^  un  petit  drôle,  un  grand  diôle. 

DROEEME.XT.  adv.  D'une  minière  drôle. 
ïl  s'est  tiré  (hti'emeMt  d'aQ't.ue.  U  est  du  stvie 
ftunilier. 

DIIÙEERIE.  s.  f.  ï,.iii  de  gniairdùe,  de 


DUB  45i 

ItouITuniieilc.  Vu.là  itnt  plaisante  drôlerie.  ïl  a 
fuit  cetit  Jrùlcrics.  U  est  du  style  faniilicr. 

DRÔLESSE.  ».  f.  leinmc  de  mauvake  yie. 
C'est  une  drôUssc. 

DRO.MAUAIKE.  s.  m.  Espèce  de  chameau 
qui  a  deux  bosses  sur  le  dos,  et  qui  va  fort  vile. 

U[<OP/V-\.  s.  m.  Soi  le  d'emiilùlrc  coiii|iosé 
de  poix  et  d'Iiuile. 

UHOSSAHr.  subst.  m.  Nom  d'uu  Clicf  de 
Justice  eu  IluUande  et  ù  Liège, 

DRU 

DRU ,  UE.  odj.  Il  se  dit  Des  petits  oiseaux 
qui  sont  piV:Is.i  s'euvolerdu  uid.  Ces  nwitieatix 
suut  drus,  ils  sont  dius  comme  père  et  mère, 

11  signifie  figurùnien' ,  Vif,  gai.  Ces  Enfant 
ront  drus.  Cette  fille  est  d^jù  drue.  Vous  voilà 
bien  diu  aujourd'hui.  U  est  du  sljlc  familier. 

U  siguilic  encore,  Qui  est  pLinté  près  i 
près,  qui  est  épais,  et  se  dit  des  Idés,  des 
Iterbes,  et  du  bois.  Ces  blés  sont  fort  drus. 
Vlicrbe  est  bien  drue  dans  cette  prairie. 

On  dit  aussi,  Une  pluie  drue  et  mentte. 

Il  est  quelquefois  sul>stanlif ,  et  se  dit  popu- 
'airenient.  pour,  Brave,  hardi,  gaillard, éveillé. 
]^'esl  un  dru.    . 

Dnn  ,  pris  adverbialement ,  signifie ,  En 
grande  quantité,  cl  fort  près  À  près.  La  pluie 
Ivmboit  dru  et  menu.  Ces  blés  sont  semés  bien 
ih'u.  Les  muusaueiaiïes  plem-oient  dru  et  menu. 

On  dit  proverbialL'ment  en  ce  seris-Iù ,  Dru 
comme  mouches.  Les  balles  de  niousnuet  pleu- 
voient  dru  comme  mouches.  Il  est  du  style  fa., 
milier. 

DRUIDE,  s.  m.  C'est  le  nom  des  ancien* 
Prêtres  Gaulois.  On  dit.  C'est  un  t'ieux Druide, 
pour  dire,  C'est  un  liomine  fort  âgé,  qui  a 
licaucoup  d'expérience  et  de  tiuesse  en  ccruiiict 
tllàires. 

DR  V 
DRYADE.  5.  f.  Nymphe  des   bois.   Voyez 

IlAMADnvAnF. 

DRÏOITÉRIDE.  s.  f.  Voyes,  Focgère. 
D  U 

DU.  Particule  qui  tient  lieu,  de  la  préposi- 
(ion  de,  et  de  l'article  le.  A  la  sortie  du  bois. 
Les  richesses  du  Pérou.  Colonel  du  Régiment 
Royal.  Du  temps  de  Cicéron. 

DU.  s.  m.  Ce  ({ui  est  dû.  Je  vous  demande 
mon  diî.  J^ai  fait  saisir  sa  terre  pour  la  sûreté 
de  mon  dd. 

11  signilïc  aussi.  Le  devoir,  ce  .'i  quoi  on  est 
obligé.  C'mI  le  dil  de  ma  Chartjt,  Pour  le  dii 
de  ma  conscience. 

D  U  D 

DUBIfATIF  ,  IVE.  «dj.  Qui  êcrl  à  exprimer 
le  doute.  Proposition  dubitatii'c.  Si  est  quel' 
iiuefoit  cofi/uMctioii  dubitative, 

DUlilTATlO^.  subst.  f.  Terme  didactique. 
Figure  de  Rhétorique,  par  l.iqaelle  lOrateuc 
feinl  de  douter  de  U  propoiilion  qu'H  veut 
prouver, 

5;, 


45a 


DUE 

DUC 


DUC.  s.  m.  { On  prononce  le  C.  )  Seigneur 
revêtu  d'une  dignité  ijui  rst  la  première  parmi 
la  Noblesse  de  France.  Les  Ducs  et  P"iVs  ont 
.léuncc  nu  PMement.  Duc  cl  Pair.  Duc  héré- 
A'itinre.  Duc  à  brevet 

Il  se  dit  aussi  De  (jneKiiies  Princes  souve- 
rains. Le  Duc  de  Modène.  Le  Duc  de  Purme. 

On  appclolt  .Tuirefois  du  nom  de  Duc,  Les 
Clicfi  et  les  Géni^raux  d'Armée.  Duc  des  Fran- 
çois. Duc  des  Auslrasiens,  etc. 

DUC.  suljst.  m.  Oiseau  nocturne  à  pluma^' 
doic,  ojant  des  plumes  en  forme  de  cornis  aux 
deui  côtés  de  l.i  léte.  Les  Fauconniers  yoricnl 
des  Ducs  pour  attirer  les  Corneilles,  lesMilans. 

DUCAL,  ALE.  adject.  Qui  appartient  u  un 
Duc.  Couronne  Ducale.  Manteau  Ducal. 

DUCAT,  s.  m.  Pièce  d'or  fin,  dont  la  valeur 
tst  différente  suivant  les  difTércns  Pays.  Il  y  a 
aussi  des  ducats  ti'arj^ent.  H  avait  mille  ducati 
de  pension.  On  appelle  Or  ducut,  L'or  qui  est 
au  titre  du  Ducat. 

DUCATON.  s.  m.  Demi -ducat.  Espèce  d« 
monnoie  d  argent. 

DLCilE.  s.  m.  Terre,  Seigneurie  à  laqueilj 
ic  titre  de  Duc  est  attaclie.  Le  Duché  d'Orléans, 
Le  Duché  de  Bretagne.  Le  Roi  a  érirjc  cetH 
terre  en  Duché,  en  Duché-Pairie.  Un  Duché  sou- 
verain. Le  DuchédeSavuie.LeDucl.£deMHan. 
l'n  Duché-Pairie  Quelques-uns  disent,  Unt 
Duché-Pairie  ;  et  c'est  dans  cette  seule  phrase 
qu'on  peut  employer  ce  mot  au  féminin. 

On  appelle  Duché  |èmclle,  Celui  qui  par  let 
lettres  d'érection  passe  aux  femelles  au  dcfauf 
des  Biàlcs. 

DUCHESSE,  s.  f.  La  femme  d'un  Duc,  oi 
celle  qui  csl  revêtue  de  celle  dignité  par  elle- 
mtme.  Duchesse  d'Vsez.  Duchesse  d^Aitjuilloii, 
Les  Duc!. esses  ont  le  tabouret  chez  la  Reine. 

Olxhesse.  Espèce  de  lit  de  repos,  qui  a  un 
dossier. 

DUCTILE,  adj.  des  2  genres.  Qui  se  pcul 
étendre  avec  le  marteau.  Il  ne  se  dit  giH':re  que 
Des  métaux.  JL'or  est  le  plus  ductile  de  tous  la 
fnétauœ. 

DUCTILITÉ,  s.  f.  Propriéié  qu'ont  les  mé- 
taux de  s'élen  Ire  en  tous  sens  sous  les  coups 
de  marteau.  La  ductilité  est  un  synonyme  de 
uialhahdite. 

DUE 

DUfcGNE.  s.  f.  Kom  emprunte  <le  l'Espa- 
pnol  ,  qui  signifie  tiouvernante  ,  ou  vieille 
femme  cliargce  de  veiller  ii  la  conduite  d'une 
jrune  personne. 

Il  se  dit  aussi  Des  entr'-mi  tteu.^cs  ou  frjnmes 
qui  ménagent  de.t  rendex-vous  ou  des  téle-à- 
ti-te  entre  deux  amans. 

DUEL.  s.  ni.  Combat  singulier,  combat  assi- 
gné d'iionimc  h  homme.  5e  battre  en  duel. 
Aj'pcla-  ijuel(juun  en  duel.  Otrrir  le  duel.  Re- 
cevoir, accepter  le  duel.  Refuser  le  duel.  Ils  se 
tddireril  en  duel  avec  des  seconds.  Ce  fut  un 
duel  de  quatre  contre  quatre.  Ce  ne  fut  pas  un 
dutl,  ce  tie  (ni  i^u'unc  rcncoiifrc.  La  défense 


DUO 

des  tluels.  Les  htlits  contre  les  duels.  Le  P^oi  a 
lutiércmetit  aboli  les  duels.  'Il 

Duel.  Terme  i\e  Grammaire.  NoniI>re  dont 
OD  se  sert  dans  la  Langue  (;recf|uc,  et  dans 
quelques  autres ,  i>our  man|uer  Deux  per- 
sonnes, deux  choses,  dans  les  noms  «t  dans  les 
verlws.  Comment  ce  nom,  ce  verhe  ftil-il  au 
dud> 

DUELLISTE,  s.  m.  Celui  qui  est  conpalïlc  do 
duel.  Dans  le  temps  de  In  fureur  des  duels,  on 
donnoil  ce  nom  à  ceux  qui  faisoiont  proleision 
de  se  battre  souvent  en  duel.  C'est  un  duelliste, 
un  oratid  duelliste. 

D  U  I 

DUIRK.  V.  n.  Vieux  mot  qui  nVst  plus  en 

iiSMi^e  que  djHS  le  si) le  tamilier.  pour  dire, 
Convenir,  plaire.  Cela  va^is  duil-il:*  Cela  ne 
me  duil  pas. 

DUL' 

DULCAMAl'vA  ,  ou  DOUCE-AMÈRE.  s  f. 
Voyez  Soi.Asu.M. 

DULCinCATION.  s.  f.  Aeiion  de  duleifier, 
ou  de  tempérer  les  acides  minéraux. 

DULCll-'IKK.  V.  a.  'Jermc  de  Cliimie.  Tem- 
pérer la  violence  des  acides  en  y  joignant  d( 
l'esprit-de-vî-n. 

DuLCiriÉ,ÉE.  participe.     ^ 

DULIE.  s.  f.  Il  n'est  d'usage  qu'en  cette 
plirase,  Le  culte  de  Dulie,  pour  dire,  Le  culte 
^u'ou  rend  aux  Saints. 

D  UM 

DU.MEIVT.  adv.  D'une  manière  convenabli" 
â  ce  qui  se  doit;  selon  la  raison,  selon  le^ 
formes.  Il  a  été  dûment  averti.  Il  a  été  dtimen\ 
atteint  et  convaincu.  Il  est  bien  et  dùmenl 
^  ouivu  de  cette  Cliarge^  de  ce  Bén  jice.  Il  ne  se 
dit  guère  qu'eu  termes  de  Pratique. 

DU  N 

DUNE.  s.  f.  On  appelle  ainsi  des  collines 
fahlonncuses  qui  s'étendent  le  long  des  borda 
de  la  mer.  Oti  a  aphnii  cette  dune.  Les  dunes 
de  Calais.  Les  dunes  de  Dunkernuc.  t  on  p!us 
grand  usaj^e  est  au  pluriel. 

DUiNETTE.  a.  f.  Le  plus  haut  étage  de  l'ar- 
riùrc  d'un  grand  vaiss:  au.  Lca  Officias  cloient 
^ui'  la  Dunetle. 

DUO 

DUO.  s.  m.  Ternie  de  IMusiqne.  Morceau  de 
Musi({ue  fait  pour  <^tre  chanté  par  deux  voix, 
ou  exécuté  par  deux  insliuniens.  Un  beau 
duo.  De  beaux  duo. 

On  dit  iigurémcnt  et  fanuli'';remcnl  d'Uin- 
convcrsalion  où  deux  pcrs<»nnes  se  sont  dit  des 
iirinrcs,  ou  se  sont  fait  des  complimcns,  que 
C  était  un  duo  d^injures,  de  complimcns. 

DUOÎ)ENUIVL  s,  m.  Ternie  d'Anatomie  cm 
pruntû  du  Latin.  C'est  le  nom  donné  h  la  pnv 
mière  portion  des  intestins  grêles,  h  cause  de 
sa  longueur  qui  est  de  douze  travers  de  doigt.    •* 


DUR 

DUP 

DUPE.  s.  fém.  Celui  ou  re!lc  qui  f  st  trom- 
pée, ou  facile  5  ironiper.  C'est  une  dupe,  nne 
vraie  dupe,  une  franche  dupe,  une  bonne  duve. 
C'est  la  dupe  d*un  tel.  C'est  sa  dupe.  Il  en  a  été 
la  dupe.  Pitre  pris  pour  dupe.  Pwiser  pour  dupe. 
Il  n'est  pas  si  dupe  que  vous  pensez.  Il  n'a  pas 
trouve  sa  dupe.  Nous  en  seront  les  dupes,  ou  la 
dupe-  car  ee  mot  Remploie  souvent  au  singu- 
lier, (pioique  joint  h  des  noms  pluriels, ]>ourvu 
que  ce  soient  des  noms  coMeetils,  ou  pris  col- 
lectivement ,  comme  dans  les  phrases  suivantes,  •. 
Les  personnes  de  bonne  foi  sont  souvent  la  dupe 
des  fjens  intéressés.  Nous  mîmes  cette  aOiiire  en 
négociation  ^  et  nous  en  [urnes  la  dupe. 

<ryn  dit,  qaVn  homme  a  été  la  dupe  d'une 
afpiire^  d'un  marché,  pour  dire,  qu'il  n'y  a 
pas  trouvé  son  conqjte. 

Dupe,  est  aussi  Une  sorte  de  jeu  qui  se  joue 
avec  des  cartes.  Tenir  la  Dupe.  Jouer  à  la 
Dupe. 

DUPRR,  V.  a.  Tromper,  en  faire  accroire. 
Duper  (juelqu'un.  Se  laisser  duper. 

Dupé,  ke.  partiripe. 

DUPERIE,  s.  ï.  Trompevic,  fuurbeiie.C'crt 
une  frjnche  duperie. 

DUPEUR.  s.  m.  Trompeur.  Il  est  de  po-" 
d'u5aî;e. 

DUPLICATA,  s.  m.  Le  double  d'une  dé- 
pèche, d'un  brevet  On  cnfO'>«  à  VÀndi  jtsti- 
dciai  une  dépêche  par  Vordinairej  le  duplicata 
par  une  autre  voie.  U  n'y  a  point  d'S  au  plu- 
riel. On  lui  a  envoyé  les  diipJicutu  de  plusieurs 
ordinaires. 

DUPLICATION,  s.  fém.  Terme  de  Gi-onic- 
iric.  Il  n'est f;ui-re  d'usage  qued-ms  cette phr;i€e, 
La  duplication  du  cube ,  pour  sii-nilier  Ijc  pro- 
blème par  lequel  on  demande  de  trouver  un 
rube  Houlde  d'un  autre. 

DUPLICArUKK.  s.  f.  Terme  d'Anatomie, 
(jiii  se  dit  de  certaines  parties  <[ui  se  replient 
sur  rlIe5-nH''mes .  ou  de  l'endroit  ou  elles  sont 
doubles   La  dupliculurc  du  péritoine. 

DUPLICm*;,  s.  fém.  Il  se  dit  Des  choses  qui 
sont  dtubles,  et  qui  devroient  être  unique». 
Ce  verre  est  taillé  de  façon  qu'il  cause  une  du- 
plicité f/'o''jcf.«.  //  y  «  duplicité  d'action  dans 
cette  Tranédic. 

Il  est  plus  en  usasse  au  figure,  et  signifie 
Mauvaise  foi.  Il  y  a  de  la  duplicité  dan$  son 
ca'ur ,  dans  ses  actions  j  dans  s.*s  paroles.  Du- 
plicité de  cœur. 

DUPLIQUE,  s.  fém.  Terme  de  Pratrjue. 
Réponse  à  des  nîpliques.  L'Ordonnance  de 
i6Gi  n  aboli  les  dupliques. 

DUPLIQUER.  V.  n.  Terme  de  Pratique. 
Eournir  des  dupliques.  Il  n'est  en  usa;îe qu'avec 
le  verbe  Uépiiijuer,  Quand  on  a  répliqué,  du- 
pliqué, il  faut  plaider  ou  appointer  la  catise. 

DUPO^'UIUS.  s.  m.  Terme  d'Anllquaire. 
Poids  de  deux  livres.  Monnoie  valant  dnui:  as. 

DUR 

DUR,URE.  adj.  Ferme,  solide,  difficile  à 
pénétrer,  à  entamer.  Dur  comme  marbre.  Dvr 


DUR 

con-me   (er.   Le  yorphyre   est  plus  dur  que  le 
marbre. 

Il  est  quelqtiefuis  simplement  opposé  ;i 
Tendre,  mou.  Pain  dur.  Œuf  dur.  Viande 
dure.  Un  lit  dur.  Chaise  fort  dure.  Pouls  dur. 
On  dit,  Coucher  sur  la  dure^  pour  dire, 
Coiiclier  sur  la  terre,  sur  le  plancher,  ou  sur 
des  plmiclies;  et  il  se  dit  plus  pnrtictilîèrctnent 
Des  Religieux  «jui ,  pour  observer  leur  régie, 
couclieiil  durement.  Ivt  dans  ce  sens  le  mol 
Diu-ese  prend  subsl-antivement. 

Un  dit  aussi.  qu'Un  homme  a  l'oreille  dure. 
qu'i'i  est  dur  d^orcille.  pour  dire,  qu'il  n'en- 
tend pas  bien  cKiir,  qu'il  est  un  |>eu  sourd. 

Dl'h,  signifie  quelquefois  F»'elieux,  rude, 
inliuniain,  iuscnsible;ct  il  se  dit  Des  personnes 
et  des  clioscs.  Cet  homme  est  dur  et  sec.Il  a  un 
caractère  diir,  lame  duie,  le  coeur  dur. 

On  appelle  Paroles  dures,  tenues  durs,  ré- 
ponse dure  et  sèche.,  manières  dures ^  Des  pa- 
roles, des  manières  fîitlieuscs,  oITensantes. 

On  dit  aussi.  Cela  est  bien  dur^  pour  dire, 
Cela  est  fâcheux.  Il  est  bien  dur  de  se  voir  ca- 
lomnier. Il  a  reçu  un  traitement  bien  dur.  C^est 
une  dure  nécessité. 

Dcn,sÎ5«i(lc  aussi  Rude,  auslère.  Les  Char- 
treux mènent  une  vie  dure.  LesSoîdats  mènent 
une  vie  fort  dure. 

Quelquefois  il  se  prend  pour  Difficile.  Dur 
a  cmout'oir.  Cela  est  dur  à  diijércr,  de  dure  ù': 
gestion ^  pour  dire,  Difficile  h  digérer;  et  figu- 
remont ,  Fâcheux  i  soufTnr. 

Ou  dit,  que  Du  vin  est  dur.  pour  dire. 
qu'llestâpreîquT/ncwoix  est  duie,j>uur  dire, 
cju'Flle  est  nide  et  désagréable. 

On  dît,  que  Des  vers  sont  durs,  pour  dire, 
qu'ils  sont  peu  coulans,  qu'ils  sont  désagrea' 
blés  h  l'oreille. 

On  dit  (îgurcment,  qu'Un  style  est  dur, 
pourdirc,<pi  II  nesl  poiulfucilc,  poinlconlant. 

On  dit  aussi,  que  Le  temps  est  dur,  pour 
dire ,  que  Tout  le  monde  a  de  !a  peine  h  vivre. 

Dtjn,  s'emploie  en  matière  de  Peinture, 
d'Architecture  et  de  Sculpture.  Ainsi  on  dit, 
qu'Un  Peintre  a  le  pinceau  dur ,  pour  dire, 
qu'il  n'y  a  pas  de  grâce ,  de  délicatesse  dans  ce 
qu'il  peint,  et  que  les  traits  sont  marquis  trop 
fortement  ;  que  Le  Irak  d'un  morceau  d'yirchi- 
tectwe  est  t/iir,  pi_>nrdirc. qu'il  a  de  la  roideur, 
qu'il  n'est  pas  facih*,  couhmt. 

On  dit  aussi  d'L'ne  marchandise  qui  n'es; 
p.is  do  débit,  qu'£/(e  est  dure  à  h  i>cnte. 

Ou  dit  aussi,  Une  tête  dure^  pour  dire,  Qui 
ne  conq>rcnd  rien  que  dillicilenient. 

On  dit  proverbialement ,  qu'L'n  homme  est 
dur  li  la  desserre,  pour  dire,  qu'il  csl  avare,  et 
qu'où  n'en  anuroit  tirer  d'argent. 

Din,  s'emploie   aussi  adverbialement.   On 
dit   en    parlmt  d'Un  homme  un   p'u  sourd, 
qu'il  entend darj  Ttd'Un  homme  tropcrèdulc, 
qu'il  croit  dur  comme  fer  tout  ce  (ju^on  lui  dit. , 
Cette  dernière  phrase  csl  familière. 

DUR  ABU'.,  ndjcciif  des  a  genres.  Qui  doit 
durer  longtemps.  Ouvrafje  durable.  Paix  du- 
rtihle.  Ce  n'eM  |).n  là  une  chose  diuahle.  Bon- 
heur, fclicttê  durable. 


DUR 

DURACINE.  s.  f.  KsQècc  de  pécLe  de  bon 
goût,  et  dont  la  cliair  est  plus  ferme  que  celle 
de<  autres  poches. 

DUKA>T.   Préposition  servant  â  marquer 

la  durée  du  temps.  Durant  Vhivcr  il  survint 

Durant  toute  sa  vie. 

Il  se  met  quelquefois  après  le  nom  rj  il  régît. 
Sa  vie  durant.  Six  ans  durant. 

DUiUMR.  V.  a.  Rendre  dur.  La  qrande  cha- 
leur durcit  la  terre.  L'air  durcit  le  corail. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Devenir  dur. 
Faire  durcir  des  œufs.  Le  chcnc  durcit  dans 
Veau. 

11  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Lo 
pierre  se  durcît  à  l'uir.  Lu  boue  se  durcît  au 
soleil. 

Dcncî  ,  lE.  participe. 

DURÉiî.  s.  fcni.  L'espace  de  temps  qu'une 
chose  dure.  La  durée  du  monde.  La  vie  des 
hommes  est  de  courte  durée.  Son  lèqne  fut  dxi 
peu  de  durée,  de  loufjue  durée.  Eternelle  durée. 
Les  choses  violentes  ne  sont  pas  de  durée. 

DUIŒME?JT,  adv.  D'une  manière  dure, 
Bvcc  dureté.  £lrc  couché  duiement.  On  Va 
iraité  durement.  Ecrire  durement.  Peindre  du- 
rement. Il  lui  parla  durement. 

DURE-MtRE.  s.  fc'ni.  On  appelle  ainsi  La 
membrane  extérieure  qui  enveloppe  le  cerveau. 
Il  a  reçu  à  la  tctc  un  coup  tjui  offense  la  Dure, 
mère. 

DURER,  r.  n.  Continuer  d'être.  Toutes  les 
thoses  durejit  peu.  Il  n'y  a  rien  ici-bas  nul 
dure  éternellement.  Il  y  a  ttn  an  qiie  sa  /îèt're 
dure,  (jne  la  fiè'^rc  lui  dure.  Leur  amitié  n'ii 
i^uère  duré.  Leur  t^uerelle  dure  encore.  Quel' 
ijues  fleurs  ne  durent  qu'un  jour. 

Il  signifie  aussi  absolument  ,  Lurer  long- 
temps. Vot/(i  une  étojfs  à  durer.  Cela  ne  du- 
rera pas. 

On  dît  proverbialement,  qu'il  fautfc.ire  vii 
(jui  dure,  faire  feu  qui  dure,  pour  dire,  qu'il 
faut  ménager  ce  que  l'on  a ,  et  ne  pas  dépenseï 
En  un  seul  jour  ce  qui  peut  suffire  pourplusieurs. 
On  dit  ,  Ne  pouvoir  dwer  en  place  ,  pour 
dire,  Lire  si  inquiet,  qu'on  ne  peut  demeurer 
dans  le  même  lieu,  d:ms  la  mênie  situation. 

On  dit  ptuvcrbinlcment .  iVe  pouvoir  durer 
dans  sa  peau ^  pour  dire,  Ne  pouvoir  se  conte- 
nir par  excès  de  joie,  ou  de  quelque  outre 
passion. 

On  dit,  Ne  pouvoir  durer  de  chaud,  d: 
froid,  etc.  ponr  dire,  Éire  extrêmement  i.icom- 
moiié  du  chaud,  du  froid,  etc.  //  y  fait  st 
chaud  ï^u'ori  n'y  sawoit  durer.  Il  ne  saiiroil 
durer  du  mal  de  tête.  Ce»  phrases  soûl  du  style 
familier. 

On  dit.  que  J^c  temps  dure  à  quelqu'un  , 
pour  dire,  que  L'inipaliencc  qu'il  a  de  voir 
arriver  une  ehode  qu'il  attend,  lui  Ihit  tiouvcr 
le  temps  long. 

On  dit  laniiliêrenieot  d'Un  homme  fâcheux 
et  difficile,  qu'O»  ne  snuroit  durer  avec  /ur, 
qu'on  n'y  saurait  durer. 

DUREÏ,  liTTE.  odj.  Diminutif  de  Dur.  Ce 
mouton  est  un  peu  duret.  Cette  poularde  est 
àurette.  Il  est  du  »lvle  familier. 


DUV 


453 


DURETÉ,  s.  fi-iii.  Fennctc,  solidilc,  ce  qiii 
fait  qu'une  cliusc  rv>t  iliflicllc  à  péiiiitrer,  à  en- 
tamer. La  durelé  du  /It.  La  durelé  du  marbre. 

On  le  dit  quelquefois  simplement  par  oppo- 
sition 1  ce  qui  est  len.lre ,  mou.  La  dureté  de  la 
viande.  La  dureté  d'un  lit. 

On  appelle  aussi  Dureté,  Une  Immcur  cfui 
s'amasse  et  qui  s'endurcit  en  quelque  endroit 
du  corps.  Il  lui  est  venu  une  dureté  au  sein. 

t)ndit.qu'6^i  homme  aune  durelé d'ureilU, 
pour  dire,  qu'il  enh'nd  un  jwu  dur. 

On  dit  fi;;urenietit,  Dureté  v.t  style,  pour 
dire.  Une  munit-rc  d'écrire  contrainte,  oii  il  n'y 
a  ni  facililc ,  ni  douceur.  , 

On  dit  aussi,  Dureté  de  pinceau,  en  par- 
lant d'Une  manière  de  peindre  stclie  et  sans 
{^r.iccs. 

OunETÉ  ,  signifie  encoro  Ggurémenl ,  Piu- 
dcsse .  insensibilité ,  inhumanité.  Il  l'a  traité 
avec  dureté.  C'est  un  liomme  tfui  a  une  qrande 
dureté  de  cœur.  Il  a  beaucoup  de  dureté  pour, 
les  pauvres. 

On  appelle  Duretés  ,  Des  discoiu's  durs  et 
ofl'uns^ins,  etc.  Il  lui  a  dit  beaucoup  de  duretés. 

l)UKlLLO>.  s.  m.  Espèce  de  petit  calus  ou 
de  dureté.  Avoir  un  durillon  à  la  main.  Avoir 
des  durillcnts  aux  pieds. 

IIUKIUSCULE.  adj.  des  2  genres.  Diminu- 
tif. Un  peu  dm".  Le  pouls  &>t  duriuscule. 

DUT 

DUTRO.\.  s.  m.  Plante  qui  croît  en  Améri- 
que. Sa  graine  ressemble  à  celle  du  melon, 
Jlélée  avec  le  vin ,  elle  cause  une  joie  insensée, 
et  lait  perdre  la  mémoire.  On  accuse  les  Poiln- 
gaises  d'eu  faire  prendre  quelquefois  à  leurs 
maris. 

DUU 

nUUMVlR.4T.s.m.(UMsepron.OMEdans 
ce  mot  et  le  suivant.  )  Charge  de  Duumvir. 

Il  se  prend  aussi  pour  Le  temps  pendant  le- 
ipiel  un  Duumvir  a  exerce'  sa  charge.  Celo  s'est 
[>as5e'  sous  le  Duumviral  de  P.  C 

DUUMVIRS.  s.  m.  pluriel  Titre  que  l-s 
Romains  donnoient  u  diili-'rens  Magistrats.  Les 
Commissaires  chBr^1■s  cxtraordinairement  de 
l'instruction  de  certains  procès,  se  nominoient 
Duumvirs.  Les  Inlondans  de  la  Xovigation  por- 
toient  aussi  le  même  nom.  Dans  l'origine  ils  le 
liroient  de  leur  nombre,  quoiqu'ils  n'aient  pas 
toujours  été  fixés  dans  la  suite  h  deux. 

DUV 

DUVET,  s.  m.  I,a  mcoae  plume  de»  oiseaux. 
Un  oreiller  de  duvet. 

On  appelle  fi;;un*ni' ni  Duvet.  Le  prcmi«'r 
poil  qui  vient  au  n-.enton  et  aox  joues  des 
jeune»  gens, 

IluvEr  ,  se  dit  .lu.ssi  d'Une  cspc-ce  de  cotou 
(pii  vient  sur  certains  fruits.  Les  coins  toni  cou- 
vert.i  d'un  petit  duvet. 

DUVETEU.X.  adj.  Terme  Je  Fauconnerie, 
qui  se  dit  Des  oi,s<'aux  qui  ont  beaucoup  de 
pliinies  molles  et  délicate»  proche  la  chair.  Cet 
oiscttu  est  duveteux. 


404 


D\N 


DYN 


DYNAMIQUE,  s.  f.  signifie  proprcineni  la 
science  des  forces  on  puiÉsaiiccs  <]ni  meuvent 
les  corps.  Il  se  dit  plus  particulièrcuient  De  la 
science  du  lucuvcjncat  des  corps  qui  agissent 
les  uns  sur  les  autres,  soit  eu  se  poussant,  soit 
eu  se  tirant  d'une  uiauicre  ijuclconque.  Traite 
de  Dynamique. 

UYNASTE.  s.  m.  Petit  Souverain  ,  c'cat-J- 
dire,  Prince  dont  les  Élats  ctoient  peu  considé- 
rables ,  ou  qui  ne  rsgnnit  qu'.'.  titre  précaire  ou 
fous  le  bon  plaisir  des  g.andcs  Puissances, 
telles  que  les  Romains,  les  Parllies,  clc. 

DY.N.4STIIi.  s.  f.  Terme  de  1  histoire  an- 
cieunc  de»  Monarchies  d'Orient.  Suite  de  Rois 


DYS 

ou  de  Princes  qui  ont  régné  dans  un  Pays.  Il 
se  dit  siu-lout  en  parlant  Dos  anciens  Rois 
d'Egypte.  Les  Dynasties  d'Kqypte  sont  fort 
emhvouiU^es.  Soùs  la  première  Dynastie, 

On  l'emploie  encore  pour  désigner  Une  suc- 
cession de  Souverains  d'une  menu;  famille.  La 
j-évolution  (V.'inqleta-re  en  i(588,  «  amené  un 
chunnement  de  Dynastie. 

D  YP 

DYPTIQUES.  Voye.  DiPxiguES. 

DYS 

DYSCOLK.  adj.  des  2  genres.  Il  se  dit  V.c 
celui  Cj[ui  s'tcarte  de  l'opinion  reçue,  ou  dune 
j.crsonne  avec  qui  il  est  diîllcilc  Je  »ivre. 


DYS 

UYSPEPSII-:.  s.  {.  Ternie  de  Médecine.  Di- 
gestion laborieuse. 

DYSP.NKK.  s.  f.  Tfrme  de  Rlédecine.  DifH- 
culié  de  respiration. 

UYSSESI'KRIE.  s.  f.  Dévoiement  avec  dou- 
leur d'entrailles,  espèce  de  iîux  de  sang.  Cau- 
ser la  dyssenlcric.  Arrètei-  la  dyssenicrie.  Le 
cours  de  rentre  dèqénère  souvent  en  dyssente- 
lic.  La  dyssenterie  se  mil  dans  i'armie.  Il  est 
moyt  d'une  dyssenterie. 

DYSSICNTÉRIQUii.  adj.  des  2  genres.  Qui 
appanieiil  à  la  dyssenterie.  Fiii-r  i/y.s.M.iilcri((iie. 

DVSURIE.  s.  f.  Terme  de  .Médcciue.  DilH- 
culte  d'ur.ner. 


EAU 

E.  s.  m.  La  cinquième  lettre  de  l'-Vlphabet,  et 
la  seconde  des  voyelles.  GranrfE.  J'clil  e.  E/cr- 
nié.  E  ouicrt.  E  masculin.  E  féminin  ou  muet. 
E  accentué. 

On  distingue  dans  la  Langue  Iroîssortcsd'e: 
Yi  ouvert,  le  muet  et  l'é  fermé.  Par  «simple, 
dans  le  mot  fermeté  ,1e  premier  e  est  ouvert,  le 
.secmd  est  muet,  el  le  iiiiisiùine  est  renne. 

On  distingue  encore  deux  e  ouverts  :  le  grave, 
lel  qu'il  est  dan»  succis;  et  l'aigu,  tel  qu'il  es! 
dans  la  seconde  syllalie  de  trompette. 

Lorsqu'on  met  un  tréma  sur  un  e ,  cela  in- 
dique que  l'e  se  prononce  séparément  de  la 
voyelle  qui  précède.  Voyez  TbÉ.ma. 

EAU 

EAU.  ».  f .  Élément  llffuidc.  L'élément  de 
l'eau.  Eau  é/émenijirc.  Eau  naturelle.  Eau  de 
source.  Eau  de  fontaine,  de  puits,  de  citerne, 
àe  ruisseau,  deriviérc,  de  murc.Eau  de  pluie, 
ou  pluviale.  Eau  de  roche.  Clair  comme  e,iu  de 
roclie.  Eau  du  CieL  Eau  de  neinc.  Eau  de  mer. 
Eau  claire. Bonne  eau.  Eau  bonncàhoire.Eau 
fade.  Eau  vive.  Eau  fraîche.  Eau  chaude.  Eau 
rourante.  Eau  jaillissante.  Eau  dormante.  Eau 
croupie.  Eau  bourbeuse.  Eau  lé(jére.  Eau  pe- 
sante. Eau  puante.  Goutte  d'eau.  Verre  d'eau. 
Seau  d'eau.  Porteur  d'eau.  îl  y  a  tant  d'ar. 
pens  (Tenu  dans  cette  Terre.  Fuiser,  tirer  de 
l'eau.  Boire  de  l'eau.  Il  ne  !>oi(  (jue  de  Veau 
rougie.  Il  boit  le  vin  sans  eau.  Mettre  de  l'eau 
dans  son  vin.  Il  est  si  vilain,  si  avare,  qu'il 
ne  donnerait  pas  seulement  un  verre  d'eau. 

Vn  .ippellc  Buveur  d'eau.  Celui  qui  ne  boit 
que  de  i'cuu. 

On  dit.  Jeûner  ou  pain  et  à  I'cimi,  pour  dire, 
^'e  manger  que  du  pain  et  ne  boire  que  de 
Teau. 

On  dit  dans  le  même  Mn>  ,  Mettre  un  pri- 
sonnier  au  pain  et  à  Veau. 

On  dit  proverbialement,  d'Un  homme  quint 


E 

EAU 

vaut  guère,  principalement  d'un  valet  qui  rend 
peu  de  service,  qu7/  ne  vaut  pn^  Veau  ^u'il 
hoit. 

On  dit  familièrement  d'Un  mirclit- ,  d'un 
travail  où  il  n'y  a  rien  à  gagner ,  qu7/  ny  a 
pas  de  Veau  à  hoîre. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  qui 
est  si  œallieureux  ou  si  malliahilf-,  que  le 
moindre  accident  est  capable  de  !c  perdre,  qu"/l 
se  noieroit  dam  un  verre  d'eau. 

Eau,  s'emploie  par  rapport  aux  fontaines. 
Fouillez  en  cet  endroit-là j  v_ous  troui-crsz  de 
Veau.  Une  source  d^eau.  Une  /t(j«e  d'eau.  Un 
pouce  d'eau.  Filet  d'eau.  Jet  d'eau.  Nappe  d'eau. 
[Réservoir  d'eau.  Rond  d'eau.  Carré  d'eau. 
Pièce  d'eau.  Pièce  d'eau  de  tant  d'nrpens.  I\ 
"utend  la  conduite  des  eaux.  Eau  jaillissante. 
Kau  plate. 

On  dit  ])rovcrbialcnieiit  ,qu7/  jVest  pire  eau 
que  Veau  qui  dovt^  pour  dire,  qu'Un  liomme 
taciturne,  sombre,  morne,  est  plus  dangereux 
que  criui  (jui  parle  beaucoup. 

Ou  dit  De  deux  personnes  qui  se  ressemblent 
CoTt  jiin' Elles  se  ressemblent  comme  dcujc  gouttes 
d'eau. 

Eau  docce,  se  dit  lie  Icau  des  rivières,  des 
L'tangs,  des  lacs,  h  la  différence  de  l'eau  de  la 
mer.  Poisson  d^cau  douce. 

On  dit  proverbialement  d'Un  Médecin  peu 
habile,  ou  qui  n'ordonne  que  des  remèdes  fort 
communs,  el  qui  n'ont  aucun  effet,  que  CW 
un  Médecin  d'eau  douce. 

Eau ,  se  dix  à  !'éj«aid  de  ses  dificrcus  usages. 
Eau  chaude.  Eau  bouillante.  Eau  ferrée^  où 
l'ou  a  éteint  un  fer  chaud  ;  Eau  pance^àaus  la- 
quelle on  fait  tremper  du  pain;  Eau  battue^ 
que  l'on  a  versée  ptusicui-s  fois  d'un  vase  dons 
un  autre;  £au  blanche,  où  l'on  mel  «lu  son 
pour  la  faire  Uohc  aux  chevaux. 

On  appelle  Eau  Baptismale ,  l.'em  dont  OD 
te  te^  eu  donnant  le  Sacrement  de  Baplè^nc. 


EAU 

Eau  bénite.  On  appelle  ainsi  I/eau  qui  se 
bénit  dans  l'Ef^lise  les  Dimanclies  avec  des  cé- 
rémonies parlicuHéres,  et  plus  solennellement 
à  Pâques  et  à  la  Pentecôte.  Donna',  jeter,  pré- 
senter de  l'eau  bénite. 

On  dit,  Faire  î'can  bénite,  pour  signifier^ 
La  cérémonie  do  la  bénédiction  de  l'eau. 

On  dit  pi-overbialeraent  d  Une  vaine  protr*. 
tatioD  de  service  et  d'amitié,  que  C'est  de  Veau 
hcnite  de  Cour. 

On  dit  proverbialement  et  bassement,  d'Une 
afîàirc  qui  ne  réussit  point,  qu'£i/e  s'en  va  «a 
eau  de  boudin. 

On  dit  ^l^ulén^enf, Porter  de  Veau  à  la  mer, 
à  la  rivière^  pour  dire, Porter  des  choses  en  un 
lieu  oxi  il  y  en  a  déjà  une  grande  abondance. 
On  dit  demfmefii;urémeutet  proverbialement, 
que  C'est  porter  de  Veau  à  la  mer,  à  la  rivière, 
que  de  donner  à  une  personne  très-riche ,  et  qui 
n'a  besoin  de  rien.  On  dit  dans  le  même  sens, 
C^cst  une  goutte  d'eau  dans  la  mer. 

On  dit  proverbialement,  qu'f/n  homme  a 
mis  de  Veau  d^^ns  son  vin,  pour  dire,  qu'il  a 
modelé  son  cmi  ortement,  ses  pitrtentions.  etc. 

On  dit,  Suer  sang  et  eau,  pour  dire,  Faire 
des  efforts  eitraordinaires  pour  venir  à  bout  de 
quelque  chose.  Kn  ce  sens  il  se  dit  aussi  dUn 
homme  qui  smiiTre  extraordinairenicnt.  Il  se 
ilit  plus  .stmvcut  Iles  peines  dVsprit.  //  enten- 
dait des  choses  si  tlésagréablcs ,  quil  suoit  sang 
et  eau. 

On  dit  d'Un  ragoût,  d  un  fruit,  etc.  qu'M 
ne  sent  que  i'cau,  pour  dire, qu'il  ne  sent  rien, 
qu'il  est  insipide. 

Eau,  se  prend  plus  particulièrement  pour  la 
pluie.  Si  II  vent  dure ^  nous  aurons  de  Veau.  Il 
est  tombé  bien  de  Veau.  Le  temps,  le  vent  est  à 
l'eau.  Vêlé  a  été  ti  op  sec ,  tout  a  sêcliè  faute 
ri'eau.  Les  blés  ont  grand  besoin  d'eau. 

On  dit,  qu'f;»  homme  est  obligé  de  recevoir 
Ici    cau-c  de   son   voiiirt,  poui  dire,  les  lanx 


EAU 

pluvi.-ilcs  qui  toinI)CDt  de   dessus  le   toit  de  la 
ninison  de  son  voisin. 

liAu,  si;;uirie  qudquefois,  Mer,  rivière»  lar, 
étan^.  Au  borJ  tle  Veau.  Se  jeter  à  l'eau.  Aller 
fmr  eau.  Passer  Veait.  Il  ne  saurait  soufJ'riiVcau^ 
il  va  toujours  par  terre.  Ce  hathet  va  bien  à 
Veau.  S'en  aller  à  vau-l'eau.  Nage/',  flotter  sur 
l'ciiu.  Aller  au  jind  de  Veau. Revenir  sur  l'eau. 
Craindre  Veau.  Lancer  un  navire  à  Veau.  Ad- 
qer  entre  deux  eaux.  Couper  Veau  en  nageant. 
J.e  navire  fcndoit  les  eaux.  Ilavott  del'eau  jus- 
tfu'au  cou  y  il  n'en  avoit  t^u'à  mi-jambe.  Battre 
Veau  pour  prendre  du  poisson. 

C>n  dit.  A  fleur  d'eau,  pour  dire,  Au  niveau 
de  la  superficie  de  l'eau.  liuttcrie  à  jlcur  d'eau. 
Coup  à  fleur  d'eau. 

t)n  dit  fi];urément  De  eux  qui  ont  rélahli 
Icu:i  ufTjires,  qu7l5  sont  revenus  sur  Veau. 

Ou  dit,  que  Les  eaux  sent  grandes ^ nrosses^ 
hautes  y  etc.  pour  dire,  que  Les  eaux  des  ri- 
vières sont  débordées,  les  chemins  inondés. 

On  dit,  que  Les  eaux  sont  basses,  pour  dire, 
qu'il  y  a  pou  d'eau  dans  les  rivières. 

On  dit  figurément  cl  fumiiimincnt ,  qxic 
Les  eaux  sont  bames^  Quand  il  n'y  aplusj;uère 
d'ïirgcnt  dans  le  cnflre,dans  la  bourse,  ou  pluj 
guère  de  via  dans  le  tonneau,  dans  la  buu- 
ici  lie. 

Od  dit  aussi  Cgurcrarnt,  Battre  Tciu,  pour 
dire»  TravuiUtT  inulilenuMit,  perdre  sa  peine. 

Et  l'on  dit  aussi  dans  le  même  sens,  d'Une 
tenlalive  qui  n'a  rien  produit,  et  qui  ne  peut 
rien  produira  que  C'c^t  un  coup  dêpèe  dans 
Veau. 

On  dit»  Rompre  Veau  à  un  cheval  qui  boit, 
pour  dire,  I.'cnipicîierde boire  trop ttvidemeul. 

On  dît  figurément,  qu' 6/ n  homme  nage  entre 
deiur  eaur,  pour  dire,  qu'il  se  nicnage  entre 
deux  parîis  contraires,  saus  se  déclarer. 

On  dit  figurément  et  familièrement,  fm'Uni 
entreprise,  qu'une  affaire  est  à  vau-Veau^  poui 
dire,  qu'ElIc  est  mauquée. 

On  dit  figurément,  Nager  en  grande  eau, 
en  pleine  eau,  pour  dire,  Èlrc  dans  l'abon- 
dance, ou  se  trouver  dans  les  occasions  de  faire 
plus  faraude  fortui^r. 

On  appoil  •  fi'urcment  et  par  plaisantene» 
Cens  de  de-là  Veau ,  Des  gens  qui  ne  savent 
p^is  les  C'ioses  du  monde.  Vous  nous  prenez 
pour  des  gens  de  de-là  Veau. 

On  dit  fij^urénicnl ,  qu'//  faut  laisser  couler 
VeaUj  pour  dire,  qu'il  faut  laisser  niler  les 
choses  coniBie  clL-s  vont,  sms  s'ai  multrc  eu 
peine. 

On  dit  proveibialunifnt,  qu'//  a  lien  passé 
de  l  er.u  iorvi  les  ponts  depuis  ce  temps-là,  |x>ur 
dire,  qu'il  y  a  bien  eu  des  cliangenicns  cl  de» 
rèvclulîons. 

i^\  dit  figiirdment  et  Cimilièrcmenl,  Faire 
venir  Veau  au  moulin ,  pour  dire.  Faire  venir 
du  piofil  h  la  uuison,  à  la  Communauté. 

On  dit  fi;urcnH:Dl,  Vêcher  en  eau  trouble, 
ponr  dire,  l'aire  son  profil,  fair«bi«'n  sesnflàiiTs 
|endint  le  trouble,  U  division,  les  nuUicur» 
publics,  cle. 

On  dit  fig'tréni.  et  rimilièrcm.  d'Un  liomme 


EAU 

qui  est  dans  un  étal  où  il  ne  lui  manque  rien 
pour^tre  ^  son  aise,  qu7/  est  comme  le  poisson 
dans  Veau. 

On  dit  provcrbialcm.  et  faniilîèrem.  d'Une 
personne  qui  a  la  passion  du  jeu,  qu'£l/e  jo«e- 
roil  les  pieds  dans  l'eau. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  d'Un 
bommequî  paroît  simple  el  innocent,  quoiqti'il 
soit  malin.  Il  semble  gu*tl  ne  sait  pus  Veau 
troubler^  guil  ne  sait  pas  troubler  Veau. 

On  dit  d'Un  valet  malhabile  ,  qui  ne  trouve 
point  les  choses  les  plus  aisées  à  trouver,  qu'// 
ne  Iroui'croit  point  d  eau  à  la  rivière. 

On  dit  De  dfux  personnes  qui  ont  de  l'aver- 
sion l'une  pour  l'autre,  ou  qui  sont  de  carac- 
tères, d'opinions,  très- opposés,  que  C^est  le 
jeu  et  Veau. 

Ou  dit  Cpurémcnt  et  familièrement,  Tenif 
le  Ijcc  dans  Veau^  pour  dire,  Amuser  de  bellel 
paroles,  de  belles  promesses,  tenir  en  suspens, 
sans  donner  de  réponse  positive. 

On  dit,qu't/n  Navire  fait  eau,  pour  dirCj 
qu'il  y  cutrc  de  l'eau  par  quelque  ouverture; 
on  appelle  cette  ouverture  Voie  A'eau.  Etan- 
citer  une  voie  d'enu,  pour  dire,  Boucher  l'ou» 
vtrîure  par  où  l'eau  entre  dans  le  Vaisseau. 

On  dit  aussi,  qu'Un  Vaisseau,  une  F/oïic, 
sont  ailes  faire  de  Veau  en  guelgue  /leti,  pouf 
dire,  qu'ils  y  sont  allés  se  fournir  d'eau  bonix 
it  boire. 

On  (lit,  Les  eaux  d'un  Navu  e ,  poui- défignci 
La  partie  de  la  mt'r  qu'un  Navire  laisse  aprèl 
lui  h  mesure  qu'il  avance.  Un  Vaisseau  es(,  s* 
met  dans  les  eaux  d'iui  autre,  Lorsqu'il  file  eu 
qu'il  entre  dans  le  même  sillage. 

On  dit,  quX'n  pojsson  est  Je  bonne  eau, 
pour  dire,  qu'il  ne  sent  point  ia  bourbe.  Carpt 
de  bonne  eau. 

Ead,  se  dit  aussi  De  certaines  eaux  qui,  en 
passant  au  travers  des  minéraux,  contracieni 
quelque  vertu  médicinale,  soil  qu'on  s'y  baigne, 
soit  qu'on  les  boive.  7iau  minérale.  Eauc  ther- 
males. Eau  de  Forges,  de  Spa,  de  Bourbon^ 
de  Bourbonne,  de  Passi,  de  Sainte-Reine. 
Eaux  vitrioligues^  alumineu.es,  etc.  Aller  aux 
eaux.  Prendre  les  eaux,  llprml  tous  les  matins 
deux  bouteilles  d'eau  d'un  tel  cndro't.  Les  eaux 
ne  lui  seront  pas  bonnes.  Il  ne  rend  point  ses 
eaux.  Les  eaux  ne  passent  point. 

On  appelle  Eau,  Certaines  humeurs,  cor- 
laines  sérosités  qui  se  Irouvonl ,  qui  s'engen- 
drent dans  le  corps  de  l'animab  Quand  il  ftt 
inort,  on  lui  troiii'a  la  poitrine  toute  pleine 
d'eau  rousse,  d'eau  verddtre.  Les  eavx  gui 
lomhcntj  à  ceguon  prétend,  du  cerveau.  Il  ya 
de  Veau  dans  la  poitrine.  Lts  vésicatoites  fotit 
des  ampoules  pleines  d'eau  claire.  Cette  méde- 
cine lui  a  bien  fait  vider  des  eaux.  Ce  cheval  a 
des  eaux  aux  jambes ,  H  fundroit  sécher  ses 
iNiu-r,  bit  b.irrer  les  veines  pour  an*^(er  Ici  eaujr. 
On  lui  a  tiré  de  inimi'nù  sang,  ce  n'est  gue  de 
Veau.  Cette  femme  accouchera  bientât,  ses  eaux 
ont  pacè. 

On  dit  figurêm.  el  fjmilierero.  d'Un  liomme 
devant  qui  on  fait  ou  l'on  dit  qarl'iue  cho!tc 
qu!  le  met  en  goût,  qui  lui  donne  envie,  qu'On 


EBA  45."; 

lut  fait  venir  Veau  à  la  bouche,  que  Veau  lui 
en  vient  à  la  bouche.  Quand  vous  lui  parlez  de 
ce  ragoût,  vous  lui  faites  venir  Veau  à  la 
bouche. 

On  dit,  Foudre  en  eau,  pour  dire,  Vei-ser 
des  larmes  en  abondance. 

Eau,  se  prend  aussi  pour  Sueur.  Il  s'est 
échauffé  à  courir,  il  en  est  tout  en  eau.  L'eau 
lui  dcgoultoit  du  visage. 

Kau,  si;^nifie  aussi  Urine,  en  style  jx>pii. 
iairc.  Faire  de  Veau.  Lâcher  de  Veau.  Retenir 
son  eau.  Laisser  alla'  son  eau.  Il  faut  garder 
de  son  eau  dans  un  verre,  pour  la  faire  voir 
au  Médecin. 

On  dit  figurément  et  familièrement  d'Un 
homme  qui  n'a  rien  opéré  dans  une  afi'aire 
qu'il  avoit  entreprise,  et  qui  n'y  sauroit  rien 
avancer ,  qu'il  n'y  a  fait  el  qu'il  n'y  j'era  gue 
de  Veau  toute  cluiie. 

Eau,  se  dit  aussi  d'Une  liqueur  Artificielle, 
exprimée  de  quelque  plante,  de  quelque  dro- 
gue, ou  tiiée  par  l'alambic,  ou  composée  de 
difTéreus  sucs.  Eau  rose.  Eau  de  plantain.  Eau 
de  chicorée.  Eau  de  veau.  Eau  de  poulet,  etc. 
Eau-de-vic.  Eau  d'ange.  Eau  de  senteur.  Eau 
de  la  Reine  d'Hongrie.  Eau  de  fraises,  de  ce- 
rises, de  groseilles.  Eau  stypligue.  Eau  fubié- 
rarrc.  £«11  cïflîrcfte.  Eau  cordiale. 

Ijcs  Chinuster,  font  diflerentes  sortes  d'eaux. 
De  Veau-forte.  De  Veau  seconde.  De  Veau  de 
départ.  De  l'eau  régale.  De  l'eau  de  chaux. 

Eau-Forte.  On  nomme  ainsi  Une  estampe 
pravée  avec  le  seul  secours  de  leau-forie.  et 
dans  laquelle  le  burin  n'a  pas  travaillé.  L^ne 
bolle  eau-forte. 

Eau,  signifie  Suc,  en  parlant  De  quelques 
fruits  ,  particulièrement  de  la  pèche  el  de  la 
poire.  Celte  pêche,  cette  pou'e  a  une  bonne  eau, 
une  eau  fort  agréable,  a  bien  de  l'eau. 

Eau,  se  dit  aussi  Du  lustre,  du  brillant 
qu'ont  les  perles  ,  les  dianions  et  quelques 
autres  pierreries.  Ces  perles  sont  d'une  belle 
eau.  Ces  diamans  sont  de  la  première  eau. 

On  dit  aussi.  Donner  eau  à  un  drap,  à  un 
chapeau,  pour  dire,  Lui  donner  du  lustre. 

On  appelle  Couleur  d'eau  ,  Une  certaine 
couleur  qu'on  donne  ou  fer  poM  .  Inquelle  le 
rend  blen'itre.  //  faut  metlte  ces  pistolets,  ces 
épo'ons  en  couleur  d'eau. 

On  appelle  Vsrt- d'eau,  Une  couleur  veit- 
clair. 

EAUX  ET  FORÊTS,  s.  f.  pluriel.  Juridic- 
tion qui  connoit  de  la  chasse,  de  la  pèdie,  drs 
bois  el  des  nvirrcs,  tant  au  civil  qu'au  criminel. 
Grand  Maître,  Maître  des  Eaitx  el  For£t%, 

EBA 

Élî/VJIIR,  s'ÉoARiK.  T.  pron.  S'étonner,  ^ito 
surpris.  Il  vieillit 

EitAOi,  lE.  participe.  71  fut  bien  ébahi,  tout 
ébahi. 

I^BAîflSSEMENT.  i.  m.  Étonncment,  sur- 
pris'. 11  virillil. 

EBARBER.  v.  a.  Otcr  les  parties  exc<fdamc9 
et  superflues  de  quelque  chose.  Ebarber  du 
papier  j  des  plumes,  des  pièces  de  monnoie. 


456 


EBE 


ÉBAnBRn.  Terme  de  (îrovure  en  taille  douce. 
Enlever  avec  le  ventre  du  burin  ou  avec  l'éhar- 
Iicir,  la  petite  lèvre  ou  barbe  qui  reste  au  bord 
i\i  la  taille,  afin  que  le  trait  paroisse  nCL 

Rbarbé  ,  ÉE.  participe. 

ÉBARBOIR.  s.  m.  OutH  qui  sert  à  eliaiber 
qi'cVîue  chose. 

ÉBAROUI,  lE.   adj.  Terme  de  Marine.  ' 
Desséché.  II  se  dit  d'Un  vaisseau  dont  le  bor- 
dage  est  dessëchd  par  le  soleil  ou  par  le  vent. 

ÉBAT.  8.  m.  Passe-temps  ,  divertissement. 
Prendre  ses  ébats.  11  n'est  plus  que  du  style  fa- 
milier, et  ne  se  dit  guùre  qu'au  pluriel. 

ÉB.VlTE^dENT  ,  s.  m.  signifie  la  même 
chose,  et  ne  se  dit  guère  qu'en  plaisantant.  .S'il 
vetitvh'i'ler,  je  lui  en  donnerai  léhatIcmenL  11 
est  vieux. 

On  dit,  qu't/ne  voilure  a  tant  de  poneCs 
d'ébaltement  ,  pour  dire,  qu'Elle  a  tant  de 
pouces  de  jeu  dans  ses  balancemens  entre  les 
brancards. 

ÉB.\TTRE,  s'ÉbAtthe.  v.  pron.  (  Il  se  con- 
jugue comme  Battre.  )  Se  réjouir ,  se  divertir. 
Alle^i'out  ébattre  dans  la  campagne, à  la  cam- 
vanne.  Il  ne  se  dit  qu'avec  le  pronom  person- 
nel ,  et  il  est  vieux. 

ÉBAUBI  ,  lE.  adj.  fitonni!  .  surpris  d'ad- 
miralion.  Il  est  populaire  ,  et  ne  s'emploie 
qu'en  plaisantant.  Voiis  voilà  bien  ébr.ubi. 

ÉBAUCHE,  s.  f.  Ouvrage  de  l'cinturc  et  de 
Sculpture,  qui  n'est  que  commenc<5,  mais  où 
les  parties  principales  sont  indiquées.  Ce  n^est 
i^u'une  léiyre  éhauche  ,qttc  la  première  ébauche 

11  se  dit  figurcnient  Des  ouvrages  d'esprit 
Aans  !c  morne  sens.  Celte  pièce  n'est  pas  ache- 
vée^ elle  n\i  pas  la  dernière  main,  ce  n'esl 
qu'une  ébauche. 

r.BAUCHER.  T.  a.  Terme  de  Peinture  et  de 
Sculpture.  Commencer  un  ouvrage,  lui  donner 
les  premiers  traits  en  indiquant  les  parties  prin- 
cipales. J^baucher  une  statue  ^  un  tableau. 

11  se  dit  figurcment  Des  ouvrages  d'esprit. 
Cet  Auteur  na  pas  mis  la  dernière  main  à  son 
ouvraqe,  il  ne  Va  (ju'ébauché. 

Ébauché,  ée.  participe. 

ÉBAUCHOIK.  s.  m.  Outil  de  bois  ou  d'i- 
voire ,  dont  les  Sculpteurs  se  servent  poui 
ébaucher. 

ÉBAUDIR  ,  s'Ebaudik.  v.  pron.  Se  réjouir 
avec  excès,  et  témoigner  sa  joie  en  dansant, 
sautant,  ou  de  quelque  autre  manière  senr 
blable.  Il  est  vieux,  et  ne  s'emploie  cpi'en  plai- 
santant. 

EBAUDI.SSEMEKT.  s.  masc.  Action  de  s'e- 
haudir. 

EBE 

EBE.  s.  f.  Terme  de  Marine,  qui  se  dit,  en 
plusieurs  Provinces ,  du  reflux  de  la  mer. 

ÉBfcNE.  t.  f.  Le  bois  de  l'Ébénier.  £héne 
noire.  Cabinet  d'ébcne.  Bordure  d'ébènc.  Tra- 
vailler en  ébénc.  Il  y  a  diverses  sortes  d'ébéne. 
De  Vébéne  verte.  De  Vébcne  grise.  De  Vébéne 
Ttuge  et  noire,  blanche  et  noire. 

ËBÊMER.  v.  a.  Donner  i  du  boit  la  couleur 
«le  l'ébine. 


E15  0 

J^nÉxÉ,  ÉE.  particij'e. 

LBliMER.  s.  m.  Kspèce  d'aiLre  qui  vient 
dans  les  In^cs,  en  Afiii^iue,  et  dont  le  bois  est 
fiut  dur,  et  ordinairement  noir.  Il  y  a  des  jo- 
rets  ti^I'.bcnicrs  en  ce  pays-là. 

KIÎÉMSTE.  s.  ni.  Ouvrier  qui  tnivaille  en 
ébènc,  et  en  autre  scrie  de  bois  précieux,  ou 
en  ouvra|^;e  de  marïjuotfrric. 

LBÉMSTKIUK.  s.  f.   Le  mrticp  de  1  Klït- 
niste.  Il   se   dit  au»si  Des  ouvrages  qti  il  i^^' 
Travailler  en  cbcnistfirie.  Faire  le  commercn 
il  c'ocnistei'ie. 

ERL 

BBLOUîR.  T.  p.  Empcclicr  l'usage  de  la  vue 
par  une  trop  grande  luniîèr'^.  Le  soleil  i'blouil 
la  Tnc,  êhlouil  les  yeuT ,  rwii^  âllonit.  La 
fjraiidc  blancheur^  la  neiqe  ébloui* . 

ih\  dit  fig^nréuient,  C*"e.st  une  bcaitlé  (jui 
iblouit 

Il  sij^nifie  fiijTïre'iTicnt ,  Surprendre  l'esprit 
par  f[ucl([ue  clisse  de  vif.  de  brillant,  de  sp»'-- 
citHix.  ]l  ni'd  alléqué  tant  de  raisons^  au  H  m  u 
ébloui.  On  se  ïflTSse  souvent  cblouir  par  Veilui 
du  style.  Son  éloquence  éblouit  plus  (ju'clh 
n\'claire. 

Il  signifie  aussi,  Tenter,  séduire.  Les  qran- 
deurs  Vont  ébloui.  Il  s^'^sl  laissé  éblouir  à  /'or. 
Il  a  été  ébloui  de  Véclat  des  richesses^  par  la 
richf-sscs.  Les  promesses  (ju  on  lut  a  faites  Vont 
ébloui. 

l'-DLoni,  lE.  participe. 

ÉBLOUISSANT,  A>TK.  adj.  I)  a  les  ^iai-; 
ticntions  de  <on  verbe,  an  propre  et  nu  ligure. 
J\clat  éblouissant.  Couleur  éblouissante.  Beauté 
éblouissante.  L«  ueicje  est  ébloui-isarite. 

KBLOUISSIiMF.NT.  s.  m.  nifificultê  de  voir, 
causée  pnr  trop  de  lunli^re.  //  est  inipossifc/i;  df. 
regarder  le  soleil  sans  éblouissenient. 

Il  sii^nifie  nu^si  XJnc  difficulté  de  voir,  occa- 
sinne'e  par  cpielque  vapeut ,  ou  par  quelque 
rnitre  cause  intérieure.  Il  tn'a  pris  un  tel  cbloui^-i 
sèment  que  je  ne. voyais  (joutte.  Les  inipeur* 
'iont  souvent  accompacjnées  de  verii(jes  et  d'é- 
Ulouissemens. 

LUC 

FJÎORCiNKB.  V.  a.  Uen.îre  bcrj^^ne,  piiver 
.4  un  u;...  Une  branche  '^'arbie  Va  tborqrè  à  la 
chasse.  Il  s'est  éborgné  za  tombant. 

On  dit  tr6s-souveril,  pfr  exagération,  Ehor- 
qner  queUpi^in^  pour  diic,  Lui  faire  grand 
mal  à  l'œil. 

On  dit  figurcment  et  fiiniilirrrmei.t ,  (\u'Un 
mur,  qn'«n  arbre  cborqne  une  chambre,  un 
appartement ,  pour  dire,  quTl  lui  ôle  une  pjir- 
lie  de  la  vue,  de  son  jour. 

ÉuonoNn,  ék.  participe. 

ITîOl-TLLIU.  V.  n.  (Il  se  ronjns"e  comme 
Bouillir.,  nniis  il  ne  s'emploie  j^urre  qu'à  linii- 
niiif  et  au  païueipe.)  Oimimier  à  force  de 
bouillir.  Ne  laissez  point  tant  ébouillir  le  pot. 

JjiouiLT.i  ,  lE.  participe.  Le  pot  est  trop 
ébouilli.    Cette  sauce  est   trop  ébouillie. 

l'::BOULi:Mi:Nr.  s.  m.  Cbule  de  la  chose 
qui  s'éboule,  ou  étal  de  la  chose  éboulc'e.  L'é- 


EBR 

ioKlemcnl  de  la  muraille.  I/'e!>aiiIement  iti  hit- 
iwn.  h'ehoulement  des  terres^ 

ÉBOULr.R,v.n.s'EnoLLEn.v.  pron.  Tomber 
en  ruine.  Il  te  dit  Des  terres,  des  bâtinieiis  qui 
se  détruisent,  qui  se  dérangent,  qui  se  renver- 
sent. Le  rempart  s'éhnile.  Ceti\:  muraille  s'est 
éboulée.  Cela  fera  ébouler  ce  bastion.  Cette  pile 
de  bois  s'est  éboulée. 

Éuovr.É.ÉE.  participe. 

j-,UOL'LlS.  s.  m.  (;ho9C  qui  s'est  ëboulée. 
Un  éboulis  de  sable,  de  terre,  etc. 

EB()U1U;EONNEME>ï.  s.  m.  Retranclie- 
nieiit  de  bourgeons  superflus  des  arbres  frui- 
tiers, pour  les  soulager,  les  conserver,  et  leur 
faire  porter  de  plus  beaux  fruits. 

EB0URGEO.\NER.  v.  a.  C'ter  des  bour- 
geons ou  nouveaux  jets  des  arbres.  Voici  le 
temps  (piil  faut  ébourqconner  les  vignes. 

Ebouiiglo.nné,  f.e.  participe. 

ÉBOURIFFÉ,  EE.  adj.  li  se  dit  Des  per- 
sonnes dont  le  vent  a  mis  en  désordre  les  che- 
veux, la  perruque  ou  la  coiffure.  Vous  êtes 
tout  ébouriJj'è.Elle  an-iva  tout  ébouriffée.  11  est 
familier. 

ÉBOU.SI?*ER.  V.  a.  Terme  de  Maçtvvnerie. 
Otcr  le  bousin  d'une  pierre,  c'est-à-dire,  cette 
croûte  tendre  qui  tient  autant  de  la  terre  que 
de  la  pierre.  Il  faut  ébausiner  les  pierres  av.,nt 
nue  de  les  tai!ïer  pour  les  employer. 

ÉB0C9ISÉ,  ÉE.  participe. 

EBR 

ÉBRANCHEAIENT.  s.  m.  Action  d'Ann- 
clier  un  arbre,  ou  l'effet  de  cette  action. 

EBKAJiCHER.  v.  a.  Dépouiller  un  arbre  dO 
ses  branches  en  les  coupant  ou  en  les  rompant. 
Il  faut  ébrancher  cet  arbre.  Le  vent  a  tout 
ébranché  ce  chêne. 

EiuiANCHÉ,  ÉE.  participe. 

ÉBRANLEMENT,  s.  m.  Secousse,  action 
par  laquelle  une  chose  est  ébranlée.  Après  un 
si  grand  ébranlement ,  il  est  à  craindre  gue 
cette  muraille  ne  tombe.  L'ébranlement  du 
cerveau. 

Il  se  dit  aussi  figurément,  L'el)rari!e.iient  de 
su  fortune  lui  ft  perdre  la  moitié  de  ;es  amts. 
Les  guenes  civiles  causent  de  grands  ébrunle- 
mens  dans  les  jortunes. 

ÉBRANLER,  v.  act.  DooniT  des  secousso» 
h  une  chose,  eu  sorte  qu'elle  ne  soit  plus  dans 
une  ferme  assiette.  Cette  mine,  cette  batterte  a 
fort  ébranlé  le  bastion.  Les  vents  ont  ébranlé 
cette  maison.  Les  éruptions  de  l'Etna  ébrnn- 
(eiil  loule  la  Sicile.  Ce  coup  lui  a  ébranlé  le 
cerveaiL 

Il  se  dit  fîsiu-ément  Des  personnes ,  et  signi- 
fie. Émouvoir  quelqu'un,  l'éumner,  faire  qu'il 
soit  moins  ferme  dans  la  situation  d'esprit  ou 
il  e'toit.  Les  raisons  gu\m  lui  a  dites  l'ont  jnrt 
ébranlé.  Les  malleurs,  les  disgrâces  n'ont  point 
i:branlé  son  courage,  sa  constance. 

On  dit  en  termes  de  G  uerre ,  que  Des  troupes, 
des  colonnes,  des  lignes  commencent  à  s'ebran. 
lei-,  pour  dire,  À  se  mettre  en  mouAcinent.  La 
vremicre  ligne  s'cbranla  pour  chai  jer  lu  en- 
nemis 


EGA 

On  le  dit  aussi  Des  troupes  qui  commencent 
a  faire  quelque  mouvement  pour  prendre  la 
fiiile.  Ce  Rt'tjinicnt  êtoit  exposé  à  un  sî  grand 
feu,  qu'il  comniençoil  à  s'ébranler;  la  présence 
du  Général  le  rassura. 
ÉBnASLÉ,  ÉE.  participe. 
ÉBR  ASER.  V.  a.  Terme  d'Architecture.  Élar 
gir  en  dedans  la  baie  'd'une  porte  ou  d'une  croi- 
sse. On  dit  aussi  Ehrasemenl. 

ÉBRÉCHER.  V.  a.  Faire  une  hrcclie.  Ebré- 
cher  un  couleau ,  un  rasoir,  e(r.  S'élirécher  une 
àent.  II  ne  se  dit  qu'en  ces  plirases. 
EavicBÉ,  ÉE.  participe. 
ÉBREM2R.  T.  a.  Ôter  les  matières  fécale» 
«l'an  enfant.  Cède  nourrice  a  ébrené  son  en- 
fant. I!  est  bas. 

ÈBDZsi,  ÉE.  participe. 
ÉBRILL.4DE.  s.  f.  Terme  de  Manège.  Se- 
cousse qu'on  donne  avec  la  bride  è  un  cheval, 
peur  le  retenir  ou  le  faire  tourner. 

ÉBROUEMENT.  s.  m.  Ronflement  d'un 
cheval  ii  la  vue  des  objets  qui  l'effraient. 

EBROUER ,  s'EonoLEn.  v.  pron.  Terme  d( 
Manfge.  Il  se  dit  li'Ln  cheval  qiu'  fait  un  ron- 
flement h  la  vue  des  objets  qui  liffraienl.  Le: 
chevaux  vifs  s'ébrouent  facilement. 

ÉBROUER.  V.  a.  Ebrouer  une  pièce  et  étoffe, 
ie  toile,  La  laver,  la  passer  dans  l'eau. 
EBnoLÉ,ÉE.  participe. 
ÉBRUITER.  V.  a.  Divulguer,  rendre  public. 
IX  ne  faut  pas  ébruiter  celte  affaire. 

11  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel.  71 
faut  prendre  garde  que  celle  affaire,  cette  nou- 
Bf/!e  ne  j'élruile,  ne  vienne  à  s'éôruitcr.  CelH 
Tiouvelle  commence  ù  s'ébruiter. 

ÉsnciTÉ,  ÉE.  participe.  Ajfiiire  ébruitée. 

EBU 

ÉBl'AKD.  s.  m.  Coin  de  bois  fort  dur  et 
recuit,  qui  sert  à  fendre  des  bûches. 

EBULLinOX.  s.  f.  Espèce  de  maLndie  qui 
r.iuse  surlap»audes  clevures  ou  taches  rouges. 
71  a  une  ébullition  par  tout  le  corps.  Une  ébul- 
lit'.nn  de  sanq. 

Il  signifie  aussi  Le  mouvement  que  prend 
un  liquide  qui  bout  sur  le  feu  ;  et  il  se  dit  en 
Chimie  Ce  deux  matières  qui  en  se  mêlant  font 
paroitre  des  bulles  d'air.  L'ciiuKili'on  est  dif- 
firente  de  l'effervescence  et  de  la  fermentation. 

En  A 

EC.\CnE>lE>'T.  s.  m.  Froissure,  contusion, 
brisure  d'un  corps  dur. 

l'.CACHER.  V.  0.  Ecraser,  froisser.  Ecaeher 
une  noi.T,  un  limaçon,  en  marchant  dessus.  Il 
l'est  écaché  le  doigt.  Il  est  familier. 

Ec.icni,  ÉE.  particip<'. 

On  dit  familièrement,  Vn  nés  écacAé,  peut 
dire.  Un  m  t  camus  et  aplati 

EC.VILLE.  J.  f.  Petite  partie  dure  et  ordi- 
nairement transparente,  d'une  figure  rqnde  ei 
plate ,  qui  couvre  la  jwau  de  c«.rt,.ins  poisiions 
Cl  de  ccnaiiis  reinilcs.  Les  écailles  d'une  carpe, 
d'un  saumon ,  dune  morue,  d'un  crocodile. 
Grandes  écailles.  Petites  écailles.  Ecailles  du- 
res, rondes,  plates,  tr,in-j-arer.les. 
Tome  I, 


PGA 

ÉCAILLE ,  se  dit  aussi  d'Une  espèce  de  coque 
dure  qui  couvre  la  plupart  des  poissons  qu'on 
appelle  Teslacés.  Il  se  dii  plus  particulièrement 
Des  tortues,  des  uuîtres.  L'écaillé  d'une  l.ultre. 
Huître  à  Vécaille.  Ecaille  de  tortue. 

On  appelle  absolument  Ecaille,  De  l'èciillc 
de  tortue.  Cu6  in  et  d'écaillé.  Tablettes  couvertes 
d'écaillé.  Tabatière  d'écaillé.  Ce  que  vous  pre- 
nez pour  de  la  corne  est  de  l'écaillé. 

On  dit  en  Peinture,  qu'7/n  lai/eau  lomiie 
far  écailles.  Quand,  par  vétusté,  il  s'en  déta- 
che des  parcelles. 

ÉCAILLER,  ÈRE.  s.  Celui,  celle  qui  vend 
tt  qui  ouvre  des  huitres  à  l'écaillé.  Voilà  l'é- 
taillcr  qui  passe.  Appelons  re'cuillère. 

ICCAU.LER.  V.  act.  Ôtei ,  enlever  l'craille 
d'un  poisson.  Vous  n'uses  pas  bien  écaillé  cette 
larpe ,  ce  brochet. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
On  dit,  qu'fn  tableau  s'écaille,  qu'un  enduit 
ior,  de  blanc,  d'azur,  etc.  s'écaille,  pour  si- 
[nifier,  que  L'or  ou  les  couleurs  s'enlèvent  et 
)c  détachent  paj-  petites  parties,  comme  des 
icailles. 

ÉCAiiiÉ,  ÉE.  participe.  A  qui  on  a  ôté  les 
icailles.  Carpe  écaillée. 

Il  s'emploie  aussi  dans  le  sens  contraire, 
pour  dire,  Qui  est  couvert  d'écaillés.  Animaiu: 
tcatUes. 

Les  Botanistes  donnent  le  nom  d' Ecailles,  à 
des  productions  qui  approchent  de  la  figure 
d'une  écaille  de  poisson.  Elles  forment  l'enve- 
loppe des  boutons.  On  en  trouve  sur  les  c.ilices 
ie  quelques  fleurs,  sur  les  chatons,  sur  len 
kulbes,  etc.  Les  cônes  du  sapin  sont  des  fruits 
i  écailles  ou  écailleujt. 

i';CAILLEUX,EUSE.  adj.  Qui  se  lève  par 
écailles.  Une  ardoise  écailleuse.  Peau  dure  et 
écailleuse. 

Il  se  dit  en  Botanique,  pour.  Composé  de 
plusieurs  écailles.  7,a  racine  du  lis  ed  écail- 
leuse. 

ÉCALE.  s.  f.  Couverture  extérieure,  et  qui 
tenferme  la  coque  dure  de  certains  fruits , 
tomme  les  noix.  Ecale  de  noix,  etc. 

Égale,  se  dit  aussi  Des  coquilles  d'reufs,  et 
de  la  peau  des  pois  qui  se  lève  quand  ils  cui- 
►enL  Ecales  d'œufs.  Des  écales  de  pois. 

ÉCALER.  V.  act.  ôter  l'écale.  Ecaler  dei 
noix. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  person- 
nel. Les  pois  s'écalenl  quand  ils  ont  bouilli. 
ÉcAiÉ,  ÉE.  participe. 

ÉCARBOUILLER.  v.  a.  Écachcr,  écraser.  71 
lui  a  écarbouillé  la  léte,  la  cavelle.H  est  popu- 
laire. 

ÉcAnooi'iLLÉ,  ÉE.  participe. 
ECARL.VTE.  s.  fém.  Couleur  rouge  et  fort 
vive.    TcinI   en  écarlate.   Vne   Belle  écarlale. 
Ecarlate  des  Gobetins. 

Il  signifie  aiussi  L'étoffe  même  teinte  de  cette 


roule 


leur.  J'iii   acheté  vinql    aunes   d'écarlat 
tilanteau  d'écarlate. 

On  dit  fig'irément  et  populairement  d  Une 


EGA  .fi^y 

On  dit  aussi  De  (juelquc  chose  de  fort 
louge,  d'un  rouge  très-vif,  Roti^c  comme  éean 
late,  comme  de  l'écarlate. 

ÉCARLWINE.  adj.  f.  I!  ne  se  dit  qu'en 
parlant  d'Une  fièvre  qui  rend  la  peau  très- 
rouge.  Vne  fièvre  écarlatine. 

ÉC.\ftQUILLR!MENT.  «.  m.  L'action  d'c- 
earquiller.  L'écanjui'l/cmenl  des  jambes.  11  est 
familier. 

ÉCARQUILLER.  v.  a.  Écarter,  ouvrir.  Il 
ne  se  dit  que  dans  ces  phrases  du  style  fami- 
lier :  Tîcarijuil/cr  les  jambes.  EcarquiUcr  les 
yeux. 

ÉcAnQtjaii,  ée.  participe. 
I-.CART.  s.  m.  Action  de  s'écarter.  On  porta 
un  coup  à  cet  homme,  et  pour  l'éviter  il  ft  un 
écart.  Son  cheval  eut  peur,  fit  un  écart,  et  le 
renver.^a  dans  le  fossé. 

On  dit,  qu'7/n  cheval  a  pris,  s'est  donné  un 
écart,  pour  dire,  qu'il  s'est  estropié  en  faisant 
un  écart. 

On  dit  en  termes  de  Danse,  Faire  un  écaii, 
pour  dire,  Porter  le  pied  à  quartier,  à  coté. 

On  dit  figurcmeni.  Faire  un  écart  dans  un 
discours,  pour  dire,  S'écarter  mal  il  propos  de 
sou  sujet.  Et  on  dit  d'Un  homme  qui  ne  tient 
pas  d'ordinaire  une  conduite  bien  réglée,  que 
C'est  un  homme  qui  est  sujet  à  faire  des  écarts, 
à  fies  écarts. 

EcADT,  signifie  aussi  Les  cartes  qui  ont  éti 
L-cartces.  Où  est  votre  écart?  Xe  touchez  point 
li  Ivoire  écart. 

A  l'écAkt.  phrase  adverbiale.  En  un  lieu 
ilétoumi',  en  un  lieu  écailé.  Les  voleurs  îe 
IrouvérenI  n  l'écart  et  le  dépouillèrent.  Mener, 
prendre  quelqu'un  à  l'écart. 

Il  signifie  aussi ,  À  quartier,  i  part.  Tirer 

qaelqu'un  à  l'écart.  Se  mettre,  se  tenir  à  l'écart. 

On  dit  figurcm.  Mettre  à  l'écart,  pour  dire. 

Faire  abstraction.  Vêlions  celle  consideralion  i 

l'écart.  Mettons  nos  intérêts  à  l'écart 

EC.\RTELER.  v.  a.  Mettre  en  quatre  quar- 
tiers. Sorte  de  supplice  cpi'on  fait  souffrir  à  des 
criminels  de  lèse -Majesté  au  premier  chef,  ea 
les  tirant  à  quatre  chevaux.  71  fut  condamné  à 
être  écartelé. 

EcAnTEiEa.  v.  n.  Terme  de  Blason.  Partager 
1  écu  en  quatre,  71  écartelle  de  telles  et  telles 
armes,  ou  de  tels  et  tels  émaux. 
ÉcAnTELÉ ,  ÉE.  participe. 
ÈCARTESIENT.  s.  m.  Disjonction  ,  sépara- 
tion de  deux  choses  qui  doivent  être  jointes. 

ÈC.4RTER.  v.  a.  Éloigner,  séparer,  disper- 
ser. Ecarter  les  ennemis.  Le  vent  a  écarte  les 
nuages.  Ecarter  la  foule.  La  tempête  a  écarté 
les  vaisseaux. 

Il  signifie  aussi  Détourner.  Ecarter  quel- 
qu'un du  droit  chemin.  "Pous  vous  écarteriei 
trop,  si  vous  preniez  ce  chemin-li. 

On  dit  figurcmcut  dans  l'un  et  dans  l'autre 
sens  :  Ecarter  les  malheurs.  Ecarta'  la  tem- 
pête. Ecarter  la  mauvaises  fxnsécs.  Il  a  écarté 
tous  ceux  qui  lui  nuisaient.  S'écarter  île  son 


:i, 


devoir,  du  rc!:pecl  que  l'on  doit  à  quelqu'un. 
pmonn^  qui  a  les  yeux  fort  rouges,  qu'Elle  a  J  S'écaricr  du  bon  sens.  S'écarter  de  son  sujet 
la  yeux  borde,  d'ècarlate.  '    dans  un  discours. 

58 


458  ECH 

ÉcAïTEn,  signifie  nussi,  Éparpiller.  Ce  fusil 
écarte  son  plomb.  On  dit  aussi  simplement,  Ce 
fusil  écarte. 

ÉCAnrEB,  à  certains  jeux  des  cartes,  signi- 
fie, ÎMettre  à  part,  rejeter  des  cartes  dont  on 
lie  veut  point  se  scn-ir,  sV-'i  'défaire.  Ecarter 
un  as.  Ecarter  un  Roi. 

ÉcAniÉ ,  iE.  participe. 

ÉCARTU-LlJWiKT.  ..  m.  ÉCARTILLER. 
V.  a.  VoyeiÉcAiiQBniE.MEST,  ÉcAiïqdilleii. 

ECB 

ECCOLIQUE.  adj.  des  2  genres.  Il  se  dit 
lies  remèdes  qui  précipitent  l'accouchement. 

ECC 

ECCHYMaSE.  s.  .  f.  Terme  de  Chirnrgin. 
■C'est  une  contusion  légère  ou  superficielle  qui 
n'offeu>e  que  la  peau  ou  le  corps  graisseux. 

'  ECCLÉSI.-iSTE.  s.  m.  Nom  d'un  des  Livres 
Sapicntiaux  de  l'.incien  Testament. 

ECCLÉSIA.STIQXJE.  adj.  des  2  genres. (Les 
deux  C  se  prononcent  comme  s'il  n'y  en  avoit 
qu'un.  )  Qui  appartient  à  i'tglisc,  au  Corps  di< 
Clergé.  L^Ordre  Ecclésiastique.  Les  censures 
Ecclésiastiijues.  Biens ,  revenus  Ecclésiastiques. 
Il  signifie  encore,  Qui  esl  d'Église.  Personne 
Ecclésiastique.  Pair  Ecclésiastique.  Electeur 
Ecclésiastique. 

En  ce  sens,  îl  s'emploie  souvent  suLstanti 
vement.  Un  Ecclésiastique.  V.n  bon  Ecclésias- 
tique. Un  honnête  Ecclésiastique. 

On  appelle  aussi  L'i^cclésiastiijuc,  Un  des 
Livrfs  de  l'Écriture- Sainte. 

ECCLÉ.SI.\.STIQUE!MENT.  adv.  En  Ecclé- 
siastique. Il  vit  ccclésiastiqnenient. 

ECCOPROTIQUE.  adj.  des  2  genr.  Terme 
de  Pharmacie.  11  se  dit  Des  purgatifs  doux. 

ECCOBTHATIQUE.  adj.  des  2  g.  Terme 
de  Pharmacie.  Il  se  dit  Des  l'emcdcs  contre  les 
obstructions,  qui,  appliqués  sur  la  peau,  en 
ouvrent  les  pores. 

ECCRINOLOGIE.  s.  f.  P.niic  de  la  Mé- 
decine qui  traite  des  excrétions. 

ECE 

ÉCERVELÉ,  ÉE.  adj.  Qui  a  l'esprit  léger, 
évaporé ,  qui  est  sans  jugement.  Têfe  éccrvelee. 

Il  se  prend  quelquefois  suhstautivemenl. 
C^est  un  jeune,  un  franc  écervelé.  Que  veut 
iire  cette  petite  écervelée? 

ECH 

ÉCHAFAUD.  s.  m.  Assemblage  de  pièces 
de  bois,  qui  forme  une  espèce  de  plancher,  sur 
lequel  les  ouvriers  montent  pour  travailler  aux 
lieux  où  ils  ne  peuvent  atteindre  autrement. 
On  ne  peut  plus  Irovdillcr  à  cette  murnillesans 
êchafnud.  Ce  bâtiment  est  achève,  il  faut  ôter 
les  échafauds. 

Il  se  prend  aussi  pour  Des  ouvrages  de  Char 
penterîe  ,  élevés  ordinairement  p.ir  degrés  en 
iônae  d'amphithéiirc.  pour  voir  plus  commo- 
dément  des  cérémoaics  publiques   ou  autres 


ECH 

spectacles.  On  avoit  dressé  des  écliafauPiS  pour 
la  Cour,  pour  les  Ambassadeurs,  pour  la  mu- 
sique. 

On  appelle  aussi  Echafaud,  Une  espèce  de 
ihéâU'e  de  charpente  dressé  pour  l'exécution  do 
quelques  criminels.  Dresser  un  écliafaud.  Mou- 
rir sur  un  echafaud.  Monter  sur  l'échafaud. 
Porter  sa  tête  sur  l'échafaud. 

ÉCHAFAUDAGE,  subst.  m.  Construction 
d'échafauds  pour  bilir ,  pour  peiudi"e ,  ou 
pour  faire  quelque  .lutrc  cliose  semblable.  5on 
èchafaudatje  c^t  mal  dressé.  Il  en  a  coûté  beau- 
coup pour  l'échafaudatje.  Il  s'imploie  quelque 
fois  au  figure ,  et  se  dit  principalement  Des 
grands  pK<paratifs  qu'on  fait  poiu'  peu  de 
chose.  Voilà  un  qrand  échafaudage  pour  peu 
de  chose. 

ÉCHAFAUDER.  verb.  n.  Dresser  des  écha- 
fauds.  Hi  ne  se  dit  que  de  ce  qui  regarde  la 
construction  des  balimens.  Pour  travailler  à  et 
dôme ,  il  en  coûtera  beaucoup  pour  échafaudcr. 
On  dit  figurémcnt  et  familièrement ,  Sécha, 
fàuàer ,  pour  dire.  Faire  de  grands  prépai-.ttifi 
pour  peu  de  chose.  Les  Charlatans  sont  lonqi 
à  s'échafaudcr. 

ÉCHAFAUDÉ,  LE.  participe.  ' 

ÉCH.'iLAS.  s.  m.  B.iton  de  quatre  ou  cinij 
pieds  de  long  que  l'ou  fiche  en  terre  pout 
soutenir  un  cep  de  vigne.  Echalas  de  vigne. 
Eclialas  de  quartier.  Echalas  rond.  Botte  (î'é- 
c/i(jlrts.  Planter,  ficher,  tirer,  arracher  dei 
échalas. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  qui 
ofTccte  de  se  tenir  droit,  qu'/!  se  tient  droil 
comme  un  échalas.  On  dit  aussi  d'Une  personne 
maigre  et  sèclie ,  que  C'est  un  échalas. 

ÉCIIALASSEMENT.  subst.  masc.  ActJou 
d'échalasser  une  vigne. 

ÉCIIALASSER.  v.  actif.  Garnir  une  vigna 
d'échalas.  Jîc/iolnsser  une  viijne. 
Échai.assé,  ke.  participe. 
ÉCHAL'IER.  s.  m.  Clôture  d'un  champ  faits 
pvec  des  branches  d'arbres  ,  pour  en   fcrniei 
l'entrée  aux  bestiaux. 

ÉCHALOTE,  s.  f.  Espèce  d'ail.  De  !)on;ici 
échalotes.  Sauce  à  Véchalote. 

ÉCIIAMPIR.  verbe  act.  Terme  de  Peinture. 
Contourner  une  figure,  tm  feuillage,  un  orne- 
ment, en  se'paranl  les  contours  d'avec  le  fon^l. 
ÉcilAJiri,  IE.  participe. 
ÉCHANCRER.  v.  a.  Tailler,  vider,  coupct 
en  dedans  fin  forme  de  croissant.  11  se  dit  Des 
élolTcs,  de  la  toile,  du  cuir,  du  bois,  etc. 
Èchancrer  le  collet  d'un  manteau.  Echancrcr 
une  housse  de  cheval ,  une  table.  •■ 

EcHANCBÉ  ,  ÉE.  participe, 
l'.u  termes  de  Botanique,  Echancré  se  dil 
des  fcuillesdont  les  bords  sont  entamés,  comme 
si  on  en  avoit  em]>orté  une  pièce  avec  des  ci- 
seaux. Les  feuilles  .sont  échancrées  en  forme  dl 
croissant,  en  cœur  cl  en  pointe. 

ÉCHAXCKURE.  s.  f.  Coupure  (aile  en  de- 
dans en  forme  de  demi -cercle.  Il  faut  un  peu 
plus  d'échaucrure  à  cette  manche.  Les  /'.issi'ni 
de  Barbier  ont  une  êchancrure  t^ui  s'appelle 
aussi  gorge. 


ECH 

ÊCITAIVGK.  s.  m.  Chau-^e  d'une  chose  pout 
une  autre.  E>lu:n(je  avantageux.  Echange  dei 
ratifications.  Echange  des  prisonniers.  Je  lui 
avois  donné  unclieval,  il  m'adonne  un  tableau 
en  échange.  Faire  un  échange.  11  se  dit  plus 
ordinairement  Des  immeubles.  En  échange  de 
sa  Terre,  il  lui  a  donné  des  rentes,  des  maisota 
à  Pans.  Droit  d'échange. 

Ou  dit,  Le  commerce  se  fait  en  échange 
d'argent  ou  de  marchandises. 

ÉCHANGEABLE,  adject.  des  2  genres.  ,Qui 
peut  être  échangé.  Celte  denrée,  ces  effets  , 
sont  échangeables.  Cet  Olficier  prisonnier  est 
échangeable  contra  un  autre.  Les  productions 
des  dijférens  climats  sont  échangeables. 

ÉCII.4NGER.  verbe  act.  Faire  un  échange. 
Echanger  une  pièce  de  terre  contre  une  autre. 
On  a  échangé  les  prisonniers.  On  a  ichungé 
les  ratifications. 

ÉCHASGEK.  Terme  de  Blanchisseuse.  Mouil- 
'er  le  linge  pièce  à  pièce.  Pour  faire  de  bonnes 
lessives,  il  faut  échanger  le  linge. 

ÉCHANGE,  iE.  participe. 

ÉCHANSON.  s.  in.  Officier  qui  sert  à  boite 
>u  Roi ,  ou  à  un  Prince.  On  n'appelle  plus  ainsi 
rcux  qui  font  cet  office,  et  on  ne  s'en  sert  que 
^uand  on  parle  du  grand  bchaoson.  Le  Roi 
lie  Bohême  est  grand  Echanson  de  l'Empire. 

On  s'en  sert  encore  dans  la  Fable,  Gany- 
\:iède  est  l' Echanson  des  Dieux-  ou  eu  racon- 
Mnt  quelque  Histoire  de  l'antiquité.  L'Echan- 
ton  de  Pharaon. 

ECIlANSON>'ERIE.  s.  f.  Corps  des  Offi- 
liers  qui  servent  :"i  boire  aux  Rois,  aux  Prin- 
(es,  etc.  Le  lieu  où  est  la  boisson  du  Roi. 
thef  d'Echansonncrlc.  Officiers  d'Echanson- 
ierie. 

ÉCHANTILLON,  s.  m.  Petit  morceau  de 
[uelque  cliose  que  ce  soit,  qui  sert  de  montre 
I  our  faire  connoitre  la  pièce.  37oiitrer  un  échan- 
tillon. Donner  un  échantillon.  Ce  n'est  qu'un 
iehantillon  de  la  pièce.  La  pièce  ne  se  rapporte 
iifls  à  l'échantillon. 

Il  se  dit  figurément  Des  clioses  d'esprit  ; 
romme  ,  quand  on  montre  uue  vingtaine  de 
vers  d'un  Poème  ,  ou  autant  de  lignes  d'nne 
[lièce  en  prose,  on  dit,  que  C'est  un  échan- 
tillon de  la  pièce.  Par  l'échantillon  vous  juge- 
rez de  la  pièce. 

On  dit  proverbialement  et  figurément ,  Ju- 
ger de  la  pièce  par  Véchantiilon> 

ÉCHANTILLONNER,  v.  act  Conférer  un 
poids,  une  mesure  avec  sa  matrice  originale. 
Les  poids  de  ce  Irébuchet  ont  été  marqués  et 
èchautillonnés  à  la  Mannoie. 

ÉCHANTiLi.OXNÉ ,  KE.  participe. 

KCH.IPPADE.  s.  f.  Terme  de  Gravure  en 
bois.  Accident  qui  arrive  lorsqu'en  forçant  la 
rt^istance  du  bois ,  l'outil  échappe  et  va  tracer 
un  sillon  sur  une  partie  déjà  gravée. 

KCHAPP.iTOlHE.  s.  f.  Kfailc ,  subter- 
fuge ,  moyen  adroit  et  subtil  pour  se  tirer 
d'embarras.  Trouver  une  échappatoire.  Il  a  ses 
échappatoires  toutes  prêtes.  Il  cjt  du  style  fa- 
milier. 

ÉCHAPPÉE.  1.  f.  Action  improdenle  d'un 


ECH 

jeune  lionimc  qui  sort  ilc  son  devoir.  C'est  une 
échappée  de  jeune  homme.  Il  a  f"'t  plusieurs 
ichapyéea. 

Ou  dit,  Faire  (jncl^ue  chose  par  éc/inpf  eis 
pour  dire  ,  Faire  quelque  chose  par  intcr- 
valles ,  et  coniroe  h  la  dérobée. 

Échappée  de  lumière.  Terme  de  Peinture. 
I.iiniiùre qu'on  suppose  passer  cnlredcux  corps 
ticsproclies  l'un  de  l'autre,  et  qui  éclaire  queU 
que  partie  du  t;ibleau ,  la(|nelle  sans  cela  scroit 
dans  l'ombre  ou  dans  la  demi-teinte. 

Échappée  de  vde,  se  dit  De  certaines  vues 
Ksserrées  entre  des  montagnes,  des  bois  et  des 
maisons,  l'nc  échappée  de  vue.  Il  y  a  de  belles 
échappées  de  vue  dans  ce  paysatje. 

ÉCHAPPE>rENT.  s.  m.  Terme  d'Horloge- 
rie. 11  se  dit  en  général  De  l'espèce  de  raéca- 
nique'par  laquelle  le  régulatciu-  reçoit  le  mou- 
vement de  la  dernière  roue ,  et  ensuite  modère 
le  mouvement  de  cette  roue  môme,  pour  ré- 
gler l'iiorloge,  ou  la  pendule,  ou  la  montre. 
ÏJchapvcmcnt  à  recul.  Echappemenl  à  repos. 

ÉCHAPPER.  V.  n.  Évader,  esquiver,  sa 
sauver  des  mains  de  quelqu'un,  d'une  prison. 
de  quelque  péril,  etc.  Il  se  met  avec  la  prépo- 
sition de,  quand  il  signifie,  Cesser  d'être  où 
l'on  ctoit,  sortir  de  ,  etc.  Echapper  des  maini 
des  sergens.  Echapper  du  naufrage,  du  jeu. 
Echapper  d'un  danger. 

En  ce  sens  il  se  met  aussi  avec  le  pronom 
personnel  II  s'est  échappé  des  prisons. 

Il  se  met  avec  la  préposition  à  ,  quand  il 
signifie,  N'être  pas  saisi,  aperçu,  etc.  Echap- 
per à  la  fureur  f  à  la  poursuite  des  ennemis.  Jt 
y  a  des  étoiles  si  éloiqnées,  des  vaisseaux  si 
déliés  dans  le  corps  humain  ,  des  insectes  si 
petits^quils  échappent  à  la  vue,  aux  yeux.  ÏA 
sens  diflerent  des  deux  prépositions  se  icrl 
sentir  dans  un  exemple.  L'un  des  coupables 
a  échappé  au  PrevJt,  et  l'autre  s'est  échappi 
de  prison. 

On  dit  provcrbi-ilement  ,  A''cj(  pas  bien 
échappé  ijui  trahie  son  lien. 

On  dit,qu't/nc'c/iose  est  échappée  de  la  mé 
njcire,  pour  dire,  qu'On  ne  s'en  souvient  pas, 
qu'on  l'a  oubliée;  et  qu'£/lc  est  échappée  de  la 
main,  pour  dire,  qu'On  l'a  laisse  tomber  pat 
mégarde. 

On  dit, que  Rien  n'échappei  laprévoyance, 
U.Z  tumières  de  ijueliju'un  ,  pour  dire,  qu'il 
voit  tout,  qu'il  prend  garde  à  tout 

On  dit ,  Laissa-  échapper  l'occasion ,  poui 
oirç.  Perdre  l'occasion. 

II  signifie  eiicore  avec  le  proDom  person- 
nel ,  .S'emporter- inconside'rémeni  à  dire  ou  5 
faire  quelque  chose  contre  la  nison  ou  la  bien- 
séance. Il  est  très-sujet  à  s'échapper.  Il  s'é- 
chappe toiiveiil.  71  s'est  échappé  justju'ù  inju- 
rier son  pért. 

On  dit  encore,  qu'lin  mol  «si  échappé  a 
fueliju'un, qu'il  a  laiué  échapper  un  mol, pour 
dire,  qu'il  lui  est  arrive  de  dire  un  tel  mot  par 
roég»rde,  saut  y  penser,  et  contre  sa  volonté. 

On  dit  .-lUi^i  :  La  patience  m'échappe.  La 
vie  nous  échappe,  le  temps  nom  échappe  sans 
y  penser. 


ECH 

On  dit  aussi  dans  le  mémo  sens  :  //  m'est 
échappé,  H  lui  est  échappé  de  dire,  de  faire, 
etc.  Il  lui  échappe  de  dire  souvent  des  choses 
mal  à  propos.  Il  lui  est  échappé  des  fautes,  des 
néqliqences ,  etc.  En  ce  sens  il  est  impersonnel. 

On  dit,  qu'l/n  passage,  une  citation  a 
échappé  à  un  Auteur,  pour  dire,  qu'il  l'a 
omise,  qu'il  n'y  a  pas  pris  garde. 

Le  sens  difltrcnt  d'u  échappé  et  d'esl  échappé, 
dans  les  acceptions  précédentes ,  se  fera  sentir 
dans  cet  exemple  :  Le  mot  que  vous  venez  de 
dire  vous  est  échappé,  c'est-i-dire,  Vous  l'avez 
dit  inconsidérément;  Le  mol  que  vous  venez 
de  d'ire  m'a  échappé ,  c'est-i-dire ,  Je  ne  l'ai  pas 
entendu. 

On  drl  encore,  Laisser  échapper  un  stcrei. 

II  est  quelquefois  actif.  Échapper  le  danger. 
Echapper  la  potence.  Echapper  la  côte.  Et 
alors  il  signifie  Eviter. 

On  dit  proverbialement,  L'échapper  belle, 
pour  dire,  Éviter  heureusement  un  përil  im- 
minent. Il  l'a  écM.ppé  belle. 

ÉcHAPi'É,  ÉE.  participe. 

Ou  dit  figurément  et  familiérem.  d'Un  fou, 
que  C'est  un  échappé  des  Pelites-'Maisons. 

On  appelle  Un  cheval  qui  est  engendré  d'un 
Barbe  et  d'une  cavale  du  pays ,  Un  échappé  di 
Barhe. 

On  appelle  figurément  Echappé  de  Juif, 
Va  homme  qu'on  soupçonne  être  de  race  Juive. 
Dans  ces  trois  acceptions  il  est  pris  substantif 
vcment. 

On  dit  figurém.  et  familiérem.'  d'Un  jeune 
homme  inconsidéré  et  emporté,  que  C'est  un 
cheval  échappé. 

ÉÇHXUUE.  s.  f.  Piquant  de  chardon,  ou 
petit  échit  de  bois  qui  entre  dans  la  chair.  On 
lui  a  tiré  une  échardc  du  pied.  Il  lui  entra  une 
écharde  sous  l'ongle. 

ÉCHARDOSNER.v.a.Ôtcr, couper,  arracher 
les  chardons  d'un  champ,  d'un  j,irdiu.  Echar- 
donncr  un  champ.  Il  a  fait  échardonner  sel 
blés.  Echardonner  une  terre  semée,  une  p'airie. 

ÉcHAnooNSÉ,  ÉE.  participe. 

ÉCHARNER.  v.  a.  Ôtcr  d'une  peau  de  bétc, 
d'un  cuir,  la  chair  qui  y  est  restée. 

ÉciiAJiN£,  ÉE.  partidpc. 

ECH.ARXOIR.  s.  m.  Instrument  avec  lequel 
on  écharne. 

ÉCH.ARNURE.  s.  f.  Reste  di'  chair  qui  s'ôtc 
d\in  cuir  que  l'on  prépare.  Façon  qui  se  donne 
en  écharnant. 

ÉCHARPE.  s.  f.  Large  b:.nde  de  taDTetas, 
d'étofic,  ou  de  point,  ou  de  dentelle  d'or, 
d'argent,  que  l'on  portoit  autrefois  de  la  droite 
à  la  gauche  en  forme  île  baudrier,  et  qu'un  a 
portée  depuis  eu  forme  de  cciulnron.  Echarpe 
de  taffetas.  Echarpe  de  point  d'Espagne. 
Echarpe  en  broderie. 

Parmi  les  gens  de  guene,  La  coideur  de 
l'échnrpc  nianjuoit  les  diU'érentrs  nations,  on 
les  diifércns  part'is  ches  la  mcuie  nation.  Les 
FrançoU  pvrtoicnl  l'écharpe  blanche,  les  Es- 
pagnols l'écharpe  rouge. 

Et  l'on  dit  figurément,  Changer  d'échiirpe, 
pour  dire.  Changer  de  par'i. 


ECH  .15^ 

On  appelle  aussi  Echarpe,  Une  bande  de 
taffetas  qu'on  |>orte  passée  au  cou,  pour  sou- 
tenir un  bris  blessé  ou  malade.  Avoir  le  bras 
en  echarpe.  Pijrter  le  bras  en  echarpe. 

On  dit,  Un  coup  qui  va  en  echarpe,  pour 
dire,  Un  coup  d'épée  qui  va  en  travers. 

On  dit,  que  Le  canon  tire  en  echarpe,  pour 
dire,  qu'il  tire  en  ligne  transversale,  en  tra- 
vers, de  biais. 

On  dit  proverbialement  et  figurément,  ^foir 
l'espril  en  echarpe,  pour  dire,  Avoir  l'esprit  de 
travers,  embrouillé,  troublé,  altéré. 

On  dit  proverbialement ,  que  Le  lit  est  l'é- 
charpe de  la  jambe,  pour  dire,  qu'il  faut  qu'un 
homme  qui  a  une  jambe  malade  se  tienne  au  lit. 

IXHARPE ,  se  dit  aussi  d'Une  sorte  de  vêtement 
que  les  femmes  mettoicnt  autrefois  sur  leurs 
épaules.  Les  femmes  sortaient  autrefois  en 
echarpe.  Elle  étoit  en  echarpe.  Echarpe  de  gaze. 
Echarpe  de  dentelle. 

ÉGH.VRPER.  v.  a.  Faire  une  grande  blessure 
avec  un  coutelas,  lui  cimeterre,  etc.  Il  lui  a 
ichurpé  le  vis'ige,écharpé  le  bras. 

ÉCUA.1PÉ.  ÉE.  participe. 

On  dit.  Tel  Régiment  a  été  écharpé ,  pour 
dire ,  A  été  presque  entièrement  détruit. 

ÉCHARS,  .ARSE.  adj.  Chiche,  trop  épar- 
gnant. Il  est  fort  échars.  Sa  manière  de  vivre 
est  trop  écharse.  II  est  vioux. 

ÉCH.iR.S.  adj.  m.  pi.  Terme  de  i^Iarine.  Il 
le  dit  des  vents  foibles  et  qui  passent  subite- 
ment d'un  ruinb  à  l'autre. 

ÉCHARSE.MENT.  advcrb.  D'une  manière 
rhiche.  Vivre  ècharsement.  Il  est  vieux. 

ÉCHARSETÉ.  s.  f.  Défaut  d'une  pièce  de 
monnoie  qui  n'ist  pas  du  lilie  ordonné,  il  y  ii 
une  écharseté  de  loi,  et  qui  est  permise. 

ÉCH.ASSE.  s.  f.  11  n'est  guère  d'usage  qu'au 
pluriel,  Echasses;  et  il  se  dit  De  deux  lonss 
bitons,  à  c!:acim  desquels  il  y  a  nue  espèce 
d'étrier  attaché  ,  ou  un  fuurchon  du  bois 
même,  d^ns  lequel  ou  met  les  pieds,  soit  pour 
marcher  dans  des  marais,  comme  font  les  pâtres 
dans  le  Poitou  et  autres  lieux,  soit  pour  pa- 
roitre  plus  grand  et  divertir  le  peuple,  comme 
fout  les  bateleurs.  Monté  sur  des  echasses. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  d  t  u 
homme  qui  a  l'esprit  guindé,  et  qui  vent  tou- 
jours parler  d'une  manière  élevée,  qu'//  e$( 
(oiijoiii-s  monté  sur  des  echasses. 

On  dit  dans  le  même  sens,  De  ceux  qui, 
pour  se  faire  remanjner,  atfectent  de  grands 
airs,  qu'ils  sont  montés  sur  des  echasses. 

On  dit  d'Une  personne  qui  £st  trop  haut 
montée  sur  les  jambes,  qu'il  semb'e  qu'elle 
soit  sur  des  echasses. 

ÉCfLAUBOULÉ,  ÉE.  adj.  Qui  a  des  échau- 
buulures. 

ÉCHAUBC/'ULURE.  .i.  f.  Espèce  de  petites 
élevures  rouges  qui  viennent  sur  la  peau.  71  lui 
est  venu  des  échauhoulures.  Il  a  le  corps  plein 
d'échauhoulures, 

ÉCU.iUDÉ.  s.  m.  Espèce  de  p.1It.seric  faite 
de  pile  échaudée.  Echaudé  nu  sel  et  à  ieau. 
Echaudé  au  beurre.  Echaudé  de  Carême. 
Echa:dé   aux   ccufs. 

58- 


46o  ECH 

ÉCHAUDKR.  V.  a.  Lavsr  d'ciu  chaude  et 
bouilbnte.  Ecli.iuùer  un  pot  (le  (erre. 

U  signifie  aussi ,  Tremper  dans  l'eau  chaude. 
Ec/um'CT-  un  coclion  di  lait.  Echcmâer  de  k 
Vûlorlle  pour  la  plumer. 

Il  signifie  aussi ,  Jetor  'de  IVau  chaude  sui 
quelque  chose.  Ëchaudcr  de  la  pdle. 

s'ÉcoAoDEn  ,  V.  fjron.  signifie  figuriiment , 
Être  atirapé,  recevoir  quelque  perte,  quelque 
mal  dans  une  nffjire.  Il  ne  icngaijaa  jamais 
dans  de  pareilles  affaire!,  il  s'y  est  ccliaud^:  Il 
iToiiil  de  s'r  échauder.  Il  est  du  style  familier 
On  dit  d'Un  homme  qui  a  reçu  du  dom- 
mage dans  une  affaire  qu'on   croyoil  bonne. 
qu'Â(  y  a  été  échaudi. 
ÉCHAUné,  iz.  participe. 
On  dit  proverbi dem. ,  Chat  cchaudé  craint 
Veau  froide,  pour  'dire,  que  Quand  on  a  dté 
une  fois  attrapé  en  quelque  chose,  on  craint 
•      même  tout  ce  qui  en  a  l'apparence. 

ÉCH.VUDOIR.  s.  m.  Lieu  où  l'on  cchaudc. 
Il  se  dit  aussi  Des  vaisseanx  qui  servent  à  cet 
usage. 

ÉCI1.\UFFAIS0N.  s.  f.  Mal  IC-or  cuise  par 
une  chaleur  excessive,  et  qui  paroit  par  une 
ébullition.  Ce  n'tst  pas  un  grand  mal,  ce  n'e^t 
qu'une  échauffaison. 

ÉCH.4iUFFANT,  ANTE.  adj.  Il  se  dit  Des 
alimens,  des  rcmidc»  et  de  tout  ce  qui  aug- 
mente, ou  peut  trop  anginenter  la  chaleur  ani 
maie.  Les  épiceries  sont  échauffantes  ,  il  faut 
en  usa-  avec  modération. 

ÉCHACFFEMENT.  s.  m.  L'action  d'i5chauf- 
fet,  ou  l'effet  de  cette  action. 

ÉCH.iUFFIiR.  V.  a.  Donner  de  la  chaleur. 
•  Echauffer  la  chambre.  Les  oiseaux  échauffent 
leurs  petits  avec  leurs  ailes.  Il  faut  faire  l'on  feu 
dans  cette  chambre  pow  l'échauffer.  Il  amit  un 
si  grand  frisson,  qu'on  ne  le  pouvoit  échauffer. 
Le  vin,  les  épiceries  échauffent  le  san^. 

On"  dit  figurémcnt,  qu'l/nc  c/:ose  échauffe 
le  safin ,  la  bile  à  un  homme,  pour  dire,  qu'Klle 
le  met  eu  colère,  ou  qu'elle  l'impatiente.  Et 
l'on  dit  familièrement  dans  le  même  sens ,  Ne 
m'echauffLZ  pas  les  oreilles,  pour  dire ,  Finissci 
un  discours  qui  coirmence  Ji  n)e  mettre  en  colère. 
On  dit  figurcnienl.  Echauffer  une  maison, 
pour  dire.  L'habiter  le  premier  depui.s  qu'elle 
est  b&tie. 

Il  est  quelquefois  nentie.  Il  ne  saurait 
échauffer,  pour  dire,  Il  ne  sauroit  repiendic 
de  la  chaleur. 

II  se  joint  quelquefois  avec  le  pronom  per- 
sonnel, S'éch  .uffir.  .\e  courez  pas  tant,  i'oik 
vous  échaufferez.  Il  s'est  échauffé  à  marcher. 
Il  a  pris  une  pleurésie  pour  s'être  trop  échauffe. 
S'échaufja'  sur  la  voie,  se  dit  Des  chiens 
qui  suivent  la  voie  avec  trop  d'ardeur. 

Il  signifie  aussi  figurémcnt,  S'6  mettre  en 
colère,  s'emporter,  se  passionner.  Vous  ne  lui 
sduric:  parler  de  cela,  (jn'il  ne  s'échauffe  in- 
conlincnl.  ?ie  vous  échauffez  pas  tant.  Il  s'é- 
chaujfe  trop  au  jeu. 

Ou  dit  aussi:  Une  imvjinalion  tjui s' cchaufft 
trop,  exaijére  tout.  Sa  -valeur  s'échaujfe  au  sein 
ies  combats. 


ECU 

On  dit,  que  Le  jea  scchauf^,  commence  à 
s'échauffer,  pour  dire,  (jne  L'on  commence  à 
jouer  avec  cljalcur,  et  plus  gros  jeu. 

On  dit  aussi,  qu't/»c  querelle,  qu'une  dis- 
f'utCj  qu'une  conversation,  qu'une  querrc  s'e- 
chiiufjc  ,  qu'elle  est  fort  échaujfe  ,  qu'Ellg 
s'anime  de  plus  en  plus. 

On  dit  figurcment  et  par  plaisanterie,  d'Ua 
nomme  qui  se  passionne,  qui   s'auïnie   trop, 
^u'/l  s'cchauffc  en  son  harnois. 
Échauffé,  ée.  participe. 
Il  s'emploie  quelquefois  sulislanlivement , 
Et  n'est  guère  en  usage  que  dans  cette  plirase, 
Sentir   l'échauffé,  qui  signifie^  Exhaler   un( 
certaine  odeur  causée  par  une  chaleur  excessive. 
ÉCHAUFL'OURÉE.  s.  (ém.  Entreprise  maï 
concertée,  téméraire,  mallieureuse.   Il  a   fait 
une    étrange  échauffourée.  Il  se  dit  aussi  De 
certaines  rencontres  imprévues  k  la  guerre.  Ce 
ne  fut  pas  un  combat,  ce  ne  fut  qu'une  échauf- 
fourée. Il  est  familier. 

ÉCHAUFFURE.  s.  f.  Petitcrouç;curj  petite 
élcviu-e  qui  vient  sur  la  peau  dans  une  échauf- 
faison. Ce  n'est  qu'une  échauffure. 

ÉCHAUGUETTE.  s.  f.  Guérite, Petite log< 
en  lieu  haut  et  éniinent  dans  une  Place  foilc, 
poui-  découvrir  ce  qui  se  passe  aux  environs.  Il 
y  a  toujours  un  homme  à  Véchauijuettc,  pour 
découvrir  s'iï  paroit  quchpt'un  tlans  la  cam~ 
paqne.  ' 

'ÉCHAULER.  Voyez  CHAiXEn. 
ÉCHEA?iCJ'2.  s.  f.  Le  terme   où   échoit  le 
payement  tl  une  chose  due.  L^échcance  duprc 
mrer  payement.   A    Vêchêancc   du  terme.  Ut^ 
théance  d'une  lettre  de  change. 

f.CHEC.  s.  m.  Terme  qui  se  dit  au  jeu  des 
Échecs,  loi-S(pic  l'on  attaque  le  roi,  en  sorte 
qu'il  est  obligé  de  se  retirer  ou  de  se  couvrir. 
Donner  échec.  Mettre  le  roi  en  échec.  Le  roi 
est  en  échec.  Echec  au  roi  et  à  la  dame. 

On  dit,  hchec  et  mat ,  Quand  le  roi  étant 
attaqué  par  quelque  pièce,  ne  peut  plus  se  cou- 
vrir ni  se  retirer.  Donner  échec  et  mat. 

On  dit  figurémcnt.  Tenir  des  troupes,  uni 
armée  enéchec,  pour  dire,  Empêcher  des  trou- 
pes, une  armée  d'agir,  de  rien  enlreprendre. 

On  dit  aussi,  Tenir  une  Place  en  échec ^ 
pour  dire,  La  tenir  en  crainte  d'être  assiégéq 
L'armée  iC  pnita  de  manière  qu'elle  tenoit  lc\ 
principales  J'iaces  des  ennemis  en  échec. 

On  dit  figurémcnt,  Tenir  un  homme  en 
échcCy  pour  dire,  Eniiiécher  un  homme  d'agir, 
de  se  déterminer.  7/  a  tenu  sa  Partie  en  échec. 
Kcni:c,scdit  fij^arément  d'Une  perte  coû- 
sidéralilc  cpiefont  des  troupes.  Les  ennemis  rC' 
curent  un  grand  échec  dans  cette  occasion  y  un 
noI(j|)ïc  échec.  Ce  Gencru!  reçut  un  échec  en 
se  retirant. 

On  dit  aussi  :  C'est  un  grand  échec  à  sa  fa- 
veur^ à  sa  fortune,  à  son  honneur.  Il  a  reçu  un 
terrible  échec  en  son  honneur.  Soujfrir  un 
grand  cchcc  cji  sa  réputation. 

ÉCIIEGS.  «.  m,  pi  (Le  dernier  C  ne  se  proa 
nonce  point)  Jeu  cpii  se  joue  par  deux  per- 
sonnes sur  un  tablier  ou  damier,  avec  huit 
pièces  et  huit  pions  de  chaque  côté.  Jouer  au.r 


E  C  H 

échecs.  On  no  perd  au.r  échecs  que  par  sa  faute. 
Une  belle  partie  d'échecs.  Vn  grand  joueur, 
d'échecs. 

Il  se  dit  aussi  Des  pièces  avec  lesquelles  on 
jtfue  h  CG  jeu,  considérées  toutes  ensemble. Des 
ec'iccs  d'iVoirc,  de  huis,  d^ébcne,qui  sont  de 
diverses  couleurs.  Une  des  pièces  de  ce  jeu  d'é- 
checs est  perdue. 

On  dit  proverbialement,  qu'i^u  jeu  des  échecs, 
les  fous  sont  les  plus  proches  des  rois. 

ÉCHELETÏE.  s.  f.  Sorte  de  petite  échelle 
que  l'on  attacheàcôtédu  bât  d'un  cheval, pour 
porter ,  pour  y  accrocher  d  s  gerbes ,  des  botter 
tle  foin,  de  paille,  etc. 

ÉCHF.LLE.  s.  f.  -Machine  de  bois  composée 
de  deux  longues  brandies  traversées  d'espace 
en  espace  par  des  bâtons  disposés  en  sorlc 
qu'on  s'en  puisse  servir  pour  monter  el  pour 
descendre.  Monter  avec  une  échelle.  Monter  à 
une  échelle.  Tenir  le  pied  de  l'échelle,  de  peur 
(juelle  ne  glisse.  L^cchelle  rompit.  Echelle  bri- 
sée. Échelle  double. 

ÉcBEtLE  DE  CORDE,  sc  dit  De  cordcs  dispo- 
sées en  forme  d'échelle  avec  un  crochet  de  fer 
au  bout  d'eu  haut.  Jeter  une  échelle  de  corde. 
Monter  à  la  fenêtre  par  une  échelle  de  corde. 

On  dit  populairement  d'Un  homme,  qu'il 
a  tiré  l'échelle,  ou  qu*i/  a  tiré  Véchelle  après 
lui-  qu'après  lui  il  faut  tirer  l'échelle,  pour 
dire,(ju'llasi  bienfait  en  quelque  chose, qu'on 
ne  peut  aller  plus  loin. 

j  Échelle,  dans  les  Cartes  Géographiques, 
it  dans  les  Plans,  est  une  ligne  divisée  en  plu-s 
ùeurs  espaces,  dont  chacun  marque  une  lieue, 
DU  un  mille,  ou  une  toise,  etc.  pour  mesurée 
les  distances  ou  l'étendue  des  lieues  dans  la 
Carte  ou  dans  les  Plaos  où  on  les  met.  Echelle 
de  dix  lieues.  Echelle  de  dix  milles.  Prendra 
la  distance  sur  l'échelle.  Mesurer  sur  Véchelle. 

Échelle,  en  Peinture,  est  une  ligne  'droite 
divisée  en  parties  égales  el  proportionnelles. 
Echelle  de  front.  Echelle  fuyante. 

Échelle,  signifie  encore  Une  place  de  com- 
merce sur  les  côtes  dans  les  mers  du  Levant. 
Dans  toutes  les  échelles  du  Levant.  C'est  la  plus 
fameuse  échelle  dv  Levant.  C'est  une  échelle 
franche.  Il  a  visité  toutes  les  échelles.  Trafiquer 
dans  les  échelles  du  Levant. 

Échelle,  se  dit  encore  d'Une  parure  de  ru- 
bans disposés  en  forme  d'éclielle  ,  que  les 
femmes  portent  sur  un  manteau,  sur  une  robe 
i\o  chand)re,  et  qui  descend  depuis  le  sein  jus- 
qu'à la  ceinture.  Echelle  de  rubans  couleur  de 
/eu. 

Échelle,  se  dit  en  !\Iusî<[ue,  De  la  succes- 
sion des  sons  de  la  g  ininic  en  montant  ou  «n 
descendant,  hchelle  dialoniijne. 

ÉCHELON,  s.  m.  Petite  pièce  de  bois  qui 
traverse  l'échellû,  et  sert  de  dc^re  pour  monter. 
Il  avoit  le  pied  sur  le  premier^  sur  U  dernier 
échelon. 

Il  se  dit  aussi  Gguriiment  De  ce  qui  sert  11 
mener  d'un  rang  à  un  autre  plus  haut.  Cette 
petite  Charqe   est  un  échelon  pour  viontcr  à 
une  plus  grande. 
'      ÉCHEKILLER,  V.  a.  Ôtcr  les  chcnilksi  Si 


ECH  .  . 

vous  n'écheniUez  pas  vos  arbres,  il  n'y  rester,; 
cas  une  feuille. 

ÉciiESiut ,  ÉE.  particli)*. 

ÉCHK.NO.  s.  m.  Terme  de  Fonaeric.  Bassin 
de  U.T1-C  Iris -sèche  où  le  métal  tombe  pour 
couler  de  là  dans  le  moule. 

Éf.HKUlK.  y.  D.  Voyez  Écnoin. 

ÉCHEVEAU.  s.  m.  Fils  de  chanvre,  de 
soin,  de  laine,  repliés  en  plusieurs  tours,  afin 
'ju'ils  ne  se  mêlent  point.  Echcvcuu  de  jil  blanc. 
Èclieveau  de  soie.  Dévider  un  echeveau. 

lCHEVELÈ  ,  I:E.  adj.  Qui  a  les  cheveux 
épars  et  eu  désordre.  Une  femme  échevelêe.  Cet 
enfint  est  tout  èchevelé.  Tète  ccheveUe. 

ÉCHEVIN.  s.  m.  Officier  diu  ordinairement 
par  les  Bourgeois,  poiu:  avoir  sotu  de  la  police 
et  dci  affaires  communes  d'une  \ï\le  pendant 
un  certain  temps.  Premier  Echcvin.  Second 
Kchevin.  Le  Prevot  des  Marchands  et  les  Êc/ie- 
vins  de  Paris.  Les  Maire  et  Echevins  d'Or- 
léans. À  Paris,  les  Echevins  sont  deux  ans  en 
cliarge. 

ÉCHEVINAGE.  s.  m.  Charge  d'Échevin. 
Briquer  l'Echevinatje. 

Il  se  dit  aussi  Du  temps  de  l'exercice.  Du- 
ron! VEchevinage  d'un  tel.  Sous  son  Echevi- 
nage. 

ÉCHIFFRE.  s.  m.  Terme  d'Archilecturo, 
Mur  rampant  sur  lequel  portent  les  marclies  el 
la  rampe  d'uu  escalier, 

ÉCIiniOSE.  s.  f.  Voyez  Ecchtmose. 
•ÉCHI>E.  s.  f.  L'épine  du  dos,  la  partie  d« 
ranimai  (jui  prend  'deDuis  le  mil.eu  àcf.  épaules 
jusqu'au  croupion.  Il  a  une  douleur  le  long  de 
Vècliine.  H  s'est  rompu  l'échiné.  Il  est  crotté 
jusqu'à  l'échiné. 

On  appelle  populairement,  Une  grande  per- 
sonne maigre,  Longue  échine ,  maigre  échine. 

Kc aïs E  ,  Membre  d'.^rchiteclure  convexo 
taillé  en  quarl-de-cerclc.  Ou  la  nomme  aussi 
Ove. 

ECHINEE,  s.  f.  Morceau  du  dos  d'un  co- 
clion.  Miinger  une  échinée  aux  pois. 

ÉCHINER .  T.  a.  Rompre  l'échiné.  71  lui  a 
donné  un  coup  de  bâton  gui  l'a  échiné.  Il  s'est 
échiné  pour  avoir  voulu  porter  un  fftrdeau  trop 
pesant.  Il  est  familier. 

On  dit  familièrement,  Echiner  de  coups, 
poar  dire,  Battre  outrageusement. 

Il  signifie  fii;urcment,  Tuer,  assommer  dans 
■ne  m<:lée,  dans  un  combat,  dans  une  déroute. 
H  veut  aller  à  la  guerre  se  faire  échiner.  Les 
paysans  échinèrent  tous  les  juyards.  Il  est  du 
»t)le  familier. 

ÉcnisÊ,  ÉE.  participe. 

ÉCIUNOPHUR.\.  subst.  fém.  Plante  ombcl- 
iiféro,  qui  est  regardée  comme  un  panais  c'pi- 
neux. 

ECHISOPUS.  s.  m.  Plante.  On  en  connoil 
de  deux  csp;-cc«,  le  grand  et  le  petit.  Le  som- 
met de  leur  tige  est  «rmc  de  télcs  5pljéri.|ucs, 
qui  portent  des  fleuron*  évasés.  Os  deux  pl.mtci 
sont  iudorifiijuet.  On  les  emploie  dans  la  plea- 
Kaie. 

ÉCmQL-FrrÉ,  KE.  .idj.  Terme  d'Armmrie, 
poiu  dire,  F»il  en  fayon  d  échiquier.  /(  porte 


ECH 

tchi(^uftè  de  tel  métal  et  de  telle  couhitr.  A  la 
hatiii» échi(juetêe  de.... 

ÉCHIQUIER,  s.  m.  Tahlicr  sur  lequel  on 
joue  nux  échecs,  et  qui  est  clivise  en  plusieurs 
carréo  ou  cases  de  deux  couleurs. 

Ou  dit,  Planter  des  arbres  en  échianier, 
pour  dire,  Les  jilantcr  en  sorte  que  leur  figure 
représente  plusieurs  carres  fuiis  ea  e'chiquier. 

On  appeloit  autrefois  en  Normandie,  JÉc/ii- 
(^iMCf*,  Une  Juiidiclion  où  l'on  décïdoit  souve- 
rainement des  diflc-rens  împortans  entre  Ks 
particuliers.  Il  y  a  encore  en  Angleterre  une  Ju- 
ridiction qu'on  appelle  VEchiquicr^  ou  Cow 
de  l'Echi(^uii:f  ^  et  qui  règle  toutes  les  afiàircj 
de»  Finances. 

ÉCinQUlKR.s.iu.Iilet  carré,  soutenu  pai 
Jeux  demi -cerceaux  qui  se  croisent  au  milieu, 
»  auquel  est  allachce  une  perche,  et  dont  les  pé- 
cheurs se  servent  à  Paris  pour  pécher  de  pelitl 
poissons. 

ÉCHO.  s.  m.  (Prononcez  JÉco.)  Les  Poëtei 
ont  fciut  une  Nymphe  de  ce  nom  ,  fille  d* 
l'Air,  qui,  étant  devenue  amoiueuse  de  Nar< 
cisse,  dont  elle  ue  put  se  faire  aimer,  fut  mé- 
lamoiphosée  en  rocher,  el  ue  conserva  que  U 
Poix.  Ce  mot  est  féminin  en  ce  sens;  La  trisH 
Echo.  Mais  il  est  masculin  lorsqu  il  signifie,  La 
réfléchissemcn  tel  la  répelîiion  du  son  qui  frappe 
contre  quelque  corps  qui  le  renvoie  distincte- 
ment Un  bon  écho.  Les  échos  des  forets^  dei 
montagnes,  des  -vu/Ions,  de3  bois.  Les  êclios  d'a- 
lentour. Les  échos  redoiAlés.Les  échos  répondent 
^  à  sa  voix.  Écho  (jni  répète  "plui^icnrs  fois.  Il  y 
t  des  échos  (jut  répètent  jusqu^à  sept  fois. 

Il  se  prenil  aussi  pour  Le  lieu  où  se  fait  Té* 
iho.  L'écAo  de  l'Observatoire.  Chanter  àVécho. 

On  dit  figurément,  qu'f/"  homme  est  l'échi 
d'un  autre,  Lorsqu'il  répète  ce  qu'un  autrft 
K  dit. 

On  appelle  Des  vers  en  écho ,  Une  sorte  da 
vers  dont  la  dernière  syllabe  ou  les  deux  on 
Irois  dernières  étant  répétt^s  font  un  mot, qui, 
ajouté  aux  paroles  précédentes,  en  achève  U 
tens  ou  leur  sert  de  réponse.  Les  exemples  en 
son;  fréfiucns  dans   les  Poêles,  et  principale^ 

ment  dans  les  Pastorales Pour  voits  en  din 

plus,  il  faudroit  vous  pouvoir voir.  Aura- 

t~ellepitié  de  mon  mal  inouï?...   oui. 

Aux  Orgues,  il  j  a  un  jeu  qu'on  appelle  Le 
jeu  des  échos. 

ÉCnOIR.  V.  n.  Au  présent  de  l'indicatif,  il 
n'est  guère  en  usage  qu'à  la  troisième  personne 
du  singulier;  Il  échoit,  qu'on  prononce  quel- 
quefois Il  échel.  J'échics.  J^écherrci.  J'cchcr- 
rois.  Que  j'échusse.  Échéant.  Il  se  dît  ordln;M- 
remeut  Des  choses  qui  arrivent  par  sort  ou  p.it 
cas  fortuit,  il  espère  que  le  bon  lot  lui  écherra. 
Cela  lui  est  échu  en  piirlane.  Il  lui  est  échu  uni 
succession  du  chef  de  sa  femme. 

On  dit  provcrbialemeui,  Si  le  cas  y  échoit  ^ 
y  échel  y  pour  dite,  Si  l'occasion  arrive,  si  l'oc- 
casion s'en  présente.  Il  est  du  style  familier. 

Il  se  dit  aussi  Du  lcmp:>  prétix  auquel  on 
doit  faire  cerloincs  choses,  et  de  celles  qui  se 
doivent  faire  dons  des  termes  préfix.  Leprenùer 
terme  échoit  u  la  Saint-Jean.  Le  premier  paye- 


ECL  46i 

meitt  doit  éclioir  à  la  Saint- Martin.  Cette 
lettre  de  change  est  échue. 

11  se  dit  encore  Des  peines  imposées  à  ceux 
qui  contreviennent  aux  Lois;  et  en  ce  sens  il  ne 
s'emploie  guère  qu'A  l'impersonnel;  et  c'est  un 
terme  purement  de  Pratique.  À  cela  il  y 
I  choit  amende.  Il  n'y  échoit  aucune  peine  af- 
*licttve. 

U  se  construit  quelquefois  avec  les  adverbes 
bien  el  mal;  et  alors  il  se  dit  particulièrement 
Des  personnes,  et  signifie,  Rencontrer  fortui- 
tement, i'ows  ne  sauriez  gue  bien  échoir.  Vous 
lie  .souries  mal  échoir.  Je  suis  mal  échu.  Il  ejt 
du  style  familier. 

Ecuc,  CE.  participe. 

ECnuPPE.  s.  f.  Petite  boutique  qui  ordi- 
nairement est  en  appentis ,  et  adossée  contre 
uuc  muraille.  On  il  fciifi  des  éclioppes  autour  du 
Palais.  Il  n'a  gu'une  échoppe  pour  boutique. 

ECHOPPE,  s.  fém.  Pointe  dont  se  servent 
plusieurs  -Irtistcs  et  Ouvriers. 

En  ce  sens  on  dit  Echopper ,  pour,  Travail- 
ler avec  récItop()e. 

ECHOUER.  V.  n.  Être  porté,  cire  poussé 
dans  un  endroit  de  la  mer  où  il  n'y  a  pas  assez 
d'eau  pour  flotter.  Donner  sur  le  sable ,  sur  ni» 
l'cueil.  U  se  dit  proprement  Des  vaisseaux.  Le 
vaisseau  échoua  sur  un  banc  de  sable. 

11  signifie  aiisii,Se  briser.  La  frégate  cchouîi 
contre  un  rocher,  contre  les  brisans. 

On  le  dit  aussi  Des  personnes.  A'ous  échouâmes 
mr  un  tel  banc.  Use  dit  Des  baleines.  On  trouva 
une  baleine  qui  avoit  éclioué  à  la  cote,  échoué 
sur  la  côte. 

l\  est  quelquefois  actif.  Ce  Pilote  échoua  son 
tiflis.seuu.  Il  nous  échoua  par  malice.  71  a  mieux 
aime  s'échouer  que  de  se  laisser  prendre. 

Il  signifie  figurément.  Ne  pas  réussir  à  ce 
qu'on  a  enliepris.  ?i"entrcprenez  pas  cette  af- 
faire, vous  y  échouerez.  Ce  genre  d'écrire  est 
fort  dillicile,  il  y  a  peu  de  gens  qui  n'y 
échouent.  Cette  affaire  a  échoué.  Ses  desseins 
échouèrent, 

ÉcBoné,  ix.  participe.  Un  vaisseau  échoué. 
On  trouva  une  haleine  échouée  à  la  côte.  Un 
projet  échoué.  C'est  une  affuirc  échouée. 

ÉCHROÏDES.  s.  m.  Cette  plante  ne  diffère 
de  l'Echium  ou  Vipérin:^,  tiu'eri  ce  que  la  cir- 
conférrnce  de  ses  fleurs  est  égale,  au  lieu  que 
le  bord  supérieur  de  la  \'ipérinc  est  plus  aW 
longé  que  l'inférieur.  Toutes  deux  ont  les 
mêmes  qualités. 

ECI 

ÈCLMER.  T.  a.  Couper  la  cime  des  .irlrcs. 
On  écmie  les  saules.  On  dit  aussi  Etêter. 
EciMK ,  LE.  participe. 

ECL 

ÉCLABOUSSER,  t.  o.  Faire  rciaillir  de  1* 
boue  sur  quelqu'un.  Vn  laquais  qui  galopait 
à  cheval  m'a  tout  ccla^ous^é,  a  éclabousté  mon 
tnunteau. 

ÉcLAtoDssÉ,  ÉE.  participe. 
^      ÉCL.VnOL'SSLRE.  ».  f.  Bouc  qtie  l'on  iail 
rejaillir  sur  quelqu'un.  Il  y  a  imc  iclabcus' 


462 


EGL 


sure  à  votre  collet.  Votre  manteiut  est  plein 
(l^cclahous:iurcs. 

ÉCLAIR,  s.  m.  Èclal  ilc  lumière  Bubit  et  de 
peu  de  durée.  Il  se  dit  principalement  De  cel 
«Jat  de  luniiire  qui  précède  le  bniil  du  ton- 
nerre, il  a  l'ail  toute  lu  nuit  de  grands  éclairs. 
On  ne  voyait  qu'à  la  lueur  des  éclairs. 

On  dit  figurcment,  Passer  comme  un  éclair, 
pour  dire,  Passer  vite,  ne  durer  guère.  Il  ne 
s'est  point  anélé  ici,  il  a  passe  comme  un 
iclaii:  La  aloirc   du   monde  passe  comme  un 

éclair. 

Éci.Ain,en  Chimie,  Est  la  luiuièrc  ctincc- 
lante  qui  paroît  h  la  surface  du  bouton  d'or  ou 
(j'aigcui  qui  reste  sur  la  coupelle. 

ÉCLAIRAGE,  s. m.  Ilhunination  habituelle 
d'une  Ville.  Il  est  terme  de  Police.  Il  en  coûte 
tant  noï'  an  pour  Véclairage  de  Paris. 

ÊCLAIRCIE.s.f.  Terme  de  Marine.  Endroit 
clair  qui  parnit  au  Ciel  en  temps  de  brume. 

ÉCLAIRCIR.v.  a.  Rendre  clair,  rendre  plus 
dair.  Le  vent  a  éclnirci  te  temps.  Cela  sat  à 
êclaircir  la  vue.  Eclaircir  la  voix,  hclaircir 
des  armes.  Il  y  a  de  certaines  choses  qui  seV' 
vent  à  eclaircir  le  teint. 

Il  signifie  aussi,  Rendre  moins  épais,  et  se 
dit  Des  choses  liquides.  Eclaircir  un  sirop. 

Il  signifie  aussi ,  Diminuer  le  nombre. 
Eclaircir  un  bataillon,  un  escadron.  Eclaircir 
11»  corps.  Le  canon  u  fort  éclairci  les  rangs. 
Eclaircir  une  forêt. 

On  dit  Éclnircir,  en  termes  de  Teinturier, 
pour,  Diminuer  le  fonce  de  la  couleur  d'une 
I  toile. 

Ou  dit  figurcment  et  familièrement ,  Il  a 
bien  éclairci  sonbien,  pour  dire.  Il  en  a  mangé 
une  bonne  partie. 

Il  signifie  fii^rément.  Rendre  évident,  in- 
telligible. Cet  Auteur  éclaircit  bien  des  vérités. 
Eclaircir  un  point  de  doctrine.  Eclaircir  un 
fait.  Le  temps  éclaircit  la  vérité, Eclaircir  une 
question,  Eclaircir  une  matière. 

On  dit,  £claircir  un  doute,  une  difficulté. 
pour  dire.  Résoudre  un  doute,  et  n-.ettrc  une 
diSiculté  dans  tout  son  jour,  ou  quelquefois  la 
faire  disparoître. 

On  dit,  Eclaircir  quelqu'un,  pour  dire. 
L'instrtiire  d'une  vérité  j  d'une  clioae  dont  il 
doutoit.  Je  doute  de  celte  nouvelle,  je  veiLv 
m'en  eclaircir.  Il  faut  s'éclaircir  sur  cette  af- 
fàvc. 

ÉCLAinci,  lE.  participe. 

ÉCtAIRClSSE.MEKT.  s.  masc.  Explication 
d'une  chose  obscure.  'Eclaircissement  d'un 
doute,  d'une  dilficuité.  Je  n'entendais  pas  ce 
passagCy  mais  vous  m'en  avez  donné  l'échiir- 
cissemenf. 

Il  signifie  encore  en  matière  de  querelle, 
Une  explication  que  l'on  demande  à  un  homme, 
pour  savoir  s'il  a  dit  ou  fait  telle  chose,  ou  si 
en  la  disant  ou  en  la  faisant,  il  a  eu  intention 
d'offenser.  Tirer  un  éclaircissement.  Demanda; 
donner  unéclaircisscment.En  venir  à  un  éclair- 
cissement. Avoir  un  éclaircissement  avec  qucl- 
tju'un. 

ÉCLAIRE.  5.  f.  Tcrmede  Botimi<lue.  Pljinle 


ECL 

qu'on  appelle  autrement  ChtUâoine.  Il  y  en  a 
de  deux  espèces  :  La  grande ,  dont  la  racine  est 
grosse  comme  le  petit  doigt,  fibreuse,  rou- 
ucâtrc  eu  dehors ,  et  jaune  en  dedans;  elle  a  de 
grandes  propriétés  en  Médecine.  La  petite, 
dont  les  feuilles  ressemblent  à  celles  du  Lierre, 
sert  aussi  à  plusieurs  remèdes, 

ÉCL.\IRER.  V.  n.  impers.  Faire  des  éclairs, 
/'/  n'a  fait  (Qu'éclairer  toute  la  nuit, 

KCLAUÎER.  V.  a.  Illuminer,  jeter,  rcpan 
dre  de  la  clarté.  Le  Soleil  éclaire  la  terre.  Ce 
jlamheau  éclaire  toute  la  chambre. 

On  dit  absolument  :  Le  Soleil  éclaire.  La 
Lune  n" éclairait  pins. 

Il  signifie  figurément.  Donner  de  l'intelii- 
gence,  de  la  clarté  h  l'esprit",  et  alors  il  est  ac- 
tif. Cette  lecture  lui  a  bien  éclairé  l'esprit. 
Seigneur,  éclairez  mon  entendement. 

Il  signifie  encore,  Épier,  observer.  Vous  al- 
lés dans  un  monde  où  vous  serez  éclairé  dt 
près.  Les  Grands  doiventbien  jn-endre  garde  à 
tout  ';e  (juils  disent  j  à  tout  ce  gu'ils  foni,  car 
tout  le  monde  les  éclaire.  Quand  un  hommecsi 
suspectyon  lui  donne  quelqu'un  pour  l'éclairer  ^ 
pow  éclairer  ses  actions. 

Il  est  aussi  neutre,  et  signifie,  Apporter  'd( 
la  lumière  à  quelqu'un  pour  lui  faire  voir  clair. 
Eclairez  à  Monsieur.  îlcluircz.  Allez  éclairer 

Il  signifie  encore  dans  le-  neutre,  lùtinceler, 
pétiller.  Les  yeux  des  chats  éclairent  durant  h 
nuit. 

ÉCLAinEiï.  Terme  de  Peinture.  Distribuer  le( 
lumières  d'un  t.ibleau,  y  rép;indre  des  clairi 
avec  intelligence. 

ÉcLAinÉ  ,  ÉE.  participe.  Un  escalier  hicA 
cclairéf  pour  dire,  Qui  a  un  grand  jour.  Vm 
salle  de  bal  bien  éclairée,  pour  dire,  qu'il  y  i 
un  grand  nombre  de  lumières. 

ÉCLAinÉ,  ÉE,  se  dit  figurément  d'Une  peD 
sonne  qui  a  de  grandes  lumières,  beaucoup  dt 
connoissances.  C'est  un  homme  fort  éclairé,  ni| 
esprit  fort  éclairé. 

On  dit,  qu'Une  maison,  qu'un  jardin  sonl 
ti'Op  éclairés,  pour  dire,  qu'On  y  est  exposé  à 
la  vue  de  trop  de  monde. 

ÉCLANCHK.  s.  fém.  La  cuisse  du  mouton 
tjunnd  elle  est  séparée  du  corps  de  l'animal.  On 
l'appelle  plus  ordinairement  Gigot.  Grossi 
éclanche.  Eclanche  tendcc^  mortifiée.  Jus  d'c~ 
clancltc.  Eclanche  à  la  daube. 

ECI.AT.  s.  m.  La  pièce,  la  partie  d'un  mor- 
ceau de  bois  qui  est  brisé,  rompu  en  long.  On 
a  jcndu  cette  hiiche  par  éclats.  Les  lances  des 
deux  C/iCfniicrs  -uolèrent  en  éclats.  Il  fut  blesse 
J'un  éclat  de  lance. 

Il  se  dit  auss:  Des  pierres,  de  la  brique,  des 
bombes,  des  grenades,  etc.  Le  canon  ^ionnanl 
dans  la  muraille,  fit  voler  des  éclats.  Un  éclat 
de  pierre  h  blessa  au  visage.  Jl  [ut  blessé 
d^un  éclat  de  bombe,  d'un  éclat  de  grenade. 

ÉCLAT,  s.  m.  Lueur  brillante,  eflel  de  la 
lumière.  On  ne  sauroit  soutenir  l'éclat  du  Si>- 
leil.  Ces  pierreries  ont  bien  de  l'éclat.  Vor  mat 
n'fl  point  d'éclat.  L'éclat  des  yeux,  du  teint, 
des  fleurs.  Elle  a  un  grand  éclat  de  beauté. 

On  dit  figurément  :  Cette  femme  a  heaucotxp 


ECL 

d'éclat.  Le  coloiis de  ce  lablenu  a  lie.incou;)  (f é- 
clat.  Le  style  de  ce  discours  a  de  Viciât  et  de  la 
',n'.aqnificence. 

Eclat,  signifie  aussi  figurcment.  Gloire, 
splendeur,  m.ignificence.  Action  d'éclat.  Cela  a 
répandu  un  qraiid  iclat  sur  sa  famille.  L'éclat 
de  ses  belles  actions.  H  a  paru  ukcc  éclut  li  lu 
Cour.  Il  n'nimc  point  Ccciiil  ni  la  pompe. 
Etre  ébloui  par  l'écliit  des  grandeurs  cl  des 
richesses. 

Eclat  ,  se  dit  aussi  Des  sons ,  et  signifie , 
(irand  bruit.  (  n  éclat  de  tonnene. 

On  dit  aussi,  Un  éclat  de  voix,  un  grand 
éclat  de  iioia;. 

On  dit  figurément,  qu'l/ne  action  a  fait 
éclat,  de  l'éclat,  gi-and  éclat,  beaucoup  d'éclat, 
pour  dire,  qu'Elle  a  fait  beaucoup  de  bruit. 

Il  signifia  aussi.  Rumeur,  scandale.  Celte 
affaire  fait  beaucoup  d'éclat.  Cel  homme  est 
emporté,  il  est  à  craindre  qu'il  ne  fisse  <^uel- 
que  éclat  mal  à  propos.  Craindre  l'éclat.  Il 
fallait  assoupir  celte  affaire  pour  éviter  l'éclat^ 
pour  prévenir  l'éclul,  pour  empêcher  l'éclat.  H 
ilct'oit  s'éparnnei'  l'éclat. 

On  dit  aussi.  Un  éclat  de  rire,  pour  dire, 
Un  grand  bruit  qu'on  fait  en  riant.  Il  lui  prit 
un  éclat  de  rire.  Ils  firent  de  grands  éclats  de 
rire. 

ÉCLATANT,  ANTE.'  adj.  Qui  a  de  l'éclat. 
Pierreries,  couleurs  éclatantes.  Lumière  écla- 
tante. Tout  éclatant  de  lumière. 

Il  signifie  aussi ,  Qui  fait  un  bruit  perçant. 
Son  éclatant.  Voie  éclatante. 

On  dit  figuréminl  :  iServices  e'clalans.  Mal- 
heurs éclatuns.  Vertu  éclufante.  Action  écla- 
tiinle. 

ECLATER.  V.  n.  Se  rompre,  se  briser  par 
éclats.  Ce  bois  a  éclate.  La  bombe  éclata  en 
tombant. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personncL 
Le  bois  s'est  éclaté. 

Il  signifie  aussi ,  Faire  un  grand  bruit.  Le 
lojincj-rc  vient  d'éclater. 

On  dit  figurément.  £clalcr,  s'éclater  de  rire. 

On  dit  encore  figurera. ,  £cl(iler  en  injures, 
en  invectives,  en  reprocltes ,  pour  dire,  S'em- 
porter jusqu'.!  des  injuies  ,  des  invectives  et  des 
reproeb»-s;  Eclater  contre  une  injustic,  pour 
dire ,  La  blâmer  avec  force. 

Il  se  dit  aussi  figurément  De  ce  qui  vient 
tout  d'un  coup  h  la  connoissance  de  tout  le 
monde,  apr;s  avoir  été  quelque  temps  caché. 
Ils  se  haissoienl  il  y  a  long-temps,  mais  leur 
inimitié  n'avoit  pas  éclaté.  Il  faut  empèchtr 
que  la  division  qui  est  dans  c£tte  famille  n'é- 
clate. Sa  colère  a  éclaté.  Sa  haine  a  éclaté. 
Cette  trame  ourdie  depuis  très -long -temps 
vient  enfin  d'éclater.  L'orage  est  prés  d'éclater. 

On  dit,  qu'tnc  personne  éclate,  pour  dire  , 
qu'Elle  montre  son  ressentiment  à  découvert  e< 
avec  force.  Ce  fat  pour  lors  qu'il  éclata. 

ÉCLATEn,  signifie  aussi.  Avoir  de  l'éclat, 
briller,  frapper  les  yeux.  L'or  et  les  pierreries 
éclatent.  U  n'y  a  point  de  pierreries  qui  cclateat 
plus  que  le  diafnanf. 

En  ce  sens  il  se  dit  figurément  De  l'esprit, 


ECL 

de  la  gloire,  etc.  5on  nom,  sa  (jloirc,  idalml 
pur  tout  le  nioiule. 

ÉCLATÉ,  ÉE.  iiarlicipc.  Pieire  éclatée,  hois  ^ 
éclaté. 

ÉCLECTIQUE,  «dj.  des  2  genres.  11  se  dit 
Des  l'Lilosophes,  qui,  sons  adopter  de  systime 
particulier,  dioisissoicnt  les  opinions  qui  leur 
paroissoicnt  les  plus  vraisenibUiblcs. 

ÉCLECTISME. s. m. Pliilosopliic  (•clcclique. 

ÉCLEGME.  s.  m.  Terme  de  rliarraacic. 
Medicxmeot  pccloral  de  consistance  épaisse, 
qu'on  Ciit  sucer  aux  malades.  t)n  l'appelle 
aussi  Lok. 

ÉCLIPSE,  s.  f.  Il  se  dit  principalement  de 
J'obscurcissemcnt  du  soleil  à  notre  égard ,  par 
l'intcrposiliou  du  corps  de  la  lune,  ou  de  l'obs- 
curcissement de  la  lune  par  l'interposition  de 
]a  terre.  Eclipse  de  soleil.  Eclipse  de  lune.  L*ê- 
clipse  du  soleil.  L'éclipsé  de  lu  lune.  Eclipse 
partielle.  Eclipse  (otule,  centrale,  annulaire. 
Prédire  les  éclipses.  Rectifier  la  Clironolocfie 
jtitr  les  éclipses.  La  lune  a  ses  éclipses,  soujjre 
Àcs  éclipses.  Eclipse  d^un  satellite. 

Ou  dit  figuremcnt  et  faniilicrement,  qu'l/n 
Tiomme  a  fait  une  éclipse,  pour  dire,  qu'il  s'est 
iili-^Dté  tout  d'un  coup,  qu'il  a  dispariL /l  n 
fait  une  lonrjiie  éclipse. 

On  dit  aussi  figurcmeut,  qu'/I  n'y  a  poiii' 
lie  nlotie  éclatante  qui  ne  soit  sujette  à  souffrir 
de  ttmps  en  temps  quelque  éclipse. 

ÉCLIPSER.  T.  n.  Cacher,  couvrir  en  tout 
ou  CM  partie.  Il  ne  se  dit  au  propre  que  d'Un 
astre,  qui,  par  son  interposition,  en  eaelie  un 
autre,  en  intercepte  la  lumit^re.  La  lune  éclipst 
le  soleil. 

Il  se  (fit  (î'^urènient  Du  mérite,  des  talens. 
Corneille  éclipsa  Ions  (es  Poiites  tragiques  qui 
Vavoiejil  précédé. 

ÉCLiPSEii,  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel,  et  se  dit  d'Un  astre  qui  soufTn 
éclipse.  Le  soleil  s'éclipsa,  commença  à  s'é- 
clipser à  telle  lienre.  La  lune  s'ccliptc  par  l'in- 
terposition du  corps  de  la  terre. 

II  signifiefigurément,  S'absenter,  disparoîtrc: 
Il  s'éclipsa  tout  d'un  coup,  tout  à  coup.  Il  s'é- 
clipsa de  la  Cour.  Les  biens  de  ce  prodigue  s4 
^nt  éclipsés  en  peu  de  temps. 

Il  se  dit  en  ce  sens  De  certaines  choses  qui 
.viennent  comme  ù  disparoîtrc  tout  d'uu  coup. 
J'avois  mis  là  des  papiers,  je  ne  les  retrom-i 
plus,  ils  se  sont  éclipsés.  Il  qagnoit  au  jeu  des 
sommes  imrdensu.  en  trois  coups  tout  son  argent 
s'est  éclipsé. 

Écursé,  i:K.  participe.  Le  soleil  demeur.t 
éclipsé  pendant  trois  heures. 

ÉCUPTIQUIC.  s.  f.  Ligne  ou  cercle  qui 
ipartaçe  lo  Zodiaque  dans  toute  sa  longueur,  en 
deux  [unies  égales,  et  que  le  soleil  ne  quitte 
)amais.  Le  soleil  ne  peut  être  éclipsé  que  par 
l'interposition  d'un  astre  qui  le  rencontre  ilani 
réclipliijiie,  ou  fort  près  de  l'écliptique. 

Jl  est  aussi  adjectif  des  a  genres,  et  signifiij , 
Qui  a  rapport  aui  éclipaet.  Conjuncliun  éclip- 
itique.  Termes  rclipliques.  Les  pleines  lunes  ne 
sont  pas  toutes  écliptiques,  pour  dire.  Il  n'ar- 
n»e  p.u  d'cdipsc  i  toutes  l'-".  ^ncs. 


ECL 

ÈCLISSE.  wibsi.  f .  Petit  bûton  plat  qde  l'on 
Couclie  le  long  de  la  fraclure  d'un  bras ,  d'une 
jîinibe,  etc.  pour  les  tenir  eu  état,  et  faire  que 
les  os  puissent  se  reprendre.  MeW-e  une  cclisse, 
dus  éclisses.  On  n'ote  îes  éclisscs  qu^apiès  tant 
(h  jours. 

U  se  dît  aussi  Du  bois  de  fonte  qui  sert  j 
faire  des  seaux,  des  minets,  des  tambours,  etc. 

On  appelle  aussi  EclissCj  Oc  petit  rond  d'o- 
sier ou  de  jonc  sur  lequel  on  met  égoutter  le 
lait  caille  pour  en  faire  dis  fromai-es. 

KCLISSKR.  V.  a.  Mettre  des  éclisscs  le  long 
d'une  fraclure.  On  lui  a  écUssé  le  brasj  la 
cuisse  f  lu  jamhc,  etc. 

ÊcLissÉ,  ÉE.  participe. 

ÉCUJGUE.  Voyez  Éologxte. 

ÉCLOPPÉ,  ÉE.  participe  du  verbe  Êclop- 
per ,  qui  n'est  point  en  usage.  Il  signifie ,  Qui  q 
quelque  incommodité  qui  rend  la  marche  péi 
uible.  //  est  tout  échppé. 

Il  se  dit  aussi  De  toutes  sortes  d'iofirmitci 
qui  réduisent  en  quelque  langueur.  Il  est  du 
ilyle  familier. 

ÉCLORE.  V.  ncut.  //  éclat  Ils  êclosent.  71 
iclora.  Il  t'cMroiI.  Qu'il  éclose.  (Il prend  l'auxi» 
liaire  Être  dans  ses  temps  composés.  )  Il  u'esl 
^ui-re  d'usage  qu'à  l'infinitif,  et  aux  Iroisièmcî 
pei-sonnes  de  quelques  temps.  Il  se  dit  De  quel- 
ques animaux  qui  naissent  d'un  œuf,  comnio 
des  oiseaux,  des  insi-ctes,  etc.  Voilà  des  pous^ 
tins  qui  viennent  d'cclcre.  La  chaleur  fait 
iclore  les  va's  à  soie.  Mettre  des  œufs  de  vers  à 
toie  au  soïi-i/,  apn  qu'ils  éclosent.  Les  petits 
tont  êclos. 

Il  se  dit  aussi  Des  fleurs  qui  commencent  k 
j'ouvrir.  Le  soleil  fait  éclorc  les  fleurs.  Cc\ 
feurs  éclôront  bientôt.  Un  houton  qui  viëni 
d'éclore.  Ces  fleurs  sont  écloses  cette  nuit. 

On  dit  figurément,  Le  jour  vient  d'éclore^ 
tommencc  d'éclore,  poor  dire,  <jue  Le  jour 
rient  de  paroîtrc ,  commence  à  paroitre. 

Il  se  dit  figurément  Des  pensées ,  des  des- 
leins  qui  commencent  il  paroître  après  avoir 
été  cachés  quelque  temps.  5es  desseins  éclôront 
ifuclquc  jour.  Son  projet  était  près  d'éclore, 

KcLOs ,  OSE.  participe. 

ÉCLOSIUN.  s.  f.  Action  d'éclore. 

ÉCLUSE,  s.  f.  Clôture,  barrière  faite  de 
icrre,  de  pierre,  de  bois,  siu*  une  rivière,  sur 
un  canal,  ayant  une  ou  plusieurs  portes  qui  se 
lèvent  et  se  baissent  pour  retenir  et  licher  l'eau. 
Bâtir  une  écluse.  Les  écluses  sont  ruinées.  Rac- 
commoder Vécluse. 

Éci-usr,  se  prend  particulièrement  poiu:  La 
porte  qui  se  hausse  et  se  baisse.  Lever,  baisser 
l'écluse  f  ou  les  écluses.  Fermer^  ouvrir,  Ijcher 
les  écluses.  L'écluse  at  rompue.  L*eau  passe 
par-de.'-sus  les  e'cluses,  a  entraîné  les  écluses, 

l*!CLUSÉE.  0.  f.  La  quantité  d'eau  qui  coule 
depuis  qu'on  a  lâché  l'écluse,  jusqu'il  ce  qu'on 
l'ait  refermée.  La  première ,  la  seconde  éclus^e. 
Ce  moulin  ne  moud  que  par  écUisees.  Il  y  a 
des  canaux,  des  ri¥iêres  qui  ne  sont  navigables 
que  par  éclusées. 

KCLUSIEH.  s.  m.  Celui  qui  gouTcroo  uno 
écluse. 


ECO 

ECO 


463 


ÉCOp.iNS.  s.  m.  plur.  Tcmn  de  Marine. 
Vojej  Éct.-«iEi\. 

ÉC()Fn\I  ou  ÊCOFROL  s.  m.  Grosse  table 
de  plusieurs  Artisans ,  pour  tailler  et  préparer 
it-'S  ouvrages. 

ECDINÇON  ou  ÉCOINSON.  s.  m.  >oni  dune 
[liciTequi  fait  l'cncnignoicde  l'cmbrnsurc  d'une 
porte ,  d'une  fenêtre. 

ICrX)I..lTKE,  S.  masc.  se  dit  en  quelques 
r.gliscs  Cothcdroles ,  d'Un  Ecclésioatique  dtabli 
pour  enseigner  la  Théologie. 

l'.COLE.  s.  r.  Lieu  où  l'on  enseigne  les 
liillcs-Lettrcs,  les  Sciences,  les  Arts,  elc.  £cole 
(ic  Grammaire.  Ecole  de  Médecine.  Ecole  de 
Théologie.  Entretenir  nn  jeune  homme  ouj: 
écoles.  Camarade  d'école.  Au  sortir  de  l'école. 

On  appelle  Petites  écoles.  Celles  où  l'on 
montre  ù  lire,  ù  écrire,  où  l'on  enseigne  la 
tirammaire  ;  et  c'est  de  cclles-li  qu'on  entend 
parler,  quand  on  dit.  Maître  d'école.  Aller, 
envoyer  à  l'école. 

On  dit  proverbiaicmeut.  Faire  l'école  finis- 
fonniére,  pour  dire,  Se  cacher  afin  de  ne  point 
ullcr  à  l'école,  s'en  absenter  par  libertinage  ; 
Vrendre  le  chemin  de  l'école,  pour  dire,  Faire 
Je  longs  détours  pour  arriver. 

faire  l'école  buissonnière ,  se  dit  aussi  d'Un 
homme  qui  manque  î»  des  exercices,  à  des  fonc- 
tions qu'il  doit  remplir  dans  un  lioti  où  ses 
Confrères  s'assemblent. 

On  dit  proverbialem.  Dire  les  nouvelles  ds 
l'école  ,  pour  dire  ,  Découvrir  quelque  chose 
^li  s'est  passé  dans  une  compagnie ,  et  qu'il 
seroit  à  propos  de  taire. 

On  dit  figurément  :  On  devient  souvent  sage 
i  l'école  du  malheur.  Le  grand  monde,  pour 
un  bon  esprit,  est  lu  meilleure  école  de  sagesse 
et  de  vertu. 

On  dit  familièrement,  Jl  faut  aller  à  votre 
école  pour  savoir  cela ,  pour  dire ,  Il  làul  ap- 
prendre cela  de  vous.  Et  ou  dit,  qu'Un  homme 
est  en  bonne  école,  à  bonne  école,  pour  dire, 
^u'Il  est  avec  des  gens  très-capables  de  l'ins- 
truire. 

On  dit  au  jeu  du  Trictroc,  Faire  une  école:, 
pour  dire ,  Oublier  de  mnnjuer  les  points  qu'où 
Elague,  ou  en  marquer  mal  îi  propos. 

On  dit  dans  le  mémo  Jeu,  Envoyer  à  l'école, 
pour  dir:,  .Marquer  pour  soi  autant  de  points 
que  l'autre  a  oublié  d'en  morquer,  ou  qu'il  en 
a  marqué  de  trop. 

On  dit,  qu'Un  cheval  a  de  l'école,  poar 
dire,  qu'il  a  été  dressé  nu  raonége. 

ÉcoLô ,  signifie  aussi  l^s  lieux  où  l'on  en- 
seigne la  rhéologie,  la  Philosophie,  selon  les 
principes  et  dans  les  termes  rc<;us  dans  la  plu- 
part des  Universités.  5nin(  Tlwmas  d'^rpiin 
est  appelé  l'Anqe  de  l'Ecole.  Ce  sont  des  termes 
de  l'école.  C'rrt  ainsi  que  l'école  parle.  Cela 
sent  l'école. 

Ou  oppcllc  Kcolc,  Un  vaisseau  que  le  Itrii 
fait  nnner  pour  l'instruction  dj!S  jeunes  Officier-s 
et  des  (ïardcs-^Iarine. 

EcoLK,  siguilic  ti.con!  Une  secte  nu  d«- 


.f64  ECO 

irinc  (le  quelques  particuliers.  L'icoh  (CEpi- 
curc,  de  Platon,  à'Arislote.  L'école  de  SaiM  ^ 
Thomas,  i, 'école  de  Scot. 

On  dit  aussi,  L'École  de  Rome,  de  Lom- 
bardie,  de  Florence,  pour  dire,  Les  Peintres 
fameux  de  Rome,  de  Lombnrdie,  etc.  dont  les 
disciples  imitent  la  manière. 

On  appelle  L'Écoic  du  Titien ,  l'Ecole  de 
Raphaël,  etc.  Les  Peintres  qui  ont  appris  sous 
eiLX,  ou  sous  leurs  élevés,  l'art  de  peindre  dans 
car  manière. 

ÉCOLIEU.  UERE.  s.  Celui,  celle  qui  va  à 
l'école,  au  Collège.  Pelil  Écolier.  Écolier  de 
la  Faculté.  Écolier  de  Rhétorique,  de  Philoso- 
plùc,  etc. 

Il  signifie  aussi  Celui  qui  prend  des  leçons 
d'un  Maître.  Le  Maitre  et  les  écoUer.t.  J'ai  été 
son  écolier.  Il  fait  de  bous  écoliers.  Ce  Maître 
à  danser  a  tant  d'écoliers.  C  est  une  de  ses 
bonnes  écolières. 

On  dit  d'Un  homme  peu  lialiile,  peu  avancé 
dans  une  profession,  que  Ce  n'est  tjuun  éco- 
lier, qu'il  est  encore  écolier. 

On  ait , 'qu'Un  homme,  un  Général  d'ar- 
mée, un  Ambassadeur,  a  fait  une  faute  d'éco- 
lier, pour  dire,  qu'il  a  fait  une  faute  qui  mar- 
que beaucoup  d'iacapacit';,ou  d  inexpérience. 

On  dit  tiguri^meut,  Piciiilie  le  chemin  de< 
icoliers,  pour  dire,  Prendre  le  chemin  le  plu» 
long,  selon  la  coutume  des  écoliers  qui  vont  en 
tlasse.  Foire  des  tours  d'éeolier.  l'etite  malice 
itécoiier. 

ECONDUIRE,  V.   a.  signifie   propremrni 
Conduire  dehors,  et  en  ce  sens  i'i  se  dit.  Lors- 
qu'on cloigne  quelqu'un  avec  ménagement  d'une 
niaisoii    ou  d'une  société.   Il   s'éluil  iiitroduil 
dans  cette  société,  il  en  a  été  éconduit. 

11  se  dit  par  extcasion,  pour.  Refuser  à 
quelqu'un  avec  ménagement  ce  qu'il  demande. 
Il  ne  se  dit  que  Des  personnes.  Je  lui  avais  fait 
une  piiére,  mais  j'ai  été  écouduii.  Il  m'a  écon- 
duit poliment,  mais  tout  net. 

On  dit  proverbialement,  en  p,irla;it  .'i  quel- 
qu'un pour  l'exciter  à  faire  quelque  dcm.mdc, 
qu'il  ne  sera  pas  battu  et  écMiduit  tout  à  la 
fois. 

ÉcoSDBiT ,  CITE,  participe. 
'  ÉCONOJI.Vr.  s.  m.  (On  ccrivoit  autrefois 
CCconomut.)  Charge,  emploi,  office  d'Kco- 
nome.  Il  n'est  guère  d'usage  qu'en  parlant  De 
l'administration  des  revenus  d'un  Evéclié,  d  une 
'Abbaye, et  autres  Bénéfices  pendant  la  v.uaTice. 
L'Écoriomcl  des  JSénéfices  q;iivan\'cnl  ù  lu  iio- 
miiiotioii  du  Roi,  dépend  du  /ici.  Il  jouit  des 
rci'enus  de  ce  Bénéfice  par  Economat,  en  veiiu 
de  ses  Lettres  d'Économat,  prendre,  obtenir 
des  Lettres  d'Economat. 

On  appelle  Économuls  au  pluriel.  Le  bu- 
reau établi  pour  l'administration  des  Bénéfices 
racans,  et  qui  sont  à  la  nomination  du  Roi.  Ce 
Rénifiee  a  été  mis  aux  Economats,  est  iiuc 
Économats. 

ÉCO>'0.'ME.   adj.  des   2  genrci;.  Ménager  , 
mënagèrc.qui  sait  épargner  la  dépen.se.  Il  est 
cclri^jneiiicfit  économe.  Elle  est  fort  économe. 
ÉcoxovE,  signifie  encore  tu  su}>sta'.itir,.Ce' 


ECO 


ECO 


lui  ou  cel'e  qui  a  soin  de  la  conduite  d'un  ni4-  ECORCE.  s.  f.  Enveloppe   d'un   arbre   ou 

nage  ,  de  la  dépense  d'une  maison.  Un   sacje      d'une  plante  boiseuse.  La  première,  la  {jrosse 
Économe.  Un  habile  Économe.  Un  cjrandÉco-  ^écorce.  La  seconde,  la  petite  écorce.  Cet  arbre 


nome.  C'est  une  bonne  Econome. 

Eu  quelques  Maisons  Religieuses,  on  appelle 
Le  Pérc  Économe  ^  la  Mère  Économe,  Le  Reli 
gieux  ou  la  Religieuse  qui  a  soin  de  la  dépense 
du  ^lonastèrc. 

On  appelle  aussi  Économe  ,  Celui  qui  est 
nommé  par  le  Roi  pour  administrer  les  revenus 
d'un  Évéché,  d'une  Abbaye,  etc.  pendant  la 
vacance.  Établir  un  Économe.  Le  Roi  a  nom- 
mé un  Économe  à  cette  Abbaye.  Économe  sé- 
questre. 

ÉCONOMIE,  s.  f.  L'ordre  ,  la  rtgle  qu'on 
apporte  dans  la  conduite  d'un  ménage .  dans  la 
dépense  d'une  maison.  Avoir  de  l'économie. 
Entendre  l'économie.  Vivre  avec  économie , 
.v.'cc  une  qrande  économie.  Vivre  d'économie. 
Il  a  de  l'économie  dans  su  dépense. Il  n'a  point 
d'économie. 

Ou  dit,  qu't/n  liomme  vit  avec  trop  d'éco- 
nomie, pour  dire,  qu'il  vit  avec  trop  d'épargne. 
Et  on  dit  Des  retranchemcus  qu'on  fait  mal  <'i 
propos  sur  certaines  petites  choses  ,  que  C'est 
une  économie  mal  entendue,  une  mauvaise  éco 
nomie. 

'  Economie,  se  dit  figurément,  (t  dans  une 
bignificalion  plus  étendue,  De  l'ordre  par  le- 
quel im  Corps  polilique  subsiste  principale- 
tuent  :  elle  t'appelle  Économie  (oliliijiie.  C'est 
renverser  toute  l'économie  d'un  Etat,  d'uni 
République. 

On  appelle  hcononiie  rurale,  L'aduiînistra- 
tiou  des  biens  de  la  campagne. 

Il  se  dit  aussi  figurément  De  l'harmonie  qui 
est  entre  les  différentes  parties,  les  difl'étentes 
qualités  du  corps  physique.  Le  dérèglement  des 
humeurs  trouble  toute  l'économie  du  corps  hu- 
tnuin.  B^concmie  animale. 

îl  se  dit  encore  figurément  De  la  disposition 
d'un  dessin,  de  la  distribution  d'un  discours, 
d'une  pièce  d'Eloquence.  L'économie  d'un  des- 
sin, d'un  discours,  d'une  pièce  de  Théâtre. 

ÉCONOMIQUE,  ad),  des  2  g.  Oui  concerne 
l'économie,  le  gouvernement  dune  famille. 
Prudence  économiijue.  Saijcsse  économique. 
Science  économique. 

Il  est  aussi  substantif  féminin,  et  signifie 
Celte  partie  de  la  Philosophie  morale  qui  re- 
garde le  gouvernement  d'une  famille  ,  d'un 
Étal,i  le.  C'est  uiierèqlc  d'économique  aussi-bien 

que  de  politique,  qu'il  ftnt 

ÉCONOMIQUEMENT,  adv.  Avec  écono- 
mie. Vivre  économiquement, 

ÉCOSO.MISEH.  V.  a.  (iouverncr,  adminis- 
trer avec  économie.  Il  a  bien  économ'xsé  les  re- 
venus de  cette  Terrt,  de  cette  Abbaye. 

Économisé  ,  ée.  ptnicipe.  Des  rewnus  h'ien 
économ  isés. 

ÉCOPE.  s.  f.  Espèce  de  pelle  creuse  h  re- 
bords, dont  ou  se  sert  pour  vider  l'eau  des 
bateaux. 

ÉCOPI'.RCHE.  s.  f .  Kom  d'une  machine  qui 
sert  à  élever  des  pierre» ,  des  fardeaux ,  otc.  et 
qui  fait  pallie  d  un  engin  >  ou  s'y  ajoute. 


n  l'éoorce  (cndrc,  l'écorce  dél'iée.  Peler  l'écorce. 
On  fait  des  cordes  avec  des  écorces  de  tilleul. 
On  fait  des  étoffes  d'éeorccs  de  certains  arbres. 
La  jilasse  est  l'écorce  du  chanvre,  du  -lin. 

On  dit  aussi,  L'écorce  de  certains  fruits, 
pour.  Leur  enveloppe,  quand  elle  est  épaisse. 
Écorce  de  citron.  Écorce  d'oranqe.  Ecorce  de 
qrenade.  L'écorce  de  eiti'on  est  bonne  à  confire. 

EcoiîCE, signifie  figurément,  Superficie,  ap- 
parence, 'ï^ous  vous  arrêtez  à  l'écorce,  il  faut 
pénétrer  plus  avant. 

On  dit  proverbialement,  qu'il  ne  faut  point 
mettre  le  doint  entre  le  bois  et  l'écorce,  entri 
l'arbre  et  l'écoi-cc,  pour  dire,  qu'il  n'est  pas 
prudent  de  s'ingérer  dans  les  démêlés  entre 
proches ,  comme  mari  et  femme ,  frère  et  sceur. 

ÉGORGER.  V.  a.  Ôter  l'étorce  du  bois.  On 
écorce  le  bois  en  Mai,  parce  que  la  sève  qui  est 
alors  fort  abondante ,  facilite  la  séparation  de 
l'écorce.  Tous  ces  arbres  ont  été  écorcés. 

EconcÉ,  ÉE.  participe.  Le  bois  écorce  s'ap- 
pelle Bois  pelard. 

ÉCORCHÉE.  s.  f.  Terme  'de  Conchyliolo- 
gie. Coquillage  marin.  Espèce  de  rouleau. 

ÉCORCHER.  ï.  a.  Dépouiller  un  animal  de 
la  peau.  Ecorcher  un  cheval ,  un  bœuf,  etc, 

11  s'emploie  aussi  pour  dire,  Emporter,  dé-, 
chircr,  ôter  tine  partie  de  la  peau  d'un  animal, 
ou  de  l'écorce  d'un  ai'bre.  Les  charrettes  enpas-. 
sanf  ontécorc.':ê  cet  arbre. Vous  m'avezécorche 
la  jambe.  Je  me  suit  écorché  le  bras.  La  selle  a 
tout  écorché  ce  cheval. 

On  dit  d'Une  viande ,  d'une  boisson  qui  est 
rude  au  jialais,  à  la  gorge,  qu'Élle  les  écorché. 
Le  pain  d'orqe,  le  pain  bis  et  dur  écorché  la 
Qorqe.  Ce  vin  est  si  âpre,  qu'il  écorché  le 
palais. 

ÉconCHEB.  Terme  de  Sculpture.  C'est  oter 
du  noyau  d'une  figure  qu'on  veut  couler  en 
plâtre,  autant  d'épaisseur  que  le  Sculpteur  veut 
en  donner  au  plâtre. 

On  dit  familièrement  d'Un  homme  qui  se 
plaint  sans  grand  sujet,  qu'il  crie  comme  si  on 
l'écorchoit. 

On  dit  aussi  proverbialement.  Il  resremble 
(lUX  anquilles  de  Melun,  il  aie  avant  qu'on 
l'ieorche,  pour  dire,  qu'il  se  plaint  d'un  mal 
qui  u'est  point  encore  arrive. 

On  dit  encore,  Ecorcher  l'anguille  par  la 
queue,  pour  dire.  Commencer  une  chose  par 
le  plus  difficile,  etparoii  l'on  devroit  finir. 

On  dit  aussi  proverbialement,  qu'il  n'y  a 
rien  de  plus  difjicile  à  ecorcher  que  la  queue, 
pour  dire  ,  queCe  qn'd  y  a  de  plus  difficile  dans 
une  allure,  est  le  point  de  la  conclusion. 

On  dit  proverbial! ment  Jamais  beau  parler 
n'écorcha  lanrjue ,  (K>ur  dire,  qu'il  est  bon 
d'u'^er  de  paiolcs  douces  et  civiles. 

On  dit  d'Une  voix  aigre,  d'une  méclianle 
Musique,  et  d'un  parler  rude  et  barbare,  quu 
Cela  écorché  les  oreilles. 

ÉconcHEn ,  signifie  figurément  Exiger  lieau- 
coup  plus  qu'ilne  faut  pour  des  droits,  taiaue», 


ECO 

rscationj  ou  niarcljaiidises.  Ce  Piocweur,  ce 
Oie.j'.er  écorche  ks  Plaideurs.  CeMarchaïul  csl 
riisonnahle ,  il  n'écorche  pas  le  momie.  Ces' 
une  hôtellerie  où  l'on  écorche  les  jent. 

Ou  dit,  H  faitl  tonilre  les  brebis  et  non  pas 
Usécorcher,  pour  Hir;,  que  Les  Rinces  ne 
iloivcDl  pas  trop  charger  les  peuples. 

On  dit  encore  fij;urénient  et  familièrement, 
Jl  écorche  le  François,  le  Latin ,  etc.  pour  dire, 
que  Quelqu'un  commence  àfiarier  ces  Langues, 
et  qu'il  les  parle  mai. 

On  dit  proverbialement ,  Autant  vaut,  au- 
tant fait  celui  (jui  tient ^  t^ue  celui  (jui  écorche, 
pourdire,que  Le  complice  d'un  crime  est  aussi 
coupable  que  celui  qui  eu  est  l'auleur. 

On  dit  proverbiaicm.  et  bassement,  Ecor- 
cfier  le  reuiirfi,  pour  dire,  Vomir  après  avoir 
trop  bn. 

À  ÉCOnCHE-cu  ou  en.  Phrase  adverbiale. 
£n  gli:>sant,  en  se  Irainant  sur  le  derrière.  Ces 
enfans  jouent  à  écorche- eu. 

Il  signifie  aussi  fignrcmcnt,  Par  force,  de 
mauvaise  gr.ice,  avec  répugnance.  //  ne  fait  ja. 
mais  les  choses  qu'à  écorche-cu.  Il  est  bas. 

KconciiÉ,  ÉE.  parliciiK. 

On  appelle  £corc/ié.  en  temiesdc  Peinture, 
Une  (igurc  sans  peau, dont  on  voit  les  muscles. 
En  ce  sens  il  se  prend  suLàtaotivcn^ent.  L'Ecor- 
thé  de  Miclel-Ange. 

ÉCORCHERIE.  s.  f.  Lieu  où  l'on  écorche 
les  bêles.  £.'fif0^'er ,  traîner  un  cheval ,  un 
chien  a  l'écorcheric. 

On  appelle  fiiïimîment  Une  Iiotelirrîe  on 
Ton  tait  paytir  plus  qu'il  ne  faut ,  Une  écor- 
cherie.  C'est  une  vraie  écorcherie. 

ÉCORCUEL'R.  s.  m.  Celui  dont  le  métier 
est  d'écorclier  les  bêtes  mortes.  Ce  cheval  n\sl 
plus  bon  fjue  pour  iécorcheur ,  tju'à  envoyer  d 
l'écorcheur. 

On  dit  fignrément  et  familièrement  d'L'n 
Hûlclier,  d'un  Procureur,  d'un  Marchand,  etc. 
qui  ex'igeut  trop.  C'est  un  écorcheur. 

ÉCORCHUKE.  s.  f.  Enlèvsoicnl  de  la  peau 
en  (piclque  partie  du  corps.  //  a  une  grande 
écorchui-e.  Je  me  suis  fait  une  petite  écorchure 
à  la  jambe. 

ECORE.  s.  f.  Terme  de  AL-irine.  Escarpe- 
ment d'une  côte.  Cittc  en  écore. 

ÉCORNER,  verbe  actif.  Rompre  une  corne. 
i:.corner  un  taureau.  Ce  bœuf  fut  écorné. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  qui  ont  des  angles. 
Ecorner  un  bastion.  Ëcorner  une  table.  licor- 
n»  un«  pierre.  Ces  dés  sont  écainés. 

CThdii  figurément  et  familièrement,  £coriicr 
quelipie   cfiose,   pour  dire,  La  diminuer.  On 
écorna  leurs  privilé-jes.  On  a  écorné  sa  (ci7'C, 
•.an  bien,  sa  Juridiction,  son  autorité. 
Kconsf. ,  tt.  partietpe. 
ECORSItLER.  V.  aci.  Cherchera  manger 
■ux  dépens  d'aiitnii,  chercher  de  franches  lip- 
pci».  Il  a  su  que  nous  iJInioru  en  tel  endroit, 
3  est  venu  nous  écornifler.  Il  va  écornijUr  un 
dtner  où  ri  peut.  Il  est  dn  style  familier. 
Kcoisiiii:,  i:i:  paitici|>e.  Repas  écorniflé. 
ÉCOKMl- I.ERIE.  ».  f.  AcUon  d'écomiflcr 
Il  ne  ni/  que  ifci.orni|Icri«», 
Te  me  I. 


ECO 

ÉCOR>'IFLEt'R  ,  EUSE.  s.  Cehii ,  celle 
qui  écorniflé,  païasite.  C'est  un  écornifleur. 

ÉCORSUKE.  s.  f.  Éclat  emporté  de  l'angle 
d'une  pierre,  d'un  marbre,  etc. 

ÉCuSSER.  V.  a.  Tirer  de  !a  cosse.  Jîcosser 
des  pois,  des  jèves. 

Kcoss£,  ÉE.  participe.  Pois  écossés,  Fèves 
écossées. 

ÉCOSSEUR ,  EUSE.  suhst,  C-elui ,  celle  qui 
écosse.  Kcosscuse  de  pois, 

ÉCO'f .  s.  m.  La  quote-part  que  doit  chaque 
personne  pour  un  repas  commun.  J'ai  payé 
mon  écol ,  payez  le  vôtre. 

Xi  signifie  aussi  La  dépense  qu'on  fait  à 
l'hôtellerie,  au  cabaret  pour  un  repas.  Gros 
L'col.  Kcot  de  dix,  de  vingt  francs. 

ÉCOT, signifie  "'icore  La  compagnie  des  per- 
sonnes qui  mangent  eusemble  dans  uu  cabaret. 
II  y  a  trois  écots  dans  le  jardin. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  à  un 
homme  qui  se  mêle  de  parler  à  des  gens  qui  ne 
parlent  pas  à  lui ,  Parlez  à  voire  ecot. 

On  dit  figurément  et  familièrement  d'Un 
iiomme  qui  a  diverti  la  compagnie  durant  un 
repas,  qu'/f  a  bien  payé  son  écot.  Il  s'emploie 
(lussi  en  d'aiilres  occasions.  Il  nous  a  apporté 
d'agréables  nouvelles  ;  il  a  bien  payé  son  écot. 
EcOT,  signifie  aussi  Un  tronc  d'arbre  oii  ii 
reste  encore  des  bouts  de  branches  coupées. 

É(^OTÉ,  ÉE.  adjcct.  Terme  de  Blason.  Il  se 
dit  Des  troncs  et  des  branches  dont  les  menues 
brandies  ont  été  coupées. 

TlCOUAM'".  s.  f.  Terme  de  Wonnoie.  Sorte 
de  lime  propre  aux  Aju«teur«  et  Tailleresses . 
servant  h  réduire  les  espèces  d'or  et  d'argent  an 
poids  ordonné. 

HV.OUAXER.  verbe  a.  Terme  de  Monnoic. 
Réduire  les  espèces  d'or  et  d'argent  au  poids 
ordonne. 

EcoLAXÉ,  ÉE.  participe. 
ÉCOUFLE.  s.  m.  Sorte  de  Milan.  VÉcoufle 
a  emporte  un  poulet. 

ÉCOULEMENT,  subst.  masc.  Le  flux,  le 
mouvenienl  da  ce  c^  :i  s'écoule.  L'écoixlcmcnf 
de  l'eau,  irs  eaux,  etc.  'Ecoulement  des  hu- 
meurs. Lcoulement  des  coipuscules  gui  s'exha- 
lent des  corps. 

On  dit  figurcmenl  :  Ecoulemens  de  lumière. 
Ecoulemens  de  la  grâce, 

ECOULER.  T.  n.  Couler  liom  de  quelque 
endroit.  Le  torrent  s'est  écoulé.  Faire  écouler 
l'eau:  Quand  Veau  sern  écoulée.  L'eau  s'écoule, 
etc.  Le  vin  s'est  écoulé  du  tonneau. 

On  dit  Ggurémcnt,  que  Le  temps  s'écoule, 
que  r»irqeiit  s'e'coiile,que  la  foule, que  lapre^se 
s'écoule,  qu'il  faut  laissa'  écouler  la  foule. 
pour  dire,  que  Le  ten.ps  passe,  que  l'argent  se 
dissipe,  que  la  foule  diminue,  etc. 

On  dit  aussi .  que  Le  temps  est  écouté,  pour 
dire ,  <iue  Le  terme  préflx  est  expire. 
ÉcoLiÉ,  tE.  participe. 
ÉCOL'PE  ou  ÉCOUPÉE.  «.  f.  Balai  pour 
nettoyer  un  >'avirc. 

ÉCOURlJEON.  ».  m.  Orge  carrée,  ou  d'au- 
tomne, ou  de  prime. 

ECOURIER.  v.  acL  Rogner,  couper  trop 


ECO 


403 


court.  Eenarter  dc:i  cheveux.  Ecourler  un  mun. 
leau,  une  jupe. 

On  dit  encore  d'Un  habit  trop  court,  qu'il 
est  bien  éeourté. 

Ou  dit,  Écourfcr  un  chien,  un  cheval,  pour 
dire.  Leur  couper  la  queue  et  les  oreilles. 

Il  se  dit  aussi  absolument  d'Un  lionime  qui 
a  les  cheveux  coupes  fort  court.  Vous  Voilà 
bien  ccoiirfé. 

LcociiTÉ.  ÉE.  participe. 

ÉCOUl'ANï,  ANTE.  adjecl.  Qui  écoute. 
Avocat  écoutant.  Il  n'est  d'usage  qu'en  plaisan- 
tant, pour  sigiiilier  Un  Avocat  qui  ne  plaide 
point. 

ÉCOUTIi.  s.  f .  Lieu  où  l'on  écoute  sans  être 
vu.  Il  est  plus  ordinaire  au  pluriel.  Il  était  dans 
Us  écoutes  e'i  Sorbonne, 

On  dit  liguniment  et  familièrement,  E'.re 
aux  écoules,  pour  dire,  Être  attentif  à  remar- 
quer ce  qui  se  passera  dans  une  affaire,  afin 
d'en  tirer  ses  avantages.  On  parle  d'une  telle 
aljiiire ,  il  y  a  bien  des  gens  gui  sont  aux 
écoutes. 

On  appelle  dans  les  Monastères  de  filles,  Une 
Sœur  écoute,  La  Rclig-eusc  qu'on  donne  pour 
accompagner  une  antre  Religieuse  ,  ou  une 
Pensionnaire  qui  va  au  Parloir. 

ÉCOUTE,  s.  f.  Terme  de  Marine.  Cordage  à 
deux  branches  propre  h  tenir  les  voiles  tendues. 

l';COUTER.  V.  a.  Ouir  avec  attention,  prêter 
l'oreille  pour  ouïr.  -Ve  pnrlei  pns  si  haut,  01 
nous  e'coiite.  Jl  éloit  à  la  porte  pour  écouter  et 
qu'on  disait. 

On  dit  d'Un  homme  qui  pa^V  len*ement,  ej 
qui  croit  bien  dire,  qu'/l  s'écoule  pnrjer ,  tt 
absolument,  qu'/l  s'écoute. 

Il  signifie  aussi.  Donner  audience  îi  quel- 
qu'un. On  les  renvoya  sans  les  écouter, 

EcoiTEn,  signifie  aussi,  Donner  quelqii» 
cxoyauce  ou  quelque  consentement  à  ce  qu'un 
homme  propose,  ou  prendre  plaisir  5  l'eiitendrf. 
On  ne  voulut  pas  écouter  la  propêsition  de 
paix  qu'il  fiisoit.  S'il  me  propose  une  telle 
chose,  je  Vécauterai  volontiers.  Il  parla  d'ac- 
eammadcment ,  mais  il  ne  fut  pas  écouté.  Ecoutez 
la  voix,  les  inspirations  de  Dieu. 

ÉcouTtn,  se  dit  aussi  figurément;  et  on  dit, 
Eco^iler  la  riiison,  pour  dire,  Se  rendre  à  U 
raison.  Ecouler  lu  voix  de  la  nature.  A"écoiiter. 
nue  sa  colère,  sa  passion. 

On  dit,  qii'Urt  homme  s'écoute  trop,  qu'.i 
écoule  Irop  son  mal,  pour  dire,  qu'il  a  trop 
d'attention  b  ce  qui  se  passe  en  lui  par  rapport 
b  sa  santé. 

Lorsqu'on  veut  appeler  quelqu'un,  on  lui 
dit,  Un  tel,  écoutez. 

On  appelle  Un  écoule  s'il  pleut,  Un  moulin 
qui  ne  va  que  par  des  écluses;  et  de  là  on  dit 
proverbialement,  iîcculc  s'il  pleut,  c'est  un 
écoute  s'il  pleut,  pour  dire  aux  gens,  qu  II» 
s'attendent  i  des  choses  qui  n'arriveront  peoi-i 
être  jamais ,  ou  qui  n'arrivent  que  irês-raremeii  t. 
EcoiTÉ,  il.  participe. 
On  dit  en  termes  de  Manège,  Des  niouws 
FUCUS  écoutés,  pour  dire,  Des  innu\i'incn»  Ia<U 
avec  {Ustossc  et  précision. 

59 


466  ECR 

ÉCOÛTEUX.  adj.  Terme  de  Manège.' Il  se  ^ 
dit  d'Un  clieval  d'ulrait  par  des  objets  qui  !e 
frappent. 

ÉCOUTII.I.E.  8.  f.  Sorte  de  l..i[pc,  d'ou- 
verture dans  le  tillac  d'un  vaisseau  pour  y  des- 
cendre ou  en  tirer  les  gros  fardeaux.  Fermer 
Us  écoiitilles. 

ÉCOU'VILI.ON.  s.  ui.  Vieux  linge  attaché  h 
un  long  bâton,  avec  quoi  ou  nettoie  le  four 
lorsqu'on  veut  enfourner  le  pain,  ou  avec  quoi 
l'on  nettoie  le  canon  lorsqu'il  a  tiré,  et  qu'on 
le  veut  recharger  ou  le  lafraicliir. 

ÉCtiUVILLONKKR.  verb.  act.  Se  servir  de 
récouvillon.  icouvilloiiner  le  four,  une  pièce 
ie  canon, 

ÉcouviLLOSNÉ,  ÉE.  participe. 

ECP 

ÉCPHRACTIQUE.  adj.  des  2  genres.  Terme 
de  Pliannacic.  Il  se  dit  des  remèdes  apéritifs 
qui  ouvrent,  débouchent  les  vaisseaux  ,  les 
conduits. 

ECR 

ÉCRAIGNK.  s.  f.  Veillée  de  village.  Il  est 
pnDCipalcmeut  d'usage  au  pluriel. 

ÉCRAN,  s.  m.  Sorte  de  meuble  dont  on  sn 
icrt  l'hiver  pour  se  garantir  de  l'ardciu'  du  feu. 
Écran  <|ui  esl  monté  sur  un  pi'eiJ,  et  (\m  se 
hausse  else  baisse.  Ecran  (ju^on  tient  à  la  main. 
Elle  se  mit  devant  moi  four  me  servir  d'écran. 

ÉCRASER.  V.  net.  Aplatir  et  briser  par  le 
poids  de  quelque  ehosc,  ou  par  quelque  effort. 
La  poutre  tomba  et  lui  écrasa  la  ttite.  Il  fut 
écrasé  sous  la  ruine  d^un  bâtiment.  Marchez 
sur  cette  araignée  et  l'écrasez.  Ea-ascr  des  qro- 
âcilles,  du  verjus. 

On  dit  figurément, Ecraser  ^ue/<]a'un,pour 
dire,  Ije  ruiner,  le  détruire  entièrement.  Si 
vous  le  fâchez,  il  vous  écrasera.  Je  Véa'aserois 
comme  un  ver. 

ÉCRAs£,  ÉE.  participe. 

Il  signifie  figuréraent  ,  Trop  aplati,  trop 
bas,  trop  court,  comme  en  ces  exemples  :  Il  a 
le  nez  écrasé.  Le  comble  de  cette  maison  n'a 
point  de  (jrdce,  il  est  trop  éaasé. 

On  appelle  Une  taille  écrasée.  Une  taille 
trop  courte  et  enfoncée. 

ÉCRIii\lER.  v.  a.  Ôter  la  crème  de  dessus  le 
lait.  Écrémer  le  lait,  du  lait. 

On  dit  Ggareraentet  f  iniilièrenient ,  Ecrénwi 
une  ajjhire,  pour  dire,  En  tirer  tout  ce  qu'jl  y 
B  de  medlcur  et  de  plus  profitable. 

Il  se  dit  aussi  d'autres  choses,  quand  on  eu 
tiic  ce  qu'il  y  a  de  meilleur.  Il  c  écrémé  cette 
bibliothé(^ue ,  ce  cabinet.  H  a  écrémé  la  carc^ai- 
son  de  ce  vaisseau  oui  étoit  richement  charqè. 

tanÈMÉ,  ÉE.  participe.  Du  lait  écrémé.  Une 
affaire  éceèmée. 

IX'.KÉiN'AGE.  s.  m.  Terme  de  Fondeur  de 
caractères.  Action  d'écréucr. 

ECRÉAER.  v.  a.  Terme  de  Fondeur.  Ecré- 
ner  une  letbe,  En  évider  le  dessous  avec  un 
icrcaair.  On  écrèoe  les  lettres  longues,  afin 
|uu' elles  puissent  s'approcher  des  autres. 

ÉcnÉsE,  Éc.  gorticipe. 


'ECR-    . 

ÉCRÊlJîOIll'.  s.  m..  Instrument  avec  lequel 
on  l'crènet 

hCHKTER.  V.  n.  Terme  de  Guerre.  Enlever 

Iacrûte,le  soinnici  J'un  ouvrage,  tel  qu'une 
muraille,  uiie  palissade,  etc.  Le  canvii  a  ècrété 
le  bastion. 

KchUtÉ,  ÉE.  puiticipe. 

IXIRKVISSE.  s.  l'.  Poi.sson  qui,  selon  l'opï- 
niori  vnlfj;aire.  va  jjrrsque  toujours  à  reculons, 
cM  qui  est  du  genre  des  crustacës.  Pécher  des  ècre- 
visse.<.  U  rut  soupe  aux  ccrcvisses.  Êcrevisse  d^caii 
douce.  Kcrevisse  de  mer. 

(In  appelle  Yeux  d'écrcvisse,  De  certaines 
petites  pierres  qui  o«it  la  forme  d'un  œil ,  et 
(jui  se  trouvent  dans  les  écrevîsses,  et  dont  on 
se  sert  dans  la  Médecine. 

'Jn  'lit  populairement  d'Un  homme,  qu'/i 
va  à  reculons  comme  les  i'^r^vlsses ,  Quand  sei 
a.Taires  ff^culent  au  lieu  d'avarcer. 

On  dit  aussi  populairement  d'Un  homme 
qui  a  le  visage  trop  haut  en  couleur,  qu7i  est 
roune  comme  une  ecrevisi-^. 

Il  y  a  un  des  Signes  du  Zodiaque  qu'on  ap- 
pelle Le  sinne  de  VEcrevisse.,  et  qu'on  nomme 
iiutrcment  le  Cancer.  Le  Soleil  entre  au  Sifjm 
de  l'Kcrevisse  vers  la  fin  de  Juin. 

ÉCRIER,  s'écrier,  v.  qui  s'emploie  avec 
le  pronom  personnel.  Faire  un  grand  cri,  une 
exclamation.  Quand  il  vit  cet  homme  l'enir  à 
lui  Vêpée  miCj  il  s^écria.  Il  s'est  écrié  de  dou- 
leur. Alors  je  m'écriai.  L  Orateur  au  milieu  de 
sa  narration  s'écria...  S^ecrier  d^admiration. 

ECRILLE.  s.  f.  Clûturc  de  clayonnage,  qui 
Be  prali'|ue  îi  la  décharge  d'nu  étiinjj,  pour  ejn- 
pécher  le  poisson  d'en  sprlir. 

ÉCRIN.  s.  m.  Petit  ro/Tret  où  l'on  met  des 
biifjiieSj  de.i  pierreries.  //  apporta  Vêcrin  o'i 
éloient  ses  pierreries.  Un  bel  ccrin,  un  rîchc 
en- in. 

ECRIRE.  V.  a.  J'écris.,  tu  écris,  il  écrit; 
nous  écrivons ,  vous  écrivez.,  ils  écrivent.  J'é~ 
crivois.  J\ii  écrit.  J^écrivis.  J'écrirai.  Ecris 
J'écriroi's.  Que  j'écrive.  Que  j''écrivissc.  Ecri- 
vaut.  Tracer,  former,  figurer  des  letUcs,  des 
caractères.  Il  sait  lire  et  écrire.  Il  passe  ce  vu 
à  écrire.  Maître  à  écrire.  Enseigner  à  écrire. 
Montrer  à  éc! ire.  Ecrivez  cela  sur  une  feuille 
de  papiei' ^  daiis  votre  journal  y  sur  vos  tahlet- 
(  js.  Lcrire  son  nom.  Les  Anciens  écrivaient  sur 
des  tablettes  enduites  de  cire.  Il  écrit  bien.  Il 
écrit  mal.  Ecrire  avec  un  crayon  y  un  charbon. 
Ecrire  sur  le  sable.  Ecrire  sur  la  muraille. 
Ecrire  en  qrosses  lettres ,  en  lettres  capitales. 
Ecrire  avec  son  san(j. 

On  dit,  Ecrite  des  volumes  ^  pour  dire. 
Ecrire  heaucoup. 

On  dit,  5e  faire  écrire  à  une  porte.,  pour 
dire.  Faire  mettre  son  nom  sur  la  liste  d'un 
porlior,  pour  marquer  qu'on  esl  venu  voir  le 
ni-iitrc  <»u  la  niaitres.se. 

Il  se  dit  aussi  de  lu  manière  d'orthographier. 
Comment  êcrivc^^vous  un  tel  mot? 

SI  sij;nific  aussi,  Écrire  des  lettres  missives, 
mander  par  leincs  missivfN.  Je  lui  ai  écrit  dciuc 
ou  trois  fois  y  il  ne  me  fait  point  de  réponse.  Je 
n'écris  point  en  ce  pays-là.  Je  lui  ai  icrit  tnutes 


ECR 

les  nouvelles.  Je  lui  ai  écrit  ^ur  la  naissance  de 
son  j\ls,  sur  la  perte  (ju'il  n  faite.  Ecrire  des 
lettres  de  recommandation.  Je  lui  ai  écrit  de 
dessus  le  vaisseau.  Je  lui  ai  écrit  de  mon  Ut. 

On  dit  figurénient  et  familièrement,  Eait't 
de  bonne  encre,  de  la  bonne  encre  à  qtielau'unj 
pour  dire.  Lui  écrire  fortement  sur  quelque 
cho.se.  Il  se  dit  principalement  Des  lettres  de 
réprimande  ou  de  reproche. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Ecrire,  pour 
dire,  Mettre  par  e'crit  ses  raisons  pour  défendre 
sa  cause.  On  les  a  appointés  à  écrire  et  à  pro- 
duire. Un  tel  Avocat  a  écrit  en  telle  afjaire  pour 
un  tel.  Il  plaide  bien.,  mais  il  ecril  mal. Il  écrit 
et  ne  plaide  pas. 

Il  signille  aussi ,  S'engager  par  écrit.  71  ne 
suffit  pas  de  donner  des  paroles ^  il  faut  écrire. 

On  dit  proverbialement  ,  A  mal  exploiter 
bien  écrire j  Lorsqu'un  homme  ayant  manque 
h  quelque  fonnalilé,  écrit  ensuite  la  chose,  non 
pas  comme  il  l'a  faite,  mais  comme  il  la  devoit 
faire. 

Il  signifie  aussi  figurément,  Composer  qnel- 
qiie  ouvrage  d'esprit.  Tous  les  Auteurs  ont  ont 
écrit  sur  cette  matière.  Ecrire  en  prose.  Ecrire 
en  vers.  Ecrire  en  Latin,  en  Grec. 

Il  se  dit  aussi  particulièrement  Du  style.  Il 
est  savant,  mais  il  ne  sait  pas  écrive.  Il  étrit 
poliment,  nettement  y  doctement,  élégamment . 
Il  écrit  mal,  grossièrement.  Tous  ceux  (jui  ecri- 
vent  bien.  Il  se  mêle  d'écrire.  Cet  homme  parle 
bien,  mais  il  écrit  mal. 

H  signifie  aussi,  Enseigner  par  écrit  que.... 

Aristotc  a  écrit  rue  les  animaux. ... 

ÉcniT,  iTE.  participe. 

On  dit  figurément ,  que  La  destinée  des 
hommes  est  écrite  au  Ciel,  qu'une  chose  était 
l'.crite  ait  Ciel. 

On  dJt,qu'f7ne  cl.cse  a  été  écrits  au  courant 
de  lu  plume,  pour  dire,  qu'On  n'y  a  pas  mis 
beaucoup  de  temps,  de  réflexion,  etc. 

On  dit  aussi,  //  est  écrit,  pour  dire,  Il  esl 
décidé.  //  est  écrit  que  je  ne  gagnerai  jamais. 

On  dit  proverbialement,  Ce  (jui  est  écrit  est 
écrit j  pour  dire,  qu'On  ne  veut  rien  changer  à 
ce  qui  est  écrit,  â  ce  qu'on  a  résolu. 

Il  signifie  quelquefois  ,  Marqué.  Son  mal- 
heur est  écrit  sur  son  visage.  Il  portait  son 
crijMC  écrit  sur  son  visage,  sur  sou  front,  sa 
condamnation  écrite  sur  le  front.  Les  rides  ont 
écrit  son  dge  sur  son  front. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  papier  sur  lequel  on  a 
écrit.  Ce!  n'est  pas  un  papia-  blanc  ,  c'est  u.i 
papier  écrit.  Papier  eenl  de.'^  deux  cotes. 

ÉCRIT,  s.  m.  Ce  qui  esl  écrit  sur  du  papier. 
Quel  écrit  est-ce  là?  Il  tira  un  e'ciil  de  su 
poche. 

Il  se  dit  principalement  d'Un  acte,  d'un  mé- 
moire portant  promesse  ,  convention.  //  est 
homme  de  mauvaise  foi,  il  plaide  contre  son 
écrit.  Vous  ne  pouvez  pas  me  le  nier,  j'en  ai 
votrt  écrit. 

On  appelle  Remontrances  par  écrit.  Des  re- 
monlranecs  raisonnées;  et  Procès  par  écrit.  Un 
procès  qui  se  juge  par  rapport,  cl  qui  ne  se 
plaide  point. 


ECR 

On  dit,  Mi'ltre  pur  écrit,  rédiger  par  écrit, 
pour  dire,  Ki  rire  ce  qu'on  o  lu,  ce  (lu'ou  a 
peiiM.    Mettet-moi  cela  par  écrit. 

On  dit  encore  ,  Mettre  en  écrit  une  chme 
pour  s'en  souvenir,  pour  dire,  L'écrire  sur  ses 
tablettes,  sur  quelque  morceau  de  papier;  et 
Coiic'ier  par  écrit,  pour  signifier,  Mettre  par 
écrit  ;  CoucAcr  bien  par  écrit ,  pour  dire  , 
Écrire  en  bons  termes.  Ces  deux  derniers  soni 
du  stjlc  familier. 

LcniTS,  au  pluriel,  se  dit  Des  ouvrages  que 
l'on  compose  sur  queUjuc  matière.  On  ne  fera 
imprimer   ses  écrits  (ju  après  sa  mort. 

Il  signifie  auRsi  Les  leçons,  les  cahiers  qu'on 
écri!  sous  un  Professeur  qui  les  dicte.  Je  ((iirdc 
encore  mes  écrits  de  riiilosop}iie ,  de  Théo- 
logie. 

ECRITEAU.  s.  m.  Certaine  inscription  en 
grosses  lettres,  qu'on  met  sur  un  papier,  sur 
du  bois,ett:.  pour  faire  connoitrc  quelque  cliosc 
au  public.  Ecriteau  de  maison  j  de  chamhre  à 
louer.  Il  a  mis  écritcau  sur  sa  porte  pour  mar- 
(fuer  ((lie  sa  maison  est  à  louer  ou  à  vendre.  Il 
a  mis  un  écriteau  pour  faire  savoir  qu'il  mon- 
tre à  écrire,  au  il  prend  des  pensionnaires.  On 
a  pendu  cet  homme  avec  un  écriteau  devant  et 
derrière,  oui  niaraunit  son  crime. 

liCRl'l'OIlîE.  s.  i'.  Ce  qui  contient  ou  ren- 
ferme les  c!<oses  nécessaires  pour  écrire,  encre, 
papier,  plumes,  canif,  etc.  Eaitoire  qu'on 
porte  sur  soi.  Ecritoii'e  de  corne,  d^ivoire,  de 
cuivre.  Écritoire  de  cabinet.  Ecritoire  de  bu- 
reau. Ecritoire  if  argent ,  de  verre.  Ecritoiie 
bien  qarnie. 

Ou  opi«'lc  Greffier  de  lÊcritoire ,  Vn 
Grellier  qui  écrit  les  rapports  des  Jcucs  ou 
Experts  en  ^laçoniicrie,  Cliarpenteric,  etc. 

llCKITL'RE.  t.  f.  Car.ictùres  écrits.  On  a 
l'oniti  e[J'ucer  l'écriture.  C'est  de  vieille  écri- 
ture. Belle  écritiu-c.  Mauvaise  écriture.  Ecri- 
ture dijltcile.  Ecriture  bâtarde,  ronde,  cou- 
lie,  etc. 

Il  se  dit  De  la  minière  de  former  les  carac 
tèrcs.  Il  m'a  fait  voir  de  son  ca-itnre.  lies  Ex- 
perts nommés  pour  vérifer  les  écritures.  Il  a 
reconnu  son  êciitwe. 

En  termes  de  Prali.^u",  Les  écritures  sont 
les  écrits  qu'on  fait  et  q>i'on  produit  pour  dé- 
fendre sa  cause.  Qui'  C5t  t  Avocat  qui  a  fait  vos 
écr'itures? 

t^Miand  on  dit,  L'Ecriturc-Satnte,  ou  sim- 
plentcnt,  VEcritutc ,  ou  les  Ecrilurci,  on  en- 
tend l'Ancien  et  le  Nouveau  Te-tament.  .\onj 
I  joni  dans  VEcriture-Saintc.  Il  a  cité  plu- 
sieurs passages  de  l'Ecriture.  C'est  aux  l'as- 
Irun  li  nom  ex^IifjUiT  les  Ecritures,  tes  saintes 
Ecr, litres. 

Un  dit  proverbialement.  Concilier  les  Ecri 
tures,  iHiur  dire.  Accorder  les  choses  qui  pa- 
roissent  contraires. 

IXr.'.VAlI.LKUn.  ».  m.  Méchant  Auteur, 
qui  étril  iK-uicoup.  Il  c»t  familier. 

fXHiV.M.N.  5.  ro.  (Jui  montre  i  écrire. 
DlalL-e  Kri  ••.•.i:.i.  Ecrivain  Jwé. 

Il  te  dit  nussi  De  ceux  qui  éerÏTent  bien  ou 
iii«L  C'cil  UH  bon,  an  mi'c'iunl  J^'rriiMiu. 


ECT 

Il  se  dit  encore  d'Un  Auteur  qn'i  compose 
qut'lipie  Livre.  C'est  tin  excellent  Ecrivain j 
un  fameux  Ecrivain.  Tous  les  Ecrivains  du 
dernier  siècle.  Méchant  Ecrivain. 

Sur  les  Vaisseaux  et  sur  les  Galères,  il  y  a 
un  Officier  qu'on  appelle  VKcrivain^  qui  tienl 
registre  de  ce  qui  est  dans  le  Vaisseau,  et  de 
tout  ce  qui  s'y  coDsoranie,  et  qui  a  le  litre  à*E- 
crivain  iht  Roi. 

On  appelle  ai/sîi  Ecrivain,  Celui  qui  ^crîl 
|)our  le  public,  des  lettres,  des  ménioiies,  des 
demandes,  etc. 

lùCROU.  s.  m.  I.e  trou  dans  lerpiel  entre  la 
vi.s  en  (ournanl.  Celle  fis  nest  pas  assez  qvosse 
jwur  l'êcron.  Elle  s'est  rompue  dans  Yccrou. 
Vèc^ou  d'un  pressoir. 

ECUOU.  s.  ru.  Article  du  registre  des  em- 
prisonnemens,  contenant  le  jour  et  la  cause 
pour  laquelle  on  n  mis  quelqu'un  en  prison.  Il 
fdut  lever  votre  écrou  et  le  joindre  à  itoïre  le- 
quête.  L'Arrêt  porte  (fue  son  écroit  sera  rayé  cl 

bip. 

ECROUELLES.  s,  f.  pi.  Tumeur  pituilcuse 
et  maligne,  causée  par  des  humeurs  froides,  et 
qui  vient  aux  parties  glanduleu.ses ,  mais  plus 
ordinairement  5  la  gorge.  Le  Roi  de  France 
toucho:t  les  écrouelles  en  certaines  occasions. 

ÉCROUER.  V.  a.  Ecrire  sur  le  registre  des 
emprisonneniens,  le  jour,  la  cause  et  par  quel 
Sergent  un  homme  a  été  mené  en  prison.  On 
l'a  écroué  un  tel  jour.  Il  a  été  arrêté  pjisonnier 
et  écroué. 

Échoué,  £e.  participe 

ÉCHOUES,  s.  I.  p).  État?  ou  rôles  de  la  dé- 
peuic  de  bouche  de  la  Maison  du  Roi.  Les 
écroucs  ne  sont  pas  encore  signées  et  arrêtées. 

ÉCROUIR.  V.  a.  Terme  d'Arl.  liittre  un 
méuil  à  froid,  pour  le  rendre  plus  dcuse,  cl 
pour  lui  donner  du  ressort. 

Ecnoci,  IK.  paiticipe. 

ÉCROUISSEMEST  s.  m.  Action  d'écioii  r, 
ou  l'enel  de  cette  action. 

ÉCROULEMENT,  s.  ra.  Éboulemenl ,  en 
tout  ou  en  partie,  de  ten«s,  de  murailles,  d'édi- 
fices mal  soutenus.  i.'écrouïeme;it  diinepnilie 
de  la  courtine. 

ÉCROULER  ,  s'écrouler,  v.  pronom, 
'l'oiuber  eu  s'aO'aissanl.  La  terre  écroula  sous 
leurs  pieds.  Cette  muison  vint  tout  d'un  coup 
à  s'écioiiler. 

Écnoii.É,  ts.  participe.  Mur  écroulé. 

ÉCROÛTER.  V.  a.  Ôter  la  croule.  71  faut 
'^cro-'iter  le  pain  pour  ceux  qui  n'ont  pas  de  den  is. 

EcnorTt,  ^E.  participe 

ÉtJRU,  UE.  adj.  On  appelle  5oie  écnic, 
Celle  qui  n'a  point  été  mise  .'i  l'eau  l>ouillaDte. 
On  appelle  Fil  Jcru ,  Celui  qui  n'a  point  été  lavé. 

ECS 

ECSARCOME.  s.  m.  Terme  de  Chirui^ic 
Excroissjiice  charnue. 

ECT 

ECTRGPIOM.  •.  m.r-c.  Tenue  de  Médecine. 
Re:tvci\enicn:  de  là  pntipitrc  inférieure.  On 
l'o^ipelle  commuucii^cnl  ^raitlemenl. 


ECU  4(>7 

ECTYLOTIQUE.  ndj.  des  ?.  genres.  Tenne 
de  Pharmacie.  I!  se  dit  des  remèdes  propres 
.'i  consimier  les  callosités  et  les  durillons. 

ECl'YPE.  s.  f.  Terme  d'Antiquaire.  Copie, 
empreinte  d'une  médaille,  d'un  cachet,  ou  co- 
pie figurée  d'une  inscriptiau. 

ECU 

ECU.  s.  m.  Espèce  de  bouclier  que  les  Ca- 
valiers portoient  autrefois.  Il  avoit  son  écu 
tout  percé  de  traits.  Comkallrc  avec  la  lance  et 
Vécu. 

Écu,  se  prend  aussi  pour  La  figure  de  ce 
bouclier,  sur  lequel  .se  peignent  les  ormoiiies. 
Le  I^oi  de  Fran'-e  porte  trois  fleurs  de  lis  dans 
son  écu.  Vécu  de  France.  L'éru  de  Navarre. 
Son  écuest  parti, coupé,  tranché,  écartelé , etc. 

V.CV ,  se  dit  aussi  d'Une  pièce  de  monnoie 
d'or  ou  d'argent.  Ecu  d'or.  Ecu-sou.  Ectt  d'ar- 
gent, ou  plus  ordinairement,  Ecu  (>/iimc.  On 
l'a  payé  en  écus  blancs.  Ecn  de  trois  livics,  ou 
petit  écu.  Ecu  de  sir  livres,  ou  de  six  francs. , 

On  dit  proverbialen.ent  d'Un  homme  qui  a 
beaucoup  d'argent  comptant,  que  C'est  le  pér€ 
fl'ri.r  écus,  r^!l'il  a  des  écus  ù  remuer  à  la  pelle  ; 
d'Un  homme  réduit  .'i  l'indigence, qu'// n'a  pas 
vaillant  un  quart-d'écu. 

Ou  dit  proverbialement  ,  Vi'eiu!  amis  et 
v'ieux  écus,  pour  dire,  que  Les  vieux amissont 
les  meilleurs  de  tous. 

Écu,  est  aussi  Une  monnoie  de  compte  de 
la  valeur  de  trois  !i\Tcs  ou  soixante  sous  tour- 
nois. ])/i/ïc  écus ,  Cent  mille  écus.  Il  a  mille  écus 
de  rente. 

Écu  -  QtAiiT.  Monnoie  de  compte  valant 
soi\ante-<]uatre  sous.  On  paye  les  épiccs  de 
Mes-ieurs  du  Parlement  en  écns-qnart^. 

On  dit  proferï.'iairment  et  en  plaisantant, 
quand  on  voit  arriver  quelqu'un  d.iiis  une  cojïï- 
p^tgnie,  Voict  le  reste  de  notre  écu,  de  iiCS 
écus. 

QuAnT-i>' l'eu.  Pièce  d'argent,  qui  sidnn  les 
temps  0  valu  plus  ou  moins,  comme  quinz* 
sous ,  puis  seize ,  puis  vingt  On  ne  volt  plus  d- 
quarts- d'écus. 

ÉCUBIER.  s.  m.  Terme  de  Marine.  Trou  de 
l'avant  du  vaisseau, par  lequel  on  fait  passer  le 
càlde  pour  mouiller. 

ÉCUEIL.  s.  m.  (On  prononce i'ieiii/.)  Ro- 
cher dans  la  mer.  Dttnqeren.t:  écueil.  Naviguer 
dans  une  mer  pleine  d'ccueils.Ilsebrisa  contrs 
un  êcucil.  Ce  7taisseau  s'est  brisé  contre  un 
écuc  I.  Ce  port  est  fermé  par  des  ècueils. 

Écueil,  se  dît  figurémcnl  Urs  clioses  (dan- 
gereuses pour  la  vertu,  l'honneur,  la  fortune  , 
la  répulation,  etc.  Le  monde  Cilj]|ein  décueib. 
Il  fiut  éviter  cela  romiic  un  écueil.  C'è>t  un 
écueil  011  lc.<  plus  avisés  font  naufrage. 

ÉCUELLE.  .suhst.  f.  (  les  lettres  U  E  foM 
diphthonguc  dans  ce  mot  et  le  suivant.)  l'iict 
de  vaisselle  d'argent,  d'étoin.  de  bois,  déterre, 
etc.  qui  sert  le  plus  communément  U  mellrc  du 
Innitlon,  du  potuge  ,  etc.  Eciielle  coiii-eilc. 
EcufUc  il  oreilles.  Lnx'er  \es  ieutlles.  I.aveust 
d'eeiuUes.  En  cette  dernière  phrase  ,  Ecutlles 
se  prend  pour  toutes  sortes  de  vaisseUci. 
59. 


468  ECU 

On  dit  û^unjment ,  Roijncr  lècuellc  ù  quel 
au'uii,  pourdin^,  Lui  retrancher  de  sa  subsis- 
tance, de  son  revenu.  Il  est  bas. 

On  dit  aussi  De  quelque  chose  de  snlo,Celii 
est  propre  comme  une  écucllc  à  chat.  11  est  bas. 

On  dit  d'Un;  personne  i  «jui  il  est  arrivé 
beaucoup  de  bien ,  qu7î  11  '"'«  p'"  ''""^  «o" 
icueUs.  Il  est  bas. 

On  dit  proverbiaîem.  et  figurcment,  M  élire 
tout  par  écuelhs.  pour  dire,  Ne  rien  dpargner 
pour  faire  gr.iml'ilitrc  h  qneliju'un.  Quimd  il 
traite  ses  omis,  il  met  tout  par  écnelles. 

Ondii  provcibialenient,  que  Celui  qui  s\il- 
tend  à  iécuellc  iVautrui  est  souvent  mal  dtiié, 
Une  mal,  pour  dire,  qu'On  ne  doit  guirc 
compter  sur  los  antres. 

On  appelle  .-/rc/icr  (îe  rcrneïlc ,  Un  Arclier 
qui  a  !a  commission  de  prendre  les  mcndians  et 
de  les  mener  h  l'Hôpital.  Les  Archers  de  lécuelU 
ont  ordre  de  prendre  tous  les  (jueux. 

On  diten  parlant  De  (juelqu'iin  qui  n'a  point 
de  ménage,  qu'il  n'a  ni  pot  au  jeu,  ni  écucllt 
lavée.  II  est  f'^Knilier. 

On  dit  aussi  proverbialement, /is-ie rticconi- 
moiieronl  à  reciiel!ecom»ieles(jueuj:,ponrdire, 
qu'ils  se  réconcilieront  en  buvant  ensemble. 

ÉCUEI.I.E  i  vitrifier.  Synonyme  de  Tel,  ou 
de  Scorificatoire. 

liCUELUili.  s.  f.  Plein  une  .ruelle.  Une 
ecuellée  de  soupe,  de  houillon.  Il  en  a  manrji 
une  bonne,  une  qrande  écucUée. 

ÉCtISSEll.  V.  a.  Faire  éclater  un  arbre  en 
l'abattant. 

Êci'issÉ ,  iE.  participe. 

ÉCUI.ER ,  V.  a.  se  dit  Des  bottes  et  des  sou 
liera  qui  s'abaissent  pnr-derriire  sur  le  talon 
Eculer  des  souliers.  Eculer  des  hottes. 

H  ie  met  aussi  avec  le  pronom  personnel 
Quand  un  soulier  est  trop  court,  il  s'écule  fa- 
cilement. 

ÉCDLÉ  ,  ÉE.  participe. 

ÉCUME,  s.  (ém.  Esptce  de  mousse  blan- 
châtre qui  se  forme  et  qui  suniagc  sur  l'eau ,  ou 
sur  quelque  autre  liqueur  agitée  ouéchauflee. 
L'écume  de  la  mer.  L'écume  des  flvts.  L'écumt 
d'un  pot  qui  bout. 

On  appelle  aussi  Ecume,  I,a  bave  de  quel- 
ques aninraux,  lorsqu'ils  sont  échaulTcs  ou  en 
colère.  L'ecuine  d'un  cheval,  d'un  chien,  etc. 
Quand  cet  homme  est  en  colère,  l'écume  lui 
sort  de  la  bouche. 

l\  se  dit  aussi  De  la  sueur  qui  s'amasse  siu 
le  corps  du  cheval.  Ce  élevai  éloit  tout  cou- 
vert d'écume. 

ÉCU.Mfv.NICn'É  ,  K^.UMfC^•lQUF.,  ÈCU- 
M.'ïîiiyUEMliNT.  Voyez  OEcuMtNicrrÉ,  etc. 

ÉCUMER.  V.  n.  Jeter  de  l'ccume.  La  mer 
écume.  Cet  homme  écumoit  de  colère,  de  raqe. 
Ce  vin, celte  bièi'e  écume. Son  cheval  commen- 
goit  à  écumcr. 

On  dit  proverbialement  et  bossera.  Il  écume 
conifMC  un  rerraf. 

'    Il  est  aussi  actif,  et  signifie ,  Otcr  l'écume 
'  de  ce  qui  bout  sur  le  feu.  Ecumer  le  pot,  la 
piarmite.   Ecumer  du  lucre,   des  confitures, 
du  sirop. 


ECU 

On  dit  fi^nrement  et  familièrcmr'nt  d'Unpn-  v' 
rasite,  d'un   ecorniflcur,  qu /!  va  ecumer  les 
marmites. 

(Jn  (Ht  fic;urdni!'nt  et  familiirrmrnt,  Ecu- 
mer^ pour  dire,  Prendre  ci  et  là.  Jl  va  partout 
ecumer  des  nouvelles. 

On  dit  dans  le  mûme  seus,  Ecumer  un  héri- 
ta(je,  un  livre j  pour  dire,  Y  prendre  ce  qu'il  y 
a  de  meilleur. 

On  dit  aussi,  Ecumer  Us  mers,  ecumer  Ica 
côtes.,  pour  dire,  Exercer  la  piraterie.  Il  se  dil 
toujours  en  mauvaise  part. 

l'XUMÉ,  ÉE.  participe. 

KCUMEUR.  s.  m.  <^)ui  écume.  Il  n'e^ît  point 
en  usage  au  propre;  mais  on  dit  au  figure  et  fa- 
milièrement, Un  ecumeur  <le  marmite  y  pour 
dire,  Un  parasite;  et ,  f/n  écumcur  de  mer. 
pour  dire.  Un  corsaire,  un  pirate. 

ÉCUMEUX,  EUSE.  odj.  «,^uî  jette,  qui 
pousse  de  l'ccume.  F/ofs  ccunieu.Cj  houclw  écu- 
meuse.  Ce  mol  est  du  style  poétique. 

ÉCUMOIRE.  s.  f.  Ustensile  de.  cuisine  fait 
en  forme  de  cuiller  plate,  percée  de  plusieurs 
petits  trous,  et  qui  sert  U  ecumer.  hcumoire 
d'arqent,  de  Cuivre,  dVtam,  etc. 

ÉGUIÏER.  V.  a.  Neitoyer,  frotter,  éclaircii' 
avec  du  sablon,  de  la  lie,  ou  autre  cliose  sem- 
hiahic.  Il  se  dit  Ue  la  vaisselle,  de  la  batterie 
de  cuisine,  ou  autres  ustensiles  de  même  na- 
ture. Ecurer  de  la  vaisselle.  Il  faut  êcurer  c« 
chiiudrous ,  CCS  poêles^  ces  chenets.  Ecur^.r  aveu 
de  la  lie,  avec  du  sablon.  Cn  dit  aussi,  Ecurer 
lin  "puits.  Voyez  CuiiEn. 

Ecun^,  ÉK.  participe. 

ÉflUREUIL.  s.  m.  Petit  animal  sauva(;c 
quadrupède ,  vivant  dans  les  bois,  sautant  d« 
blanche  en  branche.  IJ'êcureuil  se  couvre  dii 
sa  queue.  Nourrir  un  ccureud  en  cane.  LV'rjj- 
rc»(/  est  aisé  à  appriK/oiser.  Les  écureuils  aiment 
Ici  noisettes. 

i:CUREUR,  KUSE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
écure  la  vaisselle  et  la  batterie  de  cuisine. 

'  ECURIE,  s.  f.  Uieu  destiné  à  loger  des  che- 
vaux. Mettez  ces  chevaux  à  l'ecuric.  Au  sortir 
de  V écurie.  Écurie  bien  garnie.  La  cour  des 
écuries.  Les  écuries  du  Roi. 

l'cuiiiE,  s'sgnifie  aussi.  Train,  équipage, qui 
roniprend  Ecuyers ,  Pages, carrosses ,  chevaux, 
ntnlels,  etc.  d'un  Prince,  d'un  graml  Seigneur, 
L'écurie  du  Prince  est  partie.  La  qrande  écurie, 
la  petite  écurie  du  Roi.  Les  Pages  de  la  qrande^ 
de  ht  petite  écurie.  Ce  Sdqneur  a  toujours  une 
mafjnijique  écurie.  C^est  un  tel  qui  a  soin  di 
l'écurie. 

ECUSSON.  8.  m.  Ecu  d'armoiries.  Il  ne  se 
dit  qu'(n  termes  de  Blason.  L'ccusson  de 
b\nnce. 

En  termes  de  Jardinage,  C'est  une  mniiirrr 
d'enter,  de  grefTcr.  Enter  en  crussou.  Ce  Jar- 
dinier fait  trèi-hien  un  écusson. 

ÉCUSSONNER.  v.  a.  Enter  en  écusson. 
Tous  les  arbres  que  ce  Jardinier  a  écussonnês 
sont  bien  venus. 

ÉcussoNNÉ,  ÉE.  paiticipe. 

ÉGUSSONNOIR.  s.  m.  Petit  couteau  dont 
on  se  sert  pour  ècussonner. 


EDI 

riCUYKR .  s.  m.  se  disoît  autrefois  il'uu 
Gcnlil!ioinmc  qui  suivoit  et  accompaj^noil  lin 
Chevalier ,  et  porlui t  son  cou,  lui  aidoit  à  prendre 
ses  aimes  et  à  se  dciarmer.  Un  Chevalier  étoit 
accompaqné  de  son  Ecuyer. 

Autrefois  les  jcuaes  gens  de  la  plu»  haute 
tjuahté  ne  porloient  que  le  titre  d'Kcuyer, 
jusqu'à  ce  qu'ils  eussent  été  faits  Chevaliei-s 
avec  les  cérémonies  qui  se  pratiquoieut  cn  pa- 
reil cas. 

Aujourd'Ifui  ,  Êcuyer  est  \r.  litre  que  por- 
tent les  simples  Geulilsliommes  et  les  Ano- 
blis. Il  est  dcjendii  de  prendre  la  qualité  d'E- 
cuyer.,  si  Von  n'est  noble. 

EcuYEiï,  signifie  aussi  Celui  qui  a  la  charge, 
l'intendance  de  l'écurie  d'un  Prince,  d'un  Sei- 
gneur. Le  qrand  Ecuyer  de  France.  Le  prt' 
rui'cr  Ecuyer.  Cela  n'est  pas  de  la  charqe  de 
VEcuycr.  Ecuyer  Cavalcadour. 

ÉccYEn,  signifie  encore  Celui  qui  enseigne 
ù  monter  i  cheval,  qui  apprend  le  manège,  qui 
dresse  les  c!ievau\  au  manège.  Les  Ecuyers  du 
Roi.  Ecuyer  de  la  qrande,^  de  la  petite  Ecurie. 
Ou  a  mis  ce  jeune  Gentilhomme  à  l'Académie 
chez  un  tel  Ecuyer, 

On  dit  qu'Un  homme  est  bon  Ecuyer,  pour 
dire,  qu'il  monte  bien  h  cheval,  qu'il  sait  bier 
mener,  dresser  un  cheval. 

Il  se  dit  aussi  De  celui  qui  donne  la  main 
i  une  Dame  poui  la  mener.  Le  premier  Ecuyer 
de  la  Reine.  VEcuyer  d'une  telle  Princesse,,  etc. 

On  appelle,  chez  le  Roi,  Ecuyei-  de  main 
(pour  le  distinguer  de  VEcuya' Cavalcadour), 
Celui  qui  donne  Ja  main  au  Roi  pour  monur 
en  voilure,  etc. 

Écuvkh  xnANCHANT,  est  l'Officier  qui  coupe 
les  viandes  à  la  table  d'un  Piincp,  dun  Souve- 
rain. Ecuyer  de  bouche^  de  cuisine j  est  I,c 
maitre  Cuisinier  d'un  Priitce  ou  d'un  grand 
Seigneur. 

E  D  D 

EDDA.  s.  f.  Nom  d'un  célthre  recueil  my- 
thologique des  peuples  du  Nord.  Un  bon  coni' 
mentaire  de  l'Edda  rcpandroit  beaucoup  de  lu- 
mière sur  notre  Histoire  ancienne. 

E  DE 

ÉDEN.  s.  m.  (On  prononce  Edèn)  ^om 
(pic  l'Écriture- Sainte  donne  au  Paradis  ler^ 
reslre. 

ÉDEMEU  V.  a.  User,  rompre  les  dent» 
d'une  scie,  d'ini  peigne,  etc.  Il  a  edentè  son 
veitjne.  Vous  êdenlercz  votre  scie, 

ÉdentÉ,ép:.  participe.  Ou  dit,  Une  vicilU 
rdcntée,  pour  dire  ,  Une  vieille  qui  u'a  plus  de 
dents. 

E  D  I 

ÉDIFIANT,  ANTE.  adj.  Oui  pnrie  i  1« 
vertu  cl  h  !a  pieté  par  l'exemple  ou  par  le  dis- 
cours. Cela  est  édijiant.  H  mené  une  vie  très- 
édifiante.  C'est  un  livre  fort  édifiant.  Il  a  fait 
un  Sermon  fort  édifiant.  Il  prêche  d'une  mo' 
nuire  très-cdiftante.  Cela  n'est  ^uère  édifiant. 
Rien  Ji'est  plus  édifiant. 


EDI 

EDTFIC^TEUR.  s.  m.  Celui  qui  Civve,  (jiu 
coiifltnût  un  ('difice. 

EDIFICATION,  s.  f.  Action  de  h.Uir.  Il  ne 
se  dit  guère  ou  proiire  qu'en  parlant  Des  Tem- 
ples. L'édificalion  du  Temyle  de  Jàusalcm  fut 
réservée  à  Saîomon. 

Il  se  dit  au  figuré  Des  scntimcns  de  pieté  et 
de  vertu  que  l'on  inspire  par  l'exemple  ou  pnr 
le  discours.  Cela  est  de  p^u  d'cdipcalion  ,  de 
grande  édification.  Faire  Us  cho':cs  pour  \a 
qloire  de  Dieu,  et  pour  l'édificalîon  du  pro- 
chain. Prêcher  avec  édificution.  Dire  un  mol 
d'édification. 

ÉDiriCE.  s.  m.  RJtimenl.  On  ne  s'en  sert 
guiire  qu'en  parlant  Des  Temples,  des  Palais  et 
autres  grands  bAiimens  publics.  Bel  éd:jicc. 
Grand  édifice.  Superbe  édifice.  Les  édiftccf  pu- 
blics. Elever'  un  édifice.  Construire  un  édifce. 
La  structure  d'un  édifice. 

ÉDIFIER.  V.  a.  Bâtir.  On  ne  s'en  sert  f;iièic 
qu'en  parlant  Des  Temples  et  autres  grands  bAti- 
mens  publics.  É(ïi/icr  un  Temple,  un  Palais  y  etc. 

On  s'en  sert  figurcœent,et  alors  on  l'oi^pose 
d'ordinaire  à  Détruire.  Ainsi  l'on  dit  d'L'n 
l:nmmc  qui  ^  loin  d  élalJir  la  paix  et  l'ordre 
dans  luï  lieu  où  il  a  autorité  ,  y  apporte  du 
désordre  et  de  la  confusion,  qu'//  di'/nuf,  au 
lieu  d'édifier.  Vous  êtes  envoyé  pour  édijicr^  et 
non  pas  pour  détruire. 

Il  signifie  encore  figurémcnt,  Porter  à  la 
piété,  à  la  vertu  par  l'exemple  ou  par  le  dis- 
cours. Edifier  le  prochain.  Edifier  ses  domes- 
tiques. Edifier  tout  le  monde  var  son  e.rempif. 
Sa  vit,  ses  actions ^  ses  paroles^  son  air  mêmt 
et  sa  démarche^  tout  prêche^  tout  éAifie  en  lui 
La  hclurc  de  ce  livre  édifie  beaucoup.  Cet 
homme  prêche  d'une  manière  qui  édifie. 

Il  signifie  encore.  Satisfaire  par  son  pro- 
cédé, donner  bonne  opinion  de  soi.  La  con- 
duite qu'il  a  tenue  dans  cette  affaire  m'édifie 
ejcirêmement.  Il  est  bien  édifié  de  la  réception 
oti'ori  bii  a  faite.  Il  neat  pas  trop  édifié,  il  est 
mal  édifié  de  ce  qu'un  tcl^a  fait. 

Edifié,  ée.  pai-licipe.  Touche.  Il  se  dit  tou- 
jours en  bonne  part.  Il  s'en  retourne  trcs-édift'.: 
du  sermon.  Il  est  opjiosé  à  Scandalise. 

On  dit,  Mal  édifié,  pour  dire.  Scandalisé.  7/ 
fut  mal  édifié  du  discours  d'un  tel. 

ÉD1I<E.  s.  m.  Magistrat  Romniii,  qui  avoit 
inspection  sur  les  édifices  publics,  sur  les 
jeux ,  etc. 

KDIIJTE.  snbsl.  f.  Magistrature  de  rÉdltc. 
Obtenir  VÊdilité.  Exercer  VEdilité.  Pendant 
son  Edilité. 

EDIT.  t.  m.  Loi,  Ordonnance.  Constitution 
eu  SouTcrain.  Édit  du  Prince.  Vérifier  ^  enre- 
gistrer un  Edit.  Publier  un  Édit.  Révoquer  un 
Edu.  Retirer  un  Edit.  Renouveler  un  EdiL 
Faire  un  Edit.  Les  Edits  du  Roi.  La  date  des 
f  diU  est  du  mois,  et  la  date  des  Déclarations 
est  du  jour.  f 

On  api>eIoil  nutrefois  dons  les  Parlemens, 
Chambre  de  VEdit,  Une  Cliambrc  institurc  p.u 
l'Edit  de  Niiulc*,  |x>ur  connoitrc  des  affaires 
dM  Pr.i!e5tan5.  ri  qui  étoîl  lui-patlie  dcCatbo- 
lifjuei  et  de  Calvinitt^. 


EFF 

EDITEUR,  s.  m.  Celui  qui  prend  soin  de 
revoir  et  de  faire  imprimer  l'ouvrage  d'autrui. 
Cet  CHvrane  parott  avec  une  belle  Prtfr.ce  de 
l'Editeur.  Un  Editeur  aroniine. 

ÉDITION,  s.  f.  Publication  d'un  livre.  La 
première,  la  seconde  édition  d'un  outrage. 

Il  veut  dire  aussi  Impression.  Ce  livre  est  de 
l'édition  de  Manuce.  Belle  édition.  Mauvaise 
édition.  Edition  correcte,  ou  fautive. 

On  dit  ,  Su'.nt  Augustin  de  L'édition  d'E' 
ra^me,dc  l  édition  des  Pères  Bcnedictinsj  pour 
(lire,  Qui  at'tcpubliéj revu,  conigéparÉrasmc, 
par  les  Pères  Bénédictins. 

E  DR 

ÉDREDON.  s.  m.  Duvet  de  certains  oiseaux 
du  Nord,  qui  sert  à  faire  des  couvertures.  Un 
couvre-pied  d'édredon. 

EDU 

ÉDUCATION,  s.  f.  Le  soin  qu'on  prend  de 
i'iustruclion  des  enfans.  soit  en  ce  qui  regarde 
les  exercices  de  l'espnt,  soil  en  ce  qui  regarde 
les  exercices  du  corps,  et  principalement  en  ce 
t|ui  regarde  les  mœurs.  Bonne  éJucalion.  Mau- 
vaise  éducation.  Prendje  soin  de  l'éducation 
des  enfnns.  Il  se  sent  bien  de  la  bonne  éduca- 
tion qu'il  a  rcçue^  quii  a  eue.  La  bonne  éduca- 
tion rectifie  le  mauvais  naturel. 

On  dit,  Il  n'a  nulle  éducation  j  pour  dire, 
Il  est  incivil  et  grossier. 

KDULCOUATION.  s.  f.  Action  dédulcorer. 

ÉDUr.CORER.  v.  a.  Verser  de  l'eau  sur  des 
suljsiances  en  poudre,  pour  eu  enlever  le* 
parties  salines  qu'elles  pourroient  encore  con- 
tenir. 

ÉDin.conÉ,  ÉE.  participe. 

EF  A 

ÉF.AUFIEER.  v.  a.  Tirer  la  soie  dun  rubar 
ou  d'un  bout  d'étoffé  pour  juger  de  sa  qualité, 
ou  pour  en  faire  de  la  ouate. 

Êfacfilé,  ée.  participe. 

E  FF 

EFFAÇABLE,  adj.  des  2  genres.  Qui  peul 
être  effiicé.  Cclfe  éaiture  est  effaçable  avec  d( 
Veau-forte. 

EFF.ACER.  V.  a.  Ôler la  figure,  l'image,  le 
caractère,  les  couleurs,  les  iniis,  l'cmpreinti' 
de  quelque  cliose,  rayer,  ralarer.  Effacer  une 
liqne,  deux  lianes  d'écriture.  Il  faut  effacer  ces 
mott-là.  Le  temps  a  effacé  les  traits  et  les  cou- 
leurs de  ce  tableau. 

On  dit,  Effacer  la  mémoire,  effacer  les  idées, 
effacer  de  la  mémoire.  Les  bienfaits  sont  bientôt 
effacés  de  la  mémoire  des  ingrats. 

Il  se  dît  aussi  De  la  beauté  des  femmes.  Celle 
femme  étoit  belle,  mais  le  temps  a  fort  effacé  sa 
beauté.  Elle  avoit  de  belles  couleurs,  mais  la 
maladie  les  a  effacées. 

Il  .se  dit  au!isi  figurément  Des  choses  morales. 
Effacer  ses  péchés  par  ses  larmes.  Ses  dernières 
actions  ont  effiicé  les  taches  de  sa  vie  passée. 

On  dit ,  qu'f '^n  homme  a  effacé  la  gloire  de 
c«  /incëtiesy  qu'il  0  '*;^"cc  tou*  c«u.r  nui  l'ont 


EFF  469 

précédé t  pour  dire,  quII  a  acquis  plus  de  célé- 
brité par  sa  vertu,  ïon  mérite,  ses  talens,  ses 
belles  actions.  Ce  Général  a  effacé  tous  les 
grands  Capitaines  de  son  temps. 

Il  se  dit  aussi  De  plusieurs  autres  cnoses  : 
Celte  Dame  effaça  toutes  celles  qui  étoient  dans 
l'assemblée,  pour  dire»  qu'Elle  panit  la  plus 
belle.  Ce  Seigneur  effaça  par  sa  tonne  mine 
et  par  sa  magnificence  tous  ceux  qui  partirent 
à  ce  carrousel.  Ce  Pocie  a  effacé  tous  ses  con- 
tempcrains. 

Dans  certains  exercices  du  corps  ,  comme 
L'esci-imc ,  la  danse ,  le  manège ,  on  dit ,  Effa- 
cer le  corps,  efjiicer  une  épaule,  etc.  pour  dirc'i 
Les  tenir  dans  la  position  qui  donne  le  moins 
de  prise,  le  plus  de  giâcc.  Effacez  t'épaule 
gaucJie. 

Effacé,  ée.  participe.  L'écrilme  de  celle 
lettre  est  tout  effacée. 

Dans  le  dernier  sens  îl  est  aussi  adjectif.  Ce 
Soldat  a  les  épaules  bien  effacées. 

EFFAÇUIIE.  s.  f.  Ce  qui  est  effacé  ,  soit  par 
accident,  scit  i  dessein.  L'effaçure  n^empêche. 
pas  qt/on  ne  lise  encore  quelque  chose  de  ce 
qui  étoit  écrit.  Cette  lettre  étoit  pleine  d'effa- 
cures. 

EFFA>'ER.  verbe  a.  'Terme  d'Agriculture. 
C'est  la  même  chose  qn  Effc-uHlei- ^  mais  il  ne 
se  dit  guère  que  Des  blc'â. 

Efiaxé,  ée.  participe. 

EFFARER,  v.  actif.  Troubler  quelqu'un  de 
manière  5  ce  qu'il  paroisse  quelque  chose  do 
rude,  de  li.i^ard  dans  sa  mine,  dans  son  air, 
dans  ses  yeux.  Qtt'a-t-on  pu  vous  dire  qui  vont 
ait  si  fort  effaré? 

Il  se  joint  avec  le  pronom  personnel.  Pouj- 
quoi  vous  effiirer  de  si  peu  de  chose?  Un  homme 
<ujet  à  s'effarer. 

Son  plus  grand  usage  est  au  participe ,  et 
signifie,  Qui  est  tout  troublé,  tout  hors  de  soi. 
//  étoit  tout  effaré.  Il  est  venu  tout  effaré  vous 
dire  que Visage  effaré. 

EtfarÉ,  ée.  participe. 

Il  est  aussi  adjectif  en  termes  de  Blason,  et 
se  dit  d'Un  cheval  qui  est  levé  sur  ses  pieds. 
D'azur  au  cheval  gai  cl  effare  d'argent. 

EFFAROUCHER,  verbe  actif. Epouv.Tm ter, 
effrayer ,  faire  éloigner.  Effaroucher  des  pigeons: 
Effaroucher  le  gibier. 

On  dit  proverbialement  et  figurément ,  Effa- 
roucher les  pigeons,  pourdh'C,  Eloigner  dune 
maison  ceux  qui  y  î.pportent  du  profit.  Un 
Marchand  qui  surfait  trop  effiirouche  les  pi- 
geons. 

Il  signifie  figurément.  Rendre  moins  traita- 
ble  ,  donner  de  l'éloignemenl,  dégoûter.  Si 
vous  lui  faites  cette  proposition,  vous  l'effa- 
roucherez. C'est  un  homme  qui  i?£ffarouthr 
aisémettt. 

EFFAnorciiÉ,  ée.  participe. 

EFFECTIF,  IVE.  adj.  Qui  est  rc^Uemcni 
et  de  fait.  Une  armée  de  trente  mille  hommes 
effectifs.  SI  a  div  mille  cens  effectif*  dans  son 
coffre.  Il  a  payé  en  deniers  effectifs. 

On  dit  ,  qu'f/n  homme  est  effectif,  que  su 
jarolc  est  effective^  pour  dire,  que  C'est  un 


470  EFF 

liomme  (jiii  fj!l  ce  i]u'ililit,  qui  ne  prompt  ricr 
(ju'îl  ne  fjssç. 

EFFKCTIVKMKNT.  ndv.  Rt'ollcnicr.t  ,  en 
effet.  7/  lie  vous  coule  poinl  iÎm  fnhU's,  cela  ai 
^jfctivement  vrai.  Cela  est  kitiVc  efficllvcmenl. 
]l  prétend  avoir  droit  sur  celle  Terre,  et  e/Jec- 
tii'emcHl  il  a  de  hon$  iilre>.  il  parolt  moins 
louché  (fu'il  ne  l'est  effccliiement. 

EFFECTUER,  v.  a.  Mcltic  à  cflet,  en  exé- 
cution. Il  a  eff'cliié  ses  promesses.  Ce  n'est  pas 
tout  ijut  de  promellre,  il  faut  effectuer. 

EfF^CTCÉ,  iE.  participe. 

EFFliMINEU.  V.  o.  Rendre  foibV;  comme 
l'est  orcilraircmcnt  une  femme.  Il  n'y  a  rien 
nui  soil  si  capable  d'efféminer  le  courane  que 
VoisiiVlé  et  les  délices.  Les  voluptés  effimineni 
l'âme  cl  le  rorps.  Le  luxe  efjèmine  une  nation 

EiTtMiyÉ ,  ÉE.  participe. 

TI  est  aussi  aJjertif  ^et  signifie,  Qui  tient  de 
la  folblcsse  de  la  femme,  ifomnic  e^'mrni'. 
C'tur  elfeminé.  Mine  cjj'cminée.  Visii<je  ejjcmini: 
Air  efféminé.  A'uliirel  e^pniinc. 

Il  est  aussi  substantif.  C'est  un  efjéminc.  Il 
n'y  a  (jiie  des  ejjèminés  (jui  puissent  avoir  de 
res  scntiniens-Iù. 

EFrE>'DI.  s.  masc.  Homme  de  Loi  chez  les 
Turcs.  ÂcUmet  EjJ.'ndi,  veut  dire,  Achinet 
lioiume  ds  Loi.  Rcis  Effndi,  le  Clief  des 
]-o;rinics  de  Loi;  ce  (jui  repond  à  Cliancelici. 

EFFERVESCENCE,  subst.  f.  Mouvement 
intestin  qui  ressemble  à  l'ébullitiou,  et  qid 
6  e\cite  par  le  mélange  de  deux  sulistances.  On 
«lit.  Faire  effervescence.  Les  alcalis  [uni  e/Jer- 
vescer.ce  avec  les  acides.  11  ne  faut  point  con- 
fondre Effervescence  avec  Fei*meji(uIi'on  ,  ni 
avec  Ebullition,  La  bière  est  en  fermentation, 
l'eau  qui  bout  est  en  éliullilion,  et  le  fer  dans 
l'eaa-forte  fait  effervescence. 

EiFEnvESCiiNCE,  SB  pFCud  fi ^urémcnt  pour 
exprimer  Une  émotion  vive  et  passagère  dans 
les  imes ,  dans  les  esprits. 

EFFET,  s.  m.  Ce  qui  est  produit  pnr  quel- 
que cause.  L'on  effet.  Mauvais  efjel.  Ef].! 
extraordinaire,  Ùlez  la  cause ,  vous  ôterez  l'ef  ■ 
/<•!.  /îciJionliT  des  effets  jusqu'aux  causes.  Il 
n'y  a  point  d'effet  sans  cause.  Vn  bon  effet 
d'une  mauvaise  cause.  Cela  ne  sauroit  faire  un 
bon  effet.  Cela  a  produit  un  bon,  un  mauvais 
eff'-l.  Ces  couleurs  bien  mêlées  font  un  bel  efjet. 
L'effl  d'une  machine.  L'effet  d'une  médeci.ie. 
L'effet  d'une  mine. 

I£n  tei-mes  de  Peinture,  et  en  parlant  De 
certaines  louclies  de  lumière  qui  font  im  bel 
cDèt  dans  un  lablesu ,  on  dit ,  Voilà  un  bel  ef  - 
fet  de  lumière. 

On  dit  aussi  en  termes  de  Peinture,  Vn  bel 
efft  de  clair-obscur,  Lorsque  les  ombres  et  h 
lumière  sont  bien  mèua_^é:-s  et  bien  entendues. 

Kpfet,  se  prend  aussi  pourlexécution  d'une 
cijose.  En  a>e<iir  li  l'effet.  Des  paroles ,  ils  en 
vinrent  aux  eff.^ts.  Voilù  de  belles  proposi- 
tions, mais  il  faut  les  mettre  à  cff^t.  Il  fani 
que  iej'i.t  s'ensuive.  Il  en  faut  voir  /'c'y'ôl.  La 
chose  a  eu  son  effi  t,  son  plein  cl  entier  e.f-.t, 
tu  demeurée  sans  effet. 

Pow  cet  eff.t.  A  cet  cffl.  À  quel  effa.  A 


EFF 

l'efft  (?e.  Façons  de  parler  cjui  oiu  chacune  leur 
iignificuùon  et  leur  usnijc. 

Puur  cet  l'/JÎ't,  si^niiîc.  Pour  rexccntion  de 
juoi,  et  peut  s'employer  fort  bieu  dans  loutefi 
sortes  de  styles. 

A  cet  ejjctj  signifie  la  même  cliose;  mais  il 
est  un  peu  ïnoins  eu  usage. 

.i  (jdcï  r^('(?  signifie,  À  rouelle  intention? 
Pourtjuoi  ? 

A  l'efjct  de...  signifie,  Pour  Vexccuiion  dp... 
pour  racconiplissemeut  de...  Il  n'est  que  du 
style  de  Pratique. 

Kffet,  signifii"  aussi  Une  portion,  une  par- 
tie du  bieu  d'un  particulier,  d'unlioniroc  à\.i'- 
faîrcs,  d'un  Négociant,  d'un  Banquier,  d  un 
!\larcliand.  Vne  lettre  de.chan(je  sur  un  telncst 
pas  un  trop  hou  effet.  Les  effets  d'une  succès- 
iion.  EfJ'cts  mobiliers.  Il  n^a  pas  assez  d^cffets 
pour  payer  ses  créuvciers.  Ses  dettes  surpassent 
ses  cfjcls  de  plus  de  la  moitié.  Il  a  beaucoup 
y  effets  dans  son  portefeuille.  Il  a  abandonne 
SCS  effets  à  ses  crcaticicrs.  C'est  un  Banquerou- 
tier ^  il  a  dctournéj  caché,  souïitrait  ses  e-fcts. 
Rn  ce  sens  il  est  plus  usité  au  pluriel  qu'au  sin- 
gulier. 

Kpt  EFFET,  plirase  adverbiale.  Réellement. 
Cela  n'esî  pas  en  ima<jiiiiilion  ^  muw  en  ej]et. 
H  a  raison  en  effet.  Il  le  mente  en  e^et. 

Quand  ces-  mois  En  effet,  coninimcent  une 
phrase,  ils  annoncent  le  plus  souvent  qu'on  va 
donner  une  preuve-  de  ce  qu'on  vient  de  dire. 

Il  s'emploie  uuKsi  par  nianicrc  de  conjonc- 
tion ,  et  pour  servir  de  liaison  au  discours.  // 
maintient  (jite  telle  chose  est  :cn  effet, pcut-oji 
sn  douter  après  tant  d'expériences? 

Effets  avn.s.  Droits,  avanta;^es  accordées 
aux  rè..^nicolcs  par  les  Lois  Civiles,  et  dont  ne 
jouissent  poïut  les  aubaius,  ni  ceux  qui  sont 
morts  civilement  icomnie  le  droit  de  tester, etc. 

1:FF£UIIJJ:R.  v.  a.  Ôier  les  feuilles,  dé- 
jiouillcr  de  feuilles.  Effeuiller  une  brandie 
d\trhre.  Effeuiller  dss  roses. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Les  roses  êpanouie:<  s'efj'euillent  du  matin  au 
»oir. 

Effeuillé,  éf..  pariicipe. 

EFFiC.\CE.  adj.  des  2  {.-enres.  Qui  produit 
son  eîTv.'t.  Ce  remède  est  fort  efficace  contre  les 
venins.,  les  poisons.  Discours  efficace.  La  pa- 
role de  Dieu  est  cfltcacc. 

Lis  Thcologiens  appellent  Griîce  efficace^ 
La  grâce  qui  a  toujours  son  elTcl. 

EFFICACE,  s.  f.  La  force,  la  vertu  de  quel- 
que cause,  pour  faire  son  eflfet.  L^efjicace  dUin 
icmcde.  L'EloqucncCj  ,^uand  on  sait  bien  s'en 
servir,  est  d'une  grande  efficace^  a  une  tjrande 
■fflcacc.  Ucfficarc  de  la  tpâce. 

KFFICACE.MK>'T.  adv.  D'une  manière  cf- 
(Îcîjcc.  Travailler  efficucemcni  à  quelque  chose. 
i^ouhir  ciftcacciaent  quelque  chose. 

EFFICACITÉ,  sub.i.  f.  Il  signifie  la  même 
chosL'  qu'JE /Jicu(C,  substantif  ;  mais  ilest  beau- 
coup plus  en  usiigç.  L^cfjicacilc  d\tn  remède. 
L^clficucilé  de.i  pi  tcres.  L^cfficucitc  de  la  grâce. 

iiFFIClKM,  li^ïTE.  adj.  Qui  produit  ccr- 
^ai:i  efr^-t.  Il  u  csl  eu  usige  qu'au  femiuin,  et  en 


EFF 

cetlc  seule  plirase  du  style  didactique  ;  Cause 
efficiente.  Le  Soleil  est  la  cause  efficiente  de  la 
chaleur. 

EFFKilE.  s.  f. Figure, repr(îsentalion  d'une 
personne.  Il  ne  se  dit  guère  que  dans  les  exem- 
ples suivans  :  On  doit  pot  ter  respect  à  l'effiqie 
du  Prince,  c'est-à-dire,  h  la  représentation  du 
Prince,  soit  en  relief ,  soit  en  peinture.  Après 
la  mort  des  Rois  et  des  grands  Princes,  on  ex- 
pose leur  effiqie  en  public  ,  c'cst-i-dire ,  leur 
i'ej)rcscntation  eu  cire.  On  sert  leurefflqie  pen- 
dant quelques  jours  avec  les  mêmes  cérémonies 
qu'on  a  accoutumé  d'observer  pour  leur  propre 
personne  quand  ils  sont  vivans. 

Ou  dit,  Exécuta-  un  criminel  en  effiqie, 
pour  dire,  Attacher  un  tableau  à  une  potence, 
dans  lequel  le  criuiinei  qui  est  en  fuite  est  re- 
présenté comme  souffrant  le  supplice  auquel  il 
a  été  condamné,  et  au  bas  duquel  son  nom  et 
l'Arrêt  qui  le  condamne  sont  écrits.  Il  fut  pendu 
en  cffinie.  Il  eut  la  tête  tranchée  en  effiqie. 

EFFIGIER.  V.  a.  Exécuter  en  effigie.  Effl- 
qier  un  criminel  condamné  par  contumace. 

ErriGiE,  ÉE.  participe. 

EFFILER.  V.  a.  Défaire  un  li.<su  fil  à  Cl. 
Effiler  une  toile.  Douqicr  le  bord  d'une  lotie 
ou  d'une  étoffe,  de  peur  qu'elle  ne  s'effile. 

EiTiLÉ,  ÉE.  particiiK. 

On  dit,  Avoir  la  ta'dle  effilée,  pour  dire, 
.•\voir  une  taille  trop  menue  et  trop  délice;  et, 
^l'oir  le  visage  effilé,  pour  dire.  Avoir  le  vi- 
sage e'troil  et  long.  Cheval  effilé,  c'esl-.i-dire, 
qui  a  l'encolure  fine  et  déliée. 

EFFILE,  s.  m.  On  appelle  ainsi  Le  lin^ 
qui  est  effilé  par  le  bout  en  espèce  de  frau,:;e  , 
et  qu'on  porte  dans  le  deuil.  Porter  de  l'effilt. 

EFFILOQUER.  v.  a.  Elfder  une  étoil'c  de 
soie  pour  faire  de  la  ouate. 

Effiloqué,  ék.  participe 

EFFIOLER.  V.  a.  (Jtcr  la  fiole  ou  la  feuille 
des  blés,  lorsque,  avant  l'hiver,  elle  pousse 
trop  fort.  11  si;  dit,  en  plusieurs  endroits,  pour 
Effaner  ou  Effeuiller. 

ErnoLÉ,  ÉK.  parlici|ic. 

EFFLA]N'(^)UER.  v.  a.  Il  ne  se  dit  propro- 
ment  que  Des  chevaux,  que  l'excès  du  travail 
ou  le  défaut  de  nourrilure  a  maigris,  jusqu'J 
leur  rendre  les  flancs  creux  et  abaltu.s.  £//'«n- 
((iier  un  cheval  à  force  de  le  travailler.  Le  tra- 
vail l'a  tout  efflanqué.  La  mauvaise  nourritui» 
l'a  efflanqué. 

ICitiAiiQt'É,  ÉE.  participe.  Vn  cheval  cfflan-i 
que.  Vue  bête  efflanquée. 

EFFLEURER,  v.  a.  Ne  faire  qu'enlever  la 
su])erficie.  Le  coup  n'a  fait  que  lui  effleurer  la 
peau.  Il  s'est  effleuré  la  jambe  en  tombant.  Ce 
Labouixur  ne  fait  qu'effleurer  la  terre. 

Il  signifie  Cgurémcnt,  'Toucher  légèrement 
une  matière  sans  l'aiiprofondir.  Il  n'a  fait  qu'ef- 
fleurer la  matière.  Il  ne  fait  qu'effleurer  les 
choses,  il  ne  va  pas  au  fond. 

EiFLEUnEB,  terme  de  Fleuriste.  Oter  les 
IleiU'S.  Efpeura'  une  rose,  une  anémone. 

Epm.eubé,  ÉE.  participe. 

EFFLEUIUR.  v.  n.  Terme  deCbimi*. Tom- 
ber en  eflloresccnae. 


EFF 

ErriEuni,  ie.  participe. 

EFFLORESCESCE.  s.  f.  Ciangoincut  qui 
arrive  à  une  sulistnnce  mint-ralc ,  lorsiiu'ell!'  est 
cJiarj;ce  de  parties  salines  qui  se  montrent  à  sa 
surface,  et  y  Çjrnicnt  un  enduit  scnilil.ilile  i 
de  la  moisissure.  On  dit,  Il  y  a  des  Pyritei 
(fui  clpeurissent,  ou  (jui  loinlient  en  efjlores- 
cence  à  l'air. 

On  dit.y^voir  Jes  efjlorescences  fur  la  peau, 
pour  dire,  Y  avoir  des  clevnres,  des  l'iiul- 
Utions. 

EFFI.CENCE.  s.  f.  Ternie  de  Pliysiqu'-. 
Émanation  de  coq)nsciiles  dans  les  corps  élec- 
triques. Les  corpuscules  sortent  des  corps  pm 
l  eljîuence;  ils  y  reviennent  par  l'afflucnce. 

EFFLUENT,  E:iTE.  adj.  Il  n'est  guirc 
d'usage  qu'en  Pliysique,  et  dans  cette  plirase  : 
Matière  ejjiucnte.  pour  signifier,  Les  émana- 
tioDS  qui  sortent  d'un  corps. 

EFFONDREMENT,  s.  m.  Terme  de  Jardi- 
nage. Action  d'eflondreret  de  fouiller  des  terres 
A  la  profondeur  de  plusieurs  pieds. 

EFFONDRER,  v.  a.  Remuer,  fouiller  des 
terres  en  y  mêlant  de  l'engrais.  Les  ta-res  pier- 
veuses  doivent  être  souvent  effondrées. 

Ekfo.ndiieii.  Enfoncer,  rompre,  briser.  Ef- 
fondrer un  coffre  y  une  armoire^  un  buffet. 

11  signifie  aussi  Vider.  En  ce  sens  il  ne  se 
dit  que  Des  volailles  qu'on  vide  avant  que  ùr 
les  mettre  ctiire.  Effondrer  un  chapon.  Eljhn- 
irer  des  poulets. 

ErrosonÉ,  ée.  participe. 

EFFONDRILLES.  s.  f.  plur.  Les  parties 
prossièrcs  qui  p  slerit  au  fond  d'un  vase  dans 
lequel  on  a  fait  cuire  ou  infuser  qiielquc  cliose. 
Ce  bouillon  est  plein  d^ efjnndrilles. 

EFFORCER,  S'EFFORCER,  v.  pron.  Em- 
ployer toute  sa  force  A  faire  qtielque  chose ,  ne 
pas  assez  ménager  ses  forces  en  faisant  quelque 
i-hose.  A'e  l'ous  cffncez  point  à  parler. Ne  tou-- 
e!p;rce^  pas ,  vous  vous  blessereî.  Il  s'est  efforcé 
à  courir. 

II  signifie  aussi,  Employer  son  industrie 
pour  parvenir  à  une  fin.  S'efforcer  de  ijarjner 
les  bonnes  yrjces  de  quelqu'un. 

EFFORT,  s.  m.  Action  faite  en  s'cfToi^ant. 
en  y  employant  beaucoup  de  force.  Il  se  dil 
Drs  actions  et  du  corps  et  de  l'esprit.  Grand  ef- 
fort. Faire  le  dernier  effort.  Vain  effort.  Ef- 
fort inutile.  Employer  tous  sesefprts.  Il  en  est 
venu  à  bout  sans  beaucoup  d'efforts.  Faire 
beaucoup  d'efp'Vts,  des  efforts  redoublés^  l'm- 
puissans.  Les  ennemis  ont  fait  un  grand  effort 
pour  emporter  cette  PLit-e.  Fuites  un  effort  pour 
trouver  de  l'arqenl.  Failcsy  vos  effrrts,  tous 
vos  efforts.  Effort  d'esprit.  Effort  d'imanina- 
tion.  Effort  de  mèmoiie. 

Il  signifie  encore  L'ouvrage  qui  est  produit 
par  une  action  où  l'on  s'est  efforcé  de  faire  tout 
ce  qu  on  {touToiL  Ainsi  on  dira  d'Une  excel- 
lente pièce  d°blu<|ueocc,  de  la  solution  d'un 
prublènie  ti  is-diOicilc ,  etc.  que  C'est  un  eff'  ri 
d'etprtt,  le  dernier  effort  de  l'esprit  ;  et  d'Cue 
ncelIcDIc  production  de  l'art,  que  C'est  un  ef- 
fort de  l'art,  un  i.'e>  plu»  tjrand..  effrts  d: 
l'arL 


EFF 

rFFO HT,  se  dît  aussi  Des  choses  qu*on  ne 
fait  c;u'avcc  beaucoup  de  ptiue,  et  en  s'incom- 
niodant.  H  a  fait  un  effort  pour  l'ctahlîssemenl 
(ïe  son  f\ls,  pour  marier  sa  ûUe. 

On  dit  figurcincnt,  Tout  l'effort  àe  cetlt 
voûte  porte  sur  les  contre-murs.  Tout  Vcfforl  de 
la  {juene  va  se  porter  sur  VAUemanne. 

On  dit ,  qu't/ri  cleval  a  un  effort^  pour  dire, 
qu'il  s'est  I)lcsstj  t'ii  nuisant  un  cfibrt. 

EFFRACTION,  s.  fcm.  Terme  de  Pratique. 
Fracture,  ruptme  que  fait  le  voleur  pour  déro- 
ber. Il  y  a  eu  vol  avtc  effraction. 

KFFltAlE.  s.  f.  Voy:  Fulsaie. 

EFFRAYANT,  ANTK.  adj.  Qui  donne  de 
la  frayeur,  l-n  songe  effrayant.  L'n  speclucle 
efjrayunt.  Fiqnre  effrayante. 

EFFRAYER,  v.  a.  (  Il  se  conjugue  comme 
Payer.)  Dcnuer  de  la  frayeur,  épouvanter. 
Vous  m'avez  effrayé  par  cette  nouvelle.  Cela  a 
effrayé  tout  le  monde. 

Il  se  met  aussi  avec  le  prononi  personnel, ci 
signifie,  S'étonner,  prendre  de  la  fraytur. /i 
i  effraie  de  peu  de  chose. 

EitnAYÉ,  ÉE.  participe. 

En  termes  de  Blason,  il  se  dît  dX'n  cheval 
fjui  est  dans  une  action  rampante. 

EFFRENE,  ÉE.  adject.  Qui  est  sans  frein  . 
sans  retenue.  Licence  effrénée.  Langue  effré- 
née. Ambition  effrénée.  Il  ne  se  dit  gucie  qu'au 
Gjjuré, 

EFFRITER.  V.  a.  Terme  de  Jardinage.  User, 
;ipuiser  une  terre. 

Il  s  enqiloie  avec  le  pronom  personnel  ,pour 
dire ,  S'épuiser ,  perdre  s:i  li-rlilité.  La  terre 
s'f^Jnte,  si  Von  n'y  met  pas  d  engrais. 

ErFiiiTÉ,  ÉE.  participe. 

EFFROI,  s.  masc.  Frayeur,  lerrcur,  épou- 
vante. Porïerre//roi'  partout.  Trembler  d'e^i'io;. 
Pâlir  d'effroi. 

EFFRONTE,  ÉE.  adj.  Qui  est  impudent, 
rt  qui  n'a  honte  de  rien.  71  est  bien  effronté.  Ln 
tomme  effronté.  Une  femme  effrontée. 

On  dit  proverbialement  d'Un  homme  fort 
imprudent,  qu'//  est  effronté  comme  un  Pag: 
de  Cour. 

EpfnoSTÉ,  est  aussi  substantif.  C'est  un  ef- 
fronté. C'est  une  effrontée. 

EFFKONTÉIVIENT.  adv.  D'une  manière  ef- 
frontée, impudemmtrul.  Il  est  entré  e/Jîonïé- 
mcnt.  Parler  efJ'rontémcrA.  P<egardcr  effronté- 
ment. <ioutenir  effrontcntCiA  un  mertSonne. 

EFFRONTERIE,  s.  f.  Impudence.  Etrange 
efffonterie.  Il  n'a  que  de  l'cffronleriv.  Il  a  m 
l'effronterie  de  le  menacer, 

EFFROYABLE,  adject.  des  2  genres.  Qui 
cause  de  reflroi.  Un  spectacle effioyable. Il  /ùi- 
soit  dci  scrmcns  effroyables. 

Il  sv  dil  par  ('xagération ,  pour  signifier ,  Ex- 
irénienient  diflormc,  laid.  Cette  j^vimc-tà  est 
effroyable. 

Il  si.iîiiilicmissi,  Excessif ,  étonnant,  prodi- 
gieux. Elle  est  d'une  laideur  effroyable.  Elle 
fait  une  dépense  effroyable. C^csl  une  choie  ef- 
froyable combien  H  m'en  coûte.  Il  est  effioya- 
*  ble  combien  il  a  perdu  au  jeu. 

EFFROYABLEMENT,  adv.  Dune  roanièn» 


excessive  et  prodigieuse.  E//ec^ïe/JioyaI;ïement 
laide.  Il  dépense  effroyablement. 

EFFUSION,  s.  f.  Éponchement.  Veffusion 
du  vin  dans  les  Sacrifices.  Il  y  eut  une  grande 
ep^usion  de  sang  dans  ce  combat. 

On  dit  aussi  au  fiijuré.  Effusion  de  ccew\ 
I  our  dire,  Vive  et  sincère  démonstration  de 
confi.incc  et  d'amitié. 

EFO 

ÉFOURCEAU.  s.  m.  Machine  composée  d'un 
essieu,  deux  roues  et  un  tiraon,  pour  trans- 
porter des  fardeaux  très-pesans,  tels  que  des 
troncs  d'arbres,  etc. 

EGA 

ÉGAGROPU.E.  s.  f.  Pelote  de  poils,  de 
rrins  ou  de  soies,  qui  se  forme  dans  l'estomac 
(les  animnux  quadrupèdes,  et  surtout  de  ceux 
qui  luminenC 

EGAL,  A  UE.  adj.  Pareil ,  semblable,  I3 
même,  soit  en  nature,  soit  en  quantité,  soit  ca 
rpiuliié.  Deux  lignes  égales.  Deux  poids  égaux. 
Deux  personnes  d'une  fortune  égale  ,  d'uîie 
condition  égale. 

Ou  dit,  que  Tout  est  égal  à  guelgu^un,  pour 
dire,  que  Tout  lui  est  indiiTérent,  qu'il  aime 
tout  autant  d'une  manière  que  d'une  autre. 
Qu'on  lui  donne  froid,  nu^on  lui  donne  chaud^ 
tout  lui  est  égal. 

On  dil  proverbialement,  Vhonneur  est  égal 
entre  nous,  pour  dire.  Nous  n'avons  point  de 
supériorité  l'un  sur  l'autre;  et  L'honneur  v^t 
egui  entre  hc-js,  pour  dire,  Vous  partager 
rhoiincur  de  cette  action. 

Ou  dit.  Faire  tout  égal,  Lorsque  entre  deux 
itu  plusieurs  personnes  on  tient  la  mcni"  con- 
iluite  ,  qu'on  ne  favorise  pas  plus  l'une  que 
.'ati!re. 

On  dit  dans  le  mcme  sens,  Tenir  la  balance 
cqale. 

ÉgAt,,  signifie  fi'4urémcnl,  Qui  est  toujours 
le  mime.  Un  esprit  égal.  Une  dme  égale.  Une 
humeur  égale.  Un  caractère  égal. 

Ec.vî, ,  signifie  aussi  ,  Uni  ,  qui  n'est  point 
raboteux,  qui  est  de  niveau.  Une  aire  bien 
égale.  Un  chemin  bien  égal.  Une  allée  bien 
égale. 

Il  signifie  encore,  Uniforme.  5l^'ïc  égal.  Il 
a  toujours  tenu  une  conduite  égale  dans  toutes 
les  affaires.  Il  m  toujours  marché  d'un  vas 
égal 

Égal,  est  quelquefois  substantif.  7/  n'et 
wn  égal  ni  en  force  ni  en  mérite.  Se  butlie 
conltc  son  égal  Vivre  avec  ses  ègaiLC.  Cela  Cii 
bon  entre  égaux.  D'égal  d  égal. 

On  dit ,  À  l'égal  de,  pour  dire.  Autant  que, 
aussi-bien  que.  Il  est  craint  à  l'égal  du  ton- 
H  erre. 

l^r.ALÉ  j  ÉE.  adj.  Terme  de  Fauconnerie. 
.Moucheté.  OUeau  égalé. 

ÉGALEMENT,  s.  m.  Disinbution  préalable 
']ui  se  fait  avant  paila^c  entre  des  cnfans  licri- 
ticrs  de  leur  père  ou  mère,  qui  avuit  donne  m 
ovanccmenl  d'hoirie  aux  uns  plus  qu'aux  au- 
tres. On  donne  à  ceux  cui  ont  rcç^i  moins  m 


jTi  F  G  A 

ti^aUtneiit  ic!,  qu'ils  aient  autant  tjuc  celuî  (j"i 
a  reçu  h  plus. 

É(iAI  EMKM.  adv.  D'une  niaiiirrc  c^Ae 
Il  les  traite  tous  également.  Il  les  estime  c(ja 
leinent.  Ils  ont  été  partacjés  ètjalement.  Il  en 
a  toujours  usé  également  bien  envers  tout  U 
monde. 

Il  signifie  encore,  Aul.mt,  pareillement.  Il 
est  chéri  et  respecté  également.  Cet  élahlisse- 
ment  sera  également  glurieiux  et  utile. 

ÉGALEK.  v.û.Ucndre  égal.  ÉtjuïtrltfS  ports 
et  les  poi  tiens.  Eaaler  les  hicns  et  les  coricli- 
tions  des  personnes.  La  mort  égah  tous  les 
hommes. 

Il  signifie  au-ss:.  Rendre  uni.  Cette  allée  csl 
raboteuse  y  il  faut  Végaler. 

Il  signifie  aussi,  Ltre  égal,  se  rendre  e'gnl  à 
quelqu'un,  ('e  Prince  égale  AlcJcandre.Cet  au- 
teur a  égalé  les  Anciens.  Les  ejcploits  ai  Gen- 
\   qis-Kati  ont  égalé  ceiux  d'Alexandre.  Egaler 
'juelqu.'un  en  mérite,  en  beauté j  en  talcnSj  etc. 

Ou  dit  encore )  Égaler  quelrjuun  à  un  an- 
ne,  pour  dire,  Prétendre  qu'il  lui  est  égal.  Il 
n'y  a  personne  (^ucn  lui  puisse  égaler.  Il  se 
veut  égaler  à  un  tel.  Il  prétend  s'égaler  à  tout 
ce  ipi'il  y  a  de  plus  qrand. 

Égalk,  ée.  participe, 

Éc;AI.ISATI()N.  s.  f.  Il  n'est  d*usa^e  qu'en 
titvle  de  Pratique.  Action  par  laquelle  on  e'^ale 
Je  parta:jc  des  lots.  Egalisation  des  lots. 

ÉClAUSER.  V.  a.  Rendre  égal.  Egaliser  les 
lots  (l'un  piiJ  lage.   L'amour  égalise  toutes  le: 
.    conditions. 

Oo  dit .  l^y^aliser  un  ïerrûi», 'pour  dire, 
Eg-iier  un  leir.iin. 

Égalisé,  ée.  participe. 

ÉGALITÉ.  ».  f.  Confomiiltï  ,  parité,  rap- 
port entre  des  choses  égales.  L'égalité  des  per- 
sonnes el  des  conditions. 
>  On  dit,  Distrihuei'  avec  égalité,  pour  dire, 
Distribuer  en  parties  égales,  en  porli<ru:i  égali  s. 
;  Il  signifie  aussi  Unilormilé.  Egalité  d'esprit 
et  d'humeur.  Grande  égalité  de  conduite.  Egn- 
lité  de  style. 
•  ÈGALURES.  s.  f.  pluriel.  Terme  de  Fau 
connerie.  ÎMouchctures  blanches  qui  sont  sur  le 
dos  d'un  oiseau. 
■  l  ÉG.\RD.  s.  m.  Considération,  circon.spec- 
tion,  déférence,  attention,  marques  d'eslinu'. 
//  aura  quelque  égard  à  vïti  prière.  Vous  n  u- 
vez  eu  nul  égard  à  ce  gue  je  vous  ai  rcjtré- 
senlé.  Avoir  de  grands  égards  pour  gueltpi'un. 
17/1  homme  fort  circonspect ,  tout  rempli  de- 
qards.  C'est  un  homme  sans  égards.  La  science 
des  égards  est  une  partie  esHutielU  de  ta  hcUe 
efIuc:itiori.  Les  hommes  se  doivent  f^es  é'^'ut/ï- 
réciprogucs. 

On  dit  encore,  Avoir  égaid,  pour  dire, 
Considérer.  H  faut  avoir  égard  uu  mérite  des 
personnes.  S aits  avoir  égai'd,  aucun  égavd,  flitc 
prières  aux  sollicitations.  Sans  avoir  égjrd  à 
la  reguéte.  Il  n'a  eu  nul  égard  à  mes  raisons. 
.  On  d'it,'Ku  cgard,  pour  dire,  Ayant  égard, 
£u  égard  à  la  qualité  de  l'affaire. 

A  l'egaiid.  l'nçon  de  parler  qui  signifie, 
Vflur  ce  qui  r-garde,  pour  ce  qui  co.iccrnc.  A 


EG  i      . 

mon  égard.  Â  son  égar  tl,  À  Vcgard  de  ce  gue 
vous  disiez,  A  l'égard  des  propositions  que  vous 
faites. 

On  dit  en  ce  sens,  A  cet  égard-là,  à  cet 
égard,  pour  dire,  Par  rapport  à  cet  objet. 

A  i.'ÉGAKD,  signifie  aussi,  Par  comparaison. 
par  proportion.  La  terre  est  petite  à  l'cjard  du 
Soleil. 

On  dit  aussi,  À  dijftrens  égards j  sous  divers 
égards,  à  certains  égards,  pour  dire,  Sous 
difTérenlcs  vues,  so"us  certains  points  de  vue. 

KGARD,  sulïst.  m.  Ou  appeloit  autrefois 
Maitrcs-Égards  dans  l*^  Coninninautiis  de  .Mar- 
chands, ceux  qu'on  munme  auiuurd'huî  pyr 
corruption,  Maîtres  et  Gardes;  et  Von  disoît 
d'Une  pJiVj  d'étofit;  qu'ils  avoient  examinée  et 
approuvée,  que  Cette  pièce  étvit  cgard<:e.  Ce 
nom  s'est  conservé  dans  quelques  endroits. 

I-'oAnD,  est  encore  à  Malie  le  nom  d'un 
Tribunal  qui  juge  par  commission  les  procès 
entre  les  (Jievaliers. 

ÉGaKF,MK>  T  s.  m.  Méprise  du  voyageui 
ijiii  s'écarte  de  son  rhemin.  Aprèi  un  long  égU' 
renient,  ils  revinrent  dans  leur  chemin. 

U  s'emploie  pius  ordinairement  au  figuré 
Les  tgaremens  des  Philosophes.  Egat  cmcnt  d'es^ 
prit.  Le  cœur  a  ses  éguremens  comme  Vesprît. 

Il  se  dît  aussi  Ou  dérèglement  des  mœurs, 
//  (■;:(  revenu  des  égaremcns  de  sa  jciinesye. 

Egarement  d'espiit,  signifie  aussi,  Aliéna- 
lion  d'esjH  it. 

l'.GAREU.  V.  a.  Fourvoyer,  mettre,  tire; 
hors  (In  drf  '      ''f^miu    Notre  quide  n€V.séqara. 

Il  signifie  figurémcnl,  Jeter  dans  l'erreur. 
Défiez-vous  de  ce  Ditecl  ur,  il  pourroit  bien 
vous  égater.  La  prospérité  nous  c-jare. 

On  dit,  Egarer  la  bouche  d^un  cheval,  pour 
dire,  Lui  g.Uer  la  bouche  eu  le  menant  mal. 

On  dit,  qu't/ïic  maladie ,  une  affliction,  un 
effroi  soudain  a  égaré  Vesprij  à  quelqu'un,  pour 
signifier,  qu'il  en  a  l'esprit  troublé. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  chose  qu'on  ne  trouve 
pas,  et  qui  néanir.oins  n'est  pas  perdue.  J'im 
ff^nré  CCS  papiers,  iU  ne  sont  pas  pet  dus.  Egarer 
us  lunettes  j  ses  gants. 

S'Ér.AttEn,  avec  le  pronom  personnel,  signi 
.  j.  S'écarter  de  .son  chemin,  se  fourvoyer.  Il 
sV'st  éqaré  de  sott  chunin.  Je  m'éjivai  dans  hi 
forêt.  Je  me  suis  egaié  d'une  l'eue. 

Il  siguifio  fi<ïi>'-enjeut ,  Se  tromper  dans  ce 
qui  regarde  l^  ?^xi...,Iûou  la  Foi.  Les  Philosophe-' 
Piiîcns  se  sont  égarés  duri?  la  recherche  de  la 
vérité.  La  pre'soirq.tion  ,  l'orgueil,  font  que  Ic^ 
hérétiques  s'égarent.  S'égarer dan.\  ses  pensées 

U  signifie  encore.  S'éloigner  du  suj*:'!  qu'on 
traite.  Il  se  pcid,  il  j'éqtirc  dans  son  discours. 
I  ÉuAnÉ,  ÉE.  participe.  Brebis  égalée.  Il  a  la 
■  vue  égarée.  Il  a  la  yeux  égarés.  ïi  j  l'esprit 
égaré.  Air  égaré.  Ce  cheval  a  la  bouche  égayée. 
t  On  appelle  fif.;urém.  Brebis  égarées.  Ceux 
qui  sont  sortis  du  sein  de  l'église  pour  em- 
brasser l'hérésie.  Ramener  ies  brebis  égarées. 

FGARROTÈ,  Kli.  adj.  Terme  de  Manège. 
11  se  dit  d'un  cheval  blessé  au  garrot.  ^ 

ÉGAYER,  v.  a.  (  Il  se  conj.  comme  Payer.) 
<  Béjouir,  tundrc  gai.  Egaya-  la  conversation. 


EGL 

u  fuut  ftiirc  ce  c^u'on  pourra  pour  égayer  et 
malade.  Tdchez  de  vous  égayer  Vespiit,  H  /àut 
sV(7(i  >'Cr. 

On  dit,  avec  le  pronom  personnel,  qu'l7n 
Auteur  s'igaye,  Loraqu'il  dit  quelque  chose 
d'agréable  qui  n'est  pas  lout-i-faitde  son  sujet, 
ou  du  ton  de  Sun  sujet.  Ou  dit  aussi ,  S'égayer 
sur  quelqu'un,  pour  dire,  Se  permettre  de» 
plaisanteries  sur  son  compte. 

On  dit,  Egayer  un  oui'rage,  égayer  son 
style,  égayer  son  sujet,  pour  dire.  Le  rendre 
plus  agréable ,  plus  libre,  le  traiter  d'une  ma- 
nière plus  riante.  Egayer  la  matière.  Il  a  fdit 
entrer  cette  description  pour  égayer  la  jiialière. 

En  ce  sens  on  dit  aussi  :  Egayer  un  hdtî- 
mvnt.  Ecjayer  un  tableau,  une  broderie,  etc. 

On  dit'aussi,  Egayer  son  deuil,  pour  dire, 
Commencer  à  porter  un  deuil  moins  grand, 
nicins  exact,  moins  régulier. 

Il  sigiiilie  aussi  eu  termes  de  Jardinage,  Oto£ 
les  branches  qui  éloulTcnl  trop  un  arbre. 

KcAïÉ,  ÉE.  participe. 

Lga\eh  utj  LISCE.  Voyez  AlCfAYEn, 

^  EG  i 

li<;iDE;  s.  f.  C'est  ainsi  qu'où  nomme  por- 
liculi/Tement  Le  bouclier  ou  la  cuirasse  do 
['allas.  La  tête  de  Méduse  étoit  sur  l'Egide  4: 
Pallas. 

On  dit  au  figiu'é,  Egide,  pour  signifier,  (*a 
qui  met  h  couvert.  Sa  protection  a  été  moi 
égide  contre  mti  ennemis.  U  me  sert  d'ég:ds% 
Il  e^t  mon  éciidgi 

JÎGILOPS.  3.  m.  Ulcère  au  grand  ang'e  ae 
Toeil.  L'Egilops  diffère  de  lu  fistule  lactymal^, 
en  ce  gue  la  ji^tule  est  Végilops  devenu  c.dleux 
et  sinueua°. 

EGL 

EGLANTIER,  s.  m.  Sorte  de  rosier  sau- 
vage, qui  vient  ordinairement  dans  les  buissons 
et  dans  les  haies. 

ÉCiLÂNTlNE.  s.  f.  La  (leur  de  l'f:glanlier. 

ÉGLISE,  s.  f.  L'Assemblée  des  Fidèlfs. 
L'Eglise  Catholique,  Apostolique  et  Romaine. 
L'Eqlise  Viiii'erseHc.  Pi  otrc  M  ère  Sainte  Eglise, 
Les  Commandcmens  de  lEglise.  La  pi-imil.vt 
Eijlise.  Les  Pères  de  l'Eglise.  Le  Pap-  est  '< 
Chef  visible  de  l'Eglise.  Dans  la  nnissar"-, 
de  l'Eglise.  Participer  aux  prières  de  l'E- 
qli.':e.  Hors  de  l'Eqlise  il  n'y  a  poitit  'V 
salut.  'Ramener  un  Uérélique  au  giron  de  l'E- 
gl'se.  Il  fut  retranché  de  la  Communion  Je 
l'Eglise.  Il  faut  croire  ce  que  l'Eglise  crr.il. 
prescrit,  enseigne.  La  croyance  de  l'Eglise. 
L'autorité  de  l'Eiflise.  L'Église  célèbre  la  fSte 
de...  Les  cérémonies  de  l'Eglise.  Le  chant  de 
l'Eglise.  Les  Canons  de  l'Éqlise.  Le  Roi  est  U 
fis  aine  de  l'Eglise.  Cet  homme  a  vécu  quelque 
temps  dans  l'erreur,  mais  il  est  mort  enfani  de 
l'Eglise.  L'Ëgli^'e  est  l'Epouse  rfe  JésusChiust. 
L'Eglise  Militante.  L'Eglise  Triomphante. 
L'Eglise  ScujJ'rante. 

Ou  dil,qu't/n  mariage  a  été  fait  en  face  de 
l'Eqlise.  pour  dire,  qu'il  a  clé  fait  avec  toulri 
les  cércmonics  cl  toutes  les  solennités  de  ITgli!  i 


EGO 

On  doaiie  aussi  le  nom  d'Eglise  aux  parties 
de  l'Église  Universelle,  «-n  les  distinguant  pai 
les  nom»  des  1  eux.  L'Ècjiise  d'Orient.  L'Eglise' 
i'Occident.  L'Eglise l.uline.L'F.gliieG rei<iuf 
L'Eglise  d'Afrique.  L'Eglise  Gullicatie.  Il  fit! 
appelé  par  la  Providence  au  gou\-ernemctit  de 
l'Église  de  Milan.  Il  passa  de  l'Eglise  deI\'oyoii 
à  celle  de  Reims.  Selun  l'usage  de  l'Eglise  île 
Paris. 

On  le  dit  aussi,  par  extension,  Oes  Assem- 
îjli'es  bére'tiques  et  sciiisni.-iliijues.  L'Éqlisc  An 
glicone.  Les  Eijlises  Protestantes  y  etc. 

Église,  sij;nifio  aussi  Ua  Temple  consacre 
j  Dieu,  un  lieu  destine  ù  la  célébration  du  Ser- 
vice divin.  Bdtir  une  Eglise.  Consacrer  une 
Église.  La  nef,  la  l'oilte,  le  choeur  de  VÈglisc 
Le  portail  d'une  Eglise.  Le  clocïier  d'une  Eglise. 
Les  fonts  d'une  Église.  L'orgtte  d'une  Église. 
Eglise  paroissiale.  Eglise  Collégiale.  Église 
métropolitaine.  Enlise  Cathédrale.  Bénir  une 
Église.  Rebénir  une  Eglise.  Dédicace  d'uni: 
Eglise. 

On  dit  proverbialem.  Prés  de  l'Eglise  et  loin 
de  Dieu ,  en  parlant  I>c  celui  qui  loge  près  de 
l'Égliï^e,  et  qui  s'acquitte  mal  du  devoir  d'un 
bon  Chrétien. 

Ou  dit  aussi  provcrhialem.  Gueux  comme 
un  rat  d'Eglise,  en  parlant  d'Un  lionune  si 
p.iuvre.  qu'il  n'a  pas  de  quoi  vivre;  et  d'Un 
dovot,  C'est  un  pilia-  d'Église. 

Église,  se  prend  encore  pour  l'I'^t.it  du 
Cl  rg^,  connue  étint  plus  particulièreniciit  dé- 
xnn  ■  ou  service  de  1  Église.  C'est  un  ho>nnie 
d'Eglise.  Les  gens  dEglise.  6e  /une  d'Lgl: 
Il  fut  destiné  de  bonne  heure  à  l'Eglise.  Passé 
àer  du  bien  de  l'Église.  Conseiller  d'Eglise. 
Dans  les  cérémonies  l'Eglise  a  le  pas.  Il  faut 
rendre  honneur  à  l'Egl'se. 

On  appelle  Cour  d'Eglise ,  La  Juiidictiou 
ide  l'Êvêque  ou  de  l'Arclievéque. 

KOLOGCE.  s.  f.  Sorte  de  Poésie  pastorale, 
où  d'ordinaire  on  fait  parler  des  Bergers.  Lei 
Eglogues  de  Virgile. 

EGO 

ÉCiOlSER.  V.  n.  Parler  trop  de  .loi. 

E(iOISME.  s.  m.  Amour  propre  qui  consiste 
i  parler  trop  di'  soi ,  uu  qui  rapporte  tout  ii  sol. 
Il  se  dit  eiKore  De  l'opinion  de  certiiins  Thilo- 
sophes  qui  piétcndent  qu'on  ne  peut  clr  :  siii 
<iuc  de  sa  propre  existence. 

EGOÏSTE,  s.  Celui  ou  celle  qui  i  le  v'te:  ou 
qui  suit  la  doctrine  de  ré:.;ol5nie. 

EGORGER,  V.  a.  Couper  lu  gorge.  Egorger 
un  b.ruf,  un  mouton,  etc. 

Il  signifie  aussi  (wr  extension,  Tue<-,  mnssa- 
crtr.  Ces  deux  hommes  se  sont  èeorgès  j  our 
un  mol.  Les  Iiafcilans  égoigtreni  toute  la  qar- 
liiion. 

Eoon.^tn.  signifie  figurér.,ent  Ruiner  lafijr- 
lune,  les  affaires  de  qur:.|u'un,  lui  porter  un 
prcjudic-  cunsidrrabir.  Dans  l'emharras  où  /. 
lui»,  me  drn,„„Jfr  -e  l'argent ,  c  ejl  ni  égorger 
Cci  joueurs  ne  se  quitteront  pas.  sans  que  lui, 
•Il  égorgé  Vautre.  la  mauvaise  adminittratiut 
it  ce  Tuteur  a  égorgé  un  papille, 
i  one  /. 


EGR 

tconcÉ,  ÉE.  participe. 

ÉGOSILLER,  v.a.  Éfiorger.  Vieux  mot.  En 
ce  sens  il  n'est  pins  d'usage  que  p.ir  exa^cra- 
tiim  avec  le  pronom  personnel  ;  ei-  alors  S'éqo- 
•;i7/fr  sii;nifie,  Se  faire  mal  ù  la  gori^e  à  force 
lie  crier.  Il  s^éijosiUe.  Il  s^est  cgosillé  à  force 
lU  crier. 

Il  se  dit  aussi  d'Ln  oiseau  cfui  cl:anle  beau- 
coup et  fort  haut.  Cette  fauvette  s'égosille. 

EGULT.  s.  ni. -La  clialc ,  IV-coulcmcnt  des 
eaux  qui  viennent  de  queKjUe  endroit.  //  a  re- 
cueilli  l'égotit  de  plusicws  sources,  et  en  a  fait 
de  belles  fontaine'^.  Il  a  l'éqout  des  eaux  (h 
cette  terre,  et  il  les  a  conduites  dans  son 
jardin. 

il  se  dit  aussi  De  la  rhule  et  de  l'ccouicmcnt 
des  eaux  de  pluie.  //  net  pus  pa  mis  de  laisser 
tomber  iêijout  de  ses  euux  sur  son  voisin.  On 
fait  des  canaux  de  plomh  pour  recevoir  l'éqouî 
des  eaux. 

11  signifie  aussi,  Cloaque,  conduit  par  où 
('rcoultnt  K's  eaux  et  les  immondicci  d*une  Ville. 
L'cgout  est  bouclié^  /•«  eaux  reqorqent. 

Dn  dit  par  extension,  quT'ne  plaie,  un 
ulcèrcyune  jambe  ouverte,  *st  l'égout  du  corps. 

On  dit  figurument ,  qu'L'ne  Ville,  qu'un 
Itfu  est  Vcgout  d'un  Pays  y  pour  dire,  qu'Ello 
est  ou  qu'il  est  le  lieu  où  se  rendent  les  gens  de 
mauvaise  vie,  etc. 

KGOUITER,  V.  n.  Il  se  dit  De  certaines 
rlioscs  dont  on  fait  peu  à  peu  écouler  l'eau.  // 
faut  laisser  cgoutler ,  faire  égoutter  ce  lait  caillé , 
ce  fromage.  Mettre  éguutter  des  cardrsy  dcj  as- 
icrg*"-^    .fcC  i.i  mo.-UL',  de 

On  dit  -lussi  avec  le  pionom  persounety  Ce 
fromage  s'égontta-a  peu  à  peu. 

Il  se  prend  quelquefois  activement.  Faire 
•les  saignées  pour  éqoutter  tes  terres  basses. 

On  dit ,  hgouttcr  une  glace ,  pour  dire ,  En 
faire  écouler  le  vif-arj;cnt,  quand  on  l'étame. 

On  dit  aussi,  Egoutter  la  chandelle^  pour, 
La  mettre  sur  l'élabli  afin  qu'elle  y  sèclie. 

KcoiTTÉ,  ÉK.  participe. 

EGOUTroiR.  s.  ni.  Î^Iorccau^e  bois  long, 
place  dans  les  cuisines,  sur  lequel  on  met  égout- 
(er  la  vaisselle. 

EGR 

ÉGRAINER.  Voyez  ÉcnENEit. 

É(;RAPPER.  t  a  Terme  d'Agriculture. 
Détac!  er  le  raisin  de  la  qroppe. 

Er.nAPi'É,  i:z.  participe. 

EliRATl(;>ER.  V.  a.  Entamer  et  déchirer 

légf-rmient  la  peau  avec  Its  ongles,  avec  une 

pinjjle,  ou  quchpie  cliose  de  semblable.  Le 

chat  Va  égratignê.  Ces  deux  enfans  nesauroient 

ouer  ememble,    uils  ne  s'égratignent. 

On  dit  proverbialement,  5*il  ne  peut  mordre ^ 
il  cqrd.'iane. 

U  se  dit  auui  d'Cne  certaine  façon  qui  se 
fait  sur  quelqu  9  clolTcs  de  soie  nvc-c  la  pointe 
l'un  1er.  Egratigner  du  satin. 

Il  se  dit  encore  co  Pcintute,  d'Cn«  manièrtf 
de  peindre. 

£cnATii;>é,  tz.  participe. 

Od  dit  d'L'o*  pljuchc  ^avce,  ^'ElU  n*'^ 


EGU  473 

qu'égralignée ,  l^orsque  le  cuivre  n'«  pas  eli' 
coupé  avec  Iiardit-ss»;  et  netteté. 

EGU.VriCNUr,!;,  s.  r.  Légère  hlcssuic  ijiii 
se  tiit  en  cgr.iligniini.  Une  légère  égratignuii 
sur  le  visa  e.  Se  fiire  une  éqratignure. 

Ou  dit  quelquefiils  d'Une  lésére  l)less:ire 
I    que  Ce  n'e-t  qu'une  étjratiqnnre. 

Il  $i;;nific  aussi  La  ni.uque  qui  demeure 
quand  on  a  été  égralignt^.  Qui  vous  a  fait  critt 
éijratignure? 

On  dit  proverhîalenicnl  d'Une  personne  mnl 
endurante  ou  trop  délicate,  qu'Ellc  ne  saurait 
,    soufjrir  la  moindre  é'iratiqnure. 

I:GR\VILL0.\'.M-;R.  v.  a.  Terme  de  Jari- 
nage.  Lever  des  arbns  en  motte,  et  en  reliai. - 
cbcr  une  partie  de  la  terre  avant  que  dn  Ici 
replanter,  afin  que  les  racines  puissent  profiter 
des  sels  de  la  nouvelle  teiTe. 

Éci\Avii.LOK>:'.,  tE.  p:irtlcii>e. 

ÉGRENER.  V.  a.  Faire  sortir  le  grain  de 
l'épi,  la  groine  des  plantes,  dét.-icber  les  grains 
de  la  grappe.  Egrener  des  épis.  Egrener  du 
ilé.  Egrener  du  fenouil,  de  l'anis.  Egrener 
du  ra'tsïn. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Ce  hlé  est  trop  mùr,il  s'égrène.  (Juandon  larde 
trop  à  l'endanger ,  le  raisin  s'égrène.  La  sèchc' 
rcsse  fait  égrener  les  raisins. 

Er.HF.SE ,  ÉE.  participe. 

É(;RlLL.U;n,  ARDE.  adjecl.  Vif,  éveillé, 
L;:âllard.  Il  a  l'air  bien  égrillard.  Il  est  d'une 
humeur  bien  égrillarde. 

On  l'emploie  aussi  substantivement.  C'est 
dU  egi  utui  a.  Il  est  ou  tt^  le  lait.iliei. 

EGRISElv.  T.  a.Ûter  les  parties  brutes  i'ua 
diamant. 

Éghisk,  ÉE.  participe. 

ÉGRUCvEOIR.  s.  m.  Sorte  de  petit  vaisseas 
ordinairement  de  buis,  dans  lequel  on  egrugo. 
on  brise  îe  sel  avec  un  pilon.  jl/ct(es  ce  sel 
dans  l'éqrugeoir. 

ÉGKUGER.  v.  a.  Casser,  briser,  mellrc  en 
poudre  dans  l'égrugeoir.  Egruger  du  sua-e, 
du  sel. 

Écnccï,  ÉE.  participe. 

E  G  U 

ÉGUEULEMENl".  s.  mase.  Altération  à  la 
boiicbe  des  pii-ces  d'artillerie,  qui  provient  le 
plus  souvent  des  battemens  du  boulet  lorsqu'il 
sort  du  canon ,  ou  bien  de  ce  que  l'alliage  de  )• 
pièce  se  trouve  trop  doux. 

EGUEULER.  v.  a  Casser  le  baut  d'un  gou- 
lot d'un  vaisseau  de  terre  oa  de  verre.  //  a 
egueute  sa  auche .  son  pot. 

On  dit  fi^urc.-uent  et  bassement ,  tp'Vji 
homme  s'égueule  de  crier,  à  force  de  crier, 
pour  dire,  qu'A  force  décrier  il  se  fait  mal  tt  la 

On  dit  en  termes  d'.\rtilierie,  qu'(7ne  pièce 
de  canon  s'é<jueule.  qu'une  pièce  de  canon  est 
égueitlée.  Lorsque  sa  bouche  a  change  de  forma 
par  le  service  que  la  pièce  a  r<  ndu ,  ou  par 
qiiel<|iie  acrident. 

lù.iEULt:,  ÉE.  participe. 

Il  s'etnpioie  quelquefois  aulisiantWemenl  ;  •* 
60 


474 


EL  A 


oii  dit  6giirenicm  it  hasscmmt  d'Une persoimi' 
<jui  dit  des  grossièretés,  Ce;!  un  rtjiieiilé,  c'efi 
une  l'raiicl,e  étjueu\<e. 

EG  ï 

EGYPTIEN.  ENNE.  s.  î-'orle  de  vagahondi 
qu'on  appelle  aussi  Boliemicns.  i-'oy.  BoHÉi\i£. 

KH 

En.  Iiitcrjiciion  d'adroinilioii,  de  surprise 
Eh:  qui  nui  vit  p"  croire  que... 

F.  H  A 

ÉHA.VCH!:.  VoyCS  DfHANCHÉ. 

EH  E 

ÉHEUCEU.  V.  a.  Terme  de  .irdinaje.  Voy. 
SAnCLin. 

EH  O 

ÉHONTK,  ÉE.  adject.  Qui  est  sans  I]onte, 
sans  pudeur.  Il  est  vieux. 

ÉHOUI'EU.  V.  a.  Terme  d'Eaux  et  l'erèts 
Couper  la  cime  d'un  arbre. 

ÉHOtPÉ,  es.  participe. 

E  J  .V 

ÉJACULATION.  subst.  f.  Terme  de  Phy- 
sique. I-'.mission  de  la  semence  avec  unecortainj 
force. 

Ejacl'LAtios,  se  ilit  aussi  d'Une  prière  fer- 
vente, et  qui  part  du  cœur. 

h  l.  A 

ÉLABORATION,  s.  f.  Terme  de  Physique. 
Oporatiou  par  laquelle  la  nature  prépare  cl 
perfectionne  graduellement  les  sucs  ,  les  Iiu- 
menrs,  etc.  I/clal^oiuitwn  liu  chyle.  La  .*e'i'e, 
dans  les  véfjt'taïuv,  n-rolt  àif]iTcntes  Haboratiom 
(]ui  seri'cnt  ù  les  déirclupper ,  à  les  faire  croître. 

ELABORER,  v.  a.  Préparer  et  perfectionner 
graduellement  les  sucs,  les  humeurs,  etc.  Il  se 
dit  i>rineipalemcnt  Des  opérations  secrètes  de 
la  nature. 

ELAiionA,  ÉE.  [■articipe. 

ELAGAGE.  s.  m.  Action  d'élaguer,  i!  en  a 
tant  coûte  pour  Vclanaqe  de  cette  alijc. 

U  signifie  aussi,  Les  hranches  qu'on  a  re- 
tranchées en  e'iaguant.  O'i  a  ilonnéau  jardinier 
Vclitqnqe  pour  son  payement. 

'  ÉLAGUER.  V.  a.  Ébranclin  ,  dépouiller  uti 
arhrc  de  s^s  branches  jusqu'.'i  une  certaine  hau- 
teur. Éclairoir  un  arbre  en  coupant  une  partie 
de  ses  branches.  Elacjuer  des  arhrts.  H  f:ul 
faire  élanuer  ces  arbres. 

Il  se  dit  aussi  C^urt^ment,  en  parlant  Des 
ouvra|;es  d'esprit.  Ccl  ej-orie  a  besoin  d'être 
«(aiyué.  H  ftiudroit  claquer  celle  scène. 

Élagué  ,  ic.  participe. 

ELAtiUEUR.  a.  m.  Celui  qui  élague. 

ELAN.  s.  m.  Espèce  d'animal  qui  se  trouve 
dans  les  pays  scptentiionaux.  Corne  d'iilan. 
Pied  d'élan.  V-ne  banne  faite  de  corne  d'élan. 

ÉLAN.  s.  ni.  Mouvement  subit  avec  eObrf. 
Il  fit   un  rjnr.d  c/iri  et  se  inuiii  ("ciilre  les 


KL  A 

mni'niî  th  ceux  qui  le  tenoictit.  Vn  cheval  nui 
ne  va  que  j:ay  éJiins.  Les  eiuus  du  cerf.  Le  cerf 
fst  deux  ou  trois  cJitns. 

Il  s«  dit  aussi  Des  moiivimcns  afTcctueiix  et 
douloureux  de  l'âme.  Des  élans  de  dévotion, 
d'amow  de  Dieu.  On  ne  lui  saurait  parler  de 
la  mort  de  son  fis  ,  (juîl  ne  lui  prenne  des 
i'iaus  de  douleur. 

ÉLANCKIVHiNT.  s.  masc.  L'impre^îon  que 
î'ait  en  quelque  partie  du  corps  une  douleur  su 
Site  et  do  peu  de  durée,  provenaut.de  quelque 
:r.use  interne.  Cela  me  cause  de  très-  qrnnd 
éluncemeliSj  des  élanccmcns  redoublés.  Sentii 
des  elancenientt, 

U  se  dit  encore  va  termes  de  dévotion,  rt  si 
pnifie,  Un  mouvement  afîcclncux  et  subit;  cl 
en  ce  sens  il  n'est  gutre  d'usage  qu'en  celle 
phrase,  Les  elanccmerys  de  l'âme  vers  D:eu. 

ÉLANCER,  s'ii:LANf:i:K.  veihe  qui  ne 
s'emploie  qu'avec  le  pronon;  personnel.  Se  lan- 
rcr,  se  jeter  en  avant  ave'j  înipetuosilc.  //  s'é- 
lança au  travers  des  ennemi^:.  Les  serpcns  s'é- 
lancent. Le  chien  s'élança  sur  lu\  Son  cheval 
s'éïi.nt  élaiïcé. 

Il  est  aussi  neutre,  et  alors  il  n'est  d'asage 
qu'à  l;i  troisième  personne,  et  se  dit  De  la  dou- 
leur aiguë  que  l'on  souflVe,  pareille  à  celle  que 
fait  sentir  la  pointe  d'une  aîgtiille  ou  d'une 
fclêne.  Cela  m'élance.  Je  sens  quelque  chose  qui 
m^élance.  Le  doiqt  m'élance. 

Klascé,  ÉE.  participe. 

11  se  dil  en  termes  de  Blason,  d'Un  cerf  cou- 
vert. D'azur  au  cerf  éhincé  d'or. 

II  est  aussi  adjcctU',  et  se  dit  proprement 
d'Un  cheval  qui  a  natiuellement  le  boyau 
étroit,  ou  qui  est  devenu  eîïlanqné  par  le  tra- 
vail, ou  faute  de  nounitnrc.  Vn  cUeval  élancé 
et  haut  sur  jamhes.  De  vieux  chevaux  maigres 
et  élances. 

U  se  dit  par  dérision  d'Une  personne  qui  a  la 
taille  trop  cffilt'c.  Oe^t  nue  (jrande  crétUttre 
ilancée. 

On  appelle,  Un  arbre  élancé ^  Un  arbre  qui 
B  beaucoup  de  hauteur  et  peu  de  grosseur;  et 
Unt  branche  élancée.,  Une  branche  longue, 
peu  i^rosse  à  proportion,  et  dégarnie  d'autres 
branches. 

ÉL^VRGIR.  V.  a.  iteiuirc  plus  brge.  ÈUrfjir 
un  pourpoint.,  des  souliers^  un  justaucorps. 
Êlarqir  une  chambre,  nue  allée.,  un  parCy  un 

Ou  dit  De  quciqu'ini ,  qnfl  sélarqitj  pour 
Jive  ,  qu'il  prend  plus  de  ic^T.iin  ,  d'espace, 
qu'il  étend,  qu'il  agrandit  sa  terre,  son  parc,  etc. 
«ïoit  par  acquisition  ou  aulremerrt.  Il  s'ct^tclart^i 

du  côte  de Le  grajid  chemin  Ccmpcche  de 

s'clarqir. 

Ki,Ancin ,  signifie  aussi ,  Mettre  hors  de  pri- 
son. //  avait  été  mis  en  prison  pour  dettes^  on 
Va  élargi.  Il  a  été  cJargi  à  caution. 

On  dit  en  termes  de  Gravure,  Elargir  les 
tailles,  pour  dire,  Rendre  les  tailles  plus  laides. 

S'Éi.Annin.  Devenir  plus  large.  Le  chemin 
s'élargit  en  cet  endroit,  l'a  en  s' élargissant. 

On  dit  aussi  rrcutralemcni»  La  fice  lui  est 
élargie.  Il  est  familier. 


ELE 

Élatïci,  ie.  partiripe. 

ÉLARtMSSKMIîNT.  s.  m.  AuRmeulation 'de 
largeur.  fAanjissement  d'un  canal,  dune  ri- 
vière, d'une  allée,  d'une  route  dans  une  forêt, 
d'un  chemin,  d'une  rue.  Il  n'est  guère  d'usage 
que  dans  ces  sortes  de  phrases. 

Il  signiGc  aussi.  Délivrance  de  prison.  Tï 
poursuit,  il  a  obtenu  son  élargissement ,  l'élar- 
gtssement  de  sa  personne.  lUargissement  pro- 
visoire. 

ÉLARGISSURE.  subst.  f.  La  largeur  qu'on 
ajoute  .1  un  habit,  à  un  meuble,  pour  le  ren- 
dre plus  large.  L'élargissure  d!un  corps  de  jupe, 
d'une  robe,  etc. 

LLASTlCrrK.  s.  f.  Propriété  par  laquelle 
uti  corps  est  élastique.  L'é/iï.-.dVi'té  de  iair. 

ELASriQUi-;.  adj.  des  2  genres.  <^>ui  a  du 
ressoit,  qui  fait  ressort,  c'est-à-dire,  qui  ayant 
été  romprimé  se  rétablit  de  lui-même.  Corps 
élastique.  U  signifie  aussi.  Qui  produit  le  res- 
sort, 1  élasticltc.  Force  ou  vcitu  élastique,  c'est- 
'i-dirc,  La  qualité  par  laquelle  un  coqis  fait 
ressort. 

ELE 

ELÉAGNUS.  s.  m.  Arbrisseau  dont  i!  y  a 
plusieurs  espèces,  une,  entre  autres,  qu  on 
nomme  Obt-icr  de  Bohème,  Son  fniîl  est  sem- 
blable h  celui  de  l'olii'ier. 

ÉLECTEUR,  s.  m.  Celui  qui  élit.  Les  Élec- 
teurs s* assembleront  demain. 

Il  se  dit  surtout  Des  l^lecteiu^  de  l'Empire. 
L^Êlecteur  de  Cologne.  L^ Électeur  de  M ayenee, 
L'Electeur  de  Bavière.  L''£lccteur  de  Saxe. 

Ou  appelle  £/ecti  ic8,  La  femme  d'un  Elef- 
leur. 

ÉLECTIF,  rVE.  adj.  Oui  se  fait  par  éle€- 
lion.  Le  Pape  e^it  électif  Roi  électif.  L'Kvêque 
de  Strasbourg  est  un  hvcqne  électif.  L'Arche- 
vêque de  Cologne  est  un  Archevêque  électif. 
Abbé  électif. 

On  appelle  Royaume  électif.  Le  Royaume 
où  le  Roi  se  fait  par  élection. 

ÉLECTION,  s.  f.  Action  d'élire.  Choix  fait 
par  plusieurs  personnes.  Corps  ou  Communes, 
au  concours  des  suffrages.  Faire  une  c'ïerdon. 
Approuver  y  con^r mer  une  élection.  L'élection 
de  l'Empereur  se  ft  un  tel  jour.  Il  dtnna  sa 

voix  pour  Vélection  de Assister  à  um  clcc- 

tion. 

On  dit  e:i  termes  de  Pratique,  Faire  élection 
de  domicile,  jour  dire,  Marquer  un  lieu  où 
l'on  recevi  ,1  le»-  assiguatioos  cl  autres  actes  ju- 
diciaires. 

IxECTioTï,  signifie  aussi  Un  Tribunal  cora- 
p)sé  de  plusieurs  Officiers,  comme  Présîdens, 
Élu»,  etc.  pour  juger  les  diflérens  qui  concer- 
nent les  Tailles,  les  .\ide5  et  les  Gabelles.  /(  « 
été  assigné  à  l'Election,  condamné  j)ar  l'Elec- 
tion. Sentence  de  l'Election. 

IClectioîi,  signifie  aussi  Toute  IVtendue  de 
pays  qui  est  du  r.  ssort  de  ce  Tribunal.  Les  dê- 
partemens  da  TailLs  se  font  par  Elections, 
Cette  Election  porte  tant.  Vne  Election  qui  est 
I  bien  chargée,  (irande  Election.  Petite  Election. 
Cette  Election  est  composée  de  tant  deParoissei. 


ELE 

On  apïîcllc  Pays  d'Election,  par  opposition 
aux  l'ujs  d'Ktal, Celui  dont  toute  raJniiuibtia- 
tion  est  «•uuinisc  ik  l'Iuteiidant. 

ÉLECTUlïAL,  ALE.  adj.  Qui  oppaiticnt  i 
rEleclcur,  aux  Électeurs.  Coîlégc  f.lccturai 
Botwet  Electoral.  Son  Altesse  Electorale. 

On  donne  le  titre  de  Prince  Electoral  au 
(i!s  aiuu  d'un  iJcctcur. 

i:i,ECTORAr.  s.  m.  1^  dij^nitc  d'Électeur. 
L'Electoral  dans  l'Empire  est  la  ^  lus  grande 
dinnitc  après  celle  de  l'Enif-creur^  et  du  Roi 
des  îlomains. 

Il  signifie  aussi  L'étendue  de  pays  à  laquelle 
•3t  alljchê  uu  titre  d'iilcctoral.  Dan*  fout  l'E- 
lectoral de  Trêves. 

ÉLECTHICITÉ.  s.  fera.  Propriété  des  corps 
<*ui,  étant  frottes^  eu  attirent  d'autres.  L^élcc- 
triciié  du  verre  est  encore  plus  jvrtc  (juc  celle 
de  l'ambre. 

ÉLECrRIQCK.  adj.  des  2  genres.  U  se  dit 
De  tout  ce  qui  a  la  propriété  d'attirer  par  le 
moyen  du  froltemcnt,  ou  de  ce  quia  rapport  \ 
cette  propriété.  Corps  électrique.  Vcriu  élec- 
trique. 

ÉLECTRISER.  t.  a. Communiquer  la  vertg 
éU'Ctri4ue. 

l'LECTiiisÉ.  LE.  participe. 

ELEGTROMKTRE.  s.  m.  Instrument  qui 
sert  à  mesurer  la  force  de  l'électricité. 

ELECÏUAÏRE.  subsL  m.  EspiVe  d'opiat 
composé  de  plusieurs  ingrédiens  cJiuisis,  qui  le 
rendent  cxcsllent  et  souverain  pour  la  santé. 
L'élcctuaire  de  l'orviétan.  Un  électuaire  contrt 
U$  poisons.  Les  électuaires  sont  des  siUislancef 
en  poudre  incorporées  avec  du  mîel,  du  siiop. 
de«  extraits,  du  vin,  etc. 

ÉLÉGAM.MENT.  adv.  Avec  élégance.  Par- 
ler élégamment.  Ecrire  élcqamment. 

ELKGAKCE.s.f.  Choix  dr  mota  et  de  tours, 
doii  rcsultrnt  la  gr.iC:-  et  la  facilité  du  langage. 
Parler  avec  élcqance.  Sans  élégance.  Elégance 
sans  a  fj, dation.  L'clétjance  du  style. 

Ou  appelle  aussi  Elégance,  Un  certain  goût 
fin  et  délicat  qui  se  fait  sentir  dans  la  Peinture, 
la  Sculptur-.  l'Arc!  iircture,  cl  dans  quelques 
:iutrcs  arts.  iJèléijajice  du  pinceau  dti  Corrège. 
L'élégance  du  de>sin  }  lait  plus quehi  régularité. 

On  dit,  L'éléqaiice  de  la  taille,  pour  dire, 
I.a  grâce  et  la  uobt'.'sse  de  la  taille. 

Ellcance^cd  Mallténiatique,  si;;nifie,  .Sim- 
plicité et  facilité.  L'élégance  d'une  ^oliifion. 

ÉLÉOAiN  r,  ANTK.  adj.  Qui  a  de  l'éléganoe. 
Un  discours  élégant.  Fa':on  de  parler  éléijante. 
Tour  élégant.  Tournure  élégante.  Motéléqant. 
Termes  clégans.  Auteur  él'ijant.  Il  se  dit  aussi , 
par  extension.  De. tous  les  ouvrages  des  Arts 
susceptibles  d'élé-ance.  t  ne  parure  élé  ;ante. 

(  >n  appelle  Taiile  ér'c^unte ,  Ollc  qui  rcunil 
la  ^xikct  et  la  noblesse.  Kl  on  appelle  en  Matlic- 
malique  ,  Solutiun  élég.mte  .  Jéiiionslmlion 
élégante,  U.ie  solution  ,  une  démonsUation 
umple  et  facile. 

Et.LCA!ir  ,  »r  dit  snUuintivpïncnt  d'Ui 
Somme  r«c!:crrhé  ilao»  son  ton.  ses  manim> 
cl  u  parure.  C'est  un  élégant.  Il  a  toute  la 
tournure  d<  noi  élégant^  d'un  élégant. 


ELE 

ÉLÉGlAÇfUE.  adjectif  drs    2  -enrcs.  Qui 
appartient  ù  TElégic.  Vers  élëjiat/HM.  Poésies  î 
élégiiiquei.  Pcetes  clégiaques.  \ 

Il  se  dit  principalement  IVs  vers  et  Auteurs 
[.alins  ou  Grecs.  Tihulle,  Ovide,  et  Propercc 
•■ont  les  p^-us  connu-i  des  Poètes  élêgiaqnes. 

ELEGIE,  subsl.  f.  Espèce  de  Poésie  dont  le 
^uJet  est  triste  et  tendre.  Elégie  amoureuse. 
Composer  nue  Elégie.  lAégic  plaintive.  Elcqic 
tendre.  L'Elcqic  Françoise  est  ordinairement 
en   l'cc:  .'tlcrundrins. 

ELh^IENT.  s.  m.  Corps   simple  qui  entre 
ilans  ia  composition  des  corps  mixtes.  Les  qua- 
tre élémens.    L'élément   du   f'ëu.  Vêlement   de  \ 
l'eau.  L'élément  de  l'air.  L^élément  de  la  terre.  ' 
Elément  chaud  et  sec.  Elément  froid  et  hu- 
mide, etc.  Le  mélange  des  élémens.  Le  combat  , 
des  élémens.  La   contrariété   des  élémens.  Les  i 
Cartésiens  n'admettent  que  trois  élémens.  \ 

On  dit  (l^uxément ,  quX'n  homme  est  dans  ' 
■on  é.'cint*M(,  pour  dire,  qu'il  est  dans  un  lieu, 
dans  une  compagnie  où  il  se  plaît.  On  dil  aussi, 
qu7ï  est  hors  de  son  élément ^  Quand  il  est 
dans  un  lieu,  dans  uue  compagnie  ou  il  ue  se 
plail  pas.  Quand  il  est  û  Paris,  il  est  dans  son 
élément.  Quand  il  n'est  pas  à  la  Cour,  il  est 
hors  de  son  élément. 

On  dit  encore  Des  choses  à  quoi  une  per- 
sonne s'adonne  et  se  plaît  le  plus  ,  que  C'est 
son  élément.  La  chasse  est  son  élément.  La 
guerre  est  son  élément.  L'étude  est  son  eîé- 
m£nL 

Ellmens,  au  pluriel,  se  dît  Des  principes 
d'un  art  ou  d'une  science.  Les  élément  de  la 
Géométrie  y  de  la  Grammaire.  Apprendre  les 
élémens  d\ine  sctance.  Il  en  est  encore  aux  élé- 
mens^ aux  premiers  élémens. 

On  dit,  quX'n  homme  n'a  pas  les  premiers 
clémens  d'une  science,  pour  dire,  qu'il  n'en  a 
aucune  counuissance,  qu'il  y  est  extiémeraenl 
ignorant.  ' 

Elémens  ,  en  Cliimic .  ce  sont  Les  parties  les 
plus  simples  dont  les  corps  sont  composés.  Ce 
mot  est  synonyme  de  Principes. 

ÉLÉMENTAIRE,  adject.  des  2  genres.  Qui 
j|:'p;irticr.t  .'i  un  élément  ,  qui  constitue  Iclé- 
nicnl.  Les  corps  élémentaires.  Le  jeu  élément 
laiie.  Parties  élémentaire:.  Les  qualités  élé- 
mentaires. 

On  appelle  Géométrie  élémentaire.  Les  élé- 
nirn&de  Géomérric;  et  en  général,  Un  cuiTage 
élémentaire ^  Un  ouvrage  qui  contient  les  élé- 
aieiH  d'une  science. 

i;LÉ>n.  subst.  m.  Résine  d'Amérique,  qui 
découle  d'un  arbre,  et  qui  entre  dans  )a  com- 
|>otition  des  cmpl.1tr?5  et  des onguun^  éniollii.ns , 
résolutifs .  détersifs,  etc. 

ÉLKOSACCMARUM.  subst.  masc.  Ccst,  en 
t  Jiimic,  une  liuilc  essontiellc,  incorporée  avec 
du  sucre. 

ELI^PIIANT.  s.  ni.  Le  plus  grand  des  qua- 
■  Iruprdes,  qui  a  une  trompe,  et  dont  les  dents 
principal'*s,  quand  e  les  sont  détacliécs  df  la 
gueule  de  l'anim.il,  s'ap{)'?llcnt  tvoire.  Monter 
un  éléphant.  Gouverner  un  èlépf.ant.  On  se 
teivûit  autrefois  des  éléphans  ù  la  guerre^  et  on 


ELE  4-i> 

s^en  sert  encore  dans  les  fudcf^  Orientale)^  tin 
même  nage.  I)ie-.^er  un  éléphant. 

On  dit  provethi  ilcment.  Faire  d'une  mou- 
che un  éléphant,  pour  dire,  Altribuet  à  une 
chose  plus  d'inipnrlaiice  qu'elle  ne  mériie. 

ÉLÉIMIAMIASIS.  s.  fém.  Espèce  de  lèpre 
qtii  rend  la  peau  ridée  comme  ccll-  de  l'élc- 
pliant. 

ELKPHAS.s.ni.  Plante  labiée eten  ma$<fiie, 
ainsi  nomméi; ,  parce  que  sa  lèvre  supérieure  a 
quelque  rapport  avec  la  trompe  d'un  éléphant. 
On  en  ignore  les  projjriétés. 

ÉLÉVATION,  s.  f.  Exi.aussement.  Il  [nul 
donner  p/ii$  d'élévation  à  ce  p/tmc/jcr,  (i  rvtle 
muraille.  Une  t'/cfo(ion  de  quinze  à  svlze  pieds 
sous  poutre. 

On  dit,  Elévation  de  lerroin,  ou  simple- 
ment A/eVation,  pour  dire.  Un  t:rrain  élevé, 
une  éminencx.  Il  monta  sur  une  élévation.  Une 
élévation  bornoit  la  vue  de  ce  ciité  là. 

lÙLtVATlOV  ,  sr  dit  aussi  p.ir  opposition  à  Plan 
géométral,  et  signifie,  Iteprésenlalinn  d'une 
face  de  bâtiment  dessinée  aucrayo:i,ii  la]>lnme, 
gravée  au  burin,  etc.  L'élévation  du  Portail 
d'une  Eglise.  Elévation  de  la  face  principale 
d'un  Palais,  d'une  maison,  d'un  hitliment. 

On  dit,  L'é/éy<ition  de  Vllostic.  ou  siinplc- 
raentL'c/étiitton,  Quand  le  Prêtre  clùvc  l'IJoitie 
^  la  Messe.  On  ctoit  à  l'élévation. 

Les  Matliématicicns  appellent  Elsivation  du 
Pôle  ^  et  simplement  Elévation,  La  hauteur 
du  pôle  sur  riiorizon.  A  tant  de  degrés  délé- 
■jatinn. 

En  termes  de  Médecine,  on  diî,  L'éI«'fl(i'or. 
(M  pouls  y  pour  dire.  Le  nmn  veinent  du  pouls, 
lorsque  le  hatlement  rst  pliîs  ii  it  qu'à  l'ordi- 
naire. 

Élkvatios  ,  signifie  figurémeat^  Conslilu- 
liou  eu  dignité.  Depuis  qu'il  est  dans  ce  degté 
d'élévation.  Il  lui  doit  son  élévation.  Dan r-  cette 
prodigieuse  élévation. 

Il  signifie  aussi  L'action  de  s'élever.  H  r, 
iMincu  tous  les  obstacles  qui  s'opposoicnt  à  son 
élévation. 

Il  se  4il  aussi  Des  niouvemf  ns  vifs  cl  atT  r 
lueux  de  l'Ame  vers  Dieu  ,  et  de  ccilaincs 
prières  qui  excitent  ces  mouvemens.  LV/lV.iÏiok 
à  Dieu.  L'clèvulion  du  Citur  à  Dieu. 

Il  signifie  aussi,  Grandeur  d'âme,  noblesse' 
de  sentimcns.  //  a  beaucoup  d'élévation  dans 
l'thne.On  remarque  urc  grande  élévation  dans 
ses  senlimen.v,  dans  ses  p'rnsées.  Cela  vient 
d'une  grande  élévation  d'âme. 

On  dit,  qu'Un  homme  a  beaucoup  Releva* 
tion  d'esprit,  dam  l'esprit.,  pour  dire,  qu'il  a 
un  esprit  sublime  et  capddc  des  plus  grande^ 
choses. 

Il  se  dit  aussi  De  la  noblesse  et  de  la  subli- 
mité du  5t)le. //  y  a  beaucoup  d'élévation  dans 
son  style.  Un  discours  simple  et  sans  aucune 
élévation. 

On  appelle  Elévation  de  voix ,  Le  passage 
d'un  ton  ù  iHi  ton  plus  haut.  On  juqea  qu'il 
êtoit  en  colère  à  l  élévation  de  :a  voi.x.  Il 
y  a  des  élévations  de  noix  nécetsaires  dans  la 
déclamation. 

Go. 


476  ELE 

KLÉVATOIRE.  s.  m.  Ce  mol  'dé*i:;iie  Un 
înstruinent  de  Chirurgie,  dont  on  se  sert  pour 
relever  les  os,  coninie  ceux  du  crJnc,  etc.  lors- 
qu'ils o.it  t'tô  enfoncés. 

|'';LI::VK.  s.  nlsciple  c|ui  :i  vté  instruit,  formé 
par  quelque  Maitrc  en  l'art  de  Peinture,  .Sculp- 
ture ,  Arcliilcclurr  ,  etc.  C'est  Vêlève  d'un  tel 
Peintre,  d'un  tel  Sculpteur,  d'un  Ici  Archi- 
tecte. Un  Peintre  qui  a  (ait  de  hoiis  élèves^  de 
bonnes  éîèvL's. 

On  dit  p.ir  extension,  C'est  mon  élève,  pour 
dire,  C'est  un  lio.ume  que  j'ai  instruit.. 

l'XKVi^^K.  V.  a.  Hausser,  nicUn;  plus  haut. 
porter  plus  haut,  rendre  plus  iinur,  faire  mou- 
ler plus  haut.  Klevcz  davantaqe  ce  chandelier , 
ce  tableau,  ce  d^ûs,  Ce-tnur  n'a  (jue  sept  pieds, 
il  faut  l'éle'^cr  encore  di  trois  pieds.  Elever  de.^ 
eaux  pour  faite  des  jets  d'eau,  des  cascades^ 
etc.  S*clever  en  l'air.  S*élcver  en  haut. 

Ou  (lit,  Elever  sa  voijL-,  pour  dire,  Parler 
plus  liant  qu'à  l'ordinaire;  et  figurémcnl,  Ele- 
ver son  style ^  pour  dire,  Preiuîre  uu  slyle  plus 
noble. 

On  dit,  en  levmcs  de  (îc^oriM^trie,  Élever  uni 
perpendiculaire,  jour  dire.  D'un  point  pris  sur 
une  ligue  mener  une  pcrpcndieiil  iiic  à  ccltfl 
ligne. 

On  dit.  que  Le  soleil  élève  les  vapeurs^  pour 
"dire,  qu'il  les  attire  en  liant. 

Où  dit  figurémcnt,  Elever  son  crur^  son  es- 
prit, son  urne  à  Dieu,  pour  dire.  Port .r  ses 
pensées,  ses  dé.sirs  vers  Dieu. 

On  à\'  nussi  figurc-meut  :  Elever  ijuclrjuur. 
tiux  charge::,  aux  dignités^  aux  donneurs.  La 
faveur  l'a  élevé  de  bien  h.is.  Dieu  élève  les  uns, 
et  ahaisse  les  autres.  Et  on  dit  encore,  Elever 
ijuelr^u'un  ati-de/sus  des  autres,  pour  dire  ,  Lui 
donner  la  supériorité  «ur  les  autres.  Elever 
auehjuun  jusqu'atu;  nues.  Jl  lui  a  donné  des 
louanijes  excessives,  il  Va  élevé  jusqu'au  Ciel 
Il  la  élevé  au-dessus  de  tous  les  autres. 

On  dit,  Elever  le  cœur^  Vâme,  le  courage. 
l'esprit,  les  scnlimens. 

ÉLKVEn  ,  signifie  aussi,  Construire,  biîlîi-, 
dresser,  erîj^er.  Elever  un  bâtiment,  un  mur, 
un  pavillon.  Elever  un  parapet  à  hauteur  d'ap 
put.  Elever  des  autels.  Elever  une  statue.  Elever 
une  pyramide,  un  obélisque.  Elever  des  trophées. 

On  dit  li^Mi\Jraent,  Elever  autel  contre 
autel,  pour  dire,  Faire  un  schisme  ou  une 
division  dans  l'Église  ou  dans  quelque  Com- 
munauté. 

On  ledit  en  d'autres  matières,  pour  dire, 
Opposer  "jnc  nouvelle  puiss;ince  à  une  puis- 
«ance  déjîi  t'ia-'jlîi;. 

ÉLEVicn  ,  signifie  aussi,  îfourrir  un  enfant 
jusqu'à  ce  qu'il  ait  acquis  une  certaine  force. 
Cette  femme  a  eu  plusieurs  enfans,  mais  elle 
n'en  a  pu  éleva-  aucun.  Cet  enfant  est  faible,  il 
sera  malaisé  à  élever.  Elever  par  charité. 

On  le  dit  aussi  Des  autres  animaux,  et 
môme  des  arbres  et  des  plintes.  Les  paons  sont 
Dialaisés  à  élever.  On  ne  saurait  élever  de  ces 
ommaïuCf  de  ces  otscauxlii  en  ce  pays-ci.  J'ai 
pris  de  la  pei:ie  à  élever  ces  piaule.,  res  fleurs ^ 
ces  athrca. 


Il  signifie  figuîiîment,  Instruire,  donner  de 
-.l'éducation,  Elever  la  jeunesse,  Vélever  dans  la 
crainte  de  Dieu.  C^est  un  tel  qui  a  élevé  ce 
Prince.  Son  père  Va  fait  élever  par  des  gens 
sages  et  vertueux.  Il  a  été  élevé  dans  la  bomu 
i.eUgîon.  Il  a  eu  le  malheur  d'être  éhvê  dan 
l'hérésie.  Il  a  été  élevé  avec  un  tel. 

S'ÊLEVEH  ,  avec  le  prouoni  pcisoniuJ.  Ou 
dit,  qu'Une  tempête,  qu'un  orage  s'est  élevé, 
pour  dire,  (ju'II  est  survenu  une  tempête,  un 
ora;^c. 

On  dit,  que  Les  vapeurs  s'élèvent  de  teric , 
que  les  j'iimécs  s^élèvent  au  cerveau,  pour  dire, 
que  l.cs  vapeurs  se  portent  en  liant, que  les  fu- 
mées se  portent  au  cervctu. 

On  dit  fi.'.urément  linns  le  même  sens  :  /! 
s'elcva  un  bruit  dans  Vus:" emblée.  Une  di.'ipute. 
une  sédition  s'est  élevée.  En  ce  temps-là  il  s'é- 
'.eva  des  sectes  nouvelles  ^  des  héiésies,  etc. 

On  dit,  S'élever  contre  quelqu'un,  pour 
d\rc,  Se  déclarer  contre  lui,  ccnfrc  ce  qu'il  pro- 
pose. Dès-  au'il  eut  ouvi'it  son  avis,  tout  le 
monde  s'éleva  conti'c  lui. 

S'i'.LEVEu,  se  dit  aussi  dans  le  l;mg^j;e  de 
l'Kcriture,  pour  dire,  Accuser,  porter  téinoî- 
gnage.  Les  Niuivites  s'élvcront  au  Jugement 
contre  les  Juifs.  Le  ûls  s'élèvera  contre  le  père. 
Mou  peehé  s'élèvera  contre  moi, 

S'Éi.EVEn,  se  ilit  aussi  pour  S'enorgueillir 
Vous  avez  beau  le  louer  ^  il  ne  s'en  élèvera  pas 
davantage. 

.•^'ÉLEVEn  ,  se  dit  encore  au  neutre,  et  avec 
!c  pronom  personnel,  eii  pnrl.tnt  De  la  peau, 
pour  dire,  i;u'll  y  survient  <U  s  lini  es,  des  pu!^ 
tules.  La  moindre  rhosc  lui  fait  élever  toute  la 
peau  y  fait  que  toute  sa  peau  s'élève. 

Élevé,  ée.  participe. 

On  dit,  Avoir  le  pouls  élevé^  pour  dire, 
Avoir  le  mouvement ,  le  battement  du  pouls 
phis  vif,  plus  fort,  plus  fréquent  qu'à  l'ordinjure. 

ÉLEVURK.  s.  f.  Petite  bubc  qui  vient  sur 
Irj  peau.  Il  a  le  visage  plein  d'élevures.  Les  per- 
sonnes sanguines  sont  .sujettes  à  avoir  des  de- 
vui  es  sur  la  peau. 

EU 

KMCTROÏDE.  adj.  Terme  d'Anatomie,  qui 
se  dit  d'une  meud>rane  des  tcsliouli-s.  La  mem- 
brane élirtroide. 

EIJDER.  V.  a.  Faire  une  élisîon,  retrancher 
une  vovelle  finale,  la  supprimer  dans  lécrituni 
ou  dans  la  prononciation  en  François.  On  met 
une  apostrophe  dans  l'écriture  à  lu  place  de  l,i 
voyelle  qu'on  élide.  On  clidc  dans  la  pronon- 
ciation Vc  f''mininy  quand  H  est  suivi  d'u-u- 
î  cycîle  ou  d'un  h  muet- 

H  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Cette  lettre  s'élide,  pour  dire.  Souffre  cUsiou. 
pn  écrit  5 'i7  vient,  pour,  Si  il  vient. 

ICltdé,  ée.  participe. 

f:iJGlBlUTÉ.  s.  f.  Terme  de  Droit  Cann 
nique.  C;ip,iritc  d'être  élu.  Il  lui  fiut  un  Brcj 
d'éligibilité  pour 

ÉLIGini.i:.  ûdjeci.  des  2;  genres.  Qui  peut 
dtrc  elu.  //  c.<t  éligible  par  sa  naissance ^  mais 
il  ne  l'est  peint  par  wn  Jnc. 


ELL 

ÉLIMER,  s'ÉLIMER.v.qui  s'emploie  avec 

le  pronom  personnel,  et  qui  signifie,  S'user  à 

force  d'être  porté.  Celte  étoffa  s'est  élimée  en 

moins  de  rien.  Cet  habit,  ic  /iune  est  tout  élimé. 

hUMi: ,  EE.  parlici|)e. 

ELIMINER.  V.  a.  (Ihasser,  expulser,  mettre 
dehors.  Il  faut  éliminer  les  impor tuns.  Ce  y erhc 
est  peu  usité. 

Er.niïNÉ,  ÉE.  participe. 
ELIRE.  V.  a.  (Il  se  conjur^ue  comme  Lire.) 
Choisir,  prendre  par  préférence,  nommer  à  une 
iii;;nilé,  à  unecliar^o,  à  une  place  par  le  con- 
cours des  sufiTruges.  Elire  au  sort.  Élire  à  la 
pluralité  des  voi.c.  EUre  un  Pape,  un  Roi,  un 
Empereur.  Elire  le  plus  digne.  Élire  un  Ma- 
gistrat. Elire  un  tuteur. 

Éu»E,  se  dit  aussi  en  parlant  De  la  GrÂcc. 
Ceu.r  que  Dieu  a  élus,  il  les  a  prédestinés. 

On  dit.  Elire  sa  sépulture^  pour  dire,  Mar- 
quer le  lieu  où  l'on  veut  être  enterré. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  EUre  domi- 
cile, pour  dire,  A.ssigner  un  lieu  ccrtnin  et 
ronnu,  où  tous  les  actes  de  Justice  puissent 
t-tre  signifiés. 

Élu,  ue.  participe. 

ÉLÏSIO.N.  s.  f.  Suppression  d'une  voyelle 
finale  à  la  rencontre  d'une  autre  voyelle.  L  cli- 
(ion  se  marque  en  François  par  une  apostrophe , 
romnie  en  ces  mots,  L'urne,  qu'elle,  s'i7. 

Dans  la  prononciation,  il  se  fait  beaucoup 
irélisions  qui  ne  se  marquent  pas  dans  l'écri- 
lure,  comme,  Il  marche  après  lui.  On  ne  pro- 
nonce pas  l'c  final  de  marche,  et  on  l'écrit.  U 
le  fait  plusieurs  élisions  dans  la  prononciation 
ïamilière ,  qui  n'ont  pas  lieu  dans  la  pronon- 
tinlion  soutenue. 

ÉLÏTE.  sulist.  f.  Ce  qu'il  y  a  d'excellent  en 
iliaipic  genre  ,  et  de  plus  dii;ne  d'être  choisi. 
Troupe  d'élite.  Soldats  d'élite.  L'élite  de  la 
f^ohlessc.  L'élite  de  l'armée.  Il  a  eu  Vélîte  de 
toutes  ces  marchandises.  J'ai  eu  Vclitc  de  sa 
\ivres ,  de  sa  hihhoihéque. 

ÉLIXATION.  s.  f.  Terme  do  Pharmacie. 
Dpération  par  laquelle  on  fait  bouillir  un  rc- 
fiïide  dans  une  liqueur  convenable,  et  à  petit  feu. 
ELIMR.  s.  m.  Liqueur  spiritueuse  exU'aile 
il'une  ou  plusieurs  substances.  C'est  la  menu; 
rhose  que  ce  que  l'on  nomme  Teinture,  Ouin- 
'essence j  Extrait;  c'est  la  substance  la  plus 
punr  que  l'on  lire  de  certaines  choses.  E.rccl- 
lent  élirir.  Précieu.x  èlivir.  Tirer  Vélixir  de 
'juelque  cJiosc.  Elixir  de  propriété. 

Il  se  dit  aussi  nu  figuré  ,  De  ee  qu'il  y 
I  de  meilleur  dans  un  discours,  dans  un  ou- 
vrage. 

E  L  L 

ELLE.  Pronoin  personnel  féminin.  Il  est 
toujours  relatif.  Elle  fait,  elle  dit ,  elles  vont . 
elles  parlent,  elles  viennent. 

Ce  pronom  se  met  pour  l'ordinaire  înimcr. 
dialcmenl  devant  le  verbe,  sans  qu'il  y  f.it  rie» 
entre-deux,  si  ce  n'est  des  particules  cl  des 
pronoms  personnels,  comme  :  Elle  nous  dit. 
Elle  lui  parla.  Elles  ne  veulent  pas.  Elles  nn- 
sero'icnt.  Elle  n'en  veut  pas.  Elle  y  veut  alkr. 


ELO 

Quelqiicfuis  aussi  on  interpose  clcj^ainineul 
quelques  mots  entre  ce  pronom  et  le  verbe 
£iïc,  sans  s'embarrasser  des  suites  ^  prend  le 
parti  th...  Elle,  ifui  se  prétend  si  sage^  a  fall 
pourtant  une  jolie, 

\\  se  met  aussi  immédiatement  aprt's  le  verbe 
dans  les  interrogations  :  Que  fait-elle  /  Oii  sont- 
elles?  Dort-elle?  Ricnt-cUes''  ou  mcnie  sans  in- 
terrogation ,  tjuand  le  verbe  est  précédé  de  quel- 
que adverbe  ou  de  quelque  interjection.  A!ors, 
dit-elle. 

ELLÉBORE,  s.  m.  Herbe  médicinale  qui 
entre  dans  beaucoup  de  remèdes ,  et  que  les 
^ucicDs  ont  cru  propre  à  guérir  la  folie.  Ellé- 
bore hlanc.  Klléhore  noir. 

On  dit  provcrbialem.  quUn  hommcahc:oin 
d'ellèhorc,  pour  dire,  qu'il  a  l'esprit  tioul»!', 
et  qu'il  n'est  pas  en  son  bon  sens. 

Ellkuore  BLANC,  OU  VÉrathum.  S.  masc. 
Plante  dont  on  connoît  plusieurs  espi'^ccs.  On 
n'emploie  guùre  en  Médecine  que  celles  dont 
les  fleurs  sont  rouges,  cl  principalement  dans 
les  maladies  qui  viennent  d'une  afiection  mé- 
lancolique, connue  la  folie  et  autres  maladies 
qui  ont  le  ni^me  principe.  L'ellcbore  hhwc 
purge  violemment  par  haut  et  par  bas. 

ELLKBonE  Noin.  s.  m.  Il  y  ,en  a  de  plusieurs 
espèces,  dont  qncluues  -  unes  sont  cultivées 
dans  le»  jardins,  parce  que  la  fleur  en  e^t  assez 
belle.  Toutes  le.-»  espèces  d'Elléhore  noir  pur- 
gent avec  violence,  et  ou  ne  les  emploie  qu'avec 
quelque  correctif  pour  en  tempérer  l'clli  l. 

EI-LÉBORINE.  s.  f.  Plante  ainsi  nommée. 
parce  que  plusienr»  de  ses  espèces  oui  les  feuilleiî 
semlilables  j  celles  de  TEllébore.  On  n'en  fiiit 
Mucun  usage  en  ^Tédccine. 

ELLIPSE,  s.  f.  Terme  de  Grammaire.  Rc- 
irancliemcut  d'un  ou  de  plusieurs  mots,  qui 
seroieut  nécessaires  pour  la  régularité  de  la 
a^nstructlon ,  mais  que  l'usage  permet  de  sup- 
primer. <^uand  on  dit,  la  Saint-Jean^  pour 
dire,  lu  fête  de  Saint  Jean,  c'est  une  ellipse; 
//  a  pris  sur  lui  d'attaifuer,  c'est  une  ellipse; 
pour  dire  ,  Le  rwijne  d'atta(pter.  Quand  vicn- 
dra-t-il.^  Demain.  On  sons-entend,  il  viendra. 

Elliï»se.  Terme  de  Géomdtrie.  Courl>e  qu'on 
furnie  en  coupant  obliquement  un  cône  droit 
pai  un  plan  qui  le  traverse  entièrement.  Pro- 
finetè  de  VelUpse.  L'ellipse  a  deux  foyers. 

ELLIPlinCE.  adj.  des  2  genres.  Qui  lient 
de  l'ellipse.  Façon  de  parler  eUipti(iue.  Fiqurt 
flliptiqui:  Langue  clliptiipie,  pour,  Langue 
qui  fait  uu  fi-équeut  usage  de  relli|>se. 

ELM 

ELME.  (FEU  .S.)  s.  ni-  >'oni  qu'on  donne 
à  certains  feux  qui  yoUigcnt  sur  la  surface  des 
eaux  .  qui  s'allaclient  quelquefois  tiux  mâl> 
d'un  vaisseau,  et  <|ui  paroïv^ent  ordi.iaircnichl 
apiV'S  une  imqïéic.  Les  Anciens  1.^  nommoieui 
Castor  et  Poltiix. 

ELO 

fcLOClvnoN.  s.  f.  C'est  la  partie  de  la  Rhé- 
torique qui  a  pour  objet  le  clioix  et  l'arrange- 
ineot  des  nmis.  Il  se  prcnil  communément  pour 


ELO 

La  manière  dont  ou  s'exprime.  iLloaition  uctlty 
élegantCy  belle,  noble,  simplcj  sublime^  f^f/"' 
ree,  pure,  claire.  Cet  Auteur  a  beaucoup  de 
noblesse  dans  son  élocution.  Elocution  foihle, 
languissante,  triviale,  embarrassécj  confuse. 
Traité  de  Vélocutton. 

ÉLOGE,  s.  masc.  Discours  à  la  louange  de 
quelqu'un,  l.lûgc  pompeux,  magnijujuc.  Il  a 
fuit  Vélogc  d'un  tel.  Elnge  funèbre. 

Il  se  prend  aussi  quelquefois  pour  De  sim- 
ples louanges.  On  a  fait  de  grands  éloges  de 
lui.  Kn  prétendant  le  Marner,  vous  faites  son 
éloge.  Donner  des  éloges. 

ÉLOt;E,  se  dit  aussi  Des  clioses.  Elcgc  histo 
riifue  d'une  Ville.  Syncsius  a  fait  l'éloge  de  lu 
pauvreté,  Favorin  de  la  Imdeur ,  Erasme  de  ht 
folie,  etc. 

ÉLOIG^'KMEN'T.  s.  m.  Action  par  laquelle 
on  éloigne,  on  s'éloigne,  ou  l'eftct  de  cette  action. 
Ce  Prince  a  rétabli  ses  affaires  par  Véloiqne- 
ment  du  Ministre  qui  le  trompait.  L'éloigné- 
ment  des  occasions  du  péché.  Il  a  eu  ordre  de 
se  retirer  de  la  Cour  j  et  depuis  son  éloignc- 
mcnt...  Durant  son  éloignement. 

Il  signifie  aussi.  Antipathie,  aversion,  soil 
(our  les  personnes,  soit  pour  les  clioses.  Il  a 
de  l'êloignemcnt  pour  cet  honime~là.  Il  a  dt 
V éloignement  pour  ce  mariage. 

Or  ditd'Un  Iiommcqui  vitdaus  une  grande 
inattention  pour  'es  cboscs  de  son  salut,  qu'il 
vit  dans  'in  grand  éloignement  de  Dieu,  dam 
un  grand  éloignement  des  choses  de  Dieu.  El 
ou  oit,  que  L^éloignement  de  Diui  est  unt 
dose  tarible,  poui-  dire,  que  L'état  d'un  pc- 
cbeur  dont  Dieu  s'éloigne,  est  déplorable. 

Éloignemknt  ,  signifie  aussi  Absence. 
Depuis  son  éloignement  de  Paris.  Triste  et  fâ- 
cheux éloignement.  Son  éloignement  n'a  pai 
duré.  Je  ne  me  console  point  de  votre  éloigne- 
ment. Vivre  dans  la  retraite.  dansVéloignenieni 
du  monde. 

Il  signifie  aussi,  Distance,  soit  delîeu,  soit 
de  temps.  L'éloigncment  de  nos  nmîson.s'  ,  de 
nos  terres j  nous  empêche  de  nous  voir  souvent. 
Cette  maison  de  campagne  est  dons  un  éloigne- 
ment  raisonnable  de  Pariy.  Il  Ç'ut  renardes 
cette  statue  f  cette  perspective  dajis  un  certain 
Éloignement.  L'éloigncnient  des  temps  est  cause 
de  l'ohscuiite  qu'il  y  a  ilans  une  telle  histoire. 

On  le  dit  Des  objets  qui  teiniincnt  la  vue 
dans  une  distance  fort  éloignée.  La  vue  est  ad- 
mirable en  ce  lieu-là  y  on  y  voit  des  coteaux, 
des  prairies  f  la  rivière  qui  serpente,  et  Pari- 
en  cloiqncnient,  dans  Véloignement. 

On  dit  d'Un  bomme  qui  n'est  pns  riclic  . 
mais  qui  a  une  graude  succession  ù  espérer  ; 
qu7/  l'Oit  de  gratith  biens  en  éloignement. 

IIloiuse-mest,  se  prend  aussi  quelquefois 
puur  Les  derniers  plan.-,  d'im  tableau.  Dam. 

l'éloigncment  on  voit  des  licrgeri^  qui Kn 

ee  sens  il  n'est  guère  d'usigc  qu'dlant  emploie 
avec  la  préposilion  Dans. 

ÈLOIGNEIi.  V.  actif.  Ecarter  une  chose  *>i 
une  personne  d'une  autre.  K/oiqi>csccIïcc/iflî'v 
i/u  /eu.  Eloignez  cette  table  de  la  fcntUrc.  Elot- 
gne:^les  Vundc  Vautie.  Il  faut  éloigner  ce  jeun.! 


ELO  477 

liomme  des  mauvaises  compagi.ies  quU  fié- 
'  quente.  Eloigner  quelqu'un  de  ses  parensy  de 
son  pays.  Eloigner  quclqu\in  de  lu  Cour.  Le 
Roi  l'a  éloigné  d'auprès  de  lui,  l'a  éloigné  des 
affaires.  On  vous  veut  jouer  un  mauvais  tour , 
èloignez-vous  pour  quelque  temps.  S'éloigner 
ce  son  pays,  ^éloigner  du  rivage.  Il  faut  s'é- 
loigner des  occasions  du  péché.  S'éloigna-  de 
son  but. 

On  dit  en  termes  de  Peintiue,  qu'r^rie/îï^tjre 
s'eloigiic  bien  dans  un  ta^lcuu,  pour  dire  , 
qu'Elle  paroit  fort  éloignée. 

On  dit  figurémcnt  :  Eloigticz  de  vous  ces 
mauvaises  pensées.  Prions  Dieu  qu'il  ê'.oigne  ca 
malheur  de  dessus  nos  têtes. 

On  dit,  qv.'Vne  personne  ne  s'éloigne  pas  de 
quelque  chose ,  pouidire,  qu'Elle  n'y  témoigne 
pas  de  répugnance,  ou  même  qu'elle  y  a  de  la 
disposition.  Il  n&  s'cloiqne  pas  beaucoup  de 
consentir  à  ce  qu'on  lui  demande.  Il  ne  varoit 
\}as  qu'il  s'éloigne  fort  de  la  proposition  qu'un 
lui  fait. 

On  dit  aussi,  S'éloigner  de  son  de\'oirj  s'é- 
loigna'du  respect  qu'on  doit  à  (ptelqu'un ,  pour 
:iiic,  Manquer  ù  son  devoir,  manquer  au  res- 
pect qu'on  doit  à  quelqu'un. 

l*'.i-OiGNEn  ,  signifie  ;iussi ,  Retarder,  diflfcrer. 
Il  a  éloigné  cet  accommodcntent .  ce  mariage. 
Toutes  ces  difjicultés  cloijuent  la  paix.  Les 
rhicunes  ont  éloigné  le  jugement  de  ce  procès. 
I.loigner  un  payement. 

Il  signifie  aussi,  Louner  de  l'aliénation.  // 
ny  a  rien  qui  éloigne  plus  IcscQ'urs,  lesesprits, 
les  affctionsj  que  les  mépris,  les  mauvais  tiai- 
temeus,  etc. 

Eloigné,  ée.  participe.  Ptiysc'/oinné.  Temps 
cloigné.  Po.itérité  éloignée. 

On  dit,  qu'Cn  lomme  est  bien  éloigné  de 
faire  une  chose  ,  pour  dire  ,  qull  n'en  a  p.is 
l'intcutiou  ou  li:  pouvoir.  Il  est  bien  éloigné  d^ 
f'.ire  ce  que  vous  dites,  ce  que  vous  souhaitez. 
Il  en  est  bien  éloigné. 

On  dit,  que  Detuv  per.sonnes  sont  fcic»  cïoi- 
gnées  de  compte j  pour  dire,  qu'Elles  sont  bien 
éloignées  de  s'accorder  ,  que  leurs  calculs  ne 
s'acrordent  pas;  et  figurément,  qu'Un  homme 
est  éloigné  de  son  compte,  pour  dire,  qu'il  s« 
trompe  dans  quelfiue  penst.'e,  dans  quelque- 
projet,  dans  quelque  prétention. 

On  appelle  en  termes  didactiques,  Causas 
éloignées,  Lcscausesqui  nesont  pasimjnédiaies. 
Ou  dit,  qii  L'mc  chose  est  fort  étoinnéc  de  la 
véritéy  pour  dire.  qu'J'.Ile  est  très-fausse. 

Ou  dit  aussi,  t'c/u  est  ô-en  éloigné  de  ma 
/'CHSce, pour  dire, Il  s'en  faut  bîen  que  je|H:n$e 
de  la  sorte. 

!';LO>'<;.ATIO>'.  s.  f.  Tcnne  d'Astronomie. 
Angle  compris  entre  le  lîcu  du  soleil  vu  de  la 
terre,  et  le  lieu  d'une  planète,  aussi  vu  de  la 
terre.  La  plus  grande  élongation  de  Vénus  est 
d'eni*iron  quarante-huit  degrés. 

f:LOQL'E.M\iEM\  adv.  Avec  élixjucnce. 
Parler  éloquemrAcnt,  Ecrire  éloquemment. 

ÉLOQUENCE,  s.  f.  L'art,  le  talent  de  bien 
dire,  d'émouvoir,  de  persuader.  Haute,  »it 
hlime éloquence.  Êioquenccmôle,r«tpid(.  Douci 


47»  EMA 

ékaiicnce,  Kloiucîtce  naturelle.  La  vrt  ic  tlo- 
rucrice.  La  /îtiisse  éio(jucm'f.  LVfrirjJien  r  de  lu 
Chaire.  Uêlofjnencc  du  Barreau.  Cd  h  tinic  a 
beaucoup  d'éloquence.  Un  discours  pic:  3  d'clo- 
quencc.  La  force  de  l'éloquence.  La  virttahlc 
èlocfucnce  consiste  encore  plus  dans  Ut  choses 
quz  dans  les  paroles. 

ÉhOQVEyr,  K?fTE.  ndj.  Qui  n  da  Télo- 
quence.  7/onime  cloquent.  Démoslhène,  Cicc- 
ron^  sont  les  plus  éh'fuens  Orateurs  de  Vanti- 
nuitc'.  Il  y  a  i-es  gens  qui  sont  uaUireUemenl 
cloquen.: 

Il  se  (Ut  iiu!=&i  '^("s  discours  et  dts  ouvrajjcs 
d'esprit.  Celte  harangue  ^  celte  pièce  est  fort 
éloquentr.  il  a  p-vnoncé  un  paucçiyritiuc  f  ri 
êloquci.t. 

ÏÎLOQt'EST,  «e  dit  iiissi  Ucs  t*nnt*s  dont  on 
se  sert  pour  s'exprt:ïi:T;  et  alors  il  sif;niût  , 
Noble,  choisi,  etc.  S'exprimer  en  termes  éh 
quens. 

U  se  dit  fîgurement  Des  larmes.  Ainsi  on  dit, 
qtir  Les  larmes  sont  éloquentes,  pour  dire, 
qu'Elles  persuadent  mieux  que  tout  ce  cju'on 
■  pourroit  dire.  Cn  dit  dans  le  même  sens,  que 
Ln  colère  eslelo(7uen(e,pour  dire,  qu'MIIcrL'nd 
cloquent.  On  dit  aussi,  5i7enctî  éloq  lent ^  geste 
éloquent  j  regard  éloquent. 

ÉLU,  s.  m.  veut  diie  en  niaiièrf;  do  Reli- 
^011.  Prédestine  à  la  vie  clernell».*.  Il  y  n  beau- 
coup d'appelés^  mais  peu  d'Elus.  Etre  dti  tiom- 
hre  des  £Itw. 

F.LU,  e«t  aussi  Un  O.iicier  d'une  Klcclion. 
dont  la  principale  fonction  est  de  juger  en  pre- 
mière inslance  des  colltcstations  sur  le  fait  des 
tailles,  aides,  et  autres  impositions.  Lca  7',/ii*; 
d'une  telle  Ville.  Une  charge  d'Ebi.  Un  office 
d'Elu. 

On  appcUf  VAue,  I.n  frmmc  d'un  i\\u. 

ÉLU(:UIïnATIO>.  s.  feiii.  Terme  didac- 
tique. Il  se  dit  d'Un  ouvrage  composé  k  force 
lie  veilles  et  de  travail.  On  ne  s'en  sert  giii're 
que  pour  de'sîgtier  des  ouvrages  d'érudilîon. 

KLUDER.  v.  a.  Eviter  avec  adresse.  Ju  lien 
de  répondre  juste,  i/  a  éludé  la  dilJiculté.  Elu- 
der les  poursuites,  les  artifices  de  quelqu'un. 
Eluder  Ut  Un. 

Éi.UDK,  tn.  participe. 

E  LY 

ÉLïSÉE.s.m.  Terme  de  Mythoiogîr.Séiour 
-Hi  il  n'y  a  d'admis  quelcsHi'ios  cl  les  Hommes 
Tcrtueux  après  leur  mort. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens ,  Les 
Champs  Elysées  ou  les  Champs  FAysïcns ;  ei 
■lors  il  est  adjectif. 

On  a  doime  à  Paris,  le  nomdcC/.unf^sf/^- 
sées,  à  des  allées  d'aihres,  qui  font  une  jïromc- 
uadc  très-belle  et  très -agréai)  le. 

E  M  A 

ÈMAlL.  s.  m.  Composition  faite  de  verre 
ealciiie,  de  sel,  de  métaux,  etc.  que  Vczi  ap- 
plique avec  le  feu  sur  des  ouvrages  d'or,  d'ar- 
^al,  de  cuivre,  de  fer,  etc.  i>our  les  embellir. 


EMA     . 

Faire  appliquer  de  Véntail.  Email  nriV,  Verf, 
rouge,  blanc,  etc.  Peintre  en  émail.  Portrait 
cn  émail. 

On  appelle  Email  use,  ('clui  qui  a  été  usé 
pour  le  r'rndre  égal  et  poli.  Il  est  opposé  à  Email 
en  relief. 

Email,  se  prend  quelpiefois  pour  L'ou- 
vrage émaillc.  Ainsi  l'on  dit  :  Des  émaux  de 
Nevers.  Il  est  curieux  en  émaux.  Ce  Peintre 
ne  réussit  pas  également  bien  dans  les  difprens 
eniaux. 

On  dit,  qu'ï/iie  porcelaine  est  d'un  bel 
émiil,  pour  dire,  que  Les  <-oiiieurs  en  sont 
vives  et  brillantes. 

Emak, ,  si^uînc  Sgurèment  el  poétiquemeiil, 
La  varit:t(î,  la  diversité  des  flenrs.  L'émai/  d'un 
■j'arîerrc.  L'ètnail  d'une  prairie. 

On  dit  (îgmémfint,  L  émail  des  (Ie?ifs,  pour 
dire,  L'éclat  drfi  deuls  fort  îdaiiclics.  !a  super- 
ficie luisante  ijui  couvre  la  partie  osseuse  de  la 
dent. 

fvMAux,  au  pluriel,  se  dit  aussi  Des  cou- 
leurs et  des  métaux  en  armoiries.  Les  pièces  de 
ces  deux  c eus  sont  les  mêmes,  mais  les  émaux 
cn  sont  diljêrcns. 

KMAILLKU.  v.  a.  Orner,  embellir  avec  de 
l'émail,  appliijuer  de  l'émail.  Faites  émailler 
cette  haque. 

Émailleb,  se  dit  ausni  figurément  et  poéti- 
quement, pour,  Orner,  embellir.  Ln  nainre 
a  émaillc  ces  prairies  d'une  variété  admira^de 
de  fleurs. 

LmauxÉ,  i':e.  participe.  Prairie  éniaiîlée  de 
ve:  t ,  dt  roiK  e,  de  bleu,  etc.  Un  parterre 
émaillé.  Des  j  j-és  ématUés  de  fleurs. 

KMAILLEUR.  s.  m.  Ouvrier  i^ui  travaille 
en  émait 

KMAILT  URK.  s.  f.  Artd'émailler.  //  dxcelJ.- 
dans  Véinaillurc. 

Il  se  prend  aussi  pour  L'ouvrage  de  TÈmail 
leur.  Emaillurc  délicate,  ijrosùvre.  Cette  émail* 
!urc  s'est  écailliC. 

KM  A  NATION,  subsl.  f.  L'action  d'émaner. 
L'émanation  du  Vcrhe.  Par  voie  d'émanation 
f^'cmanation  de  la  lumière. 

Émanation  .  se  prend  qtielquefois  pour  La 
rliose  qui  émane.  Les  odeurs  sont  des  émana- 
tions des  corps  odorans.  L'autorité  du  Parle- 
ment est  une  émanation  de  lapuismnceJloyale. 

l'-:MANCIfÊ,  ÉE.  adj.  Terme  âc  Blason.  U 
se  dit  des  partitions  de  l'écu  où  les  pièces  sont 
enclavées  Tune  dans  l'autre  en  forme  de  pyra- 
mide triangulaire. 

KAlAiNCiPATION.  s.  f.  Acte  juridique,  pai 
Ief|nelon  est  émancipé.  Lettres  d'éniarcipation  . 
ou  de  bénéjice  d'dge. 

I;IVTAN(_;IPI:h.  v.  a.  Meure  un  fils  ou  une 
fille  hors  de  la  pnis.sanec  paternelle,  ou  mettre 
un  mineur  cn  état  de  jouir  de  ses  revenus.  Se 
faire  émanciper.  Ce  père  a  émancipé  son  fils 
Cn  fils  de  famille  ne  peut  dans  le  Pays  de  Droit 
écrit,  ni  conïmcter,  ni  acquérir  pour  lui,  jus- 
qu^à  ce  que  son  père  Vait  émancipe.  lî  faut  des 
lettres  du  Prince  pour  émanciper  un  mineur 
dans  les  Pays  de  Coitiumc 

ÉMANCiPEn,  Iniîqu'iil  est  joint  avec  le  pro- 


EMB 

nom  personnel,  signifie  fif;urcment.  Se  donner 
trop  de  licence,  sortir  des  termes  du  devoir,  ne 
pas  gard'T  les  mesures  nécessaires  et  convena- 
bles i  l'état  où  l'on  est.  Vons  vow:  émancipez 
trop.  Il  s'est  un  peu  émancipé.  Il  s'est  extrême- 
ment émancipé  en  cette  rencontre.  S'émanciper 
cn  quelque  chose.  Vous  7yous  émancipez  beau- 
coup pour  un  homme  qui  ne  fait  que  de  relcwr 
fie  ninlfidîc.  Il  s'est  émancipé  à  lui  parlei'  peu 
respectueusement. 

l'^iANCiPv;,  ÉE.  participe. 

Ê^lANER.  V.  n.  Tirer  son  origine,  sortir, 
découler  de  quelipie  cbo.sc.  Le  Verbe  émane  du 
■ère  Eternel.  Le  Saint-E»prit  émane  du  Père 
et  du  Fils,  es  influences  qui  émanent  des  pht- 
néti<:,  Vn  Edit  qui  émane  de  la  puissanceRornla. 
Il  y  a  des  corpiscujes  qui  éniimetit  des  coryé 
û(?ornns,  et  qui  causent  les  odeurs. 

Emank,  ée.  participe.  Des  lettres  émanées 
du  Prince.  Vn  décret  émané  d'une  telle  Juri- 
diction. 

ÈMAWGEMEXy.  s.  m.  Action  d'émarger. 
DU  cequi*:3*'porlé  en  marge  d'un  compte,  d'un 
inémoiie.  e;c.  !  .'émargement  des  sommes  énon- 
cées. 

ÉMA^02R.  V.  a.  Porter,  arrêter  quelque 
rîiose  en  marge  d'un  compte,  d'un  inventaire. 
Emarger  les  différentes  sommes  dune  impo- 
tition. 

EMAncr,  LE.  participe 

EMB 

EMBABOUINER.  v.  a.  Engager  quelqu'mi 

par  des  caresses,  jiar  des  pai'oles  flatteuses,  N 
fuln^  ce  qu'on  souliailc  de  lui.  Celte  fjnme  Va 
emhabnuiué.  Il  s'en  lai-sé  embahouiner.  Il  est 
du  st)lc  familier. 

Ev.uAcouiNK,  VE.  participe. 

EMBALT.AGE.  s.  m.  Il  se  dit  De  l'action  de 
celui  qui  emballe,  et  des  choses  (pii  servent  û 
embalUîr.  Travailler  à  l'endyallaqe. 

KMBWJMTX.  v.a.  Empaqueter,  mettre ds'U 
are  balle.  Emballer  des  hardes,  des  livres,  etc. 

Embalt.é,  Ék.  participe. 

i::\IliALLEUK.  s.  m.  Qui  emballe  des  mar- 
chandises, des  bardes,  etc.  Allez  quérir  un 
av.halîenr. 

Il  çignifie  aussi  Un  hâbleur,  «pu  ta  fait  ae- 
croire.  Ne  croyez  pas  ce  quil  dit,  ne  vous  fies 
pas  à  ses  promesses,  c'wï  un  emballeur.  Il  est 
populaire. 

Ii^MIiAUGO.  s.  m.  Terme  de  Marine,  em- 
iminté  de  l'Espagnol.  Défense  faite  aux  vais- 
seaux niarcliands  de  sorlir  des  ports.  Mettre  un 
emhiirqo. 

EMMAUQUEMENT.  s.  m.  Action  de  s'em- 
barquer, ou  d*end)an[uer  quelque  chose.  De- 
puis nutre  emlnuquemcnl  nous  avons  ete  un 
mois  sur  mer.,  sur  la  mer.  Embarquement  de 
qcns  de  guerre.  Embarquement  de  marehgn 
dises. 

EMDAnQUr.MFNT,  se  dit  jiour  Les  frai:*  qu'il 
en  coûte  pour  emliarquer  des  marchandises. 
Cet  cinharquement  a  conté  6oO  livres. 

EMBARQUER,  v.  a.  Mettre  dans  la  barque, 
dans  le  navire,  dans  le  vaisseau.  Il  ^e  dit  l)<^ 


EMB 

boBuncft,  des  armes,  des  vivres,  dc.%  mnrclian- 
disos,  etc.  Enihar(juer  Vannée.  Emharijiier  des 
marchaniVt>:es 

On  dit.  r.mhiir(fti£r  en  gren-er y  pour,  em- 
barquer sans  cnilialler.  0/1  eniharfiue  en  gre- 
nier,  le  sel,  le  hlé,  le  biscuit,  etc. 

On  dit ,  S'enthurijuer ,  poiii  dire ,  Entrer  dans 
un  vnisseau,  on  dans  quelque  aulre  liÂtiment. 
pour  faire  route.  Nous  nous  cmluri^tiâmes  à 
Toulon. 

Embar{juer ,  signiHe  figurcmcnt,  Encnî^er  i'i 
(luclquc  chose  ,  ou  dans  queltjue  ciiosc.  Ou  l\i 
riiibiirqné  dans  une  méchante  afj'itire. 

H  s'eniploie  aussi  avec  le  pronom  personnel, 
et  signiGc ,  S'engager  5  quelque  cLose ,  s'y  .idon - 
oer.  iSV»ii»ti7(^uer  au  jeu.  Ne  vous  yemhar(juez 
pas,  si  vous  tue  croyez.  S'embarquer  dans  une 
méchante  ulJhire.  S'embarquer  trop  avant  danâ 
une  fausse  démarche. 

On  dit  figurément  et  provcrhialcmcnt ,  S'em- 
barquer sans  fciA-cui(,pour  dire,  S'engager  dans 
quelque  afTiiire,  sans  avoir  les  moyens  uéces- 
satres  pour  la  faire  réussir. 

H'M'îAHQfÊ ,  ÉE.  participe. 

EMBARRAS,  s.  m.OlïSiaclequon  rencontre 
dans  un  cliemîn,  dai.s  un  passage.  Il  y  a  tvu- 
jours  dt  T::::nharras  dans  une  telle  rue.  Vem- 
harras  des  carrosses  et  des  chai-rettes.  Grand 
embarras.  Faire  de  l'embarras.  Faire ,  causer 
un  embarras.  Se  tirer  d'un  embarras.  Eviter 
Us  embarras. 

Il  signifie  figurcment  La  confosion  de  plu- 
sieurs ch"*e»  diSicilcs  A  débrouiller.  îl  y  a  bien 
de  Vemhiirras  dans  ce  procès-là  ,  dans  cette  suc- 
ée sx  ion 

Il  sigaifîe  aussi  T.a  peine  que  doune  une 
multitude  d'aiïàires  qui  surviennent  toutes  à  U 
fois.  Je  me  trouve  dans  un  embarras  d'ajjdirei 
U  plus  grand  du  monde. 

Il  veut  dire  encore  L'irrésolution  dans  la- 
quelle ou  se  trouve  lorsqu'on  ne  sait  quel  p.uti 
prendre,  ni  par  quellu  voie  se  tirer  de  quelque 
pas  diOicilr.  Je  mesuîs  vu  dans  un  étrange  em- 
barras. 

On  dit,£ni2)(irras  (Tesprtt , pour  dire.  Peine 
d'esprit,  irrésolution  d'esprit. 

Embarua^,  en  parlant  De  maladie,  tignine. 
Un  commencement  d'ub^liucUon.  Il  y  a  de 
l'embarras.  Ce  n'est  qu'un  embarras  dans  le 
foie, 

E»IBARRASSA:ST,  AJUTE.  adj.  Qui  cîus* 
de  l'embarras.  Les  bananes  sont  cmharras.^ans 
dant  une  marche.  Ce  nhouc  est  embarrass^mt 
Ces  choses-là  sont  embarr assaut ts.  Cela  at  cm 
barrassant  à  porter. 

On  dit  aussi  Des  personnes  :  Cet  homme  c.<t 
embarrassant.  Cette  jcmme  est  embarrassante. 

EMBARRASSER,  v.  a.  Causer  de  l'embar- 
res.  Embarrasser  le  chemin.  Embarrasser  la 
rues.  Cette  charrette  embanas.e  le  chemin 
Voilà  un  lit  qui  embarrasse  trop  cette  chambre. 
Ces  moulins  embarrassent  le  cours  de  la  riVicrr 

H  signiGc  cnrorc,  Kmp^cîicr  la  i:i>crlé  du 
mouvement  Utc7  votre  manteau  j  il  ne  fait  qut 
vous  etnbarraiser.  Les  bottes  embarrassent  à 
marcher. 


EMB 

On  (lit  figurénient, EmWrasser  une  o/JùiVe, 
ein/xiJTiisstT  u/JCfluesïio/i, pour  dire,  La  rendre 
obscure  et  pleine  de  didicullés,  la  rendre  mal- 
aisée ^  démêler. 

Il  si^nlGe  au; si,  Mettre  en  peine,  donner  de 
l'iiTcsolulion.  C'e  que  vou.<  dites  m'embarrasse 
joli.  On  Va  (crt  embarrasse ,  il  ne  sait  quel  parti 
prendre. 

On  le  juinl  avec  le  pronom  personnel  ;  il 
s*embarnissc  de  .'oi;ï,  pour  dire,  Les  moindres 
choses  lui  fontùe  la  peine;  V.  s'embarrasse  dcns 
ses  discourf,j  po:ir  dite.  Il  perd  la  suite  d«  s's 
discours,  et  ne  s.'  t  plus  par  où  en  sortir;  Ne 
vous  embairasscz  point  dans  cette  affairc-là  , 
pour  dire,  Ne  vous  en  mêlez  pas,  car  vous 
vous  y  trouverez  eiubairassé ;  Ne  vous  embar~ 
r assez  point  fie  cette  afjitire-îà,  pour  dire,  Ke 
vous  en  inquiétez  pas;  C'est  un  homme  qui  ne 
s'embarrasse  de  rien ,  pour  dire,  qtie  Rica  ne 
lui  fait  de  la  peine,  ne  lui  donne  de  l'inquié- 
tude. 

On  dit  d'Un  homme  malade,  que  5(i  Ictc 
■<' embarrasse  j  ^our  dire,  que  Le  tiansport  au 
cerveau  commetiee  ^  se  dt-clarer ,  ou  qu'on  craint 
qu'il  ne  se  déclare.  Ou  dît  aussi,  que  Sa  poi- 
trine s'embarrasse j  pour  dire,  qu'ElIe  com- 
mence à  s'emplir. 

E.MBAnnAs>É,  ÉE.  participe.  Il  a  la  tête,  la 
langue  embiirrassée.  Air  embarrassé.  Conte- 
nance emban-asséc. 

EMBASEMEIST.  s.  m.  Terme  d'.Aichitec- 
lure.  Espèce  de  j)iédestal  continu  sous  la  mass. 
\Vun  b/itîment. 

EMRATAGE.  ?.  m.  Application  de  bandes 
de  for  sur  une  roue, 

EMBATER.  v.  act.  Eaire  un  bit  pour  une 
bête  de  somme.  Emhater  un  une.,  un  cheval, 
un  mulet.  Cel  ouvrier  est  fort  adroit  à  bien  eni- 
h:'ter  les  mulets. 

Il  signiHe  figurémcut  Charger  quelqu'un 
d'une  chose  qui  l'incommoJe.  On  Va  cmbdté 
d'tnic  charge  qui  lui  pèse  fort.  Qui  est-ce  qui 
m'a  emhiUê  d*un  si  sot  homme?  Il  est  du  style 
familier. 

EmbatÉ  ,  KE.  participe. 

EMBAtoNNER.  v.  a.  Armer  d'un  bûiou.  îl 
est  familier  et  de  p3u  d'usaj^e. 

EMBAroNsi,  KE.  par'Jcipc. 

EM.UTRE.  T.  Q.  Terme  de  .'llaréchal.  Cou 
vm*  une  roue  avec  des  baiTcs  de  fer. 

Embatl',  ci:,  participe. 

KVii  VTTES.  subst.  m.  pi.  Vents  réglés  qn. 
souflîcnt  sur  la  Méditerranée  après  la  canicule. 

I:MBAUCUAGE.  ftubst.  m.  L'action  d'em- 
baucher. 

EMBAUCHER,  v.  actif.  Engager  un  garçon 
pour  un  métier  dans  une  boutique.  Il  est  du 
blvlc  familier. 

Il  sti;nine  sussi»  Enrôler  nn  bomme  pai 
adixsse.  Il  l'a  embauché  fort  adroitement, 

Embaichi':,  i-z.  participe. 

EMBAUCUI'.UR.  s.  m.  Celui  qui  engage  nn 
jeune  garçon  |>our  nn  métier,  ou  qui  l'curdlc 
conuue  soldat.  Il  est  du  style  familier. 

EMBAUMEMENT,  s.  m.  Action  d'cmbor-  ■ 
mer  un  coqis  mon.  Les  cmb.iumemens  se  font 


EMB  470 

avec   des  poudres  aromatiques  et  des   bauyaes 
liquides. 

EMBAUMER,  v.  a.  Remplir  de  l)a;une  et 
d'autres  drogues  pour  enq)écliei  la  conupI:«:i. 
Il  ne  se  dit  en  ce  sens  que  Des  corps  morîs. 
Embaumer  un  corps  mort.  On  l'a  embaumé. 

Il  sij;nific  aussi  simplement ,  Parfumer,  rem- 
plir de  bonne  odeur.  Il  i;ien(  une  odeur  de  ces 
oranqcs  qtci  embaume  toute  la  nuiisoii.  Vos 
gants  ont  embaunit'  ma  chambre.  Cela  m'em- 
baume. 

Un  dit,   qu'C/n   vin  embaume   la    bouche, 
[lour  dire,  qu'il  a  une  odeur  exquise, 
Emuaumî:,  ée.  parliripe. 
EMBI-:gUI>'EU.  v.  a.  Mettre  un  béguin.  Il 
n'est  guèrt*  en  usage  dans  cette  significntiou. 

Il  signifie  aussi,  Env(Io])per  la  léle  de  linge 
uu  d'autre  chose  on  forme  de  béguin.  Qui  vous 
a  ehibéguiné  si  plaisamment  ? 

Il  sii^iJîGc  fi^urément  et  iamilièrem.  Mettre 
){ue!que  chose  dans  la  li'-le,  daiis  l'esprit,  enté- 
1er ,  persuader.  On  Va  embéguiné  de  cette 
\:mme.  Il  s'e.-^  laissé  cmhcguiner  de  cette  oui' 
'HOU.  i-'on  plus  grand  us.ige  est  au  passif,  ou 
Iprès  le  pronom  personnel.  Il  est  embéguiné  ^ 
\l  sV,s(  embéguiné  d'ime  étrange  opinion.  Il  es' 
i;n/)é.]umc  de  cette  femme.  Il  se  prend  touiours 
m  mauvaise  part- 

I'mbkcuiné,  ée.  participe. 
!".!MBELLIR.  verbe  a.  Rendre  beau,  oniei. 
Cette  Ciiu  embellit  le  teint.  EmbclUr  une  mai- 
ion.  Embellir  un  ouvrage.  Une  fontaine  embellit 
(iTt  un  jardin.  Les  ajustemcns  emhelUssct.i 
une  femme. 

E:.iBKr.un.  v.  neut.  Devenir  bc.u.  Cette  flU 
enibcUit  au  croître.  Cette  expression  est  du  styln 
familier.  Elle  ne  fait  que  croître  eî  cinbellir. 

On  dit  provcrbifilcment  et  par  n)«iit're  de 
plaisanterie,  Hes  cîioses  qui  au;:pnenl'-)it,  soK 
m  bien,  soit  en  mal,  Cela  ne  fait  que  croître 
tt  embellir. 

On  dit,  Eir.'>cUlr  un  conte ^  embellir  une 
histoire^  pour  dire,  Les  orner  aux  dépens  de  la 
vérité,  ou  les  rendre  plus  agréable»  par  des  dé- 
tails intéressons. 

EMBEr.u,  lE.  participe. 
i:MB::LLtSSEMy.>T.  s.  ma«c.  L'action  pu 
laquelle  on  cnibcllll.  Cet  homme  travaille  beau- 
coup à  Vcmbellisacmcnt  de  sa  maison. 

Il  signifie  auï>si  La  chose  même  qui  fuit 
l'embellissement.  Ce  c.ina.'  est  un  grand  embel- 
lissement à  cc'îe  maison.  Les  figures  sont  la 
cmbcllissemcns  du  discours. 

s'E.MUERLUCOQUER.  v.qui  ne  s'emploio 
qu'avec  le  pronom  personnel.  Terme  populaire. 
Se  coiffer  d'une  opinion,  s'en  pré*occupcr  telle- 
ment, qu'en  rn  juge  aussi  mal  que  si  on  ...voit 
la  berlue. 

«.MBESOCmi:  ,  ée.  pQrticii>e  du  vcrbo 
inusité  Embe.^ogner.  Occupe  ^  quelque  lx-»o- 
Çnc,  à  quelque  aflaire.  Un  iomme  emhesogué. 
Il  Cjt  du  stvic  familier,  et  se  dit  par  p'aisan- 
teric. 

EMBLAVER,  v.  .i.  Semci-  nm-  icrre  en  ble 
Emblaver  une  terre. 
EiiatAVE,  CE.  pirrticip<- 


/^So  EMB 

KMBLAVDRE.  s-fém.  Terre  ensemencée  de 
(>lé. 

EMBI.E.  s.  m.  Voj-»  Ambie. 

EMBLÉE.  5.  f.  Ce  mot  ne  se  dit  qii'adver- 
bblcnicnt  avec  lu  préi-osilioii  De,  t't  signifie  , 
Du  pieinier  effort, de  plein  saut,  et  nVst  guère 
d'usage  que  dans  rts  plirasis  :  I  rendre  une 
Ville  ir emblée.  En:}n,rter  une  Ville  iVembUe. 

(In  dit  aussi  figim'iumt,  Emporter  une  af- 
faire, emporter  ijuflilue  chose  d'cmhlce,  pour 
dire  ,  En  veuir  .'t  bout  prouiptenienl  et  d'un 
premier  eO'orl. 

EMBLÉMATIQUE,  adj.  des  2  genres.  Qui 
tient  de  l'cniblénio.  Figure  emb/e'nicidijiie. 

E.MBLICJII*'..  s.  m.  I^spère  de  figure  sjnilin- 
Uipie,  qui  <^t  d'ovdinnire  accompagnée  de  quel- 
ques paroles  en  forme  sentencieuse,  hes  em- 
blèmes  d'.llcial.  Vn  tel  emblème.  Emblème  in- 
ijénieujc.  Expliquer  un  emblème.  Composer  un 
emblème. 

EMBLER.  V.  a.  Kavir  avec  violence  ou  p.it 
«urprise.  Vieux  mot  qui  n'est  plus  en  usage,  el 
qui  ne  s'est  conservé  que  dans  cet  endroit  dei 
Commandemens  de  Dieu  en  vieux  François , 
i^'ayoir  d'ii»I/-ui  tu  u'embleras. 

EMBOIRE.  v.  qui  s'emploie  avec  le  pronom 
personnel.  Ternie  de  Peinture.  S' iml)ilier. 

Embu,  ue.  participe.  Il  se  dit  d'Un  tableau 
dont  les  couleurs  et  les  difl'crcntes  touches  de- 
viennent mates,  et  ne  se  discernent  pas. 

EÎNFBOISER.  T.  a.  Eng.iger  quelqu'un  par 
de  petites  (lattirics,  par  des  cajoleries  et  par 
aes  promesses,  ii  faire  ce  qu'on  soubaite  de  lui 
/(  ne  voulait  pus  favc  cela,  mais  ils  itn:t)ûi, 
iérent.  Il  est  populaire. 

KaiBOisÉ,  ÉE.  participe. 

EMRDLSEUR,  EISE.  s.  Celui ,  celle  qui 
cml>oi^e.  C'e!:t  un  emboiseur,  une  emboiseuse. 

EMBOÎTE.MENT.  s.  m.  La  po.sition  d'un  o 
«iaus  un  autre.  L'emhoitement  d'un  os. 

IvMROÎTER.  verbe act. Encl).isser  une  cliose 
dans  une  autre.  C'est  une  merveille  de  voir 
comme  la  niiture  emboîte  les  os  le.i  uns  dans  les 
autres. 

Il  se  dit  aussi  Des  assemblages  de  menuise- 
rie, et  d'.intrcs  ouvrages  de  bois.  Ces  ais  sont 
bien  em^joUês  l'un  dans  Vautre.  Ces  pièces  dt 
l/ois  s'embotlent  Vune  dans  l'aulj'e.  On  le  dil 
utissî  Des  ouvrages  de  mêlai. 

Embciter  des  tuyaiLX ,  C'est  mettre  le  boul 
d  uc  tuvau  dans  un  autre  tuyau. 

■•■«uoÎTÉ  ,  KE.  participe. 

KMBOÎTL'RE.  s.  f.  L'endroit  où  les  chose» 
s'^niboilent.  I.'cmboîturc  des  os.  Il  sii;nifie  aussi 
L'insertion  d'une  cbnse  dans  une  autre.  Embul' 
I  •re  b'ien  ju.sic,  Vxcn  faite. 

Les  embûitttres{tune  porte, Ce  sont  les  deux 
lis  de  travers  en  liant  et  en  bas .  dans  lesquels 
les  autres  ais  sont  eiiiboitcs.  Il  faut  niclbe  une 
rnihollure  à  cette  porte. 

EMBOLISME.  s.  m.  Terme  d'Astronomie. 
Intercal.-itieiL 

EMBULISMIQUE.  adj,  de»  2  génies. Terme 
de  Cliroiiologie.  Ce  mot  signifie  IntTcalaire ,  el 
se  dit  Des  mois  surdjoutés  dans  cert.iines  an- 
ueespu  les  cnronolo|^isies  pour  former  lecyclo 


I-:  M  R 

liuaîrf  de  tli:c  ncur  aus.  Mcv  eçiboJ jmique. 
Anuçe  emhoVismi^ue. 

EMBONPOINT,  s.  m.  lion  dlal ,  ou  bonnt 
hibitudc  du,  corps.  Il  se  dit  surtout  Des  per- 
sonnes un  peu  grasses.  Avoir  tic  V emhoy^joinX. 
Avoir  Uop  â^emhonpcînt.  Prendre  de  l'embon- 
point. Reprendre,,  recouvrer  son  civ.hoapoint.Jl 
(I  heaucotip  perdu  de  son  emhonpoint. 

On  dit  aussi,  que  Des  hifuj's,,  dci.  '•Iicvnux, 
etc.  ont  repris  leur  emhoupoiut ,  pour  dire, 
fju'Ils  sont  lïieu  charnus  ,  qu'ils  ont  le  poil 
luisant, 

E.'MnORUURER.  v.  a.  Moltre  une  Lordun 
à  un  taiilcau.  Il  a  fait  emhordurcr  richement 
ce  tableau. 

Kmhoudi'hé,  ée.  p.'trtîcipc. 

EMBOUCHER,  y  i.  Ce  verbe  a  diverses 
sinnificaiions  selon  les  divers  substantifs  avec 
les'juels  il  se  jo'nt. 

On  dit,  Emboucher  une  trompe'ACj  emhoii- 
cJicr  un  cor.  pour  dire,  Mettre  mie  trompette, 
un  cor  à  sa  bouclie,  afin  d'en  tirrr^les  sons. 

On  dit  fîgurcment,  Emboucher  lu  trompette 
héroïque,  pour  dire,  Composer  des  vers  épi- 
ques, un  Poëme  épique. 

On  dit  aussi  Emboucher  un  cheval,,  pour, 
Lui  faire  un  mors  convcn.'iblc  à  sa  houclic. 
Cet  Epcronnier  s'entend  à  bien  emboucher  un 
cheval. 

On  dit,  Emboucher  quelqu'un^  pour  dire, 
I.C  bien  instruire  de  ce  ^ju'il  a  à  dire.  //  l'a  bien 
emhouch':.  On  l'a  mal  embouché.  Il  est  du 
tylc  familier. 

On  dil.  i|u'Un  homme  est  mal  embauché. 
iiu'Mne  jcmme  est  mal  embouchée,  ponr  d-re 
qu'ils   parlent  impcrtineinment  ,  qu'ils  disetil 
ou  des  iu joies,  ou  des  paroles  indécentes.  Il 
n'est  qu''  du  style  familier. 

On  dit.  que  Des  trains  de  bois,  des  bateaux 
'ont  embouchés  dans  un  perluis,  dans  les  ar- 
ches d'un  pontj  pour  dire,  qu'il»  y  sont  eng-i- 
gés ,  t'X  commencent  à  y  passe^. 

S'embolchkh,  v.  qui  s'emploie  avec  le  pro- 
nom personnel.  U  ne  se  dit  que  d'Une  rivière 
|UÎ  se  jette  dans  une  autre,  ou  qui  se  dëcliarge 
dans  la  mer.  Celte  rivière,  a/TCs  avoir  passé  U 
louij  des  murailles  de  la  Ville,  va  s'emboucher 
rluns  'a  mer.  A  deiLc  îieu&s  de  Paris,  la  Marne 
:\:mboucle  dans  la  Seine, 

Embouché,  ée.  participe. 

l'.MBoncHÉ,  cil  teinifis  de  Blason,  se  dil 
d'Un  cornet  ,  d'une  trompe  ,  d'un  cor  dont 
le  bout  est  d'uH  émail  difll-rent  de  celui  du 
cor,  etc. 

EMBOUCHOTK.  s.  m.  Instrument  dt  bois 
dont  on  se  sert  pour  élargir  les  hottes.  Watfrc 
(les  ï'olfc.":  ù  rcintoiic/ioir. 

Emhoucuoir,  se  dit  aussi  Du  bout  d'une 
iroinpi  tte  ou  d'un  cor,  qui  se  S(?pare ,  et  qu'on 
appiiiju:-  loisqu'ou  veut  eu  sonner. 

EMBOUCHURE,  s.  f.  L'entrw-  d'une  rivitVe 
dans  la  mer,  ou  dans  une  autre  rivière.  L  em- 
bouchure de  la  rivière  de  Seine.  L'embouchure 
de  la  Loire.  Celte  rivière  a  tant  de  lieues  de 
larqe  à  son  cmhouc'  iire  dans  la  mer.  A  Vem- 
bouchurr  de  la  Marne  dans  la  Seine. 


EMB 

l-MB  ucnrnE,  se  dit  aussi  De  la  partie  du 
mors  qui  entre  dans  la  lioucbe  du  elicval.  £nu 
houchure  rude,  aisée.  Avoir  diverses  embou' 
chures  pour  toutes  sortes  de  chevaux. 

Embocchure,  se  dil  encore  De  la  manière 
dont  on   cndïi)  M  lie  certains    itistrumens.    Ce 
joueur  de  flûte  a  l'embouchure  crcellenfc.  Une 
des  cjrandes  difjicultcs  de  la  flûte  traversière 
c'est  l'embcuchitrc. 

On  appelle  Embouchure  de  trompette,  de 
flûte  et  de  flafjcolet ,  I.^  partie  de  ces  in&tni- 
mens  que  l'on  met  dans  ia  bouche  pour  (to 
JDuer  ou  pour  en  sonner. 

EMIîOUER.  v.  a.  Couvrir,  salir  de  boue.  H 
csl  iiuiiilier,et  même  populaire. 

EMIÎOUQUER.  v.  n. Terme  de  Marine.  En- 
trer dins  un  d.aroit,  dans  un  canal.  C  est  le 
conlr.iire  de  Dchouquer. 

EMBOURBER,  v.  a.  MetUe  dans  un  bour- 
bier. Ce  cocher  nous  a  embourbés. 

Il  se  joint  avec  le  pronom  personnel.  Le  car- 
rosse s^est  embourbé.  -Vous  nous  sommes  em- 
bourbés. On  dil  qu't'n  cocher ,  qu'un  c/mr- 
reticr  s'est  embourbé,  pour  dîie,  cpi'IIs  ont  «m- 
bourbe  leur  voilure. 

Il  se  dil  en  Médecine,  pour  dire,  Se  charger 
d'Iiunieurs  épaisses  ou  corrompues.  Le  cerveav 
i'embourhe  dans  les  éptïepsies. 

On  tlit  fij^urcnicnt  et  familièrem.,  Emïjour- 
hcr  quelquun  dans  une  mauvaise  alJair» , 
<,)uand  on  l'y  engage  si  avant,  qu'il  ne  s'en 
peut  tirer  que  dilïicilement.  Jl  Va  embourbé 
dans  cette  affaire.  Il  se  dit  aussi  en  ce  aens-h 
avec  le  pruncmi  persi»nnel.  S  embow  l'^-r  Uiii.^ 
une  méchante  afjaire. 

E.MnourtRÉ  ,  ée.  participe.  Qui  est  cnfonre 
dans  l;i  bourbe.  Cheval  embourbé.  Carrosse  eni- 
bourbê. 

On  dit  proverbialement,  Il  jure  comme  m-i 
cnorrcfier  embourbé. 

EIMBOURRER.  v.  act.  Garnir  de  bourre. 
Embouner  une  chaise.  Emhourrer  une  selle. 
i)n  dit  plus  eonimunément.  Rembourrer. 

EMTïounni:,  i.E.  participe.  Selle  bien  em- 
!)otirree. 

E^tBOURSER.  V.  aet.  Mettre  en  bourse. 
J\ii  dépcnr.é  Varqent  que  fai  reçu,  je  n'en  ai 
rien  embourse.  Ce  que  nous  jouons  est  pour 
couper,  et  non  pour  cinf>ourscr. 

EMnornsi-:,  v'e.  participe.  //p*jcnf  embourse, 

EMBRASEMENT,  s.  m.  (Jrand  incendie. 
L'embiasement  de  Tioie.  Une  létjère  étincelU 
peut  causer  un  qrand  embrasement. 

II  SI-  dit  au  figura  pour  Combustion,  désor- 
dre, i^rand  trouble  dans  un  r.iat.  Cet  embrase- 
ment allait  qagner  les  Provinces,  on  Varréta 
■  eurcifiemcni. 

E^IBRASER.  V.  u.  Mctire  en  feu.  Emfcro*er 
une  maison  .  une  ville. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  pei*»ooneJ. 
Cette  matière  sUmbrase  facilement. 

Embuaseb,  se  dit  figun^ment  De  la  ;;ucrTe, 
de  l'amour.  L'amour  dtvîn  cmfcrajte  son  cœur, 
La  guerre  a  embrasé  toute  l'Europe. 
\       Embrasi':.  i.-.  participe. 

EMBRASSADE,  s.  f.  Action  de  deux  (wr- 


EMB 

$ofines   qui   s'cmbi  absent  ea  se  terrant  entre 
leiTs  bras.  Ih  se  ftrfnt  mille  embrassades, 

EiMBRASSf:.Mi:NT.  s.  m.  Action  d'embras- 
ser. Leur  contestation  finit  par  des  embrasse^ 
mens  mutuels. 

li  signifie  queI<juffoÎ3  La  conjonction  dfi 
I  liomine  et  de  la  femme.  Emhrassemens  lèçji* 
iimes.  Embrassemeus  Ultfjitimc^.  Achille  nn- 
auit  des  embrassemens  de  Thvtis  et  de  Pelée, 
En  ce  sens  il  no  se  tlït  qu'au  pluriel. 

EMBRASSER,  v,  a.  Serrer,  ctr^indrc  avc( 
(es  deux  bras.  Embrasser  une  personne.  Eni- 
brasser  bras  dessus  bras  dessous.  On  a  fait  leur 
accommodement,  et  Us  se  sont  embrassés.  Si 
jeter  aux  pieds  d'un  Prince^  lui  embrasser  les 
aenouT.  Cet  arbre  est  si  gros  ^  (jue  deux  per^ 
.'^nues  ne  sau^oi^nt  Vembrasser. 

On  dit,  qu'^n  homme  embrasse  bien  uH 
r.heval.  pour  dire,  qu'il  le  serre  bien  avec  les 
.misses,  jtout  cire  plus  ferme, 

n  signifie  figurcraenl,  Environner,  ceindre. 
La  mer  embrasse  la  terre.  Celte  rivière  se  se- 
pare  en  deux,  et  embrasse  une  grande  êttnduà 
de  pays.  Il  y  a  vingt  bastions  à  cette  place, 
cela  embrasse  bien  du  terrain.  La  vigne  em- 
brasse  l'ormeau. 

H  signifie  aussi  Bgurémciïl,  Contenir,  ren/ 
fermer.  Ce  projet  embrasse  bien  des  choses. 
Cette  (Question  embras-^e  bien  des  matières.  C'est 
un  génie,  an  esprit  capabie  dUmbrasser  toutes 
sortes  de  sciences. 

n  signifie  encore,  Entreprendre  une  afliiiic, 
s  en  charger,  /f  rm^r-T'ï-*  fouff'v  IfvaiJoires  (Jk  • 
lui'  propose,  ît  en  embrasse  trop. 

En  ce  sens  on  dit  proveibialement,  Qut 
li-cp  embras:^e  mal  êuctnl ,  pour  dire,  que  Qii 
entreprend  trop  de  choses  à  la  fois,  n*en  faî] 
bien  aucune. 

On  dit  aussi  figurëment  :  Embrasser  un 
î  urti^.  Embrasrer  un  ctal,  une  profession.  Em- 
braiser  la  défense,  la  cause  de  (^uclquiin.  Em- 
brasser  sa  guerclle.  Embrasser  la  vie  religieuse. 
Embrasser  la  profession  des  armes,  pour  dire, 
S'y  attacher,  la  choisir,  ia  préférer. 

Embrassé .  iz.  participe.  En  termes  de  Bla- 
Ron,  il  se  dit  d'Un  ccu  parti,  coupé  ou  tranclic 
d'une  seule  cmanchure  qui  s'étend  d'un  flanc  it 
l'antre.  D^argent  embrassé  de  gueules. 

EMBRASL'RE.  s.  f.  Ouverture  qu'on  pra 
dquc  dans  les  batlori<*s,  dans  les  bastions,  oit 
«ur  les  murailles  des  Places  fortes,  pour  tirl 
le  canon.  Les  embrasura  d'un  bastion,  d'une 
viuradle^  ele. 

Il  st;;nific  aussi  L'espace  qui  est  en  dedans 
aux  ouverture»  des  miir.iilles  îi  l'endroit  des 
fenêtres  ou  des  portes.  Il  m'a  parlé  dans  lem 
"brasure  de  la  fenêtre. 

Il  signifie  «u.«i  Le  biais  qu'on  donne  à  l'é- 
paisseur dct  mur*  \  l'endroit  des  fcnèlres.  Les 
côtés  de  cette  fenêtre  n'ont  pas  assez  d'embra- 
sure. Il  fiut  lambrisicr  cille  embrasure. 

EMBRENER.  v. a. Salir  de  bran,  de  m.ilicrp 
féciHc.  Il  est  bas. 

On  ditfiguremenl,5Vnifcrener  dam  quelque 
oj]-ire,  poiur  dire.  S'engager  mal  Jpropos  dau:" 
uue  méchante  afTL'rc.  Il  i^t  bas. 
Tome  I. 


EMB 

TMBnEst,  tE.  participe. 

EMBROCAnON,  s.  f.  Terme  de  Chirurgie. 
Espèce  d'arrosement  et  de  fonienlalion  qu'on 
Ctil  en  pressant  entre  les  mnîns,  sur  quelque 
partie  malade,  une  éponge,  des  étoupcs,  etc. 

EMBROCHER,  v.  a.  MctUc  en  broche  ou 
h  la  broche.  jBicn  embrocher  la  viande,  la  mal 
embrocher. 

On  dit  bassement,  Embrocher  quelqu'un, 
pour  dire.  Lui  donner  un  coup  d'épée  au  tra- 
vers du  corps. 

Embroché,  ée.  participe. 

lOIBROUl  ELEMENT,  subst.  m.  Embarras , 
confusion.  Embrouillement  d'ajjaircs.  Em- 
Irouilicment  d  esprit. 

EMBROUILLER,  v.  a.  Mettre  de  la  confu- 
sion, de  robscurité. /I  a  embrouillé  Vajfaire.  Il 
m'a  cmbronillé  l'esprit. 

Il  se  joint  quel^uïifois  a.ic  le  pronom  per- 
sonnel, pour  dire.  Perdre  le  fil  de  sa  pensée, 
ile  son  discours.  //  s'embrouille  aisément. 

Embrouillé,  tn.  participe.  Esprit  cm* 
brouillé. Écrivain  embrouillé.  Style  emlrouil/é, 
Ajjtiire  embrouillée.  Paroles  embrouillées.  Ideei 
embrouillées. 

E.MBRUMÉ,  ÉE.  adj.  Qui  est  chargé  dfl 
brouillard.  Un  temps  embrumé.  Des  terres  em- 
'irumécs. 

EMBRYOLOGIE,  s.  f.  Terme  de  Médecine, 
i'raitc  sur  le  fœtus  pendant  son  séjour  dans  I-i 
:t::itnce. 

EMBRYON,  s.  m.  Foetus  qui  commence  îi 

fnrmfT  dans  le  ventre  do  I.i  mi'ie 

On  dit  figurément  ou  par  mépris,  dTJn  fort 
petit  homme,  Ce  n'est  (juun  embryon. 

Embiiton,  se  dit  en  Botanique,  Ves  plantes 
£t  des  fniits  qui  ne  sont  pas  encore  développés 
dans  les  germes  des  semences  et  des  boutons 
des  arbres  qui  les  conticnnont. 

EMBRYOTOMIE.  s.  f.  Terme  de  Chirurgie. 
Opération  par  laquelle  on  coupe  en  pi^*ces  la 
fœtus  mort  dans  la  matrice.  Ce  mot  signifie 
aussi.  Dissection  anatomi(|ue  d'un  embryon. 

EMBRYULKIE.  s.  f.  Terme  de  Chirurgie. 
Opération  par  laquelle  ou  tire  l'enfant  du  ventre 
de  la  mère  dans  un  accpuchement  contre  na- 
ture. 

EMBUCliE.  s.  féoL  Enlrepriss  scci*te  pour 
surprendre  quelqu'un,  pour  lui  nuire.  Il  lui 
avo:l  dressé  une  embûche  gui  a  été  découverte. 
Drcs.^er  des  embûches.  H  s'est  sauvé  des  embû- 
ches qu'on  lui  avoit  dresiées.  Il  est  plus  usité 
au  pluriel. 

EMBUSCADE,  s.  f.  Enilmche  dressée  dan^ 
nn  l>ois  ou  dans  quelque  lieu  couvert,  pour 
surprendre  les  ennemis.  Dresser  une  embus- 
cade, h  aire  une  embuscade.  Donner  dans  une 
embuscade.  Tomba-  dam  une  embuscade.  Evi- 
ter une  embuscade.  Se  mettre  en  embuscade. 
Découvrir  une  embuscade.  Etre  en  embuscade. 
Se  tenir  en  embuscade, 

EMBUSQUER  ,  S'EMBUSQUER,  v.  qui  ne 
s'emploie  qu'avec  le  pronom  personnel.  Se 
mettre  en  embuscade.  11$  t'étoient  embusqués 
dans  un  bois, 

EMBisgvT:,  CE   participe. 


EME 

EME 


48 1 


ÉATENDER.  V.  a.  Terme  de  Palai».  Coruiger, 
réformer.  La  Cour  émendant,  ordonne..,, 

Émkndk,  ée.  participe. 

ÉMERAUDE.  s.  f.  l'ierre  précit;use  et  'dia- 
phane de  couleur  verte.  £me?fl«i/cd'Oricn!  ou 
Orientale.  Emeraude  qui  a  des  taches ,  des 
nuages.  Table  d'émeraude.  Bracelet  d'éme- 
raudes.  Emeraude  bien  taillée.  Un  vert  d'éme- 
raude. Êmcraude  brute. 

fOIERCENT.  adjcct.  Terme  de  Physique.  Il 
n  estç;uére  d'usage  que  dans  celte  phrase,  Lci 
rayons  émergeas ^  po'ir  signifier,  l^es  rayon» 
de  bnni^equi  sortent  d'un  milieu  après  l'avoir 
traverse. 

EMERI.  s.  m.  Pierre  ferrugineuse  fort  'dure, 
.dont  on  se  sert  pour  polir  les  métaux  et  Icj 
pierres.  On  polit  le  dumunt  avec  la  poudre 
d'énieri. 

ÉMERÏLLON.  s.  m.  Oiseau  de  Fa<iconnerie 
qui  est  des  plus  i>olits  et  des  plus  vifs.  Il  chas- 
soit  aux  alouclUs  avec  un  êmerillon. 

E:\IKRILLONNE,  ÉE.  pariiwpe  du  vcrba 
£niei-i//onner,  qui  n'est  point  en  usage,  (iai, 
vif,  éveillé  comme  un  émcrillon.  Je  Toui  troiwe 
bien  émcrillonné  aujourd'hui.  Qu'elle  est  émerih 
tonnée!  Elle  a  Vœil  cmcrillonné.  Il  est  fomilier. 

ÉMÉRITE.  adj.  Il  se  dit  De  celui  qui,  ayatl 
cxercj  un  Emploi  pndmt  un  certain  temps, 
le  quitte  pour  jouir  des  honneurs  et  de  la  ri- 
compcose  de  ses  services.  Professeur  éméiite. 

KM'-:p<:to\.  s.  f  'iVrnip  d'Asirooomie.  Il  se 
dil  en  parlant  Des  planètes ,  quand  après  avoir 
été  cachées  par  l'ombre  on  p;ir  l'inlerposïti»  n 
d'une  autre  planùlc,  elles  rommcncenl  à  repa- 
roître.  L'emersion  des  satellites  de  Jupiter. 

EMERVEILLER,  v.  a.  DoTuicr  de  l'admi- 
ration ,  étonner.  Cela  a  émerveillé  tout  le  monde. 
Il  n'est  guère  d'usage  que  dans  le  passif.  JVra 
suis  tout  émerveillé.  Tout  le  monde  en  a  été 
émerveillé.  Qui  n'en  seroït  cniervcilli  ? 

On  s'en  sert  aussi  avec  le  pronom  personnel, 
etilsignifîc,  Avoir  de  l'admiration,  s'étonner. 
Il  n'y  a  pas  de  quoi  s'émerveiller.  Ne  vous  en 
émerveillez  pas.  Qui  ne  s^en  émerveilleroit  ?  Il 
n'est  guère  d'usage  que  dans  le  style  familier. 

EMKnVEUJ.Ê,  ÉE.  participe. 

EMÉTIQUE.  subst.  m.  Vomitif  qui  est  une 
préparation  d'antimoine.  On  lui  a  donne  de 
Vémétique.  Il  ne  veut  point  prendre  d'énvclique» 
L'émétiquc  Va  sauvé. 

Il  se  prend  aussi  adjcctivomcnt,  Poudrecmé- 
tique.  Vin  émétique.  Tartre  émétique. 

ÊMÉTISKR.  v.  a.  Mêler  de  l'émctique  dans 
quelque  boisson.  Tisane  émétisêe. 

ICmétisè,  le.  participe. 

ÉMETTRE.  V.  à.  Il  n'est  guère  dusage  que 
dans  cette  phrase,  £mcïïre  un  vœu,  ou  tUs 

VU'UX. 

Émis.  ise.  partictpe. 

On  dit  en  termes  de  Droit  Canonique  ;  Des 
voeux  non  valablement  émis,  pour  dire,  De< 
vœux  qui  ne  sont  point  valides. 

EMEUTE.  ».  f.  Tumulte  séditieux,  soulè- 
vement dan»  le  peuple.  Grande  émeute.  Dan- 
(il 


482  EMI 

aereuse  émaite.  D'où  vient  celte  émeute?  Qui  a 
causé  cette  émeute?  Apaiser  une  l'mnifr. 

ÉMEUTIR.  V.  n.  Fienter,  se  dccluirger  le 
ventre.  Il  n'est  plus  d'usage  que  dans  la  F.iu 
eonneiie.  Les  oiseaux  émcutisscnt  loin  ijuaml 
ils  se  portent  bien.  ^ 

E  M  1 

EMIER.  T,  a.   Troisser  sn  corps  entre  les 
do'ts  ponr  le  mettre  en  petites  parties.  ÊniiVr 
du  pain,  de  la  cassonade,  de  l'alun.  Cela  s'é- 
mte.   Prenez  garde  de  l  éniicr. 
ÉiMit.  ÉE.  participe. 

ÉMIETTT.R.  V.  a.  Réduire  du  pain  en  pciili 
morceaux,  en  miettes. 
Émieité  ,  ÉE.  participe. 
ÉMIGR.\NT.  s.    m.  Celui  qui  soit  de  son 
pays  pour  aller  s'établir  ailleurs.  I.a  multUudit 
des  émînratis  annonce  le  malheur  d'un  pays. 
H  est  aussi  adjectif.  Troupe  éinicjrante. 
ÉMI(-iRATU>N.  s.  f.  Action  de  sortir  de  sou 
pays  pour  aller  s'établir  ailleurs.  Tl  se  dit  aussi 
De  l'effet  de  cette  action. 

ÉMIGRER.  y.  n.  Quitter  son  pajs  pout 
aller  s'établir  dans  un  autre.  Il  se  eonjugnj 
avec  l'auxiliaire  Avoir.  Vue  foule  de  cultiva- 
leurs  a  émigré  d'Europe  en  Américjuc.  (  eltl 
Loi  est  trop  dure  ,  elle  fera  cmicjrer  bien  fin 
inonfle. 

ÉuicnÉ,  ÉE.  participe. 
ÉMIMCER.  V.  act.  Couper  de  la  viande  et 
tranches   fort   minces.   U    ne  s'emploie   gucrs 
gu'au  participa. 

Kmin'Ci;,  t.K.  participe.  Du  mouton  cmincé. 
On  l'emidoie  tiihslantivcment.   Un  éminc 
de  poularde.  Cet  émincé  est  crcellent. 

ÉJIINF.AIMKNT.  adv.  F.xcellemracnl ,  pal 
excellence,  au  plus  haut  point,  au  souverain 
degré  de  perfection.  Il  possède  éminemmcn 
cette  cjualité,  celte  science,  c.'tle  vertu. 

On  le  dit  aussi  dans  le  style  dida/'llipie,  pai 
opposition  à  Formellement ,  comme  quand  on 
dit  :  VefJ'l  est  contenu  éminemment  dans  l.i 
cause. Toutes  choses  sont  éminemment  enDicu 
ÉMINKNCE.  s.  f.  Hauteur,  lieu  élevé ,  lieu 
éminent.  Les  erinemis  se  sont  loyés  sur  uni 
iminence.  Il  s'est  saisi  de  toutes  les  éminences. 
S'emparer  d'une  éminence. 

C'eol  aus-,i  I.e  titre  d'honneur  qu'on  doiuin 
auxCardina-ix.  Votro Eminenccifeut-elle (jue..? 
Son  Eminence  lui  dit.  On  lui  donne  dt  l'h- 
nunence. 

On  traite  d'Emineiice,  l£  Grand  Maiire  de 
Malte,  aussi-bien  que  les  Cardinaux. 

ÉlMlMiNT,  FNTE.  adjccl.  Haut,  élevé.  L'ii 
lieu  éminent. 

Il  signifie  figurément,  Excellent,  et  surpas- 
sant tous  les  autres.  Un  homme  éminent  en 
doctrine,  en  piété,  d'un  savoir  éminent.  Qui  a 
des  Qualités  éminentcs.  D'une  cmincnte  vertu. 
Dans  un  degré  érin'rient. 

Il  «'emploie  quelquefois  pour  Imminent ,  cl 

signifie ,  <^ui  menace  et  qui  est  tout  proche  et 

couiiue  présent  ;  et  il  n'est  en  usage  que  dam 

ces  phrases  ;  Péril  énitnent.  Danger  éminent. 

E.MINEMISSI.ME.   adjectif  .supirlalif  des 


EMM 

2    genres.  Titre  donne   aux  ('ardinaux  cl   nu 
Grand  Maître  de  Mahc.  Àïtesse  Einîncntissime, 

KMIR.  s.  m.  Titre  de  dignitti  (jue  les  Maho- 
metanà  donnent  îi  ceux  de  la  race  de  !\Iahomct. 
l.esÈinirs  (h'sceudcnt  de  ^Julomet  par  femmes, 

ÉMlSSAlRli.  s.  m.  Celui  cjui  est  envoyé  se- 
crètnnent  pour  découvrir  cjuelque  chose ,  pour 
semer  dus  bruits,  pour  donner  des  avis,  etc.  Il 
a  fait  semer  ce  hruit  par  ses  émissaires.  On  a 
découvert  ses  êmiisaives.  Il  a  fait  donner  cet 
avis  par  ses  émissaires.  l\  se  prend  ordinaire- 
ment en  mauvaise  part. 

Il  se  dit  aussi  De  ceux  qui ,  sans  avoir  été 
envoyés,  ont  une  correspondance  secrète  avec 
un  parti,  avec  des  étrangers. 

Dans  l'Ancien  Testament,  on  appcloît  Bonr 
Emissaire,,  Un  Bouc  que  l'on  cliassoit  dans  le 
désert,  après  l'avoir  cîiarfrt?  des  malédictions 
fju  on  vouloit  détourner  de  dessus  le  peupl''. 

ÉMISSION,  s.  f.  Terme  didactique.  Action 
par  la(|uelle  une  chose  est  poussée  au  dehors. 
L'émission  des  rayons  du  soleil.  L\)deur  est 
Vimptession  que  fait  sur  nous  Vém'.ssion  des 
corpuscules  émanés  des  corps  odoran:/:. 

Ou  dit  en  termes  de  Jurisprudence  Cano- 
nique ,  Émission  des  vœux ,  pour  dire ,  Pro- 
nonciation solennelle  des  vœux.  On  a  cinq  nui 
pour  réclamer^  àcomptcr  du  jour  de  l'émission- 
des  vœux. 

EMM 

EMMAGASINER,  v.  a.  Mctirc  en  un  mnija- 
sm.  Emmagasiner  des  >uart.landi:ics. 

Emmagasiné,  îe.  participe. 

K^IMAKWUli.  V.  act.  Rendre  maigre.  Le 
jeûne,  le  vinaigre  cmmaiqrit.  I.e  travail  vom 
Il  eminaigri. 

Il  est  aussi  neutre.  Il  emmaicjrit  tous  la 
jours. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel.  J.i 
\ionve  (jue  son  visage,  sa  gorge,  s'emmaigrit. 
lîlle  dorl  ju^(juà  midi,  tant  elle  a  peur  dti 
'cmmaiqrir. 

Il  signifie  la  même  chose  qu'Amaigrir  ;  et 
même  au  Heu  d'Emmai^rir^  on  ne  prononce 
['lus  ([n'Amaigrir. 

EMM.Mc.ni,  lE.  participe. 

EMMAILLOTTER.  v,  ».  Meltre  un  enfant 
ifans  son  maillot.  LesSauvagcs  n^emmaillotlent 
point  les  ettfans. 

Emmmiloité,  ÉE.  participe. 

EMMAWCIII':ME>T.  s.  m.  Terme  de  Des- 
sin. Il  se  dit  Des  jointures  des  membres  au 
tronc  d'une  figure,  et  de  la  jonction  des  parlies 
d'un  ni(  mbre  les  unes  aux  autres. 

E\IMA{*ÏCHER.  V.  a.  Mettre  un  manche  h 
tiuflquo  instrument,  etc.  .Emmunc/icr  une  co- 
ifnce.  I  nmianchcr  des  couteaux.  Emmancher 
d'ivoirCy  de  corne.  VoUn  lui  couteau  (jtte  ion  a 
bien  emmanche.  Emmancher  une  faux. 

On  dit  proveiliialement  cl  figurément,  Cela 
ne  s^emmanche  pas  ainsi,  ne  s'emmanche  pas 
romfnc  vous  pensez,  pour  dire.  Cela  n'est  pas 
si  aisé  que  vous  pensez,  ou  bien  ne  s'ajuslcpas 
de  celle  sorte. 

Emmanché,  ée.  participe. 


EMM 

Eu  termes  de  Blason,  il  se  dit  Dis  liacLes, 
faux,  etc.  qui  ont  un  uinnclie  d'un  émail  diffé- 
rent. D'azur  à  trois  faïuv  d'argent  emmanchées 
d'or. 

EMMASCniJL'R.  s.  m.  (Jui  emmanche  un 
iustnmieu:.  Un  cmmancheur  de  couteaux. 

EMMASNEQUINER.  v.  a.  Meiue  de  petits 
trbrcs  dans  des  mannequins.  Le  Jardinier  a 
soin  d'cmmannequiner  les  petits  arbres  précieux 
et  délicats. 

I->iM  \>NLQt;iNi ,  ÉE.  participe. 

EMMANTELÉ,  ÉE.  adj.  11  n'est  en  ùsaga 
'ju'en  ce  seul  exemple,  Corneille  eninujnfeli'e. 
C'est  une  espèce  de  corneille  qui  est  de  plu- 
mage gris  cendré  sur  les  ailes,  et  noir  sous  le 
ventre, 

EMMARINER.  v.  a.  Caruii;  un  vaisseau  de 
l'équipage  nécessaire  pour  le  nionler. 

E>i.MAnisÉ,  ÉE.  participe. 

E.MMÉNAGEME.XT.  s.  m.  Action  de  ranger 
lies  meubles  dans  une  maison  où  l'on  va  loger. 
M  ï?i'eu  a  tant  conîc  pour  mou  cnfuénagcmcnl. 

EMMÉNAGER,  s'EMMÉNACCR.  v.  pron. 
Mettre  ses  meubles  eu  place  qnand  en  les  a 
transportés  d'une  maison  dans  une  autre.  Il  se 
yasse  plusieurs  jours  avant  que  l'on  soit  enimé- 
'lagé.  Il  lui  a  fallu  huit  jours  pour  s^emmé- 
nager, 

11  signifie  aussi ,  .Se  pourvoir  de  mcublcf.  de 
ménage.  Il  s'emménage  peu  à  peu.  Il  n'est  pas 
lincore  emménagé. 

Emmùsagk,  ÉE.  participe. 

F.IWMÉNAGOGULS.s.  m.  pl.Tern.e  de:v:c- 
i'ccine.  ]\îédic:îmcns  qui  provoquent  les  règles. 

E.M.MENF.R.  V.  a. Mener  quelqu'un  avec  soi 
)lu  lieu  où  il  est  dans  quelque  auue  lieu.  Km- 
vienez  cet  homme,  je  voius  prie.  Il  Va  emmené 
dans  son  carrosse.  Il  guittti  l'iirniée  et  ctnrnena 
dciLC  Régimcns  avec  lui.  ^'oilà  les  Sergens  <jui 
irnniènent  vos  bestiaux.  Il  a  emmené  ses  inur- 
tlumdises,  etc. 

Emmené,  ée.  participe. 

EMMENOTTER.v.  a.^VIeltre  des  fers  ou  dns 
menottes  aux  mains  d'un  prisonnier,  d'un  es- 
clave. On  emmenotte  les  criminels. 

Ejimenotté,  ÉE.  participe. 

EMMIELLER,  v.  a.  Enduire  de  miel.  Eiii- 
mieller  les  bords  d'un  vase.  Il  faut  emmicliu' 
le  mors  aux  jeunes  poulains  pour  les  y  accou- 
tumer. 

Il  signifia  aussi,  Mettre  du  miel  dans  uua 
liqueur.  EmmiclLr  du  cidre,  emmieller  du  vin 
d'Espagne. 

I'.MMiEi.i.É,  ÉE.  parliripe. 

On  dii  figurément.  Dc.<  paroles  emmiellées, 
en  parlant  d'Un  discours  flatteur,  et  qui  est 
d'un;'  douceur  alTcetéc. 

EMMIELLURl',.  s.  f.  Sorte  de  cataphism» 
dont  les  Maréchaux  se  servent  poui'  guérir  !cs 
enflures  et  les  foulures  des  chevaux. 

EALMITOUFLER.  t.  a.  Envelopper  quel- 
qu'un de  fourrures  et  autres  choses  pour  le 
tenir  chaudem-nt  et  h  sou  aise  ,  principalement 
par  In  tête  et  pu-  le  cou.  7/  faut  bien  emmitou- 
fler ce  vieillard  par  le  froid  (/u'il  fait.  Il  uime 
à  s'emmitoufler.  Il  est  du  jtyk  familier. 


EMO 

On  (lit,  qu'r/iie  fmme  s'emmilou(le ,  est 
enwHtoiiflèe  dans  ses  coiff-s , pour  dire,  qu 'Elle 
s'enveloppe  et  se  cache  dans  ses  coilTcs. 
K.MMiTriFLÉ,  ÉE.  pailiciiic. 
On  dit  pi-ovirbialcnient,i/«niuis  c!inl  emini- 
loiiflé  ne  prit  souris,  pour  dire,  que  Pour  faire 
d:'  certaines  clioscs  qui  (leniandcnl  ijuelque  li- 
berté d'action ,  il  ne  faut  être  cntliarrassé  de 
lien  qui  empêche  d'agir. 

EMAIORTAISIiR.  v.  a.  Faire  entrer  dans 
une  mortaise  le  bout  d'une  pitte  de  bois  ou  de 
fer.  Cc}a  est  bieu  emmorlaisc. 
Emmoutaisé,  Ée.  participe. 
EMMorrÉ,  KE.  adj.  Vn  arbre  emmoité, 
.Arbre  dont  la  racine  est  entourée  d'une  motte 
d«  terre.  Les  Génois  vendent  déjeunes  orangers 
tt  citronniej-s  bien  enimoltcs. 

EADlL'SEIJîR.  V.  a.  Mettre  une  muselière. 
Tlmmuyeler    un   cheval.   Emniusder  un  veau 
your  Vempécher  de  téter. 
Ehml'selé,  te  participe. 

EMO 

ÉMOI.  s.  m.  Émotion,  souci,  inquiétude. 
Grand  émoi.  l\trc  en  émoi.  Il  est  vieux. 

ÉMOI.UE>T,  ESTE.  adj.  Terme  de  Méde- 
cine. Qui  amollit.  Remède  cmoUient.  EmpUUre 
tmoUient. 

Il  se  prend  aussi  substaotivera.  Faire  usa<je 
des  êmolltens. 

ÉM0LL':ME>T.  s.  masc.  Profit,  avantasc. 
Tirer  un  qrand  énulument ,  de  grands  éniolu- 
mens  de  quelque  chose.  Il  n'a  reçu  aucun  énio- 
lutnent  it  cette  affaire. 

Il  se  prend  aussi  plus  particulièrement  poui' 
I,e9  profits  et  avantages  casuels  ijui  proviennent 
d  tme  charge;  et  eu  ce  sens  il  est  opposé  au! 
revenus  Éxes  et  certains,  et  il  ne  s'emploie 
qu'au  pluriel.  Il  s'est  réservé  les  gages  de  cet 
office,  de  cette  charge,  et  il  en  laisse  les  émo- 
lumens  à  ceu.x  qui  travaillent  sous  lui. 

ÉMOLU^IE.NTKR.  v.  n.  Synonyme  de  Ga- 
gucr.  Cet  homme  cherche  à  cmulumcritcr.  Il  se 
dit  en  mauvaise  part. 

É.'MO>'CroiRE.  s.  m.  Certaines  glandes  aux 
aines,  aux  aisselles,  derritTC  les  oreilles  ,  etc. 
servant  h  la  dccliarge  des  luimcurs  superflues. 
Il  a  les  émonctoires  des  aisselles  enflés. Oa  s'en 
sert  ordinairement  au  pluriel. 

Éuo^CTOlnE,  se  dit  encore  Des  ouvertures 
du  cor}>s  destinées  fi  laisser  sortir  les  excrémens. 
Ka  ce  scus  l'anus ,  le  nez ,  la  boucltc ,  les  porcsf 
etc.  sont  des  émonctoires.  On  les  appelle  natu- 
rels, par  opposition  aux  artificiels,  tels  que  les 

t>>res ,  etc. 

ÉMUSDER.  v.  a.  Couper,  retrancher  d'un 
arbre  certaines  brancliei  qui  empêchent  que  les 
autres  ne  profitent  Le  Jardinier  u  lienénion<îé 
ces  arbres  fruitiers. 

Émosué,  it.  participe. 

KMOMIICS.  s.  f.  pluriel.  Dranchcs  super- 
flues qu'on  retranche  des  arbres.  On  fait  des 
^gots  avec  des  èmondes. 

ÉMOTION,  s.-r.  Altération,  trouble,  mou- 
vement c\rii  •  dans  les  humeurt ,  dans  les  es- 
prits, dans  Tâmc.  J'ai  peur  d'avoir  la  fièvre. 


EMO 

fat  senti  (juelqtie  émotion.  Il  n'a  plus  la  fièvre, 
mais  je  hti  trouve  encore  ijHel(jue  émotion,  âe 
Icniotivti.  Il  a  trop  marché ,  cela  lui  a  donné, 
lui  a  causé  de  l'émotion.  Ce  discours  le  filcha^ 
onvit  de  lémotion  sur  son  vi-^aqe.  Il  n'en  eut  pas 
h  moindre  émotion.  Il  attendit  le  coup  sans 
nnotiou.  Il  a  de  Vémotion  dans  le  pouls.  Les 
émotions  du  cœur.  Les  émotions  de  la  haine 
et  de  la  colère.  Cet  Orateur  excite  de  grandes 
émotions  dans  lesprit  de  ses  auditeurs. 

On  tiit,  Il  y  a  de  l'émotion  dans  le  peuple. 
pour  dire,  qu'il  y  a  de  la  disposition  dans  le 
peuple  à  se  .soulever. 

ÉMOTTER.  V.  a.  Briser  les  molles  d'un 
tliamp,  avec  un  maillet^  une  hei'se,  un  rou- 
leau, etc.  On  émolte  les  terres,  quand  il  n'a  ptn 
ylu  depuis  loncj-temps. 

ÉMOTTt,  ÉE.  parlicipe. 

E:\IOUCHER.  V.  a.  Chasser  les  niouclies. 
îHmoucher  un  cheval.  Les  chevaux  s'énwuchent 
9vec  leur  queue. 

Émol'CHÉ,  ée.  participe. 

ÉMOUCHET.  s.  m.  Oiseriu  de  proie,  sem- 
blable à  l'épervier,  mais  plus  petit. 

KMOUCHETTE.  s.  f.  Sorte  Je  caparavon 
ijui  est  fait  de  treillis  ou  de  réseau,  avec  de 
petites  cordes  flottantes  tout  autour,  et  qui  srrl 
t  garantir  les  clicvaux  des  mouches.  Mettre  une 
imouchctle  sur  un  cheval. 

ÉMOUCHOIR.  s.  m.  Queue  de  cheval  alta- 
jhée  â  un  mnuche,  et  dont  on  se  sert  pour 
lîiasser  les  mouches.  Quand  on  ferre  un  che- 
7a(,  on  se  sert  de  Vénwuchoir  pour  chasser  la 
nouches. 

ÉMOUDRE.  V.  a.  (Il  se  conjugue  comme 
Moudre.)  Aiguiser  sur  une  meufc.  ]!^moudre , 
faire  émoudre  des  couteaux,  des  ciseaux^  etc. 

Kmoui.u,  ce.  participe.  Qui  est  aiguisa:  et 
affilé,  pointu. 

On  dît  tant  au  propre  qu'au  figuré,  Com- 
battre à  fer  émoulu,  pour  dire.  Combattre  tout 
lie  bon  et  à  outrance. 

On  dit  famiiièrenienl ,  d'Un  homme  qui  a 
approfondi  quelque  matière  depuis  peu  de 
lemp^.  qu'il  est  frais  émoulu. 

l'ÎMOULEUR.  s.  m.  Celui  qui  fait  le  métier 
tl'cmoudre  les  couteaux,  les  ciseaux  et  autres 
ferrcmcns.  Portez  ces  couteaux  à  l'cmoulenr. 

ÉMOUSSER.  V.  a.  Rendre  moins  tran- 
thant,  moins'perçanl,  ûtcf  la  pointe  ou  te  tran- 
tliant  ^  on  inslrumcnt  qui  perce,  qui  coupe. 
Enwusser  la  pointe  d'une  cpce.  Emousser  un 
rasoir. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Les  fcrremens  s'emoussent  quand  on  frappe  sur 
quelque  chose  de  tiop  dur.  L'acier  de  Damas 
coupe  le  fer  sans  s^émousser.  Les  lanccl^is  s'é- 
mousserit  facilement. 

On  dit  fièrement,  Le.f  afflictions  cmoussenl 
Vesprit,  |K»ur  dire,  Abattent  l'esprit.  L'oisiveté 
émousse  le  courage, 

Émocs-slh.sc  dit  aussi  c-n  parlant  Des  ar- 
bres, et  signifie,  lui  6ler  la  mousse.  On  émonssc 
Ut  arbres  quand  il  a  plu. 

Emoussé  ,  t\:.  participe.  Vn  instrumc  it 
émvutsé.  Lit  aihre  b.en  taillé j  bien  émoussé. 


EMP  483 

ÉMOUVOIR.  V.  a.  (  Il  se  conjugue  comme 
Mouvoir,)  Mettre  en  raouvemejit,  faire  mou- 
voir. Il  ne  se  dit  guère  que  des  p;irtics  les  plus 
suhtiles  et  les  plus  nn»l>iles  d'un  corps,  comme 
sont  les  Immeurs,  les  vapeurs,  les  tsprils.  Cette 
drogue  émeut  les  humeurs,  la  hile,  et  ne  purge 
pas.  Le  vin  blanc  émeut. 

II  se  dit  aussi  De  rbomme.  Cette  médecirxt 
n^a  fait  que  Vémouvoir,€lle  ne  l'a  pas  purqé. 
Il  est  facile  j  dilJlctlc  à  émouvoir. 

I-^MOUvoin,  signifie  aussi,  Exciter,  agiter, 
soulever,  et  se  dit  en  parlant  Des  flots  de  la 
mer,  d'une  tempôte, etc.  Alors  on  s'en  sert  dans 
l'actif  et  dans  le  réfléchi.  Il  ne  faut  que  le 
moindre  vent  pour  émouvoir  les  flots.  La  mer 
commençoit  à  s'émouvoir.  Il  s' émut  une  grande 
tempête. 

J-'^iorvoin,. signifie  aussi ,  Exciter  quelque 
mouvement,  quelque  passion  dans  le  cœur, 
causer  du  trouble,  de  l'altération  dans  les  cs- 
prili.  Emouvoir  la  colèie.  Emouvoir  le  coeur  de 
compassion.  Être  ému  de  crainte  et  de  pitié.  Il 
sait  l'art  d^émouvoir  les  passions.  C'es-l  un 
homme  qui  ne  se  trouble  de  rien,  que  rîen  n'é- 
meut. 

On  dit  aussi  avec  le  pronom  personnel  :  Le 
peup/e  commençoit  à  s^èmouvoir.Il  s'émut  à  la 
vue  du  péril.  Il  ne  sauroit  voir  cet  homme  sans 
i^entouvoir. 

Ou  dit  proverbialement,  L'objet  émeut  la 
puissance,  pour  dire,  que  La  présence  de  l'oli* 
jet  excite  !e  désir. 

On  dit  d'Un  homme  prompt,  que  Sa  hile 
'st  luséc  à  émouvoir,  pour  dire,  qu'il  se  met  eu 
ïolère  pour  pw  de  chc-îe. 

On  dit,  £j?ioufotr  une  sédition,  une  nuc- 
relle,  pour  dira.  Exciter,  Faire  naiire  une  se- 
iHlion,  une  querelle. 

On  dit ,  jÇmoufoir  Uiic  noise,  pour  diro, 
Taire  nnitie  une  querelle,  une  conteslaliou. 
C'e.ïf  lui  qui  a  ému  la  noise.  Il  est  familier. 

On  dit  encore.  Emouvoir  une  dispute, -pour 
dire,  Commencer  une  dispute,  la  faire  naître. 

On  dit  figurcment  et  proverbialement,/!  ne 
faut  pas  émouvoir  les  frelons,  pour,  Il  ne  faut 
point  se  faire  d'ennemis,  quelque  petits  qu'ils 
soient. 

On  dit  quelquefois,  Emouvoir  à  compassion  ^ 
émouvoir  à  sédition ^  pour  dire,  Porter  à. 

JImu,  ue.  participe. 

On  dit.  Il  a  été  émude  compission  à  la  vue 
de.  Il  a  été  ému  par  ses  larmes. 

EMP 

EMPAILLER.  v.M.  Garnir  de  paille.  Em- 
pailler  des  chaises. 

Empailler,  si|;nifie  aussi,  Envelopper  de 
paille.  Il  faut  hierh  empailla-  ces  ballots,  ces 
bûltesy  ces  porcelaines. 

Empailled,  Mettre  de  la  paille  nutonx  d'une 
planta,  d'un  jeune  arbre.  Empaliez  vos  arti- 
chiuts.  .\oi  c.irdoni  d'Espagne  sont  empaillés. 

On  dit  aussi,  Empailler,  pour  Remplir  de 
paille.  0/1  empaille  la  peau  de  quelques  ani- 
maux dont  on  vent  conserver  la  fgurz  par  eu- 
riosité.  etc. 

(il. 


48/i 


EMP 


EMi'Aïu.t:,  Kt.  participe. 
EMPA!MJ:iJU.  s.  m. Celui  qui  empaille  dea 
iv.eul)lcs,  des  cliaises,  etc. 

EMPAI.KMENT.s.m.  Supplice  que  l'on  fait 
sonfiiir  p:ir  le  moyen  d'un  pal  ai^"  ^^clid  dnns 
le  fondement,  et  qwi  traverse  tout  le  corps. 
L'emyAilcment  est  un  des  plus  cruels  supplices. 
E^H'ALKR.  V.  a.  Terme  dont  on  ne  se  sert 
tiu'cn  parlant  d'Une  sorte  de  supplice  qui  est 
fort  en  usai;e  parmi  les  Turcs.  Ficher  un  pal 
aieu  dans  le  fondement  d'un  homme ,  et  le  faire 
sortir  par  les  épaules.  Les  Turcs  empalent  cer- 
tains criminels. 

EiiPALÉ ,  KE.  participe. 
EMPAN,  s.  ni.  Sorte  de  mesure  qui  est  de- 
puis l'extrémité  du  pouce  jusqu'à  celle  du  pelii 
doigt  ,  quand  ces  deux  extreinitcs  sont  aussi 
éloignées  l'une  de  Tautre  qu'elles  peuvent  l'être. 
Long  iVun  empan  ^  de  deux  empans. 

EMPANACHKR.  v.  a.  Garnir  d'un  panache, 
Empanacher  un  casfiue. 
Empanaché,  ée.  participe. 
EMPANNER,  v.  a. Terme  de  Martuc.  Meltrt 
«n  vaisseau  en  panne,  en  disposer  les  voilcl 
pour  qu'il  n'avance  pas.  On  empanne  le  vais' 
seau  pour  prendre  les  hauteurs. 

EMPAQUETER,  v.  act.  Mettre  en  paquet 
Empaauctez  tous  ces  habits.  Empaqueter  du 
lincjCy  des  livres,  etc. 

s'EaiPAguLTEn,  signifie  aussi,  S'cnvelnppcr. 
Il  s^empc/jucla  dans  son  manlcau.  Cette  jcmmi 
£toit  empaauctée  dans  ses  coifjrs. 

Il  se  dit  figuicment  et  familièrement  Uet 
personnes  qui  .-^ont  presséts  dans  un  carrosse  . 
dans  un  coche ,  etc.  iVous  étions  empaquetét. 
âans  ce  carrosse. 

Empaquetk  ,  ÉE.  participe. 
EMPARER,  s'EMPARKR.  v.  qui  ne  s'em- 
ploie qu'avec  le  pronom  personnel.  Se  saisit 
d'une  chose,  s'en rendremaître, l'occuper, l'en 
vahir.  Les  ennemis  se  sontemparés  d\tne  Placi 
pur  surprise.  S^emparer  d'un  héritage.  Il  s'c^ 
emparé  detous  mes  papiers ^dc  tous  mes  titres 
S'emparer  d'une  maison.  S'emparer  de  l'Em- 
pire. 

11  se  dit  figurément  Des  passions.  Quan\ 
l'amour  s'est  une  fais  empare  d'un  coeur.  Qnan  I 
i'amhitiony  la  jiilousic,  la  haine,  la  colèj-e,  M 
sont  une  fois  emparées  de  aiiclgu'un,  se  sont 
emparées  de  l'dme.  A'c  tous  emparez  pas  de  U 
conversation.  S'emparer  de  Tcsprit  de  (jueU 
^u'uriw 

EMPASME.  s.  m.  Poudre  parfumée  qu'où 
répand  sur  le  corps. 

EMPATEMENT,  s.  m.  Terme  d'Architec- 
ture. Épaisseur  de  maçonDCric  qui  sert  de  pied 
à  un  mur.  U  se  dit  aussi  Des  pi^ces  de  bois  qui 
lervcDt  de  base  à  une  grue. 

EMPÂTEMENT,  s.  m.  État  de  ce  qui  esl 
pAtcux ,  ou  cmp^itê.  Vempâtcment  de  la  langue. 
L^empdtement  des  mains.  L^empâtcment  du 
(oie y  de.i  glandes.  L^empâtement  de%  couleurs. 
Onditdus&i,  L'empiitcment  des  dindons^  etc. 
EMPATER.  V.  a.  Remplir  de  pâte.  Il  n'es! 
gufcre  d'usoge  qu'en  quelques  n-ncontrcs  : 
comme,  Cclu  m'a  emf  dtê  les  mains,  pour  dire, 


EMP 

Cela  m'a  rempli  les  mains  de  pâte,  ou  de  quel- 
que antre  clïose  qui  fait  l'elTot  de  la  p'ite. 

Il  signifie  aussi,  Rendre  pâteux;  et  alors  il 
ne  se  dit  guère  qu'eu  ces  phrases  :  Cela  empâte 
la  langue.  Cela  tn'a  tout  enWiîté  la  bouche. 

Il  signifie  aussi ,  Engraisser  la  volaille  avec 
une  certaine  pâtée. 

On  dit  en  termes  de  Peinture,  Empâter  un 
tableau  de  cotileurs  ,  pour  dire,  Coucher  les 
lûuh'urs  avec  l'abondance  et  la  consistance  né- 
cessaires pour  ûtre  maniées  d'une  façon  moel- 
leuse. 

On  dit  parcilicmeiit  en  Gravure,  que  Des 
chairs  sont  bien  empalées ,  Lorsque  le  travail  dca 
tailles  et  des  points  rend  le  moelleux  de  li 
Peinture. 

Empati:,  ée.  partieii>e. 
EMPAUMER.  V.  a.  Recevoir  une  balle,  ui 
cteuf  à  plein  dans  le  miheu  de  la  paume  de  i.i 
main,  de  la  raquette,  ou  du  battoir,  et  U 
pousser  fortement.  Empaumer  la  balle.  Quan^ 
tl  empaume  un  éteuf^  ïl  le  pousse  à  pa'te  de  vue. 
Il  signifie  figurément ,  Se  rendre  maitre  d( 
l'esprit  d'une  personne  pour  lui  faire  faire  lou| 
te  qu'on  veut.  C'est  un  homme  dangercuXj  s'l\ 
empaume  une  fois  ce  jeune  homme,  il  le  rui- 
nera. Ils  l'ont  empaume,  ils  lui  feront  croirt 
tt  faire  tout  ce  qu'ils  veulent.  Il  s'ext  laissé  enu 
vaumcr  comme  un  sot.  Il  est  du  stvle  faniilirx 
On  dit  encore  figurément  et  fatuihèremcnt 
Empaumer  une  affaire ^  pour  dire,  La  biet 
prendre,  la  bien  manier. 

Ou  dit  aussi  figurément  et  familiiirementi 
[Empaumer  la  parole^  pour  dire,  S'emparer  dj 
la  parole. 

'  EMpacmer  la  voie  ,  en  termes  de  Chasse 
le  dit  Des  chiens,  qui,  rencontrant  la  piste,  Il 
suivent  et  l'annoncent  par  leurs  abois. 
Empaume,  ée.  participe. 
E!\1PAUMURE.  s.  f.  Terme  de  Vénerie,  û 
liaut  de  la  tète  du  cerf  ou  du  chevreuil,  où  i 
y  a  trois  ou  quatre  andouillcrs. 

EMpAtiMuiiE  ,  se  dit  aussi  De  la  partie  du 
i;ant  qui  couvre  la  paume  de  la  main.  Une  em- 
^Hiuinure  bien  faite. 

KMPÉCIIEMICNT.  s.  m.  Obstacle,  opposi- 
lioti.  Apporter  de  l'c'np^chemefit  à  gnchjni 
rhose.Je  n'y  mets  point  i^'jmpec'emenf.  Mcilri 
fmpvchemcnt  à  un  mariaqc.  Empêcliemcnt  le- 
sjitime.  Empécliement  dirimant.  Empcchemenl 
tanonicutc. 

EMPÊCHER.  V.  a.  Appoilcr  de  l'opposi- 
lion ,  faire  obstacle.  Empêcher  le  jugement  d^un 
fW'Ocès,  un  mariage.  Empêcher  la  dèlivrancû 
d'une  somme.  Cette  muraille  empêche  la  rme. 
Cette  digue  empêche  tes  inondations.  Je  n  em- 
pêche pas  au  il  ne  fasse^  ou  gu^U  fasse  ce  <juM 
voudra.  Je  Vempêcherai  bien  défaire  ce  *j«'il 
dit.  La  ^duie  empêcha  qu'on  ne  s'^allât  pro- 
mener. 

On  dit,  S'empêcher  de. ..  pour,  Se  défendre 
de,  s'ai»stcnir  de.   Je  ne  puis  m'empêcher  dj 
vous  donner  cet  avis.  Il  ne  sauroit  s'empêcha 
du  joucr^  de  médire. 
;      Eaipf:cHÉ,  ÉE.  participe. 

Il  signifie  ai^ssi  foioiUétement ,  Embarrasse . 


EMP 

occupé.  Voilà  un  homme  bien  empêché  à  rendre 
SCS  comptes.  Il  a  les  mains  empêchées. 

On  dit  proverbialement,  17 rt  homme  empê- 
ché de  sa  personne,  de  sa  contenance,  pour 
dire.  Un  homme  qui  e.'^t  dans  un  grand  em- 
barras d'esprit ,  ou  simplement  qui  ne  sait 
comment  se  tenir. 

EMPEIGNE,  s.  f.  La  partie  de  dessus  d'un 

soulier.  L'empeigne  de  ce  soulia-  est  trop  dure. 

EMPENNELLE.   s.   f.    Terme   de   Marine. 

Petite   ancre  qu'on  mouilb;  au-devant  d'une 

grande,  et  qui  y  est  attachée. 

EMPENNI-:R.  v.  a.  (Les  lettres  EN  se  pro- 
noncent comme  dans  Amen.  )  Il  se  dit  Des 
îlèches  ,  et  signifie,  Les  garnir  de  plumes.  JEm- 
pcuner  une  flèche. 

Empenné,  ée.  participe.  Flèche  empennée. 
EMPEREUR,  s.  m.  Monarqaî,  Chef,  Sou- 
verain d'un  Empire.  Les  Empereurs  Romains, 
Empereur  d'Orient.  Empereur  d'Occident. 
L'Empei'eur  de  la  Chine.  L'Empereur  du  Ja- 
\on.  Et  quand  on  dil ,  L'Empereur,  sans  addi- 
iion,  cela  s'entend  de  l'Empereur  d'Allemagne  : 
»;  c'est  toujours  ainsi  qu'on  le  nomme  au  Par- 
lement, 

Quelques-uns  se  servent  mal  ii'  propos  du 
ïerme  d'£mpcrei/r,  en  parlant  Du  titre  d'hon- 
lieur  que  les  Soldats  Romains  déféroicnt  par  ac- 
llamaliou  à  leur  Général  après  une  expédition 
lieurruse;  mais  en  ce  cas  il  faut  conserver  le 
Biot  latin  hnpcrator.  Cicéron  fut  salué  Impera- 
^T  y  après  l'expédition  delà  CHicîe.  L'Empe- 
reur Domitien  fut  salué  plusieurs  fois  ïmperaior. 
\u  Collège,  on  appelle  Empereurs ,  Les  deux 
Écoliers  qui  sont  les  premiers  de  leur  classe,  il 
tst  toujours  Empereur. 

E.MPESAGE.  subst.  m.  L'action  d'empeser. 
L  enipesanc  lui  a  gâté  les  mains, 

.  Il  signifie  aussi  La  façon  dont  une  chose  est 
>mpesce.  Voilà  un  bel  empesage,  un  i^ilnm 
t'yipesage.  Payer  rempcstine. 

EMPICSER.  V.  a.  Accommoder  le  linge  avec 
ie  l'empois.  Empeser  un  rabat.  Empeser  un 
iiouchoij-.  Empeser  de  la  dentelle.  Cela  n*est 
\as  bien  empesé.  Cela  est  empesé  trop  ferme. 

E:\n'ESER  un>--  voile.  Terme  de  Marine.  La 
riouiller  parce  qu'elle  est  trop  claire,  et  que  le 
lent  passe  au  travers.  On  empèse  la  voile  pour 
fluj  son  tissu  se  resserre. 
Empesé,  ée.  participe. 
On  dit  figurément  et  familièrement,  qu'C/ii 
homme  est  empesé,  qu'une  femme  est  empesée. 
Lorsqu'ils  ont  un  air  trop  composé,  el  des  ma- 
nières aireclées. 

On  tlit,  quUn  style  est  empesé.  Lorsqu'on 
y«remnrque  une  trop  grande  afïèctation  d'ar- 
raiigon)ent,  d'ex.ictilude  et  de  purisme  qui  y 
donne  de  la  pesanteur  et  de  la  roidcnr. 

EMPESEUR,  EUSE.  s.  Celui  ou  celle  qui 
empèse. 

EMPESTER.  V.  a.  lnfcc&?r  de  peste,  de  mal 
contagieux.  On  ouvrit  des  ballots  qui  venoient 
d'un  lieu  pestiféré,  el  qui  empestèrent  toute  ta 
i'itle.  Les  corps  morts  qui  étoicnt  demeurés  sur 
le  champ  de  butnille,  avoietit  empesté  l'air. 
l\%iQriï^c  figurément,  Empuantir,  infecter 


EMP 

àe  mauvaise  odeur.  Il  enifesle  lout  le  monde 
de  son  haleine. 

Empesxé,  iiE.  participe. 
EMPÈTI'.KR.  V.  a.  I£mburrasser , engager.  11 
M  dit  proprement  Des  pieds.   Ce  c/iiiiii  s'est 
empélri  dans  ses  traits.  Il  s'est  empêtré  la  pieds. 
Il  s\st  empêtré. 

Il  s'eiuploie  aussi  dans  le  figure.  £mpi.'lrcr 
auelauun  dans  une  mécliantc  ajjttiie.  Pourquoi 
m'avez-vous  empêtré  de  cette  femme-là?  Il 
i'cst  empêtré  sottement.  Il  est  familier. 

Evpt'mÉ,  ïE.  paiticipc. 

Ou  dit  r)e  quelqu'un  ,  qu7/  a  Vair  empUlréf 
tout  empêtré j  pour  dire,  qu'il  a  le  maintien 
embarrassé. 

EMPKTKU.M.  s.  ui.  Pl,inte  dont  on  connoil 
deux  espèces  principales.  L'une  porte  des  baies 
uoires,  et  l'autre  des  b.iies  blanches.  Elles  son! 
d'un  goût  aigrelet  et  as-iez  agréable,  infusées 
dans  de  l'eau.  Elles  désaltèrent  les  fébririians, 
et  fortifient  la  vue,  lorsqu'on  s'en  bussiiie  le^ 
jeux. 

E.MPH.^SE.  5.  f.  Pompe  aOccléc  dans  le  dis. 
cours  ou  dans  la  prononciation.  Cet  honimt 
parle  avec  emphase.  Déclamer ,  parler  avet 
emphase. 

EMPH.VTIQUE.  adjcct.  des  2  genres.  Qui  « 
de  rcmpliase.  Discours  emphatique.  Pronon* 
cialioiiemp/ialirpe.  Ton  emphatique.il  a  parU 
iun  air  emphatique. 

EMPH.VlIQUt.MENT.  «dv.  D'une maDi*n 
emphatique.  Cel/ioninie  p(ir!eem^/i:iti(7uer):en£ 

E.MPIIKACIIQUE  ou  EMPL.\STIgUli 
dxljci'l.  des  2  genres.  Ternie  de  rliGtni.ieie.  Il  si 
dit  Des  niédicameus  visqueux,  par  opposition 
aux  Ecphractiques. 

EMPHYSÈME,  s.  m.  Terme  de  Médecine, 
maladie  qui  fait  enfler  le  corps.  '1  umeur  furni<i 
d'air. 

E.'MPHVTÉOSE.  s.  f.  Biil  i  longues  années 
pour  dix,  vini;t,  trente  années,  et  qui  peul 
durer  ju.'iqu'ii  ijuatre-vingt-dix-neuf  ans.  Le, 
emphytéoses  sont  des  espèces  d'aliénations ,  À 
catise  de  leur  longue  durée. 

E.'UPIiVrÉOTE.  subst.des  2  genres.  Celui 
celle  qui  juuit  d'un  fonds  par  bail  emphytéo- 
tique. 

E.MPIIYTI.OnQUR.  adj.  des  2  genres.  Qui 
appartient  i  l'Emphy  téose.  Bail  emphytéotique. 
Redevance  emphytéotique. 

EMPIETER,  v.  acl.  (  Les  lettres  1  E  font  ici 
une  diplithongue.)  Usurper  dan»  l'héritage  d'au. 
Irui.  il  11  enipie'té  sur  moi  pliu  d'un  arpent.  Ce 
Laboureur  empiète  tous  les  ans  quelques  siltbns 
sur  l'héritage  dt  son  voisin. 

On  dit  par  exttnsicn ,  que  La  mer  empiète 
sur  les  côtes,  qu'uiie  rivière  empiète,  pour  dire, 
quElle  prend  sur  le  terrain  voisin. 

Il  signifie  f;gurcmcnt  .  Entreprendre  sur 
quelqu'un  au-delj  du  droit  qu'on  a.  i'ous  oi'c: 
enipiele  lur  mu  charge,  sur  mon  emploi,  sur 
met  droits.  Il  empiète  sur  moi.  Il  empiète  au. 
tant  qu'il  peut. 

EMPiËTKn,  te  dit  ausii,  en  tcrmode  Fau- 
connccie ,  De  l'autour  qui  arrête  le  gibier  avec 


EMP 

.      Empiété,  ée.  participe. 
^      EMIMI'1-.RKR.  V.  a.  faire  mangor  exccssi\e 
meut.  Vous  empifj'iez  cet  enfant.  EmpilJ'icr  un 
enfant  de  confitures,  de  pâtisserie. 

Il  signifir  cucore,  Rendre  excessivement  gras 
et  replet.  Trop  mancjcr  et  t)op  dormir  l'ont 
enipifl'rcàun  tel  point  qu'il  n  est  pas  reconnais:- 
stibU. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personne!,  ei 
sij^niûc  deux  choses;  ou,  Manger  avec  excès  : 
Il  l'empijfva  tAlement  à  ce  repas,  quil  en  (ul 
malade,  ou,  il  signifie,  Devenir  excessivement 
gnis  et  replet.  Il  s'est  bien  empiffré  depuis  peu. 
Vous  vous  empiffrez  à  la  vie  (fue  vous  menez. 
Dai!s  toutes  ces  acceptions,  il  est  du  style  fa- 
milirr, 

EM?irFnK,  ÉE.  participe. 

EMPILEMENT,  s.  m.  Action  d'empiler. 

EMriLER.v.  a.  Mettre  en  pile.  Empiler  iu 
hois.  Empiler  des  livres.  Empiler  des  paaucts, 
du  fumier,  des  boulets,  des  ho'nhes. 

Empilé,  ée.  participe. 

EMPIRE,  s.  m.  Commandement,  puissance, 
Butorité.  Vous  avez  un  empire  absolu  sur  moi. 
Il  ejcerce  un  empire  tyrannique  sur  ses  amis. 
Il  a  pris  empire,  beaucoup  d^empire  sur  un  tel. 

On  dit  aussi,  Exercer  un  empire  despotique 
dans  sa  maison ,  sur  ses  valets ^  sur  sa  femme, 
sur  ces  enfans. 

Ou  dît  en  et  sens  :  L'empire  de  la  raison. 
Vempire  des  passions.  L'empire  de  la  mort. 
L'empire  de  tamour. 

On  dit,  Avoir  de  l'empire  sur  soi-même^ 
nour  dire,  Savoir  comuKtndcr  à  ses  pussions. 

On  dit,  Traiter quelifu'un  avec  empire,  pour 
dire,  Le  traiter  avec  orgueil,  avec  hauteur, 
avec  rudesse. 

II  signifie  aussi,  Domination,  Monarchie. 
L'Empire  des  Assyriens.  L'Empire  des  Perses. 
L'Empire  des  Grecs,  des  Romains.  Alcvandrs 
aspiroit  à  l'Empire  de  toute  la  terre.  Tenir  la 
rênes  de  VEmpirc.Le  siège  de  l'Empire.  Trans- 
porter le  sicfje  de  l'Empire. 

Il  se  prend  aussi  pour  Le  temps  que  dure  le 
rt^ne  d'un  Empereur.  Cet  Auteur  vivait  sous 
l'Empire  d'Auguste.  Cela  se  passa  sous  l'Em- 
pire de  Charlemaqnc. 

EMPiitE,  «îgnilie  encore  L'étendue  des  paya 
qui  sont  sous  la  domination  d'un  Empereur. 
L'Empire  d'Orient.  L'empire  d'Occident.  L'Em- 
pire Ottoman.  L'Empire  Romain  s'étendoii 
depuis  l'Océan  occidental  jus'fu'à  l'Euphratc. 
Etendie  les  bornes  d'un  Empire. 

Il  se  (lit  aussi  De  tons  les  Pays  qui  sont  sou 
la  domination  d'un  grand  RoL  L'Empire  Fran- 
çois. 

On  appelle  Le  bas  Empire ,  Les  derniers 
temps  de  lEmpirc  Romain  ,  qui  se  prennent 
ordinairement  drpiiis  Constantin.  Auteur  du 
bas  Empire.  Médaille  du  bas  Empire. 

EMi'tnE,  se  dit  encore  plus  parliculicremcni 
cl  absolument  de  l'Empire  d.Vllemagne.  Les 
Electeurs  de  l'Empire.  Les  Princes  de  l'Empire 
Eeudiitaire  de  l'Empire.  C'est  un  Fief  de  l'Em 
pire.  Releva-  de  l'Empire.  Terre  d'Empire  ou 
de  l'Eiiij):re    L*%  Cercles  de  l'Empire.  Princt 


EMP  485 

du  Saint- Empire,  Comte  du  Suint- Empire. 
Marquis  du  Saint  Empire. 

HMPiitE,sedic  aussi  pour  les  Peaples.  L'Em- 
pire se  souleva. 

On  dit  proverbialement,  Je  ne  cèdcrois  pas 
pour  un  Empire. 

EMPIUÉK.  Voyez  Empyrée. 

EMPIRER.  V.  a.  Rendre  pire,  l'aire  deve- 
nir de  pire  qualité,  de  pire  condition,  mettre 
en  pire  état.  Les  remèdes  n'ont  fait  qu^empircr 
son  mal.  Au  lieu  de  rendre  voire  condition 
meilleure,  vous  ne  faites  que  l'empirer.  Cela  ne 
fait  qu'empirer  votre  marché. 

Il  est  aussi  neutre,  ck  signifie,  Devenir  pii  e , 
tomberez  pire  état.  Ses  affaires  cmpiienl  tous 
les  jours,  empirent  de  jour  en  jour.  Sa  maladie 
empire.  Le  malade  empire  à  vue  d'œil. 

l^MPiRÉ,  LE.  participe. 

EMPIRIQUE,  adj.  des  a  genres.  Qui  ce 
j'attache  qu'à  l'expérience  dans  la  Me'dccine,  et 
ijui  ne  suit  pas  la  métliode  ordinaire  de  l'Art.  Il 
b'csl  guère  d" usage  qu'eu  cette  phrase,  Médecin 
Lmpirique. 

Il  est  quelquefois  substantif.  VnEmpîrîque. 
C'est  un  Empirique  qui  h  traite.  Il  se  prend  le 
[jIus  souvent  pour  Charlatan. 

EMl'IRISME.  s.  m.  Caractère  ou  connois- 
lance  pratique  de  l'Empirique. 

E:\IPLACEMEM'.  s.  m.  Lieu,  place  consi- 
dérée comme  propre  à  y  faire  un  bâtiment ,  un 
jardin,  etc.  Il  se  dit  plus  ordinairement  Des 
places  environnëes  de  rues,  de  bùlimens.  Voi'M 
un  bel  emplacement  pour  une  maisoji.  L'em- 
,  \jiacemvnt  de  son  jardin  est  trés-heau.  Jl  a  un 
qrand  emplacement. 

Il  signifie  aussi  L'acJÎon  de  placer  ceitaines 
lIioscs  dans  le  lieu  (pli  leur  est  destiné.  L'em- 
placement du  scd  dans  les  greniem. 

EMPLÂTRE,  s.  m.  Onguent  étendu  sur  un 
morceau  de  linge,  de  peau,  etc.  pour  être  ap- 
pliqué sur  U  partie  malade  ^t  nflli^ée.  Appli- 
quer un  emplâtre.  Mettre  un  emplâtre.  Oler 
un  emplâtre.  Lever  un  emplûlrc.  Un  emplâtre 
\fui  résout ,  qui  attire,  qui  amollit. 

On  dit  proverbi'ilemcnt,  qu'Où  il  n\  a 
point  £?*?  mal,  il  ne  fiut  point  d'emplâtre. 

On  dît  Ggurém'nt  et  familièrement,  Mettre 
un  emplâtre  à  une  affaire,  pour  dire.  Couvrir, 
réparer  ce  qu'il  y  a  de  mauvais,  de  défectueux 
dans  une  aflàirc.  Il  ne  sait  quel  emplâtre  mettre 
à  celte  ujfiiire.  On  ny  sauroit  mettre  un  bon 
emplâtre. 

On  dit  proverbialement  et  figunim.  d'Une 
personne  qui  est  oïdinairement  infirme,  que 
C'est  un  emplâtre.  Elle  a  un  cfnplâtre  de  mari. 

Il  se  dit  au&^i  d'Uue  personne  qui  n'a  pat 
de  vigueur  d'esprit ,  et  qui  n'est  pas  capable 
d'agir.  C'esl  un  pauvre  emplâtre, 

EMPLETIE.  s.  f.  Achat  de  marchandises. 
Bonne  emplette.  Mauvaise  emplette.  Grande 
emplette.  Faire  emplctti.  Faire  des  emplettes. 

EMPLIR.  V.  .1.  Koivlre  plein.  Emplir  un 
cofjre,  une  armoire  de  h^'-rdes.  Emplir  un  vasCy 
un  verre  de  quelque  liqueur.  Emplir  une  bou- 
teille. Emplir  u/i  sac,  etc. 

Oo  dit  familièrement  d'Cn  homme  gros  ci 


486  EMP 

fras,  qu'il  emylit  hlen  son  paiirjiui.il.  li  se  ilil 
iitssi  (il'ii  homme  qui  mange  beaucoup. 

Il  se  met  aussi  avec  le  pronom  personnel, 
et  signifie,  Devenir  plein.  Le  vdisr-'-n"  s'cmjjjis. 
loil  tellement  d'ew,  qu'il  éloit  j'rès  de  couler  .i 
fond. 

EMPLt,  lE.  participe. 

EMPLOI,  s.  ni.  I.'u.:ns«  î"'""  '^''  '^^  q'"''' 
que  chose.  Faire  '"•  î«"'  «"t'o',  "I'  "i(""'ni« 
emploi  de  ses  biens,  de  son  temps.  Il  n'a  pu 
faire  voir  l'emploi  de  l'argent  qu'il  a  touclw. 
Il  faut  faire  apparoitre  de  l'emploi  des  deniers. 

On  nppclle-lLrnpIoi  d'arqtnt,  L.i  collocatîon 
de  l'argent.  Bon  emploi,  mauvais  emploi.  On 
7I0US  donnera  un  hon  emploi  de  vos  deniers. 
Quittancé  d'emploi. 

On  .nppelle  Emploi  d'une  somme,  L'action 

d'employer   une  somme,  d'en  faire   mention 

•  dans  un  compte,  soil  en  mise,  soit  en  recette. 

L'emploi  d'une  partie  coudée  dans  un  compte. 

Faux  emploi.  Double  emploi. 

Emploi,  signifie  aussi  L'occupation  ,  la  fonc- 
tion d'une  personne  qu'on  emploie.  Grflnrî  em. 
ploi.  Bel  emploi.  Emploi  honorable.  Emploi 
ruineiLT.  Pénible  cmplo'i.  Donner  de  l'emploi. 
Être  sans  emploi.  Demeurer  sans  emploi.  C'est 
un  homme  (pti  cherche  de  l'emploi.  Se  bien  ac- 
quitter de  soti  emploi.  Il  a  eu  de  grands  em- 
plois. Il  a  eu  les  plus  beaux  emplois  dans 
VÈpée ,   dans   la   Piobe. 

On  dit  au  Théâtre,  qu'Un  Acteur  a  l'emploi 
des  Rois,  des  Valets j  etc.  pour  dire,  qull  joue 
les  cùlcs  de  Rois ,  de  Valets ,  etc. 

EMPLOÏEII.  V.  a.  J'emploie,  tu  emploies, 
il  emploie;  nous  employons,  •uoiis  employé;, 
ils  emploient.  J'employais,  vous  employiez  , 
ils  employaient.  J'emplolrai  Que  j'emploie, 
que  nous  employions,  que  vous  employiez. 
Que  j'employasse.  J'emploirois.  Employant. 
Employé.  Mettre  en  usage.  Employer  de  Ve- 
to ff'.  Employer  de  l'argent.  Employer  son 
bien  en  foïïes  dépenses.  Employer  la  plus 
grande  partie  de  son  revenu  en  charités  ,  en 
aumônes.  Employer  du  bois,  de  la  pierre  à 
bdtir.  Employer  du  papiei-  à  écrire.  Cet  argent 
a  été  employé  aux  nécessités  de  l'Etat. 

On  dit  aussi  :  Employer  le  temps  à  quelque 
chose.  Employer  tout  son  esprit,  (ouïe  son  in- 
dustrie, tous  ses  soins,  toute  son  éloquence. 
Employer  le  crédit  de  ses  amis.  Employer^ses 
amis.  Il  emploie  tout  le  monde  pour  o}>tcnir  telle 
Charge.  Il  emploie  toutes  sortes^  de  nuyyent. 
Employer  ses  bons  offices. 

On  dit  proverbiaiemeut,  Employer  le  vert 
et  le  sec,  pour  dire,  Mettre  toute  chose  en 
usage. 

Avec  le  pronom  personnel,  il  signifie,  S'oc- 
cuper, s'appliquer,  ag'u.  Il  ne  s'emploie  qu'.i 
cclu.  Je  m'y  emploirai  avec  joie. 

On  dit,  Eiitployer  un  mal,  une  phrase, 
pour  dire,  S'en  servir  en  parlant  ou  en  écri- 
vant. 

On  dit  encore.  Employer  une  raison,  une 
pièce,  pour  dire, S'en  servir  pour  en  tirer  quel- 
que preuve. 

Ou  dit  aussi.  Employer  une  partie  dans  un 


F,  M  P 

compte ,  pour  dire  ,  La  mctti  e ,  la  tirer  en  ligne 
de  compte. 

On  dit  encore,  Employer  quelqu\in  sur 
létat,  pour  dire ,  Le  mettre  sur  l'éiat  de  dépense , 
Bur  IVtat  de  ceux  qui  doivent  Ctre  payes. 

Kmi'Loyer,  sifjnifie  aussi.  Donner  de  l'oc- 
capition,  de  l'emploi  à  un  liomme.  On  a  em- 
ployé cet  homme  dans  les  Pays  étrangers.  On 
Va  employé  dans  de  (jrandes  ajjaires^  à  dt 
fjrandes  uêqodations.  Il  est  employé  dans  lei 
Finances j  dans  le^  Fermes.  C'est  un  homme 
(jui  mérite  d'être  employé.  Cet  Officia'  est  em- 
plo-)'C  cette  année  dans  l'armée  de  Flandic. 
Employé  sur  la  frontière  y  employé  sur  les 
côtes. 

KmployÉ,  Ée.  participe. 

On  dit  iiroverbiaIument,C'c5lfci*en employé, 
pour  dire,  que  Celui  dont  on  parle,  mente 
bien  le  mal  qui  lui  est  airivi*. 

Employé,  se  prend  aussi  substantivement. 
Il  y  a  beaucoup  d'Employés  dans  les  Fermei 
du  Hoî.  Un  Employé  des  Fermes. 

E5IPLUMER.  V.  a.  Garnir  de  plumes.  Il 
n'est  guère  d'usage  qu'en  parlant  Des  pcllti 
morceaux  de  plumes  dont  on  garnit  un  clave- 
cin. Emplumer  un  chivecin. 

On  dit  figuixinicnt  et  familièrement,  //  s'esl 
bien  emphtmc  dans  cette  ajjhire^  il  s'y  est  hten 
remplumé,  .pour  dire,  Il  s'est  enrichi,  il  a  ré- 
paré ses  pertes. 

Emplumé,  f.v.,  participe. 

EMPOCHER,  v.a.  :\:cttre  rn  poche.  Il  se 
dit  vfoprement  De  l'argent,  ou  de  quelque 
autre  chose  <.pi'on  serre  davs  sa  poclic  avec 
quelque  sorte  d'empressement,  d'aviditc.  À 
mesure  qud  qaqne  quelque  ur.jent  au  jeu,  tl 
Pempoc/ie. 71  empoche  tout  ce  qu'il  (jacjne.Em- 
nociier  des  fruits^  des  truffes ^  des  confitures.  Il 
n'est  que  du  style  familier. 

Empoché,  ke.  participe. 

EMPOIGNKK.  V.  a.  Prendre  et  serrer  avco 
le  poinj.  Il  lempoiqna  par  le  bras.  Il  Vcmpoi- 
ijna  par  les  cheveux.  Cela  est  trop  gros ,  on  m 
saïu'oit  Vempoiqner.Pour  bien  jouer  ù  la  Paume., 
il  faut  bien  cmpoianer  sa  racjucttc. 

Empoigné,  ée.  participe. 

Empoiqné,  en  termes  de  Blason,  se  .dit  De 
(lèches  ou  javelots  au  moîn.s  au  nombre  de  trois . 
lit-s  inscmble  par  le  milieu. 

EMPOIS,  s.  m.  Espèce  de  colle  faite  avec  de 
l'amidon,  et  dont  on  se  sert  pour  rendre  L 
linge  plus  ferme  et  plus  clair.  Empois  blanc 
Empois  bleu.  Eau  d'empois.  Mettre  de  Vempois. 
Mettre  du  linqe  dans  Vempois. 

EMPOISONNEMEM'.  s.  m.  Action  d'em- 
poisonner. L'empoisonnement  est  un  crime 
capit.i'. 

EMPOISONNER,  v.  a.  Donner  du  poison  i 
dessein  de  faire  mourir.  Le  bruit  est  qu'on 
l'empoisonna.  Empoisonhcr  une  personne,  un 
chien. 

Il  signifie  aussi,  Infecter  de  poison.  Empoi- 
sonner des  7nandcs,  des  fruiti.  Empoisonner 
une  fontaine,  un  puits,,  une  source.  Empoi- 
sonner une  plaie.  Empoisonner  des  armcs^  un 
poiqnardy  des  flèches.  Empoisonner  des  terres ^ 


EMP 

pour  dire.  Jeter  dans  des  terres  des  cliose» 
propres  à  faire  mourir  les  chiens,  afin  d'empê- 
clier  la  citasse. 

EsiPOi.sossEn  ,  V.  n.  se  dit  Des  choses  qui 
fçnt  mourir  par  une  qualité  vénéneuse.  71  y  « 
des  champignons  q\ii  empoisonnent. 

E.MPOtsoNSEii,  se  dit,  par  extension.  Des 
vapeurs  qui  sont  extrêmement  infectes.  En  re- 
muant la  terre,  il  en  sortit  une  vapeur  qui  em- 
poisonna tous  les  travailleurs.  Cet  homme  a 
une  haleine  qui  empoisonne.  Ce  poisson  est 
pouri,  il  empoisonne. 

Il  se  dit  figureincnl  De  tout  ce  qui  corrompt 
l'esprit  et  les  mœurs.  Cette  doctrine  a  empoi- 
sonné beaucoup  d'esprits.  Ses  maximes  sont  ca- 
pables d'empoisonner  la  jeunesse.  Il  lui  empoi- 
sonna l'esprit  par  ses  flatteries. 

Il  signifie  aussi.  Rapporter  une  chose  en  y 
donnant  un  tour  malin,  défavorable,  dange- 
reux, contre  l'intention  de  celui  qui  l'a  dite. 
C'est  un  mauvais  esprit  qui  empoisonne  le* 
choses  les  plus  iniocentes,  qui  empoisonne 
tout  ce  qu'on  dit.  Les  médisans  empoisonnent 
(ouf. 

Empoisonsé,  ée.  participe. 

On  appelle  Louanges  empoisonnées.  De» 
louanges  données  à  dessein  de  nuire. 

EMPOISOSKEUll ,  EUSK.  s.  Celui ,  celle 
i]ui  empoisonne.  Il  fut  condamné  comme  em- 
poisonneur. 

On  dit  figurément  d'Un  mcichanl  Cuinoier, 
d'un  mauvais  Pâtissier,  que  C'esl  un  empois 
fonneur. 

On  le  dit  aussi  fignrcm.  d'Un  homme  qui  dé. 
bïte  une  doctrine  penïicic'iise.  C'est  un  empoi- 
sonneur public. 

E:»rPOI.SSEK.  Vote;  Poisser. 

E!\IPOISSOXNeVie>T.  ».  masc.  Action  par 
laquelle  on  peuple  un  étang  qui  a  été  péché. 
Les  Fermiers  sont  obligés  de  faire  faire  devant 
leursMailrcsl'empoissonncmer.tdeleursétangs. 

E:\IP0ISS0NNER.  v.  a.  Peupler,  garnir  de 
poisson.  Empoissonner  un  étang,  des  fossés, 
un  canal. 

l'Mi'Oi.^soNsÉ,  ÉE.  participe. 

EMPORTÉ  ,  ÉE.  adj.  Qui  se  laisse  entraîner 
par  sa  passioTi,  (|ui  se  lïiche  aisément,  qui  est 
prompt  à  dire  des  injures.  C'est  un  horrme  em- 
porléavec  quion  ne  saurait  vivre  en  paix. C'est 
une  ft-'mmc  emportée  au  dernier  point.  Esprit 
cmpoJ~ti'. 

Il  se  prend  aussi  quelquefois  substantive- 
ment. C'est  m  fou,  c'est  un  emporté.  C'est  une 
folle,  c'est  une  emportée. 

IvMPORTEMEST.  s.  m.  Mouvement  déré- 
glé, violent,  causé  par  quelque  passion.  Grand 
emportement.  "Violent,  Icrrtble  emportement. 
Emportement  de  colère,  de  débauche.  Empor- 
tement d'amour  ,  de  joie.  Horribles-  emporte- 
mens. 

On  dit,  dans  un  sens  contraire,  Noble  em- 
portement, stiqe  emportement. 

Le  mot  d  EmporIcmenI  ,  mis  absolument, 
tiguifie,  Emporfeme/it  fie  colère. 

EMPOKTi;-PIKCE.  s.  m.  Instrument  pro- 
pre i  découper,  cl  qui  enlève  la  pièce.  Il  se  dit 


EMP 

nu  figuré  d'On  Sallriiiue.  Ce  ip.ot  csl  ■]u  style 
familier. 

E.MPORTIilî.  V.  a.  Enlever,  filer  d'un  lieu 
Il  11  fait  enifJorliT  Ions  ses  mciiUcs  de  sa  maison. 
Emporter  un  muladi,  un  homme  hhsse. 

Il  veut  dire  aussi,  l'reiiilie  une  cliose  eu  un 
Ticu ,  et  la  porter  avec  soi  dcliors.  Emportez,  ce 
livre,  vous  le  liiez  à  loisir. 

On  dit,  (ju'l/'i  atné  emporte  les  (îeitr  lias 
du  bien,  pour  dire,  que  Le  droit  d'aiucsse  lui 
iloimc  cet  avantage  sur  ses  cadcti. 

liaiponTEa,  signifie  aussi,  lùilrainer,  arra- 
ilier,  enlever,  einincoer  avec  cfibrt,  avec  ra- 
pidité, avec  violence.  Ce  carrosse  entra  si  vite, 
tjn^il  pensa  emporter  la  borne.  Ce  coup  de  ca- 
non lui  a  emporté  une  jambe.  Le  vent  a  eni- 
porté  vion  chapeau.  Les  courans  empoi'térent  le 
vaisseau.  Son  cheval  prit  le  mors  aux  dents, 
'(  Vcmpofta  à  travers  les  champs,  et  absolu- 
ment ,  i'emporla.  La  rivière  a  emporté  les  ponts , 
les  chaussées,  etc. 

On ditd'Un  hommequi est  monde  !a fièvre, 
ou  de  quelque  autre  maladie.  Celle  maladie  l'a 
emportée  La  peste  emporte  les  jcr^s  en  peu  d< 
jours. 

On  dit,  quVn  remède  emporte  la  fièire, 
pour  dire,  qu'il  la  guérit  et  ta  chasse;  cl  que 
Le  jus  de  citron  emporte  les  taches  d'encre, 
pour  'dire,  qu'il  les  fait  disparoitre. 

LMFonTKn,  se  dit  ûgurémcut  Des  passions, 
et  figuifie,  l'irer  l'àme/lesa  .•;itualion  ordinaire, 
jeter  dans  quelque  excès  blâmable.  La  colèn 
femporla  bien  loin.  Se  laisser  emporter  à  sa 
vengeance.  La  douleur  Va  emporté  jusiju' a  dire, 

juj()u'ii/(i  ire La  jeunesse  se  laisse  emportei 

dua'  plaisii-s. 

On  dit  absolument,  S'emporter,  pour  dire. 
Se  Dcber  violemment,  s'abandonner  îi  la  colère. 
S'emporter  contre  quelcju'iin.  71  .s'cniporle  pour 
rien.  H  s'emporte  pour  peu  qu'on  le  contredise. 

On  dit  qu't'n  cheval  s'emporte,  pour  dire, 
iju'Il  se  livre  à  sa  vivacité,  et  ne  peut  être  re- 
tenu par  celui  qui  le  monte. 

EiiPonTcn  ,  signifie ,  Gagner  ,  obtenir.  Cel 
homme  a  tant  de  crédit,  iju' il  emporte  tout  ce 
qu'il  veut.  Il  emporta  cette  ajl'aire  à  force  de 
sollicitations.  Cet  orateur  emporte,  cnlriiîne  les 
esprits, 

EiMPonTEn,  signifie  encore.  Avoir  le  dessus, 
e::cc11er  ;  et  alors  il  se  joint  avec  le  pronom  le. 
Le  v'm  de  Cltampaane  et  le  vin  de  Bourgoam 
l'emiiorlenl  sur  tous  les  autres  vins.  Le  diamant 
teinporte  sur  toutes  les  autres  pierreries.  Vir- 
gile et  Horace  l'emportent  sur  tous  les  Poëtci 
Latins.  Il  l'a  emporté  sur  tous  ses  concurrens. 
L'amour  l'emporte  quelquefois  sur  In  raison. 

Empuhteh,  joint  nu  mime  pronotn,  signifia 
aussi,  Pcicr  davantage.  L'or  l'emporte  de  beau- 
coup sur  l'argent ,  mis  en  pareil  volume  dans 
une  6attifice. 

On  dit  C:^urément,  Emporter  la  balance, 
pour  dire.  Prévaloir.  Celle  eoiin'J'-raliun  u  em- 
porté la  balance. 

On  dit,  Emporter  une  Place,  pour  dire, 
S'en  rendre  mailp'  en  peu  de  trmp). /leniporlii 
la  Pltice  en  quinie  ;uur>  île  iranc'ie'e  oiuerle. 


EMP 

Emporter  une  Ville  d'tinhlée.  Emporter  une 
PUice  iVassaiit. 

Un  du  proverbialement,  Emporter  rîe  haute 
lutte j  pour  dire,  L'cnipoiicr  rapidcniciil ,  lual- 
gré  toute  opposition. 

Ou  dit  d'Un  Iiommc  rjui  fait  des  railleries, 
des  nitdi.vûnces  atroces ,  que  C'cA  un  homme 
qui  emporte  la  pièce, 

EMPonxEn,  signifie  aussi,  Attirer,  entraîner 
par  une  suite  ncccssaïie.  La  conâamnation  à 
mort  emporte  la  confiscation  tics  hiens.  La 
proposition  (jéuèrale  emporta  lu  proposition 
particulière. 

On  dit,  c(ue  La  forme  emporte  le  fond,  ou 
que  le  fond  emporte  la  forme,  pour  dire,  qvic 
Dan$  le  jugement  d'un  procès  la  forme  prévaut 
sur  lu  fond,  ou  le  fond  sur  la  forme. 

On  dit  proverhialenient  d'Un  discours  frivoU 
qui  nt  doit  r.en  produire,  d'une  promesse,  d'une 
menace  tjiii  ne  doit  point  avoir  d'cfiTt-t,  yiutcuii 
en  emporte  le  v^nt.  Il  me  promet  monts  et  mer- 
veilles^  autant  en  emporte  le  vent.  Ne  vous 
alarmez  pas  (jfi  ses  menacct,  autant  en  emporte 
le  vent. 

EMPonri:,  i'e.  participe. 

EMPOURPRER,  v.  a.  Colorer  de  rouge  ou 
de  pourpre.  Il  n'est  d'usage  qu'en  Poésie. 

EMrounpr.É,  ÉE.  participe.  Des  raisins  em~ 
pourpres ,  des  fleurs  empourprées. 

EMPREINDRE,  v.  a.  Ijr.primer  une  fi-urc 
iur  quelque  chose.  Empreindre  une  fiaurc. 
Empreindre  une  marque,  Empreindj-e  des  ca- 
ractèi-es. 

Cu  (lit  fi,;urcment  :  C'est  une  loi  que  îa 
nature  a  empreinte  dans  nos  cœurs.  Ce  sont  des 
$cntim^ns  que  la  nature  a  empreints  dans  tous 
les  hommes. 

EMPnEiST,  EiNTE.  participe. 

EMPREINTE,  s.  f.  Impression,  marque, 
figure  de  ce  qui  esl  empreint.  L^ empreinte  d'un 
cachet,,  d'un  sceau ^  d'une  pierre  gravée,  d'une 
médaille. 

On  le  dit  aussi  figurément.  L'empreinte  du 
doigt  de  Dieu  se  reconnoît  dans  tous  les  ou- 
vrages de  la  nature. 

EMpntiNTEs  ,  dans  l'Histoire  Naturelle,  sont 
des  pierres  sur  les(|Uflles  on  trouve  des  figures 
de  ploiTlcs,  de  poissons,  oic.  empreintes  de 
poissons,  empreintes  de  fougère. 

EMPRESSÉ,  ÉE.  adject.  Qui  agit  avec 
ardeur,  qui  so  donne  beaucoup  de  mouvement 
pour  le  8UCCÙS  de  co  qu'il  a  entrepris.  C'est  un 
homme  /«Tt  empresré.  Il  fait  l'empressé  aupiùa 
d'une  telle  personne.  Rechercher  quelque  chose 
avec  une  ai'deur  empressée.  Il  a  l^air  emp-e^sc, 
!es  manières  empressées. 

EMI'Ri:SSE>lENT.  s.  m.  Action  d'une  per- 
sonne qui  s'empresse;  mouvement  quo  se  donne 
celui  qui  rccbcrclie  une  chose  avec  ardcur.viotV 
avec  empressement.  Marquer  de  l'empressement. 
Avoir  heauccup  d'empressement  pour  quelque 
chose.  Témoigner  beaucoup  d'empressement 
auprès  d'une  personne.  H  a  beaucoup  d^emprcs- 
tement  à  vous  .'ervir. 

EMPRESSER,  sEMPRESSEK.  v.  qui  ne 
s'emploie  qu'avec  le  prouum  personnel.  A^ii 


E  I\î  F  4S7 

avec  une  nidci.r  inquiète  pour  faire  réussir 
quelque  clioie;  s'agiter,  s'inquiéter,  se  tom- 
tueiiter^  se  donner  beaucoup  de  uiouvcmeiit 
pour  le  succès  d'une  alKiirc.  C'est  un  homme 
qui  s'empresse  jurt.  Il  n'aime  pas  à  s'empresser 
mal  à  propos.  C'ciC  nu  homme  qui  s'empresse, 
qui  se  fait  de  pie.  S'empresser  à  fiira  sa  cour. 
S'empresser  de  parler,  de  prendre  la  parole. 

li,:Mpncsst,  is.  parliclpe. 

i:Ml'lll,SONiMiMi:>r.  t.  m.  Action  par  la- 
'luellc  quelqu'un  est  mis  en  prison,  ou  état  de 
'cluiqui  csl  emprisonné.  Depuis  son  emprison- 
nement. 

E.Ml>lUSO^^'En.T.a.  MelUe  i$i  prison.  On 
i'ii  emprisonné.  On  Va  fait  emprisonner. 

KaipnisoNSK,  ée.  participe. 

EMI'KOM'.  s.  m.  L'action  d'emprunter,  ou 
la  cliosa  qu'on  cmpiuute.  Fuire  un  emprunt. 
C'est  un  homme  qui  est  toujours  aux  emprunts , 
qui  ne  vit  que  d'emprunt.  Argent  d'emprunt. 
Cheval  d'emprunt.  Aller  aux  emprunts. 

On  dit  Gguicmcnt,  Une  ieauté  d'emprunt, 
ies  vérins  d'cmpiunt,  pour  dire,  Une  beauté 
jui  n'est  point  naturelle,  des  >ertus  dont  on 
n'a  que  l'app^ircnce. 

EMPKUM'ER.  V.  a.  Demander  et  recevoir 
ta  prêt.  £i)ijjrunle/'  de  l'urgent.  Emprunter  à 
usure,  à  gros  intérêt.  Emprunter  un  cheval. 
Emprunter  des  livres.  Emprunter  à  quelqu'un 
mille  écus.  J'emprunterai  celte  somme  à  quel- 
qu'un de  mes  amis. 

On  dit,  que  La  Lune  emprunte  sa  lumière 
iu  Soleil,  pour  dire,  qu'Elle  ne  !uil  point 
d'une  luuiière  qui  lui  soit  propre,  uiaid  qu'ollo 
la  reçoit  du  Soleil. 

On  dit  figurcment  :  Les  .l/nijistrals  empriin- 
lenl  (oHie  leur  autorité  de  la  justice, de  la  foret 
publique.  Emprunter  le  niosij'ic  de  la  vertu. 
Emprunter  les  apparences  de  la  vérité- 

Ondit  aussi  figurénient.  Emprunta-  le  nom, 
le  liras,  la  plume,  le  crédit  de  quelqu'un,  pour 
Jire,  Se  servir  du  bras,  do  la  plume,  du  nom , 
du  crédit  de  quelqu'un. 

On  dit  aussi.  Emprunter  une  pensée  d'un 
Auteur,  pour  dire,  Emplojcr  la  pensée,  se 
servir  de  la  peasée  d'un  Auteur.  Il  a  emprunte 
cela  d'Homère,  de  'Virgile. 

Empbvnté,  ts.  participe. 

On  dit.  Une  beauté  empruntée,  des  citarmes 
empruntes,  pour  dire,  qu'Us  ne  sont  pas  propres 
à  la  personne,  qu'ils  ne  sont  pas  nalureU.£cla' 
cinprunlé.  Luniitre  empruntée. 

On  dit,  qu'Un  livre  a  paru  sous  un  nom 
emprunté,  pour  dire,  qu'il  a  paru  sous  un 
autre  nom  que  celui  de  son  Auteur. 

On  dit.  Conter  une  histoire  sous  des  noiiH 
empruntés ,  pour  dire ,  La  conter  sous  des  nonis 
déguisés ,  sous  d<'  faux  noms. 

On  dit,  .tvoir  un  uir  em^uiitc,  pour  dire. 
.'\voir  un  air  embarrassé,  contraint,  qui  n'est 
point  naturel. 

EMPHL'NTECR,  EUSE.  s.  Celai,  «Ile  qui 
cmpninte.  C  cil  un  hardi  emprunteur.  C'est 
une  emprunteuse. 

11  se  dit  assez  ordinaircinfDl  d'Un  Itominc 
accoutumé  ^  eiuptuuler. 


488  EN 

KMPUAKTIR.  V.  a.  Infecter,  repanJre  une 
iiiauvaisi:  odeui ,  la  communiquer.  Cela  em- 
(iiinnli't  toute  la  maison.  Un  cha(jue,  un  ei/oiil 
ijiii  empuantit  tout  le  /jua;  lier.  Empuantir 
i^uelquun.  Il  a  empuanti  tout  le  moitde  île  son 
haleine. 

ICUPHASTI ,  II.  p.irticipe. 

EMPUAM"I.SSK:ME>T.  s.  m.  État  d'une 
chose  qui  semiraaniit.  /.'  faut  craindre  l'em- 
puantissement des  eaujc. 

EMPYÈAIli.  s.  ni.  .imas  de  pus  dans  qudqui 
civité  du  corps,  et  nnrticulicrcment  dans  U 
uoitriiic.  Faire  l'opération  de  Vempyème. 

l\  se  dit  aussi ,  et  plus  communément ,  D( 
l'opération  môme.  L'emp^ème  est  une  opéra- 
tion danqeieuse. 

EMPYRÉlv  adj.  Il  ne  se  dit  que  Du  Ciel  le 
plus  élevé  où  l'on  établit  le  séjour  des  Bieulieu- 
rcu\.  Le  Ciel  Empyrée. 

îl  est  aussi  substantif  masculin.  L'Empyrée, 
Juti^ue  dans  V Empyrée. 

EMPYREUM-VllQUE.  adj.  des  2  genres. 
Tenant  de  l'ompyveume.  l  ne  odeur  empyreu- 
matique.  Une  huile  cmpyreumattque. 

EMPYREU.^IE.  s.  m.  Qualité  désagréable 
au  goût  ou  à  l'odorat,  que  contractent  ceilainej 
substances  soumises  à  l'actiou  du  feu. 

E  IM  0 

ÉMI.'I.ATEUR.  s.  m.  Qui  est  animé  du 
stsiimcut  d'émulation.  £nmïa(cur  de  la  nloirt 
d'autrni.  Il  a  eu  plus  d'envieux  de  sa  fortune 
ijite  d'emulateurs  de  sa  vertu.  Il  n'est  guère  que 
ia  style  soutenu. 

ÉMULATION,  s.  f.  Sentiment  noble  qui 
excite  à  égaler  ou  à  surpasser  quelqu'un  en 
quelque  cijosc  de  louable.  NohlCj  belle  émula- 
tion. Honnête,  louable  émulation.  Ils  étudie- 
ront mietix  par  cniuïû(ion./Iy  «  une  noniié(e 
émulfifîon.  E.rcîler ,  (donner  de  remuliilion. 
L'^miilnlion  tâche  d'imiter  les  qrandes  actions. 

fiMUI.K.  s.  m.  Concurrent,  antagoniste.  Il 
est  l'émule  d'un  tel.  C'est  son  cinule. 

Il  se  dit  aussi  De  deux  liommcs  qui  sont 
regardés  comme  étant  d'un  mérite  égal  en  rjuel- 
que  art,  en  quelque  profession.  Ces  deu.x  Pein- 
tres éloient  émules. 

Il  .se  dit  quelquefois  au  féminin.  Carthaqc 
cToiï  l'émule  de  Rome. 

ÈMUUiENT,  ENTE.  ac'j.  l«nne  d'Ani- 
tomie.  11  se  dit  Des  artères  qui  portent  le  sang 
dans  les  reins,  et  des  veines  qui  reportent  le 
même  sang.  Ar'.ére  émulnentc.  Veùic  émttl- 
qente. 

EMUL.SION.  s.  f.  Sorte  de  potion  rafraicliis 
smtc,  dont  la  couleur  et  la  consistance  appro- 
clienl  fort  de  celles  du  lait.  On  lui  fnit  prendre 
des  émulsions. 

ÉMUESIONNER.  v.  act.  Mettre  des  quatre 
semences  iroides  dans  ime  liqueur  ^  dans  une 
potion.  J^nuilsionrier  de  l'eau  de  poulet. 

ÉMDLsiossÉ,  ÉE.  participe. 

EN 

EN.  Préposition  qui  sert  h  marquer  le  rap^ 
port  au  lieu, et  tignitic Dans. £r  se  prend  daui 


EN 

nne  acception  iroins  cU'-Iern;ince  (jue  dans.  Il 
est  en  place.  Il  est  dans  la  place  la  plus  élevée. 
C'est  pourquoi  En  se  met  toujours  devant  un 
nom  sans  article.  Etre  en  France.  Passeï'  en 
Eiipiujne.  iVe  pouvoir  dura'  en  place.  Aller  de 
Province  en  Province.  En  haut^  en  has,  en 
avant,  en  an'iere,  en  dedans^  en  dehors,  yivoîr 
\nie  occasion'  en  main.  Avoir  martel  en  tête. 
IMcttre  une  afj'aire  en  bon  chemin.  Rentrer  en 
:oi~méme.  Revenir  en  son  hon  sens.  J'êcher  en 
eau  trouble.  Dire  eti  pleine  assemblée.  Une  af- 
faire juijée  en  plein  Parlement. 

On  di.soit  autrefois,  £» Jérusalem,  En  Avî- 
gion,  En  Arles,  etc.  mais  c«ttc  prépusitiou 
ne  se  joint  plus  aux  uoms  propres  di.3  ^'^•ÎIi'S. 

On  dit  aujoind'liui,  A  Jérusalem,  à  Av- 
(inon,  à  Arles,  etc. 

En  ,  sert  aussi  û  marquer  le  rapport  au  temps, 
Cl  signifie,  Durant,  pendant.  £n  hiver,  en  été^ 
en  tout  temps.  En  tempi  de  paix.  En  temps  de 
(juerre.  En  pleine  paix.  En  plein  jour. 

Il  se  met  aussi  poui  marquer  le  tempsqu^on 
emploie  à  faire  quelque  cJiose.ZinrriVerd  en  trois 
jours.  Et  il  y  a  cette  diflercnce  entre  cette  der- 
nière phrase,  Jl  arrivera  en  trois  jours  j  et  celle- 
ci,  71  «'TiVern  dans  trois  jours,  que  la  pre- 
mière signifie ,  qu'il  sera  trois  jours  en  chemin, 
RU  lieu  que  la  seconde  veut  dire, qu'il  sera  ar- 
rivé le  Iroisiùme  jour. 

Il  sert  encore  ^  marquer  Ictat,  la  manière 
i'étre,  la  disposition  d'une  personne,  d'une 
rhose.  Être  en  vie,  en  bonne  santé j  en  bonnt 
humeur t  en  colère*  etc.  Être  en  passe,  en  pOS' 
session  de  jiiire  (juelque  chose.  Se  tenir  en  Hu' 
leine,  en  exercice.  Vù'ce  en  crainte,  en  espè- 
tance.  Un  enfant  en  maillot.  Un  enfant  ctt 
nourrice.  Une  femme  eiï  couche.  Une  femme  en 
\missance  de  mari.  Un  homme  en  fureur.  Vnt 
armée  en  bataille.  Du  blé  en  herbe.  Une  vîqtii 
m  peur.  Une  héte  en  chaleur.  Une  allée  <jui  vi 
PI  pente j  etc.  Être  en  chance,  en  bonheur. 
Çjtrc  en  son  hon  sens,  revenir  en  son  hon  sens. 
liller,  tomber  en  décadence,  en  extase,  en  dé- 
^lillancc. 

Es ,  dans  celte  acception ,  se  résout  quelque 
t)is  par  yfvcc.  Etre  en  justaucorps,  en  vian- 
Iriiii,  en  deuil.  Un  livre  relié  en  veau,  en  par- 
îhemin.  Prendre  un  malheur  en  patience,  une 
[tcinc  en  jj;e,  elc.  (Quelquefois  il  se  résout  pat 
Comme,  à  la  façcr  de  ...  cri  forme  de....  Vivit 
tn  homme  de  bien,  en  hon  chrétien,  en  liber- 
tin. Afjir  en  /?oi\  en  maître.  Parler  en  étourdi, 
en  eeervelé ,  etc.  Des  aihrei  taillés  en  buisson, 
Des  perles  en  poire,  etc.  Quelquefois  il  ne  sq 
résout  par  aucune  nuire  particule.  Prcntîrc  un^ 
chose  en  bonne  part.  Prendre  le  nom  de  Dieu 
en  vain.  Une  femme  travestie  en  homme.  Un 
espion  dequisé  en  ermite,  etc. 

Il  sert  encore  à  marquer  le  motif  qui  fait 
nfjir,  la  fin  pour  laquelle  on  fait  quelque  chose. 
/(  fit  cela  en  haine  d^in  tel ,  en  haine  de  ce  (jue... 
en  considération  de  ses  services,  en  reconnais- 
sance de...  en  mémoire  de...  en  dépit  de  lui.  en 
faveur  du  mariaiic.  Donner  une  chose  en  (jarde. 
I  ^  Mettre  en  dc}>ôt,  en  séquestre. 

Ilseitaussi  à  marquer  ù  quoi  ou  est  occupô. 


EN 

Être  en  affaire j  en  oraison,  en  p7-iéres,  en  dé* 
votion.  C'est  un  homme  qui  est  tout  en  Dieu. 

Il  sert  encore  ù  martpier  le  progrès  d'une 
chose.  De  mieux  en  mieux.  De  mal  en  pis.  De 
plus  en  plus. 

On  s'en  sert  aussi  dans  la  signification  de 
Scion."  En  bonne  l'tnlosoptiie.En  bonne  Thé» 
loqie.  En  bonne  Politique.  En  bonne  Justice, 
En  roni^cience. 

On  dit  aussi  en  termes  de  Pratique .  En  tant 
que,  pour  dire,  Selon  que,  autant  que.  En  tant 
qucje  puis. Entant  qu'il  m' appartient. En  tant 
nue  besoin  sera. 

En  tant  que,  a  aussi  quelquefois  la  signifi- 
cation de  Comme.  J^isus-CunisT  en  tant  nn'/iom- 
nie  est  moins  qrand  que  son  Père. 

En  ,  s'emploie  encore  dans  la  signification  de 
Pour.  Armer  en  course.  Aimer  en  guerre.  Li- 
vrer en  proie.  En  mon  particulier. 

On  s'en  sert  encore  dans  la  signification  de 
7*(tr.  Mettre  en  pièces.  Voir  en  sonne.  A^ir  ei 
vertu  d'un  Arrêt,  d'un  pouvoir. 

On  s'en  sert  encore  dans  la  signification  d'^.' 
n  n'a  espérance  qu'en  vous,  confance  qu'eil 
vous. 

Il  a  encore  plusieurs  autres  usages;  on  se 
contentera  d'en  mettre  ici  quelques-uns,  sans 
™  marquer  l'explication  que  l'on  trouve  k  l'ar. 
ticle  des  mots  avec  lesquels  il  se  joint.  Fondre 
en  larmes.  Prendre  en  amitié.  Avoir  en  vue  de 
fiire  quelque  chose.  Avoir  un  ennemi  en  tête. 
Entrer  en  tiers.  S'étendre  en  paroles.  Se  rui" 
neren  folles  dépenses.  Exceller  en  quelque  chosi. 
Abonder  en  son  sens.  Mettre  en  oubli.  Cela  se 
résout  en  eau.  Cela  s'en  ira  en  fumée.  Etre  en 
hutte  à  tout  le  monde.  Etre  en  fonds,  en  reste, 
en  avance,  en  demeure.  Eu  cas  que  cela  arrive. 
En  tout  cas, en  toute  rencontre.  En  pwe  perle. 
En  tout  et  en  partie.  Capitaine  en  pied.  Nar- 
cisse changé  en  fleur,  etc.  Il  est  en  l'ous  d'en 
user  comme  il  vous  plaira.  Il  n'est  pas  en  moi 
de  faire  cela. 

Il  se  joint  aiisii  avec  les  gérondifs  ;  et  alon 
i!  a  deux  principaux  u.^ages,  qui  sont,  ou  de 
marquer  le  temps  :  il  donna  ordie  en  partant. 
Il  leur  dit  en  les  recevant.  Il  a  déclaré  en  mou- 
rant. On  apprend  en  vieillissant,  etc.  Ou  de 
marquer  la  manière  :  Parler  en  Iremblaut.  Un 
mal  qui  va  en  augmentant.  Un  ruisseau  nui 
va  en  serpentant ,  etc. 

Il  faut  remarquer  que  quand  cette  préposi- 
tion se  joint  avec  un  nom,  elle  ne  reçoit  jamais 
l'article  pluriel  les,  immcdiaienioiit  après  elle, 
ni  l'article  le  et  la  singulier ,  si  ce  n'est  qu'il  soit 
suivi  d'une  voyelle,  ou  d'un  h  muet.  Ainsi  on 
ne  dit  point,  En  les  licii-r,  en  les  temps;  mait 
on  dit  fort  bien  :  En  l'honneur.  En  Vhanneur 
des  Saints.  En  l'absence   d'un  tel. 

On  dit  aussi ,  En  la  pic'.icnce  de  Dieu  ;  et  il 
V  a  encore  quelque.s  foi  n-ulcs  où  en  reçoit  im- 
médiatement apris  lui  l'article  le.  Ce  procès  a 
été  juge  en  la  Grand'Chambre.ConscHler  en  la 
seconde  des  Enquêtes.  Président  en  la  Cham- 
bre des  Comptes. 

En,  si'rt  encore  i  former  plusieurs  root», 
qui  signifient  ,  Garnir  de.  mettre    dans,  etc. 


EN 

Cette  {iréposition  s'écrit  avec  ivi  n»  lorsqu'elle 
en  suivie  d'un  b  ,  d'un  p,  ou  d'un  m.  Ou  ne 
met  dans  le  Diclionnairequx^  les  mots  composés 
qu'un  usa^e  constant  a  adnib  ;  les  autres . 
qu'un  f>rivain  liasarde,  ou  que  les  Ailis.iiis 
font,  sont  fjcilcs  ù  entendre  :  tels  sont,  Enci- 
r«r,  enj'icelery  tnformer,  tmpoler,  emmanne- 
fumer,  etc. 

EN.  Pronom  relatif,  ou  particule  relative, 
qui  répond  à  De,  et  qui  sert  à  designer  une 
cliose  dont  a  déjà  parle,  et  fait  le  même  eflet 
que  si  on  répétoit  celle  même  chose.  Celle  af- 
faire est  délicate,  le  succès  en  est  douteux  ; 
•'ost-j-dire,  Le  succi^  de  celle  alT.iire  est  dou- 
leur. On  nedvil  jamais  se  repenlir  J'ûtoiV  fci'en 
fait,  austi  ne  s'en  repent-il  pas  ;  c'est-i-dire. 
Aussi  ne  se  lepent-il  pas  d'avoir  bien  fait.  Celle 
maladie  esl  dangereuse,  )t  pourrait  bien  en 
■lourir.  Vicnl-i7  de  la  Cour?  oui,  il  en  vient. 
Il  avoit  deujc  jils,  il  lui  en  est  mort  un,  etc. 

On  dit  en  termes  de  Pratique,  Les  Parties 
«I  viendront  au  premier  jour,  pour  dire,  Les 
Partie*  Tiendront  plaider  au  premier  jour  sur 
l'affiire  dont  il  s'agit. 

Il  se  met  quelquefois  sans  relation  à  aucune 
cfaotc  qui  ait  éle  exprimée  auparavant;  mais 
vendant  il  ne  laisse  pas  de  marquer  quelque 
«hoaede  sous  entendu,  l'xr  exemple.  Il  en  veut 
•Irpuu  lonçj-temps  à  un  tel,  veut  dire.  Il  veut 
ou  mal  i  un  tel  depuis  long-temps,  .i  qui  en 
■^ulei-vous?  veut  dire  dans  un  autre  sens,  À 
qui  Toulet-Tous  parler?  que  demaadei-vous? 
A  9U1  tn  avez-vous?  veut  dire.  Contre  qui 
(ne«-rous  de  la  colère?  lîe  mtnie,  toutes  ces 
^<7ons  de  parler  :  Conimenl  vous  en  va?  Il 
l'en  /ciul  fceuucoup.  Il  ne  sait  où  il  en  est.  Cela 
ti'cn  «il  pas.  Il  en  tient.  Il  en  a  dans  l'aile.  Il 
»i  veuf  découdre.  Il  en  est  venu  à  ce  point. 
^M....  //  en  est  logé  là,  etc.  marquent  quelque 
chose  de  sousenleudu,  à  quoi  en  est  relatif. 

Il  te  met  quelquefois  sans  relation  à  aucune 
*boM  ni  exprimée,  ni  sous-enicndue,  mais  seu- 
WneDt  par  une  certaine  redondance  que  l'usa-'e 
a  autorisée  et  rendue  cli'gante.  Il  en  est  de  cela 
tomme  Je  la  j  luparl  des  choses  du  monde.  De 
U  ils  tn  vinrent  aux  mains,  aux  prises,  aux 
injures,  etc. 

Il  te  met  encore  de  la  même  sorte  avecqucl- 
qu«i  Terl>es  qui  dcsignint  le  mouvement  local. 
«t  immiMiatcrnent  après  les  pronoms  personnels. 
Je  m'en  vais  paitir.  Vous  en  allei-vo'is?  Il 
s'en  retourne  en  son  pays.  Nous  nous  en  allons 
à  h  promenade.  Ils  s'ei  vinrent  Vépée  à  la 
mam,  etc.  pour  dire  :  Je  vais  partir.  Allez-vous 
•iiei  vous  ?  U  retourne  en  son  pays.  Nous  allons 
à  la  promenade.  Ils  vinrent  lépée  i  la  main. 

Il  n'en  est  pas  de  même  lorsque  les  verbes 
Aller,  retourner,  venir,  joints  i  la  particule  et 
tu  pronom,  s'emploient  dats  la  significatioD 
de  Partir,  sortir,  se  rrtirer,  et  qu'ils  n'ont 
aucun  r.-gime  apri-j  eut;  car  alors  la  particule 
ft  le  pronom  sont  absolument  nécessaires  pour 
rendre  le  sens  parfait,  et  ne  se  peuvent  ,'.ier 
''''ie'i,  je  m'en  vais.  Si  vous  ave:  aff.iire,  je 
»'"■  iroi.  ^llonj-nou,-«n.  Voulez  vous  vôu, 
.«  '••lourner.'  l'eult^i.oiu  vous  en  venir? 
Tome  I. 


ENC 

E  s  A 

ENALLAGE.  s.  f.  Terme  de  Grammaire 
Latine,  qui  consisie,  dit-on,  à  changer  les 
temps,  les  modes  d'une  langue.  Lénallaqe  n'a 
aucun  fondement,  et  ce  gu'on  veut  appeler  ainsi 
peut  s'expliquer  par  l'ellipse. 

ENARUHEMENT.  s.  m.  Voyez  .Vnnni;- 

SIKST. 

F.NARRHER.  v.  «.  Voyeî  AnnHEn. 
ÉNARTHROSE.  s.  f.  Cavité  d'un  os  dan., 
laquelle  esl  reçue  la  léle  d'un  autre  os. 


ExNG 


4'9 


'I 


EKC 

EXn.VnREMENT.  s.  m.  Action  d'encad.pr, 
ou  reffcl  de  cette  actioD. 

ENCADPER.  V.  a.  Mettre  dans  un  cidre, 
etc.  Faire  encadrer  une  estampe. 

Encadoé  ,  ÉE.  participe.  Une  estampe  en- 
cadrée. 

ENGAGER,  t.  a.  Mettre  en  cage.  Il  faut  en- 
cager  ces  oiseaux. 

U  se  dit  aussi  (Iguremenl  et  par  plaisante- 
rie ,  pour  dire  ,  Mettre  en  prisou.  On  l'a  ern 
cage. 

EscAc.é,  ÉE.  participe. 
tNCAISSE.ME.Vr.  s.  m.  Lacllon  d'encais- 
ser,  ou  reffet  de  cette  action.  71  lui  en  coûtera 
beaucoup  pour  l'encaissement  de  ses  marchan- 
dises. Cet  encaissement  n'e.st  pas  solide. 

On  dit,  Faire  un  cliemin  par  encaissement, 
pour  dire,  i'  faire  des  tranchées  qu'on  remplit 
de  cailloux;  et  Fiart  un  jardin  par  encaissc- 
nicnl,  pour  dire,  Y  planter  des  arbres  dans  des 
Irous  qu'on  a  remplis  de  bonne  tene.  Ces 
orangers,  ces  grenadiers  ont  besoin  d'an  en- 
caissement, pour  dire.  Ont  besoin  d'élre  mis 
dans  des  caisses  nouvelles  remplies  de  bonne 
terre. 

On  dit  aussi,  Faire  un  pont  par  encaisse- 
ment, pour  dire.  Le  con^ruire  sans  épuise- 
ment, en  descendant  les  piles  louies  faites. 

ENCAISSER.  V.  a.  Mettre  dans  une  caisse. 
Encaisser  des  raisins. 

On  dit  aussi.  Encoisser  des  orangers,  dca 
grenadiers,   pour  dire,  Les   mettre  dans  une 
caisse  remplie  de  terre  préparée. 
E.NCAissÉ,  ÉE.  pariicipe. 
On  dit,  qu'Une  rivière  ett  encaissée,  Lors- 
que les  bords  en  sont  firt  escarpi-s. 

ENC.AJI.  ».  m.  Cri  public  qui  sr  fcit  par  un 
.Sergent  pour  vendre  les  meubles  i  l'endiëre, 
.■Uellrc  à  l'encan.  Vendre  à  l'encan. 

ENCANAILLER,  S'ENCANAILLER. verbe 
ijui  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Han- 
ter de  la  canaille ,  avoir  conimercc  avec  de  la 
canaille.  Gardez^vous  de  vous  encanailler.  Il 
s'est  encanaillé. 

Quelquefois  aussi,  Encanaider  s»  prend  ac 
livement.  Lu  compagnie  était  mal  choisie, 
tous  nous  aviez  eneanailléi. 

ENCARAU.t.i; ,  lE.  participe. 

ENCAPLQIONNEH.  ^a\<  q„i  ne  s'em- 
ploie qu'avec  le  pronom  personnel.  Se  couvrit 
Il  télc  d'uMi;  lorlc  de  ciii>Mchou.  Vuus  vouj  cicj 


plai'sammenl  eneapnc/ionné.  II  esl  au  sijle  Ij- 
milier. 


EscAPDCHONM^;,  KE.  participe. 
ENC.^QCER.  V.  a.  Mettre  dans  une  caque. 
Encaquer  du  hareng. 

U  se  dit  figiirément  en  parlant  Des  geus  qui 
sont  pressés  H  entassés  les  uns  sur  les  autres 
dans  un  carrosse,  ou  dans  quelque  autre  voi- 
lure, tu  sont  encaqui*  là  comme  des  harengs. 
EscAQCÉ ,  ÉE.  participe. 
ENCA.STELER,  sENCASTELER ,  verbe 
qui  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Il  se 
dit  proprement  d'Un  cheval  qui  a  le  ulon  trop 
serre.  Ce  cheval  commence  à  s'encasteler. 

E>c.\STi:i.É ,  ÉE.  participe.  Cievol  rncnslelè. 

ENCASTELURE.  s.  f.  Douleur  dans  le  pied 

de  devant  d'un  cheval ,  eausce  par  l'étrécisse- 

mi  ni  de  la  corne  des  quartiers,  qui ,  resserrant 

les  deux  coti^s  du  talon ,  le  fait  boiter. 

ENCASriLLAGE.  s.  m.  Terme  de  Marine. 
La  partie  du  vaisseau  qui  se  voit  depuis  l'eau 
jus'ju'au  haut  du  bois. 

ENC  iSTREMENT.  s.  m.  Action  d'encas- 
uer ,  ou  effet  de  cette  action. 

ENCASTRER,  v.   a.   Encl..-,5ser ,  unir  une 
rliosc  .\  une  autre  par  le  moyen  d'une  entaille. 
U  faut  encastrer  ce  tableau  dans  le  lambris. 
Encasthé  ,  ÉE.  participe. 
ENCAVEMENT.  s.  m.  L'action  d'encaver. 
ENC.WER.  V.  a.  Meltre  en  cave.  Il  ne  se 
ht  que  Du  vin  ou  autres  lioissons.  //  esl  tenipt 
i'cncavcr  ce  vin-là ,  d'encaver  cette  hiére. 
Encavé,  ék.  pariicipe. 
KNCAVEUK.  s.  m.  Celui  qui  encavc.   Cn 
habile  encaveur. 

ENCAUSTIQUE,  adj.  des  2  genres.  Il  ,c 
ilit  d'Une  peinture,  dun  lablciu  dont  le»  cou- 
leurs sont  préparée»  avec  de  la  cire.  Peinlure 
mcaustique. 

ENCAUSTIQUE.  5.  f.  Peinture  avec  de  la 
:ire,  des  couleur».  L'encauslifjiic  cloit  connue 
des  Anciens.  Caylus,  Mignai  et  Bactuiicr  ont 
ressuscité  l'encaustique;  ils  ont  renouvelé  il 
manière  de  peindre  à  l'encaustique. 

ENCEINDRE.  v.  a.  Environner,  entourer, 
enfermer.   Enceindre  une  Ville  de   mwaillci. 
Enceindre  de  fossés,  de  palissades. 
EsCEisT,  Emi-E.  participe. 
On  dit,  Une   femme  enceinte,   pour  dire. 
Une  femme  grosse  ;  et  alors  il  est  adjectif. 

ENCEINTE,  s.  f.  Circuil,  lour,  cljlure. 
L'enceinte  des  murailles.  L'enceinte  d'une  Ville. 
Faire  l'enceinte  d'une  Ville. 

Il  veut  dire  aussi,  en  termes  de  Chasse,  Ce 
que  fait  le  Veneur  dan»  u;i  bois,  après  avoir 
détourné  uu  cerf,  pour  marquer  le  liru  où  il 
est,  en  semant  tout  amour  des  brandies  et 
aulres  brisées.  Le  Veneur  a  détourné  un  cerf . 
et  fait  son  enceinte. 

ENCËNIES.  ».  f.  pi.  Fêtes  ciier  le»  Juifs, 
en  inenioirc  de  la  puriCcatiun  du  leniplc  Bar 
Judas  -Machabce. 

ENCENj!.  ».  m.  Espère  de  gomme  arom«- 
lique.  Encens  mille,  (irain  d'cnccnt.  L'cn.-rns 
croit  dans  l'.lrabie.  L'aibre  qui  porte  l'encens. 
La  (nméc  de  l'encens  nwntoil  nu  Ciel.  I.'cdcur 


%c  E  N  G 

Ae  l'encens  at  pènitran'.s.  Bniler  de  l'mcens 
sur  les  autel;.  Donner  de  l'encens.  J!  rrjusa  He 
donner  de  l'encens  aux-  idoles.  Bénir  l'encens. 
Il  signifie  figiircmcnt,  Louange,  flatterie. 
Cet  homme  aime  l'encens.  Il  '"'  "  donné  «Je 
Fencei%s.  Cesl  un  encens  bien  préféré. 

EKCENSEMlvN  1'.  s.  m.  I.'.iclion  J'cncenser. 
Les  encensemens  [ails  ,  le  Cil3>vani. . . . 

ENCENSKR.  v.  a.  Donner  de  l'encens.  En- 
^tma  les  u«(e/j.  Encensa-  l'Evécjue,  le  Célé- 
brant ,  le  Peuple. 

On  dit  fisurémi-Mt,  Eneenscr  (jneliju'un,  pour 
«lire,  Le  flatter  p^ir  des  louanges. 

En  ce  sens  on  dit  fig.iri'ment  :  Encenseï-  la 
fortune.  Encenser  les  défauts  de  quelqit'un. 
Encensé,  ke.  participe. 
ENCENSEUR,  s.  m.  Qui  d'nnede  l'encens. 
Il  n'est  d'usage  (fie  dans  le  figure.  ITncensen, 
cteniel.  Encenseur  fitiqant.  Les  courtisans  sont 
des  encenseurs  de  profession. 

ENCENSOIR,  s.  m.  Espèce  Je  cassolette  (jni 
pend  à  de  petites  chaînes,  et  dont  on  se  ser: 
dans  l'Église  pour  enci-nscr.  Tenir  l'encen.'ioir. 
Mettre  la  main  à  Vcnccnsoir.^  se  dit  fignréni 
De  ceux  qui  entreprennent  sur  l'autorité  ecclé- 
siastique. 

On  dit  provcrbialcm.  et  figurcni.  Donnei 
de  l'encensoir  par  le  nés,  casser  îc  nez  à  couj- 
d'encensoir,  pour  dire,  Donner  en  face  de.s 
louanges  outrées,  qui  font  voir  qu'on  se  nioque 
de  celui  qu'on  loue  ;  ou  donner  des  louanges 
grossières  -^ui  blessent  plus  qu'elles  ne  flattent, 
EîïCESSOin.  ou  Autel.  Constell.itiondc  l'he- 
niisptiCre  austral. 

ENCÉPHALE,  adj.  des  2  genres.  Tnrree  iv 
Médecine.  Il  se  dit  Des  vers  qui  s'engendren: 
dans  la  t£te- 

EîiClLUjSEMEST.  subst.  m.  11  n'est  guère 
d'usage  au  propre;  nais  au  figuré,  il  signifie 
Liaison,  ou  suite  de  plusieurs  clioscs  de  même 
nature,  de  même  qu.ilité.  Enc/ialnemen(  de 
malhetu-s.  Enchaînement  de  propositions,  ae 
paradoxes.  L'enchainanent  des  idées.  L'en 
ihalnenient  deS'  prcwi'ss  d'un  discours. 

EiVCn.VÎNER.  V.  a.  Lier  et  atlacber  av  . 
une  chaîne.  Enc  ainer  un  chien.  Enchaîner  Wi 
furieux,  un  prisonnier,  de>  forçats,  descsclave^ 
U  signifie  figurément,  Captiver,  et  se  dit 
particulièremenl  l'es  ^nnans. iS"  fcennïé  enchahw 
tous  les  cœurs.  Enchaîner  lu  victoireà  son  char. 
ENCHAiNE»,  se  dit  aussi  Des  clioscs,  de 
propositions,  des  raisonnemens  qu'on  lie  les 
uns  aux  autres,  .le  manière  qu'ils  dépcndeni 
les  uns  des  autres.  Il  a  enchainé  toutes  ces  pro 
positions.Ces  propositions  sont  encJiaince.'.  /  e> 
causes  naturelles  sont  enchaînées  les  unes  avd 
les  aulies,   les  unes  aux  autres. 

U  s'emploie  .'im.ssÎ  avro  le  pronom  personnel 
Les  vérités  s'enchaînent  les  unes  aux  autres. 
F.TïCHAiiK.'ÉE.  p=nieipe. 
EN'CHAÎ.NU/ii:.  s.   r.  Encliaincmeut.  Il  n. 
se  dit  que  Des  ouvrage»  de  l'art. 

ENCH A.MELEK.  v. a.  IMcttrc  sur  des  clinn- 
liers.  Enchunteler  du  t>in.  On  dit  aussi.  Eu- 
chanltler  du  bois,  pour,  Le  mettre  d.ans  >in 
cluntier. 


ENC 

ENCHASTKii,  iv.  parlicipc. 
ENCHANTEMICNT.s.iuasc.  L'ctTct  de  pré^ 
tendus  cliamies,  de  paroles  maf^iques,  etc.  Un 
lon(j  enchantancnt.  ï^cs  vieux  Romans,  comme 
les  Amadis,  etc.  sont  pleine  d'enchuntemens. 
Faire  un  enchantement.  Défaire,  hriaer,  rompre 
un  enchantement,  l'enchantement. 

ENCHANrEME!ss,au  pluriel ,  se  dît  cTU'siqiu  i 
qucfois  pour  L'action  mi^me  de  l'encbaiit^ur 
Le£  enchantcmens  de  iMédée. 

On  dit  fi^urimicnt,  Les  enchantcmens  <U- 
l  Amour ,  de  la  Poésie. 

ïl  se  dit  aussi  figurcment  De  tout  ce  qui  es' 
merveilleux  et  surprenant.  Cette  fdte  ctoit  fort 
niilunte,  tout  y  surprenait  y  c'éloil  un  cuchan- 
icment,  une  r.ucccs»ion  d'enchantement. 

KNGliANTER.  v.  a.  Charmer,  ensorceler 
par  des  sons,  pap  des  paroles,  par  des  figures, 
par  des  opérations  prétendues  magiques.  Le 
peuple  croit  qu^Hy  a  desMafjicicns  rjui  enchan- 
tent les  hommes,  les  animaux,  etc. 

Il  signifie  aussi  figurcment , Surprendre,  en- 
l^ager  par  des  paroles,  par  des  attraits,  par  de 
belles  paroles,  de  belles  promesses.  Ceïie|i;mmL' 
f-ft  belle  et  arlîjicieuse ,  elle  Venchantera.  ISc 
vous  laissez  pas  enchanter  par  cet  homme-là. 
Se  laisser  cnclianter  par  l'éclat  des  qrandeurs^ 
yar  les  plaisirs  du  monde. 

Il  signifie  aussi,  Ravir  en  admiration.  Je 
vous  Vavoua,  cette  musicjuc,  celte  pièce  m'a 
mchant:. 

Enchasté,  êe.  participe.  Tous  ses  sens 
i'oicn(  cnchnntéâ. 

Il  si:;riifie  aussi,  Fait  par  encliaiuemew,  el 
plein  d'eufîianteniens.  Palais  enchanlc.  Armei 
enchantées.  Paroles  enchantées. 

Il  signifie  figurément.  Merveilleux,  extraor 
dinaircnicnt  Leau ,  surprenant.  0  «juc  ccItc  niai- 
ion  est  belle!  c'est  une  maison  enchantée,  i  e 
licite,  des  \ardins  stichantés. 

EiNCHANTEUR,  ERESSE.  s.  Celui,  ci-ll^ 
lui  encliante  par  des  paroles,  par  des  operi 
tioiis  prétendues  magiques.  Fameux  Enchan 
te.'.r.  Circc  l'Enchanteresse. 

Il  se  dit  fii-nrenient  dtJu  liomnie  qui  sur- 
prend ,  qui  iron  pr  pnr  son  bnau  langage,  pit. 
>' s  arlifices.  DéHcz-voiui-cnj  c'est  un  .enchar.- 
teiu' .  un  qrand  enchanteur. 

Tl  se  dit  aussi  en  l>onuc   part.  Ce  Poète  c>l 
■.tn  qrand  encliantcn'v.  C*e.^l   une   qrande   ca- 
hanleresse. 

Il  s'emploie  aussi  comme  aiiieclif.  Style  cn- 
hanteur.  Regard  enchanteur. 

I:>CHAPERC).\ -KR.  V,  a.  Couvrir  la  lêf 
i'un  cliaperou.  Enihaperonnsr  un  oiseau  de 
i'joie.  U  est  aussi  d'usage  en  parlant  Des  cérê- 
mon'es  funèbres.  Le  Grand  Maître  el  le. 
\hdtre<  des  C&'émonies  et  îlértiuts  d\trmes  se 
ronl  enchaperonnès. 

I'nchapkuonnê,  it.  panicipc. 
1';NCHAs.SI:R.  v.  a.  Emaîllcr,  mettre,  faire 
tenir  quelque  ri  ose  dans  du  bois,  dans  de  la 
pierre,  dans  de  l'or,  de  l'argent,  etc.  Eîiçhds- 
ser  des  Reliques,  un  morceau  de  la  vraie  Croit 
dans  de  Vor,  Enchâ.iser  un  dian.antj  un  ruhii- 
dans  une  bague.  Enchâsser  des  pales,  du  co- 


ENC 

rai/,  et^.  dans  d2  l'or.  EnchÂsser  un  tahlenu 
dans  une  bordure. 

Od  dit  figu»vmcnt,  £nc«us$er  un  passage, 
un  trait  d  hi.îvire  dan^:  un  fii5cours,pourdii'e, 
L'y  placer,  l'y  iaire  entrer- /i  a  bien  encfctîsse' 
ce  passage  de  Platon.  Ce  U'ait  d'histoire  a  èlc 
mal  enchâssé  dans  ce  discours. 

Enchâssé,  kh.  participe. 

E^C^ASSURE.  s.  f.  Action  par  laquelle 
une  chose  est  eucbis^e«.  71  «  fort  bien  réussi 

■  lans  l'ciu-hdssure  de  ce  diamant. 

U  se  prcud  plus  ordinairement  pour  ce  qui 
résulte  de  celte  action.  Vcnchilssurc  est  fort 
riche. 

ENCHAUSSER.  v.  a.  Terme  de  Jardin;ige. 
;l  se  dit  Des  légumes  que  lou  couvre  de  paille 
1)11  de  fumier,  pour  les  faire  blanchir,  ou  pour 
lus  préserver  de  la  gelée. 

Enchaussé,  ke.  participe. 

ENCIïAUSSÉ.  adj.  Terme  de  Blason.  C'est 
le  coiuraire  de  Chape.  Voyez  Chapl. 

ENCïIÈRE.  suLsL  f.  OUVe  que  l'on  fait  au- 
ilessus  de  quelqu'un  ,  pour  une  chose  qui  5c 
leiid  par  Justice,  au  plus  offrant,  ou  que  l'on 
taille  à  ferme.  Fah-e  une  enchère.  Vendre  à 
l'enchère.  Mettre  enchère.  Mettre  à  l'enchère. 
Couvrir  une  endère.  Cela  a  été  délivré  à  la 
yrem'iére  enchère.  On  a  reçuson  enchère,  ttctiver 
une  enchère.  Publier  les  enchères. 

On  dit  figurcment ,  Mettre  aux  enchères  les 
vnplois^  les  honneurs ,  les  suffrages  y  etc.  pour 
iire ,  >'e  les  accorder  que  par  faveur  ou  à  [uix 
i' argent. 

l'OLLE-ENCiifeHE,  sc  dit  De  la  peine  que  don 
porter  celui  qui  a  fait  une  enchère  témérairc- 
Bient  et  sans  y  pouvoir  satisfaire.  //  a  payé  la 
{oUe-encl.ère.  C'est  à  lui  à  payer^  à  porter  la 
\olle-encJière. 

''  On  dit  en  ce  sans,  Revendi'c  une  terre  à  la 
\i>lle  -  enchère  de  quelqu'un,  pour  dire,  La 
icvendre  à  la  charge  que  celui  qui  a  enchéii 
mérairemeni,  paiera  ce  qui  manquera  au  prix 
lie  U  seconde  adjudication  pour  remplii  le  pnx 
''e  la  première. 

On  dit  proverhialement,  Pfljer /a /ÔI/c-cu- 
t/iè/'C  de  quelque  c/ose,  en  payer  la  fAlc-cn- 
.hère .  pour  dire ,  Porter  la  peiue  de  sa  témérité, 
klc  ^oti  imprudence. 

E>CllMRIR.  V.  a.  Faire  une  offre  au-dessus 

■  11-  quelqu'un  ,  mettre  enchère  sur  quelque 
rb<ise.  En  1  érir  une  terre.  Enchérir  une  mai- 
son sur  quelqu'un j  au-dessus  de  quclqu  iin.  par- 
dessus quelqu'un.  Ofi  dit  aussi  ;il'soiumcnt,  // 
(I  fait  vejiir  des  gens  pow  enchérir, 

H  signifie  figurcment,  Ajouter  à  ce  qu'un 
autre  a  faiu,  le  sinpasser  en  quelque  chose,  suit 
en  l)i(;n,  soit  en  mal.  Cn  tel  traita  magnifique- 
ment., mais  cet  autre  a  bien  enchéri  sur  Un. 
Enchérir  sur  Véloquencc  des  anciens  y  sur  les 
ouvrages  des  anciens.  Néron  a  bien  enchéit  sur 
la  cruauté  de  Tdière. 

On  dit,  qu't/n  mot  enchérit  sur  un  «uOe, 
pour  dire,  qu'il  ajoute  à  l'idée  que  lautrc  cx- 
(Uiine. 

Usîgnific  aussi,  Rendre  une  marchandise  plus 
chirc.  Ce  Marchand  a  fort  enchéri  ses  denrées. 


ENC 

n  Mt  aussi  neutre,  et  signifie.  Devenir  cher, 
hausser  tîe  prix,  /-es  biês  ont  /ôr(  eiu-h^ri^  sont 
fort  cnchcris.  Tontes  Us  marchundises  enchè- 
rltstnt. 

Enchébi,  n:.  participe. 
ENCHÉRISSliMENT.  s.  m.  Haussement  de 
prix.  C'est  aux  Magistrats  à  enipcchcr  l'enchc- 
rascment  des  vivres. 

E.NCHÉBIS.SEUR.  s.  m.  Celui  qui  met  unr 
enchère.  On  adjucjera  cette  terre  i/n  tel  jour , 
fniles-y  trouver  des  enchérisseurs.  On  a  délivré 
celle  tapisserie  au  plus  offrant  et  dernier  en- 
ehêfisseur. 

E>'CnEV.\UCHURE.  s.  f.  Tîrme  dArl. 
Jonction  par  feuillure  ou  recouvrement.  La  pc- 
iition  des  ardoises  est  une  enchevauchure. 

ENCHEVinRIiR.  verb.  act.  Mettre  un  che 
'être,  un  licou.  Il  n'est  guère  en  us.ige  au 
l^rOprc. 

.■.'EaciiEviiBEn,  se  dit  d'Un  cheval  qui  cn- 
gaî^e  un  pied  dans  la  longe  de  son  licou.  Ce 
cheval  s'cîl  eiicAei'ftré. 

Ou  dit  Ggiuénicnt  et  familièrement ,  SVn- 
cnev^lrer,  pour  dire.  Prendre  un  engagement, 
S"  nictlrcdans  une  position  dont  on  a  de  la  peine 
à  se  tirer.  Il  s  est  enchevêtré  mal  à  propos  dans 
cette  affiiire-là.Il  l'enchevitra  dans  un  roùon- 
nenient  */om(  il  eut  peine  à  sertir. 
EscutvÉTtiÉ,  TE.  p,irticipe. 
On  dit   au   li;;uré,  que  Des  phrases,  des 
p.—iodes   sont   fort   enchevêtrées  ,  pour  dire  , 
qti  Elles  sont  embarrassccs,  enibrouill«5c5. 
E>CHEVÊTRURE.  i.  f.  .issembiasc  dr  so- 
es  djns  im  plancner  jour   environner  le 
-ter  d'une  cheminée,  et  porter  les  barres  de 
'  r  qui  le  soutiennent,  et  pour  donner  passage 
MX  luv't'X  de  cheminée  qui  passent  derrière. 
Solives  d*e:ii'he\  (trure.  Les  solives  d'enchcvê- 
Irure  doivent  être  plus  fortes  que  les  autres. 

ENCHEvtTncnE,est  aussi  I.c  mal  qu'Un  che- 
val K  fait  à  un  pied,  en  l'engageant  dans  l.i 
longe  de  son  licou.  Mon  cheval  est  hoiteu  ■■ 
d'une  enchevétritrc-  * 

ENaiIFr,E>E.ME:«r.  $.  m.  Embarrasdani 
'r  net,  causé  ordin.aircnient  par  un  rhume  de 
"rveau.EI/e  a  un  enchifrenement  (jui  Ci'ncom 
mode  heauenup.. 

E>CHIFRi:>'ER.  V.  a.  Causer  un  rhume 
de  ;*rveau  qui  embarrasse  le  nez.  Cet  air  froid 
m'a  tout  enchifrené. 

ExcHiFKESE,  ie.  paiiicipe.  71  est  foui  en- 
chifrené. 

ENCHYMaSE.  s.  f.  Terme  de  Médecine, 
l'.frusiou  loudainc  du  sang  dans  les  vaisseaux 
<  ui  mes.  . 

KNCL.AVE.  $.  f.  Les  bornes ,  les  limites 
iTitir  Terre  ou  d'une  Juridiction.  Celle  leirc: 
est  dant  Vrni-lavt,dam  les  enclaves  de  la  ixitre 
Cela  f<t  J.mt  l'enclcee  ie  votre  Juridiction. 
horx  de  vt'lre  Juridiction. 

11  se  dit  au.s5i  d'Une  étendue  de  terre  qui 
avance  et  qui  e^t  eiicLv«  dans  une  autre.  Ccll.: 
lerre  fat  une  enflai'.-,  une  lonjue  enclave  dans 
1"  vCtrt, 

On  dit  auwi,  quTne  Varoiite  est  une  en- 
. 'aee  rf'uri  tel  F.viché .  |)Our  signifier  Une  fi- 


ENC 

roisse  d'un  Diocèse  qui  est  eue!  ivée  dans  u.i 
«uue. 

ENCI..4VE.AIENT.  s.  m.  I.'cfl'el  <Ie  laclion 
d'enclaver.  LV'nclai'Cincnl  d'une  leric  dans  une 
autre. 

ENCL.WER.  V.  a.  Enfermer,  enclore  une 
chose  dans  une  anlre.  U  ne  se  dit  guère  que 
d'Une  pièce  de  terre,  d'un  hcrit.age  ou  d'une 
Juridiction.  U  veut  enclave-  celle  pi'èce  de  terre 
dans  son  parc. 

EscL.WK,  EE.  parjicipe.  Deux  Juridictions 
enclavées  lune  dans  Vautre. 

ENCLIN ,  I.\!:.  =dj.  Porté  de  son  u.-turel  h 
(uelque  c^.Me.  U  est  enclin  au  bien.  Il  est  en- 
clin au  .;ial,  ù  Vivroynerie.  Enclin  à  malfaire, 
à  nédire.  La  nature  de  l'homme  est  encline  au 
liai.  Ce  mot  se  dit  plutôt  du  mal  que  du  bien 
ENCLITIQUE,  s.  f.  Terme  de  Grammai»c. 
Se  dit  De  certains  mois  de  la  Lan;;uc  Grecque, 
qui  s'appuient  sur  le  mot  précédent,  et  qui 
semblent  ne  faire  qu'un  avec  ce  mot. 

ENCLORE.  V.  a.  Clore  de  murailles,  de 
haies,  de  fossés,  etc.  //  faut  enclore  ce  champ. 
Knilore  un  jardin  de  murailles.  Enclore  sa 
maison  de  fossés.  Il  a  les  mêmes  temps  que 
L  Une,  dont  il  est  composé. 

On  dit.  Enclore  les  fnnhourqs  dans  la  Ville, 
pour  dire,  Donner  une  plus  grande  enceinte  6 
la  \'ille,  en  sorte  que  les  faubourjs  en  fassent 
[■artic. 

Ou  dit  dans  le  même  sens.  Il  a  enclos  ce 
l'rê,  ce  bois  dans  son  parc. 
Enclos  .  o-iK.  p.-»rtieipe. 
ENCLOS,  s.  m.  Espace  contenu  dans  une 
•nccinte  de  maisons,  de  haies,  de  murailles,  de 
fosses  ,  ptc.  t'enclos  du  Louvre.  L'enclos  du 
Palais.  Grand  enclos.  Bel  enclos.  Enj'enner 
dans  l'ciicJos.  Comprendre  dans  IViicIov. 

11  se  prend  aussi  pour  L'enceinte  mêhie. 
Faire  un  enclos,  l'éparer  son  enclos. 

ENCLOUER.  T.  a.  Piquer  un  clseval  Jus- 
ju'au  vif  avec  un  clou  quand  on  l-  fene.  Ce 
cheval  est  aisi:  à  enclouer.  Le  'ilaréchal  l'a  en- 
c'oué. 

On  dit,  quTn  cheval  s'e^i  encloué ,  jKjnr 
dire,  qu'En  ninrchanl  il  a  rtnconué  ua  cLu 
qui  lui  est  entré  dan»  le  pied. 

U  signi.le  ai-.s<i.  Enfoncer  de  fore?  un  clou 
ilans  la  lumière  d'un  canon,  pour  emp>'cliei 
que  les  enneiiiis  ne  s'en  servent.  iVou.<  fimn 
une  sortie,  et  nous  enclomtme-  leur  canmi.  /Il 
jI/an(Joon<rcn'  leur  cunoil,  après  l'avoir  en- 
cloué. 

Esctoré ,  it.  participe. 
ESCLOCUUE.  s.  f.  Le  mal,  l'incon.molité 
■  l'un  cheval  encloiic.  Celle  enefouiire  est  dan- 
tjereuse.  Ce  cheval  est  boiteux  d'une  enctiuurt. 
Il  n'est  pas  enccre  bien  yuéri  de  son  ençlouurr. 
Il  signifie  figurémenl.  Empêchement,  obs- 
tacle, nœud  d'une  dilHculté.  Voilà  où  est  l'cn- 
elduure.  Ce  n'est  pas  là  {enclouurc.  J'ai  dé- 
couvert lenclouure.  Il  ti'eil  que  du  stvie  fa- 
milier. 

ENCLUME,  s.  f.  Masse  de  fer  sur  laquelle 
on  bat  le  fer.  l'orient  et  autres  métaux.  En- 
clume de  ,1/nre'c'aJ.    Enclume  de  Serrurier. 


ENC  A'), 

^  Enclume  ù'oi  fevre. Battre  sur  renclunie.  Frap- 
per sur  l'cncliime.Plus  dur  iju'une  enclume. 

On  dit  proverbialement  et  fisurcment,  ÊIrt 
entre  le  marteau  cl  l'enclume,  [wur  dire,  Avoir 
1  soulTrir  des  doux  cOi  s,  eirc  entre  deux  maux 
également  fïclieui  ;  et  aussi  poui  dire  ,  Être 
fort  cmbariossé  i  se  déterminer  enue  deux 
partis  qui  peroisscnt  cgalenunt  hasardeux  et 
diflicilea. 

Ou  ditaussi familièrement, qu'Ilvaul  mieua: 
tire  marteau  qu'enclume,  pour  dire,qull  vaut 
mieux  battre  que  d'être  battu. 

On  dit  figurément  ,  Remettre  un  ouitui/c 
sur  l'enclume,  pour  dir»;,  Lui  dounei  une  autre 
forme,  une  meilleure  forme. 

On  appelle  en  Anatomie,  £»clume,  Un  os- 
selet de  l'organe  de  l'ouïe. 

ENCLUME  AU  ou  ENCLtTMOT.  s.  m.  Petite 
enclume  à  la  main. 

ENCCCHER.  v.  a.  Mettre  la  corde  d'un 
«rc  dans  la  coche  dluic  flècîie.  Encocher  une 
(lèche- 

E!tCOCHÉ,  ÉE.  participe.  Fliche  eneochée. 
EV'COFl'RER.v.  a.  Enfcrn]er  dans  un  coffre. 
II  ne  se  dit  ordinairement  que  Des  choses  que 
l'on   serre  par  avarice  ou  par  friponnerie.  Il 
devait  dUtrihuer  cet  arcjent  à  ses  compagnons , 
ma'us  il  l'a  tout  encofl'ri. 
Encofkbi':,  ïe.  participe. 
ENC0K;NUE£.  s.  f.  (Plusieurs  écrivent 
Eneojnure,  parce  qu'on  ne  prononce  plus  l'i.) 
Endroit  où  aboutissent  deux  murailles  qui  foi>t 
un  coin.  On  a  ménagé  un  cabinet  dans  celle 
encoignure.  Ficrie  u'cutuiunuie. 

ENCOLURE,  s.  f.  Toute  cette  parUe  dn 
cheval ,  qui  s'clend  depuis  la  tète  jusqu'aux 
Épaules  et  au  poitrail.  Belle  encolure.  Vilaine 
encolure.  Ce  cheval  a  l'encolure  fine.  L'enco- 
lure du  cygne.  L'encolure  chaigée,  déchargée. 
Il  est  chargé,  déchai-gé  it encolure.  lia  l'enco- 
lure d'un  cheval  d'Espagne,  d'un  Barbe,  etc. 

EscotCFE.  se  dit  aussi  ligurément  et  fanû- 
iièrement  Des  hommes  ,  pour  signifier  L'air , 
l'apparence  ;  et  il  se  prend  ordirairement  en 
mauvaise  part.  //  a  l'encolure  d'un  sot.  C'est  uu 
fripon,  et  il  en  a  toute  l'encolure. 

ENCOMBRE,  s.  m.  Empêchement,  embar- 
ras. Je  suis  arrive  jjns  enconil'rc.  Il  est  fa- 
milier. 

ENCOMBRE.MENT.  s.  m.  Action  d'encom- 
brer,  ou  l'eirut  de  cette  action. 

ENCOMBIIER.  \.  a.  î.mharrasser  une  rue. 
un  passa^^e  ou  queljiie  antre  lieu,  de  gravois, 
de  pierres, etc.  Ces  fossé-.,  ces  puih  sont  ei- 
cojn'Tes. 

Encoi^cé,  ée.  participe. 
ENCONTRE,  s.  f.  Aventure.  Vieux  mot  qui 
n'est  plus  en  usage.  £oniic  enconbe.  On  disnii 
ausji  autrefois  Maie  encontre,  pour.  Mauvaise 
rencontre. 

À  i'eiCOSTIIE  de.  Phrase  adverbiale.  ConUe. 
Il  plaide  pour  un  tel,  à  l'encontre  d'un  le/.  Il 
est  vieux. 

On  dit   figurément,  MIer  i    l'encontre   de 
quelque  chose,  jwiir  dire.  S'y  oppose.-,  y  être 
conirïire.  Je  ne  vais  point  à  l'encontre  de  ee 
6a 


4.^2  ENG 

nue  vous  iites.  Cn  dit  absolument ,  C  >  «' 
juste ,  personne  ne  va  à  Venconire.  Il  (.  t  du 
style  familier. 

ENCOKBELLKMENT.  «ubst.  raasc. '.r.rm' 
d'Architecture.  Saillie  |i,.rtnnt  .i  faux  au-.lelà 
du  nu  du  mur,  coimiir  une  console,  uo  cor- 
beau, etc. 

ENCORK.  adviilicdc  temps,  qui  s'emploie 
pour  le  passe,  pour  le  présent,  et  pour  l'avïiir. 
il  rénnoit  cniore  il  y  a  viiujl  ans.  EUc  ■.•Mt 
encore.  Il  vivra  encore  (lans  viucjl  ans.  Il  n'est 
pas  encore  jour,  encore  nuit.  Il  n'est  fias  encorr 
venu.  H  n'est  pas  encore  en  dije.  Il  est  enoCfc 
au  lit.  Il  n'est  pas  mort,  il  respire  encore,  âl 
n'est  pas  encore  temps  d'agir.  On  ne  l'a  pas  tu 
encore  s'impatienter.  Depuis  vingt  ans  qu'ils 
font  ensemhle,  ils  sont  encore  à  ni'oir  la  pre- 
mière (jnerelle. 

Il  si>;nifie  aussi.  De  nouveau.  Donnez-nK' 
encore  à  boire.  Je  veux  essayer  encore  si  j'y 
pourrai  réussir. 

11  signifie  aussi,  De  plus.  Outre  l'oré-e  ((u'di 
lut  avoit  donné,  on  lui  commanda  encore  de. ._ 
On  ajouta  encore  à  cela ,  etc. 

1]  signifie  ijuelfjuefois,  Du  moins.  Encot 
s'il  voulait  se  reLUher  sur  cela,  on  lui  pouiTO. 
accorder  le  reste. 

11  se  niet(|Uclquefois  avec  la  particule  Muts 
par  opposition  h  IS on-seulement.  Non-sculemen 
il  est  h7'c/-ul,  mais  encore  il  est  prodigue. 

En  Poésie,  on  dit  indifieremmenl ,  £ncor, 
ou  Encore ,  selon  le  besoin. 

Encore  qie.  Conjonction.  Bien  que,  quoi- 
no».  Encore  qu'il  soit  fort  jeune,  il  ne  loitsl 
pas  d'être  fort  sage.  i 

ENCORKÉ,  ÉE.  adj.  Qui  a  de»  cornes.  Un 
bilier  haut  encorné.  Il  ne  te  dit  que  dans  le 
style  familier. 

On  app'jlle  Jai'ait  encorné,  Un  javart  qui 
vient  sous  la  corne  tlu  cheval. 

ENCOURAGKMKNT.  s.  m.  Ce  qui  encou- 
rage. Les  Arts,  les  Manufactures  ont  hcsoin 
d'encouragement.  Les  louanges  sagement  pin- 
cées sont  des  cncouragemens  à  la  vertu ,  pour 
la  vertu. 

ENCOURAGER.  T.  act.  Donner  courage, 
exciter,  inciter.  Encourager  à  bien  jaire.  Il 
m'encouragea  à  cela.  Ce  bon  succès  l'a  fort 
encouragé.  Quand  il  eut  cncomagé  ses  soldats 
Ils  s'encourageoient  l'un  l'autre.  Encoui  agc 
les  citiens. 

EncoubagÉ,  ÉE.  participe. 
ENCOURIR.  V.  a.  (H  se  conjusue  comme 
Courir.)  Attirer  sur  soi,  mériter,  tomiicr  en.... 
Il  rie  se  dit  que  D:s  maux  ou  des  pcini-i  qui 
viennent  des  Puissances  supérieures.  Encourir 
les  peines  portées  par  la  l.oi.  Encouru-  les  Cett- 
sures  Ecclcsiastiijues.  Il  a  encouru  e.xcommu- 
nication .  l'crcommunication.  Vous  encourrez 
Vindiijnaiun.  la  haine  de  Dieu,  du  Roi.  Sou^ 
peine  d'encourir..,.  Encourir  le  déshonneur. 
Encourir  l'infamie,  la  haine  publique,  le  me- 
pris  public,  lu  honte,  l'opprobre. 
Eîtcocni:,  i;r..  participe. 
E^CHA.SSl.R.  v.  act.  Reodie  cnisseiix.  /.u 
^bai'c  encrasse  les  habits. 


ENG 

r  est  aussi  neutre.  Laisser  encrasser  un 
habit. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  La 
veau  s'encrasse  quand  on  n'a  pas  soin  de  se 
laver.  Il  y  a  des  étoffes  qui  s'encrassent  aisé- 
ment. 

-s'Encrasseb,  se  dit  aussi  figurémcnt  et  fa- 
milièrement De  ceux  (jui  s'avilissent  eu  se  mes- 
alliant,  ou  en  fréquentant  mauvaise  com]>a^nie. 
Il  s'est  bien  encrassé  par  ce  mariage.  Il  s'en- 
crasse j'urieusement  par  tous  ses  mauvais  com- 
merces. 

Enci\assé,  ÉE.  participe. 
ENCRE,  s.  r.  Liqueur  noire,  do.nt  on  se  sert 
pour  écrire.  Encre  double.  Bonne  enci  z.  Encre 
luisante.  De  l'encre  bien  nette.  Cette  encte  est 
trop  blanche,  trop  épaisse.  Cornet  à  encre. 
Bouteille  à  encre.  Tache  d'e.ncre.  Encre  en 
masse. 

Ou  appelle  aussi  Encre,  Une  compositioi: 

noire  et  épaisse  dont  on  se  sert  pour  imprimer. 

Ou  appelle  aussi  Encre  rouge,  encre  verte. 

etc.  Des  liqueurs  ou  composition,'  dont  on  si 

sert  pour  écrire. 

On  dit  figurément  et  familièrement ,  iVriti 
de  bonne  encre,  de  la  bonne  encre  à  quelqu'un, 
pour  dire.  En  termes  forts  et  pressans,  e: 
nième  menaçans. 

ENCnE  DE  LA  Chine.  Composition  sèche  cl 
noire  qui  vient  de  la  Chine,  et  dont  on  se  sert 
pour  dessiner.  Ji  faut  délayer  Vencre  de  la 
Chine  pour  pouvoir  s'en  servir.  Dessin  à  l'cncri 
de  la  Chine. 

ENCRIER.  ,s.  u>  Petit  vase  où  l'on  met  de 
l'encre.  Encrier  d'urgent.  Encrier  de  verre. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  sorte  de  planche  ou  d( 
table  carrée  sur  laquelle  les  Imprimeurs  preu' 
leiit  avec  leurs  balles  I  encre  dont  ils  noircissent 
eur  forme. 

ENCROUfi.  adj.  Il  se  dit  d'Un  arbre  qui  esl 

•)iTil)c  sur  nn  autre  lorsqu'on  l'abatloit,  et  qui 

est  embarrassé  dans  ses  branches.  Les  ordon- 

.allées  portent   des  dispositions  relatives  aiu 

ÏKMs  encroues. 

ENCUIRASSER,  et  avec  le  pronom  persor.- 
tE.1,  s'E^CI-':ilAssEB.  v.  11  .se  dit  De  la  peau,  dei 
laiM.-mx,  du  linge,  des  habits,  des  étolTes,  etc. 
I  n[uc.  la  crasse ,  la  graisse ,  la  poudre  et  l'or- 
,1.  e  s'y  amassent  et  s'y  unissent  fortement,  l'ii 
I-  1S  eiicuirassé  de  poussièie.  Du  linge  encui- 
n  .■  e  d'ordures. 

'.scmnASSÉ,  ÉE.  participe. 
:  '.NCUVER.  V.  act.  Mettre  dans  une  cuve. 
E.:  uvcr  la  vendange.  Eniuver  le  linge. 
tNCUvi-, ,  ÉE.  participe. 
ENCYCLIQUE,  adjcct.  des  2  genres.  Circu- 
Laira.  Lettre  encyclique. 

H'HCVCI.OPÉDIE.  ».  f.  Terme  didactique. 
Enci  ainemcnl  de  toutes  les  .Sciences.  C'est  un 
dessen  fort  vaste  à  un  homme,  que  de  préten- 
dre a.:qucrir  t  Encyclopédie.  Encyclopédie  des 
Sciences. 

On  dit  figurém.  d'Un  ouvrage  où  l'on  traite 
de  tcttes  les  Sciences,  que  C'est  une  véritable 
Encyclopédie. 

ENCYCLOPÉDIQUE,  iidj.  des  2  genr.  Qui 


END 

appartient  h  l'Encyclopédie.  Arbre  encyclopé- 
dique. 

On  dit  figurément  d'Un  homme  qui  réunit 
des  connoissances  de  tous  les  genres,  qu'il  a 
un  esprit,  une  érudition  encyclopédique. 

ENCYCLOPÉDLSTE.  s.  m.  Celui  qui  tra- 
vaille ou  qui  a  travaillé  à  l'Encyclopédie. 

E  N  D 

ENDÉMIQUE,  adj.  des  2  genres.  Ce  qui  est 
particulier  à  lui  peuple,  à  une  nation.  Il  s'ap- 
plique surtout  aux  maladies.  La  lèpre  étoit  en- 
démique  en  Judée,  en  Syrie,  etc.  La  plique  est 
endémique  en  Pologne. 

ENDIONTÉ,  ÉE.  adj.  Terme  de  Blasou.Il  se 
dit  d'Un  pal, d'une  bande  et  autres  pièces  com- 
posées de  triangles  alternés  de  divers  émaux. 

Endenté,  signifie  aussi,  Garni  de  dents. 
Elle  a  la  bouche  bien  endentée,  mal  endentée. 

ENDETTER,  v.  a.  Charger  de  dettes,  enga- 
ger dans  des  dettes.  l'acJiat  de  cette  terre  l'a 
fort  endetté. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel,  il 
i'est  furt  endetté. 

Endetté  ,  ÉE.  participe. 

ENDÈVÉ ,  ÉE.  adj.  Mutin ,  chagrin ,  impa- 
tient, emporté.  /!  faut  être  bien  endévé  pour 
s' obstiner  à  cela.  Il  est  populaire. 

Il  est  aussi  sulalaniif.  C'est  un  endévè.  Il 
fait   l'cndêvé.  Il  est  populaire. 

ENDÈVER.  V.  neut.  Avoir  grand  dépit  de 
quelque  chose.  Il  ende'eoit  de  cela.  Il  endéve  de 
voir  qu'on  ne  lui  parle  pas.  Faire  endCvcr  quel- 
i/u'nn.  Il  est  populaire. 

1-;M)I.ABLE.  ÉE.  adj.  Furieux,  enragé,  ex- 
tiéinemcnt  méchant  dans  son  genre.  Esp-il  e»*- 
didlile.  Chemin  endiablé.  Il  est  familier. 

Il  se  dit  aussi  substantivement.  C'est  un  en- 
diablé, une  endititlcc. 

ENDI.ABLER.  v.  n.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en 
ce  sens  :  f  «ire  endiabler  quelqu'un.  Il  endia- 
hloit  des  conirainle.î  qu'on  lui  faisoit  épouver. 
Il  est  familier. 

ENDIMANCHER,  avec  le  pronom  person- 
nel, s'ENDIMANCIIER.  v.  n.  Mettre  .«es  ha- 
bits du  Dimanche.  Terme  de  plaisanterie ,  qui 
se  dit  d'Une  personne  du  peuple  qui  a  mis  se» 
beau:  habits.  Il  s'est  endimanché,  il  est  du 
style  familier. 

EsuiMANCHÉ,  ÉE.  participe. 

ENDIVE,  s.  f.  Plante  potagère  du  nomlire 
des  ciiicorées. 

ENDOCTRINER,  v.  a.  Instruire  quelqu'un, 
lui  enseigner  quelque  science,  quelque  doc- 
trine. A'oiiS  n'avons  rien  oublié  pour  le  faire 
endoctriner.  Il  a  été  mal  endoctriné.  Il  ne  s< 
dit  guère  en  ce  seus-li  qu'en  plaisantant. 

Au  figuré  il  signifie,  Instruire  de  quelque 
chose,  donner  les  lumières  nitessaircs  sur  quel- 
que affaire.  Il  s'acquittera  bien  de  sa  commif- 
sion,  on  l'a  bien  endoctrine. 

Eaw)CTni>K,  ée.  participe. 
ENDOMMAGER,  v.  a.  Apporter  du  dom- 
mage il Cela  a  endommagé  les  jrain»,  les 

fruits.  Le  mur  est  fort  emhitnmagé  du  uuf» 
de  canon.  Il  ne  se  dit  que  Ues  choses. 


END 

EsDOMMAoÉ,  ÉE.  participe. 
KMKiRMEUR.  subsL  masc.  Il  n'ert  d'usagt  ' 
qu'au    fipuré.   Fbueur,  eniôl#nr.  En  ce  sens 
on  dit  provcrbialeic.  C'est  «n   endormeur  de 
mulots. 

ENDORMIR.  V.  act.  (  Il  se  conjugue  comme 
Dormir.)  Faîre  ilnrmir.  Endormez  cet  enfant. 
On  ne  le  saurott  endormir.  Il  est  dtiJicile  à  en- 
dormir. Bercer  un  enfant  your  l'endormir. 

Il  se  prend  figurcnu'ut  pour,  Amuse*-  quel- 
qu'un, afin  de  \s  tromper,  et  de  l'cnipt^cher 
d'af;ir.  Il  la  endormi  de  belles  poro/c*,  avec  de 
9aines  espérances ,  par  de  vaines  promesses. 

Il  signifie  anssi  Kngourilir.  Cela  m'a  en- 
dormi la  jambe.  Il  lui  a  fallu  endormir  le  bras 
avant  (jue  de  le  couper.  Endormir  la  douleur. 
Il  y  a  des  remèdes  qui  endorment  le  mid  de 
4ients. 

Etidomuh  ,  se  met  avec  le  pronom  person- 
nel, et  signifie,  Conmiencer  à  dormir.  //  s'en- 
dort. Je  ne  saurcis  m'endormir.  Je  me  suis,  en- 
dormi sur  les  trois  heures. 

On  dit  figurëment  et  familièrement.  S'en- 
dormir^ pour  dire,  Négliger  une  afTaîre,  man- 
<|uer  ï  la  vigilance,  à  l'attention  nécessaire 
C'est  un  }iomme  <jui  ne  s'endort  pas.  Ce  n>,st 
pas  un  homme  à  s'endormir  sur  ses  intérêts.  }\ 
s'est  trop  endormi  sur  cette  affaire. 

On  dit  encore  figurément,  S'endormir  dam 
le  vice  y  dans  les  voluptés,  pour  dire,  Demeu- 
rer, croupir  dans  le  vice,  dans  les  voluptés, 
dans  les  délices. 

On  dit  tifjurément  par  exagération.  qw'Vnt 
chtfsej  une  personne  endort ,  pour  dire,  qu  Elll 
«inuie  fort-  Cette  pièce  est  si  ennuyeuse,  qucl\ 
endort.  Ce  livre  endort.  La  conversation  de  ci 
aomm«  m'endormoit, 

EsnOR.'kn  ,  ir..  participe.  Ce  tableau  repré- 
:<nte  une  lymphe  endormie. 

On  dit  au  figuré,  Un  homme  endormi,  pour, 
Un  homme  lent,  peu  animé;  et  Ln  esprit  en* 
dormi^  pour.  Un  esprit  paresseux. 

On  dit  aussi  figurément,  Endormi,  pour 
Engourdi.  J^ai  la  jambe  endormiCy  le  bras  en* 
dormi. 

ENDOSSE,  s.  f.(La  pénultième  est  longue.) 
Le  faix  et  toute  la  peine  de  quelque  cliosc. 
Vous  en  aurez  l'endosse.  Donner  lendosse.  Il 
est  du  style  familier. 

ENDOSSEMENT,  s.  m.  Ce  que  l'on  écrit  au 
dos  d'ua  acte.  Il  se  dit  surtout  en  parlant  Des 
lettres  de  change.  Mettre  l'endossement  y  son 
ettdossement  sur  une  lettre  de  change.  Cette 
leitre  de  chanije  a  plusieurs  endossemens. 

ENIX)SSER.  T.  acl.  Mettre  sur  son  dos.  Il 
oVit  guère  d'usage  qu'en  cette  phrase,  Endos- 
ser U  /larnoîj,  la  cuirasse.  On  le  dit  aussi  en 
plai!,.-intene,  en  parlant  De  celui  qui  prend  le 
paru  de  la  robe.  H  porte  la  robe  au  Palais  ^  il 
lui  a  fallu  endosser  le  haruois. 

F-TïDosstn,  s«  dit  aussi  figurément,  pour, 
Cbarger  quelqu'un  de  quelque  chose  de  dcs- 
agréahJe,  de  ftrhcui.  On  ta  endossé  de  cela. 
Il  est  du  nyir  familier. 

On  dit.  Endosser  une  lettre  de  change,  une 
promeste,  etc.  pour  dire.  Meure  le  reçu  au  dos 


END 

de  la  lettre,  ou  simplement  la  signature,  ou 
l'ordre  de  payer  à  un  outie. 

Endosse,  £e.  participe. 

ENDOSSEUR,  s.  m.  Celui  qui  met  son  nom 
sur  le  dos  d'une  lettre  de  change  pour  la  trans 
porter  à  quei<[u'uti.  Il  y  a  plusieurs  entiosseun 
solvables  à  cette  lettre  de  channe. 

ENDROIT,  s.  m.  Lieu,  place,  partie  d'ui 
espace  éiendu.  VoiVi  i'cnciroit  où  l'on  veut  bâ- 
tir. Vous  le  trouverez  en  tel  endroit.  Voilà  l'en 
droit  où  fit  tué  un  tel  Général.  Cette  nouvcH 
me  nient  de  plusiours  endroits. 

II  se  dit  aussi  Du  corps.  Voilà  Verdroit  où 
il  est  blessé. 

Ekdroit,  se  dit  populairement  Du  lieu  où 
un  homme  est  né.  Cet  homme  est  de  mon  en- 
droit. Il  est  allé  dar^  son  endroit. 

l\  se  dit  aussi  Des  choses  qu'on  mange  cl 
qu'on  coupe.  Donnai-moi  de  cet  endroit-là.  Je 
m^en  vais  vous  donner  d^un  bon  endroit,  du 
bon  endroit., 

Il  se  dit  encore  d'Uuc  partie  d'un  Discours, 
d'un  Poënie,  d'un  Traité.  H  y  a  un  bel  endroit 
dans  ce  discours.  Voilà  le  bel  endroit.  Il  sait 
les  plus  beaux  endroits  ^Homère  j  de  Virgile. 

On  dit  figurément  ,  quX  n  homme  se  fait 
l'OT,  qu'il  se  montre  par  son  bel  endroit,  poui 
dire,  qu'il  se  fait  voir  par  les  choses  qni  liu 
sont  les  plus  avantageuses. 

On  dit  au  contraire, qu'//  se  montre  par  son 
mauvais  endroit ^  pa»  son  vdam  endroit,  par 
un  vilain  endroit.  Il  est  familier. 

f)u  dit  aussi  figurément  en  parlant  d'Un 
homme, CVst  le  plus  bel  endroit  de  savie,  pour 
dire,  C'est  la  plus  belle  partie  de  sa  vie;  et 
pour  dire  le  contraire.  C'est  le  vilain  endroit 
de  sa  vie. 

On  dit  encore.  Prendre  guelgu'un  par  son 
endi'oit  sensible^  par  son  endroit  foible y  pour 
dire.  Le  prendre  par  ce  qui  l'intéresse  le  plus. 

Il  se  prend  quelquefois  pour  Le  beau  côté 
d'une  étofle,  et  il  est  opposé  h  L'envers.  Voilà 
l'endroit  de  ce  drap.  Quel  est  l'endroit? 

En  mon  endroit.  En  votre  endroit.  En  son 
endroit.  En  leur  endroit.  Façons  de  parler  ad- 
verbiales, qui  signifient,  Envers  moi,  envers 
vous,  envers  lui,  envers  eux.  À  l'endroit  d'u« 
tel.  Ces  façons  de  parler  sont  hors  d'usage ,  si  ce 
n'est  dans  le  style  de  Pratique. 

On  dit  anssi  en  termes  de  Pratique  ,  Chacun 
endroit  soi,  pour  dire,  Chacun  pour  sol ,  cha 
tun  pour  ce  qui  le  regarde. 

ENDUIRE.  T.  a.  Couvrir  d'une  couche,  soit 
de  chaux,  soit  de  pUlre,on  autie  matière  dé- 
trempée. Enduire  une  muraille  de  ptàtre.  En- 
duire un  vaisseau  de  qoudron. 

INDUIT,  rrE.  participe. 

ENDUIT,  s.  m.  Cimche  de  chaux,  de  pLlre, 
etc.  Il  se  dit  proprement  de  celle  qu'on  appli- 
que sur  les  murailles.  Un  enduit  de  pldtrc. 
Faiie  un  enduit. 

ENDL'R.VNT,  ANTE.  adj.  Qui  souffre  aisé 
ment  1rs  injures  ,  U  contrariété  ,  les  mauvais 
procédés.  Ce  n'est  pas  un  homme  endurant.  Il 
n'est  pas  d'humeir  endurante.  Il  n'est  pas  trop 
endutiint.    Cet    homme    u   ôfé   6icn   endtaant. 


ENE  4<,3 

U  s'emploie  plus  urdinaiiement  avec  la  nég»- 
tivc. 

C'est  un  homme  mal  endurent,  une  femme 
peu  endurante  y  pour  dire,  que  CVsl  une  per- 
sonne colère,  et  qui  a  le  ressentiment  vif. 

ENDURCIR,  v.  act.  Rendre  dur.  Le  grand 
air  endurcit  la  pierre.  Donner  une  nouvelle 
trempe  à  du  jer  pour  l'endurcir  davantage. 

KNnLncm,  signifie  aussi,  Rendre  fort,  rcn- 
ire  robuste.  Le  travail  endurcit  le  corps. 

Il  signifie  encore.  Accoutumer  à  ce  qui  est 
dur,  fâcheux,  pénible.  H  est  bon  d'endurcir  de 
f>orme  heure  les  jeunes  gens  au  travolly  aiLv  in- 
tempériesde  l'air,  aux  privât  ions,  à  ladouleiu. 

On  dit  aui.M  ,  Endurcir  aux  injures  ,  aux 
affronts,  aux  coups. 

Il  signifie  aussi.  Rendre  impitoyable,  ioseik- 
sible.  L^avarice  lui  a  entiurc-î  le  cœur. 

Esonncin,  s'emploie  avec  le  pronom  pei*- 
sonnel,  et  signifie,  Devenir  dur.  Le  corail  s'eti- 
durcit  à  Voir.  La  plante  des  pieds  s^endurcit  à 
force  de  marcher. 

On  dit  aussi,  S^endurcir  au  travail,  à  ItL 
peine,  pour  dire.  S'y  accoutumer. 

On  dit  figurément  d^ns  le  même  sens,  S'en- 
durcir dans  le  vice,  dans  le  crime,  pour  dire, 
Contracter  l'habitude  du  vice,  du  crime,  an 
point  de  n'en  avoir  plus  de  honte,  de  remords. 

On  dit  aui«î  dans  le  même  sens,  S'endurcir 
au  crime,  à  la  douleur,  aux  misères  d'autrui. 

L'Écriture- Sainte  dit,  que  Dieu  endurcit  le 
tœur  des  pécheurs,  pour  dire,  qu'il  les  abau- 
donne  h  leur  cg;irement.  Dieu  avoit  endurci  Je 
cœur  de  Pharaon. 

Endcbci,  lE.  participe.  Vif  homme  endurci 
aux  coups,  à  la  peine,  au  crime,  etc. 

ENnURCISSE:\IENT.  s.  m.  Il  n'eal  point 
d'us.^^e  au  propre,  et  signifie  figurément  L'ét.it 
d'une  Âme  qui  n'a  plus  de  sentiment  pour  U 
vertu  et  pour  les  choses  de  Dieu.  Cela  margne 
un  grand  endurcissement.  Tomber  dans  l'en- 
durcissementy  dan%  l'endurcissement  de  cœur. 

ENDURFR.  V.  a.  Souffrir.  Endurer  du  mal. 
Les  peines  que  j^endure.  Endurer  du  froid.  En- 
durer un  grand  froid.  Endurer  la  fiim  ,  la 
soif. 

Il  signifie  quelquefois,  Supporter  avec  pu- 
tiouce,  avec  fermeté,  avec  constance.  Il  y  a  des 
gens  gui  endurent  les  injiwes  ,  les  opprohrei, 
les  adversités  et  les  persécutions  mieux  guc  les 
autres. 

Il  signifie  aussi  Permettre.  N^endurez  pu 
qu'un  fasse  tort  à  personne. 

EnDvniytt.  participe. 

EUE 

ÉnÉORÉ^IE.  subsl.  m.  Terme  deM-deene. 
Espèce  de  nuage  ou  substance  légère  qni  nage 
au  milieu  de  l'urine. 

ÉNER(;iE.  5.  f.  Efficace,  vertu,  force.  Il  se 
dit  prinripalrment  Du  discours,  de  la  parole. 
H  y  (I  dans  les  Prophètes  des  expression»  d'une 
qrande  énergie.  Il  f\t  un  discours  plein  d'éner- 
gie. Parole  pleine  d'énergie.  S'exprimer  avec 
énergie. 

Il  se  «lit  nuf  si  De  la  conduite  dai:s  Ici  •  boscs- 


494  ENF 

piibliiincs    et    privées.     Vue    r.dmlnntratinn 
lileinr  d'énaqi  -,  Il  se  comporte  avec  henucouf  ■< 
tCénenjie. 

ÉMînCIOUn;.  adj.  des  2  genres.  Qui  a  de 
l'énergie.  Style  énerjiijuc.  Discours  éner<jique. 
Ce  mot  est  fort  énertjiqiw.  Termes  énergiques. 
Une  conànite  énergique. 

ÉNERGIQCEMi;>l'-  ••><'^-  1'""=  nianiùrc 
inergicfue.  Il  lui  jMrla  éiiergiquemcnl.  Il  s'ex- 
prime énerqiq:lemenl.  Il  se  compnite  c'neriji- 
quement. 

l'';Nl!;RGtIiVlfcNE.  «.  des  a  g.  Possède  du 
dinhlc.  J^.rorciser  un  éncr<jumène 

Ou  le  dit  au  figuré,  d'Un  liomme  qui  se 
livre  à  des  mouveinens  exccssiis  d'ciitlmu- 
sia-'iine,  de  colf'îrc.  C'est  ur*  éucrqumène. 

KNERVER.  V.  11.  AIToiblir  par  la  d.^ijauolie , 
ou  par  quelque  auti"c  cause.  Le  Ir-op  qrand 
uSttqe  tin  vin  eU  capable  d'énervtrr  un  homme. 
Sci  tlébniiches  Vont  cncn'é.  il  s*t.'sl  cnervé  à 
force  de  déhanches. 

Ou  dit  lii^urénicnt.  que  Les  voluptés  éner- 
vent, (qu'elles  énervent  le  cmiraqe,  pour  dire, 
qu'Elles  amollissent,  qu'elles  afToildissrînt  te 
Éournge.  Et  ou  dit  aussi  iignrément,  que  Le 
trop  de  .soi/1,  le  trop  d'ornement  énervelc  style . 
pour  dire,  qu'il. le  rend  Ibiblc  et  lâche. 

Kneiivé,  ÉÎ.  participe.  Vn  corps  énenié  pur 
tes  excès. 

E  K  F 

ENFAÏTK.AU.  s.  m.  Tuile  creuse  qui  se  me! 
«or  le  faite  d'une  maison. 

ClNF.llTEMEN  i'.  s.  m.  Table  de  plomb  qui 
se  met  sur  les  liiites  des  maisons  couvertes  d'ar 
doises.  Des  crochets  de  fer  arrêtent  el  soutien- 
nent les  eiifittemens. 

ENFAITER.  v.  a.  Couvrir  le  faite  dune 
nialson  avec  de  la  tuile  ou  du  plomb,  etc. 

ICspAÎTÉ,  K£.  p.irticipe. 

KNK.\.\CE.  s.  f.  L'ilgc  de  rLoinme  depuis 
la  naÎMarcc  jiisqu'i  douze  .ins  ou  environ.  De; 
mon  enfance.  Dans  mon  enfance.  Dans  la  plus 
tendre  enfance.  Dés  sa  plus  tendre  enf.ince. 
Sortir  de  l'enfmce. 

On  appelle  Enfance,  Une  puérilité,  quel 
.lue  cliose  qui  convient  à  un  enfant  :  C'est  un.' 
vraie  enfance  ;  et  en  ce  sens  il  a  un  pluriel.  C^ 
sont  là  des  en'f-nces. 

Être  en  enfance^  tomber  en  tnfinee,  se  dii 
d'Une  vieille  personne  qui  est  imbêciie,  qui 
n'a  plus  l'us.i^e  de  la  raison. 

Ilsodit  li;;nriiuent  quelquefois  pour  Coin- 
iiencement.  l.'cnjiinct  du  monde.  L'enfance  d( 
la  société.  L'enfance  de  la  R'pnldique.  L'en 
fance  de  Rome,  !'c. 

ENFANT.  ».  m.  Fils  ou  lillc  par  relation  au 
p^r8  cl  à  la  mère,  jlvoir  des  enfnns.  Enftin: 
ni, île.  Une  fenune  qui  est  tjrosse  d'cnfiint,  en 
mal  d'enfant,  en  travail  d'enfant.  Être  c/iui  /; 
d'enfons.  Une  mère  qui  aime  f'trt  ses  enfans. 
C  ette  mère  souffre  tnntes  choses  à  ses  cnfans  , 
ellejes  (u1te.  Enfant  qtitc.Enfins  mineurs.  En 
fiint  adoplif.  Enfant  d'adoption.  La  parabole 
:1c  VEnfanl  jrrodiqne. 

Il  s«  dit  nukiil  par  cxteimon ,  Des  fteiits .  fils 


ENF 

et  arriire-petiLvfîls.  C  e  père  <Ic  famille  a  dine 
(U'ec  tous  ses  tnfans. 

Il  se  (lit  encore,  pour  sif^nifîcr,  Tous  It-a 
Jescendans  d'une  même  snuclie.  Nous  sommes 
tous  enfatis  d^Adam.  LesJmj's  sont  af'j'vlés  le> 
cfifans  (i'/.NToeL 

On  -.iyYyvWe  Enfans  de  b'raticCj  }^e<i  Princes 
cnfans  Icf^itimcs  des  Hois .  et  ceux  qui  descen- 
dent des  aines.  Gouverneur  des  en/iins  i:( 
France.  Gouvernante  des  enfans  de  France. 

On  dit.  Enfant  deParis^  enfant  de  Lyon, 
enfant  d'Orléans,  etc.  pour  dire,  Natif  do 
Paîis,  de  Lyon, d'Orléans. il  u'eitfiuedu  style 
familier. 

On  dit  fîpircjîicnt ,  que  A'ous  sommes  en- 
Çana  de  Dieu  pnr  la  qiùcc,  «jne  tous  les  Fidèlei 
tant  cnfans  de  Dieit^  enfans  de  lEqlisc. 

On  dit  en  style  de  IKcrllure  Sainte,  qu< 
Tous  les  hommes  naissent  etifarts  de  colère 
parce  qu'ils  naissent  daiu  le  péclié  originel. 

On  dit  aussi  en  style  de  l'Ecrituie-Sainte 
Enfans  de  lumière,  enfans  de  tcnèhres. 

On  appelle  aussi  fii;urémentet  poétiquemeni 
Les  Guerriers,  les  Poêles,  Enfans  de  Bcllont 
au  de  3i(ij's,  Enfans  d'Apollon. 

On  dit  proverbi;ilenient  et  £;^ure'ment ,  qu< 
i.es  menteurs  sont  enfans  du  Diable. 

On  appelle  ï-ts  enians  d'un  Maitie  de  Je;| 
ie  Pnume,  Les  cnfans  de  la  halle. 

On  appelle  Hgurémcnt,  Enfans  de  la  halle. 
Les  enfans  qui  exercent  la  profossion  de  leuri 
jiêrea,  et  qui  sout  censés  la  faire  mit;ux  que  lei 
jutrcs. 

Eniant  ,  se  dit  encore  d'Un  garçon  ou  d'uni 
Elle  en  bas  âi;c  ,  et  jusqu'à  l'âge  de  dix  ou  doiiza 
ins^  sans  aucune  relation  au  p-ie  et  à  la  mère. 
Vn  bel  enfant.  Un  petit  enfant.  Un  joli  enfant. 
Vn  enfant  opiniâtre.  Vn  enpmt  à  la  mamelle, 
Vn  enfant  qui  telte.  Sevrer  un  enfant.  Un  en* 
{ont  niorl-né.  Un  eiifant  bien  né.  Un  enfa.nl 
naî  né.  Pleurer  comm::  un  enfant.  Badiner 
:omme  un  enfant.  Des  jouets,  des  habwle^< 
i'enfans.t 

On  dit  proverbialement,  Faire  Vcifantf 
[)our  dire ,  Biidin.*r  cnnimc  un  enfant ,  s'amuseï 
i  des  choses  puériles;  Se  conduire  comme  un 
rnjtinï,  parler  comme  un  enfant^  pour  dire, 
Agir  sans  niflexicK»,  tenu*  des  discours  puérils. 

Ou  dit  à  quelqu'un  qui  a  fait  une  faute, 
lu'On  le  traitera  en  enfant  de  bonne  .viaison, 
pour  dire,  qu'Un  le  cLûtiera  sans  l'épargner.  Il 
rçt  fiiniilier. 

On  appelle  Enfans  trouviU  ,  Les  enfani 
•(u'on  trouve  (xi>oscs^  et  dont  le  pure  et  l.i 
ni«rc  ne  se  font  pus  connoitre. 

On  dit  provcrbialrnicul ,  quand  on  veul 
assurer  (ju'on  n'est  point  coupable  d'une  chosn 
dont  on  est  accusé.  qu'On  en  est  aussi  inno- 
cent qwj  l'enfant  fjui  vient  de  naître^  fliii  est  a 
naître. 

Quand  il  s'a:;ît  d'une  cliosc  sérieuse  et  îm 
portante,  on  dit,  que  Ce  n'eêt  pcs  un  jeu 
d'enfant^  ce  n'ect  pas  jeu  dcjifanl. 

On  appelle  Lnfant  de  C ''«ur.  Un  enfant 
dont  l'emploi  est  de  cbantir  dans  lli^glise,  et 
de  r.crvir  îi  quelques  autres  fonctions  du  Chœur. 


ENF 

On  niipoloit  autrefois  En  fins  perdus^  Les 
soldats  (irl.'icliés  qui  commençoieiu  l'attaciue 
un  jour  de  combat.  Coinniundcr  les  enfans 
perdus. 

On  appeloit  Enfans  d'honneur^  De  jeunes 
i;ens  de  (|ualilc  qui  étoient  nounis  auprès  d"nu 
Prince  pendant  son  bas  .if;e. 

E.NFAST,  est  aussi  uii  terme  dont  on  se  sert 
piir  flalteric  et  par  fantiHarite.  C'est  un  bon  en- 
fuit. Mon  enfant. 

En  ce  sejîs  on  le  fait  quelquefois  fcminio  an 
sinjçulier,  en  parlant  d'Une  fort  jeune  fille, 
l'oi/ù  une  belle  enfant  Vous  êtes  une  jtdie  en- 
l'tnt.  CV.st  la  meilleure  enfant  du  monde.  La 
pauvre  enfant. 

On  dit  aussi  familicrem. ,  en  parlant  d'Lhie 
jeune  femme  d'un  caractère  doux  et  facile, 
C'est  une  bonne  enfmty  une  bien  bonne  en^<int. 

On  dit  pruverbiatenicnt,. quand  on  voit  un 
i-nfant  qui  a  de  la  raison  et  de  l'esprit  de 
Imnne  heure-,  qu7/  n'y  a  plus  d'cnfans. 

On  dit  d'Un  enfant,  C'est  l'enfant  de  sa 
mère.,  pour  dire,  qu'il  lui  ressemble,  qu'il  a 
toutes  ses  manières. 

On  s'en  sert  aussi  en  parlant  &  des  inicrieiivs. 
dllonsy  enfans.  Couraçje,  enfans. 

]'on  enfant^  est  aussi  un  terme  dont  on  »e 
icrt  lorsqu'on  veut  parler  avec  un  air  de  bonté 
DU  d'intérêt,  d'aflàbilité,  à  des  Rcns  cMrême- 
lucut  inférieurs.  Mon  enfant,  dites- moi ,  etc. 
\lon  enfant,  allez  avertir  mes  gens. 

EiVrANÏEMLIST.  s.  m.  Action  d'enfanteo. 
F(iri7((cr  l'en/antemenl.  ilûler  l'enfantement 
Ces  douleurs  de  ienfintement. 

On  dit  ftgiu-cnient  d'Un  Auteur  q:ti  finr - 
|;ose  avec  beaucoup  de  difiicuiié,  que  Lorstju'd 
Iravaille,  il  est  dans  les  douleurs  del  enfante 
ment 

ENFA?ÎT£R.  ▼.  a. -Accoucher  d'un  -niant 
fl  est  dit  dans  l^ Ecriture  Sainte ,  une  Vierqv 
roncevra  et  enfantera  un  fih.  Ueureiue  la  mère 
ijui  Va  enfanté! 

Quand  quelque  projet,  quelque  dessein, 
rjuelque  promesse  qui  a  fait  beaucoup  de  bruit 
it  d'éclat  dans  le  monde,  ne  produit  rien  qui 
réponde  i  lespcranee  qu'on  en  avoit  conçue. 
»n  dit,  que  C'est  la  monta  me  qui  a  enfunU 
une  soui'is,  qui  enfante  une  souris.  . 

On  se  sert  d'ordinaire  de  ce  mot  Ew/tinfcrj 
absolument  et  sans  régime.  Enfanter  avec  dou- 
leur. Après  qu'une  femme  a  enfante. 

Il  se  dit  Gi^urcraont  Des  productions  d'espril. 
Cet  auteur,  tous  les  ans,  enf  mie  de  gros  vo- 
lumes. Il  enfante  avec  peine. 

On  dit  aussi  il^urément,  Les  guerres  civiles 
enfantent  mille  maux  dans  un  Êtut 

EsiAsrÉjÉE.  purlicipe. 

EM*  ANTILL.4Gi:..n.  m.  Discours,  manii^res 
qui  ne  convicnncut  (]u  à  un  enfant  II  ne  se  dit 
[ue  Des  persouues  qui  ont  passe  l'cnfane*. 
('our  un  bomme  de  j  otrc  (;qc,  de  votre  carac- 
tère,voilà  hwn  de  l'enfant dlage.  Il  est  familier. 

EiSEANTlS,  L\E.  adj.  Qui  est  d'entint. 
Visage  enfantin.  Voix  enfantine. 

ENf  AlUN'ER.  V.  a.  Poudrer  de  farine.  Un 
bateleur,  un  boufjon  qui  s^enfarine  le  visage. 


ENF 

KNrAtîisK,  ÉE.  participe. 
On  dit  pioverliialement  qu'Un   homme  e^ 
vettUf  la  nueule  enfarinée,  dire  ou  f  lire  tjuehpti. 
rhose,  pour  dire,  tpi'Il  est  venu  inconsidon- 
ment  et  nvcc  iine  sotte  confiance. 

On  dit  familiènmicnt ,  qu'f/n  homme  est  en- 
fariné de  quciaue  chose ,  de  <pe/(jue  science,  etc. 
pour  dire,  tju'Ii  n'en  a  qu'une  légère  teinture. 
On  dit  de  nn>uie,  qu'Un  /lumme  est  enfa- 
riné d'une  opinion  y  de  quelque  m om- aise  doc- 
trine y  pour  dire,  qu'il  en  est  un  peu  pré- 
venu. 

ENFER,  s.  m.  (On  prononce  le  R.)  Lieu 
.'estiiiL-  pour  l."*  supplice  des  damnc&.  Les  tour- 
mens  de  l'enfer.  La  crainte  de  Venfer.^Ienacer 
de  Venfer.  LUnfer  est  le  parlaqe  des  réprouves. 
JÊsus-CiinisT  (I  promis  que  les  portes  de  l'enfer 
ne  prévaudront  point  contre  son  Église.  Les 
puissances  de  Venfer.  Furie  d'enfer.  Monstre 
que  l'enfer  a  vomi.  , 

Kd  ce  mot  le  pluriel  n'ajoute  rien  à  la  signi- 
fication du  singulier.  Ainsi,  .-/u  /ond  des  en- 
fers y  ne  veut  dire  autre  chose  «ju'Au  fond  d« 
l'eofep. 

Il  se  dit  nussi  au  pluriel ,  Du  lieu  où  ctoieni 
les  Jnies*  4ue  >otre-Si  i^aeur  délivra  sprcs  s.^ 
juort.  jKsos-CBnisT  est  descendu  aujc  enfers. 

On  dit  figurémcnt  d'Un  lieu  où  l'on  se  dé- 
plaît, ou  l'on  est  e.xtrcin ornent  gêné  ,  tourmen- 
té^ ou  il  y  a  beaucoup  de  coofusian  et  de  désor- 
dre, que  C'est  un  en  fer  j  un  vrai  enfer.  C'est 
un  enfer  pour  moi  que  celte  maison. 

On  dit  encore  fiflurément,  Porter  son  enfer 
0vec  SOI,  |iOur  dire.  Porter  son  supplice  avec 
soi.  Les  mèchans  portent  leur  enfer  avec  eux. 

On  appelle  fij;uiémenl  c'  provcrbialenjent. 
Tison  d'enfvr.  Un  luccltant  homme  qui  evcJtc 
ri  qui  porte  au  mal,  ou  qui  cause  de  grandj 
maux  pnr<c5  discours,  ou  par  son  exemple. 

E>rEu ,  bignîfie  ausâi  Ggurément ,  Les  Dé- 
mons ,  les  Puissances  de  l'cufcr.  L^enfcr  en  gé- 
mtl.  L'enfer  se  déchaîne  contre  lut. 

Enker,  en  termes  de  Chimie,  est  Un  Tais- 
seau  propre  ^  calciner  le  mercure.  On  l'appelle 
nusai  Enf-r  de  Boyle. 

Enfeos,  an  pluiicl,  se  prend  encore  pour 
Le  fieu  où  les  Païens  cro^oient  que  les  ânics 
alloienl  aprî-s  la  mon.  Orphée  alla  chercher 
Eurydice  au.x  enfers.  Hercule  ci  Ênèe  descen- 
dirent aux  enfers. 

ENFERMER,  v.  a.  Fermer  un  lieu  en  telle 
loric,  que  le»  (wrsonne»  qui  y  sont  ne  puissent 
pM  en  sortir,  ou  >pis  les  choses  qu'on  y  a  mises  ne 
pui!>5entpasètrcdérolH'es.£n/^-rnierun  fommc 
dans  une  maison.  Enfermer  des  habits  doits 
un  coffre.  Enfermer  de*  papiers  ^  des  livres 
<lans  im  cabinet.  Enfermer  des  cl  evaux  dam 
une  ècuiic  Enfirmer  à  la  clef ,  sous  la  clef 
Enf-rmer  entre  quatre  murailles. 

Eïi'uiujin,  te  dit  ab^ilumeut,  pour  dire,  | 
Ue|b«  un  lionune  daiii  un  lïôpitjl  de  f.ius  . 
diiis    un    lieu    de  corrrclioti  ,  etc.   C'est    un 
homme  à  enfermer.  Ses  dtporleniens  l'ont  fa 
enfermer. 

On  dit  proverhi.ilrnient  et  fi^nrénient  d'Un 
Chirurgien  qui  a  hiu^i  fermer  une  pluie  trop 


ENF 

tôt,  et  qui  ne  la  ^ut-iie  que  superâcielleme.  t , 
qn'//  a  enfermé  le  loup  dans  la  bergerie. 

Il  i.i^ni(ie  au.^sl  ,  Environner  et  clore  d^' 
toutes  paits.  Enfermer  un  pure  de  murailles 
Enfjrmer  de  haic.<.  Les  ennemis  se  sont  laif^st 
enfermer  entre  deux  rivièreSj  entre  deux  mon 
tagnes. 

Ou  dit,  S'enfermer  dans  une  Place,  poui 
dire,  Demeurer  dans  une  i  lace  qui  va  êtr< 
jssicgée,  pfjur  la  défendre. 

5Vn/frmer  datts  un  Cloitre,  pour  dire,  ii 
f.iire  Religieux. 

On  dit.  S'enfermer  avec  un  malade^  pour 
dire  ,  S'enfermer  avec  quel  ju'un  qui  lomljc 
inâbde,  pour  y  dcmemer  jusqu'à  la  Qn  de  su 
maladie.  Elle  s'est  er^fermée  avec  son  mari  qn 
a  la  petite  vérole. 

On  dit  encore,  S'enfermer,  pour  dire,  Sf 
retirer  dans  son  cabinet,  et  n'y  vouloir  voir 
personne.  On  ne  saurait  le  voir,  il  s'est  en- 
fermé. 

EtKFEKMEn  ,  signifie  figui^mcnt.  Contenir, 
comprendre.  Ce  passage  enferme  beaucoup  Jl 
vérités.  Cet  article,  cette  proposition ,  en  enfer- 
ment beaucoup  d'autres. 

EsKERHi^,  ÉE.  participe.  Il  s'emploie  commi 
substantif  dans  cette  phrase,  Sentir  l'enfermé; 
ce  qui  se  dit  d'une  chose  qui  sent  mauvais,  ù 
cause  qu'il  y  a  loug-tcmps qu'elle  n'a  clt-.i  l'air. 
Cette  chambre  sent  l'enfermé.  Et  dans  ce  seul 
on  dit  ausai  et  mieux,  Renfermé. 

E>'FERREK.  v.  a.  Percer  avec  une  épéc, 
uiit  piquR,  une  hallebaroe,  un  cpieu.  Enferrer 
Son  emitmi. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  I! 
s'cxl  cn/è;Té  lui-même. 

Ou  dit  n^urément  et  ûmilièrcment,  iS'en 
ferrer^  pour  dire,  Se  nuiie  inconsidéréincnl  ^ 
soî-mt^nie  par  ses  paroles,  ses  raisonnemcns.  sa 
couduile.  Il  nous  a  conté  son  affaire  ,  et  en 
nous  parlant  il  s'est  enferré  lui-même.  Laisser 
/tî  venir ^  lais^icz-lcs  parler  y  ils  s'enfetreronl 
d^eux- mêmes.  Son  argument  prouve  le  con- 
traire de  ce  qn  il  veut  établir,  il  s'est  enfenè 
lui-même. 

ENPEnnÉ,  ée.  participe. 

ENFILADE,  s.  1.  Il  ne  se  dit   proprement 
que  d'Une  Ionique  suite   de  cli.unbrcs  sur  une 
même  ligne.  Une  lonque  enfilade  de  chambrci.. 
l  y  a  une  belle  enfilade  dans  ce  bâtiment. 

On  dit  fis;nrément,  Une  longue  enfilade  de 
phra%es.  d'épithetes,  pour  dire,  Unt*  ioncue  cl 
''iMiuycuse  suite  de  phrases,  d'cpitiiètc«. 

EsKiLAUE,  se  dit  au  jeu  du  Tricrrac.  d'Un 
;cu  mis  en  un  Ici  état,  qu'un  ne  peut  presque 
cviicr  de  perdre  le  tour,  il  ne  sawx:''t  év*iet 
l'enfilade. 

i-.NKiLER.  T.  act  Passer  uu  GI  par  le  Irou 
d'une  aiguille,  d'une  perle,  etc.  £ii^i/erune  <Jt- 
ijuille.  Enfiler  des  pertes.  Enfiler  u/i  chapelet, 
un  biacelet. 

Ou  du  proverbialement,  Je  fi«  sui'x  pas  venu 
ici  pofir  enfiler  des  pet  les  ^  pour  dire,  Pour  m'a- 
mus/T-'i  dc>  bagatelles, pour  piitircmun  temps 
à  des  eli'>«i«  frivoi'-s,  iu.itih'>.  El  on  dit  De  c«t- 
t^nes  cl.uscs  qui  «ont  plus  dillîcilcs  .1  faire  qu'il 


ENF 


/io^ 


uc  paroU ,  ^ue  CcJj  ne  s'enfile  pa's  comme  des 
perles. 

On  dit,  Enfiler  un  chemin  ,  une  route,  ui.  : 
allée,  pourdire,Preiidreun  chemin, une  route, 
et  Les  suivre. 

Enfiler  le  degré ,  pour  dire ,  S'dcliappei  viii 
;'ar  un  degré.  Il  est  du  style  familier. 

Lt  proTerbialem.  Enfiler  la  i-enclïe,  poar 
ire.  S'enfuir. 

Ou  dit  figurémenl  et  familièrement,  Enfder 
in  dùcouri, pour  dir«,S'eQgai;er,  s'embarquer 
Juiis  un  long  discours. 

On  dit,  Enfiler  une  tranchée  :  le  canon  de 
'.a  place  enfile  la  tranchée,  poui  dire,  qu'il  la 
Ml  eu  ligne  droite.  Il  fautquun  Ingénieur  ail 
vin  que  la  tranchée  qu'il  tr.ice  ne  soit  pas  en- 
ilée.  Le  feu  de  la  Place  enfle  cette  tranchée. 
,  On  dit  dans  le  même  sens,  que  Le  t;enf  enfile 
ine  rue. 

KsFiLEn  ,  se  dit  familièrement  en  parlant  du 
leu,  pour  signifier,  En^aijcr  quelqu'un  dan> 
une  partie  desavantageuse ,  l'entrainer  dans  une 
grosse  perle.  UnescrocVa  enfilé  dans  un  tn'pol, 
n  lui  a  gagné  dix  mille  écuj. 

On  le  dît  aussi  familitrcmeut,  pour.  Enga- 
ger quelqu'un  dans  une  couversalion  longue  et 
riinuycusc.  Je  me  suis  lai>sc  enfiler  par  le  plus 
inmpportable  bavard^  qui  m'a  tenu  deux  heures 
ù  cntentbe  son  rabâchage. 

EiiFiLi:a,  avec  le  ptouom  personnel,  so  dit 
lu 'i'ricLrac,  quand  on  a  mis  sou  jeu  dans  un 
tel  désordre,  qu'on  ne  peut  éviter  de  perdre  le 
tour  ou  plusieurs  trous.  Il  s'est  cn/i/e'  pour 
avoir  trop  pressé  son  jeu. 

On  dit  aussi  :  Il  a  fait  un  sonnez  qui  Va  en-* 

j'i/e.  lia  étécnjîlé  par  un  sonnez, par  un  quine. 

On  (lit  aussi,  eu  parlant  Uujeu  en  général. 

S'enfiler,  pour  dire,  Se  laisser  aller  ù  faire  une 

perte  considt'ra!)le. 

l'.NFii.É,  LE.  participe. 

ENFIN,  adv.  Après  tout,  pour  conclusion, 
bref,  en  un  mot.  Enfin  cette  ajjiiire  est  termi- 
née. Eupn  il  m'a  dit  que...  Enpn  pour  abréger. 
Puisqii'etijîn  vous  le  voulez.  Car  enfin  que 
pouvo^'.-il faire:'  Maiienfinque  vous  a-t-il  dit^ 
ENFLAMMER,  v.  act.  Alhuncr,  mclUc  eu 
feu.  Une  seule  étincelle  en^ammc  de  la  poudre 
à  canon.  Tout  le  Palais  fut  enflammé  dans  un 
montent. 

U  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  On 
iHt  tout  le  l'aisscau  s'enflammer  en  un  instani. 
Ce  bois-là  s'enVimme  jactlenient.  Les  roues  d'un 
chariot  s'enllamtnent  ptu-  ht  rapidité"  du  mou- 
vement. 

Eitt'LAM-MtK,  6i!;nine  (igurémcnl,  l!!clauni-r, 
donner  de  ht  cl.aleur,  de  l'ardeur.  Le  i>in  en- 
flamme le  sang  et  les  esprits,  enflamme  la  b:le. 
i'et  onguent  a  en/2dmmé  l'otie  plaie. La  colère 
cn'Janime  les  yen  c   enflu^nme  le  visaqe. 

il  i>i;;niGe  aus^i  fi.;urément.  Exciter,  irriter. 
C('  sont  tws  péchés  '/ui  uni  enflammé  la  colère 
de  Dieu. 

U  m:  dit  auMi  G^nriimeot  13c  l'amour.  Ses 
ycue  enflamment  tous  les  caun.  Vardem  qui 
Icn/Iiimnie. 

lise  nkd  atbai  nu  réfléihL  D*abùrd  qu'il  vtl 


Sç)6  ENF 

eettf  fdle,   il  s'enflamma  d'amour.  Dit  tpt'on 
lui  parie  de  cela ,  il  s'enflamme  de  colère. 

Esri.AMMÉ ,  ÉE.  participe. 

ENFl.ÉCHURKS.  s.  f.pl. Terme  de  Marine 
Cordes  qui  traversent  les  haubans,  et  qtu  ser- 
vent d'cclielons  pour  monter  aux  Imnes,  au 
haut  des  mâts. 

ENFLER.  V.  0.  Keniplirde  vent  ou  d'autre 
ïliose  qui  donne  une  p!"s  grande  extension 
iju'à  l'ordinaire,  qui  f.iil  evcéder  la  grosseur  ou 
1,1  mesure  ordinain-.  Enfler  un  ballon.  Enfle 
une  cornemuse.  Knjler  la  joue.  Enfler  les  joues. 
Enfler  les  voiles.  L'iiydropisic  enfle  le  corps. 
Les  pluies  ont  enfle  la  rivière. 

On  dit  figurcment,  Enfler  le  coeur,  enfler 
le  courage,  pour  dire,  Augmenter  le  courage 
Cela  lui  a  enflé  le  couraije.  Ce  bon  succès  a  en- 
flé le  cœur  aux  troupes.  Par  leurs  promesses  ils 
enflaient  ses  espérances. 

Ou  dit  aussi  quelquefois ,  Enfler ,  pour  dire. 
Leorgucillir ,  donner  de  la  vanité.  La  prospé- 
rité l'a  extrêmement  enflé.  Cela  l'a  tellement 
enflé,  que  Von  ne  peut  plus  vivre  avec  lui.  El 
U)solument ,  La  science  enfle. 

On  dit  figurénient  et  familièrement  d'Un 
glorieux,  qu'yi  est  enflé  comme  un  talion. 

On  dit  aussi  Bgurement,  Enfler  son  style, 
jjour  a"ire,  licrirc  d'un  style  ampoulé. 

On  dit  aussi  figurcment.  Enfler  le  caliier-, 
enfler  les  rôles ,  pour  dire ,  Y  mettre  des  choses 
inutiles  afin  de  les  grossir. 

On  dit  aussi.  Enfler  la  dépense,  pour  dire, 
y  emplover  de  faussns  parties  pour  la  ijiossir  et 
b  faire  monter  plus  haut. 

On  -iit  dans  le  même  sens  ,  Enfler  un  mé- 
moire, un  compte. 

Il  est  aussi  neutre,  et  dans  le  propre  et  dans 
le  figuré.  Les  vemns  font  enfler  le  corps.  Les 
jambes  lui  enflent  à  vue  d'wil.  La  rivière  enfle 
tous  les  jours. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel  au 
propre  et  au  figuré.  La  rivière  Renfle.  Ses  jam- 
bes commencent  à  s'enfler.  Il  s'enfle  d'orijueil. 
Il  ne  faut  pas  s'enfler  des  bons  succès. 

Esi-LÉ,  ÉK.  participe.  Un  corps  enflé. 

On  dit  absolument,  d'Un  hydropique,  qu'/i 
eti  enflé. 

On  dit  figurém.  Un  rflle enflé,  unslyh  enflé. 

ENFI.URIi.  t.  f.  Tumeur,  exlinsion,  gro» 
«cur  ,  bouffissure  qui  sur^'ient  extraordinaire- 
men*  en  (jnelque  endroit  du  corps.  L'enflure  de 
Vhydropisie.  Uncenflurequiinent  d'unefluxion. 
d'un  coup  reçu,  ou  de  la  morsure  d'une  Inti 
vernnicuse. 

On  dit  figurcment.  L'enflure  du  .ilyle,  poiu 
dire,  Le  vice  d'nn  style  enilc. 

On  dit  aussi  figurémeat,  L'enflure  du  avur, 
yoar  dire ,  L'orgueil ,  la  vanité. 

E.M'ONCEMEIVT.  s.  m.  Ce  qui  paroît  de 
plus  éloigné,  de  plas  reculé  dans  un  lieu  en- 
fonce. Dans  Vcn(onccmcni  de  la  vallée  il  y 
avait  uti  ruisseau.  Un  enfoncement  dans  la 
perspective,  dans  la  peinture.  Un  bel  enfonce 
ment.  Vo'là  un  beau  taMeau  ;  on  roi't  dan 
l'enfoncement  de  ce  théâtre,  un  Palais,  uru. 
canipaijne,  etc. 


ENF 

À  II  .signifie  aussi  I, 'action  ii'eafona^r,  de  rom- 
yi  pre  ,  de  briser.  L'enfoncement  d'une  porte, 
d'une  barricade.  * 

ÇNFO?JGER.  V.  a.  Mettre  au  fond,  pousser 
vers  le  fond,  faire  pénétrer  bien  avant.  Enfon- 
cer un  vase  dans  Veau.  Enfoncer  des  pieujr. 
Enfimcerdes  pilotis.  Enfoncer  un  clou  dans  în 
muraille.  Enfoncer  le  burin  dans  le  cuivre. 
Enfoncer  un  poiqnard  dans  le  sein.  Il  lui  cn- 
fon{;a  son  éf-êe  ]us(ju'aux  qardes. 

On  dit,  Enfoncer  son  chapeau  dans  la  U'ir . 
pour  dire,  Faire  que  la  tète  entre  plus  avani 
rians  le  chapeau. 

Enfoncer  ,  signifie  aussi ,  Rompre  ,  brise;. 
Enfoncer  une  porte.  Enfyncer  un  cabinet.  ÎU 
enfoncèrent  le  plancher.  La  bombe  enfonça  la 
l'Otite  de  la  cave.  Enfoncer  une  cote. 

On  dit  ,  Enfoncer  un  bataillon  ,  enfonce 
un  escadron  ,  enfoncer  les  ranqs ,,  pour  dire. 
r,es  percer,  les  rompre,  les  renverser  en  don- 
oant  dedans. 

ENroNCEii.  V.  n.  Aller  au  fond.  Lu  nacelli 
enfonça  dans  l'eau.  Un  cheval  qui  enfonce  dam 
la  houe  jusqu'au  poitrail. 

s'Enfonceu.  Pénétrer  bien  avant  vers  l'i 
fond  ,  vers  le  bout.  S'enfoncer  dans  le  bois 
S'^enfmcer  dans  une  caverne.  S'enfoncer  dam 
le  In. 

Il  se  dit  fi^uit'mcnt  avec  le  ptonora  person- 
nel, pour  (liiC,  Se  donner  tout  entier  à  quel- 
que  chose.  Cet  homme  s'enfonce  dans  l'étude^ 
dans  la  déhanche^  dans  le  jeu. 

On  dit  provrrltîaleitient  de  quelqu'un,  qu'/l 
enfonce  une  porte  ouverte.  Voyez  liNFosCEUB. 

Enfoncé,  ke.  participe. 

On  dit  ,  Avoir  les  yeux  enfoncés  dans  i . 
tête,  pour  dire.  Avoir  les  yeux  creux. 

Kl  on  dit  fij;urément  d'Un  homme  épais  vi 
stnpide  ,  qu'//  a  l'esprit  enfimcC  dans  la  ma- 
tière :  et  d'Un  bomra;'  profondément  occupé, 
iiu7I  est  €nf:>nc€  dans  ses  méditations. 

ENFONCEUR.  s.  m.  Il  n'est  fi^uère  d'usni^e 
que  dans  cette  manière  de  parler  proverbiale  : 
Enfonceur  de  portes  ouvertes,  pour  ignifier, 
Un  liommc  qui  se  vante  d'avoir  fait  une  choso 
trés-facilf- ,  comme  sï  elle  eût  été*  fort  dîllicile. 

FNFONÇURE.  subet.  f.  collect.  Toutes  Ici 
[)ii:c  »  <pii  fout  le  fond  d'une  futaille,  d'un 
tonnrou  ,  «te.  1  oute  l'enfonçure  de  ce  muid-là 
ne  faut  rien. 

Il  8e  dit  aus«  De  i 'afcsenil)1age  de^  ais  que 
l'on  met  au  Iviii  d'un  iit  pour  en  soutenir  la 
paillasse,  Ipjs  niatalai.  Une  enfoncure  de  lit. 

KNF()Kr;iK.  V.  a.  Rcniire  plus  fort.  Enf>rcn 
un  nwir.  La  bonne  nourntwe  a  enforci  ce  che- 
'^lI.  Il  cftt  de  peu  d'usage  en  parlant  Des  per- 
so oncsi. 

Il  est  ausfïi  neutre,  et  si^ifie ,  Devenir  plus 
'"ort.  Ce  cheval  en  forcit  tous  les  jours.  Cet  enfant 
a  ^jiforci  de.  moitié. 

U  s'emploie  dana  le  m^me  sens  avec  le 
pronom  jursonuel.  Il  s'enforctra.  Ce  vin  s'en- 
forcit  à  la  qelée. 

EFi'onci,  [E.  participe. 

KNFOUIR.*.  a.  Gacliet  en  terre.  Enfouh 
.    un  trctor.  Enjouir  de  l'arqent.  f 


ENF 

On  dit  aussi,  Enfouir  du  fumier,  enfouir 
des  plantes ,  des  arbres ,  pour  dire,  Les  mettre 
en  terre,  les  couvrir  de  terre. 

On  dit  figurcment,  qu'/l  ne  faut  pas  enfouir 
le  (aient  ijue  Dieu  nous  a  donné;  et  absolu- 
ment, qu'il  ne  faut  pas  enfouir  le  talent,  pour 
dire ,  qu'il  ne  faut  pas  laisser  inutile  le  talent 
qu'il  a  plu  il  Dieu  de  nous  donuer. 

EsFOni ,  lE.  participe. 

ENFOURCHER,  verb.  act.  Monter  à  chevtl 
j.'imbede-çù,  jambe  de-là.  Cfllcpinmcen^liurclw 
un  cheval  comme  ferait  un  cavalier.  Il  n'est 
i]ue  du  style  familier. 

EsrotincHÉ,  in.  participe. 

ENFOURNER,  v.  ael.  M«lti«  dans  le  four. 
iLnfourner  U  pain.  Enfournar  de  la  pâtisserie. 

On  dit  pioverbialement,  A  mal  enfourner 
on  fait  les  pains  cornus,  pour  dire,  que  Si  l'on 
ne  commence  j)as  bien  une  aflàire ,  et  qu'on  lie 
la  prenne  pas  d  abord  du  bon  biais,  on  a  de  la 
peine  i'i  en  venir  h  bout. 

On  dit  figurcment  et  familièrement,  Bien 
enfourner,  mal  enfourner,  pour  dire.  Bien 
sommencer  une  aflàire ,  ou  la  commencer  mal. 
Il  a  b'ien  enfourné.  Il  a  mal  enfourné. 

Enfourné,  ée.  participe. 

ENFREINDRE,  v.  a.  Transgresser,  violer, 

rompre,  contrevenir  à Il  n'est  d'usage  qu'en 

parlant  de  Traité,  de  Loi,  de  Privilège,  d'Or- 
donnance, et  autres  choses  semblables.  En- 
jrcinilre  les  Lois,  les  Hèrjles .  les  Coutumes,  let 
Priviléaes.  Enfreindre  les  Ordonnances.  En- 
(reindrt  un  Traité.  C'est  lui  qui  a  enfreint  le 
fraité,  tes  condilwns  du  Traité. 

F.Ni-llElNr,  EINTE.  participe. 

EM'RilQUEn.  V.  art.  Faire  Moine.  Ils  m 
lont  rendus  maîtres  de  ce  jeune  liomme,  et  l'otit 
\nfro(jué.  Il  s'est  enfroqué.  Il  ne  se  dit  qu'eu 
jlaisauterie  et  par  méprit,  f I  n'est  bon  à  rien , 
i!  faut  l'enfroqucr. 

Enfroqué,  es.  participe. 

ENFUIR,  verbe  neutre,  qui  ne  s'emploie 
|u'avec  le  pronom  personnel,  s'enfuih.  Fuir 
de  quelque  lieu.  S'enfuir  de  la  prison.  On  l'a 
rnis  en  prison,  mais  il  s'en  est  enfui.  Il  vouloit 
s'enfuir, on  Va^irrété.Sivous  me  parleiencore 
de  cela,  je  m'enfuis.  Vous  me  ferez  enfuir.  Il 
s'enfuit.  Il  s'est  enfui,  elle  s'est  enfuie,  ik  se 
sont  cM^ii^. 

Ou  dit  figurcment  d'Une  liqueur  qui  sort, 
rjui  s'éboule  il'un  pot,  d'un  vase,  cpi'Elle  s'en- 
fuit. Prenez  qarde,  votre  vin  s'enfuit. 

On  dit  proverbialement.  Ce  n'est  pas  par-li 
'(lie  le  pot  s'en|iii(,  pour  dire,  Ce  n'eit  pas  là 
qu'est  le  mai. 

Ou  dit  encore  figuiémcnt  et  proverbialem. , 
Ce  n'est  pas  par-là  que  le  pot  s'enfuit,  po«r 
ilirc,  Ce  n'est  p.ispar-l'i  que  l'aflaire manquera, 
re  n'est  pas  là  le  défaut  de  cet  homme. 

Il  se  dit  aussi  Du  vase  même  d'où  l»  liqueur 
sort.  Celle  cruche  est  fêlée,  elle  s'enfuit.  Le 
tonneau  est  mal  relié,  il  s'enfuit. 

EUFUi,  tr.  participe. 

ENFUMER,  v.  a.  Noii-cir  par  la  fiuni'e.  Eii- 
ptmer  des  tableaux  pour  les  faire  paraître  an- 
e»C7iï.   La  qrandc  qaantité  de   flambeaux.  iM 


ENG 

Bonifiée,  dechaiulelles,  enfument  les  meu}yle5. 
]^njumer  âes  rene-i  de  lunettes. 

Il  signiûe  aussi,  Iiicoipmodcr  par  l;i  funu-c. 
V'jus  allez  vous  en(umer^  si  vous  multez  du 
hcit  l'crt  an  [i-u. 

On  (lit,  iù  u  fume- Acs  renards^  deibUnrcaux, 
yKna  dire.  Les  obliger  par  l(i  funiee  i'i  sortir  de 
leurs  terriers.  On  dit  do  mùiiic,  Enjumcr  de^ 
mouches  à  miel. 

KsFUMÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit  provcrbiiilemcnt,  Etijumc  comme  de 
Vi€ux  renard*. 

ENG 

ENGAGEANT,  ANTE.  adj.  Insinuant,  alti- 
Ittnt.  Cet  homme  a  Vesprit  doux  et  ennaijeunt. 
Toutes  ses  manières  sont  enqaqeiintes.  C'est 
une  personne  fort  enqaqeantc^  d'une  douceur. 
rf'unc  bonté  engageante. 

ENGAGEMENT,  s.  m.  L'nclion  d'enj^agcr, 
ou  l'eflet  de  cette  action.  Tenir  une  tcirc  par 
enqancment.  Ce  n*cst  au'un  engagement  ,  il 
n'en  a  pas  la  propriétc. 

On  appelle  Engagement  y  Une  Seigneurie 
engagée,  un  Domaine  engagé.  Cette  terre  csf 
un  engagement. 

Il  signitic  aussi  Une  promesse,  un  atl.iclio- 
inCDt,uneobligation  qui  ne  laisse  plus  l.i  liberté 
de  faire  ce  que  l'on  \ent.  Engagement  de  .<afi>i. 
Engagement  de  sa  parole.  C'est  un  engagement 
tacré.  Il  voit  souvent  une  femme  assez  aimable: 
j'ai  pew  qu'il  n*y  ait  quelque  engagement  de 
OKur,  Je  ne  Vai  pas  voulu  voir^  parce  que  c'eût 
ite  une  espèce  d\ni,agement.  }^ rendre  un  en- 
gagement,  de*  entiagemens.  Entra'  dans  un 
engagement.  Rompre  un  engagement.  Manquer 
à  un  engagement.  Le  succès  quil  a  eu  est  un 
engagement  d'en  mériter  i^auti  es. 

On  dit,  Il  se.^t  détourné  de  l'ennemi^  afin 
d'évita-  un  cnqatïemcnt,  pour  dire.  Un  combat. 
ODC  bataille. 

Il  se  prund  aiis*-i  pour  I/enrûlemcnt  d'un 
soldat,  et  ni^-me  \>oiiT  Tarant  qu'il  reçoit  en 
^'enrôlant.  L'engagement  de  ce  soldai  n'est  que 
pota'  six  ans.llareçu  trois  louis  d'engagement. 

ENGAliER.  V.  a.  Mettre  en  gage,  donner 
en  gage.  Engager  ses  meubles ,  sa  vaisi-clle 
d'argent.  Engager  son  innnfeuu,  etc. 

Il  signiûe  aussi,  Donner  pour  assurance. 
Ejigager  son  bwn.  Engager  sa  Charge.  Enga- 
ger une  maison  à  da  créanciers.  Engager  un 
Domaine. 

Od  dit  figurém.  Engager  sa  /ùi,  m  parole. 
Von  honneur. 

On  dit  ûgurcm.  Engager  son  cû»iir,  pour 
dire.  Donner  »on  cœur,  aimer.  Les  jeunes  gens 
tngigent  leur  cttur  facilement. 

E.'4<.AGi:n,  signifie  aussi,  Dôtemiiner  par  la 
persuasion,  ».ins  aucune  viuli  nce,  à  faire  quel- 
que chose,  lima  engagé  à  cela  par  ses  hon- 
nêtetés. On  lit  engagé  à  entrer  dans  ce  parti. 
Il  m'a  engagé  à  soHiciter  pour  lui.  Elle  m'en- 
tfaoe  n  ï'rtimrr  elcrneffemenf.  Cette  Charge  en- 
goge  à  beaucoup  de  dépeme. 

On  dit,  En.jager  le  rom/iû(,  pour  dire,  Le 
|irnvoqucr,  foinnicnccr  t'aïU'juc.  Ce  Géttéial 
[orne  /, 


ENG 

îff  vonhii  pas  engager  le  combat.  CeWt  e^cax-~ 
mout'/ie  a  engagé  le  combat,  pour  dire,  qu'Ellc 
en  a  été  l'occasinn.E'scrtrmouf/jer  sans  engager 
le  co"tbat.  L'aile  dioile  de  l'armée  engagea  le 
combat. 

On  dit  aussi ,  Engager  le  combat,  un  combat, 
pour  dire,  Mettre  l'ennemi  dans  la  nécessité  de 
combattre. 

On  dit  figiirément,  Engager  le  combat,  un 
combat,  pour  dire,  Provoquer  ou  commencer 
une  (juiTelle,  une  dispute. 

On  dil  en  termes  d  Escrime, £n(ya(jer  le  fer, 
pour  dire,  Saisir  avec  le  fort  de  son  rpéc  le 
t'oible  de  celle  de  l'ennemi  ^  en  sorie  qu'il  ne 
j)cut  plus  détourner  le  fer.  Quelquefois  il  signi- 
lic  seulemeut,  Toucher  le  fer  de  sou  ennemi. 
Engagez  de  quarte,  et  tirez  de  tierce. 

Ou  dit,  qu"£//ie  c/jo5C  engage  la  poitrine, 
pour  dire,  qu'Elle  cause  de  l'opprcssron  à  1? 
poitrine. 

On  l'emploie  en  fjrmedcréfiéeliî.  5^cn(y(7(jer, 
pour  dire,  Sobligcr,  promettre.  Je  mengaqt 
à  vous  servir  dans  cette  ajjairc.  Il  s'est  engaqc 
à  nous  venir  t^oir  en  tel  (enip. 

s'ENr.ACER,  signifie  aussi,  S'ohligcr  à  servir 
quelqu'un  pour  un  certain  temps.  //  sV'si  en 
qagé    pour   trois    ans,    moyennant    une    telle 
somme. 

On  dit.  qn'Un  soldat  s'engage,  pour  dire, 
qu'il  s'enrôle j  et  Engagei-  un  soldat,  pour 
dire,  L'enrôler. 

Ou  dit  d'Un  malade,  que  iSii  poitrine  s^cn- 
jaqe.  pour  dire,  qu'Elie  s'embarrasse,  qu'elle 
l'emplit. 

On  dil ,  que  Le  rombat  s'at  engagé,  qu'une 
dispute  s'engage,  dans  le  sens  où  l'on  dit,  En- 
g^'gei-  un  combat,  une  dispute. 

11  signifie  aussi ,  Accumuler  ses  dettes.  Il  est 
déjà  endetté,  et  il  s^enqaqe  tous  les  jours  de 
plus  en  plus.  Je  me  suis  bien  engagé  pour  lui. 

Il  veut  dire  encore,  S'embarrasser,  s'empé- 
irer.  Cette  pcrdiia:  s'est  engagée  dans  les  filcls. 
Il  s'engagea  le  pted  dans  un  étrier  en  tombant 
de  cheval.  La  clef  s'est  engagée  dans  la  serrure. 

Il  veut  dire  aussi  figurera.,  S'embarrasser, 
entrer  djns  une  aflaire,  dans  une  enlieprise 
plus  avant  qu'il  ne  faudroit.  Vous  vous  enga- 
qcz  dans  une  étrange  affaire,  dans  de  grandes 
dijjtcullês.  Ne  vous  engagez  point  dans  la  lec- 
ture de  ce  gros  livre. 

On  dit.  S'engager  dans  ixn  bols,  dam  un 
défilé,  pour  dire,  Y  entrer  trop  avant. 

E!<cAGÉ,  ^.E.  participe.  C  est  une  afjiiire  er 
gagée,  pour  dire,  Coramcncée. 

Il  s'emploie  quelquefois  substantivement. 
Un  rion^I  engagé, 

ENGAGiSTE.  s.  m.  Qui  jouit  d'un  Domaine 
du  Roi  par  cngagcmcnL  //  n'est  pas  proprié- 
taire, il  n'est  gti'engagiste.  Les  engagbtes  du 
Domaine  du  Roi. 

ENG.Vl.NER.  V.  a.  Mettre  dans  une  gaine. 
Engainer  des  couteaux. 

ENCAiKÉ,  tt.  participe. 

ENGE.VNOE.  s.  f.  Race.  Il  ne  se  dil  propre- 
ment que  De  qucl'|ucs  animaux  domestiques^ 
et  patticulicrenieui  de  certaines  espèces  de,vo- 


ENG  497 

laîiles.  Ca  canes  sont  d\ine  belle  engeance.De$ 
poules  de  la  grande  enqeance. 

Il  ne  se  dil  Des  hommes  qu'en  mauvaise 
part,  et  parinjure.  Maudite ,  mauvaise  engeance. 
Engeance  de  vipères. 

ENGEANCER.  v.  a.  Il  est  du  style  familier, 
et  ne  se  prend  qu'en  mauvaise  paît.  On  ne 
l'emploie  guère  que  dans  cette  phrase  ou  d'au- 
tres senibliblcs  :  Qui  nous  a  engeances  de  cet 
homme-là?  pour  dire,  Qui  eat-oe  qui  nous  en 
a  embarrassés  ? 

Engeance,  ée.  participe. 

EN(;e1GNER,  s'ENGEIGNER.  Voyez  In- 

CÉNIEn,  s'iNGÉNIEn. 

ENGELURE,  s.  fém.  Enûnre  aux  pieds  ou 
aux  mains,  causée  par  un  froid  excessif,  el 
accompagnée  d'inflammation.  Avoir  des  enge- 
lures. Il  a  les  mains  pleines  d'engelures.  Des 
engelures  aur  pieds,  aux  talons. 

EN(;ENDRER.  V.  actif.  Produire  son  sem- 
blobie.  Il  se  dit  De  l'homme  et  des  animaux. 
Engendrer  des  enfans.  Chaque  animal  enqcn- 
dre  son  semblable.  La  vertu  d'cnijcndrer.  Il  se 
dit  plus  communément  du  mule. 

En  parlant  Des  Personnes  divines,  on  dît, 
que  Le  Père  engendre  le  Fils  de  toute  éternité. 

Il  signifie  quelquefois ,  Produire  quelque 
cbose  que  ce  soit,  et  de  quelque  manière  que 
ce  soit.  Le  mauvais  air  engendre  des  maladies, 
des  catatrhcs,  des  fluxions.  Cela  engendre  des 
vers. 

En  ce  sens  il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom 
personnel.  L'or  s'enqendre  dans  /ec  entrailles 
de  la  terre.  Les  vas  s^eurjendrent  dans  U4 
cadavi'e^. 

Il  signifie  figurémcnt ,  Être  cinse  on  orra- 
sion  du  quelque  chose',  et  il  ne  se  dit  guèifî 
qu'en  niauviise  part.  La  diversité  d'intértHs 
engendrt  tes  inimitiés,  les  querelles.  Ce  testa- 
ment a  engendré  bien  des  procès.  L^oisiveté  c»* 
gendre  le  vice. 

On  dit  proverbialement  et  figurément  d'U'\ 
liommc  extrêmement  gai,  qii'Il  n'engendre  pas 
de  mélancolie. 

On  dit  aussi  proverbialement  et  figurément,. 
que  La  fiiniiliartlc  engendre  le  mépris. 

Il  s'emploie  dans  ce  sens  avec  le  pronom 
personnel.  Les  procès  s'engendrent  niséinenl 
dans  les  familles. 

ENGF.Noné,  ÉE.  participe 

ENGEOLER.  V.  a.  Voyez  Esjôleb. 

ENGER.  V.  0.  Embarrasser,  charger.  Il  est 
vieux  II  m'a  voulu  enger  du  plus  sot  valei  d» 
.nonde.  Qui  m'a  engc  de  cet  animal.^ 

E:»GC,  tt.  participe. 

KNGERBER.  v.  n.  xMctîrc  en  gerbe.  Il  fo-U 
cngerber  cci  javelles. 

Il  signifie  aussi ,  Entasser  des  choses  les  une« 
sur  le*  autres.  Engcrber  des  tonneaux  de  vin. 

EvGEnB^,  ;!:e.  participe. 

ENGIN',  s.  ma&c.  Industrie.  Vieux  mol  qui, 
dan»  ce  sMis,  n  est  plus  d'usage  qu'en  ce  vient 
provcrlic  :  Mtcu.t  vaut  enqin  que  force. 

Il  si;^nifi<*  au.ssi  Instrument  dans  les  Mécani- 
ques //  frJlut  élever  du  canon  à  force  d'engint 
pour  battre  U  Place. 

63 


498  EXG 

ÀTant  l'usaj^c  des  canons,  on  oppcîoit  lîn 
nom  d'Enqin.'i  de  querre^  Lvs  inacliities  Jont 
on  se  servoit  à  la  guerre. 

E>"(;roni^a.  v.  aci.  Renfermrr  une  chose 
d.ms  une  nuire,  rcunir  plusieurs  choses  pour 
en  former  un  tout.  Il  a  enqhlié  plusieurs  terres 
dans  la  sif.rmc.  Il  a  englobé  pluùeuis  Fie^s 
pour  se  former  une  grande  Seigneurie. 

ENr.rooé,ÊE.  parlinpe. 

ENGI.OUTiR.  V,  a.  Avaler  gloutonnement. 
Jl  cnnloulit  les  morceaux  sans  les  mâcher.  Un 
gros  brvclict  engloutit  uive  carpe  tout  d'un 
coup. 

I!  signifie  fîgurémcnt  Absorber.  La  mer  a 
englouti  bien  des  vaisseaux  j  bien  des  richesses. 
Cette  Ville  fut  engloutie  par  un  tremblement 
de  terre. 

Il  signifie  nussi  ,  Consumer ,  dissiper  des 
biens,  des  richesses.  Il  a  englouli  en  peu  de 
temps  toute  cette  grande,  succession. 

Il  signifie  oussi ,  familièrement,  Inferler 
d'une  mauvaise  odeur  qui  saisil  le  cœur,  etc. 
Cette  puanteur  noity  u  tous  engloutis.  Son  ha- 
leine nous  engloutit. 

KNr.roiTi,  lE.  particfi)/*. 

ENGLUER.  V.  a.  Frotter,  enduire  de  glu. 
Engluer  de  petites  verges^  de  petites  branches 
pour  prendre  des  oiseaur.  Cet  oiseau  s'estsibicn 
englué  les  ailes,  guil  ti^a  pu  s'envoler. 

ENftiuÉ,  ÉF.  participe. 

ENGO^f:i;U.  V.  0.  Il  se  dit  d'Un  habit,  ou 
d'une  nianirre  de  s'bahillcr  qui  donne  un  air 
j;auchc  et  contraint,  de  mnni'Tc  que  le  cou 
pdroù  enfoncé  daus  Ie3  épaules.  Cet  habit  vous 
engonce  for*. 

Eyc  o^CÉ ,  ÉF.  participe.  //  a  le  corps  engonce 
dai*s  cet  hab  t.  Jl  est  tout  engoncé. 

E^'GOIUiEÎMENT.  s.  m.  Ilnibarras  formé 
dans  un  tuyau,  dans  un  canal.  I^'cngor(jement 
a  fait  crever  ces  tuyaur.  La  stiignée  remédie  à 
l'engorgement  des  vaisseaux.  H  est  malade  d'«ri 
engorgement  au  foie. 

ENGOR*.iEU.  V.  a.  lîoudicr  le  passage  pir 
où  les  eaux  se  doivent  écou!er.  Les  immon^ 
Aires  oui  engorgé  cet  égout.  Ce  tuyau  est  en- 
corgé. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Ce 
tuyau  sV/ioorne.  Quand  il  y  a  plénitude  de 
sang  ,  les  vaisseatu:  s*engorgent. 

On  dit  aussi ,  Ce  havre  s'finfjor(7e,pour  dire, 
£e  coml  le  de  sable  et  de  galets. 
'    EK('OnoÉ,    in.    participe.  Des   cunanv   cn- 
florflés.  Des  glandes  engorqées. 

Il  se  dit  aussi  d'L'n  cheval  dont  les  janibt  s 
sont  ph'ines  de  mauvaises  humeurs.  Ce  d  evnl 
tt  les  jambes  engoi  gée!:. 

Ou  dit,  que  Des  moulus  sont  enrorrés  , 
(>\inin\  l'epu  est  si  liante  qu'el'c  empêche  les 
roues  (!c  tourner. 

ENGOUinUCNT.  s.  m.  (On  pron.  Engoû- 
wént.  )  Empêchement  causé  pur  quchpie  cl.osu 
qui  engoue. 

Il  fci^nifie  figurcment ,  Préoccupation  en  fa- 
Tfur  lie  quelque  cI)09C ,  eîilùtcmcut.  On  ne  le 
Sai.roif  faire  revenu-  de  ron  engouement. 

ENVOUEIî.  T.  a.  Embfltrrsser ,  empêcher 


ENG 

le  prïSSTge  du  gosier.  À  f>rce  de  crier  ^  il  sVn- 
goua.  Il  huvoii  et  mangeoit  si  avidement ,  guW 
s'est  engoue. 

On  l'emploie  fi^urémcnt  avec  le  pronom 
personnel,  5'ennoiit'r,  être  engoue  d'une  per- 
sonne., d'un  owi'Crtfjie, pour  diie, Se  passionner. 
s'cïHhousiasmer  pour  une  personne,  pour  un 
ouvrage,  en  être  eulété.  G"u  ne  sdt  pourquoi 
cette  femme  s'est  engcuèe  de  ce  freluquet. 

Enc*cÉ,  ée.  participe.  //  est  engoué  de  la 
Cour. 

ENGOUFFRER,  avec  le  pronom  person- 
nel, S'ENGOUFFRER,  v.  n.  se  dit  propre- 
niPnt  Des  lortrbiilons  de  vtnl,lors'iu'ils  entrent , 
([u'ils  s'enferment  en  quelque  e.idioîl.  Le  vent 
s'est  enqouffc  dans  la  clieminée. 

U  se  dit  aussi  Des  rivi«Tes  ou  des  ravines 
d'eau,  lorsqu'elles  toml)rnt  et  se  perdent  en 
qntiquc  ouverlure  de  la  terre.  Le  Hhône  s'en- 
qoujlre  dans  un  endroit  ,el  ressort  par  un  autre. 
On  dit  gtte  la  Guadiane  s^enqonfjre  et  se  perd 
i'-space  d'environ  trois  lieues. 

ENGOULER.  V.  a.  Prendre  tout  d'uii  coup 
avec  la  gueule.  Ce  chien  engoule  tout  ce  (ju'oii 
lui  jette.  U  est  populaire. 

Encollé,  ée.  participe. 

EscoDi.É,  se  dit  en  termes  de  Blason,  Des 
pièces  dont  les  e^t^émitcs  tiitrent  dans  des 
gueules  d'animaux. 

ElN'CiOURDIR.  V.  a.  Rendre  comme  perclus , 
endormir  une  partie  du  corps,  en  sorte  qu'elle 
loît  prJ'sqne  sans  moiivemei;tctsans  sentiment. 
Le  froid  ejiijourdii  les  main^.  La  iorville  en- 
gourdit la  main  de  celui  qui  lu  touche.  Il  y  a 
des  venins^  des  plantes  gui  engonrdisr.ent. 

Ou  dit  fignrémenl:  L'oîsivetè  engourdit  l'es- 
prit. La  mollesse  engourdit  le  courage.  Un  long 
repos  avotl  enqoitrdi  le  cottrage  des  soldats. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel. 
Les  mains  s*engourdissent  par  le  froid.  L'esprit 
s'engourdit  par  Voisiveté. 

ENOornni,  te.  participe.  Avoir  la  jamhi 
engourdie. 

On  dit  figurcment ,  Un  esprit  engourdi, 
])Our  signifier  Un  esprit  pesant ,  lourd  ;  et.  Une 
dme  engourdie,  pour  dire,  Une  ûme  froide,  iu- 
se  lisible. 

ENGOURDISSEMENT,  s.  m.  Etat  de  quel- 
que partie  du  corps  qui  est  engourdie,  ^v^oiriifi 
C'i(jo«fdiS5Cnient  au  l-ras.  Cet  engourdissement 
est  un  commencement  de  paralysie. 

U  se  dit  aussi  dans  !e  fignrt*.  Jl  est  dans  un 
étrange  engourdissement  d'esprit.  Tous  les  es- 
prits étoient  dans  un  engourdtssenicrrC  et  dans 
une  léthargie  étranger. 

E.NGRALS.  s.  m.  Il  se  dit  Des  herbages  o;*i 
1  on  met  engraisser  certains  animaux  domes- 
tiipics  qui  servent  à  la  nourriture  de  l'homnie. 
Mettre  des  bœufs  à  l'engrais.  Voilà  de  bons 
engrais. 

U  se  dit  encore  De  la  pilture  qu'on  donne  \ 
des  volailles  pour  les  engraisser.  .Vc((rei/cs  cha- 
pons,  des  oies  à  l'engrais. 

Il  se  dit  encore  Des  fimiiers  et  autres  ma- 
tières avec  lesquelles  on  amende  Us  terres.  Un 
Fermier  est  o^lif  c  de  laisser  les  engrais  à  la 


ENG 

fin  de  son  bail.  Ce  fermier  a  emporté  tous  lt9 
engrais  de  cette  Ferme. 

ENGRAISSEMENT,  s.  m.  Action  d'engrais- 
ser.  Il  se  prend  dans  le  s<*ns  actif  etd melescus 
neutre.  S'occuper  de  l'engraissement  des  hes~ 
tiaux.  On  dit  gue  l'engraissement  est  un  des 
premiers  signes  de  la  \^ieillesse. 

ENGRAISSER,  v.  act.  Faire  devenir  gro». 
Enj^raisser  desbœufs  ,  des  moutons,  des  coc'iont, 
des  chapons,  des  oisons.,  etc. 

On  dit  proverbialement  et  figureracnt ,  que 
L^œil  du  mattre  engraisse  le  cheval,  pour  dire, 
que  Quand  on  prend  soin  de  ses  aflaircs,  et  que 
l'on  ne  s'en  repose  pas  sur  les  autres,  elles  en 
vont  mieux. 

Engraisser  ,  se  dit  aussi  en  parlant  Des 
terres;  et  il  signifie.  Amender,  fertiliser,  ann^ 
liorcr.  Etigraisser  des  terres  avec  du  fumier^ 
avec  de  la  marne. 

Il  signifie  encore.  Souiller  de  graisse , rendre 
sale  et  crasseux.  Engraisser  ses  habits ^  son 
linge.  Engraisser  de  l'étoffe  en'la  maniant. 

EN(.nAissEn.  v.  n.  Devenir  gras  et  prendre 
de  l'embonpoint.  On  a  beau  prendre  soin  de 
bien  nourrir  ce  cheval,  il  n'engraisse  point. 

On  dit  proverhialement  d'Un  homme  qui  se 
porte  }>icu  dans  le  travail  ou  dan«  radvcrsifé, 
qu'/l  engraisse  de  mal  avoir. 

On  dit  aussi  figurcment  d'Un  homme .  qu'il 
engraisse  de  ma/ciiir(ions,pour  dire,  que  Tom 
lui  prospère,  que  tout  lui  réussit,  malgré  les 
imprécations  qu'on  fait  contre  lui. 

U  s'emploie  avec  le  pronom  personnel  tel 
signifie  encon*.  Devenir  gras  et  en  cml.onpomt. 
Ce  cheval  prendra  corps  y  et  s'enqraissera  avec 
le  (e"in=. 

Ou  dit  figurt'ment  et  familièrement,  rjuTn 
ïiomnie  s' ett  engraisse  dans  une  affaire^  pour 
dire,  qu'il  y  a  fait  un  grand  gain,  un  grand 
profit. 

On  dit  aussi  figurémcnt  :  S^engraisscr  da 
misères  publiques.  S'engraisser  du  sang  de  la 
veuve  et  de  Vorvhclin. 

U  si:;nîfie  aussi,  Devenir  sale  et  crasscax. 
Ces  étoffes  s'engraissent  ai  émeut. 

Il  signifie  encore,  en  parlant  De  vîn  et  de 
rertaines  liqueurs,  S'épaissir,  contracter  une 
rertaiuc  graisse.  Ce  vin  sVîC  engraissé  ^  il  ne 
vaut  plus  rien. 

EsanAissÉ,  FE,  particip''. 

ENGRANGER,  v.  a.  Serrer  des  prr.ins  dmt 
la  grange.  Jl  aura  bientôt  achevé  d'engranger 
(on (c  5(1  moisson.  Il  ne  craint  plus  le  mauvais 
temps  j  tous  ses  blés  sont  engrangés. 

ENGnANc.K,  ÊE.  participe. 

ENGRAVEMENT.  s.  m.  Et  rt  d'un  bateau 
cngravé.  L'engravcmcnt  dura  deux  heures. 

EN(iRAVER.  T.  a.  Engager  un  bateau  dans 
le  snblc,  de  sorte  qu'il  ne  flotte  plus.  Ce  bate- 
lier rnfllijJroit  cnqrava  son  hatettu.  Prenez 
garde  de  nous  cn(}riiver. 

Il  se  prend  aussi  neulralement.  Nous  tngra- 
vâmes  à  Ventiée  du  port. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel. 
Notre  bateau  s'est  engravé. 

EscnAVE,  ÉE.  participe. 


ENH    * 

EltGRÉLÉ,  Éi:.  aJj.  Tcrnip  de  Biason.Il  ta 
Jit  Dtr  certaine»  pièct'S  h<'noial>ies  Ue  Tecu . 
^iii  sonl  dcnicliVs  tout  autour.  //  porte  J  ur  ù 
la  croix  ennri'lée  tJe  queula.  Il  porte  de  sahîc 
lia  chevron  engrélè  d'argent. 

E.NGKÈI.UKK.  s.  i<-*"'-  Soile  de  [iclil  poîm 
Irès-étroituueronmclàuno  dcntellr.  //  fuutre- 
tnettrc  une  enqiélure  à  ce  point,  à  cette  dentelle. 

C'c»l  aussi  un  terme  de  Blason,  pour  signi- 
ÏJer  Vne  bordure  cni;ri^lL'e,  (jui  n'u  de  largeur 
'juc  le  quart  de  la  l)oniurc  ordinaire. 

ENGRENA(;K.  s.  niasc.  IJisposiiion  de  plu- 
fticurs  roues  i]ui  eiigrùneut  les  unes  dans  les 
outres. 

ENGRE>*EU.  T.  act.  C.ommenccr  à  mettre 
fOU  ]ilc  danslalreniic  du  nioutin  pour  moudre. 
ICnqrener  Ui  trémie.  It  se  dit  plus  souvent  ab- 
solument. Puisiju'H  a  engrenéj  c'est  à  lui  à 
moudre.  Le  Meunier  ne  Va  pas  f  ouIm  laisser 
engrena-. 

On  dit  fi;;urt'mcnt  et  familiiirement ,  Il  a 
hien  engrené,  il  réussira  dans  cette  ajjUirc~là, 
jwur  dire,  Il  u  bien  commence,  ies  premières 
démarches  ont  été  bien  faites.  On  dit  dans  lo 
•cns  contraire,  qu7l  ii  mal  engrené. 

Kif(;ni:7i£(i,  signifie  auisi ,  Mettre  en  bon 
|>oint  les  clievaux  en  les  nourrissant  de  bon 
grain.  Il  faut  engrener  vos  chevaux^  si  vous 
voulez  en  tirer  du  service. 

On  dit  aussi,  Engrener  la  volaille^  pour 
dire,  I/engraisseravccdu  grain,  pur  opposition 
à  Empâter. 

E>GRENER,  r,  n.  se  dit  d'Une  roue  dont 
les  dents  entrent  dans  ci-Ilcs  d'uue  autre  roue. 
fit  sorte  que  l'une  fait  tourner  l'autre.  Cette 
petite  roue  engrène  bien  dam  cette  arande. 
Ces  deux  rouet  engrènent  bien  ,  s'engrènent 
bien.  Et  co  ce  sens  il  se  met  avec  le  pronom 
pei-sonnel. 

E:(cnE^En  la  pompe. Terme  de  .Marine.  Faire 
jouer  la  [>ompe  pour  vider  Teau. 

EscnE^Ê,  £E.  participe. 

E.NGKKNURK.  ».  f.  Terme  dUorloprrie. 
Position  respective  de  deux  roues,  dont  lune 
engrène  dans  l'autre.  L'engrenurc  de  ces  roues 
&t  hien  faîte. 

EriGRI.  s.  m.  Espèce  de  tigre  qui  se  trouve 
dans  la  basse  Ëtliiopie. 

EXiROSSER.  v.  a.  Rendre  une  femme  en- 
ceinte. Il  est  du  style  familier. 

Kacrto^sÉ,  ÉE.  participe. 

EKGRUMEI.ER.  v.  n.  Se  mettre  en  gru- 
meaux. Cela  fait  engrumeler  le  sang. 

Il  (emploie  dans  le  même  sens  avec  le  pro- 
nom personnel.  Le  sang  s'engrumelle.  Le  lait 
de  cette  nourrice  s'est  engrumeîé, 

LscnUMELÊ,  ÊE,  participe. 

E.NOLICIIURE.  ».  f.  Terme  de  Cl.aste.En- 
lipc  de  la  trompe. 

EN  n 

KSHARDIR.  y.  a.  (U  en  aspiré,  et  EN  s'y 
prononce  comme  dans  Engourdir..)  Rer«drc 
liardi ,  encourtg.r.  Enhardir  quel  ^u'un  à  faire 
uni  chose.  Ce  bon  tuecéi  lavoit  cxircmemenl 
tnhûrtli 


ENI 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personoel.  Je 
me  suis  enhardi  à  faire  une  telle  demande.  Il 
s^est  enhardi  à  parler  en  public. 

E:<HAnDi,  IL',  participe. 

EMI  VR.MOMQL'E.  adjcct.  des  a  genres. 
Terme  de  Musupie.  Qui  procède  par  quarts  de 
ton.  Genre  enharmotiiijue.  Intervalle  enhar- 
monitjue. 

ENHARNACUKR.  t.  a.  (  H  est  aspiré.  ) 
Mettre  les  ]iarnoi:>  li  un  clieval;  et  il  signifie  la 
même  chose  que  Harnacher. 

ENHAiiNAcnÉ,  ÉE.  participe. 

On  dit  fîgurèmcnt  cl  pnr  ploisautene  à  un 
homme  vctu  d'une  manière  extraoïdiniirc  , 
Vous  voilà  bien  enharnaché j  plaisamment  en- 
hiwnachè. 

EMIERDER.  v.  a.  Mettre  eu  lierl)c.  En/itr- 
ber  un  terrain 

Autrefois,  Enfctrfcer  si{;nifioii  Empoisonner, 
parce  que  les  venins  se  tirent  ordinaircmeut 
des  herbes. 

ENUt:nBÊ,  ÉE.  participe. 

E  N  ï 

ÉNIGMATIQUE.adj.dcs  2  genres.  Qui  ap- 
partient à  IVnignjc,  qui  renferme  une  énigme. 
Purolcj  cni(fmati<pies.  Discours  énigmatiauc. 
Peinture  énigmatiquc.  Sens  ènigmatigue. 

ÉMG.^Uï^QUKME^r.  adv.  D'une  ma- 
nière énigmatique.  Il  parle  toujours  ênigmati' 
auement. 

ENIGME,  s.  f.  Description,  exposition  d'une 
chose  naturelle  en  Icinies  qui  la  dc|;nisent,  el 
ijui  la  rendent  di(Ficilc  à  deviner.  Faire  uni 
énigme.  Deviner  une  énigme. 

Il  se  dit  aussi  De  certains  tableaux  qu'on  ex- 
tase dans  les  Collèges  ,  pour  exercer  l'espril 
lies  écoliers  h  deviner  le  sens  caché  sous  les 
figures. 

Il  se  dit  figurément  dX'n  discours  dont  on 
ne  pénètre  pas  bien  le  sens.  Ce  que  vous  me 
dites  est  une  énigme  pour  moi.  Vous  parlez  par 
inigmes. 

On  dit  aussi  figurément  :  Le  caractère  de 
cet  homme  est  une  énigme  pour  moi. La  nutiu-e 
est  une  grande  énigme  proposée  à  l'intelligence 
du  sage. 

ENIVRA>T,  ANTE.  participe  et  adjectif. 
(Ce  mot  et  les  suivant  se  prononcent  conune 
s'il  y  avoit  deux  N,  le  premier  nasal,  le  second 
articule'.  )  Qui  enivre.  Vin  enivrant.  Boisson 
enivrante. 

On  dit  Ggnrcment ,  Louanges  enivrantes^ 
applaudissement  enivrons. 

ZJîIVREMEyr.  s.  ni.  ttat  d'une  personne 
ivie.  U  r'est  gm^rc  d'usage  qu'au  figure.  Veni- 
vrement  di  Vamour  et  des  passions^  l'enivre- 
ment où  iIj  se  trouvent  y  ne  leur  pa-met  pas  de 
discerner...,  C^est  perdre  le  temps  gue  de  lui 
parler  pendant  quil  est  encore  dans  Vaiivre- 
ment  de  ses  piusions. 

K.M\  I;EU.  t.  a.  Rendre  ivre.  Il  la  enim 
Ils  le  firent  tant  hidre ,  guils  l'enivrérenl.  La 
bière  enivre  aussi-bien  gue  le  vin.  Il  e.yt  aisé  à 
enivrer. 

l\  t'emploie  aiiiM  avec  te  pronom  prrsoHiML 


...    ^^^^  49D 

Jl  s*esl  enivré  à  ce  repas.  Il  s'eniVre  (oiii  les 
jours. 

On  dit  par  extension,  que  Le  tabac  enivre, 
que  les  vapeurs  d'un  pressoir ^  que  ceittiinfi 
odcrir5  eruVrent. 

On  dit  figurément,  que  Les  louanqes,  que 
les  flatteries  enivrent^  pour  dire,  qu'Elles  rem- 
plissent l'esprit  de  vanité.  Ou  dit  aussi ,  que  La 
prospérité  enivre. 

On  dit  aussi,  quX^n  homme  s'enivre  tVespê- 
rancCj  s'enivre  de  la  bonne  opinion  de  lui- 
même. 

On  dit  provcibialemcnt,Cf(  Aomme  ï'eniVre 
de  son  ■vin,  pour  dire,  quTl  ost  dupe  de  ce 
qu'il  imagine» 

EïiiTiiÉ,  ÉE.  participe.  Enivré  ds  sa  fortune. 

E>- J 

ENJAMBEE,  s.  f.  L'espace  qu'on  cnjaml>e; 
l'action,  le  pas,  qu'on  fait  pour  enjamber.  Faire 
de  grandes  enjambées. 

ENJAMBEMENT,  s.  m.  Terme  de  Poésie.  Il 
se  dit  lorsque  le  sens  commence  dans  un  vei-», 
et  finit  dans  une  partie  du  vers  suivant.  L'en- 
jambement est  un  défaut,  lorsqu'il  ne  produit 
pas  une  beauté. 

ENJAMBER,  v.  n.  Étendre  la  jambe  plus 
qu'i  l'ordinaire,  pour  passer  par-dessus  ou  au- 
delà  de  quelque  chose.  Il  faut  bien  enjamber 
pour  passer  le  ruisseau.  Il  a  enjamb<^  par-dessus. 

U  signifie  aussi,  Marcher  ^  grands  pas. 
Voyez  comme  il  enjambe. 

11  est  quelquefois  actif.  Enjamber  le  ruisseau. 
Eniumbet-  dtux  marche<  à  la  /ôi's,  etc. 

Il  s'emploie  aussi  G.'iironenl,  et  signifie, 
.avancer,  passer  sur  quelque  chose  plus  qu'il 
ne  faut.  Celte  poutre  enjambe  sur  U  mur  du 
voisin. 

On  dit,  qu'Un  t'crs  enjambe  sur  le  vers 
suivant  f  I.ors(]ue  le  sens  d'un  vers  n'est  achevé 
qu'au  commencement  ou  au  milieu  du  vcis  qni 
le  suiL 

E5JAMB£n ,  signifie  encore,  Usnrper,  ei»- 
piéter.  lia  enjambe  sur  l'Iiéritaqe de  som'oisin. 
Il  a  beaucoup  enjambé  sur  moi,  sw  les  com- 
munes. 

On  dit  familièrement  d'Un  bomme  qui  a  les 
jamlics  extraordinaircmcnt  longues ,  qu'/i  est 
haut  enjambé. 

E:<jA'mbÊ,  f.t,  participe. 

ENJAVEI.KR.  v.  a.  J'cn/at'e//e,  ]i'en|iii'c/ui, 
j'enjavellerai.  Mettre  en  javelle  des  bics,  des 
avoines,  ou  d'autres  grains.  Enjavcïer  des  blés. 
Enjavcler  des  avoines,  ^'oycz  Javelle. 

ESJAVELÉ,  ÉE.  participe 

ENJEU,  s.  m.  Ce  que  l'on  met  au  jeu  en 
commentant  îi  jouer,  |>our  être  pris  par  celui 
qui  gagnera.  Vcilj  mon  enjeu.  Vous  ne  voulet 
plus  jouer,  il  favt  donc  gue  chacun  reprenne 
son  enjeu.  Garder-  les  enjetLz.  lietirer  son  enjcât. 

On  dit  figurément,  Retirer  son  enjeu,  pour 
dire,  Se  retirer  d'une  affaire,  d'une  culrcpii^e 
où  Inii  couruit  quelque  risque. 

ENJO!NI>RE.  V.  a.  Ordiuiner,  comman.lcr 
eiprcftsément.  La  déclaration  du  lioi  erq'oi'il  m 
toiu  tes  sujets  de,...  On  enjoignit  n  tous  Icf 

o3. 


5oo  ENL 

OiJiciers  de Cela  m'a  été  enjoint  e^pessê- 

tnent.  Lu  loi  ilc  Dieu  nous  enjoint  de Lu 

charité   nous   enjoint  de L'Eglise  enjoint 

l'observation  des^  Fêtes  j  du  Curénte,  etc. 
Enjoint,  iste.  ^artiripc. 
ENJÙLER.  V,  a.  Suiprcntlre,   attirer,  en- 
gager pur  des  paroles  fliilttnises.  tromper.  Il  est 
tJtt  style  fimîlier.  Enjôler  une  l'cmme,  une  jiUe. 
Ce  niarihiUid  lu  eiijôk: 

EsJÔLÉ,  i'e.  participe. 

ENJÔLE LIR,  EL'SE.  suhst.  Celui,  celle  qui 
surprend etijui  aliire  par  des  paroles  flalteuses. 
C'est  un  enjôleur.  C'est  une  enjôleuse. 

ENJOLIVEI^IENT.  s.  ni^Ornemcnt,  ajustc- 
meut  qui  rend  une  clio^e  plus  jolie.  Un  petit 
enjolivement,  Ilabiuifaitdc.;  snjoVivemens  ù  sa 
nmison.  Il  y  a  fuit  de  nouveaux  enjolivemens. 

EA'JOLIVER.  V.  a.  Rendre  joli,  rendre  plus 
Joli.  Il  ne  se  dît  point  Des  personnes.  Voiis  avez 
bien  enjolive  cet  habit  avec  des  rubans^  etc.  Il 
il  enjolivé  son  cabinet .^  sa  maison  j  son  lonis. 

Enjolivé,  ée.  participe. 

ENJOLIVEUR,  s.  m.  (^)ui  pare,  rjui  enjolive. 

ENJOLIVURE,  s.  f.  Il  ne  se  dit  que  Des 
enjolivemens  qu'on  fait  h  de  certains  petits 
ouvi --gts  de  peu  de  valeur.  Cet  étui-là  est  trop 
uni,  i7  y  faut  mettre  (juelques  enjolivures. 

EyJOVÈj  ÉE.  adj.  Qui  a  de  l'enjouement* 
Je  l'ous  trouve  bien  enjoué.  Que  celte  fcnimi 
est  enjouée!  Su  conversation  est  fort  enjouée. 
Il  a  Vhumi'.ur  enjouée^  l'esprit  enjoué^  l'air 
enjoué. 

Il  se  dit  aussi  Des  pièces  et  des  productions 
d'esprit  qui  sont  fort  gaies.  Cette  pièce  est  forl 
enjouée. 

ENJOUEMENT,  s.  m.  (On  prononce  En- 
jonment.)  Ciaicté  douce,  badinaj^e  léger.  Il  esl 
aujourd'hui  d'un  enjouement  ipii  ne  lui  est  pai 
ordinaire.  Cette  personne  a  beaucoup  d'enjoué' 
ment,  il  n'y  a  pus  assez  d'enjouementj  il  y  il 
trop  d'enjouement  dans  celle  pièce,  dans  cetti 
lel'tre.  L'enjouement  ne  sied  pas  à  tous  les  dqcs, 
ni  à  tous  les  caractères. 

EN  K 

ENKIRIDION.  s.  m.  Petit  livre  porl.vif, 
contenant  des  remai-ques,  des  préceptes,  dt  i 
principes  secrets.  L'Kniiirtdion  des  Alchimistes. 

ENKISTÊ,  ÉE.  adj.  'IVimo  de  Médecine.  Il 
se  dit  d'Un  corps  enfermé  dans  une  pellicule, 
une  menibiane.  Pierre  enkistée, 

ENL 

ENLACEMENT,  s.  m.  Action  d'enlacer, ou 
l'efllt  de  celte  ocliou. 

ENLACER.  V.  a.  Mêler,  passer  des  cordons, 
des  lacets  l'un  dans  l'auUe.  Enlacer  des  rubans 
l'un  dans  l'autre. 

On  dit,  £n/((rer  des  branches  d'arbres  les 
unes  dans  les  antres-. 

On  dit  iitissi ,  Enlacer  des  papiers^  V*^^^  dire, 
I^s  p.isiicr  tous  dans  un  même  lacet. 
*     Lm.aci:,  le.  participe. 

ENLAIDIR.  V.  a.  Rendre  laid.  //  y  a  des 
personnes  ijne  la  parure  enldidit.  La  petite  vc- 
rois  ta  ejcoimenutnl  enlaidie. 


KNL    . 

Il  est  aussi  neutre. Devenir  laîd.  CeHc  femme 
enlaidit  tous  les  jours. 

Enlaidi,  ie.  participe, 

ENLÈVEMENT,  s.  ni.  Rapt,  ravissement; 
action  par  laquelle  une  personne  est  enlevée 
malgré  elle,  ou  par  laquelle  une  chose  est  en- 
levée malgré  celui  à  qui  elle  appartient.  L'en- 
lèvement de  Proserpine.  L'enlèvement  des  Sa- 
bines.  L'enlèvement  de  sa  personne.  Après  l'en- 
lèvement de  ses  meubles.  Il  se  fit  un  enlèvement 
de  fjrnins  qui  amena  la  disette. 

ENLEVER.  V.  a.  Lever  en  haut.  On  enlève 
ie^  plus  grosses  pierres  avec  une  grue.  Qucî(jnes 
Historiens  disent  que  les  machines  d'/irchi- 
mède  enleyoïent  les  vaisseaux  des  Romains. 

U  signifie  encore,  Lever  eu  haut  avec  rapi- 
dité ,  avec  violence.  Il  vint  un  tourbillon  qui 
l'enleva.  Un  coup  de  veut  a  enlevé  le  toit  de 
cette  tnaison. 

Il  signifie  aussi  Ravir,  emporter,  emmener 
par  force,  //  aimait  celte  filh,  il  Va  enlevée. 
On  lui  a  enlevé  sa  femme.  On  l'a  enlevé  de  sa 
maison.  Faire  enlever  un  homme  en  vertu 
r/'im  décret  de  prise  de  corps.  On  le  nienoit  en 
l'risort,  ses  amis  ren/ei-'èrcnt  des  mains  des  Ar~ 
chers.  Les  Serqens  lui  ont  enlevé  tous  ses  meu- 
res. Il  a  enlevé  par  force  les  fruits  de  cctu 
\erre. 

On  dit  dans  le  même  sens,  En/cver  un  postCj 
IMÏei'er  une  ville  d'assaut,  pour  dire,  S'en  ren* 
dre  niaitre. 

On  dit,  Enlever  un  corps.,  pour  dire,  Pren» 
ire  un  corps  mort  pour  le  porter  en  terre,  ou 
pour  le  meitre  en  dépôt  diins  quelque  Eglise. 

On  dit,  que  La  Justice  a  enlevé  un  corjjs^ 
pour  dire,  qu'Eue  s'est  saisie  du  cadavre  du  t 
homme  tué,  noyd,  etc. 

On  dit ,  Enlever  des  marchandises ^  poui 
dire,  Se  b..ter  de  les  aclieter,  de  s'en  fournir 
nvant  que  les  autres  Mjirchands  s'en  soieni 
fournis.  On  ne  trouve  pjesaue  p/uî  de  celti 
sorte  de  drap  à  acheter  que  chez  un  tel,  parc6 
ijuil  a  enlevé  tout  ce  qu'il  y  en  avait  dans  la 
magasins.  Ce  Maître  d^Hôlel  a  enlevé  le  plui 
beau  poisron  de  la  halle. 

On  dit,  que  .Lfl  mort  a  enlevé  un  jcuns 
homme  à  la  jliur  de  son  dge,  que  la  pestc^  la 
^'tèvre  l'a  enlevé  en  peu  de  jours ^  qu'un  Princi 
a  ete  enlevé  et  ses  sujets ^  un  père,  une  mère  ù 
ses  en  fan  f. 

On  dit  en  termes  de  Gueirc,  EnlcVer  nit 
fptijrlà'r,  enlever  un  Régiment ,  pour  dire  , 
Surprendre  et  foro-T  des  troupes  dans  Icui 
qu.ntier. 

On  dit  aussi,  Enhver  une  Place,  une  Pio~ 
vlnce  j  pour  dire,  Ôter  une  Place,  une  Pro- 
\iiirc  a  l'eimcmi,  et  s'en  rendre  maîl:e  en  peu 
rie  lemps.  En  une  }.cule  campagne  H  enleva  les 
meilleures  places  des  ennemis. 

Ou  dit  proveihiîilement  ,  Cela  enîès-c  la 
paille-,  pouç  diic,Cela  est  au-dessus  de  tout, 
cela  est  décisif.  On  dit  plus  communériicnt, 
Cela  lè\'e  la  puUlc. 

On  dit  avec  le  pronom  personnel,  que  La 
peau  s'enlève  y  L4)rsquc  quelque  chullitioti  de 
sang^  ou  <]uelque  autre  cause  que  ce  soit,  la 


ENL 

fait  cliver.  En  ceitainei  maladies  la  peau  t'a- 
léi'e  purluut. 

Il  se  dit  aussi  Du  corps  mcme  ou  des  parties 
donl  la  jjcau  s'est  élevée.  Cette  ébidUtiun  lut  a 
fait  enlever  toute  la  peau.  Il  a  bu  dans  un  verre 
([ui  ii'éloit  pat  net,  cela  lui  a  fait  enlever  toutes 
les  lèvres. 

Enlever,  se  dit  aussi  figurémSDt,  pour, 
Trarjsporler  d'admiration,  ravir,  charmer.  C< 
Prédicateur  enlève  ses  audit.-urs.  Ses  vers  en- 
lèvent. Sa  n:usique  enlève  tout  le  monde. 

Il  signifie  aussi,  Oter  de  manière  qu'il  n'en 
reste  aucun  vertige.  Enfei'er  des  taches.  Enle- 
ver de  l'écriture. 

Eu  termes  de  Chasse,  Enlever  lu  meute. 
C'est  entraîner  les  cliieus  par  le  plus  court  rhe- 
min  où  l'on  a  vu  le  ceri",  et  où  l'on  retrouve 
la  voie. 

Enlevé,  i;e.  participe. 

ENLKVUKE.  s.  fem.  Petite  vessie  ou  bube 
i|ui  viifnt  sur  la  peau.  //  a  le  visage  tout  cou- 
vert d'enlevures.  Aujourd'hui  on  ne  dit  plu» 
■^aElevure. 

ENLIER.  v.  a.  Ternie  de  Maçonnerie.  Join- 
tlre  et  engager  des  pierres  eusemhle  eu  élevant 
des  murs. 

Enlié  ,  ÉE.  participe. 

ENLIUNEK.  verlie  act.  Terme  d'Architec- 
ture, du  Charpenterie,  d'Imprimerie,  etc.  Pla- 
cer plusieius  corps  contigus  sur  une  mèni0 
ligne. 

Enligsé  ,  ÉE.  particiiw.  Des  pierres,  iei 
poutres,  des  pages  bien  enllqnécs. 

ENLUMINER.  V.  a. Colorier  une  ist.impe, 
y  mettre  des  couleurs  convenables.  Enlumitt*y 
des  imaijes.  Des  cartes  enluminées. 

Il  signifie  aussi, Rendre  rouge  et  enflamme; 
et  en  ce  sens  il  n'est  d'usage  qu'en  parlant  lïti 
teint,  du  visage.  V ardeur  de  la  tievre  lui  avort 
enluminé  le  visaqe.  Une  einiable  pudeur  enlu- 
minoit  son  front. 

Ou  dit  proverbialement  et  bassement,  S'en- 
luminer Iti  trogne,  enluminer  sa  trotjne,  pour 
dire  ,  Boire  avec  excès  ;  parce  qu'ordinairement 
teu.\  qui  boivent  excessivement  ont  le  visage 
iort  rouge. 
,      Enlo.miné,  ÉE.  participe. 

E>'I.UMI^EUll,  EUSE.  s.  Celui,  celle  qni 
fait  métier  d'enluminer  des  estampes,  «'es  carte» 
de  Gé();y-aphie.  Enlumineur  d'images. 

EKI,L'SII>UKE.  s.  féiu.  L'an  d'enluminer, 
l'art  d'appliquer  des  couleurs  sur  des  estampes, 
etc.  Il  entend  bien  l'enluminure. 

Il  se  dit  aussi  figurdment  Ces  omemcns  du 
discours,  mais, pris  en  mauvaise  part  II  a  ré- 
pandu dans  soti  Poème  du  brillant,  de  l'enlu- 
minure ,  pour  dite ,  Des  omemcns  peu  naturels 
et  rccllerchés. 

ENLUMiMJnE ,  signifie  aussi  I, 'ouvrage  de 
l'HuInmineur.  L'estampe  est  belle,  mais  l'cnlu- 
m:inire  ne  l  est  pas. 

On  le  dit  aussi)  d'Une  gravun;  enluminée. 
Cela  n'est  pas  peint,  ce  n'est  qu'une  enlumi- 
nure. 


ENiS 

ESN 

ENNÈAGONE.  3.  m.  (  Les  deux  N  se  pro^ 
Boaceot.  )  Terme  de  Géométrie.  Figure  de  ueuf 
côtés.  Er.niii^one  régulier. 

ESNEMI,  lE.  s.  (Prononcez  comme  s'il  y 
avoit  £nenti\  c'est  idiie,  avec  un  é  ouvert.  ) 
Celui  ou  trïleqni  hait  quelqu'im.  qui  veut  du 
mal  ù  qucLju'uii.  Ennemi  ikclarc.  Ennemi  cou^ 
vert.  Ennemi  capital  y  juré^  mortel  ^  îrréconci- 
liable^  puissant^  cruel.  Ennemi  implacable. 
C'est  être  ennemi  de  Dieu  et  des  hommes.  Il  esl 
ennemi  de  cette  famille.  Ennemi  de  h'Êtat,  de 
la  Patrie.  Se  déclarer  ennemi  de  quelfju'un.  Se 
faire  un  ennemi,  des  ennemis.  Il  a  bien  (fes  en- 
nemis. Surmonter  y  xHiiticre ses  ennemis.  Triom 
pher  de  ses  ennemis.  Dieu  commande  d^aime4 
ses  ennemis^  de  pardonner  à  ses  ennemis.  H 
faut  êlrcbien  ennemi  de  soi~tnême  pour  vou^ 
loir. . . 

Ensemi,  étiinl  dit  absolument  et  ïndéfmi. 
tncnt,  soit  au  siui:;ulier.  soit  au  plnriel ,  signi 
fie,  Le  p:irti  contraire  qui  lait  guerre  ouverte. 
L'enrieiru  marthe.  Les  ennemis  viennent.  L'en, 
ucnii  est  fort.  À  la  vue  de  l'ennemi.  Tombe! 
entre  les  mdin^  dc5  ennemis.  Etre  pris  par  le\ 
ennemis.  En  terre  d'ennemis.  En  présence  di 
l'ennemi.  Battre^  chasser  les  ennemis.  Repous- 
Tcr  l'ennemi^  les  ennemis.  De  nouvelles  troupes 
ijut  n'ont  pas  encore  vu  l'ennemi 

EN^CMf.se  dit  pour  -Marquer  toute  sort* 
d'averïtiun,  d  oppo  ilion  qu'où  peut  avoir  pout 
d*rs  cîioses  niauv 'iscs  ou  .V>tines,  juhlcs  ou  in- 
fuites.  Ennemi  de  toute  violence.  Ennemi  dei 
procès.  Ennejni  des  cérémonies.  Ennemi  du  re 
pos .  de  la  paix ,  de  la  joie.  Ennemi  de  lu  vertu, 
du  bon  sensy  de  la  raûon ,  de  la  société,  de  li 
Musiijiu.  Ennemi  de  la  contrainte. 

Un  dit  familièrement,  quX  u  homme  est  en- 
nemi de  na(tire,pnur  dire,  qu'il  n'aime  ui  à  s< 
divertir,  ni  îi  voir  les  autres  se  divertir. 

On  appelle  Le  diable»  L'ennemi  du.  qenn 
humain  ,  ou  absolument  L'ennemi.  Oa  dit, 
que  Le  diablcy  la  chair  et  le  monde,  sont  les 
trois  ennemis  de  l'homme. 

Ey^tMijSe  dit  aussi  Des  animaux,  pour 
marquer  l'tvcrsion  qu'ils  ont  les  uus  pour  les 
autres.  Le  crapaud  est  ennemi  de  la  belette.  Le 
oiiat  est  ennemi  de  la  souris. 

Il  se  dit  aussi  De  toutes  les  autres  cJioses  qui 
ont  de  l'antipathie,  de  la  contrariélé  entre  ellis, 
soit  au  physique,  suit  au  moral.  L'eau  et  le  feu 
U}nt  ennemis.  Le  chou  est  ennemi  de  la  vujiw. 
Ennemi  de  la  vie,  des  nerfs.  L'orijueii  est  l'en- 
nemi des  vertus. 

Enskmi/ie.  ad).  Il  se  dit  dons  le  mhne  sens 
qu'L^nnerni  suhrt  Un  voisin  ennemi,  des  peu- 
ples ennemis.  t<ie  terre^  une  nation  ennemie. 
En  pay  t  ennctni.  Le  chaud  et  le  froid  sont  des 
i^ualités  ennemies. 

On  dit  (Miêtiqucmcnt  :  La  foitune  cnnc^nie. 
Les  destins  enoenus.  Les  vtnts  ennemis. 

On  api»i'llc  PU  l*«inture,Cou/fur!t  eniiemiGc, 
De»  coukurs  qui  par  leur  opposilioji  produi- 
Rnt  un  ton  dur. 

On   dit   proverliialomcut ,  Plus   de  morts, 


ENO 

moins  d'ennemis.  Ami  au  prêter,  ennemi  au 
rendre. 

C'est  autant  de  pris  sur  l'ennemi,  pour  dire, 
(jue  c'est  toujours  beaucoup  d'avoir  tire  quel- 
que chose  d'une  personne  av;uc  qui  ne  veut 
jamais  rien  donner. 

E>>OBI.lK.  V.  a.  (La  première  syllabe  est 
nasale  dans  ce  mot,  dans£nnui  et  ses  dt'rivés.) 
Hendre  plus  considérable,  plus  Doble ,  plus 
illustre.  Les  Sciences,  les  Beaux-Arts  enno- 
blissent une  Lanque. 

On  confond  souvent  Ennoblù*  avec  yinobiïr; 
le  dernier  mot  ne  se  prend  que  pour  donner  la 
noblesse.  Voyez  AsoBun. 

Ennobli,  ie.  participe. 

ENNOIE.  s.  m.  C'est  le  serpent  ainphisbène, 
ou  Serpent  à  de'uc  léles,  parce  qu'il  a  la  queue 
arrondie,  et  presque  aussi  grosse  que  la  tête. 

E>'>LI.  s.  m.  Lassitude,  langueur,  fatigue 
ou  inaction  d'esprit,  causée  par  une  chose  (pii 
déplaît  par  elle-même,  ou  par  sa  durée,  ou  p;ir 
le  défaut  d'inlorct,  ou  par  la  disposition  dans 
laquelle  on  se  trouve.  On  ne  5(iwroi(  çntentbe 
cela  sans  ennui,  sans  mourir  d'ennui.  L'ennui 
rst  plus  dijjicile  à  supporter  que  la  douleur.  On 
ilit,  L'ennui  de  la  vie,  pour,  Le  dégoût  de 
b  vie, 

U  signifie  aussi,  générnlenient ,  Fâcherie, 
thagrin,  déplaisir,  souci.  Vn  homme  accablé 
d'ennuis.  Les  ennuis  de  la  vieillesse.  De  mor- 
\els  ennuis.  Cette  aijiiire  lui  a  donné  beaucoup 
d'ennui.  Cela  sert  à  adoucir  les  ennuis,  à  char, 
tner  les  enuuij. 

ENNUYA]NT,ANTE.  adj.  Qui  ennuie.  C'est 
une  chose  bien  ennuyante  que  d'attendre.  Cela 
tst  fort  ennuyant.  C'est  un  homme  bien  en~ 
tiuyant.  Lu  temps  ennuyant.  On  ne  se  sert 
[•lus  <;uère  du  mol  en  mtyant  pour  les  personnes  ; 
DU  n'emploie  plus  qu'L"nn»>euj:. 

EN^UVEU.  V.  a.  Lasser  l'esprit  par  quelque 
those  de  désagréable  ou  de  trop  long.  Cet 
homme  ennuie  tous  ses  auditeurs.  Ce  spectacle 
tst  assez  beau,  mais  il  ennu:e  par  sa  lonqueui: 
Cela  ennuie  à  la  mort. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel,  et 
olors  il  signifie,  que  L'on  trouve  le  temps  long. 
Je  mV'nuuic  d<tre  ici.  C'est  un  homme  inquiet 
qui  s'ennuie  partout. 

En  ce  sens  on  s'en  sert  uppcrsonnellement. 
Il  m'ennuie.  Il  m'ennuie  très-jvrt  d'être  ici.  Il 
m'ennuyoit  de  ne  vous  point  voir. 

E.N.NUYEL'SEME^T.  advcrl).  Avec  ennui. 
Passer  la  journée  efinnycii5emefit.  7/  ni'n  iii- 
conté  de  point  çn  point  fort  emuiycusement 
son  histoire. 

ENNUYEUX,  EUSE.  odj.  Qui  ennuie.  Dit- 
cours  ennuyeux.  Temps  ennu>  eux.  Cet  Itomme 
est  bien  ennuyeux. 

Il  se  prend  quciquefoia  substantivenicm. 
C'est  un  ounu^ei^r,  un  ijrand  ennuyeux. 

ENO 

l-INOXCER.  V.  ft.  Exprimer  ce  qu'on  a  dans 
ta  pcns»-e.  Ce  n'eft  pas  tout  que. de  bien  penser., 
il  faut  savoir  bien  énoncer  ce  que  Von  pense. 
La    maniuie  dont    il   énonce  ses  penices  leur 


ENQ  Soi 

^oniie  de  la  ftrcc.  On  avoit  énoncé  dans  le 
contrat.  Les  cho.'ies  y  étoient  si  c/aii*enten(  énon- 
cées. Un  des  articlt"i  de  ce  traite  étoU  énoncé 
de  telle  sorte,  que  les  deux  partis  le  pouvoient 
interpréter  à  leur  avantaqe. 

On  dit  eu  termes  de  Pratique,  £nonccr^ÎHu:, 
l>oiir  dire  ,  Avancer  quelque  chose  contre  la 
vérité. 

Ou  se  sert  plus  ordinairement  de  ce  verbe 
avec  le  pronom  personnel.  C'est  un  homme  qui 
s'énonce  en  bons  termes,  qui  s'énonce  bien,  qui 
s'énonce  mal.  On  ne  peut  pas  se  mieux  énoncer 
qu'il  fait.  Il  pense  assez  bien,  mais  il  ne  sau- 
roil  s'énoncer.  Il  n*a  pas  le  don  de  s'énoncer. 

Enoncé,  ée.  participe. 

Oik  l'emploie  aussi  substantivement  Un 
simple  énoncé,  un  faux  énoncé,  pour  dire, 
t'nc  chose  avancée  sans  explication,  sans  dé- 
veloppement, ou  une  chose  avancée  contre  U 
vciiié. 

ÉIVONCIATIF,  IVK,  adj.  Terme  de  Lo- 
gique et  de  Palais.  Qui  énonce.  Terme  enor»- 
ciatif 

ÉNONCIATION.  s.  f.  Expression.  Vne  M'm- 
^Ic  enonciation  dans  les  titres  anciens,  est  une 
espèce  de  preuve.  En  matière  de  Théologie,  il 
faut  prendre  qarde  aux  moindres  énonciations. 

U  signiGe  aussi  La  manière  de  senoncer, 
quftnt  h  rc;;pression  et  quant  à  l'organe.  Avoir. 
l'énonciation  facile,  iénonciation  heureuse. 

On  appelle  en  Logique,  iénonciation,  Une 
proposition  qui  nie  ou  qui  affirme.  Il  y  a  ù-ois 
ovérations  àe  l'entendement,  la  simple  percep^ 
tiun,  iénonciation  f(  le  raisonnement. 

ENORGUEILLIR,  v.  a.  (U  se  prononce 
comme  s'il  y  avoit  deux  N,  le  premier  nasal, 
!c  second  arlicule.  J  Rendre  orgueilleux.  La  fa^ 
veur  l'a  enorqueilli. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  5'en-* 
orqneillir  de  son  savoir,  de  sa  bonne  fortune. 

ENonGUEtLLi,  lE.  participe. 

ÉNoU.ME.  adj.  des  2  g.  Démesuré,  excessif 
en  grandeur  ou  en  grosseur  Un  colosse  d'une 
qrandeur  énorme. 

Il  se  dit  iigurémeot,  et  il  ne  s'applique 
qu'aux  choses  mauvaises.  Crime  énorme.  Cas 
énorme.  Faute  énorme.  l\lalice  énorme.  Trahi- 
son éjtorme.  Avarice  énorme.  Lésion  énorme, 
Innratilude  énorme.  Laideur  énorme. 

ÉNORMÉMENT,  adv.  Excessivement.  71 
;iré(cnd  avoir  été  énormémctU  lésé.  Il  est  énor' 
méfiient  ^rund. 

ÉNOIIMITÉ.  s.  f.  U  se  dit  quelquefois  De 
l'cxcis  de  U  grandeur  de  la  taille.  On  est  surptis 
de  réiiormilc  de  la  taille  de  ce  géant. 

Il  s'emploie  plus  ordinairement  dans  le  figu- 
ré, et  signifie  Atrocité.  L'énormilé  d'un  aimd 
L'énormiié  du  fait.  L'énormité  du  cas. 

ÉNOUER.  V.  a.  Enoucr  une  étoffe^  En  ôlçr 
les  nœuds. 

Énul'é,  es.  participe. 

E><> 

ENQUf'J^AM,  ANTE.  ad^.  Qui  s'eoquiçrt 
jivcclropdi'curiftsité.  Voiu  étcs  trop  enquèranU 
Il  est  du  ityk  fi«nilier. 


5o2  EXQ 

ENQUKRIR.  T.  a.  dans  «on  orij^inc,  intiï  . 
tjo5  ne  s'emploie  plus  qu  avec  le  pronom  [«r- 
«onnel,  sENQUERIR.  Je  m'enquiris,  tu  iVri 
fuiers,  il  j'ciiquierl;  nous  nous  cnijue'ront, 
vous  TOUS  enflueres,  ils  seiKJiiièrcnt.  Je  m'en- 
ijuérois.Je  m'eniJuis.Je  m'en  (ui'rrui.  Encjui'crs- 
foi,  qu'il  s'enquiére.  Que  je  m'cnijuière.  Que 
je  m'enijuisse.  Je  m'cnijucrruis.  S'iufonner, 
Ciire  r«liprclie.  II  se  dit  Ues  personnes  et  des 
tlioses.  Enquéretvous  zoicjneusement  àe  cela. 
Jt  me  suis  ennuis  Je  cet  homme-là  partout,  et 
je  n'ai  pu  en  avoir  des  noui'cllcs.  Jl  faut  s'en- 
quvrir  Je  h  rérité  du  fait.  KrujuÎTez-vnut-en 
i  ceu.r  qui  le  savent.  Je  me  suis  enquis  d'un  tel , 
eu  à  un  tel,  si  le  bruit  qui  court  esê  vrai. 

t^QCts,  LSE.  Participe  du  verbe  Enquérir 
CCI.  qui  n'est  plus  d'usage  '^u'cn  style  de  Pra- 

liqu*.  Ce  ténioin  enquis  s'il  avoit  l'u a 

ttponJu Cette  fumnie  cnquisc  de  son  âge. 

de  ses  qualités,  etc.  a  répondu  que Cela  ne 

%e  dit  nue  Des  tcinoins.  Et  l'on  dit  Des  arcus^'-s 
6u  des  criminels,  Un  tel  interro(jé ,  une  telle 
interrogée. 

EXQUERRE.  v.  a.  Vieux  mol  qui  signifie 
la  nicrae  chose  que  S'enquérir,  (  t  n'a  presque 
aucun  usage  que  dans  le  Blason ,  où  l'on  ap- 
pelle Armes  à  enquerre,  Des  armes  qui  ayant 
couleur  sur  couleur,  ou  métal  sur  métal ,  don- 
nent lieu  de  s'informer  pourquoi  on  les  a  faites 
contre  les  règles  ordinaires  du  Blason. 

Ou  dit  en  ce  sens  proTetLiolemcnt ,  Trop  en- 
guerre  n'est  pas  bon. 

ESQiTEnBE,  s'emploie  par  ex^;'nsi<^n  «  subs- 
faniiveuicnt ,  pour  si;;nilier  I.a  r-clu  relie  <lc 
l'clymologie,  de  l'acception  d'nn  mot,  l'éclair- 
eisscmcnt  d'un  fait  de  littJralurc.  Faire  en- 
querre d'un  terme  d'art.  ?Iettre  un  mol  ù  l'en- 
querre,  à  enquerre. 

ENQUÊTE,  s.  f.  Reclicrclie  qui  se  fait  pat 
ardre  de  Justice,  Diligente,  soigneuse  enquête. 

L'enquête  faite,  on  a  trouvé  que Enquctt 

par  limoins.  Les  enquêtes  par  fourbes  seul 
«broqe'e.;.  Procès  verbal  d'enquête.  Clôture ,  con- 
fection, ouverture,  pufclicfll ion  d'enquête. 

On  appelle  i-JntJuefe  en  matière  civile,  C:: 
qui  s'appelle  Infurmation  en  matière  cri- 
minelle. 

On  dit,  que  Les  informations  ont  été  con- 
Krfies  en  enquêtes,  I.oi-qu'on  i  civilisé  un 
procès  criminel. 

Il  y  a  dans  les  Parlcrnens  de»  Cl»aml)r;'s 
qu'on  appelle  Les  Chambres  des  Enquêtes,  qui 
•ont  celles  où  l'on  juge  les  n[»pcllations  tifs 
Sentences  rendues  sur  procès  par  e'crit;  et  on 
les  appelle  quelquefois  absolument ,  Les  En- 
quêtes. Son  procès  e^t  à  la  primi}re,  à  la  se- 
conde dci  tiKjuéfe.'i.  Les  Enquêtes  ont  deman- 
dé l'iisscmtlée  i(cs  Chambivs.  Président  eux 
Enquêtes,  des  Enquêtes.  Doyen  de  la  pre- 
i;tière,  d£  la  seconde  des  Enquêtes.  On  monte 
des  Enquêtes  à  la  Grand'Chamhre. 

E>\>UÈTKR,  V.  qui  ne  s'emploie  qu'avec  le 
jTouoni  personnel,  »'E?î*v*UÏ^TI'-R.  S'enquérir. 
Je  m'en  suis  enquêté  pco-tout.  Je  vous  prie,  en- 
«ujfex-vous  de  cela. 

On  dit  proverbialement,  Il  ne  s'efujuflc  de 


ENR 

rierij  ou   absolument,  71  tic  s'enquête,,   pour  ■ 
dire,  Il  nf  se  sourie,  il  ne  se  met  en  peine  de  rien,  l 

ENQUlh'EUR.  suhst.  va.  Juge  ou  OOicier 
commis  pour  fuire  des  enijuêtes.  Commissaire 
Ex(imint!îetn--En(juétcurj  ou  .-ïimpU'ment ,  En- 
(juêtew.  Grand  MuUre  En(jttcteur  et  Général 
liéfotmateur  des  Eaux  et  Forêts. 

ENR 

ENRACINER,  v.  a.  qui  sVmploie  plus  com 
mune'ment  au  neutre  ;ivcc  le  pronom  personnel. 
s'IilNRACïNER.  Prendre  racine.  ?rn  plus  grnnd 
usaaie  est  au  figuré.  //  ne  faut  fas  /oisser  enraci- 
ner la  muu,r,  cniacincr  Ivsahus,  lec mauvaisea 
habitudes .  les  mauvaises  opinions.  Si  celle 
optni'o»  vient  une  fois  à  s'enraaner  dans  Ivs 
esprits. 

E^nAcl^é,  ÉE.  pnrtlripe.  Un  arhre  bien  en- 
racine. Un  mal  enraciné.  Une  fi aine  enracinée. 

ENRAGEANT,  ÀNTE,  adjm.  Qui  cnxiat 
lieaiicôup  de  peine,  un  chagrin  violent.  C^cst 
une  chose  bien  enraijeanlc  pour  lui  de  voir 
{^uon  lui  a  pré firé ^on plus qrand  ennemi.  Cela 
est  enrageant.  Il  est  du  style  familier. 

ENRAGER,  v.  n.  Êti-e  saisi  de  U  rage.  Si 
l'on  ne  donne  ù  boire  à  ce  chien  ^  il  enraqera. 
Cet  homme  a  été  mordu  d^un  chien  enraqé ,  et 
il  court  risque  d'enraqcr  s'il  ne  fait  des  remèdes. 

Enb  ACEn,  se  dit  figurement  et  familièrement 
De  celui  ([\ù  souflrc  une  douleur  excessive.  Il 
enraùe  des  dénis ,  du  mal  des  deuls.  Enrager 
de  douleur. 

Il  se  dit  aussi  dlUn  liesoin  vif  et  pressant, 
•t  accompagne  de  douleur,  Il  enrane  de  jnini  ; 
d'Undi^sir  ardf^nt  et  vioicul,  //  enrage  de  jouer .^ 
il  eni'oge  de  parler. 

Il  signifie  aussi,  fltredanstuic  jirande  colère. 
//  est  enraqê  contre  lui. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  dépit,  d'un  dé|'laisii 
grand  et  sensible.  Jl  enraqe  de  voir  son  ennemi 
dans  ce  poste.  Il  cnranc  de  dépit.  Il  enrage  tout 
vif.  Il  enrage  de  bon  cœur.  Il  prend  patience 
en  enrageant.  Dùl-il  enrager.  Il  a  une  méchantt 
femme  qui  le  fait  cnraqer. 

On  dit  proverbialement.  Il  n^enrane  pas 
pour  mentir^  pour  dire.  U  a  une  ^ande  Iwbi- 
lude,  une  grande  inclioilinn  à  mentir. 

Et  un  tilt  provcrbuilcm.  d'Un  liommc  qui 
ne  lait  quî  Iracasfcrj  et  qu'en  v.t  sauioil  satis- 
faire sur  ;!e.i ,  qu7/  feroit  enrager  la  bétt  et  it 
Ahtrchatid. 

Eî*R\.'rÉ,  ÉE   participe.  Un  chien  enraqè. 

On  dit  familièrement.  Vu  mal  enragé,  une 
douleur  enragée,  pour  dire,  Un  mal  violent, 
une  extrême  douleur.  Une  passion  enratjle. 
Une  faim  erraqêe. 

On  dit  aussi  d'iJn  liomn  e  qui  s*?  \f.\ssft  em- 
port;T  par  SvT  passion  à  faire  des  cboses  Iiors  de 
raÎNon,  qu'/l  c<:t  enraqê  de  faire  ce  quil  fait.  Il 
faut  que  vous  soyez  enragé,  si  vous  prenez  ce 
parti~là.  On  dit  d'Un  homme  fougueux  et  im- 
pétueux, que  CVst  un  enragcj  qu'iï  se  bat 
comme  un  enragé,,  qu'i/  crie  comme  un  enragé; 
et  dnns  ce  sens  il  est  substantif. 

On  ('it  proverbialement  qu't/n  homme  a 
mange  de  la  vache  enragée,  jK>ur  dire,  qu'il  a 


ENIl 

{ait  un  métier  dur  et  pénible,  où  il  a  beaucoup 
pûti. 

ENRAYER,  t.  a.  qui  se  ronjuc;ue  comme 
PaycK  Terme  d'Art.  Garnir  une  roue  de  rais. 
Enrayer  une  roue. 

EisnATEB,  signifie  rnissî,  Arrêter  une  roue 
par  les  rais,  en  sorte  qu'elle  ne  tourne  point, 
mais  qu'elle  ne  fasse  que  glisser.  La  roue  qu*on 
avoit  enrayée  se  rompit.  U  se  dit  d'ordinaiR 
j-.bsolumcnt  et  sans  régime.  Cette  descente  est 
trop  roidcj  il  faut  enrayer^ 

Enhayeu  ,  s'emploie  aussi  familièrement  au 
neutre,  pour  dire,  S'arrêter.  Vous  faites  trop 
de  dépense,  je  vous  conseille  ^enrayer.  Être 
encore  occupe  d^amouretles  à  votre  âtje .'  il 
scroit  temps  d'enrayer. 

On  dit  en  Agriculture  Enrayer,  pour  dire, 
Tracer  le  premier  sillon. 

Enrayé,  ée.  participe, 

ENRAYURE.  s.  f.  Ce  qui  sert  ii  enrayer. 
L'enrayure  cassa  au  milieu  de  la  descente. 

ENRÉG1MENT;:R.  v.  q.  Former  un  Régi- 
ment de  plusieurs  hommes  ou  de  pludeurs 
compagnies  séparées. 

ENnÉGiMEMTÉ ,  ÉE.  participe. 

ENREGISTREMENT,  s.  mise.  (Plusieurs 
prononcent  et  écrivent  Enreqitrement.)  Actiou 
d'enregistrer.  On  s'est  opposé  à  l'enregistre- 
ment. Enregistrement  des  lettres.  Enregistre^ 
ment  des  actes  puMics.  Droit  d^ enregistrement. 

Il  signifie  aussi  L'acte  qui  s'écrit  sur  une  Dé- 
claration, sur  un  Edil,  sur  un  Privilège,  etc. 
pour  faire  foi  qu'ils  ont  été  enregistrés.  Lisez  l'en- 
reffistrement.  L'Arrêt  d'enregistrement.  L'enit- 
(jistrement  de  ce  Priviîéqc. 

E>rvEGISTRER.  v.'a.  {Plusieui-s  ne  pro- 
noncent ni  n'écrivent  IS.  )  iMcitre  une  chose 
sur  les  registres  où  sont  contenus  les  actes  pu- 
blics, pour  la  rendre  plus  authentique,  et  lui 
donner  plus  de  force.  L'on  ne  trouve  point  cet 
Arrèly  cet  Acte,  il  n'a  pus  été  enregistré.  Dé- 
claration du  Roi  lue,  publiée,  enregistrée  au 
Parlement.  Une  sai.ie  réelle  ne  vaut  rien,  ù 
elle  n'est  enr»qistrée. 

ExiitciSTnÉ,  ÉE.  participe. 

ENRHUMER,  v.  net.  Causer  du  rhume.  Le 
vioindre  changement  de  temps  lenrhume. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  pcrsonntl.  iv- 
fez.  rhumidité ,  ou  vous  l'ous  enrhumei-cz. 

On  dit  figurcmcnt  et  pojîiilairemenl,  C"««t 
ce  qui  ^>ou$  enrhume^  pour  dire,  C'est  en  quoi 
vous  VCJU5  irompei. 

EîinHtrMK,  ÉE.  participe. 

ENRICHIR.  V.  net.  Ren.lre  riche.  Le  trafic 
des  draus,  des  vins  l'a  enrichi.  Le  commerce 
enrichit  fort  un  Pays.  À  quoi  s'est-il  enrichi^ 
S'enridiir  de  ses  éparqnes.  S  enrichir  aux  Je- 
pcns  d'autrui.,  des  dépouilles  d'mfrur'. 

Cn  dit  proverbialemeut ,  Qui  s'acquitte, 
s'enrichit. 

l\  signifie  an<si  .Onier  par  quelque  chose  de 
riche ,  «le  précieux.  Lu  broderie  enrichit  fort 
les  habits.  Enrichir  de  pierreries  une  montre, 
une  boîte  à  portrait,  e'c.  Enrichir  un  Inic  de 
ftgures.  de  tailles-douces .  de  vigntttes ,  etc. 

Ou   dit  figurcmcut,  Enrichir   un    ouvrnrc 


ENR 

d'esprit ^  un  Po^ine^  pour  dire,  Y  ajouter  des 
omemcDs.  H  a  erutchi  son  discuuis  de  /iijiirc.'' 
touchantes,  d'expressions  nobles.  Il  a  enrichi 
iOn  ouvraqe  de  rechercltes  curieuses.  Enrichir 
son  esprit  de  nouvelles  connoissances. 

Ou  dit  encore  figurera.  Enrichir  un  conte 
ou  un  récit,  pour  diie,  Ajouter  pltisieun  cir- 
coiisiauccs  inventées,  pour  l'embellir,  le  rendre 
plus  a:;rcable. 

Un  dit  aiis&i  Cgurém.Enric/iir  une  Langue, 
pour  dire,  La  rt:Ddre  plus  abocdunte,  plus 
riche  par  de  nouveaux  mou  ou  de  uouvelles 
phrases  <jue  rti!«a^e  adopte. 

E^RiCiiin,  s'emploie  uussî  kvtc  le  pronom 
personnel.  Devenir  plus  richt- ,  plus  orué.  Le 
cabinet  de  ce  curieux  s'enrichit  tous  les  jours 
de  nouvelles  raretés. 

On  dit  H^urcmenl,  La  mémoire  s'enrichit 
par  la  lecture. 

Knbichi,  ie.  participe. 

EMUCiUSSEMEM.  s.  m.  Parure,  orne- 
ment, augmentation  de  richesses.  L'enrichisse- 
ment d'un  habit  j  d'une  tapisserie.  Vor  est  un 
qrand  enrichissement  dans  les  étoffes.  Les  pein. 
tares,  les  durures ,  sont  un  grand  enrichisse- 
ment dans  une  belle  maison. 

On  le  dit  aussi  au  sens  Gguré.  Il  a  ajouté  à 
son  ducours  des  citations,  des  traits  (jui  sont 
un  grand  enrichissement.  Il  a  embelli  son 
Poème  de  belles  descriptions  gui  y  font  un 
^rand  enrichissement.  Ln  sage  emploi  de  mots 
êtrangtrs  contribue  à  l'enrichissemenl  d'une 
Langue 

liNR<*)LE.ME?*r.  s.  m.  Action  d'cniùlcr,  ou 
de  s'enrôler.  Les  eniôlemens  forcés  sont  défen' 
dus.  Son  enrôlement  a  été  volontaire. 

ENftûiXMOr,  signilie  aussi  L'acte  »  la  feuille 
«ù  tViirùlenieot  est  tcril.  J'ai  son  enrvlemenl 
dans  ma  poçl.e. 

ENKOI-ER.  V.  a.  Mettre,  écrire  sur  le  rCle. 
Il  se  dit  parlicuiicienieut  Des  gens  de  guerre. 
Eniôler  des  soldats.  Enrôler  des  matelots.  On 
Va  enrôlé  dans  une  compagnie  d'Infanterie.  On 
dit,  avec  le  pronom  personnel,  i»'cmu/er, pour 
dire,  Hc  faîte  soldat.  //  s'est  enrôlé  depuis  deux 
jours. 

On  dit  par  extension  et  dans  le  style  fami- 
lier, *\u.  L  n  homme  s'est  enrôlé  datu  une  con- 
fréiiCj  dans  une  compagnie,  dans  une  société. 

EsutÙLH ,  KE.  participe. 

ENHOUE.MK.vr.  s.  m.  (On  prcronce  En- 
roûmept,)  Ltal,  incommodité  de  celui  qui  csl 
torou'!.  Avoir  un  grand  enrouement. 

LMIOUEU.  V.  net.  Ueudrc  la  voix  rau«[ue, 
moins  uetic  et  moins  libre  qu'û  l'ordinaire.  Le 
hrvndlard  ^  le  serein  l'u  enroue.  Les  efftts 
gu  d  a  fatts  pour  se  faire  entendie  de  tes  audi- 
teur>  l  ont  atrouc, 

11  %  emploie  avec  le  pronom  prrsonnel  ,5cn- 
rotic-  à  jurée  de  parler.  À  furce  de  crier,  la 
VOIX  s'enti-ue.  Je  me  luis  enroue. 

LanotiL,  i%.  participe,  t»  homme  atrouê. 
Avoir  1 1  1  nr  enrouée, 
.  Gm  dit.  Il  parle  enroué;  elEnrouf-  se  |irru.i 
advurltitlcnic-ti  daus  celle  phrase. 

EXKOUlLLEb.  V.  act.  iU-udre  rouiUc,ett- 


EN  S 

gendier  de  la  rouille  sur L^humidité  eh- 

rouille  le  fer. 

M  s'emploie  au.\si  avec  le  pronom  pcrsouoel. 
Le  ft:r  s'enrouille. 

On  dit  fïgurement  :  La  Province  enrouLlU 
un  homme.  L'oisivele  enrouillc  Vesprit.  Il  s'est 
tout-à-fait  enrouillé  dans  sa  campagne. 

Enrolilix,  tF.  participe. 

ENROULE.MEM.  s.  m.  Terme  d'Architec- 
ture et  de  Jardinage.  Ce  qui  est  tourne  en  spi- 
rale. L'enroulement  d'un  chapiteau^  d'un  ga- 
zon, etc. 

E.NRUE.  .«.  f.  Terme  a'Ai;ricuUure.  Sillon 
fort  large,  composé  de  plusieurs  raies  de  terres 
relevées  par  !a  charru«î.  Lalourcj'  en  enru^i, 

ENb 

ESSABLEMEXT.  subst.  m.  Amas  de  sable 
formé  p:ir  un  courant  d'eau,  ou  par  le  vent.  Il 
y  a  un  etisablement  gui  gêne  la  navigation 
dans  celte  rivière.  Le  vent  cause  des  ensablc- 
mens  dans  les  déserts  de  VArabie. 

ENSABLER.  V.  acu  Faire  échouer  sur  le 
sable.  //  n'y  avait  pas  as^ez  d'eau  dans  la  ri- 
vière, le  batelier  nous  a  ensables.  Il  ne  se  dit 
que  sur  les  rivières. 

Il  s'emploie  nussi  avec  le  pronom  person- 
nel. Le  bateau  s'est  ensablé.  Il  s'ensable  à  tous 
niomens. 

ENSAtiLE,  £E.  participe. 

E>'SACIIEK.  V.  acl.  Mettre  dans  un  grand 
sac.  Ensacher  des  noix ,  des  pommes ,  des 
ijraius,  etc. 

Ensaché,  ée.  p:irticipe. 

ENSAiSliNEMENT.  s,  m.  Acte  par  lequel 
on  cnsaîsiue.  Droit  d'ensaisinement.  L'ensaisi- 
nement  est  d^un  tel  jour,  Ensaisinement  d'un 
contrat, 

EÎNSAISINER.  V.  a.  Il  n'est  dusagc  qu'en 
celle  phrase,  Ensaisincr  un  contrat,  et  se  dit 
du  .*^eigncur  censicr,  lorsrjuc  par  un  acte  il  ro- 
ronnoil  un  acquéreur  pour  son  nouveau  te- 
nancier. 

EnsaisïsÉ,  tp.  participe. 

E^SA^■GLA^'TER.  <■.  act.  Tacher  de  sang, 
souiller  de  san*;.  La  blcssuie  qu'il  reçut  cn.s(m- 
glanta  tout  son  habit.  La  tarre  étvit  tout  en- 
sanglantée. 

Cn  dit  G;^urémcnt,  qu't'n  Prince  a  ensan- 
glanté son  règne,  pour  dir^,  qu'il  a  éic  cruel, 
et  qu'il  a  fait  mourir  beaucoup  do  monde. 

On  die  aussi  figurément,  qu7J  ne  faut  pas 
ensanglanter  la  scène,  pour  dire,  qu'il  ne  ùui 
reprcseulcr  aucun  meurtre  sur  le  thc;itre. 

Ensanclasté,  t£.  participe. 

ENSEIGNE,  s.  f.  .Marque,  indice  servant  à 
fdire  recoimoilrc  quelque  cl-ose.  Je  le  reconnus 
à  ien>eigne  guon  m'en  avoit  dontiie. 

On  s'en  sert  plus  oniiiiuïrcmrnt  au  pitu'iel. 
J'ai  été  chez  vous^  à  telles  enseignes  gue,  etc. 
c'est-à-dire,  Et  la  preuve  en  est  que,  etc.  Don. 
ner  de  Intunes  enseignes,  de  fausses  enseignes. 
Venir  à  bonnes  emeignes,  à  fausses  enseignes. 

Un  dit  aiiMi,.-!  bonues  cniCidnci,  pour  dire, 
À  bon  litre, à  juste  liti-e. 

E3>ti*...'«t:,sijutile  aussi  Le  t«blca\i,  talïgare, 


ENS  5o3 

OU  autre  chose  que  l'on  altoclie  ou  qoe  l'on 
pend  à  la  m.iisoti  d  un  Marchand,  d'un  Arti- 
san, d'un  Caliartlier,  pour  la  de'si^nfr.  Il  loge 
à  une  telle  enseigne.  -\  y  al-il  point  d'enseigne 
ù  votre  logis? À  l'enseigne  de  VEcu  deFrance, 
du  Lion  d'ur,  etc.  L  ne  maison  où  pend  pouf, 
enseigne  le  Cheval  blanc. 

Un  dit  proverbialement  d  Un  mécliant  pc r- 
trait,  d'un  méeliant  tableau,  quV/  n'est  bon 
gu'à  faire  une  ensei<fne  à  bière. 

Il  si;;ninoit  autiofuis  Les  drapeaux  que  porte 
r  Infanterie,  et  qui  nerveiit  à  dibtin^^uer  les  corjîs, 
et  à  les  faire  n'Connoilre  plus  facilement  aui 
soldats  ;  mais  il  ne  se  dit  plus  (;uère  en  ce  sens. 
On  dit  néanmoins  enccre  :  Tambour  battant  et 
Enseignes  déployées.  Combattre  sous  les  Ensei- 
gnes de  guel'ju^unjmarcher  sous  sesEnseignes, 
Les  Enseignes  Romaines  élolenl  des  aîglc^. 

On  dit  fij;urémenl,  iUmc/icr  sou5  les  Ensei- 
gnes de  gttelgu'un,  pour  dire, Suivre  son  parti. 

U  signifie  aussi  La  charg*'  de  celui  qui  porte 
le  drapeau,  qu'on  appeloit  Enseigne.  Le  Roi  « 
donne'  une  Enseigne  à  un  tel.  Il  a  eu  VEnsti' 
gne  de  lu  Colonelle. 

li  signifie  aussi  Ccini  qui  a  celte  cliarge,  et 
qui  porte  le  drapeau  ditus  les  occasions;  cloi-s 
il  est  masculin.  Un  EmeLjtie  aux  Gatdfs  a 
monté  U  premier  à  la  hièche. 

Il  y  a  aussi  des  Oflkiers  q:i'oa  appellr  En- 
seignes, dans  U  Ceud'irmerie,  dons  les  Gardes 
du  Corps  et  dans  les  Mousquetaires,  siu*  lec 
Galères  et  sur  les  Vaisseaux. 

Ou  appelle  Enseigne  de  diamans,  enseigne 
de  pierrei'îes.  Plusieurs  pierreries  arrangées  et 
montées  en  forroe  de  rose,  ou  de  uuelque  autre 
(ïgurc,  dont  ou  sescivoil  autrefois.  Il  portait 
une  en-eigne  de  diamans  au  chapeau.  Elle 
portoit  à  sa  coijjure  une  enseigne  de  pierreries, 

ENSEIGNEMENT,  subst.  m.  lusiruction  , 
préci  pte.  Il  se  dit  plus  ordinairement  en  par- 
lant Des  clioses  morales.  Donner  de  bons  en- 
seignemens.  Il  n'a  guère  proiite  des  bons  en- 
seignemens  guon  lui  a  donnés.  Les  malheurt 
d'autrui  nous  doivent  servir  d'enseignement. 

Il  se  dit  aussi  De  l'action  d'cu&eigner.  Ce 
Maître  a  la  pratigue  de  l'enseignement.  L'en- 
seignement demande  des  méthodes  appropriées 
à  lintelîigence  et  à  la  capacité  de  ceiu:  gu'on 
vtfut  instruii'e.  L'enseignement  pidihc  at  fort 
négligé. 

On  appelle  en  termes  da  Pialiijue,  Ensei- 
gnemens,  Les  pit'ctls  qui  servent  à  protiver,  ^ 
ctabUr  un  droif,  une  possession,  une  qualité, 
etc.  Fournir  des  titres  et  cnsetgnemcns.  Sous- 
traire, détoUrna"  des  titres  cl  enscignemens.  On 
ne  lo  dit  guère  seul  et  sans  le  u:ot  de  Titres. 

ENSEIGNER,  v.  a.  Instruire,  jEn*fi<^M<r  la 
jeunesse.  Enseigner  les  ignorans.  Enseigner 
des  en  fans. 

Il  sigoiJîe  au&ïi ,  Montrer  quelque  science, 
cn  douner  tV  s  Uçous.  Enstigntr  la  Philosophie 
à  guclguun.  Enseigner  la  Théologie.  Ensei- 
gna les'  LangjKs.  Mvthodi  d'euseigncr  les 
KienceK  En^eigtier  la  vertu. 

Il  veut  dii'^cUGrire,  litJiquer  ,f.iiTe  conooîlr« 
que'quu  chose  que  ut  mnL  LfHtJ^nex- ttwi  une 


5o4 


ENS 


EN  S 


ENT 


recfUe.  Enseiqfiet-moî  sa  maison.  Emeîgnezr- 
nous  le  chemin.  La  nature  nous  ense'Kfne  (jue 
tous  Jes  excès  sont  pei'nicieux.  QueUjues  am- 
tnaux  nous  ont  enseigné  à  hdiir  des  nuiisons. 

Enseigné,  ée.  porliciiie.  U  ne  se  dit  que  Des 
choses.  Les  sciences  enseignées  méthodiquement 
ne  s'ouhUent  guère. 

Ou  dit  néanmoins  de  quelqu'un  ,  qu7l  a  été 
mal  enseigne,  pour  dire,  qu'On  lui  a  donne  de 
mauvais  piinripcs,  qu'on  a  suivi  i  sou  égard  de 
mauvaises  méihodea. 

ENSELLÊ,  liE.  participe  'du  verbe  Ensel- 
tEB  .  qui  n'est  point  en  usage.  Il  se  diî  d'Un 
dieva!  qui  a  le  dos  un  peu  enfoncé  coirime  le 
siège  d'une  selle.  Je  ne  f)eur  point  de  ce  chauih 
là,  il  est  ensellé^  trop  enscllè.  Une  béte,  unû 
jument  ensellée. 

Il  se  dit  aussi  d'Un  vaisseau  dont  le  milieu 
est  bas,  et  les  extrémités  sont  .-élevées.  Un 
vaisseau  ensellé. 

ENSEMBLE,  adv.  L'un  avec  l'autre,  les 
mis  avec  les  autres.  Tout  ensemble,  tout  à  la 
fois.  Ils  sont  sortis  enscnibïe.  Il  a  acheté  toul 
cela  ensemble.  ChantonSy  dansons  ensemble. 
{^lettre  ensemble.  Oter  d'erweniMc. 

On  dit  aussi  en  termes  de  Dessin ,  Celle 
figure,  cette  tête  n'est  pas  d'ensemble,  pour 
dire,  que  Les  diflcrentes  parties  n'y  sont  pas 
dans  leurs  justes  proportions.  Il  y  a  (juel(jucs 
(Ufauis  dans  ce  tableau ^  mais  le  tout  ensemble 
ne  laisse  pas  de  plaire.  El  cette  cxprcscion 
►  étend  aussi  h  d'autres  cboses.  Cette  femme  a 
plusieurs  traits  irréguHers,  mais  le  toul  en- 
semble pUiU  infinnnrnt. 

Il  s'emploie  substiintivcnicnt,  poiu'  dire  ue 
qui  résÉilie  de  l'union  Jcs  piiilics  dinéientes  qui 
composent  un  tout  II  y  a  de  belles  figures 
dans  ce  tableau ,  de  heaii.v  morccaiix  dans  ce 
bâtiment,  mais  il  n'y  a  pas  d^ensemblc^  l'en- 
semble n'en  vaut  rien. 

ENSEMENCER,  v.  a.  Jeter  In  semence  dans 
une  terre ,  dans  un  champ  destiné  à  la  recevoir. 
Ensemencer  un  champ  j  une  terre.  Ce  Labou- 
reur a  ensemencé  des  tetres.  Les  terres  ont  été 
bien  ensemencées. 

E5sE^;F.scÉ,  i.z.  participe. 

I':N.SERRER.  V.  act.  Enfermer,  enclore.  11 
est  principalement  d'usage  en  Poésie.  Ce  que 
la  tondye  enserre.  Tout  ce  (jue  le  monde  en- 
sei-re,  etc. 

ENSEnnET».  Meure  dans  la  serre.  Ensarcr 
des  oratigcrs. 

ENSEimÉ,  ÉE.  participe. 
,  ENSEVELIR,  v.  a.  Envelopper  un  corj>>, 
mort  dans  un  drap,  d.ms  un  linceul.  C'c^t  une 
o:u\nc  de  charité  d'ensevelir  les  morts.  Il  est 
mort  si  pauvre,  gu'd  n'a  pas  laisse  un  drap 
pour  Vensevelir. 

Un  dit  figurémcnt  d'Un  Ciouverncur,  d'un 
Commandant,  qu'il  s'est  enseveli  sous  les  ruines 
de  fta  Place,  pour  dire,  qu'il  s'est  fuit  tuer  en 
dcfcndaiil  sa  Fl-ice  jusqu'à  i'cxlréniîlé. 

On  dit  aussi  Cgurcmenl,  qu'Un  hommesUst 
enseveli  dans  la  retraite, dans  la  .toli^ude^potu* 
^ire,  qu'il  s'est  entièrement  retiré  du  monde. 

On  dit  encore  âgiuément,  £l/4Cruei-cU  dan$ 


une  profonde  rc^erïe,  pour  dire,  Rêver  pro-V  En  ce  sens  on  s'en  sert  souvent  3  l'impcr- 
fondénient.  On  dit.  Etre  enseveli  dans  le  cha- 
grin, pour  dire,  Avoir  un  chagrin  profond.  Ou 
dit,  iSon  fiof»  est  enseveli  dans  l'oubli,  pour 
dire,  Il  est  entièrement  oublié.  On  appelle  Un 
homme  enseveli  dans  les  livres,  Un  homme  qui 
ht  sans  cesse,  qui  étudie  sans  rel  tche. 

On  dil  aussi,  Être  enseveli  dans  la  débauche, 
dans  la  crnpi/ïe,  pour  dire.  S'y  abandonner 
toul  entier. 

On  dit,  Être  cna^vcti  dans  le  sommeil, pour 
dire,  Dormir  profondément. 

Enseveli,  ie.  pirttcipe. 

ENSEVELI.SSEMENT.  s.  m.  Action  d'cnsc 
velir.  L'ensevelissement  des  morts  est  au  nombre 
des  œuvres  de  niisêriçorde. 

ENSORCELER,  v.  a.  Donner  par  prélcndu 
soitilége,  par  maléfice,  des  maladies  extraordi- 
naires, ou  de  corps  ou  d'cs]>rit.  Il  y  a  quchjue 
chose  de  si  étonnant  dans  sa  înaladie  ,  gu'on 
dirait  qu^il  est  ensorcelé.  Elle  CH  si  jmssionnée 
de  cet  homme,  (juoiqu  il  n'ait  ni  mérite,  ni  bien ^ 
ni  agrément,  (pi*il  semble  qu'il  l'ait  ensorcelée. 

On  dit  familièrement  et  par  exagération, 
tpi'Une  femme  a  ensorcelé  quelqu'un,  pour 
dire,  qu'il  en  est  épris,  qu'il  l'aime  passionné- 
ment, qu'il  l'aînie  jusju'i  la  folie,  jusqu'ù  la 
fureur.  Elle  l'ensorcellera,  s' il  ti'y  prend  garde. 

EssonCELK,  ÉE.  parlicipc.  ' 

ENSORCELEUR,  EUSE.  s.  Celui , celle  qui 
«nsorcclle,  qui  enchante. 

ENS01U;ELLE:\li::VT.s.m.  Action  d'cnsor- 
Lcler,  ou  l'cfuît  prétendu  de  crtic  .nction.  Il  y  a 
lis  l'ensorcellement  à  cclo  11  n*esl  pas  bien 
(jwcri,  il  n'est  pas  encore  dclivré  de  son  ensor- 
cellen'^.nl. 

Il  s'emploie  aussi  au  figuré  dans  le  même 
sens  qu'£'nsoiccIer. 

ENSOUFREK.  v.  a.  Enduire  de  soufre.  En- 
soufrer  des  tonneaux.  Ensonjrer  des  hunes. 
Un  dit  plus  communément.  Soufrer. 

Ensoufré  ,  ÉE.  participe. 

ENSUITE,  advcrb.  Après,  h  la  suite  de. 
Ensuite  nous  ferons  le  reste.  Vous  irez  là  ci- 
suite. 

Quand  il  est  suivi  de  la  particoJe  de,  il  a  la 
qualité  de  préposition  ,  et  ne  se  dit  guère  qu'en 
ces  deu\  phrases  :  Ensuite  de  cela.  Ensuite  de 
auoi. 

ENSUIVANT.  Terme  de  Pratique.  Il  n'e-t 
r^uérc  d'usage  qu'en  quelques  'ibrr^^es  ciuï  mar- 
([Ncnt  postéri'n-ilé  de  temps.  Le  DtTOtncV  en- 
mivant.  Le  mois  ensuivant,  etc. 

ENSUIVRE,  verhe  qui  ne  s'emploie  qu';i- 
vec  le  pronom  personnel,  s'ENSLIVRE.  Sui- 
vre ,  ùu-e  après.  Il  ne  se  dit  que  d.ms  la  morale, 
Cl  qu'à  la  troisième  j>ersonne  iniit  du  singulier 
que  du  phirlcl.  Le  prcmia'  chapitj-c  et  tout  ce 
nui  s'eti/uît. 

Il  signifie  aussi,  Dériver,  procéder,  venir  de. 
Vn  qrand  bien  s^cnsaivit  de  tant  de  maux.  Le 
Parlement  cassa  laprocèdure  et  tout  ce  qui  s'é- 
toit  ensuivi. 

Il  se  dit  aussi  d'Une  conséquence  qu'on  tire  ù 
de  qticlquc    prinripe.   'i-'oy^-   '^'   erreurs   <[UI 
s'ensuivraient  de  clHc  wnooji'd'on. 


soruicl.  //  s'ensuit  de  là  que...  Il  s'ensuivroit  de 
cette  proposition  que...  De  là  il  s'ensMtVoit 
que...  De  cette  proposition  il  j'ensuif  que... 
Si  vous  établissez  ce  principe,  il  s'ensuivra 
que... 

Ensuivi,  ie.  participe. 

!•:  N  T 

ENTABLEMENT,  s.  m.  La  saillie  qui  est  p.u 
liant  des  murs  d'un  h.'ilimenf  ,  rt  qui  en  soi.- 
li-_'nt  la  couverture.  Ce  bâtiment  ic/fl  hienfât 
achevé,  on  en  est  à  V entablement. 

On  appelle  aussi  Entablement  .en  Arcliilec- 
lure ,  l'architrave, la  frise  et  la  corniche,  prises 
cnscml)lc, 

E-NTABLKR,  vrrhc  qui  ne  s'emploie  qu'a- 
\Tc  le  pronom  personnel,  s'ENTABLE^R.  Terme 
de  Mcnége.  On  ditdUn  cheval  ,qu7/s'enIaWc, 
Lorsrjue  les  hanches  devancent  les  épaules, 
quand  il  raanre  de  deux  pistes,  tant  sur  \»s 
voltes  que  sur  les  ch'angemens  de  mafn. 

ENTACHER,  v.  a.  Infecter,  gûler.  Il  est 
vieux,  et  n'est  guère  d'usage  qu'au  participe. 
On  dit  en  stvle  de  Barreau  :  Cet  arrêt  l'a  en- 
taché en  son  honneur.  Une  famille  entachée  de 
ladrerie.  Vn  homme  entaché  de  lèpre. 

Il  se  dil  figurément  dans  les  choses  morales. 
Être  entaché  d'avarice. 

Entaché,  ée.  participe- 

ENTAILLE,  s.  f.  Coupure  avec  enlèvement 
de  parties,  faite  dans  une  pierre,  dans  nu* 
pièce  de  bois,  soït  poiu'  y  en  cmlioiter  uu€ 
autie.  soit  jiour  ijucl'jue  autre  objet.  t^'aitcOd 
entailles  dena  une  j  outre. 

Il  se  dit  i>ar  exicnsîon.  Des  ronpnrfs  faite» 
dans  les  c1)ï*»"S.  Il  a  reçu  dans  le  bras  un  coup 
de  sabre  qui  '"^i  a  /dit  une  qrande  entaille. 

ENTAlLLL'^  v.  act.  Tailler,  creuser  ime 
pièce  de  bois,  ei  ^orle  qu'une  liulrc  puisse  s'y 
l'inboîter.  Entaillf^une  poutie  pouryemboitàr 
des  solives. 

EsTAn.LÉ,ÊE.  participe. 

ENTAILLURE.  s.  f.  Entaille.  Fùire  une 
entaillure, 

ENTAME,  subst.  f.  Premier  morceau  qu'on 
coupe  d'un  pain.  Réservez-moi  l'entame. 

ENTAMER,  v.  a.  Faire  une  petite  intisimi , 
une  petite  déclïirure.  Entamer  la  peau.  Eutn- 
mer  la  chair.  Le  coup  lui  entame  los.  On  en- 
tame lécorce  de  certains  arbres  pour  en  tirer 
la  qonime. 

Il  signifie  aussi,  Oter  une  petite  partie  d'une 
chose  entière.  Entamer  du  pain .  un  melnu  ,  un 
pâté.  Ey.tamer  une  pièce  de  drap.  Entamer  un 
sac  d'argent, 

1)  sii'iiifie figurémcnt.  Commencer. Entamer 
une  ni(itic/e,  un  discours,  une  afj'nire,  unt 
ncqocmtion. 

Ou  dit  (igurëment.  Entamer  tm  corps  tk 
troupes,  pour  dire.  Commencer  à  l'ouvrir,  a 
le  rompre.  Des  que  la  premiàe  ligne  fut  erf 
lamée,  toul  le  reste  s'enfuit 

On  dil  figurcmeni,  qn'î/n  homme  se  laissé 
entamer.  Lorsqu'il  souflTrc  qne  d'autres  entre- 
prennent sur  ses  droits,  sur  Sn  charge,  Ou  ïoi»* 


ENT 

cpi'll  se  laisse  fléchir  pour  faire  quel<nic  cliose 
contre  son  devoir,  ou  contre  sa  resolution. 
Voilà  un  homme  perdu  y  s'il  se  laisse  entamer. 
C'est  un  homme  mon,  il  s'est  laissé  entamer. 
Prenez  bien  (jarde  qu'on  ne  vous  entame.  C'est 
un  hommo  impénétrable ,  on  ne  sait  par  où 
fentamer. 

EsTAMÉ,  iB.  participe. 
CM'AMURK.  s.  f.  Petite  décliinire,  petite 
incision.  Ce  coup  ne  lui  a  fuît  fjuune  meurtris^ 
sure,  mais  il  n'y  a  point  d'ct\tamure.  Le  coup 
lui  a  fait  une  Icjère  entumure. 

En  parlant  d'Un  pain,  on  appellr?  Entamiue, 
r.e  premier  mnrcpau  qu'on  coupe  d'un  pain.  Ji 
aime  Vcntamure  du  pain. 

On  dit  Qussif  L'entamure  d'un  pâté,  ^un 
jambon^  pour»  L'ouverture  d'un  pât(î,  d'un 
jambon.  Je  me  suis  trouve  à  Veutiimwe  d'un 
bon  pâté,  d'un  hou  jambon. 

EN  TANT  QUE.  Particule  conjonctive. 
Comme,  en  qualité  de.  On  s'en  sert  pour 
tpccitlrr  et  pour  restreindre  quelque  idée, 
quelque  proposition.  Je  m'y  oppose  en  tant 
ijue  cela  me  touche.  NotreSeiqneur  en  tant 
(ju'homme.  Il  a  ce  droit-là  en  tant  que  Se- 
crctaire  du  Roi. 

rCNTASSEMENT.  s.  m.  Amas  de  phisicun 
olioies  entassées  les  unes  sur  It's  autres,  il  y  a 
un  51  jrand  entassement  de  papiers^  de  livres 
tt  de  meubles  dans  cette  chambrej  quon  n*y 
peut  entrer. 

Il  se  dit  aussi  fîgurément  Un  entassement 
d'iictv .  de  figures,  de  mots^  d'alfaires^  etc. 

£STASSER.  V.  a.  Mettre  en  tas.  il  a  entasse 
$ts  meubles  l'un  sur  l'antre.  Il  entasse  papiers 
sur  piîpiers.  Entûsser  des  nerbes.  Lntasser  du 
foin. 

Il  signifie  aussi  figurément,  Accumuler, 
amasser  l'un  sur  l'autre  en  grande  quantité. 
Entasser  procès  sur  procès.  Il  a  entassé  trop  de 
ciLitions  dans  ce  !iV?-e. 

Ondild'Cn  avare,  '[u'Il  entasse  écu  sur  écu. 
(Jn  dit  d'Une  personne  qui  parle  beaucoup, 
«ans  rien  dire ,  ^u'Elle  ne  fait  qu'entassa'  po' 
roUs  sur  paroles. 

ENTASSÉ ,  ÉE.  participe. 
On  dit  par  exagération,  que  Da  gens  sont 
alitasses  les  uns  sur  les  autres  en  quelque  V.eu^ 
pour  dire,  quTls  sont  extrém^meot  presses. 

On  dit  l'ainiliénment,  qu'Ain  homme  e^t 
e.'itosté,  pour  dire,  qu'il  est  contraint  d.ins  s.i 
ijîlle,  qu'il  a  la  têlc  enfoncée  dans  les  cp.iules, 
ENTE.  a.  f.  Greffo;  un  scion  d'arbre,  lors- 
qu'il est  grcfTé  sur  un  autre  arbre.  Une  helU 
aite.  Uaire  une  ente.  Faire  des  cnles. 

Il  se  dit  atUïi  De  Tprliic  ni-'rp  où  l'on  fait 
une  ente.  Il  y  a  beaucoup  de  jeunes  entes  dans 
«  jardin. 

ENTE,  sulwl.  f.  Terme  de  Printure.  C'est  le 
morceau  de  I>oisquï  sert  de  manche  au  pinceau. 
L'ente  d'un  pinceau. 

EM'ELK(  JÏIE.  s.  f.  Terme  didactique  cni- 
\Aoyv  par  Ari&ioti-,  et  sur  U  signifirntion  duquel 
les  Philosophe»  sont  peu  d'accord.  Il  nignifr*  la 
furnie  c&si;nltcllc  qui  constitue  un  individu 
dans  »oa  espJxrc,  et  qui  le  meut  coniinùmeut 
Tome  /, 


ENT 

vers  les  fins  convenables  A  son  org.inisation. 
Telle  est  l'âme  végétative  dans  les  phintcs, 
ielon  la  philosophie  ancienne,  et  l'imc  sensîtivo 
dans  les  animaux. 

ENTENDEMENT.  5.  m.  Faculté  de  l'iîme, 
par  laquelle  elle  conçoit.  L'erite/uïement/inmain. 
L'entendement  j  la  mémoire  et  la  volonté  sont 
les  trois  facultés  de  l'dme.  Entendetaent  subtil, 
grossier.  Premii'rc  opération  de  Ventcndemcnt. 

Il  signifie  aussi, Sens,  jugement, bon  esprit. 
C^est  un  homme  d'entendement.  C'est  un  homme 
de  petit  entendement.  Il  ti'a  point  d'entende- 
ment. Il  faut  avoir  perdu  Vcntendemcnt  pour 
rn  user  comme  il  a  fait 

ENTENDEUR,  s.  ni.  Qui  entend  et  qui  coir- 
foit  bien  quchpie  chose.  U  n'est  d'usage  qu'en 
ces  façons  de  parler  proverbiales  :  À  bon  en- 
tendeur salut,  pour  dire,  Que  celui  qui  ni'en- 
lend  bien  en  fasse  son  profit.  On  dit  aussi,  A 
bon  entendeur  peu  de  paroles. 

ENTENDIS E.  v.  a.  Ouïr;  Recevoir  rimpres- 
(ion  des  sons  par  l'organe  de  l'ouie.  J'ctoïs  si 
loin  que  je  ne  pouvais  entendre.  Il  n'entend  pas 
bien  clair.  On  fait  tant  de  bruit ,  qu^on  ne  s'en- 
\cnd  pas.  Entendre  le  sermon.  J^enlends  sa 
voix.  J*ai  entendu  dire. 

On  dit  aussi ,  Entendre  dur ,  pour  dire ,  Être 
nn  peu  sourd. 

Ou  dit,  Entendre  la  Messe  pour,  Assister 
\  la  Messe. 

On  dit,  Je  ne  Vai  jiimais  entendu^  pour 
iîrc,  3f  ne  l'ai  point  oui  prêcher,  plaider, 
)hanter,  jouer  du  luth,  etc. 

un  dit  provi-ibialcmcnt ,  On  fait  tant  de 
hruit,  (ju'on  n'cntcndroit  pas  Dieu  tonner. 

Ou  dit  proverbialement,  vu'Il  n^y  a  point 
3e  pire  sourd  que  celui  qui  ne  veut  pas  en- 
tendre. Ce  qui  se  dit  proprement  et  fîgurément 
De  celui  qui  feint  de  uc  pas  ouïr,  ou  de  ne  pas 
rom  prendre. 

Il  signifie  encore  dans  le  sens  d'ouïr,  Prêter 
volontiers  l'oreille,  et  se  donner  la  patience 
d'écouter.  Entendre  les  Parties  j  les  Supplians. 
Entendre  des  témoins.  Entendre  une  lecture. 

Il  signifie  aussi,  Comprendre,  concevoir  en 
»on  esprit,  avoir  l'intclliganccde  quelque  chose. 
Entendre  le  sens  dun  Auteur.  Entcndj'e  un 
Auteur.  Entendre  les  passages  les  plus  dijji- 
ciles. 

On  dit,  Je  m*intend.<  hien^  pour  dire,  Je 
sais  bien  ce  que  je  veux  dire.  Et,  Entendons' 
nous,  pour  dire,  Comprenons  bien  les  inten- 
tions les  uns  des  autres,  ou  Ecoutons  ce  que 
chacun  de  nous  dît.  f^ntcnJuru-nous,  signifie 
ans-î,  Soyons  birn  d'intelligence  et  de  concert 
(rntre  nous,pout  réussir  dans  ce  que  nous  vou- 
lons faire. 

On  dit.  Entendre  à  demi-mot^  pour  <lire, 
Entendre  fiicilemcnt,  sons  avoir  besoin  d'une 
grande  explication. 

On  dit,  Entendre  fnesse,  entendre  malice 
à  quelque  r/iosc,pour  dire,  Donner  un  sens  lin 
et  malin  à  quelque  choi»e.  Je  ne  sais  pas  quelle 
finesse  vous  entendez  à  cela.  Il  entend  fvtcs.-^e  à 
tout.  Il  n  entend  malice  à  rien. 

On  dit  aussi,  y  entendre  ni  rinit  m  raison  ^ 


ENT  CoS 

poiu-  dire,  Refuser  par  humeur  de  se  rendre  à 
ce  qu'on  propose  de  plus  raisonnabi" 

U  veut  dire  aussi.  Avoir  connolssancc  et 
pratique  d'une  chose.  //  entend  tien  sen  nié- 
tier.  Entendre  le  négoce  ,  la  chicane ,  la 
guerre  j  etc. 

On  dit  qnX^i  homme  entend  la  Cour,  pour 
dire,  qu'il  connoit  bien  l'esprit,  le  ton,  l'éli- 
quelte  du  la  Cour, 

On  dit  absolument,  mais  famîIièrtEment ,  // 
f'cnfeuJ,  pour  dire,  U  sait  bien  ce  qu'il  fait, 
il  est  habile.  Et  au  contraire,  ZI  ne  l'entend 
point,  pour  dire,  ïl  ne  sait  ce  qu'il  fait.  Vous 
l'entendez.  Vous  ne  l'entendez  pas.  Faire  ce 
que  vous  avez  fait^c'est  l'entendre. 

On  dit  aussi  absolument,  //  en(enrI,pour 
dire,  Il  comprend  ce  qu'un  lui  dit,  il  est  au  fait 
de  la  cliose  dont  on  parle.  On  dit  de  même,  et 
ilans  un  *<eus  contraire,  /(  n'entend  pat,  il  n'y 
tntend  rien. 

On  dit,  JE^nïentïrc  un  mot,  pour  dire,  En 
ïavoir  la  signification;  et  Entendre  le  Grec,  le 
Latin,  entendre  les  Langues, pour  dire, Savoir 
la  signification  des  termes  Grecs,  des  termes 
Latins,  savoir  la  "lignification  des  termes  des 
Langues  différentes. 

Il  veut  dire  encore,  Donner  son  consente- 
ment, consentir,  approuver.  Je  le  lui  propose- 
rai pour  savoir  s'il  y  veut  entendre.  Il  n'y  veut 
point  entendre.  Et  alors  il  n Vst  pas  propre- 
ïient  actif ,  mais  on  s'en  sert  neutralemeiil  avec 
la  préposition  à.  S'il  veut  entendre  aumariage 
ju'on  lui  a  proposé,  on  offre, S'il  veut  en- 
tend} 3  à  celle  ajjiiij'e 

Donrier  (î  entendre,  laisser  entendre^  se  di| 
pour,  Insinuer,  dire  quelque  chose  pour  iiiire 
rroire.  Il  m'avoit  laissa  entendre.  Il  m'avoit 
donné  à  entendre  que  vous  vouliez...  On  dit, 
Sous  un  faux  donné  à  entendre^  pour  dire. 
Sur  une  fausse  supposition. 

On  dit  proverbialement, C/tiici<n/ài(comnie 
il  Ventendy  pour  dire,  Chacun  fait  comme  il 
juge  h  propos. 

On  dit  aussi  quelquefois,  Comment  Ven- 
tend-il.^  pour  dire,  De  quel  droit  Ait-il  oelo, 
ilil-ilcela?  Voui  me  parlez  bien  haut;  com- 
ment Ventendez-vous  donc? 

On  se  sert  aussi  de  ce  verbe  avec  le  pronom 
personnel  et  la  préposition  à.  S'entendre  à 
ijuelque  choze,  pour  dire ,  La  savoir  bien  faii'C , 
s'y  prendre  bien.  Il  ne  s'entend  pas  mal  à  telle 
chose.  Il  ne  s'y  entend  pas  trop  bien. 

En  ce  sens  on  dit  proverbialement,  Il  s'en' 
tend  à  cela  comme  à  faire  un  coffre  j  ou  comme 
Il  ramer  des  c/toux,  c'csl-à-dirc,  qu'il  n'y  en- 
tend rien. 

On  dit,  quUn  homme  s'entend  en  musique^ 
en  tiibleauxj  en  bonne  c/ière,  etc.  pour  dire, 
qu'il  s'y  conooit  fort  bien. 

U  veut  dire  encore  avec  la  préposition  i^i'ec, 
Agir  de  ''Concert.  S'entendre  avec  quelqu'un. 
S'entendre  avec  l'ennemi. 

On  dit  proverbialement  et  en  ma^Tnise  part , 
Ils  s'entendent  comme  larrons  en  foire^  pour 
dire,  Us  sont  d'intelligence  sur  la  chose  dont  il 

s'qgîl. 

64 


5o6 


ENT 


On  dita'Unc  chose,  qa'EUe  i'enleml  ohc- 
ment,  qu'elle  t\e  s'entend  point,  pour  dire, 
qu'lille  cfil  liiséc  h  comprendre,  ou  quon  ne 
petit  la  coinprendrt'. 

On  dit  aussi  al^so!ume^l,C<'^I  s'entend, cela 
s'entend  bien,  pourdlrr,  Ola  se  suppose  ninsi, 
cela  doit  être  ainsi,  il  faut  bieu  que  cela  soit 
uinsi. 

On  dit  d'Cn  homme  i  qui  plusieurs  parlent 
à  la  fois  ,  nu'7/  ne  suit  au(jitcï  entendre. 

Entesdue,  veut  dire  encore,  Vouloir, avoir 
iutenlioii.  Je  vous  }e  promets,  mai<i  aussi  j'en- 
tends que  lions  fissiez cVst-à-dlre,  Mon  in- 
tention est.  J'ai  toujours  entendu  t^uc  vous  fe- 
riez cela.  Quand  je  dis  qu'il  écrit  bien,  j'en- 
tends varier  de  sa  prose,  et  non  de  ses  vers. 

Entlndu,  ce.  participe. 

Il  est  aussi  adjectif , et  veut  dire,iiitelligf'nt. 
Un  ^oDime  bien  entendu  aux  affaires,  dans  lei 
afJlïireSj  au  jardinane,  au  métier  do  la  guerre. 

Il  se  dit  aussi  sans  l'adverbe  Sien,  et  sani 
rien  ajouter.  H  est  entendu ,  U  est  fort  entendu. 

On  le  prend  aussi  en  mauvaise  part.  ïl  fai\ 
Veniendu. 

On  dit,  Faire  l'entendu,  pour  dire  ,  Faire  1< 
capable,  le  suffisant,  l'iniporlant. 

Il  Si:  dit  nussi  De  certaines  choses  ;  et  en  et 
sens  il  se  prend  pour  Bien  assorti,  fait  avec  art, 
avec  goût,  avec  intelligence.  Un  hiUimcnt  bien 
sntcudu.  Un  meuMe  bien  entendu.  Un  hahit 
bien  entendu.  Un  repas  bien  entendu.  Un  ta- 
bleau bien  entendu. 

On  dit  d'Un  tableau,  que  L'ordonnance  en 
ist  bien  entendue,  pour  dire,  qu'il  est  disposa 
avec  beaucoup  d'art, avec  intelligence, et  selon 
les  règles. 

On  dit  souvent  De  deux  pei'sonnes  qui  ne 
t'accordent  pas  :  Ils  ne  différent  que  par  un 
malentendu.  Ce  n'est  qu'un  malentendu  qui  la 
a  brouillés.  Celte  différence  d'opinions  ne  vient 
que  d'un  malentendu. 

1ÎIE5  ESTENDU  QUE.  PbrasG  conjonctivc,  qui 
signifie,  À  condition  pourtant  que,  avec  cette 
restriction  pourtant  que.  Je  vous  accorde  cela, 
mais  bien  entendu  que  vous  ferez....  Voilà  la 
rèqlc,  bien  entendu  quil  y  a  des  exceptions. 

On  le  dit  aussi  absolument,  et  il  signifie, 
Sans  doute,  assurément.  Vîendrez-vous  comme 
vous  l'avez  promise  Bien  entendu. 

ENTETrK.  s.  f(!m.  U  se  dit  proprement  De 
l'interprétation  qu'on  donne  à  un  mot  équivo- 
que, et  qui  peut  recevoir  plusieurs  sens.  Mots 
à  double  enfenfe,  à  deux  ententes. 

On  dit  prov<Tbialemeiit,  L'entente  est  au 
di.tciir,  pour  dire,  que  Celui  qui  parle  sait  le 
véritable  sens  qu'il  a  voulu  donner  à  ses  pa- 
roles. 

Entsttc,  se  dit  aussi  dans  les  arts  du  des- 
vn,  pour  signifier,  Intelligence  dans  la  distri- 
bution. L'ententt  du  coloris,  des  opposithus, 
du  clair-obscur.  Cet  Architecte  a  de  l'entente 
dans  la  distribution.  Il  n'y  a  point  d'entente  à 
ee  tableau. 

ENTER.  T.  a.  GrefTcr,  fuire  une  ente.  Enter 
nn  poirier^  un  pommier.  Enter  franc  sur  franc. 
Enter  sur  sauvafjeon.  Enter  sur  un  connassler. 


ENT 

Enfer  en  écttsson,  en  fente,  en  œillcl,  en  ceïl 
(loriiifliit.  En(cr  en  bouton.  Enler  en  pou- 
pée, etc. 

On  dit  figurtiment ,  qu'î7fie  maison,  qu'une 
famille  est  entée  sur  une  autre,  pour  dire, 
qu'Elle  y  est  entiêe,  et  qu'elle  en  a  pris  le  nom 
cl  les  armes. 

Il  se  dit  aussi,  Lorsqu'un  liommc  joint  cn- 
erniMe  diverses  qualit/'S.  C'est  un  Einancia 
cn[.'-  sur  un  Praticien.  Un  Gascon  enté  sur  un 
Normand.  Il  a  beaucoup  de  vices  entés  sur  dt 
bonnes  qualités. 

Entl:,1Èe.  participe. 

On  dit  qu '-t.' ne  canne  est  enfêe,  Lorsqu'elle 
est  composée  de  plusieurs  pièces  emboîta  les 
uii-s  dans  les  autres. 

Ejfé,  se  dît  en  termes  de  Blason,  Des  par- 
titions, des  bandes,  pals,  etc.  qui  entrent  lei 
uns  dans  les  autres  en  ondes. 

ENTÉRINEMENT,  s.  m.  Terme  de  Juris- 
prudence. Quand  il  se  dit  d'une  simple  re- 
quête, il  signifie  L'admission  d'une  requête. 
PLvnsiiiVre  l'enférinemenf  d'une  requête.  Quanij 
il  se  dit  d'Une  requête  civile,  d'une  grâce,  d'uni 
rémission j  etc.  il  signifie  Vérification,  liomolo* 
gation.  L^ entérinement  d'une  qrîlce. 

ENTI^RINEU.v.  a.  Tenue  de  Jurisprudence 
Ratifier  légalement  un  acte.  Entériner  une  re- 
quête. Entériner  des  lettres  de  grdce. 

On  dit,  Entériner  des  lettres,  pour  dire 
Déchirer  juridiquement  qu'elles  doivent  avciî 
leur  effet. 

On  dit  aussi  dans  le  m^me  sens  :  Etitcrine 
une  qsace.  Enttriner  une  rémission.  Enfêrinn 
des  lettres  de  rescision.  Entériner  une  requétt 
civile. 

l'.NTKRiNÊ,  ÉE.  participe. 

EriXICROCf'.LE.  s.  f.  Terme  de  Médecine 
Hernie  ou  descente  des  intestins  dans  le  pli  di 
l'aine. 

ENTÉROLOGIE.  s.  f.  Terme  de  Médecine 
Traiti;  sur  les  viscères. 

ENTERREMENT,  s.  m.  Inlmmation  ,  céré- 
monie avec  laquelle  on  met  un  corps  en  terre 
Enferrcnienï  sorn^(He(t.r.  Enterrement  muqni 
fique.  Enterrement  sans  pompe,  sans  cérémo- 
nie. .'Hier  à  l'enterrement.  Êtrcpriéd'un  enter 
lement.  Billet  d'enterrement.  Assister  à  Vcuten 
rcmcnt.  Voir  passer  un  enterrement. 

ENTERRER,  v.  a.  Enfouir,  mettre  dans  li 
lerre.  Enterres'  des  canons  de  tulipe.  Quan\ 
on  a  arraché  du  plant,  il  faut  l'enterrer  promjy- 
t-.mvnt,  de  peur  qu'il  ne  se  sèche.  Enferrer  d: 
l'anjent  dans  une  cave.  L'avare  enterre  se; 
trésors,  plutvt  que  d'en  jouir. 

On  dit  figurément  et  familicrcment,  d'Une 
maison  de  campagne,  d'un  jardin  où  l'on  fait 
de  grandes  déjK'nses  à  remuer  la  terre,  qu'On 
y  a  enterre  beaucoup  d'argent. 

On  dit  figurcment  dans  le  môme  sens,  En- 
terrer son  secret,  enterrer  ses  talens,  pour  dire, 
Les  tenir  c.iclu-s. 

EsTEnitEn.  Inhumer,   mettre   en   tcne   un 

corps  mort,  ou  censé  mort.Entcrro"»»  homme, 

^   une  femme,  un  enfant.  Enterrer  en  ta-re  sainte, 

:îan$  un  cimetière,  dans  V  enlise,  daus  le  chœur. 


E'iT 

0/1  Va  enterre  la  nu)  sans  cérémonie.  On  Va 
enlené  avec  hcaucottj  de  pompe.  On  l'eiiloia 
tout  vivant. 

Enterrer  qne^qu'ln  ,  signifie  quelquefois, 
I-iii  survivre.  Eu  ci  tcns  on  dit  d'Un  liomme 
lortsaiuqui  promeli;  ac  longue  vie,  Cet  Jionunc- 
là  nous  enteirern  tels. 

On  dit  aussi  ,  J  Interrer  qttelqu^un  ,  pour 
dire ,  EfiUcer  sa  rc|i  nation  au  point  de  la  faiie 
oublier. 

On  dit  proverbi  lemenl ,  Enterrer  la  iyna- 
jnijiic  avec  l.oniiei'  ;  pour  dire,  Terminer  une 
alTalre,  sortir  d'un  .'ngagcmcnt,  d'une  Ii.-iison, 
avec  bienséance  ,  et  d'une  maniùre  irrépro- 
chal>le. 

On  dit  d'Un  1;  mime  qui  a  été  accablé  p*»- 
la  cluitc  d'un  bit]  oent.quTI  a  été  enterré  sois 
\es  ruines. 

On  dit  figui-ctï ,  d'Un  Gouverneur  de  Place, 
i[ull  se  reut  ^l'i  e  enterrer  sous  les  ruines  rfe 
taWiice,  pour  cl  x ,  qu'il  veut  plutôt  mourli 
ijt«  de  la  rendre. 

On  dit  aussi  '  àgurément  d'Un  liomme  qui 
n  quitté  le  gratH  monde  pour  se  retirer  t!an« 
la  Province,  (i\lïl  s'est  enterre  dans  la  Pro- 
vince. 

On  dit,  qu'il  s'est  enterré  tout  vif,  pour 
dire,  qu'il  s'est i  întièremcnt  retiré  de  tout  coitN 
raercc  du  mon.'  e.  Entrer  âans  un  Ordre  ans.-** 
ir.istère,  c'est  s1  ntcrrer  tout  vif. 

Estehhé,  C'!.  participe. 

On  appelle  I7ne  maison  enterrée,  un  jardin 
enfen-e.  Une  maison,  un  jardin  dont  lu  situa- 
tion est  ïrop  11  £se. 

ENTÊTEr.f  E>"r.  s.  ni.  .Vllaclicmcnt  opini,.tic 
dans  ses  opinî  ins  ou  dans  ses  goûts.  Son  entê- 
tement est  d:  nqcretuc.  Il  a  un  nrand  entë'.e- 
tjienl  pour  cl  Itc  femme.  C'est  un  ctranqc  mtt'- 
Icment  (jue  l  :  sien.  L'entêtement  est  un  nrt::ui 
obstacle  à  la  découverte  tic  la  vérité. 

ENTÊTE  R.  V.  a.  Envoyer  h  la  tcîe  dos  v.i- 
peurs  iucorf  modes  et  fûclieuses.  Il  peut  s'eai 
ployer  sans  :cgîinc  ou  avec  régime.  Le  chorhou 
entête.  Il  y  2  des  cens  que  Vodeur  des  roses  en- 
tête. Ce  vin  est  fumeux,  il  entête.  Le  tahac  eu 
fcte  ceux  q  li  nont  pas  coutume  d'en  prendj  e. 
Ce  parfum  tst  trop  fort,  il  m'entête. 

On  dit  /  gurcnient  et  familièrement, que  La 
louannes  a  itêtcnt,  pour  dire,  qn'Elles  donnenl 
lie  la  vani»:.  Je  l'orgueil. 

Il  signiic  encore  figurément,  Préoccuper, 
prévenir  c  a  favc  ur  d'une  personne ,  ou  d'une 
iiplnion.  ('ni  est-ce  qui  vous  a  entité  de  cet 
liommelà  ,  de  ce  système? 

U  s'ca  ploie  dans  le  niônie  sens  avec  le  pro- 
nom peri  jiinel,  et  se  prend  tou)ours  en  mnu- 
v.nisc  pad.  //  s'est  cntelé  de  cette  femme,  de  cet 
Auteur, lie  ce  Roman,  iTun  certain  système  J» 
Philosophie,  des  nouvelles  opiniont.  Les  igno- 
rans  s'a  iélent  facilement 

U  s'a  aploie  ubsoluicenl  pour  dire ,  Se  pr<- 
Dcciipcr  ,  se  laisser  prévenir.  C'est  un  nomma, 
c'cd  un  Juije  dangereux,  il  est  trop  sujet  à 
s'entête,  i 

Esrf.Tii,  KE.  parlidpc.  Il  n'est  guiie  d'usage 
que  pour  signifier,  Opiniâtre,  trop  préveno, 


ENT 

Jortemont  préoccupe.  Un  enfant ^  un  vieillard 
entéti. 

l\  est  aussi  siiLstaulif  ;  et  nlors  il  signifie  Un 
hoinmt^  qui  s'iittaclie  opiniâtrcuïcnt  aux  cliosci 
dont  il  u  4;lc  une  fuis  prcoccupO.  C'est  unenU'û; 

ENTHOUSIASME,  s.  m.  Émotion  cxtiaor- 
djoaire  de  l'Ame,  causée  par  une  inspiraltuu 
qui  cH  ou  qui  parnit  divine.  Soûl  se  Uouvant 
parmi  les  Prophètes,  fut  misï  ilu  même  en- 
tliousiainie  ^uVmx.  Il  se  dit  plus  ordinairement 
Des  Sibylles,  de  Ja  Pythie,  et  de  ceux  qui  pro- 
uouçoicDt  les  Oracles  du  Paganisme.  La  Stbyllt 
dans  son  enthousiasme  avoii  prétlit  que,... 

II  ii^uific  aussi  Un  mouvement  extraordi- 
naire de  l'àme,  qu'uo  Poêle,  uu  Orateur,  un 
homme  qui  travaille  de  gcnie,  éprouve  d^ml 
le  moment  de  la  composition,  et  qui  l'tilève  en 
(pieîque  sorte  au-dessus  de  lui-même,  //c»- 
rf u.r ,  iiuhle  cntfwusiusme.  Enthousiusnie  poé- 
tique. Quand  l enthousiasme  le  prend.  H  ne 
parle  que  par  cntliomiasme.  Entrer  en  enlhou- 
iiasme. 

Il  signiGe  aussi ^  Admiration  outrée,  goût 
cccessif  ptiur  une  personne  ou  poui' une  chose. 
Son  enthousiasme  pour  cet  .iuït'w,  ^our  cel 
vuvragej  ia^-euqie.  C'est  un  homme  à  enf/iou- 
$iasme.  Ses  enthoiniasmes  sont  ridicules,  mais 
ils  ne  dwcnt  pas, 

I:M'U0USIASMER.  v.  a.  Charmer,  ravir 
en  admiration.  La  lecture  de  cet  ouvrage  Vavûit 
enthousiasmé.  Il  s*est  fuisse  cnf/iou£iasnier  dt 
cette  musique,  de  la  voix  de  cette  femme. 

11  V.  mploie  aussi  avec  le  pronom  personri"!. 
Cet  homme  s'L'rithousiasmeaiscrnenMl  se  prend 
plus  souvent  en  mauvaise  part. 

ENTHOUSIASMÉ  ,  ÉE.  participe, 

ENTHOUSIASTE,  s.  des  a  g.  Visionnaire, 
fanatique.  C'est  un  enthousiaste.  On  appcloii 
ainsi  Ccrtaius  Ucrctiques  qui  se  croyoicnt  ins- 
pires 

11  siguifîe  aussi  Admirateur  outré.  //  est  cn- 
tf'Oiisiaste  de  cet  ouvraae. 

ENTHY.MtME.  s.  ra.  Terme  de  Lo;;iquc. 
Ar^^meul  qui  ne  consiste  que  dans  deux  pro- 
|x^sitioQS>  dont  l'une  est  la  conséquence  de 
l'autre.  La  raillerie  fût  des  ennemis,  donc  il 
faut  l'éviter,  est  un  entliymème.  Les  Oraieun 
te  servent  plus  ordinairement  de  tenthymcmc 
(fue  du  syllogisme. 

^>1TCHI:1R.  v.  a.  Commencer  à  giter,  ù 
QncTompre.  Son  plus  grand  usage  est  au  parti- 
cipa*. Cc<  fruits  sont  un  peu  entichés. 

n  se  dit  figuréiUL-nl  et  faïuilièroment ,  en 
pnrlnnl  Oe  mauvaises  opinions  en  fait  de  doc- 
trine et  de  religion.  Qui  vous  a  entiché  de  cette 
opinion?  On  le  soupçonne  d'être  un  peu  enti- 
thé  de  Jansénume.  Il  tst  du  style  familier. 

E5XICHÉ ,  tE.  participe. 

ENTIER,  IKRE.  adj. Complet,  qui  a  loulcs 
tC9parli•-^,  ou  que  l'on  coosidèro  dans  lonti^ 
100  étendue.  Un  pain  entier.  Un  jour  entier. 
i'ne  année  enûère.  Une  Province  entière  Li- 
mande entier,  /.'univrrs  eMier. 

Onjrioiut  quelquefois  le  nom  de  Toul,  pour 
appuyLi  «laranta^c.  Attendre  une  heure  toute 
entière.  Lireun  livre  tout  entier. 


ENT 

1)  s'applique  aussi  aux  cboscs  morales.  Vivra 
daiis  un  entier  tiétuchement  des  c}wses  du 
monde.  Avoir  une  entière  confiunce  en  Dieu. 
Conserver  sa  raison  toute  entière.  Vivre  dans 
un  entier  abandonnement ,  un  entier  délaisse- 
ment. Laisser  une  entière  Uhcrtè  à  ses  amis. 
Conserver  sa  réputation  entière,  sa  vertu  en- 
tiéie. 

On  dit,  en  style  de  Barreau  surtout ,  eu  par- 
lant ii"L'n  e'tat  de  choses  dont  les  circonstances 
ne  sont  plus  les  niOincs,  Les  choses  ne  sont  pas 
entières. 

On  dit  figurément,  qu'l'iic  affaire,  «ju'um! 
fonction,  qu'une  ciiorje,  qu'une  science  de- 
mande un  homme  tout  entier,  |)our  dire,  qu'il 
est  nécessaire  qu'il  y  emploie  tous  ses  soins, 
toute  sou  .ittentioD  et  tout  sou  temps. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Cette  occupation 
m^inléresse,  je  ni  y  suis  livré  tout  entier,  elle 
prend  lion  temps  tout  entier,  mon  attention 
l.mte  entière. 

Un  dit  aussi,  Mourir  tout  entier ,  pour  dire, 
Ne  laisser  aucun  souvenir,  aucune  rcuomiuéâ 
api  es  sa  mort. 

En  son  entier.  En  leur  cnïier.  Façons  da 
parler  qu'où  emploie  substantivement,  pour 
marquer  qu'il  n'y  a  rien  de  change,  de  gitt', 
d'altéré  dans  les  choses  dont  ou  parle,  qu'elles 
sont  encore  au  même  ctnt  qu'auparavaut.  Cette 
pièce  est  rapportée  en  son  entier  dans  un  tel  U- 
ne.  Cet  Àmphunèdlrc,  ce  Temple  est  encort 
en  son  entier.  Cette  affaire  est  encore  en  son 
entier,  La  chose  est  en  son  entier.  Remettre 
les  choses  en  leur  entier, 

EsTiEit ,  s'emploie  aussi  subslantivement , 
tn  termes  d'.Vrilhmétique,  pour.  Un  nom- 
hre  composé  de  toutes  ses  parties.  Quatre  quart] 
font  un  entier. 

Entier  ,  signifie  aussi ,  Opiniâtre ,  attacbc  à 
105  sentimCDS.  C'est  un  homme  entier,  bien  en- 
tier, fort  entier  en  ses  opinions.  C'est  un  esprit 
(ort  entier.  Celte  femme  est  fort  opiniâtre,  fort 
entière. 

On  dit.  Un  cheval  entier,  pour  dire,  Un 
[hevnl  qui  n'est  pas  hongre. 

ENTIÈREMENT,  adv.  Totalement,  lout-.\- 
fuit.  £ftti(h*eriicrit  ruiné.  Abandonna-  entière- 
ment. Se  livrer  entièiemenl  à  l'élude,  au  jeu, 
aux  plaisirs,  etc. 

ENTITi'*.  s.  féni.  Terme  did:ictiquc  de  l'an- 
cienne r'-cole.  Ce  qui  constitue  l'être  ou  res.seucc 
Je  quelque  chose.  Ainsi  les  Sco1asti^uesdi:x)ient, 
l'Entité  df  Pierre,  pour  Jésigncr,  La  qualilO 
qui  le  constitue  £lre. 

ENTOIL.\GE.  s.  m.  Toile  ou  réseau  imitant 
la  dentelle,  auquel  on  cuud  une  dentelle.  En- 
toilaije  de  mousseline,  Entoilaqe  de  toile  de 
Frise, 

ENTOILER,  y.  a.  Rimctue  de  la  toile  ù  l.i 
dentelle  d'une  cravate ,  d'un  mouchoir  de  cou  , 
etc.  £n(oi(cr  un  mouchoir,  une  cravate. 

On  dit.  Entoiler  une  estampe,  une  carte  dg 
Géographie,  pour  dire ,  Les  coller  sur  une  toile. 
Il  a  fait  entoiler  toutes  ses  estampes, 

Entoii.k,  i'X.  parîici|ic. 

EliTUNN'L^n.  V.  a.  Verser  une  liqueur  d;iiit 


EIST  5u7 

un  tonneau.  Entonner  du  vin^  du  cidre  ^  du 
vinaigre  j  etc.  Il  faut  prendre  garde  que  Us  fu- 
tailles soient  bonnes  avant  que  d'y  entonner  le 
vin. 

On  dit  familièrement  d'Un  Iiommc  qui  Loit 
beaucoup,  qu7i  entonne  bien. 

EwTONStR,  avec  le  pronom  personnel»  st 
dit  Du  vent  lorsqu'il  eolie  avec  impétuosité 
datrsun  lieu  étro't.  Kn  ce  sens  il  est  réciproque. 
Le  vent  s'entonne  dans  cette  cheniince. 

E>'TONNER.  V.  a.  Mctlre  un  air  sur  le  ton. 
Entonner  les  notes.  Enloniu:r  VAnlienne.  En- 
tonner  un  air. 

Il  se  dit  aussi  absolument  Ce  chantre  en- 
tonne bien,  entonne  juste.  Il  a  mal  entonné. 

Il  signifie  aussi,  Chanter  lecommcuccment, 
les  preBiicrcs  paroles  d'iuie  Hymne  ,  d'iia 
Psaume,  d'une  Auliennc,  d  un  air,  etc.  Enton- 
ner le  Te  Deum.  £n(onncï  le  Magnificat.  En- 
tonner le  Salve  Regina. 

Entonné,  ée.  participe. 

ENTOISNOIR.  s.  m.  Inslrument  avec  lequel 
nu  entonne  uoe  liqueur.  Entonnoir  de  bois. 
Entonnoir  de  fcr-blunc.  Il  y  a  àc  petits  enton- 
noirs d'or  et  d'argent  pour  remplir  de  petits 
façons. 

EsTONsoin,  en  Analomie,  c'est  une  cavité 
ou  foi^ctte  qu'où  trouve  entre  la  base  du  pilier 
:mtéricur  de  la  voûte  du  cerveau,  et  la  partie 
antérieure  du  point  de  rôunion  des  nerfsoptique;-. 

C'est  auÀsi  un  instrument  de  Chirurgie , 
dont  on  se  sert  pour  conduire  le  cautère  actuel 
bur  l'os  Unguis  dans  l'opération  de  U  listule 
lacrymale. 

On  appelle  en  Botanique,  Fleurs  en  enfoii- 
noi)-  y  Des  Heurs  qu  i  ont  la  forme  d'un  entonuoir. 

ENTORSE,  s.  f.  Il  a  la  même  signification 
que  Détorse.  Se  donner  une  entorse.  Il  s'e.1 
donné  une  furieuse  entorse  au  poignet ,  au  pied. 

On  dit  figmémeut  et  familièrement  d'Un 
hoiiime  en  place,  eji  charité,  en  faveur,  dont 
DU  a  diminué  par  quelque  moyen  l'autorité  ou 
le  crédit,  qu'Où  lui  a  donne  une  entorse.  Cet 
bomnie  se  croyoii  bien  établi  dans  le  poste  où 
il  êtoit,  mais  on  lut  a  donné  une  rude,  une 
terrible  entorse. 

On  dit  d.ins  le  mâroe  sens,  Sa  fortune,  son 
crédit  a  souy^.'  rt  une  rude  entorse. 

On  dit  aussi ,  Donner  une  entorse  à  un  t«xt£, 
ù  un  passaije,  pour  diic,  Le  détourner  de  son 
vrai  seiis,  de  sou  sens  nuturci,  et  lui  faire  ti- 
gniticr  autre  chose  que  ce  qu'il  signifie. 

ESTOUTILLEMENT.  s.  masc.  (On mouille 
les  L  dans  ce  mot  et  le  suivant.)  L'action  de  ce 
qui  s'entortille  autour  de  quelque  cliose,  l'état 
d'une  chose  entortillée  autour  d'uue  autre. 
L'entortillement  d'un  serpent.  L'entortiHement 
du  lierre,  de  la  vigne. 

Il  se  dit  au  figuré  Oc  l'embarras  et  de  l'obs- 
curilé  du  style.  Il  y  a  de  l'entortillement  dan- 
cette  phrase. 

EMXJRTILLER.  v.  acl.  Envelopper  dans 
quelque  chose,  envelopper  tout  autour  en  tor- 
tillant. Entorlitîe:  ceid  dans  du  papier.  S'en' 
tort iller  dans  son  niantedu,  dans  sa  couverture. 

Un  dit  Des  dioscs  qui  s'aitachcnt  à  d  autrrc, 
G4. 


5o8  ENT 

en  faisant  plasîeurs  tours,  quElles  s'y  entor- 
tillent. Ce  serpent  $' entortille  autour  de  ma 
jamhc.  La  vigti£ j  Je  lierre  s'entortille  autour 
des  ormes. 

Figurémcnt  il  s«  dit  pour,  Tonslruire  une 
pcriodf,  ou  exprimer  ses  i(î»'cs  dune.manitTf 
cmi-arrassée,  obscure,  trop  recherchée.//  en- 
tortille ses  phrases  de  façon  (ju'on  n'y  entend 
rien. 

ENTonnuÉ,  ke.  participe. 
On  dit  figurémcnt,  Période  entortillée,  un 
style   entortillé^  une  pensée   cntortillcCj  pour 
dire,  L'n   st)  le   embarrasse,  une  pensée   con- 
fuse ,  etc. 

ENTOUR.  s.  m.  Environs,  circuit,  l!  nVsl 
d'usage  qu'au  plurich//s'c5t  assuré  des  entoura 
de  h  Place. 

Onditfigurcnient,Lc5en(oar5  de  (judt^.i'un^ 
pour  dire,  Ceux  qui  vivent  dans  sa  faniili;i~ 
cité,  sa  soGÎcté  intime,  et  qui  ont  quelque  ac- 
dit  sur  lui.  Cet  homme  est  (jouverné  par  ses  en- 
tours. 

Od  dit  figurément ,  qu't/n  homme  sait  hicn 
prendre  Îc5  cnïour.'!,pour'dire, qu'il  sait  mettre 
dans  ses  intcri--t5  ceux  qui  out  du  crédit  sur  l'es- 
prit des  personnes  dont  il  a  besoin. 

ENTOURER.  V,  act.  Environner,  ceindre. 
Entourer  une  Ville  de  murailles.  Le  Pritia 
étoit  entouré  de  ses  Gardes^  des  Seiqneurs  de 
sa  Cour. 

EBTOunÉ,  ÉE.  participe. 
On  dit  iGgurcnicnt,  qu't/n  homme  est   mal 
^nfouré,  pour  dire,  que    Les   personnes   avec 
lesquelles  il  vit  habituellement, neméritenlpai 
sa  confiance,  lui  donnent  de  mauvais  conseils. 
E>'TOUR>'UUE.  s.  fém.  Échnncrure  d'une 
maiichc,  dans  la  partie  qui  touche  à  l'aisselle. 
ENTlî'ACCUSKR,  avec  !e  pronom  person- 
nel, s'ENTR'ACCUSER.  v.  S'accuser  l'un  l'au- 
tre. Ils  s'entr^accusoient  de  crimes  énormes. 

ENTR'ACTE.  s.  m.  Espace,  intervalle  qui 
est  entre  deux  actes  d'un  Drame.  Il  y  a  plu- 
sieurs évcnemens  que  Von  suppose  s'être  passci 
pendant  le^  entractes. 

On  appelle  aussi  Enlr^actes ,  Ce  qui  se  chante, 
se  joue,  ou  se  représente  entre  les  actes  d'une 
pièce  de  TliéAtre,  pour  délasser  les  spectateurs. 
H  y  uvoit  des  danses  pour  entr^actes.  Ln  des 
entr^actcs  etoit  une  noce  de  villaqe. 

ENTK'AlI-lER  ,  avec  le  pronom  personnel, 
s'ENTR 'AIDER,  vcrb.  S'aider  mutuellement. 
Les  hommes  douant  s'entr'aidcr. 

ENTRAILLES,  s.  f.  pi.  Intestins,  boyaux. 
Avoir  les  entrailles  échaujj'ces,  les  entrailles 
hrûlées.  Humecter,  rafraîchir  les  entrailU-r^. 
Des  vapeurs  f|ia  i>ien?ient  des  entrailles.  Il  a 
une  colique  qui  lui  déchire  les  entrailles.  On  a 
porté  son  cœur  dans  une  telle  Ëolise ,  et  ses  en- 
trailles dans  une  auU'e. 

Il  se  prend  quelquefois  dans  un  sens  plus 
{?,én^ral  pour  Tous  les  visc<îrcs,  toutes  les  par- 
ties enfermées  dans  le  corjis  des  hommes  et  des 
animaux.  On  Va  ou\'ert,  et  on  lui  a  trouvé 
tontes  les  entrniiles  fort  saines.  Les  Patens  con- 
Miltoient  les  cnlrailîes  des  anima:tx. 

Il  signifie  aussi figurcincnt, Tendre aOùction. 


ENT     . 

Entreilles  paternelles.  Cette  femme  a  des   er>- 
traillcs  de  mère  pour  cet  enfant. 

On  dit  figurément,  qnUn  homme  a  des  cn^ 
trailles,  pour  dire,  qu'il  a  un  cœur  trtstendre 
et  très-sensible  pour  ses  amis,  pour  ceux  qui 
souffrent. 

On  dit  au9si  fî^urément,  Entnnllr^ ,  pour, 
Sa  funulle,  son  enfant.  C'est  un  homme  armé 
contre  ses  propres  entrailles. 

On  dit  en  langage  mystique.  Les  entrailles 
de  la  miséricorde  de  Dieu,  pour  dire,  La  ten- 
dresse et  la  bonté  que  Oieu  a  pour  les  hommes. 

On  dit,  qu't/rfc  Acteiu-  a  des  entrailles,  pour 
dire,  qu'il  rerd  avec  chaleur  et  vc'rité  les  rôles 
pathétiques,  les  choses  de  scnsiljilité. 

Entrailles,  se  dit  encore  figurcincct  l^M 
lieux  Il-s  plus  profonds  de  la  terre.  On  fcuilU 
daiii.  les  entraillfis  de  la  terre  pour  en  tirer  /ci 
métaux. 

L'in'R'AliMER,  verbe  qui  ne  s'emploie  qua 
vec  le  pronom  personnel ,  s'ICISTR'AlAIER 
S'aimer  l'un  l'autre.  Ils  s"* entr'aiment  depuis 
lonj-temps, 

ENTRAÎNEMENT,  s.  m.  Action  d'entraî- 
ner, ou  l'état  de  ce  qui  est  entraîne.  Une  se  dii 
ç;u6rc  qu'au  figiu'é.  L'entraînement  des  pns* 
sions,  de  l'habitude ,  de  l'exemple.  Ce'Ae  Tra' 
(jedie  a  produit  h  plus  qrand  effet,  et  l'cntraU 
ncment  a  éfé  qéncral. 

ENTRAÎNER,  v.  act.  Traîner  avec  soi.  Les 
torrens  entraînent  tout.  Le  déqel  est  venu  tout 
à  coup,  et  la  débdclc  a  entruiné  tous  les  ha' 
te  aux. 

Il  se  dit  fîgurdm.  De  tout  ce  qui  nous  porte 
Il  quelque  chose  avec  force,  et  comme  malgré 
nous.  Cet  Orateur  entraîne  tous  les  cspritf!.  I\ 
a  dit  de  si  fortes  raisons  quHl  a  cnti-atné  tou\ 
le  monde  dans  son  sentiment.  La  passion  l'a 
entraîné.  L^cxemple  entraîne  souvent.  Le  pen- 
chant nous  entraîne.  Le  temps  nous  cntrflîne. 
L^occasîon  nous  entraîne  malqré  now:.  Entraî- 
ner les  suffraqes.  Entraîner  les  cœurs. 

On  dit,  qu'Une  chose  entraîne  arec  elle  det 
suites  fort  fâcheuses,  pour  dire,  qu'Elle  caus« 
bcaucoupde malheurs.  La  guerre  entrniticavci 
cllcj  upiès  elle  hicn  des  maux. 

ENrnAÎNÉ,  TE.  participe. 

ENTRANT,  ANTE.  adj.  Insinuant,  enga- 
geant. Un  liomme  dont  le  caractère  a  je  ne  sait 
quoi  d  entrant.  Il  est  de  peu  d'usage. 

EN TK'APPELl^R  .  verbe  qui  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  personnel,  s'ENTR'.iPPE- 
LER.  S'appeler  l'nn  l'auirc.  Dans  ce  désordre 
et  dans  l'obscurité  ils  .s'cntr^appeloicnt. 

EYIR AVAILLÉ,ÈE. adj. Termede  Blason. 
Il  se  dit  Des  oiseaux  qui  ont  un  bâton  passiî 
entre  les  ailes  ou  les  pieds, 

ENTRAVER.  V.  a.iMcttrc  des  entraves.  En- 
traver un  cheval. 

On  dit  figurément,  Entraver  j  pour  dire. 
Arrêter  le  mouvement,  embarrasser  la  niQrcln; 
de  quelque  chose.  Des  fxirmcs  trop  minuticusef. 
ntlruvent  les  affaires.  Il  cherchait  à  entraver 
par  des  chicanes  le  jyj'ogrcs  de  la  procédure,  de 
la  négociation. 

Enthavé,  tE.  participe. 


ENT 

ENTR'AVERTIR,  verLe  qui  ne  s'emploie 
(qu'avec  iepronom  personnel,  b'ENTR  AVERr 
TIR.  S'avertir  mnluellenient.  Ils  firent  des  feu.x 
sur  les  montaqncs  pour  s'entr  avertir. 

ENTRAVES,  s.  f.  pi.  Ce  qui  sert  ù  lier  les 
jambes  d'un  clieval,  ou  pour  le  dresser  à  l'om- 
ble, on  pour  l'empêcher  de  s'éloigner  trop 
du  lieu  ou  Ton  veut  qu'il  paisse.  Mettre  des 
CNtrflfes  à  un  cheviil. 

n  signifie  figurément.  Obstacle,  empêche- 
ment. Cet  homme  s^est  donné  des  entraves  à 
lui-même. 

Il  se  met  aussi  quelquefois  au  singulier  en  ce 
sens.  La  jeunesse  est  nfifurellcmenï  emportée, 
elle  fl besoin  de  quelque  entrave  qui  lareticnne. 

ENTRE.  Préposition  de  lieu.  Au  milieu  ,  ou 
ti  peu  prt'S  au  milieu.  71  étoit  assis  entre  nous 
deux.  Il  sVsT  venu  mettre  entre  ces  deux  hom- 
mes qui  se  battoient.  l'itampes  est  entre  Paris  cl 
Orléans.  Entre  les  deux  mers.  Entre  les  deux 
rives.  Ce  bataillon  se  trouvait  entr.e  deux 
feux. 

On  dit  proverbialement, 5c  mcffre , ïs fron- 
i^er  enirc  deux  selles,  le  cul  par  terre. 

On  dit  familièremeint.  Cela  soit  dit  entre 
nous-  et  même  ab.^olument,  Enïre  nous,  pour 
dire,  Que  cda  ne  soit  point  redit  à  d'autres. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Entre  vous  et 
moi,  je  ne  crois  pas  que  ce  mariaqc  se  fasse. 

On  dit  aussi,  Regarder  quchpi  un  entre  deux 
yeux^  pour  dire,  Le  regarder  fixement. 

On  s'en  sert  aussi  dans  les  choses  morales. 
La  vertu  est  entre  dcuv  a'ice.N.  Il  se  trouvoit 
filtre  deux  cxtrémilês  fdcl-.euses. 

On  dit  d'Un  homme  dont  ln  vie  est  dans  un 
danger  imminent,  qu7/  est  entre  la  vie  et  la 
mort. 

On  dit,  "Mettre  un  homme  entre  quatre  mu- 
lailles.  pour  dire,  Le  mettre  en  prison. 

Il  signifie  aussi  Parmi.  Il  a  été  trouvé  entre 
les  morts.  Entre  tontes  les  merveilles  de  la  na- 
ture, il  n^y  en  a  point  de  plus  admirable  que... 
Il  fut  choisi  entre  tous  les  autres. 

Entre  autres,  est  une  façon  depailer  adver- 
biale et  elliptique,  qui  indique  une  désignation 
jiarticulière  d'une  personne  ou  d'une  chose 
parmi  d'autres  personnes  ou  d'autres  clioses. 
J\ii  vu  les  plus  heaiuc  tahleaH,Tde  Rome, entre 
autres  la  Transfiquration  de  Raphaël. 

Il  veut  dire  encore,  Dans,  en.  Je  le  remet- 
trai entre  vos  mains.  Il  est  demeure  entre  mes 
mains.  Il  se  met  aussi  avec  la  pri'qiosîtîon  de. 
On  Va  retiré  d'entre  ses  mains. 

Il  se  dit  au.sîïi  De  ce  qui  est  dans  tout  l'es- 
pace enferme  par  les  deux  extnhnités  dont  on 
parle.  Entre  les  deux  pôles.  Entre  le  ciel  et  la 
terre.  Entre  Paris  et  Rome. 

\\  se  dit  encore  Du  temps,  Entre  onze  heu- 
res et  midi.  Entre  ci  et  demain.  El  l'on  dit, 
Entre  deu.x  soleils,  poxH"  dire,  Entre  lo  lever 
et  le  coucher  du  soleil. 

On  dit  aussi  yH  y  a  procès ,  querelle,  inimi- 
tié, liaison,  intelligence  entre  ces  dcu.c  /lom- 
mes ,  pour  dire,  qu'ils  sont  en  proci-s,  en  quc- 
lellc,  en  inimitié,  en  liaison,  en  intelligence. 

On  dit  aussi,  Il  y  a  ceUc  dijfacnce  entre 


ENT 

MU  chose  ei  telle  nuire,  pour  dire,  Jl  y  a  cette 
diflereucc  dune  telle  cliose  avec  une  autre. 

Oii  dit  dans  le  nicme  secs,  Il  y  a  entre  ce 
Aeux  c/ioses,  entre  ces  deux  hommes  la  même 
différence,  tju'entre  le  jour  et  h  nuit. 

0:i  se  sert  aussi  de  celte  préposition  pour 
exprimer  ce  qui  tient  de  deux  choses.  Le  ijris 
est  entre  le  hlunc  et  le  noir.  Et  en  ce  sens  on 
dit  proverbialement,  Entre  chien  et  loup,  poiu' 
dire,  Celte  partie  du  soir  qui  tient  du  jour  el 
'de  la  nuit.  On  dit  aussi  de  munie,  Enlie  doux 
et  haqard,  pour  dite,  Qui  tient  de  l'un  et  de 
l'autre. 

Cette  préposition  est  une  de  celles  qui  en- 
trent dans  la  composition  des  noms  et  des  ver- 
bes. Enlre-(Jeua:.t"nlrc/(iild4i.£nlr'iicl«.£nlri> 
mets.  Entrecouper.  Entrelacer,  etc. 

DiDS  les  verbes  où  celle  préposition  esl 
jointe  avec  le  pronom  personnel,  elle  signilii 
Une  action  réciproque.  5'enlre  nuire.  5'enlrc- 
lallre.  S'enli'uimer.  5'enlre-sccourir.  5'enlrO' 
elioouer,  etc.  On  ti  cuvera  dans  leur  ordre  ceui 
qui  sont  les  plus  usités. 

E>TnE ,  signiGe  aussi  dans  la  composition 
de  quelques  verbes  ,  Une  aclion  diminutivc 
Enlr'ouwir,  Entr'ouir,  Enlrcwir,  pour  dire. 
Ouvrir,  ouïr,  et  voir  à  demi. 

E^TKE-B.MLLER.  v.  a.  Entr'ouvrir  légc- 
cemcnl.  Enlrc-i)ailicr  une  porte. 

E»Tit£-BAiLLL,  ÉE.  participe. 

EN  l'RE-BAILLÉ ,  ÉK.  adj.  Il  ne  se  dit  qn« 
d'Une  porte  ou  d'une  fenêtre  qui  n'est  pas  en- 
tièrement fermée.  Il  faut  laisser  cette  porte  en- 
te-baitlèe, 

ENfRE-BAISER  ,  v.  qui  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  personnel,  s'ESTRE-B.VI- 
SER.  Se  baiser  l'un  l'autre.  Ils  s'entre -baisen\ 
avec  une  (jrande  affection. 

EMRECHAT.  s.  m.  Sorte  de  mouvement 
qu'on  fuit  dans  la  danse  li.uite,  où  le  danseui 
croise  les  janihet  à  plusieure  reprises  pendant 
qu'il  est  en  l'.'iir.  Il  fait  fnrt  bien  Us  intrechuts. 
BatL-e  un  entrechat.  Entrechut  à  six,  à  huit. 
Un  entrechat  bien  passé. 

E>'ÏRE-CHO(JUER,  verbe  qui  ne  s'em- 
ploie qu'avec  le  pronom  personnel.  S'ENTRE- 
CHOQUER. Se  choquer  l'un  l'autre.  En  cou- 
rant ils  se  sont  entrechutjués. 

Il  sipniGr  l);.;urénient,  Se  contredire  avec  ai- 
greur, s'opposer  l'un  i  l'autre  pour  se  nuire. 
Ces  deux  hommes  ne  songent  au'à  se  détruire 
l'un  l'autre,  ils  ne  font  aue  s'entre-choquer. 

ENTRE-COLONNE,  ou  ENTRE-COLON- 
NEMENT.  ».  m.  Terme  d'Arcbitcclurc.  L'es- 
pace qui  est  outre  deux  colonnes.  Les  Archi- 
teetcs  ne  se  servciil  guère  de  rc  mot  qu'au  plu- 
riel. Dans  les  entre-colonnes. 

E.N'IRE-CÔTE.  s.  m.  Morceau  de  viande 
conpc  entre  deux  cotec  de  bceuf .  Cet  entre-céte 
cri  fc-és-leiidre. 

ENTRECOUPER,  v.  a.  Couper  en  divers 
endroits ,  par  divers  endroits.  Les  canaux  qui 
antrecoufcnt  les  j'.ir.liiK,  h,  rendent  plus  afjréu- 
lies.  Ce  pays  est  tout  entrecoupé  de  ruisseaux, 
de  collines. 

On  dit  Ggurément ,  qu  Un  diseours  est  en- 


ENT 

trecouyi  de  digressionsy  de  citations,  deparen 
thèses. 

On  dit ,  que  Ses  soupirs  entrecoupoient  si. 
voiXj  ses  paroks. 

s'EMxnECOUPEn,  se  dit  Des  chevaux  et  au- 
trc<;  animaux  <]ui  se  blessent  en  se  frottant  un 
[)ii'd  contre  l'autic  quand  ils  marchent.  Ce  che- 
val est  sujet  à  s'entrecoupa:  Ce  mulet  s^cnUe- 
coupe  des  pieds  de  devant. 

On  dit  plus  ordinairement,  Se  coupe. 

EnthecoupÉt  ée.  participe.  Style  entrecoupé. 
Voix  entrecoupée. 

KNTIÏK-DEUX.  s.  m.  Partie  qui  est  au  mi 
lieu  de  deux  choses  avec  lesquelles  elle  a  rela- 
tion ou  contiguïté.  On  a  âté  l'entre-deux  qui 
sépuroit  ces  deux  chamh-cs.  Dans  Ventre-deux 
de  ces  deux  pilotis.  L^entre-deux  des  épaules. 

On  appelle  Entre-deux  de  morue,  Là  partie 
qui  est  entre  la  tète  et  la  queue. 

Entre-detLCy  s'emploie  adverbialement  dans 
ces  phrases  ou  d'autres  semblables  :  Ce  mouton 
est-il  tendre  ou  dur?  Entre-deux,  lail-ii  froid? 
Entrc-dcux. 

ENTRE-DONNER,  verbe  qui  ne  s'cmploia 
çu'ûvcc  le  pronom  personnel,  s'ENTRE-ÏXJN- 
NER.  Se  dcnuer  mutuellement  quelque  cliose. 

ENTREE,  s.  f.  Le  lieu  par  où  l'on  entre, 
L'enttée  de  la  Ville.  Ventrée  de  la  matwn. 
L'entrée  de  l'Eglise.  L'entrée  du  pont.  Boucher, 
fermer  Ventrée.  Entrée  étroite^  large^  obscure, 
claire.  Dès  Ventrée.  Tout  à  Ventrée.  Cette  mai- 
son est  belle  ^  mais  Ventrée  en  est  incommodCi 
en  est  vilaine. 

On  dit  aussi  :  L'entté<i  d'un  chapeau,  d'um 
lotte,  d^un  soulier,  d'une  manche j  etc.  Cei 
lottes  sont  trop  larges  d'entrée.  L'entrée  d'un; 
lerrure. 

Il  signilîe  aussi  L'action  d'entrer.  II  entra 
dans  la  chambre^  et  à  son  entrée,  dès  son  entrée, 
on  reconnut  (ju'il  avait  du  chagrin.  Se  trouver 
à  l'entrée  des  Juges. 

11  se  dit  encore  plus  ordinairement  De  Tac- 
lion  d'entrer  solennellpmenl  dans  une  Ville. 
L'entrt'e  du  Hoî.  L'entrée  de  la  Reine.  Uenlrét 
du  Légat.  L'entrée  d'un  Ambassadeur,  d'un 
Gouverneur  de  Province,  etc.  Faire  son  entrée 
dans  une  Ville.  Faire  son  entrée  publique. 

Il  veut  dire  aussi  La  réception  solennelle 
qu'on  fait  à  un  Roï,  à  une  Reine,  h  un  L^gat, 
etc.  lorsiju'ils  entrent  en  cérémonie  dans  une 
Ville.  On  fit  une  magnifique  entré*  à  ce  Prince, 
à  cette  Princesse. 

Enthkes,  au  pluriel,  se  dit  aussi  Du  droit 
qui  est  attaché  ^  certaines  Charges,  ou  accordé 
i  certaines  personnes,  de  pouvoir  entrer  dans 
la  cliambre  du  Roi  ii  de*  heures  au  les  autie^ 
Courtisans  n'entrent  point.  Cette  C'iarqc  donne 
(oiitci  les  entrées.  Cet  Ojjicier  a  vendu  fo 
Charge,  et  lePrince  lui  a  conservé  les  entrées. 
Avoir  les  entrées.  Prendre  ses  entrées.  Il  y  a  le 
grandes  et  la  petites  entrées.  Les  entiers  de  la 
chambre. 

Esrnix,  se  prend    au^si  quelquefois   poui 

Séance  dons  un  lïibunal,  aux  États,  dans  une 

C  Diélc.  dans  mte  As-w-mbléc.  Le  Gouverneur  de 

Paris  a  entrée  au  Parlement.  Ccpritice  a  entrée 


ENT  5or, 

à  la  Diète.  Ce  Baron  na  point  d'enlréc  uuc 
Ëtats. 

On  dit  d'Un  homme  qui  entre  sans  payer  h 
l'Opéra,  h  la  Comédie,  qi//!  a  son  entrée,  «es 
entrées  à  TOpéni,  à  la  Comédie. 

Il  signifie  aussi  figurcm. ,  Occasion,  ouver- 
ture. L*hérésie  de  Luther  a. donné  entrée  à  une 
infinité  d'autres  erreurs.  Cet  incident  a  donné 
entrée  à  la  proposition  que  j'ai  faite.  Le  luxe 
a  donne  entrée  à  beaucoup  de  désordres.  Cela 
lui  a  donne'  entrée  dans  les  bonnes  grâces  du 
Vrijice. 

Il  bi^niûc  fîgurémcnt,  Commencement.  .4 
l'entrée,  vers  Ventrée  de  Vhîvcr.  Dès  l'entrée  du 
repas.  À  Vtntrée  de  son  discours,  .i  Ventiée  du 
livre.  L'entrée  de  son  Pontificat. 

On  dit  aussi,  Dés  Ventrée  de  taMe,  pour 
(lire.  Dès  le  coinnieuccmcnt  d\i  repas. 

EsTni'^K,  se  oit  aussi  Ile  certains  mets  qui  se 
servent  nu  commencement  du  repas.  Les  potages 
L'tûient  bons  j  mais  les  entrées  ne  valaient  rien. 
Il  y  avait  tatit  de  plats  d'entrée.  Tourte  d'en- 
trée ,  etc. 

EuxnÉE,  signifie  Le  droit  qu'on  paye  pour 
les  marchandises  qui  entrent  dans  une  Ville, 
dans  une  Province,  dans  un  Royaume,  etc. 
Payer  Ventrée,  les  droits  d'entrée.  L'entrée  du 
vin.  Droits  d'entrée  el  de  sortie.  Cela  paye 
entrée. 

Entrée  de  Ballet.  Partie  d'un  Ballet  dai»- 
sant,  laquelle  Y  fait  le  mtïnic  cfTiitque  les  scènes 
dans  les  pièces  dramatiques.  Il  se  dit  aussi  Dca 
at-tes  d'un  Opéra-Jîallet ,  lorsque  chaque  acte 
est  un  sujet  détaché.  La  première,  la  seconde 
entrée. 

On  dit  proverbialement  et  fièrement  d'Vn 
homme  qui  entre  dans  une  compagnie,  et  qui 
en  sort  aussitôt  après  avoir  fait  ou  dit  quelque 
chose  de  ridicule,  de  mal  à  propo:» ,  qu'il  a  fait 
une  belle  entrée  de  ballet,  une  étrange  entrée 
de  ballet. 

On  dit  adverbialement,  D^entrée,  pour  dire, 
D'abord.  Il  nous  dit  d'entrée  trois  ou  quatre 
fausses  nouvelles.  Il  est  vieux. 

On  dit,  D'entrée  de  jeu,  pour  dire,  Dt»  le 
commcDcement  du  jeu.  Il  se  mit  à  jouer,  et 
d^entrée  de  jeu  il  perdit  la  moitié  de  son  argent. 

On  dit  figurémeiit  et  familièrement,  D'entrée 
de  jeu,  pour  dire,  D'abord.  D'entrée  de  ju  il 
se  mit  en  colcrcf  D'cntrcc  de  jeu  il  ft  paroitrc 
son  extravagance. 

ENTREI'WrrES.  8.  f.  pL  Ce  mot  ne  se  dit 
que  dans  ces  manières  de  parler  adverbiales  : 
Dans  ces  entrefaites,  sur  ces  entrefaites,  pour 
dire,  Pendant  ce  temps- li.  pendant  que  Les 
choses  étoicnt  dens  un  lel  élaL  Un  ne  l'emploie 
puère  qu'au  pluriel.  On  dit  ce[>cndanl  quek|ue- 
fois,  Dans  Ventrtfaite,  dans  cette  cntrefaitc. 

ENTRE-FRAPPER.  verbe  qui  ne  s'emploie 
:ju*avcc  le  pron.  personnel,  s'tMRE-FRAP- 
PER.  Se  frapper  l'un  l'aulre. 

ENTREGENT,  s.  m.  Manière  adroite  de  se 
conduire  dans  le  monde.  C'ct  homme  ne  ^era 
pas  fortune,  il  n'a  point  d'entregent.  Il  ett  do 
style  familier. 

EXrn'ÊGORGER,  verbe  qui  ne  s'cmploi» 


5ix)  '  EXT 

qu'aveo  le  pronom  personnel,  s'ENTR'ÉGOR  , 
i;ER.  S'égorger  l'un  l'auU'c.  Voyez  Ecom.En. 
EyrUELACliMENÏ.  s.  m.  J.Vt.a  de  plu 
ïii'iirs  choses  entrelacées  les  unes  d.inslejoulrcs 
La  eiitrcUcemens  de  ces  c/u|'|lts  sont  faits  avei 
t  ejucoup  d^aft. 

ENTRELACER,  t.  art.  Enlarcr  l'un  dans 
l'autre.  Entrelacer  des  hrancises  d'aihrcs  Vum 
dans  l'autre.  Entrehicer  les  cheveiix  de  rubans, 
lia  Ikurs,  de  ficries,  de  diamaiis. 

Oii  (lit  li'urcment,  i'nlreiacer  un  discours 
ic  citations,  de  moralités,  etc.  pour  dire,  Y  en 
faire  entrer,  y  en  méler„ 

Entiiki  ACB,  ÉE.  parlitipe.  "" 
ENTRELACS,  s.  m.  (On  ne  prononce  pas 
le  C  )  so  dit  de  plusieurs  cordons  ou  cLiflics 
ènlaci;s  l'un  dans  l'autre, qui  font  un  ornenjciil 
dans  l'Architecture.  Voilà  un  entrelacs  bien 
(ait. 

ENTRELARDER,  v.  a.  Piquer  de  lard  une 
viande.  Il  faut  entrelarder  cette  viande  pour 
on  faire  une  daube. 

Il  se  dit  figurément  en  parlant  De  certiiines 
clioses  à  manger,  lorsqu'on  y  entremêle  de  ccr 
tains  ingrediens.  En(re/ar<?ep  un  pâté ,  uni 
ilâu5e,  un  pain  d^épice,  etc.  de  clous  de  giro- 
fle, de  cannelle,  d'écorce  de  citron,  etc. 

Ou   dit  figurém.  Entrelarder  un  discours, 
un  cuvraqCj  de  vers,  de  passa(jes  Grecs  ou  La- 
■  tins,  pour  dire,  Y  insérer  des  vers,  des  pas- 
sages Grecs  ou  Latins.  11  est  du  style  familier. 
ENTDELAr.DÉ ,  ÉE.  participe. 
Oïl    ïîppellc  Une  viande  entrelardée  ,  Vue 
7iandc  méléo  de  gras  et  de  muijrc. 

ENTRE-LIGNE,  s.  m.  signifie,  comme  In- 
Jwligne,  L'espace  entre  dcut  lignes.  Il  ne  jaut 
vas  écrire  dam  Ventre-liffne. 

Il  signifie  aussi  Ce  qui  est  &ril  dans  cet  es- 
pace. Il  est  défendu  aux  Notaires  décrire  en 
entre-ligne,  il  faut  iju'ils  fassent  des  renvois  cl 
des  apostilles  paraphées  des  Parties. 

ENTRE-LUIRE.  v.  neut.  Luire  à  demi.  On 
opoyoil  la  Lnne  entie-lu\re  à  (riwer.';  les  /cuil- 
lages  des  arbres. 

ENTRE-MANGER,  verlw  qui  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  personnel,  s'ENTRJ".  5IAN 
GER.  Se  manger  l'un  l'autre.  Vo3e;  Mangeh. 
KNTREArÈLER.  v.  a.  Insérer,  mêler  une 
clioscavec  d'autres. /!  faut  cnlreniclcr  icsoinn- 
aers  et  les  citronniers.  Entremêler  des  fltun 
rounes  parmi  les  blanches. 

Il  se  dit  aussi  au  figuic.  //  ne  faut  point  en- 
tremêler des  questions  si  dijljèrentes. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel, 
et  lignifie  dans  le  style  familier,  S'entremellre. 
ENTREMETS,  s.  m.  se  dit  proprement  De 
oc  f^fU'  se  sert  sur  table  après  le  rôti,  et  avant 
le  fruit.  Après  cela  on  servit  l'enlremcls.  On 
apporta  l'entremets.  Il  y  avoit  tant  de  plais  el 
(uni  «î'asstcllcs  d'entremets.  On  servit  à  l'en- 
lremcls, pour  l'entremets.  Pendant  qu'on  éloil 
à  t'entremets. 

ENTREMETTEUR ,  EUSE.  s.  Celui ,  celle 
oui  s'entremet,  qui  s'emploie  dans  une  nllàirc 
entic  deux  ou  plusieurs  personnes.  Il  a  été  l'en- 
trciiirilciir  de  cette  ajfiire. 


ENT 

On  ne  s'en  sert  f^uèie  au  féminin  qu'en  maa- 
v.'iise  part,  et  en  pailai't  d'Une  pcrsoune  qui  93 
nitMc  de  quelque  commerce  illicite. 

KNTaKiMKïTUl-:,  verhe  qui  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  personnel,  S'ENTREMET- 
TKE.  S'employer  pour  une  chose  qui  regarde 
l'intérêt  d'un  autre.  Il  s'csl  entremis  pour  les 
accorder.  Il  s'entremet  pour  lui  faire  avoir  sa 
(jnlce. 

Cn  dit  aussi,  5'entremeflre  Sfune  affliire. 
pour  dire,  Se  mêler  d  une  âfïàire,  agir  dans 
une  aOCiire,  et  entrer  pour  cela  en  négociation 
;ivec  ceux  qu'elle  regarde  principalement.  C'est 
une  aj^iiire  dont  il  sVsî  entremis  long- temps 
vour  accommoder  les  Parties.  S' entremettj-e  des 
affaires  jnihliques.  H  s[est  entremis  de  leur  ac- 
commodement. Il  s*en  est  entremis  d'ofjicc. 
C'est  un  homme  (jui  s^cntremet  de  beaucoup  dt 
ihoses. 

E>'TREMISE.  s.  fém.  Interposition,  action 
d'une  personne  qui  interpose  ses  offices,  son 
crédit,  etc.  Il  se  sa'vit  de  lentremiae  d'un  te 
uour  y  réussir.  Cela  se  fit  par  son  entremise. 
La  paix  se  fit  par  l'entremise  des  Pm'ssancfi 
neutres.  L'Empereur  offrit  son  entremise. 

Jl  signifie  quelquefois  simplement,  Minis- 
:ère,  médiaùoD  par  laquelle  une  chose  se  fait. 
Dieu  a  sow^ent  déclaré  sa  volonlé  aux  hommc\ 
\>ar  l'entremise  des  Anqes. 

ENTRE-NUIRE  ,  verbe  qui  ne  s'emploii 
ju'avee  le  pron.  personnel,  s'EINTREKUlRE. 
^e  nuire  l'un  îi  l'autre. 

KMKEPAS.  s.  m.  Allure  d'im  rliev^l .  la 
[urllc  approche  de  l'amble.  Ce  cheval  va  Vcn^ 
^•epas.  Vu  bon  entrepas. 

ENTRE -PERCER,  verbe  qui  ne  s'enqiloio 
ju'avec  le  pronom  personnel,  s'E>'TRE-PER- 
î;ER.  Se  percer  l'un  l'autre.  Ces  deux  liommei 
i'entre-percèrcnî. 

ENTREPOSER,  v.  a.  Déposer  dans  un  lieu 
les  marchandises  dcitiaées  à  être  porlées  ail- 
leurs. 

Entkeposé,  ée.  participe. 
ENTREPOSEUR,  s.  m.  Commis  des  Fermes 
générales  1  qui  vend  le  tabac  aux  di-ljitans. 

Il  se  dit  aussi  De  celui  qui  est  commis  à  b 
{.irde  des  marchandises  entreposées. 

ENTREPÔT,  s.  masc.  C'est  un  Heu  où  l'on 
met  en  dépôt  des  marchandises  qwe  l'on  veut 
porter  ailleurs.  C*e$t  un  bon  entrepôt.  Un  lieu 
iTentrcuoI.  Une  Ville  d'entrepôt.  Entrepôt  de 
tabac. 

ENTREPRENANT,  ANTE.  adj.  Hardi,  qui 
se  porte  aisément  à  quc]({ue  entreprise.  Ce  Gé- 
néral d^rmée  est  entreprenant. 

Il  se  prend  quelquefois  en  mauvaise  pavt, 
et  signifie  Témériiirc,  et  qui  entreprend  sur  h 
droit  d'aulrui.  Cet  homme  est  querelleur  et  en- 
treprenant. Cet  homme  est  trop  entreprenant. 
H  esl  d'/iu»icur  entreprenante. 

ENTREPRENDRE,  v.  act.  (Il  se  conju^mi 
comme  Prendre.)  Prendre  !a  ré.iolutiou  de  faire 
quelque  chose,  quelque  action,  quelque  ou- 
vrage. Etilreprendre  une  hcsofjne^  un  voyaijc, 
un  bâtiment^  nue  guerre. Entreprendre  de  tra- 
duire^ d'cjcpliQucr  un  Auteur.  Il  a  entrepris  de 


ENT 

forcer  cette  Place,  Ce  Prince  est  venu  à  bout 
de  tout  ce  qu'il  a  entrepris. 

Il  signifie  aussi ,  S'engager  à  qtielque  chose  i 
certaines  conditions.  Il  a  entrejiris  de  fuumiir 
les  vivres  pour  un  tel  prix.  Cet  Architecte  a 
entrepris  un  tel  bîltiment  pour  une  telle  somme. 

Ou  dit  famiUèrenient ,  £jib'epreniJrc  quel- 
qu'un, pour  dire.  Le  poursuivra,  le  persécu- 
ter, le  pousser,  le  railler.  Si  j'entreprends  cet 
homme-là  ,  je  lui  ferai  iioir  bien  du  pays.  Voui 
courez  grand  risque  a'clre  malmené,  s'il  votu 
entreprend. 

Il  signifie  encore,  Embarrasser,  rendre  per- 
clus. Il  a  un  rhumat'isme  qui  lui  entreprend 
luute  la  jambe, 

ENTni:pn£NDSE,  avec  U  préposition  Sur,  se 
ilit  pour,  Usurjïcr.  Ce  Juqe  entreprend  sur  la 
^urid'ict'wn ,  sur  Vautoiitê  des  Supérieurs.  71 
t'ntreprcnd  sur  son  voisin.  Il  entreprend  sur  les 
droits  de... 

Il  signifit  aussi ,  Attenter  !k.  Ce'sar  enlz-cpril 
nir  la  liberté  du  Peup'^e  liomain.  Il  a  entrepris 
uir  la  vie  d'un  tel. 

EMTiiEpnis,  I9E.  participe. 

Il  est  aussi  adjectif,  et  signifie  Embarrassé, 
pi'rclus.  J'ai  la  te'le  (ont  enbeprise.  Il  a  le  brat 
tntrepris. 

ENTREPRENEUR,  EUSE.  s.  Celui,  celle 
^ui  entreprend  à  forfait  quelque  ouvrage  con- 
iidfrable,  comme  des  fortifications,  un  pont, 
le  pavé  d'une  Ville,  la  fourniture  des  vivrea, 
lie.  etc. 

Il  se  dit  plus  particulièrement  dX'n  Archi- 
tecte qui  entreprend  un  édifice.  Vn  bon,  un 
habilelintrepreneur.Entrepieneitrdebiltimens. 

11  .s'emploie  quelquefois  au  féminin  ,  en  par- 
lant d'Une  femme  qui  entreprend  quelque  be- 
M>gne,  et  qui  a  plusieurs  ouvrières  sous  elle. 

ENTRi;PIUSE.  ».  f.  Dessein  formé,  ce  q  ic 
l'on  a  entrepris.  Une  belle,  hardie,  grande, 
tjlorieusc,  vaste  entreprise.  Entreprise  chimé- 
rique, téméraire.  C'est  une  vaine  entreprise. 
Faire  une  entreprise.  Former  une  entreprise. 
E.récuter  une  entreprise.  Venir  à  bout  d'une 
entreprise.  Manquer  son  entreprise.  Mesurer 
une  entrepr'me  à  ses  forces. 

On  dit  aussi  :  Faire  une  entreprise  de  œni- 
incrce.  Placer  son  argent  dans  une  enti  éprise 
de  commerce,  de  finances,  etc. 

ENTnEpnisE  ,  veut  dire  aussi  quelquefois 
Violence,  action  injuste,  par  laquelle  on  entre- 
prend sur  lo  bien ,  sur  les  droits  d'autrui.  C'est 
une  entreprise  sur  les  droits  de  la  Courotine. 
C'est  une  cnlrcprùe  contre  le  droil  des  gens, 
contre  lu  f'i  publique. 

]:N  ri!E-yUERELLKR  ,  v.  qui  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  personnel,  s  ENTRE-QUE- 
RELLER.  Se  quereller  luri  l'autre.  Ils  ne  font 
que  s'enire-qiiereller. 

ENIRER.  v.  n.  (Il  se  conjugue  avec  le 
verbe  elrc  aux  temps  composes.)  Passer  dn 
dehors  au  dedans.  Entrer  dans  une  chambre. 
Entrer  dans  la  Ville.  Entrer  dans  un  pré, 
dans  un  jardin.  Faire  entrer  quelqu'un  en 
quelque  lieu.  Entrer  d'un  pays  dans  un  aiitrt. 
Au  sortir  des  Alpes  ,  on  «nlr«  dant  la  Loin- 


ENT 

hardi:  Entrer  d.ms  le  yott.  Entrer  eu  yort. 
I.e  Soleil  entre  dans  Ariés  au  Printemps.  En- 
ter dans  la  lice.  Entrer  en  lice.  Chez  les  Juifs, 
il  n'étoit  yermis  <ju'au  Grond  Prêtre  d'entrer 
dar^s  le  Sanctuaire. 

Od  dit,  tjuX'n  chafcau  ne  peut  entrer, 
n'iïnïre  pas  bien  dans  la  (de,  pour  dirt^quc 
la  tête  ne  peut  eDlrer,  n cotre  pas  bicu  daos 
Iti  chapeau. 

On  dit  fif;urôment,  qu7/  ne  faut  pas  entrer 
dans  le  Sanctuaire^  pour  dire,  qu'il  ne  faut 
pas  vouloir  pom-trer  dans  les  myslèrcs  que 
Dieu  n'a  point  rcvcU-s,  dans  les  secrets  que  le^ 
Princes  veulent  cacher. 

Entrer  en  danse^  se  dit  provcrbiolemcnt  ei 
figurémcnt ,  pour  dire ,  S'cnga{;er  ou  se  tmuvci 
engage  duns  une  aflaire  ,  dans  une  intrigue  . 
dans  une  guerre  dont  on  n'a  été  lonj^-temps 
que  spectateur.  Il  s'emploie  aussi  pour  signi- 
iiei-j  Être  à  son  tour  d'agir,  de  parler,  d'Ctrc 
mis  en  jeu.  C'est  à  vous  à  entrer  en  danse. 

On  dit,  £ntrcr  en  prison,  pour  dire,  Etre 
mis  CD  prison. 

Entrer  en  Heliijion,  pour  dire,  Prtaidrc 
Piabit  de  Religieux  ou  de  Religieuse. 

Entrer  en  condition,  entrer  au  service  de 
ifuel^u'un,  pour  dire.  Devenir  domestique  de 
quelqu'un. 

Entrer  Pa^e  chez  le  Roi,  chez  un  Prince. 

Oo  dit  auss',  £n(rer  cji  charge,  pour  dire, 
Prendre  une  charge.  Il  signiGe  aussi,  Commen- 
cer \  exercer  une  cborge  dont  on  est  revêtu. 

On  dit.  Entrer  en  exercice,  pour  dise  , 
Commencer  son  annce  dexcrcice;  et  dans  ce 
sens  il  se  dit  De  tout  homiue  revêtu  dune 
ciiarge  dont  l'exercice  est  alternatif  ou  tiicnnal. 

On  dit ,  Le  J'arlement  n'entre  quaprcs  Lt 
Saint-Martin  ,  pour  dire,  L^  Parlement  ne 
recommence  6  tenir  ses  séances  qu'après  la  Saint 
Martin. 

On  dit  In  même  chose  des  autres  Cours  cl 
des  autres  Tribunaux. 

On  dit.  Entrer  à  tahle,  pour  dire,  Com- 
mencer 5  se  mettre  à  table  pour  dîner  ou  pour 
souper.  Ils  ne  font  que  d'entrer  à  table.  On  dil 
dans  le  nicme  sens  :  Le  Prédicateur  ne  fnit  ijue 
d'entrer  en  cfiaire.  Le  Prêtre  vient  d'entrer  u 
lauteL 

On  dit,  Entrer  dans  le  monde^  entrer  à  lu 
Cour,  pour  dire,  Commencer  à  paroltrc  dan 
1t  monde,  h  la  Cour. 

11  signiGc  encore,  Pcnéircr  dans  quclqni 
chose.  Le  coup  entre  bien  avant  dans  les  chairs. 
Ce  bois  est  si  dur,  i\ue  la  cognée  n'y  saurait 
entrer. 

On  dit  à  peu  près  dans  le  même  Mnfl,quTti 
bruit  entre  dans  la  t^te,  entre  dans  les  oreilles. 
pour  dire,  qu'il  inipurlune,  qu'il  étourdit 

Ou  dit  figurcment,  qu'On  ne  sauroit  rien 
fsire  entrer  dans  la  tête  d'un  homme,  pour 
dire,  qu'On  nd  uurnit  lui  rien  faire  com- 
]>rendre. 

On  dit  aussi,  qu'On  ne  j^ut  lui  faire  enber 
une  chose  datu  1j  *<fCc,  pour  dire,  qu'On  ne 
peut  la  lui  |>€rsua<lcr. 

On  dit  Ggurcmrn:,   £T(ircr  dam  k  sens, 


ENT 

dans  la  pensée  d'un  Auteur,  pour  dire,  Pén5- 
trer  dans  le  sens,  d;ins  la  pensée  d'un  Auteur. 

On  dit  aussi  fîgurt'nient.  Vous  n'entrez  p es 
dans  ma  pensée.,  pour  dire,  Vous  ne  conccvo?. 
pas  ce  que  je  \eux  vous  faire  entendre. 

On  dit  encore  figurcment.  Entrer  dans  la 
stntimens  de  (jneUiu'un,  pour  dire,  Se  confor- 
mer aux  sentimrns  de  quelqu'un.  Kt  on  dit 
dans  le  même  sens,  Jinfrer  dans  les  expédient 
tju'on  propose. 

On  dit  figurcment ,  qu't/ne  chose  n'est  ja- 
mais entrée  dans  Vaprit,  dans  lapensêe,  dan^ 
In  ft'ïe,  dans  V imaqination ,  pour  dire,  qu'On 
ne  l'a  jamais  crue ,  qu'on  n'y  a  pas  même  songé. 
//  ne  m'est  jamais  entré  en  pensée  (ju'il  pût 
m(in(jucr  à  son  devoir.  Il  ne  niVst  jamai'^  entré 
dans  l'esprit,  dans  la  tête  que  cela  pût  être.  Il 
ne  m'est  jamais  entré  dans  l'imaqînation  d« 
faire  ni  de  dire  telle  chose.  Ce  sont  de  ceschoses 
nui  ne  sont  jamais  entrées  dans  Vesprit. 

On  dit.  Cela  n^est  jamais  entré  dans  la  tête 
de  pcrscmne,  pour  dire,  qu'Une  chose  est  si 
kbsurdc  cl  si  extravagante,  que  personne  n';t 
eu  une  pareille  idée. 

On  dit,  Fiiirt'  entrer  ^ue!(jue  chose  dans  un 
traité,  dans  un  livre,  dans  un  discours^  poul 
dire ,  L'y  insérer ,  l'y  pincer. 

On  dit,  qu'Une  drogue  enti-e  dans  la  com- 
position d'un  remède,  pour  dire,  qu'Elle  fait 
partie  d  un  remède.  En  ce  sens  il  se  met  aussi 
impersonaellcmcnt  ii  entre  de  l'esprit  de  vitriol 
ians  ce  remède.  Il  y  entre  du  quinquina. 

On  dit  figincment ,  qu7i  entre  de  l'amhi- 
lion  et  de  Vintérêt  dans  nuelaue  dessein,  pour 
[lire,  que  L'ambition  et  l'intérêt  s'y  mêlent,  y 
Diit  pnrt. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Il  entre 
bien  de  l'homme  en  cela,  pour  dire,  que  C'est 
[)iir  des  considérations  humaines  qu'on  agit. 

On  dit  aussi, /2  entre  tant  de  drap^  tant 
d'êtoÇ/  dans  cet  hahit^  dans  cet  ameublement . 
pour  dire,  qu'il  faut  tant  de  drap,  tant  d'clofic 
pour  cet  habit,  poiu:  cet  ameublement. £t  dans 
loutes  CCS  dernières  phrases ,  ce  verbe  est 
rommc  impersonnel. 

On  dit,  Cfu'Vn  Auteur,  un  Prcdicatew ,  un 
Peintr»  entre  bien  dans  les  passions ,  pour 
ilire,  qu'il  les  exprime  bien,  qu'il  les  repré- 
»  nte  bien. 

On  dit  ausai,  qu'Un  Comédien  entre  Inei 
dans  la  passion,  dans  le  airactère  de  son  per- 
sonnage, pour  dire,  qu'il  paroit  ressentir  1» 
passion,  qu'il  semble  être  vcritoblement  laper 
%onne  qu'il  pcprcscnte. 

On  dit,  Entra-  dans  le  détail  des  choses, 
pour  dire,  Examiner  h-s  choses  en  détail. 

On  dil  aussi  absolument, Entrer  dans  le  dé- 
tail, pour  dire,  Expliquer  une  chose  en  détail. 

On  dit  en  termes  de  Palais, Entrer  cm  ordre 
parmi  d'autres  créanciers,  pour  dire,  Être  mis 
dans  l'ordre,  dans  le  raog  de  ceux  qui  doivent 
Lire  payes. 

Entrer  en  comparaîfon ,  en  parallèle,  pour 
dire,  Être  mis  en  comparaison,  en  parallèle. 

Entrer  en  concurrence  aifcc^urlqu 'un,  pour, 
Devenir  ion  coacurrcnu 


ENT 


fin 


On  dit,  Etilier  dans  sa  vingtième  année, 
ians  sa  Irenliéme  nniii'e,  etc.  pour  dire,  (;om- 
nicncer  ù  être  dans  ba  vingiiûme,  dans  sa  Uvn- 
tiùine  nniice. 

On  dit  figurément,  Entrer  en  preu\-e,  en 
nmtièje,  etc.  pour  dire ,  Entamer  une  preuve, 
une  matière. 

Entrer  en  j^rocès,en  qucrre,  en  débat,  es 
fonleslation ,  en  dispute,  etc.  pour  dire,  Com- 
mcuccr  un  procès,  une  contestation ,  etc.  On 
dit  dans  le  mime  sent,  £nlrer  en  explication. 

On  dit,  Entrer  en  colère,  en  furie,  pour 
dire.  Se  mettre  rn  colère,  en  furie. 

On  dit  Des  femelles  de  certains  animaux, 
quXIIeî  entrent  en  chaleur,  en  iimour ,  pour 
dire ,  qii'lillcs  conuiienccnt  h  être  cliaudcs. 

On  dit.  Entrer  en  connùissance  de  cause, 
en  iiaycmcnt,  pour  dire,  Commencer  à  premlre 
eonnoissance,  à  payer  une  partie  de  et  qu'on 
iloit. 

Entrer  en  jeu,  se  dit  en  certains  jeux  de 
rartes ,  De  celui  <|ui ,  ayant  levé  une  main ,  est 
m  étal  de  jouer  comme  il  lui  plait. 

Il  se  dit  fîgui-ément  et  familièrement,  pour 
ilirc.  Entrer  dans  une  alTaire ,  dans  un  dis- 
cours, avoir  son  tour,  soit  pour  agir,  soit  pour 
parler,  etc. 

On  dit.  Entrer  en  nêqociation ,  pour  dire, 
Entamer  une  négociation. 

Entrer  en  composition,  pour  dire,  Écouler 
les  propo.sitions  d'un  acconimodcmenL 

Entrer  en  défiance,  en  soupçon,  etc.  pour 
(lire.  Concevoir  du  .soupçon,  d:;  la  déGance. 

(Il  dit  figurémcnt,  Entrer  ijiins  une  aflaire, 
pour  dire.  Prendre  part  dans  une  aflaire,  soit 
pour  la  conduire,  soit  pour  en  tirer  du  proGt. 

On  dit  aussi,  en  parlant  d'Une  aflaire  d'in- 
térêt, cju'Un  homme  y  entre  pour  tant,  poiu: 
dire,  qu'il  y  est  intéresse  pour  un  tel  denier. 

On  dil.  Entrer  dans  les  Af\aires  du  Roi, 
Et  absolument,  dans  les  Afjiiires,  pour  dire. 
Être  intéressé  dans  lis  Fermes ,  les  Sous-Fermes , 
les  Traités,  et  autres  objets  de  Finances. 

On  dit  aussi  figuréinent,  Entrer  dans  les 
secrets,  dans  les  plaisirs,  dans  les  intérlts, 
dans  la  douleur  de  '/uef(^n'un,pour  dire,. \ voir 
part  aux  secrets,  aux  plaisirs  de  quelqu'un; 
prendre  part  à  sa  douleur,  1  ses  intérêts. 

On  dit,  Entrer  en  joil,  pour  dire.  Com- 
mencer à  prendre  goût  à  quelque  cliose. 

ENTnÉ,  T.Z.  participe. 

E>TRE-Ri;PONDnE,  v.  qui  ne  s'emploie 
'lu'avcc  le  pronom  perso  incI ,  s'E.N'TRE-RÈ- 
PONDRE.  Se  répondre  1  un  à  l'autre.  Ces  deux 
chœurs  de  Musitptc  s'culrc-répondoient. 

ENTRE-SECOURlil,  v.  qui  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  peisonnel,  s'EMUE-SE- 
COL'RIR.  Se  sccouiir  uiutuellenicnL  Les  lieu- 
pes  sont  bien  postées  pour  s'cntre-sccourir. 

ENTRE-SOI..  s.  m.  Logement  pris  sur  la 
liautcur  d'un  éta.;e.  L'/i  bel  entfe.soL  Un  enl:  c 
wl  obscur.  Entre-sol  bien  éclairé. 

Il  se  dit  plus  commununient  d'(*n  logement 
pratiqué  dans  la  partie  supérieure  du  rct-de- 
diausacc. 

ENTRE-SUIVRE ,  verbe  qui  ne  s'emploie 


5i2  ENT 

(ju'avec  lo  pronom  personnel,  s'E>*TRK-SUI- 
VRE.  Aller  de  suite  Tua  aprt^s  l'autre.  /-« 
jours  et  les  nuits  s  enlre-suit/eut. 

ENTRETAILLE,  subst.  f.  Tonne  de  Danse. 
C'est  le  nom  d'un  pas  qui  se  fait  en  jetant  un 
pied  h.  lo  place  de  l'outre. 

KNTRETAILLE.  s.  f.  Ternie  de  Gravure. 
Taille  lêgcre  qu'on  glisse  entre  des  tailles  plus 
fortes ,  pour  donner  de  reilèt  h  certaines  parties. 

ENTRE-TAILLEK.  verhequi  ne  s'emploie 
qu'avec  le  pronom  personnel,  s'E>*TRE~TAlIj- 
LER.  Il  ne  se  dit  qu'en  parlant  d'Un  cheval 
qui  se  lieurle  les  jambes  l'nnc  contre  l'autre  en 
niarcljant,  et  qui  s'entrecoupe.  Un  cheval  qui 
$'entrC'tatlle. 

KNTRETAILT.URE.  s.  f.  Blessure  que  <c 
fait  Lui  irênie  un  cheval  qui  s'entrc-laille.  Cette 
cntrctailltii'C  est  fâcheuse. 

KNTKE-TEMPS.  s.  m.  Intervalle  de  temps 
qui  sccoulc  entre  deux  actions.  Je  n'ai  fiil 
qu'aller  et  venir,  dans  cet  entre- temps  voui 
êtes  arrivé.  Il  profila  de  V entre-temps. 

EMRETÊNE-MENX.  s.  m.  Subsistance;  ce 
qu'on  donne  ù  quelqu'un  pour  vivre,  pour 
s'habiller,  etc.  Il  faut  beaucoup  d^ argent  pour 
Venlretcnement  d'une  armée,  pour  l'cnlretène- 
ment  des  troupes.  Il  faut  tant  pour  Venlrelènc- 
ment  de  cet  llopilnl.  Il  est  de  peu  d'usage, 
excepte  en  style  de  Finances  et  de  Valais;  el 
l'on  oit  plus  ordinairement ,  £'i(reïifn. 

Il  se  dit  aussi  pour  L'entreprise  d'entretenir 
les  chemins,  le  pave  des  rue*.  Il  est  chargé  dt 
l'cntrctènçinent  du  r}avé  de  Vans, 

ENTRETENIR,  v.  a.  Arrêter  tt  tenir  en 
semble.  Cette  pièce  de  hois  entretient  toute  la 
tûiarpente. 

s'E>TnETE^iii,  se  Knir  rOciproquemeut.  Ces 
deux  pièces  de  hois  s'cntrcljcnnent. 

Entretenir,  signifie  aussi -,  Tenir  en  bon 
lîtat.  Entretenir  un  hdtiment,  un  jardin.  En- 
tretenir les  pontSj  les  chaussées,  les  chemins. 
Entretenir  une  maison  de  couverture.  Entre- 
tenir la  couverture  d'im  bâtiment. 

n  signifie  encore,  Faire  qu'une  chose, 
qa'nne  personne  subsisie,  continue  dans  un 
certain  état.  EnfrrteHirrofMHiercc.Enïrc/cniVîa 
paix.  Entretenir  Vamitié.  Entretenir  la  corres- 
pondance, des  correspondances  dans  les  Pays 
étranners.  Entretenir  bonne  correspondance 
avec  ses  alliés.  Entretenir  des  inlcUiqer.ces  avec 
ics  ennemis.  Entretenir  la  désunion  dans  une  fa- 
mille.  Entretenir  une  famille  en  union,  en  con- 
corde. Entretenir  des  peuples  dans  l'erreur.  En- 
tretenir des  païens  dans  l'union.  Entretenir  le 
feu.  Les  Vestales  entretenaient  le  f'u  saa'c.  Les 
Ions  ojhccs  entretiennent  l'amitié. 

On  dit,  Entretenir  un  homme  d'espérance, 
Vcnlrctenir  de  belles  promecses j  pour  dire,  L'a- 
muser en  lui  faisant  espérer,  en  lui  promettant 
licaucoup  de  choses. 

Il  signifie  aussi,  Fournir  les  choses  néces- 
saires il  la  subsistance.  Entretenir  ses  enfans. 
Entretenir  su  maison.  Entretenir  une  armée. 
Entretenir  un  enfant  au  Collé qe^  à  i^yicadéniic. 
Entretenir  une  qarnison. 

Un  dit  dans  le  mcmc  sens  avec  le  pronom 


ENT 

personnel:  Il  a  de  quoi  s'entretenir  honnête- 
ment. Il  s'entretient  de  ce  que  le  Roi  lui  donjie. 
Il  s'entretient  d'habits^  de  linqe,  etc.  Je  donnl 
tant  à  mon  valet  pour  s'entretenir.  Il  s'entre- 
tient de  tout.  On  l'emploie  aussi  pour,  Se  con- 
server. Cette  femme  s'entretient  toujours  fraîche. 
Des  chevaux  qui  s'entretiennent  gras.  L'union 
ne  s'entretient  pas  long -temps  entre  des  per- 
sonnes (fui  ont  des  intérêts  contraires.  Il  y  a 
di's  arbres  qui  sentretiennent'toujours  v^rts. 

On  dit,  Entretenir  un  griind  irain ,  uji 
grand  équipage,  etc.  pour  dire,  Avcir  beau- 
coup de  valets,  de  chevaux,  etc. 

Un  dit,  Entretenir  une  femme ^  pour  dire, 
l'^'ane  subsister  une  femme  avec  laquelle  on  est 
en  commeice. 

On  dit,  qu  Un  homme  setiltetient  du  jeu 
pour  dire,  qu'il  y  gai;ne  de  quoi  s'entretenir. 

EMnETENin,  sij^nifie  aussi,  Parler  à  quel- 
ijn'ui»,  tenir  quelque  discours  à  quelqu'un.  Jt 
l'ai  enfreieriu  familièrement  dans  son  cabinet. 
Jl  faut  chercher  l'occasion  de  l'entretenir  di 
cette  affaire.  De  quoi  nous  entretenez- vouî 
là?  Voilà  assez  de  jiowfe!les  pour  vous  entretc 
nir  deiux  jours. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel 
Les  amis  s'entretiennent  pur  Icllres.  Ils  s'entre^ 
tiennent  de  bagaicUcs.  S'entretenir  de  propot 
sérieux,  de. propos  frivoles.  tS'VntrefeniV  d^ 
quelqu'un.  S'entretenir  de  ses  propres  pensées. 
S'entretenir  avec  soi-même. 

S'cntietenir  de  Dieu,  pour  dire,  Parl^ff  de 
Dieu^ 

S'entretenir  avec  Dieu,  pour  sif^niflcr,  Ven- 
ter h  Dieu ,  méditer  la  parole  de  Dieu. 

On  dit,  Entretenir  ses  pensées,  entretenir 
tes  rêveries,  pour  dire,  Penser  à  quelque  chose, 
méditer.  r<5vcr. 

Entultenï:,  ue.  participe. 

On  appelle  dans  les  troupes,  Capitaine  en- 
\retenu,  Un  (]npilaine  paye  par  le  Roi,  quoi- 
Jju'il  n'ait  point  de  compagnie  sur  pied. 

Ou  dit  plus  ordinairement ,  Capitaine  ré- 
formé. 

On  dit,  Une  femme  entretenue,  pour  dire, 
Une  femme  que  son  galart  fait  subsister. 

£n(re(cn»  ,  se  dit  en  termes  do  Blason,  Des 
rlcfs  et  autres  cfioscs  pareilles,  liées  enscmblâ 
par  leurs  anneaux. 

ENTRETIEN,  s.  m.  Subsistance;  ce  qu'on 
donne  à  quelqu'un  pour  vivre  et  pour  s'ha- 
biller. Il  dépense  tant  pour  l'entretien  de  sa 
maison.  Fournir  à  l'entretien  d'une  garnison , 
d'une  aj-»icc. 

Il  siL;nifie  aussi  Ce  que  l'on  dépense  pour 
niainlenir  une  chose  en  état.  Ce  b/itiment  est  di 
grand  entretien. 

Il  signifie  encore  simplement  Ce  que  l'on 
donne  à  sa  femme,  à  son  fils,  h  son  domes- 
tique pour  subsister,  et  pour  ses  menus  plai- 
sirs. //  donne  tant  à  sa  femme,  il  donne  tant  à 
son  fils  pour  son  entrelien. 

Entretien  ,  signifie   aussi  ,  Conversation  ; 
let  discours,  les  propos  qui  sont  la  matitrc  de  la 
^  conversation.  Entretien  familier.  Entretien  sé- 
rieux. Il  eut  un  grand  entretien  avec  lui  ISous 


ENT 

eûmes  un  long  entrelien  ensemhle.  71  intei^ 
rompit  notie  entretien.  Il  troubla  notre  ert- 
tretien. 

On  dit  il'lTnp  personne,  d'une  chose  dont 
tout  le  monde  parle,  qu  Elle  fait  l'entretien  du 
public,  We  loiilci  ics  sociétés. 

Cu  appelle  Entretiens  spirituels  ,  Des  dis- 
cours de  piété  que  les  ILcclesiasticjucs  font  dans 
les  assen;blecs  convoquées  pour  cet  e0et. 

ENTRETOILE,  s.  f.  ICsijèce  de  réseau  on 
(le  dentelle  qu'on  met  entre  dLUx  bandes  de 
loile  pour  servir  d'ornement. 

EKTRETOISE.  s.  f.  Terme  de  Cliar()ente- 
rie.  Pièce  de  bois  qui  se  met  entre  d' autres 
[)our  les  soutfîoir. 

On  appelle  Entretoise  croisée ,  Un  nsseni- 
blagc  de  pièces  de  bois  en  forme  de  sautoir. 

ENTREVOIR,  v.  a.  (Il  se  conjugue  comme 
Voir.)  Voir  imparfaitement  ,  ou  en  passa.^1. 
Le  témoin  n'a  pu  reconnoltre  le  meurtrie. 
parce  (ju'il  n'avoit  fait  f^ue  l'entrevoir.  J'entre^ 
vois  auelaue  cfiose.  il  ue  voit  pas  distincte" 
menlf  il  ne  fait  t^u  entrevoir. 

11  se  dit  aussi  Des  vues  de  l'esprit.  J'ai  en- 
trevu les  desicinsj  les  intentions  de  cet  homme. 
iVos  lumières  sont  si  foihles  ^  <jue  nous  ne  jai- 
lons  (qu'entrevoir  la  vérité. 

s'EsxnEvoin.  Avoir  une  entrevue.  Pour  oc- 
commoder,  pour  fnir  leur  af^iire,  il  faudioit 
iju'ils  s'entrevissent.  Ils  s'e?i(rei'ircnt  dans  une 
\elle  maison. 

11  signifie  aussi.  Se  rendre  visite.  Ils  sont  u 
voisins  .  qu'ils  s'entrevoient  souvent  les  urtf 
r/ici  les  autres.  Il  n'est  plus  guère  d'usage  en 
îe  sens. 

ENTKEVOUS.  s.  m.  Terme  de  Maçonnerie. 
On  donne  ce  nom  i  l'intervalle  d'une  solive  îi 
l'autre  d.-ms  un  plancher ,  et  aux  espaces  gar- 
nis de  pUtre  qui  sont  entre  les  poteau.x  d'une 
cloison. 

ENTREVUE,  s.  f. Visite, rencontre  concor- 
te'e  entre  deux  ou  plusieurs  personnes  pour 
se  voir,  pour  parler  d'.ifTaires.  Ils  ont  eu  plu- 
ùews  entrevues.  La  première  entrevue  se  passa 
en  complijnens.  Demander  une  enirefue.  Con- 
venir d'une  entrevue. 

ENTR'OUÏR.  V.  act.  Cuir  imparfaitement. 
)'ai  eutr'oui  sa  voix.  J'ai  entr'oui  ijuelque 
chose  de  ce  que  vous  me  dites  là. 

Estr'olî,  îe.  participe. 

KNTR 'OUVRIR,  v.  act.  Ouvrir  à  demi ,  ou- 
vrir  un  peu.  Enfr'ouirir  la  porte,  la  jenetre. 
Entrouvrir  les  yciLT. 

Il  s'emploie  quelquefois  avec  le  pronom  per- 
sonnel. La  terre  s'cnlr'ouire.  Les  rosescommcn- 
cent  à  s'entr'ouvrir.  À  la  fin  ses  yeux  s'cnti'oi»- 
irircnt.  Celle  voiitc  commence  à  s'entr'ouvrir. 

Esxn'ouvEnT ,  ttiTE.  participe. 

On  dit,qu't/n  chev:d  c^t  enb-'ouvert,  pour 
dire,  qu'il  a  f.iit  qui  l.jue  cITort,  et  qu'il  s'est 
écarté  les  jambes  de  derrière  avec  un  mouve- 
ment si  violent ,  qu'il  lui  en  reste  une  jurande 
incommodité. 

ENTURE.  s.  f.  L  endroit  où  l'on  place  une 
ente.  /(  faut  faire  Vcnturc  avant  (jue  de  placer 
tente,  nulreaicn!  dite  la  jre^Jc. 


ENV 

Od  appelle  nussi  Entures^  De  petites  pièces 
de  bois  qui  en  traTcrsent  une  grosse  pour  fur- 
mer  (les  ».k:heloiis  ilcs  deux  côtés,  connue  tiaiis 
les  roues  Jes  carrières. 

ENU 

ÉNULA-CAîVfPANA.   s.  f.    Plante.    Voyei 

ACWEE. 

.       ÉMJMÉRATIF,  IVE.  adj.  Qui  énumôre. 

E>'UMÉRATlOIV.  subst.  f.  ïKnonihrement. 
Ample  inuméralion.  Simple  énumêration.  La 
simple  énumération  de  ses  conquêtes  fait  son 
tioge.  Il  m\i  fait  une  ample  et  exacte  énumé- 
ration. L'énumcrution  des  paities  est  un  i!cs 
lieux  communs  de  la  Rhêtonaue. 

ÉNJJMÊRKR.  V.  a.  Dénombrer.  Il  a  bien 
ennméré  toutes  les  circonstances. 

ËNUM^.nÉ,  ÉE.  participe. 

ENV 

ENVAHIR.  V.  acL  Usnrpcr,  prendre  par 
force,  par  violence,  par  fraude,  injustement. 
Envahir  un  Etat^  une  Province.  Il  a  envahi 
mon  bien,  ma  lerrc,  mon  hcritafje. 

On  dit  aussi  :  Envahit-  la  puissance  souve- 
raine. Envahir  l'atiturité. 

Envahi,  re.  participe. 

ENVAHISSEMENT,  s.  ni.  L'action  d'enva- 
liir.  L'envahissement  d'une  Province.  Il  a  des 
projets  d'eMvrt'ii5semcnI. 

ENVELOPPE,  s.  f.  Ce  ijui  sert  ii  envelop- 
per. L'enveloppe   d'un  pn(juel.    ôterj   défaire 

I  enveloppe  d'un  paquet  Enveloppe  de  cuir,  d' 
toile  cirée.  Papier  ^enveloppe.  Toile  d'enve- 
loppe. Sur  l'enveloppe  était  écrit, «  Monsieur... 

nndil,  KcriVesows  Venveloppe  de (juelriu  un . 
pour  dire,  Mettre  sous  l'adresse  de  quelqu'un 
des  lettres  qui  sont  pour  un  outre. 

EsvEt.oppE  ,  en  termes  de  Fortifications , 
signifie  Un  ouvraj;e  qui  en  couvre,  qui  en  dé- 
fend un  autre.  Première,  seconde  enveloppe. 

ENVELOPPER,  v.  act.  Mettre  autour  de 
quelque  cliosc  une  etotTc,  un  linge  ,etc.  qui  en- 
ferme, qui  environne  de  tous  côtés.  Envelop- 
per du  linqe ,  des  hahits.  Envelopper  J« 
tonfitures  sèches  dans  du  papier.  S'envelopper 
le  doigt ^  la  tHe  avec  du  linge.  S'envelopper  le 
corps  àe  son  manteau. 

l\  signifie  au-isi  ,  Cocher ,  déguiser.  Les 
Poètes  ont  enveloppé  la  vérité  sous  des  fables. 

II  enveloppe  à  dessein  sa  pensée. 

On  dit  en  ce  ^ens ,  Envelopper  quelque  chose, 
Quand  on  raconte  en  paroles  couvertes  et  lion- 
uC'lcs  quelque  cliose  de  trop  libre. 

Il  veut  dire  aussi  fii^urémenl,  Environner, 
entourer.  Envelopper  J'cnriemî  de  foiifei  parts. 
H  faut  envelopper  cette  hauteur  ^  ce  village. 

On  dit  figurcment,  envelopper  quelqu'un 
dans  une  accusation^  dans  une  déposition^ 
dans  un  crime,  pour  dire.  Le  comprendre 
ivec  d  autres  dans  une  accusation ,  dans  une 
àéposUion,  dans  un  crime.  On  l'a  enveloppe 
mal  à  propos  dans  cette  ajjoire^  dans  ce  procès. 

EiivELnppK,  LK.  participe. 

Ou  dit.  Se  trouver  enveloppé  dans  de  mau- 
waiiu  affaiies,  pour  dire,  S'y  trouver  engagé, 
Tvmc  I. 


S.NV 

embarrasse.  Il  s'est  trouvé  enveloppé  dans  cc'.te 
banqueroute. 

On  dit.  Discours  enveloppé,  pour,  Vn  dis- 
cours où  par  circonspection  on  donne  plus  à 
entendre  qu'un  ne  dit.  On  dit  aussi.  Raisonne- 
ment enveloppé,  pour  dire,  Obscur,  embar- 
rassé. 

On  dit  daji»  le  même  ^ens  ,  d'Un  homme 
dont  les  idées  sont  confuses  vl  les  expressions 
obscures,  que  C'est  un  esprit  enveloppé,  t\n'il 
a  Vesprit  enveloppé;  et  d'Un  linmme  grossier, 
qu'il  a  l'esprit  enveloppé  dans  la  matière. 

ENVENIMER,  v.  n.  Infrcter  de  venin,  com- 
muniquer une  qualité  venimeuse.  On  prétend 
que  les  crapauds  enveniment  les  herbes  en  y  ré- 
pandant de  la  bave. 

On  dit  aussi,  qu't/ne  herbe  a  envenimé  la 
bouche,  poiu-  dire,  qu'ElIe  y  a  causé  des  éle- 
vures. 

On  dit,  £nyentmer  une  pt:iic,  pour  dire, 
La  rendre  plus  douloureust; ,  plus  difficile  îi 
guérir.  Il  a  envenimé  sa  plaie  en  la  grattant. 

On  dit,  Envenimer  un  discours,  un  fait,  le 
récit  d'un  fait,  pour  dire.  Les  rapporter  d'unu 
manière  odieuse. 

Et  on  dit,  Knveninier  l'esprit  de  quelqu'un, 
pour  dire,  L'aigrir,  l'irritnr.  Il  a  envenime 
îVïpril  de  cet  homme-là.  Il  Va  envenimé  con- 
tre moi. 

Envenimé,  ée.  participe.  Langue  envenimée. 
Discours  envenimés, 

ENVERGER.  v.  a.  Garnir  de  petites  braa- 
cbes  d'osier. 

KNVtr.r-E,  EE.  participe. 

ENVKRGUER.  v.  n.  Terme  de  Marine,  qui 
■ii'gnifie,  Attacher  les  voiles  aux  vergues. 

Enveugcé,  ée.  participe. 

ENVERGURE,  s.  fém.  Terme  de  Marine, 
.Vrrangcmcnt  des  voiles  avec  les  vergues  et  les 
mâts. 

Il  signifie  aussi  L'étendue  qu'il  y  a  entie  les 
deux  extrémités  des  ailes  déploj'écs  d'un  vola- 
tile. Il  y  a  des  volatiles  qui  ont  jusqu'à  vingt- 
cinq  pieds  d'envergure. 

ENVERS.  Préposition.  À  l'égard  de 

Charitable  envers  les  pauvres.  Pietix  envers 
Dieu.  Ingrat  envers  son  bienfaiteur.  Traître 
envers  sa  Patrie. 

On  dit.  Je  vous  servirai,  je  vous  aiderai,  je 
votis  défendrai  envers  et  contre  tous,  pour  dire, 
Contre  tout  le  monde;  et  aiors  on  ne  se  sert  d"£n- 
rers,  qu'en  le  joignant  avec  Contre. 

ENVERS,  s.  m.  On  appelle  ainsi  dans  une 
ctone,  Le  côté  le  moins  beau  :  et  dans  un  ou- 
vrage de  toile ,  comme  des  collets  .  manchettes . 
cliemises,  Le  côté  de  la  couture.  Voilà  l'endroit 
de  cette  étoffe,  voilà  Venvers.  Elle  n'a  ni  en- 
droit ni  cnvas. 

On  nppcUe  Une  étotT:  ti  deux  envers.  Celle 
dont  les  deux  côtés  sont  également  beaux,  rVsi- 
à-dire,  proprement, Sjins  envers.  5crflc  li  deux 
envers,  i'eloius  à  deux  envers, 

À  i.'e>veiis.  Façon  de  parler  adverbiale,  qui 
0  dilTérenies  significations  selon  les  difTcrentcs 
choses  auxquelles  ou  l'applique.  Ainsi,  Mettre 
un  manteau  ù  Tt/iverj, C'est  le  mettre  du  m*»* 


ENV  îi3 

vais  côté  de  l'dlofTc  ;  fl/el(re  un  cuUcl  et  des 
maf.chetles  ù  l'envers.  C'est  les  niellrt  en  sorte 
t|ue  le  cûtc  de  la  couture  soit  en  dcliors  ;  et , 
Tomler  à  l'ciiven,  C'est  tomber  sur  le  dos. 

Il  s'emploie  aussi  figuréiricnt  en  ilivcrset 
signiCcatiuns.  Ainsi  on  dit  familièrement,  ijue 
/,!■<  ii/Jiiiifs  d'un  homme  vont  ù  l'envers ,  pour 
dire,  qu'Elles  vont  mal;  et.  qu  Tu  homme  a 
l'esprit  à  l'envers,  pour  dire,  qu'il  a  l'esprit 
faux,  qu'il  manque  de  jugement.  On  dit  au^-si, 
Cet  accident  lui  a  mis  lit  tête  d  l'envers,  pour 
dire,  Lui  a  troul>lé  l'esprit. 

On  dit  populairement ,  Mettre  l'ilmc  à  l'ert- 
vers  à  queh/u'un  ,  pour  dire,  I.c  tuer. 

ENVI.  s.  m.  Il  ne  se  dit  qu'en  cette  façon  de 
p.irler  adverbiale  ,  À  tenvi,  Avec  émulation. 
Us  étudient  à  l'envi.  Ils  travaillent  à  l'envi 
l'un  de  l'autre.  À  l'envi  les  uns  des  autres. 

ENVIE,  s.  f.  Cliagrin  qu'on  ressent  du  bon. 
Iieur,  des  succès,  des  avantages  d'aulrui.  Envie 
maligne,  secrète.  Avoir  une  mortelle  envie  con- 
tre quelqu'un.  Etre  ronqé  d'envie.  L'envie  U 
dévore.  Sécher  d'envie.  Su  bonne  fortune  lai 
attire  l'envie  de  tout  le  monde.  Exciter  l'envie. 
Son  mérite  est  au-*dessus  de  l'envie,  hors  des 
atteintes  de  rcni»je.  Les  traits  de  l'cni'jc.  Il  ne 
peut  voir  personne  dans  la  prospérité  sans  lu: 
porter  envie. 

On  dit,  Faire  envie,  pour  dire,  Donner  de 
l'envie,  e-xciler  l'envie  ;  et  l'ou  du  lîans  ce  sens- 
\h,  qu'il  vaut  tniciu:  faire  envie  nue  pitié. 

On  dit  proverbialement,  Les  envieux  mour- 
ront, mais  non  jamais  l'envie;  et  ligurément. 
te  .'cr()enl  de  l'cni-ie  a  sifflé  dans  son  coeur. 

On  dit,  Porlw  envie  n  quelqu'un,  pour 
dire  simplement,  Souhaiter  un  bunlieur  pareil 
au  sien ,  sans  en  avoir  de  déplaisir.  Et  l'on  dit 
dans  le  même  sens.  Je  porte  envie  à  mon  ami 
de  ce  qu'il  a  le  plaisir  d'éire  avec  nous.  On  em- 
ploie Envie  dans  le  même  sens,  lorsqu'on  dit. 
Mon  sort  est  digne  d'envie. 

Esviï,  signifie  aussi  Désir,  volonté.  Grande 
envie.  Léijére  envie.  Envie  déréglée,  désordon- 
née, furieuse,  immodérée.  Avoir  envie,  une  ex- 
trême envie  de  dire ,  de  savoir ,  d'apprendre ,  elc. 
Avoir  envie  de  manger,  de  dormir,  de  parler. 
Je  n'ai  nulle  envie  de  vous  nuire.  Il  ne  l'o'i/oil 
point  de  cette  terre,  tuais  en  lui  en  a  fait  venir 
l'envie,  on  lui  en  a  fait  naître  l'envie.  Il  a  envie 
de  ce  tableau.  On  lui  en  a  donne  envie. Sil'envte 
lui  en  prend.  Il  lui  a  pris  envie  de  se  retirer. 
L'envie  lui  a  piis  daller  à  Rome.  Je  brûlt 
d'envie,  je  meurs  d'envie  de  vous  revoir.  Je 
meurs  d'envie  que  vous  soyez  content,  L'cnvit 
de  vo^-ager  lui  a  passé. 

Envie  ,  signifie  quelquefois  Besoin.  J'ai 
grande  envie  de  dormir. 

On  dit.  Passer  son  envie  de  quelque  choie, 
pour  dire.  Satisfaire  le  désir  qu'on  a  d'une  chose. 
El  on  dit.  L'envie  lui  en  est  passée,  lui  en  a 
pasi-é,  |K)uc  dire,  Il  ne  la  désire  plus. 

On  dii ,  Fiiire  puï*cr  l'envie  de  quelque  chose 
à  quelqu'un,  pour  dire.  Ou  l'en  rassasiir,  ou 
ol'en  dégoûter. 

<  )n  .qip'll^  Envie  de  femme  grosse ,  I,e  désir 
siihii  il  prcuaul,  sou\cDt  mèillc  désurdonac, 

65 


5.4  ENV 

(jtie  quelques  femmes  grosses  ont  de  certaiuc< 
cJioscs. 

lixviE  ,  se  dit  aussi  Des  marques  que  des 
enfans  appoi  It'nt  quelquefois  en  uaîssaut  ,  cl 
qu'on  suppose  tire  une  saile  des  impressions 
reçues  par  leurs  mères  pendant  qu'elles  ctoieni 
grosses.  Qu'est-ce  ijue  i-clte  inar<jue  (ju'ii  a  au 
visane?  C'est  une  envie. 

On  appelle  aussi  Em'ic ,  Certains  petits  filets , 
qui  se  déinclient  de  la  peau  autour  des  ongles, 
quelquefois  avec  douleur.  .'Imiv  des  envies  aiu( 
doigts.  Couper  une  envie. 

ENVIKILLIR.  V.  act.  Faire  paroître  vieux. 
Cet  ajustement  l'envieillil. 

Esvtrjj.1 ,  lÊ.  participe.  Ce  mot  n'est  en  usagi 
qu'au  figuré.  Pécheur  envieiUi.  Erreurs,  habi- 
tudes envietUies. 

ENVIER.  V.  a.  Être  attristé  des  avantogei 
d'autrui.  Tout  le  monde  l'envie.  Envier  le  bon- 
heur d'autrui.  Je  ne  lui  envie  foint  sa  bonn^ 
fortune.  Les  nrands,  les  favoris  sont  ordinai- 
rement enviés.  À.  l'actif,  il  se  dit  plus  souveul 
Des  choses  que  des  personnes. 
■  On  dit  aussi,  Envier,  pour  dire  simplement, 
Souhaiter  pour  soi-même  un  bonheur  par:.il  i 
celui  qu'un  autre  possède,  sans  être  fâché  qu'il 
l'ait.  Je  voudrois  bien  être  aussi  indépendant 
que  vous,  j'envie  votre  bonheur. 

Il  se  prend  quelquefois  poiu"  Désirer.  Voili 
le  poste  du  monde  que  j'envierois  le  plus,  poui 
dire,  <Jue  je  désirerois  le  plus. 

EsviÉ,  ÉE.  participe 

On  du,  Une  charge,  une  place  bien  enviée, 
jonr  dire,  Une  charge  fort  rcchercl.ee,  foil 
iouhaitée  de  tout  le  mon.îe. 

EKVIliU.X  ,  KU.SE.  a.;).  Qui  a  de  l'envie, 
qui  est  sujet  i  l'envie.  Vn  homme  cnviciu;, 
une  femme  envieuse.  Jl  e.-;!  cnvieuxdema  bonm 
fortune.  Envicu.v  du  bien  d'autrui.  Un  esprii 
envieiLT. 

Il  est  aussi  substantif.  Vn  ciu'ieiu:  n'a  ja- 
mais de  repos.  Les  envieux  sont  toujours  tour- 
mentes. 

ENVIRON,  adv.  A  peu  près,  un  peu  plus, 
<sn  peu  moins.  Il  y  a  environ  deu.v  heures,  en. 
firon  di.x  ans.  Son  armée  éîoit  d'environ  vinni 
mille  hommes.  Il  uvoit  fait  environ  deiuc  lieues. 
Combien  y  a-t-il  dans  ce  sac?  H  y  a  environ 
trois  cents  francs,  tjuatre  cents  francs  ou  en- 
viron. 

ENVIRONNER,  v.  a.  Entourer,  enlemier, 
être  autotu-  de  quelque  chose  ou  de  quelqu'un. 
Environner  une  Ville  de  fossés,  de  murailles. 
Les  ennemis  environnaient  la  Place.  Le  Prev6[ 
it  ses  Archers  avoienl  environné  la  maison.  Le* 
Gardes,  lesGeniilshommes,  les  Courti'suns  qui 
invironnoient  le  Roi. 

On  dit  aussi  au  figiu-é  :  Les  dangers  l'enyi- 
ronnoierit  de  toutes  parts.  Les  malheurs  qui 
renyironMcn(.  Il  est  environne  de  flatteurs. 
L'éclat  qui  l'environne.  Il  est  environne  dt 
tjlo'ae.  Cette  aU'aire  est  environnée  d'épines. 

Esviiio:isÉ,  ÉE.  participe. 

ENVIRONS.  •.  m.  plur.  Lieux  d'alentour. 
P«ii.i  cl  ses  environs.  L'armée  se  logea  aux  en- 
virons de  la  riace.  Il  ne  s'est  pas  litoigné  de  la 


ENV 

VilU^  il  (SÏ  encore  campé  dans  fe$  environs. 
On  (1  public  cette  Ordonnance  dans  tous  les 
environs  j  dans  les  Paroisses  des  environs, 

ENVISAGER.  V.  a.  Uegarder  une  personne  an 
visage.  Dès(jiieje  Veusenvisané ,  je  le  reconnus, 
Envisofjez  tin  peu  cet  1  ommc.  il  noseroit  seu- 
lement in\nvisu(jer. 

Il  se  dit  figureni.  Des  actions  et  uts  atV;iires. 
Celle  action  est  belle  ^  cette  action  est  bonne  y  si 
vous  Venvisaqez  de  ce  c6té-là. 

II  ss  dit  aussi  De  touli-s  les  choses  sur  îes- 
[^uelles  on  porte  sa  rénexion  ,  et  que  Ton  coi<- 
BÎtlère  en  esprit.  Le  Sage  nenvisuqe  pus  les  ri- 
chesses comme  un  bien.  Envisager  Vavenir. 
Knvisaqcr  la  mort  y  les  tourmsns^  le  j;eri7,  lu 
\yauvrelé,  sans  en  être  c'uu.  Il  a  envisané  la 
mort  conune  la  fin  de  nés  misères.  îl  envisagea 
\e  Ciel  comme  le  but  de  ses  espérances.  Envi' 
laqer  les  suites  d'une  uffaire.  Nous  envisugcont 
\a  nature  sous  d'autres  points  de  vue  gue  Ici 
dnciens. 

ENVISAGÉ,  KE.  parlicip:*. 

ENVOI,  s.  m.  Action  par  h^jnelle  on  envoie. 
Il  se  dit  pnrlicuLiêrement  Dos  marchandises. 
Cette  marchandise  est  de  hon  débit,  on  en  a 
déjà  fait  deux  enfois  à....  Par  Venvoi  d'un  tc\ 
jour ,  on  dit  avoir  reçu 

Envoi, dans  de  certains  ouvrages  de  Poésie, 
comme  tes  Chants  Royaux  et  k-s  lîallades,  esl 
un  couplet' qui  termine  la  Iî;i!kide.  et  qui  scri 
h  adresser  l'ouvrage  ù  celui  pour  qnî  il  o  ét< 
fait. 

ENVOILER  ,  verbe  qui  s'emploie  avec  U 
pronum  persounel ,  sK'.NVUiLER.  Terme  de 
Serrurerie,  qui  signifie,  Se  courber,  et  qui  se 
dit  Du  fer  l'i  la  tiempe.  Jl  s^envoile. 

ENVOlSlNîi,  ÉE.  adj.  Celui  qui  a  des  voi- 
«ns.  Il  est  fort  bien  ,  fort  mal  envoisiné.  Il  «-si 
familier. 

ENVOEER,v.  qui  scmploic  avec  le  pro- 
nom personnel,  s'envoler.  Prendre  son  vol 
s'enfuir  eu  volanl.  Les  oiseaux  étoient  déjà 
drus,  ils  se  sont  envolés.  Le  moindre  bruit  fai\ 
envoler  les  canards. 

On  dit  figurcnienl,  que  Le  temps  sUnvolc. 
que  l'occasion  s\nvole ,  pour  dire,  que  Le 
lemps,  l'occasion,  passent  rapidement.  Àv^c 
Viiqe,  les  plaisirs  s'envolent,  pour  dire, -qu'En 
vieillissant  ou  perd  h  goût  des  plaisirs. 

On  dit  proverl)i;fl('î!:cntcl(îgurcment ,  Lors- 
fju'ori  cherche  une  personne  ou  une  chose  en 
un  endroit  où  elle  n'est  plus,  //  n'y  a  plus  que 
le  nid,  les  oiseaux  s'en  sont  envolés. 

EsvoLÉ,  ÉE.  participe.  Les  oiseaux  sont 
envolés, 

ENVOÛTER,  v.o.  Terme  de  Magie.  Piquer, 
déchirer,  bn'tler  une  image  de  cire  avec  ccr- 
loines  paroles  ou  cérémonies,  dans  la  pensée 
que  la  personne  représentée  par  celte  image 
Bouflrir.i  les  mûmes  maux. 

Envoûté,  ée.  panicipe. 

ENVOYER.  v.n.J^cnvoy ois.,  vous  envoyiez  . 
nous  envoyions.  Futur  de  l'indicat.  J'cnrerru!. 
Conditionnel.  J'cnvtTroi.t.  Subjonctif.  Qml"  jVii^ 
i»oye  ou  j'envoie j  que  vous  envoyiez.  Doiuier 
ordre,  faire  en  .sori''  qu'une  personne  cille,  ou 


EPA 

qu'une  cliose  soit  portée  en  un  certain  li'u. 
£ni'0^'er  un  homme  à  la  campagne,  en  Pro- 
vince, en  Italie,  en  mer,  à  la  'Ville.  Envoyer 
des  chevaux.  Envoyer  un  paquet  par  le  -llessn- 
ger,  pur  le  Courrier.  Envoyer  des  éttennes. 
Envoyer  du  secours  dans  une  Place.  Les  enne- 
mis envoyèrent  reconnaître  la  Plate.  Envoyer 
faire  compitntcnt.  Envoyer  demander  quelque 
chose  à  quelqu^un. 

On  dit  familièrement,  envoyer  en  raw(;c 
nioM(/e,  dans  l'autre  monde,  potir  dire,  Faire 
mourir.  On  dit  d'Un  Médecin  malhabile  ,  qu'// 
u  envoyé  son  malade  dans  l'autre  monde. 

Envoïek,  se  dit  aussi  dans  les  clioses  mo- 
rales. Les  biens  et  les  mau.x  que  Dieu  nous 
envoie 

On  le  dit  aussi  De  toutes  les  choses  qui  nous 
viennent  de  Dieu.  Dieu  nous  a  envoyé  de  la 
pluie,  du  beau  temps,  une  bonne  année,  etc. 

On  dit,  que' Le  fin  envoie  des  famées  ,-, 
la  Icle. 

Envoyé,  ée.  participe. 

Il  est  quelquefois  substantif;  et  alors  il  si- 
gnifie L'n  Ministre  envoyé  d'un  Prince  Souve- 
rain ,  ou  d'une  Républitjue,  dans  la  Cour  d'uu 
autre  Prince  ;  et  c'est  un  grade  inférieur  à  celui 
d'.\nibassadeur.  il  est  Envoyé  d'un  tel  Prince. 
Envoyé  extraordinaire.  Il  n'y  a  point  d'Am- 
bassadeur de  tel  Prince  en  cette  Cour,  il  n'y  a 
qu'un  Envoyé.  Il  a  été  Envoyi  crtraordinaire 
du  Roi  en  tel  Royaume.  L^Envayé  de  FtoM 
lence,  de  Gènes. 

On  appelle  La  femme  d'un  Envoyé,  En- 
rôlée. L'i:.'nvoyée  de  Gênas 

EOL 

ÉOLIEN,  ÉOLIQIJE.  adj.'VoyeiDiki.tcri 
n  Mode. 

ÉOLIPYLE.  s.  m.  liou'ie  de  cuivre,  de  fer. 
ne.  qui  a  une  petite  ouvertur»î  recourbée,  et 
:iui ,  étant  remplie  d'eau  et  approchée  du  feu  , 
fait  du  vent  jusqu'à  ce  que  l'eau  soit  entière- 
ment évaporée.  On  exjdiaue  la  nature  ot  la 
rause  des  vents  par  la  Cf^mparaison  des  Ea- 
Upyles. 

EV  .\ 

lïP.'VCT!:.  s.  f.  Nombre  de  jours  qu'on  ajoute 
à  l'année  lunaire,  pour  l'égalera l'onnét  solaire 
et  qui  sert  à  connoitre  l'.ige  de  la  lune.  On  .■.  en 
sert  aussi  pour  trouver  le  jour  de  Piques  et  les 
réles  Mobiles.  L'Epacle  courante.  La  distri- 
bution des  Epacles.  Nous  avons  tant  d'Epactei 
celle  (jnnéc. 

ÉPAGNKUL.  ELLE.  2.  Chien  di  chasse  .1 
long  poil ,  dont  la  race  vient  d'E'pagne.  Petit 
cpaqneul.  Cette  épagneule  u  le  ret  excellent, 

ÉPAIS,  AISSE,  adj.  se  dit  d'Un  corps  so- 
lide considéré  par  npport  :'i  sa  pToIbudcnr 
Mur  épais  de  tant  de  jâcds.  Planclie  épaisse  de 
deu.T  pouces.  Vn  livre  épais  de  trois  doigts.  Le 
verre  trop  épais  n'est  pas  bon  pour  cet  usage. 
Cet  homme-là  a  une  grande  difficulté  à  parler, 
il  a  la  langue  épaisse.  Du  drap  ,  du  l'cloins 
i,  épais ,  etc. 

On  dit  d'rti  homme,  qu'il  esl  éyais,  put 


EPA 

opposition  ît  Un  liomnic  d'une  taille  dctiLC.  Il 
a  la  taille  épaisse. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Vu  cliauii  if.u- 
pour  dire.  In  cbcvul  qui  n'est  pas  fin. 

On  dit  oussi ,  Dtouillaril  ïpais  ,  tétièbres 
épaisses,  un  air  t'piis,  nuit  éjHiisse,  icjnonmce 
êputsse^  pour  dire.  Un  grand  lnouiliord,  une 
grande  obscurité;  un  air  grossier,  une  nuir 
noire ,  et  une  ignorance  profun  Je. 

On  dit  figurt-nicnt  d'Un  lionune  ,  <\u'Il  a 
l'esprit  épais^  ViutcUi<fence  t'paijve,  pour  dire, 
qu'il  a  l'esprit  grossier,  lourd,  pesant;  qu'il  •' 
peine  à  comprendre. 

Oo  dit  oussi  dans  le  même  sens  :  Vn  hommt 
épais,  Lne  taille  épaisse. 

Oc  dit  aussi  f  qu't/n  homme  a  la  mitchoirt 
épaisse,  que  c^est  une  nt,lchoire  épaisse,  poui 
dire,  qu'il  a  l'esprit  pesant. 

Épais f  se  dit  aussi  d'Un  amas  de  certnincs 
clioses  qui  sont  fort  près  les  unes  des  aulrc.^ 
Ce  bois  est  bien  épais.  Ces  blés  sont  (rop  e/xii  . 
Il  y  aura  bien  du  /. m  dans  ce  pré,  VhtTbe 
y  est  bien  épaisse.  Des  bataillons  épais,  l.cs. 
cheveux  épai*.  Il  étuit  dans  le  plus  épais  du 
6  où. 

Il  se  dit  encore  d'Une  chose  liquide  qui 
prend  une  consistance  plus  ferme.  Cb  sirop 
n'est  pas  assez  ipuis.  De  l'encre  trop  épaisse. 
Du  vin  trop  épais.  De  la  bouillie  trop  épaisse. 

Il  est  quclquelbiâ  substantif .  et  signifie 
E^isseur.  V.nc  pierre  ip*i  a  deux  pieds  d'épais. 
Il  y  a  de  la  neige  deux  pieds  d'épais,  Cetti 
Çemme  met  beaucoup  de  rouge,  elle  en  a  tou- 
jours un  do'i(jt  d'épais. 

Il  est  quelquefois,  adverbe  ,  comme  en  ces 
phrTises  :  Cette  graine  ne  se  doit  pas  semer  si 
epnis.  Il  a  neigé  épais  de  trois  doigts. 

ÊPAïSSKUrx.s.f.  La  profond)  ur  d'un  corps 
solide.  Cette  pierre  a  tant  de  pieds  de  longueur 
et  tant  d'épaisseur.  Daiis  Vépaisseur  du  mur. 
Ce  ditiniant  ti  une  grande  épaisseur.  PrtiliqriCf 
une  armoire,  un  escalier,  une  cheminée  dans 
l'épaisseur  du  mur. 

On  appelle  L'épaisseur  d\in  bois  ,  d'uni 
forêt.  L'endroit  ou  les  arbres  sont  les  plus  près 
les  uns  des  .lutrr-s. 

On  dit.  L't'puÙ3eur  des  brouillards,  l'épais-, 
leur  de  Vair. 

On  dit  aussi,  L'épaisseur  des  ténèbres. 

ÉPAISSIR.  T.  a.  Rendre  épais.  Mettez  du 
<ucre  dans  ce  sirop  peur  l  épaissir.  Les  vapeurt 
rpais$istent  l'air. 

Il  est  aussi  neutre.  Le  bouillon  t'paissit  en 
cuiidnt. 

Il  s'emploie  avec  le  pron<)m  personnel.  Li 
sirop  s'épaissit.  La  langue  s^êpai.isit. 

On  dit  aussi  De  quelqu'un,  5ii  tailletépais- 
lil,  pour  dire,  Il  grossit. 

On  dit  nuui  au  figuré,  Son  esprit  s'épai»i1 
tous  les  jours. 

Épaissi,  ic  participe. 

ÊPAISSISSEMENT.  t.  m.  Condensation. 
Vépaississement  îles  nues.  L'épaistissement  dei 
lif^ueurj.  L'cpuusiisem«n(  de  la  lymphe. 

Il  lignifie  aussi  L'ctat  de  cr  qui  est  rpai\si. 
L'épaissiisttncnt  de  la  langue. 


EPAMPRRMi:>"T.  .9. m.  L'action  d'cpampra 
la  vij;ne. 

I-;PAMPRi:a.  v.  a.  Ùter  de  l.i  vigne  In 
pampres  ,  les  Icuilles  inutiles  qui  cmpêclivnl 
que  le  raisin  ne  mûrisse.  Il  faudroit  èpamprer 
cette  vigne. 

KpAMpnÉ ,  Éc.  participe. 

ÉPA>CHE.MENT.s.  m.  Effusion.  É^nnc^ic- 
ment  de  bile.  Son  plus  grand  usage  est  au  figu- 
ré. £panc/iemenï  de  cœur.  Ëpanchement  de 
joie. 

ÉP.VNCIIER.  V.  a.  Verser  doucement,  ré- 
pandre. F.pancher  du  vin,  de  l'huile. 

On  dit  figiu-ément,  Epancher  son  ccew, 
pour  dip!,  L'ouvrir  avec  sincérité,  avec  ten- 
dresse, avec  confiance,  etc.  Epancher  sonceeur 
dans  le  sein  de  l'amilié. 

Epanché,  ée.  participe. 

ÉPA>DRE.  V.  a,  (  M  se  conjugue  comme 
Rendre.  )  Jeter  ci  et  là  en  plusieurs  endroits, 
t'parpiller.  lise  dit  Des  clioses  liquides,  et  de 
celles  qui  peuvent  aisément  s'amasser  ensem- 
ble et  aisément  se  scparcrj  comme  de  l'eau .  de 
In  paille,  du  foin,  du  fumier,  du  sable,  des 
pièces  d'aigent,  etc.  Ce  fleuve  épand  ses  eaux 
dans  la  campaqnc.  Epandre  du  foin  pour  le 
faner.  Êpandie  du  fumier  dans  un  champpour 
l'engraisser.  Epandre  du  qrain  dans  une  terre. 

Un  dit  figurcmeul  :  Les  Cehtes  s'épandirent 
dans  Htiilie.  Les  Vandales  s'épandirent  dans 
i'Afrigue,  etc.  Il  est  vieux,  et  l'on  dit  aujour- 
d'hui, Répandi'e,  dans  le  mémo  sens. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel ,  pour, 
S'étendre.  Les  eaux  sépaitinrer.t  par  la  cam- 
pa qne. 

Éi'ANDU,  VE,  participe. 

ÉPANURTHOSE.  s.  f.  Figure  de  Rhétori- 
que, par  laquelle  on  feiut  de  rétracter  ce  qu'on 
avoit  dit,  comme  trop  foible,- et  l'on  ajoute 
quelque  chose  de  plus  fort. 

KPA50UIR,  avec  le  pronom  personnel, 
s'Épanouir,  se  dit  Des  fleurs  qui  commen- 
cent in  déployer  leurs  feuilles  et  à  sortir  du  bou- 
lon. Les  fleurs  commençaient  à  s'épanouir,  i'n 
bouton  de  rose  (jut  s^épanouit.  Le  soleil  fait 
épanouir  les  fleurs. 

Dans  le  figuré,  il  est  actif  en  crttc  phrase, 
Kpnnoliîr  la  rate ,  pour  dire.  Rcjouir.  Je  lui 
ai  fait  un  conte  (fui  lui  a  bien  épanoui  la  rate. 
Il  est  du  style  familier. 

On  dit,  5on  visage  s'épanouit,  son  front 
s'épanouit,  pour  dire,  qu'il  se  déride, qu'il  de 
vient  serein. 

I^.PAKOUI ,  lE.  participe. 

Il  t'emploie  au  propre  et  au  figuré.  Vncro^e 
vpanouie.  Son  visage  étoii  tout  épanoui. 

EPANOUISSEMENT,  s.  m.  Action  de  s'é- 
pannuir.  Le  chaud  contribue  beaucoup  à  Véva- 
noui-'^sement  des  fleurs. 

On  dit  aussi  figurémenl  :  Epanouissement 
de  rate.  Epanoui%sement  de  coeur. 

EPAIU'ET.  s.  m.  Espt-cc  de  foin  fort  com- 
mun en  Dauphinë.  So  graine  lient  ji^u  d'avoint 
et  d'orgr.  L'Êparcet  est  succulent  et  très-nour- 
rissant 

ÉPARER ,  verl*  qui  ne  s'cmploia  qu'ave- 


EPA 


5i5 


le  pronom  personnel,  s'ÉPAREI!.  Terme  de 
Manège,  qui  se  dit  d'Un  cheval  lorsqu'il  déta- 
che des  ruades.  Le  cheval  s^épare. 

ÉP.UtCN.VNT,  ANTE.  adiect.Qui  lu^  d'é- 
pargne, qui  est  trop  méitagev.  Ceï /ior?rne  est 
trop  épargnant.  Il  ne  jntit  pas  être  si  éptr- 
tjnant  dans  une  occasion  sembluhle.  1 1  est  d'hu- 
nu'ur  épargnante. 

EP.\J1G>'K.  s.  f.  Parcimouie,  ménage  dans 
la  dépense.  Epargne  honteusey  sordide,  coiisi- 
àéiable,  mesquine,  etc.  Il  a  amassé  de  grands 
biens  par  son  épargne,  C'esl  un  homme  de 
grande  épargne.  Il  faut  aller  à  Vépargne.  Il  a 
beaucoup  amassé  par  ses  épargnes.  Il  a  fait  un 
grand  bâtiment  avec  ses  épargnes ,  tie  ses  épar- 
gnes. Il  vit  de  ses  épargnes. 

On  appeloit  autrefois  L'Epargne,  ce  qu'on 
appelle  aujourd'hui  Le  Tiéso."  Royal,  où  l'on 
porte  rari;»'tit  du  Roi.  Trésorier  de  l'Epargne. 
Billet  de  VEpargnc.  Ordonnance  de  l'Epargne. 

Epaboe,  se  dit  aussi  Vax  temps  et  de  toute 
autre  chose  qu'on  ménage.  //  n'y  a  point  de 
plus  belle  épargne  que  celle  du  temps.  Il  afjccte 
une  grande  concision  dans  son  style,  il  va  à 
V(-parqne  des  mol-. 

Il  y  a  une  sorte  de  poiiequ'on appelle  Poirt 
d'épargne. 

ÉPARiiNER.  V.  a.  User  d'épargne  dans  la 
dépense,  employer  avec  réserve,  ménager  la 
dépense.  Epargner  son  bien,  son  argent.  Nous 
n'avons  guère  de  provisions,  il  les  faut  é^  ar- 
guer. On  ne  leur  épargne  pas  l'argent.  Ls  VÎm 
ne  futpas  épargné  à  cette  noce.  N' épargnez  pus 
ma  bourse.  Celte  sauce  est  de  haut  ifodt,on  n'y 
a  pus  épargné  le  sel,  le  poiiie.  Il  est  si  nvare^ 
(pi'il  s'épargne  jusqu^à  la  nourritwe.  On  n'é- 
pargne rien  pour  vous  satisfaire.  J'csj^re  que 
TOUS  serez  content  de  mes  soins,  je  n'y  épnr- 
gnerai  rien.  Vous  cherchez  en  vain  à  me  pa-- 
suaderf  épargnez-vous  ce  soin. 

On  dit  figurém.  Eparqner  sa  peine,  épar- 
gner ses  p«j,  pour  dire.  ^léna^er  ses  peines, 
ses  pas,  ou  s'exempter  de  la  peine,  s'exempter 
d'agir. 

On  dit.  avec  le  pronom  personnel,  S'épar- 
gner,  pont  dire,  M<'na^er  ses  soins,  ses  pas, 
son  crédit.  Quand  il  peut  ohliqcr,  il  ne  s\ 
épargne  pas.  S'il  peut  vous  nuire,  il  ne  s'y 
épargnera  pas. 

Il  se  dit  dans  les  choses  morales.  Ep^rgneti- 
moi  le  chagrin,  la  douleur  y  la  confusion,  la 
honte. 

On  dit  aussi  fi^rirément,  Ne  m'épargne'i 
pas,  pour  dire,  E.nplo_vei-moi  librement. 

On  dit  aussi  figurém.,  Eparqurn"  quelqu'un , 
pnurdiie,  Ne  lui  faiic  pas  tout  le  m<iuv.iis  trai* 
lement  qu'on  pourroit.  Je  pouvais  lui  faire 
bciiucoup  de  mal,  mais  je  l'ai  éjuirgné.  On  ne 
l'a  pas  taxe  si  haut  que  les  autres,  on  Va  voulu 
épargner.  La  mort  n'éfkirgne  personne.  La 
peste  épargna  peu  de  getis. 

<Jn  dit  encoro.  Cet  homme  n'épargne  per- 
sonne, pour  dire,  qu'il  médit  de  tout  le  monde. 

ÉPAnr.?iKn.  est  nu.*si  un  trruie  d'Art,  pour 
dire.  Ména;;cr  quelque  chose  dans  la  m  tiière 
que  l'on  travaille,  t  faire  en  ïortc  qu'iui  en 

65. 


5i6' 


EPA 


lire  quelque  cnihelUssciucnt,  quehjue  ornement 
qui  n'eu  soit  pris  détaché»  on  qui  fu&sc  m^'nje 
une  piôce  utile.  Celte  table  a  î-tt  épurante  dans 
l'épaisseur  du  roc. 

On  dit  Épargna-,  en  lemics  de  Dessin  et  de 
Miuiature  sur  ivoire,  Ou.itid  le  papier  ou  l'i- 
Toire  produit  sans  crayon  ni  peinture  les  lu- 
mières des  chairs. 

Ou  dit  aussi  <iu'Vn  Tailleur,  »|u'wne  Cou- 
turière éparque  de  /Vfo^t',  pour  (Kre,  qu'En  la 
taillant  ils  font  en  sorte  qu'il  en  reste  pour  en 
luire  quelque  autre  cliose  que  ce  q\i'ils  ont  en- 
irei'U'.  Ce  Tailleur  a  épanjnê  uue  culotte  dans 
le  drap  de  ce  manteau, 
Épahcné,  le.  participt*. 
rPARPILLK.VIENT.  s.  m.  Action  d'épar- 
piller, ou  l'élat  de  ce  qui  est  éparpillé.  L'épar- 
paiement  de  la  lumière.  Véparpillcment  de  set 
troupes  lui  jjt  perdre  la  hatuille. 

KPAUPILLER.  V.  a.Epyndre  dru  vt  menu, 
Çi  et  là.  Il  se  dit  Des  choses  légères,  minces, 
et  qui  sont  en  petit  Corps.  Eparpiller  de  la 
paille,  du  foin,  de  la  cetidre,  de  la  braise,  des 
papiers,  etc.  Un  tourbillon  qui  a  i^parpillé  ce 
foin ,  ces  javelUs. 

On  dit  figurement  et  familièrement  d'Un 
'dissipateur,  qu'//  a  }>ien  ('parpillè  de  Varcicnt, 
pour  sif^nificr,  qu'il  .n  Leaucoup  employé  iCir- 
gent  en  folles  dépenses. 
Éparpillé,  ée.  p.iriicipe. 
ftPARS,  ARSE.  adj.  Êp.nidu  ç.i  et  l\  en 
divers  endroits.  Les  loups  avoient  épouvmité  U 
troupeau,  d  étoit  èpurs  dans  les  blêf .  dans  les 
Vignes.  Leis  Juifs  n'ont  point  lie  /  to'.*  cefi^nn. 
ils  sont  épars  dans  tous  les  Pays  du  monde. 
Bataillons  épais.  Il  a  ramassé  toutes  les  parti' 
cularitês  de  notre  histoire  (jui  étaient  éparses 
dmns  les  livres,  dans  les  chartes,  etc. 

ÉPARV'IN  ou  KpF.RViN.  s.  m.Tumcrir  dure, 
boue  qui  vient  aux  j.inels  d'un  cheval,  qui  lui 
fait  lever  la  jambe  pins  haut  qu'il  ne  feroit  sans 
cela.  Ce  cheval  a  un  éparvin,  les  éparvins, 

ÉPATER.  V.  a.  Il  n'est  guère  d'usage  qu'au 

participe  Épaté,  qui  ne  se  dit  au  propre  que 

d'Un  verre  qui  a  le  pied  cassé.  Un  verre  épaté. 

On  appelle  Nez  épaté,  Un  gros  nez  large  et 

oourt. 

f-'pATé,  iz.  participe. 

KPAULARD.  s.  m.  Nom  d'un  grand  poisson 
de  mer  de  la  forme  d'un  dauphin,  mais  heau- 
coup  plus  gros.  Il  s'en  trouve  qui  pèsent  jusqu'à 
mille  livres. 

EPAULE,  s.  f.  Partie,  membre  du  corps, 
qui  3st  au-dcsscus  du  chignon  du  cou,  et  se 
joint  au  bras  d»ns  l'homme,  et  à  ta  jambe  de 
devant  dans  les  aiiiuiau'x  h  quatre  pieds.  Cet 
homme  a  une  épaule  haute,  une  grosse  épaide. 
Il  a  l'épinilc  démise,  rompue  ,  fr-tcassée.  Il 
porte  un  fardeau  sur  l'épaule.  Portée  le  mous- 
quet 5w  l'épaule,  sur  son  épaule.  On  lui  6ta  le 
manteau  de  dessus  les  épaules.  Sur  les  deux 
épaules.  Il  est  tngoncé ,  il  a  la  tétc  dans  les 
épaules.  Pousser  de  l'épaule,  avec  l'épaule.  Prê- 
ter l'épaule  pour  relever  un  fardeau.  Il  est  plm 
haut  que  vous  de  toutes  les  épaules.  H  a  les 
épaules   larges,  de   larges   épaules.    I  paulc  de 


EPA 

mouton.  Kpaule  de  veau.  Ce  sanglier,  ce  cheval 
est  blessé  à  Vépaulc. 

On  dit  faniilièreraeiit,  Manger  par- dessus 
l'épaule,  jouer  pardessus  l'épaule,  pour  dire, 
Manger  derrière  les  autres,  jouer  quand  on  n'a 
point  de  place  à  la  table  où  l'on  joue. 

On  dit  de  même,  qu'On  a  mis  un  homme 
dehors  par  les  épaules,  pour  dire.  qu'On  l'a 
chassé  honteusement. 

On  dit  figurément  et  familièrement.  Regarder 
(juclqu'un  par-dessus  l'épaule,  pour  dire,  I>' 
regarder  avec  mépris. 

On  dit, /fausser  les  épaules ,  lever  Icsépaules, 
pour  dire,  Témoigner  en  haussant  les  épaules, 
qu'une  chose  déplaît,  qu'elle  choque,  et  plus 
souvent  qu'elle  n'inspire  que  du  mépris.  Cela 
me  fait  hausser  les  épaules.  Il  n''y  a  rien  à  ré- 
pondre à  cela,  il  n'y  aquà  hausser  les  épaules. 

On  dit  figiu^émenl  et  familièrement.  Je  porte 
cet  homme  sur  mes  épaules  ,  pour  dire  ,  Cet 
homme  me  pèse,  ilm'està  charge  parles  choses 
qu'il  fait,  ou  par  celles  qu'il  dit. 

On  dit  encore  familièrem. ,  Pliej'  les  épaules^ 
baisser  les  épaules  ,  pour  dire  ,  Recevoir  avec 
soumission  une  chose  fâcheuse,  désagréable. 
On  lui  dit  des  parolesduresj  il  s^cn  alla  pliant, 
baissant  les  épaules. 

On  dit  proverbialement  et  figurém. ,  qu'Un 
liOTume  fera,  une  chose  par-dessus  l  épaule, 
pour  dire,  qu'il  ne  la  fera  point  du  tout.  Pen^ 


qu'il 


paye?  il  vous  paiera  par- 


dessus  Vcpaule.  U  est  populaire 

On  dit  fi^urémenl  et  faî.iilièrement  d'Uu 
liouinic  qui  n*a  pas  assez  de  capacité,  assez  de 
lieu,  qu'il  na  pas  les  épaules  assez  /ojles, 
qu'il  a  les  épaules  trop  foihles  pour  un  te> 
emploi,  pour  soutenir  une  charge,  une  diifnitr 

On  dit  figurémenl  et  familièrement,  Pn'ter 
l'épaule  à  quelqu'un ,  pour  dire.  Lui  aider,  le 
soutenir.  Il  a  des  amis  qui  lui  prêtent  l'épaule, 
sans  quoi  il  ne  pourmit  pas  soutenir  cette  af- 
faire, cette  dépende. 

On  dit  figurément  et  familièrement.  Donner 
un  coup  d'épaule,  pour  dire,  Aider  à  quelque 
rlio-îe,  venir  au  secours  de  quelqu'un. 

On  dit  figurément  et  familn' rement ,  Potisseï 
le  temps  avec  Vépaule,  piwir  dire,  Siil>si.ster 
avec  peine  eu  atlcudant  mieux,  ou  gagner  du 
temps  poar  attendre  quelque  conjoncture  plus 
favoiable. 

On  dit  proverbialement  et  populairement 
d'Un  av.ire,  qu'il  ne  jette  pas  les  épaules  dé 
mouton  pur  li  f'.nêtre. 

On  appel! j  Vépaule  d\in  bastion,  Le  flant 
d'un  bastion;  et  Angle  de  l'épaule,  L'angle  qui 
est  entre  le  flanc  et  la  face. 

ÉPAULÉE,  s.  f.  Enùrtqu'onfaitdc  l'épaule 
pour  pousser  quelque  cliose.  On  a  roulé  cette 
pieire,  cette  poutre  par  épaulées. 

Ondil  figurément  cl  familièrement,  F«i>eu'ic 
c/i05e  prir  épaulées,  pour  dire,  La  faiie  à  di- 
verses reprises,  cl  nc-^ligeumient, 

Onditen  termes  de  rtoucheric,  Une  épaulée, 
pour  dire,  Le  quartier  de  devant  du  monloii , 
tiont  on  a  reiranclié  l'épaule. 

ÉPAULEME>'T.  s.  m.  Terme  de  Foiiifica- 


EPE 

lion.  Espèce  de  lempart  fait  de  fascines  et  de 
Y  terre,  etc.  <|ui  sert  principalement  pour  couvrir 
une  batterie  de  canon,  pour  couvrir  des  trou- 
pes. Cet  épaulement  est  bien  fait.  Cet  épatile- 
ment  doit  être  épais  pour  le  moins  de  vinqt 
pieds  de  terre  remuée.  Les  embrasures  d'un 
éptiuionenf. 

ÉPA'ULER.  v.  actif.  Rompre  ou  démettre, 
disloquer  l'épaule.  Je  lui  avois  prêté  mon  che- 
val, il  l'a  épaulé.  U  n'est  d'usage  qu'en  parlant 
Des  bêtes  à  quatre  pieds. 

U  se  met  avtc  le  pronom  personnel.  Ce  che-  . 
val  s'est  épaulé.  * 

ÉpAULEn,  signifie  figurément,  Assister,  ai- 
der. Je  vuits  épaulerai.  Il  fut  épaulé  par  tels  et 
tels.  Cet  homme  réussira  dans  cette  entreprise, 
il  est  fcii^n  épaulé. 

On  dit  Des  troupes  qui  sont  exposées  au  ca- 
non, qn'Il  faut  les  épauler,  pour  diie  ,  qu'il 
faut  les  mettre  à  couvert. 

Épaulé,  ée.  participe. Ce  maquignon  a  ton- 
jours  des  hétes  épaulè-is. 

On  appelle  figurément  Une  fille  qui  s'est 
déshonorée,  Une  bête  épaulée.  On  Va  trompé, 
on  lui  a  donné  en  jnariage  une  bête  épaulée. 

On  dit  aussi  familièrement 'd'Une  personne 
qui  est  absolument  saus  esprit,  que  C'est  une 
héle  épaulée. 

ÉPAULEITE.  s.  f.  La  partie  du  corps  de 
jupe  qui  couvre  le  dessus  de  l'épaule. 

On  donne  aussi  ce  nom  à  Uue  petite  bande 
de  toile  qui  est  sur  l'épault:  de  la  chemise. 

On  appelle  encore  Epauletle.  Vn  tissu  d  or 
[)U  d'nri^en:  que  les  Officiers  mditaires  purleni 
sur  Pcpaule,  et  qui  seit  à  distinguer  lesdilT*- 
ren>  grades. 

ÉPAVE,  adject.  des  2  gemes.  Il  se  dit  Des 
choses  égarées,  et  dont  on  ne  coniioîl  j>oint  \f. 
maître  ,  le  propriétaire  ;  mais  principalement 
Des  chevaux,  vaches  et  autres  bestiaux.  Un 
cheval  épave.  Les  bêles  épaves.  Biens  épaves. 

Il  se  prend  plus  souvent  au  substan!:*^  ,  ei 
idor^  il  est  féminin.  Les  épaves  appartiew  e'tt 
iiu  Seigneur  sur  la  tore  duquel  elles  se  trouvent. 

Il  se  dit  aussi  Des  choses  que  la  mer  jette  sur 
les  côtes. 

Droit  d'épave,  (st  Le  Droit  qu'a  le  Seigneur 
rlc  se  saisir,  de  s'approprier  les  cliosts  épaves 
qui  se  trouvent  sur  ses  terres. 

EPE 

ÉPEAUTRE.  s.  m.  Sorte  de  blé-fromecL 
Quelques-uns  Tappellent  Froment  locor. 

Il  y  a  encore  une  espèce  d'épcaulre  qu*ou 
nomme  Seigle  hlrnc, 

ÉPÉE.  s.  f.  Arme  ofiensive  et  défensive  qiie 
l'on  porte  i  son  côté.  Longue  épèe.  Courte  épée. 
F.pée  de  longueur.É,pée  de  rencontre.  Epée  de 
combat.  Éjtée  à  garde  dorée.  Épée  à  garde  d'ar- 
gent, à  poignée  d'itrqcnt.  Epée  enrichie  de 
druuitins,  ou  simplement  Epée  de  diamans.  Se 
battre  à  l'épéc  et  au  poignard.  Ceux  qui  por* 
tent  l'épce.  Mettre  une  épée  à  son  côté.  Le  Con- 
nétable porte  iépéc  haute  et  nue  devant  le  Roi. 
Le  Grand  Ecuya'  porte  l'épée  du  liai.  Ils 
uvoi^nl  l'épéc  nue.  Mettre  l'épéeà  lamain.  Tirer 


EPE 

Vépèe.  Becevoir  des  coups  de  vlat  à^cpèe.  Je  ini 
fis  rendre  l'êpêe ,  rengainer  Vépée.  Si  je  le  ren- 
contie  ,  nous  mesurerons  nos  cpees.  Remettra 
î'êpte  dans  U  fourreau.  H  lui  donna  de  /V'/u't 
dans  le  ventre.  Il  lui  passa  son  épêe  au  travers 
du  corps.  Il  lui  enfonça  Vcpt:e  jusqu'aux  ijur- 
des  f  jusau'à  la  garde.  Voilà  un  grand  coup 
d'épce.  Il  le  poursuivit  Vipéedans  les  reins.  A'o5 
saltiuts  attaquèrent  le  retranchement  des  enne- 
mis têpêe  à  la  main.  Emporter  un  ouvragt 
Vèpêe  à  la  main.  Charger  l'êpce  à  la  main.  Ga- 
gner le  fort  de  l'épée.  Je  lui  fis  tomber  l'cpéc 
des  mains.  La  Ville  fut  prise  d'assautyOn  passa 
tout  au  fil  de  iépce.  Jouer  de  l'cpée  à  deux 
mains ,  ou  de  l'espadon.  Autrefois,  (^uand  on 
fiîsoit  un  Chevalier^  on  lui  ceignoit  lépcc 

On  appelle  absolument  L'Epêc,  L'élat  Jca 
Gens  d'elle,  particulièrement  par  opposition  à 
U  Robe.  Il  a  quitté  la  robe  pour  l'cpée,  pour 
prendre  l'êpi'e.  Les  Gens  d'êpée.  Homme  d'c- 
pée.  On  la  mis  dans  l'èpèe.  On  lui  a  fait  pren- 
dre le  parti  de  l'cpée. 

Onditproverl>ialement  et  GgurCment,  Pour- 
suivre,  presser  un  homme  l'êpce  dans  les  reins, 
pour  dire,  Le  presser  fort  de  conclure,  d'ache- 
ver une  aflàirc. 

On  le  dit  aussi  pour  dire,  Le  presser  dam 
la  dispute  par  de  sî  fortes  raisons,  qu'il  ne  sail 
que  répondre. 

On  dit  figurément,  Emporter  une  chose  à  la 
pointe  de  Vépce,  pour  dire,  L'emporter  n^rès 
de  gtaiuls  eHurls. 

Uq  dit  proverbialement  et  &;urcment  d'Un 
Gentithomine  qui  n'a  point  de  bien,  iju'i/  n'., 
que  la  cape  et  l'épêe. 

On  dit  aussi  d'Un  Auteur,  d'un  ouvrai;»'. 
qu'il  n'a  que  la  cape  et  Vépèe^  jx>ur  dire,  quil 
n'a  rien  de  solide.  U  se  dit  par  extension  ï)e 
diverses  autres  clioses  qui  n'ont  pas  la  force  cl 
la  solidité  qu'elles  devroient  avoir. 

On  dit  proverbialement,  A  vaillant  homme 
courte  epée,  pour  dire,  que  La  valeur  supplée 
aux  armes. 

On  dit  troniquemcnt  d'Un  homme  qui  a  fiiil 
une  sottise  remarquable,  qu'/I  a  fait  un  beau 
coup  d'èpèe. 

On  dit  d'Unc  tentative  qui  n'a  point  de 
suite,  qui  n'a  point  d'cfièt,que  C'est  un  coup 
d'èpJe  dans  Veau. 

Un  dit  ngurémcnt  d'Un  Lomme  aoroit  et 
vaillant,  que  C'est  une  bonne,  une  rude  épée, 
qu'il  est  bruve  comme  l'cpée  qu'il  porte.  Bravt 
comme  son  êpée. 

On  dit  aus<>i  figurément  d'Un  homme  qtn* 
e*  toujours  prêt  ^  mettre  l'épée  h  la  main,  que 
Son  épée  ne  tient  pus  au  fourreau. 

On  dit  provcrbidliiiient  et  fi;^urément  quand 
un  houune  ne  peut  parvenir  j  quelque  c!iose 
qu'il  voudroit  bien  avoir,  que  Son  épée  est  trop 
courte 

Oo  dit,  que  L'èpèe  de  quelqu'un  est  vierge^ 
po*ir  dire,  «pill  n'a  jamai.*  tiré  lépéc. 

On  dit  I)e  griis  qu'on  %oil  dans  une  si 
^ndtt  mrsinlcllii^cncc  ,  qu'ib  se  querellent 
pour  la  moindre  chose,  qu'ils  en  sont  toujours 
«u-c  c^cs  et  aux  couteaux.  Ces  parens  ne  peu- 


E  P  E 

vent  s'accorder,  ils  sont  aux  cpca  et  aux  cou- 
teaux. 

Ou  appelle  par  mépris  Traîneur  d'épée,  Un 
bretteur,  un  batteur  de  pavé,  qui  porte  une 
longue  épije  sans  aller  U  la  guerre. 

Onditprovcrbi;dementetfigiirément,qu'f/n 
homme  se  fait  tout  blanc  de  ron  épée  ,  pour 
dire,  qu'il  se  vante  d'avoir  beaucoup  d':  pou- 
voir, de  crédit  pour  dire  réussir  une  aflàire. 

On  dit  d'Un  homme  en  qui  la  vivacité  d'es- 
prit nuit  à  la  santé,  que  L'épée  use  le  fourreau. 

On  dit  tlgurément  et  proverbialement,  en 
parlant  d'Un  homme  qui  est  toujours  prêt  à 
servir  quelqu'un  de  sa  personne,  de  ses  con- 
seils, ou  de  son  industrie,  C'est  Vêpcc  de  chevet 
d'un  tel. 

On  dit  proverbialement  et  figurcmcnt.-Veïtre 
quelque  chose  du  côté  de  Vépcc,  pour  dire. 
Mettre  quelque  profit,  quelque  gain  à  couvert, 
en  réserve.  Il  se  dit  plus  ordinairement  en  mau- 
vaise part,  et  il  est  du  style  familier. 

On  dit  proverbialement,  .Vourir  d'une  belle 
epcCy  poui"  dire,  Succomber  sous  un  ennemi 
auquel  il  est  glorieux  de  céder;  et  fii^urcmcnt 
pour  dire,  Recevoii-  du  dommage parune chose 
qui  est  belle,  aj;réable  et  qui  fait  plaisir. 

On  dit  eu  style  familier,  Il  s'est  laissé  d  in 
cela  l'épée  au  coté,  pour  dire,  qu'il  a  soufiTerl 
qu'où  lui  dit  telle  chose  sans  rien  répondre, 
sans  répliquer. 

ÉPELER.  v.  a.  Nommer  les  lettres  qui  com- 
posent un  mot,  et  en  former  des  syl]al>escn  les 
ass/>mblant  l'une  avec  l'autre.  Il  commence  à 
éfieler.  Epelez  ce  mot. 

Épelé  .  ÉE.  participe, 

KPELLATION.  s.  f.  Action  d'épeler,  l'art 
d'épeler.  Il  entend  bien  Vépellation.  Essayez 
iêpellation  de  ce  mot. 

ÉPERhU,  UK.  adj.  Qui  est  tout  étonné, 
qui  a  Tesprit  comme  troublé  par  la  crainte  ou 
par  quelque  autre  passion.  Elle  sut  qu'or,  at- 
taqnoit  son  mari  ^  elle  cowut  aussitôt  tout  éper- 
due pour  le  serouiir.  Tout  éperdu  d'amour. 

ÉPFRDUMi:>T.  adv.  Violemment  et  dune 
manière  éperdue.  Il  est  cperdumeyit  amoureux. 
Cet  deux  personnes  s'aiment  cpcrdument.  U  se 
dit  Des  désirs  violens,  et  particulièrement  de 
l'amour. 

EPERLAN.  s.  m.  Espèce  de  petit  poisson 
de  mer.  Des  èpf.rlans  frits. 

ÉPERO>'.  s.  m.  Pftite  l>ranche  de  fer  ou 
d'autre  métal,  qui  se  met  autour  des  talons,  el 
au  milieu  de  laquelle  joue  une  espèce  d'étoile 
appelée  .l/o/c(lc,  dont  les  pointes  servent  à  pi- 
rpicr  le  clieval  afin  qu'il  aille  plus  vite.  Eperon 
doré.  Eperon  d'argent.  Branche  d'éperon.  Wo- 
lette  d'éperon.  Dessus  if éperon.  Dessous  d'épe- 
ron. Ce  cheval  est  tendre^  est  sensUde  à  Vépc- 
ron.  Dur  à  /Vperon.  Ce  che\'al  est  vif,  il  a  plu* 
besoin  de  bride  que  d'éperon.  Il  craint  Vépen  n. 
Vous  dcsespènz  ce  c/icva/,  vous  lui  tenez  tou- 
jours répaon  dans  le  flanc. Enfoncer  l'épervn. 
Chausser  les  éperons.  Déchausser  les  éperons. 
.iutrcfoiS  qtutud  on  fiisoit  des  Chevalia's^  on 
leur  chaussoit  les  éperons.  Les  éperous  dorés  , . 
etoicnt  une  marque  de  Chevalerie. 


EPE 


On  (lit  figurément,  Cliausstr  les  éperons  à 

i  (Quelqu'un,  jiour  dire,  I.e  poursuivre  vivcmein 

(juand  il  fuit,  /.es  ennemie  se  reliraient,  notre 

Cavalerie  leur  chaussa  les  éperons. Il  est  vieux. 

On  dit  figurcmcut  et  familièrement,  Donner 
un  coup  d'éperon  jusiju'à  un  certain  endroit, 
pour  dire,  Y  cuurir,  j  aile;  en  diligence.  Si 
vous  allez  en  tel  endroit,  la  maison  d'un  tel 
n'en  est  pas  loin, donnez  un  coup  d'éperon  jui- 
(fue-là. 

On  dit,  qu'Un  cheval  n'a  ni  boiicfie  ni  ejie- 
ron,  pour  dire,  qu'Ilala  bourlie  forte,  et  qn  il 
n'e^l  point  sensible  à  l'éperon. 

On  dit  fi;;urément  et  familicrement'  d'Un 
liomnic,  qu'il  n'a  ni  bouche  ni  éperon,  foui 
dire,  qu  11  est  stupidc,  qu'il  n'a  ni  sentiment 
ni  courage. 

'  On  dit  figiirt-mrnt  et  ramili^rcment,  qu't/n 
homme  a  besoin  J'i'peron.qu'i!  lui  fauldonner 
un  coup  d'éperon,  pour  dire,  qu'il  faut  le 
presser,  l'cxcilcr  ;  el  qu'/l  a  plus  besoin  de 
bride  que  d'éperon,  pour  dire,  qu'il  a  plus  be- 
soin d'être  retenu  que  d'être  excité. 

Éi'EnoN,  se  dit  aussi  De  certaines  rides  qui 
se  voient  au  coin  de  l'ouil  des  personnes  qui 
vieillissent. 

11  se  dit  aussi  De  l'ergot  que  quel([ues  ani- 
maux, connue  les  coqs,  ont  den'iêre  la  jambe 
vers  le  bas ,  et  que  les  cliiens  ont  derrière  les 
jambes  de  devant. 

11  se  dit  aussi  De  cette  pointe  qui  fait  ia 
proue  des  Galères.  î 'Éperon  d'un  Vaisseau, 
qu'on  nomme  lussî  Soulaine^  Cap,  ou  Avan- 
tage, est  La  partie  de  l'avant  du  Vaisseau  qui 
se  termine  en  pointe  en  faisant  une  grande  sail- 
lie, et  s'av.ïuce  la  première  en  mer. 

Il  se  dit  aussi  d'L'ne  sorte  de  fbrlificadoil 
en  angle  saillant,  qui  se  fait,  ou  au  milieu  des 
courtines,  ou  au-devant  des  portes,  pour  les 
tîètcndn'. 

On  appelle  encore  Epei  on  ,  Tout  ouvrage 
en  pointe  qui  sert  à  rompre  le  cours  de  l'eau 
devant  les  piles  des  ponts ,  ou  sur  les  bords  des 
rivières. 

On  appelle  aussi  Eperon,  Certains  ouvrages 
de  maçonnerie  terminés  en  pointe,  faits  en  de-i 
liors  d'un  Kilimcnt  ou  d'une  muraille  pour  les 
soutenir. 

ÉpEnos.  Ternie  de  Botanique.  Il  signifie  Jjà 
pointe  de  certaines  fleurs.  La /leur  f/c  IdLinairt 
est  terminée  en  éperon. 

On  appelle  encore  Eperons,  Des  braucbes 
qui  sont  courtes,  droites,  regardant  l'horizon, 
et  qui  sont  placées  tii  forme  d'éperon.  Les  Ani- 
brettes  sont  su\cttcs  à  porter  des  éperons. 

ÉPKRON.Nfi,  ÉE.  adj.  qui  a  des  Éperons 
aux  talons.  /(  c<l  bollé  el  c'peronné,  loiil  prit  i 
monter  à  cheval. 

\\  se  dit  aussi  Des  coqs  et  des  cliiens.  Vn  eot^ 
éperonné.  On  dit  que  les  chiens  épavnnès  ne 
sont  pas  sujets  à  la  rage. 

On  dit  aussi  d'Une  personne,  qu'£IIe  n  lei 
yeux  êpcronnès  ,  quelle  est  èperonnêe,  pour 
dire,  quTClle  a  des  rides  no  coin  de  l'oeil. 

Il  se  dit  encore  Des  fleurs  qui  ont  Jes  cpc* 
tons.  Une  fleur  cperonnée. 


5. s 


EPH 


ÉPERONSIER.  s.  masc.  .\rlisan  qui  fait  ou 
^end  des  éperons,  des  mors,  des  élriers,  eic. 
Épewiinier  du  Roi.  Maître  Eperunnier. 

ÉPlîRVIKR.  s.  m.  Oiseau  de  Fauconnerie 
Lâcher  Vépervier. 

On  dit  proTcrljùilement  d'L'n  mariage  où  la 
femme  est  plus  habile  ,  plus  agissante  que  le 
mari,  C'est  un  mariage  d'épervicr,  la  femelle 
vaut  mieux  q^ie  le  mille. 

ÉPEBVtEr. ,  est  aussi  Une  sorte  de  filet  à 
prendre  du  poi«on.  Jelcs  l'cper\fier.  Coup  d'é- 

pti'  i'itT. 

lipEnviEB  ,  in  Cliirurgic  ,  est  Un  bandage 
dont  oi:  se  sert  pour  les  plaies  et  fractures  du 
ncï. 

liPH 

ÈPHKBE.  s.  ni.  Jsuiie  homme  arrivé  ^  l'âge 
de  pubcrtë,  c'est-i-dirs,  à  quatorze  ans. 

KPHÊDRE.  s.  m.  Celoit,  chez  les  Anciens, 
uji  athlète  qui  dcnicuroit  impair,  c'cst-i-dire, 
sans  antagonisU",  après  qu'on  avoit  ré^lê  par  le 
sort  ceux  qui  dev()ient  conibatUc  ensomble.  11 
étoit  obligé  de  se  bntlrc  contre  le  dernier  vain- 
queur. 

ÉPHÈDRE.  s.  f.  Arbrisseau  sendilable  i  la 
prèle,  mais  plus  grand,  et  qui  porte  une  espèce 
de  petite  mure  rouge  et  aigre. 

ÉPHÉLIDES.  subst.  fem.  pi.  Taclies  larges, 
rudes ,  coirltres  qui  viennent  au  visngc  par 
l'ardeur  du  Soleil ,  ou  par  quelque  inflamma- 
tion. 

On  appelle  aussi  Éphélides,  Des  taches  lar- 
ges, ordinairement  brunes,  quelquefois  rouges, 
qui  sur\  lennent  aux  femmes  grosses  ,  et  au\ 
filles  qriî  atteif;nent  la  puberté. 

ÉPHK.MÈRE.  adj.  des  2  genres.  Qui  ne  dure 
qu'un  jour.  Fièvre  éphcmèn.  Des  animaux 
éphémères.  Fleur  éphémère.  Opinion  éphémère. 
Succé.i  éphémère. 

ÉPHÉMÉRIDES.  s.  m.  pi.  Tables  Astrono- 
miques, par  lesquelles  on  détermine  pour  cha- 
que jour  le  lieu  de  chaque  Planète  dans  le  Zo- 
diaque. Les  Ephêmérides  d'Arçjolus.  Consulter 
!c.î  Ephêmérides. 

ÉPHESTRIE.  s.  m.  Kom  d'une  sorte  d'habit 
-  et  de  surtout  usilc  en  Grèce. 

On  donnoit  aussi  le  nom  d'£p''«lric  i  une 
ancienne  fête  à  l'honneur  du  devin  'l'irépi&s  , 
dans  laquelle  on  promcnoit  sa  statue  faal>illee 
en  femme;  et  on  l'habilluit,  au  retour,  en  ha- 
bit d'homme. 

Ou  a  nommé  Epheilries  quelques  masca- 
rades modernes  où  l'on  a  vu  les  m£mes  chan- 
(•cmens. 

fiPHÈTES.  s.  m.  plur.  Magistrats  Atliénicns 
iiKtitués  par  le  Roi  Demophou  pour  juger  Ica 
meurtriers. 

EPHlALFEb  ou  CAUCHEMAR,  subst.  m. 
Asthujc  uoctutnc ,  espèce  d'oppivssion  noc- 
'unie.  Vo;)  es  Calchejiau. 

ÉPHOD.  t.  m.  (  Ou  prononce  lo  D.  )  Espèce 
de  ceinture  à  l'usage  des  Prêtres  Hcbrcuic.  L'é- 
pnod  se  passait  derrière  le  cou  comme  une 
fiole,  et  faisait  plusieurs  tours  en  se  croisant 
autour  du  corps. 


EPI 

ÉPHORKS.  s.  nj.  pi.  Juges  I^actornonicoa 

1,  établis  pour  servir  de  contre -poids  ù  l'autorltc 
<ies  Rois. 

EPI  i 

KPI.  s.  m.  La  tête  du  Uiyan  de  h\i:  dnns  la- 
quelle est  le  grain.  Gros  épi.  hpi  hiv.n  gurui. 
£pi  maiqre.  Kpi  de  /'/e,  dWf/e ,  etc.  Kpi  (h 
froment.  Quiiud  les  hlcs  sont  en  e'/)i,  motitent 
en  épi.  Les  barbes  des  épis  ^orqe  sont  plus  Ion. 
nues  (jue  celles  des  épis  de  seiqle. 

<  n  dit  commuDement ,  que  Januiii  Avril  ne 
se  passa  sans  épi. 

ÉPI.  s.  m.  Terme  de  Chirurgie.  Espèce  de 
bandage.  Voyez  Spica. 

ÉPIALE.  adj.  Terme  de  Médecine.  On  ap- 
pelle Fièvre  èpialey  Vue  espèce  de  fièvre  conti- 
nue dans  laquelle  on  scnl,  avec  unt;  cfaaleui 
reprindue  p.ir  tout  le  corps,  des  frjs.\o;,s  Vf  gués 
et  inegulîers. 

I  PîAN.  s.  m.  (Vulgairement  Pian.)  Maln- 
dic  conmiune  en  Amérique»  qu'on  ne  croit  pas 
diirJrcntc  du  mal  véncrien,  mais  plus  aisée  à 
guérir.  Voyez  Pian. 

l'.PICARPK.  s.  masc.  Terme  de  Piiarmacie. 
Tiqiique  qu'on  applique  au  poignet  sur  le  pouls, 
n  y  a  des  épicarpes  fébrifuges  et  des  épicarpcs 
confvrtalip.  On  dit  aussi  Péricarpe  dans  le 
même  sens. 

EPICE.  s.  f.  Sorte  de  drogue  aromatique, 
cliaude  et  piquante ,  et  dont  on  se  sert  pnui 
assaisonner  des  viandes,  comme  r,ont  le  clou 
do  f^itoflc.  la  muscade,  le  poivre,  le  gingem- 
bre, etc.  Fines,  tonne.*!  épi'ces.  Epices  éi'cr.tr:c<:. 
On  apporte  les  épines  des  Indes  Oricntiies.  1. 
y  a  trop  d'épices  à  ce  pâté. 

On  appelle  Puin-d'Epice,  Une  espèce  de 

I   pRin  qui  vsi  fuit  de  farine  de  seigle,  de  miel. 

t   d'épices,  etc. 

;  Ou  appelle  fi  ;urcnu-nt  et  dans  le  style  fami- 
lier, Un  homme  qui  est  fin  et  rusé,  Fine  épïcc. 

'        On  dit  provcrbiali'ment  Oes  personnes  pc- 

1  lites,  mais  spirituelles,  Dans  les  petits  soa 
sont  les  fnes ,  sont  les  bonnes  épicéa. 

Ou  appelle  proverbialement  et  p)pnl;iir( - 
ment,  C/jcrc  e^jice,  Les  marchandises  qui  sont 
plus  chères  qu'elles  ne  dcvroienl  ^trc. 

'  Autrefois  on  appelnil  Êpices ,  Les  dragées  cl 
les  confitures.  Les  Anciens  Historiens  maraucnl 
souvent  (ju'à  la  fin  des  festins  en  apportait  U 

;  vin  et  les  épices. 

;        Épices,  au  pluriel,  signifie  Ce  qui  est  du 

I  aux  Juges  pour  le  jugement  d'un  procôs  par 
Lcrit.  C'est  un  grand  procès^  H  y  aura  plus  de 
deux  cents  cens  d'épices.  Il  faut  paya'  les  épica 
pour  lever  VArrét.  Autrefjis  les  épices  étoicnt 
••ûlontaires ^  et  se  payoient  en  nature. 

ÈVlCÈ]!iE.  adj.  Terme  de  Grammaire.  Nom 
que  l'on  donne  aux  mots  communs  aux  deux 
sexes.  Z/Ci  moU  Enfans,  Parens,  sont  Epicéncs. 
ÉPICER.  V.  a.  Assaisonner  avec  de  répice. 
lY'épicei  pas  tant  ce  pâté.  Ce  Cuisinier  cpicc 
trop. 

On  dit  Ggtircmcnt  ci  familièrement,  qu'(/n 
fuge  épice  rudement^  pour  dire, qu'il  taxe  trop 
haut  le.^  épices  d'un  procès. 


EPI 

ÊficÉ,  iz.  participe.  71  n'aime  ni  salé  ni 
picé. 

ÉPICÈRASTIQUE.  adj.  des  2  gcnr.  ferme 
;  de  Médecine.  Ou  appelle  ainsi  les  mcdicaraens 
qui,  par  leur  ljumiilit<-  tempérée,  ont  la  vertu 
d'adoucir  l'acrimonie  des  humeurs.  Les  racines 
de  mauve,  de  nuimauve,  etc.  sont  des  remèdes 
îpicérasti(jues.  On  l'emploie  aussi  substantlrc- 
tuent. 

ÉPICERIE,  s.  f .  Nom  rollectif  qui  comprend 
non-seulement  toutes  sortes  d'épices,  comme 
la  cannelle,  la  muscade,  le  poivre,  etc.  mais 
encore  le  sucre,  le  miel  et  toutes  les  drogues 
médicinales  qui  viennent  des  Pays  éloignés.  JI 
traficiuc  en  épicerie.  Les  lîollandois  font  un 
qvand  commerce  d'épiceries. 

Éi'ici^ni£,  se  dit  aussi  pour  Le  corps  des 
Marchands  Épiciers. 

ÉPICIIÉRÈME.  s.  m.  (On  prononce  Épilté- 
réme.)  Terme  de  dialectique.  Syllogisme  dans 
lequel  chacune  des  prémisses  est  accompagnée 
de  sa  preuve. 

ÉPICIER,  1ÈRE.  s.  Celui,  celle  qui  vend 
des  épiceries.  Marchand  Epicier.  Riche  Epicier. 

ÈPICRANE.  subst.  m.  Ce  qui  environne  k 
crâne. 

ÉPICURIEN,  s.  masc.  Il  signifie  au  propre . 
Un  sectateur  d'Epicure ,  et  par  extension  ,  un 
voluptueux,  un  homme  qui  ne  songe  qu'à  son 
plaisir.  C^est  un  franc  Epicurien, 

11  se  prend  aussi  adjectivement.  Le  système 
épicurien.  La  morale  épicurienne. 

ÉPICURISME.  s.  m.  Système,  morale,  nw 
nière  de  vivre  d'Epicure  et  des  Epicuriens. 

ÉPICYCLE.  sulist.  ra.  Terme  d'AsIronomic. 
Petit  corde  imaginé  par  quelques  -Astronomes, 
n  dont  le  centre  est  dans  le  point  de  la  circon- 
férence d'un  plus  grand  cercle.  Épicycle  de 
.1.'ar.v 

ÉPICYCLOÏOE.  s.  f.  Terme  de  Géométrie. 
Courbe  engendrée  par  la  révolution  d'un  point 
de  la  circonférence  d'un  cercle,  qui  roule  sur 
la  partie  concave  ou  convexe  d'uu  autre  cercle. 

I'PI-D'EATJ.  s.  masc.  Plante  aquatique  qui 
l'r'Ut  dans  les  étangs  et  les  marais.  L'i'pi-  d'eau 
c.-I  astrinn''nt  et  réfriqiTant. 

ÉPIDÉMIE,  s.  f.  Terme  de  Médecine.  .Ma- 
ladie générale  ou  populaire  qui  dépend  d'une 
cause  commune  et  accidentelle ,  comme  l'allé- 
ration  de  l'air  ou  des  alimcns.  Celle  mnlndie 
(i^-iinl  commence'  pnr  peu  de  personnes,  dégé- 
néra en  épidémie. 

On  dit  figurément ,  Il  y  a  des  épidémies  mo- 
rales. 

KPiniÎMIQUE.  adj.  des  s  genres.  Qui  tient 
de  l'épidémie.  Mal  cpidémujue.  Maladie  épidé- 
miaue. 

Ou  dit  aussi  au  figiu^  :  Des  passions  épidé- 
wiques.  Des  maladies  épidémii^ucs  de  corps  et 
d'esprit. 

ÉPII)É>nU>I.  s.  m.  Plante  qui  croit  sur  le.s 
hautes  montagnes  d'Italie.  On  l'élève  aisément 
dans  les  jardins.  L  iyidémium  ne  craint  point 
le  froid,  il  est  rafruichissanl  et  épaississant. 

ÉPIDERME.  s.  masc.  Surpeau,  R>  premièri 
peau  de  l'.animal  et  la  plus  miocr.  Cela  n'a  fait 


EPI 

fue  lui  e///eu/er  Vépidamc.  Enlever,  e'corcfcer 
Vcp'uUrmc. 

ÉPIDIDYME.  s.  ni_»sc  Éniinence  qui  sVIèvc 
autour  de  cliaimc  Icsticulc. 

ÉPUîR.  V.  u.  Mouler  en  epi.  Les  Mis  corn 
mencenl  d  épit'r, 

Épii,  ÉE.  porticipe-  ies  seigles  sont  <(tj«  épiés. 

On  dit,  ï/nc  /^iifiie  i/e  cW-nq^ùv.  pour  dire, 
Kparpillcc  en  forme  d'épi  ;  Un  chien  épié.  Ce- 
lai qui  au  milieu  du  front  a  du  poii  plus  grand 
«ju'aiUrurs. 

ÉPIER.  7.  a.  Observer  secritemenl  et  athoi- 
tement  îcô  uctioiîs ,  les  discours  de  quel»ju'un. 
On  l'a  mis  auprès  de  ce  jeune  Princepoitr  épier 
ce  (ju'il  fiil.  Prenez  (jarde  à  ce  que  vous  direz, 
vous  êtes  épié.  Je  le  fais  épier. 

On  dit  aussi  :  Epivrle  mouvement  des  enne- 
mis. Epier  l'occnsiin,  le  temps  d'aijir.  Bpier  le 
moment. 

Épié  ,  F.f .  participe. 

ÉPIEKRKR.  V.  a.  Ôlcc  les  ]iicnes  d'un  jar- 
din. Il  faut  éfiicrrer  les  onremix  où  l'on  veut 
planter  des  fleurs.  Il  y  a  des  lerroû'S  qu'on  m 
tauroit  épierrcr. 

ÉPlEnnÉ,  LE.  participe. 

ÉPIEU.  s.  m.  Sorte  d'arme  d'bast  à  fer  plul 
et  pointu,  dont  on  se  sert  pins  ordinnircmcnt  h 
la  cijasse  du  san^;licr.  /(  tUlendit  le  san(jlia'  dt 
pied  ferme  avec  son  épieu,  et  Venferra. 

ÉPI(;.\STRi;.  s.  ninsc.  Terme  d'Anatomie. 
Partie  supérieur  du  l>as-vontre. 

ÉPIG.ASÏRi-,  LE.  adj.  des  2  senr«.  Oui 
appartient  i  1 1  plgaslrc.  licijion  épiijnstriijue. 

ÊP1GE0>N;;R.  v.  a.  'lemic  de  Maçonnerie 
Employer  le  plilrc  un  peu  sciTé,  en  sorte  que 
San?  le  plaipicr  ni  le  jeter,  on  le  lève  avec  l.i 
main  et  la  truelle  par  poignée,  comme  aux 
tuyaux  de  cheminée  iju'on  fail  de  pi  Ute  pur 

EnoEOSNÉ,  KE.  participe. 

ÉPIGr.O'tTE.s.  f.  Terme  d'.inalomie.  C'est 
le  nom  '|uVn  donne  à  la  languette  qui  couvre 
et  fcrrac  la  glotte.  On  la  nomme  autrement 
Luelle. 

ÉP[C;K.tMlI.\TIQUE.  odj.  des  2  genres. 
Qui  appartient  à  l'épigranune.  Style  épigram- 
matiijue.  Trait  épigrumm.tiquc.  Tournure  épi 
t]rammati(jite. 

ÉPIGR.VMMVTISTE.  s.  m.  Celui  qui  fuit, 
qui  compose  dr»^  Epi;^ammcs.  Les  épi^amma- 
tistes  sont  (jnelipief.  is  liceneieu.x. 

ÉPIGR  A.M.ME.  s.  f.  Espèce  de  petite  poésie, 
qui  se  termine  ordinairement  par  un  trait  pi- 
quant ou  par  un  bon  mot.  Vue  bonne  épi- 
^'uirme.  Pointe  d'épiqramme.  Il  y  a  peu  de  jcl 


dans  cette 


eptqr 


On  donne  aussi  (î|;urément  le  nom  d'i^pi- 
tjiamm:,  à  Vn  mot ,  un  trait  qui.  dans  la  con- 
versation ou  dans  un  écrit,  présente  tine  crili- 
q!n  vi\  e,  une  raillerie  mordante.  C'iiiijurf  lirasc 
de  cet  errit  est  uneêpigramme.Sa  conversation 
est  toute-  eu  epiçjrûmme.  Celle  touonije  est  si 
exancrée  qu'elle  11  l'air  d'une  épirjramme. 

KPlURAi'ilE.  ».  r.  Iiucription  qn'on  met 
sur  lui  liùtiraent,  pour  en  marquer  l'usage, 
(Kiiir  indiquer  le  temps  de  sa  construction  ,  etc. 
y.a  ce  len»  nu  dit  plus  toirvciit  [i:scriplion. 


EPI 

11  K  dit  aussi  et  plus  ordinairement  De  ces 
sentences  ou  devises  que  quelques  Auteurs 
mettent  »u  frontispice  de  leurs  ouvrages,  et 
qui  en  indiquent  l'objet.     ' 

ÉI'IL.ATlIIKE.  adj.  des  2  genres.  Qui  ■iorl  à 
épiler.  Pille,  onjueul  épilatoive.  ' 

ÉPII.EPSIE.  s.f.  Mal  caduc,  liaut-mal, que 
le  vulgaire  appelle  Mal  de  Saint-Jean,  ou  mnl 
de  Saint.  Convulsion  irrégulière  de  tout  le 
corps,  ou  de  (|uclquc  partie,  particuliircmenl 
de  la  mâchoire  inférieure,  qui  saisit 'subitemeiu 
et  fait  tonil)cr  le  malnde.  Il  e.;l  sujet  ù  l'épilep. 
sic.  //  a  eu  des  attaques  d'épilcr-<ie. 

ÉPII.EPTIQUK.  adj.  des  2  genres.  Qui  ap- 
partient h  lépilepsie.  Symptôme  épilcptiqut. 
Convulsions  épileptiques. 

Il  est  aussi  quelqucibis  substantif  ;  et  alor;- 
il  ne  se  dit  que  Des  personnes,  et  signifie,  Su- 
jet à  l'épilepsie,  attaqué  d'épilepsie.  Les  épi- 
leptiques perdent  toute  connoissance  en  un  mo- 
ment. 

LPILER.  V.  a.  Arracber  le  poil ,  ou  le  faire 
tomberau  moyen  de  quelque  topique.  Onqucnt 
à  épiler.  Il  est  allé  chez  le  Baigneur  pour  se 
ffiii-c  érilcr. 

ÉriLE,  it.  i>articipe. 

EP!IX)GIJE.  s.  m.  La  dcrni.^re  partie,  ou  la 
ronclusion  d'un  discours  oratoire.  Il'épiloijue 
doit  être  court.  L^épilotjue  doit  résumer  les 
^incipaux  points  d'un  di.fcours.  Il  se  dit  par- 
ticulièrement De  la  conclusion  d'un  l'ocme. 

ÉPILOGCER.  V.  n.  Il  n'est  point  d'usage 
ilans  le  propre;  et  il  signifie  figurément,  Cpo- 
surer,  trouvet'à  redite.  C'est  un  homiite  qui 
épilogue  sur  tout. 

Il  est  aussi  quelquefois  actif.  Epiloquer  la 
nctions  d'autrui.  Il  est  du  styL-  familier. 

ÉPILOGUEUR.  5.  m.  Qui  aime  ii  épilogucr. 
C'est  un  (jrand  épilogucur.  Il  est  aussi  du  slvle 
fajuilicr. 

ÉPINARD.  s.  m.  11  n'est  d'as.-!ge  qu'au  plu- 
riel. Sorte  d'herbage  que  l'on  mange  cuit.  Fri- 
casser  des  épinards.  Unplat  d'épinards.  Tourte 
d'épinards.  Grnine  d'épinards. 

On  d'il ,  ({il' Une  franqc  e^t  à  qraine  d'éjn- 
fiards,  Lorsque  ses  grains  sont  en  forme  de 
'graine  d'épinards. 

ÉPtNÇOIR.  s.  m.  Tei-nie  d'Art.  C'est  le  nom 
d'uu  gros  marteau  fendu  en  aiv^W  par  les  deux 
bouts,  qui  sert  partîculièieiur-U  aux  tailleiiis 
de  pavé. 

EPINE,  s.  f.  Espèce  liarbre  «u  d'arbrisseau 
dont  les  brandies  ont  des  piipians.  Epincblan- 
clic.  Epine  noire.  Une  haie  d'épines.  Sa  len  « 
.st  en  friche ,  il  n'y  ooll  ijue  des  épines.  Lu 
Ciiironue  d'fpines  de  Notre-Sciqneur. 

Éri5E,  se  dit  aussi  Iles  piijuansquivieuueiit 
il  I  épine  cl  à  quelques,  autres  nrbres,  comme 
auï  sauvageons  des  prunier»  et  des  poiriers,  cl 
i  quelques  arbustes ,  tels  que  sont  le»  rosiers , 
(es  groseilliers,  les  ronces,  etc.  Une  épine  lu 
piqué.  Il  lui  est  entré  unr.  épine  dans  le  pied, 
dans  le  doitft. 

On  dit  figutémcnld'Uu  embarras,  d'un  cm- 
pfebcnimt,  d'un  obsinrlt  qu'une  personne  ou 
une  chose  f.iil  à  qi:el'ju'iju,  que  C'eil  une  èj'ine 


EPI  519 

au  fiied.  /!  a  dans  ce  concwrcnt  une  (lirieuse 
'  ipine  au  pied. 

On  dit  en  ce  seus,qu'On  s'est  tiré  une  /</- 
cheme  épine  du  pied,  qu'on  a  une  terrible 
fpinc  hors  du  pied,  Lorsqu'on  a  surmonté  un 
ubstacle,  un  cnd)arras  considérable. 

On  dit  proverbiulem.  d'On  lioninie  revéche 
et  fâchent,  que  C'est  un  fajo:  d'épines,  qu'on 
ne  suit  par  où  le  p-endre. 

On  dit  figtuéni.  d'On  bomnie  qui  est  dans 
de  grandes  inquiétudes  et  dans  do  grandes  ini- 
palieuces,  71  est  sur  des  épines,  sur  les  épines. 

ÉpmE ,  siguiGe  figurémî-ut ,  Difficultés ,  cho- 
ses qui  donnent  bien  de  la  peine.  Les  épines  de 
la  cJiicanc.  Les  épines  de  la  Logique.  Le  momie 
■  st  plem  d'épines,  fl  n'y  o  point  de  scienee 
ilont  l'étude  ne  soit  pleine  d'épines  et  de  difji- 
rullés.  En  ce  sens  il  ne  se  dit  qu'au  pluriel. 

Ou  dit  d'Un  homme  qui  reucoutre  des  diHi- 
tulits  *  tout  moment  dans  une  entreprise,  dans 
un  discours  qu'il  fait.  iju'/(  niurclie  sur  des 
i-p'ines. 

On  dit  proverbialement,  qu'il  n'est  point  de 
roses  sans  épines,  pour  dire,  qu'il  n'y  a  point 
de  plaisir  sans  quelque  mélange  d'ennui ,  lîe 
chngiin. 

On  apjwlle  L'épine  du  dos.  Celle  suite  de 
vertèbres  qui  règne  le  long  du  dos  de  l'homme. 
Cl  de  plusieurs  autres  animaux.  Il  s'est  rompu 
l'épine  du  dos.  Il  s'est  blessé  à  l'épine  du  dos. 

Épine- An.\BignE.  s.  f.  Plante  de  la  incinc 
natm-c  que  L'cpine-hlanche.  Sa  racine  est  as- 
tringente et  propre  au  Hux  des  femmes  ,  -lu 
Lfdclienient  ûc  .s;iiig  et  autres  îluxious. 

KpixE-VisETTE.  S.  f.  Espèce  d  arinissean  ou 
il  y  -i  des  piquuus,  qui  porte  an  fruit  rouge  et 
«igre.  Sirop  d'épine  •  vinelte.  Dragée  i'épine- 
vinette. 

ÉPINES,  s.  f.  pi.  Terme  de  Cliimie.  C'est  le 
cui>Te  hérissé  de  pointes  qui  reste  apiès  l'opé- 
ration du  ressua;;e  et  de  la  liqualion. 

ÉPINEITE.  s.  f.  Tnslrument  de  musique  à 
clavier  et  à  coixles  de  fU  d'arclial,  plus  petit 
iju'un  clavecin.  Il  joue  fort  bien  de  l'épinette. 
Le  clavier  de  mon  épinette  est-rompu. 

iiPI>"EUX  ,  EL'SE.  adj.  Qui  a  des  piqujus. 
Arbres  épineux.  La  plupart  des  sauvageons 
sont  épineux. 

Il  se  dit  (igurcmcnt  Des  choses  qui  sont 
pleines  de  diOTicultés,  d'embarras.  Une  affaire 
épineuse.  La  Logique,  la  Grammaire  est  fott 
épincu<e.  Celte  matiéi  e  est  fort  difficile  à  traiter, 
fort  épineuse.  Question  épineuse.  Les  princip:» 
desSciences  sontépineux.  La  carrière  des  Belles- 
Lettres  est  épineuse. 

Il  se  dit  iiiissi  Des  personnes,  et  siguifie,Qui 
fail  des diirieulti's  sur  tout  Un  homme  épineux. 
Esprit  épineux.  Il  est  désagréable  d'avoir  af- 
faire à  lui,  il  est  trop  épineux. 

ËPINGAJIE.  sabst.  m.  Nom  d'tuic  pièce  dii 
tauou  qui  ne  pas.sc  pas  une  livre  de  balle. 

ÉPINGLE,  s.  f.  Petit  brin  de  Gl  de  laiton 

ou  de  caivre.'poiniu  pa^  un  bout,  qui  a  une 

léle  .V  l'aulrc,  et  dont  nn  .se  sert  pour  attacher 

'  quel  juc  r4ifve.  Petite  épingle.  Grosse  épingle. 

Epingle  jaune.  Epinglebltinchc.  Eyinqle  i;jiit 


'520  EPT 

F.p'.nnhs  d'Anqleierre.  Tête  d'épin(j}e.  Pointe 
d'épincjlt,  Piijiire  (J'épinjie.  Un  milUer,  un 
cent,  un  (juarteron  (Vépincjles.  Attacher  avec 
une  épinyle.  Il  s'est  enfoncé  une  épingle  dam 
k  doicft.  Les  enfans  jouent  iiux  épingles.  Il  y 
a  des  épingles  à  deux  têtes. 

On  appelle  Ëpinrjlcs  lU  diiinumt,  Colles  dont 
k  tête  est  montc'e  il'uii  piiit  di-imant. 

On  dit  provorliiajcmeiitelligureraeiit,  Tirer 
son  épingle  du  jeu,  pour  dire,  Se  retirer,  sf 
dëonger  d'une  mauvaise  aSàirc,  d'une  partie 
périlleuse.  7/  s'eloi"!  mis  dans  ce  parti,  dans 
unefiiclieuse  inlri<]ue,  tnais  il  a  tiré  son  épinijlc 
du  jeu. 

On  dit  d'Une  chose  de  trùs-petite  valeur. 
qu'Elle  ne  vaut  pas,  qu'on  n'en  donnerait  pas 
une  épinnle.  Ces  deu.x  choses  sont  si  écjales, 
que  j'en  donneroîs  le  choix  pour  une  épinjlc. 

Oii  dit  figuréinent  et  familièrement,  d'Une 
femme  affectée  ou  minutieusement  rccIierclM-c 
dans  sa  parure,  et  d'un  liomme  gui  affecte  trop 
de  propreté,  nu  Elle  est  tirée,  tju'i!  est  tiré  <1 
auatre  épingles. 

11  se  dit  aussi  figurcment  et  .'arailicTetirent 
d'Un  discours  dont  Ir'  style  est  soigneusement 
reclierché  ,  etc.  Ce  discours  est  tiré  à  quatre 
épingles. 

Épingles  ,  au  pluriel ,  signifie  figurément , 
Les  dons  ou  gratifications  qu'on  accorde  h  dos 
femmes  de  qui  on  a  leçu  quelques  services.  La 
payant  une  marchandise  ou  un  ouvrage  qu'on 
a  fait  faire,  s'il  v  a  quelque  cliose  au-delà  du 
prix  convenu,  on  dit.  C'est  pour  le.*:  épinçjlcs 
2«  filles.  Cela  s'étend  aussi  &  ce  ^uon  donne  5 
une  femme,  quand  on  fait  quelque  traite'  avec 
le  mari.  Un  tel  m'a  vendu  sa  Terre,  j'ai  donné 
cent  louis  pour  les  épingles  de  sa  femme.  Ce 
sont  les  épingles  de  Madame. 

É1'IN<;UER,  1ÈRE.  s.  Faiseur,  Marchand 
DU  marchande  il'épingli'S.  Epinglier  de  lu  Reine. 

EPINIÈRIi.  adj.  f.  Ce  qui  appartient  à  l'é- 
pine du  dos.  La  moelle  épinière.  Les  artéie, 
épinières. 

ÉPINIERS.  s.  m.  plur.  Terme  de  Chasse. 
Bois  ou  fournies  d'épines,  où  les  bêles  noires 
le  retirent. 

ÉPINOCHE.  s.  m.  Nom  que  les  Droguistes 
donnent  au  café  de  U  meilleure  qualité. 

ÉPIKYCÏIDES.  subst.  f.  plur.  Tumeurs  ou 
pustules  grosses  comme  une  fève ,  qui  s'élèvent 
la  nuit  sur  la  peau.  Les  épinyctides  sontacrom- 
paqnées  d'injlajnmation  et  de  douleur. 

EPIPII.'VNIE.  s.  f.  Fête  de  la  manifestation 
de  J^D»  -  Chkist  aux  Gentils ,  et  particulière- 
ment de  l'Adoration  des  Rois,  appelée  conunu- 
nénicnt  Le  jour  des  Rois.  La  Fête  de  l'Epipha- 
nie. Le  premier  Dimanche  après  l'Epiphanie. 

f.PIPHOSÈME.  s.  m.  Nom  d'une  figure  de 
Rliétorique.  C'est  une  e.\clamation  sentencieuse 
par  laquelle  ou  termine  quclcjue  récit  intéres- 
sant. 
'  ÉPIPlïORE.  subst.  f.  Terme  de  Médecine. 
Écoulement  continuel  de  larmes  avee  infiam- 
mation,  rougeur  et  picotement. 

ÉPU'HV.bE.  s.  f.  Terme  d'Ariatomie.  Emi- 
neuce  cartilagiueuae  unie  au  corps  d'uo  os- 


EPI 

ÉPrPT.OCÊLE.  s.   f.  Terme  fie  Médecine. 
Esptl-ce  de  lieniie  causée  prèr  la  cliule  de  l'épi-  ' 
plooD  dans  l'aiuc  ou  le  scrotum. 

KPIPLOÏQUE.  adj.  des  a  seules.  Qui  ap- 
Dartieut  à  IVpiploon.  Artère j  veine  êpiplol(^ue. 

ÉPIPLOMPHALE.  s.  f. Terme  de  Médecine. 
Hernie  de  l'omljHic,  causée  par  la  sortie  de  l'é- 
piploon.  I 

ÉPIPLOON.  s.  m.  Terme  d'Analoniic.  Mem- 
brane trôs- mince  et  très- fine,  plus  ou  moins 
garnie  de  graisse,  qui  couvre  les  intestins  en 
devant. 

KPIQlJE.  ad],  des  2  genres.  Il  n'est  j^ucrc 
d  asnge  qu'en  parlant  du  Poëme  KpùjuCj  qui 
c:,t  un  grand  ouvrage  de  poésie  ,  où  le  Poète 
raconte  quelque  action  iicrcique  qu'il  embellil 
d'épisod'^s,  de  firtions  et  d'événemen.s  merveil- 
leux. Le  Poëme Epicjue  raconte  ■  lePoëineDra- 
mutique  représente. 

On  dit  aussi  :  Un  Poêle  ïlpique.  La  PoésU 
hpifjne.  On  dit  de  même.  Des  vers  l!^pinucs. 

On  le  dit  aussi  en  Critique,  pour  Les  ou- 
vrages de  poésie  où  le  style,  le  ton  est  ti-op  re- 
levé, trop  figuré  pour  la  nature  du  sujet,  il  4 
h  ton  trnp  Epique.  Ce  ne  sont  pas  des  vcri 
Dramatiques ,,  ce  sont  des  l'ers  iLpiques.  î 

ÉPISCOPAL,  ALK.  adj.  Qui  appartient  :1 
l'Évoque.  Ornemens  Episcopaux.  Ditjnitê  Epis- 
copale.  Fonction  hpiscopale ,  etc.  ' 

ÉPISCOPAT.  s.  m.  Dignité  d'Évêque.  //  esl 
entré  dans  Vhpiscopat. 

Il  se  dit  au&bi  Du  corps  des  Ëvêques.  Il  fait 
nanneur  à  VKpiscopat. 

V.  se  dit  cncoïc  Du  ïemps  pendant  lequel 
un  Evoque  a  occuj>é  son  Siège.  PenaatU  i^on 
Episcopat. 

EPISCOPAUX.  ^.  m.  pî.  C'est  le  nom  qu'oc 
donne  en  Angleterre  h  ceux  qui  tiennent  pour 
l'Épiscopat;  et  on  le  dit  par  opposition  aiu 
Presbytériens. 

ÉPISODE,  s.  m.  Action  subordonnée  à  lac 
tîon  principale  dans  un  Potme ,  ■  dans  um 
pièce  de  Théùtre,  dans  tui  Uonian.  I^èpisodi 
doit  être  lié  à  l'action  principale.  Un  épisodi 
bien  amenée  intéressant. 

ÉPISODIQUE.  adj.  des  a  genres.  Qui  ap- 
partient h  l'Épisode,  et  qui  n'est  pas  essenti'.:! 
au  sujet.  Action  cpisodi que.  Personnaf^  épiso 
au  nie. 

ÈPîSPASTIQtlE  adj.  des  2  genres.  Terme 
de  Pharmacie.  Médîcamens  topiques  qui  atliienl 
fortement  les  humeurs  en  dehors.  Les  cantha- 
rides  ^  la  i/iould/dd,  Vail  ^  etc.  sont  èpispas^ 
tiques. 

ÉPÏSSEK.  V.  a.  Entrelacer  une  corde  avec 
une  autre,  en  mêlant  ensemble  leurs  fils  ou 
cotdoqs.  On  dit  aussi,  Epissoir  et  Épissure. 
Épissé,  iîe.  participe. 

ÉPISTEMONAlÎQUE.  s.  m.  Ancien  litre 
d'office  dans  l'Église  Grecque.  VEpistetno- 
narquc  étnit  un  Officier  EccIésia.stJquc  qui  avoit 
rinspcction  de  tout  ce  qui  appartennit  h  la 
Foi. 

ÉPiSTOLArRE.  adj.  des  2  genres.  Qui  ap- 
partient à  l'épitre,  qui  regarde  la  manière  d'e-^ 
criredcs  kltrcs.  Il  ne»'  guère  d'usage  qu'en  ces 


EPI 

deux  phrases  :  Style  épistolaiie.  Le  genre  épit- 
tûlaiie. 

U  se  dit  aussi  Des  Auteurs  dont  les  lettres 
ont  été  recueillies;  et  alors  il  se  prend  substan- 
tivement, 0/1  U  trouve  parmi  les  Epistolaires. 
ÉPISTYLE.  s.  f.  Ancieu  terme  d'Archilec- 
tut«.  C'est  ce  qu'on  nomme  aujourd'hui  Arclii- 
trave.  Pierre  ou  pièce  de  bois  qui  pose  sur  k- 
chai)iteau  d'une  colonne. 

EPITAPHE.  s.  fém.  Inscription  que  l'on 
met  sur  un  tombeau ,  ou  qui  est  ffiite  pour  être 
mise  sur  un  tomlieau.  Belle  cpitaphe.  Mettre, 
graver  une  épitaphe.  Epitaphe  en  veis.  Epi- 
laphe  satirique.  Epitaphe  en  style  lapidaire. 

On  dit  proverbial.  d'Un  homme  sain  et  ro- 
buste, fait  pour  vivre  long-temps,  qu'/l  ferait 
l'cpitaphe  du  genre  humain. 

Ou  dit  aussi  proverbialement  d'Un  homme 
exagéré  dans  ses  éloges,  Menteur  comme  une 
Epitaphe. 

ÉPITASE.  6.  f.  La  partie  du  Poème  Dra- 
matique, qui  vient  Innnédiatement  après  la 
protase  ou  l'exposition,  et  qui  loutient  les  iji- 
cidens  qui  font  le  nœud  de  la  pièce. 

ÉPITHALAME.  s.  m.  Sorte  de  Pocme  qui 
se  fait  à  l'uccasion  d'un  niarîage,et  à  la  louange 
des  nouveaux  mariés.  Faire  un  épithalanic,  un 
bel  épithalanic. 

ÉPITHÈME.  s.  m.  Terme  de  Pharmacie. 
Topique  spiritueux  qu'on  appli<ine  sur  la  ré- 
gion du  cœur,  du  foie,  de  l'estomac,  etc.  On 
emploie  les  épithèmes  dans  les  inflammations 
irysipélateuses. 

El^l  IHI'ME.  s,  f  Terme  sdjritiV,  c;ui  ètj«. . 
loinl  à  un  sulistantif ,  y  désigne  quelque  qua- 
lité ,  comme  dans  ces  deux  phrases  ;  Nuit  ahs" 
cure,  Fays  froid,  où  ces  mots,  obscur  et  froid. 
sont  des  épilhètes.  Une  belle  épithéte.  Cette 
épithéte  n'est  pas  bien  placée.  Ces  vers  sont 
chargés  de  trop  d'épithétes.  Epithéte  oiseuse. 

ÉPITHVME.  s.  m.  Fleur  médicinale,  qu'on 
apporte  de  Candie  et  de  Venise ,  mais  qtii  périt 
bientôt,  si  elle  ne  se  trouve  près  de  quelque 
autre  plante  qui  la  nourrisse.  L'épithyme  qui 
sort  du  thym  et  du  lin  est  le  plus  commun. 

l''.PlïOGE.  s.  f.  Espèce  de  chaperon  ou  de 
rapuce  que  les  Présidens  à  Mortier,  et  le  (îref- 
licr  en  chrf  du  Parlement,  portoient  autrefois 
sur  la  tète  dans  les  grandes  cérémonies ,  et  qu'ils 
ne  portent  plus  que  sur  l'épaule. 

KPITOME.  s.  m.  Abrégé  d'un  livre,  et  par- 
ticulièrement d'une  histoire.  Epitomc  de  Tiogue 
Pompée  par  Justin.  Epitome  de  Baronius.  On 
disoit  autrefois  Epitomer,  pour  dire,  Faire  on 
abrège. 

ÉPÎTRE.  s.  f.  Lettre  missive.  Il  ne  te  dll 
guère  (pic  Des  lettres  des  Anciens.  Les  Epitrcs 
de  CiVéron.  Les  Eptircs  familières.  Les  Epltres 
de  Saint  Paul.  Les  Epitres  de  Saint  Jérôme. 
Les  Epltres  Canoniques.  Les  Epitres  Catho- 
liques, 

Il  (C  dit  aussi  quelquefois  De  ceruines  pièces 
de  vers ,  adressées  h  quelqu'un.  Epitre  en  vers. 
Epitre  satirique.  Epllre  héroïque.  Epitre  mo- 
i,ru/».  Les  Epltres  de  lioileau .  de  Pope. 

Wn  appelle   Epitre   aédicaloire ,   La    lc!ir« 


EPL 

<]ui  se  met  i  la  lôle  d'uu  Livre  qu'on  deilic  à 
<juel<ju'un. 

11  siguifie  aussi ,  I.econ  tirée  de  rÊcriturc- 
Saiiite,  et  plus  orilinairciueut  des  ICuitres  de 
Saint  Paul,  ou  des  1-^pîtres  Cauo!iit|ucs,  (pii  se 
dit  un  peu  avant  l'i^van^ile,  et  qui  se  cljantc 
par  le  Sous  diacre  dans  les  iMcsscs  liantes.  C/hi;h 
tt'r  l  Ei>tlre.  La  Misse  en  est  à  Vl-^pitre, 

On  appelle  Le  celé  de  VEyitre,  Le  coté 
droit  de  l'Autel  en  entrant  dans  le  CliOfur. 
Dam  lelle  cérimonie,  tels  Ol]iciuns  étoieiU  du 
côté  de  l'Epitre.Duns  les  Catli,':dialcs,  le  trône 
Episcopal  est  placé  du  câtè  de  VEpttre. 

ÉPrnîDl'E.  s.  ni.  Nom  que  les  Grecs  mo- 
dernes donnent  à  une  espèce  d'.Vrljitre  qui  ter- 
mine leurs  diflïrens,  lorsqu'ils  veulent  éviter 
d'être  traduits  devant  les  Magistrats  Turcs. 

EPITKOPE.  s.  f.  Nom  d'une  Ugure  de  nl.é 
torique,  qui  consiste  ù  accorder  quelque  chose 
qu'on  peut  nier,  afin  de  faire  recevoir  plus  fa- 
cilenieut  ce  qu'on  veut  persuader. 

EPIZOOTIE.  s.  fém.  (  Le  T  est  dur  dans  ce 
mot  et  dans  le  suivant.  )  Maladie  contagieuse 
des  bestiaux. 

LPIZOOTIQUE.  adj.  des  2  g.  Qui  lient  de 
1  cpizootie. 

EPL 

EPLORE ,  EE.  adj.  Qui  est  tout  en  pleurs. 
Elle  entra  (oui  èvlorie.  Je  l/oui'ui  ses  parent 
tout  êfdofés. 

EPLOYE,  EE.  adj.  Terme  de  Blason,  qui 
ne$l  guère  d'usage  qu'en  cette  plnase,  Aiqh 
éployée,  qui  signlGe  Une  aigle  dont  les  ailes 
•ont  étendues.  D'arnent  à  l'aiqle  éployée  de 
sable. 

ÉPLUCHEMEST.  sobst.  masc.  Action  d'é- 
pluclicr. 

ÉPLUCHER.  V.  a.  Kettoyer  en  séparant 
avec  la  main  les  ordures  et  ce  qu'il  y  a  de  mau- 
vais ,  de  gâté.  Il  se  dit  principalement  Des 
Iierkes  et  des  graines.  Eplucher  des  herbes,  de 
la  salade. 

Il  signifie  aussi,  Oter  de  la  vermine.  Les 
ijueiu:  SL-plucliCnt  au  soleil.  Il  est  du  style  bas. 

Ondit,qu'L'n  oiseau  s'epluc/ic,Lorsqu'avec 
son  bec  il  nettoie  ses  plumes. 

Ou  dit  figurèmont  cl  raniilièrcmcnt,  £.'plu- 
c/icr  un  ouvra<je.  Eplucher  la  généaloqie  ,  la 
l'ie,  les  actions  de  que^uun  ^  pour  dire,  Re- 
clietchcr  avec  soin,  avec  un  scrupule  critique, 
ce  qu'il  peut  y  avoir  de  faux,  de  mauvais,  de 
reprochable. 

EpiDCttt ,  ÉE.  participe. 

EPLUCHEUR,  EUSE.  s.  Celui,  celle  qui 
épluche.  Il  se  dil  aussi  au  figure.  C'csl  un  grand 
ipluchew  de  mots. 

KPLL'CIIOIR.  s.  m.  Sorte  de  petit  couteau 
dont  se  servent  quelques  .Vrtisans  pour  éplucher 
Cl  rendre  plus  unis  les  ouvrages  qu'ils  ont  faits 
ou  défiiu.  comme  lu  Fabricnns  d'cioffes,  les 
\  anniers,  les  Tailleur»,  etc. 

EPLUCIRUE.  s.  f.  L'ordure  que  l'on  ûto 
de  quelque  chose  qu'on  épluche.  C/icrc/.crdunj 
Ici  ép/uc/iure<.  Il  est  plus  mité  au  plurieh 


EPO 

EPO 

EPODE.  s.  f.  Terme  de  la  Poésie  Lyrique 
des  Grecs,  qui  .signifie,  La  troisième  partie 
d'un  chant  divisé  en  strophe  ,  aniistrophc  et 
cpode. 

On  appelle  aussi  Les  Epodes  d'Horace,  Le 
dernier  des  livres  de  ses  Poésies  Lyriques. 

ÉPOIiN'TÉ,  ÉK.  adj.  Terme  de  Manège  et 
de  Chasse.  Vn  cheval  épointé  ,  est  celui  qui 
s'est  démis  les  Iianches  par  quelque  effort. 

Un  chien  de  chasse  est  épointé ,  lorsqu'il 
s'est  casse  les  os  des  cuisses. 

EPOLNTER.  V.  a.  Ôler  la  pointe  i  qu.  Iqur 
inslrumcnt.  jT^pointer  un  coiiteuu,  une  ainuillc. 
Epointé,  ée.  participe. 
EPOIS.  s.  m.  pluriel.  Cors  qui  sont  au  som- 
met de  la  tète  du  cerf. 

ÉPOSGE.  s.  f.  Espèce  de  plante  marine  al- 
lachée  aux  rocjicrs  dans  la  mir.  (;'cst  un  corps 
léger  ,  fort  poreux,  facile  à  s'imbiber  de  li- 
queur, et  dont  on  se  sert  li  divers  usages,  li 
fini  une  éponge  au  Palefrenier  pour  laver  Ici 
jiinifies  de  ses  chevaux.  Ce  diap  ne  vaut  rien, 
il  prend,  il  boit  Veau  comme  une  éponge. 
Eponge  jînc. 

On  dit.  Passer  l'éponge  sur  guclque  closi 
de  peint  ou  d'écrit,  pour  dire,  L'effacer. 

On  dit  aussi  Cgurément  ,  Passer  Vêponnt 
sur  quelque  action,  pour  dire.  En  cfTaccr  le  sou- 
venir, l'oublier,  n'en  parler  plus. 

On  dit  proverbialement,  qu't" Il  homme  boit 
comme  une  éponge, pour  dire, qu'il  boit  beau- 
coup. 

On  dit  figurcmcnt,  Presser  l'éponge,  poui 
dire  ,  Contraindre  à  restitution  ceu.\  qui  ont 
pris  indiimcul  les  deniers  d'autrui  ,  dont  ils 
avoicnt  le  maniement.  Ces  gens -là  ont  trop 
pris  ,  ils  sont  devenus  trop  riclies ,  il  faut  pres- 
ser Véponge. 

On  appelle  aussi  Eponge,  Ce  qui  forme  le 
talon  des  animaux. 

EPONGER.  V.  a.  Nettoyer  avec  une  éponge. 
Eponqer  un  carrosse. 
EposcÉ ,  ÉE.  participe. 
EPOPEE,  s.  f.  Caractère,  genre  du  Poème 
Epique.  L'épopée  dcmatide  un  génie  élevé. 

ÉPOQUE,  s.  f.  Point  fixe  dans  IHistoire, 
dont  on  se  sert  dans  la  Chronologie  ,  ou  dont 
on  peut  «c  servir  pour  commencer  à  compter 
les  années  ,  et  qui  ordinairement  est  marqué 
par  quelque  événement  considérable.  L'époque 
du  Déluge.  La  naissance  de  J£sns-CBniST  est 
l'époque  d'où  la  plupart  des  Chrétiens  commen- 
cent à  compter  les  années. 

I-'.POUDRER.  v.  a.  Ôler  la  poudre  de  des- 
sus les  bardes.  Epoudrcr  un  tapis,  un  habit, 
des  meubles ,  des  livres ,  des  lulleaux. 
Epoloré ,  iz.  participe, 
ÉPOUKEER.  V.  qui  s'emploie  avec  le  pro- 
Doni  [lersonncl,  s'ÉPOUI'FEH.  Scufuir  secrè- 
tcmcut ,  se  dérober,  disparoitre.  On  le  poursui- 
voit,  il  s'est  épouffc  dans  la  foule.  11  est  p(,pu- 
laire, 

Epocité,  tf.  parliclpr. 

tPOUlLLEll.  v. a. ôtcr  dct  poux,  lut  nier» 


EPO  5a, 

ijui  épouille  son   enfant.  Vn  gueux  eiui  sép- 
pouille. 

Erofaii,  ir..  participe. 
EPOUMONER,  v.  a.  F^.tiguer  les  poumons. 
Il  m'a  époumoné.   Il  se  met  av<c  le  pronom 
personnel.  Je  me  suis  époumoné.  Il  est  familier. 
ÉPOiMiosÉ,  £e.  participe. 
ÉPOUSAILLES,  s.  f.  pluriel.  La  célébra- 
lion  du  mariage.  Le  jour  de  leurs  épousailles. 
Les  parens  assistèrent  aux  épousailles, 
ÉPOUSIO.  s.  f.  Voyez  Époux. 
EPOUSEE,  s.  f.  Celle  qu'un  homme  vient 
d  épouser,  ou  qu'il  va  épouser.  Mener  lépousée 
a  l  Eglise.  Marcher  comme  une  épousée. 

On  dit  provcioialcment  d'L'ne  personne  ri- 
iliculement  ajustée  ,  et  parée  avec  affectation  , 
qu'£î/c  csl  piiicc  comme  une  épousée  devillage. 
EPOUSER.  V.  a.  Prendre  en  mariage.  /(  a 
épousé  une  telle.  Elle  ne  l'a  pas  voulu  épouser. 
Il  veut  l'épouser  en  face  de  l'Eglise.  Ils  ont 
fait  long- temps  l'amour,  à  la  jin  ils  se  sont 
épousés.  Tel  fiance  cjui  n'épouse  pas.  Cette  der- 
nière phrase  se  dit  aussi  figurément  Des  per- 
sonnes qui,  ayant  avancé  une  affaire,  ne  l'a- 
chèvent pas. 

ÊPOUSEn,  signifie  figurément.  S'attacher  par 
choix  à  une  'chose,  h  une  personne.  Je  n'épouse 
point  de  parti.  Je  n'épouse  aucune  opinion.  Je 
n'ai  point  de  Marchand  affecté,  je  n'épouse 
pasoiuie.  Epouser  les  intérêts,  les  passions,  la 
gua-elle  de  quelqu'un. 

On  dit.  Qui  épouse  la  femme,  épouse  les 
dettes. 

Épousé,  ee.  participe. 
EPOUSE UR.  s.  m.  Celui  qui  est  en  disposi- 
tion de  se  marier,  et  connu  pour  tel  Je  ne 
veux  point  de  galans  pour  ma  fille,  je  veux  des 
époliseurs.  Cet  homme-là  n'a  pas  l'air  d'un 
épouseur.  Il  est  du  style  familier. 

EPOUS6ETKR.  verbe  a.  Vergeter,  nettoyer 
avec  des  époussettes.  i'pousselc:  bien  ce  man- 
teau, ce  tapis,  etc. 

Il  est  encore  usité  au  figuré,  et  signifie, 
Battre.  On  l'a  bien  épousseté.  Je  l'épousseterai 
comme  il  faut.  Il  est  familier. 
ÉPODSSETÉ,  ÉE.  participe. 
ÉPOUSSEITE.  s.  f.  Il  se  dit  plus  oi^inai: 
rcment  au  pluriel.  Plusieurs  brins  de  bruyère, 
ou  de  jonc,  ou  de  crin  et  de  poil  joints  ensem- 
ble, dont  on  se  sert  pour  nettoyer  les  habits, 
les  bardes,  etc.  'Voilà  des  époussettes  trop  rudes. 
Il  vieillit. 

ÉPOUVANTABLE,  adj.  des  a  genres.  Qui 
cause  de  l'épouvante.  Vn  sjyeclre,  une  vision   - 
épouvantable.  Menaces  épouvantables. 

Il  se  dit  généralement  De  tout  ce  qui  est 
étonnant,  incroyable,  étrange,  excessif,  et  se 
prend  ordinairement  en  inaiivai.sc  part.  Cet 
homme  a  mangé  tout  son  bien  en  un  an;  cela 
est  épouvantable.  Laidciu-  épouvantable.  Dou- 
leurs épouvantables.  Faim  épouvantable.  Bruit, 
fracas  épouvantable, 

ÉPUUVANTABLE.MENT.  .ndv.  D'une  ma- 
nière épouvautalile ,  extrêmement ,  avec  excès. 
Ccl  homme  est  épouvaittablcmcnt  laid. 

ÉPOUVANTAIL.  subst.m.  Haillon  que  1  ou 
66 


5^î  EPR 

mcl  au  bout  d'un  bûlon  dans  les  rliènevière», 
Han»  les  champs,  dans  les  jordlns,  pour  q^ou 
vamcr  les  oiseaux.  Il  faut  mctlre  /ù  ""  epou- 
vantail. 

On  dit  proverbialement  d'Une  personne  for[ 
laide,  hideuse,  qui  fait  peur,  que  C'est  un 
épouvantail  de  chènevicre ,  à  chènevière. 

On  dit  aussi  d'Une  rliose,  d'une  personne 
qni  fait  peur  sans  ponvoir  faire  de  mal,  que 
C'est  un  cpouviuittiil  de  chincviére ,  ou  simple- 
ment, Un  épouvantail. 

ÉPOUVANTE,  s,  fem.  Grande  et  soudaine 
peur,  causée  par  quelcjne  chose  d'imprévu. 
Furieuse,  ierrihlc  cpouvanfe.  Causer,  donner  de 
lépouvaTite.  Jeter  Vépouvunte  dans  le  Pays 
ennemi.  L'epouvajite  etoit,  se  mit  dans  le  camp, 
dans  l'armcc.  Vcpouvaute  l'a  pris,  Va  saisi.  Ili 
ont  pris  l'épouvante. 

ÉPOUVA>'TER.  V.  acl.  Causer  de  Icpou- 
vante.  La  marche  de  cctle  armée  a  fort  epou- 
vanté  tout  ce  pays-là.  Ces  menaces  Vont  épou- 
vanté. Il  pensoit  m'époHvanter ,  mais  je  ne 
m'étonne  pas  pour  h  hruit.  La  moindre  chose, 
nn  rien,  tout  l'épouvante. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel.  Il  ne 
t'épouvante  pas  ntVéfHcnf. 

Épodvantk,  tE.  participe. 

ÉPOUX,  OUSE.  s.  Qui  est  conjoint  par 
mariajjc.  Son  époux.  Son  cher  êpoiix.  Voilà 
votre  époux.  Le  futur  époiur.  La  future  épouse. 

On  dit,  en  p-ulanl  De  NoJfe- Seigneur 
3vlsu£-Ci!niST,  qu'H  est  l'Époux  de  son  EçjUse, 
l'P.P'^tic  des  Vie.rge<,  le  ri-V^M  Pjwur.  V.t  on 
ftppclle  TÊglisc,  L'i\pouse  de  JÉst's-CnnisT. 

On  appelle  aussi  Les  Religieuses  et  les  filles 
fjni  ont  fait  vœu  de  virp;inilé,  Les  êfoufcs,  du 
JÉsus-CnnisT.F.tdansleCnnliquedesCnntiqucS: 
on  dital)SoUimcnt,  LT.poux  et  l'Epouse. 

Époux,  au  pluriel,  s'emploie  quelquefois 
pour  le  mari  et  la  femme.  Les  époux  doiveni 
être  unis. 

EPR 

EPREINDRK  V.  a.  Sener,  presser  quelque 
chose  pour  en  tirer  le  suc,  en  exprimer  le  jns. 
E.preindre  des  herbes.  Êpreindre  du  verjus. 
Faites  bouillir  ces  racines,  ces  fcuillesj  et  les 
cpreignez.  Epreicjnez^en  le  suc. 

ÉpnEiNT,  KiNTE.  participe. 

EPREINTE.  s.  f.  Douleur  cause'e  par  une 
matière  âcrOj  qui  donne  de  fausses  envies  d'aller 
à  la  selle.  La  bile  cause  des  vpreiutes.  Il  a  bien 
senti.des  éprcinles.  Dans  le  flux  de  sang^  on 
n,  à  tous  womens,  de  crueVes,  de  itiulcntes 
éprcinles. 

tiPRENDRE.  V.  qui  s'emploie  avec  le  pro- 
nom personnel,  s'ÊPRENORE.  (Il  se  conjugue 
comme  Prendre. )  Se  laisser  surprendre  par  une 
passion.  Il  n'est  j^iêre  d'usage  qu'an  participe. 

Épnis,  isE.  participe.  Il  est  épris  d'amour 
pour  cette  femme.  Epris  de  belle  passion.  Avoir 
le  cfcur  épris  des  beautés  célestes. 

EPREUVE,  s.  f.  Essai,  expérience  qu'on 
tiîl  de  quelque  chose.  Faire  l'épreuve  d'une 
machine  nouvelle.  J''en  ai  fait  l'épreuve.  L'é- 
preuve en  est  aisée  à  faire.  Cela  est  d'une  épreuve 


EPR 

difficile.  Faire  Vépreuve  d'un  canon.  Je  •"oiiï 
donne  cela  à  Vépreuve.  Mettre  la  constance,  la 
fidtUte,  la  patience  de  aueUni'un  à  Vépreuve. 
Vous  Vavez  mis  à  de  rudes  épreuves. 

On  appeloit  autrefois.  L'épreuve  dit  feuj  du 
fer  chaud,  de  Veau  bouillante,  de  Veau  froide, 
etc.  L'épreuve  que  les  personnes  aceu.sées  de 
quelque  crime,  dont  il  n'y  avoit  pas  de  convie- 
lion  ,  étoicnl  obligées  de  subir,  pour  justifier  leur 
innocence,  en  marchant  sur  des  fers  chauds,  sur 
des  charbons  ardnns,  en  mettant  la  main  dans 
l'eau  bouillante,  ou  c'tant  jetées  dans  l'eau.  Le 
('■preuves  du  feu,  de  Vcuu,  du  duel,  etc.  sont 
ubolies. 

On  dit.  qu't/nc  cuirasse  est  à  Vépreuve  du 
mousquet j  pour  dire,  que  Le  mousquet  ne  li 
perce  point;  qu'l/n  chapeau^  qu'un  manteitu 
est  à  Vcpreuve  de  la  pluie,  pour  dire,  que  La 
pluie  ne  perce  point  le  chapeau  ou  le  man- 
teau. 

On  dit  .qu'Un  homme  n'est  point  à  Vépreuve 
de  Varqentj  pour  dire,  qu'il  est  capable  de  se 
lai.sser  corrompre  par'  de  l'argent. 

On  dit,  que  La  vertu  d'un  homme  est  à 
Vépreuve  de  la  médisance ,  pour  dire,  qu'Eile 
est  .'ui-dessus  de  la  médisance,  qu'elle  ne  ci-ainî. 
point  les  attaques,  les  atteintes  de  la  médisance. 

On  dit  fij;urément  ,  qu'L'n  homme  est  à 
.'épreuve  de  tout,  qu'il  est  à  toute  épreuve,  pour 
ilire,  qu'il  est  d'une  probité  reconnue,  d'une 
lidélité  incorruptible. 

On  dit  aussi  d'Un  liommc  ,  qu'7I  est  ami^ 
qu'il  est  serviteur  d'un  autre  à  toute  épreuve, 
pour  dire,  que  Dans  tontes  les  occasions,  on 
(leut  compter  sur  toiu  ce  qui  peut  dôpendie 
Je  lui 

<  n  dit,  qu'r7n  h.omme  est  à  Vépreuve  de  la 
tentation  y  pour  dire,  qu'il  résiste  h  la,  tenta- 
tion ;  qu'il  n'est  pus  à  Vépreuve  de  la  tenta- 
tion ,  pour  dire ,  qu'il  y  succondiP. 

On  dit,quX'^n  I  omme  n'est  point  à  l'épreuve 
de  la  raillerie,  pour  dire,  qu'il  ne  peut  sonfirit 
la  moindre  raillerie.  Il  est  honncte  homme,  mais 
il  ne  sauroit  souffi'ir  mien  le  raille,  il  n'estpas 
à  Vépreuve  de  cela.  Sa  paJiencc  nest  pas  à 
Vépreuve  des  injures. 

On  appelle  Epreuve,  en  termes  d'Imprime- 
rie, La  feuille  d'impression  qu'on  envoie  à 
l'Auicur  pour  en  corrif;cr  les  fautes  avant  que 
de  la  tirer.  La  première  épreuve.  La  seconde 
épreuve.  Corriger  une  épreuve.  Revoir  une 
épreuve.  Uépreuve  est  revue,  il  n'y  a  c^u'à  tirer. 
Cet  Auteur  veut  voir  jus(ju'ù  trois  épreuves 
avant  que  de  laisser  tirer. 

Il  se  dit  aussi  Des  premières  feuilles  qu'on 
lire  d'une  estampe.  La  première  épieuve  de 
cette  estampe  n'est  pas  bien  venue. 

ÉPROUVER.  V.  a.  Essayer.  Eprouver  nue 
arme  à  feu.  Eprouver  un  canon.  Eprouver  une 
cuiras^^e.  Eprouvez  si  cela  vous  fera  du  bien. 
C'est  un  remède  que  j*ai  éprouvé. 

ÉPnouvEn,  signifie  encore,  Faire  expérience, 
connoitre  par  expérience.  Il  a  éprouvé  Vunc  et 
Vautre  fortune.  Eprouva-  la  jidêlitc  de  quel- 
qu\n. 

Éphouvè,  £e.  participe.   C\st   un   homme 


EPU 

d'une  valeur  j  d'une  vertu,  d^une  fidélité  éprou- 
vées. 

ÉPROUVETTE.  s.  f.  Terme  de  Chirurgie, 
qui  se  dit  De  certaines  sondes.  C'est  aussi  le 
nom  d'une  machine  dont  on  se  sert  poiu  éprou- 
ver la  force  de  la  poudre. 

E  P  T 

EPTACORDE.  s.  m.  Lyre  h  sept  cordes, 
r'éioit  la  plus  célèbre  de  toutes,  et  celle  dont 
•)n  faiïioit  le  plus  d'usage. 

EPTAGONE.  s.  m.  Terme  de  Gëomëirie , 
q-ù  signifie  Une  figure  h  sept  côtés  et  à  sept 
angles. 

Il  se  dit  aussi  d  Une  Place  fortifiée  qui  » 
.•rpt  bastions. 

EPU 

f'PUCER.  V.  act.  Oter,  chasser  les  puces. 
f.j-ucer  uu  chien. 

EpucÉ,  EE.  participe. 

EPUISABLE.  adj.  des  2  genres.  Qui  peut 
t:trc  épuisé.  Il  est  de  peu  d'usage. 

ÉPUISEMI'.îiT.  s.  m.  Dissipation  de  forces 
et  d'esprit.  On  Va  tant  saigne,  qu'il  est  tombé 
dans  un  êp:iiscment  dont  il  a  peine  à  revenir. 
Les  jeûnes  et  les  veifies  l'ont  jeté  dans  lépuise- 
ment.  Un  travail  force  cause  de  Vépuisement. 
Ses  éludes  et  ses  méditations  continuelles  lui 
ont  causé  un  grand  épuisement.  L^cpuisement 
vil  il  e.'it  tombé  ne  vient  que  de  ses  débauches. 

U  se  dit  au.ssi  Des  finances,  lorsqu'elles  ont 
:?té  épuisées  par  d^s  dépenses  excessive?:  L'é' 
puisement  des  finances  fut  cause  qu'il  fallut  re- 
courir ci  des  voies  extraordinaires. 

Epuiser,  v.  a.  Tarir,  mettre  ^  sec.  Èpui- 
:cr  une  fontaine  à  force  d'en  tirer  de  Veau. 
L'armée  étoit  si  nombi^e use ^  que  partout  où  elle 
eampoit,  elle  épuisoit  les  fontaines  et  les  ruis- 
seaux. 

U  se  dit  aussi  en  parlant  Du  sang,  de  l'hu- 
niidc  radical,  des  C'prit.s  vitaux,  et  de  tout  ce 
qui  Contribue  à  rcntreiien  des  forces  naturelles. 
On  Va  tant  saigné^  quon  Va  épuisé  de  sang. 
Dans  Vdge  où  il  est ^. et  sec  comme  il  est,  une 
trop  grande  application  épuise  les  esprits.  Ses 
débauches  ont  épuisé  ses  forces.  Il  s^est  épuisé 
par  ses  débauches. 

On  dit  figurémcnl,  Épuiser  U  bourse  de  $ei 
(ifnîs,  pour  dire.  Emprunter  de  l'argent  de  sci 
amis  jusqu'à  les  incommoder.  Et  on  dit,  l:,piu'- 
•i-r  le  trésor  public,  épuiser  les  finances,  pour 
dire, Tirer  tout  l'argent  du  trésor  public.  Cette 
guerre  épuisa  les  finances j  épuisa  le  trésor  pù- 
blic. 

On  dit  aussi  figurémcnt,qu'On  a  épuisé unt 
Province  d'hommes  et  d'argent,  pourdire,qu«» 
Ion  eu  atiré  tant  d'hommes  etd'ar;;ent,qu'c[l« 
en  ci't  demeurée  incommodée,  alLaiitlie.  Et  ou 
dit  dins  lemômcsens,  Épuiserun  hommed'ar- 
gent. 

On  dit  aussi  fi^urément,  qu'î/n  Auteur  a 
épuisé  la  matière,  pour  dire,  qu'il  n'a  rien  ou- 
blié de  tout  ce  qui  se  pouvoit  dire  sur  le  sujet 
qu'il  a  traité. 

On  dit  d'Un  homme   qui  a  un  grand  fond» 


EQU 

de  savoir ,  el  qui  parle  bien  et  fjcilcmcnt  sur 
mutes  soriej  de  niilii'res,  que  C'est  un  hvmme 
qu'on  ne  Siiurtnt  épuiser. 

Épvisk,  i':k.  parlîci[>c. 

On  (lit,  Un  esprit  épuisi,  iisi-,  pour  dire. 
Qui  ne  peut  plus  rien  produire  de  :iou\eau. 

liPL'LlE.  s.  f.  Terme  de  Chirurgie.  Tuber- 
cule ou  excroissance  île  cliair  qui  se  forme  aux 
gencives  des  dents  muluires. 

ÉPt'LONS.  s.  ni.  pi.  Nom decertiins Prêtres 
de  TaDcienne  Rome,  institués  |)our  présider 
aux  festins  qui  se  faisoieut  en  l'honneur  des 
Dieux,  lia  vcilloient  au.>^âi  au  hou  ordre  dans  les 
wcriâccs. 

ÉPULOTIQUK.  ndj.des  2  genres.  Tcrmedc 
PLarmacic.  Il  se  dit  l>s  niédic.imens  topiques 
propres  à  cicatriser  les  plaies  et  les  ulcères.  La 
cérusCj  la  colophane  ^  sont  épuloti(jn€s.  Il  se 
prend  aussi  substaulivenient. 

ÉPURE. sutst.f.  Terme  d'.ArcInlcclure.qui 
signiGc  Un  dessin  en  grand  de  quelque  cdiiicc. 
Un  fait  aussi  des  épwcs  séparées  de  cbaque 
partie. 

ÉPURER.  V.  a  Rendre  pur,  rendre  plus  pur. 
Il  faut  èpwcr  ce  sirop.  Epurer  </e  l'e-.iu  boiu- 
Muse,  en  la  jiltrant  avec  du  sahle. 

Un  dit,  Epurer  liiXu'i^ue,  pour  dire.  Ren- 
dre la  Langue  plus  pure  et  plus  polie;  Epurer 
un  Auteur  j  pour  dire, Retrancher  d'un  Auteur 
ce  qu'il  peut  y  avoir  d'obscène  et  de  trop  ld)re. 
£pura'  le  ThiûL-e,  se  dit  Des  Poètes  qui  font 
des  Pièccsdc Théâtre, où  il  n'y  arien  quiiniisse 
blesser  la  pudeur ,  et  qui  par  leur  exemple  por- 
leut  les  autres  à  la  uiénic  modestie. 

On  dit.  Epurer  son  coeur^  ses  sentimens^ 
ses  intentions ,  pour  dire ,  Chasser  de  son  espril 
et  de  son  caur,  les  pensies,  les  scotiniens  con- 
traires u  la  Religion,  aux  bonnes  mœurs  et  à  la 
droiture.  L'infortune  a  épuré  son  cœur  de  tous 
sentimens  ctorqueil  et  de  vanité. 

On  dît  aussi  dans  le  môme  sens.  Epurer  son 
corwr  de  toute  afpction  teirestrt. 

On  dit  encore,  Epurer  le  août,  pour  dire. 
Le  rendre  plus  sûr  et  plus  délicat 

s  Ept'nEn,avec  le  pronom  personnel,  signi- 
fie, Devenir  plus  pur.  Il  faut  laisser  reposer 
cette  liqueur ,  elle  s'épurera  avec  le  temps.  L'or 
s'épure  dans  le  creuset. 

On  dit  aussi  lîgurément.  que  L'esprit,  que 
les  nueurs,  que  le  style  s'épurent,  pour  dire, 
c|U*lls$e  perfectionnent.  La  vertu  s'épure  dans 
les  soufj'rances  du  corps.  Le  goût  s'cpure  par  de 
lonties  Icclurei. 

Epuni,  ÉE.  participe.  On  dit,  Des  sentimens 
épures,  des  intentions  épurées,  pour  dire,  Des 
Kijlimens  nobles  et  détachés  de  tout  inu-rct. 

EPURG  E,  ou  Petite  Cat.vpl  CE.  s.  f.  Herbe 
q-ii  purge  violemment  par  haut  it  par  bas. 
L'cpurje  est  une  espèce  de  tithymalt. 

EQU 

ÉQUARRIR.  V.  a.  Tailler  i  angles  droits. 
Equarrir  une  poutre,  une  pierr»,  un  bloc  de 
fnarbre, 

E<<CAnai,  it.  p.irlicipe. 

EQUAJUUS6AGE.  •.  m.  Terme  de  Ch.r- 


EQU 

psntcric.  lîtaldc  ccquiestcqnarri.  Cette  poutre 
a  (innize  pouces  d'ccjuarrissagCy  c'cst-îi-iiîrc,  A 
quinze  pouces  en  tous  sens. 

Ou  appelle  Bois  d^équarrissaqe.  Le  boïs  qui 
doit  avoir  au  moins  six  {X>uccs  ;  et  celui  qui  est 
au-dessous  s'appt-lle  Chevron, 

liQUAIïKïSSElMENT.  s.  m.  L'action  d'é- 
quarrir.  Tailler  une  pierre,  un  iiioneiju  de  hoîi 
en  équitnissement, 

EQUATEUR. s. ni.  (l'rouonccz  Écouatcur.) 
Un  des  grands  cercles  de  la  Splitirc  cgalcnient 
distant  des  deux  pôles.  Quand  le  Soleil  est  à 
Vhauateur ,,  les  nuits  et  les  jours  sont  éiiaux. 

ÉQUATION,  s.  r.  (Prouonc,-x  Ecouation.) 
Terme  d'Astronomie.  DilTérence  marquée  jour 
par  jour,  entre  riuuxc  moyenne  que  donne  la 
pendule,  et  !  hcurevr.Tie  indiquée  par  le  cadran 
solaire. 

KquatïON,  e^l  aussi  un  terme  d"Alg.'*hrc.  ei 
signiGc  Une  expression  ou  une  formule  qui 
indique  une  égalité  de  valeur  entre  des  quan- 
tités dincreniment  exprimées. 

EQUKRRE.  subst,  f.  Instrument  servant  à 
iracer  un  angle  droit,  dont  se  servent  ordinai- 
rement les  MatliL-niaticiens,  les  Cliarpenticrs, 
les  Mcnuisieitf.  les  Maçons,  etc.  Fait  à  iéquirrc 
Poser  Vcqucjre.  Dresser  à  Vcqucrrc.  Bâti  à 
fausse  êqucrre.Ce  hdtiment  n'est  pas  d'équerre, 

ÉQUESTRE,  adj.  de  a  genres.  (L'U  se  pro- 
nonce dans  ce  mol  et  les  quatre  suivans.  )  U 
n'est  en  usage  qu'en  ces  phrases  :  Statue  éques- 
trCj  Fiijure  équestre,  qui  est  une  statue  d'une 
personne  à  clie  val;  et  dans  cette  phrase  y  VOrdre 
équestre,  pour  désiijner  l'Ordre  dos  Chevaliers 
Romains,  et  encore  la  ^'oblessc  du  second  rang 
en  Pologne. 

EQUIA>GLE.  adj.  des  ?,  («rnres.  Terme  de 
Géométrie,  qui  signifie  qu'une  fij^urc,  un 
triangle,  etc.  a  ses  angles  é^aux  îk  ceux  d'un  antre. 

ÉQUIDISTA>T,  A>'TE.  adiectif.  Qui  dans 
toutes  ses  parties  est  é^aîenicnt  éloigné  de.s  par- 
ties d'un  autre  corps.  Les  lianes  parallèles  sont 
équidistantes. 

ÉQUILATÉRAL,  ALE.  adiect.  Terme  do 
Géométrie.  Il  se  dit  Du  triangle  qui  a  les  côtés 
égaux.  Trianfjle  équilatéraL 

ÉQUILATÈRE.  adj.  des  2  genres.  Terme 
de  Géométrie,  qui  se  dît  Des  figures  dont  les 
côtés  sont  <^aux  à  ceux  d'une  autre. 

ÉQUILIBRE,  subst.  m.  État  des  choses  qui, 
étant  pesL-es,  sont  d'un  poids  si  égal,  qu'elles 
n'cmportr^nt  la  balance  d'aucun  côté.  Cela  est 
en  équilibre.  Dans  un  juste  i-quHihre.  Mettre 
dans  lèquilibre.  Cela  fait  V équilibre, L'équilibre 
des  liqueurs. 

On  dit  figurément,  Mettre  dans  VvquHibre, 
tenir  dans  l'équilibre,  jwurdirc,  Mettre  diins 
l'égalité,  tenir  dan»  l'égalité.  Tenir  les  Puis- 
sauces  voisines  dans  l'équilibre.  Jl  tenait  tous 
tes  voisins  dans  l'équilibre.  L'équilibrede  VEw 
ropc  Le  système  de  l'équilibre. 

On  dit  aussi  figurénicnt,  Fdi're  l'cauili&re, 
pour  din*.  Rendre  les  choses  égales. 

ÉQUIML  LTIPLE.,adi.  (LU  se  prononce.) 
Terme  d'Aritlimétique.  Nom  que  l'on  donne 
aux  nombres  qui  contiennent  leurs  sou<multi- 


EQU  5a3 

pies  autant  de  fuis  l'un  que  l'autre.  Douze  el 
six  sont  équiniuhiples  ds  quatre  et  de  deux, 
parce  qu'ils  contiennent  l'un  quatre  et  l'autre 
deux  un  nombre  de  fois  égal. 

EQUINOXE.  subst.  m.  Le  temps  de  l'année 
auquel  le  Soleil  passant  par  PÉqualcur,  fait  les 
jours  el  les  nuits  égaux.  L'Êquinoxe  du  Prin- 
temps. L'Equinoxe d' Automne.  La  pluir.de  ['£• 
quinoxe  est  excellente  pour  les  biens  de  la  terre. 

ÉQUINOXIAL,  ALE.  adj.  Qui  appartient 
à  l'Équinoxc.  Cercle  cquinoxial,  ou  Equateur. 
Li^ne  équinoxiale. 

Il  est  quelquefois  substantif,  et  alors  c'cit 
la  même  chose  que  l'Equateur. 

Équipai; I-:.  s.  m.  se  dit  Du  tr.iin,dc  U 
suite,  mulets,  cl:evaux,  carrosses,  valets,  bar- 
des, etc.  6'r«nd,  superbe  équipage.  Equipage 
de  guerre.  Équipage  de  chasse.  Son  équipage 
est  parti  et  arrivé.  Il  a  perdu  son  équipage. 
Faire  son  équipage.  Les  équipages  de  larméc. 
Se  mettre  en  équipage. 

On  dit,  //  «  un  équipage,  pour  dire,  U  a 
un  carrosse;  //  est  venu  avec  son  équipage, 
pour  dire ,  U  est  veuu  avec  son  carrosse  cl  ses 
chevaux. 

On  dit  proverbialement,  L'équipage  de  Jean 
de  Parisy  pour  dirï,  Un  équipage  n;agnifique; 
et,  L'fi  équipage  de  Bohème,  pour  dire,  Un 
équipage  délabré. 

On  dit.  Etre  en  hon  ou  mauvais  équipage, 
pour  dire,  Être  bien  ou  mal  velu.  Cet  hommt 
est  en  fort  mauvais  équipage. 

On  dît  figurément ,  qu'Un  homme  est  en 
mauvais,  en  triste,  en  pauvre  équipagt,  pour 
dire,  que  Sa  santé,  ses  afiàires  sont  en  mau- 
vais état. 

On  dit  aussi,  L^cquipage  d'un  Vaisseau,  et 
alors  il  signifie  seulement  Les  soldats  el  les 
matelots.  Le  Vaisseau  a  péri,  maïs  on  a  sauvé 
l'équipage.  Il  y  a  des  Vaisseaux  de  douze 
cents  hommes  d'équipage.  Renforcer  les  éaiii- 
pages.  Transporter  l'équipage  d'un  Vaisseau 
sur  un  autre. 

ÉQUIPÉE,  s.  f .  Action,  entreprise  indiscrète, 
téméraire ,  et  qui  réussit  mal.  Vous  avez  fait 
là  une  belle  équipée.  Voilà  une  plaisante  équi~ 
pée.  Cet  Officier  entreprit  cette  affaire  mal  à 
propos,  et  celte  équipée  lui  coûta  cher.  Cet  êcO' 
lier,  par  un  esprit  de  libertinage,  s'est  allé  en- 
rôicr,  ce  n'est  pas  sa  première  e'quïpéc. 

ÉQUIPEMENT,  s.  m.  Action  d'équiper.  U 
faut  tant  de  mois  pour  l'équipement  de  la  Flotte, 
U  se  dit  aussi  De  la  provision  de  tout  ce  qui  est 
nécessaire  ^  la  subsistance,  à  la  manœuvre  et  à 
la  sûreté  d'un  Vaisseau.  L'équipement  de  c€ 
Vaisseau  a  coûté  beaucoup. 

ÉQUIPER,  v.  a.  Pourvoir  quelqu'un  det 
choses  qui  lui  sont  nécessaires,  iiijiii'/er  un  Ca^ 
valicr.  Il  a  cm'oyc  son  fils  au  collège,  et  Va 
équipé  de  toutes  choses. 

Il  s'emploie  aussi  avec  le  pronom  personnel 
Il  lui  faut  tant  pour  $*équiper. 

U  le  dit  aussi  d'Une  Flotte,  d'un  Vaisseau ^ 
d'un  Navire,  d'une  Galère,  pour  dire,  Lts 
pourvoir  de  tout  ce  qui  leur  est  nécessaire. 

ÉojUirK ,  LE.  pjriifipc. 

66. 


5-4 


EOU 


En  ternies  de  Blason,  il  se  dit  d'Un  V:iis- 
scan  (jui  a  ses  voiles  et  ses  cordcges.  De  gueules 
à  la  nef  ùqtiipée  d'argent. 

ÉQL'IPULLKNCE.  s.  f.  (On  prononce  Les 
/,  dans  ce  mot  et  les  deux  suivans.  )  'l'iTmc  di- 
dactique. Il  ne  se  dit  ç^utrc  que  dans  celte 
plirase,  L'équipoUence  des  propositions,  pour 
dire,  Des  propositions  qui  reviennent,  qui  équi- 
valent l'une  i  l'autre. 

ftÇUIPOLLKNl',  l'"M"E.  adj.  Qui  vaut  au- 
tant que  .  .  .  /■'""  "'  equipoUent  à  Vautre.  Le 
vropt  est  éauipollent  à  la  perle.  Celte  raison  est 
èfjuipollenle  à  Vautre. 

Il  est  aussi  sulistaiilif ,  et  signifie.  Égal  en 
valeur.  Je  lui  ai  rendu  VéfjnipoUent.  Je  lui  ai 
rendu  lérjuipollenl  de  ce  iju'il  m'a  prélé. 

À  l'équipollent.  adv.  A  proportion,  ;'t  l'a- 
venant, S'ion  la  mesure  et  le  rapport  qu'une 
cliose  peut  avoir  avec  une  autre.  //  a  perdu 
mille  êcus  dan^  cette  afjiiirc  ,  et  les  autres  à 
Véfjuipollenl,  à  léipiipollcnl  de  ce  (ju'ils  y  ont 
mis.  H  fait  une  dépense  de  Prince,  il  a  chiens,  [ 
cltevau.x  ,  Panes ,  et  tout  le  reste  à  Véquipol- 
le  ni. 

ÉQUIPOLl.En.  V.  a.  Valoir  autant  que  .  .  . 
Le  gain  équipoUe  la  perte.  L'un  équipollc  Vau- 
tre. Il  faut  que  le  gain  soit  qrand  pour  équi- 
f  aller  la  perle. 

11  est  aussi  neutre.  Une  clause  qui  équipolle 
à  Vautre.  Une  mîson  qui  équipolle  à  une  autre. 
Ce  verbe  et  ses  dérivés  sont  plus  en  usage  d.tns 
le  Conimeicc  et  dans  la  Pratique,  que  dans  le 
style  ordinaire. 

ÉQUIPOLLE  .  ÉE.  participe.  Compensé ,  com- 
passé. La  perle  eijuipollec  nu  gain. 

On  dit  en  termes  de  Dlason.  Cinij/oinl.'^  d'or 
rquipollés  à  quatre  d'azur,  pour  signifier,  Kcuf 
carrés  mi»  en  forme  d'écliitjuier,  dont  il  y  en  a 
cinq,  savoir,  ceux  des  qu.itre  coins  et  du  mi- 
lieu, d'un  email  dlflerenl  do  celui  des  quatre 
autres  carrés. 

ÉQL'IT.\BLE.  adj.  des  2  genres.  Qui  a  de 
l'équité.  Un  Jionime  éijniliifc/c.  Un  Juge  équi- 
table. Il  y  a  peu  de  gens  équitahles. 

Il  se  dit  aussi  Des  clioscs  qui  sont  conformes 
aux  règles  de  l'équité.  Sentiment  éijriilnMc.  Ju- 
gement cquitiiiie.  Partage  équitable.  Distribu- 
tion eijullut>!e.  Cela  est  équitable,  n'est  pasequi- 
table. 

ÉtJUITABLEMENT.  adv.  D'une  manière 
équitable,  avec  équité  et  justice.  Il  faut  juger 
équifablement  de  toutes  choses. 

l'iQUITATION.  s.  f .  (  ru  se  prononce.  )  L'ait 
de  monter  i  cheval.  Il  y  a  des  dissertations  sur 
Véquilation  ancienne  et  moderne. 

ÉQUITÉ,  .s.  fém.  Justice,  droiture.  Il  juge 
avec  équité.  Conirc  louleéquité.En  toute  équité. 
Selon  Véquilé.  Homme  plein  d'équité.  C'est  un 
homme  sans  équité,  qui  n'a  point  d'équité. 
I\Ianqucr  à  toutes  les  réqles  de  l'équité. 

11  signifie  aussi  quelquefois  La  justice  exer- 
cée, non  pa»  selon  la  rigueur  de  la  Loi,  mais 
avec  une  modération  et  un  adoucissement  rai- 
sonnable. On  l'a  absous,  parce  qu'on  a  eu  plus 
â'égard  à  l'i'(|uilé  qu'à  la  justice  rigoureuse. 
Les  arbitres  jugent  ordinairement  plutôt  selon 


E  R  A 

Icsrèrjles  àe  VéquitCj  (^ic  selon  l'a  ri-jueiir  des 
Lois.  Les  Jiifjes  mhalternes  sont  des  Juges  de 
rigueur^  et  les  Jikjca  supérieurs  yeuvcnt  juqer 
selon  l'érjuité. 

KQULVALENTjE^TE.  adioct.  Qui  est  de 
même  prix,  de  niônie  valeur.  Je  lui  donnerai 
un  hérita(jc  ét^uivalent.  Une  chose  ê  juivulente. 

Il  est  aus.si  substantif.  On  n'a  pu  remettre 
ce  Prince  en  possession  des  Villes  qu'on  lui 
avuit  prises,  mais  on  lui  en  a  donne  l'énuiva- 
lent.  C'est  un  équivalent.  O/Jrir  des  équivaleus. 
Dcdommaner  par  un  équivalent. 

I.QL'IVALOIR.  V.  n.  (H  se  conjugue  comme 
Valoir.)  Être  de  m^-me  prix,  de  même  valeur 
que  qtiel'jue  chose.  Vne  otice  d'or  équivaut  à 
quinze  onces  d'argent.  11  est  de  peu  d'usage  h 
rinfinitif. 

ÉQUIVOQUE,  ad),  des  2  genres.  Qui  a  un 
double  sens,  qui  peut  recevoir  plusieurs  inter 
prétalions,  et  qui  convient  îi  dilTi'rontcs  choses. 
Ce  discours  est  équivoque.  Parole  ,  (crme,  mot 
équivoque.  Cela  est  équivoque.  Expression  cq'*'- 
voque. 

Il  se  dit  aussi  I)«  toutes  les  choses  sur  les- 
quelles on  peut  Taire  des  jugemeus  opposés.  Ac- 
tion équivoque.  Réputation  équivoque.  Mérite 
équivoque.  Vertu  équivoque.  Sinnc  équivoque. 

On  appelle  eu  Médecine,  Un  signe  équivo- 
que. Un  signe  qui  peut  cojjvcnir  à  p]u:>icurs 
maladies. 

Équivoque,  se  prend  quelquefois  substanti- 
vement dans  le  prcm'er  sens,  et  il  est  féminin. 
C'eut  ui\t  énatvoqiie.  Il  se  sert  d'équivoques. 
Basses  équivoques.  Il  faut  éviterles  équivoques, 
tlquivoque  grossière.  Plaisante  équivoque.  Au- 
trefois ce  mot  étoit  indifferenuuent  masculin 
ou  féminin. 

ÉQUIVOQUER.  V.  n.  User  d'équivoque. /I 
équivoque  continuellement. 

s'KquivoQueh,  avec  le  pronom  personnel. 
Dire  un  mot  pour  un  autre.  Il  s'est  équivoque 
plaisamment.  Il  n'est  que  du  style  familier. 

ER  A 

ÉnACLR.  s.  m.  Espôcc  d'arbre  du  f;cnre  de 
ceux  qui  ne  portent  point  de  fruits.  L'èrahle  a 
le  bois  extrêmement  dur  et  veiuctLT.  Vérahle  a 
lécorce  fort  raboteuse.  Palissade  d'érahle.  Ra- 
cine d'érahle.  Menuiserie  d'érable.  Le  bois  d'é 
rable  est  fort  bon  pour  faire  des  violons  cl  au- 
tres instrumens  de  musique.  Sua'e  d'érable. 

ÉRADICATIF,  IVE ,  adj.  se  dit  en  Méde- 
cine, De  certains  rcmcdcs  vioiens  qui  empor- 
tent la  maladie  et  toulcs  ses  causes. 

ÉlîAniCATïON.  s.  f.  Terme  de  Physique, 
qui  signifie  L'action  d'arracher  quelque  chose 
p.'ir  la  racine. 

ÉKAFLER.  v.a.  Ecorclier  légrrcmcnt ,  ef- 
fleurer la  peau.  Cette  épingle  m'a  éraflé.  Cette 
cpiuc  m'a  éraflé  le  visage.  Jl  a  reçu  un  coup 
à'èprc  qui  ne  lui  a  fait  qu'éraflerla  peau.  Il  rsi 
familier. 

ÉnAir.i':,  ke.  participe. 

ÉRAFI.UKE.  s.  fém.  Écorchurc légère.  //  a 
une  érajlurc  à  la  main.  Une  éraflure  d'épingle, 
d'épine  f  etc. 


ERE 

ÉUAILI.E.MENT.  a.  m.  Terme  de  Médecine. 
Voyez  EctuoimOs. 

ÉHAILLKIÏ.  V.  a.  II  se  dit  Des  toiles  el  des 
étoiles  de  soie  dont  le  tissu  est  relâché  ou  ef- 
hlé.  Erailler  du  satin.  Ces  étofjcs  sont  sujettes 
à  s'érailler. 

Éhaillé,  ki:.  p.irticipc.  De  Vétoffe  {raillée. 

On  dit,qu'r'ii  homme  aVoeil  ern t!/t', Lors- 
qu'il a  naturellement  des  filets  rouges  dans  l'ceil. 

ÊRAILLUKE.  s.  f.  La  marque  qui  reste  à 
une  étoflc  de  soie  ou  à  une  toile,  quand  elle  est 
rraillce. 

ÉRATER.  V.  a.  Ôler  la  raie.  On  a  ératé  des 
cliiais  pour  savoir  s'ils  pouvaient  vivre  sant 
rate. 

EnATÉ,  tz.  participe. 

ERE 

fiRE.  s.  fém.  Terme  de  Chronologie.  Point 
fixe  d'où  l'on  commence  h  compter  les  années. 
L'Ere  d'Espaqv.e  est  plus  ancienrie  que  l'Ere 
Chrétienne.  ï.'Ere  de  Nuoonassar.  L'Ère  des 
Séleucides.  Fixer  VLre.  La  naissance  de  Jcsiiï- 
Christ  e?-t  VÊre  des  Chrétiens;  et  celle  des  Ma- 
hométans  ou  VUègirc  est  la  j'uile  de  Mahomel. 

Il  se  dit  aussi  Ile  la  suite  des  années  que  l'en 
compte  depuis  ce  point  iîxc.  L'hre  des  Espa- 
gnols commence  environ  38  ans  avant  l'Ere 
des  Chrétiens^  et  fnit  vers  i35i. 

ÉRECTEUR.  adj.  Terme  d'Analomie.  C'eit 
le  nom  qu'on  donne  aux  muscles  qui  servent  à 
élever  certaines  parties. 

On  le  prend  ;iussi  substantivement.  I*«c'rec- 
icurs  de  la  7>erge^  les  érecteurs  du  clitoris. 

ÉRECTION,  s.  f.  Insliluiion,  étnblisscmcnt. 
L'érection  d\in  Parlement.  L'érection  d'un 
I  re^iidial.  L^ércction  d'une  Commission^  d'ttne 
Chargeen  titre  d'Office.  L'érection  d'une  Terre 
\'n  Duché.  A^oia'ciîc  érec(ion.  .Lucienne  ércc- 
lion.  Il  n'est  guère  d'usage  que  dans  ces  séries 
lie  phrases. 

On  dit  aussi,  L'érccd'on  d'une  statue^  d'un 
monument ,  pour  dire.  L'espèce  de  consécration 
que  l'on  cil  fait  en  l'honneur  d'un  Prince,  ou 
de  quelque  autre  personnage  illustre. 

ÉnECTioN,  est  aussi  un  terme  de  Médecine, 
ipù  se  dit  De  l'action  de  certaines  parties  du 
corps. 

ÉREINTEil.  verbe  actif.  Fouler  ou  rompre 
les  reins.  Si  vous  lui  mettez  un  fardeau  si  pe- 
Hitit  sur  le  dos^  vous  Véreinterez.  Jl  fit  un  si 
grand  effort  j  qu'il  s'éreinta. 

ÉnEi^TÉ,  EE.  participe. 

ÉRÉMITIQUE.  adi.  des  2  p.  Il  n'est  guère 
dnsa;;e  que  dans  cette  phrase,  Vie  érémitique^ 
qui  se  dit  De  la  vie  que  mènent  les  Solitaires 
dans  le  désert,  par  opposition  à  la  vie  cénobi- 
tique,  qui  est  celle  dts  Religieux  qui  vivent  en 
commun. 

ÉRÉSIE.  s.  fém.  Genre  de  plante  à  fleur* 
monopeîales. 

ÉRÉSIPÉLATEUX.  Voy.  ftnYSiPÉi^TEUX. 

ERÉSIPÈT.E.  Voyez  ÊnYSii'ÈLK. 

ÉRÉTIII.s:\IK.  5.  m.  Terme  de  Médecine. 
Tension  violente  des  fibres. 


ERM 

E  RO 

ERGO-GI.U.  FaçoD  de  pnrler  fnmill.rr, 
dont  on  sf  «rt  pour  se  moquer  dus  grands  rai- 
sonneracns  qui  nu  concluent  rien. 

EUCJor. s.  in.lCspèce  de  petit  ongle  pointu, 
qui  vient  au  deriiire  du  pied  de  quelques  ani- 
iniiui.  tes  tTJols  il'un  coij,  li'un  chitn. 

On  ditfigurcnienl  et  l'aniiliùrenunt , 5e  lerer 
5nr  ses  a'qoti,  se  tenir  sur  ses  ergots^  nionlcr- 
îur  ses  errjots,  pour  dirw,  Parler  avec  colère, 
et  d'un  ton  fier  et  êlrvé. 

EnooT,  est  aussi  le  nom  d'une  maladie  cpii 
attaque  le  seiyle,  ei  qui  en  rend  le  pain  tits- 
dangereux. 

ERGUTIC,  ÉE.  adj.  Qui  a  des  ergots,  l'n 
col)  bien  erqutê.  Vn  chien  ergolc,  Qui  a  un 
on^le  de  surcroît  au  dedans  et  au  dessus  du 
pied.  On  dit ,  Du  seigle  ergoté ,  ou  Hu  fc.V 
curnu. 

ERGOrCR.  V.  n.  Poimiller.  contester  mal 
à  propos  et  avec  iniportunitu,  clticaner  dans  la 
dispute.  71  est  imjjorturi,  il  ne  suit  (ju'erijoler. 
ti  est  familier. 

11  signifie  figurément,  Trouver  à  redire  à 
tout,  il  cinole  sur  loriles  choses. 

EHUOIEUR,  EUSIi.  s.  Pointilleux,  poin- 
tilleuse qui  conteste  mal  à  propos.  Ce  n'est 
(iii'uri  ernoteur.  C'est  une  ergoteuse.  Il  est 
familier. 

E  RI 

EBIDAN.  s.  m.  Nom  d'une  constellation  'de 
l*liL'iinsplière  ans^rul.  On  la  rcpres:-nfe  sur  les 
^l(il>es  par  l.i  figure  d'une  rivière. C'est  l'ancien 
Doin  du  Pô. 

ERIGER.  V.  a.  Consacrer,  élever,  établir. 
Eriger  une  statue.  Eriger  ur.  autel.  Eriger  uri 
trophée^  lies  trophées.  Eriger  une  statue  à 
guelnu' un.  Eriga'  un  moMunienI  ù  la  oloire  tic 
tjuelipt'un. 

On  dit.  Eriger  une  Comrnission  en  tilrt 
d'O/Jice,  pour  dire,  Faire  d'une  CommissioD 
amovible,  une  Cliai'go  dont  le  Prince  donne 
des  provisions. 

Ou  dit  aa.ssi,  Eriger  une  Terre  en  Comté, 
en  Marquisat,  en  Duché,  pour  dire,  En  faire 
un  Comté,  un  Marquisat,  un  Duclié.  Le  Roi, 
par  ses  LetO-es  patentes ,  a  ériqé  cette  Terre  en 
Duché. 

Il  s'emploie  avec  le  pronom  personnel ,  e1 
signifie, S'atlrihiirr  tine  autorité,  un  droit, une 
qualité  qu'on  n'a  pas,  ou  qui  ne  convient  pas. 
ii'èriger  en  censeur  public.  S'ériger  en  rélor- 
niateur.  II  l'est  érigé  en  bel  esprit.  S'ériger  en 
jiuUtir ,  en  Savant.  S'ériger  en  diseur  de  bons 
invti,  en  Censeur,  en  Critique. 

Enir.c,  ÉE.  participe. 

t.lilGSE  ou  ÉRWE.  s.  fi'm.  Terme  de  Clii- 
ntrgie.  l'eiil  instrument  terminé  par  un  cro- 
eiiet,  doni  on  se  sert  pour  «lever  et  soutenir  les 
pviics  qu'on  veut  dinéquer. 

ERM 

ERMIN.  s.  m.  >om  qu'on  donne,  dans  les 
Échelln  du  Levant,  an  Droit  de  Douane  qui 


EllR 

se  paye  pour  l'entrée  et  la  sortie  des  mar- 
chandises. 

ER  MITA fî  F.  s.  m.  L'habitation  d'un  Ermite. 
C\'t  Ermite  ne  sort  jamais  de  son  ermitaqe. 

H  se  prend  fîpirément  pour  Un  lieu  ccartë 
et  solitaire,  et  semblable  à  ceux  que  les  Ermites 
choisissent  pour  lour  relrailc.  C'est  un  vrai  er- 
mitage, un  juli  ermitage. 

Il  se  dit  aussi  figurément  pour  Une  maison 
ecnrtce  et  cliantpôirc.  Me  viendrez- vous  voir 
dans  mo7}  ermitage^  à  mon  ermitage? 

ERMITK.  s.  m.  Solilnirc  qui  s'est  relire  dans 
un  drscrt  pour  y  servir  Dieu.  Saint  Piiul  pre- 
mier Ermite.  Les  Ermites  de  la  Thcbaide.  Un 
vieil  Ermite.  Un  saint  Ermite. 

On  dit,  quX'n  homme  vit  comme  un  Er- 
mite, pourdiri',  qu'il  mt^no  une  vie  fort  rcli- 
rce,  et  «ju'll  fuit  la  sociélc  du  monde. 

!•:  R  o 

ÉROSION,  s.  f.  Terme  de  Mcilccinc.  Action 
de  toute  liqueur  acide  qui  ronge  quelque  sui)s 
tance.  Les  humeurs  acres  mantjent  les  chairs 
par  érosion. 

tilUTK^îUE.  adj.  des  2  genres.  Qui  appar- 
tient à  l'amour,  qui  en  procîdc.  Délire  eroti- 
nue.  Poème,  re/ï  êrotitiues.  Chanson  ero(i(|iic. 

ÉROTOMAME.  s.  f.  Terme  de  Môlecinc. 
Délire  aaiourcux. 

ER  R 

ERRAM,  ANTE.  .idj.  (On  prononce  les 
deux  R  dans  ce  mot  et  les  stiivans.  )  Vag-ibond. 
qui  erre  de  côté  et  d'aut.-e.  //  est  errant  et  va- 
ipthond.  Chevalier  errant.  Le  Juif  errant ,  que 
le  vulgaire  croit  être  un  Juif  allant  de  Ville  en 
Ville,  et  qui  sera  ainsi  cnant  jusqu'à  la  fin  du 
monde. 

Errant,  se  dit  aussi  De  celui  qui  est  dans 
l'erreur  en  matière  de  Foi.  Nos  frères  errans. 

On  dit  aussi,  Etoiles  errantes,  pour  dire. 
Les  Planètes,  par  opposition  aux  Etoiles  fixes. 

On  dit  figurc'mcnt  d'Un  homme  qui  change 
souvent  de  demeure,  qui  voyage  sans  cesse, 
.]ue  C'est  un  Chevalier  errant  ^  un  Juif  errant 

On  dit  aussi  figurément,  Cet  homme  a  limU' 
gination  errante  et  vaqahonde. 

Il  est  aussi  quelquefois  substantif;  et  alors 
il  signifie,  Celui  qui  crredan-i  la  Foi.  Redresser 
les  errans.  Errans  dans  la  Foi. 

ERRATA,  s.  m.  Terme  emprunté  du  Latin. 
Liste  des  fautes  survenues  dans  l'impression 
li'un  ouvrage.  //  a  marfiué  ces  piutcs-là  dans 
l  errata.  Il  a  fait  un  errata  fort  ejract.  Les  er- 
rata çont  nécessaires  dans  les  livres.  Lorsqu'il 
ne  s'agit  que  d'une  faute  *i  relever,  on  dit 
Erratum. 

ERRATIQUE,  adj.  des  7.  genres.  Terme  de 
Médecine.  Irrégulicr,  déréglé.  Fièvre  errati(jnc. 

ERRE.  sul>%L  f.  Train,  allure.  Ce  mot  n'est 
d'usage  qu'en  ce»  façons  de  parler  ,  Aller 
grand'cne.,  aller  belle  erre,  pour  dire  ,  Aller 
bon  train,  aller  vile. 

On  dit  figurément,  Mlcr  grand'errej  aller 
belle   are,   pour  dire.  Faire  trop  grande  de- 


ERR 


5aS 


pense.  Ce  jeune  homme  va  grand'erre,  il  aura 
bientôt  mangé  tout  son  bien. 

EnBE.  Terme  de  Marine.  Marche ,  lenteur 
ou  vitesse  d'un  vaisseau.  Ce  vaisseau  a  repris 
son  erre. 

EnRES,  au  pluriel,  se  dit  Des  iraccs  bu  voies 
du  cerf  j  et  l'on  dit  au  figuré,  Suivre  les  erres ^ 
marcher  sw  les  eires ,  aller  sur  les  ares  de 
(juelf^uun ,  pour  dire ,  Tenir  la  même  conduite 
que  lui,  suivre  les  mêmes  voies,  être  dans  les 
mêmes  sentimens. 

On  dit  aussi  en  parlant  d'AfTalres  ,  Repren- 
dre les  premières  erres ^  les  dernières  erres, 
pour  dire,  Recommencer  3  travailler  sur  une 
affaire,  et  la  reprendre  où  on  l'avolt  laissée. 

ERREMENS.  s.  m.  pi.  Erres.  Il  n'est  d'usage 
qu'au  figuré  et  en  parlant  d'Affaires.  Reprendre 
les  derniers  crremcns  d'une  affaire.  On  le  dit 
plus  ordinairement  qu'Erras. 

ERRER.  V.  n.  Vaguer  de  côté  et  d'autre, 
aller  ci  et  là  à  l'aventure.  Errer  de  câté  et 
d'autre.  Errer  par  la  campagne.  Errer  ça  et  là. 
Aller  errant.  Errer  dans  une  foret,  dans  un 
désert.  Errer  sur  mer  au  gré  des  vents. 

On  dit  aussi,  Laisser  errer  ses  pensées,  pour 
dire.  Rêver  en  méditant  sans  suite  et  sans 
liaison  dans  ses  idées. 

Il  veut  dire  aussi,  Se  tromper,  avoir  une 
fausse  opinion.  //  n'y  a  personne  (jui  ne  puisse 
errer,  nui  ne  soil  sujet  à  erra\  Vous  errez  dans 
votre  calcul.  Er-rer  dans  la  Foi.  Errer  dans  les 
principes.  Il  fiut  redresser  ceux  qui  crrenL 
Errer  dans  le  droit.  Errer  dans  le  fait. 

ERREUR,  s.  f.  Fausse  opinion.  Douce  er- 
reur. Agtiahle  erreur.  Erreur  capitale.  Erreur 
grossière.  Tomber  dans  l'erreur.  Sortir  d'er- 
reur. Il  est  encore  dans  Va-rcur.  Il  est  retenu 
de  son  erreur.  Tirer  guehjuun  d'erreur.  C*est 
une  erreur  que  de  s^imaginer  que  .  .  .  Erreur 
dans  la  Foi,  en  matière  de  Foi.  Vivre  dans 
Verreur.  Persister  dans  l'erreur.  La  doctrine 
de  cet  homme  est  pleine  d'erreurs.  On  a  con- 
damné ses  erreurs.  Combattre  l'erreur.  Vaincre 
Verreur. 

Jl  se  prend  aussi  quelquefois  au  pluriel  pour 
Dérèglement  dans  les  mœurs.  Les  folles  aretai 
de  la  jeunesse.  Il  est  bien  revenu  de  ses  erreius. 
Il  est  houlciix  de  ses  erreurs  passées. 

II  signifie  aussi,  Faute,  méprise.  Conimc(/re 
«ne  erreur.  //  y  a  une  erreur  dans  cette  cita- 
tion. Erreur  de  nom.  Erreur  de  fait.  Erreur, 
de  droit. 

On  dit  aussi,  Erreur  de  calcul,  pour  dire, 
Manquement  dans  le  calcul.  Scuf  encur  de 
calcul.  Il  y  a  erreur  dans  ce  calcul.  Les  erreurs 
de  calcul  ne  se  couvrent  point. 

On  dit  aussi  dans  le  même  sens,  Erreur 
dans  la  Chronologie. 

EnnEcn5,au  plurie!,  se  dit  quelquefois  pour 
signifier  De  longs  voyages  remplis  de  traverses. 
Il  n'est  guère  en  usage  que  dans  cette  phrase, 
Les  erreurs  d'Ulysse. 

ERRHINE.  s.  f.  Terme  de  Médecine.  Re- 
mède qu'on  introduit  dans  les  narines.  Il  y  en 
a  de  deux  sorte.t;  ceux  qui  ont  pour  objet  de 
iàire  étcrnuer,  tels  que  le  tabac,  la  bctoin*^ 


526  ERY 

et  ceux  qui  ont  pour  objet  d'arrêter  le  sang, 
tels  que  le  corail ,  le  vitriol. 

KIÎllONÉ  ,  ÉE.  ad).  Qui  couliciil  ilc  l'er- 
reur. 5eii(imcJi(  erroné,  Opinion  eriunte.  Pro- 
position erronée, 

ERS 

ERS,  s.  m.  ou  Vi:^cc  NOinE,  s.  f.  Plante 
Ic-guiiiincuse  et  aiuiu-Ue.  L'ers  est  incisil",  abs- 
tereif  et  purifiant,  il  ■>  encore  d'autres  vertus. 

ERV 

ÉRUC.VGUE,  ou  ÉRUCAGO.  s.  f.  Plante 
qui  est  une  espèce  de  roquette  ,  et  qui  croit 
dans  les  blés  de  nos  Provinces  méridionales. 
L'érucaque  tire  la  pituite,  et  fait  élernuer. 

ÉRUCTATION,  s.  f.  Éruption  des  venio 
sites  de  l'estomac  par  la  bouclie,  avec  un  bniil 
désagréable.  Il  ne  se  dk  qu'en  Médecine. 

ÉRUDIT,  ITE.  adj.yuJ  a  beaucoup  d'éru- 
dition. 

Il  s'emploie  aussi  substantivement,  et  quel- 
quefois en  mauvaise  part.  Ce  n'est  qu'un  c/iulit. 

ÉRUDITION,  s.  f.  Grande  étendue  de  sa- 
voir, couuoissance  fort  étendue  d.  ns  les  liclles- 
Leltrcs  et  dans  toute  sorte  de  Littérature. 
Grande,  profonde,  rare,  singulière  érudition. 
Il  est  /;oinrae  tj'crurfilion.  71  ii  de  Vérudition, 
beaucoup  d'érudiliou.  Il  n'a  qu'une  utedwcre 
érnddion, 

Ént-DiTiOîi ,  signrfje  aussi  .  Rcn-arque  ,  re- 
cherche savanle, curieuse.  Voilà  une  érudition 
t    Irés-recierc/iée,  mnis     mal    placée.  Ouvragct 
d'érudition.  ïriii-aux   (ï'éruJiliou.  Rec/icrc/ii"- 
d'érud'.tion, 

ÉRUGINl^UX,  EUSE.  adj.  Qui  tient  de  l.i 
rouille  de  cuivre,  ou  qui  lui  ressemble.  Dde 
iruqineuse. 

f'.RUPTlON.  s.  f.  En  Médecine  ,  il  signifie 
ou  lévacuaiion  subite  et  abondante  d'un  li- 
(;uide,  tel  que  le  sang,  le  pus,  les  vents,  etc.; 
ou  la  sortie  des  taches,  pustules,  boufous  ou 
Butres  exanlbtmes  il  la  peau.  L'éruption  de  la 
petite  vérole  a  fait  cesser  la  fièvre. 

Il  se  dit  aussi  De  toute  sortie  prompte  et 
avec  efToi't.  L'éruption  du  Vésuve  a  fait  cesser 
le  (rcniMeiiicnt  de  terre. 

ERY 

ÉRYNGE,  suLst.  masc.  ou  PANICAUT,  ou 
CHARDON  À.  CENT  TÊTES.  Plante  dont  les 
feuilles  encore  tendres  se  mangent  confites  au 
vinaigre.  Sa  racine  est  apéritive,  propre  aux 
maladies  du  foie ,  et  contre  le  poison. 

Il  y  a  aussi  un £rynge  marin,  fort  comnnin 
aux  environs  de  Venise,  et  qui.se  man^c  comme: 
le  terrestre. 

ÉRYSIME.  s.  m.  Plante  qu'on  appelle  au- 
trement Velar,  ou  Tor(c/Ic.  Vojci  \ii.kn. 

ÉRYSIPÉLATEUX,  EUSE.  adj.  Qui  tient 
de  1  érysipélc.  Bouton  êrysipélaleux. 

ÉUYSIPÉLE.  s.  m.  Tumeur  superficielle, 
inflanimdtoire,  qui  s'étrnd  facilement  sur  la 
peau,  qui  est  accompagnée  d'une  clnleur  acre 
et  Drùlaulc.  Ery.ipik  dartrctuc,  crysipéle  flefj- 
iiuneu.!. 


ESC 

ES 

ES.  Mot  fait  par  contraction  de  la  préposi- 
tion En  y  et  de  l'article  pluriel  les,  pour  signi- 
fier Daîis  les.  Il  n'est  plus  d'usaj^e  que  dans 
cette  locution,  Maître  es  Ails,  et  en  quelques 
autres  qui  sont  purement  du  slyte  de  Pratique. 

ESC 

KSCABEAU.  s.  ninsc.  Simple  siège  'de  bois 
sans  hras  ni  dossier.  S'asseoir  sur  un  escabeau. 
ESCABELLE.  s.  f.  Il  a  la  mcnie  significa- 
tion luEscaheau. 

Ou  dit  figurément  et  familièrement,  qu'On 
n  bien  ilêrnntjc  les  cscahclles  à  quclciuun,  pour 
dire,  qu'On  lui  a  rompu  toutes  ses  mesures, 
qu'on  a  mis  du  désordre  dans  ses  affaires. 

On  dit  provtrlnalemcnt,  Remuer  les  csca- 
hclUs,  pour  dire,  lîéincnager,  changer  de  do- 
micile. Il  a  été  ohîigê  de  remuer  ^cs  cscahclles. 

Il  se  dit  aussi  au  figuré  et  familiêrem.  pour 
dire.  Clianger  d'état,  de  fortune,  de  situation. 
Je  lui  ferai  bien  remuer  ses  cscahclles. 

ESCACHE.  s.  f.  Mors  différent  du  canon, 
en  ce  que  le  canon  est  rond,  et  l'escache  ovale. 
Ordinairement  les  filets  sont  en  ef^cache. 

ESCADRE,  s.  f.  Nombre  de  galères  ou  d< 
vaisseaux  de  guerre  sous  un  même  Chef.  Cetfi 
escadre  éloit  composée  de  dix  vaisseaux^  d^ 
tant  de  galères.  On  a  arnié  une  Escadre  à  Brest 
Chef  n'EsCADnE. Officier  Gcueial  de  Marin* 
au-dessous  du  Lieutenant  Céuéral,  et  au  des- 
sus du  Capitaine. 

K.SCADKON.  s.  masc.  Troupe  de  Cnvnlerie, 
con;po.séc ordinairement  de  quatre  compagniea 
Petit  corps  de  ('avalerie  rangé,  mis  en  ordri 
pour  combattre.  Un  escadron  de  Chcvau-Lé- 
qers.  Un  Escadron  de  Carabiniers.  Gros  Esca' 
dron.  Escadron  serre.  Former  un  Escadron. 
Enfoncer  un  Escadron.  Rompre  un  Escadron. 
Ouvrir  un  Escadron.  Escadron  (jui  plie.  De- 
fairc  un  Escadron.  Renverser  un  Escadron.  La 
tête  d'un  Escadron.  Le  flanc  d'un  Escadi-on.li 
partaqca  sa  troupe  en  deux  Escadron>. 

KSCADRONNER.  v.  n.  Se  mctlrc  en  Esca- 
dron.  iV'otre  cavalerie  cscadronne  bien. 

On  dit,  que  Deux  troupes  (/t  Cavalerie  es* 
cadronnent  ensemble,  pour  dire,  qu'Ellcs  st 
joignent  pour  former  un  même  escadron. 

ES(-ALADE.  s.  f.  Attaque  d'nnt- Place  avec 
des  écliclles,  a,?saut  que  l'on  donne  ïivec  dej 
(■chellcs.  Aller,  monter  à  Vescalade.  Ils  empor- 
tèrent la  Place  par  escalade.  La  vutraillc  est 
trop  haute,  elle  est  hors  d'escalade. 

ESC:ALAUER.  v.  a.  Attaquer,  emporter  par 
escalade.  Les  bastions  u'ctoient  pas  encore  à 
lumtcurj  ils  les  escaladèrent.  La  Place  fat  es- 
caladée en  plein  jour.  Les  Géans  vouloieni  es- 
calader le  Ciel. 

On  dit  aussi,  Escalader  une  maison,  une 
muraille ,  pour  dire  ,  qu'On  monte  avec  des 
écliclles  dans  une  maison,  par-dessus  une  mu- 
raille. Les  voleurs  ont  escaladé  la  maison,  ont 
escaladé  ce  mur. 

Escaladé,  ée.  participe. 

ESCALE,  s.  fém.  Terme  de  Marine.  Fuîre 


ESC 

escale  dans  un  Port,  C'est  y  mouiller,  y  rc!J- 
cher. 

ESCALIER,  s.  m.  Degré,  la  partie  du  bâti- 
ment qui  sert  à  monter  et  à  descendre.  Escalier 
de  hais,  de  pierre  de  taille.  Escalier  à  noyau. 
Escalier  à  deux  rampes.  Escalier  à  jour.  Le 
palier^  le  repos  d'un  escalier.  Grand  escalier. 
Petit  escalier.  Escalier  vrîs,  pratiaué  dans  Vé- 
patsseur  du  mur.  Esctdïcr  dans  œuvre,  hors 
d'œuvre.  Escalia'  dérobé.  Le  haut  ,  le  bas  de 
V  es  calie):  Monter,  descendre  l' esc -.lier.  Escalier 
en  limaçon.  Escalier  couimuri. 

ESCALIN.  s.  m.  pièce  de  monnoîe  des  Pays- 
Bas.  Cette  étofj&  vaut  vinql  esculins  l'aune. 

ESCAMOTER.  V.  act.  Ôtor,  changer,  faire 
disparoitre  quelque  chose  par  un  tour  de  main 
sans  qu'on  s'en  aperçoive,  escamote/'  des  bou- 
les, des  dés,  des  cartes. 

Il  signifie  par  extension,  Dérober  subtile- 
ment sans  qu'on  s'en  aperçoive.  On  lui  a  esca- 
moté sa  bourse. 

Escamoté  ,  ée.  participe. 
ESC.'L'\IOTEUR.  s.  m.  Qui  escamote.  C'est 
un  grand  escamoteur. 

ESCAMPEK.  V.  neut.  Se  retirer,  s'enfuir  en 
grande  hâte.  H  crai(jnoit  d'clie  battu,  il  es- 
campa.  Il  est  populaire. 

ESCAMPETTE,  s.  f.  Il  n'cit  d'usage  que 
dans  celle  phrase  populaire ,  Il  a  pris  la  poudre 
d'escampette,  pour  dire,  qu'Cu  homme  s'csl 
enfui. 

ESCAPADE,  s.  f.  Échappée.  Il  est  sujM  à 
faite  des  escapades.  C'est  une  escapade  d'écolier. 
ESCAPE.  s.  f.  Terme  d'Architecture,  qui 
se  prend  pour  tout  le  fût  d'une  colonne,  mais 
qui  n'est  proprement  que  la  purtie  infcrieureet 
la  plus  proclie  de  la  buse. 

ESCAKIîALLE.  s.  f.  Nom  que  l'on  donne 
dans  le  Commerce  aux  deuls  deluphant  du 
poids  de  vingt  livres  et  au-dessous. 

ESCARÏKLLABD,  ARDE.  adject.  I-Aeillê, 
gai,  de  bonne  humeur.  Drôle  fort  escarhillard. 
Enfant  escarbillard.  Il  est  du  style  familier. 

Il  est  aussi  substantif.  C'est  un  escarbillard, 
il  n'aime  aue  la  joie. 

ESCARGOT,  s.  masc.  Sorle  d  insectes,  dont 
quelques-uns  ont  des  ailes,  des  cornes,  ttc  il 
y  a  plusieurs  sortes  d'cscarbots. 

ESCARBOUCLE.  s.  f.  Espèce  de  rubis  qui 
a  beaucoup  d'éclat,  cl  est  d'un  rouge  foncô.. 
Une  belle  cscarhoucle.  On  a  cru  aut$-efois  (jn» 
l'escarboucïe  luisoit  dans  les  téncJirc.<. 

ESCVRCELLE.  s.  f.  Gronde  bourse  û  l'an- 
lique.  Ce  nu)l  n'est  plus  guère  d'usage  qu'en 
plaisanterie.  Il  a  rempli  son  escarcelle.  Il  vient 
de  jouer,  il  a  vidé  son  escarcelle.  Mettre  la 
main  à  l'escarcelle.  Fouiller  dans  l'escarcdle. 

ESC.VRGOT.  s.  ni.  Espè-ce  de  limaçon  i\  co- 
quille. Un  gros  escargot.  Un  petit  escargot. 
Manger  des  escargots. 

On  dit  d'Un  homme  mal  fait,  qu'il  est  fut 
comme  un  escargot. 

ESCARLINGUE,  ou  Co>TnE-<ji:iLi.E.  $.  f. 
Voyez  CAnMNGiE. 

ESCARMOUCHE,  s.  f.  Combat  qui  se  fait 
par  de»  gens  détaches  en  pclil  uombrCj  quand 


ESC 

Afii\  nnnées  sont  proches  l'une  de  l'autre. 
liude  esi-armouche.  Furieuse  escurmoiiche.  Es- 
carmouche bioii  chaude.  Léijère  escarmpuc}:e. 
Commencer  Vescarmouclie.  Allaijutf,  enrjajer 
t'escarmoiiche.  Aller  ù  l'escarmoiiclie. 

KSnAI'.MOUClIKR.  v.  n.  Conihatlic  par 
csi'arniourjics.  Les  deux  armées  escarmouche- 
reni  tout  le  jour.  On  ne  combattit  point,  on  ne 
fit  iju'escai^ouchcr. 

Il  M  dil  aussi  (igiirénicnt  Des  disputes  et  des 
l'oiitcsUtions.  On  n'a  pas  approfondi  la  rjues- 
.'io«,  on  n\i  fait  tjuescarmoucher.  Ces  deux 
Docteurs  escarmouchèrent. 

II  se  joint  ({uclqucfois  avec  le  pronom  per- 
sonnel j  S'escarmonchcr.  Ces  deux  Docteurs 
i'escarmoucf-èrent  lonn-temps. 

1'.S(:AI!MOUCHEUR.suLs[.  maso.  Qui  va  à 
t'c-sc.n-niouclic.  C'est  un  hon,  un  hardi  escar- 
mouclieur.  Les  escarmoucheurs  enqiiqèrent  U 
combat. 

ESCAnOTKlUES  ,  ou  EsciiAnOTiQUis. 
s.  ni.  plur.  Rentè.lcs  causlicpies  qui  brûlent  la 
\tc7in  cl  la  cliair.  11  est  aussi  adjectii". 

I^SCAliPE.  s.  f.  Le  mur  intérieur  du  fossé, 
celui  qui  est  du  cùlc  de  la  Place.  11  ne  se  di< 
guère  que  par  rapport  h  \a  Contrescarp?. 

ESCARPEMENT,  s.  m.  Terme  de  Fortifica 
lion.  Pente.  Faire  Vcscarpemeul  d'un  fosse. 

ESCARPER.  T.  a.  Couper  droit,  de  haut  en 
bas.  Il  ne  se  dit  que  d'Un  rocher,  d'une  mon- 
tagne, d'un  fosse,  et  choses  semblables,  comme, 
Escarper  un  rocher^  une  montagne^  etc.  On  a  es. 
earfiécette  montatjnepourlu  rendre  inaccessible. 

EscAnpt,  *E.  participe. 

Il  Mt  aussi  adjertif.  En  ce  sens  on  dil,  /?o- 
eher  escarpé,  montagne  escarpée,  chemin  es^ 
carf  c,  pour  dire,  qu'Un  rocher,  une  montagne 
est  fort  rude,  de  tri:s-diB!cile  accès. 

ESC.'VRPIN.  s.  m.  Soulier  à  simple  semelle, 
"jue  l'on  portoit  autrefois  dans  des  nulles.  D«n- 
ler  en  escarpin ,  avec  des  escarpins.  Se  mettre 
en  escarpins  pour  jouer  à  la  paume.  Prendn 
des  escarpins  pour  faire  des  armes. 

Il  se  dit  au  pluriel,  d'Une  cjipécc  de  torture 
m  l'on  serre  les  pieds.  Donner  les  escarpins.  71 
u  eu  la  escarpins. 

ESCARPOLEITE.  s.  f.  Espèce  de  siège 
suspendu  par  des  cordes-,  sur  lequel  on  se  mei 
l»jur  iMre  pousse  et  repoussé  d-ms  l'air,  St 
mettre  à  Vescarpolelle. 

On  dit,  qu'Un  homme  a  la  tête  à  l'escarpo- 
lette ,  pour  dire,  qu'il  est  étourdi.  Il  est  du  style 
familier. 

E.'"CAnRE.  s,  f.  Croûte  noire  qui  se  forme 
•ur  la  peau,  !a  chair,  les  plaies  et  les  ulcères, 
par  l'application  de  quehpies  c.-iustiques.  71 
l'^ut  attendre  ijue  l'cicarre  loiiifie. 

.)\  si;;niCe  aussi  fijurément.  Ouverture  faite 
•  Tfc  violence,  fracns.  7,e  cnnon  a  fait  une 
grande  escarre  dans  ce  balailtcn,  dans  la  mu- 
raille de  la  Place.  Si  vous  abattez  cinq  cents 
ariret  dans  votre  bois,  cela  fera  une  grande 
escarre. 

ESCAVESSADE.  s,  f.  Terme  d-  Mauéjje, 
S<eou(se  du  cavetson,  lonqu'un  veut  pressir 
U  chiral  d'ubcir. 


ESC 

ESCHILI.Oî^.  s.  m.  Nom  qu'on  donne  dins 
les  mers  du  Levant  ù  un  melénre  fort  dange- 
reux. C'est  une  nu6c  épuissc  ,  dOu  sort  nnv. 
longue  (|UPue,  qui  s'allonge  jusqu'à  la  mer,  el 
qui  en  lire  l'eau  comme  une  pompe,  avec  un 
grand  bouillonnement. 

ESCIENT,  s.  m.  Il  ne  se  met  qu'avec  I.i  p.ir- 
ticute  «.  Ainsi  on  dît,  Faite  (jiielque  chose  à 
bon  escient^  et  plus  ordinaircntcnl,  à  son  es- 
cient, pour  dire,  Sciemment  et  sachant  bien  ce 
qu'on  fait.  Il  vieillit. 

À  Bos  EsciEST.  Façon  de  parler  ndverbialc. 
Tout  de  hon,  sans  feinte.  Dites-vous  cela  à 
}  on  escient?  Je  parle  à  hon  escient.  U  vieillit. 

ESCLAIRE.  s.  m.  Terme  de  Fauconnerie. 
()ise;m  d'une  belle  longueur.  Les  csclaires  sont 
bcn\tx  voleurs. 

ESCr.ANDRK.  s.  m.  IMalhcur,  accident  qui 
fait  de  l'cclat,  et  qui  est  accompagné  de  qucU 
f]iie  lioule.  Il  est  arrivé  un  qraud  esclandre 
dans  cette  famille. 

On  dit,  Faire  esclandre,  pour  dire ,  Que- 
reller quelqu'un  eu  public;  Causer  de  Vcs- 
c!(in(/rc,  pour  dire,  Faire  tapage,  occasloner 
quelque  scandale. 

ESCLAVAGE,  s.  m.  Etal,  condition  d'un 
rsclave.  Rude,  dur,  o'ucl ,  perpétuel  esclavage. 
H  cloit  en  esclavage  en  Turquie.  Il  aima  micu.c 
mourir  tjue  de  tomber  en  esclavage 

U  se  dit  aussi  6gurèmcnt  h  fcgard  des  em- 
plois ,  des  passioiLs ,  etc.  Cet  emploi  est  luci\itif, 
mais  c'est  un  và-itahle  esclavage.  L'amour  est 
un  esclavntje.  Vivre  sous  un  Despote,  c'est  être 
en  esclavage. 

ESCL.VVE.  s.  des  2  genres  qui  s'emploie 
aussi  adjectivement.  Celui,  celle  qui  est  en  ser- 
vitude ,  el  sous  la  puissance  absolue  d'un  m.'iître. 
Un  jeune,  une  jeune  esclave.  Esclave  iVore. 
Esclave  Turc.  Esclave  Chrétien.  Vendre,  ache- 
ïer,  délivier,  racheter  des  esclaves.  Dès  qu'un 
esclave  touche  la  terre  de  France,  il  est  libre. 
/iffraiichir  un  esclave.  Parmi  les  Romains,  U 
maître  avait  puissance  de  vie  el  de  mort  sui  ses 
esclaves. 

On  appelle  figurémcnt  Esclaves,  Ceux  qui 
par  fliitleric,  par  inlérêl ,  se  rendent  drpendans 
de  quelqu'un,  et  font  avenglément  tout  ce 
qu'ils  croient  lui  devoir  plaire,  soit  bien,  soit 
mal.  7/  est  rsclavc  de  tous  ceux  qui  peuvent 
contribuer  à  sa  fortune. 

On  dit  dans  le  même  sens,  Avoir  une  dme 
d^esclave^  pour  dire,  Une  âme  vïlc  et  basse. 

On  dil  aussi  fîgurcm.  qu'Un  homme  est  es- 
clave de  la  faveur,  de  ses  intérêts,  de  ses  pas- 
sions, pour  d-rc,  qu'il  i^il  tout  pour  la  faveur, 
pour  SCS  intérêts ,  pour  &alisfatie  .ses  passions. 

On  dit  aussi  d'Un  liouunc  qui  est  tellement 
ottaclié  au  service  de  quelqu'un  ou  ;ï  quelque 
emploi,  qu'il  ne  peut  s'éloigner,  ci  faire  autre 
rhosc,  qu7/  est  esclave.  On  est  esclave  aupi es 
de  ce  maltrc-là.  On  est  esclave  céans. 

On  dil ,  qu'Cn  homme  est  esclave  de  sa  pa- 
role.,  |>our  dire,  qu'il  est  ."ligicux  h  tenir  ce 
qu'il  proniPt;  el  au  contraire,  iWïrc  pus  es- 
clave de  >a  parole,  pour  dire,  N'êlrc  pas  exact 
b  la  gttider. 


ESC  527 

On  dit  en  Poésie ,  Esclave,  pour  dire ,  Amant. 

ESCOFFION.s.  m.  Coîmire  de  tcieponr  d.-s 
femmes.  Il  ne  se  dit  guère  qu'en  «tyle  bur- 
lesque et  par  m(q)iis.  Il  la  battit  et  lui  arracha 
son  escofjion.  Cette  femme  avoit  un  étrange  es- 
cofjion.  Il  est  populaire. 

ESCOGRIFFE,  s.  m.  Qui  prend  hardiment 
sans  demander.  C'est  un  escoqriffe.  C\st  un 
franc  escogriffe.  C'est  un  tour  d'escogriffr. 

On  appelle  encore  ainsi  Les  hommes  de 
grande  t.iillc  et  malbâtis,  dont  on  se  veut  mo- 
quer. C'est  un  grand escogrifjl:.  ïl  est  burlesque. 

ESCOMPTIC.  subsl.  m.  Remise  que  fait  au 
payeur  celui  qui  veut  être  paye  avant  1  eclicance. 
Il  a  pris  tant  peur  l'escompte.  L'escompte  est 
aisé  à  faire,  ^ous  en  ferons  l'escompte.  11  aura 
tant  d'escompte.  On  disoit  autrefois  Excompte, 

ESCOMPTER,  v.a.  Faire  l'escompte.  Quand 
un  Banquier  paye  une  lettre  de  change  avant 
l'échéance,  il  escompte  î'tntéict  du  temps.  Es' 
compter  un  billet.  Autrefois  on  disoit  Ex- 
compter. 

Escompté,  êe.  participe. 

ESCOPETTE.  s.  f.  Arme  à  feu,  espèce  de 
carabine  que  l'on  portoit  ordinaireineut  en 
bandoulière.  Il  est  vieux. 

ESCOPETTERIE.  s.  f.  Salve,  dcchnrge  de 
jdusicurs  escopcttes,  carabines,  fusils  et  mous- 
quets en  m*>me  temps.  Une  terrible  escopettcric. 

ESCORTE,  s.  f.  Compagnie  pour  la  sùrctc 
de  ceux  qui  marchent.  A'e  vous  hasardez  pas  à 
passe."  ptir  ce  pays-là  sans  bonne  escorte.  £»'cî- 
corfe  qui  avoit  conduit  le  convoi  ramena  un 
tel.  Donner  une  escorte.  Escorte  du  bagage. 
Attaquer,  battre  une  escorte.  Vaisseau  d'escorte. 
Servir  d'escorte.  Marcher  sous  bonne  escorte. 
On  lui  dotina  deux  cents  hommes  d'escorte. 

On  dit.  Faire  escorte,  pour  dire,  Servir 
d'escorte.  Si  vous  voulez,  je  vous  ferai  escorte. 

ESCORTER.  V.  a.  Accompagner  pour  mettre 
en  sûrclc,  pour  mcttredans  le  chemin.  Il  a  des 
ennemis,  il  se  fait  toujours  bien  escorter.  On 
détacha  tant  de  cavalerie,  tant  d'infanta'ie 
pour  escorter  le  convoi ,  pour  escorter  le  bagage. 

EsconxÉ,  ÉE.  participe. 

ESCOUADE,  s.  f.  Certain  nombre  de  gens 
de  pied  détachés  d'une  compagnie,  qui  sont 
rommandes  par  un  bas  Officier.  Il  ne  se  dit 
f^uère  qu'en  parlant  du  Uuet  à  pied.  On  prit 
une  escouade  du  Guet, 

ESCOURGÉE.  s.  f.  Fouet  qui  est  fait  de 
plusieurs  courroies  de  cuir.  Fouetter  avec  des 
cscourqées, 

ESCOURGEON,  s.  m.  Esp^:e  de  grain  qui 
est  une  sorte  d'orge  lijtive,  qu'on  fuit  ordinai- 
rement maufjCr  en  vert  aux  chevaux. 

ESCOUSSE.  subst.  f.  Mouvement,  action, 
course  qui  sert  ^  mieux  sauter,  d  s'êlanccr  avec 
plus  de  force,  avec  plus  de  légèreté.  Prendre 
son  escousse.  Il  est  du  style  familier. 

E.SCRIME.  s.  fdîm.  .Art  de  faire  des  arme*, 
exercice  par  lequel  on  apprend  avec  de»  fleu- 
rets h  se  li.ittrc  à  l'épée  seule,  ou  à  l'cpce  el  ou 
poignard.  Il  sait  tous  les  tours  d'etaime.  Salle 
d'escrime.  Maître  dcscrime.  Ou  dît  plus  ordi- 
uairemeot,  Vn  maître  d'armes. 


5^8 


ESP 


On  dit  figiirément  et  faiiilliùrenicnt,  <|u'f  ii 
homme  est  hors  d'escrime,  qu'o/i  l'a  mis  hors 
J'escrime,  pour  dire,  qu'il  ni;  sait  où  il  en  est, 
qu'il  ne  peut  plus  se  défendre. 

liSCRDlEK.  V.  n.  ScNercer,  se  bnltri  avec 
des  fleurets.  Ces  deujc  hommes  escriment  tous 
les  jours  l'un  contre  l'autre. 

Il  signifie  aussi  figinJmrnt,  Disputer  l'un 
contre  l'autre  sur  que^iuo  matière  d'érudition, 
de  science.  Us  ■•'""'  '"'"  '^""^  savans,  il  y  a 
vlaitir  à  les  voir  escrimer  l'un  contre  l'autre. 

11  est  aussi  réfléchi;  et  on  dit  figurémcut. 
S'escrimer  île  cjuelque  c/iose,  pour  dire,  Savoir 
$'en  servir,  failes-t'ous  (îcs  Dcrs.^  Je  m'en  es- 
crime nuelquefois.  Joue-t-il  Au  luth?  Il  s'en 
escrime  un  peu.  Il  est  du  style  familier. 

On  dit  en  plaisantant,  qu' Un  homme  escrime 
bien,  s'escrime  bien  de  la  mâchoire,  pour  dire, 
qu'il  mange  beaucoup.  Il  est  bas. 

ESCRDIEUR.  s.  m.  Qui  entend  l'art  d'es- 
crimer. Il  y  a  plaisir  à  voir  faire  des  armes  à 
deux  hons  escrimeurs.  Escrimeurs  à  outrance. 

ESCROC,  s.  m.  Fripon  ,  fourbe,  qui  a  cou- 
tume de  tirer,  d'attraper  quelque  chose  par 
fourberie ,  par  impudence ,  pai  artifice.  C'est  un 
escroc*  G  ardez.vous  des  escrocs. 

ESCROQUER,  v.  a.  Tirer  quelque  chose 
d'uuo  personne  par  fourberie,  etc.  71  m'a  es- 
ci'oijué  dijc  pistoles,  une  montre,  un  cheval,  etc. 

Ou  dit  aussi,  Escroijuer  quelqu'un,  pour 
dire,  Tirer  de  lui  quelque  chose  par  fourberie, 
par  arllGcc.  Il  escroijue  tout  le  monde.  Il  n'y  a 
^oiul  de  Marchand  ipt'il  n'escronue. 

On  le  dit  aussi  absolument.  Il  escroque  tant 
qu'il  peut,  partout  oii  il  peut. 

Ou  dit  proverbialenieut  d'L'n  parasite,  qu'il 
escroque  un  dîner. 

EscnOQOÉ,  ÉE.  parlicipe. 

ESCROQUERIE,  s.  f.  Action  d'escroquer. 
Grande,  petite  escroquerie.  Il  n'a  usé  que  d'es- 
croquerie pour  amasser  le  hien  qu  il  a. 

ESCROQUEUR,  ECSE.  s.  Celui,  celle  qui 
escroque.  C'est  un  escroquctir  de  Livres.  On  ne 
le  dit  jamais  qu'avec  un  régime. 

K  S  I 

E-SI-MI.  Terme  de  Musique,  par  lequel  ou 
désigne  le  mode  ou  ton  de  Mi.  Cet  air  est  en 
E-si-mi. 

E  S  P 

ESPACE,  s.  m.  Étendue  de  lieu  depuis  un 
certain  ternie  jusqu'A  un  autre.  Grand  espace. 
Lonq  espace.  Espace  vide,  rempli.  Cela  est 
corilenti  dans  l'espace  d'une  lieue,  li'im  arpent, 
etc.  Il  n'y  a  pas  assez  d'espace.  D'eapace  en  es- 
pace. Garder  les  espaces. 

11  se  dit  aussi  Ue  l'étendue  du  temps.  Il  y  a 
un  qrand  espace  de  temps.  Dans  l'espace  de  six 
mois,  d'un  an. 

On  appelle  Espace-^  imaqinaircf:.  Des  espaces 
qui  n'existent  point ,  et  qu'on  a  cru  être  hors  de 
l'enceinte  'du  monde. 
'  On  dit  figurément  d'Un  homme,  qu'il  se 
moméne  dans  les  espaces  imaqinaiics,  pour 
Hitf,  qu'il  se  forme  de»  visions. 


EvSP 

On  cppcllc  Espace  duiis  l'Imprimerie,  ce 
qui  sert  h.  espacer  les  mots,  et  alors  il  est  com- 
inuiiénioiit  féminin. 

ESPACCME>T.  suhst.  m.  Ternie  d'Ardu- 
[cciurc.  Distanco  entre  un  corps  et  un  :mtre. 
L^ espacement  de:;  fioleauXj  lia  solives^  des  co- 
lonnes. Il  se  dit  aussi  en  Typographie. 

ESPACER.  V.  a.  Ranger  les  cliosts  de  tirih 
raanièrequ'on  laisse  les  espaces  nécessair(!S  cnlrc- 
deux.  Ces  deux  arbres- U\  ne  sont  pas  hien  es- 
pacés. Colonnes  bien  capacées. 

On  le  dit  principalement  Des  lettres,  d(< 
mots  et  des  lignes  dans  l'Imprimerie.  Le  Com- 
positeur n'espace  pas  bien  ses  lianes.  Ses  liqnes 
ne  sont  pas  bien  espacées. 

EsPACK,  ïE.  participe. 

ESPADON,  s.  m.  Grande  et  large  ('■pée qu'on 
icnoit  à  deux  mains.  Il  joue  hien  de  lespadon. 

Espadon,  est  aussi  Une  sorte  de  poisson. du 
muflo  duquel  sort  un  os  plat,  qui  est  comme 
un  espadon, 

ESPADON>'ER.  y.  n.  Se  servir  de  l'espadon. 
Il  espadonnc  bien. 

ESPAGNOLETTE.  sul)st.  f.  Sorte  de  rotinc 
fine.  Une  camisole  d^f^paqnolctle. 

Espagnolette,  signilic  encore  Uue  espèce 
de  ferrure  [>our  les  fenêtres. 

EîiPALE.  s.  f.  On  appelle  ainsi  L'espace  qui 
est  entre  le  premier  banc  des  rameurs  et  la 
poupe  dans  une  galère.  Celle  espuîe  ncst  peu 
assct  grande, 

ESPALIEU.  s.  m.  Ramcui-quiest  le  premier 
d'un  bnnc  dans  unp  enlère.  Il  e<t  fnrt ,  il  set-oit 
bon  à  serK'ir  d^rspalicr  dans  une  nalère. 

ESPAHEM.  s.  m.  Rangce  d  arbres  fruitiers, 
et  dont  les  brandies  sont  étendues,  cou- 
chées, dressées  contre  un  mur,  soit  avec  des 
clous,  soit  avec  un  treillage  de  percbes.  d'ê- 
clialas.  Des  arbres  en  espalier.  Plier  ^  Uiider  ^ 
accommoder  un  espalier. 

ESPALMER.  v.'a.  Enduire  de  suif  fondu  et 
autre  composition,  le  dessous  d'un  vaisseau, 
d'une  galère.  Espalmer  un  vaisseau ^  une  ga- 
lère. Il  se  dit  parliculièrenicnt  d'Une  galère. 

Esi'AlmÉ,  ÉE.  participe.  Un  navtrc  cspulmc 
de  frais  est  meilleur  voilier  (pi  un  autre  à  pro~ 
portioîi. 

ESPAR  GOUITE,  subst.  fémin.  ou  PETIT 
MUGUET,